Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/01/2011

n° 63 - Journal de PAKISTAN. - 26-12 au 29-01 : Fin - : « Barack Obama : L’impérialisme à visage humain(…) »


n° 63  - Journal de PAKISTAN. - 26-12 au 29-01   : Fin - :  « Barack Obama : L’impérialisme à visage humain(…) »



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

n° 63- 26-12 au 29-01              

                    C.De Broeder & M.Lemaire                          

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Vidéo : Le gouverneur du Penjab pakistanais tué dans une fusillade.

http://www.youtube.com/watch?v=aYFCNxoBUpI&feature=pl...

4-2 John Pilger : Droits et devoirs des journalistes. Pourquoi les guerres ne sont-elles pas rapportées honnêtement?



1 Au jour le jour

a) Action de la Résistance

24-12

Onze soldats et 24  résistants sont morts au cours de la nuit de jeudi à vendredi dans des affrontements consécutifs aux attaques de quelque 150 militants contre cinq postes de sécurité dans une région tribale du Pakistan, près de la frontière avec l'Afghanistan, selon des représentants des autorités.

Une dizaine de militaires ont également été blessés dans les combats qui ont eu lieu dans la zone tribale de Mohmand, a déclaré Amjad Ali Khan, haut responsable du gouvernement à Mohmand.

24/12

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101224.FAP2827/affrontements-au-pakistan-11-soldats-et-24-insurges-tues.html

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hS1ExxTQnFvsdhp8BRrBPoAQmSww?docId=CNG.82b70a3b3b2b62bb19021377472c3857.11

 

24-12

Au moins un policier a été tué et cinq autres blessés dans un attentat à la bombe contre leur véhicule à Quetta, dans le sud-ouest du Pakistan,

http://french.cri.cn/621/2010/12/24/261s235112.htm

25/12/

Au moins 80 personnes ont été tuées samedi 25 décembre dans un attentat-suicide contre un centre de distribution alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM) à Khar, dans le nord-ouest du Pakistan.

Pour plus d'objectivité il serait bon d'ajouter que cette opération fait suite au massacre par l'armée pakistanaise d'une quarantaine de Moudjahidine dans la zone frontalière. Le calme reviendra quand le le gouvernement pakistanais cessera de collaborer avec l'envahisseur.

http://www.rue89.com/2010/12/25/attentat-contre-le-pam-au-pakistan-80-morts-182332

 

27/12

Un policier tué et cinq autres blessés dans un attentat à la bombe à Quetta

AP

28-12

Vendredi matin, environ 150 activistes ont simultanément attaqué cinq points de contrôle dans la zone de Tehsil Bezai de l'agence Mohmand, tuant au moins onze soldats du Corps frontalier.

http://french.peopledaily.com.cn/International/7243602.html

04-01

Un convoi de l’Otan attaqué : Deux jours après une opération de drones américains au Pakistan, qui a coûté la vie à onze résistants présumés près de la frontière afghane, des rebelles ont attaqué, hier, un convoi de carburant destiné aux forces de l’Otan en Afghanistan, détruisant au moins deux camions-citerne. Le sort des chauffeurs n’a pas été pas précisé

AP

26/1

Un kamikaze a tué des policiers à Karachi (sud).

L'attaque a tué deux policiers et fait trois blessés, selon Hamid Paryar, un médecin du plus grand hôpital de la ville.

AP


b) Action des Usa

28/12

Cinq activistes présumés ont été tués mardi par un tir de drone américain dans la zone tribale pakistanaise du Waziristan du Nord (nord-ouest).

AP

Deux hélicoptères de l'OTAN violent l'espace aérien pakistanais.

Deux hélicoptères de combat de l'OTAN ont violé lundi matin l'espace aérien du Pakistan dans la zone frontalière du nord-ouest du Pakistan, a rapporté la chaîne locale de langue anglaise Express.

Selon le reportage, les hélicoptères ont pénétré dans le territoire pakistanais près de Torkham, et y sont restés pendant environ cinq minutes avant de retourner en Afghanistan.

Aucun tir n'a été signalé.

De tels incidents se sont produits à plusieurs reprises au cours de ces derniers mois.

Au début de cette année, les hélicoptères de l'OTAN sont entrés dans l'espace aérien du Pakistan, tuant trois gardes-frontières de l'armée pakistanaise lors de leur attaque contre des caches de militants situées en territoire pakistanais.

