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02/01/2011

n°565 - Dossier de Palestine - 31-12 - Suite - : 1 million (1.000.000) de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.


n°565 - Dossier de Palestine - 31-12 -  Suite - : 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Dossier de Palestine

N°565                                                     31-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 


 


Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



 

Sommaire

 

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Fadwa Nassar : Prisonniers palestiniens lourdement condamnés.

2-2 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.

2-3 10.000 palestiniennes emprisonnées par Israël depuis le début de la colonisation.

2-4 Mario Correnti - L’AP de Ramallah emprisonne et torture pour tenter d’éliminer le Hamas en Cisjordanie.

3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

3-1 Robert Bibeau : Il est parfois très difficile en politique (particulièrement au Proche-Orient), de démêler la vérité du mensonge.

3-2 Mounir Shafiq : Les formes de lutte et l’expérience palestinienne.




2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Fadwa Nassar : Prisonniers palestiniens lourdement condamnés.

La vengeance des tribunaux militaires.

Avant les années 90, les condamnations à perpétuité par les tribunaux militaires de l’occupation étaient relativement moins fréquentes qu’à présent. Non pas que les actes de résistance étaient moins importants ou moins violents, mais parce que les tribunaux sionistes essayaient encore, à cette époque, de montrer qu’ils se souciaient quelque peu des normes internationales lorsqu’ils se réunissaient et prononçaient leurs condamnations. Déjà à cette époque, ces cours militaires, où ceux qui présidaient n’étaient que des criminels passés à la retraite, n’appliquaient pas les normes internationales de justice, d’abord parce qu’elles n’ont jamais considéré les prisonniers de la résistance comme étant des prisonniers de guerre. Ne reconnaissant pas le peuple palestinien, ni le fait qu’eux-mêmes occupent la Palestine, les sionistes ont instauré leurs tribunaux militaires sur la base qu’il s’agit d’actes de « violence » contre l’institution sioniste et sa population. Malgré cette première faille dans le droit international, les tribunaux avaient prononcé quelques condamnations à perpétuité mais ne se privaient pas de prononcer des peines pouvant aller jusqu’à 30 ou 40 années de prison.
Dès le début des années 90, et surtout avec l’Intifada al-Aqsa déclenchée en septembre 2000 et le feu vert américain consistant à considérer tout résistant comme un « terroriste », l’occupation va rejeter toute parodie de justice et ne plus faire dans les détails : désormais, les résistants sont allègrement condamnés à une ou plusieurs perpétuités, jusqu’à 67 perpétuités, comme la peine prononcée contre le prisonnier de Jordanie, Abdallah Barghouty.
Une cour militaire où siègent des officiers criminels à la retraite dont le seul désir est de se venger et de d’humilier, parce qu’un peuple ose braver leur occupation. C’est la parodie de « justice israélienne ». Mener une opération de la résistance, la concevoir, la préparer ou bien même la désirer, la rêver, en parler, deviennent des actes « criminels » et « terroristes » aux yeux de l’occupant, qui lance ses troupes, arrête, brutalise, interroge et torture, avant de jeter en prison, avec des condamnations démesurées, juste pour épouvanter et dissuader.
Parmi les 5000 prisonniers ayant été jugés par les tribunaux, 820 prisonniers ont été condamnés à la prison à vie et la perpétuité, une ou plusieurs fois, d’après les statistiques du mois de novembre 2010. Parmi eux, figurent cinq résistantes : Ahlam Tamimi, de Ramallah, arrêtée le 14 septembre 2001, condamnée à 16 perpétuités ; Sana’ Shehadé de la ville occupée d’al-Qods, arrêtée le 25 mai 2002, est condamnée à 3 perpétuités + 31 ans, Qahira Saadi, de Jénine, arrêtée le 8 mai 2003, condamnée à trois perpétuités, Du’â’ Jayyousi, de Tulkarm, arrêtée le 7 juin 2002, condamnée à trois perpétuités et la prisonnière Amina Jawad Muna, de Ramallah, arrêtée le 29 janvier 2001, condamnée à une perpétuité et qui est la plus ancienne prisonnière.
Qui sont ces prisonniers, ces résistants qui ont osé affronter l’occupation, en concevant, préparant, se préparant ou menant des opérations armées contre la plus criminelle des occupations dans le monde ? Qui sont ces prisonniers réclamés par la résistance pour faire partie de de l’opération d’échange en contrepartie du soldat sioniste capturé à Gaza en juin 2006 ?
Parmi les prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité avant l’Intifada al-Aqsa, se trouve le combattant Abdel Hadi Ghnaym, originaire du camp de Nusayrat, dans la bande de Gaza. Le 6 juillet 1989, il monte dans le bus israélien n°405 se dirigeant vers la ville occupée d’al-Qods, il maîtrise le véhicule et l’entraîne dans une vallée. 16 Israéliens sont tués et des dizaines sont blessés. Abdel Hadi a aujourd’hui 45 ans, il est marié et son premier et seul fils Thaer, est né le jour même où il menait son opération. Après avoir été longtemps torturé, alors qu’il était blessé, pendant l’interrogatoire, il a été condamné à 16 perpétuités et 480 années de prison, ce qui équivaut, d’après les calculs dans les prisons sionistes, à 2064 années de prison ! Il devrait « être libéré » en l’an 4053…. Au cours de son emprisonnement, qui dure depuis 21 ans, Abddel Hadi a passé trois ans en isolement dans la prison de Ramleh, puisa été transféré vers d’autres prisons, Ascalan, Eishel à Beer Saba’, toujours dans des cellules isolées, pour un total de dix ans d’isolement.
Le 6 juillet, Abdel Hadi a entamé sa 22ème année de prison. Il fait partie des 40 noms que l’institution sioniste a refusé de rendre en contrepartie du soldat sioniste, comme il a refusé la libération de Ahlam Tamimi, Hassan Salameh, Na’il Barghouty, Sami Jaradat, Amjad Ubaydu et Abdallah Barghouty, entre autres.
