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09/08/2011

n°7 - Journal de Syrie - 08-07 au 08-08 – Début - : - Armageddon économique: la réponse de Washington à l’échec de l’économie… Plus de guerre !

 


n°7 -  Journal de Syrie - 08-07  au 08-08 – Début - : - Armageddon économique: la réponse de Washington à l’échec de l’économie… Plus de guerre !



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

               n°7                                                08-07  au08-08        

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

La Syrie a produit environ de 70 millions barils de pétrole au cours du 1er semestre de cette année.

Jean LEVY : Un nouveau défenseur des Droits de l'Homme: le roi Abdallah d'Arabie.

Les Syriens en colère contre l’ingérence américaine et française.

La guerre des chiffres bat son plein. 

Groupes armés: la preuve par l'image.

M. K. Bhadrakumar : Israël fait son apparition dans le Printemps arabe.

Paroles & action du président Bachar al-Assad.

Résistance

Analyse

Jean LEVY : Et si la Syrie demandait des comptes à la France ? 

Suite

1 Lutte pour la libération du territoire

La Russie et la Chine bloquent toute condamnation de l'ONU à l'encontre de la Syrie. 

2   Politique USA

Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique.

Paul Craig Roberts : Armageddon économique: la réponse de Washington à l’échec de l’économie… Plus de guerre !

3 Pays Arabes & voisins

Liban - Jordanie

Qandil: Le tapage international contre la Syrie est l'écho de la volonté américano-sioniste.

4 Israël fait son apparition dans le Printemps arabe.

5 Pays - Europe

1 France

Guy Delorme : Les « supers pouvoirs » de M. Wissam Tarif.

2 Russie

Les USA s'ingèrent dans les affaires intérieures de la Syrie.

6 Les actions dans le monde

Pays

Cuba

Cuba dénonce la déclaration des Nations unies.

Inde

Le vice président du parlement indien Rahman Khan affirme le soutien de son pays à la Syrie face aux ingérences étrangères.

Fin

7 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

7-1 La Syrie accuse les Etats-Unis d'être impliqués dans les évènements

7-2 Louis Denghien : Manifs en Syrie : toujours et encore l’intox statistique !

7-3L’intellectuel belge Pierre Piccinin témoigne de la malhonnêteté des journalistes occidentaux.  

7-4 Joshua Landis : le gouvernement syrien a raison, des groupes armés sont effectivement à l’œuvre en Syrie.



Tiré à part

La Syrie a produit environ de 70 millions barils de pétrole au cours du 1er semestre de cette année.

La Syrie a produit 70,092 millions barils de pétrole au cours du 1er semestre de cette année d'une moyenne de 387,250 barils par jour, soit une hausse de 957 barils par jour par rapport à la production du 1er semestre de l'année dernière.

Les données de l'établissement public du pétrole, examinées lors d'une réunion au ministère du pétrole ont révélé que la part des compagnies nationales de la production globale du pétrole était 52 %, puisqu'elles avaient produit 36,745 millions barils.

Le total de la quantité du pétrole livrée à la raffinerie de Banyas et de Homs atteint 43,410 millions barils, alors que le pétrole lourd et léger, exporté était de 27,793 million barils.

Quant au gaz, son produit total en Syrie au cours du 1er semestre de cette année était 5,483 milliards m3, d'une moyenne quotidienne de 30,29 millions m3, soit une hausse de 3,009 millions m3 par jour par rapport à la production du 1er semestre de l'an 2010.

Lors de ladite réunion, M. Soufiane Allao, ministre du pétrole et de la richesse minière, a souligné la nécessité d'accorder à l'opération de la formation encore plus d'intérêt, vu qu'elle est l'un des piliers du développement. 

