Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

28/03/2011

n°70 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 26-03 - : Début - La sauvagerie de l'impérialisme états-unien.


n°70 - Géopolitique & stratégie d'Iran  - 26-03 - : Début - La sauvagerie de l'impérialisme états-unien.   


. Géopolitique & stratégie d'Iran

La guerre aura-t-elle lieu ?

             n°70 du 26-03                            C.De Broeder & M.Lemaire

 


Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Noam Chomsky : La sauvagerie de l’impérialisme états-unien.

1-2 Danielle Bleitrach : Dans la mire des Etats-Unis.

1-3 Danielle Bleitrach Un pas en avant du docteur Fol amour vers l’Iran….

2  Réflexion

2-1 René Naba : Golfe Armement: Autant en emporte le vent. Partie1/2

Fin

2-2 René Naba : Golfe Armement: Autant en emporte le vent. Partie2/2



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

1-1 Noam Chomsky : La sauvagerie de l’impérialisme états-unien.

Extrait

L’empire des États-Unis, le Moyen-Orient et le monde. Il est tentant de reprendre depuis le début.

Le début c’était il y a bien longtemps, mais il est utile de revoir certains points d’histoire qui pourront être comparés à la politique actuelle des États-Unis au Moyen-Orient. Les États-Unis sont un pays très particulier par bien des aspects. Ils sont probablement le seul pays au monde qui soit né empire. C’était un empire enfant – comme George Washington l’a appelé –, et les Pères fondateurs étaient très ambitieux. 

Le plus libéral d’entre eux, Thomas Jefferson, pensait que l’empire enfant devait s’étendre davantage et devenir le « nid » à partir duquel le continent entier serait colonisé. Cela signifiait se débarrasser des « rouges », les Indiens, lesquels ont effectivement été déplacés ou exterminés. Les Noirs devaient être renvoyés en Afrique dès qu’on n’aurait plus besoin d’eux et les Latins seraient éliminés par une race supérieure

 

Concernant le Moyen-Orient… Ils disaient que nous devions maintenir nos forces d’intervention, la plupart d’entre elles au Moyen-Orient. Puis vient une phase intéressante. Nous devons faire barrage pour contenir l’ennemi. Nous devons maintenir les forces d’intervention au Moyen-Orient pour défendre nos intérêts, la région qui « ne pouvait pas être offerte en cadeau au Kremlin ». En d’autres termes, désolés les gars, nous vous avons menti pendant 50 ans, mais maintenant que le prétexte n’existe plus, nous vous dirons la vérité. Le problème au Moyen-Orient est ce qu’on appelle le nationalisme radical. « Radical » signifie simplement indépendant. C’est un terme qui signifie « ne suit pas les ordres ». Le nationalisme radical peut être de différentes sortes. L’Iran en est un bon exemple.

 

La menace du nationalisme radical

En 1953 la menace iranienne c’était un nationalisme laïque. Après 1978 c’est le nationalisme religieux.

En 1953 on a renversé le régime parlementaire et on a installé un dictateur beaucoup plus à notre goût. Ce n’était pas un secret. Le New York Times, par exemple, dans un éditorial, se réjouissait du renversement du gouvernement iranien, estimant qu’il s’agissait d’une bonne « leçon de choses » pour les petits pays qui devenant fous, emportés par le nationalisme radical, rejettent toute autorité et veulent contrôler eux-mêmes leurs ressources. Ce sera une leçon de choses pour eux : n’essayez pas ce genre de bêtises, et certainement pas dans cette région dont nous avons besoin pour contrôler le monde. C’était en 1953.

 

Depuis le renversement du tyran imposé par les États-Unis en 1979 l’Iran a continuellement été attaqué par les États-Unis. Au début Carter a essayé de répondre au renversement du shah en organisant un coup d’État. Ça n’a pas marché. Les Israéliens – l’ambassadeur… il y avait des relations très proches entre Israël et l’Iran sous le shah, bien que théoriquement il n’y eût pas de relations formelles – ont fait savoir que si nous pouvions trouver des officiers disposés à tuer 10 000 personnes dans les rues, nous pourrions rétablir le régime du shah. Zbigniew Brzezinski, le conseiller de Carter à la sécurité nationale, avait à peu près les mêmes idées. Mais ça n’a pas vraiment marché. Les États-Unis ont alors immédiatement soutenu Saddam Hussein, pour qu’il envahisse l’Iran. Et ce n’est pas une mince affaire. Des centaines de milliers d’Iraniens ont été massacrés. Les gens qui sont à la tête de l’Iran actuellement sont des vétérans de cette guerre et ils ont une claire conscience du fait que l’ensemble du monde est contre eux – les Russes, les États-Uniens, tout le monde soutenait Saddam Hussein, tout le monde voulait renverser le nouvel État islamique.

 

Ce n’est pas peu de choses. Le soutien des États-Unis à Saddam Hussein est allé très loin. Les crimes de Saddam – comme le génocide d’Anfal, massacre de Kurdes – étaient niés. Le gouvernement Reagan les démentait et les attribuait à l’Iran. À l’Irak on a même donné un privilège rare. C’est le seul pays, avec Israël, qui a pu attaquer un navire états-unien et s’en sortir impunément. Dans le cas d’Israël c’était le USS Liberty en 1967. Dans le cas de l’Irak c’était le USS Stark en 1987 – un navire qui appartenait à la flotte états-unienne protégeant les convois irakiens des attaques iraniennes pendant la guerre. Ils ont atttaqué le navire avec des missiles français, ils ont tué plusieurs dizaines de marins – et ils n’ont reçu qu’une petite tape sur la main, rien de plus.

 

Le soutien des États-Unis était tel que c’est quasiment eux qui ont remporté la guerre pour l’Irak. Une fois la guerre finie, le soutien des États-Unis à l’Irak a continué. En 1989 George Bush I a invité des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis, pour qu’ils reçoivent des formations de pointe dans le domaines des armes nucléaires. C’est l’une de ces petites choses qu’on cache parce que quelques mois plus tard Saddam est devenu un mauvais garçon. Il a désobéi aux ordres. Juste après cela il y a eu de terribles sanctions, etc.

