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13/01/2011

n°4 - Dossier de la Côte d'Ivoire - 13-01 – Début - La pieuvre françafricaine enserre la Côte d'Ivoire.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et fermant les oreilles aux autres sources


n°4 - Dossier de la Côte d'Ivoire - 13-01 – Début  - La pieuvre françafricaine enserre la Côte d'Ivoire.


       Dossiers de la Côte d’Ivoire  

n°4                              13-01 

 C.Debroeder &  M.Lemaire



Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne  des journaux en ligne suivants:

                  (Afp- ats - Ap - Reuters, Al-manar - Chine nouvelle-  CPI - IPC –Novosti-  PNN- Wafa –Sana – Radio chine internalionale - Al Manar & XINHUANET (Chine) 

   Mes informations sont le résultat de recoupements car les médias occidentaux donnent des informations qui ou se contredissent ou ne prennent en note qu’une partie des infos



Sommaire

1 Dossiers

1-1 Olivier Ndenkop : La pieuvre françafricaine enserre la Côte d’Ivoire.

2 Déclaration

2-1 Solidarité avec la lutte des patriotes et des progressistes ivoiriens  pour briser les chaînes du néo-colonialisme !

2-2 Côte d'Ivoire : "Vos peuples sont en danger. Ne vous trompez pas de guerre !"

2-3 La haute-bourgeoisie ivoirienne dans leurs luttes pour le pouvoir, instrumentalisent les masses.

Fin

2-4 Déclaration de l’ACTUS/prpe sur la situation en Côte d’Ivoire.

 

 



Dossiers

1-1 Olivier Ndenkop : La pieuvre françafricaine enserre la Côte d’Ivoire.

Du Nord au Sud du pays de feu Houphouët-Boigny, l’adrénaline monte ; autant que dans les États majors du Front Populaire Ivoirien(FPI) et du Rassemblement Démocratique des Républicains(RDR) qui a pactisé avec le PDCI pour donner le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Paix. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, les leaders respectifs de ces deux partis politiques se considèrent chacun comme le président élu de la Côte-D’ivoire. Face à cette situation pour le moins embarrassante, les ivoiriens ont perdu le sommeil. La France en raison de sa main mise sur l’économie de ce pays est prête à tout pour que Laurent Gbagbo soit mis hors d’état de nuire. Grilles de lecture d’une crise pas seulement juridico-électoraliste.

Depuis le 31 octobre dernier, le processus électoral était lancé avec le premier tour de la présidentielle et devrait connaître son épilogue avec la publication des résultats du second et décisif tour. Les choses ne se sont pas passées comme prévu. Et au lieu d’un président, la Côte-d’Ivoire en a eu deux, si on s'en tient aux médias occidentaux et aux déclarations de la "communauté internationale", après le second tour qui a eu lieu le 28 novembre. La Commission électorale indépendante a déclaré Alassane Dramane Ouattara(ADO) vainqueur et le Conseil constitutionnel, instance suprême a reconnu la victoire de Laurent Gbagbo en invalidant les résultats dans plusieurs bureaux de vote au Nord où  les fraudes massives avaient été enregistrées par les membres de la majorité présidentielle. 

Depuis lors, un bicéphalisme voulu et entretenu par les puissances occidentales s’observe à la tête du pays. Situation déconcertante qui met plusieurs intérêts en jeu. Leurs détenteurs se battent par candidats interposés et usent des armes pas toujours conventionnelles. Comme de tradition, plusieurs intérêts s’affrontent actuellement au pays. 

Il y a d’abord ceux des 19 millions d’ivoiriens. Ces damnés de la terre, freinés dans leur développement par la longue crise qui secoue le pays depuis l’élection de 2000, veulent tourner la page des tumultes. Eux qui sont tenaillés par le chômage estimé aujourd’hui à 19%.

Mais, il n’y a pas que les ivoiriens. À l’ombre, toute la machine capitaliste est aux aguets et n’hésite pas de tirer les ficelles dans un ombre aujourd’hui transparent. Avec en tête les Français. Ces derniers y ont plusieurs « œufs » à surveiller et à protéger au cas où… Actuellement un contingent de militaire français est basé en Côte-d’Ivoire pour officiellement sauver les ressortissants français en cas d’enlisement de la crise. Mais en réalité, il ne s’agit là que d’un joli prétexte. La véritable raison de cette présence militaire selon plusieurs observateurs reste économique.