Le combattant Salameh Abdallah Muslih a été arrêté le 9 octobre 1993 et sa maison démolie. Il est né le 20 juillet 1969 à Beer Saba’, et il est détenu dans la prison de Nafha, dans le désert du Naqab. Il a été condamné à la perpétuité, accusé d’avoir tué un colon dans la colonie Petah Tikva, en Palestine occupée en 48. Salameh avait vécu le massacre d’ouvriers palestiniens  à Uyun Qara, perpétré par un colon, le 20 mai 1990 : sept ouvriers palestiniens avaient été froidement massacrés par le colon Ami Buber. Il a alors mené une opération contre l’occupant pour venger leur martyre.
Le combattant Tayseer Bardini a été arrêté le 29 novembre 1993 et condamné à la perpétuité. Il est né à Rafah, au sud de la Palestine, en décembre 1969 et a assisté, enfant, à la résistance armée et populaire contre l’occupant dans la bande de Gaza. En 1986, il rejoint le mouvement de jeunesse du Fateh et fut l’un de ses principaux animateurs dans l’école secondaire Beer Saba’. Au cours de la première intifada, il participe activement et est blessé plusieurs fois. Il a été arrêté plusieurs fois entre 1987 et 1988. La seconde fois, il est emprisonné pendant 9 mois dans la prison du Naqab. En 1990, il poursuit ses études à la faculté des sciences et des technologies et devient le responsable de la coordination de la branche des Panthères Noires (Fuhud Soud) à Rafah. En 1991, il est arrêté et interrogé sous la torture pendant 5 mois, sans aucune reconnaissance de sa responsabilité au sein des comités populaires. En 1992 et 1993, il est poursuivi par les forces de l’occupation, accusé d’avoir tué un colon. Tayseer était nettement opposé à la ligne du règlement et des négociations. Il a poursuivi sa résistance militaire contre les forces de l’occupation. Le 29 novembre 1993, suite à une bataille qui a duré sept heures d’affilée avec l’occupation, où trois soldats sionistes ont été blessés, Tayseer, blessé, se rend après avoir épuisé ses munitions. Il a poursuivi ses études en prison en s’inscrivant à l’université hébraïque libre (la seule autorisée par l’occupant) en sciences politiques et économie. Il a été placé pendant sept ans et demi en isolement sur les 19 ans d’incarcération jusque là. Depuis, l’autorité carcérale le déplace d’une prison à une autre, sans cependant parvenir à le déstabiliser puisqu’il participe au mouvement national des prisonniers et aux efforts de réconciliation entre les organisations palestiniennes de la résistance sur des bases de lutte.
Parmi les prisonniers d’al-Qods, 73 combattants, dont 27 avant l’Intifada al-Aqsa, sont condamnés à la prison à vie. La peine la plus lourde concerne le combattant Wael Mahmoud Qassem, de Selwan, condamné à 35 perpétuités + 50 ans. Responsable de la cellule combative de Selwan, il est né en 1971 et est marié et père de quatre enfants. Dès la première intifada, il participe à la vie associative et sociale de son quartier et sa ville. En 1989, il adhère au Hamas mais consacre une grande partie de son activité à l’action sociale. Il fait ses études dans les écoles de Selwan puis au lycée Rachadiyé dans al-Qods, et obtient son diplôme en informatique à la faculté Ibrahimi dans al-Qods également. En 2001, il adhère aux Brigades al-Qassam et commence son activité sécuritaire en formant une cellule des Brigades d’al-Qassam dans Selwan. Cette cellule parvient à mener des opérations dans la ville d’al-Qods, comme l’opération de l’université hébraïque et ailleurs en Palestine occupée, avant d’être découverte.
Parmi les prisonniers de 48, nombreux sont ceux qui ont été condamnés à la perpétuité (une ou plusieurs), accusés de participer à la résistance armée de leur peuple : Ibrahim Hassan Aghbariyé et son  frère Muhammad Hassan Ighbariyé, de Mcheyrafé, arrêtés en février 1992, ont été condamné à 3 perpétuités + 15 ans, Ahmad Ali Hussayn Abou Jaber, arrêté en 1986, du village de Kfar Qassem, a été condamné à une perpétuité + 10 ans. Muhammad Tawfiq Sulayman Jabbarine, d’Umm al-Fahem, arrêté le 4 mars 1991, a été condamné à 3 perpétuités+ 15 ans.
Plus récemment, depuis l’intifada al-Aqsa, le combattant Ashraf Nazmi Qayssi, de Baqa al-Gharbiya, a été arrêté en février 2005 et condamné à 5 perpétuités + 20 ans de prison. Le combattant Samir Abou Mokh, de Baqa al-Gharbiya également, a été arrêté en octobre 2005 et condamné à une perpétuité + 10 ans. Les combattants Ibrahim Muhammad Bakri et son cousin Yassin Bakri, du village Baane, en Galilée, ont été arrêtés le 8 et 15 août 2002 et condamnés à 9 perpétuités + 30 ans de prsion.
Certains de ces combattants condamnés à la perpétuité souffrent de plusieurs maladies : ‘Imad Ata Zaarab, de Khan Younis, qui est détenu depuis 18 ans dans la prison d’Eschel, dans le Naqab occupé, et condamné à la perpétuité, a été atteint par le cancer, deux ans après son arrestation. Raed Mohammad Darrabiyé, du camp de Jabalya, condamné à perpétuité et détenu depuis neuf ans, est également atteint par le cancer. Plusieurs autres graves maladies touchent les prisonniers, notamment ceux qui ont déjà passé plus de dix ans en détention. Mais ce qu’il faut retenir, c’est la combativité et la persévérance de tous ceux qui sont condamnés à de lourdes peines de poursuivre leur combat. La majeure partie d’entre eux ont poursuivi leurs études, obtenu des diplômes, participent aux activités militantes et éducatives à l’intérieur des prisons, participent à la vie politique du pays, dans l’espoir d’être libérés par des échanges avec des soldats sionistes capturés. Appartenant à plusieurs organisations de résistance, ils participent ensemble à l’élaboration d’une ligne politique de résistance, en relation avec leurs frères hors de prison. Leur rôle important dans la lutte de libération, en prison et hors de prison, a amené l’occupant à les isoler fréquemment de leurs frères, dans des cellules conçues spécialement pour les couper du monde et les humilier.

