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30/09/2011

n° 519 - Dossier d'Irak -28/09/2011 - 1api - Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?

n° 519 - Dossier d'Irak -28/09/2011 -  1api - Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



LesDossiers d'Irak

n° 519                                                      28/09/2011

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : 

Tiré à part 

Manlio Dinucci : Le coût exhorbitant de la « Guerre au Terrorisme ».

Dossier

1-1 De Guantanamo à l'Irak, Dick Cheney ne regrette rien… 

Résistance au Royaume-Uni

1-2 Dominique Muselet : Pourquoi laissons-nous à nos enfants le soin de demander des comptes à la police et de redistribuer la richesse ?

1-3 L'Irak toujours à la peine, dix ans après le 11-Septembre.

1-4 Lindsey GERMAN : Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?

1-5 Le meneur des sévices d'Abou Ghraïb,Charles Graner, libéré de prison !

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Iyad Allaoui : SSauver l’Irak de la faillite par le partage du pouvoir

2-2 Michaël Schwartz : IIrak : Incertitudes et luttes futures.

3 Annexe

3-1 Bill Van Auken : Les guerres sans fin de Washington.

3-2 Manlio Dinucci : La contre-manœuvre fantastique.

3-3 Domenico Losurdo : La Syrie vue depuis l’Irak.



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part 

Manlio Dinucci : Le coût exhorbitant de la « Guerre au Terrorisme ».

Alors que les Etats-Unis et nombre de pays européens croulent sous des dettes publiques gigantesques, d’un montant souvent comparable à leur PIB, et alors que la rigueur sociale atteint tous les pays occidentaux, combien coûtent réellement cette "Guerre au terrorisme" et les guerres déclenchées au lendemain du 11-Septembre ?

En termes de dollars, mais aussi en coût "humain", morts, blessés, invalides.

C’est ce à quoi s’est intéressé le journaliste Manlio Dinucci du quotidien italien Il Manifesto.,

Quel est le coût économique de la « guerre à la terreur », que les Etats-Unis ont lancée il y a dix ans ? L’Institut d’études internationales de la Brown University(1) l’a calculé.

L’invasion de l’Afghanistan en 2001 et de l’Irak en 2003, et l’extension successive des opérations guerrières au Pakistan, comportent un coût d’environ 4.000 milliards de dollars.

Pour avoir une idée de ce que représente ce chiffre, il suffit de penser qu’il équivaut à ce que l’Afghanistan réalise, en termes de produit intérieur brut, en trois siècles environ, et l’Irak en plus d’un demi siècle. 

L’équipe de l’institut, formée de plus de vingt chercheurs, a calculé avant tout la dépense militaire directe, constituée par les sommes allouées pour la guerre que le Congrès a ajoutées au budget du Pentagone : environ 2.000 milliards de dollars. Cette somme n’était pas disponible dans les caisses publiques. Elle a donc été empruntée à des banques et organismes internationaux, obligeant cependant le gouvernement fédéral à payer (toujours avec de l’argent public) des intérêts salés : environ 200 milliards de dollars en dix ans. 74 autres milliards ont été dépensés, sous forme d’aides extraordinaires, pour étayer les vacillants régimes mis au pouvoir en Irak et Afghanistan.

La « guerre à la terreur » a en outre comporté une dépense de plus de 400 milliards de dollars pour renforcer la « sécurité de la patrie ». A ces dépenses est venue s’ajouter celle de l’assistance aux militaires rentrés blessés ou invalides des actions guerrières : jusqu’à présent 32 milliards de dollars. Mais ceci n’est que la pointe de l’iceberg : les vétérans (anciens combattants, NdT) qui réclament assistance pour des blessures ou des invalidités sont plus d’un million.  On calcule que, en 30-40 ans, ils coûteront de 600 à 1.000 milliards de dollars. Et, malgré le plan annoncé de diminuer le nombre des militaires en Afghanistan et Irak,  d’autres financements sont prévus pour la guerre : pour l’année budgétaire 2012, au moins 118 milliards, qui s’ajouteront aux 553 du budget du Pentagone.

Le coût de la guerre grimpera donc bien au-dessus des 5.000 milliards de dollars. La dette publique augmente en conséquence, dette que l’Etat n’est pas en mesure de rembourser, et les intérêts pourraient atteindre environ 1.000 milliards dans l’actuelle décennie. Ceci provoque une augmentation des taux d’intérêt (c’est-à-dire du coût de l’argent), qui se répercute aux USA surtout sur les classes moyennes : l’an dernier, à cause de l’augmentation des taux d’intérêt dû à l’endettement pour la guerre, les acquéreurs de logements ont vu augmenter leurs emprunts hypothécaires, en moyenne, de 600 dollars.

La guerre a par contre renfloué les caisses des partenaires contractuels du Pentagone : Halliburton est passé en quatre années de moins d’un demi milliard à 6 milliards de dollars de contrats, et Lockheed Martin est arrivé à 29 milliards en une année. Grosses affaires aussi pour les  compagnies militaires privées : en 2003 il y avait dans la guerre en Irak plus de « contractuels » (mercenaires, NdT) que de militaires.

Les coûts humains, pour les Etats-Unis, sont quantifiés à hauteur de plus de 6 mille morts au combat et plus d’un demi-million d’invalides. Le nombre de civils tués dans les actions guerrières se monte à 125 mille en Irak, 50 mille au Pakistan et Afghanistan. Mais ce sont des estimations faites largement par défaut : des centaines de milliers de blessés et environ 8 millions de réfugiés continuent à mourir. Loin des yeux, loin du cœur des grandes démocraties qui sont allées les sauver de la menace de terrorisme.

Note : (1)  Située à Providence dans l’Etat du Rhode Island. 

Manlio Dinucci

mondialisation.ca

Edition de mardi 12 juillet 2011 de il manifesto 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.reopen911.info/News/2011/09/07/le-cout-exhorbitant-de-la-guerre-au-terrorisme/



Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 De Guantanamo à l'Irak, Dick Cheney ne regrette rien… 
L'ancien vice-président de George W. Bush justifie, dans ses Mémoires, le recours aux interrogatoires musclés. 

Dick Cheney n'a aucun regret, ni sur la guerre en Irak ni sur les méthodes d'interrogatoire musclées. En 2007, il aurait même volontiers bombardé la Syrie.

En revanche, le «faucon» de l'Administration Bush a quelques comptes à régler avec ses ex-collègues.

L'ex-vice-président le plus influent de l'histoire récente des États-Unis a publié ses Mémoires intitulés In My Time, mardi, aux États-Unis. À l'heure où Barack Obama met en pratique sa doctrine multilatéraliste en Libye et en Syrie, Dick Cheney, lui, continue de défendre vigoureusement la politique étrangère américaine des années Bush, de 2001 à 2008. Dans son autobiographie de 565 pages coécrite avec sa fille Liz, le prédécesseur de Joe Biden écrit: «Pourquoi s'excuser alors que les Britanniques avaient bien déclaré que l'Irak cherchait à se procurer une quantité importante d'uranium en Afrique? Les 16 mots étaient vrais.»

Simulation de noyade 

Jouant avec les mots, Dick Cheney fait référence à la petite phrase prononcée par le président Bush dans son fameux discours sur l'État de l'Union, en janvier 2003.

L'Administration avait alors monté en épingle l'affaire de l'uranium devant lui servir de justification morale pour envahir l'Irak. Elle a plus tard officiellement regretté «ces 16 mots». Dans ses propres Mémoires publiées en 2010, George Bush a écrit avoir eu la «nausée» lorsqu'il a découvert qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak. Revenant sur les simulations de noyades contre les détenus soupçonnés de terrorisme, comme il l'a toujours dit depuis son départ du pouvoir, Dick Cheney estime que Barack Obama devrait continuer cette pratique «efficace». Sur Guantanamo, il se dit «heureux de noter» que le président n'a toujours pas fermé la prison. Sur le 11 Septembre, à l'en croire, c'est lui qui fut derrière l'ordre d'abattre tout avion civil posant une menace. George Bush avait pour sa part revendiqué cette initiative.

Sur la Syrie, Cheney raconte comment il se désolait en 2007 de voir un George Bush de plus en plus influencé par les partisans de la voie diplomatique. Il avait encouragé en vain le président à faire bombarder un réacteur nucléaire, lequel a depuis été détruit par Israël. «J'étais seul à penser cela. Quand j'ai eu fini de parler, le président a demandé: “Quelqu'un est-il d'accord?” Personne n'a levé la main.»

Dark Vador

Mais c'est lorsqu'il décrit ses anciens collègues que Dick Cheney est le plus vindicatif.

Il accuse Colin Powell, le secrétaire d'État de 2001 à 2005, d'avoir saboté en coulisses la politique de George Bush en Irak en faisant fuiter des informations embarrassantes dans la presse. Dans ses propres Mémoires, George Bush n'avait pas caché ses désaccords avec Colin Powell jusqu'à la démission de ce dernier en 2005. Dick Cheney est également très acide avec celle qui a succédé à Powell, Condoleezza Rice: une secrétaire qu'il a jugée «naïve» sur la Corée du Nord.

L'ancien patron de la CIA, George Tenet, en prend aussi pour son grade pour avoir démissionné «quand ça devenait sérieux» en 2004. Interviewé mardi matin sur NBC, Cheney n'a pas enfin caché sa satisfaction d'être toujours surnommé «Dark Vador».

http://www.lefigaro.fr/international/2011/08/30/01003-20110830ARTFIG00613-de-guantanamo-a-l-irak-dick-cheney-ne-regrette-rien.php


Résistance au Royaume-Uni

1-2 Dominique Muselet : Pourquoi laissons-nous à nos enfants le soin de demander des comptes à la police et de redistribuer la richesse ?

The Rebel Griot

Les émeutes et le pillage n’ont pas été les seules violences perpétrées par les Anglais dimanche soir. Quelques heures avant que Cameron n’apparaisse à la télévision et ne jure de se venger des jeunes Britanniques qui s’étaient soulevés, les pilotes de ses bombardiers revenaient d’une opération qui avait causé la mort de 33 enfants, 32 femmes et 20 hommes libyens à Zlitan un village près de Tripoli. Cameron et les dirigeants de France et des USA essaient désespérément d’enrayer la déroute économique de la même manière que d’habitude, en massacrant un peuple du tiers-monde et en lui volant ses ressources.

C’est le contexte dans lequel il faut replacer ces émeutes. Notre mode de vie occidental est fondé sur la violence et le pillage. Ceux qui ne s’en rendent pas compte n’ont qu’à regarder comment les forces d’occupation occidentales ont transformé l’Afghanistan en un gigantesque champ de pavots à héroïne avec l’une des espérances de vie les plus basses de la planète, comment elles ont fait de l’Irak un enfer pour ses habitants dans le seul but de lui voler son pétrole, comment elles préparent l’invasion de la Syrie qui servira de prélude à la "solution finale" du "problème" palestinien et comment elles volent déjà les revenus du pétrole de la Libye que Kadhafi avait destinés au développement de l’Afrique mais qui à la place iront tout droit dans les caisses des usines d’armement occidentales pour acheter des armes au rebelles racistes. Et je ne mentionne même pas l’extorsion du remboursement des prêts d’aide octroyés par l’Occident aux pays du tiers-monde dont les intérêts multiplient par 13 les sommes empruntées.

Nos jeunes ont été témoins de tout cela en grandissant. Ils voient très bien que l’Occident s’enrichit par de violents pillages. Ils voient bien aussi que plus de la moitié de leurs soi-disant "représentants" au Parlement ont systématiquement volé des télévisions, des produits électroniques, des vêtements et tout ce qu’ils croient pouvoir voler sans se faire prendre, en se livrant à des fraudes de grande envergure. Ils savent que la police tue des gens en toute impunité et que leurs communautés sont en permanence humiliées et harcelées par la police. Ils savent que les banquiers qui ont détruit les moyens d’existence de millions de personnes continuent à se verser des bonus prélevés sur les deniers publics.

Ils savent aussi qu’aucune de ces personnes ne sera sans doute jamais amenée devant la justice pour y répondre d’un délit. La plupart des Membres du Parlement coupables de fraude sont toujours en place ou ont obtenu des postes lucratifs dans des entreprises à qui ils ont rendu des services quand ils étaient parlementaires. La police enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. L’armée enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. Tony Blair enquête sur lui-même et ne se trouve aucune faute. Les riches et les puissants démontrent aux jeunes jour après jour que pour réussir il faut voler, frauder et se montrer violent. C’est le monde dans lequel ils sont nés. C’est la moralité dans laquelle ils baignent. C’est l’air qu’ils respirent.

En comparaison de leurs modèles, la vaste majorité des jeunes émeutiers se sont très bien conduits. Les attaques sur les petits commerces, les maisons et les civils ont été des exceptions et non la règle ; les principales activités ont été de piller des supermarchés appartenant à de grands groupes et d’assiéger les commissariats. En faisant cela, les jeunes ont réussi à faire ce que personne d’autre n’a pu faire : mettre la police et les multinationales devant leurs responsabilités. Le message à la police a été très clair : vous ne pouvez pas tuer, battre et humilier en toute impunité. Plusieurs commissariats ont été complètement incendiés et les vacances d’été de toute la police de Londres ont été annulées. Quand des incidents comme le meurtre de Mark Duggan se produisent, ce n’est jamais dû à une "pomme pourrie" ; le parti pris de couvrir les fautes est systématique et provient d’une collusion à tous les niveaux. Quelques officiers de police vont peut-être y réfléchir à deux fois avant de se laisser entraîner dans des affaires douteuses à l’avenir.

Quant aux multinationales, l’efficacité de leur exploitation et de leur esclavagisation du tiers-monde a crée une telle pauvreté sur toute la planète que les gens sont de plus en plus incapables d’acheter ce qu’ils produisent. C’est la principale cause systémique de la crise économique. Ils ne le savent peut-être pas mais les multinationales que nos enfants ont attaquées sont bien la cause principale de leur pauvreté. Qui plus est, ces firmes emploient des techniques publicitaires qui ciblent impitoyablement nos enfants et véhiculent le message cruel selon lequel leur statut social dépend de l’acquisition de marchandises ; ils ne devraient pas faire semblant d’être surpris que nos enfants essaient aussi de les acquérir.

Avec leur "pillages irresponsables" les jeunes privés de tout se sont en fait livrés à une forme primitive de redistribution de la richesse. Ce qu’ils ont fait d’une manière anarchique et spontanée est exactement ce que nous devrions faire d’une manière systématique et organisée. Nous avons besoin de créer des organismes qui se donneraient vraiment pour mission de mettre en place "un socialisme par la base" -en prenant le contrôle des usines, des chaînes de magasins et de terrains pour répondre aux importants besoins sociaux que le capitalisme est incapable de satisfaire. C’est cela la vraie Grande Société -celle qui fait si peur à Cameron et à sa clique.

Je ne blâme pas Cameron, ni les politiciens, ni les médias. Ce sont nos ennemis. Ils sont fidèles à leur classe sociale. Ils nous exploitent et nous mentent avec beaucoup de talent et d’efficacité. Ils font leur travail parfaitement bien. Je blâme ceux d’entre nous qui s’intéressent aux autres et qui veulent mettre fin aux privilèges de classe, au racisme et à l’impérialisme. Nous devrions nous lever, nous organiser et élire un leader et tant que nous ne le ferons pas, il sera vain et hypocrite de critiquer la jeunesse. Si nous nous déchargeons sur nos enfants de la tâche de rendre la police responsable de ce qu’elle fait et de répartir les richesses, il ne faudra pas s’étonner que, sans personne pour les guider et les conseillers, ils ne fassent pas du bon boulot.

Dominique Muselet

17 août 2011 :The Rebel Griot

Pour consulter l’original : http://rebelgriot.blogspot.com/2011/08/why-are-we-leaving-it...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

URL de cet article 14388
http://www.legrandsoir.info/pourquoi-laissons-nous-a-nos-enfants-le-soin-de-demander-des-comptes-a-la-police-et-de-redistribuer-la-richesse-the-rebel-griot.html


1-3 L'Irak toujours à la peine, dix ans après le 11-Septembre.

Conséquence du 11-Septembre, l’invasion de l’Irak en 2003 devait libérer le pays d’un dictateur et lui ouvrir un avenir meilleur : huit ans plus tard, malgré la manne pétrolière, violences, querelles politiques et corruption endémique minent toujours sa reconstruction.

Depuis le renversement de Saddam Hussein par la coalition internationale, le pays a vécu deux élections législatives jugées démocratiquement satisfaisantes et la production pétrolière est repartie, assurant une rente appréciable.

Mais les violences, malgré un recul depuis quatre ans, ont fait plus de 100.000 morts au total. Et la classe politique, dans un contexte marqué par le confessionnalisme, ne cesse de se déchirer pour la répartition des postes ministériels et le maintien ou non des troupes américaines.

"C'est une histoire à deux facettes: concernant la politique, c'est la stagnation. Concernant l'économie, grâce au pétrole, l'avenir s'annonce plutôt prometteur", analyse Ali al-Saffar, expert à l'institut Economist Intelligence Unit à Londres.

Invoquée par le président américain George W. Bush pour justifier l'invasion de l'Irak, 18 mois après les attentats de New York, la présence d'armes de destruction massives s'est vite avérée fantaisiste. Et la guerre y a paradoxalement favorisé l'implantation d'Al-Qaïda, de l'aveu même d'officiers.

Les violences ont nettement diminué, après avoir culminé en 2006 et 2007, mais restent un défi majeur, même si l'influence d'Al-Qaïda semble avoir faibli.

Entre 2005 et 2007, "Al-Qaïda représentait une menace fondamentale pour l'Etat", reconnaît le général Jeffrey Buchanan, porte-parole des forces américaines en Irak, interrogé par l'AFP. "Ils sont toujours présents. Mais ils ne représentent plus la menace existentielle d'auparavant".

Quatre mois avant le retrait prévu des troupes américaines fin 2011, les forces de sécurité irakiennes ont gagné en effectifs et en compétences. Mais elles ne sont toujours pas à même d'assurer la sécurité de l'espace aérien ni des frontières terrestres et maritimes du pays.

Le 3 août, les dirigeants irakiens ont annoncé qu'ils acceptaient de négocier avec Washington le maintien d'un contingent limité de formateurs américains après 2011, une décision impopulaire mais dictée par la nécessité.

Selon l'armée américaine, une des principales menaces provient aujourd'hui de groupes chiites armés par l'Iran.

L'apaisement relatif sur le plan sécuritaire a cependant ouvert les vannes de l'investissement privé, avec 86 milliards de dollars prévus pour la période 2010-2014 pour la construction de logements et d'infrastructures, selon la Commission nationale d'investissement.

Toutefois, "la corruption demeure un frein majeur à l'investissement, la croissance et la création d'emplois", relève l'ONU. L'Irak est le 4e pays le plus corrompu au monde, selon l'ONG Transparency International.

Autre défi: la gestion des riches gisements pétroliers de la région de Kirkouk (nord), revendiquée par la province autonome du Kurdistan, un dossier considéré par Washington et des responsables irakiens comme une des plus graves menaces à long terme pour la stabilité du pays.

L'Irak dispose, selon des estimations, des 4e réserves mondiales de pétrole. La production a redémarré, atteignant 2,7 millions de barils par jour (mbj) et assurant la majeure partie des revenus du pays. Bagdad croit possible de porter sa production à 12,5 mbj en 2017, un objectif dont doute le Fonds monétaire international (FMI).

Pour Ali al-Saffar, la perspective d'un tardif décollage économique ne fait pas oublier les espoirs déçus de 2003. A la chute de Saddam, "il y avait un optimisme général", note-t-il. "On ne savait pas qu'il y aurait les attentats d'Al-Qaïda, une guerre religieuse, et que les politiciens, qui semblaient si proches dans l'opposition, se déchireraient ainsi".
AFP |

30.08.

http://www.24heures.ch/depeches/monde/irak-peine-ans-11-septembre


1-4 Lindsey GERMAN : Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?

Les commémorations du 11/9 ont donc eu lieu, mais n’attendez pas une couverture non-stop de la guerre en Afghanistan, avec son cortège d’histoires poignantes de parents, de conjoints et d’enfants tués

A mes yeux, nous avons touché le fond avec l’omniprésence de Tony Blair dans les médias. Longuement interviewé pour l’émission Today et cité par de nombreux journaux nationaux, il a profité de cet anniversaire pour justifier sa guerre illégale contre l’Irak et encourager de futures attaques contre l’Iran en particulier.

Ce fût particulièrement scandaleux de le voir profiter de la sympathie naturelle ressentie envers ceux qui ont perdu des proches pour promouvoir de nouvelles guerres, tel un prêcheur démentiel. Et tous les va-t-en guerre l’ont rejoint dans sa mission en ignorant les morts et les destructions bien plus grandes provoquées par ces guerres présentées comme des représailles contre un acte original.

J’attends toujours des commémorations pour ceux qui sont morts dans la guerre en Afghanistan. Cette guerre, déclenchée il y a dix ans, a tué 20.000 Afghans aux cours des deux premiers mois, selon une estimation d’un rapport de l’ONU. Des dizaines de milliers sont morts depuis, ainsi qu’un million d’Irakiens.

Mais je ne vois pas les présidents passés et présent des Etats-Unis en train d’observer une minute de silence solennelle. Je suppose que nous n’avons pas d’histoires poignantes à raconter sur des parents, des conjoints et des enfants tués au cours de ces attaques. Je suis certaine que nous n’aurons pas droit à une couverture non-stop de deux semaines sur les moindres détails de la guerre en Afghanistan.

Le 11/9 est donc présenté comme une terrible tragédie vécue par le peuple américain dans son ensemble – tragédie provoquée par des « fanatiques », des « extrémistes », par « des gens qui haïssent notre mode de vie » (et qui se trouvent être tous des musulmans, évidemment). Mais il n’y a pas d’équivalent pour les Afghans ou les Irakiens qui subissent des guerres toujours provoquées par des méchants issus de leurs rangs et jamais par « l’appareil militaire des Etats-Unis » dont « les objectifs impériaux » les amènent à « haïr les musulmans ».

Pire encore, ces guerres sanglantes qui provoquent des morts, des blessés, des réfugiés déplacés pendant des années, des niveaux de violence et d’insécurité accrus, la peur, la corruption, des chefs de guerre, des tortures, des emprisonnements, ne sont pour la plupart du temps jamais mentionnées.

Les médias font passer leurs messages soit par ce qu’ils racontent que par ce qu’ils taisent. En ignorant ces guerres tout en insistant sur le 11/9, le clou est enfoncé. Le fait de ne pas parler de ces guerres fait croire aux gens qu’elles n’ont pas vraiment lieu ou qu’elles vont bientôt se terminer.

Je suppose que les attaques à Kaboul aujourd’hui par les Taliban sont destinées à contrer cette vision des choses et que c’est pour cela qu’elles ont eu lieu deux jours après le 11/9. Les attaques contre le quartier général de l’OTAN et l’ambassade des Etats-Unis envoient un message très simple : la guerre continue et les envahisseurs ne sont pas en train de la gagner. Ces derniers n’arrivent même pas à effectuer le transfert de pouvoir à leurs alliés afghans.

Un témoin oculaire à Kaboul à raconté à la BBC : « Il n’y a aucune sécurité à Kaboul. Ceci est la zone la plus sûre et si nous ne sommes pas en sécurité ici alors nous ne sommes en sécurité nulle part en Afghanistan. »

La véritable histoire de ces dix dernières années, celle qui devrait être criée sur tous les toits, c’est celle de l’échec de la guerre contre le terrorisme.

La couverture médiatique du 11/9 était censée le cacher et non le révéler. Mais la réalité finit toujours par s’imposer.

Lindsey German

15 septembre 2011

Stop the War

http://www.stopwar.org.uk/index.php/usa-war-on-terror/789-no...

Traduction par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 14640 
http://www.legrandsoir.info/et-maintenant-que-diriez-vous-d-une-minute-de-silence-pour-les-morts-en-afghanistan-irak-pakistan-stop-the-war.html


1-5 Le meneur des sévices d'Abou Ghraïb,Charles Graner, libéré de prison !

caporal américain condamné à 10 ans prison pour son rôle de meneur dans le scandale des sévices à la prison irakienne d'Abou Ghraïb en 2004 a été libéré sur parole, a annoncé l'armée américaine, suscitant des réactions d'indignation dimanche à Bagdad.
Charles Graner, 42 ans, a été libéré de la prison militaire de Fort Leavenworth, au Kansas (centre des Etats-Unis), après avoir purgé 6,5 des dix années d'emprisonnements auxquelles il avait été condamné en janvier 2005, a indiqué la porte-parole de l'armée Rebecca Steed.

Il est placé sous contrôle judiciaire jusqu'au 25 décembre 2014.
Alors caporal de réserve, Charles Graner était le meneur d'un groupe de six gardiens accusés en 2004 d'avoir commis des abus sur les détenus de la prison d'Abou Ghraïb, près de Bagdad. Les photos à l'origine du scandale avaient déclenché une vague de protestations internationales.
Charles Graner avait écopé de la peine de prison la plus lourde. Sa compagne de l'époque, Lynndie England, devenue le symbole du scandale d'Abou Ghraïb, avait, elle, été condamnée à trois ans de prison.
A Bagdad, l'annonce de la libération de Charles Graner a suscité des réactions d'indignation chez des habitants interrogés par l'AFP.
Pourquoi l'ont-ils relâché ? Le criminel devrait être puni quelle que soit sa nationalité, a réagi Reem Hadi.
C'est une décision injuste, a également estimé Wael Safah Jassem, un gérant de boutique de 23 ans. Toute personne ayant commis de tels crimes ne devrait pas être libérée aussi facilement, a-t-il dit.
Anwar Hamoud, un employé du gouvernement de 41 ans, s'est montré encore plus direct: Le criminel qui a été libéré (...) devrait être amené devant une cour irakienne pour être jugé, a-t-il dit. Et d'ajouter: Il devrait être exécuté pour son crime à Abou Ghraïb.
Beaucoup d'Irakiens estiment en outre que les soldats américains en Irak, qui bénéficient de l'impunité vis-à-vis du droit irakien depuis l'invasion américaine de 2003, devraient se voir retirer ce privilège à l'avenir, s'il est décidé qu'un contingent limité reste dans le pays au-delà de la date-butoir de fin 2011. Les responsables américains insistent au contraire pour que cette immunité soit maintenue.
Les dirigeants irakiens ont accepté cette semaine d'ouvrir des négociations avec Washington sur un éventuel maintien de troupes américaines afin de former l'armée irakienne, alors que l'accord de sécurité signé en novembre 2008 prévoit leur départ à la fin de l'année.
Aucune décision n'a encore été prise, ni sur le principe, ni sur les conditions dans lesquelles la présence américaine pourrait être organisée.
AFP /

 07 août 2011

http://www.romandie.com/news/n/_Le_meneur_des_sevices_d_Abou_Ghraib_libere_de_prison070820111508.asp



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Iyad Allaoui : Sauver l’Irak de la faillite par le partage du pouvoir.

Bien que ne partageant pas la vision du monde et des relations irako-américaines d’Iyad Allaoui, ancien Premier ministre et un des principaux « hommes de la CIA » à Bagdad, nous pensons intéressant de lire son analyse de la situation dans le pays.

   Avec le déroulement du printemps arabe apportant dans sa foulée, démocratie et  réformes pour des millions d’Arabes, on prête peu d’attention à la situation désespérée de l’Irak et de son peuple. Nous fûmes les premiers à passer de la dictature à la démocratie mais le résultat en Irak est loin d’être assuré. Notre transition pourrait être soit un élément positif pour le progrès et contre les forces extrémistes ou soit, alors, un dangereux précédent augurant mal pour la région et la communauté internationale.

Un amalgame de copinage et d’incurie

   Les débats font rage à Bagdad et à Washington sur les conditions d’une extension de la présence de troupes américaines au-delà de la fin de l’année. Si différer semble être nécessaire, cela à lui seul ne pourra s’attaquer aux problèmes fondamentaux qui empoisonnent l’Irak et qui présentent, pour la stabilité du Moyen-Orient et de la communauté internationale, un risque croissant. L’envoi initial de renforts militaires US - « the surge » - devait créer l’environnement propice à la réconciliation politique nationale et la remise sur pied des institutions et de l’infrastructure du pays. Mais, rien n’a été fait.

   Plus de huit ans après la chute du régime de Saddam Hussein, les services de base font défaut. La majeure partie du pays ne dispose que de quelques heures d’électricité. Les coupures ont été courantes au cours de l’été. Les exportations de pétrole, encore et toujours la seule ressource de l’Irak, dépassent à peine ce qu’elles étaient lorsque Saddam a été renversé. Le gouvernement a été incapable de saisir l’aubaine que fut l’augmentation du prix du pétrole échouant ainsi à créer des emplois réels et durables. L’économie irakienne est devenue encore davantage un amalgame de copinage et d’incurie, caractérisée par un chômage élevé et une corruption endémique. Transparency International place l’Irak en quatrième position parmi les pays les plus corrompus et le pire pays au Moyen-Orient.

Maliki s’accroche au pouvoiravec le soutien de l’Iranet la basse complaisance des Etats-Unis

   La promesse d’une plus grande sécurité n’a été qu’un vain mot à cause de  la vigueur du communautarisme. Le Pentagone a récemment fait état d’une montée alarmante des attaques qu’il attribue aux milices d’obédience iranienne. Le dernier rapport du Congrès par l’inspecteur général spécial  US pour la reconstruction irakienne note que le mois de juin a été le mois le plus sanglant pour les troupes US en Irak depuis 2008. Il conclut que ce pays est plus dangereux qu’il y a un an. Il est à regretter que les forces de sécurité irakienne naissantes soient  noyautées par le communautarisme et des loyautés partagées ; elles sont à peine capables de se défendre elles-mêmes, sans parler du reste du pays. Bien que n’ayant pas pu réunir un nombre plus important de sièges aux élections de l’an dernier, Maliki s’accroche au pouvoir avec le soutien de l’Iran et la basse complaisance des Etats-Unis. Il affiche le plus grand mépris pour les principes démocratiques et la règle du droit. Des institutions vitales comme la commission électorale, la commission pour la transparence et la banque centrale irakienne sont placées sous la tutelle directe du cabinet du premier ministre. Par ailleurs, Maliki refuse de nommer aux postes de ministre de l’intérieur et de la défense des candidats de consensus comme le voudrait l’accord de partage du pouvoir signé l’an dernier.

   Le gouvernement  a recours à des  méthodes dictatoriales éhontées et à l’intimidation pour faire taire l’opposition, passant  ainsi outre aux droits de l’homme les plus élémentaires. Human Rights Watch a fait état, en février, de prisons secrètes où sévit la torture sous l’autorité de Maliki. En juin, cette organisation a dénoncé l’utilisation par le gouvernement de brutes à sa solde pour cogner, poignarder et même agresser sexuellement des manifestants pacifiques à Bagdad qui se plaignaient de la corruption et de la pauvreté des services.

Ces horreurs font penser aux réactions autocratiques, aux manifestations des régimes en perte de vitesse dans la région, et sont bien loin de la démocratie et de la liberté promises à l’Irak.

   Est-ce pour cela que les Etats-Unis ont sacrifié plus de 4 000 jeunes hommes et femmes et des centaines de millions de dollars ?

Trop tard pour renverser la vapeur

   La pente vers la faillite est devenue irréversible. Pour le dire simplement, l’échec en Irak rendra tout objectif de politique américaine et internationale au Moyen-Orient difficile sinon impossible. De la lutte contre le terrorisme, à la limitation nucléaire, ou à la sécurité énergétique, ou au processus de paix au Moyen Orient, l’Irak en est au centre. Notre pays est rapidement devenu un contrepoids aux efforts faits pour résoudre ces questions au lieu d’assurer le rôle de modèle régional pour la démocratie, le pluralisme et un développement économique réussi qu’il était supposé être.

   Il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur. Mais il faut agir maintenant. Repousser le départ des troupes US ne résoudra rien en lui-même. Des engagements politiques plus concertés sont demandés au plus haut niveau pour garantir la liberté et le progrès promis au peuple irakien, qui a beaucoup souffert et qui perd patience.

   Il est nécessaire, et il est possible, d’insister pour que l’accord de partage du pouvoir de 2010 soit  appliqué pleinement avec les contrepoids requis pour prévenir tout abus de pouvoir et pour que la formation d’un gouvernement et de ses institutions soit réalisée sur une base non communautaire. Les influences régionales malsaines doivent être contrebalancées. A défaut, de nouvelles élections, libres de toute ingérence étrangère, avec une commission électorale et judiciaire réellement indépendante, sont la seule voie pour sauver l’Irak des profondeurs abyssales. C’est cette solution que les  journalistes et les dirigeants politiques irakiens, ainsi que la rue, demandent avec insistance.

L’invasion de l’Irak en 2003 a certainement été une guerre par choix.

Mais perdre l’Irak en 2011 est un choix que les Etats-Unis et le reste du monde ne peuvent se permettre.

Iyad Allaoui est le chef d’Iraqiya, le bloc politique le plus important au sein du Parlement irakien (législatives de 2010).

Iyad Allaoui

* Source : http://www.denverpost.com/opinion/ci_18808095

Concernant Iyad Allaoui, lire aussi :

Iyas Allaoui, du Baas à la CIA, par Gilles Munier (21/7/04)

Opinion: Iyad Allaoui (revue de presse)*

Traduction: Xavière Jardez

http://www.france-irak-actualite.com/pages/Iyad_Allaoui_du_Baas_a_la_CIA-2608116.html


2-2 Michaël Schwartz : Irak : Incertitudes et luttes futures.

Si, selon Claus von Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens, l’environnement politico-économique actuel en Irak est « la continuation de la guerre par d’autres moyens ». Après six années d’un carnage militaire sans égal au cours des deux dernières décennies, on assiste à « l’installation » d’une lutte multiple sur son rôle dans le système mondial, son rôle au Moyen-Orient et son rôle dans sa réponse aux besoins de la population …

Cette lutte prend des formes moins spectaculaires que celles, plus violentes, de la période précédente et obscurcit les liens qui relient la guerre et cette espèce de quasi-paix qui prévaut actuellement. C’est en scrutant cette nouvelle réalité, que nous voulons rendre visibles ces liens et identifier les forces qui donneront forme à l’issue de cette lutte.

Ambitions impériales

Quand les Etats-Unis ont envahi l’Irak en mars 2003, ils avaient mûri les buts de cette invasion depuis 15 ans et les avaient affinés au cours des 26 mois de l’administration Bush. La population américaine n’avait pas eu son mot à dire sauf à suivre ce que Paul Wolfowitz avait déclaré « la seule question sur laquelle tous doivent être d’accord est la question des armes de destruction massive ». Il va sans dire que les événements postérieurs ont dégagé quatre principes généraux pour cette invasion :

- l’Irak deviendrait le noyau militaire d’une présence hégémonique US au Moyen Orient, quartier général d’une force militaire permanente majeure, comptant habituellement 50 000 militaires.

- Le gouvernement irakien serait un allié politique solide des Etats-Unis opposant une résistance vigoureuse au contrôle régional de l’Iran et apaiserait son antagonisme face à Israël.

- L’économie irakienne intégrerait le système de mondialisation conduit par les Etats-Unis, en démantelant les entreprises nationalisées (constituant 35% de l’économie avant la guerre) et les replaçant par des multinationales privées, internationales bien imbriquées.

- L’industrie pétrolière irakienne serait intégrée au marché mondial avec une augmentation dramatique de sa production dont le contrôle et la prise de décision sur les niveaux de production échapperaient au gouvernement irakien pour être transférés aux forces du marché international.

Rien n’est joué

Qu’en est-il de la réalisation de ces buts initiés par Bush et  repris par l’administration Obama ?

- S’agissant du positionnement du quartier général US au Moyen-Orient, plutôt que de conquérir et de pacifier les centres de résistance à son occupation, les Etats-Unis ont engendré, avec l’envoi de troupes additionnelles (the surge), un carnage sans précédent et une dislocation de l’Irak. C’est seulement quand les Etats-Unis ont modifié leur stratégie et se sont alliés à leurs adversaires insurgés que les massacres et les attentats ont cessé…. Mais Obama n’a pas abandonné l’idée de Bush, indépendamment de l’accord signé par ce dernier (retrait des troupes US, vacation ou destruction des bases US ou leur transfert aux Irakiens), comme l’a dernièrement souligné le Secrétaire à la Défense, Robert Gates devant le Congrès : «  Il y a certainement pour nous un intérêt à disposer  d’une présence additionnelle ». Des pressions accrues pour modifier l’accord (SOFA), avant le 31 décembre 2011, ont donné lieu à une campagne publique orchestrée par de hauts militaires soulignant l’urgence de la situation et corrélativement à des mouvements de protestations incluant syndicats, parlementaires, la résistance.

- L’Irak sera-t-il l’allié inconditionnel des Etats-Unis ?

Trois élections et quatre gouvernements, n’ont pas permis aux Etats-Unis de recueillir le soutien à sa ligne politique, particulièrement en matière de diplomatie régionale, c’est-à-dire, face à l’Iran, avec lequel un certain nombre de membres du gouvernement irakien avait des liens. Les Américains ont subi échec après échec jusqu’à la conclusion d’un accord… d’armement avec l’Iran, abrogé sous pression américaine,  d’accords économiques à long terme, dont la construction à Kerbala d’un aéroport pour desservir les pèlerins chiites, et l’inclusion de la province de Diyala dans le réseau électrique iranien.

Il n’y a eu aucun dégel face à Israël ; l’opinion publique et les  manifestations font de l’Irak une place forte du soutien (rhétorique) aux Palestiniens. Au lieu de graviter dans l’orbite de l’Arabie Saoudite, le gouvernement de Maliki a gardé ses distances avec les pays du Golfe et n’a toujours pas réglé avec le Koweït la question des compensations réclamées par ce dernier après la première guerre du Golfe. L’amélioration de ses relations avec l’Iran a facilité les relations économiques et politiques avec la Chine et la Russie, créant ainsi d’autres difficultés pour les Etats-Unis.

Rien n’est joué sur la place qu’occupera l’Irak au Moyen- Orient dans les remaniements politico-militaro-économiques régionaux qui se dérouleront au Moyen-Orient.

- Ouvrir la voie à la mondialisation de l’économie irakienne a été accompli dès les premiers jours de l’invasion  avec le démantèlement des 192 entreprises nationales qui constituaient les 30% du produit du pays et soutenaient une portion substantielle du secteur privé. Cela entraîna une dépression pire que celle connue par les Etats-Unis en 1930 à laquelle s’ajouta la dé-baasification du système qui a paralysé tous les services publics dont l’éducation, le secteur hospitalier, l’assainissement des eaux. « Cette thérapie de choc de l’économie » selon la terminologie des néo-libéraux US, devait être suivie d’un train d’investissements pour ériger une économie dynamique. Mais l’âge d’or ne s’est jamais matérialisé car les multinationales ont refusé leur participation et la « reconstruction » des « contractors » n’a qu’aggravé le déclin.

Rien n’est résolu

Devant cette catastrophe économique, les forces civiles du pays (syndicats, parlementaires, fonctionnaires) ont tous demandé de revenir sur les privatisations imposées par l’occupant US par l’utilisation des recettes pétrolières pour financer des programmes, nouveaux ou en cours, proposés par les autorités locales. Depuis deux ans, l’Irak a été le théâtre de nombreuses manifestations sur les questions économiques tant et si bien que le ministre de l’énergie a été obligé de promettre d’engager 70 milliards de dollars sur 10 ans pour la restauration (non  privée) du réseau de distribution d’électricité. Il est à noter que la municipalité de Bagdad a engagé une procédure contre les Américains, pour un milliard de dollars,  pour les dommages causés à l’infrastructure de la ville.

Dès 2008, la poursuite par les Etats-Unis de cette politique néo-libérale devint plus visible et fut même endossée par Obama dans son Message à l’Union en 2011 qui promettait un « partenariat durable avec l’Irak » sous la forme « d’un partenariat dynamique » centré sur  «  la stabilisation de l’économie par l’investissement étranger ». La mise en œuvre revenait au Département d’Etat avec l’expansion d’ « une ambassade extraordinaire avec différentes fonctions » comme décrite par l’ambassadeur US  James Jeffrey dont le personnel totaliserait en 2012, 16 000 personnes.

