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21/04/2011

n° 577 - Analyse de Palestine - 17-04 - Début - Gaza, Lybie,. : ambiguïtés et détournements du droit international humanitaire

n° 577 - Analyse de Palestine - 17-04   - Début  - Gaza, Lybie,. : ambiguïtés et détournements du droit international humanitaire



n° 577 - Analyse de Palestine - 17-04  Les mascarades de “paix” de Micheline Calmy-Rey.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Analyse de Palestine

 n°577                  17-04                                                                            

                                                         C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 



Sommaire

1 Analyse

1-1 Silvia Cattori : Les mascarades de “paix” de Micheline Calmy-Rey.

1-2 Stephen Lendman : C’est à Israël qu’il faut s’en prendre, pas à la Libye !

1-3 Myriam Abraham: Nouvelle folie : «Jeter A La Mer».

1-4 Diego : Attentat de Jérusalem: à qui profite le crime?

1-5 Khalid Amayreh : Israël est coupable, il porte la responsabilité des récentes violences.

1-6 Javier Sethness : La crise infligée à Gaza.

Fin

2 Annexe

2-1 Daniel Lagot  :Gaza, Lybie,… :ambiguïtés et détournements du droit international humanitaire 

2-2 Alison Weir : Assassiner des bébés est admissible s’ils sont Palestiniens.



1 Analyse

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 Silvia Cattori : Les mascarades de “paix” de Micheline Calmy-Rey.
Shimon Peres n’est pas un homme de paix

La présidente de la Confédération suisse Micheline Calmy-Rey n’a pas fait honneur à son pays en accueillant, le 28 mars 2011, à la mission suisse auprès de l’ONU à Genève, le président de l’État d’Israël Shimon Peres. Un homme si peu estimable contre lequel l’ONG suisse "Droit pour tous", a porté plainte pénale pour "crimes de guerre et crimes contre l’humanité" (*).

28 mars

Calmy-Rey se moque des Palestiniens victimes d’une immense injustice. La réception du représentant d’un État qui pratique sur une large échelle l’épuration ethnique, le vol de la terre arabe, les massacres d’innocents, et qui emprisonne et persécute la population exsangue de Gaza, est une offense pour tous ces gens soumis aux atrocités de l’occupation militaire israélienne.

Prétendre, comme elle l’a annoncé, vouloir parler de cette mascarade appelée “processus de paix”, avec le représentant d’un État criminel qui s’est toujours servi des pourparlers “de paix” comme couverture pour continuer la guerre et mettre les Palestiniens devant des faits accomplis - autrement dit, l’irréversible - est une sinistre comédie.

Par ailleurs, saisir, comme Calmy-Rey le fait, toute rencontre officielle pour promouvoir cette coûteuse farce qu’est l’“Initiative de Genève” [1] - fondée sur la perspective de “deux États” - qu’elle aurait dû avoir le courage d’enterrer, est de l’aveuglement. Ziyad Clot [2], qui a participé aux pourparlers qui devaient aboutir à la création de l’État palestinien en 2008, considère cette initiative sans intérêt. [3]

 

Silvia Cattori : Pas une ligne n’est consacrée à l’“Initiative de Genève” dans votre excellent ouvrage “Il n’y aura pas d’État palestinien”. Votre silence à ce sujet est-il parlant ?

Ziyad Clot : Personnellement, j’ai toujours pensé que l’“Initiative de Genève” était dangereuse car elle implique des renoncements graves sur les droits des réfugiés palestiniens et, notamment, sur le droit au retour. Cette question reste au cœur de l’expérience et de l’identité palestinienne. Le caractère juste et équitable d’un éventuel accord de paix -auquel je ne crois pas-, la capacité à le mettre en œuvre, seront largement jugés à la lumière de la manière dont le problème des réfugiés aura été traité.

L’“Initiative de Genève” - au delà de toutes les réserves - a été condamnée par beaucoup de Palestiniens ; notamment par toutes les organisations de réfugiés parce qu’elles estimaient que cette initiative passait à côté de ce qui est au cœur de la question palestinienne.

Sur le terrain, il s’agit aussi de prendre conscience que la situation dans les territoires occupés palestiniens s’est radicalement transformée depuis les accords d’Oslo (1993) en raison de l’accélération de la colonisation israélienne. J’ai bien peur que ce processus ne soit irréversible. Pour construire un État, il faut un territoire. Or celui-ci est en voie de disparition avec la présence de plus de 500’000 colons Israéliens en Cisjordanie, incluant Jérusalem-Est. Il faut aussi une continuité géographique. Or, le gouvernement israélien s’oppose violemment à toutes les tentatives de réconciliation entre le Fatah et le Hamas, condamnant ainsi tout rapprochement entre la Cisjordanie et la bande de Gaza.

L’affaiblissement et les divisions du leadership politique palestinien sont en définitive la deuxième entrave à la constitution de l’État palestinien. Le chaos politique qui subsiste côté palestinien empêche encore d’exercer une pression suffisante sur Israël afin d’être en mesure d’obtenir ce à quoi les Palestiniens ont droit. Penser que les États-Unis, suivis des Européens, vont changer de position et peser suffisamment sur Israël pour qu’il accepte de se retirer des territoires occupés y compris Jérusalem Est, représente à mon avis un immense défi ; aujourd’hui on ne voit pas comment cela pourrait arriver puisque même Barak Obama, considéré comme le président états-unien le plus à même d’apporter une solution à la question palestinienne, n’arrive même pas s’opposer franchement à la poursuite de la colonisation israélienne.

Je crois que l’“Initiative de Genève”, et avec elle la solution des “deux États”, ne sont plus d’actualité. Je pense que l’on est bien au delà du stade où la solution des deux États était encore envisageable. Je me demande même si elle a jamais été possible. Ce qui est certain c’est que les Palestiniens sont aujourd’hui bien loin du compte.

Les raisons pour lesquelles le processus de paix survit encore sont essentiellement politiques. Elles tiennent au fait que, du côté occidental, on ne veut pas voir la réalité en face et que, au niveau des directions des différents acteurs de ce conflit, notamment Israël, l’OLP et le Hamas en Palestine, et les États-Unis, on ne veut absolument pas considérer une alternative à la création d’un État palestinien. Parce que l’on sait très bien que, s’il n’y a pas de création d’un État palestinien, la seule option qui reste sur la table – au delà du statu quo ou à moins d’une expulsion des Palestiniens que l’on ne peut exclure - c’est la solution de l’État unique, un État binational qui serait synonyme de la fin de l’État d’Israël en tant que réalisation du projet sioniste.

