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19/07/2011

n° 30 - Libye : Médias et Manipulation de l'Opinion - 26-06 au 18-07 - Fin - L'OTAN prépare les rebelles au pouvoir.


n° 30 - Libye : Médias et Manipulation de l'Opinion - 26-06 au 18-07 -  Fin -     L'OTAN prépare les rebelles au pouvoir.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Libye : Médias et Manipulation de l’Opinion 

n°30 du 26-06 au 18-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " Médias et Manipulation de l’opinion" est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

"Un millier de civils tués par l'Otan"

1 Manipulation de l’opinion / Vidéos

1 Vidéo 

1-1 Kadhafi appelle les Français à chasser Sarkozy

1-2 Sarkozy, combien d’enfants as-tu tués cette nuit ?

1-3 L'Otan voudrait faire taire Thierry Meyssan.    

1-4 Libye : journée l'harmattan.

1-5 Mario Franssen : La guerre n’est pas un jeu vidéo.

1-6 Le chercheur Allain Jules soutient que la guerre contre la Libye de Mouammar Kadhafi a été vendue sur des plateaux de télévision avec maestria.

1-7 Patton Boggs.

2 Les brèves

2-1 Les rebelles libyens accusés de graves atteintes aux droits de l’homme 

2-2 L'OTAN prépare les rebelles au pouvoir.

2-3 Thierry Portes : Voyage dans les villes fantômes de Libye.

2-4 Washington pourra financer les rebelles.

2-5 Le CNT réclame des fonds..

2-6 La CPI étudie une pétition contre des membres de l'OTAN et de l'UA.

3 Dossier

3-1 Victor Kotsev : Libye : Le pays des mirages.

3-2 Oussama Charabeh : Le-colonialisme-des-temps-modernes.

3-3 Pepe Escobar : Lobbyiste, prêt à tout.

3-4 Le pouvoir légitime des tribus libyennes.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 La CPI lance un mandat d'arrêt contre Kadhafi.

4-2 Le GPC pour la justice : "Ce qu'on appelle la CPI n'est qu'une couverture pour les tentatives répétées de l'Otan d'assassiner le leader et sa famille.". 


3 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Victor Kotsev : Libye : Le pays des mirages.

Au cours de la semaine qui vient de s’écouler, les absurdités de la guerre de Libye ont atteint un nouveau degré. Les responsables américains disent que les collaborateurs de Kadhafi veulent négocier sa sortie ; Kadhafi dit qu'il va mourir en martyr (en réalité, cela fait un certain temps que l'OTAN tente de l’aider à faire exactement cela).
Les rebelles disent qu’ils progressent avec « difficulté », comme le soulignent le grand nombre de victimes dans leur camp et la situation sur le terrain. La Cour Pénale Internationale (CPI) dit qu'elle veut ajouter le viol de masse à l’inculpation de Kadhafi pour crimes de guerre, tandis que la Turquie offre des « garanties » au colonel s’il devait démissionner. En attendant, les bannières opposées de l'intervention humanitaire et de la souveraineté des États flottent si haut qu'elles semblent avoir perdu tout point d’ancrage sur le terrain.
Croyez ce que vous voulez ! Comment pourrons-nous un jour nous souvenir que cette guerre sera résolue seulement une fois terminée, probablement dans bien longtemps, par une variation de la règle universelle que l'histoire est racontée par les vainqueurs. Cependant, dans un avenir prévisible, aucun vainqueur n’émergera, mais seulement plus de chaos et plus de carnage. Ces moments constituent les angles morts de l'histoire : la Libye se trouve donc dans une période sombre, non seulement d'un point de vue humanitaire, mais aussi du point de vue de l'histoire.
Kadhafi, ainsi que l’influent think-tank américain Stratfor le soutient, semble faire le pari d’une impasse. Stratfor a écrit dans un rapport récent :

Kadhafi a perdu toute chance de pouvoir réunifier la Libye sou son règne, mais il continue à espérer qu'il pourra survivre à la campagne aérienne de l'OTAN. Il est impossible de dire s'il croit vraiment ou non pouvoir reconquérir toutes les régions qu'il a perdues depuis février. Malgré tout, si Kadhafi devait parvenir à tenir pendant les prochains mois, il pourrait contraindre l'Occident à négocier un accord sur une certaine forme de partition, aussi dur à avaler que cela puisse paraître pour les pays qui mènent la campagne aérienne sous l'égide du Conseil des rebelles. En public, il nie avoir la partition comme objectif, mais avec une victoire totale qui est hors de question, ce serait le meilleur résultat possible qui resterait pour le dirigeant libyen.

