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06/03/2011

n°157 - Liban : Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion - 05-03 – Début - : Au Moyen-Orient les Etats-Unis sont au service d’Israël.


n°157 - Liban : Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion  - 05-03 – Début - : Au Moyen-Orient les Etats-Unis sont au service d’Israël.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie

du Liban 

n°157 du 05-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur NSs blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

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Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Abou Reem. : Des jeunes veulent «faire tomber le régime confessionnel». 

1-2 Kathleen Christison : Au Moyen-Orient les Etats-Unis sont au service d’Israël.

Suite

1-3 New Orient News : Les révolutions arabes contre Israël et les Etats-Unis.

Fin

1-4 Victoire au Caire et célébrations à Téhéran.

2 Annexe

2-1 Poursuites politiques à l'encontre du Réseau Voltaire

2-2 Jacques Vergès réclame le libération de Georges Ibrahim Abdallah.



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Abou Reem : Des jeunes veulent «faire tomber le régime confessionnel».  

Le système libanais se distingue de la plupart des régimes de la région par un partage du pouvoir basé sur des quotas communautaires et d’une tradition de «démocratie consensuelle».
Dans le sillage du vent de révolte qui souffle sur le monde arabe, des milliers de jeunes Libanais appellent sur Facebook à «faire tomber le régime confessionnel» de leur pays multicommunautaire. Un combat au pire improbable, au mieux de longue haleine, estiment des experts. Reprenant à leur compte les slogans scandés en Tunisie et en Egypte, plusieurs pages intitulées «Le peuple libanais veut faire tomber le système confessionnel», ou encore «Journée de la colère contre le confessionnalisme, la corruption et la pauvreté» ont récemment fait leur apparition sur le site. «Jeunes du Liban, soulevons-nous contre l’oppression de ce régime», écrit Mahmoud al Khatib sur la page http://www.facebook.com/î!/lebrevolution, qui compte jusqu’à présent plus de 9700 «amis». Mais ces mêmes jeunes, et des observateurs, sont convaincus que la particularité du système libanais rend plus difficile une réplique pure et simple des révoltes arabes. «Les Libanais se vantent tout le temps de leur liberté et démocratie face aux pays arabes», affirme Hassan Chouman, informaticien de 24 ans, un sympathisant de ces pages. «Mais chez eux, il y a un seul dictateur, ici, nous en avons au moins sept ou huit», ironise-t-il, en référence aux leaders politiques représentant chacune des 18 communautés musulmanes et chrétiennes du pays. Le système libanais se distingue de la plupart des régimes de la région par un partage du pouvoir basé sur des quotas communautaires et d’une tradition de «démocratie consensuelle».
Depuis l’indépendance en 1943, il garantit une parité entre musulmans et chrétiens minoritaires dans la région. Il est toutefois accusé, depuis des décennies, de tous les maux: corruption, gaspillage, clientélisme, guerre civile destructrice (1975-1990) et crises à répétition. «Au Liban, la compétence ne compte pas. Chaque leader d’une communauté nomme à des postes sa «clique», ce qui pourrit notre administration publique», affirme Georges al-Azzi, professeur de sciences politiques à l’Université libanaise. Abolir ce système où tout le monde veut sa part du gâteau «est beaucoup plus difficile que de faire tomber un dictateur», dit-il. «Ici, si vous manifestez dans la rue, vous dirigez ça contre qui? Quelle institution? Quel groupe? Il n’y a rien de palpable». Selon lui, même des dirigeants soit-disant laïques sont obligés d’intégrer le système pour «survivre politiquement». Sur Facebook, certains écrivent même que «ce mouvement est voué à l’échec, à moins que chaque confession ne fasse tomber son propre leader». Mais pour d’autres, les soulèvements arabes sont venus éveiller un ancien rêve, malgré les profondes divisions entre coalition pro-occidentale et bloc mené par le Hezbollah pro-iranien et alors que toute revendication sociale est immédiatement politisée. «La leçon à tirer des révolutions d’Egypte et de Tunisie, c’est qu’il faut mettre de côté les différends en vue d’un même objectif», soutient Abou Reem, 39 ans, administrateur de la page «Le peuple libanais veut faire tomber le système confessionnel». Une réunion se tiendra en mars lorsque le nombre dépassera le cap des 10.000 sympathisants. Pour Antoine Messarra, membre du Conseil constitutionnel, «il faut commencer par respecter les règles de droit en promouvant les compétences», «une éducation et une culture non confessionnelle» et une «meilleure relation Etat-citoyens». Jusqu’à présent, les initiatives luttant contre le confessionnalisme, comme l’élection d’une partie des députés sur base non religieuse ou l’instauration du mariage civil (reconnu mais, qui ne peut être célébré au Liban), sont restées lettre morte. Mais «rien n’est impossible, même si la route est longue», estime Abou Reem.