En effet, des pans entiers de l’économie ivoirienne sont dominés par 240 filiales de sociétés françaises. Selon un ordre quelconque, Total détient un monopole de fait sur la distribution de l’ « or noir » au « pays des Éléphants ». Son compatriote Bouygues règne en maître sur l’électricité, l’eau, le bâtiment et les travaux publics-BTP. Bien connu des Camerounais pour ses méthodes négrières et ses trafics en tout genre, Vincent Bolloré, le patron du groupe éponyme s’est aussi imposé en Côte-d’Ivoire comme le dragon indétrônable du transport maritime, de l’exploitation des ressources naturelles... La liste est loin d’être close. Les télécommunications  « ivoiriennes  » sont la chasse gardée de France Telecom. La finance ? Société Générale, Lyonnais, BNP - Paribas. La conception, l’édition et la commercialisation du livre scolaire ? Toujours les mastodontes « tricolores », pour l’essentiel. Bref, les groupes français détiennent 27% du capital social des entreprises présentes en Côte d’Ivoire.

Notre confrère Le Messager dans son édition n° 3242 du 08 décembre dernier évalue à 40% les contributions françaises dans le PIB de la Côte-d’Ivoire. Suffisant pour que tout ce qui se passe dans ce pays vaste de 322462 km² soit observé par le bout le plus perspicace de la lorgnette Elyséenne. La preuve ? Alors que le président français Nicolas Sarkozy devait se rendre avec son tout dernier ministre de la défense Alain Juppé en Inde pour une visite, le patron de l’Elisée a demandé in extremis au chef de son armée de rester au pays. Question d’engager les troupes en direction d’Abidjan si les intérêts du pays y sont menacés ? Toujours est-il que le Ministre de la défense Juppé est resté sur place.

Cérise sur le gâteau, le président Sarkozy n’a pas cru nécessaire d’attendre le verdict du Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire(seule organe chargé de reconnaitre la victoire d’un candidat) pour féliciter ADO qui est par ailleurs l’ami intime de presque tous les industriels français que nous avons cités plus haut. Au nom de quelle logique la France et la "Communauté internationale" pensent que les institutions ivoiriennes doivent-elle être mises entre les parenthèses ? Au nom des intérêts économiques de la France et l'asservissement du vaillant peuple ivoirien. Bonjour, le néocolonialisme ! 

Françafrique et mafiafrique

Le vrai visage de la françafrique se dessine donc avec la crise qui a suivi le second tour de cette élection qui voit se mobiliser les dépositaires de cet ordre inégalitaire entre la France et la Côte d’Ivoire dans le cas d’espèce. Comme le dit Christoph Boisbouvier, un journaliste très introduit dans les milieux de cette mafia française en Afrique, le président sénégalais a jeté « son » dévolu sur le candidat Ouattara. (re)établissant ainsi un axe Paris-Dakar-Abidjan qui assurait la vitalité de la Françafrique ou mafiafrique- c’est selon- qu’ont bien porté les présidents Houphouët-Boigny, Léopold Sédar Senghor et leurs homologues de la Ve République française.

Aujourd’hui, la barque françafricaine dans cette région ouest-africaine est tenue par Wade, Compaoré qui, désigné médiateur pour le conflit ivoirien avait reçu mandat d’œuvrer pour la paix sans oublier les intérêts de la « Mère patrie » dans ce pays qui est le poumon de la sous-région. Son soutien aux opposants de Gbagbo est connu (Lire l'ouvrage de Labertit, Adieu-Abidjan-sur-Seine. Aux coulisses du conflit ivoirien). A l’inverse, et c’est un secret de polichinelle, l’actuel président ivoirien, Laurent Gbagbo a troublé le breuvage français dans cette même région. Il a pris « trop » de liberté par rapport à la métropole. En paroles et en actes. Rendant les relations entre la France et son pays très « compliquées », avec pour conséquences la redéfinition des rapports politiques, diplomatiques et surtout économiques. Dans ce dernier cas, il a mis un terme à une tradition qui faisait de la France le partenaire presqu’exclusif du premier producteur du cacao mondial.

Les réseaux des disciples de Foccart sont-ils déjà activés pour qu’il soit châtié de sa témérité comme dans la fable « le loup et l’agneau » de Jean La Fontaine ? La France n'est-elle pas en train de prépare un génocide en Côte d'Ivoire ? Le Rwanda est-il aux portes d'Abidjan ? Il faut bien le craindre. La France est capable de tout. L'histoire de la décolonisation le montre à suffisance. Toujours est-il que le second tour de la présidentielle ivoirienne qui a réuni les électeurs le dimanche 28 novembre était une sorte de référendum dont la question unique, indirectement posée par l’histoire- était : Pour ou contre la françafrique ? Ceci dans la mesure où les deux candidats représentaient des groupes d’intérêts bien précis ; et pas toujours complémentaires : les intérêts de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens et ceux des étrangers. La division est d’autant marquée que « Jeune Afrique » (N° 2602 du 21 au 27 novembre), un hebdomadaire panafricain très proche d’ADO parle des « Deux Côte-d’Ivoire ». Une pour les ivoiriens et une autre pour qui ? Le confrère ne répond pas à cette question. Mais avec les éléments énumérés plus haut, chacun peut trouver la bonne réponse. En tout cas, le second de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire a fait tomber les masques. Désormais, les Africains savent qui est qui. Alasane Ouatarra et Guillaume Soro, garantissent le mieux les intérêts des étrangers. C'est la raison pour laquelle ils sont soutenus par la France et la "Communauté internationale ". C'est dommage.

