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27/01/2011

n°6 - Dossier de la Côte d'ivoire - 26-01 :- Début - : Côte d'Ivoire : interventionnisme sous couvert de communauté internationale.

n°6 - Dossier de la Côte d'ivoire - 26-01 :- Début  - : Côte d'Ivoire : interventionnisme sous couvert de communauté internationale.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Dossier de Côte d’Ivoire

n°6                               26-01

C.Debroeder &  M.Lemaire



Le dossier de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                       http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

1-1 Malick Noël Seck : Pour L’Afrique, je défends Gbagbo!

2-1 Kernews : La mise en garde d’un député sarkozyste.

2 Analyse

2-1 Crise ivoirienne: médiation en échec, intervention militaire « prévue »

2-2 Albert Bourgi : Côte d'Ivoire : interventionnisme sous couvert de communauté internationale.

2-3 Francis Arzalier : Côte d’Ivoire : des centaines de morts ; pour qui, pour quoi ?

2-4 Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique.

3 Annexe

3-1 Bwemba – Bong : Non à la renaissance des tirailleurs en Afrique, non au retour des régisseurs nègres « Oui, Missié » en Côte d’Ivoire.


1 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

1-1 Malick Noël Seck : Pour L’Afrique, je défends Gbagbo!

Lorsque vous entendrez parler de la Côte d’Ivoire, tendez l’oreille, on parle de vous. Il n’y a pas de crise Ivoirienne, ce n’est pas la Côte d’Ivoire qui est en crise, il y a une crise des intérêts français en Côte d’Ivoire suite à la décision du Conseil constitutionnel ivoirien de valider la victoire de Laurent Gbagbo à la présidentielle de 2010. Dés lors, ni l’Onu, ni la France ni une quelconque Institution internationale ne peut en aucun cas se substituer à la Constitution ivoirienne. Il existe une attitude légaliste, butée et débonnaire qui persiste à croire que les situations politiques dans l’Ouest africain doivent être soumises aux mêmes critères d’analyses que leurs variantes occidentales et que les Républiques africaines devraient se conformer au Droit constitutionnel hérité de la France.
Or l’attitude légaliste n’est pas l’unique grille de lecture et la République qui de fait associe l’intérêt général aux intérêts du peuple doit être seule à triompher dans tous les cas de figure. Lorsque le Président français Nicolas Sarkozy du haut de sa tribune pose un ultimatum au Président Gbagbo et à sa femme, je me range automatiquement du côté de Gbagbo parce qu’à ce moment précis il devient une figure emblématique.
Et lorsque cette insulte est proférée au moment même où nous fêtons le cinquantenaire de nos indépendances octroyées, Gbagbo devient un être providentiel, et les éructations des milieux d’affaires, les menaces d’une intervention militaire et l’unanimité des flics de la presse à le désigner perdant, deviennent autant de titres honorifiques qui s’ajoutent à son curriculum. Nous connaissons à présent la composition de la Commission électorale dite indépendante, elle était à 80% Ouatariste ! Gbagbo demande le recompte des voix, la communauté internationale lui exige de perdre. Il sait le prix de la défaite ! C’est le renouvèlement du pacte colonial, c’est l’uranium nigérien vendu à vil prix à la compagnie française Areva, le pétrole gabonais à Elf Aquitaine, les projets d’aménagement de nos territoires réservé à Bouygues, les télécommunications au groupe Orange ; paludisme et pieds nus pour les enfants de Cocody, hors-bord et école privée pour les rejetons français de la Lagune, mains calleuses et toits de chaumes pour les cultivateurs de cacao du ZanZan, Jaguar et appartements de luxe pour les chocolatiers de Neuilly ; parce que c’est à ce prix-là que l’on mange du sucre en Europe.
Ce que veut la France, c’est conserver dans ses territoires l’aristocratie républicaine dressée pour la servir, tel Bongo et Eyadéma, ventripotent dans leurs costumes, sergents chefs au syndicat de la trahison et dignes successeurs de leurs pères respectifs. Et lorsque rien ne marche, on fomente une rébellion armée, on exige des élections pour bourrer les urnes, on organise le crime crapuleux et des campagnes de presse, parce qu’il faut vaincre sans avoir raison, parce qu’il faut que les bourgeois de la grande industrie française dorment tranquille, et que les partis politiques français se fassent financer leurs campagnes électorales au détriment de nos peuples. La France ne peut pas nous humilier chez elle et chez nous. Vous connaissez le mythe de la terre d’accueil, les contrôles au faciès, la réalité des rafles nocturnes et des déportations sommaires. De quel côté du revolver êtes-vous ? D’un côté, vous avez Ouattara avec ses propriétés parisiennes, ses amis du Fmi, ses frères maçonniques et sa femme, de l’autre vous avez Gbagbo dont le seul tort est le refus de négocier les intérêts de la Côte d’Ivoire et pour cela, il est calomnié, livré pantelant aux convulsions du brigandage, vilipendé par le même système qui jadis nous vendit le cannibalisme de Bokassa.

