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27/05/2011

n°580 - Dossier-spécial- de Palestine - 27-05 -Fin - Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.

n°580 - Dossier-spécial- de Palestine - 27-05  -Fin  - Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier-spécial- de Palestine

Flash : Etat indépendant Palestinien

                                                                        N°565                                                     31-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

3 Dossier

3-1 Zvi Bar’el : Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.

3-2 K. Selim : État palestinien sur les frontières de 1967 : Ce n’était que du vent  !

4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Kharroubi Habib : Un discours pas très convaincant.

4-2 Lamis Andoni : Obama à Israël : « Prenez tout ce que vous voulez ! »

4-3 Ilan Pappe : Jetez une chaussure à la trahison d'Obama.

 




3 Dossier

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

3-1 Zvi Bar’el : Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.

« Israël a toujours voulu convaincre qu’il tendait en vain dans le vide une main pacifique. Mais cette politique est en passe de subir un choc en septembre » écrivait Zvi Bar’el la semaine passée, à la veille de la rencontre Netanyahu-Obama... où l’on vit le président américain anticiper ce choc de quelques mois en s’affirmant favorable à une solution à deux États dans le cadre des frontières antérieures à la guerre des Six Jours.

Cette prise de position du principal allié d’Israël vient conforter l’appel à la reconnaissance par leur pays d’un État palestinien démocratique à venir, lancé ces jours derniers par quelque quatre-vingt-dix personnalités israéliennes des cercles politique, diplomatique, militaire et du monde des arts et des lettres. Une reconnaissance qui, selon les signataires de ce texte [1], est de l’intérêt « vital d’Israël ».

Yuval Diskin [2] a raison, septembre est depuis toujours un fichu mois. Prenez septembre 1993, le mois maudit où les accords d’Oslo furent signés. Ou, 15 ans plus tôt, la signature des accords d’Oslo entre Israël et l’Égypte. L’invasion de la Pologne par les nazis prit place en septembre, de même que les explosions perpétrées à New York par al-Quaïda et la seconde intifada. James Dean fut tué un 30 septembre et, en septembre 1995, Israël accepta de céder aux Palestiniens le contrôle d’une part considérable de la rive occidentale du Jourdain.

Etre fichu, on le voit, est une question de perspective. Et quoi qu’il advienne en septembre 2011, si quelque chose doit advenir, ce sera aussi une question de perspective.

Le texte de Diskin, ornement du congrès des Amis de l’université de Tel-Aviv, ne devrait spécialement émouvoir ni surprendre quiconque. Ni les dirigeants des services de sécurité du Shin Beth ou du Mossad, ni les ex-généraux ne sont jugés sur leur art oratoire. Ils sont chargés d’inspirer de la peur, et la peur n’a nul besoin de tant de mots ni d’expressions poétiques. Iran, Hamas, Hezbollah, terrorisme, roquettes et, bien sûr, un État palestinien indépendant - c’est là tout le vocabulaire nécessaire à la formulation de la stratégie israélienne de la peur.

Le chef du Shin Beth n’a et n’avait apparemment pas de vision de paix. Ce n’est pas son boulot. Il ne forge pas les politiques, il prend tout juste soin de leurs ramifications. Mais la “politique“ telle qu’il l’entend est claire comme eau de roche.

« Mahmoud Abbas, Salam Fayyad et l’Autorité palestinienne tout entière, a-t-il statué, ne représentent qu’eux-mêmes et certainement ni le Hamas ni la Bande de Gaza. »

En d’autres termes, il n’y avait dès le départ aucune raison de leur parler, et certes pas maintenant à la suite de leur réconciliation avec le Hamas. Cette réconciliation peut avoir secoué Diskin, il peut ne pas s’y être attendu - ou peut-être était-ce le cas et ne l’a-t-il pas dit - mais cela ne modifie en rien le tableau général : « Le Hamas n’a pas changé d’idées, d’idéologie ou de politique », tandis que la réconciliation sera jugée « avec le temps ».

