Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/02/2011

n° 567 FIN des Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 02-02 – Début - Au-delà de l'imaginable


n° 567 FIN des Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 02-02 – Début - Au-delà de l'imaginable



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

567 du 02-02

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 K. Selim : Au-delà de l'imaginable

3-2 Omar Salim Qawasmi

4 Déclaration

4-1 La lutte pour la paix: déclaration de Partis communistes et ouvriers.

5 Témoignages

5-1 Ex combattants de Tsahal, ils refusent maintenant de se taire et parlent.

Fin

6 Annexe

6-1 Moubarak s'est tout d'un coup aperçu hier, oups, qu'il n'avait jamais désigné de vice-président… 

6-2 La libération de la Palestine passe par Le Caire.
6-3 Le peuple tunisien s'est soulevé comme une tempête face à l'injustice.

6-4 Jacob Cohen : Les sayanim : des « agents dormants » très actifs au service d’Israël.


3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 K. Selim : Au-delà de l'imaginable
Quand on a vu de quoi était capable Dahlan à Gaza avec le Mossad, on ne s'étonne pas de ces révélations, chaque révolution a eu ses traitres, chaque peuple a ses harkis ou ses collabos.
C'est très bien, tout est clarifié : Comment l'AP pourrait elle avoir encore le minimum de légitimité (pour la légalité, elle l'a perdue depuis les dernières élections) ? Comment des partis de gauche pourraient-ils encore avoir des relations avec le Fatah en l'état ?
"Bruno DRWESKI
"
25/01/11
Au-delà de l’imaginable
Les révélations par The Guardian et Al Jazira des documents sur les négociations entre Israéliens et Palestiniens mettent l’Autorité palestinienne dans un embarras considérable.
Les membres de ladite Autorité réagissent en bête blessée, attaquent Al Jazira (en omettant The Guardian) en l’accusant d’intentions sournoises. Yasser Abd Rabbo s’est même offert l’occasion de persifler l’Émir du Qatar en lui demandant de pousser son souci de transparence jusqu’à révéler les activités d’espionnage antiarabes de la base américaine dans son pays.
Pourquoi pas ? L’idée est en effet très intéressante.
Mais s’il s’agit de l’agiter pour couvrir le caractère effrayant des concessions que s’apprêtaient à faire les « négociateurs » palestiniens - si franchement méprisés par feu Edward Saïd qui n’avait aucun doute sur leur peu de compétence -, M. Abd Rabbo se trompe. Les révélations d’Al Jazira montrent que les opposants de l’Autorité étaient encore très loin d’imaginer à quel point les négociateurs palestiniens étaient prêts à aller pour arracher un accord dont Israël ne voulait pas. Ces révélations montrent aussi à quel point les Américains tenaient leurs « amis palestiniens » en peu d’estime.
Ces révélations ne vont pas, bien entendu, améliorer l’image des responsables de l’Autorité de Mahmoud Abbas auprès des Palestiniens. Ils avaient des doutes sur la manière dont les négociations étaient conduites, ils ont désormais des certitudes que ceux qui négocient en leurs noms sont trop faibles et par conséquent trop dangereux pour la cause palestinienne.
Dans les médias israéliens, certains commentateurs sont ébahis par l’ampleur des concessions acceptées par les négociateurs palestiniens et critiquent même leur gouvernement d’avoir laissé passer une telle opportunité. En réalité, l’argument est spécieux. L’idéologie sioniste, partagée par le Likoud et les travaillistes, est totalement réfractaire à une solution pacifique. Les responsables israéliens, qu’ils soient de droite ou de gauche, jouent à négocier mais ne négocient pas. Cela était clair quelques mois seulement après les accords d’Oslo.
La plupart des Palestiniens, hormis une caste dirigeante dont le statut social et politique dépendait justement de la fausse négociation, constataient au fil des années l’absurdité d’une démarche censée parvenir à une solution alors qu’Israël, avec l’appui le mot n’est pas trop fort - des États-Unis, grignotait résolument ce qui restait des terres palestiniennes.
Les documents révèlent que les négociateurs étaient prêts à aller au-delà de l’inimaginable mais que cela ne suffisait pas aux Israéliens. Ce que veulent ces derniers - et avec le soutien des Américains, insistons fortement dessus- est d’occuper toute la Palestine et de l’épurer de tout Palestinien.
Cela était clair et c’est cela qui rendait incompréhensible la persistance des « négociateurs » à continuer dans cette démarche et même à entrer en guerre contre d’autres Palestiniens pour la préserver.
L’Autorité palestinienne, déjà mal en point, ne pourra pas s’en tirer par des déclarations et des manœuvres de diversion. Qui parmi les Palestiniens peut encore conserver une once de confiance à ces pseudo-négociateurs dans la comédie sans fin de la négociation ?
K. Selim - Le Quotidien d’Oran