Les ennemis de la Côte d’Ivoire sont planqués dans un hôtel, incapables d’orchestrer un soulèvement populaire, trahis par les électeurs fictifs qui les ont élus et comble du comble, c’est l’Onu qui les protège. Je vous ferais remarquer au passage que l’Onu a fait un bien meilleur travail à défendre les retranchés de l’Hôtel du Golf que les Tutsi de l’Hôtel des Mille Collines à Kigali lors des massacres de 1994, parce que ses interventions sont fonctions du pedigree des victimes. Nous ne sommes plus les tirailleurs de la France. Aucun Sénégalais n’ira mourir en Côte d’Ivoire. L’amélioration de nos conditions d’existence passe nécessairement par le contrôle de nos matières premières que seule notre souveraineté nationale peut garantir.
Or, être souverain c’est pouvoir librement décider de son sort. Gbagbo doit gagner, la marche de l’histoire l’exige ! Et c’est la seule Renaissance africaine qu’il vous sera donné de vivre.
Malick Noël Seck
SG Convergence Socialiste
Responsable PS à Sicap Liberté

20 janvier
info@convergence-socialiste.com

http://news.abidjan.net/h/388179.html


2-1 Kernews : La mise en garde d’un député sarkozyste.

Ndlr : Lla publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Didier Julia, député UMP de Seine-et-Marne : « Le fait pour la France de s'identifier à la position américaine,qui est anti Gbagbo, parce qu'ils n'ont jamais pu conquérir les marchés de Côte d'Ivoire, ce n'est pas une position gaulliste. »
La mise en garde d’un député sarkozyste

La position officielle de la France sur la situation ivoirienne n'est pas partagée par l'ensemble des parlementaires.

À gauche, certains élus, comme Henri Emmanuelli, François Loncle ou l'ancien ministre Hubert Védrine, s'interrogent.

Au sein de l'UMP aussi, certains députés estiment que la position de la France devient dangereuse pour ses intérêts en Afrique. Didier Julia, député UMP de Seine-et-Marne et membre de la commission des affaires étrangères, nous a fait savoir qu'il a sondé ses collègues et que 30 à 40% d'entre eux commençaient à changer de ligne. Il a décidé de briser la chape de plomb et il a accordé son premier entretien sur cette affaire à Kernews, mardi 28 décembre, au micro de Yannick Urrien.

Kernews : Tous vos collègues parlent de l’accrochage que vous auriez eu avec Michèle Alliot-Marie lors de la dernière réunion du groupe UMP de l’Assemblée nationale, quelques jours avant Noël… Que s’est-il passé ?

