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30/03/2011

n°475 - Afghanistan : Les dossiers - 29-03 - Début - Les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre

n°475 - Afghanistan : Les dossiers - 29-03 -   Début  - Les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Les dossiers

n°475 du 29-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

1 Les Brèves

1-1 Le commerce de la mort.

1-2 L'armée américaine a cherché à utiliser des psychologues militaires pour influencer des élus sur l'Afghanistan.

Suite

2 Dossiers

2-1 CASSE-TÊTE POUR LE FBI, Le terroriste a-t-il un profil-type?  

2-2 morice : En Afghanistan comme au Pakistan, les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre…

2-3 Tara Mckelvey : A l’intérieur de la machine à tuer (In the killing machine).

Fin

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Des policiers changent de camp…

3-2 Charles DAVIS, Medea Benjamin : Le calvaire de Bradley Manning.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Afghanistan : Dix ans de combats pour quels résultats ?

4-2 Jean-François Racine, Alexandre Poirier : La mort reste un sujet tabou au sein des troupes.

4-3 Les photos de la «kill team» américaine en Afghanistan.

4-4 Wikileaks: le soldat Manning décrit les mauvais traitements qu'il dit subir.

 


                                L'Afghanistan en chiffre du 03-03 au 29/03/11

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 6

 x

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 38

 67

 

 

 

Peuple Afghan

 16

 x

 


Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

10/03

Un soldat britannique a été tué par une bombe artisanale (IED) hier dans la province du Helmand, dans le sud de l'AFghanistan, a annoncé le ministère britannique de la Défense.
Le soldat a été tué pendant des opérations dans la région de Nad-e Ali. Sa mort porte à 359 le nombre de soldats britanniques tués depuis le début des opérations britanniques en Afghanistan en octobre 2001.
Le soldat participait à une opération contre les insurgés lorsque "son véhicule a heurté un engin explosif improvisé", a déclaré le porte-parole du contingent déployé dans le Helmand, le lieutenant-colonel David Eastman.

AFP

18-03

Un soldat britannique victime de l'explosion d'une bombe artisanale dans le sud de l'Afghanistan a succombé à ses blessures, a annoncé vendredi le ministère britannique de la Défense.

Le soldat a été blessé alors qu'il était en patrouille mercredi dans le district de Nahr-e Saraj, situé dans la province de Helmand. Il a été évacué par hélicoptère vers un hôpital militaire avant d'être rapatrié en Grande-Bretagne, où il est mort

AP

25/3

Deux soldats britanniques ont été tués, par un engin explosif dans le sud du pays. Ils sont morts six jours avant la fin de leur mission.

AP

28-03

Un soldat canadien a perdu la vie au cours d’une patrouille, Le militaire a été tué par un engin explosif alors qu’il patrouillait à pied dans le district de Panjwa’i, situé dans la province méridionale de Kandahar,

AP



Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

14-03

Au moins 33 personnes ont été tuées et 42 blessées lundi dans une attaque kamikaze contre un centre de recrutement de l'armée dans le nord du pays,

http://www.lepoint.fr/monde/afghanistan-33-morts-dans-un-attentat-contre-l-armee-dans-le-nord-14-03-2011-1306051_24.php



Détails

Province de Jalalabad

7-3

Une bombe placée sur une route à Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, a tué deux policiers et blessé 25 personnes lundi,

AP


Province de Nangarhar(orientale)

15/03

Un directeur d'école et un élu local ont été tués par des bombes artisanales aujourd'hui dans l'est de l'Afghanistan, ont annoncé les autorités.
La première a explosé dans l'école dirigée par la victime dans les faubourgs de Jalalabad, la grande ville de l'est afghan, a précisé le porte-parole des services d'éducation de la province du Nangarhar, Mohammad Asif Shinwari. La résistance ont nié être impliqué dans cet attentat qui a eu lieu dans une école pour garçons.

AFP


Province de Paktikâ

28/3

Trois kamikazes se sont approchés du portail des bureaux de l'entreprise Zahir et ont tué le garde. Ils ont ensuite conduit un camion bourré d'explosifs dans le complexe et l'ont déclenché.

Le porte-parole des talibans Zabiullah Mujahid a revendiqué la responsabilité de cette attaque, affirmant qu'elle était l'oeuvre d'un kamikaze qui devait viser une base des forces afghanes et de l'OTAN. 

Le secteur est situé près de la frontière pakistanaise et des zones tribales qui servent de refuge aux Résistants. Il a été le théâtre d'une escalade des violences ces derniers mois.

 

AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110328.FAP6967/attaque-contre-une-entreprise-de-travaux-publics-en-afghanistan-20-morts.html



Enlèvement

 27/03

Une cinquantaine de policiers afghans ont été enlevés lors d'une embuscade tendue dans le nord-est de l'Afghanistan.

AP



4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 : "Force combinée 82 "

 

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.


                                      The War in Afghanistan Costs

 

relève le 30-03 à 10.03


Cost of U.S. War and Occupation of Afghanistan

                                                          

                                                                 $390.843.913.916

24.07http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.



Les Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

PS : La publication de l'article doit être vu comme information.

1-1 Le commerce de la mort.  

Si elle n'a pas réussi dans sa vocation initiale, la lutte anti-terrorisme de l’Occident, en Afghanistan, a été, au moins, du pain béni, pour les multinationales d'armements. Le quotidien allemand, "Tags Spiegel", l’a évoqué, en faisant allusion à la hausse des exportations des armements des pays occidentaux vers les régions en crise du monde. Dans son reportage, le quotidien allemand a précisé que l’industrie des armements ne s'est jamais porté aussi bien, alors que le moteur du militarisme marche à plein tube. «Encore plus d’armes seront transférées des pays occidentaux, dont l’Allemagne, vers les régions en proie à la crise», peut-on lire, dans le reportage, dont l’auteur rappelle que le commerce de la mort s’est transformé en l’un des plus lucratifs du monde. «L’idée, d’après laquelle, la paix se réalise avec moins d’armes, est devenue un slogan politique simpliste», a constaté l’auteur, insistant sur le fait que les différends et les clashs se multiplient, au fil du temps. «Le monde fait fausse route, comme l’a estimé un des experts militaires des Verts allemands ; l’Allemagne exporte, chaque jour, davantage d’armements vers les régions aux prises avec des crises», déplore l’auteur. Dans ce même contexte, il faut, aussi, évoquer un rapport, préparé, par le centre international "BICC", qui étudie combien d’argents publics du monde se dépensent dans les armées et quel part se sont consacrés les frais militaires du "PIB" des pays. D’après ce même rapport, la Russie dépense la plupart de ses revenus en frais militaires. Les Etats-Unis, qui sont, maintenant, dirigés par le Prix Nobel de la paix, se sont rangés au premier rang, avec 663 milliards de dollars et une part de 43% des frais en armement du monde. Le rapport évoque les frais en armement de 161 pays du monde. Après Washington et Moscou, Berlin est le plus grand exportateur d’armes du monde. Les compagnies allemandes ont, presque, doublé leurs exportations, durant ces cinq dernières années. De même, l’Institut de recherche de la paix de Stockholm a rapporté que la crise financière n'a, non seulement, pas affecté l’industrie des armements du monde, mais encore, les grandes compagnies en armement du monde ont eu, en 2009, un commerce florissant.

Ce centre a affirmé que les frais en armement du monde ont doublé, depuis 2002, lorsque le projet de la lutte anti-terrorisme a eu son déclic avec l’intervention en Afghanistan. Il semblerait que l’industrie des armements cherche de nouveaux marchés de vente d’armes, surtout, dans les pays du Tiers-monde, comme l’a averti un homme politique des Verts allemands.

04/03/2011
IRIB

 http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/110119-le-commerce-de-la-mort


1-2 L'armée américaine a cherché à utiliser des psychologues militaires pour influencer des élus sur l'Afghanistan.

24.02.

L'armée américaine a cherché à utiliser illégalement les services de psychologues militaires pour influencer des parlementaires et de hauts responsables étrangers, dans l'espoir d'obtenir plus de troupes et de fonds pour l'Afghanistan, rapporte jeudi le magazine Rolling Stone.

Le journal accuse le général William Caldwell, responsable de la formation des troupes afghanes, d'avoir fait pression l'an dernier sur une cellule de "psy-ops", des militaires normalement chargés d'influencer le comportement de l'ennemi par le biais de la propagande. 

Selon le magazine, le général a exigé de cette cellule qu'elle se concentre sur les personnalités venant lui rendre visite en Afghanistan. Parmi celles-ci figuraient, selon le journal, le sénateur John McCain, ancien candidat républicain à la présidentielle, ainsi que ses collègues Joe Lieberman, Jack Reed, Al Franken et Carl Levin. Rolling Stone cite aussi les noms du chef d'état-major interarmées, l'amiral Mike Mullen, ainsi que le ministre de l'intérieur allemand et l'ambassadeur tchèque en Afghanistan.

Le journal s'appuie sur des déclarations du colonel Michael Holmes, chef de la cellule en question, qui a expliqué que la loi interdisait à ses services de manipuler des Américains. "Mon travail de 'psy-op' est de jouer avec le cerveau des gens, afin d'amener l'ennemi à agir comme nous le souhaitons. Je n'ai pas le droit de faire ça aux nôtres. Si on me demande d'utiliser ces capacités sur des sénateurs ou des représentants, on franchit la ligne rouge", a-t-il déclaré.

Selon le colonel Holmes, son supérieur hiérarchique lui a demandé de réunir des dossiers sur ses visiteurs afin de connaître "les points sensibles sur lesquels nous pourrions agir afin d'obtenir plus de fonds". "Comment peut-on obtenir de ces types qu'ils nous envoient plus de monde ? Que dois-je leur enfoncer dans le crâne ?", aurait demandé le général Caldwell. Selon Rolling Stone, le colonel Holmes s'est ouvert de ses préventions auprès de sa hiérarchie, mais il a ensuite fait l'objet d'une enquête sur son comportement personnel et a reçu "une réprimande".

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/02/24/l-armee-americaine-a-cherche-a-utiliser-des-psychologues-militaires-pour-influencer-des-elus-sur-l-afghanistan_1484802_3222.html


n°475 - Afghanistan : Les dossiers - 29-03 - Suite - Les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre

n°475 - Afghanistan : Les dossiers - 29-03 -   Suite  - Les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Les dossiers

n°475 du 29-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Dossiers

2-1 CASSE-TÊTE POUR LE FBI, Le terroriste a-t-il un profil-type?  

2-2 morice : En Afghanistan comme au Pakistan, les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre…

2-3 Tara Mckelvey : A l’intérieur de la machine à tuer (In the killing machine).


2 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 CASSE-TÊTE POUR LE FBI, Le terroriste a-t-il un profil-type?  

Les spécialistes pensent que le FBI applique des théories réductrices qui ne correspondent pas aux observations du gouvernement.
C’est dans une conjoncture particulière, marquée par de multiples révoltes populaires dans le Monde arabo-musulman où l’on note un rôle très timide pour ne pas dire insignifiant des formations et partis politiques à caractère islamiste, que les Etats-Unis d’Amérique s’appliquent à lancer un débat sur la dérive islamiste.
Aux Etats-Unis, certains cercles tentent de réaffirmer par ce débat que le profil d’un futur terroriste cadre avec le port d’une barbe et l’attachement à la religion musulmane. Des critères complètement dépassés et absolument absurdes pour certaines sources sécuritaires qui confient que la religion et le port de la barbe ne confirment en aucun cas le profil d’un futur terroriste soulignant que les juifs integristes portent aussi la barbe.
Ce débat continue, en fait, d’asseoir des fausses théories sur des bases peu crédibles. Mais contrairement à ce concept qui vise à stigmatiser les musulmans, un centre de recherche américain indique que le processus menant à la radicalisation demeure très complexe et un cliché typique d’un futur terroriste ne peut pas être déterminé aussi facilement. C’est dire que les Américains sont plus conscients et balayent l’idée de l’assimilation du musulman au terrorisme.
Le Brennan Center for Justice de la New York University, vient de publier un rapport dans ce sens, à la veille même de la tenue par la Chambre des représentants américaine d’une audience très controversée concernant la radicalisation de la communauté musulmane. Dans ce rapport, indique l’AFP, on démonte complètement les conclusions simplistes sur le sujet, intitulé «Repenser la radicalisation» en faisant le point sur la recherche en matière de terrorisme made in USA. Depuis le 11 septembre 2001 le terrorisme menace les USA surtout que ce pays a été la cible de plusieurs tentatives terroristes dont les auteurs sont nés ou naturalisés américains. Dans ce contexte, une spécialiste des libertés civiles des musulmans aux USA, Faïza Patel souligne: «Une opinion peu étayée, réductrice sur «comment les gens deviennent terroristes» a gagné une légitimité injustifiée dans certains cercles antiterroristes» et d’ajouter: «Etant donné le caractère fragmentaire et contradictoire des connaissances, un observateur extérieur peut difficilement évaluer qui a raison dans ce discours ambiant.» La spécialiste ne manquera pas d’indexer le FBI et le Nypd (département de la police de New York) jugeant que leurs théories sont indûment réductrices et ne répondent pas aux observations et notes du gouvernement, ni aux nombreuses études des experts en sciences sociales et en psychologie. Contrairement à ceux-là qui se basent sur une étude plus scientifique fondée à partir d’analyses psychologiques et psycho-sociales, le FBI et le Nypd, «la dérive peut être stoppée dès ses débuts par des agents formés pour déceler les bons signes».
Une théorie qui ne s’aligne pas sur les principes actuels de la lutte antiterroriste, ni avec les nouvelles donnes intervenues. Pour des sources sécuritaires en Algérie, un futur terroriste peut ne pas avoir de religion. Toutefois, un sentiment de vengeance, un échec, une situation sociale ou une dépression survenue suite à un choc, sont autant de causes qui peuvent faire d’un être humain un terroriste en veille. Cette théorie est évoquée par des services qui jouissent d’une expérience incontestable dans la lutte antiterroriste et ayant pendant 20 ans étudié le profil d’un terroriste. Ces services concluent ainsi que le signe d’une barbe identifiant un musulman comme un terroriste devient complètement absurde.
Tenant compte de ce qui précède, Faïza Patel écrira qu’«il n’y a pas de personne-type qui deviendra un terroriste, pas de moyen de prédire l’avenir extrémiste de quelqu’un, et la pratique de l’Islam en elle-même ne conduit pas au terrorisme». Dans ce même contexte, un rapport du ministère de la Sécurité intérieure américain souligne: «Il n’y a pas de trajectoire-type menant à la radicalisation politique (...), la progression ne peut pas être réduite à une série invariable d’étapes de la solidarité vers l’extrémisme»
Mais il est toutefois à noter malgré l’incrédibilité de certaines notion, celles-ci continuent par le biais de la police à cibler la communauté musulmane aux USA et la spécialiste prévient: «Il y a un risque que le sentiment par lequel, les forces de l’ordre ciblent injustement les musulmans, ait un impact négatif sur la volonté de certains membres des communautés musulmanes de coopérer avec la police, notamment le FBI, et de le faire savoir dès qu’ils ont un soupçon ou une inquiétude.»
Ikram GHIOUA

10/03/2011

 http://www.lexpressiondz.com/article/5/2011-03-10/87036.html

 


2-2 morice : En Afghanistan comme au Pakistan, les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre

Il existait donc un Michael Headley bis...

... et il vient de se faire pincer au Pakistan, après une conduite assez extravagante qui ne cesse d'interpeller tous les observateurs. L'homme qui a été arrêté en effet à Lahore fin janvier dernier révèle en effet toutes les turpitudes des actions secrètes menées par la CIA et ses agents déguisés en mercenaires depuis des années dans le secteur. L'affaire Raymond Davis est en effet emblématique du jeu malsain entretenu dans une partie du monde qui est une pétaudière en puissance. 

L'homme, après avoir tué de sang froid en pleine rue deux pakistanais qu'il estimait menaçants, et être l'auteur d'un troisième décès indirect quand un fourgon de l'ambassade s'est rué dans la foule pour venir l'en extraire est en effet aujourd'hui dans de beaux draps. Arrêté par la police locale, il a été obligé de reconnaître qu'il travaillait bien pour Xe, à savoir Blackwater, et que sa principale occupation, outre d'aller repérer les cibles des tirs de Prédators, consistait aussi à avoir des liens fort privilégiés avec des groupes terroristes tel le Lashkar-e-Taïba (*), celui-là même qu'avait rencontré à plusieurs reprises Michael Headley, très certainement lui aussi membre de la CIA, rapatrié en express, jugé de façon expéditive et condamné à la perpétuité... comme d'autres l'ont été auparavant, et dont on n'a plus aucune nouvelle depuis des années. Davis faisait effectivement le même travail que ce lui à qui on a imputé la responsabilité des attentats de Mumbaï : autrement dit, son arrestation par la police pakistanaise est à prendre très au sérieux. Ce que fait aussi l'administration d'Obama, qui multiplie les contacts de haut rang pour le sortir de ce pétrin. L'affaire Davis est tout simplement révélatrice, trop révélatrice dirons-nous.

Tout ceci sent la plus complète fabrication : dans le Wall Street Journal, dans la sphère Murdoch depuis 2007, l'un des deux seuls quotidiens nationaux, on va aller assez loin en décembre 2008 pour tenter de dresser un tableau assez apocalyptique du mouvement terroriste, tout en minimisant les contacts réguliers qu'à pu avoir avec lui Headley, et en faisant le groupe ayant accueilli l'australien devenu résistant David Hicks, l'homme à la chaussure piégée, Richard Reid et Dhiren Barot, un indien converti aux thèses islamistes ayant préparé des attentats en Angleterre. Mais ce ne sont pas eux qui sèment le plus le doute dans cette histoire (quoique la thèse de la chaussure qui explose de Reid passe encore aujourd'hui pour une tentative grotesque davantage que pour une menace réelle d'attentat). Non, pour diaboliser au maximum le mouvement, le Wall Street Journal va faire du Lashkar-e-Taïba le groupe qui a aussi hébergé un autre "terroriste", caché dans une maison-refuge à Faisalabad au Pakistan, explique doctement le journal. Or, on sait aujourd'hui que Zubaydah n'avait que fort peu à voir avec Al-Qaida. La preuve : on a même jugé qu'il n'en n'avait jamais fait partie. Résultat, la charge s'effondre : en tentant de diaboliser le groupe, on pensait faire de même avec Headley, pour mieux l'escamoter après, discrètement. Patatras, ça s'effondre : Zubaydah n'a jamais été un ponte d'Al-Qaida !

L'homme a pourtant été présenté pendant des années comme étant le possible N°3 d'Al-Qaida, ou même comme l'avait affirmé John B. Bellinger III, "un planificateur du 9 / 11"... ou comme l'avait décrit Bob Grenier "Abu Zubaydah a été un entraîneur, un recruteur, comprenez un fabricant de bombes, un faussaire, un logisticien, et quelqu’un qui a fait les choses se fassent, et qui a fait fonctionner Al-Qaïda"... ce même Grenier refusant quelques années plus tard de reconnaître l’usage de mercenaires au sein de la CIA... au Pakistan, notamment. Je vous avais aussi décrit (ici et ) les dires d'un autre menteur en chef : Donald Rumsfeld, qui n'hésitait pas à faire dans l'emphase absolue à son propos : "Je ne pense pas qu’il existe le moindre doute qu’ un homme nommé Abou Zubaydah soit un proche associé d’Oussama ben Laden, et si ce n’est pas le numéro deux, il est très proche du numéro deux dans l’organisation. Je pense que c’est bien établi" déclare-t-il, en ajoutant qu’ Abu Zubaydah a été "un très haut responsable d’Al Qaïda qui a été intimement impliqué dans une série d’activités pour Al-Qaïda.". Zubaydah, torturé au point d'en devenir à demi-fou, avait en fait avoué tout ce qu'on voulait lui faire dire. Tout ce qu'on avait pu trouver sur lui de compromettant était d'avoir été présent dans le même camp (celui de Khalden) que celui où sévissait Ali Abdul Saoud Mohamed, alias Ali Mohamed, l'employé de la CIA formé à Fort Bragg, disparu depuis sa condamnation... comme Michael Headley, quel hasard ! En mars 2009, Zubaydah sera lui aussi jugé... et la justice américaine déclarera qu'il n’a eu"aucun rôle direct ou n’a fait progresser la connaissance des attaques terroristes du 11 Septembre 2001, "et qu’il n’était ni un "membre " d’Al-Qaïda, ni "officiellement lié à l’organisation terroriste"...

Zubaydah proprement sorti du discours habituel "membre éminent d'Al-Qaida", que reste-t-il d'Al-Qaida et des accusation du Wall Street Journal ? Une peau de chagrin. Qui se réduit de jour en jour. En revanche, on découvre que des agents de la CIA ont depuis des années des contacts avec des groupuscules terroristes, dont celui rendu responsable de l'attentat de Mumbaï. Après Michael Headley, sorti de son implication par une condamnation express d'où la presse a été exclue, voici que l'on tombe aujourd'hui sur son clone. Un dénommé Davis, dont le nom avait déjà été cité, mais avec un autre prénom, en 2008, pour les mêmes soupçons déjà et la même appartenance à Blackwater. Je vous ai déjà évoqué la situation ici-même. Craig ou Raymond, les deux profils d'espions sont strictement les mêmes. Et Davis comme Headley entretenait des liens avec le Lashkar-e-Taïba. Bref, il y a de fortes chances pour qu'on aie affaire au même individu et que son rôle consistait aux mêmes activités que celles que pratiquait Headley.

Au Pakistan, la CIA joue donc avec le feu depuis plus de quarante ans maintenant. Un homme y est devenu indispensable le même qui était à l'origine du soutien aux pires dictatures d'extrême droite "Hier, on apprenait que celui que Negroponte avait chouchouté venait d'être inculpé dans l'assassinat de Benazir Bhutto, imputé lui aussi au départ à...Al-Qaida (lire ici ce que j'avais écrit sur Musharraf... et Negroponte). J'avais à l'époque démonté la thèse du jeune islamiste comme auteur de l'attentat.  La leader rentrée d'exil avait bien reçu deux balles (sur trois tirs entendus) dans la tête et n'était pas morte des suites d'une explosion. La thèse de Musharraf. Hier je vous révélais les doutes sur l'assassinat de Sadate, où l'un des conjurés n'était autre que le fournisseur d'armes de Ben Laden, qui sortait tout droit de Fort Bragg ou de School of the Americas, alors que l'attentat avait été imputé aux islamistes proches du second d'Al-Qaida. Aujourd'hui, ce sont ceux sur le décès de Bénazir Bhutto qui resurgissent.

Les pakistanais, en 2008 avaient déjà découvert une chose fondamentale, vous avais-je dit. Qu'avaient-ils découvert ? Des choses bien particulières : "en mai, un diplomate américain a été pris sur le fait d'organiser une réunion entre un espion indien soupçonné et des fonctionnaires pakistanais, des seniors, dans l'intimité de sa maison. En juin, lorsque les fonctionnaires pakistanais ont fait face à Washington avec des preuves que les terroristes au Pakistan possédaient des armes américaines sophistiquées, les médias américains ont rapidement répondu en laissant sortir des histoires sur l' absence d'armes américaines dans des centres de formation des États-Unis en Afghanistan. Et maintenant, les rapports confirment que le sale bras du gouvernement des États-Unis - les mercenaires de Blackwater - se sont infiltrés dans les régions sensibles du Pakistan" notait le même Quraishi. C'était quoi ces armes "sopshistiquées" ? Des bombes au cyclotriméthylènetrinitramine, plus connu sous le nom de RDX, ou T4, un composant militaire comme celles ayant explosé... en Inde le 29 septembre 2008 à Malegaon et où était impliqué un officier de haut rang indien, le Lt Col Srikant Purohit. Arrêté, ce dernier avouera avoir fourni la bombe au RDX de l'attentat de 2007 du Samjhauta Express, qui avait tué 68 personnes, en majorité Pakistanaises... Headley n'est vraiment pas loin !!!  Pas loin du tout."

Tout cela a été décrit par le détail dans le livre "Obama’s Wars" de Bob Woodward du Washington Post, qui évoque l'entretien d'une véritable armée privée de mercenaires, et ce depuis 2002 environ, à savoir très tôt après l'invasion de l'Afghanistan. Des mercenaires chargés des attaques par drones, les mercenaires de Blackwater, comme l'avait avoué Léon Panetta (pour disculper encore une fois la CIA !). "Le gouvernement pakistanais, tout en condamnant officiellement ces attaques, en a été entièrement complice. Le livre de Woodward décrit une réunion entre l’ancien directeur de la CIA, le général Michael Hayden et le président pakistanais Asif Ali Zardari en novembre 2008 et au cours de laquelle les attaques par drones furent discutées. On rapporte que Zardari a pressé la CIA de continuer ses attaques, disant : « Vous vous faites du souci pour les dégâts collatéraux. Moi, cela ne me cause pas de souci. » Les révélations faites dans le livre Obama’s Wars ajoutent à la crise du régime Zardari, généralement détesté tant pour sa réponse extrêmement inadéquate aux inondations dévastatrices qui touchent le Pakistan, que pour sa collaboration avec la guerre des Etats-Unis en Afghanistan", écrit Tom Peters. Avoir recours à une firme privée de mercenaires pour armer les drones était un paravent parfait. En cas de problèmes ; la CIA serait automatiquement blanchie. On suppose que de l'autre côté le risque pris a dû être l'objet d'un tarif assez mirobolant accordé par le Pentagone...

Cela, et aussi la fourniture d'armes en provenance de l'Afghanistan, et pas en provenance des résistants : "Les fonctionnaires pakistanais ont recueilli ces derniers mois des tas de preuves qui suggèrent que les terroristes à l'intérieur du Pakistan ont reçu et continuent à recevoir des armes et un approvisionnement continu en argent ainsi que des formateurs provenant de sources inconnues, mais hautement organisées en Afghanistan. Un nombre important de ces armes est de fabrication américaine et israélienne. Les Indiens ont également ont de façon notoirement reconnue fourni des armes à des terroristes au Pakistan" écrivait le journaliste indépendant Ahmed Quraishi.

C'est bien pourquoi également tout sera donc fait, dans les semaines à venir, pour minimiser le rôle de ce Davis aux prénoms changeants et à l'étrange comportement. Un homme aussi lié à l'ambassade US de Karachi, au Pakistan, devenue aussi grosse que celle d'Irak, comme l'était Headley, dont une des compagnes avait dénoncé à l'ambassade indienne ses activités douteuses sans qu'il ne soit pour autant inquiété. Plus on s'achemine, et plus on découvre que celui qui vient de se faire condamner à mort en Inde, Mohammed Ajmal Amir Kasab, le seul survivant du lot de drogués à la coke et aux amphétamines qui avait attaqué à Mumbaï est bien le dindon d'une farce qui a été décidée et gérée lors des nombreuses visites d'Headley au Lashkar-e-Taïba. Headley, devenu inspecteur de la DEA, voyageant sans aucune contrainte dans le pays, et qui lors de son avant dernier périple avait visité des sites potentiels en compagnie d'un autre couple dont on n'a toujours pas retrouvé trace. Il s'appellerait Davis que ça ne serait plus qu'une demi-surprise aujourd'hui. 

Headley maître d'œuvre à Mumbaï, et Davis à Rawalpindi, à deux pas d'Islamabad ? C'est possible aussi : car le service d'ordre recruté par Bhutto était celui de... Blackwater, après qu'elle aît elle-même hésité à engager des gens d'Armor Group. L'homme qui avait révélé l'emploi de Blackwater était Rob Richer, ancien de la CIA et très proche du faucon Porter Goss, travaillant depuis pour... Blackwater. Richer avait même prévu la sortie d'un communiqué accusant un membre d'Al-Qaida (ce qui sera effectivement fait !) si un attentat se produisait, afin de masquer le nom de Blackwater, révèle en septembre 2010 le journaliste Jeremy Scahill !  J'avais à l'époque relevé l'inanité du lien entre Al-Qaida et l'assassinat de Bhutto. 

La thèse officielle voulant qu'elle n'ait pas été atteinte par balles, mais morte le crâne fracassé en retombant dans sa voiture après une explosion de kamikaze. Si pas de kamikaze présent, pas d'islamiste à accuser, en effet ! Or, des vidéos retrouvées dès fin 2007 démontrent clairement qu'elle a bien été atteinte en pleine tête de deux balles, sur trois tirs effectués (et clairement entendus) à quelques mètres de sa voiture, les gardes de Blackwater laissant ouvertement libre un côté pour une fenêtre de tir évidente. Bhutto, qui avait des liens elle-même avec des islamistes, mais qui avait eu le tort d'affirmer qu'elle savait qui avait tué Ben Laden. Selon la presse, Bhutto aurait tenté de se trouver une autre protection après un premier attentat raté dont elle avait échappé de peu. En prenant contact avec... la CIA, paraît-il. Beaucoup de gens sont impliqués dans le mensonge sur sa mort, y compris Scotland Yard qui avait promis une enquête impartiale, Musharraf qui a fait nettoyer au Karcher la scène du crime le lendemain même de l'attentat... et même le mari de Benazir Bhutto, Asif Zardari, qui avait refusé l'autopsie.

Le cas Davis, décrit désormais clairement aux USA comme un espion, prend donc de l'ampleur, au fil du temps, avec notamment l'arrestation d'Aaron Dehaven, un second américain, travaillant lui pour la société Catalyst Services, ayant des contrats avec le Pentagone. Encore un bon poisson de pêché semble-t-il : Dehaven a épousé une femme de la la province de Khyber Pakthunkhwa, juste à la frontière de l'Afghanistan et il parle un Urdu parfait paraît-il : c'est suffisamment rare dans les services US pour être noté. Selon des informations, il travaillerait pour un dénommé Hunter Obrikat, de Sig Import, ayant son adresse à Charlotte, en Caroline du Nord. Un importateur de tapis pakistanais situé à Peshawar, qui représente le paravent parfait pour ce genre d'opérations ! Davis est bien un clone d'Headley : la presse pakistanaise a révélé qu'il avait dans son téléphone portable au moins 27 contacts avec des résistants pakistanais, dont un groupe sunnite appellé le Lashkar-e-Jhangvi, lié au Harakat ul-Mujahidin, le groupe de Masood Azhar à l'origine de la création du Jaish-e-Mohammed (ou JeM). Le groupe qui en 2001 avait attaqué le parlement à New-Delhi, en conjonction avec le... Lashkar-e-Taiba ! On est bien sur la même sphère de contacts qu'avait Michael Headley.

Comme le précisait un excellent texte de septembre 2009, de USAID à Xe, le chemin est parfois plus court qu'on ne croit ! "Est-ce que l'aide américaine vient avec des ficelles attachées derrière ?" dit la légende d'une photo où l'on voit l'Ambassadrice US au Pakistan, Anne Patterson, remettre symboliquement un plat hallal au Lt-Général Nadeem Ahmed, de l'armée pakistanaise... En fait, l'importateur de tapis servant de paravent à Davis à pour adresse Charlotte en Caroline du Nord. C'est de la même ville qu'est édité le journal de propagande "Jihad Recollections", pro-Al-Qaida, édité par Al-Fursan Media Foundation (Samir Khan). Un journal pro-terrorisme islamiste présenté comme "le Vanity Fair d'Al-Qaida (?)" qui ne parle que l'américain : droit dans la ligne de la propagande façon Rita Katz ! D'ailleurs, pour le prouver, on a ressorti un "expert" pour venir le décrire, ce magazine de papier glacé parlant du djihad entièrement en américain : "Ceci est conçu pour les Américains », explique l'expert en terrorisme Steven Emerson, fondateur du ronflant "l' Investigative Project on Terrorism" à Washington, DC, et auteur du livre « Jihad américain :. Les terroristes vivent parmi nous" explique sans sourire Fox News.... Plus personne ne se fait aujourd'hui d'illusions, pourtant, sur Emerson... fondateur avec Rita Katz du SITE Group ! Une enquête, menée par le journal TheTennesean a constaté qu'en fait "Emerson est un membre éminent d'une industrie de plusieurs millions de dollars de soi-disant experts qui sèment la haine envers les musulmans dans les livres et les films, sur des sites Web à travers les apparences et la parole"... Ceux qui agitent constamment les chiffons rouges... pour en vivre grassement ! Richter, lui, activant le spectre des espions économiques ! Pour en vivre également, bien entendu ! En France on a les mêmes, "d'experts", dont celui qui est venu nous expliquer doctement que les deux otages du Niger tués avaient été choisis car l'un d'entre eux allait épouser une musulmane ! Alors que c'étaient les deux les plus proches de la porte du petit restaurant où ils étaient attablés !

Le problème Davis est devenu suffisamment grave pour que mardi 22 février le général pakistanais Ashfaq Kayani  (ici avec Musharraf) rencontre une délégation de généraux US menés par Mike Mullen en personne, discrètement... à Oman. "Afin de "mieux coordonner" leurs opérations contre les islamistes, selon un communiqué militaire pakistanais" nous apprend la presse ; on n'y croît pas une seule seconde (et encore mois avec la une de Time sur Kayani "homme de l'année" potentiel de 2010 !) ! Le débat à nécessairement porté sur le sort de Davis, monnaie d'échange à très forte valeur ajoutée pour l'ISI. Sans s'en apercevoir, les américains accréditent ainsi la thèse de cette même ISI ; comme quoi Davis est bien un gros, très gros poisson. Cet "Headley bis" représente pour eux un danger extrême : celui de voir les activités de la CIA dans la région mises au grand jour. Et si l'on remonte la filière, qui croise le parcours à la fois de Michael Headley et de Raymond-Craig Davis (**), une chose est sûre, cette activité n'est pas bonne à révéler. Elle conduit en effet directement aux attaques de Mumbaï et à d'autres attentats sanglants en Inde !

(*) jugé par les américains eux-mêmes "une menace aussi grande que celle d'Al-Qaida" selon le défunt Richard Holbrooke ! "Lashkar-e-Taiba, Al-Qaïda et la résistance travaillent plus étroitement qu'autrefois. Les groupes terroristes souhaitent créer une crise entre New Delhi et Islamabad", a confié M. Holbrooke aux médias locaux, en marge d'un séminaire sur la sécurité en Asie du Sud qui s'est tenu à New Delhi" avait-il déclaré en juillet 2010. Les "terroristes"... ou la CIA ?

(**) car en 2008, déjà un Davis répondant au prénom de Craig avait lui aussi été soupçonné du même rôle au Pakistan, lui aussi travaillant pour Blackwater et lui aussi auteur d'activités d'espionnage sous couvert de faire partie d'une association humanitaire, appelée CAII.

En complément, on peut relire :

sur Mumbaï :

1) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

2) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

3) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

4) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Sur Michael Headley :

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

 Par morice

Mardi 1er mars 2011

8 mars 2011

Olivier MONTULET


2-3 Tara Mckelvey : A l’intérieur de la machine à tuer (In the killing machine).

Cela parait presque obscène de se préoccuper des états-d’âme de John Rizzo, le juriste de la CIA qui, au cours de sa carrière, a donné son feu vert à l’exécution par drones interposés de dizaines, voire de centaines d’hommes suspectés de terrorisme au Pakistan ou en Afghanistan.

On aimerait plutôt donner la parole aux familles de victimes pour qui la mort est tombée du ciel en un instant.

Pourtant cet article de Newsweek, traduit et publié par Le Nouvel Obs, nous en apprend un peu plus sur les processus de décision au sein de la CIA dans sa lutte hyper-technologique contre les "menaces terroristes" depuis 2001, et sur le cynisme de ces gens qui semblent avoir le droit de vie ou de mort sur n’importe quel quidam à l’autre bout de la Terre. 

A l’intérieur de la machine à tuer.

Le président Obama a ordonné un nombre record de frappes de Predator.

Voici un entretien exclusif avec un homme qui ratifiait les "opérations létales".

C’est une pièce banale dans un immeuble de bureaux de la Virginie du nord. L’endroit est bourré d’écrans d’ordinateurs, de claviers et de cartes. Quelqu’un est assis à son bureau, la main sur une manette. John A. Rizzo, à cette époque directeur juridique de la CIA, se tient non loin, avec d’autres employés de l’agence. Ensemble, ils observent des images sur un écran où l’on voit un homme et sa famille conduisant sur une route à des milliers de kilomètres de là. Le véhicule ralentit, l’homme descend.

Quelques instants plus tard, une explosion remplit l’écran, l’homme est mort. "Les choses étaient menées de façon très professionnelle", raconte Rizzo. Un drone aérien vient d’exécuter l’homme, terroriste de haut rang présumé, après qu’il eut quitté sa voiture. Les membres de sa famille ont été épargnés. "L’agence était très pointilleuse à ce sujet", ajoute Rizzo. "Ils s’efforçaient de minimiser les dommages collatéraux, et notamment sur les femmes et les enfants".

Le public est au courant depuis un certain temps des grandes lignes du programme d’exécution de présumés terroristes par la CIA — y compris de la façon dont les Etats-Unis se servent de drones pour tuer les militants résistants et d’Al-Qaïda au Pakistan. Mais le processus exact par lequel on désigne qui doit être traqué et "réduit en miettes", comme le dit Rizzo, n’avait jamais été rapporté jusqu’ici. Un coup d’œil sur la bureaucratie impliquée dans ces opérations révèle une organisation méthodique, dotée de plusieurs couches, dirigée par un corps de fonctionnaires exécutant leurs tâches de façon professionnelle. Et pourtant, le fait que Rizzo fut impliqué dans des "assassinats", comme il le dit parfois, et que ces opérations aient été planifiées à l’avance, de façon formaliste, pose un certain nombre de questions.

Plus d’un an après son départ du gouvernement, Rizzo, homme élégant de 63 ans, portant barbe, boutons de manchette et une cravate jaune pâle, s’est entretenu avec nous dans un restaurant de Washington de son rôle dans les "opérations létales" de la CIA autour d’un Côtes-du-Rhône et d’un steak. Parfois, Rizzo prend un ton cavalier. "À la base, c’est une liste de types à buter", dit-il. Puis, il pointe un doigt sur mon front et fait semblant de presser la détente. "Le Predator est l’arme de prédilection, mais ça pourrait tout aussi bien être quelqu’un qui vous colle une balle dans la tête".

Le nombre de ces assassinats, principalement exécutés sur le territoire pakistanais par des Predators, a considérablement augmenté sous l’administration Obama, et ces actions secrètes font aujourd’hui partie intégrante de la stratégie antiterroriste des Etats-Unis.

La façon dont les agents de la CIA sélectionnent les cibles de ces opérations létales est un processus relativement simple, et pourtant largement ignoré. Le président n’est pas informé de chacun des noms. Rizzo explique qu’il était lui-même en charge des autorisations. A Washington, on parle d’une "liste de cibles", termes employés par l’ancien sous-secrétaire d’état Richard Armitage pour décrire le processus lors d’une récente réception à Washington. En réalité, cependant, il n’existe probablement pas à la CIA de liste de gens destinés à mourir. "Je n’ai jamais vu de liste" indique un officiel du Département d’État ayant participé à des discussions sur les opérations létales, parlant anonymement en raison du sujet abordé. À la CIA, les responsables choisissent des cibles à "neutraliser", indique-t-il. "Il s’agit d’individus que nous recherchons et dont nous venons à penser qu’ils constituent une menace qu’il vaut mieux à présent neutraliser".

L’armée et la CIA partagent souvent les mêmes cibles — Oussama Ben Laden, par exemple — mais s’occupent de régions du monde distinctes. Parfois, ils font équipe — où même travaillent l’un pour l’autre. Lorsque l’ancien officier de la CIA Henry A. Crumpton était en Afghanistan après le 11 septembre, lui et le Général Stanley McChrystal — ancien chef du Commandement unifié des Opérations Spéciales, une unité militaire secrète — travaillaient en étroite collaboration, ainsi que leurs subordonnés. "Certains des gens que je connaissais, et qui travaillaient pour moi, sont partis travailler pour lui, et vice versa" se souvient Crumpton. D’après des experts de l’anti-terrorisme, le président Obama et ses conseillers sont en faveur d’une approche plus agressive pour des raisons pratiques — les responsables gouvernementaux préfèrent éliminer les terroristes présumés plutôt que de les capturer. "Depuis qu’en raison de la situation politique et légale des Etats-Unis les techniques d’interrogatoires agressives ont de toute façon été remises en question, il est devenu moins intéressant de capturer plutôt que de tuer", écrit Kenneth Anderson de l’American University dans un essai sur la question que les responsables de la Maison Blanche d’Obama ont abondamment compulsé. "Et si l’on a l’intention de tuer, on le fera de préférence de loin, afin d’éliminer les problèmes de reddition, potentiellement embarrassants".

Pour défendre cette approche brutalement pragmatique, les responsables de l’administration arguent que les frappes aériennes menées au moyen de drones permettent d’éliminer des militants d’Al-Qaïda et réduisent ainsi les probabilités d’une nouvelle attaque terroriste. Ils prennent également garde à rassurer le public sur la question de la légalité de ces assassinats. Lorsque Newsweek s’est adressé au gouvernement en vue d’obtenir un commentaire, un responsable nous a déclaré, sous couvert de l’anonymat du fait de caractère sensible de la question : "Ces opérations anti-terroristes sont menées dans le strict respect de la législation américaine et du cadre juridique fourni par le Département de la Justice".

Comme l’explique Bruce Riedel, ancien cadre de la CIA, "sur ce point, on n’est plus au jardin d’enfants : on le fait depuis 2001, en suivant un protocole aujourd’hui parfaitement établi".

Un article du Los Angeles Times décrit un jour John Rizzo comme "le juriste de carrière le plus influent de l’histoire de la CIA", et il est certain qu’il en sait plus que quiconque au gouvernement sur les aspects légaux des assassinats ciblés menés par la CIA. C’est pourtant quasiment par accident qu’il est entré dans le monde de l’espionnage. Diplômé en droit de l’université George Washington, il vit dans la capitale dans les années soixante-dix lorsqu’est publié le rapport de la commission Church sur les tentatives d’assassinat par la CIA de leaders étrangers. Rizzo y voit une opportunité : "Vu l’ambiance, ils vont avoir besoin d’avocats". Il décroche peu après un emploi à la CIA.

Quelques décennies plus tard, alors que s’intensifient à la CIA interrogatoires et opérations létales dans la foulée du 11 septembre, Rizzo se retrouve lui-même au centre de la controverse. Il est, selon ses propres mots, "plongé jusqu’aux yeux" dans le programme du Président Bush d’interrogatoires améliorés menés dans les "black sites", prisons secrètes situées en Afghanistan et d’autres pays. John C. Yoo, juriste du Département de la Justice, rédige en août 2002 le fameux "mémo sur la torture" en réponse à une demande de clarification de Rizzo quant aux techniques pouvant être appliquées aux détenus. Rizzo espérait accéder au poste de directeur juridique de l’agence, une idée devant laquelle les membres de la commission du renseignement du Sénat ont regimbé en raison de son rôle dans l’autorisation des interrogatoires. Rizzo prend sa retraite en 2009.

On peut parfois déceler de la vantardise chez Rizzo. "Combien de professeurs de droit ont déjà signé un ordre d’exécution ?" demande-t-il. Aussi vite, il insiste sur le soin apporté aux travaux préparatoires, et indique avoir senti qu’il était important d’assister à l’exécution de certains de ces terroristes de haut rang présumés par le biais des images en direct diffusées dans les bureaux de la CIA. "Il était important pour moi que ce soit fait le plus proprement possible", explique-t-il.

Proprement, mais néanmoins complexe d’un point de vue éthique. Rizzo s’est parfois trouvé assis à son bureau au septième étage de l’immeuble de la CIA en question, devant un câble évoquant un terroriste présumé, se demandant quel jugement ses parents irlando-italiens porteraient sur les nouvelles tâches qu’on lui avait confiées.

Après que le Président Bush eut donné à la CIA l’autorisation de traquer les combattants d’Al-Qaïda, suite au 11 septembre, "on a toujours eu recours à des juristes. Ils étaient toutefois très bons — très agressifs, très utiles, en fait", raconte Crumpton. "Ils nous aidaient à comprendre le droit international et les problèmes transfrontaliers, et clarifiaient pour nous certains termes de la directive présidentielle".

Aux termes d’un nouveau décret de George W. Bush, signé plusieurs années plus tard, il devint possible de prendre pour cible un certain nombre de gens travaillant dans des camps terroristes, au-delà des terroristes présumés identifiés. Dès lors, le nombre de candidats potentiels examinés par les juristes de la CIA allait considérablement augmenter. En dépit du secret entourant ces ordres, leur objectif apparaît clairement. "Les pouvoirs conférés par ces directives présidentielles sont certainement les plus radicaux, les plus létaux, depuis la création de la CIA" déclarait à une commission de la chambre des représentants William C. Banks, directeur de l’Institut pour la Sécurité Nationale et l’Antiterrorisme de l’Université de Syracuse.

Le centre névralgique de ces assassinats ciblés est le Counterterrorist Center de la CIA où des juristes — une dizaine environ, selon Rizzo — rédigent des câbles affirmant que tel ou tel individu constitue une grave menace pour les Etats-Unis. Les câbles de la CIA sont juridiquement formalistes, argumentés avec soin, et peuvent souvent faire jusqu’à cinq pages. Michael Scheuer, qui a été à la tête de l’unité Oussama Ben Laden de la CIA évoque un "dossier" ou "document de deux pages" accompagné d’une annexe apportant les données sous-jacentes, au cas où quelqu’un voudrait les consulter intégralement. "Le dossier", dit-il, "passait par les juristes, qui prenaient la décision. Ils étaient très pointilleux". Parfois, selon Scheuer, la barre était placée trop haut. "Très souvent, il s’en est ensuivi des opportunités manquées. Alors l’idée selon laquelle des gens se sont fait tuer sur la seule base d’un soupçon… J’aurais bien aimé que ce soit vrai. Si ç’avait été le cas, il y aurait moins de méchants encore vivants".

