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19/08/2011

n°494 - Afghanistan : Les dossiers - 18-08 : Fin- Irak-Afghanistan : même combat (perdu)


n°494  - Afghanistan : Les dossiers - 18-08 : Fin-  Irak-Afghanistan : même combat (perdu)


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan : 

Les dossiers

n°494 du 18-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ )colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

2 Courrier des lecteurs &trouvé sur le net & témoignage

2-1 Julius Cavendish :  Le garde du corps qui a tué le frère d’Amid Karzai était un homme de confiance de la CIA.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Francine Verstraeten  : Ben Laden est mort, vive la paix !

3-2 Régis Soubrouillard : Irak-Afghanistan : même combat (perdu)…

4 Annexe

4-1 Manlio Dinucci : Les robots killer de l’empire.



2 Courrier des lecteurs &trouvé sur le net & témoignage

2-1 Julius Cavendish : Le garde du corps qui a tué le frère d’Amid Karzai était un homme de confiance de la CIA.

Nous savions déjà depuis 2009 par le Washington Post et le New York Times qu’Ahmed Wali Karzai, le chef du Conseil provincial de Kandahar et frère du Président Hamid Karzaï, était non seulement un agent de la CIA, mais aussi l’un des plus gros trafiquants de drogue de l’Afghanistan, passé premier pays fournisseur d’héroïne au monde depuis l’intervention de l’OTAN en 2001. Nous apprenons aujourd’hui par ce même Washington Post (info reprise ici par le journal anglais The Independent) que son assassin, Sardar Mohammad, était lui aussi un "étroit collaborateur des Forces spéciales US et de la CIA," ainsi que des Britanniques, avant apparemment de passer du côté des Résistants et de trahir son ami et confident en lui tirant une salve de Kalashnikov mardi dernier à son domicile de Kandahar.

Ce qui est clair dans toute cette histoire c’est la proximité des protagonistes  de ce drame avec les services secrets occidentaux, dans un contexte où l’argent de la drogue est devenu vital aux grandes banques pour maintenir à flot l’économie mondiale. Ce qui l’est moins en revanche, c’est le rôle exact des Résistants, et l’apparente "trahison" de Sardar Mohammad qui serait passé tout à coup du côté taliban. Cette version laisse sceptiques certains spécialistes comme la "lanceuse d’alertes" Sibel Edmonds qui s’en explique sur son Blog.

Toujours est-il que même si le président Sarkozy nous explique que les sept soldats français tués cette semaine en Afghanistan "ne sont pas morts pour rien", on a vraiment du mal à comprendre pourquoi et au profit de qui la France continue de participer à cette guerre d’occupation depuis bientôt 10 ans. Une fois de plus, ReOpen911 s’associe aux 70% de Français opposés à notre présence en Afghanistan et à tous les mouvements pacifistes qui militent pour un retrait immédiat des forces françaises de ce pays.

Traduction GV pour ReOpenNews

Le garde du corps qui a assassiné le frère du Président Hamid karzaï avait collaboré étroitement avec les Forces spéciales US et la CIA avant d’être recruté par les Résistants, ce qui a augmenté les craintes d’une sophistication toujours plus grande de l’appareil de Renseignement du mouvement islamiste, capable de s’immiscer jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir en Afghanistan.

D’après des  informations révélées hier par le Washington Post, Sardar Mohammad, [l’homme] qui a tiré sur Ahmed Wali Karzai à son domicile de Kandahar City mardi dernier, rencontrait également des officiels britanniques de façon régulière, et avait deux de ses beaux-frères qui servaient dans une unité militaire supervisée par la CIA, la « Kandahar Strike Force ».

De nouveaux éléments continuent d’émerger et viennent confirmer que les Résistants ont recruté Mohammad – dont on pensait qu’il était ami, confident, et homme de confiance d’Ahmed Wali Karzai – en vue d’infiltrer l’appareil de sécurité du gouvernement afghan.