 

La menace iranienne

Pour en revenir à notre époque, dans la littérature sur la politique étrangère et dans les commentaires généraux ce que vous lisez généralement c’est que le problème le plus important pour les États-Unis était et reste la menace iranienne. Qu’est-ce que c’est que cette menace iranienne au juste ? Nous disposons d’une source qui fait autorité sur ce point. C’était il y a quelques mois : un compte rendu au Congrès des États-Unis émanant du département de la défense et des services d’intelligence. Tous les ans ils font un compte rendu au Congrès sur la situation mondiale en matière de sécurité. Le dernier compte rendu, celui d’avril dernier, comporte une partie qui concerne l’Iran, bien sûr, la plus grande menace. Il est important de lire ce compte rendu. Ce qu’ils disent c’est que, quoi qu’il en soit de la menace iranienne, ce n’est pas une menace militaire. Ils disent que les dépenses militaires iraniennes sont plutôt basses, y compris si on les compare aux pays de cette région ; et si on les compare à celles des États-Unis, elles sont insignifiantes – probablement moins de 2% de nos dépenses militaires. Par ailleurs ils disent que la doctrine militaire iranienne est basée sur le principe de la défense du territoire national, elle est conçue pour contenir une invasion pendant un temps suffisant pour rendre possible le passage à l’action diplomatique. Voilà la doctrine militaire des Iraniens. Ils disent qu’il est possible que l’Iran pense aux armes nucléaires. Ils ne vont pas plus loin que cela, mais ils disent que si les Iraniens développaient des armes nucléaires ce serait dans le cadre de leur stratégie défensive, afin de prévenir une attaque, ce qui est une éventualité assez réaliste. Le plus grand pouvoir militaire de l’histoire – c’est-à-dire nous –, qui leur a toujours été extrêmement hostile, occupe deux pays frontaliers de l’Iran et menace ouvertement d’attaquer ce pays. Israël, État client des États-Unis, lance les mêmes menaces. Voilà pour le côté militaire de la menace iranienne telle qu’identifiée dans le Military Balance.

 

Ils disent par ailleurs que l’Iran est une menace majeure parce que ce pays tente d’étendre son influence dans les pays voisins. On appelle cela déstabilisation. Ils œuvrent à la déstabilisation dans les pays voisins en tentant d’augmenter leur influence et cela est un problème pour les États-Unis, parce que les États-Unis tentent d’apporter la stabilité. Lorsque les États-Unis envahissent un pays c’est pour apporter la stabilité – un terme technique dans la littérature des relations internationales qui signifie obéissance aux ordres des États-Unis. Donc lorsque nous envahissons l’Irak ou l’Afghanistan, c’est pour créer de la stabilité. Si les Iraniens essaient d’accroître leur influence, juste chez leurs voisins, c’est déstabilisant. Cette doctrine, comme tant d’autres, est élaborée dans les universités. Un commentateur libéral et ex-éditeur de Foreign Affairs, James Chase, a même pu dire sans crainte du ridicule que les États-Unis devaient déstabiliser le Chili d’Allende pour apporter la stabilité – c’est-à-dire la soumission aux États-Unis.

 

Qu’est-ce que le terrorisme ?

La deuxième menace iranienne c’est le soutien au terrorisme. Qu’est-ce que le terrorisme ? On nous donne deux exemples du soutien de l’Iran au terrorisme : son soutien au Hezbollah libanais et son soutien au Hamas palestinien. Quoi que vous pensiez du Hezbollah et du Hamas – vous pensez peut-être que c’est ce qu’il y a de pire au monde –, qu’est-ce qui fait qu’on les considère terroristes ? Bon, le « terrorisme » du Hezbollah est fêté tous les ans au Liban le 25 mai, fête nationale libanaise qui célèbre l’expulsion des envahisseurs israéliens du Liban en 2000. La résistance du Hezbollah et sa guerre de guérilla avaient fini par obliger Israël à se retirer du Sud-Liban, mettant fin à une occupation de 22 ans, avec son lot de terreur, de violence, de torture – occupation maintenue en violation des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

Donc Israël a finalement quitté le Liban et c’est le jour de la Libération au Liban. Voilà globalement ce qui est considéré comme le terrorisme du Hezbollah. C’est comme ça qu’il est décrit. En fait, en Israël c’est même décrit comme une agression. Vous pouvez lire la presse israélienne ces jours-ci et des politiciens de premier plan disent que c’était une erreur de se retirer du Sud-Liban parce que cela permet à l’Iran de poursuivre son « agression » contre Israël, agression qui a commencé en 2000 avec le soutien à la résistance contre l’occupation israélienne. C’est considéré comme une agression contre Israël. Ils ont les mêmes principes que les États-Unis, nous disons la même chose. Voilà pour le Hezbollah. Il y a d’autres actes que vous pourriez critiquer, mais voilà ce qu’est le terrorisme du Hezbollah.

 

Un autre crime commis par le Hezbollah c’est que la coalition dont il est l’élément principal a largement emporté les dernières élections parlementaires ; mais en raison du principe communautariste qui prévaut pour l’assignation des sièges ils n’ont pas reçu la majorité des sièges. Thomas Friedman [du New York Times] a donc versé des larmes de joie, comme il l’a lui-même expliqué, lors de ces merveilleuses élections libres au Liban, le président Obama ayant battu le président iranien Ahmadinejad. D’autres se sont joints à cette célébration. Autant que je sache personne n’a rendu compte des véritables résultats électoraux.

 

Quoi qu’il en soit, que l’Iran essaie d’étendre son influence et que l’Iran soutienne le Hezbollah et le Hamas c’est, du point de vue des services d’intelligence et du département de la défense, ce qui constitue son soutien au terrorisme.

