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26/06/2011

n°26 - Journal de Libye - 08-06 au 25-06 -: Début - Le Waterloo de l'OTAN ?

 


n°26 -  Journal de Libye  -  08-06 au 25-06 -: Début  - Le Waterloo de l'OTAN ?



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



       Journal de Libye

                          n°26                                      08-06 au 25-06

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

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a) Sur nos  blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

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b) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) Sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) Sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

L’Otan insiste pour que ses membres moins engagés s'impliquent davantage pour hâter la chute du régime. …

Badis Guettaf : La vérité incompressible.

François Brousseau : Le Waterloo de l’OTAN ?

Allain Jules : La victoire de Kadhafi dont personne ne parle.

Russia Today : Le contrat pétrolier étasunien révèle les vrais motifs de la campagne libyenne. 

Des élus américains portent plainte contre Obama.

Paroles & action du président Kadhafi

J’ai tenu tête à l’agression des croisés de l'OTAN, résisté à la cruauté, contrecarré la trahison 

Résistance

L’armée annonce avoir abattu vendredi un hélicoptère de l’OTAN.

Analyse

Patrick Haimzadeh : Les dix erreurs de l’Otan en Libye

1 Lutte pour la libération du territoire

Suite

Les rebelles piégés

2  Politique Libyenne  

3  Politique des Usa

Fin

4 Politique de L'OTAN

Les amis...de l'Otan

5 Les institutions

Cour Pénale Internationale

Ligue arabe

6 Dans le monde



Tiré à part :

L’Otan insiste pour que ses membres moins engagés s'impliquent davantage pour hâter la chute du régime. …

11/06

 http://french.irib.ir/info/international/item/119015-la-norv%C3%A8ge-annonce-son-retrait-des-op%C3%A9rations-militaires-en-lybie

 

Badis Guettaf : La vérité incompressible.
Petit à petit la vérité est en train de se frayer un chemin.

Comme pour l’Irak, un peu tard, mais elle a le mérite d’exister. Une mission du Centre international de recherches et d’études sur le terrorisme et l’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) vient de publier un rapport sur la situation en Libye.

La mission n’a rien laissé au hasard, elle a fouillé sous les événements et au-dessus, elle a interrogé les uns et les autres et écouté tout le monde. Elle n’a aucun parti pris et ne ménage personne, surtout le mensonge qui coûte au peuple libyen la destruction de son pays et d’être massacré par les bombardiers de l’OTAN.

 Désormais, on sait avec précision qu’il n’y a pas le moindre soupçon d’une révolution et que les «Brigades de Kaddafi» n’ont jamais constitué une «menace pour les civils». Le rapport nous apprend que le «royaume saoudien et le régime de Doha» ont joué un rôle décisif dès les premières heures de la rébellion, par l’intermédiaire de leurs chaînes de télévision Al-Arabia et Al-Jazeera qui ont «fait» l’opinion (à partir de données erronées, sinon délibérément mensongères).

Ce qui pousse les missionnaires à constater amèrement que «ce curieux parrainage d’une révolution qui se veut démocratique et respectueuse des droits de l’homme par des pétromonarchies rétrogrades ne gêne en rien les authentiques régimes libéraux de l’Occident».  Ici, la naïveté sur les intentions occidentales  peut laisser perplexe, si on ne prend pas en compte le souci de garder un langage politiquement correct. Plus loin, les membres du CIRET-AVT sont choqués par les mensonges du Conseil préposé à la transition du pouvoir en Libye. Ils en citent quelques-uns, ceux-là qui sont servis à longueur d’émissions télévisées et de déclarations des chefs des Etats engagés dans la «démocratisation» de la Libye. Les voici tels que cités dans le rapport : «L’intervention de Sarkozy a sauvé plus d’un million de vies humaines (sic), soit la totalité de la population de Benghazi». «Kaddafi a recruté des agents qui ont à leur tour recruté des individus chargés d’organiser des provocations». «A Misrata et Ajdabiya, Kaddafi a donné du viagra et des préservatifs à ses troupes. Il y a eu de nombreux viols et des disparitions de femmes». «A Tripoli, on ne peut même pas sortir dans la rue. Il n’y a pas de vie. La population a peur et ne sort que subrepticement acheter de la nourriture». «Une voiture de l’armée algérienne aurait été aperçue à Brega»… Et ainsi de suite, jusqu’à celle-ci : «L’armée algérienne ravitaille les mercenaires de Kaddafi par hélicoptères».

 En lisant le document on sent une sorte d’écœurement des rédacteurs, ce qui lui vaut de ne connaître aucune publicité en dehors des réseaux du Web. Le haut-le-cœur est encore plus prenant quand il s’agit de mesurer l’obséquiosité des promesses qui sont faites par la bande de Benghazi aux puissances qui font la «révolution» à sa place. Cela parle de «reconnaissance d’Israël» (d’ailleurs BHL a porté une lettre en ce sens à Netanyahu), de «multipartisme», de «droits des femmes». Discours «formaté» et «langue de bois» juge le rapport, sachant de visu et au contact qui en est  l’auteur. Aux dernières nouvelles, selon Maghreb Confidentiel, le caractère interlope de la bande se confirme, l’argent commence à fissurer l’alliance sacrée et les accusations fusent acerbes entre les membres. BHL ferait bien de se pointer pour y met-tre de l’ordre.
Badis Guettaf

http://www.lejourdalgerie.com/Editions/190611/une/Lejour.htm

 

François Brousseau : Le Waterloo de l’OTAN ?