6 janvier 2011

http://www.michelcollon.info/La-pieuvre-francafricaine-enserre.html



2 Déclaration

2-1 Solidarité avec la lutte des patriotes et des progressistes ivoiriens  pour briser les chaînes du néo-colonialisme !

Communiqué du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS)

Les grandes puissances impérialistes, USA et France, ont décidé d’imposer leur marionnette Allassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Elles n’hésitent pas à pousser ce pays sur les chemins de la guerre civile pour le maintenir par la force sous leur contrôle. La machine médiatique internationale de propagande et de mensonges bien rodée depuis des décennies a été mise en route pour faire croire sans aucune preuve incontestable que les dernières élections présidentielles auraient été remportées par leur candidat préféré.

Les puissances impérialistes s’appuient sur les résultats concoctés par une Commission électorale dite indépendante mais en réalité composée dans son écrasante majorité de représentants de forces politiques soutenant Ouattara. Elles veulent se débarrasser de Bgagbo devenu incontrôlable par sa tendance à chercher à exploiter leurs contradictions inter-impérialistes.

 A travers son soutien à Ouattara et outrepassant son mandat en Côte d’Ivoire, l’ONU montre ouvertement et une fois de plus qu’elle est devenue depuis la disparition du camp socialiste un instrument de repartage du monde en zones d’influence et de domination des pays impérialistes.

 L’Union européenne affiche encore une fois sa nature de bloc impérialiste qui s’entend avec l’impérialisme américain, malgré leurs contradictions, quand il s’agit de faire front pour écraser toute tentative de remettre en cause le brigandage organisé par l’ordre impérialiste mondial.  

Le FMI et la Banque Mondiale décident de leur côté de ne reconnaître que le président élu soi-disant démocratiquement. Cet argument est d’une hypocrisie sans borne quand on se rappelle que la FMI avait débloqué sans hésitation plus d’un milliard de dollars en faveur de la junte militaire du Honduras à la botte des USA quelques semaines à peine après qu’elle eut renversé le président Zelaya démocratiquement élu et désireux d’émanciper son pays de la tutelle militaro-politique américaine.  

La palme de la surenchère dans l’hypocrisie doit revenir au président de la Cour Pénale internationale qui menace bruyamment de poursuivre Laurent Gbagbo pour« crimes contre l’humanité ». Les peuples ne l’ont jamais entendu adresser des avertissements semblables aux dirigeants israéliens lors des grands massacres de décembre 2008 à Gaza, ou aux dirigeants US pour les centaines de milliers d’Irakiens tués à la suite de leur occupation de l’Irak, ou encore aux responsables colombiens coupables de l’assassinat de milliers de progressistes.  

Dans ce concert de vociférations, de menaces, d’injonctions et de pressions pour faire rentrer dans le rang la Côte d’Ivoire, le président de l’ancien État colonisateur a renoué de façon fracassante avec la vieille mentalité colonialiste en sommant Gbagbo de quitter le pouvoir« avant la fin de la semaine » !  

Ces ingérences scandaleuses dans les affaires internes d’un pays souverain montrent que la volonté d’introniser Ouattara s’inscrit dans un scénario minutieusement élaboré. La prétendue Commission électorale indépendante n’en a été qu’une pièce destinée à couvrir d’une fausse légalité le choix arrêté par les grandes puissances impérialistes avant même le déroulement des élections.

Qui plus est, les régions où Ouattara se targue d’avoir obtenu le plus de voix sont des régions livrées aux intimidations et à l’arbitraire des« Forces nouvelles »soutenues par l’impérialisme français. 

Quelle que soit l’opinion que l’on peut se faire des manœuvres, des louvoiements et des objectifs de Gbagbo depuis plus de 20 ans, ce qui apparaît, c’est que des peuples de plus en plus nombreux en Afrique ne supportent plus les liens néo-coloniaux basés sur la dépendance, l’arriération économique et la misère. Ils n’acceptent plus ni les dictatures ouvertes ni celles qui se camouflent sous la démocratie de façade - si chère à la sociale-démocratie - et mises en place par les bourgeoisies compradores et l’impérialisme pour perpétuer le pillage de leurs richesses et du fruit de leur travail.  