02 Août 2011


Un nouveau défenseur des Droits de l'Homme: le roi Abdallah d'Arabie.
Le pays aurait environ 9 000 prisonniers politiques, de nombreuses exécutions d'opposants ...mais aussi , depuis février 2011, une série de manifestations populaires réprimées, en particulier dans la province pétrolifère du Hasa, le nombre de pauvres et de chômeurs y est nombreux malgré la richesse placée ...off-shore ou dans les hôtels de luxe, les monuments historiques datant de la période prophétique sont systématiquementdétruits (pas de patrimoine de l'UNESCO !) dans ce pays où toute étude historique, y compris sur l'histoire du patrimoine religieux du pays, est considérée comme de la subversion ...ce dont nos médias ne parlent pas ...
raison : Cette propriété privée familiale des Saoud abrite des bases de l'armée ....mécréante. Voilà ce qu'est ...."l'islamisme plastoc" ! (plastique : produit dérivé du pétrole !)

"Bruno DRWESKI" Lundi 8 août
Jean LEVY 

Les médias français, à la pointe du combat, contre le pouvoir syrien de Bechar el Asad, se félicitent du renfort apporté à la cause occidentale par le roi Abdallah d’Arabie. Ce dernier, rappelant son ambassadeur à Damas, a déclaré :«La Syrie n'a que deux choix pour son avenir: opter volontairement pour la sagesse, ou s'enliser dans le chaos et la violence».
La caution ainsi donnée par le souverain d’Arabie saoudite vaut de l’or, et même de l’or noir. En effet, qui peut mieux qu’Abdallah parler au nom des droits de l’homme ?
Wikipédia nous apprend que « l'Arabie Saoudite est réputée pour violer systématiquement les droits les plus fondamentaux des personnes vivant dans ce pays. Il n'existe ni parti politique, ni élection, ni Parlement autonome, ni magistrature indépendante, ni syndicat, ni organisation vouée à la défense des droits humains. Tout individu résidant en Arabie Saoudite qui critique le régime est sévèrement
puni; tout opposant politique ou religieux est arrêté et incarcéré sans jugement, pour une durée illimitée, ou condamné à de lourdes peines d'emprisonnement.

Le recours à la torture est très répandu dans ce pays. Non seulement la peine de mort est appliquée, mais le nombre des amputations (main, pied, oeil, etc.) et flagellations semble avoir augmenté de façon alarmante.

Les étrangers (travailleurs immigrés) constituent la moitié du contingent des condamnés à mort dans une année (plus d'une centaine en moyenne). Ces abus de pouvoir sont favorisés par l'absence de tout contrôle judiciaire au moment de l'arrestation et la détention. »

Bonnes références humanitaires, à faire pleurer de joie Bernard-Henri Lévy.
Le roi Abdallah est orfèvre en matière de démocratie, puisque, c’esttoujours Wikipédia qui le précise :

« L'Arabie saoudite est une monarchie islamique, le roi (qui est égalementpremier ministre) dirige le pays et le gouvernement suivant le Coran et laSunna (Shari'a), il n'y a donc pas de suffrage.
La loi fondamentale promulguée en 1992 organise l'Etat et les règles desuccession, la loi fondamentale est en quelque sorte la constitution du pays:
Le gouvernement est composé du conseil des ministres dirigé par le roi, il est constitué de ministres tous membres de la famille royale. Depuis 1992 le roi est également secondé dans le domaine législatif par le conseil consultatif "Majilis al Chouras" dont il nomme les 90 membres et 1 président
tous les 4 ans. De nombreux princes de sang (env. 4500) liés à la famille royale occupent les postes les plus importants du gouvernement ».

Bechar el Asad est un petit garçon à côté d’Abdallah.
Et le régime syrien (laïc, par-dessus le marché), semble un système anarchique, proche d’une AG soixante-huitarde, comparé à celui d’Arabie saoudite.
Mais trêve d’humour, il est piquant de constater que jamais, au grand jamais, notre « classe politique » n’a apporté la moindre critique au royaume des pétro-dollars.

Constatons que l’arbitraire sanglant, qui tient lieu de constitution, n’a gêné aucune âme sensible politique ou médiatique.
Personne, à l’Onu, n’a revendiqué de sanctions contre Riyad, ni la France,ni l’Union européenne, ni les USA.
Le régime saoudien, en place depuis des décennies, n’est pas tancé comme celui de Damas, par nos « démocrates » distingués, pour atteintes aux droitsde l’homme et manquement au multipartisme.