Cet incident avait conduit à la fermeture, par le gouvernement pakistanais, d'une passe frontalière utilisée par des convois de livraison de l'OTAN, qui leur permettait de se rendre en Afghanistan via la route terrestre du Pakistan. La fermeture de ce point de frontière avait bloqué des centaines de camions d'approvisionnement, qui furent victimes de nombreuses attaques.

27/12

http://french.cri.cn/621/2010/12/27/301s235221.htm

 

27-12

Au moins six Pakistanais ont été tués lundi par un bombardement de drone américain sur leur véhicule dans une zone tribale du nord-ouest du Pakistan frontalière de l'Afghanistan, ont annoncé des responsables locaux de la sécurité.
 L'attaque a eu lieu à Mir Ali, situé à 25 km de Miranshah, la principale ville du Waziristan du Nord, selon ces sources.
 
AfP

29/12

Quinze activistes ont été tués par des tirs provenant apparemment de drones américains au Nord-Waziristan, région du nord-ouest du Pakistan frontalière de l'Afghanistan. L'information émane de l'antenne locale des services de renseignement pakistanais. La veille, cinq activistes avaient été l'objet d'attaques similaires dans ce secteur. Les chefs du réseau Hakkani, l'une des factions les plus radicales d'Afghanistan en guerre contre les troupes alliées dans ce pays, sont basés au Nord-Waziristan. La première attaque de drone, samedi, a fait sept morts parmi les résistants lorsque quatre projectiles ont frappé un véhicule et un camp d'activistes dans la localité de Mir Ali. Peu après, deux autres missiles ont été tirés au même endroit, tuant quatre activistes qui participaient aux opérations de secours. Enfin, un drone a tiré un missile qui a tué quatre activistes voyageant dans un véhicule à une trentaine de km de la principale ville du Nord-Waziristan, Miranshah.

1/1  http://www.europe1.fr/International/Pakistan-15-activistes-tues-par-des-drones-357261/

12-01

"Un drone américain a tiré deux missiles sur un camp. Au moins trois personnes ont été tués et deux autres blessés"

Les missiles ont frappé un camp du village de Haiderkhel, à 25 km à l'est de Miranshah, principale ville du Waziristan du Nord, frontalière de l'Afghanistan.

http://www.romandie.com/infos/news2/110112035154.j8z1dbcq.asp

12-01

Un drone américain a tiré quatre missiles vendredi sur un véhicule qui circulait dans le nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane, tuant six personnes soupçonnées d'activités terroristes(…)  a-t-on appris auprès de sources au sein des services de renseignement.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110107.FAP3283/six-personnes-tuees-par-des-missiles-au-pakistan.html

 

18/01

Cinq  résistants ont été tués aujourd'hui dans l'attaque d'un drone américain qui a tiré deux missiles sur un campement rebelle dans le nord-ouest du Pakistan

AFP

23/1

 Au moins sept  résistants ont été tués dimanche dans deux attaques de drone américain sur une localité de la zone tribale du Waziristan du Nord, dans le nord-ouest du Pakistan, frontalière de l'Afghanistan, ont annoncé des responsables pakistanais.

Les missiles lancés dimanche ont visé Datta Khel, à quelque 40 km à l'ouest de Miranshah, principale ville de la région tribale du Waziristan du Nord, cible fréquente de frappes, ont ajouté les responsables.

Un premier "drone américain a frappé une voiture qui venait de se garer près d'une maison. Quatre  résistants ont été tués", a déclaré à l'AFP un responsable des services de sécurité de Miranshah.

Une seconde attaque a visé des  résistants se déplaçant à moto, selon une source des services de sécurité. Au moins trois  résistants ont été tués dans cette seconde attaque sur Datta Khel, ont indiqué des responsables pakistanais.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j96ZJWosGCi7mDjWfWI7VmWfYNAQ?docId=CNG.dcf9c2b2b1625a79a2fc3f6349dfa759.e31

 



c) Action de l’armée Pakistanaise

25/12

Au moins 40  résistants ont été tués lors de raids menés par des hélicoptères dans une zone tribale au Pakistan, ont annoncé samedi des responsables.