« Notre enquête montre que lors des trois derniers mois il se comportait bizarrement, de manière erratique, son état n’était pas normal, » a expliqué Mahmoud Karzai, un autre frère Fakwai. « Il ne dormait plus, était nerveux, et recevait des coups de fil au beau milieu de la nuit, et nos informations indiquent qu’il s’était rendu à Quette (au Pakistan) et avait rencontré des Résistants. Son père était un mollah. Tous ces éléments combinés, en plus de la revendication par les Résistants… [en fait] notre enquête préliminaire indique que c’est bien le travail des Résistants. »

Certains spécialistes en sécurité disent que si c’est le cas, cela montre non seulement les problèmes qui attendent l’armée et la police afghane au moment où elles commencent à prendre le relais de l’OTAN pour le contrôle du pays, mais aussi à quel point les opérations de renseignements des Résistants sont devenues sophistiquées.

La première hypothèse après la mort d’Ahmed Karzai fut qu’il s’agissait qu’une vengeance personnelle, aussi parce que l’idée d’une défection en faveur des Résistants était difficile à croire. C’est pourtant bien ce qui semble s’être produit. Les résistants « s’offrent assez souvent ces ‘gros succès’ et je pense que nous sous-estimons probablement les composants du Renseignement [taliban] » a expliqué un analyste occidental.

« Ils ont leurs propres officiers du Renseignement. Il ne s’agit pas seulement de collecte d’informations, mais bien d’infiltration faite en utilisant n’importe quel chantage ou levier idéologique […] et cela constitue un excellent indicateur du niveau de sophistication des réseaux de renseignements des Résistants. C’est quelque chose que nous ne connaissons pas suffisamment – la façon d’en venir à bout, » commente cet analyste.

Il y a eu toute une série d’attaques de haut niveau de la part des Résistants contre des officiels du gouvernement afghan, ainsi que de nombreux cas d’agents infiltrés au sein des Forces afghanes de sécurité qui ont abattu des soldats Afghans ou de l’OTAN.

Le 28 mai, le Général Daud, le commandant en chef de la Police pour le nord de l’Afghanistan, a été tué par une bombe alors qu’il rencontrait des officiers de l’OTAN. A Kandahar, l’adjoint au gouverneur et le chef de la Police ont été assassinés un peu plus tôt cette année.

Mais ce qui rend la trahison de Mohammad aussi remarquable est son extrême proximité avec Ahmed Wali Karzai. Le Washington post indique qu’il rencontrait l’homme fort de Kandahar six jours par semaine.

Ahmed Wali Karzai payait le salaire de ses policiers si le gouvernement tardait à le faire, et il avait installé sa mère [précisément] chez Mohammad.

Julius Cavendish

16 juillet 2011, pour The Independent

21 juillet, 2011 by GeantVert

http://www.reopen911.info/News/2011/07/21/le-garde-du-corps-qui-a-tue-le-frere-d%e2%80%99amid-karzai-etait-un-homme-de-confiance-de-la-cia/



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – RéflexionNdlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 FrancineVerstraeten  : Ben Laden est mort, vive la paix !

Nb : Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

« L'annonce de la mort, ce 2 mai 2011, de l'homme le plus recherché au monde a aussitôt provoqué une vague de joie aux États-Unis ».

C'est le président Barack Obama qui a solennellement annoncé la mort « d'un terroriste responsable du meurtre de milliers d'innocents ». « Justice est faite », a-t-il lancé, à quelques mois du 10e anniversaire des pires attentats de l'histoire américaine.

Le 2 mai 2011 ... 17h41.

La mort d'Oussama Ben Laden est "un tournant" dans la lutte mondiale contre le terrorisme, selon le secrétaire général des Nations Unies, etc., etc.

« Historique » d’ Oussama Ben Laden

Il serait né en 1957, au Yémen, dans une riche famille saoudienne détenant une fortune importante estimée à +/- 5 milliards $. Après avoir fait des études commerciales et techniques à l’Université du Roi Abdulazis de Djeddah, Oussama Ben Laden aurait suivi l’école de Droit musulman (salafisme) comme la majorité des étudiants Saoudiens.

