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02/02/2011

n° 565 Dossier de Palestine - 02-02 - Suite- Requiem pour l’ingérence humanitaire médiatique.

n° 564 Dossier de Palestine - 02-02 - Suite-  Requiem pour l’ingérence humanitaire médiatique.


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

                                      N°565                                                     02-02

                                                           C.De Broeder & M.Lemaire   



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

2 Les brèves

2-1 L'occupation réutilise des bombes de gaz mortel dans la répression des Palestiniens.  

2-2 Rami Almeghari : L’aviation israélienne détruit une laiterie dans Gaza.

2-3 Hamas: la destruction de l’hôtel Shepherd va dans le sens d’une judaïsation de Qods.  

3 Dossier

3-1 Hébron-AlKhalil : le quotidien infernal de l’occupation israélienne.

3-2 Richard Falk : La violence d’Israël contre les manifestants du mur de la honte : du TERRORISME D’ETAT.



2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 L'occupation réutilise des bombes de gaz mortel dans la répression des Palestiniens.  

Les forces de l'occupation ont de nouveau utilisé le mois dernier des bombes de gaz lacrymogène de type mortel alors qu’elles sont interdites depuis deux ans, après avoir tués de nombreux citoyens Palestiniens de la famille d'Abou Rahma.

Des sources de la presse hébreu ont dévoilé que les forces occupantes avaient décidé en décembre dernier d’arrêter l’utilisation de ce genre de bombes de gaz lacrymogène qualifiées de « mortelles », car elles ont gravement blessé de nombreux citoyens palestiniens et tué plusieurs autres.

Ce genre de bombes est très différent des types réguliers de bombes de gaz lacrymogène utilisées pour disperser les manifestants, car elles sont « très dangereuses et mortelles ».

Dans le même contexte, l'organisation "Médecins pour les droits de l'homme" qui travaille dans les territoires palestiniens occupés en 1948 a appelé l'armée sioniste à ne pas utiliser les bombes de gaz lacrymogène contre les citoyens palestiniens qui participent à des manifestations pacifiques.

Cela fait suite au martyre de la citoyenne palestinienne, Gawaher Abou Rahma, du village de Bilin à l'ouest de la ville de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie occupée, qui a succombé à ses blessures vendredi dernier lors de la répression des forces occupantes contre la manifestation hebdomadaire de Bilin contre le mur raciste sioniste et la colonisation. Les forces occupantes ont ouvert le feu et ont lancé de nombreuses bombes de gaz lacrymogène sur les manifestants, causant l'asphyxie d'Abou Rahma, qui a été transportée à l'hôpital où elle est tombée en martyre le lendemain matin.

03/01

 http://www.palestine-info.cc/fr/


2-2 Rami Almeghari : L’aviation israélienne détruit une laiterie dans Gaza.

Un monceau de ruines et de la poussière est tout ce qui reste d’une laiterie que l’aviation israélienne a détruite hier dans la ville de Khan Younis au centre de la bande de Gaza.

Les ruines de la laiterie sont adjacentes à un parc d’attractions dans le parc Asdaa, qui sert de refuge aux habitants de la bande de Gaza assiégée.

Avant le bombardement, la laiterie possédait trois chaînes de production réparties sur 400 mètres carrés. Elle produisait du lait, du fromage et du beurre, fournissant un revenu à quarante familles palestiniennes de Gaza et distribuant ses produits vers diverses parties de la bande de Gaza.

A l’aube, la laiterie a été touchée par au moins deux missiles tirés depuis des avions, répandant les pièces de machines et les équipements à des mètres de distance, transformant l’usine en un tas de décombres. L’attaque sur la laiterie s’est produite au milieu d’une augmentation régulière de l’activité militaire israélienne dans la bande de Gaza. L’aviation israélienne a également frappé d’autres cibles, ce mardi, blessant quatre Palestiniens, dont un gardien dans Asdaa.

En prenant connaissance des dégâts, Shadi al-Batsh, ingénieur en chef de la laiterie, a déclaré à The Electronic Intifada : « cette laiterie avait été un rêve et elle était ensuite devenue réalité, mais cela a finalement tourné au cauchemar - pas seulement pour moi mais aussi pour la quarantaine d’employés qui ont tous travaillé dur pour réaliser quelque chose malgré un blocus israélien paralysant. »

Au milieu des décombres, al-Batsh a raconté comment la laiterie Asdaa avait réussi à distribuer ses produits à travers la bande de Gaza, et il a décrit l’impact de l’attaque sur l’économie locale déjà en difficulté à cause de l’état de siège imposé par Israël et qui dure maintenant depuis 42 mois.