 Noam Chomsky :

3 février 2011

Traduction : Numancia Martínez Poggi

Source : cahiers du socialisme


1-2 Danielle Bleitrach Dans la mire des Etats-Unis, l’Iran.

Les Etats-Unis après avoir comme ils l’avaient prévu utilisé la France pour lancer les hostilités en Libye et remis in fine l’opération à l’OTAN, continuent à avancer leur pion vers leur objectif: l’Iran.

 Il faut en décrire quelques manoeuvres qui n’apparaissent pas encore au grand jour tout en étant bien avancées: nous ne reviendrons pas sur la Libye, mais il devient de plus en plus évident que l’opération avait pour but non seulement d’asseoir la domination sur les ressources énergétiques libyennes mais de prendre pied à l’intérieur d’un monde arabe secoué par des révoltes populaires (mais aussi Maghreb, Afrique). Il est plus intéressant, parce que encore partiellement caché, de tenter de mettre en lumière quelques autres points stratégiques à travers lesquels les Etats-Unis avancent sur leur triple objectif: 1. s’assurer la maîtrise de l’énergie mondiale, 2. tenir par la force et par la division un monde arabe en pleine révolte, 3. viser à terme l’Iran, et sans doute au-delà.

Première mise en lumière : réorganisation du monde arabe autour de l’hégémonie saoudienne. La manière dont Barhein a été offert à l’intervention saoudienne n’est pas un fait isolé, simplement lié à l’existence d’une base nord-américaine, mais doit être analysée en vertu du contrôle prioritaire du Golfe persique et de l’Iran, et d’une tentative de contrôle de ce monde arabe par une alliance de fait des Saoudiens avec l’Egypte et Israël. Les révoltes du monde arabe seront utilisées non sans habileté. Ainsi on attisera celle contre les dictateurs qui résistent aux Etats-Unis, alors qu’on aidera à la répression des peuples qui s’opposent aux alliés des Etats-Unis. A ce titre l’analyse chinoise [cf http://french.peopledaily.com.cn/Horizon/7327695.html ] sur ce qui s’est passé en Libye montre l’inquiétude de ce pays et la dénonciation des buts poursuivis : l’invasion de la Libye témoigne d’une stratégie impérialiste autant que de tactiques face à des problèmes internes. On peut ajouter le fait qu’ en utilisant à la fois les ambitions du président égyptien de la ligue arabe, les inquiétude de ce pays et d’autres sur le mouvement de rébellion, on a entraîné certains pays arabes, la France ayant joué les bons offices. Il a été dans un premier temps choisi de renforcer voir de créer une situation d’insurrection de la région de Benghazi, expliquent les Chinois, puis comme Kadhafi mettait en danger la dite rébellion, il a bien fallu passer à l’offensive avec toujours le même recours aux campagnes médiatiques et au prétexte humanitaire, Sarkozy servant de déclencheur à l’affaire. 

Deuxième mise en lumière : bien voir comment les Etats-Unis et les Européens, qui contrôlent 90% de l’information mondiale, lancent le thème de la guerre humanitaire sur la dénonciation, souvent bien réelle, des exactions contre les peuples et en « améliorant » le marketing par l’invention de quelques grossiers mensonges pour « chauffer l’opinion publique ». A ce titre il faut souligner également que les Etats-unis ont repris pied depuis un an dans le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU qu’ils avaient boycotté jusqu’ici. La dernière session de ce Conseil des droits de l’homme témoigne que leur activité au sein de ce Conseil paye, l’Europe y était littéralement submergée par les voix du Tiers monde, l’arrivée des Etats-Unis et d’une ambassadrice qui se consacre à temps plein à ce poste, Eileen Donahoe, a obtenu le résultat de diviser ce qui se présentait comme un bloc uni. La tournée d’Obama en Amérique latine dans des pays comme le Brésil, le Chili, venait en appui de cette stratégie qui consiste à aborder les problèmes de façon transrégionale, multilatérale et de fait isoler les pays que l’on veut attaquer en combinant déstabilisation interne, propagande médiatique et campagne sur les droits de l’homme.

Troisième mise en lumière : il suffit donc de suivre qui est désigné par cette stratégie pour comprendre quelle opération est envisagée. La nomination d’un rapporteur sur l’Iran et sur la violation des Droits de l’homme par ce pays est une grande victoire pour Washington, non seulement pour la première fois depuis neuf ans l’Iran est ainsi mis en cause, mais comme il avait été procédé pour la ligue arabe, le vote brésilien a été acheté semble-t-il en échange d’un siège permanent à l’ONU, ce qui présente le double avantage de diviser le front anti-impérialiste, le BRIC et en même temps in fine d’offrir un siège au Conseil de sécurité à un pays que l’on a fini de déconsidérer. Mais là n’est pas l’objectif premier bien que l’ONU ait pour l’administration Obama une importance perdue sous Bush. L’objectif premier est bien de « travailler » l'opinion internationale en employant la carotte et le bâton avec les dirigeants et les campagnes médiatiques avec les peuples dont on veut empêcher la protestation. 

Face à ces grandes manoeuvres, s’il est évident que l’on ne peut pas considérer que l’Iran est le pays où les droits de l’homme ne sont pas violés, c’est une litote, il faut bien mesurer quels sont les enjeux réels et quelle analyse, quelle politique et stratégie doit être celle des communistes et des forces progressistes.

Ces manœuvres impérialistes ne cherchent pas à assurer le triomphe des Droits de l’homme, le respect de la démocratie et la paix dans le monde, il faut en être convaincu.

Outre le fait sur lequel il est bon de revenir sans cesse que ni les Etats-Unis ni les Européens ne sont qualifiés, tant de par leur histoire que leur politique actuelle, à s’ériger en juge du reste de l’humanité, ce viol systématique des souverainetés nationales n’a aucun but humanitaire, ni d’instauration de la démocratie. Ce qui est recherché est exactement le contraire : s’emparer des ressources énergétiques, asseoir une domination qui vacille et imposer un modèle économique qui provoque ces révoltes, financiarisation, pillage, crises multiples, énergétique, climatique, alimentaire. Pour cela il s’agit non seulement de conforter des tyrans mais encore de remplacer ceux existant par d’autres corrompus et clients des Etats-Unis.