Article publié sur Résistance islamique au Liban

Fadwa Nassar

Lundi 6 décembre 2010

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Fadwa_Nassar.061210.htm


2-2 1 million (1.000.000)  de Palestiniens ont été détenus depuis 1967 par les forces d’occupation israéliennes.

Près d'un million de Palestiniens ont été détenus par  les forces d'occupation depuis 1967 à ce jour soit 20% de la population palestinienne,  a indiqué M. Oussama Hamdane, responsable des relations extérieures au Mouvement  palestinien Hamas.         

"Les autorités israéliennes adoptent une politique d'intimidation à  l'égard du peuple palestinien", a souligné M. Hamdane à l'APS en marge des travaux  du colloque arabe international de soutien aux prisonniers palestiniens.          
 "Certains détenus ont passé à ce jour 33 ans de prison et d'autres jusqu'à  50 ans mais résistent encore", ajoute le même responsable.         
 Plusieurs détenus libérés ayant assisté à cette rencontre sont revenus  sur la politique d'isolement dans les geoles israéliennes.          
 Ils ont, par ailleurs, soulevé l'interdiction faite à certains détenus  de voir leur proches pendant des années.         
 Pour sa part, la détenue libérée, Fatma Ezek qui a donné naissance à  son fils en prison, a souligné que "la détenue palestinienne symbolise la résistance  palestinienne". Un nombre important de détenues palestiniennes croupissent dans les  prison d'Israël, a-t-elle rappelé affirmant que 250 prisonniers avaient   moins de 18 ans.         

Les prisonniers mineurs subissent le même traitement que les détenus  adultes (torture, procès sommaires, violation des droits fondamentaux...), a-t-elle  encore souligné.

PUBLIE LE : 05-12-2010 | 21:39

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/6402


2-3 10.000 palestiniennes emprisonnées par Israël depuis le début de la colonisation.

Le nombre de femmes palestiniennes emprisonnées par  Israël, depuis la colonisation, dépasse les 10 mille détenues, dont 56 croupissent  toujours dans les geôles. 

Le nombre de femmes palestiniennes emprisonnées par  Israël, depuis la colonisation, dépasse les 10 mille détenues, dont 56 croupissent  toujours dans les geôles, indique un décompte établi par le Front populaire  pour la libération  de la Palestine (FPLP).     

Rendu public à l'occasion de la tenue du Forum arabe et international  de soutien aux détenus palestiniens, organisé à Alger, ce décompte précise que la période allant  de 1968 à 1986, ainsi que durant la première Intifadha, ont été les périodes ayant connu le plus grand nombre d'arrestations de femmes palestiniennes.  

Le document du FPLP indique, encore, que des mineures ont été mises  en prison, comme c'est le cas de Saoussan Abou Zaki (15 ans et originaire dÆEl  Khalil), Rabaa Hamail (13 ans et originaire de Naplouse et Sanaa Amrou  (14 ans-originaire d'El Khalil). Parmi les détenues, il y avait aussi des femmes enceinte qui avaient  accouché dans les prisons israéliennes. 

Les détenues palestiniennes ont recouru, à plusieurs reprises, à des  grèves de la faim pour faire valoir leurs droits, dont la grève de 18 jours en 1984, la grève de 15 jours de 1992 ainsi que la grève de 1996, pour exprimer  leur refus la libération partielle d'une partie des détenues suite aux accords  de Taba. La grève de la faim de 1996 a poussé les autorités israéliennes à libérer,  en 1997, l'ensemble des détenues palestiniennes.

Aujourd'hui encore, pas moins de 56 Palestiniennes sont maintenues en détention. 

El Watan.com

06.12.10 |

http://www.elwatan.com/une/10-mille-palestiniennes-emprisonnees-par-israel-depuis-le-debut-de-la-colonisation-06-12-2010-101856_108.php


2-4 Mario Correnti - L’AP de Ramallah emprisonne et torture pour tenter d’éliminer le Hamas en Cisjordanie.