25 janvier

> http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10028


3-2 Omar Salim Qawasmi

1 "Israël" exécute un Palestinien en recherchant un autre!

Les forces de l’occupation israélienne ont exécuté le sexagénaire Omar Salim Qawasmi alors qu’il dormait dans son lit dans le quartier AlCheikh, au centre de la ville d’AlKhalil (Hébron), au sud de la Cisjordanie occupée.   
Selon le fils du martyr, « les soldats de l’occupation ont pris d’assaut la maison pendant que ma mère faisait la prière du matin. Ils l’ont sommée à rester dans la chambre de mon frère handicapé, ont pénétré  dans la chambre à coucher de mon père et ont tiré des balles sur lui. Ils ont ensuite arrêté notre voisin Wael AlBitar qui habitait au deuxième étage de notre maison ».   
Le fils du martyr a ajouté : « Après l’arrestation de notre voisin, nous sommes rentrés chez nous. Nous avons été choqués de voir mon père baigner dans son sang. Nous n’avons pas entendu les tirs, ils semblent qu’ils aient utilisé un silencieux pour tuer mon père. Les soldats croyaient que la personne recherchée (AlBitar) était bien mon père. Ils l’ont tué avant de s’assurer de son identité ».   
De sources médicales palestiniennes on indique que le martyr Qawasmi est arrivé à l’hôpital criblé de balles, surtout dans la partie supérieur de son corps. Son visage a été déchiqueté»".  
 Wael AlBitar a été libéré jeudi dernier avec cinq membres du mouvement Hamas du centre de détention des services de renseignements palestiniens, à la suite d’un décret du Président Mahmoud Abbas.   
Mais les soldats de l’occupation l’ont tous arrêtés ce vendredi matin. Il s’agit de Majdi Obeid, Ahmad Ouewi, Mouhannad Nirouch,Wissam Qawasmi et Mohammad Souqiyeh. 
Sur un autre plan, des dizaines de colons sionistes, accompagnés de soldats israéliens, ont confisqué la principale source d’eau de la localité de Douma, au sud est de Naplouse. Les colons ont empêché les Palestiniens de s’y approcher et ont pollué l’eau après s’y être descendus pour se baigner.  
 Les habitants palestiniens de Douma ont maintes fois averti que les confiscations sionistes de leurs terres et l’interdiction à leurs propriétaires de les labourer, sous le prétexte de mesures de sécurité, démontrent la présence d’un projet pour mettre la main définitivement sur cette localité, déjà entourée de plusieurs colonies.
07/01/2011   http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=169033&language=fr