Comme si « le temps » était un facteur indépendant que n’affecteraient ni les évolutions, ni les lignes politiques, ni les déclarations. Comme si ni les Palestiniens ni les Israéliens n’influaient sur son cours et ses modes de changement. Et de combien de temps s’agit-il, au fait ? Sommes-nous voués à arracher les pages du calendrier jusqu’à une date finale ? Le temps s’arrête-t-il de filer en ce fichu septembre ? Ou peut-être un an après les accords de réconciliation, au moment où les élections législatives et présidentielles palestiniennes sont censées avoir lieu ? Du reste, quand ce temps débute-t-il ?

Diskin, bien sûr, n’est qu’une allégorie. « Avec le temps », quelque chose lui arrivera peut-être aussi, et nous le verrons signer des pétitions ou se joindre à l’une des initiatives de paix. De nombreux “cadres de sécurité“ de haut rang ont connu de telles illuminations subites. Mais pour le moment il présente sans hésitation aucune à l’opinion les hypothèses fondamentales qui ont forgé la ligne politique du gouvernement israélien.

Il n’y a pas de partenaire palestinien et, désormais, il n’y en aura pas jusqu’à la fin des temps. Le gouvernement n’a même pas besoin de le démontrer. La réconciliation est une illusion, l’État palestinien ne sera qu’un mirage, et aucun des deux ne contraint le gouvernement à accommoder sa vision. Le gouvernement détourne déjà la réconciliation, présumant qu’en cas d’échec elle entraînera Abbas dans sa chute et qu’en cas contraire un partenaire israélien n’aura de toute façon pas sa place.

Mais ce qui est illusoire, c’est le débat sur l’identité du partenaire. Il vient brillamment se substituer au choix nécessaire d’une politique, à la détermination des frontières du pays et du point précis jusqu’où elles peuvent avancer en territoire occupé. Pures bavasseries reposant sur la théorie de « la confiance en construction progressive » - soumise depuis à la destruction progressive de ladite confiance - qui ont réussi à mettre la question du partenaire palestinien (pas celle de l’israélien, le ciel nous en préserve) au centre de tout débat politique.

Le discours d’ouverture de Netanyahu devant le Congrès ne sera pas avare d’allusions à ce partenaire absent ; car c’est là le cœur d’une tactique qui se travestit en politique. Israël a toujours voulu convaincre qu’il tendait en vain dans le vide une main pacifique. Mais cette politique est en passe de subir un choc en septembre. On peut rayer d’un trait Mahmoud Abbas et Ismail Haniyeh. Mais un État palestinien ? Un État où commenceront bientôt à venir présidents et rois du reste du monde.


NOTES

[1]  Repris sur le site de LPM : http://www.lapaixmaintenant.org/article2140

[2]   Septembre est toujours un trs mauvais mois au Moyen-Orient , dclarait le 11 mai dernier le chef sortant du Shin Beth (les services de scurit intrieure) Yuval Diskin, faisant allusion la proclamation annonce dun tat palestinien. Et dajouter :  Je ne sais pas exactement ce qui va se passer le 1er octobre mais je mattends ce que lhistoire mette en branle des processus susceptibles de se dtriorer. 

Zvi Bar’el

Ha’aretz, le 15 mai 2011

mis en ligne le dimanche 22 mai 2011

.Traduction : Tal Aronzon pour La Paix Maintenant

http://www.haaretz.com/print-editio..


3-2 K. Selim : État palestinien sur les frontières de 1967 : Ce n’était que du vent  !