 Les militants et sympathisants du Hamas sont désormais la cible d’arrestations, d’intimidations et même de tortures dans ce qui semble être le nouveau précepte des actions menées par les forces de sécurité de l’Autorité Nationale Palestinienne (ANP).  

Milices supplétives de l’AP de Ramallah à l’entraînement - Indépendamment du gel du soit-disant "processus de paix" entre Ramallah et l’occupant israélien, la collaboration des milices du Fatah avec les forces sioniste n’a jamais cessé - Photo : AFP

En septembre dernier, 12 associations et groupes pour la protection des droits de l’homme et des libertés civiles dans les Territoires Occupés avaient dénoncé le recours à la torture par la police secrète dans les centres de détention, en application des ordres du Président Abu Mazen et du Premier Ministre Salam Fayyad.

Le 20 octobre dernier, Human Rights Watch (HRW) a demandé à l’ANP d’enquêter sur les cas alarmants de tortures, subies par deux hommes arrêtés en Cisjordanie et soupçonnés d’avoir des liens avec le mouvement islamiste.

Dans ce contexte, Joe Stork de HRW a affirmé qu’Abu Mazen et Fayyad sont au courant de ce qui se passe. Ils doivent ainsi mettre un terme à l’impunité et engager une procédure judiciaire contre les tortionnaires.

D’après plusieurs sources, les prisons de l’ANP renfermeraient quelques centaines de militants et de sympathisants du Hamas, dont la plupart n’ont jamais eu de procès. Pour Fayyad et Abu Mazen, ces personnes auraient été arrêtées pour avoir « transgressé la loi ». Cependant, on ne partage pas cet avis en Cisjordanie où règne la conviction que ces personnes se sont trouvées en prison uniquement pour leurs opinions politiques.

En fait, (depuis que le Hamas a pris le pouvoir à Gaza->http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=2078] en juin 2007, l’ANP a réorganisé, en Cisjordanie, ses forces de sécurité grâce, faut-il le souligner, aux fonds spéciaux financés par les Etats-Unis et sur la base d’un programme élaboré par le général américain Keith Dayton qui a récemment quitté ses fonctions.

Les troupes d’élite de l’ANP qui ont été formées durant les trois dernières années, généralement par des experts jordaniens, semblent avoir comme objectif principal la distinction entre militants réels ou présumés du Hamas, d’une part, et l’intimidation des sympathisants du mouvement islamiste, d’autre part.

C’est pourquoi, beaucoup de palestiniens, qui ont requis l’anonymat, affirment qu’il s’agit d’une activité intensive du renseignement de base.

Par ailleurs, interrogés récemment par l’agence de presse Reuters, certains étudiants universitaires ont évoqué la présence d’une forte activité « d’espionnage » au sein des universités pour repérer les jeunes proches du Hamas. Parmi les gens interviewés, certains reconnaissent avoir été torturés et battus durant leur arrestation.

Dans le camp adverse, l’ANP déplore, pour sa part, les conditions auxquelles sont confrontés les militants du Fatah à Gaza. Il a été rapporté que les affiliés au parti d’Abu Mazen ne jouissent pas de leur entière liberté. En effet, outre les arrestations et les détentions, le Hamas avait, en particulier durant l’offensive israélienne Plomb durci (décembre 2008-janvier 2009) assassiné ou blessé « aux jambes » des partisans du Fatah.

Toutefois, bien que beaucoup de ces accusations aient été effectivement confirmées par les enquêtes menées par des centres pour les droits de l’homme, Gaza n’a pas enregistré des arrestations et des détentions en masse contre des militants du Fatah. Le problème le plus épineux dont souffre réellement Gaza reste les restrictions imposées à la liberté de presse et d’expression.

A ce titre, il convient de souligner le recours à la force par la police du Premier Ministre Ismail Haniyeh contre de nombreuses manifestations organisées par la gauche palestinienne et par des groupes islamistes antagonistes du Hamas.

Cependant, il faut reconnaître que les restrictions imposées à la liberté de presse et d’expression ne sont pas du ressort de Gaza uniquement. Même en Cisjordanie, gouvernée par le Premier Ministre Salam Fayyad, généreusement sponsorisé par les USA et l’Union Européenne, la condition de la liberté de presse et d’expression n’est pas enviable.

C’est ainsi que peu à peu, l’ANP est en train de s’apparenter à plusieurs régimes arabes autoritaires de la région où les services de sécurité sont les seuls à décider si ou quand un citoyen ou une organisation ont la possibilité de s’exprimer et d’agir en toute liberté, et où, à l’instar de l’Egypte, de la Jordanie, de La Syrie ou de la Tunisie, les mouvements islamistes sont autorisés ou interdits d’opérer en fonction des exigences politiques locales et internationales.

Il est donc tout à fait clair que l’ANP, à travers le Président Abu Mazen et le Premier Ministre Fayyad, peinera à atteindre son objectif qu’est l’anéantissement du Hamas en Cisjordanie. En effet, même si le mouvement islamiste vit dans l’ombre et agit rarement en public afin d’éviter les répliques de l’ANP, il ne faut pas nier que sa popularité, acquise lors de sa victoire aux élections de 2006 même en Cisjordanie, bastion du Fatah, est encore imposante.

