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12/02/2011

n° 154 - Journal du Liban - 15-01 - 12-02 -Début - Des menaces pèsent sur le Liban.

n° 154 - Journal du Liban  - 15-01 - 12-02  -Début  - Des menaces pèsent sur le Liban.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal du Liban

                   n° 154                          16-01 au 12-02

         C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal du Liban" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Luc Torreele : Les Etats-Unis et le Liban.

Bernard Mikael : Ça suffit,

Abdel Bari Atwan : Le Liban au bord de la guerre.

Suite

1 Lutte pour la libération du territoire

 2 Politique

a) Politique Libanaise

3 Politique internationale

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Opinion: Hariri: un document audio révèle la fabrication des faux témoignages.

4-2 La NTV divulgue 2 enregistrements sonores de Hariri, ce dernier s’excuse.

4-3 Hollywood et les arabes.

5 Les brèves

5-1 Liban : les partisans d'Hariri manifestent contre un "coup d'Etat" du Hezbollah.

Fin

6 Dossier

6-1 Robert Bibeau : « Rififi à  Beyrouth ». 

7 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

7-1 Des menaces pèsent sur le Liban : A cause de l’immixtion étasunienne.

7-2 Canaille le rouge : La lutte pour la paix: déclaration de Partis communistes et ouvriers.

7-3 Message du PCL aux partis communistes et de gauche dans le monde.

7-4 Soraya Hélou : A la recherche du temps perdu...

7-5 Nasrallah: Bellemare menace al-Jadid et ignore les fuites des médias occidentaux.

7-6 Communiqué de la Rencontre des partis de la gauche libanaise.

 



Tiré à part :

Luc Torreele : Les Etats-Unis et le Liban.

Le Liban est à nouveau sans gouvernement. Selon la presse occidentale, le Hezbollah exerce un chantage pour ne pas avoir à répondre de sa culpabilité dans l’assassinat de Rafik el-Hariri.

En réalité, observe Thierry Meyssan, l’opposition libanaise (qui représente la majorité populaire mais est minoritaire à l’Assemblée) vient de faire échec à la machine infernale mise en place par Washington en vue de provoquer une confrontation générale au Proche-Orient.

La Commission d’enquête onusienne et le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) ont déjà falsifié une expertise, recruté et protégé de faux témoins, puis incarcéré arbitrairement des innocents durant quatre ans. Ignorant les preuves matérielles collectées sur la scène du crime et les enregistrements des drones israéliens, le TSL refuse de mettre en cause Israël, l’Allemagne et les USA et s’apprête à mettre en accusation des responsables militaires du Hezbollah afin d’ouvrir la voie à une nouvelle guerre US.
Alors que le Premier ministre libanais Saad al-Hariri était reçu à la Maison-Blanche par le président des Etats-Unis Barack Obama, mercredi 12 janvier 2011, 11 ministres libanais ont donné leur démission et fait chuter leur gouvernement. Plus qu’à M. Hariri, ce camouflet était ostensiblement destiné à M. Obama.

Le remodelage du Moyen-Orient élargi

Pour comprendre ce qui se passe, il convient d’abord de resituer ce coup de théâtre dans le contexte général de la résistance proche-orientale au projet états-unien de remodelage de la région.

Lorsque, le 11-Septembre 2001, les Etats-Unis ont attribué les attentats dont ils faisaient l’objet à un groupuscule islamiste terré dans une grotte afghane, ils ont déclaré la « guerre des civilisations ». Contrairement à ce que préconisaient des stratèges comme Zbignew Brzezinski (favorable à une instrumentation des musulmans contre la Russie et la Chine) et certaines firmes pétrolières (favorables à un investissement militaire massif en Afrique et dans les Caraïbes pour contrôler les champs pétroliers du XXIe siècle), les Straussiens ont imposé le monde musulman comme cible. En effet, de leur point de vue, la seule « menace révolutionnaire » capable de se propager dans le monde et de porter atteinte à l’impérialisme global est une résurgence de la révolution khomeiniste.

Washington a donc décidé de prendre l’Iran en tenaille en positionnant ses troupes en Afghanistan et en Irak. Puis, de détruire les alliés militaires de Téhéran : la Syrie et le Hezbollah libanais. Enfin, de raser l’Iran et ses 70 millions d’habitants. Toute résistance ayant été anéantie, les Etats de la région auraient été démantelés et redessinés sur une base ethnique, tandis que la Pax Americana aurait triomphé.