On est à chaque fois surpris de constater à quel point l’administration américaine a peu d’estime pour l’intelligence des opinions arabes et singulièrement de cette jeunesse arabe en révolte contre les vassalités locales.
L’avancée purement rhétorique de Barack Obama sur un État palestinien sur les frontières de 1967 a été gommée par un discours présidentiel devant l’Aipac, le lobby israélien qui pèse lourd dans la vie politique américaine. Entre-temps, les donateurs de fonds juifs du Parti démocrate ont envoyé des signaux non équivoques au locataire de la Maison-Blanche sur le fait qu’il ne verra pas la couleur de leur monnaie. Que fait le Président américain ? Un nouvel exercice rhétorique dans lequel il promet qu’un « désaccord » de son administration avec Tel-Aviv n’aura jamais d’incidences. « Les liens entre les États-Unis et Israël sont inaltérables, et l’engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël est inébranlable ».
En peu de mots, le Président des États-Unis dit aux Israéliens et à l’Aipac que tout ce qu’il peut dire sur la paix, l’État palestinien et les frontières, ce n’est que du vent... destiné à donner le change à une jeunesse arabe en révolte. Benjamin Netanyahu, contrairement aux dramatisations de la presse occidentale sur les prétendues divergences entre Israël et les États-Unis, était très satisfait du discours de M. Obama. Quand le président de la plus grande puissance mondiale énonce clairement que le refus d’Israël de s’engager sérieusement pour la paix n’aura aucune incidence, pourquoi Netanyahu s’inquiéterait-il ? D’ailleurs, ceux qui ont trop mis en exergue ses propos sur les frontières de 1967 en sont pour leurs frais.
M. Obama est allé battre sa coulpe à l’Aipac en jurant qu’on avait fait des « représentations fausses » de ses propos. C’est quoi la représentation « vraie » ? Exactement, l’énoncé du sinistre George W. Bush indiquant aux Palestiniens qu’ils devraient tenir compte des « nouvelles réalités démographiques sur le terrain et des besoins des deux parties ». Pour le cas où vous êtes sous le charme de la rhétorique alambiquée de M. Obama, la représentation « vraie » de ce qu’il a dit est que l’État palestinien ne sera pas basé sur les frontières de 1967. On pourra dire que le président Barack Obama détient le record en matière de vitesse de retournement rhétorique. Les « nouvelles réalités » que les Palestiniens sont invités à prendre en compte et à accepter, ce sont les colonies de peuplement et l’épuration ethno-religieuse menée par l’État d’Israël.
On est à chaque fois surpris de constater à quel point l’administration américaine a peu d’estime pour l’intelligence des opinions arabes et singulièrement de cette jeunesse arabe en révolte contre les vassalités locales. Il est clair que M. Barack Obama ne peut occulter la réalité politique américaine et qu’il doit se faire réélire. Son problème est qu’il prétend « innover » et même apporter une touche « morale » et « démocratique » à la politique américaine. Ses contorsions sur la question palestinienne en moins de 48 heures le confondent. Les jeunes arabes en révolte ne sont pas des niais, ils savent clairement que la rhétorique d’Obama sur la Palestine est vide. Du vent.
K. Selim –

Le Quotidien d’Oran

25/05

 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10658



Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

4-1 Kharroubi Habib : Un discours pas très convaincant.

Du discours qu’il a adressé jeudi au monde arabe à « un moment où les habitants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord se débarrassent des fardeaux du passé », l’on retiendra que le président Barack Obama a promis un changement d’approche des États-Unis envers la région et qu’il s’est pour la première fois prononcé en faveur d’un État palestinien sur la base des frontières de 1967.

Le changement d’approche promis peut, aux yeux de certains, sembler être déjà engagé au vu du soutien, en paroles du moins, que l’administration d’Obama prodigue aux manifestants depuis le début, il y a six mois, de la vague de révoltes populaires arabes. Mais les peuples arabes ont des raisons de douter que le changement promis tienne compte de leurs véritables aspirations.

Là où leur révolte a abouti à la chute de leur despote et de son régime, ces peuples se rendent compte que les États-Unis oeuvrent en sous-main à l’instauration de pouvoirs qui, tout en démocratisant quelque peu la vie politique, se garderont de remettre en cause les intérêts géostratégiques américains dans la région, tels que définis par Washington. Des intérêts qui ont été cause pour les peuples concernés de décennies de dictatures cyniquement appuyées ou tolérées par ces mêmes États-Unis qui prônent la démocratie et le respect des aspirations populaires. Et qui font que l’Amérique continue à fermer les yeux sur les agissements de dictatures là où ces intérêts sont vitaux pour elle. En Arabie Saoudite par exemple, pour ne citer que le cas le plus flagrant.

