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31/07/2011

n°517 - Journal d'Irak - 18/06-au 28/07/ - Début - Iraq Deaths : plus de 600,000 Irakiens aurait été tués suite à l'invasion depuis juillet 2006.

n°517 - Journal d'Irak -  18/06-au 28/07/ - Début - Iraq Deaths : plus de 600,000 Irakiens aurait été tués suite à l'invasion depuis juillet 2006.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°517                du 18/06                   au 28/07/2011

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part :

L’armée américaine s’attaque aux résistants.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

L’Irak au cœur des débats.

Un tiers des dettes du monde entier appartient aux Etats-Unis…

1 Politique

a) des collaborateurs Irakiens

a) Les grandes manœuvres

Le gouvernement Irakien demande des comptes à Washington…

b) Sur le terrain

c) Finances

d) Prisons, exactions & torture

Le Conseil présidentiel irakien approuve l'exécution d'Ali Hassan al-Majid.

Fin

b) Les occupants 

1) Usa

Prisons, exactions & torture

Les États-Unis à la torture.

Les voisins

Les alliés (des Usa)

Europe

2 Lutte pour la libération du territoire

 



Tiré à part :

L’armée américaine s’attaque aux résistants.
Un an après avoir mis fin à ses opérations de combat en Irak, l’armée américaine se lance dans la bataille contre les résistants. « Nous devons agir unilatéralement contre les menaces (des groupes chiites) et nous le faisons », a affirmé hier le secrétaire d’État US à la Défense, Leon Panetta, à des soldats réunis dans le Camp Victory près de l’aéroport de Bagdad. « Nous sommes très inquiets au sujet de l’Iran et des armes que ce pays fournit aux extrémistes en Irak. Nous avons perdu, à cause de cela, énormément d’Américains et nous ne pouvons pas permettre que cela continue ainsi », a-t-il ajouté.

(Source : AFP)

12 juillet

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/712597/_L'armee_americaine_s'attaque__aux_insurges_chiites.html



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

20-06

La mortalité est en baisse par rapport aux années 2006 et 2007 mais n'a pas pour autant disparu. Il y a eu 177 morts en mai, selon les chiffres officiels.

La majorité des attaques s'opèrent par le biais de bombes placées sur le bord de la route ou avec des pistolets munis de silencieux.

AFP

 23-06

Quatre bombes ont explosé jeudi soir dans des quartiers (dit chiites) de Bagdad, tuant au moins 40 personnes dans ce qui constitue le pire épisode de violences dans la capitale irakienne depuis des mois, selon les autorités irakiennes.

AP 


L’Irak au cœur des débats.

Un tiers des dettes du monde entier appartient aux Etats-Unis

L'armée américaine effectue, à présent, simultanément, des opérations aériennes, dans 6 pays du monde. Selon Press TV, le site anti-guerre, "met fin au rêve américain", a publié un article, selon lequel, l'armée américaine mène des opérations aériennes, actuellement, en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen, au Pakistan et en Somalie. Ledit site ajoute que les dettes du peuple américain s'élevaient à moins de 6 trillions de dollars, avant la guerre contre le ‘terrorisme’, mais qu'à présent, elles ont été décuplées.

En fait, un tiers des dettes du monde entier appartient aux Etats-Unis.

Ce site poursuit en révélant que les frais militaires américains s'élève à 46,5 % des frais militaires de tous les pays du monde.

4 juillet

PressTV

 

William Blum : Le Rapport Anti-Empire : N’oublions pas à quoi ressemble une « intervention humanitaire ».

Le 9 avril, Condoleezza Rice a prononcé un discours à San Francisco.

Du moins elle a essayé.

L’ancienne Secrétaire d’Etat fut continuellement interrompue par des cris du public, « criminelle de guerre » et « tortionnaire » (grâce aux camarades de Code Pink et World Can’t Wait).

Tandis qu’un des protestataires se faisait emmener par des membres de la sécurité, Rice a fait une déclaration qui est devenue un grand classique chez les officiels Américains dans une telle situation. « N’êtes-vous pas contents de savoir que cette femme vit dans une démocratie où elle peut exprimer son opinion ? »

Elle a aussi balancé une autre phrase qui est désormais de rigueur (en français dans le texte è NdT) depuis le renversement de Saddam Hussein par les Etats-Unis, un argument qui est brandi lorsque tout le reste a échoué : « Les enfants en Irak ne vivent plus sous Saddam Hussein, Dieu merci » (1)

A quoi on peut lui répondre : Si vous deviez subir une opération chirurgicale pour réparer un genou et que le chirurgien ampute par erreur la jambe, quelle serait votre réaction si quelqu’un vous faisait remarquer que, Dieu merci, vous n’avez plus de problème de genou ?

Le peuple irakien n’a plus de problème de Saddam.

Malheureusement, ils ont perdu à peu près tout le reste.

Vingt ans de bombardements américains, d’invasion, d’occupation et de torture ont abouti à la perte de leurs maisons, leurs écoles, leur électricité, leur eau potable, leur environnement, leurs quartiers, leur archéologie, leurs emplois, leurs techniciens, leurs entreprises d’état, leur santé physique, leur santé mentale, leur système de santé, leur système de protection, leurs droits de la femme, leur tolérance religieuse, leur sécurité, leurs enfants, leurs parents, leur passé, leur présent, leur avenir, leurs vies... plus de la moitié de la population est soit morte, mutilée, en prison ou en exil à l’étranger... leur air, leur sol, leur eau, leur sang et leurs gênes sont imprégnés d’uranium appauvri... les enfants naissent avec d’abominables déformations... des bombes à fragmentation n’attendent qu’un enfant pour exploser... une rivière de sang coule aux côtés de l’Eurphrate et du Tigre... dans un pays qui ne sera peut-être jamais reconstruit.

En 2006, l’enquêteur spécial de l’ONU sur la torture a déclaré que les rapports en provenance de l’Irak indiquent que la torture « avait complètement échappé à tout contrôle. La situation est si mauvaise que nombreux sont ceux qui disent que les choses sont pires qu’à l’époque de Saddam Hussein  ». Un autre rapport de l’ONU de la même époque a révélé une augmentation des « crimes d’honneur » contre les femmes. (2)

« Il est courant d’entendre chez les irakiens épuisés par la guerre que la situation était meilleure avant l’invasion US en 2003 » a rapporté le Washington Post, le 5 mai 2007.

« Je ne fais pas de politique, mais je sais que sous Saddam Hussein, nous avions l’électricité, l’eau potable, un système de santé qui faisait l’envi du reste du monde arabe, et une éducation gratuite. » a déclaré la pharmacienne irakienne Dr. Entisar Al-Arabi à la militante pacifiste Medea Benjamin en 2010. «  J’ai cinq enfants et à chaque naissance j’avais droit à une année rémunérée de congé maternité. J’avais ma propre pharmacie et je pouvais fermer à n’importe quelle heure sans me soucier des problèmes de sécurité. Aujourd’hui, il n’y a plus de sécurité et les Irakiens subissent de terribles pénuries pour tout – électricité, nourriture, médicaments, et même l’essence. La plupart des gens éduqués ont fui le pays, et ceux qui restent regrettent l’époque de Saddam Hussein » (3)

Et ceci aussi, qui date de deux mois :

« Les manifestants, les militants des droits de l’homme et des officiels de la sécurité disent que le gouvernement du Premier Ministre Nouri al-Maliki a répondu aux manifestations en Irak avec la même brutalité que les pays voisins plus autoritaires.

Des témoins à Bagdad et jusqu’au nord du pays à Kirkouk ont raconté avoir assisté la semaine dernière à des forces de sécurité en uniformes noires, survêtements et t-shirts arrivant sur des chapeaux de roues à bord de camions et de Humvees, et attaquant des manifestants, en raflant d’autres aux terrasses de cafés et chez eux et les entraînant les yeux bandés vers des centres militaires de détention.

Des quartiers entiers... ont été bloqués pour empêcher les habitants de rejoindre les manifestants. Des journalistes ont été tabassés. » (4)

Donc... peut-on attendre des Etats-Unis et de leurs comparses voyous de l’OTAN qu’ils interviennent militairement en Irak comme ils le font en Libye ? Pour protéger les manifestants comme ils prétendent le faire en Libye ? Pour provoquer un changement de régime en Irak comme ils tentent de le faire, mais sans l’avouer, en Libye ?

De manière similaire, au cours des derniers mois, la Tunisie, l’Egypte, le Bahrein, le Yémen, la Syrie... ont tous vu éclater des manifestants et une répression gouvernementale brutale, et même dans une certaine mesure en Arabie Saoudite, une des sociétés les plus répressives au monde. Aucun de ces gouvernements n’a été attaqué à l’instar de la Libye par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou la France. Aucune opposition d’un de ces pays ne reçoit un soutien militaire, financier, juridique ou moral de la part des puissances occidentales contrairement aux résistants Libyens – malgré le comportement brutal des résistants libyens, de leurs meurtres racistes et les relations claires de certains d’entre eux avec les djihadistes. (5) Les résistants libyens font penser aux résistants kosovars – des mafieux connus pour leur trafic d’organes et de femmes, eux aussi soutenus inconditionnellement par les puissances occidentales contre l’Ennemi Officiellement Déclaré, la Serbie.

Alors pourquoi est-ce seulement la Libye qui est visée par les missiles US/OTAN ? Selon quel principe ou morale ? Les libyens sont-ils les pires violateurs des droits de l’homme de la région ? (Un indicateur du Développement Humain de l’ONU en 2010 qui prend en compte la santé, l’éducation et les revenus a classé la Libye en tête des pays africains). Aucun autre gouvernement n’est plus laïque que le Libyen. (Par contraste, certains résistants libyens ont pour habitude d’exclamer la phrase que nous ne connaissons que trop bien, « Allah Akbar ».) Aucun autre pays n’a un bilan des droits de l’homme meilleur que la Libye, aussi imparfait soit-il – en Egypte, une commission d’enquête officielle a annoncé qu’au cours du récent soulèvement au moins 846 manifestants avaient été tués par la police par balles réelles tirées dans la tête et la poitrine. (6) Des horreurs similaires ont été signalées en Syrie, au Yémen et d’autres pays de la région au cours de la même période.

Il faut souligner que (la chaine de télévision) l’ultra-conservatrice Fox News a rapporté le 28 février : « Tandis que les Nations Unies travaillent sans relâche à faire condamner le dirigeant Muammar al-Kadhafi pour la répression contre les manifestants, le Conseil des Droits Humains de l’organisation s’apprête à publier un rapport bourré de louanges à l’égard du bilan de la Libye en matière des droits de l’homme. Le rapport félicite la Libye pour l’amélioration des conditions d’accès à l’enseignement, pour avoir accordé une « priorité » aux droits de l’homme et pour avoir renforcé le cadre « constitutionnel ». Plusieurs pays, dont l’Iran, le Venezuela, la Corée du Nord, l’Arabie Saoudite mais aussi le Canada ont distribué des bons points à la Libye pour les protections juridiques offertes aux citoyens – qui se révoltent à présent contre le régime et subissent des représailles sanglantes. »

De toutes les accusations portées contre Kadhafi, la plus aberrante est celle assénée sans cesse et selon laquelle il « tue son propre peuple ». C’est vrai, mais c’est ça qui arrive dans une guerre civile. Abraham Lincoln lui aussi a tué son propre peuple.

Kadhafi est le plus vieux dirigeant Ennemi Officiellement Désigné au monde, à l’exception de Fidel Castro. L’animosité a commencé en 1970, un an après la prise de pouvoir par Kadhafi lors d’un coup d’état, lorsqu’il a fermé une base aérienne US. Puis il s’est lancé dans une carrière de soutien à ceux qu’il considérait comme des groupes révolutionnaires. Au cours des années 70 et 80, Kadhafi a été accusé de consacrer ses hauts revenus pétroliers au soutien – en argent, armes, formation, camp et diplomatie – a un large éventail d’organisations radicales/d’insurrection/terroristes, particulièrement certaines factions palestiniennes et mouvements musulmans dissidents et minoritaires au Moyen Orient, en Afrique et en Asie ; l’IRA et des séparatistes basques et corses en Europe ; plusieurs groupes engagés dans la lutte contre le régime d’Apartheid en Afrique du Sud ; différents groupes d’opposition et de politiciens en Amérique latine ; l’Armée Rouge japonaise, les Brigades Rouges italiennes, la Bande à Baader-Meinhof en Allemagne.

On disait aussi que la Libye était derrière, ou était impliquée d’une manière ou d’une autre, dans l’attentat de l’ambassade US au Caire, dans différents détournements d’avions, d’une explosion dans un avion de ligne américain au-dessus de la Grèce, l’explosion en vol d’un avion de ligne français au-dessus de l’Afrique, l’attentat contre une synagogue à Istanbul, et l’attentat contre une boite de nuit à Berlin qui a couté la vie à plusieurs soldats américains. (7)

En 1990, lorsque les Etats-Unis avaient besoin d’un pays pour l’accuser (à tort) d’être responsable de l’attentat contre le vol 103 de la Pan Am au dessus de Lockerbie, en Ecosse, la Libye fut le choix tout désigné.

Le principal crime de Kadhafi aux yeux du Président Ronald Reagan (1981-1989), n’était pas son soutien à des groupes terroristes, mais au fait qu’il ne soutenait pas les bons groupes terroristes. En clair, Kadhafi ne soutenait pas les mêmes groupes terroristes que Washington, comme par exemple les Contras au Nicaragua, l’UNITA en Angola, les exilés cubains à Miami, les gouvernements du Salvador et du Guatemala, et les militaires US à Grenade. Le seul groupe de terroristes que les deux hommes soutenaient ensemble était les Moudjahidin en Afghanistan.

Et si tout cela ne suffisait pas à faire de Kadhafi l’Ennemi Public No 1 à Washington (Reagan l’appelait le « chien enragé du Moyen orient »), Kadhafi a souvent critiqué la politique étrangère des Etats-Unis, était un antisioniste convaincu, a pan-africaniste, un pan-arabiste (jusqu’à ce que l’hypocrisie et le conservatisme des gouvernements arabes se révèlent des obstacles). Il qualifiait aussi son gouvernement de socialiste. Quelle tolérance et de patience peut-on attendre de la part de l’Empire ? Lorsque de grandes manifestations ont éclaté en Tunisie et en Egypte, est-ce que Washington aurait pu résister à instiguer des évènements similaires dans le pays qui situé entre les deux autres ? La CIA a été très occupée à fournir les résistants en armes, soutien aérien, argent et personnel.

Il se pourrait que les alliés occidentaux réussissent à chasser Kadhafi du pouvoir. Ensuite le monde observera en toute innocence le nouveau gouvernement libyen accorder à Washington ce que ce dernier cherche depuis longtemps : une base pour Africom, le Commandement Africain des Etats-Unis, un des six commandements que le Pentagone a positionnés dans le monde. De nombreux pays africains qui avaient été sollicités ont décliné, parfois en des termes relativement durs. Actuellement, Africom est basé à Stuttgart, en Allemagne. Selon un officiel du Département d’Etat : « Nous avons un sérieux problème d’image de marque là-bas... l’opinion publique est vraiment opposée à toute collaboration avec les Etats-Unis. Ils ne font tout simplement pas confiance aux Etats-Unis. » (8) Tous les pays africains sont réticents à accueillir une base militaire US. Il n’y a qu’une seule base US en Afrique, à Djibouti. Alors gardez l’oeil ouvert lorsque la poussière retombera en Libye. La base sera située près des puits de pétrole américains. Ou peut-être que le peuple Libyen aura le choix : une base militaire américaine ou une base militaire de l’OTAN.

Et rappelez-vous – eu regard à l’histoire récente en Irak, Corée du Nord et Iran – que si la Libye avait eu des armes nucléaires, les Etats-Unis n’auraient pas attaqué.

Ou bien les Etats-Unis pourraient réaliser que Kadhafi n’est finalement pas une menace tout simplement parce qu’il est amoureux de Condoleezza Rice. Voici ce que disait le dirigeant libyen lors d’une interview à Al Jazeera le 27 mars 2007 : « Leezza, Leezza, Leezza... Je l’aime beaucoup. Je l’admire, j’en suis fier, parce qu’elle est une noire d’origine africaine. »

Au cours des années, le gouvernement américain et les médias nous ont gavé de scandales concernant Kadhafi : qu’il prenait des drogues, qu’il était obsédé par les femmes, qu’il était bisexuel, qu’il s’habillait en femme, qu’il se maquillait, qu’il se promenait avec un ours en peluche, qu’il avait des crises d’épilepsie, et bien d’autres choses encore ; une partie est peut-être vraie. A présent, voici l’ambassadrice US auprès des Nations Unies qui nous apprend que les forces de Kadhafi se livrent à des violences sexuelles et qu’on leur a administré de la Viagra, apparemment pour augmenter leurs capacités. (9) Etonnant. Qui aurait cru que l’armée Libyenne avait autant de soldats âgés entre 60 et 70 ans ?

Au moment de rédiger ces lignes, des missiles US/OTAN viennent de frapper une maison libyenne, tuant un fils et trois petites filles de Kadhafi, peu après que les offres de négociation de Kadhafi aient été rejetées – encore un haut fait d’armes dans la glorieuse histoire des interventions humanitaires, et un rappel aussi des bombes US sur la Libye en 1986 qui ont tué une fillette de Kadhafi.

(...)

William Blum

12 mai 2011

www.killinghope.org

 

Iraq Deaths : plus de 600,000 Irakiens aurait été tués suite à l'invasion depuis juillet 2006.

Le chiffre est choquant et consternant.

Il est environ 10 fois supérieur à la plupart des estimations données dans les médias américains, et est basé sur une enquête scientifique valide sur les pertes irakiennes violentes causées par l’invasion américaine de mars 2003.

Cette étude, publiée dans le prestigieux journal médical « The Lancet », a évalué que plus de 600,000 Irakiens avaient été tués suite à l'invasion depuis juillet 2006.

Les pertes irakiennes n’ont jamais cessé depuis lors.

Le compteur ci-dessus fournit une mise à jour quotidienne brute de ce chiffre, basé sur un taux d'augmentation tiré du « Iraq Body Count ». (Voir l'explication complète.)

Ce bilan humain dévastateur demande une plus grande reconnaissance. Il éclipse le génocide rwandais, et les dirigeants des USA en sont directement responsables. Pas étonnant qu’ils ne le disent pas publiquement. Voici le code HTML simple pour afficher le compteur sur votre site Web et aider à passer le mot.

Merci a Caplan, Marion et Francine pour la traduction.

 


 

La résistance contre l'agresseur

Le secrétaire à la Défense US a eu bien peur à son arrivée à Bagdad.

Trois missiles ont visé le lieu des discussions alors qu’il s'entretenait avec les autorités irakiennes sur le retrait des troupes américaines du pays.

La zone verte est une enclave hautement sécurisée dans la ville irakienne de Bagdad instituée en 2003, sa surface couvre environ 10 km2 dans le centre-ville de Bagdad, quartier qui abritait précédemment les habitations des dignitaires irakiens proches du pouvoir dont le palais républicain de Saddam Hussein. Cette zone verte abrite notamment le parlement et les services du gouvernement irakien et l'ambassade des États-Unis.

C'est une compagnie privée, Global Strategy Group (GSG) basée à Londres qui gère cette zone sécurisée ainsi que l'aéroport international de Bagdad. Cette forteresse fait l'objet périodiquement de tirs de la résistance Irakienne.

11/07/2011 

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/125996-trois-missiles-tires-vers-la-zone-verte-simultanement-a-la-visite-de-panetta-a-bagdad



1 Politique

a) des collaborateurs Irakiens

a) Les grandes manœuvres

Le gouvernement Irakien demande des comptes à Washington…  

Où sont passés quelque 17 milliards de dollars de revenus pétroliers à l’époque où le pays était gouverné directement par les forces d’occupation?
Le président du Parlement irakien, Oussama al-Noujaifi, a quitté Bagdad pour Washington.

Lors de sa visite aux Etats-Unis, il a une question bien concrète à aborder: à l’époque où l’Irak était gouverné par les forces d’occupation, des revenus pétroliers auraient disparu. Si des responsables américains ont reconnu cette disparition la semaine dernière, le montant de la somme « volatilisée » reste à définir. Pour Washington, l’enveloppe serait de 6,6 milliards de dollars, mais les Irakiens estiment que 17,7 milliards de dollars ont été volés par des institutions américaines corrompues.
Cet argent provient des revenus pétroliers après l’invasion conduite par les Etats-unis en 2003. Il était placé dans le Fonds de développement pour l’Irak (FDI) en 2004 quand l’Autorité provisoire de la coalition (CPA) dirigée par Paul Bremer gouvernait l’Irak et gérait ce fonds.

Dans une lettre du 11 mai adressée à la représentation de l’ONU en Irak (UNAMI) et dont l’AFP a eu copie, la commission anti-corruption du Parlement irakien accuse les institutions américaines qui travaillaient sous le contrôle de la CPA (mai 2003 – 28 juin 2004) d’avoir volé cet argent.
L’Irak s’est adressé à l’ONU car c’est la résolution 1483 du Conseil de sécurité du 22 mai 2003, qui avait transféré au FDI, contrôlé par la CPA, l’autorité pour dépenser les revenus provenant du pétrole. Mais, interrogée par l’AFP, une porte-parole de l’UNAMI Randa Jamal a affirmé que « l’ONU n’avait reçu aucune lettre officielle ni demande en ce sens jusqu’à présent ».
Le porte-parole du gouvernement irakien Ali al-Dabbagh a affirmé mercredi que la disparition de ces milliards de dollars avait été discutée au plus haut niveau de l’Etat à Bagdad. « Nous appelons les institutions américaines qui sont liées à cette affaire à garantir les droits des Irakiens et à fournir tous les documents (concernant cette période) aux contrôleurs des comptes irakiens », a souligné Dabbagh dans un communiqué.
L’ambassade américaine à Bagdad a assuré travailler avec les autorités irakiennes pour retrouver ces fonds. « Les gouvernements irakien et américain ont une volonté de transparence et de responsabilité concernant l’histoire du FDI », a assuré le porte-parole américain David Ranz. « Nos deux gouvernements travaillent ensemble, avec l’Inspecteur général spécial (américain) pour la reconstruction de l’Irak afin de vérifier tous les fonds dépensés par le FDI au bénéfice des Irakiens ».

22/06/2011  

http://mediabenews.wordpress.com/

 

Les députés irakiens accusent les entreprises américaines de piller les revenus pétroliers du pays.  

Les députés irakiens accusent les entreprises américaines d’avoir pillé près de 17 milliards de dollars des revenus pétroliers du pays. Dans une lettre adressée au bureau des Nations-Unies en Irak, la Commission d’enquête établie par le parlement irakien pour enquêter au sujet de la corruption financière dans le pays, a demandé à l’ONU de restituer cette richesse retirée du fond irakien pour le développement suite à l’intervention militaire américaine déclenchée en 2003 contre l’Irak.

20/06/2011
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/121026-les-deputes-irakiens-accusent-les-entreprises-americaines-de-piller-les-revenus-petroliers-du-pays

Négociations pour maintenir la présence américaine après 2011 !!! 

Les Etats-Unis et l'Irak mènent actuellement des négociations pour décider d'un éventuel maintien d'un contingent militaire américain en Irak après 2011, a affirmé jeudi le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen.

Les Etats-Unis et l'Irak mènent actuellement des négociations pour décider d'un éventuel maintien d'un contingent militaire américain en Irak après 2011, a affirmé jeudi le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen.

Les responsables américains multiplient depuis plusieurs mois les démarches auprès de Bagdad pour maintenir un contingent, en dépit de l'accord signé en novembre 2008 entre Washington et Bagdad pour le retrait des derniers soldats américains fin 2011, mais une éventuelle prolongation de leur présence est largement impopulaire en Irak.

"Les négociations sont en cours et c'est compliqué", a annoncé le chef d'état-major interarmées lors d'une rencontre avec la presse.

Responsables militaires américains et irakiens reconnaissent que les moyens anti-aériens, de renseignement et l'aviation sont insuffisants, selon lui.

Les négociations portent sur le nombre de soldats américains qui resteraient stationnés dans le pays et l'étendue de leur mission.

Quelque 46.000 soldats américains sont toujours en Irak, essentiellement engagés dans la formation et le conseil des forces irakiennes.

L'amiral Mullen n'a pas précisé combien de troupes pourraient rester stationnées en cas d'accord. L'administration Obama aurait proposé de maintenir 10.000 hommes, selon le Washington Post.

Les Etats-Unis sont tenus par un accord bilatéral de retirer leur contingent à la fin de l'année.

Si un haut responsable kurde, Kamal Kirkuki, dit souhaiter le maintien de la présence américaine, le puissant mouvement chiite de Moqtada Sadr a menacé de reprendre la lutte armée contre les forces américaines si celles-ci ne quittaient pas l'Irak, comme prévu, à la fin de l'année.

De son côté le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a prôné un dialogue national pour trancher cette question politiquement très sensible et s'est défaussé sur le Parlement.

Il semble peu probable que les députés votent en faveur de ce projet en raison de la pression du mouvement sadriste et de l'impopularité du maintien des troupes américaines.

Pour l'amiral Mullen, "c'est clairement au Premier ministre Maliki et à son gouvernement de décider" si l'Irak veut que les Etats-Unis maintiennent leur présence.

Pour faire monter la pression, les attaques se multiplient contre les forces américaines en Irak. Avec 14 morts, l'armée américaine a connu en juin son mois le plus meurtrier depuis trois ans à la suite d'attaques menées surtout dans le sud chiite.

Le général Jeffrey Buchanan, porte-parole des forces américaines en Irak, a accusé les groupes chiites soutenus par l'Iran d'être à l'origine du regain de violence.

Depuis l'invasion de l'Irak en 2003, 4.469 soldats américaines sont morts et plus de 32.000 ont été blessés en Irak, selon un bilan de l'AFP se fondant sur le site internet indépendant

AFP

10/7

www.icasualties.org.


b) Sur le terrain

Les militaires américains ont pris d’assaut le parlement.  

Les soldats américains ont fait irruption, en pleine séance parlementaire, en provoquant la panique des députés. Le vice-président du parlement a qualifié ce geste d’illégal et de contraire à la loi fondamentale du pays. L’armée d’occupation n’évoque aucune raison, pour expliquer ce geste.

Farid Merrad

18/06/2011

 

http://www.alterinfo.net/notes/


c) Finances

Accord préliminaire pour la construction d’une raffinerie à Kerbala.

Le ministère irakien du Pétrole a signé un accord préliminaire avec un groupe d'investisseurs italiens pour établir à Kerbala une raffinerie qui devrait produire 200.000 b/j d'essence de qualité et de diesel pour le marché intérieur.
"Il s'agit d'un contrat de six mois avec la Kerbala Refinery Corporation (KRC)durant lesquels le consortium doit remplir ses obligations pour mener à bien le projet", a affirmé le vice-ministre du Pétrole chargé des raffineries, Ahmad Chamaa, dans un communiqué publié mardi soir.
"La raffinerie s'étendra sur 6 km2 et sera la plus avancée au niveau
technologique en Irak", a précisé le directeur général de KRC, Dean Michael, en précisant qu'elle coûterait "6,5 milliards de dollars".
La compagnie italienne Saipem fournira la partie technique. La KRC s'est engagée à commencer la production 48 mois après la signature du contrat définitif.
 "Lorsque (la raffinerie) entrera en fonction, elle pourra largement approvisionner le marché intérieur avec la meilleure qualité d'essence et de diesel", a assuré dans ce courriel KRC. 
Il s'agira d'un BOO (Build Own Operate), c'est-à-dire un partenariat public-privé dans lequel les compagnies privées construisent des infrastructures qu'elles font fonctionner avec une aide de l'Etat, notamment dans la fourniture du brut. 
L'Irak entend construire quatre raffineries pour arriver à l'auto-suffisance. Le pays importe actuellement 5.000 à 7.000 tonnes par jour d'essence et de gazole.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=24986


d) Prisons, exactions & torture

Le Conseil présidentiel irakien approuve l'exécution d'Ali Hassan al-Majid.

Le Conseil présidentiel irakien a approuvé l'exécution d'Ali Hassan al-Majid, le bras droit de Saddam Hussein surnommé "Ali le Chimique" pour avoir donné l'ordre de gazer les Kurdes dans les années 1980, ont indiqué vendredi des responsables irakiens et américains.
"Le Conseil présidentiel a approuvé l'exécution d'Ali le Chimique", a déclaré un responsable irakien sous le couvert de l'anonymat. "L'approbation a été donnée il y a deux jours". La porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, Mirembe Nantongo, a indiqué que sa chancellerie était "au courant de cette approbation".
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1734/Irak/article/detail/188842/2008/02/29/Le-Conseil-pr-sidentiel-irakien-approuve-l-ex-cution-d-Ali-le-Chimique.dhtml


 

n°517 - Journal d'Irak - 18/06-au 28/07/ - Fin- Iraq Deaths : plus de 600,000 Irakiens aurait été tués suite à l'invasion depuis juillet 2006.

n°517 - Journal d'Irak -  18/06-au 28/07/ - Fin- Iraq Deaths : plus de 600,000 Irakiens aurait été tués suite à l'invasion depuis juillet 2006.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°517                du 18/06                   au 28/07/2011

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part :

L’armée américaine s’attaque aux résistants.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

L’Irak au cœur des débats.

Un tiers des dettes du monde entier appartient aux Etats-Unis…

1 Politique

a) des collaborateurs Irakiens

a) Les grandes manœuvres

Le gouvernement Irakien demande des comptes à Washington…

b) Sur le terrain

c) Finances

d) Prisons, exactions & torture

Le Conseil présidentiel irakien approuve l'exécution d'Ali Hassan al-Majid.

b) Les occupants 

1) Usa

Prisons, exactions & torture

Les États-Unis à la torture.

Fin

Les voisins

Les alliés (des Usa)

Europe

2 Lutte pour la libération du territoire

 


b) Les occupants 

1) Usa

Sur le terrain

L'armée US admet avoir tiré sur des combattants de leur bord…

Un groupe de plus de cent combattants de Jorf al-Sakher, dans le sud de l'Irak, ont cessé samedi de coopérer avec l'armée américaine, qu'ils accusent d'avoir tués trois des leurs, ce qui porte, selon eux, à 19 le nombre de leurs combattants tués par erreur depuis un mois. "Le groupe du réveil de la région de Jorf al-Sakher (au nord de la ville de Hilla, située à 100 km au sud de Bagdad), qui compte 110 combattants, a démissionné de ses fonctions pour protester contre les assassinats planifiés menés par la coalition", a affirmé le chef du groupe, Sabah al-Janabi à l'AFP.
Selon M. Janabi et un responsable local de la police, Ali al-Lami, les trois combattants anti-Qaïda ont été tués par un tir d'hélicoptère américain. "Il s'agit du troisième incident en un mois. Nous avons déjà perdu 19 hommes et 12 ont été blessés par des bombardements de la coalition", a dit M. Janabi. Les "comités populaires", également baptisés les "forces du réveil" ou encore les "fils de l'Irak", sont des groupes mobilisés depuis septembre 2006 avec le soutien financier américain pour lutter contre Al-Qaïda.
Au nombre de 130 groupes, ils regroupent 80.000 combattants en grande majorité des sunnites, selon les estimations américaines.

L'armée américaine a admis dimanche avoir tiré la veille sur des combattants anti-Qaïda dans le sud de l'Irak, provoquant pour la première fois la démission d'un groupe de plus de cent hommes.
"Une enquête a été ouverte sur cet incident. Toutefois nous avons été pris pour cible en premier et avons riposté. Nous pensons que les (combattants) nous ont visé par erreur et il se peut que nous en ayons tué trois", a affirmé le commandant Brad Leighton à l'AFP. "Nous regrettons la perte de vie innocente et la politique de la coalition est de dédommager les familles des personnes tuées accidentellement dans nos opérations", a poursuivi le commandant.
Dans quelques régions d'Irak, des tensions sont toutefois apparues entre ces groupes et l'armée américaine ou les autorités locales.
afphttp://www.7sur7.be/7s7/fr/1734/Irak/article/detail/173919/2008/02/17/L-arm-e-US-admet-avoir-tir-sur-des-combattants-anti-Qa-da.dhtml


Prisons, exactions & torture

Les États-Unis à la torture.

Une remarquable enquête montre comment la tactique du supplice a été systématisée dans ce pays.

Un des prisonniers d'Abou Ghraïb, Saddam Saleh, montre les images de son calvaire. (Reuters)

Un agent des forces spéciales qui a été, à des fins d’entraînement, soumis au supplice de la baignoire en témoigne. La sensation est atroce, celle d’une noyade, assurément un vrai acte de torture. "Pas du tout, modère un responsable de la CIA, elle a été approuvée par le Président et par la communauté juridique américaine." Après le 11- Septembre, les États-Unis se sont lancés dans deux guerres, en Afghanistan et en Irak, misant avant tout sur le renseignement. Elles ont conduit tout droit au camp de Guantánamo et à la prison d’Abou Ghraib. La démocratie américaine, au mépris de sa Constitution, des règles de droit international, des conventions de Genève – fondements du droit humanitaire –, a systématisé l’usage de la torture.

Dans son remarquable documentaire Torture made in USA, Marie-Monique Robin retrace la génèse de cette dramatique démission de la civilisation et dévoile les manipulations de Bush et de son équipe pour faire passer l’inacceptable. Parce que la journaliste avait déjà commis en 2004 un travail remarqué sur les Escadrons de la mort, l’école française* – où elle avait exposé comment des militaires français, forts de leur "expérience" algérienne, étaient devenus les spécialistes de méthodes enseignées aux dictateurs sudaméricains –, elle a pu, sans être suspectée d’antiaméricanisme primaire, approcher des témoins essentiels. Ces interviews exclusives, mêlées à des archives filmées inédites d’auditions parlementaires conduites par des commissions du Congrès, montrent comment, à travers manoeuvres et mensonges, s’est mise en place cette dérive.

"Intensité d’une blessure physique sévère"

Le vice-Président Dick Cheney l’avait annoncé dès le 16 septembre 2001: "Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignements pour qu’ils puissent conduire leur mission." Il va s’appuyer sur une armée de juristes pour tordre les lois, faisant requalifier la torture comme "intensité d’une blessure physique sévère", ce qui laisse bien des latitudes. Dans un mémo approuvé par Bush et retiré de la circulation après Abou Ghraib, sont même détaillées trois catégories de techniques inspirées d’un programme détourné de son objectif. Il visait à l’origine à entraîner l’élite des officiers américains à résister à la torture. En connaisseurs, les militaires ne sont pas dupes: elle est inefficace et les trois armes se sont unanimement prononcées contre son usage. Elle fait avouer tout et n’importe quoi et peut se retourner contre les troupes américaines elles-mêmes. Son efficience ne vaut qu’à Hollywood, explique Larry Wilkerson, chef de cabinet du ministre de la Défense Colin Powell. Faisant allusion à des séries comme 24 Heures, où Jack Bauer se livre à chaque épisode à des actes de torture pour sauver le monde, il souligne "le grotesque de l’argument". Cela suppose qu’on "peut obtenir le bon renseignement au bon moment"…

Mais on ne se débarrasse pas facilement de la torture une fois installée dans les pratiques et les consciences. Obama, malgré ses promesses, n’a pas fermé Guantánamo et a assuré l’impunité à l’administration Bush. Au-delà du cas américain, Marie-Monique Robin espère attirer l’attention sur la portée universelle de son film. "À un problème politique, explique-t-elle, il faut une réponse politique. Une solution strictement militaire dans un cas comme celui-là ne peut que s’enliser inévitablement dans la torture.

Et le premier résultat, c’est de produire de nouveaux terroristes."

http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/Torture-made-in-USA-documentaire-sur-Arte-332653/?from=cove

 

Torture : Human Rights Watch réclame que George W. Bush soit traduit en justice

Cinq hauts responsables de l'ancien régime irakien, dont deux demi-frères de Saddam Hussein, seront exécutés d'ici un mois, rapportent vendredi les médias occidentaux, citant le porte-parole du ministère irakien de la Justice, Haidar al-Saadi.
"Le ministre de la Justice Hassan al-Shammari a rendu visite au Conseil présidentiel et ils se sont mis d'accord pour ne pas retarder la ratification des condamnations", a fait savoir M.al-Saadi.
Selon lui, il s'agit de deux demi-frères de l'ancien président irakien Saddam Hussein, Watbane Ibrahim Hassan et Sabaoui Ibrahim al-Tikriti, ainsi que de l'ex-ministre de la Défense Sultan Hachem Ahmad, de l'ex-général Hussein Rachid al-Tikriti et d'un ex-dirigeant du parti unique Baas, Aziz Saleh Noumane. Tous avaient été remis aux autorités irakiennes par les forces américaines jeudi 14 juillet.
Le Conseil doit ratifier les sentences prononcées à l'encontre des condamnés dans un délai de cinq jours, après quoi "ils seront exécutés dans le mois qui suit", a expliqué M.al-Saadi.
Les anciens dignitaires irakiens ont été impliqués dans la violente répression des révoltes kurde (1987-1988) et chiite (1991), qui ont fait des dizaines de milliers de morts.

16/7/2011
http://fr.rian.ru/world/20110715/190157067.html

.



Les voisins

Arabie saoudite  

Farsnews: Complot saoudien pour prolonger l’occupation américaine en Irak

Selon une source irakienne, citée par l’agence iranienne Farsnews, l'Arabie saoudite travaille dans les coulisses  pour prolonger l’occupation  américaine en Irak.
En effet, interrogé par le correspondant du site internet de Farsnews, une source irakienne, qui a préféré garder l’anonymat, a déclaré que Riyad a encouragé  les laïques sunnites et les kurdes à négocier avec certaines parties irakiennes pour soutirer leur approbation à la prolongation de l’occupation américaine en Irak, en échange de 3 milliards de dollars !
La  source irakienne  a précisé que : "L'Arabie Saoudite est très préoccupée par le retrait des troupes américaines de l'Irak", ajoutant que  "Riyad tente de  négocier avec le courant d'Iyad Allaoui, les kurdes et certains sunnites laïques pour préparer le terrain afin de prolonger la présences des forces d'occupation américaines en Irak. "
Ladite source a indiqué que  la visite du Secrétaire britannique des Affaires étrangères William Hague à l'Arabie Saoudite s’inscrit dans ce cadre.
Rappelons, que  conformément à l'accord de sécurité signé entre Bagdad et Washington, toutes les troupes américaines doivent se retirer du pays à la fin de cette année, mais il y a une pression venant de certains pays arabes  et des Etats-Unis sur  l'Irak pour maintenir l'Irak sous occupation pendant des années.

Al Manar

08/07/2011


Irak

Visite historique d'Ahmadinejad en Irak.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé dimanche en Irak pour une visite de deux jours sans précédent pour un chef d'Etat iranien dans l'histoire contemporaine des deux pays voisins, ont indiqué les médias et le ministre irakien des Affaires étrangères.
Le ministre, Hoshyar Zebari, qui doit accueillir le président iranien, a affirmé que son avion, en provenance de Téhéran, avait atterri à l'aéroport international de Bagdad à 09h05 locales (06H05). La télévision irakienne Furat avait auparavant indiqué que M. Ahmadinejad était arrivé. Le président iranien doit rencontrer dans la foulée le président irakien Jalal Talabani, un Kurde, à son domicile de Bagdad, puis le Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite.
La visite de Mahmoud Ahmadinejad sera la première d'un chef d'état iranien dans l'histoire récente de l'Irak et l'Iran, deux puissances régionales à majorité chiite ennemies durant le régime de Saddam Hussein. (belga)

Lire aussi:Une visite qui marque l'ambition régionale de l'Iran

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1734/Irak/article/detail/190982/2008/03/02/Visite-historique-d-Ahmadinejad-en-Irak.dhtml


Iran

Les États-Unis ne peuvent s’ériger en gardien de la morale.

En réponse aux accusations de Washington, le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi, a estimé que les États-Unis ne peuvent s’ériger en gardien de la morale. « Ils ont fait ce genre de déclarations depuis trente ans. Nous ne considérons pas que les États-Unis soient capables de décider ce qui est bien ou mal », a ainsi déclaré M. Salehi. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a également rejeté les accusations de M. Panetta. « Les États-Unis n’ont pas une bonne position en Irak et en Afghanistan. Ils tentent par tous les moyens de continuer leur présence (militaire) dans ces deux pays », a déclaré M. Mehmanparast.
En outre, M. Panetta s’est emporté dans son élan en expliquant aux soldats américains que leur présence en Irak était le résultat des attentats du 11-Septembre. « Les États-Unis ont été attaqués et 3 000 personnes ont été tuées à cause d’el-Qaëda. Nous nous battons à cause de cela », a-t-il dit. Conscient de la portée des déclarations du ministre, qui a pris ses fonctions le 1er juillet, son porte-parole Doug Wilson a immédiatement apporté des précisions. « Je ne pense pas qu’il soit revenu sur la dispute de 2002-2003 » sur les raisons de l’entrée en guerre, a-t-il affirmé, expliquant que le secrétaire à la Défense avait son « franc-parler ».
Par ailleurs, un haut responsable militaire iranien cité par l’agence IRNA a indiqué que l’Iran « se réserve le droit » d’attaquer les bases du mouvement séparatiste kurde iranien PJAK au Kurdistan irakien. « Nous n’autorisons pas les terroristes à s’installer en territoire irakien avec le soutien des États-Unis et du régime sioniste (Israël) pour agresser l’Iran. Nous agirons contre ces terroristes », a-t-il souligné.
(Source : AFP)

12 juillet

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/712597/_L'armee_americaine_s'attaque__aux_insurges_chiites.html


Israël

Le pillage des pièces d’antiquité de l'Irak par Israël.  
Le porte-parole de l'office du patrimoine israelien a reconnu que beaucoup d'objets d’art anciens pillés en Irak étaient conservés à Tel-Aviv. "Des dizaines d'objets anciens irakiens appartenant aux différentes ères historiques ont été volés ces dernières années et acheminés vers Tel-Aviv", a affirmé Yuli Schwartz, cité par la chaîne Al-Alam. "Avant d'arriver en Israël, certains objets d’art sont vendus au marché noir dans les pays du golfe Persique dont les Emirats-arabes-unis (surtout à Abu Dhabi et à Dubaï) et de là sont transférées en Europe, surtout à Londres, là où ils sont gardés provisoirement dans des stocks européens", a ajouté ce responsable israélien. Depuis le début, en 2003, de la guerre et pendant l'occupation de l'Irak, un pillage en règle des objets d’art anciens irakiens dérobés dans les musées nationaux du pays, a été effectué sur une vaste échelle pour être transférés illégalement à l'étranger.

26/07/2011

IRIB

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/130581-le-pillage-des-pieces-dantiquite-de-lirak-par-israel



b) Les alliés (des Usa)

Europe

Espagne

Gilles Munier : Massacre d’Achraf : Nouri al-Maliki cité à comparaître devant la justice espagnole

Par Afchine Alavi et le CNRI (extraits)

   La cour centrale d’investigation n°4 de la Cour nationale espagnole s’est constituée compétente pour enquêter dans les massacre perpétré en Irak dans le camp d’Achraf des opposants iraniens qui a fait 36 morts et 350 blessés. Selon cette décision de justice, Nouri al-Maliki, Premier ministre irakien, sera automatiquement cité à comparaître dès qu'il quittera sa fonction et que son immunité judiciaire sera supprimée.

   Le général de corps d’armée Ali Geidan, actuel commandant des forces terrestres irakiennes qui a dirigé le massacre contre les résidents d'Achraf le 8 avril sous les ordres de M. Maliki, le lieutenant-colonel Abdul-Latif al-Annabi, commandant du bataillon irakien à Achraf, et le chef de bataillon Jassem al-Tamimi ont été cités à comparaître devant le tribunal le 3 octobre 2011. Selon des clips vidéo et des documents disponibles, al-Tamimi a tué de nombreux résidents d'Achraf.

   Ad Melkert, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Irak, et Struan Stevenson, président de la délégation pour les relations avec l'Irak du Parlement européen, ont été invité à venir en qualité de témoins.

36 morts et 350 blessés

   Dans un jugement rendu le 11 juillet 2011, la cour centrale d’instruction numéro 4 de la cour nationale espagnole, a accepté d’enquêter sur la plainte déposée contre les responsables du massacre des habitants d’Achraf le 8 avril qui a fait 36 morts et 350 blessés.

Selon cette décision de justice, Nouri al-Maliki, le premier ministre irakien, sera automatiquement cité à comparaître au tribunal dès la fin de son mandat de premier ministre quand son immunité judiciaire prendra fin.

   Le général de corps d’armée Ali Geidan, commandant des forces terrestres  irakiennes qui a dirigé le massacre des Achrafiens le 8 avril sous les ordres de Maliki, le lieutenant-colonel Abdul-Latif al-Annabi, commandant du bataillon irakien à Achraf, et le chef de bataillon Jassem al-Tamimi ont été cités à comparaître devant la cour le 3 octobre 2011. Sur la base des clips vidéos et des documents disponibles, al-Tamimi est ce même officier qui a personnellement visé et tué de nombreux Achrafiens en tirant directement sur eux le 8 avril.

   La cour a aussi invité M. Ad Melkert, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Irak, et M. Struan Stevenson, Président de la délégation pour les relations avec l'Irak du Parlement européen, à venir en qualité de témoin.

   Cette décision est la troisième et la plus importante de la justice espagnole de ces deux dernières années citant des criminels et des tueurs de résidents d'Achraf à comparaître devant le tribunal. Lors des attaques contre Achraf par les forces irakiennes, 47 résidents, des personnes protégées sous la Quatrième Convention de Genève, ont été tués. 1071 habitants ont été blessés par balles ou des grenades à main, ou battus à coups de matraques et de bâtons, d'autres ont été écrasés par des véhicules blindés. Les forces irakiennes ont pris en otage 36 résidents en 2009 durant 72 jours. Durant la même période un certain nombre de résidents d'Achraf ont  trouvé la mort à cause du blocus médical du camp.

   Le 26 novembre 2009, la Cour d'Espagne a accepté d'examiner la première plainte en vertu du principe de «compétence universelle» pour enquêter sur des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre en vertu des conventions et lois internationales.

   L'article 146 de la Quatrième Convention de Genève stipule que les États signataires de la Convention ont l'obligation d'enquêter, poursuivre et condamner les individus ayant commis de graves infractions de la Convention et de « rechercher les personnes prévenues d'avoir commis, ou d'avoir ordonné de commettre, l’une ou l’autre de ces infractions graves, et devra les déférer à ses propres tribunaux quelle que soit leur nationalité. »

   Le 27 décembre 2010 et le 17 mars 2011, la cour d'Espagne a considéré l'assassinat, la torture et les dommages infligés aux résidents d'Achraf comme des exemples de «crime contre la communauté internationale, crime de guerre et crime contre les droits de l’homme internationaux ». 

Par Gilles Munier

Afchine Alavi et le CNRI (extraits)



2 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée du contingent en fin de mission de combat

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

23-06

Un civil américain, qui travaillait à l'amélioration du système d'éducation en Irak, a par ailleurs été tué dans une attaque distincte.

AP 23/6

27-06

Deux soldats américains ont été tués  lors d'une opération dans le nord de l'Irak.

Ces nouveaux décès portent à 11 le nombre des militaires américains tués dans le pays depuis début de ce mois, le mois le plus meurtrier depuis mai 2009

Quelque 45.000 soldats américains sont toujours présents en Irak.

27/6

http://french.cri.cn/621/2011/06/27/302s246937.htm

01-07

"Trois soldats américains ont été tués dans le sud de l’Irak", indique un communiqué militaire, qui ne précise ni les circonstances ni l’endroit où s’est déroulé l’incident.

Ce dernier incident porte à 15 le nombre de soldats américains ayant trouvé la mort en Irak ce mois-ci, le bilan le plus lourd depuis juin 2009.

Le nombre de troupes américaines stationnées en Irak a été réduit à 47 000 à la mi-2010.

Washington assure que les troupes restantes mènent des missions de soutien et d’entraînement en Irak.

Les forces militaires américaines doivent se retirer complètement d’Irak fin 2011, selon un pacte de sécurité, appelé Accord sur le statut des forces (SOFA), signé fin 2008 entre Washington et Bagdad.

Source : xinhua 1er juillet

 

 07-07- 

 Deux soldats américains ont été tués par l'explosion d'une bombe devant la principale base militaire des Etats-Unis à Bagdad, a annoncé l'armée américaine.

L'explosion s'est produite à un point de contrôle devant la base de Camp Victory, selon deux responsables militaires ayant requis l'anonymat.

Camp Victory est le siège de l'armée américaine en Irak.

(AP)

07/07/2011

Une base américaine a été ciblée au Sud de Bagdad la capitale irakienne.

Selon l'agence du Qatar, la police irakienne a déclaré que la base aérienne "Imam Ali'', située, à l'Ouest de la ville de Nassaria au Sud de Bagdad où les forces américaines sont déployées avait été frappée par des missiles. 4 missiles ont été tirés contre la base américaine, mais le bilan des dégâts infligés n'est pas encore établi.

Les experts en explosifs ont neutralisé un autre missile à l'Ouest de Nassaria. Selon eux, il est possible que cette attaque ait été lancée depuis cette région contre la base américaine.