C’est pourquoi, les derniers sondages qui donnent un net avantage au Fatah et à Abu Mazen dans cette phase des élections législatives et présidentielles sont à prendre avec les pincettes. Pour rappel, la situation était similaire lors des élections de 2006 quand, à quelques jours du vote, les sondages donnaient la victoire au Fatah. Les urnes en disaient autrement et les résultats étaient en faveur du Hamas.

Ainsi, il est évident que la plupart des personnes interrogées, par crainte d’actions punitives de la part des services de sécurité de l’ANP, préféreraient garder confidentielles leurs véritables intentions de vote et avouer n’appartenir à aucun parti ou force politique.

Dans cette optique, l’analyste politique Hany al Masri explique que le Hamas jouit d’un consensus et d’un appui aussi bien dans les Territoires Occupés que dans d’autres pays. Il précise que même si la popularité du mouvement venait à s’éroder, elle ne sera, sans doute pas, annihilée. 

Nema News - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.osservatorioiraq.it/modu...

25 novembre

Mario Correnti –

Nema New
Traduction de l’italien : Niha



3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Robert Bibeau : Il est parfois très difficile en politique (particulièrement au Proche-Orient), de démêler la vérité du mensonge.

Il est parfois très difficile en politique (particulièrement au Proche-Orient), de démêler la vérité du mensonge, l’intention réelle du simulacre. 
Hillary Clinton aurait déclaré forfait ; le très puissant Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu, aurait tenu tête à la Secrétaire d’État américaine et refusé de se plier aux exigences de cette dernière, de proroger le « moratoire sur la colonisation ». Ce serait  le nain israélien qui dirigerait la superpuissance américaine, et non pas l’inverse. Cependant,  regardons-y de plus près.  
Première question à résoudre, dans cette affaire des « pourparlers directs » entre Mahmoud Abbas, le Président échu de l’Autorité sans autorité, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu :  quels étaient les objectifs poursuivis par chacun des protagonistes ? Une fois cette question résolue, nous serons à même de résoudre l’énigme Clinton-Netanyahu.  
Mahmoud Abbas, dont le mandat à la Présidence de l’Autorité palestinienne sans aucune autorité (1) est échu depuis Janvier 2009, se rendait à ces pourparlers de paix afin d'échanger  les derniers droits du peuple palestinien (tel le droit de retour et les droits sur 80% de la terre de la Palestine du mandat britannique, tel qu’amendé en 1922) et d’échanger, également, les droits palestiniens sur la ville de Jérusalem en tant que capitale de l’État palestinien. En retour,  Mahmoud Abbas réclamait le privilège de créer un État de type bantoustan, sous protectorat israélien, sur environ 20% des terres palestiniennes (la portion de la terre palestinienne que les sionistes n’avaient pas encore conquis et occupé en 1967, dont la limite suit approximativement le tracé de la Ligne verte).  
Benjamin Netanyahu se rendait à ces « pourparlers directs » avec l’intention d’obtenir d’un interlocuteur palestinien crédible la renonciation définitive, légale, écrite et signée aux droits du peuple palestiniens sur 90 % de la terre palestinienne (toutes les terres déjà conquises et colonisées en Israël, en Cisjordanie et à Jérusalem annexée illégalement), la renonciation à Jérusalem dans son entier, la renonciation définitive au droit de retour pour les quelques sept millions de palestiniens des camps de réfugiés et de la diaspora et la reconnaissance d’Israël en tant qu’État juif condition de légalisation des précédentes exigences. Rien de moins !
  Benjamin Netanyahu était toutefois d’accord pour la création d’un État bantoustan sous protectorat israélien sur moins de 10% des terres palestiniennes. Restait, cependant, à négocier les conditions de ce protectorat (sans plateau marin continental, sans armée, sans espace aérien, sans postes frontières, emmuré, avec droit de contrôle absolu d’Israël sur tout ce qui rentre et tout ce qui sort du bantoustan).  
Barak Obama et Hillary Clinton se rendaient à ces « pourparlers directs » pour soutenir leur colonie militaire de peuplement dans ses revendications. Ils étaient évidemment sceptiques quant à l’éventualité que Mahmoud Abbas se rende à de telles exigences extravagantes. Mais, si Mahmoud Abbas acceptait tout de même de « pourparler », pourquoi pas ? C’était lui, le sacrifié… Après tout, s’il se croyait assez fort pour refiler ce « package » à son peuple, à lui de s’exécuter… 
Évidemment, il apparut très tôt, et je l’avais prédit dès l’amorce, que ces « pourparlers directs » étaient morts nés (2).  Mahmoud Abbas, le Président échu et illégal, n’avait pas la crédibilité requise pour signer quoi que ce fût.  Il ne contrôlait pas la bande de Gaza, d’où l’armée israélienne avait été incapable de chasser le Hamas en janvier 2009. Surtout, Mahmoud Abbas ne pouvait pas espérer faire admettre, dans les camps de réfugiés de Syrie, de Jordanie et du Liban, un accord répudiant le droit au retour. Mahmoud Abbas ne pouvait laisser croire aux milliers de Palestiniens de Jérusalem-Est qu’Abou Dis, ce village de banlieue – la capitale promise à Arafat – était bien la ville de Jérusalem. Enfin, il n’était pas du tout assuré que le président échu puisse même faire passer l’entente en Cisjordanie occupée, malgré l’activité fébrile de ses services de sécurité secondés par l’armée israélienne. Il aurait fallu massacrer probablement la moitié de la population palestinienne pour espérer que la moitié restante vote en faveur d’un tel accord.  
Le cheval présidentiel s’avérait un baudet, un canasson crevé qui ne pouvait délivrer la marchandise promise. Ne restait plus au tandem Clinton-Netanyahu qu’à se trouver une échappatoire pour se sortir de ce futile exercice diplomatique.
La mise en scène du moratoire temporaire partiel non prorogé offrait le prétexte rêvé permettant à Mahmoud Abbas de se sortir du guêpier où il s’était lui-même fourré.  Aussitôt dit, aussitôt fait. Après avoir pris acte du refus israélien de proroger le moratoire partiel et temporaire, Hillary Clinton conserve le rôle de celle qui a fait tous les efforts pour obtenir un accord : elle pourra donc revenir sur le devant de la scène en tant que médiatrice, si un traitre plus crédible que Mahmoud Abbas se profil un jour dans le camp palestinien. Benjamin Netanyahu peut se présenter à la Knesset avec l’auréole du dompteur de lionne et  Mahmoud Abbas se retire de cet accord-guêpier  avec les honneurs de celui qui ne cède pas devant le chantage à la colonisation, lui qui, de toute façon, ne pouvait signer cet accord que personne n’aurait reconnu et qui n’a jamais exigé la levé du blocus de Gaza pour « pourparler ».  
En finale, il est très bien que ces « pourparlers » de capitulation et de trahison du peuple palestinien aient échoué et pris fin comme ils avaient commencé, en queue de requin. (3) 
 (1) C’est Mahmoud Abbas lui-même qui, en menaçant de démissionner, avoue candidement qu’il n’a même pas le droit de sortir de Ramallah sans l’autorisation signée du gouverneur militaire de la zone. Salam Fayyad,  le Premier ministre de l’Autorité en Cisjordanie, le réaffirmait, quand à lui suite à la destruction par les israéliens d’une autoroute qu’il venait tout juste d’inaugurer (le mois dernier). Une autoroute payée par les contribuables européens détruite le lendemain de son inauguration.
(2)   Robert Bibeau. (2010).  
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14340&t...  et    http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Robert_Bibea...
et  http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4789
(3) http://www.aloufok.net/spip.php?article2891