Pas le moindre reportage sur les JT de la Une ou de France 2, sur les prisons du roi Abdallah, le sort des femmes ou le fanatisme religieux d’Etat,en Arabie saoudite.
C’est vrai, pas la moindre manif’ à Riyad, à Médine ou à La Mecque ou à Djeddah.

Vous voyez bien que les Saoudiens aiment tendrement le roi Abdallah


Les Syriens en colère contre l’ingérence américaine et française.  

Les citoyens de Hama sont descendus dans les rues pour affirmer leur refus de la visite de l'ambassadeur de France, Eric Chevallier et de l'ambassadeur des Etats-Unis en Syrie, Robert Ford, à Hama , les accusant de vouloir provoquer le peuple et attiser l'émeute.
Les citoyens de la ville ont rappelé que les Etats-Unis, qui refusent de fournir de la farine et des médicaments aux enfants de Gaza et qui s'opposent à la reconnaissance de l'Etat palestinien, ne seront jamais acceuillis par Hama.
Ils ont qualifié cette démarche de "comportement colonial et d'une tentative d'acheter les consciences".
Les citoyens de Damas et de sa banlieue sont également descendus dans les rues pour dénoncer "l'ingérence américano-française flagrante dans les affaires intérieures de la Syrie". Dans un communiqué , les citoyens de Damas ont accusé la France et les Etats-unis de multiplier leurs efforts pour faire échouer le dialogue national et entraver le programme de la réforme globale, qualifiant la rencontre de l'ambassadeur américain avec les saboteurs une provocation , et un appel à la tuerie et à la subversion.
A Alep, des marches massives ont eu lieu dans les régions d'al-Achrafieh, de Cheikh Maqsoud, de Qadi Askar, de Seif al-Daouleh, de la citadelle d'Alep!
Les citoyens de la ville ont dénoncé l'ingérence franco-amèricaine , s'interrogeant sur le lien entre l'ambassadeur américain et les groupes armés subversifs.
Ils ont affirmé, à cet effet, leur attachement à l'unité nationale et leur refus de toute ingérence étrangère, appelant les citoyens de Hama à rrejeter cette ingérence.
A Homs, les citoyens ont affirmé que les intentions de l'administration américaine et française sont de déstabiliser la Syrie.
Par ailleurs, des milliers des enfants de la ville de Deir Ezzor ont afflué sur la place de Sabe' Bahrat, au centre de la ville, refusant l'ingérence étrangère dans les affaires de la Syrie et proclamant leur soutien au programme de réforme globale sous la direction du président Bachar al-Assad.
A Hassaké, des forces actives populaires et les habitants de la localité de Himo à Qamichli ont organisé "une tente de la patrie", où les participants ont insisté sur leur soutien au programme de la réforme globale conduit par le président al-Assad.
Les participants à la tente ont affirmé que les initiatives populaires nationales reflètent leur affection pour la patrie et leur désir de faire face au complot visant la sécurité et la stabilité de la Syrie.
A Soueidaa, des dizaines de jeunes hommes et de jeunes filles ont lancé une campagne de volontariat pour restaurer la place d'al-Che'leh et y cultiver des fleurs.
M. Omran al-Jeba'i, président de la commission administrative des étudiants du gouvernorat, a indiqué que cette campagne traduit le soutien total au programme de la réforme globale et l'opposition à tous les actes de sabotage.

09/07/2011

 http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=22526&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1


La guerre des chiffres bat son plein.  

Les bilans donnés hier par les agences de presse et les journaux occidentaux sur le nombre de victimes en Syrie, notamment dans la région de Hama, sont totalement contradictoires.
L'AFP a donné le bilan de 95 morts hier lors d'une attaque de l'armée syrienne, alors que l'agence Reuters a livré le chiffre de 45 victimes civiles.
L'agence Chine nouvelle et la télévision Euronews ont donné un bilan de 24 morts
.