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/125070-irak-attaques-aux-missiles-contre-une-base-am%C3%A9ricain

 

 

Depuis le 6 juin, 17 soldats américains ont été tués à Bagdad, dans la ville de Najaf, dans les provinces de Wassit et Diyala, par des bombes ou des roquettes.

Ce qui inquiète beaucoup les forces américaines, c’est la qualité de l’armement, mais surtout la capacité des résistants à bien les utiliser. Les récentes attaques ont en effet été d’une précision meurtrière.

Hier, des roquettes, tirées à partir du quartier de Zafaraniya, ont blessé une femme et trois enfants dans la « zone verte », secteur ultra protégé de Bagdad.

(Source : AFP)

12 juillet

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/712597/_L'armee_americaine_s'attaque__aux_insurges_chiites.html



Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

22-06

Huit attaques ont été menées contre la police irakienne à Bagdad et à Mossoul, faisant au total quatre morts - un policier et trois civils - et une trentaine de blessés, rapportent les autorités irakiennes.

AP 22/6



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

20-06

Une bombe a explosé au passage d'une voiture de l'ambassade de France dans le sud de Bagdad.

L'ambassadeur de France Denis Gauer a pour sa part affirmé à l'AFP qu'«une voiture blindée de l'ambassade a été endommagée à 08H17 par une bombe qui a explosé à son passage mais aucun des quatre gardes français à l'intérieur n'a été blessé. Le véhicule est resté immobilisé».

«Il n'y a aucune indication que c'est cette voiture qui était visée par l'explosion», a-t-il ajouté.

«Quatre gardes irakiens de l'ambassade et trois passants ont été blessés par une bombe qui a explosé au passage d'un convoi diplomatique français dans le quartier de Masbah», a indiqué pour sa part la source du ministère irakien.

Une source à l'hôpital Ibn Nafis a confirmé avoir reçu sept blessés parmi lesquels des gardes irakiens.

L'attentat a eu lieu non loin de la résidence de l'ambassadeur de France.

«Au moment où le 4X4 bleu du convoi de l'ambassade est arrivé il y a eu une explosion entre deux voitures garées sur le bord de la route. La voiture de l'ambassade a été projetée en avant de quelques mètres», a affirmé Abou Hassan, un témoin de la scène.

L'ambassadeur de France a présenté jeudi ses lettres de créances.

AFP

http://www.20minutes.fr/article/744225/irak-explosion-passage-voiture-ambassade-france-7-blesses


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan  

Diouanya

21-06

Un kamikaze et une voiture piégée au moins ont explosé devant la maison d'un responsable politique de Diouanya au moment de la relève de la garde, tuant de nombreux gardiens de la résidence. Le premier bilan est de 21 morts.

http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/vingt-cinq-tues-dans-un-double-attentat-au-sud-de-bagdad_1004417.html

 

Falloudja, à 50 km à l'ouest de Bagdad,

02-01

Un policier a été tué et deux autres ont été blessés vendredi par l'explosion d'une voiture.

http://fr.news.yahoo.com/

 

Tarmiya, 50km au nord de Bagdad

Un kamikaze dans un fauteuil roulant s'est fait exploser  à l'entrée d'un commissariat de police de Tarmiya, à environ 50km au nord de Bagdad, faisant trois morts, dont deux policiers, et 18 blessés.

Le chef du conseil municipal de la ville, Qassim Khalifa, a déclaré à l'Associated Press qu'on ignorait si le kamikaze était réellement handicapé ou s'était servi du fauteuil roulant pour détourner l'attention des policiers. Selon lui, le kamikaze s'était présenté au commissariat pour réclamer un certificat attestant qu'il avait été mutilé par un attentat terroriste.

"Les policiers l'ont contrôlé mais pas très soigneusement comme il était handicapé, ou prétendait l'être, donc ils l'ont laissé pénétrer à l'intérieur dans la salle d'accueil où l'explosion s'est produite", a-t-il rapporté.

25/6 

AP



Prison

07-07

Les forces irakiennes ont arrêté 10 personnes impliquées dans des opérations menées dans diverses régions de la province d'Al-Anbar et d'Al-dor, respectivement, à l'Ouest de Bagdad, et à l'Est de Tikrīt.

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/125070-irak-attaques-aux-missiles-contre-une-base-am%C3%A9ricaine


Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq "1,331,578"


Cost of U.S. War and Occupation of Iraq

803.640.516.173

14.22 - 29-07

http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.



30/07/2011

n° 92 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 28-07 - Début - : La rapine du siècle : l'assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.

° 92 -  Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 28-07 - Début - : La rapine du siècle : l'assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 92 - 28-07

C.De Broeder & M.Lemaire

 



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Sommaire.

Tiré à part :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Mohamed Habili : Révolution grand-guignolesque.

1-2 Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.

1-3 Manlio Dinucci : L’art de la guerre.

1-4 Bark Biiga : Libye-OTAN: Autant avouer l'enlisement.  

1-5 Mario Franssen : Les amis louches de l’Otan

1-6 François Brousseau : Le Waterloo de l’OTAN?

1-7 Capitaine Martin : Les ennuis libyens…

Suite

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Déclaration sur la Libye

3 Témoignage
3-1Thierry Meyssan : Le massacre de Sorman.

3-2 Entretien avec Russia Today : Thierry Meyssan : « La recolonisation a commencé - Les députés français votent la guerre ».

3-3 L’avocat Marcel Ceccaldi demande une enquête de la CPI sur les "crimes de guerre" de l'OTAN.

3-4 TERRA-Quotidien : Morts en Méditerranée. :

Fin

4 Annexe

4-1 A propos du "Printemps arabe"...



Tiré à part :

Deux interventions de Jean Bricmont sur l’impérialisme humanitaire.

Docteur en sciences, Jean Bricmont a travaillé comme chercheur à l’Université Rutgers puis a enseigné à l’Université de Princeton toutes deux situées au New Jersey (États-Unis). Il est actuellement professeur de physique théorique à l’université catholique de Louvain, dans l’unité de physique théorique et de physique mathématique (département de physique) et membre de l’Académie royale de Belgique.

Son activité de recherche concerne les méthodes de groupe de renormalisation et les équations différentielles non linéaires. Cette activité lui a valu deux distinctions : le prix J. Deruyts (1996) de l’Académie Royale de Belgique, Classe des Sciences et le prix quinquennal FNRS (Prix A. De Leeuw-Damry-Bourlart) (2005).

27-06

VISIONNER LES DEUX VIDEOS SUR CE SITE: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10939


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Mohamed Habili : Révolution grand-guignolesque.
Rappelons-nous. Il y a quatre mois, les rebelles se trouvaient à une encablure de la dernière place forte occupée par les forces loyalistes, Tripoli, qu’ils s’apprêtaient à prendre en tenaille, s’y hâtant à la fois par   l’est  et par l’ouest. Puis voilà qu’aux dernières nouvelles ils seraient enfin à ses portes, se disposant à livrer l’assaut final.  Ils en ont donc fait… du surplace depuis le début des hostilités.

A moins, bien sûr, qu’ils n’aient rebroussé chemin depuis que l’aviation de l’Otan s’applique à leur frayer soigneusement la voie – selon la méthode combien radicale du nettoyage par le vide, même quand la cible «militaire» se loge au cœur d’une zone d’habitation.

En fait, dans cette drôle de guerre, tout se passe d’une façon inhabituelle, voire loufoque.

Aussi longtemps qu’on pense, ou qu’on affecte de croire, qu’elle met face à face, au ras des sables du pays, d’une part, les forces loyales à Kaddafi, dont le quartier général est quelque part dans un endroit secret à Tripoli, et de l’autre, les forces rebelles, commandées à ciel ouvert depuis Benghazi, on s’interdit d’y comprendre quelque chose. On est en particulier sans ressource devant cette bizarrerie de la reculade à laquelle les rebelles, qui, nous dit-on, n’arrêtent pas de repousser les forces loyalistes dans ses derniers retranchements, ont dû opérer depuis l’entrée en lice des avions de l’Otan, qui pourtant ne sont pas là pour leur tirer dessus, même si cela arrive quelquefois. Mais si en revanche, on admet l’évidence, à savoir que la vraie bataille ne met pas aux prises les forces pro-Kaddafi et les rebelles, mais principalement les premières et l’aviation de l’Otan, alors plus de mystère, plus d’interrogations sur le sens des événements, tout ou presque s’éclaircit alors d’une lumière vive. On comprend dès lors ce que cela veut dire pour les rebelles de se trouver à un moment donné aux portes de Tripoli, puis, l’instant d’après, toujours enfermés, dans Misrata  ou quelque part ailleurs, en train d’essuyer les bombardements de l’artillerie loyaliste. 

L’on devine ce qui a dû se passer ces derniers temps dans le hameau de Goualiah, à 50 kilomètres au sud de Tripoli, et qui a permis aux médias de claironner en chœur qu’ils étaient aux portes de Tripoli. En réalité, il est clair que l’Otan les y avait précédés, qui avait détruit les forces loyalistes qui y étaient stationnées. Ce n’est qu’une fois le nettoyage par le vide dûment accompli, et que les caméras des chaînes de télévision s’étaient précipitées à l’endroit indiqué, que les «révolutionnaires» se sont amenés, pétaradant comme à leur habitude, pour prendre possession de la victoire. Mais aussi, propagande oblige, pour faire des prisonniers, de préférence de couleur noire, parce qu’il est plus facile de les faire passer pour des mercenaires africains. A moins, bien sûr, les bombardements de l’Otan s’étant déroulés en deux temps – d’abord par les avions volant en haute altitude, pour le gros du travail, ensuite par les hélicoptères, pour les tirs plus ajustés de peaufinage – qu’ils les aient eu déjà sous la main, les sortant de leurs geôles pour aller se faire filmer en leur compagnie.

Il ne faut donc pas s’étonner si dans peu de temps, on n’entend plus dire qu’ils sont aux portes de Tripoli. Qu’ils y sont en fait si peu qu’ils sont plus près de Benghazi. C’est que ça ne dépend pas d’eux qu’ils avancent ou qu’ils reculent, mais de l’Otan, qui parfois tape dans le mille et a la gentillesse de les appeler sur place, pour immortaliser le moment, parfois rate sa cible, et alors il ne se passe rien. La seule façon pour elle d’achever le travail commencé voilà quatre mois, c’est de descendre au sol pour affronter les forces loyalistes au ras des sables. Mais de cela elle ne veut pas. Même dans la supposition où elle le veuille, il lui faudrait recevoir mandat pour cela du Conseil de sécurité, ce qu’elle sait ne pas pouvoir obtenir. Sans compter que les Etats-Unis pensent à se retirer complètement d’une aventure d’inspiration, et pour l’essentiel d’exécution, européennes, dont ils semblent penser qu’elle n’a que trop duré.

Par Mohamed Habili

Le Jour d'Algérie –

11/07/11

http://www.lejourdalgerie.com/Editions/100711/une/Lejour.htm


1-2 Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.

L’objectif de la guerre en Libye n’est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus grosses d’Afrique et les coûts d’extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Dans le viseur des « volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger.

Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres organismes. Et ils pourraient être plus importants encore. Même s’ils sont inférieurs à ceux de l’Arabie saoudite ou du Koweït, les fonds souverains libyens se sont caractérisés par leur croissance rapide. Quand la Lia a été constituée en 2006, elle disposait de 40 milliards de dollars. En cinq années à peine, elle a effectué des investissements dans plus de cent sociétés nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines : holding, banques, immobilier, industrie, compagnies pétrolières et autres.

En Italie les principaux investissements libyens sont ceux effectués dans UniCredit Banca (dont Lia et la Banque centrale libyenne possèdent 7,5%), dans Finmeccanica (2%) et Eni (1%) : ces investissements et d’autres (dont 7,5% au Juventus Football Club) ont une  signification plus politique qu’économique (ils se montent à environ 4 milliards de dollars).

La Libye, après que Washington l’ait effacée de sa liste de proscription des « Etats voyous », a essayé de se refaire une place à un niveau international en misant sur la « diplomatie des fonds souverains ». Quand les Etats-Unis et l’Union européenne ont révoqué leur embargo de 2004 et les grandes compagnies pétrolières sont revenues dans le pays, Tripoli a pu disposer d’un surplus commercial d’environ 30 milliards de dollars annuels qu’il a destiné en grande partie aux investissements étrangers. La gestion des fonds souverains a cependant créé un nouveau mécanisme de pouvoir et corruption, aux mains de ministres et hauts fonctionnaires, qui a probablement échappé au contrôle de Kadhafi lui-même : confirmé par le fait qu’en 2009, ce dernier a proposé que les 30 milliards de dividendes pétroliers allassent « directement au peuple libyen ». Ceci a accentué les fractures à l’intérieur du gouvernement libyen.

C’est sur ces fractures que se sont appuyés les cercles dominants étasuniens et européens qui, avant d’attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont appropriés les fonds souverains libyens. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas : comme le révèle un câblogramme exfiltré à travers Wikileaks, le 20 janvier Layas a informé l’ambassadeur étasunien à Tripoli que la Lia avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques étasuniennes. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor étasunien les a « gelés ». Selon les déclarations officielles, c’est « la plus grosse somme d’argent jamais bloquée aux Etats-Unis », que Washington garde « en dépôt pour l’avenir de la Libye ». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne a « gelé » environ 45 milliards d’euros de fonds libyens.

L’assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la Libyan Arab African Investment Company a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications. Les investissements libyens ont été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010, permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle de centaines de millions de dollars.

Plus importants encore ont été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine : la Banque africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fond monétaire africain, siège à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, siège à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes permettrait aux pays africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fond monétaire international, tous deux instruments de domination néo-coloniale, et marquerait la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d’utiliser 14 pays, ex-colonies françaises. Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Les armes utilisées par les « volontaires » ne sont pas seulement celles de l’opération « Protecteur unifié ».

Manlio Dinucci

Edition de vendredi 22 avril 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110422/manip2pg/09/manip2pz/301857/


1-3 Manlio Dinucci : L’art de la guerre.

Que feriez-vous si une banque, à laquelle vous avez confié 100.000 euros pour les faire fructifier, vous communiquait qu’en une année ils se sont réduits à moins de 2.000 euros ? 

C’est ce qui est arrivé à la Libye, d’après une enquête du Wall Street Journal. Après que les USA et l’Ue aient révoqué l’embargo en 2004, affluèrent en Libye des dizaines de banques et sociétés financières étasuniennes et européennes. Parmi lesquelles Goldman Sachs, une des plus grandes banques d’investissement du monde, dont le siège principal est à New York. Dans la première moitié de l’année 2008, l’Autorité libyenne d’investissement lui confia 1 milliard et 300 millions de fonds souverains (capitaux de l’Etat investis à l’étranger). La banque Goldman Sachs les investit dans un panier de valeurs et en actions de six sociétés : l’étasunienne Citigroup Inc., la banque italienne Unicredit et l’espagnole Santander, la compagnie allemande d’assurances Allianz, la compagnie énergétique française Electricité de France et l’italienne Eni. Un an après, Goldman Sachs communiqua à l’Autorité libyenne qu’à cause de la crise financière, le fonds libyen avait perdu 98% de sa valeur, les 1 milliard et 300 millions se réduisant à 25 millions de dollars. Les responsables de l’Autorité  libyenne, furieux, convoquèrent à Tripoli le responsable de Goldman Sachs pour l’Afrique du Nord. La rencontre fut turbulente, si bien que Goldman Sachs évacua précipitamment  ses employés de Tripoli, craignant qu’ils ne fussent arrêtés. Comme la Libye menaçait d’intenter un procès, qui aurait compromis la réputation de la banque aux yeux d’autres investisseurs institutionnels, Goldman Sachs lui offrit en dédommagement des actions privilégiées de la banque elle-même.  Mais les Libyens étant à juste titre soupçonneux, l’accord ne fut pas signé. Restait ainsi ouverte la possibilité, redoutée par Goldman Sachs, que l’Autorité libyenne n’entreprit un procès international. Des cas analogues de « mauvaise administration de l’argent libyen » sont rapportés par une enquête publiée par le New York Times. Par exemple, la société Permal -unité de Legg Mason, une des principales sociétés de gestion d’investissements, dont le siège est à Baltimore- a administré 300 millions de dollars de fonds souverains libyens, qui ont perdu 40% de leur valeur entre janvier 2009 et septembre 2010. En compensation, Permal a perçu 27 millions de dollars pour ses prestations. Même chose pour d’autres banques et sociétés financières, comme la hollandaise Palladyne, la française BNP Paribas, la britannique HSBC et le Crédit Suisse. L’Autorité libyenne menaçait d’entreprendre contre elles des actions judiciaires internationales, qui auraient endommagé l’image de ces « prestigieux » organismes financiers. Le tout s’est résolu de façon heureuse quand, en février dernier, Etats-Unis et Union européenne ont « congelé » les fonds souverains libyens. Leur « surveillance » a été confiée à ces mêmes banques et sociétés financières qui les avaient si bien gérés.

Et, du vol, on est passé à la rapine à main armée quand la guerre a commencé, en mars. A l’abri des chasseurs-bombardiers de l’OTAN, HSBC et d’autres banques d’investissement ont débarqué à Benghazi pour créer une nouvelle  « Central Bank of Libya », qui leur permettra de gérer les fonds souverains libyens « congelés » et les nouveaux qu’ils tireront de l’exportation pétrolifère. Cette fois, sans aucun doute, en obtenant de forts rendements.

Manlio Dinucci

5/7/2011

Edition de mardi 5 juillet 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110705/manip2pg/14/manip2pz/306147/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Commentaire de M-A.Patrizio

Voir aussi à propos du sort du fonds souverain libyen, l'article de T. Meyssan :

http://www.voltairenet.org/a170056 , en  particulier le (dernier) paragraphe :

Le grain de sable

[...]

Bien que le détail exact du montage imaginé par Dominique Strauss-Kahn pour créer cette nouvelle monnaie de réserve adossée aux Droits de tirages spéciaux du FMI soit secret, il apparaît que la Libye y jouait un rôle clé : à titre expérimental, c’est la Banque centrale libyenne qui la première avait décidé de fonder sa monnaie, le dinar, sur l’or et au delà sur les DTS. La chose est d’autant plus importante que la Libye dispose d’un fond souverain parmi les mieux dotés du monde (il est même un peu plus riche que celui de la Russie).

Or, en entrant en guerre contre la Libye, la France et le Royaume-Uni ont provoqué un gel théorique des avoirs non seulement de la famille Kadhafi, mais de l’État libyen. Pis, Paris et Londres ont dépêché des cadres de la banque HSBC à Benghazi pour créer une Banque centrale libyenne rebelle et tenter de s’emparer des avoirs nationaux. Sans que l’on sache si Nicolas Sarkozy et David Cameron se sont laissés emporter par l’ivresse de leur force ou ont agi sur instruction de leurs mandants à Washington, le fragile édifice élaboré par Dominique Strauss-Kahn s’est effondré.

Selon nos contacts à Tripoli, au moment de son arrestation, DSK partait à Berlin pour trouver une solution avec la chancelière Angela Merkel. Il devait ensuite partir avec un émissaire de Mme Merkel négocier avec des représentants du colonel Kadhafi —voire avec lui directement—. La signature du Guide libyen étant indispensable au déblocage de la situation.

On assiste désormais à une guerre financière d’une ampleur jamais égalée : alors que la situation économique des États-Unis vacille et que le dollar pourrait devenir rapidement une monnaie de singe, l’accord conclu au G8 et avalisé au G20, mis en œuvre par le FMI en coordination avec la Banque mondiale et les milieux bancaires internationaux dont DSK était le champion, est suspendu. La domination du dollar est intacte quoique plus que jamais artificielle ; ce dollar que les États émergents voulaient relativiser, mais sur lequel le complexe militaro-industriel israélo-états-unien assoit sa puissance.

Dans ce contexte que vaut l’honneur d’un homme ?"


1-4 Bark Biiga : Libye-OTAN: Autant avouer l'enlisement.  

Trois mois après la solution unilatérale et «chirurgicale» de «démocratisation» de la Lybie par des frappes de l'Otan, on tend vers l'enlisement. Les raids aériens et terrestres n'ont pas réussi à chasser le colonel Mouammar Kadhafi du pouvoir. Plus les semaines passent, plus l'incertitude s'installe quant à l'issue de cette opération de plus en plus mise en doute par l'Union africaine. Mais aussi par la dernière déclaration du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon qui semblait envisager une solution politique négociée. Une marche en arrière qui ressemble fort à un aveu d'échec. Pendant ce temps, les forces de l'Otan se mêlent les pinceaux et multiplient des erreurs qui ne font que les discréditer ainsi que les pays qu'elles représentent. La traque du vieux leader de la grande Jamahiriya se révèle plus difficile à conclure que prévue. Ceux qui pensaient faire de Kadhafi une bouchée se sont plantés. Et cette situation n'est pas faite pour arranger l'image de l'Organisation sur le terrain libyen.
Il est peut-être temps que l'Onu et ses alliés reconnaissent unanimement l'impasse libyenne et épargnent les pauvres populations des bavures qui ne font qu'accroître la souffrance d'un peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer. Mais le hic dans cette affaire, c'est qu'on signe des reconnaissances, à tour de bras, avec la rébellion alors que dans la pratique, le colonel Mouammar Kadhafi est toujours en place. Plus ça va durer, plus la Lybie deviendra une poudrière difficile à gérer. Autant avouer l'enlisement de l'Otan pour sauver ce qui peut encore l'être.
Bark Biiga
22/06/2011

Fasozine/

http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye-otan:-autant-avouer-l%27enlisement-2011062215882.html


1-5 Mario Franssen : Les amis louches de l’Otan

Qui fait partie du Conseil National de Transition?

Le 27 février 2011, à Benghazi, les rebelles fondaient le Conseil national de transition, qu’ils proclamaient « seul représentant de la Libye ». Nous distinguons quatre fractions importantes, dans ce CNT.

Les royalistes : Ce sont les partisans du roi Idris Senoussi. Leur siège se trouve à Riyad, en Arabie saoudite. En 1951, Idris a pris le pouvoir avec l’aide des Britanniques et il a régné en Libye jusqu’en 1969. Son pouvoir reposait sur quelques clans de l’est de la Libye. En 1969, Idris était chassé du pouvoir par Kadhafi. Le rapport des experts français (Libye : un avenir incertain) affirme que ce groupe ne peut être soupçonné du moindre réflexe démocratique : il veut tout simplement remettre la maison royale au pouvoir.

Les transfuges : Jusqu’il y a peu, ils faisaient partie du gouvernement libyen ou de l’appareil militaire. Sur base de leur expérience, ils jouent aujourd’hui un rôle important dans la direction du CNT. Il s’agit entre autres de l’ancien ministre de la Justice, Mustapha Abdujalil Al-Bayda (président du CNT), de l’ancien ambassadeur en Inde, Al-Essaoui (responsable des relations extérieures du CNT) et d’Omar al-Hariri (responsable des affaires militaires du CNT). Ce dernier a commis le coup d’État de 1969 en compagnie de Kadhafi mais, déjà en 1975, il tentait vainement un coup d’État destiné à renverser ce dernier.

Les mafieux : L’Est de la Libye est depuis longtemps une sorte de port franc sur lequel les autorités n’exercent que peu de contrôle. Ces quinze dernières années, la mafia locale y a organisé un trafic d’humains de l’Afrique vers l’Europe. Les rentrées de ce commerce s’élevaient à des milliards de dollars. Avec l’accord conclu l’an dernier entre l’Italie et la Libye à propos des réfugiés et l’arrestation de plusieurs chefs de la mafia, ce commerce a été mis à l’arrêt. D’après le rapport français déjà cité, ces bandes mafieuses sont responsables des agressions et assassinats racistes contre des Libyens noirs et des Africains à Benghazi.

Les fondamentalistes musulmans : Enfin, il y a les islamistes radicaux. Depuis les années 90, ils sont actifs en tant que Groupe islamique combattant libyen, ou GICL. Depuis 2007, ils font partie d’al-Qaïda. L’Est de la Libye est renseigné aux États-Unis comme le principal fournisseur des djihadistes qui, en Irak, sont allés combattre contre les occupants américains.

Les experts français disent encore que les forces démocratiques ne constituent qu’une petite minorité, au sein du CNT. Human Rights Watch accuse les rebelles libyens d’avoir déjà arrêté des dizaines de citoyens tout simplement parce qu’ils étaient favorables à Kadhafi. L’une des personnes arrêtées, Mohamed El-Dabr, a été torturée à mort. Les prisonniers ne peuvent s’adresser à aucun avocat et ils n’ont pas encore pu voir le moindre juge.

Le 17 juin, le Ministre des Affaires Etrangères, Vanackere, a fait savoir au parlement qu'il avait invité quelques représentants du Conseil national de transition à Bruxelles. On serait bien curieux de savoir qui, parmi ce petit club du CNT, peux venir séduire ministre Vanackere. 

Mario Franssen

29 juin 2011

http://www.nato.int -     


1-6 François Brousseau : Le Waterloo de l’OTAN?

L'OTAN survivra-t-elle à l'Afghanistan et à la Libye?

Sortie annoncée d'Afghanistan, très dure campagne en Libye, épuisement des ressources, désaccords entre alliés : les temps sont difficiles pour l'alliance militaire occidentale, qui s'interroge avec angoisse sur elle-même et sur son avenir. 
À la mi-juin, Robert Gates, secrétaire sortant à la Défense des États-Unis, se sentant, peut-être, déjà libéré du devoir de réserve car il prend sa retraite à la fin juin, y allait d'un diagnostic très, très dur sur l'état de l'Alliance. Il a parlé d'un avenir funeste pour l'organisation, si elle ne se ressaisit pas rapidement, si une campagne comme celle menée en Libye ne donne aucun résultat positif, et si les Européens continuent de refuser de payer leur part. Actuellement, l'Europe ne défraie que 25 % des coûts de l'OTAN, contre 75 % pour les États-Unis. Il y a 20 ans, c'était moitié-moitié.
Désarroi et zizanie

En Libye, plus de trois mois après une initiative qui devait faire tomber rapidement le dictateur, l'aveu de bavures mortelles contre des civils, ceux-là mêmes que l'opération est censée protéger sème désarroi et zizanie. Et si nous nous trompions dans toute cette affaire, se demande par exemple le gouvernement italien, qui a réclamé, avant de se dédire, une suspension des activités dans le ciel de Libye. Même si d'autres, comme les Français, continuent de croire que Mouammar Kadhafi va bien finir par tomber et qu'il faut donc maintenir la pression.
Pour l'OTAN et les États-Unis, l'Afghanistan est une affaire qui dure depuis presque une décennie, une expérience peu concluante de « nation-building ». Barack Obama a annoncé le 23 juin un début de retrait d'Afghanistan, en admettant que les États-Unis « ne laisseraient pas derrière eux un pays parfait »... une belle litote!
Mais la Libye représente potentiellement un autre type d'échec. L'Afghanistan ronge l'OTAN sur le long terme, avec des objectifs officiels qui sont modifiés, révisés à la baisse, au fil des années, et avec des opinions publiques qui décrochent graduellement. Tandis que l'expédition libyenne, elle, fait mal dans l'immédiat. Elle représente peut-être pour l'OTAN... la goutte qui fait déborder le vase.
Voici la plus grande alliance militaire de tous les temps, pour reprendre les mots de Robert Gates, qui annonce une campagne éclair, limitée dans le temps, ultraciblée et foudroyante, censée en finir avec Kadhafi en deux temps, trois mouvements... mais qui, après plus de trois mois, s'avère incapable de vaincre, dans un pays de 6 millions d'habitants, doté d'une armée plutôt rudimentaire... 
L'humiliation!
Bientôt à court de munitions
Et maintenant, on chuchote que les Européens en Libye seraient même à la veille... d'une rupture de stock!

Des entrepôts vides... Des munitions bientôt manquantes pour les avions Rafale et Super-Étendard des Français... Des effectifs au sol en nombre insuffisant pour guider les sorties des avions... Un porte-avions, le George-Clemenceau - c'est le seul vaisseau européen de ce type actuellement disponible - qui serait à la limite de ses capacités, avec un urgent besoin d'entretien. On peut allonger cette liste, qui renvoie l'image d'une alliance occidentale à bout de souffle.
Pas étonnant que dans ces conditions, les Italiens disent maintenant : « arrêtons, suspendons les activités militaires en Libye, tenons-nous-en à l'humanitaire et favorisons une solution politique ». Franco Frattini, le ministre des Affaires étrangères, un des rares personnages sérieux du gouvernement Berlusconi, a causé un petit scandale en disant qu'après les bavures des 18 et 19 juin à Tripoli (une quinzaine de civils tués par l'OTAN), la campagne militaire occidentale a perdu de sa crédibilité. 
Sans compter la question de l'argent... Dans son « discours-testament » de Bruxelles, Robert Gates a parlé très fort de ce problème, en demandant aux Européens : « Voulez-vous, oui ou non, payer pour votre défense? Parce que les Américains, eux, le peuvent de moins en moins! » Et Gates a enfoncé le clou : notre situation, dit-il, devient in-te-na-ble.
Le problème, c'est qu'en Europe aussi, les budgets sont complètement étirés, l'élastique est au maximum... Il n'y a plus d'argent, et le climat n'est absolument pas propice à un doublement des dépenses de défense, un doublement qui, selon les États-Unis, serait nécessaire en Europe.
Autrement dit, le bon vieil impérialisme occidental a du plomb dans l'aile. Il n'a peut-être plus les moyens de ses ambitions.

La projection pessimiste de Robert Gates, c'est que, après l'Afghanistan et la Libye, l'OTAN n'a peut-être tout simplement plus sa raison d'être.

François Brousseau,

Radio-Canada,

24 juin 2011

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2011/06/24/133001.shtml?auteur=2096


1-7 Capitaine Martin : Les ennuis libyens…

Coût de la guerre en Libye

La guerre en Libye est en train de devenir un problème.

Ce n’est pas la guerre-éclair que beaucoup attendaient. A presque quatre mois du début du soulèvement de la « coalition des volontaires », la situation sur le champ de bataille ne connaît pas de changements notables. Bien au contraire, les pays qui promouvaient l’intervention et les résolutions de l’ONU qui lui font lieu de paravent connaissent une agitation symptomatique.

En France, l'amiral Pierre-François Forissier, chef d'état-major de la marine nationale, a exprimé le 10 juin devant l'AJD (Association des journalistes de défense) de sérieuses préoccupations sur l'effet des opérations libyennes sur les ressources techniques et humaines de la marine de guerre. Tout en affirmant que les forces navales ne se trouvent pas en "surchauffe", il ajoutait aussitôt : « Nous consommons de façon intensive un potentiel qui aurait dû être consommé de façon régulière tout au long de l'année ». Les navires militaires français sont prévus pour naviguer une centaine de jours par an. Les ressources humaines de la marine sont calculées à l'aune de ces potentiels. Au-delà, les navires sont difficilement maintenus en condition, les personnels souffrent de "trous" dans leurs formations et leur entraînement, et des tensions apparaissent dans les familles.

En Italie, le ministre de l’intérieur Roberto Maroni a invité son gouvernement à  « ne plus gaspiller de l’argent en jetant des bombes ».  En Grande-Bretagne, l’armée de sa Majesté entrevoit la possibilité de ne pas poursuivre trop longtemps la mission à cause des coupes sombres faites à la défense.  Les États-Unis ne sont pas en reste et le conflit libyen y provoque une certaine agitation. Le président américain a été accusé par le Congrès d’avoir violé la loi parce qu’avant de donner le top à l’intervention en république libyenne, il aurait dû avoir l’approbation du Parlement (loi sur les pouvoir de guerre de 1973).  Un groupe de députés a même formellement dénoncé Obama à un tribunal fédéral de Washington pour violation des normes constitutionnelles.

Pour le moment, les opérations militaires en Libye ont coûté aux  Etats-Unis la bagatelle de 716 millions de dollars, et devraient atteindre le somme d’1,1 milliard de dollars fin septembre, selon les estimations de la Maison blanche elle-même.

La France n’aurait quant à elle déboursé que 160 millions d'euros. C'est du moins ce qu'a déclaré la ministre du Budget, Valérie Pécresse, dans un entretien au Journal du dimanche (JDD).

Le 12 juillet, le Parlement français devra voter la prolongation ou non de l’intervention française en Libye. L’article 35 de la Constitution prévoit en effet que « lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement ». Le débat pourrait être difficile [euh... cf http://www.parti-socialiste.fr/communiques/position-du-bureau-national-du-parti-socialiste-sur-la-prolongation-de-l-intervention-mi - RM]. Se profile alors, en cas de difficultés persistantes sur le terrain militaire, le spectre de la partition de la Libye, le but étant de permettre à la rébellion la maîtrise des zones gazières et pétrolifères, c’est-à-dire essentiellement l’est et une partie du sud du pays. Les véritables objectifs de cette guerre apparaissent ainsi aux yeux de tous. Loin de la geste humanitaire du duo Sarkozy-BHL…

La domination sur la terre et ses richesses, le maintien des privilèges des multinationales, le maintien des tyrans aux ordres et le combat contre ceux qui résistent à l’Empire, ont un coût que les peuples vont une fois de plus devoir supporter. Et quels profits en tireront-ils ? Nous connaissons malheureusement la réponse.

Capitaine Martin.

Resistance.fr
Dimanche 10 juillet 2011

http://www.resistance-politique.fr/article-les-ennuis-libyens-79081960.html


 

n° 92 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 28-07 - Suite - : La rapine du siècle : l'assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


n° 92 -  Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 28-07 - Suite - : La rapine du siècle : l'assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 92 - 28-07

C.De Broeder & M.Lemaire

 



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Sommaire.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Déclaration sur la Libye

3 Témoignage
3-1Thierry Meyssan : Le massacre de Sorman.

3-2 Entretien avec Russia Today : Thierry Meyssan : « La recolonisation a commencé - Les députés français votent la guerre ».

3-3 L’avocat Marcel Ceccaldi demande une enquête de la CPI sur les "crimes de guerre" de l'OTAN.

3-4 TERRA-Quotidien : Morts en Méditerranée. :



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

pour info - nbLa publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Résolutions 1970 et 1973  :

2-1 Déclaration sur la Libye

à l'issue du déjeuner de travail des ministres de la Défense des pays de l’OTAN avec les pays non OTAN contribuant à l’opération Unified Protector

 

Aujourd'hui, nous, ministres de la Défense des pays de l'Alliance et des pays partenaires de l'opération Unified Protector dirigée par l'OTAN, nous sommes réunis ce jour afin de faire le point sur la situation en Libye et de réaffirmer notre détermination à appuyer la mise en application des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU. Ces résolutions donnent clairement pour mandat de protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque, et de faire respecter la zone d'exclusion aérienne ainsi que l'embargo sur les armes.

Notre opération vient à l'appui des objectifs de la communauté internationale, définis par le Groupe de contact sur la Libye, qui sont de parvenir à un règlement rapide de la crise, de mettre fin à la violence et de permettre au peuple libyen de déterminer librement son propre avenir. Notre opération continue de recevoir le ferme soutien des pays de la région et de bénéficier de contributions d'une valeur inestimable de la part des pays partenaires non membres de l'OTAN.

Nous nous acquittons de notre mandat. Nous avons accompli des progrès importants et réguliers, et sauvé ainsi un nombre incalculable de vies humaines.  En maintenant une cadence opérationnelle élevée et en procédant à des frappes de précision contre des cibles militaires légitimes, nous avons sérieusement mis à mal la capacité du régime de Kadhafi d'attaquer des civils et relâché l'étau dans lequel se trouvait la population civile dans des zones comme Misrata.   Nos opérations sont menées avec le plus grand soin afin d'éviter de faire des victimes civiles.

Nous condamnons les attaques répétées du régime libyen contre sa propre population, de même que son refus d'accéder aux demandes de la communauté internationale contenues dans les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU.  Nous avons intensifié notre action, notamment en déployant des avions et hélicoptères d'attaque supplémentaires, et sommes déterminés à poursuivre notre opération afin de protéger le peuple libyen aussi longtemps que nécessaire. Nous avons donc prolongé l'opération Unified Protector pour une période supplémentaire de 90 jours à compter du 27 juin. Nous sommes résolus à mettre en oeuvre les moyens nécessaires ainsi qu'à faire preuve d'une souplesse opérationnelle maximale dans les limites de notre mandat pour soutenir durablement ces efforts, et nous saluons les contributions additionnelles à notre action commune.  Nous réaffirmons avec force les objectifs formulés par nos ministres des Affaires étrangères à Berlin le 14 avril, aux termes desquels le régime libyen doit cesser les attaques contre des civils, faire rentrer toutes ses forces dans leurs bases, de façon vérifiable, et permettre un accès immédiat, sans restriction, en toute sécurité et sans entrave à l'aide humanitaire. 

Nous avons un mandat clair de l’ONU ainsi que les moyens et la détermination pour le mener à bien. Nous sommes sûrs qu'une combinaison appropriée de pressions militaires, politiques et économiques aidera à mettre fin aux attaques perpétrées contre des civils et créera les conditions qui permettront au peuple libyen de déterminer son propre avenir. Nous saluons les efforts entrepris par l’Organisation des Nations Unies au travers de l'envoyé spécial du secrétaire général de cette organisation, par le Groupe de contact ainsi que par les organisations régionales compétentes et d'autres acteurs en vue de parvenir à une solution politique crédible et durable.  Nous attendons avec intérêt les résultats de la réunion que le Groupe de contact tiendra demain à Abou-Dhabi pour soutenir les efforts déployés plus largement par la communauté internationale en vue de mettre fin à la crise.

Nous continuerons d’agir en coordination avec des organisations clés, dont l’ONU, l'Union européenne, la Ligue des États arabes et l'Union africaine, et d’avoir des consultations avec d’autres, comme l'Organisation de la Conférence islamique, et nous encourageons ces organisations pour ce qui est de leurs efforts dans la période immédiate d’après-conflit et à plus long terme. Une fois que les objectifs fixés à Berlin auront été atteints, l'Alliance se tient prête à jouer un rôle, sur demande et selon les besoins, et à apporter son soutien aux initiatives postérieures au conflit qui devraient être menées par l’ONU et par le Groupe de contact sur la Libye.

Le temps joue contre Mouammar Kadhafi, qui a clairement perdu toute légitimité et doit donc quitter le pouvoir. Il n'y a pas d'avenir pour un régime qui menace et attaque systématiquement sa propre population. Le peuple libyen mérite de pouvoir décider de son propre avenir dans une Libye souveraine, indépendante et unie.



3 Témoignage
3-1Thierry Meyssan : Le massacre de Sorman.

Pour une fois, Thierry Meyssan ne nous livre pas une analyse froide des évolutions géopolitiques.

 Il relate les faits dont il est témoin : l’histoire de son ami l’ingénieur Khaled K. Al-Hamedi.

Une histoire faite d’horreur et de sang où l’OTAN incarne le retour de la barbarie.

C’était une fête de famille à la libyenne. Tous étaient venus célébrer le troisième anniversaire du petit Al-Khweldy. Les grands parents, les frères et sœurs, les cousins et cousines se pressaient dans la propriété familiale de Sorman, à 70 kilomètres à l’ouest de la capitale : un vaste parc dans lequel ont été construites les petites villas des uns et des autres, de sobres maisons de plain-pied.

Aucun luxe tapageur, mais la simplicité des gens du désert. Une ambiance paisible et unie. Le grand-père, le maréchal Al-Khweldy Al-Hamedi, y élevait des oiseaux —C’est un héros de la Révolution qui a participé au renversement de la monarchie et à la libération du pays de l’exploitation coloniale. Tous sont fiers de lui—. Le fils, Khaled Al-Hamedi, président de l’IOPCR, une des plus importantes associations humanitaires arabes, y élevait des biches. Une trentaine d’enfants couraient en tous sens au milieu des animaux.

On préparait aussi le mariage de son frère Mohammed, parti sur le front combattre les mercenaires étrangers encadrés par l’OTAN. La cérémonie devait avoir lieu ici aussi dans quelques jours. Sa fiancée était déjà radieuse.

Personne n’avait remarqué que, parmi les invités un espion s’était infiltré. Il faisait mine d’envoyer des twitters à ses amis. En réalité, il venait de déposer des balises et il les reliait par le réseau social au QG de l’OTAN.

Le lendemain, dans la nuit du 19 au 20 juin 2011, vers 2h30 du matin, Khaled rentre chez lui après avoir visité et secouru des compatriotes qui fuient les bombardements de l’Alliance. Il est assez proche de sa maison pour entendre le sifflement des missiles et leurs explosions.

L’OTAN en tire huit, de 900 kilos chacun. L’espion avait placé les balises dans les différentes villas. Dans les chambres à coucher des enfants. Les missiles sont tombés à quelques secondes d’intervalles. Les grands parents ont eu le temps de sortir de leur maison avant qu’elle ne soit détruite. Il était déjà trop tard pour sauver enfants et petits-enfants. Lorsque le dernier missile a frappé leur villa, le maréchal a eu le réflexe de protéger son épouse de son corps. Ils venaient de franchir la porte et ont été projetés par le souffle de l’explosion une quinzaine de mètres plus loin. Ils ont survécu.

Quand Khaled arrive, ce n’est que désolation. Sa femme, qu’il avait tant aimée, et l’enfant qu’elle portait ont disparus. Ses enfants pour lesquels il aurait tout donné, ont été broyés par les explosions et l’effondrement des plafonds.

Les villas ne sont que ruines. Douze corps déchiquetés gisent sous les décombres. Des biches touchées par les éclats agonisent dans leur enclos.

Les voisins qui ont accouru cherchent en silence des preuves de vie dans les gravois. Mais il n’y a aucun espoir. Les enfants n’avaient aucune chance d’échapper aux missiles. On extrait le cadavre décapité d’un bébé. Le grand-père récite des versets du Coran. Sa voix est ferme. Il ne pleure pas, la douleur est trop forte.

À Bruxelles, les porte-parole de l’OTAN ont déclaré avoir bombardé le siège d’une milice pro-Kadhafi afin de protéger la population civile du tyran qui la réprime.

Nul ne sait comment la chose avait été planifiée par le Comité des cibles, ni comment l’état-major a suivi le déroulement de l’opération. L’Alliance atlantique, ses généraux tirés à quatre épingles et ses diplomates bien pensants, ont décidé d’assassiner les enfants des familles des leaders libyens pour casser leur résistance psychologique. 

Depuis le XIIIe siècle, les théologiens et les juristes européens prohibent l’assassinat des familles. C’est un des fondements même de la civilisation chrétienne. Il n’y a guère que la mafia pour passer outre ce tabou absolu. La mafia, et maintenant l’OTAN. 

Le 1er juillet, alors qu’1,7 million de personnes manifestaient à Tripoli pour défendre leur pays contre l’agression étrangère, Khaled est allé sur le front apporter du secours aux réfugiés et aux blessés.

Des snipers l’y attendaient. Ils ont tenté de l’abattre. Il a été gravement touché, mais selon les médecins

L’OTAN na pas fini sa sale besogne.

Thierry Meyssan

2 juillet 2011

http://www.voltairenet.org/Le-massacre-de-Sorman


3-2 Entretien avec Russia Today : Thierry Meyssan : « La recolonisation a commencé - Les députés français votent la guerre ».

Dans un entretien à Russia Today, Thierry Meyssan expose le plan des Etats-Unis pour étendre à l’Afrique le remodelage en cours au Proche-Orient. Il examine le rôle de la France dans ce projet et le retour de son démon colonial. (sous-titré en français) :

 http://www.voltairenet.org/Thierry-Meyssan-La-recolonisation 

Les députés français votent la guerre

Invités à exercer leur contrôle démocratique sur la guerre de Libye, les députés français ont validé un discours consensuel de bons sentiments, sans jamais questionner la réalité des faits qui leur étaient présentés. Ignorants des procédures internationales en cours contre la France, ils ont validé des crimes de guerre. Oubliant la langue de bois humanitaire, les orateurs de la majorité présidentielle ont dévoilé leurs intentions coloniales : ils ont évoqué les opportunités économiques offertes par la guerre et se sont félicités de la conquête de la Cyrénaïque.

Un demi-siécle après la fin de la guerre d’Algérie, le discours colonial revient à l’Assemblée nationale.

L’Assemblée nationale française a débattu, le 12 juillet 2011, de la poursuite de l’intervention militaire en Libye [1]. Il s’agissait là de l’application d’une nouvelle disposition constitutionnelle prévoyant un vote du parlement à l’issue de trois mois d’opérations extérieures.

Les Députés se sont félicités, à juste titre, d’être ainsi co-decisionnaires de l’engagement des forces armées. Cependant, si cette réforme voulue par Nicolas Sarkozy marque une nette avancée démocratique, on est encore loin du compte. D’abord parce que ce vote n’intervient qu’à l’issue de trois mois de guerre ; et ensuite parce que les parlementaires n’ont pas su ou pas pu le préparer. Ils ne disposaient à l’évidence d’aucune réflexion approfondie sur les implications en droit international (des milliers de plaintes de ressortissants libyens sont en cours de dépôt devant les juridictions nationales européennes et internationales), d’aucune information sur les événements ayant précédés cette guerre (planification par Washington dès 2002, tentative de putsch organisée par Paris en 2010, protocoles secrets du Traité de Lancaster House du 2 novembre 2010…), ni d’une évaluation contradictoire des crimes imputés au gouvernement libyen et aux rebelles (chaque jour on découvre que des crimes imputés au gouvernement de Tripoli n’ont pas existé, tandis que l’on a ignoré des crimes commis par les rebelles), ni même d’une vision claire des opérations militaires en cours (rôle d’Al Qaida et de Blackwater, choix des cibles de bombardement, déploiement du COS au sol, livraisons d’armes, état réel des combats…).

Dans ces conditions, l’Assemblée ne savait pas de quoi débattre et n’a joué que le rôle d’une chambre d’enregistrement. Même la contribution du Groupe communiste et apparentés qui a voté « non » s’est trouvée réduite à un exposé de principes sans argumentation serrée. Quand aux députés non inscrits, ou aux députés dissidents des groupes parlementaires, ils n’ont pas eu droit à la parole alors même que certains d’entre eux étaient les mieux informés de l’Assemblée.

Hypocrisie collective ou incompétence ?

Sur le fond, les députés devaient se prononcer sur la continuation des opérations militaires dont ils n’ont à aucun moment questionné le but et la légitimité. Pourtant, la résolution 1973 du Conseil de sécurité donnait un mandat à la Coalition des volontaires sans rapport avec ce qu’elle a entrepris.

Il s’agissait exclusivement de protéger les civils de tous bords en instituant une zone d’exclusion aérienne. Or, cette zone n’a jamais été mise en œuvre puisque l’aéroport de Benghazi fonctionne. Surtout l’OTAN n’a jamais cherché à protéger les civils puisqu’au contraire, elle a couvert les crimes de guerre d’Al-Qaida en Cyrénaïque.

À la place, l’OTAN a détruit l’essentiel des capacités militaires de la Libye et des infrastructures non-pétrolières (ces dernières sont intactes en vue du pillage à venir). Elle a mené une politique d’assassinat ciblé contre les familles des dirigeants libyens et a lancé une traque contre la personne de Mouammar Kadhafi. En outre l’OTAN a violé l’embargo sur les armes à destination du pays et a institué un blocus maritime illégal pour affamer la Tripolitaine.

 

Comme l’ont répété les différents orateurs, à commencer par le Premier ministre, la résolution 1973 est la première application du principe de « responsabilité de protéger » adopté par les Nations Unies lors du sommet mondial de septembre 2005. Or, ce concept exclut toute intervention qui aurait comme objectif un « changement de régime ».

Les parlementaires ont donc en réalité été invités à avaliser l’agression de l’OTAN en violation de la résolution 1973. 482 sur 516 ont allégrement trempé leurs mains dans le sang des Libyens, souvent sans comprendre qu’on leur demandait en fait de couvrir le président Sarkozy.

En effet, la France, comme les autres États de la Coalition signataires du Traité de Rome aura bientôt à répondre de ses agissements. Presque toutes les actions entreprises par l’OTAN en Libye sont des crimes en droit international. Y compris le bombardement des sites de l’armée libyenne qui ressort d’une guerre de conquête et contrevient à la résolution 1973 ainsi que l’ont observé de nombreux responsables politiques dans le monde à commencer par Vladimir Poutine et Hugo Chavez.

Seuls les députés communistes et quelques socialistes mobilisés par l’ancien président de l’Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, se sont opposés au crime.

Aveux

Il s’ensuit que les orateurs de la majorité présidentielle ont commis des imprudences qui pourront être lourdes de conséquences devant la Cour pénale internationale en laissant transparaître le mobile véritable de leur enthousiasme.

Ainsi, Philippe Folliot (président du groupe Nouveau Centre) a invité le gouvernement à défendre dès à présent les intérêts des entreprises françaises pour obtenir des contrats de reconstruction avec les autorités qui auront été mises en place à l’issue de la guerre.

La palme de la balourderie revient à Christian Jacob (président du groupe UMP) qui s’est félicité bruyamment de voir le drapeau français flotter sur Benghazi. Une formulation sans équivoque par laquelle il admet que l’opération Harmattan est une guerre de conquête.