Didier Julia : J'ai eu l'occasion, lors de la réunion du groupe UMP qui rassemble tous les députés, en l'absence de François Fillon, de poser trois questions à Madame Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères. Ma première question était de savoir pourquoi la France s'engage-t-elle au premier plan dans un problème de politique intérieure qui concerne la Côte d'Ivoire. La deuxième question : pourquoi le gouvernement français envisage-t-il de prendre des mesures de rétorsion à l'égard de l'entourage du président sortant de Côte d'Ivoire, qui serait à Paris, en leur retirant leurs visas et leurs passeports, alors que cela peut mettre en danger les quinze mille Français qui sont en Côte d'Ivoire et qui subiraient la même procédure. La troisième question : si les soldats français devaient ouvrir le feu sur des Ivoiriens pour un problème de politique intérieure ivoirienne, ce serait une abominable image pour la France, un recul
de cinquante ans, époque de la canonnière de la colonisation. Au vingt et unième siècle, ne serait-ce pas vraiment une régression du point de vue historique ? Ces trois questions ont suscité une colère extrêmement violente de Madame Alliot-Marie et cela m'a beaucoup étonné de la part d'un ministre qui se présente comme étant de tradition gaulliste. Le fait pour la France de s'identifier à la position américaine, qui est anti Gbagbo, parce qu'ils n'ont jamais pu conquérir les marchés de Côte d'Ivoire, ce n'est pas une position gaulliste. La position gaulliste, c'est d'abord le respect des pays et de leur indépendance. Ensuite, nous ne sommes pas des supplétifs des Américains dans la politique mondiale. J'ai été frappé par cette réaction passionnelle. J'ai eu l'occasion de passer une note au premier ministre François Fillon en lui disant que l'intérêt de la France et la morale en politique voulaient que nous laissions les pays
de l'Union africaine s'occuper de la Côte d'Ivoire et que ce n'était certainement pas à l'ancienne colonie d’imposer son point de vue. Le premier ministre partage tout-à-fait cette approche du problème ivoirien.

Kernews : Selon certaines indiscrétions émanant de vos collègues, Michèle Alliot-Marie, en privé, aurait des doutes sur la sincérité du scrutin annoncé par l'ONU… Qu'en pensez-vous ?

Didier Julia : notre problème, ce n'est pas d'être pro Gbagbo ou pro Ouattara… Nous nous interrogeons tous en commission des affaires étrangères et je peux dire que l'opinion majoritaire, de tous ceux qui s'intéressent au problème, est de dire qu'il y avait d’un côté une commission soi-disant indépendante, qui était sous le contrôle des Américains, en tout cas sous le contrôle des opposants au président Gbagbo et, de l’autre, un Conseil constitutionnel dont on dit que ce sont des amis de Monsieur Gbagbo, mais c'est quand même le Conseil constitutionnel… Par conséquent, je connais le nord de la Côte d'Ivoire qui est entre les mains de chefs de guerre qui pratiquent, comme chacun sait, le racket sur le coton et le diamant, et il était impossible aux populations qui sont sous leur tutelle de voter autrement que ce qu'elles ont voté. Donc, le problème de la légalité discutable dans le Nord est un réel problème.

Kernews : Nous avons reçu des témoignages précis d'assesseurs représentant le candidat Gbagbo qui ont dû quitter le bureau de vote à neuf heures du matin parce qu'on les menaçait avec une kalachnikov…

Didier Julia : Oui, au sein de la commission indépendante aussi, il y avait deux assesseurs représentant le candidat Gbagbo, contre dix, et ils ont aussi fait l'objet de menaces. Par conséquent, les conclusions de la commission indépendante posent vraiment un problème. Mais je n'en veux pas à Michèle Alliot-Marie. C'est une femme pour laquelle j'ai de l'amitié et une certaine admiration. Ce qui m'inquiète plutôt, c'est qu'elle incarne une tradition gaulliste et, si son attitude l'amenait à soutenir aveuglément le point de vue américain et à ne pas respecter la réalité du scrutin pour des raisons qui m'échappent, eh bien, je dis que son image en pâtirait.

Kernews : Comment analysez-vous l'influence des médias sur ce dossier ? Il n'y a aucune explication précise sur le fond de l'affaire, on n’entend aucun discours contradictoire, mais une dialectique de guerre et de diabolisation…