-La lutte pour le pétrole : contrairement à l’économie, le secteur pétrolier a été maintenu par les Américains sous contrôle de l’Etat irakien pour que ni le flot, ni les recettes du pétrole ne s’interrompent. Le plan US était de quadrupler la production et de transférer les pouvoirs de décision aux compagnies pétrolières internationales, ce qui aurait définitivement torpillé les possibilités de l’OPEP en matière de production et de prix. Mais l’opposition à ces projets a éclaté venant de tous bords et allant du sabotage d’oléoducs à la reprise en main des sites ou au détournement des fonds vers de projets locaux et la résistance armée.

Questions en suspens

Si, avec l’arrivée au pouvoir d’Obama, des contrats d’exploration et de production ont été signés, il n’en reste pas moins que les termes et conditions de ces contrats ont été tels que ces compagnies pétrolières ont refusé de jouer le jeu et ne l’ont fait que lorsque les deux principales compagnies nationales chinoises en ont accepté le cadre à savoir, contrôle du niveau de production par le gouvernement irakien, formation et embauche de personnel irakien, techniciens et administratifs, et royalties de deux dollars par baril de pétrole extrait.

A l’heure actuelle, les questions qui sont en suspens et feront l’objet de luttes sont de savoir si le gaz naturel capté sera sous le contrôle des compagnies ou le gouvernement, si les produits raffinés seront alloués en premier lieu aux Irakiens avant d’être exportés, si les compagnies seront dans l’obligation d’employer des Irakiens en lieu et place de leurs employés non-nationaux.

Rien n’est résolu dans ce domaine et les forces civiles, syndicales, du gouvernement local et la résistance seront là pour que ce combat centenaire pour le pétrole aboutisse à un « commonwealth » irakien.

Source : Professeur Michaël Schwartz, Department of Sociology, Stony Brook University, paru dans International Socialist Review (juillet-août 2011)

Michaël Schwartz

(traduction et synthèse par Xavière Jardez)

http://www.isreview.org/issues/78/feat-iraq.shtml

http://www.france-irak-actualite.com/ 



3 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Bill Van Auken : Les guerres sans fin de Washington.

L’armée américaine est en train de mener simultanément des campagnes d’attaque de missiles par drones, des bombardements, des opérations à des fins d’assassinats par les forces spéciales et des combats au sol dans cinq pays différents: Irak, Afghanistan, Pakistan, Libye et Yémen.

Le président Barack Obama qui doit en grande partie sa victoire électorale en 2008 à l’écœurement populaire ressenti par des millions d’Américains à l’égard des guerres d’agression lancées par le gouvernement Bush en Afghanistan et en Irak, a plus que rempli les prédiction de George W. Bush concernant les « guerres du 21ème siècle. »

Il a surpassé son prédécesseur républicain en un point au moins.

Bush avait proclamé une doctrine infâme affirmant que l’impérialisme américain avait le droit de mener une guerre contre tout pays qu’il reconnaissait comme étant, maintenant ou n’importe quand dans l’avenir, une menace potentielle.

Il adopta le principe de la « guerre préventive », une forme de guerre agressive pour laquelle les dirigeants du Troisième Reich encore vivants furent jugés à Nuremberg.

En justifiant la guerre contre la Libye, Obama a promulgué sa propre doctrine qui se passe même du prétexte d’une menace potentielle comme justification pour la guerre. Au lieu de cela, il affirme que les Etats-Unis sont dans leur droit de mener une guerre partout où ils jugent que leurs « intérêts et leurs valeurs » sont en jeu même si les objectifs de l’attaque ne représentent aucune menace concevable à la sécurité américaine.

Dans son discours sur la Libye, Obama a inclus parmi les inviolables valeurs américaines le « maintien du flux commercial »,     c’est-à-dire, le flux de profits dans les caisses des compagnies pétrolières américaines et d’autres grands groupes.

Même au moment où, il y a près de trois mois, des missiles de croisière pleuvaient sur la Libye, Obama avait cyniquement fait valoir que Washington avait lancé la guerre par crainte qu’une répression menée par le gouvernement libyen du colonel Mouammar Kadhafi éteindrait « le printemps arabe. »

Quelle hypocrisie!

La véritable attitude de Washington à l’égard des aspirations démocratiques des peuples du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord s’est traduite sans ambiguïté dans une série d’actions survenues ses derniers jours.

Obama a accueilli à la Maison Blanche le prince héritier du Bahreïn, une dictature monarchique qui, avec le l’appui tacite des Etats-Unis et le soutien militaire ouvert du principal allié de Washington dans la région, l’Arabie saoudite, a impitoyablement réprimé un mouvement de masse en faveur de droits démocratiques, tuant des centaines de personnes, en emprisonnant des milliers d’autres et en torturant systématiquement les détenus.

Le prince est arrivé quelques jours à peine après que le régime eut ouvert un procès militaire contre des médecins et des infirmiers. Interpellés pour avoir traité des manifestants blessés par des forces de sécurité, ces travailleurs médicaux ont été contraints, à l’aide de chocs électriques et de bastonnades avec des planches pourvues de clous, de signer de faux témoignages.

Dans un communiqué official, Obama a « réaffirmé le ferme engagement des Etats-Unis à l’égard du Bahreïn » – dont le régime abrite la cinquième flotte américaine – en louant son monarque pour avoir embrassé le « dialogue » et la « réforme ». Le président américain a généreusement conseillé que « l’opposition et le gouvernement » – les torturés tout comme les tortionnaires – « doivent trouver un compromis pour forger un avenir juste pour tous les habitants du Bahreïn. »

Le New York Times a révélé que de l’autre côté de la péninsule arabe, les Etats-Unis « étaient en train d’exploiter un vide grandissant du pouvoir » créé par cinq mois de soulèvement de masse contre la dictature au Yémen, le pays le plus appauvri de la région, soutenue par les Etats-Unis pour y lancer une nouvelle guerre en recourant à des frappes de missiles tirés depuis des drones et à des attaques d’avions de combat.

Tout en étant prétendument dirigées contre des éléments d’Al Qaïda, tout indique que les attaques visent à sauver le régime du président Ali Abdullah Saleh, et ce tout en facilitant le départ du dictateur d’une présidence qu’il avait occupée durant 33 ans.

La première frappe relatée dans ce nouveau théâtre de guerre débutée par le Pentagone a tué au moins quatre civils ainsi que plusieurs prétendus « militants. »

En Libye, la guerre Etats-Unis/OTAN touche à la fin de son troisième mois avec une intensification des bombardements incessants menés pour terroriser et qui ont coûté la vie à des centaines de civils et à un nombre incalculable de soldats libyens.

Washington et ses alliés européens ne cachent pas leur véritable objectif, qui est un « changement de régime », dans cette guerre lancée sous le prétexte cynique de protéger des civils, c’est-à-dire la mise en place d’un Etat fantoche garantissant la domination de l’impérialisme et des principales compagnies pétrolières occidentales.

C’est cela la véritable réponse de l’impérialisme américain au « printemps arabe » – une explosion du militarisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, une tentative désespérée d’étayer les dictatures servant ses intérêts dans la région, et une détermination à étrangler les luttes révolutionnaires des travailleurs et de la jeunesse arabe.

Ces nouvelles interventions militaires s’ajoutent aux guerres et aux occupations qui durent déjà depuis une décennie en Afghanistan et en Irak et qui, comme il apparaît de plus en plus clairement, doivent continuer indéfiniment.

Lors d’une audience de confirmation jeudi devant le Sénat, le directeur de la CIA, Leon Panetta, choisi par Obama pour remplacer le chef du Pentagone sortant, le secrétaire à la Défense Robert Gates, a reconnu qu’il était « tout à fait persuadé » que le régime en Irak réclamerait prochainement que Washington maintienne des milliers de soldats américains sur le sol irakien après la date butoir du retrait des troupes, le 31 décembre 2011.

Panetta a clairement fait comprendre que Washington veut maintenir les troupes en lieu et sur place « pour s’assurer que les gains que nous avons fait en Irak soient maintenus. » Le fait que la grande majorité de la population irakienne pour qui l’occupation américaine a signifié la mort, la mutilation et le déplacement de millions de gens, veut que les 47.000 soldats américains quittent maintenant le pays est hors de propos.

L’homme que Panetta remplacera, le secrétaire à la Défense Gates, a souligné à maintes reprises au cours de ces derniers jours que la date butoir de juillet 2011 qu’Obama avait fixée pour le retrait d’Afghanistan ne devrait entraîner aucune réduction significative du déploiement des quelque 100.000 soldats américains.

Après la réunion du week-end avec les commandants militaires en Afghanistan, Gates a fait remarquer que tout retrait serait « modeste » en disant à Bruxelles aux ministres de la Défense de l’OTAN qu’il « n’y a aucune urgence de notre part pour un retrait. » Entre-temps, de nouvelles atrocités sont commises chaque semaine avec des victimes civiles causées au-delà de la frontière pakistanaise par des bombardements, des raids nocturnes menés par les forces spéciales et des attaques de missiles par drones.

Les travailleurs, les étudiants et la jeunesse aux Etats-Unis sont de plus en plus obligés de porter le fardeau d’une politique de guerre sans fin visant à forger un empire mondial servant les intérêts de l’oligarchie financière américaine. Une élection après l’autre et un sondage d’opinion après l’autre ont montré qu’une vaste majorité de la population est opposée à ces guerres, et pourtant cette opposition ne trouve pas son expression dans le système politique bipartite ou dans les médias qui sont à la botte des grandes entreprises.

Les travailleurs sont parfaitement conscients que des milliers de milliards de dollars sont dépensés pour ces guerres et pour le complexe militaire industriel américain, en dépit du fait que les gouvernements tant au niveau fédéral, qu’au niveau régional et local, dirigés tant par les Démocrates que les Républicains, disent qu’il n’est pas possible de trouver de l’argent pour financer des emplois, des salaires décents, les soins de santé, l’éducation ou des services sociaux vitaux.

De plus, la tentative de l’élite dirigeante américaine d’utiliser le militarisme pour pallier au déclin de sa position dans l’économie mondiale, engendre des tensions internationales de plus en plus dangereuses et une menace de guerres à venir encore plus sanglantes.

Alors même que l’hostilité à ces guerres s’accroît, les manifestations anti-guerre ont presque complètement disparus, asphyxiées qu’elles sont par une couche petite bourgeoise jadis de gauche qui soutient Obama et qui s’est en grande partie intégrée dans le Parti démocrate.

Un nouveau mouvement contre la guerre ne peut être construit que sur la base d’une rupture irrémédiable avec les Démocrates et une mobilisation indépendante de la classe ouvrière contre le gouvernement Obama et le système de profit capitaliste, source de guerre et de militarisme.

Internationalnews

WSWS  

16 juin 2011

 (Article original en anglais paru le 11 juin 2011)

http://www.internationalnews.fr/article-les-guerres-sans-fin-de-washington-par-bill-van-auken-76987181.html 


3-2 Manlio Dinucci : La contre-manœuvre fantastique.

Notre cœur saigne quand nous pensons qu’un des mérites de ce gouvernement  était de n’être jamais allé mettre la main à la poche des militaires : c’est ainsi que le président du Conseil a annoncé des coupes drastiques dans le budget de la défense. La manœuvre anti-déficit, précise le ministre de l’économie, peut être réalisée en réduisant surtout la dépense militaire, qui a grimpé jusqu’à 25 milliards d’euros annuels, l’équivalent (en argent public) d’une grosse loi des finances. Il faut pour cela un engagement de cohésion nationale, souligne quant à lui le président de la république, qui a immédiatement promulgué le décret-loi. En tant que garant suprême de la Constitution, il avait déjà relevé que l’engagement militaire en Libye et Afghanistan viole le principe fondamental de l’article 11. Le décret-loi établit le retrait de nos forces et bases de la guerre de Libye, qui a déjà coûté à l’Italie plus d’un milliard d’euros, auxquels s’ajoutent divers milliards de dommages collatéraux à notre économie. À la bonne heure, a commenté le secrétaire du plus grand parti d’opposition, opposé à celle qu’il a définie comme une guerre d’empreinte coloniale. Sera aussi retiré le contingent italien en Afghanistan. Et sera ainsi épargné un milliard et demi d’euros annuels, plus d’autres coûts : environ 25 millions pour les militaires déployés pour la mission dans les Emirats arabes unis et au Bahrein, plus 80 millions pour les contrats d’assurance et transport, et pour la réalisation d’infrastructures. L’aéronautique contribuera aux sacrifices imposés par cette manœuvre en renonçant aux 131 chasseurs F-35, dont le coût prévu à 15 milliards d’euros continue à gonfler. La marine contribuera en renonçant à de nouveaux porte-avions du type Cavour (coût un milliard et demi), à d’autres navires d’assaut amphibie du type San Giorgio (un demi milliard pièce) et autres frégates Fremm (350 millions pièce). Ces mesures, relèvent les commissions défense de la Chambre et du Sénat, sont nécessaires aussi  parce que ces systèmes d’arme sont  conçus non pas pour la défense de la patrie mais pour la projection de puissance. D’autres coupes seront proposées par la commission parlementaire d’enquête qui est en train faire des investigations sur la « coopération au développement sous forme de don» gérée par le ministère des affaires étrangères en fonction des missions militaires.

Par exemple, en 2011 on dépense plus de 25 millions pour la stabilisation en Irak et au Yémen, alors que l’Italie est de plus en plus déstabilisée par les coupes dans les dépenses sociales.  36,5 autres millions d’euros sont dépensés en Afghanistan en 2011, en particulier pour le soutien aux petites et moyennes entreprises dans la zone de la frontière avec le Pakistan, alors qu’en Italie les fonds pour soutenir les PMI se raréfient. Ces gaspillages et d’autres encore prendront fin avec le décret-loi qui instaure le retrait d’Afghanistan. Décret-loi qui sera voté aussi par le sénateur Marco Perduca (Pd), qui, par contre, avait auparavant voté pour le refinancement de la mission. Il retirera en conséquence sa proposition, faite le 26 juillet, de « transformer l’opium produit en Afghanistan en médicaments analgésiques, à utiliser pour faire face à l’urgence humanitaire en Somalie ».

Dommage qu’aille ainsi se perdre une idée géniale pour anesthésier l’opinion publique opposée à la guerre".

Apostille de la traductrice :

Les positions politiques décrites dans cet article satyrique sont exactement à l’opposé de la réalité. Par exemple, le président du Conseil Berlusconi qui annonce ici les coupes dans le budget militaire a annoncé en réalité des coupes dans les dépenses sociales, en se déclarant navré car son gouvernement n'était "jamais allé mettre la main à la poche des Italiens”. Le président de la république Napolitano, lui, a en réalité été le principal artisan de la participation italienne à la guerre en Libye.

Le secrétaire du plus gros parti d’opposition (Partito democratico), Bersani, s’était bien écrié “à la bonne heure !” : mais au moment où l’Italie est entrée en guerre contre la Libye, en définissant cette intervention comme une opération humanitaire et de défense du droit international.

Les chiffres de la dépense militaire sont par contre absolument réels.

 


3-3 Domenico Losurdo : La Syrie vue depuis l’Irak.

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Informations tragiques et détails effarants arrivent de ce pays, mais il est difficile de distinguer entre la vérité et la manipulation, entre les protestations légitimes et les tentatives infâmes de déstabilisation.

 Il peut cependant s’avérer utile de regarder vers la Syrie à partir non pas de l’Occident mais, par exemple, de l’Irak.

L’occasion nous en est fournie par un article de Tim Arango sur l’International Herald Tribune du 30-31 juillet. Lisons

« En Irak, la Syrie représente encore quelque chose de semblable à un oasis. Les Irakiens commencent à se réfugier là-bas pour fuir la guerre dirigée par les Usa et le bain de sang de la violence sectaire qui s’en suit. Au cours de la guerre, la Syrie a accueilli environ 300 mille réfugiés irakiens, plus que n’importe quel autre pays de la région (d’après le Haut Commissariat Onu pour les réfugiés).

Ces jours-ci (1er août 2011),  même si la Syrie doit faire face à ses désordres, rares sont les Irakiens qui rentrent chez eux. En effet, les Irakiens qui partent pour la Syrie sont beaucoup plus nombreux que ceux qui rentrent dans leur patrie ». 

Les Irakiens fuient non seulement pour laisser derrière eux la guerre qui continue à sévir, mais aussi parce qu’ils n’en peuvent plus d’un pays caractérisé par l’inefficience et la corruption des services publics. Oui, « la Syrie est vue comme un pays où il est meilleur de vivre ». 

Interrogés par l’International Herald Tribune, les Irakiens s’expriment avec simplicité et efficience. Se référant à la Syrie, ils disent : « Là-bas la vie est belle, là-bas les femmes sont belles » (il n’y a pas d’obligation de port du voile). En tous cas, « il y a là-bas une chose importante : liberté et sécurité partout ». C’est à partir de cette conviction diffuse que, « à cause des vacances estivales, le nombre des personnes qui abandonnent l’Irak  pour la Syrie a augmenté ».  

Mais que disent ceux qui se sont déjà établis dans ce pays (on présume dans les régions les plus tranquilles) ? Interrogé, toujours, par le quotidien étasunien, un Irakien témoigne : en effet, à la télévision le spectacle qui est offert de la Syrie est assez inquiétant, mais « quand je téléphone à ma famille, ils me disent que tout est ok » !

Le cadre ici tracé est certainement unilatéral et excessivement rose. Mais ceux qui, après avoir déchaîné la guerre et avoir provoqué directement ou indirectement des dizaines et dizaines de milliers de morts, ont réduit l’Irak à des conditions, aujourd’hui encore, catastrophiques au point de faire apparaître la Syrie comme un « oasis », ceux-là n’ont de leçons à donner ni à l’un ni à l’autre de ces pays. Pour rester au Moyen-Orient : ceux qui, alors qu’ils continuent à bombarder la Libye, sans hésiter à massacrer les journalistes et les techniciens de la télévision de ce pays, prétendent donner des leçons sur les « droits humains » et rêvent d’une nouvelle « guerre humanitaire », ceux-là démontrent qu’ils ont perdu jusqu’au sens de la pudeur et du ridicule.

Domenico Losurdo

Edité sur le blog de l’auteur le 1er août 2011.
http://domenicolosurdo.blogspot.com/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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28/09/2011

n°518 - Journal d'Irak - 28/07au 27/09 - : Fin - : Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ .

n°518   - Journal d'Irak -  28/07au 27/09 - : Fin -  : Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ . 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°518                 du 28/07                   au 27/09/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : 

2 Politique -  Irak

Maliki

Nouri al-Malikiva signer un accord pour le maintien de troupes américaines dans son pays…

b) Les grandes manœuvres

Moqtada al-Sadr rejette toute présence américaine après 2011

c) Sur le terrain

L’Irak va négocier avec les Etats-Unis le maintien de "formateurs" 

b) Des occupants 

Usa

Extension ?

Une série d’attaques frappe plus d’une quinzaine de villes…

3 Lutte pour la libération du territoire

L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003) 

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Wikileaks et Cantona servent-ils à quelque chose?

5 Les brèves

5-1 L''Irak récupère 216 millions de dollars en France et au Koweït.

6 Dossier & Point de vue

6-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : Un gazoduc très politique.

6-2 Total sera jugé pour corruption en Irak .

6-3 LEMONDE.FR, Reuters : La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.



2 Politique -  Irak

Maliki

Nouri al-Malikiva signer un accord pour le maintien de troupes américaines dans son pays…

Les dirigeants politiques irakiens ont convenu de donner le feu vert au Premier ministre Nouri al-Maliki pour qu'il s'entretienne avec les Etats-Unis sur le maintien de certaines de leurs troupes en Irak après la date-limite de fin 2011 comme entraîneurs des forces de sécurité irakiennes, a déclaré mercredi un responsable irakien.

"Les dirigeants politiques irakiens se sont mis d'accord lors de leur réunion ce soir (mardi soir) pour autoriser le gouvernement irakien à ouvrir des discussions avec la partie américaine sur le maintien de certaines troupes seulement dans le but d'entraîner les forces de sécurité irakiennes", selon une déclaration télévisée lue par le vice-Premier ministre Roj Noori Shawis, à l'issue d'une réunion de plus de quatre heures qui a pris fin dans la nuit dans la résidence du président irakien Jalal Talabani.

La nouvelle décision prise par les dirigeants des blocs politiques permettrait à une petite partie des troupes américaines de rester en Irak après la date limite de la fin de 2011 seulement pour entraîner les forces irakiennes en conformité avec l'Accord-Cadre stratégique, signé plutôt entre Bagdad et Washington dans le cadre de l'Accord sur le Statut des Forces (SOFA).

La décision a été prise après que l'amiral Mike Mullen, le chef d'état-major interarmées des Etats-Unis, qui a effectué une visite à Bagdad, a rencontré lundi MM. Maliki et Talabani et leur a demandé de décider aussi rapidement que possible s'ils voulaient voir les troupes américaines rester dans leur pays après la date limite.

Durant sa rencontre avec M. Mullen, M. Maliki a confirmé la position de son gouvernement selon laquelle il appartient aux dirigeants des blocs politiques et au Parlement de prendre la décision finale, apprend-on d'un communiqué du bureau de Maliki.

Les forces militaires américaines se retireront définitivement d'Irak d'ici fin 2011, selon le SOFA, signé fin 2008 entre Bagdad et Washington.

M.Maliki a régulièrement indiqué auparavant que le SOFA ne pourrait pas être renouvelé tel que mentionné dans l'accord, mais qu'il s'attendait à un nouveau type d'accord entre les deux parties pour décider du maintien d'une petite partie des forces américaines après la date limite, afin qu'elles aident à la formation des troupes irakiennes.

xinhua

 2011-08-03

http://french.cri.cn/621/2011/08/03/301s249997.htm 


b) Les grandes manœuvres

Moqtada al-Sadr rejette toute présence américaine après 2011

Toute présence américaine en Irak après 2011 sera considérée comme une occupation nécessitant une résistance militaire, a annoncé Moqtada al-Sadr le porte –parole  des chiites irakiens cité par le portail d'informations Al Nile.

Selon sa déclaration diffusée sur Internet, les soldats américains qui resteront en Irak en tant que formateurs militaires doivent être "considérés comme des occupants" contre lesquels il convient de "résister par des moyens armés" sur l'ensemble du territoire du pays.

Le leader chiite a notamment promis de réactiver sa puissante milice, l'Armée du Mahdi, qui perpétrait régulièrement des attaques contre les troupes américaines stationnées en Irak avant de suspendre ses activités en 2008.

Selon al-Sadr, le prolongement de la présence américaine en Irak porte atteinte à la fierté nationale de la population, tandis que "le feu vert donné par le gouvernement national à la prolongation de l'occupation américaine témoigne de sa faiblesse".

RIA Novosti

8 août -

http://fr.rian.ru/world/20110808/190397717.html

 

08-08

Les principaux partis politiques irakiens se sont entendus mercredi dernier pour autoriser le gouvernement à négocier avec Washington le maintien d'un contingent limité de formateurs militaires au-delà de la date butoir de fin 2011, après laquelle les 47.000 soldats américains présents en Irak doivent quitter le pays.

RIA Novosti

8 août -



c) Sur le terrain

L’Irak va négocier avec les Etats-Unis le maintien de "formateurs" 

Les dirigeants politiques irakiens ont donné leur feu vert à leur gouvernement pour entamer des négociations avec les Etats-Unis sur le maintien de forces américaines en Irak pour une mission de formation après fin 2011, a indiqué un ministre mercredi à l'AFP.
"Les partis politiques sont tombés d'accord pour laisser le gouvernement démarrer des négociations avec la partie américaine sur les seules questions de formation" après fin 2011, date prévue pour le retrait total des forces américaines d'Irak, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Hoshyar Zebari à l'issue d'une réunion politique de plusieurs heures à ce sujet.
"Ceci est une déclaration d'intention pour permettre au gouvernement de démarrer des négociations. Il n'y a pas de détails sur des chiffres ou sur de nouveaux accords", a ajouté le ministre, qui a participé aux négociations entre les formations politiques irakiennes aux côtés du Premier ministre Nouri al-Maliki.
Cet accord intervient quelques heures après la visite à Bagdad du plus haut gradé de l'armée américaine, l'amiral Mike Mullen, qui avait insisté auprès des dirigeants irakiens sur l'urgence de prendre une décision au sujet de l'éventuel maintien de forces américaines en Irak au-delà de 2011.
Les Etats-Unis ont encore 47.000 soldats en Irak, qui doivent tous partir à la fin de l'année, selon l'accord de sécurité signé en novembre 2008 entre Bagdad et Washington. Les Etats-Unis ont proposé de maintenir un contingent sous prétexte de combler les lacunes dans la formation des forces de sécurité irakiennes.

Al Manar

03/08/2011



d) Finances

Adoption d'un projet de loi sur le pétrole et le gaz.

28 août

Le gouvernement irakien a approuvé dimanche un projet de loi sur le pétrole et le gaz destiné à réglementer les activités de la principale ressource du pays, après des années d'impasse sur ce sujet.
Le texte, qui doit encore être approuvé par le Parlement, doit régir le secteur des hydrocarbures et répartir les responsabilités de la production entre Bagdad et les provinces.
Le vote d'une telle loi a été retardé régulièrement depuis 2007 en raison de divergences entre le gouvernement central de Bagdad qui souhaite avoir la haute main sur la gestion des ressources pétrolières et le autorités provinciales du Kurdistan, région riche en hydrocarbures, qui entendent garder la contrôle de leur richesse.
L'Irak produit environ 2,7 millions de barils par jour, dont environ 2,1 millions sont exportés. Le pays tire 90% de ses revenus de son secteur pétrolier.
Le gouvernement central en Irak est entré en conflit avec la région autonome du Kurdistan sur la nature des accords pétroliers qu'elle a conclus avec des groupes étrangers, et la répartition des coûts et des bénéfices de ces opérations. Un accord provisoire sur la répartition des recettes a néanmoins été conclu en mai.
Le Kurdistan, qui a recommencé début février à pomper son pétrole pour l'exportation, espère porter sa production à 200.000 bj à la fin de l'année, contre 135.000 bj en mai.
AFP /

28 août


Almanar : Achat d’hôtels et d’immobiliers dans le pays, avec la collaboration de l’occupation américaine.   

Un fait sans précédent se fait de plus en plus voir en Irak, celui de l’achat par des organisations sionistes d’hôtels et d’immobiliers dans le pays, avec la collaboration de l’occupation américaine.
En effet, cette action scandaleuse américano-sioniste a commencé dès l’invasion internationale de la Mésopotamie, et elle a pris de l’ampleur avec l’absence de tout contrôle du gouvernement.
Des députés irakiens ont assuré que des juifs sont bel et bien installés dans la circonscription de Babel, sous le prétexte de chercher des archéologies juives.
Selon le député Jomaa Atwani, membre de la coalition nationale, beaucoup de clauses de la Constitution ont besoin de législations juridiques détaillées à ce sujet. « C’est un point de faiblesse dont usent les organisations internationales et notamment sionistes, et dont nous remarquons la présence à Bagdad et à Babel », indique-t-il dans une interview à la chaine AlManar.
L’affaire reste toutefois mystérieuse, mais elle est très probable. Pour la rue irakienne, la majorité des sociétés sécuritaires opérant en Irak sont juives, surtout qu’elles prennent pour siège les plus importantes villes du pays. La plupart d’entre elles ont déjà acheté leurs sièges, et refusent de les louer.
Certains politiciens irakiens accusent des personnalités influentes au sein de l’autorité irakienne de comploter avec les juifs pour assurer leur protection.
« Les juifs sont présents dans le pays sous la protection de l’occupation américaine. Ils prennent pour couverture les sociétés sécuritaires pour y opérer, révèle le politicien irakien Jawad Saedi.
« En contrepartie, certaines forces politiques irakiennes complotent avec les juifs. Certains même se réfugient chez les Américains et les juifs. Pour cette raison, nous n’écartons pas la possibilité que des membres juifs ou sionistes achètent ces immobiliers dans la capitale ou dans d’autres circonscriptions ».
Selon les fuites médiatiques, certaines organisations sionistes ont acheté 22000 bâtiments immobiliers et plus d'un millier d'hôtels à Bagdad et dans les autres circonscriptions avec des noms et des passeports israéliens, dont les propriétaires sont entrés officiellement en Irak.
Les Israéliens cherchent-ils à travers l’appropriation de ces biens à réaliser leur rêve d'un Etat de l’Euphrate au Nil ?

31/08/2011
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=29076&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=29&s1=1

 

ALSTOM : obtient un contrat d’EUR66 millions en Irak.

Le groupe d'ingénierie Alstom SA (ALO.FR) a signé un contrat de 66 millions d'euros avec l'Irak portant sur la construction d'une sous-station électrique dans le gouvernorat de Nineveh, a déclaré un porte-parole du ministère irakien de l'électricité.

Mussab Al Mudaris a indiqué que l'Irak verserait 10% de la valeur du contrat par avance et que le paiement du solde serait étalé sur une période de trois ans. La centrale devrait être mise en service fin 2012, a-t-il précisé.

L'Irak souffre actuellement d'importantes coupures d'électricité, car les centrales du pays ne produisent qu'environ 7.000 megawatts d'électricité, soit moins de la moitié des besoins du pays.

http://www.zonebourse.com/ALSTOM-4607/actualite/ALSTOM-obtient-un-contrat-de-EUR66-millions-en-Irak-13781706/



b) Des occupants 

Usa

Extension des guerres ?

Une série d’attaques frappe plus d’une quinzaine de villes…

Une série d'attaques a frappé plus d'une quinzaine de villes en Irak lundi matin faisant au moins 66 morts et plus de 230 blessés, selon un nouveau bilan provisoire.
Ce bilan est le plus élevé en une journée depuis le début de l'année.
Outre les villes saintes de Najaf et Kerbala, ont été frappées dans la matinée de lundi les villes de Kout, Tikrit, Bagdad, Taji, Kirkouk, Ramadi, Khan Beni Saad, Iskandariya, Mossoul, Balad et plusieurs localités de la province de Diyala dont Baqouba.
L'attaque la plus meurtrière, un double attentat à la bombe, a fait au moins 40 morts et 65 blessés à Kout, à 160 km au sud-est de Bagdad, selon Ghalid Rashid Khazaa, un porte-parole des services de santé de la région de Wasit, dont Kout est le chef-lieu.
Cette série d'attentats intervient alors que les principales composantes politiques irakiennes ne sont pas favorables au maintien d'un contingent américain après la date butoir de fin 2011.
Les Etats-Unis ont encore 47.000 soldats en Irak, qui doivent tous partir à la fin de l'année, selon l'accord de sécurité signé en novembre 2008 entre Bagdad et Washington.
Or, Washington exerce des pressions sur le gouvernement irakien pour qu’il accepte le maintien de soi-disant formateurs américains dans le pays.

16/08/2011

 http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=27226

 

Les Etats-Unis sont le principal accusé des attentats… 

 « Les Etats-Unis sont le principal accusé des attentats à Nadjaf » c’est ce qu’a affirmé, un député du parlement irakien, cité par la Chaîne al-Alam. «  Pour justifier le prolongement de leur présence militaire, les Etats-Unis cherchent à suggérer que les forces irakiennes sont incapables d’assurer la sécurité du pays » a-t-il précisé estimant que Washington tentait de faire ainsi des pressions sur le gouvernement irakien. 68 personnes ont été tuées et 238 autres blessées, hier, au cours des attentats dans diverses régions de l’Irak, dont Nadjaf.

16/08/2011

IRIB


Politique intérieure

La justice autorise des poursuites contre Rumsfeld.
États-Unis La justice américaine a autorisé deux Américains à poursuivre l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld pour torture pendant leur détention en Irak par l’armée américaine. Une cour d’appel fédérale a confirmé lundi un jugement qui avait invalidé une décision du ministère de la Justice demandant l’abandon d’une procédure judiciaire entamée par Donald Vance et Nathan Ertell en 2006 contre M. Rumsfeld. À l’époque, MM. Vance et Ertell avaient informé le FBI qu’ils suspectaient leur employeur, Shield Group Security, une société de sécurité irakienne privée, de payer un cheikh irakien afin d’obtenir des contrats avec le gouvernement. Mais lorsque la société a commencé à douter de leur loyauté, ils ont été arrêtés par l’armée américaine et ont été emmenés au camp Cropper, près de l’aéroport de Bagdad, sans avoir le droit à un seul contact extérieur. Là-bas, ils auraient été victimes de violences, de privation de sommeil et auraient eu à supporter des conditions extrêmes, notamment par des expositions répétées à des lumières ou des bruits puissants, censés perturber le rythme biologique. M. Ertell a finalement été relâché six semaines plus tard, et M. Vance au bout de trois mois, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux. « Si les accusations des plaignants sont avérées, les deux jeunes civils ont eu le bon réflexe en dénonçant les agissements de la société au gouvernement américain, mais c’est finalement eux-mêmes qui auront été emprisonnés et torturés par leur propre gouvernement », souligne le texte de la décision. « Au-delà de la privation de sommeil et des conditions extrêmes de leur détention, les plaignants affirment qu’ils ont été menacés physiquement, qu’ils ont subi de mauvais traitements et ont été agressés par leurs geôliers, des officiers américains dont l’identité reste inconnue », selon le texte. « Ils racontent par exemple qu’on leur a fait porter une cagoule, qu’on a entouré leurs têtes de serviettes de bain, puis qu’on les a jetés contre les murs, alors qu’ils avaient les yeux bandés pendant les interrogatoires », précisent les juges. Les magistrats ont conclu que la gravité des accusations permettait de mettre en cause M. Rumsfeld pour avoir autorisé des techniques d’interrogatoire assimilées à de la torture ou pour ne pas avoir mis un terme à ces pratiques, alors qu’il avait étéaverti par de nombreux rapports de dérives (…) dans le traitement des détenus.

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/716922/La_justice_autorise_des_poursuites_contre_Rumsfeld.html


Prisons, exactions & torture

22/08/2011

Une base militaire américaine a été prise pour cible de trois roquettes de Katioucha dimanche.

La base en question se trouve au nord de la province de Hilla. Il s’agit de la quatrième attaque du genre à avoir été perpétré contre cette garnison depuis trois mois mais les Américains refusent de publier le bilan des pertes et des dégâts.

IRIB-
http://french.irib.ir/component/k2/item/137724-irakn-attaques-aux-missiles-contre-une-base-americaine-au-nord-de-babel



3 Lutte pour la libération du territoire

Alors que les troupes américaines se préparent à quitter l'Irak d'ici la fin de l'année, ….

26-08

Selon les statistiques communiquées par le ministère irakien de la Santé, 1.449 civils sont morts dans les violences entre le 1er septembre 2010 et le début août 2011. Durant ces 11 mois, 543 policiers et 379 soldats irakiens ont été tués, selon des chiffres des ministères de l'Intérieur et de la Défense.

Les chiffres d'août 2011 ne sont pas encore disponibles.

Avec Reuters


26-08

Au moins 2.400 civils, policiers et militaires irakiens, ainsi que 35 soldats américains, ont été tués en Irak depuis que Washington a officiellement mis fin à sa mission de combat voici un an, selon des statistiques américaines et irakiennes.

Avec Reuters 



Pertes déclarée du contingent en fin de mission de combat

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

35 soldats américains


Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

5 effectifs de la police ou du Conseil du réveil, tués ou blessés

5 effectifs de la police ou du Conseil du réveil irakiens ont été tués ou blessés, dans l’attaque d'assaillants armés contre un check-point, dans la province de Diyala.

Selon l’agence Al-Sumeria News, des individus armés ont tiré, ce lundi matin, depuis une voiture, en direction d’un check point conjoint de la police et du Conseil du réveil irakiens, dans le Nord de Baaqouba, à l’Est de l’Irak. Deux policiers et un membre du Conseil du réveil de l’Irak ont été tués, tandis que deux autres policiers irakiens étaient blessés, au cours de cette attaque, ajoute le reportage.

5/8

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/139201-irak-5-effectifs-de-la-police-ou-du-conseil-du-réveil-tués-ou-blessés

 



Lescombats par provinces (extrait)

1-1 Bagdad

26/08

Dans la capitale, l'explosion d'une bombe ventouse placée sous une voiture a tué le conducteur et blessé deux autres personnes. Une voiture piégée a par ailleurs explosé au passage d'une patrouille militaire, dans l'est de la ville, tuant un civil et blessant 15 personnes, dont 11 militaires.

Avec Reuters


Hama, dans l'est de la capitale
26/08

Des hommes armés ont attaqué un poste de contrôle policier à Hama, également dans l'est de la capitale, tuant un policier.

Avec Reuters



1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

Al-Qaim, ville proche de la frontière syrienne,

26/08

Une mine a explosé au passage d'un convoi transportant le général irakien Ismail Shahab. Son chauffeur a été tué et deux gardes du corps ont été blessés.

Avec Reuters


Falloudja, à 50 km à l'ouest de Bagdad,

02-01

Un policier a été tué et deux autres ont été blessés vendredi par l'explosion d'une voiture.

http://fr.news.yahoo.com/

 


Gharmah

26/08  

Une voiture piégée a explosé près d'un commissariat de, à l'ouest de Bagdad, causant la mort de quatre policiers et en blessant six autres.

Avec Reuters

 



1-3  Province de Babylone 26/08

Une mine placée sur le bord d'une route à Allaoui (centre) a fait cinq blessés.

Avec Reuters


1-4 Province de Ninive(Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul

 

26/08

Un soldat irakien a été tué par l'explosion d'une bombe.
Avec Reuters



1-6 Province du Ta'mim

Kirkouk (Capitale de la province)

Tir

02-08

Extrait

Une voiture piégée a explosé mardi 2 août devant l’église syrienne-catholique de la Sainte-Famille à Kirkouk, faisant 15 blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants.

L’attentat de Kirkouk intervient après la publication samedi d’un rapport américain affirmant que la sécurité s’est détériorée en Irak au cours des douze derniers mois.

Dans ce document, Suart W. Bowen Jr, inspecteur général spécial chargé de la reconstruction de l’Irak, nommé par le Congrès, affirme que « l’Irak reste un endroit extraordinairement dangereux pour travailler » et « moins sûr qu’il y a douze mois ». 

L’inspecteur s’inquiète également du transfert de la responsabilité de la formation des 302 000 policiers irakiens de l’armée américaine au département d’État, « une gageure avec moins de 200 conseillers sur trois sites ».

Présence militaire américaine

À cinq mois du retrait des 47 000 soldats américains, le rapport souligne l’instabilité qui règne dans la province de Diyala, à l’est de Bagdad, et le nombre croissant d’attaques visant la zone verte, le quartier ultraprotégé de Bagdad qui abrite l’ambassade américaine. Selon des statistiques irakiennes publiées lundi, le mois de juillet a été le deuxième mois le plus meurtrier de l’année en Irak avec 259 morts.

En visite mardi 2 août à Bagdad, l’amiral Mike Mullen, le plus haut gradé américain, a pressé les dirigeants irakiens de décider rapidement s’ils veulent le maintien d’une présence militaire américaine au-delà de la limite fixée à la fin de l’année. 

Le premier ministre, Nouri Al Maliki, et d’autres leaders y sont favorables, contrairement à la majorité des députés.

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/En-Irak-un-attentat-vise-une-eglise-de-Kirkouk-_EP_-2011-08-02-695098



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003) 



Cost of U.S. War and Occupation of Iraq

                                                796.984533.895

11.43

http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home



4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

4-1 Wikileaks et Cantona servent-ils à quelque chose?

 

Film sur l'Irak : projection de Route Irish de Ken Loach,

suivi d'une intervention-débat de Michel Collon.

http://www.dailymotion.com/video/xg7v0u_wikileaks-et-cantona-servent-ils-a-quelque-chosey_news#from=embed

 



5 Les brèves

Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

 

5-1 L''Irak récupère 216 millions de dollars en France et au Koweït.