L’affrontement qui oppose une grande partie du peuple ivoirien à l’impérialisme pose le problème crucial de la solidarité avec les forces qui luttent pour l’indépendance réelle de leur pays et veulent mettre fin aux rapports d’exploitation et de pillage instaurés depuis des décennies. 

Il est clair que dans ce combat pour que les peuples d’Afrique profitent de leurs richesses naturelles et s’en servent comme moyen de développement et de progrès, les anti-impérialistes se mettent du côté des forces qui veulent briser les chaînes de la dépendance. La question de savoir qui a véritablement remporté les élections devient secondaire quand on sait que les partisans de la perpétuation des rapports de domination disposent d’un puissant soutien financier et médiatique de la bourgeoisie impérialiste qui leur permet d’acheter les voix, d’influencer le choix des électeurs, de diviser les classes et couches laborieuses, d’intimider de larges catégories et forces sociales, de falsifier les résultats électoraux, de répandre les mensonges à l’appui de leurs manœuvres pour écarter ceux qui les dérangent et installer des dirigeants à leurs bottes.

Les résultats de ces élections ne sont pas un critère absolu pour définir la position des forces anti-impérialistes en Afrique et dans le monde surtout quand de grandes masses du pays se mettent en mouvement pour tourner la page du néo-colonialisme, quels que soient les calculs et les limites politiques des dirigeants qui refusent de se plier à la brutalité des impérialistes.  

Dans tous les cas, c’est au peuple ivoirien de décider souverainement de son destin. Il n’a pas besoin de l’intervention des forces impérialistes étrangères pour désigner démocratiquement ses dirigeants, ni de leurs pseudo observateurs pour « labelliser » les résultats du scrutin électoral.

Jamais et nulle part l’impérialisme n’est intervenu pour apporter la liberté et la démocratie. Partout où il intrigue et débarque ses troupes, il n’apporte que guerre civile, ruine et malheurs. Son seul objectif est de placer des marionnettes autochtones dévouées aux intérêts de la grande bourgeoisie financière.  

C’est aux peuples, à leurs forces progressistes et anti-impérialistes de décider de la conduite de leurs luttes pour instaurer, sans intervention extérieure, un régime démocratique au service de leurs intérêts légitimes.  

Les peuples doivent exiger le départ des troupes françaises et celles de l’ONU qui a montré sa partialité en soutenant Ouattara, valet du néo-colonialisme et homme du FMI dont les injonctions depuis 20 ans ont plongé la Côte d’Ivoire dans une grave régression économique et sociale.

Les communistes algériens dénoncent le silence du gouvernement algérien et la coalition présidentielle « islamo-nationaliste » qui refusent de condamner les ingérences étrangères dans les affaires internes du peuple ivoirien ou d’empêcher l’instrumentalisation de l’Union africaine par les dirigeants africains à la botte du néo-colonialisme. Ils dénoncent la diffusion de la propagande pro impérialiste par la télévision algérienne, la presse gouvernementale et par la presse privée qui, à de très rares exceptions, reprend avec zèle les mensonges fabriqués par les tenants de la Françafrique pour diaboliser les patriotes de la Côte d’Ivoire et faire l’apologie des hommes de main des puissances étrangères.

Ils dénoncent le silence des partis institutionnels dits démocratiques face à cette offensive néo-coloniale sans précédent pour terroriser les peuples et leur imposer des dirigeants dociles.

L’Alliance nationale républicaine (ANR) ne dit mot. Le Collectif des Citoyens pour la Défense de la République se tait lui aussi. Son porte-parole s’était rendu il y a deux ans auprès de l’ambassadeur des USA pour lui« expliquer »soi-disant le sens du combat de son organisation contre le pouvoir et obtenir l’appui de cette puissance impérialiste.

Le Front des Forces Socialistes, membre de l’Internationale socialiste dont un de ses hommes illustres -Dominique Strauss-Kahn, DG du FMI- s’emploie à étrangler la Côte d’Ivoire, n’envisage la lutte pour changer de régime que dans le soutien des grandes puissances impérialistes et non dans le travail en direction des masses populaires sur la base d’une alternative démocratique et anti-impérialiste de progrès.

Les chefs du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie ne peuvent que garder le silence s’ils ne veulent pas perdre le soutien des néo-colonialistes français décidés à provoquer une situation de fragmentation de l’Algérie qui leur permettrait un jour de prendre le contrôle de ses zones pétrolières.