Didier Julia : Les médias agissent de la même façon dans tous les domaines. Tout le monde a hurlé contre Éric Woerth en le qualifiant d’escroc, de voleur, de menteur, de truqueur, de profiteur… Aujourd'hui, plus personne n'en parle. Lorsqu'ils s'apercevront tous qu’ils se sont trompés, il y en a pas un qui aura l'honnêteté de le dire. Il y aura une petite ligne disant que Eric Woerth n'était finalement pas concerné par les problèmes sur lesquels il était critiqué. J'ai connu cela à propos de l'affaire irakienne : ils se sont déchaînés contre nous pendant dix jours ! Le procureur général et les juges ont conclu que l'accusation de collusion avec une puissance étrangère pour intenter aux intérêts fondamentaux de la France était une affaire purement ubuesque et sans fondement. Nous avons été totalement relaxés et nous avons eu droit à trois lignes dans les journaux… Regardez, toute la presse s'est déchaînée sur le problème des retraites. A l'étranger, certains pensaient que la France était sens dessus dessous et que c'était la révolution dans la rue… Tout le monde nous interrogeait sur le désordre de la société française et plus personne ne parle des retraites aujourd'hui ! Dans la presse française, tout le monde va dans le même sens et, lorsqu'ils feront marche arrière, on va passer à autre chose…

Kernews : Alors, faisons un peu de prospective, car chaque opération de désinformation qui a été entreprise a des conséquences sur une décennie. La conséquence de la première guerre du Golfe a été l'émergence de l'islamisme radical et des attentats du 11 septembre 2001…

Didier Julia : C’est vrai…

Kernews : La deuxième guerre a entraîné le massacre des chrétiens d'Irak et d'Orient, qui doivent fuir leurs pays respectifs…

Didier Julia : Oui…

Kernews : Alors, quelles seront les conséquences de cette affaire ivoirienne ?

Didier Julia : J'ai dit à Michèle Alliot-Marie que si nous continuons dans cette voie, les Français seront tous remplacés par les Chinois, les Brésiliens, les Indiens, et la France disparaîtra de l'Afrique. C'est très dommage. J'ai aidé le président Sarkozy à être élu, je soutiens son action réformatrice très méritante en France, mais je ne peux pas suivre une politique mondiale lorsqu'elle met en cause l'influence et la crédibilité de la France dans un continent, surtout l'Afrique, qui est le continent d'avenir. En 2050, l'Afrique sera plus peuplée que la Chine. C'est un continent en pleine expansion économique, qui est en train de s'organiser, dont les ressources sont considérables, et c'est vraiment un continent d'avenir. La France risque de se couper pendant longtemps d'un pays d'avenir. Si cela s'amplifiait, ce serait une grave régression.

Dimanche 26 décembre 2010

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-julia-contre-alliot-marie-64200473.html

 

January 03, 2011 2:18 PM

http://www.palestine-solidarite.org/interview.Didier_Julia.281210.htm
http://www.ladepechedabidjan.net/Didier-Julia-depute-UMP-de-Seine-et-Marne-Le-fait-pour-la-France-de-s-identifier-a-la-position-americaine-qui-est-anti_a1510.html
http://www.fischer02003.over-blog.com/article-julia-contre-alliot-marie-64200473.html
http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2011/01/03/JULIA-CONTRE-ALLIOT-MARIE



2 Analyse

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Crise ivoirienne: médiation en échec, intervention militaire « prévue »

Le médiateur de l’Union africaine (UA) pour la crise ivoirienne, Raila Odinga, a une nouvelle fois quitté Abidjan mercredi matin sur un constat d’échec, avant d’être « récusé » par le camp du président sortant Laurent Gbagbo, qui refuse toujours de céder le pouvoir.

Dans le même temps, Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale, affirme qu’une « intervention militaire » de l’Afrique de l’Ouest « est déjà prévue, organisée » pour chasser du pouvoir M. Gbagbo, dans une interview au quotidien français La Croix à paraître jeudi.

Le médiateur de l’UA « a failli à sa mission et nous ne sommes plus prêts à le recevoir ici en Côte d’Ivoire. Nous récusons M. Odinga », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gbagbo, Alcide Djédjé lors d’une conférence de presse.

M. Odinga « prend partie pour M. Ouattara. Nous pensons qu’il est devenu un acteur dans la crise ivoirienne et il ne peut plus être envoyé spécial de l’Union africaine », a ajouté M. Djédjé.

L’émissaire de l’UA avait déploré mercredi avant son départ d’Abidjan où il était arrivé lundi, que M. Gbagbo n’avait pas honoré sa promesse de mettre fin au blocus de l’hôtel où son rival Alassane Ouattara est retranché.