Thierry Meyssan
[1] « Débat et vote de l’Assemblée nationale française sur l’intervention des forces armées en Libye » (Texte intégral), Réseau Voltaire, 12 juillet 2011.

Russia Today:

Réseau Voltaire |

 14 juillet 2011
http://www.voltairenet.org/Les-deputes-francais-votent-la

http://www.voltairenet.org/Thierry-Meyssan-La-recolonisation

http://www.voltairenet.org/article170803.html


3-3 L’avocat Marcel Ceccaldi demande une enquête de la CPI sur les "crimes de guerre" de l'OTAN.

L'avocat français, Marcel Ceccaldi, a annoncé lundi 4 juillet avoir adressé au nom du régime de Mouammar Kadhafi une lettre au procureur de la Cour pénale internationale pour contester ses investigations et lui demander d'engager une enquête pour "crimes de guerre" contre l'OTAN.

L'enquête du procureur Luis Moreno-Ocampo – qui a débouché sur la délivrance par la CPI le 27 juin d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre Mouammar Kadhafi, son fils Saïf Al-Islam et le chef du renseignement libyen Abdallah Al-Senoussi –, "n'a pas été effectuée dans les règles internationalement admises", a dénoncé l'avocat lors d'une conférence de presse.

"On ne sait pas comment [M. Moreno-Ocampo] a procédé, on ne sait pas qui est allé sur place, quand, comment les gens ont vu ces victimes ou prétendues victimes", a poursuivi Me Ceccaldi, qui précise avoir été mandaté à la fin de juin par le ministre de la justice Mohamed Al-Gamoudi pour représenter les intérêts de la Jamahiriya arabe libyenne.

"BOMBARDEMENTS DE CIVILS"

Il a, par ailleurs, estimé que la résolution 1973 était "détournée de son objet" et a demandé au procureur d'engager une enquête sur les bombardements menés par l'OTAN en Libye, les qualifiant de "crimes de guerre".

"L'OTAN bombarde à la fois ce qui était à l'origine des positions militaires et maintenant des objectifs qui sont des objectifs civils", a-t-il accusé, reprenant des informations véhiculées par les médias d'Etat libyens. D'après la télévision d'Etat libyenne, des raids de l'OTAN ont visé, lundi à l'aube, le port de Zouara et des points de contrôle "civils" dans cette ville située à 120 kilomètres à l'ouest de Tripoli.

"Ces faits-là sont définis par le statut de Rome [traité fondateur de la CPI], ce sont des crimes de guerre dès lors que des bombardements sont effectués sur des objectifs où se trouvent des populations civiles", a-t-il insisté. "Vous serez tenu d'accueillir les plaintes des victimes", a-t-il lancé à l'adresse du procureur.

"Si M. Moreno n'engage pas une enquête sur ce point, cela signifiera que la CPI est une justice à double standard (...), que cette juridiction n'est ni équitable, ni indépendante, ni impartiale", a ajouté Me Ceccaldi qui a notamment été l'avocat de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

LEMONDE.FR avec

AFP |

04.07.11


Opération Unified Protector

3-4 TERRA-Quotidien : Morts en Méditerranée. :

Plainte du Gisti contre l’OTAN, l’UE et les pays de la coalition en Libye.

Le Gisti va déposer plainte contre l’OTAN, l’Union européenne et les pays de la coalition en opération en Libye.
Face aux centaines de naufrages mortels en Méditerranée, peut-on se contenter de dénoncer le silence assourdissant dans lequel des vies disparaissent à nos portes ? Doit-on se résoudre à l’impuissance devant des politiques migratoires auxquelles on ne pourrait rien changer ? Ces noyé·e·s ne sont pas les victimes de catastrophes naturelles, mais de décisions politiques mises en œuvre par des exécutants dont les responsabilités doivent être pointées. Devant ces atteintes au droit le plus fondamental – le droit à la vie – il faut que des procédures soient engagées et que justice soit rendue. Il faut mettre fin à cette hécatombe.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dénombré à la fin de mai quelque 1 500 victimes de noyade parmi les boat people qui, depuis février dernier, s’efforcent de gagner l’Europe à partir des côtes du Maghreb et du Machrek.
Ces drames ne font que s’ajouter à tous ceux qui se déroulent, dans l’indifférence, depuis plus de vingt ans ; Fortress  Europe enregistre 17 317 décès documentés depuis 1988. Mais combien d’autres victimes invisibles de la politique européenne de lutte contre l’immigration qu’elle appelle illégale ?
De ces naufrages, des épaves transformées en cercueils flottants d’hommes, de femmes et d’enfants morts d’épuisement, de faim et de soif après de longues dérives en mer, l’opinion a pris l’habitude. Elle a pu croire à leur caractère inéluctable. Elle a pu ignorer que les équipements anti-migratoires de l’agence européenne Frontex étaient forcément les témoins de nombre de ces drames, en Méditerranée comme ailleurs…
Mais la donne a changé depuis qu’une coalition internationale et les forces de l’OTAN interviennent en Libye. Aujourd’hui, awacs, drones, avions, hélicoptères, radars et bâtiments de guerre surveillent tout ce qui bouge en Méditerranée. Ils ne peuvent pas ne pas voir les bateaux des exilés originaires d’Afrique subsaharienne qui cherchent à fuir la Libye. Ils ne peuvent pas ne pas voir lorsque, de Tunisie, du Maroc ou d’Algérie, des jeunes sans espoir s’entassent dans une embarcation fragile pour gagner l’Italie ou l’Espagne.
En n’intervenant pas, ils se rendent coupables de non-assistance à personne en danger. Ceci ne peut rester impuni.
Les États puissants de la planète se sont mobilisés militairement pour, disent-ils, empêcher le massacre de populations civiles et mettre en œuvre « la responsabilité de protéger » dont l’ONU est garante. Mais la responsabilité de protéger ne passe-t-elle pas aussi par le respect du droit maritime, des conventions internationales en matière de sauvetage en mer et des textes sur la protection des réfugiés ?
Nous ne pouvons plus contempler les images de corps ramenés à terre après des naufrages, ou apprendre par des survivants combien de personnes étaient à bord d’un bateau disparu en mer. Nous voulons savoir qui sont les responsables de ces morts : l’Union européenne ?l’agence Frontex ? l’OTAN ? les États de la coalition formée en Libye ?
 C’est pourquoi le Gisti s’apprête à lancer - avec ceux qui voudront s’associer à cette démarche - une campagne de plaintes, sur la base d’éléments recueillis auprès de victimes et de témoins de ces drames. À l’heure des révolutions arabes, les États européens ne peuvent plus continuer à considérer les boat people comme des vies sans valeur. La Méditerranée doit cesser d’être le champ de bataille de la guerre aux migrants pour redevenir un espace de droits et de solidarités.
 9 juin 2011
http://www.gisti.org/spip.php?article2304


n° 92 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 28-07 - Fin- : La rapine du siècle : l'assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


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Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 92 - 28-07

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Sommaire.

4 Annexe

4-1 A propos du "Printemps arabe"...


4 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 MONDE ARABO-MUSULMAN - à propos du "Printemps arabe"...

Entretien avec Pierre Piccinin

Propos recueillis par Lina Tayeb Kennouche

Al-Balad, 9 juillet 2011

Comment expliquez-vous le contraste entre les révolutions égyptienne et tunisienne, et la situation en Lybie, où dès le départ les aspirations révolutionnaires ont été détournées par des groupes armés qui ont pour seul objectif de s’arroger la place de Kadhafi ?   

Plusieurs erreurs ont été commises par la grande majorité des analystes dans l’approche de ces révoltes qui secouent le monde arabe depuis le début de l’année. Et le résultat en a été cette expression de « Printemps arabe », qui résume elle seule la distorsion qui existe entre ce que l’on peut trouver sous La plume même des observateurs les plus avertis (je pense, par exemple, à ce que l’on a pu lire –et récemment encore- dans le Monde diplomatique) et la réalité du terrain ou, plus justement « des » terrains…

Au tout début des événements, je me suis emballé également. C’est humain. Ce qui semblait se passer était impressionnant : l’émergence d’une société civile forte dans la plupart des pays arabes ; l’idée que cette société civile, dont on ne soupçonnait pas jusqu’alors l’existence, s’affirmait soudainement partout ou presque, à la grande surprise de tous les observateurs, et qu’elle allait complètement transformer la donne en Afrique du nord et au Moyen-Orient ;une série de révolutions, en cascade… Et je me suis pris à rêver : à plus ou moins court terme, cette vaste région du monde aurait un tout autre visage, politiquement et socialement. Elle saurait certainement alors générer en son sein des mécanismes de collaboration qui lui permettrait un essor économique, lequel passerait par une maîtrise pleine et entière de ses innombrables richesses. Dès lors, l’Union européenne aurait pu –aurait dû !-

reconnaître en ces pays des partenaires de choix, géographiquement très proches, et, logiquement –pourquoi pas ?-, s’ouvrir à ces peuples, accomplissant ainsi le vieux rêve de réunir les deux rives du grand lac Méditerranée, libérées de l’influence, souvent néfaste –et pour l’Europe aussi-, qui nous vient d’outre-Atlantique.

Au-delà et plus encore, ces mouvements, qui paraissaient principalement s’organiser autour de composantes à teneur sociale-démocrate forte, laissaient espérer un renouveau pour l’Europe sociale et politique : par leur engagement, par leur volonté de changer les choses concrètement, par leur soiffe de justice sociale et leur croyance en un avenir plus équitable, toutes ces jeunesses arabes pouvaient devenir un modèle pour les jeunesses européennes. Elles pouvaient leur redonner le courage et la foi nécessaires pour mener les combats sociaux qui s’imposent aujourd’hui, dans une Europe dont les dirigeants politiques et économiques ont saboté les objectifs originels, à savoir l’unité politique et la sécurité sociale pour tous les citoyens, et imposent au contraire, de plus en plus radicalement, le chemin d’un libéralisme économique funeste.

Mais, très rapidement, j’ai compris ce qui se passait en réalité et je me suis immédiatement désillusionné…

Ces erreurs qu’il ne fallait pas commettre dans l’analyse des révoltes arabes, j’en dénombrerais quatre, pour l’essentiel.

Tout d’abord, il est important de conserver la distance scientifique par rapport à l’objet étudié. Cela paraît évident, mais la plupart des commentateurs se sont laissés aller à cet emballement que j’évoquais et certains ne s’en sont toujours pas départis. Pire, en dépit de toutes les évidences qui s’imposent à présent, ils continuent à soutenir leur thèse de départ et refusent, consciemment ou non, de se dédire.

Deuxièmement, le piège était de considérer le monde arabe (voire arabo-musulman, si l’on inclut dans ce « Printemps arabe » les troubles qui ont ressurgi en Iran, soubresauts de la fameuse « révolution verte » de juin 2009) comme un ensemble cohérent ayant des structures politique et socio-économique uniques.

Alors que, en réalité, les États arabes sont tous très différents et ne fonctionnent absolument pas de la même manière : la Libye n’est pas la Tunisie ; la Syrie n’est pas le Bahreïn. Même dans le cas de situations qui paraissent très similaires, il existe des différences fondamentales. JE pense à la Tunisie et à l’Égypte : sur le plan sociétal, ce sont deux pays très dissemblables, ne serait-ce que par le niveau éducationnel de la population ; en Tunisie, la majeure partie des citoyens sont passés sur les bancs de l’université ; c’est loin d’être le cas en Égypte, où les masses analphabètes s’entassent par millions dans les quartiers populeux du Caire et des grandes villes, sans parler des campagnes.

La troisième erreur, c’est cet acharnement à vouloir comparer les révoltes arabes aux révolutions qui ont eu lieu en Europe au XIXème siècle, à la révolution française de 1789, notamment, ou au Printemps des peuples de 1848. La conséquence en est l’application de schémas et de grilles d’analyse complètement inadéquats qui donnent de ces révoltes arabes une image tout à fait déformée et inexacte. La France de 1789 n’est pas l’Égypte de 2011. Le Moyen-Orient du XXIème siècle n’est pas l’Europe du XIXème. Et l’avenir de ces révoltes ne passera pas par les mêmes vicissitudes et ne connaîtra pas le même développement que l’Europe a connu au XIXème siècle.

Enfin et surtout, quatrièmement, il y a systématiquement eu confusion sémantique entre « révolte » et « révolution » : je n’emploierai pas le terme « révolution »  pour qualifier ce qui s’est passé,

même en Tunisie et en Égypte. En effet, le système politique qui y met le pays en coupe n’a pas été renversé. Quelques têtes sont tombées –c’est vrai-, mais tout l’appareil de gouvernement et les réseaux économiques qui gravitent autour de lui, cet ensemble cohérent qui détient les moyens de financement et contrôle les rouages étatiques, est encore en place et gouverne toujours. Les révolte sont résulté de coups de colère spontanés, mais désorganisés, et, sans leaders déterminés et conscients des objectifs à atteindre pour changer de régime, l’essai n’a pas été transformé, la révolte n’a pas abouti à une révolution.

  

En Égypte comme en Tunisie, les figures de proue du régime se sont retirées sous la pression de la rue. Elles ont servi de fusibles, en somme, et la population s’en est satisfaite (moins en Tunisie qu’en Égypte) ; et certains devront accepter de jouer le rôle de boucs-émissaires et de subir procès et jugements.

Mais ce ne sont là qu’apparences : les seconds couteaux ont pris le relais. Ce sont eux qui siègent aujourd’hui dans les « gouvernements provisoires », soutenus en coulisse par l’establishment. Quant à l’armée, qui a affirmé s’être rangée du côté des révoltés, elle s’est en fait mise en situation de pouvoir encadrer et gérer ces révoltes, de les maîtriser en douceur. En Tunisie, la police politique de Ben Ali est toujours en activité et continue d’inquiéter les opposants. Le système est intact. C’est, dès le départ, totalement différent de ce qui s’est passé en France en 1789 ou en1848…

  

Quant à la Libye, il s’agit d’un cas tout à fait spécifique : on est bien loin, en Libye, sur le terrain des opérations, de l’image virtuelle et simplifiée, véhiculée par la plupart des médias, d’une rébellion populaire opposée à la dictature féroce du gouvernement de Mouammar Kadhafi.

La société libyenne, en effet, se structure en un ensemble de tribus, dont les intérêts divergent ; organisées en fonction de liens de parenté solides, elles sont elles-mêmes segmentées en plusieurs clans, plus ou moins rivaux, dont les alliances se recomposent en permanence, en fonction des circonstances et d’intérêts sur le très court terme.

Ainsi, s’il est vrai que, au début des événements, le 17 février 2011 et durant les jours qui ont suivi, on a pu voir l’émergence, timide cela dit, d’une société civile s’exprimant lors de manifestations hostiles au colonel Kadhafi, d’une jeunesse urbaine éduquée issue de la classe moyenne, ces mouvements sont néanmoins restés très limités et ont rapidement servi de prétexte aux soulèvements de chefs de clans, auxquels ils ont cédé la place, et lesquels ont plongé la Libye dans le chaos.

Ces chefs de clans n’ont toutefois pas l’ambition de remplacer Kadhafi : ils ont récupéré la maîtrise de leur espace traditionnel et ne voient pas du tout l’intérêt de faire la guerre aux autres tribus pour conquérir d’autres espaces.

Ainsi, le Conseil national de Transition, ce gouvernement autoproclamé reconnu par la France, ne parvient pas à fédérer ces clans pour lancer une réelle offensive contre le sud (le Fezzan) et l’ouest (la Tripolitaine), dont les tribus sont restées fidèles à Mouammar Kadhafi.

Sans le soutien de l’OTAN, cela fait longtemps que l’armée régulière libyenne aurait remis de l’ordre dans le pays.

Comment analysez-vous la stratégie contre-révolutionnaire déployée aujourd’hui par les

Etats-Unis et leurs alliés du Golfe ? La révolution égyptienne, par exemple, semble menacée : les jeunes ont appelé à des manifestations pour préserver leur projet, rappeler leurs revendications premières et mener à terme le processus de transition démocratique. Quelles forces tentent-elles de freiner les changements ?

Je ne suis pas convaincu qu’il existe une « stratégie » de la part des Etats-Unis, dont le but serait de contrer les  « mouvements révolutionnaires ».

Si, lorsque les révoltes ont commencé, une vive inquiétude s’est manifestée à Washington, de voir voler en éclats l’échiquier nord-africain et moyen-oriental, qu’ils avaient patiemment organisé pour s’en assurer la maîtrise, très rapidement, ces craintes ce sont dissipées, lorsqu’il s’est avéré que les révoltes n’aboutissaient pas.

D’où l’absence de réaction des Etats-Unis, face à une opposition désorganisée et incapable d’imposer le changement.

En Égypte, la « nouvelle » constitution a été rédigée en deux temps et trois mouvements, par un comité restreint « d’experts », nommés parle gouvernement provisoire, constitué presqu’uniquement d’anciens moubarakistes, avec, en termes d’opposition, le seul concours des Frères musulmans, qui ont ensuite appelé au vote du texte lors du referendum, lui aussi organisé illico presto, le 19 mars: les Égyptiens, encore tout étourdis par la chute de Moubarak et confiants en la « révolution », ont massivement soutenu ce texte et l’ont approuvé par 77 % des votes.

L’affaire est donc dans le sac pour les tenants de l’ancien régime qui, de surcroît, bénéficient désormais de l’aval « démocratique » que leur confère le referendum… Les élections législatives, programmées en septembre, ne réserveront donc guère de surprise ; des élections qui arrivent beaucoup trop tôt pour une opposition à peine en train d’entamer sa reconstruction.

Idem en Tunisie : le gouvernement provisoire (toujours composé, pour l’essentiel, des ministres choisis par Mohamed Gannouchi, l’ancien premier ministre de Ben Ali, démissionnaire) veut hâter au maximum l’élection de « l’Assemblée nationale constituante », qui sera chargée de rédiger une nouvelle constitution, avant des élections législatives et présidentielles, et ce des sorte à couper l’herbe sous le pied de l’opposition en ne lui laissant pas le temps de s’organiser en vue de ces élections. Initialement prévue en juillet, l’élection de cette « Assemblée constituante » a finalement été reportée en octobre, à la demande de l’opposition. Mais ce court laps de temps supplémentaire suffira-t-il à l’opposition pour qu’elle puisse mener campagne pour affronter ce puissant establishment qui s’est reconverti sous de nouvelles étiquettes ?

Derrière les apparences, les anciens maîtres restent aux commandes de ces États et de l’ensemble du secteur économique. On peut dormir tranquille à la Maison-Blanche…

Quant aux monarchies du Golfe, elles ne craignent pas réellement de déstabilisation, car la majeure partie de leur population est économiquement satisfaite des retombées financières du secteur pétrolier et ne souhaite  pas mettre en danger sa situation.

Le cas du Bahreïn, ainsi, est très exceptionnel. Mais l’opposition a été très rapidement écrasée, dans un bain de sang, et avec l’accord tacite des Etats-Unis, présents dans ce pays avec la cinquième flotte et une armée de plus de trois mille soldats.

Pensez-vous instable du Yémen, et d’instrumentaliser les divisions entre les opposants d’Ali Abdallah Saleh pour anéantir le projet révolutionnaire?

Le cas du Yémen est comparable, jusqu’à un certain point, à celui de la Libye : l’opposition civile, très minoritaire, a été débordée par les chefs de bandes qui font désormais la loi dans plusieurs régions du pays.

Si les Etats-Unis, mais surtout l’Arabie Saoudite, s’inquiètent de cette situation de chaos, ce n’est pas tant parce qu’ils craignent un « projet révolutionnaire » qu’à cause de la présence, dans ce cas précis, de mouvements islamistes radicaux, dont une filière d’al-Qaïda, qui pourraient profiter du désordre pour s’implanter durablement et menacer la région du Golfe

.C’est pourquoi l’Arabie Saoudite s’est dite prête à une intervention militaire, comme au Bahreïn, qui pourrait bien recevoir l’accord du Conseil du Golfe, pour justement balayer les oppositions et soutenir le président Saleh ou, à défaut, l’appareil politique qu’il a installé aux commandes du Yémen.

Toutefois, le nombre important d’acteurs claniques et résistants rend la situation extrêmement complexe et la crise pourrait devenir ingérable et déboucher soit sur une intervention longue et coûteuse, comme en Afghanistan par exemple, soit sur la somalisation du pays, si l’intervention échouait.

Mais, pour l’instant, le régime d’Ali Abdallah Saleh n’a pas encore dit son dernier mot.

L’opposition syrienne est divisée. Jusqu’ici on  ne sait pas grand-chose des opposants de l’intérieur. Sont-ils représentatifs du peuple syrien ?  Quelle est l’influence des Frères musulmans au sein de l’opposition?  Quel est son programme ?

Le cas syrien est encore différent des autres « révolutions » arabes.

Tout d’abord, il faut bien faire la différence entre l’opposition démocratique, très minoritaire, et les révoltes, parfois armées et qui ont nécessité une intervention militaire.

Ces révoltes, violentes, ne sont en effet pas généralisées à tout le pays et ne concernent que deux territoires bien délimités situés, l’un, au nord-ouest, le long de la frontière turque, et, l’autre, à l’extrême sud-ouest, autour de la ville de Deraa. Un troisième foyer s’est déclaré dans la ville de Hama, ville très religieuse et fief des Frères musulmans syriens. Chacun de ces territoires s’est insurgé pour des raisons différentes, et différentes aussi des motivations des manifestants réclamant des réformes démocratiques.

Très puissants en Syrie et idéologiquement ultra-radicaux, les Frères musulmans syriens représentent probablement la branche la plus intransigeante de ce mouvement au Moyen-Orient, bien moins accommodants que leur équivalent égyptien par exemple. Profitant des troubles qui touchent la Syrie, ils ont relancé la révolte qu’ils avaient déjà soulevée à Hama, en 1982, contre Hafez al-Assad (Le père de l’actuel président), qui avait réprimé l’insurrection dans le sang.

Aunord-ouest, la population est essentiellement composée de Turcomans, descendants de populations turques ; ils sont également très présents à Hama, aussi à Homs, ville plus au sud de la frontière où de violentes altercations ont eu lieu avec les forces de l’ordre. Soutenus par Ankara, des éléments de cette communauté revendiquent une autonomie régionale, revendication tout à fait contraire à la conception de l’État baathiste.

Au sud-ouest, enfin, Deraa et ses environs abritent une très large majorité de Druzes. Historiquement repoussée et concentrée dans cette région, la communauté druze a toujours été écartée du gouvernement et socialement défavorisée.

L’appel à manifester contre le pouvoir alaouite a été l’occasion pour elle de se révolter contre l’hégémonie de Damas.

En revanche, le régime bénéficie du soutien de plusieurs autres communautés (et notamment des Chrétiens), qui craignent l’essor du courant islamiste radical, dont les intentions sont très claires : l’instauration d’une république islamique sans concession et l’éradication du christianisme et des courants musulmans considérés comme hérétiques. Il jouit aussi du soutien d’une large partie de la bourgeoisie sunnite, laquelle se félicite des mesures économiques promues par Bashar al-Assad depuis son accession à la présidence.

En Syrie également, on est loin de l’image simpliste du « Printemps arabe ». 

La Turquie a reconnu le CNT libyen ; elle s’est également rapprochée de l’opposition syrienne, peut-être dans l’espoir de faire de ces opposants les principaux leviers de son influence. A-t-elle rejoint le camp de la contre-révolution en abandonnant son jeu équilibriste ? 

Ma réponse sera brève, car je ne suis nullement spécialiste de ce pays et, surtout, je crois que, en ce moment, personne ne voit vraiment bien clair; et les analystes redemandent quel jeu joue la Turquie, notamment envers la Syrie de Basharal-Assad, avec laquelle elle avait pourtant passé de nombreux accords économiques, très fructueux pour les deux parties et qui avaient mis la météo de leurs relations au beau fixe.

Il en va de même, d’ailleurs, en ce qui concerne l’attitude de la Turquie à l’égard d’Israël : l’épisode du massacre des citoyens turcs lors de l’abordage de la Flottille de la Paix semblait avoir ruiné les relations entre les deux pays.

Mais, tout en protestant et en gesticulant, Ankara a maintenu, dans les faits, d’excellents rapports avec Israël. Par exemple, les mesures d’interdiction de l’espace aérien turc à l’aviation israélienne, qui avaient été prises en représailles, ont été très rapidement levées…

Enfin, le revers de la Turquie à l’égard de la guerre en Libye laisse également perplexe.

Ne faudrait-il pas y voir l’influence croissante de son partenariat privilégié avec Washington ?

Comment analysez-vous la situation de l’Iran. Que se passera-t-il si Téhéran mettait sa menace à exécution ?

L’Iran est un cas très complexe et qu’il n’est pas aisé de résumer en quelques mots.

JE qualifierais l’Iran de « démocratie empêchée » : l’Iran, en fin de compte, est à ce jour le seul pays de l’espace arabo-musulman à avoir réussi une révolution qui, il y a trente ans, a débarrassé tout un peuple d’une effroyable dictature, celle du Shah, soutenu par les méthodes terribles de la CIA et de sa police politique, la Savak, dont les pratiques effrayaient même les agents états-uniens.

Mais il s’agit d’une démocratie très neuve encore et qui, à peine éclose, a été soumise à des menaces de déstabilisation et des pressions internationales telles, politiques mais aussi économiques, dont un embargo sans concession, que le gouvernement de cette jeune république n’a pas pu agir autrement qu’endurcissant son autorité pour faire face à cette situation de crise permanente.

L’Iran, en somme, est un pays à proprement parler en état de siège depuis trente ans.

Placez n’importe quelle démocratie (européenne par exemple) dans les mêmes conditions et vous verrez se produire les mêmes effets de radicalisation des autorités.

Faut-il rappeler, pour mémoire, l’attitude de la France en Algérie ? Les tortures et les violations innombrables des droits de l’homme dans ce contexte ? En 1961, la police française, à Paris, paniquée face à une manifestation de plusieurs milliers d’ouvriers algériens en faveur de l’indépendance de leur pays d’origine, a ouvert le feu : ce jour-là, on jetait les cadavres des manifestants dans la Seine !

La répression de la « révolution verte » de juin 2009, qui a récemment connu quelques soubresauts, est relativement comparable : surprises par ce mouvement de contestation dont elles ne savaient s’il s’agissait d’un phénomène strictement interne ou d’une révolution fomentée par l’étranger (à l’instar de ces « révolutions colorées » qui ont ébranlé l’Europe de l’est, par exemple), les autorités, dans ce contexte de siège permanent, n’ont pas attendu pour arrêter tout cela.

Il ne s’agit pas ici de déterminer si le président Ahmadinejad a oui ou non été également réélu (à ce propos, je dirais qu’il y a eu des fraudes, certes, mais

que, soutenu par les masses populaires déçues du dé tricotage social amorcé par ses prédécesseurs, il a effectivement remporté l’élection).

Il s’agit en revanche d’affirmer le droit de l’Iran à l’autodétermination.

Dans ce cadre, la question n’est pas de savoir ce qui se passera si l’Iran ferme le détroit d’Ormuz en cas de bombardement de ses sites nucléaires, comme il en a fait la menace, mais de s’interroger sur le droit que les Etats-Unis ou Israël auraient d’intervenir militairement dans un État souverain, fût-il en passe de se doter de l’arme nucléaire.

Tout le monde sait qu’Israël possède cet armement, illégalement. Comment pourrait-il dès lors justifier une agression à l’encontre de son voisin sous le prétexte de l’empêcher de faire de même ?

La contre-révolution est-elle en train de ressusciter  le projet du Nouveau Moyen Orient ?

En un mot : ce projet états-unien de refaçonner le Moyen-Orient est en bonne voie et n’a, en définitive, jamais été réellement en péril, même si la chute de Ben Ali, puis la démission de Moubarak avaient laissé craindre le pire.

Au contraire, dans certains cas, comme en Égypte ou en Tunisie, où les régimes ont maintenant l’apparence de la démocratie, comme en Libye (si l’OTAN parvient à ses fins), sa réalisation pourrait même avoir été accélérée par le « Printemps arabe ».

Prenons au sérieux le principe de dignité de l’individu

Critique de la guerre en Libye, nécessité d’une réforme des Nations Unies, dialogue des civilisations

Interview du professeur Hans Köchler, Innsbruck*

Horizons et débats: Il y a trois mois, vous avez rendu public un mémorandum adressé au Secrétaire général des Nations Unies et au Président du Conseil de sécurité (cf. Horizons et débats no 19 du 16/5/11). Ce texte concerne la résolution 1973 du Conseil de sécurité du 17 mars 2011 et la guerre contre la Libye entamée deux jours plus tard. Pourriez-vous nous présenter une nouvelle fois les idées principales du mémorandum? Qu’est-ce qui vous a incité à rédiger ce texte?

Hans Köchler: La raison pour laquelle j’ai rédigé un texte et l’ai envoyé au Secrétaire général des Nations Unies et au Président du Conseil de sécurité réside dans mon opposition de principe à l’instrumentalisation du Conseil de sécurité à des fins de politique de puissance. La résolution 1973 accordait en quelque sorte les pleins pouvoirs aux Etats intéressés qui pouvaient ainsi intervenir comme ils l’entendaient dans un pays étranger.
J’ai été non seulement irrité mais choqué de l’extrême hypocrisie à la base de cette décision. En effet, la raison, l’objectif de cette Résolution est la protection des civils en Libye, mais en réalité, il s’agit de permettre à des pays d’intervenir militairement en Libye au nom des Nations Unies mais sans que celles-ci n’aient d’influence sur les actions entreprises, et cela d’une part pour créer une zone d’interdiction aérienne et d’autre part – l’objectif est mentionné séparément – pour protéger les civils.
Le fait est que les opérations militaires mettent justement en danger la population civile et surtout que cette Résolution a été décidée lorsqu’une situation de guerre civile s’était déjà créée, de sorte que l’intervention des Etats intéressés – il ne s’agit pas de la communauté internationale – consistait plus ou moins à prendre parti pour un des camps contre l’autre. Depuis, on a constaté que l’application de la Résolution a dégénéré en une guerre ayant pour but un changement de régime en Libye, objectif absolument incompatible avec l’esprit et la lettre de la Résolution.
A vrai dire, cette interprétation arbitraire est déjà contenue dans le texte qui utilise une notion au caractère «élastique», une formule vide de sens.
D’un point de vue philosophique, l’expression «toutes mesures nécessaires» (all necessary measures) n’est absolument pas définie et n’a donc rien à faire dans une Résolution qui a des conséquences juridiques tout à fait concrètes (c’est forcément le cas des Résolutions contraignantes du Conseil de sécurité).
Utiliser de telles notions non définies est une invitation aux Etats intéressés d’agir selon leur bon plaisir. Chaque Etat interprète une formule vide de sens comme il l’entend. Dès le début de la guerre, on a pu voir, à travers les déclarations de politiques britanniques, qu’ils considéraient des attaques directes contre le chef de l’Etat libyen, c’est-à-dire des opérations visant à l’assassiner, comme une mesure légitimée par la Résolution.

Comment a-t-on réagi à votre mémorandum?

J’ai été approuvé en particulier en Asie et en Afrique. Des médias asiatiques et africains ont parlé du mémorandum que nous avons envoyé ce qui a suscité un débat mondial.

Si l’on considère la politique du Conseil de sécurité au cours des 20 dernières années, on peut avoir l’impression d’assister à une sorte de dépravation de l’interprétation et de l’application du droit international. Il semble qu’on ait perdu l’assurance que l’esprit de la Charte des Nations Unies soit pris au sérieux. Qu’avez-vous observé? Et comment expliquer une telle évolution?

C’est effectivement mon impression. Il y a eu une coupure au moment où l’ordre mondial bipolaire est passé relativement rapidement à une structure unipolaire. C’était autour de 1990. Dès 1991, à l’époque de la deuxième guerre du Golfe, du conflit entre l’Irak et le Koweït, le Conseil de sécurité a adopté une Résolution qui contenait aussi une formule vide de sens. A l’époque, il s’agissait déjà de prendre «toutes mesures nécessaires» et cela a eu pour conséquence que les Etats intéressés, c’est-à-dire les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ont fait en Irak plus ou moins ce qu’ils voulaient – indépendamment de l’objectif officiel qui était de mettre fin à la guerre entre l’Irak et le Koweït – c’est-à-dire détruire l’ensemble des structures de l’Irak et effectuer des opérations qui ont conduit à la mort de nombreux civils. Il s’agit là d’une dépravation des mœurs qu’on n’avait absolument pas à l’esprit lorsqu’on a créé l’organisation mondiale.
Le problème est d’ordre structurel, il concerne la situation du Conseil de sécurité dans la Charte. En fait, le Conseil de sécurité est une instance inattaquable. Dans le cadre de la Charte, il n’y a pas de séparation des pouvoirs; cela signifie qu’en ce qui concerne le Conseil de sécurité, il n’existe pas quelque chose comme une Cour constitutionnelle des Nations Unies qui pourrait examiner si le Conseil de sécurité a pris telle ou telle décision conformément à la Charte.
Naturellement, comme les autres organes de l’ONU, il est tenu de prendre ses décisions conformément aux principes des Nations Unies, mais cette obligation ne signifie absolument rien quand il n’y a pas de moyens, au sein de l’Organisation, d’examiner de manière indépendante si le Conseil de sécurité a respecté cette obligation.

Il faut réformer les Nations Unies

Le grand problème structurel est que la Cour internationale de justice de La Haye, qui fait partie du système des Nations Unies, n’est pas habilitée à se prononcer sur la conformité aux statuts des décisions du Conseil de sécurité. Elle est maintenant d’avis que dès que le Conseil de sécurité a, conformément au chapitre VII de la Charte, adopté une Résolution, donc une décision contraignante pour tous les Etats membres, elle ne saurait recevoir de plaintes d’Etats membres à son sujet.
Dans une telle situation, personne ne s’étonnera qu’un jour ou l’autre les mœurs ne se dépravent surtout lorsqu’il n’y a plus d’équilibre au sein de l’organisme.
Dans l’ordre du monde bipolaire, il existait un certain équilibre des pouvoirs, et souvent aussi, naturellement, une paralysie, mais un certain équilibre car l’une des superpuissances tenait l’autre en respect. Aujourd’hui, la situation est toute différente. Parmi les cinq membres permanents qui possèdent un droit de véto, il n’y a plus d’équilibre des pouvoirs. C’est pourquoi les pays qui, selon la Charte, auraient les moyens d’empêcher les Résolutions arbitraires ne s’engagent pas, s’abstiennent lors du vote.
S’il existait un équilibre des pouvoirs, un texte comme la Résolution 1973 concernant la Libye aurait, à mon avis, été impossible. La Russie ou la Chine auraient eu le courage de s’y opposer.
Mais maintenant, on a donné carte blanche à un pays et à ses vassaux. C’est une totale perversion du concept de sécurité collective qui constitue le fondement des dispositions du chapitre VII de la Charte. Il ne s’agit plus maintenant d’actions en vue d’assurer la sécurité collective effectuées au nom de la communauté internationale mais d’actions unilatérales imposées par un pays et ses alliés avec pour résultat qu’ils peuvent ainsi appuyer leur action sur une décision des Nations Unies. Aussi ne peut-on pas, à mon avis, imaginer de procédure plus hypocrite.
On entend souvent dire que dans les opérations militaires qu’elle commande, l’OTAN recourt de manière disproportionnée à la force. L’Alliance se justifie en disant que le gouvernement libyen met en danger des civils et qu’elle doit intervenir afin de protéger ces civils. Or ces justifications sont absolument sans fondement. Mais actuellement, au sein des Nations Unies, il n’existe malheureusement pas de correctif, et surtout il n’existe aucun moyen de faire quoi que ce soit au plan juridique.

Arrogance de l’OTAN

Ce qui m’irrite particulièrement, c’est qu’on en soit arrivé au point qu’une alliance militaire, celle d’un groupe de puissances précis, est plus ou moins devenue l’organe exécutif des Nations Unies. Ces dernières défendent les intérêts particuliers des Etats-Unis et de leurs alliés. Or l’OTAN est, selon ses statuts, un pacte défensif dont l’objectif consiste dans l’aide mutuelle en cas d’attaque d’un de ses membres. Elle n’est absolument pas habilitée à intervenir «out of area», hors de son territoire, dans des pays non membres. Mais il se trouve qu’elle se comporte de plus en plus comme un instrument militaire de la seule organisation d’Etats universelle, les Nations Unies.
A mon avis, il y a perversion du concept d’alliance régionale de sécurité lorsqu’une alliance militaire qui, à l’origine, à l’époque de la guerre froide, était dirigée contre une autre alliance militaire, vise maintenant d’autres pays ou régions, agit plus ou moins officiellement au nom de la communauté internationale.
Et il y a un autre problème structurel fondamental résultant du fait que dès le début on n’a pas appliqué la Charte des Nations Unies. Le chapitre VII prévoit, pour les mesures militaires destinées à appliquer une Résolution, un «Comité d’état-major des membres permanents du Conseil de sécurité ou de leurs représentants», mais il n’existe que sur le papier. Il est également prévu que les Etats membres mettent à la disposition du Conseil de sécurité des contingents, y compris des forces de l’air, ce qui, dans le cas de la Libye, aurait été tout à fait indiqué puisqu’il s’agit de zone d’interdiction aérienne. Rien de cela n’a jamais été fait. Ce n’était pas possible pendant la guerre froide et cela n’a jamais été appliqué après. Dans les dispositions opératoires du chapitre VII, il est laissé à la discrétion des pays qui possèdent une armée de l’air de la mettre à disposition.

Un de vos centres d’intérêts consiste dans une réforme, dans une «démocratisation», comme vous dites, des Nations Unies. Qu’entendez-vous par là?

J’ai lancé pour la première fois cette idée en 1990 lors de discussions menées à New-Delhi dans le cadre de l’International Progress Organization (IPO)1. Il s’agirait de démocratiser le processus décisionnel de l’organe le plus déterminant selon la Charte, c’est-à-dire le Conseil de sécurité.
Il se trouve que lui seul est habilité à décider de l’usage de la force pour imposer des normes internationales. Selon la Charte, l’Assemblée générale des Nations Unies ne peut que formuler des recommandations et ne peut même pas débattre des questions abordées au Conseil de sécurité. Sur toutes les questions décisives, elle est subordonnée au Conseil de sécurité, si bien que lorsque l’on se soucie de démocratisation, on devrait se demander comment l’on pourrait rendre le processus décisionnel du Conseil de sécurité plus équitable et équilibré.
On pourrait notamment modifier la règlementation du véto. A propos, il est intéressant de noter que le terme de véto n’apparaît nulle part dans la Charte. La disposition à ce sujet se trouve formulée de manière indirecte et incompréhensible à l’article 27. Il y est stipulé que le Conseil de sécurité prend ses décisions à la majorité qualifiée de 9 voix sur 15 – 15 étant le nombre de membres – et que pour qu’une décision soit valable, il faut qu’elle soit approuvée par tous les membres permanents.
Cette disposition précise donc qu’une décision n’est pas valable si un des membres permanents s’abstient, car sinon, que signifierait «approuver». A mon avis, on ne peut pas imaginer que dans quelque langue que ce soit, s’abstenir puisse signifier approuver? Or depuis des décennies, lorsqu’un pays s’abstient, on fait comme s’il approuvait la décision et cela explique un peu ce que je viens de dire à propos du véto. Si ce terme figurait dans la Charte, s’il était précisé que les cinq membres permanents pouvaient empêcher par leur véto une mesure contraignante, les choses seraient beaucoup plus claires.
Je pense donc qu’une disposition devrait remplacer le véto qui privilégie actuellement cinq pays. En effet, la pratique du véto a été introduite à l’époque de la guerre froide où il s’agissait de décisions impliquant la guerre ou la paix et de leur mise en œuvre contraignante et où il fallait s’assurer que des pays importants ne les contournent pas. La liste des membres permanents reflète la constellation des forces de 1945. Lors de la fondation des Nations Unies, une grande partie des membres actuels n’existaient pas encore; beaucoup étaient encore des colonies. Mais lorsqu’il s’agit aujourd’hui de s’assurer lors de décisions vraiment importantes qu’un groupe de pays relativement peu important, notamment en ce qui concerne leur population, leur poids et leur responsabilité, qu’une minorité puisse imposer sa volonté au monde entier, on pourrait songer à introduire, comme on dit en anglais, une «supermajority», par exemple une majorité des ¾ des voix. Ou bien, comme je l’ai précisé par la suite, on pourrait réviser cette règle du véto qui privilégie cinq Etats.
En 1945, on estimait que les Etats qui avaient le plus de responsabilités dans le système mondial en raison de leur puissance devaient pouvoir revendiquer un droit de véto. Aujourd’hui, il en va autrement. Je crois que la France n’est pas une puissance mondiale et donc que son droit de véto n’est pas justifié. Je propose par conséquent de se demander si on ne devrait pas revoir le processus décisionnel sur une base régionale.

Pour une répartition plus équilibrée de l’équilibre des forces

C’est à l’aide de l’exemple de l’Europe que l’on peut le mieux illustrer cette idée. Il s’agirait que les décisions, en particulier celles concernant les mesures contraignantes selon le chapitre VII soient prises non seulement par la majorité des Etats membres mais des régions représentées au Conseil de sécurité. Cela signifierait que les sièges de la Grande-Bretagne et de la France seraient obsolètes et qu’il ne s’agirait plus d’accorder un siège à l’Allemagne – car l’Europe aurait alors 3 sièges – mais que l’organisation régionale, c’est-à-dire l’Union européenne, se verrait attribuer un siège permanent. On aurait alors une représentation tournante au Conseil de sécurité. Cela fonctionne au niveau européen, où un pays assume pour un certain temps la présidence de l’UE. Pour l’Afrique, ce serait l’Union africaine, etc. Actuellement, l’Afrique n’est absolument pas représentée.
Je crois que ce serait une meilleure répartition de l’équilibre des forces au sein du Conseil de sécurité. Si l’on remplaçait la notion de représentation permanente par celle de représentation régionale, on pourrait conserver le véto, lequel permettrait à une région de s’opposer à une décision.
Mais si l’on n’est pas disposé ou capable de moderniser de cette manière la notion de membre permanent ou s’il n’est pas possible d’«actualiser» la liste des pays possédant le droit de véto – et d’un point de vue de realpolitik, il en est effectivement ainsi parce qu’aucun pays ne sera disposé à renoncer à un tel statut – il faudrait entreprendre une profonde réforme visant à remplacer le droit de véto par la «supermajority» dont je viens de parler.
Il convient d’ajouter ici quelque chose qui concerne la situation actuelle du véto et que l’on oublie la plupart du temps. La Charte stipule qu’en ce qui concerne les décisions du Conseil de sécurité un Etat membre ne peut en général pas voter s’il est impliqué dans le conflit en question. C’est un principe fondamental de justice: on ne peut pas se prononcer sur une question quand on est concerné. Or l’article 27-3 stipule que cette disposition n’est valable que pour des décisions conformes aux chapitres VI et VIII (qui ne sont pas contraignantes), c’est-à-dire non pas pour des décisions conformes au chapitre VII, là où c’est vraiment important. Cela signifie qu’un membre permanent du Conseil de sécurité peut également user de son droit de véto lorsqu’il est impliqué dans un conflit, par exemple quand il a attaqué un autre Etat. C’est pourquoi on n’a jamais rien pu faire dans les cas où un Etat membre menait une guerre d’agression. En 2003, les Etats-Unis ont attaqué l’Irak puis l’ont occupé. Comme aucun pays n’est prêt à décider de mesures contraignantes contre lui-même, le Conseil de sécurité n’a pas été en mesure de s’y opposer. C’est aussi quelque chose qu’il faudrait modifier dans le cadre d’une réforme et d’une démocratisation, avant tout dans l’intérêt d’un processus décisionnel plus équitable.

Prendre au sérieux la démocratie et la séparation des pouvoirs

Il faut mentionner d’autres aspects en vue d’une réforme de la Charte. Si l’on prend vraiment au sérieux la démocratie et la séparation des pouvoirs, il faudrait faire de l’Assemblée générale un pouvoir législatif, ce qu’elle n’est pas actuellement. Aujourd’hui, c’est une assemblée consultative. S’il y a eu jusqu’ici un pouvoir législatif de facto – que la Charte ne prévoit pas – il existe sous la forme des Résolutions du Conseil de sécurité qui, depuis 2001, s’est arrogé des compétences particulières. Comme nous n’avons pas de séparation des pouvoirs, qu’il n’existe pas d’institution juridique qui puisse examiner l’action du Conseil de sécurité et que le Conseil de sécurité a pris l’habitude de s’arroger des droits, il a créé un précédent et le risque existe qu’à l’avenir on se réclame de ce genre de décisions.
Dans le cadre des Nations Unies, en particulier au sein du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, de nombreux projets de réforme ont été discutés. Surtout depuis 1995, cinquantenaire de la création de l’ONU, de très nombreux débats ont été lancés par des Etats membres. Le Secrétaire général et le président de l’Assemblée générale ont constitué des comités d’experts, mais l’affaire a un inconvénient lié au privilège du véto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Aux termes de la Charte de l’ONU, tout amendement, ne serait-ce qu’une virgule, de ce texte requiert l’approbation des cinq membres permanents. Comment un pays – comme la France ou la Grande-Bretagne – qui n’est plus une puissance mondiale et estime avoir besoin du Conseil de sécurité pour défendre ses intérêts «comme avant» renoncerait-il volontairement à un privilège que lui reconnaît la Charte, et précisément dans une situation où il a perdu le statut qui lui a valu autrefois ce privilège?
Toutefois je pense que si l’on ne parvient pas dans un proche avenir à prendre des mesures de réforme, cela signifiera que les Nations Unies perdront peu à peu leur légitimité et que les pays non occidentaux surtout finiront par créer de nouvelles organisations. On observe déjà une approche dans ce sens dans les Etats BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud]. Il se peut que l’ONU connaisse un jour le sort de la SDN.
Avant tout, les Nations Unies ne sont malheureusement déjà plus en mesure de remplir la mission essentielle pour laquelle on les a créées, c’est-à-dire garantir la paix. On en est arrivé au point où l’on mène des guerres d’agression en son nom. C’est un véritable renversement des objectifs de la Charte et si l’on est réaliste, on ne peut que constater qu’un jour ou l’autre on ne prendra plus au sérieux son texte fondateur, la Charte, si l’on peut l’interpréter d’une manière tellement arbitraire et s’il n’y a pas moyen de faire quoi que ce soit contre cet arbitraire.

Charte des Nations Unies

Article 24: Fonctions et pouvoirs du Conseil de sécurité

1.    Afin d’assurer l’action rapide et efficace de l’Organisation, ses Membres confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et reconnaissent qu’en s’acquittant des devoirs que lui impose cette responsabilité le Conseil de sécurité agit en leur nom.
2.    Dans l’accomplissement de ces devoirs, le Conseil de sécurité agit conformément aux buts et principes des Nations Unies. Les pouvoirs spécifiques accordés au Conseil de sécurité pour lui permettre d’accomplir lesdits devoirs sont définis aux Chapitres VI, VII, VIII et XII.
3. Le Conseil de sécurité soumet pour examen des rapports annuels et, le cas échéant, des rapports spéciaux à l’Assemblée générale.

Article 27:  Vote au Conseil de sécurité

1.    Chaque membre du Conseil de sécurité dispose d’une voix.
2. Les décisions du Conseil de sécurité sur des questions de procédure sont prises par un vote affirmatif de neuf membres.
3. Les décisions du Conseil de sécurité sur toutes autres questions sont prises par un vote affirmatif de neuf de ses membres dans lequel sont comprises les voix de tous les membres permanents, étant entendu que, dans les décisions prises aux termes du Chapitre VI et du paragraphe 3 de l’Article 52, une partie à un différend s’abstient de voter.

Chapitre VII: Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression

Article 47

1.    Il est établi un Comité d’état-major chargé de conseiller et d’assister le Conseil de sécurité pour tout ce qui concerne les moyens d’ordre militaire nécessaires au Conseil pour maintenir la paix et la sécurité internationales, l’emploi et le commandement des forces mises à sa disposition, la réglementation des armements et le désarmement éventuel.
2.    Le Comité d’état-major se compose des chefs d’état-major des membres permanents du Conseil de sécurité ou de leurs représentants. Il convie tout Membre des Nations Unies qui n’est pas représenté au Comité d’une façon permanente à s’associer à lui, lorsque la participation de ce Membre à ses travaux lui est nécessaire pour la bonne exécution de sa tâche.
3.    Le Comité d’état-major est responsable, sous l’autorité du Conseil de sécurité, de la direction stratégique de toutes forces armées mises à la disposition du Conseil. Les questions relatives au commandement de ces forces seront réglées ultérieurement.
4.    Des sous-comités régionaux du Comité d’état-major peuvent être établis par lui avec l’autorisation du Conseil de sécurité et après consultation des organismes régionaux appropriés. Oeconomicus

Pierre PICCININ

 Professeur d'histoire et de sciences politiques

http://www.horizons-et-debats.ch:80/index.php?id=2768


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

28/07/2011

n° 91(Bis)- Journal des Guerres de l'Otan. (Début) - 26-06 au 25-07 - a1p : Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?

n° 91(Bis)-  Journal des Guerres de l'Otan. (Début) - 26-06 au 25-07 - a1p : Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan. (Suite)

Opération Unified Protector

n° 91(suite & fin)- 26-06 au 25-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Politique (suite)

3 Les parties prenantes

c) Le reste du monde

Allemagne

France

Grande-Bretagne

Italie

4 Institutions internationales.

Dans les coulisses 

La Libye au cœur des débats

La CPI va-t-elle enquêter sur les crimes de guerre de l'Otan

Suite

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

4-1 Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?