De 1979 à 1989, alors que le Shah d’Iran est renversé par une révolution qui place l’Ayatollah Khomeiny à la tête du pays, l’URSS envahit l’Afghanistan et parallèlement, l’islamisme commence à jouer un rôle politique et idéologique populaire au Moyen-Orient.

Des moudjahids, soutenus par l’Arabie Saoudite, s’engagent dans la guerre en Afghanistan avec officiellement l’aide de la CIA. Ben Laden, chargé par le prince saoudien Turki Al-Fayçal, organiserait une armée de combattants volontaires pour se battre en Afghanistan, le siège étant installé à la frontière pakistanaise, le prince cherchant parait-il à créer une « internationale islamiste » au départ des Soviétiques. Ben Laden s’installerait donc à Peshawar d’où il coordonnerait les militants volontaires, assurerait leur formation militaire et idéologique. En 1989, son mentor et ami, le Palestinien Abdallah Youcef Azzam est assassiné. Ben Laden se retrouverait à la tête de l’organisation qui est à l’origine d’Al-Qaida, Le djihadisme se développe mais Ben Laden serait associé au salafisme (Arabie Saoudite) alors que la majorité des moudjahids obéiraient à une idéologie tribale islamiste modérée. Le commandant Massoud, fondamentaliste pas du tout modéré, aurait refusé toute alliance avec Ben Laden qui se serait’ allié avec Gulbuddin Hekmatyar, chef fondamentaliste des rebelles afghans, soutenu par le Pakistan, et qui était le principal bénéficiaire des 3,3 milliards de dollars d’aide des USA (cf Chomsky), une somme soi-disant équivalente provenant de l’Arabie Saoudite. En février 1989, les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan, l’Arabie Saoudite et les USA mettraient fin à leur aide financière et logistique, le but étant atteint : le départ des Soviétiques ! Mais c’est sans compter sur Ben Laden qui, après son retour triomphal en Arabie Saoudite, aurait proposé sa « milice » au roi Fadh. En effet, il aurait redouté une invasion irakienne. Ce dernier ouvre son territoire à l’armée américaine. Ben Laden lui en aurait voulu et se serait finalement allié avec des opposants wahhabites (Iran et Syrie). Ryad lui attribue un attentat au Pakistan et une tentative de détournement d’avion entre Karachi et Djeddah. En avril 1994, l’Arabie Saoudite décide de le priver de sa nationalité. Ben Laden s’installe au Soudan, à Khartoum de 1992 à 1996. Il y fait quelques affaires (construction de routes). De 1993 à 1996, Ben Laden aurait aidé des Bosniaques. Egalement il aurait perpétré une série d’attentats, au Yémen (contre des GI’s), en France (GIA), une tentative d’assassinat contre H. Moubarak en Egypte. En 1996, Ben Laden aurait lancé un appel (djihad) à attaquer les intérêts américains partout dans le monde, devenant un ennemi recherché par les USA….. Il se réfugierait en Afghanistan, passé entre temps sous contrôle des Résistants..

Ensuite, la « communauté internationale » le recherche et les attentats du 11 septembre déclenchent sa mise à mort !

Tout attentat dans le monde l’impliquerait….. et les recherches de la CIA auraient échoué jusqu’ à ce 2 mai 2011, où il se fait abattre par un bataillon américain, dans son repère transformé en « bunker » jamais repéré au Pakistan, à Peshawar !1

Une autre version de sa vie décrit qu’Oussama Ben Laden, dès 1973, aurait était agent de la CIA, par l’intermédiaire du prince Turki Al-Fayçal d’Arabie Saoudite, ancien responsable des services de renseignement saoudien et ancien ambassadeur aux Etats-Unis et qui était son protecteur. Mais déchu par l’état saoudien, quelques jours avant les attentats des tours jumelles de New York, le 11 septembre 20012.