Mais le ministre de M. Gbagbo a affirmé que « la levée du blocus est un stratagème mis en place pour une attaque de la ville d’Abidjan ».

Un peu plus tôt dans la journée, le médiateur et Premier ministre du Kenya avait quitté la Côte d’Ivoire sur un constat d’échec: « j’ai le regret d’annoncer que la percée nécessaire n’a pas eu lieu ».

L’envoyé de l’UA, dont la première médiation début janvier, avec trois chefs d’Etat africains, avait déjà été infructueuse, a toutefois assuré, depuis Accra où il a rendu compte de sa mission au président John Atta-Mills, « rester optimiste ».

Mais Alassane Ouattara semblait avoir tourné la page de la médiation: « l’intervention militaire est déjà prévue, organisée. Elle sera programmée. J’ai parlé avec le président nigérian Goodluck Jonathan dimanche, il m’a assuré de sa détermination ».

« C’est pour cela que les chefs d’état-major des pays de la Cédéao se sont réunis mardi à Bamako », selon lui.

La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao, dont le président Jonathan est le président en exercice) a suspendu la Côte d’Ivoire début décembre et menacé Laurent Gbagbo d’une intervention militaire s’il ne cédait pas de lui-même le pouvoir.

« Des arrangements sont en cours pour qu’ils aillent faire des reconnaissances à Bouaké, qui sera peut-être le centre de regroupement des soldats », poursuit dans cette interview M. Ouattara retranché dans un hôtel d’Abidjan depuis le début de la crise.

Bouaké, dans le centre du pays, est le fief des ex-rebelles des Forces nouvelles, qui lui sont favorables.

La Cédéao « nous dira dans quelques jours comment elle compte procéder. Je préfère la voie de la Cédéao qui est en réalité de proposer une exfiltration », précise-t-il.

« Il s’agit de venir chercher Laurent Gbagbo, comme cela a été fait pour d’autres chefs d’État en Afrique ou ailleurs. S’il y a des fidèles qui s’accrochent, ils en feront les frais. Cette solution est meilleure que d’avoir des milliers de morts », affirme M. Ouattara

Mardi, le président  burkinabé Blaise Compaoré et la ministre déléguée aux Affaires étrangères nigériane, Salamatu Suleiman, avaient pourtant répété que la Cédéao souhaitait a tout prix éviter l’usage de la force.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a de son côté donné son feu vert au renforcement de cette mission en votant l’envoi de 2.000 hommes supplémentaires pour porter ses effectifs à 11.500.

Après l’Union européenne qui avait décidé de geler les avoirs en Europe du camp Gbagbo, la Suisse a par ailleurs fait de même pour les éventuels fonds déposés dans la Confédération.

AFP

janvier 21st, 2011 Posted in Evènements

http://www.inversalis-productions.eu:80/blog/2011/01/crise-ivoirienne-mediation-en-echec-intervention-militaire-prevue/