Des forces de sécurité ont lancé une opération dans le district tribal du Mohmand, frontalier de l'Afghanistan, en représailles d'une attaque coordonnée de résistants menée contre sept postes de contrôle vendredi au cours de laquelle 11 membres des forces paramilitaires pakistanaises et au moins 24  résistants avaient péri.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jDSQ23aYPtEhwutCg7YGaPPlNSzg?docId=CNG.34cfa808c0299d8fd59ccb69a24b5a0a.7c1

28/12

Selon des informations, les forces de sécurité ont déclenché une opération de sécurité dans trois endroits de l'agence Mohmand, suite à une attaque importante lancée vendredi dernier par les activistes talibans contre des points de contrôle dans cette région.

http://french.peopledaily.com.cn/International/7243602.html

 

 



2 Politique

a) Pakistan

Sur le terrain

21-12

Le Pakistan a procédé avec succès à un nouveau tir d'essai d'un missile de croisière de sa propre conception capable d'emporter des ogives nucléaires, a annoncé le ministère de la Défense.
Le missile Ghauri Hatf 5, d'une portée de 1.300 km, a été testé par le commandement stratégique de l'armée en présence du Premier ministre Yousuf Raza Gilani, précise le communiqué du ministère.
Le Pakistan est une puissance atomique déclarée depuis ses essais de mai 1998, en réponse à des tirs nucléaires de l'Inde à la même époque.
Le Pakistan et l'Inde, les deux frères ennemis d'Asie du Sud, se sont livré trois guerres depuis la partition de l'Inde britannique et leur indépendance en 1947, dont deux au sujet de la province himalayenne du Cachemire, divisée et revendiquée par les deux puissances régionales. Elles ont repris un fragile processus de paix en janvier 2004.

AFP

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/12/21/97001-20101221FILWWW00342-pakistan-nouveau-test-de-missile.php


Dans les coulisses et au sénat

Crise politique au Pakistan après le départ du MQM -

03.01

Le Premier ministre pakistanais a entamé ce lundi des discussions avec les principaux représentants de l'opposition pour résoudre une crise politique provoquée par la rupture avec la deuxième composante de sa coalition.

Invoquant la hausse du prix des carburants décidée par le gouvernement de Yusuf Raza Gilani, le Mouvement Qaumi Muttahida (MQM), qui représente notamment les «mohajir», musulmans pakistanais chassés d'Inde après la partition de 1947 et leurs descendants, a annoncé dimanche son passage dans l'opposition.

Le départ du MQM, principale force politique à Karachi, la capitale économique, a privé le gouvernement de sa majorité à l'Assemblée nationale, au moment où les Etats-Unis font pression pour une action plus décisive face aux talibans retranchés dans les zones tribales frontalières de l'Afghanistan.

http://www.20minutes.fr/ledirect/646386/monde-crise-politique-pakistan-apres-depart-parti-coalition-gouvernementale 



Les voisins

Afghanistan

Des émissaires se rendent au Pakistan pour évoquer la paix

Des émissaires de paix afghans sont attendus cette semaine au Pakistan pour évoquer les perspectives d'un règlement de paix en Afghanistan, où les autorités d'Islamabad joueront nécessairement un rôle crucial.
Conduite par l'ancien président afghan Burhanuddine Rabbani, la délégation du Haut Conseil de paix mis en place par le président actuel Hamid Karzaï rencontrera notamment le président pakistanais Asif Ali Zardari.

03.01

http://www.20minutes.fr/



4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Vidéo :  Le gouverneur du Penjab pakistanais tué dans une fusillade.

http://www.youtube.com/watch?v=aYFCNxoBUpI&feature=player_embedded


4-2 John Pilger : Droits et devoirs des journalistes. Pourquoi les guerres ne sont-elles pas rapportées honnêtement?

John Pilger est cette figure du journalisme d’investigation anglo-saxon, activiste anti-guerre et défenseur des droits humains, qui s’était exprimé le 23 octobre 2010 à Londres sur le probable "laisser-faire" (ce qui s’appelle la théorie LIHOP, pour Let It Happen On Purpose) de l’administration Bush lors des attentats du 11-Septembre. Cette prise de position était passée totalement inaperçue en France. Dans cet article publié dans le journal britannique The Guardian, M. Pilger revient à la charge contre le journalisme "de complaisance", celui qui  ne remplit pas son rôle  d’information du public et se limite à relayer les informations venant des autorités plutôt que de rapporter la réalité du terrain. Il part de l’exemple de l’Irak et du journalisme de guerre qui y a eu cours, et étend son analyse au journalisme "au service des lobbies" et des gouvernants, injustifiable à ses yeux.

