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10/02/2011

n° 470 - journal de l'Afghanistan - 19-12 au 09-02 – Suite - : Les Afghans souhaitent un départ rapide des Américains.

n° 470 - journal de l'Afghanistan - 19-12 au 09-02 – Suite  -  : Les Afghans souhaitent un départ rapide des Américains.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 470 - du19-12 au 09-02

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes


 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Armée secrète de l'OTAN de 1950 à 1990


4 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Pertes déclarée des occupants.  - Province non précisée

US & Isaf

07/01

Trois soldats des forces d’occupation de l'Otan en Afghanistan (Isaf) ont été tués dans l'explosion de deux bombes, l'une dans le sud, l'autre dans l'est du pays, c’est ce qu’a annoncé l'Isaf.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=169120&language=fr

 

12/01/

Quatre soldats de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf) ont été tués par l'explosion de deux bombes artisanales dans l'est et le sud du pays mercredi, journée la plus meurtrière pour les troupes internationales depuis le début de l'année, a annoncé l'Isaf.  
L'une a tué trois soldats dans l'est de l'Afghanistan, l'incident le plus meurtrier pour la force de l'Otan depuis le 1er janvier. La seconde a fait un mort dans le sud.
C'est la première fois que l'Otan perd quatre soldats dans une même journée depuis le début de l'année 2011.
afp.


20/01

L'OTAN a annoncé aujourd'hui que deux de ses soldats ont été tués dans des attaques par des résistants  .

Un soldat a été tué aujourd'hui dans le nord du pays et un autre hier dans le sud, a précisé l'Alliance atlantique, sans donner leur nationalité.

Plus de 20 hommes de l'OTAN ont été tués depuis le début du mois.

AP

01/02 —

 Un soldat de l'OTAN a été tué lundi par l'explosion d'une bombe artisanale dans l'est de l'Afghanistan,

(AP

05/02

Un soldat britannique a été tué dans une explosion aujourd'hui en Afghanistan, portant à 352 le nombre de militaires britanniques morts en opérations.

AFP


Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

10/1

Une attaque  kamikaze a causé la mort de trois policiers qui circulaient dans leur véhicule, dans le sud de l'Afghanistan,

 (AP)


Détails

Kaboul

12-01

Quatre personnes ont été tuées et au moins huit blessées mercredi dans une attaque kamikaze à la moto piégée visant des membres des services de renseignement dans l'ouest de Kaboul

12.01.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/afghanistan-au-moins-quatre-morts-dans-un-attentat-suicide-a-kaboul-12-01-2011-1223775.php

28/1

Au moins neuf personnes ont été tuées et six autres blessées par l'explosion d'une bombe dans une épicerie fréquentée par des étrangers vendredi à Kaboul, a rapporté la police.

Trois ressortissantes étrangères et un enfant, dont la nationalité n'a pas été déterminée, figurent parmi les morts

(AP)

03/02

Une opération des forces spéciales françaises a permis la capture d’un important chef de la résistance dans la région Nord-Est de Kaboul, où une trentaine de résistants auraient été tués.

AP


Province de Badghis

20/01

L’OTAN a rapporté qu'un soldat italien a été tué par un soldat afghan dans l'ouest de l'Afghanistan.

Ce dernier a pris la fuite. Dans un premier temps, l'Alliance atlantique avait évoqué mardi une attaque  dans le district de Bala Murghab, dans la province de Badghis.

Dans un nouveau communiqué, il est précisé que le soldat italien nettoyait son arme en compagnie d'un de ses compatriotes quand un soldat afghan s'est avancé vers eux, avec fusil M16, et leur a demandé de l'aider à nettoyer son arme. Il a ensuite ouvert sur les deux soldats et pris la fuite.

AP


Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan). 

