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30/05/2011

n°14 - Journal de Côte d’Ivoire - 16-05 au 28-05 - Début - La vérité sur la guerre en Côte d'Ivoire: Effroyable ! Occident criminel .

n°14 -  Journal de Côte d’Ivoire  - 16-05 au 28-05  - Début - La vérité sur la guerre en Côte d'Ivoire: Effroyable ! Occident criminel .



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



      Journal de Côte d’Ivoire 

    n°14                                      16-05 au 28-05 

C.Debroeder &  M.Lemaire 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part :

Christian Vabé : Le Président Gbagbo est-il mort ou a-t-il survécu à la tentative d’assassinat perpétrée par les FRCI ?

Alassane Ouattara compte sur le G8 pour soutenir la Côte d'Ivoire.

1 Côte d'Ivoire occupé :

Shlomit Abel : A quelques heures du simulsacre!

2-0 Politique 

 Confection d'un gouvernement...

2  Politique internationale

3 Les organisations mondiale

4 Médias

4-1 Bernard Desgagné : La vérité sur la guerre en Côte d'Ivoire: Effroyable ! Occident criminel .

5 Les brèves

Fin

6  Dossier

6-1 Kohi Djezro : Jerry Rawlings fait peur à Alassane Ouattara

7 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

7-1 Jean Franck Boa : Côte d’Ivoire: Appel à la résistance contre Ouattara.

5-1 Michel Collon : Des journées de grands progrès...

7-2 Pétition pour la libération immédiate de Laurent Gbagbo.

7-3 Irinnews : CÔTE D'IVOIRE: Réticents à rentrer chez eux.

8 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

8-1 Jean-Paul Mari : Enquête sur un massacre.



Tiré à part :

Christian Vabé : Le Président Gbagbo est-il mort ou a-t-il survécu à la tentative d’assassinat perpétrée par les FRCI ?

Le 25 mai 2011 par IvoireBusiness –

Pendant que ses avocats moisissent à Korhogo depuis plusieurs jours sans qu’ils aient jamais eu la possibilité de le voir ni de lui parler, le permis de visite pourtant promis par le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, leur ayant été refusé, la vie du Président Laurent Gbagbo se joue à des centaines de kilomètres de là, notamment à Abidjan. En effet, selon un agent du Mossad (services secrets israéliens), le Président Gbagbo a été transporté dans un état comateux vers les 20-21 mai 2011 à la polyclinique La Pisam d’Abidjan Cocody. Il baignait dans une mare de sang, résultat des sévices corporels infligés par les FRCI d’Alassane Ouattara, qui tenaient absolument à obtenir des aveux de sa part concernant la reconnaissance d’Alassane Ouattara comme Président et le déblocage des avoirs ivoiriens déposés par Houphouët Boigny au Vatican. Avant d’arriver à la Pisam en piteux état, notre informateur israélien nous apprend que le Président et ses bourreaux ont fait un détour à l’ambassade d’Italie en Côte d’ Ivoire pour l’obliger à débloquer les milliards du pays au Vatican, dont lui seul peut autoriser le déblocage. Le Président Gbagbo a fermement opposé une fin de non recevoir à ces requêtes du camp Ouattara. Il aurait même eu une violente altercation avec un ministre français de haut rang, qui lui aurait tenu un langage des plus hautains.
A l’appui de cette thèse, plusieurs témoins ont signalé la présence d’un ballet d’hélicoptères onusiens à Abidjan en ces deux endroits aux alentours des 19-20-21 mai dernier.
Peine perdue, le Président Gbagbo n’a rien signé et ne signera jamais aucun document, fut-il au prix de sa vie.
Aux dernières nouvelles, le Président Gbagbo serait porté disparu, enlevé de la Pisam par des hommes russes pour une destination inconnue. Nous ne savons donc pas si le Président Gbagbo est aujourd’hui mort ou vivant, ou s’il a survécu à ses blessures.
Cinquante ans plus tard, l’Afrique est-elle en train de revivre en direct un remake d’assassinat d’un de ses dirigeants comme ce fut le cas de Patrice Lumumba dans l’ancien Zaïre de Mobutu?
A l’heure ou le dernier rapport d’Amnesty international pointe nommément les FCRCI de Ouattara et le camp Gbagbo dans les crimes contre l’humanité commis en Côte d’Ivoire depuis le début de la crise postélectorale, Alassane Ouattara peut-il s’offrir le luxe d’assassiner le Président Laurent Gbagbo ?
Nous ne tarderons pas à le savoir !
Christian Vabé

Le 25 mai 2011

 voireBusiness –
http://www.ivoirebusiness.net/?q=node/3898


Alassane Ouattara compte sur le G8 pour soutenir la Côte d'Ivoire.

Ndlr : La publication des articles ou analyses ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Invité à Deauville à l’occasion du sommet du G8, le président ivoirien espère pouvoir nouer des partenariats. Il chiffre les besoins de son pays entre 15 et 20 milliards d’euros.

Invité au G8 à Deauville, le président ivoirien Alassane Ouattara a d’abord fait un crochet par Paris. Devant quelque 300 personnes – dont beaucoup étaient issues de la communauté ivoirienne en France –  réunies dans un hôtel de la capitale française jeudi 26 mai, il a estimé : « L'invitation au G8 n'est pas fortuite. La communauté internationale doit apporter son appui à la Côte d'Ivoire pour son développement. »

« Je peux vous assurer que la Côte d'Ivoire ira de l'avant très vite et je peux vous assurer que nous allons brûler les étapes », a ajouté cet ancien directeur général adjoint du FMI.

Le prix à payer

Vendredi matin, sur les ondes de la radio Europe1, il s’est montré plus précis quant aux besoins estimés de la Côte d’Ivoire pour se reconstruire. Le pays « a besoin de 15 à 20 milliards d'euros pour les cinq prochaines années ». « C'est l'évaluation de mon programme », a déclaré celui qui a été investi le 21 mai après six mois de crise postélectorale.

« Il y a un prix à payer et je compte sur le G8 pour le faire dans le cadre d'un partenariat », a encore dit Alassane Ouattara

« Je souhaite que ce soit une confirmation de l'appréciation de la démocratie en Côte d'Ivoire, il faut réduire la pauvreté, il faut faire sortir la Côte d'Ivoire de cette longue période d'agonie économique et réconcilier les Ivoiriens », a-t-il ajouté.

27-05

( AFP)



1 Côte d'Ivoire occupé :

Shlomit Abel : A quelques heures du simulsacre!

Curieusement, les médias francophones sont muets ce matin : honte ou tout simplement incertitude face aux menaces des fidèles de Laurent Gbagbo qui ont promis de gâter la cérémonie ? En tout cas, on assiste à la mise en place d’un gigantesque cordon de sécurité pour empêcher les fauteurs de trouble de se manifester !

Le président Gbagbo a été transféré en dehors de Korhogo pour éviter les tentatives de le libérer; on fait venir des foules de burkinabés pour acclamer Ouattara  1er,  Ado-la France, dit ADOLF, en référence à l’autre, de sinistre mémoire pour les Occidentaux.

Les deux Adolf ont ceci en commun, qu’ils ont précipité, hier l’Occident, aujourd’hui la Côte d’Ivoire et toute l’Afrique, dans le chaos et la ruine pour de nombreuses années; c’est pour cela que la situation est critique.

Avec l’installation du “préfet” de Côte d’ivoire, son installation par la force, au prix du sang et des larmes de milliers d’innocents, les puissances de l’axe “démocratique et républicain” Sarkozy-Obama mettent en place une dictature où les droits élémentaires sont bafoués, où les Ivoiriens –et les Africains à leur suite- ne sont que des travailleurs ”bon marché”, réquisitionnés pour faire sortir de leur pays toutes ces richesses dont l’Occident exsangue pourra continuer à se gaver sans modifier son train de vie : celui qui consiste à maintenir dans la pauvreté un nombre croissant de Français et d’Américains, tandis que les nantis se partagent des parts toujours plus grosses du gâteau !

Ce qui arrive à la Côte d’Ivoire aujourd’hui est la répétition générale du sort de tous les pays dits du tiers-monde sur lesquels l’occident à jeté son dévolu ! Et pour beaucoup d’Africains, accepter aujourd’hui passivement cette inféodation de la Côte d’Ivoire, c’est accepter toutes les mises à genoux à venir, par de vraies fausses élections; c’est l’assurance d’avoir des pouvoirs corrompus entièrement aux ordres de l’étranger; c’est accepter que toutes les richesses soient pillées et qu’aucun mieux être ne soit donné en échange si ce n’est des cacahuètes, un peu de scolarité, de santé, des plans d’urgence, bref, faire semblant pour les occidentaux d’être généreux et plein de bons plans pour aider les africains à devenir soi-disant autonomes. Avec le président Gbagbo cela en prenait le chemin, mais justement la France, qui n’a pas de pétrole mais des idées, aime les idées au point d’en revendiquer le monopole : le sol ivoirien, le sous-sol et les fonds marins regorgent de richesses, et le président Gbagbo et les ivoiriens fourmillaient d’idées, de projets; mais voilà ils pensaient si bien pouvoir se passer de la France et de l’Amérique qu’ils l’ont dit trop fort ! Et cela est intolérable pour la mentalité occidentale pourrie qui est la nôtre! Le partage, un mot qui est dans toutes les bouches, n’est en fait qu’un synonyme de pillage, pillage éhonté, sans états d’âme, refus des responsabilités, refus d’assumer tout simplement son humanité pour préférer la bestialité sous toutes ses formes , et dans ce domaine l’histoire nous a appris que plus jamais ça voulait dire, attendons quelques années et remettons cela à la puissance x ! “ Plus c’est gros, mieux ça passe ! C’est ce que nous devrions nous apprêter à vivre demain : l’Installation en grande pompe d’un petit dictateur qui n’est rien sans son mentor, et qui va mettre aux arrêts tout un peuple après l’avoir humilié, décapité en la personne de son souverain légitime, broyé, ensanglanté, et qui aujourd’hui ose parler de pardon, de réconciliation, de coopération ! De qui se moque-t-on?

Pour beaucoup d’Ivoiriens, chrétiens et musulmans, la patience de Dieu au regard de l’histoire, est certainement infinie, tant qu’il ne se mêle pas d’en changer le cours, mais voilà, avec l’affaire DSK, beaucoup de gens -et pas que des sots- voient que la patience d’En Haut a atteint ses limites : on commence à voir apparaître de tous petits grains de sable dans les rouages, si petits que l’on préfère les ignorer, chercher à qui profite le crime dans l’affaire DSK, par exemple, salir, calomnier, se persuader que le mal n’a qu’un visage, celui de l’autre!  En Côte d’ivoire aussi, le tribunal n’est prévu que pour Gbagbo et son clan, le “dictateur” Gbagbo sur lequel on peut rejeter tous les crimes dont la France, la Licorne et les ouattaristes sont comptables depuis des années, et singulièrement depuis ces 40 derniers jours que Gbagbo est tombé!

Gbagbo, humilié, abaissé au nom d’une foi qui permet d’encaisser tous les coups sans riposter, de croire que l’ennemi est un ami en devenir, que la prière et la non intervention face à la menace vont transformer l’ennemi ! Oui la faute de Gbagbo a été de croire en l’homme, en sa bonté première; de croire aux paroles données, surtout à des occidentaux qui ont semble-t-il la même foi, les mêmes valeurs!

“Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre” : ces mots tirés du sermon sur la montagne, il faut bien les comprendre. Pour ceux qui croient que cette parole veut les entraîner dans un interminable punching ball style “peace and love”, je me permettrai de la revisiter dans une perspective juive, où il s’agit d’identifier l’ennemi et de lui donner une seconde chance de modifier sa trajectoire, avant l’anathème et le jugement : joue droite, puis joue gauche, et ça s’arrête là ! Il n’y a pas de troisième joue, après vient le temps du jugement , et ce jugement est déjà une réalité dans la mesure ou les économies occidentales sont en faillite ! Maquiller cette réalité n’empêchera pas l’Histoire de s’inviter dans l’histoire de la France et des États-Unis, pour que justice soit rendue à la Côte d’Ivoire et à tous les peuples martyrs des plans sordides échafaudés sur leur dos, pour leur spoliation.

En attendant le grand déballage, je me réjouis de tous les grains de sable à venir, et j’en vois déja quelques uns se profiler à l’aube de cette prise en main du destin de la Côte d’ivoire et de l’Afrique par la France, l’Onu  et autres Prédateurs !

Shlomit Abel

20/5

http://www.ivoirediaspo.net/?p=5915



2-0 Politique 

Ndlr : La publication des articles ou analyses ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Confection d'un gouvernement...

Côte d'Ivoire : le FPI participera au gouvernement si Laurent Gbagbo est libéré.

Le Front populaire ivoirien désire prendre part au gouvernement d’union nationale d’Alassane Ouattara mais demande l’amélioration de la sécurité pour les pro-Gbagbo et la libération des "camarades" détenus.

Les militants du Front populaire ivoirien (FPI) – le parti du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo – se sont dit prêts, mercredi 25 mai, à prendre part à un gouvernement d’union nationale en Côte d'Ivoire, mais à certaines conditions.

« Les militants ont décidé à une large majorité : oui, nous allons au gouvernement, mais à condition que les questions des camarades incarcérés et de la sécurité soient traitées et résolues », a déclaré à la presse Mamadou Koulibaly, président par intérim du FPI.

Laurent Gbagbo est en résidence surveillée à Korhogo et a commencé à être entendu par la justice ivoirienne, qui l'accuse notamment d'exactions, de concussion et d'appels à la haine. Son épouse Simone Gbagbo et la plupart des responsables de son camp sont également détenus dans le nord du pays.

Éléments modérés

Mamadou Koulibaly assume l'intérim à la tête de l'ex-parti au pouvoir, dont le chef Pascal Affi N'guessan a été arrêté après la chute de Laurent Gbagbo, le 11 avril dernier.

Concernant la sécurité, il a admis qu’elle était déjà en voie d’amélioration. « Les militants, de plus en plus, sont encouragés à sortir », après des mois vécus dans la peur des représailles.

Alassane Ouattara, lors de sa cérémonie d’investiture le 21 mai, a promis de former un gouvernement d’union nationale en y intégrant les « éléments modérés » du FPI.

En vue des législatives prévues avant fin 2011, les militants du FPI ont également soulevé la question de la Commission électorale indépendante (CEI) et de la liste électorale : sont-elles encore « valables ou non ? », a interrogé M. Koulibaly. La CEI et la liste des votants ont été au cœur de la violente crise née de la présidentielle de novembre 2010.

26/05

(avec AFP) 



2  Politique internationale

Les alliés de l'opposant

b) France

Sarkozy, pour la signature d'un nouvel accord défensif avec la Côte d'Ivoire

 Le Président français, Nicolas Sarkozy, appelle à la conclusion d'un nouveau traité défensif franco-ivoirien.
En visite, en Côte d'Ivoire, pour assister à la cérémonie d'investiture de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, Sarkozy a insisté sur la poursuite de la présence des militaires français, sur le sol ivoirien. Sarkozy a affirmé qu'une nouvelle ère commence, dans les relations franco-ivoiriennes, avec le début du mandat d'Alassane Ouattara. Il a, aussi, demandé à son homologue ivoirien de signer, la semaine prochaine, lors de la visite du ministre français de la Défense, en Côte d'Ivoire, un nouveau traité défensif. Ce nouvel accord sera publié, car la France ne veut plus avoir d’accords secrets et cachés.

22/05/2011

http://french.irib.ir/info/afrique/item/115124-sarkozy-pour-la-signature-dun-nouvel-accord-d%C3%A9fensif-avec-la-c%C3%B4te-divoire



3 Les organisations mondiale

Amnesty international

"Amnesty international" critique le nouveau président ivoirien.  

Amnesty international" a accusé le nouveau président ivoirien d'indifférence envers les attaques contre les partisans de Laurent Gbagbo.
  "Amnesty international" révèle, mercredi 25 mai, un rapport très étayé sur les six mois de violences post-électorales qu'ont subies les Ivoiriens, fin 2010 et début 2011. Dans ce document, "Amnesty" indique : "Un des principaux messages que nous adressons, aujourd'hui, à Alassane Ouattara, c'est d'ordonner à ses troupes d'arrêter de harceler les populations et de les protéger, lorsqu'elles ne sont pas à l'origine des harcèlements, car, même après l'arrestation de Laurent Gbagbo, les violences ont continué", décrit Salvatore Saguès, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest. Enfin, le spécialiste, qui appelle de ses vœux la réconciliation, dans le pays, souligne que la composante justice doit être mise en place par Alassane Ouattara.

25/05

 http://french.irib.ir/ 



4 Médias

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Bernard Desgagné : La vérité sur la guerre en Côte d'Ivoire: Effroyable ! Occident criminel .

Côte d'Ivoire: Ce que l'Occident (GB, France, USA..) y fait. Effroyable !

La désinformation sur la crise en Côte d’Ivoire

La tyrannie et ses mensonges

« L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. » — Gandhi

Le calvaire que le grand capital assoiffé de pétrole et de profits fait vivre au peuple ivoirien est une immense injustice qui est d’autant plus intolérable qu’elle se produit dans l’indifférence d’une grande partie de mes compatriotes québécois. Depuis bientôt cinq mois, malgré toute ma bonne volonté et mes efforts personnels pour sensibiliser en particulier la classe politique et les médias, j’observe impuissant les Ivoiriens, admirables résistants, se battre seuls contre l’argent des maitres du monde et les fusils de leurs valets. Je pleure et je me réveille la nuit en les entendant gémir, appeler à l’aide.

Une multitude de blogues, de pages Facebook, de canaux Twitter et de sites Web ivoiriens et africains sont parcourus de cris d’indignation et de hurlements de douleur qu’efface sans peine le vacarme assourdissant de la machine de guerre occidentale. À peine audibles, les lamentations des victimes de Duékoué, de Gagnoa, de San Pedro, d’Abidjan et du reste de la Côte d’Ivoire se perdent dans les abysses cybernétiques, tandis que les vampires qui boivent goulument le sang des Africains perpètrent tranquillement leurs crimes sous un déluge de média-mensonges. Avez-vous remarqué le silence de Radio-Canada depuis que l’affaire est prétendument réglée ? Avez-vous remarqué comme cette bande de journalistes à gages se tient coite depuis l’enlèvement de Laurent Gbagbo par les Français, qui l’ont remis à de sombres brutes pour qu’il soit humilié et séquestré avec sa femme, Simone ?

Pourtant, les rebelles poursuivent leurs massacres, jouissent de l’impunité et se tuent même entre eux, ce qui est très embarrassant pour Radio-Canada, qui nous présentait Alassane Ouattara comme le grand démocrate désigné comme vainqueur par la « communauté internationale ». Les élections fédérales tombant à point nommé, Radio-Canada a donc changé de sujet. Elle se désintéresse du conflit au moment où il vient de faire des milliers de morts. Quel contraste avec ce qui s’est passé entre décembre et mars ! Radio-Canada nous avait alors habitués aux quelques centaines de morts des statistiques plus ou moins fictives de l’ONU pour accabler Laurent Gbabo de tous les maux.

  Dans la première photo ci-dessus, des civils sont utilisés comme bouclier humain par les rebelles de Ouattara. Dans la seconde, l’un des civils servant de bouclier est tué lors d’un échange de tirs.

Le chaos et la terreur engendrés par l’ONU et la France, qui disaient vouloir protéger les civils, règnent partout sur le territoire ivoirien. Il y aurait deux-millions de déplacés. Les gens se terrent dans les plantations ou dans leur maison, en ville. Ils manquent de nourriture. Les voyous drogués et sans âme recrutés par Ouattara tuent, pillent, violent et saccagent. Les cadavres jonchent les rues. L’ONUCI, force des Nations Unies en Côte d’Ivoire, tire avec ses canons sur les civils de la vaste commune de Yopougon, en plein coeur d’Abidjan. Les jeunes hommes sans arme sont systématiquement « arrêtés », sous prétexte que ce sont des miliciens. S’ils résistent, ils sont tués. Les casques bleus restent sagement dans leur caserne, à Duékoué, pendant qu’à trois kilomètres de leur camp, des dozos sanguinaires massacrent plus de huit-cents civils innocents en deux jours, dans les cris d’horreur. Mais, soudainement, Radio-Canada a des choses plus importantes à nous dire que de nous parler de la tragédie provoquée par la soi-disant « communauté internationale », tout comme Radio-Canada occulte constamment le rôle machiavélique de la soi-disant « communauté internationale » dans le drame haïtien.

Je veux aujourd’hui que mes compatriotes québécois prennent conscience d’un scandale abominable et de la nature diabolique de ceux qui en sont la cause. Pétrole de l’ile d’Anticosti ou pétrole du golfe de Guinée, gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent ou cacao ivoirien : même avidité et même mépris pour l’humanité. Je n’aurai de repos que lorsque les Québécois descendront dans la rue avec l’Afrique et les autres peuples meurtris pour réclamer la justice. Je n’aurai de repos que lorsque chaque peuple s’apercevra qu’il n’est pas seul et cessera de croire ce que les menteurs au service de la ploutocratie racontent à propos des autres peuples. Ivoiriens, Haïtiens, Serbes, Congolais, Afghans, Irakiens, Palestiens, Cubains, Français, Étasuniens et Québécois doivent cesser de se voir les uns les autres à travers le filtre des grands médias et doivent se parler directement. Quand la maison du voisin brule, on peut bien faire semblant que le problème ne nous concerne pas, mais un jour viendra peut-être où ce sera la nôtre qui sera en feu. Il n’y a d’avenir pour l’humanité que dans la solidarité.

De la naïveté à la complicité

Si la désinformation est responsable de l’apathie du citoyen lambda, comment se fait-il tout de même que les plus politisés d’entre nous se laissent endormir de la sorte ? Les fabrications mensongères qu’on essaie de nous implanter dans le cerveau sont d’une grossièreté qui saute aux yeux. Et nous nous sommes fait faire le coup des dizaines de fois avant, à chaque guerre ou opération impériale de supposé « maintien de la paix ». Comment pouvons-nous être dupes des mêmes mensonges ? Comment pouvons-nous croire que la propagande se conjugue uniquement au passé, dans les manuels d’histoire ? Comment nous, les Québécois, pouvons-nous nous imaginer qu’il n’y a de désinformation que lorsque nous en sommes les victimes ? Nous dénonçons le Quebec bashing ou la dissimulation des reculs du français, mais en même temps, nous croyons sans discernement ce que les médias nous racontent au sujet des guerres impériales.

À entendre parler beaucoup de gens supposément intelligents, Obama, Sarkozy, Harper et leurs pions menteurs onusiens, qui tiennent la « communauté internationale » en laisse, éprouveraient soudainement une grande passion pour la démocratie en Afrique. Du Gabon à la Tunisie en passant par le Rwanda, ils entretiennent depuis belle lurette des relations tout à fait cordiales avec des dictateurs qui tantôt « s’accrochent au pouvoir » depuis des décennies, tantôt commettent des massacres à grande échelle. On sait bien pourquoi de telles amitiés sont cultivées : les ressources naturelles et les profits. Pour quelle autre raison a-t-on déjà fait la guerre ? Nommez-moi un seul cas où des troupes occidentales ont défendu des principes moraux par grandeur d’âme. Un seul cas où nos soldats se sont battus pour la justice et la paix. Un seul cas où l’on n’a pas menti systématiquement au peuple qui fournit la chair à canon pour justifier la guerre. Il n’y en a aucun. Qu’à cela ne tienne, partout autour de moi, des Québécois sont disposés à croire qu’en Côte d’Ivoire, la machine à larguer des bombes s’est mutée en douce fée venue apporter la démocratie d’un coup de canon à étoiles.

Incommensurable est la souffrance humaine causée par les faux justiciers qui ont toujours un vilain à mater quelque part et qui réussissent à garder leur image de bons grâce à leur emprise totale sur les médias. Les vilains sont souvent en Afrique, mais pas seulement là. Songez aux centaines de milliers de morts et de blessés et au million de réfugiés de l’Irak : fallait casser la gueule au vilain Saddam. Songez à l’Afghanistan martyrisé depuis 2001, où la corruption et le trafic de drogue règnent. Quel progrès ! Quelle belle œuvre humanitaire ! Fallait casser la gueule à Ben Laden. Il y a toujours des gueules à casser quelque part. Surtout là où se trouvent de mauvais clients. Et ce cassage de gueules laisse dans son sillage des drames qui perdurent.

En 1999, l’OTAN largue des milliers de tonnes de bombes sur la Yougoslavie pendant 78 jours. Alors qu’on nous vante la guerre propre, avec des frappes chirurgicales, des hôpitaux et des écoles sont touchés, comme ce sera le cas en Irak, quatre ans plus tard. Mais ces drames sont occultés à Radio-Canada et ailleurs, comme toujours. Le complexe pétrochimique de la ville de Pancevo est détruit par les frappes, causant fuites toxiques et contamination. Aujourd’hui, les hôpitaux de Pancevo sont remplis de cancéreux. Les invalides sont légion. Les enfants souffrent d’asthme. Les cimetières se remplissent de gens morts à quarante ou cinquante ans.

L’OTAN disait que les bombardements avaient pour but d’éviter une catastrophe humanitaire au Kosovo. Fallait une fois de plus casser la gueule d’un vilain : Milosevic. Or, les habitants de Pancevo se demandent encore aujourd’hui quel rapport il y avait entre cet objectif et les usines de leur ville. En fait, comme toujours, la démocratie et la protection des faibles n’étaient pour rien dans l’œuvre destructrice des maitres du monde. Il s’agissait de porter au pouvoir un faux mouvement indépendantiste constitué par la pègre kosovare d’Hashim Thaçi, qui faisait dans le trafic d’organes et qui règne aujourd’hui sur la traite des blanches en Europe. Il s’agissait aussi d’établir une base de l’OTAN au Kosovo, berceau de la Serbie. Voilà pourquoi on a agressé les Serbes, on les a tués en invoquant de faux charniers et on a dépecé leur pays.

Combien de fois encore avalerons-nous toutes les couleuvres que les médias aux ordres nous apprêtent chaque jour ? Combien de tragédies provoquées par les gardiens autoproclamés de la paix devront avoir lieu pour que l’on cesse de faire comme si les Radio-Canada de ce monde n’avaient pas pour fonction de relayer des mensonges et de nous mettre des idées dans la tête ? Il y a un moment où la naïveté, la paresse intellectuelle et le je-m’en-foutisme deviennent de la complicité.

La réalité masquée par les médias occidentaux en Côte d’Ivoire

Les raisonnements tenus par les médias occidentaux, au sujet de la crise actuelle en Côte d’Ivoire, tiennent purement et simplement du délire mythomane. Les journalistes aux ordres font gober des balivernes à leur public en répétant de fallacieux mantras, en accréditant les propos des terroristes et des assassins, en véhiculant les mensonges des humanitaires à gages et en reléguant au second plan certaines vérités fondamentales.

Dès le début de la crise postélectorale, Laurent Gbagbo a demandé simplement qu’un comité international recompte les voix pour régler le contentieux, qui s’apparente à beaucoup de situations rencontrées dans d’autres pays, y compris aux États-Unis à l’élection présidentielle de 2000. Alassane Ouattara a rétorqué qu’il ne fallait pas recompter les voix, que Laurent Gbagbo devait partir et que, s’il refusait de s’en aller, il fallait l’extirper militairement de son fauteuil. Donc, celui que Sarkozy appelle un dictateur a demandé une médiation impartiale, tandis que celui qui serait le vrai démocrate, « reconnu par la communauté internationale », a répondu qu’il fallait faire la guerre civile, sachant très bien que l’extirpation ne se réaliserait qu’au prix d’un grand nombre de vies humaines et ne pourrait pas être une opération « chirurgicale ».

Les appels à la guerre de Ouattara n’ont rien d’étonnant lorsqu’on sait que lui et ses parrains français à la solde du grand capital ont entrepris de déloger Gbagbo par la force dès septembre 2002, dans une tentative de coup d’État qui a été suivie de la guerre civile sanglante dont nous venons de voir le dernier épisode tragique et dont le bilan s’élève aujourd’hui probablement à près de vingt-mille morts et des dizaines de milliers de blessés. Les rebelles qui ont attaqué la Côte d’Ivoire et commencé la guerre civile ont toujours agi pour le compte d’Alassane Ouattara et se sont comportés de manière sanguinaire, capturant des policiers chez eux, les torturant et les exécutant sur la place publique, tantôt par balle, tantôt en les transformant en torches humaines, tantôt par d’autres procédés.

Les hélicoptères de combat français qui tirent sur les civils ne sont pas une nouveauté en Côte d’Ivoire. La France est constamment intervenue, ainsi que les mercenaires onusiens, pour soutenir les rebelles, qui ne seraient pas allés bien loin sans cette aide. Déjà, en novembre 2004, les hélicoptères français faisaient des cartons sur les manifestants. Quelques jours plus tard se produisait l’abominable tragédie de l’Hôtel Ivoire, où des soldats français ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés, en tuant des dizaines et en blessant des centaines.

À partir de la fin mars 2011, les hélicoptères de combat français et ceux de l’ONU, qui convoyaient déjà les rebelles depuis plusieurs mois, se sont mis à leur fournir un véritable appui aérien tactique. Alors que les rebelles intensifiaient leurs massacres de civils, les Français et l’ONU se sont mis à pilonner « les armes lourdes » de Laurent Gbagbo et la résidence du chef de l’État, à Abidjan. Les bombardements ont duré plusieurs jours, empêchant les Abidjanais de fermer l’oeil la nuit et faisant de nombreuses victimes civiles.

Sans ces frappes aériennes et la protection des blindés onusiens et français, jamais les rebelles, véritable bande de voyous désorganisés et disparates, ne seraient venus à bout de l’armée ivoirienne. Ils n’étaient capables que d’une chose : semer partout la terreur. Actuellement, les rebelles de Guillaume Soro et ceux d’Ibrahim Coulibaly (IB) s’entredéchirent en Côte d’Ivoire. Que fallait-il attendre de la part de pareilles hyènes ?

Le prétexte de la France et de l’ONU pour détruire les dépôts de munitions et les blindés ivoiriens ? Les armes en question auraient menacé les civils. Or, quoi qu’aient pu en dire Ouattara et ses assassins qui ne cessent de vouloir masquer leurs crimes par des mensonges éhontés, jamais les Forces de défense et de sécurité de la Côte d’Ivoire n’ont tiré sur des civils. Il a fallu que des menteurs onusiens s’en mêlent pour pallier l’absence totale de fondement aux accusation de crimes de guerre contre Laurent Gbagbo.

Le gros mensonge initial

La crise provoquée volontairement par l’ONU en Côte d’Ivoire a été déclenchée par un mensonge initial, c’est-à-dire le mensonge de la victoire électorale d’Alassane Ouattara. Ni Ouattara, ni l’ONU n’ont accepté que l’on recompte les voix, comme l’a constamment demandé Laurent Gbagbo, et ce, pour une raison évidente : un examen impartial de ce qui s’est passé lors du second tour aurait clairement mis en évidence le mensonge et aurait démontré la victoire de Laurent Gbagbo.

Compte tenu des énormes pressions exercées sur Laurent Gbagbo, l’élection a eu lieu même si les rebelles n’avaient pas désarmé comme convenu dans les accords de paix. (Après le feu d’artifice de la destruction des armes des forces ivoiriennes, en quelques jours, on voit bien maintenant que la France et l’ONU auraient eu amplement les moyens de désarmer les rebelles sur une période trois ans, si elles avaient voulu.) Le premier tour se tient le 31 octobre 2010 et le second, le 28 novembre. Laurent Gbagbo est premier le 31 octobre avec 38 % des voix, contre 32 % pour Alassane Ouattara et 25 % pour Henri Konan Bédié.

Au premier tour, Young-Jin Choi, le représentant de Ban Ki-moon en Côte d’Ivoire, attend la proclamation par le Conseil constitutionnel pour attester, au nom de l’ONU, que l’élection s’est tenue dans le respect des règles. Le second tour entrainera un imbroglio. M. Choi n’attendra pas la proclamation du Conseil constitutionnel et attestera plutôt le résultat fictif donné par le président de la Commission électorale indépendante.

Les membres de la Commission électorale indépendante (CEI) n’arrivent pas à s’entendre, car des irrégularités importantes entachent les résultats dans la zone occupée par les rebelles (zone CNO). Après trois jours, le délai de la CEI est expiré et elle doit remettre le dossier au Conseil constitutionnel, comme le prévoit le Code électoral de la Côte d’Ivoire. Mais, après l’expiration du délai, le 2 décembre, coup de théâtre, le président de la CEI, Youssouf Bakayoko, se rend au QG d’Alassane Ouattara pour y annoncer la victoire de ce dernier.

M. Bakoyoko est emmené au QG de M. Ouattara par les ambassadeurs des États-Unis et de la France. Il n’est accompagné d’aucun autre membre de la CEI. Seuls des journalistes étrangers sont présents au moment de l’annonce. Aucun journaliste ivoirien n’est sur place. Serait-il normal que le lieutenant-gouverneur du Québec arrive dans une voiture de la GRC au QG de campagne du Parti libéral du Québec, pour y annoncer le résultat des prochaines élections générales québécoises, sans égard aux prérogatives du directeur général des élections, en présence uniquement de journalistes du Globe and Mail, de l’Ottawa Citizen et du Calgary Herald ?

Sans attendre la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel, qui est le seul habilité à le faire selon la Constitution de la Côte d’Ivoire, Young-Jin Choi atteste les résultats annoncés par Youssouf Bakayoko. Selon M. Choi, de nombreux agents de l’ONUCI avaient été déployés sur l’ensemble du territoire national pour rendre compte du déroulement du scrutin. Ils ont pu constater que l’élection s’est tenue dans de bonnes conditions et que, s’il y a eu des irrégularités, elles sont mineures et ne justifient pas une remise en question du résultat. Voilà le gros mensonge fabriqué par l’ONU qui est à l’origine de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

Le Conseil constitutionnel, la plus haute autorité judiciaire au pays, comme la Cour suprême au Canada, n’est pas du tout du même avis que M. Choi. Lui et beaucoup d’autres observateurs constatent des fraudes massives et des violences commises dans les zones sous l’emprise des rebelles toujours armés. Yao N’dré, président du Conseil constitutionnel, annonce la décision de ce dernier. Laurent Gbagbo a remporté l’élection présidentiel. Le résultat définitif est le suivant :

Laurent Gbagbo : 51,45 %

Alassane Ouattara : 48,55 %

Il est à noter, par exemple, que, dans environ 500 bureaux de vote de la zone CNO, Laurent Gbagbo obtient 0 voix, ce qui veut dire que même ses propres représentants n’auraient pas voté pour lui, alors qu’il avait obtenu beaucoup de votes dans ces bureaux, au premier tour.

Contrairement à ce qu’affirme le menteur onusien Choi, de nombreuses délégations d’observateurs constatent des fraudes massives dans la zone CNO : des vols d’urnes par des soldats rebelles, des séquestrations d’observateurs, des votes multiples, des faux bulletins sans hologramme, des bourrages d’urnes, l’empêchement de voter des partisans de Laurent Gbagbo, des agressions physiques contre eux ainsi que de nombreux préjudices matériels. L’un des observateurs de l’Union africaine, Mohamed Aref, témoigne de l’énorme manipulation. Pour lui, c’est très simple : les chiffres de Choi sont truqués.

Bien que la Constitution de la Côte d’Ivoire ne prévoie aucun recours contre les décisions du Conseil constitutionnel, les partisans d’Alassane Ouattara et leurs alliés occidentaux font valoir que le président de ce conseil a été nommé par Laurent Gbagbo. Est-ce une raison pour balayer du revers de la main la décision des juges ? Au Canada, par exemple, les juges de la Cour suprême sont nommés par le premier ministre. Le Québec a-t-il demandé aux casques bleus de bombarder Ottawa lorsque la Cour suprême du Canada a invalidé de nombreuses dispositions de la Charte de la langue française ?

Les partisans d’Alassane Ouattara et leurs alliés occidentaux font aussi valoir que, selon l’article 64 du Code électoral, le Conseil constitutionnel avait l’obligation d’ordonner la reprise du scrutin dans les 45 jours s’il constatait des irrégularités graves. Or, cet argument revient à donner plus de pouvoir à la CEI qu’au Conseil constitutionnel et à nier à ce dernier sa fonction de juge suprême en matière d’application des lois. Le Code électoral est une loi de la Côte d’Ivoire, qui doit être interprétée à la lumière de la Constitution et du reste du cadre juridique du pays.

De plus, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la tenue d’un scrutin honnête dans les zones sous l’emprise des rebelles aurait été difficile sans désarmement. Vu les circonstances, la plus haute autorité judiciaire avait le droit de prendre la décision qu’elle estimait dans l’intérêt du pays.

La Côte d’Ivoire étant un État souverain doté d’institutions démocratiques, il ne revient pas à la communauté internationale, mais bien à la population ivoirienne de choisir elle-même son président. Au Canada, accepterait-on que la « communauté internationale » proclame le vainqueur des élections et exerce des pressions énormes pour que les Canadiens acceptent ce choix ? Les litiges électoraux sont courants dans le monde. Chaque fois, on laisse les autorités administratives et judiciaires du pays les régler. Pourquoi veut-on que ce soit différent en Côte d’Ivoire ? Parce que la population est de race noire ?

Pour ajouter l’insulte à l’injure, lorsque l’Union africaine a formé un comité d’experts pour se pencher sur le litige, ce comité n’a pas du tout examiné le fond de la question, c’est-à-dire les documents électoraux. Il s’est borné à interroger divers acteurs du dossier et s’est appuyé sur les résultats fictifs de Choi ainsi que sur une erreur d’appréciation grave. L’Union africaine étant financée à 80 % par l’Union européenne, elle est peuplée de menteurs qui sont sur la même liste de paye que les menteurs onusiens. Voici un extrait de la réplique du gouvernement Gbagbo au rapport du comité d’experts, réplique que l’on pouvait trouver dans le site de la présidence de la Côte d’Ivoire, mais qui s’est volatilisée puisque Ouattara a fait fermer le site. Heureusement, j’en avais conservé une copie :

« L’Union Africaine fonde […] sa décision sur une erreur d’appréciation grave commise par le groupe d’experts, à savoir que la requête en annulation du Candidat Laurent GBAGBO portait sur quatre (04) et non pas sept (07) départements. Selon eux, en annulant sept au lieu de quatre, le Conseil Constitutionnel est allé au-delà de ce qui lui était demandé. En vérité, le Conseil Constitutionnel était saisi pour annuler huit (08) départements : Bouaké, Katiola, Dabakala, BoundiaIi, Korogho, Ferké, Beoumi, Sakassou. Le Conseil a éliminé seulement sept (07) : Bouaké, Katiola, Dabakala, Boundiali, Korogho, Ferké, Séguéla soit moins que ce qui lui était demandé. Cette confusion grave apparaît comme une manœuvre délibérée pour discréditer la décision du Conseil Constitutionnel et arracher la décision des membres du Panel et du CPS en faveur d’Alassane Ouattara. »

Les lecteurs qui souhaitent vérifier dans les détails l’information ci-dessus peuvent consulter le site International Watch, où ils trouveront des documents officiels relatifs au second tour de l’élection présidentielle, y compris beaucoup de preuves des fraudes massives.

Les mensonges pour incriminer Gbagbo

On connaissait déjà le rôle délétère des faux pacificateurs onusiens à Haïti ou encore en République démocratique du Congo, où, à l’été 2010, par exemple, dans le village de Luvungi, ils ont laissé des bourreaux en armes violer des femmes et des enfants pendant une semaine, sans intervenir.

S’il restait encore un seul gramme de crédibilité à la « communauté internationale », elle vient de le perdre en Côte d’Ivoire, où les masques vertueux des onusiens sont tombés pour de bon. L’ONU s’est complètement déshonorée en devenant le foyer de propagation des mensonges, et les casques bleus se sont transformés au grand jour en terroristes aux côtés des rebelles, pour tuer des Ivoiriens.

Si vous cherchez partout dans les médias ou ailleurs des preuves solides des accusations portées contre Laurent Gbagbo, vous n’en trouverez nulle part. Vous entendrez des affirmations, des histoires, mais jamais de preuves concluantes semblables aux nombreuses preuves visuelles et matérielles très accablantes contre Alassane Ouattara et ses amis de l’Élysée et de l’ONU. Vous verrez par ailleurs beaucoup de mensonges construits de toutes pièces par les humanitaires à l’impartialité factice ainsi que par les chefs onusiens, puis relayés par les grands médias. Laurent Gbagbo ayant toujours été un homme de paix et de démocratie, il a fallu, pour pouvoir convaincre le public occidental que c’était un dictateur, cacher certains faits cruciaux et organiser des mises en scène.

Navi Pillay, la haute commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, a inventé des histoires de charniers et, après avoir prétendu faussement que l’ONUCI ne pouvait pas se rendre sur place pour vérifier, elle a dû reconnaitre dans un cas que le charnier n’existait pas. Dans les autres cas, l’ONU n’a pas enquêté. Évidemment, le mal était fait, quant à la réputation de Laurent Gbagbo. L’ex-député norvégien Lars Rise a mis les points sur les « i » : la France se comporte comme au bon vieux temps des colonies, l’ONU aggrave la situation au lieu de l’améliorer et Mme Pillay raconte des sornettes.

Ban Ki-moon a inventé des livraisons d’hélicoptères biélorusses au gouvernement de la Côte d’Ivoire, qui était soumis à un embargo sur les armes tandis que les rebelles étaient bien approvisionnés en armes par la France et l’ONU. Devant les protestations de Minsk, Alain Le Roy, le chef des opérations de « maintien de la paix » de l’ONU, a dû reconnaitre que son patron Ki-moon avait menti.

Comme preuve de la « campagne de violence organisée » des forces de sécurité et des milices soutenant Laurent Gbagbo, les humanitaires à gages de Human Rights Watch ont présenté l’image de partisans d’Alassane Ouattara tués le 16 décembre 2010 à Abobo pour accompagner un récit largement fantaisiste, construit à partir des faux témoignages de menteurs à la solde d’Alassane Ouattara. Human Rights Watch a pris bien soin de ne pas préciser les circonstances de la prétendue manifestation du 16 décembre, qui était en fait une attaque en règle des rebelles aidés par des casques bleus, avec mitrailleuses et lance-roquettes, contre le siège de la RTI, la radio et la télévision d’État ivoiriennes. Human Rights Watch est financée par la fondation étasunienne National Endowment for Democracy, une création de Ronald Reagan pour remplacer la CIA dans les opérations de propagande.

L’une des « opérations psychologiques » les plus médiatisées de l’ONU contre Laurent Gbagbo est survenue le 3 mars 2011. Quelques partisans d’Alassane Ouattara organisèrent une mise en scène grossière où « six à huit femmes » furent prétendument massacrées par les Forces de défense et de sécurité (FDS) ivoiriennes. Alain Le Roy, le secrétaire général adjoint au Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, affirma officiellement que les femmes avaient été abattues « par des mitrailleuses lourdes de calibre 12,7 ». La dépêche de l’AFP relayant le mensonge de M. Le Roy fut immédiatement reprise par des dizaines, voire des centaines de grands médias. Les grandes chaines européennes diffusèrent plusieurs reportages télévisuels (dont voici un exemple) qui reprenaient des extraits choisis de la vidéo amateur des comédiens pro-Ouattara.

Or, dans la vidéo amateur (mais pas dans les extraits diffusés par les médias), on voit soudainement, entre autres invraisemblances, l’une des femmes supposément massacrées revenir miraculeusement à la vie et se faire dire par le caméraman de se recoucher. Elle s’exécute aussitôt en prenant soin de replacer elle-même son bras pour cacher son visage. De plus, on entend clairement les coups de feu, au nombre de trois, qui sont simplement des tirs de sommation et sont provoqués volontairement par des jeunes hommes s’avançant vers les blindés des FDS. Il n’y a manifestement aucun tir de mitrailleuse. Voici une analyse édifiante de la mise en scène ainsi qu’un reportage de la RTI qui la dénonce, tout en soulignant que les médias occidentaux n’en sont pas à leur premier mensonge.

Radio-Canada a diffusé la nouvelle du prétendu massacre à au moins cinq reprises, y compris quatre fois après le 5 mars, date à laquelle j’ai communiqué à la journaliste Sophie Langlois des preuves indiscutables qu’il s’agissait d’une mise en scène. Une page Web présentant le massacre des sept femmes comme un fait avéré est encore en ligne dans le site de Radio-Canada.

Pire encore, Radio-Canada a essayé de couvrir le mensonge par un mensonge additionnel. Elle a dépêché la journaliste Sophie Langlois à Abidjan et lui a demandé d’interroger à la caméra l’un des complices pro-Ouattara de la mise en scène comme si c’était un moyen d’attester la véracité du massacre. Pendant son voyage, Mme Langlois s’est empressée d’interviewer de nombreuses prétendues victimes pro-Ouattara des FDS. Elle en a rapporté beaucoup de ragots, mais n’a présenté, dans ses reportages, aucune preuve concluante pour étayer les accusations contre Laurent Gbagbo. À l’inverse, pendant la semaine où elle était en Côte d’Ivoire, Mme Langlois n’a rencontré pratiquement aucune victime des tueurs de Ouattara, malgré l’aide qui lui a été fournie par moi et des Ivoiriens du Québec pour lui permettre de rencontrer de telles personnes et de constater leurs blessures sur place.

Dès le 12 mars, j’ai porté plainte auprès de l’ombudsman, Mme Julie Miville-Dechêne, contre le comportement de Radio-Canada dans la crise postélectorale ivoirienne et en particulier contre la participation de Radio-Canada à l’opération psychologique onusienne du 3 mars 2011. L’enjeu étant beaucoup trop important, il est évident que jamais Radio-Canada ne reconnaitra sa culpabilité et qu’elle fera tout pour soit nier, soit minimiser ses mensonges. Ce sera la preuve définitive qu’il n’est plus de mise de parler d’une « théorie du complot », mais bien d’un complot avéré.

Les Ivoiriens du Québec et leurs familles au Côte d’Ivoire ayant subi des préjudices incommensurables en raison de l’agression militaire et économique que leur pays a subie, ils auraient selon moi intérêt à envisager des poursuites judiciaires contre Radio-Canada. Jamais la destruction de la Côte d’Ivoire n’aurait été possible sans la campagne de désinformation massive orchestrée par les médias au service du grand capital, dont la propagande consistant à inverser complètement les rôles a certainement influencé les politiciens québécois et canadiens dans leur position relativement à la Côte d’Ivoire. Jamais les gens de bonne volonté, qu’ils soient députés ou simples citoyens, n’auraient cautionné l’appui moral, humain et financier fourni par Stephen Harper et Jean Charest au terroriste Alassane Ouattara s’ils avaient su la vérité. Et il est certain qu’en se dissociant publiquement de Sarkozy, des gens comme Amir Khadir, Gilles Duceppe et Pauline Marois auraient pu lancer un mouvement de prise de conscience. Leur intervention aurait pu être le grain de sable dans l’engrenage infernal. Mais pour cela, il aurait fallu qu’ils soient honnêtement informés, ce qui n’a manifestement pas été le cas.

Un coup d’État pour le pétrole

Alassane Ouattara a obtenu « l’extirpation » qu’il souhaitait, mais elle est loin d’avoir été « chirurgicale » et sans douleur. Son coup d’État a réussi non pas à cause des rebelles, mais bien grâce à l’armée française et aux mercenaires onusiens. La phase finale de la quête du pouvoir de M. Ouattara se solde par un déluge de bombes, d’obus et de missiles français, la neutralisation des forces de l’ordre ivoirienne, la remise en liberté de centaines de criminels dans Abidjan, des pillages incessants, des millions de déplacés, des millions de personnes enfermées chez elles, sans nourriture, pendant plusieurs jours, des milliers de morts et de blessés parmi les civils ainsi que l’anéantissement de l’administration publique.

Les bureaux des ministères ivoiriens ont été saccagés de même que la résidence du chef de l’État et l’Assemblée nationale. Les institutions politiques et judiciaires sont inopérantes. L’ancien chef de l’État a été arrêté et humilié de même que tous ses partisans. Il est détenu ainsi que sa femme depuis le 11 avril 2011, sans qu’aucune accusation précise soit portée contre eux. Les militaires et les politiciens qui n’étaient pas favorables à M. Ouattara ont le choix entre l’allégeance forcée, l’exil ou la persécution, voire la torture et l’élimination. Même lorsqu’ils ne sont pas armés, les jeunes hommes considérés comme des partisans de Laurent Gbagbo sont déshabillés, faits prisonniers, détenus dans des conditions atroces, torturés, utilisés comme boucliers humains et parfois exécutés, sous prétexte que ce sont des « miliciens ». Les terroristes illettrés de M. Ouattara réclameront bientôt des postes de dignitaires, de luxueuses demeures pour leur famille et des limousines. Ils installeront un régime des plus corrompus. Le pays risque d’être pratiquement ingouvernable sans une forte répression. Voilà la démocratie imposée par les valets français et onusiens du grand capital occidental, Nicolas Sarkozy en tête, avec la bénédiction de la « communauté internationale ».

 Des civils sont capturés par les rebelles de Ouattara.

Le coup d’État sanglant de 2011 et ses séquelles très douloureuses qui ne sont pas près de s’estomper contrastent nettement avec ce qui s’était produit en 2000, lors de l’élection de Laurent Gbagbo. À l’époque, le général Robert Guéï, auteur d’un coup d’État en 1999, s’était proclamé vainqueur, en truquant les résultats. La population descendit massivement dans la rue et les travailleurs se mirent en grève, malgré la répression policière qui fit des morts. (Ouattara et ses complices attribuent régulièrement les victimes de cette répression aux partisans de Laurent Gbagbo, mais ce n’est qu’un mensonge de plus.) Le général Guéï fut obligé de constater qu’il n’avait pas du tout la faveur populaire et s’avoua vaincu.

Après l’élection du 28 novembre 2010, Alassane Ouattara lança vainement des appels à la population pour qu’elle manifeste et fasse la grève. Les Ivoiriens ne suivirent pas ce mot d’ordre. Les manifestations pro-Ouattara furent de fausses manifestations, orchestrées par des metteurs en scène, comme celle du prétendu massacre du 3 mars. Les télévisions occidentales relayèrent des images de jeunes hommes armes blanches à la main, mettant le feu à des pneus et se disant prêts à « en finir avec Laurent Gbagbo ». On vit, dans les manifestations prétendument pacifiques pro-Ouattara, des hommes en civil transporter des armes, y compris des lance-roquettes. Voici un exemple de manifestation « pacifique » pro-Ouattara.