Enfin pour imposer cette stratégie de domination on s’appuie sur les deux instruments de la puissance des Etats-Unis :

 

1) la domination militaire, une armée qui a elle seule est plus importante que toutes les autre réunies et qui utilise son potentiel de menace pour former des coalitions, et pour entretenir l’armada otanesque. Leurs expéditions, vu la dissymétrie sont de simple police mais créent le chaos et les souffrances d’une armée d’occupation et d’une résistance locale, avec des chefs de guerre.

 

2) la domination médiatique pour favoriser ces opérations par un mélange d’indignation et d’apathie. 

Tout cela parce que la véritable domination des Etats-Unis, la domination financière, à cause du poids du dollar, est menacée par la montée de la Chine. Nul n’ignore qu’il existe désormais aux Etats-Unis un fort courant qui souhaite très vite attaquer ce pays avant que sa puissance ait encore grandi. 

Enfin il faut noter en conclusion que l’attaque de l’Iran est la plus périlleuse qui soit, on a vu ce que représentait le nucléaire dans le contexte d’une catastrophe naturelle, imaginez une attaque contre les centrales iraniennes et c’est bien de cela qu’il s’agit. En outre, par le détroit d’Ormuz transite l’essentiel de l’énergie mondiale, 40% d’un pays comme la Chine (peut-être est-ce ce qui est visé ?) et voyez les conséquences. 

Donc il faut s’opposer à cette stratégie impérialiste qui menace la paix et une grande partie de l’humanité, non pas en défendant l’indéfendable, mais en montrant bien la nature réelle des enjeux. Il faut proposer des négociations basées sur la diplomatie avec d’autres acteurs que les pays occidentaux et les Etats-unis. 

Danielle Bleitrach

26 mars 2011

http://socio13.wordpress.com/2011/03/26/dans-la-mire-des-etats-unis-liran-par-danielle-bleitrach/

 


1-3 Danielle Bleitrach Un pas en avant du docteur Fol amour vers l’Iran….

Le vote du Brésil

 Le président des Etats-unis, Barack Obama, a demandé à sa collègue Dilma Rousseff, lors de sa récente visite au Brésil, que le Brésil vote contre l’Iran, comme elle a fini par le faire au Conseil des Droits humains de L’ONU, a révélé un membre du gouvernement local au journal O Globo, selon ANSA. 

Bon où est le problème, me direz-vous, moi aussi je voterai contre l’Iran en matière de Droit de l’homme. A la seule différence près que je ne le ferais pas si Obama me le demandait. Ce n’est pas pour lui faire de la peine mais parce que je me dirais que celui qui n’a toujours pas fermé Guantanamo, n’a toujours pas fermé sa sous-traitance de torture de par le monde, celui qui continue à appliquer à Cuba un blocus génocidaire condamné par toutes les nations sauf les Etats-Unis et Israël, celui qui maintient les 5 en prison, j’en passe et des meilleurs, celui-là est bien mal placé pour me donner des conseils en matière de Droits de l’homme. Et surtout je m’interrogerais : « Où veut-il exactement en venir, quel peuple veut-il encore secourir à coup de bombes ? »

Durant la rencontre le samedi 19 à Brasilia, Obama a prié Rousseff que le « Brésil soit co-auteur de la Résolution » approuvée à Genève, sur les Droits humains en Iran, a dit un haut fonctionnaire de l’exécutif brésilien. Selon sa version, la présidente a évité une réponse directe à son homologue nord-américain, avec lequel elle traitait de la situation en Libye, où le Brésil s’est opposé aux bombardements des puissances.

Finalement le Brésil, qui s’est abstenu de voter contre l’Iran dans l’Assemblée de l’ONU en novembre 2010, a appuyé la formation d’un organisme chargé d’étudier la situation des droits humains dans ce pays. L’ambassadrice nord-américaine Eileen Chamberlain a félicité hier le corps diplomatique brésilien pour sa position au Conseil des Droits humains. « La présidente Rousseff a démontré à quel point sa vision sur cette question était satisfaisante ». 

Je le répète, s’il m’arrive d’avoir quelques doutes sur tout ce qu’on reproche à Kadhafi, je n’en ai aucun sur la question des droits de l’homme en Iran, mais si j’étais la présidente du Brésil je me demanderais quelle connerie j’ai pu faire pour recevoir de telles félicitations de la part des Etats-unis.  

Selon des propos publiés dans les médias brésiliens, avec son vote à l’ONU, le brésil espère gagner la confiance de Washington et un éventuel appui pour son aspiration à accéder à un siège permanent au conseil de sécurité.

 L’ambassadrice brésilienne à l’ONU, Maria Nazareth Farani de Azevedo, a protesté hautement qu’il était faux de penser que la position du Brésil contre l’Iran était liée à l’espérance d’un siège permanent au Conseil de sécurité.

Le vote brésilien représente « un message fort d’appui au peuple iranien » a déclaré Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix en 2003, qui avait exprimé ses critiques au Président Luiz Lula da Silva (2003-2010), pour son rapprochement et son dialogue avec Téhéran.

Cette dernière position est parfaitement compréhensible et légitime, et ceux qui souffrent dans les geôles iraniennes n’ont pas de conseil de patience à recevoir, mais la diplomatie de Lula était de celle qui justement permettait d’avancer tout en respectant la souveraineté des peuples, le dialogue qu’il proposait en face du bellicisme étatsunien est le seul qui permettra d’avancer. Parce que ce n’est pas seulement la répression qui bloque l'émancipation du peuple iranien, c’est le patriotisme, le fait d’être entre l’Iran et l’Afghanistan confronté à la catastrophe des invasions sous commandement étatsunien.