S’ils ne nient pas avoir besoin du soutien américain dans leur lutte contre leurs régimes pourris, les peuples arabes sont légitimement fondés à persister dans la méfiance qu’ils nourrissent à l’égard des États-Unis. Son discours de jeudi n’est pas le premier que Barack Obama a adressé au monde arabe. Dans les précédents, il avait aussi promis la révision de la politique américaine dans la région. Rien pourtant de fondamentalement innovant n’est intervenu dans cette politique ; il a fallu que les peuples de la région entrent en révolte contre les régimes en place pour que Washington exerce des pressions de quelque portée sur ces derniers pour les pousser à prendre en compte les revendications populaires.

Autant dire que la promesse faite dans son dernier discours par Obama sera reçue par les peuples arabes avec beaucoup de détachement et de scepticisme.

Ainsi les Palestiniens, à qui il a annoncé que l’Amérique est en faveur de leur État basé sur les frontières de 1967, attendront pour se féliciter de sa déclaration les résultats de sa rencontre à Washington avec le Premier ministre israélien. Habitués qu’ils sont de voir le président américain revenir sur ses engagements à leur égard après chaque rencontre avec le dirigeant palestinien ou quand les lobbys juifs expriment leurs désaccords avec ces engagements.

Ce qu’il faut déduire du discours d’Obama au monde arabe, c’est que le président américain a conscience que le « printemps arabe » est porté par l’aspiration démocratique ; il n’est pas pourtant américanophile. Et pour que les États-Unis soient amicalement perçus dans le monde arabe, il leur faut faire plus que se déclarer favorables aux révoltes populaires.

Barack Obama veut-il ou peut-il aller plus loin dans ce sens, alors que l’establishment américain considère qu’une vraie démocratisation du monde arabe est contraire aux intérêts nationaux de l’Amérique ? On en doute.

Kharroubi Habib

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10645


4-2 Lamis Andoni : Obama à Israël : « Prenez tout ce que vous voulez ! »

Dans son dernier discours, Obama a prouvé en termes à peine voilés qu’il fera tout pour satisfaire sa base électorale pro-israélienne.

Juin 2008 - Des jeunes Palestiniens jettent des pierres sur un bulldozer de l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Pour la troisième journée Israël avait mené des incursions dans le territoire assiégé, assassinant plus de 20 personnes dont un enfant.

En 2008, Barack Obama, alors candidat démocrate à la présidentielle, cédait devant les électeurs pro-israéliens et devant Israël en promettant dans un discours adressé à l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), que Jérusalem serait pour toujours « la capitale indivisible d’Israël. »

Trois ans plus tard, Obama est à nouveau en pré-campagne électorale en vue d’améliorer ses chances de réélection en 2012. Dans le cadre de cette campagne, il a fait quelques timides tentatives pour relancer un « processus de paix » au point mort, mais selon les conditions d’Israël.

Dans son dernier discours adressé à l’AIPAC, Obama a fait acte de complète allégeance à Israël en réaffirmant le soutien de l’Amérique aux objectifs politiques et sécuritaires d’Israël. Son discours a nié le droit des Palestiniens à déclarer l’existence de leur nation et il a même promis de bloquer tous les efforts de Palestiniens pour faire valoir leurs droits auprès des organisations internationales.

Obama a évoqué du bout des lèvres « l’autodétermination » pour les Palestiniens mais ce n’est rien de plus que de la rhétorique vide de sens - alors qu’il a clairement laissé entendre que les intérêts israéliens, en particulier ses intérêts sécuritaires, demeureront la priorité de la politique étrangère américaine dans la région.

Il a mécaniquement répété son engagement à la vision d’une solution à deux Etats - l’établissement d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Toutefois, comme on pouvait s’y attendre, il subordonne la question des frontières et des conditions de création d’un tel Etat aux « intérêts de sécurité » d’Israël.

Qu’il ait évoqué la reprise de négociations de paix sur la base des frontières de 1967 (également connues sous le nom de « Ligne verte ») ne signifie ni un retrait israélien complet des territoires occupés, ni la création d’un Etat palestinien souverain sur l’ensemble des terres à l’intérieur de cette « Ligne verte », dont Jérusalem-Est.