Pour illustrer ses propos, nous avons choisi de les associer à ceux tenus par Ray McGovern, auteur avec d’autres ex-agents de la CIA d’une lettre de soutien au fondateur de Wikileaks, Julian Assange. Lui aussi, lors d’une interview par un journaliste de CNN (!) fustige ces journalistes transformés en porte-parole des gouvernants, qui de surcroit se permettent de qualifier Assange de "terroriste".

Pourquoi les guerres ne sont-elles pas rapportées honnêtement?

Le public doit connaître la vérité sur les guerres. Alors pourquoi les journalistes s’associent-ils avec les gouvernements pour nous mystifier ?

Par John Pilger, The Guardian, 10 décembre 2010

Traduction Anthony Spaggiari pour ReOpenNews

Dans le manuel de l’armée US  portant sur la contre-insurrection, le Général américain commandant [les Forces de l’OTAN en Afghanistan] David Petraeus décrit la guerre en Afghanistan comme une « guerre de perception… conduite en utilisant en permanence les médias d’information. » Ce qui importe réellement n’est pas vraiment la bataille au jour le jour contre les Talibans, mais la façon dont cette aventure est vendue aux États-Unis où « les médias influencent directement l’attitude de pans entiers de l’audience ». En lisant cela, je me suis souvenu du Général vénézuélien qui dirigea un coup d’État contre le gouvernement démocratique de 2002. « Nous avions une arme secrète », se vanta-t-il. « Nous avions les médias, en particulier la télévision. Il faut avoir les médias. »

Jamais les officiels n’ont dépensé autant d’énergie pour s’assurer que les journalistes soient bien de connivence avec les rapaces faiseurs de guerres, un phénomène dorénavant perpétuel selon le Général grand ami des médias. En se faisant l’écho des chefs de guerre les plus prolixes, comme Dick Cheney, l’ancien vice-président américain, chantre du « waterboarding » [Ndt : torture par simulation de noyade],  et qui présagea « 50 ans de guerre », ils contribuent à une situation de conflit permanent qui dépend grandement de la mise à l’écart d’un ennemi dont ils n’osent dire le nom : le public.

Au centre de guerre psychologique du Ministère de la Défense à Chicksands, dans le Bedfordshire, les chargés de formation pour journalistes  se démènent à la tâche, plongés dans un jargon fait de « domination informationnelle », « menace asymétrique » ou « cyber-menace ». Ils partagent leurs locaux avec le personnel enseignant les méthodes d’interrogatoires qui ont conduit à une enquête publique concernant la pratique de la torture par les militaires britanniques en Irak. La désinformation et la barbarie des guerres coloniales ont beaucoup de choses en commun.

Bien entendu, seul le jargon est nouveau. Dans la scène d’ouverture de mon film, The War You Don’t See, il y a une référence à une conversation privée pré-Wikileaks datant de décembre 1917 entre David Lloyd George, premier ministre britannique durant une grande partie de la Première Guerre mondiale, et CP Scott, éditeur du Manchester Guardian. « Si les gens connaissaient vraiment la vérité, dit le premier ministre, la guerre serait stoppée demain. Mais bien entendu, ils ne savent pas, et ne peuvent pas savoir. »

A la suite de la « der des ders », Edward Bernays, un confident du président Woodrow Wilson, inventa le terme de « Relations Publiques » comme euphémisme pour [désigner la] propagande « qui était devenu un terme péjoratif en raison de la guerre. » Dans son livre Propaganda (1928), Bernays décrit les RP comme « un gouvernement invisible qui constitue le vrai pouvoir dirigeant de notre pays » et ce grâce à « l’intelligente manipulation des masses ». Ceci fut mis en place par la création de « fausses réalités », relayées ensuite par les médias. (Un des premiers succès de Bernays fut de parvenir à persuader les femmes de fumer en public. En associant l’acte de fumer et la « libération » de la femme, il fit les gros titres faisant l’éloge des cigarettes  décrites comme « des torches de la liberté »).