Parfois, se souvient Rizzo, les preuves accumulées contre tel ou tel individu étaient trop minces et au département juridique, les supérieurs déclaraient aux subordonnés : "Votre dossier n’est pas assez solide". "Parfois", explique Rizzo, "la justification était qu’on pensait que l’individu en question avait assisté à une réunion. C’était trop faible". Le mémo était renvoyé à l’étage du dessous.

Les câbles qui étaient "prêts à l’emploi", comme le dit Rizzo, se terminaient par les mots suivants : "En conséquence permission requise pour engager une opération létale contre la cible". Suivait un espace pour la signature du directeur juridique, suivi du mot "accord". Rizzo indique qu’il voyait passer environ un câble par mois, et qu’il se trouvait toujours environ trente personnes ciblées. Nombre d’entre elles ont été tuées, mais pas toutes : "Les numéros 1 et 2 du hit-parade sont toujours en circulation", confirme Rizzo, parlant de "qui-vous-savez et de [Ayman al-] Zawahiri", un des principaux leaders d’Al-Qaïda.

Comme l’ont souligné les critiques de l’administration, les responsables du gouvernement doivent respecter une procédure bien plus stricte pour obtenir la permission de mettre quelqu’un sur écoute dans ce pays que pour faire de quelqu’un la cible d’une opération létale à l’étranger.

Rizzo semble amer devant le fait qu’il ait été critiqué, ainsi que d’autres cadres de la CIA, pour avoir autorisé sous l’administration Bush des interrogatoires brutaux, alors qu’on ne s’émeut que très peu du rythme plus rapide des opérations létales sous Obama (de 2004 à 2008, Bush a autorisé 42 frappes de drone, selon la Fondation New America. Le nombre a plus que quadruplé sous Obama — 180 lors du dernier décompte).

Les détenus, dans l’ensemble, ont survécu, observe Rizzo. Ce qui bien souvent aujourd’hui n’est pas le cas des présumés terroristes de haut rang.

D’autre part, en dépit des contrôles bureaucratiques, la réalité n’est pas toujours aussi précise. En décembre, la population a défilé dans les rues d’Islamabad pour protester contre les frappes et exprimer son soutien à un résident du Waziristan, Karim Khan, dont le fils et le frère avaient été tués en 2009 lors d’une frappe et qui a depuis intenté un procès contre les Etats-Unis, imputant leur mort à un responsable de la CIA.

Les responsables gouvernementaux insistent sur le fait que les assassinats ciblés reposent sur des bases légales solides, ce que contestent nombre d’universitaires. À l’université de Georgetown, Gary Solis, auteur d’un Code du Conflit Armé, affirme que les employés qui à la CIA manoeuvrent des véhicules aériens sans pilote sont des civils directement engagés dans des hostilités, agissements qui font d’eux des "combattants illégaux", pouvant à ce titre éventuellement être poursuivis.

Rizzo travaille actuellement à ses mémoires. Il ne parle pas de la moralité de ce qu’il a fait — ce n’est pas son genre — mais depuis quelque temps, il cherche à affronter les implications du travail meurtrier qui fut le sien, et que d’autres continuent à exécuter dans cet immeuble de bureaux, en Virginie.

Tara Mckelvey

Newsweek, le 13 février 2011

11 mars, 2011 by GeantVert

paru dans Newsweek, le 13 février 2011

Traduction David Korn pour Le Nouvel Obs

 


n°475 - Afghanistan : Les dossiers - 29-03 - Fin - Les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre

n°475 - Afghanistan : Les dossiers - 29-03 -   Fin  - Les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Les dossiers

n°475 du 29-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Des policiers changent de camp…

3-2 Charles DAVIS, Medea Benjamin : Le calvaire de Bradley Manning.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Afghanistan : Dix ans de combats pour quels résultats ?

4-2 Jean-François Racine, Alexandre Poirier : La mort reste un sujet tabou au sein des troupes.

4-3 Les photos de la «kill team» américaine en Afghanistan.

4-4 Wikileaks: le soldat Manning décrit les mauvais traitements qu'il dit subir.

 


3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Des policiers changent de camp

Un groupe de policiers afghans formés récemment et constitué d'habitants de différentes provinces, est passé du côté des résistants dans la province Sary Pul (nord), a annoncé mercredi aux journalistes le chef de la police locale, le général Assadulla Shirzad.
Selon lui, l'incident s'est produit il y a quelques jours dans le district  de Sayyad, lorsque toute l'équipe d'un poste de contrôle routier a disparu.
Le porte-parole des résistants, Youssouf Ahmadi, a annoncé par la suite aux journalistes que dix policiers afghans avaient "réintégré la résistance, apportant avec eux une mitrailleuse, huit Kalachnikov, des talkie walkies et trois motos".
Selon l'agence afghane Pajwak, qui se réfère aux anciens des tribus de la province, les policiers déserteurs avaient combattu, il y a deux mois, aux côtés des résistants pour se joindre ensuite aux forces gouvernementales. Ils ont à présent réintégré les unités de résistants.
Les observateurs indiquent qu'il s'agit d'une pratique courante pour les insurgés. En hiver, ils rejoignent massivement les forces gouvernementales pour pouvoir passer les mois les plus froids au sein de leurs familles. A l'arrivée du printemps, ils prennent avec eux les armes, l'uniforme et les denrées gratuitement distribués par le gouvernement et s'en vont pour "combattre les forces d'occupation et leurs marionnettes".
_,___

L'armée canadienne commence à envisager la possibilité d'armer les villageois du district de Panjwaï, dans la région de Kandahar, une tactique ayant aidé à réduire la violence lors de la guerre d'Irak, mais critiquée pour les risques d'infiltration des insurgés.

Le programme de la police locale afghane, lancé par le président Hamid Karzaï vers la fin du mois d'août, est une mesure où des villageois sont armés et formés pour assurer la sécurité de leurs communautés.

Il s'agit d'un coup de dés qui, espèrent les commandants militaires de l'OTAN, encouragera les habitants à combattre la résistance, tels certains villageois irakiens lorsqu'ils se sont opposés à Al-Qaïda lors du Réveil sunnite.

Le plus important officier militaire canadien en Afghanistan, le brigadier-général Milner, a déclaré que le programme pourrait bientôt être mis sur pied dans la Corne de Panjwaï, la zone ouest du district servant traditionnellement de tremplin pour les attaques d'insurgés dans la ville de Kandahar. 

Le mois dernier, des responsables du gouvernement afghan et des officiers militaires haut placés, incluant le brigadier-général Milner, ont rencontré environ 200 anciens dans le centre du district de Panjwaï lors de ce qui est connu comme une «visite de validation», pour confirmer le besoin légitime pour le programme.

Ce dernier n'est pas encore en place dans Panjwaï, mais pourrait servir de «capacité complémentaire» pour la police nationale afghane alors que le Canada réduit ses opérations de combat, a déclaré le brigadier-général Milner.

Le Canada a consacré beaucoup d'efforts pour recruter et entraîner les agents de la police nationale afghane dans le cadre de sa stratégie contre-insurrectionnelle dans Panjwaï, un district au sud-ouest de la ville de Kandahar et connu comme étant le lieu de naissance des résistants.

Il est cependant impossible de prédire si le pays sera en mesure d'atteindre son objectif sur ce front avant que la mission de combat ne prenne fin en juillet. L'armée affirme qu'il y a environ 500 programmes enregistrés sur 700 places disponibles dans le district.

Le concept de ce programme met certains responsables afghans mal à l'aise, qui craignent que cela pourrait miner l'autorité de Kaboul, particulièrement dans les régions éloignées du pays. Il y a également des craintes que les programmes manquent de supervision, laissant la porte grande ouverte à leur infiltration par la résistance et d'autres éléments criminels, et ravive les souvenirs des milices des seigneurs de guerre qui ont ravagé le pays au cours des années 1990.

Dans un rapport publié cette semaine, les Nations unies ont souligné leurs inquiétudes après avoir observé les programmes mis en place dans les provinces de Kunduz, Baghlan, Urugzan et Daykundi.

«Bien que nous reconnaissons que le programme n'a été opérationnel que pour quelques mois seulement et qu'une évaluation à plus long terme est nécessaire, des inquiétudes ont été soulevées concernant la faible surveillance, le recrutement, la mise en examen et les mécanismes de commande et de contrôle», a indiqué la mission d'aide en Afghanistan de l'ONU.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/le-canada-en-afghanistan/201103/12/01-4378772-le-canada-envisage-darmer-des-villageois-afghans-contre-les-résistants.php


3-2 Charles DAVIS, Medea Benjamin :   Le calvaire de Bradley Manning.

Sous Obama, il vaut mieux commettre un crime de guerre que d’en révéler un …

Bradley Manning est accusé d’avoir humilié l’establishment politique en révélant la complicité d’importants officiels étasuniens dans l’exécution et la dissimulation de crimes de guerre. Pour le punir d’avoir écouté sa conscience, le gouvernement étasunien le maintient abusivement en cellule d’isolement, l’humilie et essaie de le garder derrière des barreaux sa vie entière.

La leçon est claire et les soldats l’ont comprise : Il vaut mieux commettre un crime de guerre que d’en dévoiler un.

Manning, un officier des services secrets de 23 ans en service au Kuwait - choqué par ce qu’il a vu- a supposément communiqué des dizaines de milliers de câbles du département d’état au Website spécialisé dans les révélations Wikileaks. Ces câbles montrent que des officiers étasuniens ont couvert à peu près tous les crimes, des viols d’enfants financés par le trésor public en Afghanistan aux bombardements illégaux du Yemen. Manning est aussi accusé d’avoir fait fuiter la vidéo qui montre des pilotes étasuniens tirant sur plus d’une douzaine d’Iraquiens à Bagdad, dont deux journalistes de Reuters, puis tuant le père de deux enfants qui s’était arrêté pour leur porter secours. Les deux jeunes de l’homme furent aussi sérieusement blessés.

"Eh bien c’est leur faute ! Ils n’ont qu’à pas amener des enfants à la guerre" a déclaré un pilote étasunien que le remords n’étouffait pas dans cette vidéo de juillet 2007 intitulée "meurtre collatéral".

Aucun de ces soldats coupables de crime de guerre n’a été puni, ni aucun des officiels de haut rang qui leur ont donné leur aval. En fait, un soldat a plus de chance de recevoir une médaille que d’aller en prison s’il commet un crime de guerre. Et que se passe-t-il pour ceux qui ont donné leur aval ? Eh bien on leur offrira un contrat pour écrire un livre et des émoluments à 6 chiffres pour faire des conférences. Vous n’avez qu’à demander à George W. Bush. Ou à Dick Cheney, Donald Rumsfeld ou Condoleeza Rice. Ou au "respectable" (on se demande bien en quoi) Colin Powell.

En fait, tout indique que Manning serait dans une bien meilleure position aujourd’hui -probablement en train de faire des conférences plutôt que de croupir en cellule d’isolement- s’il avait tué lui-même ces hommes à Bagdad.

J’exagère ? Regardez ce qui est arrivé aux soldats étasuniens qui pendant quelques heures - pas quelques minutes - sont allés de maison en maison dans la ville irakienne de Haditha et ont exécuté 24 hommes, femmes et enfants en représailles du bombardement du bord de la route.

"Je les ai vus tirer sur mon grand-père, d’abord dans la poitrine, puis dans la tête" a déclaré un des deux témoins qui ont survécu au massacre, Eman Waleed, un enfant de neuf ans. "Puis ils ont tué ma grand-mère." Presque cinq ans plus tard, il n’y a aucun des hommes qui a pris part au massacre derrière les barreaux. Et en dépit d’une enquête qui a révélé que des déclarations faites par la chaîne de commandement "suggéraient que la vie des civils iraquiens n’est pas aussi importante que la vie de soldats étasuniens" et que le meurtre de civils innocents à la peau brune "était juste le prix de revient du business" aucun de leurs supérieurs n’est derrière les barreaux non plus.

Maintenant regardez comment Bradley Manning est traité. Le premier mars, l’armée a accusé Manning de 22 délits supplémentaires -en plus des premières charges qui étaient d’avoir révélé de l’information classifiée, d’avoir désobéi aux ordres et de s’être mal conduit de façon générale. Une des nouvelles accusations "aide à l’ennemi" est passible de mort. Cela signifie que Manning est susceptible d’être exécuté ou de passer toute sa vie en prison pour avoir dévoilé l’horrible vérité du l’Empire étasunienPendant ce temps, l’administration Obama a décidé de rendre la période qui précède le procès aussi inhumaine que possible pour Manning, en le maintenant en cellule d’isolement 23 heures par jour, depuis son arrestation il y a 10 mois, un traitement qui le groupe "psychologues pour la responsabilité sociale" qualifie de "traitement pour le moins cruel, inhabituel et inhumain en violation avec la loi étasunienne."

En plus de l’horreur de l’isolement sur le long terme, Manning n’a pas le droit de faire de l’exercice dans sa cellule ni d’avoir des draps et un oreiller. Et toutes les cinq minutes il doit répondre par l’affirmative au garde qui lui demande s’il est "OK"

Il ment probablement.

Et maintenant ça empire encore. Sur son blog, l’avocat militaire de Manning, le Lt David Coombs, révèle qui son client est désormais complètement déshabillé le soir, et laissé nu et sous surveillance étroite pendant sept heures. Quand on sonne le réveil à 5 heures du matin il est alors "obligé de se tenir debout tout nu devant sa cellule."

Si vous me faites remarquer que l’empereur n’a pas d’habits, je vous dirais que l’Empire va s’assurer que vous n’en ayez pas non plus.

Les officiels de la base de la Marine de Quantico où Manning est enfermé prétendent que cette mesure n’est pas "une punition" mais que c’est au contraire "une mesure conservatoire" destinée à l’empêcher de se faire du tort à lui-même. Croyez-vous vraiment que Manning va s’étrangler avec ses sous-vêtements - et qui plus est en étant sous surveillance 24 heures sur 24 ?

"Est-ce que c’est Quantico ou Abu Ghraib ?" a demandé le républicain Dennis Kucinich dans un communiqué de presse. C’est une bonne question, Monsieur le représentant du Congrès. Comme il en a été pour les hommes emprisonnés dans la chambre de torture du précédent président étasunien, Manning est humilié et torturé bien qu’il n’ait même pas été jugé par un tribunal militaire, et encore moins jugé coupable de quelque crime que ce soit.

Et voilà où en est l’homme de loi spécialiste en droit constitutionnel qui s’est présenté comme le candidat de l’espoir et du changement.

Vous souvenez-vous de l’époque où Obama faisait campagne contre ces mêmes techniques de torture pratiquées par Bush et ses supporters ? Vous rappelez-vous qu’Obama a dit : "Ceux qui révèlent des choses cachées témoignent de la bonne santé d’une démocratie et on doit les protéger des représailles" ? On voit maintenant que son soutien pour eux n’était que de la rhétorique. Depuis il a été élu.

Et c’est un fait, en dépit de ses belles promesses et de ses belles paroles, la manière dont Obama traite Manning n’est pas différente de ce que faisait Richard Nixon. Pas plus qu’Obama -qui a poursuivi plus de personnes pour avoir communiqué des informations secrètes que n’importe quel autre président dans l’histoire- Nixon n’aimait les "mouchards" et ne voulait que le public étasunien sache ce que faisait son gouvernement. Et comme Obama il a prétendu que Daniel Ellsberg, qui avait révélé les Documents du Pentagone avait "aidé et soutenu l’ennemi" en dévoilant la vérité sur la guerre du Vietnam.

Mais il y a une différence : Richard Nixon n’a jamais jeté le grand héros qui a révélé la vérité à son époque seul dans un cachot et ne l’a pas torturé. Si seulement on pouvait en dire autant de Barak Obama.

Charles DAVIS, Medea BENJAMIN : (Counterpunch)

Medea Benjamin est cofondatrice de Global Exchange et CODEPINK : Women for Peace

Charles Davis est un journaliste indépendant. Le 20 mars, CODEPINK et d’autres marcheront vers la base de la Marine de Quantico pour soutenir Bradley Manning. Vous pouvez signer la pétition de CODEPINK qui demande au président Obama la grâce de Bradley Manning.

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/benjami...

Traduction : D. Muselet pour Le Grand Soir

EN COMPLEMENT :

le site de soutien à Bradley Manning : http://www.bradleymanning.org/fr

soutien financier : https://co.clickandpledge.com/sp/d1...

Lui écrire :

Bradley Manning
c/o Courage to Resist
484 Lake Park Ave #41
Oakland CA 94610
USA

URL de cet article 13021
http://www.legrandsoir.info/Le-calvaire-de-Bradley-Manning-Sous-Obama-il-vaut-mieux-commettre-un-crime-de-guerre-que-d-en-reveler-un-Counterpunch.html



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Afghanistan : Dix ans de combats pour quels résultats ?

Ndlr : La publication de l’analyse doit être vu comme information.

Dix ans de combats, la résistance a reculé, mais les progrès, selon le général Patraeus, commandant en chef des forces de l’OTAN en Afghanistan demeurent incertains, fragiles et possiblement réversibles.

Le transfert des compétences militaires aux forces de sécurité afghanes est bien prévu pour cette année, avec un début opérationnel dès le début du printemps dans des provinces pas encore nommées pour ne pas orienter la résistance sur les opérations en cours. Les progrès observés l’ont été grâce à un supplément de troupes au sol déployées par Obama ces derniers mois afin de sécuriser au plus vite les zones qui seront reprises par les forces afghanes dès le printemps et la totalité des zones d’ici juillet 2011, date butoir d’un retrait possible des forces américaines, donc de l’ISAF , donc des forces françaises. Mais ces renforts ont favorisé la recrudescence de points d’accrochages avec la résistance, donc de pertes humaines.

Ce que feront les Afghans de ces zones réputées sécurisées nul ne peut le dire mais ce qui est prévisible, si on s’en tient au discours du général Patraeus, c’est que des retournements de situations peuvent avoir lieu et que les territoires gagnés sur la résistance se perdent à nouveau du fait de facteurs dès aujourd’hui visibles et palpables : notamment les compétences et expertises militaires « un peu justes » des militaires afghans, certes formés mais pour la plupart peu instruits et pas forcement enclins à choisir durablement la carrière militaire, attirés par un changement de camp et une vie facile.

Le retrait n’exclut pas les perspectives de nouveaux combats contre les insurgés mais le fond du problème, c’est aussi le traitement des zones de replis des résistants, zones en territoire pakistanais que rejoignent les insurgés après leurs actions combattantes en Afghanistan sans être véritablement inquiétés. La diplomatie fait état de collaboration avec les autorités pakistanaises, l’armée en particulier, pour intercepter les bandes armées en repli, ce qui arrive, sporadiquement seulement. Mais, chut, le sujet est tabou, le Pakistan ne plaisante pas avec le terrorisme.

Le retrait des forces de l’OTAN devrait, théoriquement, d’ici 2014, rendre impossible toute fixation d’Al-Quaïda sur le sol afghan, objectif premier pour la passation des pouvoirs. Au-delà de 2014, nous restons sur une idée de collaboration visant à empêcher toute velléité de retour des résistants ; objectif ambitieux si on considère les résultats obtenus en 10 années de guerre et l’opérationnalité hypothétique d’une armée afghane en remplacement de l’OTAN. Pas besoin d’être grand clerc pour avancer un avis : ce ne sera pas facile pour les afghans. La solution passera peut-être par une intégration des résistants aux affaires de l’état afghan sans le volet islamiste dur ou par une prise de pouvoir pure et simple à laquelle nous ne pourrions nous opposer.

En tout cas, le jour ou nous transmettrons le flambeau aux forces afghanes, la résistance ne seront ni vaincus ni détruits et resteront en capacité de combattre ; ils ne s’en priveront pas. Si l’Afghanistan, au lendemain de notre départ, viendrait à tomber aux mains des résistants, la bonne question sera de se poser si nous sommes en face d’un problème de nature stratégique ou au contraire strictement interne à une région qui ne représenta aucun danger pour notre sécurité. La reprise de nos positions, en Afghanistan par d’autres forces, non-occidentales, ne semble pas probable, qui aurait vraiment envie de s’enliser dans cette nasse ? Je pense, au contraire, que la résistance seront assez malins pour ne pas nous poser de problème direct afin qu’on les laisse s’approprier le pouvoir à Kaboul se sachant sous la menace directe de missiles de croisière pouvant troubler leurs petites affaires afghanes.

En nous retournant sur ce que nous venons de quitter il nous faudra éviter le fantasme d’un pays reconstruit, modernisé, structuré, les petites filles dans les écoles et les gentils papas barbus tenir la porte des supermarchés à leurs mamans chargées de consommables désormais accessibles et admettre que nous avons échoué. Nous quitterons et laisserons un pays dévasté par les bombes, l’ignorance et l’obscurantisme sans autre avenir que survivre au jour le jour.

La présence de nos soldats, sur le sol afghan, est de plus en plus mal ressentie par les opinions, aux USA davantage qu’en France, mais liés que nous sommes aux actions américaines dans ce pays, nous suivrons le mouvement de cette impopularité et finirons par repartir en nous demandant : pourquoi ? Parce que nous ne comprenons toujours pas le lien entre la résistance qui menacent le pouvoir à Kaboul et les actions terroristes sur nos sols occidentaux. Je pense que la menace a évoluée, les camps d’entrainement des terroristes, il y a quelques années, étaient bien situés en Afghanistan mais depuis, se sont déplacés dans d’inaccessibles zones montagneuses pakistanaises. L’étau dans lequel sont pris la résistance, celui de l’OTAN et celui du Pakistan a empêché l’exportation du terrorisme résistant et je crois que l’objectif, de ce point de vue, a été atteint. La résistance se sont fixés d’autres objectifs, tels que le retrait de l’OTAN, on y arrive, et la voie libre à une reconquête du pouvoir sans main mise étrangère.

http://www.armees.com/info/actualites/afghanistan-pour-quels-resultats,39589.html


4-2 Jean-François Racine, Alexandre Poirier : La mort reste un sujet tabou au sein des troupes.

Les militaires canadiens qui ont perdu des frères d’armes en Afghanistan se souviendront longtemps de ces pertes humaines même si, de retour chez nous, ils voudront chasser ces images de guerre qui s’incrustent dans leur mémoire.

Les témoignages de ces soldats qui ont connu le combat sont nombreux. Les récits les plus durs et les plus crus ne peuvent être publiés.

Les confidences sont nombreuses

Depuis l’arrivée des troupes en Afghanistan en 2002, 154 (ndlr : officiellement) militaires canadiens ont trouvé la mort en terre afghane. Dans cette «loterie de la mort», tout le monde espère que les numéros perdants ne seront plus tirés. Le dernier à tomber au combat, Steve Martin, a perdu la vie en décembre dernier.

Sur une base de Panjwai, un monument géant a été érigé avec le drapeau national peint sur la roche et les pierres à la mémoire des disparus.

Difficile de trouver un volontaire qui veut accompagner le Journal.

Distance nécessaire

«Il faut que la mission continue. Tous les soirs, on se regarde inconsciemment et on se dit que peut-être le lendemain nous allons revenir et l’un de nous ne sera pas là. Malheureusement, on ne peut pas s’arrêter à des décès ou des blessures. Il faut aller sur le terrain. Il faut contrer notre peur et se dire: c’est fini, on tourne la page», raconte le caporal-chef Alexandre Poirier, qui a accepté cette courte visite sur le site aménagé à flanc de montagne.

Au total, après trois missions, le solide gaillard de 35 ans aura vécu 23 mois en Afghanistan. Il aura passé près de deux ans de sa vie à se déplacer sur les routes minées. Il connaît mieux le pays que quiconque.

Impossible de sortir

«Oui, c’est dur. Dans des événements semblables, on ne peut pas s’extérioriser. Pris entre quatre murs, c’est impossible de dire qu’on va sortir pour ventiler un peu. Il y a beaucoup de monde qui garde tout ça à l’intérieur d’eux. C’est ce qui fait qu’au retour parfois, ça ne se passe pas toujours de la bonne façon. Je pense personnellement que les gens devraient être informés des blessés. Il y a eu un décès au mois de décembre, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien eu depuis.» Les soldats sont souvent prisonniers de leur esprit. Les dirigeants aussi hésitent à parler des pertes. «Je ne suis pas à l’aise. Personne n’arrive à trouver les bons mots. Chacun a sa manière différente de le vivre. Il se crée un silence tellement lourd quand une tragédie survient.»

Alexandre Poirier

Jean-François Racine
Agence QMI

16/03

http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/03/20110316-230127.html


4-3 Les photos de la «kill team» américaine en Afghanistan.

Les forces américaines en Afghanistan s’attendent à de possibles émeutes déclenchées par la publication de photographies montrant des «trophées de guerre» pris par des soldats américains posant avec les corps de civils afghans qu’ils ont eux-mêmes tué.

Der Spiegel a publié dans son édition parue lundi 21 mars trois photos qui montrent les sévices de soldats américains en Afghanistan. Les deux photos montrant des soldats américains souriant avec un cadavre font partie d’un lot de plusieurs centaines de clichés utilisés dans le procès de ces soldats, accusés de meurtre sur des civils en Afghanistan en 2010 et que l’armée voulait garder secrets à tout prix. Ces photos étaient protégées par un ordre de protection judiciaire qui en interdisait la publication dans les médias.

La troisième photo n'est pas une pièce du procès, précise Der Spiegel, mais fait bien partie de la collection d'un des soldats accusés.

Des responsables de haut niveau de l’Otan à Kaboul ont comparé les photos publiées par Der Spiegel à celles de la prison d’Abou Ghraib en Irak qui avaient déclenché des vagues de manifestations anti-américaines à travers le monde, rapporte The Guardian. Ils craignent que les photos aient un impact négatif encore plus grand sur l’image des Etats-Unis dans le monde arabe.

Selon Der Spiegel, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a déjà appelé son homologue afghan pour discuter des photos. Le journal allemand estime que «l’affaire pourrait porter un coup aux relations américano-afghanes à un moment où les deux pays négocient l’établissement de bases militaires américaines permanentes dans le pays.»

Les activités de la «kill team» comme l’appellent les médias américains étaient déjà connues du public: 12 hommes sont actuellement jugés à Seattle pour leur implication dans le meurtre de trois civils afghans. Cinq d’entre eux sont accusés de meurtre avec préméditation après avoir essayé de faire passer des meurtres pour des actes de légitime défense contre des Résistants. Certains soldats sont également accusés de mutilation de cadavres, possession d’images de victimes et consommation de drogue. Ils risquent la peine de mort ou la prison à perpétuité.

L’armée américaine a estimé dans un communiqué publié dimanche 20 mars que les photos étaient «répugnantes pour nous en tant qu’être humains et contraires aux normes et aux valeurs de l’armée américaine», rajoutant:

«Nous nous excusons pour le grand désarroi occasionné par ces photos. Les actes décrits par ces photos font l’objet d’une enquête et sont le sujet d’une procédure devant la cour martiale dans laquelle les accusés sont présumé innocents jusqu’à preuve de leur culpabilité.»

http://www.slate.fr/lien/35909/photos-kill-team-afghanistan

 

2eme article

L’armée américaine s'excuse pour des photos d'exactions. [sic]

L'armée américaine s'est excusée officiellement lundi "pour la souffrance" provoquée par des photos montrant des exactions qui auraient été commises par des soldats américains en Afghanistan.

"Nous présentons nos excuses pour la souffrance que provoquent ces photos", a indiqué l'armée dans un communiqué.

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel a publié lundi trois photos à charge contre des soldats américains accusés d'exactions en Afghanistan, dont il affirme que le Pentagone voulait empêcher la publication.

Sur deux des clichés, deux soldats américains se tiennent à côté d'un cadavre qui serait celui d'un civil assassiné délibérement par leur unité et lui tirent la tête par les cheveux, comme un trophée.

Une douzaine de soldats de cette unité ont été poursuivis par la justice militaire et cinq d'entre eux doivent passer en cour martiale, selon le journal.

Selon l'accusation, les cinq soldats auraient organisé pour s'amuser le meurtre de trois civils afghans entre janvier et mai 2010, pendant leur déploiement dans la province de Kandahar (sud), et auraient, pour certains d'entre eux, démembré des corps, conservé des parties de cadavres et pris des photos aux côtés des dépouilles.

Une troisième photo montre les cadavres de deux victimes, assises dos à dos, devant un blindé. Selon l'hebdomadaire, elle était en possession d'un des accusés.

Les agissements montrés sur ces photos "nous répugnent en tant qu'êtres humains et sont contraires aux principes et aux valeurs de l'armée des Etats-Unis", ajoute l'armée dans son communiqué.

Ces actions font l'objet d'une enquête et une procédure est en cours devant une cour martiale, confirme le texte. "La procédure de la cour martiale est assez parlante", indique l'armée. "Les photos semblent en forte contradiction avec la discipline, le professionnalisme et le respect qui ont caractérisé (l'action) de nos soldats pendant près de dix ans d'opérations" en Afghanistan.

Der Spiegel affirme que le Pentagone a tout fait pour éviter le publication des photos, craignant qu'elle ait le même effet que les photos prises par les gardiens américains de la prison d'Abou Ghraib, en Irak, qui torturaient et humiliaient leurs prisonniers pour le plaisir.

"Nous n'en publions qu'une infime partie, trois sur quelque 4.000 photos et videos, juste ce qui est indispensable pour raconter l'histoire d'une guerre qui a commencé avec les meilleures intentions, qui devait chasser les terroristes d'Al-Qaida d'Afghanistan, qui était autorisée par un mandat de l'ONU, mais qui est depuis longtemps devenue une autre guerre", écrit le magazine. 

21 mars

AFP,

3eme article

Pourquoi les soldats mutilent-ils les corps de leurs adversaires?

Les agissements d'une poignée de soldats américains en Afghanistan ne sont que les derniers de la longue histoire des pratiques de découpe et de prélèvement de corps.

Jeremy Morlock, un des soldats accusés du meurtre de trois civils afghans, a été condamné mercredi 23 mars à 24 ans de prison après avoir plaidé coupable. Il devient le premier des cinq soldats jugés par un tribunal militaire à être condamné, quelques jours après la publication par le journal allemand Der Spiegel de photos des accusés posant avec une de leurs victimes. Cet article revient sur la longue histoire des mutilations en temps de guerre et les raisons qui poussent les soldats à commettre de tels actes.

Der Spiegel a publié dans son édition parue lundi 21 mars trois photos montrant notamment deux soldats américains en Afghanistan posant avec le corps d’un civil afghan qu’ils sont suspectés d’avoir tué. Les documents font partie d’un lot de plusieurs centaines de photos utilisées dans le procès de 12 soldats accusés notamment de meurtre et de mutilation de cadavres ou encore d’avoir conservé des doigts, des os de jambe, un crâne et des dents prélevés sur des corps afghans comme des trophées de guerre en Afghanistan en 2010. 

De tels actes peuvent paraître difficiles à croire venant des soldats d'une armée moderne et encadrée, mais ils ne sont pas l’apanage des soldats américains, et n'ont rien de nouveau. En fait, les découpes et autres prélèvements de parties de corps humain en temps de guerre sont aussi vieilles que la guerre elle-même, et on en retrouve des traces dans les sociétés préhistoriques.

Dans les caves d’Ofnet, en Bavière, des archéologues ont retrouvé 34 crânes, sans leurs corps, disposés en cercle, datant du mésolithique, donc d’au moins 4.000 à 5.000 ans. Ils ont tous été fracturés par un objet, et sont la preuve de l’existence de «violences interpersonnelles et de conduites guerrières». L’anthropologue Lawrence Keeley écrit ainsi: «tous les témoignages confirment la pratique de l’homicide depuis l’apparition de l’homme moderne et les traces de l’activité guerrière sont archéologiquement décelables partout depuis dix mille ans». Il estime que la guerre dans les sociétés primitives était plus fréquente, plus destructrice et plus violente que la guerre moderne, contrairement à ce que l’on a longtemps cru. La pratique de prise de scalp, qui est souvent associée aux Indiens d’Amérique, a même été évoquée par l’historien grec Hérodote à propos des Scythes en 440 avant JC.

La décapitation a quant a elle été pratiquée sur tous les continents à des périodes différentes, de la Chine à l’Amazonie en passant par les Celtes. Au XIVe siècle, le guerrier turco-mongol Tamerlan érigeait des tours avec les crânes des milliers de victimes de ses massacres. Lors de celui d’Isaphan, ville qui se situe dans l’actuel Iran, il aurait construit 35 minarets de 2.000 crânes chacun. Plus proche de nous, l’Empire ottoman fit construire une tour avec 952 crânes serbes après la bataille du mont Čegar en 1809.

Actes culturels

Pourquoi ces pratiques se retrouvent-elles de manière quasi-systématique, à échelles différentes, sur les champs de bataille?

On ne peut trouver une seule et même raison qui pousse les combattants à prélever des membres sur leurs adversaires: «ces pratiques sociales sont toujours à remettre en contexte, et l’interprétation symbolique de ces actes doit tenir compte de la culture particulière et de nombreux facteurs», explique Christian Ingrao, directeur adjoint à l'Institut d'histoire du temps présent (CNRS). De la même manière que la guerre est un «acte culturel» comme l’écrit Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d’études à l’EHESS spécialiste de la Première guerre mondiale, dans La Violence de guerre 1914-1945, «les manières de s’emparer des corps, de les tordre, de les découper, constituent des actes culturels à part entière, à travers lesquels l’exécutant exprime quelque chose de sa propre identité», écrit Jacques Sémelin dans Purifier et détruire.

La prise de scalp illustre bien les différentes significations que peut revêtir une même pratique. Les historiens américains débattent encore aujourd’hui de l’origine de la pratique sur leur continent. Selon une théorie récente, et contrairement à l’idée communément acceptée, il ne s’agirait pas d’une pratique ancestrale des Indiens mais d’une importation des Européens. Une chose est sûre, les Européens ont bel et bien poussé les Indiens à scalper leurs adversaires pour «établir un contrôle des pertes adverses et constater l’efficacité de leurs alliés autochtones, tout en les incitant à combattre plus durement» en offrant une prime pour chaque scalp ennemi, comme l’écrit l’historien David Cornut.

L’incitation à la découpe des corps adverses n’est pas un cas isolé chez les Européens: la Commission d'Enquête internationale dépêchée au Congo Belge a reconnu au début du XXe siècle que des soldats noirs avaient reçu pour consigne de couper les mains des indigènes qu'ils avaient tués afin de prouver qu'ils avaient fait bon usage des cartouches qu'on leur avait distribuées, comme preuve que des combats avaient eu lieu.

Mais les traces de scalp dans la culture indienne datant de bien avant l’arrivée des Européens et le fait qu’il existait de nombreux rituels autour de la pratique qui auraient difficilement pu être importés par les blancs remettent sérieusement en doute la théorie selon laquelle les occidentaux auraient importé la pratique. Quoiqu’il en soit, le scalp a revêtu un aspect froidement fonctionnel pour les Européens tandis qu’il revêtait une signification spirituelle pour les Indiens.

Différence entre violence et cruauté

L’exemple du scalp montre en tous cas qu’il faut bien distinguer la violence – même extrême – et la cruauté sur le champ de bataille. Si les Européens paient leurs alliés pour prendre des scalps, c’est d’abord pour mesurer et augmenter leur efficacité, et non pas par pure cruauté. La violence a ici un but autre qu’elle-même. De la même manière, l’exécution de prisonniers ou blessés de guerre, pratique répandue bien que contraire aux règles de la guerre, peut apparaître comme un acte de violence gratuite. Mais pour les Allemands qui exécutent 600.000 captifs russes sur le champ en quelques mois lors de l’opération Barbarossa (1941-1942), la logique fonctionnelle est bien réelle, ces derniers représentant une menace potentielle.

Avec la cruauté au contraire, la violence devient une fin en soi: «il ne s’agit plus seulement de détruire l’ennemi pour la menace qu’il représente, mais d’infliger de la douleur, de profaner son humanité, de jouir éventuellement de l’infliction de cette douleur et/ou de cette profanation», écrit Stéphane Audoin-Rouzeau.

Seconde Guerre mondiale

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le front de l'est et la guerre du Pacifique ont été deux théâtres particulièrement sanglants où les violences entre soldats adverses ont atteint des niveaux très élevés. Sur le front de l’est, les pratiques de cruauté sont dans la continuité de ce qui s’est passé en 1914, où l’énucléation, l’ablation des oreilles, du nez, de la langue, des doigts, des ongles, des organes sexuels ou encore de la peau infligées par les Allemands aux soldats russes sont retrouvées de manière récurrente.

De manière générale, quatre emplacements du corps sont «systématiquement visés» lors des atteintes au corps adverse: l’abdomen, l’appareil génital, la main (section des phalanges, des doigts ou du poignet) et le visage. Ce dernier est le «lieu privilégié d’une gamme de gestuelles très variées», écrit Stéphane Audoin-Rouzeau dans Combattre, un ouvrage consacré à l’anthropologie historique de la guerre moderne. Toutes ces pratiques ont un objectif commun: la déshumanisation de l’adversaire en profanant des organes qui représentent justement l’humanité d’une personne comme la main, le visage ou le sexe. Le martelage complet de la face, qui se retrouve dans de nombreux films de guerre, a ainsi pour but de la rendre méconnaissable, et donc inhumaine.

Animalisation

Encore plus que la déshumanisation, c’est l’animalisation de l’ennemi que l’on retrouve dans ces pratiques. Ainsi, plusieurs cas de corps suspendus par les pieds, vidés de leur sang, énucléés, en partie dépouillés de leur peau, parfois éventrés ont été recensés lors des deux guerres mondiales sur le front de l’est, rappelant clairement la mise à mort des lapins ou des porcs, d’autant plus que de tels actes sont souvent commis dans des lieux réservés à l’élevage d’animaux.

Etrangement, ces pratiques déshumanisantes étaient beaucoup moins nombreuses sur le front de l’ouest. Une explication est la dévalorisation ethnique de l’adversaire sur le front de l’est qu’on ne retrouve pas sur le front de l’Ouest, où les deux camps «partageaient un sentiment d’appartenance à une humanité commune», malgré l’hostilité et la violence des combats, comme l’écrit Stéphane Audoin-Rouzeau. Cette différence montre bien en tous cas que chaque conflit, et même chaque théâtre de guerre, doit être appréhendé en gardant à l’esprit les nombreux facteurs qui le rendent unique. 

Dans le vocabulaire militaire, les références à la chasse sont également omniprésentes. Jusqu’à récemment, il existait des «commandos de chasse» de l’armée française, et il existe encore aujourd’hui un «régiment de chasseurs parachutistes.» Dans la culture populaire, la frontière poreuses entre chasse et guerre a été abordée à de nombreuses reprises, par exemple dans des films comme Voyage au Bout de l’Enfer ou plus Predator.

Si l’adversaire se transforme souvent en gibier que l’on traque et que l’on tue selon les rites de la chasse, il peut aussi devenir un animal de bétail. Les grandes marches de la mort infligées par les Japonais aux prisonniers américains en 1942 ou aux Français à Dien Bien Phu en 1954 (600 km en 40 jours) transforment symboliquement les prisonniers ennemis en d’immenses troupeaux d’hommes.

Le champ de bataille

Stéphane Audoin-Rouzeau souligne le rôle du champ de bataille et de l’environnement sur les représentations construites par les combattants d’eux-mêmes et de leurs adversaires. La jungle par exemple dé-modernise la guerre, en ce qu’elle aveugle l’aviation et empêche l’utilisation de blindés, et favorise le rapprochement guerre-chasse: les lieux privilégiés sont «ceux où le sentiment d’altérité de celui que l’on combattait fut particulièrement marqué», comme le front de l’est, le Pacifique, la Corée, l’Indochine, le Vietnam, l’Irak même.

Christian Ingrao explique:

«La symbolique de la chasse est liée à l’expérience qu’ont les soldats sur le terrain. Quand ils sont dans la forêt ou la jungle et qu’ils sont persuadés que leur ennemi n’est pas tout à fait un être humain, ils se servent de leur référent pour développer des représentations, en l’occurrence l’animalité sauvage. A partir de ce moment là, leur guerre s’apparente à la chasse.»

L’animalisation est toujours dans l’air aujourd'hui, poursuit l’historien:

«Il n’y a qu’à voir comment Lynndie England traite les prisonniers à Abu Graib sur les photos qui ont fait le tour du monde: elle les met à quatre pattes et leur met des laisses autour du cou. La porosité entre monde animalier et ennemi est toujours là. En Afghanistan, il y a des opérations de ratissage, on est dans un imaginaire de chasse. Certes, on a abandonné la doctrine «search and destroy», on essaie de tuer moins de civils, mais il y a toujours quelque chose de cet ordre.»

La guerre du Pacifique

La guerre du Pacifique a été le théâtre de pratiques particulièrement cruelles entre Japonais et Américains. Les pratiques des Américains sur le théâtre du Pacifique sont uniques: les Gis y ont gardé, parfois collectionné, des parties humaines prélevées sur les adversaires à grande échelle. Les témoignages de vétérans de la guerre, notamment celui de Eugene Sledge sur lequel se sont basés de nombreux historiens (et la série The Pacific, produite par Tom Hanks et Steven Spielberg), offrent un aperçu particulièrement détaillé des pratiques américaines.

Les soldats américains ont non seulement prélevé des crânes, des oreilles, des phalanges ou encore des mains entières mais les ont également cas conservé, de manière tellement répandue que le commandant en chef de la flotte américaine dans le Pacifique a donné l’ordre suivant à ses troupes dès septembre 1942: «Aucune partie du corps de l’ennemi ne doit être utilisée comme souvenir.» Mais ces ordres sont restés lettre morte, et les Gis ont continué ce genre de pratiques tout au long du conflit. Des photos, dont l’une a été publiée dans le magazine Life, montrent des chars américains sur lesquels sont posés des scalps et des crânes adverses. Plusieurs cas d’envoi de crânes ennemis et autres parties de corps au pays ont également été documentés, parfois signés par l’expéditeur. Un soldat est même allé jusqu’à offrir un coupe-papier fabriqué à base d’ossements au président Roosevelt en 1944.

Les Américains préfèrent souvent expliquer leurs pratiques comme une réaction au fanatisme et la férocité de l’adversaire japonais. C’est un des thèmes explorés dans The Pacific, qui raconte la guerre du Pacifique du point de vue des soldats américains. Le respect des règles du bushido (le code de l’honneur des samouraïs, selon lequel la reddition est un déshonneur suprême) par les troupes japonaises signifiait que les prisonniers américains n’avaient aucune valeur. Les Japonais avaient une dévotion totale à leur cause qui avait de quoi effrayer leurs ennemis. «La violence de l’adversaire détermine aussi sa propre violence», confirme Christian Ingrao.

Mais la contre-violence n’explique pas à elle seule les pratiques des soldats américains. Une fois de plus, l’assimilation des Japonais à une «race» inférieure dont la sauvagerie est native, les troupes américaines allant même jusqu’à les considérer comme des «singes anthropoïdes», a certainement facilité «la mise en œuvre d’une large gamme de pratiques de chasse à leur encontre» (liquidation au lance-flammes des soldats qui se rendent, «concours de tirs» sur des prisonniers, chasses à l’homme dans la jungle…).

La superstition, voire la magie, expliquent aussi le prélèvement de trophées de guerre sur les corps adverses. «Il semble bien que ces parties prélevées soient investies par leurs possesseurs d’une vertu propitiatoire en fonction des combats futurs qui restent à affronter», écrit Stéphane Audouin-Rouzeau dans La Violence de guerre 1914/1945. Le doigt ou la main adverse devient une sorte de porte-bonheur que l’on garde sur soi pour les prochains combats.

Et aujourd'hui?

Après la guerre du Pacifique et celle du Vietnam, le procès des soldats américains pour leurs agissements en Afghanistan peut poser la question: les Gis ont-ils une propension particulière à la violence sur les corps adverses? Rien ne le prouve: les Français ont par exemple commis leur lot de mutilation lors de la Guerre d’Algérie. Interrogé sur d’éventuelles exactions de soldats français au cours de l’histoire récente et des procédures en cas de soupçons, le ministère de la Défense répond:

«A notre connaissance, de telles pratiques n'ont jamais été le fait de soldat français. A n'en pas douter, si cela se produisait, les coupables seraient sanctionnés, sans préjuger des suites judiciaires.»

Pour Christian Ingrao, si les cas américains sont plus visibles, c’est peut-être parce que la démocratie du pays fonctionne bien et que les agissements des soldats font tout de suite l’objet d’enquêtes et sont traitées dans les médias.

Grégoire Fleurot


4-4 Wikileaks: le soldat Manning décrit les mauvais traitements qu'il dit subir.

Le soldat américain Bradley Manning, inculpé et détenu pour avoir transmis à Wikileaks des milliers de documents secrets américains, a détaillé cette semaine dans une note de 11 pages les mauvais traitements dont il se dit victime.

Ce document que l'AFP a pu consulter a été adressé jeudi aux autorités militaires dans le cadre de la plainte déposée par le soldat détenu sur la base de Quantico, en Virginie (est).

