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08/02/2011

N° 8 - Journal de Côte d'Ivoire - 27.01 – Fin : Côte d’Ivoire - Un pays sous influences.

N° 8  - Journal de Côte d'Ivoire - 27.01 – Fin : Côte d’Ivoire - Un pays sous influences.


 Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne des journaux en ligne :

Nos informations sont le résultat de recoupements car les médias occidentaux donnent des informations qui ou se contredissent ou ne prennent en note qu’une partie des infos.



       Journal de Côte d’Ivoire

                    n°8                              25-01 au 07-02  

  C.Debroeder &  M.Lemaire



Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                         http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


 Sommaire

4 Dossier

4-1 Jean Pestieau :Côte d’Ivoire - Un pays sous influences.

4-2 Tafsir Ndické Dieye : Ne tirez pas sur l’ambulance, la Côte d’Ivoire est blessée.

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

5-1 Patrice Mboma : Pourquoi Ouattara a perdu la présidence en Côte d’Ivoire!

6 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Francis Arzalier : Côte d'Ivoire : des centaines de morts : pour qui, pour quoi ?

6-2 Olivier Mukuna : Sarkozy, l’ennemi des espoirs démocratiques africains.

7 Annexe

7-1Guy Marius SAGNA : Vers une nouvelle vague de luttes de libération populaire démocratique.

 



4 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Jean Pestieau : Côte d’Ivoire - Un pays sous influences.

Après les élections du 28 novembre 2010, une grande partie de la communauté internationale sous la direction des États-Unis, exige qu’Alassane Ouatarra soit reconnu comme le gagnant des élections présidentielles en Côte d’ Ivoire. Si Laurent Gbagbo, président sortant et son rival dans les élections, ne veut pas se soumettre, il est menacé d'une intervention militaire de la part de pays voisins. Que vont être les conséquences pour les peuples de la région ?

C’est a côté des ambassadeurs américains et français et dans le quartier général de Alassane Ouatarra que le chef de la commission électorale l'a déclaré gagnant. Qui est Ouatarra ? C'est un ancien fonctionnaire du Fonds monétaire international, puis premier ministre du dictateur Félix Houphouët-Boigny. Ouatarra appliquait dans les années 80 et début 90 une politique ultralibérale, obligeant de couper dans les secteurs sociaux et de donner priorité au paiement des dettes extérieures et à l’orthodoxie budgétaire. En Côte d’Ivoire le résultat de cette politique est indéniable. L’ancien moteur économique de l’Afrique de l’Ouest est tombé en panne : en 2000 le PNB par habitant représentait 65 % de ce qu’il était en 1980. Ces dernières années ce chiffre a continué a descendre jusqu’à 58 % en 2009 et la pauvreté du pays a augmenté depuis 2002 de 40 %.

Quand on compare avec l’attitude complaisante de ce même Occident envers le coup d’état en Honduras en décembre 2008, l’attitude radicale de Washington envers Gbagbo étonne. Cela cache la volonté de Washington de restaurer son autorité dans le monde.

Qui sont les amis de Laurent Gbagbo ? 

Est-ce que Gbagbo représente vraiment la volonté du peuple ivoirien ? On peut en douter. Gbagbo a surtout le soutien d’une alliance d'anciens gaullistes et de socialistes français, qui tous reprochent au président Sarkozy d’être devenu l’auxiliaire des États-Unis et d’avoir trahi l’idéal de la France comme puissance mondiale. Cette alliance s’appelle la « Françafrique » et se base sur le réseau du puissant Jacques Foccart. Elle a contrôlé et exécuté la politique africaine néo-coloniale sous différents présidents français (De Gaulle, Pompidou, Chirac). Ensuite on a vu pendant la campagne électorale de Gbagbo des personnalités du Parti socialiste français à côté de Gbagbo lors de meetings électoraux. Et le jour des élections, Henri Emmanuelli, ancien secrétaire d’État, a déclaré que Gbagbo était « la seule personne capable de diriger la Côte d’Ivoire ». 

Pendant les 10 années que Gbagbo est au pouvoir il n’a pas réussi à diminuer la division, ni à améliorer les conditions de vie des ivoiriens. Il a essayé de se négocier une place en suivant le cadre que l’Occident l’avait prescrit. Ceci a échoué. Les élections auraient dû résoudre définitivement la crise en Côte d’Ivoire, qui dure depuis que la rébellion de 2002 (venus du Burkina Faso, des rebelles ont voulu prendre le contrôle du pays mais ont échoué et sont restés au nord) a divisé le pays en deux. Au contraire, ces élections ont ramenés le pays à la case départ : aujourd’hui il y a donc deux présidents et deux gouvernements en Côte d’Ivoire.

Division entre le nord et le sud

Voilà que la crise risque maintenant d’enflammer toute l’Afrique de l’Ouest. Car à l'instigation des États-Unis et de pays de l 'Union européenne, les gouvernements des pays voisins menacent de monter une intervention militaire.

Il faut savoir que jusqu’au début des années soixante, l'Afrique de l’Ouest était dominée et exploitée par le colonialisme français. Après une indépendance éclatée, cet ensemble se divisa en pays formellement indépendants. Durant l'époque coloniale, des centaines de milliers de Burkinabés ont fui la misère de leur pays aride pour aller travailler dans les plantations de ce qui deviendra plus tard la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, il y a 2 250 000 descendants des travailleurs émigrés des pays voisins en Côte d’Ivoire, cela fait 15 % de la population ivoirienne. 

Voici dix ans, les néo-coloniaux n’avaient aucune réponse à apporter à la crise économique qui sévissait en Côte d'Ivoire. Elle ne faisait qu’augmenter la misère et la révolte de la population. Leurs seul fonds de commerce était la division et la démagogie. On a vu ainsi apparaître le concept de l’ « Ivoirité » : la « nationalité ivoirienne pure », qui permet entre autres d’exclure arbitrairement des citoyens des listes électorales. Ensuite s’est ajouté la division entre citoyens du nord et citoyens du sud, chrétiens et musulmans. Diviser pour régner : affaiblies par des luttes intestines, quelle résistance les populations appauvries pourront-elles opposer à l’impérialisme ? 