23/02

 http://www.lexpressiondz.com/article/5/2011-02-23/86435.html


1-2 Kathleen Christison : Au Moyen-Orient les Etats-Unis sont au service d’Israël.

Il y a une dizaine de jours j’ai eu une conversation particulièrement intéressante au sujet d’Israël, de son rôle dans la politique des USA au Moyen Orient et des événements qui se déroulent en ce moment là-bas en Egypte et dans tout le monde arabe.

Obama - potiche de service faisant ici acte d’allégeance à l’AIPAC - a toujours eu à cœur de continuer et voir de renforcer la politique américaine de soutien inconditionnel à l’état raciste et colonialiste israélien

Mon interlocuteur est un des commentateurs les plus fins des médias alternatifs sur la politique des USA notamment, mais pour lui il est clair qu’Israël n’a pas une influence notable sur ce que les USA font dans la région.

Moi je crois qu’il souffre d’une sorte d’aveuglement en ce qui concerne Israël, ce qui n’est pas rare chez les penseurs progressistes. Mais peut-être que les récents développements qui secouent la région lui ouvriront finalement les yeux et ceux de tous ceux qui minimisent le rôle central d’Israël dans la politique des USA.

Les récents événements en Egypte, la révélation des câbles du département d’état par Wikileaks et les documents palestiniens révélés par Al-Jazeera sur les pourparlers de paix israélo-palestiniens montrent, comme aucune autre série d’événements n’aurait sans doute pu le faire, que les USA font ce qu’ils font au Moyen Orient en grande partie à cause d’Israël - dans le but de protéger et défendre Israël contre ses voisins arabes qui ne sont pas d’accord avec le traitement qu’Israël inflige aux palestiniens sous son contrôle, contre les Musulmans qui ont des griefs similaires, contre ceux qui critiquent les exploits militaires d’Israël aux dépens des états voisins, contre la colère d’autres états qu’Israël menace encore, contre les gouvernements de la région qui remettent en question le monopole nucléaire d’Israël ou qui tentent de développer leurs propres arsenaux pour se défendre contre Israël.

Il est instructif de se rappeler que l’Egypte revêt tant d’importance pour les USA presque uniquement parce qu’elle a signé un traité de paix avec Israël en 1979 et qu’elle a aidé à garantir la sécurité d’Israël en gardant sa frontière ouest, en l’assistant dans ses attaques contre d’autres pays arabes, en fermant les tunnels de Gaza qui permettaient au Hamas de se procurer des armes de contrebande et à la population de s’approvisionner en nourriture et autres produits de première nécessité, ce qui a eu pour effet de saper l’autorité du Hamas à Gaza. Les USA considèrent aussi l’Egypte comme un maillon essentiel de sa "guerre contre le terrorisme" et de sa guerre contre l’islamisme radical ; cette collaboration contre le terrorisme est elle aussi étroitement liée aux intérêts sécuritaires d’Israël.

L’Egypte est bien sûr une puissance régionale en elle-même. Sa taille et sa situation stratégique lui assurent une influence durable et considérable dans l’évolution politique du Moyen Orient et elle a longtemps été au coeur de la culture arabe même sans le soutien étasunien.

Les trois dernières semaines de lutte pour la démocratie de son peuple ont rehaussé son importance en captivant l’attention des peuples de la terre entière (à l’exception de beaucoup de monde, peut-être même la majorité, en Israël et à l’exception des irréductibles droitistes des USA, dont les supporters étasuniens d’Israël).