Le plaignant y affirme que les autorités militaires chargées de son cas ont abusé de leur autorité en le classant comme détenu à risque, susceptible d'attenter à son intégrité physique et en demandant des conditions de "sécurité maximale".

Il a ajouté que son dossier montrait un comportement exemplaire de sa part en détention et que des psychiatres avaient recommandé à plusieurs reprises qu'il ne soit plus placé sous haute surveillance.

"Avec les restrictions actuelles, en plus d'être mis à nu le soir, je suis maintenu à l'isolement", écrit M. Manning. Selon le document, depuis le 2 mars, le soldat doit remettre aux gardiens la totalité de ses vêtements, y compris son caleçon, ce qui n'était pas le cas auparavant.

"Vingt-trois heures par jour, je suis seul dans ma cellule. Les gardes m'observent toutes les cinq minutes pendant la journée et me demandent si ça va. On me demande de répondre par l'affirmative", ajoute le soldat.

"La nuit, si les gardes ne peuvent me voir distinctement, à cause d'une couverture que j'ai sur la tête ou si je suis tourné vers le mur, ils me réveillent pour s'assurer que ça va", précise encore M. Manning.

Il indique également qu'on lui a interdit d'avoir avec lui dans sa cellule des effets personnels, qu'il peut seulement lire un seul livre ou magazine à la fois qu'il doit rendre à la fin de la journée, et qu'il n'est pas autorisé à faire de l'exercice dans sa cellule.

"Si j'essaye de faire des pompes, des abdominaux ou toute autre forme d'exercice, les gardes m'obligent à m'arrêter. Je n'ai droit en fait, qu'à une heure d'exercice par jour en dehors de ma cellule", explique-t-il en précisant que l'exercice consiste à marcher dans une pièce vide.

Agé de 23 ans, cet ancien analyste de renseignement en Irak est enfermé depuis juillet 2010. Il est soupçonné d'avoir fourni à WikiLeaks, qui les a ensuite rendu publics, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et des milliers de câbles diplomatiques du département d'Etat.

Il risque la prison à vie.

12/3

AFP



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

29/03/2011

n° 474 - journal de l'Afghanistan - du 04 -03 au 29 -03 -a1p - 2010, année la plus meurtrière pour les civils afghans.

n° 474 - journal de l'Afghanistan - du 04 -03 au 29 -03 -a1p -  2010, année la plus meurtrière pour les civils afghans.

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 474 - du 04 -03 au 29 -03

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 


 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

Tiré à part :

Michel Collon : Les règles de la propagande de guerre.

Alessandro Cisilin : Al-Qaïda : même la « marque » s’effrite.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Mort  de neuf enfants ramassant du bois.

2010, année la plus meurtrière pour les civils afghans -

La mort de civils afghans impose une remise en question.

L'OTAN admet avoir tué des civils 'par erreur' en Afghanistan.

Aled-Dilwyn Fisher : La Norvège, comme l’OTAN, dissimule les rapports sur les pertes civiles en Afghanistan.

Fin

L’Afghanistan au cœur des débats.

Civils afghans tués: il plaide coupable.

1 Analyse & déclaration :

Résistance

Occupants:

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 



Tiré à part :

Michel Collon : Les règles de la propagande de guerre.

22 mars 2011

Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ?

Peut-on dresser des constats communs ?

Existe-t-il des règles incontournables de la « propagande de guerre » ?

Oui.

1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.
2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
3. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.

Règle n° 1. Cacher les intérêts.
La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion.
La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient :
1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis.
2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient.
3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe.

De tout cela, zéro bilan.
Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.
L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 3. Affaiblir tous les « rivaux » possibles sur ce continent - la Russie, l’Iran et surtout la Chine - et les empêcher de s’allier.
On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée... Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.


Règle N°2. Diaboliser.
Chaque grande guerre commence par un grand médiamensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.

- En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident « de la baie du Tonkin »).
- Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà !) qui viserait les USA.
- La première agression contre l’Irak, en 1991, est « justifiée » par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.
- De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera « justifiée » par des récits truqués de « camps d’extermination » et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.
- Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera « justifiée » par une autre mise en scène : un prétendu « massacre de civils » à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de « terroristes » au début 98 et de « combattants de la liberté » quelques mois plus tard.
- La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.
Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une « juste cause ».
Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de « complices », voire de « révisionnistes » ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.


Règle N° 3. Pas d’Histoire !
Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées.
En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une « invasion étrangère ». On « oublie » de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette « indépendance », et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.
En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates « victimes » deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.
En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme « humanitaire » en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la « Corne de l’Afrique » ainsi que les routes de l’Océan Indien.
En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.
En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de « 90% d’Albanais, 10% de Serbes ». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc...). Minorités dont « nos amis » de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan.
En 2001, on crie haro sur la résistance, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir ? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard.
La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.


Règle N° 4. Organiser l’amnésie.
Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands médiamensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la « guerre juste », plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.
Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de médiamensonge. Alastair Campbell, chef de la « communication » de Tony Blair, a dû démissionner quand la BBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.
Source : michelcollon.info

http://michelcollon.info/Les-regles-de-la-propagande-de.html

 

Alessandro Cisilin : Al-Qaïda : même la « marque » s’effrite.

Alors que nos grands médias n’ont pas manqué de qualifier de dérisoires et d’absurdes les propos du Colonel Kadhafi sur les menaces d’al-Qaída et de l’extrémisme islamiste en Libye pour justifier de sa politique de répression, que reste-t-il exactement de la "nébuleuse terroriste" al-Qaïda, toujours synonyme des effrayants attentats du 11-Septembre ?

Le journal italien "Il fatto quotidiano"(*) revient sur le mythe du réseau terroriste organisé qui avait fait l’objet d’un documentaire de la BBC primé à Cannes en 2005 "The Power of Nightmares" (et dont nous vous présentons les meilleurs extraits ci-dessous) qui relevait déjà à l’époque l’irréalité de cette organisation terroriste et de la menace qu’elle représente, en dehors de quelques factions armées qui combattent toujours dans les zones de guerre en Irak ou en Afghanistan/Pakistan.

L’ex-directeur du Service de renseignement de sécurité à la DGSE Alain Chouet l’avait pourtant rappelé lui aussi devant une commission du Sénat en mars dernier (voir la vidéo de ses déclarations). Mais les croyances ont la vie dure…

Il ne reste plus que le Colonal Kadhafi et le ministre Maroni (ministre italien de l’Intérieur, NdT) pour dénoncer "l’ombre d’al-Qaïda" derrière les actes de violence et d’insurrection, et aussi quelques reporters pro-gouvernementaux obnubilés par la "guerre au terrorisme" lancée en 2001. Pourtant, sept années ont passé depuis la diffusion du documentaire-choc de la BBC (« The Power of Nightmares », en français « Le pouvoir des cauchemars »,  primé à Cannes), qui montrait l’inexistence du réseau terroriste, au-delà d’un cercle restreint de fidèles d’Oussama ben Laden, en admettant que celui-ci soit encore vivant, ce qui est loin d’être certain même selon les sources du Renseignement.

Au scepticisme d’alors succéda une prise de conscience progressive et pratiquement unanime de la part des analystes concernant la « crise d’al-Qaïda », confirmée par la désaffection croissante de l’opinion publique musulmane dans les sondages [effectués] partout dans le monde, ainsi que par la baisse du nombre d’attentats, en dehors de ceux survenus dans un contexte belliqueux en Irak et en Afghanistan. Ceux qui persistent à maintenir en vie ce mythe utilisent désormais la formule de "structure décentralisée", non seulement pour ce qui concerne la phase opérationnelle, mais aussi pour celle décisionnelle. Une espèce de "marque déposée" en quelque sorte, rien de plus.

Les documents officiels le confirment.

Le Pentagone, lors du dernier point en novembre dernier, dressait la liste de 47 "organisations terroristes" dans le monde ; parmi elles, non pas une, mais quatre porteraient le nom d’al-Qaïda (celle "originaire" du Sud-est asiatique, celle "en Irak", celle "de la Péninsule arabique", et celle du "Maghreb islamique"), démentissant par là même la nature unitaire, et la clé de voute même dessinée par ses idéologues, à savoir la perspective (jamais réalisée historiquement) d’un Califat unifié.

Cette décomposition territoriale apparait très généreuse, étant donné par exemple qu’al-Qaïda au Maghreb opère seulement en Algérie, et se limite à quelques zones désertiques du sud. Mais la carte géographique dressée par l’Union européenne apparait encore plus hasardeuse, avec son inventaire pratiquement figé depuis 2002, qui met dans un même panier des centaines de sigles de mouvements radicaux (ainsi que des sociétés ou des "centres d’appels", à grand renfort d’adresses et de numéros de téléphone, surtout en Afghanistan, au Pakistan, en Somalie et à Dubai), et les associe tous à "al-Qaïda et aux résistants", sans tenir compte des dénégations explicites de la part des principaux intéressés.

Fait particulièrement significatif, le cas du Libyan Islamic Fighting Group, considéré non seulement comme l’épicentre de l’extrémisme islamique à Tripoli, mais aussi comme étant à l’origine des attentats dans la région, y compris celui contre Khadafi en 1996. En faire partie est passible de 10 ans de prison dans la législation antiterroriste britannique, alors que la Libye, après avoir arrêté et emprisonné une centaine de ses membres, les a pratiquement tous relâchés ces trois dernières années, dans une tentative d’en diminuer la menace subversive. Leur association avec al-Qaïda avait été établie par les chancelleries occidentales (et dans la liste noire de l’ONU) d’après leur origine au sein des activités antisoviétiques à côté des moudjahidines afghans.

Pourtant, lorsqu’al-Zawahiri, bras droit d’Oussama ben Laden déclara leur affiliation en 2008, il fut submergé par une vague de démentis, dont celui de l’un des leaders historiques du mouvement, Noman Benotman, qui a par la suite rejeté l’idée même de "djihad violent" considéré comme contraire à l’interprétation sunnite de l’islam dont prétend s’inspirer al-Qaïda.

Curieusement, ce même Benotman, suspecté d’avoir organisé l’attentat tragique de Lockerbie en 1988, travaille aujourd’hui pour l’antiterrorisme à Londres. Mais alors que reste-t-il d’al-Qaïda ? De ce qui ressort, quelques  centaines d’hommes engagés au côté des résistants dans les zones du sud-est asiatique surveillées par l’ISAF. En somme, tien d’autre qu’une "base" militaire, comme l’indique l’étymologie du terme arabe, et qui combat simplement là où il y a la guerre. Une base lointaine, géographiquement et idéologiquement, non seulement des places d’Afrique du Nord, mais [aussi et surtout] de l’Islam.

Alessandro Cisilin

Note ReOpenNews :

(*) Il Fatto Quotidiano : quotidien italien indépendant de tout parti politique et de tout financement public, issu d’un mouvement journalistique qui s’inspire de grandes figures telles que feu Enzo Biaggi l’auteur d’une rubrique télévisée décapante et souvent à contre-courant des opinions dominantes. L’éditorialiste en est Marco Travaglio, intellectuel connu et redouté, défenseur de la Constitution italienne qui s’attaque au "berlusconisme" et à tous ses excès. Ce journal dresse quotidiennement un bilan sans concession de la vie politique et économique italienne, et Marco Travaglio participe notamment à l’une des émissions hebdomadaires les plus suivies de la TV publique italienne Rai2 "Anno Zéro" animé par le célèbre journaliste Michele Santoro.

Al-Qaida : même la "marque" s’effrite par Alessandro Cisilin , sur "Il Fatto Quotidiano", le 4 mars 2011

repris par Megachip, le 9 mars 2011



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Mort  de neuf enfants ramassant du bois.

La mort  de neuf enfants ramassant du bois dans la province de Kunar (est), selon les autorités afghanes, apparemment sous les tirs d'un hélicoptère américain, a poussé le président afghan Hamid Karzaï à de nouveau dénoncer les raids «meurtriers» de l'Isaf.

4/3

6/3

Une bombe a explosé au passage d'un camion qui transportait des civils dans l'est de l'Afghanistan, faisant 12 morts et cinq blessés.

(AP)

10/03

Un cousin du père du président afghan Hamid Karzaï a été abattu par erreur par les troupes de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) lors d'un raid nocturne, a annoncé ce jeudi Ahmad Wali Karzaï, chef du conseil de la province de Kandahar et frère du chef de l'Etat.

Yar Mohammad Khan a été tué alors qu'il sortait de sa maison dans un village où opéraient les forces internationales, qui ont annoncé pour leur part avoir tué le père d'un résistant armé d'une kalachnikov.

Un porte-parole du président Karzaï a déclaré que l'Isaf «ferait mieux de protéger les civils plutôt que de les tuer». Karzaï a ordonné une enquête sur l'incident et l'Isaf a annoncé par la suite qu'elle en mènerait également une de son côté.  

10.03.

http://www.20minutes.fr/ledirect/684808/monde-afghanistan-membre-famille-hamid-karzai-abattu-erreur-otan

13/03

Quatre civils ont été tués aujourd'hui par l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule dans une province instable du sud de l'Afghanistan.

AFP 

2010, année la plus meurtrière pour les civils afghans -

L'année 2010 a été la plus meurtrière pour les civils en neuf ans de guerre avec près de 2.800 morts.

Ce chiffre illustre le fait que, malgré les affirmations des responsables militaires et des gouvernements de la coalition internationale, l'insurrection des résistants s'intensifie, et même gagne du terrain ces dernières années, avec des actions de guérilla bien au-delà de ses bastions traditionnels du sud et de l'est.

Et, surtout, il est publié à quelques mois du début annoncé par Washington et l'Otan d'un retrait des troupes internationales devant mener, d'ici à 2014, au transfert total de la responsabilité de la sécurité du pays dans les mains des forces afghanes, une gageure selon nombre d'experts.

Avec 2.777 exactement, le nombre de civils tués en 2010 a augmenté de 15% par rapport à 2009, indique le rapport annuel conjoint de la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) et de la Commission afghane indépendante( ndlr ?) des droits de l'homme.

Une recrudescence des erreurs des forces internationales a de nouveau provoqué ces derniers jours la colère des Afghans et du président Hamid Karzaï.

La force de l'Otan (Isaf), emmenée par les Américains, est accusée d'avoir tué au moins 65 civils à deux reprises fin février dans la province de Kunar (est) en visant des insurgés, et neuf enfants le 1er mars.

Karzaï a dénoncé ces deux drames, en appelant l'Otan à cesser ces «meurtres» qui jettent, selon lui, la population dans les bras de la rébellion. Depuis, les manifestations contre l'Otan et surtout les Etats-Unis se multiplient dans tout le pays.

Le président Barack Obama a présenté le 3 mars ses «profonds regrets» au peuple afghan pour les neuf enfants tués, de même que le général américain David Petraeus, commandant en chef de l'Isaf, et le secrétaire à la Défense, Robert Gates.

Karzaï a assuré lundi «respecter» les regrets de Gates, semblant se montrer plus conciliant que la veille, quand il avait affirmé que les excuses de l'Otan n'étaient «pas suffisantes».

Le président afghan a réaffirmé lundi que son peuple voulait «la fin» des victimes civiles de l'Isaf, et non une simple réduction de leur nombre, en soulignant qu'elles étaient la principale cause de la détérioration des relations entre Kaboul et Washington.

Enfin, le rapport de l'UNAMA souligne aussi que le nombre de civils tués en 2010 est quatre fois supérieur à celui des soldats des forces internationales tombés au combat la même année.

Or, 2010 a aussi été, de très loin, l'année la plus meurtrière pour les soldats étrangers en neuf ans de guerre, avec (ndlr : au moins) 711 morts, confirmant que la guérilla des résistants s'est intensifiée malgré l'envoi de 30.000 soldats américains en renfort l'année dernière.

(Source AFP)

09-03

 

La mort de civils afghans impose une remise en question.

Le commandant des forces américaines en Afghanistan David Petraeus a déclaré mercredi que plusieurs incidents tragiques impliquant des morts de civils l'avaient conduit à ordonner un passage en revue à tous les niveaux sur l'utilisation de la force par la Force internationale d' assistance à la sécurité (ISAF, sous l'égide de l'OTAN), et sur le personnel des hélicoptères de combat.

« Nous avons (..) voulu nous assurer de réduire au maximum les pertes de vie civiles dans le cadre de nos opérations », a-t- il déclaré devant la commission de la Chambre des représentants sur les forces armées lors de son rapport sur la guerre en Afghanistan.« J'ai également souligné à nouveau les instructions visant à réduire au minimum absolu les dégâts sur les infrastructures et les biens matériels ».

M. Petraeus est à Washington pour informer les responsables du gouvernement et du Congrès des États-Unis de la progression de la guerre en Afghanistan, qui dure maintenant depuis dix ans. Le président Barack Obama a ordonné le déploiement de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan en fin 2009. Son plan prévoit juillet 2011 comme date de début du retrait.

M. Petraeus a rencontré lundi M. Obama pour discuter de la situation sur le terrain à l'approche de ce retrait. Il a présenté mardi au comité du Sénat sur les forces armées une évaluation optimiste des progrès accomplis, tout en admettant les dangers que rencontrent les soldats jusqu'au début du retrait en juillet.

 2011-03-17

xinhua

http://french.cri.cn/621/2011/03/17/302s240364.htm

 

L'OTAN admet avoir tué des civils 'par erreur' en Afghanistan.

Plusieurs civils ont été tués ou blessés vendredi 25 mars  dans une frappe aérienne de la force internationale de l'OTAN (ISAF) en Afghanistan, dans la province méridionale du Helmand, fief des insurgés talibans, a annoncé l'Isaf samedi, sans préciser le nombre de victimes.

Les appareils de l'OTAN ont visé deux véhicules supposés transporter un chef taliban et ses adjoints, mais il s'est ensuite avéré qu'il s'agissait de civils, a expliqué l'organisation, précisant qu'une enquête avait été ouverte. La province du Helmand est un bastion des talibans, chassés du pouvoir à la fin 2001 et qui mènent depuis une insurrection contre le gouvernement de Kaboul et la force de l'OTAN qui le soutient. 

Aucun responsable n'a pu être joint dans la province, où les réseaux de téléphonie mobile sont coupés depuis mercredi par les opérateurs, sur injonction des insurgés talibans. Ces derniers ordonnent régulièrement la coupure des réseaux, notamment pendant les offensives de l'OTAN, menaçant les compagnies d'attaquer leurs installations si elles n'obtemptèrent pas. Les lignes terrestres sont quasi-inexistantes dans le pays.

PREMIÈRES VICTIMES DU CONFLIT

Les civils sont les premières victimes du conflit afghan, entré dans sa dixième année. L'année 2010 a été la plus meurtrière pour les civils (2 777 morts), a récemment annoncé l'ONU, précisant néanmoins que plus de 75 % des victimes civiles (tués et blessés) étaient liées aux insurgés et que le nombre de celles dues aux opérations de l'OTAN avaient baissé de 21 % par rapport à 2009. [et les représentants de l'ONU sont d'une impartialité parfaite, comme on vient encore de le remarquer - RM] L'Otan est néanmoins mise en cause dans plusieurs bavures depuis le début de l'année. Les autorités afghanes l'accusent notamment d'avoir tué plus de 70 civils dont onze enfants dans plusieurs bombardements depuis fin février dans la province orientale, Kunar, fief des insurgés frontalier du Pakistan. 

L'Isaf a reconnu avoir tué neuf civils dans l'un d'eux, sans confirmer s'il s'agissait d'enfants, et en avoir blessé jusqu'à neuf dans un autre. Ces pertes civiles ont provoqué la colère du président afghan Hamid Karzaï qui avait demandé mi-mars à l'OTAN de cesser ses opérations militaires dans le pays pour éviter de tuer des civils. Son homologue américain Barack Obama lui avait présenté ses excuses pour la mort de neuf civils.

Le président Karzaï a officiellement lancé mardi le processus de transition, qui doit voir les forces afghanes prendre progressivement la responsabilité de la sécurité sur l'ensemble territoire afghan d'ici la fin 2014. La capitale du Helmand, Lashkar Gah, est l'une des sept zones choisie pour la première phase du processus, où la responsabilité de la sécurité va changer de main dès l'été 2011.

26-03

 

Aled-Dilwyn Fisher : La Norvège, comme l’OTAN, dissimule les rapports sur les pertes civiles en Afghanistan.

Pris en flagrant délit de dissimulation des chiffres !

Voilà la Norvège bien embarrassée par ces documents de Wikileaks qui montrent que les chiffres des pertes civiles ont été volontairement abaissés, sans doute pour éviter de générer un véritable débat sur la présence des forces de l’OTAN en Afghanistan presque 10 ans après l’invasion de ce pays au nom de la guerre contre ben Laden et la résistance.

Le décompte macabre dans une zone de guerre comme l’Afghanistan relève de toute façon des autorités militaires, et l’ONU semble avoir perdu tout contrôle sur ce conflit qu’elle a initialement autorisé au lendemain des attentats du 11/9.

Malgré les dénégations outrées des officiels de l’OTAN, tout cela relève d’une stratégie bien huilée. N’oublions pas en effet qu’un câble de Wikileaks avait déjà révélé l’an dernier la stratégie que la CIA a mise au point pour convaincre l’opinion publique de soutenir davantage l’intervention militaire de l’OTAN en Afghanistan, notamment en France et en Allemagne où les populations sont très majoritairement contre. Mis à part quelques communiqués d’organisations humanitaires, ces informations ne "transpirent" pas dans nos grands médias. Encore une fois, on peut légitimement se demander ce qui pousse les journalistes à se rendre ainsi complices de telles mystifications, au lieu de présenter ces informations au grand public comme leur profession l’exige. De nouvelles révélations de Wikileaks par le journal norvégien Afgtenposten continuent d’embarrasser les gouvernements de la Norvège et des USA. Elles montrent que les ambassadeurs norvégiens ont suivi l’exemple de l’OTAN et de son leader étatsunien dans leur effort pour éviter un débat gênant au sujet des pertes civiles en Afghanistan.

Les câbles de la délégation étatsunienne à l’OTAN qui ont fuité ont été rédigés en septembre 2008. On y lit : "L’ambassadeur de Norvège a souligné la nécessité d’éviter un débat public sur le nombre de civils tués." D’après ces câbles l’ambassadeur de l’époque et l’ancien ministre adjoint aux affaires étrangères, Kim Traavik auraient jeté le discrédit sur le bilan des morts présenté par l’ONU en disant que : "Même les employés de l’ONU en poste à Kaboul doutaient de la méthode utilisée."

Traavik – qui est actuellement l’ambassadeur de Norvège en Grande-Bretagne – a nié avoir consciemment omis des faits, et a dit à Aftenposten que le rapport des câbles de l’ambassade des USA devait être un "malentendu". Il a affirmé que la Norvège était un des pays qui "demandait le plus vivement" que l’OTAN et la FAIS (la force internationale d’assistance et de sécurité, missionnée par l’OTAN en Afghanistan) prennent des mesures pour éviter les pertes civiles. "Nous l’avons fait pour des raisons humanitaires" a dit Traavik à Aftenposten, "mais aussi pour prendre en considération l’opinion publique des nations membres et d’Afghanistan."

"Tout à fait inacceptable"

Les organisations des droits de l’homme internationales ont cependant été promptes à émettre des critiques et le secrétaire général de la branche norvégienne d’Amnistie Internationale, John Peder Egenaes, a déclaré : "Il est tout à fait inacceptable que la Norvège ait accepté de dissimuler le bilan des victimes." Il a qualifié les révélations de "contraires à ce que l’on attend des autorités norvégiennes et à l’image que le gouvernement veut donner de lui-même."

Le malaise de la Norvège et de ses alliés à propos des écarts entre le bilan établi par l’ONU et celui établi par l’OTAN, a conduit l’OTAN à demander à l’ONU de mener des études conjointes sur les morts civiles. Le représentant spécial de l’ONU en Afghanistan, Kai Eide, s’y est fermement opposé en disant, selon le compte-rendu étatsunien, qu’une telle coopération "compromettrait l’indépendance de l’ONU et provoquerait un tollé chez les militants des droits de l’homme." Eide était déjà considéré comme "trop indépendant" par les alliés de l’OTAN et Victoria Nuland, l’ambassadeur étatsunien à l’OTAN a demandé à un diplomate norvégien expérimenté de "faire cause commune avec la FAIS en public et de défendre la mission chaque fois que des tragédies inévitables comme des pertes civiles se produisaient."

"Sans lien avec la réalité"

Eide a beaucoup critiqué la position de l’OTAN sur cette question, en disant qu’il "s’était rendu compte au cours des discussions que l’OTAN avait complètement perdu le contact avec la réalité du terrain en Afghanistan."

Le bombardement de Bala Baluk a particulièrement contrarié Eide ; des documents révélés aussi pendant le week-end indiqueraient que les USA ont caché un rapport de la Croix-Rouge qui faisait état de 89 civils tués dans ce bombardement alors qu’un officiel étatsunien prétendait qu’il n’y avait eu que 26 victimes. Eide va bientôt sortir un livre qui relate apparemment en détail ses désaccords avec les USA notamment en ce qui concerne la dissimulation des pertes civiles.

D’autres documents de Wikileaks ont montré que, lorsqu’on les questionne sur les pertes civiles, la réponse habituelle de l’OTAN, que les USA ont concoctée, a été de s’excuser pour les victimes qui ont perdu la vie, de promettre une enquête et d’accuser la résistance d’être responsables des morts.

GeantVert

Aled-Dilwyn Fisher

07 mars, 2011

LeGrandSoir,

 le 23 février 2011

Pour consulter l’original : http://www.newsinenglish.no/2011/02…

Traduction D. Muselet pour LGS

http://www.reopen911.info/News/2011/03/07/la-norvege-comme-l%E2%80%99otan-dissimule-les-rapports-sur-les-pertes-civiles-en-afghanistan/


n° 474 - journal de l'Afghanistan - du 04 -03 au 29 -03 –Fin - 2010, année la plus meurtrière pour les civils afghans.

n° 474 - journal de l'Afghanistan - du 04 -03 au 29 -03 –Fin  -  2010, année la plus meurtrière pour les civils afghans.

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 474 - du 04 -03 au 29 -03

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 


 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

L’Afghanistan au cœur des débats.

Civils afghans tués: il plaide coupable.

1 Analyse & déclaration :

Résistance

Occupants:

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 



L’Afghanistan au cœur des débats.

Civils afghans tués: il plaide coupable.

Un soldat américain a plaidé coupable, aujourd'hui devant une cour martiale, des meurtres de trois civils afghans, exécutés pour le plaisir avec la complicité présumée de quatre autres soldats de son bataillon, pendant une mission en Afghanistan.
Le caporal-chef Jeremy Morlock est le premier de cinq soldats de la brigade de combat Stryker de la Bravo Company à être jugé pour meurtres dans cette affaire. Il sera également le témoin clé de l'accusation dans les procès des quatre autres soldats, notamment celui du leader présumé, le sergent Calvin R. Gibbs.
Lors de son procès en cour martiale à la base militaire de Lewis-McChord, près de Seattle (Etat de Washington, nord-ouest des Etats-Unis) Jeremy Morlock a admis mercredi avoir tué ou aidé à tuer trois hommes lors de sa mission dans la province de Kandahar (sud), et avoir placé autour d'eux des armes afghanes afin de les faire passer pour des combattants ennemis.
Outre les meurtres, Jeremy Morlock et ses compagnons d'armes sont accusés d'avoir prélevé sur leurs victimes des "trophées-souvenirs", notamment des ossements, et d'avoir consommé du haschich. Ils auraient aussi passé à tabac un soldat qui avait signalé leurs agissements à sa hiérarchie.
Lundi, le magazine allemand Der Spiegel avait publié trois photos des accusés avec leurs victimes présumées. Sur l'une d'elles, on voit Jeremy Morlock poser devant un cadavre, dont il tient la tête par les cheveux.
L'armée américaine s'est excusée officiellement lundi "pour la souffrance" provoquée par les photos. Les agissements montrés sur ces clichés "nous répugnent en tant qu'êtres humains et sont contraires aux principes et aux valeurs de l'armée des Etats-Unis", a déclaré l'armée.

AFP

23/03



1 Analyse & déclaration

a) Résistance  

Paroles & action des résistants

L'intensité des combats a régulièrement augmenté depuis fin 2001, les résistants étant en mesure peu à peu de relancer leurs attaques contre les forces occidentales.

AFP

09-08

b) Troupes d'occupation : Analyse & déclaration

USA & Coalition

Bill Van Auken : Les États-Unis se retirent d'une vallée stratégique en Afghanistan.

Le Pentagone est en train de retirer ses troupes de la vallée de Pech dans le Nord-Est de l’Afghanistan qu’il avait précédemment qualifiée de stratégiquement vitale pour cette guerre menée par les Etats-Unis et qui est maintenant dans sa dixième année.

L’on s’attend à ce que le retrait, qui a débuté le 15 février, soit accompli au cours des deux prochains mois selon un article publié dans le New York Times. Il est prévu que les Etats-Unis abandonnent une série d’avant postes le long de cette vallée où plus de 100 soldats américains ont été tués et plusieurs milliers blessés depuis l’invasion pour la première fois de cette région en 2003.

Ce retrait n’est que le dernier d’une série de retraits. En avril dernier, l’armée américaine s’était retirée de la vallée voisine de Korengal, plus au sud, après que 42 soldats aient été tués et des centaines d’autres blessés au cours de trois années de combat. En octobre 2009, elle s’était retirée de la province de Nuristan, plus au nord, où quatre bases-clés avaient été abandonnées après avoir presque été prises dans une série de batailles l’année précédente.

Certains officiers américains ont souligné que chaque retrait avait encouragé les groupes armés qui résistent à l’occupation américaine à étendre leurs attaques à d’autres régions.

La signification stratégique de la vallée de Pech est soulignée par le rôle qu’elle a joué dans la désintégration de l’occupation soviétique de l’Afghanistan. Elle avait été le théâtre de durs combats durant l’intervention soviétique qui avait duré de 1979 à 1988. Moscou avait alors décidé de retirer ses troupes de la vallée. En l’espace de quelques mois, les combattants moudjahiddines de la résistance y avaient vaincu l’armée afghane, soutenue par les soviétiques et en 1989, l’armée soviétique avait quitté le pays, vaincue.

Cette vallée est l’une des principales artères de la région. Elle est frontalière du Pakistan et elle est un point de passage-clé pour les combattants pashtounes de la résistance qui traversent sans contrainte la Ligne Durand, la frontière arbitraire imposée par l’impérialisme britannique et qui sépare la population pashtoune en Afghanistan de celle du Pakistan.

Le déploiement de l’armée américaine dans la région avait été précédemment considéré comme la clé d’une stratégie anti-insurrectionnelle qui partait de l’idée que la résistance ne pourrait être vaincue que dans la mesure où les troupes américaines étaient déployées dans les villages afghans et pas seulement dans les grandes villes. Parallèlement à l’implantation de bases avancées opérationnelles lointaines, les Etats-Unis ont largement investi dans la région, dont 7,5 millions de dollars pour la construction d’une nouvelle route.

Un réexamen de cette stratégie qui avait débuté sous le général Stanley McChrystal et avait été intensifiée par son successeur, le général David Petraeus, a abouti à la conclusion que le déploiement dans la vallée de Pech ne pouvait pas être maintenu et qu’un déploiement équivalent dans l’ensemble de l’Afghanistan nécessiterait une force d’occupation forte d’au moins 600.000 hommes.

Dans les principaux organes de presse, la couverture médiatique du retrait a été remarquablement discrète et l’armée elle-même a tenté de présenter ce retrait comme un simple réajustement tactique. L’intention est clairement de masquer cette évidence : l’armée américaine a subi une défaite importante.

Le général John Campbell, qui dirige les opérations de l’armée américaine dans l’Est de l’Afghanistan, est en train de « repositionner » ses troupes « au sein de la province pour plus d’efficacité et plus de flexibilité, » a dit un porte-parole du Pentagone en ajoutant, « Il y a des dizaines de cols dans les montagnes et nous ne pouvons pas être présents partout. »

Ceci est incontestablement vrai et, dans la mesure où les forces d’occupation américaines ne sont pas présentes dans ces régions, la résistance et d’autres groupes de résistance armés les utiliseront pour organiser leurs forces et lancer des attaques.

Un raisonnement plus instructif a été fourni par quelqu’un que le New York Times a qualifié de « responsable américain de l’armée au courant » de la décision de retrait. « Nous avons trouvé que les gens dans la vallée Pech ne sont pas vraiment anti-américains ou anti-quelque chose ; ils veulent tout simplement qu’on les laisse tranquille, » a-t-il dit. « C’est notre présence qui déstabilise la région. »

La même chose pourrait être dite de l’Afghanistan tout entier où la présence de près de 100.000 soldats américains et 50.000 soldats étrangers ont « déstabilisé » le pays entier, causant la mort et blessant des centaines de milliers de civils et provoquant l’augmentation constante de la résistance armée qui est à présent active dans littéralement chaque région. Ils veulent « qu’on les laisse tranquille » et ils veulent se battre pour se débarrasser de l’occupation américaine de façon à pouvoir l’être.

Ce retrait anéanti également le raisonnement derrière le « surge » (déferlement, poussée soudaine, n.d.t.) américain lancé par le gouvernement Obama et selon lequel l’escalade américaine ferait reculer l’« insurrection » permettant ainsi l’entraînement d’une armée afghane fantoche qui prendrait le contrôle des régions précédemment occupées par les troupes américaines.

Comme en fait état le New York Times, « les responsables afghans craignent que le retrait des troupes ne corresponde à un abandon de territoire où de multiples groupes d’insurgés sont fermement installés, une région que les Afghans redoutent de ne pouvoir défendre par leurs propres moyens.

En effet, un rapport de novembre 1988 publié par le Combating Terrorisme Centre (CTC) de West Point a fourni une évaluation franche de l’état des forces opérant dans la région : « L’ennemi à Korengal et à proximité de Pech consiste en une diversité de combattants appartenant à la faction Hezb-i-Islami de Kashmir Khan, à l’al-Qaïda d’Abou Ikhlas, des  Afghans locaux qui n’acceptent pas la présence d’« infidèles » ou d’étrangers dans leurs vallées, Lashkar-i-Tayyaba, des combattants résistants menés par Dost Mouhammad et Qara Ziaur Rahman, des Nuristanis dirigés par Mullah Munibullah, des combattants arabes issus d’un groupe se nommant Jami’at al-Da’wa al-Qur’an wal’l-Sunna et de volontaires pakistanais. Parmi ces groupes se trouvent des centaines de combattants qui tendent régulièrement des embuscades aux patrouilles américaines, posent des mines improvisées, attaquent par surprise les soldats exposés, lancent des grenades sur des postes d’observation, et essaient parfois même d’attaquer des bases opérationnelles avancées. »

Un haut gradé afghan a avoué au Times qu’il est impossible que les troupes afghanes tiennent la région. « D’après mon expérience de l’armée et ma connaissance de la région, il est absolument impossible à l’armée nationale afghane de la protéger sans les Américains, » a dit le général Turab, ancien commandant adjoint du bataillon afghan stationné dans la vallée. « Ce sera une mission suicide. »

Une opinion identique a été exprimée par le ministre afghan de la Défense, Rahim Wardak, qui se trouve à Washington pour des consultations avec ses chefs suprêmes du Pentagone. « Il sera difficile pour les Afghans de tenir ces régions par leurs propres moyens, » a-t-il dit au Washington Post. En remarquant qu’il avait lui-même participé à la campagne dans la vallée de Pech qui avait initié la défaite de l’occupation soviétique, il a jouté, « Nous devons faire très attention à la manière de procéder dans cette région. »

L’article du Times reconnaît que le débat au sein de l’armée relatif au retrait de la vallée de Pech avait été « douloureux » en grande partie en raison de la crainte des échelons supérieurs quant aux conséquences qu’auraient sur le moral des troupes l’abandon d’une région dans laquelle plusieurs milliers de soldats américains ont été déployés, et où plus sont morts que dans n’importe quelle autre région, mis à part la province du Helmand dans le sud.

Le ton de ce débat au niveau des troupes sur le terrain a été reflété dans des interviews données au journal militaire Stars and Stripes par des soldats de l’armée américaine au moment où les projets de retrait étaient discutés en septembre dernier.

 « Beaucoup de gens le prennent personnellement, » a dit le sergent Kelly O’Donnel. « Ils demandent tous pourquoi finalement avons-nous été là-bas. Parce que nous y avons perdu quelques gars. Comment expliquer cela à tes hommes? »

De la même façon, dans un commentaire affiché sur Internet en début de semaine, un soldat qui avait été déployé l’année dernière dans la région de la vallée de Pech écrit : « Ce qui m’exaspère le plus c’est que tout le sang, la sueur et les larmes que les milliers de fantassins qui sont passés par Kunar au cours des années y ont laissé… auront été pour rien. Je me demande parfois à quoi servent tous ces déploiements et ces guerres quand il semble que ce soit pour rien. »

Le fait que de tels sentiments ne se limitent pas aux simples soldats était clairement apparu dans un discours prononcé vendredi par le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates à l’Académie militaire de West Point.

Dans un discours prononcé devant des cadets, Gates a prédit que « les chances de répéter un autre Afghanistan ou un autre Irak – l’invasion, la pacification et l’administration d’un pays du tiers monde » étaient faibles, tout en ajoutant que l’armée américaine allait devoir se préparer à combattre une série d’adversaires potentiels, dont « des terroristes, des insurgés, des milices, des Etats parias ou des puissances émergentes. »

Il a poursuivi – se référant aux déploiements actuels en Irak et en Afghanistan – en déclarant que « tout futur secrétaire d’Etat à Défense qui conseillerait à nouveau au président d’envoyer une importante armée terrestre américaine en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique devrait ‘se faire examiner la tête’, comme l’avait dit si délicatement le général MacArthur. »

Ces commentaires, adressés à un auditoire de futurs officiers dont un certain nombre sera envoyé pour combattre et mourir en Afghanistan ou en Irak dans le courant de l’année, sont extraordinaires.

Ils démystifient les affirmations de propagande faites par le gouvernement Obama que l’intervention américaine en Afghanistan était une « guerre nécessaire, » menée pour protéger la population américaine contre une menace terroriste prétendument omniprésente. Au lieu de cela, Gates nous dit que la simple proposition même d’une telle guerre aujourd’hui serait insensée.

Le discours du secrétaire d’Etat à la Défense reflète la perplexité et même la démoralisation, au sein du Washington officiel et de l’élite dirigeante américaine et qui est générée par une crise économique insoluble sur le plan national et l’incapacité de réaliser à l’étranger, au moyen d’une guerre d’agression, l’objectif d’établir l’hégémonie américaine dans les régions-clés productrices d’énergie.

Les remarques de Gates tout comme les retraits militaires de régions stratégiques d’Afghanistan portent à ne pas s’y tromper l’odeur de la défaite prochaine. Une défaite qui pourrait bien, en fait d’impact social et politique aux Etats-Unis mêmes, rivaliser avec la débâcle du Vietnam.

Bill Van Auken 
Article original,
WSWS, paru le 26 février 2011


Otan- Isaf

L'Otan dans l'embarras après une nouvelle bavure en Afghanistan.

Devant l'émotion provoquée par une nouvelle bavure qui a coûté la vie mardi à neuf civils afghans, la force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf), embarrassée, répond que le respect de ses règles d'engagement devrait permettre d'éviter ce genre de drame.

 «Le contenu et l'objectif de la directive tactique» émise en 2009 par le commandant en chef de l'Isaf de l'époque, le général Stanley McChrystal, «n'a pas changé», a assuré à l'AFP un porte-parole de la force, le lieutenant-colonel John Dorrian.

La mort mardi de neuf enfants ramassant du bois dans la province de Kunar (est), selon les autorités afghanes, apparemment sous les tirs d'un hélicoptère américain, a poussé le président afghan Hamid Karzaï à de nouveau dénoncer les raids «meurtriers» de l'Isaf.[apprecier les guillemets - RM]

Le commandant en chef de l'Isaf, le général David Petraeus, a dû reconnaître mercredi l'entière responsabilité de ses troupes, assurant que si l'enquête révélait des fautes, elles seraient sanctionnées.

Et jeudi, le président des États-Unis Barack Obama, dont le pays fournit les deux tiers des troupes internationales déployées en Afghanistan, a exprimé ses «profonds regrets» à M. Karzaï.

Cette affaire intervient alors que l'«afghanisation» de la guerre contre la résistance est au programme de l'Isaf, M. Karzaï devant annoncer le 21 mars dans quels districts et à quelles dates l'armée afghane prendrait le relais des troupes étrangères en première ligne.

Un processus qui devrait en principe s'achever à la fin 2014 par la prise en main de l'ensemble du pays par les soldats et policiers afghans, les soldats étrangers n'assurant plus qu'un rôle de soutien et de conseil.

À son arrivée en fonction au printemps 2009, le général McChrystal avait insisté sur la nécessité d'éviter au maximum ce que l'on appelle dans le jargon militaire les «dommages collatéraux» afin de ne pas dresser la population afghane contre les troupes étrangères et de faciliter son ralliement au gouvernement de Kaboul.

À la lumière de son expérience précédente en Irak, il avait alors fixé des règles d'engagement, encadrées par la fameuse «directive tactique» sur les possibilités d'ouvrir le feu en cas d'accrochage avec la résistance, y compris en limitant le recours au soutien aérien ou à l'artillerie.

Lorsqu'il avait remplacé Stanley McChrystal à l'été 2010, David Petraeus avait émis une nouvelle directive, reprenant l'essentiel de la précédente tout en précisant la notion de légitime défense, pour que les jeunes officiers sur le terrain n'hésitent pas à appeler à l'aide.

Le 1er juillet, le général Petraeus avait proclamé que «réduire les pertes de civils innocents au niveau minimal» était bien «un impératif de la lutte contre l'insurrection».

Aujourd'hui, «si elles ont la possibilité de décrocher en toute sécurité» les troupes de l'Isaf «doivent opter pour une désescalade quand la présence de civils est certaine», a expliqué le lieutenant-colonel Dorrian.

Par rapport à 2009, a-t-il estimé, les pertes civiles causées par l'intervention d'avions et d'hélicoptères ont baissé en rythme en 2010 de 13% en dépit d'une hausse de 20% du nombre d'«opérations», liée elle-même à la forte augmentation du nombre de soldats engagés en Afghanistan.

On ne peut cependant «jamais garantir zéro victime sur un théâtre de guerre», a admis avec regret un autre haut responsable de l'Isaf, insistant sur le fait que les deux tiers des morts dans la population sont, selon la Mission de l'ONU en Afghanistan (UNAMA), le résultat des attaques des résistants.

De ?

AFP 6/3



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Karzai

Hamid Karzaï demande l’arrêt des opérations de l’Otan.

Le président Hamid Karzaï a demandé hier à l’Alliance atlantique de cesser ses opérations militaires dans le pays, lors d’un discours dans la province de Kunar (est), où la force internationale est accusée d’avoir tué récemment plus de 70 civils. M. Karzaï y a rencontré près de 500 chefs de tribus, ainsi que des proches de civils tués par l’Otan. Le président afghan a suggéré que l’Otan concentre ses attaques sur les bases arrière des rebella résistance à l’étranger, notamment au Pakistan voisin.

AP 12/3


Sur le terrain

16-03

Les autorités afghanes ont accusé mardi l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) d'avoir tué deux enfants lors d'un raid aérien sur la province de Kunar

http://www.aufaitmaroc.com/actualites/monde/2011/3/15/deux-enfants-tues-par-lotan-dans-un-raid-en-afghanistan



b) Les occupants 

1) Usa

Occupation de l'Afghanistan

Les civils américains ne veulent plus de la guerre en Afghanistan.

Ce n’est pas encore le Vietnam, avec des centaines de milliers de manifestants dans la rue pour dénoncer la guerre, mais dans les sondages au moins les Américains se montrent de plus en plus opposés à l’engagement de leur pays en Afghanistan.

31% seulement considèrent que cette guerre valait la peine d’être menée,

64% répondent « pas la peine », indique un sondage Washington Post-ABC publié ce mardi. « Jamais sans doute le soutien (pour la guerre) n’avait été si bas » souligne le Post, qui mène ce sondage depuis 2007.

73% des Américains interrogés estiment aussi que les Etats-Unis devraient retirer leurs troupes de combat d’Afghanistan l’été prochain.

21% seulement souhaitent leur maintien.
Cette démobilisation de l’opinion américaine est comme un coup de poignard dans le dos pour Obama, qui a choisi l’escalade, en y envoyant encore 30 000 hommes supplémentaires en décembre 2009. Comme prévisible, ces renforts ont entrainé plus d'accrochages sur le terrain et plus de morts. En 2010,
au moins 499 soldats Américains ont été tués en Afghanistan, le nombre le plus élevé depuis le début de cette guerre en 2001.

Barack Obama a bien sûr aussi promis d’engager le retrait américain d’Afghanistan, dès juillet prochain. Dans l’esprit de nombreux dirigeants américains, ce retrait ne devait être pourtant qu’un « début », largement symbolique, qui n’empêcherait pas le maintien pour plusieurs années encore, d’une forte présence américaine en Afghanistan. A l’évidence, les Américains attendent maintenant plus de leur président : un retrait rapide et substantiel… sans si possible que la situation ne dérape trop sur le terrain ou ne permette de nouveaux attentats aux Etats-Unis.

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2011/03/les-am%C3%A9ricains-ne-veulent-plus-de-la-guerre-en-afghanistan.html



2) Otan-Isaf

Occupation de l'Afghanistan

L’Otan va transférer le contrôle de 4 villes et 3 provinces.