 Robert Bibeau

Lundi 13 Décembre 2010
Visitez le site http://boycottisraelinternational.com
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3-2 Mounir Shafiq : Les formes de lutte et l’expérience palestinienne.

Quiconque se trompe s’il ne lit pas le conflit en Palestine comme étant exceptionnel, en comparaison avec les différents conflits menés par les mouvements de libération nationale, bien que chacun de ces mouvements ait sa spécificité ou sa particularité.

Toutefois, le sujet palestinien présente également une particularité et une spécificité incomparables, à cause de la nature de l’ennemi auquel fait face le peuple palestinien, et de son projet fondamentalement différent des projets de la domination coloniale et impériale, et même colonialiste connus par tous les peuples colonisés. Cet état se rapproche plutôt des cas qu’ont affronté les peuples autochtones dans les deux Amériques, en Australie et Nouvelle-Zélande, même si le peuple palestinien n’a pas subi une extermination concrète comme ces peuples.

La ressemblance concerne plutôt l’installation par des groupes coloniaux à la place du peuple autochtone. La Palestine, cependant, ne fait pas non plus partie de cette catégorie, non pas seulement parce que la suppression par l’extermination n’a pas eu lieu, mais parce qu’il n’a pas été possible de trancher définitivement le conflit au profit de l’entité sioniste comme cela a eu lieu en Amérique, Australie et Nouvelle-Zélande.

L’installation et la conversion de groupes de colons en un peuple à la place du peuple palestinien, dans sa patrie, ont été exécutées grâce à la domination colonialiste et impérialiste sur le rapport de forces international et avec le soutien et l’aide des Etats impérialistes qui ont même protégé et adopté le projet de la fondation de l’entité sioniste. Au départ, le colonialisme britannique en a été le père et le fer de lance. Il fut son protecteur et celui qui lui a permis d’arriver jusqu’en Palestine et de s’y implanter, puis de s’y renforcer militairement pour lui assurer une suprématie sur le peuple de Palestine, après avoir désarmé ce dernier et avoir coupé ses liens avec sa nation arabo-islamique, en procédant au morcellement et à la domination de ses Etats.

Par la suite, la protection, la sauvegarde, l’aide militaire et financière sont passées à l’impérialisme américain qui continue à diriger les Etats impérialistes et d’autres Etats, pour l’aider d’une part et pour mettre le plus possible d’Etats arabo-musulmans sous sa domination, et utiliser ce qui en est possible contre la résistance du peuple palestinien, pour faire des concessions sur le droit palestinien et arabe en Palestine.

Deux caractéristiques principales rendent la situation palestinienne particulière et spécifique :

La première : la nature du conflit qui consiste à installer un « peuple » à la place d’un autre, déraciné de son pays et expulsé par la force, avec des massacres, des actes terroristes et toutes formes de pression, ce qui s’est passé pendant la guerre de 1948, puis imposer des lignes de trêve qui protègent l’instauration de l’entité sioniste : armée, société et Etat, et imposer sa suprématie militaire sur toutes les armées arabes réunies. Le projet de cette installation s’est déroulé par étapes, au gré de l’évolution des rapports de force et les conditions, données et équations palestiniennes, arabes, islamiques, tiers-mondistes et internationales qui émergeaient. Mais ce parcours zigzagant est resté dans le cadre de l’objectif principal.