Il y a une différence significative dans le « jargon » des négociations, et même dans le langage juridique, entre évoquer la création d’un Etat palestinien « basé sur » les frontières de 1967 et dire qu’un tel Etat « sera établi sur » les frontières de 1967.

La première expression laisse beaucoup de marge à Israël pour continuer d’occuper et même d’annexer de vastes blocs de colonies (et peut-être même la totalité de toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, toutes illégales au regard du droit international) pour « des raisons de sécurité. »

Prenez ce que vous pouvez

Juste au cas où sa base pro-israélienne aurait mal compris ses déclarations à peine voilées dans son discours sur le Moyen-Orient vendredi dernier, Obama n’a pas manqué de préciser que selon son point de vue définitivement pro-israélien, il n’y avait pas à revenir aux frontières 1967.

« [La déclaration] signifie que les parties elles-mêmes - les Israéliens et les Palestiniens - vont négocier une frontière qui est différente de celle qui existait le 4 juin, 196 ... Il incombe à ces parties de tenir compte des changements qui ont eu lieu au cours des dernières 44 années, y compris de la nouvelle réalité démographique. »

En termes plus clairs, le président dit effectivement, bien que non explicitement, qu’il tire un trait d’égalité entre la présence des Palestiniens sur leur propre terre et la présence illégale de colons israéliens installés sur des terres volées aux Palestiniens ces 44 dernières années.

Cela revient à dire que - malgré le fait que les colons vivent sur cette terre illégalement en vertu du droit international - parce qu’ils sont physiquement établis là, la terre deviendrait la leur.

Cela confirme la conviction de beaucoup de personnes dans la région que la construction de colonies israéliennes et du Mur d’Apartheid à l’intérieur des frontières de 1967 est le moyen utilisé par Israël pour imposer progressivement une annexion de facto des terres palestiniennes.

Ces dernières déclarations d’Obama sont peut être celles qui sont les plus proches d’une simple légitimation des colonies israéliennes.

Le message d’Obama à Israël semble confirmer qu’il est prêt à maintenir la promesse de l’ancien président George Bush faite en 2005 : qu’Israël serait en mesure de garder ses principaux blocs de colonies à l’issue de n’importe quelle solution négociée du conflit.

En d’autres termes, l’idée d’Obama d’une autodétermination palestinienne est que les Palestiniens acceptent tout ce qu’Israël décide.

Dans son discours devant l’AIPAC, et dans le discours précédent sur le Moyen-Orient, Obama semble avoir été soit en dehors de tout contact avec - ou a tout simplement ignoré - les changements amenés par le printemps arabe. Puis il a ensuite soutenu l’idée qu’Israël devait comprendre que le printemps arabe avait modifié l’équilibre politique dans la région, et qu’il lui fallait maintenant faire la paix non pas avec des dirigeants arabes corrompus mais avec les peuples arabes eux-mêmes.

Tant d’espoir de changement...

En fait, quand il s’agit de la cause palestinienne, Obama parle et agit comme si le printemps arabe n’avait pas eu lieu. Il ne faut pas oublier que même les plus fidèles alliés arabes de l’Amérique dans la région ne pouvaient pas soutenir ouvertement la formule américano-israélienne pour faire la paix avec les Palestiniens. Alors, pourquoi cela serait-il acceptable pour des millions et des millions d’Arabes pro-palestiniens ?

Le printemps arabe peut avoir influé sur la sémantique du discours américain sur les droits des Palestiniens, mais il n’a pas créé de près ou de loin le moindre changement dans la politique américaine.

Une fois de plus, Obama a succombé au chantage politique de Netanyahu - dont le principal objectif en accumulant les embûches pour un quelconque processus de paix est de faire en sorte qu’Israël poursuive tranquillement ses politiques expansionnistes, et sans aucune crainte face aux timides sollicitations du président.

Oui, il ne fait aucun doute que Netanyahu ne veut entendre aucune référence aux frontières de 1967 dans ce discours, car Israël est actuellement en train de dessiner militairement ses propres frontières, et il ne peut pas avoir mal interprété les déclarations clairement pro-israéliennes d’Obama.