Notons enfin que la mort de l’Ennemi n°1 Ben Laden avait déjà été annoncée en 2001, suite à un grave problème rénal. Il n’y a jamais eu de photos de sa mort, ni en 2001, ni en 2011. A-t-il vraiment existé ? N’est-ce pas un « leurre » tellement utile pour justifier des interventions armées de la « communauté internationale », des lois d’exception, etc…. ?

Sa succession est précisée depuis le 18.6: Ayman Al Zawahiri, le numéro 2 d’Al Qaida s’est engagé à poursuivre, comme Oussama Ben Laden, la voie du djihad contre l’Occident, (déclaration de ce 9.6.2011). Mais, Al-Qaida ….existe vraiment ? La BBC l’a remise en doute3….

Justice est faite ?

Si il y avait eu arrestation et jugement, « on » aurait pu parler de justice mais ….la réalité est différente : en fait, comme l’ont dit les Israéliens, habitués à ce genre d’opération, les Etats-Unis ont réussi « une opération de liquidation ciblée par excellence ». Celle-ci pouvait éventuellement se justifier au nom de la lutte contre le n°1 du terrorisme mais faut-il encore être certain que tout cela ait existé ! Juger une invention et la filmer, c’est difficile…… !

L’après Ben Laden qui n’a peut-être jamais existé

Puisque le très méchant dangereux et cruel terroriste invisible est mort dans son repère au Pakistan, Al Qaida aurait aussi perdu son chef. Je m’abstiendrai de répéter les commentaires qui s’en sont suivis

MAIS :

- Les armées secrètes de l’OTAN, partout dans le monde, elles, sont publiées4

- Le Pakistan continue, de fait, à ravitailler les forces armées de l’OTAN, forces impliquées dans la guerre d’Afghanistan. Les soviétiques partis en 1989, les forces de l’OTAN, à la demande du conseil de sécurité, s’ y sont installées en 2002 pour lutter contre… les Résistants, alliés des USA (pendant la construction du gazoduc) et devenus ensuite des ennemis, d’autant plus qu’ils étaient alliés à Ben Laden (quelle belle opportunité), ennemi des USA à la tête de son hypothétique mouvement Al Qaida vous suivez toujours ?

- Puisque l’invisible Oussama Ben Laden est mort, pourquoi les forces de l’OTAN restent-elles en Afghanistan ? Pour les Résistants (eux existent !), pour… la richesse du sous-sol… ?

- Pendant ce temps : la souveraineté du Pakistan continue à être bafouée en permanence, les civils paient au prix plein les erreurs des drones, de l’aviation etc….. C’en est au point que ce 30.5.2011, Hamid Karzai a lancé un dernier avertissement à Washington, après l’assassinat de 14 civils dont 10 enfants dans une frappe aérienne américaine.

Quelques chiffres : coût total de la guerre en Afghanistan à ce jour : 1700 milliards de dollars. (cf. bureau du Budget du Congrès américain).

OTAN hors de l’Afghanistan !!!!!

Francine Verstraeten

1. tiré de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Oussama_ben_Laden
2. membres.multimania.fr/wotraceafg/ben_laden_cia.htm
3. www.voltairenet.org
4. www.french.moqawama.org

 


3-2 Régis Soubrouillard : Irak-Afghanistan : même combat (perdu)…

Irak-Afghanistan : deux guerres, un même échec.

La raccourci est rapide.

Mais deux rapports publiés la semaine dernière dressent un état des lieux de la situation en de nombreux points semblable.

Une longue présence occidentale, des pays ni stabilisés, ni sécurisés, et la perte de dizaines de milliards de dollars, évaporés dans la nature, destinés à la reconstruction, tombés dans les mains des résistants ou dans les circuits de corruption.