L'OTAN survivra-t-elle à l'Afghanistan et à la Libye? Sortie annoncée d'Afghanistan, très dure campagne en Libye, épuisement des ressources, désaccords entre alliés : les temps sont difficiles pour l'alliance militaire occidentale, qui s'interroge avec angoisse sur elle-même et sur son avenir.  
À la mi-juin, Robert Gates, secrétaire sortant à la Défense des États-Unis, se sentant, peut-être, déjà libéré du devoir de réserve car il prend sa retraite à la fin juin, y allait d'un diagnostic très, très dur sur l'état de l'Alliance. Il a parlé d'un avenir funeste pour l'organisation, si elle ne se ressaisit pas rapidement, si une campagne comme celle menée en Libye ne donne aucun résultat positif, et si les Européens continuent de refuser de payer leur part. Actuellement, l'Europe ne défraie que 25 % des coûts de l'OTAN, contre 75 % pour les États-Unis. Il y a 20 ans, c'était moitié-moitié.
Désarroi et zizanie  
En Libye, plus de trois mois après une initiative qui devait faire tomber rapidement le dictateur, l'aveu de bavures mortelles contre des civils, ceux-là mêmes que l'opération est censée protéger sème désarroi et zizanie. Et si nous nous trompions dans toute cette affaire, se demande par exemple le gouvernement italien, qui a réclamé, avant de se dédire, une suspension des activités dans le ciel de Libye. Même si d'autres, comme les Français, continuent de croire que Mouammar Kadhafi va bien finir par tomber et qu'il faut donc maintenir la pression.
Pour l'OTAN et les États-Unis, l'Afghanistan est une affaire qui dure depuis presque une décennie, une expérience peu concluante de « nation-building ». Barack Obama a annoncé le 23 juin un début de retrait d'Afghanistan, en admettant que les États-Unis «
ne laisseraient pas derrière eux un pays parfait »... une belle litote!
Mais la Libye représente potentiellement un autre type d'échec. L'Afghanistan ronge l'OTAN sur le long terme, avec des objectifs officiels qui sont modifiés, révisés à la baisse, au fil des années, et avec des opinions publiques qui décrochent graduellement. Tandis que l'expédition libyenne, elle, fait mal dans l'immédiat. Elle représente peut-être pour l'OTAN... la goutte qui fait déborder le vase.
Voici la plus grande alliance militaire de tous les temps, pour reprendre les mots de Robert Gates, qui annonce une campagne éclair, limitée dans le temps, ultraciblée et foudroyante, censée en finir avec Kadhafi en deux temps, trois mouvements... mais qui, après plus de trois mois, s'avère incapable de vaincre, dans un pays de 6 millions d'habitants, doté d'une armée plutôt rudimentaire...  
L'humiliation!  Bientôt à court de munitions 
Et maintenant, on chuchote que les Européens en Libye seraient même à la veille... d'une rupture de stock! Des entrepôts vides... Des munitions bientôt manquantes pour les avions Rafale et Super-Étendard des Français... Des effectifs au sol en nombre insuffisant pour guider les sorties des avions... Un porte-avions, le George-Clemenceau - c'est le seul vaisseau européen de ce type actuellement disponible - qui serait à la limite de ses capacités, avec un urgent besoin d'entretien. On peut allonger cette liste, qui renvoie l'image d'une alliance occidentale à bout de souffle.
Pas étonnant que dans ces conditions, les Italiens disent maintenant : «
arrêtons, suspendons les activités militaires en Libye, tenons-nous-en à l'humanitaire et favorisons une solution politique ». Franco Frattini, le ministre des Affaires étrangères, un des rares personnages sérieux du gouvernement Berlusconi, a causé un petit scandale en disant qu'après les bavures des 18 et 19 juin à Tripoli (une quinzaine de civils tués par l'OTAN), la campagne militaire occidentale a perdu de sa crédibilité. 
Sans compter la question de l'argent... Dans son « discours-testament » de Bruxelles, Robert Gates a parlé très fort de ce problème, en demandant aux Européens : «
Voulez-vous, oui ou non, payer pour votre défense? Parce que les Américains, eux, le peuvent de moins en moins! » Et Gates a enfoncé le clou : notre situation, dit-il, devient in-te-na-ble.
Le problème, c'est qu'en Europe aussi, les budgets sont complètement étirés, l'élastique est au maximum... Il n'y a plus d'argent, et le climat n'est absolument pas propice à un doublement des dépenses de défense, un doublement qui, selon les États-Unis, serait nécessaire en Europe.
Autrement dit, le bon vieil impérialisme occidental a du plomb dans l'aile. Il n'a peut-être plus les moyens de ses ambitions. La projection pessimiste de Robert Gates, c'est que, après l'Afghanistan et la Libye, l'OTAN n'a peut-être tout simplement plus sa raison d'être.

François Brousseau,

Radio-Canada,

24 juin 2011

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2011/06/24/133001.shtml?auteur=2096


Allain Jules : La victoire de Kadhafi dont personne ne parle.