29/1

Quatre gardes de sécurité ont été tués samedi  lorsque leur véhicule a roulé sur un engin explosif dans la province du Helmand, dans le sud de l'Afghanistan

http://french.cri.cn/621/2011/01/29/402s237395.htm


Province de Kandahar (sud)  

29/1 

Un kamikaze circulant à moto a foncé samedi dans un véhicule à bord duquel se trouvait le vice-gouverneur de la province de Kandahar (sud de l'Afghanistan), tuant le responsable et blessant trois de ses gardes du corps, selon le ministère de l'Intérieur

AP


Spin Boldak, (près du Pakistan) 

07/01

 Un kamikaze s'est fait exploser vendredi dans un bain public de la ville de Spin Boldak, dans le sud de l'Afghanistan, faisant 17 morts, dont l'officier de police qu'il visait, et au moins 21 blessés, c’est ce qu’ont indiqué les autorités locales.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=169101&language=fr

12/1

Un kamikaze à bord d'une voiture piégée a causé la mort de trois policiers qui circulaient dans leur véhicule, dans le sud de l'Afghanistan, ont annoncé lundi les autorités locales.

Il s'agit de la deuxième attaque kamikaze ces quatre derniers jours dans la zone de Spin Boldak, ville située près de la frontière pakistanaise, dans la province de Kandahar.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110110.FAP3418/afghanistan-trois-policiers-tues-dans-un-attentat-suicide.html


Enlèvement

31/01

Un groupe local de la résistance a enlevé il y a environ huit jours 21 chefs tribaux de la province de Kunar (est de l'Afghanistan), dont il accuse des proches de collaborer avec le gouvernement de Kaboul et la coalition, a annoncé un responsable local. "Les personnes enlevées avaient initialement été convoquées par les résistants pour une choura (assemblée traditionnelle) dans une mosquée d'un village" du district de Mrawar. "A l'issue de la discussion, les résistans les ont tous emmenés avec eux dans un endroit inconnu",

AFP  



4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 : "Force combinée 82 "

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux


Civils tués                                                               16046 (Voir Dufour-n°196)

Civils blessés                                                     : ? +  3096 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  5.307

Résistant blessés                                               : ?  +  1.863 (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                               23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués  :  3220 + X

Militaires et milice privés occupante blessés           : ? + 4.074


Suicides                                                                : 1421 + ?   (voir article)

300.000  souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure (Afghanistan & Irak) 


 CIA tués :                                                         :       11


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 6.485

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 7013 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :  1.905

Collabo   blessés                                               :?   331 (chiffre bien  trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ?  +25 


 

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux.



Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.


                                      The War in Afghanistan Costs  

relève le 09.02 à 10.03


Cost of U.S. War and Occupation of Afghanistan

                                                          

                                                       $222,714,396,240

 

24.07http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Armée secrète de l'OTAN de 1950 à 1990

RTBF mercredi 2 fevrier émission 55 min sur armée secrète de l'OTAN de 1950 à 1990
http://www.rtbf.be/tv/revoir/detail_les-armees-secretes-de-l-otan?uid=59381221668&idshedule=3708d91822f2eccfef97d93f58126488&catchupId=10-TCQAD845-000-PR-1&serieId=


John Pilger : Droits et devoirs des journalistes. Pourquoi les guerres ne sont-elles pas rapportées honnêtement ?

John Pilger est cette figure du journalisme d’investigation anglo-saxon, activiste anti-guerre et défenseur des droits humains, qui s’était exprimé le 23 octobre 2010 à Londres sur le probable "laisser-faire" (ce qui s’appelle la théorie LIHOP, pour Let It Happen On Purpose) de l’administration Bush lors des attentats du 11-Septembre. Cette prise de position était passée totalement inaperçue en France. Dans cet article publié dans le journal britannique The Guardian, M. Pilger revient à la charge contre le journalisme "de complaisance", celui qui  ne remplit pas son rôle  d’information du public et se limite à relayer les informations venant des autorités plutôt que de rapporter la réalité du terrain. Il part de l’exemple de l’Irak et du journalisme de guerre qui y a eu cours, et étend son analyse au journalisme "au service des lobbies" et des gouvernants, injustifiable à ses yeux.

Pour illustrer ses propos, nous avons choisi de les associer à ceux tenus par Ray McGovern, auteur avec d’autres ex-agents de la CIA d’une lettre de soutien au fondateur de Wikileaks, Julian Assange. Lui aussi, lors d’une interview par un journaliste de CNN (!) fustige ces journalistes transformés en porte-parole des gouvernants, qui de surcroit se permettent de qualifier Assange de "terroriste".