« Nos pertes financières suite à cette attaque sont estimées à environ 300 000 dollars. En plus de ces pertes financières directes, il y a une perte indirecte pour les personnes qui avaient l’habitude de nous fournir en matières premières, en emballages de plastique, et ceux qui transportaient les produits dans les fourgonnettes et les distribuaient aux épiciers dans de nombreuses zones de Gaza. Nous nous demandons vraiment pourquoi un tel endroit a été pris pour cible par l’aviation israélienne. Il ne s’agissait que d’une laiterie et nous ne fabriquions ni armes ni roquettes artisanales », a expliqué al-Batsh.

Et Al-Batsh d’ajouter : « C’est la première fois que le centre d’Asdaa a été pris pour cible. Aujourd’hui nous avons eu une quinzaine d’autobus d’écoliers, pour une visite de terrain au cours de laquelle les enfants des écoles profitent un peu du parc d’attractions et de ce jardin public. Nous avons peur que ces voyages ne commencent à se réduire après un tel bombardement. »

Le centre Asdaa a été construit sur le terrain d’une ancienne colonie israélienne. En plus de la laiterie, il comprend un parc d’attractions, une pêcherie, un élevage de volailles et un jardin public. Le jardin public abrite des animaux sauvages, dont des singes, et un petit train pour les enfants traverse le parc. Le train passe désormais par les ruines de la laiterie. Depuis que ce complexe a été mis en place, il est devenu une attraction pour les habitants de Gaza, qui profitent de la possibilité de passer du temps au dehors, en dépit du siège israélien.

Rusaila Hammad est une enseignante d’une école voisine qui avait 120 de ses élèves dans les jardins d’Asdaa après l’attaque. « Nous avons appris plus tôt que l’installation d’Asdaa avait été ciblée. Mais l’administration de l’école a insisté pour que nous emmenions les enfants pour le voyage scolaire prévu », a expliqué Hammad.

Elle ajoute : « Où irions-nous ? A la mer ou aux frontières bouclées de Gaza ? Les Israéliens pensent qu’en ciblant des lieux tels que ceux-ci, ils font la bonne chose ? De telles actions ne feront qu’alimenter la haine, et ces enfants ont le droit de jouir de leur enfance normalement comme les enfants à travers le monde. »

Elle explique aussi que Asdaa est « l’un des rares endroits où nos enfants peuvent évacuer le stress qu’ils ont à endurer sous le blocus israélien et les attaques contre nous ».

Une des élèves d’Hammad, Marwa Zain âgée de 14 ans, a laisser s’exprimer sa colère. « Qu’est-ce qu’ils veulent que nous fassions ? Tous les endroits dans la bande de Gaza sont devenus vulnérables aux attaques israéliennes. Qu’est-ce que nous, les enfants, avons à faire avec une telle violence ? Que veulent-ils ? Nous sommes déterminés à continuer à venir ici. Nous avons peu de choix car Gaza est un endroit très petit et Israël nous assiège de toutes parts, y compris sur la côte. »

A un autre coin du jardin public de Asdaa, Fatma al-Hadidy pose une question semblable. « Si nous arrêtons de visiter un tel endroit par crainte des attaques israéliennes, où pouvons-nous aller ? C’est vraiment une honte pour eux de s’attaquer à un tel lieu ».

28 décembre

Rami Almeghari

* Rami Almeghari est journaliste et conférencier universitaire vivant dans la bande de Gaza.

Traduction : Naguib

The Electronic Intifada
http://electronicintifada.net/v2/ar...


2-3 Hamas: la destruction de l’hôtel Shepherd va dans le sens d’une judaïsation de Qods.  