Le président Hamid Karzaï a lancé mardi le processus d'"afghanisation" de la sécurité du pays en annonçant que l'Otan allait transférer cette année aux forces afghanes le contrôle de trois provinces et quatre villes, un processus qui doit s'achever fin 2014.

Si ce transfert progressif est jugé crucial dans un pays dont la sécurité est aujourd'hui assurée en quasi-totalité par 140.000 soldats de l'Otan, cette première étape reste largement symbolique, les zones concernées étant considérées comme relativement sûres ou proches d'importantes bases de l'Otan.

L'Afghanistan prendra ainsi "la pleine responsabilité de la sécurité" de la province de la capitale, Kaboul, à l'exception du district de Surobi, et de Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand (sud), a déclaré M. Karzaï à Kaboul, dans un discours.

Les forces afghanes vont également assurer la sécurité des provinces du Panchir (au nord de Kaboul) et de Bamiyan (centre) et de trois autres capitales provinciales, Herat (province de Herat, ouest), Mazar-i-Sharif (Balkh, nord) et Mehtarlam (Laghman, est).

Le peuple afghan "ne veut plus que d'autres assurent la responsabilité de sa sécurité", a déclaré le chef de l'Etat, qui s'est récemment emporté contre l'Otan, accusée d'avoir tué plus de 70 civils ces dernières semaines dans l'est. "Cette année marque un tournant dans le processus de construction du gouvernement et de pacification".

Les provinces de Bamiyan et du Panchir sont considérées comme les plus calmes du pays.

En dépit d'attentats réguliers dans la capitale, la province de Kaboul, où sont implantées plusieurs bases importantes de l'Otan, est considérée comme sécurisée, à l'exception du district de Surobi. Ce dernier restera donc sous l'autorité des forces française de l'Otan, également déployées dans la province voisine de Kapisa, où la résistance sont tout aussi actifs.

Le transfert aux forces afghanes de Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand, un bastion résistant, relève plutôt également du symbole, car des milliers de soldats de l'Otan resteront déployés dans des bases proches.

Les troupes de la force internationale de l'Otan (Isaf), notamment américaines et britanniques, ont lancé ces dernières années plusieurs offensives pour déloger les insurgés du Helmand et de la province voisine de Kandahar.

Lashkar Gah et Mehtarlam sont les seules localités du sud ou de l'est, foyers d'origine de la rébellion, concernées par ce premier transfert.

"Ce sont de petites villes, ce n'est donc qu'un transfert symbolique", remarque l'analyste politique afghan Haroun Mir.

La résistance ont vu dans cette annonce de transfert un nouveau "jeu des envahisseurs". "Non seulement nous allons continuer d'attaquer ces localités, mais nous allons redoubler nos attaques", a déclaré à l'AFP un porte-parole des rebelles, Zabihullah Mujahid.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a souligné que ce premier transfert n'était que "la prochaine étape" sur le chemin de la stabilisation de l'Afghanistan, et non "son but final".

L'Otan prévoit de transférer d'ici à la fin 2014 la responsabilité de la sécurité de l'ensemble du pays à l'armée et à la police afghane, que ses troupes sont en train de former.

En novembre, le International Crisis Group avait prévenu que les forces afghanes n'offraient "qu'une piètre résistance aux résistants" et qu'un retrait des troupes de combat de l'Otan à la fin 2014 risquait de précipiter le pays dans la guerre civile.

22/03

AFP



Les alliés

1 Onu

Le mandat de la Mission de l'ONU en Afghanistan prorogé d'un an.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé mardi de proroger jusqu'au 23 mars 2012 le mandat de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).

Aux termes de la résolution 1974 (2011) adoptée à l'unanimité de ses quinze membres, le Conseil de sécurité décide que la Mission et le représentant spécial du secrétaire général, guidés par l'idée de renforcer la souveraineté et l'appropriation, continueront à piloter les activités civiles internationales, conformément aux communiqués des Conférences de Londres et de Kaboul.

Dans ce contexte, la MANUA devra s'attacher, en particulier, à réaliser les objectifs prioritaires que sont l'accroissement de la cohérence de l'aide offerte par la communauté internationale en matière de développement et de gouvernance et le renforcement de la coopération avec la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et l'OTAN à l'appui de la transition vers un Afghanistan souverain.

Le Conseil de sécurité, qui réaffirme la nécessité d'assurer la sécurité du personnel des Nations Unies et son adhésion aux mesures que le secrétaire général a déjà prises à cet égard, souligne qu'il importe de pouvoir compter sur une présence forte de la MANUA et des autres organismes, fonds et programmes de l'ONU dans les provinces. Par ailleurs, le Conseil de sécurité souligne le rôle que joue la MANUA pour faciliter le processus de paix et de réconciliation, y compris le Programme afghan de paix et de réintégration et note, dans ce contexte, que le gouvernement afghan accueillera à Kaboul, au printemps 2011, une conférence sur la réintégration.

Le Conseil de sécurité prie également le secrétaire général de procéder, en concertation avec le gouvernement afghan et les intervenants internationaux concernés, avant la fin 2011, à un examen approfondi des activités de la MANUA, notamment de son déploiement dans l'ensemble du pays, et ce afin que la Conseil puisse effectuer un examen « éclairé » de la Mission en mars 2012.

  23/3 xinhua



Dans le monde

Allemagne

Berlin va renforcer l'Otan en Afghanistan plutôt qu'en Libye. (…)

Le gouvernement allemand d'Angela Merkel a annoncé mercredi qu'il était prêt à renforcer son soutien aux missions de surveillance aérienne de l'Otan en Afghanistan pour compenser son refus d'aider ses alliés en Libye.

Le conseil des ministres a approuvé une proposition visant à envoyer jusqu'à 300 militaires en Afghanistan pour prendre part aux missions Awacs -- une décision qui doit encore être approuvée par le parlement, probablement dès vendredi.

"C'est un signe politique de solidarité avec nos alliés de proposer maintenant des Awacs pour l'Afghanistan", a souligné le ministre de la Défense, Thomas de Maizière, dans un discours devant la chambre basse (Bundestag).

Ce renfort se fera sans toucher à la limite haute de 5.350 soldats prévue dans l'actuel mandat autorisant la présence militaire allemande en Afghanistan, a souligné le gouvernement allemand.

Cette condition devrait faciliter l'approbation du projet avec le soutien d'une partie de l'opposition et apaiser une opinion publique qui est de longue date majoritairement hostile à ce déploiement.

L'Allemagne est sous pression depuis qu'elle s'est abstenue lors du vote de la résolution qui ouvrait la voie aux frappes aériennes en Libye par le Conseil de sécurité de l'Onu, dans la nuit du 17 au 18 mars.

Elle avait également catégoriquement refusé de prendre quelque part que ce soit aux opérations militaires en Libye, craignant à la fois pour la vie de ses soldats et pour la vie des civils libyens.

Elle avait proposé, en échange, d'"alléger le travail de (ses) alliés" en Afghanistan, selon le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle, en participant à de nouvelles tâches.

Mais M. de Maizière a essayé d'atténuer l'impression de mauvaise conscience allemande en affirmant lors de son discours que "même indépendamment des développements en Libye, le déploiement d'Awacs en Afghanistan est juste et important".

Les avions-radars de l'Otan ont entamé leur mission en Afghanistan en janvier, mais l'Allemagne avait refusé à l'époque de s'y joindre, craignant notamment que cette nouvelle mission ne remette en cause le large soutien apporté par deux des trois partis d'opposition aux opérations déjà en cours dans ce pays.

L'Allemagne, par ailleurs, a décidé de suspendre mardi la participation de ses navires de guerre aux opérations de l'Otan en Méditerranée, afin de n'avoir pas à se joindre au contrôle de l'embargo sur les armes à destination de la Libye, a annoncé le ministère de la Défense.

"L'Otan a décidé un embargo sur les armes contre la Libye, qui a aussi des conséquences concrètes, pouvant se traduire notamment par un éventuel recours à des armes. L'Allemagne n'y participera pas", a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense.

23 mars

AFP. 

Nicolas Gros-Verheyde : L'Allemagne équilibre son intervention militaire en fonction de ses intérêts économiques.

La Bundeswehr ca va, ca vient…
Après la décision de l’OTAN de déclencher une opération de contrôle de l’embargo sur les armes au large de la Libye, le gouvernement allemand a annoncé sa décision de reprendre le commandement de deux frégates et deux navires de guerre avec 550 marins et militaires à bord, et de retirer ses soldats (environ 60-70) des Awacs de l’OTAN qui effectuent des missions de reconnaissance sur la Méditerranée.

La frégate « Hamburg » (env. 200 soldats) et le navire « Oker » (env. 80 soldats) engagés dans la mission anti-terrorisme « Active Endeavour" , repassent ainsi sous le pavillon national tout comme la frégate « Lübeck » (env. 220 soldats) et le chasseur de mines « Datteln » (env. 40 soldats).

Mais cette décision n’est pas à sens unique. L’Allemagne a parallèlement décidé d’envoyer 300 soldats supplémentaires en Afghanistan pour participer à des vols de reconnaissance AWACS, ce jusqu’à fin janvier 2012. Ce qui permettra ainsi de soulager d’autant les Alliés, notamment américains, engagés au large de la Libye.

La mission allemande Awacs en Afghanistan

Pour permettre cet engagement supplémentaire en Afghanistan, la limite maximale d’engagement va être portée à 5300 soldats. Un maximum jamais atteint depuis le début de l’opération en 2001 (jusqu’ici la limite était fixée à 5000 plus une réserve de 350 soldats pour des " situations particulières" , réserve qui n’a jamais été utilisée).

Le cabinet gouvernemental doit avaliser cette décision mercredi avant d’être soumise au Bundestag vendredi. Ce qui ne devrait pas poser de problème. La CDU-CSU et le SPD, les deux partis principaux de la majorité et de l’opposition ont dit oui.

La Gauche (Die Linke) et Les Verts ne sont pas d’accord.

Tandis le FDP, le parti de Westerwelle hésite encore.

Cette mission des Awacs de l’OTAN en Afghanistan avait été décidée en juillet 2009 mais en raison du manque d’autorisations de survol de l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, les machines de l’OTAN n’avaient pu être utilisées. Et le gouvernement n’avait pas renouvelé l’autorisation en décembre. Une nouvelle mission avait démarré en janvier, mais l’Allemagne avait reporté sa réponse après les 3 premiers mois.
Ainsi, si l'Allemagne se dégage de l'opération en Libye, c'est qu'elle  vise à accentuer en Afrique son emprise économique, et pour ce faire, ne pas se mettre à dos les Etats de la région.

Par contre, elle renforce son dispositif en Afghanistan, pour soulager les Etats-Unis du fardeau militaire.

Nicolas Gros-Verheyde

Publié le 22 mars 2011

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-l-allem...


Canada

DÉCLARATION D’«ACTION URGENTE CANADA»                         

 Montréal, le 21 mars 2011 

Nous sommes un groupe de citoyennes/ens canadiennes/iens et d’autres origines préoccupées/és par les politiques de guerre et de domination du gouvernement canadien et par l’abandon des principes de paix, de justice sociale, de relations internationales basées sur l’égalité et le développement des peuples.

Tenant compte du fait que la majorité de la population du Canada s’oppose aux guerres, mais que les gouvernements canadiens successifs, libéraux et conservateurs, ne l’écoutent pas, nous exigeons IMMÉDIATEMENT UNE ACTION URGENTE DU PEUPLE DU CANADA.  Nous lançons un appel aux citoyennes/ens et aux organisations démocratiques, syndicales, politiques, populaires de poser les gestes suivants :

Dénoncer et nous opposer à la «spirale guerrière et antidémocratique dans laquelle le Canada s’enfonce de plus en plus» aux côtés des États-Unis au cours des nombreuses guerres déclenchées et menées conjointement avec le Canada, en violation du droit international et les droits de la personne :

Yougoslavie en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009 et maintenant LIBYE en 2011.

Empêcher que notre argent, l’argent de millions de contribuables canadiens soit dilapidé dans des guerres qui n’accroissent que les profits du grand pouvoir économique d’une infime minorité de membres de la société.  Cette spirale de guerre croissante coûtait, en 2009-2010, 58 millions de dollars par jour aux contribuables canadiens.  Cet argent des fonds publics pourrait être investi dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la création d’emplois, de la lutte contre la pauvreté, de la protection de l’environnement, qui profiteraient à l’ensemble de la population canadienne et de la planète.

Nous opposer à toute intervention militaire, qu’on nous présente sous de faux arguments tels que la menace terroriste, l’aide aux crisis humanitaires provoquées par les grandes puissances ou la défense des droits de la personne des peuples, violés par les envahisseurs eux-mêmes, mensonges qui sont tous très bien défendus par les médias alliés aux intérêts économiques et politiques des seigneurs de la guerre.

Nous défendons les principes suivants :

-1-Le droit des peuples et des nations à vivre en paix et à lutter contre le colonialisme, l’impérialisme, le néo-colonialisme, le racisme et le sionisme; la ségrégation et tout type d’agression contre eux;

-2-Le droit des peuples et des nations d’une région à s’unir pour combattre toute invasion et occupation de cette région par des puissances étrangères;

-3-Le droit des peuples et des nations à l’autodétermination et à la souveraineté.  En effet, les guerres d’invasion et d’occupation, les guerres civiles et locales provoqués de l’extérieur, les déstabilisations contre des gouvernements qui représentent légitimement leur peuple, tel que des coups d’États ou des blocus organisés par des puissances étrangères aggravent la situation économique, politique et mondiale des peuples et des nations, intensifient les conflits, la pauvreté, la destruction de l’environnement et des structures économiques et sociales des pays, engendrent des crises humanitaires et ont de graves conséquences pour l’humanité, comme ce fut le cas des guerres menées au Vietnam, en Irak, en Palestine, en Afghanistan, dans les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et en Europe, qui peuvent étendre les conflits et entraîner une intervention de pays voisins et la participation de plusieurs puissances dans les conflits.

Nous nous basons, en partie, sur la Déclaration de l’organisation «Échec à la guerre» intitulée «Pour en finir avec la logique de guerre et de domination» endossée par 119 organisations et 165 personnes publiée la semaine dernière

Nous vous invitons (1) si vous voulez que votre nom soit ajouté à cette liste à communiquer avec nous; et (2) à diffuser cette déclaration POUR ENGENDRER UNE ACTION URGENTE FACE À CETTE SITUATION

Liste des signataires :

Les membres d’«Action urgente Canada»


France

Neuf militaires français tués le 18 août 2008 dans la vallée d'Uzbin: un juge veut enquêter.

Un juge d'instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP) a jugé recevable la plainte de familles de sept soldats français tués au combat en Afghanistan en août 2008, a-t-on appris vendredi de sources judiciaires confirmant une information parue dans "Le Parisien

Cette information judiciaire est ouverte pour "violation manifeste d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence" et "mise en danger de la vie d'autrui", a expliqué à l'AP l'avocat des familles, Me Gilbert Collard.

Neuf militaires français ont été tués le 18 août 2008 dans la vallée d'Uzbin dans une embuscade avec la résistance, lors d'une opération de la force internationale (ISAF).

Le parquet du TAP s'était prononcé contre la recevabilité de cette plainte, estimant notamment qu'il "ne saurait être exigé que les mesures de précaution prises par le commandement assurent une sécurité absolue en situation de combat, où devoir donner la mort et risquer de la recevoir est précisément au coeur de la mission militaire".

Les familles des militaires considèrent que des négligences dans la chaîne de commandement et l'impréparation de l'opération ont conduit à ce drame. "On se bat depuis 2009", a rappelé Me Collard qui considère que cette décision du magistrat instructeur est "une première étape".

Une première plainte avait été classée sans suite. La seconde, avec constitution de partie civile, a été déposée en mars 2010.

Le parquet a cinq jours, à compter de mercredi, pour faire appel de la décision du juge d'instruction. Si tel était le cas, le litige serait alors tranché par la cour d'appel de Paris.

Il est "par essence infondé de soutenir qu'envoyer des hommes au combat dans une zone de conflit armé exposée et sensible pour l'accomplissement de leur mission militaire pourrait caractériser un acte de mise en danger de la vie d'autrui pénalement répréhensible, quelles qu'en soient les circonstances", avait souligné le parquet dans son analyse juridique.

Le TAP est compétent pour les crimes et délits commis par et contre des militaires français en opérations extérieures.

AP

25/3



Les voisins

Russie

Moscou condamne Washington pour son refus de fermer le camp de Guantanamo.  

 La Russie condamne les Etats-Unis qui refusent de fermer la prison spéciale de Guantanamo où des personnes soupçonnées de terrorisme international sont détenues sans jugement ni procès, indique un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.
"Nous sommes pour le moins perplexes en apprenant que le président américain Barack Obama a récemment signé une ordonnance levant le moratoire sur l'activité des tribunaux militaires chargés d'examiner les dossiers des personnes soupçonnées de terrorisme et détenues dans la prison spéciale aménagée dans la base militaire américaine de Guantanamo. Rappelons qu'il s'agit d'un établissement tristement célèbre et qui fonctionne, de fait, hors des systèmes judiciaire et pénitentiaire des Etats-Unis", lit-on dans le communiqué de la diplomatie russe.
Le ministère a fait cette déclaration à l'occasion de la reprise des activités des tribunaux militaires américains chargés d'examiner les dossiers de ces personnes.
Moscou estime que la signature de l'ordonnance présidentielle va à l'encontre de la promesse de Barack Obama de fermer la prison spéciale de Guantanamo et "incite à mettre en doute la sincérité des déclarations de Washington sur son attachement aux standards démocratiques élevés".
Le rapport du Groupe de travail sur l'examen périodique universel (EPU) consacré aux audiences tenues par les tribunaux militaires américains en novembre 2010 sera examiné le 18 mars lors de la 16e session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève.

15/03/2011

 http://fr.rian.ru/



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

28/03/2011

n°70 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 26-03 - : Début - La sauvagerie de l'impérialisme états-unien.


n°70 - Géopolitique & stratégie d'Iran  - 26-03 - : Début - La sauvagerie de l'impérialisme états-unien.   


. Géopolitique & stratégie d'Iran

La guerre aura-t-elle lieu ?

             n°70 du 26-03                            C.De Broeder & M.Lemaire

 


Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Noam Chomsky : La sauvagerie de l’impérialisme états-unien.

1-2 Danielle Bleitrach : Dans la mire des Etats-Unis.

1-3 Danielle Bleitrach Un pas en avant du docteur Fol amour vers l’Iran….

2  Réflexion

2-1 René Naba : Golfe Armement: Autant en emporte le vent. Partie1/2

Fin

2-2 René Naba : Golfe Armement: Autant en emporte le vent. Partie2/2



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

1-1 Noam Chomsky : La sauvagerie de l’impérialisme états-unien.

Extrait

L’empire des États-Unis, le Moyen-Orient et le monde. Il est tentant de reprendre depuis le début.

Le début c’était il y a bien longtemps, mais il est utile de revoir certains points d’histoire qui pourront être comparés à la politique actuelle des États-Unis au Moyen-Orient. Les États-Unis sont un pays très particulier par bien des aspects. Ils sont probablement le seul pays au monde qui soit né empire. C’était un empire enfant – comme George Washington l’a appelé –, et les Pères fondateurs étaient très ambitieux. 

Le plus libéral d’entre eux, Thomas Jefferson, pensait que l’empire enfant devait s’étendre davantage et devenir le « nid » à partir duquel le continent entier serait colonisé. Cela signifiait se débarrasser des « rouges », les Indiens, lesquels ont effectivement été déplacés ou exterminés. Les Noirs devaient être renvoyés en Afrique dès qu’on n’aurait plus besoin d’eux et les Latins seraient éliminés par une race supérieure

 

Concernant le Moyen-Orient… Ils disaient que nous devions maintenir nos forces d’intervention, la plupart d’entre elles au Moyen-Orient. Puis vient une phase intéressante. Nous devons faire barrage pour contenir l’ennemi. Nous devons maintenir les forces d’intervention au Moyen-Orient pour défendre nos intérêts, la région qui « ne pouvait pas être offerte en cadeau au Kremlin ». En d’autres termes, désolés les gars, nous vous avons menti pendant 50 ans, mais maintenant que le prétexte n’existe plus, nous vous dirons la vérité. Le problème au Moyen-Orient est ce qu’on appelle le nationalisme radical. « Radical » signifie simplement indépendant. C’est un terme qui signifie « ne suit pas les ordres ». Le nationalisme radical peut être de différentes sortes. L’Iran en est un bon exemple.

 

La menace du nationalisme radical

En 1953 la menace iranienne c’était un nationalisme laïque. Après 1978 c’est le nationalisme religieux.

En 1953 on a renversé le régime parlementaire et on a installé un dictateur beaucoup plus à notre goût. Ce n’était pas un secret. Le New York Times, par exemple, dans un éditorial, se réjouissait du renversement du gouvernement iranien, estimant qu’il s’agissait d’une bonne « leçon de choses » pour les petits pays qui devenant fous, emportés par le nationalisme radical, rejettent toute autorité et veulent contrôler eux-mêmes leurs ressources. Ce sera une leçon de choses pour eux : n’essayez pas ce genre de bêtises, et certainement pas dans cette région dont nous avons besoin pour contrôler le monde. C’était en 1953.

 

Depuis le renversement du tyran imposé par les États-Unis en 1979 l’Iran a continuellement été attaqué par les États-Unis. Au début Carter a essayé de répondre au renversement du shah en organisant un coup d’État. Ça n’a pas marché. Les Israéliens – l’ambassadeur… il y avait des relations très proches entre Israël et l’Iran sous le shah, bien que théoriquement il n’y eût pas de relations formelles – ont fait savoir que si nous pouvions trouver des officiers disposés à tuer 10 000 personnes dans les rues, nous pourrions rétablir le régime du shah. Zbigniew Brzezinski, le conseiller de Carter à la sécurité nationale, avait à peu près les mêmes idées. Mais ça n’a pas vraiment marché. Les États-Unis ont alors immédiatement soutenu Saddam Hussein, pour qu’il envahisse l’Iran. Et ce n’est pas une mince affaire. Des centaines de milliers d’Iraniens ont été massacrés. Les gens qui sont à la tête de l’Iran actuellement sont des vétérans de cette guerre et ils ont une claire conscience du fait que l’ensemble du monde est contre eux – les Russes, les États-Uniens, tout le monde soutenait Saddam Hussein, tout le monde voulait renverser le nouvel État islamique.

 

Ce n’est pas peu de choses. Le soutien des États-Unis à Saddam Hussein est allé très loin. Les crimes de Saddam – comme le génocide d’Anfal, massacre de Kurdes – étaient niés. Le gouvernement Reagan les démentait et les attribuait à l’Iran. À l’Irak on a même donné un privilège rare. C’est le seul pays, avec Israël, qui a pu attaquer un navire états-unien et s’en sortir impunément. Dans le cas d’Israël c’était le USS Liberty en 1967. Dans le cas de l’Irak c’était le USS Stark en 1987 – un navire qui appartenait à la flotte états-unienne protégeant les convois irakiens des attaques iraniennes pendant la guerre. Ils ont atttaqué le navire avec des missiles français, ils ont tué plusieurs dizaines de marins – et ils n’ont reçu qu’une petite tape sur la main, rien de plus.

 

Le soutien des États-Unis était tel que c’est quasiment eux qui ont remporté la guerre pour l’Irak. Une fois la guerre finie, le soutien des États-Unis à l’Irak a continué. En 1989 George Bush I a invité des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis, pour qu’ils reçoivent des formations de pointe dans le domaines des armes nucléaires. C’est l’une de ces petites choses qu’on cache parce que quelques mois plus tard Saddam est devenu un mauvais garçon. Il a désobéi aux ordres. Juste après cela il y a eu de terribles sanctions, etc.

 

La menace iranienne

Pour en revenir à notre époque, dans la littérature sur la politique étrangère et dans les commentaires généraux ce que vous lisez généralement c’est que le problème le plus important pour les États-Unis était et reste la menace iranienne. Qu’est-ce que c’est que cette menace iranienne au juste ? Nous disposons d’une source qui fait autorité sur ce point. C’était il y a quelques mois : un compte rendu au Congrès des États-Unis émanant du département de la défense et des services d’intelligence. Tous les ans ils font un compte rendu au Congrès sur la situation mondiale en matière de sécurité. Le dernier compte rendu, celui d’avril dernier, comporte une partie qui concerne l’Iran, bien sûr, la plus grande menace. Il est important de lire ce compte rendu. Ce qu’ils disent c’est que, quoi qu’il en soit de la menace iranienne, ce n’est pas une menace militaire. Ils disent que les dépenses militaires iraniennes sont plutôt basses, y compris si on les compare aux pays de cette région ; et si on les compare à celles des États-Unis, elles sont insignifiantes – probablement moins de 2% de nos dépenses militaires. Par ailleurs ils disent que la doctrine militaire iranienne est basée sur le principe de la défense du territoire national, elle est conçue pour contenir une invasion pendant un temps suffisant pour rendre possible le passage à l’action diplomatique. Voilà la doctrine militaire des Iraniens. Ils disent qu’il est possible que l’Iran pense aux armes nucléaires. Ils ne vont pas plus loin que cela, mais ils disent que si les Iraniens développaient des armes nucléaires ce serait dans le cadre de leur stratégie défensive, afin de prévenir une attaque, ce qui est une éventualité assez réaliste. Le plus grand pouvoir militaire de l’histoire – c’est-à-dire nous –, qui leur a toujours été extrêmement hostile, occupe deux pays frontaliers de l’Iran et menace ouvertement d’attaquer ce pays. Israël, État client des États-Unis, lance les mêmes menaces. Voilà pour le côté militaire de la menace iranienne telle qu’identifiée dans le Military Balance.

 

Ils disent par ailleurs que l’Iran est une menace majeure parce que ce pays tente d’étendre son influence dans les pays voisins. On appelle cela déstabilisation. Ils œuvrent à la déstabilisation dans les pays voisins en tentant d’augmenter leur influence et cela est un problème pour les États-Unis, parce que les États-Unis tentent d’apporter la stabilité. Lorsque les États-Unis envahissent un pays c’est pour apporter la stabilité – un terme technique dans la littérature des relations internationales qui signifie obéissance aux ordres des États-Unis. Donc lorsque nous envahissons l’Irak ou l’Afghanistan, c’est pour créer de la stabilité. Si les Iraniens essaient d’accroître leur influence, juste chez leurs voisins, c’est déstabilisant. Cette doctrine, comme tant d’autres, est élaborée dans les universités. Un commentateur libéral et ex-éditeur de Foreign Affairs, James Chase, a même pu dire sans crainte du ridicule que les États-Unis devaient déstabiliser le Chili d’Allende pour apporter la stabilité – c’est-à-dire la soumission aux États-Unis.

 

Qu’est-ce que le terrorisme ?

La deuxième menace iranienne c’est le soutien au terrorisme. Qu’est-ce que le terrorisme ? On nous donne deux exemples du soutien de l’Iran au terrorisme : son soutien au Hezbollah libanais et son soutien au Hamas palestinien. Quoi que vous pensiez du Hezbollah et du Hamas – vous pensez peut-être que c’est ce qu’il y a de pire au monde –, qu’est-ce qui fait qu’on les considère terroristes ? Bon, le « terrorisme » du Hezbollah est fêté tous les ans au Liban le 25 mai, fête nationale libanaise qui célèbre l’expulsion des envahisseurs israéliens du Liban en 2000. La résistance du Hezbollah et sa guerre de guérilla avaient fini par obliger Israël à se retirer du Sud-Liban, mettant fin à une occupation de 22 ans, avec son lot de terreur, de violence, de torture – occupation maintenue en violation des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

Donc Israël a finalement quitté le Liban et c’est le jour de la Libération au Liban. Voilà globalement ce qui est considéré comme le terrorisme du Hezbollah. C’est comme ça qu’il est décrit. En fait, en Israël c’est même décrit comme une agression. Vous pouvez lire la presse israélienne ces jours-ci et des politiciens de premier plan disent que c’était une erreur de se retirer du Sud-Liban parce que cela permet à l’Iran de poursuivre son « agression » contre Israël, agression qui a commencé en 2000 avec le soutien à la résistance contre l’occupation israélienne. C’est considéré comme une agression contre Israël. Ils ont les mêmes principes que les États-Unis, nous disons la même chose. Voilà pour le Hezbollah. Il y a d’autres actes que vous pourriez critiquer, mais voilà ce qu’est le terrorisme du Hezbollah.

 

Un autre crime commis par le Hezbollah c’est que la coalition dont il est l’élément principal a largement emporté les dernières élections parlementaires ; mais en raison du principe communautariste qui prévaut pour l’assignation des sièges ils n’ont pas reçu la majorité des sièges. Thomas Friedman [du New York Times] a donc versé des larmes de joie, comme il l’a lui-même expliqué, lors de ces merveilleuses élections libres au Liban, le président Obama ayant battu le président iranien Ahmadinejad. D’autres se sont joints à cette célébration. Autant que je sache personne n’a rendu compte des véritables résultats électoraux.

 

Quoi qu’il en soit, que l’Iran essaie d’étendre son influence et que l’Iran soutienne le Hezbollah et le Hamas c’est, du point de vue des services d’intelligence et du département de la défense, ce qui constitue son soutien au terrorisme.

 Noam Chomsky :

3 février 2011

Traduction : Numancia Martínez Poggi

Source : cahiers du socialisme


1-2 Danielle Bleitrach Dans la mire des Etats-Unis, l’Iran.

Les Etats-Unis après avoir comme ils l’avaient prévu utilisé la France pour lancer les hostilités en Libye et remis in fine l’opération à l’OTAN, continuent à avancer leur pion vers leur objectif: l’Iran.

 Il faut en décrire quelques manoeuvres qui n’apparaissent pas encore au grand jour tout en étant bien avancées: nous ne reviendrons pas sur la Libye, mais il devient de plus en plus évident que l’opération avait pour but non seulement d’asseoir la domination sur les ressources énergétiques libyennes mais de prendre pied à l’intérieur d’un monde arabe secoué par des révoltes populaires (mais aussi Maghreb, Afrique). Il est plus intéressant, parce que encore partiellement caché, de tenter de mettre en lumière quelques autres points stratégiques à travers lesquels les Etats-Unis avancent sur leur triple objectif: 1. s’assurer la maîtrise de l’énergie mondiale, 2. tenir par la force et par la division un monde arabe en pleine révolte, 3. viser à terme l’Iran, et sans doute au-delà.

Première mise en lumière : réorganisation du monde arabe autour de l’hégémonie saoudienne. La manière dont Barhein a été offert à l’intervention saoudienne n’est pas un fait isolé, simplement lié à l’existence d’une base nord-américaine, mais doit être analysée en vertu du contrôle prioritaire du Golfe persique et de l’Iran, et d’une tentative de contrôle de ce monde arabe par une alliance de fait des Saoudiens avec l’Egypte et Israël. Les révoltes du monde arabe seront utilisées non sans habileté. Ainsi on attisera celle contre les dictateurs qui résistent aux Etats-Unis, alors qu’on aidera à la répression des peuples qui s’opposent aux alliés des Etats-Unis. A ce titre l’analyse chinoise [cf http://french.peopledaily.com.cn/Horizon/7327695.html ] sur ce qui s’est passé en Libye montre l’inquiétude de ce pays et la dénonciation des buts poursuivis : l’invasion de la Libye témoigne d’une stratégie impérialiste autant que de tactiques face à des problèmes internes. On peut ajouter le fait qu’ en utilisant à la fois les ambitions du président égyptien de la ligue arabe, les inquiétude de ce pays et d’autres sur le mouvement de rébellion, on a entraîné certains pays arabes, la France ayant joué les bons offices. Il a été dans un premier temps choisi de renforcer voir de créer une situation d’insurrection de la région de Benghazi, expliquent les Chinois, puis comme Kadhafi mettait en danger la dite rébellion, il a bien fallu passer à l’offensive avec toujours le même recours aux campagnes médiatiques et au prétexte humanitaire, Sarkozy servant de déclencheur à l’affaire. 

Deuxième mise en lumière : bien voir comment les Etats-Unis et les Européens, qui contrôlent 90% de l’information mondiale, lancent le thème de la guerre humanitaire sur la dénonciation, souvent bien réelle, des exactions contre les peuples et en « améliorant » le marketing par l’invention de quelques grossiers mensonges pour « chauffer l’opinion publique ». A ce titre il faut souligner également que les Etats-unis ont repris pied depuis un an dans le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU qu’ils avaient boycotté jusqu’ici. La dernière session de ce Conseil des droits de l’homme témoigne que leur activité au sein de ce Conseil paye, l’Europe y était littéralement submergée par les voix du Tiers monde, l’arrivée des Etats-Unis et d’une ambassadrice qui se consacre à temps plein à ce poste, Eileen Donahoe, a obtenu le résultat de diviser ce qui se présentait comme un bloc uni. La tournée d’Obama en Amérique latine dans des pays comme le Brésil, le Chili, venait en appui de cette stratégie qui consiste à aborder les problèmes de façon transrégionale, multilatérale et de fait isoler les pays que l’on veut attaquer en combinant déstabilisation interne, propagande médiatique et campagne sur les droits de l’homme.

Troisième mise en lumière : il suffit donc de suivre qui est désigné par cette stratégie pour comprendre quelle opération est envisagée. La nomination d’un rapporteur sur l’Iran et sur la violation des Droits de l’homme par ce pays est une grande victoire pour Washington, non seulement pour la première fois depuis neuf ans l’Iran est ainsi mis en cause, mais comme il avait été procédé pour la ligue arabe, le vote brésilien a été acheté semble-t-il en échange d’un siège permanent à l’ONU, ce qui présente le double avantage de diviser le front anti-impérialiste, le BRIC et en même temps in fine d’offrir un siège au Conseil de sécurité à un pays que l’on a fini de déconsidérer. Mais là n’est pas l’objectif premier bien que l’ONU ait pour l’administration Obama une importance perdue sous Bush. L’objectif premier est bien de « travailler » l'opinion internationale en employant la carotte et le bâton avec les dirigeants et les campagnes médiatiques avec les peuples dont on veut empêcher la protestation. 

Face à ces grandes manoeuvres, s’il est évident que l’on ne peut pas considérer que l’Iran est le pays où les droits de l’homme ne sont pas violés, c’est une litote, il faut bien mesurer quels sont les enjeux réels et quelle analyse, quelle politique et stratégie doit être celle des communistes et des forces progressistes.

Ces manœuvres impérialistes ne cherchent pas à assurer le triomphe des Droits de l’homme, le respect de la démocratie et la paix dans le monde, il faut en être convaincu.

Outre le fait sur lequel il est bon de revenir sans cesse que ni les Etats-Unis ni les Européens ne sont qualifiés, tant de par leur histoire que leur politique actuelle, à s’ériger en juge du reste de l’humanité, ce viol systématique des souverainetés nationales n’a aucun but humanitaire, ni d’instauration de la démocratie. Ce qui est recherché est exactement le contraire : s’emparer des ressources énergétiques, asseoir une domination qui vacille et imposer un modèle économique qui provoque ces révoltes, financiarisation, pillage, crises multiples, énergétique, climatique, alimentaire. Pour cela il s’agit non seulement de conforter des tyrans mais encore de remplacer ceux existant par d’autres corrompus et clients des Etats-Unis.

Enfin pour imposer cette stratégie de domination on s’appuie sur les deux instruments de la puissance des Etats-Unis :

 

1) la domination militaire, une armée qui a elle seule est plus importante que toutes les autre réunies et qui utilise son potentiel de menace pour former des coalitions, et pour entretenir l’armada otanesque. Leurs expéditions, vu la dissymétrie sont de simple police mais créent le chaos et les souffrances d’une armée d’occupation et d’une résistance locale, avec des chefs de guerre.

 

2) la domination médiatique pour favoriser ces opérations par un mélange d’indignation et d’apathie. 

Tout cela parce que la véritable domination des Etats-Unis, la domination financière, à cause du poids du dollar, est menacée par la montée de la Chine. Nul n’ignore qu’il existe désormais aux Etats-Unis un fort courant qui souhaite très vite attaquer ce pays avant que sa puissance ait encore grandi. 

Enfin il faut noter en conclusion que l’attaque de l’Iran est la plus périlleuse qui soit, on a vu ce que représentait le nucléaire dans le contexte d’une catastrophe naturelle, imaginez une attaque contre les centrales iraniennes et c’est bien de cela qu’il s’agit. En outre, par le détroit d’Ormuz transite l’essentiel de l’énergie mondiale, 40% d’un pays comme la Chine (peut-être est-ce ce qui est visé ?) et voyez les conséquences. 

Donc il faut s’opposer à cette stratégie impérialiste qui menace la paix et une grande partie de l’humanité, non pas en défendant l’indéfendable, mais en montrant bien la nature réelle des enjeux. Il faut proposer des négociations basées sur la diplomatie avec d’autres acteurs que les pays occidentaux et les Etats-unis. 

Danielle Bleitrach

26 mars 2011

http://socio13.wordpress.com/2011/03/26/dans-la-mire-des-etats-unis-liran-par-danielle-bleitrach/

 


1-3 Danielle Bleitrach Un pas en avant du docteur Fol amour vers l’Iran….

Le vote du Brésil

 Le président des Etats-unis, Barack Obama, a demandé à sa collègue Dilma Rousseff, lors de sa récente visite au Brésil, que le Brésil vote contre l’Iran, comme elle a fini par le faire au Conseil des Droits humains de L’ONU, a révélé un membre du gouvernement local au journal O Globo, selon ANSA. 

Bon où est le problème, me direz-vous, moi aussi je voterai contre l’Iran en matière de Droit de l’homme. A la seule différence près que je ne le ferais pas si Obama me le demandait. Ce n’est pas pour lui faire de la peine mais parce que je me dirais que celui qui n’a toujours pas fermé Guantanamo, n’a toujours pas fermé sa sous-traitance de torture de par le monde, celui qui continue à appliquer à Cuba un blocus génocidaire condamné par toutes les nations sauf les Etats-Unis et Israël, celui qui maintient les 5 en prison, j’en passe et des meilleurs, celui-là est bien mal placé pour me donner des conseils en matière de Droits de l’homme. Et surtout je m’interrogerais : « Où veut-il exactement en venir, quel peuple veut-il encore secourir à coup de bombes ? »

Durant la rencontre le samedi 19 à Brasilia, Obama a prié Rousseff que le « Brésil soit co-auteur de la Résolution » approuvée à Genève, sur les Droits humains en Iran, a dit un haut fonctionnaire de l’exécutif brésilien. Selon sa version, la présidente a évité une réponse directe à son homologue nord-américain, avec lequel elle traitait de la situation en Libye, où le Brésil s’est opposé aux bombardements des puissances.

Finalement le Brésil, qui s’est abstenu de voter contre l’Iran dans l’Assemblée de l’ONU en novembre 2010, a appuyé la formation d’un organisme chargé d’étudier la situation des droits humains dans ce pays. L’ambassadrice nord-américaine Eileen Chamberlain a félicité hier le corps diplomatique brésilien pour sa position au Conseil des Droits humains. « La présidente Rousseff a démontré à quel point sa vision sur cette question était satisfaisante ». 

Je le répète, s’il m’arrive d’avoir quelques doutes sur tout ce qu’on reproche à Kadhafi, je n’en ai aucun sur la question des droits de l’homme en Iran, mais si j’étais la présidente du Brésil je me demanderais quelle connerie j’ai pu faire pour recevoir de telles félicitations de la part des Etats-unis.  

Selon des propos publiés dans les médias brésiliens, avec son vote à l’ONU, le brésil espère gagner la confiance de Washington et un éventuel appui pour son aspiration à accéder à un siège permanent au conseil de sécurité.

 L’ambassadrice brésilienne à l’ONU, Maria Nazareth Farani de Azevedo, a protesté hautement qu’il était faux de penser que la position du Brésil contre l’Iran était liée à l’espérance d’un siège permanent au Conseil de sécurité.

Le vote brésilien représente « un message fort d’appui au peuple iranien » a déclaré Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix en 2003, qui avait exprimé ses critiques au Président Luiz Lula da Silva (2003-2010), pour son rapprochement et son dialogue avec Téhéran.

Cette dernière position est parfaitement compréhensible et légitime, et ceux qui souffrent dans les geôles iraniennes n’ont pas de conseil de patience à recevoir, mais la diplomatie de Lula était de celle qui justement permettait d’avancer tout en respectant la souveraineté des peuples, le dialogue qu’il proposait en face du bellicisme étatsunien est le seul qui permettra d’avancer. Parce que ce n’est pas seulement la répression qui bloque l'émancipation du peuple iranien, c’est le patriotisme, le fait d’être entre l’Iran et l’Afghanistan confronté à la catastrophe des invasions sous commandement étatsunien.

Et pourtant si vous ne le voyez pas sachez que le processus de cette invasion, voir de frappe sur des sites nucléaires est en marche, l’affaire de la Libye n’est qu’une manière d’utiliser les révoltes du monde arabe pour recomposer les camps et les diriger contre l’Iran ? Et après contre la Chine ? Où s’arrêtera un Empire en pleine chute face à un monde où la crise prend des proportions multiples et de plus en plus catastrophiques.

Danielle Bleitrach

Brasilia, mars 25 –



 Réflexion

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 René Naba : Golfe Armement: Autant en emporte le vent.

Partie1/2

Ce papier est dédié aux trois personnalités suivantes :

Mohamad Bouazizi, décédé le 4 janvier 2011, des suites de ses blessures. Son immolation sur la place publique de Sidi Bouzid, en Tunisie, en signe de protestation contre l’arbitraire tunisien, a servi d’étincelle au soulèvement populaire qui provoqua la chute de la dictature du Général Zine El Abidine Ben Ali.

Ahmad Jaafar Kassem, artisan du spectaculaire attentat contre le QG du commandement  israélien de Tyr, le 11 novembre 1982, dans le cadre d’une opération de la résistance libanaise contre l’occupation israélienne du sud Liban

Mountazar Al Zaïdy, journaliste irakien, le Spartacus des temps modernes, le lanceur de sa chaussure contre George  Bush jr.

 

I • Le Golfe, une gigantesque base flottante américaine, une pompe à finance des déficits américains.

L’effondrement du dispositif occidental sur la rive arabe de la Méditerranée avec les révoltes populaires en Tunisie et en Egypte sur fond d’une contestation généralisée des supplétifs de la stratégie américaine dans la sphère arabo musulmane, au terme d’une furieuse décennie de «guerre contre le terrorisme», de même que les révélations du site américain Wikileaks sur la position belliqueuse des pétromonarchies face à l’Iran, illustrent la logique de vassalité des «émirats mirage» face à l’Amérique, particulièrement dans le domaine de la défense, en ce qu’ils incitent les Américains à faire la guerre à leur voisin iranien pour neutraliser son potentiel nucléaire, plutôt que de doter le Monde arabe d’une capacité d’autosuffisance stratégique.

Le contrat de l’ordre de 123 milliards de dollars, conclu à l’automne 2010 entre l’Amérique et quatre pays du Golfe, en vue de renforcer leur capacité défensive «face à l’Iran».en constitue un témoignage éloquent de cette politique de dilapidation financière pour des motifs d’armement.

Face à l’Iran, la constellation des pétromonarchies du Golfe s’est ainsi transformée en une véritable base flottante américaine, au point que se pose la question de la viabilité stratégique et de la pertinence politique du plus important contrat d’armement de l’histoire, jamais conclu, en temps de paix, entre les Etats Unis et quatre pays membres de la zone. Un singulier contrat à tous égards, de l’ordre de 123 milliards de dollars, qui outrepasse les capacités d’absorption des bénéficiaires de même que les capacités d’assimilation de cet armement par ses servants locaux.

Si l’on excepte sa piètre démonstration militaire au Yémen, l’été 2010, l’Arabie saoudite n’a jamais mené de guerre directe contre aucun de ses adversaires potentiels, encore moins contre Israël, l’ennemi officiel du monde arabe, dont elle est le principal opposant sur le plan théorique, se bornant à financer des guerres obliques de déstabilisation,jamais contre Israël, toujours contre les pays arabes ou musulmans ; Contre l’Egypte nassérienne au Yémen, dans la décennie 1960 par monarchistes interposés, contre la Syrie baasiste, dans la décennie 1970, par Frères Musulmans interposés, ou encore contre la Révolution islamique de l’Iran, dans la décennie 1980, via  l’Irak Baasiste de Saddam Hussein, ou enfin contre l’Union Soviétique, en Afghanistan, dans la décennie 1980, via sa légion islamique  sous la houlette de son homme lige Oussama Ben Laden.

La transaction, conclue à l’occasion de la fête nationale saoudienne, le 23 septembre 2010, implique la modernisation de la flotte aérienne et de la marine saoudiennes. Soixante milliards de dollars seront affectés à la vente à l’Arabie saoudite de 87 chasseurs bombardiers « F-15», de 70 hélicoptères de combat «Apache» et de 72 hélicoptères «Black Hawk», 36 hélicoptères Little Bird AH-6, ainsi que des bombes, des missiles, y compris la bombe guidée par GPS, JDAM, produite par Boeing et le missile guidé par laser Hellfire. Trente milliards de dollars complémentaires seront affectés à la fourniture de bâtiments de guerre et d’un système de défense balistique, complémentaire au réseau de missiles de type Patriot et au reconditionnement des anciens appareils de l’armée de l’air et de la marine.