Cependant ce plan grandiose, à peine initié, a échoué. La plus grande armée du monde a été incapable de contrôler l’Afghanistan et l’Irak occupés. Puis, l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik al-Hariri et la révolution colorée du Cèdre ne sont pas parvenus à provoquer la guerre avec la Syrie, Damas ayant immédiatement retiré ses forces de maintien de la paix stationnées au Liban depuis la fin de la guerre civile.

Washington a alors sous-traité le problème à Tel-Aviv. A l’été 2006, Israël a attaqué le Liban, rasé tout le Sud du pays sous un tapis de bombes tel qu’on n’en avait pas vu depuis la guerre du Vietnam, mais a échoué à détruire le Hezbollah et à engager le combat avec la Syrie. Contre toute attente, c’est l’inverse qui s’est produit : le Hezbollah a tenu en échec l’armée la plus sophistiquée du monde et la Syrie n’a pas eu à entrer en lice.

Mettant en oeuvre leur Plan B, les Etats-Unis ont eu recours à la prétendue Justice internationale.

Le rôle du TSL dans la stratégie US

La Commission internationale d’enquête sur l’assassinat de Rafik al-Hariri a reçu pour mission de mettre en accusation le président syrien Bachar el-Assad, ouvrant ainsi la voie à la guerre que le Pentagone aurait entreprise pour l’amener par la force devant la Justice internationale.

La Commission d’enquête était dirigée par deux agents sûrs, les Allemands Detlev Mehlis et Gerhard Lehman. Ils sont parvenus à occulter le rôle de leur pays dans l’assassinat, mais ont échoué à inculper le président el-Assad, les services secrets syriens ayant démasqué les faux témoins fabriqués par l’ONU.

Passant au Plan C, Washington a abandonné l’idée de détruire la Syrie préalablement à l’Iran et a recentré son dispositif sur le cœur du système. Il a mis en place un Tribunal spécial pour le Liban, cette fois chargé de mettre en accusation le commandant de la Force Al-Quod (unité des Gardiens iraniens de la Révolution qui forme les combattants anti-impérialistes au Liban, en Palestine et ailleurs), le général Kassem Soleimani, et le guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei. Cette accusation judiciaire devait être coordonnée avec l’accusation politique de l’AIEA de fabrication secrète d’une bombe atomique.

La présidence de ce Tribunal très spécial a été confiée à l’Italien Antonio Cassese, jusque là conseiller juridique des Moujahidines du Peuple, un groupe armé qui revendique plusieurs milliers d’assassinats politiques en Iran pour le compte des Etats-Unis.

Le juge Antonio Cassese (3ème en partant de la gauche) est passé directement de sa fonction de conseiller juridique des Moujahidines du Peuple à celle de président du TSL (ici photographié en compagnie de Maryam Rajavi lors d’une conférence au Parlement européen pour la légalisation du groupe armé anti-khomeiniste).


La tactique du Tribunal très spécial et de son procureur général était de mettre en accusation l’ancien chef militaire du Hezbollah, Iman Mugniyeh (assassiné par le Mossad) et sa famille, puis de mettre en cause leurs supérieurs hiérarchiques, non pas au sein du Hezbollah, mais au sein de leur dispositif de formation militaire : le général Soleimani et le guide suprême Khamenei. Le Pentagone et Tsahal auraient alors attaqué un Iran affaibli par des sanctions internationales, prétendument pour amener les suspects devant la soi-disant Justice onusienne.

Pour une raison purement technique, l’acte d’accusation devait être publié avant la fin de l’exercice budgétaire 2010 du Tribunal (en réalité avant la fin janvier 2011). Une conférence de presse était prévue au siège du Tribunal à La Haye samedi 15 janvier. C’est ce calendrier qui a précipité la crise.

Réactions au TSL

Pour éviter la guerre programmée, la Syrie, l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Iran ont décidé de mettre leurs différents en sourdine et de joindre leurs efforts pour faire entendre raison à Washington. Il s’agissait de convaincre l’administration Obama d’abandonner un plan conçu par sa faction la plus extrémiste et de lui offrir une issue honorable.