« 10 ans de présence occidentale et des dizaines de milliards de dollars d'aide à l'Afghanistan ont échoué à en faire un pays solide à court terme, et tout retrait précipité risque de le plonger dans une nouvelle guerre civile ». La sentence est brutale. Sans appel.  Elle émane de l’International Crisis Group (ICG), une ONG spécialisée dans la résolution des conflits. A quelques données près, le constat aurait pu s’appliquer à l’Irak. En quelques lignes, le rapport de l’ICG dit ici toute l'inefficacité et la mauvaise allocation de nombreux programmes d'aide occidentale alors que l’OTAN prévoit de retirer ses troupes d'Afghanistan.
L’ICG réclame ainsi la démilitarisation de l'aide - trop liée à la stratégie militaire américaine pour être acceptée des populations - et sa réallocation à des programmes de renforcement de l'Etat et des institutions.
C'est un pays au bord de la guerre civile que décrit l'ICG estimant qu'un « retrait précipité laisserait un Etat incapable de faire face aux menaces sécuritaires et pourrait bien provoquer une autre guerre civile, alors que les rebelles résistants ont gagné du terrain ces dernières années ». Outre un engagement international à long terme, l’ICG préconise un changement radical de la stratégie des pays donateurs, à commencer par le premier d'entre eux, les Etats-Unis, incluant une véritable lutte contre la corruption et un meilleur contrôle de l'utilisation des fonds.
A bien des égards, la situation en Irak procède du même mal et pourrait bien encore servir de leçon plutôt que de s'infliger deux fois la même punition. 

L'été irakien de toutes les incertitudes

Car selon le bureau d’inspection général spécial pour la reconstruction de l’Irak (Sigir), un an après le début du départ des Boy's, l’Irak est un pays plus dangereux qu'avant.
L
e Sigir dresse un tableau bien sombre de la stabilité et de la sécurité du pays. Au point que Stuart Bowen, l’inspecteur général du Sigir, qui a la lourde charge de gérer les 61 milliards de dollars consacrés à la reconstruction de l’Irak, qualifie la période à venir d’« été de l'incertitude »
La situation est à ce point grave que l'administration Obama, qui doit encore « rapatrier » 47.000 soldats d’ici la fin de l’année a proposé de laisser 10 000 militaires en poste pour aider à former les forces irakiennes.
Le rapport Bowen tranche largement avec les déclarations publiques des hauts gradés américains. Stuart Bowen accuse notamment l'armée américaine de minimiser l’ampleur de la tâche à accomplir, préférant dissimuler les flambées de violence dans le pays à cinq mois du retrait complet de ses troupes. L’inspecteur reproche également aux forces américaines de nier l’instabilité grandissante dans le pays, s’appuyant sur une vision angélique de la situation diffusée par le Ministère de la Défense qui évoque, plutôt, une évolution « très, très positive »…par rapport à 2007, quand le pays était au bord de la guerre civile.
Le mois de juin a été le mois le plus meurtrier pour les militaires américains depuis avril 2009 et, durant la période allant d'avril à juin, le pays a connu son nombre d’assassinats d’officiels, de policiers, de juges, le plus élevé.
La menace des groupes d'résistants a certes baissé mais les milices étrangères, notamment chiites soutenues par l'Iran font tout pour rendre la tâche encore plus ardue aux américains. Et mille combattants d’Al-qaïda seraient toujours dans le pays.