Ils n’enlèveront jamais la figure emblématique, charismatique et néanmoins controversée de Mouammar Kadhafi, le leader libyen. Jamais. Après 3 mois d’attaque, des bombardements à outrance, la ‘propagandastaffel’ médiatique de diabolisation qui va avec, la Libye reste et restera, en Afrique, le seul pays qui aura résisté à l’armada sanguinaire de l’Otan.

Un pays debout et fier, qui fait face à un montage hypocrite et astucieux d’un vol organisé de ses ressources et surtout de bannir l’Afrique du concert des nations.

L’Otan a mandaté, depuis samedi, aux renégats de Benghazi, d’aller combattre dans la ville de Zawwiyah, une ville située sur cette côte, à 40 km à l’ouest de Tripoli, après avoir bombardé des colonnes de l’armée loyaliste libyenne sur cette région. Mais, contre toute attente, l’armée libyenne a éliminé les «poches de résistance» à Zawiyah. Les affrontements ont été rudes. Les sources rebelles font état d’un grand nombre de blessés pour ne pas dire de nombreux morts. Après cette débâcle, ils accusent l’Otan de ne pas les protéger assez. On croit rêver.

Le black-out total sur la vie des Libyens qui sont favorables à Mouammar Kadhafi, plus nombreux que ces vendus de Benghazi, devrait interpeller les uns et les autres. Lorsque le gouvernement libyen communique, les médias mainstream ont toujours tendance à dire à tous de prendre cela avec des pincettes. Cherchez l’erreur ! Ils jouent les saints alors que leur propre propagande est plus nocive et malsaine. La victoire tant annoncée est toujours attendue.

La gymnastique adverbiale aura pour sûr, dans bientôt, ses limites. Toute l’argutie mesquine et tortueuse des contrevérités qu’on assène ici ou là sera sans effet.

Les doctes déclamations de Sarkozy, Obama ou Cameron ne sont que folie. Après avoir monté de toutes pièces les fameux Viagra du régime distribués aux militaires pour le viol des femmes décidé par Kadhafi, sorte d’argument sorti de derrière les fagots pour le faire passer pour un DSK au rabais, que vont-ils nous inventer demain pour justifier leur nazisme ? 

Face au groupuscule de petits nazillons donc, la victoire de Mouammar Kadhafi est là. Mort, vif, exilé ou pas, le complot ourdi contre lui, pour tuer l’Afrique, l’a renforcé, nonobstant la faiblesse des pays africains, incapables de stopper la main meurtrière de l’Otan. Nous savons désormais que cet homme est, sera et restera un grand d’Afrique. Derrière le folklore de représentativité et les parades qui vont avec - »Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! »-, se cachent, la bravoure, la fierté, le courage et la volonté. Seul contre toutes ces puissances du mal, après 3 mois durant lesquelles ils lui interdisent de se défendre, cet enlisement prouve que cet homme a largement gagné…

Allain Jules

13 juin

http://allainjules.com/2011/06/13/libye-la-victoire-de-kadhafi-dont-personne-ne-parle/


Russia Today : Le contrat pétrolier étasunien révèle les vrais motifs de la campagne libyenne. 

OTAN, guerre de l'énergie, Occident, David Cameron, crimes de guerre, Nicolas Sarkozy, CPI, guerre du pétrole, Maghreb, Cour pénale internationale, révolutions arabes, Printemps Arabe, Mouammar Kadhafi, guerre de Libye, Benghazi, révolution libyenne, CNT, Conseil National de Transition, opération Aube de l'Odyssée, Union Africaine, opération Harmattan, opération Protecteur Unifié, Cyrénaïque, Tripolitaine, Fezzan, Misrata, UA,petrole,contrat,

La première cargaison de pétrole libyen est arrivée aux USA le 8 juin suite à un contrat signé pas les USA et le Conseil de transition National, le gouvernement légitime autoproclamé de la Libye. La vente a finalement mis à jour la vraie raison de la compagne libyenne de l’OTAN qui avait tout d’abord été justifiée par la nécessité de protéger les civils libyens. Les civils en question souffrent toujours, les forces de l’OTAN n’arrivent pas à sortir de l’impasse et les USA semblent être le seul protagoniste du conflit à profiter de la soi-disant "opération de sauvetage".

Pendant ce temps, les représentants arabes et occidentaux se réunissent dans les Emirats Arabes Unis pour parler du futur de la Libye après la fin présumée de Mouammar Kadhafi. Cependant Kadhafi ne semble pas pressé de se rendre comme l’a amplement prouvé l’échec des bombardements de Tripoli par l’OTAN à cet effet.
Un plan "dans le but de prendre tous les mesures nécessaires pour protéger les civils et les lieux peuplés de civils" couvert par une résolution de l’ONU est en train d’échouer lamentablement. Cependant, pendant que les civils libyens souffrent à la fois des actions déclenchées par les rebelles et par les troupes gouvernementales, le pétrole libyen est transporté aux USA en toute sécurité. Comme le département d’état des USA l’a confirmé mercredi dernier, le gouvernement rebelle qui contrôle l’est de la Libye a fait sa première vente. Le contrat a suivi en avril une déclaration du Bureau du contrôle des actifs étrangers du département du Trésor comme quoi une nouvelle politique de licences avec la Libye avait été établie. Les USA ont dû prendre ces mesures pour faciliter les transactions pétrolières avec le Conseil National de Transition.
D’après une déclaration écrite du Département d’état, Tesoro, un raffineur pétrolier étasunien, a signé un contrat avec le Conseil National de Sécurité de Benghazi en Libye de 1,2 million de barils de pétrole brut. On ne connaît pas encore la valeur de ce contrat en dollars.
Le document affirme que ce contrat avec la CNT a pour unique but d’aider le peuple libyen.