Dans ce but, le président Bachar el-Assad, le roi Abdalllah ben Abdelaziz Al Saoud, l’émir Hamad ibn-Khalifa al-Thani et le président Mahmoud Ahmadinejad se sont succédés à Beyrouth. Chacun d’entre eux a enjoint les partis et communautés sur lesquels il exerce une influence d’asphyxier le Tribunal spécial en ne renouvelant pas son budget et en retirant ses juges libanais. Le TSL n’aurait pas été dissous. Il aurait survécu sur le papier, mais serait tombé dans une profonde léthargie.

Las ! L’administration Obama a refusé la porte de sortie qui lui était offerte. N’ayant à vrai dire aucun plan de rechange à substituer à celui des Straussiens, le président états-unien a envoyé sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, informer les capitales concernées que le TSL irait jusqu’au bout de sa mission. Toutefois, a-t-elle laissé entendre, l’administration Obama se contentera dans un premier temps d’isoler Téhéran et ses alliés et n’envisage pas d’attaquer l’Iran à brève échéance. Chacun est donc prié d’appliquer les sanctions onusiennes et de se préparer à les renforcer.

La crise

A ce stade, on se frottait les mains à Washington, car le camp de la paix était bloqué dans une impasse. Après que le Spiegel et la télévision canadienne aient annoncé l’imminente inculpation de la famille d’Imad Mugniyeh, toute action politique du Hezbollah et de ses alliés contre le TSL serait présentée comme un aveu de culpabilité. Pour retrouver sa marge de manœuvre, sayyed Hassan Nasrallah décidait de publier des images filmées par des drones israéliens, interceptées par son organisation. Elles attestent qu’Israël a préparé l’attentat contre Rafik al-Hariri. Cependant ces révélations furent insuffisantes pour blanchir le Hezbollah car elles ne permettent pas d’établir si c’est bien l’Etat hébreu qui a réalisé ou non l’opération.

La publication par Odnako, l’hebdomadaire des élites politiques russes, de notre enquête a modifié la donne. L’arme nouvelle utilisée pour ce meurtre ayant été fabriquée par l’Allemagne, ni le Hezbollah, ni l’Iran ne peuvent encore être soupçonnés. Du coup, aux yeux de l’opinion publique proche-orientale les choses s’inversent : le Hezbollah ne peut plus être accusé de lutter contre le TSL pour fuir ses responsabilités.

Convaincu par nos arguments et soutenu par le roi Abdallah Ier, le Premier ministre Saad Hariri était prêt à négocier une solution en faveur de la paix. Toutefois, l’hospitalisation du roi aux Etats-Unis affaiblissait son autorité. Son demi-frère et successeur désigné, le prince Sultan, et son neveu, le prince Bandar, apparaissaient en capacité d’exercer rapidement le pouvoir et d’imposer leur ligne pro-états-unienne. Saad Hariri choisissait alors de prendre ses distances avec le monarque saoudien et de s’aligner sur la position états-unienne.

Mardi 11 janvier à New York, le roi Abdallah renonçait à la médiation qu’il avait entreprise avec son homologue syrien. Immédiatement, la coalition du 8-Mars sommait Saad Hariri de clarifier d’urgence la situation : elle l’enjoignait de retirer les juges libanais, de refuser de continuer à financer le TSL et à collaborer avec lui, enfin de poursuivre les faux témoins devant la Justice libanaise. Dans la plus grande discrétion, les services de sécurité de l’Etat (dépendant du Président de la République, le général Michel Sleimane) étaient réorganisés. Face à l’absence de réponse de Saad Hariri, les actions de ses sociétés perdaient en quelques heures 9 % en Bourse.

Mercredi 12 janvier à Beyrouth, les 10 ministres de la coalition du 8-Mars (dont seulement 2 sont membres du Hezbollah) démissionnaient pendant la rencontre Hariri-Obama à Washington, suivis d’un onzième ministre (proche du président Sleimane). Le quorum n’étant plus réuni, le gouvernement était dissous.
Réunis à Rabieh, résidence du général Michel Aoun, les 10 ministres de la coalition du 8-Mars (incluant 2 ministres du Hezbollah) annoncent leur démission.
Y a t-il un Plan D ?

En toute logique, le Tribunal spécial devrait publier sous peu, peut-être samedi, son acte d’accusation. Mais, il ne devrait plus avoir de budget à la fin du mois et devrait donc, soit devenir bénévole, soit cesser ses travaux.