 Le mouvement palestinien de la résistance islamique (Hamas) a déclaré lundi soir que la destruction de l’hôtel Sheperd dans la ville sainte de Qods s et la construction de colonies résidentielles sionistes à sa place ne sont ni plus ni moins que des mesures sionistes de judaïsation de la ville sainte.
Dans son communiqué le Hamas rappelle que l'hôtel Shepherd, situé dans le quartier Cheik Jarrah, a valeur de symbole puisqu'il a appartenu à l'ex-grand mufti de Jérusalem, Amine Al Husseini.
Le grand mufti y a vécu pendant la révolte palestinienne de 1936 à 1939 contre les Britanniques et les sionistes. L'hôtel a été confisqué par les Britanniques après 1945, jusqu'à la fin de leur mandat en Palestine en 1948.
Le régime israélien, qui l'a saisi en 1967, a prétexté l'absence de propriétaire pour transférer le titre de propriété à une firme israélienne, qui l'a ensuite revendu au promoteur juif américain Irving Moskowitz, un milliardaire réputé pour le soutien qu'il offre aux projets de colonies juives par l'entremise de sa fondation.
"Nous condamnons la politique de judaïsation du régime sioniste dans cette partie de la vieille ville qui est sainte pour les trois religions monothéistes que sont l'islam, le christianisme et le judaïsme, mais aussi en tant qu’étape visant à anéantir l'identité historique d’un vieux quartier arabe de la ville" poursuit le communiqué du Hamas.
Le communiqué exhorte les Palestiniens à résister à ces politiques sionistes de construction d’un quartier de ce régime sioniste profondément raciste à l'intérieur et l'extérieur de la ville sainte de Qods occupée.
Le Hamas a également demandé à l'autorité palestinienne de mettre fin aux négociations inutiles avec les sionistes, de mettre un terme au aux arrestations des forces de la résistance qui essaient de défendre la ville sainte de Qods et les droits bafoués de la nation palestinienne opprimée.
Le Hamas a également demandé aux pays arabes de mettre fin aux négociations avec le régime extrémiste de Benyamin Netanyahu qui ne constitue qu'un paravent aux projets de construction de nouvelles colonies illégales.
par ailleurs, la démolition de l'hôtel a été critiquée par le principal négociateur palestinien, Saëb Erekat. « Ce qui se passe aujourd'hui s'inscrit dans le programme du régime israélien visant à hypothéquer toute solution sur Jérusalem », a-t-il fait valoir dimanche par voie de communiqué.
La démolition de l'ancien Shepherd's Hotel et le projet de construction d'une nouvelle colonie de peuplement à Jérusalem-Est à sa place violent le droit international.
Jérusalem-Est fait partie intégrante du Territoire palestinien occupé et que son annexion par le régime israélien est considérée comme illégale par la communauté internationale.
La 4ème Convention de Genève, qui est applicable dans l'ensemble du Territoire palestinien occupé, interdit à la puissance occupante de détruire des biens - publics ou privés - du territoire occupé à moins que cela soit rendu absolument nécessaire par les opérations militaires et interdit à la puissance occupante de transférer une partie de sa population civile dans un territoire qu'elle occupe.

11/01/2011

  http://www2.irna.ir/fr/

 


3 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Hébron-AlKhalil : le quotidien infernal de l’occupation israélienne.

Hani Abu Haikal et sa famille vivent dans le secteur H2 d'Hébron AlKhalil, sous contrôle israélien.