Toutefois il faut être bien naïf pour croire que les Libyens qui sont pris dans le chaos des feux croisés recevront un seul cent de ce contrat.
Pendant que les USA règlent avec brio leur problème de pétrole, les leaders arabes et occidentaux se préparent à décider de l’avenir de la Libye. Les membres du soi-disant groupe de contact -une coalition des différents pays et organisations internationales qui ont officiellement reconnu le CNT comme gouvernement légitime de la Libye- doivent se réunir dans les Emirats Arabes Unis. C’est la troisième fois que ce groupe se réunit pour discuter du développement potentiel du pays après la fin du régime de Kadhafi.
Il est surprenant qu’en dépit du fait qu’ils ont commencé à leur acheter du pétrole, les USA n’aient pas reconnu le nouveau gouvernement de la Libye. "Nous étudions la question mais nous n’avons pas encore pris de décision" a dit un officiel étasunien à propos d’une éventuelle reconnaissance du CNT.
Pendant que les membres du groupe de contact décident de l’avenir de la Libye après Kadhafi, Kadhafi lui-même ne semble pas décidé à abandonner le pouvoir. "Nous ne nous rendrons pas, nous ne renoncerons pas," a déclaré le leader assiégé en réponse à l’intensification des bombardements de Tripoli par les forces de l’OTAN. L’OTAN doit reconnaître que toutes ses manoeuvres pour mettre fin au conflit restent lettre morte et que pendant ce temps le pays s’enfonce de plus en plus dans le chaos.
Selon le dernier rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, des crimes de guerre continuent d’êtres commis dans le pays au bord de l’anarchie et cela signifie que les citoyens libyens paient de leur sang les ambitions européennes et le pétrole étasunien.
Pour consulter l’original :
http://english.ruvr.ru/2011/06/10/5...

 http://polymedia.skynetblogs.be/
 17/06/2011

http://www.alterinfo.net/notes/

 

Des élus américains portent plainte contre Obama.  

Des élus de la Chambre des représentants américaine ont déposé une plainte mercredi devant un tribunal fédéral à Washington contre la décision du président Barack Obama de se passer du feu vert du Congrès pour lancer les opérations militaires en Libye.
La plainte appelle à "protéger les plaignants et le pays" face à la politique du président Obama en Libye.
Les plaignants, une dizaine d'élus des deux bords menés par le démocrate Dennis Kucinich et son collègue républicain Walter Jones, reprochent au président d'avoir "unilatéralement" engagé les forces américaines contre le régime de Mouammar Kadhafi "sans déclaration de guerre du Congrès", ce qui constitue selon eux, une violation de la constitution.
Les élus affirment également que l'action de l'administration a été lancée en violation du traité de l'Atlantique nord ratifié par le Congrès américain et que l'utilisation de fonds pour l'opération en Libye sans l'accord du Congrès est anticonstitutionnelle.
Enfin, ils estiment que la loi américaine de 1973 ou "Loi sur les pouvoirs de guerre" ("War Powers Resolution") conçue pour limiter les pouvoirs présidentiels sur le déclenchement des guerres, n'a pas été respectée par le président Obama.
La loi stipule que sans autorisation du Congrès, un retrait doit être entamé après 60 jours et entièrement achevé après 90 jours. Cette dernière limite sera atteinte dimanche.
Mardi, le président de la Chambre des représentants américaine, John Boehner, a mis en garde M. Obama au sujet d'une éventuelle poursuite des opérations militaires américaines en Libye sans autorisation du Congrès.
La Maison Blanche a indiqué qu'elle répondrait à cette demande, mais pour l'administration l'intervention américaine, "limitée" et sous la houlette de l'Otan, ne nécessite pas d'autorisation du Congrès.

15/06/2011  

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/708334/Operations_en_Libye%3A_des_elus_americains_portent_plainte_contre_Obama.html



Paroles & action du président Kadhafi

J’ai tenu tête à l’agression des croisés de l'OTAN, résisté à la cruauté, contrecarré la trahison 

MESSAGE DU COLONEL MOUAMMAR KADHAFI AU MONDE!

Traduit de l’arabe en anglais par le professeur Sam Hamod.