4-2 L'Otan voudrait faire taire Thierry Meyssan.

4-3 VIDEO : Sarkozy, combien d’enfants as-tu tués cette nuit ?

4-4 Michel Collon interpelle M. Leterme.

4-5 Raid OTAN : Un chercheur soutient que l’OTAN dévoile les mensonges sur la guerre.

5 Brèves

5-1 Séminaire à Tripoli sur l'impact des opérations de l’OTAN sur la santé nutritionnelle en Libye.

5-2 Washington pourra financer les rebelles.

Fin

6  Dossiers

6-1 M. Zemmour :  «L'Otan doit cesser de violer la souveraineté libyenne» .

6-2 Claudine Pôlet : La guerre contre la Libye et le « nouveau concept stratégique » de l’Otan.

6-3 Roland Marounek : La destruction humanitaire de la Libye.

6-4 Marcel Poznanski : La guerre n’est pas un jeu…

6-5 Vladimir Caller : Libye, Côte D’Ivoire : Sarkozy jouant au néo-conservateur ?.

6-6 Thierry Meyssan : L’OTAN face à l’ingratitude des Libyens.



3 Les parties prenantes

c) Le reste du monde

Allemagne

L'Allemagne offre 100 millions aux rebelles.
De nouvelles explosions ont ébranlé Tripoli durant les nuits du week-end et un immeuble des services de renseignements a été touché. Berlin a annoncé dimanche vouloir apporter une aide de jusqu’à 100 millions d’euros aux rebelles libyens.

Deux détonations ont retenti dans la nuit de samedi à dimanche dans le secteur de la résidence du colonel Kadhafi dans le centre de Tripoli. Elles ont été suivies par d’autres déflagrations dans les banlieues est et sud-est de la capitale. Une colonne de fumée a été vue peu après au-dessus de la résidence, qui a été samedi la cible de raids de l’OTAN. 

Un habitant a déclaré à Reuters qu’un immeuble abritant des services de renseignements avait apparemment été touché, pour la première fois depuis le début de l’intervention militaire internationale contre le régime de Mouammar Kadhafi à la fin mars.

Une série de raids aériens avait déjà ébranlé Tripoli dans la nuit de vendredi à samedi, touchant plusieurs sites civils et militaires et faisant plusieurs blessés, selon la télévision libyenne. L’OTAN déclare avoir frappé un centre de commandement militaire. 

Equipements médicaux et nourriture 

Outre le soutien militaire de la coalition, les rebelles libyens vont également recevoir une aide matérielle. L’Allemagne a annoncé dimanche une aide civile et humanitaire à l’opposition libyenne, regroupée dans le Conseil national de transition (CNT). Cette enveloppe peut aller jusqu’à 100 millions d’euros (117 millions de francs).

«En raison de la guerre que mène le colonel Mouammar Kadhafi contre son propre peuple, la situation en Libye est extrêmement difficile», a expliqué le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle dans un communiqué.

«Les moyens manquent pour édifier les structures nécessaires et soulager les déficits allant des équipements médicaux à la nourriture. Résultat, les gens souffrent de plus en plus, en particulier dans l’est de la Libye», a ajouté le ministre.

Garantie sur les fonds bloqués

M. Westerwelle a précisé que les prêts consentis par l’Allemagne seraient garantis par les «milliards de Kadhafi», les avoirs du dirigeant libyen gelés dans le cadre de sanctions internationales, jusqu’à leur mise à la disposition de l’opposition.

La décision fait suite à une réunion le 16 juillet à Istanbul. Les Occidentaux et des pays de la région y ont déclaré que les opposants représentaient le pouvoir légitime en Libye, leur donnant accès à des fonds vitaux.

Les bombardements de l’OTAN ont empêché la perte des villes tenues par les opposants armés, mais n’ont pas réussi à provoquer la chute du régime. La Libye est ravagée depuis cinq mois par une guerre civile après un soulèvement contre le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis plus de quarante ans. Mais les négociations en coulisse vont bon train.

http://www.tdg.ch/actu/monde/bombardements-tripoli-allemagne-offre-100-millions-rebelles-2011-07-24



France

Paris est opposé à "toute pause dans les opérations"

de la coalition en Libye, comme l'a réclamée l'Italie, estimant que cela "risquerait de permettre à Mouammar Kadhafi de gagner du temps et de se réorganiser", a indiqué mercredi le ministère français des Affaires étrangères.
"La coalition et les pays réunis au groupe de contact d'Abou Dhabi, il y a deux semaines, ont été unanimes sur la stratégie: il faut intensifier la pression sur Kadhafi", a déclaré Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, réagissant lors d'un point-presse à la demande italienne d'une "suspension des actions armées en Libye" pour permettre d'apporter une aide humanitaire immédiate à la population.
"Toute pause dans les opérations risquerait de lui (Kadhafi) permettre de gagner du temps et de se réorganiser", a poursuivi M. Valero.
"Au final, ce sont les populations civiles qui pâtiraient du moindre signe de faiblesse de notre part", a-t-il ajouté.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a réclamé mercredi "une suspension immédiate des hostilités" en Libye afin d'instaurer des couloirs humanitaires pour aider la population.
"La priorité" est un cessez-le-feu en Libye, mais en attendant, "la suspension des actions armées est fondamentale pour permettre une aide immédiate", a souligné le ministre

22/06/2011

.http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/709295/Libye%3A_Paris_contre_%22toute_pause_dans_les_operations%22_de_la_coalition.html

 

Franklin Lamb: Information Clearing House: La France reconnaît l’échec des bombardements de l’OTAN.
Dans la plupart des autres pays arabes, le vendredi est un jour de colère contre le gouvernement en place mais en Libye les prières du vendredi sont suivies par des manifestations massives pro-Kadhafi auxquelles ont participé il y a deux semaines près de 65% de la population de Tripoli. Une des blagues entendues lors de la manifestation pro-gouvernementale massive sur la Place Verte cette semaine raconte comment le dirigeant Libyen, après les prières du vendredi, enfile son uniforme, avec ses larges épaulettes et tout, et salue le petit drapeau de l’OTAN qu’il colle sur le miroir de sa salle de bains tandis qu’il se déplace sans cesse pour échapper aux drones et aux assassins de l’OTAN .

 « Notre dirigeant fait cela, » m’informe une jeune femme avec un large sourire, avant de devenir plus sérieuse, « parce que les bombardements de civils libyens par l’OTAN, dont l’axe US/OTAN accuse Kadhafi, a provoqué une explosion de sa popularité parmi notre peuple tribal et fier. J’en suis moi-même un exemple. Bien-sûr, un peu de sang neuf ne nous ferait pas de mal et certaines réformes auraient du être entreprises il y a longtemps. Quel pays pourrait prétendre le contraire ? Mais d’abord il nous faut vaincre les envahisseurs de l’OTAN avant de pouvoir régler nos problèmes internes, y compris celui des soi-disant "rebelles de l’OTAN" ».

Depuis le début des opérations de l’OTAN (le 31 mars 2011) l’alliance a effectué 15.000 sorties, dont près de 6.000 opérations de bombardement - selon les chiffres officiels du bureau de Naples de l’OTAN. Les chiffres annoncés pour la journée du 9 juillet sont de 112 sorties et 48 bombardements ou attaques par missiles, ce qui correspond à la moyenne.

Les deux ambassades les plus actives en Libye ces derniers jours sont celles de la Russie et de la Chine. Le 25 février, selon le personnel de l’ambassade de Bulgarie (dont une fausse rumeur disait qu’elle gérait les affaires consulaires courantes pour les Etats-Unis), l’ambassade des Etats-Unis a en substance ordonné à toutes les ambassades des pays de l’UE et de l’OTAN de plier bagages. Les officiels libyens racontent aux visiteurs qu’ils ont été choqués par la rapidité de l’exode. « Ils n’ont même pas dit au-revoir. D’un seul coup, ils sont partis pour l’aéroport, » a raconté un conseiller du ministère des affaires étrangères lors d’une réunion la semaine dernière.

Les dirigeants russes et chinois sont de plus de plus critiques des actions de l’OTAN et exigent à présent à cessez-le-feu immédiat et définitif. Certains cyniques ici font remarquer que ces pays, contrairement à l’OTAN, savent exactement ce qu’ils font, notamment mettre toutes les chances de leur côté pour l’obtention des contrats juteux de plusieurs milliards de dollars pour la reconstruction du pays alors que tous les officiels libyens interviewés ont juré que pas un seul pays de l’OTAN ne recevra plus jamais un seul Dinar Libyen lorsque l’agression sera finalement repoussée. Et la réalisation de ce « tout ou rien » qui pousse les Etats-Unis et son bras armé de l’OTAN de se focaliser sur l’assassinat du Colonel Kadhafi et de tenter de briser son soutien au sein de la population. Si Kadhafi survit, l’OTAN perd ainsi que toutes les grandes compagnies pétrolières qui seraient en train de déprimer au fur et à mesure que l’on signale un afflux massif d’hommes d’affaires Russes et Chinois en Libye.

Des sources de l’OTAN, diplomatiques et du Congrès (US) confirment que l’administration Obama s’est lourdement trompée en pensant que le régime libyen s’effondrerait « en quelques semaines sinon en quelques jours » comme l’avait affirmé Obama au peuple américain qui devra mettre la main à la poche à la hauteur de 5 mille milliards de dollars au 31 juillet pour couvrir les coûts de l’opération. L’erreur de calcul d’Obama pourrait lui coûter la présidence, si ce n’est pas la situation économique.

Comme un étudiant de l’université d’Al Fatah a dit :« Ce que votre gouvernement américain a fait dans la région pour s’autodétruire depuis le 11 septembre paraît incroyable aux yeux des Libyens.

 Et maintenant vous venez nous agresser ?

 Pourquoi ?

    Vous aviez déjà tout le pétrole que vous vouliez à prix d’ami, nous avons stupidement confié nos fonds souverains à des banques US et nous n’embêtions pas vraiment Israël.

Chaque jour, les bombes de l’OTAN tuent plus de civils libyens.

    Nous avons sacrifié près d’un tiers de notre population et plus d’un million de nos frères et sœurs pour expulser les Italiens il y a 70 ans.

Est-ce que personne ne connaît l’Histoire chez vous ?

Ce n’est pas le Bahrein ici, ni la Syrie. Nous sommes armés et nous utiliserons nos armes. Parmi les erreurs commises par nos dirigeants, une des pires est d’avoir fait confiance aux accords signés avec les Etats-Unis en 2004. Les Iraniens et la Corée du Nord se rient de nous pour vous avoir fait confiance et pour avoir abandonné nos programmes d’armes nucléaires et biochimiques. Croyez-moi, mon cher, si Kadhafi quitte le pouvoir, vous allez le regretter parce que le peuple Libyen s’opposera avec plus de fermeté à vos projets que lui ne l’a jamais fait. »

Les dimanche 10 juillet, la France semblait se ranger aux côtés des Russes et des Chinois en appelant à l’arrêt immédiat des bombardements inutiles et contre-productifs, alors que de plus en plus de pays connaissent des manifestations contre les actions de l’OTAN en Libye. Le ministre de la défense français Gérard Longuet a déclaré à Paris qu’il était temps pour les loyalistes à Kadhafi, dont la France reconnaît que leur nombre est en croissance rapide, et les rebelles libyens de « s’assoir à une table pour trouver un compromis » parce que, a-t-il dit, « il n’y avait pas de solution par le recours à la force ».

L’OTAN et l’administration Obama ne peuvent pas participer au dialogue parce qu’ils seront les principaux perdants si la paix s’instaure en Libye et que Kadhafi reste au pouvoir.

Le ministre français de la défense s’était à peine exprimé, en accord avec l’opinion des militaires britanniques et italiens, que le Département d’Etat des Etats-Unis publiait une déclaration confirmant que « les Etats-Unis poursuivront leurs efforts en tant que membres de l’OTAN pour faire respecter la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU destinée à protéger les civils libyens de toute attaque ». Le porte-parole a omis de préciser que la résolution avait été appliquée dés le mois de mars en l’espace de 48 heures et qu’aucun avion libyen n’a pu voler depuis. Mission accomplie depuis plus de trois mois, donc.

Hilary Clinton a répété que « nos efforts en Libye prendront du temps, mais ne vous y trompez pas, la pression politique, militaire et économique sur Kadhafi s’accentue. Les alliés exerceront leur pression jusqu’à ce que le peuple libyen soit en sécurité, que ses besoins humanitaires soient remplis et qu’une transition du pouvoir soit fermement engagée. »

Et c’est ainsi. Le 9 juillet, l’OTAN a affirmé que son aviation avait accompli une nouvelle « frappe de précision sur une batterie de missiles libyenne prés de Tawurgha, au sud de Misrata. » Selon le bureau de presse, « Des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance de l’OTAN ont été menées pour s’assurer qu’il s’agissait d’un site militaire. Il a été confirmé que le site servait de base de lancement pour des attaques aveugles contre des civils libyens dans la région et constituait une zone de manœuvres pour des villageois pro-Kadhafi, dont la préparation d’attaques contre les forces rebelles près du port et de la ville de Misrata. » Le lendemain matin, le 10 juillet, les habitants locaux ont nié la présence de la moindre activité militaire dans la ferme visée et un examen des bâtiments n’en a révélé aucune.

L’OTAN est pilonné par les critiques, y compris lors de ses conférences de presse, particulièrement par des journalistes de groupes tels que ceux de Jane’s Defense Weekly qui s’y connaissent en armes et guerres. La semaine dernière, le magazine a tourné en ridicule le commandant de l’OTAN qui avait affirmé que la présence d’antennes paraboliques sur les toits était le signe évident qu’il s’agissant d’un « centre de commandement et de contrôle ». Le magazine a qualifié cette affirmation d’idiote.

Des sources du Congrès exigent des réponses de l’OTAN, notamment sur les incidents où des civils ont trouvé la mort à la suite de bombardements et de tirs de missiles (dont 70% sont fournis par les américains ce qui pose de sérieuses questions quant à la loi US de 1976 sur le contrôle de l’exportation des armes), questions transmises à un officier de liaison du Congrès avec l’OTAN pour commentaires.

Parmi les cas précis soumis à l’OTAN par des congressistes US on trouve :

1. le 13 mai 2011, une délégation de paix composée de dirigeants musulmans arrivée à Briga pour rechercher un dialogue avec des cheiks de l’est de la Libye a été bombardée à une heure du matin dans leur maison d’hôte par deux bombes US MK82. Onze cheiks ont été tués sur le coup et quatorze gravement blessés. L’OTAN a déclaré que le bâtiment abritait un « Centre de commandement et de contrôle ». Tous les témoins et le propriétaire de l’hôtel ont fermement démenti.

2. Tôt dans la journée du 20 juin, 8 missiles et bombes US fournis à l’OTAN ont frappé la maison de Khaled Al-Hamedi et ses parents et famille. Quinze membres de sa famille et amis ont été tués dont son épouse qui était enceinte, sa sœur et trois de ses enfants. L’OTAN a déclaré que la maison été un site militaire. Les témoins, voisins et observateurs indépendants nient la moindre activité ou présence militaire sur le site.

3. A la fin du mois de juin, sur la route principale à l’ouest de Tripoli, un autobus public avec ses 12 passagers a été frappé par un missile TOW, tuant tous ses passagers. L’OTAN a affirmé que les autobus publics étaient utilisés pour transporter des soldats. Les observateurs étrangers, dont moi-même, ont tous confirmé n’avoir vu aucune présence militaire à Tripoli, ni blindés ni matériel militaire d’aucune sorte.

4. le 6 juin, à 2h30 du matin, le complexe administratif central de la Haute Commission pour l’Enfance dans le centre de Tripoli, situé à pâtés de mon hôtel, a été bombardé par un total de 12 bombes/missiles. Le complexe hébergeait le centre du Centre National du Syndrome Downs dont ses archives et statistiques, la Fondation pour les Femmes Handicapées, le Centre pour les Enfants Handicapés, et le Centre de Recherche sur le Diabète.

5. le 16 juin, à 5h du matin, l’OTAN a bombardé un hôtel privé dans le centre de Tripoli, tuant trois personnes et détruisant un restaurant et un fumoir.

La réponse de l’OTAN a consisté à remercier les congressistes pour ces questions « intéressantes » et ensuite à expliquer, comme l’organisation le répéte ad nauseum, qu’ « en utilisant des sites civiles à des fins militaires, le régime de Kadhafi a une fois de plus démontré un mépris total pour la sécurité des civils libyens.  » La réponse se poursuivit : « Il est clair l’enjeu principal pour l’OTAN sont les accusations de victimes civiles, mais il est important de remettre ces accusations en contexte avec la mission de l’OTAN. Chaque victime civile constitue une tragédie. A l’évidence, plus nombreux que nous aurions souhaité, parfois, pour cause de problème techniques, lorsqu’une de nos armes rate sa cible militaire. Nous regrettons profondément ces accidents tragiques et nous transmettons systématiquement nos condoléances aux familles concernées. » Et encore ceci : « Lorsque l’OTAN pensera avoir fait des victimes civiles, nous l’annoncerons dès que nous aurons déterminé les faits. Si vous examinez notre historique après près de 15.000 sorties et près de 5.000 frappes, vous constaterez que nous avons tout fait pour épargner les civils et nous continueront de le faire. Pour finir, permettez-moi de vous rassurer que notre mission est menée en respectant la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU et que notre mandant stipule le recours à tous les moyens nécessaires pour empêcher les attaques ou la menace d’attaques contre les civils et les zones à populations civiles. »

Tandis que les pressions demandant la fin des bombardements augmentent sur la Maison Blanche, plusieurs propositions sont examinées par l’Union Africaine, les ambassades russes et chinoises, et même par certains « rebelles de l’OTAN, » et représentants du gouvernement Libyen à Tripoli.

Un scénario possible pourrait être une offre libyenne à Obama et à l’OTAN, sous forme de défaite honorable, qui inclurait une « retraite » de Kadhafi « sous sa tente pour y écrire et méditer » tandis qu’un dialogue serait instauré entre les tribus et les plus de 600 Congrès Populaires, chose qui aurait déjà du être autorisée, comme le député Dennis Kucinich et d’autres ont insisté dés février 2011, avant l’invasion de l’OTAN.

Franklin Lamb

http://www.informationclearinghouse.info/article28544.htm

Traduction Le Grand Soir  « récapitulons : l’OTAN tire avec certitude des armes de précision sur des civils pour sauver ces derniers des missiles supposément tirés par les autorités libyennes » par VD pour le Grand Soir avec probablement les bavures et dommages collatéraux habituels [0-25%]

12 juillet 2011

http://www.legrandsoir.info/libye-la-france-reconnait-l-echec-des-bombardements-de-l-otan-information-clearing-house.html



Grande-Bretagne

La mission de l'OTAN en Libye a déjà coûté 260 millions de livres sterling à la Grande-Bretagne.

La mission de l'OTAN en Libye a coûté jusqu'à présent 260 millions de livres sterling (292 millions d'euros) à la Grande-Bretagne, a déclaré jeudi le secrétaire britannique à la Défense Liam Fox.

L'opération coûte plus de 40 millions de livres (45 millions d'euros) par mois au contribuable britannique, a-t-il précisé.

Les avions et hélicoptères britanniques ont effectué quelque 200 sorties entre le 19 mars, début de la mission, et le 14 juin, selon les derniers chiffres disponibles.

Liam Fox avait auparavant précisé que la Grande-Bretagne et ses alliés utilisaient des "armes de précision onéreuses" en Libye pour limiter le risque de pertes civiles.

En mars, le ministre britannique des Finances George Osborne avait déclaré que la campagne militaire coûterait des "dizaines de millions, (mais) pas des centaines de millions" de livres.

23/06/11

 AP,



Italie

La coalition se fissure …

En réclamant un cessez-le-feu en Libye afin d'instaurer des couloirs humanitaires, l'Italie a ouvert la voie à une sérieuse division au sein de l'Otan.

En Libye, la guerre est longue et meurtrière. A tel point que Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères, a réclamé ce mercredi « une suspension immédiate des hostilités » pour instaurer « de vrais couloirs humanitaires » dans le pays en proie à un conflit depuis plus de quatre mois. La France a aussitôt répondu par la négative, estimant « qu'une pause, même a des fins humanitaires, risquerait de permettre au leader contesté Mouammar Kadhafi de gagner du temps et de se réorganiser ».

Mais pour Franco Frattini, un arrêt immédiat des hostilités « permettrait d'éviter ce que le CNT (Conseil national de transition) craint le plus, à savoir une consolidation de la partition en deux du pays ». Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen a très vite mis fin à la dispute : « L'Otan va continuer sa mission parce que si nous arrêtons, d'innombrables civils pourraient perdre la vie », a-t-il affirmé. Avant de reconnaître que l'Alliance était responsable de la mort de neuf civils dans la frappe nocturne à Tripoli du 19 juin...

De son côté, la ministre danoise des Affaires étrangères, Lene Espersen, en visite à Benghazi, a reproché à certains membres de ne pas s'investir suffisamment dans la mission de l'ONU. Même si l'Italie est revenue plus tard sur sa position en indiquant qu'il s'agissait d'une « hypothèse de travail », pour Barah Mikaïl, directeur de recherche à l'IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques), « ces déclarations expriment un désaccord international sur l'intervention libyenne, sachant que les objectifs de départ n'on pas été respectés ».

Selon lui, il n'est pas à exclure que d'autres pays « abondent dans le sens des Italiens ». Au premier rang les Etats-Unis, où le Congrès se penchera le 28 juin sur l'autorisation « d'actions limitées » en Libye. Mais pour Barah Mikaïl, le principal problème est d'ordre humanitaire. « Lors de sa visite à Paris, Vladimir Poutine a rappelé une chose essentielle : l'Otan n'a pas respecté sa mission qui incluait la protection des civils libyens ».

http://www.metrofrance.com/info/libye-la-coalition-se-fissure/pkfv!NTwMYi5Z8qqm6LQG3joBGw/ 


d) Institutions internationales.

CPI

La CPI étudie une pétition contre des membres de l'OTAN et de l'UA
Afrique du Nord - Libye
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, envisage d'élargir ses investigations sur la Libye pour  inclure 'la possible complicité de membres de l'Union africaine et de l'OTAN dans les violations graves des droits humains perpétrées actuellement dans le pays', a annoncé ce mardi une ONG nigériane.

L'Organisation non-gouvernementale 'Projet pour les droits économiques et la responsabilité' (SERAP) a révélé dans un communiqué obtenu par la PANA que la décision, qui fait suite à une requête en ce sens de l'ONG, est contenue dans une lettre du bureau du procureur adressée à SERAP et indiquant que la requête est soumise à l'étude de conformité avec le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Pour l'avocat de SERAP, Me Femi Falana, 'c'est vraiment une évolution significative et ceci montre que le procureur de la CPI ne recule pas, quand il y a des allégations de violation sérieuse des droits de l'Homme et de possibles crimes contre l'humanité contre des populations civiles et des migrants.

http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye:-la-cpi-etudie-une-petition-contre-des-membres-de-l%27otan-et-de-l%27ua-2011071318086.html



Dans les coulisses 

La Libye au cœur des débats

Quand on sait que ni les USA ni la Lybie n’ont reconnu la compétence du CPI, on peut ce demander quel est la légitimité de ses décisions dans ce conflit.

La CPI va-t-elle enquêter sur les crimes de guerre de l'Otan

Je ne me souviens pas que le Monde ait eu  besoin de mettre des guillemets lorsqu'il a annoncé l'inculpation de Kadhafi pour «crimes contre l'humanité» ?

L’avocat Marcel Ceccaldi demande une enquête de la CPI sur les "crimes de guerre" de l'OTAN

LEMONDE.FR avec AFP | 04.07.11 | 
Un avocat français, Marcel Ceccaldi, a annoncé lundi 4 juillet avoir adressé au nom du régime de Mouammar Kadhafi une lettre au procureur de la Cour pénale internationale pour contester ses investigations et lui demander d'engager une enquête pour "crimes de guerre" contre l'OTAN.

L'enquête du procureur Luis Moreno-Ocampo – qui a débouché sur la délivrance par la CPI le 27 juin d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre Mouammar Kadhafi, son fils Saïf Al-Islam et le chef du renseignement libyen Abdallah Al-Senoussi –, "n'a pas été effectuée dans les règles internationalement admises", a dénoncé l'avocat lors d'une conférence de presse.

"On ne sait pas comment [M. Moreno-Ocampo] a procédé, on ne sait pas qui est allé sur place, quand, comment les gens ont vu ces victimes ou prétendues victimes", a poursuivi Me Ceccaldi, qui précise avoir été mandaté à la fin de juin par le ministre de la justice Mohamed Al-Gamoudi pour représenter les intérêts de la Jamahiriya arabe libyenne.

"BOMBARDEMENTS DE CIVILS"

Il a, par ailleurs, estimé que la résolution 1973 était "détournée de son objet" et a demandé au procureur d'engager une enquête sur les bombardements menés par l'OTAN en Libye, les qualifiant de "crimes de guerre".

"L'OTAN bombarde à la fois ce qui était à l'origine des positions militaires et maintenant des objectifs qui sont des objectifs civils", a-t-il accusé, reprenant des informations véhiculées par les médias d'Etat libyens. D'après la télévision d'Etat libyenne, des raids de l'OTAN ont visé, lundi à l'aube, le port de Zouara et des points de contrôle "civils" dans cette ville située à 120 kilomètres à l'ouest de Tripoli.

"Ces faits-là sont définis par le statut de Rome [traité fondateur de la CPI], ce sont des crimes de guerre dès lors que des bombardements sont effectués sur des objectifs où se trouvent des populations civiles", a-t-il insisté. "Vous serez tenu d'accueillir les plaintes des victimes", a-t-il lancé à l'adresse du procureur.

"Si M. Moreno n'engage pas une enquête sur ce point, cela signifiera que la CPI est une justice à double standard (...), que cette juridiction n'est ni équitable, ni indépendante, ni impartiale", a ajouté Me Ceccaldi qui a notamment été l'avocat de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

Guerre pour la démocratie en Libye, état de la démocratie en Belgique... 

Trois mois ont passé depuis ce jour fatidique où le parlement belge a voté à la quasi unanimité l’engagement de notre pays dans la guerre de l’Otan contre la Libye. Maintenant, certaines voix s’élèvent parmi les parlementaires pour émettre des doutes sur la poursuite de cette participation et sur les objectifs de celle-ci. Mais le parlement, en votant l’intervention de la Belgique, le 21 mars dernier, s’est délibérément privé de tout moyen d'avoir une quelconque influence sur la poursuite de la guerre. Le gouvernement belge en affaires courantes s’est fait fort de ce soutien pour poursuivre des objectifs qui étaient déjà clairs depuis des mois : le renversement du gouvernement de Kadhafi et la mise en place d’un nouveau "pouvoir". Il n’est pas vrai que l’intervention militaire otanienne a changé de nature, comme le disent aujourd’hui certains parlementaires. Ce qui est vrai, c’est que l’Otan n’a pas atteint son but après trois mois de bombardements intensifs et chaque jour plus meurtriers contre les populations civiles qu’on était censé protéger. Et cela oblige à ouvrir un peu les yeux.

L’engrenage de la guerre est en marche. Le gouvernement belge, toujours en affaires courantes, a prolongé de trois mois (et peut-être même "indéfiniment", comme vient de le proclamer le ministre De Crem) la participation belge aux frappes de l’Otan, et ne tardera pas à faire allégeance politique : la reconnaissance du Conseil National de Transition (les rebelles de Benghazi) comme "représentant légitime du peuple libyen" n’est pas loin. Déjà 13 pays membres de l’Otan ont franchi le pas.
Un seul missile coûte 350 000 euros, une bombe coûte entre 15.000 et 25.000 euros pièce. Les estimations minimales du ministère de la "défense" sont de près de 15 millions d'euros pour 3 mois, cela alors que les menaces d’économies dans les budgets sociaux se font de plus en plus pressantes.

Quand des partis se disant partisans d’un idéal progressiste, rejettent toute solution diplomatique et politique et s’engagent dans une guerre comme celle contre la Libye, ils enterrent eux-mêmes la démocratie dont ils se revendiquent. Certains avaient ces derniers mois pris des positions certes tardives, mais remarquables contre l'engagement de la Belgique dans la guerre d'Afghanistan, dénonçant l'hypocrisie des motifs humanitaro-sécuritaires officiels, et réclamant explicitement le rapatriement des bombardiers belges. Mais ce sont les mêmes qui ont signé des deux mains l'entrée de la Belgique dans cette guerre, qui a tout d'un bourbier annoncé. Faudra t'il attendre dix autres années pour qu'ils réalisent qu'ils se sont laissés duper encore une fois par le miroitement humanitaire de l'«intervention» ?

Notre pays est l'un des pays les plus lourdement engagés dans cette guerre. Outre un navire de guerre croisant au large de la Libye, six chasseurs-bombardiers F-16 participent aux bombardements et ils ont déjà largué plus d'une centaine de bombes. Après 3 mois de bombardements quotidiens, c'est ici un silence radio quasi-total sur cette guerre où est impliquée à ce point la Belgique. Notre empêtrement militaire a été couvert par des monceaux d'infos médiatiques et divertissantes, mariage princier, béatification d'un pape, nième mort de Ben Laden – le jour même où l'Otan ciblait un fils et 3 petits-enfants de Kadhafi. Manifestement la population doit être tenue à l'écart de sujets aussi futiles que la guerre menée par notre propre pays. Curieuse conception de la démocratie, qu'on prétend aller exporter là-bas à coup de bombes.

Bulletin trimestriel du Comité de surveillance Otan,
Numéro 42, avril - mai - juin 2011

Site internet : www.csotan.org


n° 91(Bis)- Journal des Guerres de l'Otan. (Suite) - 26-06 au 25-07 - a1p : Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?


n° 91(Bis)-  Journal des Guerres de l'Otan. (Suite) - 26-06 au 25-07 - a1p : Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan. (Suite)

Opération Unified Protector

n° 91(suite & fin)- 26-06 au 25-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

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e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

4-1 Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?

4-2 L'Otan voudrait faire taire Thierry Meyssan.

4-3 VIDEO : Sarkozy, combien d’enfants as-tu tués cette nuit ?

4-4 Michel Collon interpelle M. Leterme.

4-5 Raid OTAN : Un chercheur soutient que l’OTAN dévoile les mensonges sur la guerre.

5 Brèves

5-1 Séminaire à Tripoli sur l'impact des opérations de l’OTAN sur la santé nutritionnelle en Libye.

5-2 Washington pourra financer les rebelles.



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?

Khadafi à raison, il a déjà gagné la guerre médiatique, l'OTAN n'a plus aucune crédibilité, et on parlera même pas de la France et l'Angleterre!

Et au faite... ou sont les images des entrée triomphale des libérateur (les rebelles) dans les villes?

Ah, elle n'existe pas, les populations fuient avant leur arrivées...
+++++

"Des raids de l'Otan ayant visé un dépôt de produits alimentaires" c'est pire que honteux.

On détruit des dépôts de produits alimentaires alors qu'un peu plus bas, dans la corne de l'Afrique les gens meurent de faim.

Guerre inutile, injuste, lâche. Juste pour du pétrole et de la gloire. Honte à vous. Bizarre, on a plus entendu Bouchard. Celui qui avait dit il y a longtemps "on va terminer la mission". Il doit se taper la tête contre les murs en disant "Il est terré où ce putain Kadhafi, cela fait 3 mois qu'on me demande de le descendre".

 


L'Otan voudrait faire taire Thierry Meyssan

(vidéo à regarder et écouter absolument)

http://www.dailymotion.com/Mecanopolis#videoId=xjmqzz

 

VIDEO : Sarkozy, combien d’enfants as-tu tués cette nuit ?
Michel Collon
Non il n'existe pas de « guerre propre » !

Michel Collon nous envoie un reportage depuis la Libye. Il nous montre ce que les bombes de l'OTAN peuvent faire loin des caméras de télévision.

12 juillet 2011
http://www.michelcollon.info/VIDEO-Sarkozy-combien-d-enfants-as.html

 

 

Michel Collon interpelle M. Leterme.
Après un séjour de deux semaines en Libye, Michel Collon interpelle M. Leterme, Premier ministre belge, qui a suivi l'OTAN dans l'attaque sur la Libye.
VOIR LA VIDEO

 


Raid OTAN : Un chercheur soutient que l’OTAN dévoile les mensonges sur la guerre.

Les récentes 'bavures militaires' de l’OTAN en Libye et les voix discordantes des membres de l’Alliance qui ont commencé à s’élever à propos de l’opération militaire en cours, viennent corroborer les mensonges véhiculés par le camp occidental sur cette guerre en Libye, affirme le chercheur Allain Jules. Dans un article publié par le «Nouvel Observateur» intitulé «L’implacable vérité sur le mensonge occidental», Allain Jules affirme que «le peuple occidental a fait le constat amer que la guerre contre la Libye de Mouammar Kadhafi lui a été vendue sur des plateaux de télévision avec maestria». Il rappelle les pronostics des experts qui «pensaient réellement que le conflit allait durer une semaine, voire deux», affirmant à l’égard du guide Kadhafi que «hélas, le donateur de l’Afrique et pourfendeur de l’Europe tient toujours bon».
Autre mensonge révélé par M. Jules concerne la nature des hommes qui conduisent «la révolution libyenne» qu’il a qualifié «d’hommes de l’Est libyen, de l’ancienne Cyrénaïque du roi Idriss Senoussi qui ont cru bon de prendre les armes pour déstabiliser un pays dont tous les indicateurs étaient au vert».
Il a également mentionné les conclusions d’une mission du Centre international de recherches et d’études sur le terrorisme et l’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) soulignant que la «révolution libyenne n’est ni démocratique, ni spontanée. Il s’agit d’un soulèvement armé de la partie orientale du pays, dans un esprit de revanche et de dissidence qui tente de s’inscrire dans la dynamique du printemps arabe dont il ne relève cependant pas».
Selon M. Jules, la situation sur le terrain démontre une impasse totale «après trois mois de turpitudes et face à la résistance du régime Kadhafi qui a multiplié des appels à la paix et malgré les bombardements de l’OTAN, rien n’y fait. Tous les scénarii sont préparés, notamment celui d’un assassinat de Kadhafi et même d’une nouvelle violation de la résolution 1973 de l’ONU, avec un déploiement des troupes au sol ne peuvent masquer l’échec cuisant de cette guerre qui déssert chaque jour davantage les puissances occidentales».
Il a dénoncé l’exigence des pays occidentaux réclamant le départ du guide Mouammar Kadhafi, affirmant que cette revendication «ne réside sur rien et est aussi une violation manifeste du droit international. Aucun peuple ou dirigeant du monde n’a de droit sur un président d’un quelconque pays».
Pour ce bloggeur, le pot-aux-roses a été découvert avec toutes les promesses faites «par les renégats de Benghazi à ceux qui font la révolution à leur place. Non seulement, une base israélienne sera installée à la frontière avec l’Algérie, mais le CNT a promis de reconnaître l’Etat d’Israël».
Sur le plan économique, M. Jules a affirmé que l’opposition à Benghazi pour combler le tout octroiera des décennies de concessions pour l’exploitation du pétrole libyen et du gaz, remettant en cause la nationalisation de ces produits qui font de la Libye le pays d’Afrique qui a le Produit intérieur brut le plus élevé.

  25/06/2011

http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye:-un-chercheur-soutient-que-l%E2%80%99otan-devoile-les-mensonges-sur-la-guerre-2011062516398.html



3 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Séminaire à Tripoli sur l'impact des opérations de l’OTAN sur la santé nutritionnelle en Libye.
Un séminaire scientifique sur l'impact des opérations militaires de l'OTAN sur la santé des aliments d'origine animale en Libye a été organisé dimanche par la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université Al-Fateh de Tripoli, avec la participation d'un groupe de professeurs, chercheurs et étudiants.

La rencontre a porté sur le rôle des centres de contrôle des aliments au niveau des frontières de la Libye dans la sécurité des aliments d'origine animale et la pandémie du E. coli hémorragique et son impact sur la santé de la communauté à la lumière de la guerre menée par l'OTAN contre le pays.

Les participants se sont penchés sur plusieurs études de recherche à ce système sujet, y compris la stratégie pour le contrôle des aliments et son impact sur le contrôle des maladies transmises par l'alimentation et le rôle des centres de contrôle des aliments au niveau de la frontière libyenne, ainsi que les concepts épidémiologiques de la pandémie de E. coli du colon.

Le séminaire recommande l'importance de la coopération des centres de contrôle des aliments et des centres de lutte contre les maladies et l’activation des centres vétérinaires de mise en quarantaine dans toutes les frontières de la Libye, l'application des lois et règlements sur l'assurance alimentaire et la santé des citoyens, l’insistance sur les conditions de santé pour faire face à des aliments d'origine animale et sur l’élaboration des programmes afin de détecter les épidémies et les maladies résultant de la nourriture d'origine animale.

Le communiqué final de la rencontre souligne que les opérations militaires de l'OTAN ont affecté les infrastructures de base du pays, les bâtiments et les sièges des centres de recherche, de contrôle et d'inspection, ce qui a eu un impact négatif sur l'alimentation des citoyens libyens et sur leur santé.

19/07/2011

PANA 

 


Washington pourra financer les rebelles

Désormais, Washington pourra donc financer les rebelles grâce à plus de 30 milliards de dollars d'avoirs détenus par le régime de Kadhafi et gelés dans les banques américaines

Les plus de 30 milliards de dollars d'avoirs "détenus par le régime de Kadhafi", sont les fonds souverain libyens, pas "les biens du régime de Kadhafi", et le "gel" dans les banques américaines (et européennes) et le dégel au profit des hommes de mains de l'Occident, est du vol pur et simple, aux lourdes conséquences pour toute l'Afrique : voir l'article de Dinucci ci-dessous.

Washington pourra financer les rebelles

(Tiré du Figaro)

Les États-Unis ont annoncé officiellement vendredi, par la voix de la secrétaire d'État, Hillary Clinton, qu'ils reconnaissaient le Conseil national de transition (CNT, représentant les insurgés) comme le seul gouvernement légitime de la Libye. «Jusqu'à la mise en place d'un cabinet de transition, les États-Unis reconnaîtront le CNT en tant qu'autorité gouvernementale légitime en Libye, et nous traiterons avec lui sur cette base», a-t-elle dit. Le CNT a donné «des garanties» sur les réformes démocratiques qu'il compte lancer une fois au pouvoir, a-t-elle souligné. Désormais, Washington pourra donc financer les rebelles grâce à plus de 30 milliards de dollars d'avoirs détenus par le régime de Kadhafi et gelés dans les banques américaines. Les États-Unis avaient déjà reconnu le CNT comme interlocuteur légitime représentant le peuple libyen, sans toutefois le reconnaître officiellement comme gouvernement de Libye.


n° 91(Bis)- Journal des Guerres de l'Otan. (Fin) - 26-06 au 25-07 - a1p : Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?


n° 91(Bis)-  Journal des Guerres de l'Otan. (Fin) - 26-06 au 25-07 - a1p : Et certain arrive encore à parler de "protection des civiles"?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

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Journal des Guerres de l'Otan. (Suite)

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b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

6  Dossiers

6-1 M. Zemmour :  «L'Otan doit cesser de violer la souveraineté libyenne» .

6-2 Claudine Pôlet : La guerre contre la Libye et le « nouveau concept stratégique » de l’Otan.

6-3 Roland Marounek : La destruction humanitaire de la Libye.

6-4 Marcel Poznanski : La guerre n’est pas un jeu…

6-5 Vladimir Caller : Libye, Côte D’Ivoire : Sarkozy jouant au néo-conservateur ?.

6-6 Thierry Meyssan : L’OTAN face à l’ingratitude des Libyens.


4  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

M. Zemmour :  «L'Otan doit cesser de violer la souveraineté libyenne»  

Entre actions diplomatiques et opérations militaires sur le terrain, la situation en terre libyenne risque un enlisement entraînant la mort de plusieurs personnes, dont des civils et des innocents.
Au vu de la tournure des évènements, la solution pacifique, à l'issue des négociations entre les parties libyennes en conflit, semble s'imposer, pour mettre fin à une autre inutile.
Cette situation «très préoccupante» a d'ailleurs poussé le leader libyen El Kadhafi à continuer à appeler à l'arrêt immédiat des bombardements de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) sur son pays qui ont fait plusieurs victimes dont des enfants. Après la demande formulée jeudi pour une «réunion d'urgence» du conseil de sécurité des Nations unies pour mettre un terme aux attaques de l'Otan, El Kadhafi a sollicité,
vendredi, l'intervention du Nigeria pour mettre fins aux raids des avions de l'Otan. Cette demande figure dans un message du guide transmis au président nigérian, Goodluck Jonathan, par le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdulahi Obaidi. Dans son message, il affirme que «l'Otan doit cesser de violer la souveraineté de la Libye en tant que nation». «Puisque la crise en Libye est interne, une intervention extérieure n'a aucune raison d'être», a-t-il écrit.
Le président Jonathan a promis, selon l'émissaire libyen, de soumettre la question au prochain sommet des chefs d'État de l'Union africaine (UA) qui débutera le 29 juin à Malabo, en Guinée équatoriale.
Sur le terrain, la télévision libyenne fait état de quinze tués et plus de 20 blessés dans un raid de l'Otan qui a visé des sites civils à Brega, carrefour stratégique et cité pétrolière dans l'est de la Libye. Les attaques ont touché une boulangerie et un restaurant à Brega, faisant quinze martyrs et plus de vingt blessés parmi les clients qui fréquentaient ces endroits, selon la même source. Dans son rapport quotidien,

 L'Alliance atlantique a indiqué avoir visé vendredi 35 cibles dont des véhicules et installations militaires dans la région du port pétrolier de Brega, à 800 km de Tripoli et à 240 km au sud-ouest de la ville rebelle de Benghazi. De son côté, la Chambre des représentants américaine a rejeté, vendredi, un texte autorisant l'intervention militaire des Etats-Unis en Libye. Une position qualifiée de «revers important» pour le président Barack Obama.

La Chambre, à majorité républicaine, a rejeté le texte par 295 voix contre 123. Les représentants devaient ensuite se prononcer sur une résolution visant à réduire l'action militaire américaine aux côtés des alliés de l'Otan en Libye. La Maison Blanche s'est dite «déçue» par le vote.
Cette Chambre a cependant rejeté lors de la même séance un texte qui prévoyait de réduire les fonds destinés à financer les frappes américaines contre les forces du dirigeant libyen. Il faut dire que le ton est monté cette semaine au Congrès, où nombre d'élus,
y compris des démocrates, sont furieux que le président n'ait pas demandé au Congrès son avis avant d'ordonner en mars les bombardements contre le régime libyen.
Le président français a indiqué pour sa part que les Alliés ne laisseront pas tomber la Libye, assurant que «les opérations se poursuivront jusqu'à ce que les Libyens puissent construire leur démocratie». Réunis en sommet à Bruxelles, les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-Sept ont réitéré leur appel à un départ «immédiat» de Kadhafi et leur soutien au Conseil national de transition (CNT) pour son «rôle essentiel». «La transformation démocratique de la Libye reste d'un intérêt primordial pour l'UE», souligne la déclaration finale.
M. Zemmour

26/06/2011

http://www.letempsdz.com//content/view/59311/1/


Claudine Pôlet : La guerre contre la Libye et le « nouveau concept stratégique » de l’Otan.

Le Sommet de l’Otan de Lisbonne – novembre 2010 – s’est félicité de l’adoption de son Nouveau Concept Stratégique, considérant, dans sa Déclaration Finale, que celui-ci rend l’Alliance « apte à défendre ses pays membres contre toute la gamme des menaces, capable de gérer les crises les plus difficiles et mieux à même d’œuvrer avec d’autres pays et d’autres organisations pour promouvoir la stabilité internationale ».

La Déclaration finale du Sommet dit aussi que « La stabilité et la fiabilité des approvisionnements énergétiques, la diversification des itinéraires d’acheminement, des fournisseurs et des ressources énergétiques et l’interconnexion des réseaux énergétiques demeurent d’une importance capitale… et nous intégrerons, s’il y a lieu, les considérations de sécurité énergétique dans les politiques et les activités de l’Otan ».

« La paix et la stabilité dans la région méditerranéenne sont essentielles pour la sécurité euro-atlantique. Nous entendons développer encore le Dialogue Méditerranéen, en accroissant ses dimensions politiques et pratique, afin de renforcer la confiance mutuelle et de relever ensemble les défis de sécurité communs dans cette région. ».

L’agression militaire de l’Otan contre la Libye s’inscrit dans la mise en œuvre du Nouveau Concept Stratégique. Ce que le Sommet de l’Otan appelle la stabilité et la sécurité des approvisionnements énergétiques concerne plutôt la sécurité des intérêts des multinationales et la stabilité des politiques libérales qui dirigent nos pays. La Libye, l’Iran ou la Syrie, qui sont toujours dans le collimateur de l’Alliance, sont considérés comme des « menaces » car leurs gouvernements ont cherché et essaient de défendre une politique d’indépendance et souveraineté et veulent disposer des ressources énergétiques pour développer leur pays. L’Arabie saoudite, les autres pays du Golfe ne sont certes pas des « menaces », puisque leurs gouvernements laissent grand ouvertes les portes à l’Occident.

Les grandes luttes populaires de ces derniers mois ont déjà porté des coups importants aux gouvernements alliés de l’Otan dans la région au travers du « Dialogue Méditerranéen », dont l’Égypte, la Tunisie, le Maroc. Le principal allié, Israël, se trouve affaibli. Depuis les débuts des mobilisations dans plusieurs pays du Golfe et du Maghreb, l’Otan a augmenté ses actions de surveillance, et de mises en alerte tous azimuts. La Libye était une des cibles potentielles.

Début février, l’Otan crée un nouveau partenariat avec le Qatar, le Secrétaire Général Rasmussen y déclare « nous pouvons faire beaucoup ensemble, en particulier en ce qui concerne la sécurité énergétique, qui est un défi pour nous tous ». Quelques semaines plus tard, on voit le rôle charnière rempli par le Qatar pour instaurer le Conseil National de Ben Ghazi, pour servir de banquier , et de représentant politique du « monde arabe », et fournir sa part d’appui militaire à l’Otan dans ses bombardements criminels. Début mars, bien avant le vote de la Résolution 1973, l’Otan concentre son système aérien de surveillance AWACS pour contrôler le ciel libyen 24h sur 24 et préparer ainsi la « no fly zone ».

Le Nouveau Concept Stratégique relègue l’ONU au rang de simple partenaire. La Déclaration du Sommet de Lisbonne affirme « sa volonté d’approfondir la coopération pratique et développer le dialogue politique sur des questions d’intérêt commun… notamment pour la gestion des crises dans lesquelles les deux organisations interviennent ».

L’Otan s’arroge le droit de faire appliquer des résolutions de l’ONU. La Résolution 1973 du Conseil de Sécurité est kidnappée par l’Otan qui se déclare le meilleur prestataire de sécurité et le seule capable de garantir l’embargo sur les armes vers la Libye et d’assurer la protection des civils !

L’Otan dispose des bases militaires des pays membres, dans tout le pourtour de la Méditerranée.

Elle procède régulièrement à des manœuvres navales et des entraînements dits de lutte anti-terroriste comme l’Operation Active Endeavour, et à des vols d’entraînement des F-16 et autres bombardiers à partir des aéroports grecs, italiens ou turcs.

Les principaux États qui poussaient à la guerre pour renverser le gouvernement de Kadhafi sont les États Unis, la France, la Grande Bretagne. Mais aucun d’eux ne pouvait se permettre d’agir pour son propre compte. Les autres pays membres de l’Otan, en particulier l’Italie, la Turquie et l’Allemagne après avoir manifesté beaucoup d’hésitations, se sont quand même tous ralliés à la grande croisade otanienne. La Belgique a fait du zèle et se trouve parmi les plus impliqués. Aujourd’hui, l’Otan est tout entière engagée On dirait que cette guerre est un exercice de mise en pratique des capacités de l’Otan à lancer sur mer et dans les cieux, des engins de guerre les plus sophistiqués et à coordonner des forces armées de différents pays. Une sorte de laboratoire aussi sur sa capacité de détruire un pays, sans y envoyer de troupes au sol. Toutes sortes d’armes sont essayées. Dont très probablement des armes à uranium appauvri. On est loin de toutes les justifications morales, type droit de l’homme, défense de la démocratie, responsabilité de protéger les civils. La 3e guerre de l’Otan est envoyée et ce ne sera pas la dernière. C’est un engrenage infernal, et on ne pourra s’en libérer que par une politique de rupture avec l’OTAN !