Des hommes complètement coupés de leur peuple comme les dirigeants du RCD ne se voient à la tête de l’Algérie qu’avec l’appui et la bénédiction des dirigeants impérialistes américains et français, comme cela été dévoilé dans certains« câbles »non démentis de Wikileaks. Leur carte de visite politique internationale est écrite avec une encre chargée de haine à l’encontre des principaux dirigeants patriotiques des années 1970 quand l’Algérie nationalisait les richesses monopolisées par les sociétés françaises pour se développer et se tenait fermement du côté des peuples en lutte pour leur libération nationale.

Les communistes algériens espèrent que les progressistes ivoiriens trouveront la capacité de s’unir face à la Sainte-Alliance impérialiste, sauront éviter les pièges des divisions tribales dans lesquelles le colonialisme a toujours excellé pour asseoir sa domination, feront preuve de fermeté en encourageant la mobilisation des masses populaires et en s’appuyant sur elle pour résister aux pressions extérieures.

Ils en appellent au développement de la solidarité de toutes les forces anti-impérialistes et deprogrès en Algérie, en Afrique, en France et partout dans le monde avec la lutte du peuple ivoirien pour son indépendance véritable et une démocratie au service de ses intérêts fondamentaux.

Ils sont convaincus que cette solidarité favorisera l’instauration de véritables liens de coopération, débarrassés de toute velléité néo-coloniale, entre les peuples africains et les travailleurs français, souffrant les uns et les autres de la même domination exercée en France comme en Afrique par une oligarchie arrogante, celle des grands groupes financiers exploiteurs, tels que ceux de Bolloré, Bouygues, Areva, etc.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/


2-2 Côte d'Ivoire : "Vos peuples sont en danger. Ne vous trompez pas de guerre !"

Appel à la CEDEAO

La situation insolite et inédite de deux « Présidents » et deux « gouvernements » à la tête de la même Côte-d’Ivoire est certainement déconcertante. Mais bien plus préoccupante est la conformité de vues entre les dirigeants des pays membres de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le reste de la « communauté internationale » sur les sanctions à infliger au Président Laurent Gbagbo, dont le recours à la force, s’il refuse de céder le pouvoir à Alassane Dramane Ouattara.

La CEDEAO mettra-t-elle cette dernière menace à exécution en assumant ainsi, de manière ouverte, le rôle de bras armé de l’impérialisme collectif qui se cache derrière l’appellation pompeuse et trompeuse de « communauté internationale » ?

La paix en Côte d’Ivoire et en Afrique, d’une manière générale, est au prix de la lucidité, de la solidarité et du courage politique dont nos dirigeants feront preuve dans un monde globalisé injuste et violent.

Nous tenons à rappeler aux chefs d’État africains qu’ils se trompent d’ennemi et de guerre pour les raisons suivantes, valables pour la quasi totalité de nos pays :
 

1 – L’échec notoire du système électoral prôné

Il y a dix ans, dans la Déclaration de Bamako sur la Démocratie, les Droits et les Libertés en date du 03 novembre 2000, les Ministres et les Chefs de délégation des États et gouvernements ayant le français en partage relevaient, en plus des « acquis indéniables », des insuffisances et des échecs qui ont pris aujourd’hui des proportions alarmantes. Ils ont pour noms : « récurrence des conflits, interruption de processus démocratiques, génocide et massacres, violations graves des droits de l’Homme, persistance de comportements freinant le développement d’une culture démocratique, manque d’indépendance de certaines institutions et contraintes de nature économique, financière et sociale, suscitant la désaffection du citoyen à l’égard du fait démocratique ».

Y a-t-il lieu d’envisager une intervention militaire en Côte d’Ivoire, au nom d’un système électoral si défaillant ?
 

2 – Les pièges du système néolibéral

Ce système électoral inadapté et cruellement dépendant de l’«expertise» et de financements extérieurs est au service d’un modèle économique particulièrement désastreux en Afrique. Il rime avec pillage des richesses du continent, chômage endémique, pauvreté, injustices, corruption et violences. Les taux de croissance salués par la « communauté internationale » n’ont pas d’incidence sur la situation de l’immense majorité des Africains.

Alors au nom de quel projet de société, la CEDEAO devrait-elle s’engager dans une intervention militaire en Côte d’Ivoire ?
 

3 – Des « démocraties » minoritaires

L’enthousiasme et les espérances que les premières élections suscitèrent ne sont plus au rendez-vous comme l’attestent les taux de participation aux élections présidentielles généralement inférieurs à 50%, sauf dans les pays en crise (Guinée, Côte d’Ivoire par exemple) où les populations caressent l’illusion d’instaurer la paix par le vote.