La deuxième : l’ennemi qu’a affronté et que continue à affronter le peuple palestinien représente un large front international qui s’est ligué contre lui, ce qui est différent de ce qu’ont affronté les peuples des colonies lors de leurs luttes contre un seul ennemi colonialiste. Ce qui rend la confrontation menée par le peuple palestinien beaucoup plus large que toute autre confrontation connue par un mouvement de libération nationale. Il n’est pas exagéré de dire que le peuple palestinien n’a pas combattu le colonialisme britannique seul, au cours du mandat, ni combattu l’armée sioniste seule, pendant la guerre de 1948, mais qu’une ligue mondiale des grandes puissances s’est opposée à lui, et notamment après l’instauration de l’Etat de l’entité sioniste. L’Inde a combattu la Grande-Bretagne seule, l’Algérie a combattu la France seule, le Vietnam a combattu les Etats-Unis seuls, et l’Afrique du Sud a combattu les colons racistes qui étaient protégés par un seul Etat ou plusieurs de second rang, quant au rapport de forces, mais elle a pu, dans les étapes ultérieures, gagner la majorité des grandes puissances pour démanteler le régime raciste.

Mais en Palestine, il y a l’entité sioniste elle-même super-armée, et avec elle, de manière organique, les mouvements sionistes mondiaux qui sont devenus influents à l’intérieur des cerles de décision et des concepteurs de stratégies dans les Etats occidentaux, et notamment aux Etats-Unis. Ces Etats se sont engagés, et s’engagent, à protéger l’Etat de l’entité sioniste, à le soutenir, le renforcer pour mener le processus de l’occupation et du déracinement qui ont eu lieu, ou qui sont susceptibles de se poursuivre jusqu’au bout, si possible.

Il faut ajouter ici que la complicité de l’impérialisme mondial avec l’entité sioniste a joué et joue encore un rôle décisif, en paralysant les Etats arabo-musulmans et du tiers monde, en les empêchant de soutenir le peuple palestinien et en mobilisant l’opinion internationale en faveur de l’entité sioniste. Ainsi, le déséquilibre du rapport de forces dans ce conflit n’a jamais été aussi évident pour aucun peuple ni mouvement de libération nationale dans le monde.

C’est à partir de là qu’il faut comprendre la nature du conflit en Palestine, la nature de l’ennemi sioniste et des forces mondiales qui le soutiennent, mais aussi la paralysie des situations palestinienne et arabe, due au morcellement par pays et à la domination impérialiste qu’elles subissent, en général.

Cette équation complexe et très difficile, même si en fin de compte elle est susceptible d’être démantelée et changée (ce qui est un autre sujet), explique pourquoi le projet sioniste est parvenu à instaurer son entité et son Etat, pourquoi il poursuit son expansion et la judaïsation en Cisjordanie, et pourquoi il pose la condition de la reconnaissance de la judaïté de l’Etat en contrepartie de concessions sur des miettes où s’installerait un mini-Etat pour les Palestiniens.

Cette équation complexe et très difficile qui caractérise la question palestinienne et qui a donné naissance à une particularité et spécificité exceptionnelles, explique pourquoi existent deux Autorités, l’une à Ramallah qui agit en collaboration avec l’entité sioniste contre la résistance et poursuit les négociations, et l’autre dans la bande de Gaza, qui est une base militaire libérée mais encerclée de tous côtés et qui a mené la guerre de 2008-2009, qui a fait échec à l’attaque et qui vit l’expérience de la division entre la Cisjordanie et la bande de Gaza et entre deux stratégies.

Il faut ajouter l’expérience des Palestiniens restés dans le cadre de l’Etat de l’entité sioniste, qui ont enduré les pleins pouvoirs, le racisme et toutes formes de pression pour les expulser, mais qui ont résisté et lancé plusieurs formes de lutte pour maintenir leur présence dans leur pays.

Par ailleurs, la résistance a fait l’expérience en Jordanie, entre 1968 et 1970, puis au sud du Liban, entre 1971 et 1982, elle a mené deux grandes guerres en 1978 et 1982, tout comme elle a fait l’expérience de la première intifada entre 1978 et 1993 pendant que l’OLP se trouvait dans l’exil tunisien. Puis ce fut l’expérience de la résistance nationale puis de la résistance islamique au Liban qui furent couronnées par la libération du sud en 2000 puis la guerre de 2006 et la défaite de l’armée sioniste.

En d’autres termes, dans le conflit avec le projet sioniste depuis le début jusqu’à aujourd’hui, l’expérience palestinienne est passée par plusieurs formes principales de lutte armée, de guérilla au cours de 1936-1938, puis la guerre de « surface », puis la résistance de l’extérieur vers l’intérieur entre 1965 et 1982, puis de l’intérieur vers l’extérieur entre 1985 et 2006, puis les véritables guerres qui se caractérisent par la confrontation et l’affrontement, tout comme le peuple palestinien a expérimenté l’action dans les bases libérées, où se font les préparatifs militaires, y compris la consolidation et le développement de l’armement, le creusement des tunnels, la préparation à l’affrontment de l’armée ennemi (au sud Liban et actuellement dans la bande de Gaza).

De même, toutes les formes du refus politique et populaire, de boycott économique et de lutte contre l’impérialisme, et notamment contre les Etats-Unis et son alignement du côté de l’entité sioniste, ont été exercées de 1948 à 1967, et ensuite, même à toutes les étapes. Comment peut-on alors évaluer les résultats des stratégies de la résistance, de la protestation, de boycott, de l’intifada populaire et des guerres ?