Depuis 40 ans, à moins que ce ne soit plus, je ne me souviens pas, j'ai fait tout mon possible pour donner aux gens des maisons, des hôpitaux, des écoles, et, quand ils avaient faim, je leur ai donné à manger. À Benghazi, j'ai même transformé le désert en terres arables, j’ai tenu tête aux attaques de ce cow-boy, Reagan, quand il a tué ma fille adoptive orpheline. Essayant de me tuer, il a tué à la place cette pauvre enfant innocente. Ensuite, j'ai épaulé mes frères et sœurs d'Afrique avec de l'argent pour l'Union africaine.
J'ai fait tout mon possible pour aider les gens à comprendre le vrai concept de démocratie, qui consiste en des comités populaires dirigeant leur pays. Mais ce n'était jamais assez, comme me l'ont dit certains. Même ceux qui possédaient une maison de 10 chambres, des costumes et du mobilier neufs, n'étaient jamais satisfaits. Ils étaient si égoïstes qu’ils en voulaient toujours plus. Ils ont dit aux Zuniens et aux autres visiteurs qu'ils avaient besoin de « liberté » de « démocratie » et n’ont jamais réalisé qu'il s'agit d'un système de panier de crabes, où le plus gros bouffe les autres. Ils étaient seulement ensorcelés par ces mots, sans réaliser jamais qu’en Zunie, il n’y a pas de médicaments gratuits, ni d'hôpitaux gratuits, ni de logement gratuit, ni d'enseignement gratuit, ni non plus de nourriture gratuite, sauf quand les gens sont obligés de mendier ou de faire longtemps la queue pour avoir de la soupe.
Non, peu importe ce que j'ai réalisé ! Pour certains ce n'était jamais assez. Mais les autres savaient que j'étais le fils de Gamal Abdel Nasser, le seul vrai leader musulman arabe que nous avons eu depuis Salah-al-Din. Nasser était sur ses traces quand il a exigé le canal de Suez pour son peuple, tout comme j'ai réclamé la Libye pour mon peuple. J'ai essayé de l’imiter pour garder mon peuple libre de la domination coloniale, des voleurs qui nous détroussent.

Maintenant, je suis attaqué par la plus grande force de l'histoire militaire. Obama, mon petit-fils africain, veut me tuer, priver notre pays de liberté, nous priver de la gratuité de nos biens : logements, médecine, éducation, nourriture, et remplacer tout ça par la grivèlerie à la zunienne appelée « capitalisme. » Or, nous tous, dans le tiers monde, savons ce que cela veut dire. Cela signifie que les multinationales dirigeront le pays, dirigeront le monde, et le peuple souffrira. Voilà pourquoi il n'y a pas d'autre solution pour moi, je dois prendre mes dispositions. Et si Allah le veut, je mourrai en suivant Sa Voie, la voie qui a rendu notre pays riche en terres arables, avec de quoi manger et la santé, et nous a même permis d'aider nos frères et sœurs africains et arabes en les faisant travailler ici avec nous, dans le Jamahiriya libyen.
Je ne désire pas mourir, mais si cela devait advenir, pour sauver cette terre, mon peuple, tous ces milliers de gens qui sont tous mes enfants, alors qu'il en soit ainsi.
Que ce testament soit ma voix dans le monde. J’ai tenu tête à l’agression des croisés de l'OTAN, résisté à la cruauté, contrecarré la trahison ; je me suis élevé contre l'Occident et ses ambitions colonialistes, et, avec mes frères africains, mes vrais frères arabes et musulmans, je suis dressé comme un phare de lumière. Quand d'autres construisaient des châteaux, je vivais dans une maison modeste et dans une tente. Je n'ai jamais oublié ma jeunesse à Syrte, je n’ai pas stupidement dépensé notre trésor national, et comme Salah-al-Din, notre grand leader musulman qui sauva Jérusalem pour l'Islam, je n’ai guère pris pour moi-même...

En Occident, sachant pourtant la vérité, certains me qualifient de «fou» de «bizarre», ils continuent de mentir, ils savent que notre pays est indépendant et libre, et non pas sous emprise coloniale, que ma vision, ma conduite, est et a été sincère et pour
mon peuple, et que je me battrai jusqu'à mon dernier souffle pour garder notre liberté. Puisse Allah Tout-Puissant nous aider à rester fidèles et libres.



Résistance

L’armée annonce avoir abattu vendredi un hélicoptère de l’OTAN.

- Les forces armées libyennes ont abattu vendredi à l’aube un hélicoptère de l’OTAN au large des côtes de Zlitin, à 170 km à l’est de Tripoli, annonce la télévision libyenne.

L’hélicoptère abattu ce vendredi matin menait un raid sur la région de Al-Dafniya, à l'est de Zlitin.

Citant un porte-parole militaire libyen, la même source indique que c'est le troisième appareil militaire de l’OTAN abattu depuis le début des frappes aériennes de l’Occident contre la Libye. La France et la Grande-Bretagne ont fait entrer en action, depuis le 4 juin, leurs hélicoptères de type Tigre, Gazelle et Apache.

Selon la télévision libyenne, les forces armées libyennes ont gravement touché une frégate canadienne, 'Charlo Town', et le destroyer 'Liverpool' au large des côtes de Misurata, dans la nuit du 12 mai dernier. 

12/06/2011

http://www.afriquejet.com/



Analyse

Patrick Haimzadeh : Les dix erreurs de l’Otan en Libye

Du mythe du sauvetage de Benghazi à la sous-estimation de la capacité de mobilisation de Kadhafi en passant par des choix militaires inadaptés, Patrick Haimzadeh, ancien diplomate français à Tripoli, analyse la façon dont la « coalition » se fourvoie.

Pour qui aurait manqué les mensonges qualifiant l’armée irakienne de « quatrième armée du monde » en 1991 et ceux des armes de destruction massive de Saddam Hussein en 2003, l’année 2011, avec la guerre de l’Otan en Libye, aura offert une belle séance de rattrapage.