Des dizaines de milliards d'aide à la reconstruction envolées dans la natureLes services de Stuart Bowen se sot également également penchés sur l’efficacité des contractors, ces sociétés spécialisées dans la sécurité, la formation, la logistique et auxquelles les Etats-Unis ont délégué toutes leurs opérations au fur et à mesure que l’armée US quittait le terrain. Selon Bowen, ces sous-traitants n’ont fait qu’alourdir la facture présentée à la Maison Blanche. Le département d’Etat aurait signé un chèque de 3 milliards de dollars à l’ensemble des sociétés de sécurité présentes en Irak.  
Près d’un milliard de dollars pour
SOC (Securing Our Country) chargée de sécuriser l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Un peu plus de 400 millions de dollars pour la firme Global Strategies Group qui protège des diplomates et des consulats dans le sud du pays. Un bataillon de sécurité de 5.500  hommes chargé de protéger diplomates, fonctionnaires et officiels sera déployé.
Pendant plusieurs mois, Stuart Bowen a cherché à obtenir plus d’informations auprès du département d'Etat sur cette brigade privée. En vain. Ses recherches n’ont guère été plus fructueuses sur le nombre de sociétés et les effectifs privés déployés en Irak. Le SIGIR n’a aucune autorité pour inspecter les « mercenaires de la sécurité ».
Côté reconstruction, c’est au contraire une avalanche de chiffres qui donne le tournis. L’addition est salée. Le département d’Etat signe des chèques…qui se perdent dans la nature.
Dans une enquête récente le Los Angeles Times, faisait état d’une perte d’un montant abyssal. En 2004, 48 milliards en petites coupures –des billets de 100 dollars- arrivent en Irak dans une vingtaine d’avions cargo.
Ou est passé l’argent ? A quoi a-t-il servi ? Sept ans plus tard, l’administration Obama cherche à  comprendre. Toujours est-il qu’à l’arrivée 6,6 milliards de dollars restent introuvables. Evaporés !
En 2008, les pertes concernant la reconstruction de l’Irak étaient estimées –déjà dans un rapport de plus de 500 pages rédigé par Stuart Bowen- à…100 milliards de dollars. La faute à la corruption, aux querelles bureaucratiques et à la méconnaissance de la société irakienne. 

A l’époque, amené à se prononcer sur la reconstruction et la stabilisation du pays, l’inspecteur du SIGIR se disait « prudemment optimiste ». 

Impossible de trouver une formule aussi audacieuse dans sa dernière livraison…

Régis Soubrouillard –

Marianne | Mardi 9 Août

http://www.marianne2.fr/Irak-Afghanistan-meme-combat-perdu_a209194.html


3-3 Comague : Imbroglio afghan.

Les annonces de retraits de troupes OTAN d’Afghanistan  que ce soit par OBAMA ou par SARKOZY (qui l’a suivi fidèlement)  ne signifient nullement que la guerre s’achève mais au  contraire qu’elle s’éternise qu’elle coûte cher et qu’elle  est sans issue en termes militaires puisque les précédentes augmentations d’effectifs n’ont eu aucun effet.

Le récent assassinat d’un demi-frère du Président KARZAÏ souligne le caractère chaotique de la situation. Comme le rappelle le texte qui suit publié sur le site des nationalistes pakistanais  (traduction COMAGUER) WALI KARZAÏ était un élément clé du dispositif étasunien en Afghanistan et sa disparition montre la faiblesse de leur position.

Un article du correspondant à Kaboul du quotidien britannique THE INDEPENDANT publié le 16 Juillet confirme cette faiblesse. Pour les nationalistes pakistanais l’assassinat serait consécutif à une « querelle ». Le terme anglais feud peut aussi se traduire par vendetta et le doute restait  permis sur les mobiles réels du crime. THE INDEPENDANT avance une hypothèse : L’assassin était lui aussi un agent de la CIA d’où la confiance que lui accordait WALI KARZAÏ mais il a été retourné par les résistants.

Cette hypothèse est-elle en contradiction avec celle avancée par les nationalistes pakistanais qui voit le meurtre orchestré à Washington?

Pas nécessairement. La CIA peut avoir considéré que WALI KARZAÏ ne convenait plus à la tâche, qu’il était par exemple trop gourmand sur ses commissions sur l’héroïne, qu’il jouait trop sa propre carte et avoir décidé sa liquidation. Il est en effet une règle absolue dans le grand banditisme c’est que le pouvoir absolu du chef de gang est un pouvoir de vie et de mort autant sur ses lieutenants que sur ses rivaux et que pour chaque arrêt de mort qu’il prononce, il choisit lui-même le bourreau.

 

Ahmed Wali Karzaï et l’Empire Afghan secret de  la CIA

L'Afghanistan  est aujourd'hui  le plus grand  terrain de jeux de la CIA dans le monde, loin des yeux  indiscrets  des médias US  et du  Congrès. Le meurtre du Wali Karzaï crée un grand trou dans le dispositif de la CIA dans le pays occupé.