Au lieu du rôle de gendarme que la « communauté internationale » lui confie au risque de la discréditer, la CEDEAO ne devrait-elle pas chercher d’abord à conférer à la démocratie un sens qui réconcilie les Africains avec la politique ?
 

4 – Des graves régressions politiques

L’État postcolonial qui se voulait souverain est devenu l’État sous-tutelle des institutions de Bretton Woods, chargé de libéraliser, de privatiser et de gérer ensuite les conséquences sociales dramatiques de cette politique. L’impopularité des gouvernants démocratiquement élus tient en grande partie aux réformes contraignantes et souvent erronées du FMI et de la Banque mondiale qui dégagent leur responsabilité en cas de soulèvement des populations.

Faut-il que la CEDEAO, au nom d’une démocratie que les argentiers foulent au pied, ajoute davantage à l’injustice et à la souffrance du peuple ivoirien ?
 

5 – Dépolitisation, personnalisation et ethnicisation

Pour ou contre Untel ou Untel sont les termes de la démocratie au rabais qui est servie aux peuples mineurs que nous sommes dans l’imaginaire de l’Occident. Et, malheureusement, ça marche.

Rares sont les acteurs politiques qui se donnent la peine de familiariser l’électorat avec les enjeux économiques, pétroliers, miniers, géopolitiques et militaires qui engagent le destin de notre continent.

Qu’y a-t-il d’étonnant si à partir de ce moment les électeurs se saisissent de repères tels que l’ethnie et la religion ?
 

6 – L’imposture de la « communauté internationale»

On n’aura jamais autant entendu parler de la « communauté internationale » en Afrique que ces dernières semaines. Alors, le citoyen ordinaire se demande : « Qui est-elle ? »

Elle est une dangereuse construction de l’après guerre froide. Elle se pose en garant du droit international, mais ses exigences varient selon les lieux et les circonstances. Ses membres sont, entre autres…

le Conseil de Sécurité, une institution non démocratique dont les résolutions sont ignorées par l’État d’Israël, protégé par les Etats-Unis,

les États-Unis d’Amérique, qui ont envahi l’Irak au nom d’armes de destruction massive qui n’existaient pas,

l’Union Européenne (UE), dont les desseins sont clairs à travers les Accords de Partenariat Economique (APE) qu’elle tient à imposer aux pays ACP,

la France, dont les forfaits sont brillamment illustrés par le documentaire de Patrick Benquet : La Françafrique,

le FMI et la Banque mondiale, qui dans un monde autre que celui-ci devraient être traduits devant la justice internationale pour crime contre l’Afrique.

Quant à l’Union Africaine (UA) et la CEDEAO, leur fonctionnement est à l’image des États qui les composent : frileuses, financièrement dépendantes, elles sont plus à l’écoute des grandes puissances et des institutions de Bretton Woods que de leurs peuples, de plus en plus désemparés et en danger.

Aux conséquences incommensurables des sanctions économiques, faut-il ajouter celles désastreuses de la violence militaire en Côte d’ Ivoire?
 

7 – L’instrumentalisation de la souffrance et du désarroi des Africains

Les électeurs et les électrices ivoiriens et africains sont, en somme, des victimes collatérales de la guerre économique qui fait rage à l’échelle de la planète. La pauvreté que le modèle économique dominant leur impose et leur souffrance sont instrumentalisés dans le cadre d’élections dites « transparentes », « régulières » et « démocratiques » qui, comme nous l’avons déjà souligné, ne répondent en rien à leur quête légitime de dignité.
 

8 – L’opacité des enjeux

Personne ne peut croire un seul instant que l’auteur du discours de Dakar sur l’homme africain et père de l’immigration choisie se soucie des droits des Africains et de la démocratie en Afrique. L’ancienne puissance coloniale a surtout besoin de préserver ses intérêts en Côte d’Ivoire qui, aujourd’hui comme au lendemain des indépendances, lui sert de point d’ancrage ainsi que de tremplin dans la sous région.

Quant aux États Unis d’Amérique, une partie de la réponse à leur demande – considérable – en pétrole se trouve dans le Golfe de Guinée.

Y a-t-il un lien quelconque entre ces desseins et la démocratie que les peuples d’Afrique appellent de tous leurs vœux ?
 

9 – La crise systémique du capitalisme

Les dirigeants africains sont victimes du discours mensonger du « win-win » qui prétend que tout le monde peut gagner dans la mondialisation néolibérale, dont la faillite est désormais évidente. Aussi s’efforcent-ils d’entrer dans le moule préfabriqué de la « croissance accélérée », de la « bonne gouvernance », de la « démocratie », etc.