Ayant vécu et travaillé de nombreuses années dans des pays arabes dotés de régimes autoritaires, je me suis bien sûr réjoui des mouvements d’émancipation des peuples arabes de ce début d’année 2011. Etre critique à l’égard de la guerre de l’Otan en Libye ne signifie nullement que j’éprouve une quelconque sympathie pour le régime du dictateur libyen qui a toujours fait preuve d’une grande violence à l’encontre de sa population, ni que je préfère le statu quo ante à la promotion des valeurs universelles de dignité et de liberté auxquelles aspire légitimement le peuple libyen.

L’analyse des dix mensonges, contrevérités et erreurs sur cette guerre en Libye, relayés par les principaux médias français depuis plus de trois mois, s’appuie autant sur une expérience de terrain en Libye que sur une expertise d’ancien officier de l’armée de l’Air française.

1. Insurrection ou guerre civile ?

Le 19 mars 2011, date du début des bombardements de la « coalition », il ne s’agissait plus d’une insurrection populaire mais déjà d’une guerre civile.

L’insurrection populaire qui a débuté en Cyrénaïque et dans deux régions de Tripolitaine (Misrata et la montagne de l’Ouest, dite djebel Nefoussa) n’a duré qu’une dizaine de jours. Elle a laissé la place, dès lors, à une guerre civile entre deux entités politiques déjà en place au moment du vote de la résolution 1973. D’un côté, le régime de Kadhafi, condamné à terme, et de l’autre le Conseil national de transition (CNT) représentant principalement les populations insurgées de Cyrénaïque et de Misrata, et qui est aujourd’hui reconnu par une quinzaine de pays comme autorité légitime du peuple libyen. Selon ses dires, le CNT comprendrait également des représentants des zones toujours sous la coupe du colonel Kadhafi (soit environ deux tiers de la population libyenne) mais leurs identités sont tenues secrètes. On peut douter cependant de leur représentativité, leurs régions d’appartenance étant toujours sous le strict contrôle du régime de Kadhafi.

Que la propagande du CNT cherche à faire passer tous les combattants de Kadhafi pour des mercenaires africains est naturel. On peut comprendre en effet que les insurgés soient enclins à dissimuler le fait que ce sont d’autres Libyens qui se battent pour le soutien du régime, et cherchent ainsi à nier l’existence d’une guerre civile.

Rien n’illustre pourtant mieux cette idée de guerre civile que l’exemple de cet ami libyen, appartenant à la grande tribu arabe des montagnes de l’ouest, qui se bat contre Kadhafi. Son ex-femme et mère de ses enfants appartient à une tribu majoritairement fidèle à Kadhafi. Son fils aîné, qui vivait avec sa mère au moment de l’insurrection, se bat désormais dans les rangs des fidèles de Kadhafi et leur père n’a qu’une angoisse : se retrouver un jour confronté dans les combats à son propre fils !

Le schéma binaire du bien contre le mal et du peuple en armes contre le dictateur isolé est donc une belle image de philosophe parisien qui malheureusement ne correspond pas aux réalités du terrain.

2. Le mythe du « sauvetage de Benghazi » (1)

Les forces de Kadhafi (moins d’un millier d’hommes accompagnés au maximum d’une vingtaine de chars sans logistique) n’avaient pas les moyens de commettre un « bain de sang » à Benghazi, ville de plus de 30 km de long et de 800.000 habitants, et encore moins de « reprendre » toute la Cyrénaïque libérée dont les habitants disposaient des armes récupérées dès les premiers jours de l’insurrection.

L’exemple de Misrata, dont les habitants ont repoussé héroïquement les forces de Kadhafi, démontre que les insurgés sont capables de se battre brillamment pour défendre leur territoire. C’est ainsi que la belle histoire des chars détruits in extremis (en réalité au nombre de quatre !) par l’armée de l’air française, sauvant ainsi Benghazi du carnage et la Cyrénaïque du bain de sang annoncé, est devenu un des mythes fondateurs et justificateurs de cette guerre. Cette belle histoire à laquelle nous avions tous envie de croire, racontée par un écrivain à succès et un président en mal de popularité, n’en constitue pas moins une opération de propagande, consciencieusement relayée sans analyse critique par la quasi-totalité des politiques et médias français.

3. Des buts de guerre confus et évolutifs, une lecture « extensible » du mandat fixé par la résolution 1973

Le but de guerre affiché initialement, qui découlait du mandat fixé par la résolution 1973, était la protection des populations civiles. Dès lors que l’insurrection avait déjà laissé la place à une guerre civile, comme nous l’avons vu précédemment, ce but de guerre pouvait prêter à confusion puisque les insurgés n’étaient plus alors des civils désarmés mais des combattants. Ces combattants ont d’ailleurs fait la preuve de leur héroïsme et de leurs capacités tactiques à Misrata et dans le djebel Nefoussa. Le but de guerre, initialement implicite, du départ ou de la mort de Kadhafi est devenu progressivement explicite. Il constitue désormais la condition posée par l’Otan à l’arrêt des bombardements, ce qui représente une lecture largement extensible de la résolution 1973, voire une violation du cadre de cette résolution au regard du droit international.