2 Les soldats de l’occupation ont pris d’assaut le domicile du martyr Omar Salim Soulaiman al-Qawasmi.

La famille al-Bitar a déclaré que les soldats de l’occupation ont pris d’assaut le domicile du martyr Omar Salim Soulaiman al-Qawasmi (65 ans), situé sur la même entrée que la maison de l’enlevé Wael al-Bitar. Sa famille a affirmé que les soldats de l’occupation ont défoncé la porte de la maison et sont entrés dans la chambre à coucher d’al-Qawasmi sur lequel ils ont tiré 13 balles mortelles. Ils ont laissé une partie de son cerveau sur le sol et les murs baignaient dans le sang.
La famille a ajouté que son épouse était en train de prier, et lorsqu’elle a entendu des coups de feu elle a crié et les soldats lui ont fermé la bouche et l’ont amenée dans une pièce voisine. Quand ils eurent vérifié son identité et celle de son époux, ils se rendus dans le domicile de Wael al-Bitar et l’ont appelé. Ils l’ont fouillé avant de l’emmener vers leurs véhicules. La famille al-Bitar ajoute que « les soldats de l’occupation ont arrêté son épouse pour l’interroger, puis ont enlevé Wael après s’être assurés de son identité». 
La famille de l’enlevé Mouhannad Nayroukh a précisé que des forces de l’armée israélienne ont encerclé le domicile au milieu de bruit de grenades assourdissantes et de fusées éclairantes. Ils ont ensuite transporté Mouhannad qui avait perdu connaissance, vers une ambulance qui accompagnait la force militaire. 
Dans un contexte similaire, la famille de l’enlevé Majd Oubaid a affirmé que des forces de l’armée israélienne ont encerclé leur maison et ont brisé les portes et les fenêtres. Ils ont ensuite enlevé Majd Oubaid dans une ambulance qui était sur les lieux. La famille a déclaré que « Majd souffrait de crampes et ne pouvait pas marcher à cause de la fatigue ». 
Les familles d’Ahmad al-‘Ouioui et de Wissam al-Qawasmi ont ajouté que les forces de l’occupation ont utilisé les mêmes méthodes pour enlever leurs proches.  
Plus tard dans la journée, le Hamas a appelé à un rassemblement de masse à al-Khalil pour exprimer leur colère et demander la vengeance du sang du martyr. 
La famille al-Bitar a déclaré que les soldats de l’occupation ont pris d’assaut le domicile du martyr Omar Salim Soulaiman al-Qawasmi (65 ans), situé sur la même entrée que la maison de l’enlevé Wael al-Bitar. Sa famille a affirmé que les soldats de l’occupation ont défoncé la porte de la maison et sont entrés dans la chambre à coucher d’al-Qawasmi sur lequel ils ont tiré 13 balles mortelles. Ils ont laissé une partie de son cerveau sur le sol et les murs baignaient dans le sang.
La famille a ajouté que son épouse était en train de prier, et lorsqu’elle a entendu des coups de feu elle a crié et les soldats lui ont fermé la bouche et l’ont amenée dans une pièce voisine. Quand ils eurent vérifié son identité et celle de son époux, ils se rendus dans le domicile de Wael al-Bitar et l’ont appelé. Ils l’ont fouillé avant de l’emmener vers leurs véhicules. La famille al-Bitar ajoute que « les soldats de l’occupation ont arrêté son épouse pour l’interroger, puis ont enlevé Wael après s’être assurés de son identité». 
La famille de l’enlevé Mouhannad Nayroukh a précisé que des forces de l’armée israélienne ont encerclé le domicile au milieu de bruit de grenades assourdissantes et de fusées éclairantes. Ils ont ensuite transporté Mouhannad qui avait perdu connaissance, vers une ambulance qui accompagnait la force militaire. 
Dans un contexte similaire, la famille de l’enlevé Majd Oubaid a affirmé que des forces de l’armée israélienne ont encerclé leur maison et ont brisé les portes et les fenêtres. Ils ont ensuite enlevé Majd Oubaid dans une ambulance qui était sur les lieux. La famille a déclaré que « Majd souffrait de crampes et ne pouvait pas marcher à cause de la fatigue ». 
Les familles d’Ahmad al-‘Ouioui et de Wissam al-Qawasmi ont ajouté que les forces de l’occupation ont utilisé les mêmes méthodes pour enlever leurs proches.  
Plus tard dans la journée, le Hamas a appelé à un rassemblement de masse à al-Khalil pour exprimer leur colère et demander la vengeance du sang du martyr. 

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=169081&language=fr



4 Déclaration

4-1 La lutte pour la paix: déclaration de Partis communistes et ouvriers.

Déclaration conjointe de Partis communistes et ouvriers, à l'initiative du Parti communiste portugais
L’importance de la lutte pour la paix, contre l’exploitation et l’oppression impérialistes.
 

Vingt ans se sont écoulés depuis le début de la guerre du Golfe.

Le 17 janvier 1991, les forces armées des États-Unis, de l’OTAN et de ses alliés déclenchaient – avec la ratification du Conseil de sécurité des Nations unies – leur première guerre à grande échelle au Moyen-Orient. Indissociable des changements profonds et négatifs qui sont allés de pair avec la liquidation du socialisme en Union soviétique et dans l’Europe de l’Est, cette guerre a été un prélude à vingt années d’agressions, d’invasions et d’ingérences impérialistes à grande échelle. Du Golfe à la Yougoslavie, de l’Afghanistan à l’Irak, au Liban et à la Palestine, l’impérialisme a tenté d’imposer sa domination dans chaque pays et dans le monde entier, cherchant ainsi à s’assurer le contrôle direct des principales ressources énergétiques de la planète, à annihiler les droits souverains des peuples et à soumettre la planète entière à l’exploitation et aux intérêts du grand capital. Cette offensive militariste et belliciste s’est développée conjointement avec des attaques en règle contre les droits sociaux, économiques et politiques des travailleurs et des peuples – même dans les centres mêmes de l’impérialisme – et a contribué à accentuer les contradictions entre les puissances impérialistes.