« Non à une guerre entre Africains ! »

Les États-Unis et la France qui sont les instigateurs de la crise en 2002 veulent maintenant imposer d’une façon arrogante leur volonté même si cela implique une nouvelle guerre meurtrière entre Africains. Or, la population, lassée de l’interminable descente aux enfers, pourrait retourner les armes contre les différentes marionnettes de l'impérialisme. Depuis que des États voisins ont parlé de la possibilité d’une intervention armée, indignation et mobilisation traverse toute l’Afrique avec les mots d’ordre « Bas les pattes du peuple ivoirien ! Troupes étrangères hors de Côte d’Ivoire ! Non à une guerre de division entre Africains ! ». 

Les forces éprises de paix dans le monde réclament le rejet de la logique de guerre qui aggravera la misère, la dépendance et ferait de nombreuses victimes. C’est aux Ivoiriens, sans exclusive, et à eux seuls de décider librement de leur avenir, et à trouver les solutions appropriées. Pas d'ingérences étasuniennes ou de pays de l'Union européenne.

Jean Pestieau 

11 janvier 2011

Source : solidaire


4-2 Tafsir Ndické Dieye : Ne tirez pas sur l’ambulance, la Côte d’Ivoire est blessée.

« Ne tirez pas sur l’ambulance, la Côte d’Ivoire est blessée ». Ce cri du cœur du panafricaniste Alpha BLONDY, nous l’avons entendu hier vers 18h d’une radio qui passait sa musique. Ce cri nous attriste. Ce chanteur disait, il y a quelques années, que les ennemis de l’Afrique ce sont les africains.

Ce message est toujours d’actualité. Mais l’avons-nous compris ? Aujourd’hui, sur cette question ivoirienne, nous sommes étonnés  de constater que ce sont des chefs d’Etats africains et des prétendus intellectuels  qui défendent l’idée d’aller bruler la Côte d’Ivoire pour déloger, disent-ils, « l’usurpateur Gbagbo ». Et pour cela, ils n’hésitent pas à aller jusqu’à la Maison blanche pour négocier une autorisation d’user de la force. C’est accablant!
Dans le passé, le colon réussissait souvent à pousser un roi nègre à combattre son homologue.

Et une fois leurs populations affaiblies par ces guerres insolites, sans raison, il usait de sa force de frappe pour les avoir sous ses ordres et faire de leurs peuples ses sujets et de leur richesse son butin de guerre. Cette musique n’a pas changé ; ce sont les pas de danse qui sont devenus par moment saccadés et camouflés. La France de Sarkozy, comme un vampire, guettait la moindre faille dans cette élection pour précipiter la sentence à appliquer à son ennemi-juré Gbagbo en utilisant comme agent exécutant le syndicat des chefs d’Etat béni-oui-oui de ses anciennes colonies.  Cette France de Sarkozy, différente à tout égard de la France des véritables défenseurs des droits humains, cherche à manipuler le monde entier pour arriver à ses fins en Côte d’Ivoire quitte à faire souffrir davantage les ivoiriens. Sarkozy, ne poussez pas vos  disciples chefs d’Etats africains à  tirer sur l’ambulance ! «  La Côte d’Ivoire est blessée ».
La plupart de ces chefs d’Etats, à commencer par le notre, ont des problèmes sérieux avec la démocratie dans leur propre pays. Et personne n’a demandé à ce qu’on les déloge par le feu. WADE, éradiquez le conflit armé en Casamance qui dure depuis 28 ans plutôt que de participer à une opération militaire en Côte d’Ivoire ! Vos propres enfants ne seront pas sur le terrain des opérations militaires.
Quand nous écoutons certains médias français, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander pour qui et pourquoi mettent-ils autant de hargne à promouvoir un discours va-t-en guerre ; une solution armée pour résoudre l’équation ivoirienne ? Ils n’ont pas été ainsi avec les Eyadema au Togo, pour ne citer que cet exemple… et pourtant !
 Pire, un député français s’est autorisé d’avancer l’idée d’une  partition de la C’ôte d’Ivoire comme si le peuple ivoirien l’avait sonné. Pourquoi vouloir précipiter ce pays dans le précipice ? Puisque les conflits finissent généralement autour d’une table de négociation, pourquoi ne pas commencer par là dans cette crise postélectorale ? Si les deux hommes aiment la Côte d’Ivoire, ils accepteront de s’asseoir ensemble pour se parler les yeux dans les yeux dans l’intérêt de leur peuple.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de disserter sur qui a raison. Tous ces belligérants ont tort de prendre en otage le peuple ivoirien depuis des années. Des membres de la  CEI ont donné des résultats à partir de l’Hôtel du Golf, fief de l’un des candidats sans que ce dernier n’ait eu le réflexe de s’y opposer pour éviter que l’on puisse douter de la neutralité de la dite commission. De l’autre côté, le Conseil constitutionnel a déclaré son rival vainqueur en annulant le vote de plusieurs ivoiriens. Et chaque camp livre ses arguments. Chacun dit sa vérité et reçoit le soutien de ses partisans. Présentement, il s’agit de voir comment sauver la Côte d’Ivoire dans la paix, sans effusion de sang. L’Afrique en a assez de voir les armes fabriquées par les occidentaux tonner dans ses oreilles abasourdies, et surtout, si c’est sur  « recommandation » d’un Président qui ne lui voue aucun respect comme Sarkozy le fameux auteur de « l’Afrique n’est pas encore rentrée dans l’histoire ».

