Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

16/05/2011

n° 19 - Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye - Fin - : Kadhafi : L'homme à abattre.

n° 19 - Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye  - Fin  - : Kadhafi : L'homme à abattre.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye 

n°19 du 14-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du libye" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :  

Au jour le jour

1 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-3 Jean BRICMONT : La Libye, la gauche européenne et le retour de l’impérialisme humanitaire.

2-4 Amar Djerrad : Chronique d’un échec annoncé des coalisés otaniens et des insurgés. 

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Libye : un avocat parisien va poursuivre l'OTAN.

4 Annexe

4-1 Kadhafi : L’homme à abattre (extrait du discours à l’ouverture du sommet Afrique-Amérique du Sud)



2-3 Jean BRICMONT : La Libye, la gauche européenne et le retour de l’impérialisme humanitaire.

Douze ans plus tard, c’est l’histoire du Kosovo qui se répète.

Des centaines de milliers de morts irakiens, l‘OTAN mise dans une position intenable en Afghanistan, et ils n’ont rien appris !

La guerre du Kosovo a été lancée pour stopper un génocide inexistant, la guerre afghane pour protéger les femmes (allez vérifier leur situation actuellement) et la guerre d’Irak pour protéger les Kurdes.

Quand vont-ils comprendre qu’on a toujours affirmé que les guerres sont justifiées par des raisons humanitaires ?

Même Hitler « protégeait les minorités » en Tchécoslovaquie et en Pologne.

Ils sont tous là : les « Verts » avec José Bové, maintenant allié à Daniel Cohn- Bendit, qui a toujours soutenu les guerres de l’OTAN, et bien sûr Bernard-Henry Levy et Bernard Kouchner, appelant à une sorte « d’intervention humanitaire » en Libye, mais aussi, parfois, les partis de la gauche européenne (qui regroupe les partis communistes européens « modérés ») ; différents groupes « radicaux » reprochent à la gauche d’Amérique Latine, dont les positions sont bien plus sensées, d’agir comme idiots utiles du tyran libyen. Un article récent de la Ligue Communiste Révolutionnaire (belge), parlant de « faillite du chavisme », est un bon exemple de cette attitude.

Alors que les trotskistes n’ont jamais connu la responsabilité du pouvoir, et n’ont jamais eu l’obligation de répondre au peuple qu’ils prétendent représenter, ils se lancent dans des critiques virulentes de Chavez, qui est régulièrement élu à la tête d’un grand pays (et les trotskistes n’adorent-ils pas la démocratie ?) sans chercher à comprendre pourquoi la gauche latino-américaine voit, avec raison, l’ingérence américaine comme « l’ennemi principal » et, sans doute parce qu’elle est mal informée, ne fait pas confiance aux trotskistes européens pour arrêter l’OTAN.

 

Douze ans plus tard, c’est l’histoire du Kosovo qui se répète. Des centaines de milliers de morts irakiens, l‘OTAN mise dans une position intenable en Afghanistan, et ils n’ont rien appris ! La guerre du Kosovo a été lancée pour stopper un génocide inexistant, la guerre afghane pour protéger les femmes (allez vérifier leur situation actuellement) et la guerre d’Irak pour protéger les Kurdes. Quand vont-ils comprendre qu’on a toujours affirmé que les guerres sont justifiées par des raisons humanitaires ? Même Hitler « protégeait les minorités » en Tchécoslovaquie et en Pologne.

 

Et, comme lors du Kosovo, on s’oppose à l’intervention avec toutes les mauvaises raisons possibles et imaginables : par exemple, qu’une intervention va renforcer Kadhafi - mais on a aussi dit cela pour Milosevic et Saddam, et ce n’est pas exactement ce qui s’est passé.

Ou qu’il faut « soutenir l’insurrection » mais s’opposer à l’intervention, alors qu’il est évident qu’un soutien purement verbal est sans effet. Ou encore que les insurgés ne nous demandent pas d’intervenir ; d’abord, cela semble ne plus être vrai et, s’ils perdent, ils nous demanderont surement d’intervenir. Mais devons-nous intervenir partout dans le monde si on nous le demande ? Le fait-on avec les Palestiniens ?

 

Par contre, le secrétaire d’état des Etats-Unis, Robert Gates, a déclaré qu’on « doit examiner la tête » de tout futur secrétaire d’état qui conseillerait au président américain d’envoyer des troupes en Asie ou en Afrique. L’amiral Mc Mullen a également conseillé la prudence.

Le grand paradoxe de notre époque, c’est que le QG du mouvement de la paix se trouve au Pentagone et au Département d’Etat tandis que le parti pro-guerre est constitué d’une coalition de néo-conservateurs et d’interventionnistes de toutes sortes, comprenant la gauche de l’ingérence humanitaire de même que certains Verts ou des communistes repentis. La même combinaison se retrouve d’ailleurs dans le cas de l’Iran. Ce sont les militaires qui conseillent la prudence et les « humanitaires » qui lancent des cris de Taïoo au nom des droits de l’homme (ou de la femme).