Publié le 17.09.2011, 15h18

Le gouvernement irakien a récupéré quelque 216 millions de dollars placés sur des comptes de deux anciens dignitaires du régime de Saddam Hussein dans des banques en France et au Koweït, selon la commission irakienne de lutte contre la corruption. | Khaled Desouki

Le gouvernement irakien a récupéré quelque 216 millions de dollars placés sur des comptes de deux anciens dignitaires du régime de Saddam Hussein dans des banques en France et au Koweït, selon la commission irakienne de lutte contre la corruption.
"D'ici deux mois, grâce à l'aide de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, 106 millions de dollars déposés à l'Union des banques françaises et arabes (UBAF) et l'équivalent de 10 millions dollars en différentes devises dans d'autres banques françaises, au nom d'un haut dignitaire" de l'époque de Saddam Hussein seront rapatriés en Irak, a indiqué sur son site la commission pour l'Intégrité.

Par ailleurs, à la mi-août, "avec l'aide de l'ambassade des Etats-Unis, 100 millions de dollars ont été retrouvés dans une banque au Koweït également sur le compte d'un ancien responsable de l'ancien régime et ont été transférés au Fonds de développement de l'Irak qui est supervisé par le ministère de la Défense", a-t-elle ajouté.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/l-irak-recupere-216-millions-de-dollars-en-france-et-au-koweit-17-09-2011-1612801.php



6 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

6-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : Un gazoduc très politique

Il semble qu’au bout de quatre mois de manœuvres et pressions en tous genres, les Américains aient finalement échoué dans leur projet de marginalisation de la Syrie dans la région. En effet, la Turquie a baissé le ton vis-à-vis de Damas, au grand dam de certains déstabilisateurs qui ont espéré très fort, voici un ou deux mois, que l’armée d’Ankara franchirait la frontière pour « protéger » les populations – en partie turcophones – de la région de Jisr al-Choughour. Mais l’armée syrienne a chassé les activistes salafistes, réoccupé ses postes frontières, et les réfugiés de Turquie se sont mis à rentrer au pays.
Le gouvernement de Damas vient de marquer un autre point important sur le front diplomatique régional avec la signature, lundi 25 juillet, à Téhéran, d’un « 
mémorandum d’entente » sur la réalisation d’un gazoduc de 5 600 kilomètres de longueur, permettant le transport quotidien de 110 millions de m3 de gaz iranien vers l’Europe via la Syrie et l’Irak. Plusieurs sociétés européennes devraient être associées à l’exploitation de ce « gazoduc islamique« .
Le ministre syrien du pétrole et de la Richesse minière, Sofiane Allaou, a apposé sa signature aux côtés de celles de ses homologues iranien Mohammad Ali Abadi et irakien Abdel Karim al-Laebi. L’ambassadeur syrien à Téhéran, Hamed Hassan, assistait à la séance de signatures. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Rahmin Mehmanparast, a estimé que ce gazoduc servirait les intérêts des pays de la région.
Les amis de mes amis…
Bien évidemment, un tel accord entre Damas, Bagdad et Téhéran, dans le contexte tendu que connaît la Syrie, a une dimension autant politique qu’économique. Si les bonnes relations entre l’Iran d’Ahmadinejad et la Syrie d’al-Assad sont une réalité bien intégrée par la géopolitique régionale, celles existant entre l’Irak post-Saddam et la Syrie de Bachar sont moins aisées à analyser. On sait que les deux pays partageaient jadis peu ou prou la même filiation baasiste, nationaliste arabe et laïque. Mais la personnalité de Saddam Hussein avait transformé cette proximité idéologique en rivalité régionale – et personnelle avec Hafez al-Assad – qui avait culminé en 1991 avec la participation d’un contingent syrien à la coalition anti-irakienne lors de la première Guerre du Golfe. Après la chute du rais de Bagdad en 2003 et le chaos sanglant qui s’en est suivi, la Syrie, on le sait, a accueilli près d’un million et demi de réfugiés irakiens qui, pour la majorité d’entre eux, sont restés dans leur nouvellle patrie.
La nouvelle majorité politique issue des élections irakiennes, qui est l’expression de la majorité démographique chiite, est proche de Téhéran, principal allié régional de Damas. On ne peut en tous cas que constater un renforcement – récent – des relations entre les deux pays, dont l’un est tout de même toujours occupé par plus de cinquante-mille G.I.’s. On pourrait presque dire qu’avec leur guerre injuste et tellement coûteuse en hommes et en dollars, les Américains ont finalement travaillé en Irak pour l’Iran et, par ricochet diplomatique, pour la Syrie ! Syriens et irakiens se trouvant actuellement confrontés aux mêmes ennemis immédiats, à savoir des terroristes islamistes plus ou moins proches d’Al-Qaida, voire de l’Arabie Saoudite.
Le nouveau régime irakien, sous étroit contrôle américain, a d’abord reproché à son voisin d’héberger sur son sol plusieurs des activistes islamiques opérant en Irak. Mais la proximité géographique et les intérêts commerciaux bien compris avaient conduit les deux nations à renouer officiellement, en novembre 2006, des relations diplomatiques normales. Interrompues pendant plus d’une année en 2009/2010, suite à un litige portant sur la présence d’opposants baasistes irakiens en Syrie, ces relations ont été rétablies en septembre 2010, à la demande des Irakiens.
L’économie est donc un vecteur de la politique et de la diplomatie entre les deux pays : une délégation syrienne forte de 136 hommes d’affaires est attendue mercredi 27 juillet à Bagdad, avec à sa tête le ministre de l’Economie Mohammad Nida al-Chaara, pour une réunion plénière du comité ministériel mixte syro-irakien. Lequel comité doit plancher sur les mesures et traités propres à développer les échanges commerciaux entre les deux pays. Qui sont déjà liés par un certain nombre d’accords dans différents domaines. Entre autres, des protocoles de coopération industrielle signés en 2009, ainsi que des accords de coopération scientifique et techniques, portant aussi bien sur le pétrole, le gaz et l’électricité que le secteur bancaire. Ajoutons que l’Irak est le premier partenaire commercial de Damas.
De l’économie à la politique il n’y a décidément qu’un pas et Bachar al-Assad a reçu mardi 26 juillet un message de son homologue irakien Jalal Talabani, que lui a transmis Adel Abdel Mahdi, envoyé spécial irakien (voir photo ci-dessous) 
La signature de cet accord sur le « gazoduc islamiste » apparaît donc bien comme un échec de la stratégie américaine d’isolement de la Syrie, et comme un geste d’indépendance du gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, en place depuis décembre 2010, à quelques mois du retrait des dernières troupes américaines, qui devrait être achevé en décembre prochain.

Guy Delorme

27 Juillet

http://www.infosyrie.fr/focus/syrieirakiran-un-gazoduc-tres-politique/


6-2 Total sera jugé pour corruption en Irak

Nb - Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

 

Le groupe pétrolier français Total, son PDG Christophe de Margerie et 18 autres personnes seront jugées en 2012 dans l'enquête sur le programme de l'Onu "Pétrole contre nourriture" dans l'Irak de Saddam Hussein, de 1996 à 2003.
Un juge d'instruction a ordonné fin juillet le renvoi de la première société française pour "corruption active, complicité et recel de trafic d'influence" devant le tribunal correctionnel. Christophe de Margerie est poursuivi pour "complicité d'abus de biens sociaux", a dit à Reuters une source judiciaire.
Parmi les autres suspects figurent l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, poursuivi pour "trafic d'influence et corruption passive", Serge Boidevaix, ex-secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, et Jean-Bernard Mérimée, représentant de la France à l'Onu de 1991 à 1995.
Le parquet de Paris, qui avait requis un non-lieu, ne fera pas appel de cette décision comme il en avait pourtant la possibilité jusqu'à ce mardi, dernier délai. La décision est donc définitive et le procès se tiendra à Paris courant 2012.
Total, troisième groupe pétrolier européen par la capitalisation boursière, est mis en examen depuis 2010 comme personne morale.
"Nous sommes confiants dans l'issue du procès et sur le fait qu'il sera établi que Total sera lavé de ces allégations et les accusations abandonnées", a déclaré à Reuters un porte-parole de la compagnie. (ndlr - …)
DIX MILLIARDS DE DOLLARS DÉTOURNÉS
Mis en œuvre entre 1996 et 2003 en Irak, le programme "pétrole contre nourriture" était censé soulager les souffrances endurées par le peuple irakien en lui permettant, malgré l'embargo imposé après la première guerre du Golfe en 1991, de vendre une partie de son pétrole..
Le programme a donné lieu à une opération de corruption au plan international, selon un rapport de l'Onu. Sont en cause des paiements supplémentaires ou "surcharges" versées par Total pour acquérir des cargaisons de pétrole irakien, et constatées par l'Onu. Total affirme n'avoir rien su de ces surcharges.
Plus de dix milliards de dollars auraient été détournés, selon un rapport de l'Onu qui a mis en cause des personnalités politiques du monde entier.
Christophe de Margerie, ancien directeur de Total pour le Moyen-Orient, et plusieurs cadres de la société pétrolière sont mis en examen pour les contrats réalisés en Irak dans ce cadre.
Sont aussi mis en examen des bénéficiaires présumés des largesses du régime de Saddam Hussein, sur la base d'une liste saisie dans les archives officielles irakiennes et publiée dans un rapport de l'Onu.
Ces personnalités issues le plus souvent de la droite française auraient perçu de l'argent sous forme de "coupons" pétroliers ou droits de tirage, revendus ensuite à des sociétés habilitées à extraire le brut irakien.
Outre Charles Pasqua (ministre de l'Intérieur de 1993 à 1995), Serge Boidevaix et Jean-Bernard Mérimée, sont renvoyés en correctionnelle notamment Gilles Munier, secrétaire général de l'Association des amitiés franco-irakiennes, Michel Grimard, ancien membre du conseil national du RPR, ou encore Claude Kaspereit, fils d'une figure du gaullisme.
En charge du dossier de 2002 à 2007, le juge Philippe Courroye, qui s'était rendu en Irak où il a interrogé des dignitaires de l'ancien régime dont l'ancien chef de la diplomatie Tarek Aziz, a pu établir certains faits. Jean-Bernard Mérimée a ainsi reconnu avoir financé des travaux dans une résidence au Maroc avec l'argent perçu.
Le juge Courroye avait mis en examen Christophe de Margerie, en tant qu'ancien directeur pour le Moyen-Orient, mais pas Total, et le parquet avait donc requis un non-lieu en 2009 en invoquant des motifs juridiques pour écarter tout délit.
Le juge, Serge Tournaire, qui a remplacé en bout de procédure Philippe Courroye, devenu procureur de Nanterre, a finalement mis en examen Total. Le procès se déroulera donc a priori sans accusation, puisque le parquet ne voulait pas d'un procès. Plusieurs mois d'audience devront être réservés à Paris.

03/08/2011.

Al Manar


6-3 LEMONDE.FR, Reuters : La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.

La Grande-Bretagne discutait de l'exploitation du brut irakien avec les géants pétroliers britanniques cinq mois avant d'envahir l'Irak avec les Etats-Unis, rapporte mardi 19 avril le quotidien The Independent.

Citant des documents obtenus par l'activiste Greg Muttitt, spécialiste du pétrole irakien, le journal affirme que des responsables gouvernementaux ont rencontré, à cinq reprises au moins, les compagnies BP et Royal Dutch Shell en octobre et novembre 2002. L'objectif était, selon des propos qu'aurait tenus à l'époque le responsable du Moyen-Orient au Foreign Office, d'assurer à ces deux entreprises britanniques une part des grandes ressources pétrolières de l'Irak après la chute de Saddam Hussein.

La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak en 2003 a été la décision la plus controversée de Tony Blair lors de son passage à Downing Street.
De nombreux Britanniques ont accusé le premier ministre d'
avoir menti sur les raisons de l'intervention militaire, les armes de destruction massive n'ayant jamais été trouvées sur le sol irakien. Selon les documents révélés par The Independent, BP a déclaré au ministère des affaires étrangères que l'Irak "était plus important que tout ce qu'on avait vu depuis bien longtemps".

La ministre du commerce de l'époque, Elizabeth Symons, aurait dit au groupe pétrolier que, compte tenu du soutien apporté par Blair au projet du président américain George W. Bush, les entreprises britanniques obtiendraient probablement une part des réserves de gaz et de pétrole de l'Irak. Une porte-parole du Foreign Office n'a pas souhaité faire de commentaires dans l'immédiat. BP et Shell sont restés, quant à eux, injoignables.

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LEMONDE.FR avec Reuters |


n°518 - Journal d'Irak - 28/07au 27/09 - : Début - : Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ .


n°518   - Journal d'Irak -  28/07au 27/09 - : Début -  : Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ . 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°518                 du 28/07                   au 27/09/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Morice : Le rapport ignoré pendant cinq ans qui condamne un crime abominable.

Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ . 

AFP : Irak, Afghanistan: 30 Mds$ gaspillés.

Gilles Munier : Une révolution arabe occultée.

Alkhbar :Le pétrole de l’Irak : l’histoire d’un vol inimaginable

Les troupes américaines ont besoin d'une immunité pour rester en Irak.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

K. Selim : La retraite des assassins

1 La résistance contre l'agresseur

b) Occupation  : Analyse & déclaration

Fin

2 Politique -  Irak

Maliki

Nouri al-Malikiva signer un accord pour le maintien de troupes américaines dans son pays…

b) Les grandes manœuvres

Moqtada al-Sadr rejette toute présence américaine après 2011

c) Sur le terrain

L’Irak va négocier avec les Etats-Unis le maintien de "formateurs" 

b) Des occupants 

Usa

Extension ?

Une série d’attaques frappe plus d’une quinzaine de villes…

3 Lutte pour la libération du territoire

L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003) 

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Wikileaks et Cantona servent-ils à quelque chose?

5 Les brèves

5-1 L''Irak récupère 216 millions de dollars en France et au Koweït.

6 Dossier & Point de vue

6-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : Un gazoduc très politique.

6-2 Total sera jugé pour corruption en Irak .

6-3 LEMONDE.FR, Reuters : La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.



Tiré à part :

Morice : Le rapport ignoré pendant cinq ans qui condamne un crime abominable.

 lTribune Libre >

Je vous l'ai dit à plusieurs reprises : on a commis des crimes de guerre et on a cherché à en masquer certains, en Irak comme en Afghanistan.

Aujourd'hui, l'une des pires exactions du genre vient d'être révélée.

On sait aujourd'hui comment ça s'est passé.

Et ce n'est certes pas à l'honneur de ceux qui ont pu faire ça.

Il faudra qu'un jour la clique de Cheney, de Rumsfeld et de Bush rende compte de ses crimes de guerre, sinon de crimes contre l'humanité comme on peut aisément le faire pour les deux attaques sur Faludjah et l'emploi lors de ces assauts d'armes prohibées par l'ensemble des nations civilisées. Aujourd'hui, cinq ans après les faits, l'Irak elle-même, mise sous pression par les révélations de Wikileaks, vient de demander à réouvrir un dossier que l'on avait soigneusement enterré avec les victimes, dont cinq enfants en bas âge, abattus comme des animaux par des soldats US.

C'est l'envoyé de l'ONU,  Philip Alston, venu enquêter sur de possibles crimes de guerre, qui vient de rédiger un mail à l'adresse de plusieurs journaux qui nous explique une nouvelle fois les faits. Ils sont atroces. Il était venu enquêter 12 jours à peine après les faits, mais on n'apprend qu'aujourd'hui ses conclusions, qui ont donc bien été étouffées depuis. Le 15 mars 2006, des soldats américains, en s'approchant d'une maison d' Ishaqi, tout près de Tikrit, appartenant à un fermier, Faiz Harrat Al-Majmae, pris selon eux sous un tir, ont investi en trombe la maison et ont arrêté tous ses occupants, en les menottant, selon les témoignages recueillis, dont celui d'Ibraheem Hirat Khalaf, le propriétaire de la maison, qui avait tout vu, habitant à une centaine de mètres de là à peine. L'histoire en était resté là : on avait retrouvé de petits corps d'enfants, mais ils avaient été jugés comme étant les victimes collatérales du bombardement, placés donc dans la catégorie "peanuts" habituelle pour l'administration américaine : 11 morts de plus, dont on avait les identités exactes, cependant. Un journaliste, Matthew Schofield du journal Knight Ridder en avait dressé la liste précise, avec les âges. Un vieillard de 75 ans, Turkiya Muhammed Ali, cinq personnes de plus de vingt ans, Faiza Harat Khalaf, 30 ans, Faiz Harat Khalaf, 28 ans, Um Ahmad, 23 ans, Sumaya Abdulrazak, 22 ans et Aziz Khalil Jarmoot, 22 ans et cinq enfants de 6 mois à 5 ans : Hawra Harat Khalaf, 5 ans, Asma Yousef Maruf, 5 ans, Osama Yousef Maruf, 3 ans, Aisha Harat Khalaf, 3 ans et Husam Harat Khalaf, un bébé de 6 mois. Selon le témoin de la scène, après les coups de feu, les hélicoptères avaient tiré six missiles sur la maison pour la réduire en morceaux.

On en serait resté là, si Alston n'avait pas enquêté plus loin sur cet étrange bombardement après des arrestations d'enfants et d'adultes. Ce qu'il allait découvrir et resurgir coinq ans après les faits était innommable. En recueillant notamment les dires du Lt. Col. Farooq Hussain, de la police irakienne, qui lui avait confirmé l'horreur. Ce dernier lui a en effet révélé que toutes les victimes avaient bien été menottées (les adultes) mais qu'elles avaient toutes été tuées chacune d'une balle dans la tête. Un journaliste de Reuters, Amer Amery, lui ayant confirmé que  "l'autopsie avait été effectuée à l'hôpital de Tikrit et qu'elle avait trouvé que toutes les victimes avaient des blessures par balles à la tête". Les corps, retrouvés les mains liées, "avaient été jetés dans une pièce avant que la maison ne soit détruite", avait déclaré Hussain. "La police avait même retrouvé les cartouches employées par les soldats US dans les décombres." On est en face de la révélation d'un crime de guerre manifeste, révélé aujourd'hui cinq ans après les faits, bien que dès le mois de mars 2006, cette histoire avait été décrite telle quelle lors d'une émission de radio aux USA, faite par le mouvement Democracy Now. Cinq ans que l'on savait, et cinq ans que les médias US s'étaient tus. Alors que l'on disposait également d'un reportage filmé et de photos de l'événement ! Et même de deux reportages ! Le 2 juin 2006, la BBC avait diffusé une deuxième prise vidéo du massacre, qui selon elle, mettait déjà en cause la version officielle : y était rappelé au passage le massacre d'Haditha, qui avait fait, rappelons-le 24 victimes. Cette fois-ci, il y en avait 11, dont cinq enfants. La BBC mettait déjà en cause le fait que la maison se serait effondrée à la suite d'un échange de tir nourri, la première version donnée par les américains de l'événement. En 2006, pourtant, la presse avait bien relaté les faits.

 

Même le Figaro en avait fait part. et de façon fort correcte : "Un nouveau scandale guette l’armée américaine. Après les révélations sur le massacre d’Haditha, la BBC diffuse depuis jeudi soir les images de onze cadavres, adultes et enfants, tués dans le village d’Ishaqi, situé à 100 kilomètres au nord de Bagdad. Selon la police irakienne, ils auraient été délibérément abattus par les troupes américaines le 15 mars. Toujours selon la chaîne britannique, qui cite un porte-parole des forces américaines en Irak, Washington a ouvert une enquête. La BBC affirme avoir reçu cette vidéo d'un groupe sunnite opposé à la présence des forces américaines en Irak et estime que ces images contredisent la version officielle des événements, élaborée par les Etats-Unis. Selon les représentants des forces américaines en Irak en poste au moment des faits, quatre civils irakiens seraient morts après une fusillade impliquant des soldats américains qui recherchaient un militant d'al-Qaida signalé dans une maison d'Ishaqi. Selon les militaires américains, ces civils seraient morts dans l'écroulement de leur maison, sous l'effet de la fusillade. Dans cette version officielle des faits, les victimes sont un militant présumé d'al-Qaida, deux femmes et un enfant. Mais selon un rapport de la police irakienne cité par la BBC, les troupes américaines auraient délibérément tué onze personnes dans cette maison, dont cinq enfants et quatre femmes, avant de faire exploser le bâtiment. Sur les images diffusées par la chaîne, on aperçoit plusieurs corps, dont ceux de trois enfants. L’un d’entre eux est couvert de sang. Pour la BBC, les images montrent clairement que les adultes et les enfants ont été tués par balles". Pourquoi donc ce texte, tteès précis, était-il tombé dans l'oubli depuis 2006 C'est encore un des télégrammes interceptés par Wikileaks qui a rappelé aux irakiens les faits. Mais la BBC n'avait pas plus été écoutée que les autres. La raison ? Les sources qu'elle avait utilisées : "la bande vidéo obtenue par la BBC montre un nombre d'adultes et d'enfants morts sur le site avec ce que notre rédacteur en chef des affaires extérieures, John Simpson, affirme être clairement des blessures par balles. Les photos proviennent d'un groupe extrémiste sunnite opposée aux forces de la coalition". Planait sur le document le spectre de la fabrication : en fait il était brut de décoffrage et nullement retouché. Le bombardement de la maison avait donc été décidé pour camoufler les crimes. Pourquoi ne l'apprend-t-on qu'aujourd'hui ? L'enquêteur de l'ONU nous a donné depuis sa version : selon lui, a-t-il déclaré dans un courriel adressé à une chaîne de journaux, c'est "le fait que le système complexe de communications qui est en place à l'ONU empêche le Human Rights Council d'assurer le suivi lorsque des États ignorent les questions soulevées avec eux." Les Etats-Unis, qui savaient douze jours après qu'ils avaient commis un atroce crime de guerre, auront réussi à le cacher cinq ans, en en empêchant sa divulgation. En plus du premier crime, il en a bien un second, celui d'avoir tout fait pour qu'on l'ignore.

Erreur ! Nom du fichier non spécifié.

Exactement comme en Afghanistan, avec le cas Steven Dale Green qui avait assassiné la petite Abeer Qassim Al-Janabi et toute sa famille, ou en Afghanistan, à Kunduz, notamment, où on a massacré en masse en offrant après quelques dollars en compensation. On attend toujours q'un tribunal pénal international se décide à juger les véritables responsables de ces crimes abominables. Ce n'est pas tout de mettre la main sur le cœur, encore faut-il assumer ne pas savoir s'en servir (*).

PS : Je m'étais toujours jusqu'ici promis de ne pas mettre des photos de cadavres dans mes articles afin de ne pas provoquer une compassion déplacée. Cette fois-ci, je vous l'avoue, la coupe est pleine, et c'est un homme révolté qui revient sur ce qu'il avait pu décider jadis : cette fois, trop, c'est trop !

(*) à ce propos, il y en a un au moins qui commence à se poser des questions sur son sort

lundi 5 septembre  

Morice


Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $ . 

Les guerres que les Etats-Unis ont provoqué depuis le 11-Septembre ont causé la mort d'au moins 225 000 personnes et entraîné un coût d'au moins 3700 milliards de dollars, selon une étude américaine publiée cette semaine par l'université Brown.
Les chercheurs, dirigés par les Pr Neta Crawford et Catherine Lutz, se sont penchés sur les guerres en Irak, en Afghanistan ainsi que sur la campagne anti-terroriste menée au Pakistan.
Selon eux, "une estimation extrêmement prudente du bilan des victimes directes de ces guerres s'élève à ce stade à 225 000 morts et environ 365 000 blessés".
Le nombre de soldats tués est ainsi de 31 741 selon ce rapport, dont environ 6000 Américains, 1200 soldats alliés, 9900 Irakiens, 8800 Afghans, 3500 soldats pakistanais ainsi que 2300 membres de sociétés militaires privées !
Une majorité de victimes civiles
Les civils paient le plus lourd tribut: 172 000 morts (125 000 Irakiens, 35 000 Pakistanais et 12 000 Afghans).
Les chercheurs n'évaluent en revanche qu'entre 20 000 et 51 000 le nombre total d'résistants éliminés.
Quelque 168 journalistes et 266 travailleurs humanitaires ont par ailleurs été tués depuis que les Etats-Unis se sont engagés dans ces pays dans la "guerre contre le terrorisme".
Ces conflits ont engendré un flot massif de réfugiés et de personnes déplacées de plus de 7,8 millions de personnes, surtout en Irak et en Afghanistan.
Le coût cumulé de ces guerres est faramineux si l'on en croit cette étude: au minimum 3700 milliards de dollars, ce qui représente le quart de la dette américaine.

02/07/2011

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=21686&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1

 


AFP : Irak, Afghanistan: 30 Mds$ gaspillés.

Une gestion hasardeuse des contrats passés par le Pentagone dans le cadre des conflits en Irak et en Afghanistan, avec les sociétés de sécurité privées par exemple, a entraîné un gaspillage de 30 milliards de dollars, affirme une commission d'enquête du Congrès américain. En outre, ces erreurs de gestion ont miné l'image des États-Unis à l'étranger et encouragé la corruption dans ces deux pays, indique la commission sur les contrats en temps de guerre, où figurent des républicains comme des démocrates, qui remettra un rapport sur la question mercredi au Congrès.
"Des dizaines de milliards de dollars du contribuable ont été gaspillés en raison d'un manque de planification, de demandes imprécises et fluctuantes, de mises en concurrence inadaptées, de critères insuffisants de contrôle et de surveillance", indiquent les deux coprésidents de la commission, Christopher Shays et Michael Thibault, dans une tribune publiée dimanche dans le Washington Post. Les deux hommes évoquent également des problèmes de coordination entre les nombreuses agences gouvernementales américaines mais aussi les comportements fautifs ou négligents d'employés fédéraux comme des contractants. "Le gouvernement et les contractants doivent faire mieux", disent-ils.
L'armée américaine s'est énormément appuyée sur les contractants tiers, en particulier les sociétés de sécurité privées, au cours de la dernière décennie. "Les Etats-Unis dépendent trop des contractants", estiment MM. Shays et Thibault, prévenant que 30 autres milliards de dollars, voire plus, pourraient être gaspillés si les gouvernements afghan et irakien "ne sont pas capables ou ne veulent pas soutenir les projets financés par des fonds américains après la fin de nos interventions".

29/08

AFP


Gilles Munier : Une révolution arabe occultée.

Le tour révolutionnaire que pourraient prendre les « Printemps arabes » suscite l’inquiétude des impérialistes occidentaux. De crainte que la contagion ne s’étende à tous les régimes autocratiques pro-américain, l’opposition au Bahreïn et à Oman a été étouffée et la Libye bombardée. La Syrie est dans la ligne de mire.

En Irak, la chape de plomb médiatique qui s’est abattue sur la révolution arabe -  et kurde - permet à Nouri al-Maliki et Massoud Barzani de réprimer sauvagement la contestation.

Depuis le 30 janvier 2011, de Bassora à Soulinaniya - Kurdistan irakien - en passant par Mossoul et la Place Tahrir de Bagdad, des dizaines de milliers d’Irakiens défilent presque tous les vendredis en criant: « Maliki dégage ! », « Barzani, dégage ! », « Non à l’occupation ». La presse internationale a d’abord rendu compte des manifestations et de leur répression sanglante, puis s’est tue, brusquement. Cela a permis au Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, calfeutré derrière les murs fortifiés de la Zone verte, de déclarer que l’Irak est « la région la plus sûre du monde arabe ». Autrement dit, à l’attention des journalistes curieux : « Circulez, il n’y a rien à voir… ».

Le Pew Research Center (PRC), qui recense les sujets traités dans les médias, a constaté qu’aux Etats-Unis, entre le 31 janvier et le 6 février dernier, 56% d’entre eux étaient consacrés aux troubles dans les pays arabes dont l’Irak, mais qu’ils n’étaient plus que 12% fin avril. Concernant l’Irak, les articles ne portaient que sur les attentats, alors que des manifestations se déroulaient régulièrement. « Cela donne une vision très déformée du pays », conclu le think tank.

Crime cybernétique

Faute de couverture des événements, les chercheurs se rabattent sur des agences irakiennes indépendantes comme Awsat al-iraq ou, pour le Kurdistan, sur les sites Rudaw.net ou KurdishMedia.com. Une des principales sources d’information sur le développement de la contestation en Irak est la page Facebook de la « Grande révolution irakienne », mais peut-être plus pour longtemps. En effet, le gouvernement s’apprête à assimiler à un « crime cybernétique » la diffusion sur Internet de messages appelant à manifester , ou qui rendent compte des rassemblements anti-gouvernementaux, arguant que cela trouble l’ordre public et peut déboucher sur une « rébellion armée ». Les contrevenants risqueront… la prison à vie et de 25 à 50 millions de dinars d’amende (16 250 à 32 500 euros). Pas impressionnés pour autant, plus de 36 000 personnes se sont inscrites sur les réseaux sociaux pour participer au prochain grand rassemblement contestataire, baptisé Aube de la libération, qui se tiendra le vendredi 9 septembre prochain sur la Place Tahrir à Bagdad et dans les gouvernorats. Ses organisateurs, outre La Grande révolution irakienne, sont entre autre l’Alliance du 25 février, le Mouvement populaire pour sauver Kirkouk et les Etudiants et organisations de jeunesse de l’Irak libre. Qui en a entendu parler, au moment où les médias gavent leurs lecteurs d’extraits de déclarations mensongères du Conseil national de transition libyen et de communiqués invérifiables d’organisations syriennes inconnues ? En mai, dans son discours consacré aux révolutions arabes, le président Obama ne s’est évidement pas offusqué  que l’Arabie, les émirats du Golfe et l’Irak soient parmi les pays les moins démocratiques au monde.

Menace intérieure

Les « 100 jours » que s’était donné Nouri al-Maliki , fin février, pour améliorer les services publics, réduire le chômage et éradiquer la corruption, n’étant que de la poudre aux yeux, début juin il ne restait plus aux Irakiens qu’à manifester à nouveau leur colère. Human Right Watch (HWR) affirme qu’à Bagdad, le vendredi 10 juin, des nervis pro-Maliki armés de planches, de couteaux et de tuyaux en fer ont battu et poignardé des manifestants, agressé sexuellement des femmes participant à la manifestation. Cent cinquante policiers et militaires en civil infiltraient le rassemblement. Les 17 et 24 juin, les forces de sécurité présentes pour protéger les contestataires, aidaient ouvertement les voyous.

Au Kurdistan, où règnent en force le népotisme et la corruption, les affrontements sont des plus violents. Parmi les nombreux tués : Swrkew Qaradaxi, un jeune de 16 ans abattu en février à Soulimaniya par les miliciens barzanistes, et devenu le symbole de la contestation. Son père, ancien peshmerga, accuse la clique dirigeante de tirer sur son propre peuple pour garder le pouvoir : « Saddam Hussein était un ennemi extérieur au Kurdistan », dit-il, « mais maintenant nous en avons un à l'intérieur: le gouvernement kurde tue les Kurdes. C’est bien pire ».Amnesty International demande aux autorités régionales d’enquêter sur attaques visant les défenseurs des droits humains : fusillades, enlèvements, tortures.

Le projet gouvernemental ubuesque de parquer les contestataires dans trois stades de Bagdad - au nom du droit à manifester sans gêner les commerçants (!) - n’était pas réalisable. En cas de troubles graves – c'est-à-dire mettant en danger la Zone verte – Nouri al-Maliki qui truste les fonctions de ministre de la Défense et de président du Conseil national de sécurité, s’est assuré en mars dernier du soutien du général kurde Babacar Zebari, chef d’Etat major de l’armée. Ce dernier, favorable au maintien de troupes américaines en Irak, se dit prêt à affronter n’importe quelle menace… intérieure.

Gilles Munier

(Afrique Asie – Octobre 2011)


Alkhbar :Le pétrole de l’Irak : l’histoire d’un vol inimaginable 

En Irak, les chiffres des ventes de pétrole sont trompeurs. Alors qu’ils ont atteint des records inégalables, le citoyen irakien est hélas celui qui en profite le moins. Les premiers profiteurs sont bien entendu les Américains, suivis par des parties irakiennes corrompues, de main avec les envahisseurs.
L’ex-ministre irakien de pétrole, Issam Tchalabi a dit que les ventes de pétrole durant les 8 dernières années ont dépassé de loin ses ventes tout au long de 80 ans, avec un montant de 289 milliards de dollars, n’incluant pas les comptes gelés de l’ex-président irakien Saddam Hussein.
Durant leur invasion de l’Irak, les Américains ont détruits totalement ou partiellement presque toutes les institutions étatiques irakiennes, à l’exception du ministère du pétrole. Bien au contraire, une unité des Marines a été chargée de le surveiller et d’empêcher les Irakiens de s’en approcher. « Sacro-saint » l’ont alors appelé les Irakiens.
Dans un premier temps, les américains profitèrent de l’absence de compteurs dans les ports pétroliers situés au sud du pays pour imposer leurs estimations du pétrole exporté. Aucun responsable irakien ne s’étant chargé de s’informer si ces compteurs ont été arrachés avant ou après l’invasion...
Selon des experts, le vol de pétrole se faisait via trois moyens :
En manipulant les chiffres des exportations de la part des fonctionnaires américains eux-mêmes, et sous la supervision des autorités militaires et civiles de l’occupation
En doublant le coût des opérations de réinstauration ou de réparation des installations pétrolières irakiennes prise en charge par les sociétés américaines.
En faisant payer aux Irakiens les prix exorbitants des produits manufacturés que les occupants importaient du Koweït
Le montant des fonds irakiens dérobés par les forces de l’occupation est astronomique. Comme en témoignent les propos d’un enquêteur américain chargé d’enquêter sur cette affaire, lequel signale que dans une seule affaire parmi tant d'autres « 7 milliards de dollars des rentrées pétrolières consacrées à la reconstruction ont été dérobés ». Les Américains expliquent l’inefficacité de leurs efforts pour les retrouver par « l’hésitation des Irakiens à collaborer avec la commission d’enquête». Laissant entendre que des parties irakiennes sont impliquées avec des parties américaines dans le partage du montant de ces vols, qualifiés par l’inspecteur général américain pour le programme de reconstruction de l’Irak, Stuart Boyne, comme « l’un des crimes financiers les importants dans l’histoire des Etats-Unis ».
Dans des rapports américains, il est écrit que les petits voleurs américains parmi les entrepreneurs et les hommes politiques hauts placés, « se sont emparés de dizaines de millions de dollars via les pots de vin et les transactions illicites durant les jours chaotiques qui suivirent l’invasion, tout en prétendant que ce sont des responsables irakiens qui s’accaparaient la part la plus importante de ces sommes».
Personne ne sait jusqu’à présent comment les gouvernements irakiens qui se sont succédé dépensent les rentrées pétrolières. Personne ne sait à quel point ils sont libres de les utiliser.
Sachant que depuis l’embargo imposé contre l’Irak, et qui n’a pas encore été suspendu, et depuis la chute de Saddam, les accords onusiens contraignent l’Irak à placer ses rentrées pétrolières dans une caisse spéciale, « la caisse de développement de l’Irak », c’est-à-dire dans la Banque fédérale de New York.
Il découle l’Irak n'a aucune souveraineté sur ces fonds, d'autant plus il est sous le coup du septième chapitre des Nations Unies....

A SUIVRE

Source : Alkhbar
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=29916&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1

 

Les troupes américaines ont besoin d'une immunité pour rester en Irak.
Un haut responsable militaire américain a déclaré mardi qu'il faut accorder une immunité de poursuites judiciaires aux troupes américaines dans le cadre de tout accord visant à prolonger leur stationnement en Irak au delà de la date limite de cette année, soulignant le fait que l'Irak doit se décider le plus tôt possible sur l'avenir de la présence des forces américaines.

"Ce genre d'accord, qui inclurait les privilèges et immunités pour nos hommes et femmes américains en uniforme a besoin de passer par le Conseil des représentants (parlement)," a déclaré l'amiral Mike Mullen, le chef d'Etat-major interarmées des Etats-Unis,, lors d'une conférence de presse à Bagdad. 

La demande de M.Mullen d'une immunité pour les troupes américaines qui restent en Irak après la fin de 2011 pourrait compliquer davantage la situation pour le gouvernement d'union irakien, qui a déjà trouvé difficile de persuader les blocs politiques rivaux d'accepter le maintien de certaines troupes américaines au-delà de la date limite.

M.Mullen est arrivé lundi à Mossoul, une ville du nord de l'Irak, pour une visite surprise et y a rencontré les troupes américaines avant de s'envoler pour Bagdad quelques heures plus tard dans le bute de rencontrer les dirigeants irakiens et les inciter à décider rapidement s'ils veulent que les troupes américaines restent dans le pays au-delà la date limite. 

"Je crois qu'ils comprennent également que le temps s'écoule rapidement, or il nous faut un certain temps pour que nous soyions en mesure d'examiner toute autre option," a déclaré M.Mullen à des journalistes.

 "Nous avons vraiment besoin d'une décision maintenant. J'espère que la décision des dirigeants irakiens d'entrer dans des négociations avec les Etats-Unis sera prise très rapidement", a ajouté Mullen.

 Lundi soir, M.Mullen a rencontré le président irakien Jalal Talabani et le Premier ministre Nouri al-Maliki, et a abordé avec eux le besoin urgent d'une décision sur l'avenir des troupes américaines.

 Durant sa rencontre avec Mullen, M. Maliki a confirmé la position de son gouvernement selon laquelle il appartient aux dirigeants des blocs politiques et au parlement de prendre la décision finale, selon un communiqué du bureau de Maliki. 

Maliki espère que les dirigeants politiques vont prendre une décision de principe lors de leur réunion prévue plus tard mardi, après avoir manqué à plusieurs reprises de s'entendre sur une décision finale. 

Les forces militaires américaines se retirent complètement d'Irak d'ici la fin de 2011, selon un accord sur le Statut des forces (SOFA), signé fin 2008 entre Bagdad et Washington. 

M.Maliki a régulièrement indiqué auparavant que le SOFA ne peut pas être renouvelé tel que mentionné dans l'accord, mais qu'il s'attendait à un nouveau type d'accord entre les deux parties pour décider du maintien d'une petite force américaine après la date limite, essentiellement pour la formation des troupes irakiennes.

2 août 2011
http://french.cri.cn/781/2011/08/02/302s249979.htm



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

K. Selim : La retraite des assassins

C’est un scandale permanent de savoir que ceux qui ont provoqué cette destruction fondamentale ne seront jamais tenus de rendre des comptes.

Au lendemain d’une série d’attentats particulièrement sanglants, la presse américaine est quasi unanime pour constater que rien n’est réglé en Irak. Des centaines de milliards dépensés et des milliers de vies perdues depuis l’invasion du pays par les troupes américaines en 2003, n’ont pratiquement servi à rien, constate sombrement le New York Times.

Pour les médias américains, le souci principal est que les troupes américaines, censées commencer leur retrait d’ici la fin de l’année, seront contraintes d’y rester. Certains spéculent sur le fait que ces attentats sont un signal iranien indiquant que Téhéran ne laissera pas tomber, sans réagir, son allié syrien qu’il juge sous pression américaine.

Rien ne permet de confirmer toutes ces conjectures. Mais tout est possible dans un pays qui a été littéralement assassiné et massacré par la décision prise par Bush, Cheney, Rumsfeld et les idéologues néoconservateurs d’envahir l’Irak. Ces hommes, qui sont directement responsables de crimes massifs, jouissent d’une paisible retraite.

Le procureur du TPI, qui, à juste titre, a une dent contre les dictateurs africains, ne songerait même pas en rêve à demander des comptes à des criminels qui ont menti à leur peuple et au monde entier pour entreprendre la destruction massive d’un pays.

L’Irak est aujourd’hui sans la dictature de Saddam Hussein mais ce n’est pas un pays libre. C’est un pays qui a été rendu problématique par une agression violente qui a succédé à de longues et éprouvantes années d’embargo. Il faut le souligner, l’Irak n’a pas été détruit au niveau matériel seulement. Bush and Co ont cassé l’âme de ce pays, qui pouvait s’affirmer, malgré la dictature, dans une identité irakienne qui transcende les différences communautaires.