Un homme normal qui sait combien les ivoiriens ont souffert de la guerre ces derniers années ne peut pas se permettre de demander à des forces étrangères d’aller les canarder. Il y a anguilles-sous -roche. Il y a des choses qui se cachent derrière cet empressement guerrier d’autant qu’il précise que les soldats de son pays ne prendront pas part à cette guerre. Dans cette affaire, Sarkozy ne lutte pas pour la Démocratie ; seule sa démocratie l’intéresse.  Il faut qu’il cesse de nous prendre pour ses petits nègres.

« Massacrez-vous ! Après nous viendrons pensez les blessures, traduire certains survivants devant les hautes cours de justice et faire tranquillement nos business. »

Chers chefs d’Etats africains, ayez un sursaut d’orgueil pour refuser un tel schéma. N’écoutez pas de tels non-dits, de telles bêtises ! Montrez au monde que vous êtes capables de régler les problèmes de votre continent seuls, sans vous étriper. C’est là où nous vous attendons. Les ivoiriens sont nos frères. Vos peuples ne vous ont pas mandaté pour que vous fassiez la guerre à leurs frères et sœurs. La guerre, y’en a marre ! Ça suffit ! Non de Dieu !   Nous voulons un règlement pacifique de ce conflit. Et ce n’est pas impossible. A la place, la France et ses amis occidentaux sont en train de rendre la vie des ivoiriens difficile avec des sanctions et d’autres dérives verbales inutiles.

En lisant l’éclairage pertinent de Jean Paul DIAS sur la lancinante question de la BCEAO qui s’est invitée dans cette crise, nous éprouvons un certain dégout. La France garante du CFA a reconnu son Président en Côte d’Ivoire, il veut que ce dernier soit le seul autorisé à manipuler les comptes de la Côte d’Ivoire logés à la BCEAO. Et, hop ! Ses disciples, chefs d’Etats africains très disciplinés, au lieu de se battre pour avoir une monnaie commune africaine après cinquante ans d’indépendance afin de se libérer de sa tutelle sur ce plan précis, s’empressent de se réunir pour semer la pagaille au sein de cette institution bancaire, la BCEAO ; histoire de lui faire plaisir. Nous disons que s’ils mettaient autant d’énergie et de diligence au règlement pacifique de cette crise en oubliant les ordres de Sarkozy, avec comme unique souci l’intérêt de leurs frères africains de la Côte d’Ivoire, sans hypocrisie,  ils réussiraient à tuer ce différent dans l’œuf.

Et nous disons que cela doit servir de leçon à tous nos dirigeants. Il est temps que nous apprenions à anticiper sur les crises en Afrique. Par exemple, au Sénégal, malgré ce que les constitutionnalistes disent sur la non recevabilité de la candidature de WADE, ce dernier s’entête à vouloir se présenter à  l’élection présidentielle de 2012.

C’est ce genre d’entêtement qui peut déboucher demain sur des situations difficiles qui aggravent la souffrance des populations. Que Dieu nous en garde !  Vive la paix en Côte d’Ivoire !
Tafsir Ndické DIEYE - Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (Polar) Silence ! On s’aime (poésie)
Éditions Le Manuscrit Paris mars 2008
Horreur au palais (polar) Coédition Nouvelles éditions ivoiriennes/
Centre d’édition et de Diffusion Africaine Abidjan Novembre 2010
E-mail :ndickedieye@yahoo.fr

Publié le 01/02/2011

http://www.sudonline.sn/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance-la-cote-d-ivoire-est-blessee_a_1358.html 



5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme

5-1 Patrice Mboma : Pourquoi Ouattara a perdu la présidence en Côte d’Ivoire!