Les chars de l'armée syrienne sont entrés dans la nuit de samedi à dimanche dans Hama, un des principaux foyers du mouvement de contestation contre le régime du président Bachar al Assad, ont indiqué des habitants et des militants des droits de l'homme cités par les agences occidentales.
Citant des responsables d'hôpitaux, l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme fait état de dizaines de personnes grièvement blessées et prévient que le bilan pourrait encore s'alourdir.
Un médecin, qui a souhaité préserver son anonymat par crainte de représailles, a fait savoir que la majorité des corps avaient été transportés à Badr, Horani et Hikmeh, les trois hôpitaux de la ville, ajoutant que les poches de sang pour des transfusions venaient à manquer dans ces établissements.
Située dans le centre du pays, Hama a été le théâtre de certaines des plus grandes manifestations de la contestation qui a débuté à la mi-mars. L'agence de presse syrienne a indiqué de son côté que deux éléments des forces de l'ordre sont tombés en martyrs hier par le feu des groupes armés à Hama, qui avaient mis le feu dans les centres policiers, agressé des propriétés publiques et privées, et établi des barricades dans les entrées et les rues de la ville.
Les unités de l'armée œuvrent pour éliminer les barricades établies par les groupes armés. L'agence Sana a constaté de certains citoyens de la ville que des groupes armés sont postés sur les principaux bâtiments de la ville, et qu'ils portent des armes automatiques et sophistiquées et ouvrent le feu pour terroriser les citoyens.
Damas a attribué ces violences à des «gangs armés soutenus par des puissances étrangères» voulant déstabiliser la Syrie. Le président syrien Bachar al-Assad avait annoncé d'importantes réformes, dont notamment la levée de l'état d'urgence, l'amnistie générale, ainsi que l'ouverture d'un dialogue national afin d'apaiser la tension dans le pays, mais les troubles persistent.
«Les Etats-Unis exécutent leur plan contre Damas»
Hier, plus de 356 citoyens sont retournés ces deux derniers jours à Jisr al-Choughour à travers le portail de Hassaniyyeh.
Les citoyens, qui avaient été obligés par les groupes terroristes armés de quitter leur maison, ont affirmé qu'ils étaient la cible de rumeurs mensongères sur l'absence de la sécurité dans la ville et ses alentours.
Selon le général Leonid Ivashov, président de l'Académie russe des sciences géopolitiques, la Syrie est confrontée à une campagne forte et vaste exécutée par le Mossad et les pays d'Occident, en particulier les Etats-Unis et la France, dans le but de la démembrer en raison de sa politique indépendante, de son soutien à la résistance contre Israël et de ses relations étroites avec l'Iran.
La Syrie reste, selon lui, le seul pays arabe qui a échappé au pouvoir des régimes américain et israélien. Tous les pays de la région du Moyen Orient sont, ajoute-t-il, sous la main des Etats-Unis d'Amérique et de son allié israélien, à l'exception de la Syrie.
01/08/2011

http://www.letempsdz.com//content/view/60658/1/


Groupes armés: la preuve par l'image

Le petit film que nous mettons en ligne, après qu’il nous a été communiqué par un de nos visiteurs, est la preuve incontestable qu’à Homs – comme dans d’autres villes ou régions de Syrie – les forces de l’ordre ne sont pas uniquement confrontées à des manifestants désarmés et pacifiques, mais sont harcelés par des activistes armés. Cette vidéo, diffusée de puis peu sur Youtube, a été filmée à Homs le vendredi 15 juillet, soit au tout début des troubles inter-communautaires ayant ensanglanté cette grande ville syrienne (au nord de la frontière libanaise et à 160 kilomètres environ au nord de Damas). Selon des propagandistes de l’opposition, le bilan humain serait de 50 victimes en quatre jours, pour une bonne part tombées dans des affrontements entre factions politico-religieuses.<P/>

Le reportage dure moins de deux minutes : c’est suffisant pour constater qu’une situation quasi-insurrectionnelle prévaut dans certains quartiers de cette ville d’un million et demi d’habitants, où cohabitaient jusqu’à présent trois grandes communautés : sunnite, alaouite et chrétienne.