Le contrat est complété par une série d’accords similaires avec trois autres pétromonarchies du Golfe (Koweït, Emirats arabes Unis et sultanat d’Oman) portant le montant total de la transaction à 123 milliards de dollars.

Les pétromonarchies arabes, un des principaux ravitailleurs du système énergétique mondial, sert en même temps de gigantesque base militaire flottante de l’armée américaine, qui s’y ravitaille à profusion, à domicile, à des prix défiants toute concurrence. Tous, à des degrés divers, y paient leur tribut, accordant sans états d’âme, des facilités à leur protecteur.

La zone est, en effet, couverte d’un réseau de bases aéronavales anglo-saxonnes et françaises, le plus dense du monde, dont le déploiement pourrait à lui seul dissuader tout éventuel assaillant éventuel, rendant  superflu un tel contrat. Elle abrite à Doha (Qatar), le poste de commandement opérationnel du Cent Com (le commandement central américain) dont la compétence s’étend sur l’axe de crise de l’Islam qui va de l’Afghanistan au Maroc;  A Manama (Bahreïn), le quartier général d’ancrage de la V me flotte américaine dont la zone opérationnelle couvre le Golfe arabo-persique et l’Océan indien.

En complément, l’Arabie saoudite abrite, elle, une escadrille d’awacs (Air borne Warning and Control System), un système de détection et de commandement aéroporté, dans la région de Riyad. Le Koweït, très dévoué à son libérateur, fait office de zone de pré positionnement et de ravitaillement à la gigantesque infrastructure militaire américaine en Irak, le nouveau champ d’expérimentation de la guerre moderne américaine dans le Tiers-monde. S’y ajoute, dernier et non le moindre des éléments du dispositif,  Israël, le partenaire stratégique des Etats-Unis dans la zone, ainsi que la base relais de Diégo Garcia (Océan indien), la base aérienne britannique de Massirah (Sultanat d’Oman) ainsi que depuis janvier 2008 la plate forme navale française à Abou Dhabi.

De surcroît, des barrages électroniques ont été édifiés aux frontières de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour décourager toute invasion ou infiltration. Le barrage électronique saoudien a été édifié avec le concours des Français, celui d’Abou Dhabi, avec le concours de la firme israélienne AGT (Asia Global Technologies), dont le contrat de trois milliards de dollars concerne aussi bien la protection des frontières que la protection de quinze sites pétroliers de l’émirat, ainsi que la fourniture de Drones, les avions de reconnaissance sans pilote, de fabrication israélienne

Faiblement peuplées, entourées de puissants voisins tels l’Iran et l’Irak, de création récente et inexpérimentées en la matière, les pétromonarchies ont longtemps confié leur protection à des pays amis aguerris, ou, à défaut, à des compagnies militaires privées, les mercenaires des temps modernes, et, les fabuleux contrats d’armement qui excédaient les capacités d’absorption des servants locaux, étaient généralement perçus comme des polices d’assurance déguisées, en raison des mirifiques rétro commissions qu’ils généraient.

La protection de l’espace aérien saoudien a été longtemps confiée aux aviateurs pakistanais, le territoire national du Sultanat d’Oman aux bédouins de la légion arabe jordanienne, les mercenaires occidentaux se chargeant du reste, avec une répartition des rôles entre les Anglais, surtout présents dans leur ancienne zone d’influence, notamment les émirats pétroliers du Golfe, et les Américains ayant la haute main sur l’Arabie Saoudite et le reste du Moyen-Orient.

La protection du Cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nahyane, Emir d’Abou Dhabi et président de la Fédération des Émirats du Golfe, ainsi que l’encadrement des troupes omanaises dans la répression de la guérilla marxiste du Dhofar, dans les années 1965-1970, ont relevé de la responsabilité de «Watchguard», une des deux compagnies de mercenaires britanniques, dont le siège est à Guernesey. Fondée en 1967 par David Sterling, un ancien des commandos de l’air britanniques (Special Air Services), elle passe pour être un instrument d’influence de la diplomatie britannique. Outre Blackwater, qui s’est fâcheusement illustrée en Irak, les États-Unis comptent, eux, deux grandes sociétés privées militaires: Vinnell Corp, dont le siège est à Fairfax, en Virginie, et BDM international. Toutes deux filiales de la multinationale Carlyle, elles apparaissent comme les bras armés privilégiés de la politique américaine en Arabie et dans le Golfe. Vinnel corp, dont la mission saoudienne a fait l’objet d’un attentat à Khobbar en 1995, a la haute main sur la formation de la Garde nationale saoudienne, tandis que BDM gère la formation du personnel de l’armée de l’air, de la marine et des forces terrestres saoudiennes.

 

II • L’Iran, un prétexte pour éponger le surplus de pétrodollars arabes

Israël, un prétexte pour maintenir la dépendance technologique arabe

Ce contrat qui devra être soumis au Congrès pour ratification, témoigne des «relations spéciales» entre les Etats-Unis et le Royaume d’Arabie saoudite depuis la signature du Pacte de Quincy en 1945. Une relation spéciale, certes, mais de vassalité en ce qu’il vise à «renforcer les capacités combatives du Royaume face à l’Iran» sans faire peser des risques sur Israël.

Les avions saoudiens seront en effet privés d’armes de longue portée afin de sécuriser l’espace aérien israélien et leurs performances, tant en ce qui concerne leur équipement que leur maniabilité. Ils  seront, en tout état de cause, de moindre capacité que le nouveau appareil que les Etats-Unis envisagent de vendre à Israël, 20 chasseurs-bombardiers américains F-35 Lightning II (JS F-35), le  super bombardier de supériorité technologique, dont le coût unitaire atteint la somme considérable de 113 millions de dollars pièce. Israël dispose ainsi d’un quasi-droit de regard sur l’équipement militaire des alliés arabes des Etats-Unis.

Ainsi donc par un subterfuge que les politologues américains désignent du vocable de «Politics of Fears», la politique de l’intimidation, qui consiste à présenter l’Iran comme un croquemitaine, l’Arabie saoudite est contrainte de se doter, non d’une défense tous azimuts, mais d’une posture défensive anti iranienne, autrement dit de renforcer le royaume «face à l’Iran», puissance du seuil nucléaire, et non Israël, puissance nucléaire de plein exercice, de surcroît puissance occupante de Jérusalem, le 3me haut lieu saint de l’Islam.

Alors que le Monde arabe accuse un retard manifeste tant au niveau de la recherche scientifique que du développement des nouvelles technologies et que le chômage atteint des proportions rarement égalées ailleurs dans le monde, quatre pétromonarchies vont débloquer la colossale somme de 123 milliards de dollars, pour résorber le chômage…. des Etats-Unis, maintenir un bassin d’emploi de 75.000 poste sur cinq ans, et justifier, sous l’apparence d’un faux équilibre, une transaction qualitativement supérieure entre les Etats-Unis et Israël.

Indice d’une dépendance complémentaire à l’égard des Etats-Unis, Abou Dhabi s’est d’ores et deja engagé à ne pas utiliser la technologie américaine pour développer des armes nucléaires, renonçant à enrichir de l’uranium et à recycler les déchets. Une décision qui contraint les principautés pétrolières à importer le combustible nécessaire au fonctionnement des réacteurs de leurs centrales nucléaires de production d’électricité.

En d’autres termes, les exigences américaines aboutissent à préserver le monopole de la production nucléaire au bénéfice des pays occidentaux, de la Chine et de la Russie et de maintenir en état de dépendance les pays émergents.

Au prétexte de la sécurité d’Israël, les Etats-Unis veillent particulièrement à barrer la voie aux pays arabes à accéder à la capacité nucléaire. L’Egypte a dû ainsi attendre trente ans le feu vert américain pour se lancer dans le nucléaire civil, une autorisation accordée lorsque l’Iran est devenue une puissance du seuil nucléaire, enregistrant un considérable retard scientifique par rapport aux autres grands acteurs régionaux. Pire, signe de son dégagement du conflit et de la précarité du pouvoir de Hosni Moubarak, les forces de sécurité et brigades anti émeutes dépassent en nombre celui des forces armées, 1,4 millions contre un million, selon les indications fournies par Mohamad Hassaneine Heykal, l’ancien confident de Gamal Abdel Nasser sur le chaîne «Al Jazira, le 17 décembre 2010.

Les Etats-Unis cherchent de même à imposer à la Jordanie un accord qui autoriserait le Royaume à extraire l’uranium qu’il recèle en son sol, tout en lui interdisant de le transformer en combustible. Cette exigence réduit également toute possibilité pour la Jordanie de devenir un centre régional d’enrichissement d’uranium.

La Jordanie, habituellement docile à l’égard des Diktats américains, paraît devoir passer outre. Elle a déjà commencé à développer les infrastructures nécessaires pour répondre à ses ambitions nucléaires et a prévu la construction de sa première centrale en 2019. AREVA (France) a signé en 2010 un accord d’exploitation conjointe pour l’extraction de l’uranium dans le centre de la Jordanie dans le cadre d’une concession accordée pour 25 ans.

Bien qu’antérieure à l’émergence de l’Iran comme puissance nucléaire virtuelle, la forte concentration militaire occidentale dans le golfe arabo-persique est néanmoins présentée dans les médias occidentaux comme destinée à protéger les princes du pétrole contre les convoitises du régime islamique de Téhéran.

Force pourtant est de constater que l’unique intervention militaire iranienne contre les pétromonarchies s’est produite à l’époque où l’Iran se situait dans la mouvance occidentale dans la décennie 1970 sans que la protection américaine n’ait été d’un grand secours aux protégés arabes qui se sont vus amputer ce jour là de trois îlots appartenant à l’Emirat d’Abou Dhabi: (la grande et la petite Thomb et l’ïle d’Abou Moussa. Il est vrai que le Chah d’Iran Mohamad Reza Pahlevi faisait office à l’époque de gendarme du Golfe pour le compte des Américains et que les princes arabes ne pouvaient qu’obtempérer, sur injonction américaine, au super gendarme régional qui leur avait été assigné.

Sous couvert de guerre contre le terrorisme ou de démocratisation du Moyen orient, deux des objectifs déclarés de la diplomatie américaine, la présence militaire américaine vise à maintenir cette zone énergétique d’importance stratégique sous contrôle occidental, alors que la guerre pour le contrôle des matières premières redouble d’intensité tant en Asie qu’en Afrique au moment où la Chine opère une percée remarquable sur le flanc méridional de l’Europe.

Oasis de prospérité sécurisée de l’économie occidentale face à la «zone de pénurie» du versant méditerranéen frondeur du Monde arabe, cette constellation de micro états balance entre gigantisme économique et nanisme politique, face au triple péril résultant de leur trop grande dépendance vis-à-vis de la main d’œuvre étrangère, de leur trop grande dépendance militaire vis à vis des Etats-Unis d’Amérique et des incessantes frasques monarchiques au point d’accentuer le discrédit et de fragiliser les six pétromonarchies du golfe du fait de leur complet décalage avec le combat mené par les mouvements contestataires arabes contre l’hégémonie occidentale tant au Liban (Hezbollah), qu’en Irak (Moqtada Sadr) qu’ en Palestine (Hamas).

L’affaiblissement militaire et économique des Etats-Unis, la nouvelle tonicité de la Russie après la guerre de la Géorgie, en août 2008, l’activisme chinois en Afrique font craindre aux stratèges occidentaux la consolidation du groupe de Shanghai (Chine, Russie, Iran), à l’effet de modifier les rapports de force régionaux notamment au Moyen-orient, au détriment des pétromonarchies alliées du camp occidental.

La transaction militaire américano arabe de 123 milliards de dollars représente le 1/5me du flux global consenti par la Réserve fédérale américaine pour relancer l’économie américaine en 2010-2011. L’Iran sert ainsi de croquemitaine pour éponger le surplus de pétrodollars des réserves pétro monarchiques.

Les pétromonarchies, coutumiers du fait, ont déjà volé au secours de l’économie américaine au moment du krach bancaire de 2008-2009, enregistrant au passage, sans plainte ni complainte, une perte sèche de 150 milliards de dollars au cours du troisième trimestre 2008, du fait de leurs placements sur les marchés occidentaux.


III • Les dépenses d’armement arabe ……. Un effroyable gâchis

Les lourds investissements, notamment dans le domaine militaire, paraissent stimulés parfois, non pas tant par les impératifs de sécurité, mais par la perspective alléchante des commissions et rétro commissions. A l’indice mondial de la corruption, l’Arabie Saoudite se situe hors classement.  A croire que les surfacturations tiennent lieu de «police d’assurance tous risques» contre d’éventuelles tentatives de déstabilisation, de rétribution déguisée pour un zélé protecteur, une sorte de mercenariat officieux.

Dans la foulée de la première guerre contre l’Irak, l’Arabie a ainsi consacré, en 1992 et 1993, vingt neuf milliards de dollars pour sa défense contre 26,5 milliards à l’éducation nationale, une somme équivalent, compte tenu de sa faible densité démographique (12,3 millions de nationaux) et de la faiblesse numérique de ses forces armées (200.000 entre armée régulière et garde nationale), à une dépense moyenne de 75 millions dollars par an pour chaque militaire, et, à l’échelle du pays, un million de dollars par an par habitant, proportion inégalée partout ailleurs dans le monde.

Pour prix du concours américain, l’Arabie saoudite a déboursé la coquette somme de cinquante milliards de dollars à titre de contribution à l’effort de guerre, dont dix sept milliards de dollars au titre de «prime de débarquement» sur le sol saoudien, en prélude aux frappes anti-irakiennes. Autrement dit, la monarchie saoudienne aura débloqué cinquante milliards de dollars à l’Amérique pour l’autoriser à accentuer son emprise sur le Royaume et à camoufler la corruption régnante.

Le Général Khaled Ben Sultan, (57 ans), propre fils du ministre de la défense, abusivement auto proclamé commandant en chef de la coalition internationale anti-irakienne, alors qu’il n’était en réalité que l’interface saoudien du véritable commandant américain, le général Norman Schwarzkopf, a réussi, dans ces circonstances dramatiques pour son pays, le tour de force, de prélever près de trois milliards de dollars au titre de commissions sur les transactions sur l’équipement et le ravitaillement des troupes de la coalition estimée à l’époque à 500.000 soldats de 26 nationalités.

Une telle ponction, exorbitante, et à certains égards indécente au regard des enjeux de l’époque et de la contribution réclamée par des tiers pour la défense du territoire national, aurait été passible partout ailleurs d’une comparution immédiate devant la cour martiale. Elle n’a donné lieu à aucun rappel à l’ordre familial, tout juste une discrète mise à l’écart provisoire de l’indélicat, qui s’est traduite pour l’exilé milliardaire de Londres par le rachat du journal «Al-Hayat».  Un traitement  identique a été réservé à son frère, le prince Bandar Ben Sultan, ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis, mis en cause dans le scandale des rétro commissions de la commande d’avions de combat de fabrication britannique Toronado», promu par la suite président du Conseil National de Sécurité du Royaume. Une prime à la prévarication en quelque sorte.

 IV • Ahmad Jaafar Kassem et Montazar al Zayédi, un contrepoint au comportement de vilénie

En contrepoint à ce comportement de vilénie, des actes de bravoure donneront ses titres de gloire au combat arabe. Tel le cas de Mohamad Bouazizi, mort le 4 janvier 2011 des suites de son immolation sur la place publique de Sidi Bouzid, en Tunisie, en signe de protestation contre l’arbitraire tunisien, l’étincelle au soulèvement populaire tunisien qui provoqua la chute de la dictature du Général Zine El Abidine Ben Ali, au terme de 23 ans d’arbitraire, de népotisme et de corruption. Mohamad Bouazizi a mis en application, dans sa chair, au prix de sa vie, la dernière partition de l’hymne national tunisien, «Namoutou Wa Yahya Al Watan», «Nous mourrons pour que vive la nation».

Ou encore le cas de Ahmad Jaafar Kassem, qui se livrera à une mission sacrificielle, uniquement mu par le sens de l’honneur et l’amour de sa patrie, opérant un spectaculaire dynamitage du quartier général du commandement militaire israélien à Tyr, au sud Liban, provoquant la mort de 45 soldats israéliens et près de 200 blessés. Un bilan infiniment supérieur à la totalité des pertes cumulées infligées aux Israéliens tant par les 50.000 arabes afghans de la Légion islamique d’Afghanistan que par l’Arabie saoudite, dont les dépenses en armement se sont élevées au cours des cinquante dernières années à près de 300 milliards de dollars sans avoir tiré un seul coup de feu contre Israël.

Né  le 1er septembre 1963 à Deir Kanoun, au sud Liban, dans la zone limitrophe d’Israël, mort le 11 novembre 1982 dans l’attaque du QG israélien de Tyr, Ahmad Jaafar Kassir, membre de la résitance islamique du Liban,  est passé à la postérité comme l’initiateur des premières opérations de commando suicide contre les forces d’occupation israéliennes au sud Liban, qui déboucheront en 2000 sur le retrait israélien en l’an 2000, premier dégagement israélien d’un pays arabe non assorti d’un traité de paix ou d’une reconnaissance de l’Etat Hébreu.

Ou encore le cas de Mountazar Al Zaïdy, l’homme aux mains nues, qui a symboliquement brisé les chaînes qui entravaient ses compatriotes, en lapidant de sa chaussure, dans son fief de la zone verte de Bagdad, l‘enclave américaine transformée en camp retranché, l’homme le plus puissant de la planète, le 43me Président des Etats-Unis, le néo-conservateur George Bush jr. Le journaliste irakien, le plus célèbre lanceur de chaussures de l’histoire de l’humanité est apparu ainsi à de larges fractions de l’hémisphère sud, pas uniquement le Monde arabe et musulman, mais également en Amérique du sud, en Afrique, en Asie Pacifique, dans les banlieues d’Europe et d’Amérique du nord, comme un personnage de légende, le Spartacus des temps modernes, faisant du «bashing bush», le plus prisé des jeux de la blogosphère, c’est-à-dire dans le monde de l’information réelle. «Au nom des veuves et des orphelins d’Irak, prend donc ce baiser d’adieu, fils de chien», a-t-il asséné à l’envahisseur de son pays.

Mohamad Bouazizi, Ahmad Jaafar Kassem et Montazar Al Zaïdy ont retourné à leur compte la métaphore du faible au fort, se réappropriant le mythe du petit David bravant le géant Goliath, forçant au respect l’opinion internationale, sans la moindre rétribution, ni la moindre prébende, ni commissions ni rétro commissions, le lot quotidien des transactions militaires pétro monarchiques.

Suivra...
Pour aller plus loin,

Le Pacte de Quincy : http://www.renenaba.com/?p=2807

Sur les commissions, rétro commissions et la communauté de connivence

http://hybel.blogspot.com/2010/12/le-980.html

René Naba 


n°70 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 26-03 - : Fin - La sauvagerie de l'impérialisme états-unien.

Le 19 fevrier 2011

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23290
 



n°70 - Géopolitique & stratégie d'Iran  - 26-03 - : Fin - La sauvagerie de l'impérialisme états-unien.   

 


. Géopolitique & stratégie d'Iran

La guerre aura-t-elle lieu ?

             n°70 du 26-03                            C.De Broeder & M.Lemaire

 


Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

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Sommaire :  

2  Réflexion

2-2 René Naba : Golfe Armement: Autant en emporte le vent. Partie2/2


2-2 : René Naba : Golfe =  Armement:  Autant en emporte le vent

OPEP et logique de vassalité

 

Le sursaut populaire arabe de l’hiver 2011 avec le renversement de deux dictatures Hosni Moubarak (Egypte) et Zine El Abidine Ben ALI (Tunisie), les soulèvements dans huit pays arabes (Libye, Bahreïn, au Yémen, Algérie, Maroc, Jordanie, Irak) illustrent l’usage que font les dirigeants arabes de leur surarmement, la répression de leur concitoyens plutôt que la défense de l’espace nationale arabe contre ses ennemis réels (Israël) ou virtuels (Iran).

Le contrat de l’ordre de 123 milliards de dollars, conclu à l’automne 2010 entre l’Amérique et quatre pays du Golfe, en vue de renforcer leur capacité défensive «face à l’Iran» constitue un témoignage éloquent de cette politique de dilapidation financière pour des motifs d’armement.

Loin d’être un exercice d’auto flagellation, le constat est manifeste et le décompte affligeant. Pendant près d’un quart de siècle de 1970 à 1994, période marquée par une succession ininterrompue de conflits majeurs, la guerre civile jordano-palestinienne de « Septembre Noir » de 1970, la troisième guerre israélo-arabe d’octobre 1973, la guerre du Liban (1975-1990), la guerre Irak-Iran (1980-1989), la deuxième guerre du Golfe (1990-1991), sans parler de l’invasion américaine de l’Irak en 2003, le Moyen-Orient aura absorbé 45 pour cent des armes vendues au tiers monde, trente pour cent de la totalité des achats mondiaux d’armement, alors que sa population ne représente que cinq pour cent de celle de la planète au point de parvenir à posséder plus d’armements par habitant (pour les chars et l’artillerie) que la totalité de la trentaine de pays européens compris dans les anciens Pacte de l’OTAN et du Pacte de Varsovie (2)

Au premier rang des « conflits budgétivores », la guerre irako iranienne (1979-1989) et la guerre du Golfe (1990-, 1991) qui auront durablement compromis le développement économique de la région, ainsi que la guerre du Liban (1975-1990), qui aura complètement désarticulé un pays jadis pilote de l’ensemble arabe tant au niveau économique qu’au niveau de la pratique démocratique.

A raison de cinq cent millions de dollars par mois pour chacun des belligérants sur neuf ans, le conflit entre l’Irak et l’Iran, l’un des plus meurtriers de l’époque contemporaine avec un million de victimes (300.000 morts et 700.000 blessés) aura coûté la bagatelle de 108 milliards de dollars, sans compter les dégâts collatéraux infligés à l’occasion de la « guerre des pétroliers » (258 cargos, pétroliers et caboteurs détruits) provoquant en tonnage des pertes maritimes du même ordre que celles enregistrées pendant la Seconde guerre mondiale. Ces précisions n’incluent pas les dépenses d’armement.

Les Arabes ont déboursé 426 milliards de dollars en achat d’armement durant la décennie 1980-1990 et 60 milliards de dollars rien que dans les deux années qui ont suivi la Guerre du Golfe (1991-1992).

A lui seul le Koweït a déboursé en cinq ans (1990-1995), la fantastique somme de 70 milliards de dollars pour financer tout à la fois l’effort de guerre de la coalition internationale et sa reconstruction et préserver aussi son indépendance par des achats massifs d’équipements militaires et du matériel de sécurité.

Par leur coût opérationnel, leurs dégâts et les préjudices annexes, les deux guerres contre l’Irak (1990-1991 et 2003), auront coûté la bagatelle de mille six cent soixante dix (1.670) milliards de dollars, épongeant les surplus financiers gouvernementaux et gelant bon nombre de projets de développement à dimension interarabe.

La guerre de la coalition internationale contre l’Irak, consécutive à l’occupation du Koweït (1990-1991) a coûté 670 milliards de dollars aux pays arabes, selon le rapport du Conseil de l’Unité Economique Arabe paru en Août 1995 au Caire, tandis que l’invasion américaine de l’Irak, en 2003, infligeait, elle, des pertes de l’ordre de mille milliards de dollars (931 millions d’euro) au produit intérieur brut (PIB) des pays arabes du fait des pertes civiles et militaires, de la dégradation de l’environnement par l’usage des mines et des armes de destruction massive notamment l’uranium appauvri, de la baisse des recettes du transport aérien et maritime et de la hausse du coût des assurances et des réassurances (3).

Douze mille milliards de dollars de pertes au Moyen orient depuis 1991

Strategic Foresight Group (SFG), chiffre, quant à lui, à douze mille milliards de dollars la somme perdue suite aux guerres qui ensanglantent l’ensemble du Proche-Orient depuis 1991. Ce coût englobe aussi bien les pertes humaines que les dégâts infligés à l’écologie, aux répercussions sur l’eau, le climat, l’agriculture, en passant par la croissance démographique, le chômage, l’émigration, la hausse des loyers, le prix du pétrole, voire même l’éducation.

Le rapport de 170 pages se fonde sur 95 paramètres. Plus de cinquante experts d’Israël, des territoires palestiniens, d’Irak, du Liban, de Jordanie, d’Egypte, du Qatar, du Koweït et de la Ligue arabe ont participé à cette étude menée ce groupe de réflexion basé en Inde et soutenu par la Suisse, la Norvège, le Qatar et la Turquie. Le chercheur indien Sundeep Waslekar, président du SFG, précise:

« On doit parler d’une cascade de coûts dont une partie n’est pas quantifiable financièrement comme les atteintes à la dignité humaine. » Le rapport pointe par exemple les centaines de milliers d’heures de travail perdues par les Palestiniens aux check points (barrages israéliens). Il révèle aussi que 91% des Israéliens vivent dans un perpétuel sentiment de peur et d’insécurité.
Au seuil du XXI me siècle, le Monde arabe apparaît ainsi comme une zone sous tutelle marquée par une présence militaire étrangère aussi importante qu’à l’époque coloniale avec un important pays, l’Irak, sous la coupe américaine, des bases dans le Golfe et des facilités militaires dans dix pays arabes, dont l’Egypte et l’Arabie Saoudite, deux des principaux chefs de file du monde arabe, soit la moitié des états de la Ligue arabe.

Pour la première fois dans l’histoire, la présence militaire américaine est institutionnalisée sur les zones pétrolifères du Golfe et de la péninsule arabique, à l’épicentre du monde arabe, Bagdad, l’ancienne capitale de l’Empire abbasside. Fragilisés par la flambée islamiste anti-américaine et le tribut de la guerre réclamé par Washington à ses obligés monarchiques, le Royaume wahhabite, jamais colonisé même sous l’empire ottoman, le Koweït et le Qatar se trouvent aussi sous un « protectorat de facto » des Etats-Unis. Soixante dix ans après la décolonisation du tiers-monde, l’ordre américain s’est substitué à l’ordre arabe,

Les convulsions guerrières de l’espace arabe du dernier quart de siècle (1975-2000) auront ainsi laissé sur le tapis 73 millions de pauvres, 65 millions d’analphabètes, dix millions de sous alimentés et douze millions de chômeurs, représentant 15 pour cent de la main d’oeuvre sur un marché du travail gravement segmenté et dysfonctionnel. Le PIB (produit intérieur brut) des 21 pays de la ligue était légèrement supérieur à celui de l’Espagne, en 1999, représentant la moitié du PIB par habitant de celui de la Corée avec un cinquième de la population vivant avec moins de deux dollars par jour.

Selon le rapport 2009 sur le développement économique du monde arabe, la zone compte le taux de chômage le plus élevé au monde, se situant à 14,4 % alors que la moyenne mondiale est de 6,3 %. Compte tenu de la croissance démographique actuelle, les pays arabes devront créer 50 millions d’emplois d’ici 2020 pour absorber l’augmentation prévue de la population active. «La richesse tant vantée des pays arabes provenant des hydrocarbures présente une image trompeuse de leur situation économique, qui masque les faiblesses structurelles de nombreuses économies arabes et l’insécurité des pays et des populations qui en résulte», dit Walid Khadduri, consultant pour le Middle East Economic Survey et membre de l’équipe principale de rédaction du Rapport arabe sur le développement humain 2009.

Vingt pour cent (20 %) de la population de la région arabe vivent en deçà du seuil de pauvreté reconnu sur le plan international de 2 dollars par jour. Toutefois, une proportion bien plus élevée de la population des pays étudiés dans le rapport, vit en deçà du seuil de pauvreté national et ne peut pas subvenir à ses besoins essentiels. En fait deux Arabes sur cinq (2 sur 5) vivent dans la pauvreté. Le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans la région est passé de 19,8 millions en 1990-1992 à 25,5 millions en 2002-2004. Fait plus grave, un manque généralisé de sécurité humaine s’oppose au développement humain en ce que la sécurité humaine ne constitue pas uniquement une question de survie, mais pour les populations à risque à retrouver le cap d’une existence plus stable, au moyen des structures politiques, économiques, sociales et culturelles garantes d’un avenir meilleur.

Le Monde arabe compte trois cent vingt mille (320.000) millionnaires totalisant une fortune de 1,1 trillions de dollars (trois mille milliards de dollars), mais la recherche scientifique, pourtant un des leviers du décollage économique et stratégique arabe, demeure une activité marginalisée et apparaît comme le véritable parent pauvre des sciences humaines.

Le Monde arabe compte huit mille chercheurs (contre 400.000 aux Etats-Unis), dont certains figurent parmi les brillants cerveaux de la planète tel l’égypto américain Ahmad Zewail, Prix Nobel de Chimie 1999, professeur de physique et chimie à l’Université Caltech (Etats-Unis) et premier arabe détenteur de cette distinction. Il ne consacre pourtant que quatre dollars par habitant à la recherche scientifique, Soit 300 fois moins que les Etats-Unis tandis que les budgets affectés à la recherche ne représentent que 0,25% du PNB en moyenne dans les pays arabes, contre 3 à 3,5 pour cent dans les pays développés. Au niveau universitaire, les quelque 200 universités arabes consacrent près de 1% de leur budget annuel à la recherche, alors qu’aux Etats-Unis cette part dépasse souvent les 40 pour cent.

Près de cinquante ans après avoir brandi l’arme du pétrole, en octobre 1973, dans la foulée de la troisième guerre israélo-arabe, l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole), particulièrement le groupe arabe dont il était le fer de lance dans le combat pour son indépendance énergétique et sa promotion politique, aura finalement ployé devant l’OPEA (organisation des pays exportateurs d’armes), accentuant durablement la dépendance arabe. Ce résultat a été avalisé par la première guerre du Golfe qui constitue la »première alliance militaire objective entre Israël, l’Egypte et les pétromonarchies arabes, mais également la première guerre Nord-sud par la réalisation de l’union sacrée des consommateurs de pétrole contre l’un de leurs principaux fournisseurs du sud »(4). Un exploit financé de surcroît, faut-il le souligner, avec les deniers arabes.

Pour une rupture avec la logique de vassalité

Au delà de cette chronique d’une déconfiture annoncée, trois vérités s’imposent :

1ère vérité: Le monde arabe est redevable à l’Iran d’une part de sa culture et l’Islam, d’une part, de son rayonnement qu’il s’agisse du philosophe Al Fârâbî, du compilateur des propos du prophète Al Boukhary, du linguiste Sibawayh, du théoricien du sunnisme Al Ghazali, des historiens Tabari et Shahrastani, du mathématicien Al Khawarizmi (Logarithmes), et naturellement le conteur du célèbre roman Kalila wa Doumna, Ibn al Moukaffah et Avicenne et l’expansion de l’Islam en Asie centrale aux confins de la Chine n’a pu se faire sans le passage par la plateforme iranienne.

2ème vérité: Le monde arabe est redevable à l’Iran d’un basculement stratégique qui a eu pour effet de neutraliser quelque peu les effets désastreux de la défaite arabe de juin 1967, en substituant un régime allié d’Israël, la dynastie Pahlévi, le meilleur allié musulman de l’Etat hébreu, par un régime islamique, qui a repris à son compte la position initiale arabe scellée par le sommet arabe de Khartoum (Août 1967) des «Trois NON» (non à la reconnaissance, non à la normalisation, non à la négociation) avec Israël, offrant à l’ensemble arabe une profondeur stratégique en le libérant de la tenaille israélo iranienne, qui l’enserrait dans une alliance de revers , compensant dans la foulée la mise à l’écart de l’Egypte du champs de bataille du fait de son traité de paix avec Israël. La Révolution Islamique en Iran a été proclamée le 9 Février 1979, un mois avant le traité de Washington entre Israël et l’Egypte, le 25 mars 1979.

En retour, les Arabes, dans une démarche d’une rare ingratitude, vont mener contre l’Iran, déjà sous embargo, une guerre de dix ans, via l’Irak, éliminant au passage le chef charismatique de la communauté chiite libanaise, l’Imam Moussa Sadr (Libye 1978), combattant dans le même temps l’Union soviétique en Afghanistan, le principal pourvoyeur d’armes des pays du champ de bataille contre Israël.

3eme vérité: Le Monde arabe s’est lancé, au-delà de toute mesure, dans une politique d’équipements militaires, pendant un demi siècle, payant rubis sur ongle de sommes colossales pour d’arsenal désuets, pour des livraisons subordonnées à des conditions politiques et militaires draconiennes, alors que, parallèlement, les Etats-Unis dotaient, gracieusement, Israël de son armement le plus sophistiqué.

Israël a bénéficié, à ce titre, de cinquante et un (51) milliards de dollars de subventions militaires depuis 1949, la majeure partie depuis 1974, plus qu‘aucun autre pays de la période postérieure à la II me Guerre mondiale, selon une étude du spécialiste des affaires militaires Gabriel Kolko, parue dans la revue «Counter punch» en date du 30 mars 2007 (5).

A cette somme, il convient d’ajouter 11,2 milliards de dollars de prêts pour des équipements militaires ainsi que 31 milliards de dollars de subventions économiques, sans compter la promesse de George BushJr, au terme de son mandat, de fournitures de l’ordre de trente milliards de dollars, dont des missiles à guidage laser, des bombes à fragmentation, des bombes à implosion, un dôme d’acier de protection anti balistique, en vue de préserver la suprématie militaire israélienne au Moyen Orient

A deux reprises au cours du dernier quart de siècle, les pays arabes ont participé à des guerres lointaines par complaisance à l’égard de leur allié américain, parfois au détriment des intérêts à long terme du monde arabe, s’aliénant même un allié naturel, l’Iran un voisin millénaire, dans la plus longue guerre conventionnelle de l’époque contemporaine, sans pour autant bénéficier de la considération de leur commanditaire américain.

A l’apogée de sa puissance, au plus fort de son alliance avec l’Iran, l’Amérique n’a jamais réussi à faire restituer à leur propriétaire arabe légitime ces trois îlots. En phase de puissance relative, saura-elle au moins protéger durablement ces relais régionaux, au moment où ses déboires en Irak et en Afghanistan la place sur la défensive, alors que, parallèlement, l’Iran, fort de sa maîtrise de la technologie nucléaire et des succès militaires des ses alliés régionaux, le Hezbollah (Liban), Moqtada Sadr (Irak) et le Hamas (Palestine) se pose en parfait contre exemple de la servitude monarchique, avec un rayonnement se projetant bien au-delà des zones à fortes minorités chiites arabes dans les régions pétrolifères d’Arabie Saoudite, de Bahreïn, du Koweït, d’Irak, et dans la zone limitrophe d’Israël dans le sud du Liban pour s’étendre à l’ensemble de la sphère arabo musulmane?

Plus précisément, l’Amérique, pourra-t-elle protéger ses relais des turbulences internes attisées par les frasques monarchiques répétitives, en parfait décalage avec les dures conditions de la réalité quotidienne de la multitude de leurs concitoyens et qui gangrènent inexorablement les assises de leur pouvoir?.

Le Monde arabe a engagé près de deux mille milliards de dollars au titre des dépenses militaires depuis le dernier tiers du XX me siècle, soit environ 50 milliards de dollars par an en moyenne, sans avoir pu se doter ni d’une capacité de projection de puissance, ni d’une capacité de dissuasion nucléaire, encore moins de la capacité spatiale du renseignement, autant d’attributs de la puissance moderne qui lui font cruellement défaut à l’ère de la société de l’information et de son application militaire, l’info guerre.

Une telle disparité de traitement entre Israéliens et Arabes au regard des Américains, l’un s’équipant à l’œil, alors que les autres sont contraints de payer cash, en dépit de la contribution financière et humaine des pays arabes aux équipées américaines tant en Afghanistan qu’au Nicaragua contre le bloc soviétique, de même que leur comportement erratique à l’égard de leurs alliés naturels (l’Union soviétique et l’Iran), expliquent le discrédit du monde arabe sur la scène internationale et une part de son collapsus stratégique.

La récente tournée de Hilary Clinton, secrétaire d’état dans le Golfe, le 10 janvier 2011, pour mobiliser les pétromonarchies face à l’Iran, à la veille de la conférence d’Ankara entre l’Iran et les Occidentaux, parait avoir pâti des révélations de WikiLeaks sur la duplicité et la connivence des riverains arabes du Golfe, à l’égard de leur voisin iranien. Le Sultanat d’Oman, le plus pro occidental des états de la région, qui abrite la base aéro navale britannique de Massirah, s’est refusé à se joindre à de nouvelles sanctions. Oman envisage d’aménager un port stratégique à AD DOKKOM, à l’intersection du Golfe arabo-persique et de l’Océan indien, pour servir de débouché au marché iranien et à l’Asie centrale. Ce projet, d’une valeur de 26 milliards de dollars, serait prolongé d’une voie ferrée menant au port de SAHHAR, au-delà, au port iranien de Bandar Abbas, le point de transit vers l’Iran et le Caucase.

Telle devrait être la leçon à méditer, alors que les pétromonarchies s’engagent dans une aventure aux conséquences incertaines, une nouvelle équipée pour les besoins stratégiques de leur maître américain, pour le plus grand bénéfice de son allié israélien.

Telle est la leçon à méditer afin d’éviter que les factotums sunnites ne soient à nouveau «les dindons de la farce», la risée universelle de la planète, les grands perdants de l’histoire, entraînant dans leur chute l’ensemble des pays arabes. L’éviction de Hosni Moubarak (Egypte), de Zinedine ben Ali (Tunisie) et le vent d’Est qui fait tanguer Bahreïn, la Libye, la Jordanie, le Yémen, l’Algérie et le Maroc en constituent la sanction d’un sursaut salutaire.

Sauf à entraîner le monde arabe dans un déclin irrémédiable, une claire rupture avec la logique de la vassalité s’impose, alors que la scène internationale s’achemine vers un choc entre le leader en devenir (la Chine) et la puissance déclinante (les Etats-Unis), impliquant une vaste redistribution des cartes géopolitiques à l’échelle planétaire.

 

Références

1- Pour la problématique du collapsus arabe, Cf. «Aux origines de la tragédie arabe» par René Naba – Editions Bachari Paris 2006 particulièrement le prologue «Une démocratie cathodique»

2- Marie Luce Dumas in « Moyen-Orient/Occident: Ordres et désordres », Armement, courses et contrôle- Les Cahiers de l’Orient N°29, premier trimestre 1993 et « Les cent portes du Proche-Orient »- Alain GRESH et Dominique Vidal- Les éditions de l’Atelier Octobre 1996.

3- Déclaration de MILWATT TALLAMI, secrétaire général de la commission économique et sociale de l’ONU pour l’Asie occidentale (ESCWA), in Le Monde 2 avril 2003. A cela il convient d’ajouter les pertes des financières arabes, en 1997-1998, de l’ordre de cent (100) milliards de dollars du fait de l’effondrement de l’économie russe et de la crise financière asiatique. Une perte de cinquante milliards de dollars a été enregistrée lors du Krach boursier d’octobre 1997 du fait de la dévalorisation de leurs placements à l’étranger, qui sont, eux, estimés entre 600-800 milliards de dollars, la moitié appartenant aux pétromonarchies du Golfe, la majeure partie concentrée dans les pays grands pays industrialisés (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Suisse, France), dont 20 pour cent en bons du trésor. (Al-Charq Al-Awsat, 9 janvier 1999).

4- Jacques Attali, « VERBATIM » Tome 3 (1988-1991)- Fayard- octobre 1995

5- Gabriel Kolko, spécialiste de l’histoire militaire, est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence
-«Anatomie d’une guerre, le Vietnam, les Etats-Unis et l’expérience historique moderne »
-«La grande histoire de la Guerre mondiale
-«Century of war: Politique, conflits et société depuis 1945 »

René Naba 

Mondialisation.ca,

Le 25 février 2011

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23377



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

27/03/2011

n°7 - Journal de Libye - 20-03 au 27-03 : Début - : Opération Active Endeavour - Et si les gentils n'étaient pas si gentils ?

n°7  - Journal de Libye - 20-03 au 27-03 : Début  - : Opération Active Endeavour  - Et si les gentils n'étaient pas si gentils ?


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Journal de Libye

  n°7                                           20-03 au 26-03

     C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Editorial

Tiré à part :

Evo Morales : «Qu'on retire à Obama son Nobel de la Paix!» 

Le Parti libéral-démocrate russe propose de retirer son Prix Nobel à Obama.

Jean-Louis Denier : Libye : Sarkozy veut « son » Irak à lui

Lutte pour la libération du territoire

1 Au jour le jour

2 Lutte pour la libération du territoire

3 Politique internationale

4 Institutions internationales

Suite

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Hugo Chavez juge "irresponsable" l'intervention armée contre la Libye 

5-2 Michel Collon : la différence entre un bon arabe et un mauvais arabe.

6 Les brèves

6-1 Falco Accame : Des bombes à l’uranium appauvri pleuvent sur la population libyenne.

7  Dossier

7-1 Danilo Zolo : Une imposture criminelle.

7-3 Maurizio Matteuzzi : Et si les gentils n’étaient pas si gentils ?

7-4 Robert Bibeau  : LA LIBYE SOUS LES BOMBES « HUMANITAIRES » DE L’ONU

7-5 Moumene Belghoul : L’embarrassant rôle de l’Otan en Libye.  

Fin

7-6 Grégoire Lalieu : Entretien avec Jean Bricmont : La Libye face à l’impérialisme humanitaire.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Interview en partie très intéressante ce matin à la RTBF,

8-2 Déclaration d’«Action urgente Canada»   

8-3 Ginette Hess Skandrani : Libye : je me refuse à hurler avec les loups.

8-4 Objet : Demande d’une rupture des relations diplomatiques des pays membres de l’U.A avec la France.

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Thierry Meysan : Quelque mensonges sur la guerre de Libye 



Editorial

Le 17 mars, le ‘Conseil de sécurité’ de l'Onu a adopté une résolution autorisant le recours à la force pour ‘protéger la population libyenne des troupes du colonel Kadhafi.’

Une opération militaire a été lancée le 19 mars dernier par la coalition formée par la Belgique, le Canada, le Danemark, l'Espagne, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l'Italie.

Les avions de la coalition ont effectué plus de 300 sorties en cinq jours, selon le Pentagone.

Plus de 160 missiles Tomahawk ont été tirées contre les troupes pro-Kadhafi.  

247-03



Tiré à part :

Evo Morales : «Qu'on retire à Obama son Nobel de la Paix!» 

 Le président de Bolivie, Evo Morales, a demandé lundi qu'on retire le Prix Nobel de la Paix au président des Etats-Unis, Barack Obama, car selon lui, ce dernier est indigne du prix en "promouvant la violence", à travers l'intervention militaire en Libye.
"Il y a deux ans, on apprenait que le président Barack Obama avait gagné le Prix Nobel de la paix, mais en ce moment est-ce qu'il défend la paix, ou est-ce qu'il encourage plutôt la violence?" a demandé Evo Morales, un des gouvernants latino-américain.
"Comment est-ce possible qu'un Prix Nobel de la Paix puisse initier une invasion, un bombardement? C'est de la délinquance, c'est un assaut, une agression", a ajouté le président bolivien, qui s'exprimait devant des journalistes à La Paz capitale bolivienne.
"Pour cela, on devrait retirer le Prix Nobel de la Paix au président des Etats-Unis", a-t-il poursuivi.
Evo Morales, dont le pays a établi des relations diplomatiques avec la Libye en 2008 et qui s'était rendu alors dans ce pays, a dès le début de la crise libyenne rejeté le principe d'une intervention militaire, estimant qu'elle n'est "pas la solution" et allait entraîner "davantage de morts".
Il a jugé qu'une intervention des Etats-Unis ou de l'OTAN en Libye ne vise pas à protéger des vies mais "s'approprier les ressources naturelles de ce pays" riche en pétrole.

23/03/2011

 http://www2.irna.ir

 

Le Parti libéral-démocrate russe propose de retirer son Prix Nobel à Obama.

 Vladimir Jirinovski, leader du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR) a proposé lundi soir au Comité Nobel de retirer son Prix Nobel de la paix au président américain Barack Obama.
"Les événements en Libye constituent un acte d'agression supplémentaire de la part des troupes de l’Otan, et notamment de celles des Etats-Unis. Il s'agit d'une manifestation flagrante de politique coloniale. Il s'agit également d'une ingérence brutale dans les affaires intérieures d'un Etat indépendant dont le seul objectif est de contrôler le pétrole et le régime libyens, et non pas de sauver le peuple de ce pays", a martelé le leader du LDPR, cité par son service de presse.
M. Jirinovski devrait s'entretenir également avec l'ambassadeur libyen à Moscou, Amir Al-Arabi, pour faire le point sur les derniers événements en Libye.