Il est des erreurs qu’un vrai homme politique ne commet pas, où n’accepte pas que l’on commette en son nom. Nous allons ici démontrer par a+b pourquoi Monsieur Alassane Ouattara a perdu les élections en Côte d’Ivoire, et ne sera jamais président dans ce pays.
Commençons par le commencement, Monsieur Ouattara arrive en Côte d’Ivoire au cours de l’année 1990 alors que le pays est dans une situation économique qui a poussé le président Houphouët a refusé d’honorer le remboursement de la dette ivoirienne auprès de la Banque Mondiale et du FMI. En tant que président du conseil ministériel, les premières mesures de Monsieur Ouattara consisterons a jeter plusieurs milliers de famille ivoirienne au chômage par ce qu’il appelle à l’époque la politique d’assainissement des finances publiques et la mise en œuvre des réformes nécessaires pour le retour à la croissance et à la prospérité, la poursuite de la modernisation des structures de l’état. Premier grief avec le peuple ivoirien !
Devenu premier ministre de la Côte d’Ivoire quelques mois plus tard, Monsieur Ouattara instaure la carte de séjour pour les étrangers ouest-africains et autres, ceci au mépris des règles de libre circulation établies au sein de l’UEMOA à travers le conseil de l’entente (Côte d’Ivoire, Bénin, Burkina-Faso, Niger et Togo). Je m’en souviens encore comme si c’était hier, en 1993 me rendant au Maroc pour mes études universitaires, partant de Yaoundé au Cameroun, je transite par Abidjan.
Arrivée tardivement pour prendre la correspondance de la Royal Air Maroc (RAM) pour Casablanca (à l’époque un vol par semaine), mes camarades et moi avons loupé le vol. Ils nous a été interdit de sortir de l’aéroport Port Bouët d’Abidjan pour loger à l’Hôtel pour défaut de carte de séjour ou de visa. Nous avons passé une semaine à dormir à même le sol, en attendant la prochaine correspondance de la RAM. Cette mesure Ouattaresque aura pour effet de dévoiler les origines des habitants de la Côte d’Ivoire, dans un pays dont l’hospitalité légendaire faisait que l’on ne cherchait pas à connaître votre origine, et où tous les habitants vivaient en bonne intelligence. Deuxième grief avec le peuple ivoirien et tous les africains. Fin décembre 1993, le président Houphouët meurt, après 33ans de règne. Malgré la disposition de la constitution ivoirienne en son article 11 qui, en cas de vacance du pouvoir fait du président de l’assemblée Henri Konan Bédié le successeur constitutionnel du président de la république , Monsieur Ouattara tente le coup de force. Mal lui en prend, il se retrouve forcer de quitter la Côte d’Ivoire pour un instant. Troisième grief avec le peuple ivoirien.
Monsieur Ouattara se retrouve par la suite fin 1993 au FMI comme directeur général adjoint. Avant cela, en tant que premier ministre de la Côte d’Ivoire il s’est attelé à préparer la dévaluation du franc CFA qui interviendra le I4 Janvier 1994, un peu plus d’un mois après la disparition du Président Félix Houphouët- Boigny. Dévaluation, dont les conséquences dramatiques se ressentent encore de nos jours dans toute l’Afrique francophone. Au FMI monsieur Ouattara devient le chantre du programme d’ajustement structurel des économies africaines, qui a crée la désolation partout en Afrique. Et, donc le FMI reconnaîtra un décennie plus tard l’inefficacité, l’inadaptation et les méfaits sur les économies des pays qui l’ont appliqué. Quatrième grief avec les ivoiriens et les africains. Juillet 1999, Monsieur Ouattara met fin a son séjour au FMI et retourne en Côte d’Ivoire pour se porter candidat aux élections présidentielles de 2000 en préparation. Entre temps, son ami de longue date Monsieur Konan Bédié devenu son ennemi du fait du conflit qui a marqué la succession de feu le président Houphouët Boigny, a lancé son concept empoisonné d’ivoirité pour l’écarter de la course au pouvoir. Car se connaissant bien (ce depuis leurs années d’études aux états-unis dans les années 60), Monsieur Bédié sait que Monsieur Ouattara s’est toujours fait connaître comme Burkinabé. Amère de se sentir visé par cette loi sur l’ivoirité, Monsieur Ouattara ayant été sollicité de prouver sa nationalité ivoirienne se refugie en France, après avoir présenté des documents « douteux ». Il affirme que « Monsieur Bédié ne veut pas que je sois candidat parce que je suis du Nord et musulman », surfant ainsi sur la corde tribale et religieuse. Un mandat international pour faux et usages de faux ayant été lancé contre lui par le régime de Monsieur Bédié, Monsieur Ouattara dira : « Je frapperai ce régime moribond, il tombera comme un fruit mûr », quelques temps après le régime de Monsieur Bédié était renversé, lors du fameux coup d’état de décembre 1999 , qui vit l’arrivée au pouvoir de feu le général Guéi. Coup d’état perpétré par des soldats dont la plupart faisait partie de la garde rapprochée de Monsieur Ouattara, quand il était premier ministre de la Côte d’Ivoire. Premier coup d’état dans un pays qui jusqu’à lors s’était fait connaître dans le monde entier pour son pacifisme légendaire. Ceci marque l’introduction de la violence dans la politique en Côte d’Ivoire. Cinquième grief avec le peuple ivoirien.

Arrive l’an 2000, des élections présidentielles se déroulent dans des « conditions calamiteuses » aux dires du Monsieur Laurent Gbagbo, qui arrive par la même occasion au pouvoir par un soulèvement populaire qui pousse le général Guéi à céder le pouvoir.

Monsieur Ouattara réclame qu’il y ait de nouvelles élections présidentielles. Car, le poison de l’ivoirité aidant, le général Guéi s’est arrangé à travers une constitution faite sur mesure à l’écarter de nouveau. Devant le refus de Monsieur Gbagbo devenu président de procéder à de nouvelles élections présidentielles, Monsieur Ouattara dans un accès de colère dont lui seul a le secret déclare : « Je n’attendrai pas 2005 pour rebondir… Je rendrai ce pays ingouvernable ». En effet, quelques temps plus tard en septembre 2002, une tentative de coup d’état a lieu en Côte d’Ivoire. Devant son échec, elle se transforme en rébellion armée, sous la houlette des gardes du corps de Monsieur Ouattara cités plus haut. Qui se donne comme leader politique, un ancien leader estudiantin dont l’un des proches parents qui est un ami, me dira en 2004 alors que nous étions en transit à l’aéroport de Bruxelles que : « Guillaume, n’a pas pu finir ses études universitaires. Il s’est fait manipuler pour venir faire la guerre à la Côte d’Ivoire… ». Cette rébellion, qui coupe de fait le pays en deux, fera des milliers de morts parmi les populations ivoiriennes. Principalement à l’Ouest de la Côte d’Ivoire.
Mais aussi parmi les forces armées de Côte d’Ivoire (FANCI), faisant perdre à Monsieur toute possibilité de soutien futur dans l’armée loyaliste de Côte d’Ivoire. Sixième grief avec le peuple et l’armée ivoirienne.
Enfin, en 2010 au terme du second tour des élections présidentielles dont la proclamation des résultats aboutit à la crise politique que vit la Côte d’Ivoire aujourd’hui, Monsieur Ouattara se fait adouber dans une précipitation sans équivalent par la France dont le cache sexe se nomme « communauté internationale ». Erreur !!!  