Rapport spécial | Mardi | 12 Juillet 2011

WWW.PAKNATIONALISTS.COM

Kaboul, Afghanistan — Le demi-frère du président Hamid Karzaï et le faiseur de rois  de Kandahar était un agent de la CIA. Il était  aussi un symbole de l’empire secret en expansion de la CIA en Afghanistan.

 

L'Afghanistan est aujourd'hui la dernière base libre d'opérations de la CIA  dans le monde. L'Agence est plus libre ici que partout ailleurs, y compris aux Etats-Unis. En l'espèce, l'Agence de renseignement complote ici  contre les puissances régionales comme la Chine, le Pakistan et la Russie et finance ces plans grâce au commerce de l'opium à l’abri des contrôles  du Congrès.

Aucune position n’est plus avantageuse pour la CIA que celle-ci. D’où l’insistance de l'Agence pour  rester dans la région et résister à tout retrait des États-Unis ou à tout arrêt de  la guerre en Afghanistan.

 UN ATOUT
Ahmed Wali Karzaï symbolisait le mode de fonctionnement des États-Unis en Afghanistan. La totalité de  l’occupation américaine de l'Afghanistan continue d'être basée sur des accords  secrets avec des tueurs de l’ombre et des producteurs de drogue. Ces alliés des États-Unis sont corrompus jusqu’à l’os. Leur maintien  au pouvoir démentit les déclarations roses de Washington sur les droits de l'homme, la démocratie et une nouvelle ère en Afghanistan.

 

La CIA a toujours trouvé  facile de traiter  avec de tels personnages parce qu'ils aidaient  l'Agence à faire le sale boulot qu'elle ne peut pas faire autrement de façon légale.

 

L'Agence avait besoin de personnes comme Wali Karzai pour l'aider à cultiver l'opium pour financer ses opérations secrètes dans la région qui ne soient pas sanctionnées  par le  gouvernement US  ou le  Congrès. Les Résistants ont mis  fin à ce commerce mais la CIA l’a rétabli après 2002 pour financer son empire secret en plein essor en Afghanistan loin des yeux indiscrets de Congrès qui contrôle  le budget de l'Agence.

 

La relation de la CIA- avec Wali Karzaï aurait pu continuer sans interruption sauf conflits politiques internes  à Washington.

La Couverture de Karzaï n’a pas  été enlevée en Afghanistan, mais à l'intérieur des États-Unis, quand à Washington les rivalités sur la politique afghane du président Obama ont conduit quelqu'un à mettre au jour les relations étroites de la CIA avec les mauvais éléments  dans le pays occupé.

 

Le rusé jeune  Karzaï est devenu un homme menacé  depuis ce jour.


La junior Karzaï a été tué par un assistant  digne de confiance, très  probablement suite à une querelle.


Sa mort représente une perte énorme pour la CIA à un moment difficile, créant un vide immense dans les bastions Pachtounes du sud de l'Afghanistan. Il s'apparente à l'ouverture d'un front pour  la CIA et pour les  militaires US dans leur propre arrière-cour au moment où ils ont le moins besoin d’une  telle diversion.

 

Le message que son meurtre envoie à l'élite dirigeante soutenue par les U.S.A est dévastateur. Il dit que ni la CIA ni les militaires US ne  peuvent  vous protéger si vous êtes leur allié en Afghanistan.

 

Il n'y a aucune menace immédiate pour l'occupation US en Afghanistan après la mort de M. Karzaï, mais sa valeur  symbolique ne peut être niée.

C'est un signe de plus du commencement  de la fin.

 http://comaguer.over-blog.com

Au fil des jours et des lectures n°100

17 Juillet 2011 



4 Annexe

4-1 Manlio Dinucci : Les robots killer de l’empire.