23/03/2011

 http://www2.irna.ir

Jean-Louis Denier : Libye : Sarkozy veut « son » Irak à lui

En mettant en parallèle l'actuelle intervention en Libye et la guerre en Irak, Jean-Louis Denier critique l'excitation soudaine de la diplomatie française qui laisse présager un enlisement du conflit, entre risques terroristes et coûts financiers.
Le mécanisme est le même : porter l’affaire devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, invoquer des arguments fleurant bon l’éthique, la morale et les Droits de l’Homme, obtenir la caution de l’un ou l’autre intellectuel, de préférence germanopratin.
Cela vous rappelle quoi ... ?
La Libye avec un méchant dictateur qui opprime et massacre son peuple ? Ou plutôt ... l’Irak avec un méchant dictateur qui, lui aussi, hasard, opprimait et massacrait son peuple ?
On ne peut que confondre les deux tant les « grosses » ficelles des scenarii sont les mêmes afin de convaincre (manipuler ?) les opinions publiques de la légitimité d’une intervention armée : un méchant vraiment méchant, de (bien) bonnes intentions, une future guerre juste, guerre digne de la doctrine mêlée d’Ambroise, Augustin de Côme et Hugo de Groot dit « Grotius » où un conflit se trouve légitimé s’il répare une injustice, l’entregent d’un BHL – promu ministre des Etranges Affaires en lieu et place de Juppé cantonné aux seules Affaires [qui lui sont devenues soudain] Etrangères – dont l’intervention est à l’unisson du soutien apporté jadis, à Bush Jr et à son assaut contre l’Irak, par un Goupil, un Glücksman, un Bruckner ou encore un Kouchner.
Tous les éléments se trouvent donc réunis comme dans une tragédie de bonne facture, unité de temps, de lieu, d’action, un véritable « Cercle Rouge » à la J-P. Melville, sans oublier les acteurs, Juppé, Sarkozy et Kadhafi.
QUAND JUPPÉ A LA MÉMOIRE PLUS QUE COURTE
Le pseudo-ministre des Affaires Etrangères devrait s’inquiéter. Non pas de la concurrence (loyale ?) de son ami BHL, mais de l’élasticité de son propre duo mémoire/conscience. Début mars, en effet, au 20H de TF1, d’abord, en Egypte, ensuite, il n’avait pas de proclamation assez ferme pour signifier, urbi et orbi, que toute intervention en Libye serait contreproductive. Manifestement, et devant les micros de l’ONU, le bombardement aérien est (re)devenu, aussi récemment que soudainement, productif.

L’ancien ministre de la défense n’a, également, guère de souvenir de ses précédentes responsabilités.
Bien que l’armée française soit à la peine en Afghanistan – du fait notamment d’un manque de moyens, par exemple en hélicoptères de transport d’assaut et de combat – on va, comme par miracle, trouver des avions, des équipages, du kérosène, des missiles et autres bombes de précision ... pour aller faire la nique à Kadhafi, lequel, voilà à peine deux ans, avait le droit de planter sa tente en plein Paris !

Ce, sans oublier le coût financier d’une telle opération alors que selon un certain premier ministre, notre pays est en faillite.
On remarquera, ainsi, qu’il est des options stratégiques proprement édifiantes : on distille les moyens au compte-goutte quand il s’agit de mener un conflit d’importance première – car, selon la vérité officielle, l’intervention en Afghanistan  permet de prévenir et de protéger la France de toute tentative de terrorisme fomentée par Al-Qaeda – par contre, quand il s’agit d’intervenir en dehors de toute nécessite défensive vitale, on se déclare prêt à  mettre le paquet  et à frapper sans attendre ... .
SARKOZY : GESTICULER POUR EXISTER
Cette volonté d’agir et de « sur-agir » porte la marque (de fabrique) de Nicolas Sarkozy.
Afin de faire oublier atermoiements, quiproquos et ridicules « MAMESQUES » lors du soulèvement tunisien, l’actuel locataire de l’Elysée a décidé d’adopter une posture morale et « droits de l’hommesque ». Il a fait cavalier seul, ignorant les réticences des partenaires européens, pour reconnaître  le gouvernement (?) insurrectionnel libyen. Il a poussé à la roue les Britanniques afin d’obtenir leur éventuels concours à des frappes.
Cette diplomatie élyséenne hésite entre délire et danger.
Délire : car des armes françaises vont s’abattre sur celui à qui l’on voulait, lors de sa dernière visite sur le sol français, vendre des avions de combat multi-rôles de dernière génération. Que se passerait-il si le marché avait été conclu et honoré ... assisterait-on à un match Rafale contre Rafale ?

Dangereux : car il est tout aussi faux et vain de croire que des frappes aériennes, seules, permettront de résoudre, en totalité, la situation en Libye. La campagne aérienne du Kosovo est là pour le prouver : 79 jours de bombardement n’y apportèrent aucune solution de stabilisation concrète et de règlement politique. Il en sera de même si la Libye « kadhafienne » est frappée. Pire encore, l’on assistera à la partition du pays et à des raids sporadiques des forces loyalistes contre les territoires « libérés » aux mains des insurgés, lesquels réclameront, alors, une intervention terrestre et ce sera un nouvel engrenage, un nouvel Irak si les Occidentaux – notamment les Français - répondent à cet appel ... .
Ceci est d’autant plus vrai que Kadhafi, contrairement à Juppé, à de la mémoire.
KADHAFI VA SE SOUVENIR QU'IL A SOUTENU LE TERRORISME AVEC SUCCÈS
Le Guide de la Révolution a été, pendant les années 1970 et 1980, un généreux financier et organisateur du terrorisme international. Nul doute que s’il subit les affres de frappes aériennes, il reprendra ses habitudes et contact étroits avec la Syrie et l’Iran voire, et alors qu’il accuse cette organisation de lui avoir nui, ouvrira ses frontières à l’AQMI, filiale maghrébine d’Al-Qaeda.

Dotées de frontières communes  avec l’Algérie, le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Egypte, la Libye est, de ce point de vue, un espace plus qu’intéressant pour l’AQMI : on peut s’y entraîner, on peut y manœuvrer pour s’infiltrer, on peut s’y replier après avoir frappé tout autour.
Par ailleurs, la Jamahiriya libyenne dispose de suffisamment de représentations diplomatiques à l’étranger pour organiser et/ou téléguider, de-ci, de-là, l’un ou l’autre attentat ... contre un centrale nucléaire notamment.
Et où justement ... ?
En France.

Samedi 26 Mars 2011

Olivier MONTULET



1 Au jour le jour

Falco Accame : Des bombes à l’uranium appauvri pleuvent sur la population libyenne

Il sera opportun qu’en Libye dans les zones touchées par plus de cent missiles de croisière Tomahawk, on adopte des mesures de protection de l’uranium appauvri. 

De fait dans les empennages des missiles Tomahawk se trouvent des barres d’uranium appauvri de 300 kilos. Si l’on pense qu’un projectile anti-char construit avec du métal d’uranium appauvri en contient environ 30 gr. seulement, on peut  imaginer la quantité de poussières d’uranium qui se répand dans l’atmosphère dans les zones d’impact…

Edition de mercredi 23 mars 2011 de il manifesto 

Falco Accame (président de l’Anavafaf )

Association Nationale d’Assistance aux Victimes Enrôlées dans les Forces Armées et à leurs Familles http://www.anavafaf.com/collaborare.html
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/23-Marzo-2011/art9.php3
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Raids occidentaux. : Poursuite des bombardements en Libye.

Les avions de la coalition occidentale ont continué de frapper les forces terrestres de Mouammar Kadhafi en Libye dans la nuit de jeudi à vendredi et dans les premières heures de la journée.

Un avion français a détruit dans la nuit une batterie d'artillerie des forces régulières près d'Ajdabiah, à 160 km au sud de Benghazi, la "capitale" des rebelles dans l'Est libyen.

Une patrouille française est intervenue avec une bombe guidée laser alors que cette batterie tirait sur ce verrou stratégique commandant l'accès à la Cyrénaïque, a dit l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées françaises.

Ajdabiah "se trouve toujours aux mains du Comité national libyen de transition", a-t-il ajouté, au micro de France Info.

Jeudi, un Rafale français avait détruit un avion libyen qui venait d'atterrir sur la base aérienne de Misrata, dans l'Ouest.

A Tripoli, des habitants ont une nouvelle fois fait état d'un raid aérien juste avant l'aube, suivi d'explosions et de rafales des systèmes de défense antiaérienne.

Le ministère britannique de la Défense a annoncé pour sa part qu'un chasseur-bombardier Tornado avait tiré des missiles sur des véhicules de l'armée libyenne menaçant des civils.

A Misrata, à 200 km à l'est de la capitale, la nuit de jeudi à vendredi a été relativement calme. Mais les rebelles ont dit vendredi que des tireurs embusqués des forces régulières occupaient toujours des positions dans la troisième ville du pays, l'une des dernières tenues par les insurgés dans l'Ouest.

"Les snipers se dissimulent toujours dans des bâtiments situés sur la rue de Tripoli. Nous ne savons pas combien il en reste", a dit un porte-parole des insurgés, Sami. Jeudi, les rebelles ont affirmé avoir tué 30 tireurs embusqués.

25/03/2011 à 12:24

Reuters

25-03

Les raids aériens menés par la coalition internationale sur la Libye ont fait plus de 100 morts  parmi les civils, a annoncé le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, cité par la presse occidentale.
Auparavant, les autorités libyennes ont fait état de 60 victimes civiles. Les membres de la coalition ne confirment pas ces informations.(…)

http://fr.rian.ru

 

27-03

Les opérations internationales se poursuivaient à un rythme élevé: selon le Pentagone, les avions de la coalition ont effectué 160 sorties samedi, contre 153 vendredi. La coalition a ainsi mené desraids aériens intensifs contre les forces pro-Kadhafi sur la route côtière entre Ajdabiya et Syrte, à 400 km plus à l'ouest, a déclaré pendant la nuit un porte-parole du régime.
"Les frappes aériennes ont continué pendant des heures et des heures, sans arrêt". "Nous estimons que de nombreux civils ont été tués, y compris des familles qui fuyaient les frappes aériennes en voiture", a-t-il ajouté, appelant à "un arrêt urgent et immédiat des raids aériens, ainsi qu'à la tenue d'une réunion urgente du Conseil de sécurité" de l'ONU sur la Libye. La coalition a également mené des raids aériens sur Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, et Sebha (sud), selon la télévision libyenne et des témoins.
Les avions de chasse français ont réalisé plusieurs frappes dans les régions de Zenten et Misrata, deux villes de l'ouest tenues par les rebelles mais assiégées par les pro-Kadhafi, détruisant notamment "au moins" sept appareils militaires libyens, a annoncé l'état-major français.

(Afp)

 

27/03/11

Dans l'est, Ajdabiya, à 160 km au sud de Benghazi, fief de l'opposition, et le bourg pétrolier de Brega, à 80 km plus à l'ouest, étaient dimanche sous le contrôle total des insurgés, selon des journalistes de l'AFP. A Ajdabiya, les combats ont fait neuf morts et neuf blessés parmi les civils samedi, selon la rébellion, alors qu'à l'extérieur de la ville, les corps d'au moins 21 combattants pro-Kadhafi ont été ramassés et d'autres gisaient encore dans le désert.

 A Brega, les forces pro-Kadhafi ont déserté la ville, abandonnant pièces d'artillerie et pick-up. Dans le bourg, très calme, quelques traces de combat étaient visibles. "Les forces de Kadhafi ont battu en retraite et seraient désormais à al-Bicher (à 30 km plus à l'ouest)".
"Nous avançons vers cette zone", avait déclaré samedi après-midi , Abdelsalam al-Maadan.

Depuis jeudi, les raids ont "préparé le champ de bataille" et des officiers et soldats ayant rejoint la rébellion ont joué un rôle majeur, coordonnant leurs attaques avec la coalition, a expliqué un porte-parole des insurgés à Benghazi, Chamsiddin Abdoulmolah. "Avec la reprise d'Ajdabiya, la tendance est inversée", s'est félicité samedi le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français. Le président américain Barack Obama s'est réjoui de l'évolution de la situation, déclarant que la mission internationale en Libye était "ciblée et en train de réussir".

(afp)



2 Lutte pour la libération du territoire

Critiques sur les opérations militaires menées par des pays occidentaux.

Des puissances occidentales, dont la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Danemark et l'Italie, ont lancé des raids aériens en Libye depuis samedi dernier.

 

Plusieurs pays ont critiqué lundi les opérations militaires menées par des pays occidentaux contre les forces gouvernementales de Libye, indiquant que les raids aériens sont allés au-delà de la résolution de l'ONU et qu'ils doivent être arrêtés immédiatement.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a vigoureusement critiqué le rôle des Etats-Unis dans l'opération "Aube de l'Odyssée" contre la Libye.

"L'usage de la force contre d'autres pays devient une tendance régulière de la politique américaine", a noté M. Poutine, ajoutant que cette tendance était "perturbante".

Il a également indiqué que la résolution de l'ONU était "sûrement défectueuse et boiteuse, étant donné qu'"elle permet une intervention dans un pays souverain".

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi dernier une résolution imposant une zone d'exclusion aérienne au-dessus de Libye et autorisant "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils libyens.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a réprimandé l'Occident pour les bombardements en Libye, affirmant que quelques pays ont manipulé la résolution de l'ONU pour pouvoir bombarder la Libye.

M. Mugabe a souligné que, selon lui, l'Union africaine et la Ligue arabe avaient été trompées par l'Occident.

"Notre peuple ne pourrait pas avoir voté pour la destruction des vies libyennes. Je le regrette beaucoup", a-t-il dit, notant que la Libye est attaquée par l'Occident pour son pétrole.

Le président bolivien Evo Morales a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il était inacceptable que la coalition occidentale, sous prétexte de protéger les civils libyens, ait bombardé et détruit le pays.

Il a appelé l'ONU à ordonner une fin immédiate de l'opération militaire.

Il a décrit cette intervention comme "un crime, un assaut et une agression".

Le président équatorien Rafael Correa a dénoncé l'intervention militaire comme "terrible" et appelé à un "cessez-le-feu immédiat" pour préparer des négociations pacifiques.

Il a souligné que l'Equateur était fermement contre l'intervention.

"C'est terrible, je pense que la Libye devrait régler ses problèmes elle-même. La seule chose que l'ONU a approuvé est une zone d'exclusion aérienne. Cela veut dire que les avions de Kadhafi ne peuvent pas bombarder les rebelles, mais ils ont tout bombardé jusqu'à Tripoli, c'est inacceptable", a dit M. Correa.

Il a noté que tous les pays du Moyen-Orient doivent régler leurs problèmes eux-même sans intervention des puissances étrangères.

Le ministre argentin des Affaires étrangères Hector Timerman, sur son microblog, a posé des questions concernant l'opération militaire.

Il a estimé que davantage d'efforts diplomatiques devraient être déployés pour régler la crise libyenne.

(SYNTHESE)  

22 mars

(Xinhua)



1 Politique des Usa

Les grandes manœuvres

L’ex-secrétaire américain à la Défense critique la confusion, dans les opérations contre la Libye.  

 Dans un entretien avec la chaîne CNBC, l'ancien chef du Pentagone, Donald Rumsfeld, a critiqué l'absence de stratégie et l’attitude immature du gouvernement Obama, à propos de l'action militaire contre la Libye. "Il me semble que la confusion sur ce qu'est la mission, s'il s'agit de changement de régime ou pas (...) est un problème", a jugé Donald Rumsfeld, cité par l’AFP. La résolution de l'ONU sur la Libye ne prévoit que la protection des populations civiles, mais nombre de dirigeants occidentaux, dont le Président américain, Barack Obama, considèrent que Mouammar Kadhafi "doit partir", a réitéré Rumsfeld.

25/03/2011

http://french.irib


Des Canons ... pas du beurre

27/03/11

Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a accusé les forces du colonel Kadhafi de "déplacer les corps des gens qu'il a tués pour les mettre sur les sites que nous avons attaqués", pour faire croire qu'il s'agit de civils tués par les alliés. Le département d'Etat américain a de son côté loué les efforts de l'Union africaine (UA) pour tenter de trouver une solution négociée à la crise libyenne. Le régime libyen s'est d'ailleurs dit prêt à accepter le plan de l'organisation panafricaine prévoyant la cessation des combats et un dialogue en vue d'une "transition" démocratique. Mais les rebelles ont rejeté cette initiative.

(afp)



Les institutions

ONU

COMPROMIS À L'OTAN

Les opérations lancées samedi dernier sous mandat de l'Onu par la coalition internationale pour faire appliquer une zone d'exclusion aérienne et protéger la population civile face à l'armée de Kadhafi ont obtenu un nouveau soutien arabe: les Emirats arabes unis ont confirmé vendredi qu'ils engageaient six F-16 et six Mirage dans les patrouilles visant à faire respecter la zone d'exclusion aérienne.

Le Qatar a d'ores et déjà mobilisé deux chasseurs et deux avions de transport de troupes.

Le Soudan a parallèlement accepté d'ouvrir son espace aérien aux avions participant à l'opération, indique-t-on de sources diplomatiques aux Nations unies, où la délégation de Khartoum n'a fait aucun commentaire.

Mais la France a prévenu que l'issue ne serait pas rapide. "Je doute que ce soit en jours, je pense que ce sera en semaines, j'espère que ce ne sera pas en mois", a dit l'amiral Guillaud, apportant un bémol aux propos tenus la veille par Alain Juppé.

Le ministre des Affaires étrangères avait alors parlé de jours ou de semaines avant la destruction des capacités militaires de Kadhafi, mais "certainement pas en mois".

25/03/2011

Reuters


Otan

A Bruxelles, les 28 pays membres de l'Otan sont convenus tard jeudi soir de faire respecter une zone d'exclusion aérienne mais ne sont pas tombés d'accord pour prendre le commandement de l'ensemble des opérations militaires.

Après quatre jours d'âpres discussions, le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré que le mandat de l'Otan n'allait pour l'instant pas au-delà de la mise en oeuvre de la zone d'exclusion aérienne et d'un embargo sur les armes. Il a ajouté que les forces de l'Otan pourraient se défendre le cas échéant.

25/03/2011 à 12:24

Reuters



Europe

1 France

27-03

A l'approche d'une première réunion du groupe de contact mardi à Londres, le président français Nicolas Sarkozy a annoncé une initiative franco-britannique en vue d'une solution politique. L'Italie a déclaré qu'elle aussi y présenterait un plan. Sur la conduite des opérations, les pays de l'Otan ont convenu de prendre dans l'immédiat le relais de la coalition pour la zone d'exclusion aérienne, mais pas pour les frappes au sol. Des négociations devaient se poursuivre dimanche pour que l'Otan prenne toutes les opérations en main.

 (afp)


n°7 - Journal de Libye - 20-03 au 27-03 : Suite - : Opération Active Endeavour - Et si les gentils n'étaient pas si gentils ?

n°7  - Journal de Libye - 20-03 au 27-03 : Suite - : Opération Active Endeavour  - Et si les gentils n'étaient pas si gentils ?


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

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Journal de Libye

  n°7                                           20-03 au 26-03

     C.De broeder & M.Lemaire



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a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Hugo Chavez juge "irresponsable" l'intervention armée contre la Libye 

5-2 Michel Collon : la différence entre un bon arabe et un mauvais arabe.

6 Les brèves

6-1 Falco Accame : Des bombes à l’uranium appauvri pleuvent sur la population libyenne.

7  Dossier

7-1 Danilo Zolo : Une imposture criminelle.

7-3 Maurizio Matteuzzi : Et si les gentils n’étaient pas si gentils ?

7-4 Robert Bibeau  : LA LIBYE SOUS LES BOMBES « HUMANITAIRES » DE L’ONU

7-5 Moumene Belghoul : L’embarrassant rôle de l’Otan en Libye.  



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Hugo Chavez juge "irresponsable" l'intervention armée contre la Libye 

Samedi 19 Mars 2011

Le président vénézuélien Hugo Chavez a jugé "irresponsable" l'intervention armée internationale lancée samedi contre la Libye, qui vise selon lui à s'emparer du pétrole libyen, et il a réclamé qu'un cessez-le-feu soit instauré

Dans une déclaration télévisée, M. Chavez a condamné "l'action militaire des alliés contre la Libye", qui constitue "une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays". "Nous exigeons (que soit instauré) un cessez-le-feu effectif et que l'on reprenne le chemin de la paix en Afrique du Nord", a déclaré M. Chavez.
"L'action militaire des alliés contre la Libye a commencé. C'est profondément regrettable. Quelle irresponsabilité! Et derrière cela, la main des Etats-Unis et de leurs alliés européens", a commenté le président vénézuélien. "Il est lamentable que l'ONU se prête à avaliser cette guerre", mais "la main de l'Empire s'est imposée", a-t-il déclaré, se référant aux Etats-Unis. "Ils veulent s'emparer du pétrole de Libye", a-t-il dit.
M. Chavez a déploré que la proposition de médiation de paix internationale que le Venezuela avait faite il y a quelques jours n'ait pas été acceptée.

Le blog de Nicolas Maury

Chavez : La vérité sur la Libye !

Vidéo http://www.dailymotion.com:80/video/xhhp2c_chavez-defend-sa-verite-sur-la-libye_news

 

 


5-2 Michel Collon : la différence entre un bon arabe et un mauvais arabe.

Michel Collon, invité à Ce soir ou jamais, donne son analyse sur l’intervention en Libye, à la lumière des guerres initiées par les USA depuis les années 60. Il précise tout d’abord que ces guerres ont toutes été précédées de mensonges, les médiamensonges, qui servent à justifier la guerre aux yeux de l’opinion publique : La guerre du Vietnam précédée par le mensonge de l’attaque d’un navire américain par deux bateaux vietnamiens dans le Golfe du Tonkin ; l’invasion de l’Irak en 2003 justifiée par des mensonges et notamment celui des armes de destruction massive ; l’intervention en Yougoslavie, etc.

Il s’interroge ensuite sur les interventions militaires dans "le monde arabe" à l’aune de l’actualité libyenne. « Quel est le critère pour l’Europe, pour les Etats-Unis, pour distinguer le bon arabe et le mauvais arabe ? »

Il apporte sa réponse un peu plus loin : « Le bon arabe c’est l’arabe qui est à genoux, qui donne son pétrole aux USA et celui-là il pourra traiter les femmes en esclaves, commettre des tortures, du terrorisme ; celui-là on ne lui fera rien, parce qu’il dira toujours merci aux Etats-Unis et à monsieur Sarkozy. » 

Il revient également sur les massacres de civils désarmés à Bahreïn (avec le concours de l’Arabie Saoudite soutenue par les USA) et au Yémen.

- La vidéo montre des extraits de l’émission Ce soir ou jamais, présentée par Frédéric Taddeï, diffusée le 21 mars 2011 sur France 3.

- Michel Collon est un écrivain et journaliste belge (Son dernier livre : Israël, Parlons-en !, Investig’Action/Couleur livres, Bruxelles/Charleroi, 2010)

- Les autres invités sont : Rony Brauman (Ancien président de Médecins sans frontières), Patrick Haimzadeh (Ancien diplomate en Libye), Antoine Vitkine (Journaliste), Nicole Bacharan (Politologue) et Zeina el Tibi (Présidente de l’Observatoire d’études géopolitiques)

Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=-aDbDim-TQ8&feature=player_embedded


6 Les brèves

6-1 Falco Accame : Des bombes à l’uranium appauvri pleuvent sur la population libyenne.

Il sera opportun qu’en Libye dans les zones touchées par plus de cent missiles de croisière Tomahawk, on adopte des mesures de protection de l’uranium appauvri. 

De fait dans les empennages des missiles Tomahawk se trouvent des barres d’uranium appauvri de 300 kilos. Si l’on pense qu’un projectile anti-char construit avec du métal d’uranium appauvri en contient environ 30 gr. seulement, on peut  imaginer la quantité de poussières d’uranium qui se répand dans l’atmosphère dans les zones d’impact…

Là-dessus le silence est total. Dans l’attaque de missiles contre la Yougoslavie on n’utilisa que 15 missiles de croisière qui firent des cratères de 6m2. Les Libyens ne possèdent pas de mesures de protection appropriées. C’est donc un geste humanitaire que l’on doit à la population libyenne qui est à proximité des zones frappées d’envoyer de matériel de protection. L’Italie connaît les graves conséquences produites sur les personnes des zones exposées sans mesure de protection. A présent les cas de malades (des autres campagnes, NdT) sont plus de 1.000.  L’Italie a encore à solder une dette morale envers les populations libyennes : nous ne devons pas oublier qu’en 1930 les avions de Italo Balbo détruisirent, en employant de l’ypérite, d’entières tribus libyennes sans armes. La page peut-être la plus noire de notre colonialisme.

Edition de mercredi 23 mars 2011 de il manifesto 

Falco Accame (président de l’Anavafaf )

Association Nationale d’Assistance aux Victimes Enrôlées dans les Forces Armées et à leurs Familles http://www.anavafaf.com/collaborare.html
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/23-Marzo-2011/art9.php3
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



7  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

7-1 Danilo Zolo : Une imposture criminelle.

Le vent de révolte qui souffle sur les pays du Maghreb et du Mashrek, de la Tunisie à la Libye, à l’Egypte, au Yémen et au Bahrein, n’annonce pas un nouveau printemps des populations arabo-musulmanes. La liberté, la démocratie, la justice, un minimum de bien-être sont un rêve encore très lointain. Leurs ennemis sont puissants. La guerre qu’ont déclenchée, avant-hier, les alliés européens, France et Grande-Bretagne avec les Etats-Unis contre la Libye, est la preuve de leur volonté de mettre sous leur contrôle l’aire méditerranéenne, tout le Golfe et, en perspective, l’Afrique.

L’exaltation des droits humains, la garantie de la sécurité et de la paix sont pure rhétorique, une énième sanguinaire imposture après les agressions tragiques contre l’Irak et l’Afghanistan, et après les massacres que l’Etat d’Israël -allié très étroit des USA- a accompli et continue d’accomplir contre le peuple palestinien. 

Les Etats-Unis, cette fois dans une confusion ouverte avec leurs alliés et probablement à l’intérieur de leur propre administration, essaient à grand peine de cacher leur vocation néo-coloniale et néo-impériale sous l’habit de l’énième humanitarian intervention. La violation désinvolte de la Charte des Nations Unies et l’utilisation opportuniste du Conseil de sécurité des Nations Unies font la preuve, à la fin, de leur irrépressible volonté de puissance. Se répète à la lettre le modèle de l’agression criminelle de l’OTAN contre la Serbie de 1999, voulue par le président Clinton pour la « libération » du Kosovo. Il s’est agi là d’une intervention « humanitaire » qui a massacré, du ciel, des milliers de personnes innocentes. Même une lecture rapide de la résolution 1973 du 17 mars, avec laquelle a été décidée la « no-fly zone » contre la Libye, suffit pour trouver une violation gravissime de la Charte des Nations Unies, outre celle du droit international général. La violation de la Charte est évidente si l’on pense que le comma 7 de l’article 2 stipule que « aucune disposition du présent Statut n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des questions qui appartiennent à la compétence interne d’un Etat ». Il est donc indiscutable que la « guerre civile » de compétence interne à la Libye n’est pas un événement dont puisse s’occuper militairement le Conseil de sécurité.

En plus de cela, l’article 39 de la Charte des Nations Unies prévoit que le Conseil de sécurité peut autoriser l’usage de la force militaire seulement après avoir  asserté l’existence d’une menace internationale de la paix, d’une violation de la paix ou d’un acte d’agression (de la part d’un Etat contre un autre Etat). C’est donc ici une seconde et absolue raison qui rend criminel le massacre de personnes innocentes que les volontaristes  alliés européens et les Etats-Unis s’apprêtent à faire en Libye.  Et couvre de honte le gouvernement italien engagé avec ses bases et ses avions militaires à contribuer à répandre le sang d’un peuple dont il se déclarait emphatiquement ami jusqu’à ces dernières semaines. Cela n’a non plus aucun sens de se servir -comme le fait à plusieurs reprises la résolution 1973 du Conseil de sécurité- de la dite « responsabilité de protéger » (Responsibility to protect). Il s’agit de la très contestée résolution 1674 du 28 avril 2006 du Conseil de sécurité. En cas de violation grave assertée des droits humains de la part d’un Etat, le Conseil de sécurité -soutient-on- peut déclarer qu’il s’agit d’une menace de la paix et de la sécurité internationale. Et peut ainsi adopter toutes les mesures militaires qu’il juge opportunes. Point n’est besoin de dépenser de nombreuses paroles pour argumenter que le Conseil de sécurité n’est pas compétent pour émaner de nouvelles normes de droit international. Et il est aussi évident que la « guerre civile » interne à la Libye ne représentait pas et ne représente toujours pas une menace de la paix et de la sécurité internationale, comme du reste bien cinq membres du Conseil de sécurité (Allemagne, Russie, Inde, Chine et Brésil) l’ont implicitement soutenu en refusant de voter en faveur de la résolution. De plus, ceux-ci ont déploré l’agression que France, Angleterre et Etats-Unis ont déclenchée contre la population libyenne au nom de la vigilance sur les droits humains. Tout comme la Ligue arabe a soutenu que, de toutes façons, son objectif est de « sauver les civils pas d’en tuer d’autres ». Il est désormais évident que d’autres voies pouvaient être prises pour la recherche d’une médiation et pour une solution du conflit.

Jusqu’il y a peu de temps nous étions convaincus que les Etats-Unis avaient changé de visage grâce au nouveau président Barack Obama. Mais nous sommes à présent certains que le visage ne suffit pas et qu’il peut même servir de masque, comme le montrent la continuité de la guerre en Afghanistan, le silence consentant sur le désastre du peuple palestinien, le fermeture manquée - autant que promise- de Guantanamo. A propos de droits humains.

Rien n’a changé dans la stratégie hégémonique des Etats-Unis et cela aura des conséquences très graves justement à l’égard du peuple libyen qu’on fait semblant de vouloir sauver de la violence d’un dictateur. Il est facile de prévoir que la guerre ne cessera pas tant que Kadhafi ne sera pas fait prisonnier ou tué (tout comme le leader irakien Saddam Hussein fût pendu par la volonté du président des Etats-Unis George W. Bush). Et il est tout aussi facile de prévoir que, la guerre finie, les Etats-Unis exerceront leur pouvoir pour se garantir le contrôle de la Libye -ou de la Cyrénaïque « Etat », comme ils contrôlent aujourd’hui militairement et stratégiquement le Kosovo- pour en exploiter les très riches ressources énergétiques, comme cela s’est produit en Irak. 

C’est, et ce sera, la « guerre juste » de la Méditerranée de Barack Obama et du « faucon » Hillary Clinton.

Danilo Zolo

Danilo Zolo est professeur de philosophie du droit international à l’Université de Florence et directeur du Jura Gentium Journal, Rivista di filosofia del diritto internazionale e della politica globale
http://www.juragentium.unifi.it/it/

Edition de mardi 22 mars 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/22-Marzo-2011/art6.php3
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio.


7-3 Maurizio Matteuzzi : Et si les gentils n’étaient pas si gentils ?
Les gentils contre les méchants, les nôtres contre les leurs, le 7èmerégiment de cavalerie contre les Indiens. Une simplification comme à la télé pour un cas très compliqué. Le méchant ne peut être que Kadhafi. Il a mérité son rôle, de droit, depuis 40 ans de pouvoir absolu, abus et excès, bizarreries et excentricités (même si tout ce qu’il a fait n’est pas à vomir).
Les gentils sont les rebelles de Bengazi (se rebeller est juste), les« révolutionnaires du 17 février » qui ont arraché à Kadhafi tout l’est libyen, l’indocile Cyrénaïque. Ceux que presque tout le monde depuis le début a appelé les « civils » (de façon à accréditer la guerre juste de l’ONU). « Civils », mais pas comme ceux du boulevard Bourguiba à Tunis, de la Place Tahir au Caire, de la Place de la Perle à Manama.  Des images mêmes des mêmes télés, les « civils » de Bengazi sont armés de pied en cap, avec des tanks et des défenses anti-aériennes, capables d’abattre des avions gouvernementaux et de piloter des jets de combat.
Ce sont eux qui, une fois la guerre humanitaire de l’Occident menée à terme et Kadhafi enfin liquidé, seront la nouvelle Libye.
Mais qui sont-ils, « eux », les gentils du film ? Et comment sera la nouvelle Libye post-kadhafienne et, donc, présume-t-on, démocratique, respectueuse des libertés civiles et des droits humains, etc. etc. ?
La Libye est un morceau de roi trop appétissant et la hâte des humanitaires (conduits par le triste clown Napoléon Sarkozy) pour courir à son secours est un peu suspecte.  Et le Yémen ? Et le Bahrein? Et la Birmanie, pourquoi pas la Birmanie ? Et pourquoi pas la Palestine ? (La Palestine parce que non et c’est tout, ça se comprend).
Le pari de l’Occident humanitaire se fait les yeux fermés. Et dangereusement. Parce que les rebelles « civils » de Bengazi, bien que(pour le moment) inconnus, ont un curriculum solide de fondamentalisme musulman, armé et militant (donc anti-occidental), ou, au contraire, pour les plus connus, ne sont pas ce qu’on appelle une garantie.
D’après  Massimo Introvigne, représentant de l’Osce (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination : « On connaît certains noms de chefs d’origine tribale qui semblent être en position de force dans ce qui est appelé gouvernement provisoire de Bengazi, le Conseil national libyen. On sait par exemple que son secrétaire est Mustapha Mohammed Abud al Jeleil, qui jusqu’au 21 février était le ministre de la justice de Kadhafi et avait été placé en décembre 2010 par Amnesty International sur la liste des plus effroyables responsables de violations de droits humains d’Afrique du nord ». L’autre homme fortdes rebelles « civils » de Bengazi est « le général Abdul Fatah Younis, ex ministre de l’intérieur de Kadhafi et auparavant chef de la terrible police politique du régime»… Des personnages, conclut Introvigne, qui « ne sont pas les "démocrates sincères" des discours d’Obama, mais parmi les pires instruments du régime de Kadhafi, qui aspirent à chasser le colonel pour prendre sa place ».
Instruments recyclés du kadhafisme qui seront balayés par les « jeunes révolutionnaires » et par les vieux démocrates survivants du kadhafisme ? Peut-être. Espérons. Mais c’est un fait que la Libye, et l’Est de la Libye, se révèlent être le premier exportateur au monde par habitant (par rapport à sa population) de combattants et de «martyrs » (« suicide-bomber », lire kamikaze) en Irak. Plus nombreux que ceux qui viennent de n’importe quel autre pays arabo-musulman et même d’Arabie saoudite, berceau de Ben Laden et des terroristes (présumés, NdT) du 11 septembre.
Ces données ne viennent pas de Kadhafi, qui par commodité attribue la révolte de l’Est à Al Qaeda, mais du Combating Terrorism Center de West Point, de la banque de données du Pentagone et des câbles diffusés (hier) par Wikileaks. Les données de West Point et du Pentagone se fondent sur les « Sinjar documents », trouvés par les forces étasuniennes en octobre 2007 lors d’un raid dans cette localité à la frontière irako-syrienne, et qui décrivent un « scénario alarmant» sur les rebelles libyens de Bengazi et Derna.
Des 700 jihadistes, dont l’entrée en Irak a  été « recensée » (par nationalité) entre 2006 et 2007, 19% venaient de Libye, en particulier de Derna (60%) et Bengazi (24%) qui revendiquent de nombreux « Afghans veterans » dans leurs rangs. Derna est la première source dejihadistes en Irak, 52 contre 51 venant de Riad (mais la ville de Cyrénaïque a 80 mille habitants, et la capitale de l’Arabie saoudite en a 4 millions), suivies par La Mecque et par Bengazi. Même parmi les kamikazes  recensés comme « martyrs », les Libyens sont les premiers,85% contre 56 % pour les autres.
Même scénario décrit par Wikileaks : l’Est libyen comme terrain fertile pour le radicalisme islamique. Et Vicent Cannistraro, ancien chef de la cellule Cia en Libye, affirme que parmi les rebelles il y a beaucoup d’« extrémistes islamiques capables de créer des problèmes »et que les « probabilités [sont] élevées que les individus les plus dangereux puissent avoir une influence dans le cas où Kadhafi devraittomber ».

Meilleurs vœux.

Maurizio Matteuzzi
Edition de mercredi 23 mars 2011 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/23-Marzo-2011/art26.php3


7-4 Robert Bibeau  : LA LIBYE SOUS LES BOMBES « HUMANITAIRES » DE L’ONU

Il  était une fois un berger qui, entendant ses agneaux en émoi et son troupeau aux abois, s’approcha pour constater les dégâts… Un vieux loup à demi édenté s’était faufilé dans sa bergerie et dévorait tous les animaux qu’il pouvait attraper… Le berger courut dans la forêt demander assistance au chef de la meute.  Décrivant son embarras, il quémanda secours à ce loup étranger: « Sire venez sauver mes agneaux innocents, d’ici peu votre compagnon mécréant, même à demi édenté, aura terminé la curée. ».

Le chef de meute, un loup tartufe, rassura le berger : « Avant la nuit j’aurai neutralisé ce gêneur, vous serez sorti de ce guêpier et il s’échappera sans vous importuner, soyez en assuré. Où se trouve votre bergerie que je trotte libérer vos protégés ? »  Sitôt dit sitôt fait, en deux temps trois mouvements, le loup perfide eut vite fait de chasser ce canidé à demi édenté. Sur cette lancée il prit sa place dans la bergerie apaisée et termina lui-même la curée.  Le berger, risée du comté, raconte partout à la ronde les mérites de ce chef de meute, nabot enragé, soi-disant épris de « liberté », lequel, quant à lui, ne cesse de réciter ses festivités dans la bergerie d’un berger demeuré.

Le bombardement du peuple libyen par les avions de guerre et les canons américains, français, britanniques, canadiens et italiens a-t-il de quoi surprendre la « gauche » et les médias occidentaux, la Ligue Arabe, la Russie de Poutine (1), la Chine et le Brésil abstentionnistes et les autres imposteurs qui s’étonnent soudain d’apprendre la multitude des victimes collatérales de l’agression néo-coloniale contre un pays africain insurgé et contre ses chefs de clans en guerre tribale opposant royalistes sur le retour et tyran sur le départ ? Il y a parfois de ces querelles entre clans stipendiés à propos du partage du butin attribué aux sous-fifres locaux par les exploiteurs occidentaux (2).

Quand un vieux chef de guerre ne fait plus l’affaire, les puissants le remplacent et espèrent qu’il s’éclipsera gentiment dans sa datcha à Charm-el-Cheik ou à la Mecque avec ses milliards si mal gagnés. On proclame alors la « Révolution victorieuse » et chacun rentre chez-lui vaquer à ses occupations d’exploité ou d’aliéné. Si le démis n’entend pas raison, il faut parfois que les maîtres étrangers rappellent le tyran à sa mission et lui imposent leur médiation pour le bénéfice des commissions à distribuer à chacun des héritiers. Parfois, les maîtres séants doivent châtier ce chef mécréant afin de donner une leçon à tous ces malfrats qui pourraient être tentés de l’imiter.

Ne croyez surtout pas qu’un chef de l’ALBA sud-américaine puisse venir proposer sa médiation pour trancher parmi les insurgés. Ce n’est pas à un révolté de faire justice parmi les néo-colonisés (3). Il y aura des morts collatérales pour avoir refusé cette médiation charitable mais c’est le prix à payer pour rétablir la « paix » des exploiteurs parmi les spoliateurs.

Présentement les maîtres interviennent en Libye afin de mettre fin à la chicane inter clanique et ramener chaque camp gourmand à la raison. Les livraisons de ressources pétrolières ne souffrent pas de telles perturbations. L’Italie est en difficulté et ne souhaite pas payer son pétrole plus cher que d’accoutumée.

Le secrétaire d’État à la défense (« à l’attaque » serait plus approprié), M. Robert Gates, avait pourtant parfaitement décrit les sévices qu’il ferait subir à la Libye si jamais il engageait ses troupes d’agression dans l’action. Imposer une « zone d’exclusion aérienne » ça signifie, disait-il la semaine dernière sur les ondes de la télévision américaine, bombarder les infrastructures militaires anti-aériennes, les tours de contrôle aériennes civiles et militaires, les pistes d’atterrissage civiles et militaires, les radars, les centres de télécommunications et les tours de télécommunications (qui sont nécessairement en zones urbaines), les centres de transmission de télévision et de radiodiffusion, les infrastructures de transport, et quelques autres objectifs civils à bombarder pour assurer la sécurité des pilotes et des navires d’agression, au prix évidemment de l’insécurité totale des populations civiles à soi-disant protéger des griffes du malin, c’est-à-dire du clan qui n’est plus adoubé par l’Occident après avoir été son préféré. Il y a parfois de ces revirements d’alliances chez les grands et les puissants.

Dorénavant les deux clans en guerre ont le choix des bombes qui meublent leur enfer. Personnellement je préfèrerais être bombardé par les mercenaires de Kadhafi, beaucoup moins efficaces et meurtriers que les nouveaux mercenaires américains, français, britanniques, canadiens et italiens du camp royaliste de l’Est libyen (4). Notez que le clan de l’Est libyen n’a pas lui non plus l’aval du maître américain qui ne semble pas le contrôler suffisamment. Par moment, cette coalition « humanitaire » occidentale donne l’impression anarchique d’un gang de voleurs sans chef de bande, ce qui ne se produirait jamais chez les loups j’en conviens avec vous.

Cette guerre coloniale illégale que les pays agresseurs ont lancée en contravention avec leur propre constitution dite « démocratique » vise à donner une leçon de « démocratie » à un peuple coincé entre deux belligérants qui ne parviennent pas à se partager l’usufruit des ressources nationales dilapidées. Quant à lui, le premier ministre canadien Harper n’a jamais présenté de déclaration de guerre à la sanction du parlement canadien, non plus qu’au Conseil des ministres, en contravention absolue avec la Constitution « démocratique » bourgeoise du Canada. Le chef de l’opposition au parlement canadien s’en dit parfaitement satisfait car il aurait fait de même s’il avait été ainsi pressé par ses amis États-uniens. Comment ces gens peuvent-ils porter une leçon démocratique en Afrique ?

Vous entendez déjà les mensonges à propos des frappes « chirurgicales » manquées qui tuent et blessent  les victimes collatérales, ces innocents libyens, justement ceux que l’ONU était venue protéger, mais  aussi sur la peine que ces massacres infligent à la « communauté des pleureuses démocratiques internationales » venue déchiqueter à coup de bombes à fragmentation ces gens révoltés, qu’ils veulent prétendument libérer (libérer de la vie – oui); et toute cette « gauche », cette droite, ces analystes et ces experts télématiques qui déjà préparent la « victoire » des forces coalisées comme en Irak (où elles prennent la poudre d’escampette après avoir tout saccagé), au Kosovo (où elles sont encore incrustées avant d’être chassées), en Afghanistan et au Nord Pakistan (où elles achèvent d’être expulsées après avoir beaucoup tué) (5). 

Rien à attendre des dieux de la peste… Combien de massacres les peuples du monde devront-il subir avant que l’on se souvienne du passé ? Mais n’ayez crainte, les peuples du monde n’ont pas mordu à cet hameçon grossier et d’ici peu vous apprendrez que les gouvernements occidentaux ont agi en abusant de leur autorité, sans rien demander à quiconque, car la population, si on exclut la « gauche humanitaire », n’a jamais cru en cette sirène de la délivrance des peuples opprimés par leurs oppresseurs. 

Un loup « libérateur » au milieu d’une bergerie n’est jamais la solution pour un berger sensé. Forces néo-coloniales française, britannique, américaine, canadienne et italienne, hors de Libye! Cessez de tuer le peuple libyen révolté, il saura très bien se défendre si seulement vous cessiez de supporter et d'armer ses oppresseurs d’hier et d’aujourd’hui.

ANNEXES

1. Vladimir Poutine: «Ce qui se passe en Libye se fait sous la bannière de la défense des civils. Mais lorsque l'on bombarde le territoire libyen, ce sont les mêmes civils pacifiques libyens qui meurent. Ou est la logique ou est la morale?

Nulle part. »    http://sergeadam.blogspot.com/2011/03/libye-poutine-qualifie-la-mission-de.htmlh


2. La Ligue arabe critique les frappes de la coalition... Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a critiqué les frappes aériennes et  maritimes  de la coalition en déclarant qu'elles dépassaient le cadre des objectifs proclamés, s'agissant de protéger la population civile, annoncent dimanche les médias arabes.  "Ce qui s'est passé en Libye diffère du but qui est d'imposer une zone d'exclusion aérienne, et ce que nous voulons c'est la protection des civils et pas le bombardement d'autres civils", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Caire. Il a également annoncé son intention de convoquer une réunion d'urgence du Conseil de la Ligue arabe afin de discuter de la situation dans les pays arabes, notamment en Libye et au Yémen. Lors d'une réunion précédente au Caire, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Ligue arabe ont appelé l'Onu à instaurer en Libye une zone d'exclusion aérienne.  Jeudi 17 mars, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté une résolution permettant un recours à la force pour protéger la population libyenne des troupes du colonel Mouammar Kadhafi. Une opération militaire a été lancée samedi par la coalition des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Italie et le Canada.

 

Les premières frappes ont été portées par les chasseurs français. 110 missiles de croisières ont été tirés par la coalition dans la nuit du samedi au dimanche.  Selon les médias officiels libyens, la coalition a frappé des sites civils dans les villes les plus importantes du pays, notamment à Tripoli, Benghazi et Zouara, ainsi que les dépôts de pétrole à Misrata.

 La télévision libyenne a également annoncé la mort de 50 civils dont des enfants, des femmes et des personnes âgées.