Mais la réalité profonde est que les USA n’auraient pas eu une collaboration militaire, politique et économique aussi importante avec l’Egypte au cours de plus de trente ans si l’Egypte n’avait pas été l’amie d’Israël et si, selon les termes de l’expert du Moyen Orient Rashid Khalidi, l’Egypte n’avait pas accepté "l’hégémonie régionale d’Israël." L’aide militaire annuelle de 1,5 milliard de dollars et l’assistance au développement et à l’économie de 28 milliards n’auraient jamais été octroyées à l’Egypte ces 35 dernières années si le prédécesseur de Mubarak, Anwar Sadat, n’avait pas littéralement quémandé et finalement signé un traité de paix avec Israël qui libérait Israël de la menace que représentait l’Egypte en tant que force militaire arabe principale, en abandonnant les Palestiniens et d’autres pays arabes à leur sort.

L’Egypte étant devenue davantage une aide qu’un danger, Israël s’est senti libre d’attaquer plusieurs de ses voisins, y compris le Liban deux fois, et Gaza et la Cisjordanie quantités de fois, et libre aussi d’étendre ses colonies en absorbant le territoire palestinien et en opprimant cruellement les Palestiniens sans crainte de représailles ni même de contestation sérieuse de la part d’une quelconque armée arabe.

Le commentateur israélien Aluf Benn a fait remarquer qu’en plus, avec Mubarak an pouvoir, le flan ouest d’Israël était protégé au cas où ils auraient voulu attaquer l’Iran mais maintenant les Israéliens n’oseront plus attaquer l’Iran parce qu’ils ne peuvent plus être sûrs que l’Egypte "approuvera tacitement toutes leurs actions." Qui que ce soit qui remplace Mubarak serait désormais, selon lui, trop inquiet d’encourir la colère du peuple s’il collaborait avec Israël : "Sans Mubarak Israël ne peut pas attaquer l’Iran."

Pour Israël et donc pour les USA, les milliards de dollars d’investissements étasuniens ont vraiment valu la peine. La perte de la "stabilité" que l’Egypte garantissait - c’est à dire la perte de la garantie qu’avait Israël que son statut de pouvoir dominant de la région ne serait pas contesté- a changé la donne en ce qui concerne les calculs stratégiques d’Israël et des USA dans la région.

Avant le traité de paix israélo-égyptien, les USA n’avaient jamais tout à fait considéré l’Egypte comme l’atout stratégique qu’il est devenu après avoir subordonné ses capacités militaires aux intérêts d’Israël. On peut dire la même chose des relations des USA avec plusieurs autres pays arabes. Les interventions des USA au Liban -y compris ses efforts pour libérer le Liban de la domination syrienne- ont été presque entièrement liées aux intérêts d’Israël au Liban.

L’échec de l’invasion par Israël en 1982 a encore des répercussions : suite à l’invasion, les USA ont envoyé un contingent de Marines qui s’est engagé dans des combats directs avec les factions libanaises, entraînant le bombardement dévastateur des quartiers généraux des Marines qui a causé la mort de 241 membres du personnel en 1983 ; l’essor du Hizbullah qui représentait la population shiite assiégée du sud du Liban est la conséquence directe de l’invasion israélienne ; la série de kidnappings de membres du personnel étasunien par le Hizbullah dans les années 1980 a pour origine l’hostilité provoquée par le soutien des USA à Israël.

Lorsque Israël a quitté le sud du Liban après 20 ans d’occupation, il laissait derrière lui un Hizbullah renforcé ; Le conflit continuel le long de la frontière avec le Liban a culminé dans une attaque brutale du Liban par Israël pendant l’été 2006, attaque qui n’a pas réussi à venir à bout de l’organisation islamique ni à diminuer sa popularité ; c’est pourquoi les USA s’efforcent depuis des années de saper le Hizbullah essentiellement pour que le Liban ne cause pas d’ennuis à Israël.

La Jordanie est un allié mineur des USA depuis des dizaines d’années, mais le traité de paix qu’il a conclu avec Israël en 1994 a augmenté son crédit auprès des USA et le pays a obtenu une aide économique et militaire supplémentaire sur la frontière est qui le relie à Israël. Le département d’état des USA fait, dans son analyse, un lien plus ou moins directe entre les raisons de ses bonnes relations avec la Jordanie et Israël sans toutefois mentionner Israël : "La politique des USA est de renforcer l’engagement de la Jordanie en faveur de la paix, la stabilité et la modération. Le processus de paix et la lutte de la Jordanie contre le terrorisme vont dans le même sens que nous et confortent indirectement des intérêts étasuniens plus larges. C’est pourquoi, par le biais d’aides économiques et militaires et d’une collaboration politique étroite, les USA ont aidé la Jordanie à maintenir la paix et la prospérité."