 

Pourquoi les guerres ne sont-elles pas rapportées honnêtement?

Le public doit connaître la vérité sur les guerres.

Alors pourquoi les journalistes s’associent-ils avec les gouvernements pour nous mystifier ?

Dans le manuel de l’armée US  portant sur la contre-insurrection, le Général américain commandant [les Forces de l’OTAN en Afghanistan] David Petraeus décrit la guerre en Afghanistan comme une « guerre de perception… conduite en utilisant en permanence les médias d’information. » Ce qui importe réellement n’est pas vraiment la bataille au jour le jour contre les Résistants, mais la façon dont cette aventure est vendue aux États-Unis où « les médias influencent directement l’attitude de pans entiers de l’audience ». En lisant cela, je me suis souvenu du Général vénézuélien qui dirigea un coup d’État contre le gouvernement démocratique de 2002. « Nous avions une arme secrète », se vanta-t-il. « Nous avions les médias, en particulier la télévision. Il faut avoir les médias. »

Jamais les officiels n’ont dépensé autant d’énergie pour s’assurer que les journalistes soient bien de connivence avec les rapaces faiseurs de guerres, un phénomène dorénavant perpétuel selon le Général grand ami des médias. En se faisant l’écho des chefs de guerre les plus prolixes, comme Dick Cheney, l’ancien vice-président américain, chantre du « waterboarding » [Ndt : torture par simulation de noyade],  et qui présagea « 50 ans de guerre », ils contribuent à une situation de conflit permanent qui dépend grandement de la mise à l’écart d’un ennemi dont ils n’osent dire le nom : le public.

Au centre de guerre psychologique du Ministère de la Défense à Chicksands, dans le Bedfordshire, les chargés de formation pour journalistes  se démènent à la tâche, plongés dans un jargon fait de « domination informationnelle », « menace asymétrique » ou « cyber-menace ». Ils partagent leurs locaux avec le personnel enseignant les méthodes d’interrogatoires qui ont conduit à une enquête publique concernant la pratique de la torture par les militaires britanniques en Irak. La désinformation et la barbarie des guerres coloniales ont beaucoup de choses en commun.

Bien entendu, seul le jargon est nouveau. Dans la scène d’ouverture de mon film, The War You Don’t See, il y a une référence à une conversation privée pré-Wikileaks datant de décembre 1917 entre David Lloyd George, premier ministre britannique durant une grande partie de la Première Guerre mondiale, et CP Scott, éditeur du Manchester Guardian. « Si les gens connaissaient vraiment la vérité, dit le premier ministre, la guerre serait stoppée demain. Mais bien entendu, ils ne savent pas, et ne peuvent pas savoir. »

A la suite de la « der des ders », Edward Bernays, un confident du président Woodrow Wilson, inventa le terme de « Relations Publiques » comme euphémisme pour [désigner la] propagande « qui était devenu un terme péjoratif en raison de la guerre. » Dans son livre Propaganda (1928), Bernays décrit les RP comme « un gouvernement invisible qui constitue le vrai pouvoir dirigeant de notre pays » et ce grâce à « l’intelligente manipulation des masses ». Ceci fut mis en place par la création de « fausses réalités », relayées ensuite par les médias. (Un des premiers succès de Bernays fut de parvenir à persuader les femmes de fumer en public. En associant l’acte de fumer et la « libération » de la femme, il fit les gros titres faisant l’éloge des cigarettes  décrites comme « des torches de la liberté »).

J’ai commencé à comprendre ceci alors que j’étais jeune journaliste pendant la guerre américaine au Vietnam. Durant ma première affectation, j’ai vu le résultat du bombardement de deux villages et l’usage du Napalm B qui continue de brûler sous la peau ; beaucoup de victimes étaient des enfants; les arbres étaient ornés de morceaux de corps humains. Les regrets du type « ces tragédies sont inhérentes à la guerre » n’expliquent pas pourquoi virtuellement toute la population du sud Vietnam était mise en danger par des Forces se déclarant « alliées », c’est-à-dire les États-Unis.  Des termes de RP comme « pacification » et « dommages collatéraux » sont devenus monnaie courante. Presque aucun journaliste n’utilise le mot « invasion ». [Les expressions] « intervention », et plus tard « bourbier » sont devenues parties intégrantes du vocabulaire utilisé par les journalistes, qui percevaient la mort de civils comme des erreurs tragiques et ne remettaient que rarement en cause les bonnes intentions de l’envahisseur.