En effet, la plupart des combats récents se sont déroulés autour d’importants terminaux d'exportation de pétrole, et l’on rend compte que Kadhafi et les rebelles se livrent une vive concurrence pour le contrôle des capacités de production de pétrole. Comprendre : sur le terrain, les deux camps sont à la recherche d'une source de revenu stable à long terme, très probablement en prévision d'une impasse prolongée qui nécessiterait de se réarmer constamment. Avec de puissants réseaux de contrebande d'armes qui ont déjà pris racine en Libye, l'embargo sur les armes, de toute façon régulièrement violé par toutes les parties, n’est guère une nuisance.
Sur le terrain, à l'Ouest de la Libye, le gouvernement a eu recours en grande partie à la même stratégie que celle qu'il a appliquée précédemment pour conduire à une impasse à l'Est. Ses tactiques et son équipement militaires supérieurs démoralisent les rebelles et leur infligent de lourdes pertes. Le lourd bilan civil sert à élargir la division et à inciter à la haine entre les partisans de Kadhafi et les rebelles, sclérosant ainsi ce conflit et consolidant la base de soutien du colonel. (La CPI envisage d'inculper Kadhafi de crimes de guerre contre la population civile ; les frappes aériennes de l'OTAN de plus en plus intensives produiraient également de lourds « dommages collatéraux »)
Sur le plan militaire, Kadhafi est confronté à une milice relativement nouvellement recrutée à l'Ouest, sans doute composée en grande partie d'hommes mécontents venant de la grande ville portuaire de Misurata, le principal fief rebelle dans cette partie du pays et l'épicentre de violents combats, ces deux ou trois derniers mois. Outre les bombardements aériens implacables de l'OTAN contre les forces du gouvernement, un facteur majeur derrière les avancées récentes des rebelles a été la disponibilité en hommes et en armes légères de contrebande arrivées par voie maritime.
« [Les rebelles de Misurata] ont de grandes ressources potentielles en hommes », explique un reportage de la BBC. « Dans cette population de 300.000 personnes beaucoup se sont durcis dans leur opposition au Colonel Kadhafi, durant de ce que les dirigeants occidentaux ont comparé à un « siège médiéval », disent les habitants
[1]. »
Les rebelles sont forts lorsqu’ils combattent en ville, sur des lignes d'approvisionnement et de communication courtes et sur un terrain qui leur est intimement familier. Cependant, une fois qu'ils avancent vers Tripoli, la capitale de Kadhafi, comme ils l’ont tenté à maintes reprises ces dernières semaines, leur manque de discipline et d’entraînement de base devient déterminant.
Ils sont susceptibles de tomber dans des pièges et des embuscades où les armes lourdes de Kadhafi, cachées dans des endroits difficiles à découvrir à l'avance et à bombarder depuis les airs, les déciment. C'est ce qui s'est passé sur le front de l'Est entre les villes de Ajdabiya et de Brega, il y a deux mois
[2] ; en fait, ce s’y est produit à nouveau dimanche dernier, quand une attaque rebelle sur Brega a été repoussé et que plus de la moitié de leurs forces ont été blessées ou tuées [3].
Aujourd'hui, la ligne de combat entre Misurata et les villes voisines à l'Ouest semble très similaire à la ligne de combat fluide dans l'est dans les premiers jours de la campagne de l'OTAN. Les rebelles ont repoussé de Misurata les troupes du gouvernement et ont avancé en direction de Tripoli, avec de violents combats dans les villes de Zlitan et de Zawiya.
Cependant, les forces de Kadhafi ont par la suite contre-attaqué et, en fin de semaine dernière, les combats se déroulaient à nouveau autour de Misurata, faisant des dizaines de morts et un nombre inconnu de blessés parmi les rebelles. Dimanche, le gouvernement a emmené des journalistes étrangers pour une brève visite tendue du centre de Zawiya
[4]. Tôt lundi, des reportages sont sortis disant que les rebelles avaient de nouveau avancé vers la ville.
Une milice berbère rebelle distincte s'est emparée de la ville de Yafran, mais on rapporte qu'il y a eu peu ou pas de résistance et qu’il est peu probable que les Berbères avancent sur Tripoli. Selon certaines sources, Kadhafi garde en réserve ses troupes d'élite les mieux préparées ; actuellement, il semble s'appuyer sur une stratégie de guerre de mouvement et de contre-attaques, afin de retarder la campagne et de consolider son contrôle sur un territoire de base.
Pendant ce temps, L'OTAN a intensifié ses bombardements, la capitale Tripoli et le siège désormais vide de Kadhafi attirant un grand nombre des bombes. Cette stratégie semble viser à démoraliser le cercle rapproché du colonel, dans l'espoir que ce dernier sera éliminé par un putsch interne. La secrétaire d'Etat US Hillary Clinton a récemment affirmé que des propositions « nombreuses et répétées », faites par des personnes proches de Kadhafi pour qu’il négocie son départ du pouvoir, lui étaient parvenues
[5].
En dépit des rapports faisant état qu’une poignée de proches collaborateurs de Kadhafi ont été tués, blessés ou ont fait défection, cette stratégie ne semble pas fonctionner. Kadhafi insiste sur le fait qu'il restera dans son pays jusqu’à la fin (ce qui signifie, au pouvoir sous une certaine forme), et il est peu probable que son cercle rapproché, constitué de ses proches et des personnes dont le destin est intimement liée au sien, prendrait des mesures contre sa volonté.
La proposition de la Turquie visant à lui offrir des « garanties », sans doute contre des poursuites pénales, semble vide, en particulier à la lumière de l'intention déclarée de la CPI de l'inculper de crimes de guerre. L'exemple du Nigeria, qui est revenu sur des garanties similaires faites à l'ancien président libérien Charles Taylor et qui l’a extradé 2006, est susceptible d’être encore présent à l'esprit de Kadhafi.
Il existe deux façons de sortir de l'impasse
[6] : en éliminant physiquement Kadhafi et une grande partie de son cercle rapproché ou si l'OTAN envoie des forces terrestres en Libye. Un certain nombre de bombardements de l'OTAN dans les derniers mois ressemblait beaucoup à des attentats contre sa vie ; l'un d'eux aurait tué le fils obscur de Kadhafi, Saif al-Arab, et plusieurs petits-enfants du colonel. De manière ironique, la fille de Kadhafi a récemment intenté un procès pour crimes de guerre contre l'OTAN sur la base de cet incident.
Même s'il est difficile de dire combien de personnes en dehors de Kadhafi l'OTAN aurait à tuer pour abattre son régime, certains responsables de l'OTAN ont déjà commencé à tergiverser (plutôt que d’émettre des réfutations) pour savoir si Kadhafi est un objectif officiel de la campagne. « Tandis que l'assassinat de dirigeants étrangers est généralement mal vu et rarement admis, Kadhafi ne devrait probablement pas compter sur la loi pour le protéger », conclut Joshua Keating, dans une récente analyse juridique parue dans Foreign Policy
[7].
Quant à une invasion terrestre, c'est une option encore plus risquée et serait le signe que l'OTAN considère que tout le reste a échoué. Toutefois, plusieurs indices montrent que l'alliance pose les bases d'une possible guerre terrestre en Libye, notamment, l'utilisation d'hélicoptères et la surenchère d’allégations de crimes de guerre.
Hormis ces deux options, il ne semble pas y avoir grand chose d’autre qui puisse chasser Kadhafi du pouvoir. Nous devrions envisager des replis tactiques du colonel à la lumière de ces menaces. S’ils ne se concrétisaient pas, une impasse en Libye serait pratiquement assurée au bout du compte. En attendant, ce conflit nous réserve plus de chaos et de confusion.