Enfin, les bombardements d’objectifs situés dans des zones habitées de Tripoli, loin de protéger les civils, en ont déjà tué un certain nombre qui entrent pour l’Otan dans la catégorie des « victimes collatérales ». Si la précision des bombardements, le vocabulaire utilisé pour les qualifier -« frappes ciblées »- et l’absence d’images des destructions et des victimes peuvent le faire oublier, ces victimes sont là pour rappeler qu’il n’y a pas de guerre ni de bombardement humanitaire.

4. L’absence de « plan B » face à l’escalade ou à l’enlisement

« La guerre mène au paroxysme de la violence. » Cette phrase de Clausewitz, le célèbre théoricien prussien de la guerre, trouve toute son illustration dans l’escalade militaire observée depuis trois mois. Après nous avoir expliqué que les bombardements de l’aviation permettraient aux insurgés de l’emporter rapidement, puis qu’ils provoqueraient la chute du régime par « délitement », on nous a vanté l’action des drônes américains, puis des hélicoptères censés provoquer une « rupture tactique ».

Cette escalade a aujourd’hui atteint ses limites du fait de la nécessité de minimiser les « victimes civiles collatérales » qui auraient évidemment un impact négatif sur les opinions publiques des pays de l’Otan, et parce que la résolution 1973 exclut l’envoi de troupes au sol.

En l’absence de « plan B » de sortie, l’Otan est donc condamnée à gagner son pari de chute du régime ou à s’enliser dans ce conflit. La propagande quotidienne de l’Otan affirmant que les jours de Kadhafi sont comptés cache mal l’impasse de l’option militaire.

5. La surestimation de la capacité militaire des insurgés, notamment à porter la guerre hors de leurs territoires d’origine

Les insurgés de Cyrénaïque, de Misrata et du djebel Nefoussa ont fait la preuve de leur capacité à défendre héroïquement, voire à reprendre leur ville, leur village ou leur montagne. Ils sont en revanche beaucoup plus réticents à aller porter le combat sur des territoires qui ne sont pas les leurs. Ils savent en outre que toute incursion de combattants armés en provenance d’une autre région serait mal perçue par les locaux qui risquent fort de ne pas les accueillir en libérateurs, à plus forte raison si ces locaux appartiennent à des tribus ou des clans restés fidèles ou sympathisants à Kadhafi.

Imaginer que les Libyens originaires de Cyrénaïque ou de Misrata puissent « libérer » la Tripolitaine encore sous le joug de Kadhafi est une grave erreur. Chaque région libyenne devra se soulever par elle-même et c’est au niveau local que tout se jouera (ou non...)

6. La sous-estimation de la volonté de résistance de Kadhafi

Le colonel Kadhafi s’est construit, psychologiquement et politiquement, dans la lutte contre toute forme de colonialisme et d’impérialisme. Ainsi cite t-il toujours l’expédition franco-britannique de Suez, en 1956, comme l’événement qui a fait naître sa conscience politique. Ironie de l’Histoire, ce sont ces deux mêmes pays qui sont aujourd’hui à la tête de la guerre menée contre lui.

Contrairement au dictateur déchu Ben Ali et à l’autocrate Moubarak, Kadhafi est porté par une idéologie et un goût pour la confrontation et le combat et il a pour modèles Che Guevara et Fidel Castro. Il ira donc jusqu’au bout de son combat et on voit mal comment il pourrait accepter de quitter ce pouvoir qui est toute sa vie depuis 42 ans pour aller finir ses jours comme un simple retraité dans une résidence africaine. Conditionner l’arrêt des bombardements à son départ de Libye est donc un but de guerre irréaliste qui méconnaît la personnalité du dictateur.

7. La sous-estimation de la capacité de mobilisation de Kadhafi

Cette erreur d’analyse s’explique en partie par l’enthousiasme suscité par les succès des insurrections en Tunisie et en Egypte, qui ne sont pourtant absolument pas transposables au cas libyen. Portés par la propagande d’Al-Jazeera et par la confusion entre leurs désirs et les réalités du terrain, nombre de commentateurs n’ont pas voulu voir qu’une fois passé le choc initial, Kadhafi avait repris la situation en mains dans la capitale et dans une grande partie de la plaine côtière où réside plus de la majorité de la population de Tripolitaine. Sans compter le grand sud (Fezzan), dont on a oublié qu’il ne s’est pratiquement pas soulevé.

S’il est dérangeant de penser qu’un régime dictatorial dispose d’une certaine base sociale, nier cette réalité ou la négliger conduit à de graves erreurs d’analyse. Là aussi, tout laisse à penser que la décision d’entrer en guerre a été prise sans connaissance ni analyse un peu sérieuse et objective des réalités du pouvoir et de la société libyenne.

8. Des modes d’actions militaires inadaptés au cas libyen

Au plan tactique (soutien direct des insurgés) comme au plan stratégique (bombardement direct de Kadhafi, incitation à la défection de son cercle de fidèles ou délitement du régime), force est de constater que les effets des quelque 4000 missions de bombardement réalisées par l’Otan depuis plus de 3 mois sont peu probants. L’Otan annonce bien évidemment que l’attrition des forces de Kadhafi est sérieuse et s’accroît de jour en jour. A supposer que l’Otan soit en mesure d’évaluer précisément ces taux d’attrition, ce genre de déclaration ne peut néanmoins constituer une base sérieuse pour l’analyse, compte tenu de la propagande et de la guerre psychologique pratiquées par toute force ou tout Etat engagé dans un conflit.