J’ai commencé à comprendre ceci alors que j’étais jeune journaliste pendant la guerre américaine au Vietnam. Durant ma première affectation, j’ai vu le résultat du bombardement de deux villages et l’usage du Napalm B qui continue de brûler sous la peau ; beaucoup de victimes étaient des enfants; les arbres étaient ornés de morceaux de corps humains. Les regrets du type « ces tragédies sont inhérentes à la guerre » n’expliquent pas pourquoi virtuellement toute la population du sud Vietnam était mise en danger par des Forces se déclarant « alliées », c’est-à-dire les États-Unis.  Des termes de RP comme « pacification » et « dommages collatéraux » sont devenus monnaie courante. Presque aucun journaliste n’utilise le mot « invasion ». [Les expressions] « intervention », et plus tard « bourbier » sont devenues parties intégrantes du vocabulaire utilisé par les journalistes, qui percevaient la mort de civils comme des erreurs tragiques et ne remettaient que rarement en cause les bonnes intentions de l’envahisseur.

A Saïgon, sur les murs des bureaux des organisations de presse américaines étaient souvent affichées des photographies horribles qui n’étaient jamais publiées et rarement relayées, car on disait qu’elles donneraient un côté « sensationnaliste » à la guerre en mettant en colère les lecteurs et les spectateurs, et qu’elles n’étaient donc pas « objectives ». Le massacre de My Lai en 1968 ne fut rapporté que par un journaliste indépendant, Seymour Hersh, alors que de nombreux journalistes étaient au courant (ainsi que de bien d’autres atrocités). La couverture de Newsweek titrait « Une tragédie américaine », insinuant que les envahisseurs étaient les victimes: un thème déculpabilisant qui fut repris par Hollywood dans des films comme « Voyage au Bout de l’Enfer » ou Platoon. La guerre était imparfaite et tragique, mais la cause était essentiellement noble. De plus, elle fut « perdue » en raison de l’irresponsabilité de médias hostiles et non censurés.

Bien qu’à l’opposé de la vérité, ces fausses réalités sont devenues les « leçons » apprises par les faiseurs de guerres d’aujourd’hui et par la majorité des médias.  À la suite du Vietnam, les journalistes « embarqués » (embedded reporters) sont devenus des pièces centrales des politiques de guerre, et ce, des deux côtés de l’Atlantique. A quelques honorables exceptions près, cela a fonctionné, en particulier aux USA. En mars 2003, près de 700 journalistes embarqués ainsi que des équipes de cameramen ont accompagné les forces d’invasion en Irak. A voir leurs reportages enthousiastes, on aurait pu s’imaginer que l’Europe était de nouveau libérée. Les Irakiens sont juste de fugaces et lointains seconds rôles; mais John Wayne est de retour.

 

L’apothéose fut l’entrée victorieuse à Bagdad, et les images de la télévision montrant la foule acclamant la chute d’une statue de Saddam Hussein. Derrière cette façade, une équipe d’opération psychologique américaine a réussi à manipuler ce qu’un rapport de l’armée US, méconnu, décrit comme un « cirque médiatique avec presque autant de journalistes que d’Irakiens ». Rageh Omaar, qui était présent pour la BBC, rapporta cette information : « les gens sont sortis en souhaitant la bienvenue [aux Américains], et en faisant le V de la Victoire. Ce genre de scène a lieu partout dans la capitale irakienne ». En fait, dans la majeure partie de l’Irak, la conquête et la destruction sanglante d’une société tout entière avaient bien lieu, mais furent largement ignorées.

Dans « The War You Don’t See », Omar parle avec une franchise admirable : « je n’ai pas vraiment fait mon travail correctement, dit-il. Je fais mon mea culpa et dois avouer que nous n’avons pas suffisamment appuyé là où cela faisait mal ». Il décrit la façon dont la propagande militaire britannique a manipulé avec succès la couverture médiatique de la chute de Basra, chute qui fut annoncée ‘17 fois’ par BBC News 24. « Cette couverture, dit-il, fut une chambre d’écho géante. »