Laurent Gbagbo, lui, n’a jamais eu recours à la violence et a toujours joui de la faveur populaire. C’est une sorte de René Lévesque ivoirien. Digne héritier de Patrice Lumumba et de Thomas Sankara, père du multipartisme et de la liberté de presse en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a suspendu l’application du principe de l’ivoirité, adopté par Henri Bédié, aujourd’hui paradoxalement allié de Ouattara. C’est grâce à Laurent Gbagbo que Ouattara a pu se présenter à l’élection présidentielle. Laurent Gbagbo n’a jamais mis ses adversaires en prison. Alassane Ouattara, lui, vient d’emprisonner Laurent Gbabo pour la deuxième fois. Il l’avait fait déjà le 18 février 1992.

Quelques jours avant que ne débute l’offensive finale de la France et de l’ONU qui sema la désolation en Côte d’Ivoire, les grands médias occidentaux se gardèrent bien de nous informer de la grande manifestation pacifique d’appui aux institutions ivoiriennes et à Laurent Gbagbo qui réunit des centaines de milliers de personnes au coeur d’Abidjan. Pendant vingt-quatre heures, les 26 et 27 mars 2011, la Place de la République fut envahie par des Ivoiriens venus demander au monde d’entendre leur appel à la paix, à la souveraineté des peuples et au respect des êtres humains. À perte de vue, toutes les artères menant à cette place étaient remplies de monde venu passer la nuit à écouter orateurs et artistes. C’était émouvant d’entendre la foule entonner l’Abidjanaise ou « David contre Goliath ». Mais personne à Radio-Canada ne nous en parla.

Quand je revois les images de ce peuple fier et admirable de résistants, je pense à tous ceux qui chantaient et dansaient pour leur pays et qui ont été assassinés par la folie meurtrière du grand capital, dans l’indifférence de mes compatriotes québécois, au milieu des histoires insignifiantes dont nous abreuvent les médias. J’en éprouve une grande tristesse. Vous me pardonnerez de manquer d’intérêt pour le vote de confiance de Pauline Marois ou la bataille électorale de Gilles Duceppe.

Combien de temps encore resterons-nous prisonniers de l’univers d’information-fiction qui balise notre démocratie imaginaire, au service de la guerre, du pillage et du mensonge ? Nous sortons parfois brutalement de notre rêve éveillé, par exemple pour un puits de gaz que des employés obéissants, sur la liste de paye des grands patrons, commencent à creuser sur nos terres. Et comme le capital finit quand même par arriver à ses objectifs en silence, au Québec, derrière les portes closes des officines du parti des exploiteurs libéraux, il n’a pas besoin de nous tuer. Pourvu que nous continuions de jouer docilement notre rôle dans le système.

Depuis la création du système de Bretton Woods, en 1944, ce sont la Banque mondiale, le FMI, Wall Street, le complexe militaro-industriel, les magnats de la finance et la Federal Reserve avec sa planche à monnaie de singe qui nous dirigent vraiment. Pas les politiciens que nous élisons et qui ne sont que des marionnettes. Les maitres du monde nous accordent le privilège de nous bercer des illusions de la démocratie tant que nous leur obéissons et que nous les laissons nous plumer, sans remettre en question leur droit héréditaire et absolu d’exploiter les pays et les peuples à leur guise. Quand ils nous disent qu’ils vont abaisser la cote de crédit de notre État de AAA à AA si nous ne laissons pas les gens mourir dans les couloirs de nos hôpitaux, notre premier ministre leur obéit. Quand les mêmes agences de notation derrière lesquelles se cachent les voleurs de Goldman Sachs nous disent d’investir nos économies dans des prêts hypothécaires à risque érigés en placements fiables portant la cote AAA, notre Caisse de dépôt et placement leur obéit et perd quarante-milliards de dollars. Peu de temps après, son directeur, un certain Henri-Paul Rousseau, trouve refuge chez Desmarais, maitre de l’information au Québec, parrain de Nicolas Sarkozy et actionnaire de référence de la quatrième pétrolière au monde, Total… qui a le pétrole de la Libye et du golfe de Guinée dans son collimateur. Tiens, tiens.

Cela crève les yeux que le massacre des Ivoiriens pour déloger Laurent Gbagbo n’a rien à voir avec la démocratie et tout à voir avec l’économie du pillage. C’est le pétrole du golfe de Guinée (35 milliards de barils de réserves connues) qui explique cette nouvelle fureur assassine déguisée en entreprise de défense de la démocratie, après l’Irak et l’Afghanistan. De la même manière, c’est le pétrole de la Libye qui explique qu’il faille y bombarder Tripoli tout en accusant Kadhafi d’être lui-même le responsable des tueries, ce qui est ridiculement insensé quand on sait que, dès les premiers jours du « soulèvement populaire », les pauvres « manifestants pacifiques » tiraient sur des commissariats de police avec des lance-roquettes.

Un État fort et des dirigeants qui ne sont pas des marionnettes du grand capital constituent le plus grand des dangers pour ceux qui ont vu leur fortune décupler avec le néolibéralisme et qui se paient tous les serviteurs qu’ils veulent. C’est pour cela que les groupes qui visent à démanteler, affaiblir ou repenser le « modèle québécois », comme le Réseau liberté Québec ou l’Institut économique de Montréal, sont si bien financés et que leurs porte-paroles occupent toutes les tribunes médiatiques. Un État fort met le capital au service du peuple, et non l’inverse, tout en privant les ultrariches des vaches à lait qu’ils achètent et rentabilisent avec des deniers publics. C’est pour cela que les valets de ces riches brandissent des tas d’épouvantails aussitôt qu’il est question de nationalisation. On nous prédisait la fin du monde lors de la nationalisation de l’électricité, dans les années 1960. Hydro-Québec fut une réussite colossale. Puis, au début des années 2000, on nous a rebattu les oreilles avec le fiasco de la Gaspésia, preuve indubitable de l’incapacité de l’État à gérer efficacement les affaires, si l’on en croit les chantres du capitalisme sauvage.

La campagne de dénigrement contre Laurent Gbagbo en vue de le renverser a commencé en 2001, dès l’adoption du premier budget de son gouvernement, qu’il avait appelé un « budget sécurisé ». Laurent Gbagbo voulait que son pays se désenclave du système de Bretton Woods et mette fin à l’endettement infini, instrument privilégié d’asservissement de l’Afrique employé par le FMI, dont Alassane Ouattara a été le directeur général adjoint. Laurent Gbagbo a commencé à devenir un « dictateur » avec ce budget, lorsqu’il essayait de donner à son peuple les outils nécessaires pour se libérer. C’est à ce moment qu’on a décidé de le remplacer par l’homme du FMI, Alassane Ouattara. Mais la résistance du peuple ivoirien a été très vive. Pour seulement donner l’illusion qu’on installe M. Ouattara au pouvoir, le président élu « par la communauté internationale » qui ne gouverne toujours rien, il a fallu presque neuf années de tentatives de coup d’État, de guerre civile, de terrorisme, d’affaiblissement de l’État ivoirien, de bombardements par la France, de trucages électoraux, de cruels embargos, notamment sur les médicaments, et d’autres pressions démesurées par les puissances occidentales, contre un petit pays d’Afrique de l’Ouest.

Desmarais et Power Corporation sont parmi ceux qui comptent sans doute profiter le plus du massacre des Ivoiriens, vu leurs intérêts dans Total. Parions que M. Desmarais n’a pas essayé de convaincre son poulain Sarkozy de retenir ses bombes. Parions aussi que ses ordres se sont bien rendus aux journalistes à gages radiocanadiens, conformément à l’entente secrète qui lie sa société de désinformation Gesca à la Société Radio-Canada. Desmarais, Sarkozy, Harper, Charest : les ennemis du peuple ivoirien sont aussi les ennemis du peuple québécois. Il est temps que l’Afrique et le Québec commencent à se parler.

http://no-war.over-blog.com/article-la-verite-sur-la-guerre-en-cote-d-ivoire-effroyable-occident-criminel-72608577.html



5 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 Michel Collon : Des journées de grands progrès...
Nous venons de vivre des journées de grands progrès vers la civilisation. Ou pas ?

11 avril, Côte d’Ivoire. L’armée française renverse et arrête le président d’un pays qui n’a pas agressé la France, mais a refusé de lui livrer inconditionnellement ses richesses. Pas d’enquête médiatique sur le pétrole, le cacao ou les dessous de la guerre civile.

28 avril, Maroc. Un attentat cible des touristes étrangers justement alors que Mohamed VI fait face à une contestation sociale et démocratique croissante. Pas d’enquête médiatique sur une possible implication des services secrets appliquant une classique « stratégie de la tension ».

1 mai, Libye. L’Otan tente d’assassiner le chef d’Etat d’un pays étranger, violant son propre mandat obtenu de l’ONU et limité à la « protection des civils ». Trois enfants de quatre mois, deux ans et trois ans sont tués. Pas d’enquête médiatique sur le respect du droit international, ni sur les véritables objectifs d’Obama – Exxon, de Cameron – BP et de Sarkozy – Total.

1 mai, Pakistan. Le même jour, comme par hasard, Obama fait exécuter sans procès un Ben Laden désarmé et annonce : « Justice est faite ». Même les criminels nazis avaient eu droit à un tribunal. Pas d’enquête médiatique sur les révélations que Ben Laden aurait risqué de faire. Ni sur le fait que l’occupation de l’Afghanistan devrait en toute logique s’arrêter à présent.

Certains intérêts tentent de nous ramener à l’époque coloniale quand le seul droit reconnu était le droit du plus fort. Piller les richesses du monde entier est l'intérêt des multinationales, mais les gens ont au contraire intérêt à la paix. Donc à la coopération Nord - Sud pour mettre fin à la pauvreté. Ces guerres sont aussi contre nous.

Michel Collon

5 mai 2011

http://michelcollon.info/Des-journees-de-grands-progres.html


n°14 - Journal de Côte d’Ivoire - 16-05 au 28-05 - Fin - La vérité sur la guerre en Côte d'Ivoire: Effroyable ! Occident criminel .


n°14 -  Journal de Côte d’Ivoire  - 16-05 au 28-05  - Fin - La vérité sur la guerre en Côte d'Ivoire: Effroyable ! Occident criminel .



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



      Journal de Côte d’Ivoire 

    n°14                                      16-05 au 28-05 

C.Debroeder &  M.Lemaire 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

6  Dossier

6-1 Kohi Djezro : Jerry Rawlings fait peur à Alassane Ouattara

7 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

7-1 Jean Franck Boa : Côte d’Ivoire: Appel à la résistance contre Ouattara.

5-1 Michel Collon : Des journées de grands progrès...

7-2 Pétition pour la libération immédiate de Laurent Gbagbo.

7-3 Irinnews : CÔTE D'IVOIRE: Réticents à rentrer chez eux.

8 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

8-1 Jean-Paul Mari : Enquête sur un massacre.



6  Dossier

6-1 Kohi Djezro : Jerry Rawlings fait peur à Alassane Ouattara

Dans une brillante analyse de nos confrères de l’Inter publiée dans nos colonnes (Rumeurs de coup d`Etat / Pourquoi le Ghana fait peur aux nouvelles autoritéshttp://www.ivoirediaspo.net/?p=5899 ) , il est fait mention des différents paramètres qui justifieraient la peur bleue qu’ont Soro Guillaume et Alassane Ouattara de voir un coup de force partir du Ghana pour frapper le cœur de leur régime.

Si un seul point a été omis dans cette analyse, c’est le nom de Jerry Rawlings.

En effet, Monsieur Rawlings n’a jamais caché son opposition au recours de la force pour enlever le président Gbagbo(http://www.ivoirediaspo.net/?p=2791). « Des résultats d’élection plus scandaleux ont eu lieu dans d’autres pays sans intervention. Comment peut-on justifier une intervention dans ce cas… »

Le président Rawlings n’a pas accepté le fil conducteur de la volonté acerbe de l’Onu et de la Cedeao d’utiliser les moyens militaires contre le président Gbagbo alors que les résultats n’établissent pas clairement Alassane Ouattara comme vainqueur des élections.

« La situation est certes embarrassante pour l’Afrique mais également inquiétant est le fait que plusieurs subversions ne sont pas mentionnées par les médias internationaux. Les rapports d’observateurs qui condamnant la conduite des élections dans plusieurs parties du pays ont été totalement ignorés par les médias internationaux.

Certaines régions ont enregistré des votes plus élevés que la liste totale des électeurs enregistrés… dans certains secteurs l’on n’a pas permis au personnel de la commission électorale et un certain parti de travailler librement. Ce faisant, il est impérieux qu’une enquête appropriée soit instamment conduite » pour rétablir la vérité.

Ainsi, en lieu et place de la violence préconisée par l’axe Dakar-Ouagadougou-Abuja Rawlings avait préconisé le dialogue en en appelant à la dignité africaine. Pour l’ex-président ghanéen, il aurait fallut considérer les rapports des émissaires de l’Union africaine qui mentionnent clairement qu’il ya eu violences et tricheries en faveur de Ouattara dans la zone septentrionale de la Côte d’Ivoire. En plus de ces rapports, le président Rawlings avait exigé qu’on accorde une attention particulière au rapport de l’ex président sud africain Thabo Mbeki, envoyé ad hoc de l’Union Africaine quelques jours après les résultats controversés du deuxième tour des élections.

« Il y a trop de questions cruciales sans réponse. Les détails du rapport du représentant de l’Union Africaine, le Président Thabo Mbeki, devraient être rendus publics pour aider à démêler la nature de la situation. »

Comme il est aisé de le comprendre, Jerry Rawlings ne considère pas tout de go Ouattara comme le vainqueur des élections en Côte d’Ivoire, aussi, il se dit indigné de la manière dont la dignité politique africaine est bafouée par la presse internationale qui a refusé de traiter la question ivoirienne de manière objective. Pour épargner la vie des civils en Côte d’Ivoire, l’ex-président ghanéen avait totalement rejeté l’option militaire mais l’axe d’Abdoulaye Wadequi soutient Ouattara a préféré faire parler les armes.

La force appelant la force, il est naturel que des personnes qui pensent que Laurent Gbagbo a été traité injustement aient recours à la force contre le régime de Ouattara pour rétablir l’égalité. Parmi ces  personnes, le pouvoir actuel d’Abidjan verrait le capitaine Rawlings en tête de file. Est-ce à tort ou à raison, l’histoire nous en dira plus mais pour l’instant c’est une réalité qui ne souffre d’aucune contradiction que l’ex président du Ghana qui fut aussi capitaine de l’armée est une figure imposante dans son pays. Jerry Rawlings fait partie des personnes qu’il faille avoir pour et non contre soi. Tous les chefs d’état du Ghana savent sa capacité de nuisance quand on l’a contre soi. Une grande partie de l’armée du Ghana continue d’aduler l’homme bien qu’il ait quitté la scène politique. Il est respecté et craint.

Si à Accra il n’ya pas de lien établi entre Rawlings, l’armée ghanéenne et des déserteurs des forces de défense de Côte d’Ivoire, à Abidjan, en revanche, les regards sont pointés vers l’ex-président ghanéen. Certes, Soro ne l’a pas encore dit publiquement mais il croit absolument que M. Rawlings va frapper le pouvoir de Ouattara.

De toute évidence, ce ne serait pas surprenant non plus quand on sait que Jerry Rawlings fut un ami très proche de Thomas Sankara, tué par Blaise Compaoré, l’actuel homme fort de Ouagadougou. Aussi, par le fait que c’est le Burkinade Blaise Compaoré qui avait servi de base arrière pour attaquer le pouvoir de Laurent Gbagbo en 2002 et que c’est avec les renforts de l’armée burkinabè que les forces de Ouattara ont attaqué les positions tenues par les forces de défense de la Côte d’Ivoire en avril 2011 Ouattara sait pertinemment qu’il n’est pas l’ami de Rawlings. Au Ghana, il ne peut compter qu’avec Kofi Annan qui n’a aucune base politico-militaire actuelle dans son pays.

A un spécialiste ivoirien des relations internationales à qui nous avons posé la question de savoir si des déserteurs de l’armée ivoirienne s’organiseraient au Ghana pour frapper le pouvoir de Ouattara, il nous a répondu « oui ». Et à la question de savoir si Rawlings serait impliqué d’une manière ou d’une autre, il a répondu « je pense que ce genre d’opérations ne peuvent pas avoir lieu au Ghana sans que le très influent Rawlings soit informé ».

Au vu des réponses de cet expert, Alassane Ouattara aurait donc raison de craindre Jerry Rawlings.

Par Kohi Djezro

20/5

http://www.ivoirediaspo.net/?p=5905



7 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme

7-1 Jean Franck Boa : Côte d’Ivoire: Appel à la résistance contre Ouattara.

A Tous les patriotes Ivoiriens et Africains,

Cela fait un bon moment que je vous suis, c’est la seconde fois que je réagis sur ce site.  Je vous encourage vraiment de lire la publication de Jocelyne Toure sur les sites suivants: http://www.ivoirediaspo.net/?p=5869 ou http://actualites.ivorian.net/article/?p=3152

Ce qui resort de cet article c’est que

1- Son Excellence Laurent Koudou Gbagbo Président Elu De Nôtre Chère Côte D’Ivoire libre savait ce qu’il faisait car celui qui a fait sortir des documents comme “France Afrique Comment la France fait et défait les Président Africains” ou ”Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée” ou encore qui a réussi à exposer la fausse mort des femmes à Abobo etc.. ou réussit à contrecarrer les récentes pluies d’embargos par la soit disant communauté internationale et enfin réussit à payer les fonctionnaires ivoiriens pendant dix ans sans interruption ne savait pas ce qu’il faisait ou les intentions de ses ennemis ou était aussi naïf que cela? En effet le curieux silence de tous ces Chefs d’Etats Africains qui le supportaient? Eh People…

Un Peu De Quand Même Ou Bien On Est Où-Là? Comme on dit au pays..!! 2-Nous devons combattre sur tous les fronts: spirituels, médiatiques et militaires. Nos ennemis sont sur tous ces fronts donc ne minimisez pas ceux qui encouragent les prières ou les écrits tout le monde ne peut pas prendre les armes. Vous pensez que les autres dorment? ils font justement de l’occultisme, la piraterie médiatique et les armes militaires et cela tous les jours. Durant la deuxième guerre mondiale, la résistance en france n’était pas seulement faite de militants armés tous participaient à leur manière même la simple ménagère et c’est cela qui a contribué à leur succès, pareillement avec la révolution Haitienne du 17e siècle tout le monde n’était pas avec Toussaint l’Ouverture! Comme Vergos le disait sur la radio patriotique (Connectez- vous ici :http://login.streamplus.de/player.php?spt=12113.asx ),

il faut les harceler sur tous les fronts (Grand Merci Choken et Vergos pour UNARADIO – Fréquence pour la Résistance Patriotique), ils n’ont gagné que la bataille non la guerre. Ne découragez les prières ni les écrits encore une fois ce sont des armes de combats qui dérangent croyez moi car pourquoi tous les sites patriotiques sont-ils piratés? Pourquoi les carfards, dozos et ouattara indigne fils de l’Afrique sont obligés de porter des gris-gris, faire des sacrifice ou faire partir de la franc-maçonnerie si tout était aussi simple que cela? Réflechissez! Ne vous laissez pas distraire. Le Président élu Ivoirien Laurent Koudou Gbagbo nous a ouvert les yeux si cela aurait été son seul role dans la vie c’est l’essentiel donc le combat continue car Sarkozy et sa bandes mafiosistes peuvent piller comme ils veulent aujourd’hui, cela n’est que effemère ils disparaitrons aussi; l’Afrique a été pillée depuis plus 400 ans, ses avoirs naturels on bâti l’Europe coloniale mais son sol demeure toujous riche et cela depuis le temps des pharaons donc 5000 ans, ce n’est pas cela l’essentiel, ce que la nature ou Dieu nous a donné personne ne pourra nous l’arracher, si nous n’en profitons pas aujourd’hui, notre descendance en profitera. Soyons solidaires! Perséverence, le Flambeau Patriotique, que Son Excellence Laurent Koudou Gbagbo Président Elu De Nôtre Chère Côte D’Ivoire, nous a transmis doit également être transmis de générations en générations! Vraiment Grand Merci à Tous les Patriotes internauts de ce forum et d’ailleur, Directscoop, infospourtous.wordpress, ivoirediaspo.net, ivorian.net. legrisgrisinternational, etc..! Soyons sereins le film ne fait que commer, pour preuve les soit disants vainqueurs ne dorment que d’un œil regarder ce qui se passe en ce moment en Côte d’Ivoire! Que Dieu Nous Bénisse Tous, ainsi que la Côte D’Ivoire et Son Excellence Laurent Koudou Gbagbo Président Elu De Nôtre Chère Côte D’Ivoire.

Une contribution de Jean Franck Boa

http://www.ivoirediaspo.net/?p=5910


7-2 Pétition pour la libération immédiate de Laurent Gbagbo.

Laurent Gbagbo, Président constitutionnellement élu en Côte d’Ivoire, investi le 4 décembre 2010, a été livré, le 11 avril 2011, par l’armée française, avec la complicité de l’ONU, à Alassane Ouattara, imposé à la Côte d’Ivoire sur la base de résultats frauduleux illégalement proclamés, mais reconnus par le représentant du secrétaire général de l’ONU, le Coréen Young-jin Choi.

A l’écrasement militaire, rappelant les pires heures de sa politique coloniale en Afrique, la France a ajouté l’humiliation dont avait été victime le Congolais Patrice Lumumba avant d’être assassiné il y a un demi-siècle avec la complicité de l’ONU.

Laurent Gbagbo, opposant historique depuis la fin des années 1960 qui a incarné la lutte pour le multipartisme et la démocratie en Côte d’Ivoire, n’a jamais pris les armes et a été élu en 2000. Il a été remis par les éléments de la Force française Licorne à ceux-là même qui ont voulu le renverser par un coup d’Etat militaire en septembre 2002 précipitant la partition du pays et plongeant celui-ci dans une crise meurtrière pour le peuple ivoirien.

 

Nous, soussignés,
Pacôme Adjourouvi, Albert Bourgi, Guy Labertit, Christian Mensah, Calixthe Beyala, Olympe Bhëly Quenum, Marcel Amondji, Cheikh Oumar Diarrah, Amath Dansokho, Michel Galy, Gaston Kelman, Malick Ndiaye, Hermann Yaméogo,  Jean Marie Teno, Francis Kpatindé, Théophile Kouamouo, Léopold Gnininvi, Hervé Emmanuel Nkom...

 

DÉNONÇONS

 l’intervention de la France en Côte d’Ivoire qui outrepasse le mandat de l’ONU et viole le droit international ;

les mensonges d’Etat du gouvernement français et la complaisance de nombreux médias.

les exactions et les tueries perpétrées par les troupes d’Alassane Ouattara contre les partisans de Laurent Gbagbo depuis son arrestation illégale, dont la première victime a été l’ancien ministre de la Justice et de l’Intérieur Désiré Tagro

CONDAMNONS

la politique guerrière, illégitime et coûteuse, conduite par le Président Sarkozy, avec la complicité des Etats-Unis, de chefs d’Etat d’Afrique et de l’ONU ayant mis sous tutelle la diplomatie africaine.

 

DEMANDONS

La libération immédiate de Laurent Gbagbo car la réconciliation ne peut se faire en Côte d’Ivoire qu’avec Laurent Gbagbo vivant et libre.

SIGNEZ LA PETITION

26 Mai


7-3 Irinnews : CÔTE D'IVOIRE: Réticents à rentrer chez eux.

- Le conflit s’est atténué à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, mais de nombreuses personnes parmi les milliers de déplacées sont encore trop effrayées pour rentrer chez eux.
La peur des hommes en uniforme, la peur des armes qui continuent toujours à circuler, et la peur des munitions et engins non explosés (UXO) empêchent les habitants d’Abidjan de rentrer chez eux, ont dit des personnes déplacées à IRIN.
Des habitants d’Abobo et de Yopougon ont dit à IRIN que des armes circulent toujours dans certains des quartiers qui ont été témoins des combats les plus violents entre les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) du président Alassane Ouattara, les combattants de l’ancien président Laurent Gbagbo et d’autres milices.
Des UXO ont été identifiés par la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) sur 60 sites répartis dans la ville, y compris près des hôpitaux, des écoles, des entreprises et dans des domiciles.
Le 21 mai, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, s’est rendu à l’Union des Eglises évangéliques, qui abrite 160 personnes déplacées à Cocody, un quartier à l’est d’Abidjan. Cécile Bla, 48 ans, a fui Yopougon pour s’y réfugier.
La maison et l’entreprise de Mme Bla – elle vendait des produits de beauté – ont été pillées, la laissant totalement démunie. Elle prépare désormais des beignets pour les vendre afin de subvenir aux besoins de ses cinq enfants.
« J’ai tout perdu…Je sais que je dois commencer une nouvelle vie, mais cela ne pourra pas arriver avant qu’on ne me garantisse une meilleure sécurité ». La vie revient lentement à la normale à Yopougon, et les rues se remplissent, mais les voisins de Mme Bla l’appellent régulièrement pour lui dire que des hommes armés surgissent inopinément dans leur quartier, ce qui l’effraie. Selon les Nations Unies, il y a eu des rapports faisant état d’agressions sporadiques commises à l’encontre de civils à Yopougon et Abobo.
Des membres des FRCI tiennent toujours des postes de contrôle à Yopougon, pour maintenir la paix ; et des patrouilles combinées de l’ONUCI, des forces françaises de la Licorne et des gendarmes de l’ancien président Laurent Gbagbo patrouillent dans les rues de la capitale ; mais de nombreux habitants sont toujours effrayés, et non rassurés, par
les hommes en uniforme.
Toujours traumatisés

Certains témoins de violences sont toujours traumatisés. Habiba Kanté, 36 ans, est restée dans le quartier d’Abobo pendant de violents combats avant de se réfugier dans l’église. Elle sursaute maintenant de peur à chaque fois qu’elle entend un klaxon de voiture.
« C’est comme revivre la guerre. Je sais que je dois démarrer une nouvelle vie et que je dois rentrer chez-moi, mais je ne peux pas le faire avant qu’on me garantisse que c’est un lieu sûr, et que les armes ne circulent plus dans les rues », a-t-elle dit à IRIN.
Le pasteur Michel Loh, qui gère le camp situé dans l’église, essaie d’aider les enfants à se remettre en montant une école temporaire pour eux. Le fait d’aller à l’école peut contribuer au rétablissement psycho-social des enfants. Aisha Diakité, la fille âgée de sept ans de Mme Kanté, pourrait réussir à terminer son année scolaire plutôt que de rater une année, a dit M. Loh.
Enlever les UXO
Pour permettre aux gens de rentrer chez eux, une équipe conjointe de l’ONUCI et des FRCI essaie de nettoyer les sites en enlevant les bombes, grenades et mines non explosées, selon Hamadoun Touré, porte-parole de l’ONUCI. Une quarantaine de sites ont été nettoyées sur un total de 60 signalées jusqu’à présent,, mais les signalements [d’UXO] continuent à augmenter, a dit le colonel Rayes Koshavsky de l’ONUCI.
L’équipe nettoiera des sites à l’extérieur d’Abidjan une fois qu’ils auront débarrassé la capitale économique des engins explosifs, a dit M. Touré.
M. Ban Ki-moon et Jacques Franquin, chef du bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à Abidjan, ont souligné que pendant ce temps, il n’y avait pas d’urgence à rentrer chez soi. « Personne ne sera obligé de rentrer tant qu’il ne se sent pas prêt », a dit M. Ban Ki-moon aux familles déplacées. « Beaucoup d’entre vous ont tout perdu, et ont été témoins de choses terribles. Vous devez vous rétablir pour pouvoir essayer de revivre une vie normale ».

 (IRIN)

26 mai 2011

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportID=92820



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

8-1 Jean-Paul Mari : Enquête sur un massacre.

Alassane Dramane Ouattara a organisé des crimes contre l’humanité, avec le soutien de Nicolas Sarkozy.
L’enquête que vous allez découvrir plus bas a été menée par un journaliste de l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. Il y a deux raisons pour lesquelles je vous invite à prendre le temps de la lire.

Depuis le début de la crise postélectorale ivoirienne, et même avant, l’ex-président Laurent Gbagbo a fait l’objet des pires portraits et assertions caricaturesques dans les medias occidentaux, totalement acquis à l’entreprise de diabolisation qui le visait. Gbagbo dictateur, Gbagbo mauvais perdant de l’élection présidentielle, on était habitué.  

Cette enquête faite par un organe de presse européen peu réputé pour sa propension à l’exagération, et qui se greffe aux rapports accablants d’organisations humanitaires que l’on ne peut soupçonner de collusion avec l’ancien pouvoir ivoirien, comme Human Rights Watch, Amnesty International, La Croix Rouge, Caritas etc., ruine définitivement ce qu’il restait de la réputation de technocrate bien propre sur lui d’Alassane Ouattara, construite à coup d’articles laudateurs, d’omissions opportunes et de contrevérités savamment distillées. Jean-Paul Mari dépeint ici une fresque hideusement magistrale des exactions organisées par Alassane Ouattara, un homme banal cruellement mortel, dont l’Histoire retiendra qu’il a été capable d’enjamber des dizaines de milliers de cadavres pour s’asseoir dans le fauteuil présidentiel ivoirien.

La lecture de ce document va certainement vous soulever le cœur. Il faut vous forcer à aller jusqu’au bout, même s’il est plus agréable d’ignorer certaines choses. La narration claire et ciselée ne laisse aucune marge au flou. C’est inexorable, insoutenable, sans ellipse, sans pardon. L’opinion publique française et occidentale ne pourra pas échapper au malaise, même si elle est habituée à couvrir du voile de l’ignorance tout ce qui peut lui donner mauvaise conscience : L’horreur de la guerre est arrivée à son comble avec Alassane Dramane Ouattara, soutenu et épaulé par Nicolas Sarkozy, président de la république française.

Mahalia Nteby 

1.ooo, 2.ooo morts ? On ne sait pas.

Mais la grande tuerie de Duékoué a duré toute une semaine, dans la ville, les villages, la brousse. Accusées : les Forces du Nord du président Ouattara qui ont lancé leurs supplétifs à l’assaut. Jean-Paul Mari a reconstitué sur place la mécanique d’une bataille qui a tourné à l’épuration ethnique.

Duékoué est une ville infecte. L’endroit pue la crasse, la sueur, la peur, la haine, la mort. Ce matin, il fait déjà bien trop chaud et l’humidité trempe le corps. Dans l’église incendiée du quartier Carrefour, il faut marcher entre les cadavres encore frais d’hommes abattus à bout portant, découpés à la machette ou la gorge tranchée, à même le sol, mains liées dans le dos, comme des animaux de ferme.

Dans l’air, il reste cette odeur poisseuse, reconnaissable entre toutes, mélange de mort, de métal, de sang caillé et de brasier mal éteint, et ces cendres noires aussi collantes que les mouches sur l’ordure. Il y avait un quartier, une population de 10 000 personnes, il ne subsiste plus grand-chose d’humain. Sinon l’église Jésus-Sauveur, carbonisée, les maisons noircies, les allées défoncées en terre ocre, le sol noir couvert de gra­vats et de vêtements sales, dispersés. Un cyclone de violence a tout emporté, les abris de bambou, les toits en tôle, les murs de ciment, les fils électriques qui pendent des pylônes et les portes arrachées à mains nues. Restent les pancartes du restaurant Nid d’Abeilles, du salon Hip-Hop Coif­fure, de la pharmacie Médicaments chinois et un poster déchiré d’un footballeur africain. Même les arbres ont brûlé, leurs branches basses encore lourdes de mangues. Un gosse traîne dans la ville fantôme, trouve un fruit pourri, le suce. Un homme, un balai de paille à la main, contemple les ruines de sa maison. Un vélo passe, chargé d’une chaise en plastique épar­gnée.

Tuer, tuer, tuer, la solution est tou­jours la même. La solution à quoi ? D’abord à un conflit politique. Entre les Forces du Nord, ex-rebelles devenus l’armée du nouveau président Ouattara, et les Forces du Sud, l’armée de l’ancien président déchu Laurent Gbagbo. Une solution aussi au conflit ethnique qui oppose les Malinkés ou Dioulas du Nord et les Guérés du Sud. Une solution, enfin et surtout, au conflit foncier, la guerre pour la terre, la guerre dans la guerre, pour un village, une ferme, un champ de cacao. Tuer l’autre, le grand propriétaire, le fermier, c’est laisser la terre vide, comme un cimetière fertile, à prendre là, maintenant. Un conflit politico-militaire et la revanche des métayers, cela suffit pour justifier le massacre des innocents. Cela s’appelle une épuration ethnique.

Tout près d’ici, il y a trois grandes fosses communes, de la terre fraîche retournée sur des monceaux de cadavres. Dans l’une d’elles, près de la rivière Guémon, les pieds des morts baignent dans le marécage. Les survivants hésitent à revenir, un œil sur leur passé, l’autre sur la brousse toute proche et la masse sombre des taillis d’où les massacreurs ont surgi. Et s’ils revenaient ?

Duékoué est une ville abandonnée de Dieu et du gouvernement, à sept heures de route et vingt-deux check-points d’Abidjan. Un gros bourg laid, sans âme et sans monument, doté d’une poignée de missionnaires héroïques mais sans conseil général. Personne ne s’y intéresse, sauf quand surviennent les massacres, et l’on vole à son secours quand tout est accompli. Pour son malheur, Duékoué est un carrefour stratégique. Qui tient Duékoué contrôle la circulation régionale, le chemin du cacao jusqu’au premier port du pays, San Pedro, et tout le flux humain et commercial entre le Grand Ouest et ses frontières.

Autre malédiction, la région est riche, la terre fertile, bien arrosée et les prix du café et du cacao ont flambé. Comme par hasard, les grands massacres dits politiques se produisent l’hiver, précisément à l’heure de la récolte. Les grandes terres appartiennent depuis toujours aux Guérés, réputés peu enclins à défricher leur brousse. Depuis une vingtaine d’années, certains ont vendu, loué ou concédé, souvent sans contrat écrit, une parcelle aux Malinkés venus du Mali, du Burkina Faso. Des immigrés durs à la tâche qui ont labouré, pris racine, se sont multipliés. « La terre est à celui qui la travaille », disait Houphouët-Boigny, le vieux sage. C’était avant le débat sur l’« ivoirité », une saleté théorique inventée à Abidjan pour fabriquer des castes. Le prix du cacao a augmenté, les métayers Malinkés sont devenus riches, grignotant parfois les champs au-delà du permis, le propriétaire guère est mort et ses enfants ont voulu réviser, voire annuler les contrats : les conflits ont éclaté.

En 2002, quand le Nord et le Sud se séparent, les premiers massacres renvoient opportunément chez eux une foule de métayers malinkés, leurs fils, leurs voisins, des paysans sans terre mais pleins de rage. On trace sur la carte une belle ligne de démarcation qui passe… juste au-dessus de Duékoué. L’ONU compte les coups, la Force Licorne patrouille, les ONG désertent le coin. Trop compliqué ! Entre les « coupeurs de route », bandits de grand chemin, le groupe d’Amandé, un seigneur de guerre venu du Burkina, fort de 300 hommes, qui s’est adjugé tout le parc naturel du mont Péko, la flopée de milices d’autodéfense, hommes de main des politiques ou simples voyous, dotés de « généraux » et de noms flamboyants de mouvements de libération, les commandos de quartier, les mercenaires du Libéria… la région devient une poudrière. Tous sont armés jusqu’aux dents, menacent, rackettent, volent, saignent, violent et tuent à l’occasion.

Dans le quartier Carrefour, il ne fait pas bon être Malinké et pas une semaine ne passe sans que l’on retrouve un corps ou deux dans les fossés. Face aux Guérés, au nord, existe une variante locale de miliciens, les Dozos, des chasseurs traditionnels malinkés, armés de fusil calibre 12 et de chiens de brousse. Les mystiques guerriers, initiés au grand secret de la forêt, portent des coiffes décorés de dents d’animal et ont le corps bardé de gris-gris supposés les rendre invulnérables aux balles invisibles face à un fauve ou capable d’occire un éléphant d’un seul coup de lance. Avec le temps, la farouche confrérie du Nord s’est dévoyée, agrégeant les jeunes enragés malinkés, faisant une milice de plus. Dix ans plus tard, à l’hiver 2011, quand les Forces du Nord, rebaptisées FRCI, lancent la grande offensive en direction d’Abidjan, la capitale tenue par Laurent Gbagbo, tout est prêt pour la grande revanche. « Vers quatre heures du matin, j’ai été réveillée par des lueurs et des explosions terribles. J’ai hurlé, croyant à un cauchemar. J’avais raison », dit Clémentine Don. A 53 ans, violée deux fois, sa maison pillée, son village dévasté, son mari humilié, encore terrorisée et obsédée par la tache de sang qui profane l’herbe au pied de l’arbre sacré du village, Clémentine est une femme brisée : « Nous sommes souffrants, vous comprenez… » Elle a pourtant tout fait pour échapper à l’horreur.

Née à Carrefour, elle a quitté son quartier dès les premiers incidents en 2001 pour s’abriter dans ce paisible village de Dahoua, à 5 kilomètres au sud de Duékoué. Clémentine, devenue présidente de l’Union des Femmes, a créé une coopérative Contre la Famine ! Tout s’effondre avec les premiers tirs, ce lundi 28 mars. Tremblante, elle suit les combats qui mettent Duékoué à feu et à sang. L’armée régulière du Nord a franchi la ligne rouge de démarcation. Pour en finir au plus vite, les rebelles du Nord ont lancé tous leurs supplétifs dans la bataille, les Dozos, leurs miliciens et même la bande de tueurs du chef de guerre Amande. Ils descendent des montagnes, s’infiltrent par la brousse, dévalent de tous les côtés à la fois, balaient les Forces de Sécurité présidentielles et taillent les milices Guéré en pièces. Ils prennent Duékoué en quelques heures puis… s’arrêtent, font la fête et pillent. C’est l’erreur. Venue du sud, une unité pro-gouvernementale, dotée d’un tank, contre-attaque et reprend le centre-ville. Au passage, les soldats en profitent pour assassiner les civils malinkés et égorgent un imam. Dans l’après-midi, le gros des troupes régulières du Nord, armées de mitrailleuses lourdes et de canons, arrive en renfort, désintègre le tank et met un terme à vingt-quatre heures d’une bataille confuse et sanglante. Au petit matin du mardi 29 mars, des dizaines de cadavres couvrent les trottoirs de Duékoué, les vaillants miliciens Guérés ont déguerpi en laissant leur population sans défense, face à des combattants ivres de bataille.

Carrefour est le premier quartier sur leur chemin. Ils encerclent les maisons. Les hommes sont triés, leur carte d’identité examinée. Un nom malinké : la vie sauve. Une carte d’identité ivoirienne, un nom guère : une balle dans la tête. Dehors, les femmes sont à genoux. « Ils nous forçaient à chanter leur gloire, à répéter : « Guerriers ! Guerriers ! », dit Julie, une habitante. Les assaillants se divisent en trois groupes : « Les tueurs, les pilleurs et les gâteurs… Les gâteurs, c’est ceux qui arrosaient nos maisons d’essence avant de mettre le feu. » Un curé et ses enfants de chœur sont surpris devant l’église : « Quel est ton parti ? – Le parti de Jésus-Christ. – Jésus-Christ ? C’est pas un parti ! » Ils sont abattus. Au milieu des cris et des explosions, les assaillants insultent leurs victimes : « Vous avez voté Gbagbo ! Traîtres ! » Et les anciens métayers exultent : « Vous nous avez pris pour des domestiques. Nous sommes revenus en maîtres. Nous prendrons vos femmes, vos terres, vos champs. Et vous mangerez de la boue ! » Et ils tuent. En fin de matinée, Carrefour est en feu. Et les supplétifs commencent à envahir les villages alentour.

A Bahé-B, à quelques kilomètres de Duékoué, Denis bêche son champ de manioc. Il entend du bruit, se dirige vers sa ferme, voit huit hommes en treillis, foulard rouge sur le front et sandales en plastique aux pieds. « Qui est là ? » Trois coups de feu lui répondent. La première décharge de chevrotine le manque, la deuxième lui loge un plomb dans le cou, la troisième lui crible l’épaule. Il tombe, laissé pour mort. Au troisième jour des massacres, les tueurs ne trient plus leurs victimes. « Ma femme, Hélène, mes jumeaux de 4 ans et demi, mon fils de 2 ans… Ils ont tué neuf personnes de ma famille », dit Denis. Couché dans les herbes hautes, paralysé, en sang, Denis entend l’appel au secours de sa nièce, sa fille adoptive, âgée de 13 ans : « Papa ! Au secours ! Ils sont en train de me violer ! » Denis aperçoit plusieurs hommes autour de l’enfant, les cris durent une éternité. Puis ils cessent. Et Denis découvrira le corps de sa nièce, abattue d’une décharge dans la poitrine. Toute la nuit, Denis entend les aboiements des chiens des Dozos qui entrent dans la brousse, chassent les rescapés, les paysans dans leurs campements.

Une nuit de chasseurs, d’aboiements, de coups de fusil. Au petit matin, Denis se traîne vers la route et croise une colonne de l’Onuci. Après une longue inertie, les casques bleus commencent à patrouiller, enterrent les morts et cherchent des survivants.

Dans son village, Clémentine a compris que la brousse ne la protégerait pas de la folie de Duékoué. Au moment de fuir, elle est arrêtée par des Dozos et des hommes en armes. Parmi eux, une femme militaire en treillis. Ils parlent dioula, la langue du Nord, et poussent vers l’arbre sacré du village trois hommes, entre 18 et 20 ans, les mains attachées dans le dos. « J’ai entendu des cris bizarres, des couinements, comme si on égorgeait un porc », dit Clémentine. Quand les hommes s’en vont, les paysans se précipitent et trouvent les trois hommes au sol, la gorge tranchée au couteau de chasseur. « Ces cris… je les entends encore, chaque nuit ! » Elle appelle l’Onuci, trois fois, au secours, en vain : « Venez ! Ils sont train de tuer dans les campements ! » Le lendemain, le groupe d’assassins revient, avec des chiens « pour chercher les fusils cachés », disent-ils. Ils mitraillent un homme sur le palier de Clémentine. Nouvel appel de détresse. Cette fois, un camion blanc arrive. 300 personnes veulent fuir. C’est trop pour le véhicule. On forme une longue colonne de civils à pied qui suivent au pas le camion des casques bleus, sous les cris de rage des Dozos : « Pourquoi les laissez-vous partir ? Laissez-nous faire ! On va en finir avec ces agoutis [rongeurs] ! » Clémentine, elle, reste, « pour continuer à informer les autorités ». Samedi 2 avril, en fin de matinée, trois autres hommes en treillis, la trentaine, arrivent à mobylette, fusil de chasse à la main, ils cherchent de l’argent, arrachent ses vêtements. Clémentine les supplie : « Je suis vieille. Je suis votre maman. » Ils la violent à tour de rôle. Pillent la maison. S’en vont. Reviennent. Clémentine est surprise de nouveau à 300 mètres de là, dans la maison de sa sœur, 56 ans. Elles sont violées toutes les deux : « On va tuer Laurent Gbagbo, prendre vos femmes ! Vous deviendrez nos domestiques ! »

Depuis, Clémentine parcourt Duékoué et la campagne environnante, le souvenir des cris des suppliciés et des violeurs dans la tête, avec un carnet à la main où elle note tout, les morts, les viols, les campements dévastés. Parfois, elle vient à pied jusqu’au camp de réfugiés de la mission catholique du père Cyprien. Ils sont 30 000, venus de Carrefour ou des villages environnants, serrés jusqu’à étouffer dans une enceinte faite pour une paroisse de campagne. 30 000 personnes, dans l’odeur des feux de bois vert, des excréments et du désinfectant, de la misère, de la promiscuité, de la maladie. « La semaine dernière, nous avons perdu 14 enfants à cause des diarrhées, dit le père Cyprien, et 15 de plus ces trois derniers jours. »

Dans la nuit africaine, quand l’orage finit par éclater, c’est toute l’eau d’un ciel peu miséricordieux qui s’abat d’un coup, comme un rideau de plomb glacé, sur des femmes et des enfants debout, tendant une bâche de plastique à bout de bras. Le camp est protégé par une unité de Marocains de l’Onuci, mais il manque de place, vivres, de médicaments, d’eau potable, de tout. 30 000 réfugiés dans un jardin ! Parfois, même le père Cyprien sent le courage lui manquer. Surtout dans la nuit noire, quand il entend les rôdeurs assassins continuer à hurler des menaces sous le nez des survivants : « On vous tuera tous, jusqu’au dernier ! » Oui, le père Cyprien tremble lui aussi. Le grand massacre, qui a duré plus d’une semaine, a sans doute fait bien plus de mille morts. Il sait que Duékoué la maudite est un point rouge sur la carte du pays, une ligne de front des ethnies, un laboratoire du Mal, un lieu emblématique de ce que la Côte d’Ivoire pourrait devenir si elle ne trouvait pas, vite, très vite, le chemin de la réconciliation.

Jean-Paul Mari

Jean-Paul Mari in Le Nouvel Observateur, le 12 mai 2011

mardi 17 mai 2011, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1482

27/05/2011

n°580 - Dossier-spécial- de Palestine - 27-05 -Début - Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.

n°580 - Dossier-spécial- de Palestine - 27-05  -Début  - Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier-spécial- de Palestine

Flash : Etat indépendant Palestinien

                                                                        N°565                                                     31-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

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c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire

Tiré a part

Obama irrite Israël mais laisse les Palestiniens sur leur faim.

Partie prenante

a) Palestine

Nihil

b) Israël

c) Le parrain.

Dans le monde

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo Netanyahu s'assure le soutien du Congrès américain : l'analyse de Patrick Fandio

2 Les brèves
2-1 IsraelValley : Ils appellent cela le "boycott arabe"...

Fin

3 Dossier

3-1 Zvi Bar’el : Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.

3-2 K. Selim : État palestinien sur les frontières de 1967 : Ce n’était que du vent  !

4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Kharroubi Habib : Un discours pas très convaincant.

4-2 Lamis Andoni : Obama à Israël : « Prenez tout ce que vous voulez ! »

4-3 Ilan Pappe : Jetez une chaussure à la trahison d'Obama.

 



Etat indépendant Palestinien, sur la base des frontières de 1967

Tiré a part

Obama irrite Israël mais laisse les Palestiniens sur leur faim.

Le président américain Barack Obama a irrité Israël par son appel à un Etat de Palestine sur la base des lignes de 1967, avant de recevoir vendredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, tout en frustrant les Palestiniens qui réclament des actes.
L'Union européenne a "salué chaleureusement" cet appel, également approuvé par la Norvège et l'Australie. La Ligue arabe a pressé l'administration américaine de passer à l'acte "dans les semaines et mois à venir pour la création d'un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967".
M. Netanyahu a exclu tout "retrait aux lignes de 1967", tandis que le leader palestinien Mahmoud Abbas convoquait la direction palestinienne à "une réunion d'urgence".
L'entourage de M. Netanyahu estime que "Washington ne comprend pas la réalité", selon un haut responsable israélien voyageant avec le Premier ministre. "Washington ne comprend pas ce à quoi nous faisons face", a déclaré à l'AFP ce responsable, sous couvert de l'anonymat.
Le ministre des Transports du parti Likoud (droite) de M. Netanyahu, Israël Katz, a déploré que M. Obama n'ait pas assorti sa déclaration d'une concession aux "changements démographiques sur le terrain" en référence aux blocs d'implantations où vivent la majorité des 300.000 colons de Cisjordanie, qu'Israël entend annexer en cas d'accord de paix.
Le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, a qualifié "l'opposition de Netanyahu à un retour aux frontières de 1967 de coup aux efforts d'Obama et de refus de la paix au Proche-Orient".
La chef de l'opposition israélienne, Tzipi Livni, dirigeant du parti Kadima (centre) a accusé M. Netanyahu de faire "payer à Israël un prix trop élevé pour sauver sa coalition" en s'opposant frontalement à Washington, lui suggérant de "quitter le pouvoir".
Les médias israéliens soulignent la "confrontation" avec Washington et le "choc" du gouvernement, pris au dépourvu par la position américaine.
"La visite de Netanyahu à Washington commence mal. Il sera fraîchement accueilli par la Maison Blanche, quand bien même il se fera applaudir devant les deux chambres du Congrès et par les délégués de l'AIPAC", le puissant lobby pro-israélien, souligne Yédiot Aharonot. M. Netanyahu doit s'exprimer devant l'AIPAC le 22 mai avant de prendre la parole au Congrès le 24.
Pour le quotidien Maariv, le Premier ministre israélien "n'aura de cesse dorénavant que d'empêcher la réélection d'Obama", en faisant jouer ses appuis aux Etats-Unis.
Dans le camp palestinien, la déclaration de M. Obama "est un geste positif que les Palestiniens attendaient depuis des mois après l'arrêt des négociations directes avec Israël", se félicite le quotidien Al-Qods, redoutant néanmoins un veto américain à la demande de reconnaissance d'un Etat palestinien à l'ONU en septembre.
Un analyste palestinien, Samir Awad, relève que le président américain a omis la question de la colonisation, sur laquelle ont buté les pourparlers de paix. "Si les Etats-Unis n'ont pas réussi à contraindre les Israéliens à cesser les activités de colonisation pendant les négociations, comment seraient-ils capables de faire pression sur Israël pour permettre aux Palestiniens d'avoir un Etat?", a-t-il déclaré à l'AFP.
A Jérusalem-Est, l'ambiance était également au scepticisme dans la population palestinienne.
"Israël a ouvertement défié Obama hier (jeudi) en autorisant de nouveaux logements dans les colonies à Jérusalem", a souligné une comptable, Safiya Saad, 43 ans, "ils ne nous donnent que des mots".
"Les Etats-Unis ne peuvent pas braver Israël et si Israël n'aime pas la politique d'Obama, il le chassera aux prochaines élections" américaines, estime Michel Abou Ali, un fleuriste de la Vieille ville. 