3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_Bolivarienne_pour_les_Am%C3%A9riques

4.  http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23854

5. À propos du dictateur  Kadhafi : http://www.aloufok.net/spip.php?article3770
6.  http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23814
<http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23814>   et aussi
   
http://www.internationalnews.fr/article-r-69704544.html
 http://boycottisraelinternational.com

Robert Bibeau

23.03.2011

http://www.robertbibeau.ca/palestine3.html
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


7-5 Moumene Belghoul : L’embarrassant rôle de l’Otan en Libye.  25/03/2011
L’intervention militaire en Libye continue de diviser les protagonistes, alors que la situation sur le terrain reste indécise.
Le rôle de l’Otan fait toujours débat et reste au centre de tractations entre ses membres. Déjà aux commandes en Afghanistan, l’Organisation atlantique s’apprête à jouer un rôle direct pour coordonner l’action en Libye. Au risque de donner à l’intervention une coloration atlantiste qui servirait Kadhafi. Kadhafi, lors de sa première apparition depuis le lancement de l’offensive, a affirmé devant ses partisans rassemblés dans sa résidence-caserne de Tripoli qu’il était «prêt pour la bataille, qu’elle soit longue ou courte». Le rôle de l’Otan dans le commandement des opérations semble avoir du mal à se situer dans une crise aux facettes multiples. Dans un souci apparent d’atténuer une situation embarrassante, l’Otan annonce qu’elle n’exercera pas «le pilotage politique» de la coalition en Libye, mais interviendra seulement comme «outil de planification et de conduite opérationnelle». L’Otan voudrait se limiter à la mise en œuvre d’une zone d’exclusion aérienne. Elle a déjà accepté mardi dernier de se charger de surveiller l’embargo sur les armes contre la Libye, en assignant des navires et des avions à cette mission. Cependant, le malaise reste de mise parmi les puissances militaires de l’organisation atlantique. Aucun de ses membres ne veut endosser «la responsabilité de la phase terrestre de l’opération» dans ce pays, estime l’ambassadeur de Russie auprès de l’Otan. La coalition, entrée en action le 19 mars avec à sa tête les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, deux jours après le quitus onusien, n’a jusqu’ici pas réussi à faire changer la physionomie du terrain. Les forces de Kadhafi n’ont pas cessé leurs attaques en dépit de l’annonce d’un nouveau cessez-le-feu. Dans la ville de Misrata, 17 personnes ont été tuées par des tirs de snipers et d’obus. Lundi dernier, 40 morts avaient été dénombrés dans cette ville, selon l’opposition. Pro et anti-Kadhafi continuent ainsi à s’affronter dans d’autres points chauds de la Libye. Mais l’étau devrait se refermer inexorablement autour du maître de Tripoli de plus en plus acculé. Un des fils du «Guide» libyen aurait été tué par une frappe aérienne et un bâtiment de sa résidence avait été détruit par un missile. Les membres de l’Union européenne sont parvenus à un accord de principe pour sanctionner le principal groupe pétrolier libyen, la compagnie nationale NOC, la Libye demeurant l’un des principaux producteurs de pétrole d’Afrique. Selon la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, des proches du colonel ont pris des contacts dans le monde entier pour trouver une porte de sortie. Alors que le secrétaire à la Défense américain Robert Gates est arrivé hier au Caire, les Etats-Unis annoncent avoir réduit de façon «significative» le nombre de survols de la Libye par leurs avions. La mise en place d’une zone d’exclusion aérienne pouvant s’achever «sous peu» préconisant la pression permanente. Mais les réticences de certains pays sont toujours fortes. Berlin, fermement opposé à l’intervention en Libye, a annoncé la suspension de la participation de ses navires aux opérations de l’Otan en Méditerranée. Le président turc Abdullah Gül, dont le pays est membre de l’Otan, a critiqué l’«opportunisme» de certains pays impliqués dans l’intervention, mettant en doute leurs prétendues visées, qui, en vérité, cacheraient d’autres ambitions.
Moumene Belghoul

http://www.latribune-online.com/monde/49358.html


n°7 - Journal de Libye - 20-03 au 27-03 : Fin - : Opération Active Endeavour - Et si les gentils n'étaient pas si gentils ?

n°7  - Journal de Libye - 20-03 au 27-03 : Fin - : Opération Active Endeavour  - Et si les gentils n'étaient pas si gentils ?


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Journal de Libye

  n°7                                           20-03 au 26-03

     C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

7  Dossier

7-6 Grégoire Lalieu : Entretien avec Jean Bricmont : La Libye face à l’impérialisme humanitaire.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Interview en partie très intéressante ce matin à la RTBF,

8-2 Déclaration d’«Action urgente Canada»   

8-3 Ginette Hess Skandrani : Libye : je me refuse à hurler avec les loups.

8-4 Objet : Demande d’une rupture des relations diplomatiques des pays membres de l’U.A avec la France.

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Thierry Meysan : Quelque mensonges sur la guerre de Libye 


 


7-6 Grégoire Lalieu : Entretien avec Jean Bricmont : La Libye face à l’impérialisme humanitaire.

Kosovo, Irak, Afghanistan : les partisans d’une intervention en Libye n’auraient-ils pas retenu la leçon ? Jean Bricmont, auteur d’un ouvrage sur l’impérialisme humanitaire, nous explique pourquoi le droit d’ingérence est incompatible avec la paix dans le monde et dessert les causes humanitaires. A moins bien-sûr, que ces causes ne soient que des prétextes...

 

Interview : Grégoire Lalieu

Pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste l’impérialisme humanitaire ?

C’est une idéologie qui vise à légitimer l’ingérence militaire contre des pays souverains au nom de la démocratie et des droits de l’Homme. La motivation est toujours la même : une population est victime d’un dictateur, donc il faut agir. On nous sort alors les références à la Deuxième Guerre mondiale, à la guerre d’Espagne et j’en passe. Le but étant de faire accepter l’intervention. C’est ce qui s’est passé pour le Kosovo, l’Irak ou l’Afghanistan.

Et aujourd’hui, c’est le tour de la Libye ?

Il y a une différence car ici, une résolution du Conseil de Sécurité des Nations-Unies l’autorise. Mais cette résolution a été votée à l’encontre des principes-mêmes de la Charte des Nations-Unies. En effet, je ne vois aucune menace extérieure dans le conflit libyen. On a évoqué la notion de la « responsabilité de protéger » les populations, mais en brûlant un peu les étapes. De plus, il n’y a pas de preuves que Kadhafi massacre la population dans le simple but de la massacrer. C’est un peu plus compliqué que cela : il s’agit plutôt d’une insurrection armée et je ne connais pas de gouvernement qui ne réprimerait pas ce type d’insurrection.

Évidemment, il y a des dommages collatéraux et des morts parmi les civils. Mais si les États-Unis savent comment éviter de tels dommages, qu’ils aillent l’expliquer aux Israéliens et qu’ils l’appliquent eux-mêmes en Irak et en Afghanistan. Nul doute également que les bombardements de la coalition vont aussi provoquer des pertes civiles.

Je pense donc que d’un point de vue strictement légal, la résolution du Conseil de Sécurité est discutable. Elle est en fait le résultat d’années de lobbying pour faire reconnaître le droit d’ingérence qui se trouve ici légitimé.

Pourtant, même dans la gauche, beaucoup pensent qu’il fallait intervenir en Libye pour arrêter le massacre. C’est une erreur de jugement selon vous ?

Oui et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cette campagne établit le règne de l’arbitraire. En effet, le conflit libyen n’a rien d’exceptionnel. Il y en a beaucoup d’autres dans le monde, que ce soit à Gaza, à Bahreïn ou, il y a quelques années, au Congo. Dans ce dernier cas, nous étions dans le cadre d’une agression extérieure de la part du Rwanda et du Burundi. L’application du droit international aurait permis de sauver des millions de vie mais on ne l’a pas fait. Pourquoi ?

Ensuite, si on applique les principes de l’ingérence qui sous-tendent l’attaque contre la Libye, cela veut dire que tout le monde peut intervenir partout. Imaginons que les Russes interviennent à Bahreïn ou les Chinois au Yémen : ce serait la guerre généralisée et permanente. Une grande caractéristique du droit d’ingérence est donc le non-respect du droit international classique. Et si on devait modifier le droit international par de nouvelles règles légitimant le droit d’ingérence, cela déboucherait sur la guerre du tous contre tous. C’est un argument auquel les partisans du droit d’ingérence ne répondent jamais.

Enfin, ces ingérences renforcent ce que j’appelle l’ « effet barricade » : tous les pays qui sont dans la ligne de mire des États-Unis vont se sentir menacés et vont chercher à renforcer leur armement. On a vu ce qui s’est passé avec Saddam. Kadhafi avait d’ailleurs déclaré à la ligue arabe : « On vient de pendre un membre de cette ligue et vous n’avez rien dit. Mais ça peut vous arriver aussi car, si vous êtes tous des alliés des États-Unis, Saddam l’était aussi autrefois. ». Aujourd’hui, la même chose se reproduit avec Kadhafi et la menace qui pèse sur de nombreux États risque de relancer la course à l’armement. La Russie, qui n’est pourtant pas un pays désarmé, a déjà annoncé qu’elle allait renforcer ses troupes. Mais ça peut même aller plus loin : si la Libye avait l’arme nucléaire, elle n’aurait jamais été attaquée. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on n’attaque pas la Corée du Nord. La gauche qui soutient l’intervention en Libye devrait donc bien se rendre compte que la conséquence de l’ingérence humanitaire est de relancer la course à l’armement et de créer des logiques de guerre à long-terme.

Cette intervention militaire contre Kadhafi ne serait-elle pas pourtant un moindre mal ?

Il faut réfléchir aux conséquences. Maintenant que les forces occidentales sont engagées, il est évident qu’elles vont devoir aller jusqu’au bout, renverser Kadhafi et installer les rebelles au pouvoir. Que va-t-il se passer alors ? La Libye semble divisée. S’il y a une résistance à Tripoli, l’Occident va-t-il occuper le pays et s’embarquer dans une guerre sans fin comme en Irak ou en Afghanistan ?

Imaginons quand-même que tout se passe bien : les coalisés se débarrassent de Kadhafi en quelques jours, les rebelles prennent le pouvoir et le peuple libyen est uni. Tout le monde est content et après ? Je ne pense pas que l’Occident va dire : « Voilà, on a fait ça parce qu’on est gentil et qu’on aime bien les droits de l’Homme. Maintenant, vous pouvez faire ce que vous voulez. ». Que se passera-t-il si le nouveau gouvernement libyen apparaît trop musulman ou ne limite pas correctement les flux migratoires ? Vous croyez qu’on va les laisser faire ? Il est évident qu’après cette intervention, le nouveau gouvernement libyen sera prisonnier des intérêts occidentaux.

Si l’intervention militaire n’est pas la solution, que faire ?

Il aurait déjà fallu essayer honnêtement toutes les solutions pacifiques. Ca n’aurait peut-être pas fonctionné mais là, il y a eu une volonté manifeste de rejeter ces solutions. C’est d’ailleurs une constante dans les guerres humanitaires. Pour le Kosovo, il y avait des propositions serbes très détaillées pour aboutir à une solution pacifique mais elles ont été refusées. L’Occident a même imposé des conditions qui rendaient toute négociation impossible comme l’occupation de la Serbie par les troupes de l’Otan. En Afghanistan, les Talibans ont proposé de faire juger Ben Laden par un tribunal international si on leur fournissait les preuves de son implication dans l’attentat du World Trade Center. Les États-Unis ont refusé et bombardé. En Irak, Saddam avait accepté le retour des inspecteurs de l’ONU ainsi que de nombreuses conditions extrêmement contraignantes. Mais ce n’était jamais assez. En Libye, Kadhafi a accepté un cessez-le-feu et proposé qu’on envoie des observateurs internationaux. Les observateurs n’ont pas été envoyés et on a dit que Kadhafi ne respectait pas le cessez-le-feu. L’Occident a aussi rejeté la proposition de médiation de Chavez, pourtant suivie par de nombreux pays latinos ainsi que l’Organisation de l’Unité Africaine.

A ce sujet, je suis furieux quand j’entends, en Europe, des gens de gauche dénoncer l’horrible Alliance Bolivarienne qui soutient le dictateur Kadhafi. Ces gens n’ont rien compris ! Les dirigeants latinos sont des personnes au pouvoir avec d’importantes responsabilités. Ce ne sont pas des petits gauchistes qui bavardent dans leur coin. Et le grand problème de ces dirigeants, c’est l’ingérence des États-Unis : moins les États-Unis pourront faire ce qu’ils veulent partout dans le monde, mieux ça vaudra pour tous ces pays qui tentent de s’émanciper de leur tutelle et pour le monde entier.

Le fait de rejeter systématiquement les solutions pacifiques signifie-t-il que l’ingérence humanitaire est un prétexte ?

Oui, mais si ça fonctionne bien auprès des intellectuels, j’ai plus de doute sur la réaction des peuples européens. Vont-ils soutenir leurs dirigeants dans l’attaque contre Kadhafi ? Au niveau des peuples, ce sont les guerres sécuritaires qui trouvent plus de légitimité : lorsqu’il y a, par exemple, une menace contre nos populations, nos modes de vie, etc. Mais ici et en France, avec tout le climat islamophobe (que je n’approuve pas, mais qui existe), allez expliquer qu’on va se battre en Cyrénaïque pour des insurgés qu’on voit crier « Allah U Akbar »... C’est contradictoire !

Au niveau politique, la plupart des partis soutiennent l’intervention. Même à gauche, des trotskistes à Mélenchon (pas le PCF (*) - ndp), tous partent la fleur à fusil. Les plus modérés soutenaient juste l’application d’une zone d’interdiction aérienne mais si Kadhafi envoie ses tanks vers Benghazi, qu’est-ce qu’on fait ? Durant la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands ont perdu le contrôle aérien assez rapidement mais ils ont tenu encore plusieurs années. Les modérés devaient bien se douter que, dans la mesure où l’objectif est de renverser Kadhafi, on irait plus loin que l’établissement d’une zone d’interdiction aérienne.

La gauche, incapable de soutenir de vraies positions alternatives, se trouve piégée par la logique de l’ingérence humanitaire et est obligée de soutenir Sarkozy. Si la guerre se passe vite et bien, le président français sera sans doute bien positionné pour 2012 et la gauche lui aura mis le pied à l’étrier. Cette gauche n’assumant pas un discours cohérent opposé aux guerres est obligée de se mettre à la remorque de la politique d’ingérence.

Et si la guerre se passe mal ?

C’est malheureux, mais le seul parti français à s’être opposé à l’intervention en Libye est le Front National. (rappel : le PCF s’y est opposé - ndp). Il a notamment évoqué la menace des flux migratoires et en a profité pour se démarquer de l’UMP et du PS en disant qu’il n’avait jamais collaboré avec Kadhafi. Si la guerre en Libye ne se passe pas comme prévu, ça pourra bénéficier au Front National pour 2012.

Si l’ingérence humanitaire n’est qu’un prétexte, quel est l’objectif de cette guerre ?

Les révolutions arabes ont surpris les Occidentaux qui n’étaient pas assez bien informés sur ce qui se passait au Maghreb et au Moyen-Orient. Je ne conteste pas qu’il y a de bons spécialistes de la question mais souvent, ils ne sont pas assez écoutés à un certain niveau de pouvoir et s’en plaignent d’ailleurs. Donc maintenant, les nouveaux gouvernements égyptien et tunisien risquent de ne plus s’aligner sur les intérêts occidentaux et par conséquent, pourraient être hostiles à Israël.

Pour s’assurer le contrôle de la région et protéger Tel-Aviv, les Occidentaux veulent probablement se débarrasser des gouvernements déjà hostiles à Israël et aux Occidentaux. Les trois principaux sont l’Iran, la Syrie et la Libye. Cette dernière étant la plus faible, on l’attaque.

Ca peut fonctionner ?

L’Occident rêvait de dominer le monde mais on voit depuis 2003, avec le fiasco irakien, qu’il en est incapable. Avant, les États-Unis pouvaient se permettre de renverser des dirigeants qu’ils avaient eux-mêmes portés au pouvoir, comme Ngô Dinh Diêm au Sud-Viêtnam dans les années 60. Mais Washington n’a plus la possibilité de faire ça aujourd’hui. Au Kosovo, les Etats-Unis doivent composer avec un régime mafieux. En Afghanistan, tout le monde dit que Karzaï est corrompu mais ils n’ont pas d’alternative. En Irak, ils doivent aussi s’accommoder d’un gouvernement qui est loin de leur convenir totalement.

Le problème se posera certainement en Libye aussi. Un Irakien me disait un jour : « Dans cette partie du monde, il n’y a pas de libéraux au sens occidental du terme, hormis quelques intellectuels assez isolés. ». Comme l’Occident ne peut pas s’appuyer sur des dirigeants qui partagent ses idées et défendent totalement ses intérêts, il essaie d’imposer des dictateurs par la force. Mais ça crée évidemment un décalage avec les aspirations de la base populaire.

De plus, cette démarche se révèle être un échec et les gens ne devraient pas être dupes sur ce qui se passe. L’Occident, qui pensait pouvoir contrôler le monde arabe avec des marionnettes comme Ben Ali et Moubarak, se dirait soudainement : « On a eu tout faux, maintenant on va soutenir la démocratie en Tunisie, en Egypte et en Libye. » ? C’est d’autant plus absurde que l’une des grandes revendications des révolutions arabes est le droit à la souveraineté. Autrement dit, pas d’ingérence !

L’Occident doit se résigner : le monde arabe, tout comme l’Afrique et les Caraïbes, ne lui appartient pas. En fait, les régions où l’Occident s’ingère le plus sont les moins développées. Si on respecte leur souveraineté, ces régions pourront se développer, tout comme l’Asie l’a fait et l’Amérique latine le fera sans doute. La politique d’ingérence est un échec pour tout le monde.

Quelle alternative alors ?

Tout d’abord, il faut savoir que la politique d’ingérence nécessite un budget militaire important. Sans le soutien des États-Unis et leur budget militaire délirant, la France et la Grande-Bretagne ne se seraient pas engagées. La Belgique encore moins. Mais tous ces moyens mis à disposition ne tombent pas du ciel. Ce budget est basé sur des emprunts à la Chine qui entraînent des déficits US et toutes sortes de problèmes économiques. On y pense rarement.

De plus, on nous répète tout le temps qu’il n’y a pas d’argent pour l’éducation, la recherche, les pensions, etc. Et subitement, il y a une grosse somme qui tombe pour faire la guerre en Libye. C’est une somme illimitée car on ne sait pas combien de temps cette guerre va durer ! On dépense par ailleurs déjà de l’argent en pure perte en Afghanistan.

Il faut donc avoir une autre vision politique et la Suisse est, selon moi, un bon exemple. Ce pays consacre son budget militaire uniquement à la protection de son territoire. Les Suisses ont une politique de non-intervention cohérente car leur armée ne peut pas, par principe, quitter le territoire. On peut dire que la Suisse laisse Kadhafi massacrer les insurgés mais premièrement, elle n’a jamais commis de génocide ou d’autres massacres, même si on peut critiquer sa politique sur d’autres plans (banques ou immigration). Et deuxièmement, si tout le monde faisait comme la Suisse, pour les raisons que j’ai expliquées précédemment, le monde irait beaucoup mieux.

Les guerres et les embargos ont toujours des conséquences désastreuses. Selon moi, la meilleure alternative est la coopération avec les différents pays, quels que soient leurs régimes. A travers le commerce, mais pas celui des armes évidemment, les idées circulent et les choses peuvent évoluer, sans guerre. On peut bien-sûr discuter des modalités : commerce équitable, écologique, etc. Mais le commerce est une alternative beaucoup moins sanglante aux sanctions et aux embargos qui sont la version soft des guerres humanitaires.


(*) Voir l’intervention du député communiste Roland Muzeau à la séance du 22 mars 2011 à l’Assemblée nationale : "Déclaration du Gouvernement sur l’intervention des forces armées en Libye et débat sur cette déclaration", et notamment :

"Trop d’incertitudes pèsent sur cette intervention militaire et ses conséquences. Le risque d’une escalade est trop grand. Et s’il y a un prix à payer dans l’avenir, il faut souhaiter que ce ne soit pas au peuple libyen de le faire. Il paye déjà trop cher le maintien d’une dictature dont il ne veut plus.

Du reste, nous ne cautionnerons pas la moindre intervention qui, comme de plus en plus de voix l’affirment au-delà de nos frontières, ne viserait qu’à faire main basse sur le pétrole libyen en instrumentalisant le peuple et en en passant par la scission du pays.

Les députés communistes et républicains font aujourd’hui preuve de courage politique en refusant de mêler leur voix à l’unanimisme béat et aveugle qui semble rassembler autour du Président Sarkozy et de l’entrée en guerre de la France. Comme le dit fort justement Rony Brauman, jamais des bombardements n’ont permis d’installer la démocratie ou de pacifier un pays !

Figure du mouvement anti-impérialiste, Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a publié « Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? » (Éditions Aden, 2005).

23 mars 2011 - Michel Collon



8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

8-1 Interview en partie très intéressante ce matin à la RTBF,

En particulier pour la mise en évidence de ce que personne ne semble remarquer, la confusion volontaire entre "le peuple libyen" et des "insurgés armés".

Le journaliste Bertrand Henne est encore plus clair que son invité Olivier Corten.

Le passage intéressant est celui ci :

Olivier Corten : «...les rebelles ont commencé la guerre civile contre le régime Kadhafi en estimant à juste titre que c'était un régime d'oppression. A partir de ce moment là, les rebelles sont assimilables à des combattants, ce ne sont plus des civils, et ça il ne faut pas l'oublier.»

Bertrand Henne: «Oui, on dit toujours "on va protéger les civils", et en fait on protège des belligérants, c'est-à-dire qu'on se met du côté de vrais belligérants.  »

Même si Olivier Corten estime que c'est "à juste titre", et que pour lui, seule l'armée régulière commet des exactions, soit, l'essentiel est que c'est qu'on ait enfin pu entendre à la radio ce qu'aucun mouvement de paix, et aucun mouvement aussi 'progressiste' soit-il, n'a été capable de dire (en Belgiquue du moins), même ceux qui se déclarent tout à fait contre la guerre : il s'agit en Libye d'un soulèvement armé, dans une partie de la Libye, pas du "peuple libyen en révolte contre Kadhafi".

C'est un point fondamental. Tant qu'on refuse de toucher à ce point-là, tous les discours contre la guerre resteront creux et sans effet auprès de la plupart.

Et une grande partie de l'acceptation de l'intervention, chez plein de gens de bonne volonté, devrait s'effondrer dès que ce point est clair.

 

Je retranscrit le début de cette interview ci-dessous. Elle peut être réécoutée à l'adresse http://podaudio.rtbf.be/pod/lp-map-inv_invite_matin_premi...

Interview d'Olivier Corten à 'Matin Première', RTBF

Une imposture criminelle (Danilo Zolo, professeur de droit international à l’Université de Florence, manifestement d'une autre carrure que Corten)

Bertrand Henne. Vous êtes professeur directeur adjoint du Centre de Droit International de l'ULB. Quand vous voyez, enfin, ce qu'on apprend de ce qui se passe sur le terrain, l'ampleur des frappes de la coalition, est-ce que vous vous dites qu'on prend prétexte d'une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU pour mener une guerre contre Kadhafi ?

Olivier Corten Alors il est clair que les effets de l'intervention militaire vont profiter aux insurgés, et profitent effectivement aux insurgés. Maintenant quand j'entends ce qui est dit, c'est là où je me pose plutôt des questions sur la conformité de l'action avec la résolution 1973. Parce qu'on a entendu que cette résolution était floue, qu'elle n'était pas claire… malgré tout si on lit les termes de cette résolution c'est relativement clair : Ce qui est autorisé, ce sont des mesures nécessaires […] pour protéger les populations et les zones civiles menacées d'attaque. Donc, c'est une opération de type humanitaire, c'est comme cela qu'elle a été présentée au départ au sein du conseil de sécurité, donc si on lit les débats qui sont reproduits publiquement aujourd'hui, on se rend compte qu'absolument personne n'a parlé de renverser le colonel Kadhafi, personne n'en a parlé à ce moment la parce que si on l'avait dit, probablement il y aurait eu un veto, ou il y aurait eu des votes plus généralement contre le projet de résolution.

BH. Oui, la résolution de l'ONU est aussi le résultat d'un compromis entre les différents intervenants…

OC C'est certainement le résultat d'un compromis comme  tout texte juridique, maintenant, cela dit, il faut voir où se place le curseur. Le curseur il est quand même placé du côté d'une intervention strictement humanitaire. Quand au règlement politique du conflit, il y a un paragraphe dans cette résolution dont on ne parle pas tellement, qui parle à la fois des revendications légitimes du peuple libyen,  donc le Conseil de Sécurité et tous ses membres manifestement reconnaissent qu'il y a des revendications légitimes de la part des insurgés, - parce que c'est ça qu'on veut dire par le peuple libyen - , mais en même temps la résolution se prononce, je cite,  pour un "dialogue", Un dialogue, ce n'est pas renverser l'une des deux parties au conflit. Donc la résolution sur le plan des objectifs elle est assez claire, sur le plan des moyens, là il y a sûrement plus sujet à discussion.

BH. Parce qu'on a l'impression parfois d'une forme d'hypocrisie généralisée autour de ce qui se passe pour l'instant en Libye, On a eu les déclaration de Pieter De Crem le ministre de la défense qui a dit clairement, ben on le sait bien, c'est pour renverser Kadhafi. Alors il disait aussi pour le déférer devant la Cour Pénale Internationale. Est-ce que c'est finalement ça qui est en train de se passer, c'est à dire que vous le dites la résolution elle est humanitaire et elle prévoit une sortie du conflit par le dialogue, la diplomatie, mais ce qui se passe, c'est que les pays occidentaux plus le Qatar ont pris fait et cause pour les insurgés, et mènent une guerre contre K. Est-ce qu'il y n'a pas là une forme d'hypocrisie?

OC. Il y a sans doute une forme d'hypocrisie, cela dit j'ai envie de dire plusieurs choses : d'une part sur le plan du droit international les insurgés, l'insurrection, la rébellion en tant que telle n'est pas contraire au droit international, et ça il faut le rappeler, il n'est pas contraire au droit international de se rebeller ; en même temps les rebelles ont commencé la guerre civile contre le régime Kadhafi en estimant à juste titre que c'était un régime d'oppression. A partir de ce moment là, les rebelles sont assimilables à des combattants, ce ne sont plus des civils, et ça il ne faut pas l'oublier.

 

BH Oui, on dit toujours "on va protéger les civils", et en fait on protège des belligérants, enfin c'est-à-dire qu'on se met du côté de vrais belligérants. Alors ils n'ont pas énormément de matériel militaire, quelques kalachnikov, quelques roquettes, etc, mais pas grand chose, mais enfin ce sont des belligérants. Donc quand on dit "on va protéger des civils"... on est encore une fois dans l'hypocrisie ?

OC. Oui et non quand même, parce que "qui menace les civils", c'est cela la question. C'est l'armée régulière qui menace les civils, donc on s'en prend à l'armée régulière. [....]

 [vers la fin de l'interview, autre passage utile]
Je voudrais qu'on se rappelle ce qui a été dit au moment de la proclamation du nouvel ordre mondial, c'est après que Saddam Hussein ait envahit le Koweït, en 1990, à ce moment là Saddam Hussein a dit "ce n'est pas légitime parce qu'il y a un 2 poids-2 mesures. j'occupe le Koweït, mais Israël occupe la Palestine. On a répondu "en effet dans les 2 cas c'est inadmissible, ça n'excuse ni votre occupation du Koweït, ni l'occupation d'Israël, on va commencer par vous. On a commencé par l'Irak, on a en effet libéré le Koweït, mais on n'a jamais libéré la Palestine. Et on parle de veto chinois ou russe, pas plus tard qu'il y a un mois, il y a eu un projet de résolution parrainé par 130 états, non pas appelant à une intervention militaire en Israël, mais appelant à la fin de la colonisation des territoires. Cette résolution a été adoptée par 14 voix pour, 1 contre, celle des Etats-Unis. Donc on voit bien après ça que c'est très difficile dans le monde arabe, à juste titre, de venir donner des leçons d'humanitaire, d'interventionnisme, etc.


8-2 Déclaration d’«Action urgente Canada»                         

Montréal, le 21 mars 2011

Nous sommes un groupe de citoyennes/ens canadiennes/iens et d’autres origines préoccupées/és par les politiques de guerre et de domination du gouvernement canadien et par l’abandon des principes de paix, de justice sociale, de relations internationales basées sur l’égalité et le développement des peuples.

Tenant compte du fait que la majorité de la population du Canada s’oppose aux guerres, mais que les gouvernements canadiens successifs, libéraux et conservateurs, ne l’écoutent pas, nous exigeons IMMÉDIATEMENT UNE ACTION URGENTE DU PEUPLE DU CANADA.  Nous lançons un appel aux citoyennes/ens et aux organisations démocratiques, syndicales, politiques, populaires de poser les gestes suivants :

Dénoncer et nous opposer à la «spirale guerrière et antidémocratique dans laquelle le Canada s’enfonce de plus en plus» aux côtés des États-Unis au cours des nombreuses guerres déclenchées et menées conjointement avec le Canada, en violation du droit international et les droits de la personne :

Yougoslavie en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009 et maintenant LIBYE en 2011.

Empêcher que notre argent, l’argent de millions de contribuables canadiens soit dilapidé dans des guerres qui n’accroissent que les profits du grand pouvoir économique d’une infime minorité de membres de la société.  Cette spirale de guerre croissante coûtait, en 2009-2010, 58 millions de dollars par jour aux contribuables canadiens.  Cet argent des fonds publics pourrait être investi dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la création d’emplois, de la lutte contre la pauvreté, de la protection de l’environnement, qui profiteraient à l’ensemble de la population canadienne et de la planète.

Nous opposer à toute intervention militaire, qu’on nous présente sous de faux arguments tels que la menace terroriste, l’aide aux crisis humanitaires provoquées par les grandes puissances ou la défense des droits de la personne des peuples, violés par les envahisseurs eux-mêmes, mensonges qui sont tous très bien défendus par les médias alliés aux intérêts économiques et politiques des seigneurs de la guerre.

Nous défendons les principes suivants :

-1-Le droit des peuples et des nations à vivre en paix et à lutter contre le colonialisme, l’impérialisme, le néo-colonialisme, le racisme et le sionisme; la ségrégation et tout type d’agression contre eux;

-2-Le droit des peuples et des nations d’une région à s’unir pour combattre toute invasion et occupation de cette région par des puissances étrangères;

-3-Le droit des peuples et des nations à l’autodétermination et à la souveraineté.  En effet, les guerres d’invasion et d’occupation, les guerres civiles et locales provoqués de l’extérieur, les déstabilisations contre des gouvernements qui représentent légitimement leur peuple, tel que des coups d’États ou des blocus organisés par des puissances étrangères aggravent la situation économique, politique et mondiale des peuples et des nations, intensifient les conflits, la pauvreté, la destruction de l’environnement et des structures économiques et sociales des pays, engendrent des crises humanitaires et ont de graves conséquences pour l’humanité, comme ce fut le cas des guerres menées au Vietnam, en Irak, en Palestine, en Afghanistan, dans les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et en Europe, qui peuvent étendre les conflits et entraîner une intervention de pays voisins et la participation de plusieurs puissances dans les conflits.

Nous nous basons, en partie, sur la Déclaration de l’organisation «Échec à la guerre» intitulée «Pour en finir avec la logique de guerre et de domination» endossée par 119 organisations et 165 personnes publiée la semaine dernière

Nous vous invitons (1) si vous voulez que votre nom soit ajouté à cette liste à communiquer avec nous; et (2) à diffuser cette déclaration POUR ENGENDRER UNE ACTION URGENTE FACE À CETTE SITUATION

Les membres d’«Action urgente Canada» 


8-3 Ginette Hess Skandrani : Libye : je me refuse à hurler avec les loups.

Je me refuse à  hurler bêtement avec les loups.

L’Occident s’est  trouvé un nouveau diable et accuse Kadhafi de tous les maux de la planète.

Il  est le pire des dictateurs, un nouveau Hitler, un boucher, un sanguinaire.

On  aura tout entendu. Il est sûr que ce n’est pas un démocrate, mais il est  certainement moins pire que les Busch père et fils qui sont responsables de  centaine de milliers de morts irakiens, ou les Netanayou, Sharon ou autres  criminels israéliens qui ont massacré des milliers de Palestiniens.

Je  connais bien la Libye,  y ayant séjourné assez souvent. J’ai aimé ce pays,  si différent des autres pays du Maghreb plus ou moins occidentalisés.

Aller en  Libye, c’était se dépolluer l’esprit, on avait l’impression d’arriver sur une  autre planète. Pas de Mac do, pas de coca cola, pas d’hypermarchés, peu de  banques, pas de pub à part des slogans anti-impérialistes et quelques affiches  du Guide.  Mais si peu à côté de la Tunisie où la photo de

Ben Ali trônait  partout.

J’ai participé à plusieurs conférences : sur l’écologie, la paix et  le désarmement, sur la Méditerranée, la démocratie directe, le colonialisme, le  statut de la femme, le sionisme, etc.

J’ai également été invitée à des  remises du prix Kadhafi à des peuples opprimés :  les Kanaks, les  Amérindiens, les enfants bosniaques etc.

J’ai assisté à des congrès de base  dans des quartiers de Tripoli ou sous la tente dans le désert. J’ai visité  beaucoup d’endroits riches d’histoire et de vestiges du passé. Sebratha et ses  fouilles, romaines, phéniciennes, le magnifique site de Leptis Magna.

J’ai  rarement rencontré des touristes. La Libye est un pays qui hante depuis de  nombreuses années la conscience des populations occidentales et le nom de  Kadhafi a toujours suscité  au-delà de l’admiration  que lui portaient tous les révolutionnaires de la planète, des réactions hostiles de tous les  autres.

Très peu de sociétés et de dirigeants politiques ont autant occupé la  scène médiatique et dans le même temps, sont aussi mal connus.

Mis à part le  nom de Kadhafi, la plupart des gens ignorent tout de l’histoire de ce pays, de  sa population, de ses structures socio-économiques, de la place de l’Islam dans  sa société et des enjeux politiques réels de ce

pays qui jouit au Maghreb d’une  importante position géostratégique, d’une ouverture sur toute l’Afrique et qui  est au carrefour des relations arabo-africaines. Les interventions médiatiques,  les dénonciations,  les analyses des uns et des autres le montrent  bien.

J’ai aidé à organiser des rencontres de la jeunesse, des femmes des  cinq continents. J’y ai croisé des tas de personnalités : Nelson Mendela, Ben  Bellah, Laurent Désiré Kabila (avant son accession au pouvoir), Chavez (pas  encore président), Museveni etc. que je n’aurais certainement pu rencontrer  nulle part ailleurs.

J’y ai surtout été quand la Libye était sous embargo à  partir de 1990 et c’était toute une aventure pour y arriver. Il fallait prendre  un avion pour la Tunisie. Arriver à Djerba et continuer en voiture en passant  par Ben Gardane, passer la frontière et remonter par le désert jusqu’à  Tripoli.  Mais comme Ben Ali m’avait interdit le passage par la Tunisie, vu  que j’avais dénoncé les tortures, il m’a fallu passer par Malte et faire la  traversée de nuit,  sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte  libyenne. Il fallait vraiment aimer ce pays et ce peuple pour accepter toutes  ces contraintes.

L’embargo était également terrible pour toute la jeunesse  libyenne qui voyait à travers les paraboles toutes les jeunesses du monde  s’amuser, voyager, alors qu’ils étaient prisonniers sur leur terre à cause de  l’embargo.

Ils en voulaient terriblement à l’Occident qui les pénalisait,   alors qu’ils n’étaient pour rien dans les attentats qui étaient reprochés à  certains de leurs dirigeants.

Quand Mouammar Kadhafi a commencé à faire des  compromis avec les USA pour se libérer de cet embargo qui plombait son peuple,  j’ai compris son attitude, mais je n’ai pas approuvé le fait  qu’il se soit  agenouillé devant les impérialistes, alors qu’il passait son temps à dénoncer le  sionisme, le colonialisme et également l’esclavage.  Il a aidé tant de  mouvements révolutionnaires à se libérer : les Kanaks, les Basques, les  Irlandais, les Amérindiens et également beaucoup d’Africains. Il a soutenu  Nelson Mandela et l’ANC pendant toute la durée de l’apartheid.

Il avait  compris que les jeunes étaient prêts à se révolter, et certains l’ont fait, il  savait  qu’il fallait qu’il lève cet embargo qui nuisait au développement  de l’économie et à l’importation des technologies nouvelles, comme en confinant  les Libyens sur leur terre.

J’ai beaucoup aimé le laboratoire d’essai de  l’implantation de la démocratie directe dans toutes les régions. C’était quelque  chose d’innovant qui aurait pu marcher. Tous les habitants d’un quartier, d’une  localité, d’une région  participaient aux réunions qui devaient décider  d’un projet. J’ai assisté à quelques débats qui étaient souvent très houleux et  très longs.

Ils pouvaient durer deux jours, jusqu’à ce qu’une décision  trouve  son approbation.  Les secrétaires de séance transmettaient le  texte aux congrès secondaires qui les faisaient remonter au congrès  général.

Ce que j’ai moins aimé c’est le contrôle qu’exerçaient les comités  révolutionnaires qui étaient des super-flics,  qui dépendaient directement  de Kadhafi et n’avaient de compte à rendre à personne d’autre.

J’ai arrêté  d’y aller lorsque l’embargo a été levé et que le congrès général s’est précipité  dans les bras des USA. Dommage pour nous, nous avions perdu un interlocuteur et  un grand soutien des peuples opprimés.

Kadhafi a toujours soutenu les  Palestiniens. Il était un des initiateurs de l’association « Un seul Etat  démocratique en Israël Palestine ». Il a d’ailleurs aidé à financer la  conférence de Lausanne.

Il a également aidé à la construction de l’Unité  Africaine et il était en train de préparer les Etats Unis d’Afrique afin que les  ressources africaines restent en Afrique.

Je garde une profonde admiration  pour le peuple libyen.

Je pense sincèrement  que Kadhafi a fait son  temps et qu’il doit laisser la place à d’autres membres du congrès général qui  gère le pays. Vu ce qui s’est passé dernièrement, il faudrait organiser une  réunion du congrès général qui doit s’ouvrir également aux insurgés ainsi qu’à  tous les opposants.

Mais ce n’est pas à l’Otan, ni aux USA, ni aux Européens  ni à la Ligue Arabe à décider qui doit ou ne doit pas gouverner la Libye. Que  Sarkozy qui a reçu en grande pompe Mouammar Kadhafi parce qu’il voulait lui  fourguer des Rafales et une centrale nucléaire, mais surtout pour l’entraîner  dans l’Union Pour La Méditerranée afin d’y faire accepter Israël  dont les  pays arabes ne voulaient pas, se permette tout à coup de prôner une intervention  militaire, me semble aberrant et surtout stupide à brève échéance.

Tous ceux  qui appellent à cette couverture aérienne qu’ils ont surnommée faussement  humanitaire, ou demandent l’aide des Américains pour déloger le guide, devraient  se souvenir de ce qu’a donné l’aide américaine à l’Irak.

Le peuple irakien a  régressé de dix ans et  est encore toujours en train de payer l’invasion de  son pays alors que d’autres lui pompent son pétrole. N’oublions pas que la Libye  attire également tous les rapaces de l’or noir.

Nous n’avons pas à nous  ingérer dans la politique Libyenne, et il est probable qu'une intervention armée  ne ramènerait nullement le calme. En effet, la particularité de ce pays est son  fonctionnement tribal. Trois régions se disputent le contrôle du pays: la  Tripolitaine, avec 2 millions d'habitants sur plus de 6 millions; la Cyrénaïque,  actuellement insurgée, forte de 2 millions d'habitants aussi; elle a des  tendances islamistes et sécessionnistes. Enfin le sud, dépeuplé, désertique, la  province de Fezzan, qui prête actuellement main forte à la Cyrénaïque.

Si  l'on s'en tient à l'intérêt immédiat de l'Occident, le maintien du régime de  Kadhafi est de loin une garantie de stabilité des prix du pétrole et du contrôle  de l'émigration. Toute intervention favoriserait au contraire la balkanisation  de tout le pays, l'instabilité et la radicalisation. Au départ, les USA  espéraient prendre rapidement le contrôle de tout le pays, à la faveur d'un  renversement du pouvoir à l'égyptienne. Il semble bien que dans le cadre de ce  plan ils aient commencé par armer les opposants, tandis que les mercenaires de  Blackwater s'infiltraient dans la place pour organiser des massacres que les  media pourraient présenter comme des initiatives sanguinaires de  Khadafi.

Mais c'est d'ores et déjà une opération ratée, où les USA ont montré  le degré de désinformation qui est celui de la classe dirigeante. Et le risque  pour eux est réel que se constitue un front de la jeunesse contre Israël et les  USA. Est-ce que les USA pourront reprendre le contrôle de la Lybie  pour

en  faire une base de reconquête tant des pays arabes que de l'Afrique noire? Pour  l'instant, l''insurrection est en phase de repli, et se plaint amèrement de ne  pas avoir reçu les soutiens promis à temps pour résister.  Mouammar  Kadhafi  n’a pas plié  et continue à résister, malgré toutes les  pressions et les menaces.

Actuellement, seul le machiavélisme israélien a  intérêt à une franche intervention US par lebiais de l'OTAN, dans l'idée que  toute situation chaotique lui convient mieux qu'un régime instruit par  l'expérience, et qui pourrait relancer la constitution d'un grand front régional  uni contre Israël.

Il faut souligner l'habileté actuelle du guide de la  Jamrhiya, qui insiste sur les traités conclus avec chacun des pays de l'Otan et  avec Israël, en brandissant le chantage à l'invasion migratoire, à  l'islamisation, et à la hausse des prix du pétrole. Il multiplie les  interventions télévisées afin de rappeler à l'Occident la diversité des menaces  qu'il peut faire peser sur leurs intérêts, et il est bon de rappeler aussi qu'il  a tout d'abord pris le pouvoir sous la bannière des idéaux de Nasser, et avait  dans une première étape nationalisé le pétrole (la Lybie est le pays qui tire le  plus de bénéfices per capita de ses ressources pétrolières).

Espérons que,  s'il parvient à reprendre la situation en main, il sache favoriser l'émergence  d'un successeur capable de reconquérir l'opinion de la jeunesse avec de réelles  ouvertures démocratiques, en rompant certaines alliances funestes, et en  renouant avec l'anti-impérialisme, pan arabe et panafricain.

Ginette Hess  Skandrani 

Paris, 10 mars  2011


8-4 Objet : Demande d’une rupture des relations diplomatiques des pays membres de l’U.A avec la France.

Pantin, le 20 mars 2011

A Monsieur Jean Ping

Président de la Commission de L’union Africaine

 

Monsieur le Président,

Nous venons par ces mots vous demander qu’il soit mis immédiatement fin aux relations diplomatiques qu’entretiennent les pays membres de l’Union Africaine que vous présidez avec la France.

En effet, depuis deux jours les Africains sont victimes des massacres des populations civiles perpétrés en Libye par la France, pour des raisons fallacieuses et ce, malgré la désapprobation de l’Organisation que vous présidez.

Il est inadmissible, impensable qu’un pays comme la France bombarde, tue les populations Libyennes alors même que le mandat soit disant donné par l’ONU ne comportait pas cette clause.
Il s’agit là pour le peuple Africain, d’une humiliation sans nom, d’une blessure profonde qui n’est pas sans rappeler les agissements de ce pays lorsqu’il s’agissait pour lui de mettre l’Afrique sous sa domination.

L’Afrique est aujourd’hui un continent indépendant. La souveraineté des Etats doit être respectée ; l’on ne saurait rester impassible face à une telle sauvagerie.

D’ores et déjà des soulèvements populaires sont prévus dans toute l’Afrique si jamais l’Union se refusait de prendre ses responsabilités face à cette horrible agression. Une grève de la faim de nos élites est également à prévoir

Nous comptons sur l’Organisation que vous présidez afin que soit mis fin, dans les plus brefs délais à ces assassinats de femmes et d’enfants innocents, à ce génocide moderne où les pays dits civilisés s’octroient le droit de tuer en toute impunité sous la couverture d’une ingérence humanitaire.

Dans l’espoir que vous mettrez tout en œuvre pour cesse ces horribles événements, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments respectueux.

Calixthe Beyala – Ecrivain



9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Thierry Meyssan : Quelques mensonges sur la guerre de Libye.

Thierry Meyssan, qui soutient l’insurrection contre le régime de Mouammar Kadhafi, s’oppose pourtant à la résolution 1973 et à la guerre.

Dans des articles précédents, il a montré les objectifs impérialistes de cette opération.

Ici, il revient sur les principaux mensonges de la propagande atlantiste.  

On dit que la première victime d’une guerre, c’est la vérité. Les opérations militaires en Libye et la résolution 1973 qui lui sert de base juridique ne dérogent pas à la règle. Elles sont présentées au public comme une nécessité pour protéger les populations civiles victimes de la répression aveugle du colonel Kadhafi. Elles ont en réalité des buts impérialistes classiques. Voici quelques éléments de clarification.

Crimes contre l’humanité

Pour noircir le tableau, la presse atlantiste a fait croire que les centaines de milliers de personnes qui fuyaient la Libye cherchaient à échapper à un massacre. Des agences de presse ont évoqué des milliers de morts et parlé de « crime contre l’humanité ». La résolution 1970 a saisi la Cour pénale internationale de possibles « attaques systématiques ou généralisées dirigées contre la population civile ».

En réalité, le conflit libyen peut se lire à la fois en termes politiques et en termes tribaux. Les travailleurs immigrés en ont été les premières victimes. Ils ont été brutalement contraints au départ. Les combats entre loyalistes et insurgés ont été certes meurtriers, mais pas dans les proportions annoncées. Il n’y a jamais eu de répression systématique contre des populations civiles.