A Saïgon, sur les murs des bureaux des organisations de presse américaines étaient souvent affichées des photographies horribles qui n’étaient jamais publiées et rarement relayées, car on disait qu’elles donneraient un côté « sensationnaliste » à la guerre en mettant en colère les lecteurs et les spectateurs, et qu’elles n’étaient donc pas « objectives ». Le massacre de My Lai en 1968 ne fut rapporté que par un journaliste indépendant, Seymour Hersh, alors que de nombreux journalistes étaient au courant (ainsi que de bien d’autres atrocités). La couverture de Newsweek titrait « Une tragédie américaine », insinuant que les envahisseurs étaient les victimes: un thème déculpabilisant qui fut repris par Hollywood dans des films comme « Voyage au Bout de l’Enfer » ou Platoon. La guerre était imparfaite et tragique, mais la cause était essentiellement noble. De plus, elle fut « perdue » en raison de l’irresponsabilité de médias hostiles et non censurés.

Bien qu’à l’opposé de la vérité, ces fausses réalités sont devenues les « leçons » apprises par les faiseurs de guerres d’aujourd’hui et par la majorité des médias.  À la suite du Vietnam, les journalistes « embarqués » (embedded reporters) sont devenus des pièces centrales des politiques de guerre, et ce, des deux côtés de l’Atlantique. A quelques honorables exceptions près, cela a fonctionné, en particulier aux USA. En mars 2003, près de 700 journalistes embarqués ainsi que des équipes de cameramen ont accompagné les forces d’invasion en Irak. A voir leurs reportages enthousiastes, on aurait pu s’imaginer que l’Europe était de nouveau libérée. Les Irakiens sont juste de fugaces et lointains seconds rôles; mais John Wayne est de retour.

 

Une statue de Saddam renversée à Bagdad le 9 avril 2003. Photographe: Jerome Delay/AP

L’apothéose fut l’entrée victorieuse à Bagdad, et les images de la télévision montrant la foule acclamant la chute d’une statue de Saddam Hussein. Derrière cette façade, une équipe d’opération psychologique américaine a réussi à manipuler ce qu’un rapport de l’armée US, méconnu, décrit comme un « cirque médiatique avec presque autant de journalistes que d’Irakiens ». Rageh Omaar, qui était présent pour la BBC, rapporta cette information : « les gens sont sortis en souhaitant la bienvenue [aux Américains], et en faisant le V de la Victoire. Ce genre de scène a lieu partout dans la capitale irakienne ». En fait, dans la majeure partie de l’Irak, la conquête et la destruction sanglante d’une société tout entière avaient bien lieu, mais furent largement ignorées.

Dans « The War You Don’t See », Omar parle avec une franchise admirable : « je n’ai pas vraiment fait mon travail correctement, dit-il. Je fais mon mea culpa et dois avouer que nous n’avons pas suffisamment appuyé là où cela faisait mal ». Il décrit la façon dont la propagande militaire britannique a manipulé avec succès la couverture médiatique de la chute de Basra, chute qui fut annoncée ‘17 fois’ par BBC News 24. « Cette couverture, dit-il, fut une chambre d’écho géante. »

La souffrance intense des Irakiens lors de l’assaut n’avait que peu de place dans les journaux. Andrew Marr, alors éditorialiste politique à la BBC, se trouvait près du 10 Downing Street la nuit de l’invasion, et déclara : « [Tony Blair] a dit que nous serions capables de prendre Bagdad sans bain de sang, et qu’à la fin, les Irakiens célèbreraient l’événement, et sur ces deux points, il s’est avéré qu’il avait parfaitement raison… ». J’ai demandé une interview à Marr, mais n’ai reçu aucune réponse.  D’après des études réalisées par l’Université de Galles de Cardiff et par Media Tenor, il apparait que la couverture de la guerre par la BBC reflétait presque exclusivement la ligne du gouvernement, et que les reportages témoignant de la souffrance des civils étaient relégués au second plan. Media Tenor place la BBC et la chaine américaine CBS tout en bas d’un classement concernant le temps alloué aux opposants à l’invasion parmi les télévisions occidentales. « Je suis tout à fait ouvert sur le fait que l’on nous accuse d’avoir été mystifiés » déclarait Jeremy Paxman l’année dernière, parlant à un groupe d’étudiants au sujet de la non-existence des armes de destruction massive irakiennes. « Nous l’avons clairement été [mystifiés] ». En tant que personnalité médiatique grassement rémunérée, il oublie cependant de préciser pourquoi il fut mystifié.