Rubrique L’art de la guerre

De menaçants rapaces high-tech volent jour et nuit au-dessus de l’Afghanistan, du Pakistan, Irak, Yémen, Somalie, Libye et d’autres pays. L’espèce la plus répandue est celle des Prédateurs, drones dotés de vidéo caméras et senseurs à infrarouge, ces yeux par lesquels les opérateurs les télécommandent depuis une base aux Etats-Unis, à plus de 10.000 Kms de distance. Une fois la proie repérée, elle est attaquée  avec des missiles « Feu de l’enfer ». Le Prédateur de dernière génération, dénommé Broyeur (de vies humaines évidemment), peut en transporter 14. Ces drones et quelques autres sont en train de proliférer rapidement : le Pentagone, qui en avait une cinquantaine il y a dix ans,  en possède aujourd’hui plus de 7.000. La U.S. Air Force est en train d’entraîner davantage de « pilotes à distance » pour ses drones que de pilotes de chasseurs bombardiers. Et, sur les drones de guerre, misent non seulement les Etats-Unis mais toutes les plus grandes puissances. L’Italie aussi utilise en Afghanistan (et peut-être même en Libye) des drones prédateurs, télécommandés depuis la base d’Amendola dans les Pouilles. Grâce aux milliards de dollars destinés à la recherche et au développement, l’espèce évolue rapidement. On expérimente à présent des drones spatiaux, comme l’X-37B de la U.S. Air Force : complètement robotisé, il est en mesure de rentrer à la base après sa mission. Il peut  détruire des satellites adversaires (pour aveugler l’ennemi avant l’attaque) ; il peut lancer depuis l’espace les « dards de Dieu », qui ont l’impact cinétique d’un météorite ; il peut, aussi, lancer depuis l’espace des ogives nucléaires. Dans la base aérienne de Wright-Patterson (Ohio) on est en train d’expérimenter des drones miniaturisés, qui reproduisent le vol d’oiseaux et d’insectes, battements d’ailes compris. Dans les futurs scénarios guerriers sont prévus des essaims de drones-insectes qui, diffusés sur un territoire, espionnent partout et sont capables aussi de tuer. On expérimente aussi, en même temps, en particulier à Fort Benning aux Usa, des robots terrestres de combat. Parmi ceux-ci le « Gladiateur », un véhicule à chenille de plus d’une tonne doté de mitrailleuses et autres armes, qui tirent sur des objectifs repérés par les télé-caméras. Pour les combats en zone urbaine surtout, est désormais prêt à l’emploi un petit robot à chenille armé de mitrailleuses, qui tirent quand ses cinq télé-caméras (capables aussi de vision nocturne) repèrent une silhouette humaine. Il a déjà été expérimenté avec succès en Irak, tandis qu’un modèle analogue est utilisé en Israël le long de la frontière avec Gaza. Dans le cadre du programme « Futur système de combat » (coût 200 milliards de dollars), le Pentagone prévoit de remplacer d’ici 2015 un tiers des véhicules blindés avec équipage, en leur substituant des robots de combat.   
La façon de faire la guerre est donc en train de changer : les Etats-Unis et les autres grandes puissances utilisent leur supériorité technologique pour imposer leur domination avec une armée de drones et robots de combat, qui réduisent les risques pour les militaires. Mais la guerre robotisée facilite l’extension des opérations militaires et accroît le nombre de victimes civiles. On peut se demander alors qui sont vraiment les robots. Non pas les machines, mais ceux qui suivent la voie de la guerre (en faisant sa promotion, en la justifiant ou en l’acceptant sans discussion). Ils marchent comme des automates, vers le précipice.

Manlio Dinucci

Mondialisation.ca,

Le 19 juillet 2011

ilmanifesto.it
source :
http://sadhillnews.com/2011/05/20/happy-60th-day-of-kinetic-military-action-in-libya-r-i-p-war-powers-act/obama-biden-predator-drone-missile-libya-barack-joe-michelle-sad-hill-news-6

Edition de mardi 19 juillet 2011 de il manifesto : « I robot killer [1][1][1] dell'impero »

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110719/manip2pg/14/manip2pz/306979/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe et journaliste au quotidien italien il manifesto.

Manlio Dinucci est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

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