L’allusion au fait de "renforcer" l’engagement de la Jordanie en faveur de "la paix, la stabilité et la modération" et de maintenir "la stabilité et la prospérité" sont des références évidentes au désir de maintenir le calme dans cette région et notamment sur la frontière avec Israël.

Tout aussi clairement : "confortent indirectement des intérêts étasuniens plus larges" fait référence à l’engagement étasunien de protéger les intérêts sécuritaires d’Israël. "Modération" dans le jargon du département d’état est le code qui désigne une orientation pro-israélienne ; et "stabilité" est le code pour un environnement sûr qui bénéficie avant tout à Israël.

On peut dire sans risque d’erreur que ni le Liban ni la Jordanie n’auraient autant d’importance pour les USA si ces derniers ne considéraient pas comme nécessaire de maintenir la stabilité et le calme dans ces pays limitrophes pour la sécurité d’Israël. On ne peut pas dire la même chose de l’Arabie Saoudite, où les USA ont des intérêts pétroliers vitaux qui n’ont rien à voir avec Israël.

Mais il n’en reste pas moins vrai que les USA ont réussi à endiguer toute velléité saoudienne de défendre les Palestiniens ou n’importe quelle autre communauté arabe assiégée par les Israéliens, et les ont convaincus de s’aligner au moins implicitement sur Israël dans la plupart des cas, comme pendant l’attaque du Liban en 2006 ou pendant l’assaut contre Gaza de 2008-2009, ou en ce qui concerne la menace supposée que représente l’Iran. Le temps où les Saoudiens en voulaient assez aux USA de leur soutien à Israël pour déclarer un embargo pétrolier comme en 1973, est depuis longtemps révolu.

La récente publication de câbles du département d’état par Wikileaks, et surtout la révélation par Al-Jazeera d’un document de travail palestinien traitant des négociations des dix dernières années, jettent une lumière étonnante sur le mal que se donnent et que se sont toujours donnés les USA pour aider Israël dans ses négociations avec les Palestiniens. Le soutien des USA à Israël n’a jamais été un secret, mais le document qui a fuité éclaire d’une manière dramatique le mépris total des USA pour les demandes palestiniennes et son impuissance absolue à obtenir d’Israël la moindre concession.

Il est frappant de constater quand on lit ces documents que le positionnement des USA comme "avocat d’Israël" - selon l’expression de Aaron David Miller suite à sa participation aux négociations à l’époque de Bill Clinton- est le même pour toutes les administrations étasuniennes que ce soit celle de Bill Clinton, de George W. Bush ou de Barak Obama. Les intérêts et les exigences d’Israël triomphent toujours.

Au delà du monde arabe, la politique des USA sur l’Iran est dictée plus ou moins complètement par Israël. Israël et ses supporters aux USA sont entièrement à l’origine de la pression pour attaquer l’Iran -soit par une attaque étasunienne ou une attaque israélienne soutenue par les USA- qui s’est exercée pendant la plus longue partie des huit années de la guerre d’Irak.

Cette pression s’exerce au grand jour et on ne peut pas la nier. Si les USA se retrouvent mêlés directement ou par le biais de leur soutien à Israël à une attaque militaire contre l’Iran, ce sera parce que Israël voulait qu’il en soit ainsi ; s’il n’y a pas d’attaque, ce sera probablement, comme Aluf Benn, l’a noté, que l’enthousiasme d’Israël se sera refroidi à la suite de la révolution égyptienne.

Israël et son désir de maintenir son hégémonie régionale a aussi joué un rôle substantiel dans la déclaration de guerre des USA à l’Irak bien que cette façon de voir soit contestée à la fois par les progressistes et les conservateurs ; pour les uns comme pour les autres c’est même la chose la plus difficile à admettre dans tout ce qui concerne les relations entre les USA, Israël et les arabes.