Dan Rather, qui fut le présentateur du journal de CBS pendant 24 ans, fut moins réticent. « La peur était présente dans chaque salle de rédaction américaine, m’avoua-t-il, la peur de perdre son travail… la peur de se voir cataloguer comme non-patriote ou autre ». Rather explique que la guerre les a « transformés en sténographe » et que si les journalistes avaient enquêté sur les mensonges qui ont amené à la guerre en Irak, au lieu de les amplifier, l’invasion n’aurait pas eu lieu. C’est une opinion partagée par nombre de grands journalistes américains que j’ai interviewés.

En Grande-Bretagne, David Rose, dont l’article paru dans The Observer joua un rôle majeur dans l’établissement d’un lien, en vérité inexistant, entre Saddam Hussein, al-Qaïda et le 11-Septembre, m’a accordé une interview courageuse dans laquelle il dit : « C’est inexcusable… Ce qui s’est produit [en Irak] est un crime, un crime d’une très grande ampleur… »

« Est-ce que cela fait des journalistes des complices ? » lui ai-je alors demandé.

« Oui…involontairement peut-être, mais oui ».

Quelle est la valeur d’un tel témoignage de journaliste? La réponse est fournie par le grand journaliste James Cameron, dont le documentaire courageux et révélateur, réalisé avec Malcom Aid au sujet des bombardements de civils au nord Vietnam fut interdit par la BBC. « Si nous, qui sommes censés trouver ce que manigancent ces salauds (sic), ne rapportons pas ce que nous trouvons, si nous ne prenons pas la parole, alors qui va stopper cette entreprise sanglante qui frappe à nouveau ?»

Cameron ne pouvait pas imaginer un phénomène moderne comme celui de Wikileaks, mais il l’aurait sûrement approuvé. Derrière l’avalanche actuelle de documents officiels, en particulier ceux décrivant les machinations secrètes ayant conduit à la guerre – comme l’obsession américaine envers l’Iran –, l’échec du journalisme est rarement souligné. Et peut-être que la raison pour laquelle Julian Assange semble provoquer tellement d’hostilité parmi les journalistes au service de différents « lobbies », ceux que le porte-parole de George Bush a qualifiés une fois de « facilitateurs complices », est que Wikileaks et ses révélations les remplissent de honte. Pourquoi le public a-t-il dû attendre Wikileaks pour savoir comment les grandes puissances agissent vraiment ? Comme le montre la fuite (leaked) d’un document de 2000 pages du Ministère de la Défense, les journalistes les plus compétents ne sont pas qualifiés d’« embarqués » ou d’ « embrigadables » par le pouvoir, mais de « menace ». C’est en fait la menace de la vraie démocratie, dont la « monnaie est », selon Thomas Jefferson, « la libre circulation de l’information ».

Dans mon film, je demande à Assange de quelle manière il opère vis-à-vis des lois draconiennes concernant le secret pour lesquelles la Grande-Bretagne est célèbre. « En fait, dit-il, lorsque l’on regarde les documents du Official Secrets Act, il est écrit que c’est une offense de ne pas diffuser une information, et que c’est aussi une offense de détruire une information, la seule issue possible est donc pour nous de publier l’information ». C’est une époque formidable.

John Pilger (www.johnpilger.com)

 The Guardian, 10 décembre 2010

The Guardian,

Traduction Anthony Spaggiari pour ReOpenNews

by GeantVert 

05 janvier, 2011

http://www.reopen911.info/News/2011/01/05/john-pilger-droits-et-devoirs-des-journalistes-pourquoi-les-guerres-ne-sont-elles-pas-rapportees-honnetement/


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