Comme le président américain l’a souligné dans son discours, il a bien insisté sur sa déclaration de « plein engagement » vis à vis des intérêts israéliens et de ses exigences sécuritaires : « C’est pourquoi nous avons augmenté la coopération entre nos forces armées à des niveaux sans précédent. C’est pourquoi nous rendons disponibles pour nos alliés israéliens nos technologies les plus avancées. »

« Et c’est pourquoi, malgré une période financière difficile, nous avons augmenté le financement militaire vers l’étranger à des niveaux records. »

Obama n’a pas seulement été clair dans son maintien d’un plein soutien américain à Israël, mais il a également formulé une nouvelle prise de position qui confirme explicitement la politique américaine de longue date visant à bloquer tous les efforts pacifiques palestiniens à travers le droit international et l’Organisation des Nations Unies.

« ... Les États-Unis vont s’opposer à tout effort visant à condamner Israël devant les Nations Unies ou devant n’importe quelle instance internationale. Parce que la légitimité d’Israël n’est pas un sujet de débat », a-t-il affirmé devant le rassemblement des supporters les plus motivés et les plus influents d’Israël.

En prenant parti pour Israël contre le projet de l’Autorité palestinienne de solliciter l’Assemblée Générale des Nations Unies pour la reconnaissance d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967, les États-Unis ont de fait déclaré la guerre à tous les Palestiniens, à l’Autorité palestinienne et à tous ceux qui militent [pour une paix juste].

Sans vergogne, les Etats-Unis feront tout pour invalider toute tentative des Palestiniens par des moyens légaux et pacifiques de contester la colonisation israélienne de leurs terres.

Mais en qualifiant à l’avance de tentatives de « délégitimation » d’Israël les campagnes visant à la reconnaissance d’un Etat palestinien, le président reconnait involontairement que les politiques israéliennes elles-mêmes manquent de légitimité.

Un discours fondé sur les droits ?

Bien que l’affirmation d’Obama selon laquelle la reconnaissance devant les Nations Unies ne suffit pas à créer un Etat palestinien, est techniquement juste, cette initiative refera de la question [palestinienne] une question juridique concernant les droits - et qui ne sera alors plus définie par les préoccupations sécuritaires d’Israël comme cela a toujours été le cas dans le passé.

Cette reconnaissance par les Nations Unies, bien entendu, ira dans le sens de l’instauration d’un Etat palestinien défini par les frontières de 1967 - ce qui signifie que toutes les colonies israéliennes dans cette frontière devront être évacuées. Sans cela, elle ne ferait que légitimer et perpétuer la formule américano-israélienne des négociations.

Mais Obama n’a pas pris de risques en vue de promouvoir la paix...

Il craint de contredire des décennies de politique américaine qui ont eu pour but de s’opposer à toute résolution des Nations Unies relative aux crimes israéliens, et il craint aussi d’inaugurer un nouveau discours sur le conflit qui serait fondé sur les droits.

Ce n’était pas une surprise non plus quand Barack Obama a déclaré que l’accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas, signé plus tôt ce mois-ci, était un « obstacle » à la paix dans la région. Après tout, dans son état d’esprit purement pro-israélien, toute tentative visant à l’unité palestinienne - quelle que soit sa faiblesse - ne sert pas les intérêts d’Israël et de ses méthodes éprouvées de « diviser pour régner » qui ont empêché tout progrès réel depuis des années.

Le refrain répété d’Obama selon quoi le Hamas n’est pas un partenaire de paix acceptable sonne non seulement comme un disque rayé, mais aussi comme une excuse boiteuse pour l’extrémisme et l’intransigeance des Israéliens.

S’il veut savoir qui sont les véritables partenaires « inacceptables », tout ce qu’il a à faire est d’obtenir une transcription anglaise des débats à la Knesset (le parlement israélien) et de lire comment les députés de droite traitent les Arabes « d’animaux » et profèrent toutes sortes d’insultes racistes à l’encontre ses Palestiniens.