Si on se replonge dans les modalités du plan de partition de 1947, on voit très bien que la solution des “deux États” n’a jamais été une solution de séparation complète : Jérusalem devait avoir le statut de ville internationale et on envisageait une union douanière entre l’État juif et l’État arabe. C’est la preuve que les experts n’ont jamais cru à une totale partition viable en termes à la fois économiques, sociologiques ou politiques.

Le constat auquel j’arrive est qu’il y a déjà un État unique, totalement bancal, dans lequel vivent des communautés israéliennes et des communautés palestiniennes. Côté palestinien, à Gaza, en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est ou en Galilée on voit – et on vit - des réalités très différentes qui me font dire que tous les Palestiniens n’ont pas forcément les mêmes aspirations et les mêmes expériences. Je crois qu’on pourrait aussi appliquer dans une certaine mesure cette analyse-là à Israël, notamment à la division entre les laïcs et les religieux ; toutes ces personnes sont obligées de vivre ensemble. L’État unique nous l’avons déjà sous nos yeux avec toutes ces communautés totalement imbriquées les unes aux autres.

Silvia Cattori

(*) L’ONG suisse “Droit pour tous”, a porté plainte contre Shimon Peres auprès du procureur général de Genève pour “crimes de guerre et crimes contre l’humanité” le jour où Micheline Calmy-Rey le rencontrait.

Voir aussi : “Le criminel de guerre Shimon Peres reçu sous les huées à Oxford”, par le PACBI, info-palestine.net, 20 novembre 2008.

 [1] Le 12 octobre 2003, après deux années de négociations “secrètes”, le “projet d’accord définitif” préparé sous l’impulsion de M. Alexis Keller (projet nommé “Initiative de Genève”) a été “finalisé”, en présence de nombreux invités palestiniens et israéliens – par le DFAE- dans un Palace jordanien, sur la mer morte.
Voir le site Web officiel de l’Initiative de Genève (
http://www.geneva-accord.org) où on peut trouver le texte de l’Accord (http://www.geneva-accord.org/mainmenu/english), des cartes des territoires palestiniens selon l’initiative de Genève (http://www.geneva-accord.org/mainmenu/static-maps/) et les activités et dernières nouvelles des deux délégations israélienne et palestinienne de l’Initiative de Genève.
L’initiative de Genève est appelée en anglais “Geneva agreement”.

http://www.silviacattori.net/article1564.html

 


1-2 Stephen Lendman : C’est à Israël qu’il faut s’en prendre, pas à la Libye !

Le 9 avril 1986 Ronald Reagan a appelé Muammar el Kadhafi le "chien enragé du Moyen-Orient". Aujourd’hui, après la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, une guerre fait rage dans le but de le renverser.  

Gaza sous les bombardements israéliens. Curieusement, quand il est question des Palestiniens, les puissances occidentales ne parlent jamais de "protéger les civils" ou de "no-fly zone"...

Cela fait des dizaines d’années qu’il dirige en despote, punissant ses ennemis, récompensant ses amis. Ses jours sont sans doute comptés désormais. Washington ne renoncera pas à le faire partir, peu importe le nombre de morts que cela prendra pour atteindre cet objectif.

Il y a cependant un danger bien plus grand qui menace la région, à savoir la machine de guerre israélienne basée à Jérusalem. En dehors du fait que ce pays occupe illégalement la Palestine, qu’il brutalise les Palestiniens, qu’il persécute les Arabes israéliens, qu’il menace et attaque ses voisins, il est depuis toujours déterminé à diviser la région pour la contrôler.

De fait, son projet cauchemardesque consiste à découper les nations arabes en de petits états -les balkaniser en somme, suivant des critères ethniques et sectaires pour en faire des satellites d’Israël, des satrapes faciles à contrôler. L’idée vient du système des Millets de l’empire ottoman par lequel les autorités locales gouvernaient séparément chaque communauté religieuse avec son identité ethnique donnée.

La conquête du Golan par Israël en 1967 suivait ce plan. Les invasions du Liban de 1978 et 1982 faisaient aussi partie du projet d’affaiblir, de fragmenter, de diviser et de reconfigurer les états de la région sous le contrôle israélien en les attaquant de manière préventive.

Hélas, au lieu de sanctionner Israël, d’exiger qu’il mette fin au siège de Gaza et d’imposer une zone d’exclusion aérienne pour empêcher ses attaques aériennes régulières et ses attaques au sol, Washington, le trésorier et partenaire d’Israël, le fournit généreusement en armes et en fonds, se mettant de ce fait au service de sa machine de guerre sans foi ni loi.

Ce qui fait qu’Israël est devenu une sorte de Sparte moderne ; Le pays est capable de mobiliser plus de 600 000 combattants en 72 heures, il est équipé d’armes nucléaires et autres armes de pointe et il bénéficie du soutien inconditionnel de l’occident quoiqu’il fasse. De plus, pour atteindre son but, il n’hésite pas à endoctriner les jeunes israéliens pour en faire des guerriers dans un processus qui prépare les mineurs à leur future service militaire obligatoire.

On leur enseigne que la force et la guerre sont les meilleurs moyens de résoudre les problèmes politiques. Cela leur est martelé tout au long de leur éducation, y compris par des soldats en uniforme dans les salles de classe. De plus, les enseignants, et surtout les directeurs, sont des officiers de l’armée à la retraite et sur les murs de l’école, les noms et des photos des héros tombés au combat se mêlent aux noms des diplômés. Qui plus est, des sorties scolaires sont organisées sur les anciens champs de bataille ou dans les mémoriaux, à tous les âges.

Les programmes et les livres de classe reflètent aussi le militarisme ambiant ; du jardin d’enfants jusqu’au lycée, dans toutes les écoles publiques, les enfants suivent des cours obligatoires appelés "préparation à l’IDF" (Forces de défense israéliennes). Ces cours comprennent de l’entraînement physique ainsi que la glorification des héros et des conquêtes militaires, en même temps qu’ils vilipendent les Arabes et incitent les enfants à les haïr.