2-2 Albert Bourgi : Côte d'Ivoire : interventionnisme sous couvert de communauté internationale.
Jamais dans l'histoire des relations franco africaines, une crise n'aura soulevé autant de parti pris mediatico politique en France que celle que vit la Côte d'Ivoire depuis bientôt une dizaine d'années.
Aujourd'hui, comme hier en septembre 2002, lors du déclenchement d'une rébellion militaire ouvertement soutenue, voire totalement planifiée par un Chef d'État voisin, Blaise Compaoré, et fait inédit en Afrique subsaharienne, coupant le pays en deux, l'opinion publique africaine et internationale s'est vue servir une interprétation unilatérale, voire tronquée, des événements.
Et pour couronner le tout, voire pour conforter le courant d'opinion, la position officielle française s'est réduite à accabler le Chef de l'État ivoirien, Laurent Gbagbo, à voir en lui le seul responsable de la rébellion qui a provoqué la partition du pays, et aujourd'hui, de la crise post électorale.
Or dans l'un et l'autre cas, hier avec Jacques Chirac, aujourd'hui avec Nicolas Sarkozy, selon des méthodes différentes, l'objectif est le même : évincer coûte que coûte Laurent Gbagbo du pouvoir, et préserver la cohésion du pré carré français en Afrique.
En 2002, en 2004, après le bombardement de Bouaké et l'intervention directe des troupes françaises dans Abidjan, comme en 2005, 2006, à travers la tentative de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire, et bien entendu aujourd'hui, par le biais d'un processus électoral totalement dévoyé, il ne s'agit de rien d'autre que de se débarrasser d'un homme qui aux yeux de l'ancienne Puissance coloniale, remettait en question son emprise politique en Afrique.
A chacune des étapes de cet interventionnisme français, le mode opératoire est identique : mettre en avant les organisations régionales africaines au sein desquelles siègent les Chefs d'État adoubés par la France et dont la traduction la plus parfaite est incarnée par d'anciens auteurs de coups d'État reconvertis à la pseudo démocratie, à l'image d'un Blaise Compaoré ou d'un Faure Gnassimbé Eyadéma, et user de son influence aux Nations Unies, particulièrement au Conseil de sécurité.
La crise post électorale en Côte d'Ivoire illustre à l'évidence la perpétuation de la politique d'ingérence de la France en Afrique, qui tout en ne prenant plus les formes caricaturales d'actions militaires directes destinées à maintenir l'ordre intérieur au profit de « présidents amis », n'en aboutit pas moins aux mêmes résultats que naguère.
Quelle communauté internationale ?
Cette politique interventionniste de la France s'adosse désormais à la notion ambiguë de communauté internationale, pour instrumentaliser les dispositifs internationaux de règlement des conflits que ce soit à l'ONU, à l'Union Européenne, à l'Union Africaine ou à la CEDEAO, au sein desquels elle dispose d'importants réseaux d'influence, ce qui lui permet de faire passer « ses solutions politiques ».
C'est de ce registre international qui s'est grossi de « groupes internationaux de contact » que le pouvoir français est parvenu à faire avaliser les coups d'État perpétrés en Mauritanie en 2008, et à Madagascar, et mieux encore à faire élire, avec le soutien de la prétendue communauté internationale, le général mauritanien, Mohamed Abdel Aziz.
Cette nouvelle forme d'intervention sous couvert de la légalité internationale et d'actions concertées entre les différentes institutions internationales, a incontestablement atteint sa maturation en Côte d'Ivoire, du coup d'État manqué du 19 septembre 2002 et de ses suites diplomatiques (la Conférence de Kléber en janvier 2003) à ce qu'il faut bien appeler un coup de force électoral de décembre 2010, orchestré par le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU.
Le passage en force de ce dernier, entouré pour l'occasion des ambassadeurs français et américains en poste à Abidjan, pour entériner définitivement les résultats « provisoires » proclamés par le Président de la Commission électorale, au siège du candidat déclaré « élu », et cela au titre d'un pouvoir de « certification » dont il disposerait, renvoie à une pratique totalement inédite dans l'histoire des Nations Unies.
Jamais l'ONU n'a outrepassé de telle manière son mandat, y compris au Timor oriental, au Kosovo, en République démocratique du Congo, pour ne citer que ces exemples. Faisant fi des institutions d'un pays souverain, membre des Nations Unies depuis cinquante ans, et ne se donnant pas le temps de permettre à la Commission électorale de débattre des contestations soulevées au cours des délibérations, Monsieur Choi a incontestablement cédé aux pressions de certains pays, dont et surtout la France représentée en Côte d'Ivoire par un ambassadeur dont le parcours professionnel est un parfait condensé de la Françafrique.
En brandissant l'argument de la communauté internationale, et en se prévalant d'un processus électoral sur lequel pèse des suspicions très lourdes et à terme grave de conséquences pour la stabilité de la Côte d'Ivoire, Nicolas Sarkozy s'inscrit dans la droite ligne d'une politique néocoloniale de la France, dont les métastases se trouvaient déjà dans le discours raciste qu'il a prononcé à Dakar en juillet 2007.

de"Le Brasier"
Par Albert Bourgi
| Professeur | Rue89
Djamal Benmerad
Journaliste, écrivain
Portable: 00 32 (0) 471 30 11 01

http://barricades.over-blog.com/


2-3 Francis Arzalier : Côte d’Ivoire : des centaines de morts ; pour qui, pour quoi ?