Les journaux américains s’inquiètent du « coût » de la présence américaine en Irak -comme si la guerre n’était pas l’aubaine du complexe militaro-industriel-, mais qui peut estimer ce qui a été perdu pour les Irakiens ? Les divisions sectaires qui sont en train de détruire l’Irak ont été activées par les Américains, et les Irakiens n’arrivent pas à trouver le moyen de refermer la blessure.

C’est un scandale permanent de savoir que ceux qui ont provoqué cette destruction fondamentale ne seront jamais tenus de rendre des comptes. Les mensonges sur les armes de destruction massive martelés comme une évidence et repris, sans le moindre examen critique, par les grands médias américains, peuvent-ils être oubliés ? Les supplétifs politiques d’une guerre pour le plaisir menée par Bush-Cheney ont, à l’instar de Tony Blair, tenté d’inventer, a posteriori, un objectif démocratique à l’expédition. Un autre mensonge de plus. Et l’État de l’Irak aujourd’hui est édifiant sur cet aspect. L’Irak, qui n’en finit pas de se déchirer, est le fruit d’actions menées par des assassins en retraite.

Comment ne pas se souvenir, face à la petitesse sanglante de ces hommes, de la grandeur de l’Américain Ramsay Clark, grand homme et grand combattant de la vérité et de la justice. Ce pourfendeur des Bush père et fils incarne la vraie grandeur des États-Unis.

Selim –

18 août 2011

Éditorial Le Quotidien d’Oran

 


L’irak à vendre

41 entreprises en lice pour les gisements pétro-gaziers.  

Le ministère irakien du Pétrole a choisi 41 sociétés étrangères qui participeront aux appels d'offres pour l'exploitation de douze lots de gisements de pétrole et de gaz qui débutera en janvier 2013, rapporte lundi l'agence Dow Jones citant le ministère irakien.
Le potentiel des nouveaux gisements est estimé à environ 10 milliards de barils de pétrole et près de 820 milliards de mètres cubes de gaz.
Parmi les sociétés choisies par le ministère irakien figurent
les groupes russes Lukoil, Gazprom, TNK-BP, Rosneft, Bashneft, les britanniques BP et Shell, le français Total, le chinois CNPC, l'italien ENI, ainsi que les compagnies américaines Occidental Petroleum, Chevron et ExxonMobil.

Ria Novosti

 


Khaled Desouki :L'Irak récupère 216 millions de dollars en France et au Koweït.

Le gouvernement irakien a récupéré quelque 216 millions de dollars placés sur des comptes de deux anciens dignitaires du régime de Saddam Hussein dans des banques en France et au Koweït, selon la commission irakienne de lutte contre la corruption. |

Le gouvernement irakien a récupéré quelque 216 millions de dollars placés sur des comptes de deux anciens dignitaires du régime de Saddam Hussein dans des banques en France et au Koweït, selon la commission irakienne de lutte contre la corruption.
"D'ici deux mois, grâce à l'aide de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, 106 millions de dollars déposés à l'Union des banques françaises et arabes (UBAF) et l'équivalent de 10 millions dollars en différentes devises dans d'autres banques françaises, au nom d'un haut dignitaire" de l'époque de Saddam Hussein seront rapatriés en Irak, a indiqué sur son site la commission pour l'Intégrité.

Par ailleurs, à la mi-août, "avec l'aide de l'ambassade des Etats-Unis, 100 millions de dollars ont été retrouvés dans une banque au Koweït également sur le compte d'un ancien responsable de l'ancien régime et ont été transférés au Fonds de développement de l'Irak qui est supervisé par le ministère de la Défense", a-t-elle ajouté.

Khaled Desouki :

Publié le 17.09.2011, 15h18

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/l-irak-recupere-216-millions-de-dollars-en-france-et-au-koweit-17-09-2011-1612801.php

 



1 La résistance contre l'agresseur

22/08/2011

L’accord sécuritaire signé entre Bagdad et Washington prévoit un retrait total des forces d’occupation à l’horizon 2011.

Toutefois, les Américains cherchent divers prétextes pour prolonger leur présence.

IRIB-


Analyse

Alors que les troupes américaines se préparent à quitter l'Irak d'ici la fin de l'année, ….

24/08

 Au moins cinq personnes, dont une femme et un enfant, ont été tuées et neuf autres blessés aujourd'hui dans une série d'attaques dans la province de Diyala, au centre de l'Irak, selon des sources de sécurité et hospitalières.
Firas al-Doulaimi, un médecin à l'hôpital général de Baqouba, a confirmé de son côté le bilan de quatre morts et de sept blessés.

AFP - Avec Reuters
http://lci.tf1.fr/filnews/monde/irak-six-personnes-dont-trois-policiers-tuees-dans-de-nouvelles-6662628.html

 


Action de la Résistance :

01.09.

Trente-cinq détenus soupçonnés se sont évadés d'un centre pénitentiaire provisoire de Mossoul, dans le nord de l'Irak, en passant par les égouts, ont fait savoir ce jeudi les autorités.

Vingt et un ont été repris et un couvre feu a été décrété dans ce bastion de la résistance situé à 400 km au nord de Bagdad.

Avec Reuters



 b) Occupation  : Analyse& déclaration

Etats-Unis

Retrait des troupes US, mais déploiement de 3 000 conseillers et instructeurs du privé !!!

Resteront?

Resteront pas?

Si l'on en croit de récentes déclarations du Premier ministre Maliki, le retrait d'Irak des troupes US (46 000 hommes environs) sera total à la fin de l'année, conformément aux accords de 2008. Mais...
"Nous avons acheté et reçu des Américains des armes, des chars, des avions et nous allons acheter des chasseurs (ndla: des F-16) et nous avons des bateaux de guerre. Ce dont nous avons besoin, ce sont des formateurs", a-t-il déclaré lors d'un entretien à la chaîne de télévision Iraqiya. Une mesure, le recours à des contractors, qui n'a pas a être approuvée par le Parlement irakien.

Un proche du Premier ministre a été plus précis: "Du point de vue US, nous aurions besoin de 6 000 à 7 000 conseillers pendant les 5 prochaines années. Mais nous pensons que nous n'en avons pas besoin de plus de 2 000 à 3 000 (...). Nous n'avons pas besoin de troupes de combat... Nous avons aussi une coopération en matière de renseignement avec les Américains".

Pas de bases mais des centres de formation et d'entraînement donc, où les conseillers/formateurs US pourraient entraîner les troupes irakiennes. Deux centres pour la police et l'armée à Bagdad, un pour l'infanterie à Mossoul, un pour l'armée de l'air à Kirkouk, un pour la marine à Bassorah et le dernier à Taji (nord de Bagdad) pour la cavalerie.

Disons 3 000 formateurs qui auront besoin de 2 000 contractors pour le soutien et la logistique, auxquels s'ajouteront les 5 000 security contractors que le DoS (Département d'Etat) va positionner pour protéger ses emprises et son personnels. Soit une dizaine de milliers de mercenaires. Si le projet se concrétise, les appels d'offres ne devraient pas tarder à être lancer. Une aubaine pour les futurs démobilisés américains qui auront du mal à trouver du travail sur le marché CONUS (continental US). Le marché OCONUS (outside continental US) a donc de beaux jours devant lui.

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2011/09/01/irak-retrait-des-troupes-us-mais-3000-conseillers-et-instruc.html

 


26-08

Washington compte encore 43.000 hommes en Irak, contre 170.000 au maximum de sa présence militaire. Ils devront tous avoir quitté le sol irakien le 31 décembre en vertu d'un accord bilatéral conclu avec Bagdad.

Avec Reuters


19/09/2011

n°14- Suite - Dossier : Syrie :Manipulation de l’opinion. - - 18-09


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


    (Suite)   Dossier : Syrie :Manipulation de l’opinion.

n°14    - 18-09  

 C.De broeder & M.Lemaire



 


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Chems Eddine Chitour: « Les pays occidentaux veulent changer la carte du Moyen-Orient et la rendre favorable à Israël ».

Le professeur Chems Eddine Chitour développe dans cet entretien une analyse sur la situation en Syrie, un pays qui fait l'objet d'un véritable «complot» mené par les Etats-Unis d'Amérique, la France et leurs alliés dans la région du Moyen-Orient, à savoir les rois des pays du Golfe.

Selon le politologue, le peuple syrien doit parvenir à un changement politique pacifique, légal et endogène. Quant aux réactions des pays du Golfe et de la Ligue arabe, le professeur relativise cette «pression» en estimant quelle est orchestrée par les pays occidentaux qui contrôlent les pays du Moyen-Orient.
Le Temps d'Algérie : Comment analysez-vous la situation en Syrie. S'achemine-t-on vers le scénario libyen avec cette campagne de pression sur le président Al Assad ?
Chems Eddine Chitour : La situation en Syrie est différente de celle en Libye. La Syrie se trouve à proximité d'Israël.

Pendant longtemps, les pays de l'Occident ont laissé faire les choses et ne voulaient pas perturber l'équilibre actuel. De plus, il faut savoir qu'en Syrie, il existe un Etat, des institutions et un parti structuré.

Ce qui n'est pas comparable avec la Libye, qui est une République populaire dont le pouvoir est dilué entre les différentes tribus et organisations de masse. En Syrie, il y a un gouvernement qui continue ses activités de manière normale. Il ne faut pas croire à ce que disent les chaînes d'information et les journaux. La vie suit son court.

C'est vrai qu'il y a des manifestations dans certaines villes et que l'armée est intervenue. Mais ce que les médias occidentaux ne disent pas, c'est qu'il y a une rébellion à l'intérieur qui profite du contexte des appels pour le changement de régime pour agir. C'est vrai aussi que le parti politique Baâth a régné sur le pays depuis plus de 50 ans. Le problème ne se situe pas là.

Cependant, il faut reconnaître que l'information qui parvient sur la Syrie est injuste. On ne donne pas toute l'information. On préfère diffuser des vidéos amateurs et on exagère pour dire qu'il y a des milliers de morts en Syrie. Depuis 5 mois du début des tensions, on parle de 2000 morts, dont près de 400 sont des éléments de sécurité.

C'est une guerre entre les forces armées syriennes et c'est que le pouvoir appelle les «contre révolutionnaires» et «hors-la loi». Ceci dit, la position de Bachar Al Assad a changé complètement depuis le début des troubles. Il y a eu beaucoup de choses qui ont été annoncées et l'Occident ne tient pas compte et ne veut plus de Bachar Al Assad.

Le président syrien a annoncé des élections. Pourquoi l'Occident ne l'aide pas à les organiser dans la transparence. Les «révolutionnaires» veulent que le président syrien parte, mais il faut que cela se fasse de manière légale. C'est-à-dire par l'organisation des élections. Sans les élections, le changement sera fait par un coup d'Etat.

Des questions subsistent quant au poids de cette opposition qui a été d'ailleurs invitée par Bachar Al Assad au dialogue. Et comme cette opposition est inféodée à l'Occident et reçoit des instructions, elle ne peut répondre à cet appel. Les Etats-Unis d'Amérique ont tout fait pour phagocyter les tentatives de réconciliation entre les Syriens.

Tout le monde est d'accord qu'il faudrait qu'il y ait de l'alternance au pouvoir et l'ouverture. Mais on se méfait encore de l'Occident surtout avec ce qui se passe actuellement en Libye. C'est tragique et inimaginable. D'où d'ailleurs la décision de la Russie et de la Chine de ne pas cautionner les décisions du Conseil de sécurité sur la Syrie.

La Russie et la Chine ont été échaudées par ce qui s'est passé en Libye. Ils ont décidé de bloquer toute résolution contre la Syrie. Ils savent que la Syrie est confrontée à une contre révolution armée. La Syrie est dans son droit de se défendre contre des groupes qui veulent semer la terreur. Si l'Occident était de bonne foi, il accompagnerait Bachar Al Assad dans son programme de réformes, les élections, le multipartisme...
Que veulent justement les pays de l'Occident ?

Ils veulent changer la carte du Moyen-Orient pour la rendre favorable à Israël. Il faut savoir qu’Israël est en train de construire un mur dans le Golan, comme celui de la bande de Ghaza. Cela veut dire que c'est une annexion définitive des territoires syriens. Et justement, aucune personne ne s'intéresse à cette question. Il y a derrière tout cela une volonté occidentale de réorganiser les peuples faibles, surtout du monde arabe.

C'est ce que font d'ailleurs les rois des pays du Golfe qui ont exécuté les ordres des Etats-Unis d'Amérique en rappelant leurs ambassadeurs de la Syrie. Et dans ce contexte, il faut le dire et le souligner avec force, il n'y a plus de Ligue arabe. Dans ces conditions, ils sont en train de recomposer le plan de l'ex-président américain Bush pour le Grand Moyen-Orient.
Pourquoi il y a eu cette pression des pays du Golfe sur la Syrie, alors qu'on avait assisté à l'intervention des forces armées saoudiennes pour mater les manifestants pacifiques du Bahreïn et enfreindre la souveraineté d'un Etat qui est censé pourtant protéger ses concitoyens ?

Justement, au Bahreïn, le pouvoir est illégitime et les Saoudiens le savent très bien. Plus de 80% de la population est de confession chiite. Les Américains et les Saoudiens ne veulent pas de révolution dans ce pays.

L'Arabie Saoudite a envoyé donc ses chars pour tuer les manifestants pacifiques, parce qu'elle a peur que les chiites saoudiens se soulèvent. Le nord-est de l'Arabie Saoudite est de confession chiite. Et tout cela va renforcer évidemment le peuple iranien qui est chiite.

Il ne faut pas aussi oublier que la plus grande base militaire américaine se trouve au Bahreïn, dont la superficie est presque l'équivalent de la commune d’El Harrach à Alger. Imaginez donc une révolution qui va se produire à trois kilomètres de la base américaine. Il faut absolument écraser le peuple du Bahreïn. Nous avons vu des images effroyables sur les hôpitaux bahreïnis.

On a tué des malades manifestants. Sur ce plan, c'est le black-out total. Les deux pays (Bahreïn et Arabie Saoudite) ont reçu des ordres des Etats-Unis d'Amérique de maintenir le statu quo. Quant à la Syrie, il reste le seul pays de la région à s'opposer à Israël.

L'Occident ne veut pas de ce régime syrien. Il veut un Etat docile. Pour atteindre cet objectif, il a décidé de déstabiliser la Syrie. Mais j'insiste pour dire qu'il ne faudrait jamais écouter et croire à ce que disent les médias occidentaux et les journaux officiels américains ou français. Tout simplement, on ne fait pas la part des choses pour donner à tout le monde le droit de s'exprimer sur les problèmes.

Il existe des sites alternatifs animés par des journalistes occidentaux qui donnent d'autres sons de cloche sur la situation en Syrie. Ces journalistes sont partis à Damas et ils ont évoqué une autre situation. Ils ont dénoncé avec des images et des écrits fondés ce que disent les journaux

et médias du pouvoir américain ou autres. Il faudrait vraiment engager une commission d'enquête impartiale pour démontrer à l'opinion internationale que la vie suit son cours normal en Syrie et que cette machine médiatique a été conçue en faveur des pouvoirs américains et européens.
Vous pensez que la position de la Syrie vis-à-vis de la question palestinienne et sa détermination à récupérer le Golan lui ont coûté cette campagne de déstabilisation ?

C'est le cas de le dire. Le peuple syrien veut récupérer absolument son Golan, à n'importe quel prix. Il y a aussi la coopération étroite existant entre la Syrie et l'Iran qui dérange beaucoup dans la région.
Est-ce que la Syrie peut résister à cette pression des pays occidentaux et ceux du Golfe ?

Pour cette question, on peut citer l'exemple libyen. Malgré l'intervention de l'Otan et les armes larguées par les Français aux rebelles, les Libyens résistent depuis 5 mois aux forces de l'ennemi. Beaucoup croyaient que l'intervention de l'Otan durera quelques jours. Mais finalement la Libye a très bien résisté. La raison est très simple. Quand les peuples sont avec leurs dirigeants, il n'y a plus lieu de craindre du tout. Dans ces conditions, les Syriens et les Libyens ont des dirigeants vraiment nationalistes qui vont aller dans la bonne direction. C'est sûr qu'il est inéluctable que les pouvoirs changeront. Mais le changement doit être endogène, voulu par le peuple. Il ne faut pas qu'il soit imposé de l'extérieur. Il faut que le peuple syrien trouve la solution par lui-même. Al Assad a fait énormément pour son pays. Il faut une alternance, mais de manière pacifique et légale. Il ne faut pas oublier que la Syrie est confrontée à une situation économique difficile. C'est malheureux parce que ce pays veut être maître de son destin, alors que les autres pays arabes du Golfe ne décident de rien.
Comment analysez-vous les démarches de la Turquie vis-à-vis de la Syrie qui de plus en plus apparaît comme un serviteur de l'Occident, particulièrement des Américains ?

La Turquie fait son intrusion dans la situation de la Syrie étant donné le problème des Kurdes qui pourrait avoir un effet sur sa stabilité.

La Turquie avait protégé les populations syriennes qui ont fuit les évènements des derniers mois. Mais il se trouve que beaucoup de familles syriennes réfugiées en Turquie ont retrouvé il y a quelques jours leurs villages et maisons après le retour de la sécurité.

Les médias occidentaux ont donné l'image que des milliers de Syriens ont fui leur pays. Or ce n'est pas vrai. La Turquie veut jouer donc un rôle dans la région. Elle ne veut pas perdre la bénédiction des Etats-Unis d'Amérique et de l'Europe.

Tout le monde attend d'ailleurs de la réunion prévue aujourd'hui (hier) entre le ministre des Affaires étrangères turque et le président Al Assad, pour mettre les choses au clair. Certainement, la position de la Turquie va être revue.

Le gouvernement de Bachar Al Assad a entrepris des réformes importantes et se dit prêt à organiser des élections libres. Dans ces conditions, je ne vois pas ce que va demander la Turquie à la Syrie. Si la Turquie veut être leader dans la région, elle doit prendre l'initiative d'organiser l'alternance. Elle peut couper l'herbe sous les pieds de tous les pays qui veulent le chaos en Syrie.

Propos recueillis par Farouk Belhabib

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Nationale Polytechnique enp-edu.dz

www.letempsdz.com 2011 ©
10 août 2011


5-2Mireille Delamarre : Qui Au Moyen Orient Profiterait De La Chute D’Assad ?

Bien qu’Israël ait longtemps gardé le silence sur les évènements en Syrie, désormais à Tel Aviv on se réjouit d’avance d’une possible éviction d’Assad prélude à un affaiblissement du pouvoir central syrien au profit de gouvernements régionaux sectaires s’opposant comme par le passé les uns aux autres. Une Balkanisation de la Syrie c’est ce à quoi participe en coulisses les Sionistes en soutenant les islamistes fanatiques armés par l’étranger avec l’aide de la Turquie.

Lors d’une présentation faite à l’Institut for Contemporary Affairs du Jerusalem Center for Public Affaires le 16 Juin 2011, le professeur Eyal Zisser - un expert israélien de renom sur l’histoire et la politique moderne de la Syrie du Liban et du conflit arabo israélien - préconise le renversement de Bahsar al Assad dont le régime est considéré par lui comme une menace pour Israël.
Dans un article intitulé
The syrian uprising implications for Israël, Zisser - universitaire influent dans le monde politique israélien - détaille sa position dans le dernier chapitre «A new syrian régime might be better for Israël » c'est-à-dire expose les désidératas de Tel Aviv vis-à-vis de Damas.
Ci-dessous la traduction de ce chapitre

« Un nouveau régime syrien serait mieux pour Israël «
« Plus faible est la Syrie plus fort sera le Liban. Tout changement de régime en Syrie pourrait être un coup porté au Hezbollah bien que le Hezbollah représente en fait un grand nombre de Shi’ites. C’est un pouvoir central shi’ite libanais profondément enraciné et authentique. Cependant, c’est l’aide de l’Iran et de la Syrie qui ont transformé le Hezbollah en pouvoir régional. Mettre hors jeu la Syrie pourrait réduire le Hezbollah à une taille plus raisonnable - pour devenir un parti libanais fort mais rien de plus.
« La Syrie a soutenu les Shi’ites au Liban mais en même temps a apporté un certain soutien aux Sunnites car la logique derrière l’intervention syrienne au Liban a toujours été : diviser pour régner (règle d’or du régime sioniste oeuvrant actuellement avec son parrain américain pour monter les Sunnites avec à leur tête l’Arabie Saoudite contre les Shi’ites tournés vers l’Iran .ndlt). Un régime sunnite en Syrie pourrait changer la balance au Liban en faveur des Sunnites.
« Un nouveau régime en Syrie cela pourrait vouloir dire un retour aux années 1950 et 1960 quand il y avait un gouvernement syrien central faible et des régions fortes. Chaque région a ses propres caractéristiques ethniques et communales et il pourrait y avoir un coup d’état de temps en temps et un manque de stabilité. Le pire scénario c’est que la Syrie devienne un nouvel Irak car il y a actuellement non seulement des comptes historiques à rendre mais également des comptes liés aux évènements actuels. Il y a eu 2000 Syriens tués et les familles exigeront une vengeance non pas contre Bashar mais contre leurs voisins Alawites et Chrétiens.

« Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt d’Israël d’avoir Bashar au pouvoir. Certainement comme en Egypte c’est possible que les Frères Musulmans prennent le pouvoir en Syrie mais je ne suis pas sûr que cela soit le cas. Si Bashar tombe la situation a des chances d’être comme au cours des décennies antérieures avec un régime central très faible. Cela pourrait conduire à des incidents frontaliers avec Israël mais pas à une guerre avec des actes terroristes qu’un régime faible ne peut pas empêcher. L’opposition syrienne pourrait éventuellement prendre le pouvoir et comme c’est le cas en Egypte ils savent que leurs intérêts c’est d’entretenir des relations amicales avec les pays occidentaux comme les US et pas avec l’Iran .Donc à long terme un nouveau régime syrien pourrait être mieux pour Israël que le régime actuel. »
Information complémentaire
Un article intitulé :
« DERNIÈRE HEURE : L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie. Recrutement de moudjahidines. » publié le 16/08/2011par le site canadien version française Mondialisation.ca fait état de préparatifs militaires de l’OTAN/Turquie contre la Syrie avec une implication israélienne à terme.
«… Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des moudjahidines (« combattants de la liberté islamistes »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie….
Bien qu’affirmant être contre toute intervention étrangère en Syrie, la Turquie n’en a pas moins déployé des officiers réservistes dans des bases le long de la frontière avec la Syrie pour selon la presse turque parer à toute crise humanitaire liée à un afflux massif de réfugiés venant de Syrie en assurant leur protection.
Les militaires turcs en armant et en entraînant ces moudjahidines et en favorisant leur passage en territoire syrien ne sont-ils pas plutôt entrain de soutenir la rébellion armée contre le régime de Bashar al Assad première étape d’une intervention militaire englobant d’autres intervenants dont Israël ? 

Mercredi 17 Août 2011

Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org/Qui-Au-Moyen-Orient-Profiterait-De-La-Chute-D-Assad-Israel_a2474.html


5-3 Chatta : Mme Chaabane affirme que les événements en Syrie sont liés à des plans sionistes et occidentaux pour diviser les pays arabes.

Rencontrant aujourd'hui à Moscou le président et les activistes de l'association d'amitié russo-syrienne, Mme Botheyna Chaabane, conseillère politique et médiatique à la présidence de la République, a indiqué que les événements en Syrie sont liés à des plans sionistes et occidentaux, destinés à diviser les pays arabes et à mettre fin au conflit arabo-israélien sans restituer tout droit aux Arabes.
Lors de la rencontre, Mme Chaabane a parlé des facettes de la crise syrienne et son lien à un agenda extérieur, soulignant que les réalités sur le terrain et les aveux des groupes terroristes armés prouvent l'existence des plans et des parties étrangères présentant un soutien logistique: l'argent, l'arme et la couverture médiatique pour provoquer la violence et frapper la stabilité de la Syrie.
De son côté, le président de l'association d'amitié russo-syrienne, M. Alexander Dzasokhov, a insisté sur l'appui du peuple russe à leurs frères syriens face aux plans hostiles visant leur pays, sa sécurité et sa stabilité.
Sur un autre plan, Mme Chaabane a rencontré les membres de la communauté syrienne en Russie, avec qui elle a examiné la conjoncture en Syrie, les tentatives de s'ingérer dans ses affaires et la campagne provocatrice lancée par des médias arabes et autres pour tromper l'opinion à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie.
Mme Chaabane a évoqué les démarches et les lois de réforme dans les domaines politique, économique et social pour développer la Syrie.
De leur côté, les membres de la communauté ont insisté sur leur appui à la mère-patrie sous la direction du président Bachar al-Assad, affirmant leur rejet de toutes les tentatives visant à frapper la stabilité et à porter atteinte à la dignité de la Syrie.
Ils ont mis l'accent sur les positions honnêtes du peuple et de la direction russe soutenant les principes du droit et de la justice.
A. Chatta / L.A.

13 Sept 2011

http://www.sana.sy/fra/51/2011/09/13/369152.htm


5-4 Louis Denghien : L’ONU au service du NOE (Nouvel Ordre Mondial) ?

Une « mission d’évaluation » des Nations-Unies sera en Syrie ce week-end a annoncé jeudi 18 août Valérie Amos, coordinatrice des affaires humanitaires de l’ONU. Cette visite, accepté par le gouvernement syrien, s’inscrit dans la suite logique de la conversation téléphonique entre Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, et Bachar al-Assad, mercredi soir 17 août. Ban Ki-moon avait alors exprimé sa vive inquiétude sur la poursuite de la répression en Syrie, et Bachar avait affirmé que les opérations de l’armée et de la police contre les opposants violents venaient de prendre fin.

Ce même jeudi 18 août, le haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU avait publié un rapport sur la « répression en Syrie« , assurant que celle-ci avait conduit à de « graves violations des droits de l’homme » pouvant « relever de crimes contre l’humanité« . Ce rapport s’appuyait sur le résultats d’une mission d’enquête ayant recueilli « aux confins de la Syrie« , entre le 15 mars et le 15 juillet, des témoignages sur les exactions éventuelles des forces de l’ordre. Cette « commission d’enquête » avait reçu mandat d’une résolution votée lors d’une session « spéciale Syrie » du conseil des droits de l’homme de l’ONU, le 29 avril dernier.

Les gens de l’ONU ont donc collecté des éléments prouvant selon eux « une apparente volonté de tirer pour tuer, la plupart des blessures par balles ayant été localisées dans la tête, la poitrine et généralement la partie supérieure du corps« . Bien sûr, le rapport onusien parle de manifestations forcément « pacifiques » sur lesquelles les forces de l’ordre syriennes « ouvrent le feu sans discernement sur des civils, sans sommation et à courte portée« . Bref, pour les enquêteurs, on constate en Syrie depuis 4 mois « un ensemble de violations des droits de l’homme constituant une attaque généralisée ou systématique contre la population civile« , ce qui justifierait que le conseil de sécurité « envisage de saisir la Cour pénale internationale sur la situation en Syrie« .

Un rapport malhonnête car partial et partiel

A suivre. Mais disons déjà, ou plutôt répétons que ce rapport pèche par un manichéisme et un simplisme qui hypothèquent gravement son impartialité proclamée. D’abord, une grande partie des témoignages collectés, pendant 4 mois, « aux confins de la Syrie » – c’est-à-dire on suppose dans les camps de réfugiés encadrés par les Turcs, ou parmi les milieux, libanais ou syriens, acquis à l’opposition – relèvent de la propagande ou du lyrisme consubstantiel à la rhétorique islamiste ou aux slogans politiquement corrects des branchés Facebook.

Loin de nous, une fois encore, de nier les morts, les bavures et les brutalités. Mais celles-ci découlent d’un schéma « provocation-répression » institué par des émeutiers armés, prenant pour cible, à Hama, Homs, Lattaquié, Deir Ezzor, Idleb, les forces de l’ordre, et poussant celles-ci à tirer dans le tas ou à l’aveuglette, ce dans un contexte de guérilla urbaine où les snipers de l’opposition radicale peuvent être partout. La « nervosité » des soldats et policiers syriens s’expliquant aussi par le souvenir du massacre de leurs camarades survenu à Jisr al-Choughour à la mi-juin. Ne pas tenir compte de ces circonstances, occulter l’action des groupes armés attestée pourtant par plusieurs vidéos, ne rien dire des pertes de l’armée et de la police, qui ne peuvent s’expliquer que par l’action de ces groupes armés, taire les inquiétudes des minorités religieuses ou des très nombreux partisans du régime, c’est ne nous raconter, au mieux, que la moitié du film, et c’est, pour les Nations-Unies, s’abaisser au niveau des chancelleries euro-américaines ! Mais l’ONU ne s’est-elle pas déconsidérée depuis longtemps par son incapacité à s’opposer aux « justes guerres » de l’Amérique – de l’Irak à la Yougoslavie – et d’Israël – du Sud-Liban à Gaza. Encore devrait-on se demander si le mot « incapacité » était bien celui qui convenait dans ces circonstances…

Nous avons, à Infosyrie.fr, visionné depuis le mois de mai pas mal de vidéos de manifestations de rue : souvent nous avons vu des manifestants fuir sous des tirs. Oui, « sous des tirs », car si les forces de l’ordre avaient tiré à hauteur d’homme, avec les moyens dont elles disposent on aurait eu droit à un carnage à chaque démonstration de l’opposition. Or même les estimations maximalistes et invérifiables de nos cyber-statisticiens de l’opposition fixent à 1 900 ou 2 000 morts en 5 mois le bilan de la « sanglante répression » bachariste. Mais, compte tenu des pratiques militaires que dénonce le rapport de l’ONU, ce bilan devrait être au moins dix fois supérieur ! Une seule intervention brutale, à tir tendu et à bout portant, des soldats et blindés contre une manifestation de 50 000 personnes à Hama, par exemple, aurait pu atteindre en 10 minutes à peine ce chiffre de 2 000 victimes !

Non, les forces de l’ordre syrienne, dans un contexte pour le moins difficile, nous paraissent avoir fait preuve d’une retenue certaine. Rappelons que même les propagandistes de l’OSDH reconnaissent qu’au moins 20% – soit 500 personnes – des victimes du « printemps syrien » appartiennent à la police et à l’armée. Et parmi les victimes civiles, combien de partisans du régime, de membres de minorités religieuses, victimes des activistes islamistes ?

Dans ce contexte, l’ONU et son « haut-commissariat aux droits de l’homme » nous paraissent travailler pour le Département d’Etat et pour l’Union européenne, beaucoup plus que pour la justice et la vérité. Quant à la Cour pénale internationale, que ces messieurs songent à saisir – et dont, curieusement, les Américains ont refusé de ratifier l’existence et les compétences -, disons ou redisons simplement qu’elle a suffisamment fait preuve, ces dernières années, de sa partialité pour que nous – et éventuellement les Syriens – la récusent à l’avance.

Louis Denghien,

 

 

COMMENTAIRE D’UN LECTEUR

alephdit :

Merci Louis pour vos commentaires éclairés.

Il est clair que l’ONU à l’intention d’instruire un nouveau procès à charge après celui avorté pour l’assassinat de Rafiq harriri via le TSL.

On ouvre un nouveau volet de désinformation et de manipulation de façade et de pressions sur le gouvernement syrien en coulisse.

La conférence de presse de Bashar Jaafari (Merci Shamsi) indique clairement la stratégie onusienne de mépris et de mis à l’écart des représentants officiels de la Syrie pour ne discuter qu’avec des opposants désignés par ceux qui les rémunérent et qui ne représentent qu’eux mêmes.

C’est bien entendu une masscarade de justice et un levier de pression contraire au principe de souveraineté des états.

Est-ce qu’il serait envisageable que Blair et Bush soient poursuivis pour crimes contre l’humanité après la mort de deux millions d’irakiens? excusez du peu! Circulons!

http://www.infosyrie.fr/actualite/lonu-au-service-du-noe-nouvel-ordre-mondial/


5-5 Louis Denghien : ONU : la mascarade continue !

C’est suite à une proposition pressante des Etats-Unis, de l’Union Européenne et de quatre pays arabes dont trois au moins sont connus pour leur intransigeance en matière de libertés démocratiques – Arabie Saoudite, Koweit, Qatar, Jordanie – que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a accouché mardi 23 août d’une résolution demandant la création d’une commission d’enquête internationale indépendante sur les « violations des droits de l’homme en Syrie« .

Harcèlement américano-onusien

C’est donc l’énième épisode d’un feuilleton politico-diplomatique qui s’étire depuis l’échec, courant juillet, du projet de résolution franco-euro-américain destiné à faire condamner Damas par le Conseil de sécurité. On se rappelle peut-être que les mêmes avaient obtenu une « condamnation » symbolique, par le Conseil de sécurité, du gouvernement syrien, invité à cesser les violences contre les manifestants (voir notre article « ONU : Tout ça pour ça« , mis en ligne le 4 août). 

Mais pas question pour l’axe Washington-Paris-Londres-Bruxelles d’en rester là : ne pouvant obtenir l’essentiel – la résolution anti-syrienne du Conseil de sécurité – les « alliés » multiplient menaces verbales, pressions diplomatiques et sanctions économiques (voir notre article « Les Occidentaux ne renoncent pas… les Russes non plus« , mis en ligne le 22 août) ; et en ce qui concerne la diplomatie, c’est visiblement l’ONU et son obligeant secrétaire général, Ban Ki-moon, qui sont chargés de donner un nouveau souffle à l’offensive anti-syrienne :  après donc le vote début août de cette « condamnation » à vrai dire sans effets, après la constitution d’une « commission d’enquête » accouchant d’un « rapport » envisageant la possibilité d’une condamnation de Damas pour « crimes contre l’humanité« , et prévoyant l’envoi d’une « mission humanitaire » sur place, après la menace d’une saisine de la Cour pénale internationale, c’est donc cette commission d’enquête, beaucoup plus internationale qu’indépendante, qui est chargée de poursuivre l’instruction à charge contre la Syrie et son gouvernement. Naturellement le dossier est surtout plein des allégations toujours invérifiables et très souvent mensongères de l’opposition, qui continue d’asséner ses bilans truqués – 2 200 morts civils – et de dresser de la société syrienne un tableau apocalyptique qui ne manque pas d’étonner la plupart des étrangers se rendant sur place, pour ne pas parler de la masse des Syriens eux-mêmes. La haut-commissaire des Nations-Unies aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay, parlait ainsi, lundi 22 août, d’utilisation de « l’artillerie lourde » par l’armée syrienne contre les opposants, ces opposants qui avaient déjà prétendu, via l’OSDH, que la marine de guerre syrienne avait pilonné le quartier d’al-Ramel à Lattaquié. On peut donc dire que cette commission d’enquête a déjà prononcé ses conclusions, avant même que de se rendre en Syrie. Conclusions qu’elle remettra, qu’on se le dise, à Ban Ki-moon « fin novembre » : de quoi collationner un maximum d’informations exclusives – et pour cause – auprès de l’OSDH et des opposants à téléphone portable.

Quand Ban Ki-moon met l’ONU à l’heure de l’OTAN

On a déjà écrit ici que l’ONU, sous le « règne » de Ban Ki-moon, semble s’être transformée en « chambre d’enregistrement » des directives géopolitiques américaines et associées : les mêmes qui n’ont pas mots et de textes assez durs contre Bachar al-Assad, Ahmadinejad ou Kadhafi  sont d’une discrétion de violette démocrate sur les régimes du roi Abdallah et des émirs du Golfe, sur la répression de la révolte au Bahrein ou au Yémen, ou sur les violations répétées des résolutions de l’ONU sur la colonisation et la répression israélienne dans les Territoires occupés, ceux qui réclament une transition démocratique immédiate en Syrie sont moins impétueux en ce qui concerne la création officielle d’un Etat palestinien. C’en est au point qu’on serait tenté de dire qu’un Etat ou un dirigeant condamné ou sermonné par l’ONU sont à coup sûr des Etats, des dirigeants libres, non alignés sur le Nouvel Ordre Mondial. Le « machin » jadis moqué par De Gaulle est vraiment devenu « la chose » de la Maison Blanche, du Département d’Etat et du Pentagone : l’ONU, qui n’autorise rien contre Israël, a déjà donné son « feu vert » à l’OTAN contre l’Irak, la Yougoslavie, la Libye – quitte à laisser « élargir » quelque peu, dans ce dernier cas, la mission initiale. Et s’il n’y avait la Russie, la Chine et quelques autres, elle aurait dit « go ! » au G.i.’s pour se ruer sur la Syrie et l’Iran.

Faysal Khabbaz Hamoui, représentant de la Syrie auprès des Nations-Unies, n’a pu que dénoncer « le langage utilisé dans le projet de résolution (…) odieux » et qui ne fera que prolonger la crise en Syrie. Tout en soulignant le caractère politique « à 100% » de la résolution, le diplomate a confirmé, mardi 23 août, que son gouvernement autoriserait néanmoins la mission du Haut-commissariat aux droits de l’homme « aussitôt que l’enquête indépendante syrienne aura terminé ses propres investigations« . Et ceux qui ricanent déjà à propos de l’indépendance des enquêteurs syriens devraient éclater d’un rire franc relativement à l’indépendance des employés de Ban Ki-moon !

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/actualite/onu-la-mascarade-continue/

 

 



6 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 Mohamed Bouhamidi : Aggravation des menaces guerrières du capitalisme.