Méconnaissant le ressentissement du peuple ivoirien vis-à-vis de la France, Monsieur Ouattara en piètre politicien, va afficher ce soutien et s’enorgueillir comme d’un trophée de chasse. Par la suite, il procèdera à la nomination du chef rebelle Soro Guillaume comme premier ministre de son Gouvernement. Confirmant ainsi son statut de parrain de la rébellion qui a endeuillé tant de familles ivoiriennes. Re-Erreur !!!  
Ces deux erreurs vont lui faire perdre un frange importante de la force de contestation populaire venant du PDCI et d’autres partis, qu’il aurait pu mobiliser pour bloquer le pays, et forcer au départ de Monsieur Gbagbo. A cela, il faudra ajouter les sorties hasardeuses de Monsieur Sarkozy à travers ses ultimatums et menaces à peine voilées. Pour clouer le tout, Monsieur Ouattara et son chef rebelle Soro Guillaume, vont user de menaces de prison à l’égard des fonctionnaires, banquiers et autres travailleurs ivoiriens qui ne respecteraient pas leur mot d’ordre de grève. Comment un homme qui bataille pour faire reconnaître sa victoire, et se faire accepter par un peuple, peut-il commencer par menacer ce même peuple alors qu’il ne détient pas encore le pouvoir réel ? Il faut qu’il ait en face de lui un peuple de fou, pour que ce dernier suive son mot d’ordre et se mette en ordre pour défendre sa cause.
Qui ici bas est assez con pour donner le fouet à celui qui lui promet la fessée ? Non content de cela, Monsieur Ouattara et son chef Rebelle Soro Guillaume font chaque jour appel à des forces étrangères pour le mener au pouvoir, avec le risque qu’une telle démarche comporte en terme de perte en vies humaines. Quel ivoirien est près à accepter et soutenir un tel homme politique, qui est près à utiliser tous les moyens y compris la force militaire peu économe en vies humaines, pour assouvir ses ambitions ? Erreur fatale ! Echec et Mat !

septième et dernière grief avec le peuple ivoirien.
Cette grief de trop disqualifie définitivement Monsieur Ouattara à exercer la fonction présidentielle en Côte d’Ivoire, n’en déplaisent à ses soutiens étrangers, qui se couvrent de ridicule en allant jusqu’à interdire de visa européen des ressortissants français et à introduire dans leur liste des personnes sanctionnées le président de la cour constitutionnelle ivoirienne et le Gouverneur de la BCEAO. Devant qui Monsieur Ouattara prêtera-t-il donc de façon effective son serment postal ? Chez qui pourra-t-il exercer le pouvoir de la signature qui lui a été illégalement conféré par la conférence des ministres de l’UEMOA en décembre 2010 ? Non sens, que de non sens ! C’est à croire que le monde marche en l’envers.
Tout ce qui précède justifie ici, pourquoi Monsieur Ouattara a définitivement perdu les élections en Côte d’Ivoire et ne sera pas président de ce pays.

Patrice Mboma

Dimanche 23 Janvier 2011

http://www.alterinfo.net/Pourquoi-Ouattara-a-perdu-la-presidence-en-Cote-d-Ivoire_a54170.html



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 Francis Arzalier : Côte d'Ivoire : des centaines de morts : pour qui, pour quoi ?
Les dramatiques évènements de la Côte d'Ivoire ont eu un curieux traitement médiatique en France; télévisions et journaux « bien pensants » ont claironné dès le départ le discours va t'en guerre de Sarkozy et ses ministres, sur la nécessité d'installer au pouvoir les paladins du monde occidental, Ouattara, ex-directeur adjoint du FMI, Soro, ex-chef des insurgés du Nord toujours en armes, élus, on vous le jure, avec une majorité certaine, puisque les intéressés le disent. Depuis un mois, le matraquage médiatique en faveur d'Ouattara a été indécent en France. Plus curieux a été, durant tout le mois de décembre, le mutisme presque total des analystes « progressistes », anti-impérialistes », appelons les comme on veut, qui, d'ordinaire, réagissent aux désastres africains avec célérité: pas d'analyses claires, ou peu, au PCF, dans l'Humanité, ou dans les multiples canaux internet qui foisonnent aujourd'hui. L'embarras était
perceptible, on ne pouvait affirmer à Abidjan qui était le gentil agressé, qui le méchant agresseur, dans un conflit chaque jour plus hargneux : seul le perdant est évident, il se nomme le peuple ivoirien. Il a fallu attendre les communiqués de la plupart des partis progressistes de la région pour avoir enfin une dénonciation nette du jeu de l'occident et de ses alliés en Côte d'Ivoire.
Il faut donc rappeler quelques évidences occultées par les médias. Dans la compétition électorale enfin réalisée en Côte d'Ivoire, après cinq ans d'attente, le candidat de l'occident, d'autant plus fidèle aux prescriptions de l'impérialisme, du FMI, qu'il en fut un des dirigeants, était Ouattara, soutenu au surplus par Bedié, héritier de l'anticommuniste Houphouet Boigny, et par les sécessionnistes en armes du nord du pays, les « Forces Nouvelles », groupes armés toujours présent dans la région. Au second tour de l'élection, tout électeur anti impérialiste ivoirien ne pouvait que voter pour le concurrent d'Ouattara, même sans illusions.
Laurent Gbagbo, président sortant, a un passé de militant progressiste, des liens avec certains socialistes « de gauche » comme Emmanuelli. Il a indéniablement tenté au début de son mandat quelques réformes socialistes progressistes (couverture médicale), mesures avortées du fait de l'effondrement économique du pays. Ses mauvaises relations avec la France officielle (dès Chirac et Villepin), et même le déclenchement de l'insurrection des « Forces Nouvelles » au Nord ont débuté quand il a ouvert par appel d'offres les grands travaux du port d'Abidjan aux concurrents extérieurs (Chinois), alors qu'ils étaient jusque là un marché réservé aux entreprises françaises (Bouygues, etc). Ceci étant, le nationalisme borné de Gbagbo et son entourage matiné d'évangélisme à l'américaine, a très largement dérivé vers le verbiage démagogique, voire xénophobe, et la volonté de se maintenir à tout prix au pouvoir, quelles que soient
les conséquences pour la population.
L'élection ivoirienne de fin 2010 montre les mensonges du discours occidental qui confond le pluripartisme et la démocratie, en Afrique et ailleurs. Qu'a de démocratique un scrutin où l'on n'a le choix qu'entre deux candidats néfastes politiquement ? Quelle démocratie existe-t-il quand la majorité des électeurs sont si misérables qu'il suffit d'un tee-shirt ou d'un bol de riz pour acheter un vote?