Les dramatiques évènements de la Côte d’Ivoire ont eu un curieux traitement médiatique en France ; télévisions et journaux « bien pensants » ont claironné dès le départ le discours va t’en guerre de Sarkozy et ses ministres, sur la nécessité d’installer au pouvoir les paladins du monde occidental, Ouattara, ex-directeur adjoint du FMI, Soro, ex-chef des insurgés du Nord toujours en armes, élus, on vous le jure, avec une majorité certaine, puisque les intéressés le disent. Depuis un mois, le matraquage médiatique en faveur d’Ouattara a été indécent en France. Plus curieux a été, durant tout le mois de décembre, le mutisme presque total des analystes « progressistes », anti-impérialistes », appelons les comme on veut, qui, d’ordinaire, réagissent aux désastres africains avec célérité : pas d’analyses claires, ou peu, au PCF, dans l’Humanité, ou dans les multiples canaux internet qui foisonnent aujourd’hui. L’embarras était perceptible, on ne pouvait affirmer à Abidjan qui était le gentil agressé, qui le méchant agresseur, dans un conflit chaque jour plus hargneux : seul le perdant est évident, il se nomme le peuple ivoirien. Il a fallu attendre les communiqués de la plupart des partis progressistes de la région pour avoir enfin une dénonciation nette du jeu de l’occident et de ses alliés en Côte d’Ivoire.

Il faut donc rappeler quelques évidences occultées par les médias : . Dans la compétition électorale enfin réalisée en Côte d’Ivoire, après 5 ans d’attente, le candidat de l’occident, d’autant plus fidèle aux prescriptions de l’impérialisme, du FMI, qu’il en fut un des dirigeants, était Ouattara, soutenu au surplus par Bedié, héritier de l’anticommuniste Houphouet Boigny, et par les sécessionnistes en armes du nord du pays, les « Forces Nouvelles », groupes armés toujours présent dans la région. Au second tour de l’élection, tout électeur antiimpérialiste ivoirien ne pouvait que voter pour le concurrent d’Ouattara, même sans illusions.

Laurent Gbagbo, président sortant, a un passé de militant progressiste, des liens avec certains socialistes « de gauche » comme Emmanuelli. Il a indéniablement tenté au début de son mandat quelques réformes socialistes progressistes (couverture médicale), mesures avortées du fait de l’effondrement économique du pays. Ses mauvaises relations avec la France officielle (dès Chirac et Villepin), et même le déclenchement de l’insurrection des « Forces Nouvelles » au Nord ont débuté quand il a ouvert par appel d’offres les grands travaux du port d’Abidjan aux concurrents extérieurs (Chinois), alors qu’ils étaient jusque là un marché réservé aux entreprises françaises (Bouygues, etc). Ceci étant, le nationalisme borné de Gbagbo et son entourage matiné d’évangélisme à l’américaine, a très largement dérivé vers le verbiage démagogique, voire xénophobe, et la volonté de se maintenir à tout prix au pouvoir, quelles que soient les conséquences pour la population.

L’élection ivoirienne de fin 2010 montre les mensonges du discours occidental qui confond le pluripartisme et la démocratie, en Afrique et ailleurs. Qu’a de démocratique un scrutin où l’on n’a le choix qu’entre deux candidats néfastes politiquement ? Quelle démocratie existe-t-il quand la majorité des électeurs sont si misérables qu’il suffit d’un tee-shirt ou d’un bol de riz pour acheter un vote ?Est-ce un choix démocratique quand l’absence d’enjeux clairs sur les programmes aboutit à des votes suivant l’ethnie ou la religion (Nord musulman contre Baoulés animistes ou chrétiens) ? Les pressions, y compris physiques, n’ont pas manqué à Abidjan où les partisans de Gbagbo sont majoritaires ; mais, contrairement à ce que dit la télé française, les résultats proclamés sont-ils si purs dans le Nord contrôlé par les militants en armes des Forces Nouvelles ?