Certains responsables et experts militaires ont par ailleurs évoqué depuis le début de cette guerre la notion de « point d’inflexion stratégique » qui, selon les théories américaines de la guerre aérienne moderne, élaborées dans les années 1980 et 1990, correspond à l’effet de seuil systémique (ou de transition de phase) au delà duquel survient immanquablement le délitement de l’ensemble de l’appareil d’Etat. Ces théories, conçues pour s’appliquer dans le cadre de campagnes de bombardements de haute intensité 24 heures sur 24 contre des pays disposant d’un appareil d’Etat, d’un complexe militaro-industriel et d’une armée constituée, sont inadaptées à la Libye qui n’a rien de tout cela. Au lieu de se déliter, le régime s’adapte et se recompose en permanence.

L’Otan peut continuer à bombarder chaque jour des entrepôts vides, des casernes désaffectées, des états-majors et des ministères fantômes et des centres de commandement qui ne commandent rien : cela n’aura qu’une incidence marginale sur la chute du régime. La seule courbe avérée dans ce domaine est celle du temps qui passe ; à savoir que chaque jour qui passe verra Kadhafi plus vieux d’un jour...

9. L’irruption d’un acteur étranger dans une guerre civile, loin de régler les problèmes, tend à en créer de nouveaux

La France et les autres pays de l’Otan impliqués dans les bombardements de la Libye sont les acteurs militaires directs d’un conflit intérieur libyen. Quelle que soit l’évolution de la guerre en Libye, la poursuite des opérations militaires de l’Otan au-delà de l’objectif initial de protection des populations civiles contribue chaque jour à confisquer la révolte libyenne au peuple libyen. Si tant est que cette guerre apporte la victoire à terme de l’insurrection, pour une partie de la population libyenne elle apparaîtra comme un sous-produit d’une nouvelle intervention militaire occidentale dans un pays arabe. Et ce n’est pas la participation symbolique des Emirats arabes unis, dont on sait qu’ils abritent depuis peu une importante base militaire française, et du Qatar qui a soutenu dès le départ l’insurrection libyenne par la voix de sa chaîne Al-Jeezira (tout en se gardant de dénoncer l’intervention militaire saoudienne pour mater le début d’insurrection populaire au Bahreïn), qui changeront cette perception.

Enfin, les bombardements qui frappent tous les jours Tripoli depuis trois mois et qui font -quoi qu’on en dise- des victimes civiles, ainsi que l’embargo et l’isolement international dont les populations civiles de Tripolitaine sont les premières à souffrir, contribuent à entretenir le ressentiment d’une majorité d’habitants de cette région, tant à l’égard des Occidentaux que des habitants de Cyrénaïque, accusés à juste titre d’avoir appelé à l’intervention militaire directe de puissances étrangères contre d’autres Libyens.

En ce sens, la poursuite de l’intervention militaire directe de l’Otan dans cette guerre pose plus de problèmes à long terme pour la Libye qu’elle n’en résout. A fortiori quand les buts de guerre de l’Otan n’ont plus qu’un rapport lointain avec l’objectif initial affiché de « protection des populations civiles ».

10. Le préalable du départ de Khadafi à l’ouverture de négociations prolonge la guerre civile et installe le pays dans la violence

Alors qu’aucune issue militaire ne se dessine sur le terrain (sauf coup direct très hasardeux d’une bombe sur Kadhafi), la probabilité est forte que la guerre civile se prolonge longtemps. Les trois zones « libérées » peuvent continuer avec des succès divers, et selon des modalités qui leur sont propres, à s’installer dans une économie de guerre civile dont les ressorts sont bien connus. Les réseaux d’économie informelle sont déjà en place. Chaque jour qui passe contribue à renforcer l’addiction psychologique aux combats et la violence mimétique des acteurs, phénomène bien connu des observateurs des guerres civiles.

Si le radicalisme des cadres du CNT et de certains combattants insurgés qui luttent depuis plus de trois mois pour se libérer est compréhensible, il est loin d’être avéré que l’ensemble de la population libyenne souhaite voir perdurer cette guerre civile et la partition de facto du pays. En renforçant les extrémistes du CNT dans l’idée que la victoire militaire est possible grâce aux bombardements et qu’aucune solution négociée n’est acceptable, les responsables des pays de l’Otan (principalement la France et la Grande-Bretagne) portent une part de responsabilité dans la poursuite de cette guerre.

Le refus de la France, la Grande-Bretagne et des Etats-Unis (qui n’ont pourtant toujours pas reconnu officiellement le CNT) d’explorer la voie d’une transition progressive vers une Libye post-Kadhafi qui ne passerait pas par le préalable indispensable du départ de Kadhafi du pays est donc contraire à l’objectif affiché de protection des populations civiles.

Il y a urgence à trouver une solution négociée dans le double but de sauver des vies et garantir la préservation d’un « vivre ensemble » libyen à plus long terme.

(1) Lire aussi : « Libye : qui veut lâcher BHL », par Patrick Haimzadeh, 22 avril 2011.

Deuxième conseiller près l’ambassade de France à Tripoli de 2001 à 2004, Patrick Haimzadeh vient de publier « Au cœur de la Libye de Kadhafi », aux Editions J.C Lattès.

Patrick Haimzadeh

http://blogs.mediapart.fr/edition/l...


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