 

Evidemment, les Etats-Unis feront ou non la guerre pour des raisons qui sont indépendantes des opinions de la gauche pro-guerre. Contrairement à ce qui est souvent affirmé, le pétrole n’est sans doute pas le facteur principal affectant leur décision, car tout futur gouvernement libyen devra vendre du pétrole et la Libye n’en produit pas assez pour peser significativement sur les cours du pétrole. Bien sûr, le chaos en Libye mène à la spéculation qui elle-même affecte les prix, mais cela est un autre problème.

Toute l’idée de « guerre pour le pétrole » souffre de simplisme. En Irak, par exemple, les compagnies chinoises peuvent investir tout autant que les autres, et la Chine achète du pétrole un peu partout dans le monde au prix du marché, sans dépenser un centime en interventions militaires.

Si les Etats-Unis ont fait la guerre pour « contrôler le pétrole » et affaiblir la Chine, il s’y sont vraiment mal pris ! En plus, tout l’argent qu’ils dépensent pour leurs guerres est, en pratique, emprunté à la Chine, ce qui contribue encore plus à leur déclin. Drôle de façon de maintenir son hégémonie.

L’argument principal en faveur de la guerre, du point de vue des Etats-Unis, est que, si tout se passe vite et facilement, cela réhabilitera l’OTAN et l’ingérence humanitaire, dont l’image a été ternie par l’Irak et l’Afghanistan. Une nouvelle Grenade ou au plus, un nouveau Kosovo, est exactement ce qu’il faut. Un autre motif d’intervention c’est de mieux contrôler les rebelles en venant les « sauver » dans leur marche vers la victoire.

Mais cela a peu de chance de réussir : Karzaï en Afghanistan, les nationalistes kosovars, les Shi’ites d’Irak et bien sûr, Israël, sont parfaitement contents de bénéficier de l’aide américaine quand ils en ont besoin mais, après cela, ils poursuivent leur propre agenda. Et une occupation militaire totale de la Libye après la « libération » est peu réaliste, ce qui, bien sûr, du point de vue des Etats-Unis rend l’intervention moins attrayante.

 

Mais si les choses tournent mal, ce sera probablement le début de la fin de l’Empire américain, d’où la prudence des gens qui le gèrent et qui ne se contentent pas d’écrire des articles dans Le Monde ou de pester contre les dictateurs devant des caméras.

 

Il est difficile pour des citoyens ordinaires de savoir exactement ce qui se passe en Libye, car les médias occidentaux se sont complètement discrédités en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine, et les sources d’informations alternatives ne sont pas toujours crédibles non plus. Cela n’empêche pas bien sûr la gauche pro-guerre d’être absolument convaincue de la vérité des pires informations sur Kadhafi, comme elle l’était il y a douze ans à propos de Milosevic.

 

Le rôle négatif de la Cour Pénale Internationale est manifeste, comme l’a été celui du Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie dans le cas du Kosovo. L’une des raisons pour laquelle il y a eu relativement peu de sang versé en Tunisie et en Egypte, c’est qu’il y avait une porte de sortie possible pour Ben Ali et Moubarak. Mais la « justice internationale » veut rendre impossible une telle sortie pour Kadhafi et probablement pour les gens proches de lui, les poussant ainsi à combattre jusqu’au bout.

 

Si « un autre monde est possible », comme la gauche européenne le proclame sans arrêt, alors un autre Occident devrait être possible aussi, et la gauche européenne devrait commencer à le construire.

La rencontre récente de l’Alliance Bolivarienne pourrait servir d’exemple : la gauche d’Amérique Latine veut la paix et ils veulent empêcher l’intervention des Etats-Unis car ils savent qu’ils sont dans leur ligne de mire et que leur processus de transformation sociale exige d’abord et avant tout la paix et la souveraineté nationale.

 

Donc, ils ont suggéré d’envoyer une délégation internationale conduite éventuellement par Jimmy Carter ou Lula (qu’on ne peut pas accuser d’être des marionnettes de Kadhafi) pour commencer un processus de négociation entre le gouvernement et les rebelles. L’Espagne s’est dite intéressée par cette idée, qui est bien sûr rejetée par Sarkozy. Cette proposition peut sembler utopique, mais si l’ONU mettait tout son poids derrière elle, ce ne serait peut-être pas le cas.

Et ce serait une façon pour l’ONU de remplir sa mission, ce qui est actuellement rendue impossible par l’influence des Etats-Unis et de l’Occident. Cependant, il n’est pas impensable que maintenant, ou lors d’une prochaine crise, une coalition de nations non interventionnistes, par exemple, la Russie, la Chine ou l’Amérique Latine et peut être d’autres puissent œuvrer ensemble pour construire des alternatives crédibles à l’interventionnisme occidental.

 

Contrairement à la gauche d’Amérique Latine, la gauche européenne a complètement perdu le sens de ce que veut dire faire de la politique. Elle n’essaie pas de proposer des solutions concrètes aux problèmes et est seulement capable d’adopter des positions morales, en particulier de dénoncer de façon grandiloquente les dictateurs et les violations des droits de l’homme.

La gauche social-démocrate suit la droite avec au mieux quelques années de retard et n’a aucune idée indépendante. La gauche « radicale » réussit souvent à dénoncer à la fois les gouvernements occidentaux de toutes les manières possibles et à demander que ces mêmes gouvernements interviennent militairement partout dans le monde pour défendre la démocratie.