On peut accorder un crédit limité aux affirmations contraires des protagonistes. Mais il est en tout cas certain que le peuple ivoirien a tout à perdre à une guerre civile, ou à une partition du pays, que certains en Occident souhaitent, comme ils le souhaitent au Soudan (indépendance programmée du Sud), voire au Congo, pour faciliter leurs affaires. Le problème ne peut être résolu que par les Ivoiriens, par la négociation entre protagonistes, éventuellement par l’arbitrage de l’Union Africaine, et pas de quelques chefs d’état pro-occidentaux de la sous-région (Wade, Boni et le CEDEAO). Mais toute intervention étrangère armée au profit d’un protagoniste ne peut que déboucher sur un sursaut nationaliste et un bain de sang. C’est à cela que risque d’aboutir les proclamations irresponsables de Sarkozy, alors que la France et ses soldats -ex-puissance coloniale qui fit déjà tirer sur les manifestants ivoiriens à Abidjan sous Chirac-, est totalement disqualifiée pour intervenir dans un conflit interne. Un des soutiens de Gbagbo, parfois moins bien inspiré, n’avait pas tort de rappeler que le Président ivoirien n’était pas un sous-préfet français aux ordres de l’Elysée.

source : http://www.collectif-communiste-polex.org/

Francis Arzalier

Parlons Clair n° 75

samedi 8 janvier 2011, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article1067


2-4 Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique.

L’administration américaine accorde un intérêt croissant à l’Afrique, qui occupe une place importante dans les plans des grandes entreprises US dans les domaines de l’énergie et de l’industrie alimentaire, constamment à la recherche de matières premières.

La Chine constitue le premier concurrent des Etats-Unis sur le Continent noir. Ses relations avec l’Afrique remontent à un demi-siècle, lorsque Pékin s’efforçait de développer les relations qu’elle avait établies avec les mouvements de libération nationale. Elle a hérité de nombreux liens économiques et commerciaux et de privilèges pétroliers de l’époque de la Guerre froide.

L’Afrique, riche en pétrole, gaz, or, uranium, cacao, café, banane… et disposant d’immenses ressources naturelles, constitue la principale réserve mondiale de matières premières, et représente le marché le plus alléchant des cinquante prochaines années.

A la fin du XXème siècle, les Etats-Unis étaient occupés à liquider les derniers bastions de l’influence française en Afrique. Ils ont provoqué, pour cela, une série de guerres civiles, de conflits ethniques et tribaux et de guerres interétatiques, avec l’aide d’Israël.
La semaine dernière, Washington a intensifié son activité autour du Soudan et de la Côte d’Ivoire et les Nations unies sont l’outil direct des Etats-Unis dans ces deux pays. Les indices montrent qu’une guerre civile dévastatrice est en préparation en Côte d’Ivoire, où tout conflit risque de prendre une connotation communautaire entre le Nord, à majorité musulmane, et le Sud, à majorité chrétienne.

Au Soudan, les derniers préparatifs pour le référendum sur la sécession du Sud s’accompagnent de préparatifs pour l’ouverture d’une ambassade israélienne dans ce nouvel Etat, et de pressions sur le président soudanais Omar Hassan al-Bachir pour obtenir des concessions pétrolières au Nord, sous la menace de l’activation de la Cour pénale internationale contre lui.

Tenter de réduire l’influence de la Chine en Afrique semble une tache difficile à cause de l’étendue de la présence de ce pays dans le continent et la taille de la communauté chinoise, estimée à 5 millions d’hommes d’affaires et d’experts, qui ont pris racines dans les sociétés africaines, ces 20 dernières années. En parallèle à la lutte contre la présence chinoise, l’alliance américano-israélienne tente de faire face à l’influence grandissante de l’Iran, notamment en Afrique de l’Ouest.

La partition du Soudan, le conflit en Côte d’Ivoire, et la poursuite des conflits en Somalie et au Yémen, dans la Corne de l’Afrique, ne sont que le début de décennies de troubles alimentés par les Américains et les Israéliens dans le but de contrôler les ressources pétrolières et minières ainsi que les voies de transport commercial.

12 janvier 2011

http://www.michelcollon.info/Les-guerres-etats-uniennes-pour.html

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