Ils apprennent tout cela dès leur plus jeune âge et cette empreinte indélébile les prépare à devenir des conscrits, à se battre puis à passer tout le reste de leur vie à soutenir l’armée. De fait, en élevant des enfants dans une atmosphère de violence et d’hostilité, on les conditionne à faire la guerre contre tous ceux qu’on leur désigne comme des ennemis que cela soit vrai ou non.

En conséquence les Palestiniens souffrent horriblement sous le joug d’une armée d’occupation impitoyable qui se livre à des violences journalières telles que assassinats ciblés, arrestations de masse, vol des terres, transferts de population, torture, qui paupérise et prive de travail les populations et qui viole leurs droits élémentaires et leurs droits humains, surtout à Gaza assiégé où le peuple est victime d’un génocide au ralenti à force de manquer de tout.

De plus Israël ne cesse de faire des incursions à Gaza et d’attaquer les Palestiniens en toute impunité. Les USA n’expriment pas la moindre critique à son égard et encore moins de condamnation ; Ils n’appellent pas non à des sanctions, à l’isolement, ni à une zone d’exclusion aérienne pour empêcher de nouveaux assauts aériens ou terrestres contre Gaza.

Et donc, rien que pendant la période du 10 au 16 mars, les frappes aériennes israéliennes ont tué deux travailleurs palestiniens, en ont blessé deux autres et ont détruit trois bâtiments civils. D’autres Gazaouis, des fermiers, des pécheurs et des civils ont aussi été pris pour cible.

De plus les Israéliens ont attaqué les manifestations pacifiques de Cisjordanie aux gaz lacrymogènes et on tiré des balles en caoutchouc. Ils ont arrêté deux militants internationaux des droits de l’homme et ont fait 47 incursions différentes dans des communautés palestiniennes qui se sont soldées par 66 arrestations dont six enfants.

Le 17 mars, avec l’accord du gouvernement, les colons se sont déchaînés contre les Palestiniens au cours d’une "journée de la colère" en représailles du meurtre récent d’une famille de colons, bien qu’il n’y ait aucune preuve que des Palestiniens aient commis ce crime.

Les colons ont attaqué des Palestiniens à coup de pierres et de cocktails Molotov et ont lancé une bombe incendiaire sur une maison. De plus, quatre voitures et un tracteur ont été brûlés et sept autres véhicules endommagés. Ils ont blessé d’autres personnes et des colons armés et des soldats israéliens ont arraché des centaines d’oliviers près de Bethléem.

Le 14 mars un Palestinien a été tué d’un coup de couteau, un magasin a été incendié et des voitures ont été détruites à coup de pierres près de Hébron. Le 20 mars une petite fille de onze ans a été écrasée en allant à l’école.

De plus Israël a annoncé la construction de 500 nouvelles maisons dans les colonies et intensifié la destruction de maisons palestiniennes suite aux meurtres, en dépit du fait que rien ne prouve qu’ils aient été perpétrés par des Palestiniens.

Le 21 mars, lors d’attaques aériennes les Israéliens ont bombardé des sites civils de Gaza, blessant 15 civils y compris deux femmes et deux enfants. Des douzaines de maisons, sept magasins, plusieurs voitures, un bâtiment municipal, un atelier métallique et une station de recyclage du plastique ont été partiellement ou totalement endommagés.

Le 22 mars, d’autres attaques ont fait quatre morts dont deux enfants, et onze blessés dont 8 enfants (trois d’entre eux gravement). Des membres des brigades el Quds ont aussi été pris pour cible près de la mosquée de Abdul Aziz al-Rantisi à l’est de Gaza, et quatre personnes ont été tuées.

Le 24 mars, des avions de guerre israéliens ont mené deux autres attaques ; ils ont pris pour cible une centre d’entraînement de la ville de Rafah et l’ont fortement endommagé, sans faire de morts ni de blessés. De plus, selon l’agence de presse SAFA, des attaques aériennes ont touché un tunnel à l’est de la porte Salah Al-Din de Rafah. Quatre missiles ont été tirés sur un site militaire du Hamas au sud de la ville de Gaza et des attaques israéliennes ont détruits les câbles d’alimentation électrique dans plusieurs quartiers.

La radio israélienne a affirmé que Gaza avait envoyé des roquettes et des bombes à mortier et qu’ils n’avaient fait que répliquer. Le Jihad Islamique a revendiqué ces attaques en disant qu’il avait agi "en représailles contre les attaques incessantes d’Israël". Le Hamas a déclaré qu’il s’engageait à respecter le cessez le feu à condition qu’Israël cesse d’attaquer Gaza. Sinon il considérait qu’il avait le droit de se défendre.

Selon le International Middle East Media Center, (centre médiatique du Moyen Orient) :

"Les politiciens israéliens seraient en train de réfléchir à une escalade supplémentaire qui pourrait être une second "Cast lead". Etant donné la guerre de Washington en Libye qui s’ajoute à celles d’Irak, d’Afghanistan et du Pakistan et les nombreux soulèvements arabes, une offensive israélienne semble peu probable. Mais elle se produira peut-être plus tard, à un moment plus opportun.

Doit-on s’attendre à d’autres guerres ?

Le plus souvent Israël profite de provocations réelles ou fabriquées pour donner libre cours à sa violence ou déclarer la guerre. En fait, l’attentat du 23 mars à Jérusalem aurait pu être utilisé de la sorte si une attaque d’envergure avait été à l’ordre du jour. L’incident à l’arrêt de bus bondé a tué une personne et en a blessé une trentaine, dont trois gravement. Selon Haaretz il s’agissait probablement d’un engin explosif "caché dans un sac près du téléphone". Le 24 mars, Ma’an News a dit que la police israélienne resterait "en état d’alerte maximum" suite à cette attaque. Un officiel anonyme a déclaré que "les autorités savaient qui était derrière" l’attentat : les suspects habituels sans aucun doute.

Cela fait bientôt 44 ans que des incidents similaires et d’intenses conflits sporadiques jalonnent la vie quotidienne de la Palestine occupée. Cela témoigne de la brutalité et de la violence israéliennes, mais au lieu de les condamner et d’exiger qu’il y soit mis fin, Washington les récompense généreusement tout en attaquant lui-même à des fins impérialistes tous ceux qui lui en donnent l’occasion comme Kadhafi.