Victor Kotsev est journaliste et analyste politique. Il est basé à Tel Aviv.

(Copyright 2011 Asia Times Online (Holdings) Ltd - traduction [JFG-QuestionsCritiques]. All rights reserved

Notes :
[1]. "Misrata: City under siege" [Misrata: Ville assiégée], BBC, 10 mai 2011.
[2]. "Colonel Gaddafi goes Mao" [Le Colonel Kadhafi la joue Mao], Asia Times Online, 30 mars 2011.
[3]. "Gaddafi forces repel rebels at Libyan oil town" [Les forces de Kadhafi repoussent les rebelles dans la ville pétrolière libyenne], Reuters, 12 juin 2011.
[4]. "Zawiyah's heart a ghost town after rebel advance" [Le cœur de Zawiyah : une ville fantôme après l'avancée des rebelles, Reuters, 12 juin 2011.
[5]. "Clinton: Gadhafi associates say potential for Libya transition of power" [Clinton: les collaborateurs de Kadhafi disent que la transition du pouvoir est possible en Libye], Ha’aretz, 9 juin 2011.
[6]. "Gadhafi's daughter files war crimes lawsuit against NATO" [La fille de Kadhafi intente un procès à l'OTAN pour crimes de guerre], Ha’aretz, 8 juin 2011.
[7]. "Is It Legal to Try to Kill Qaddafi?" [Est-il légal d’essayer de tuer Kadhafi ?], Foreign Policy, 10 juin 2011.

Par Victor Kotsev
Asia Times Online,

14 juin 2011

article original : "Libya: The land of make believe"

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Victor_Kotsev/Libye_impasse_Kadhafi_OTAN_crimes_de_guerre_130611.htm


3-2 Oussama Charabeh : Le-colonialisme-des-temps-modernes.

Oussama Charabeh, Franco-syrien spécialisé en finance de marché est un observateur attentif des événements du Proche-Orient. Il y vit depuis plusieurs années après 23 ans passés à Paris.

Sa connaissance a la fois de la France et de la Syrie et les trois derniers mois qu’il vient de passer dans ce dernier pays lui permettent de jeter un regard critique sur les informations présentées à ce sujet par les médias, informations dont le but manifeste est de manipuler l’opinion des Français et fabriquer un consensus artificiel contre le régime syrien, étape décisive sur la voie d’une intervention militaire.

A côté des Américains et des Européens, Oussama Charabeh pointe le jeu dangereux d’une Turquie qu’on a  cru peut-être un peu vite détachée de l’alliance avec Washington et Tel Aviv…

Une alliance rejetée par la grande majorité des Turcs, mais quid de M. Erdogan

Le colonialisme des siècles passés a toujours eu pour but la domination économique par le controle des matières stratégiques, les XXeme et XXIeme siècles ne connaissent qu’une seule matière stratégique : le pétrole, qui est abondant au Moyen-Orient. Mais il n’est plus acceptable aujourd’hui de coloniser, non pas parce que les dirigeants des ex-colonies sont devenus plus humanistes mais parce qu’ils tomberaient instantanément devant la pression de leurs peuples.

Le colonialisme doit donc se moderniser et revêtir un costume plus coloré et plus doux pour obtenir le même résultat : ce costume à la mode ce seront la démocratisation des pays du tiers monde, les droits de l’homme ou tout prétexte suffisamment noble en apparence. Le garant des intérêts stratégiques des USA au Moyen-Orient c’est Israël et il est tout simplement interdit à qui que ce soit d’avoir les moyens de s’opposer à ce pays même s’il occupe nos territoires et tue nos peuples. Tout Etat qui résiste à Israël ou qui a les moyens de lui résister est donc un danger qui doit être écarté soit par intervention directe sous prétexte humanitaire comme en Libye, soit par un renversement de l’intérieur.

La Syrie s’inscrit dans ce schéma et, à cause de ses positions hostiles aux ambitions impérialistes et coloniales d’Israël, n’a jamais été appréciée par les administrations américaines et leurs alliés. La Syrie a toujours été la cible de tentatives de déstabilisation par l’extérieur et pendant les dix dernières années ces tenatatives ont été régulières et répétées, surtout depuis le refus d’Assad de l’invasion de l »Irak et son soutien affiché à toutes les résistances de la région.

En 2004, l’assassinat du Premier ministre libanais dont la Syrie fut aussitôt accusée sera le premier coup dur de la décennie pour le régime de Damas. La résolution 1559 est adoptée par l’ONU et la Syrie est la cible de sanctions américaines et européennes.

En 2006, la guerre du Liban a pour objectif de détruire la résistance libanaise et d’affaiblir le régime syrien mais à la surprise du monde entier Israël est vaincu.

Les événements actuels s’inscrivent dans ce même schéma et les Américano-sionistes profitent du courant de révolte qui traverse les pays arabes pour forcer le changement en Syrie, ce malgré le peuple syrien. Tout indique une manipulation extérieure dans les événements en cours.