Claudine Pôlet


Roland Marounek : La destruction humanitaire de la Libye

De la honte d'être pacifiste pendant une juste guerre

L'image est pour beaucoup tout à fait claire : la communauté internationale s'est émue à juste titre de la cruauté de Kadhafi bombardant son propre peuple. L'intervention occidentale a permis d'éviter un bain de sang à Benghazi. L'Otan agit pour le peuple libyen, mandatée par la Communauté Internationale dans une intervention humanitaire sanctifiée par une résolution des Nations Unies

Face à ce schéma, la réaction des groupes pacifistes et progressistes a été pour le moins embarrassée et ambiguë. Les pacifistes devaient absolument, avant tout autre débat et argument, démontrer qu'ils adhéraient tout à fait au schéma imposé, "le fou sanguinaire Kadhafi massacre son propre peuple". Les arguments pacifistes ont donc tourné autour des points qui n'avaient aucunes chances de perturber la bonne conscience des partisans de l'intervention pour protéger la population libyenne d'un massacre.

"La guerre n'est pas une solution" ? Oui, mais il y avait urgence : il fallait intervenir militairement, ou alors laisser se produire le massacre annoncé. "Les bombardements de l'Otan risquent de toucher des innocents" ? Peut-être, hélas, mais les Libyens qui sont en train d'être massacrés par des bombardements non chirurgicaux eux, ne sont-ils pas des innocents ? "L'Occident agit là par intérêts économiques, c'est une guerre pour le pétrole" Tant pis ou tant mieux, si des intérêts économiques douteux permettent d'éviter un bain de sang. "Deux poids, deux mesures, on laisse massacrer ailleurs…" Pour reprendre l'argument du Soir : "aurait–on dû dire aux rebelles sur le point de se faire massacrer : désolé pour vous, on n’est pas intervenu au Bahrein ni à Gaza, donc on ne peut le faire pour vous ?"

En bref ceux qui s'opposent à la guerre juste de l'Otan doivent avoir honte de proposer de laisser se produire un inéluctable massacre de la population.

Aucun groupe "pacifiste" organisé n'ose vraiment remettre en question cette image de base. Comme s'ils avaient complètement oublié, que chaque guerre des temps modernes a été présentée comme ayant de nobles objectifs, dans lesquelles les atrocités et massacres de l'autre jouaient un rôle essentiel. Hitler n'a jamais déclaré autre chose que vouloir protéger les minorités allemandes de Tchécoslovaquie puis de Pologne, qui étaient massacrées ou victimes d'abominables atrocités. Aux oubliettes, les couveuses de Koweit-City, en 1990, et la préparation psychologique de l'invasion de 2003 de l'Irak, martelée ici sur le thème de "Saddam Hussein qui a massacré son propre peuple". La guerre du Kosovo était basée sur un plan de génocide imminent des Kosovars qui n'a de fait jamais existé, et l'opinion publique a été manipulée par des récits et des chiffres invérifiables (et invérifiés après coup).

Pourquoi donc cette guerre-ci ferait-elle exception à la règle ?

Manifestants civils

Il est très malaisé de savoir ce qui s'est passé exactement aux premiers jours de la révolte libyenne. Ce qui est tout à fait certain en revanche, et qui aurait dû au moins nous mettre sur nos gardes, c'est que nous avons été soudain soumis à un déluge d'"informations" particulièrement orientées, unilatérales, et parfaitement invérifiables.

En ce mois de février, tout le monde avait en tête l'image des protestations pacifiques, à Tunis et au Caire, des manifestants, obtenant apparemment par leur seule détermination la chute de Ben Ali et de Moubarak. Faire le parallèle mécanique avec ce qui survint alors en Libye était donc inévitable.

Mais pourtant et dès les premiers jours, il était clair qu'il ne s'agissait pas du même cas de figure. Ce n'était pas des manifestants civils pacifiques qu'on voyait, mais bien des personnes qui avaient pris les armes, des rebelles armés qui avaient pris le pouvoir par les armes dans plusieurs villes

On a maintenu assez longuement contre toute évidence la fable de "manifestants civils désarmés", alors même que la télé nous présentait des gens armés, de la kalachnikov aux batteries anti-aériennes. À mesure que la guerre avançait, on apprenait petit à petit qu'ils disposaient de chars (lorsque l'Otan en a bombardé par erreur une colonne), d'avions de chasse et d'hélicoptères de combat…

Il est légitime de penser que les rebelles libyens ont raison de se soulever contre leur gouvernement, et que leur cause est juste. On peut discuter sur cette base là. Il est par contre complètement malhonnête de présenter des rebelles armés comme le peuple libyen. Il y a là un trucage grossier, mais qui a parfaitement fonctionné

Par ailleurs, après près de trois mois de combat la rébellion malgré l'énorme arsenal de l'Otan à sa disposition, n'arrive pas à avancer : la réalité contredit directement l'histoire du clan Kadhafi juste soutenu par une poignée de mercenaires contre tout son peuple.

Kadhafi bombarde son propre peuple

Le gouvernement libyen (qu'il faut absolument qualifier de "régime de Kadhafi" pour ne pas être suspect, et tout le monde, à commencer par la gauche, obéit à la règle), aurait donc bombardé son propre peuple. Il n'y a pourtant aucune évidence que des bombardements de populations civiles par les forces gouvernementales n'aient jamais eu lieu en Libye. "Les informations - un temps diffusées - selon lesquelles des bombardements aériens auraient provoqué un carnage parmi des habitants n’ont pas, à ce jour, été vérifiées", écrit Le Monde le 11 mars ; mais le même article évoque la possibilité que Kadhafi bombarde Benghazi au gaz moutarde !! Une fois qu'on est convaincu de la monstruosité de l'autre, plus aucune évidence n'est nécessaire.

Les demandes expresses d'enquête, faites par le gouvernement libyen même sont demeurées lettre morte. L'essentiel était d'avoir cette image imposée comme une certitude dans l'opinion publique occidentale. Kadhafi a bombardé les manifestants avec son aviation ! Après cela tout ce que pouvait dire ou faire le gouvernement libyen était d'office disqualifié – tout ce qu'il pouvait dire était devenu inaudible, voire même retourné contre lui.

Les rivières de sang

Un exemple symptomatique de ce retournement de sens, et qui a joué un rôle essentiel dans cette guerre, est la fameuse phrase d'un des fils de Kadhafi, selon laquelle il menaçait son peuple de rivières de sang s'il osait manifester contre son Guide. Cette phrase a été reprise et répétée ad nauseam, pour donner l'image parfaite d'une tyrannie démente.

« L'action de la France se situe dans le strict respect de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies d'abord, et dans le cadre d'une mobilisation en faveur de la population libyenne persécutée par Kadhafi, dont le fils avait promis des rivières de sang à son peuple », affirme le porte-parole de la diplomatie française. « Les menaces proférées par le fils du président Kadhafi, ‘de faire couler des rivières de sang’ sont choquantes », déclare la présidente de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme. Le secrétaire national du Parti Communiste français : « Le fils de Kadhafi menace d'entraîner le pays dans la guerre civile avec le risque de rivières de sang. Ces déclarations sont consternantes »

C'est un cas de manipulation particulièrement intéressant. Voici les propos exacts de Seif Al Islam : « La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd'hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas 84 morts, mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye » : Autrement dit, en langage occidental bien civilisé, il ne dit pas autre chose que ceci : "Il faut tout faire pour éviter une guerre civile, qui provoquerait en Libye énormément de morts". C'est une phrase malheureusement tout à fait juste. Les "rivières de sang" sont celles qui coulent actuellement du fait de la guerre civile, et de la décision délibérée de saboter toute proposition de cessez-le feu et de négociations. La malhonnêteté patente de monter en épingle cette phrase devrait faire réfléchir toute personne qui croit en la nécessité morale de cette guerre.

Atrocités contre les civils

Le bain de sang a t'il été évité in extremis à Benghazi grâce à l'intervention occidentale, comme il nous a été martelé sur tous les tons ? Oui, sans le moindre doute, dès qu'on souscrit à l'image initiale d'un clan Kadhafi sanguinaire voulant massacrer son propre peuple. Si par contre on réalise que les rebelles sont en proportion certainement non négligeable composé de soldats de l'armée gouvernementale ayant fait défection, des questions surgissent immédiatement. Pourquoi donc les soldats 'de Kadhafi' seraient composés d'impitoyables tueurs, violeurs, massacreurs, pendant que les soldats 'ex-de Kadhafi' qui pour l'une ou l'autre bonne ou moins bonne raison, sont passés sous l'autorité de l'ex ministre de la Justice, et de l'ex ministre de l'Intérieur du régime seraient soudain touchés par la grâce? Pourquoi ceux qui marchent dans le sillage des bombes de l'Otan vers le pouvoir sont-il d’offices purs et bons ?

Comment se fait-il qu'on s'intéresse si peu au sort des pro-Kadhafi dans les villes qui ont été "libérées" par la rébellion ? Aux tous premiers jours, un reportage télé de Benghazi nous présentait les corps de plusieurs soldats abattus, les mains liées derrière le dos. Le commentaire off disait "ce sont des soldats qui ont refusé de tirer sur  a foule, et qui ont été abattus pour cette raison par les officiers". Peut-être, et sans aucun doute d'ailleurs dès qu'on a bien ingéré l'histoire de base. Le commentaire, "ce sont des soldats loyalistes exécutés par les rebelles" aurait-il été à ce point invraisemblable ?

Les récits d'atrocités sont une composante essentielle et incontournable des guerres justes. Ce sont toujours les autres, du camp que l'on bombarde avec le droit avec nous, qui commettent d'épouvantables atrocités. Les autres, ceux que l'on soutient dans leur cause juste ne commettent jamais, assez mystérieusement il faut bien dire, la moindre atrocité. Ou alors ce sont des cas isolés, des pommes pourries, tels les quelques marines US qui ont été assez imbéciles pour prendre des photos de leurs exploits.

Le Mouvement pour la Paix arrivera t'il un jour à se débarrasser de cette hantise, d'oser ne pas condamner d'office avec l'ensemble de la meute ceux que l'on accuse d'atrocités ? L'expérience du passé, des récits d'atrocités inventées dans le but précis d'émousser toute opposition à la guerre, ne sert donc à rien pour les militants de la paix ?

Penser que le conflit qui déchire aujourd'hui la Libye est un conflit entre les Bons et les Mauvais est une stupidité basique, quelle que soit l'opinion que l'on a sur les uns et les autres, et sur la justesse de leurs causes. Une guerre entraîne nécessairement son cortège d'horreurs et d'atrocités, commis de part et d'autre.

« Il n'y a pas d'autre solution que la solution militaire car le langage du dictateur est celui de l'anéantissement et les gens qui parlent ce langage ne comprennent que ce langage », déclare un porte-parole de la rébellion, au moment de rejeter la proposition de médiation et de cessez-le-feu de l'Union Africaine. Autrement dit, la seule option possible pour les rebelles, et pour l'Otan qui les soutient, c'est l'anéantissement de l'adversaire. Gageons que le sort à venir des "pro-Kadhaffi" ou étiquetés tels, est une histoire qui laissera l'Otan parfaitement indifférent, et ne passionnera guère les grands médias, à l'instar des massacres perpétrés par les troupes de Ouatara en Côte d’Ivoire.

Les représentants du peuple libyen

Les rebellions armées existent dans grand nombre de pays, de part le monde, et en Afrique en particulier. La question n'est pas ici de discuter de leurs raisons qu'on peut estimer être tout à fait justes, ou plus douteuses. On peut citer par exemple, le cas de l'Irak, où depuis l'invasion américaine et la mise en place d'un gouvernement "démocratique" au service de l'occupant, une importante résistance armée continue à combattre les forces armées de ce gouvernement que certains considèrent comme fantoche. On pourrait évoquer aussi l'Afghanistan….

Dans ces cas particuliers, les pays de l'Otan, loin de reconnaître la rébellion armée comme représentante du peuple, ou d'une partie du peuple, aident plutôt activement le gouvernement "légal" à l’écraser militairement.

En Libye, indéniablement, l'Otan est en train de soutenir une rébellion armée contre un gouvernement. Quel droit a l'Occident, du haut de sa glorieuse histoire coloniale, pour décider que tels ou tels sont effectivement les représentants légitimes du peuple libyen ? Le peuple libyen a appelé à l'aide nous affirme-t-on, l'Occident, que dis-je, la "Communauté Internationale", pétrie de bonté et forte de siècles d'apport de sa générosité désintéressée l'ensemble de la planète, ne pouvait pas ignorer cet appel à l'aide. Bien. Le peuple libyen, on est tout à fait sûr que ce sont ces gens du Conseil National de Transition ? Les gens de Tripoli, de Syrte, de Brega,... bombardés jour et nuit par l'Otan, de qui l'on détruit les infrastructures, c'est pas le peuple libyen? Les centaines de milliers de gens qui s'enfuient effrayés des bombes et de l'avancée des rebelles, pas le 'bon' peuple libyen ? Les seuls représentants légitimes du peuple libyen, ce sont ces personnes qui demandent à l'Occident de bombarder leur pays ?

Si le gouvernement libyen, pardon, le régime de Kadhafi, est bien le régime totalitaire, délirant, sanguinaire qu'on nous décrit, par quel miracle des personnages aussi impliqués dans le régime que devaient l'être l'ancien ministre de la Justice, ou celui de l'Intérieur, ou le représentant aux Nations Unies, pourraient-ils être devenus soudain des interlocuteurs tout à fait respectables, bien démocratiques, et dignes représentants locaux de "nos valeurs" ? La Justice, et l'Intérieur, sont pourtant les postes par excellence où devait s'exprimer le caractère brutal et répressif du régime.

«Motivés par de stricts impératifs humanitaires…»

Fallujah, Irak, octobre-novembre 2004 : après le lynchage quelques mois plus tôt de 4 mercenaires US de Blackwaters, Fallujah est pendant près de deux mois impitoyablement pilonnée, "nettoyée", à coup de bombes au phosphore et de napalm notamment. « L'ennemi a un visage, il s'appelle Satan. Il est à Fallujah. Et nous allons le détruire... » déclare à cette occasion un responsable militaire US (et c'est Kadhafi qui est dérangé..). On parlera de 4 à 6000 civils tués. Le rapporteur spécial de l’ONU accuse les forces d'occupation de violation de la Convention de Genève en utilisant la faim et la privation d'eau comme arme de guerre contre la population civile.

En juillet dernier, une étude publiée dans l’International Journal of Environmental Research and Health a démontré à Fallujah une hausse de la surmortalité infantile et une augmentation spectaculaire des cas de cancers, (multiplication par 4, et par 12 pour les moins de 14 ans) et de déformation à la naissance, conséquences probables de l'utilisation d'uranium appauvri dans les munitions états-uniennes.

L'horreur de Fallujah n'est qu'un "épisode" parmi bien d'autres, en Afghanistan et en Irak. Mais aujourd'hui il nous faut croire que ces mêmes forces US viennent au secours du peuple libyen, motivées par de stricts impératifs humanitaires. Cela laisse rêveur.

Quel sera le sort à moyen terme de la Libye ? Si les opposants viennent au pouvoir, portés par l'Otan, on peut raisonnablement supposer qu'ils resteront redevables à leurs protecteurs, ce qui signifie "libéralisation économique", et établissement de bases militaires US. Imaginer que la Lybie que projette la composition hétéroclite actuelle, formée en partie d'ex-dignitaires de Kadhaffi et de fondamentalistes du Groupe de combat islamique soit une "Lybie laïque, démocratique et progressiste" est faire preuve pour le moins d'une navrante crédulité. Les intellectuels et philosophes distingués qui militent pour les bombes de l'Otan font s'ils y croient, un sinistre pari, sur le sang des Libyens

Un autre scénario possible, est que la no-fly zone et les sanctions soient indéfiniment reconduits, exactement comme pour l'Irak après 1991, avec bombardements 'de routine' quotidiens, "pour protéger les civils". Un embargo sévère sera le complément indispensable de cette généreuse protection des populations civiles par l'Otan. On a déjà pu avoir un avant-goût de sa justification lorsque les forces de l'Otan ont arraisonné un pétrolier et l'ont empêché de livrer sa cargaison à Tripoli : « Les forces navales [de l'Otan] peuvent intercepter les navires entrant ou quittant les ports libyens si elles disposent d'informations fiables donnant à penser que le navire ou sa cargaison servira à attaquer ou à menacer des civils, directement ou indirectement »

Dans l'un et l'autre cas, l'Irak actuel donne une idée assez précise de l'avenir de la Libye.

L'Irak a basculé en quelques années d'un rang de pays développé, comme la Libye aujourd'hui, à une position extrême de sous-développement. Les infrastructures sociales se sont effondrées. Avant 1990, le système d’éducation irakien et le système de soin de santé étaient les plus avancés de la région du Proche-Orient. En 2006 le taux officiel d'alphabétisation était tombé à 40%, 24% pour les femmes. Les systèmes de santé, et de services sociaux ont été détruits. Les Irakiens doivent se débattre contre le chômage, la pauvreté, l'insécurité. En 2002, avant l'invasion, l'OMS estimait à plus d'un million et demi le nombre d'enfants morts des suites de l'embargo.

« 23 % de la population vit toujours avec moins de 2,2 dollars par jour, une des causes principales de malnutrition généralisée chez les enfants et les femmes. La malnutrition est élevée avec un enfant sur trois de moins de cinq ans atteint de retard de croissance modéré ou sévère (…). Les violences continuelles ont détruit les institutions et les dispositifs de protection physique, sociale et juridique dans la plus grande partie du pays. La perte dans le conflit de dizaine de milliers de parents et de personnes s'occupant d'enfants a rendu les enfants encore plus exposés au harcèlement, à l'exploitation et aux mauvais traitements. » Unicef, avril 2010

Ce ne seront pas dans quelques années les morts des massacres par Kadhafi qui seront à déplorer.

Drapés dans leur bonne conscience humanitaire, les hérauts du droit d'ingérence ne réalisent pas que les conséquences seront infiniment plus désastreuses que le mal qu'ils prétendaient combattre

Quel devrait être le rôle des organisations pacifistes ?

Nous retrouvons avec cette guerre tous les aspects magistralement décrits par Anne Morelli dans son livre "Principes élémentaires de propagande de guerre"1.

L'expérience des guerres est longue, il n'y a pas là de place pour l'angélisme. Il n’y a aucun raison objective que l’Otan soit une œuvre caritative, et que le jeu des USA et des anciennes puissances coloniales soit plus humanitaire que lors des siècles passés.

Il ne s'agit pas pour les militants pacifistes de prouver leur propre bonne volonté pacifiste. Crier "Non à la guerre, paix, démocratie!" ne sert pas à grand-chose, si on est par ailleurs aveugle face aux mécanismes d'acceptation mentale de la guerre.

Les organisations progressistes et mouvements de paix, si elles se veulent vraiment avoir un sens et un rôle utile contre la guerre, devraient être particulièrement conscientes du fait que la désinformation est une arme de guerre, plutôt que baisser honteusement la tête à la première attaque coordonnée de la propagande, et servir, malgré soi, de complément humaniste à la campagne guerrière.

1. Edition Labor, 2001

 Roland Marounek


Marcel Poznanski : La guerre n’est pas un jeu…

Le hasard m’a fait revoir une photo de la grand place de Wavre détruite par les bombardements en l’an 1944 ; je me suis remémoré ma présence dans les bombardements de Louvain (Leuven), blotti dans les caves, entendant les explosions assourdissantes, les tremblements du bâtiment, la peur des adultes transmise aux enfants qui pleurent, qui hurlent, les odeurs d’urine, de vomi. Depuis lors, j’ai toujours une crainte quand un bruit d’explosion surgit, un feu d’artifice, un éclair frappant le sol.

La Libye et surtout Tripoli subissent des bombardements. Au départ, c’était contre les cibles militaires avec « des dégâts collatéraux ». Après 3 mois, il ne reste à bombarder que « les dégâts collatéraux ». La population terrorisée, terrée dans les abris, n’ayant pas eu le temps d’accumuler des vivres, vit l’enfer. Et dire que certains mouvements de la paix se prononcent pour la GUERRE, comme si c’était un jeu vidéo. Précédemment, ils préféraient le terme « intervention humanitaire de l’OTAN », c’est plus joli. ….

Comment peuvent-ils condamner l’intervention de l’OTAN et de la Belgique en Afghanistan, en rappelant la souffrance de ce peuple sous les bombardements, ce peuple qui doit chaque semaine enterrer des dizaines de corps humains morts sous les bombes lâchées par les gentils avions de l’OTAN, et en même temps, soutenir la guerre en Libye ! Ce sont les mêmes avions bombardiers de l’Otan qui viennent apporter le bonheur au peuple libyen.

Les mensonges de nos médias se suivent et se ressemblent. ; Dans le passé, on disait : « jamais Hitler n’a attaqué la Pologne, c’était une invasion polonaise qui a obligé l’Allemagne à envahir la Pologne ». Le dernier média-mensonge en date : la démission de l’ambassadrice de Syrie en France, répercuté sur toutes les ondes radios et TV, suivi d’un démenti, le mal était fait. Il y a le cas de la fameuse "Lesbienne de Damas", qui décrivait de manière poignante la répression "vue à Damas", et qui fit croire à son enlèvement : c'était un étudiant américain vivant en Écosse. Cette information a circulé à travers les médias, avant l’annonce que c’est faux ! Elle servait à diaboliser et à discréditer le pouvoir syrien et ses forces de l’ordre.

Nous ne savons pas ce qui se passe en Syrie, mais en droit belge, les mensonges disqualifient toutes les autres informations. La condamnation de la Libye à l’ONU est due à la supposée intention de M. Kadafhi de massacrer le peuple. La réalité est tout autre : les insurgés pratiquent le massacre des pro-Kadafhi, des travailleurs noirs, les médias évitent d’en informer le public.

La plupart des médias ne s’informent que dans les bureaux liés à l’OTAN, nous essayons dans la mesure de nos moyens de donner une vision d’une autre réalité.

Marcel Poznanski

 


Vladimir Caller : Libye, Côte D’Ivoire : Sarkozy jouant au néo-conservateur ?.

Les arbres, encore une fois, servent à cacher des forêts. La diabolisation médiatique de l'adversaire a, à nouveau, permis de dissimuler les intérêts économiques et géopolitiques qui muent les agresseurs.

Nombreux par exemple sont ceux qui ne remettent pas un instant en question le "fait" que Kadhafi a bombardé sa population ; je ne mentionnerai que l’article de Natalie Nougayrède dans Le Monde du 11.03, disant que « les carnages provoqués par des bombardements aériens n’ont pas, à ce jour, été vérifiés » et les informations des services de renseignement russes selon lesquels aucun bombardement de populations civiles par l’aviation de Kadhafi n’avait pu être vérifié. Comment par ailleurs expliquer que, dans un monde où le plus petit coin d’une ruelle est sous l’œil des satellites, les services occidentaux, toujours si prêts à susciter nos compassions par une profusion d’images n’en ont produit aucune montrant ces méchants bombardements kadhafistes contre des populations civiles ?

Quant aux motivations humanitaires, toujours aussi compassionnelles, comment ne pas être ébranlé par la révélation du même quotidien français lorsque sa correspondante, Nathalie Guibert nous informe que « les forces interventionnistes ne touchent pas la marine libyenne parce qu’elle sera utile pour faire barrage aux immigrés dans le ‘post-Kadhafi’ » ? (Le Monde, 31.03). Pour ce qui est des opposants désarmés, le doute s’impose lorsqu’on apprend que le 18 mars, un avion de chasse abattu à Benghazi et que l’on croyait du dictateur appartenait en réalité aux insurgés. Et que des média si peu suspects de kadhafisme comme The Telegraph, The Wall Street Journal ou la BBC informaient, des semaines avant la décision du Conseil de sécurité des Nations Unies, que des commandos armés occidentaux se trouvaient déjà en territoire libyen. Plus près de nous, le ‘Canard Enchaîné’, dans un article titré « Fournitures gratuites aux insurgés libyens », informait le 9 mars, (soit 9 jours avant la résolution du Conseil de Sécurité autorisant l’usage de la force) que des opérations militaires franco-anglo-américaines se déroulaient déjà sur le terrain. Ce journal récidive trois jours plus tard, en nous apprenant que la DGSE — le service de renseignement et d’action extérieur français — « aurait livré discrètement à Benghazi, dès la mi-mars, quelques canons de 105 mm et des batteries antiaériennes mobiles ».

Comme si toute cette démonstration d’aventurisme de tout genre était insuffisante, voilà que le couple Sarkozy - Ban-ki Moon se lance dans une opération encore plus douteuse dans le contexte des élections en Côte d’Ivoire. Avec un empressement digne des meilleures causes, le second ordonne à son représentant sur place de valider l’élection du candidat Ouattara, ami personnel du premier. C’est ainsi que, dûment entouré par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, ce fonctionnaire décide que Ouattara est le vainqueur malgré de très lourdes et sérieuses contestations. Le Français Alberto Bourgi, professeur du droit public et africaniste reconnu, s’étonnait à la radio française ce vendredi 01.04 de cette curieuse célérité.

Encore une fois, ce n’est pas le droit humanitaire ni le sacro-saint principe du respect des urnes qui tirent les ficelles de la gestion du dossier ivoirien. Il se fait que le Président Gbagbo avait osé envisager de ne pas limiter aux seuls capitaux occidentaux les perspectives d’investissement dans son pays, mais de les ouvrir aussi aux Chinois et aux Indiens. Pire encore, il avait des plans pour faire de la commercialisation du cacao, jusqu’alors dans les mains d’une grosse multinationale, un service public contrôlé par l’État, avec la participation des petits producteurs organisés en coopératives. Projets fort gênants parce qu’il se fait qu’un des patrons de cette multinationale, la ‘Armajaro Trading Inc’, Loïc Folleroux, est le beau-fils de Ouattara, lequel, en spéculateur habile, venait d’acheter, un mois avant les élections, 240.000 tonnes de cacao en anticipant une envolée de son cours. Suprême irrévérence, le président Gbagbo se proposait de constituer un système financier essentiellement axé sur une banque publique contrôlée par l’État. Projet quelque peu détonnant si l’on considère que son rival Ouattara était l’ancien patron du département Afrique du FMI.

Triste scénario de bien douteuse morale. L’Occident se prépare ainsi, au nom des valeurs humanitaires et de liberté qui sont « les siennes », à sacrer le candidat Ouattara dont la Croix Rouge est occupée à découvrir d’importants charniers semés par ses troupes dans sa route vers Abidjan. Monsieur Sarkozy joue à l’apprenti sorcier en Côte d’Ivoire, deuxième acte d’une partition qui, après la Libye, viserait l’Iran. Délocalisation aidant, les néo-conservateurs ont déménagé vers l’Élysée. Tout en cherchant à assurer la réélection du patron, seront-ils en train d’explorer les traits d’une folle sortie de crise ?

Vladimir Caller

 

 

Thierry Meyssan : L’OTAN face à l’ingratitude des Libyens

La Coalition des volontaires était venue en Libye pour sauver la population civile de la répression du tyran Kadhafi. Quatre mois plus tard, les foules libyennes ont déserté le territoire libéré de Benghazi et se massent dans de gigantesques manifestations anti-OTAN. Confrontée à une réalité politique inattendue, l’armada de l’Alliance atlantique n’a plus de stratégie. Les Italiens ont amorcé leur retrait, les Français cherchent la sortie.

111 jours après le début de l’intervention de la Coalition des volontaires en Libye, aucune solution militaire n’est en vue et les experts s’accordent tous à dire que le temps joue en faveur du gouvernement libyen, sauf coup de chance et assassinat de Mouammar el-Kadhafi.

Le 7 juillet, le conseil des ministres italien a réduit de moitié l’engagement du pays à l’effort de guerre et a retiré son porte-hélicoptères. Le président Silvio Berlusconi a déclaré qu’il avait toujours été hostile à ce conflit, mais avait été contraint par son parlement d’y participer.

Le 10 juillet, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a évoqué une solution politique qui passerait par un départ de M. Kadhafi « dans une autre aile de son palais et avec un autre titre ». Vu qu’il n’y a plus de palais, la première condition est de pure forme, quand à la seconde, personne n’en comprend le sens, sinon qu’il s’agit d’une échappatoire sémantique.

Les structures sociales et politiques libyennes sont issues de la culture locale et sont manifestement difficiles à comprendre pour nombre d’Occidentaux. Il s’agit d’un système monocaméral de démocratie participative, qui fonctionne remarquablement bien au niveau local, doublé d’un forum tribal qui ne constitue pas une seconde chambre, un sénat, puisqu’il n’a pas de pouvoir législatif, mais intègre les solidarités claniques dans la vie politique. À ce dispositif, s’ajoute la figure du « Guide », qui ne dispose d’aucun pouvoir légal, mais d’une autorité morale. Nul n’est forcé de lui obéir, mais la plupart le font, comme ils agiraient au sein de leur famille vis-à-vis d’un ainé, bien que rien ne les y contraigne. Dans l’ensemble ce système politique est paisible et les gens ne manifestent aucune peur de la police, excepté lors des tentatives de prise de pouvoir ou encore lors de la mutinerie de la prison d’Abou Salim (1996) qui ont été réprimées de manière particulièrement sanglante.

Ces précisions permettent de percevoir le caractère absurde des buts de guerre de la Coalition des volontaires.

Officiellement celle-ci intervient à l’appel du Conseil de sécurité des Nations unies pour protéger les victimes civiles d’une répression de masse. Mais aujourd’hui, les Libyens sont persuadés que cette répression n’a jamais existé et que l’armée de l’air libyenne n’a jamais bombardé de quartiers de Benghazi ou de Tripoli. La partie de la population libyenne qui a cru ces informations diffusées par les chaînes de télévision internationales s’est ravisée. Les gens, qui ont tous des parents et amis dispersés dans le pays, ont eu le temps de se renseigner sur les dangers encourus par leurs proches et ont conclu qu’ils avaient été intoxiqués.

Sur ce sujet, comme sur bien d’autres, le monde est désormais divisé entre ceux qui croient la version US et ceux qui n’y croient pas. Pour ma part, je réside actuellement à Tripoli dans le quartier réputé hostile à M. Kadhafi qui se serait soulevé contre lui et qui aurait été bombardé par son aviation au début du conflit. Je peux attester qu’il n’y a aucune trace de tels événements, à l’exception d’une voiture brûlée. Les seuls immeubles qui ont été bombardés sont des bâtiments officiels qui ont été tardivement détruits par des missiles de l’OTAN.

Quoi qu’il en soit, les principaux leaders de l’OTAN ont évoqué publiquement un autre but de guerre, que certains membres de la Coalition ne semblent pas partager : la démission de M. Kadhafi, le « changement de régime ». On entre alors dans une confusion inextricable. D’une part, cette exigence n’a aucun fondement juridique au regard des résolutions pertinentes de l’ONU et n’est aucunement liée à l’objectif affiché de protection de populations réprimées. D’autre part, la démission de M. Kadhafi n’a aucun sens puisqu’il ne dispose d’aucune fonction institutionnelle, mais uniquement d’une autorité morale qui ressort des structures sociales et non pas politiques. Enfin, on ne voit pas de quel droit des membres de l’OTAN s’opposent au processus démocratique et décident en lieu et place du peuple libyen qu’il doit écarter un de ses leaders.

Au demeurant, cette confusion confirme que cette guerre répond à des mobiles inavoués qui ne sont pas partagés par tous les membres de la Coalition des volontaires.

Le principe d’une attaque simultanée de la Libye et de la Syrie a été acté par le pouvoir US dans la semaine suivant les attentats du 11 septembre 2001. Il a été exposé publiquement la première fois par John Bolton, alors secrétaire d’État adjoint, dans son discours du 6 mai 2002 intitulé « Au-delà de l’Axe du Mal ». Il a été confirmé par le général Wesley Clark, lors d’un célèbre entretien télévisé, le 2 mars 2007. L’ancien commandeur de l’OTAN y a présenté la liste des États qui seraient successivement attaqués par les États-Unis dans les prochaines années.

Les straussiens [1] avaient prévu d’attaquer initialement l’Afghanistan, l’Irak et l’Iran dans le cadre du « remodelage du Moyen-Orient élargi », puis lors de la seconde phase d’attaquer la Libye, la Syrie et le Liban pour étendre le processus au remodelage du Levant et de l’Afrique du Nord, puis encore dans une troisième phase d’attaquer la Somalie et le Soudan pour remodeler l’Afrique de l’Est.

L’attaque de l’Iran ayant été différée pour des raisons militaires évidentes, nous sommes entrés directement dans la Phase II, sans lien avec les événements réels ou imaginaires de Benghazi. La Coalition des volontaires se trouve embarquée dans un processus qu’elle n’a pas voulu et qui la dépasse.

La stratégie US, mise en œuvre par la France et le Royaume-Uni —associés comme au bon vieux temps de l’expédition de Suez—, était fondée sur une analyse particulièrement fine du système tribal libyen. Sachant que les membres de certaines tribus —principalement les Warfallah— ont été écartés des postes à responsabilité à la suite du putsch manqué de 1993, l’OTAN devait attiser leurs frustrations, les armer et les utiliser comme levier pour renverser le régime et installer un gouvernement pro-occidental. Selon M. Berlusconi, MM. Sarkozy et Cameron auraient indiqué lors d’une réunion des alliés le 19 mars que «  la guerre se terminerait quand il y aurait, comme on s’y attend, une révolte de la population de Tripoli contre le régime actuel ».

Cette stratégie a connu son apogée, le 27 avril, avec l’appel de 61 chefs de tribus en faveur du Conseil national de transition. À noter que, dans ce document, il n’est déjà plus question des massacres attribués au « régime » à Benghazi et à Tripoli, mais de son intention supposée de les perpétrer. Les signataires remercient la France et l’Union européenne d’avoir empêché un carnage annoncé et non d’avoir stoppé un carnage en cours.

Depuis cet appel, de manière continue et sans interruption, les tribus de l’opposition se sont ralliées une à une au gouvernement de Tripoli et leurs chefs sont venus faire publiquement allégeance à Mouammar Kadhafi. En réalité ce processus avait commencé bien avant et avait été mis en scène, le 8 mars, lorsque le «  Guide » avait reçu l’hommage de chefs de tribu à l’hôtel Rixos, au milieu des journalistes occidentaux transformés en boucliers humains et médusés par cette nouvelle provocation.

Ceci s’explique simplement : l’opposition intérieure à Kadhafi n’avait aucune raison de renverser le régime avant les événements de Benghazi. L’appel du 27 avril se basait sur des informations que les signataires considèrent aujourd’hui comme des intoxications. Dès lors, chacun s’est rallié au gouvernement national pour lutter contre l’agression étrangère. Conformément à la culture musulmane, les rebelles qui ont fait la preuve de leur bonne foi ont été automatiquement pardonnés et incorporés dans les forces nationales.

Peu importe pour notre analyse de savoir si la répression par le régime de Kadhafi est une réalité historique ou une mythe de la propagande occidentale, ce qui compte, c’est de savoir ce que pensent aujourd’hui les Libyens en tant que peuple souverain.

Il faut ici observer le rapport de force politique. Le Conseil national de transition (CNT) n’a pas su se constituer de base sociale. Sa capitale provisoire, Benghazi, était une ville de 800 000 habitants. Des centaines de milliers d’entre eux ont célébré sa création en février. Aujourd’hui la « ville libérée par les rebelles » et « protégée par l’OTAN » est en fait une agglomération morte qui ne compte plus que quelques dizaines de milliers d’habitants, souvent des gens qui n’ont pas les moyens de partir. Les Benghazis n’ont pas fuit les combats, ils ont fuit le nouveau régime.

À l’inverse, le « régime de Kadhafi » a été capable de mobiliser 1,7 million de personnes lors de la manifestation du 1er juillet à Tripoli et il vient de s’engager dans l’organisation de manifestations régionales chaque vendredi. La semaine dernière, ils étaient ainsi plus de 400 000 à Sabha (Sud) et l’on attend une foule identique vendredi à Az Zawiyah (Ouest). Notez bien que ces manifestations sont dirigées contre l’OTAN qui a tué plus d’un millier de leurs compatriotes, détruit les infrastructures non pétrolières du pays et coupé tout approvisionnement par un blocus naval, elles s’articulent autour d’un soutien au « Guide » comme leader anti-colonialiste, mais ne valent pas nécessairement approbation a posteriori de tous les aspects de sa politique.

En définitive, le peuple libyen a parlé. Pour lui, l’OTAN n’est pas venu le protéger, mais conquérir le pays. C’est Kadhafi qui le protège face à l’agression occidentale.

Dans ces conditions l’OTAN n’a plus de stratégie. Pas de « Plan B ». Rien. Les défections côté Conseil national de transition sont si nombreuses que, selon la plupart des experts, les « forces rebelles » ne comprennent plus qu’entre 800 et 1 000 combattants, certes surarmés par l’Alliance, mais incapables de jouer un rôle significatif sans soutien populaire. Il est probable que les commandos des forces spéciales déployés au sol par l’OTAN sont plus nombreux que les combattants libyens qu’ils encadrent.

Le retrait italien et les déclarations du ministre français de la Défense ne sont pas surprenantes. Malgré sa puissance de feu sans équivalent dans l’Histoire, l’armada de l’OTAN a perdu cette guerre. Non pas bien sûr au plan militaire, mais parce qu’elle a oublié que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » et qu’elle s’est trompée politiquement. Les hurlements de Washington, qui a réprimandé le ministre français et refuse de perdre la face, n’y changeront rien.

[1] Les disciples de Leo Strauss.

Thierry Meyssan

Réseau Voltaire

11 juillet 2011
http://www.voltairenet.org/L-OTAN-face-a-l-ingratitude-des



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

27/07/2011

n° 91 - Journal des Guerres de l'Otan. - 26-06 au 25-07 - Début - : La débâcle de l’OTAN en Libye.


n° 91 - Journal des Guerres de l'Otan. -  26-06 au 25-07  - Début - : La débâcle de l’OTAN en Libye.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan. (Début)   

Opération Unified Protector

n° 91- 26-06 au 25-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

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b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

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e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Alexander Cockburn : La débâcle de l’OTAN en Libye.

Le président sud-africain Jacob Zuma hausse le ton ....

Première division des Alliés de l'Otan sur la poursuite des frappes.

Armen Oganessian : L'OTAN travestit la réalité en Libye.

Le conflit libyen est monté de toutes pièces"

L'OTAN travestit la réalité.

L'OTAN prépare les rebelles au pouvoir.

Marti Hiken : Les nations européennes ne veulent plus jouer leur rôle dans l’OTAN.

Suite-

1 Paroles & action ... 

Otan : Opération UNIFIED PROTECTOR : Direction par l’OTAN de l’embargo sur les armes à l’encontre de la Libye.

Au cœur des débats.

L’OTAN donne des signes de son intention d'assassiner Kadhafi.  

2 Guerres de l'Otan

Au jour le jour

Fin

Politique 

Kadhafi sollicite l'intervention du Nigeria

b) L'Otan

Otan - Paroles & action

L'OTAN refuse de cesser ses opérations en Libye. 

Sur le terrain

"Un millier de civils tués par l'Otan"

c) Les Usa 



Tiré à part :

Alexander Cockburn : La débâcle de l’OTAN en Libye.

Après trois mois et demi de bombardements et de livraisons d’armes à différentes factions rebelles, l’échec de l’OTAN dans ses efforts pour promouvoir un « changement de régime » en Libye est désormais évident.

A l’évidence, les commandants de l’OTAN espèrent encore en la bombe chanceuse qui tuerait Kadhafi, mais à ce jour le pouvoir est encore entre les mains du dirigeant Libyen, tandis que les puissances de l’OTAN s’entredéchirent.

Les rapports sur les délibérations à Istanbul du Groupe de Contact de l’OTAN ont un côté surréaliste, où la Secrétaire d’Etat (US) Clinton et le Ministre des Affaires Étrangères britannique Hague ont solennellement réaffirmé leur engagement pour un changement de régime et une consolidation des relations avec le Conseil de Transition à Benghazi, alors que l’humiliation de toute l’expédition de l’OTAN entrera dans les livres d’histoire comme un avertissement sur les dangers des illusions politiques au service de « l’interventionnisme humanitaire », comme un exemple du travail épouvantable effectué par les services de renseignement, des illusions sur les bombardements et la suprématie des airs, et sur une des pires campagnes de presse jamais vue.

Prenez par exemple le premier ministre britannique David Cameron. Il peut remercier Rupert Murdoch, et même le misérable Andy Coulson pour l’ironie de cette histoire. Son incroyable erreur de calcul et son obstination à embaucher l’ancien rédacteur de News of the World, Coulson, a tellement occupé l’espace médiatique ces derniers jours qu’elle occulte une autre incroyable erreur de calcul sur la scène internationale et lui évite railleries et critiques.

Lorsque Cameron a rejoint le président français Sarkozy au début de mois de mars dans sa charge contre Kadhafi, apparemment aucune mise en garde n’est venu troubler l’ambiance guillerette qui régnait à Downing Street (bureaux du premier ministre britannique – NdT). C’était comme si les bourdes et les erreurs de Blair en Irak, sans cesse exhumées au cours des années qui ont suivi, n’avaient jamais existé.

Cameron, comme Sarkozy, Clinton et Obama, étaient en possession de rapports des services de renseignement sur la situation en Libye. Est-ce qu’un de ces rapports leur a expliqué que Kadhafi pouvait se révéler plus dur à cuire que les dirigeants tunisien ou égyptien, qu’il pouvait même bénéficier d’un certain soutien populaire à Tripoli et dans ouest du pays, qui a toujours été en conflit avec Benghazi et les régions de l’est ? Si c’est le cas, est-ce que quelqu’un l’a lu ?

La presse occidentale, de même qu’Al Jazeera, n’a pas été d’une grande aide dans cette affaire. Les accusations initiales contre Kadhafi et le « génocide » commis contre son propre peuple ou le recours aux viols massifs s’appuyaient sur des rumeurs invérifiables et des bulletins de propagande diffusés depuis Banghazi et ont été discrédités par des organisations respectables telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch. Toute prétention que la Cour International de Justice pouvait avoir en matière d’impartialité a été minée par son instrumentalisation au service de l’OTAN, par des inculpations hâtives lancées contre Kadhafi et ses plus proches collaborateurs à chaque fois que les intérêts de l’OTAN étaient en jeu.

Les journalistes à Benghazi sont devenus les Pom-Pom girls de ce qui depuis le début n’était à l’évidence qu’un ramassis de factions disparates et désorganisées. Les journalistes à Tripoli ont été réticents à écrire une seule ligne qui pouvait paraître aux yeux de leurs rédacteurs en chef trop « complaisante » à l’égard Kadhafi, un personnage diabolisé en Occident depuis pratiquement le début de ses 40 ans de pouvoir. Les progressistes américains (et français, pardi ! - NdT) exultaient parce qu’ils tenaient là enfin une « guerre juste » et pouvaient applaudir les bombardiers de l’OTAN avec la conscience tranquille et s’accrocher à leurs fantasmes sur la pureté révolutionnaire des rebelles.

L’histoire nous démontre qu’aucun largage de milliers de tonnes de bombes et de missiles, et quel que soit leur soi-disant « précision chirurgicale », ne provoque un élan d’enthousiasme de la part des civils qui les reçoivent, même lorsque chaque projectile est tamponné et certifié « humanitaire » et largué « avec les meilleures intentions du monde ». Tripoli a récemment connu de vastes manifestations pro-gouvernementales. La population Libyenne est de 6 millions, dont 4 à Tripoli. Kadhafi se promène dans la ville dans une Jeep ouverte. Un grand nombre d’AK-47 ont été distribués aux comités de défense civile. Les forces de sécurité de Kadhafi ont-ils obligé tous ces gens à aller manifester ? C’est peu probable.

Cette semaine, la presse occidentale s’est empressée de relayer l’histoire d’une poignée de prisonniers qui ont dénoncé Kadhafi. Eh bien, si vous étiez un prisonnier avec des pistolets rebelles posés sur la tempe, proclameriez-vous votre fidélité à l’objet de leur colère ou murmuriez-vous que vous avez été enrôlé de force dans son armée ? Ne s’agit-il pas là du B-A-BA du journalisme ? Sont-ils des « mercenaires noirs » ou des Libyens du sud qui sont à la fois noirs et membres des milices de Kadhafi ?

D’autres indications sur les erreurs de jugement de l’OTAN ont été ses rebuffades envers les accusations de dirigeants africains, russes et même de pays membres de l’OTAN comme l’Allemagne, selon lesquelles les mandats des deux résolutions du Conseil de Sécurité de l’OTAN votées en février et mars – la protection des populations civiles – étaient ouvertement violés et remplacés par une campagne visant à tuer Kadhafi et à installer un « gouvernement provisoire » bancal à Benghazi, composé depuis le début par une bande de personnages douteux.

Au début du mois de mars, Sarkozy, qui trainaient dans les sondages, a cru aux conseils de « nouveau philosophe » Bernard-Henri Lévy, après l’excursion entreprise par ce dernier à Benghazi le 6 mars, selon qui il suffisait de se baisser pour ramasser la Libye et son pétrole. Le 11 mars, Sarkozy a décidé précipitamment de reconnaître le gang de Benghazi comme le gouvernement légitime de la Libye et a attendu en toute confiance la chute de Kadhafi.

Dans un compte-rendu hilarant sur la débâcle de l’OTAN, Vincent Jauvert du Nouvel Observateur a récemment révélé que les services de renseignement français avait assuré à Sarkozy et au ministre des affaires étrangères Juppé qu’ « à la première frappe (aérienne), des milliers de soldats de Kadhafi feraient défection ». Ils avaient prédit aussi que les rebelles avanceraient rapidement sur Sirte, la ville natale de Kadhafi et l’obligeraient à fuir le pays. Chose que les puissances de l’OTAN ont triomphalement clamée en annonçant même que Kadhafi avait fui vers le Venezuela. Il ne fait pas hésiter à recourir au Gros Mensonge pour sa propre propagande sauf lorsqu’il sera inévitablement démenti 24 heures plus tard.

« Nous avons sous-estimé Kadhafi, » un déclaré un officier à Jauvert. « Il se prépare à l’invasion depuis 41 ans. Nous n’imaginions pas qu’il s’adapterait aussi vite. Pour le transport des troupes et des batteries de missiles, par exemple, personne ne pensait que Kadhafi irait acheter des centaines de camions Toyota au Niger et au Mali. Ce fut un éclair de génie : les camions sont identiques à ceux des rebelles. L’OTAN est paralysé. Ca retarde les frappes. Avant de bombarder les véhicules, les pilotes doivent s’assurer qu’il s’agit de forces de Kadhafi. Nous avons demandé aux rebelles de placer un signe particulier sur les toits de leurs camions, a dit un soldat, mais nous ne pouvons jamais être certains. Ils sont tellement désorganisés... » (traduction à partir de la version anglaise – NdT)

Lorsque la chute n’a pas eu lieu à la date prévue, le gouvernement français a admis du bout des lèvres au début de mois qu’il livrait des armes et des munitions aux groupes rebelles libyens. Nous pouvons présumer sans grand risque de se tromper que la Grande-Bretagne mène ses propres opérations clandestines, et que la capture d’une unité de SAS/MI6 (forces spéciales/services de renseignement - NdT) par des fermiers Libyens n’est du meilleur augure.

A présent, la coalition de l’OTAN est en train de se déliter, même si la presse US n’en parle pas. Le ministre de la défense français Gérard Longuet a accordé une interview à la fin de la semaine dernière à une télévision française et il a dit que l’action militaire de la France avait échoué, et que l’heure de la diplomatie avait sonné. « Nous devons maintenant nous assoir autour d’une table. Nous arrêterons les bombardements dés que les Libyens commenceront à se parler entre eux et que les soldats des deux côtés retourneront dans leurs casernes. » (traduction à partir de la version anglais – NdT). Longuet a suggéré que Kadhafi pourrait rester en Libye, « dans une autre pièce du palais, avec un autre titre. »

Si les remarques surprenantes de Longuet étaient destinées à l’opinion publique française à la veille d’un vote à l’Assemblée Nationale, elles ont clairement été un choc pour Cameron et la Secrétaire d’Etat Clinton. Tout en renforçant l’impression d’une guerre civile au sein de l’OTAN, Cameron et Clinton ont précipitamment publié des déclarations qui réaffirmaient l’objectif d’un changement de régime, et que le départ de Kadhafi n’était pas négociable, comme exigé par le gang de Benghazi.

Mais Berlusconi, dont le pays est devenu la destination de dizaines de milliers de réfugiés qui fuient les combats et l’effondrement économique de la Libye, déclare à présent qu’il avait toujours été contre cette aventure de l’OTAN. Il pourrait refuser de renouveler quelques accords d’hébergement en Italie pour les puissances de l’OTAN engagées dans l’opération. L’Allemagne n’a jamais été enthousiaste. A l’origine, la France et la Grande-Bretagne nourrissaient l’espoir d’une collaboration militaire étroite mais l’espoir s’est rapidement évanoui pour toutes les raisons habituelles – inertie, méfiance et simple incompétence.

La méfiance de Sarkozy envers l’Allemagne et la Turquie était apparemment si intense, selon le Nouvel Observateur, qu’il a demandé que les officiers turcs et allemands présents dans la structure de commande de l’OTAN soient mis sur la touche parce qu’ils auraient pu saboter la guerre étant donné les réticences de Berlin et d’Ankara pour toute l’opération. La règle veut que lorsque le commandant suprême de l’OTAN, un général américain, et le numéro deux, un Britannique, sont absents, c’est le numéro 3, un Allemand, qui prend le commandement. Sarkozy a fait suspendre cette règle.