Un des arguments les plus ridicules avancés par cette gauche est que Kadhafi a collaboré avec les Européens pour limiter l’immigration africaine et que, par conséquent, il faut le « dénoncer » (un des sports favoris de la gauche radicale étant de « dénoncer » tous ceux qui ne leur plaisent pas, manoeuvre purement verbale et dénuée d’effets positifs). Mais ce sont évidemment ces méchantes puissances européennes, ou américaines, qui vont intervenir en Libye, pas la gauche radicale qui n’a aucune force militaire à sa disposition.

Et si, au lieu de dénoncer Kadhafi, ce qui ne mange pas de pain, cette gauche se fixait la tâche (un peu plus ardue il est vrai) de convaincre les opinions publiques européennes de la nécessité d’ouvrir leurs frontières à quelques millions d’Africains ?

 

La gauche radicale n’a aucun programme cohérent et ne saurait pas quoi faire même si un dieu les mettait au pouvoir. Au lieu de « soutenir » Chavez et la Révolution Vénézuélienne, une affirmation vide de sens que certains se se plaisent à répéter, ils devraient humblement se mettre à leur école et, avant tout, réapprendre ce que faire de la politique veut dire.

 Jean BRICMONT

Internationalnews

Le Grand Soir   

Note : Une première version de ce texte est parue en anglais sur le site Counterpunch (http://www.counterpunch.org/bricmon...) et a été traduite en français. Cette version-ci développe et précise la version précédente.

Nouvelle version transmise par l’auteur - mise en ligne 12/03 à 16h30

Jean Bricmont enseigne la physique en Belgique et est membre du Tribunal de Bruxelles. Son livre "Humanitarian Imperialism" est publié par Monthly Review Press la version française « Impérialisme Humanitaire » l’est aux éditions Aden.

http://www.legrandsoir.info/La-Libye-la-gauche-europeenne-et-le-retour-de-l-imperialisme-humanitaire.html  


2-4 Amar Djerrad : Chronique d’un échec annoncé des coalisés otaniens et des insurgés. 