La main étrangère

Les Américains n’ont pas attendu longtemps avant de revendiquer leur implication dans la violence en Syrie. Le 2 Avril 2011, l’adjoint au Secrétaire d’Etat américain au affaires étrangères déclare dans une conférence de presse que « la Syrie pourrait retrouver à nouveau son calme et sa stabilité si elle répond aux exigences qui lui ont été transmises« .

Les exigences en question sont passées par les arrières-cours de la diplomatie mais elles ne sont pas nouvelles. Déjà en 2003, lors de l’invasion de l »Irak, Colin Powell envoyé de Bush, croyant que maintenant que l’armée américaine était aux frontières syriennes Bachar al-Assad serait effrayé, avait débarqué a Damas avec une feuille récapitulant les exigences américaines : ne pas soutenir la résistance irakienne ; stopper tout soutien à la résistance libanaise ; fermer les bureaux de la résistance palestinienne à Damas et enfin rompre les liens avec l’Iran. La Syrie aurait pu devenir l’enfant gâté des Américains au Moyen-Orient si elle avait repondu positivement mais c’aurait été au prix de son asservissement à la volonté expansionniste et dominatrice d’Israël dans la région.

La déstabilisation de la Syrie et du Liban figurait sur l’agenda israélo-américain et sur celui de l’Otan depuis ces dix dernières années : selon le commandant général de l’OTAN l’Américain Wesley Clark, 2001 a vu la mise en place d’un plan quinquennal pour envahir sept pays (en commençant par l »Irak puis la Syrie , le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan) de la région et redéfinir la carte du Moyen-Orient (Le Nouveau Moyen-Orient selon les termes de l’alors Secrétaire d’Etat américaine Condolesa Rice).

Dans son livre « Gagner les guerres modernes » le général Wesley Clark écrit ainsi :

« En novembre 2001 alors que je repassais au Pentagone et en posant la question de l’Irak  à un haut officier de l’armée américaine, celui-ci me dit :  » Oui nous sommes toujours en route vers l’Irak ».  Et d’ajouter avec un ton plein de désagrément : « Mais il y a plus : ceci (l’Irak) a été discuté dans le cadre d’un plan plus général de campagne contre sept pays: Irak, puis Syrie, Liban, Libye, Iran, Somalie et Soudan. »

Cette discussion a également été relatée par le général Clark dans une émission télévisée :

Il est tout aussi légitime de se demander pourquoi les affrontements armés sont intervenus dans des régions frontalières où il est plus facile de faire passer des combattants, des armes, de la drogue et de l’argent : il y a eu Daraa à la frontière jordanienne et israélienne, puis il ya eu Banyas et Tal Kalakh à la frontière libanaise et enfin récemment Jisr El Shoughour à 10 km seulement de la frontière turque. Ceci montre clairement à qui est de bonne foi que ces rébellions armées avaient bien pour bases arrières des pays étrangers frontaliers.

Et pourquoi, au fait, ces événements ne se sont-ils pas produits en même temps mais se sont au contraire succédés ? L’insurrection éclatait dans une ville lorsqu’elle état jugulée par l’Etat dans la précédente, comme pour signifier que quand les extrémistes sont neutralisés dans un point géographique donné et quand leur ravitaillement est coupé sur une frontière, ils se dirigent alors vers une autre frontière.

L’objectif est donc de déstabiliser la Syrie et de provoquer un « changement de régime » (traduire : pour implanter un régime soumis à Israël), ce par une insurrection armée infiltrée par des extrémistes islamistes. Les rapports sur des civils tués seraient utilisés pour légitimer une intervention sous le volet « droits de l’Homme » et en invoquant le devoir de « protéger les civils » : copie conforme de ce qui s’est déroulé – se déroule encore – en Libye.

D’ailleurs, sait-on qui sont ceux qui  se battent contre l’armée libyenne; ceux que les médias appellent indécemment des « révolutionnaires » ? Sait-on d’où viennent leurs armes sophistiquées et leurs méthodes de combat en Toyota à la Taliban ? Car oui, ces groupes sont encadrés et entraînés par des combattants d’Al Qaida. Et puis sait-on enfin combien de civils les bombardements de l’OTAN ont-ils  tué ? Mais tout cela importe peu aux éditorialistes pro-américains.

Et puis, si ce principe de protection des civils, des droits de l’homme et des droits internationaux est si important pour Sarkozy ou Obama pourquoi ne les entend-on  pas lorsqu’il s’agit des Palestiniens tués – ou opprimés – par Israël ? Pourquoi ne les entend-on pas quand les résolutions de l’ONU sont bafouées par Israël ?

La propagande, la désinformation et le pilonnage médiatique

Toutes les preuves d’existence d’une rébellion extrémiste armée en Syrie est systématiquement niée par les médias et agences de presse occidentales et même certains médias arabes comme Al Jazeera ou Al Arabia qui ont déjà perdu leur crédibilité au Moyen-Orient.

Les civils tués sont systématiquement imputés au compte du régime négligeant toute preuve d’existence de tireurs embusqués tirant sur la foule.

Les massacres des hommes de l’armée et de ceux des forces de sécurité sont régulièrement omis et lorsque les images montrent les militaires massacrés et leur corps mutilés les médias mentionnent timidement l’événement qu’ils expliquent par une fable qui insulte à l’intelligence de l’esprit humain : la fable de l’armée tuant et mutilant les corps de ses propres sodats qui ont refuseé de tirer sur la foule.