On voit donc des policiers syriens, certains en tenue anti-émeute, courir sous une fusillade nourrie. L’un des policiers est touché avant d’avoir pu s’abriter. Il est mis à l’abri par un de ses camarades.

La victime, de toute évidence sérieusement touchée, reçoit ensuite les premiers soins, mais on ignore s’il a survécu à ses blessures.

On voit – c’est le cas de le dire – que l’existence d’insurgés armés n’est donc pas un gimmick de la propagande d’un régime désireux de masquer ses exactions et d’évacuer ses responsabilités . Certains médias d’Occident avaient pu faire, si l’on ose dire, la « fine bouche » devant les vidéos et photos des cadavres de policiers et de conscrits, ou des fosses communes, de Jisr al-Choughour, relayant en certains cas la fable d’une mutinerie noyée dans le sang par les troupes fidèles au régime. Mais là, les choses semblent claires et leur interprétation ne souffrir aucune divagation : ce sont bien des policiers syriens qui courent sous les balles de tireurs embusqués.

Oh certes, on imagine bien les désinformateurs comme Rami Abdel Rahmane nous expliquer qu’il s’agit là d’une énième machination du régime, qui ferait tirer sur ses propres hommes par des « moukhabarats » syriens, (ou des pasdarans iraniens, ou des miliciens Hezbollah, ou, pourquoi pas pendant qu’on y est, des mercenaires de Kadhafi ou de Dimitri Medvedev). Mais les faits sont têtus, comme disait Lénine, et les les cyber-activistes sous influence américaine, saoudienne ou qatari auront de plus en plus de mal à « vendre » à l’opinion internationale leurs mise en scène des troubles qui menacent l’équilibre, l’unité et la prospérité de la société syrienne.

jeudi 21 juillet 2011, par Comité Valmy

http://www.infosyrie.fr/actualite/groupes-armes-la-preuve...


M. K. Bhadrakumar : Israël fait son apparition dans le Printemps arabe.
Après être prudemment resté tapi dans l’ombre pendant près de huit mois, le temps de comprendre la signification et les dangers du Printemps arabe, Israël s’est soudainement réveillé mardi denier. Dans une manouvre sans précédent, le président israélien Shimon Pérès a convié les médias arabes à une conférence de presse pour déclarer qu’Israël soutenait un changement de régime à Damas.

Jusque là, Israël avait bien pris soin de ne pas s’identifier au Printemps arabe, préférant se focaliser sur les conséquences des changements de régime plutôt qu’encourager les révolutionnaires sur les barricades. Dans le cas de la Syrie, Israël a même été soupçonné de soutenir en secret le régime du président Bechar el-Assad, voyant en lui un mur dressé entre Israël et le déluge que représenterait une prise de pouvoir par les Frères Musulmans.

Mardi, Pérès a dissipé d’un seul coup cette ambiguïté stratégique. « Assad doit partir. Plus tôt il partira, mieux se sera pour son peuple », a déclaré Pérès. Le président israélien a salué les manifestants syriens, déclarant : « Il est facile [pour les Syriens] de descendre dans la rue et de manifester, mais lorsque [l’armée syrienne] vous tire dessus ? C’est stupéfiant. Leur courage et leur fermeté sont honorables. »

Pérès a insisté sur le fait que le changement de régime à Damas serait dans les intérêts de la paix arabo-israélienne. Il a exprimé sa confiance qu’un régime successeur à Damas conclurait un traité de paix avec Israël - « Ceux qui recherchent la paix prévaudront ».

C’est une performance innovatrice. Pourquoi Israël a-t-il choisi de se débarrasser de son ambiguïté stratégique envers la Syrie ? Après tout, Israël ne sait que trop bien qu’un changement de régime n’importe où dans le monde arabe dans les conditions actuelles ne peut agir que contre ses intérêts. L’Egypte est un cas typique, où lorsque les dirigeants par intérim remettront le pouvoir à un gouvernement élu - s’ils le font -, il devra prendre en compte le fort souhait populaire pour une politique étrangère qui prenne ses distances avec les Etats-Unis et Israël.