Il y a une succession et concordance d’évènements qui doivent obéir à une funeste stratégie qui consiste à diviser, à susciter les conflits, à créer la haine et l’adversité entre les nations ciblées ! Après la Tunisie et l’Égypte voilà le Yémen et le Bahreïn suivis de la Libye et la Syrie. La particularité est que certaines révoltes populaires sont réelles, spontanées et légitimes par contre d’autres sont suscitées selon un agenda, une stratégie pour des objectifs hégémoniques ou colonialistes visant surtout des pays anti-impérialistes, anti-hégémoniques ou anti-sionistes ; à savoir la Libye et la Syrie. Le plus diabolisé, au point où cela frise l’aliénation, est bien Kadhafi. Il a été déployé pour lui une monstrueuse machine de propagande que mènent des chaînes occidentales et les chaînes des pétromonarchies du Golf; ces gadgets médiatiques au service de la CIA et du MI6.
Ce qui se déroule en Libye est maintenant clair et net. Il s’agit, après plus de 40 jours, d’agression et de bombardements –de la part d’une coalition d’ex pays colonialistes aidés par les États-Unis, le Qatar et les Émirats– qui détruisent les infrastructures de base, tuent les populations civiles de toutes les couches sociales, y compris des enfants et des bébés. La télé libyenne a comptabilisé 5120 vols de reconnaissance des avions de combat et 2006 frappes de missiles, au 3 mai 2011.
Depuis le début du conflit, les médias occidentaux et arabes du Golf n’ont jamais montré de foules de civils sans armes demandant le départ de Kadhafi ! Aucune chaîne n’a été capable de nous montrer la population manifester contre Kadhafi car toutes les manifestations, que censure ces chaînes, sont pro-Kadhafi. Un défi officiel a d’ailleurs été lancé à la ‘communauté internationale’ d’organiser un référendum à ce sujet sous l’égide de l’ONU. Refus ! Les slogans les plus utilisés sont «Dieu, Mouammar et la Libye, c’est tout !», «Le peuple veut Mouammar le colonel» ou «le peuple veut la vengeance du martyr». Les seules images de contestataires qui sont apparues dans ces chaînes montrent des bandes de rebelles flanqués d’armes légères et lourdes y compris des chars ou bien des images «trafiquées» de faits qui ne se sont pas déroulées émises en ‘boucle’ sous le sceau «urgent» ou bien enfin des débats maladroitement orientés que contredisent toujours des téléspectateurs échappant au contrôle ! On ne montre surtout pas ces assassinats (filmés), par dizaines, de personnes – que l’on soupçonne «pro-Kadhafi» ou «mercenaires» à son service alors qu’ils sont soldats de l’armée régulière (1/3 des libyens sont noirs de peau) – par l’égorgement à l’épée puis pendus des pieds et brulés ou cette vidéo montrant un barbu arracher le cœur d’un supplicié pour le porter à la bouche ou encore ces viols de femmes et jeunes filles par les bandes de criminels que protège l’aviation de l’Otan. La propagande occidentale immorale ne montre pas ces images terribles et ces faits qui se sont déroulés principalement à Misrata.
Aucune des accusations imputées à Kadhafi en particulier celles des « bombardements de civils par son aviation » n’ont été vérifiées et aucune exactitude des faits par les observateurs et journalistes sur place à ce jour. Les résolutions 1970 et 1973 ont été adoptées dans la précipitation et illégalement, sur des rapports de médias, suppôts des pays agresseurs et ce, sans vérification comme l’exigent les textes de l’ONU. Ce qui les rend de fait caduques. Le but de la ’1973′ – exigeant d’instaurer un « no fly zone » pour « protéger les civils » – était sournois, car c’était en fait pour venir en aide aux insurgés, sur le point d’être mis en déroute, par l’armée régulière libyenne. Franchement, en quoi les bombardements de Tripoli, des infrastructures de bases, des zones civiles, des casernes, des écoles, des hôpitaux, des habitations, répondent-ils à cette résolution que Kadhafi a appliquée dès son adoption? Des médias de Russie ont montré que plus de civils ont été tués par l’intervention occidentale que par les forces gouvernementales se battant contre les rebelles. Le journal russe ‘Komsomolskaïa Pravda’ a publié des rapports d’expatriés russes en Libye affirmant que l’aviation de Kadhafi n’a jamais bombardé de zones résidentielles: cela avait été fait par les bombardements français et britanniques, affirment-ils.
Même les plus éveillés et clairvoyants ont été pris dans ‘l’ambiance’ de cette formidable campagne planétaire de désinformation et de confusion, dirigée et planifiée, sur ce qui se déroule – au même moment- dans le monde arabe et musulman. Beaucoup ont épousé, dans le cas de la Libye, la cabale médiatique internationale pour «l’arrêt du massacre en Libye» par Kadhafi. Même l’Iran, le Hezbollah du Liban et le Hamas palestinien ont accompagné ce bal en ‘hurlant’ avec les loups. Se sont-ils fait piéger avec une telle facilité ?
Les expressions « brigades de Kadhafi » ou « mercenaires de Kadhafi » ne sont que propagande pour, d’une part, faire croire que le guide est « lâché » par son armée et, d’autre part, pour cacher l’engagement de mercenaires par la coalition. L’heure n’est plus sur ce débat. Il est même dépassé par le temps qui les a mis en évidence. Il est donc clair qu’il s’agit maintenant d’une guerre d’essence colonialiste pour instaurer un pouvoir lige, comme du temps du roi Idriss destitué par Kadhafi, que mènent principalement la France, l’Angleterre et l’Italie, aidés par les États-Unis. Ils ont été introduits sur les terres libyennes par un ramassis d’agents libyens de la CIA et du MI6, composés d’ex-ministres congédiés pour corruption, de quelques militaires renégats qui ont, pour certains, fait la révolution de 1969 avec Kadhafi, de groupes d’Al-Qaïda, d’ex prisonniers islamistes graciés, d’une ‘armée’ de prisonniers libérés de Benghazi et de jeunes désœuvrés ou d’abrutis pour en faire de la ‘chair à canon’; encadrés par des mercenaires occidentaux de la CIA, du SAS britannique, de la DST française et du Mossad que soutiennent financièrement et logistiquement deux «grandes démocraties monarchiques arabes» : le Qatar et les Émirats. Ces monarchies ‘éclairées’ du 21ème siècle qui soutiennent maintenant les «révolutions populaires» pour l’instauration de régimes démocratiques chez leurs «frères arabes». Nous avons même vu des adolescents et des enfants militarisés selon les images diffusées par d’autres chaines.