Ce sont toujours les civils innocents qui souffrent le plus, surtout les femmes et les enfants qui sont les principales victimes de la guerre et de la violence ; ce sont des victimes ignorées, qui n’ont pas de valeur et qui n’intéressent personne et que les medias dominants, qui soutiennent les massacres et les destructions impérialistes, ne mentionnent jamais.

Tout ceci fait que des milliers de Palestiniens sont prêts à lancer une troisième Intifada, galvanisés par les autres soulèvements pour un changement démocratique dans la région. Au début de mars, une nouvelle page de Facebook a été créée pour la promouvoir avec comme slogan :" La Palestine sera libérée et nous la libérerons."

En quelques jours, la page a enregistré 140 000 "j’aime" avec un million comme but, et le rythme se maintient et en en attend encore beaucoup d’autres - c’est une vague de fond qui aura raison de l’occupation et qui apportera à ce peuple opprimé la fin de l’occupation et le changement démocratique qui lui ont si longtemps été refusés. Le changement viendra parce qu’il est le fruit de l’énergie populaire, mais ce ne sera pas facile ni rapide et les Palestiniens auront à supporter encore beaucoup de souffrances.

Un dernier commentaire

Depuis le 22 mars, les Palestiniens ont deux raisons supplémentaires d’agir car la Knesset a passé deux lois discriminatoires. La première s’appelle la loi sur l’acceptation dans les communautés et elle autorise les petites communautés juives de Galilée et du Negev à avoir des comités d’admission racistes qui excluent les résidents arabes ou les personnes indésirables pour d’autres raisons des communautés qui vivent sur des terres confisquées aux Palestiniens.

L’association pour les droits civils en Israël (ACRI) a dit que le vote de cette loi "inscrirait la discrimination et l’apartheid dans la loi israélienne" grâce à des critères vagues comme la nécessité de "correspondre au style de vie de la communauté" ou de "correspondre au tissu social" ce qui signifie en clair qu’on n’acceptera pas les Arabes ; et peut-être pas non plus les pères ou mères célibataires, les handicapés, les couples du même sexe, les juifs d’origine orientale bref toute personne que l’on considérera comme indésirable.

On appelle l’autre loi, la Loi de la Nakba bien que son nom officiel soit la Loi des Principes Budgétaires (amendement 39) : la réduction des subventions budgétaires aux activités contraires aux valeurs de l’état, qui permet au ministre des finances d’infliger des amendes aux municipalités et aux institutions publiques passibles de :
  soutenir publiquement des organisations commémorant la Nakba, le jour de l’indépendance d’Israël ;
  s’opposer au terme "état juif démocratique" ou
  manquer de respect aux symboles de l’état.

Selon ACRI "cette loi limite dangereusement la liberté d’expression, la liberté de l’expression artistique et la liberté de manifester qui sont des droits élémentaires essentiels à l’existence même de la démocratie."

Il est clair qu’Israël n’est pas une démocratie et n’en a jamais été une, puisque seuls les Juifs y ont des droits et d’ailleurs de moins en moins, sauf pour les plus privilégiés comme aux USA. La plupart des gens sont plus que jamais livrés à leurs propres ressources. Les médias des deux pays minimisent cet état de fait, quand ils en parlent.

Stephen Lendman - DissidentVoice 

* Stephen Lendman habite à Chicago. On peut le contacter à lendmanstephen@sbcglobal.net et sur [sjlendman.blogspot.com]. Il anime des émissions d’avant garde sur the Progressive Radio News Hour sur the Progressive Radio Network.

30 mars

25 mars 2011 - Dissident Voice - Pour consulter l’original :

http://dissidentvoice.org/2011/03/t...
Traduction : Dominique Muselet

http://alqods-palestine.blogspot.com/


1-3 Myriam Abraham: Nouvelle folie : «Jeter A La Mer».

Construire une île artificielle au large de Gaza pour se débarrasser des Gazaouites dernière invention des israéliens dont le nouveau tortionnaire en chef du Shin Bet porte kippa. Gros dilemme : va-t-il «travailler» ou non le Shabbat et les milliers de Palestiniens détenus sans jugement dont des femmes et des enfants auront-ils droit à un »jour de repos» - 7éme ou pas - sans torture ?

Après les tourniquets à bestiaux pour harasser les Palestiniens dans leurs déplacements, le Mur pour les ghettoïser et ce ghettoïser en même temps, les tunnels et routes d’Apartheid qui découpent la Cisjordanie en bandoustans, des Juifs sionistes fascistes « inventifs » ont imaginé un plan de création d’une île artificielle au large de Gaza équipée d'un port et d’un aéroport .
C’est le ministre des Transports, Yaakov Katz, à l’origine de cette initiative qui vient de l’annoncer.
"Ce projet vise à une coupure totale avec la bande de Gaza, alors qu'aujourd'hui Israël continue à être responsable des échanges de cette région car nous n'avons pas permis la création d'un port et d'un aéroport", a-t-il dit à la radio militaire.L'aéroport de Gaza, construit près de Rafah financé par les pays de l’UE inauguré en 1998 mais violemment bombardé par l'armée israélienne en 2001 avec pour objectif de le détruire est hors d’usage.
"J'ai cherché une solution qui permette de rompre toute relation avec Gaza - Israël occupe toujours Gaza selon le Droit international puisqu'il est maître de son espace aérien de ses frontières terrestres et maritimes - tout en conservant notre maîtrise de la sécurité en mer grâce au blocus, qui est critique pour empêcher un trafic d'armes ;
"Une force internationale contrôlerait l'île qui pourrait être construite à 4,5 km des côtes de Gaza".