Le 17 avril dernier, huit membres des forces de securite sont égorgés dans un petite commune de la banlieue de Daraa. Le 8 Mai, 10 policiers sont froidement égorgés à leur tour a Homs. Le 7 Juin, 120 militaires et policiers sont attaqués dans leur caserne a Jisr Al Shoughour à la frontière turco-syrienne et décapités après avoir été tués. Al Jazeera et la BBC ont préféré parler alors de 120 manifestant pacifistes tués par les forces de sécurité !

Toutes les vidéos (sans exception) diffusées pour soutenir la thèse d’une révolution populaire ne durent jamais plus de 15 secondes, c’est-à-dire pas suffisamment pour discerner ce que dit réellement l’image ; d’ailleurs souvent on ne voit que des pieds ou le ciel avec comme fond sonore des cris. Puis les ingénieurs de son y ajoutent un slogan et finalement le commentaire du journaliste, qui du reste, est bien habillé et a l’air honnête, anéantit tout esprit critique ou doute quant aux images montrées.

Et finalement, quand la bêtise dépasse toute imagination, les agences de presse s’excusent pour avoir commis des erreurs. Reuters, fin avril, publie un communiqué officiel d’excuse pour avoir fourni des vidéos des événements d’Irak ou du Yémen avec le sous-titre « a eu lieu en Syrie« .

France 24 diffuse un appel en direct d’une personne qui se fait passer pour l’ambassadeur de Syrie à Paris, et annonçant sa démission en direct en raison des atrocités commises. L’ambassadeur dément immédiatement et porte plainte contre la chaîne. Enfin l’AFP reconnaît pour la première fois – bien tardivement – la présence d’une rébellion armée en diffusant des photos le 18 juin.

Que valent les excuses quand chaque image et chaque titre incitent à plus de violence et à plus de sang versé, et encouragent les terroristes qui se voient dotés des moyens médiatiques les plus puissants… et ce gratuitement.

La Turquie : de l’ONU à l’OTAN ?

Si les positions américaine et britannique n’ont surpris personne car ces deux pays ont toujours été les premiers à soutenir les attaques contre le régime syrien, et si la position clairement hostile du gouvernement francais s’inscrit dans l’inféodation de Sarkozy à Washington, le choc est venu de la Turquie qui, tel Judas, est passé du jour au lendemain du rôle d’ami fidèle à celui de prédateur affamé.

La dernière rébellion armée à Jisr al Shoughour, à la frontière turque, a indéniablement reçu le support logistique des Turcs ainsi que le montrent les équipements saisis sur les terroristes et leurs aveux : réseau de télécommunication à disposition des rebelles, armes et fonds ont transité par la Turquie.

Des sources offcielles affirment que les tentes avaient été plantées à la frontière il y a déjà deux mois pour accueillir les futurs réfugiés. Ceux-ci étaient donc attendus et les Turcs participaient à la préparation des ces événements. Pourquoi ? Dans le cadre de quel deal ont-ils monnayé leur relation avec la Syrie ? Et comment la carte des réfugiés va-t-elle être utilisée par Ankara et Washington ?

Les réponses seront certainement connues dans les quelques semaines a venir. Mais il est d’ores et déjà clair que la Turquie a toujours eu la nostalgie de l »empire ottoman et de sa domination et nous avons sous-estimé – ou enterré trop vite – l’alliance militaire de la Turquie avec Israël, son appartenance à l’OTAN (sous hégémonie américaine) et son désir de devenir membre de UE. Nos amis Turcs viennent d’ailleurs de se retirer du convoi humanitaire d’aide à Gaza.

Le revirement de la position turque et l’échec diplomatique américano-européen  après les vétos russe et chinois à l »ONU sur une condamnation de la Syrie, l’acharnement de ces ex-puissances coloniales (France et Grande-Bretagne) me pousse à penser que la Turquie pourrait être utilisée comme base d’intervention de l’OTAN aux frontières syriennes.

La dénonciation incessante du sort des réfugiés syriens à la frontière turque et l’exagération médiatique autour de ces derniers suggèrent que le prétexte de l’OTAN utilisera pourrait bien être (comme en Libye) de nature humanitaire.

Les quelques semaines à venir seront donc cruciales.

Oussama Charabeh,

22 juin

http://www.lepost.fr:80/article/2011/06/25/2532769_le-colonialisme-des-temps-modernes.html


3-3 Pepe Escobar : Lobbyiste, prêt à tout.

Nous interrompons la fascination mondiale pour le drame psychologique non-stop de l'affaire DSK (Dominique Strauss-Kahn) - Était-il « un pervers ? » Était-elle « une prostituée » ? Y a-t-il eu conspiration ? - pour informer sur la façon dont une « action militaire cinétique » post-moderne se gagne : dans l'arène des relations publiques, évidemment !

Cela implique que la lutte entre « DSK le puissant homme blanc » contre « la pauvre femme africaine », dans la suite d'un hôtel de Manhattan, correspond en effet à la guerre menée par l'OTAN en Libye ; peu importe ce qui s'est passé ou se passe, le camp qui a la meilleure « com » - ou qui peut recruter la meilleure équipe de relations publiques - gagne.

Cela prouve aussi que les « rebelles » libyens très révoltés - cette bande douteuse de transfuges opportunistes, d'agents de la CIA, d'ecclésiastiques salafistes liés au djihad et de chefs tribaux avides - n'est pas aussi pure et innocente que ce que le déluge de propagande occidentale massive voudrait faire croire à l'opinion publique mondiale.

Et cela explique aussi pourquoi les « rebelles » ont une nouvelle fois rejeté un plan de paix judicieux proposé par l'Union africaine (UA), en fin de semaine dernière, comme étant voué à l'échec : cessez-le-feu immédiat, déploiement d'une force de maintien de la paix des Nations Unies, le Colonel Mouammar Kadhafi restant en dehors des négociations de transition. Ils préfèrent plutôt lancer une autre offensive « massive » vers Tripoli, avec des armes fournies - illégalement - par ce français néo-napoléonien de Nicolas Sarkozy et les frappes aériennes inévitables de l'OTAN.