L’architecte, représentant la France, qui a fait sous-traiter «l’opération Libye», est ce milliardaire « humaniste», ce philosophe « communautariste », Français de corps, Israélien d’âme et sioniste de conviction, le pèlerin des causes sionistes Bernard-Henri Levy que certains libyens prononcent ‘Levny’. Il a piétiné le drapeau vert national libyen à Benghazi sous les cris de joie d’une foule hétéroclite – lançant des slogans anti-israéliens – sans savoir qui était réellement ce personnage. La mission de BHL en Libye fait suite à la mission accomplie… au Soudan.
Remarque : Nous avons tous constaté que depuis que l’occident a obtenu la division du Soudan, le procureur Ocampo, qui a fait de l’arrestation de Bachir une obsession, ne parle plus de son inculpation. Lui qui criait à qui voulait l’entendre « continuer à faire preuve de son caractère purement judiciaire, ainsi que de son indépendance totale… » alors que beaucoup d’analystes le considèrent au service des lobbies. Revoilà cet Ocampo se saisir du «dossier Libyen» – construit sur des rapports d’Al Jazeera traduit en anglais – imputant à Kadhafi les méfaits de la coalition, des renégats de Benghazi et sur des témoignages sélectionnés qu’il présente «crédibles». On comprend bien dès-lors que le «génocide du Darfour» était un mensonge, un leurre, une épée de Damoclès pour des objectifs stratégiques qu’avait relayé Bernard-Henri Lévy avec son «SOS Darfour». Revoilà également ce même BHL en mission en Libye pour les mêmes objectifs avec les mêmes mensonges.
Mais la coalition s’apercevant sans aucun doute d’une imminente défaite, puisque aucun des objectifs n’a été atteint jusque-là malgré plus de 40 jours de bombardements, elle réunit à Rome le «Groupe de contact», mis en place en mars à Londres, composé des pays agresseurs pour décider de la « future Libye » par le renforcement des pressions sur Kadhafi, le financement du CNT en utilisant les avoirs du peuple Libyen. A Rome, Alain Juppé a déclaré que « La Russie, par exemple, est invitée des parties prenantes de la future Libye, c’est-à-dire le conseil, plusieurs tribus qui se sont dissociées de Kadhafi et ceux qui ont compris qu’il n’y avait plus d’avenir avec Kadhafi ». Mais la Russie et la Chine ont vite mit les choses au clair. Sergueï Lavrov réplique, que cette fonction de ‘contrôle’ n’étant pas été déléguée au ‘Groupe de contact sur la Libye’ «… le Conseil de sécurité est le seul à pouvoir contrôler leur application (…) Le Conseil de sécurité possède ce mandat en vertu de la Charte de l’Onu, et il ne l’a délégué ni au Groupe de contact (sur la Libye) ni à qui que ce soit ». Au même moment BHL retourne illégalement à Benghazi pour une autre mission consistant à jouer cette fois sur les structures tribales ; se «rappelant» leur importance sociale, leur pouvoir d’influence et leur légitimité. Ce qui est juste, car les tribus restent à l’avant-garde, le fer de lance de la résistance face à l’adversité, la force déterminante dans les choix politiques. Dans cette deuxième visite – où il a posé devant aussi des avions de combat, des chars, des pièces d’artillerie, des maisons brulées ou détruites – il déclare que plusieurs tribus importantes ont rejoint la «révolution». Ce qui est totalement faux, car il s’agit d’une poignée d’infidèles inconnus qu’ils ont fait passer pour des représentants de tribus pensant faire adhérer d’autres. Il s’agit aussi d’une diversion et d’un autre mensonge, car rappelons que dès le début des frappes de l’Otan, les principaux chefs de tribus et personnalités charismatiques, qui représentent l’écrasante majorité du peuple Libyen, se sont réunis avec leur Guide pour le soutenir et lui renouveler leur foi à la révolution de 1969. Kadhafi a reçu aussi des centaines de représentants de jeunes des principales villes et tribus, par vague, sur presque une semaine.
Mais la réponse la plus cinglante et déterminante est cette formidable mobilisation des Cheikhs, chefs de tribus et personnalités influentes de plus 2000 tribus qui viennent de se réunir – ce 5 mai – à Tripoli durant 2 jours dans le cadre de la « Conférence nationale des tribus libyennes » sous les thèmes « Unité de la Libye », « Non à l’écoulement du sang », « Non à la fitna (division) », « Condamnation de l’ingérence et de l’intervention étrangère », « Foi à la révolution de 1969 ». Au terme de cette conférence une série de décisions, recommandations, propositions ont été prises en particulier : arrêt de l’effusion de sang, dépôt des armes des insurgés, amnistie, condamnation des ingérences et bombardements de la coalition, condamnation des attitudes de certains États Arabes, condamnation des fatwa irresponsables, poursuite judiciaire des États et personnes impliqués dans le drame Libyen devant les instances internationales, déblocage immédiat des avoirs du peuple libyen, renouvellement du soutien à Kadhafi, foi aux institution en place, avenir de la Libye qui « appartient aux libyens exclusivement » et bien d’autres dispositions. Signalons la remarquable intervention de l’invité algérien (membre du FLN) qui a été particulièrement appréciée. Que peuvent bien opposer à ces 2000 congressistes cette poignée de colonialistes de l’Otan, ce ‘cheikh’ BHL et ses 10 ou 20 félons, ces opportunistes alliés des forces du mal que sont le Qatar et les Émirats, 2 minuscules monarchies riches sous protectorat Américain. Que peuvent-ils opposer, avec leur «Conseil de Transition» (que les libyens dénomment de ‘Traitrise’) aux imposantes manifestations quotidiennes de soutien à Kadhafi y compris à Benghazi dont la population, meurtries, reste prise en otage par les groupes criminels dits «révolutionnaires» de l’OTAN ? La réprimer par les armes comme cela a été fait, par deux fois, il y a quelques jours alors qu’elle réclamait ses droits ? C’est-à-dire les salaires, entre autres, que les responsables de Tripoli affirment, avec preuves à l’appui, avoir versé pour une période de 6 mois au trésor de Benghazi. Où est donc passé cet argent qui devait permettre aux benghazis de vivre décemment au lieu de les faire dépendre, de façon humiliante, de l’aide extérieure alors que leur pays a toujours été fournisseur d’aide aux pays dans le besoin. Même la grande caravane dépêchée par les associations de Tripoli sur Benghazi, transportant les vivres, a été accueillies par les armes et « retournée à l’envoyeur ». Des morts et des blessés ont été enregistrés. Quels autres mensonges encore sont programmés au sein de l’OTAN par Sarkozy et BHL ces deux myrmidons qui veulent paraitre ce qu’ils ne pourront jamais être ? Grands dommages qu’ils utilisent les principes de l’authentique France de De Gaulle, pour servir d’autres intérêts que ceux de la France !