"L'Autorité palestinienne pourrait être partenaire de ce projet" - sous entendu ce projet pourrait ainsi bénéficier de subventions européennes voire américaines - a ajouté Katz qui a précisé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui avait demandé de préparer un plan qui recevra par la suite son feu vert.
Katz a estimé que ce plan pourrait permettre à Israël de lancer une initiative diplomatique afin d'obtenir un soutien international et débloquer le processus politique sur la question clé de la bande de Gaza sans passer par le Hamas.
Selon la deuxième chaîne de télévision privée israélienne qui a relayé cette idée de création d’île au large de Gaza, cette île artificielle s'étendrait sur 4 km de long et 2 km de large. Elle pourrait accueillir outre un aéroport, un port, une zone touristique, une marina, des hôtels et une unité de dessalement d'eau de mer. Elle serait reliée à la terre ferme de la Bande de Gaza par un pont de 4 km. Son coût est estimé à 5 à 10 milliards de dollars selon les options choisies, tandis que les travaux devraient durer de 6 à 10 ans, a ajouté la télévision.
Les Juifs fascistes israéliens qui avaient un temps songer lors de l'une de leurs guerres contre les Gazaouites à les pousser à fuir dans le Désert du Sinaï au risque de mécontenter l’Egypte ce qu'ils ne veulent pas tant le soutien de l'Egypte avec ou sans Moubarak est vital pour la survie du régime sioniste ont donc décidé cette fois de « jeter à la mer » les Palestiniens de Gaza.
Le nouveau patron du Shin Bet, Yoram Cohen, l’officine juive sioniste spécialisée dans la torture haut de gamme des Palestiniens, qui porte kippa comme de plus en plus de hauts responsables israéliens que ce soit dans l’armée les ministères et leurs satellites va-t-il ou non «travailler» le Shabbat ?
Inutile de se poser la question de savoir si sa « conscience juive » le « travaille » à propos de sa principale fonction : orchestrer la torture des Palestiniens de tous âges et sans distinction de sexe puisqu’en ayant accepté ce poste de directeur du Shin Bet la réponse est d’office NON.
Par contre sa principale préoccupation sera de concilier ses obligations professionnelles avec ses obligations religieuses.
Dur dilemme!
Les Palestiniens vont-ils avoir droit à "un jour de repos" échappant ainsi pendant 24h à la torture du Shin Bet?
Nulle doute que le Parrain» de la Mafia Juive Religieuse Sioniste Séfarade,Ovadia Yossef, saura le conseiller grâce à sa "profonde connaissance de la Loi Juive", sur ce sujet « épineux » du respect du Shabbat lorsqu’il s’agit de torturer des Goyim qui plus est Arabes.

Mercredi 30 Mars 2011

http://www.planetenonviolence.org/Nouvelle-Folie-Des-Juifs-Fascistes-Du-Regime-Sioniste-Jeter-A-La-Mer-Les-Palestiniens-de-Gaza_a2401.html

 


1-4 Diego : Attentat de Jérusalem: à qui profite le crime?

Vers un "Plomb Durci 2" ? 

L’attentat à l’explosif commis aujourd’hui dans un bus à Jérusalem relance le conflit israélo-palestinien dans une période déjà riche en événement sur la scène internationale.
Alors que tout porte à croire que des « terroristes » palestiniens seraient à l’origine de cette opération, il convient de prendre du recul et de s’interroger sur les bénéficiaires politiques de cet attentat.
En effet, Israël voit d’un très mauvais œil l’arrivée d’un nouveau gouvernement en Egypte qui lui est beaucoup moins favorable que le précédent, et qui, plus important, prétend assouplir le blocus de Gaza en facilitant l’accès des hommes et des marchandises, notamment des matériaux de reconstruction, par le passage de Rafah vers la bande de Gaza.
Cette politique va à l’encontre des projets génocidaires israéliens qui visent à affamer et exterminer à terme les palestiniens de Gaza pour récupérer ce bout de territoire qui s’inscrit dans les frontières du Grand Israël.
Plus grave encore pour les israéliens, le rapprochement entre le Hamas et le Fatah qui pourraient bientôt se retrouver dans un gouvernement d’union nationale. Pour Israël, il serait catastrophique de se retrouver face à un bloc soudé et une révolte populaire à l’égyptienne. Le 17 mars sur CNN, Netanyahu a publiquement dénoncé ce rapprochement et en faisant référence au Hamas a demandé au journaliste américain: "Pouvez-vous imaginer un accord de paix avec Al-Qaida ?"
Pour les israéliens, il y a urgence à agir pour briser cet élan, d'autant plus que Abbas, en réponse aux manifestations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza qui réclament l'unité des palestiniens, a promis des élections prochainement en Palestine.
Les premières réactions officielles israéliennes à l’attentat de Jérusalem vont d’ailleurs dans le sens d’une intervention militaire: Netanyahou, premier ministre: « Israël se défendra avec une volonté de fer»
Silvan Shalom, vice-premier ministre :  
"La période de retenue est finie »
"J'espère qu'il y aura pas d’autre opération Plomb Durci, mais s'il n'y a pas d'autre choix, nous lancerons une autre opération."
Ehoud Barak, ministre de la défense :   « le Hamas est responsable de l'escalade, il en paiera le prix» « Israël ne tolérera pas d'attaques contre la population civile, que ce soit dans le sud ou à Jérusalem."
Avigor Lieberman, ministre des affaires étrangères (qui vient en visite en France): “Israël attend de la France un soutien aux actions de l’armée israélienne menées contre les attaques de missiles de la bande de Gaza vers les localités en Israël”
Tsipi Livni, chef de l’opposition:  
« il faut une sérieuse offensive contre le Hamas »  
« l'Etat d'Israël ne doit apparaître comme faible face à ses ennemis"
« Nous devons maintenir notre force de dissuasion »
Miri Reguev, députée : « il faut une opération Plomb durci 2 »

Par ailleurs, la période actuelle est parfaite pour une telle opération :
-    La situation internationale et l’attention du monde braquée sur le Japon et la Lybie, ce qui, compte tenu du rapport de force défavorable entre les gazaouis et l’armée israélienne, permettraient aux colons de procéder à une opération «Plomb Durci 2» sous-médiatisée.  
-    L’état de préparation psychologique des esprits occidentaux soumis en
Europe, comme aux USA, à une campagne internationale de dénigrement des musulmans et qui sont donc préparés à accepter de nouvelles agressions contre des populations arabo-musulmanes, au nom de la défense de la "seule démocratie de la région", menacée par "les terroristes du Hamas".
Pour toutes ces raisons, il m’apparaît fort probable que cet attentat soit une opération false-flag du Mossad et qu'elle soit le prélude à davantage de provocations de Tsahal (bombardements, chars, mortiers, tirs par erreur sur civils etc...) pour faire réagir les résistants palestiniens et déclencher le conflit.

Diego

Jeudi 24 Mars 2011

http://www.alterinfo.net/Attentat-de-Jerusalem-a-qui-profite-le-crime_a56655.html


1-5 Khalid Amayreh : Israël est coupable, il porte la responsabilité des récentes violences.