En Occident, où la censure est totale sur les arguments de l’opposition, l’opinion publique devrait croire à la culpabilité du Hezbollah et à la volonté états-unienne de servir la Justice. Mais au Proche-Orient, plus personne n’est dupe : les Etats-Unis et Israël manipulent le TSL, ils masquent la vérité et instrumentent le Tribunal pour justifier une guerre générale dans la région. Ayant perdu sa légitimité, Washington ne peut espérer aucun soutien au Proche-Orient, hormis de ses vassaux stipendiés. Il faut donc passer au Plan D, Mais y en a t-il un ?

 « Majorité » et « minorité » au Liban

Les élections législatives de 2005 ont donné une large victoire à la coalition du 14-Mars, réunie autour de la famille Hariri (soutenue par les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et la France). Celle-ci a été depuis lors qualifiée de « majorité ». Cependant, rapidement, elle a perdu l’une de ses deux principales composantes, le Courant patriotique libre (CPL) fondé par le général chrétien Michel Aoun.

A contrario, la coalition du 8-Mars a été qualifiée en 2005 de « minorité », mais n’a cessé de s’étoffer depuis. Réunie autour du Hezbollah, elle est soutenue par la Syrie, l’Iran et le Qatar.

Les élections législatives de 2009 ont donné lieu à une vaste fraude : en violation du Code électoral des dizaines de milliers de Libanais de la diaspora se sont vu accorder des cartes d’électeurs. Un pont aérien a été mis en place par la coalition du 14-Mars pour les transporter gratuitement au Liban, obligeant à une réorganisation complète de l’aéroport de Beyrouth. Cette manipulation a profondément modifié un scrutin réunissant au total 1,4 million d’électeurs seulement. Malgré tout, la coalition du 14-Mars (la « majorité ») n’a obtenu que 44,5 % des suffrages exprimés, tandis que celle du 8-Mars (la « minorité ») obtenait 55,5 % des voix. Cependant, grâce à un découpage électoral violemment inéquitable, la coalition du 14-Mars a conservé la majorité à l’Assemblée avec 72 sièges, tandis que la majorité populaire restait minoritaire à l’Assemblée avec 56 sièges.

La majorité parlementaire a élu le leader de la coalition du 14-Mars, Saad Hariri, comme Premier ministre. Il est parvenu à composer un gouvernement d’union nationale comprenant 15 ministres du 14-Mars, 10 ministres du 8-Mars et 5 ministres neutres (des techniciens proposés par le président de la République). C’est ce gouvernement qui vient de chuter.

Le Parti Socialiste Progressiste (PSP) du leader druze Walid Jumblatt a pris ses distances avec la coalition du 14-Mars. Dans le cas où ses députés joindraient leurs votes à ceux de la coalition du 8-Mars, la majorité populaire deviendrait alors aussi la majorité parlementaire.

Selon l’accord national, la fonction de président de la République revient à un chrétien maronite, celle de Premier ministre à un musulman sunnite et celle de président de l’Assemblée à un musulman chiite.  

Luc Torreele

http://polymedia.skynetblogs.be/archive/2011/01/22/les-etats-unis-et-le-liban.html

 