Par une espèce d’ironie, chaque prise de position des démocrates-modernistes algériens sur une question arabe coïncide totalement avec les points de vue des monarchies du Golfe ou du régime égyptien. C’est encore vrai aujourd’hui pour la Syrie. La colère des monarchies du Golfe et le rappel de l’ambassadeur saoudien nous parviennent comme l’écho de l’appel de l’expulsion de l’ambassadeur syrien formulé par M. Bouchachi et sa nébuleuse à l’intérieur de la Ligue des droits de l’Homme. Nos démocrates pleuraient en 2008 «les Palestiniens pris en otage par le Hamas» pendant qu’Israël bombardait Ghaza. Cette position recoupait tout à fait les postions du régime égyptien et celles des pays du Golfe qui nous poussait à croire que le Hamas travaillait plus pour son allié l’Iran que pour la Palestine. On connaît aujourd’hui l’ampleur des connivences entre Israël frappant un «allié de l’Iran» et ces pays du Golfe et nous sommes, aujourd’hui, carrément abasourdis de découvrir la profondeur insoupçonnée des complicités secrètes entre Israël et ces pays du Golfe. Plus tôt en 2006, il apparaissait clairement que l’agression israélienne contre le Liban avait le soutien appuyé de ces mêmes pays du Golfe. Au Liban aussi, il fallait frapper une «base de l’Iran». Nos démocrates ont suivi cette ligne, le Hezbollah représentant pour eux la quintessence de l’islamisme dans sa version iranienne de surcroît. Ils ne trouvèrent aucune gêne – aujourd’hui non plus – à s’aligner sur le wahhabisme. L’échec patent d’Israël et du plan américain de balayer le Hezbollah en deux semaines – c’était quelques jours pour l’Etat libyen – puis l’adhésion populaire fantastique à la résistance libanaise et à la figure de son chef ainsi que la mobilisation des opinions européennes avaient obligé les Américains à différer leur «chaos créateur» par crainte de voir ce chaos se retourner contre eux. C’est pourquoi avec Freedom House ils ont organisé la rencontre des ONG arabes d’Amman entre le 17 et le 19 juin 2007, puis celle du Danemark pour tracer une nouvelle feuille de route qui ferait «émaner» des sociétés arabes elles-mêmes la demande «d’ingérence démocratique et/ou humanitaire». La demande d’expulsion de l’ambassadeur syrien est donc dans la droite ligne de la feuille de route d’Amman, affinée au Danemark.  Dans un texte à la logique implacable, Ahmed Halfaoui a démonté cette compassion à double vitesse. Combien d’Algériens connaissent l’existence de cette feuille de route pour se faire démocratiquement et en toute connaissance de cause une idée des sources d’inspiration de ces indignations à géométrie variable et combien d’Algériens savent que de Amman ces ONG arabes sont sortis avec une feuille de route intitulée : «Planification stratégique pour les réformes démocratiques» ? Révisons nos connaissances en français pour saisir pleinement le sens de ces  termes de «planification» et de «stratégie» et tout ce que cela implique de suivi des étapes dans l’art de gagner les guerres auquel se réfère le document sorti de Amman. Combien le savent pour situer exactement dans le cadre de la planification générale et à long terme la valeur et la fonction exacte de ces prises de position à l’intérieur de l’ensemble du plan ? Rappelons quand même que cette réunion d’Amman a suivi l’échec d’Israël au Liban et visait à frapper en premier lieu la Syrie. Il fallait absolument séparer la Syrie de l’Iran. Deux candidats étaient en course : les Français et les Turcs. Chacun avec sa méthode. Ils étaient à leur manière deux carottes différentes au milieu desquelles s’est glissée la cagnotte saoudienne. Les Américains devaient juger du meilleur exécutant – c’est encore le cas pour la Libye et pour l’élargissement de la guerre à l’Iran – mais eux gardaient bien levé leur bâton combiné à des promesses creuses mais surtout à des préparations secrètes qui ont abouti à l’infiltration à partir de l’Irak et de la Jordanie de groupes armés qui ont enveloppé la colère des Syriens dans les orientations mortifères des groupes animés par las Saoudiens. Séparer de gré ou de force la Syrie de son allié iranien. Par la carotte, cela n’a pas marché malgré l’invitation de Bachar El Assad à un défilé du 14 juillet. Cela ne vous rappelle-t-il pas le tapis rouge pour Kadhafi ? Cela devrait surtout servir d’avertissement pour les dirigeants algériens sur la duplicité des dirigeants occidentaux, singulièrement les Anglais et les Français. La trahison, le faux semblant, les flatteries soporifiques ne sont jamais loin du coup bas et du coup en traître. N’ayant pas obtenu le divorce syro-iranien par la carotte, les USA passent à l’usage de la subversion. La colère saoudienne ressemble à la rage de William Hague devant la résistance du peuple libyen. C’est finalement cette résistance du peuple libyen qui a rendu impossible la mission de la CNCD en Algérie et impossible de maquiller les visées réelles des Américains et des sionistes et de leurs alliés du Golfe dans la manipulation syrienne pour préparer la guerre contre l’Iran, alors que les opinions musulmanes ont été si bien «travaillées» qu’elles trouvent aujourd’hui, massivement, les chiites pires que le diable lui-même ! Le royaume saoudien est en colère et il gronde devant les difficultés de la mise en œuvre d’un encerclement de l’Iran et de son attaque par le flanc syrien, le flanc irakien étant sérieusement miné par les Iraniens. L’appel d’Alger est dans cette dynamique de l’agression. C’est à la fois une pression sur le gouvernement algérien qui refuse de marcher dans cette combine. C’est aussi un message des Américains et une de leurs menaces pour l’empêcher d’agir contre eux à défaut de l’avoir avec eux. C’est enfin l’offre d’une caution arabe qui tardait à venir (alors qu’elle avait été si promptement offerte par Amr Moussa pour attaquer la Libye). Au même moment que notre «nébuleuse Ligue des droits de l’homme» s’indignait, les pays du Golfe offraient cette caution arabe qui manque aux Etats-Unis et ses vassaux de l’Otan pour dépasser l’obstacle russe et chinois sur leur route pour l’agression.  Non seulement les Russes resteront un dur morceau à avaler dans l’exécution de ce plan parce qu’ils tiennent à leur base navale syrienne, mais ils se font déjà un devoir de prévenir sur les vrais buts de guerre de cette guerre civile créée par les Euro-Américains en Syrie comme celle qu’ils ont créée en Libye, même si en Syrie les bases de la contestation sont réelles mais pas forcément séduites par les sirènes euro-américaines.Sans le moindre effort – en tout cas sans vrai effort – vous pouvez trouver une demi-douzaine de sites très sérieux qui reprennent les documents américains qui détaillent les cibles inscrites au bout de leurs canons dans des textes officiels américains. Les régimes qui se montrent réticents à un alignement sans murmure sur les positions américaines et hésitent à se soumettre sans retard aux désirs des Etats-Unis doivent tomber d’une façon ou d’une autre. La méthode s’est plutôt sophistiquée depuis l’invasion de l’Irak en matière de maîtrise globale de l’information, des médias, des termes et du vocabulaire, etc. mais aussi, et surtout, en matière de mise en scène avec tout au-devant «la demande indigène d’ingérence». Combien de fois les bouches criminelles des dirigeants occidentaux n’ont-elles pas seriné que l’Otan bombarde avec l’assentiment des Arabes et à leur demande et avec leur participation ? Dans la liste de ces pays récalcitrants, vous trouverez en tête la Syrie pour son alliance avec l’Iran et pour ses liens avec le Hezbollah qui rendent plus difficile la guerre programmée contre l’Iran. Vous trouverez aussi la Libye et l’Algérie. Le paquet devait être livré «au changement démocratique» dans le même mois de février avec les CNT algériens et libyens et l’entrée en action des groupes wahhabites en Syrie. Cela n’a pas marché. Les palans américains marchent de moins en moins, hormis en Irak où il faut admettre qu’ils ont mis le paquet : une coalition des plus grandes puissances militaires mondiales contre un régime miné de toutes parts. Dans ce plan l’Algérie leur paraissait déjà comme un morceau un peu difficile. La résistance du peuple libyen avec la mémoire tout de suite retrouvée de la lutte anticoloniale a refroidi leurs ardeurs, alors que leurs documents signalaient déjà le caractère incertain, voire aventureux d’une attaque frontale contre notre pays. Il leur reste tout au plus l’aide de la nébuleuse d’un président fictif de la Ligue des droits de l’Homme puisque le président légal s’appelle Hocine Zahouane. 
Ces nouveaux développements à propos de la Syrie jettent une nouvelle lumière sur la guerre de reconquête coloniale faite à la Libye. Mais le contexte de l’accélération des manifestations de la crise qui frappe le capitalisme aggrave les inquiétudes. La tactique des Euro-Américains «du sauve-qui-peut», couplé au «faire-n’importe-quoi» pour donner à leurs opinions l’illusion d’une action positive dans un tableau toujours plus sombre, ne marche pas non plus. La confrontation avec la Chine ne peut plus attendre le renforcement du pôle des BRICS et l’enlisement dans des guerres périphériques d’encerclement par l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan et par le choix d’une guerre sur le continent africain. Les dirigeants des grands pays capitalistes connaissent tout à fait la profondeur et la gravité de cette crise. Ils n’ont aucun moyen, hormis la guerre mondiale, d’y faire face. Il est temps de se demander si la troisième guerre mondiale va ressembler aux deux premières et si ses prémices ne sont pas déjà en œuvre dans cette balkanisation du nord de l’Afrique et du Sahel. La guerre contre la Chine commence déjà par lui barrer les territoires conquis commercialement et pacifiquement dans nos contrées. La carotte du pétrole saoudien à bon prix contre un lâchage chinois de l’Iran ne semble pas non plus fonctionner correctement. Quand les Saoudiens essayaient de séduire les Chinois à la demande des Américains, la Chine engageait des investissements colossaux en Libye et gagnait une influence sans pareille pour les autres pays. C’était surtout cela la source de la guerre contre la Libye, combinée à d’autres facteurs bien sûr.

Mohamed Bouhamidi :

Jeudi 11 août 2011

Publié sur La Tribune source : Ahmed Halfaoui


6-2 Aline de Diéguez : Quelle est la bonne distance pour comprendre les évènements de Syrie ?

Dans la vaste fresque en quatre volumes de Lawrence Durrell intitulée le Quatuor d'Alexandrie, quatre personnages (Justine, Balthazar, Mountolive et Cléa) racontent quatre fois la même histoire, mais vue à travers les sentiments de chacun des protagonistes, leurs intérêts privés et surtout une appréciation différente du sens des mêmes évènements politiques auxquels ils participent en fonction de la situation sociale qu'ils occupent dans la ville, ainsi que de leur degré de lucidité politique. De plus, chacun fantasme sur le rôle joué par les trois autres personnages dans cette épopée.

Imaginons la fresque que le grand romancier anglais pourrait écrire aujourd'hui s'il se lançait dans la rédaction d'un Quatuor de Damas?

Quelle serait la bonne distance pour comprendre les évènements de Syrie?

Celle du diplomate anglais Mountolive, qui, du point de vue de Sirius, rappellerait l'histoire de la Syrie depuis les croisades et déroulerait logiquement les conditions géopolitiques pro et contra l'idée que la Syrie est victime d'une coalition étrangère? Il mettrait en évidence le rôle positif du pays dans son aide aux organisations de résistance libanaises et palestiniennes, l'asile généreux offert au chef de la résistance palestinienne, Khaled Meschaal, le refus d'imiter la Jordanie et l'Egypte en signant un traité de paix déshonorant avec Israël. Il remonterait aux conséquences de l'action du général Gouraud en 1919. Il énumèrerait les preuves des influences extérieures véhiculées par les grandes chaînes d'information télévisuelle qui déversent sur le Moyen Orient la vision occidentale du monde, notamment la chaîne qatarienne Al Jazzirah, la saoudienne Al Arabiyah ou l'irakienne Al Hurra devenues par un de ces miracles propres au Moyen Orient de vertueuses porte-paroles de la "Liberté" et de la "Démocratie", oubliant de jeter de serait-ce qu'un coup d'œil critique sur le degré de "Démocratie" des Etats qui les financent. Il insisterait fortement sur les funestes projets américano-sionistes de "remodelage du Moyen Orient" qui prévoient de dépecer le pays à l'égal du sort infligé à l'Irak en créant des micro-entités quasiment indépendantes et toujours prêtes à en découdre les unes contre les autres. Diviser pour régner, vieille règle toujours d'actualité.

Faut-il comme Justine, la maîtresse juive du narrateur demeurer le nez collé sur l'évènement et ne jouir d'une connaissance de la situation guère supérieure à celle de Fabrice sur la bataille de Waterloo dans la Chartreuse de Parme? Pour cela, il suffit de se lamenter sur la "violence" des masses arabes et de déplorer la "disproportion" des moyens utilisés par le pouvoir tout en insistant sur la nécessité pour tout Etat de "rétablir l'ordre" et de "protéger les honnêtes citoyens"?

Cléa, l'artiste, qui a ses entrées dans les allées du pouvoir et qui croit tout comprendre à partir des bribes qu'elle glane ici et là est-elle un meilleur juge? Il n'y pas de manifestants pacifiques, ces "voyous" dans les rues ne sont que des "terroristes" et des "bandits armés" déclarerait-elle haut et fort. D'ailleurs, ajouterait-elle, ces groupes de "bandits" sont armés par l'étranger. La preuve? Des va-nu-pieds très jeunes et visiblement drogués, que personne ne connaît dans les villages, sont équipés de téléphones satellitaires. Ce sont eux qui provoquent des carnages, les filment complaisamment avec leurs appareils ultra modernes et vendent à l'étranger des vidéos dégoulinantes de sang dont ils attribuent ensuite la paternité aux forces de l'ordre.

Quant à Balthazar, le militant de la Liberté et de la Dignité du peuple syrien, le révolutionnaire qui milite pour un changement radical de la politique de son pays, il refuserait la fatalité de la soumission des peuples arabes à des tyrans inamovibles et héréditaires ou à des théocrates obscurantistes. Il dirait que la Liberté et la Justice ne se marchandent pas et que les peuples arabes, trop longtemps opprimés par des potiches au service des colonisateurs, ou par des potentats tyranniques défendus par des gardes prétoriennes, ont le devoir de prendre place dans le grand courant révolutionnaire qui balaie tout le Moyen Orient, du Maroc à la Péninsule arabique. Le printemps arabe, affirmerait-il, a soufflé les miasmes de la "guerre américaine contre le terrorisme" et relégué le diable Oussama Ben Laden et son "terrorisme" opportunément inventé au rang des accessoires utiles à la main mise américano-israélienne sur les pays arabes. Nous sommes dorénavant libérés de ces chaînes et pouvons inventer votre futur, chanterait-il.

Le porteur d'espoir en l'avenir rappellerait quelques exploits particulièrement odieux du clan Assad, notamment les massacres de masse à Hama du père et du fils et le calvaire du camp palestinien de Tar-el-Zataar en 1976, au cours duquel furent massacrés quatre mille palestiniens avec la complicité des groupes libanais maronites et du général Aoun, rebaptisé aujourd'hui grand défenseur des Palestiniens. (*) Voilà, dirait notre militant, une vérité soigneusement occultée et que les partisans d'un régime syrien n'ont pas intérêt à sortir de dessous le tapis sous lequel il ont balayé cette réalité peu glorieuse de leurs héros, alors que les "forces de sécurité" au service du fils ressemblent comme deux gouttes d'eau à celles qui sévissaient du temps du père. Le militant pour la liberté des peuples sait que les grands vents de l'histoire finissent toujours par emporter les tyrans grands et petits, parce que ce sont toujours eux qui trahissent les intérêts de leur pays et aliènent la souveraineté nationale, alors que les peuples qui luttent pour leur propre liberté se battent d'un même élan pour la dignité et l'indépendance de leur patrie.

L'Egypte en est un exemple particulièrement éloquent. Notre défenseur de la libération des nations montrerait que les généraux actuellement à la tête du pays des Pharaons et anciens complices de Moubarak, le représentant des priorités américaines au Moyen Orient, sont aujourd'hui contraints, volens nolens, par une foule plus patriote que ses dirigeants, d'infléchir à 180° la politique de l'Egypte à l'égard du régime sioniste et de refuser l'humiliation de l'abaissement d'une grande nation devant un petit cyclope agressif.

Le point de vue d'où l'on parle est capital, car c'est lui qui donne son sens au regard, donc aux évènements.

L'arrière-monde géopolitique est certes la grande scène du théâtre sur lequel se joue aujourd'hui la pièce qui conditionne l'avenir de la Syrie, mais rien n'est intelligible si l'on ne remonte pas à l'origine du déclenchement des mouvements populaires actuels, devenus émeutes au fil des semaines. On voit alors que la cause profonde de ces évènements est avant tout syrienne et je vais tenter de le démontrer.

Le 25 juillet 2011, le gouvernement syrien a adopté un projet de loi autorisant enfin le multipartisme afin de "permettre l'alternance du pouvoir" en Syrie. Que voilà une grande nouvelle! Comment appelle-t-on un pays dans lequel l'alternance du pouvoir était interdite? Une monarchie absolue ou une dictature.

En février 2011, un Bachar El Assad , sûr de lui, affirmait que la Syrie était à l'abri des mouvements qui secouaient alors la Tunisie et l'Egypte en raison, disait-il, d'une politique étrangère "honorable". Il se vantait de sa non soumission à l'axe américano-sioniste. Bachar aurait dû mieux connaître l'histoire en général et son peuple en particulier. Il aurait alors compris qu'une politique étrangère habile ne peut faire oublier une vie quotidienne de plus en plus insupportable qui génère une vraie et profonde demande de changement. Surtout il aurait dû savoir que la contagion de la révolte sociale et politique qui avait balayé les inamovibles dictateurs de Tunisie et d'Egypte et embrasé Bahreïn et le Yémen, n'allait pas laisser la Syrie en dehors de l'incendie. Si Bachar avait été assez fin politique et avait étudié les révolutions françaises, il aurait su que l'esprit de révolution se propage comme une traînée de poudre et il aurait promulgué son projet de loi sur le pluralisme des partis le 25 février 2011 et non alors qu'il était déjà pris à la gorge. De plus, il aurait entrepris dare-dare les fameuses réformes annoncées depuis des lustres et jamais mises en pratique, et cela dès le début des mouvements politiques et sociaux en Tunisie sans attendre que le peuple se déverse dans les rues. Mais un pouvoir absolu rend aveugle et sourd. Gouverner, c'est prévoir.

Dès lors, comment s'étonner que les Syriens étouffent sous le trop long règne du père et du fils? Le peuple est peu accessible à des considérations de géopolitiques quand sa vie quotidienne devient de plus en plus difficile et qu'il a l'impression d'être oublié du pouvoir pendant que prospère une frange aisée de commerçants et de notables de la capitale et des grandes villes? Comme tous les peuples de la terre le peuple syrien aspire à une plus grande justice sociale. De plus, il est dégoûté par une corruption généralisée et il étouffe sous la poigne de fer des services sécuritaires omniprésents hérités du père. Un parti unique, le Baas, représentant une petite tribu et un mouvement religieux particulier et minoritaire, les Allaouites, détient tous les leviers du pouvoir depuis un demi-siècle.

Un des réels avantages de la démocratie, c'est que les maffieux et les corrompus de tout poil ne peuvent s'enkyster durablement dans les tuyaux du pouvoir. La corruption a besoin de la durée pour établir ses réseaux et se "légitimer". Or, comme en Tunisie avec les familles Ben-Ali-Trabelsi ou en Egypte avec celle des Moubarak, la famille proche et élargie des Assad était devenue une véritable horde de termites gloutonnes encore plus voraces et plus rapaces s'il se peut depuis que la lutte contre la corruption avait été seulement évoquée.

Le peuple n'est pas amnésique. Il courbe l'échine un temps sous le fouet d'une répression impitoyable, mais il n'oublie pas les massacres, la corruption et l'immoralité du clan au pouvoir et un régime policier insupportable. Tous ces facteurs de mécontentement réunis étaient plus que suffisants pour que la rue syrienne soit encouragée à imiter les révoltes tunisienne et égyptienne et veuille, elle aussi, jouir du grand vent de liberté que portait l'espérance du "printemps arabe".

Car les Assad et leur parti militaro-religieux héréditaire sont au pouvoir depuis 1963. Il suffisait d'un prétexte ou d'une étincelle pour mettre le feu au pays. Point n'était besoin d'un complot. Quand le peuple est dans la rue, tout est toujours trop peu et trop tard. Le temps des réformes est passé. On entre dans le temps de la révolution.

L'aspiration à la justice et à la liberté sont "totalitaires" au sens où le peuple veut tout et tout de suite et aucune considération de géopolitique ou de prudence n'a de prise sur les demandes d'un peuple en colère, de plus en plus exigeant au fil des répressions et des capitulations du pouvoir. Sur une vingtaine de millions d'habitants, il n'était pas impossible de rassembler un million de sympathisants du régime en place autour d'un gigantesque drapeau. Issus principalement de la classe moyenne de Damas et d'Alep, chouchoutée par le pouvoir, ils crient leur amour pour leurs dirigeants tout en défendant leurs privilèges. Mais aucune conspiration extérieure n'est en mesure de jeter dans les rues de toutes les autres villes du pays, depuis six mois, jour après jour, les centaines de milliers de manifestants les plus pauvres et les plus revendicateurs: les innombrables laissés- pour-compte qui font les révolutions.

Aucune révolution ne se fait pour des motifs géopolitiques et aucun motif géopolitique n'empêche un peuple qui revendique plus de liberté politique, plus de justice sociale, plus de considération, plus de libertés individuelles, plus de morale de la part des dirigeants, de crier sa colère. La Tunisie et l'Egypte servant de modèles, les Syriens ont emboîté le pas à ces prédécesseurs. Toutes les grandes révoltes populaires sont avant tout des "révolutions du pain" et des "révolutions de la dignité".

A quoi servait la pléthore de forces de police, de sécurité ou de contre-espionnage sans compter une armée de composition tribale et dévouée au pouvoir, si tous ces organes de répression se sont révélés incapables de localiser au préalable et de maîtriser ensuite quelques groupes marginaux violents sis aux frontières, dénoncés aujourd'hui par le pouvoir comme sources du complot? Aucune manifestation de masse n'est exempte de troubles violents qui parasitent les cortèges pacifiques, comme on l'a vu récemment en Angleterre ou comme cela se produit régulièrement en France. On se souvient de l'embrasement des banlieues françaises en 2005. Les documents de Wikileaks avaient alors révélé l'ampleur de manipulations secrètes américaines en direction des "minorités visibles", c'est-à-dire, pour parler sans langue de bois, les Maghrébins et les Africains noirs, par opposition, je suppose, aux "minorités invisibles", qu'on évite pudiquement - ou prudemment - de nommer. Mais ces manipulations n'étaient en aucun cas les déclencheurs des mouvements.

Plus l'Etat réprime, plus des groupes minoritaires violents s'agrègent au mouvement revendicatif initial, se radicalisent et accroissent la confusion générale. La spirale diabolique d'une répression de plus en plus sanglante est enclenchée, au point que dans le port de Lattaquié, le pouvoir syrien n'a pas hésité à masser des milliers d'opposants - dont un grand nombre de Palestiniens - dans le stade de la ville et à bombarder la foule à partir de navires de guerre. Le symbole de Pinochet plane sur la ville martyrisée.

Par la force des choses, d'innombrables circonstances intérieures sont sources de mécontentement et peuvent être qualifiés de "complots": retour d'Irak des Syriens sunnites salafistes qui cherchent à en découdre avec les alaouites chiites qui monopolisent le pouvoir depuis plus d'un demi-siècle, luttes intestines entre tribus, rivalités entre mouvements religieux accusés d'être manipulés tantôt par l'Iran, tantôt par le pays des Saoud, tantôt par la Turquie, tantôt par les Etats-Unis, tantôt par les sionistes, tantôt par la France. La présence de notre ambassadeur et de celui des Etats-Unis dans un cortège accrédite ce point de vue. Mais il s'agit d'une simple péripétie théâtrale et m'as-tu-vuiste, bien digne de notre politique étrangère en lambeaux.

Il faut savoir que les manipulations souterraines sont une donnée permanente des relations entre Etats qui depuis toujours entretiennent des armées d'espions et d'agents d'influence plus ou moins occultes dont le complot est le métier. Il suffit de lire les mémoires de Talleyrand pour s'en convaincre.

Tout cela augmente la confusion générale, mais seul un corps social et politique malade permet aux influences parasitaires parallèles de prospérer. C'est faire injure aux Syriens de considérer qu'ils sont assez stupides pour accepter de se soulever, de braver une dure répression depuis six mois et de mourir pour l'Iran, pour l'Arabie ou pour tel ou tel exilé, marionnette des Américains.

Quand la foule brocarde le pouvoir en chansons dans les défilés, la situation des dirigeants devient périlleuse. On se souvient du "Ah ça ira".

"Bachar tu n'es pas des nôtres.
" Prends ton frère Maher, et lâche-nous
"Prends le parti Baas avec toi et prends la porte, il y a la liberté qui y frappe
"Maher, idiot, agent des Américains, le peuple syrien tu ne le soumettras pas.
"Bachar, le sang des martyrs n'est pas bon marché,
"Le feu que Dieu a allumé dans nos cœurs emportera le système et châtiera les criminels.
" Allez dégage Bachar."

Entre chaque couplet la foule de Hama reprenait le refrain:

"Yallah irhal ya Bachar" ("Allez dégage Bachar!").

On remarquera que la foule reproche au pouvoir son pro-américanisme. N'est-ce pas paradoxal, alors que Bachar se vantait précisément de ce que l'anti-américano-sionisme représentait son succès principal? Est-ce là une forme de lucidité du peuple qui ne s'en laisse pas compter devant les fanfaronnades du pouvoir? Il est des humiliations que le peuple ressent plus profondément que ses dirigeants. Je pense au bombardement des installations militaires par l'aviation israélienne entrée dans le pays comme dans un moulin. Quand les forces de sécurité sont principalement acharnées à contrôler leurs propres citoyens, la surveillance des frontières laisse nécessairement à désirer. Au lieu de nous harceler, l'armée ferait mieux de chercher à récupérer notre province du Golan, pense le peuple, qui n'est pas dupe du silence remarquable du pouvoir sur la construction de trente colonies juives sur les terres annexées et sur l'expropriation massive des concitoyens arabes syriens.

En effet, la Syrie est restée bien sage face à Israël et s'est surtout attachée à empêcher les réfugiés palestiniens de harceler l'Etat sioniste à partir de ses frontières. Elle n'a autorisé leur sortie qu'au moment de la commémoration de la Nakba, mais sans les protéger, si bien qu'elle a permis à la soldatesque israélienne de se livrer à un véritable tir au pigeon et de provoquer le carnage dont ils sont coutumiers.

C'est pourquoi l'Etat hébreu s'est plutôt bien accommodé de Bachar et de son régime répressif. Un pouvoir fort à ses frontières, même s'il s'affiche comme hostile en paroles, lui convient parfaitement. Seule la démocratisation du monde arabe lui fait peur, car elle seule est porteuse de principes et d'exigences universels et se révèle donc lourde d'incertitude et de dangers. Car, Israël a horreur des principes universels et revendique une "morale" particulière - une immoralité, dirons-nous - qui lui permet de poursuivre le vol et la colonisation des terres, l'emprisonnement et l'assassinat d'autant de Palestiniens qu'il le juge bon sans qu'aucune instance internationale s'avise d'y mettre le holà.

Le pouvoir syrien ne s'y est pas trompé. L'auteur de la chanson brocardant le régime a été assassiné.

Egorgé.

Alep et surtout la capitale, Damas, demeurent toujours fidèles au pouvoir en place. Pour l'instant, la révolte est cantonnée aux grandes villes de province, ce qui n'est pas suffisant pour assurer le triomphe rapide d'une révolution.

L'avenir nous dira si la "révolution du pain et de la dignité" réussira à entraîner le pays tout entier et à renverser les structures politiques dictatorialo-archaïques du régime, si elle évoluera en guerre civile ou en guerre religieuse, ou bien encore si le pouvoir parviendra à à écraser l'authentique révolte populaire et à neutraliser les groupuscules qui polluent les manifestations pacifiques.

Le plus probable est que dans l'immédiat le régime syrien se cramponnera à un statu quo, avec l'idée que réformer sous la contrainte de la rue serait faire preuve de faiblesse. Quand il n'y a plus de bonne solution, le drame n'est pas loin. Car à un certain degré de pourrissement de la situation le poids des victimes de la répression est trop lourd pour qu'un retour en arrière qui permettrait au régime de se re-légitimer à l'intérieur et à l'extérieur des frontières, soit possible, si bien qu'il se résolve à réformer ou qu'il continue à réprimer et à massacrer, l'auto-suicide du pouvoir est assuré à long terme.

 (*) Voir : Chahid Slimani : La vérité sur les Assad et les autres girouettes, Michel Aoun et tutti quanti

Aline de Diéguez

Mardi 23 Août 2011

http://chahidslimani.over-blog.com/pages/Chahid_Slimani_La_verite_sur_les_Assad_et_les_autres_girouettes_Michel_Aoun_et_tutti_quanti-5615613.html
http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

18/09/2011

Dossier : Syrie :Manipulation de l’opinion. - n°14 - 18-09

 

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


       Dossier : Syrie :Manipulation de l’opinion.

n°14    - 18-09  

 C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier / média & manipulation deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire. :  

Tiré à part :

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

-1 T. Slimani : Les chaînes instigatrices poursuivent leur sale besogne en incitant à armer les terroristes en Syrie.

1-2 Thierry Meyssan : Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes.

1-3 Agence Sana : "Londres, tout à fait comme Damas". 

1-4 La propagande médiatique en cours contre la Syrie est le résultat de la politique des Etats-Unis et du régime israélien dans la région.

1-5 Sergueï Lavrov : « Il faut stopper la campagne médiatique sauvage contre la Syrie ! ».

1-6 Guy Delorme, : Syrie-Iran : quand Le Figaro transforme ses rêves en prospective...

1-7 Pierre Marulaz : Les délires – et vœux pieux – géopolitiques du 'Monde'.

2 Les brèves.

2-1  Le patriarche maronite libanais,Béchara Boutros Raï, défend Bachar Al Assad.

3 Dossier

. 3-1 Louis Denghien: l’ambassadeur américain obligé d’écourter son ingérence.

3-2 Guy Delorme : Pétrole : chronique d’un embargo annoncé.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

4-1 Chems Eddine Chitour : Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l'Iran

4-2 Gilles Munier : Damas, Hama & Bachar sur le vif…

DEMAIN -19-09 --- DEMAIN -19-09 -- DEMAIN -19-09 --- DEMAIN -19-09 ---

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Chems Eddine Chitour: « Les pays occidentaux veulent changer la carte du Moyen-Orient et la rendre favorable à Israël ».

5-2Mireille Delamarre : Qui Au Moyen Orient Profiterait De La Chute D’Assad ?

5-3 Chatta : Mme Chaabane affirme que les événements en Syrie sont liés à des plans sionistes et occidentaux pour diviser les pays arabes.

5-4 Louis Denghien : L’ONU au service du NOE (Nouvel Ordre Mondial) ?

5-5 Louis Denghien : ONU : la mascarade continue !

6 Annexe

6-1 Mohamed Bouhamidi : Aggravation des menaces guerrières du capitalisme.

6-2 Aline de Diéguez : Quelle est la bonne distance pour comprendre les évènements de Syrie ?



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

 

1-1 T. Slimani : Les chaînes instigatrices poursuivent leur sale besogne en incitant à armer les terroristes en Syrie.

Nombre de chaînes satellitaires se sont versé sans scrupule dans l'incitation crue contre la Syrie en prônant l'armement et le financement des groupes terroristes pour qu'ils intensifient leurs actes barbares et sauvages contre des citoyens et des forces de sécurité.

Ces appels ne se soucient guère des événements à l'intérieur de la Syrie, ni de ceux qui en est les promoteurs, n'ayant pour objectif que la réalisation des agendas étrangers visant à porter préjudice au rôle central de la Syrie et à ses positions appuyant les droits arabes et rejetant toutes sortes d'ingérence dans les affaires intérieures de la région.

En effet, l'on a constaté sur les écrans des chaînes tendancieuses comme al-Jazzera et al-Arabiya, en couvrant les événements de la journée en Syrie. Les rapports de ces chaînes se croisaient sur l'incitation à l'armement et au financement des terroristes, et appelaient ouvertement à l'intervention étrangère sous le chapitre VII, d'une manière reflétant un désespoir devant le retour au calme constaté les dernières semaines dans plusieurs régions du pays, à l'exception des actes des terroristes armés qui y sévissent encore.

Dans ce contexte, ces chaînes avaient employé des termes qui provoquent les sentiments et incitent au conflit et à l'émeute, et s'étaient servies de toute information ou nouvelle sans les valider pour réaliser ses buts. 

L.A. / T. Slimani

03 Sept 2011

http://www.sana.sy/fra/338/2011/09/03/367196.htm


1-2 Thierry Meyssan : Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes.

La propagande de guerre est entrée dans une phase nouvelle avec l’action coordonnées de chaînes de télévision satellitaires. CNN, France24, BBC et Al-Jazeera sont devenues des instruments d’intoxication pour diaboliser des gouvernements et justifier des agressions armées. Ces pratiques sont illégales en droit international et l’impunité de leurs auteurs doit cesser. 

Le traitement actuel de l’information sur la Libye et la Syrie marque un tournant dans l’histoire de la propagande de guerre en ce qu’il utilise des moyens nouveaux qui ont pris l’opinion publique internationale par surprise.

Quatre puissances, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Qatar, ont joints leurs moyens techniques pour intoxiquer la « communauté internationale ». Il s’agit principalement des chaînes de télévision CNN (qui bien privée agit en coordination avec l’unité de Guerre psychologique du Pentagone), France24, BBC et Al-Jazeera.

Ces médias sont utilisés pour attribuer mensongèrement aux gouvernements libyen et syrien des crimes qu’ils n’ont pas commis, et pour couvrir les crimes commis par les services secrets des puissances précitées et par l’OTAN.

 On se souvient du précédent à moindre échelle de 2002. Globovisión avait diffusé en direct des images d’une révolution populaire chassant le président élu Hugo Chávez et des images de militants chavistes tirant sur des manifestants d’opposition et les tuant. Cette mise en scène avait permis de masquer un coup d’État militaire orchestré depuis Washington avec l’aide de Madrid. Cependant, après qu’un authentique soulèvement populaire ait mis fin au putsch et ait rétabli le président élu, des enquêtes journalistiques et judiciaires ont démontré que la révolution filmée par Globovisión n’était qu’un trucage visuel, et que jamais les chavistes n’avaient tiré sur la foule, mais qu’ils avaient au contraire été victimes de snipers armés par la CIA.

Il en est de même aujourd’hui, mais avec un consortium de chaînes satellitaires. Celles-ci diffusent des images d’événements inexistants en Libye et en Syrie. Elles cherchent à faire accroire que la majorité des Libyens et des Syriens veulent renverser leurs institutions politiques et que Mouammar Kadhafi et Bachar el-Assad massacrent leur propre peuple. Sur le fondement de ces intoxication l’OTAN a attaqué la Libye et s’apprête à détruire à agresser la Syrie.

Or, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Assemblée générale des Nations Unies a par quatre fois légiféré pour interdire et condamner ce type de pratique.

La Résolution 110, du 3 novembre 1947, relative aux « mesures à prendre contre la propagande en faveur d’une nouvelle guerre et contre ceux qui y incitent », sanctionne « la propagande de nature à provoquer ou à encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ».

La Résolution 381, du 17 novembre 1950, consolide cette condamnation en condamnant la censure des informations contradictoires comme partie intégrante de la propagande contre la paix.

Enfin, la Résolution 819, du 11 décembre 1954, sur « la suppression des obstacles au libre échange des informations et des idées », pose la responsabilité des gouvernements à supprimer les obstacles qui entravent le libre-échange des informations et des idées.

Ce faisant, l’Assemblée générale a élaboré sa propre doctrine en matière de liberté d’expression : elle a condamné les mensonges qui conduisent à la guerre et a érigé la libre-circulation des informations et des idées et le débat critique en armes au service de paix.

Le verbe, et plus encore l’image, peuvent être utilisées pour préparer les pires crimes. En l’occurrence, les intoxications de CNN, France24, BBC et Al-Jazeera constituent des « crimes contre la paix ». Ils doivent être considérés comme plus graves encore que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité actuellement commis par l’OTAN en Libye et par les services secrets occidentaux en Syrie en ce qu’ils les précédent et les rendent possibles.

Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre doivent être jugés par la Justice internationale.

Thierry Meyssan

14 août 2011

http://www.voltairenet.org/Les-journalistes-qui-pratiquent-la


1-3 Agence Sana : "Londres, tout à fait comme Damas". 

Le journaliste italien, Matthew Bernabei, a critiqué le double critère de la communauté internationale et la campagne de mensonges des mass médias, dans le traitement des événements, en Syrie, et ceux au Royaume Uni. Dans une analyse, publiée, par le quotidien "Rinascita", le journaliste Bernabei a évoqué les mesures adoptées par le gouvernement britannique et les déclarations de son Premier ministre, David Cameron, qui n'avait pas hésité à lancer que son pays ne laissera pas triompher la culture de la peur et qu'il fera descendre l'armée, dans les rues, "pour protéger les Britanniques et les biens publics". Bernabei s'est demandé quelle serait la réaction de Cameron, qui avait lancé, il n'y a pas longtemps, des déclarations soutenant les manifestations, en Syrie, si les manifestants avaient pris d'assaut des stocks d'armes et utilisé ces armes, dans les villes britanniques. "Nous sommes devant deux cas similaires, avec lesquels, la communauté internationale traite, d'une manière absolument différente, se solidarisant, d'un côté, avec Cameron, et s'en prend, de l'autre, aux déclarations du gouvernement syrien, sur la non permission aux groupes armés de jouer avec la sécurité des citoyens", a écrit le journaliste, s'indignant du fait que la majorité des dirigeants du monde était d'accord avec Cameron, quand il disait que les manifestants, dans son pays, ne représentent pas la majorité des Britanniques, "alors que la communauté internationale avait parlé de sanctions économiques et d'autres mesures, à l'encontre de la Syrie, quand elle avait parlé des manifestants, bien qu'elle avait démontré, photos à l'appui, l'existence, parmi eux, de groupes armés extrémistes, qu'il fallait confronter. Le journaliste Bernabei a fait remarquer que ce qui se passe, en Syrie, est une campagne internationale combinée, visant à mettre fin à l'indépendance de la Syrie, qui refuse toujours de se plier, devant les diktats de Washington et de ses alliés. Il a souligné que les faits montés contre la Syrie commençaient à se dévoiler, notamment, les images de bébés décédés, qu'on prétendait être, en Syrie, alors qu'elles étaient prises dans l'une des cliniques d'Alexandrie, et la nouvelle sur le décès présumé de l'ex-ministre syrien de la défense, qui est apparu à la télévision, "après sa mort".

Agence Sana

13/08/2011

IRIB


1-4 La propagande médiatique en cours contre la Syrie est le résultat de la politique des Etats-Unis et du régime israélien dans la région.

L'agitation continue contre le gouvernement du président Bachar Al-Assad en Syrie est le résultat de la politique des Etats-Unis, du régime israélien et de leurs alliés dans la région, a déclaré Ahmad Mohd Kazmi.

"Le déplacement de l’ambassadeur américain dans des villes syriennes a eu pour conséquence de provoquer et d'encourager les manifestants et les éléments anti gouvernementaux", a déclaré le journaliste indien dans un article transmis à l'Irna.
Ahmad Mohd Kazmi qui s’est rendu récemment en Syrie, a témoigné de la conjoncture actuelle.
"Les développements en Syrie sont surveillés par la communauté internationale avec beaucoup d'appréhension et d'angoisse. Les adversaires du président Bachar al-Assad ont appelé non seulement à des réformes politiques, mais à la chute du régime.
Le journaliste indien, qui faisait partie d'une équipe de plus de 150 journalistes et observateurs politiques à travers le monde, s’est rendu en Syrie et a déclaré que lors de cette visite de quatre jours, les journalistes ont été pris dans la ville d’ Hama, foyer de la récente lutte et des manifestations contre le président syrien.
Il a souligné que la situation a été exagérée par les médias occidentaux et arabes, y compris par les chaines de télévision CNN, BBC, Al-Jazira et Al-Arabia chaînes de télévision.

Les invités ont également été prises pour le canal où les cadavres des officiers de police ont été jetés par des assaillants armés.
Lors de sa visite à Hama, un petit groupe de jeunes hommes a déclaré aux journalistes que les groupes rebelles armés de fusils, de couteaux et de cocktails Molotov avaient pris le contrôle d'une grande partie de la ville.
Les citoyens locaux ont été contraints de rester cloitrés dans leur maison par les activistes et des snipers ont tiré sur les gens qui s'aventuraient au dehors.

Téhéran.Irna.

05 Septembre 2011.  

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-96/1109053954095953.htm


1-5 Sergueï Lavrov : « Il faut stopper la campagne médiatique sauvage contre la Syrie ! ».  

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a récemment déclaré que le Président syrien Bachar al-Assad propose des « réformes parfaitement réelles », mais que la communauté internationale ne les prend pas au sérieux et « refuse même d'examiner ces réformes, certes tardives, mais parfaitement réelles ».
La communauté internationale encourage l'opposition syrienne à boycotter les appels au dialogue.
« Au Yémen, théâtre d'un violent conflit armé, tous les membres de la communauté internationale cherchent à promouvoir un compromis entre les autorités et l'opposition, tandis qu'en Syrie, certains pays influents incitent l'opposition à boycotter les appels au dialogue », a indiqué le ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une intervention devant les professeurs et les étudiants de l'Institut d'État des relations internationales de Moscou.
Par ailleurs, Anatoly Torkunov, président de cet institut, a fait remarquer que ceux qui se disent « manifestants pacifiques en Syrie », manipulent les armes de manière très professionnelle, estimant qu'ils sont soutenus financièrement, logistiquement et médiatiquement par des forces étrangères.
Dans un entretien accordé à la télévision syrienne, M. Torkunov a appelé à mettre un terme à « la campagne médiatique sauvage » dirigée contre la Syrie, ainsi qu’aux ingérences étrangères dans ses affaires intérieures. Et il ajoute : « Ceux qui sont à l'origine des événements en Syrie, ont pour objectif d'affaiblir la Russie et de la priver de son plus proche allié au Moyen-Orient, la Syrie ».
Le président de l'Institut d’État des relations internationales de Moscou a déploré l'existence des plans agressifs américains et israéliens, visant à porter atteinte à la souveraineté des pays de la région. « L'agression de l'OTAN contre la Libye a révélé que le droit international n’a plus aucune influence. La force reste le seul moyen pour se défendre », a-t-il conclu.

10/09/2011

Irna


1-6 Guy Delorme, : Syrie-Iran : quand Le Figaro transforme ses rêves en prospective...