Est-ce un choix démocratique quand l'absence d'enjeux clairs sur les programmes aboutit à des votes suivant l'ethnie ou la religion (Nord musulman contre Baoulés animistes ou chrétiens)? Les pressions, y compris physiques, n'ont pas manqué à Abidjan où les partisans de Gbagbo sont majoritaires; mais, contrairement à ce que dit la télé française, les résultats proclamés sont-ils si purs dans le Nord contrôlé par les militants en armes des Forces Nouvelles ?
On peut accorder un crédit limité aux affirmations contraires des protagonistes. Mais il est en tout cas certain que le peuple ivoirien a tout à perdre à une guerre civile, ou à une partition du pays, que certains en Occident souhaitent, comme ils le souhaitent au Soudan (indépendance programmée du Sud), voire au Congo, pour faciliter leurs affaires. Le problème ne peut être résolu que par les Ivoiriens, par la négociation entre protagonistes, éventuellement par l'arbitrage de l'Union Africaine, et pas de quelques chefs d'état pro-occidentaux de la sous-région (Wade, Boni et le CEDEAO). Mais toute intervention étrangère armée au profit d'un protagoniste ne peut que déboucher sur un sursaut nationaliste et un bain de sang. C'est à cela que risque d'aboutir les proclamations irresponsables de Sarkozy, alors que la France et ses soldats -ex-puissance coloniale qui fit déjà tirer sur les manifestants ivoiriens à Abidjan sous Chirac-,
est totalement disqualifiée pour intervenir dans un conflit interne. Un des soutiens de Gbagbo, parfois moins bien inspiré, n'avait pas tort de rappeler que le Président ivoirien n'était pas un sous-préfet français aux ordres de l'Elysée.
http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2011/01...


6-2 Olivier Mukuna : Sarkozy, l’ennemi des espoirs démocratiques africains.

Pendant le mois de soulèvements populaires qui a débouché sur la première révolution du monde arabe, Sarkozy et son gouvernement n’ont cessé de soutenir le tyran Ben Ali et son régime décadent. Confirmant une vieille tradition de la politique française en Afrique : l’entretien de complicités de toutes natures avec les pires dictatures pourvu que cela rapporte de manière sonnante et trébuchante. Pour le reste, on oscillera entre fermer les yeux ou mentir sur la confiscation totale des libertés, les exécutions sommaires, la torture ou la spoliation mafieuse.

De la Côte d’Ivoire à la Tunisie, le bonimenteur Sarkozy ne porte désormais qu’un seul costume : celui d’ennemi public n°1 des aspirations démocratiques des peuples d’Afrique ...

« Je veux lancer un appel dans le monde à tous ceux qui croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l’humanisme ; à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et les dictatures, je veux dire à tous les enfants à travers le monde, à toutes les femmes martyrisées dans le monde, que la fierté et le devoir de la France sera d’être à leurs côtés (...) La France sera du côté des opprimés du monde ! C’est le message de la France, c’est l’identité de la France , c’est l’histoire de la France ! » (1).

Dans le cas de la Côte d’Ivoire comme celui de la Tunisie, on reste soufflé par la manière dont Nicolas Sarkozy a mis en œuvre l’exact contraire de sa profession de foi présidentielle de 2007. Une imposture si criante aujourd’hui que les médias traditionnels français - majoritairement très complaisants ou terrorisés par l’Élysée - n’ont pu faire l’impasse sur l’attitude du premier collaborateur européen à la dictature de Ben Ali. Ménageant relativement l’hôte de l’Élysée, Le Monde, par exemple, propose plusieurs articles titrés « La diplomatie française a défendu jusqu’au bout le régime tunisien » ; « Les manifestants en colère contre le manque de soutien de la France » ou « Un dictateur honni par son peuple et choyé par les dirigeants occidentaux ».
S’y ajoute un éditorial critique sur les « complaisances de Paris » considérées comme une « erreur politique ».

De même qu’un salutaire appel d’intellectuels au gouvernement français afin de « soutenir les revendications du peuple tunisien » (2). Connu pour ses escarmouches avec le Président français, Laurent Joffrin, rédacteur en chef de Libération, parvient à signer son éditorial sans citer nommément Sarkozy. Préférant interpeller « les diplomaties occidentales qui soutiennent sans discontinuer les régimes en place, abandonnant leurs principes pour se trouver du côté du manche » (3).
Cette liberté de ton et de courage minimal retrouvée plaira sans doute. Elle se révèle pourtant fort tardive et quelque peu déplacée. D’une part, il est assez hypocrite d’enfin dénoncer ce « régime dictatorial corrompu et indigne » après que le peuple tunisien eut dû payer de son sang l’apparition d’un réel espoir démocratique. D’autre part, quel est le journaliste français qui ignore que la politique africaine reste le domaine réservé de l’Élysée ? En l’occurrence, il ne s’agit pas « d’indulgence », « d’erreur » ou de « frilosité » diplomatiques mais bien d’une realpolitik aux fondements racistes et cyniques.

Décidée au niveau présidentiel, ce machiavélisme sordide s’est toujours mené contre les intérêts et aspirations légitimes des populations africaines. De Mitterrand à Sarkozy en passant par Chirac, c’est la même politique prédatrice qui est reconduite sans considération aucune pour le cortège d’injustices et de souffrances endurées par la société civile tunisienne. Après que des dizaines de Tunisiens eurent perdu la vie sous les balles des escadrons de Ben Ali, Sarkozy osera pousser plus loin le curseur de l’indécence et du cynisme
Via son ministre des Affaires étrangères, il propose à « son ami » despote le « savoir-faire » français en matière de sécurité et de répression policière. Tout un programme de « tolérance » et « d’humanisme » ... A peine dérangé par une collaboration jusqu’au-boutiste avec l’une des pires kleptocraties du continent, Sarko-le-collabo assure aujourd’hui son « soutien déterminé » aux révolutionnaires tunisiens. Enchaîne avec l’annonce du gel du butin du gang Ben Ali dormant sur les comptes bancaires français. Des déclarations de bonimenteur fatigué qui ne trompent personne. A défaut de ne pas avoir vu « l’homme africain entrer dans l’Histoire » (4), Sarkozy bute aujourd’hui sur l’histoire d’une révolution arabe écrite par les persécutés eux-mêmes.
Autre absent des analyses médiatiques, le contraste saisissant entre l’intervention assumée de Sarkozy dans le conflit post-électoral ivoirien et sa collaboration silencieuse contre le soulèvement tunisien. Deux cas d’ingérence aux formes différentes mais issus d’une même vision colonialiste et racialiste posée sur le continent africain.