Ils font partie des 30.000 Palestiniens originaires de cette partie de la vieille ville où 500 colons israéliens illégaux se sont installés.
 La vie des Palestiniens à l'intérieur d'H2 est extrêmement difficile, faite de harcèlements quotidiens, de restrictions de circulation et de l'omniprésence de soldats et de policiers au service des  colons alors que les attaques visent les Palestiniens.  
Hani et sa famille doivent vivre avec tous ces obstacles, en plus du fait que leur maison est située au cœur du quartier « Tel Rumeida », encerclée par les colons. Seules cinq familles palestiniennes demeurent à l'intérieur de la région, tandis que de nombreuses d’entre elles sont parties en raison du harcèlement auquel elles étaient confrontées.
La situation a empiré pendant la deuxième Intifada, en 2000, lorsqu'un couvre-feu a été imposé aux Palestiniens pendant trois ans. Les Palestiniens ne pouvaient ni travailler, ni aller à l'école, parmi tant d'autres activités essentielles pour survivre.
De nombreuses restrictions continuent d'être imposées aux familles vivant à l'intérieur de la colonie. Ils ne peuvent recevoir d'invités sans autorisation préalable des autorités israéliennes. Celle-ci inclut les membres des familles et les amis, et même les ambulances et les médecins. Les autorités israéliennes refusent environ 60% des demandes de visites, ce qui rend la vie de la famille de Hani très difficile, en particulier pour sa mère qui est âgée et très malade. Elle ne peut plus marcher et a besoin que les médecins viennent la voir à l'intérieur de la colonie.  
La famille de Hani doit se plier à beaucoup d'autres restrictions. Les Palestiniens n'ont pas la permission de posséder une voiture, alors ils doivent marcher, et tout porter à pied jusqu'à leurs maisons. Les colons, eux, ont le droit d'avoir autant de voitures qu'ils veulent. Les Palestiniens à l'intérieur de la colonie vivent sous la loi martiale, tandis que les colons israéliens vivent sous la loi civile. Les Palestiniens sont constamment harcelés par les colons. Ces derniers ont tabassé le fils de Hani sans être inquiétés. Par le passé, lorsque Hani avait le droit de posséder une voiture, les colons ont incendié les six des véhicules qu'il a successivement achetés. Et ils ont endommagé et incendié sa terre à plusieurs reprises.
Récemment, les colons se sont emparés d'une maison palestinienne vide. Pourtant, son propriétaire a obtenu de la Cour suprême l'ordre d'évacuer les colons, que la police n'a jamais fait appliquer.  
Le mercredi 5 janvier, le nouveau gouverneur d'Hébron AlKhalil, Kamil Hamid, a rendu visite à Hani, accompagné de médecins venus ausculter sa mère malade. Comme c'est le cas pour tous les gens qui viennent chez lui, il a dû demander une permission spéciale aux autorités israéliennes pour autoriser la visite. Il a fallu deux semaines pour qu'il l'obtienne. On lui a aussi promis que l'armée protègerait le gouverneur des attaques des colons.
Les choses ont cependant mal tourné. Le gouverneur s'est retrouvé face à des attaques verbales et physiques des colons, sans aucune protection de l'armée ou de la police.
Baruch Marcel, fondateur du parti d'extrême-droite Front National Juif, qui vit dans la colonie Tel Rumeida, a réuni et conduit tous les colons. L'armée et la police israéliennes sont restées inertes pendant les attaques et Hani et son garde du corps ont dû se précipiter pour protéger le gouverneur. Une fois à l’intérieur de la maison, le gouverneur, les médecins et Hani ont été encerclés pendant trois heures par une foule de colons.
Les soldats ont essayé de faire sortir le gouverneur par l'arrière de la maison, mais il a refusé, disant, "Je suis le gouverneur, je ne suis pas un voleur. Je suis venu avec une autorisation spéciale, sous protection israélienne, et je suis censé partir comme je suis venu."
Pour Hani, cet incident est révélateur des problèmes auxquels sont confrontés les Palestiniens dans le secteur H2 d'Hébron AlKhalil.
 "Je ne suis pas fâché de ce qui est arrivé au gouverneur parce qu'il a vu ce que nous vivons," a-t-il dit. Ce fut l'occasion pour que le gouverneur se rende compte du traitement que les Palestiniens reçoivent des autorités israéliennes. Même avec toute la préparation qui a entouré la visite du gouverneur chez Hani, il n'a pas obtenu la protection promise.
C'est une nouvelle preuve de la façon raciste dont sont traités les Palestiniens, même s'ils sont de hauts responsables gouvernementaux.  
Selon Hani, les soldats, les colons et les membres de la police travaillent de concert pour le maintien de l'occupation. S’adressant à tous ceux qui croient que les soldats israéliens et la police veillent pour que tous jouissent  des mêmes droits et accordent leur protection à tous sans distinction, il leur dit qu’ils sont induits en erreur.
"Tous ceux qui vivent ici comme moi savent que les soldats, la police et les colons sont une seule équipe et travaille ensemble. Les colons nous attaquent, les soldats les protègent et la police nous arrête », explique-t-il.
Et de conclure : " leur objectif est de mettre à exécution et en vigueur le projet israélien de transfert de la population palestinienne hors des secteurs qu'Israël veut contrôler, en rendant la vie des Palestiniens insupportable de sorte qu’ils n’aient plus d'autre choix que de partir ».

13/01

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=170001&language=fr


3-2 Richard Falk : La violence d’Israël contre les manifestants du mur de la honte : du TERRORISME D’ETAT.

Toutes ces dernières années, les manifestations contre la construction israélienne du mur de séparation qui s’étend dans toute la Cisjordanie ont été un des points chauds de la Palestine Occupée. Un des endroits où ces manifestations ont été particulièrement intenses a été le village de Bil’in près de la ville de Ramallah et c’est là que la propension israélienne à user de moyens meurtriers pour disperser des manifestations non violentes a soulevé de graves questions tant sur le plan moral que légal. L’inquiétude augmente quand on se rappelle qu’il y a déjà longtemps, en 2004, la Cour Internationale de Justice (la plus haute instance judiciaire de l’ONU) a déclaré avec une rare unanimité quasi totale que la construction du mur en territoire occupé palestinien était illégale et est arrivé à la conclusion qu’Israël devait démolir le mur et indemniser les Palestiniens pour le tort qui leur avait été fait. Israël n’a pas obéi à cette injonction et le mur est toujours en place et sa construction continue là où il n’est pas tout à fait terminé.