 21/05

 http://ennaharonline.com/fr/international/7462.html



Partie prenante

b) Israël

Retrait des frontières de 67 : Israël oppose une fin de non-recevoir à Obama  

  Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui se rendra vendredi à Washington, envisage de convaincre le président américain Barack Obama de l'impossibilité de revenir aux frontières de 1967, rapporte le service de presse du gouvernement.
Selon le communiqué, le premier ministre souhaite que la Maison Blanche confirme les engagements pris par George W. Bush en 2004.
"Entre autres, ces engagements stipulaient qu'Israël n'aurait pas à se retirer sur la ligne indéfendable de 1967", indique le communiqué.
D'après le chef du gouvernement, ces frontières ne répondent pas aux réalités démographiques.
Jeudi, Barack Obama s'est prononcé en faveur d'un Etat palestinien dans ses frontières de 1967.
Selon lui, les frontières d'Israël et de la future Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 c'est-à-dire la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est. Washington n'exclut pourtant pas la possibilité d'échanges amiables de territoires.
L'actuel processus de paix palestino-israélien a débuté en 1993. Les Palestiniens plaident pour le retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens occupés suite à la guerre de 1967, où ils envisagent de créer leur Etat avec Jérusalem-Est pour capitale.
A peine relancés le 2 septembre dernier, les pourparlers entre les deux parties ont été interrompus par le refus d'Israël de prolonger le gel de la construction de colonies dans les territoires "palestiniens" après le 26 septembre dernier.
En septembre 2011, lors de la session de l'Assemblée générale de l'Onu, les Palestiniens envisagent de solliciter la reconnaissance internationale d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967 et son adhésion aux Nations unies en tant que membre à part entière.
Le président américain s'est déclaré pour la première fois en faveur d'un Etat palestinien sur la base des lignes de juin de 1967, c'est-à-dire la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, avec des échanges possibles de territoires. Il a également évoqué le principe d'un Etat démilitarisé. Mais il a aussi mis en garde les Palestiniens contre toute tentative d'"isoler symboliquement Israël aux Nations unies en septembre", qui "ne créeront pas un Etat indépendant". Ces annonces, aussitôt rejetées par Israël, interviennent dans le cadre d'un processus de négociations moribond.
Le leader palestinien Mahmoud Abbas a appelé pour sa part Israël à "donner au processus de paix la chance qu'il mérite", convoquant la direction palestinienne pour "une réunion d'urgence". Son porte-parole a qualifié "l'opposition de Netanyahu [...] de refus de la paix au Proche Orient" et a par ailleurs condamné le feu vert donné jeudi à la construction de 1520 nouveaux logements dans deux quartiers de colonisation juive à Jérusalem-Est occupée et annexée.
Le Hamas a exhorté le président américain à "accomplir des actes concrets pour protéger les droits des Palestiniens et de la nation arabe" et rejeté les appels du président américain à reprendre les négociations de paix et à reconnaître Israël.

20/05

 http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/retrait-des-frontieres-de-67-israel-oppose-une-fin-de-non-recevoir-a-obama/id-menu-957.html

 

Jonh SCHULTS : Reconnaissance d'un Etat palestinien : Netanyahou met en garde contre "un diktat de l'ONU".

"Une recherche sérieuse de la paix ne peut intervenir que par la négociation", a déclaré le premier ministre israélien à l'issue d'un entretien à Paris avec Nicolas Sarkozy.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a estimé jeudi 5 mai que la paix entre Israël et les Palestiniens ne pouvait pas être imposée par "un diktat de l'ONU". "Une recherche sérieuse de la paix ne peut intervenir que par la négociation", a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien à Paris avec Nicolas Sarkozy.

"La première question est de savoir s'il peut y avoir une majorité automatique au sein de l'ONU, la réponse est oui. Ils peuvent dire que la Terre est plate et ils peuvent adopter" une décision, a-t-il poursuivi.

Le processus de paix étant bloqué depuis l'échec de la conférence de Washington en septembre, les Palestiniens veulent proclamer leur Etat en septembre, date butoir retenue par la communauté internationale pour la signature d'un accord israélo-palestinien.

Dans un entretien paru mercredi dans l'hebdomadaire L'Express, Nicolas Sarkozy a laissé entendre que la France pourrait reconnaître l'Etat palestinien à l'automne en assurant qu'elle "prendra ses responsabilités" si le processus de paix n'est pas relancé d'ici là.

RECONNAÎTRE ISRAËL COMME "ÉTAT JUIF"

Le premier ministre israélien a par ailleurs affirmé Nicolas Sarkozy soutenait la revendication, essentielle pour lui, qu'Israël soit reconnu par les Palestiniens comme "l'Etat du peuple juif". "J'ai entendu des choses similaires hier en Grande-Bretagne et je crois qu'à Paris comme à Londres, il y a la compréhension que quiconque veut la paix doit s'engager pour la paix, et non complètement le contraire", a-t-il ajouté.

Benyamin Nétanyahou a fait de la reconnaissance de son pays comme Etat juif l'un des points cruciaux pour débloquer le processus de négociations avec les Palestiniens. "Le cœur du conflit a toujours été le refus persistant de la direction palestinienne de reconnaître l'Etat juif dans n'importe quelles frontières", déclarait-il le 18 avril. "Pourquoi les Palestiniens ne reconnaissent-ils pas tout simplement l'Etat juif ? Après tout, nous, nous sommes disposés à reconnaître un Etat palestinien. Pourquoi ne peuvent-ils pas rendre la pareille s'ils veulent la paix ?", ajoutait-il.

JOHN SCHULTS

REUTERS/

05.05.
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/05/05/reconnaissance-d-un-etat-palestinien-netanyahou-met-en-garde-contre-un-diktat-de-l-onu_1517691_3218.html#ens_id=1228030

 

De retour en Israël, Netanyahu se félicite du soutien -très fort - américain

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est revenu en Israël mercredi en début de soirée à l'issue d'une visite de six jours à Washington, se prévalant d'un soutien américain très fort.
Cette visite a été importante. Il y a un soutien américain très fort aux principes que nous défendons, et avant tout à notre exigence qu'Israël soit reconnu comme Etat nation du peuple juif, à la nécessité de frontières défendables et au rejet catégorique du (mouvement islamiste palestinien) Hamas, a assuré M. Netanyahu aux journalistes à sa descente d'avion.
J'ai présenté aux Etats-Unis un projet politique large, qui rassemble autour d'un consensus la plus grande partie du peuple d'Israël. Il est temps que les partis sionistes se réunissent autour des principes formulés (ndlr: dans ce projet). Il est temps que l'Autorité palestinienne reconnaisse elle- aussi les exigences justifiées d'Israël, a-t-il souligné.
Durant son séjour à Washington, M. Netanyahu s'est entretenu avec le président américain Barack Obama et tous deux ont exprimé au grand jour des divergences sur le processus de paix israélo-palestinien.
Le Premier ministre israélien a terminé sa visite par un discours très applaudi devant les deux chambres du Congrès réunies en session spéciale, durant lequel il a persisté dans son approche sans concession aux Palestiniens.

http://www.romandie.com/news/n/_De_retour_en_Israel_Netanyahu_se_felicite_du_soutien_americain_tres_fort250520112005.asp


c) Le parrain.

L'aide américaine aux Palestiniens remise en question par des élus au Congrès.

Des élus du Congrès américain voudraient que Washington « réexamine » l'aide fournie aux Palestiniens si le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, devait faire partie d'un gouvernement palestinien.

« Si un accord de partage du pouvoir avec une organisation terroriste [le Hamas] devenait une réalité dans les territoires palestiniens, les États-Unis seraient obligés de réexaminer leur aide à l'Autorité palestinienne », a déclaré dans un communiqué la républicaine texane Kay Granger.

Mme Granger est la présidente de la sous-commission de la Chambre des représentants chargée de répartir l'aide de Washington à l'étranger.

Ses propos surviennent au lendemain de la signature d'un accord de réconciliation entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. Cette entente prévoit notamment la formation d'un gouvernement unique chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'à la tenue des élections présidentielle et législative, d'ici un an.

Mercredi, la présidente des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a estimé que la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, condamnée par Israël, mettrait un terme à l'aide américaine. « L'argent des contribuables américains ne devrait et ne doit pas être dépensé pour soutenir ceux qui menacent la sécurité des États-Unis, nos intérêts et notre allié indispensable, Israël », a affirmé Ileana Ros-Lehtinen.

Elle soutient que la loi américaine irait à l'encontre du versement de l'aide à un gouvernement regroupant Fatah et Hamas, la législation prévoyant que tout gouvernement palestinien doit reconnaître le droit à l'existence d'Israël pour obtenir cet argent.

« Les peuples israélien et palestinien veulent la paix. Mais soutenir un gouvernement de l'Autorité palestinienne de ce type ne va pas y mener », a souligné la représentante républicaine.

Le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes des États-Unis.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters

Mise à jour le jeudi 28 avril 2011 à 19 h 23
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/04/28/010-congres-aide-palestiniens.shtml

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Obama: une demande palestinienne de reconnaissance à l'ONU serait une erreur.

Le président Obama a déclaré mercredi à Londres qu'un accord au Proche-Orient impliquait des compromis déchirants de la part d'Israël et des Palestiniens, mais qualifié d'erreur le projet de demande de reconnaissance d'un Etat palestinien à l'ONU sur la base des frontières de 1967.
Je suis confiant quant à la possibilité d'un accord de paix au Proche-Orient, a affirmé Barack Obama lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre David Cameron, au deuxième jour de sa visite à Londres. Mais cela demandera des compromis déchirants de part et d'autre, a-t-il souligné.
La seule façon d'arriver à la création d'un Etat palestinien est que les Israéliens et les Palestiniens parviennent à une paix juste, a poursuivi M. Obama. Je suis persuadé que choisir la voie de l'ONU pour les Palestiniens plutôt que de s'asseoir à la table des négociations avec les Israéliens est une erreur, a-t-il encore jugé.
Lors d'un discours sur le Proche-Orient prononcé le 19 mai, le président américain s'est prononcé pour la première fois en faveur de pourparlers pour un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967, c'est-à-dire couvrant la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza, moyennant des échanges de territoire négociés avec Israël.
M. Obama a cependant réaffirmé à cette occasion l'opposition de Washington à une reconnaissance par l'ONU d'une Palestine sur les lignes de 1967, sans un accord de paix préalable. Cette opposition pourrait se traduire par un veto américain au Conseil de sécurité en septembre.
Les Palestiniens détiennent actuellement un statut d'observateurs aux Nations Unies.

http://www.romandie.com/news/n/_Obama_une_demande_palestinienne_de_reconnaissance_a_l_ONU_serait_une_erreur250520111605.asp


K. Selim/K. Habib : Du réchauffé chez Obama .

Un discours pas très convaincant.

Cet exercice oratoire exprime la quintessence même de la politique américaine : un simple copié-collé de la politique israélienne.

Les présidents américains ne sont jamais surprenants quand ils discourent sur le monde arabe.... La seule vraie différence réside dans l’éloquence du locataire de la Maison-Blanche. Quand deux piliers - des dictatures - de la politique américaine tombent à la suite de manifestations populaires, il n’y a rien de surprenant à entendre Barack Obama évoquer un soutien aux peuples.

Encore que le soutien paraît circonscrit aux « républiques ». Une condamnation pour Kadhafi, une sommation pour Al-Assad et une demi-admonestation pour le Bahreïn - qui est une base américaine -, mais pas une seule allusion à l’Arabie Saoudite, qui mérite pourtant bien plus que d’autres les lumières de la réforme.

C’est au fond un rewriting du discours, sans lendemain, du Caire où Barack Obama tentait de démontrer un changement par rapport à George W. Bush. Tout un chacun a constaté que le président américain était naturellement velléitaire et tous ont obtenu la confirmation que les intérêts d’Israël structurent la politique américaine dans la région. Et celle-ci, à ce jour, aura toujours tendance à préférer des autocraties malléables à des systèmes démocratiques réellement représentatifs.

Le soutien américain aux dictatures arabes n’a jamais été de pure opportunité, il s’agit bien d’une orientation stratégique. De ce point de vue, les professions de foi démocratique du président américain n’ont guère de chance de convaincre. Dans le meilleur des cas, cela constitue une adaptation du discours américain au contexte arabe actuel. En tout état de cause, les opinions arabes ne se font aucune illusion. Elles jugent, à juste titre, un président américain sur ce qu’il dit et ce qu’il fait à l’égard des Palestiniens, ceux-là mêmes qui subissent le plus la politique injuste des Américains. Et Barack Obama a déjà perdu le capital de sympathie dont il bénéficiait au départ en se soumettant ostensiblement au lobby pro-israélien.

Les communicateurs du président américain le savent parfaitement et il leur fallait, pour accompagner ces temps « printaniers », un petit tour de passe-passe rhétorique pour susciter un semblant de nouveauté. Ils ont cru le trouver en évoquant la création d’un État palestinien sur la base des lignes de démarcation de 1967. Dans un effort remarquable de marketing, la presse occidentale et israélienne tente de présenter la chose comme étant un défi à Israël, alors qu’il n’en est absolument rien. Les frontières de 1967 ne sont pas une invention de M. Obama.

Mais l’emphase de l’annonce n’a d’autre but que de signifier la détermination de Washington à s’opposer à l’initiative des Palestiniens de faire reconnaître leur État par l’Assemblée générale des Nations unies et pour dénoncer la réconciliation entre le Hamas et le Fatah.

Cet exercice oratoire exprime la quintessence même de la politique américaine : un simple copié-collé de la politique israélienne. Les Palestiniens doivent s’abstenir de déplaire aux Israéliens et « négocier » sans fin avec eux sous le faux parrainage des Américains. Et, bien entendu, les Palestiniens doivent se faire la guerre et rester divisés.

Sur la Palestine, l’éloquente prestation de M. Obama sentait le réchauffé. Et la Palestine, même si les Occidentaux préfèrent s’aveugler, est l’un des moteurs des révoltes arabes.

K. Selim/K. Habib –

 21 mai

Le Quotidien d’Oran

 

Obama veut le maintien de la "supériorité" militaire israélienne  

22/05/2011
Le président américain Barack Obama a souhaité dimanche le maintien, avec l'aide des Etats-Unis, de la "supériorité" de la force militaire israélienne sur ses adversaires potentiels dans la région. Il a assuré dimanche que l'engagement des Etats-Unis envers la sécurité de son allié israélien est "inébranlable", lors d'un discours prononcé au Congrès annuel du principal lobby pro-Israël aux Etats-Unis, l'AIPAC, à Washington.
http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/704974/Obama_veut_le_maintien_de_la_%22superiorite%22_militaire_israelienne.html
AFP / 22 mai


Les USA s'opposeront aux efforts pour isoler Israël à l'ONU.
Le président Barack Obama a assuré dimanche que les Etats-Unis s'opposeraient à toute tentative d'isoler Israël aux Nations unies, lors d'un discours prononcé au Congrès annuel du principal lobby pro-Israël aux Etats-Unis, l'AIPAC, à Washington.
AFP / 22 mai



Dans le monde

Allemagne

Des intellectuels allemands demandent au gouvernement d’Angela Merkel d’accentuer la pression sur Israël.  

Un groupe d'intellectuels allemands, dont des spécialistes du Moyen-Orient et des théologiens, ont demandé à la chancelière Angela Merkel d’ accentuer la pression sur le régime israélien afin qu’il accepte des de faire des concessions dans le processus de paix.
Dans un communiqué publié par ce groupe, l’ancien ambassadeur d'Allemagne en Jordanie, Martin Schneller a exhorté son gouvernement et la communauté internationale à faire davantage de pression sur Israël. "
Il a soumis toute aide financière versée à chacune des deux parties ;à la réalisation de progrès tangibles dans le processus de paix au Moyen-Orient.
Pendant ce temps, le vice-président de Pax Christi Allemagne, Johannes Schnettler, a fustigé le gouvernement Merkel l’accusant d’ignorer l'injustice à laquelle les Palestiniens continuent à faire face au quotidien.
Il a rappelé qu'Israël a violé à maintes reprises le droit international dans les territoires palestiniens.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a salué dans un discours le message clair et déterminé du président Barack Obama en faveur de la création d'un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967.
"Je salue que le fait que le président Obama se soit engagé de façon aussi claire et déterminée en faveur d'une solution globale et juste à deux Etats a déclaré le ministre, selon un communiqué également.

26/05 

 http://www2.irna.ir


France

La France envisagerait de reconnaître l'État palestinien

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, devrait être reçu, jeudi 21 avril en fin d'après-midi, par le président Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Il devrait, à cette occasion, a précisé M. Abbas, "demander conseil" sur les démarches à suivre en vue de la reconnaissance d'un Etat de Palestine par l'Union Européenne.

Face au blocage des négociations de paix, rapidement interrompues après une brève relance en septembre 2010, Paris semble en effet envisager une reconnaissance unilatérale. Ces dernières années, plusieurs pays d'Amérique du Sud l'ont fait.

PALESTINIENS "PLUS QUE JAMAIS PRÊTS"

"C'est une question à laquelle il faut réfléchir et à laquelle nous réfléchissons. Et elle se posera au mois de septembre ou octobre", a souligné le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé. La communauté s'est fixé comme objectif la création de l'Etat palestinien à l'automne, au moment de l'assemblée générale des Nations unies à New York.

A l'occasion de cette visite de Mahmoud Abbas à Paris, la France a rappelé qu'elle considérait les Palestiniens "plus que jamais prêts à établir un Etat et à le gérer d'une façon crédible et pacifique", selon une déclaration du ministère des Affaires étrangères.

Une centaine d'Etats reconnaissent déjà la Palestine comme Etat, la plupart depuis les années qui ont suivi la "déclaration d'indépendance" proclamée en 1988.

21.04.
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/04/21/la-france-envisagerait-de-reconnaitre-l-etat-palestinien_1511050_3218.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20110421-%5Bzoneb%5D


Russsie

Moscou prêt à reconnaître l'Etat indépendant palestinien  

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé qu'il soutiendrait la reconnaissance d'un Etat indépendant palestinien, sur la base des frontières de 1967.  "Toutes les nations ont besoin de l'unité, surtout, les Palestiniens qui veulent avoir un Etat indépendant, dans le cadre de la résolution de l'ONU, de la demande du Quartette (Etats-Unis, Russie, ONU, UE) et du plan d'initiative de paix arabe, et qui essayent d'y accéder", a dit Lavrov, lors d'une rencontre avec les représentants du Fatah et du Hamas, à Moscou, cité par Press TV. Les représentants des deux principaux partis palestiniens et les responsables russes ont émis, à la fin de la réunion, un communiqué commun. Le chef de la diplomatie russe a, aussi, considéré l'accord Hamas/Fatah, comme un événement historique, avant d'appeler les groupes palestiniens à se mettre à la table de négociations, pour parler des détails de leur accord et préparer le terrain à sa mise à exécution. Les hauts responsables du Fatah et du Hamas ont signé, au mois de mai, lors d'une cérémonie officielle, au Caire, la capitale égyptienne, un accord d'unité nationale.

25/05

http://french.irib.ir/



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Video Netanyahu s'assure le soutien du Congrès américain : l'analyse de Patrick Fandio
http://videos.tf1.fr/infos/2011/netanyahu-s-assure-le-soutien-du-congres-americain-l-analyse-6500867.html



2 Les brèves

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information
2-1 IsraelValley : Ils appellent cela le "boycott arabe"...
Une nouvelle économique qui a surpris les acteurs industriels en Israël et en Allemagne : pourquoi donc, dans un silence le plus complet, une entreprise européenne applique-t-elle le boycott arabe ? Selon Courrier International : "Sous la pression de Berlin et de militants propalestiniens, la Deutsche Bahn s’est retirée d’un projet israélien de construction de voies ferrées dont le tracé traversait les Territoires occupés en Cisjordanie”, rapporte le Financial Times. Cette décision constitue une victoire pour la campagne “boycott, désinvestissement, sanctions” (BDS) dont l’objectif est d’aider la cause palestinienne en poussant les pays de l’Union européenne à exercer une pression économique sur Israël.

“La branche de conseil international de la Deutsche Bahn fournissait un soutien technique pour l’électrification d’un rail destiné à relier Tel-Aviv à Jérusalem. Cette ligne à grande vitesse devrait être achevée d’ici à 2017.

Sa construction et la participation de la Deutsche Bahn avaient soulevé de vives critiques de la part de responsables palestiniens, car un tronçon de 6 kilomètres traverse la Cisjordanie.” Selon eux, la nouvelle ligne aurait pu être construite sur le territoire israélien sans passer par la Cisjordanie.

ISRAELVALLEY PLUS
La Deutsche Bahn, souvent désignée par son nom commercial Die Bahn ou par le sigle DB, est l’entreprise ferroviaire publique en Allemagne, correspondant à la SNCF en France ou à la SNCB en Belgique. Elle est à ce titre la plus importante entreprise ferroviaire d’Europe (hors Russie), tant par la longueur de son réseau, le chiffre d’affaires ou les prestations de transport.

La DB est une société anonyme dont le capital en actions est détenu à 100 % par l’État fédéral allemand. Elle constitue une holding chapeautant les principales activités du groupe, constituées de filiales dédiées à chaque segment de marché. Sur le plan commercial, elle a adopté la marque Die Bahn (DB) dans le but de moins marquer ses origines nationales (à l’instar de British Telecom devenue BT). La société détient la majorité du capital de la société espagnole Transfesa ainsi que la totalité d’EWS et Euro Cargo Rail."

Source: http://www.courrierinternational.com/breve/2011/05/16/la-deutsche-bahn-ne-construira-pas-de-tgv-en-israel

Israel Valley
Publié le 20 mai 2011__._,_.___

Marianne



n°580 - Dossier-spécial- de Palestine - 27-05 -Fin - Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.

n°580 - Dossier-spécial- de Palestine - 27-05  -Fin  - Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier-spécial- de Palestine

Flash : Etat indépendant Palestinien

                                                                        N°565                                                     31-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 



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Sommaire

3 Dossier

3-1 Zvi Bar’el : Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.

3-2 K. Selim : État palestinien sur les frontières de 1967 : Ce n’était que du vent  !

4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Kharroubi Habib : Un discours pas très convaincant.

4-2 Lamis Andoni : Obama à Israël : « Prenez tout ce que vous voulez ! »

4-3 Ilan Pappe : Jetez une chaussure à la trahison d'Obama.

 




3 Dossier

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

3-1 Zvi Bar’el : Israël ferait bien de se préparer, car l’État palestinien est sur les rails.

« Israël a toujours voulu convaincre qu’il tendait en vain dans le vide une main pacifique. Mais cette politique est en passe de subir un choc en septembre » écrivait Zvi Bar’el la semaine passée, à la veille de la rencontre Netanyahu-Obama... où l’on vit le président américain anticiper ce choc de quelques mois en s’affirmant favorable à une solution à deux États dans le cadre des frontières antérieures à la guerre des Six Jours.

Cette prise de position du principal allié d’Israël vient conforter l’appel à la reconnaissance par leur pays d’un État palestinien démocratique à venir, lancé ces jours derniers par quelque quatre-vingt-dix personnalités israéliennes des cercles politique, diplomatique, militaire et du monde des arts et des lettres. Une reconnaissance qui, selon les signataires de ce texte [1], est de l’intérêt « vital d’Israël ».

Yuval Diskin [2] a raison, septembre est depuis toujours un fichu mois. Prenez septembre 1993, le mois maudit où les accords d’Oslo furent signés. Ou, 15 ans plus tôt, la signature des accords d’Oslo entre Israël et l’Égypte. L’invasion de la Pologne par les nazis prit place en septembre, de même que les explosions perpétrées à New York par al-Quaïda et la seconde intifada. James Dean fut tué un 30 septembre et, en septembre 1995, Israël accepta de céder aux Palestiniens le contrôle d’une part considérable de la rive occidentale du Jourdain.

Etre fichu, on le voit, est une question de perspective. Et quoi qu’il advienne en septembre 2011, si quelque chose doit advenir, ce sera aussi une question de perspective.

Le texte de Diskin, ornement du congrès des Amis de l’université de Tel-Aviv, ne devrait spécialement émouvoir ni surprendre quiconque. Ni les dirigeants des services de sécurité du Shin Beth ou du Mossad, ni les ex-généraux ne sont jugés sur leur art oratoire. Ils sont chargés d’inspirer de la peur, et la peur n’a nul besoin de tant de mots ni d’expressions poétiques. Iran, Hamas, Hezbollah, terrorisme, roquettes et, bien sûr, un État palestinien indépendant - c’est là tout le vocabulaire nécessaire à la formulation de la stratégie israélienne de la peur.

Le chef du Shin Beth n’a et n’avait apparemment pas de vision de paix. Ce n’est pas son boulot. Il ne forge pas les politiques, il prend tout juste soin de leurs ramifications. Mais la “politique“ telle qu’il l’entend est claire comme eau de roche.

« Mahmoud Abbas, Salam Fayyad et l’Autorité palestinienne tout entière, a-t-il statué, ne représentent qu’eux-mêmes et certainement ni le Hamas ni la Bande de Gaza. »

En d’autres termes, il n’y avait dès le départ aucune raison de leur parler, et certes pas maintenant à la suite de leur réconciliation avec le Hamas. Cette réconciliation peut avoir secoué Diskin, il peut ne pas s’y être attendu - ou peut-être était-ce le cas et ne l’a-t-il pas dit - mais cela ne modifie en rien le tableau général : « Le Hamas n’a pas changé d’idées, d’idéologie ou de politique », tandis que la réconciliation sera jugée « avec le temps ».

Comme si « le temps » était un facteur indépendant que n’affecteraient ni les évolutions, ni les lignes politiques, ni les déclarations. Comme si ni les Palestiniens ni les Israéliens n’influaient sur son cours et ses modes de changement. Et de combien de temps s’agit-il, au fait ? Sommes-nous voués à arracher les pages du calendrier jusqu’à une date finale ? Le temps s’arrête-t-il de filer en ce fichu septembre ? Ou peut-être un an après les accords de réconciliation, au moment où les élections législatives et présidentielles palestiniennes sont censées avoir lieu ? Du reste, quand ce temps débute-t-il ?

Diskin, bien sûr, n’est qu’une allégorie. « Avec le temps », quelque chose lui arrivera peut-être aussi, et nous le verrons signer des pétitions ou se joindre à l’une des initiatives de paix. De nombreux “cadres de sécurité“ de haut rang ont connu de telles illuminations subites. Mais pour le moment il présente sans hésitation aucune à l’opinion les hypothèses fondamentales qui ont forgé la ligne politique du gouvernement israélien.

Il n’y a pas de partenaire palestinien et, désormais, il n’y en aura pas jusqu’à la fin des temps. Le gouvernement n’a même pas besoin de le démontrer. La réconciliation est une illusion, l’État palestinien ne sera qu’un mirage, et aucun des deux ne contraint le gouvernement à accommoder sa vision. Le gouvernement détourne déjà la réconciliation, présumant qu’en cas d’échec elle entraînera Abbas dans sa chute et qu’en cas contraire un partenaire israélien n’aura de toute façon pas sa place.

Mais ce qui est illusoire, c’est le débat sur l’identité du partenaire. Il vient brillamment se substituer au choix nécessaire d’une politique, à la détermination des frontières du pays et du point précis jusqu’où elles peuvent avancer en territoire occupé. Pures bavasseries reposant sur la théorie de « la confiance en construction progressive » - soumise depuis à la destruction progressive de ladite confiance - qui ont réussi à mettre la question du partenaire palestinien (pas celle de l’israélien, le ciel nous en préserve) au centre de tout débat politique.

Le discours d’ouverture de Netanyahu devant le Congrès ne sera pas avare d’allusions à ce partenaire absent ; car c’est là le cœur d’une tactique qui se travestit en politique. Israël a toujours voulu convaincre qu’il tendait en vain dans le vide une main pacifique. Mais cette politique est en passe de subir un choc en septembre. On peut rayer d’un trait Mahmoud Abbas et Ismail Haniyeh. Mais un État palestinien ? Un État où commenceront bientôt à venir présidents et rois du reste du monde.


NOTES

[1]  Repris sur le site de LPM : http://www.lapaixmaintenant.org/article2140

[2]   Septembre est toujours un trs mauvais mois au Moyen-Orient , dclarait le 11 mai dernier le chef sortant du Shin Beth (les services de scurit intrieure) Yuval Diskin, faisant allusion la proclamation annonce dun tat palestinien. Et dajouter :  Je ne sais pas exactement ce qui va se passer le 1er octobre mais je mattends ce que lhistoire mette en branle des processus susceptibles de se dtriorer. 

Zvi Bar’el

Ha’aretz, le 15 mai 2011

mis en ligne le dimanche 22 mai 2011

.Traduction : Tal Aronzon pour La Paix Maintenant

http://www.haaretz.com/print-editio..


3-2 K. Selim : État palestinien sur les frontières de 1967 : Ce n’était que du vent  !

On est à chaque fois surpris de constater à quel point l’administration américaine a peu d’estime pour l’intelligence des opinions arabes et singulièrement de cette jeunesse arabe en révolte contre les vassalités locales.
L’avancée purement rhétorique de Barack Obama sur un État palestinien sur les frontières de 1967 a été gommée par un discours présidentiel devant l’Aipac, le lobby israélien qui pèse lourd dans la vie politique américaine. Entre-temps, les donateurs de fonds juifs du Parti démocrate ont envoyé des signaux non équivoques au locataire de la Maison-Blanche sur le fait qu’il ne verra pas la couleur de leur monnaie. Que fait le Président américain ? Un nouvel exercice rhétorique dans lequel il promet qu’un « désaccord » de son administration avec Tel-Aviv n’aura jamais d’incidences. « Les liens entre les États-Unis et Israël sont inaltérables, et l’engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël est inébranlable ».
En peu de mots, le Président des États-Unis dit aux Israéliens et à l’Aipac que tout ce qu’il peut dire sur la paix, l’État palestinien et les frontières, ce n’est que du vent... destiné à donner le change à une jeunesse arabe en révolte. Benjamin Netanyahu, contrairement aux dramatisations de la presse occidentale sur les prétendues divergences entre Israël et les États-Unis, était très satisfait du discours de M. Obama. Quand le président de la plus grande puissance mondiale énonce clairement que le refus d’Israël de s’engager sérieusement pour la paix n’aura aucune incidence, pourquoi Netanyahu s’inquiéterait-il ? D’ailleurs, ceux qui ont trop mis en exergue ses propos sur les frontières de 1967 en sont pour leurs frais.
M. Obama est allé battre sa coulpe à l’Aipac en jurant qu’on avait fait des « représentations fausses » de ses propos. C’est quoi la représentation « vraie » ? Exactement, l’énoncé du sinistre George W. Bush indiquant aux Palestiniens qu’ils devraient tenir compte des « nouvelles réalités démographiques sur le terrain et des besoins des deux parties ». Pour le cas où vous êtes sous le charme de la rhétorique alambiquée de M. Obama, la représentation « vraie » de ce qu’il a dit est que l’État palestinien ne sera pas basé sur les frontières de 1967. On pourra dire que le président Barack Obama détient le record en matière de vitesse de retournement rhétorique. Les « nouvelles réalités » que les Palestiniens sont invités à prendre en compte et à accepter, ce sont les colonies de peuplement et l’épuration ethno-religieuse menée par l’État d’Israël.
On est à chaque fois surpris de constater à quel point l’administration américaine a peu d’estime pour l’intelligence des opinions arabes et singulièrement de cette jeunesse arabe en révolte contre les vassalités locales. Il est clair que M. Barack Obama ne peut occulter la réalité politique américaine et qu’il doit se faire réélire. Son problème est qu’il prétend « innover » et même apporter une touche « morale » et « démocratique » à la politique américaine. Ses contorsions sur la question palestinienne en moins de 48 heures le confondent. Les jeunes arabes en révolte ne sont pas des niais, ils savent clairement que la rhétorique d’Obama sur la Palestine est vide. Du vent.
K. Selim –

Le Quotidien d’Oran

25/05

 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10658



Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

4-1 Kharroubi Habib : Un discours pas très convaincant.

Du discours qu’il a adressé jeudi au monde arabe à « un moment où les habitants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord se débarrassent des fardeaux du passé », l’on retiendra que le président Barack Obama a promis un changement d’approche des États-Unis envers la région et qu’il s’est pour la première fois prononcé en faveur d’un État palestinien sur la base des frontières de 1967.

Le changement d’approche promis peut, aux yeux de certains, sembler être déjà engagé au vu du soutien, en paroles du moins, que l’administration d’Obama prodigue aux manifestants depuis le début, il y a six mois, de la vague de révoltes populaires arabes. Mais les peuples arabes ont des raisons de douter que le changement promis tienne compte de leurs véritables aspirations.

Là où leur révolte a abouti à la chute de leur despote et de son régime, ces peuples se rendent compte que les États-Unis oeuvrent en sous-main à l’instauration de pouvoirs qui, tout en démocratisant quelque peu la vie politique, se garderont de remettre en cause les intérêts géostratégiques américains dans la région, tels que définis par Washington. Des intérêts qui ont été cause pour les peuples concernés de décennies de dictatures cyniquement appuyées ou tolérées par ces mêmes États-Unis qui prônent la démocratie et le respect des aspirations populaires. Et qui font que l’Amérique continue à fermer les yeux sur les agissements de dictatures là où ces intérêts sont vitaux pour elle. En Arabie Saoudite par exemple, pour ne citer que le cas le plus flagrant.

S’ils ne nient pas avoir besoin du soutien américain dans leur lutte contre leurs régimes pourris, les peuples arabes sont légitimement fondés à persister dans la méfiance qu’ils nourrissent à l’égard des États-Unis. Son discours de jeudi n’est pas le premier que Barack Obama a adressé au monde arabe. Dans les précédents, il avait aussi promis la révision de la politique américaine dans la région. Rien pourtant de fondamentalement innovant n’est intervenu dans cette politique ; il a fallu que les peuples de la région entrent en révolte contre les régimes en place pour que Washington exerce des pressions de quelque portée sur ces derniers pour les pousser à prendre en compte les revendications populaires.

Autant dire que la promesse faite dans son dernier discours par Obama sera reçue par les peuples arabes avec beaucoup de détachement et de scepticisme.

Ainsi les Palestiniens, à qui il a annoncé que l’Amérique est en faveur de leur État basé sur les frontières de 1967, attendront pour se féliciter de sa déclaration les résultats de sa rencontre à Washington avec le Premier ministre israélien. Habitués qu’ils sont de voir le président américain revenir sur ses engagements à leur égard après chaque rencontre avec le dirigeant palestinien ou quand les lobbys juifs expriment leurs désaccords avec ces engagements.

Ce qu’il faut déduire du discours d’Obama au monde arabe, c’est que le président américain a conscience que le « printemps arabe » est porté par l’aspiration démocratique ; il n’est pas pourtant américanophile. Et pour que les États-Unis soient amicalement perçus dans le monde arabe, il leur faut faire plus que se déclarer favorables aux révoltes populaires.

Barack Obama veut-il ou peut-il aller plus loin dans ce sens, alors que l’establishment américain considère qu’une vraie démocratisation du monde arabe est contraire aux intérêts nationaux de l’Amérique ? On en doute.

Kharroubi Habib

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10645


4-2 Lamis Andoni : Obama à Israël : « Prenez tout ce que vous voulez ! »

Dans son dernier discours, Obama a prouvé en termes à peine voilés qu’il fera tout pour satisfaire sa base électorale pro-israélienne.

Juin 2008 - Des jeunes Palestiniens jettent des pierres sur un bulldozer de l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Pour la troisième journée Israël avait mené des incursions dans le territoire assiégé, assassinant plus de 20 personnes dont un enfant.

En 2008, Barack Obama, alors candidat démocrate à la présidentielle, cédait devant les électeurs pro-israéliens et devant Israël en promettant dans un discours adressé à l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), que Jérusalem serait pour toujours « la capitale indivisible d’Israël. »

Trois ans plus tard, Obama est à nouveau en pré-campagne électorale en vue d’améliorer ses chances de réélection en 2012. Dans le cadre de cette campagne, il a fait quelques timides tentatives pour relancer un « processus de paix » au point mort, mais selon les conditions d’Israël.

Dans son dernier discours adressé à l’AIPAC, Obama a fait acte de complète allégeance à Israël en réaffirmant le soutien de l’Amérique aux objectifs politiques et sécuritaires d’Israël. Son discours a nié le droit des Palestiniens à déclarer l’existence de leur nation et il a même promis de bloquer tous les efforts de Palestiniens pour faire valoir leurs droits auprès des organisations internationales.

Obama a évoqué du bout des lèvres « l’autodétermination » pour les Palestiniens mais ce n’est rien de plus que de la rhétorique vide de sens - alors qu’il a clairement laissé entendre que les intérêts israéliens, en particulier ses intérêts sécuritaires, demeureront la priorité de la politique étrangère américaine dans la région.

Il a mécaniquement répété son engagement à la vision d’une solution à deux Etats - l’établissement d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Toutefois, comme on pouvait s’y attendre, il subordonne la question des frontières et des conditions de création d’un tel Etat aux « intérêts de sécurité » d’Israël.

Qu’il ait évoqué la reprise de négociations de paix sur la base des frontières de 1967 (également connues sous le nom de « Ligne verte ») ne signifie ni un retrait israélien complet des territoires occupés, ni la création d’un Etat palestinien souverain sur l’ensemble des terres à l’intérieur de cette « Ligne verte », dont Jérusalem-Est.

Il y a une différence significative dans le « jargon » des négociations, et même dans le langage juridique, entre évoquer la création d’un Etat palestinien « basé sur » les frontières de 1967 et dire qu’un tel Etat « sera établi sur » les frontières de 1967.

La première expression laisse beaucoup de marge à Israël pour continuer d’occuper et même d’annexer de vastes blocs de colonies (et peut-être même la totalité de toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, toutes illégales au regard du droit international) pour « des raisons de sécurité. »

Prenez ce que vous pouvez

Juste au cas où sa base pro-israélienne aurait mal compris ses déclarations à peine voilées dans son discours sur le Moyen-Orient vendredi dernier, Obama n’a pas manqué de préciser que selon son point de vue définitivement pro-israélien, il n’y avait pas à revenir aux frontières 1967.

« [La déclaration] signifie que les parties elles-mêmes - les Israéliens et les Palestiniens - vont négocier une frontière qui est différente de celle qui existait le 4 juin, 196 ... Il incombe à ces parties de tenir compte des changements qui ont eu lieu au cours des dernières 44 années, y compris de la nouvelle réalité démographique. »

En termes plus clairs, le président dit effectivement, bien que non explicitement, qu’il tire un trait d’égalité entre la présence des Palestiniens sur leur propre terre et la présence illégale de colons israéliens installés sur des terres volées aux Palestiniens ces 44 dernières années.

Cela revient à dire que - malgré le fait que les colons vivent sur cette terre illégalement en vertu du droit international - parce qu’ils sont physiquement établis là, la terre deviendrait la leur.

Cela confirme la conviction de beaucoup de personnes dans la région que la construction de colonies israéliennes et du Mur d’Apartheid à l’intérieur des frontières de 1967 est le moyen utilisé par Israël pour imposer progressivement une annexion de facto des terres palestiniennes.

Ces dernières déclarations d’Obama sont peut être celles qui sont les plus proches d’une simple légitimation des colonies israéliennes.

Le message d’Obama à Israël semble confirmer qu’il est prêt à maintenir la promesse de l’ancien président George Bush faite en 2005 : qu’Israël serait en mesure de garder ses principaux blocs de colonies à l’issue de n’importe quelle solution négociée du conflit.

En d’autres termes, l’idée d’Obama d’une autodétermination palestinienne est que les Palestiniens acceptent tout ce qu’Israël décide.

Dans son discours devant l’AIPAC, et dans le discours précédent sur le Moyen-Orient, Obama semble avoir été soit en dehors de tout contact avec - ou a tout simplement ignoré - les changements amenés par le printemps arabe. Puis il a ensuite soutenu l’idée qu’Israël devait comprendre que le printemps arabe avait modifié l’équilibre politique dans la région, et qu’il lui fallait maintenant faire la paix non pas avec des dirigeants arabes corrompus mais avec les peuples arabes eux-mêmes.

Tant d’espoir de changement...

En fait, quand il s’agit de la cause palestinienne, Obama parle et agit comme si le printemps arabe n’avait pas eu lieu. Il ne faut pas oublier que même les plus fidèles alliés arabes de l’Amérique dans la région ne pouvaient pas soutenir ouvertement la formule américano-israélienne pour faire la paix avec les Palestiniens. Alors, pourquoi cela serait-il acceptable pour des millions et des millions d’Arabes pro-palestiniens ?

Le printemps arabe peut avoir influé sur la sémantique du discours américain sur les droits des Palestiniens, mais il n’a pas créé de près ou de loin le moindre changement dans la politique américaine.

Une fois de plus, Obama a succombé au chantage politique de Netanyahu - dont le principal objectif en accumulant les embûches pour un quelconque processus de paix est de faire en sorte qu’Israël poursuive tranquillement ses politiques expansionnistes, et sans aucune crainte face aux timides sollicitations du président.

Oui, il ne fait aucun doute que Netanyahu ne veut entendre aucune référence aux frontières de 1967 dans ce discours, car Israël est actuellement en train de dessiner militairement ses propres frontières, et il ne peut pas avoir mal interprété les déclarations clairement pro-israéliennes d’Obama.

Comme le président américain l’a souligné dans son discours, il a bien insisté sur sa déclaration de « plein engagement » vis à vis des intérêts israéliens et de ses exigences sécuritaires : « C’est pourquoi nous avons augmenté la coopération entre nos forces armées à des niveaux sans précédent. C’est pourquoi nous rendons disponibles pour nos alliés israéliens nos technologies les plus avancées. »

« Et c’est pourquoi, malgré une période financière difficile, nous avons augmenté le financement militaire vers l’étranger à des niveaux records. »

Obama n’a pas seulement été clair dans son maintien d’un plein soutien américain à Israël, mais il a également formulé une nouvelle prise de position qui confirme explicitement la politique américaine de longue date visant à bloquer tous les efforts pacifiques palestiniens à travers le droit international et l’Organisation des Nations Unies.

« ... Les États-Unis vont s’opposer à tout effort visant à condamner Israël devant les Nations Unies ou devant n’importe quelle instance internationale. Parce que la légitimité d’Israël n’est pas un sujet de débat », a-t-il affirmé devant le rassemblement des supporters les plus motivés et les plus influents d’Israël.

En prenant parti pour Israël contre le projet de l’Autorité palestinienne de solliciter l’Assemblée Générale des Nations Unies pour la reconnaissance d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967, les États-Unis ont de fait déclaré la guerre à tous les Palestiniens, à l’Autorité palestinienne et à tous ceux qui militent [pour une paix juste].

Sans vergogne, les Etats-Unis feront tout pour invalider toute tentative des Palestiniens par des moyens légaux et pacifiques de contester la colonisation israélienne de leurs terres.

Mais en qualifiant à l’avance de tentatives de « délégitimation » d’Israël les campagnes visant à la reconnaissance d’un Etat palestinien, le président reconnait involontairement que les politiques israéliennes elles-mêmes manquent de légitimité.

Un discours fondé sur les droits ?

Bien que l’affirmation d’Obama selon laquelle la reconnaissance devant les Nations Unies ne suffit pas à créer un Etat palestinien, est techniquement juste, cette initiative refera de la question [palestinienne] une question juridique concernant les droits - et qui ne sera alors plus définie par les préoccupations sécuritaires d’Israël comme cela a toujours été le cas dans le passé.

Cette reconnaissance par les Nations Unies, bien entendu, ira dans le sens de l’instauration d’un Etat palestinien défini par les frontières de 1967 - ce qui signifie que toutes les colonies israéliennes dans cette frontière devront être évacuées. Sans cela, elle ne ferait que légitimer et perpétuer la formule américano-israélienne des négociations.

Mais Obama n’a pas pris de risques en vue de promouvoir la paix...

Il craint de contredire des décennies de politique américaine qui ont eu pour but de s’opposer à toute résolution des Nations Unies relative aux crimes israéliens, et il craint aussi d’inaugurer un nouveau discours sur le conflit qui serait fondé sur les droits.

Ce n’était pas une surprise non plus quand Barack Obama a déclaré que l’accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas, signé plus tôt ce mois-ci, était un « obstacle » à la paix dans la région. Après tout, dans son état d’esprit purement pro-israélien, toute tentative visant à l’unité palestinienne - quelle que soit sa faiblesse - ne sert pas les intérêts d’Israël et de ses méthodes éprouvées de « diviser pour régner » qui ont empêché tout progrès réel depuis des années.

Le refrain répété d’Obama selon quoi le Hamas n’est pas un partenaire de paix acceptable sonne non seulement comme un disque rayé, mais aussi comme une excuse boiteuse pour l’extrémisme et l’intransigeance des Israéliens.

S’il veut savoir qui sont les véritables partenaires « inacceptables », tout ce qu’il a à faire est d’obtenir une transcription anglaise des débats à la Knesset (le parlement israélien) et de lire comment les députés de droite traitent les Arabes « d’animaux » et profèrent toutes sortes d’insultes racistes à l’encontre ses Palestiniens.

Mais si Obama est prêt à encourager les politiques israéliennes telles que « les transferts de terres », dont le but est de déplacer l’ensemble des communautés palestiniennes et se référer à ces transferts comme à de simples « changements démographiques », alors pourquoi se préoccuperait-il de la rhétorique raciste et des menaces venant des Israéliens de droite ?

Dans son dernier discours, Obama ne mentionne pas une fois les événements qui ont eu lieu lors des manifestations du 15 mai à l’occasion de la « Journée de la Nakba ». Au cours de ces manifestations pacifiques, l’armée israélienne a réagi de façon prévisible et de la seule façon qu’elle connait : en tirant à l’aveuglette sur des manifestants non armés. Au cours de la fusillade, plus de 20 personnes ont été assassinées aux frontières syriennes et libanaises.

Peut-être la partie la plus troublante du discours d’Obama est sa volonté choquante d’adopter la version israélienne et de nier complètement les droits nationaux palestiniens.

A la fin de son discours, l’affirmation d’Obama selon laquelle l’histoire d’Israël pourrait être caractérisée par une lutte pour la liberté (une répétition de son discours de 2008 devant l’AIPAC) résume le tout.
Le président américain refuse de voir l’oppression israélienne et la répression. Il refuse de reconnaître la légitimité de la lutte palestinienne pour la liberté - parce que s’il le faisait, il risquerait de nuire grandement à ses chances de gagner un second mandat en tant que président des États-Unis.
 

Lamis Andoni -

* Lamis Andoni est analyste et commentatrice pour le Middle Eastern and Palestinian Affairs

Al Jazeera

25 mai

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10663


4-3 Ilan Pappe : Jetez une chaussure à la trahison d'Obama.

Dimanche à 16h17 GMT, j'ai lancé ma chaussure sur l'écran de mon poste de télévision, pour viser le président états-unien Barack Obama, précisément au moment il y a commencé à expliquer que la référence aux frontières de 1967 faite lors de son discours de jeudi dernier au Département d'Etat concordait avec l'interprétation israélienne de ces frontières.

Non pas que ce discours [de jeudi] m'ait enthousiasmé, mais il était au moins aussi insipide que ses discours précédents sur le sujet.

Mais à 16h17, il a dit qu'il n'y aurait "aucun retour aux frontières du 4 juin 1967" et les milliers de participants à la convention de l'AIPAC ont applaudi frénétiquement. L'annexion des blocs de colonies construits illégalement en Cisjordanie occupée et la création d'un petit bantoustan palestinien dans les interstices est l'essence de la vision d'Obama pour la paix.
C'était une chaussure souple et tout ce qu'elle a fait, c'est de rebondir sur l'écran. Et parce qu'elle était une arme aussi inoffensive, elle était aussi dirigée à mes amis palestiniens qui, depuis vendredi, ont expliqué publiquement tout ce que le discours d'Obama devant Département d'Etat avait d'inhabituel et d'important.
C'est dur de savoir qu'à la Maison Blanche se trouve quelqu'un qui trahit non seulement les Palestiniens, mais tous les opprimés dans le monde et aux Etats-Unis qu'il avait promis de soutenir et de représenter.
Mais j'ai changé de chaîne et que me suis retrouvé à la Puerta del Sol, à Madrid, où des milliers de jeunes gens sont en train de reformuler le message puissant qui est parti de la Place Tahrir, au Caire, et qu'on a également entendu
aux frontières de la Palestine le jour de la Nakba, et à Trafalgar Square, à Londres, pendant de récentes manifestations d'étudiants.
C'est un appel de défiance à l'égard du discours politique et de ses effets toxiques. Oui, ils disent à Madrid, comme ils l'ont fait aux frontières de
Palestine, que nos vies sont régies et affectées par des hommes politiques occidentaux suffisants, cyniques et indifférents, qui détiennent un pouvoir immense pour perpétuer un monde injuste pour les années à venir, mais nous en avons assez et nous résisterons.
Où que l'on soit touché par cette élite occidentale politique et économique, on est confronté à deux options. Soit accepter avec fatalisme que la seule chose à faire, c'est de se retirer dans nos petits jardins d'Eden personnels et tenter autant que faire se peut de les ignorer et de continuer sans eux, dans les limites du possible. Ou bien, si on n'a pas ce penchant ou ce luxe, on peut plutôt s'associer à tous ceux qui ne veulent pas céder et disent à leurs élites que leur monde et leur programme ne sont pas les leurs.
Dans certaines parties du monde, les autorités tirent sur les manifestations massives qui expriment un tel message ; dans d'autres, elles les ignorent. Il est trop tôt pour juger de l'échec ou de la réussite de ces tentatives, mais il est clair que jusqu'à présent, les protestations s'étendent. Elles défient les diktats hégémoniques politiques des gouvernements et elles montrent une impatience et un ressentiment croissants vis-à-vis des manipulations du monde des affaires et des stratagèmes macro-économiques.
Les populations de
Cisjordanie occupée et de la Bande de Gaza ont été victimes de cette politique sous couvert du soi-disant processus de paix. Cependant, récemment, en Palestine, les dirigeants locaux ont enfin répondu à la demande populaire pour l'unité et la confiance en soi après l'avoir ignorée pendant des années.
En conséquence, le soutien aux efforts de la population à entrer dans une nouvelle phase de résistance populaire contre l'occupation israélienne est en train de galvaniser le mouvement mondial de solidarité avec la
Palestine avec une énergie semblable à celle qui a généré le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).
La reprise de l'initiative par les gens ordinaires dans le monde arabe et en Europe devrait nous aider à éviter de sombrer trop profondément dans la paralysie et l'inaction en face d'un tel cynisme. Il y a encore tant à faire, au mépris total du discours hégémonique et de l'inaction des élites politiques occidentales sur la
Palestine. Beaucoup a déjà été fait dans la résistance continue contre la destruction israélienne de la terre et de son peuple.
On peut continuer à boycotter les produits israéliens et les représentants culturels en France, même s'il y a une nouvelle loi contre ce boycott. Si les Palestiniens en
Israël défient les lois israéliennes contre la commémoration de la Nakba, on peut aussi ignorer ses lois et réglementations européennes insidieuses. On peut lutter contre tout lien institutionnel universitaire entre les universités britanniques et Israël, malgré l'embarras du ministère des Affaires étrangères et la position universitaire officielle. Et enfin, on peut continuer à diffuser dans les médias alternatifs l'image véritable, malgré la façon honteuse dont les médias "libéraux" américains et européens dépeignent la réalité du terrain.
Le monde est un endroit bizarre, après les deux discours d'Obama. L'écart entre Obama, Berlusconi, Netanyahu, Cameron, Merket et consorts a disparu. Pendant un temps, il y a eu un danger qu'on compte quelques dirigeants palestiniens au sein de ce groupe indigne de dirigeants occidentaux. Mais heureusement, ce danger a diminué.
Tout comme en
Israël, l'option d'un changement de l'intérieur des systèmes politiques occidentaux est douteux et y investir trop d'énergie peut être inutile. Mais tout ce qui n'en fait pas partie - églises, mosquées, synagogues progressistes, ashrams ouverts sur le monde, centres communautaires, réseaux sociaux et le monde des ONG - indique qu'une alternative existe.
Une lutte sans merci contre le nettoyage ethnique de la
Palestine continuera en dehors des couloirs occidentaux du pouvoir. Ce que nous avons appris de l'Egypte et de la Tunisie, même si nous ne sommes pas sûrs de l'issue de la partie, c'est que la lutte hors des couloirs du pouvoir n'attend pas de dirigeants, d'organisations bien huilées et de gens qui parlent au nom des autres.
Si vous êtes partie prenante de cette lutte, engagez-vous et faites ce que vous pouvez, sans vous soucier de la malheureuse Obamafication de notre monde.