La souffrance intense des Irakiens lors de l’assaut n’avait que peu de place dans les journaux. Andrew Marr, alors éditorialiste politique à la BBC, se trouvait près du 10 Downing Street la nuit de l’invasion, et déclara : « [Tony Blair] a dit que nous serions capables de prendre Bagdad sans bain de sang, et qu’à la fin, les Irakiens célèbreraient l’événement, et sur ces deux points, il s’est avéré qu’il avait parfaitement raison… ». J’ai demandé une interview à Marr, mais n’ai reçu aucune réponse.  D’après des études réalisées par l’Université de Galles de Cardiff et par Media Tenor, il apparait que la couverture de la guerre par la BBC reflétait presque exclusivement la ligne du gouvernement, et que les reportages témoignant de la souffrance des civils étaient relégués au second plan. Media Tenor place la BBC et la chaine américaine CBS tout en bas d’un classement concernant le temps alloué aux opposants à l’invasion parmi les télévisions occidentales. « Je suis tout à fait ouvert sur le fait que l’on nous accuse d’avoir été mystifiés » déclarait Jeremy Paxman l’année dernière, parlant à un groupe d’étudiants au sujet de la non-existence des armes de destruction massive irakiennes. « Nous l’avons clairement été [mystifiés] ». En tant que personnalité médiatique grassement rémunérée, il oublie cependant de préciser pourquoi il fut mystifié.

Dan Rather, qui fut le présentateur du journal de CBS pendant 24 ans, fut moins réticent. « La peur était présente dans chaque salle de rédaction américaine, m’avoua-t-il, la peur de perdre son travail… la peur de se voir cataloguer comme non-patriote ou autre ». Rather explique que la guerre les a « transformés en sténographe » et que si les journalistes avaient enquêté sur les mensonges qui ont amené à la guerre en Irak, au lieu de les amplifier, l’invasion n’aurait pas eu lieu. C’est une opinion partagée par nombre de grands journalistes américains que j’ai interviewés.

En Grande-Bretagne, David Rose, dont l’article paru dans The Observer joua un rôle majeur dans l’établissement d’un lien, en vérité inexistant, entre Saddam Hussein, al-Qaïda et le 11-Septembre, m’a accordé une interview courageuse dans laquelle il dit : « C’est inexcusable… Ce qui s’est produit [en Irak] est un crime, un crime d’une très grande ampleur… »

« Est-ce que cela fait des journalistes des complices ? » lui ai-je alors demandé.

« Oui…involontairement peut-être, mais oui ».

Quelle est la valeur d’un tel témoignage de journaliste? La réponse est fournie par le grand journaliste James Cameron, dont le documentaire courageux et révélateur, réalisé avec Malcom Aid au sujet des bombardements de civils au nord Vietnam fut interdit par la BBC. « Si nous, qui sommes censés trouver ce que manigancent ces salauds (sic), ne rapportons pas ce que nous trouvons, si nous ne prenons pas la parole, alors qui va stopper cette entreprise sanglante qui frappe à nouveau ?»

Cameron ne pouvait pas imaginer un phénomène moderne comme celui de Wikileaks, mais il l’aurait sûrement approuvé. Derrière l’avalanche actuelle de documents officiels, en particulier ceux décrivant les machinations secrètes ayant conduit à la guerre – comme l’obsession américaine envers l’Iran –, l’échec du journalisme est rarement souligné. Et peut-être que la raison pour laquelle Julian Assange semble provoquer tellement d’hostilité parmi les journalistes au service de différents « lobbies », ceux que le porte-parole de George Bush a qualifiés une fois de « facilitateurs complices », est que Wikileaks et ses révélations les remplissent de honte. Pourquoi le public a-t-il dû attendre Wikileaks pour savoir comment les grandes puissances agissent vraiment ? Comme le montre la fuite (leaked) d’un document de 2000 pages du Ministère de la Défense, les journalistes les plus compétents ne sont pas qualifiés d’« embarqués » ou d’ « embrigadables » par le pouvoir, mais de « menace ». C’est en fait la menace de la vraie démocratie, dont la « monnaie est », selon Thomas Jefferson, « la libre circulation de l’information ».

Dans mon film, je demande à Assange de quelle manière il opère vis-à-vis des lois draconiennes concernant le secret pour lesquelles la Grande-Bretagne est célèbre. « En fait, dit-il, lorsque l’on regarde les documents du Official Secrets Act, il est écrit que c’est une offense de ne pas diffuser une information, et que c’est aussi une offense de détruire une information, la seule issue possible est donc pour nous de publier l’information ». C’est une époque formidable.

John Pilger (www.johnpilger.com)

05 janvier, 2011 by GeantVert

The Guardian, 10 décembre 2010

Traduction Anthony Spaggiari pour ReOpenNews 

http://www.reopen911.info/News/2011/01/05/john-pilger-droits-et-devoirs-des-journalistes-pourquoi-les-guerres-ne-sont-elles-pas-rapportees-honnetement/



 

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Les commentaires sont fermés.