Dans le cas ivoirien, le Président français jugeait la situation « parfaitement inadmissible ».
Faisant opportunément l’impasse sur les fraudes constatées au nord du pays comme sur la légitimité du Conseil constitutionnel ivoirien, Sarkozy jouait de la menace : « Laurent Gbagbo et son épouse ont leur destin entre leurs mains. Si avant la fin de la semaine, ils n’ont pas quitté le poste qu’ils occupent, le poste que Laurent Gbagbo occupe en violation de la volonté du peuple ivoirien, ils seront nommément sur la liste des sanctions » (5). Pour Ben Ali, aucune condamnation ni sanctions, mais une collaboration discrète jusqu’à la volteface devenue incontournable.

Quatre jours après la fuite de Ben Ali vers la dictature saoudienne, chacun sait que les semaines à venir seront cruciales pour les Tunisiens. Objectif : ne pas se voir voler leur révolution vers la démocratie pour un funeste changement de façade. Afin que le business d’antan reprenne au plus vite et que l’inspiration révolutionnaire ne touche pas l’Algérie, le Maroc, l’Égypte ou la Libye, qui peut affirmer que les chancelleries européennes ne souhaitent pas que s’impose la seconde option, plus « rassurante » ? Car Nicolas Sarkozy n’est que le capitaine d’une équipe des « droits de l’homme blanc », mieux connue sous le nom d’Union européenne.
Union restée muette et complice pendant 23 ans et un mois d’insurrections populaires historique. Démontrant ainsi son choix pour la « stabilité » dictatoriale contre l’espoir démocratique finalement arraché par le peuple du pays du jasmin. La pire des erreurs pour les Tunisiens serait d’accepter cette « aide » aussi soudaine que suspecte de l’Union Européenne concernant la tenue d’élections libres et transparentes. Les cas de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Gabon ou de la Palestine (2006) se chargent de le rappeler aux amnésiques : l’ingérence occidentale, surtout française, n’a jamais été du côté du verdict démocratique.

Imbue de suprématie et de paternalisme, cette ingérence préférera toujours « son » candidat (non islamiste, cela va sans dire), à celui qu’une majorité de Tunisiens se sera choisi. A l’instar de leur admirable révolution, la difficile construction de la démocratie tunisienne devra se réaliser sans ceux qui la repoussent depuis près d’un quart de siècle ..

(1) http://www.youtube.com/watch?v=shn0...

(2) Le Monde, 16 et 17 janvier 2011.

(3) Libération, 17 janvier 2011.

(4) Discours de Nicolas Sarkozy du 26 juillet 2007 à Dakar (Sénégal) où, entres autres amabilités négrophobes, le Président français a déclaré : « L’homme africain n’est pas assez rentré dans l’Histoire ».

(5) http://www.youtube.com/watch?v=iJH3...

Olivier Mukuna

Source : afiavi.fr

http://www.michelcollon.info/Sarkozy-l-ennemi-des-espoirs.html



7 Annexe

7-1Guy Marius SAGNA : Vers une nouvelle vague de luttes de libération populaire démocratique.

Texte introductif au débat de la conférence de la Ligue des Panafricanistes Révolutionnaires (LPR) organisé à Dakar au Sénégal le 28 mai 2010.

Vers une nouvelle vague de luttes de libération populaire démocratique

Analysons les défis quotidiens rencontrés par les classes populaires de l’Afrique au 21e siècle et établissons un lien entre l’impérialisme et ces difficultés :

La disparition du camp socialiste a réuni les conditions d’un retour vers un monde unipolaire où les impérialistes arrogants (USA et UE) ont dicté aux peuples et nations opprimés leur lois par le marché et au besoin par la mitraillette.

Pour l’Afrique en général, l’Afrique de l’ouest en particulier, cela a donné naissance à un processus de re-colonisation. Ainsi, par les assassinats ciblés, les coups d’état militaires, constitutionnels et électoraux et maintenant la dévolution monarchiste du pouvoir, l’impérialisme a maintenu des régimes suppôts contre les intérêts des populations africaines. Les rivalités inter-impérialistes pour valoriser le capital expliquent les situations de guerre en RDC, au Soudan, en Somalie, au Tchad, de ni guerre ni paix en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone, au Libéria, en Guinée Conakry et Bissau, au Niger, au Sénégal, etc.

Ces situations de guerres et de violences permanente imposées aux masses populaires africaines sont la continuation de la politique de pillage et d’oppression par d’autres moyens.

Ces politiques semi-coloniales ont pour nom :  Politiques de privatisation/bradage des entreprises nationales et de la terre. Politiques de libéralisation et déprotection des marchés nationaux. Politique de maintien du Franc colonial CFA. Politiques de désengagement des secteurs sociaux de la santé, de l’éducation. Politiques au service des intérêts impérialistes. Politiques imposées à travers le FMI, la Banque mondiale, l’OMC. Politiques appliquées par les Wade, Boni, Compaoré, Eyadema, ATT…

Les conséquences de ces politiques pour les masses ont pour nom : Fermetures d’entreprises et licenciement de travailleurs créant un chômage endémique et massif, dépendance alimentaire, sous nutrition et même parfois famine, système sanitaire et éducatif en lambeaux, précarisation des travailleurs, baisse du pouvoir d’achat et extrême vulnérabilité aux chocs exogènes en sont quelques échantillons.