Une large majorité d’Egyptiens exigera que leur gouvernement s’éloigne de toute forme de coopération étroite avec Israël sur les questions économiques et de sécurité, et Israël observe avec appréhension la perspective d’une amélioration des liens entre l’Egypte et l’Iran. Le chef du renseignement militaire israélien, le Général Aviv Kochavi, a fait récemment une déclaration étonnante, disant que l’Iran finançait secrètement les Frères Musulmans égyptiens. Bref, Israël n’a pas lieu d’être optimiste sur les conséquences d’un changement de régime en Syrie.

Apparemment, le calcul de Pérès est tout autre. Ce qui ressort est qu’Israël a évalué froidement qu’un changement de régime à Damas n’est pas d’actualité. Patrick Seal, le célèbre auteur arabisant, l’a résumé ainsi la semaine dernière : « La situation n’a pas atteint sa masse critique. Damas ne s’est pas soulevée, les services de sécurité ne sont pas encore divisés, l’économie ne s’est pas effondrée. Le régime a l’air faible, mais l’opposition semble encore plus faible. Plus le sang coule, plus il est difficile de trouver une solution. Une solution ou une autre devra être négociée. Si aucune solution n’est trouvée, il y aura la guerre civile ».

De même, Israël serait démoralisé de ne voir aucun signe d’une action internationale concertée, comme cela s’est produit en Libye. Au contraire, les coups et les humiliations qu’elles prennent de Mouammar Kadhafi dans la guerre libyenne, ne peuvent que rendre encore plus circonspectes les nations occidentales sur la sagesse d’ouvrir un front syrien dans un futur proche.

Les pays du BRICA - le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud - en compagnie du Liban, ont étouffé les manouvres occidentales au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, ne serait-ce que pour débattre de la Syrie. La récente visite à Damas du secrétaire général de la Ligue Arabe, Nabil Elaraby, a montré que, dans cette région, le vent tourne en faveur d’Assad.

Par M. K. Bhadrakumar

samedi 6 août 2011,

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article1731



Paroles & action du président Bachar al-Assad

Le président al-Assad promulgue un décret législatif sur la loi des Partis. 

Le président Bachar al-Assad a promulgué aujourd'hui le décret législatif N°100 de l'année 2011 sur la loi des Partis.

En vertu de ce décret:

-Les citoyens de la République arabe syrienne ont le droit de fonder des Partis politiques ou d'y adhérer en vue d'activer la vie politique en Syrie, et de former des directions susceptibles d'assumer les responsabilités publiques.

-Les Partis exercent leurs activités par les moyens pacifiques et démocratiques pour réaliser des programmes déterminés et déclarés dans les domaines politique, économique, social et culturel.

-Les Partis doivent être fondés conformément à la constitution, aux principes démocratiques, à la souveraineté de la loi, au respect des droits et des libertés publiques, à la déclaration mondiale des droits de l'Homme, aux traités et aux conventions signés par la République arabe syrienne.

-Tout Parti doit également ancrer l'unité nationale, annoncer ses principes, ses objectifs, ses moyens et les sources de son financement.

Les partis ne devraient pas :

- S'établir sur des bases religieuses, confessionnelles, tribales ou régionales, ou suivant la race, le sexe ou la couleur.

- Comprendre des formations militaires ou paramilitaires, publiques ou clandestines.

- Recourir à n'importe quelle sorte de violence, menacer de le faire ou provoquer son emploi.

- Relever d'un Parti ou d'une organisation politique non syrienne ou en dépendre.

La demande de fondation d'un Parti doit être signée par cinquante de ses membres fondateurs.

A.A. / L.A.

04 Août 2011

http://www.sana.sy/fra/363/2011/08/04/362171.htm



Résistance

Analyse

Jean LEVY : Et si la Syrie demandait des comptes à la France ? 