Bernard Mikael : Ça suffit,

Et… c’est reparti. Le président Sarkozy annule la réunion du groupe de travail pour le Liban, l’émir Qatari rencontre le président Sarkozy pour discuter de la situation libanaise, Hillary Clinton s’inquiète pour la « main mise » du Hezbollah au pouvoir, et (sans rire) veut couper les aides américaines du Liban (vous allez mourir de faim les libanais), Joe Bayden, vice président américain, fait pression sur les députés pour nommer Hariri au pouvoir…
Mais, dans quelle langue faut-il vous le dire, ENOUGH, ÇA SUFFIT, خَلَصْ. On est prêt à vous le dire dans toutes les langues du monde, autant de langues qu’il y a d’émissaires qui viennent nous « aider ». ça suffit, khallas, laisser nous tranquille.
On a assez avec vos navettes diplomatiques.
On a assez de vos conseils,
On a assez de vos émissaires,
On a marre de vos initiatives,
Ral le bol de vous voir tous les jours sur toutes les chaînes de télé.
On ne veut plus de votre aide, pays amis comme pays frères. Occidentaux comme orientaux.
Initiative après initiative, accord après accord, depuis que les « grandes puissances » existent, le Liban baigne dans vos conseils, étouffé par vos conseillés, déchiqueté par vos armes.
Depuis que les pays arabes existent, on reçoit vos présidents, vos émirs et vos vizirs, pour « aider le petit frère » à s’en sortir, en envoyant votre argent noir pour monter les uns contre les autres.
Nous n’avons pas besoin de vous, occupez vous de vos affaires, il y a beaucoup à faire chez vous. Que chacun balaye devant sa porte.
Il ne manquait que les leçons des égyptiens sur la démocratie, ça c’est la meilleure… Alors que le président égyptien est au pouvoir depuis plus de 30 ans, alors que les égyptiens vivent dans la pauvreté, alors que le pouvoir est entre les mains d’une mafia, alors que 10 millions de chrétiens vivent en tant que citoyens de deuxième degré, alors que depuis 30 ans l’état d’urgence est décrété, alors qu’un peuple de 80 millions n’a le droit de manifester qu’en faveur du pouvoir. Ce matin, tout le réseau de télécoms égyptien était coupé pour empêcher les manifestations de se former !!! Et il a le culot ce ministre égyptien étranger aux affaires de proposer des initiatives de sortie de crise et de nous apprendre à vivre ensemble chrétiens et musulmans, sunnites et chiites. Mais appliquez les chez vous d'abord vos conseils, vous seriez sortis de la misère depuis longtemps, vous auriez permis aux coptes d'accéder aux postes de responsabilité, vous auriez construit un semblant de démocratie depuis un moment, vous auriez changé de président depuis deux décennies.
Sinon il y a au choix tous les golfiens. Ceux là aussi viennent nous voir 3 fois par jour, matin midi et soir, après le repas, tout comme l’antibiotique. Ils pensent soigner notre démocratie en difficulté. Au nom du ciel, vous, rois émirs et vizirs, c’était quand la dernière fois que vous avez organisé des élections libres dans vos pays respectifs. Ah oui pardon, élections veut dire : demander au peuple de choisir ses représentants par vote à bulletin secret et "libres" veut dire : choisir et agir sans aucune pression ou contrainte dans le cadre de la loi. A propos des élections, les femmes peuvent exercer ce droit chez vous ? Ah oui, excusez-moi encore une fois, « droit » veut dire : Ce qui est conforme à la loi, ce qui a rapport à la loi. Et « loi » veut dire : Prescription émanant de l'autorité souveraine, donc du peuple. Ha ha, et la boucle est bouclée, et vous êtes hors circuit. Dites, La prochaine fois on organise des élections chez nous, gardez les vos milliards de dollars ou donnez les à votre peuple qui baigne dans la pauvreté, ou mieux encore, construisez des écoles, ça réduit le taux d'illétrisme le plus élevé au monde. Mais franchement, vous vous croyez vraiment en mesure de donner des leçons sur le respect de la diversité, la démocratie, le droit, la loi, le choix, la foi…