Ilan Pappe
Ilan Pappe est professeur d'Histoire et directeur du Centre européen d'Etudes palestiniennes à l'université d'Exeter (GB). Son livre le plus récent est Out of the Frame: The Struggle for Academic Freedom in Israel (Pluto Press, 2010).

25 Mai

Source : Electronic Initifada

Traduction : MR pour ISM



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


26/05/2011

n°2 - Journal de Syrie - 27-04 au 25-05 - : Début - : La Syrie, objet de toutes les attaques.

n°2 - Journal de Syrie  -  27-04 au 25-05 - : Début  - :  La Syrie, objet de toutes les attaques.

 


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Syrie

 n°2                          27-04 au 25-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Syrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

Tiré à part

« Tendances »

1 Au jour le jour

Syrie

Sanctions de l'UE contre Assad: les Européens ont commis une "erreur" 

Organisations mondiale

Otan

L'OTAN accentue sa pression sur le régime kadhafiste.

2 Les actions dans le monde

3 Les réactions dans le monde.

4 Dossier

4-1 Levif.be: L'Otan veut en finir avec le régime Kadhafi devenu apathique.

4-2 Alain Corvez : La Syrie, objet de toutes les attaques.

Suite

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Sara Flounders : Les événements en Syrie – Quel camp avez-vous choisi ?

6 Annexe

6-1 René Naba : Syrie-Algérie : Raison d’état ou déraison d’état ?

6-2 Robert Bibeau : Révoltes arabes & Repressions néo-coloniales.

Fin

6-3 Thierry Meyssan : La Contre-révolution au Proche-Orient.

 



Tiré à part

Entièrement d'accord.

Le seul but des pouvoirs derrière la déstabilisation de la Syrie, du Liban etc... est d'affaiblir toute résistance à la suprématie israélienne sur la région ainsi que la main-mise sur ses richesses au détriment de ce qu'ils prétendent être la démocratie.

Ils manipulent, ils mentent, tout est permis pour arriver à leur but.

Les droits de l'homme ne sont pas valable en Palestine, ni au Bahrein...

Nous sommes pour les droits et pour la vérité mais contre toute manipulation et propagande mensongère
Dr. Ghada El Yafi



1 Au jour le jour

Syrie

Sanctions de l'UE contre Assad: les Européens ont commis une "erreur" 

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a dénoncé lundi l'"erreur" commise par l'Union européenne en décidant des sanctions contre le président syrien Bachar al-Assad et ses proches, qualifiant ces mesures de "nouvelle page noire" pour l'histoire de l'Europe.
"Ils ont commis une erreur lorsqu'ils se sont attaqués au président en adoptant des sanctions qui nuisent au peuple syrien" a dit M. Mouallem dans une interview à la télévision d'Etat.
      "Aujourd'hui, les Européens ont ajouté une nouvelle page noire dans leur histoire du colonialisme dans la région", a-t-il ajouté, avertissant que son pays "ne resterait pas silencieux face à ces mesures".
      "Ces mesures vont nous affecter comme elles affecteront les intérêts de l'Europe, qui n'aura pas de rôle à jouer à l'avenir dans la région", a-t-il affirmé.
      "Ils (les Européens) incitent à la violence et empêchent le gouvernement d'appliquer les réformes destinées à améliorer la qualité de vie des citoyens", a déploré le ministre syrien.
      "Ils veulent que la Syrie saigne parce qu'elle représente l'équation difficile face à leurs plans et aux projets expansionnistes d'Israël", a dit encore M. Mouallem, appelant ses compatriotes à "l'unité" et soulignant que Bachar al-Assad avait toujours les rênes du pouvoir pour conduire les réformes politiques et économiques.
      Le ministre, qui estime qu'Israël tire profit de sanctions adoptées par l'Union européenne contre Damas, a également critiqué les Etats-Unis: "dans chaque région où ils interviennent militairement, ils détruisent les infrastructures et leurs entreprises reviennent ensuite pour les reconstruire et tirer avantage des ressources pétrolières".
      Après les Etats-Unis, l'Union européenne a décidé lundi d'interdire de visa et de geler les avoirs de M. Assad.
      Selon les ONG et l'ONU, la répression du mouvement de contestation qui ébranle son régime depuis la mi-mars a fait plus de 900 morts, entraîné plus de 8.000 arrestations et poussé des milliers de Syriens à l'exode.
      Le nom de Bachar al-Assad devrait être publié mardi aux côtés de ceux de neuf autres responsables syriens au Journal officiel de l'UE, s'ajoutant à une première liste de 13 figures clé du régime --dont un frère du président et plusieurs cousins-- frappés depuis le 10 mai d'interdictions de visa en Europe et de gels d'avoirs.
      Les 27 avaient alors également décrété un embargo sur les armes et suspendu l'aide au développement européenne. Lundi, ils ont également appelé la Banque européenne d'investissement (BEI) à "ne pas approuver des opérations de financement en Syrie pour le moment".
" La Syrie dénonce les sanctions de l'Union européenne contre son peuple au moment où elle cherche à préserver sa sécurité et à mettre en place un dialogue national dans le cadre de réformes", avait rapporté un peu plus tôt lundi l'agence de presse officielle Sana.
      "Les décisions de l'UE visent à s'ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie et à déstabiliser sa sécurité", avait-elle ajouté, ciblant particulièrement dans ses critiques la Grande-Bretagne et la France qui ont joué selon elle "un rôle clé dans l'adoption des sanctions, sans se préoccuper de la sécurité et de l'intérêt du peuple syrien".    

23 mai 2011

(AFP) -


Organisations mondiale

Otan

L'OTAN accentue sa pression sur le régime kadhafiste.

Au moins trois personnes ont été tuées et 150 blessées lors de raids de l'OTAN sur Tripoli dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 mai, a annoncé le porte-parole du gouvernement libyen.

Moussa Ibrahim a ajouté que l'Alliance atlantique avait mené "entre douze et dix-huit raids contre une caserne de la garde populaire", des unités de volontaires qui épaulent l'armée.

Dans un communiqué, l'OTAN affirme, quant à elle, avoir pris pour cible un entrepôt de véhicules militaires à Tripoli, près de la résidence du colonel Kadhafi. Selon l'alliance, ce site " est connu pour avoir été actif au début de la répression contre la population en février 2011 et l'est resté depuis en réapprovisionnant les forces du régime qui mènent des attaques contre les civils innocents".

La presse étrangère à Tripoli estime que ces attaques sont les plus violentes depuis le début des opérations contre le régime kadhafiste, il y a deux mois. Plus d'une quinzaine de puissantes explosions ont été entendues dans le secteur de Bab al-Aziziya, résidence du colonel Mouammar Kadhafi, alors que des avions de chasse volaient à basse altitude. Selon un journaliste de l'AFP, les raids qui ont commencé mardi vers 1 heure ont duré plus d'une demi-heure.

Le porte-parole a affirmé : "La caserne était vide. La majorité des victimes sont des civils habitant à proximité." A l'hôpital de l'avenue Zawiyah, un journaliste de l'AFP a vu trois corps gisant sur des brancards, trois jeunes touchés à la tête, probablement par des éclats d'obus. Selon des témoins à l'hôpital, ces deux frères et leur cousin habitaient l'avenue Essoug, non loin de la caserne visée.

"NOS MAISONS SONT À PROXIMITÉ DES CASERNES"

"Ils étaient sortis après les premiers raids pour voir ce qui se passait. Mais ils ont été gravement touchés par les bombardements qui ont suivi", a indiqué à l'agence de presse un témoin qui s'est présenté comme leur voisin. Dans les autres salles de l'hôpital, des infirmiers s'affairaient autour d'une dizaine de cas. "D'autres blessés ont été envoyés dans différents hôpitaux", a expliqué M. Ibrahim.

"A Tripoli, nos maisons sont à proximité des casernes. Vous pouvez imaginer notre terreur et celle de nos familles à chaque fois qu'il y a des bombardements", a lancé Fathallah Salem, un habitant de l'avenue Essoug qui a dit avoir emmené sa mère, effrayée, à l'hôpital.

Le secteur de Bab al-Aziziya avait déjà été pris pour cible à plusieurs reprises par l'aviation de l'OTAN. L'opération de la coalition internationale contre le régime de Mouammar Kadhafi a été placée, début avril, sous commandement de l'Alliance atlantique.

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

24.05.11



2 Les actions dans le monde

Pays

Israel

Golan: l'armée israélienne installe de nouveaux champs de mines.

L'armée israélienne a fait sauter des vieilles mines dispersées face aux lignes syriennes sur le plateau du Golan afin d'installer de nouveaux champs de mines, a indiqué jeudi le quotidien Maariv.
Selon le journal, cette mesure a été ordonnée par le chef d'état-major, le général Benny Gantz, à la suite du passage en force durant les commémorations dimanche de la "Nakba" palestinienne de manifestants venus de Syrie à Majdal Chams, dans la partie du Golan occupée par Israël depuis juin 1967.
Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'armée israélienne a confirmé sans autre précision que "le génie militaire procède à des travaux d'infrastructures sur le Golan".
Une centaine de manifestants palestiniens venus de Syrie étaient passés en force dimanche dans ce secteur, où le dispositif militaire israélien était minimal, franchissant des champs de mines, avant de repartir pour la plupart en fin de journée.
L'armée israélienne avait indiqué en 2010 que le Golan comptait "quelque 2.000 champs de mines signalés et entourés de barrières".
Au total, 14 manifestants ont été tués dimanche par des tirs israéliens, 10 à la frontière libanaise et 4 dans le Golan, selon des sources officielles libanaises et syriennes.
L'armée israélienne a justifié l'ouverture du feu sur le Golan par des jets de pierres sur ses troupes, le franchissement de la ligne de cessez-le-feu et à la frontière libanaise et par des "tentatives d'infiltration".
Les Palestiniens désignent par l'appellation de "Nakba" (catastrophe) la création d'Israël en 1948 et l'exode de quelque 760.000 Palestiniens qui s'en est suivi. Les réfugiés officiellement enregistrés sont actuellement au nombre de 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les territoires palestiniens.

Jeudi 19 mai 2011,



3 Les réactions dans le monde

Afrique du Sud

Le président sud-africain va discuter avec Kadhafi de son départ

Le chef de l'Etat sud-africain, Jacob Zuma, se rendra lundi 30 mai en Libye pour discuter avec le colonel Mouammar Kadhafi d'une stratégie qui lui permettrait de quitter le pouvoir, a indiqué mercredi la présidence sud-africaine.

"Le président Zuma s'arrêtera le 30 mai à Tripoli pour discuter avec le leader libyen Mouammar Kadhafi, en tant que membre du panel de haut niveau de l'Union africaine pour la résolution du conflit libyen", selon un communiqué de ses services.

"Le but est de discuter d'une stratégie de sortie pour Mouammar Kadhafi", a ajouté une source anonyme au sein de la présidence. "Nous travaillons avec le gouvernement turc à ce sujet", a précisé une seconde source anonyme.

DEUXIÈME VISITE À TRIPOLI POUR ZUMA

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 17 mars une résolution qui a autorisé l'usage de la force en Libye contre le régime du colonel Kadhafi pour protéger les civils. La coalition menée par l'OTAN, qui a intensifié mardi ses bombardements sur Tripoli, a reconnu vouloir précipiter la chute de Mouammar Kadhafi.

L'Afrique du Sud, membre non permanent du conseil de sécurité, avait voté en faveur de la résolution, avant de regretter la manière dont elle est mise en œuvre et s'opposer "à la doctrine du changement de régime". Jacob Zuma s'était déjà rendu à Tripoli le 10 avril avec une délégation de haut niveau de l'Union africaine pour négocier une trêve entre le colonel Kadhafi et les rebelles. Ces derniers ont refusé la trêve, réclamant avant toute chose le départ de Kadhafi.

LEMONDE.FR avec AFP

25.05.11


Russie

Moscou estime que les frappes en Libye outrepassent le mandat de l'ONU.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé mercredi l'intensification des frappes aériennes visant la capitale libyenne Tripoli, jugeant qu'elles constituaient "un écart grossier" par rapport au mandat de l'ONU.

"Des informations inquiétantes nous parviennent une nouvelle fois de Libye au sujet des puissantes frappes aériennes auxquelles ont procédé les forces de la coalition à Tripoli", a indiqué le ministère dans un communiqué.

"Il s'agit d'un nouvel écart grossier par rapport aux résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU", poursuit-il.

La coalition menée par l'Otan, qui espère précipiter la chute de Mouammar Kadhafi, a intensifié mardi ses bombardements sur Tripoli.

La diplomatie russe relève en particulier que des "bâtiments n'ayant pas un caractère militaire" ont été touchés par ces bombardements.

"Les frappes aériennes ne permettent pas de mettre un terme à la confrontation entre les parties libyennes et ne font qu'accroître les souffrances des civils libyens", estime le ministère.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, s'était abstenue le 17 mars de faire usage de son droit de veto lors du vote de la résolution 1973 qui a autorisé l'intervention d'une coalition internationale en Libye contre le régime du colonel Kadhafi pour protéger les civils.

Depuis, Moscou a vivement critiqué les bombardements de la coalition en Libye, jugeant qu'elle outrepassait le mandat défini par les Nations unies.

Ces nouvelles critiques russes interviennent à la veille du début du sommet du G8 en France, lors duquel les conflits secouant le monde arabe devraient être au cœur des discussions.

Levif.be avec Belga

Mercredi 25 mai


Israël Shamir : La Russie a maintenant son comité de solidarité avec les peuples de Libye et de Syrie.
Le Comité s'est constitué il y a quelques jours, et offrira une conférence de presse à l'agence de presse RIA à Moscou le 20 mai prochain. Il sera représenté par son président, le professeur Sergueï Babourine, recteur de l'Université d'Economie de Moscou, Israël Shamir, Jamal Hyder (Centre Islamique de Russie), l'Ambassadeur Persypkine, la vedette de la télévision Maxime Chevchenko.
Le comité a condamné les bombardements de l'OTAN sur la Libye, et exige que les Libyens puissent décider de leur avenir politique par eux-mêmes. L'agression de l'OTAN contre la Libye est une transgression de la Charte de l'ONU qui interdit l'agression contre des Etats souverains; c'est une transgression de la Résolution du Conseil de Sécurité 1973, qui recommandait exclusivement
l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne".
Le comité appelle le gouvernement russe à réunir le Conseil de Sécurité pour un débat urgent, et en attendant, appelle à suspendre toute activité du Conseil
OTAN - Russie, et à mettre fin aux sanctions.Encore plus important, l'appel du Comité à retirer les fonds souverains russes de tout emplacement où ils pourraient être saisis par le gouvernement US, de la même façon que les USA ont saisi les fonds souverains libyens et les ont transférés en partie au groupe rebelle de Benghazi, illégal et non reconnu.
A la différence de plusieurs autres organisations, ce comité russe a refusé de s'exprimer au titre du soutien à Mouammar Kadhafi: c'est un problème purement interne qui ne concerne que les Libyens, de savoir s'ils veulent ou ne veulent pas de Kadhafi. Je sais que beaucoup de Libyens n'aiment pas Kadhafi et veulent s'en débarrasser. Il ne s'agit pas pour moi de soutenir ou de condamner le
dirigeant libyen. Mais la campagne de bombardements doit cesser immédiatement.
I
sraël Shamir
En  russe http://www.meast.ru/article/komitet-solidarnosti-s-narodami-livii-i-sirii



4 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Levif.be: L'Otan veut en finir avec le régime Kadhafi devenu apathique.

L'Otan intensifie sa tactique d'usure des forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi dans l'espoir d'en précipiter la chute, comme l'illustrent les bombardements violents de Tripoli dans la nuit de lundi à mardi et la décision franco-britannique d'envoyer des hélicoptères de combat.

"Le régime est devenu très apathique depuis quinze jours, il a perdu l'initiative militaire et semble même être sur la défensive, signe que nous sommes sur la bonne voie", a affirmé mardi à l'AFP un haut responsable militaire de l'Otan.

"On se dit qu'il faut accélérer, augmenter le rythme de nos opérations, pour que le fruit tombe tout seul", a-t-il ajouté, l'objectif étant que "fin juin, début juillet Kadhafi soit tombé".
Il n'empêche qu'après deux mois d'une campagne de bombardements lancée le 19 mars et passée sous commandement Otan début avril, les troupes rebelles, mal formées, mal encadrées, mal équipées, progressent peu et que le régime de Tripoli tient toujours.

Pour éviter un enlisement, avec ses conséquences diplomatiques imprévisibles et son impact sur les finances d'alliés déjà en proie à une crise budgétaire, l'Otan n'a pas le choix, selon ce haut responsable: il lui faut "accélérer son entreprise de destruction systématique de l'appareil militaire de Tripoli, avec pour objectif la neutralisation définitive des forces de Kadhafi".

La décision d'accentuer la pression sur le régime date d'il y a un mois, comme en témoignent les frappes répétées au coeur de Tripoli dont celle qui s'est soldée dans la nuit du 30 avril au 1er mai par la mort, non confirmée par l'Otan, d'un fils de Kadhafi et de trois de ses petits-enfants.

Les raids de la nuit de lundi à mardi contre un parc de véhicules proche du complexe de Bab Al-Aziziya, résidence du colonel Kadhafi, vont dans le même sens. Ce ne sont pas les premiers ni les plus violents, a souligné un responsable allié, rappelant que le 13 mai, l'Otan avait bombardé vingt parcs d'engins blindés dans la région de la capitale.

"Les échéances se rapprochent", a souligné un diplomate allié.
Le mandat de l'Otan pour l'opération "Unified Protector" lui donne trois mois. Fin juin, les 28 alliés, dont beaucoup sont absents du théâtre d'opération, voire ont exprimé au départ leur opposition au principe même de l'intervention armée, comme l'Allemagne et la Turquie, devront faire un premier bilan de son action, avant de décider de sa prolongation éventuelle.
Dès les 8 et 9 juin, les ministres de la Défense alliés auront l'occasion d'en débattre lors d'une réunion à Bruxelles.

D'ici là, la Russie, qui appuie un cessez-le-feu immédiat, et la Chine, sur la même ligne, sont à l'affût d'un faux pas des Occidentaux. Quant aux Etats-Unis, leurs réticences à jouer les premiers rôles signifient qu'il revient aux Européens de prendre leurs responsabilités.

Paris et Londres, pressés de sortir de l'affaire libyenne dès que possible, "refusent la perspective d'un engagement de longue durée", a souligné un diplomate allié.

D'où notamment leur décision, annoncée lundi par les autorités françaises, d'envoyer des hélicoptères de combat en Libye pour être en mesure d'effectuer des frappes plus précises que des chasseurs-bombardiers, sans mettre en danger les civils parmi lesquels les soldats de Kadhafi se cachent.

C'était déjà la raison pour laquelle des "dizaines de membres des forces spéciales des deux pays ont œuvré à Misrata, afin de faciliter le ciblage" des troupes kadhafistes et empêcher la ville de tomber, a confié un officier allié.

Leur intervention - jamais reconnue par les deux pays concernés, ni par l'Otan - a été efficace. La rébellion a réussi le 12 mai à briser l'encerclement des forces gouvernementales après plus de deux mois de siège.

Levif.be avec Belga

Mardi 24 mai 2011


4-2 Alain Corvez : La Syrie, objet de toutes les attaques.

par Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale

A l’image des révolutions « orange » ou d’autres couleurs qui, au nom de la démocratie érigée en valeur suprême et universelle, visaient en Europe orientale, dans le sillage de l’effondrement du communisme soviétique, à renverser des pouvoirs même élus démocratiquement mais qui n’étaient pas favorables à ce qu’on appelle « l’Occident », autant dire les Etats-Unis d’Amérique, les révolutions arabes baptisées du jasmin ou printanières, utilisent l’aspiration sincère des populations pour l’égalité, la justice, la fin du népotisme, et surtout des emplois pour pouvoir vivre décemment, pour renverser les régimes qui contestent la vision américaine du monde et notamment du règlement du conflit israélo-palestinien.

Les ONG des droits de l’homme contrôlées par des Etats ou des multinationales

  De nombreuses organisations internationales, non gouvernementales, brandissant l’étendard des droits de l’homme ou de la démocratie, agissent en réalité grâce aux soutiens multiples des Etats-Unis, pour déstabiliser les régimes considérés comme hostiles à Washington, s’appuyant sur quelques revendications légitimes des populations.

   Lors d’un colloque récent à l’Assemblée Nationale sur ce sujet, un représentant des services français indiquait qu’ils avaient un inventaire de ces organisations soucieuses du bien de l’homme qui montrait que 70% d’entre elles étaient contrôlées par des Etats ou des multinationales. Le député Bernard Carayon précisait quelques minutes plus tard qu’en réalité 100% des plus importantes étaient dans ce cas.

   L’amiral Lacoste me disait juste avant le colloque que les Etats-Unis avaient une longue expérience de l’utilisation d’ennemis pour combattre d’autres ennemis, depuis les islamistes Afghans contre les soviétiques et qu’Israël en suscitant la création du Hamas pour contrer le Fatah avait fait de même. Les ONG soutenues par Washington utilisent aujourd’hui les slogans des droits de l’homme qui permettent à des islamistes de se glisser dans la peau de démocrates.

   Il ne faut d’ailleurs pas faire d’amalgame trompeur entre les salafistes du Machrek et ceux du Maghreb qui n’ont ni les mêmes motivations ni les mêmes ambitions, ni les mêmes modes opératoires. L’Arabie Saoudite, alliée de l’Amérique et en accord avec elle, soutient depuis des années les groupes extrémistes musulmans qui permettent les interventions américaines, ce qui a failli se retourner contre elle lors du 11 septembre 2001, et notamment les organisations salafistes hostiles au Baas, le parti laïc au pouvoir en Syrie.

Désinformation sur Al-Jazeera et Al-Arabiya

   Les moyens modernes de communication, l’Internet et les SMS permettent de développer rapidement des slogans revendicatifs réalisant ainsi une « agit-prop », une propagande, qui n’a jamais été aussi efficace. Elle ne fut cependant pas suffisante en Libye qui a nécessité cette calamiteuse intervention militaire sous le faux prétexte de protéger les civils et qui finira par chasser Kadhafi du pouvoir après bien des difficultés et des tragédies humaines, car l’expérience prouve qu’il avait des soutiens importants, mais débouchera sur un vide politique qui mènera à la partition du pays et à son cortège de catastrophes.

   Les médias arabes les plus importants comme Al-Jazeera et Al-Arabiya, associés aux intérêts américains, diffusent des images, authentiques ou transformées, soutenant les révoltes quand elles vont dans le sens de leurs objectifs, ou les passant sous silence dans le cas inverse. Ensuite, l’AFP et les autres agences occidentales n’ont qu’à reprendre ces images en les agrémentant de témoignages de « militants des droits de l’homme ».

   La Syrie est l’objet de toutes les attaques car le régime a depuis toujours soutenu la cause arabe en accueillant les Palestiniens exilés, respecté la culture musulmane du pays mais combattu fermement l’islam politique radical, et rassemble des communautés diverses, sunnites, chiites, alaouites, chrétiennes, druzes, kurdes, en une nation au destin commun.

   Depuis qu’il est arrivé au pouvoir sans l’avoir recherché, le jeune Président Bachar El Assad, a annoncé et décidé qu’il voulait réformer le pays pour l’adapter aux temps modernes et s’il a pu réaliser certaines réformes dans les domaine de l’économie, de la finance, de l’administration, les évènements extérieurs pressants comme l’assassinat en février 2005 de Rafic Hariri dont son pays fut aussitôt accusé, la guerre israélo-libanaise de juillet août 2006 et d’autres, l’ont empêché de les réaliser dans le calme indispensable à une telle politique. Mais il a réitéré encore récemment son désir d’évolution sans révolution.

   D’ailleurs, la population syrienne forte de près de 20 millions d’habitants est restée silencieuse, les autorités craignant que des manifestations de soutien entraînent des chocs avec des opposants, notamment les groupes salafistes armés et entraînés de l’extérieur qui espèrent une revanche de leur écrasement dans les années 82 ; les manifestants montrés sur les chaînes arabes ne sont que quelques milliers au plus, 50.000 lors du rassemblement le plus important. On a eu la preuve de la désinformation de Al-Arabiya et Al-Jazeera le jour où elles diffusaient « en direct » des images d’une manifestation sous le soleil de Damas alors qu’il tombait au même moment des trombes de grêle sur la ville, fait assez rare en Syrie.

Le revirement brutal du Président Sarkozy

   Quels sont d’ailleurs ces « manifestants pacifiques ou représentants des droits de l’homme rencontrés par l’AFP » qui ont tué par balles des dizaines de représentants des forces de l’ordre ?

   Il est clair que la masse du pays soutient les dirigeants nationaliste actuels, même si elle aspire à plus de libéralisme économique et politique, à davantage d’emplois et à un meilleur niveau de vie, mais elle comprend qu’il s’agit d’un complot visant à détruire l’unité du pays pour installer des rivalités ethniques et confessionnelles, qui permettront ensuite de dicter une autre politique plus conciliante envers celle de l’Amérique.

   Dans cette conjoncture, le revirement brutal du Président Sarkozy est incompris des Syriens qui avaient vu dans le rapprochement entre les deux pays suivi d’échanges importants dans tous les domaines, le contre pied de l’obstination anti-syrienne de Chirac, et que le raisonnement stratégique du nouveau locataire de l’Elysée réalisait qu’une grande politique arabe de la France ne pouvait se faire en refusant de parler à la Syrie, que la question iranienne était liée aux bons offices de Damas, comme le règlement du conflit israélo-palestinien. Le Président Assad avait d’ailleurs offert ses services dans ce domaine lors de son passage à Paris en novembre 2010.

   Le rôle central de la Syrie dans les équilibres du Moyen-Orient est encore renforcé par son influence sur l’avenir de son voisin de l’est : depuis le début de l’intervention américaine en Iraq et jusqu’à aujourd’hui, elle a accueilli un nombre très important de réfugiés ayant fui leur pays pour des raisons multiples, les estimations les plus sûres annonçant 1,5 million installés en Syrie, peut-être plus. En dehors de l’aspect humanitaire à mettre au crédit du régime syrien, il est évident que cette masse de réfugiés doit jouer un rôle dans l’avenir de l’Iraq toujours en recherche de stabilité.

La diplomatie française donne l’impression d’être systématiquement pro-américaine

   « Les gendarmes du monde »  étant occupés et enlisés ailleurs, le régime syrien n’a pas à craindre une intervention militaire, qui serait d’ailleurs catastrophique pour tout le monde, et devrait parvenir à museler les acteurs internes du complot sans avoir à redouter autre chose que des déclarations vertueuses et lénifiantes de Washington, Bruxelles et Paris, ou des sanctions économiques sans grand effet stratégique à court terme.

   La France a tout intérêt à comprendre rapidement que les tentatives pour mettre des régimes favorables à la tête des pays arabes, idée de Washington, n’est pas conforme à la volonté des peuples concernés qui, tôt ou tard la rejetteront, et qu’elle doit retourner aux fondamentaux d’une politique étrangère indépendante, respectueuse du droit des peuples à décider eux-mêmes de leur sort.

   Le mondialisme a vécu. L’Union européenne est exsangue et l’on assiste au retour des seules réalités qui comptent que sont les nations qui rassemblent des peuples aux passés et aux destins communs. Les nations peuvent s’entendre entre elles et coopérer sur des objectifs partagés et définis mais le « village mondial » n’a pas aboli les rivalités d’intérêts et ceux qui renoncent à leur souveraineté au nom d’un utopique idéal d’union devront un jour rendre compte de leurs abandons. C’est la loi inexorable des relations internationales de ne prendre en compte que les réalités sensibles. La France doit retrouver son indépendance et sa souveraineté, y compris sur ses espaces maritimes lointains, même si certains Etats s’en émeuvent, répondant ainsi à son destin mondial de puissance traditionnellement opposée à l’impérialisme quel qu’il soit. Elle s’inscrira alors dans les prévisions visionnaires de Teilhard de Chardin qui envisageait des ensembles de plus en plus grands mais constitués de cellules de plus en plus structurées et complexes.

   La diplomatie française doit à nouveau prendre le recul indispensable à la compréhension du sens de l’histoire du monde et ne plus donner l’impression d’être systématiquement associée aux intérêts d’une Amérique qui a du mal à s’adapter à l’émergence d’un monde nouveau et qui n’a rien à offrir à ses alliés sinon une participation à des aventures guerrières coûteuses à tous points de vue. Les changements de caps récents dans le monde arabe ne montrent pas une réflexion stratégique globale et pour revenir sur l’exemple syrien, nous aurions tort de croire que la contestation entretenue artificiellement  parvienne à ses fins dans un pays où les habitants sont ombrageusement nationalistes et fiers de leur riche passé. Quelques dizaines de milliers de manifestants, même cent mille, ne sont rien par rapport à presque 20 millions qui assistent pour l’instant silencieusement à la déstabilisation d’un pouvoir qui, paradoxalement,  a annoncé des réformes mais attend le retour au calme pour les mettre en œuvre et est le mieux placé pour les faire.

Titre et intertitres : France-Irak Actualité

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-syrie-objet-de-toutes-les-attaques-74534686.html

 (21/5/11)

Sur France-Irak Actualité :

http://0z.fr/NdCW0


n°2 - Journal de Syrie - 27-04 au 25-05 - : Suite - : La Syrie, objet de toutes les attaques


n°2 - Journal de Syrie  -  27-04 au 25-05 - : Suite  - :  La Syrie, objet de toutes les attaques.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Syrie

 n°2                          27-04 au 25-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Syrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Sara Flounders : Les événements en Syrie – Quel camp avez-vous choisi ?

6 Annexe

6-1 René Naba : Syrie-Algérie : Raison d’état ou déraison d’état ?

6-2 Robert Bibeau : Révoltes arabes & Repressions néo-coloniales.

6-3 Thierry Meyssan : La Contre-révolution au Proche-Orient.

 



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Sara Flounders : Les événements en Syrie – Quel camp avez-vous choisi ?

Quand l’impérialisme américain s’engage dans une agression contre l’un ou l’autre gouvernement ou mouvement, il est essentiel que les mouvements ouvriers et les mouvements politiques progressistes en faveur du changement puissent collecter le maximum d’informations disponibles et prendre position.

Il est lâche de rester neutre et c’est une trahison à l’égard de sa classe que de se ranger dans le même camp que celui de la pieuvre impérialiste qui cherche à dominer le monde.

C’est le b a ba des mouvements ouvriers depuis un siècle et demi de lutte des classes. C’est la base même du marxisme. Cela se retrouve dans les chants syndicaux qui posent la question : « Which side are you on ? » (De quel côté êtes-vous ?) et chez les organisateurs ouvriers qui ne cessent de répéter « En blesser un, c’est les blesser tous. »

Une explosion sociale ébranle le monde arabe. L’impérialisme américain et tous les anciens régimes qui lui sont liés dans la région tentent désespérément de gérer et de contenir ce soulèvement de masse incessant dans des voies qui ne mettent pas en péril la domination impérialiste sur le Proche et Moyen-Orient.

Les États-Unis et leurs collaborateurs essaient également de diviser et de saper les deux ailes de la résistance – les forces islamiques et les forces nationalistes laïques – qui, ensemble, ont renversé les dictatures soutenues par les États-Unis en Égypte et en Tunisie. On assiste actuellement à un effort américain concerté en vue de dresser ces mêmes forces politiques contre deux régimes de la région qui, dans le passé, se sont opposés à la domination américaine : en Libye et en Syrie.

Ces derniers pays ont tous deux leurs propres problèmes de développement, lesquels sont exacerbés par la crise capitaliste mondiale en général et par des décennies de compromis qu’on leur a imposés du fait qu’ils tentaient de survivre dans un environnement hostile d’attaques incessantes – politiques et parfois militaires, le tout comprenant également des sanctions économiques.

Les bombardements de la Libye des œuvres des États-Unis et de l’Otan ont clairement montré où en est l’impérialisme vis-à-vis de ce pays. Les exploiteurs transnationaux sont bien décidés à s’emparer totalement des réserves pétrolières les plus riches de l’Afrique et de mettre un terme au flux de milliards de dollars par lequel la Libye contribuait au développement de pays africains beaucoup plus pauvres.

La Syrie est également visée par l’impérialisme – en raison de sa défense héroïque de la résistance palestinienne des décennies durant et de son refus de reconnaître l’occupation sioniste. L’aide de la Syrie au Hezbollah dans sa lutte pour mettre un terme à l’occupation israélienne du Liban et dans son alliance stratégique avec l’Iran ne peut être oubliée non plus.

Même si une grande partie de la situation interne de la Syrie est malaisée à comprendre, il convient de faire remarquer que, dans la lutte qui se déroule actuellement, des déclarations claires de soutien au gouvernement syrien et d’hostilité aux efforts américains de stabilisation ont été prononcées par Hugo Chávez au Venezuela, par le secrétaire général du Hezbollah, Seyyed Hassan Nasrallah, au Liban et par plusieurs dirigeants en exil du Hamas, l’organisation palestinienne élue par les habitants de Gaza. Ces dirigeants politiques ont vécu aux premières loges les campagnes américaines de déstabilisation, qui recouraient à l’invention de mythes par les médias traditionnels, à des groupes d’opposition financés de l’extérieur, à des assassinats bien ciblés, à des opérations spéciales de sabotage et se servaient d’agents bien entraînés travaillant sur Internet.

Du côté de ce qui est censé être « l’opposition démocratique », on trouve des réactionnaires comme le sénateur Joseph Lieberman, président de la puissante Commission sénatoriale pour la sécurité intérieure, qui a lancé un appel pour que les États-Unis bombardent la Syrie, après la Libye. Parmi les partisans déclarés de l’opposition en Syrie, on trouve également James Woolsey, ancien directeur de la CIA et conseiller de la campagne électorale du sénateur John McCain.

Wikileaks dénonce le rôle des États-Unis

Un article intitulé « Les États-Unis ont soutenu secrètement les groupes d’opposition syriens » et rédigé par Craig Whitlock (Washington Post, 18 avril) décrivait par le menu les informations contenues dans les câbles diplomatiques américains que Wikileaks avait adressés aux agences d’information du monde entier et publiés sur son site Internet. L’article résume ce que ces câbles du ministère américain des Affaires étrangères révèlent à propos du financement secret des groupes syriens d’opposition politique, y compris la transmission dans le pays d’émissions antigouvernementales et ce, via la télévision par satellite.

L’article décrit les efforts financés par les États-Unis comme faisant partie d’une « campagne de longue haleine visant à renverser le dirigeant autocratique du pays, Bashar al-Assad », qui a fait ses débuts sous le président George W. Bush et a poursuivi sa carrière sous le président Barack Obama, même si ce dernier a prétendu qu’il reconstruisait les relations avec la Syrie et qu’il a installé un ambassadeur en Syrie pour la première fois depuis six ans. Selon un câble d’avril 2009 signé par le diplomate le plus élevé en grade à Damas à l’époque, les autorités syriennes « considéraient sans aucun doute tout financement de groupes politiques illégaux comme équivalant à appuyer un changement de régime ». L’article du Washington Post décrit plus ou moins en détail les liens entre la chaîne de TV de l’opposition Barada, financée par les États-Unis, et le rôle de Malik al-Abdeh, qui fait partie de son conseil d’administration et diffuse des vidéos de protestation. Al-Abdeh fait également partie de la direction du Mouvement pour la justice et la démocratie, présidé par son propre frère, Anas Al-Abdeh. Les câbles secrets « font état de craintes persistantes, parmi les diplomates américains, que les agents de la sécurité d’État syrienne n’aient découvert que la piste de l’argent remontait jusqu’à Washington ».

Le rôle d’Al Jazeera

Peut-être le défi de la campagne de déstabilisation en Syrie, ainsi que sa dénonciation, sont-ils venus avec la démission de Ghassan Ben Jeddo, le journaliste bien connu des nouvelles émissions de télévision d’Al Jazeera et le responsable de l’agence d’Al Jazeera à Beyrouth. Ben Jeddo a démissionné pour protester contre la partialité d’Al Jazeera, mettant tout spécialement en exergue une « campagne de diffamation contre le gouvernement syrien » qui a transformé la chaîne de TV en « vulgaire organe de propagande ».

Al Jazeera a couvert favorablement l’incontrôlable soulèvement de masse de millions de personnes en Égypte et en Tunisie. Cependant, cette chaîne d’information par satellite a également fait état par le détail de toute revendication et accusation politique, sans égard pour la façon dont elles pouvaient n’être pas fondées, qui ont été exprimées par l’opposition politique, tant en Syrie qu’en Libye. Al Jazeera est devenue la voix la plus forte de la région – elle est captée par des millions de spectateurs – pour réclamer l’intervention « humanitaire » des États-Unis, des zones d’exclusion de vol et le bombardement de la Libye. Ainsi donc, il est important de bien comprendre la position d’Al Jazeera en tant que société d’information, et tout particulièrement lorsqu’elle prétend s’exprimer en faveur des opprimés.

Al Jazeera, dont le siège est au Qatar, ne fait jamais état du fait que 94 pour 100 du travail au Qatar est effectué par des immigrés qui n’ont absolument aucun droit et qui survivent dans des conditions proches de l’esclavage. La répression brutale du mouvement de masse dans le royaume à monarchie absolutiste de Bahrein, voisin immédiat du Qatar et actuellement occupé par les troupes saoudiennes, ne reçoit que peu de couverture non plus de la part d’Al Jazeera.

Cette censure est-elle due au fait qu’Al Jazeera TV News a été fondé par le monarque absolu du Qatar, l’émir Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani ?

Il est particulièrement important de faire remarquer qu’Al Jazeera ne mentionne jamais l’énorme base aérienne militaire du Commandement central américain, installé au Qatar précisément. Des drones en mission secrète dans la région décollent régulièrement de cette base. Le Qatar a également envoyé des avions pour participer aux bombardements en Libye des États-Unis et de l’Otan.

Le Qatar travaille en étroite collaboration avec le ministère américain des Affaires étrangères pour appuyer à fond l’intervention des États-Unis dans la région. Le Qatar a été l’un des premiers États arabes, et le premier des États du Golfe, à établir des relations avec israël. Lors des bombardements de Gaza par Israël, en 2009, il a suspendu ces relations mais, depuis, a proposé de les renouer.

Facebook et la contre-révolution

La CIA et le NED (National Endowment for Democracy – Fondation nationale en faveur de la démocratie) sont devenus des experts dans l’utilisation des barrages des médias sociaux tels que Facebook, Twitter et Youtube pour submerger les gouvernements visés de millions de messages fabriqués, de rumeurs et d’images incontrôlées.

Les alertes fabriquées sur les luttes et les scissions entre les factions rivales de l’armée syrienne, lesquelles auraient abouti à des démissions, étaient fausses. Par exemple, le général de division al-Rifai (retraité) a nié comme dénuées de fondements les informations par TV satellite prétendant qu’il dirigeait une scission au sein de l’armée. Il a ajouté qu’il était retraité depuis dix ans.

Izzat al-Rashek, du Bureau politique du Hamas, et Ali Baraka, représentant du Hamas au Liban, ont infirmé publiquement des allégations prétendant que la direction de cette organisation palestinienne de résistance quittait Damas pour se réinstaller au Qatar. Ali Baraka a expliqué que c’était un bobard monté par les États-Unis pour exercer des pressions sur Mahmoud Abbas, du Fatah, et entraver la réconciliation palestinienne tout en attisant le conflit entre les mouvements de résistance et la Syrie.

Le gouvernement syrien a accusé des snipers d’avoir tiré sur des manifestations, sur l’armée et sur la police dans l’intention de voir la police ouvrir à son tour le feu sur les manifestants.

Les rumeurs, les messages anonymes sur Internet et les rapports émis par TV satellite dans l’intention d’exacerber les divergences sectaires font partie de la campagne de déstabilisation.  

Le caractère dual de la Syrie

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi l’impérialisme américain et ses pions dans la région, y compris Israël et les monarchies corrompues et dépendantes que sont la Jordanie, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, aimeraient voir un « changement de régime » en Syrie.

La Syrie est l’un des rares pays arabes à n’entretenir aucune relation avec Israël. Plusieurs organisations de résistance palestinienne ont des « bureaux en exil » en Syrie, y compris le Hamas. La Syrie est alliée de façon étroite à l’Iran et au Liban.

La Syrie aujourd’hui n’est ni un pays socialiste, ni un pays révolutionnaire. Le capitalisme - et l’inégalité qui en résulte - n’y a pas été renversé. Il existe une classe capitaliste, en Syrie : nombreux sont ceux qui, en sont sein, ont bénéficié des « réformes » au cours desquelles des industries anciennement aux mains de l’État ont été vendues à des capitaux privés.

Toutefois, l’État syrien représente des forces contradictoires. Le pays a été un bastion de protection des gains obtenus lors des luttes et soulèvements anticoloniaux des masses arabes dans les années 60 et 70. Au cours de cette période, de nombreux gains sociaux importants ont été réalisés, des industries et ressources majeures ayant appartenu au capital étranger ont été nationalisées et d’importants progrès ont été enregistrés dans la garantie des soins de santé, dans le niveau de vie et l’enseignement.

La Syrie sous le parti socialiste arabe Ba’ath est résolument laïque. Elle a maintenu la liberté religieuse pour tous, tout en n’autorisant aucun groupement religieux à dominer l’État ou à être promu par ce dernier.

Mais le régime syrien a également réprimé sévèrement les efforts des mouvements de masse basés au Liban et en Syrie et qui voulaient poursuivre la lutte. Il a justifié sa répression des mouvements passés en insistant sur sa position précaire à proximité d’Israël, sur l’impact des deux guerres contre Israël, en 1967 et 1973, et sur l’occupation et l’annexion par Israël de l’importante région syrienne que sont les hauteurs du Golan, et ce, depuis 44 ans.

Les années de sanctions de la part des États-Unis et les efforts de déstabilisation du passé ont également eu un effet cumulatif. L’appareil d’État, craignant depuis longtemps les perpétuelles interventions de l’extérieur, craint désormais le changement.

Il est essentiel de reconnaître ce caractère dual et de ne pas excuser ni d’ignorer tous les problèmes qui en découlent.

La Syrie a assumé le fardeau supplémentaire de nourrir et d’héberger plus de 500.000 réfugiés palestiniens et leurs descendants ces 63 dernières années. Les conditions sont meilleures que dans n’importe quel pays avoisinant parce que, contrairement à ce qui se passe au Liban et en Jordanie, les soins de santé, l’éducation et le logement sont accessibles aux Palestiniens vivant en Syrie.

L’impact de la guerre en Irak

L’invasion et la destruction massive par les États-Unis du pays voisin, l’Irak, la discussion entre Bush et Blair d’une semblable agression contre la Syrie en 2003 et les nouvelles sanctions très dures contre la Syrie ont encore accru l’intensité des pressions.

Mais le facteur le plus destructeur n’a jamais été discuté dans les médias traditionnels : plus de 1.500.000 Irakiens ont afflué en Syrie afin d’échapper à l’occupation américaine de ces huit dernières années.

Ceci a eu une importante influence sur un pays dont la population était de 18 millions d’habitants en 2006. Selon un rapport sorti en 2007 par le bureau du haut commissaire américain pour les Réfugiés, l’arrivée quotidienne de 2000 Irakiens désespérés a eu un impact extrême sur toutes les facettes de la vie en Syrie, particulièrement sur les services proposés par l’État à tous ses citoyens et à tous les réfugiés. La Syrie a le plus haut niveau de droits civiques et sociaux pour les réfugiés, dans toute la région. D’autres pays des alentours exigent un minimum de solvabilité bancaire et expulsent les réfugiés nécessiteux.

L’arrivée inattendue de ces réfugiés irakiens a eu un impact dramatique sur les infrastructures, sur les écoles primaires et supérieures à la gratuité garantie, sur les soins de santé gratuits, sur la disponibilité des logements et sur les autres domaines de l’économie. Elle a provoqué une hausse des prix dans toute l’alimentation. Les prix des denrées alimentaires et des biens de première nécessité ont augmenté de 30 pour 100, les prix des propriétés de 40 pour 100 et les prix des loyers de 150 pour 100.

Les réfugiés irakiens ont également bénéficié de la part de l’État syrien de subsides pour le carburant, la nourriture, l’eau et autres produits essentiels pour tout le monde. Une telle masse de personnes sans emploi a amené une baisse des salaires et a augmenté la concurrence autour des emplois. L’impact du ralentissement économique mondial durant cette période difficile a encore aggravé les problèmes. (Middle East Institute, 10 décembre 2010, rapport sur la Coopération au profit des réfugiés).

Les États-Unis ont créé la crise des réfugiés, qui a amené le déplacement de plus de 25 pour 100 de la population irakienne en raison des violences sectaires. Pourtant, ils acceptent le nombre le plus bas de réfugiés et ils ont contribué aux frais des secours des Nations unies pour une somme moindre que le coût d’un seul jour de guerre en Irak. Les sanctions américaines contre la Syrie ont encore accru la désorganisation économique du pays.

Tout cela a accru la conscience du gouvernement et du peuple de Syrie à propos des dangers de l’occupation américaine et de la déstabilisation interne et du bain de sang qui pourraient venir de la violence sectaire attisée par les États-Unis.

Washington prétend être ennuyé à propos de l’instabilité qui règne en Syrie. Mais l’impérialisme américain en tant que système est amené à créer l’instabilité. La domination et le pouvoir débordants de l’armée et des sociétés pétrolières sur l’économique américaine et les énormes profits résultant des contrats militaires renforcent cette motivation à rechercher des solutions militaires.

Chaque déclaration faite par le gouvernement syrien a reconnu l’importance de réaliser des réformes internes tout en maintenant en place l’unité nationale dans un pays extrêmement diversifié présentant des différences historiques sur le plan de la religion, des tribus et des régions, et qui héberge actuellement près de deux millions de réfugiés.

Les diverses nationalités, religions et groupes culturels en Syrie ont absolument le droit de faire partie de ce processus. Mais ce dont ils ont le plus besoin, c’est que soit mis un terme à l’intervention constante et sans relâche des États-Unis.

USA, bas les pattes !

Sara Flounders

12 mai 2011

Source : workers.org

Traduction : JMF / Investig'Action

http://www.michelcollon.info:80/Les-evenements-en-Syrie-Quel-camp.html



6 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 René Naba : Syrie-Algérie : Raison d’état ou déraison d’état ?

A l’image des révolutions « orange » ou d’autres couleurs qui, au nom de la démocratie érigée en valeur suprême et universelle, visaient en Europe orientale, dans le sillage de l’effondrement du communisme soviétique, à renverser des pouvoirs même élus démocratiquement mais qui n’étaient pas favorables à ce qu’on appelle « l’Occident », autant dire les Etats-Unis d’Amérique, les révolutions arabes baptisées du jasmin ou printanières, utilisent l’aspiration sincère des populations pour l’égalité, la justice, la fin du népotisme, et surtout des emplois pour pouvoir vivre décemment, pour renverser les régimes qui contestent la vision américaine du monde et notamment du règlement du conflit israélo-palestinien.

Les ONG des droits de l’homme contrôlées par des Etats ou des multinationales

   De nombreuses organisations internationales, non gouvernementales, brandissant l’étendard des droits de l’homme ou de la démocratie, agissent en réalité grâce aux soutiens multiples des Etats-Unis, pour déstabiliser les régimes considérés comme hostiles à Washington, s’appuyant sur quelques revendications légitimes des populations.

   Lors d’un colloque récent à l’Assemblée Nationale sur ce sujet, un représentant des services français indiquait qu’ils avaient un inventaire de ces organisations soucieuses du bien de l’homme qui montrait que 70% d’entre elles étaient contrôlées par des Etats ou des multinationales. Le député Bernard Carayon précisait quelques minutes plus tard qu’en réalité 100% des plus importantes étaient dans ce cas.

   L’amiral Lacoste me disait juste avant le colloque que les Etats-Unis avaient une longue expérience de l’utilisation d’ennemis pour combattre d’autres ennemis, depuis les islamistes Afghans contre les soviétiques et qu’Israël en suscitant la création du Hamas pour contrer le Fatah avait fait de même. Les ONG soutenues par Washington utilisent aujourd’hui les slogans des droits de l’homme qui permettent à des islamistes de se glisser dans la peau de démocrates.

   Il ne faut d’ailleurs pas faire d’amalgame trompeur entre les salafistes du Machrek et ceux du Maghreb qui n’ont ni les mêmes motivations ni les mêmes ambitions, ni les mêmes modes opératoires. L’Arabie Saoudite, alliée de l’Amérique et en accord avec elle, soutient depuis des années les groupes extrémistes musulmans qui permettent les interventions américaines, ce qui a failli se retourner contre elle lors du 11 septembre 2001, et notamment les organisations salafistes hostiles au Baas, le parti laïc au pouvoir en Syrie.

