Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/07/2011

n° 92 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 28-07 - Suite - : La rapine du siècle : l'assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


n° 92 -  Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 28-07 - Suite - : La rapine du siècle : l'assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 92 - 28-07

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Déclaration sur la Libye

3 Témoignage
3-1Thierry Meyssan : Le massacre de Sorman.

3-2 Entretien avec Russia Today : Thierry Meyssan : « La recolonisation a commencé - Les députés français votent la guerre ».

3-3 L’avocat Marcel Ceccaldi demande une enquête de la CPI sur les "crimes de guerre" de l'OTAN.

3-4 TERRA-Quotidien : Morts en Méditerranée. :



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

pour info - nbLa publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Résolutions 1970 et 1973  :

2-1 Déclaration sur la Libye

à l'issue du déjeuner de travail des ministres de la Défense des pays de l’OTAN avec les pays non OTAN contribuant à l’opération Unified Protector

 

Aujourd'hui, nous, ministres de la Défense des pays de l'Alliance et des pays partenaires de l'opération Unified Protector dirigée par l'OTAN, nous sommes réunis ce jour afin de faire le point sur la situation en Libye et de réaffirmer notre détermination à appuyer la mise en application des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU. Ces résolutions donnent clairement pour mandat de protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque, et de faire respecter la zone d'exclusion aérienne ainsi que l'embargo sur les armes.

Notre opération vient à l'appui des objectifs de la communauté internationale, définis par le Groupe de contact sur la Libye, qui sont de parvenir à un règlement rapide de la crise, de mettre fin à la violence et de permettre au peuple libyen de déterminer librement son propre avenir. Notre opération continue de recevoir le ferme soutien des pays de la région et de bénéficier de contributions d'une valeur inestimable de la part des pays partenaires non membres de l'OTAN.

Nous nous acquittons de notre mandat. Nous avons accompli des progrès importants et réguliers, et sauvé ainsi un nombre incalculable de vies humaines.  En maintenant une cadence opérationnelle élevée et en procédant à des frappes de précision contre des cibles militaires légitimes, nous avons sérieusement mis à mal la capacité du régime de Kadhafi d'attaquer des civils et relâché l'étau dans lequel se trouvait la population civile dans des zones comme Misrata.   Nos opérations sont menées avec le plus grand soin afin d'éviter de faire des victimes civiles.

Nous condamnons les attaques répétées du régime libyen contre sa propre population, de même que son refus d'accéder aux demandes de la communauté internationale contenues dans les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU.  Nous avons intensifié notre action, notamment en déployant des avions et hélicoptères d'attaque supplémentaires, et sommes déterminés à poursuivre notre opération afin de protéger le peuple libyen aussi longtemps que nécessaire. Nous avons donc prolongé l'opération Unified Protector pour une période supplémentaire de 90 jours à compter du 27 juin. Nous sommes résolus à mettre en oeuvre les moyens nécessaires ainsi qu'à faire preuve d'une souplesse opérationnelle maximale dans les limites de notre mandat pour soutenir durablement ces efforts, et nous saluons les contributions additionnelles à notre action commune.  Nous réaffirmons avec force les objectifs formulés par nos ministres des Affaires étrangères à Berlin le 14 avril, aux termes desquels le régime libyen doit cesser les attaques contre des civils, faire rentrer toutes ses forces dans leurs bases, de façon vérifiable, et permettre un accès immédiat, sans restriction, en toute sécurité et sans entrave à l'aide humanitaire. 

Nous avons un mandat clair de l’ONU ainsi que les moyens et la détermination pour le mener à bien. Nous sommes sûrs qu'une combinaison appropriée de pressions militaires, politiques et économiques aidera à mettre fin aux attaques perpétrées contre des civils et créera les conditions qui permettront au peuple libyen de déterminer son propre avenir. Nous saluons les efforts entrepris par l’Organisation des Nations Unies au travers de l'envoyé spécial du secrétaire général de cette organisation, par le Groupe de contact ainsi que par les organisations régionales compétentes et d'autres acteurs en vue de parvenir à une solution politique crédible et durable.  Nous attendons avec intérêt les résultats de la réunion que le Groupe de contact tiendra demain à Abou-Dhabi pour soutenir les efforts déployés plus largement par la communauté internationale en vue de mettre fin à la crise.