Que dire des occidentaux. Le pragmatisme, les intérêts, le droit de l’homme. Toutes les contradictions, entre ce qui est écrit dans vos constituions, ce que vous dites, et ce que vous faites... Les contradictions. Depuis le 17ème siècle vous nous gavez avec votre moralité. C’est facile, vous regardez le monde entier à travers votre prisme à vous. Vous nous imposez votre vision à vous, comme une vérité, comme une loi, et celui qui ne la suit pas, beh, il est hors la loi, votre loi. Vous critiquez notre démocratie consensuelle et vous nous donnez des conseils pour la faire évoluer. Mais, avez-vous essayé de vivre avec 18 communautés, avez-vous essayé de trouver un dénominateur commun à 18 cultures, à 18 communautés. Nous oui, on l’a fait. Vous avez à peine 10% de non-chrétiens dans vos pays respectifs, et votre équilibre est ébranlé, et vous ne savez pas comment le rétablir. Après 40 ans de cohabitation avec quelques nouvelles communautés, vous ne comprenez toujours pas qu’il y a des religions qui ne mangent pas de porc, qui portent un voile, qui prient 5 fois par jour, qui n’aiment pas le vin…
Figurez-vous que nous vivons ensemble depuis 15 siècles, et que les conflits étaient toujours l’exception, pire encore, des conflits qui coïncidaient avec la présence de vos émissaires.
La prochaine fois vous nous envoyez un émissaire, qu’il vienne avec un cahier de note vierge pour vous apprendre ce que c’est la tolérance, ce que c’est accepter l’autre, ce que c’est vivre la difference.
Quant à vous les cow boys de l’occident occidental. Gardez les vos émissaires, ou dois-je les appeler corbeaux. Liban, Irak, Afghanistan, Egypte, Tunisie, Palestine… là où vos corbeaux passent, c’est le conflit garanti, les émeutes, la crise. Prenez 5 minutes pour méditer, réfléchir, et me dire, très honnêtement si vous avez des conseils à donner ??? Vous n’avez pas toujours compris pourquoi tout le monde vous déteste, je vous assure tout le monde, même vos alliés les plus proches.
Vous maintenez au pouvoir des dictateurs depuis des décennies, vous les caressez, vous les protégez, vous les exploitez, vous les gavez pour les massacrer quand vous en avez plus besoin, en gros, quand leurs puits de pétrole sèchent ou l’exploitation baisse, ou leur collaboration cesse. De Ben Laden, aux islamistes, aux wahabites, au Haririste, à Moubarak, aux Saoudiens, à Saddam, à Bachar, à Ben Ali … Vous prônez la démocratie, vous la prêchez, vous la commercialisez. Mais qui vous a donné le droit d’intervenir dans l’évolution naturelle de chaque système politique de ce monde. La démocratie à l’américaine ne s’applique pas en Arabie Saoudite, et votre modèle économique ne s’applique pas en Chine, et votre culture de la consommation ne s’applique pas en Egypte… le monde à l’américaine ne peut pas exister. Comprenez-le, pourtant c’est facile à comprendre.
Vous occidentaux, proches et lointains, vous venez greffer Israël au milieu du monde arabe pour corriger votre sauvagerie contre les juifs lors de la deuxième guerre mondiale. Sauf que, vous corrigez vos fautes par une faute encore plus grave, en virant un peuple qui vivait en paix depuis des siècles. Ce peuple palestinien, désormais sans terre, provoque des conflits partout où il s’est réfugié. Ce même occident, a le culot d’appeler les militants palestiniens de terroristes, et d’aider les israéliens à se défendre, en leur offrant armes et argent !!! Et viennent par la suite nous donner des leçons pour résoudre ces conflits. Comment appeler cette attitude? je dirais: Le pompier Pyromane.
Pour corriger l’erreur grave de votre greffe, vous montez et maintenez tout un système corrompu, et vous installez au pouvoir, beh, des corrompus, forcément. Et maintenant, comment compte-vous corriger cette greffe ? Une bombe nucléaire pour décimer les arabes ? c’est une idée qui plait à votre Ben Laden Israélien, Libermann, il l’a proposé d’ailleurs.
Pour revenir au Liban, il y a malheureusement, toujours les petits libanais qui acceptent de jouer le jeu des grands, ils n’ont jamais été souverains, ni libres, sachant que la liberté n’est qu’un état d’esprit, que même un prisonnier peut l’avoir. Vous aviez toujours eu une classe politique pourrie, corrompue, vendue, à vos soldes.
Mais le Liban ne fait pas exception. Combien d’Allemands ont joué le jeu du nazisme, combien de français ont participé au massacre des français et des juifs, combien d’américains ont vendu des armes aux iraniens, alors que l’Amérique était en état de guerre avec l’Iran, combien d’israéliens ont vendu des armes aux palestiniens, et combien d’émissaires, d’ambassadeurs et même de présidents ont vendu leurs âmes et leur morale pour de l’argent. Et continue à le faire.