Depuis de nombreuses semaines, le pouvoir, les médias* et l’ensemble de la classe politique s’en prennent directement à la Syrie et son président, les accusant de tyranniser leur peuple

Pas un jour ne se passe sans que Damas ne soit montrée du doigt : il ferait « quotidiennement couler le sang des manifestants » qui « courageusement », affronteraient les militaires et les policiers, pour montrer leur opposition au régime.

Cette offensive française s’insère dans une campagne menée par les forces impérialistes contre un Etat qui refuse de s’incliner devant les intérêts des Etats-Unis et de leurs compères occidentaux de l’Otan.

La France officielle, droite et «gauche» rassemblées, crie le plus fort de la meute.

Et pourtant !

Le contentieux  entre nos deux pays devrait, au contraire, porter « à repentance »…

En effet, comment ne pas évoquer les Croisades, ces siècles, de 1095 à 1270, où les « Européens », Francs et Germains, commandités par le Pape, se ruaient en « Terre sainte », comme on disait alors, pour « libérer le tombeau du Christ » de la domination des « infidèles », les Arabes.

Urbain II avait appelé les chrétiens d'Occident à cesser de se faire la guerre et à s'unir pour combattre les "païens" et « délivrer les frères d'Orient ».

Et de massacrer au passage des dizaines de milliers de juifs, comme impies.

Et cette terre-là, où fut portée la guerre, c’était, en partie, la Syrie d’aujourd’hui.

Mais le temps qui passe noie les souvenirs et assèche les torrents de sang répandu.

Aussi, faisons avec l’histoire un bond de plus de six siècles.

Nous sommes en 1919. Les Alliés ont gagné la guerre. Français et Anglais se partagent l’ancien empire turc, associé à l’Allemagne vaincue.

Lloyd Georges et Clemenceau, chefs des gouvernements britannique et français, s'accordent, en marge de la Conférence de Paix de Versailles, Clemenceau a lâché la région de Mossoul riche en pétrole et les Britanniques ont accepté le protectorat français sur le reste de la Syrie.

Le général Henri Gouraud, véritable “proconsul” français de 1919 à 1923, marche alors sur Damas où règne le roi Fayçal. Gouraud fut l’un des artisans les plus furieux du dépeçage de la Syrie, dont le plus gros morceau arraché est le Liban. (Conférence de San Remo,1920)

Le « mandat » français donné par la SDN sur ces territoires, ne fut qu’une colonisation déguisée, que le peuple syrien n’a jamais, accepté.

Aux révoltes multiples, (celle de 1924-1926, entre autres), succèdent des répressions sauvages.

C’est ainsi qu’en 1945, le lendemain de l’armistice de la 2° guerre mondiale, la France, fraîchement libérée, tirait encore au canon sur la population de Damas : **

Mais la Syrie et le Liban deviennent, formellement, indépendants, les premières colonies à sortir du carcan de « l’Empire français ».

La France laisse de plus, derrière elle, un Liban, volontairement atomisé en diverses communautés religieuses, qui se disputeront le pouvoir, au prix de sanglantes guerres civiles.

Le rôle joué, jadis, par la France en Syrie et au Liban, devrait la conduire à une importante retenue dans la situation présente.

Comme chacun le sait, il n’en est rien.

Au contraire, son interventionnisme ouvert contre le pouvoir syrien a le doux parfum d’un esprit colonial, à fins impérialistes, à peine déguisé.

Comme en Côte d’Ivoire et en Libye.

* L’éditorial du Monde, daté du 26 juillet, a pour titre  :

  « Les Syriens  méritent qu’on ne les oublie pas ».

Il se termine ainsi :

  • « Les Etats-Unis et l’Europe devraient aider une opposition syrienne disparate et divisée à s’organiser. Ils devraient lui assurer un soutien politique et économique ».
  • Peut-on, plus outrageusement, plaider le droit d’ingérence dans un pays souverain ?

** « Le 29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous l’ordre du général Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d’affilée. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite par ce bombardement, dont le parlement syrien. »

Jean LEVY 

canempechepasnicolas

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