Sous des pressions et des priorités politiques internes, Obama a joué à un double-jeu. Au départ, la précipitation vers le Conseil de Sécurité de l’ONU a été principalement une initiative de la Secrétaire d’Etat Clinton. A mi-février, sur le plan politique, Obama était dans une situation délicate. Il se racontait de plus en plus qu’il ne ferait pas un second mandat. Clinton s’est précipitée pour occuper ce qu’elle percevait comme un vide tentant, peut-être même en caressant l’espoir d’accélérer le déclin d’Obama et de se placer comme candidate potentielle pour 2012. Obama, qui en était encore soucieux de se débarrasser de sa réputation de « mauviette », a rapidement approuvé la mission de l’OTAN et contré les accusations d’inconstitutionnalité de cette décision. Clinton a aussitôt annoncé qu’elle n’était pas particulièrement intéressée par une carrière politique nationale après 2012.

En termes de matériel, les Etats-Unis ont joué un rôle crucial. Selon un général français cité par le Nouvel Observateur, « 33 des 41 avions ravitailleurs utilisés dans l’opération sont américains, la plupart des Awacs aussi, tous les drones également, comme 100% des missiles antiradars et des kits de guidage laser des bombes. Et ce n’est pas tout. L’essentiel des moyens de commandement et de contrôle de l’Otan comme la gigantesque bande passante qui permet de transmettre toutes les données sont américains ». Le directeur du renseignement militaire, le général Didier Bolelli, a révélé que plus de 80% des cibles affectées aux pilotes français en Libye étaient désignées par les services américains ! « Ils nous donnent juste ce qu’il faut pour que nous ne nous cassions pas la figure », assure un diplomate.

Ceux dont les souvenirs remontent à la débâcle de Suez en 1956 pourraient se remémorer comment Eisenhower a simplement donné l’ordre aux forces Britanniques, Françaises et Israéliennes d’abandonner leur objectif de renverser Nasser. Nous pourrions bien être en train d’assister à une nouvelle démonstration de la domination US qui s’est instaurée au lendemain de la seconde guerre mondiale, avec l’administration Obama qui remet les choses en place en démontrant qu’une suprématie européenne dans la région méditerranéenne est vouée à l’échec.

Avant de prendre sa retraite, le Secrétaire à la Défense (US) Gates a pris soin de remuer le couteau dans la plaie lors d’un discours à Bruxelles : « la plus grande alliance militaire de l’histoire, est... engagée dans une opération contre un régime mal armée d’un pays sous peuplé – et pourtant de nombreux alliés sont à court de munitions et ont besoin des Etats-Unis, une fois de plus, pour combler le manque. » Il a déclaré d’un ton sinistre que « les futurs dirigeants politiques US... pourraient considérer que le retour sur investissement de l’Amérique dans l’OTAN ne vaut pas la dépense.  »

Même si Obama est sans équivoque favorable à un changement de régime en Libye, après le constat d’échec de la campagne de bombardements l’ambiance politique ici n’est pas propice à une escalade - très coûteuse et plutôt rejetée par l’opinion publique.

Il n’y a rien qui indique que le dirigeant du Labour (le « PS britannique » - NdT), Ed Miliband, prêt à bondir pour saisir les rênes de la campagne anti-Murdoch, ait l’agilité politique suffisante pour griller Cameron pour la farce libyenne. Par nature, il est probablement plus enclin aux « interventions humanitaires » que Cameron et la seule chose qu’il pourrait reprocher à ce dernier est de n’avoir pas avoir fait suffisamment d’efforts.

En résumé, la gauche devrait se réjouir d’assister à la déroute d’une simple expédition coloniale, avec de graves conséquences à long-terme en ce qui concerne la crédibilité de l’OTAN et ses faux semblants à l’égard du droit international. Un autre motif de réjouissances est le discrédit encore plus grand qui vient de frapper le tribunal fantoche connu sous le nom de Cour de Justice Internationale.

Et maintenant ? L’air est chargée de spéculations sur un éventuel accord, spéculations ponctuées par des bêlements pieux des Américains et des Britanniques sur l’imminence de la chute de Kadhafi, que ce dernier serait à court de carburant, que les rebelles resserreraient leur étau sur Tripoli, que les Russes auraient négocié une sortie honorable. Il semble plus juste de constater qu’au bout de quatre mois et demi, l’OTAN et les interventionnistes sont en train de subir une humiliation. Ajoutez à ça l’humiliation de Rupert Murdoch et nous avons là largement de quoi lever nos verres très haut.

Alexander Cockburn

20 juillet 2011

(Counterpunch)

http://counterpunch.org/cockburn07152011.html


Le président sud-africain Jacob Zuma hausse le ton ....

L’«assassinat politique» de Kadhafi n’est pas une option

Le président sud-africain Jacob Zuma a haussé le ton face à l’OTAN, soulignant qu’elle n’avait pas été mandatée par l’ONU pour conduire «l’assassinat politique» de Mouammar Kadhafi, au moment où les rebelles ont lancé une offensive à seulement 50 km de Tripoli. Réuni dimanche à Pretoria, le comité des médiateurs de l’Union africaine (UA), composé de cinq chefs d’Etat – Afrique du Sud, Congo, Mali, Ouganda, Mauritanie – passait en revue les efforts de médiation devant aider à un règlement de la crise libyenne.

D’emblée, le président Jacob Zuma a souligné la «préoccupation» du comité et de l’assemblée de l’UA devant les «bombardements continus de l’OTAN», ajoutant que «la finalité de la résolution 1973 (de l’ONU, adoptée le 17 mars) était de protéger le peuple libyen et faciliter les efforts humanitaires».

Cette réunion s’est ouverte alors que les rebelles libyens ont indiqué samedi soir attendre rapidement une offre de Kadhafi pour mettre fin à une guerre de plus de quatre mois. Mais le porte-parole du régime libyen, Moussa Ibrahim, a déclaré dimanche que le colonel Kadhafi ne quitterait ni le pouvoir ni le pays. «Kadhafi est ici. Il y reste. Il dirige le pays et il ne le quittera pas et il ne démissionnera pas parce qu’il n’a aucun poste officiel

La rébellion a repoussé les loyalistes de 20 km, remontant vers le verrou stratégique de Bir al-Ghanam. Les deux camps s’affrontent à l’arme lourde, entre intenses bombardements aux roquettes de type Grad et tirs soutenus de mitrailleuses lourdes. A Tripoli, un bateau affrété par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est arrivé en provenance de la ville rebelle de Benghazi (est), avec quelques dizaines de familles à bord.

«M. Rasmussen a jugé que [les livraisons d'armes par la France] permettaient de protéger la population civile, en conformité avec la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le sujet.»

«Les insurgés cherchent notamment à reprendre Bir Al-Ghanam, un carrefour stratégique à quelque 50 km au sud de Tripoli, afin d'être à portée de canon de la capitale libyenne.» Il n'y a pas de civils à Tripoli.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f57565b0-a033-11e0-b9b8-170a8539b71a/Jacob_Zuma_hausse_le_ton_contre_lOTAN


Première division des Alliés de l'Otan sur la poursuite des frappes.
L'Italie a ouvert la voie à une sérieuse division au sein de l'Otan en demandant mercredi un cessez-le feu en Libye, une éventualité aussitôt rejetée par Paris et le chef de l'Alliance.
Après une série de bavures qui a entaché la campagne "Protecteur unifié", le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a estimé que "la suspension des actions armées est fondamentale pour permettre une aide immédiate" dans le pays en proie à un conflit depuis plus de quatre mois. Une proposition aussitôt rejetée par la France, estimant qu'une pause, même à des fins humanitaires, risquerait de permettre au leader contesté Mouammar Kadhafi "de gagner du temps et de se réorganiser".
A Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, s'est voulu clair: l'Otan va "continuer" ses opérations pour éviter que "d'innombrables civils supplémentaires perdent la vie". Pays abritant le quartier général de l'opération et des bases aériennes d'où décollent les bombardiers alliés, l'Italie a jeté un pavé dans la mare en dénonçant les raids contre les civils et l'enlisement du conflit.
Un arrêt immédiat des hostilités "permettrait d'éviter ce que le CNT (Conseil national de transition, instance dirigeante de la rébellion) craint, à savoir une consolidation de la partition en deux de la Libye", a dit M. Frattini, à la veille d'un Conseil européen à Bruxelles. Se référant aux opérations de l'Otan, M. Frattini a également réclamé "des informations détaillées" et préconisé des "consignes claires et précises", après les erreurs "dramatiques" qui ont conduit à toucher des civils. "Ce n'est clairement pas la mission de l'Otan", a-t-il ajouté.
De son côté, le secrétaire général sortant de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a soutenu le lancement des frappes aériennes en Libye, a fait part de ses "scrupules" après les pertes civiles. "Quand je vois des enfants se faire tuer, mon devoir est d'avoir des scrupules. C'est pourquoi j'ai mis en garde contre le risque de pertes civiles", a déclaré M. Moussa.
L'Alliance atlantique a reconnu avoir tué par erreur neuf civils lors d'une frappe nocturne à Tripoli dimanche. Le 16 juin, l'Otan avait également frappé accidentellement une colonne de véhicules rebelles dans la région de Brega. Mais l'Alliance a insisté sur le fait qu'un raid aérien mené lundi à Sorman, à l'ouest de Tripoli et qui a fait selon les autorités libyennes 15 morts, dont trois enfants, avait frappé une "cible militaire légitime". Ce raid a visé une résidence de Khouildi Hmidi, un vieux compagnon de route du colonel Kadhafi.
Malgré les critiques, l'Otan semble entrer dans une nouvelle étape dans ses opérations en Libye, en visant notamment les points de contrôle érigés sur les routes menant à Tripoli et les véhicules militaires légers équipées de canons anti-aériens ou de lance-roquettes

. Elle s'est défendu d'avoir visé mardi deux check-point aux alentours de Khoms, à 120 km à l'est de Tripoli, comme indiqué par la télévision libyenne qui a qualifié les cibles visées de "civils". Un responsable de l'Otan a assuré que les objectifs visés étaient tous "clairement militaires".
Dans son rapport quotidien, l'Otan a indiqué avoir visé mardi des véhicules militaires aux environs de Nalout et Zenten, dans la région montagneuse d'Al-Jabal Al-Gharbi, au sud-ouest de Tripoli, théâtre depuis plusieurs semaines de violents affrontements entre rebelles et forces loyalistes. L'Alliance a indiqué aussi avoir visé d'autres cibles aux environs de Zlitan à 40 km à l'ouest de la ville rebelle de Misrata, où il a essuyé mardi sa première perte en Libye, un hélicoptère drone américain.
Misrata a encore fait l'objet mercredi de tirs de "roquettes" des "pro-Kadhafi", faisant un nombre de blessés parmi les femmes et les enfants", selon un communiqué de la rébellion, qui a également fait état de l'exode de milliers de familles originaire de la région de cette enclave. Au niveau diplomatique, la rébellion a enregistré un nouveau succès mercredi après que la Chine a reconnu le CNT comme "interlocuteur important", mettant fin à sa politique de non ingérence dans ce conflit, trois semaines après ses premiers contacts avec la rébellion.
Le CNT a été reconnu comme "représentant légitime" du peuple libyen par une quinzaine de pays. D'autre part, l'Organisation de la conférence islamique a annoncé avoir dépêché une mission en Libye pour préparer une médiation en vue d'un règlement de la crise dans ce pays. La mission, dirigée par le chef du département politique de l'OCI, Mahdi Fathallah, doit rencontrer des responsables du régime et de la rébellion.
Depuis le 15 février, le conflit a fait entre "10.000 et 15.000" morts et obligé près de 952.000 personnes à prendre la fuite, selon des organisations internationales
.

La Libre Belgique –

22/06/2011


Armen Oganessian : L'OTAN travestit la réalité en Libye.

"Avez-vous demandé l’autorisation de l’OTAN pour vous rendre à Tripoli?", a demandé à Kirsan Ilioumjinov un journaliste occidental lors d’une conférence de presse. Bien sûr, il était possible de répondre: "Est-ce que vos parents vous autorisaient à être impolis?" Mais cela n’aurait pas été diplomatique. "Le règlement du président de la Fédération internationale des échecs (FIDE) ne stipule pas qu’il est nécessaire d’informer l’OTAN." Sans préambule particulièrement recherché, Ilioumjinov a déclaré: "Le gouvernement libyen est prêt à négocier. Dès maintenant il est prêt à s’assoir à la table des négociations avec les dirigeants de l’OTAN et avec ceux qui se trouvent à Benghazi."
En ce qui concerne "l’autorisation" de l’OTAN, la question est digne d’intérêt. Sur le plan informationnel, aujourd’hui la Libye est une terra incognita, elle ne peut pas utiliser ses satellites, et les médias libyens ne sont pas diffusés à l’étranger, même dans les pays voisins les plus proches. Ce vide a été comblé par les rapports officiels et bravaches des politiciens et des généraux de l’OTAN. En ce qui concerne les "reportages en direct" des médias étrangers, il s’agit généralement d’un texte adapté par les rédactions aux images parvenant depuis les lieux des événements. Et le sens des événements est souvent altéré au point de ne plus du tout correspondre à la réalité. En d’autres termes, une machine de propagande en a remplacé une autre. D’autre part, en Libye toutes les chaînes occidentales et russes fonctionnent. Selon Ilioumjinov, les Libyens rient lorsqu’ils entendent les "salades" occidentales.
Dans une interview exclusive accordée à l’envoyé spécial du magazine Mejdounarodnaïa jizn (Vie internationale), qui a accompagné le président de la FIDE dans ce voyage, ce dernier a déclaré: "J’ai traversé la moitié du pays, j’ai vu des villes et des villages qui, selon les médias occidentaux, était "occupés par les rebelles", et où, soi-disant, "des combats violents avaient lieu." Et à ce moment précis nous étions à ces endroits! Et lorsqu’on revenait vers la frontière tunisienne, les médias occidentaux annonçaient que la ville de Zaouïa était "occupée par les rebelles", or nous l’avons traversée et il n’y avait aucun combat!" Bien sûr, la résolution de l’ONU n’avait pas du tout prévu le blocus de l’information en Libye. Qui plus est, la censure.

Le tableau objectif des événements en Libye contredit foncièrement les communiqués triomphants de l’OTAN. Finalement, tout s’est réduit au fait que l’OTAN pousse à agir ceux qu’on appelle les rebelles, et ces derniers répondent invariablement: "Bombardez plus, bombardez encore!" En prenant partie pour les rebelles, l’OTAN provoque l’exacerbation de la guerre civile et n’est absolument pas intéressée par la paix civile tant que Kadhafi n'est pas balayé de l’échiquier politique.
Désormais, il est clair que les priorités initiales de l’OTAN n’étaient pas la paix et la sécurité de population civile, mais seulement la réalisation d'objectifs politiques. C’est la raison pour laquelle il n’y aura aucune réponse à la volonté de Kadhafi de commencer les négociations immédiatement après la cessation des raids aériens. Les alliés ont besoin d’une guerre avec une fin victorieuse.
Kirsan Ilioumjinov a vu les hôpitaux et les immeubles en ruines. Et il a trouvé en lui le courage d’exprimer sa compassion à Kadhafi pour la mort de ses petits-fils âgés de 2 ans, et de sa petite-fille de 2 mois, qui avaient été tués pendant un bombardement de la capitale libyenne. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que l’opération actuelle fait couler le sang des enfants libyens, ce qui aurait dû attirer l’attention de la Cour pénale internationale. Ou une nouvelle fois on mettra tout sur le dos de la résolution des Nations Unies?
Lors de l’entretien avec Kirsan Ilioumjinov, Kadhafi a fait allusion aux dessous économiques de l’opération. 160 milliards de dollars, toutes les réserves monétaires de la Libye ont été gelées sur les comptes étrangers. "J’ignore pourquoi tout le monde dit que cet argent appartient à Kadhafi. Ce n’est pas l’argent de Kadhafi, il appartient à la Banque centrale nationale, aux entreprises publiques, à la population libyenne! Si ces 160 milliards sont nécessaires pour renforcer l’euro, pour le règlement de leurs problèmes, qu’ils le disent!"
On sait qu’à une époque la Libye a abandonné l’élaboration d'armes de destruction massive, nucléaires, chimiques, bactériologiques, ainsi que la fabrication de fusées-porteuses. Kadhafi a déclaré à Ilioumjinov que les fonds économisés ont été notamment alloués à la construction des voies ferrées, dont l’appel d’offres a été remporté par la Russie. Puis Kadhafi a ajouté: "Quel exemple l’OTAN montre actuellement aux pays tels que la Corée du Nord, l’Iran et autres? Que la force appartient à celui qui possède des armes? J’ai été contraint d’abandonner la production de ces armements. Et aujourd’hui, la Libye est bombardée. S’avère-t-il que tel est le sort des Etats petits et faibles?"
Selon Kirsan Ilioumjinov, Kadhafi paraissait lucide, la rencontre ne s’est pas tenue dans un bunker et son interlocuteur n’avait pas l’air d’un homme préoccupé par son propre sort. Mais l’amertume de la perte de ses proches était évidente: "Je sais que j’ai été condamné à mort avec mes proches et parents. Mais quel tort une fillette avait-elle fait à l’OTAN?"
L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

Armen Oganessian

17 juin

20 juin  

http://fr.rian.ru/...

 


Le conflit libyen est monté de toutes pièces"

L'OTAN travestit la réalité.

Le conflit libyen est monté de toutes pièces"

Les révélations de Saïda Benhabiles ex ministre Algérienne
De retour de Libye où elle a rencontré les membres du Conseil national de transition, des jeunes insurgés et les responsables de Tripoli, Saïda Benhabiles, ancienne ministre algérienne et présidente d'une association, a fait hier au Temps d’Algérie des révélations, à Alger, lors des assises nationales sur la société civile, qui risquent d’éclabousser les régimes de Nicolas Sarkozy, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis d'Amérique.
 Guerre impérialiste de Libye: vers une invasion américaine et une destitution d’Obama ?…
Un journaliste fixe la date du début de la Troisième guerre mondiale
L’OTAN souffre de sérieux problèmes de financement
Le conflit libyen est monté de toutes pièces, selon l'ancienne ministre, qui détient des preuves irréfutables sur les intentions des pays occidentaux qui ont déclaré la guerre au «frère d'hier», Mouamar El Kaddafi.

En effet, Saïda Benhabiles a effectué récemment un voyage «dangereux», au prix de sa vie, pour voir de visu la «révolte» du peuple libyen, devenu le «fonds de commerce des responsables européens et américains, ainsi que certains dirigeants impitoyables des pays arabes, notamment l'émir du Qatar».

 L'ancienne ministre a dû avoir l'autorisation de l’écrivain et philosophe français juif, Bernard Henri Lévy pour se rendre à Benghazi. Ce dernier est devenu «le chef des insurgés». «Il est au courant de tout et coordonne toutes les actions», a tenu à souligner notre ministre, s'interrogeant sur le rôle de ce personnage dans le conflit libyen.

Les forces de l'Otan tuent les civils, les enfants, les femmes, des simples citoyens et tirent sur tout ce qui bouge. Nous avons vu des images horribles, même les hôpitaux n'ont pas échappé à cette alliance militaire. Il faut que l'ONU suspende d'urgence la résolution d'intervention des forces militaires
 en Libye. C'est un massacre des populations. Ce que j'ai vu en Libye est impardonnable.
 Il y a plus de drapeaux français que libyens», témoigne-t-elle offusquée et indignée. «Les citoyens libyens n'arrivent pas à admettre que leur pays aussi riche devienne d’un coup un terrain pour avions. Tous les Libyens sont armés, même les enfants possèdent des fusils et des pistolets. Il n'y a aucune sécurité et les groupes terroristes ayant fuit les prisons sont en force et font  ce qu’ils veulent.
C'est le chaos total», ajoute-t-elle, signalant que le guide de la Révolution libyenne a le mérite d'avoir distribué la richesse à son peuple, mais  n'en a pas fait autant pour l’armer politiquement contre l'Occident. «Je ne suis pas contre des manifestations pour la démocratie et le développement du pays avec plus de liberté et de critique. Mais à la manière avec laquelle les choses ont été menées en Libye, on s'est rendu compte que les forces extérieures ont tout fait pour détruire ce pays qui regorge de richesses naturelles inestimables»,a-t-elle signalé. «La révolte libyenne n'est ni populaire, ni spontanée et encore moins démocratique», selon elle.

Il s'agit d'une sanction infligée au peuple libyen par «les maîtres du monde» qui ont perdu la Tunisie et l'Egypte et qui veulent également détruire la Syrie en entraînant les «médias de guerre, dont la chaîne El Jazira et d'autres canaux américains et européens».
Le Conseil national de transition se compose de ressortissants étrangers qui
 n'ont rien à voir avec la Libye, le reste des membres du CNT sont des personnages opportunistes, comme l'ancien ministre de la justice de Kadhafi,Mustapha Abdujalil Al Bayda, aujourd'hui président du Conseil.
A cela, il faut ajouter les monarchistes traditionalistes Senoussi, qui veulent prendre leur revanche sur la révolution verte en utilisant les Libyens.
 Tous les réseaux de renseignements sont présents en Libye, surtout à Benghazi, les
>> services du Mossad, de la DGSE et britanniques. Le pays est infesté d’agents secrets qui utilisent et ont recours à toutes les nouvelles technologies de propagande de guerre et médiatiques. L'armée libyenne fait face à de puissants militaires venus d'Israël et aux puissances occidentales.
L'ancienne ministre algérienne promet d'animer une conférence de presse à Alger pour révéler les secrets de cette guerre déclarée au peuple libyen et de revenir sur les circonstances de son voyage dans ce pays frère qui a duré plus d’un
 mois où elle a passé des nuits blanches par crainte d'être arrêtée par les services de renseignements israéliens ou européens. Notons que la mission a été menée sous la bannière du Centre français de recherche sur le renseignementCF2R) ce qui a permis à l'Algérienne de passer inaperçue et d'éviter des embêtements aux frontières.

L'autre point à souligner est celui du refus des autorités françaises (le ministère des Affaires étrangères) d'accorder une salle aux animateurs du mouvement associatif qui ont effectué cette mission en Libye afin de rendre public leur rapport. Il a fallu l'aide du directeur de la revue Afrique
 Asie pour que les animateurs de ce centre puissent avoir le droit à la parole dans un pays qui se réclame comme la nation des droits de l'homme.
http://www.letempsdz.com//content/view/58951/1/


L'OTAN prépare les rebelles au pouvoir.

Parmi les rebelles de second type, ceux qu'il est tout a fait normal de bombarder, les rebelles afghans bien sûr. Si le rebelle se trouve dans sa famille au milieu de ses enfants, c'est "dommage collatéral", mais c'est normal. On inventera qu'il les prenait comme bouclier humain, et qui pourra les contredire? "Selon l'Isaf, les forces de sécurité recherchaient un chef de ce réseau lorsqu'elle ont essuyé des tirs de roquettes et de fusil d'assaut"...

Quant aux bons rebelles, qui combattent au nom des droits de l'homme et des libertés, assez bizarement le peuple libyen n'a pas l'air très désireux de les attendre pour fêter leur liberté retrouvée avec eux : "La liste des villes fantômes s'allonge dans le Djebel Nefousa, à mesure de l'avancée des rebelles", cf ci-dessous.

La rébellion libyenne obtient la pleine reconnaissance de ses alliés [, et les avoirs du peuple libyen, transformés en garantie de dette]
Bien que cela n'ait pas un impact réel sur la mainmise sur la Libye du colonel Mouammar Kadhafi, cette reconnaissance facilite le financement par les alliés de la rébellion.

 « Cela veut dire que nous allons pouvoir dégeler un certain nombre d'avoirs appartenant à l'État libyen puisque c'est le CNT qui exerce désormais cette responsabilité », a fait valoir le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

La Turquie a appelé tous les pays participants à la réunion à envisager l'ouverture de lignes de crédit au CNT.

Rome a d'ailleurs annoncé avoir avancé quelque 100 millions d'euros au CNT sous forme de crédits garantis par les avoirs gelés de Tripoli en Italie et promis 300 autres millions d'ici deux semaines.

Le CNT réclamait depuis longtemps la rétrocession des avoirs de membres du régime Kadhafi, gelés en février par le conseil de sécurité de l'ONU. Aux États-Unis seulement, 34 milliards de dollars sont gelés.

La secrétaire d'État américaine a salué la « promesse [du CNT] de poursuivre des réformes démocratiques ouvertes », qui a rendu possible cette reconnaissance diplomatique accrue.

 [Celle-là, elle est bien bonne:]

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters,

15/07/11


Marti Hiken : Les nations européennes ne veulent plus jouer leur rôle dans l’OTAN.

La récente diatribe de Robert Gates contre les 28 membres de l’OTAN qui "consomment de la sécurité au lieu de la produire" et qui ne font pas leur part de guerre sanglante est soit un avertissement soit un signe avant-coureur de l’évolution de la relation entre les USA et les nations européennes.

Les nations européennes refusent de participer aux guerres américaines et les USA n’aiment pas ça. Les Européens ont collaboré de plein gré aux ambitions impérialistes des USA aussi longtemps qu’on leur a demandé de se consacrer au missions "douces" c’est à dire le soutien humanitaire pendant que les USA s’occupaient des missions "dures" à savoir les missions de combat. Ce qui est clair est que les besoins, à la fois économiques et politiques, des 28 pays vont dans des directions opposées et qu’il y a peu d’unité parmi les membres de l’OTAN. L’Europe apparemment ne partage pas la vision étasunienne de l’hégémonisme et de l’impérialisme étasuniens.

Depuis la création de l’OTAN en 1949 pour renforcer la défense de l’Europe et pour maintenir la paix et la coopération dans l’Europe conflictuelle après les deux guerres mondiales, ses membres européens ont été incités à soutenir la politique étrangère étasunienne. De fait, il en est ressorti un Plan Marshall constamment tourneboulé et financé par les contribuables étasuniens à hauteur de 75% des dépenses militaires de l’OTAN. Cela permet aux USA de projeter leur ambition hégémonique sur le reste du monde et s’appuyant sur leurs alliés européens sous le prétexte de "défendre" les nations Nord Atlantiques.

Alors que la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) aurait pu être tournée vers le développement de capacités militaires pan-européennes qui auraient permis à l’Europe de contrôler plus ou moins son destin, les Européens ont au contraire choisi de "mettre l’accent sur les institutions plutôt que sur les capacités militaires effectives."

Pendant ces dix dernières années, toujours pour justifier la continuation de l’existence de l’OTAN, on est passé de la nécessité de contrer l’Union Soviétique et le bloc de l’est à celle de s’opposer au terrorisme avec son éternel cortège d’opérations militaires sur toute la planète assorti d’activités destinées à remplir les coffres des multinationales étasuniennes.

Une à une les nations européennes sont entrées dans l’alliance, attirées par la propagande mensongère comme l’âne par la carotte attachée sous son nez au bout d’un bâton. Alors que le système de missiles de défense et autres investissements étasuniens ont donné par le passé un sentiment de sécurité ainsi que du travail et de la technologie à de nombreux pays, l’Otan d’aujourd’hui et son programme de missiles de défense repose largement sur l’idée d’empêcher une agression de l’Iran.

Du point de vue européen, c’était un bon accord, et ses membres ont accepté de participer à l’OTAN surtout pour bénéficier de la manne technologique dans les domaines militaires et les services secrets que ce pays offre à ses alliés - c’est à dire aussi longtemps que les Etasuniens finançaient les opérations et que les Européens ne devaient pas s’engager dans le combat, ni tuer et être tués.

Au cours des 60 dernières années, pourquoi les Européens auraient-ils développé, fabriqué et entretenu leurs propres défenses et alliances militaires puisqu’ils pouvaient compter sur les USA pour le faire ? Prendre la carotte et la manger revient beaucoup moins cher que fournir la compétence et payer le coût élevé des armes et de la militarisation.

Quand Gates dit : "Cette situation découle en partie d’une manque de volonté politique et pour beaucoup d’un manque de ressources en période d’austérité" il ignore le fait que les pays européens doivent encore prendre en compte les inquiétudes de leurs citoyens qui n’ont pas envie que leur jeunesse soit sacrifiée et meure au même rythme que la jeunesse américaine. Il semble que les peuples de l’Europe ne veulent pas que leurs économies deviennent des systèmes militaires coûteux destinés à protéger les riches. "La sécurité nationale" et le matériel militaire n’a pas autant d’adeptes outre-Atlantique qu’ici aux USA. A la différence des politiciens étasuniens, beaucoup d’Européens demandent (et ont) des systèmes de santé pour tous, un filet de sécurité, un droit du travail et des emplois.

Ce qui se passe est intéressant parce que, même si les USA peuvent acheter et contraindre beaucoup de pays dans le monde, ils n’ont pas ce pouvoir sur les nations européennes. Les états européens ne forment pas une union ni une confédération ; ce sont au contraire des nations indépendantes qui ont chacune leurs propres élections. Les pays ont des gouvernements et des partis qui changent régulièrement ; ce sont des pays séparés qui doivent rendre des comptes à ceux qui les élisent et non pas aux militaires étasuniens. Quel pays pourrait lancer une attaque d’envergure contre l’Europe ? Il est ridicule de croire que les pays européens ont besoin de l’OTAN. Les pays européens pourraient facilement se retirer de l’OTAN et laisser les USA mener ses propres guerres.

On peut aussi se demander si l’Europe ne se livre pas une sorte de jeu passif-agressif avec les USA ? A-t-elle dupé les leaders étasuniens en fin de compte ? Puisque chaque nation européenne possède sa propre armée nationale et, en acceptant de faire le jeu des USA, tire profit de la collaboration et accumule de l’expérience en participant aux escarmouches et aux exercices de l’OTAN dans le monde, l’Europe va-t-elle finalement se retrouver à mille lieues devant les USA grâce aux ressources et aux connaissances technologiques accumulées ? Ou à l’opposé, en ne développant pas un solide système européen de défense correspondant à ses besoins, l’Europe ne risque-t-elle pas de voir retomber sur elle la colère des pays en voie de développement que les USA cherchent à dominer.

Une chose est sure, les USA dictent la politique de l’OTAN en fonction des intérêts des USA. Gates l’a dit clairement : "Ce serait une grave erreur de la part des USA de renoncer à leurs responsabilités mondiales" y compris à l’augmentation de "leur engagement en Asie". Gates est convaincu que les Européens devraient être fiers de soutenir les objectifs impérialistes des USA dans le monde.

Marti Hiken

Marti Hiken est la directrice de Progressive Avenues. Elle est l’ancienne directrice associée de the Institute for Public Accuracy et ancienne présidente de the National Lawyers Guild Military Law Task Force.

On peut la joindre à : info@progressiveavenues.org. et visiter son site.

 (Dissident Voice)

Pour consulter l’original et lire les notes : http://dissidentvoice.org/2011/06/e...

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article 14026

20 juin 2011

http://www.legrandsoir.info/les-nations-europeennes-ne-veulent-plus-jouer-leur-role-dans-l-otan-dissident-voice.html 


 

n° 91 - Journal des Guerres de l'Otan. - 26-06 au 25-07 - Suite- : La débâcle de l’OTAN en Libye.


n° 91 - Journal des Guerres de l'Otan. -  26-06 au 25-07  - Suite- : La débâcle de l’OTAN en Libye.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan. (Début)   

Opération Unified Protector

n° 91- 26-06 au 25-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Paroles & action ... 

Otan : Opération UNIFIED PROTECTOR : Direction par l’OTAN de l’embargo sur les armes à l’encontre de la Libye.

Au cœur des débats.

L’OTAN donne des signes de son intention d'assassiner Kadhafi.  

2 Guerres de l'Otan

Au jour le jour



1 Paroles & action ... 

Otan : Opération UNIFIED PROTECTOR : Direction par l’OTAN de l’embargo sur les armes à l’encontre de la Libye.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information. 

Depuis le 23 mars 2011, des navires de guerre et des avions de l’OTAN patrouillent les approches des eaux territoriales libyennes dans le cadre de l’opération Unified Protector. Leur mission consiste à réduire le flux d’armes, de matériels assimilés et de mercenaires vers la Libye, conformément à la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. L’opération dans son ensemble est commandée par le lieutenant-général Charles Bouchard, du Groupe de forces interarmées déployable Unified Protector. L’embargo maritime sur les armes est placé sous le commandement du viceamiral Rinaldo Veri, du commandement maritime de l’OTAN à Naples. Le pilotage politique de l’opération est assuré par le Conseil de l’Atlantique Nord, au siège de l’OTAN à Bruxelles. Depuis le 30 mai 2011, dix-neuf navires et sous-marins contrôlent et font respecter l’embargo sur les armes, avec l’aide d’avions de patrouille maritime et d’avions de chasse si nécessaire.

En exécution de leur mission, les forces navales de l’OTAN peuvent interdire à un navire d’entrer dans un port libyen ou d’en sortir si elles ont des raisons de croire que le navire ou sa cargaison sera utilisé pour des attaques contre des civils, que ce soit directement ou indirectement. Toute décision d’intercepter et/ou de dérouter un navire est prise au cas par cas par les commandants militaires de l’OTAN, sur la base de renseignements fiables. L’OTAN travaille en collaboration étroite avec l’Organisation maritime internationale et l’industrie du transport maritime pour limiter les perturbations éventuelles de la navigation. Les navires qui prévoient de transiter par la zone sous embargo sont dûment informés par l’OTAN des procédures de navigation et doivent lui notifier leur cargaison et leur destination, comme cela est précisé dans les messages d’avertissement qu’ils reçoivent. Sur la base des informations communiquées par les navires en transit, et à l’aide du système d’identification automatique des navires (qui fournit des informations générales sur la vitesse, la position, le cap et la destination) et des moyens de surveillance et de renseignement, l’OTAN vérifie les mouvements de navires dans la région, en faisant une distinction, d’une part entre le trafic légitime de nature commerciale, humanitaire ou privée et, d’autre part, les navires suspects, qui doivent être inspectés de plus près.

Les navires suspects sont interrogés par radio et, s’ils ne fournissent pas des informations satisfaisantes sur leur cargaison, les navires de l’OTAN sont autorisés à les intercepter. En dernier recours, les équipes de visite sont habilitées à employer la force pour accéder au navire et vérifier le journal de bord, la liste des membres d’équipage ainsi que le manifeste de fret. Jusqu’à maintenant, toutes les visites se sont déroulées sans opposition. Si des mercenaires, des armes ou d’autres objets suspects sont découverts, le navire et son équipage peuvent se voir refuser le droit de poursuivre leur route. Depuis le 30 mai 2011, 1 093 navires ont été interrogés et 60 visites ont été effectuées. Sept navires se sont vu refuser le droit d’entrer dans les ports libyens ou d’en sortir. Toutes les unités de l’OTAN sont parfaitement conscientes de leurs responsabilités en ce qui concerne la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) prévue par le droit maritime international. Les navires de l’OTAN font tout leur possible pour répondre aux appels de détresse et prêter assistance si nécessaire.

 Opération UNIFIED PROTECTOR - Protection des populations et des zones civiles

Le 31 mars 2011, l’OTAN a pris le commandement général des opérations militaires internationales en Libye, en application des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. Les actions de l’OTAN ont pour but de protéger les populations et les zones civiles contre des attaques ou contre la menace d’attaques. Cette mission vient en complément de l’imposition, par l’OTAN, d’une zone d’exclusion aérienne qui interdit l’espace aérien libyen à tous les vols, à l’exception des vols humanitaires, et qui empêche ainsi toute attaque depuis les airs contre les populations civiles. Le 1er juin 2011, l’OTAN et ses partenaires ont décidé de prolonger de 90 jours les deux volets de la mission, à compter du 27 juin 2011.

L’opération est placée toute entière sous le commandement du lieutenant-général Charles Bouchard, du groupe de forces interarmées multinationales Unified Protector. La gestion des opérations aériennes est assurée depuis le quartier général du commandement Air de l’OTAN pour le Sud-Europe, basé à Izmir, en Turquie. Le contrôle tactique en temps réel relève du Centre multinational d’opérations aériennes (CAOC) de l’OTAN situé à Poggio Renatico, dans le nord de l’Italie. Les opérations navales à l’appui de la mission sont dirigées depuis le commandement des forces maritimes de l’OTAN, à Naples.

La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU autorise le recours à “toutes les mesures nécessaires” pour protéger les populations et les zones civiles contre des attaques ou contre la menace d’attaques. Conformément à ce mandat, l’OTAN mène des opérations de reconnaissance, de surveillance et de collecte d’informations afin d’identifier les forces qui présentent une menace pour les populations et les zones civiles. Les moyens aériens et maritimes de l’OTAN peuvent ensuite prendre à partie des objectifs au sol, en mer ou dans les airs. Les moyens militaires participant à l’opération comprennent des avions de combat, de surveillance et de reconnaissance, des avions ravitailleurs, des drones et des hélicoptères d’attaque. Au 31 mai 2011, les avions de l’OTAN et de ses partenaires avaient effectué plus de 9 000 sorties, dont plus de 3 400 missions de frappe. Des navires et des sous-marins chargés de faire respecter l’embargo sur les armes prennent part à la mission lorsqu’il y a lieu. Le ciblage relève de la décision des commandants opérationnels. Parmi les objectifs frappés à ce jour figurent des chars, des blindés de transport de troupes, des systèmes de défense aérienne et des pièces d’artillerie situés à la périphérie ou s’approchant de zones civiles névralgiques comme Misrata, Ajdabiyah et Zintan. A Tripoli, l’OTAN a frappé des centres militaires de commandement et de contrôle afin de paralyser le régime de Kadhafi et de l’empêcher de transmettre des ordres à ses forces. En ciblant ses objectifs, l’OTAN met tout en oeuvre pour éviter de toucher des civils, et son action est toujours guidée par le principe du recours à la force minimale nécessaire. L’OTAN fait tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter l’acheminement de l’aide, comme on l’a vu à Misrata. L’OTAN y a en effet neutralisé les mines que les forces pro-Kadhafi avaient mouillées dans le port, ce qui a permis à l’aide humanitaire de parvenir à nouveau à ceux qui en ont besoin. L’OTAN n’a pas déployé de forces au sol, se conformant ainsi pleinement à la résolution

08 juin 2011 –

 www.nato.int

 

Livraisons d'armes aux rebelles libyens: "Pas de problème"…

Le secrétaire-général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ne voit "pas de problème" au parachutage récent d'armes par la France aux rebelles libyens, en dépit de l'embargo sur les armes visant la Libye. "J'ai compris que ces livraisons de la France avaient pour objectif de protéger les citoyens et de leur donner la possibilité de se défendre contre les attaques du régime de Kadhafi", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles. [et accessoirement de mener l'offensive vers Tripoli]

La mission "Unified Protector" de l'OTAN en Libye s'articule autour de trois axes: la mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne, l'application d'un embargo sur les armes et la protection de la population contre la répression. En dépit de l'embargo, la France a livré ces derniers jours des armes aux rebelles.

M. Rasmussen a souligné mercredi que les livraisons ne s'inscrivent pas dans la mission de l'OTAN, mais il n'y voit pas pour autant un problème. Il a jugé qu'elles permettaient de protéger la population civile, en conformité avec la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le sujet.

Le secrétaire-général de l'OTAN a par ailleurs fait savoir que les représentants du Conseil national de transition libyen seraient reçus mercredi prochain par les 28 ambassadeurs des pays membres de l'organisation. Il aura également un entretien particulier avec eux. (belga)

 

Opération Unified Protector

La ‘rébellion’ libyenne reçue le 13 juillet par les pays de l'Otan…

Une délégation de la rébellion libyenne va être reçue le 13 juillet pour la première fois par les représentants de 28 pays de l'Otan à Bruxelles et parler avec eux de la transition vers la démocratie en Libye, a annoncé mercredi son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen.

Le conseil de l'Otan (qui regroupe les ambassadeurs des pays de l'Alliance atlantique) aura une réunion informelle avec M. (Mahmoud) Jibril (le numéro deux de la rébellion) et d'autres représentants du CNT, le Conseil national de transition basé à Benghazi, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Le but de cette réunion est d'échanger des points de vue et je pense que M. Jibril va présenter la feuille de route pour la transition vers la démocratie en Libye, a indiqué M. Rasmussen.

Le CNT a élaboré une telle feuille de route et c'est important pour le Conseil de l'Otan de discuter ce sujet avec M. Jibril, a-t-il souligné, répétant que le but primordial des entretiens était d'échanger des points de vue.

Le secrétaire général de l'Otan a souligné qu'il aurait lui-même en plus (...) une rencontre bilatérale avec M. Jibril ce jour-là.

L'information sur une rencontre en tête-à-tête entre M. Rasmussen et la rébellion libyenne avait filtré mardi de source diplomatique mais pas celle d'une réception par l'ensemble des pays de l'Otan, qui marque un pas supplémentaire dans la reconnaissance internationale du CNT.

L'Otan, pour sa part, n'a pas encore de représentation à Benghazi.

A cette occasion, un membre du CNT doit aussi rencontrer la semaine prochaine le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy. Et il aura probablement aussi un entretien avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ainsi qu'avec un haut responsable du service d'action extérieure européen dont la chef, Catherine Ashton, sera alors absente.

Si la diplomate en chef de l'UE a déjà reçu à Bruxelles un envoyé du CNT, côté Otan ce sera une première.

M. Rasmussen n'a pas voulu évaluer les chances de l'offensive lancée mercredi matin par les rebelles de l'ouest en direction de Tripoli. Mais, a-t-il ajouté, il est clair que (le leader libyen Mouammar) Kadhafi perd du terrain.

Chaque jour sa machine de guerre est dégradée, ses généraux et ses ministres le lâchent et il a perdu le soutien de la communauté internationale. Bref, a-t-il estimé, la partie est terminée pour le numéro un libyen.

Le secrétaire général de l'Otan a souligné que depuis que l'alliance occidentale avait pris le contrôle des opérations le 31 mars, elle avait endommagé ou détruit 2.700 objectifs militaires légitimes, plus de 600 chars et pièces d'artillerie et près de 800 casemates et dépôts de munitions. Et, selon lui, le résultat est facile à voir.

Quant à la livraison d'armes par la France aux rebelles libyens dans la même région ouest du pays, M. Rasmussen a répété qu'elle ne relevait pas de l'Alliance atlantique, ne s'étant pas inscrite dans le cadre de l'Otan et n'ayant pas fait partie des opérations de l'Otan.

Se refusant à tout autre commentaire, il a cependant noté que cette livraison d'armes par la France avait eu pour but de protéger les civils en les rendant aptes à se défendre contre les attaques des troupes de M. Kadhafi.

AFP /

06 juillet 2011



Au cœur des débats.

L’OTAN donne des signes de son intention d'assassiner Kadhafi.  

- Les avions l'OTAN ont mené lundi soir un raid sur la capitale libyenne, Tripoli, annonce la télévision libyenne, citant un porte-parole militaire. La même source précise que les avions de l’OTAN ont ciblé un autobus privé utilisé par le leader libyen lors de ses déplacements. a direction du Foreign Media en Libye a accompagné les journalistes et les correspondants de agences de presse et des chaînes internationales de télévision présents à Tripoli à la résidence du leader libyen à Bab Al-Aziziya où ils ont constaté les destructions causées par le bombardement et le bus endommagé. Selon les autorités libyennes, ce raid confirme l'intention de l'OTAN d'assassiner le leader libyen et sa famille.
Un représentant américain de l'Etat de l'Ohio et membre de la commission de l'armée et de l’armement au Congrès, Mike Turner, a déclaré, en citant un amiral américain au commandement de l’OTAN à Naples, que l'objectif de la campagne contre la Libye est l'assassinat du leader libyen et le changement du régime dans le pays.
Selon lui, l'amiral Samuel Walker a reconnu que les efforts sont intensifiés pour poursuivre Mouammar Kadhafi et son assassinat ainsi que pour opérer un changement de régime en Libye.
Il a affirmé que l’OTAN agit en dehors du mandat accordé par la résolution du Conseil de sécurité de 1973, soulignant la mesure dans laquelle l’OTAN tente de réaliser ses dessins outrepasse la mission de protection des civils, bien que le président Barack Obama a annoncé que l'objectif de l’opération en Libye n'est pas d’opérer un changement de régime.
Le président sud-africain, Jacob Zuma, a dénoncé les mandats d'arrêt lancés par la Cour pénale internationale (CPI) contre le guide libyen Mouammar Kadhafi et deux autres personnalités libyennes. 'Le président Zuma est extrêmement contrarié et préoccupé par la délivrance d'un mandat d'arrêt contre le colonel Kadhafi', a déclaré le porte-parole du président, Zizi Kodwa, dans une interview à une station radio. 'Il est vraiment malheureux que la CPI prenne une telle décision alors que l'Union africaine (UA) à travers son comité ad hoc a tant fait. Je pense que les progrès réalisés jusqu'ici montrent qu'il y a maintenant un engagement de la part des deux parties, à la fois de l'autorité libyenne dirigée par le colonel Kadhafi et du Conseil national de transition', a-t-il souligné. M. Kodwa estime que les mandats d'arrêt vont saper le travail du comité de l'UA. C'est la première fois que les juges de la CPI prennent une telle décision durant un conflit en cours. M. Zuma avait mis en garde l'OTAN contre l'usage de sa puissance militaire pour assassiner le numéro un libyen, rappelant que la résolution de l'ONU qui a autorisé l'OTAN à entrer en action en Libye avait pour objectif de protéger le peuple libyen et non de procéder à 'un changement de régime ou à un assassinat politique'.
Les avions de l’OTAN bombardent un marché de légumes
Tripoli, Libye - Les avions l'OTAN ont bombardé mardi soir des sites civils et militaires dans la région de Bir Al-Usta Milad, dans la banlieue-est de Tripoli, détruisant de nombreuses installations, selon un porte-parole militaire libyen.

Par ailleurs, la télévision libyenne a rapporté, citant un porte-parole militaire, qu'un raid de l'OTAN a ciblé le même jour un marché de légumes dans la région de Taouargha, à 250 km environ à l'est de Tripoli, tuant huit personnes et en blessant plusieurs autres. Le porte-parole militaire a indiqué que ce raid sur ce marché s’inscrivait dans le cadre du 'génocide collectif systématique de l'OTAN contre le peuple libyen'.
Il a réitéré les accusations contre l’Alliance accusée d'avoir commis 'des crimes contre l'humanité en Libye'.

29/06/2011

 http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye:-l%E2%80%99otan-donne-des-signes-de-son-intention-d%27assassiner-kadhafi-2011062916808.html

n° 91 - Journal des Guerres de l'Otan. - 26-06 au 25-07 - Fin- : La débâcle de l’OTAN en Libye.



n° 91 - Journal des Guerres de l'Otan. -  26-06 au 25-07  - Fin- : La débâcle de l’OTAN en Libye.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan. (Début)   

Opération Unified Protector

n° 91- 26-06 au 25-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Politique 

Kadhafi sollicite l'intervention du Nigeria

b) L'Otan

Otan - Paroles & action

L'OTAN refuse de cesser ses opérations en Libye. 

Sur le terrain

"Un millier de civils tués par l'Otan"

c) Les Usa 


Politique 

Les parties prenantes

Libye

Paroles & action du président...

Kadhafi sollicite l'intervention du Nigeria
Le guide libyen, Mouammar Khadhafi, a demandé l'intervention du Nigeria pour mettre fins aux raids des avions de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) sur la Libye. Cette demande figure dans un message du guide Kadhafi transmis au président nigérian, Goodluck Jonathan, par le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdulahi Obaidi. Dans son message, il affirme que 'l'OTAN doit cesser de violer la souveraineté de la Libye en tant que nation'. 'Puisque la crise en Libye est interne, une intervention extérieure n'a aucune raison d'être', ajoute-t-il.
L’émissaire du guide libyen a déclaré que le président Jonathan a promis de soumettre la question au prochain sommet des chefs d’État de l'Union africaine (UA) qui débutera le 29 juin à Malabo, en Guinée équatoriale. 

  25/06/2011

http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye:-un-chercheur-soutient-que-l%E2%80%99otan-devoile-les-mensonges-sur-la-guerre-2011062516398.html



Opération Unified Protector

a) Les "rebelles "

Libye: le CNT (Conseil national de transition)  réclame des fonds…
La rébellion libyenne a besoin d'urgence de fonds pour continuer à lutter contre le régime de Mouammar Kadhafi et un cessez-le-feu sur le terrain n'interviendra que lorsque le leader libyen sera vaincu, a affirmé aujourd'hui un responsable de l'opposition.

Interrogé en marge d'une réunion du groupe de contact sur la Libye à Istanbul, Mahmoud Shammam, chargé des médias au sein du Conseil national de transition (CNT), instance dirigeante de la rébellion libyenne, a indiqué: "Ce dont nous avons le plus besoin, c'est des fonds, des fonds et des fonds".

"Nous avons besoin de trois milliards de dollars", a-t-il souligné. Il faisait apparemment allusion à une proposition du CNT, soutenue aussi par la Turquie, de distribuer aux protagonistes en Libye pour des besoins strictement humanitaires des avoirs gelés du régime libyen.