M. Mikati, quant à vous, à peine chargé de former un gouvernement, vous avez déclaré : « les arabes ont fourni beaucoup d’effort dans le cadre de leur dernière initiative, on ne peut pas s’en passer des garanties arabes pour les garanties internationales, sans la permission des arabes, notamment la Syrie et l’Arabie Saoudite ».
Je vous sors le premier carton jaune, M. Mikati. Si vous n’avez pas le culot, le poids et l’esprit pour être libre, vivre libre, indépendant et SOUVERAIN, restez chez vous. On ne veut que des hommes libres.
Faites comme l’Egypte, coupez le réseau de télécoms, arrêtez l’aéroport de Beyrouth, tuez les pigeons messagers, coupez les satellites et leurs chaînes télévisées, et formez votre gouvernement par la suite.

Bernard Mikael :

Vendredi 28 janvier 2011

RPL-
Source : RPL France
http://www.rplfrance.org/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/dossier.Liban.rpl_france.280111.htm

 

Abdel Bari Atwan : Le Liban au bord de la guerre.

L’observateur désireux d’entrevoir la carte des événements (proches et plus lointains) vraisemblables au Liban doit suivre les informations en provenance d’Arabie, et plus particulièrement les prises de position et les déclarations de son ministre des Affaires étrangères, le prince Saûd al-Fayçal, cela en raison de la grande influence qui est la sienne et de son alliance avec les Etats-Unis, d’où découle sa connaissance dans les moindres détails, des plans que l’on y concocte contre ce malheureux pays.

Ainsi, lorsque ce prince affirme lors d’une interview à la chaîne télévisée Al-Arabiyya que la situation au Liban est « grave  » et que son pays a renoncé à la médiation qu’il menait avec la Syrie en vue d’une solution de la crise relative au Tribunal Spécial sur le Liban (TSL) mis sur pied afin d’examiner l’assassinat du président libanais Rafiq Al-Hariri et ses conséquences, nous devons, en nous fondant sur ces déclarations très claires venues d’un homme proche du camp des faucons dans la famille régnante, nous attendre au pire. Ce pire peut se cristalliser selon trois possibilités :

1) l’explosion d’une guerre confessionnelle opposant les chiites et les sunnites au Liban, prenant l’ampleur d’une guerre civile et offrant des prétextes à des interventions militaires étrangères, ainsi qu’à des opérations de polarisation internes ;

2) une agression israélienne de grande envergure contre le Liban prenant pour prétexte la dégradation de la situation sécuritaire et l’exploitation du verdict supposé du tribunal international pour incriminer le Hezbollah via l’accusation lancée contre certains de ses éléments d’être responsables de l’assassinat de Hariri, ce qui donnerait le feu vert et servirait de prétexte à l’élimination de toute résistance au Liban par la voie armée ; enfin,

3) le partage du Liban entre cantons isolés indépendants ou quasi indépendants, ou en micro-états type Monte Carlo, Liechtenstein ou Île de Mann…

Le prince Fayçal ne parle pas en l’air lorsqu’il dit : « Si les choses en arrivent jusqu’à la sécession et au partage du Liban, c’en sera fini du Liban en tant qu’Etat caractérisé par son mode de coexistence pacifique » : cela signifie tout simplement qu’un tel plan de partage existe bien et qu’il est envisagé comme une solution parmi d’autres, conformément aux frontières posées par les deux camps opposés, le Courant du 14 mars (dirigé par Saad Al-Hariri) et le courant de la résistance et de l’opposition emmené par le Hezbollah.

Nous ne savons pas sur quelles bases le prince Fayçal a évoqué une partition du Liban dans ses déclarations : entend-il, par là, la séparation du Sud (majoritairement peuplé de chiites) du Nord (où vit une majorité sunnite et maronite) ? Dans ce cas, il est permis de s’interroger, par exemple sur le sort des poches chrétiennes, druzes et sunnites (au Sud) : assistera-t-on à des opérations d’épuration ethnique et au départ forcé des indésirables, dans le cadre de la flambée de confessionnalisme qui montre sa tête et reçoit les encouragements de l’extérieur, tant arabe qu’occidental ?

La carte politique actuelle du Liban diffère du tout au tout de celle des années 1970, au moment où la guerre civile a éclaté. Il y avait alors deux camps opposés, un camp islamiste « progressiste » soutenu par la Résistance palestinienne et regroupant les sunnites, les chiites et les druzes, et un camp purement chrétien, avec l’existence de quelques poches, très limitées, « neutres » ou « opposées à la guerre ».

Aujourd’hui, rien de tel : nous avons des sunnites avec Hariri et des sunnites contre Hariri, nous avons un courant chrétien maronite puissant allié au camp de la Résistance, sous la direction du général Michel Aoun, regroupant M. Suleïman Franjiéh et d’autres personnalités, de même que nous avons des chiites réunis sous la bannière du Courant du 14 mars, opposé au Hezbollah et au courant Amal que dirige M. Nabîh Berri, qui est le président de l’Assemblée nationale libanaise.