Nous continuerons d’agir en coordination avec des organisations clés, dont l’ONU, l'Union européenne, la Ligue des États arabes et l'Union africaine, et d’avoir des consultations avec d’autres, comme l'Organisation de la Conférence islamique, et nous encourageons ces organisations pour ce qui est de leurs efforts dans la période immédiate d’après-conflit et à plus long terme. Une fois que les objectifs fixés à Berlin auront été atteints, l'Alliance se tient prête à jouer un rôle, sur demande et selon les besoins, et à apporter son soutien aux initiatives postérieures au conflit qui devraient être menées par l’ONU et par le Groupe de contact sur la Libye.

Le temps joue contre Mouammar Kadhafi, qui a clairement perdu toute légitimité et doit donc quitter le pouvoir. Il n'y a pas d'avenir pour un régime qui menace et attaque systématiquement sa propre population. Le peuple libyen mérite de pouvoir décider de son propre avenir dans une Libye souveraine, indépendante et unie.



3 Témoignage
3-1Thierry Meyssan : Le massacre de Sorman.

Pour une fois, Thierry Meyssan ne nous livre pas une analyse froide des évolutions géopolitiques.

 Il relate les faits dont il est témoin : l’histoire de son ami l’ingénieur Khaled K. Al-Hamedi.

Une histoire faite d’horreur et de sang où l’OTAN incarne le retour de la barbarie.

C’était une fête de famille à la libyenne. Tous étaient venus célébrer le troisième anniversaire du petit Al-Khweldy. Les grands parents, les frères et sœurs, les cousins et cousines se pressaient dans la propriété familiale de Sorman, à 70 kilomètres à l’ouest de la capitale : un vaste parc dans lequel ont été construites les petites villas des uns et des autres, de sobres maisons de plain-pied.

Aucun luxe tapageur, mais la simplicité des gens du désert. Une ambiance paisible et unie. Le grand-père, le maréchal Al-Khweldy Al-Hamedi, y élevait des oiseaux —C’est un héros de la Révolution qui a participé au renversement de la monarchie et à la libération du pays de l’exploitation coloniale. Tous sont fiers de lui—. Le fils, Khaled Al-Hamedi, président de l’IOPCR, une des plus importantes associations humanitaires arabes, y élevait des biches. Une trentaine d’enfants couraient en tous sens au milieu des animaux.

On préparait aussi le mariage de son frère Mohammed, parti sur le front combattre les mercenaires étrangers encadrés par l’OTAN. La cérémonie devait avoir lieu ici aussi dans quelques jours. Sa fiancée était déjà radieuse.

Personne n’avait remarqué que, parmi les invités un espion s’était infiltré. Il faisait mine d’envoyer des twitters à ses amis. En réalité, il venait de déposer des balises et il les reliait par le réseau social au QG de l’OTAN.

Le lendemain, dans la nuit du 19 au 20 juin 2011, vers 2h30 du matin, Khaled rentre chez lui après avoir visité et secouru des compatriotes qui fuient les bombardements de l’Alliance. Il est assez proche de sa maison pour entendre le sifflement des missiles et leurs explosions.

L’OTAN en tire huit, de 900 kilos chacun. L’espion avait placé les balises dans les différentes villas. Dans les chambres à coucher des enfants. Les missiles sont tombés à quelques secondes d’intervalles. Les grands parents ont eu le temps de sortir de leur maison avant qu’elle ne soit détruite. Il était déjà trop tard pour sauver enfants et petits-enfants. Lorsque le dernier missile a frappé leur villa, le maréchal a eu le réflexe de protéger son épouse de son corps. Ils venaient de franchir la porte et ont été projetés par le souffle de l’explosion une quinzaine de mètres plus loin. Ils ont survécu.