Ceux qui ont condamné les diverses expériences de la résistance armée et celles de l’objection politique et populaire les ont jugées inutiles parce qu’elles n’ont pu empêcher l’instauration de l’Etat de l’entité sioniste ni les résultats de la guerre de 1967. Ils leur ont même fait porter la responsabilité des guerres et les atrocités et crimes de l’ennemi sioniste, mais ces condamnations ne sont pas justifiées, comme le fait de considérer la résistance armée comme ayant échoué parce qu’elle n’a pas pu empêcher la fondation de l’Etat de l’entité sioniste, ce qui n’était pas possible, à l’époque, avec toutes les conditions et circonstances, les données de l’équilibre des forces, la nature de l’entité sioniste, les politiques des grandes puissances et la faiblesse arabe due au morcellement et la domination. La résistance ne pouvait qu’empêcher l’effondrement et limiter la progression du projet, tout en maintenant l’état de confrontation avec lui et l’empêcher de tout avaler, de la manière la plus facile et la plus rapide.

De ce point de vue, limiter la vitesse de la progression du projet et lui mettre des entraves à telle ou telle étape, ou garder telle ou telle limite, tout comme le fait de garder attisée la flamme de la résistsance et la passer de génération en génération, représente en soi un grand acquis, si l’on discute la question dans un cadre de relativité ; mieux, elle mérite tous les sacrifices qui ont été consentis.

Ces paroles s’appliquent à toutes les étapes pécédentes, mais la résistance, et notamment après 2000, que ce soit au Liban ou en Palesitne, a réalisé des acquis qui dépassent ceux d’empêcher l’effondrement et la dégringolade, pour entamer une phase de semi-équilibre stratégique, comme l’ont montré les guerres de 2006 au Liban et de 2008-2009 dans la bande de Gaza. Dans les deux cas, il est possible de parler de libération de terres et de formation de bases libérées ou semi-libérées, même si la bande de Gaza est encerclée. L’ennemi ne peut plus y entrer qu’au moyen de la guerre et de la confrontation armée, d’une rue à l’autre et d’une maison à l’autre.

C’est pourquoi il est possible de dire que la statégie de la résistance et de la protestation peuvent, avec une mobilisation arabe, islamique et mondiale pour l’aider et isoler l’entité sioniste, imposer le retrait de Cisjordanie et le démantèlement des colonies, inconditionnels, comme cela a eu lieu au sud du Liban et dans la bande de Gaza. Mais ce qui les a corrompus est venu de la stratégie du processus politique et des négociations et d’avoir compté sur la supervision américaine, au niveau palestinien et arabe. C’est ce qui a transformé la Cisjordanie, avec l’Autorité de Ramallah et la coopération sécuritaire avec l’occupant, en une base contre la résistance, collaborant avec l’occupation et prisonnière financièrement des Etats donateurs.

Si l’état présent en Cisjordanie n’est pas brisé par la suppression de l’accord sécuritaire, et par l’annulation et l’anéantissement de la stratégie des négociations, il y a risque de liquider la cause palestinienne. Cette situation est arrivée au point de négocier pour un mini-Etat dont le prix serait l’échange de territoires de la Cisjordanie, l’acceptation de la colonisation, la concession sur les terres occupées et usurpées en 1948 et le droit au retour, mais aussi la reconnaissance de l’Etat de l’entité sioniste en tant qu’Etat juif, ce qui s’oppose au principe du droit sur la Palestine et la fin de la réclamation des droits historiques du peuple palestinien sur la Palestine : voir les déclarations de Abbas, de Abd Rabbo sur la reconnaissance de la judaïté de l’Etat et de Salam Fayyad sur son acceptation du récit biblique.

Atteindre ce stade dans ce parcours de concessions et d’insertion dans le processus de règlement ne laisse aucune possibilité de doute quant au fait que les formes de lutte, la résistance, l’intifada, le refus, le boycott, l’attachement aux constantes précises de la Charte de l’OLP de 1964 et 1968 sont les seules à pouvoir être caractérisées comme des formes de lutte efficaces et sérieuses. Quant aux autres formes de la gestion du conflit, les concessions sur les constantes et les droits, l’acceptation des résolutions des Nations-Unies, les conditions du processus de règlement et les négociations, ne sont en rien des formes de lutte. Elles n’ont rien sauvé du tout mais au contraire, elles ont dilapidé jusqu’à se trouver prêtes à accepter le prétendu « droit des juifs » historique et l’abandon du droit palestinien, arabe et islamique certain sur la Palestine, toute la Palestine.

Ce serait une falsification que de considérer les négociations et le processus de règlement dans la situation palestinienne comme étant semblables à d’autres expériences pratiquées par des mouvements de libération nationale et la résistance, ou de considérer la négociation comme une forme de lutte alors que c’est une voie pour corrompre la lutte et liquider la cause et les droits fondamentaux. Une telle assertion n’est plus basée seulement sur la spécificité de la cause palestinienne, la nature de l’ennemi et la nature du conflit mais elle a été démontrée par l’expérience réaliste et pratique, qui a le dernier mot et qui tranche la question.

Mounir Shafiq - As-Sabil

 dimanche 5 décembre 2010

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9763

Munir Shafiq,

Ecrivain et penseur – Jordanie

Source : Le Grand soir –

9 décembre 2010

.http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Munir_Shafiq.301110.htm


 

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