Parmi le flot – encore – ininterrompu de dépêches et articles relatifs à la Syrie, on a pu en remarquer, au début de cette semaine, qui faisaient état d’un refroidissement entre Damas et Téhéran. Il y avait eu notamment un papier – ou plutôt un tract – d’Alain Franchon dans Le Monde (voir notre article « Les délires – et voeux pieux – géopolitiques du Monde« , mis en ligne le 8 septembre).
Attachons nous cette fois à l’article du
Figaro.fr mis en ligne le lundi 12 septembre et intitulé « Téhéran durcit le ton avec Damas« .

Cet article, signé de Delphine Minoui, correspondante du quotidien atlantiste au Proche-Orient, débute d’emblée par un (pieux) mensonge : « La révolte contre Bachar al-Assad refuse de s’essouffler« . Article qui prend la relève, en quelque sorte, d’un autre article du Figaro du 29 août brodant sur le même sujet, et signé cette fois du journaliste « otanesque’ Georges Malbrunot, dont nous avons déjà eu l’occasion de vanter ici l’honnêteté intellectuelle (voir notre article « Georges Malbrunot, la voix de ses – nombreux – maîtres« , mis en ligne le 25 août).

La révolte contre Bachar « refuse de s’essouffler » ? Nous, nous avons plutôt le sentiment, en l’espèce, que c’est le Figaro qui refuse de voir s’effondrer son rêve géopolitique d’une subversion de la Syrie.

Mais venons-en au vif du sujet et de la désinformation « figaresque ». Le grand quotidien sarkozyste et sa correspondante sollicitent, ou même triturent, les propos tenus vendredi 8 septembre sur la télévision portugaise par Mahmoud Ahmadinejad. Le n°1 iranien, évoquant la situation en Syrie, dit que la répression « n’est jamais la bonne solution » et il renouvelle son appel au « dialogue » entre le pouvoir et son opposition. C’est tout, mais il n’en faut pas plus à notre géostratège Delphine Minoui pour broder sur le « changement de ton » historique du pouvoir iranien à l’egard de Bachar al-Assad. Et la journaliste de lier ce changement d’attitude à la visite récente à Téhéran de l’émir du Qatar, lequel se serait efforcé de convaincre la direction iranienne de lâcher Bachar, quitte à leur prodiguer les plus fermes assurances sur l’iranophilie – et l’israélophobie ? – du futur gouvernement issu de l’opposition.

Essayons d’être sérieux. On est en plein dans ce que les Anglo-saxons appellent le « wishful thinking » – le voeu pieux en français . Ou dans un exercice de « géopolitique-fiction » : qui peut sérieusement croire que l’Iran va sacrifier son plus sûr allié dans la région aux belles promesses d’un monarque aussi inféodé que son collègue saoudien à Washington ? Du « patron » en quelque sorte, d’al-Jazeera qui, entre autres nombreux mensonges, racontait que des pasdaran iraniens venaient, depuis les toits des villes syriennes, faire le coup de feu sur les manifestants anti-Bachar ? Mais le Figaro et ses collègues interchangeables de la grande presse française aimeraient tellement donner un début de vraie consistance à leur fable de l’ »isolement croissant » du régime de Damas ! Ce sont les mêmes qui voyaient, quelques semaines plus tôt, une preuve décisive de cet « isolement croissant » dans le fait que l’Arabie Saoudite, le Koweit et on ne sait plus quelle pétro-monarchie, condamnaient la répression du régime et appelaient à des changements radicaux. Alors que ces monarchies sont dans la main de Washington depuis toujours.

Ahmadinejad prône le dialogue en Syrie ? Medvedev et Poutine aussi, et ce n’est pas demain qu’ils abandonneront la Syrie à la subversion américano-saoudienne ! Tous les amis de la Syrie « telle qu’elle est » – pour reprendre la formulation de Jacques Vergès dans un entretien accordé à notre site (voir notre article « J. Vergès : « En Syrie, il faut défendre l’Etat actuel !« , mis en ligne le 10 juin) espèrent sincèrement l’instauration d’un vrai dialogue entre le pouvoir et l’opposition raisonnable, responsable et patriotique – ce qui exclut de fait, c’est vrai, outre les radicaux islamistes, nombre de cyber-dissidents occidentalisés jusqu’au trognon. Et tous espèrent que Bachar pourra imposer des réformes significatives, malgré la pression, diplomatique, médiatique et économique que font peser sur lui les Etats-Unis et les Européens atlantisés.

Démenti sans ambiguité du principal intéressé

De toute façon, Téhéran n’a pas laissé beaucoup de temps à la « géopolitique onirique » du Figaro pour s’épanouir. Ce même 12 septembre, le service de presse de la présidence iranienne réfutait les déclarations attribuées au président Ahmadinejad relayées par le Figaro et consorts, soulignant que celles-ci « se contredisent avec la position de l’Iran à l’égard de la Syrie et sont dénuées de tout fondement. » Et le bureau de presse de rappeler que le n°1 iranien avait au contraire réaffirmé au cours de cet entretien la position « invariable » de son pays sur les événements de Syrie.

Les propos d’Ahmadinejad cités – ou plus exactement sur-interprétés – par le Figaro, sur la nécessité d’un dialogue intersyrien, ont été tenus lors d’une rencontre avec des journaliste koweitiens. Le communiqué du bureau de presse présidentiel iranien  stigmatise en conséquence ce qu’il appelle le « plan hostile » des « médias sionistes et occidentaux« qui ont « déformé les déclarations de principe » du président iranien dans le but de « scinder l’axe de la résistance » (Hamas-Hezbollah-Syrie-Iran, Ndlr).

Cette terminologie combattante pourra choquer les lecteurs du Figaro. Pourtant, pour peu qu’ils réfléchissent un peu, ces mêmes lecteurs devront convenir que leur journal est, incontestablement, de sensibilité « sioniste occidentale« , qu’il a en l’espèce « déformé » ou sollicité les propos d’Ahmadinejad, ce effectivement dans le but d’introduire un coin entre Téhéran et Damas. Bref, pas d’ »air de la calomnie » contre ce Figaro-là !

Guy Delorme,

http://www.infosyrie.fr/decryptage/syrie-iran-quand-le-figaro-transforme-ses-reves-en-prospective-2/


1-7 Pierre Marulaz : Les délires – et vœux pieux – géopolitiques du 'Monde'.

C’est à un véritable exercice d’autosuggestion géopolitique que vient de se livrer le journaliste Alain Franchon sur le site du quotidien Le Monde. Intitulé « La Syrie sème la zizanie au Proche-Orient« , son article – mis en ligne le 8 septembre – brode – c’est le cas de le dire – sur l’ »isolement croissant » du régime syrien, véritable tarte à la crème que se refilent les analystes et journalistes d’obédience euro-atlantiste. Crème quelque peu tournée, alors que  la Syrie peut compter de façon réaffirmée et officielle sur le soutien de la Russie, de la Chine, du Brésil, de l’Inde, de l’Afrique du Sud, de l’Iran, du Liban, de l’Irak, de plusieurs pays latino-américains (voir, entre autres, notre article « La Syrie ne se « bunkérise » pas », mis en ligne le 5 septembre).

Mais, le mouvement de contestation, armée ou pas, étant au point mort, il faut bien que tous ceux qui nous décrivaient depuis des mois le pays comme une nouvelle Libye et Bachar al-Assad comme une sorte d’Hosni Moubarak anti-américain, essaient de se consoler, et leurs lecteurs avec eux, d’une façon ou d’une autre.

Quand Le Monde met fin à l’alliance syro-irannienne !

Alain Frachon, à vrai dire, n’a guère qu’une corde à son arc pour accréditer sa thèse : la Turquie d’Erdogan qui, effectivement, a rompu son alliance et ses accords économiques et militaires avec Damas. Mais d’abord, en l’occurence, Frachon nous sert du réchauffé : Ankara attaque – verbalement – Damas depuis le début de la crise, voici six mois. Et, ce que ne mentionne pas une fois le journaliste-propagandiste du Monde, les Turcs ont depuis quelques jours tourné leur animosité » vers un autre vieil allié, Israël : pour reprendre les termes utilisés pour la Syrie par M. Frachon, on peut dire que cette alliance-là à un peu l’air de « s’effondrer » elle aussi (voir notre article « Diplomatie anti-syrienne : des rouages grincent », mis en ligne le 5 septembre). Et même si Ankara, sur pressions américaines, se rabibochait avec Tel Aviv, Erdogan sait bien l’impopularité totale de son flirt sioniste au sein de la population turque.

Et puis il serait temps, à ce stade, de rappeler au fin analyste « mondialiste » Alain Frachon, que, de toute façon, et on en est désolé pour lui et ses employeurs du Monde, la Turquie n’attaquera pas militairement la Syrie : elle est bien trop occupée à bombarder les Kurdes irakiens pour donner une chance à la frange radicale des Kurdes syriens de se doter d’une « autonomie-sécession » à l’irakienne.

Pour « étoffer » son dossier, Frachon s’efforce d’enrôler l’Iran dans la croisade anti-Bachar. Exercice laborieux : après avoir dû – quand même – rappeler tout ce qui unissait, y compris depuis le début des événements de Syrie, Téhéran et Damas, l’homme du Monde assène son joker : certes, reconnait-il encore, « la République islamique iranienne ne souhaite sûrement pas le départ de Bachar al-Assad «  (Ah, diable ! Ndlr) mais, ajoute-t-il, « elle appelle, à son tour, à un dialogue avec l’opposition syrienne »

En effet, quelle prise de distance ! « appeler à un dialogue avec l’opposition« , tous les amis et alliés de la Syrie ne font que ça depuis des mois, de Medvedev à Infosyrie ! Encore faudrait-il préciser de quelle opposition on parle…

Le moins qu’on puisse dire en conclusion, c’est que tout ça n’est pas sérieux, et même franchement pitoyable, Alain Frachon-du-Monde ! Mais, là encore, le but de ce média n’était pas fournir une analyse un tant soi peu fondée sur des faits et des réalités géopolitiques, mais de conjurer le mauvais sort – ce « mauvais sort » qui fait que Bachar et la majorité des Syriens ont résisté à des mois de déstabilisation, de désinformation, et d’ingérence. Ce n’est pas un article qu’a rédigé le journaliste du Monde, c’est un tract euro-américain, ce n’est pas une analyse qu’il a produite, plutôt une incantation qu’il a psalmodiée !

Le président syrien est « en passe de perdre un à un « ses soutiens, M. Frachon ?

Le Monde, avec des « papiers » de ce niveau , est lui « en passe » de perdre un peu plus de sa crédibilité, déjà bien entamée au terme de trois décennies de suivisme des mots d’ordre de la Maison Blanche…

Par Pierre Marulaz,

http://www.infosyrie.fr/decryptage/les-delires-et-voeux-pieux-geopolitiques-du-monde/



2 Les brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

2-1 Le patriarche maronite libanais,Béchara Boutros Raï, défend Bachar Al Assad.
De peur d’une transition délicate qui pourrait représenter une menace pour les chrétiens d’Orient, le patriarche maronite libanais, Béchara Boutros Raï, a défendu le président syrien, Bachar Al Assad, lors d’une conférence des évêques de France.
  Le patriarche maronite a indiqué que c’était le parti Baas qui entravait toute tentative de réformes, alors que le président syrien est un homme ouvert. Il a aussi rappelé que Bachar Al Assad avait étudié en Europe et qu’il avait été formé à l’occidentale. «Nous, nous avons enduré le régime syrien. Je n’oublie pas, je voudrais être objectif. Bachar Al Assad a commencé une série de réformes  politiques. Il fallait donner plus de chance au dialogue interne.
  Plus de chance à soutenir les réformes nécessaires, mais éviter les violences et la guerre», a dit le patriarche d’Antioche, représentant
une Eglise qui compte 800 000 fidèles au Liban et 4 millions dans la diaspora. Selon l’ONU, les violences quasi quotidiennes en Syrie ont fait au moins 2200 morts depuis le début des manifestations à la mi-mars, en majorité des civils. Le régime soutient en revanche qu’il lutte contre «des bandes terroristes armées».
le 09.09.11
http://www.elwatan.com/weekend/monde/liban-le-patriarche-maronite-libanais-bechara-boutros-rai-defend-bachar-al-assad-09-09-2011-139029_182.php



3 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Louis Denghien: l’ambassadeur américain obligé d’écourter son ingérence.

Les relations syro-américaines étant ce qu’elles sont, on ne risque pas de les dégrader davantage. C’est ce qu’ont dû se dire les manifestants qui, à Damas, mardi 23 août, ont réservé un accueil chaud – ou frais, c’est selon – à l’ambassadeur Robert Ford, bien connu désormais pour sa participation  - pas très diplomatique -aux manifestations des opposants radicaux de Hama, le 8 juillet dernier. Depuis d’ailleurs, il continue de porter les encouragements d’Obama-Clinton aux opposants aux quatre coins du pays. Et c’est toujours dans le cadre de cette « diplomatie d’ingérence », que Mr Ford était venu apporter son soutien à une réunion d’avocats proches de l’opposition à l’hôtel Cham. Las, au sortie de la dite réunion, Robert Ford s’est retrouvé nez à nez avec un groupe de supporteurs de Bachar al-Assad. Ceux-ci, qui brandissaient une affiche à l’effigie du président syrien, ont copieusement conspué l’ambassadeur-déstabilisateur, recyclant avec beaucoup d’à-propos le vieux slogan « US go home ! » et proclamant vigoureusement leur amour conjoint de Bachar et de la Syrie.

Ford a vite été contraint au repli dans son 4×4 vitres-blindées-et-fumées sous la protection de ses bodyguards, serré de près par les manifestants qui ont pu symboliquement plaquer l’affiche de Bachar sur le pare-brise du véhicule diplomatique.

D’un ambassadeur US à l’autre

La télévision syrienne, c’est de bonne guerre psychologique, s’est emparée de l’incident. Nous mettons en ligne ci-dessous le reportage, hélas réservée prioritairement aux arabophones : on y voit un des manifestants raconter les péripéties de l’incident, puis on voit Ford circonspect à la sortie de l’hôtel Cham, avant de regagner précipitamment sa voiture, escorté vigoureusement par les « bacharistes ».

On sait que les Américains n’apprécient guère qu’on touche, même symboliquement, à leurs diplomates et aux signes extérieurs de leur puissance. L’administration Obama n’avait pas beaucoup aimé les jets de pierre contre son ambassade de Damas en juillet dernier, nul doute qu’elle condamnera vigoureusement la « reconduite » de Ford à sa voiture à défaut d’y pouvoir trouver un prétexte convaincant pour une intervention armée. La fin du reportage de la télévision syrienne devrait d’ailleurs, à cet égard, apaiser un peu cette blessure d’amour-propre diplomatique, puisqu’on a droit à une interview de l’ancien ambassadeur américain en  Irak Edward Peck, présent à Damas dans le cadre de la visite d’information – ou de réinformation – organisée dans la capitale syrienne et à Hama par les autorités et des décideurs économiques syriens du 20 au 22 août. Peck, dont nous allons mettre en ligne l’entretien qu’il nous a accordé en cette circonstance, est un opposant résolu à la politique arabe – et syrienne – de son gouvernement. On voit donc que même au pays d’Hillary Clinton et de Paul Wolfowitz, il y a encore des personnalités courageuses pour essayer de sauver l’honneur perdu de la diplomatie américaine.

Louis Denghien,

Video : http://www.youtube.com/watch?v=yD_zlCfTQCs&feature=player_embedded#!

http://www.infosyrie.fr/actualite/damas-lambassadeur-americain-oblige-decourter-son-ingerence/


3-2 Guy Delorme : Pétrole : chronique d’un embargo annoncé.

Septembre, l’embargo sur toutes les importations de pétrole syrien sur son territoire, confirmant aussi, par la même occasion, son alignement sur la diplomatie américaine. Les fédéralistes gémissant sur l’absence d’une réalité et d’une volonté politique européenne commune pourront se consoler : leur Europe existe au moins pour relayer, de la Syrie à la Libye en passant par la Yougoslavie, la Géorgie, la Côte d’Ivoire, le Soudan, l’Iran, les volontés et mots d’ordre du département d’Etat de Washington.

Cette décision était attendue, s’inscrivant dans le « jeu » de mesures économiques prises ou annoncées par les Américains et leurs seconds pour mettre à genoux le régime – en accroissant les difficultés de la population : c’est, ni plus ni moins, une façon « libérale » de pratiquer l’ingérence – et la subversion.

Cette décision européenne n’est certes pas anodine : 95% des ventes de pétrole syrien se faisaient avec les pays de l’Union européenne. On estime qu’entre un quart et un tiers des recettes syriennes pourraient être compromis par l’embargo sur le pétrole. Celui-ci, pour être précis, concerne non seulement l’achat, l’importation et le transport du pétrole et des produits dérivés, mais aussi les services financiers et d’assurance liées aux transactions.

Toutefois, l’embargo est, en quelque sorte, « à la tête du client » des Syriens : l’Italie a obtenu en effet de ses partenaires européens que les contrats de livraison de pétrole syrien actuellement en cours, et impliquant deux compagnies pétrolières nationales italiennes – Syria Petroleum et Sytrol -, soient honorés jusqu’au 15 novembre. Et, par ailleurs, les experts es-blocus économique de l’Union ont décidé de surseoir, pour un temps indéfini, à la mesure d’interdiction de tout investissement européen dans le secteur pétrolier syrien : les « droits de l’homme » et la « démocratie » c’est bien, mais les affaires demeurent les affaires, surtout en ces temps de crise.

Peut-être les Européens, et singulièrement les Français, espèrent-ils, à plus ou moins brève échéance, s’abreuver désormais en pétrole à la « source » libyenne, leur opération « humanitaire » et « pro-démocratie » en Libye s’assimilant chaque jour d’avantage à une opération de captation de ressources énergétiques.

Le salut économique viendra-t-il de l’Est ?

Pour en revenir à la Syrie, quelle parade peut-elle trouver  à cette décision, qui frappe un pays fragile économiquement, où 12% de la population était, selon une estimation de 2006, en dessous du seuil de pauvreté, et où le taux de chômage atteignait un peu plus de 8% en 2010 – selon un site de documentation de la CIA ?

Voici dix ans, la Syrie occupait le 29e rang mondial avec une production de 26 millions de tonnes de pétrole brut. Toutefois, ses exportations sont passées, entre 2005 et 2011, de 285 000 barils/jour à 155 000/jours, et n’occuperait plus que le 56e rang des exportateurs pétroliers cette année – ces chiffres-estimations étant eux aussi de la C.I.A. !

Ce qui est certain c’est que le pays était, au moment où a éclaté la crise politique, en pleine restructuration de son économie, avec la modernisation de ses infrastructures, notamment portuaires. Il connaissait aussi un taux de croissance appréciable :  2,2% en 2009. Les principaux secteurs économiques étaient, outre l’industrie pétrolière, l’agro-alimentaire, le bâtiment, la métallurgie, ainsi qu’un important secteur artisanal produisant vêtements, tapis et produits en cuir. Les exportations reflétant l’activité de ces différents secteurs.

Mais c’est surtout le secteur touristique qui a connu une véritable explosion, passant de 1 276 000 touristes en 1996 à près de 7 500 000 en 2010. Naturellement, cette activité a été frappée de plein fouet par les six mois de troubles.

Le pétrole est donc une part importante de la richesse de la Syrie. Avec le gaz : tout récemment un accord pour la construction d’un « gazoduc islamique » a été conclu entre Damas, Bagdad et Téhéran (voir notre article « Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique« , mis en ligne le 27 juillet). Un partenariat  qui pourrait, symboliquement, témoigner d’une réorientation de l’économie syrienne vers « l’Est », c’est-à-dire, outre l’Iran et l’Irak, des nations ayant jusqu’à présent soutenu diplomatiquement la Syrie, et en concurrence économique avec le bloc occidental, comme l’Inde et la Chine. Enfin, on voit mal la Russie laisser « tomber » son allié historique et principal au Proche-Orient, surtout après le raid stratégico-économique » de l’OTAN sur la Libye et son pétrole.

De toute façon, les mesures de rétorsion économiques ont toujours davantage pénalisé les populations qu’abattu les régimes : l’Irak en est le plus récent, le plus notable et le plus désolant exemple.

L’Union européenne a certes tiré une assez grosse cartouche contre Damas, mais on peut penser que c’est une des dernières. Car que faire de plus, la guerre ?

Guy Delorme,

http://www.infosyrie.fr/actualite/petrole-chronique-dun-embargo-annonce/



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Chems Eddine Chitour : Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l'Iran.

« La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c'est une maladie convulsive et violente du corps politique ; il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel, que lorsqu'il jouit de la paix ».
Denis Diderot Extrait de l' L' Encyclopédie
Dernier partie du scénario diabolique concocté dans les officines occidentales, pensant maintenant que le régime va tomber comme un fruit mûr , Les Etats-Unis et l'UE appellent Bachar Al-Assad à la démission "L'Union européenne note que Bachar Al-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu'il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir", a déclaré Mme Ashton. Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", explique M. Obama Les "graves violations des droits de l'homme" en Syrie contre les manifestants"pourraient relever de crimes contre l'humanité", a indiqué jeudi 17 août un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.
Nous allons rapporter quelques informations alternatives sur la réalité de ces manifestants pacifiques Auparavant, quelques flash sur la mosaïque des ethnies et confessions en Syrie. Les minorités non arabes les plus importantes sont les Kurdes, habitant essentiellement le long de la frontière turque (8 %) au nord, et les Arméniens, qui vivent dans le Nord, surtout dans les grandes villes (2,8 %) La Syrie compte une douzaine de langues. Le pays est musulman à 90 % (dont les Kurdes), avec des minorités chrétiennes. La plupart des Syriens sont des sunnites (env. 70 %), mais certains sont de rite chiite, ismaélien ou alaouite.

La Syrie compte aussi des druzes professant une religion musulmane hétérodoxe; Comme tous les chiites, les druzes, ismaéliens et alaouites constituent des sous-groupes particuliers du monde musulman. Les autres Syriens non musulmans sont chrétiens, soit catholiques, grecs-orthodoxes ou arméniens-orthodoxes, mais on compte aussi un millier de juifs. C’est donc sans conteste toutes les langues et toutes les religions du Moyen Orient qui tiennent grâce à un équilibre subtil –qui risque de voler en éclat- qui a été précédé par des siècles d’instabilité notamment depuis l’ingérence occidentale dans la Syrie ottomane souvenons nous du concept de protection des minorités cher à la France et ceci en vertu d’une promesse de Saint Louis à l’évêque Maroun ( les Maronites ) il y a de cela près de huit siècles !.

Pour l’histoire, en attisant les tensions religieuses l’Angleterre et la France ont mis en coupe réglée l’empire ottoman dont la Syrie était une province depuis 1516 . Au cours de l’automne 1917, le général Sir Edmund Allenby a envahi la Palestine et, le 11 décembre, lui et ses officiers sont entrés dans la ville sainte de Jérusalem par la porte de Jaffa. Le Premier ministre, Lloyd George, considérait cela comme un cadeau de Noël et écrivit que la chrétienté avait repris «possession de ces lieux saints». Le général français, Henry Gouraud, entra à Damas en juillet 1920. Après avoir frappé sur le tombeau de Saladin, Gouraud s’écria: «Réveille-toi Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant.» Après la mise à mort de l’Empire Ottoman, par les accords de Sykes Picot la France s’adjudja la Syrie dont elle fit un protectorat de 1920 à 1941.

La réalité du terrain : Pacifistes ou rébellion armée ?
On parle de militants pacifistes. Qui sont-ils ? Ces manifestants manifestent mais dans le m^me temps, on parle de subversion. Il est vrai qu'il y a des manifestations dans certaines villes, qu’il y a des morts, que l'armée est intervenue. Les médias aux ordres attribuent cela à l’armée . Ce qu’ils ne disent pas, c'est qu'il y a une rébellion soutenue par l’extérieur C'est une vraie guerre entre les forces armées syriennes et c'est que le pouvoir appelle les «hors-la loi».

Pour le représentant russe auprès de l’Otan « L’OTAN planifie en ce moment une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Bachar al-Assad avec comme objectif à longue échéance de préparer une tête de pont dans la région pour l’attaque contre l’Iran «.Dimitri Rogozin, délégué de la Fédération de Russie auprès de l’OTAN. Rogozin commentait, vendredi 5 août dans le quotidien moscovite Izvestia, la condamnation par le conseil de sécurité de l’ONU, deux jours plus tôt, de la répression violente en Syrie « Le noeud coulant autour de l’Iran se resserre. Des préparations militaires contre l’Iran sont déjà en cours de réalisation » affirme Rogozin, pour qui l’OTAN n’a pour but que d’intervenir contre les régimes « dont les vues ne coïncident pas avec celles de l’Occident. » (1)

Pour Michel Chossudovsky Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des mujahideen, islamistes («Freedom Fighters »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie. Selon des sources du renseignement israélien : Entre-temps, le quartier général de l’OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc dressent des plans pour leur première étape militaire en Syrie, laquelle consiste à munir les rebelles d’armes pour combattre les chars d’assaut et les hélicoptères constituant le fer de lance du régime Assad pour réprimer la dissidence. Afin de repousser les forces armées gouvernementales, les stratèges de l’OTAN pensent davantage à répandre de grandes quantités d’antichars, de roquettes antiaériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les contestations, au lieu de répéter le modèle libyen de frappes aériennes. (…)L’OTAN et le haut commandement turc envisagent également le développement d’un djihad impliquant le recrutement de milliers de mujahideen (« Freedom Fighters », ce qui évoque l’enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l’âge d’or de la guerre soviéto-afghane. (2)

Nous voilà avertis , on appréhende un peu mieux la nature du mouvement pacifiste syrien et les 2000 morts dénombrés dont 400 des forces de sécurité n’ont pas interpellés les médias aux ordre quant à la mort bizarre de 400 militaires de la main de pacifistes désarmés.

La boite de Pandore des conflits interconfessionnels et ethniques
Deux témoignages de personnalités religieuses nous permettent de situer avec clarté les enjeux d’abord la lettre ouverte du professeur Zehlaoui prêtre Arabe de Syrie à Monsieur Alain JUPPÉ Ministre des Affaires Étrangères de la France et ensuite celle d’une mère supérieure d’un Couvent. Le Prêtre arabe de Syrie, écrit : « je viens d’apprendre à l’instant votre déclaration aux États-Unis, touchant la légitimité de notre Président de la République. En tant que syrien, je ne puis rester silencieux face à une telle ingérence dans les affaires de mon pays. (…) Laissez-moi vous dire, au nom des millions de victimes que l’Occident a écrasés depuis des siècles, qu’il est grand temps de cesser de jouer les monstres à face humaine, et de piétiner tous les droits des autres peuples, au point de détruire leur existence même, comme vous vous êtes plu à le refaire en Irak, en Iran, en Afghanistan, Pakistan, dans toute l’Afrique, notamment en Lybie ».
« Démontant les raisons de cet acharnement il écrit : « Pour en revenir à la Syrie, oubliez-vous que le but dernier de toutes les manœuvres politiques, diplomatiques et séditieuses, menées contre la Syrie, depuis plus de deux mois, a été insolemment dévoilé par la conseillère au Pentagone, Mme Michèle Flournoy? D’ailleurs, elle était tellement assurée de la réussite prochaine du complot mené contre la Syrie, qu’elle avait publiquement déclaré que la Syrie retrouverait tout son calme, le jour où elle romprait avec l’Iran et le Hezbollah, et signerait un traité de paix avec Israël! Auriez-vous déjà oublié, en France et en Europe, le grand honneur que vous a valu la Résistance à l’occupation nazie? (…) laissez-moi vous dire, en tant que simple citoyen syrien, que la Syrie n’acceptera jamais de tourner le dos au devoir vital de défendre son existence propre, d’abord contre l’occupation israélienne, ensuite contre le danger mortel que constitue le Sionisme, pour toute la nation arabe. Cependant, il semble que l’Occident tient à rester l’Occident, alors qu’il ne l’est plus. … C’est pourquoi, tout en piétinant tous les droits, comme vous cherchez à le faire en Syrie, vous n’avez jamais éprouvé la moindre honte à prétendre toujours être dans votre droit. Car le fort ne se trompe jamais!
Décryptant les relations Occident –Israël, le professeur Zahlaoui(…) Les représentants de l’Occident, surtout ceux des États-Unis, se pavanent comme des lions. Ils se permettent toutes sortes d’ingérences, allant jusqu’à détruire des pays entiers, de fond en comble. Mais dès qu’il s’agit d’Israël, tous les pays occidentaux sans exception, des plus "grands" aux plus "petits", les États-Unis en tête, deviennent rien moins que des néants. Des néants aveugles, sourds et muets! Et pourtant, même les sondages faits en Europe reconnaissent qu’Israël est l’État terroriste par excellence. Et Israël est resté fidèle à lui-même : tueur, voleur, guerrier, féroce, arrogant, raciste, expansionniste et exterminateur. Pourtant les juifs ont toujours été bien traités en pays arabes et musulmans. Leurs historiens sont assez honnêtes pour le reconnaître. Mais ils ont trouvé moyen de faire payer la terrible facture de l’antisémitisme occidental et de l’holocauste nazie, à tous les peuples arabes et musulmans, dont ils avaient, depuis Ben Gourion, calculé la destruction, tout en imposant un Holocauste de 60 ans déjà, aux arabes, chrétiens et musulmans, de Palestine »(3).

Même témoignage poignant de Mère Agnès-Mariam de la Croix Supérieure du couvent de Saint Jacques l’Intercis, en Syrie. Elle pointe du doigt la manipulation de l’information : « La Syrie est notre patrie d’adoption. (…) Il est impératif d’être bien renseignés sur une situation donnée pour pouvoir se positionner en conséquence. (…) Car aujourd’hui en Syrie, pour être bien renseigné, il ne suffit plus de suivre les nouvelles servies par les chaînes satellitaires internationales. Nous l’avons constaté sans cesse : la réalité qui se vit ici est différente de ce que transmettent les médias. Ces chaînes n’accompagnent pas l’évènement, elles le précèdent pour le provoquer. Heureusement, de plus en plus de gens accusent cette information de parti pris et de falsification. Nous avons essayé de nous documenter en temps réel en téléphonant à des proches sur les lieux mêmes des incidents décrits : la situation ressemblait plus à ce qu’en disait la télévision syrienne qu’à celle propagée par Al Jazzirah, BBC ou France 24, Al Hurra ou Al Arabia à travers des montages et autres compilations audio-visuelles mensongères et de mauvaise qualité (…) Les slogans faussement humanitaires anesthésient la conscience des auditeurs et favorisent le glissement vers une logique vindicative aveugle qui, somme toute, ne sert que la cause de l’injustice. (…) (4)

Mère Agnes –Mariam met les choses au point concernant la nature réelle de la protestation « pacifique » Aujourd’hui, écrit elle il ne fait aucun doute qu’il y a ingérence étrangère, refusée fièrement par une partie de l’opposition. Aujourd’hui il ne fait aucun doute que l’opposition s’est muée en divers endroits en une insurrection armée qui commet des atrocités contre la population civile et contre les forces de l’ordre et l’armée. Enfin, aujourd’hui, l’exacerbation du clivage confessionnel est une triste réalité. Ces trois facteurs convergent pour réanimer le spectre de l’affrontement interconfessionnel, voire de la guerre civile. (…) Ahuris nous assistons à un stratagème destructeur : telles grandes puissances, à grand renfort d’endoctrinement médiatique, jouent sur la corde du fondamentalisme religieux pour mettre en relief les différences qui séparent alors que les points communs qui unissent sont bien plus nombreux. (…) La visite des ambassadeurs US et français à Hama a été vécue chez nous comme une démarche injustifiable. (…) » (4)
La Mère Supérieure s’interroge ensuite sur le pourquoi de la manipulation : « Pourquoi les Occidentaux encouragent-ils une insurrection armée, confessionnelle et fondamentaliste de surcroît, qui risque de s’étendre comme une tache d’huile ? De son côté le Patriarche maronite Mar Béchara Boutros Raï a une lecture plus globale de la situation. Il dénonce le « projet du Nouveau Moyen-Orient qui est à l’œuvre pour morceler le monde arabe dans le but qu’Israël vive en paix en en sécurité » . La tendance mondialiste qui prévaut c’est de promouvoir le choc des civilisations pour asseoir la légitimité des regroupements ethniques ou confessionnels qui, à leur tour, légitiment l’existence d’Israël . La Syrie vit depuis des mois des coups d’État larvés car ce remodelage ne peut être instauré sans la force des armes. L’insurrection armée en Syrie est une tumeur inoculée qu’on cherche à faire crever un peu partout dans le pays au gré des clivages confessionnels ou tribaux, avec son cortège de haine, de vengeances, de victimes et de désastres socio-économiques. (..) La majorité des musulmans et des chrétiens syriens se sont d’abord tenus à l’écart du mouvement de contestation pour diverses raisons, puis ils l’ont boycotté, et enfin certains s’y sont opposés.
Nous sommes cœur et âme avec les justes revendications de tout citoyen pour la liberté civique, la fin du totalitarisme d’État et de la corruption. Nous souhaitons la démocratie, l’impartialité de la justice et des réformes économiques et sociales conséquentes. Mais nous sommes conscients – et c’est là où nous nous heurtons à beaucoup d’incompréhension - que ces revendications peuvent devenir un cheval de Troie pour diverses entités nationales ou politiques afin de provoquer une déstabilisation dangereuse à partir de clivages confessionnels et claniques très subtils. (…) »(4)

Elle conclut enfin à la nécessité de l’autocritique tout en affirmant que le Baath a réussi à maintenir un subtil équilibre entre les confessions : « Mais la Syrie est loin de l’effondrement. Les foyers d’où l’on cherche à attiser les antagonismes confessionnels sont isolés et contrôlés, parfois au prix du sang lorsqu’il y a une résistance armée, au fur et à mesure que la population prise en otage fait appel à l’armée. Le peuple syrien est composite : sunnites, alaouites, chiites, chrétiens, druzes, arabes, kurdes, turkmènes, caucasiens, et j’en passe. Il n’est pas facile de maintenir une telle mosaïque dans la cohérence et la paix civile. Le parti Baath l’a obtenu en respectant les règles qui président aux structures tribales et claniques de l’Orient. Cependant ce régime était totalitaire et corrompu. Aujourd’hui une saine autocritique est à l’œuvre publiquement et des lois sont promulguées, obtenues par une saine opposition, pour les réformes souhaitées. Nous préférons cette voie tant qu’il y a de l’espoir.(4)

L’ouverture de cette boite de Pandore amènera le chaos , c’est un second Irak qui se profile à l’horizon avec son cortège de malheur de douleur et de détresse pour les Syriennes et les Syriens.. Tous les pays arabes attendent leur tour..Si l'Occident était de bonne foi, il accompagnerait Bachar Al Assad dans son programme de réformes, les élections, le multipartisme... Les Occidentaux veulent changer la carte du Moyen-Orient pour la rendre favorable à Israël. Il faut savoir qu’Israël est en train de construire un mur dans le Golan, comme celui de la bande de Gaza. Cela veut dire que c'est une annexion définitive des territoires syriens. L'Occident ne veut plus de ce régime syrien qui, il faut le savoir est le dernier domino avant la « normalisation de l’Iran » On peut penser que plus rien ne peut arrêter la dynamique d’effritement des anciens pouvoirs arabes. Si la Syrie est démantelée elle ne sera plus comme avant, les suivants d’El Assad accepteront une partition des Kurdes qui rêvent avec leurs frères Irakiens et Turcs d’avoir leur Etat. La Turquie est de ce fait, visée. L’Iran aussi. Sombres jours pour les pays vulnérables. (5)
1 http://www.infosyrie.fr/decryptage/le-representant-russe-aupres-de-lotan-une-intervention-militaire-se-prepare/
2 Michel Chossudovsky L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie. Recrutement de mujahideen. Mondialisation. Ca 16 aout 2011
3.Pr. Elias Zahlaoui Lettre à Mr Juppé ministre français des affaires érangères 9/6/2011
4.http://www.france-catholique.fr/SYRIE-ENTRE-CONFLITS-ARMES-ET.html 15 août 2011
5.Chems Eddine Chitour : La Syrie en marche pour la partition http://www.mleray.info/article-la-syrie-en-marche-pour-la-partition-70460009.html

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Nationale Polytechnique enp-edu.dz

Chems Eddine Chitour

Dimanche 21 août 2011

Publié le 22 août 2011 avec l'aimable autorisation de l'auteur


4-2 Gilles Munier : Damas, Hama & Bachar sur le vif…

Par Droits réservés,

Après le récit d’Alain Soral et de Guy Delorme (voir notre article « Alain Soral et Guy Delorme : ce que nous avons vu à Damas et Hama », mis en ligne les25 et 27 août) nous proposons le témoignage de Gilles Munier sur le « voyage de presse » organisé par des patrons syriens à Damas et Hama les 21 et 22 août derniers. Gilles Munier a longtemps animé les Amitiés franco-irakiennes, et a milité activement contre les deux guerres du Golfe. Sympathisant de la doctrine baasiste, intéressé par les réalisations qu’elle a inspirées, en Irak comme en Syrie, inquiet de l’hégémonisme américain et de ses tentatives de déstabilisation tous azimuts, on ne s’étonnera pas qu’il compte au nombre des défenseurs de l’actuel gouvernement syrien. Ca ne fait pas de son témoignage un morceau d’anthologie propagandiste. 

Munier confirme donc le calme dans la capitale, à cent lieues du climat de guerre civile inventé par la désinformation courante. Il affirme que Bachar demeure largement populaire, plus que son gouvernement. A Hama, il est, lui aussi, témoin de l’incident impliquant une quarantaine de jeunes manifestants anti-régime, constate les dégâts – le commissariat incendié – et aussi la discrétion des forces de l’ordre.

De retour à Damas, Gilles Munier reçoit, comme les autres participants du déplacement, un compte-rendu de l’entretien accordé par Bachar al-Assad à la télévision syrienne lundi soir 22 août. Dans la deuxième partie de son témoignage il en fait une assez longue exégèse : dénonciation des groupes armées et des trafics d’armes qui l’alimentent, refus de céder aux ultimatum euro-américains, débats internes au Baas sur son avenir politique, réformes annoncées ou déjà en cours, Bachar ne semble éluder aucun sujet qui pourrait fâcher. Il se paie même le luxe de critiquer les « carences » de sa presse.

Il est intéressant de s’apercevoir que le président syrien n’ignore rien des graves problèmes économiques et sociaux que traversent ses adversaires d’Occident : « Ils sont plus faibles qu’il y a six ans » va-t-il jusqu’à dire. Quant aux difficultés que pourrait connaître la Syrie suite aux mesures de rétorsion économique américaines et européennes, Bachar assure que son pays connait l’auto-suffisance alimentaire, et que depuis cinq ans il s’est tourné économiquement « vers l’Est ».

En « deuxième » partie, on trouvera un entretien accordé par Munier au site, où il analyse plus en profondeur la crise syrienne, ses origines, ses avatars. Où il s’efforce de faire justice des accusations les plus couramment utilisées contre le régime syrien – corruption, hégémonisme clanique et religieux – en les relativisant à l’échelle du monde entier. Il s’étend aussi sur l’opposition syrienne, souligne ses divisions, et s’étend notamment sur le « jeu perso » – et l’orientation radicale des Frères musulmans, redoutés par nombre d’opposants à Bachar.

 

 Impressions & enseignements de mes visites à Damas et Hama

« Damas, 20-21 août 2011 – La Syrie ayant enfin décidé de communiquer sur les graves événements qui l’ensanglantent depuis les premières manifestations anti-gouvernementales à Deraa, près de la frontière jordanienne, j’ai répondu favorablement à l’invitation d’une association de la société civile formée par un groupe de chefs d’entreprise – comprenant Anas al-Jazaïri, arrière-arrière petit-fils de l’Emir Abdelkader – proposant de se rendre compte sur place de la situation. Une centaine de journalistes et de personnalités, parmi lesquelles un ambassadeur des Etats-Unis à la retraite et un ancien ministre de la Justice turc, participaient au voyage. Autant le dire tout de suite, ceux qui connaissent Damas n’y ont pas vu de changement ou ressenti de tensions liées à l’actualité. Les déploiements militaires et policiers dont fait état Al-Jazeera, n’existent que dans les communiqués d’opposants résidant à l’étranger.