Soutien au « printemps arabe »

Lors de son discours au Conseil de sécurité, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a fait l’éloge du « printemps arabe » en général et de l’insurrection libyenne en particulier.
Ce discours lyrique masquait de noires intentions : il n’a pas dit un mot sur la répression sanglante au Yémen et à Bahreïn, tandis qu’il a loué le roi Mohammed VI du Maroc comme étant un de ces militants révolutionnaires [
1]. Ce faisant, il a contribué à renforcer l’image désastreuse de la France qui s’est installée dans le monde arabe avec la présidence Sarkozy.

Soutien de l’Union africaine et de la Ligue arabe

Depuis le début des événements, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ne cessent d’affirmer que cette guerre n’est pas occidentale (encore que le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, a évoqué une « croisade » de Nicolas Sarkozy [2]. Ils mettent donc en avant le soutien dont ils disposeraient de la part de l’Union africaine et de la Ligue arabe.
En réalité, l’Union africaine a condamné la répression et affirmé la légitimité des revendications démocratiques, mais s’est toujours opposée à une intervention étrangère armée [
3]. Quant à la Ligue arabe, elle rassemble principalement des régimes menacés de révolutions identiques. Ceux-ci ont soutenu le principe de la contre-révolution occidentale —certains y participent même à Bahreïn— , mais ils ne peuvent aller jusqu’au soutien à une véritable guerre occidentale sans accélérer les mouvements de contestation interne susceptibles de les renverser.

Reconnaissance du CNLT

Il existe trois zones insurgées en Libye. Un Conseil national de transition s’est constitué à Benghazi. Il a fusionné avec un Gouvernement provisoire mis en place par le ministre de la Justice de Kadhafi qui a rejoint les insurgés [4]. C’est cette personnalité qui, selon les autorités bulgares, avait organisé les tortures des infirmières bulgares et du médecin palestinien longuement détenus par le régime.

En reconnaissant ce CNLT et en blanchissant son nouveau président, la Coalition se choisit des interlocuteurs et les impose comme dirigeants aux insurgés. Cela leur permet d’écarter les révolutionnaires nassériens, communistes ou khomeinistes.

Il s’agit de prendre les devants et d’éviter ce qui s’est passé en Tunisie et en Égypte lorsque les Occidentaux imposèrent un gouvernement RCD sans Ben Ali, ou un gouvernement Suleiman sans Moubarak, mais que les révolutionnaires les renversèrent aussi.

Embargo sur les armes

Si l’objectif était de protéger les populations, un embargo aurait été institué sur les mercenaires et les armes à destination du régime de Kadhafi. Au lieu de cela, il a été étendu aux insurgés de manière à prévenir leur possible victoire. Il s’agit bien de stopper la Révolution.

Zone d’exclusion aérienne

Si l’objectif était de protéger les populations civiles, la zone d’exclusion aérienne se limiterait aux territoires insurgés (comme cela avait été fait avec le Kurdistan en Irak). C’est en fait le survol de tout le pays qui est interdit. De la sorte, la Coalition espère figer le rapport de forces au sol et diviser le pays en quatre (les trois zones insurgées et la zone loyaliste).
Cette partition de facto de la Libye doit être mise en perspective avec celles du Soudan et celle de la Côte d’Ivoire, premières étapes du « remodelage de l’Afrique ».

Gel des avoirs

Si l’objectif était de protéger les populations civiles, seuls les avoirs personnels de la famille Kadhafi et des dignitaires du régime auraient été gelés pour les empêcher de contourner l’embargo sur les armes. Mais ce blocage a été étendu aux avoirs de l’État libyen. Or la Libye, riche État pétrolier, dispose d’un trésor considérable qu’il a partiellement placé dans la Banque du Sud, une institution de financement de projets de développement dans le Tiers-monde.
Comme l’a fait remarquer le président vénézuélien Hugo Chavez, ce blocage ne protégera pas les civils. Il vise à rétablir le monopole de la Banque mondiale et du FMI.

Coalition de volontaires

Si l’objectif était de protéger les populations civiles, la résolution 1973 serait mise en œuvre par les Nations Unies. Au lieu de cela, les opérations militaires sont actuellement coordonnées par l’US Africom et devraient passer aux mains de l’OTAN [5]. C’est pourquoi la ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, s’est indigné de l’initiative française et a exigé des explications de l’OTAN.

De manière plus abrupte, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a déclaré que la résolution est « viciée et inadéquate. Dès qu’on la lit, il devient évident quelle autorise n’importe qui à prendre des mesure contre un État souverain. Dans l’ensemble, cela me rappelle l’appel médiéval à la croisade », a t-il conclu [6].

[1] Le lecteur trouvera le texte intégral du discours d’Alain Juppé et des débats du Conseil de sécurité après le texte de la résolution in « Résolution 1973 », Réseau Voltaire, 17 mars 2011.
[
2] « La croisade de Nicolas Sarkozy », Réseau Voltaire, 22 mars 2011.
[
3] « Communiqué de l’Union africaine sur la Libye », Réseau Voltaire, 10 mars 2011.
[
4] Pour plus de détail, on se reportera à « Proche-Orient : la contre-révolution d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 mars 2011.
[
5] « Washington regarde se lever "l’aube de l’odyssée" africaine », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 mars 2011.
[
6] « Remarks on the situation in Libya », par Vladimir V. Poutine, Réseau Voltaire, 21 mars 2011.

Thierry Meyssan

Mercredi 23 Mars 2011

Thierry Meyssan Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).


9-2 Greg Oxley et Jérôme Métellus

Les objectifs d’une intervention impérialiste en Libye

Kadhafi et le fou de l’Elysée


 


 


 

La résolution 1973 des Nations Unies est, de facto, une déclaration de guerre contre le régime de Kadhafi. Dans le langage hypocrite et mensonger des grandes puissances qui contrôlent l’ONU, cette nouvelle intervention militaire serait motivée par des considérations démocratiques et humanitaires. Comme lors des invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, il s’agirait de « protéger des civils », de promouvoir la « démocratie » et ainsi de suite. En réalité, cette résolution de l’ONU – comme toutes ses décisions, sans exception – vise à défendre les intérêts économiques et stratégiques des grandes puissances impérialistes.

Comme les révolutions en Tunisie et en Egypte, la révolution libyenne était une catastrophe pour les impérialistes. La vague révolutionnaire qui déferle à travers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient a renversé ou menace de renverser toute une série de régimes dont la stabilité était d’une importance stratégique vitale, pour les impérialistes. Toutes ces dictatures servaient à terroriser les masses du monde arabe, à faciliter l’exploitation des travailleurs qui vivaient sous leur joug et à assurer le pillage des ressources de la région. Sarkozy, Cameron et Obama font mine de découvrir le caractère sanguinaire et dictatorial de Kadhafi. Mais ils ont soutenu son régime jusqu’à la veille de la révolution. Et même lorsque celle-ci a éclaté, ils ont d’abord adopté une attitude extrêmement prudente. La seule et unique chose qui les préoccupait était la préservation de leurs propres intérêts. Cet objectif n’a pas changé. Si les impérialistes ont finalement décidé d’agir contre Kadhafi, c’est précisément pour contrecarrer le mouvement révolutionnaire et protéger leurs investissements, leur propriété, leurs intérêts commerciaux et militaires.

Il est arrivé à maintes reprises, dans l’histoire, que l’action de la classe révolutionnaire profite à une fraction de l’ancienne classe dirigeante qui, une fois au pouvoir, applique une politique tout aussi réactionnaire que l’ancien régime. C’est ce qui menace la révolution libyenne. Celle-ci a commencé sous l’impact et l’inspiration des révolutions tunisienne et égyptienne. Dans ces deux pays, les dictateurs ont été renversés avec une relative facilité. Les masses libyennes se sont mobilisées pour en finir avec Kadhafi. A Benghazi et ailleurs, c’est le soulèvement des travailleurs et des jeunes qui a permis de rallier une importante section de l’armée et qui a désarmé les contre-révolutionnaires. Dans un premier temps, les masses semblaient invincibles. Des soulèvements victorieux éclataient dans toute une série de villes.

Il semblait que le sort de Kadhafi était scellé. Sous les coups de butoir de la révolution, le régime a commencé à se disloquer. Chefs militaires, anciens ministres et diplomates abandonnaient leurs postes. Les rats quittaient le navire en perdition. Toutes ces « personnalités » jouissaient jusqu’alors de la confiance de Kadhafi. Or ce dernier ne l’accordait pas sans de sérieux gages. Tous ces gens avaient participé à l’implacable sauvagerie qui s’abattait sur tous ceux qui osaient défier le régime. Mais face à l’apparente imminence de son effondrement, ils se sont empressés d’adopter une posture « oppositionnelle », aux côtés de nombreux grands capitalistes libyens. Leur objectif est clair : profiter de la révolution pour prendre la place de Kadhafi. Ce sont précisément ces éléments réactionnaires qui dominent le « Conseil National de Transition ». C’est sur eux que les impérialistes misent, à présent, pour arrêter la révolution et protéger leurs intérêts.

Indiscutablement, le facteur principal qui a mené à l’affaiblissement de l’élan révolutionnaire a été l’apparition, comme « représentants de la révolution », de ces réactionnaires notoires, ainsi que leur connivence avec les grandes puissances. Par le passé, les Libyens ont terriblement souffert de la domination impérialiste. Sous l’occupation italienne, en particulier, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont été massacrés. Que doivent penser les masses libyennes qui voient un réactionnaire tel que Berlusconi soutenir l’opposition à Kadhafi ?

La révolution est en danger. Elle risque d’être désarmée et écrasée à la fois par les forces de Kadhafi et par les nouveaux amis « oppositionnels » des impérialistes. Pour que la révolution soit victorieuse, il est absolument impératif que les travailleurs et les jeunes qui la portent soient armés, organisés et mobilisés sous leur propre drapeaux et autour d’un programme indépendant pour la défense de leurs propres intérêts, qui ne sont pas les mêmes que ceux des ex-Kadhafistes. Ceux-ci veulent dominer le pays pour leur propre compte et pour celui des impérialistes.

L’objectif des travailleurs n’est pas de remplacer un oppresseur par un autre, mais d’en finir avec toute oppression. Ils doivent s’organiser autour d’un programme pour l’expropriation et le désarmement de tous les réactionnaires, de tous les complices de Kadhafi. Ils doivent avancer un programme social qui réponde à leurs besoins en matière de salaires, de conditions de travail et de vie. Les travailleurs libyens ne peuvent compter que sur leurs propres forces et celles des travailleurs des autres pays. Ils devraient notamment en appeler aux travailleurs d’Egypte et de Tunisie, pour qu’ils prennent le pouvoir dans leurs pays respectifs. Les gouvernements actuels, en Egypte et en Tunisie, ne représentent pas les intérêts des travailleurs. Leur rôle essentiel est le même que celui des ex-Kadhafistes : protéger les intérêts des impérialistes.

Dans tous les pays en révolution, les travailleurs ont besoin d’une stratégie révolutionnaire internationaliste visant à détruire les fondements de l’exploitation et de l’oppression, par la suppression de la propriété capitaliste de l’industrie et des banques – et par le désarmement de la contre-révolution. A la place des armées dirigées par des généraux réactionnaires, il faut armer les travailleurs et les soldats qui ont rallié leur cause. La propriété publique de l’économie, sous le contrôle des forces révolutionnaires, et l’armement de la révolution contre ses ennemis : telles sont les deux conditions essentielles de l’émancipation des masses.

Les difficultés créées par l’absence d’une organisation et d’un programme indépendants de la classe ouvrière libyenne ont ouvert une brèche dans laquelle les impérialistes veulent s’enfoncer. Si les frappes aériennes que l’ONU vient d’autoriser font chuter Kadhafi, il risque d’être remplacé par un gouvernement qui devrait son existence et sa « stabilité » aux grandes puissances. Tel est le véritable calcul de la résolution 1973. Dans le cas où Kadhafi arriverait à se maintenir au pouvoir à Tripoli, il conserverait le contrôle de toute une partie du pays. Une intervention militaire des impérialistes n’apportera rien de bon aux masses libyennes. Nous ne pouvons en aucun cas la cautionner ou la soutenir.

Greg Oxley et Jérôme Métellus (PCF Paris)

La Riposte samedi 19 mars 2011

La Riposte est le journal d’une tendance du Parti Communiste Français qui prétend réintroduire les principes du marxisme dans l’analyse et le programme politique de ce parti, nous propose sa lecture des événements en cours en Libye. Leur analyse ne fait appel ni aux théories psychiatriques en vigueur en ce moment, ni aux pseudo principes humanitaires qui guideraient le bellicisme occidental, bellicisme qui s’est rarement démenti depuis plus d’un siècle.

C’est une analyse en termes de luttes de classes, c’est-à-dire qu’elles s’intéressent aux dynamiques sociales, politiques et idéologiques réellement à l’oeuvre en Libye mais aussi dans cet Occident et ce monde arabe des monarques qui ont pris sous leur bonnet d’animer la contre-révolution et de réduire à leur merci les derniers régimes qui leur tiennent tête.

21 Mars

http://mounadil.wordpress.com/



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


26/03/2011

n°69 - journal d'Iran - 20-2 au 25-10 : - Début : - Soros menace l’Iran de « la plus sanglante des révolutions ».».


n°69 - journal d'Iran - 20-2 au 25-10 : - Début : -  Soros menace l’Iran de « la plus sanglante des révolutions ».».



journal d'Iran   n°69 du 20-2 au 25-10

                              C.De Broeder & M.Lemaire



a) Le "Journal d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

Tiré à Part

L'Iran a mis en garde mercredi contre une intervention militaire occidentale en Libye.

Manlio Dinucci : Des centaines de millions partis en fumée, tandis que les USA et Israël s’équipent pour affronter l’Iran.

Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

 "Le monde a besoin d'une nouvelle gestion". 

Ahmadinejad souhaite un Ordre mondial basé sur la justice et l'amitié.

" Les Etats-Unis convoitent les ressources de la région". 

.1 Politique

1) Iran

2 Politique Internationale

1 Usa

2 Les voisins

3 Organisations Mondiales & régionales

4 Le Monde

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 VIDEO 1 : Meyssan explique la Révolution islamique (1)

2-2 VIDEO 2 : La Révolution islamique d'Iran 2/2

2-3 Thierry Meyssan et Jacques Borde s'expriment sur la "révolution islamique" d'Iran.

3 Les brèves

3-1 Soros menace l’Iran de « la plus sanglante des révolutions ».

3-2 Israël, inquiet de l'Iran, augmente son budget militaire.

Fin

4 Dossier & Point de vue

4-1 Les spécialistes pensent que le FBI applique des théories réductrices qui ne correspondent pas aux observations du gouvernement.

5 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

5-1 Congrès international de Berlin : Soutien au soulèvement en Iran et aux résidents d’Achraf.

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Aymane Chaouki : La peur arabe : Un aveu d'échec de la politique américaine au Moyen-Orient ?

6-2 Yahia Gouasmi : Le canal de Suez appartient-il à Israël ?

 6-3 Kaveh L. : L’Iran Entreprend Un Nouveau Voyage de Découverte.

 

 


 

Tiré à Part

L'Iran a mis en garde mercredi contre une intervention militaire occidentale en Libye.

"Les violences inhumaines" du pouvoir du colonel Kadhafi contre "le mouvement populaire" en Libye "ne doivent pas servir d'excuses pour une interférence militaire d'autres pays", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast à Press-TV.
"Ils (les Occidentaux) ne doivent pas tenter de transformer les autres pays en bases militaires", a-t-il ajouté.
Rappelons qu'un navire de guerre américain s'est rapproché mardi de la Libye, nouvel indice de la pression exercée par les Etats-Unis pour protéger ses intérets dans ce pays riche en pétrole. 
Les stratèges militaires américains planchent sur plusieurs scénarios qu'ils proposeront au président Barack Obama, mais le flou demeure concernant l'éventualité d'une telle intervention, selon un responsable du Pentagone.

02-03-2011

ttp://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=5063&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=28&s1=1

 

Manlio Dinucci : Des centaines de millions partis en fumée, tandis que les USA et Israël s’équipent pour affronter l’Iran.
Le bombardier nucléaire s’entraîne dans la « guerre humanitaire »

Le bombardement aéronaval de la Libye a déjà fait voler en éclats la résolution du Conseil de sécurité : la no-fly zone pour protéger les civils a déjà été imposée, mais les bombardiers continuent à attaquer. Parmi eux les Tornado Ecr italiens qui, dès qu’ils voient un radar ou tout autre objectif « menaçant», lui envoient leurs missiles Agm-88 Harm (fabriqués par la société étasunienne Raytheon et payés par le contribuable italien plus de 300 mille dollars pièce) [on suppose que le contribuable français n’a pas de réduction particulière sur ses chasseurs à lui, en première ligne pour faire partir nos impôts en fumée sans que personne, gouvernement ou media, ne s’attarde ici à nous rendre ce genre de comptes, NdT]. En explosant, la tête du missile investit la zone environnante avec 13 mille fragments de tungstène coupants comme des rasoirs. Comme il n’existe plus de confrontation militaire globale, explique l’Aéronautique, le Tornado est utilisé aujourd’hui dans les « opérations de réponse aux crises ». Elle ne dit pas, cependant, que, à Torre Ghedi (Brescia), il y a des Tornado italiens qui sont armés de bombes nucléaires étasuniennes B-61.

Peu de choses par rapport aux bombardiers stratégiques étasuniens B-2 Spirit (Esprit… Ndt), les avions les plus chers du monde (2,1 milliards de dollars pièce), employés contre la Libye. Conçus pour l’attaque nucléaire, ils ont été employés avec des armes non-nucléaires contre la Serbie en 1999 et l’Irak en 2003. Ces bombardiers stealth, invisibles aux radars, peuvent transporter plus de 18 tonnes de bombes selon diverses combinaisons : par exemple, 16 « intelligentes » (à direction laser ou Jdam) de 900 kilos, ou 34  bombes à fragmentation Cbu-87 qui dispersent chacune plus de 200 mines. Mais le B-2 Spirit peut transporter aussi 16 bombes nucléaires B-61 ou 16 missiles nucléaires Agm-129. Le fait que ces bombardiers stratégiques  soient de nouveau utilisés dans une action guerrière réelle, permet d’en améliorer l’efficience pour un éventuel usage dans une guerre nucléaire.

Il en va de même avec la centaine de missiles de croisière Tomahawk, que navires et sous-marins étasuniens et alliés sont en train de lancer contre la Libye. Ces missiles de la société étasunienne Hugues, qui coûtent 1,5 millions de dollars pièce,  volent à basse altitude le long du profil du terrain et touchent l’objectif avec des têtes (ogives) de divers type, soit pénétrantes soit à fragmentation (chacune avec des centaines de sous munitions). Ces ogives, comme beaucoup d’autres, sont fabriquées avec de l’uranium appauvri qui provoque ensuite des effets désastreux sur la santé et l’environnement. Les Tomahawk aussi peuvent être armés d’ogives nucléaires W-80 : leur usage dans une action de guerre réelle sert aussi à en perfectionner l’emploi pour l’attaque nucléaire.

Que la guerre contre la Libye en prépare d’autres, bien plus dangereuses, est confirmé par Benjamin Netanyahu : dans une interview à CNN, le premier ministre israélien a dit que, si l’Iran ne renonce pas à son programme nucléaire, il faut une « action militaire crédible pour détruire ses sites nucléaires ». Téhéran, bien que ne possédant pas d’armes nucléaires comme par contre en possède Israël, a un potentiel militaire bien supérieur à la Libye : pour opérer une « action militaire crédible » il faut pointer ses armes nucléaires contre l’Iran et être prêts à les utiliser. Dans cette perspective, les USA ont déjà déployé en Méditerranée les premières unités de leur composante navale du « bouclier anti-missiles », les navires lance-missiles Monterrey et Stout. La seconde, en attendant, lance des missiles Tomahawk contre la Libye. Mais, assure le président Napolitano (président de la République italienne et ex-dirigeant du PCI, NdT), « nous ne sommes pas entrés en guerre, c’est une opération de l’ONU ». 

Manlio Dinucci

Edition de mardi 22 mars de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/22-Marzo-2011/art6.php3
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

 "Le monde a besoin d'une nouvelle gestion". 

Le Président Ahmadinejad a déclaré qu’avec l'échec du marxisme et du capitalisme, le monde a besoin, maintenant, d'une nouvelle doctrine et d'une nouvelle gestion.
Lors d'une rencontre avec les invités de la 24ème Conférence internationale sur l'Unité islamique, à Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad a ajouté qu’aujourd'hui les Arrogants sont les plus grands obstacles, sur le chemin de la perfection de l'Homme, de la justice et de la souveraineté de l'unicité dans le monde. Le président iranien a souligné, également, que les Marxistes et les Capitalistes ont occupé la Palestine, en ayant recours à des démarches démagogiques et des propagandes mensongères, pour parvenir à leurs objectifs colonialistes, et ont amené les Sionistes, dans ce territoire, en déplaçant les Palestiniens.

La 24ème Conférence internationale sur l'Unité islamique a débuté ses travaux, samedi, à Téhéran, avec la participation, entre autres, du Président du parlement iranien, Ali Larijani, et de 200 intellectuels originaires de 57 pays du monde.

20/02
IRIB-

 http://french.irib.ir/info/politique/item/109436-le-monde-a-besoin-dune-nouvelle-gestion-ahmadinejad 

 

Ahmadinejad souhaite un Ordre mondial basé sur la justice et l'amitié.

Le président iranien affirme que l'Iran et l'Inde doivent essayer de faire en sorte que le futur Ordre mondial s'appuie sur la justice et l'amitié.

Le Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, l'a rappelé, mardi soir, lors d'un entretien avec le conseiller à la sécurité nationale indien, à Téhéran, en soulignant que l'Ordre régissant le monde est en déclin. "Il faut veiller, dans les circonstances actuelles, à ce que ceux qui ont imposé un Ordre d'oppression à l'Humanité, n'imposent pas, de nouveau, les mêmes pensées et les mêmes relations, dans un nouveau cadre", a-t-il indiqué. Le président iranien a, aussi, plaidé en faveur du recours à toutes les potentialités existant en Iran et en Inde, pour le renforcement du niveau des coopérations bilatérales et internationales. Le conseiller à la sécurité nationale indien a affirmé que la coopération avec la République Islamique d’Iran figure parmi les priorités des priorités de l'Inde, qui souhaite établir des relations stratégiques et tous azimuts avec l'Iran.

09 Mars 2011

Olivier Montulet

 

" Les Etats-Unis convoitent les ressources de la région". 

 "L'objectif des nouveaux plans des Etats-Unis et de leurs alliés est de faire main basse sur les ressources pétrolières et gazières du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord", a souligné le président Ahmadinejad. Devant les habitants de la province du Lorestan, dans l'Ouest de l'Iran, le président a mis en garde les Etats-Unis et leurs alliés contre toute ingérence, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, sinon les peuples se soulèveront et ces régions seront le cimetière de leurs soldats. Ahmadinejad a réitéré que les Etats-Unis et leurs alliés étaient persona non grata, chez les peuples du monde, avant d'ajouter que les Etats-Unis s’apprêtent à intervenir, militairement, dans certains pays. Le président iranien a souligné: "Les peuples qui se sont soulevés contre les dictateurs et les tyrans considèrent les Etats-Unis et leurs alliés, comme leurs complices, dans tous les crimes et les pillages, dans le monde".Et à Ahmadinejad de préciser: "Aujourd'hui, les hommes d'Etat américains prétendent défendre les droits des peuples et lutter contre les dictateurs, mais tout le monde sait que les Etats-Unis soutiennent la dictature, dans le sens propre du terme".

03/03/2011
IRNA -

http://french.irib.ir/info/politique/item/109995-les-etats-unis-convoitent-les-ressources-de-la-region-ahmadinejad



1) Politique Iranienne

Politique extérieure

Les présidents iranien et russe s'accordent pour la mise en marche de la centrale nucléaire de Bushihr.

Le 14 mars, Mahmoud Ahmadinejad, président iranien, a eu une conversation téléphonique avec son homologue russe Dimitri Medvedev, dans laquelle ils se sont accordés pour mettre en service à la date prévue la centrale nucléaire de Bushihr.

Selon Mahmoud Ahmadinejad, de vastes perspectives existent entre les deux pays en terme de coopération.  Il a souligné que la mise en marche de la centrale nucléaire de Bushihr sera dans l'intérêt des deux pays.

Le président russe insiste également sur le renforcement des coopérations avec l'Iran sur tous les plans. La Russie fera les efforts nécessaire pour assurer l'inauguration  de la centrale de Bushihr à temps prévu.

http://french.cri.cn/781/2011/03/15/441s240252.htm

 


Sur le terrain

Le site de Mir Moussavi dément son arrestation et s’excuse

 Le leader d'opposition iranien Mir Hossein Moussavi et sa femme Zahra Rahnavard se trouvent à leur domicile et n'ont pas été emprisonnés, c’est ce qu’a annoncé, mardi 8 mars, son site Kaleme.
Le site en question a également publié des excuses pour avoir affirmé le contraire la semaine dernière.
"Après l'enquête menée par Kaleme ces derniers jours, il est devenu évident que Mme Rahnavard et M. Moussavi sont à leur domicile et, par ce biais, nous corrigeons l'information sur leur transfert en prison et présentons nos excuses", écrit le site.
Mardi, le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, avait  démenti l'emprisonnement des deux opposants Moussavi et Mehdi Karoubi.
"Les médias doivent faire attention à ce que dit le parquet. Cette information (l'emprisonnement) est totalement fausse et ils se trouvent à leur domicile", a-t-il déclaré à l'agence Fars.

09/03/2011

 http://www.almanar.com.lb



2) Politique des Usa

Préparation à la guerre

L'Iran "sape la paix et la stabilité dans le Golfe, selon Hillary Clinton

Le chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a accusé samedi l'Iran de "saper la paix et la stabilité dans le Golfe", soulignant "l'engagement sans faille" des Etats-Unis dans la région. 

"Les Etats-Unis ont un engagement sans faille envers la sécurité du Golfe, et une des principales priorités est de collaborer avec nos partenaires à propos des inquiétudes suscitées par le comportement iranien dans la région", a déclaré la secrétaire d'Etat à des journalistes après le sommet sur la Libye. 

"Nous partageons l'avis", a-t-elle continué, "que les activités de l'Iran dans la région, et notamment ses efforts pour faire avancer son agenda dans les pays voisins, sape la paix et la stabilité". 

Mme Clinton a enchaîné samedi les tête-à-tête avec ses homologues arabes, en marge du sommet convoqué à Paris pour faire front au régime Kadhafi en Libye.

Elle a longuement insisté, lors d'une conférence de presse, sur le caractère décisif du soutien de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe (l'alliance des monarchies pétrolières du Golfe) à la mise en oeuvre de la résolution 1973 de l'ONU, qui permet à la communauté internationale un engagement militaire en Libye. 

Quelque 700 personnes ont attaqué vendredi soir à coups de pierres le consulat de l'Arabie Saoudite à Machhad (nord-ouest de l'Iran) pour protester contre l'envoi de troupes saoudiennes à Bahreïn et la répression de la contestation dans ce pays à majorité chiite (comme l'Iran) mais dominé par une monarchie sunnite.

Jeudi, Bahreïn avait rejeté la "pression" exercée par l'Iran, la qualifiant d'"ingérence" dans les affaires intérieures du petit royaume du Golfe, au lendemain de la répression sanglante d'une manifestation à Manama.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a aussi affirmé que l'intervention de forces des pays du Golfe pour mettre un terme à la révolte populaire à Bahreïn était "un acte hideux voué à l'échec".

AFP –

Publié le 19/03/2011


Dans les coulisses et au sénat

 Clinton: L’Iran cherche à influer sur l’issue des révoltes arabes.

L'Iran cherche à contacter les oppositions arabes pour influer sur l'issue des événements, c’est ce qu’a dit mercredi la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, dans une déposition au Sénat à Washington,en citant les situations en Egypte, à Bahreïn et au Yémen.
Selon la chef de la diplomatie américaine, l'Iran utiliserait le Hezbollah, son "intermédiaire" au Liban, pour contacter le mouvement palestinien Hamas "qui à son tour communique avec des homologues en Egypte".
"Nous savons qu'ils contactent l'opposition à Bahreïn. Nous savons que les Iraniens sont très impliqués dans les mouvements d'opposition au Yémen", a-t-elle ajouté.
"Que ce soit directement ou à travers des intermédiaires, ils cherchent sans cesse à influer sur les événements, ils ont une politique étrangère très active", a encore dit Clinton. 
 La chef de la diplomatie américaine a estimé que les peuples lancés dans la "printemps arabe" voulaient être aidés tout en maintenant à distance les intervenants extérieurs.
"La difficulté est de les aider sans donner l'impression que nous voulons préempter leur révolution", a-t-elle pousuivi, et "c'est aussi un défi pour les Iraniens".
Ceux-ci, a-t-elle prétendu, "n'ont pas beaucoup d'amis, mais ils essaient d'en courtiser de nouveaux".

03/03/2011

 http://www.almanar.com.lb

 

D'ex-dirigeants US pour la reconnaissance de l'opposition iranienne

 D'anciens hauts responsables américains, civils et militaires, ont demandé aux Etats-Unis de retirer les Moujahidine du peuple de la liste des organisations terroristes, lors d'un congrès organisé samedi à Berlin par ce mouvement d'opposition.

"Madame la secrétaire d'Etat, retirez les Moujahidine du Peuple (MEK) de cette liste", a lancé à l'adresse d'Hillary Clinton, chef de la diplomatie américaine, l'ancien directeur du FBI Louis Freeh (1993-2001). 

Il a souhaité que Mme Clinton rencontre la dirigeante du MEK, Maryam Rajavi, aux Etats-Unis, comme elle a rencontré cette semaine des opposants libyens. 

Retirer les Moujahidine du Peuple de la liste noire, a expliqué à son tour l'ancien Attorney general (ministre de la Justice 2007-2009) Michael Mukasey, leur permettrait de lever des fonds aux Etats-Unis et de louer des satellites pour diffuser des programmes de télévision en Iran même.

"Il est temps de nous défaire de notre propre hypocrisie", a-t-il déclaré, en rappelant pourquoi le MEK avait été placé sur la liste des organisations terroristes en 1997. Washington l'avait fait à la demande de l'Iran avec lequel il tentait une nouvelle fois de négocier et les y a maintenus parce que l'Iran menaçait de s'en prendre aux troupes américaines en Irak, a-t-il expliqué.

Mitchell Reiss, ancien directeur de la planification au département d'Etat, a confirmé cette explication. Au contraire, a-t-il dit, "je peux vous assurer que soutenir l'opposition iranienne renforcerait notre position de négociation au lieu de l'affaiblir".

Les généraux Peter Pace et Henry Shelton, deux anciens chefs d'Etat major inter-armes, ont eux aussi plaidé pour la fin de l'ostracisme de ce mouvement Peuple, formé dans les années 60 en opposition au Shah d'Iran et devenu depuis la bête noire du régime de Téhéran. On lui prête plusieurs révélations sur le programme nucléaire secret iranien.

Le général Pace a proposé une "discussion ouverte" pour mettre à jour les reproches qui peuvent être faits au MEK, reconnaissant que leur alliance avec le dictateur irakien Saddam Hussein avait joué contre eux. "Je crois en votre cause", a-t-il assuré aux milliers de partisans rassemblés dans une salle de congrès à Berlin. 

"Le régime iranien actuel à Téhéran ne doit pas être changé ni modifié, il doit être remplacé par un mouvement de résistance dirigé par le MEK", a déclaré le général Shelton. 

L'ancien chef du parti démocrate Howard Dean et l'ex commissaire européen Günther Verheugen ont également participé à ce congrès qui s'est ouvert par un discours de Maryam Rajavi. L'Union européenne a retiré le MEK de la liste des organisations terroristes en 2009.

AFP - 19 mars



2) Politique d'Israël

Préparation à la Guerre.

"L’Iran peut détecter des missiles à partir de la Syrie"  

Le commandant des forces terrestres de l'armée israélienne, le général Sami Turjeman, a insisté sur la nécessité  d’effectuer des manœuvres fatales et rapides, à la lumière des changements qui ont modifié les caractéristiques du  conflit. Le but étant de pouvoir réduire la durée d’une guerre tout en conservant l’ancien principe  de la sécurité nationale israélienne à savoir : déplacer l’affrontement militaire chez le territoire ennemi le plus rapidement possible.
Pour ce qui est du système de radar anti-missiles dont  les autorités israéliennes ont annoncé son installation dans les prochains  jours, Turjman a estimé que cette annonce  s’inscrit "dans le cadre de la publicité pour relever le moral du front intérieur israélien qui est assez vulnérable,  aussi pour faire peur l’ennemi".
C'est ainsi que la 2ème chaîne de télévision israélienne a affirmé que "l'armée israélienne attend avec impatience le  système de radar de type (Raz) qui devra être installé dans les prochains jours, notant qu'il est en mesure de détecter et de surveiller un missile lancé contre l’entité sioniste  avec précision , qu’il s’agisse d’ un mortier ou d’un missile, ce qui risque de  changer le cours des opérations militaires dans une guerre à venir".
Toutefois, le général-major en retraite  Joseph Cherkaoui, un  expert dans les affaires militaires, a rapporté "que la plupart des généraux de l'armée israélienne ont avoué que le front intérieur de l'Etat juif est ouvert et vulnérable aux menaces intérieures venant  du Hamas dans la bande Gaza  et du  Hezbollah au Sud-Liban voire aux  menaces extérieures provenant de l’Iran "!
Et de noter : "Israël a une préoccupation majeure : l’Iran qui a installé  un système de radar de pointe sur le territoire syrien, pouvant  détecter toute menace de missiles lancés contre l'Iran avant l'attaque".
Cherkaoui a souligné que "l'Etat juif estime désormais qu’il est en grand danger  et que  les responsables de l'armée israélienne reconnaissent  qu'ils n'ont pas la capacité de frapper l'Iran parce qu’elle dispose d’un important arsenal de systèmes de radars  anti-missiles, et donc l’Iran ne fait plus partie des calculs israéliens  même si elle reste une  menace majeure pour eux".
Il a ajouté "que le nouveau système militaire israélien ne pourra pas intercepter les missiles  , voire que ce système  comme ses prédécesseur est un échec et qu’Israël est  en grande difficulté en raison de la perte de la Turquie, qui était  un allié stratégique militaire d’une grande importance ».

02/03/2011

http://www.almanar.com.lb



Les organisations mondiales

2 AMNA

Ali-Asghar Soltaniyeh: le soutien des pays membres du MNA concernant les activités nucléaires de l'Iran est très précieux.

 L'ambassadeur permanent de l'Iran auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déclaré que le soutien des pays membres du mouvement des non-alignés concernant les activités nucléaires de l'Iran est très "précieux".

S'adressant au correspondant de l'IRNA à Vienne, Ali-Asghar Soltaniyeh a déclaré que le communiqué du MNA à la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, mercredi a confirmé encore une foi le droit indéniable de l'Iran à utiliser l'énergie nucléaire pacifique.
Se référant à la visite de représentants du MNA sur les sites nucléaires de l'Iran dans les villes d'Arak (dans la province de Markazi) et de Natanz (dans la province d'Ispahan), Ali-Asghar Soltaniyeh a déclaré que ces visites ont constitué une "étape positive."
La déclaration du MNA critiquée dans le récent rapport de l'AIEA par son directeur général sur le programme nucléaire de l'Iran.

Irna.

10 Mars 2011.



Les Voisins

Dans le monde

France

Dominique de Villepin : "Les sanctions anti-iraniennes sont inefficaces" ()  

Pour l’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, les sanctions décidées par l’Occident, à l’encontre de l’Iran, sont loin d’avoir produit les effets escomptés.  "Ces sanctions ne pourront pas résoudre le problème, et la priorité devrait aller au dialogue", a estimé Dominique de Villepin, avant de conseiller aux pays occidentaux de réviser leur politique, à l’égard de l’Iran, et de penser à de nouvelles formules, pour débloquer la situation. "L’Occident doit atteindre à un certain équilibre, dans son attitude envers l’Iran, un pays ancien et doté d’une vieille civilisation", a ajouté Villepin, qui se pose en véritable alternative au Président français Sarkozy, pour les présidentielles 2012.

19/02/2011

 http://french.irib.ir



2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 VIDEO 1  : Meyssan explique la Révolution islamique (1)

http://www.dailymotion.com/video/xh1tn8_meyssan-explique-la-revolution-islamique-1_news#from=embed

2-2 VIDEO 2  : La Révolution islamique d'Iran 2/2

http://www.dailymotion.com/video/xh0u71_la-revolution-islamique-d-iran-2-2_news#from=embed

 

2-3 Thierry Meyssan et Jacques Borde s'expriment sur la "révolution islamique" d'Iran.

Jacques Borde, chroniqueur entre autres à Médialibre, et Thierry Meyssan, s’expriment sur la révolution islamique d’Iran et remettent son histoire et ses idéaux en perspective, bien loin de la propagande occidentale qui s’est mise en place dès l’arrivée au pouvoir de l’Imam Khomeyni. Lequel a été diabolisé dès son accession au pouvoir. Pourquoi un chef spirituel d’une telle dimension se trouve présenté comme un vieillard obscurantiste et barbare, quand le chef spirituel du bouddhisme tibétain est vénéré par l’Occident ? Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’il n’y a derrière une telle différence de traitement rien d’autres que des objectifs géopolitiques. S’il en fallait une preuve, il suffit de se rappeler que l’une raisons pour lesquelles la dictature du Shah a été lâchée, est l’ambition qu’elle avait développée de faire de l’Iran une puissance régionale, et en faisant notamment une puissance maîtrisant le nucléaire.
La théocratie démocratique iranienne était facile à diaboliser dans un occident individualiste, matérialiste et narcissique. Problème, la révolution islamique a su évoluer et se régénérer et ainsi assurer le développement de son pays, au point de s’imposer progressivement en contre-modèle.
Le terme même de « Révolution islamique » repose sur un malentendu. Cette expression donne lieu à une incompréhension dans de nombreux pays, car on pourrait comprendre qu’il s’agit là d’une idéologie qui voudrait imposer une religion. Or, ça n’est pas du tout le projet de cette Révolution, qui est avant tout politique et qui vise en réalité à libérer l’homme d’un système de domination mondial.
http://www.medialibre.eu/



3 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

3-1 Soros menace l’Iran de « la plus sanglante des révolutions ».

Extrait

Alors que la révolte globale actuelle qui balaie le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord est née d’un cri universel de l’homme pour la liberté, la sécurité alimentaire, et un niveau de vie décent, il est important de comprendre que l’élite mondiale se tient en embuscade pour exploiter le chaos comme une opportunité pour réagencer à nouveau le paysage géopolitique à leur image, notamment en exploitant les manifestations comme un moyen pour affaiblir et renverser le gouvernement iranien.
Les citoyens des pays producteurs de pétrole doivent recevoir plus de bénéfices des ressources nationales de leur pays, a déclaré l’investisseur milliardaire George Soros à la BBC.

Les révoltes en Libye ont été en partie le résultat d’une « 
révulsion vis-à-vis de la corruption » alimentée par le détournement de l’argent du pétrole, a t-il ajouté.
Plus de « 
transparence et de responsabilité » sont nécessaires de la part d’autres pays producteurs comme la Russie et l’Arabie saoudite a t-il dit.
M. Soros a également prédit que le régime iranien serait renversé dans la « plus sanglante des révolutions ».
« Ils se sont rebellé »
La Libye produit 1,6 millions de barils de pétrole par jour et est le 17ème plus grand producteur au monde.
Et le maintien du colonel Kadhafi au pouvoir dépendait des milliards de dollars de revenus pétroliers qui affluent dans le pays.
Parlant de la vague des gouvernements mis en cause en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, M. Soros a dit: « 
Ce qui a été la cause des révolutions est une révulsion vis-à-vis d’une corruption qui est alimentée par l’utilisation abusive des ressources naturelles comme par exemple en Libye.
« 
La transparence, et encore plus important la responsabilité dans l’utilisation des ressources naturelles, est ce qu’il faut pour que les gens vivant dans ces pays puissent bénéficier de ces ressources nationales.
« 
La Libye a produit d’énormes richesses que Kadhafi s’est approprié et maintenant le peuple se révolte contre ça. »
« Progrès considérable »
Interrogé sur le point de savoir s’il devrait y avoir plus de transparence concernant le devenir des revenus du pétrole, M. Soros a répondu: « Tout à fait. »
Et il a dit que les États-Unis et l’Europe devaient soutenir plus activement les révolutions en Libye et ailleurs afin que les nouveaux régimes coopèrent avec l’Occident.
« 
Ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient est très similaire à ce qui s’est passé dans l’ex-Union soviétique en 1989-91. Mais à l’époque il s’agissait d’un régime hostile à l’Occident qui a été détruit par la révolution« , a t-il dit.
« 
Actuellement, il s’agit de régimes soutenus par l’Occident, aussi l’Occident doit regagner l’allégeance des habitants de ces pays, en appuyant vraiment la transition vers la démocratie.
« 
Il est très important que l’Europe et les États-Unis se tiennent devant la révolution plutôt que derrière, parce que s’ils sont derrière, ils vont perdre l’allégeance des nouveaux régimes qui vont émerger et s’ils sont correctement pris en charge, ce seront des régimes démocratiques et ce sera un progrès énorme. »
Source:
bbc.co.uk

Lundi 7 Mars 2011

http://infoguerilla.fr/?p=8486


3-2 Israël, inquiet de l'Iran, augmente son budget militaire.

Israël considère «avec la plus grande gravité» le passage annoncé de deux navires de guerre iraniens en Méditerranée à travers le canal de Suez, pour la première fois depuis 1979, et a averti qu'il accroîtrait son budget de Défense en raison des tensions régionales.

«La composante sécuritaire est indispensable à tout accord de paix et nous sommes aujourd'hui témoins de l'instabilité de la région dans laquelle nous vivons et que l'Iran tente d'exploiter afin d'étendre son influence en dépêchant deux navires de guerre à travers le canal de Suez», a déclaré le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, selon un communiqué de son bureau.

«Israël considère avec la plus grande gravité cette initiative iranienne, de même que d'autres développements qui soulignent ce que j'ai répété ces dernières années, à savoir que les besoins de sécurité d'Israël vont augmenter», a-t-il averti à l'ouverture du conseil des ministres.

«Et le budget de la Défense devra augmenter en conséquence», a ajouté le premier ministre.

Le budget annuel israélien de la Défense est de l'ordre de 13 milliards de dollars, dont 2,7 milliards de dollars d'assistance militaire américaine, soit un peu moins de 7% du PIB.

Avant même l'affaire des navires iraniens, le ministère de la Défense avait réclamé une rallonge de 200 millions de dollars. Elle est en cours d'examen par la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset (Parlement).

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche des coupes de 1% du budget,  affectant tous les ministères -sauf ceux de la Défense, de l'Éducation et des Affaires sociales- afin de financer des mesures contre le coût de la vie.

Israël observe avec inquiétude l'évolution de la situation au Proche et Moyen-Orient, en particulier en Égypte, partenaire clé avec lequel il a signé un traité de paix en 1979 qui fonde sa stratégie militaire sur son front sud.

Cet accord s'accompagne d'une garantie du libre passage des navires israéliens dans le canal de Suez.

Les Israéliens craignent une montée en puissance des mouvements islamiques à la faveur de la contestation qui ébranle la région, et de se retrouver encerclés par des nations ennemies.

Depuis plusieurs jours, les autorités israéliennes «surveillent attentivement» le mouvement des deux bateaux iraniens, un patrouilleur de 1.500 tonnes, l'Alvand, et un navire de ravitaillement et de soutien de 33.000 tonnes, le Kharg, tous deux de fabrication britannique.

L'Égypte a autorisé les deux bateaux à emprunter le canal de Suez, a annoncé vendredi l'agence officielle égyptienne Mena, une première depuis la révolution islamique en 1979.

Selon la radio publique israélienne, Israël et les États-Unis ont demandé à l'Égypte de ne pas autoriser ce passage. Interrogé par l'AFP, le porte-parole de M. Nétanyahou, Mark Regev, a refusé de «confirmer ou démentir» cette information.

D'après une source diplomatique iranienne, les deux bâtiments doivent effectuer une visite «de routine» de quelques jours en Syrie, après des arrêts à Oman et à Jeddah (Arabie saoudite).

Pour des analystes de défense, l'Iran cherche à réaffirmer ainsi sa présence en Méditerranée orientale, où Téhéran dispose d'alliés comme la Syrie, la Turquie et le puissant mouvement chiite Hezbollah au Liban.

Israël, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, le nationaliste Avigdor Lieberman, a qualifié mercredi de «provocation» l'envoi des navires iraniens et lancé une mise en garde à Téhéran.

L'État hébreu considère l'Iran -qui prédit régulièrement sa disparition et soutient le Hezbollah et le Hamas palestinien- comme sa principale menace.

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201102/20/01-4372196-israel-inquiet-de-liran-augmente-son-budget-militaire.php


n°69 - journal d'Iran - 20-2 au 25-10 : - DFin : - Soros menace l’Iran de « la plus sanglante des révolutions ».».

n°69 - journal d'Iran - 20-2 au 25-10 : - Fin: -  Soros menace l’Iran de « la plus sanglante des révolutions ».».



journal d'Iran   n°69 du 20-2 au 25-10

                              C.De Broeder & M.Lemaire



a) Le "Journal d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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