Le Liban est trop petit et trop compliqué pour pouvoir ainsi éclater en de multiples Etats, cités, confessions ou obédiences. A moins qu’il n’existe un plan américain dont nous ignorerions l’existence ? En effet, ceux qui ont divisé le Soudan, dispersé l’Irak et déchiqueté les territoires palestiniens occupés entre deux fronts rivaux sont capables de plonger leur couteau dans le corps libanais et de dépecer ce pays avec des complicités internes et un soutien arabe en profitant de l’état de décrépitude humiliante que traverse actuellement la nation arabe.

Mais, en réalité, la médiation syro-saoudienne dont le prince Fayçal vient d’annoncer la fin n’existait pas. S’il y en a eu une, celle-ci n’était sans doute pas sérieuse. Et si, sérieuse, elle l’était, c’était uniquement dû à la bonne volonté de ses initiateurs et non pas au désir de Washington de la voir réussir, ni à son soutien. Si Washington a soutenu cette médiation, ce fut uniquement pour l’utiliser à la manière d’une sorte d’injection d’anesthésiant ou d’une sorte d’allaitement artificiel visant à distraire les Libanais et à calmer le jeu dans leur pays afin de gagne un maximum de temps, jusqu’à ce que soient réunies les conditions favorables à la publication du verdict présumé du tribunal international dans les délais prévus.
Le fait que l’annonce de la fin de la médiation saoudo-syrienne soit aussi brutale et intervienne au lendemain des fêtes de Noël ne doit rien au hasard. De même que ne doit rien au hasard non plus le fait que ce ‘divorce’ syro-saoudien ait été officialisé à la fin d’une réunion quadripartite tenue dans la suite du souverain saoudien, le roi Abdullah Ibn Abdel- Aziz à New York et ce, en présence du président français Nicolas Sarkozy et de la Secrétaire d’Etat américaine Mme Hillary Clinton, en sus de M. Saad Hariri, président du Rassemblement du 14 mars et alors Premier ministre.

De même que ne relève pas de la coïncidence le fait qu’Ehud Barak, ministre israélien de la Défense, démissionne du parti travailliste pour constituer un nouveau regroupement politique visant à renforcer son alliance avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et avec Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères, en vue de la constitution d’un « cabinet de guerre » en Israël.

Ce qui réunit Netanyahu et Barak, c’est le fait qu’ils sont convaincus du caractère inéluctable d’une guerre visant à détruire le Hezbollah au Liban et servant de piège pour entraîner la Syrie ou l’Iran (voire les deux) dans la guerre, ce qui permettrait d’avoir des prétextes pour étendre ce conflit et y impliquer les Etats-Unis et l’Union européenne aux côtés d’Israël et de ses alliés (directs et indirects) au Liban.

C’est à notre grand regret que nous devons dire que le Liban s’achemine à grands pas vers la guerre. Les possibilités de paix reculent, si elles ne se sont pas déjà totalement évaporées, ce qui signifie que les patients efforts déployés actuellement par le triangle syro-turco-qatari sont confrontés à de multiples difficultés. Nous n’exagérons nullement en disant que les déclarations du prince Saoud Al-Fayçal, qui son tombées juste au moment de la réunion du sommet tripartite de Damas, visaient à faire avorter cet effort tripartite (ou tout au moins, dans le meilleur des cas, à en réduire les chances de succès).

Ce qui nous rassure quelque peu, dans ce contexte de sombres intrigues, c’est le fait que la Résistance a choisi de tenir bon ; elle a opté pour le ‘çumûd’. Elle a décidé de défendre le Liban et son arabité dans la confrontation de toute agression israélienne éventuelle avec la même fermeté à laquelle nous avons assisté durant la guerre de l’été 2006. Les guerres israéliennes ne sont plus des promenades de santé, ni des incursions à sens unique face à des régimes corrompus et croulants bien que vociférant. Non, ce sont désormais des guerres qui doivent faire face à des peuples dont les enfants sont prêts, aujourd’hui, à s’immoler par le feu afin d’allumer la mèche des révolutions qui feront sauter ces régimes répressifs, pourris et obscurantistes.

Abdel Bari Atwan :

4 février 2011

Source : ISM France


 

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