Mais si Obama est prêt à encourager les politiques israéliennes telles que « les transferts de terres », dont le but est de déplacer l’ensemble des communautés palestiniennes et se référer à ces transferts comme à de simples « changements démographiques », alors pourquoi se préoccuperait-il de la rhétorique raciste et des menaces venant des Israéliens de droite ?

Dans son dernier discours, Obama ne mentionne pas une fois les événements qui ont eu lieu lors des manifestations du 15 mai à l’occasion de la « Journée de la Nakba ». Au cours de ces manifestations pacifiques, l’armée israélienne a réagi de façon prévisible et de la seule façon qu’elle connait : en tirant à l’aveuglette sur des manifestants non armés. Au cours de la fusillade, plus de 20 personnes ont été assassinées aux frontières syriennes et libanaises.

Peut-être la partie la plus troublante du discours d’Obama est sa volonté choquante d’adopter la version israélienne et de nier complètement les droits nationaux palestiniens.

A la fin de son discours, l’affirmation d’Obama selon laquelle l’histoire d’Israël pourrait être caractérisée par une lutte pour la liberté (une répétition de son discours de 2008 devant l’AIPAC) résume le tout.
Le président américain refuse de voir l’oppression israélienne et la répression. Il refuse de reconnaître la légitimité de la lutte palestinienne pour la liberté - parce que s’il le faisait, il risquerait de nuire grandement à ses chances de gagner un second mandat en tant que président des États-Unis.
 

Lamis Andoni -

* Lamis Andoni est analyste et commentatrice pour le Middle Eastern and Palestinian Affairs

Al Jazeera

25 mai

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10663


4-3 Ilan Pappe : Jetez une chaussure à la trahison d'Obama.

Dimanche à 16h17 GMT, j'ai lancé ma chaussure sur l'écran de mon poste de télévision, pour viser le président états-unien Barack Obama, précisément au moment il y a commencé à expliquer que la référence aux frontières de 1967 faite lors de son discours de jeudi dernier au Département d'Etat concordait avec l'interprétation israélienne de ces frontières.

Non pas que ce discours [de jeudi] m'ait enthousiasmé, mais il était au moins aussi insipide que ses discours précédents sur le sujet.