Sarkozy, un des pires ennemis de la Syrie

Bien sûr, les troubles qui secouent le pays sont au centre de beaucoup de conversations. Les Syriens veulent savoir ce qu’en pensent les Français et pourquoi Nicolas Sarkozy, qui invitait il n’y pas si longtemps Bachar al-Assad à Paris, est devenu un des pires ennemis de la Syrie. Le retard pris par leur président à réformer le pays est porté au compte des « vieilles barbes » du parti Baas. Il n’entame pas trop son capital de confiance. Tout va se jouer avec la mise en application des lois de démocratisation annoncées. Seront-elles suffisantes pour neutraliser les jusqu’au-boutistes appelant au renversement du régime ? Jusqu’où iront les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, la France, Israël, la Turquie et le Qatar, dans leurs menées déstabilisatrices ? La Russie – remerciée pour sa fidélité sur des calicots accrochés dans Damas – ne sera pas de trop pour court-circuiter la panoplie des embargos occidentaux dont la Syrie est menacée.

Hama, 22 août – Départ en autocar pour Hama, située à environ 200 km au nord de Damas, ville conservatrice et rétive au pouvoir central comme l’est aux éléments le Nahr al-Assi (le Fleuve rebelle) qui la traverse, nom arabe de l’Oronte. Dès les premières manifestations à Deraa, le souvenir du soulèvement de Hama en février 1982, écrasé par Rifaat al-Assad – frère du président Hafez al-Assad – est revenu dans les mémoires. La répression y aurait fait, selon les estimations, entre 10 000 et 20 000 morts. Pour certains observateurs du « Printemps arabe », la question n’était pas tant de savoir ce qui allait se passer à Deraa, mais ce qui adviendrait si Hama se révoltait à nouveau.

« Que le pouvoir s’en aille, que l’ONU intervienne et que l’OTAN vienne… »

Depuis, Hama a eu son compte d’émeutes, de pillages, de meurtres. Le gouverneur de la ville a tenté de résoudre la crise par la négociation. Faute de résultats probants, il a été remplacé. Son successeur a repris le contrôle de la ville manu militari. Il nous reçoit à la préfecture et nous projette une vidéo des rues et bâtiments de Hama, tournée à la fin de la révolte. Vision d’apocalypse !

La suite de notre programme comprend : la visite du palais de Justice incendié et d’un commissariat attaqué par des « terroristes ». Les cars nous attendent. Dehors, surprise : des opposants aussi. Une quarantaine de jeunes, prévenus on ne sait comment, crient des slogans anti-régime. Au carrefour, les militaires en faction derrière des sacs de sable ne bougent pas. Ceux postés sur les toits, non plus. Un policier en civil tente d’arrêter un manifestant qui a été interviewé par une télévision. Ses camarades lui viennent aussitôt en aide… L’agent s’enfuit, poursuivi par quelques irréductibles. Près de moi, une journaliste de télévision indienne demande à une jeune fille en hijab, d’environ 17 ans, quelles sont ses revendications. Elle récite dans un anglais approximatif : « Que le pouvoir s’en aille, que l’ONU intervienne et que l’OTAN vienne ! ». Dommage que la journaliste ne lui ait pas demandé si elle ne trouvait pas risqué de parler à visage découvert, et de dire ce que l’OTAN signifiait pour elle. Une organisation humanitaire, probablement…

Des têtes plantées sur des pics

Les murs du commissariat attaqué par des opposants sont noircis par l’incendie provoqué par une bouteille de gaz transformée en explosif. Sa façade est criblée d’impacts de tirs de gros calibres. Des véhicules calcinés encombrent la cour. Selon les témoignages de jeunes du quartier, les dix-sept policiers pris au piège des flammes, se sont rendus. Des assaillants « venus d’ailleurs » les ont aussitôt égorgés et décapités. Leur tête a été plantée sur des pics et leurs corps jetés dans l’Oronte. La scène, horrible, filmée par des acolytes, a été placée sur You Tube, sans doute pour avertir les fonctionnaires des services de sécurité de ce qui leur arrivera s’ils ne démissionnent pas.
Sur le chemin du retour, le directeur de L’Index, un quotidien de Constantine, reçoit un appel d’Algérie. Un de ses collègues a entendu sur Al-Jazeera que des opposants syriens venaient de tirer sur les cars des journalistes quittant Hama. Il le rassure. L’ex-grande chaîne arabe n’est pas à un coup d’intox prêt depuis qu’elle est devenue la voix de l’OTAN.

 

D’où viennent les armes ?

Damas, 20h30 – Dans quelques instants, le président Bachar al-Assad s’entretiendra avec des journalistes d’une chaîne de télévision satellitaire syrienne. Répondra-t-il aux questions que tout le monde se pose : qui sont les extrémistes infiltrés dans les manifestations ? Qui les a entraînés ? Certes, détenir une kalachnikov n’est pas rare dans les familles syriennes, mais les armes et les explosifs utilisés ou découverts dans des caches sont récents, modernes et en grand nombre. Les soupçons se portent naturellement en direction de la frontière libanaise, traditionnellement poreuse. Mais, on en est réduit à des supputations : si c’est le cas, les armes proviennent-elles d’Arabie saoudite via les réseaux dits islamistes contrôlés financièrement par Hariri, ou d’Israël via des extrémistes libanais chrétiens liés au Mossad ? Ou encore, font-elles partie de stocks de l’OTAN livrés aux services secrets turcs ? Un peu des trois à la fois, peut-être. Ce qui est certain, c’est que le régime baasiste affronte des organisations lourdement armées qui n’ont que faire des revendications légitimes du peuple syrien.
Damas, 23 août – Avant notre retour dans nos pays respectifs, on nous distribue la traduction de larges extraits de l’interview de Bachar al-Assad, diffusée la veille par la télévision syrienne. Pour le président, la Syrie a été victime d’un complot dont l’objectif est « l’effondrement du pays ». La situation sécuritaire s’étant améliorée, il estime que « l’aggravation des événements ne constitue plus un problème ». Les attaques de postes de police, les assassinats, les embuscades tendues à des bus civils ou militaires ne l’inquiètent pas outre mesure. « Nous sommes capables de traiter ces problèmes comme il se doit ». Il s’agit pour lui d’améliorer la sécurité, étant entendu que la solution des problèmes rencontrés n’est pas d’ordre sécuritaire, mais politique.
Bachar al-Assad évoque la réunion du comité central du parti Baas du 17 août dernier, au cours de laquelle a été discutée la mise en place de mécanismes permettant au parti de « conserver sa position durant les prochaines décennies ». La question de l’article 8 de la constitution syrienne qui fait du Baas le parti dirigeant a été débattue. Son abrogation nécessiterait une révision de la constitution, plusieurs articles lui étant liés.

Des législatives en février prochain ?

Le président syrien énumère les réformes promulguées – fin de l’état d’urgence, lois sur la création de partis politiques, élections pluralistes – et annonce celles à venir : loi sur l’information, création d’une commission qui aura trois à six mois pour réviser la constitution, élections à l’assemblée du peuple en février prochain afin de permettre aux partis nouvellement créés de faire campagne. Il s’inquiète de la marginalisation des jeunes. C’est un phénomène « fort dangereux » dit-il, convenant et qu’ils doivent jouer un rôle grandissant dans la société. Concernant la loi sur l’information, Bachar al-Assad critique les carences de la presse officielle. Il se déclare pour la liberté d’expression, mais opposé à la diffusion de tabloïd people.

Répondant à une question sur le décret accordant la nationalité syrienne aux Kurdes qui ne l’avaient pas, Bachar al-Assad a indiqué que le texte était prêt depuis 2004, mais que son application avait été reportée en raison de troubles survenus à cette époque dans les régions d’Al-Hassaké et de Qamichli. Les Kurdes, rappelle-t-il, sont une des composantes de la Syrie, ils ont lutté contre l’occupant français aux plus hauts niveaux.
Bachar al-Assad est bien conscient que ce premier train de réformes ne satisfera pas les Occidentaux. « Insuffisant » diront aussitôt en coeur les opposants jusqu’au-boutistes ou armés qu’ils soutiennent.

Le peuple syrien ne reçoit pas d’ordres de l’étranger

Chaque fois que l’Occident parle de « droits de l’homme », c’est pour atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec ces derniers. Les pays occidentaux, dit Bachar al-Assad, « sont responsables des massacres perpétrés aujourd’hui de l’Afghanistan à l’Irak en passant par la Libye… des millions de martyrs, de victimes, d’handicapés, de blessés, de veuves et d’orphelins, sans parler de leur appui à Israël dans ses crimes contre les Palestiniens et les Arabes ». Leur but, affirme-t-il, n’est pas de permettre à la Syrie de se développer, mais de lui retirer ses droits. Il ne démissionnera pas, comme le demandent, entre autres, Barack Obama et Nicolas Sarkozy. Il n’est pas un président fabriqué aux Etats-Unis et le peuple syrien ne reçoit pas d’ordres de l’étranger.
Bachar al-Assad qualifie la relation de la Syrie avec les pays occidentaux de « relation de conflit continuel ». « En temps normal, ils interviennent gentiment pour nous habituer à cette pratique. Aujourd’hui, ils menacent : seule la forme change« , remarque-t-il. Il ne faut avoir peur ni du Conseil de sécurité, ni de la guerre psychologique, assène-t-il, révélant qu’après la chute de Bagdad, un responsable américain était venu lui dire ce qu’il devait faire et qu’ayant refusé, les Etats-Unis lui ont adressé des cartes militaires signalant les cibles qui seraient bombardées en Syrie !

« Nous ne plierons pas » dit Bachar al-Assad

En 2005, après l’assassinat de Rafic Hariri, les Occidentaux ont de nouveau utilisé le Conseil de sécurité pour s’en prendre à la souveraineté de la Syrie, « sous prétexte d’enquêtes ». Les pays occidentaux étaient alors à leur apogée, dit-il, mais nous n’avons pas plié. « Aujourd’hui, ils sont plus faibles qu’il y a six ans. Ils sont traversés par des crises militaire, économique, politique, sociale. Pourquoi plierions nous ?… Nous ne plierons pas !».
Face aux embargos, Bachar al-Assad affirme qu’existent des alternatives dans presque tous les domaines avec des pays voisins ou amis. La Syrie a l’expérience des mesures coercitives. Dès 2005, elle s’est tournée vers les pays de l’Est. « L’essentiel est de ne pas paniquer, dit-il, la Syrie est autosuffisante au plan alimentaire ». Elle « a surmonté dans le passé beaucoup de crises semblables », conclut Bachar al-Assad, et elle en est sortie plus forte.

Gilles Munier : « Ce qui se passe en Syrie a été préparé pour donner un coup d’arrêt aux soulèvements qui, après la Tunisie et l’Egypte, risquaient d’emporter d’autres régimes pro-américains »

 

Gilles Munier développe à présent ses impressions et analyses dans un entretien accordé le 3 septembre au site Que faire(1) et à son animateur Denis Gorteau.

-Denis Gorteau : Tout le monde s’accorde à dire que les réformes ont tardé en Syrie. Qu’aurait dû faire Bachar al-Assad pour éviter la crise actuelle ?

-Gilles Munier : Dans la foulée de son arrivée au pouvoir, le président Assad aurait dû faire ce qu’il entreprend aujourd’hui. A l’époque, c’était son intention. Maintenant, il donne l’impression de proposer des réformes avec le couteau sous la gorge, son opposition en profite pour faire de la surenchère et les pays occidentaux jettent de l’huile sur le feu. Mais, quel qu’en soit le motif, il fallait s’attendre à une crise en Syrie, à une énième tentative de déstabilisation. L’administration Obama, comme celle de G.W Bush, veut remodeler le Proche-Orient, c’est-à-dire détricoter les Etats créés par les grandes puissances après la Première guerre mondiale avec les dépouilles de l’Empire Ottoman. Cela passe par ce que les idéologues mondialistes appellent un « chaos constructif et maîtrisé ». Du désordre provoqué, il ne sortira ni l’un ni l’autre, comme c’est le cas en Irak et en Libye. Cela importe peu aux groupes capitalistes mondialisés qui mènent la danse, pour eux l’important est de contrôler les ressources naturelles de la planète et d’occuper des positions stratégiques – la Syrie en est une – dans la perspective de futurs conflits.

-Denis Gorteau : Sans minorer les qualités du président, la Syrie n’est-elle pas un pays tenu par une petite minorité de privilégiés comme en Egypte ou en Tunisie avant les révoltes ?

-GM : Dans tous les pays, il y a des privilégiés, à commencer par la France avec les amis de Sarkozy. C’est ce que Michel Poniatowski, ministre de l’Intérieur du président Giscard d’Estaing, appelait « les copains et les coquins ». Les Etats-Unis qui s’autoproclament « la plus grande démocratie mondiale » ne manquent pas de privilégiés, pour ne pas dire de profiteurs éhontés. L’entourage de G.W Bush en était farci. On les a vu à l’oeuvre en Irak. Pourquoi voulez-vous que la Syrie fasse exception ? L’important dans un pays, c’est d’abord le niveau de vie de ses habitants, puis la sécurité, l’éducation, la santé… C’est tout cela que les Occidentaux veulent mettre à bas. La corruption est entretenue par les entreprises occidentales. Elle sape non seulement la confiance des citoyens dans leurs institutions, mais porte atteinte à la sécurité de l’Etat. Corrompre quelqu’un de bien placé permet de le tenir en laisse, d’en faire une source d’information. Quand il ne sert plus, on peut le jeter en pâture à l’opposition.
Mais, soyons clair… En parlant de « minorité privilégiée », vous pensez peut-être aux Alaouites, communauté religieuse à laquelle appartient la famille al-Assad. Pourquoi voudriez-vous, là encore, que la Syrie fasse exception ? Partout dans le monde, les minorités ont tendance à faire bloc, à privilégier leurs membres. Dans les pays occidentaux, les musulmans ne sont pas encore organisés en groupe de pression, mais c’est le cas – entre autres – des juifs, des évangélistes, ou des catholiques (aux Etats-Unis, par exemple). En Syrie, il n’y a pas que des Alaouites – environ 12% de la population – aux postes de responsabilité, même s’ils sont nombreux. Ils ne sont pas tous baasistes d’ailleurs, et parmi ces derniers tous ne soutiennent pas Bachar al-Assad. Je ne pense pas que l’on puisse diriger un pays comme la Syrie sans établir un savant et juste équilibre entre les différentes communautés religieuses et ethnies qui le composent.

-Denis Gorteau : Il semble acquis que des groupes armés ont délibérément mené la politique du pire en visant les forces de l’ordre, mais a plupart des manifestations ne furent-elles pas pacifiques et populaires ?

-GM : Ce qui se passe en Syrie a été préparé pour donner un coup d’arrêt aux soulèvements qui, après la Tunisie et l’Egypte, risquaient d’emporter d’autres régimes pro-américains. A Deraa, les manifestants étaient, dans leur immense majorité, des gens pacifiques. Leurs revendications étaient légitimes, mais elles auraient pu être exprimées autrement. Quand des agents provocateurs infiltrés dans les cortèges ont tiré sur les forces de l’ordre, ces dernières ont répliqué comme elles le font partout dans le monde. L’armée et la police ne tirent pas par plaisir sur leur propre peuple. Ensuite, il y a eu un phénomène d’engrenage, des émeutes, des pillages. Il y a eu beaucoup de morts des deux côtés… trop. Quand un de vos parents a été tué et qu’al-Jazeera, nouveau porte-parole de l’OTAN, affirme ex nihilo qu’il a été assassiné par le régime, vous ne pensez qu’à descendre dans la rue et à vous venger. Vous réclamez « le prix du sang ». Bachar al-Assad a annoncé que des enquêtes étaient ouvertes, que « toute personne ayant commis un crime contre un citoyen syrien, que ce soit un civil ou un militaire, rendra des comptes ». Mais, est-ce encore possible vu le nombre des victimes ?

-Denis Gorteau : Qui compose l’opposition syrienne ? Quelle est la position des communistes ? Des Frères Musulmans ?

-GM : Je ne suis pas un spécialiste de l’opposition syrienne, mais je crois nécessaire de faire la différence entre l’opposition extérieure souvent coupée des réalités du pays, et l’opposition intérieure. A l’étranger, des personnalités et des groupuscules se réunissent, forment des coordinations, signent des manifestes, ouvrent des pages Facebook. On assiste à un combat de chefs. En août, une Instance générale de la révolution syrienne, affirmant regrouper 44 groupes et comités de coordination, a estimé que la profusion d’organismes et de réunions nuit à l’image de l’opposition, et des Comités Locaux de Coordination ont rendu publique une « Déclaration du Peuple Syrien » mettant en garde contre les appels aux armes ou une intervention étrangère lancés par certains contestataires. Dernièrement, des opposants ont créé un… Conseil national de transition (CNT) ! Ils ont élu à leur présidence, sans le consulter, Burhane Ghalioun, professeur de sociologie politique à la Sorbonne. Cet intellectuel qui se méfie de BHL comme de la peste, a signé en juillet dernier un appel demandant au pseudo philosophe, de lui « épargner son soutien ». Il trouve par ailleurs qu’appeler CNT la nouvelle organisation, est du plus mauvais effet.
A gauche, les communistes syriens sont divisés en deux ou trois tendances concurrentes. L’une d’elles, membre du Front national progressiste regroupant notamment le parti Baas, les Nassériens et le Parti social nationaliste syrien (fondé par Antoun Saadé), déclare qu’il faut « écouter les revendications populaires, promouvoir des réformes démocratiques, refuser les manipulations extérieures ». Une des figures historiques du PC syrien ayant évolué vers des idées plus libérales, Riad al-Turk – 79 ans, totalisant 17 ans d’emprisonnement – soutient aussi les revendications des manifestants. En 2005, il réclamait un « changement démocratique et radical » de façon   »pacifique et graduelle ». Il trouve que les réunions organisées « à la hâte » à l’étranger ne sont pas utiles dans la phase actuelle et que le caractère islamique qui y prévaut « n’est pas au diapason de la diversité de la société syrienne ».
Les Frères musulmans sont la principale force d’opposition à l’étranger. Ils sont plus radicaux que leurs homologues égyptiens et très retors. L’opposition laïque les craint. En août, ils ont créé un Conseil national à Istanbul. Objectif : augmenter la pression sur le régime baasiste et le détruire. Ils sont soutenus en sous-main par la Turquie et sans doute par Saad Hariri. En 2006, des documents publiés par WikiLeaks révélaient que Hariri exhortait la « communauté internationale » à isoler Bachar al-Assad et réclamait son remplacement par une alliance comprenant les Frères musulmans, et d’anciens responsables syriens comme l’ancien vice-président Abdel Halim Khaddam, réfugié à Paris. Le quotidien Al-Akhbar accusait un de ses proches de financer le mouvement de contestation. Aujourd’hui, il ne semble plus question pour les Frères musulmans de participer à des élections démocratiques comprenant le parti Baas et les communistes, comme le souhaitait en 2005 Issam Al-Attar, leur ancien leader réfugié à Aix-la-Chapelle.
La politique actuelle du « tout ou rien » des Frères musulmans et d’une partie de l’opposition syrienne est dangereuse pour l’avenir de la Syrie. L’OTAN n’attend qu’une occasion pour casser le pays au nom des droits de l’homme et de la protection des civils. C’est aussi ce que souhaitent les extrémistes d’Al-Qaïda au pays de Cham ou de Jund al-Cham, mais au nom de leur interprétation du Coran ou d’ordres reçus d’ailleurs.


(1) http://quefaire.e-monsite.com/rubrique,g-munier-parle-mars-2011,369230.htm

http://www.infosyrie.fr/re-information/gilles-munier-damas-hama-bachar-sur-le-vif/


17/09/2011

n°13 - Dossier de Syrie -29-08 au 17-09- - Qui Au Moyen Orient Profiterait De La Chute D'Assad ?

 

n°13  - Dossier de Syrie -29-08 au 17-09- - Qui Au Moyen Orient Profiterait De La Chute D'Assad ?    -


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



      Dossier deSyrie

                         n°13                                       29-08 au17-09

                      C.De broeder                 &                     M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Dazibaoueb : EN NOTRE NOM, COIFFE DE SON CASQUE COLONIAL, LE VA-T-EN GUERRE SARKOZY MENACE LA SYRIE ET L'IRAN

Louis Denghien : Attention, président dangereux

Planete non violence : Qui Au Moyen Orient Profiterait De La Chute D’Assad ?

Guy Delorme : Le président n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !

La population sent l’existence d’un complot contre le pays.

500 vivants proclamés tués.  16/

Rassemblement à Damas dénonçant les ingérences étrangères.  

Les parlementaires russes accusent l'Occident d’exercer contre la Syrie une politique agressive.

Paroles & action du président Bachar al-Assad

El Assad met en garde contre toute action militaire contre la Syrie  

1 Lutte pour la libération du territoire

La Syrie dément le bombardement maritime de Lattaquié.

2 Politique

a) Politique Syrienne

Damas invite l'ONU à envoyer une délégation d'inspection en Syrie.

3  Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

Iran

Le complot des Etats-Unis et d'Israël contre la Syrie a échoué, affirme Téhéran

L'Iran propose un sommet sur la Syrie.

b) Pays du monde -  partie prenante.

USA

Les USA appellent Moscou à stopper les fournitures d'armes à la Syrie

France

Paris accuse Damas de «crimes contre l'humanité».

b) Autres pays

Palestine

Haniyeh : pas question de tourner le dos à la Syrie.

Russie

Moscou ne soutient pas les appels de l'UE et des USA à la démission d'Assad.  

Lavrov : L’Occident incite l'opposition à rejeter les appels au dialogue. 

Sologobovski: L'opposition extrémiste en Syrie cherche à réaliser sa démocratie présumée par des moyens pas du tout démocratiques.

4 Institutions internationales

Banque centrale

La Syrie est passée à l’euro sans visa.  

Ligue arabe

Le chef de la Ligue arabe refuse toute ingérence étrangère en Syrie.  

Accord pour mener des réformes, selon la Ligue arabe.

Organisation internationales

Onu

Louis Denghien : Commission d’enquête : l’ONU est-elle juge et partie ?



Tiré à part :

Dazibaoueb : EN NOTRE NOM, COIFFE DE SON CASQUE COLONIAL, LE VA-T-EN GUERRE SARKOZY MENACE LA SYRIE ET L'IRAN

Grisé par ses guerres déclenchées sur tous les fronts et pour faire oublier un bilan plus que catastrophique, Nicolas W Sarkozy semble jouer à fond la carte militaire pour assurer sa réélection en 2012… et pour le plus grand profit du « Grand Oeuvre »…

Après les guerres injustes et criminelles de Côte d’Ivoire et de Lybie où la France a pratiqué une scandaleuse ingérence militaire,  le guerrier à talonnettes n’est pas rassasié et, malgré un enlisement meurtrier en Afghanistan, il ne semble pas pressé d’enterrer la hache de guerre.

Au contraire, alors que le feu en Libye n’est même pas éteint, et que certains craignent un scénario à l’irakienne, le résident de l’Elysée s’empresse de tenir des déclarations martiales sur la Syrie et l’Iran.

A la 19 e conférence des ambassadeurs le 30 août, il a non seulement multiplié les déclarations d’autosatisfaction sur sa pseudo politique étrangère (peut on dire qu’un chien tenu en laisse qu’il choisit la direction ?). Un rôle de caniche qu’il semble assumer, « Les Etats-Unis ne souhaitant pas s’engager fortement en Libye, pour la première fois depuis 1949, l’Otan s’est mis au service d’une coalition emmenée par deux pays européens déterminés, la France et le Royaume-Uni. » a-t-il déclaré sans honte. Bien sûr Obama ne voulait pas se salir les mains dans cette guerre illégale et injuste, alors il a laissé le nain de jardin français s’en occuper, trop bête et trop content de briller enfin, pour réaliser qu’il était devenu le dernier des néo-conservateurs dans la pure lignée de son ami Bush.

Flanqué de la bannière du Bien (démocrassie, doigts de l’homme, et autres barbapapas pour gogos), le petit Nicolas se rêve chef de guerre. Lui que les journalistes ont si souvent qualifié de Bonapartiste va pouvoir enfin ressembler à un « vrai président » et non pas à un vendeur en téléphonie mobile devenu riche et puissant. L’armée encore traumatisée par le virage atlantiste imposé par lui a été mise au pas et les récalcitrants limogés. Personne ne doit critiquer le rôle de la France engagée dans une défense sans concession des intérêts américains et mondialistes dans le monde. Voici l’héritier du gaullisme en train d’achever la figure paternelle d’un coup de poignard dans le dos.

 » Le président syrien Bachar al-Assad a commis l’irréparable. »

Réalisant les rêves les plus fous de Georges Bush, Nicolas « double you » ne peut plus s’arrêter de jouer aux soldats de plomb. Chaque tir d’obus, chaque bombardement ciblé fait grimper sa côte dans les sondages, et les journalistes ne cessent de clamer les louanges de notre valeureux président, qui « de la crise financière aux campagnes militaires est présent sur tous les fronts ». C’est donc toute l’image du président agissant. Une dynamo qui s’alimente par lui même, comme le lapin de la pub Duracell qui jouait du tambour, il ne peut plus s’arrêter, le disque étant comme rayé. Aussi après avoir triomphé des « méchants » Gbagbo et Mouammar, voici que notre Napoléon de Nagy Bocsa pointe son prochain adversaire : Le très méchant Bachar El Assad qui tente comme il peut de sortir son pays de la subversion mondialiste que certains nomment « printemps arabe » ou d’autres « Démocratie »…

« Le président syrien Bachar al-Assad a commis l’irréparable. La France, avec ses partenaires, fera tout ce qui est légalement possible pour que triomphent les aspirations du peuple syrien à la liberté et à la démocratie », dixit Nicolas.

Dans la foulée, et reprenant le planning de l’Axe du Mal laissé en chantier par son prédécesseur Georges Bush, il n’oublie pas l’Iran qui a l’outrecuidance de s’être équipé de nouveaux missiles. Une raison suffisante pour qu’un ou plusieurs pays attaque la Perse, selon le stratège du Fouquet’s :

« Ses ambitions militaires, nucléaires et balistiques constituent une menace croissante qui pourrait conduire à une attaque préventive contre les sites iraniens, qui provoquerait une crise majeure », a-t-il indiqué toujours dans ce même sommet.

Pour finir sur une note d’humour, il faut souligner que l’armée est la plus directement visée par les réductions d’effectifs voulue par le plan d’austérité. L’armée, la grand muette, parent pauvre de la politique sarkozienne, doit donc assumer avec les moyens du bord une crise d’égo démesurée et meurtrière.

Pour les Mondialistes, le principal est que Sarko fasse le sale boulot. Un remodelage tant attendu du Moyen Orient au profit d’Israël et de leur chien de garde américain, le tout au profit d’un super Gouvernement Mondial qui construit patiemment ses blocs continentaux unifiés.

A tous les Peuples soi disant « libérés » du Proche et Moyen Orient, toutes nos condoléances pour leur rentrée en Démon-cratie…

http://www.dazibaoueb.com/article.php?art=25973

 

Louis Denghien : Attention, président dangereux

Le pouvoir à Damas aurait tort de croire qu’il est protégé de son propre peuple. Le président syrien a commis l’irréparable. La France, avec ses  partenaires, fera tout ce qui est légalement possible pour que triomphent les aspirations du peuple syrien à la liberté et à la démocratie. »

Cette mâle déclaration émane de Nicolas Sarkozy qui s’exprimait mercredi 31 août devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France.

Visiblement, le président le plus impopulaire de la Ve République, le plus rejeté par l’opinion française, se sent « boosté » par sa « victoire » en Libye. « Victoire » qui, pour résumer, a consisté à faire faire par l’armée française le « sale boulot » de la diplomatie américaine, quitte à installer dans ce pays le chaos politique et économique et à mettre au pouvoir des renégats du précédent régime et des chefs tribaux liés à l’islamisme dur sinon pur. On peut même dire qu’avec la Libye, Sarkozy s’est offert son Irak à lui, avec les mêmes conséquences incalculables, mais prévisibles, sur l’équilibre non seulement de la Libye mais encore de la région – cf les tensions entre l’Algérie et le CNT, pour ne parler des tensions intra-CNT, ni de la persistance de la résistance kadhafiste.

Et donc, le président de la dette record et de la croissance zéro, se rêve déjà en Bush Jr – non pardon, en Obama, c’est, relativement, plus « vendeur » – apportant la démocratie au peuple syrien. Qui n’est pas le seul à bénéficier de la sollicitude sarkozyste : l’honorable correspondant de l’OTAN et de la Maison Blanche à l’Elysée n’a pas exclu « une attaque préventive » contre les installations nucléaires de l’Iran si celui-ci persistait à se donner les moyens de son indépendance dans ce domaine. On peut dire que si ça continue, c’est Obama et Clinton qui vont devoir calmer le zèle du « meilleur élève » – du « fayot » ? – de la classe OTAN.

Êtes-vous moins gaulliste – et gaullien – que lui ?

On sait que Nicolas Sarkozy s’est donné beaucoup de mal, depuis son arrivée au pouvoir, pour faire oublier jusqu’au souvenir de de Gaulle, tant en  ce qui concerne la dignité de la fonction présidentielle que l’indépendance nationale, notamment vis-à-vis de l’imperium américain.

On sait que ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant en difficulté intérieure cherche une diversion extérieure. Et Nicolas Sarkozy a tant de choses à faire oublier aux Français : l’endettement-fuite en avant, le chômage qui croit, la croissance en coma, ses compromissions avec les puissances d’argent, et jusqu’à son style et sa personne. Mais aussi, puisqu’on parle de « théâtre d’opérations extérieures », les soldats qui tombent en Afghanistan dans une guerre perdue pratiquement dès le début, et encore ses excellentes relations avec les tyranneaux pro-occidentaux Ben Ali, Moubarak et… Kadhafi, au fait !

Avec ses guerres en Afghanistan, puis en Libye, Sarkozy espérait se donner – enfin – une stature de grand homme. Et se refaire une virginité humaniste et démocratique. Mais le costume de grand homme et de grand stratège géopolitique est décidément surdimensionné pour sa personne. Quand on entend cet homme donner des leçons de civilisation et proférer des menaces d’Oncle Sam, on pense irrésistiblement à ce personnage d’une chanson de Jacques Brel, « qui voudrait bien avoir l’air, mais qu’a pas l’air du tout ! »

Vivement le Printemps !

Au fait, puisqu’on a commencé cet article avec la Syrie, revenons-y. Bachar al-Assad n’a pas à se protéger de son peuple. Parce que celui-ci, dans sa majorité – et pour des raisons diverses – voit en lui le seul homme capable de conduire le pays vers une forme de démocratisation adaptée aux réalités du terrain et aux circonstance de l’heure. Parce que le peuple syrien, dans son énorme majorité – ce qui inclut une bonne part des opposants – ne veut pas que la Syrie devienne un nouvel Irak par la faute de Bush au petit pied comme l’hôte provisoire de l’Elysée. Si ce que Sarkozy et ses clones européens disaient de la Syrie était vrai, le régime se serait désintégré depuis six mois. Or, aucune défection significative n’est intervenue, et même la contestation radicale s’est essoufflée. Et ce moins par la répression que par le refus par la grande majorité des Syriens du chaos et de l’ingérence étrangère.

Et pourtant, nous autres Français, comprenons parfaitement la nécessité de changements : le peuple français peut lui aussi voir son « printemps ». En 2012.

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/actualite/attention-president-dangereux/


Planete non violence : Qui Au Moyen Orient Profiterait De La Chute D’Assad ?

Bien qu’Israël ait longtemps gardé le silence sur les évènements en Syrie, désormais à Tel Aviv on se réjouit d’avance d’une possible éviction d’Assad prélude à un affaiblissement du pouvoir central syrien au profit de gouvernements régionaux sectaires s’opposant comme par le passé les uns aux autres. Une Balkanisation de la Syrie c’est ce à quoi participe en coulisses les Sionistes en soutenant les islamistes fanatiques armés par l’étranger avec l’aide de la Turquie.

Lors d’une présentation faite à l’Institut for Contemporary Affairs du Jerusalem Center for Public Affaires le 16 Juin 2011, le professeur Eyal Zisser - un expert israélien de renom sur l’histoire et la politique moderne de la Syrie du Liban et du conflit arabo israélien - préconise le renversement de Bahsar al Assad dont le régime est considéré par lui comme une menace pour Israël.
Dans un article intitulé
The syrian uprising implications for Israël, Zisser - universitaire influent dans le monde politique israélien - détaille sa position dans le dernier chapitre «A new syrian régime might be better for Israël » c'est-à-dire expose les désidératas de Tel Aviv vis-à-vis de Damas.
Ci-dessous la traduction de ce chapitre
« Un nouveau régime syrien serait mieux pour Israël «
« Plus faible est la Syrie plus fort sera le Liban. Tout changement de régime en Syrie pourrait être un coup porté au Hezbollah bien que le Hezbollah représente en fait un grand nombre de Shi’ites. C’est un pouvoir central shi’ite libanais profondément enraciné et authentique. Cependant, c’est l’aide de l’Iran et de la Syrie qui ont transformé le Hezbollah en pouvoir régional. Mettre hors jeu la Syrie pourrait réduire le Hezbollah à une taille plus raisonnable - pour devenir un parti libanais fort mais rien de plus.
« La Syrie a soutenu les Shi’ites au Liban mais en même temps a apporté un certain soutien aux Sunnites car la logique derrière l’intervention syrienne au Liban a toujours été : diviser pour régner (règle d’or du régime sioniste oeuvrant actuellement avec son parrain américain pour monter les Sunnites avec à leur tête l’Arabie Saoudite contre les Shi’ites tournés vers l’Iran .ndlt). Un régime sunnite en Syrie pourrait changer la balance au Liban en faveur des Sunnites.
« Un nouveau régime en Syrie cela pourrait vouloir dire un retour aux années 1950 et 1960 quand il y avait un gouvernement syrien central faible et des régions fortes. Chaque région a ses propres caractéristiques ethniques et communales et il pourrait y avoir un coup d’état de temps en temps et un manque de stabilité. Le pire scénario c’est que la Syrie devienne un nouvel Irak car il y a actuellement non seulement des comptes historiques à rendre mais également des comptes liés aux évènements actuels. Il y a eu 2000 Syriens tués et les familles exigeront une vengeance non pas contre Bashar mais contre leurs voisins Alawites et Chrétiens.
« Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt d’Israël d’avoir Bashar au pouvoir. Certainement comme en Egypte c’est possible que les Frères Musulmans prennent le pouvoir en Syrie mais je ne suis pas sûr que cela soit le cas. Si Bashar tombe la situation a des chances d’être comme au cours des décennies antérieures avec un régime central très faible. Cela pourrait conduire à des incidents frontaliers avec Israël mais pas à une guerre avec des actes terroristes qu’un régime faible ne peut pas empêcher. L’opposition syrienne pourrait éventuellement prendre le pouvoir et comme c’est le cas en Egypte ils savent que leurs intérêts c’est d’entretenir des relations amicales avec les pays occidentaux comme les US et pas avec l’Iran .Donc à long terme un nouveau régime syrien pourrait être mieux pour Israël que le régime actuel. »
Information complémentaire
Un article intitulé :
« DERNIÈRE HEURE : L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie. Recrutement de moudjahidines. » publié le 16/08/2011par le site canadien version française Mondialisation.ca fait état de préparatifs militaires de l’OTAN/Turquie contre la Syrie avec une implication israélienne à terme.
«… Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des moudjahidines (« combattants de la liberté islamistes »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie….
Lire cet article  SUR CE LIEN http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26036
Bien qu’affirmant être contre toute intervention étrangère en Syrie, la Turquie n’en a pas moins déployé des officiers réservistes dans des bases le long de la frontière avec la Syrie pour selon la presse turque parer à toute crise humanitaire liée à un afflux massif de réfugiés venant de Syrie en assurant leur protection.
Les militaires turcs en armant et en entraînant ces moudjahidines et en favorisant leur passage en territoire syrien ne sont-ils pas plutôt entrain de soutenir la rébellion armée contre le régime de Bashar al Assad première étape d’une intervention militaire englobant d’autres intervenants dont Israël ?

Planete non violence
http://www.planetenonviolence.org/Qui-Au-Moyen-Orient-Profiterait-De-La-Chute-D-Assad-Israel_a2474.html


Guy Delorme : Le président n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !

La réponse du berger syrien à la bergère euro-américaine ne s’est pas trop fait attendre : dans sa quatrième adresse au pays depuis le début des troubles – sous la forme cette fois d’un entretien avec deux journalistes de la télévision d’Etat syrienne -, Bachar al-Assad a mis quelques points sur les « i ». D’abord à l’intention des Américains et de leurs amis de l’U.E. qui avaient exigé – jeudi 18 août – son départ du pouvoir – et de Syrie. Pour le n°1 syrien « de tels propos ne doivent pas être tenus à l’égard d’un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n’a pas été installé par l’Occident, un président qui n’est pas fabriqué aux Etats-Unis. » Pour Bachar al-Assad ces paroles (les appels à son départ) « se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l’étranger« . Et, pour que les choses soient claires pour tout le monde – Américains, Européens ou Turcs – « Toute action militaire contre la Syrie aura des conséquences autrement plus graves que ce qu’ils peuvent imaginer. » En un mot comme en cent, Bachar n’est pas Kadhafi et la Syrie n’est pas la Libye.

Quand le président syrien rappelle qu’il a été « choisi » par le peuple syrien, il se réfère au référendum du 10 juillet 2000 qui a consacré par un vote populaire sa désignation, un mois plus tôt, comme successeur de son père par le Parlement de Damas. On peut légitimement critiquer ou relativiser la validité démocratique de ce genre de procédure, ironiser sur le score « à la soviétique » obtenu par Bachar en la circonstance, il n’en demeure pas moins que le chef de l’Etat syrien a sans doute au moins autant de légitimité populaire que le président américain qui n’a obtenu que 53% des suffrages des 63% d’électeurs s’étant déplacées en 2008 – une élection de « maréchal » par rapport à Bush Jr qui avait obtenu 50,73% des 56,7% de votants.

La Syrie « inaffamable » et indomptable

A propos de pressions étrangères, le chef de l’Etat a relativisé l’impact des mesures de rétorsion économiques décidées – ou en passe de l’être – par les Euro-Américains : la Syrie, a-t-il rappelé, est déjà victime de sanctions économiques de la part des Occidentaux, et notamment des Américains, depuis 2003 (voir notre article « Samir Aita : la Syrie est déjà sous le coup de sanctions économiques depuis huit ans« , mis en ligne le 16 août). « Malgré les bonnes relations économiques que nous avions avec l’Europe, nous avons d’autres alternatives » assuré Bachar al-Assad, qui a précisé son propos : « On s’est orienté vers l’Est et nous continuerons à le faire« . L’ »Est« , c’est évidemment la Russie, mais ce peut-être aussi la Chine, l’Inde, l’Iran. Pour autant, Bachar ne nie pas que la crise intérieure a eu un impact sur l’économie – on pense notamment au secteur touristique – mais il estime que la situation « commence à se rétablir depuis deux mois. » De toute façon, « la Syrie ne peut avoir faim, car nous avons une autosuffisance » a-t-il affirmé.

Interrogé par les journalistes sur l’attitude de la Turquie, le n°1 syrien a plutôt donné dans un « mix » de dédramatisation et de fermeté : « En général, nous nous rencontrons souvent avec les responsables de tous les pays et nous n’éprouvons jamais de gêne quand nous parlons avec eux de nos affaires intérieures, surtout avec les pays qui nous ressemblent (…) Nous acceptons des conseils et parfois des leçons (…) nous discutons avec eux, mais quand les choses arrivent à la décision syrienne, là nous ne permettons à aucun pays proche ou lointain de s’ingérer« . Bachar dit qu’il veut croire qu’un Erdogan a pu vouloir exprimer un « souci » réel, par exemple de voir la situation intérieure syrienne influer sur la situation intérieure turque. Mais, précise-t-il, si le gouvernement turc a cru pouvoir, en la circonstance, assumer un rôle de guide, de maître, de meneur de jeu régional aux dépens de la Syrie, c’est « totalement inacceptable« .