On peut parier que cette « offensive » - essentiellement des groupes de combattants fougueux équipés d'AK-47 dans des pick-up contre les missiles Grad soviétique de Kadhafi, dont la portée est de près de 40 km - déplacera à peine la frontière de fait dans le Golfe de Syrte, entre la Tripolitaine - contrôlé par le régime de Kadhafi - et la Cyrénaïque.


Nous voulons l'argent

Le gouvernement « rebelle » - qui s'appelle désormais, après de nombreuses permutations, le Conseil National Intérimaire de Transition de la Libye - a embauché Patton Boggs, l'une des premières (et des plus rentables) firmes de relations publiques à Washington, pour les « conseiller et les assister » à... gagner la guerre - ou donner au moins l'illusion qu'ils sont en train de la gagner (cf. : les nuances de la campagne de relations publiques de l'OTAN en Afghanistan).

Patton Boggs mène déjà un lobbying acharné pour que les « rebelles » soient acceptés au niveau mondial comme le « gouvernement légitime de la nation souveraine de Libye ». L'accord a été signé entre Patton Boggs et l'ancien ambassadeur de Libye Ali Suleiman Aujali, le chef des « rebelles » aux Etats-Unis. L'associé principal, Thomas Hale Boggs Jr, aura la responsabilité de ce client.

L'Italie, l'Angleterre, la France, le Qatar et maintenant la Turquie ont déjà reconnu le Conseil National Intérimaire de Transition ; l'administration de Barack Obama les a déjà autorisés à ouvrir un bureau à Washington. Inévitablement, c'est essentiellement une question d'argent : ce que veut le Conseil sont les milliards de dollars du régime Kadhafi, dont les fonds sont gelés et détenus aux Etats-Unis.

Patton Boggs, selon certains rapports, empocherait un maximum de 50.000 dollars par mois - facturés à l'heure. Les « rebelles » ne paieront que lorsqu'ils auront les fonds - ils sont quasiment à sec en ce moment. Pendant près de trois mois, ils ont travaillé avec une autre firme de relations publique de premier plan à Washington, le groupe Harbour, qui s'occupait de leur propagande sur une base bénévole - en particulier sur ce front crucial de « dégel des fonds ».

Il est pertinent de noter que l'un des lobbyistes de Patton Boggs, déjà impliqué avec les « rebelles », est Vincent Frillici, un ancien directeur des opérations à l'OTAN pour le comité organisateur des 50 ans de l'alliance. C'est mignon : un lobbyiste lié à l'OTAN qui vend le soulèvement, supposé populaire et autochtone, de la Libye.

Ainsi, grâce à un paradis de lobbyistes à Washington, le gouvernement américain finira par reconnaître un camp [spécifique] des belligérants dans une guerre civile d'Afrique du Nord, représenté par un « Conseil » louche - et leur permettra de mettre la main sur des milliards de dollars pour, comme le dit cette propagande, « aider le peuple libyen ».


Frappe le bateau américain !

Un regard rapide sur les faits qui se déroulent sur le terrain suggérerait plutôt un agenda néocolonial, consistant à soudoyer des mercenaires pour renverser le régime - aussi peu recommandable soit-il - d'un pays riche en ressources d'énergie, qui ne veut pas coopérer avec le Fonds monétaire international et qui voulait former une union de pays africains qui ne vendraient leurs ressources naturelles en échange de rien d'autre que de l'or.

Pendant ce temps, ce même gouvernement américain, satisfait des rebelles, refuse d'admettre que le blocus israélien de Gaza est illégal. Ainsi que l'ancien analyste de la Central Intelligence Agency (CIA), l'infatigable Ray McGovern - à bord de l'Audacity of Hope tentant de naviguer vers Gaza - l'a écrit sur Commondreams.org, « Avant de quitter les Etats-Unis, j'ai été averti par une source ayant accès à des membres de très haut niveau au Conseil de sécurité nationale que, non seulement la Maison Blanche prévoit de ne rien faire pour protéger notre bateau d'une attaque israélienne ou d'un abordage illégal, mais que les responsables de la Maison Blanche 'seraient heureux si quelque chose nous arrivait' ».

La Maison Blanche, ainsi que McGovern en a été informé, est donc « tout à fait disposée à ce que les cadavres froids d'activistes [américains] soient montrés à la télévision américaine » - tandis qu'ils couvrent de louanges généreuses un « conseil » douteux pressé de s'empiffrer sur la richesse de la Libye.

Les Tibétains, les Ouighours, les Birmans, les Ouzbeks, les Tchétchènes et d'innombrables autres regardent peut-être avec enthousiasme l'imminence de la catastrophe. Tu veux déclencher une révolution ? Fais-le en anglais - pas dans ta langue locale. T'as des problèmes avec ce concept ? Invoque la « R2P » (la « responsabilité de protéger ») et les puissances occidentales frapperont à ta porte en moins de deux, une résolution de l'ONU en main et la Robocop-OTAN prête à rouler pour toi. Tu n'as pas les moyens d'acheter des armes ? Fais-le à la manière des « rebelles » libyens : engage un lobbyiste puissant à Washington pour qu'il te vende comme légitime et te permette ainsi de piller les ressources de ton gouvernement central.

Bien entendu, rien de tout cela ne s'applique, si ton lopin de terre ne regorge pas de pétrole.
Par Pepe Escobar
Asia Time Online, le 6 juillet 2011
Article original: "Have lobby, will travel”

Alterinf


3-4 Le pouvoir légitime des tribus libyennes.