Quand Khaled arrive, ce n’est que désolation. Sa femme, qu’il avait tant aimée, et l’enfant qu’elle portait ont disparus. Ses enfants pour lesquels il aurait tout donné, ont été broyés par les explosions et l’effondrement des plafonds.

Les villas ne sont que ruines. Douze corps déchiquetés gisent sous les décombres. Des biches touchées par les éclats agonisent dans leur enclos.

Les voisins qui ont accouru cherchent en silence des preuves de vie dans les gravois. Mais il n’y a aucun espoir. Les enfants n’avaient aucune chance d’échapper aux missiles. On extrait le cadavre décapité d’un bébé. Le grand-père récite des versets du Coran. Sa voix est ferme. Il ne pleure pas, la douleur est trop forte.

À Bruxelles, les porte-parole de l’OTAN ont déclaré avoir bombardé le siège d’une milice pro-Kadhafi afin de protéger la population civile du tyran qui la réprime.

Nul ne sait comment la chose avait été planifiée par le Comité des cibles, ni comment l’état-major a suivi le déroulement de l’opération. L’Alliance atlantique, ses généraux tirés à quatre épingles et ses diplomates bien pensants, ont décidé d’assassiner les enfants des familles des leaders libyens pour casser leur résistance psychologique. 

Depuis le XIIIe siècle, les théologiens et les juristes européens prohibent l’assassinat des familles. C’est un des fondements même de la civilisation chrétienne. Il n’y a guère que la mafia pour passer outre ce tabou absolu. La mafia, et maintenant l’OTAN. 

Le 1er juillet, alors qu’1,7 million de personnes manifestaient à Tripoli pour défendre leur pays contre l’agression étrangère, Khaled est allé sur le front apporter du secours aux réfugiés et aux blessés.

Des snipers l’y attendaient. Ils ont tenté de l’abattre. Il a été gravement touché, mais selon les médecins

L’OTAN na pas fini sa sale besogne.

Thierry Meyssan

2 juillet 2011

http://www.voltairenet.org/Le-massacre-de-Sorman


3-2 Entretien avec Russia Today : Thierry Meyssan : « La recolonisation a commencé - Les députés français votent la guerre ».

Dans un entretien à Russia Today, Thierry Meyssan expose le plan des Etats-Unis pour étendre à l’Afrique le remodelage en cours au Proche-Orient. Il examine le rôle de la France dans ce projet et le retour de son démon colonial. (sous-titré en français) :

 http://www.voltairenet.org/Thierry-Meyssan-La-recolonisation 

Les députés français votent la guerre

Invités à exercer leur contrôle démocratique sur la guerre de Libye, les députés français ont validé un discours consensuel de bons sentiments, sans jamais questionner la réalité des faits qui leur étaient présentés. Ignorants des procédures internationales en cours contre la France, ils ont validé des crimes de guerre. Oubliant la langue de bois humanitaire, les orateurs de la majorité présidentielle ont dévoilé leurs intentions coloniales : ils ont évoqué les opportunités économiques offertes par la guerre et se sont félicités de la conquête de la Cyrénaïque.

Un demi-siécle après la fin de la guerre d’Algérie, le discours colonial revient à l’Assemblée nationale.

L’Assemblée nationale française a débattu, le 12 juillet 2011, de la poursuite de l’intervention militaire en Libye [1]. Il s’agissait là de l’application d’une nouvelle disposition constitutionnelle prévoyant un vote du parlement à l’issue de trois mois d’opérations extérieures.