Désinformation sur Al-Jazeera et Al-Arabiya

   Les moyens modernes de communication, l’Internet et les SMS permettent de développer rapidement des slogans revendicatifs réalisant ainsi une « agit-prop », une propagande, qui n’a jamais été aussi efficace. Elle ne fut cependant pas suffisante en Libye qui a nécessité cette calamiteuse intervention militaire sous le faux prétexte de protéger les civils et qui finira par chasser Kadhafi du pouvoir après bien des difficultés et des tragédies humaines, car l’expérience prouve qu’il avait des soutiens importants, mais débouchera sur un vide politique qui mènera à la partition du pays et à son cortège de catastrophes.

   Les médias arabes les plus importants comme Al-Jazeera et Al-Arabiya, associés aux intérêts américains, diffusent des images, authentiques ou transformées, soutenant les révoltes quand elles vont dans le sens de leurs objectifs, ou les passant sous silence dans le cas inverse. Ensuite, l’AFP et les autres agences occidentales n’ont qu’à reprendre ces images en les agrémentant de témoignages de « militants des droits de l’homme ».

   La Syrie est l’objet de toutes les attaques car le régime a depuis toujours soutenu la cause arabe en accueillant les Palestiniens exilés, respecté la culture musulmane du pays mais combattu fermement l’islam politique radical, et rassemble des communautés diverses, sunnites, chiites, alaouites, chrétiennes, druzes, kurdes, en une nation au destin commun.

   Depuis qu’il est arrivé au pouvoir sans l’avoir recherché, le jeune Président Bachar El Assad, a annoncé et décidé qu’il voulait réformer le pays pour l’adapter aux temps modernes et s’il a pu réaliser certaines réformes dans les domaine de l’économie, de la finance, de l’administration, les évènements extérieurs pressants comme l’assassinat en février 2005 de Rafic Hariri dont son pays fut aussitôt accusé, la guerre israélo-libanaise de juillet août 2006 et d’autres, l’ont empêché de les réaliser dans le calme indispensable à une telle politique. Mais il a réitéré encore récemment son désir d’évolution sans révolution.

   D’ailleurs, la population syrienne forte de près de 20 millions d’habitants est restée silencieuse, les autorités craignant que des manifestations de soutien entraînent des chocs avec des opposants, notamment les groupes salafistes armés et entraînés de l’extérieur qui espèrent une revanche de leur écrasement dans les années 82 ; les manifestants montrés sur les chaînes arabes ne sont que quelques milliers au plus, 50.000 lors du rassemblement le plus important. On a eu la preuve de la désinformation de Al-Arabiya et Al-Jazeera le jour où elles diffusaient « en direct » des images d’une manifestation sous le soleil de Damas alors qu’il tombait au même moment des trombes de grêle sur la ville, fait assez rare en Syrie.

Le revirement brutal du Président Sarkozy

   Quels sont d’ailleurs ces « manifestants pacifiques ou représentants des droits de l’homme rencontrés par l’AFP » qui ont tué par balles des dizaines de représentants des forces de l’ordre ?

   Il est clair que la masse du pays soutient les dirigeants nationaliste actuels, même si elle aspire à plus de libéralisme économique et politique, à davantage d’emplois et à un meilleur niveau de vie, mais elle comprend qu’il s’agit d’un complot visant à détruire l’unité du pays pour installer des rivalités ethniques et confessionnelles, qui permettront ensuite de dicter une autre politique plus conciliante envers celle de l’Amérique.

   Dans cette conjoncture, le revirement brutal du Président Sarkozy est incompris des Syriens qui avaient vu dans le rapprochement entre les deux pays suivi d’échanges importants dans tous les domaines, le contre pied de l’obstination anti-syrienne de Chirac, et que le raisonnement stratégique du nouveau locataire de l’Elysée réalisait qu’une grande politique arabe de la France ne pouvait se faire en refusant de parler à la Syrie, que la question iranienne était liée aux bons offices de Damas, comme le règlement du conflit israélo-palestinien. Le Président Assad avait d’ailleurs offert ses services dans ce domaine lors de son passage à Paris en novembre 2010.

   Le rôle central de la Syrie dans les équilibres du Moyen-Orient est encore renforcé par son influence sur l’avenir de son voisin de l’est : depuis le début de l’intervention américaine en Iraq et jusqu’à aujourd’hui, elle a accueilli un nombre très important de réfugiés ayant fui leur pays pour des raisons multiples, les estimations les plus sûres annonçant 1,5 million installés en Syrie, peut-être plus. En dehors de l’aspect humanitaire à mettre au crédit du régime syrien, il est évident que cette masse de réfugiés doit jouer un rôle dans l’avenir de l’Iraq toujours en recherche de stabilité.

La diplomatie française donne l’impression d’être systématiquement pro-américaine

   « Les gendarmes du monde »  étant occupés et enlisés ailleurs, le régime syrien n’a pas à craindre une intervention militaire, qui serait d’ailleurs catastrophique pour tout le monde, et devrait parvenir à museler les acteurs internes du complot sans avoir à redouter autre chose que des déclarations vertueuses et lénifiantes de Washington, Bruxelles et Paris, ou des sanctions économiques sans grand effet stratégique à court terme.

   La France a tout intérêt à comprendre rapidement que les tentatives pour mettre des régimes favorables à la tête des pays arabes, idée de Washington, n’est pas conforme à la volonté des peuples concernés qui, tôt ou tard la rejetteront, et qu’elle doit retourner aux fondamentaux d’une politique étrangère indépendante, respectueuse du droit des peuples à décider eux-mêmes de leur sort.

   Le mondialisme a vécu. L’Union européenne est exsangue et l’on assiste au retour des seules réalités qui comptent que sont les nations qui rassemblent des peuples aux passés et aux destins communs. Les nations peuvent s’entendre entre elles et coopérer sur des objectifs partagés et définis mais le « village mondial » n’a pas aboli les rivalités d’intérêts et ceux qui renoncent à leur souveraineté au nom d’un utopique idéal d’union devront un jour rendre compte de leurs abandons. C’est la loi inexorable des relations internationales de ne prendre en compte que les réalités sensibles. La France doit retrouver son indépendance et sa souveraineté, y compris sur ses espaces maritimes lointains, même si certains Etats s’en émeuvent, répondant ainsi à son destin mondial de puissance traditionnellement opposée à l’impérialisme quel qu’il soit. Elle s’inscrira alors dans les prévisions visionnaires de Teilhard de Chardin qui envisageait des ensembles de plus en plus grands mais constitués de cellules de plus en plus structurées et complexes.

   La diplomatie française doit à nouveau prendre le recul indispensable à la compréhension du sens de l’histoire du monde et ne plus donner l’impression d’être systématiquement associée aux intérêts d’une Amérique qui a du mal à s’adapter à l’émergence d’un monde nouveau et qui n’a rien à offrir à ses alliés sinon une participation à des aventures guerrières coûteuses à tous points de vue. Les changements de caps récents dans le monde arabe ne montrent pas une réflexion stratégique globale et pour revenir sur l’exemple syrien, nous aurions tort de croire que la contestation entretenue artificiellement  parvienne à ses fins dans un pays où les habitants sont ombrageusement nationalistes et fiers de leur riche passé. Quelques dizaines de milliers de manifestants, même cent mille, ne sont rien par rapport à presque 20 millions qui assistent pour l’instant silencieusement à la déstabilisation d’un pouvoir qui, paradoxalement,  a annoncé des réformes mais attend le retour au calme pour les mettre en œuvre et est le mieux placé pour les faire.

Titre et intertitres : France-Irak Actualité

 Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-syrie-objet-de-toutes-les-attaques-74534686.html

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1491


6-2 Robert Bibeau : Révoltes arabes & Repressions néo-coloniales.

Le monde arabe est extrêmement complexe, les groupes religieux sont nombreux, les communautés ethniques encore davantage, les nationalismes toujours exacerbés, à dessein, par moult puissances étrangères implantées là depuis le XVIIIe siècle et même avant. Chaque puissance européenne, puis les États-Unis et aujourd’hui la Chine impérialiste sont venues sur ces terres se tailler un petit empire qu’aucune puissance coloniale n’a jamais voulu abandonner. Après le colonialisme classique, la domination étrangère a fait place depuis cinquante ans au néo-colonialisme; le repartage des zones d’influences coloniales est aujourd’hui à l’ordre du jour car les puissances impérialistes montent ou déclinent selon le développement économique contemporain ceci entraîne un repartage des marchés, des sources de matières premières, des zones d’exploitation de la main-d’oeuvre.

 

Le néo-colonialisme a ceci de particulier qu’il s’accommode  de l’indépendance formelle de ces pays semi-colonies. Il l’exige même, car il est plus facile d’exploiter les ressources naturelles nationales et le travail des populations locales sous la supervision d’une bourgeoisie nationale véreuse et soumise, vivant des prébendes et des ristournes sur ces richesses que de tenter de contrôler et d’administrer directement ces populations indigènes toujours enclines à se révolter et à stigmatiser les méfaits des puissances étrangères coupables de leur déchéance (1).

 

Dorénavant, mise à part la bourgeoisie palestinienne qui n’a toujours pas obtenu son petit État bien à soi, à administrer pour le bénéfice des colonialistes israéliens - mais ça ne saurait tarder suite à l’accord de collaboration entre le Hamas et le Fatah (2) - toutes les autres bourgeoisies nationales, castes ou tribus arabes, berbères, kurdes, druzes ou alaouites ont maintenant leur domaine, leur zone géographique auxquels on a donné le nom de pays, de territoires autonomes, de royaumes, d’émirats ou de sultanats, etcétéra.

 

Ces nations forgées à partir de divisions tribales, ethniques et religieuses se forgent peu à peu un vouloir vivre collectif sur des territoires le plus souvent reconnus, balisés  (frontières délimitées et acceptées), dans un environnement économique national fragile mais tout de même existant et en phase de consolidation. C’est pour cette raison que nous affirmons que se sont de véritables nations (tunisienne, égyptienne, syrienne, libyenne, irakienne, yéménite), ayant en commun la langue arabe, qui sont en émergence et en cours de consolidation et qui luttent chacune pour leur véritable indépendance. C’est dans ce contexte qu’interviennent les agressions néo-coloniales prenant appui sur des sections de classes bourgeoises nationales totalement inféodées aux intérêts d’une puissance impérialiste ou d’une autre (France, Grande-Bretagne, Italie, États-Unis, Russie, Chine). 

 

C’est sur cette toile de fond impérialiste et collaborationniste de manigances, de complots, d’exactions, de dictatures bourgeoises ou aristocratiques moyenâgeuses que l’on peut et que l’on doit analyser et comprendre la série de révoltes populaires arabes. En plus de l’héritage pas si lointain de la décolonisation ottomane, un autre événement fondateur est à l’origine de tous ces soulèvements : la grande crise économique mondiale de l’année 2008, dont l’épicentre fut localisé quelque part sur Wall Street en la cité de New-York et dont les secousses telluriques se répandirent comme une traînée de poudre sur l’ensemble de la planète.

 

Dans une tentative désespérée de parer les effets de cette crise du système monétaire et financier impérialiste international, les puissances néo-coloniales se tournèrent vers leurs néo-colonies du tiers monde et exigèrent par l’intermédiaire de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international que ces pays absorbent le coût de toute cette gabegie monétaire (des milliards de capitaux venaient de s’envoler en fumée et l’on souhaiterait que les riches soient les seuls à assumer cette faillite !).  Les gouvernements arabes à la solde se mirent consciencieusement au travail et accrurent la pression sur la force de  travail régional, accentuèrent la dilapidation des ressources naturelles nationales, accélérèrent le bradage des biens et services publics aux entreprises privées monopolistes occidentales, jetèrent des centaines de milliers de jeunes diplômés sur le pavé, cependant que l’inflation faisait des ravages et rendait les biens de première nécessité quasi inaccessibles aux populations multiethniques paupérisées.

 

Dans tous les pays arabes la petite-bourgeoisie nationale, ce corps franc de la grande bourgeoisie, ce rempart contre l’insurrection populaire, fut frappée et appauvrie; c’est elle qui donna le signal de la révolte et qui organisa les premiers soulèvements populaires. Mais sans organisation révolutionnaire et sans direction révolutionnaire, ces révoltes furent facilement récupérées et dévoyées de leur route et de leurs mots d’ordre économiques et démocratiques (pain, travail, dignité, fin de la tyrannie).

 

Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine, fut la première à percevoir le danger et à proposer que ces soulèvements devraient être canalisés vers l’obtention du droit de voter pour une vaste panoplie de traîtres, sans discrimination et sans pré –sélection, avant les élections démocratiques bourgeoises. De toute façon, pensait-elle cynique, de nos jours les techniques de contrôle et d’endiguement électoral sont suffisamment maîtrisées, sophistiquées et coûteuses pour que l’on conserve toujours la haute main sur ces processus d’élection bidon.

 

Mais la rue arabe en Tunisie puis en Égypte, une fois revenue de sa surprise agréable de voir s’enfuir leurs présidents tyranniques avec quelques milliards en poche et un sauf conduit mal acquis, comprit qu’elle s’était fait berner et que tout restait à accomplir pour se débarrasser des systèmes oligarchiques néo-coloniaux indignes qui les oppriment.

 

Entre-temps les puissances néo-coloniales avaient eu l’opportunité de préparer leur riposte et pourquoi ne pas pêcher en eau trouble, s’étaient dit Sarkozy, Obama et compagnie ? De nombreux autres tyrans méritaient une leçon et de toute façon la rue arabe ne décolérait pas : autant lui donner davantage de tyrans à tétaniser. Après la Tunisie et l’Égypte, voilà la Libye, le Bahreïn, le Yémen, l’Algérie, puis enfin la Syrie et le Maroc mis sous le choc. Qui poussé par des chefs de tribus frustrés de ne pas avoir obtenu leur part dans le partage des prébendes ; qui poussé par la fraction chiite de la bourgeoisie nationale traitée en déshéritée dans le partage des postes de la nomenklatura ; qui poussé par la fraction sunnite de la bourgeoisie nationale excédée de voir les alaouites monopoliser le pouvoir politique ; qui n’acceptant plus de voir l’armée gérer le pays comme sa chasse gardée.  Dans toute cette saga, parmi tous ces pays arabes, le peuple désoeuvré, affamé, désorienté s’avançait pour mener l’insurrection, mais faute de direction et d’organisation véritablement révolutionnaires, il s’est retrouvé immanquablement à servir de chair à canon pour défendre les revendications d’une section ou d’une autre des bourgeoises nationales (parfois encore semi-tribales) cupides et dégénérées (3).

En Libye, la guerre civile entre les tribus de Cyrénaïque frustrées et leurs mercenaires soutenus par l’OTAN, et les tribus de Tripolitaine au pouvoir depuis quarante ans tournent au règlement de compte des puissances occidentales contre leur marionnette Kadhafi, coupable d’avoir tenté de mener quelques politiques indépendantes et d’avoir soutenu l’édification de la Banque africaine, concurrente de la Banque mondiale capitaliste (4).

Le régime syrien a longtemps servi de sous-traitant tortionnaire aux États-Unis. Ce régime a une tradition de poigne de fer, et n'a jamais été trop troublé par les sanctions de la soi-disant communauté internationale. Il se situe à la jonction de la zone d'influence russe (ex-soviétique) et de la zone d'influence française, américaine et britannique ; rendant service aux deux camps sur commande, jusqu'à maintenant le régime s'était assez bien tiré d’affaire sur le plan international en nageant entre deux eaux et en eaux troubles le plus souvent.


Le régime syrien est aujourd’hui un facteur de stabilité vu sous l'angle israélien/ américain et il serait étonnant qu’Israël se trouve derrière les soulèvements « spontanés » actuels. Le régime sert de canal pour ce qui est de l'appui de l'Iran au Hezbollah (voilà qui dérange lourdement Israël) et il fait partie de la nouvelle alliance Iran, Syrie, Turquie, Russie dirigée par la Chine impérialiste à travers l’alliance de Shanghai.


Par contre ce régime est le fait d'une minorité (alaouite) qui domine par la terreur une population en majorité sunnite. C'est une société tenue dans  l'arriération sur le plan de la recherche, des communications, de la technologie et du développement économique (quel qu'il soit).  Depuis le protectorat français ce régime a toujours maintenu des relations troubles avec son voisin libanais. Enfin, il est reconnu que les États-Unis ont investi lourdement et souvent clandestinement dans ce pays pour faire la promotion de "la
pseudo démocratie colorée"...comme il l’a fait dans certains pays de l'Europe de l'Est.  En Syrie le pouvoir de Bachar el-Assad est aujourd’hui ébranlé par les mercenaires de Saad Hariri (ex premier ministre libanais) et de ses commanditaires d’Arabie à titre de représailles pour le soutien iranien au soulèvement chiite au Bahreïn.

Au Yémen la situation demeure confuse car si le pouvoir impérialiste aimerait bien sacrifier son valet Ali Abdallah Saleh, comme Moubarak et Ben Ali avant lui,  celui-là ne l’entend pas de cette oreille et semble poser des exigences trop importantes pour abandonner son poste de gestionnaire de la machine d’État yéménite. En Arabie Saoudite, l’État a jeté des milliards de dollars en pâture aux manifestants et a dépêché sa troupe pour occuper le Bahreïn, un avertissement à ses propres opposants qui seraient tentés de poursuivre les soulèvements. Il semble bien que ce pouvoir monarchique s’en sortira indemne encore une fois tout comme au Koweït voisin.

Voilà où en est aujourd’hui cette succession de révoltes populaires arabes manœuvrées en sous-main par différentes puissances craignant toujours que le contrôle leur échappe et que, de ces révoltes trahies - sur la Place Tahrir notamment (5) - n’émergent des révolutions emportant ces bandes de marionnettes qu’elles soutiennent affectueusement et douloureusement, alors que leurs petits héros virtuels patentés risquent d’être  récupérés ou emportés dans la tourmente (6).

(1) http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23776

(2) http://www.lepost.fr/article/2011/05/12/2492344_accord-hamas-fatah_1_0_1.html

(3) http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23889

(4) http://thalasolidaire.over-blog.com/article-point-de-vue-les-mensonges-de-la-guerre-de-l-occident-contre-la-lybie-10-05-73590250.html

(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Tahrir

(6) http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=128:documentaire-monde-arabe-londe-de-choc&catid=37:societe&Itemid=75  
Salutations cordiales************

16.05.2011

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

n°2 - Journal de Syrie - 27-04 au 25-05 - : Fin - : La Syrie, objet de toutes les attaques.


n°2 - Journal de Syrie  -  27-04 au 25-05 - : Fin - :  La Syrie, objet de toutes les attaques.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Syrie

 n°2                          27-04 au 25-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Syrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

6-3 Thierry Meyssan : La Contre-révolution au Proche-Orient.

 


6-3 Thierry Meyssan : La Contre-révolution au Proche-Orient.

Un clan saoudien, les Sudairi, est au cœur de la vague contre-révolutionnaire lancée au Proche-Orient par les États-Unis et Israël. Dans une vaste synthèse, parue en épisodes dans le plus important quotidien de langue russe, Thierry Meyssan dresse depuis Damas le tableau général des contradictions qui agitent cette région.

 (L’image qui a fait scandale aux Etats-Unis : lors du G20, le président Obama s’incline devant le souverain saoudien et lui baise la main.)

En quelques mois, trois gouvernements pro-occidentaux ont chuté dans le monde arabe : le parlement a renversé le gouvernement de Saad Hariri au Liban, tandis que des mouvements populaires ont chassé Zine el-Abbidine Ben Ali de Tunisie, puis arrêté Hosni Moubarak en Égypte.

Ces changements de régime s’accompagnent de manifestations contre la domination états-unienne et le sionisme. Ils profitent politiquement à l’Axe de la Résistance, incarné au plan étatique par l’Iran et la Syrie, et au plan infra-étatique par le Hezbollah et le Hamas.

Pour mener la contre-révolution dans cette région, Washington et Tel-Aviv ont fait appel à leur meilleur soutien : le clan des Sudairi, qui incarne plus que nul autre le despotisme au service de l’impérialisme.

 

Les Sudairi

Vous n’en avez peut-être jamais entendu parler, pourtant les Sudairi constituent l’organisation politique la plus riche du monde depuis plusieurs décennies.

Les Sudairi, ce sont parmi les cinquante-trois fils du roi Ibn Séoud fondateur de l’Arabie saoudite, les sept qui ont été enfantés par la princesse Sudairi. Leur chef de file était le roi Fahd, qui régna de 1982 à 2005. Ils ne sont plus que six depuis sa mort. L’ainé, c’est le prince Sultan, ministre de la Défense depuis 1962, 85 ans. Le plus jeune, c’est le prince Ahmed, ministre adjoint de l’Intérieur depuis 1975, 71 ans. Depuis les années 60, c’est leur clan qui a organisé, structuré, financé, les régimes fantoches pro-occidentaux du « Moyen-Orient élargi ».

 

Ici, un retour en arrière est indispensable.

L’Arabie saoudite est une entité juridique créée par les Britanniques durant la Première Guerre mondiale pour affaiblir l’Empire Ottoman. Bien que Lawrence d’Arabie ait inventé le concept de « nation arabe », il n’est jamais parvenu à faire de ce nouveau pays une nation, et encore moins un État. C’était et c’est toujours, la propriété privée de Séoud. Ainsi que l’a montré l’enquête judiciaire britannique lors du scandale Al-Yamamah, au XXIe siècle, il n’existe pas encore de comptes bancaires ni de budget du royaume ; ce sont les comptes de la famille royale qui servent à administrer ce qui reste leur domaine privé.

 

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni n’ayant plus les moyens de son impérialisme, ce territoire passa sous suzeraineté états-unienne. Le président Franklin D. Roosevelt conclut un accord avec le roi Ibn Seoud : la famille des Séoud garantissait l’approvisionnement en pétrole des États-Unis qui, en échange, garantissaient l’aide militaire nécessaire au maintient des Séoud au pouvoir. Cette alliance est connue sous le nom d’Accord du Quincy, car négociée à bord du navire du même nom. C’est un accord, pas un traité, car il ne lie pas deux États entre eux, mais un État et une famille.

 

L’Accord du Quncy lie les Etats-Unis à la famille des Séoud.

Le roi fondateur, Ibn Séoud, ayant eu 32 épouses et 53 fils, de graves rivalités entre successeurs potentiels ne tardèrent pas à se faire jour. Aussi fut-il tardivement décidé que la couronne ne se transmettrait pas de père en fils, mais de demi-frère en demi-frère.

Cinq fils d’Ibn Seoud sont déjà montés sur le trône. Le roi actuel, Abdallah Ier, 87 ans, est un homme plutôt ouvert d’esprit, bien que totalement déconnecté des réalités contemporaines. Conscient que le système dynastique actuel va à sa perte, il souhaite réformer les règles de succession. Le souverain serait alors désigné par le Conseil du royaume —c’est-dire par des représentants des diverses branches de la famille royale— et pourrait être d’une plus jeune génération.

Cette sage idée ne fait pas l’affaire des Sudairi. En effet, compte tenu des diverses renonciations au trône pour raison de santé ou par sybaritisme, les trois prochains postulants appartiennent au clan : le prince Sultan —déjà nommé— ministre de l’Intérieur, 85 ans ; le prince Nayef, ministre de l’Intérieur, 78 ans, et le prince Salman, gouverneur de Riyadh, 75 ans. Si elle devait être appliquée, la nouvelle règle dynastique le serait à leur détriment. 

On comprend donc que les Sudairi, qui n’ont jamais porté dans leur cœur leur demi-frère, le roi Abdallah, le haïssent désormais. On comprend aussi qu’ils ont décidé de jeter toutes leurs forces dans la bataille actuelle.

 

 Le prince Bandar et son « frère » George W. Bush.

Le retour de Bandar Bush 

À la fin des années 70, le clan des Sudairi était dirigé par le prince Fadh. Il remarqua les rares qualités d’un des enfants de son frère Sultan : le prince Bandar. Il l’envoya négocier des contrats d’armement à Washington et apprécia la manière dont il acheta l’accord du président Carter.

Lorsque Fadh monta sur le trône, en 1982, il fit du prince Bandar son homme de confiance. Il le nomma attaché militaire, puis ambassadeur à Washington, poste qu’il occupa tout au long du règne, jusqu’à son renvoi brutal par le roi Abdallah, en 2005. 

Fils du prince Sultan et d’une esclave libyenne, le prince Bandar est une personnalité brillante et sans scrupules qui a su s’imposer au sein de la famille royale malgré le déshonneur attaché à son origine maternelle. Il est aujourd’hui le bras agissant des gérontocrates du clan Sudairi.

Durant son long séjour à Washington, le prince Bandar s’est lié d’amitié à la famille Bush, particulièrement à George H. Bush avec qui il était inséparable. Ce dernier aime à le présenter comme le fils qu’il aurait aimé avoir, au point qu’on le surnomme dans la capitale, « Monsieur Bandar Bush ». Ce que George H. —ancien directeur de la CIA, puis président des États-Unis— apprécie le plus chez lui, c’est son goût pour l’action clandestine.

« Mr. Bandar Bush » s’est intégré dans la haute société états-unienne. Il est aussi bien administrateur à vie de l’Institut Aspen que membre du Bohemian Grove. Le public britannique a découvert son existence lors du scandale Al-Yamamah : le plus grand contrat d’armement de l’Histoire et aussi la plus importante affaire de corruption. Durant une vingtaine d’années (1985-2006), British Aerospace, bientôt renommé BAE Systems, a vendu pour 80 milliards de dollars d’armement à l’Arabie saoudite tout en reversant discrètement une partie de cette manne sur les comptes bancaires d’hommes politiques saoudiens et probablement britanniques, dont 2 milliards de dollars pour le seul prince Bandar.

C’est que Son Altesse a beaucoup de frais. Le prince Bandar a repris à son compte nombre de combattants arabes levés par les services secrets saoudiens et pakistanais durant la Guerre froide pour combattre l’Armée rouge en Afghanistan à la demande de la CIA et du MI6. Bien sûr, la figure la plus connue de ce milieu n’était autre que le milliardaire anti-communiste devenu guru jihadiste, Oussama Ben Laden.

Il est impossible de dire précisément de combien d’hommes dispose le prince Bandar. Au fil du temps, on voit sa main dans de nombreux conflits et actes de terrorisme dans tout le monde musulman, du Maroc au Xinkiang chinois. À titre d’exemple, on se souvient de la petite armée qu’il avait implanté dans un camp palestinien libanais, à Nahr el-Bared, sous le nom de Fatah al-Islam. La mission de ces combattants était de soulever les réfugiés palestiniens, majoritairement sunnites, de proclamer un émirat indépendant et de combattre le Hezbollah chiite. L’affaire tourna mal, les salaires des mercenaires n’ayant pas été payés à temps. En définitive, en 2007, les hommes du prince Bandar se retranchèrent dans le camp. 30 000 Palestiniens furent obligés de fuir, tandis que l’armée libanaise livra bataille durant deux mois pour reprendre le camp. Cette opération coûta la vie à 50 mercenaires, à 32 civils palestiniens et à 68 soldats libanais.

Début 2010, Bandar fomenta un coup d’État pour renverser le roi Abdallah et placer son père, Sultan, sur le trône. Le complot fut découvert et Bandar partit en disgrâce sans pour autant perdre ses titres officiels. Mais fin 2010, la santé du roi déclinant et ses opérations chirurgicales se multipliant, les Sudairi reprirent la main et imposèrent son retour avec l’appui de l’administration Obama.

Binational saoudo-libanais, Saad Hariri, s’est rallié aux Sudairi. Premier ministre démissionnaire du Liban, il bloque la constitution d’un nouveau gouvernement depuis trois mois et, en attendant, expédie les affaires courantes.

C’est après avoir rendu visite au roi, hospitalisé à Washington, et avoir conclu un peu vite qu’il était agonisant que le Premier ministre libanais Saad Hariri se rallia aux Sudairi. Saad Hariri est un saoudien, né à Riyadh, mais disposant de la double nationalité. Il tient sa fortune de son père, lequel devait tout aux Séoud. Il est donc un obligé du roi et est devenu Premier ministre du Liban à sa demande pressante, alors que le département d’État US s’interrogeait sur sa capacité à occuper le poste.

Durant la période où il obéissait au roi Abdallah, Saad Hariri entreprit de se réconcilier avec le président Bachar el-Assad. Il retira les accusations qu’il avait formulées à son égard à propos de l’assassinat de son père, Rafik el-Hariri, et déplora avoir été manipulé pour créer artificiellement une tension entre le Liban et la Syrie. En se ralliant aux Sudairi, Saad fit une volte-face politique. Du jour au lendemain, il renia la politique d’apaisement du roi Abdallah vis-à-vis de la Syrie et du Hezbollah et se lança dans une offensive contre le régime de Bachar el-Assad, pour le désarmement du Hezbollah et un compromis avec Israël.

Cependant le roi Abdallah se réveilla de son état semi-comateux et ne tarda pas à demander des comptes. Privé de ce soutien indispensable, Saad Hariri et son gouvernement furent renversés par le Parlement libanais au profit d’un autre milliardaire bi-national Najib Mikati, moins aventuriste. A titre de punition, le roi Abdallah lança une enquête fiscale sur la principale société saoudienne des Hariri et fit arrêter plusieurs de ses collaborateurs pour fraude.

Les légions des Sudairi

Les Sudairi ont décidé de lancer la contre-révolution tous azimuts.

En Égypte où ils finançaient d’une main les Moubarak, de l’autre les Frères musulmans, ils ont désormais imposé une alliance entre la confrérie et les officiers pro-US.

Ensemble, cette nouvelle coalition s’est partagé le pouvoir en excluant les leaders de la révolution de la Place Tahrir. Elle a refusé de convoquer une Assemblée constituante et s’est contentée d’amender marginalement la constitution.

En premier lieu, elle a déclaré l’islam religion d’État, au détriment de la minorité chrétienne copte (environ 10 %) qui avait été opprimée par Hosni Moubarak et s’était mobilisée en masse contre lui. De plus, le docteur Mahmoud Izzat, numéro deux des Frères, a appelé à la rapide instauration de la Sharia et à la restauration des châtiments islamiques.

 Porte-parole des Frères musulmans en Egypte, Essam Elarian (photo) ne centre pas sa campagne électorale sur l’abrogation des Accords de Camp David, mais sur la criminalisation de l’homosexualité. Selon lui, même si la majorité de la population accepte ce « vice », un Etat musulman se doit de le réprimer selon la Sharia.

Le jeune Waël Ghoneim, qui avait joué un rôle de premier plan dans le renversement du tyran, a été interdit de podium dès la manifestation de la victoire, le 18 février, qui réunit près de 2 millions de personnes. À l’inverse, le prêcheur vedette des Frères, Youssef al-Qardawi, de retour après 30 ans d’exil à Qatar, a pu longuement s’exprimer. Lui, qui avait été déchu de sa nationalité par Gamal Abdel Nasser, s’est érigé en incarnation de la nouvelle ère : celle de la Sharia et de la coexistence pacifique avec le régime sioniste de Tel-Aviv.

Le Prix Nobel de la paix Mohammed el-Baradeï, —que les Frères musulmans avaient choisi comme porte-parole durant la révolution pour se donner une image ouverte— a été physiquement agressé par les mêmes Frères lors du référendum constitutionnel et a été écarté de la scène politique.

Les Frères musulmans ont annoncé leur entrée en bonne et due forme sur la scène politique avec la création d’un nouveau parti, Liberté et Justice, soutenu par la National Endowment for Democracy (NED) et imitant l’image de l’AKP turc (Ils ont choisi la même stratégie en Tunisie avec le Parti de la Renaissance).  

Dans ce contexte, des violences ont été perpétrées contre les minorités religieuses. Ainsi deux églises coptes ont été brûlées. Loin de punir les agresseurs, le Premier ministre leur a donné un gage : il a démis de ses fonctions le gouverneur qu’il venait de nommer dans la province de Qenna, le respecté général Imad Mikhael… parce que celui-ci n’est pas musulman sunnite, mais chrétien copte. 

Le Conseil de coopération du Golfe (CGC) a appelé de ses voeux l’intervention de l’OTAN en Libye et a envoyé l’armée saoudienne et la police émiratie écraser la contestation à Bahreïn.

En Libye, les Sudairi ont transféré des combattants armés en Cyrénaïque avant que les franco-britanniques ne donnent le signal de l’insurrection contre le pouvoir de la Tripolitaine. Ce sont eux qui ont distribué des armes et des drapeaux rouge-noir-vert à l’étoile et au croissant, symboles de la monarchie senoussi, protectrice historique des Frères musulmans.

Leur objectif est d’en finir avec le trublion Kadhafi et de restaurer le prince Mohammed sur le trône de ce qui était jadis le Royaume-Uni de Libye.

C’est le Conseil de coopération du Golfe qui, le premier, a demandé une intervention armée contre le gouvernement de Tripoli. Et c’est, au sein du Conseil, la délégation saoudienne qui a conduit les manœuvres diplomatiques pour que la Ligue arabe cautionne l’attaque par les armées occidentales.

De son côté le colonel Kadhafi avait assuré dans plusieurs discours qu’il n’y avait pas de révolution en Cyrénaïque, mais que son pays devait faire face à une opération de déstabilisation d’Al Qaïda ; des propos qui ont fait sourire, à tort, et qui furent confirmés par le commandeur de l’US Africom en personne : on se souvient du malaise du général Carter F.

Ham, commandant des premières opérations militaires états-uniennes avant qu’il ne soit relevé par l’OTAN. Il s’était étonné de devoir choisir ses cibles en s’appuyant sur des espions au sol connus pour avoir combattu les forces alliées en Afghanistan : en clair, les hommes de Ben Laden.

Le Bahreïn, quant à lui, se présente comme un royaume indépendant depuis 1971. En réalité, il est toujours un territoire gouverné par les Britanniques. Ceux-ci avaient choisi en leur temps comme Premier ministre le prince Khalifa et l’ont maintenu à ce poste depuis 40 ans sans discontinuer, après la fiction d’indépendance et encore aujourd’hui. Une continuité qui n’est pas pour déplaire aux Sudairi.

 Le roi Hamad a accordé une concession aux États-Unis qui ont installé au port de Juffair le quartier général naval du Central Command et la Ve flotte. Dans ces conditions, la demande populaire de monarchie constitutionnelle signifie l’accès à une véritable indépendance, la fin de la tutelle britannique, et le départ des troupes US. Une telle évolution ne manquerait pas de faire tâche d’huile en Arabie saoudite et de menacer les bases du système.

 

Les Sudairi ont convaincu le roi du Bahreïn d’écraser tout espoir populaire dans le sang.

Garant de l’ordre établi, le prince Nayef est l’inflexible ministre saoudien de l’Intérieur et de l’Information depuis 41 ans.

Le 13 mars, le secrétaire US à la Défense Robert Gates est venu installer la coordination des opérations à Manama, lesquelles ont débuté le lendemain avec l’entrée de troupes spéciales saoudiennes, placées sous le commandement du prince Nayef et connues comme « les Aigles de Nayef ».

En quelques jours, tous les symboles de la contestation ont été détruits, y compris le monument public érigé jadis sur la place de la Perle. Des centaines de personnes sont mortes ou portées disparues. La torture —qui avait été presque abandonnée depuis une dizaine d’années— a été à nouveau généralisée. Les médecins et infirmiers qui ont soigné des manifestants blessés ont été arrêtés dans leurs hôpitaux, incarcérés au secret, puis traduits devant des tribunaux militaires.

Cependant, le plus important dans cette terrible répression est la volonté de transformer un classique combat de classe opposant une population entière à une classe de privilégiés vendus à un impérialisme étranger, en un conflit sectaire. La majorité des Bahreinis étant chiites alors que la famille régnante est sunnite, c’est le chiisme —véhicule de l’idéal révolutionnaire de Rouhollah Khomeiny— qui a été désigné comme cible. En un mois, les « Aigles de Nayef » ont rasé 25 mosquées chiites et endommagé 253 autres.

21 des principaux leaders de la contestation politique seront prochainement jugés par un tribunal d’exception. Ils encourent la peine de mort. Plus encore que sur les chiites, la monarchie s’acharne sur Ibrahim Chérif, le président du parti Waed (gauche laïque), auquel elle reproche de ne pas jouer le jeu confessionnel alors qu’il est sunnite.

À défaut de pouvoir déstabiliser l’Iran, les Sudairi ont concentré leurs attaques contre la Syrie.

 

La déstabilisation de la Syrie

(Les révolutions mises en scène pour les médias ont leur logo. Ici, celui de « The Syrian Revolution 2011 » sur Facebook.)

Début février, alors que le pays ne connaissait aucune manifestation, une page intitulée The Syrian Revolution 2011 était créée sur Facebook. Elle appelait à une « Journée de la colère », le vendredi 4 ; appel relayé par Al-Jazeera, mais qui ne rencontra aucun écho, nulle part. La chaîne qatarie déplora cette absence de réaction et stigmatisa la Syrie, ce « royaume du silence » (sic).

La dénomination The Syrian Revolution 2011 laisse songeur : formulée en anglais, elle est caractéristique des slogans publicitaires. Mais quel révolutionnaire authentique penserait que s’il ne parvient pas à réaliser son idéal en 2011, il rentrera se coucher à la maison ?

Plus étrange, le jour de sa création, cette page Facebook a enregistré plus de 80 000 amis. Un tel engouement en quelques heures, suivi de rien du tout, évoque une manipulation réalisée avec des logiciels de création de comptes. D’autant que les Syriens ont un usage modéré d’Internet et n’ont accès à l’ADSL que depuis le 1er janvier.

Les troubles ont débuté un mois plus tard à Deraa, un bourg rural situé à la frontière jordanienne et à quelques kilomètres d’Israël. Des inconnus ont payé des adolescents pour qu’ils taguent des graffitis antigouvernementaux sur les murs de la ville. La police locale a arrêtés les lycéens et les a traités comme des criminels au grand dam de leurs familles. Les notables locaux qui se proposaient de régler le contentieux ont été éconduits par le gouverneur comme des mal-propres. Les jeunes gens ont été passés à tabac. Les familles furieuses ont attaqué le commissariat pour les libérer. La police a répondu avec plus de brutalité encore, tuant des protestataires.

Le président Bachar el-Assad est alors intervenu pour sanctionner les policiers et le gouverneur —lequel n’est autre qu’un de ses cousins qu’il avait nommé à Deraa, loin de la capitale, pour qu’il se fasse oublier—. Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur cette bavure policière, les fonctionnaires responsables des violences ont été mis en examen et placés sous écrou. Des ministres se sont déplacés pour présenter les excuses et les condoléances du gouvernement aux familles de victimes ; excuses et condoléances qui ont été publiquement acceptées.

Tout aurait du rentrer dans l’ordre. Soudain des snipers cagoulés, postés sur des toits, ont tiré à la fois sur la foule et sur les policiers, plongeant la ville dans le chaos.

Profitant de la confusion, des individus armés se sont rendus à l’extérieur de la ville pour attaquer un bâtiment public qui abrite les services de renseignement chargés de l’observation du territoire syrien du Golan occupé par Israël. Les services de sécurité ont ouvert le feu pour défendre le bâtiment et ses archives. Il y a eu des morts de part et d’autre.

 

Ce type d’affrontement s’est reproduit. Les notables ont demandé la protection de l’armée face aux assaillants qui ont investi la ville. Trois mille hommes et des blindés ont été déployés pour protéger les habitants. En définitive, une bataille a opposé les combattants infiltrés à l’armée syrienne dans une sorte de remake du siège de Nahr el-Bared par l’armée libanaise. Sauf que cette fois, la presse internationale déforme les faits et accuse l’armée syrienne d’attaquer la population de Deraa.

Pendant ce temps, des heurts ont éclaté à Lattaquié. Ce port abrite de longue date des mafias qui se sont spécialisées dans la contrebande maritime. Ces individus ont reçu des armes et de l’argent en provenance du Liban. Ils ont vandalisé le centre ville. La police est intervenue. Sur ordre présidentiel, les forces de l’ordre n’étaient armées que de matraques. Les gangsters ont alors sortis des armes de guerre et ont tués des dizaines de policiers désarmés. 

Le même scénario s’est reproduit dans la localité voisine de Banias, une ville de moindre importance, mais bien plus stratégique en ce qu’elle abrite la principale raffinerie pétrolière du pays. Cette fois, les forces de l’ordre ont fait usage de leurs armes et l’affrontement a tourné en bataille rangée.

Enfin, à Homs, une ville importante du Centre, des individus sont venus participer à une prière dans une mosquée intégriste et ont appelé les fidèles à manifester contre « le régime qui tue nos frères de Lattaquié ».

Réagissant aux troubles, la population syrienne est descendue en masse pour affirmer son soutien à la République. Des manifestations monstres, comme le pays n’en avait jamais connues de son histoire, ont réuni chaque fois des centaines de milliers de personnes à Damas, à Alep et même à Lattaquié, au cri de « Dieu, la Syrie, Bachar !  ».

Tandis que les affrontements se durcissaient dans les localités concernées, les forces de l’ordre sont parvenues à arrêter des combattants. Selon leurs aveux télévisés, ils ont été recrutés, armés et payés, par un député haririste libanais, Jamal Jarrah, ce que ce dernier dément. 

Jamal Jarrah est un ami du prince Bandar. Son nom avait été cité dans l’affaire du Fatah al-Islam à Nahr el-Bared. Il est le cousin de Ziad Jarrah, un jihadiste accusé par le FBI d’être responsable du détournement du vol UA93 qui s’est écrasé en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Il est également cousin des frères Ali et Youssouf Jarrah, arrêtés par l’armée libanaise, en novembre 2008, pour espionnage au profit d’Israël.

Depuis Londres et Paris, Ali Saad-al-din Bayanouni (secrétaire général de la section syrienne des Frères musulmans) et Abdel-Halim Khaddam (ancien vice-président de Syrie) appellent au renversement de Bachar el-Assad.

Jamal Jarrah serait un membre secret des Frères musulmans, ce qu’il dément également. En 1982, les Frères tentèrent de prendre le pouvoir en Syrie. Ils échouèrent et furent alors victimes d’une effroyable répression de masse. On croyait ce douloureux souvenir oublié depuis l’amnistie proclamée par Bachar el-Assad. Il n’en est rien, cette branche des Frères étant désormais financée par les Sudairi, qui jadis les excommuniaient. Le rôle de la confrérie dans les affrontements de Banias est maintenant reconnu par tous.

Jamal Jarrah aurait également utilisé des militants libanais du Hizb ut-Tahrir, une organisation islamiste basée à Londres et surtout active en Asie centrale. Le Hizb ut-Tahrir, qui se déclare non-violent, est accusé d’avoir organisé de nombreux attentats dans la vallée de la Ferghana. C’est notamment pour le combattre que la Chine a initié son rapprochement avec la Russie au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai. Malgré plusieurs débats à la Chambre des Communes, les responsables londoniens du groupe n’ont jamais été inquiétés et occupent tous des postes de cadres de haut niveau dans des multinationales anglo-américaines.

Le Hizb ut-Tahrir a ouvert une section au Liban l’an dernier. À cette occasion, il a organisé un congrès où il a invité des personnalités étrangères, dont un intellectuel russe de renom international. Au cours des débats, les organisateurs ont appelé à l’instauration d’un État islamique en précisant que pour eux, les chiites et les druzes libanais, —et même certains sunnites— ne sont pas de vrais musulmans et devraient être expulsés comme les chrétiens. Stupéfait par ces outrances, l’invité russe s’est empressé de donner des interviews télévisés pour se démarquer de ces fanatiques.

Les forces de sécurité syriennes sont d’abord apparues débordées par les évènements. Formés en URSS, les officiers supérieurs ont fait usage de la force sans trop se soucier des conséquences sur la population. Cependant, la situation s’est progressivement renversée. Le président Bachar el-Assad a repris la main. Il a changé de gouvernement. Il a abrogé l’état d’urgence et a dissous la Cour de sûreté de l’État. Il a octroyé la nationalité syrienne aux milliers de Kurdes qui en étaient historiquement privés depuis un recensement contesté. En outre, il a pris diverses mesures catégorielles, comme l’abrogation des amendes pour retard de paiement des entreprises publiques (électricité etc.). Ce faisant, il a donné satisfaction aux principales demandes populaires et a tari l’opposition. Lors du « Jour de défi », le vendredi 6 mai, la totalité des manifestants dans le pays n’a pas atteint les 50 000 personnes, pour une population de 22 millions d’habitants.

 Surtout, le nouveau ministre de l’Intérieur Mohammad al-Sha’ar, a appelé toute personne qui se serait laissée entraîner dans les émeutes de se rendre spontanément à la police et de bénéficier d’une amnistie complète en échange d’informations. Plus de 1 100 personnes ont répondu. En quelques jours, les principales filières ont été démantelées et de nombreuses caches d’armes saisies. Après cinq semaines de violences, le calme revient lentement dans presque toutes les villes troublées. 

Parmi les meneurs identifiés et arrêtés, plusieurs seraient des officiers israéliens ou libanais, et un serait un politicien libanais proche de Saad Hariri. Cette tentative de déstabilisation aura donc une suite.

Au sein du gouvernement saoudien, les Sudairi ont profité de la maladie du roi Abdallah pour le marginaliser. Avec l’aide des Etats-Unis et d’Israël, ils ont mit fin au rapprochement Abdallah-el-Assad et supervisent la contre-révolution arabe.

Un complot à découvert 

Ce qui était originellement un complot pour renverser les autorités syriennes s’est transformé en un chantage public à la déstabilisation. Constatant que la révolte ne prend pas, les quotidiens arabes anti-syriens ont évoqué sans pudeur les marchandages en cours. 

Ils ont relaté les voyages de négociateurs venus à Damas présenter les exigences des Sudairi. Si l’on en croit ces journaux, les violences ne s’arrêteront que lorsque Bachar el-Assad se sera plié à deux ordres :  rompre avec l’Iran ; et cesser de soutenir la Résistance en Palestine, au Liban et en Irak.

 

La propagande internationale

Les Sudairi souhaitent une intervention militaire occidentale pour en finir avec la résistance syrienne, à la manière dont se déroule l’agression contre la Libye. Pour ce faire, ils ont mobilisé des spécialistes de la propagande.

À la surprise générale, la chaîne de télévision satellitaire Al-Jazeera a brutalement changé de ligne éditoriale. C’est un secret de polichinelle que cette station a été créée par la volonté des frères David et Jean Frydman, des milliardaires français qui furent conseillers d’Ytzakh Rabin et d’Ehud Barak. Ils souhaitaient créer un média qui permette un débat entre Israéliens et Arabes, alors que ce débat était interdit par la loi dans chacun des pays concernés.

Pour constituer la chaîne, ils ont sollicité l’émir de Qatar qui a, au départ, joué le rôle de couverture. L’équipe de rédaction a été recrutée au sein du service arabe de la BBC, de sorte que la majorité des journalistes de départ sont des agents du MI6 britannique.  

Cependant, l’émir a pris le contrôle politique de la chaîne qui est devenue le bras agissant de sa principauté. Durant des années, Al-Jazeera a effectivement joué un rôle d’apaisement en favorisant le dialogue et la compréhension dans la région. Mais la chaîne a aussi contribué à banaliser le système d’apartheid israélien, comme si les violences de Tsahal n’étaient que des bavures regrettables d’un régime acceptable, alors qu’elles sont l’essence même du système. 

(En fuite, l’ex-président Ben Ali a trouvé refuge en Arabie saoudite auprès du prince Nayef.)

Al-Jazeera, qui a couvert de manière exceptionnelle les révolutions en Tunisie et en Égypte, a brusquement changé de ligne éditoriale avec l’affaire libyenne pour devenir le porte-parole des Saidari. 

Cette volte-face mérite une explication. L’attaque de la Libye est originellement un plan franco-britannique conçu en novembre 2010, c’est-à-dire bien avant le « printemps arabe », auquel les États-Unis ont été associés. Paris et Londres entendaient régler des comptes avec Tripoli et défendre leurs intérêts coloniaux. En effet, en 2005-06, la NOC, compagnie nationale des pétroles libyenne, avait lancé trois appels d’offres internationaux pour l’exploration et l’exploitation de ses réserves, les plus importantes d’Afrique. Le colonel Kadhafi avait imposé sa règle du jeu. Les compagnies occidentales avaient conclu divers accords, certes avantageux, mais bien peu à leurs yeux. Il s’agissait même des contrats les moins favorables à des multinationales dans le monde. À cela s’ajoutaient divers contentieux liés à l’annulation de juteux contrats d’équipement et d’armement.

Dès les premiers jours du prétendu soulèvement de Benghazi, Paris et Londres ont mit en place un Conseil national de transition que la France a officiellement reconnu comme représentant légitime du peuple libyen. Ce Conseil a créé une nouvelle compagnie pétrolière, la LOC, qui a été reconnue par la communauté internationale au sommet de Londres comme exploitant de plein droit les hydrocarbures du pays. Lors de ce hold-up, il a été décidé que la commercialisation du pétrole volé par la LOC serait effectuée par… le Qatar, et que le groupe de contact des États alliés se réunirait désormais à Doha.

Youssef al-Qardawi considère que la libération de la Palestine est importante, mais moins que l’instauration de la Sharia.

 

Immédiatement, le consultant religieux de la chaîne, Youssef al-Qardawi, se déchaîna chaque jour pour appeler au renversement de Bachar el-Assad. Cheikh al-Qardawi est le président de l’Union internationale des Oulémas et également du Conseil européen pour la recherche et la fatwa. Il est l’égérie des Frères musulmans et prône un islam original, mélange de « démocratie de marché » à l’américaine et d’obscurantisme à la saoudienne : il admet le principe de dirigeants élus pourvu que ceux-ci s’engagent à faire appliquer la Charia dans son interprétation la plus bornée.

Youssef al-Qardawi a été rejoint par l’ouléma soudien Saleh El-Haidane qui a appelé à « tuer un tiers des Syriens pour que les deux autres tiers vivent » (sic). Tuer un tiers des Syriens ? Cela signifie occire les chrétiens, les juifs, les chiites, les alaouites et les druzes. Pour que vivent les deux tiers ? C’est-à-dire pour instaurer un État sunnite avant que celui-ci n’épure sa propre communauté.