Et pourtant si vous ne le voyez pas sachez que le processus de cette invasion, voir de frappe sur des sites nucléaires est en marche, l’affaire de la Libye n’est qu’une manière d’utiliser les révoltes du monde arabe pour recomposer les camps et les diriger contre l’Iran ? Et après contre la Chine ? Où s’arrêtera un Empire en pleine chute face à un monde où la crise prend des proportions multiples et de plus en plus catastrophiques.

Danielle Bleitrach

Brasilia, mars 25 –



 Réflexion

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 René Naba : Golfe Armement: Autant en emporte le vent.

Partie1/2

Ce papier est dédié aux trois personnalités suivantes :

Mohamad Bouazizi, décédé le 4 janvier 2011, des suites de ses blessures. Son immolation sur la place publique de Sidi Bouzid, en Tunisie, en signe de protestation contre l’arbitraire tunisien, a servi d’étincelle au soulèvement populaire qui provoqua la chute de la dictature du Général Zine El Abidine Ben Ali.

Ahmad Jaafar Kassem, artisan du spectaculaire attentat contre le QG du commandement  israélien de Tyr, le 11 novembre 1982, dans le cadre d’une opération de la résistance libanaise contre l’occupation israélienne du sud Liban

Mountazar Al Zaïdy, journaliste irakien, le Spartacus des temps modernes, le lanceur de sa chaussure contre George  Bush jr.

 

I • Le Golfe, une gigantesque base flottante américaine, une pompe à finance des déficits américains.

L’effondrement du dispositif occidental sur la rive arabe de la Méditerranée avec les révoltes populaires en Tunisie et en Egypte sur fond d’une contestation généralisée des supplétifs de la stratégie américaine dans la sphère arabo musulmane, au terme d’une furieuse décennie de «guerre contre le terrorisme», de même que les révélations du site américain Wikileaks sur la position belliqueuse des pétromonarchies face à l’Iran, illustrent la logique de vassalité des «émirats mirage» face à l’Amérique, particulièrement dans le domaine de la défense, en ce qu’ils incitent les Américains à faire la guerre à leur voisin iranien pour neutraliser son potentiel nucléaire, plutôt que de doter le Monde arabe d’une capacité d’autosuffisance stratégique.

Le contrat de l’ordre de 123 milliards de dollars, conclu à l’automne 2010 entre l’Amérique et quatre pays du Golfe, en vue de renforcer leur capacité défensive «face à l’Iran».en constitue un témoignage éloquent de cette politique de dilapidation financière pour des motifs d’armement.

Face à l’Iran, la constellation des pétromonarchies du Golfe s’est ainsi transformée en une véritable base flottante américaine, au point que se pose la question de la viabilité stratégique et de la pertinence politique du plus important contrat d’armement de l’histoire, jamais conclu, en temps de paix, entre les Etats Unis et quatre pays membres de la zone. Un singulier contrat à tous égards, de l’ordre de 123 milliards de dollars, qui outrepasse les capacités d’absorption des bénéficiaires de même que les capacités d’assimilation de cet armement par ses servants locaux.

Si l’on excepte sa piètre démonstration militaire au Yémen, l’été 2010, l’Arabie saoudite n’a jamais mené de guerre directe contre aucun de ses adversaires potentiels, encore moins contre Israël, l’ennemi officiel du monde arabe, dont elle est le principal opposant sur le plan théorique, se bornant à financer des guerres obliques de déstabilisation,jamais contre Israël, toujours contre les pays arabes ou musulmans ; Contre l’Egypte nassérienne au Yémen, dans la décennie 1960 par monarchistes interposés, contre la Syrie baasiste, dans la décennie 1970, par Frères Musulmans interposés, ou encore contre la Révolution islamique de l’Iran, dans la décennie 1980, via  l’Irak Baasiste de Saddam Hussein, ou enfin contre l’Union Soviétique, en Afghanistan, dans la décennie 1980, via sa légion islamique  sous la houlette de son homme lige Oussama Ben Laden.

La transaction, conclue à l’occasion de la fête nationale saoudienne, le 23 septembre 2010, implique la modernisation de la flotte aérienne et de la marine saoudiennes. Soixante milliards de dollars seront affectés à la vente à l’Arabie saoudite de 87 chasseurs bombardiers « F-15», de 70 hélicoptères de combat «Apache» et de 72 hélicoptères «Black Hawk», 36 hélicoptères Little Bird AH-6, ainsi que des bombes, des missiles, y compris la bombe guidée par GPS, JDAM, produite par Boeing et le missile guidé par laser Hellfire. Trente milliards de dollars complémentaires seront affectés à la fourniture de bâtiments de guerre et d’un système de défense balistique, complémentaire au réseau de missiles de type Patriot et au reconditionnement des anciens appareils de l’armée de l’air et de la marine.

Le contrat est complété par une série d’accords similaires avec trois autres pétromonarchies du Golfe (Koweït, Emirats arabes Unis et sultanat d’Oman) portant le montant total de la transaction à 123 milliards de dollars.

Les pétromonarchies arabes, un des principaux ravitailleurs du système énergétique mondial, sert en même temps de gigantesque base militaire flottante de l’armée américaine, qui s’y ravitaille à profusion, à domicile, à des prix défiants toute concurrence. Tous, à des degrés divers, y paient leur tribut, accordant sans états d’âme, des facilités à leur protecteur.

La zone est, en effet, couverte d’un réseau de bases aéronavales anglo-saxonnes et françaises, le plus dense du monde, dont le déploiement pourrait à lui seul dissuader tout éventuel assaillant éventuel, rendant  superflu un tel contrat. Elle abrite à Doha (Qatar), le poste de commandement opérationnel du Cent Com (le commandement central américain) dont la compétence s’étend sur l’axe de crise de l’Islam qui va de l’Afghanistan au Maroc;  A Manama (Bahreïn), le quartier général d’ancrage de la V me flotte américaine dont la zone opérationnelle couvre le Golfe arabo-persique et l’Océan indien.