 

Grâce à la résistance et à la lutte des peuples – et, avant tout, des peuples qui ont été les victimes de l’agression –, l’offensive impérialiste a dû affronter des obstacles et a subi d’importants revers. Mais les dangers pour la paix et pour les peuples n’ont pas disparu, au contraire. La crise économique profonde du capitalisme et l’impuissance des classes dirigeantes à la surmonter se traduisent – comme dans le passé – par une tentative d’asseoir leur pouvoir par le biais de la violence, de l’autoritarisme, de la guerre et d’offensives brutales contre les droits et niveaux de vie des travailleurs et des peuples.

Les menaces de guerre et d’agression sont évidentes dans les attaques contre les mouvements ouvriers et populaires en lutte contre l’impérialisme, les qualifiant d’« ennemis intérieurs ». Elles l’ont été aussi lors du récent sommet de l’OTAN et du nouveau projet stratégique de cette organisation impérialiste militariste et agressive – que le traité de Lisbonne considère comme son aile armée, approfondissant ainsi le processus d’affirmation de l’Union européenne en tant que bloc économique, politique et militaire impérialiste. Elles le sont également dans les incessantes menaces, provocations et ingérences de l’impérialisme dans de nombreuses parties du monde. Et elles le sont enfin au vu des dépenses sans cesse croissantes en appareils militaires et dispositifs sécuritaires.

Les partis signataires appellent les travailleurs et les peuples du monde à renforcer le combat pour la paix et contre les plans de guerre et d’agression de l’impérialisme, à renforcer la lutte contre l’exploitation capitaliste et pour la défense de la souveraineté et des droits de tous les peuples du monde. Ils insistent sur le fait que le combat pour la paix, la coopération et le progrès est un élément indissociable de la lutte pour le renversement du capitalisme et la construction du socialisme.

Ils expriment leur solidarité avec les peuples et envers les forces anti-impérialistes révolutionnaires, progressistes et de libération nationale qui luttent contre les agressions, ingérences et menaces de l’impérialisme. Ils expriment en particulier leur solidarité avec les communistes et autres forces anti-impérialistes du Moyen-Orient et, plus spécialement, du peuple palestinien dans sa lutte pour le droit d’instaurer un État palestinien indépendant dans les frontières d’avant 1967, avec Jérusalem comme capitale.

 

canaille le rouge



5 Témoignages

5-1 Ex combattants de Tsahal, ils refusent maintenant de se taire et parlent.
Micha, Dana, Noam, et Mikhael ont combattu pour Tsahal.

C'est la première fois que des officiers israéliens manifestent à visage découvert leur contestation à propos des exactions infligées dans la bande de Gaza, entre 2000 et 2009.
Des grenades pour faire peur

« On déboule dans un village palestinien à trois heures du matin et on se met à lancer des grenades étourdissantes dans les rues. Pour rien, pour faire peur. On voyait les gens se réveiller affolés... On nous raconte que cela fait fuir les éventuels terroristes. N’importe quoi... Par rotation, on faisait ça toutes les nuits. La routine. On nous disait “Bon­ne opération”. On ne comprenait pas pourquoi. »
Voler un hôpital

« Une nuit, nous avons l’ordre d’entrer de force dans une clinique d’Hébron qui appartient au Hamas. On confisque l’équipement : ordinateurs, télépho­nes, imprimantes, d’autres choses, il y en a pour des milliers de shekels. La raison ? Toucher le Hamas au portefeuille, juste avant les élections du Parlement palestinien, pour qu’il perde. Le gouvernement israélien avait officiellement annoncé qu’il n’allait pas tenter d’influencer cette élection... »
« On a tué un type par pure ignorance »