L’histoire qui est train d’être écrite à coup de larmes et de sang en Côte d’Ivoire n’est pas qu’une crise politique et institutionnelle grave, dont l’issue dépendrait des seuls acteurs ivoiriens. Elle est l’une de ces guerres de « basse intensité » que l’ordre cynique du monde impose aux peuples dominés, tout en ne jurant que par la « démocratie », les « droits de l’homme » et les « libertés ».
 

10 –  La crise de leadership mondial et la question de l’éthique

Face à la crise structurelle et systémique du capitalisme mondialisé, il n’y a pas d’homme providentiel en Côte-d’Ivoire, ni même aux États-Unis où l’élection de Barack Obama a pu faire croire le contraire. Le Président américain et son homologue français, Nicolas Sarkozy, qui visiblement n’ont que des certitudes quand il s’agit de la démocratie en Afrique, sont confrontés aux pires difficultés dans leurs propres pays, du fait de la nature inique de ce système économique dans lequel les africains sont embarqués à leur insu. La dé-protection de nos économies, la concurrence déloyale et surtout la mise en échec délibéré de l’État au nom de la croissance et de la compétitivité sont autant d’options qui n’ont rien d’éthique.
 

L’ordre actuel du monde n’a pas besoin d’Alassane Dramane Ouattara et encore moins de Laurent Gbagbo, mais des richesses et de la position géostratégique de la Côte-d’Ivoire en Afrique de l’Ouest.

Espérons que cette réalité cruelle, qui n’est un secret pour personne, contribuera à dépassionner le débat et à inciter les protagonistes de la crise ivoirienne, et de manière générale les décideurs politiques africains, à plus de lucidité et de maturité politique.
 

Déclaration

Face à cette offensive sans précédent de la « communauté internationale » contre un État souverain au nom de la démocratie et face à l’instrumentalisation de la CEDEAO,
 

Nous exprimons :

Notre solidarité avec le peuple frère et meurtri de Côte d’Ivoire qui est le véritable perdant de la « démocratie » formelle, dictatoriale et belliqueuse que les puissances occidentales imposent aux autres à coups de chantage au financement et de corruption.

Notre profond désaccord avec l’usage de la force contre un État souverain au mépris des vies humaines, de la cohésion sociale et la paix, déjà malmenées.

Notre conviction que la « communauté internationale » n’est qu’une coalition de puissances et d’intérêts qui fait la loi à travers le Conseil de Sécurité, les institutions financières et autres instances.

Notre désapprobation de l’alignement de l’Union Africaine (UA) et la CEDEAO sur des positions compromettantes et dangereuses.

Notre indignation face à l’ingérence arrogante et décomplexée des Nations Unies, qui outrepassent leur rôle en Côte d’Ivoire, et face aux pressions et aux sanctions, dont celles scandaleuses du Fond Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale, qui oublient qu’ils ont une part considérable de responsabilité dans la situation dramatique de l’Afrique.

Notre consternation face à la violation des droits politiques des Africains, qui devraient être les seuls juges de l’état de leurs pays et de la conduite de leurs dirigeants, et face à l’infantilisation de l’électorat africain par un système qui érige le vote en une fin en soi.

-      Notre révolte face aux supercheries des puissants de ce monde, notamment la France et les États-Unis, qui inversent les rôles en Côte d’Ivoire en s’érigeant en sauveurs des peuples et faiseurs de paix, alors qu’ils sont fauteurs de guerre. L’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, pour ne citer que les faits plus récents, sont devenus de véritables bourbiers attestant que la démocratie ne s’exporte pas.

Notre dépit vis à vis de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui ignore que les victimes des massacres pré et post électoraux sont d’abord des hommes et des femmes que le système, dont elle est l’une des armes, affame, exclut et tue à petit feu par millions.

Notre conviction que la réforme en profondeur du système des Nations Unies, que les mouvements sociaux appellent de leurs vœux, s’impose non pas seulement en termes de représentation du continent, mais d’éthique.

Notre conviction que la situation dramatique en Côte d’Ivoire justifie l’évaluation dans les meilleurs délais des pratiques démocratiques en Afrique.

Notre détermination à éveiller les consciences, notamment celles des femmes et des jeunes, de telle sorte que le vote influe sur les politiques économiques qui sont à l’origine du chômage, de la faim et de l’exil.

Notre volonté de faire du Forum Social Mondial (FSM) de Dakar (du 6 au 11 février 2011) le lieu par excellence de la confrontation des idées sur les alternatives au capitalisme mondialisé et destructeur.