En bref, Israël ne sera jamais en sécurité aussi longtemps que son occupation digne des nazis se poursuivra. Ceci est une réalité de la vie dont tous les sionistes et leurs alliés doivent être convaincus.

Depuis son attaque génocidaire contre la bande de Gaza il y a plus de deux ans, Israël a eu toute une période avec les mains libres sur le peuple palestinien, en particulier dans la bande de Gaza. Et à chaque fois que les Palestiniens ont voulu se défendre eux-mêmes, les dirigeants israéliens sont devenus totalement enragés, menaçant de lâcher leur énorme machine de guerre sur la population palestinienne non protégée.

Le mardi 22 mars, Israël a tiré des obus d’artillerie sur des quartiers civils palestiniens à l’est de Gaza, tuant huit personnes, dont deux enfants qui jouaient au football devant chez eux.

Certaines des autres victimes se rendaient simplement à la mosquée voisine à Shujaiya pour prier, avant qu’un obus d’artillerie israélien n’abrège leur courte vie.

Inutile de le dire, ces deux enfants viennent s’ajouter à une longue liste d’enfants qui ont été assassinés, sciemment et délibérément, par l’armée de cet État qui n’hésite pas à pérorer sur le sacré de la vie humaine, à chaque fois qu’on fait du mal à un colon terroriste juif en Cisjordanie.

Israël n’a pas changé ; Israël ne changera pas, il sera toujours un État assassin, terroriste, décidé à tuer du Palestinien et à tout faire pour liquider l’existence nationale palestinienne.

Ce processus qui fait penser aux nazis n’a pas commencé d’hier, ni du mois dernier, ni de l’année dernière. Il a commencé dès que ce régime du mal est entré dans l’existence, il y a plus de soixante ans, et il se poursuit depuis, sans aucune retenue.

Le peuple palestinien, à Gaza ou ailleurs, a le droit de vivre dans la paix et la sécurité, protégé de ce spectre criminel de la machine à tuer israélienne. Et pourtant, l’application de ce droit est toujours restée à l’état de rêve, un rêve lointain, pour la plupart des Palestiniens.

La raison en est simple. Israël, État raciste dont l’existence même s’est fondée sur le nettoyage ethnique et le vol d’une terre, Israël veut voler le plus possible de terres palestiniennes pour étendre le plus possible les colonies juives.

Selon la logique sioniste, les Palestiniens ne doivent jamais résister à la dépossession complète de leur patrie ancestrale par des voleurs de terres venant de l’Europe de l’Est, sinon, sinon il faut les faire abattre et mutiler par la machine à tuer sioniste, alimentée par l’Amérique.

De cette logique il faut se débarrasser, il faut la rejeter. Le peuple palestinien a le droit d’être libéré du terrorisme sioniste ; et si les Palestiniens ne peuvent être en sécurité à Gaza, Naplouse et Jérusalem, alors il est inévitable que les Israéliens, eux, ne seront pas en sécurité dans les villes juives.

Ce ne sont jamais les Palestiniens qui commencent la violence et les effusions de sang. Ceux qui déclenchent la violence et les effusions de sang, ce sont les voyous khazars racistes qui viennent d’Europe de l’Est pour semer la terreur et les bains de sang, et usurper une terre qui ne leur appartient pas ; une terre qu’ils veulent accaparer en se fondant sur une lubie et une mythologie religieuses particulièrement fallacieuses.

L’explosion à Jérusalem-Ouest, mercredi, est un rappel supplémentaire que, quelles que soient les précautions sécuritaires prises par le régime sioniste et nonobstant le niveau de coordination sécuritaire entre ce régime et l’Autorité palestinienne accommodante, il y aura toujours un homme ou une femme de Palestine à risquer sa vie pour démontrer à l’establishment israélien que l’occupation a un prix.

En bref, Israël ne sera jamais en sécurité aussi longtemps que son occupation digne des nazis se poursuivra. Ceci est une réalité de la vie dont tous les sionistes et leurs alliés doivent être convaincus.

Les Palestiniens ont compris que leur combat pour la liberté et la justice est un combat long et difficile. Ils ont compris aussi que ce combat a un prix qu’ils doivent payer de leur sang et de leur vie. Et c’est ce qu’ils font, car le peuple de Palestine sait parfaitement que sa survie en tant que peuple est inextricablement liée à sa capacité à continuer la lutte, et qu’autrement il pourrait connaître sa disparition nationale définitive, étant donné que le but final d’Israël est, et a toujours été, d’arriver à notre disparition nationale.

La récente effusion de sang frappant de jeunes enfants, surtout dans la bande de Gaza, est un autre rappel que le conflit avec Israël n’est pas prêt de déboucher sur un accord ou d’être résolu, ni par des moyens politiques, par exemple par un processus de paix moribond et si totalement en faillite que même les tout petits enfants dans les rues de la Palestine occupée savent qu’il est vide de toute paix juste et durable, ni en imposant une capitulation aux Palestiniens et aux musulmans.

Avec les révolutions prometteuses qui se déroulent actuellement dans de nombreux pays arabes, il existe de bons présages pour que les mondes arabe et musulman se retrouvent dans une position nettement meilleure pour obliger Israël à renoncer à son vol de la terre arabe en Palestine.

La disparition de plusieurs régimes arabes qui ne servaient que du bout des lèvres la cause palestinienne tout en servant particulièrement efficacement la cause sioniste en harcelant leur propre peuple, restreignant ainsi sérieusement la capacité de leurs pays à faire face au sionisme, cette disparition est à coup sûr une bonne nouvelle pour la cause palestinienne, mais une mauvaise pour l’insolence sioniste.

A tout le moins, le régime sioniste à partir de maintenant va devoir réfléchir à deux fois avant de déclencher ce genre d’agressions génocidaires, telle que celle de 2008/2009 sur la bande de Gaza, qui fut menée de connivence et en toute complicité avec le régime Moubarak d’Égypte, régime qui, depuis, a été expédié à la poubelle de l’histoire.

La perte continue des vies côté palestinien, surtout dans la bande de Gaza, est douloureuse pour tout Palestinien, tout Arabe, tout musulman. Cependant, les Palestiniens ne doivent jamais oublier que c’est leur survie même en tant que peuple qui est en jeu, et que le sionisme est un mouvement génocidaire qui cherche constamment à imiter le Troisième Reich, dans tous les aspects qu’ils peuvent imaginer, depuis le racisme jusqu’au concept de Lebensraum (*).