En complément, l’Arabie saoudite abrite, elle, une escadrille d’awacs (Air borne Warning and Control System), un système de détection et de commandement aéroporté, dans la région de Riyad. Le Koweït, très dévoué à son libérateur, fait office de zone de pré positionnement et de ravitaillement à la gigantesque infrastructure militaire américaine en Irak, le nouveau champ d’expérimentation de la guerre moderne américaine dans le Tiers-monde. S’y ajoute, dernier et non le moindre des éléments du dispositif,  Israël, le partenaire stratégique des Etats-Unis dans la zone, ainsi que la base relais de Diégo Garcia (Océan indien), la base aérienne britannique de Massirah (Sultanat d’Oman) ainsi que depuis janvier 2008 la plate forme navale française à Abou Dhabi.

De surcroît, des barrages électroniques ont été édifiés aux frontières de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour décourager toute invasion ou infiltration. Le barrage électronique saoudien a été édifié avec le concours des Français, celui d’Abou Dhabi, avec le concours de la firme israélienne AGT (Asia Global Technologies), dont le contrat de trois milliards de dollars concerne aussi bien la protection des frontières que la protection de quinze sites pétroliers de l’émirat, ainsi que la fourniture de Drones, les avions de reconnaissance sans pilote, de fabrication israélienne

Faiblement peuplées, entourées de puissants voisins tels l’Iran et l’Irak, de création récente et inexpérimentées en la matière, les pétromonarchies ont longtemps confié leur protection à des pays amis aguerris, ou, à défaut, à des compagnies militaires privées, les mercenaires des temps modernes, et, les fabuleux contrats d’armement qui excédaient les capacités d’absorption des servants locaux, étaient généralement perçus comme des polices d’assurance déguisées, en raison des mirifiques rétro commissions qu’ils généraient.

La protection de l’espace aérien saoudien a été longtemps confiée aux aviateurs pakistanais, le territoire national du Sultanat d’Oman aux bédouins de la légion arabe jordanienne, les mercenaires occidentaux se chargeant du reste, avec une répartition des rôles entre les Anglais, surtout présents dans leur ancienne zone d’influence, notamment les émirats pétroliers du Golfe, et les Américains ayant la haute main sur l’Arabie Saoudite et le reste du Moyen-Orient.

La protection du Cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nahyane, Emir d’Abou Dhabi et président de la Fédération des Émirats du Golfe, ainsi que l’encadrement des troupes omanaises dans la répression de la guérilla marxiste du Dhofar, dans les années 1965-1970, ont relevé de la responsabilité de «Watchguard», une des deux compagnies de mercenaires britanniques, dont le siège est à Guernesey. Fondée en 1967 par David Sterling, un ancien des commandos de l’air britanniques (Special Air Services), elle passe pour être un instrument d’influence de la diplomatie britannique. Outre Blackwater, qui s’est fâcheusement illustrée en Irak, les États-Unis comptent, eux, deux grandes sociétés privées militaires: Vinnell Corp, dont le siège est à Fairfax, en Virginie, et BDM international. Toutes deux filiales de la multinationale Carlyle, elles apparaissent comme les bras armés privilégiés de la politique américaine en Arabie et dans le Golfe. Vinnel corp, dont la mission saoudienne a fait l’objet d’un attentat à Khobbar en 1995, a la haute main sur la formation de la Garde nationale saoudienne, tandis que BDM gère la formation du personnel de l’armée de l’air, de la marine et des forces terrestres saoudiennes.

 

II • L’Iran, un prétexte pour éponger le surplus de pétrodollars arabes

Israël, un prétexte pour maintenir la dépendance technologique arabe

Ce contrat qui devra être soumis au Congrès pour ratification, témoigne des «relations spéciales» entre les Etats-Unis et le Royaume d’Arabie saoudite depuis la signature du Pacte de Quincy en 1945. Une relation spéciale, certes, mais de vassalité en ce qu’il vise à «renforcer les capacités combatives du Royaume face à l’Iran» sans faire peser des risques sur Israël.

Les avions saoudiens seront en effet privés d’armes de longue portée afin de sécuriser l’espace aérien israélien et leurs performances, tant en ce qui concerne leur équipement que leur maniabilité. Ils  seront, en tout état de cause, de moindre capacité que le nouveau appareil que les Etats-Unis envisagent de vendre à Israël, 20 chasseurs-bombardiers américains F-35 Lightning II (JS F-35), le  super bombardier de supériorité technologique, dont le coût unitaire atteint la somme considérable de 113 millions de dollars pièce. Israël dispose ainsi d’un quasi-droit de regard sur l’équipement militaire des alliés arabes des Etats-Unis.

Ainsi donc par un subterfuge que les politologues américains désignent du vocable de «Politics of Fears», la politique de l’intimidation, qui consiste à présenter l’Iran comme un croquemitaine, l’Arabie saoudite est contrainte de se doter, non d’une défense tous azimuts, mais d’une posture défensive anti iranienne, autrement dit de renforcer le royaume «face à l’Iran», puissance du seuil nucléaire, et non Israël, puissance nucléaire de plein exercice, de surcroît puissance occupante de Jérusalem, le 3me haut lieu saint de l’Islam.

Alors que le Monde arabe accuse un retard manifeste tant au niveau de la recherche scientifique que du développement des nouvelles technologies et que le chômage atteint des proportions rarement égalées ailleurs dans le monde, quatre pétromonarchies vont débloquer la colossale somme de 123 milliards de dollars, pour résorber le chômage…. des Etats-Unis, maintenir un bassin d’emploi de 75.000 poste sur cinq ans, et justifier, sous l’apparence d’un faux équilibre, une transaction qualitativement supérieure entre les Etats-Unis et Israël.

Indice d’une dépendance complémentaire à l’égard des Etats-Unis, Abou Dhabi s’est d’ores et deja engagé à ne pas utiliser la technologie américaine pour développer des armes nucléaires, renonçant à enrichir de l’uranium et à recycler les déchets. Une décision qui contraint les principautés pétrolières à importer le combustible nécessaire au fonctionnement des réacteurs de leurs centrales nucléaires de production d’électricité.