En fait, il ne leur reste que le débarquement dont-ils savent parfaitement qu’il sera couteux, suicidaire et inutile, car il y a un principe, chez les musulmans, qui oblige l’union sacré contre tout ennemi extérieur quel que soit les divergences intérieures du moment. C’est d’ailleurs la grave faute impardonnable, considérée ‘hérésie’, qu’ont commis les «révolutionnaires» en faisant appel à l’intervention de forces étrangères pour les aider à prendre le pouvoir par la force en échange du partage des richesses du pays. Ils savent aussi que dans le cas d’une intervention terrestre – que les libyens souhaitent tout en sachant, qu’elle n’est rabâchée que dans un but subversif – un million de libyens sont déclarés mobilisables et près au combat (on les voit déjà circuler en arme dans les villes ou lors des manifestations). Un analyste/commentateur a soutenu que ce qui se déroule, à ce jour, n’est qu’une infime partie des capacités de la Libye. La stratégie, semble-t-il est de mettre à nu d’abord les visées des «insurgés» et de l’OTAN devant l’opinion nationale et internationale. Ce qui suppose que les vraies choses décisives n’ont pas encore commencé.
Une autre question. Pourquoi cette coalition s’emploie-t-elle à faire taire la télé libyenne ? (brouillage des communications voire atteinte partielle d’un de ces bâtiments lors d’un bombardement de la ville de Tripoli). Actuellement, 3 chaînes sur les 7 ont des difficultés de diffusion. Sûrement parce qu’elle a réussi, avec ses modestes moyens, à démonter jour après jour le complot, le mensonge à grande échelle et surtout à faire découvrir la nature véritable de BHL et ses liens avec Israël et le sionisme ou la mise à nu de chacun des membres du CNT «collabo», de l’ex ambassadeur à l’ONU, de ces «opposants» qui apparaissent selon un rôle sur Aljazeera, Alarabia, Alhurra, BBC et France 24 ! Avec des preuves par l’image et documents authentiques ces personnes apparaissent comme de vulgaires renégats, de méprisants traitres aimant le pouvoir, l’argent et amateurs de la bonne chair. Un des ex opposants qui a vécu avec eux durant 20 ans aux États-Unis – qu’il a quitté à cause, dit-il, de leur fourberie, de leurs liens avec la NED/CIA et le MI6 ainsi que leur changement de nationalité – ne cesse d’expliquer avec détail leurs frasques et leur félonie par l’image et documents à l’appui ! Les plus visées et fustigés sont Abdeljalil, Bouchena, Hafter, Younes, Tarhouni, Chemam, Chelgham et Dogha. Pour les libyens, ces lugubres personnages qui ne représentent qu’eux-mêmes et qui ont «vendu» leur pays et leur honneur pour le pouvoir et l’argent à des forces extérieures n’obtiendront finalement rien et ce, en plus du mépris que leur « employeur » leur réservera pour leur traitrise à leur pays.
Nous avons constaté que l’assassinat du plus jeune fils (étudiant) de Kadhafi ainsi que 3 de ses petits-fils a renforcé de façon impressionnante les liens de solidarité entre les libyens et avec leur Guide ; à voir l’impressionnant cortège accompagnant les dépouilles, les dizaines de groupes de jeunes des villes et des tribus qui ont annoncé leur engagement aux combats, l’apparition de groupes qui ont juré leur revanche sur les responsables (et leur famille) de la tragédie libyenne. Certains voient dans cette sorte de menace une pratique sordide moyenâgeuse. Certes, mais quels moyens légaux laissent-on pour se protéger quand les lois et règles internationales sont bafouées par ceux-là même qui les ont érigés, c’est-à-dire les pays riches et puissants souvent ex-colonisateurs. Quand les instances de l’ONU, ONG et autres unions sont détournées pour les rendre auxiliaires et faire valoir des lobbyings associatifs imposants leur politique, leurs objectifs, leur idéologie par la force souvent. Quand ces ‘instances’ sont devenue des attrape-nigauds pour les pays surtout africains ! Quand l’agresseur n’a pas de morale ou de règle, pourquoi faut-il les exiger des victimes. L’agresseur s’encourage toujours des règles qu’il n’applique pas dans l’impunité. Ce qui est sûr, c’est qu’il est moins tenté d’attaquer ou de menacer s’il sent que la victime potentielle peut lui infliger les mêmes dommages en usant des mêmes méthodes avec moins de moyens.
La coalition, dans cette aventure contre la Libye, se trouve dans le désarroi. Elle ne sait plus si elle doit s’impliquer encore plus ou si elle doit se retirer. Dans le premier elle n’arrive pas à compromettre d’autres pays alors que dans le second cas, ce sera un signe d’échec humiliant et politiquement suicidaire. Les frappes ne donnent rien de significatif ; plutôt plus de haine et de détermination en plus des condamnations et leurs ‘insurgés’ reculent. Pour l’anecdote, un haut gradé Anglais a reproché aux forces libyennes d’adopter une tactique qu’il juge «immorale» car l’aviation de la coalition n’arrive pas à les atteindre. Il aurait préféré, l’idiot, que les combattants s’exposent mieux aux frappes. Comme ils ont éliminé la colonne des insurgés « par erreur » alors qu’ils étaient informés de sa position. Quelle déchéance !
On sort maintenant des ‘cartes’ aléatoires trouvées ou proposées qui sont celles des «tribus» qu’ils n’arriveront jamais à pénétrer ou bien l’armement des insurgés dont-ils devinent la mauvaise foi ou l’utilisation à d’autres fins. Une situation que résume une maxime maghrébine ainsi : « D’un côté c’est très chaud et de l’autre c’est brûlant ». Réitérons cette pertinente analyse d’Adrien Jaulmes … « Là où il y a quinze jours tout le monde se joignait à une révolte qui semblait devoir renverser Kadhafi, on se met à réfléchir et à penser à la suite. Et les mêmes mécanismes collectifs qui ont donné son élan à la rébellion ont commencé ces derniers jours à jouer en sens inverse. » C’est donc l’impasse totale qui présage l’échec.
L’objectif était immoral, la stratégie était construite sur du mensonge, l’ONU a légiféré sur du faux, la résolution 1973 a été détournée, les civils à « protéger » ont été tués, alors l’échec ne peut donc qu’être inexorable !