C’est notre destin, à nous Palestiniens, d’être à l’avant-garde de la résistance à l’entreprise sioniste colonialiste car son but est d’occuper notre terre et de rayer jusqu’à notre existence. Par conséquent, nous devons échapper à notre sort, car sinon, Dieu nous en garde, notre survie en tant que peuple serait mise en péril.

(*) Le Lebensraum (de l’allemand, der Raum, l’espace et das Leben, la vie) ou « espace vital », est un concept géopolitique créé par les milieux impérialistes allemands et popularisé par le nazisme. Lié au darwinisme social, il renvoie à l’idée de territoire suffisant pour, dans un premier temps, assurer la survie d’un peuple et, dans un deuxième temps, favoriser sa croissance via la conquête.

Forgée par Friedrich Ratzel (1844-1904), cette idée a été l’une des principales justifications théoriques de la politique expansionniste de l’Allemagne nazie, en particulier sur le front de l’Est.

(source : Wikipédia)

Khalid Amayreh

30 mars

- CPI

http://alqods-palestine.blogspot.com/


1-6 Javier Sethness : La crise infligée à Gaza.
L’anarchiste étasunien Noam Chomsky et le communiste israélien Ilan Pappé, qui sont tous deux d’influents critiques juifs de l’état d’Israël et de sa brutale oppression des Palestiniens, ont réalisé ensemble une vaste compilation de leurs travaux sur l’impérialisme contemporain intitulée "Gaza en crise : Réflexions sur la guerre d’Israël contre les Palestiniens" ; le volume a été édité par le militant Frank Barat et publié fin 2010. Bien que "Gaza en crise" traite largement de la politique d’Israël vis à vis de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas et en particulier de l’attaque meurtrière de l’état hébreu de l’hiver 2008-2009 contre ce territoire, cet ouvrage constitue en fait une exploration dialectique globale de la domination et de la négation d’autrui qui sont à l’oeuvre non seulement en Palestine historique mais aussi plus généralement par le biais du système qui commande la dépossession et la colonisation des Palestiniens. Dans ce sens, "Gaza en crise" propose une approche critique de ce que le regretté Edward W. Said appelait la question palestinienne aussi bien que du monde en général ; étant donné le déni qui domine ces deux sphères, une réflexion sur la réflexion de ces penseurs pourrait se révéler d’importance capitale.

La profondeur du calvaire de la Palestine contemporaine devrait être une évidence pour tous. Citant le travail de Richard Falk, Chomsky affirme que "la main mise" d’Israël sur Gaza s’est considérablement durcie, suite aux élections de 2006 que le Hamas a gagnées haut la main, au point de pouvoir être qualifiée de "prélude au génocide" ; Pappé de son côté, considère que le comportement d’Israël pendant l’opération "Plomb durci" constituait déjà un génocide. Selon lui, la réalité actuelle, qui est celle d’une "catastrophe humanitaire d’envergure inimaginable", exigerait qu’Israël soit relégué au statut d’état paria. Au lieu de cela, le Comité des affaires publiques américain israélien (AIPAC) se sert de son influence pour pousser les USA à bombarder l’Iran pendant que l’administration Obama continue de financer Israël et de protéger sa politique de colonisation.

Selon Chomsky, la brutalité qu’Israël a démontrée pendant l’opération Plomb Durci est une preuve de son "indifférence pervertie" pour la vie humaine ; Comme le rapport Goldstone, Chomsky considère que l’attaque de Gaza est une manifestation indiscutable de terrorisme d’état, qui s’apparente en fait aux crimes de l’état russe en Tchétchénie. Il affirme que Plomb fondu s’enracine dans la préoccupation consciente d’Israël et des USA d’écraser le modèle de résistance représenté par le Hamas à Gaza et qui s’opposait à la collaboration prônée par l’Autorité Palestinienne, une organisation que Chomsky suggère d’abolir - et ceci est un interview qui remonte à des années avant la publication par Al Jazeera et le Guardian des Documents Palestiniens. Ce qui lui fait dire cela, c’est la certitude que la doctrine qui sous-tend la politique des USA est une doctrine maffieuse selon laquelle les alternatives aux desseins géopolitiques des élites dirigeantes, quelles soient islamistes ou humanistes, doivent être réprimées même et surtout par l’usage excessif de la force. Le soutien apporté par les officiels étasuniens à Plomb fondu en particulier et à la destruction de la Palestine en général est évident et ne requiert pas de démonstration ni d’exégèse. Pour l’establishment israélien et étasunien, en vérité, les intérêts des Palestiniens de Gaza sont au mieux automatiquement suspects, au pire complètement ignorés - ce ne sont "pas des personnes", comme le dit l’historien Mark Curtis : ce sont des moscas (mouches) ou nadies (personnes), ainsi qu’il est écrit à Acteal, au Mexique, à l’emplacement d’un massacre commis par les paramilitaires affiliés au gouvernement en décembre 1997. En tant que victimes de pouvoirs constitués, les Gazaouis ressemblent sans nul doute beaucoup aux Iraquiens, aux Haïtiens, aux Congolais, aux Mexicains et à beaucoup d’autres. Ce n’est toutefois pas anodin que Hosni Moubarak, l’homme qui a rencontré Tsipi Livni quelques jours avant le lancement de Plomb fondu et qui a maintenu la frontière de Rafah fermée pendant que les Gazaouis étaient sauvagement bombardés par l’armée israélienne lors des attaques qui ont suivi, ait été renversé par le soulèvement des Egyptiens de la rue. Même si la souffrance actuelle des Gazaouis, des Egyptiens, des Libyens et de beaucoup d’autres peuples de ce monde, interdit de prononcer des discours qui célèbreraient l’avènement d’un progrès historique, il faut se réjouir, à la fois en Palestine et ailleurs, de la radicalité du soulèvement des masses égyptiennes contre Mubarak - soulèvement qui est d’ailleurs un écho d’intifadas antérieures, que ce soit en Palestine en 1987, à Paris en 1789 ou à Chiapas en 1994. On peut dire que l’exemple incarné par ce soulèvement a aujourd’hui quelque chose d’universel.