C’est dans ce contexte qu’il faut appréhender la mort choquante de Jawaher Abu Rahma le premier jour de la Nouvelle Année 2011 qui a été causée par l’inhalation de gaz lacrymogènes alors même qu’elle ne faisait pas partie de la manifestation de Bil’in. Des témoins confirment qu’elle se tenait sur une hauteur et regardait avec intérêt la manifestation en dessous d’elle. C’était une manifestation particulièrement importante de fin d’année et 350 militants israéliens et internationaux y participaient. Il n’y avait aucune raison d’employer des méthodes aussi violentes pour disperser une manifestation contre un aspect de l’occupation qui a été décrété illégal par un organisme international qui fait autorité. En fait, le frère de Mme Rahman avait été tué quelques mois plus tôt par une bombe de gaz lacrymogène lancée violemment à bout portant. Et on a recensé beaucoup d’autres personnes dont les blessures ont été causées par les mêmes méthodes extrêmes que les Israéliens utilisent pour contrôler les foules. Des militants internationaux ont aussi été blessés et détenus de manière brutale dans le passé y compris le Prix Nobel de la Paix Mairead Maguire. Toutes ensembles ces morts illustrent l’habitude inacceptable des Israéliens d’utiliser une force disporportionnée contre les Palestiniens qui vivent sous occupation. Dés le lendemain une jeune Palestinien désarmé Ahmed Maslamany, qui se rendait tranquillement à son travail a été tué par balle à un checkpoint de Cisjordanie parce qu’il n’avait pas obéi à un ordre donné en Hébreu, une langue qu’il ne comprenait pas.

Quand cette violence létale est dirigée contre des civils désarmés qui cherchent à recouvrer leurs droits fondamentaux de propriété sur leurs terres, de libre déplacement et d’autodétermination, cela fait dramatiquement comprendre à quel point Israël est devenu un état voyou et à quel point la campagne croissante de déligitimation d’Israël dont BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) est le fer de lance, est nécessaire et juste. Les souffrances endurées par les civils palestiniens innocents à chaque acte de violence excessive et criminelle d’Israël sont aussi une forme de martyr au service de la lutte non violente pour leurs droits que les Palestiniens mènent à l’intérieur de la Palestine et sur les champs de bataille symboliques de l’opinion publique mondiale avec un succès croissant.

Israël sait très bien contrôler des foules agitées en utilisant un minimum de violence. Il a montré à maintes reprises une grande retenue dans son contrôle des colons, en admettant qu’il les contrôle, lors de diverses manifestions qui posent une bien plus grande menace à la paix sociale que ne le font les manifestations contre le mur. Il est impossible de séparer la force disproportionnée utilisée par Israël contre les Palestiniens sur le terrain de l’usage tous azimut de la force contre les civils palestiniens dans la politique générale d’occupation d’Israël, comme on peut le constater avec le cruel blocus punitif qui est imposé au peuple de Gaza depuis trois ans et par la manière criminelle dont ont été menées pendant trois semaines les attaques sur la population sans défenses de Gaza il y tout juste deux ans. N’est-il pas temps que la communauté internationale intervienne pour protéger la population palestinienne qui est depuis trop longtemps à la merci de la violence israélienne ?

Derrière la doctrine stratégique de l’usage disproportionné de la force se cachent mal des idées racistes : la vie des Israéliens a beaucoup plus de valeur que la vie des Palestiniens et les Palestiniens comme tous les Arabes ne comprennent que le langage de la force (c’est une idée génocidaire qui a eu beaucoup de succès lorsqu’elle fut lancée il y a des années dans un livre fameux publié en 1973 : The arab mind (la mentalité arabe) de Raphael Patai. Ca fait aussi partie de l’approche de l’occupation comme punition collective spécialement en ce qui concerne Gaza et les câbles de Wikileaks confirment ce qu’on a longtemps soupçonné : " Le projet de maintenir l’économie de Gaza au bord de la banqueroute sans toutefois la détruire complètement fait partie intégrante du blocus total de Gaza comme l’ont confirmé des officiels israéliens à [des responsables économiques de l’Ambassade étasunienne] à plusieurs reprises." (câble publié le 5.1.2011, Norwegian Daily). Le premier ministre de l’époque, Ehud Olmert, a dit à propos du blocus dans son discours de janvier 2008 : "Nous ne réduirons pas les rations de nourriture pour les enfants, ni les médicaments pour ceux qui en ont besoin ni le fuel pour sauver des vies. Mais il n’y a aucune raison d’exiger que nous permettions aux habitants de Gaza de vivre normalement pendant que des bombes et de roquettes tombent dans leurs rues et leurs cours (des Israéliens du sud).