À ce jour, seule la branche palestinienne des Frères musulmans, le Hamas, semble réfractaire au pouvoir de séduction des pétro-dollars des Sudairi. Son chef, Khaled Mechaal, non sans un moment d’hésitation, a confirmé qu’il resterait en exil à Damas et qu’il soutenait le président el-Assad. Avec l’aide de ce dernier, il a cherché à prendre de court les plans impérialistes et sionistes en négociant un accord avec le Fatah de Mahmoud Abbas.

Depuis mars, Al-Jazeera, la BBC en arabe et France24 en arabe se sont mués en organe de propagande massive. À coup de faux témoignages et d’images manipulées, ils relatent des événements fabriqués pour plaquer sur la République syrienne les stéréotypes du régime tunisien de Ben Ali.

Ils cherchent à faire croire que l’armée syrienne est une force de répression comparable à la police tunisienne, et qu’elle n’hésite pas à tirer sur de paisibles citoyens luttant pour leur liberté. Ces médias ont même annoncé le décès d’un jeune soldat qui aurait refusé de tirer sur ses concitoyens et aurait été torturé à mort par ses supérieurs. En réalité, l’armée syrienne est une armée de conscrits, et le jeune soldat dont l’état-civil avait été publié était en permission. Il s’en est expliqué à la télévision syrienne où il a affirmé sa volonté de défendre son pays face aux mercenaires étrangers.

 

Ou encore, ces chaînes satellitaires ont essayé de présenter plusieurs personnalités syriennes comme des profiteurs, à l’instar de la belle-famille de Ben Ali. Elles ont concentré leurs critiques sur Rami Makhlouf, l’homme le plus riche du pays, qui est un cousin du président el-Assad. Elles ont prétendu que, sur le modèle tunisien, il exigeait des parts dans toutes les sociétés étrangères désirant s’implanter au pays. C’est absolument infondé et inimaginable dans le contexte syrien. En réalité, Rami Makhlouf a bénéficié de la confiance du président el-Assad pour obtenir la concession du téléphone mobile. Et, comme tous ceux qui ont obtenus de telles concessions dans le monde, il est devenu milliardaire. La vraie question est de savoir s’il a ou non profité de sa situation pour s’enrichir au détriment des consommateurs. La réponse est non : Syriatel propose les tarifs de téléphone mobile les moins chers au monde !

Quoi qu’il en soit, la palme du mensonge revient à Al-Jazeera. La chaîne qatarie est allée jusqu’à présenter des images d’une manifestation de 40 000 moscovites réclamant l’arrêt du soutien russe à la Syrie. Il s’agissait en fait d’images tournées lors de la manifestation annuelle du 1er mai, dans laquelle la chaîne avait implanté des acteurs pour réaliser de faux micro-trottoirs.

 

La réorganisation des réseaux du prince Bandar et de l’administration Obama

Le dispositif contre-révolutionnaire des Sudairi se heurte à une difficulté : jusqu’à présent les mercenaires du prince Bandar se battaient sous la bannière d’Oussama Ben Laden, que ce soit en Afghanistan, en Bosnie, en Tchétchénie ou ailleurs. Initialement considéré comme un anticommuniste, Ben Laden était progressivement devenu un anti-occidental. Sa mouvance était marquée par l’idéologie du clash des civilisations, énoncée par Bernard Lewis et popularisée par son élève Samuel Huntington. Elle a connu son ère de gloire avec les attentats du 11-Septembre et la guerre au terrorisme : les hommes de Bandar perpétraient les troubles partout où les Etats-Unis souhaitaient intervenir.

Dans la période actuelle, il est nécessaire de changer l’image des jihadistes. Désormais, ils sont invités à se battre aux côtés de l’OTAN, comme jadis ils se battaient aux côtés de la CIA en Afghanistan contre l’Armée rouge. Il convient donc de revenir au discours pro-occidental d’antan et de lui trouver une autre substance que l’anti-communisme. Ce sera le travail idéologique du cheik Youssef al-Qardawi.

Pour faciliter ce relookage, Washington a annoncé la mort officielle d’Oussama Ben Laden. Cette figure tutélaire disparue, les mercenaires du prince Bandar peuvent être mobilisés sous une nouvelle bannière.

Cette redistribution des rôles s’accompagne d’un jeu de chaises musicales à Washington.

 

Le général David Petraeus qui, en qualité de commandant du CentCom, devait traiter avec les hommes de Bandar au Proche-Orient, devient directeur de la CIA. Il faut donc s’attendre à un retrait accéléré des troupes de l’OTAN hors d’Afghanistan et à un engagement accru des hommes de Bandar dans les opérations secrètes de l’Agence.

Léon Panetta, le directeur sortant de la CIA, devient secrétaire à la Défense. Selon l’accord interne de la classe dirigeante états-unienne, ce poste devait être réservé à un membre de la Commission Baker-Hamilton. Or le démocrate Panetta —comme le républicain Gates— en faisait partie. Dans le cas de nouvelles guerres, il devrait limiter les déploiements au sol, hormis pour les Forces spéciales.

À Riyadh et à Washington, on dresse déjà l’acte de décès du « printemps arabe ». Les Sudairi peuvent dire du Proche-Orient ce que le Guépard disait de l’Italie : « Il faut que tout change pour que rien ne change et que nous restions les maîtres  ».

 Le droit de chercher la vérité implique aussi un devoir. On ne doit cacher aucune partie de ce qui a été reconnu comme étant vrai » Albert Einstein.

Thierry Meyssan 

Le 13 mai 2011 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


25/05/2011

n° 20 - Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye - 24-05 : Début :- « Elargissement des cibles » en Liby

n° 20 - Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye  - 24-05 : Début :- « Elargissement des cibles » en Liby


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  de la Libye

n°20 du 24-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du libye" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 

 




Sommaire :  

Tiré à part :

Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel : L'Otan intensifie ses raids en Libye.

Rogozine : l'Otan ne cherche qu'à renverser Kadhafi.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Jean Bricmont - Imperialisme Humanitaire (2) - une vidéo.

1-2 Il faudra que Mr Moreno-Ocampo n'oublie pas ceux-là non plus...

1-3 Infosplusgabon : L’OTAN fait perdre 1,5 milliard de dinars au secteur des communications de la Libye.

1-4 L. Gambetta ; L'avenir n'est interdit à personne,

2  Dossier

2-1 Marinella Correggia : Gens de Tripoli, dégâts collatéraux.

2-2 Petr Romanov : Moscou, médiateur entre Tripoli et Benghazi.

2-3 Manlio Dinucci : Les hyènes du désert existent, la France aide à leur formation .

2-4 Philippe Leymarie « Elargissement des cibles » en Libye.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Mouammar Kadhafi : Diplôme d'officier dans le corps des transmissions.

4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Manlio Dinucci : La montre des dépenses militaires.

4-2 El Moudjahid : Le conflit en Libye : Au centre d'un sommet extraordinaire de l'UA aujourd’hui.

 

4-3 Manlio Dinucci : L’Art de la guerre » : Les missionnaires de l’AfriCom

5  Pièce jointe

5-1  Webster G. Tarpley  : Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, alliés en Libye.



Tiré à part :

Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel : L'Otan intensifie ses raids en Libye.

L'aviation de l'Otan a procédé tôt mardi à une série de raids nocturnes parmi les plus violents depuis le début, à la mi-mars, des opérations militaires en Libye.

Une douzaine d'explosions ont retenti dans la capitale aux premières heures de la journée. 

Moussa Ibrahim, porte-parole du gouvernement libyen, a fait état mardi soir de 19 morts. Le précédent bilan était de trois morts et de 150 blessés. 

Les raids visaient la caserne de la Garde populaire, le bâtiment était vide et les blessés sont des personnes habitant à proximité, a-t-il déclaré.

L'agence de presse officielle libyenne Jana rapporte que la mosquée Nouri Bani de Tripoli a été touchée mais cela n'a pu être confirmé de source indépendante.

L'onde de choc déclenchée par les frappes a été si puissante que du plâtre est tombé des plafonds de l'hôtel où résident les correspondants étrangers à Tripoli, à environ deux kilomètres du quartier général de Mouammar Kadhafi. 

"C'est certainement, en ce qui concerne une cible unique, l'attaque la plus importante et la plus concentrée que nous avons effectuée à ce jour", a déclaré un responsable de l'Otan à Bruxelles.

Selon l'Otan, engagée depuis deux mois aux côtés des rebelles, c'est un dépôt de véhicules proche du siège du gouvernement qui a été pris pour cible.

"Cette installation est connue pour avoir été utilisée au début de la répression à l'encontre de la population, en février 2011, et qui a continué à l'être ensuite (pour) le réapprovisionnement des forces fidèles au régime qui s'en prennent à des civils innocents", assure l'état-major de l'Alliance dans un communiqué. 

Des journalistes, dont les mouvements sont étroitement contrôlés par les autorités, ont été conduits après les raids à l'hôpital central de Tripoli, où les corps de trois hommes touchés à la tête leur ont été présentés. 

Un autre homme prénommé Hatim, blessé aux bras et aux jambes, leur a raconté que le toit de sa maison, proche des installations militaires, s'était effondré sur lui et les siens pendant le bombardement. 

Emmenées par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, les forces de l'Otan procèdent à des frappes aériennes depuis l'adoption en mars de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'Onu qui autorise le recours à la force pour protéger les civils de la répression.

"Nous sommes réticents à utiliser la force mais lorsque nos intérêts et nos valeurs se rencontrent, nous savons que nous avons la responsabilité d'agir", écrivent le président américain, Barack Obama, et le Premier ministre britannique, David Cameron, dans une tribune publiée mardi par le Times.

"C'est pour cette raison que nous avons mobilisé la communauté internationale pour protéger le peuple libyen du régime du colonel Kadhafi."

"Nous avons dégradé sa machine de guerre et empêché une catastrophe humanitaire. Et nous continuerons à faire respecter les résolutions de l'Onu avec nos alliés jusqu'à ce qu'elles soient complètement appliquées", ajoutent-ils. 

La France a quant à elle décidé d'intensifier son intervention en engageant des hélicoptères d'attaque dans les opérations de combat. "Les Britanniques, qui ont des moyens comparables aux nôtres, vont faire la même chose que nous", a assuré le ministre de la Défense, Gérard Longuet.

Aucune décision n'a encore été prise à ce propos, a toutefois déclaré mardi le secrétaire d'Etat britannique aux Forces armées, Nick Harvey.

"Nous pensons que le temps travaille contre Kadhafi, qu'il ne peut reprendre le contrôle du pays", a commenté lundi Hillary Clinton, jugeant légitime et crédible le conseil de transition mis sur pied à Benghazi par les opposants du dirigeant libyen. 

"Leurs capacités militaires s'améliorent et quand, inévitablement, Kadhafi partira, une Libye nouvelle sera prête à aller de l'avant. Nous avons pleinement confiance dans le fruit de nos efforts conjoints", a poursuivi la secrétaire d'Etat lors d'une conférence de presse à Londres.

Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français

Reuters, 24/05/2011 

 

Rogozine : l'Otan ne cherche qu'à renverser Kadhafi.

L'opération de l'Otan en Libye se résume à la seule tentative de renverser le régime de Mouammar Kadhafi, a déclaré mardi à la chaîne Rossia 24 le représentant permanent de la Russie auprès de l'Alliance, Dmitri Rogozine. 

"Ces actions [celles de l'Otan] n'ont pas pour but d'appliquer les résolutions de l'Onu, mais de renverser le régime de Kadhafi, ce qui va à l'encontre des décisions du Conseil de sécurité des Nations unies", a-t-il affirmé, soulignant qu'un "entretien très difficile aurait visiblement lieu" mercredi, lors de la réunion du Conseil Russie-Otan au niveau des ambassadeurs.

24 mai - RIA Novosti



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Jean Bricmont - Imperialisme Humanitaire (2) - une vidéo.

http://www.dailymotion.com/video/xissc1_jean-bricmont-imperialisme-humanitaire-2_news#from=embed

 


1-2 Il faudra que Mr Moreno-Ocampo n'oublie pas ceux-là non plus...

Vu sur Euronews:

L'image montre des rebelles défoncer les portes d'une habitation, pénétrer et tirer à l'intérieur sur tout ce qui est dedans. Le commentaire (cf ci-dessous) dit que 'ce sont probablement des soldats de Khadafi " à l'intérieur (pour ne surtout pas dire 'soldats gouvernementaux'), mais qu'il n'y a par ailleurs pas moyen de savoir ce qui se passe...  La ville est parait-il "désertée par la population" de toute manière, ils sont disparus où? chassés par qui? aucun intérêt? 

Commentaire d'Euronews:
«Bref coup de semonce des rebelles libyens avant de pénétrer dans une maison où se nicheraient des soldats de l’armée régulière. Le mode opératoire semble rodé : tirs nourris, évacuation des lieux, tout va très vite. Cette expédition a lieu à Tawarga, à une quarantaine de kilomètres de Misrata, où les rebelles ont remporté une victoire stratégique le 11 mai dernier.

“Ici on ne voit pas de blessés mais des morts, observe notre reporter Alberto Arce.

Les rebelles sont en train de continuer à tirer à l’intérieur, ce sont très probablement des soldats de Khadafi qui résistent à l’attaque des rebelles. Les tirs sont très violents, je ne sais pas ce qui se passse, il y a beaucoup de confusion.”
Dans cette petite ville désertée par la population, les rebelles s’aventurent de maison en maison, ils fouillent, ils tuent, ils se font tuer aussi.
 

Mais ils restent déterminés à étendre le champs des territoire contrôlés. Le conflit libyen a déjà fait des milliers de morts, selon le procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo.» http://fr.euronews.net/2011/05/18/avec-les-rebelles-libyens-a-tawarga/


1-3 Infosplusgabon : L’OTAN fait perdre 1,5 milliard de dinars au secteur des communications de la Libye.
Le secteur des communications en Libye a enregistré une perte totale de l’ordre de 1,5 milliard de dinars libyens (environ 1,2 milliard de dollars américains) à cause des bombardements aériens et les missiles lancés par l’OTAN contre le territoire libyen et les infrastructures de base des télécommunications du pays, a déclaré le président du Conseil d’administration des sociétés Libyan Telcommunications and Technology (LTT) et de l’opérateur de GSM Libyana, Mohamed Ben Ayad.

S’exprimant lors d’un point de presse, lundi soir à Tripoli, il a affirmé que les raids de l’OTAN ont provoqué d’énormes dégâts au niveau des infrastructures de base du secteur des communications, un domaine stratégique dans tous les pays dont les services touchent tous les aspects de la vie tels que les hôpitaux, universités, instituts, postes de Police, banques, aéroports ainsi que toutes les institutions en plus de la facilitation des contacts entre les citoyens à l’intérieur et avec l’étranger que procure ce secteur. 

M. Ben Ayad a qualifié le ciblage volontaire et précis de l’infrastructure de base du secteur des communications de « crime contre l’humanité dans le sens large du terme », précisant que sans communications les aides médicales sont interrompues ainsi que les secours des blessés et nécessiteux, les prestations des pompiers et autres services humanitaires qui sont affectés.

Il a ajouté que les opérations de maintenance des dommages subis par les infrastructures de base des communications en Libye est actuellement impossible en raison de la poursuite des frappes aériennes et de l’incapacité des techniciens d’exécuter leurs travaux.

M. Ben Ayad a condamné la poursuite des bombardements aériens de l’OTAN bien que la Libye ait accepté et respecté les résolutions 1970 et 1973 promulguées par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Il a annoncé que l’Office général libyen des communications informera l’Organisation internationale des télécommunications de ce qui se passe dans le pays et des grands dégâts subis par le secteur des communications, affirmant que tous les sites ciblés par les raids n’ont aucun rapport avec des usages militaires.

Le PCA de la LTT et de Libyana a précisé que les prestations des communications ont été interrompues dans plusieurs régions à cause des dommages subis par le système des communications causés par les bombardements aériens et les missiles ainsi que par les actes de sabotage et pillage.

Il a signalé que les bombardements ont provoqué d’énormes dégâts dans la station de fréquences centimétriques de la région de l’ouest de Syrte (centre de Libye), les postes standards de la nouvelle Al-Hisha, d’Al-Wachka et Al-Qaddahiya ainsi que les équipements de la société « Al-Jil Al-Jadeed de communications », les communications en milieu rural et maritime, les émetteurs de radio, les équipements des opérateurs de téléphonie mobile « Al-Madar » et « Libyana » dans la région de Brega, les postes standards d’Al-Ghardabia, d’Al-H’nioua, de Nouflia et le câble maritime de Ras Lanouf (dans l’est du pays).

M. Ben Ayad a affirmé que l’OTAN détruit tout afin de créer, par la suite, une grande opportunité au profit des entreprises des pays étrangers pour la reconstruction de ce qui est détruit actuellement, précisant que la reconstruction de ce qui a été détruit par l’OTAN coûtera des milliards de dollars.

Il a indiqué que la part du lion dans le processus de reconstruction sera accordée aux sociétés des pays participant actuellement aux opérations militaires contre la Libye et à travers des pressions politiques.

17 mai

 (Infosplusgabon)

http://www.infosplusgabon.com/article.php3?id_article=6456


1-4 L. Gambetta ; L'avenir n'est interdit à personne,

Ces bâtiments étaient «au coeur de l'appareil utilisé par le régime pour brutaliser la population civile» (porte-parole de l'armée britannique)
Tout ce qui est détruit toujours légitimé de la même manière burlesque

 «[Le président du Conseil d’administration des sociétés de télécom libyenne] a affirmé que l’OTAN détruit tout afin de créer, par la suite, une grande opportunité au profit des entreprises des pays étrangers pour la reconstruction de ce qui est détruit actuellement, précisant que la reconstruction de ce qui a été détruit par l’OTAN coûtera des milliards de dollars. Il a indiqué que la part du lion dans le processus de reconstruction sera accordée aux sociétés des pays participant actuellement aux opérations militaires contre la Libye et à travers des pressions politiques.» 

   [...]



Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Marinella Correggia : Gens de Tripoli, dégâts collatéraux.
Tripoli

Dans la soirée, le bruit sec de deux missiles qui explosent à peu de distance interrompt pour quelques minutes le travail du docteur Bashir et des infirmières, à l’hôpital Al Qadra où sont hospitalisés de nombreux blessés (de bombardements précédents de l’OTAN sur Tripoli, nous dit-on). En journée, on ne voit de la guerre dans la capitale libyenne que les très longues files pour acheter de l’essence, les magasins fermés ou les tentes avec le drapeau vert qui constellent jardins publics et rotondes (certains y dorment chaque nuit, en signe de « protection »). En soirée les explosions : lundi elles ont touché certains ministères et les maisons alentour. 

Le nuage de fumée s’élargit puis se dissout. Dans les chambres de l’hôpital, à côté d’un homme de 69 ans qui, cinq jours avant, marchait rue Zawya (il a une main en bouillie et une blessure à l’abdomen), se trouve Munir avec sa mère. Le jeune garçon a perdu les deux pieds dans le bombardement du quartier Tajura le 29 mars. Il assure qu’avant ils vivaient tranquilles, et qu’en tous cas ils gagneront. Wafa infirmière, avance vers nous : «  Si vous nous croyez, nous, nous sommes avec notre leader ». Barqa, une autre infirmière, est marocaine et fait partie des travailleurs étrangers qui n’ont pas perdu leur emploi avec la guerre. Même chose pour Souad, femme de chambre dans un hôtel (avec très peu de clients cependant) : veuve, elle a laissé ses deux filles au Maroc : « Ma mère me demande ce que je fais ici, sous les bombes… quand on pense comme Tripoli était un endroit sûr, une femme pouvait marcher seule la nuit, et la vie n’était pas chère ».

 

Je suis à Tripoli avec « Global Civilians for peace in Libya », une des délégations internationales contre la guerre arrivées dans la capitale libyenne à la fois pour informer sur l’impact du conflit sur les civils libyens et pour soutenir, en tant que citoyens, l’idée de la médiation et du cessez-le-feu. Dans notre reconnaissance nous sommes accompagnés de personnel du gouvernement libyen.

 

Au souk -à côté de Maidan Saha, place de l’horloge, où les passants s’arrêtent devant les photos des « martyrs », civils et militaires tués par l’OTAN ou par les rebelles, et signent le registre des condoléances- le Pakistanais Naim gère une petite  boutique d’or et argent, à présent en crise, mais il attend des temps meilleurs. Le souk est tranquille et, comme c’était le cas aussi en Irak, personne ne se montre agressif envers les Occidentaux. Mais nous entendons les mêmes questions qu’à l’hôpital : « Pourquoi ? ». Un vendeur de plats en métal dit : « Kadhafi a du bon et du mauvais, comme tous les gouvernants du monde, qu’est-ce que c’est ces bombes ? Je ne sais pas que voir pour l’avenir ».

 

Un avenir en poussière, semble-t-il, pour les travailleurs subsahariens qui ont fui les affrontements dans l’est du pays, les bombes et le chômage : victimes collatérales de la guerre, ils sont maintenant dans un camp de réfugiés à Ben Girdan, en Tunisie, à côté de la frontière libyenne - nous les avons rencontrés sur la route pour rejoindre Tripoli. Kofi, du Ghana, était peintre en bâtiment. Il ne peut pas rentrer au Ghana, il n’y voit pas de perspectives. Il a déjà essayé de partir par la mer mais a été repoussé, il essaiera de nouveau. Un groupe de Bangladeshi travaillait dans le bâtiment à Misrata, ils sont partis il y a six semaines après avoir essayé en vain de se faire payer par l’entreprise. Peu de temps avant, à Djerba en Tunisie, nous avions rencontré deux femmes libyennes : l’une d’elles, Basma Challabi, nous dit avoir fui Benghazi parce que la vie y est trop peu sûre, avec des bandes, la nuit, qui terrorisent et tuent les gens suspectés d’être des pro-Kadhafi (le New York Times aussi en a parlé ces jours-ci). Aisha faisait des études en Angleterre mais rentre à Syrte chez elle : « Pourquoi l’OTAN ne fait-elle la guerre que contre nous ? La loi internationale ne s’applique qu’à quelques uns ? Et le Bahrein, le Yémen et Gaza ? Et puis qui sont ces rebelles qui prétendent représenter tout le peuple libyen ? Ce Hifter qui est resté vingt ans aux Etats-Unis, il devrait me représenter ?  Pourquoi ne négocie-t-on pas au lieu de bombarder ? ».

 

L’imam prédicateur Khaled Mohammed, survivant de la tuerie des 11 imams à  Brega - de source libyenne on dit que c’était un raid de l’OTAN (qui ne confirme pas) - raconte : « Nous étions dans le centre résidentiel des travailleurs de la compagnie pétrolifère, nous étions arrivés en bus de nombreuses villes libyennes et nous voulions aussi aller à Benghazi ». Je le rencontre à une conférence nationale de « connaisseurs du Coran » qui a amené ici des centaines de personnes de toute la Libye (je constate combien les Libyens ont la peau très sombre !). « Nous ne croirons plus aucun gouvernement occidental ni même beaucoup d’arabes », ajoute l’imam. Reem aussi se sent trahie : rentrée chez elle, dans le quartier Enzara de Tripoli, de Grande-Bretagne où elle faisait des études d’ingénieur pétrolifère sponsorisée par British Petroleum : dans sa maison  pleine de parents venus pour les condoléances (son cousin de 17 ans, parti comme volontaire dans l’armée libyenne, a été tué à Misrata), Reem dit : « C’était un problème interne. Le monde, par contre, en a fait une guerre ».

 

La délégation internationale de « Global Civilians for peace in Libya » a été invitée par l’ONG « Fact Finding Commission on the current events in Libya » (Ffc), fondée par l’entrepreneur italienne Tiziana Gamannossi qui travaille et réside depuis longtemps en Libye (« Si une bombe tombe sur ma maison sachez que ce n’est pas le régime mais l’OTAN qui m’a tuée », dit-elle en ironisant). But déclaré de la Ffc : « démentir la propagande de guerre »,  commencée en février par la fausse nouvelle des 10 mille morts et 50 mille blessés « victimes du régime » des bombardements de Kadhafi sur les quartiers de Tripoli, les fosses communes (faits tous démentis ensuite) : « Sur la base d’histoires fabriquées par les media, sans vérifications, a été votée à l’ONU une résolution qui nous a apporté la guerre en ignorant les hypothèses de médiation », disent les représentants de la Ffc. Ils citent Human Rights Watch, l’organisation new-yorkaise pour les droits humains, selon qui depuis février le conflit libyen a fait environ 1.500 morts entre victimes de l’OTAN, rebelles, soldats libyens et autres civils tués dans les affrontements. Ffc a réalisé une vidéo pour reconstituer les événements de février à Benghazi : elle contient des images choquantes de soldats libyens étranglés par les rebelles (« et sans déclarations de condamnation internationale »). Le jour où le procureur général de la CPI Moreno Ocampo déclarait avoir des preuves pour incriminer Kadhafi et son fils, la télévision libyenne a montré la confession d’un présumé rebelle repenti : il raconte les soldats libyens tués à l’arme blanche et les violences horribles contre des filles de familles présumées pro-Kadhafi. Toutes choses qui ressemblent beaucoup à des atrocités analogues attribuées au contraire aux soldats libyens : et pourtant reprises sans aucune critique par la « communauté internationale ». La propagande de guerre est spéculaire.

Marinella Correggia

Edition de mercredi 18 mai 2001 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110518/manip2pg/09/manip2pz/303352/   

 


2-2 Petr Romanov : Moscou, médiateur entre Tripoli et Benghazi.
Le ministère russe des Affaires étrangères est prêt à négocier à Moscou avec la délégation dépêchée par Mouammar Kadhafi et attend l'arrivée de la délégation des rebelles libyens en provenance de Benghazi. Il semble s'agir d'un réel succès de la diplomatie russe. Toutefois on ne voit pas clairement quel programme positif la diplomatie russe pourrait offrir à ses invités, en dehors, bien entendu, du souhait que les deux parties en conflit arrêtent la violence.
Au risque de me tromper, j’ai une impression que la position russe concernant la Libye a toujours été et demeure mal articulée. A l’origine, le 17 mars 2011, Moscou n’a pas empêché le Conseil de sécurité des Nations Unies d’adopter la résolution sur la Libye, alors que les diplomates russes, comme le reconnaît le ministre russe des
Affaires étrangères Sergueï Lavrov, étaient pleinement conscients du flou de certaines formulations et de la possibilité, pour ainsi dire, d’interpréter le document de manière élargie. Maintenant, la Russie se voit, en fait, obligée de reconnaître que d’aucuns ont abusé sans scrupules de son désir d’être constructive et de ne pas entraver les autres dans leurs efforts pour protéger la population civile libyenne contre les raids des forces aériennes de Kadhafi.
Paris, Londres et Rome, derrière lesquels on décèle clairement l’ombre de Washington, après avoir pris leur temps pour mettre en place une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye, utilisent la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, dont la Russie a inconsidérément permis d'adoption, afin de renverser le régime de Kadhafi. La question de savoir pourquoi la Russie a aussi naïvement avalé les bonnes intentions de l’Occident, reste sans réponse. Certes, il s’agit là d’une bavure bizarre. Elle est d’autant plus incompréhensible que toute l’expérience précédente des relations entre les partenaires occidentaux et la Russie aurait dû convaincre cette dernière qu’aucun accord avec l’Occident ne peut être conclu sans avoir minutieusement pesé les pour et les contre.
En l’occurrence, ce ne fut manifestement pas le cas. La bonne intention de réduire l’ampleur de l’effusion de sang en Libye s’est finalement traduite, au contraire, par une flambée de violence.
Les autres démarches du ministère russe des Affaires étrangères ne démontrent pas non plus l’existence d’une stratégie claire et nette.
D’une part, la Russie appelle constamment à la recherche des voies menant à la cessation des hostilités en Libye et au démarrage des pourparlers. D’autre part, elle refuse étrangement de rejoindre le groupe de contact pour la Libye, alors que formellement la Russie est destinée à contribuer à la coordination générale des efforts internationaux visant à normaliser la situation en Libye. En adhérant au groupe de contact, la Russie pourrait plus facilement faire en sorte que les objectifs qu’elle proclame se concrétisent.
Ce qui est curieux, c’est que Moscou avait initialement salué la décision de créer ce groupe de contact. Dès le mois de mars, Sergueï Lavrov déclarait: "Si tout cela contribue à une application plus correcte de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, ce sera une initiative utile." Plus tard le ton des déclarations russes a considérablement changé, et le ministère russe des Affaires étrangères s’est mis à répéter de plus en plus fréquemment que le groupe de contact ne devait pas chercher à supplanter le Conseil de sécurité de l’ONU, et que Moscou ne voyait aucun intérêt à rejoindre ce groupe, car la Russie siège au Conseil de sécurité. Toutefois, j’estime qu’après avoir commis un impair au Conseil de sécurité, la Russie devrait en toute logique chercher à y remédier par tous les moyens en utilisant toutes les autres plateformes, y compris celle du groupe de contact.
Apparemment le ministère russe des Affaires étrangères n’a toujours pas formulé sa position envers les ennemis de Kadhafi. Ces derniers ont jusqu’à récemment toujours été traités de séditieux en Russie, et ce n’est qu’après avoir appris la venue éventuelle à Moscou de la délégation de Benghazi, qu’on a commencé à les qualifier de rebelles. Ce changement ne peut pas rester inaperçu. Certes, la visite de cette délégation a été reportée, mais le ministre russe des Affaires étrangères a exprimé non seulement ses regrets, mais aussi son espoir de voir prochainement la délégation à Moscou.
Cette position me paraît tout à fait appropriée, car elle correspond pleinement à la volonté exprimée par la Russie de voir cesser de l’effusion de sang en Libye. Quels que soient les adversaires de Kadhafi, ils ne sont certainement pas moins fréquentables que les représentants du mouvement Hamas, que les diplomates russes ont souvent contactés et pour qui ils ont même organisé une visite guidée du Kremlin, au nom de la paix au Moyen-Orient. Maintenant rien ne doit les empêcher de montrer les curiosités du Kremlin à la délégation de Benghazi.
Tout cela laisse pourtant sans réponse la question posée au début de cet article, à savoir quand la Russie compte réconcilier les adversaires irréductibles par ses propres efforts. Qui plus est, en boudant le groupe de contact pour la Libye.
L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction.

Petr Romanov, RIA Novosti

18/05/2011

http://fr.rian.ru/discussion/20110518/189518812.html


2-3 Manlio Dinucci : Les hyènes du désert existent, la France aide à leur formation .

A Zayed Military City, un camp d’entraînement dans une zone désertique des Emirats arabes unis, est en train de naître une armée secrète qui sera utilisée non seulement à l’intérieur du territoire mais aussi dans d’autres pays du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord. C’est Erick Prince qui est en train de la mettre sur pied : un ex commando des Navy Seals qui avait fondé en 1997 la société Blackwater, la plus grande compagnie  militaire privée utilisée par le Pentagone en Irak, Afghanistan et autres zones de guerre. La compagnie, qui en 2009 a été renommée Xe Services, (afin, entre autres motifs, d’échapper aux actions juridiques pour les massacres de civils en Irak) dispose aux Etats-Unis d’un grand camp d’entraînement où elle a formé plus de 50mille spécialistes de la guerre et de la répression. Et elle est en train d’en ouvrir d’autres.

A Abu Dhabi, Erick Prince a stipulé, sans apparaître personnellement mais à travers la joint-venture Reflex Responses, un premier contrat de 529 millions de dollars (l’original, daté du 13 juillet 2010, a été rendu public maintenant par le New York Times). Sur cette base a commencé dans divers pays (Afrique du Sud, Colombie et autres) le recrutement de mercenaires pour constituer un premier bataillon de 800 hommes. Ils sont entraînés aux Emirats par des spécialistes étasuniens, britanniques, français et allemands, provenant de forces spéciales et de services secrets. Ceux-ci sont payés 200-300 mille dollars par an, et les recrues 150 dollars par jour. Une fois prouvée l’efficience du bataillon dans une «action réelle », Abu Dhabi financera avec des milliards de dollars la mise sur pied d’une brigade entière de plusieurs milliers de mercenaires. On prévoit de construire aux Emirats un camp d’entraînement analogue à celui en fonction aux Etats-Unis.
Le principal appui de ce projet est le prince héritier d’Abu Dhabi, Sheik Mohamed bin Zayed al-Nahyan, formé à l’académie militaire britannique Sandhurst et homme de confiance du Pentagone, fauteur d’une action militaire contre l’Iran. Le prince et son ami Erick Prince ne sont cependant que les exécutants du projet, qui a sûrement été décidé dans les hautes sphères de Washington. Son but réel est révélé par les documents cités dans le New York Times : l’armée qui est en train d’être formée aux Emirats conduira « des missions opérationnelles spéciales pour réprimer des révoltes intérieures, du type de celles qui sont en train de secouer le monde arabe cette année ». L’armée de mercenaires sera donc utilisée pour réprimer les révoltes populaires dans les monarchies du Golfe, avec des interventions comme celle qui a été menée en mars par les troupes des Emirats, du Qatar et de l’Arabie saoudite au Bahrein où on a écrasé dans le sang la demande populaire de démocratie. « Des missions opérationnelles spéciales » seront effectuées par l’armée secrète dans des pays comme l’Egypte et la Tunisie, pour briser les mouvements populaires et faire en sorte que le pouvoir reste entre les mains des gouvernements garants des intérêts des Etats-Unis et des plus grandes puissances européennes. Et en Libye aussi, où le plan USA/OTAN prévoit sûrement l’envoi de troupes européennes et arabes pour fournir « l’aide humanitaire aux civils libyens ». Quel que soit le scénario - soit une Libye « balkanisée » divisée en deux territoires opposés dirigés par Tripoli et Benghazi, soit une situation de type irako-afghan à la suite du renversement du gouvernement de Tripoli- l’utilisation de l’armée secrète de mercenaire s’annonce : pour protéger les implantations pétrolifères qui sont de fait aux mains des compagnies étasuniennes et européennes, pour éliminer des adversaires, pour garder le pays dans un état de faiblesse et de division. Ce sont les « solutions innovantes » que Xe Services (ex Blackwater), dans son auto présentation, se vante de fournir au gouvernement étasunien.

Edition de mercredi 18 mai 2011 de il manifesto

Traduit de l‘italien par Marie-Ange

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110518/manip2pg/08/manip2pz/303351/  


2-4 Philippe Leymarie « Elargissement des cibles » en Libye.

Silence assourdissant, en Europe, pendant que l’OTAN mène en son nom une guerre qui ne dit pas son nom : en deux mois, deux mille six cents « frappes » sur des cibles en Libye. L’opération « Unified protector », vendue à l’ONU sous un manteau humanitaire, a conduit à prendre parti dans une guerre civile, et à glisser de l’imposition d’une « zone d’exclusion aérienne » à une expédition punitive visant un régime et un homme, promus au rang de « nouveaux Satans » – quitte à générer des victimes civiles supplémentaires, des destructions, la désorganisation d’un pays… A fabriquer encore plus de réfugiés, d’émigrés… Voire à courir un risque de partition du pays – avec au final un rapport coût-efficacité pour le moins contestable.

Plus vite, plus fort : les dirigeants européens les plus en pointe dans l’actuelle opération en Libye souhaitent des résultats plus déterminants et rapides :

 ils sont soucieux de ne pas ajouter des tensions sur un marché du pétrole déjà très nerveux depuis quelques mois ;
 ils craignent que la prolongation du conflit ne favorise le courant islamiste d’AQMI, et ne provoque un afflux supplémentaire d’immigrés d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire ;
 en outre, leurs opinions publiques, bien que plutôt indifférentes au sort des Libyens eux-mêmes, regardent avec méfiance cet engagement coûteux, avec risque d’enlisement à la clé.

D’où ces appels, côté français et britannique, ces derniers jours, à « intensifier les frappes » et à « élargir les cibles ». Et un début de réalisation, dans la nuit du 16 au 17 mai : le bombardement, à Tripoli, d’un siège de la police et du département chargé de l’anti-corruption, visés par des missiles tirés depuis le sous-marin Triumph et des chasseurs Tornado britanniques.

Le ministère de la défense à Londres présente ces objectifs sous un jour un peu différent : il s’agirait des locaux d’une agence de renseignement, et d’une base d’entraînement des gardes du corps qui assurent la protection des dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi. Mais, dans les deux versions, on s’éloigne de la « protection des populations » (mandat délivré par le Conseil de sécurité le 17 mars 2001), qui avait été très vite élargie à la destruction des installations militaires libyennes et à l’appui aux combattants du Conseil national de transition (CNT) basé à Benghazi.

Régime « fini »

Deux déclarations récentes éclairent cette problématique de « l’élargissement » :

 « Nous souhaitons intensifier la pression militaire parce que, compte tenu de la personnalité de Kadhafi, il ne comprendra que cela, c’est-à-dire la force », fait valoir le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, pour qui le régime est « fini »(entretien avec Al-Hayat, samedi 14 mai).

 « Il faut sérieusement envisager d’élargir le champ de nos objectifs », affirme le général David Richards le chef d’état-major britannique : « Pour l’instant, l’OTAN n’attaque pas les infrastructures en Libye. Si nous n’augmentons pas la mise, Kadhafi risque de s’accrocher au pouvoir » (Sunday Telegraph, 15 mai).

Au passage, le patron de l’armée britannique trouve un « arrangement » pour justifier une éventuelle élimination physique du numéro un libyen : l’OTAN ne cherche pas, dit-il, à l’atteindre directement, mais « s’il se trouve qu’il est dans un centre de commandement au moment d’un raid et qu’il est tué, cela n’a rien “d’illégal” ».

L’Organisation transatlantique assure (contre toute vraisemblance) qu’elle ne vise pas les individus, et que, n’étant pas présente au sol en Libye, elle n’a aucun moyen d’établir les bilans des frappes, de suivre les déplacements des dirigeants libyens. Une pirouette qui avait déjà été utilisée le mois dernier, pour passer par pertes et profits la mort d’un fils et de deux petits enfants du dictateur libyen, tués lors du bombardement d’un « centre de commandement ».

« Lâches croisés »

Le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, se référant à des indications de Mgr Giovanni Martinelli, l’évêque catholique de Tripoli, resté en contact avec les autorités libyennes [1], croyait savoir le 13 mai dernier que Kadhafi a « probablement quitté Tripoli et qu’il a sans doute également été blessé ». Ce que le gouvernement libyen a aussitôt démenti, après avoir fait diffuser le même jour par la chaîne de télévision Jamahiriah un message audio du « Guide » : « Je dis aux lâches croisés que je me trouve dans un lieu que vous ne pouvez pas atteindre et où vous ne pouvez pas me tuer. »

Certes, l’ex-« bouillant colonel » est indéfendable. Mais « Unified protector » sent maintenant la chasse à l’homme. Bien enfoncé dans un bunker, Kadhafi peut résister à tout ou presque, et même fanfaronner : combien de personnes faudra-t-il tuer avant d’arriver à lui ? Combien de destructions devront endurer le pays et sa population, pour obtenir la peau d’un homme promu au rang de nouveau Satan par ceux qui, il y a quelques mois, commerçaient tranquillement avec l’ex- et futur diable.

« Papa, reviens ! »

L’action psychologique fait également partie de l’opération « Unified protector ». L’agence Reuters rapportait lundi que l’OTAN, utilisant les fréquences de la radio militaire libyenne, s’adresse en ces termes aux membres des forces de sécurité libyennes :


 Nul n’a le droit de transformer la vie de son peuple en enfer sur terre…
 Cessez de combattre votre peuple…
 Vos dirigeants ont perdu le contrôle du pays...
 Ils ont recruté des mercenaires non libyens et les ont laissés violer votre population...
 Vous avez le choix. Bâtir une Libye pacifique au profit de votre famille et un avenir meilleur pour votre pays, ou vous exposer à la poursuite des raids aériens qui ont commencé le 19 mars…
 on entend aussi la voix d’une femme qui déclare : « Pourquoi, mon fils, pourquoi vas-tu tuer les tiens ? »
 et un enfant en pleurs qui crie : « Papa, reviens à la maison, arrête de te battre » [2].

Sanctions et défections

Outre ces frappes qu’ils demandent à l’OTAN d’intensifier et d’élargir, les dirigeants européens tablent :

 sur les sanctions internationales, comme le lancement le 16 mai, par Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la Cour pénale internationale, de mandats d’arrêts internationaux à l’encontre de Mouammar Kadhafi, d’un de ses fils, et du chef des renseignements, pour « crimes contre l’humanité » (il leur est reproché d’avoir planifié et ordonné des attaques étendues contre la population civile, d’avoir ouvert le feu sur les manifestants, attaqué des civils chez eux, bombardé des processions funéraires, et déployé des tireurs embusqués pour tuer les fidèles sortant des mosquées) [3].
 sur des défections, comme récemment celle du ministre des pétroles libyens, Choukri Ghanem, venant après celles de plusieurs ministres et militaires. Selon Franco Frattini, « les heures du régime (libyen) sont comptées » et une partie de son entourage chercherait « une porte de sortie » pour un exil du colonel Mouammar Kadhafi. « Nous travaillons avec l’ONU pour que soit trouvée une porte de sortie politique, afin que le dictateur et sa famille se retirent de la scène », a assuré le ministre italien des affaires étrangères [4].

Abonnés absents

Alors que la Ligue arabe et l’Union africaine – les deux organisation régionales qui avaient apporté leur caution à l’offensive lancée par le trio américano-franco-britannique – restent aux abonnés absents, ou sont en tout cas inaudibles, deux médiations ont été tentées ces derniers jours, pour tenter de trouver une solution politique au conflit :

       l’envoyé spécial de l’ONU, Adbel-Elah al Khatib, a été reçu dimanche 15 mai à Tripoli par le chef du gouvernement, Baghadadi Mahmoudi, qui lui a indiqué que le régime était prêt à « un cessez-le-feu immédiat qui coïnciderait avec un arrêt des bombardements de l’OTAN » (selon l’agence officielle Jana).

       la Russie, par la voix de son chef de la diplomatie, Serguei Lavrov, qui recevait des émissaires libyens à Moscou, a appelé le régime libyen à « pleinement mettre en œuvre la résolution du Conseil de sécurité (…), le principal maintenant, c’est de se mettre d’accord sur le délai et les conditions d’un armistice » [5].

« Si l’on arrive à le faire, alors il n’y aura plus aucune raison pour continuer les bombardements de l’aviation de l’OTAN, qui dépassent largement le cadre des objectifs fixés par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a encore déclaré M. Lavrov qui considère le groupe de contact formé sur la Libye à l’initiative des Occidentaux (et auquel ne participent ni Moscou ni Pékin) comme une « structure autoproclamée ». Le diplomate russe a également critiqué l’intention, selon lui, d’étendre la compétence de ce groupe à d’autres crises de la région, comme celle qui se déroule en Syrie. Moscou souhaite recevoir prochainement des émissaires de la rébellion.

Occasions manquées

Du côté du parlement européen, ça bouge un peu : le rapport Gualtieri, adopté mercredi 11 mai, il « déplore que les Etats membres de l’Union se montrent réticents à définir une position commune sur la crise en Libye ». Il met en garde sur le fait qu’un « usage disproportionné de la force » outrepasse le mandat de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, et invite la Haute représentante « à prendre des mesures concrètes afin de garantir au plus tôt l’instauration d’un cessez le feu, pour stopper l’effusion de sang et la souffrance de la population libyenne ».

Pour Leslie Gelb, qui commente de longue date la politique étrangère américaine [6], l’objectif de « débarquer » en priorité Kadhafi a conduit à passer à côté de plusieurs occasions diplomatiques, comme la tentative de médiation tentée à la mi-avril par l’Union africaine pour obtenir un cessez-le-feu.

Le professeur Sean Kay, qui suit les questions de l’OTAN, estime que « l’élimination du “Guide” libyen ne serait pas d’un grand secours si le pays tombe dans une guerre civile de type somalien – le mieux que l’on puisse espérer, à ce stade, étant une partition de facto de la Libye, ce qui n’est certainement pas ce à quoi aspirait l’OTAN lorsque cette aventure a commencé ».

Tandis que Tony Cordesman, du Centre d’études stratégiques de Washington, regrette que l’opération n’ait pas été préparée plus sérieusement, avec un plan d’action, des moyens et la volonté de frapper fort et vite, alors qu’aujourd’hui les Britanniques, Français et Américains se retrouvent, deux mois après le déclenchement des hostilités, sans « plan B », sinon celui de poursuivre les frappes.

Dégâts et surcoût

Selon des sources de l’OTAN, il n’y a pas « d’enlisement » : après trois mois de guerre civile, le régime serait « sur la défensive » (mais on le serait à moins !), l’aviation libyenne serait détruite à plus de 80 % et l’armée de terre aurait subi de lourdes pertes avec plus de 30 % du matériel lourd détruit et 50 % de ses stocks de munitions anéantis. Le conflit a fait 800 000 réfugiés, 50 000 personnes sont entrées en Tunisie, plusieurs centaines de milliers en Egypte, plusieurs dizaines de milliers ont fui vers l’Europe par la mer. Et il y a plusieurs milliers de victimes – sans plus de précision.

Pour la France, qui assure un cinquième des sorties aériennes et un tiers des frappes, le sur-coût de l’opération « Harmattan » (déclinaison française de « Unified Protector ») serait d’environ 1,2 millions d’euros par jour – soit, en deux mois, 72 millions (dont plus de la moitié en missiles). Un coût comparable à l’engagement français en Afghanistan. Le surcoût total des « opex » françaises pour cette année devrait approcher le milliard d’euros (contre 850 millions en 2010).

Notes

[1] Depuis le début des opérations de l’OTAN, explique l’agence Reuters, Mgr Martinelli s’est montré critique envers la stratégie occidentale, affirmant que de nombreux civils avaient trouvé la mort lors des raids de la coalition. Il a fini par quitter Tripoli pour Tunis, a indiqué l’évêché de Tripoli.

[2] Le message, selon Reuters, est diffusé en anglais et dans un arabe prononcé avec un accent irakien.

[3] Conférence de presse à La Haye, lundi 16 mai 2011.

[4] Entretien diffusé par Canale5, 16 mai 2011.

[5] Allié traditionnel de la Libye, la Russie s’était – tout comme la Chine – abstenue le 17 mars, lors du vote de la résolution 1973 qui a permis l’intervention d’une coalition internationale en Libye, mais avait renoncé à exercer son droit de veto.

[6] Cité par Jonathan Marcus, spécialiste des questions de défense à la BBC. The Guardian, 11 mai 2011.

Philippe Leymarie

Mercredi 18 mai 2011

Philippe Leymarie, collaborateur du Monde diplomatique, a été chargé des questions africaines et de défense sur Radio-France internationale (RFI). Il est l’auteur, avec Thierry Perret, des 100 Clés de l’Afrique (Hachette littérature, 2006).


n° 20 - Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye - 24-05 : Fin:- « Elargissement des cibles » en Libye.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  de la Libye

n°20 du 24-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du libye" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :  

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Mouammar Kadhafi : Diplôme d'officier dans le corps des transmissions.

4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Manlio Dinucci : La montre des dépenses militaires.

4-2 El Moudjahid : Le conflit en Libye : Au centre d'un sommet extraordinaire de l'UA aujourd’hui.

 

4-3 Manlio Dinucci : L’Art de la guerre » : Les missionnaires de l’AfriCom

5  Pièce jointe

5-1  Webster G. Tarpley  : Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, alliés en Libye.




3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Mouammar Kadhafi : Diplôme d'officier dans le corps des transmissions.

Issu d'une famille de paysans bédouins et élevé dans le désert, Mouammar Kadhafi reçoit une éducation très religieuse. Alors qu'il suit les cours de l'école préparatoire de Sebha dans le Fezzan, au sud-ouest de la Libye, il crée, avec des amis, un groupuscule révolutionnaire. Un premier acte politique contre le pouvoir en place qui lui vaut d'être exclu de l'école en 1961. Passionné par l'Egyptien Nasser et son courant panarabe, Kadhafi se dirige alors vers le Droit. A l'université de Libye, il obtient un diplôme dit "de seconde classe", le "2:1 Hons", équivalent à un bac +3. Sa formation est ensuite essentiellement militaire : à l'académie militaire de Benghazi en 1963, où il réactive son mouvement contre la monarchie en place, puis au British Army Staff College en Angleterre, où il obtient, en 1966, le grade d'officier dans le corps des transmissions.

 En 1963, après avoir obtenu son baccalauréat de philosophie-lettre, jugeant que l'armée serait amenée à jouer un rôle de premier plan dans la bataille pour l'émancipaton, Kadhafi entra à l'Académie militaire de Benghazi. Il fit tant et tant de propagande dans l'armée qu'il la retourna toute entière. A tel point que dans la nuit du 30 aout au 1° septembre 1969, la révolution lybienne put se faire en deux heures sans que coule une seule goutte de sang ! Qui dit mieux ? Et si la télé nous dit tant de mal de kadhafi, c'est certainement parce que justement, pour sa révolution, il n'a eu besoin de tuer personne.

 C'est aussi, sans doute, parce que dès le lendemain les salaires avaient été multipliés par deux et les loyers divisés par deux. Mais bien sûr, c'est aussi, parce que, quelques années après, réussissant plus ou moins l'union des pays vendeurs de pétrole, il réussit à faire en sorte que l'occident soit obligé de l'acheter à un prix un peu plus correct ! Et d'ailleurs, Kadhafi sert bien la compagnie d'aviation Boing : en effet, il revient bien moins cher d'accuser Kakhafi de terrorisme à chaque accident d'avion que de financer la sécurité ! Pour confirmer mes dire, j'ai entendu à France-Info, que maintenant que Kadhafi avait pu prouver qu'il n'y était pour rien, dans l'histoire de Lokerby, Boing disait que finalement c'était l'Iran. En tout cas, c'est sûrement pas la faute au fait que le propriétaire de Boing ne veut pas payer les frais d'entretien de ses avions ! 

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6088

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Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Manlio Dinucci : La montre des dépenses militaires.