« On ne savait pas que, pendant le ramadan, les fidèles sortent dans la rue à 4 heures du matin avec des tambours pour réveiller les gens, qu’ils mangent avant le lever du soleil. On identifie un type dans une allée qui tient quelque chose, on lui crie “stop”. Là, si le “suspect” ne s’arrête pas immédiatement, la procédure exige des sommations. “Arrêtez ou je tire”, puis on tire en l’air, puis dans les jambes, etc. En réalité, cette règle n’est jamais appliquée. On l’a tué, point. Et par pure ignorance des rites locaux. »
Les paysans en larmes

« Nos excavateurs dressent une barrière de séparation en plein milieu d’un champ de figuiers palestinien. Le paysan arrive en larmes : “J’ai planté ce verger pendant dix ans, j’ai attendu dix ans qu’il donne des fruits, j’en ai profité pendant un an, et là, ils me le déracinent !” Il n’y a pas de solution de replantage. Il y a des compensations seulement à partir de 41 % de terre confisquée. Si c’est 40 %, tu n’as rien. Le pire c’est que peut-être demain ils vont décider d’arrêter la construction de la barrière. »
Rendre ses galons, redevenir soldat

« On installe des check points surprises. N’importe où, ça n’est jamais clair. Et soudain on arrête tout le monde, on contrôle leur permis. Il y a, là, des fem­mes, des enfants, des vieux, pendant des heures, parfois en plein soleil. On arrête des innocents, des gens qui veulent aller travailler, trouver de la nour­riture, pas des terroristes... J’ai dû le faire pendant cinq mois, huit heures par jour, ça m’a cassé. Alors j’ai décidé de rendre mes galons de commandant. »
« Notre mission : déranger, harceler »

« On est à Hébron. Comme les terroristes sont des résidents locaux et que notre mission est d’entraver l’activité terroriste, la voie opérationnelle c’est de quadriller la ville, entrer dans des maisons abandonnées, ou des maisons habitées choisies au hasard – il n’y a pas de service de renseignement qui nous pilote –, les fouiller, les mettre à sac... et ne rien trouver. Ni armes ni terroristes. Les habitants ont fini par prendre l’habitude. Ils sont irrités, dépressifs, mais habitués car ça dure depuis des années. Faire souffrir la population civile, lui pourrir la vie, et savoir que cela ne sert à rien. Cela engendre un tel sentiment d’inutilité. »
« Les punitions collectives »

« Mes actes les plus immoraux ? Faire exploser des maisons de suspects terroristes, arrêter des centaines de gens en masse, yeux bandés, pieds et mains liés, les emmener par camions ; pénétrer dans des maisons, en sortir brutalement les familles ; parfois on revenait faire exploser la maison ; on ne savait jamais pourquoi telle maison, ni quels suspects arrêter. Parfois, ordre nous était donné de détruire au bulldozer ou aux explosifs l’entrée du village en guise de punition collective pour avoir hébergé des terroristes. »
« Protéger des colons agressifs »

« On débarque dans le district de Naplouse pour assurer la sécurité des colons. On découvre qu’ils ont décidé d’attaquer Huwara, le village voisin, palestinien. Ils sont armés, jettent des pierres, soutenus en cela par un groupe de juifs orthodoxes français qui filment, prennent des photos. Résultat : on se retrouve pris entre des Arabes surpris, terrorisés, et notre obligation de protection des colons. Un officier tente de repousser les colons dans leurs terres, il reçoit des coups, il y a des tirs, il abandonne. On ne sait plus quoi faire : les retenir, protéger les Palestiniens, nous protéger, une scène absurde et folle. On a fini par faire retourner les agresseurs chez eux. Une dizaine d’Arabes ont été blessés. »
Assassiner un homme sans armes

« On est en poste dans une maison qu’on a vidée de ses occupants, on soupçonne la présence de terroristes, on surveille, il est 2 heures du matin. Un de nos tireurs d’élite identifie un mec sur un toit en train de marcher. Je le regarde aux jumelles, il a dans les 25-26 ans, n’est pas armé. On en informe par radio le commandant qui nous intime : “C’est un guetteur. Descendez-le.” Le tireur obéit. J’appelle cela un assassinat. On avait les moyens de l’arrêter. Et ça n’est pas un cas unique, il y en a des dizaines. »

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Ex-combattants-de-Tsahal-ils-refusent-maintenant-de-se-taire-et-parlent-232874


Les commentaires sont fermés.