"Nous voulons voir se mettre en place un mécanisme qui deviendra une réalité" pour l'utilisation de ces fonds, a-t-il dit.

M. Shammam a déploré une situation dramatique des réfugiés libyens qui ont fui en Tunisie et en général pour les personnes déplacées en raison des combats entre rebelles et forces loyalistes.

En réponse à une question d'une journaliste lui demandant si un cessez-le-feu pourrait être instauré avant le mois musulman du ramadan, qui commence début août, M. Shammam a dit: "Non, seulement quand nous aurons vaincu Kadhafi, pas avant".

AFP

15/07/2011



b) L'Otan

Opération Unified Protector

1 Fogh Rasmussen

Déclaration faite par le Secrétaire général de l’OTAN à l’issue de la réunion avec une délégation du Conseil national de transition de Libye.

Nous venons d’avoir une réunion informelle entre le Conseil de l’Atlantique Nord, les partenaires contribuant à l’opération Unified Protector, et des membres du Conseil national de transition, pour discuter de la voie à suivre en Libye.

Les pays membres et partenaires de l’OTAN ont rendu compte des progrès de notre mission militaire de protection des populations civiles. Les membres du Conseil national de transition nous ont remerciés pour le rôle humanitaire indispensable de cette mission. Et ils nous ont expliqué comment ils envisageaient l’avenir de leur pays :  un avenir fondé sur la démocratie, l’état de droit et le respect des droits humains.

Le Conseil national de transition a une grande reponsabilité à assumer pour un passage sans heurts vers un avenir placé sous le signe de la démocratie et de l’inclusivité en Libye.

Nous nous sommes mis d’accord sur trois points.

Premièrement, les opérations menées par l’OTAN pour protéger les populations civiles doivent absolument se poursuivre. Les forces du colonel Kadhafi continuent de menacer des innocents. Et aussi longtemps que la menace se poursuivra, nous devrons continuer à la combattre.

Deuxièmement, le régime du colonel Kadhafi a perdu toute légitimité.

Troisièmement, il doit y avoir une solution politique. Dirigée par les Libyens. Appuyée par la communauté internationale. Et répondant aux exigences légitimes du peuple libyen – comme l’a exigé le Conseil de sécurité des Nations unies.

L’heure est venue de trouver une solution.

Pour le peuple libyen– qui est en droit de vivre sans violence et sans crainte ; qui est en droit de planifier son propre avenir ; et dont les aspirations légitimes doivent être satisfaites.

13 juil. 2011

extrait du site  www.nato.int.  -

COMMUNIQUE du Comité Surveillance OTAN.

Non à la reconnaissance du Conseil national de Transition Libyen !

Pour le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les forces militaires belges engagées en Libye !Le 14 juillet, notre ministre des Relations Extérieures annonce que « la Belgique reconnaît le Conseil National de Transition libyen, comme représentant légitime du peuple libyen ». Les jours précédents, la  réunion de la Commission des Relations Extérieures et celle de la Commission de la Défense n’avaient même pas abordé ce sujet. Les questions des députés à propos de la Libye ne portaient que sur les coûts de la participation belge à la guerre de l’Otan, et sur la possible livraison d’armes de fabrication belge au CNT par les Emirats Arabes Unis.

Au même moment, le représentant du Conseil National de Transition, était reçu « comme un chef d’Etat » par l’Union Européenne, par les autorités du Benelux et par l’OTAN.  La déclaration de Rasmussen, secrétaire général de l’Otan, à l’issue de cette rencontre est particulièrement édifiante : « Nous nous sommes mis d’accord sur trois points :  1.les opérations menées par l’OTAN pour protéger les populations civiles doivent absolument se poursuivre ; 2. le régime du colonel Kadhafi a perdu toute légitimité. 3. Il doit y avoir une solution politique. Dirigée par les Libyens. Appuyée par la communauté internationale ».

C’est donc l’Otan qui prend les décisions de politique extérieure pour la Belgique, et même pas le Roi, ni les Ministres, et moins encore le parlement. La Belgique poursuit sa fuite en avant dans la guerre contre la Libye. Depuis le vote du parlement du 19 mars 2011, en quatre mois seulement, on est passé de la participation à « une intervention militaire pour protéger des civils », à la participation directe à un coup d’Etat international, contre le gouvernement d’un pays souverain.  La « solution politique » mise en avant par l’Otan est de renverser le pouvoir actuel et de mettre à sa place ce Conseil National de Transition.

Le Conseil National de Transition, est installé à Benghazi, sans avoir été élu par la population libyenne et sans représenter aucun mouvement populaire, aucune force politique d’opposition intérieure. Il réunit des déserteurs du régime de Kadhafi, des exilés revenus en hâte des Etats-Unis, des monarchies du Golfe et d’autres lieux , des gens liés à Al Kaida. Il reçoit en abondance des armes de l’extérieur, il est financé par les pays coalisés autour de l’Otan et il « avance » sur le territoire libyen préalablement « nettoyé » par les milliers de bombes déversées par l’Otan et qui ont déjà provoqué un véritable désastre tant en pertes humaines qu’en destruction des biens et des constructions civiles nécessaires à la population libyenne. Le CNT a aussi à son actif bon nombre d’exactions, comme les nettoyages ethniques et les razzias dénoncées récemment par  Human Rights Watch.

Ceux que nos ministres appellent « les représentants légitimes du peuple » ne sont qu’un groupe   d’affairistes et d’aventuriers prêts à offrir  les richesses du peuple libyen aux multinationales, et aux Etats coalisés autour de l’Otan, aux gouvernements d’Europe et des Etats-Unis qui rêvent de nouvelles entreprises coloniales. La réunion du « Groupe de Contact » vient d’ailleurs de décider qu’une partie des milliards de dollars appartenant à l’Etat libyen, qui étaient gelés dans les banques occidentales, seront  dégelés au bénéfice du CNT, décrété pour la cause « représentant légitime du peuple libyen »  

Notre gouvernement a déjà prolongé de trois mois sa participation à la guerre criminelle de l’Otan. Il reconnaît à présent le CNT de Benghazi comme représentant légitime du peuple libyen. Nous dénonçons ces coups de force ! Non à la reconnaissance du Conseil national de Transition Libyen ! Pour le retrait immédiat et inconditionnel de toutes forces militaires belges engagées en Libye !

Le 15 juillet 2011                                                                           

Le Comité de Surveillance OTAN


L'Otan donne la permission aux rebelles de mener une offensive sur Tripoli.

«M. Rasmussen a jugé que [les livraisons d'armes par la France] permettaient de protéger la population civile, en conformité avec la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le sujet.»

«Les insurgés cherchent notamment à reprendre Bir Al-Ghanam, un carrefour stratégique à quelque 50 km au sud de Tripoli, afin d'être à portée de canon de la capitale libyenne.» Il n'y a pas de civils à Tripoli.

La rébellion libyenne reçue le 13 juillet par les pays de l'Otan

Une délégation de la rébellion libyenne va être reçue le 13 juillet pour la première fois par les représentants de 28 pays de l'Otan à Bruxelles et parler avec eux de la transition vers la démocratie en Libye, a annoncé mercredi son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen.

Le conseil de l'Otan (qui regroupe les ambassadeurs des pays de l'Alliance atlantique) aura une réunion informelle avec M. (Mahmoud) Jibril (le numéro deux de la rébellion) et d'autres représentants du CNT, le Conseil national de transition basé à Benghazi, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Le but de cette réunion est d'échanger des points de vue et je pense que M. Jibril va présenter la feuille de route pour la transition vers la démocratie en Libye, a indiqué M. Rasmussen.

Le CNT a élaboré une telle feuille de route et c'est important pour le Conseil de l'Otan de discuter ce sujet avec M. Jibril, a-t-il souligné, répétant que le but primordial des entretiens était d'échanger des points de vue.

Le secrétaire général de l'Otan a souligné qu'il aurait lui-même en plus (...) une rencontre bilatérale avec M. Jibril ce jour-là.

L'information sur une rencontre en tête-à-tête entre M. Rasmussen et la rébellion libyenne avait filtré mardi de source diplomatique mais pas celle d'une réception par l'ensemble des pays de l'Otan, qui marque un pas supplémentaire dans la reconnaissance internationale du CNT.

L'Otan, pour sa part, n'a pas encore de représentation à Benghazi.

A cette occasion, un membre du CNT doit aussi rencontrer la semaine prochaine le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy. Et il aura probablement aussi un entretien avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ainsi qu'avec un haut responsable du service d'action extérieure européen dont la chef, Catherine Ashton, sera alors absente.

Si la diplomate en chef de l'UE a déjà reçu à Bruxelles un envoyé du CNT, côté Otan ce sera une première.

M. Rasmussen n'a pas voulu évaluer les chances de l'offensive lancée mercredi matin par les rebelles de l'ouest en direction de Tripoli. Mais, a-t-il ajouté, il est clair que (le leader libyen Mouammar) Kadhafi perd du terrain.

Chaque jour sa machine de guerre est dégradée, ses généraux et ses ministres le lâchent et il a perdu le soutien de la communauté internationale. Bref, a-t-il estimé, la partie est terminée pour le numéro un libyen.

Le secrétaire général de l'Otan a souligné que depuis que l'alliance occidentale avait pris le contrôle des opérations le 31 mars, elle avait endommagé ou détruit 2.700 objectifs militaires légitimes, plus de 600 chars et pièces d'artillerie et près de 800 casemates et dépôts de munitions. Et, selon lui, le résultat est facile à voir.

Quant à la livraison d'armes par la France aux rebelles libyens dans la même région ouest du pays, M. Rasmussen a répété qu'elle ne relevait pas de l'Alliance atlantique, ne s'étant pas inscrite dans le cadre de l'Otan et n'ayant pas fait partie des opérations de l'Otan.

Se refusant à tout autre commentaire, il a cependant noté que cette livraison d'armes par la France avait eu pour but de protéger les civils en les rendant aptes à se défendre contre les attaques des troupes de M. Kadhafi.

06 juillet

AFP /


Livraisons d'armes aux rebelles libyens: "Pas de problème"…

Le secrétaire-général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ne voit "pas de problème" au parachutage récent d'armes par la France aux rebelles libyens, en dépit de l'embargo sur les armes visant la Libye. "J'ai compris que ces livraisons de la France avaient pour objectif de protéger les citoyens et de leur donner la possibilité de se défendre contre les attaques du régime de Kadhafi", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles. [et accessoirement de mener l'offensive vers Tripoli]

La mission "Unified Protector" de l'OTAN en Libye s'articule autour de trois axes: la mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne, l'application d'un embargo sur les armes et la protection de la population contre la répression. En dépit de l'embargo, la France a livré ces derniers jours des armes aux rebelles.

M. Rasmussen a souligné mercredi que les livraisons ne s'inscrivent pas dans la mission de l'OTAN, mais il n'y voit pas pour autant un problème. Il a jugé qu'elles permettaient de protéger la population civile, en conformité avec la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le sujet.

Le secrétaire-général de l'OTAN a par ailleurs fait savoir que les représentants du Conseil national de transition libyen seraient reçus mercredi prochain par les 28 ambassadeurs des pays membres de l'organisation. Il aura également un entretien particulier avec eux.

(belga)



c) Otan - Paroles & action

L'OTAN refuse de cesser ses opérations en Libye. 

 L'Otan va "continuer" ses opérations en Libye pour éviter que "d'innombrables civils supplémentaires perdent la vie", a déclaré mercredi le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, alors que Rome a demandé la suspension "immédiate" les hostilités.
"L'Otan va continuer sa mission parce que si nous arrêtons, d'innombrables civils pourraient perdre la vie", a affirmé M. Rasmussen dans une vidéo publiée sur le site de l'Otan.
"Ces derniers jours, il a été dit que les actions de l'Otan avaient pu mener à des pertes civiles (...) Je regrette profondément toute perte humaine dans ce conflit", a-t-il ajouté.
"Mais n'oubliez pas que c'est le régime (du dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi qui a initié le conflit en attaquant sa propre population, pas l'Otan", a également dit M. Rasmussen.
"Ce sont les forces du régime de Kadhafi qui bombardent des villes avec des chars et de l'artillerie lourde, pas l'Otan".
"Et c'est le régime de Kadhafi qui tire des roquettes depuis des mosquées et des bunkers situés à proximité de aires de jeux pour enfants, pas l'Otan", a encore déclaré le secrétaire général de l'Alliance atlantique.
L'Italie a réclamé mercredi une cessation des hostilités en Libye pour l'instauration de couloirs humanitaires alors que l'Otan poursuit ses frappes contre les forces du régime de Mouammar Kadhafi malgré les critiques après des raids ayant tué des civils.
Mais Paris s'est immédiatement dit opposé à "toute pause dans les opérations", estimant que cela "risquerait de permettre à Mouammar Kadhafi de gagner du temps et de se réorganiser.
L'alliance a reconnu avoir tué par erreur des civils lors d'une frappe nocturne à Tripoli dimanche, dans laquelle neuf personnes, dont cinq membres d'une même famille, sont mortes. Le 16 juin, l'Otan avait également frappé accidentellement une colonne de véhicules rebelles dans la région de Brega. 

22/06/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/709312/LOTAN_refuse_de_cesser_ses_operations_en_Libye_.html


d) Dans les coulisses 

L'Otan a trouvé un gouvernement "légitime" pour la Libye. Moins de 6 mois après la création du Conseil National de Transition. Avant la moindre élection. Au moyen des milliers de bombes s'abattant sur la Libye.

PANA 

http://www.africanmanager.com/articles/134174.html


e) Sur le terrain

"Un millier de civils tués par l'Otan"

Un millier de civils libyens ont péri dans le raids de l'Otan depuis le début des opérations contre le régime de Mouammar Kadhafi et quelque 4.500 autres ont été blessés, a affirmé un juge libyen. S'exprimant devant la presse étrangère à Tripoli, le procureur général Mohamed Zekri Mahjoubi a aussi annoncé avoir porté plainte devant les tribunaux libyens contre le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen pour "crimes de guerre".

"En tant que secrétaire général de l'Otan, Rasmussen est responsable de l'action de cette organisation qui s'est attaquée à un peuple désarmé tuant 1.108 civils et blessant 4.537 autres lors des bombardements de Tripoli et d'autres villes et villages" dans le pays, a dit ce juge. Le procureur libyen qui s'est adressé à la presse dans un tribunal de Tripoli a donné lecture d'un acte d'accusation de 10 points, inculpant le secrétaire général de l'Otan de "crimes de guerre" de "tentative de tuer le guide de la révolution Mouammar Kadhafi", d'"agression délibérée contre des civils innocents" de "meurtres d'enfants" et de "tentative de renverser le régime libyen et de le remplacer par un pouvoir inféodé qui permet à l'Otan et aux pays occidentaux de contrôler les richesses" de la Libye.

Il demande par conséquent aux "tribunaux libyens compétents de juger le secrétaire général de l'Otan". Selon ce juge, d'autres plaintes contre l'Otan seront ultérieurement présentées devant des juridictions internationales. L'Alliance atlantique, qui dirige les opérations militaires sous mandat de l'ONU depuis le 31 mars, essaye depuis près de cinq mois mois de pousser vers la sortie le colonel Kadhafi, mais pour le moment les frappes aériennes n'ont pas porté de coup décisif. 

13/07/2011

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/07/13/97001-20110713FILWWW00577-libye-un-millier-de-civils-tues-par-l-otan.php

http://www.michelcollon.info/VIDEO-Sarkozy-combien-d-enfants-as.html



2) Les Usa 

Obama

Obama désavoué par la Chambre des représentants.

La Chambre des représentants a rejeté vendredi, par 295 voix contre 123, une mesure donnant au président américain Barack Obama l'autorité pour continuer l'opération militaire contre la Libye.

Ce vote n'a pas d'effet immédiat sur l'implication américaine, mais il représente un désaveu pour le commandant en chef.

C'est la première fois depuis 1999 que les deux chambres du Congrès américain votent contre une opération militaire. La dernière fois, c'est l'autorité de Bill Clinton dans la guerre en Bosnie qui avait été désavouée par les parlementaires.

Les leaders républicains à la Chambre des représentants avaient fait pression pour qu'un tel vote ait lieu, les membres de base affirmant que Barack Obama n'avait pas respecté la loi en ne demandant pas le feu vert du Congrès pour cette guerre qui a débuté il y a trois mois. Certains démocrates accusent les républicains de jouer avec la sécurité nationale à des fins politiques.

AP


Les USA pourront financer légalement les rebelles de l'Otan sur les avoirs du peuple libyen

"Désormais, Washington pourra donc financer les rebelles grâce à plus de 30 milliards de dollars d'avoirs détenus par le régime de Kadhafi et gelés dans les banques américaines"

Les plus de 30 milliards de dollars d'avoirs "détenus par le régime de Kadhafi", sont les fonds souverain libyens, pas "les biens du régime de Kadhafi", et le "gel" dans les banques américaines (et européennes) et le dégel au profit des hommes de mains de l'Occident, est du vol pur et simple, aux lourdes conséquences pour toute l'Afrique : voir l'article de Dinucci ci-dessous.

Washington pourra financer les rebelles

(Tiré du Figaro)

Les États-Unis ont annoncé officiellement vendredi, par la voix de la secrétaire d'État, Hillary Clinton, qu'ils reconnaissaient le Conseil national de transition (CNT, représentant les insurgés) comme le seul gouvernement légitime de la Libye. «Jusqu'à la mise en place d'un cabinet de transition, les États-Unis reconnaîtront le CNT en tant qu'autorité gouvernementale légitime en Libye, et nous traiterons avec lui sur cette base», a-t-elle dit. Le CNT a donné «des garanties» sur les réformes démocratiques qu'il compte lancer une fois au pouvoir, a-t-elle souligné. Désormais, Washington pourra donc financer les rebelles grâce à plus de 30 milliards de dollars d'avoirs détenus par le régime de Kadhafi et gelés dans les banques américaines. Les États-Unis avaient déjà reconnu le CNT comme interlocuteur légitime représentant le peuple libyen, sans toutefois le reconnaître officiellement comme gouvernement de Libye.

(Tiré du Figaro


Négociations souhaitées avec Washington 

La Libye a annoncée samedi est prête à tenir davantage de discussions avec les Etats-Unis et les rebelles. Le porte-parole du régime libyen Moussa Ibrahim a qualifié de «dialogue productif» la rencontre entre des responsables libyens et des émissaires américains la semaine dernière en Tunisie. 

«De nouvelles rencontres, à l’avenir, contribueront à la résolution des problèmes libyens», a déclaré le porte-parole vendredi soir à Tripoli. «Nous voulons parler davantage aux Américains». 

Pour le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustafa Abdel Jalil, Mouammar Kadhafi doit accepter publiquement de se retirer en préalable à toute négociation.

 Selon Moussa Ibrahim, des officiels libyens sont disposés à négocier avec les rebelles, qui contrôlent à peu près la moitié du pays, mais seulement aux conditions du gouvernement. «Les Etats ne négocient pas avec des bandes armées», a-t-il déclaré. Mouammar Kadhafi a lui-même encouragé ses compatriotes à convaincre les rebelles de déposer les armes.

http://www.tdg.ch/actu/monde/bombardements-tripoli-allemagne-offre-100-millions-rebelles-2011-07-24



Dans les coulisses. 

L’objectif de l’OTAN est de changer le régime en Libye, selon des responsables américains.
Après 100 jours de frappes aériennes intenses et ininterrompues de l’OTAN contre la Libye, se dévoilent chaque un peu plus les véritables desseins de cette guerre menée par l’Occident contre un petit du Tiers-Monde, à savoir, assujettir ce pays et changer son régime à travers l’assassinat de son leader Mouammar Kadhafi.
Menée au départ sous le prétexte fallacieux, selon les observateurs de la scène politique internationale, pour protéger les civils libyens, très vite les frappes aériennes de l’OTAN qui a repris, le 31 mars dernier, le commandement de cette campagne militaire contre la Libye, ont ciblé les civils en premier lieu.
En effet, le bombardement systématique de l’infrastructure de base du pays dont les civils sont les premiers bénéficiaires dénote, sans ambages, que  ce sont ces mêmes civils qui, les premiers, en paient les frais.
Les bavures du raid mené contre le quartier de Arada, dans le secteur de Souk Jumaa, banlieue-est de Tripoli, qui ont fait 15 morts dont cinq membres d’une même famille, ainsi que plusieurs blessés graves et qui ont été reconnues par l’OTAN, elle-même, avançant l’explication superficielle de "défaillances technique dans le système de tir", sont, en fait, le summum de cette escalade militaire qui a pris en otage les civils libyens.
Le bombardement de la résidence du général Khouildi Hmidi, située à Sorman, à 60 km à l'ouest de Tripoli, qui a tué plusieurs membres de sa famille et leurs voisins, le raid effectué dimanche contre un restaurant et une boulangerie à Brega (est), qui a fait plus de 15 civils tués et une vingtaine de blessés et celui mené auparavant et qui a tué plus 11 imams et érudits du Coran dans la même ville de Brega, sont autant de preuves que l’objectif de l’OTAN n’est pas de protéger les civils libyens.
Ainsi, la concentration des frappes sur la résidence du leader libyen, Mouammar Kadhafi, à Bab Al-Aziziya et l’assassinat de son fils cadet Seif Al-Arab et de trois des ses petits-enfants témoigne de la volonté des pays de l’OTAN d’assassiner le guide Kadhafi et de changer le régime en Libye.
Ainsi, un représentant républicain au Congrès américain, Mike Turner, citant l'amiral américain, Samuel Walker, qui a repris les propos du commandant des opérations de l’OTAN basé à Naples, en Italie, a indiqué que le but de la campagne militaire contre la Libye est d’assassiner le guide Mouammar Kadhafi et d’opérer un changement de régime dans le pays.
Selon ce parlementaire américain, "l'OTAN a intensifié ses efforts pour traquer et tuer Kadhafi, malgré l'annonce par le président Barack Obama, que le but de l'opération à la Libye n'est pas un changement de régime".
Il a ajouté que l'OTAN agissait en dehors de la résolution 1973 adoptée par les Nations unies.
M. Turner a indiqué dans une déclaration au magazine américain "Foreign Policy" que le bombardement systématiques des centres de commandement militaire libyen visait à faire changer le régime et que l’administration du président Obama songeait à envoyer des troupes au sol après l’effondrement du régime de leader Kadhafi.
Plusieurs analystes s’interrogent aussi sur l’engagement de l’Etat du Qatar aux côtés des groupes armés libyens en apportant un soutien important  à la rébellion tant du point de vue matériel que militaire.
Ces analystes ont noté le rôle joué par le Qatar pour pousser la Ligue arabe à cautionner la présentation du dossier de la Libye devant le Conseil de sécurité des Nations unies et de ce fait, la caution morale apportée aux mesures arrêtées contre la Libye.
Toutefois, c’est la facture payée par les civils libyens qui pose des interrogations légitimes sur la portée d’une guerre qui était censé les protéger, alors qu’en réalité, ces opérations militaires n’ont fait que porter préjudice aux populations civiles en terrorisant les enfants, les femmes et les vieillards, privant les citoyens de la quiétude en les empêchant de mener une vie normale

       "le bon vieil impérialisme occidental a du plomb dans l'aile.

        Il n'a peut-être plus les moyens de ses ambitions..."



Sur le terrain

Touchons-les dans leur confort ...l'Otan bombarde un dépôt de produits alimentaires

Selon M. Berlusconi, des « questions très précises ont été posées aux protagonistes de cette initiative, c’est-à-dire au président Sarkozy et au premier ministre David Cameron. Ils ont répondu que la guerre se terminerait quand la population de Tripoli se révolterait contre le régime actuel »

La politique de l'Otan de blocus et de destruction des infrastructures, à présent des dépôts de nourritures, montre clairement l'espoir des pays de l'Otan d'arriver à ce résultat, pousser la population à se révolter pour éviter la pénurie, et sinon la punir.

«Certains analystes disent que le régime se trouve désormais à court de carburant et de vivres, ce qui pourrait conduire à une agitation populaire contre le régime avec le début du ramadan le mois prochain.» (Reuters, ci-dessous) 

«Peut-être devons-nous faire ressentir les bombardements en faisant mal à la population serbe elle-même. Infligeons-leur des pertes. Touchons-les dans leur confort. La plus grande catastrophe ne serait pas qu’il y ait des pertes de vies, mais que les opérations de l’Otan ne soient pas un succès», déclarait le général belge Herteleer pendant la guerre du Kosovo...


l'Otan intensifie encore ses frappes.
L'Alliance atlantique a intensifié hier ses frappes à Zliten, ville à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de la ville rebelle de Misrata, qui est dans la ligne de mire des rebelles.

Plusieurs explosions ont été entendues à l'est de la ville dans l'après-midi, où des colonnes de fumée ont été aperçues, selon un journaliste de l'AFP qui faisait partie d'un groupe de correspondants de la presse étrangère emmené par les autorités dans cette ville. Hier soir, la télévision libyenne a annoncé par ailleurs des raids de l'Otan ayant visé un dépôt de produits alimentaires. Selon le régime, les bombardements de l'Otan ont fait plusieurs victimes parmi les civils. [mais "le régime", comment le croire?]

A l'hôpital de la ville, les journalistes ont pu accéder à quatre chambres où gisaient une dizaine de blessés qui affirment [sic] être victimes des raids de l'Otan, notamment dans la région de Soug Ethlath, à l'est de la ville, pas loin de la ligne de front. "Les autres chambres sont réservées aux femmes. Vous ne pouvez pas y accéder", a lancé un responsable de l'hôpital aux journalistes qui ont pu voir des militaires, dont certains blessés, qui entraient et sortaient à l'hôpital central de Zliten devant lequel quelques dizaines de personnes attendaient des nouvelles des leurs. Selon un membre du personnel de l'hôpital, Fradj Jamal, 80 civils ont été blessés hier dans des raids de l'Otan.

L'Otan a visé lundi des baraques servant initialement de bureaux à une compagnie de construction turque, selon les autorités qui ont emmené les journalistes sur le site visé, ainsi qu'un petit complexe commercial comprenant notamment une société de transport de marchandises et un atelier de peinture. Les autorités ont dénoncé des raids visant l'infrastructure et des sites civils, affirmant qu'il n'y avait aucune activité militaire autour des sites visés. L'alliance atlantique a annoncé avoir détruit mercredi 13 cibles militaires à Zliten, en particulier des postes de commandement et des dépôts. [et aucune nuance de doute ici bien entendu]

AFP, 

22/07/2011

NB 

Les commentaires à la suite de cette dépêche sur http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/07/22/97001-20110722FILWWW00232-libyezliten-l-otan-intensifie-ses-frappes.php sont intéressants, comme souvent sur le site du Figaro, paradoxalement?

 Il est possible que les sites des journaux dit "de gauche" soient plus la cible de la propagande, mais aussi que leurs lecteurs soient globalement plus sensibles à la corde du devoir humanitaire.

C'est une indication qui n'a pas bien sûr valeur de sondage, mais on est là largement au dessus des "55% d'opinion défavorables à la guerre" du dernier sondage.

Extraits:

A croire qu il n y a pas 6 millions de libyens qui vivent en Libye. A croire qu il n y a que des cibles militaires dans les villes libyenes. A croire que les enfants, les femmes et les petits vieux qui composent toute population humaine ne vivent qu milieu des bases militaires. L Otan continue a punir les mauvais civils, a detruire leurs infrastructures, leurs magasins d alimentation, leurs lieux publics. L Otan en est reduite a semer la terreur parmi les civils pour que triomphe enfin la religion du veau d or



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

20/07/2011

n°31 - Libye / Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion - 18-07 : début : Mario Franssen : Mission d’observation à Tripoli.

n°31 -  Libye / Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion  - 18-07 : début : Mario Franssen : Mission d’observation à Tripoli.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye 

n°31 du 18-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye " est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pepe Escobar : Que se passe-t-il vraiment en Libye ?

1-2 Thierry Portes : Voyage dans les villes fantômes de Libye.

1-3 Manlio Dinucci : Rapine à main armée à Tripoli.

1-4 Mario Franssen : Mission d’observation à Tripoli.

1-5 Tu viens avec nous en Libye? Evidemment!

1-6 Mario Franssen : Les amis louches de l’Otan.

suite

1-7 Retour de Libye de Gilles Munier. 

1-8 Interview d’Ali al-Ahwal, coordinateur du Forum des tribus.

1-9 Thierry Meyssan : Tripoli bombardé ne faiblit pas.

1-10 Gilles Munier : Dans Tripoli martyrisée.

1-11 Ginette Hess Skandrani : Qui sont les rebelles de Bengazi ?

1-12 Kharroubi Habib : Une réclamation qui vaut aveu.

2 Annexe

2-1Tripoli , Damas , la " répression " et le Traité Européen .

2-2 Pierre Mellet : Comment la structure rituelle du Journal télévisé formate nos esprits.



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Pepe Escobar : Que se passe-t-il vraiment en Libye ?

Sous l’épais brouillard de la guerre, la tragédie en cours en Libye se transforme en une guerre de sigles qui dépeint graphiquement les confuses "douleurs de l’enfantement" du nouvel ordre mondial qui se dessine.

D’un côté il y a l’OTAN, l’organisation du traité nord atlantique) et LA (la ligne Arabe) ; de l’autre l’Union Africaine (UA) et le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). On peut aussi dire que l’occident atlantiste et ses alliés arabes dans la contre-révolution se retrouvent contre l’Afrique et les pouvoirs économiques émergents de la planète.

Des mensonges, des mensonges et encore des mensonges

On a entendu beaucoup de grognements en provenance du Congrès étasunien à propos de la Libye -qui concernaient des aspects techniques de la loi sur les pouvoirs de guerre (War Powers Act). En deux mots, les législateurs étasuniens ont refusé jusqu’à présent d’autoriser ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau à une guerre (mais qui selon la Maison Blanche n’est pas une guerre). Ils refusent de voter des fonds pour un investissement plus important des USA dans cette aventure de l’OTAN ; mais les fonds continueront d’affluer quand même.

Les contorsions sémantiques concernant la tragédie libyenne ont déjà largement dépassé le niveau habituel, et elles laissent à penser qu’en réalité les drones étasuniens vont continuer à se joindre aux avions de combat de l’OTAN pour bombarder les civils de Tripoli.

A part Vijay Prashad de Trinity College dans le Connecticut, peu de gens en Occident ont remarqué ce que le premier ministre chinois Wen Jiabao a dit de tout cela. Dans un article d’opinion du Financial Times du 23 juin intitulé "Comment la Chine projette de renforcer la reprise mondiale" Wen a déclaré que la Chine était prête à exercer son pouvoir politique dans MENA (Moyen Orient/Afrique du nord) par l’intermédiaire des BRICS.

Beijing n’est pas particulièrement content d’avoir été obligé d’abandonner ses importants investissements énergétiques en Libye -plus de 30 000 ouvriers ont été évacués en seulement deux jours ; il veut demeurer un acteur central quoiqu’il arrive en Libye.

Le ministre russe des affaires étrangères, de son côté, a déjà souligné que "la destruction physique de [Mouammar] Kadhafi et de sa famille soulève de sérieux doutes". La fille de kadhafi, Aisha, fait un procès à l’OTAN à Bruxelles pour le meurtre de sa fille, Mastoura, son frère et les autres petits-enfants de Kadhafi.

Donatella Rovera, une conseillère de crise d’Amnistie Internationale bien connue, a dit qu’après avoir enquêté pendant trois mois en Libye, elle n’avait trouvé aucune preuve que les troupes libyennes avait commis des viols massifs (bien que ce soit un fait avéré pour la Cour Criminelle Internationale).

Amnistie n’a pas non plus trouvé de preuves que des mercenaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale combattent les "rebelles". Selon Rovera, ceux qui ont été présentés aux journalistes comme des mercenaires étrangers ont été ensuite discrètement relâchés.... La plupart étaient des immigrants sub-sahariens qui travaillaient en Libye sans papiers. Certains d’entre eux ont toutefois été lynchés voire exécutés. La Cyrénaïque a toujours fait preuve de racisme envers les Africains noirs.

Les civils ont été bombardés à la fois par l’armée libyenne et par l’OTAN. Pourtant il n’y a aucune évidence que les forces aériennes libyennes aient bombardé massivement les villes "rebelles" ; et pas d’évidence non plus d’assassinats massifs de civils comparables à ceux de Syrie ou du Yemen. Bref, le régime de Kadhafi s’est peut-être livré dans le passé à la répression brutale de toutes sortes d’oppositions mais il n’a pas commis de génocide. Cela enterre les arguments des faucons humanitaires en faveur de la guerre six pieds sous terre.

 

L’hypocrisie règne. La Cour Criminelle Internationale accuse Kadhafi et son fils Saif al-Islam -celui qui était le chouchou de l’Ecole d’Economie de Londres- et le tsar des services secrets Abdallah al-Senoussi de "crimes contre l’humanité" alors que l’odieuse dictature de Burma/Myanmar et les al-Khalifa du Barhein ne sont pas le moins du monde inquiétés.

Dans le doute, balkanise

Il faut être une petite souris dans les halls immenses de l’OTAN près de Bruxelles, pour voir à quel point l’essaim de bureaucrates militaires qui y bourdonne est imperméable à la réalité. L’OTAN continue de croire qu’il a "gagné" la guerre contre Slobodan Milosevic ne bombardant la Serbie pendant 78 jours en 1999. Ce qui en fait a "gagné" la guerre c’est le fait que Milosevic ait perdu le soutien politique de la Russie.

Après plus de 100 jours de bombardements sur la Libye, avec 12 000 sorties et 2 500 objectifs, l’OTAN continue de prétendre qu’il "gagne". Bien sûr, exactement comme il "gagne" en Afghanistan.

Les éléments de langage dominent l’information dans le contexte d’une guerre sans merci de désinformation. L’OTAN refuse d’admettre que la libération humanitaire de la Libye qu’il envisage passe par un changement de régime, ce qui n’est pas autorisé par la Résolution 1973 de l’ONU. 

Les USA de leur côté ont déconnecté la télévision libyenne du satellite Arabsat -dont la Libye est un partenaire financier. Le nouveau représentant libyen à l’ONU n’a pas obtenu de visa étasunien. Cela signifie que seule l’équipe suspecte et disparate des "rebelles" a accès aux médias internationales de langue anglaise.

En dépit de "la précision des bombardements" si vantée, l’OTAN perd au moins un missile sur 10. Cela explique l’augmentation des "dommages collatéraux". Les objectifs ne sont pas seulement militaires ; ils sont de plus en plus économiques comme par exemple l’hôtel de la monnaie libyen qui imprime les dinars.

Il n’y a pas de soulèvement national contre le régime. La Tripolitaine -la Libye de l’ouest- s’est ralliée à Kadhafi ; De toute évidence, il est considéré comme le défenseur du pays contre une attaque néo-coloniale étrangère.

Quant à ceux de Benghazi qui croient que l’opportuniste, néo-napoléonien Nicolas Sarkozy les aime tant qu’il veut les "libérer" à coups de Rafales, ils sont considérés comme des gogos, sinon des traîtres.

Les Djihadistes d’al-Qaeda d’Afrique du nord pour leur part s’amusent comme des fous à manipuler l’OTAN pour arriver à leurs fins - se livrer de temps en temps à un lynchage ou une amputation traditionnelle dans l’endroit "libéré" de leur choix.

Le mélange d’arrogance et d’incompétence de l’OTAN mène inévitablement à une balkanisation de la Libye -un scénario que le site Asia Times avait prédit. Considérant que presque deux millions de fusils mitrailleurs ont déjà été distribués à la population et que l’OTAN va finir par intervenir sur le terrain -la seule manière d’obtenir une "victoire" décisive- on peut s’attendre à des combats de rue très meurtriers.

Un nouveau protectorat de l’OTAN

La Libye est déjà un cas d’école de pillage néo-colonial post-moderne.

La "victoire" de l’OTAN signifie en réalité que la Cyrénaïque deviendra une république indépendante -même si les "rebelles" préféreraient restaurer la monarchie (le candidat peut à peine cacher son impatience à Londres). Il se trouve que c’est aussi ce que l’Arabie Saoudite et le Qatar -les principaux adeptes du changement de régime- veulent.

Le futur émirat "indépendant" de l’est libyen a déjà été reconnu par quelques pays, dont la France de Sarkozy. Rien d’étonnant à cela ; il est déjà considéré comme un protectorat de l’OTAN. Le très douteux conseil de transition ne veut même pas qu’on connaisse ses membres -des transfuges opportunistes, des recrues des services secrets des USA, des religieux liés aux Djihadistes.

De plus des milliards de dollars d’actifs libyens ont déjà été saisis -illégalement- par les USA et l’Union Européenne. Et le Qatar est en train de vendre une partie de la production nationale du pétrole libyen.

Cette guerre de l’OTAN qui ne dit pas son nom n’a absolument rien à voir avec RdP (responsabilité de protéger), le nouvel évangile des faucons humanitaires qui font marcher le droit international sur la tête. Les civils ne sont pas protégés mais au contraire bombardés à Tripoli. Il y a un problème de réfugiés -la conséquence directe de la guerre civile. Malgré les supplications répétées de la Turquie et de l’UA, les faucons humanitaires ne se sont même pas donné la peine d’organiser un corridor humanitaire vers la Tunisie et l’Egypte.

La seule manière de s’en sortir est un cessez le feu qui mette l’OTAN hors jeu. Le contrôle sur le terrain serait confié aux casques bleus de l’ONU -composés de préférence d’Africains. l’Occident n’a absolument aucune crédibilité comme médiateur ; les Africains seraient les premiers à s’y opposer. Donc il resterait la ligue arabe et l’Union Africaine.

 

La ligue arabe est pro-Benghazi. En fait un vote arabe truqué (seulement 9 des 22 pays ont voté, et sur ces 9, 6 font partie du club des contre-révolutionnaires du Golfe connu aussi sous le sigle CCG), manipulé par l’Arabie Saoudite, a permis l’approbation arabe de ce qui est devenu la résolution 1973 ; en fait c’était un marchandage en échange duquel la Maison de Saoud** a eu les mains libres pour réprimer les manifestations pro-démocratiques du Barhein comme Asia Times l’a relaté. (Voir Exposed : The US/Saudi deal, sur le site Asia Times, 2 avril).

L’Union Africaine a été dédaignée avec constance par le consortium Anglo-Franco-Etasunien du changement de régime -même après qu’elle ait obtenu l’engagement de Kadhafi de négocier. L’UA se réunit à nouveau ce jeudi en Guinée équatoriale. Le président de la commission de l’UA pour la Libye -le Président de la Mauritanie, Mohamed Abdel Aziz- a déjà dit officiellement que Kadhafi "ne peut plus gouverner la Libye"- ce qui est un pas en avant considérable pour l’UA.

Mais cela ne signifie pas que l’UA -à la différence de l’OTAN et des "rebelles" veut une changement de régime tout de suite. Le départ de Kadhafi devra être la conséquence naturelles de négociations circonstanciées. En un mot, l’UA a un plan pour solutionner le problème ; l’OTAN a des bombes. Et les BRICS, surtout la Chine, la Russie et l’Afrique du Sud préfèrent la stratégie de l’UA.

Il faut pourtant s’attendre à ce que le consortium USA/OTAN se batte à mort. Pour des raisons évidentes -toutes en lien avec la doctrine éternelle et immuable de la domination absolue à quoi s’ajoute une intrigue secondaire, le nouveau concept stratégique de l’OTAN adopté à Lisbonne en novembre 2010 (voir Welcome to NATOstan sur le site Asia Times, 20 novembre 2010).

La définition de l’OTAN du mot "gagner" implique que Benghazi devienne le nouveau Camp Bondsteel -le plus grand camp militaire étasunien d’Europe qui se trouve être en même temps l’état "indépendant" qui porte le nom de Kosovo. La Cyrénaïque est le nouveau Kosovo. C’est le règne de la balkanisation.

C’est un scénario de rêve pour le couple OTAN/Africom***. Africom obtient la base africaine qu’il désirait tant (le quartier général actuel est à Stuttgart en Allemagne) après avoir participé à sa première guerre africaine. L’OTAN avance son projet primordial de faire de la Méditerranée le lac de l’OTAN. Après l’Afrique du nord il ne restera plus autour de la Méditerranée que deux gêneurs à "éjecter" : la Syrie et le Liban. Le nom de ce jeu n’est pas Libye, c’est Longue Guerre.

Notes :

*En Anglais R2P :responsability to protect

** Saoud ben Abdelaziz Al Saoud (12 janvier 1902 - 23 février 1969), fils de Abdelaziz ben Abderrahman Al Saoud, le fondateur de la dynastie saoudienne, et de Wadhba, est roi de l’Arabie saoudite de 1953 à 1964. 

***Le Département de la Défense des États-Unis a décidé de créer un commandement unifié pour l’Afrique (United States Africa Command), dont l’acronyme est USAFRICOM ou AFRICOM et qui est destiné à coordonner toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur ce continent. Il a commencé à fonctionner le 1er octobre 2008. Son baptême du feu pour des opérations de grande ampleur à eu lieu en mars 2011 lors de l’application de la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

* Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il s’appelle : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

On peut le joindre à pepeasia_AT_yahoo.com.

 mercredi 6 juillet 2011 - 06h:29

Pepe Escobar -

30 juin 2011 - Asia Times - Pour consulter l’original :
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MF30Ak02.html
Traduction : Dominique Muselet
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MF30Ak02.html
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10854


1-2 Thierry Portes : Voyage dans les villes fantômes de Libye.

Yefren, Gualich, Aweinya, Zawit Bagoul, Ryana…

La liste des villes fantômes s'allonge dans le Djebel Nefousa, à mesure de l'avancée des rebelles sur ce plateau collé à la frontière tunisienne, au nord-ouest de la Libye. Curieux spectacle, sans équivalent ailleurs dans ce pays en guerre depuis plus de quatre mois, que ces localités, vidées précipitamment de leurs habitants, qui ont fui, la peur au ventre, tantôt les troupes de Kadhafi, tantôt celles de la rébellion.

 

Traverser les rues désertes d'Aweinya vous rappelle une visite à Pompéi. Les 15.000 habitants de cette bourgade noyée sous le soleil ont tout laissé derrière eux. Le coiffeur n'a pas pris soin de balayer les cheveux qui traînent sur le sol carrelé de sa boutique. Les peignes sont là, disposés devant les glaces et les deux fauteuils noirs semblent attendre d'être réglés à la taille du prochain client. Quelques rues plus loin, le mécanicien a laissé en plan ses outils et nombre de pièces de rechange. Passent quelques chiens morts de soif et des poules en piteux état. Pas un souffle de vent, peu d'ombre, pas un bruit.

 

Au hasard des maisons visitées, le spectacle change de nature: elles ont toutes été saccagées ou pillées. Entre les amoncellements de matelas, de jouets d'enfants, de vêtements épars, les cadres où figuraient les photographies en noir et blanc des ancêtres ont été brisés. Les posters de Kadhafi ont été déchirés en mille morceaux. Sur le mur d'une habitation, les combattants victorieux ont signifié leur haine du dictateur, et fièrement apposé la signature de leur ville - Nalut, Yefren, Zenten -, comme pour témoigner de l'union du Djebel Nefousa contre les «traitres» demeurés fidèles au Colonel honni.

 

«Jamais les gens d'Aweinya ne reviendront», assure notre chauffeur qui, comme tout habitant de Zenten, avoue détester ceux qu'on appelle les Michachya. On entre ici de plain-pied dans les ancestrales bisbilles entre montagnards. Il y a plusieurs siècles, venue du désert, la tribu bédouine des Michachya a poussé ses chèvres dans le Djebel Nefousa, puis s'est installée, non loin de Zenten, à Aweinya. Les gens de Zenten, qui possédaient toutes les terres alentour, ont, de leur cité perchée, regardé de haut ces nouveaux venus à la recherche de quelques lopins de terre. Le machiavélique dictateur libyen d'origine bédouine s'est efforcé durant quarante-deux ans de diviser pour mieux régner en soutenant, administrativement et financièrement, ceux d'Aweinya contre ceux de Zenten.[tout est bien sûr de sa faute. Diviser pour mieux règner, tiens, l'Otan y penser...]


Règlements de comptes

Cette guerre civile a permis de régler les comptes. Les Michachya, qui ont accueilli et soutenu les troupes de Kadhafi, sont partis avec elles. En face d'Aweinya, le hameau rural lové entre les oliveraies de Zawit Bagoul, est également désert. Les quelque 5000 Michachya qui y vivaient sont, eux aussi, retournés dans le désert, au sud, ou partis en Tunisie ou vers Tripoli. Où qu'ils soient, sans doute, rêvent-ils sous leurs abris de fortune de prendre leur revanche, si les troupes de Kadhafi parviennent, ce qui paraît aujourd'hui peu probable, à les ramener chez eux.

 

À Yefren, la ville berbère plantée en haut d'un pic rocheux à l'est du Djebel Nefousa, le retour à la maison n'est qu'une question de temps. Aujourd'hui, seule une petite centaine d'hommes occupent cette ville où vivaient il y a quelques mois encore 20.000 à 30.000 personnes. Tout le monde a fui, quand les troupes de Kadhafi ont, après deux tentatives infructueuses, pris leurs quartiers au centre de cette cité qui, malgré les destructions, a conservé son charme. Les familles se sont réfugiées dans les villages alentour ou en Tunisie. Le 2 juin dernier, les combattants berbères ont libéré Yefren. Mais l'électricité n'est toujours pas totalement revenue et l'eau, l'essence et la nourriture arrivent chichement par camions de Tunisie. «Nous allons voir nos familles là-bas, et nous leur disons d'attendre encore», explique Kamel, qui regrette que la situation ne s'améliore que si lentement. Des patrouilles de rebelles arpentent les rues désertes et veillent sur les maisons demeurées vacantes. Une présence est assurée, à des horaires variables, dans un bâtiment où se croisent parfois les représentants de cette municipalité. L'antenne locale de la rébellion du Djebel Nefousa a ouvert non loin. On peut, à pied, se rendre aussi à l'hôpital d'une cinquantaine de lits qui, lui, n'a jamais cessé de fonctionner, grâce à son générateur. Il n'a pas souffert de l'occupation des forces du régime et soigne encore une dizaine de combattants, dont trois soldats de Kadhafi. «L'autre jour, se lamente cependant le docteur Mohamed Abudia, on a eu deux coupures d'électricité pendant une opération.»

 

Entre Yefren et Zenten, le hameau de Ryana, divisé en deux gros bourgs où vivaient avant guerre quelque 20.000 personnes, est un autre exemple de cité fantôme du Djebel Nefousa. Un peu plus complexe, car la population s'est divisée, quasiment à part égale, entre supporteurs de Kadhafi et partisans de la rébellion. Unique personne rencontrée ce jour-là à Ryana, Abdelassin Massaout arbore les couleurs de la rébellion, sa kalachnikov posée sur le pas-de-porte de sa maison. Sa famille s'est réfugiée à Rujban. «Les pro-Kadhafi sont partis à Tripoli», assure ce quadragénaire édenté. «Mais tout le monde va revenir», ajoute-t-il. Tout le monde ? «Bah oui, enfin, se reprend l'homme, tous ceux qui sont pour une Libye libre

Thierry Portes

11/07/2011
http://www.lefigaro.fr/international/2011/07/10/01003-20110710ARTFIG00206-voyage-dans-les-villes-fantomes-de-libye.php


1-3 Manlio Dinucci : Rapine à main armée à Tripoli.

Que feriez-vous si une banque, à laquelle vous avez confié 100.000 euros pour les faire fructifier, vous communiquait qu’en une année ils se sont réduits à moins de 2.000 euros ? 

C’est ce qui est arrivé à la Libye, d’après une enquête du Wall Street Journal. Après que les USA et l’Ue aient révoqué l’embargo en 2004, affluèrent en Libye des dizaines de banques et sociétés financières étasuniennes et européennes. Parmi lesquelles Goldman Sachs, une des plus grandes banques d’investissement du monde, dont le siège principal est à New York. Dans la première moitié de l’année 2008, l’Autorité libyenne d’investissement lui confia 1 milliard et 300 millions de fonds souverains (capitaux de l’Etat investis à l’étranger). La banque Goldman Sachs les investit dans un panier de valeurs et en actions de six sociétés : l’étasunienne Citigroup Inc., la banque italienne Unicredit et l’espagnole Santander, la compagnie allemande d’assurances Allianz, la compagnie énergétique française Electricité de France et l’italienne Eni. Un an après, Goldman Sachs communiqua à l’Autorité libyenne qu’à cause de la crise financière, le fonds libyen avait perdu 98% de sa valeur, les 1 milliard et 300 millions se réduisant à 25 millions de dollars. Les responsables de l’Autorité  libyenne, furieux, convoquèrent à Tripoli le responsable de Goldman Sachs pour l’Afrique du Nord. La rencontre fut turbulente, si bien que Goldman Sachs évacua précipitamment  ses employés de Tripoli, craignant qu’ils ne fussent arrêtés. Comme la Libye menaçait d’intenter un procès, qui aurait compromis la réputation de la banque aux yeux d’autres investisseurs institutionnels, Goldman Sachs lui offrit en dédommagement des actions privilégiées de la banque elle-même.  Mais les Libyens étant à juste titre soupçonneux, l’accord ne fut pas signé. Restait ainsi ouverte la possibilité, redoutée par Goldman Sachs, que l’Autorité libyenne n’entreprit un procès international. Des cas analogues de « mauvaise administration de l’argent libyen » sont rapportés par une enquête publiée par le New York Times. Par exemple, la société Permal -unité de Legg Mason, une des principales sociétés de gestion d’investissements, dont le siège est à Baltimore- a administré 300 millions de dollars de fonds souverains libyens, qui ont perdu 40% de leur valeur entre janvier 2009 et septembre 2010. En compensation, Permal a perçu 27 millions de dollars pour ses prestations. Même chose pour d’autres banques et sociétés financières, comme la hollandaise Palladyne, la française BNP Paribas, la britannique HSBC et le Crédit Suisse. L’Autorité libyenne menaçait d’entreprendre contre elles des actions judiciaires internationales, qui auraient endommagé l’image de ces « prestigieux » organismes financiers. Le tout s’est résolu de façon heureuse quand, en février dernier, Etats-Unis et Union européenne ont « congelé » les fonds souverains libyens. Leur « surveillance » a été confiée à ces mêmes banques et sociétés financières qui les avaient si bien gérés.