Les Députés se sont félicités, à juste titre, d’être ainsi co-decisionnaires de l’engagement des forces armées. Cependant, si cette réforme voulue par Nicolas Sarkozy marque une nette avancée démocratique, on est encore loin du compte. D’abord parce que ce vote n’intervient qu’à l’issue de trois mois de guerre ; et ensuite parce que les parlementaires n’ont pas su ou pas pu le préparer. Ils ne disposaient à l’évidence d’aucune réflexion approfondie sur les implications en droit international (des milliers de plaintes de ressortissants libyens sont en cours de dépôt devant les juridictions nationales européennes et internationales), d’aucune information sur les événements ayant précédés cette guerre (planification par Washington dès 2002, tentative de putsch organisée par Paris en 2010, protocoles secrets du Traité de Lancaster House du 2 novembre 2010…), ni d’une évaluation contradictoire des crimes imputés au gouvernement libyen et aux rebelles (chaque jour on découvre que des crimes imputés au gouvernement de Tripoli n’ont pas existé, tandis que l’on a ignoré des crimes commis par les rebelles), ni même d’une vision claire des opérations militaires en cours (rôle d’Al Qaida et de Blackwater, choix des cibles de bombardement, déploiement du COS au sol, livraisons d’armes, état réel des combats…).

Dans ces conditions, l’Assemblée ne savait pas de quoi débattre et n’a joué que le rôle d’une chambre d’enregistrement. Même la contribution du Groupe communiste et apparentés qui a voté « non » s’est trouvée réduite à un exposé de principes sans argumentation serrée. Quand aux députés non inscrits, ou aux députés dissidents des groupes parlementaires, ils n’ont pas eu droit à la parole alors même que certains d’entre eux étaient les mieux informés de l’Assemblée.

Hypocrisie collective ou incompétence ?

Sur le fond, les députés devaient se prononcer sur la continuation des opérations militaires dont ils n’ont à aucun moment questionné le but et la légitimité. Pourtant, la résolution 1973 du Conseil de sécurité donnait un mandat à la Coalition des volontaires sans rapport avec ce qu’elle a entrepris.

Il s’agissait exclusivement de protéger les civils de tous bords en instituant une zone d’exclusion aérienne. Or, cette zone n’a jamais été mise en œuvre puisque l’aéroport de Benghazi fonctionne. Surtout l’OTAN n’a jamais cherché à protéger les civils puisqu’au contraire, elle a couvert les crimes de guerre d’Al-Qaida en Cyrénaïque.

À la place, l’OTAN a détruit l’essentiel des capacités militaires de la Libye et des infrastructures non-pétrolières (ces dernières sont intactes en vue du pillage à venir). Elle a mené une politique d’assassinat ciblé contre les familles des dirigeants libyens et a lancé une traque contre la personne de Mouammar Kadhafi. En outre l’OTAN a violé l’embargo sur les armes à destination du pays et a institué un blocus maritime illégal pour affamer la Tripolitaine.

 

Comme l’ont répété les différents orateurs, à commencer par le Premier ministre, la résolution 1973 est la première application du principe de « responsabilité de protéger » adopté par les Nations Unies lors du sommet mondial de septembre 2005. Or, ce concept exclut toute intervention qui aurait comme objectif un « changement de régime ».

Les parlementaires ont donc en réalité été invités à avaliser l’agression de l’OTAN en violation de la résolution 1973. 482 sur 516 ont allégrement trempé leurs mains dans le sang des Libyens, souvent sans comprendre qu’on leur demandait en fait de couvrir le président Sarkozy.

En effet, la France, comme les autres États de la Coalition signataires du Traité de Rome aura bientôt à répondre de ses agissements. Presque toutes les actions entreprises par l’OTAN en Libye sont des crimes en droit international. Y compris le bombardement des sites de l’armée libyenne qui ressort d’une guerre de conquête et contrevient à la résolution 1973 ainsi que l’ont observé de nombreux responsables politiques dans le monde à commencer par Vladimir Poutine et Hugo Chavez.