Rubrique L’art de la guerre

Imaginez que vous avez au poignet une montre digitale qui n’indiquerait pas seulement les minutes et les heures, mais les chiffres des dépenses militaires de minute en minute et d’heure en heure. Vous pouvez ainsi voir qu’en Italie on dépense en argent public, dans le secteur militaire, plus de 50mille euros à la minute, 3 millions à l’heure, 76 millions par jour. Ce qui équivaut à environ 27 milliards d’euros (38 milliards de dollars) en une année. La montre est réglée sur les dernières données du Sipri (le réputé institut international dont le siège est à Stokolm), relatives à la dépense militaire de 2010. On peut voir la dépense mondiale sur un autre cadran : on dépense dans le monde à des fins militaires plus de 3 millions de dollars par minute, 186 millions par heure, 4,5 milliards par jour. Ce qui équivaut à 1.630 milliards de dollars en une année. Calculée nette d’inflation, la dépense militaire mondiale en 2010 dépasse de 50% celle de 2001. Dans le classement des pays qui dépensent le plus, les Etats-Unis se trouvent nettement au premier rang avec environ 700 milliards de dollars annuels, équivalant à 43% de la dépense mondiale. Suivent la Chine, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, le Japon, l’Arabie Saoudite, l’Allemagne, l’Inde et l’Italie. Ces dix pays totalisent les trois quarts de la dépense  militaire globale des 171 pays recensés par le Sipri. Toutes ces données peuvent se lire sur la montre spéciale, que tout gouvernant devrait porter au poignet.

Le premier exemplaire de ces montres (avec gravé sur le boîtier en or massif « God Don’t Bless America ») devrait être donné au président des Etats-Unis pour lui rappeler que, si en 2010 la dépense militaire mondiale a augmenté en termes réels de 20 milliards de dollars par rapport à 2009, ceci est dû presque entièrement à la croissance de la dépense militaire étasunienne. Si une telle somme avait été épargnée, on aurait pu recueillir les 20 milliards de dollars qu’Obama et les autres leaders, au Summit G8 de L’Aquila en 2009, avaient promis mais jamais donnés, pour combattre la faim dont est victime dans le monde plus d’un milliard de personnes.

En Italie, c’est avant tout le président de la république, le président du conseil et les membres du gouvernement qui devraient recevoir la montre, dans une série spéciale dédiée au centenaire de la première guerre de Libye (le 5 octobre 1911 les troupes italiennes débarquèrent à Tripoli, NdT), particulièrement significatif aujourd’hui alors que l’Italie est engagée dans la seconde guerre coloniale en Libye. Cette même montre, avec gravé sur le boîtier « Souviens-toi que l’Italie répudie la guerre » (Article 11 de la Constitution italienne : « L’Italie répudie la guerre comme mode de solution des controverses internationales », NdT), devrait être donnée aussi aux parlementaires. En particulier aux rangs bipartisans qui attribuent cette année 800 millions d’euros d’argent public pour la guerre en Afghanistan (après y avoir déjà dépensé plus de 3 milliards), auxquels s’ajoutent plus de 100 millions par mois pour la guerre de Libye. Ce serait bien que cette montre soit aussi portée par les hommes politiques et les syndicalistes qui, tandis qu’ils se plaignent de la pression fiscale et de la rareté des fonds pour les dépenses sociales, oublient que chaque année l’Italie dépense dans le militaire l’équivalent d’une grosse loi de finances et qu’on trouverait les sous pour les dépenses sociales si on avait la volonté de réduire la dépense militaire.

Ce serait important que tous les citoyens portent cette montre. Ils verraient ainsi que la dépense militaire d’une seule journée équivaut aux salaires annuels bruts de 3 mille enseignants ou autres travailleurs. Et ayant vu «quelle dépense il est», ils diraient qu’il est temps d’en finir.

Manlio Dinucci

17-05

Edition de mardi 17 mai 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110517/manip2pg/14/manip2pz/303302/ 
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


4-2 El Moudjahid : Le conflit en Libye : Au centre d'un sommet extraordinaire de l'UA aujourd’hui.

La situation en Libye, où l'OTAN poursuit ses frappes  militaires, sera, aujourd’hui à Addis-Abeba, au centre d'un sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) qui tente depuis plusieurs semaines de favoriser une solution politique au conflit sur la base de la feuille de route adoptée le 10 mars dernier par son Comité ad hoc de haut niveau sur la Libye.   

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Abdel Ilah Khatib, a indiqué  qu'il accompagnera le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon dans la capitale éthiopienne pour "assister au sommet de l'Union africaine et avoir des consultations avec des responsables de l'UA et des pays membres sur les moyens de régler politiquement la crise libyenne". Ce sommet extraordinaire de l'UA prévu pour deux jours "sera l'occasion  d'examiner la situation prévalant en Libye, sur la base du  travail que mène le comité ad hoc de haut niveau de l'UA sur la Libye, et d'autres situations de conflit (en Afrique), aux fins d'articuler des réponses collectives africaines en vue de leur règlement rapide", selon un communiqué de l'organisation.         

Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a déploré le manque  d'intérêt accordé par la communauté internationale à l'initiative africaine pour mettre fin aux hostilités en Libye par des moyens diplomatiques et via des négociations entre les parties en conflit.          

"Nous (l'Union africaine) ne sommes pas très écoutés et nous voyons que la résolution 1973 de l'ONU qui concernait l'humanitaire, qui est basée sur la responsabilité de protéger (les populations civiles) (...) est pratiquement  déjà violée dans l'esprit et la lettre", a-t-il déploré.  

La dernière réunion en date s'est tenue dimanche, réunissant le Conseil de sécurité de l'ONU et le Conseil de paix et sécurité (CPS) de l'UA qui ont souligné la nécessité d'un cessez-le-feu crédible et vérifiable, encourageant l'UA et l'ONU, ainsi que d'autres acteurs intéressés, à ouvrer pour cet objectif.        

La feuille de route de l'UA souligne notamment la nécessité d'une "cessation  immédiate de toutes les hostilités, de la coopération des autorités libyennes  concernées pour faciliter l'acheminement de l'assistance humanitaire aux populations dans le besoin et de la protection des ressortissants étrangers y compris les  travailleurs migrants africains vivant en Libye".

Dans le cadre des efforts visant à résoudre la crise libyenne, des chefs de tribus libyennes ont transmis une lettre au secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, lors d'une rencontre au Caire, dans le but d'encourager une solution pacifique au conflit, selon des médias égyptiens.        

La capitale égyptienne doit également accueillir lundi prochain une  réunion sur la Libye avec la participation de responsables de la Ligue arabe, de l'ONU, de l'UA, de l'Union européenne (UE) et de l'Organisation de la conférence  islamique (OCI), d'après une source au sein de l'organisation panarabe.          

Par ailleurs, la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de  l'ONU, et qui s'était opposée à l'intervention militaire de la coalition étrangère en Libye, a souhaité que le sommet extraordinaire de l'UA, permettra d'édicter des mesures qui mettront fin aux hostilités dans ce pays. "J'espère que grâce à cette rencontre, une ligne susceptible de mettre  un terme à l'effusion de sang sera formulée à partir des propositions qui se  trouvent sur la table de négociations, dont l'initiative du Conseil national de transition (CNT, rébellion)", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères  Sergueï Lavrov.        

M. Lavrov a estimé aussi que le CNT constitue un "partenaire légitime" de négociation sur l'avenir de ce pays. La Russie a reçu la veille Abdel Rahman  Shalgam, un ancien ministre des Affaires étrangères et ambassadeur de Libye à l'ONU. Le CNT, rappelle-t-on, a été reconnu par certains pays notamment  occidentaux qui le considèrent comme seul représentant du peuple libyen. Les  Etats-Unis ont invité les rebelles à ouvrir une représentation à Washington.        

El Moudjahid

24 mai 2011
http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/12420


4-3 Manlio Dinucci : L’Art de la guerre » : Les missionnaires de l’AfriCom

Présenté par le Prix Nobel de la Paix Barack Obama comme une œuvre humanitaire d’aide au développement de l’Afrique, l’AfriCom est en réalité une force de projection permanente destinée à coloniser le continent noir. Son premier exploit médiatique est de soigner des enfants malades, mais sa première mission réelle aura été de bombarder la Libye.
À première vue on dirait des missionnaires comboniens [1]. Mais ce sont les militaires de l’AfriCom, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. À Djibouti ils soignent les pauvres, tandis qu’en Éthiopie ils construisent des écoles et au Malawi ils font face à une urgence humanitaire. Ces bonnes actions et bien d’autres sont l’œuvre de l’Africom. « L’Amérique a la responsabilité de travailler avec vous comme partenaire », a dit le président Obama dans son discours « historique » du 11 juillet 2009 au Ghana [2], en garantissant que l’AfriCom allait avant tout contribuer à « résoudre pacifiquement les conflits ». Et en assurant que « l’Amérique (Etats-Unis, NdT) n’essaiera d’imposer aucun système de gouvernement à aucune autre nation », parce que « la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine son propre destin ».

 

Vingt mois plus tard, le 19 mars 2011, l’AfriCom a lancé l’opération Odissey Dawn, la première phase de la guerre dont le but réel est de renverser le gouvernement de Tripoli pour imposer à la Libye (pays qui a les plus grandes réserves pétrolifères d’Afrique) un gouvernement qui plaise à Washington. Obama a aussi dit que les États-Unis s’emploient à soutenir en Afrique des « démocraties fortes et durables », parce que « le développement dépend du bon gouvernement ». Mission que l’AfriCom réalise en formant en Afrique des « forces militaires partenaires, professionnelles et compétentes, pour créer une situation stable et sûre en soutien de la politique extérieure USA ».

 

L’AfriCom contribue donc au bon gouvernement en Afrique en s’appuyant sur ces sommets militaires que Washington juge fiables ou pouvant être conquis. De nombreux officiers sont formés au Centre d’études stratégiques pour l’Afrique et dans divers programmes, surtout l’ACOTA à travers lequel ont été entraînés environ 50 000 instructeurs et soldats africains. Même objectif pour les manœuvres militaires conjointes, comme l’Africa Lion actuellement en cours au Maroc, où ont débarqué 2 000 Marines. La manœuvre, à laquelle participent 900 militaires marocains, est dirigée par un commandement conjoint mobile (Djc2) envoyé par la US Army Africa, le quartier général de Vicence (région Frioul Vénétie Julie, NdT) des forces terrestres AfriCom, relié à celui des forces navales basé à Naples.

 

Le Djc2, explique un officier, peut être déployé « dans n’importe quelle condition, dans n’importe quelle partie du continent ». Même si le quartier général de l’AfriCom reste à Stuttgart, étant donnée la réticence de quasiment tous les pays africains à l’accueillir, et si Obama assure que ce dernier « n’a pas pour objectif d’avoir un point d’appui en Afrique », l’AfriCom a déjà là une force permanente : la force d’intervention jointe de la Corne d’Afrique, environ 2 000 hommes basés à Djibouti, qui mène des opérations (en grande partie secrètes) dans divers pays.

 

L’AfriCom a aussi diverses « Stations pour le partenariat en Afrique » : des navires de guerre qui vont de port en port, fonctionnant comme bases mobiles où sont entraînés les militaires africains. Les escales préférées sont celle d’Afrique occidentale, région riche en pétrole et autres ressources précieuses, où la frégate lance-missiles Robert G. Bradley a visité en avril le Cap Vert et le Sénégal. Pour l’entraînement (et pour des opérations secrètes), l’AfriCom recourt aussi à des compagnies militaires privées, comme les tristement célèbres DynCorp et Xe Services, payées avec les fonds d’un milliard de dollars institués par le Département d’Etat pour « le maintien de la paix en Afrique ». 

[1] Congrégation missionnaire connue en Italie pour ses œuvres en Afrique ; le père A. Zanotelli, en particulier, très engagé dans le mouvement italien anti-guerre, en fait partie. NdT.

[2] « Discours devant le Parlement du Ghana », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 11 juillet 2009.

Manlio Dinucci
Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Geograficamente. Per la Scuola media (3 vol., Zanichelli, 2008) ; Escalation. Anatomia della guerra infinita, DeriveApprodi (2005).
Il Manifesto, 24 mai 2011
Traduction Marie-Ange Patrizio
http://www.voltairenet.org/article170003.html
http://www.voltairenet.org/article161021.html



5  Pièce jointe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Le recyclage des hommes de Ben Laden

5-1  Webster G. Tarpley  : Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, alliés en Libye.

S’appuyant sur le dépouillement entrepris à l’Académie militaire de West Point des archives confisquées de l’Émirat islamique d’Irak, l’historien et journaliste états-unien Webster G. Tarpley montre que le personnel du Conseil national de transition libyen est largement issu d’al-Qaida. Dans un vaste mouvement de réorganisation de leurs actions secrètes, les États-Unis encadrent en Libye —et en Syrie— les jihadistes contre lesquels ils luttent en Irak et en Afghanistan. « Ben Laden est mort ! Vive les benladenistes ! », peut-on s’exclamer avec cynisme à Washington.

Réseau Voltaire | Washington DC (États-Unis) | 21 mai 2011

 

« Des serpents, la soif, la chaleur et le sable, seule la Libye peut présenter cette multitude de malheurs qui pousserait tout homme à la fuir. »
Lucain, La Pharsale

L’actuelle opération militaire contre la Libye a été motivée par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU [1] et a pour objectif de protéger les civils. Les déclarations du président Obama, du Premier ministre britannique David Cameron, du Président Sarkozy [2], et d’autres dirigeants ont souligné la nature humanitaire de cette intervention, qui a officiellement pour but d’empêcher le massacre de forces pro-démocratiques et de partisans des droits de l’homme par le régime de Kadhafi.

Mais dans le même temps, de nombreux commentateurs ont manifesté une certaine anxiété en raison du mystère entourant le gouvernement de transition anti-Kadhafi qui a vu le jour au début du mois de mars dans la ville de Benghazi située dans le district cyrénaïque au nord-est de la Libye. Ce gouvernement a déjà été reconnu par la France et le Portugal comme le seul représentant légitime du peuple libyen. Le Conseil des rebelles semble se composer d’un peu plus de 30 délégués, dont la plupart restent entourés d’un halo de mystère. De plus, les noms de plus d’une douzaine de membres de ce Conseil sont tenus secrets, prétendument pour protéger ces personnes de la vengeance [éventuelle] de Kadhafi. Mais il pourrait bien y avoir d’autres raisons derrière ce secret entourant leur identité. Malgré les nombreuses incertitudes, les Nations unies et une bonne partie des nations clés de l’OTAN, dont les USA, se sont empressées d’aider les forces rebelles au moyen de frappes aériennes, ce qui a mené à la perte d’un ou deux avions de la Coalition avec la perspective de pertes bien plus lourdes surtout en cas d’invasion [terrestre]. Il est grand temps que les États-uniens et les Européens en sachent un peu plus au sujet de ces rebelles qui sont supposés représenter une alternative démocratique et humanitaire au régime de Kadhafi.

Il est clair que les rebelles ne sont pas des civils, mais bien une force armée. Quel genre de force armée ?

Étant donné la difficulté d’étudier les chefs rebelles depuis l’étranger, et puisque le profil sociologique des rebelles est impossible à établir au beau milieu de cette guerre, peut-être que la méthode typiquement utilisée en histoire des sociétés peut être appelée à la rescousse. Existe-t-il un moyen de savoir exactement quel climat d’opinion prévaut dans ces villes du nord-est de la Libye, comme Benghazi, Tobrouk ou Darna, qui représentent les foyers de la rébellion ?

Une étude « West Point » datant de décembre 2007 s’est penchée sur le profil des combattants étrangers de la guérilla, et a établi que des djihadistes ou des Moudjahidins, certains étant des kamikazes potentiels, ont traversé la frontière syrienne pour se rendre en Irak pendant la période 2006-2007, le tout étant supervisé par l’organisation terroriste internationale al-Qaida. Cette étude se base sur près de 600 fiches du « personnel » saisies par les Forces US à l’automne 2007, puis analysées à West Point à l’aide d’une méthodologie que nous aurons l’occasion d’examiner après en avoir présenté les principales conclusions. Les résultats de cette étude [Document à télécharger au bas de cette page] ont permis de découvrir certains traits prédominants dans la mentalité et les structures de croyance des populations du Nord-Est libyen, et ont permis de déterminer quelques points importants sur la nature politique de la révolte anti-Kadhafi dans cette région.

Darna, nord-est de la Libye : Capitale mondiale des djihadistes

La découverte majeure à laquelle a mené cette étude de West Point est que le couloir allant de Benghazi à Tobrouk, en passant par la ville de Darna (aussi épelée Derna) représente l’une des plus grandes concentrations au monde de terroristes djihadistes, et

peut être considérée comme la première source de candidats à l’attentat kamikaze, tous pays confondus. Darna, avec une proportion de 1 combattant terroriste envoyé en Irak « tuer de l’États-unien » pour 1 000 à 1 500 habitants, semble être le paradis des kamikazes, dépassant de loin son compétiteur le plus proche, à savoir Riyad, en Arabie Saoudite.

D’après les auteurs du rapport de West Point, Joseph Felter et Brian Fishman, l’Arabie Saoudite occupe la première place si l’on considère le nombre absolu de djihadistes envoyés en Irak combattre les USA et les membres de la Coalition pendant la période en question. La Libye, dont la population représente moins du quart de celle de l’Arabie Saoudite, occupe la deuxième place. L’Arabie Saoudite a envoyé 41 % des combattants. D’après Felter et Fishman, « La Libye était le suivant dans la liste des pays d’origine, avec 18,8 % (112) des combattants provenant de ce pays, parmi ceux qui ont précisé leur nationalité. » D’autres pays bien plus peuplés restaient loin derrière : « La Syrie, le Yémen et l’Algérie étaient les suivants avec respectivement 8,2 % (49), 8,2 % (48) et 7,2 % (43). Les Marocains représentaient 6,1 % (36) des effectifs et les Jordaniens 1,9 % (11).  ».

Cela signifie qu’au moins 1/5 des combattants étrangers entrant en Irak à travers la frontière syrienne venaient de Libye, un pays peuplé d’à peine 6 millions d’habitants. La proportion d’individus désireux de combattre en Irak était bien plus importante parmi les Libyens que pour n’importe quel autre pays appuyant les moudjahidines. Felter et Fishman on souligné le fait que « presque 19 % des combattants dans les dossiers de Sinjar, venaient de la seule Libye. De plus, la Libye a proportionnellement bien plus contribué que n’importe quelle autre nation, d’après les dossiers de Sinjar, même par rapport à l’Arabie Saoudite. »

Suite en Pièce jointe

A nous demander par mail. 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

24/05/2011

n°19 - Journal de Libye - 15-05 au 23-05 - : Début-: Hypocrisie : Kadhafi, la ‘’Communauté internationale’’ et nous…


n°19 - Journal de Libye - 15-05 au 23-05  - : Début-: Hypocrisie : Kadhafi, la ‘’Communauté internationale’’ et nous…



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

                          n°1                                       01-03 au 05-03

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

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c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

 


 Tiré à part :

Célestin Bedzigui : Hypocrisie : Kadhafi, la ‘’Communauté internationale’’ et nous…

Comaguer : HONTE SUR LA COUR PENALE INTERNATIONALE.

Paroles & action du président Kadhafi

Kadhafi s’exprime : La Libye, éclaboussée du sang de son fils et de trois de ses petits-enfants

Paroles & action du président Obama

Résistance

Analyse

Hassan Allib : Le peuple veut garder la Libye libre avec Kadhafi.

Adolfo Pérez Esquivel : de Nobel à Nobel, une lettre au Président des Etats-Unis.

1 Lutte pour la libération du territoire

Sur le terrain

Des Canons ... pas du beurre

1 Politique de L'OTAN

Des Canons ... pas du beurre

2 Les institutions

3 Les pays

Fin

4 Dans le monde

Vénézuéla



Tiré à part :

Célestin Bedzigui : Hypocrisie : Kadhafi, la ‘’Communauté internationale’’ et nous…

Il faut faire attention au «Baobab qu’on abat» en utilisant des arguments ridicules qui cachent mal des manœuvres d’encerclement.
Je suivais la télévision cette nuit de Dimanche 1er Mai, dans mon salon à New York, lorsqu’ à 23H, en Breaking News, le Président Américain est apparu sur l’écran pour annoncer, qu’ après qu’il ait donne le feu vert d’agir, Ossama Bin Laden avait été tué dans un raid d’une unité d’élite de l’armée américaine au Pakistan. Une décision politique donc. Une idée m’a tout de suite traversé l’esprit : les militaires de l’OTAN ne pouvaient pas avoir pris l’initiative de bombarder pour tuer, la veille, la résidence familiale de Kadhafi, le Chef d’ Etat de la Libye, sans que cela n’ait été en exécution d’un ordre politique de Sarkozy et autres. Il est donc fort probable que le weekend du 1er Mai devait voir être annoncée la liquidation de Ossama Ben Laden et …de Mouammar El Kadhafi, le caractère absolument criminel de l’assassinat de Kadhafi, dirigeant d’un pays souverain, par les forces coalisées des pays occidentaux devant être couvert par les clameurs de la mort de Ben Laden.

Dieu merci, ce but n’a pas été atteint, sauf la mort sous le bombardement du fils et des trois petits enfants de Kadhafi, qui n’a d’ailleurs suscité aucune expression de regrets à Paris, Londres, Washington… Les bombardements à répétition du Palais de Kadhafi qui sont autant de tentatives d’assassinat, sont le signe d’un échec politique et stratégique, la manifestation d’une impatience enragée de ceux qui ont engagé cette guerre qu’ils croyaient finir en 72 heures.
Malheureusement pour eux, en dépit des moyens technologiques et des systèmes d’armement sophistiqués utilisés, Kadhafi résiste et son régime ne s’est pas effondré. Nos envahisseurs cachés derrière les soit- disant rebelles, pour sortir de l’enlisement, croient tenir la solution en assassinant Kadhafi, pariant ainsi que sa mort entrainera l’effondrement instantané de son régime.
L’objectif de la guerre en Libye, préparée de longue date par les Services secrets français et ayant utilisé le fallacieux prétexte de la protection de civils, en réalité des rebelles armés, n’est pas seulement la prise du contrôle du pétrole et du gaz naturel de ce pays. Dans le viseur des envahisseurs, il y avait les Fonds Souverains Libyens, ces capitaux que l’État libyen a investis à l’étranger. Ils sont gérés par la Libyan Investment Authority (LIA) et sont estimés à plus de 150 milliards de dollars- soit 75. 000 milliards de francs.

Les cercles dominants américains et européens, avant d’attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont approprié ces fonds, dans le plus grand acte de piraterie et de rapine de tous les temps. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas qui, comme le révèle un câble diplomatique publié par WikiLeaks, le 20 janvier, a informé l’ambassadeur américain à Tripoli que la LIA avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques américaines. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor Américain les a soi-disant «gelés».
Selon les déclarations officielles, c’est «la plus grosse somme d’argent jamais bloquée aux États-Unis», que Washington garde «en dépôt pour l’avenir de la Libye». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie américaine toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne a «gelé» de son coté environ 45 milliards d’euros de fonds libyens, pour en faire un usage similaire.

Martyr du Panafricanisme
Le ‘’premier crime’’ que les nouveaux maitres du monde imputent à Kadhafi et tentent d’en corriger férocement les manifestations est son Panafricanisme militant. Ainsi, il était connu que l’assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la ‘’Libyan Arab African Investment Company’’ a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, et programmait de les augmenter dans les cinq prochaines années dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications, où la Libye a contribué de manière décisive à la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization), qui permet aux pays africains de se rendre indépendants des réseaux satellitaires occidentaux, et de réaliser des économies annuelles de centaines de millions de dollars.
Beaucoup plus importants encore auraient été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine et qui auraient contribué à asseoir l’émancipation monétaire et financière du continent noir: la Banque africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fonds monétaire africain, basé à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, installée à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes devait permettre aux pays africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, tous deux instruments de domination néocoloniale, et devait marquer la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d’utiliser 14 ex-colonies françaises.
Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Notamment, si la Banque Centrale Africaine voit le jour, les dépôts au compte d’opération des réserves des pays de la zone CFA cesseront et les positions du Trésor Français en seraient fragilisées. L’hystérie interventionniste du Président Français, Nicolas Sarkozy, et du Premier ministre Britannique David Cameron dont le pays est lié inextricablement à la France s’explique donc, non pas par l’amour des ‘’civils- rebelles- armés’’ libyens, mais par les conséquences qu’auraient pour leurs pays l’émancipation monétaire de nos nations, dont Kadhafi était l’architecte et l’artisan.

Le second ‘’crime’’ imputé à Kadhafi est qu’il est en passe de gagner la guerre de l’Eau et de se présenter comme un réel challenger du Grand Capital. La Libye et l’Egypte se partagent un véritable océan souterrain d’eau douce, le ‘’Nubian Sandstone Aquifer’’ dont les réserves s’élèvent à 200 années de débit du Nil en haute saison. Depuis plus de 25 ans, Kadhafi a lancé le ‘’ GMMRP- Great Man-Made River Project’’, qui est un réseau de 4000 km de pipeline qui procure de l’eau à toutes les villes côtières libyennes, de Tripoli a Benghazi en passant par Syrte.
Dans une deuxième phase, il est prévu que le GMMRP alimente un système d’irrigation en direction du Sud qui rendra vert le désert du Sahara et le Sahel, ouvrant ainsi des possibilités insoupçonnées de production agricole dans ces immenses régions qui pourraient devenir le grenier du monde au 22eme siècle, arrachant a l’Occident sa place de premier producteur de céréales et de produits alimentaires du monde. Kadhafi a engagé 85 milliards de dollars dans cette entreprise pharaonique sans en solliciter un seul de la Banque Mondiale- quel mauvais exemple !!!- et en défiant les ‘’trois sœurs’’ - Veolia (autrefois Vivendi), Suez Ondeo (autrefois Générale des Eaux) and Saur – les compagnies françaises qui contrôlent 40% de la production mondiale de l’eau.

Quand on met côte à côte ce pari titanesque et sa contribution décisive dans la mise en place de RASCOM, ces cas font que pour le Grand Capital Occidental, Kadhafi est devenu l’homme à abattre à tout prix autant pour ses velléités d’indépendance que pour son audace et son impertinence.
Le troisième ‘’crime’’ de Kadhafi est de n’avoir jamais voulu s’enrôler dans toute organisation qui affaiblirait ou freinerait la mise en place de l’Union Africaine. Son refus de participer à l’Union pour la Méditerranée en a enragé la France de Sarkozy - à qui par ailleurs il a refusé d’acheter les avions Rafales- car un espace méditerranéen intégré est l’un des leviers sur lequel compte ce pays pour se redonner du souffle, lui qui est si impuissant à résoudre le problème du déclassement de son économie et n’entrevoit d’autre issue que les reconquêtes coloniales. Les Anglo-saxons sont prêts à lui concéder au détriment de notre continent quelques os à ronger. C’est ainsi qu’il faut comprendre sa férocité manifestée hier en Côte d’ Ivoire, et que l’on revoit aujourd’hui en Libye.

Les Nouveaux Barbares
L’agression contre la Libye est l’illustration du monde sans loi que ceux que mous appellerons l’empire- en minuscule s’il vous plait ! - instaure de manière éhontée. Certains chroniqueurs en verve les appelleraient d’ailleurs sans trop abuser ‘’ Les Nouveaux Barbares’’.
L’empire, ’puissante machine du mensonge’ qui s’ affuble du nom usurpé de ‘’la Communauté internationale’’ et dont l’ ONU est désormais le bras séculier, a deux objectifs clairement discernables : Premièrement, détruire tout dirigeant de l’ espace afro- arabe qui pourrait initier et soutenir un projet politique qui affranchirait nos pays de sa domination; deuxièmement, s’accaparer des ressources financières et imposer à la tête des pays riches en matières premières, des dirigeants qui lui sont, non pas seulement acquis, mais soumis.
Ce n’est pas seulement Kadhafi que les ‘’Blancs’’ veulent tuer, c’est le symbole qu’il représente. C’est le rêve d’émancipation réelle de nos peuples qui est entrain d’être assassiné. C’est l’Afrique dont les richesses ont toujours nourri les convoitises de l’Occident. C’est ce Baobab qu’on abat, pour voir nos enfants hériter de pays qui ne seraient souverains que de nom. C’est la réécriture à l’envers de l’Histoire des 100 dernières années, où se retrouvent à la manœuvre deux des maitres colons d’hier, la France et l’Angleterre. Triste perspective qui constitue pour le peuple africain un nouveau défi, ou à nouveau un défi, si on croyait l’avoir relevé.

Ultime recours
Et pourtant, les faits et les chiffres parlent et rendent un verdict irréfutablement positif sur une gestion politique, financière et économique exemplaires de la Libye par Kadhafi. En Libye, il n’y avait ni prisonnier politique, ni dissident crédible. S’il en existait un, son nom serait claironné sur tous les médias de l’empire en nouveau Lech Walesa ou Vaclav Wavell. Ce pays était entrain de réussir, avec la Jamarhiya, un système de démocratie directe organisée en comités populaires, un modèle politique et économique original, avec 0% de taux de chômage à comparer aux taux de 9.9% de l’Union Européenne et de 8.8% des USA. C’est un pays où les soins de santé et l’éducation sont gratuits, à comparer aux Etats Unis où plus de 40 millions de personnes n’ont aucune couverture maladie ; un pays où tout adulte est propriétaire de sa maison et de sa voiture.
En Libye, 7.5% de la population vit en dessous de la ligne de pauvreté contre 14,3 % aux USA et… 48% au Cameroun. Ces chiffres confirment que les causes de la ‘’ rébellion’’ ne sont pas endogènes, mais d’essence extérieure.

Fait le plus remarquable, Kadhafi a su éviter à son pays le ‘’ syndrome hollandais’’, ce grave déséquilibre économique causé par un apport massif de ressources financières par l’exploitation du pétrole ou du gaz naturel. Des pays aussi variés que les Pays Bas, le Royaume Uni, et tous les pays pétroliers d’Afrique Centrale en ont été, à un moment donné, victimes.
Les pays et les peuples africains se retrouvent sans une organisation établie en pacte de défense collective qui pourrait les soutenir populairement, diplomatiquement, les protéger militairement. La créer serait donc la mission du nouveau panafricanisme dont l’esprit, la doctrine et les actes étaient inscrits dans les actions de Kadhafi.
C’est ce qui doit prévaloir aujourd’hui dans nos pensées, notre discours et notre démarche, c’est un engagement total pour l’avènement des structures et des institutions africaines, une Union Africaine des Peuples qui, seule, peut être notre bouclier contre les convoitises prédatrices des ‘’nouveaux barbares’’. Tel devrait être notre message aux générations futures.
Célestin Bedzigui *
* Chairman,
Global Democratic Project

L'avenir n'est interdit à personne, L. Gambetta

 

Comaguer : HONTE SUR LA COUR PENALE INTERNATIONALE.

Premier Mai 2011, le Président de la première – jusqu’à nouvel ordre – puissance mondiale annonce que sur son ordre exprès l’armée des Etats-Unis vient d’assassiner sur le sol d’un pays étranger un personnage qu’aucune instance judicaire d’aucun pays pas même le sien n’avait ni inculpé ni a fortiori condamné, qu’aucune police officielle ne poursuivait. Il s’agit donc de l’exécution après dix ans d’un vrai/faux suspense d’un personnage présenté par l’appareil mondial de propagande depuis le soir du 11 Septembre 2001 et sans aucune preuve comme l’organisateur des attentats et comme l’ennemi public numéro 1.

Ce lynchage revendiqué a laissé la Cour Pénale Internationale de glace. Pourtant ce meurtre prémédité, organisé, immédiatement suivi par l’élimination, à la face du monde, du corps de la victime, constitue à l’évidence un « HOMICIDE INTENTIONNEL » retenu comme crime de guerre par l’article 8 du Statut de Rome de la CPI.

Dans les jours suivant ce crime, la CPI s‘est outrageusement enfouie la tête dans le sable. Son silence ne saurait lui être reproché pour la raison bien simple que les Etats-Unis, après avoir très activement poussé à la création de la CPI, n’y ont pas adhéré et se sont donc positionnés une nouvelle fois au dessus des lois humaines, position revendiquée par Obama comme par tous ses prédécesseurs avec plus ou moins d’éclat. Il n’a pas fallu plus de quinze jours pour que la CPI retrouve l’usage de la parole et manifeste une nouvelle fois qu’elle est un organisme uniquement dédié au service de l’impérialisme et acharné tout particulièrement contre les dirigeants africains qui ne mangent pas dans la main de l’oncle Sam.

Ainsi le procureur général de la CPI l’argentin Luis Ocampo a-t-il annoncé le 16 Mai l’inculpation de Kadhafi à qui il est reproché des attaques armées contre des civils libyens. La CPI a donc choisi de ne pas voir qu’en Libye se déroule et va probablement se prolonger sur un mode qui rappelle de plus en plus la guerre de Yougoslavie une guerre civile où des puissances étrangères qui ont de nombreux agents sur le terrain soutiennent (et ont soutenu dés l’origine c’est-à-dire bien avant le début des opérations militaires conduites par le gouvernement libyen), conseillent, financent et arment une rébellion que certaines d’entre elles , la France en premier lieu, reconnaissent d’ores et déjà comme le gouvernement légal de la Libye, rééditant la manœuvre dévastatrice de l’Allemagne et du Vatican reconnaissant en 1991 la Croatie.

Ce qu’il restait de droit international, c’est-à-dire d’un droit où les nations, personnes morales, sont égales devant les traités internationaux, vole en éclats sous nos yeux. La CPI apparait pour ce qu’elle est : un outil destiné à valider le licenciement des dirigeants de pays dominés prononcé par le Conseil d’Administration de la « Compagnie financière et commerciale des cinq continents » en charge des intérêts du grand capital transnational. Au fronton de l’immeuble de la CPI à la Haye on peut désormais écrire « Obama m’a tuer »

Comaguer

Au fil des jours et des lectures n°94 - 17 Mai 2011

mardi 17 mai 2011, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1484



Paroles & action du président Kadhafi

Kadhafi s’exprime : La Libye, éclaboussée du sang de son fils et de trois de ses petits-enfants

Discours de Mouammar Kadhafi, quelques heures après lequel ont péri son fils (accusé soi-disant de liens avec les rebelles) et trois de ses petits-enfants. traduit du Russe par marianne Dunlop pour changement de société.

Aujourd’hui Obama a fait une déclaration sur la mort de ben Laden, les Amerloques ont fait la fête et oublié la mort des enfants.

Mes frères et mes sœurs !

Aujourd’hui est un jour de joie pour moi, et de tristesse. C’est le jour où il y a de nombreuses années, à la bataille de Al Gadabia est mort en héros mon grand-père. Il est tombé au combat avec des centaines d’autres Libyens. À présent, près d’un siècle plus tard, l’Italie revient, apportant le mal sur notre terre. Je suis triste d’être obligé de repenser à tout cela. Je rêvais de l’oublier.

Je veux poser une question à Berlusconi : Silvio, où est notre amitié dont tu as tant parlé ? Où est le parlement italien qui parlait beaucoup aussi d’amitié ? Où êtres- vous tous ? L’Italie a causé beaucoup de tort aux Libyens, les Libyens sont très fâchés contre l’Italie, et je n’ai pas un droit de veto qui puisse leur interdire d’éprouver de la douleur et du ressentiment.

Les Italiens nous ont dit : nous voulons et nous serons amis avec vous. Ils mentaient. Hier l’Italie a bombardé Syrte.

Vous, qui vous prétendiez mes amis, dirigeants de la Chine, de la Russie, du Nigéria, de l’Afrique du Sud, du Portugal, je vous demande : que stipulait la résolution de l’ONU 1973 ? Une zone d’exclusion aérienne ou un « permis » pour massacrer les Libyens ?

La Libye est déchirée de toutes parts. On nous a coupé l’accès au pétrole, on a fait exploser les ports, bombardé les habitations, on empêche le ravitaillement de la population, on bombarde les locaux où se tiennent les pourparlers avec des représentants d’autres pays. Et tout cela s’appelle « une zone d’exclusion aérienne » ? Je croyais avant qu’une zone d’exclusion aérienne c’est quand les avions des uns et des autres ne volent pas, mais apparemment, c’est seulement quand les avions libyens sont interdits de vol, alors que les autres volent, bombardent, ce qu’ils veulent et où ils veulent.

Le statut et les résolutions de l’organisation des Nations unies : qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

Quel était le but de la résolution, arrêter les avions ou soumettre les Libyens à la famine ? Où, dans quelles résolutions est-il dit : « il est permis de tuer » ? Où est-il dit : « on peut couper les communications et les canalisations » ? Où ?

Je ne suis pas de ceux qui aiment demander, d’habitude c’est à moi que l’on demande et je ne refuse pas. Mais aujourd’hui je demande au monde entier : « s’il vous plaît, nous devons nous asseoir à la table des négociations et parler, publiquement et clairement, pour que le monde entende aussi notre voix.

Je demande, je vous demande personnellement à vous, Vladimir Poutine, de faire le médiateur. Vous le pouvez, j’en suis sûr. Nous sommes heureux d’avoir entendu vos paroles disant qu’il fallait absolument cesser les bombardements, mais tout le monde le sait : Al Qaeda méprise les règles internationales. Je vous en conjure : regardez bien  qui fait parler les armes quand je décrète un cessez-le-feu. La paix est impossible si une seule une des parties cesse le feu.

Les Libyens ne se sont jamais faits la guerre. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est une guerre contre la Libye, et non une guerre civile.

Je demande à la communauté internationale : venez, venez chez nous, faites tout pour que cessent les bombardements d’objectifs civils. Personne n’a besoin de la guerre ici. Les Libyens sont mes enfants, les Libyens ne me font pas la guerre, et je ne mène pas de guerre contre eux. Regardez : nous aidons les gens qui ont tout perdu ce qu’ils avaient gagné par un dur labeur.

Je demande aux dirigeants de l’Union Africaine de se rendre à Adjabia et de voir qui se bat là-bas contre nous. Pourquoi des ressortissants d’Afghanistan, de Tunisie, d’Égypte et d’autres pays se font passés pour des habitants d’Adjabia ? Sauvez cette ville de ceux qui s’en sont emparés !

Et maintenant écoutez-moi bien, ceux de l’OTAN !

Vos bombardez une muraille qui empêche l’afflux d’émigrés africains en Europe, un mur qui arrête les terroristes d’Al Qaeda. Cette muraille est la Libye. Vous la détruisez. Vous êtes des idiots. Pour les milliers de migrants d’Afrique, pour le soutien à Al Qaeda, vous brûlerez en enfer. Et cela adviendra.

Je ne mens jamais. Maintenant non plus je ne mens pas.

Il y a quatre fautes que vous ne devez pas commettre. Quatre fautes qu’aucun bombardement ne pourra racheter.

Premièrement : la vie intérieure de la Libye, son organisation. Seul le peuple libyen peut résoudre ces questions et les résoudra. Lui seul. Retenez bien : Pas vous  et même pas moi. Seuls les Libyens eux-mêmes peuvent, s’ils le veulent, changer leur système d’autogestion.

Deuxièmement : moi, Mouammar Kadhafi. Que je doive partir ou non, ce n’est pas à vous d’en décider. Vous n’êtes rien. Depuis 40 ans le pouvoir en Libye est entre les mains des Libyens. Ma grand-mère et mon grand-père, mes parents ont été tués sur le sol libyen, ils n’ont jamais quitté leur patrie. Vous êtes ridicules avec vos exigences. Vous êtes ridicules. Je ne suis pas le président de la Libye, mais s’il en avait la possibilité, le peuplement m’aurait choisi. Oui, mon peuple m’aime. Et vous savez pourquoi. Parce que je ne vous aime pas.

Troisièmement : le pétrole. N’y pensez même pas. N’imaginez même pas que vous enlèverez à nos enfants le droit de posséder ce qu’ils possèdent depuis déjà 40 ans. Je ne vous promets pas que nous resterons les bras croisés à regarder nos enfants se faire dévaliser. Mais, bien entendu, nous pouvons discuter pour que vos affaires en Libye soit plus prospères qu’avant. C’est ce que vous voulez, n’est-ce pas ?

Quatrièmement : la Libye. Il n’y aura pas de drapeau blanc. Jamais. Si vous débarquez sur notre sol, tous les Libyens prendront les armes et se battront !

La vie sans liberté n’est rien.

Nous défendrons notre liberté, ou nous mourrons !

« Live journal » – 2 mai 2011

15 mai

http://blogs.mail.ru/mail/barid1981_81/3BA8B81C84F74C4C.html

http://socio13.wordpress.com/2011/05/15/kadhafi-s%e2%80%99exprime-la-libye-eclaboussee-du-sang-de-son-fils-et-de-trois-de-ses-petits-enfants/#more-30159 



Paroles & action du président Obama

Adolfo Pérez Esquivel : de Nobel à Nobel, une lettre au Président des Etats-Unis.

Cher Barack :

En t’adressant cette lettre, je le fais fraternellement afin de t’exprimer mon inquiétude et mon indignation de voir comment la destruction et la mort ont pu être semées dans plusieurs pays, au nom de la “liberté et de la démocratie”, des paroles prostituées et vidées de leur contenu afin de justifier un assassinat fêté comme s’il s’agissait d’un évènement sportif.  

Indignation face à l’attitude d’une partie du peuple des U.S.A., des Chefs d’Etats Européens ainsi que d’autres pays qui se sont réjouis de l’assassinat de Bin Laden, ordonné par ton gouvernement et ta complaisance au nom d’une pseudo justice.

Vous n’avez pas cherché à l’arrêter afin de le juger pour les crimes qu’il est supposé avoir commis, ce qui engendre le plus grand doute ; l’objectif était de l’assassiner.

Les morts ne parlent pas et face à la crainte de voir l’accusé révéler des faits dérangeants pour les U.S.A., l’issue résidait dans le meurtre avec la conviction « qu’une fois le chien tué, la rage serait éradiquée », sans prendre conscience que vous ne feriez que la propager.

Quand le Prix Nobel de la Paix t’a été décerné, prix dont nous sommes dépositaires en tant que lauréats, je t’ai adressé un courrier où je déclarais : “Barack, j’ai été très surpris que le Prix Nobel de la Paix t’ait été décerné, mais dorénavant en tant que lauréat, tu dois le mettre au service de la paix entre les peuples ; tu as toutes les possibilités de le faire, en mettant fin aux guerres et en t’engageant dans la résolution de la grave situation que vivent ton pays et le monde”.

Tu as hélas alimenté la haine en trahissant les engagements pris vis-à-vis de ton peuple pendant la campagne électorale, notamment de mettre fin aux conflits en Afghanistan et en Irak et de fermer les prisons de Guantánamo et d’Abou Graib en Irak. Non seulement tu ne les a pas tenus, mais tu t’es au contraire engagé dans une guerre contre la Libye, en t’appuyant sur l’OTAN et la honteuse résolution des Nations-Unies la soutenant ; Quand cette organisation majeure, amoindrie et dépourvue de son autonomie de pensée, s’est trouvée dévoyée par sa soumission aux volontés et intérêts des puissances dominantes.

Dans les fondements de l’ONU figurent la défense et la promotion de la paix et de la dignité entre les peuples. Son préambule affirme : “Nous, peuples du monde…”, absents à l’heure actuelle de cet organe suprême.

Je veux évoquer ici un mystique et maître qui a eu une grande influence dans ma vie, le moine trappiste de l’Abbaye de Gethsémani au Kentucky, Thomas Merton, qui a déclaré : “Le plus grand besoin de notre époque consiste à nous purger de l’énorme quantité de déchets mentaux et émotionnels qui pèse sur nos esprits et réduit toute la vie politique et sociale à une aliénation de masse. Sans cette purge domestique, nous ne saurions commencer à voir. Et si nous ne voyons pas nous ne pouvons pas penser”. Tu étais très jeune Barack pendant la Guerre du Vietnam ; peut-être ne te souviens-tu pas la lutte du peuple nord-américain contre cette guerre.

Les morts, blessés et mutilés au Vietnam souffrent encore aujourd’hui de ses conséquences.

Thomas Merton affirmait – à propos de l’édition d’un timbre ayant pour thème « The U.S. Army, key to peace », “L’armée états-unienne, une clé pour la paix”– : aucune armée ne peut être la clé pour la paix. Aucune nation ne détient la clé de rien qui n’est pas la guerre. Le pouvoir n’a rien à voir avec la paix. Plus les hommes accroissent le pouvoir militaire, plus ils violent la paix et la détruisent.

J’ai accompagné et échangé avec les vétérans de la Guerre du Vietnam, en particulier avec Brian Wilson et ses camarades, qui ont été des victimes de cette guerre et de toutes les guerres. La vie possède ce je ne sais quoi d’imprévu et d’inattendu, de ce parfum et de cette beauté que Dieu nous a octroyé pour toute l’humanité et qu’il nous appartient de protéger pour léguer aux générations futures une vie plus juste et fraternelle ; rétablir l’équilibre avec la Terre Mère. Si nous ne réagissons pas pour changer l’actuelle perspective de vanité suicidaire qui entraîne les peuples vers les tréfonds où se meurt l’espérance, il nous sera difficile de nous en sortir et d’apercevoir la lumière. L’humanité mérite un meilleur sort.

Tu sais que l’espérance est comme le lotus qui pousse dans la fange pour fleurir dans toute sa splendeur en exhibant sa beauté. Leopoldo Marechal, ce grand écrivain argentin, disait que “c’est par le haut que l’on sort du labyrinthe”.

Je crois, Barack, qu’après avoir perdu ta route en t’égarant sur des chemins de traverse, te voilà dans un labyrinthe où tu ne trouves pas d’issue, si ce n’est celle de t’enferrer de plus en plus dans la violence et l’incertitude, dévoré par la soif de domination, instrument des grands trusts, du complexe militaro-industriel, convaincu de ton omnipotence et que le monde entier est aux pieds des U.S.A., dès lors qu’ils peuvent imposer leur puissance militaire et agresser des pays en toute impunité. Voilà la douloureuse réalité, mais il y a aussi la résistance des peuples qui refusent de se plier face à la volonté des puissants.

Les atrocités commises par ton pays dans le monde sont si vastes qu’elles fourniraient une abondante matière constituant un défi pour les historiens qui voudront analyser et comprendre les comportements, la politique, les grandeurs et mesquineries qui ont conduit les U.S.A. à ce conditionnement des esprits ne leur permettant pas de tenir compte des autres réalités que la leur.

Vous avez fait de Bin Laden, auteur idéologique supposé de l’attaque contre les “Twin Towers”, le grand Satan rouge qui terrorisait le monde et la propagande de ton gouvernement l’a présenté comme l’“axe du mal”, afin de pouvoir justifier les conflits déclenchés permettant au complexe militaro-industriel d’écouler ses productions de mort.

Tu dois savoir que des enquêteurs ont estimé que les évènements tragiques du 11 septembre avaient beaucoup d’un « coup monté », notamment concernant l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone et l’abandon préalable de bureaux dans les « Twin Towers » ; cet attentat qui a servi d’argument pour déclencher les guerres contre l’Irak et l’Afghanistan et aujourd’hui contre la Lybie ; s’appuyant sur le mensonge et la morgue d’un pouvoir prétendant toujours agir pour sauver les peuples, au nom de “la liberté et de la défense de la démocratie”, avec le cynisme de nommer “dommages collatéraux” les femmes et les enfants tués. Une situation que j’ai vécue en Irak, à Bagdad lors des bombardements sur la ville et l’hôpital pédiatrique, ainsi que des crèches, tous victimes de ces “dommages collatéraux”.

La parole est ainsi dépouillée de sa valeur et de son sens, où l’assassinat devient une mort pour que tu puisses affirmer que les U.S.A. ont enfin « mis fin aux jours » de Bin Laden. Il ne s’agit pas pour moi de le défendre sous aucun prétexte, j’ai toujours été contre tout terrorisme, qu’il soit le fait de groupes armés, ou qu’il relève du terrorisme d’Etat auquel se livre ton pays dans diverses parties du monde en soutenant des dictateurs, en imposant des bases militaires et des interventions armées, en exerçant la violence afin de rester par le recours à la terreur l’axe du pouvoir mondial. N’y aurait-il donc qu’un seul “axe du mal” ? Comment le nommerais-tu ?

Est-ce pour cette raison que le peuple des U.S.A. éprouve tant de frayeur face aux éventuelles représailles de ceux qu’ils appellent l’“axe du mal” ? Le simplisme et l’hypocrisie pour justifier l’injustifiable. La paix constitue une dynamique de vie dans les relations entre les personnes et les peuples ; c’est un défi à la conscience de l’humanité ; sa voie est ardue, quotidienne et emplie d’espoir, où les peuples sont acteurs de leur propre vie et de leur propre histoire. Nul ne fait de la paix un cadeau, elle se construit, et c’est ce qui te manque mon garçon : du courage pour assumer la responsabilité historique face à ton peuple et à l’humanité.

Tu ne peux pas continuer à vivre dans le labyrinthe de la peur et de la domination de ceux qui gouvernent les U.S.A., au mépris des traités internationaux, des pactes et protocoles, signés par des gouvernements qui n’en respectent pas les termes et n’en assument aucun des engagements, mais prétendent parler au nom de la liberté et du droit.

Comment peux-tu parler de paix si tu ne respectes rien, si ce n’est les intérêts de ton pays ? Comment peux-tu parler de liberté quand tu détiens dans tes prisons des innocents à Guantánamo, aux U.S.A., en Irak, notamment dans celle d’Abou Graib, et en Afghanistan ? Comment peux-tu parler des droits humains et de la dignité des peuples quand tu les violes en permanence et imposes des blocus à ceux qui ne partagent pas ton idéologie et doivent endurer tes abus ? Comment peux-tu envoyer des forces militaires en Haïti après un tremblement de terre dévastateur et non pas de l’aide humanitaire à ce peuple qui a tant souffert ?

Comment peux-tu parler de liberté quand tu massacres les peuples du Moyen-Orient en propageant guerres et tortures, dans des conflits interminables qui saignent les Palestiniens et les Israéliens ?

Barack : regardes au-dessus de ton labyrinthe, peut-être y apercevras-tu une étoile qui puisse te guider, même si tu sais que tu ne l’atteindras jamais, comme l’a si bien dit Eduardo Galeano. Essaies de garder la cohérence entre ce que tu dis et ce que tu fais, c’est la seule façon de ne pas perdre son cap. C’est un défi de la vie.

Le Prix Nobel de la Paix est un instrument au service des peuples, et jamais pour la vanité personnelle. Je te souhaite beaucoup de force et d’espoir dans l’attente que tu trouves le courage de corriger ton chemin afin de trouver la sagesse de la paix.

Buenos Aires, 5 mai 2011

Adolfo Pérez Esquivel

Un jour comme aujourd’hui, il y a 34 ans, j’ai recouvré la vie ; j’ai été victime d’un “vol de la mort” (supplice consistant à être jeté d’un appareil dans l’eau infligé aux prisonniers politiques, ndt) pendant la dictature militaire argentine soutenue par les U.S.A. et, grâce à Dieu, j’en ai survécu et j’ai du sortir par le haut du labyrinthe du désespoir et découvrir dans les étoiles la voie pour déclarer comme le prophète : “L’heure la plus sombre est celle qui précède l’aube ».