Mon interlocuteur progressiste, par exemple -qui est profondément opposé à l’aventure des USA en Irak, qui s’oppose avec la même force à toute éventualité d’une attaque de l’Iran et qui s’est senti embarrassé sans nul doute par les fluctuations des USA à propos du départ de Mubarak— est en désaccord complet avec ma suggestion qu’Israël et ses supporters néo-conservateurs aient joué un rôle dans la déclaration de guerre des USA à l’Irak. Plus tôt dans la discussion, il avait parlé longuement des néo-conservateurs, de leur ancien think tank, "Le Projet pour l’Amérique du nouveau siècle" (PNAC), et de la volonté tenace du tandem néo-conservateurs-PNAC de faire progresser l’hégémonie étasunienne dans le monde, et il avait souligné que, George W. Bush en arrivant au pouvoir, avait intégré tout le think tank dans son administration.

Mais bien qu’il soit conscient des objectifs des néo-conservateurs et ait constaté qu’ils réussissaient à les atteindre, il ne voulait pas admettre que le PNAC et les néo-conservateurs désiraient tout autant développer l’hégémonie régionale d’Israël que l’impérialisme étasunien.

Quand d’un autre côté je lui ai fait remarquer que Bush n’avait pas seulement intégré tout le think tank à l’administration, il avait aussi promu le lobby israélien, ou du moins sa branche la plus active, aux plus hauts échelons des cercles de décision de l’administration, mon ami est tombé d’accord avec moi : "Oh bien sûr, s’est-il exclamé avec vigueur, ils -c’est à dire les néo-conservateurs- sont tous des membres du Likud." (Le parti de droite israélien NdT).

Il y a une sorte de contradiction ici qu’il ne semble pas remarquer : bien qu’il reconnaisse que les néo-conservateurs soient très proches d’Israël, il ne veut pas admettre qu’ils exercent la moindre influence en termes politiques en faveur d’Israël. Comme s’ils avaient renoncé à leurs sympathies pro-israéliennes à la porte de la Maison Blanche et du Pentagone quand ils sont devenus officiellement des décideurs politiques. Comme s’ils avaient oublié leur long passé en tant qu’avocat d’Israël et les instructions politiques que les leaders israéliens avaient données à beaucoup d’entre eux - instructions qui comprenaient même une recommandation écrite par le gouvernement israélien en 1996 de déclarer la guerre à l’Iraq.

Cela fait des années, pour ne pas dire des dizaines d’années, que la plupart des analystes sont conscients du parti pris des USA en faveur d’Israël, mais cette évidence n’a jamais été aussi flagrante que depuis les nouveaux développements qui ont mis à nu cette relation et le fait qu’Israël est au centre de pratiquement chaque mouvement des USA dans la région. Ça a longtemps été un tabou de parler de ça, un tabou qui a lié les langues de personnes comme mes interlocuteurs.

Personne n’ose mentionner Israël de peur d’être taxé d’antisémitisme, ou d’être accusé de réserver toutes ses critiques "exclusivement" à Israël ; les médias évitent de parler d’Israël et de ce qu’Israël fait au Moyen Orient et plus spécifiquement aux Palestiniens qui vivent sous son contrôle parce qu’ils ont peur que leur directeur ne reçoive des lettres furieuses et que les supporters d’Israël n’annulent leurs abonnements.

Les membres du Congrès ne veulent pas mettre en danger leurs campagnes de fonds en parlant honnêtement à Israël. Et c’est ainsi qu’Israël a disparu des écrans radars. Il arrive aux progressistes de "mentionner Israël en passant", comme me l’a dit mon ami, mais rien de plus. Et donc, parce que personne n’en parle, il ne vient plus à l’idée de personne qu’Israël puisse être la cause première de tant de décisions et d’actions politiques étasuniennes au Moyen Orient.

Il est temps que nous nous en rendions compte. Tout le monde qu Moyen Orient s’en est déjà rendu compte comme la révolution égyptienne l’a mis en lumière. Et il est probable que le monde entier s’en soit aussi rendu compte. Nous devrions nous mettre à écouter les peuples du monde, au lieu de leurs leaders qui nous disent ce que nous voulons entendre.

 Kathleen Christison – CounterPunch

19 février

 

* Kathleen Christison est une ancienne analyste politique de la CIA et l’auteur de plusieurs livres sur la question palestinienne, y compris Palestine in Pieces, écrit avec son mari aujourd’hui décédé Bill Christison.

On peut la jiondre à : kb.christison@earthlink.net.

 16 février 2011

Traduction : Dominique Muselet

CounterPunch –

Vous pouvez consulter cet article à : [->http://www.counterpunch.org/c...


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