Voilà ce qui est à l’origine de « la journée sans transport » du 12 avril 2010 en Côte d’Ivoire, de la marche contre le FMI du 12 mars 2010 au Bénin, de la grève de la faim des travailleurs de Huicoma au Mali, de la perte par le paysan sénégalais de 27 franc Cfa par kilogramme d’arachide, etc. Voilà l’origine de la crise des systèmes éducatifs, de l’émigration piroguière, de l’aggravation de la pauvreté, de la misère…

Chaque grève de travailleurs ou d’élèves et étudiants, chaque lutte des populations africaines est une riposte à ces politiques semi coloniales, à ces diktats de l’impérialisme étatsunien et européen.

Pour masquer cette réalité, les impérialistes diffusent parmi les masses des pays impérialistes relayées par les élites bourgeoises apatrides de chez nous des grilles de lecture ethniciste, raciste, intégriste, culturaliste, anti-scientifique.

Ainsi, la situation des masses africaines serait une « punition de dieu », une fatalité. Elle s’expliquerait par « la paresse congénitale de l’homme noir », par le fait qu’il est « maudit », qu’il est « naturellement incapable, incompétent » et, pour paraphraser la célèbre insulte du président Français Sarkozy, par le fait que « l’homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire ».

La gauche révolutionnaire ouvrière, populaire, anti-impérialiste doit promouvoir un programme de rupture avec la domination impérialiste pour une alternative anti-libérale et anti-impérialiste des Etats Africains souverains.

L’actuelle crise systémique du capitalisme qui ne cesse de s’approfondir pose aux peuples Africains cette impérieuse nécessité.      

Quels seraient les objectifs politiques et sociaux de la nouvelle vague de luttes de libération nationale populaire démocratique en Afrique ?

Sur la base de ce qui précède, nous estimons que s’impose aux révolutionnaires panafricanistes africains les objectifs qui suivent :

-le semi colonialisme précarise les travailleurs et une nouvelle vague  de lutte de libération nationale populaire et démocratique en Afrique met donc au devant les victimes ouvriers, paysans, les travailleurs de l’informel, les femmes et les jeunes comme forces sociales fondamentales d’une remise en cause de la baisse dramatique du pouvoir d’achat de manière directe (salaire) ou indirecte (denrées de première nécessité, services publics…).

-l’impérialisme veut maintenir peuples et nations dans des états semi coloniaux dirigés par des bourgeoisies nationales serviles, une nouvelle vague de lutte de libération nationale populaire et démocratique doit s’appuyer sur les classes populaires ouvrières et paysannes qui ont seules intérêt à la souveraineté nationale conséquente tout en saisissant toute opportunité d’alliance tactique avec des secteurs de la bourgeoisie nationale restée patriote.

-l’impérialisme et ses alliés au pouvoir dans nos pays pour atteindre ses objectifs foulent au pied toutes les conquêtes démocratiques durement gagnées dans la période de la première vague des luttes anti-coloniales, les révolutionnaires d’aujourd’hui doivent les défendre jusqu’au bout.

- l’impérialisme, c’est la division et l’unité forcée des nationalités et des peuples Africains contre laquelle nous devons en théorie et en pratique défendre l’enseignement panafricaniste de Tiémokho Garang Kouyaté dans les années 30 : « l’union libre des peuples libres d’Afrique ».

-l’impérialisme, c’est l’agression contre les peuples et nations, les guerres réactionnaires de rapines, la gauche progressiste anti-impérialiste doit en théorie et en pratique mettre en avant le mot d’ordre internationaliste de Lénine : « Prolétaires de tous pays et peuples opprimés, unissez vous ».

Rôle des jeunes panafricanistes anti-impérialistes dans la prise de conscience révolutionnaire et des moyens que ces jeunes peuvent déployer pour être à la tête d’une nouvelle vague de lutte pour la libération africaine :

1- initier et soutenir tout projet d’unification des forces et organisations de gauche anti-impérialiste. Dans cette perspective, leurs organisations doivent montrer l’exemple notamment en se démarquant des stériles querelles de leadership et de chapelles ;

2- participer à l’unité d’action pour l’élaboration d’un programme alternatif à la domination impérialiste anti-libéral fondé sur la souveraineté nationale;

3- lutter pour rendre le mouvement ouvrier et populaire politiquement indépendant des autres classes et familles politiques;

4- réaliser de larges fronts démocratiques par l’unité d’action contre l’impérialisme et ses suppôts locaux ; Ces fronts doivent réagirent dans chaque pays Africains contre les atteintes aux libertés démocratiques, contre les guerres d’agressions de l’OTAN et doivent agir solidairement avec les peuples Cubains et Palestiniens ; 

5- oeuvrer dans les différents pays africains à l’édification d’un solide rassemblement des forces éparpillées de la gauche anti-impérialiste pour, à terme, briser le bipolarisme politique marginalisant notre famille politique ou la confinant à un rôle d’éternel faiseur de roi; Ce regroupement doit s’unir dans la prise en charge des besoins de formations politiques et idéologiques et d’un journal anti-impérialiste au service des classes laborieuses.

Frayons la voie à l’alternative anti-impérialiste en Afrique en profitant du changement en cours du rapport des forces géopolitiques et stratégiques, de la crise de l’impérialisme et de la faillite du libéralisme et du capitalisme mondial, contexte qui n’a jamais été aussi favorable qu’aujourd’hui depuis cinquante ans. Les exemples sud-américains sont là pour nous inspirer. Nos illustres prédécesseurs Lumumba, Moumié, Osendé Afana, Cabral, Sankara, Lamine Arfan Senghor, Tiémokho Garang  Kouyaté et nos valeureux doyens du PAI sont là pour nous montrer la voie.

 

Impérialisme hors de l’Afrique ! Solidarité panafricaine et internationaliste !

Le combat continue !

Guy Marius SAGNA, membre du Secrétariat Politique de Ferñent/MTP-S

Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal

« Union libre des peuples libres d’Afrique. Solidarité internationaliste des travailleurs »

Email : fernentmtps@yahoo.fr

28 mai 2010


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