Amar Djerrad*

09/05/11

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EFpuAuuEAuilFDkyfV.shtml



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Libye : un avocat parisien va poursuivre l'OTAN.

De Ginette Hess Skandrani

 Un avocat parisien va poursuivre l’OTAN pour ses 'crimes' en Libye - Une plainte sera déposée dans les prochains jours à Bruxelles contre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour des 'crimes' commis en Libye parmi lesquels la mort du fils du Guide libyen et de ses trois petits-fils, a annoncé jeudi à la PANA un avocat parisien,  Me Philippe Missamou. 'C’est une plainte pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Je la dépose en Belgique parce que c’est le pays siège de l’OTAN. La justice belge est donc compétente pour apprécier cette plainte', a expliqué l’avocat réputé pour la prise en charge des dossiers politiques. Il a ouvertement accusé l’OTAN de contrevenir dans ses actions en Libye aux règles des conflits armés, particulièrement la protection des populations civiles. 'Prenons l’attaque de la résidence du fils du Guide libyen: il ne s’agit nullement d’un objectif militaire. C’est un assassinat qui ne doit pas rester impuni. Nous allons utiliser tous les moyens de droit pour obtenir réparation', a martelé Me Missamou.

 Pour lui, il est tout à fait normal que les autorités libyennes prennent toutes les dispositions pour défendre les populations civiles et le territoire national.

'Ce qui se passe en Libye n’a rien à voir avec les évènements de Tunisie ou d’Egypte. En Libye, nous assistons à une insurrection armée. Les insurgés pillent, tuent, incendient. Il est donc du devoir du régime en place à Tripoli d’y répondre par tous les moyens. Que veut-on que fasse le pouvoir? Qu’il croise les doigts? C’est impensable', a ajouté l’avocat parisien. 

Plusieurs organisations de la diaspora, dont la Fédération des travailleurs africains en France (FETAF) et l’Association des Guinées résidant à l’étranger(AGRE), ont exprimé récemment leur indignation au sujet des frappes de l’OTAN sur la Libye.

Les responsables de ces organisations ont surtout réclamé un cessez-le-feu immédiat tout en exigeant l’acceptation d’une solution politique sous l’égide de l’Union africaine (UA).

Pana 06/05/2011



4 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Kadhafi : l’homme à abattre (extrait du discours à l’ouverture du sommet Afrique-Amérique du Sud)

En relisant cet extrait du discours de Kadhafi, à l’ouverture du sommet Afrique-Amérique du Sud tenu le 27 septembre 2009 au Venezuela, on comprend pourquoi il était sans doute urgent de mettre le "holà" à une initiative qui aurait pu s’avérer néfaste pour les pays du nord. Il était urgent d’agir.

Un extrait du discours de Kadhafi, à l’ouverture du sommet Afrique-Amérique du Sud tenu le 27 septembre 2009 au Venezuela

"Cette rencontre au Sommet est historique. Je souhaite que nous aboutissions à quelque chose d’effectif qui consolide les victoires politiques et économiques réalisées par nos peuples, et qui leur ouvre la voie pour qu’ils persévèrent dans la bataille jusqu’au bout.

Nous avons l’espoir que le prochain sommet qui se tiendra, je pense, en Libye en 2011, verra la situation de nos peuples s’améliorer grâce aux efforts communs qui seront accomplis sous la direction de notre frère révolutionnaire Chavez. Pendant ces deux années, nos peuples devraient faire des réalisations matérielles et morales sur tous les plans.

Personne de l’extérieur ne nous prendra par la main. Nul ne nous fera la charité et personne n’aura pitié de nous.

Lorsqu’elles en étaient capables, les grandes puissances se sont comportées à notre égard comme avec les animaux ou les esclaves. Ils ont détruit notre sol, piIlé nos richesses et nous ont mis sous leur tutelle.

Ne croyez pas qu’une quelconque puissance soit prête à vous tendre la main. Comptons sur nous-mêmes. Les puissants veulent demeurer tout le temps puissants. Ils le sont à notre compte. Ils sont puissants parce que nous sommes faibles. Mais il est temps que nous construisions notre propre puissance.

Que les puissants actuels sachent aussi que notre faiblesse n’est pas dans l’intérêt de la paix mondiale, ni de l’équilibre international. Notre faiblesse engendre un déséquilibre flagrant dans le monde moderne.

Le Sud, qui comprend l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine, a été colonisé, persécuté, marginalisé, humilié et spolié.