Propos recueillis par Gilles Munier

(Afrique-Asie – juillet 2011)

Un Forum national des tribus libyennes, réuni à Tripoli en mai dernier, a plaidé entre autre pour l’adoption d’une nouvelle constitution. Seïf al-islam, fils du colonel Kadhafi, n’attendait que cela.

Le 16 juin, il en a annoncé l’élaboration dans une interview au quotidien italien Corrierre della Serra, ainsi que l’organisation d’une élection présidentielle avant la fin de l’année, surveillée par des observateurs internationaux.

Pour couvrir les débats passionnés entre tenants du Livre Vert et partisans du changement, il a promis de libérer l’information. La preuve sera faite, a-t-il dit, que le Guide jouit toujours d’un soutien populaire majoritaire. Il a assuré qu’en cas d’échec son père quitterait le pouvoir. Les rebelles de Cyrénaïque accepteront-ils le challenge ?

La réponse n’est pas à attendre de Benghazi, selon Seïf al-islam, mais de Nicolas Sarkozy qui les sponsorise. Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine, a coupé court à cette proposition arguant que c’était « un peu tard » ! Jusqu’à la fin de la crise, le Forum des tribus siégera en permanence. Si nécessaire, il assurera la continuité de l’Etat en cas de vacance du pouvoir

Les tribus font une entrée remarquée sur la scène libyenne. Comment expliquez-vous ce retour en force ?

Le peuple libyen est composé d’environ 2000 tribus, clans et notables qui jouent un rôle primordial dans la défense du pays. Le Forum des tribus a élu un conseil de 200 membres et partagé la Libye en quatre zones représentées par des comités. Dernièrement, nous avons condamné les visites de Sarkozy et de Cameron à Benghazi. Ce sont des immixtions inacceptables dans les affaires intérieures d’un pays souverain, une preuve qu’il encourage la partition de la Libye.

Ce n’est pas la première fois que les tribus sont sur le devant de la scène nationale. C’était déjà le cas dans l’Antiquité égyptienne, grecque et romaine. Plus récemment, après la chute de l’Empire ottoman, les Italiens ont cru occuper la Libye en une semaine. Il suffisait, disaient-ils, de bombarder les côtes du pays pour le conquérir. Ils ont vite déchanté.

La menace à laquelle nous faisons face aujourd’hui est du même ordre. On veut recoloniser la Libye et nos ennemis sont l’OTAN, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, et des Emirats du Golfe, notamment Qatar. Alors, nous reprenons les armes pour repousser l’agression et préserver l’unité de notre pays. Nous ne voulons pas que le sang libyen coule. La crise peut se régler pacifiquement, par la négociation. Dans le communiqué final de notre forum des 5 et 6 mai, nous avons demandé une amnistie générale. Plusieurs centaines de prisonniers arrêtés les armes à la main, ont été libérés.

Etes-vous parvenu à entrer en contact avec les rebelles ?

Nous avons envoyé des émissaires rencontrer les chefs de tribus de l’Est. Les rebelles ont tué l’un d’eux. Nous avons alors organisé une réunion de dignitaires religieux à Brega et demandé aux tribus de l’Est d’envoyer des représentants : l’Otan a bombardé le bâtiment où ils dormaient, tuant 16 imans et blessant 55 personnes. Un carnage… C’est clair, l’OTAN ne veut pas que les Libyens se concertent entre-eux pour décider de leur avenir. Pour nous, le Conseil de Benghazi n’a aucune légitimité. Qui en a élu ses membres ? Personne. Ils ne règnent que par la grâce et les armes de l’OTAN, l’argent des Emirs du Golfe. Que les Emirats libèrent les Iles Abou Moussa, occupées par l’Iran, au lieu de s’occuper de nos affaires !

Quelle est votre relation avec le Guide ?

Lors du Forum des tribus, nous avons dit que Mouammar Kadhafi est un leader historique, un symbole de la Révolution et le fondateur de la Jamahiriya. Il a libéré la Libye des bases britanniques et américaines, libéré les puits de pétrole. A l’époque, 90% des revenus étaient empochés par les compagnies étrangères. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Alors, l’OTAN voudrait qu’il quitte le pays. Cette question ne concerne que lui et les Libyens. Lui absent, il y aurait des risques de conflits entre les tribus, de luttes pour le pouvoir.

Mais, Mouammar Kadhafi n’est pas éternel…

Les tribus ont toujours pris leurs responsabilités. Par exemple, en 1918, quand les Turcs ont quitté le pays, elles ont fondé la première république libyenne. Elles ont ensuite lutté contre la colonisation italienne. De Gaulle, Churchill, Mao, Nasser, Tito, sont morts… ils ont été remplacés. Un autre leader surgira inévitablement du peuple libyen. Mais, je dois tout de même faire remarquer que Mouammar Kadhafi a remis tous ses pouvoirs au peuple, qu’il n’est plus président depuis 42 ans. Le peuple décidera donc de la façon dont il voudra être dirigé et par qui.

samedi 2 juillet 2011,

Comité Valmy

VISIONNER LA VIDEO EN CLIQUANT SUR LE LIEN SUIVANT  http://www.youtube.com/watch?v=LjVxG17owOI&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?v=5MN_dg9ovlY&feature=related