Et, du vol, on est passé à la rapine à main armée quand la guerre a commencé, en mars. A l’abri des chasseurs-bombardiers de l’OTAN, HSBC et d’autres banques d’investissement ont débarqué à Benghazi pour créer une nouvelle  « Central Bank of Libya », qui leur permettra de gérer les fonds souverains libyens « congelés » et les nouveaux qu’ils tireront de l’exportation pétrolifère. Cette fois, sans aucun doute, en obtenant de forts rendements.

Manlio Dinucci

5/7/2011

Edition de mardi 5 juillet 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110705/manip2pg/14/manip2pz/306147/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Commentaire de M-A.Patrizio

Voir aussi à propos du sort du fonds souverain libyen, l'article de T. Meyssan :

http://www.voltairenet.org/a170056 , en  particulier le (dernier) paragraphe :

Le grain de sable

[...]

Bien que le détail exact du montage imaginé par Dominique Strauss-Kahn pour créer cette nouvelle monnaie de réserve adossée aux Droits de tirages spéciaux du FMI soit secret, il apparaît que la Libye y jouait un rôle clé : à titre expérimental, c’est la Banque centrale libyenne qui la première avait décidé de fonder sa monnaie, le dinar, sur l’or et au delà sur les DTS. La chose est d’autant plus importante que la Libye dispose d’un fond souverain parmi les mieux dotés du monde (il est même un peu plus riche que celui de la Russie).

Or, en entrant en guerre contre la Libye, la France et le Royaume-Uni ont provoqué un gel théorique des avoirs non seulement de la famille Kadhafi, mais de l’État libyen. Pis, Paris et Londres ont dépêché des cadres de la banque HSBC à Benghazi pour créer une Banque centrale libyenne rebelle et tenter de s’emparer des avoirs nationaux. Sans que l’on sache si Nicolas Sarkozy et David Cameron se sont laissés emporter par l’ivresse de leur force ou ont agi sur instruction de leurs mandants à Washington, le fragile édifice élaboré par Dominique Strauss-Kahn s’est effondré.

Selon nos contacts à Tripoli, au moment de son arrestation, DSK partait à Berlin pour trouver une solution avec la chancelière Angela Merkel. Il devait ensuite partir avec un émissaire de Mme Merkel négocier avec des représentants du colonel Kadhafi —voire avec lui directement—. La signature du Guide libyen étant indispensable au déblocage de la situation.

On assiste désormais à une guerre financière d’une ampleur jamais égalée : alors que la situation économique des États-Unis vacille et que le dollar pourrait devenir rapidement une monnaie de singe, l’accord conclu au G8 et avalisé au G20, mis en œuvre par le FMI en coordination avec la Banque mondiale et les milieux bancaires internationaux dont DSK était le champion, est suspendu. La domination du dollar est intacte quoique plus que jamais artificielle ; ce dollar que les États émergents voulaient relativiser, mais sur lequel le complexe militaro-industriel israélo-états-unien assoit sa puissance.

Dans ce contexte que vaut l’honneur d’un homme ?"

 


1-4 Mario Franssen : Mission d’observation à Tripoli.

L'Association des Avocats et Juristes de la Méditerranée" a organisé les 12 et 13 juin une mission d’observation à Tripoli en Libye. Le but était de dénoncer l’intervention de l’OTAN. Des délégations de Tunisie, France, Grande-Bretagne, Maroc et Italie ont participé à la mission. En tant que partisan fidèle de l’OTAN, le gouvernement Belge – et par extension tout le parlement – a participé à l’offensive. Il était donc logique que des Belges se rendent également à Tripoli. La délégation était composée de Mohamed Hassan (spécialiste de l’Afrique), Michel Collon (journaliste), Frédéric Dahlmann et Mario Franssen (porte-parole intal).

Mario Franssen a interviewé Mohamed Hassan sur la situation en Libye.

Mohamed Hassan suit de près la situation en Afrique et en Libye. Il n’a donc pas hésité lorsqu’il a eu l’occasion de partir à Tripoli. Les trois jours qu’il a pu y passer l’ont éclairé quant à la réalité de la guerre à Tripoli et environs. C’était également une occasion unique pour lui de nouer des contacts avec l’importante communauté Africaine en Libye.

Mohamed Hassan : "Ce que l’on a pu voir à Tripoli m’a étonné. Le calme régnait dans la ville. Il n’y avait pas de militaires en vue, ni de rebelles. Le moral des Libyens était bon et ils comprennent parfaitement ce que désire l’OTAN. Ils nous ont expliqué que les rebelles sont en fait des bandes criminelles qui avec l’OTAN veulent voler les richesses Libyennes. Ils veulent donc protéger leur pays. Il est clair que Kadhafi a encore beaucoup de soutien parmi la population de Tripoli et des environs. Le représentant de quelques 200 clans a exprimé son soutien au gouvernement tout comme les 17 Soefi-Zawia, comparables avec les ordres religieux avec leurs abbayes dans la chrétienté. Kadhafi a également armé la population. Environ 2.000.000 Libyens ont reçu une Kalachnikov ainsi qu’une formation pour pouvoir l’utiliser. Ceci prouve que les autorités ne craignent pas leur propre population."

Lors de la conférence sur la guerre et les droits de l’homme, Mohamed Hassan a rencontré le président et le vice-président de l’Organisation Générale Africaine en Libye. Il nous raconte : "Tripoli est une ville très cosmopolite. Il ne faut pas oublier qu’avant la guerre, 1.000.000 Egyptiens, 850.000 Tunisiens, 500.000 Algériens et des centaines de milliers d’Africains noirs demeuraient en Libye. La grande communauté Africaine de Libye condamne l’agression de l’OTAN, et cela n’est pas étonnant. La Libye est un pays africain et les leaders Libyens ont une vue panafricaine comme la plupart des autres pays Africains. Les Africains du Soudan, Niger, Tchad.....que l’on a rencontré en rue nous ont confirmé ces dires. Ils n’ont pas besoin d’un permis de travail pour se mettre au boulot en Libye. Qu’il s’agisse du privé ou des autorités. Ils profitent de soins de santé gratuits et leurs enfants vont à l’école tout comme les enfants Libyens. Dans l’enseignement supérieur, la plupart des étudiants en dehors des Libyens sont des Soudanais."

La mère de l’Afrique

Mohamed Hassan : "Lors d’une des promenades à travers Tripoli, nous avons visité un souk. Nous avons bu du café avec quelques Soudanais propriétaires de magasins et ils nous ont raconté la même histoire. Pendant plus de 15 ans ils n’ont connu aucun problème en Libye. Ils font leurs achats en Chine et en Turquie. Le gouvernement ne prélève pratiquement aucune taxe à l’importation et ils n’ont pas non plus d’ennuis avec la bureaucratie. Ils sont mieux traités en Libye que dans leur propre pays. Pour eux la Libye est la mère de l’Afrique.

La guerre a néanmoins changé beaucoup de choses. Par crainte des bombardements de l’OTAN, beaucoup d’Africains ont renvoyés femmes et enfants à la maison. Des 4.000.000 Africains qui travaillaient en Libye, beaucoup sont rentrés chez eux. Avec comme conséquence par exemple l’accumulation des détritus dans les rues de la ville. Les Africains qui restent en Libye sont aussi très critiques vis-à-vis de l’attaque de l’Otan. A cause de cette attaque, le pays est disloqué. L’OTAN soutient Al Qaeda qui fait partie des soi-disant rebelles dans l’est du pays. La Libye risque ainsi de devenir un port d’attache pour les extrémistes musulmans de toute la région. Ils expliquent clairement que, dans ces conditions, l’OTAN peut garder sa démocratie pour elle-même."

Les trois stratégies de l’OTAN

L’OTAN veut avoir la mainmise sur les richesses de la Libye. Tout sera donc fait pour déstabiliser le pays. Les Libyens en sont parfaitement conscients et distinguent 3 stratégies qui sont appliquées par les Etats-Unis et leurs alliés.

Mohamed Hassan : "Premièrement ils veulent créer un conflit interne entre les tribus. Cela se voit très clairement à Misrata. Les bandes armées y ont fait de l’épuration ethnique. Toutes les personnes non originaires de Misrata ont été terrorisées et ont dû quitter la ville. Cela vaut autant pour les Libyens que pour les étrangers.

Deuxièmement, des attaques sont organisées contre les Libyens noirs et les autres Africains noirs. C’est une autre façon de créer des problèmes internes parmi les Libyens. A Benghazi par exemple, 3 Somaliens ont été tués par les rebelles. Ceci n’est pas sans importance lorsque l’on sait que la région riche en pétrole autour de Brega est l’endroit où habitent principalement des Libyens ‘noirs’. Si l’OTAN arrive à diviser le pays de cette manière, elle peut continuer à le déstabiliser, situation similaire au Darfour.

Pour conclure, l’économie Libyenne est fauchée. Les bombardements autour de Tripoli par exemple visent principalement les infrastructures et les cibles civiles. C’est surtout le développement du pays qui est paralysé. Les projets en cours en Libye se montaient de 70 à 100 milliards de dollars. Toutes les entreprises étrangères ont néanmoins quitté le pays et la main d’œuvre étrangère est également partie."

Mario Franssen

19 juin 2011

Source : INTAL


1-5 Tu viens avec nous en Libye? Evidemment!

Mario Franssen

29 juin 2011

Vendredi matin 18 mars 2011, mon radio réveil s’enclencha et j'eu directement droit à une interview avec le ministre des Affaires Etrangères Vanackere. Il trépignait d'impatience de pouvoir partir en guerre contre la Libye. 

Et malgré que les deux premiers points de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l'ONU appèlent à une solution diplomatique, Vanackere ne parlait que du point 3 selon lequel ‘toutes les mesures’ sont permises. Il était donc très clair à quoi on pouvait s’attendre. Cela m'a rendu malade et j'ai juré.

La guerre me rend malade

Je ne sais pas ce que les gens ressentent lorsque l’on bat les tambours de guerre, mais moi j’en suis littéralement malade. Et quelques heures plus tard, après le débat au Parlement Belge, je ne me sentais pas mieux. Personne, je veux donc dire pas un seul membre du parlement, n’a voté contre ou s’est abstenu lors du vote sur le soutien de la Belgique à la guerre. Et cela alors que les membres de notre parlement ont l'habitude de palabrer durant des mois avant de prendre une décision et sont à ce jour occupés depuis plus d’un an à la formation d'un gouvernement.

Mercredi matin 8 juin, j’ai reçu un appel … me demandant si je voulais aller en Libye. Comme le souligne Michel Collon : “chaque guerre est précédée par des média-mensonges”, c’était donc une occasion unique d'aller m’en rendre compte sur place. Je n’ai donc pas hésité très longtemps, et vendredi 10 juin nous sommes partis avec 4 autres belges en direction de Tunis, en Tunisie. De là, nous avons continué le samedi matin avec 9 autres participants internationaux en direction de Tripoli, un voyage en car de 17 heures. Pendant 3 jours nous avons participé à une mission d’observation et à une conférence sur la guerre et les droits de l’homme sur invitation de l’ “Association des Avocats et Juristes de la Méditerranée”. 

“Vas-tu soutenir Kadhafi ?”, ai-je plusieurs fois entendu. J’ai fait partie de ce voyage afin de me rendre compte moi-même des conséquences des bombardements de l’OTAN sur Tripoli. Contrairement à Van Rompuy, Sarkozy, Berlusconi, Obama ou Verhofstadt, qui étaient honorés de serrer la main à Kadhafi lorsqu’il s'agissait de signer des contrats, je n’ai aucune affinité avec Kadhafi. Cela ne veut pas dire pour autant que je ne vais pas m’opposer à une guerre de l’OTAN qui défend uniquement les intérêts occidentaux. Surtout lorsque nous examinons le palmarès de l’OTAN. S’ils bombardaient vraiment pour défendre les droits de l’homme – ce qui me semble déjà une contradiction en soi – on peut alors trouver d’autres adresses comme l’Arabie Saoudite par exemple. Rappelons-nous l’histoire du 'bon' et 'mauvais' Arabe vers laquelle renvoie Mohamed Hassan lors de son interview avec Michel Collon concernant l’histoire de la Libye. Un bon Arabe se soumet aux intérêts occidentaux, contrairement au mauvais Arabe. Lorsque Kadhafi était en France il y a quelques mois, il faisait encore partie de la première catégorie, car il ne fut pas arrêté à l’Elysée, à présent il fait partie de la deuxième.

 

Le calme règne dans la zone de guerre

Alors que nous approchions de la frontière Tunisie/Libye, la tension augmenta dans le car. L’un des participants Tunisiens de la délégation reçut un appel. Al Jazeera annonça qu’ il y avait des affrontements à Zawiyah, une ville située sur le chemin vers Tripoli. Après quelques minutes de discussion, il fut décidé de continuer notre chemin. Nous avons appris par la suite qu’un groupe de rebelles avait essayé d’occuper la ville, mais n’y était pas parvenu. Lorsque vers 3 heures du matin nous roulions à travers la ville, tout était très calme.

En chemin vers Tripoli, notre car fut quelques fois contrôlé par des policiers en uniforme. Nous n'avons apperçu ni char, ni matériel militaire lourd. A Tripoli également, tout était remarquablement calme. Pas de soldats ni de tanks dans les rues. Les bazars étaient agréablement animés. De petits bus de transport faisaient des allers-retours et les gens étaient à la plage. Pas tout à fait une situation de guerre comme je me l’étais imaginée. En tout cas, pas une ville qui pourrait tomber à chaque moment, comme nous le fait croire l’OTAN lorsqu’ils parlent de la période post-Kadhafi. Pourtant, les habitants de Tripoli avaient quand même peur. La ville est régulièrement bombardée et ils peuvent donc en être victime à chaque instant.

L’OTAN part en guerre

Pendant 3 jours, nous sommes restés à Tripoli et nous pouvions nouer des contacts. Entre les conférences et les visites organisées, nous nous sommes rendus seuls en ville en reconnaissance. Les réactions des gens avec lesquels nous parlions étaient toujours les mêmes. Aussi bien le représentant des clans en Libye, la communauté africaine en Libye, les propriétaires de magasins, les étudiants et l’homme de la rue nous ont confirmé leur soutien au gouvernement. Tous condamnaient l’attaque de l’OTAN qui n’est là que pour « voler les richesses Libyennes ». Et malgré qu’un certains d’entre eux étaient également critiques vis-à-vis du gouvernement, ils n’encensèrent pas pour autant les rebelles qu’ils qualifient unanimement comme : “Al Qaeda, maffieux, opportunistes, ...”. Depuis le début, il s’agit d’une rébellion armée qui a commencé en Occident. Ils n’ont aucune confiance dans les leaders de la rébellion qui ont combattu en Afghanistan contre l’occupation des Etats-Unis, ou dans des opportunistes qui se trouvaient auparavant dans le gouvernement et qui font tout à coup volte-face.

Au même moment, ils nous mettent en garde - nous Européens - du fait qu'en cas de victoire des rebelles, la Libye deviendrait un pôle d’attirance pour les extrémistes religieux, du Mali au Soudan. L’Europe ne doit pas s’étonner que de cette ‘nouvelle’ Libye, des attentats soient planifiés contre l’Europe. La Libye va être tiraillée entre des guerres de clans, entre Arabes et Africains. Le développement du pays et de toute l’Afrique du Nord sera miné. La Libye s’oriente plus vers l’Afrique que vers le monde Arabe et les 4.000.000 d'étrangers en Libye ont génèré jusqu’au début de la guerre, des ressources pour les pays voisins. Ils nous ont mis en garde contre la "Somalisation" de la Libye, ce qui finalement déstabilisera toute la région.

L’OTAN avait espéré que le régime libyen s’écroulerait de l’intérieur. L’Occident savait probablement que les ministres de la Justice, des Affaires Etrangères et Intérieures, et d’autres diplomates retourneraient leurs vestes. Néanmoins, le gouvernement tient toujours bon et l’OTAN se retrouve avec un fameux problème. A Tripoli, les gens nous ont confirmé que la population avait été armée. On parle de 2.000.000 armes qui ont été distribuées. Ce ne sera donc pas évident pour l’OTAN de contrôler Tripoli. Sûrement pas s’ils ne comptent que sur les rebelles, qui ne font plus aucune avancée depuis des semaines et ce malgré l’aide des bombardements de l’OTAN.

 

Cibles civiles et infrastructure

Sur ces 3 jours, nous avons pû visiter l’ancien centre de la ville, l’Académie, La Place Verte, le Bab Al Azizia et la maison bombardée du fils de Kadhafi. Chacune de ces places est une cible ou peut en devenir une, pour l’OTAN. Dans le centre ville, nous avons visité tous les jours le souk et avons discuté avec les commerçants. Quelques jours plus tard un autre souk fut bombardé. Nous avons également visité l’Académie. Des étudiants y suivent une formation afin d’obtenir un master ou un doctorat en langues ou en sciences. Le même jour, l’OTAN bombarda l’université de Al Fatah à Tripoli. Lors du bombardement du 30 avril sur la maison de Saif Al-Arab, le fils de Kadhafi ainsi que trois de ses enfants sont morts. En 1986, les Etats-Unis ont bombardé Bab Al Azizia, la résidence de Kadhafi. Aujourd’hui c’est une place centrale où les Libyens viennent montrer leur soutien au gouvernement. On y trouve de nombreuses familles et des étrangers venus de toute l’Afrique. Depuis le début de la guerre, le 19 mars, cette place a été déjà bombardée à trois reprises.

Il apparaît que l’OTAN bombarde des cibles civiles et des infrastructures à Tripoli, ce qui est illégal, même selon la résolution 1973. Les Tripolitains n’en sont pas pour autant découragés et s’opposent encore plus fort contre l’OTAN. Sur la Place Verte centrale, peu après notre départ - le 17 juin (4 mois après le début de la rébellion) - des centaines de milliers de Libyens se retrouvèrent pour exprimer leur soutien au gouvernement. Ce qui fit dire au journaliste de la chaîne CNN “... this crisis in Libya isn't ending any time soon”.

 

Le Hold-up du siècle

Avec les participants à la conférence nous avons eu le temps d’analyser les enjeux de la guerre et d’échanger nos opinions. L’indépendance de la Libye, qui n'a pas d'emprunt auprès de la Banque Mondiale ou du FMI, exaspère l'Occident. Ce que je ne savais pas c’est que la Libye possède plus de 143 tonnes d’or (valeur de +/- 4,8 milliard d’euro). Une quantité non négligeable dans des temps de crise financière. Cette attaque de l’OTAN s'avère ainsi être le hold-up du siècle. La Libye est également la force motrice pour l’établissement d’une banque Africaine de développement et à plus long terme, elle pense aussi à une monnaie unitaire Africaine. Ce n’est pas pour rien que la Libye est appelée la mère de l’Afrique. La guerre devient donc une nouvelle guerre coloniale qui menace l’indépendance des pays Nord-africains et menace par extension toute l’Afrique. N’oublions pas que l’Afrique est un continent très riche. Étant donné que les relations entre la Libye et le reste de l’Afrique sont très solides, il est logique que la Libye reçoive à ce titre l’aide des pays voisins. C'est ainsi qu'il y a des allers-retours de camions entre la Tunisie et la Libye. Il en est de même avec l’Algérie et le Niger. 

 

Tout le monde était d’accord pour dire que l’Occident convoite aussi le pétrole (9e au monde sur le plan des réserves avérées), le gaz (23e) et l'uranium. Dans le même temps, l’intervention militaire menace aussi les révoltes populaires en Tunisie et en Egypte. Il était clair pour tout le monde que la rébellion en Libye n’est pas comparable avec ces révoltes et veut obtenir exactement le contraire. L’occident veut à tout prix éviter un front indépendant « Tunisie-Libye-Egypte ». Cela menacerait leurs intérêts géostratégiques dans la région. Le canal de Suez doit rester accessible et Israël ne peut être menacé.

Et enfin encore ceci : n’oublions pas que la Libye est un des nombreux pays qui coopère actuellement avec la Chine, l’Inde, le Brésil,.... Le monde unipolaire, dans lequel les Etats-Unis déterminent ce qui se passe dans le monde, est en train de changer vers un monde multi-polaire. La crise économique touche surtout l’occident et la force économique des Etat-Unis s’en trouve défiée. Obama fait donc tout ce qu’il peut pour ne pas perdre la position dominante des Etats-Unis. Néanmoins il apparaît qu’il y a à présent un vent contraire. Aux Etats-Unis, une dizaine de membres du congrès contestent la légalité de cette guerre. A l’intérieur de l’OTAN, les oppositions augmentent du fait que la guerre se prolonge plus que prévu et que l'addition, surtout pour la France, augmente considérablement. Pour la Belgique le problème n’est apparemment pas le même. De Crem vient d’annoncer que la Belgique pourra honorer son engagement en Libye pendant une durée indéterminée, même si la facture s'élève déjà à 5.000.000 euro par mois.

 Alors « diplomatie » quand-même ?

Il apparaît que ce que notre ministre Vanackere et nos parlementaires n’ont jamais voulu, est quand même en train d'arriver. Comme les articles 1 & 2 de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l'ONU le demandent, des initiatives diplomatiques émergent de partout afin de mettre un terme à la guerre. Il y a déjà des contacts entres les autorités Libyennes et les rebelles. La Russie demande depuis longtemps de laisser faire le travail diplomatique ; Amr Mousa de la Ligue Arabe appelle à un cessez-le-feu et à une solution politique. « Last but not least », Groen ! demande un-cessez-le-feu temporaire. Ils s’inspirent peut-être des déclarations de Robert Gates, ministre de la Défense des Etats-Unis, sur la guerre en Afghanistan : “Cette sorte de guerre se termine généralement par des pourparlers”. On peut douter du fait que l’Occident et les rebelles vont s’inscrire dans ces propositions. Les propositions venant du Venezuela, de la Turquie et de l’Union Africaine avaient déjà été rejettées auparavant. De plus, la proposition du gouvernement Libyen d’organiser des élections a peu de chance d’aboutir. Tout comme en Palestine, ce ne seront probablement pas ‘nos’ hommes qui gagneront.

A la recherche d’informations

De retour en Belgique, un tel voyage vous poursuit. Je me suis donc mis immédiatement à la recherche de plus d’informations sur la Libye. Ce n’est pas évident de trouver des informations qui n’émanent pas des médias Occidentaux, d’Al Jazeera, ou des médias libyens (oui, ils existent). Je suis ainsi tombé sur ce rapport récent : “Libye : Un avenir incertain - Compte-rendu de mission d’évaluation auprès des belligérants libyens”, d’une mission d’observation française indépendante. Pour être honnête, j’étais assez déçu après l’avoir lu. Non pas à cause du contenu, mais soudainement je n’avais plus rien à raconter de mon voyage. Le rapport, écrit par des experts indépendants, compte 44 pages et traite de toutes les facettes de la guerre en Libye. Un « must » pour tout un chacun qui veut juger de la situation en étant bien informé.

Et avant d’oublier : cette guerre n’a rien à voir avec les droits de l’homme. Vous vous en doutiez déjà, non ?

Mario Franssen

29 juin 2011


1-6 Mario Franssen : Les amis louches de l’Otan.

Qui fait partie du Conseil National de Transition?

Le 27 février 2011, à Benghazi, les rebelles fondaient le Conseil national de transition, qu’ils proclamaient « seul représentant de la Libye ».

Nous distinguons quatre fractions importantes, dans ce CNT.

Les royalistes : Ce sont les partisans du roi Idris Senoussi. Leur siège se trouve à Riyad, en Arabie saoudite. En 1951, Idris a pris le pouvoir avec l’aide des Britanniques et il a régné en Libye jusqu’en 1969. Son pouvoir reposait sur quelques clans de l’est de la Libye. En 1969, Idris était chassé du pouvoir par Kadhafi. Le rapport des experts français (Libye : un avenir incertain) affirme que ce groupe ne peut être soupçonné du moindre réflexe démocratique : il veut tout simplement remettre la maison royale au pouvoir.

Les transfuges : Jusqu’il y a peu, ils faisaient partie du gouvernement libyen ou de l’appareil militaire. Sur base de leur expérience, ils jouent aujourd’hui un rôle important dans la direction du CNT. Il s’agit entre autres de l’ancien ministre de la Justice, Mustapha Abdujalil Al-Bayda (président du CNT), de l’ancien ambassadeur en Inde, Al-Essaoui (responsable des relations extérieures du CNT) et d’Omar al-Hariri (responsable des affaires militaires du CNT). Ce dernier a commis le coup d’État de 1969 en compagnie de Kadhafi mais, déjà en 1975, il tentait vainement un coup d’État destiné à renverser ce dernier.

Les mafieux : L’Est de la Libye est depuis longtemps une sorte de port franc sur lequel les autorités n’exercent que peu de contrôle. Ces quinze dernières années, la mafia locale y a organisé un trafic d’humains de l’Afrique vers l’Europe. Les rentrées de ce commerce s’élevaient à des milliards de dollars. Avec l’accord conclu l’an dernier entre l’Italie et la Libye à propos des réfugiés et l’arrestation de plusieurs chefs de la mafia, ce commerce a été mis à l’arrêt. D’après le rapport français déjà cité, ces bandes mafieuses sont responsables des agressions et assassinats racistes contre des Libyens noirs et des Africains à Benghazi.

Les fondamentalistes musulmans : Enfin, il y a les islamistes radicaux. Depuis les années 90, ils sont actifs en tant que Groupe islamique combattant libyen, ou GICL. Depuis 2007, ils font partie d’al-Qaïda. L’Est de la Libye est renseigné aux États-Unis comme le principal fournisseur des djihadistes qui, en Irak, sont allés combattre contre les occupants américains.

Les experts français disent encore que les forces démocratiques ne constituent qu’une petite minorité, au sein du CNT. Human Rights Watch accuse les rebelles libyens d’avoir déjà arrêté des dizaines de citoyens tout simplement parce qu’ils étaient favorables à Kadhafi. L’une des personnes arrêtées, Mohamed El-Dabr, a été torturée à mort. Les prisonniers ne peuvent s’adresser à aucun avocat et ils n’ont pas encore pu voir le moindre juge.

Le 17 juin, le Ministre des Affaires Etrangères, Vanackere, a fait savoir au parlement qu'il avait invité quelques représentants du Conseil national de transition à Bruxelles. On serait bien curieux de savoir qui, parmi ce petit club du CNT, peux venir séduire ministre Vanackere.

29 juin 2011

Mario Franssen


 

n°31 - Libye / Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion - 18-07 : suite : Mario Franssen : Mission d’observation à Tripoli.

n°31 -  Libye / Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion  - 18-07 : suite : Mario Franssen : Mission d’observation à Tripoli.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye 

n°31 du 18-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye " est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

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Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-7 Retour de Libye de Gilles Munier. 

1-8 Interview d’Ali al-Ahwal, coordinateur du Forum des tribus.

1-9 Thierry Meyssan : Tripoli bombardé ne faiblit pas.

1-10 Gilles Munier : Dans Tripoli martyrisée.

1-11 Ginette Hess Skandrani : Qui sont les rebelles de Bengazi ?

1-12 Kharroubi Habib : Une réclamation qui vaut aveu.

2 Annexe

2-1Tripoli , Damas , la " répression " et le Traité Européen .

2-2 Pierre Mellet : Comment la structure rituelle du Journal télévisé formate nos esprits.



1-7 Retour de Libye de Gilles Munier. 

Interview de Gilles Munier (7 Jours – 24/6/11)

 Le rennais Gilles Munier, connu pour son soutien au peuple irakien lors des guerres du Golfe et de la période d’embargo, vient de passer une semaine à Tripoli, bombardée quotidiennement par les chasseurs de l’OTAN. Il envisage d’y retourner « pour recueillir les témoignages des dirigeants sur le rôle joué par les services secrets occidentaux et le pétrole dans l’éclatement ou l’étouffement des révolutions arabes », et actualiser, dit-il, son dernier livre : Les espions de l’or noir.  

Q : Comment la France est-elle perçue à Tripoli ?

La France, bien, mais pas Nicolas Sarkozy. Des affiches apposées sur les murs de la ville le traitent de « tueur d’enfants libyens ». Personne ne comprend pourquoi il s’en est pris à Kadhafi après l’avoir reçu avec tous les honneurs à Paris. Les Libyens, disent-ils, sont capables de régler leurs problèmes intérieurs seuls. De plus, ils craignent une irakisation de la crise. La région de Benghazi est devenue une terre de djihad pour les extrémistes proches de l’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Des armes, des missiles sont entre leurs mains, et peut être demain du gaz moutarde. Voilà ce qui arrive quand on joue aux apprentis sorciers !

Q : Des avocats, notamment Jacques Vergès et Roland Dumas, veulent porter plainte contre Nicolas Sarkozy pour « crime contre l’humanité » ou « crime de guerre ». Est-ce bien réaliste ?

Il y a eu environ dix civiles libyens tués tous les jours depuis le début de l’intervention, trois fois plus de blessés. Le 7 juin, la veille de mon arrivée, une soixantaine de missiles sont tombés sur Tripoli, faisant 21 morts et des dizaines de blessés. C’était la façon de l’OTAN de fêter l’anniversaire de Kadhafi qui tombe ce jour-là. J’ai visité un hôpital : les larmes montent aux yeux devant tous ces blessés. La justice internationale instruira le procès intenté à Sarkozy sans parti pris, du moins je j’espère.

Q : Pensez-vous que Kadhafi sera renversé ?

Tout est possible. Mais, le leader libyen a plus d’un tour dans son sac. C’est un grand joueur d’échecs. Cependant, il suffirait qu’un missile frappe un des ses refuges pour qu’il disparaisse. Le 30 avril, l’OTAN l’a raté de peu. Il venait de quitter son domicile familial avec son épouse. Un de ses fils et trois de ses petits-enfants ont été tués. Les Libyens pensent que les chasseurs étaient français, des Rafales. Aïcha Kadhafi, qui a perdu dans l’opération sa fille de 4 mois, a porté plainte à Paris contre Nicolas Sarkozy et Gérard Longuet. Aujourd’hui, à Tripoli, il est question de constitution démocratique, de liberté de la presse et d’élection présidentielle. Cela permettrait de sortir de la crise par le haut. Hillary Clinton dit que c’est trop tard. Pourquoi ? Il n’est jamais trop tard, sauf si l’objectif de l’OTAN n’est pas la démocratie. J’ai rencontré Ali al-Ahwal, coordinateur général des 2000 tribus et clans libyens. Pour lui, la disparition brusque de Kadhafi déboucherait sur une guerre civile avec des conséquences de l’autre côté de la Méditerranée.

Par Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/

G. Munier/X.Jardez
Publié le 26 juin 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/...


1-8 Interview d’Ali al-Ahwal, coordinateur du Forum des tribus.

Propos recueillis par Gilles Munier

Un Forum national des tribus libyennes, réuni à Tripoli en mai dernier, a plaidé entre autre pour l’adoption d’une nouvelle constitution. Seïf al-islam, fils du colonel Kadhafi, n’attendait que cela. Le 16 juin, il en a annoncé l’élaboration dans une interview au quotidien italien Corrierre della Serra, ainsi que l’organisation d’une élection présidentielle avant la fin de l’année, surveillée par des observateurs internationaux. Pour couvrir les débats passionnés entre tenants du Livre Vert et partisans du changement, il a promis de libérer l’information. La preuve sera faite, a-t-il  dit, que le Guide jouit toujours d’un soutien populaire majoritaire. Il a assuré qu’en cas d’échec son père quitterait le pouvoir. Les rebelles de Cyrénaïque accepteront-ils le challenge ? La réponse n’est pas à attendre de Benghazi, selon Seïf al-islam, mais de Nicolas Sarkozy qui les sponsorise. Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine, a coupé court à cette proposition arguant que c’était « un peu tard » ! Jusqu’à la fin de la crise, le Forum des tribus siégera en permanence. Si nécessaire, il assurera la continuité de l’Etat en cas de vacance du pouvoir

Les tribus font une entrée remarquée sur la scène libyenne. Comment expliquez-vous ce retour en force ?

   Le peuple libyen est composé d’environ 2000 tribus, clans et notables qui jouent un rôle primordial dans la défense du pays. Le Forum des tribus a élu un conseil de 200 membres et partagé la Libye en quatre zones représentées par des comités. Dernièrement, nous avons condamné les visites de Sarkozy et de Cameron à Benghazi. Ce sont des immixtions inacceptables dans les affaires intérieures d’un pays souverain, une preuve qu’il encourage la partition de la Libye. Ce n’est pas la première fois que les tribus sont sur le devant de la scène nationale. C’était déjà le cas dans l’Antiquité égyptienne, grecque et romaine. Plus récemment, après la chute de l’Empire ottoman, les Italiens ont cru occuper la Libye en une semaine. Il suffisait, disaient-ils, de bombarder les côtes du pays pour le conquérir. Ils ont vite déchanté. La menace à laquelle nous faisons face aujourd’hui est du même ordre. On veut recoloniser la Libye et nos ennemis sont l’OTAN, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, et des Emirats du Golfe, notamment Qatar. Alors, nous reprenons les armes pour repousser l’agression et préserver l’unité de notre pays. Nous ne voulons pas que le sang libyen coule. La crise peut se régler pacifiquement, par la négociation. Dans le communiqué final de notre forum des 5 et 6 mai, nous avons demandé une amnistie générale. Plusieurs centaines de prisonniers arrêtés les armes à la main, ont été libérés.

Etes-vous parvenu à entrer en contact avec les rebelles ?

   Nous avons envoyé des émissaires rencontrer les chefs de tribus de l’Est. Les rebelles ont tué l’un d’eux. Nous avons alors organisé une réunion de dignitaires religieux à Brega et demandé aux tribus de l’Est d’envoyer des représentants : l’Otan a bombardé le bâtiment où ils dormaient, tuant 16 imans et blessant 55 personnes. Un carnage… C’est clair, l’OTAN ne veut pas que les Libyens se concertent entre-eux pour décider de leur avenir. Pour nous, le Conseil de Benghazi n’a aucune légitimité. Qui en a élu ses membres ? Personne. Ils ne règnent que par la grâce et les armes de l’OTAN, l’argent des Emirs du Golfe. Que les Emirats libèrent les Iles Abou Moussa, occupées par l’Iran, au lieu de s’occuper de nos affaires !

Quelle est votre relation avec le Guide?

   Lors du Forum des tribus, nous avons dit que Mouammar Kadhafi est un leader historique, un symbole de la Révolution et le fondateur de la Jamahiriya. Il a libéré la Libye des bases britanniques et américaines, libéré les puits de pétrole. A l’époque, 90% des revenus étaient empochés par les compagnies étrangères. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Alors, l’OTAN voudrait qu’il quitte le pays. Cette question ne concerne que lui et les Libyens. Lui absent, il y aurait des risques de conflits entre les tribus, de luttes pour le pouvoir.

Mais, Mouammar Kadhafi n’est pas éternel…

   Les tribus ont toujours pris leurs responsabilités. Par exemple, en 1918, quand les Turcs ont quitté le pays, elles ont fondé la première république libyenne. Elles ont ensuite lutté contre la colonisation italienne. De Gaulle, Churchill, Mao, Nasser, Tito, sont morts… ils ont été remplacés. Un autre leader surgira inévitablement du peuple libyen. Mais, je dois tout de même faire remarquer que Mouammar Kadhafi a remis tous ses pouvoirs au peuple, qu’il n’est plus président depuis 42 ans. Le peuple décidera donc de la façon dont il voudra être dirigé et par qui.

Gilles Munier


1-9 Thierry Meyssan : Tripoli bombardé ne faiblit pas.

Un groupe international d’enquêteurs du Réseau Voltaire est actuellement en Libye. Il a pu se rendre sur des lieux de bombardements. Disposant de la confiance des autorités libyennes, il a pu rencontrer quelques uns des dirigeants politiques et sécuritaires malgré les conditions de guerre. Leur constat est diamétralement opposé aux images véhiculées par la presse occidentale. Thierry Meyssan livre leurs premières observations.

Au centième jour de bombardement de la Libye, l’OTAN annonce l’imminence de son succès. Cependant, les buts de guerre n’étant pas clairement précisés, on ignore en quoi consistera ce succès. Simultanément, la Cour pénale internationale annonce la mise en accusation du Guide Mouammar Kadhafi, de son fils Saif al-Islam et du chef des services de renseignement intérieur, Abdallah al-Senoussi pour « crimes contre l’humanité ».

Si l’on se rapporte à la résolution 1973 du Conseil de sécurité, la Coalition des États volontaires vise à établir une zone d’exclusion aérienne afin d’empêcher les troupes du tyran de tuer son propre peuple. Cependant, les informations initiales selon lesquelles l’armée de l’air libyenne a bombardé des villes qui s’étaient soulevées contre le pouvoir de Tripoli ne sont toujours pas corroborées, bien qu’elles soient considérées comme fiables par la Cour pénale internationale. Quoi qu’il en soit, les actions de l’OTAN ont très largement dépassé l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne pour se transformer en une destruction systématique des fores armées nationales, air, terre et mer.

Les objectifs de l’OTAN sont probablement autres. Les leaders de l’Alliance ont ainsi évoqué de nombreuses fois le renversement du « régime » de Mouammar Kadhafi, voire l’élimination physique du « frère Guide ». Les médias occidentaux évoquent des « défections massives » des cadres de Tripoli et leur ralliement à la cause des insurgés de Benghazi, mais ils ne parviennent pas à citer de noms, sinon ceux d’hommes politiques connus de longue date pour être favorables au rapprochement avec Washington, tel l’ex-ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa.

L’opinion publique internationale est massivement désinformée. Washington a fait couper les retransmissions de la télévision libyenne sur le satellite ArabSat, dont la Jamahariya est pourtant actionnaire. Le département d’État ne devrait plus être long à faire de même avec NileSat.
En violation de ses engagements internationaux, Washington a refusé un visa au nouveau représentant libyen à l’ONU. Il ne peut venir à New York exposer son point de vue, tandis que son prédécesseur, rallié au CNT continue à occuper son siège.
La voix de Tripoli étant étouffée, il est possible de répandre n’importe quel mensonge sans crainte d’être contredit.

Rien d’étonnant donc à ce que vu de Tripoli, d’où cet article est écrit, les communiqués de l’OTAN et les injonctions de la Cour pénale internationale paraissent irréels. L’Ouest de la Libye est paisible. À des moments aléatoires, les sirènes annoncent l’arrivée des bombardiers ou des missiles. Suivi immédiatement des explosions qu’ils provoquent. Il est inutile de courir aux abris, d’une part parce que le temps est trop court et d’autre part, parce qu’il n’y a guère d’abris.

Les bombardements sont ciblés avec une extrême précision. Les munitions guidées touchent les bâtiments visés, et dans ces bâtiments, les pièces visées. Toutefois, l’OTAN perd le contrôle en vol d’environ un missile guidé sur dix. Celui-là tombe à l’aveuglette. N’importe où dans la ville, semant la mort au hasard.

Si une partie des cibles de l’OTAN sont « militaires » : casernes et bases ; la plupart sont « stratégiques », c’est-à-dire économiques. Par exemple, l’Alliance a bombardé l’imprimerie de la Monnaie libyenne, une administration civile chargée de fabriquer les dinars. Ou encore, ses commandos ont saboté des usines qui faisaient concurrence à celles de membres de la Coalition. D’autres cibles sont dites « psychologiques ». Il s’agit de toucher dans leur chair les dirigeants politiques et sécuritaires en massacrant leurs familles. Les missiles sont alors pointés sur les habitations privées, et plus précisément sur les chambres à coucher des enfants des dirigeants. 

L’ambiance dans la capitale et sur la côte est lourde. Mais la population reste soudée. Les Libyens soulignent qu’aucun de leurs problèmes intérieurs ne justifie le recours à la guerre. Ils évoquent des revendications sociales et des questions régionales, comme il en existe dans les États européens, mais rien qui doive conduire à déchirer les familles comme on est en train de le faire en imposant une partition du pays.

Face à l’OTAN, des dizaines de milliers de bourgeois aisés ont plié bagage et sont allés se réfugier dans les pays limitrophes, notamment en Tunisie, laissant aux pauvres le soin de défendre la patrie qui les a enrichis. De nombreux commerces sont fermés sans que l’on sache s’ils doivent faire face à des difficultés d’approvisionnement ou si leurs propriétaires ont fuit.

Comme en Syrie, la plupart des opposants politiques font bloc derrière le gouvernement pour protéger l’intégrité du pays face à l’agression étrangère. Pourtant, certains Libyens, anonymes et invisibles, renseignent l’OTAN pour localiser ses cibles. Jadis leurs parents accueillaient les armées coloniales italiennes, aujourd’hui ils scandent avec leurs homologues de Benghazi : « 1, 2, 3, Sarkozy arrive !  ». Chaque peuple a ses traîtres et ses collabos.

Les exactions commises par les mercenaires du prince Bandar en Cyrénaique ont terminé de convaincre bien des hésitants. La télévision montre en boucle les œuvres des leaders d’Al Qaida en Libye, dont certains ont été libérés directement de Guantanamo pour combattre aux côtés des États-Unis. Des images insoutenables de lynchage et de mutilations dans des villes érigées en Émirats islamistes, à la mode afghane ou irakienne, par des individus deshumanisés par les tortures qu’ils ont subis et excités par des drogues puissantes. Il n’est pas nécessaire d’être un vieux partisan de la Révolution de Kadhafi pour la soutenir aujourd’hui face aux horreurs auxquels se livrent les jihadistes dans les « zones libérées » par l’Alliance [1].

Rien, nulle part, à l’Ouest n’évoque une révolte ou une guerre civile. Pas de barricades, ni de blindés dans les rues. Sur toutes les routes, les autorités ont installé des checks points tous les deux kilomètres. Les automobilistes patientent sagement, eux-mêmes attentifs à découvrir les éléments infiltrés par l’OTAN.

Le colonel Kadhafi arme la population. Près de deux millions de fusils mitrailleurs ont déjà été remis aux civils. L’objectif est que chaque adulte, homme ou femme, puisse défendre sa maison. Les Libyens ont retenu la leçon irakienne. Saddam Hussein avait assis son autorité sur le Baas et l’armée, excluant son peuple de la vie politique. Lorsque le parti fut décapité et que quelques généraux firent défection, l’État s’effondra soudainement laissant le pays sans résistance et plongé dans le chaos. La Libye, elle, est organisée selon un système original de démocratie participative, comparable aux assemblées du Vermont. Les gens sont habitués à être consultés et responsabilisés. Ils sont donc mobilisables en masse. 

De manière inattendue, les femmes sont plus déterminées que les hommes à porter les armes. Cela traduit l’accroissement ces dernières années de la participation féminine aux assemblées populaires. Cela reflète peut-être aussi la nonchalance qui s’était emparée des cadres de cet État socialiste à haut niveau de vie.

Chacun a conscience que tout se jouera lorsque les troupes terrestres de l’OTAN débarqueront, si elles osent le faire. La stratégie de défense est donc entièrement conçue pour dissuader un tel débarquement en mobilisant la population. Ici les soldats français, britanniques et US ne seront pas accueillis en libérateurs, mais en envahisseurs coloniaux. Ils devront affronter d’interminables combats urbains.

Les Libyens s’interrogent sur les mobiles exacts de l’OTAN. Je suis surpris de constater que c’est souvent en lisant les articles du Réseau Voltaire, traduits et repris par de nombreux sites Internet et certains journaux imprimés, qu’ils ont été informés des vrais enjeux. Il y a ici, comme partout d’ailleurs, un déficit d’information sur les relations internationales. Les gens connaissent et s’enorgueillissent des initiatives et des réalisations du gouvernement pour l’Unité africaine ou pour le Développement du Tiers-monde, mais ils ignorent bien des aspects de la politique internationale et sous-estiment la capacité de destruction de l’Empire. La guerre semble toujours lointaine jusqu’à ce que le prédateur ne vous choisisse comme proie.

Quel est donc ce succès que l’OTAN annonce imminent ? Pour le moment, le pays est coupé en deux. La Cyrénaique a été proclamée République indépendante, bien qu’on s’y prépare à restaurer la monarchie, et a été reconnue par plusieurs États, à commencer par la France. Cette nouvelle entité est gouvernée de facto par l’OTAN, mais officiellement par un mystérieux Conseil national de transition, jamais élu, et dont les membres —s’ils existent— sont secrets pour ne pas avoir à répondre de leurs actes. Une partie des avoirs libyens a été gelée et est aujourd’hui gérée pour leur plus grand profit par les gouvernements occidentaux. Une partie de la production pétrolière est commercialisée à des conditions défiant toute concurrence aux compagnies occidentales qui se goinfrent. C’est peut-être cela le succès : le pillage colonial.

En lançant des mandats d’arrêts internationaux contre Mouammar Kadhafi, son fils et le chef des services de renseignement intérieur, la Cour pénale internationale cherche à exercer une pression sur les diplomates libyens pour les contraindre à démissionner. Chacun est menacé, en cas de chute de la Jamahiriya, d’être poursuivi pour « complicité de crime contre l’humanité ». Ceux qui démissionnent laisseront une place vacante derrière eux, sans possibilité d’être remplacés. Les mandats d’arrêts ressortent donc d’une politique d’isolement du pays.

La Cour fait aussi de la communication de guerre. Elle qualifie Saif al-Islam de « Premier ministre de facto », ce qu’il n’est surement pas, mais qui donne l’impression d’un régime familial. On retrouve là le principe d’inversion des valeurs typique de la propagande US. Alors que les insurgés de Benghazi brandissent le drapeau de la monarchie Senussi et que le prétendant au trône s’impatiente à Londres, c’est la démocratie participative qui est présentée en régime dynastique.

À l’issue de ces cent premiers jours de conflit, les communiqués de l’OTAN masquent mal la déception. Les Libyens ne se sont pas soulevés contre le « régime », hormis en Cyrénaïque. Aucune solution militaire n’est en vue. Le seul moyen pour l’Alliance atlantique de sortir la tête haute à moindre frais est de se contenter de la partition du pays. Benghazi deviendrait alors l’équivalent de Camp Bondsteel, la méga-base militaire US en Europe, ayant accédé au statut d’État indépendant sous le nom de Kosovo. La Cyrénaïque serait la base qui manquait à l’Africom pour contrôler le continent noir.

Thierry Meyssan

[1] Je suppose que ces remarques peuvent surprendre le lecteur. Le Réseau Voltaire y reviendra en détail dans de prochains articles.
27/06/2011
http://www.voltairenet.org/Tripoli-bombarde-ne-faiblit-pas


1-10 Gilles Munier : Dans Tripoli martyrisée.

Frontière tuniso-libyenne, 8 juin - Une file impressionnante de voitures immatriculées en Libye attend au poste de douane. Des centaines de Libyens fuient Tripoli violement bombardée par l’OTAN, la veille. Le bilan des victimes des 60 frappes du 7 mars, jour anniversaire du colonel Kadhafi, est lourd : 31 morts et des dizaines de blessés Depuis le début de l’intervention occidentale, des civils meurent chaque jour dans la quasi indifférence des médias occidentaux : 718 ont été tués entre le 19 mars et le 26 mai, 4067 blessés dont 433 dans un état grave. De passage en Libye le 30 mai, les avocats Roland Dumas et Jacques Vergès ont déclaré qu’ils vont porter plainte contre Nicolas Sarkozy pour crime contre l’humanité, au nom d’une trentaine de familles qui ont perdu des proches dans les bombardements.

   Jusqu’à Tripoli, la surveillance du territoire est assurée par des volontaires armés, issus des tribus des régions traversées. Une trentaine de check- points filtrent la circulation.

Le silence de l’UNESCO

   L’hôtel Rixos, palace 5 étoiles, a été réquisitionné pour les journalistes. Pendant mon séjour, je n’y ai rencontré aucun Français. A écouter ou lire leurs reportages, Tripoli est en état de siège, les habitants calfeutrés chez eux. Il n’en est rien. Si de nombreux magasins et restaurants sont fermés, c’est parce que le pays subit un embargo de fait et que le temps est aux économies. Le manque d’essence y est aussi pour quelque chose : les automobilistes mettent jusqu’à trois jours de queue pour faire le plein. De plus, 70 000 Libyens sont réfugiés en Tunisie ; d’autres ont fui Benghazi pour l’Egypte.