Seuls les députés communistes et quelques socialistes mobilisés par l’ancien président de l’Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, se sont opposés au crime.

Aveux

Il s’ensuit que les orateurs de la majorité présidentielle ont commis des imprudences qui pourront être lourdes de conséquences devant la Cour pénale internationale en laissant transparaître le mobile véritable de leur enthousiasme.

Ainsi, Philippe Folliot (président du groupe Nouveau Centre) a invité le gouvernement à défendre dès à présent les intérêts des entreprises françaises pour obtenir des contrats de reconstruction avec les autorités qui auront été mises en place à l’issue de la guerre.

La palme de la balourderie revient à Christian Jacob (président du groupe UMP) qui s’est félicité bruyamment de voir le drapeau français flotter sur Benghazi. Une formulation sans équivoque par laquelle il admet que l’opération Harmattan est une guerre de conquête.

Thierry Meyssan
[1] « Débat et vote de l’Assemblée nationale française sur l’intervention des forces armées en Libye » (Texte intégral), Réseau Voltaire, 12 juillet 2011.

Russia Today:

Réseau Voltaire |

 14 juillet 2011
http://www.voltairenet.org/Les-deputes-francais-votent-la

http://www.voltairenet.org/Thierry-Meyssan-La-recolonisation

http://www.voltairenet.org/article170803.html


3-3 L’avocat Marcel Ceccaldi demande une enquête de la CPI sur les "crimes de guerre" de l'OTAN.

L'avocat français, Marcel Ceccaldi, a annoncé lundi 4 juillet avoir adressé au nom du régime de Mouammar Kadhafi une lettre au procureur de la Cour pénale internationale pour contester ses investigations et lui demander d'engager une enquête pour "crimes de guerre" contre l'OTAN.

L'enquête du procureur Luis Moreno-Ocampo – qui a débouché sur la délivrance par la CPI le 27 juin d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre Mouammar Kadhafi, son fils Saïf Al-Islam et le chef du renseignement libyen Abdallah Al-Senoussi –, "n'a pas été effectuée dans les règles internationalement admises", a dénoncé l'avocat lors d'une conférence de presse.

"On ne sait pas comment [M. Moreno-Ocampo] a procédé, on ne sait pas qui est allé sur place, quand, comment les gens ont vu ces victimes ou prétendues victimes", a poursuivi Me Ceccaldi, qui précise avoir été mandaté à la fin de juin par le ministre de la justice Mohamed Al-Gamoudi pour représenter les intérêts de la Jamahiriya arabe libyenne.

"BOMBARDEMENTS DE CIVILS"

Il a, par ailleurs, estimé que la résolution 1973 était "détournée de son objet" et a demandé au procureur d'engager une enquête sur les bombardements menés par l'OTAN en Libye, les qualifiant de "crimes de guerre".

"L'OTAN bombarde à la fois ce qui était à l'origine des positions militaires et maintenant des objectifs qui sont des objectifs civils", a-t-il accusé, reprenant des informations véhiculées par les médias d'Etat libyens. D'après la télévision d'Etat libyenne, des raids de l'OTAN ont visé, lundi à l'aube, le port de Zouara et des points de contrôle "civils" dans cette ville située à 120 kilomètres à l'ouest de Tripoli.

"Ces faits-là sont définis par le statut de Rome [traité fondateur de la CPI], ce sont des crimes de guerre dès lors que des bombardements sont effectués sur des objectifs où se trouvent des populations civiles", a-t-il insisté. "Vous serez tenu d'accueillir les plaintes des victimes", a-t-il lancé à l'adresse du procureur.

"Si M. Moreno n'engage pas une enquête sur ce point, cela signifiera que la CPI est une justice à double standard (...), que cette juridiction n'est ni équitable, ni indépendante, ni impartiale", a ajouté Me Ceccaldi qui a notamment été l'avocat de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

LEMONDE.FR avec

AFP |

04.07.11


Opération Unified Protector

3-4 TERRA-Quotidien : Morts en Méditerranée. :

Plainte du Gisti contre l’OTAN, l’UE et les pays de la coalition en Libye.