En d’autres termes, les exigences américaines aboutissent à préserver le monopole de la production nucléaire au bénéfice des pays occidentaux, de la Chine et de la Russie et de maintenir en état de dépendance les pays émergents.

Au prétexte de la sécurité d’Israël, les Etats-Unis veillent particulièrement à barrer la voie aux pays arabes à accéder à la capacité nucléaire. L’Egypte a dû ainsi attendre trente ans le feu vert américain pour se lancer dans le nucléaire civil, une autorisation accordée lorsque l’Iran est devenue une puissance du seuil nucléaire, enregistrant un considérable retard scientifique par rapport aux autres grands acteurs régionaux. Pire, signe de son dégagement du conflit et de la précarité du pouvoir de Hosni Moubarak, les forces de sécurité et brigades anti émeutes dépassent en nombre celui des forces armées, 1,4 millions contre un million, selon les indications fournies par Mohamad Hassaneine Heykal, l’ancien confident de Gamal Abdel Nasser sur le chaîne «Al Jazira, le 17 décembre 2010.

Les Etats-Unis cherchent de même à imposer à la Jordanie un accord qui autoriserait le Royaume à extraire l’uranium qu’il recèle en son sol, tout en lui interdisant de le transformer en combustible. Cette exigence réduit également toute possibilité pour la Jordanie de devenir un centre régional d’enrichissement d’uranium.

La Jordanie, habituellement docile à l’égard des Diktats américains, paraît devoir passer outre. Elle a déjà commencé à développer les infrastructures nécessaires pour répondre à ses ambitions nucléaires et a prévu la construction de sa première centrale en 2019. AREVA (France) a signé en 2010 un accord d’exploitation conjointe pour l’extraction de l’uranium dans le centre de la Jordanie dans le cadre d’une concession accordée pour 25 ans.

Bien qu’antérieure à l’émergence de l’Iran comme puissance nucléaire virtuelle, la forte concentration militaire occidentale dans le golfe arabo-persique est néanmoins présentée dans les médias occidentaux comme destinée à protéger les princes du pétrole contre les convoitises du régime islamique de Téhéran.

Force pourtant est de constater que l’unique intervention militaire iranienne contre les pétromonarchies s’est produite à l’époque où l’Iran se situait dans la mouvance occidentale dans la décennie 1970 sans que la protection américaine n’ait été d’un grand secours aux protégés arabes qui se sont vus amputer ce jour là de trois îlots appartenant à l’Emirat d’Abou Dhabi: (la grande et la petite Thomb et l’ïle d’Abou Moussa. Il est vrai que le Chah d’Iran Mohamad Reza Pahlevi faisait office à l’époque de gendarme du Golfe pour le compte des Américains et que les princes arabes ne pouvaient qu’obtempérer, sur injonction américaine, au super gendarme régional qui leur avait été assigné.

Sous couvert de guerre contre le terrorisme ou de démocratisation du Moyen orient, deux des objectifs déclarés de la diplomatie américaine, la présence militaire américaine vise à maintenir cette zone énergétique d’importance stratégique sous contrôle occidental, alors que la guerre pour le contrôle des matières premières redouble d’intensité tant en Asie qu’en Afrique au moment où la Chine opère une percée remarquable sur le flanc méridional de l’Europe.

Oasis de prospérité sécurisée de l’économie occidentale face à la «zone de pénurie» du versant méditerranéen frondeur du Monde arabe, cette constellation de micro états balance entre gigantisme économique et nanisme politique, face au triple péril résultant de leur trop grande dépendance vis-à-vis de la main d’œuvre étrangère, de leur trop grande dépendance militaire vis à vis des Etats-Unis d’Amérique et des incessantes frasques monarchiques au point d’accentuer le discrédit et de fragiliser les six pétromonarchies du golfe du fait de leur complet décalage avec le combat mené par les mouvements contestataires arabes contre l’hégémonie occidentale tant au Liban (Hezbollah), qu’en Irak (Moqtada Sadr) qu’ en Palestine (Hamas).

L’affaiblissement militaire et économique des Etats-Unis, la nouvelle tonicité de la Russie après la guerre de la Géorgie, en août 2008, l’activisme chinois en Afrique font craindre aux stratèges occidentaux la consolidation du groupe de Shanghai (Chine, Russie, Iran), à l’effet de modifier les rapports de force régionaux notamment au Moyen-orient, au détriment des pétromonarchies alliées du camp occidental.

La transaction militaire américano arabe de 123 milliards de dollars représente le 1/5me du flux global consenti par la Réserve fédérale américaine pour relancer l’économie américaine en 2010-2011. L’Iran sert ainsi de croquemitaine pour éponger le surplus de pétrodollars des réserves pétro monarchiques.

Les pétromonarchies, coutumiers du fait, ont déjà volé au secours de l’économie américaine au moment du krach bancaire de 2008-2009, enregistrant au passage, sans plainte ni complainte, une perte sèche de 150 milliards de dollars au cours du troisième trimestre 2008, du fait de leurs placements sur les marchés occidentaux.


III • Les dépenses d’armement arabe ……. Un effroyable gâchis

Les lourds investissements, notamment dans le domaine militaire, paraissent stimulés parfois, non pas tant par les impératifs de sécurité, mais par la perspective alléchante des commissions et rétro commissions. A l’indice mondial de la corruption, l’Arabie Saoudite se situe hors classement.  A croire que les surfacturations tiennent lieu de «police d’assurance tous risques» contre d’éventuelles tentatives de déstabilisation, de rétribution déguisée pour un zélé protecteur, une sorte de mercenariat officieux.

Dans la foulée de la première guerre contre l’Irak, l’Arabie a ainsi consacré, en 1992 et 1993, vingt neuf milliards de dollars pour sa défense contre 26,5 milliards à l’éducation nationale, une somme équivalent, compte tenu de sa faible densité démographique (12,3 millions de nationaux) et de la faiblesse numérique de ses forces armées (200.000 entre armée régulière et garde nationale), à une dépense moyenne de 75 millions dollars par an pour chaque militaire, et, à l’échelle du pays, un million de dollars par an par habitant, proportion inégalée partout ailleurs dans le monde.