Mais à 16h17, il a dit qu'il n'y aurait "aucun retour aux frontières du 4 juin 1967" et les milliers de participants à la convention de l'AIPAC ont applaudi frénétiquement. L'annexion des blocs de colonies construits illégalement en Cisjordanie occupée et la création d'un petit bantoustan palestinien dans les interstices est l'essence de la vision d'Obama pour la paix.
C'était une chaussure souple et tout ce qu'elle a fait, c'est de rebondir sur l'écran. Et parce qu'elle était une arme aussi inoffensive, elle était aussi dirigée à mes amis palestiniens qui, depuis vendredi, ont expliqué publiquement tout ce que le discours d'Obama devant Département d'Etat avait d'inhabituel et d'important.
C'est dur de savoir qu'à la Maison Blanche se trouve quelqu'un qui trahit non seulement les Palestiniens, mais tous les opprimés dans le monde et aux Etats-Unis qu'il avait promis de soutenir et de représenter.
Mais j'ai changé de chaîne et que me suis retrouvé à la Puerta del Sol, à Madrid, où des milliers de jeunes gens sont en train de reformuler le message puissant qui est parti de la Place Tahrir, au Caire, et qu'on a également entendu
aux frontières de la Palestine le jour de la Nakba, et à Trafalgar Square, à Londres, pendant de récentes manifestations d'étudiants.
C'est un appel de défiance à l'égard du discours politique et de ses effets toxiques. Oui, ils disent à Madrid, comme ils l'ont fait aux frontières de
Palestine, que nos vies sont régies et affectées par des hommes politiques occidentaux suffisants, cyniques et indifférents, qui détiennent un pouvoir immense pour perpétuer un monde injuste pour les années à venir, mais nous en avons assez et nous résisterons.
Où que l'on soit touché par cette élite occidentale politique et économique, on est confronté à deux options. Soit accepter avec fatalisme que la seule chose à faire, c'est de se retirer dans nos petits jardins d'Eden personnels et tenter autant que faire se peut de les ignorer et de continuer sans eux, dans les limites du possible. Ou bien, si on n'a pas ce penchant ou ce luxe, on peut plutôt s'associer à tous ceux qui ne veulent pas céder et disent à leurs élites que leur monde et leur programme ne sont pas les leurs.
Dans certaines parties du monde, les autorités tirent sur les manifestations massives qui expriment un tel message ; dans d'autres, elles les ignorent. Il est trop tôt pour juger de l'échec ou de la réussite de ces tentatives, mais il est clair que jusqu'à présent, les protestations s'étendent. Elles défient les diktats hégémoniques politiques des gouvernements et elles montrent une impatience et un ressentiment croissants vis-à-vis des manipulations du monde des affaires et des stratagèmes macro-économiques.
Les populations de
Cisjordanie occupée et de la Bande de Gaza ont été victimes de cette politique sous couvert du soi-disant processus de paix. Cependant, récemment, en Palestine, les dirigeants locaux ont enfin répondu à la demande populaire pour l'unité et la confiance en soi après l'avoir ignorée pendant des années.
En conséquence, le soutien aux efforts de la population à entrer dans une nouvelle phase de résistance populaire contre l'occupation israélienne est en train de galvaniser le mouvement mondial de solidarité avec la
Palestine avec une énergie semblable à celle qui a généré le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).
La reprise de l'initiative par les gens ordinaires dans le monde arabe et en Europe devrait nous aider à éviter de sombrer trop profondément dans la paralysie et l'inaction en face d'un tel cynisme. Il y a encore tant à faire, au mépris total du discours hégémonique et de l'inaction des élites politiques occidentales sur la
Palestine. Beaucoup a déjà été fait dans la résistance continue contre la destruction israélienne de la terre et de son peuple.
On peut continuer à boycotter les produits israéliens et les représentants culturels en France, même s'il y a une nouvelle loi contre ce boycott. Si les Palestiniens en
Israël défient les lois israéliennes contre la commémoration de la Nakba, on peut aussi ignorer ses lois et réglementations européennes insidieuses. On peut lutter contre tout lien institutionnel universitaire entre les universités britanniques et Israël, malgré l'embarras du ministère des Affaires étrangères et la position universitaire officielle. Et enfin, on peut continuer à diffuser dans les médias alternatifs l'image véritable, malgré la façon honteuse dont les médias "libéraux" américains et européens dépeignent la réalité du terrain.
Le monde est un endroit bizarre, après les deux discours d'Obama. L'écart entre Obama, Berlusconi, Netanyahu, Cameron, Merket et consorts a disparu. Pendant un temps, il y a eu un danger qu'on compte quelques dirigeants palestiniens au sein de ce groupe indigne de dirigeants occidentaux. Mais heureusement, ce danger a diminué.
Tout comme en
Israël, l'option d'un changement de l'intérieur des systèmes politiques occidentaux est douteux et y investir trop d'énergie peut être inutile. Mais tout ce qui n'en fait pas partie - églises, mosquées, synagogues progressistes, ashrams ouverts sur le monde, centres communautaires, réseaux sociaux et le monde des ONG - indique qu'une alternative existe.
Une lutte sans merci contre le nettoyage ethnique de la
Palestine continuera en dehors des couloirs occidentaux du pouvoir. Ce que nous avons appris de l'Egypte et de la Tunisie, même si nous ne sommes pas sûrs de l'issue de la partie, c'est que la lutte hors des couloirs du pouvoir n'attend pas de dirigeants, d'organisations bien huilées et de gens qui parlent au nom des autres.
Si vous êtes partie prenante de cette lutte, engagez-vous et faites ce que vous pouvez, sans vous soucier de la malheureuse Obamafication de notre monde.

Ilan Pappe
Ilan Pappe est professeur d'Histoire et directeur du Centre européen d'Etudes palestiniennes à l'université d'Exeter (GB). Son livre le plus récent est Out of the Frame: The Struggle for Academic Freedom in Israel (Pluto Press, 2010).

25 Mai

Source : Electronic Initifada

Traduction : MR pour ISM



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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