Le Gisti va déposer plainte contre l’OTAN, l’Union européenne et les pays de la coalition en opération en Libye.
Face aux centaines de naufrages mortels en Méditerranée, peut-on se contenter de dénoncer le silence assourdissant dans lequel des vies disparaissent à nos portes ? Doit-on se résoudre à l’impuissance devant des politiques migratoires auxquelles on ne pourrait rien changer ? Ces noyé·e·s ne sont pas les victimes de catastrophes naturelles, mais de décisions politiques mises en œuvre par des exécutants dont les responsabilités doivent être pointées. Devant ces atteintes au droit le plus fondamental – le droit à la vie – il faut que des procédures soient engagées et que justice soit rendue. Il faut mettre fin à cette hécatombe.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dénombré à la fin de mai quelque 1 500 victimes de noyade parmi les boat people qui, depuis février dernier, s’efforcent de gagner l’Europe à partir des côtes du Maghreb et du Machrek.
Ces drames ne font que s’ajouter à tous ceux qui se déroulent, dans l’indifférence, depuis plus de vingt ans ; Fortress  Europe enregistre 17 317 décès documentés depuis 1988. Mais combien d’autres victimes invisibles de la politique européenne de lutte contre l’immigration qu’elle appelle illégale ?
De ces naufrages, des épaves transformées en cercueils flottants d’hommes, de femmes et d’enfants morts d’épuisement, de faim et de soif après de longues dérives en mer, l’opinion a pris l’habitude. Elle a pu croire à leur caractère inéluctable. Elle a pu ignorer que les équipements anti-migratoires de l’agence européenne Frontex étaient forcément les témoins de nombre de ces drames, en Méditerranée comme ailleurs…
Mais la donne a changé depuis qu’une coalition internationale et les forces de l’OTAN interviennent en Libye. Aujourd’hui, awacs, drones, avions, hélicoptères, radars et bâtiments de guerre surveillent tout ce qui bouge en Méditerranée. Ils ne peuvent pas ne pas voir les bateaux des exilés originaires d’Afrique subsaharienne qui cherchent à fuir la Libye. Ils ne peuvent pas ne pas voir lorsque, de Tunisie, du Maroc ou d’Algérie, des jeunes sans espoir s’entassent dans une embarcation fragile pour gagner l’Italie ou l’Espagne.
En n’intervenant pas, ils se rendent coupables de non-assistance à personne en danger. Ceci ne peut rester impuni.
Les États puissants de la planète se sont mobilisés militairement pour, disent-ils, empêcher le massacre de populations civiles et mettre en œuvre « la responsabilité de protéger » dont l’ONU est garante. Mais la responsabilité de protéger ne passe-t-elle pas aussi par le respect du droit maritime, des conventions internationales en matière de sauvetage en mer et des textes sur la protection des réfugiés ?
Nous ne pouvons plus contempler les images de corps ramenés à terre après des naufrages, ou apprendre par des survivants combien de personnes étaient à bord d’un bateau disparu en mer. Nous voulons savoir qui sont les responsables de ces morts : l’Union européenne ?l’agence Frontex ? l’OTAN ? les États de la coalition formée en Libye ?
 C’est pourquoi le Gisti s’apprête à lancer - avec ceux qui voudront s’associer à cette démarche - une campagne de plaintes, sur la base d’éléments recueillis auprès de victimes et de témoins de ces drames. À l’heure des révolutions arabes, les États européens ne peuvent plus continuer à considérer les boat people comme des vies sans valeur. La Méditerranée doit cesser d’être le champ de bataille de la guerre aux migrants pour redevenir un espace de droits et de solidarités.
 9 juin 2011
http://www.gisti.org/spip.php?article2304


Les commentaires sont fermés.