C’est un aveu sans détour du leader politique d’Israël de l’époque qu’il s’agit bien de punition collective d’une population civile en violation de l’interdiction inconditionnelle de l’Article 33 de la Quatrième Convention de Genève. L’évidence de ce crime devrait déclencher les mécanismes internationaux visant à forcer les leaders israéliens à rendre des comptes comme tout les individus convaincus de crimes contre l’humanité. Cet aveu confirme aussi que le blocus est seulement punitif et qu’il n’est pas une réponse à la violence à la frontière qui incidemment a toujours détruit beaucoup plus de vies et de biens palestiniens qu’israéliens. De plus les leaders du Hamas depuis leur élection n’ont pas cessé de tenter d’établir un cessez le feu le long de la frontière, qui a été signé grâce à l’aide de l’Egypte et qui à réduit les pertes à quasiment zéro lorsqu’il a été mis en place au milieu de 2008. Le cessez le feu a pris fin le 5 novembre 2008 suite à une provocation d’Israël pour installer le décor de l’attaque massive sur Gaza qui a débuté le 27 décembre 2008 et qui a duré trois semaines.

Le caractère criminel des stratégies employées dans cette guerre, si on peut appeler ainsi une agression aussi unilatérale, a été abondamment prouvé par le Rapport Goldstone, par une mission nommée par la Ligue arabe et dirigée par John Dugard qui a fait des recherches très approfondies, et par des rapports détaillés publiés par Amnistie Internationale et Human Right Watch. Il n’y a aucune raison logique de douter un seul instant de la véracité des allégations que des crimes ont été commis pendant ces trois semaines d’attaques incessantes contre la population et les infrastructures de Gaza y compris des bâtiments et des écoles de l’ONU.

Le rapport Goldstone a noté a juste titre que l’impression d’ensemble laissée par l’attaque était qu’elle était la continuation de la Doctrine Dahiya attribuée à un général israélien pendant la guerre du Liban en 2006 et selon laquelle la destruction israélienne aérienne d’un quartier du sud de Beyrouth était une réponse délibérément disproportionnée, aux dépens de la société civile sous le prétexte qu’il s’agissait d’un territoire tenu par les combattants du Hezbollah, en réponse à une incident à la frontière qui avait causé la mort de dix soldats israéliens dans un affrontement avec les combattants du Hezbollah. Le Rapport Goldstone de 2009 cite Gadi Eisenkot, le commandant en chef de l’armée israélienne du nord, disant : "Ce qui est arrivé dans le quartier Dahiya de Beyrouth en 2006 arrivera à tous les villages à partir desquels on tirera sur Israël. Nous ferons un usage disproportionné de la force pour l’endommager et le détruire le plus possible. [...] Ce n’est pas une recommandation. C’est un plan. Et il a été approuvé." En effet, l’infrastructure civile d’adversaires comme le Hamas ou le Hezbollah sont considérés comme des cibles militaires autorisées ce qui n’est pas seulement une violation flagrante des règles de la guerre et de la moralité universelle, mais l’aveu d’un parti pris de violence qui mérite le nom de TERRORISME D’ETAT.

A ce stade l’oppression de l’occupation israélienne qui dure depuis plus de 43 ans, se maintient grâce à de multiples violations quotidiennes des lois humanitaires internationales. Par essence, dans son projet, dans sa structure et dans ses pratiques, l’occupation israélienne de la Cisjordanie, de Jérusalem Est et de la bande de Gaza doit être considérée comme du TERRORISME D’ETAT et condamnée comme tel.

Richard Falk

pour consulter l’original : http://richardfalk.wordpress.com/ca...

Traduction : D. Muselet

URL de cet article 12470
http://www.legrandsoir.info/La-violence-d-Israel-contre-les-manifestants-du-mur-de-separation-du-TERRORISME-D-ETAT.html


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