Adolfo Pérez Esquivel : de Nobel à Nobel, une lettre au Président des Etats-Unis.

16 mai 2011,

par Comité Valmy

Traduction Pedro DA NOBREGA

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article1479


Résistance

Analyse

Hassan Allib : Le peuple veut garder la Libye libre avec Kadhafi.

 Dès les premières heures, jeudi matin, à travers tout le pays, les libyens ont commencé à marcher dans les rues des villes en soutien et solidarité pour la reprise de Benghazi et le rejet du colonialisme et ses laquais.

Les Libyens sont sortis dans les rues de toutes les principales villes du pays afin de manifester leur soutien au leader national, le chef de la révolution, le frère Guide, Mouammar Al-Kadhafi ainsi que leur attachement à l'unité et la cohésion nationale de la Grande Jamahiriya.Des slogans ont été scandés de manière ferme et déterminée dans toute la Libye en soutien au leader Mouammar Al-Kadhafi, pour réaffirmer le rejet populaire de toute ingérence dans les affaires internes à la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne. 
Brandissant des drapeaux verts et élevant les portraits du guide de la révolution, les milliers de manifestants scandaient "ni orientale, ni occidentale, Libye" ou encore  "Allah O Mouammar O Libya O Bas" (Allah Mouammar la Libye et c'est tout !) 
Dans la ville de Benghazi de nombreux drapeaux verts nationaux hissés tout en haut des immeubles ont été filmés puis les images diffusées par les télévisions afin de montrer au monde que Benghazi fait toujours partie de la Grande Jamahiriya et que ses habitants sont plus que jamais attachés à l'unité et la cohésion nationale.

Le grand peuple de la grande Jamahiriya arabe libyenne a ainsi clairement réaffirmé que "la Libye est une et indivisible" et qu'"il ne renoncera jamais à son unité et  sa cohésion nationale" ainsi qu'il l'avait récemment déclaré, à travers ses représentants, lors du congres annuel qui a réuni à Tripoli 2000 Chefs de tribus libyens

Il vient aussi de démontrer que les mensonges des médias et la propagande de guerre ne peuvent avoir d'influence sur les liens fraternelles profond qui unissent tous les libyens et que chacun est prêt à prendre la défense de l'ensemble du pays contre toute agression.
 Les lâches assassinats de civils à travers le pays par l'OTAN, accompagné de tous leurs mensonges et propagandes médiatiques et politiques ont profondément affecté l'ensemble des libyens et leurs frères à travers le monde qui ont compris que ce qui arrive au pays ne vient pas de l'intérieur mais a été organisé et pensé par les ennemis croisés aidés et financés par le Qatar.

Chaque jour, toute nouvelle agression contre le peuple libyen, dévoile un peu plus le véritable visage des criminels croisés qui ont tenté un coup d'Etat déguisé en fausse révolution populaire, afin de piller le pays en prétextant une soit disant démocratie à l'occidentale, voulant chasser ses leaders responsables et dignes pour les remplacer par des marionnettes corrompues téléguidée par les croisés criminels. 
Pendant ce temps, de nombreux télégrammes continuent d'affluer chaque jour de la part de chefs d'états, de représentants politiques et d'organisations internationales du monde entier en solidarité et soutien avec le Leader Libyen Mouammar Al-Kadhafi et le grand peuple de la Grande Jamahiriya. Chaque message est porteur de condoléances pour les Martyres de la grande Jamahiriya Arabe libyenne, victimes des lâches bombardements criminels de l'OTAN.

Hassan Allib
19-05

 (LVO)

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6082



1 Lutte pour la libération du territoire

Sur le terrain

Hassan Alliby : Opérations terrestres de l'OTAN? Les libyens s'y préparent...

 Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a déclaré une mobilisation générale dans le pays en raison de la probabilité d'opérations terrestres de l'OTAN, selon le journal Al-Sharg al-Awsat se référant à un responsable libyen de haut rang. Le responsable libyen a affirmé que son gouvernement s'attend à ce que l'OTAN commence les opérations au sol en Libye et ils sont prêts à répondre à tout scénario relatif à ce développement. «Le gouvernement libyen a pris des mesures pour les femmes et les enfants en conséquence".

    Selon la source, les frappes aériennes de l'OTAN ne peuvent pas forcer Kadhafi à quitter le pouvoir et cette situation entraîne la direction de l'OTAN a lancer des opérations au sol. "Nous avons des rapports fiables sur les plans de l'OTAN visant à commencer les opérations au sol en Libye".

    Selon les experts militaires, Kaddafi dispose déjà de plus de 800.000 soldats et à la veille des opérations terrestres de l'OTAN les autorités libyennes ont armé la population afin d'augmenter le nombre de ces troupes. ces derniers jours, la télévision libyenne a diffusé des images des hommes prets à en découdre avec les agresseurs ainsi que des femmes libyennes à l'entrainement.

    Par ailleurs, suite à l'appel lancé par les 2000 chefs de tribus libyens offrant une amnistie générale nationale, les rebelles, répondant favorablement à cette proposition, viennent rejoindre les rangs de leurs frères pour le rétablissement de l'unité et la cohésion nationale.

    Les frères, qui ont passé des semaines entières dans les rangs de ces rebelles, reviennent avec des récits très précis sur la réalité de cette organisation. Ils racontent que de nombreux ressortissants étrangers sont actifs dans les zones occupées, dont des britanniques et des français, qu'ils opèrent dans tout le secteur et ne sont pas en Libye pour y apporter leur soit disant "liberté" comme ils le prétendent dans les médias.

    Ils expliquent que beaucoup d'entre eux ont été trompé par ces agents secrets travaillant pour le compte de l'étrangers et se faisant passer pour des moudjahidines tout en utilisant la religion comme bouclier.

    L'un d'entre eux a raconté à la télévision Aljamahiriya les conditions dans lesquelles ils étaient traités et la censure qui étouffe la terrible vérité sur ce qui se déroule dans les rangs des rebelles. Il a aussi parlé de l'argent qui était distribué aux jeunes afin qu'ils se joignent au mouvement armé des rebelles.

   Il a expliqué que seuls deux médias sont présent du coté des soit disant rebelles, les chaines tv Al Jazeera et Alarabiya.

   Il a tenu à remercier l'accueil de ceux qui l'ont accueilli lors de sa rédition, de la maniere chaleureuse avec laquelle il a été recu par les frères et a insisté à préciser qu'ils est né en Libye, dans la liberté et que depuis, il y a toujours connu la liberté sur son chemin et devant lui, concluant que Allah est témoin de ce qu'ils dit.

Hassan Alliby pour stcom.net

16-05

International (LVO) :

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6078 



Des Canons ... pas du beurre

AFP, 14 mai 2011 : La Libye s'apprête à enterrer 11 imams tués dans un raid de l'Otan
La Libye s'apprêtait à enterrer samedi 11 imams tués, selon le régime de Mouammar Kadhafi (sic - inévitable bien sûr), dans une frappe aérienne de l'Otan, qui a regretté toute mort de civils.

Les 11 imams ont péri dans la nuit de jeudi à vendredi dans un bombardement de l'Otan à Brega (est), qui a également fait au moins 50 blessés, dont cinq sont dans un état grave, a affirmé le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, lors d'une conférence de presse.

Auparavant, l'agence officielle libyenne Jana avait indiqué que 16 personnes avaient été tuées et 30 blessées dans ce raid.

Les funérailles des dignitaires religieux devaient se dérouler dans la journée, selon des responsables libyens.

Dans un communiqué, l'Otan a expliqué avoir touché un centre de commandement et de contrôle tôt vendredi, précisant qu'il était utilisé par le régime pour "coordonner des frappes contre la population civile".

"Nous sommes au courant d'allégations sur des victimes civiles en connexion avec la frappe, et bien que nous nous ne puissions confirmer la validité de ces affirmations, nous regrettons toute perte de vies civiles innocentes quand elles se produisent", a indiqué l'Alliance atlantique.

Le 1er avril, l'Otan avait tué par erreur neuf rebelles et quatre civils à l'est du port de Brega, et le 7, une nouvelle bavure de l'Alliance avait fait au moins 4 morts entre Brega et Ajdabiya.

 [..] Dans le même temps, Mouammar Kadhafi défiait (sic) l'Otan: "Je vais vous dire que vos bombardements ne m'atteindront pas parce que des millions de Libyens me portent dans leur coeur", a-t-il lancé vendredi soir à l'Alliance atlantique.

Ce message audio était diffusé par la télévision d'Etat au lendemain de frappes de l'Otan sur son complexe résidentiel à Tripoli, qui ont fait trois morts, dont deux journalistes, et 27 blessés, selon un bilan officiel du gouvernement.

M. Kadhafi répondait ainsi également aux propos du ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, qui avait jugé "crédibles" des déclarations de l'évêque de Tripoli selon lesquelles le colonel serait blessé et aurait fui la capitale. Mais, vendredi soir, Mgr Giovanni Martinelli a démenti avoir tenu de tels propos.

[...]

La Libye s'apprête à enterrer 11 imams tués dans un raid de l'Otan (AFP)

...lesquels Imams se trouvaient on ne sait comment dans "un centre de commandement et de contrôle utilisé par le régime pour coordonner des frappes contre la population civile". L'aplomb et la constance de la langue de bois de l'Otan laisse tout à fait admiratif. Déjà mardi, après que l'Otan ait bombardé notamment la télévision d'Etat,  l'agence officielle Jana, un immeuble public abritant la haute commission pour l'enfance, l'Otan affirmait imperturbablement que  "Les bombardements de Tripoli par les avions alliés ont pour unique but de de démanteler l'appareil militaire utilisé contre les civils par le régime libyen". Même les médias les plus dociles n'osent plus parler des civils libyens pour désigner la rébellion bien armée, tant le décalage avec la réalité est grotesque.

L'Huma, 11 mai : À Tripoli, les civils sous les bombes de l’Otan

Mieux vaut tard que jamais... On aurait bien aimé que l'Humanité, et le PCF, et le Mouvement de la Paix, etc, soient plus éveillés au moment initial où il fallait réagir contre les mensonges initiateurs de la guerre, plutôt que de les relayer systématiquement. Apres cela n'a plus beaucoup de sens. Le PCF et consort est prêt à rejouer ce scénario contre la prochaine cible.

Rappel : l'Huma du 21 février : Le PCF appelle les autorités françaises à agir de façon urgente ...


 

n°19 - Journal de Libye - 15-05 au 23-05 - : Fin - Hypocrisie : Kadhafi, la ‘’Communauté internationale’’ et nous…

n°19 - Journal de Libye - 15-05 au 23-05  - : Fin -  Hypocrisie : Kadhafi, la ‘’Communauté internationale’’ et nous…



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

                          n°1                                       01-03 au 05-03

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

 

1 Politique de L'OTAN

Des Canons ... pas du beurre

2 Les institutions

3 Les pays

4 Dans le monde

Vénézuéla


1 Politique de L'OTAN

Des Canons ... pas du beurre

Pierre Barbancey : À Tripoli, les civils sous les bombes de l’Otan.

Les raids aériens frappent les zones résidentielles de manière indifférenciée. Le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, estime que le temps est compté pour Kadhafi. 

En Libye, le scénario est immuable. Dès que la rébellion, soutenue par les pays occidentaux, marque le pas sur le plan militaire, voire recule face aux forces loyales à Mouammar Kadhafi, c’est un déferlement d’informations dont la source est unique : le Conseil national de transition (CNT). Et à chaque fois, cette source fait état de massacres de civils, d’abominations qui auraient été menées par les kadhafistes ou par les mercenaires qui les soutiendraient.

 Risque d’un désastre humanitaire

Ainsi, ces derniers jours, les nouvelles en provenance de Misrata, cette ville située entre Tripoli et Syrte, étaient plus qu’alarmantes. Le désastre humanitaire était proche, les bombardements des armées de Kadhafi étaient indifférenciés. À l’ouest, on parlait de «?violents combats », comme s’il y avait des combats non violents. Et puis soudain, à l’ouest de Misrata, les insurgés avancent d’une quinzaine de kilomètres, érigeant des barricades et se rapprochant de Zliten, une ville de 200?000 habitants à quelque 150?km de Tripoli, sans que l’on sache trop comment ils ont pu passer à travers l’épais rideau de bombes que, nous disait-on, les kadhafistes avaient dressé.

L’opinion publique internationale pourrait-elle laisser un possible massacre se produire?? Non, bien sûr. Dans un tel état d’esprit, c’est donc presque un soulagement d’apprendre que des avions de l’Otan ont mené une série de frappes aériennes sur Tripoli dans la nuit de lundi à mardi. Au total, les appareils de l’Alliance atlantique ont mené huit raids en environ trois heures. Quatre explosions ont secoué la ville peu après 2?heures, faisant trembler les vitres d’un hôtel où résident des journalistes, fait savoir l’AFP. Deux autres explosions sourdes ont suivi peu après. Des nuages de fumée étaient visibles près des locaux de la télévision d’État et de l’agence officielle Jana. Des sirènes étaient même entendues dans la nuit, ainsi que des tirs sporadiques de fusils d’assaut et d’armes lourdes. Lors d’une visite organisée dans la nuit par les autorités, les journalistes ont vu de nombreuses vitres soufflées par une explosion au centre de chirurgie réparatrice et pour grands brûlés du quartier de Shariah Zawiyae. Un médecin a déclaré qu’un jeune patient avait été atteint par des éclats de verre. Les vitres des commerces avoisinants ont également été soufflées.

 Mouammar Kadhafi de plus en plus isolé

Les bombardements d’hôpitaux et de bâtiments abritant des médias sont-ils autorisés par la résolution de l’ONU, censée protéger les civils ?

La question ne sera pas posée. En revanche, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a estimé sur CNN que « la partie est terminée pour Kadhafi.

Son temps est compté. Il est de plus en plus isolé ». Un aveu de taille qui montre que le but de l’Otan est bien d’aider la rébellion à éjecter Kadhafi.

Parce qu’aujourd’hui ce sont les civils de Tripoli qui sont en danger.

Pierre Barbancey

L'Humanité,

11/05/11

http://humanite.fr/10_05_2011-%C3%A0-tripoli-les-civils-sous-les-bombes-de-l%E2%80%99otan-471877

 

 

Plus de 6.000 sorties d’avions Otan, plus de 2.400 bombardements

Le 'conflit' libyen dure depuis 53 jours et, à l’heure de lire ces lignes, plus de 6.000 sorties d’avions auront été menées sous commandement de l’Otan, plus de 2.400 frappes auront été exécutées. C’est donc bien une guerre qui se déroule au sud de la Méditerranée, avec des rebelles qui gagnent du terrain à l’ouest de la ville-clé de Misrata, avec des bombardements Otan inhabituellement violents sur Tripoli.

C’est aussi un conflit qui se prolonge et qui a un coût humain, moral et matériel auquel n’échappe pas la Belgique.

A la date du 9 mai inclus, nos six F-16 belges ont largué sur la Libye pas moins de 27.215 kilos de bombes. Selon le décompte que nous a fourni ce mardi le porte-parole de l’armée Olivier Severin, en une cinquantaine de jours, les Belges ont largué pas moins de 66 bombes sur le pays, probablement davantage que ce que les F-16 belges ont largué en près de trois ans en Afghanistan : 30 bombes GBU-12 (500 livres) à guidage laser, 18 GBU-38 (500 livres) à guidage GPS, 16 bombes GBU-31 1/B (2.000 livres) à guidage GPS, enfin 2 bombes GBU-24 (2.000 livres) à guidage laser. Faites les comptes : 60.000 livres (27.215 kilos) de bombes belges sur la Libye, pour un budget total de 1,6 million d’euros.

Quelles sont les cibles frappées ? La dernière journée de bombardement connue, côté belge, est celle du 3 mai. Ce jour-là ont été menées « deux missions de recherche (…). Lors de l’une des missions, il y a eu engagement du système d’armes ». « Engagement réussi, la cible a été touchée », nous confirme la Défense belge. Côté Otan, on précise que le 3 mai, 62 frappes ont eu lieu. Ont été ciblés : « 2 stocks de munitions dans la zone de Tripoli ; 2 stocks de munitions et 1 véhicule blindé en combat dans la zone de Zintan ; 3 stocks de munition et 3 tanks dans la zone de Misrata ; 2 tanks dans la zone de Sirte ; 1 tank et 2 lanceurs de roquettes dans la zone de Ras Lanuf. » Parmi ces cibles se trouvaient forcément les cibles belges. Conclusion : ce jour-là, l’Otan et les Belges ont mené des actions conformes aux mandats reçus les 17, 18 et 21 mars de l’ONU, des parlement et gouvernement belges. (Alain Lallemand)

Kadhafi, cible légitime ?

Ce lundi cependant, « 3 sites de commandement et contrôle » ont été bombardés dans la zone de Tripoli. Ces cibles sont-elles couvertes par l’ONU ? Oui, si on en croit le général Gabellini : « Toutes les cibles de l’Otan sont des cibles militaires, (…) l’Otan ne vise pas des individus » et, singulièrement, ne vise pas la personne du colonel Kadhafi. Mais au sein du parlement belge, des députés commencent à douter des visées réelles de la guerre : pour Patrick Moriau (PS), qui s’exprimait ce mardi en commission des Relations extérieures, « lorsqu’on bombarde le bureau de Kadhafi, on entre dans le cadre d’une aide à la guerre civile ».

Son collègue Dirk Van der Maelen (SPa) voit dans la réaffectation du démineur belge M923 Narcis (le navire démine désormais l’accès naval de Misrata) une « extension de la participation belge » qui « devait être discutée a priori avec le Parlement ». Mais un accord du 18 mars entre le Parlement et le gouvernement prévoyait que ce contrôle s’exerce « a posteriori ». Pour qu’il en soit autrement, il faudrait entrer dans une « nouvelle phase ». Par exemple, indiquait alors Patrick Moriau, « si nous devions envoyer des troupes au sol ». Ce qui, aux dernières nouvelles, n’est pas le cas. (Alain Lallemand)

L’unanimité reste de mise au Parlement belge

Au Parlement belge, la mission militaire en Libye continue à recueillir une adhésion unanime, même si la mission de l’unique navire belge engagé, leNarcis, a été modifiée le 2 mai pour s’atteler désormais au déminage des eaux de Misrata. Ce mercredi en commission Défense, le député Dirk Van der Maelen (SPa) a rappelé qu’il aurait souhaité que le parlement en soit informé préalablement et non le lendemain. Le ministre Pieter De Crem (CD&V) invoque, pour sa part, « la gravité de la situation » et dit avoir donné un feu vert immédiat à l’Otan dès qu’a été connue la présence de mines. Sur le fond, la décision gouvernementale n’est pas critiquée : le déminage est indispensable à l’acheminement de l’aide à la population, et serait également nécessaire en cas d’évacuation de population. (A. L.)

Un bureau européen à Benghazi

La Haute représentante pour la politique extérieure de l’Union européenne, Catherine Ashton, a annoncé mercredi l’ouverture prochaine d’un bureau à Benghazi, où est établi le quartier général des insurgés libyens. Cette décision constitue une nouvelle marque de soutien au Conseil national de transition (CNT), le principal organe d’opposition au régime du colonel Kadhafi, qui n’a jusqu’ici pas été pleinement reconnu par l’UE. (afp)

Les rebelles marquent des points à Misrata

Les rebelles ont pris mercredi le contrôle de l’aéroport de la ville clé de Misrata, dans l’ouest de la Libye, après de violents combats avec les forces du colonel Kadhafi. Dans la foulée, ils se sont aussi emparés de l’académie de l’air voisine. Les forces pro-Kadhafi ayant reculé sur d’autres fronts ces derniers jours autour de Misrata, la plus grande partie de cette ville côtière à 200 km à l’est de Tripoli et assiégée depuis plus de deux mois semble désormais hors de portée des tirs d’obus et de roquettes. (afp)

 

 

16 morts, à Brega, lors d'un raid.... 

Le raid des avions de l'OTAN contre un centre civil, à Brega, a laissé, au moins, 16 morts et 40 blessés. Selon Press TV, qui citait la télévision d'Etat libyenne, les avions de l'OTAN ont pris pour cible un hôtel, à Brega. La plupart des victimes étaient des dignitaires religieux qui s'étaient rassemblés, pour mener une cérémonie religieuse. Selon les sources hospitalières, vu l'état critique de certains blessés, le bilan des victimes pourrait s'alourdir. Il semblerait que Brega soit sous le contrôle des forces kadhafistes.

14/05/2011

 http://french.irib.ir/

 

L’OTAN intensifie ses bombardements de la capitale, Tripoli

L'armée britannique a bombardé l'immeuble abritant l'agence du renseignement libyen à Tripoli, ainsi qu'une base d'entraînement des gardes du corps qui assurent la protection des dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi, a annoncé le ministère de la Défense britannique.

Les deux sites ont été ciblés lundi soir par des chasseurs-bombardiers Tornado et par des missiles Tomahawk tirés depuis le sous-marin Triumph, a rapporté le général John Lorimer, porte-parole de l'armée britannique.

Ces cibles étaient «au coeur de l'appareil utilisé par le régime pour brutaliser la population civile», a affirmé le général Lorimer mardi.

Des bombardements de l'OTAN ont également visé dans la nuit de lundi à mardi des bâtiments officiels libyens dans la capitale Tripoli, dont le ministère de l'Intérieur, selon les autorités libyennes.

Des porte-parole du gouvernement ont escorté la presse tôt mardi matin sur les lieux des bombardements. Un incendie a éclaté dans les étages supérieurs du ministère de l'Intérieur. Non loin de là, de la fumée noire s'échappait d'un bâtiment abritant selon des responsables libyens des services de lutte contre la corruption.

Des soldats ramassaient des papiers à moitié brûlés, parmi des éclats de verre et des poutres de métal tordues, tandis que les pompiers arrosaient les flammes. Moussa Ibrahim, un porte-parole du gouvernement libyen, a affirmé que le ministère a été visé par l'OTAN parce qu'il contenait des documents impliquant des dirigeants du Conseil national de transition (CNT), le gouvernement formé par l'opposition libyenne dans son fief de Benghazi (est).

 «Si l'OTAN veut réellement protéger les civils (...) alors nous les appelons à arrêter et commencer à nous parler», a ajouté le porte-parole. Des tirs sporadiques, dont l'origine reste indéterminée, ont été entendus après les bombardements.

Selon la télévision officielle libyenne, des frappes de l'OTAN ont également touché Tajoura, un quartier de Tripoli, et Zaouïa, à environ 50 kilomètres à l'ouest de la capitale. La télévision fait état de victimes décédées et de blessés, sans autres précisions.

L'OTAN, depuis quelques temps, a renforcé ses bombardements sur Tripoli, dans le but apparent d'affaiblir le régime libyen et potentiellement viser Mouammar Kadhafi lui-même.

[...]

 The Associated Press,

17/05/2011

L’Otan frappe un poste de sécurité et le ministère anti-corruption à Tripoli.

Un bâtiment des services de sécurité intérieure et le siège du ministère d'inspection et de contrôle populaire, organe de lutte contre la corruption en Libye, étaient en feu très tôt mardi matin, après des raids de l'Otan, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les deux bâtiments sont situés sur l'avenue Al-Joumhouriya, un quartier résidentiel et administratif, au centre de la capitale, non loin de la résidence du colonel Mouammar Kadhafi.

Vers 03H00 locales (01H00 GMT) les pompiers luttaient toujours contre les flammes qui ravageaient les deux bâtiments situés l'un en face de l'autre, a constaté un journaliste de l'AFP qui faisait partie d'un groupe de correspondants de la presse internationale, emmenés sur les lieux par les autorités.

Auparavant, deux explosions avaient été entendues dans ce secteur vers 01H30 locale.

La ministre d'inspection et de contrôle populaire, présente sur place, a fait état de blessés parmi les fonctionnaires de son ministère, sans toutefois donner des chiffres précis.

Le porte-parole du gouvernement Moussa Ibrahim a indiqué par la suite que des dirigeants du Conseil national de transition (CNT) de la rébellion, qui faisaient partie du régime avant de faire défection, ont demandé à l'Otan de bombarder le siège du ministère pour détruire des preuves de leur implication dans des affaires du corruption.

"Nous croyons que l'Otan a été induit en erreur (par des dirigeants du CNT) en vue de détruire des dossiers qui prouvent leur implication dans des affaires de corruption", a déclaré M. Ibrahim à la presse.

Vers 18H00 GMT lundi trois explosions avaient été entendues dans le secteur de Bab Al-Aziziya, où réside le colonel Kadhafi. Interrogé sur les cibles visées, Moussa Ibrahim a indiqué ne pas avoir d'informations "pour le moment".

AFP,

17/05/2011

 

L’aviation  "anéantie"

Un hélicoptère de type Chinook, appartenant à l'armée libyenne, repéré le 1 mars à l'Ouest du pays.

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé ce mardi que plus de 80% des appareils du régime libyen étaient hors service.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a estimé que l'aviation libyenne "aurait été anéantie" et que l'armée de terre "aurait subi de lourdes pertes", depuis le début, le 19 mars, des frappes aériennes de la coalition internationale en Libye. 

"L'aviation aurait été anéantie, avec plus de 80% des appareils hors service, et il ne resterait plus que des hélicoptères", a-t-il déclaré lors de son audition à huis clos le 11 mai par la Commission de la Défense et des Affaires étrangères du Sénat, dont le compte-rendu a été publié mardi. Selon lui, "l'armée de terre aurait [quant à elle] subi de lourdes pertes, avec un tiers des matériels lourds détruits et environ 50% des stocks de munitions". 

"Seule la marine aurait été épargnée, mais elle ne présente pas un grand danger et les navires sont demeurés dans les ports où ils ne présentent pas de menace. Les défenses anti-aériennes ont également été sérieusement touchées", a-t-il ajouté, en dressant devant les sénateurs un rapide bilan des opérations. 

L'opération aérienne internationale a débuté le 19 mars avec les premières frappes sur des objectifs militaires des forces du colonel Mouammar Kadhafi. L'Otan en a pris le commandement fin mars. 

LEXPRESS.fr avec AFP,

publié le 17/05/2011 à 17:54
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/libye-l-aviation-pro-kadhafi-aneantie_993767.html

 

L’Otan a coulé huit navires de Kadhafi.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'aviation otanienne a coulé huit navires du leader libyen Mouammar Kadhafi qui se trouvaient dans différents ports, a annoncé vendredi un communiqué de l'Alliance, cité par les médias occidentaux.
"Pendant la nuit, l'aviation de l'Otan a coulé huit navires", lit-on dans le communiqué. Les navires attaqués se trouvaient dans les ports de Tripoli, Al Kums et Syrte.
Le communiqué souligne que "toutes les cibles de l'Otan sont de nature militaire et directement liées aux attaques systématiques du régime de Kadhafi contre le peuple libyen".
Depuis février, la Libye est le théâtre d'une confrontation armée entre les insurgés et les troupes gouvernementales. Soucieux de protéger la population civile, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté une résolution appelée à mettre en place une zone d'exclusion aérienne au dessus du pays afin d'empêcher l'aviation du colonel Kadhafi de bombarder la rébellion et autorisant le recours à la force. L'Otan a utilisé ce document pour intervenir aux côtés des rebelles.

20/05
http://fr.rian.ru/world/20110520/189544843.html

 

Violents raids sur Tripoli.

Au moins trois personnes ont été tuées et 150 blessées dans des raids de l'Otan sur Tripoli dans la nuit de lundi à mardi, a déclaré le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim.

"Selon les informations dont nous disposons il y a trois morts et 150 blessés", a-t-il dit à des journalistes à bord d'un bus les conduisant peu après les bombardements vers un hôpital de la capitale.
M. Moussa a ajouté que l'Otan avait mené "entre 12 et 18 raids contre une caserne de la garde populaire", des unités de volontaires qui épaulent l'armée. La majorité des victimes sont des civils habitant à proximité, selon M. Moussa.
Les raids qui ont commencé vers 01H00 locales (23H00 GMT) ont duré plus d'une demi-heure et ont visé le secteur de Bab Al-Aziziya, résidence du colonel Mouammar Kadhafi. (belga)

24/05/11 07h57

http://www.7sur7.be/7s7/fr/9478/Revolution-dans-les-pays-arabes/article/detail/1268834/2011/05/24/Violents-raids-de-l-Otan-sur-Tripoli.dhtml



Les institutions

CPI

Kadhafi sous mandat d'arrêt de la CPI.  

Le Parquet de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé des mandats d'arrêt contre le leader libyen Mouammar Kadhafi, son fils aîné et le chef des services du renseignement, a annoncé lundi aux journalistes le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.
Selon lui, la justice internationale dispose de preuves en quantité suffisante pour inculper les trois personnages "qui sont censés porter la plus grande responsabilité des crimes contre l'humanité perpétrés sur le territoire libyen" depuis le 15 février.

16/05

 http://fr.rian.ru/


Union Européenne

L'UE ouvre sa représentation à Benghazi  

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a inauguré dimanche une représentation de l'UE à Benghazi, le chef-lieu de l'opposition libyenne, a annoncé dimanche le service de presse de Mme Ashton dans un communiqué.
"L'inauguration de la représentation de l'UE constitue un signal important de notre soutien du peuple libyen", a déclaré la diplomate européenne.
La représentation de l'UE est installée à Tibesti Hotel, en plein centre de Benghazi, abritant aussi des représentants de l'Onu, des agences humanitaires internationales, ainsi que des diplomates de certains pays.
L'intention d'ouvrir la représentation à Benghazi afin d'"aider le peuple libyen et le Conseil national de transition" a été annoncée par la chef de la diplomatie européenne le 11 mai, lors d'une intervention devant les députés du parlement européen à Strasbourg.

22/05/2011

 http://fr.rian.ru/world/20110522/189568263.html

 

L'UE soutiendra la rébellion aussi longtemps que les Libyens le voudront. 
L'Union européenne soutiendra la rébellion libyenne aussi longtemps que celle-ci le souhaitera, a déclaré dimanche la chef de la diplomatie européenne en visite à Benghazi, où elle a inauguré un bureau de représentation et appelé au départ de Mouammar Kadhafi.
Le dirigeant Mouammar Kadhafi doit partir et il doit y avoir un avenir pour la Libye qui appartienne au peuple de Libye, a déclaré Catherine Ashton lors d'une conférence de presse après l'inauguration de la représentation européenne, située au Tibesti, un hôtel de la capitale des rebelles dans l'Est libyen.
Je suis très claire: il est fondamental de protéger les civils. Trop de gens sont morts d'ores et déjà, a-t-elle poursuivi, ajoutant que le gel des avoirs joue un grand rôle dans la pression que nous mettons sur le régime de Mouammar Kadhafi.
Mme Ashton n'a cependant reconnu le CNT que comme un interlocuteur, à la différence de la France, l'Italie, la Gambie, le Qatar et le Royaume-Uni qui le considèrent comme unique interlocuteur légitime en Libye.
Nous avons un dialogue fort avec le CNT, a déclaré la chef de la diplomatie européenne. C'est au peuple libyen de déterminer le gouvernement de la Libye.
Dès son arrivée dimanche matin, la responsable de la Commission européenne s'est rendue sur la place centrale de Benghazi, sur le front de mer, qui a été le coeur de la contestation contre le régime du colonel Kadhafi, où elle a été acclamée.
Nous voulons soutenir (la rébellion, ndlr) pas seulement maintenant, mais aussi longtemps que le peuple de Libye souhaitera que nous soyons là, a déclaré Mme Ashton lors d'une courte conférence de presse avec le président du Conseil national de transition (CNT), l'instance dirigeante de la rébellion, Moustapha Abdeljalil.
Nous sommes là pour du long terme, a-t-elle ajouté.
Je suis très fière, au nom des 27 pays de l'Union européenne, d'être ici aujourd'hui pour offrir notre soutien, a ajouté la responsable de l'UE.
L'Union européenne souhaite aider les Libyens dans les secteurs des réformes sécuritaires, de l'économie, de la santé, de l'éducation, et bien sûr de la société civile, a souligné Mme Ashton.
Elle a évoqué avec les rebelles la question d'une vraie gestion de la frontière avec la Tunisie. C'est un domaine dans lequel l'UE peut aider et apporter son soutien.
Fin avril, les rebelles ont pris le contrôle du poste-frontière de Dehiba et de la route qui mène à Zenten, un axe logistique stratégique.
J'ai vu la vision (des rebelles) sur des affiches sur la route de l'aéroport: +We have a dream+ (nous avons un rêve, en anglais), a encore dit Mme Ashton.
De son côté, M. Abdeljalil a salué le soutien croissant des Européens depuis le début de l'insurrection. Nous souhaitons le soutien de l'Union européenne pour sécuriser notre frontière sud, a également dit le président du CNT.
Il s'agit de la première visite d'un responsable de ce niveau à Benghazi.
C'est un honneur de rencontrer ceux qui se sont battus pour la démocratie et un avenir meilleur en Libye, avait-elle auparavant déclaré dans un communiqué émis par ses services à Bruxelles.
Ouvrir un bureau de l'UE constitue un signal fort de notre soutien du peuple libyen. C'est l'UE qui passe des mots à l'action, s'est-elle félicitée. 
22.05.2011

.asp

http://www.romandie.com/news/n/_L_UE_soutiendra_la_rebellion_aussi_longtemps_que_les_Libyens_le_voudront_

http://fr.rian.ru/world/20110522/189568263.html



3 Les pays

1 France

Les députés PCF écrivent à Fillon pour une conférence internationale.
Le porte-parole des députés PCF, Roland Muzeau, a écrit lundi au Premier ministre François Fillon pour demander que soit réunie une conférence internationale sur la Libye ou une session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU.
"Depuis maintenant plus de huit semaines, la France est engagée militairement en Libye", souligne M. Muzeau dans un courrier, qui évoque "l'enlisement patent" du conflit, un risque qu'il avait évoqué à haute voix dans l'hémicycle il y a près d'un mois.
"Nous demandons que la France , avec ses partenaires de l'Union européenne, soit à l'initiative de l'organisation d'une conférence internationale de haut niveau, sous l'égide des Nations unies, ou bien sollicite la tenue d'une session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU", écrit le député.
" La France , en effet, a autre chose à faire que la guerre", poursuit M. Muzeau.
L'aviation de l'Otan, qui opère en vertu d'une résolution de l'Onu visant à protéger les civils ... D'autres campagnes de l'Otan, en particulier celle du Kosovo à la fin des années 1990, ont montré que des frappes plus vigoureuses pouvaient être efficaces tout en exposant les populations civiles à des risques accrus.»

 «Peut-être devons-nous faire ressentir les bombardements en faisant mal à la population serbe elle-même. Infligeons-leur des pertes. Touchons-les dans leur confort. La plus grande catastrophe ne serait pas qu’il y ait des pertes de vies, mais que les opérations de l’Otan ne soient pas un succès», Gen. Herteleer, avril 1999, pendant la guerre du Kosovo

Assemblée-partis-PCF-Libye-conflit-France
PARIS, 16 mai 2011

 (AFP)

 

Mgr Martinelli : Une diplomate libyenne battue par la Police en vue de son expulsion.
Une des 14 "ex-diplomates" libyens déclarés persona non grata par Paris, qui a refusé d'être expulsée, a été interpellée à son domicile des Hauts-de-Seine jeudi, puis aurait été rouée de coups en vue de son expulsion du territoire français, selon ses enfants.

Saada el-Sabri, étudiante anglo-libyenne de 31 ans, nous raconte : "Nous dormions ce matin lorsqu'on a frappé à la porte, nous avons naïvement ouvert la porte, des policiers sont entrés, ma mère est tombée dans les pommes, ils l'ont tirée sur le palier, ils nous ont empêché de téléphoner à nos avocats. Nous ne savons pas où elle a été emmenée."

"Vers 09h00, ma mère (Toraia Ben Saleem) était entrain de préparer le petit déjeuner pour ma sœur handicapée Souhaila, quand quelqu'un a sonné à la porte. Elle a naïvement ouvert la porte et s'est trouvée devant une dizaine de policiers dont deux femmes, certains étaient armés avec la tenu de policiers et d’autres en civile qui ont mis, après être entrés, des trucs rouges sur lesquels était marqué police ( NDLR : des brassards).

Ma sœur Sana était la première à se réveiller, ensuite elle m’a réveillée. Je suis vite sortie dans le séjour et la foule m’a choquée.

Le chef des policiers qui s’est présenté en tant que commissaire, m’a montré vite fait une photocopie d’un document qui contient les noms des diplomates à expulser, et qu’il a tout de suite rangée pour m’annoncer la nouvelle «on est là pour appliquer la loi ».  J’ai pris mon téléphone pour appeler notre avocat mais le commissaire m’en a empêché en me disant «les appels sont interdits ! », il a pris tous les téléphones portables après. A ce moment là, mon frère est sorti de sa chambre, il a essayé de comprendre ce qui se passait chez nous et il a essayé de revenir dans sa chambre pour appeler l’avocat, mais il y avait deux policiers pour chacun d’entre nous, même pour faire pipi on devait être accompagné. 

On nous a donné 5 minutes pour préparer la valise de ma mère et ils ont surveillé la préparation. On n’a même  pas eu le temps de lui ramasser ses médicaments nécessaires pour soigner son hypertension, son insuffisance rénale, sa sciatique. 

Avec toute cette pression psychologique qu’a subit ma mère elle s’est évanouit, elle est tombé devant nos yeux et la police nous a empêché de nous rapprocher d’elle. Ils l’ont tiré par les bras jusqu’à dehors sur le palier. Et on nous a enfermés dans l’appartement pour qu’on ne puisse pas voir ce qu’ils étaient entrain de faire d’elle. On a entendu la voix de quelqu’un crier «arrêtez de faire le cinéma !». Les pompiers sont arrivé après et ils ont appelé mon frère pour essayer de parler à ma mère pour la reveiller.  Ensuite, ils ont fait rentrer mon frère dans l'appartement et on ne savait plus ce qui se passait dehors. Ma sœur handicapée criait et mon autre sœur pleurait et essayait de voir ma mère, mais elle n’a pas réussi. Ils ont ensuite emmené ma mère inconsciente qui tremblait de partout, et les policiers refusant de nous indiquer l’endroit vers lequel ils l'emmenaient.

Ensuite nous avons appelé un membre de "l'Observatoire International pour la Paix en Libye" et l'avons informé de la situation. Il m'a répondu laissez moi quelques minutes, je vous rappel. Cinq minutes plus tard, il me rappel donc et me dit que les membres de "l'Observatoire International pour la Paix en Libye" sont informés et ont déja commencé les recherches afin de retrouver ma mère.

Quelques minutes plus tard, je reçois un appel téléphonique d'un membre de l'Observatoire International, Franck P. , qui me dit avoir retrouvé ma mère et qu’elle était à l’hôpital de Neuilly sur Seine. On est allé sur place pour la voir et lui remettre son appareil dentaire qui est tombé lorsqu’elle a perdu connaissance. Arrivant à l’hôpital, il y avait beaucoup de policiers tout autour du bâtiment et on nous a empêchés d’y entrer. On a donné l’appareil à un des policiers qui nous a dit par la suite qu'ils avaient fait sortir ma mère par une autre porte. Là on ne savait plus où elle était. 

Vers 15h30, un autre appel téléphonique sur le téléphone portable de ma sœur Sana, à l'autre bout, la voix d’un homme se disant être policier m'informe que ma mère est déjà à l’aéroport d’Orly et qu'ils attendent un vol pour la Tunisie à 17H00.  Le policier a bien voulu passer le téléphone à ma mère qui a pu parler avec Sana et lui raconter en pleure qu’on l’a frappée et qu’elle était attaché à une chaise roulante pour la forcer à monter dans l’avion.

A l'embarquement de l'avion de 17h, vu son état de santé, le pilote a refusé de la prendre sur le vol.

Le vol suivant, le pilote de l'avion a aussi refusé pour le meme motif.

Après échec de la faire monter dans trois avions différents, on m’a téléphoné, à moi cette fois, pour me demander d’aller chercher ma mère à l'aéroport. 

C'est fait, elle est avec nous maintenant et elle est dans un état très difficile psychologiquement et physiquement, elle a des marques d'ongles sur ses bras et des bleus sur le dos et le pied droit gonflé.  On est toujours sous le choc et on attend d’autres visites d’une minute à l’autre et on a peur que le cauchemar ne finira jamais."

Propos recueillis par Hassan Alliby pour "La Voix des Opprimés" www.stcom.net

Articles liés : http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6071


Version 'Libération' de l'incident(…) : ""Toraia Ben Saleem, diplomate libyenne en poste à Paris, a refait surface hier en Tunisie, où elle a été expulsée. Le matin, la police française était venue l’arrêter à son domicile. Elle avait ensuite disparu. D’après Me Missamou, son avocat, Toraia Ben Saleem avait été déclarée persona non grata pour avoir refusé de prêter allégeance au CNT, organe politique de la rébellion libyenne et unique autorité légitime reconnue par la France. 14 des 22 diplomates libyens présents en France auraient fait de même. Tous ont été expulsés. Concernant Toraia Ben Saleem, le Quai d’Orsay affirmait hier qu’elle «n’a pas contesté la décision [d’expulsion] qui la touchait, comme les 13 autres personnes». Selon l’un de ses avocats, au contraire, elle «a été violentée lors de sa conduite à l’aéroport d’Orly et a refusé de monter dans l’avion». «Ma mère a été attachée à une chaise roulante, ce n’est pas normal», ajoute sa fille. Toraia Ben Saleem vivait en France depuis 2000 avec quatre enfants adultes. La dernière souffre d’un handicap psychomoteur lourd, et c’est sa mère qui s’en occupait, ce qui interroge sur la réalité de ce départ volontaire. C.C.""

«Ce que je dis et continue de dire, c'est que les bombes de l'Otan nuisent au peuple libyen, qu'elles blessent sans aucun doute la population civile, et que la plupart des victimes de ces bombardements de l'Otan sont des civils et non des personnes de l'entourage de Kadhafi. Je demande une trève pour que l'Otan arrête de tirer ces bombes sur le peuple libyen qui a déjà tant donné de blessés parmis ses enfants, ses femmes, ses hommes, ses personnes âgées, qui sont à la merci de toutes ces bombes»

 Mgr Martinelli, évêque de Tripoli sur RFI aujourd'hui

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6073

 

Le PCF appelle le gouvernement à condamner la répression
La France "doit condamner avec force" la répression "criminelle" du régime Kadhafi contre la population libyenne, a estimé lundi Pierre laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF).

"Le PCF condamne avec la plus grande force la répression criminelle perpétrée par le régime du colonel Kadhafi sur la population libyenne", déclare le responsable communiste dans un communiqué.

"Nous appelons les autorités françaises à condamner sans détour et à agir de façon urgente pour que cesse ce massacre et que la population libyenne puisse s'exprimer en toute liberté", ajoute M. Laurent. 

"Loin de vouloir apaiser les choses, le pouvoir de Tripoli attise les tensions. Dans une interview télévisée, Seif Al Islam, fils de Kadhafi, prétend consentir à des réformes tout en menaçant d'entraîner le pays dans la guerre civile" avec le risque de rivières de sang ". "Ces récentes déclarations sont consternantes!", conclut le PCF.

nb Voici les propos exacts de Seif Al Islam : "La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd'hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas 84 morts, mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye" : Soit, en langage occidental, "il faut tout faire pour éviter une guerre civile, qui provoquerait en Libye énormément de morts" - c'est fait. Ce qui est consternant c'est la déformation de ces propos.

L'Humanité, 21 Février 2011


2 Grande Bretagne

Joseph Logan : Appel pour un élargissement des cibles de l'Otan en Libye

nb : Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage toutle point de vue des auteurs mais doit être vu comme information.

L'Otan doit élargir l'éventail de ses cibles en Libye sous peine de ne pas parvenir à évincer du pouvoir Mouammar Kadhafi, estime le chef d'état-major de l'armée britannique dans un entretien publié dimanche.

L'aviation de l'Otan, qui opère en vertu d'une résolution de l'Onu visant à protéger les civils, a empêché les forces de Tripoli de progresser vers les bastions insurrectionnels, mais la chute du régime de Kadhafi - que souhaitent de nombreux gouvernements occidentaux - tarde à se concrétiser.

Après une nouvelle série de raids aériens sur son complexe de Bab al Aziziah à Tripoli, le dirigeant libyen a raillé l'Alliance atlantique en se targuant, dans un document audio, de se trouver en un lieu inaccessible à l'Otan.

Dans son entretien accordé au Sunday Telegraph britannique, le général David Richards qualifie de "succès important" les opérations militaires menées jusqu'ici mais juge nécessaire de les faire passer sur un plan supérieur.

 

"Si nous n'augmentons pas la mise, Kadhafi risque de s'accrocher au pouvoir", estime-t-il. 

"Pour l'instant, l'Otan n'attaque pas les infrastructures en Libye. Mais si nous voulons accentuer la pression sur le régime de Kadhafi, il faut sérieusement envisager d'élargir le champ de nos objectifs", ajoute le chef d'état-major britannique.

Réagissant sur la BBC aux propos du général David Richards, le ministre britannique de la Défense, Liam Fox, a déclaré: "Je pense qu'il voulait faire comprendre qu'un certain nombre de pays membres de l'Otan ne sont pas très satisfaits de certaines des cibles choisies et de certains des bâtiments détruits". 

Près de trois mois après le début du soulèvement contre Kadhafi, au pouvoir depuis plus de quarante ans, les combats qui opposent insurgés et forces gouvernementales sur plusieurs fronts en sont presque au stade du piétinement.

Il en résulte un dilemme pour les Occidentaux, qui tiennent à ce que la situation aboutisse à un résultat déterminant. Leurs électorats sont impatients de voir le conflit s'achever et veulent qu'on évite un embourbement de type irakien ou afghan.

Une issue non concluante serait de nature à limiter les exportations de pétrole libyen en maintenant les prix mondiaux à un niveau élevé. Elle aurait aussi pour effet de pousser des centaines de migrants à tenter de gagner l'Europe en traversant la Méditerranée à leurs risques et périls.

D'autres campagnes de l'Otan, en particulier celle du Kosovo à la fin des années 1990, ont montré que des frappes plus vigoureuses pouvaient être efficaces tout en exposant les populations civiles à des risques accrus.

La Libye a organisé samedi les funérailles de neuf imams tués la veille selon elle par l'Otan lors d'un raid aérien sur la ville de Brega, dans l'Est. Un demi-millier de personnes se sont rassemblées près du port de Tripoli pour l'enterrement de sept d'entre eux et certaines ont scandé des slogans contre l'Otan.

[...]

Avec Hamid Ould Ahmed à Alger, Sami Aboudi au Caire, Tarek Amara et Sylvia Westall en Tunisie; Guy Kerivel, Philippe Bas-Rabérin et Jean-Loup Fiévet pour le service français

Joseph Logan

15 mai 2011|

Reuters


4 Dans le monde

Vénézuéla

Lu dans "Prensa Latina".

Le Vénézuéla a proposé de créer un mécanisme international, indépendant et impartial, pour un cessez-le-feu en Libye, de promouvoir le dialogue et de négocier une issue pacifique qui préserve la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale de ce pays. L'initiative fut présentée par le représentant permanent du Vénézuéla à l'ONU, Jorge Valero, au cours de son intervention dans une session du Conseil de Sécurité consacrée au thème de la "Protection des Civils".

Le diplomate a dénoncé que les pays puissants manipulent ce concept pour essayer de soutenir leurs intérêts stratégiques dans le monde, alors que en réalité la responsabilité de protéger les civils appartient aux Etats. Le Vénézuéla considère que la diplomatie et le dialogue sont les seules voies pour protéger les populations au cours de conflits intérieurs. Il considère avec préoccupation que le Conseil de Sécurité se convertit en une machine de guerre, au lieu de promouvoir la paix et la sécurité".

L'ambassadeur Valero a estimé que cet organe de l'ONU agit souvent de manière sélective pour décider quels sont les civils qui méritent une protection, et applique des sanctions aux gouvernements des pays sous-développés. Il demande pourquoi Israël n'a pas été sanctionnée pour ses massives violations des droits humains du peuple palestinien et pourquoi les massacres de civils innocents en Irak et en Afghanistan n'ont pas été condamnés.

L'ambassadeur a estimé que les attaques indiscriminées contre la Libye provoquent la mort de civils dans des lieux qui n'ont rien à voir avec la zone d'exclusion aérienne ou la protection des civils. Il condamne l'assassinat d'un fils et trois petits-enfants du leader libyen Mouammar Kadhafi, "victimes de bombardements quotidiens qui tuent des civils dans ce pays africain frère". Il a également dénoncé que certains membres du Conseil de Sécurité fournissent des armes, des conseillers militaires et un soutien politique aux forces antigouvernementales libyennes, alors qu'ils devraient rester impartiaux face à un conflit intérieur qui doit être réglé de manière indépendante par le peuple libyen. Ces mêmes pays cherchent un changement de gouvernement en Libye en violation avec la Charte de l'organisation mondiale et de la Résolution 1973, qui exige le respect de la souveraineté et l'intégrité territoriale de cet Etat nord-africain.

L'ambassadeur a déploré que l'OTAN agisse comme une armée au service d'un groupe insurgé, qui attaque le gouvernement libyen, et ne respecte pas le caractère humanitaire de la protection des civils dans des conflits armés. La voracité économique de certaines puissances et leurs objectifs néocolonialistes, sont la véritable menace contre les civils, contre la vie humaine et naturelle dans ce monde. Il a souligné la nécessité de lutter contre les véritables causes de la pauvreté, - entre autres l'inégalité, la pauvreté, le manque d'emploi, la domination étrangère - pour contribuer à la prévention et à la solution pacifique des conflits et la véritable protection des civils".

12.5.2011



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


22/05/2011

n°476 - journal de l'Afghanistan - 29-03 au 22-05 –Début -- Des équipes de tueurs en Afghanistan : la vérité.

n°476 - journal de l'Afghanistan - 29-03 au 22-05 –Début  -- Des équipes de tueurs en Afghanistan : la vérité.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 476 - du 29-03 au 22-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 



 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

Tiré à part 

L'Otan admet avoir tué deux enfants en Afghanistan.

Camouflet : près de 500 détenus s’évadent par un tunnel

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Mort d'un adolescent dans un bombardement de l'Otan.

1 Analyse & déclaration

Paroles & action des résistants

2 Les forces en présence

3 Dans le monde

Su