Mais nous avons notre quote-part de terre et de soleil. La Planète n’a pas été créée pour quatre ou cinq Etats puissants. Nous sommes la majorité, en fin de compte. Nous sommes la majorité écrasante aux Nations-unies, aux Non-alignés et dans toutes les instances internationales. Nous sommes une puissance mondiale majoritaire.

Par conséquent, nous pouvons changer le monde. Nous pouvons créer l’équilibre. Nous pouvons défendre la paix mondiale. Nous pouvons créer le développement pour que l’économie mondiale prospère.

C’est chez nous que se trouvent les richesses pillées par les autres. Nous avons des richesses phénoménales. Nous avons un potentiel humain phénoménal. Nous sommes capables de réagir contre le sous-développement et le colonialisme et nous sommes prêts à le faire afin de compenser le temps perdu.

C’est nous qui changerons le monde et nous devons pour ce faire, être habités par une confiance totale en nous-mêmes"."La situation au Conseil de sécurité est insupportable. Nous devons y mettre fin.

Laissons les quatre jouir du droit de véto. Qu’ils dirigent seuls le Conseil de sécurité et qu’ils utilisent ce droit les uns contre les autres. Qu’ils soient permanents dans ce : conseil constitué d’eux seuls. Nous ne voulons pas nous asseoir à leur côté.

Ce qui est arrivé en 1945, ne doit pas continuer.

En 1945, l’Inde était une colonie, elle était considérée comme la perle de la couronne britannique et aujourd’hui, l’Inde est cent fois plus forte que l’Angleterre.

Aujourd’hui, l’Inde fabrique des bombes atomiques et des sous-marins nucléaires, et l’Angleterre emprunte l’arme nucléaire à l’Amérique. Elle l’emprunte et ne la fabrique pas.

Le monde a changé, nous ne devons pas rester prisonniers de 1945. Qui leur a donné le droit de veto ? Qui leur a donné un siège permanent ? Nous n’avons pas donné notre accord pour cela. Nous avons voté uniquement pour ]a Chine, pour qu’elle jouisse d’un siège permanent ;

l’Assemblée générale a donné à la Chine le droit d’avoir un siège permanent.

Dès maintenant, nous devons avoir une position. A partir de ce sommet historique, nous disons que nous n’accordons aucun crédit à ce qui est appelé "Conseil de sécurité" tel qu’il est composé actuellement.

Comme nous l’avons dit, si on décide d’accorder un siège permanent à tout état

puissant, nous serons, nous le Tiers-monde, écrasé. Les petits états qui comptent plus de cent seront écrasés.

En conséquence, le Conseil de sécurité devrait être constitué par des membres dont chacun représente un ensemble d’Etats ou union. Soit :

L’Amérique du sud, un siège permanent avec toutes les prérogatives.

L’Afrique, un siège avec toutes les prérogatives.

L’Union Européenne, l’Union Américaine, la Fédération Russe, l’Asie, la Ligue arabe, les Non-alignés.

Tous ces ensembles doivent avoir chacun un siège permanent, et le Conseil de sécurité doit se constituer de ces sièges uniquement. .

De cette manière, le Conseil de sécurité devient un instrument pour exécuter les décisions de l’Assemblée générale où nous siégeons. Nous sommes les législateurs. Nous sommes la majorité. Nous sommes les Nations et nos décisions doivent être exécutoires. Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, leCconseil de sécurité, doit impérativement appliquer nos décisions et obéir à nos injonctions, puisque nous fondons l’Assemblée générale des Nations-unies. Actuellement nous sommes les esclaves du Conseil de sécurité : cinq, quatre états ou même un seul état par un geste de la main de son représentant, annule une décision de cent-quatre-vingt-dix nations. Cela est une humiliation pour l’humanité, une mascarade et une farce !!!

Pour arriver à un équilibre mondial et sauvegarder la paix sur terre, je souhaite que nous comblions le vide qui existe dans l’hémisphère Sud, en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Nous devons atteindre le niveau de l’hémisphère Nord, le niveau du Nato, le niveau de la Fédération Russe, de l’Union européenne et ce, dans tous les domaines.

Aujourd’hui, la balance penche du côté du Nord et le Sud n’a pas de poids. Il faut par conséquent, créer la Sato en parallèle au Nato. Face à l’alliance de l’Atlantique nord nous devons créer l’alliance de l’Atlantique sud, pour combler le vide. Cela n’ est pas une entreprise belliqueuse, ni une action terroriste, ni une agression. Cela n’a aucun lien avec la course à l’armement ou avec la guerre.

C’est une action à caractère économique. Notre but est de remplir le vide au sud de l’Atlantique. Je souhaite que ce traité soit adopté dès maintenant, afin de permettre à notre frère Chavez, de superviser le travail du comité créé à cet effet et qui examinera pendant les deux années à venir (en 2011 en Libye) jusqu’où nous pouvons aller ".

27/9/2009)

Maryvonne LERAY

source le faso.net

Extrait de l’article publié sur : Cri du peuple 1871

URL de cet article 13683
http://www.legrandsoir.info/Kadhafi-l-homme-a-abattre-extrait-du-discours-a-l-ouverture-du-sommet-Afrique-Amerique-du-Sud-27-9-2009.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Les commentaires sont fermés.