Pour prix du concours américain, l’Arabie saoudite a déboursé la coquette somme de cinquante milliards de dollars à titre de contribution à l’effort de guerre, dont dix sept milliards de dollars au titre de «prime de débarquement» sur le sol saoudien, en prélude aux frappes anti-irakiennes. Autrement dit, la monarchie saoudienne aura débloqué cinquante milliards de dollars à l’Amérique pour l’autoriser à accentuer son emprise sur le Royaume et à camoufler la corruption régnante.

Le Général Khaled Ben Sultan, (57 ans), propre fils du ministre de la défense, abusivement auto proclamé commandant en chef de la coalition internationale anti-irakienne, alors qu’il n’était en réalité que l’interface saoudien du véritable commandant américain, le général Norman Schwarzkopf, a réussi, dans ces circonstances dramatiques pour son pays, le tour de force, de prélever près de trois milliards de dollars au titre de commissions sur les transactions sur l’équipement et le ravitaillement des troupes de la coalition estimée à l’époque à 500.000 soldats de 26 nationalités.

Une telle ponction, exorbitante, et à certains égards indécente au regard des enjeux de l’époque et de la contribution réclamée par des tiers pour la défense du territoire national, aurait été passible partout ailleurs d’une comparution immédiate devant la cour martiale. Elle n’a donné lieu à aucun rappel à l’ordre familial, tout juste une discrète mise à l’écart provisoire de l’indélicat, qui s’est traduite pour l’exilé milliardaire de Londres par le rachat du journal «Al-Hayat».  Un traitement  identique a été réservé à son frère, le prince Bandar Ben Sultan, ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis, mis en cause dans le scandale des rétro commissions de la commande d’avions de combat de fabrication britannique Toronado», promu par la suite président du Conseil National de Sécurité du Royaume. Une prime à la prévarication en quelque sorte.

 IV • Ahmad Jaafar Kassem et Montazar al Zayédi, un contrepoint au comportement de vilénie

En contrepoint à ce comportement de vilénie, des actes de bravoure donneront ses titres de gloire au combat arabe. Tel le cas de Mohamad Bouazizi, mort le 4 janvier 2011 des suites de son immolation sur la place publique de Sidi Bouzid, en Tunisie, en signe de protestation contre l’arbitraire tunisien, l’étincelle au soulèvement populaire tunisien qui provoqua la chute de la dictature du Général Zine El Abidine Ben Ali, au terme de 23 ans d’arbitraire, de népotisme et de corruption. Mohamad Bouazizi a mis en application, dans sa chair, au prix de sa vie, la dernière partition de l’hymne national tunisien, «Namoutou Wa Yahya Al Watan», «Nous mourrons pour que vive la nation».

Ou encore le cas de Ahmad Jaafar Kassem, qui se livrera à une mission sacrificielle, uniquement mu par le sens de l’honneur et l’amour de sa patrie, opérant un spectaculaire dynamitage du quartier général du commandement militaire israélien à Tyr, au sud Liban, provoquant la mort de 45 soldats israéliens et près de 200 blessés. Un bilan infiniment supérieur à la totalité des pertes cumulées infligées aux Israéliens tant par les 50.000 arabes afghans de la Légion islamique d’Afghanistan que par l’Arabie saoudite, dont les dépenses en armement se sont élevées au cours des cinquante dernières années à près de 300 milliards de dollars sans avoir tiré un seul coup de feu contre Israël.

Né  le 1er septembre 1963 à Deir Kanoun, au sud Liban, dans la zone limitrophe d’Israël, mort le 11 novembre 1982 dans l’attaque du QG israélien de Tyr, Ahmad Jaafar Kassir, membre de la résitance islamique du Liban,  est passé à la postérité comme l’initiateur des premières opérations de commando suicide contre les forces d’occupation israéliennes au sud Liban, qui déboucheront en 2000 sur le retrait israélien en l’an 2000, premier dégagement israélien d’un pays arabe non assorti d’un traité de paix ou d’une reconnaissance de l’Etat Hébreu.

Ou encore le cas de Mountazar Al Zaïdy, l’homme aux mains nues, qui a symboliquement brisé les chaînes qui entravaient ses compatriotes, en lapidant de sa chaussure, dans son fief de la zone verte de Bagdad, l‘enclave américaine transformée en camp retranché, l’homme le plus puissant de la planète, le 43me Président des Etats-Unis, le néo-conservateur George Bush jr. Le journaliste irakien, le plus célèbre lanceur de chaussures de l’histoire de l’humanité est apparu ainsi à de larges fractions de l’hémisphère sud, pas uniquement le Monde arabe et musulman, mais également en Amérique du sud, en Afrique, en Asie Pacifique, dans les banlieues d’Europe et d’Amérique du nord, comme un personnage de légende, le Spartacus des temps modernes, faisant du «bashing bush», le plus prisé des jeux de la blogosphère, c’est-à-dire dans le monde de l’information réelle. «Au nom des veuves et des orphelins d’Irak, prend donc ce baiser d’adieu, fils de chien», a-t-il asséné à l’envahisseur de son pays.

Mohamad Bouazizi, Ahmad Jaafar Kassem et Montazar Al Zaïdy ont retourné à leur compte la métaphore du faible au fort, se réappropriant le mythe du petit David bravant le géant Goliath, forçant au respect l’opinion internationale, sans la moindre rétribution, ni la moindre prébende, ni commissions ni rétro commissions, le lot quotidien des transactions militaires pétro monarchiques.

Suivra...
Pour aller plus loin,

Le Pacte de Quincy : http://www.renenaba.com/?p=2807

Sur les commissions, rétro commissions et la communauté de connivence

http://hybel.blogspot.com/2010/12/le-980.html

René Naba 


Les commentaires sont fermés.