Personne ne doit mourir en Côte d’Ivoire, ni ailleurs en Afrique, au nom d’une démocratie décrédibilisée et dévoyée parce que conçue, financée et évaluée de l’extérieur par des puissances d’argent en quête de dirigeants « sûrs ».

Alors, trêve d’ingérence, d’arrogance et d’humiliation !

Chaque peuple s’indigne, résiste et se libère en se référant à son histoire et son propre vécu des injustices et d’asservissement.

Puissent les souffrances infligées aux peuples d’Afrique servir de levain pour l’émergence de valeurs, de structures et d’institutions démocratiques, pacifiques et humanistes ici et de par le monde.

Forum pour un autre Mali (FORAM)

Vendredi 7 Janvier 2011

http://www.alterinfo.net/Cote-d-Ivoire-Vos-peuples-sont-en-danger-Ne-vous-trompez-pas-de-guerre-_a53519.html


2-3 La haute-bourgeoisie ivoirienne dans leurs luttes pour le pouvoir, instrumentalisent les masses.

Les différentes fractions de la haute-bourgeoisie ivoirienne dans leurs luttes pour le pouvoir, instrumentalisent les masses en les appelant à des actions aventuristes. Le 16 décembre 2010, le camp Ouattara lança des actions pour la libération de la télévision d’Etat et du siège du Gouvernement. Il fut demandé à des partisans à qui il a été demandé depuis toujours de n’avoir pour « seule arme que le bulletin de vote », de conduire des actions de type insurrectionnel. Malgré la détermination de certains groupes de manifestants, l’échec ne pouvait qu’être retentissant comme tout le monde a pu le constater.
Le camp Gbagbo, pour sa part, projette à nouveau de se servir de l’énergie des masses. Une fois encore la probabilité est grande de les conduire à l’abattoir. Rappelons que les « jeunes patriotes » soutenant Gbagbo avaient projeté un « grand rassemblement » Place de la République le mercredi 29 décembre 2010. Mais, contre toute attente, ils avaient reporté cette action sine die au motif qu’il « fallait laisser la chance à la diplomatie » parce que trois chefs d’Etats de la CEDEAO arrivaient à Abidjan pour des entretiens avec Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Curieusement, alors qu’une nouvelle édition de ces entretiens est prévue pour le 3 janvier 2011, les « jeunes patriotes » décident de « libérer le Golf Hôtel, les mains nues », endroit où sont retranchés Ouattara et son Gouvernement gardés par près d’un millier de casques bleus de l’ONUCI puissamment armés. L’objectif n’est autre que de se servir comme des boucliers humains des jeunes alors qu’ils ne sont pas préparés à ce type d’affrontement. Ces jeunes seront sûrement pris entre les feux des militaires défendant l’hôtel et ceux faisant le siège de l’hôtel. Pourquoi faire jouer à des jeunes aux mains nues un rôle normalement dévolu à l’armée nationale ? Une raison de ce comportement réside dans le fait que les forces étrangères présentes sur le territoire ivoirien (forces des Nations-Unies, forces françaises Licorne) le sont à la demande de Laurent Gbagbo. Ce denier avait espéré bénéficier au moment crucial du soutien de ces forces, ce qu’il continue d’espérer vainement. C’est ainsi que de façon opportuniste il demande, sans conviction, leur départ, une demande formulée au moment où il n’est plus qualifié pour engager la Côte d’Ivoire. Gbagbo a une curieuse façon de mener son « combat patriotique ou anti-impérialiste ». Gbagbo ne fait pas confiance à l’armée nationale et recourt abondamment aux mercenaires libériens et angolais. Ces derniers ne peuvent pas se présenter à visage découvert à l’Hôtel du Golf, d’où l’appel à des chairs à canon, un rôle que le clan Gbagbo a pris l’habitude de faire jouer aux masses populaires ivoiriennes. Le PCRCI estime qu’à l’heure actuelle le peuple a plutôt les vrais combats suivants à mener : - dénoncer les menaces d’interventions militaires étrangères, en particulier celle de l’ECOMOG, afin de les conjurer ; s’opposer par tous moyens aux fauteurs de guerre réactionnaire. - continuer le combat pour le respect de la volonté populaire exprimée dans les urnes le 28 novembre et réduire ainsi le risque de guerre civile réactionnaire. Le PCRCI appelle le peuple et particulièrement la jeunesse à se tenir à l’écart des mots d’ordre aventuristes et à ne pas participer à la « prise de l’hôtel du Golf » dont le seul but est de créer l’émoi suite à un bain de sang. Un tel sacrifice n’en vaut pas la peine si le but est le maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo et son régime militaro-civil de type fasciste
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Fait à Abidjan, le 31 décembre 2010

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire


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