Il est capital de se demander, dans l’optique d’un progrès en Palestine, comment il se fait que ce qui se produit, puisse se produire. Chomsky a certainement raison de souligner que ce qui permet en premier lieu d’expliquer Plomb fondu c’est la situation actuelle de l’ancienne Palestine : à savoir que la population native de Palestine n’a pas d’état et est soumise à la domination israélo-étasunienne -un diagnostic qui ne nie absolument pas la qualité de sujets de Palestiniens chosifiés et opprimés. Ni Chomsky ni Pappé ne semblent considérer comme vraiment convaincantes les thèses de John Mearsheimer et Stephen Walt sur le Lobby israélien ; tous les deux pensent que la politique des USA en ce qui concerne la Palestine est l’oeuvre du Pentagone et de l’industrie de l’armement au moins autant que de l’AIPAC, et Pappé introduit même les chrétiens sionistes fondamentaux dans la description qu’il fait de la trajectoire historique d’Israël dans le système politique officiel des USA. Il montre même que l’appareil politique officiel des USA n’a pas toujours soutenu inconditionnellement le projet sioniste en Palestine historique en examinant la tradition des "spécialistes des arabes" du département d’état étasunien qui, semble-t-il, avaient moins de mépris pour les intérêts des populations de la région que le Sionisme à ce jour. Parmi ces officiels arabisants, il y avait Henry King et Charles Crane qui ont participé à une commission d’enquête envoyée en Orient par la Conférence de Versailles après la première guerre mondiale pour y étudier les aspirations des habitants de la région suite à la défaite de leurs suzerains impériaux, les Ottomans. King et Crane ont découvert que la plupart des arabes qu’ils avaient interrogés désiraient être incorporés à un état arabo-syrien, une éventualité historique qui comme beaucoup d’autres, a été niée dans les faits. Pappé dit que les arabisants ont dominé le département d’état jusqu’à l’administration d’Eisenhower pendant laquelle l’AIPAC a été fondé ; il mentionne aussi la tiède critique d’Israël de l’administration de Bush père. A travers son examen des événements historiques il montre qu’une alternative a existé à la présente situation - ce qui indique que les choses peuvent être différentes de ce qu’elles ont été et de ce qu’elles sont.

Al-Nakba (la catastrophe) subie par les Palestiniens pendant la création de l’état d’Israël constitue un élément capital dans cet ouvrage comme dans d’autres de Pappé. Il considère que ce funeste développement, dont s’est rendu coupable le Sionisme à la naissance de son état, pourrait tout particulièrement soulever la question de la légitimité de cette idéologie et de ses pratiques -un thème de réflexion qui est largement occulté par les formes traditionnelles de recherche en Israël comme dans la plus grande partie du monde, selon Pappé. L’historien de plus souligne que al-Nakba ne devrait pas être considéré comme une simple réalité historique, si on prend en compte l’importance de la capacité de destruction d’Israël à la fois dans l’histoire et de nos jours. Ce que Pappé appelle le courant sioniste "dominant" ou "pragmatique" -un projet qui a pour but l’hégémonie d’Israël sur toute la surface que les impérialistes nomment "Eretz Israel"- est fortement ancré en Israël ; comme dans l’entité impérialiste qui est sa marraine, la classe officielle politique israélienne est en elle-même une catastrophe. En plus d’avoir massacré la population sans défense de Gaza pendant l’opération Plomb fondu, les hégémonistes israéliens menacent de commettre d’autres actes qui rappellent ceux qui ont été perpétrés pendant al-Nakba à la naissance d’Israël, selon Pappé. L’historien-émigré voit peu de raisons d’espérer le développement d’une alternative humaine à l’actuelle dévastation de la Palestine qui émergerait de l’intérieur de la société israélienne ; bien que des forces d’opposition non négligeables existent en Israël -les Anarchistes contre le mur par exemple, ou les jeunes manifestants critiques de Tel Aviv et d’ailleurs, et peut-être Hadash- Pappé pense qu’elles sont trop marginales pour avoir une réelle influence sur l’opinion publique israélienne qui, il faut bien le dire, semble collaborer avec enthousiasme à la dépossession des Palestiniens. Qu’on puisse ou non aboutir à cette conclusion définitive, Pappé a sûrement raison de dire que c’est l’attitude israélienne qui constitue le "principal obstacle" à une "réconciliation pacifique" entre les deux actuels résidents de la Palestine occupée. En terminant d’exprimer son souhait qu’un tel changement se produise dans l’opinion publique israélienne, Pappé énonce son soutien au mouvement contre l’état israélien "Boycott, Désinvestissement et Sanctions" (BDS).

Chomsky quant à lui pense que le boycott d’Israël n’est pas la solution si on n’appelle pas en même temps au boycott des USA, l’Empire qui soutient l’état sioniste. Il explique que personne n’envisage une telle option à cause du fait que les USA sont considérés comme "vraiment trop puissants" et c’est pourquoi, dit-il, les mouvements pour une justice globale doivent se développer - une évidence qui ne paraît pas cependant constituer un argument contre le boycott d’Israël. Comme dans ses autres écrits, Chomsky, dans "Gaza en crise" souligne la nécessité absolue que l’administration des affaires politiques dépende d’initiatives à l’échelle mondiale.

Tout en notant que le scénario du conflit en Palestine historique qui a le plus de chance de se réaliser sera la destruction même de la Palestine, il dit que les affaires humaines dépendent trop "de désirs et de choix" anarchiques pour affirmer que cela se produira inévitablement. En suivant l’exemple récent des peuples tunisiens et égyptiens entre autres, les étasuniens pourraient par exemple intervenir radicalement dans les affaires de l’état et faire émerger une approche plus humaine et plus rationnelle des problèmes que pose le Sionisme, parmi d’autre problèmes. Dans une approche proche de celle des Marxistes indépendants - et beaucoup plus profonde que celle que défend dans ce livre Pappé qui se contente le plus souvent de se faire l’avocat de stratégies de "changement" des "orientations des élites politiques"- Chomsky prévient ses lecteurs que le "meurtre d’une nation" par Israël est aussi commis "de nos mains". Car la responsabilité du meurtre de masse et de la destruction d’une société, que ce soit à Gaza, en Iraq, en Afghanistan, en Libye ou n’importe où dans le monde, repose sur les dirigeants du système au pouvoir mais tout autant sur ceux qui collaborent avec lui.

Javier Sethness est une socialiste libertaire et un avocat des droits de l’homme.

Javier Sethness :

17 mars

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2011/03/i...

Traduction : D. Muselet

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