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 La CPI lance un mandat d'arrêt contre Kadhafi
La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé lundi la délivrance d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre le colonel Mouammar Kadhafi , son fils Seif a-Islam et le chef des services de renseignements libyens Abdallah Al-Senoussi.
La décision des juges a été accueillie par des scènes de liesse à Benghazi, deuxième ville du pays, et Misrata, située à 200 km à l'est de la capitale Tripoli, certains tirant en l'air, beaucoup agitant les drapeaux de la rébellion.
"Justice a été rendue", s'est félicité le président du Conseil national de transition (CNT), organe politique des rebelles libyens, Moustapha Abdeljalil, devant la presse à Benghazi, siège de la rébellion libyenne.
Les juges de la CPI ont estimé, lors d'une audience publique à La Haye, qu'"il y a des motifs raisonnables de croire que (...) Mouammar Kadhafi, en coordination avec son cercle rapproché, a conçu et orchestré un plan destiné à réprimer et à décourager la population qui manifestait contre le régime et ceux considérés comme dissidents au régime".
La délivrance des mandats d'arrêt "souligne une fois de plus l'isolement croissant du régime", selon le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, tandis que pour le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, la question n'est pas de savoir si Mouammar Kadhafi doit quitter le pouvoir, "mais comment et quand".
Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a pressé lundi l'entourage du colonel Mouammar Kadhafi à "le lâcher" ou "à rendre des comptes".
L'annonce des mandats d'arrêt intervient au moment où la campagne de bombardements des pays membres de l'Otan pour aider les rebelles libyens dure depuis cent jours et où le conflit s'enlise, le colonel Kadhafi étant toujours au pouvoir.
"Pour éviter qu'ils ne continuent de dissimuler les crimes qui continuent d'être commis et qu'ils n'en commettent de nouveaux, ils doivent être arrêtés. C'est là la seule manière de protéger les civils en Libye", a réagi le procureur Moreno-Ocampo dans un communiqué.
Le ministre de la Justice du CNT, Mohammed Al-Allagui, a de son côté assuré que le CNT "collabore" avec le bureau du procureur, devant la presse à La Haye.
"Il faut d'abord l'arrêter", a-t-il dit au sujet de M. Kadhafi : "nous déciderons ensuite quel est le meilleur endroit pour le poursuivre en justice", soit en Libye, soit devant la CPI.
Selon les juges, il y a des motifs raisonnables de croire que les trois hommes sont responsables, "en tant qu'auteurs indirects", de meurtres et persécutions, constitutifs de crimes contre l'humanité, commis par les forces de sécurité libyennes notamment à Tripoli, Benghazi et Misrata.
Les forces de sécurité ont "infligé des actes inhumains à la population civile, la privant gravement de ses droits fondamentaux", selon les juges.
La révolte en Libye a fait des milliers de morts, selon le procureur de la CPI, et entraîné la fuite à l'étranger de près de 650.000 Libyens et le déplacement à l'intérieur du pays de 243.000 autres, selon l'ONU.
Sur le terrain, selon un correspondant de l'AFP sur place, les rebelles se trouvaient toujours lundi à une cinquantaine de kilomètres de Tripoli.
Un seul chef d'Etat en exercice, le président soudanais Omar el-Béchir, fait jusqu'ici l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI. Recherché pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour (Soudan), M. Béchir ne reconnaît pas la compétence de la Cour.
Entrée en fonction en 2002, la CPI ne dispose d'aucune force de police propre et dépend de la volonté des Etats pour l'exécution des mandats d'arrêt.
"Tous les Etats parties (au Statut de Rome, traité fondateur de la CPI) et la Jamahiriya arabe libyenne ont le devoir explicite d'exécuter ces mandats d'arrêt", selon Christian Wenaweser, le président de l'Assemblée des Etats parties.
La Cour a compétence en Libye en vertu de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies du 26 février, ce que contestent les autorités libyennes qui affirment ne pas être "concernées" par ses décisions, n'ayant pas ratifié le statut de Rome.

26.06.
http://www.elwatan.com/depeches/libye-la-cpi-lance-un-mandat-d-arret-contre-kadhafi-26-06-2011-130399_167.php


4-2 Le GPC pour la justice : "Ce qu'on appelle la CPI n'est qu'une couverture pour les tentatives répétées de l'Otan d'assassiner le leader et sa famille.". 

Le GPC pour la Justice affirme que ce que l'on appelle la CPI est une couverture politique pour les opérations répétées de l'Otan pour assassiner le leader et sa famille.

Dans son communiqué publié lundi, la CPM de la Justice a annoncé que le gouvernement libyen poursuit l'Otan pour ses crimes. "La Libye n'a pas ratifié "le Statut de Rome", ainsi elle dénonce l'incompétence de la CPI, qui est un outil politique pour exercer un chantage sur les pays du tiers monde. En revanche, les pays puissants sont entièrement protégés de toute menace de ce tribunal, a déclaré le GPC pour la justice.

   Après avoir examiné les mandats d'arrêt ordonné par la CPI pour trois citoyens libyens, injustement accusés d'avoir commis des crimes contre l'humanité, le comité affirme ce qui suit :

   - Le leader Al-Mouammar Kadhafi et son fils Seif al-Islam n'ont pas de position officielle au sein du gouvernement libyen, ils sont donc protégés contre les allégations formulées par le procureur Général de la CPI.

   - La Libye n'a pas ratifié le Statut de Rome, ainsi elle dénonce l'incompétence de la CPI, qui est un outil politique pour exercer un chantage sur les pays du tiers monde. En revanche, les pays puissants sont entièrement protégés de toute menace par ce tribunal.

   - Le procureur Général de la CPI a fondé ses accusations sur des allégations fabriquées, alors qu'il aurait mieux fait de former une commission d'enquête ou aurait du se rendre en Libye afin de se tenir informé sur les faits.

   - La poursuite des citoyens responsables des événements du 15 février 2011 relève de la compétence exclusive des tribunaux libyens.

   - Le GPC affirme que cette Cour ne signifie rien pour les Libyens parce qu'ils n'en sont pas membres. Il s'agit simplement d'un outil pour exercer une pression politique et un chantage sur les pays du Tiers-Monde

 (LVO) :

28/06/2011

Traduction : Hassan Alliby http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6121



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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