Bien sûr, Bachar al-Assad s’est aussi exprimé sur la question des troubles et manifestations : « Nous avons commencé à enregistrer des succès et nous pouvons dire que la situation est à présent plus rassurante« . Et le président de se féliciter qu’ait été « déjoué » le « complot (qui) visait à faire tomber la Syrie en quelques semaines. » Effectivement, l’armée et la police ont repris, courant août, le contrôle des villes – ou plutôt de certains quartiers d’entre elles – qui connaissaient une agitation endémique et souvent violente, à Hama, Homs, Deir Ezzor, Lattaquié, Deraa. A chaque fois, il y a eu des victimes, à cause de bavures, mais surtout de provocations de manifestants armés. Combien ? Certainement pas autant – « 1 900 à 2 000 » – que le proclament les propagandistes de l’OSDH et des « Comités locaux de coordination« . Et, de toute façon, relativement peu, compte tenu des conditions de guérilla urbaine auxquelles étaient souvent confrontés soldats et policiers. La répression en Syrie a été, par la force des choses, violente mais pas « sanguinaire » ou « barbare », compte tenu de ce qu’on sait des pertes subies par les forces de l’ordre depuis mars dernier : plus de 400 morts – et bien plus de blessés – de l’aveu même de l’OSDH.

Un calendrier électoral et une pétition de principe

Et justement, puisqu’il s’agit de sortir de cette crise, d’apaiser les tensions, de réformer le système, le président, s’adressant cette fois aux Syriens, a donné des échéances assez précises : élections locales en décembre, et législatives « quatre à huit mois après la publication, peut-être jeudi (25 août,Ndlr) des décrets d’application sur la loi électorale, en tout cas pas plus tard qu’en février (2012), afin de permettre aux partis de se constituer et d’avoir le temps de faire campagne. » Car, rappelons-le, l’ »autocrate » Bachar a quand même pris la décision historique d’autoriser la création de partis non inféodés au Baas, et certains opposants l’ont déjà pris au mot (voir notre article « Création du premier des nouveaux partis« , mis en ligne le 16 août). Pour ce qui est du pluralisme, justement, notamment celui de la presse, le président a estimé qu’il ne fallait pas mette de « plafond » pour la liberté d’expression ». Tout de même, le « plafond » existe, il est défini par la loi, et doit reposer sur des critères d’ »objectivité » : la Syrie, c’est vrai, n’a guère de tradition en matière de pluralisme de l’information, et Bachar tente manifestement, dans ce domaine comme dans d’autres, un saut dans l’inconnu. C’est son handicap, qui fait aussi tout son mérite historique.

Bref, le président syrien n’a pas fait « profil bas ». Il a des raisons de penser que son gouvernement a franchi un cap difficile, mais que la grande majorité des Syriens refuse l’aventurisme de l’opposition radicale et l’ingérence étrangère, et soutient les réformes annoncées et aussi effectivement mises en route par son président. Il est aussi conscient, certainement, de n’avoir pas de leçons de démocratie à recevoir des Américains qui ont fait tant de mal en Irak et en Palestine -par Israéliens interposés – ou des monarchies du Golfe. Dis-moi qui te combat, sous quels prétextes, et je te dirai que tu n’es pas si mauvais qu’on le dit !

Publié le 22 août 2011 avec l'aimable autorisation d'Info Syrie

Guy Delorme

Lundi 22 août 2011

Source : Info Syrie
http://www.infosyrie.fr/...


La population sent l’existence d’un complot contre le pays.

Nous publions un autre témoignage, d’un autre Français, sur la visite de presse à Damas et Hama organisée par une association patronale syrienne entre le 21 et le 24 août. Alain Corvez a déjà donné une contribution à notre site, au tout début de notre aventure.

 Colonel du cadre de réserve, conseiller en géostratégie internationale, Alain Corvez est un spécialiste des questions de terrorisme et de géopolitique. Un spécialiste engagé, qui a pris position contre le retour de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN et la participation de notre pays au conflit afghan.

On ne s’étonnera donc pas qu’il n’apprécie guère l’attitude de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé vis-à-vis de la Syrie, non plus que le traitement médiatique dont celle-ci est la victime depuis six mois. Voici ses impressions de voyage, assortis d’une analyse sur ce qui est en jeu en Syrie, et ce qui a été mis en oeuvre par ses ennemis et ses faux-amis..

(Les intertitres et les passages soulignés sont de la rédaction)

« Lassés, voire excédés de lire et d’entendre les mensonges, d’une outrance rarement atteinte jusqu’alors, des acteurs divers de la vie économique syrienne ont constitué une Organisation Non Gouvernementale afin de rétablir la vérité sur la situation en Syrie.

Dénommée « Syria is fine », « La Syrie est belle », cette ONG a invité entre cent cinquante et deux cents personnes d’une vingtaine de nationalités différentes, parmi lesquelles de nombreux journalistes, à venir constater sur place la réalité de la situation, du 21 au 24 août.

Nous avons ainsi pu visiter Damas où la vie continue comme par le passé, les habitants s’adonnant à leurs activités habituelles, petits ou grands commerces, de constructions de bâtiments ou de routes dans la périphérie, ou de « farniente » à la terrasse des cafés ou des échoppes.

Discutant librement avec les uns ou les autres lors de mes promenades individuelles dans les rues et dans les souks, je retiens l’idée générale que la population sent l’existence d’un complot contre le pays et souhaite seulement  qu’on la laisse mener sa vie, modeste certes, mais non miséreuse, dans le calme et sans monter les Syriens les uns contre les autres. Si certains réclament plus de libertés, économiques, administratives et policières, ils reconnaissent  au Président Bachar El Assad la volonté sincère de mettre en œuvre ces réformes indispensables à une vie démocratique moderne.

Bachar : des revendications légitimes, un complot manifeste, des actes de terrorisme avérés

D’ailleurs, dans l’entretien télévisé  avec des journalistes le 21 août  au soir, le Président a répondu à ces souhaits en annonçant les réformes de la Constitution et des élections législatives avant fin février, le temps que se constituent les nouveaux partis politiques désormais autorisés, répondant ainsi à ceux qui  réclamaient ces mesures.

Dans cet entretien, il a fait le point de la situation dans le pays, reconnaissant l’aspiration authentique à des réformes démocratiques  de la part de certains manifestants, aspirations qu’il comprenait et auxquelles le régime répondait justement par les mesures déjà prises, notamment l’autorisation de manifester dans le calme, auxquelles s’ajoutaient celles qu’il venait d’annoncer, qui demandaient du temps et du calme pour organiser le fonctionnement démocratique des pouvoirs publics.

Bachar El Assad dénonçait en même temps le complot organisé et soutenu de l’étranger, utilisant les milices terroristes islamiques pour tenter de renverser le pouvoir. Là, il disait que les forces de sécurité avaient pu être surprises initialement mais qu’elles avaient désormais la situation bien en mains et pouvaient contrôler la situation.

Evidemment, les comploteurs contre le régime peuvent continuer à nier la véracité d’avancées politiques évidentes, puisque leur but n’est pas une Syrie libre et démocratique mais un pays à la solde de « l’Occident », éventuellement dirigé par des islamistes soutenus pas l’Arabie Séoudite et les services américains, cessant de soutenir la cause arabe authentique, et notamment la lutte des Palestiniens pour leur cause.

Evidemment, ces comploteurs dont beaucoup sont sans doute inconscients d’être des marionnettes entre les mains de manipulateurs spécialisés et entraînés à soulever les foules au nom de vertueux principes, – tandis que d’autres escomptent établir un régime ayant pour règle la charia sunnite – se gardent bien de dire quels sont leurs buts ultimes. Ils utilisent en tout cas les moyens de communication sophistiqués et onéreux qui leur ont été distribués par de bonnes âmes démocratiques, trouvés par les forces de l’ordre sur  des manifestants qui n’auraient pas eu les moyens de les payer, à Deraa ou Hama.

A Hama justement, l’ONG nous a emmené visiter les lieux qui montrent clairement que ce ne sont pas seulement des moyens de télécommunication sophistiqués qui ont permis de monter les opérations de commandos, organisées militairement, et qui, le 31 juillet, ont détruit  le commissariat de police et tué sauvagement les 17 policiers qui l’occupaient, les décapitant avant d’aller jeter leurs corps dans la rivière Oronte (Nahr el Assi), brûlé le Palais de Justice et fait exploser le Cercle de garnison en tuant 20 autres personnes.

A l’évidence ces opérations ont été montées avec des armements importés par des filières franchissant les frontières et n’avaient pas pour but  de faire avancer la démocratie en Syrie.

Le Gouverneur de la ville  nous expliqua que ces opérations militaires avaient été organisées pour bloquer le centre ville et laisser agir ces groupes, composés d’après lui de salafistes hors-la-loi, assortis de trafiquants divers.

Il ajoutait que les responsables de sa ville avaient autorisé les manifestations pacifiques et dialogué avec  les meneurs mais que ces opérations terroristes avaient nécessité une réponse militaire appropriée.

Les médias occidentaux avaient présenté les évènements de façon mensongère en disant que les forces de l’ordre tiraient sur la foule pacifique.

Comment expliquer alors les centaines de soldats tués et les nombreux blessés, dont nous avons visité quelques uns à l’hôpital militaire de Tichrine, dans la banlieue de Damas, qui nous ont expliqué comment ils avaient été agressés à Hama, Deraa, Deir El Zor, après avoir été isolés à dessein du gros de leur formation.

Inconséquences & incohérences de la diplomatie française

Ancienne civilisation mondiale, stratégiquement située au Moyen-Orient, la Syrie ne peut être ignorée si l’on veut mener une politique arabe cohérente.

Ce fut l’erreur commise par Jacques Chirac, coupant totalement les relations avec Bachar al-Assad après l’avoir accusé sans preuves de l’assassinat de son ami  Rafic Hariri en 2005, faute géopolitique intelligemment corrigée par Nicolas Sarkozy dès son arrivée à l’Elysée en 2007, hélas reconduite un an plus tard de façon incompréhensible pour les Syriens et pour les observateurs politiques, à moins d’y voir un alignement encore plus marqué sur la vision impériale américaine du monde.

Que s’est-il passé pour que celui (Bachar) qui était invité d’honneur sur les Champs Elysées le 14 juillet 2010, soit devenu un ennemi à abattre quelques mois plus tard ?

Pourtant les spécialistes savent bien que le problème de l’Iran ne peut être résolu qu’en liaison avec  la Syrie, problème pour lequel le Président syrien avait promis son aide au Président français.

Les Etats-Unis et Israël savent bien que ce serait folie de faire la guerre à l’Iran, et il reste suffisamment de sages à Washington pour dissuader l’administration américaine de se lancer dans une telle folie.

Mettre des islamistes sunnites au pouvoir à Damas ne permettrait pas de marquer des points utiles contre l’Iran chiite dont l’alliance actuelle avec la Syrie est conjoncturellement stratégique et nullement confessionnelle.

C’est contre la domination de la « démocratie américaine » que les deux pays s’entendent, et avec eux de nombreux pays qui partagent cet antagonisme, ouvertement ou plus discrètement comme la Russie et la Chine.

Comme l’avait dit Vladimir Poutine en 2007 à Munich, un monde unipolaire n’est plus possible et il faut impérativement organiser des relations équilibrées basées sur la justice entre les nouveaux et les anciens pôles de puissance. Poutine avait ajouté que la démocratie ne peut pas être la domination  d’une majorité sur les autres mais la prise en compte des aspirations des diverses minorités.

Lors du dernier dîner en commun le 23 août, le Vice-ministre des Affaires Etrangères syrien, Fayçal  Makded, nous disait qu’il était clair que la Syrie était attaquée  parce qu’elle était opposée à la politique américano-israélienne en Palestine. Mon voisin, Ismail Muftuoglu, ministre de la Justice de Turquie en 1995-96, après avoir fait sa courte prière de rupture du jeune, demandait à prendre la parole pour dire à tous au micro qu’il dénonçait l’ambigüité de la politique de son gouvernement, qui en venait à soutenir des terroristes islamistes contre un pays frère dont l’islam est la religion majoritaire mais qui a toujours préservé le multiconfessionnalisme.

Pour lui, l’AKP d’Erdogan prenait même des risques énormes pour l’avenir de la Turquie.

Des points de vue – éminents – chrétiens

Les chrétiens rencontrés nous avaient déjà fait part de leur crainte de voir les islamistes les attaquer, comme ils l’ont d’ailleurs fait à Rabareb, près de Deraa, quand 500 d’entre eux environ ont attaqué un commissariat tenu par des policiers chrétiens.

Nous recevant dans sa basilique  grecque-orthodoxe Sainte Marie, Mgr Luca Al Khoury nous raconta comment il en avait refusé l’accès à l’ambassadeur américain après que ce dernier se soit solidarisé avec les mutins de Hama. Le Patriarche Ignatius IV nous expliquait ensuite les erreurs d’appréciation de l’Occident sur la culture orientale et notamment syrienne : les chrétiens étaient les premiers en Syrie dit-il, puis l’islam est arrivé ensuite et depuis lors il n’y a jamais eu de luttes entre les habitants qui se sentent d’abord et avant tout Syriens.

Vantant l’ouverture d’esprit et la jeunesse du Président Bachar, il se disait convaincu que c’était lui le mieux à même de moderniser le pays en respectant ses diversités et sa culture de la plus ancienne civilisation du monde. S’il y avait des différences d’appréciation, il fallait les résoudre par le dialogue ajoutait-il.

On remarquera à ce sujet que le nouveau Ministre de la Défense est un général chrétien, Daoud Raghah. Une traductrice en français, chrétienne, me précisait que dans sa région d’origine près de Tartous,  le danger de subversion renforçait l’amitié entre musulmans et chrétiens.

Cette offensive de l’islamisme terroriste en Syrie a été bien sûr soutenue par les sunnites les plus excités d’Arabie, du Liban, de Turquie et de Jordanie, offensive d’ailleurs préparée par ce qu’il faut bien appeler un laisser-faire complaisant du régime pour ne pas engendrer d’affrontements, je pense notamment à la construction de 1 134 mosquées illégales financées par l’Arabie Séoudite.

Edward Lionel Peck, ancien ambassadeur des Etats-Unis dans de nombreux pays arabes et donc excellent connaisseur, me disait dans un français presque parfait que son pays ne comprenait pas l’Orient et pensait de bonne foi que « l’American way of life » était la meilleure au monde et qu’il avait le devoir de l’exporter dans toute la planète….

La société syrienne aspire à la réforme ET au calme

En conclusion de ce voyage, il me semble clair que la Syrie est l’objet d’un complot visant à renverser un régime qui n’a pas l’heur de plaire à Washington, en utilisant les aspirations légitimes d’un peuple à davantage de libertés, économiques, administratives, politiques et de l’information. Le régime a enclenché les réformes souhaitées et maîtrise désormais la subversion terroriste.

Si les sanctions feront souffrir le peuple, le gouvernement n’a pas à craindre d’intervention militaire de l’Occident  qui n’en a plus les moyens, se demandant sans doute comment il va gérer le chaos installé en Libye.

Or, contrairement à certaines idées reçues d’observateurs soi-disant éclairés, l’actuel  Président contrôle et dirige son pays sans devoir composer avec telle ou telle « vieille garde » ou lobby influent.

Ayant circonscrit la menace islamiste et en mesure de la contrôler, il peut engager les réformes et semble d’ailleurs être le mieux à même de les mener à leur terme. Si certains milieux sunnites lui restent hostiles par tradition, la majorité du peuple semble souhaiter le calme et l’harmonie entre toutes les composantes de la société syrienne.

A Damas comme à Hama, nous avons vu des habitants calmes et travaillant normalement, sentiment partagé par les journalistes russes, hongrois, turcs, avec lesquels j’ai pu discuter.

Il y a un désir de réforme chez certains, mais peu nombreux sont ceux qui veulent le renversement du régime.

Ces données sont, il est vrai, difficiles à évaluer, et nous entendrons des journalistes, français notamment, estimer l’opposition comme plus intense qu’elle n’est, et interpréter tous les faits et déclarations dans le sens de leurs idées préconçues qui sont que ce régime doit être renversé et que le peuple syrien est de cet avis.

Pourtant la Syrie de Bachar El Assad est une plaque tournante qui possède de nombreux appuis dans le monde et la volonté occidentale pourrait se heurter au mur des réalités. D’autant plus que l’immense majorité de la population ne s’est pas manifestée pour l’instant, elle qui se sent solidaire de la lutte des Palestiniens pour leur Etat et en accueille plusieurs centaines de milliers depuis des années, comme elle a accueilli un million et demi d’Irakiens depuis 2003. Cette solidarité arabe est à prendre en considération dans toutes les évaluations que peuvent faire les experts et stratèges auto-proclamés. » 

Alain Corvez  


500 vivants proclamés tués.  16/09/2011

Dans un article publié dans le site en ligne du quotidien AlIntiqad, le journaliste libanais résident en France Nidal Hémadé révèle qu’un membre de l'organisme de coordination des contestations entre les villes syriennes,  chargé de recenser les victimes des manifestations de vendredi, a signalé lors de contacts avec des opposants vivants également en France que les chiffres des victimes publiés dans les médias sont incorrects et exagérés.
Selon lui, c’est l’opposante Razane Zaytoune, perdue de vue ces derniers jours qui est derrière ces chiffres faussés et amplifiés. Celle-là même considérée comme source exclusive pour certaines chaines satellitaires, en l’occurrence AlJazira.
Cette source ayant requis l’anonymat a également assuré que l’opposition en Syrie perd de jour en jour de sa crédibilité en raison des mensonges qu’elle profère, soit en amplifiant les chiffres des victimes, soit en fabriquant des images et des évènements.
Elle a pris comme exemple les manifestations du vendredi de la Protection internationale au cours de laquelle 15 personnes ont été déclarées tuées.  Alors que dans les faits, seuls deux personnes ont été tués : un homme armé tué dans des accrochages avec l’armée, et un manifestant.
Toujours selon cette source, 7 victimes d’un accident de la rue ont été inscrites sur la liste des tués de ce vendredi, ainsi qu’un homme malade ayant succombé à une crise cardiaque et qui n’a jamais pris part aux manifestations.
« Parfois ce sont des personnes qui sont décédées d’une mort naturelle qui sont présentées comme ayant été tuées par des forces de l’ordre ». précise ce coordonnateur.
Pis encore, cet élément actif dans une ville du nord de la Syrie assure catégoriquement que 500 syriens déclarés tués durant les évènements sont encore vivants alors que de faux témoins ont déclaré qu’ils ont été tués aux chaines satellitaires arabophones.
D’après lui, il arrive souvent de mentionner les noms de militaires tués par des groupes armés comme étant des civils tués ou comme étant des insoumis.
À cet égard il raconte avoir reçu un appel téléphonique de la part du commandant d’un groupe armé de la région de Kassir, dans la province de Homs, l’informant que son groupe a tué un lieutenant de l’armée syrienne ainsi qu’un nombre de soldats, en pilonnant leur véhicule via un obus anti-blindé. Le lendemain, ce même commandant l’a contacté pour lui demander de contacter AlJazira et de changer la version, lui disant que c’est un groupe de dissidents de l’armée qui ont été liquidés par les forces de l’ordre partisanes du régime. 

Al Manar


Rassemblement à Damas dénonçant les ingérences étrangères.  

21/08/2011
Dans la nuit de samedi des milliers de citoyens se sont rassemblés à la place d'al-Hidjaz à Damas en signe d'appui à la réforme sous la direction du président al-Assad et de rejet des interventions étrangères dans les affaires intérieures de la Syrie.
Les participants ont dénoncé les propos de certains responsables étrangers qui s'arrogent le droit de parler au nom du peuple syrien, affirmant que la volonté de ce peuple est restée libre et indépendante tout au long de son histoire, rapporte l'agence SANA.
Ils ont également exprimé leur appui à l'armée arabe syrienne et leur rejet de la conspiration menée par des chambres d'opération noirs.
Des drapeaux nationaux et des banderoles affirmant la cohésion nationale ont été également levés et des slogans honorant les martyrs ont été scandés.
Par ailleurs, les médias d'Etat syriens dénoncent les appels de l'Union européenne et des Etats-Unis à la démission du président Bachar al-Assad, rapporte samedi le quotidien Al-Thawra, proche du gouvernement.
Selon le journal, de tels appels témoignent d'un "complot" ourdi contre la Syrie qui joue un rôle clé au Proche-Orient, notamment dans le conflit arabo-israélien, et l'éviction de la Syrie est un objectif stratégique d'Israël, des Etats-Unis et d'autres pays d'Occident.
Damas s'est toujours opposé à toute forme d'ingérence étrangère dans ses affaires intérieures et "ne permettra pas de le faire à l'avenir à qui que ce soit", lit-on dans les pages d'Al-Thawra.
Par ailleurs, un groupe de jeunes syriens indépendants organise pendant quatre jours une campagne intitulée "La Syrie va bien" au cours de laquelle ils mettront quelques 250 personnalités arabes et étrangères au courant des événements en Syrie.
Lors d'un point de presse, les organisateurs ont indiqué que cette campagne a pour objectif de remercier tous ceux qui ont traité les événements en Syrie avec objectivité, effectué des visites sur le terrain et rencontré des personnalités religieuses, populaires etc
Sur le terrain, une délégation populaire du camp al-Yarmouk à Damas, composée de dignitaires religieux, d'avocats et de médecins s'est rendue dans le quartier Ar-Raml al-Janoubi à Lattaquié. La délegation a vérifié sur place des fait sur le terrain, dénonçant les allégations des chaines médiatiques et de certaines personnalités palestiniennes sur ce qui s'est passé dans ce quartier.
L'imam et le prédicateur de la mosquée Chaf'ï, dans le camp de Yarmouk, a affirmé que tout ce qu'on a entendu au niveau de certaines chaines médiatiques et de certaines personnalités sur un pilonnage présumé du quartier Ar-Raml et de son camp par des chars et des navires maritimes est dénué de tout fondement, car il n'y a aucun signe de destruction ou de bombardement.
Enfin, une source militaire responsable a indiqué qu'un groupe terroriste armé avait visé par une embuscade tendue dans la région de Jourat al-Arayes, à Homs, un bus militaire transportant nombre d'officiers qui se dirigeaient à leur travail.
D'autre part, à Homs la TV syrienne a diffusé une séquence de vidéo sur un groupe de terroristes en train de tuer le policier, Raëd Achour, en tirant sur lui, une rafale de balles en plein boulevard d'al-Hamidiah au centre ville de Homs.
La vidéo qui a été filmée par une caméra de surveillance dans la rue le 11 août , montre clairement comment une voiture inconnue, de couleur argentée s'est approchée de la victime, Raëd Achour, et 4 éléments sont descendus de la voiture dans le but de kidnapper la victime, mais après la résistance de ce dernier, ils ont tiré sur lui à bout portant de leurs armes, à la poitrine, à la cuisse gauche et au pied droit.
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=27896&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

 

Les parlementaires russes accusent l'Occident d’exercer contre la Syrie une politique agressive.

"L’Occident fournit des armes aux groupes terroristes en Syrie"

Le premier vice président de la commission des relations internationales au conseil russe de la Douma, Leonid Kalashnikov, a accusé l'Occident d’exercer contre la Syrie une politique agressive, notamment en offrant  aux groupes terroristes, armes et munitions, sans compter un appui logistique dans certaines villes rurales syriennes, et ceci, pour empêcher la Syrie d'assumer son rôle clé dans la région.

Dans une déclaration à l'agence Sana, Kalashnikov a fustigé l'ingérence étrangère dans les affaires syriennes dénonçant  la politique de deux poids, deux mesures, adoptée à l'égard de la Syrie. Il a assuré qu'aucun changement dans la position de la Russie vis-à-vis des événements en Syrie n’est envisageable.

Kalashnikov a condamné l'attitude des pays occidentaux qui accusent les autorités syriennes de violer les droits de l'homme, ignorant les faits qui prouvent que ce sont les groupes terroristes qui violent les droits de l'homme en tuant les civils et les militaires et en coupant les routes.

Il a affirmé, dans ce contexte qu'aucun pays dans le monde n'acceptera de rester les bras croisés devant des actes criminels qui menacent la sécurité de ses citoyens.

Pour sa part, le président de l'association russe pour l'amitié et la coopération avec les pays arabes, Vyacheslav Matuzov,  a réitéré le refus de Moscou à toute forme d'ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie.

Dans une interview à la TV syrienne, Matuzov a affirmé que la position russe est stable et inchangeable à l'égard de la Syrie, car elle reflète les intérêts patriotiques russes, selon ses termes.

Matuzov a aussi indiqué que la Russie s'oppose à toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie.

Matuzov a expliqué que le ministère russe des AE, a publié un communiqué   après l'adoption par le Conseil de sécurité du communiqué présidentiel contre la Syrie et dans lequel, il a  indiqué que Moscou se tiendra aux côtés de la la Syrie, soulignant  que le plus important point dans ce communiqué est l'appel aux pays étrangers de ne plus s'ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie, et telle est la position réelle de la Russie amie de la Syrie.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/



Paroles & action du président Bachar al-Assad

El Assad met en garde contre toute action militaire contre la Syrie  

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde dimanche contre toute action militaire contre la Syrie, estimant sans valeurs les appels occidentaux exigeant son départ, et soulignant que sa bataille avec eux est celle de la souveraineté.
« Toute action militaire contre la Syrie aura des retombées plus grandes qu’ils ne le prévoient pour plusieurs raisons », a-t-il averti, lors d’une interview télévisée diffusée sur la télévision d’état.
Rapportant des évènements pour la première fois, il a révélé avoir reçu des menaces américaines quelques semaines après l’invasion de l’Irak que la Syrie sera occupée, et énumérant un certain nombre d'exigences.
« Notre réponse a été de refuser toutes ses demandes» a-t-il précisé, expliquant que « les réformes pour les états occidentaux colonisateurs sont celles qu’ils dictent seulement, en renonçant à la résistance, et abandonnant nos droits ».
S’adressant toujours aux pays ennemis, il a ajouté : « parfois il faut leur dire que si vous voulez aller plus loin dans vos politiques, nous sommes prêts à aller plus loin ».
Les appels des occidentaux sans valeur
Concernant les appels de dirigeants occidentaux réclamant son départ, le président syrien a dit qu’ils étaient "sans valeur"
"En nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeur", a dit M. Assad.
Selon lui, de "tels propos ne doivent pas être tenus à l'égard d'un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n'a pas été installé par l'Occident, un président qui n'est pas fabriqué aux Etats-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l'étranger".
ElAssad considère que les relations actuelles de la Syrie avec ces pays occidentaux sont marquées par un conflit de souveraineté.
Jeudi, et dans ce qui a semblé être une vraie confiscation de la volonté du peuple syrien, le président américain Barack Obama suivi de ses alliés occidentaux, a pour la première fois appelé explicitement Bachar al-Assad à partir et a renforcé les sanctions.
Avec la Turquie: Oui aux sentiments de souci, non au rôle de maitre
Interrogé sur les dernières positions turques, le numéro un syrien a répondu : « concernant les déclarations des responsables turques, et vu que nous ne savons les intentions qui les alimentent, serait-ce vraiment par souci, comme nous entendons dire de temps à autre, s’il en est ainsi nous sommes reconnaissants pour tous ceux qui se soucient pour la Syrie… serait-ce aussi par préoccupation de ce qui se passe en Syrie, et de ce qui pourrait en advenir comme conséquences en Turquie, ce qui est aussi normal ».
Mais il a toutefois tenu à signaler que lorsqu’il « s’agit de prendre le rôle de guide, ou de maitre, et de jouer un rôle au détriment de la cause syrienne, ceci est inadmissible, de la part de n'importe quel responsable du monde, y compris de la Turquie ».
M. Assad a par ailleurs annoncé que les élections locales devraient avoir lieu en décembre et que les législatives se tiendront de "quatre à huit mois après la publication, peut-être jeudi, des décrets d'application sur la loi électorale, en tout cas au plus tard en février, afin de permettre aux partis de se constituer et d'avoir le temps de faire campagne".
Les sanctions ont toujours existé
Concernant les sanctions économiques décidées par les pays occidentaux, il a souligné que "le siège de la Syrie existe déjà". "Malgré les bonnes relations économiques que nous avons avec l'Europe, nous avons d'autres alternatives. On s'est orienté vers l'Est et nous continuerons à le faire", a-t-il dit.
Selon des diplomates, les mesures européennes visant le secteur pétrolier, notamment un embargo sur l'importation de pétrole brut syrien, pourraient être annoncées dès mardi. L'Europe achète 95% du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays.
Le président Assad a reconnu que la crise avait eu un impact sur la situation économique mais que "celle-ci commence à se rétablir depuis deux mois. Il faut garder le moral".
Selon lui, la Syrie n'aura jamais faim, vu qu'elle est auto-siffisante et grace à sa position gégraphique qui influe sur les autres pays de la région.
Le complot visait à faire tomber la Syrie en quelques semaines
Interrogé sur la situation sécuritaire, le chef de l'Etat a précisé: "Nous avons commencé à enregistrer des succès et nous pouvons dire que la situation est à présent plus rassurante. Le complot (déjoué) visait à faire tomber la Syrie en l'espace de quelques semaines".
"Il n'y a pas de solution purement sécuritaire et toute solution sera forcément politique mais une solution politique ne pourra pas être mise en oeuvre si la sécurité n'est pas préservée", a-t-il souligné.
Non à la justice onusienne!
Alors que le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a indiqué vendredi qu'il y avait désormais des "preuves" de "crimes contre l'humanité" et a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à saisir la justice internationale, M. Assad a indiqué qu'il existait en Syrie "une commission d'enquête indépendante".
"Un nombre limité de personnes ont déjà été jugées sur la base de preuves irréfutables. Le principe est que quiconque, qu'il soit militaire ou civil, ayant commis un crime contre un citoyen sera jugé sur la base de preuves. Nous n'innocenterons pas un coupable et nous ne condamnerons pas un innocent", a-t-il dit.
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=27976&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=



1 Lutte pour la libération du territoire

La Syrie dément le bombardement maritime de Lattaquié.

Que l'on se souvienne des soi disants bombardements de Tripoli par Kadhafi, démenti par la mission européenne

Sur le terrain, une source militaire a démenti les informations propagées sur un bombardement maritime d'al-Raml al-Janoubi ,  à Lattaquié, a rapporté SANA.

La source a ajouté que les barques militaires exercent leur mission routinière de protéger les côtes et d'empêcher le trafic d'armes vers le pays à travers la mer comme c'était le cas dans d’autres régions.

De même, les habitants d'al-Ramel al-Janoubi ont démenti ces informations véhiculées par certains médias tendancieux sur un bombardement maritime et un déploiement des chars dans leur quartier, affirmant que ce sont des groupes terroristes armés qui assassinent les civils et jettent de la dynamite en direction des civils et des militaires afin de semer la terreur parmi eux.

Les citoyens du quartier ont souligné que les forces de l'ordre traquent ces groupes pour les arrêter. Nombre de ces citoyens ont raconté comment les hommes armés les terrorisaient, appelant l'armée à intervenir pour réinstaurer la sécurité dans leur ville.

Dimanche,  les forces de l'ordre ont traqué des hommes armés dans le quartier Arraml al-Janoubi à Lattaquié, a indiqué le correspondant de Sana, ajoutant que les hommes armés utilisaient des mitrailleuses, des grenades et des charges explosives, terrorisaient les habitants de la ville et attaquaient des biens publics et privés.

Le directeur de la Santé de Lattaquié a indiqué de son côté que deux éléments des forces de l'ordre sont tombés en martyr et 41 autres ont été blessés, en plus de quatre morts non identifiés parmi les hommes armés.

TEMOIGNAGES DE BLESSES..

Le blessé Aymen Qassir, agent de l'ordre a indiqué qu'il a reçu une balle au pied gauche, alors que son camarade, Kinan Souleymane Ghalia a dit qu'il a été blessé à l'épaule gauche par une balle ayant transpercé son gilet pare-balles.

Pour sa part, le blessé, Mohamed Selmane, a précisé qu'il a reçu deux balles, une à la main gauche et l'autre au menton, au moment où il était en train de ramener à ses camarades de la nourriture dans le quartier de Sayadate et Raml al-Janoubi, alors que son collègue, Issa Aref Mahfoudh, a reçu une balle à la cuisse gauche.

L'un des habitants de ce quartier, Mohamed Dassouqi, a assuré que l'intervention de l'armée était urgent  pour le rétablissement de l'ordre et de l'accalmie.

Oum Ahmed, habitant le quartier a révélé qu'elle avait décidé de quitter le quartier avec ses enfants pour éviter les actes terroristes des éléments armés qui ont sévi plusieurs jours dans le quartier avant l'entrée de l'armée et des forces de l'ordre.

Rappelons que le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir jeudi une réunion spéciale qui sera consacrée aux droits de l'Homme et à l'urgence humanitaire en Syrie.

http://www.mleray.info/article-la-syrie-dement-le-bombardement-maritime-de-lattaquie-81638089.html



2 Politique

a) Politique Syrienne

Damas invite l'ONU à envoyer une délégation d'inspection en Syrie.
Damas a invité l'ONU à envoyer une délégation officielle de son Département humanitaire en Syrie secouée par des protestations massives contre le régime du président Bachar al-Assad, a annoncé mercredi le site d'information d'Al-Arabiya.
La proposition de Damas intervient quelques heures après une déclaration faite par le coordinateur spécial des Nations Unies pour le Liban Michael Williams sur le retrait du personnel auxiliaire de l'ONU se trouvant en Syrie. "26 employés étrangers de la mission et les membres de leur familles ont déjà quitté le sol syrien", selon M.Williams.
Ces derniers mois, l'ONU a reproché à la Syrie d'empêcher aux représentants des organisations internationales d'évaluer la situation dans les villes touchées par les désordres. Les observateurs internationaux se sont notamment vu interdire l'accès à la ville de Deraa.

17/08/2011
http://fr.rian.ru/world/20110817/190529537.html

 

http://www.sana.sy/fra/51/2011/09/14/369367.htm



3  Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

Iran

Le complot des Etats-Unis et d'Israël contre la Syrie a échoué, affirme Téhéran.  

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, a annoncé que le complot des Etats-Unis et d'Israël visant à déclencher une guerre sectaire en Syrie avait échoué, a rapporté lundi la chaîne de télévision iranienne Press TV. «Un plan de l'axe américano-sioniste visant à déclencher une guerre sectaire en Syrie a échoué», a indiqué M. Amirabdollahian, cité par la chaîne de télévision.
Il a appelé «les Syriens à poursuivre leurs demandes légitimes par des moyens démocratiques et à avoir confiance dans le projet de réformes du président Bachar al-Assad», selon la même source. La nation syrienne peut être fière de sa «présence sur le front de résistance» et de son «soutien au peuple palestinien opprimé», a ajouté M. Amirabdollahian.
Samedi dernier, le ministre iranien des Affaires étrangères Ali-Akbar Salehi, a mis en garde contre les conséquences de changements éventuels au sein du gouvernement syrien. Selon lui, compte tenu du contexte régional particulièrement sensible, un changement en Syrie pourrait créer une crise sérieuse dans toute la région. Par ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a rejeté hier les déclarations de l'Union européenne (UE) selon lesquelles le corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) s'est ingéré dans les affaires intérieures syriennes, a rapporté l'agence ISNA. L'allégation de l'UE sur les relations de l'IRGC avec les derniers développements en Syrie est sans fondement et vise à critiquer un autre pays, a-t-il indiqué.
La Syrie est capable de résoudre ses propres problèmes, a-t-il souligné, ajoutant que «la République islamique respecte la souveraineté de tous les pays et rejette toutes les allégations sur son ingérence dans les affaires intérieures syriennes». Selon des reportages, l'UE avait gelé les avoirs des Forces Qods, une unité spéciale de l'IRGC, pour leur rôle dans l'offre de l'assistance technique, de l'équipement et de l'appui aux actions des forces de sécurité syriennes contre les manifestants.
La Syrie connaît des troubles depuis plusieurs mois. A la mi-mars, des premières manifestations antigouvernementales ont éclaté dans la province méridionale de Daraa et se sont ensuite propagées à d'autres villes. Les autorités syriennes ont attribué le soulèvement à «des groupes armés et une conspiration étrangère», et ont martelé qu'ils traqueraient les hommes armés qui ont intimidé la population et endommagé des propriétés publiques et privées.
30/08/2011

http://www.letempsdz.com//content/view/61743/1/


L'Iran propose un sommet sur la Syrie.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé que son pays était prêt à accueillir une réunion de pays islamiques qui pourraient aider la Syrie, à résoudre ses "problèmes", rapporte aujourd'hui le site internet de la présidence.

"Les pays islamiques devraient se mettre d'accord pour aider à résoudre les problèmes en Syrie, hors de toute influence étrangère", a-t-il déclaré, alors qu'il recevait jeudi soir des journalistes koweïtiens, selon toujours selon le site de la présidence.
"Le peuple et le gouvernement de Syrie sont musulmans et les nations islamiques doivent s'engager avec une compréhension collective pour aider à résoudre le problème et à mettre en place des réformes en Syrie", a-t-il ajouté.
L'Iran a régulièrement appelé au dialogue dans le pays, les troubles en Syrie étant fomenté par ses ennemis traditionnels, le régime israélien et les Etats-Unis.

Téhéran.Irna.

10 Septembre 



b) Pays du monde -  partie prenante.

USA

Les USA appellent Moscou à stopper les fournitures d'armes à la Syrie
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a exhorté la Russie à cesser d’approvisionner la Syrie en armes. "Nous voudrions que la Russie cesse de vendre des armes au régime de Bachar al-Assad", a déclaré Hillary Clinton dans une interview sur la chaîne CBS.
Les exportations d'armes russes en Iran et en Libye sont déjà suspendues. Désormais, les autorités américaines soulèvent la question de la coopération entre Moscou et Damas.
Les exportations d'armements russes en Syrie est un thème très sensible même dans une affaire aussi délicate telle que la coopération militaro-technique. Israël et les Etats-Unis portent atteinte aux intérêts des producteurs d’armements russes et à la politique moyen-orientale complexe du gouvernement russe.
Des exportations d'armes aléatoires
Au cours des dernières années, les liens militaro-techniques entre la Russie et la Syrie ont souvent fait l’objet de critiques de la part de Tel-Aviv et de Washington. Souvent le gouvernement russe a dû annuler les contrats préparés après avoir évalué les perspectives de l’exacerbation des relations.
Même cas de figure pour la commande du système tactique de missiles Iskander-E(code OTAN SS-26), annulée en 2005. De temps à autre surviennent, sans confirmation par la suite, des déclarations sensationnelles sur les fournitures à la Syrie d'avions modernes(des chasseurs Su-30, code OTAN Flanker-C ou des intercepteurs de défense antiaériensMiG-31E, code OTAN Foxhound) et des systèmes sol-air S-300 PMU-2 Favorit(code OTAN SA-20B).
A l’heure actuelle, l’existence de trois contrats russo-syriens en vigueur sur la fourniture d’armes, dont le montant pourrait être supérieur à 2,5 milliards de dollars, selon les estimations du Centre d’analyses des stratégies et des technologies, a été officiellement confirmée. Un accord sur la fourniture à Damas de 24 nouveaux chasseurs MiG-29M/M2 a été signé. Les systèmes de défense antiaérienne Buk-M2E (code OTAN SA-17 Grizzly) devraient être envoyés en Syrie. Un programme de modernisation d’environ 1.000 chars syriens T-72M pour passer à la version T-72M1M a également été adopté.
Toutefois, ce n’est pas tout. Il est également question de la fourniture d’un système de missiles sol-mer Bastion qui perdure depuis 2007. Il s’agit d’un système moderne doté de missiles supersoniques Iakhont. Leur version en service en Russie, Onyx (code OTAN SS-N-26), deviendra prochainement la base de l’armement antinavire aussi bien des bâtiments de surface que des sous-marins nucléaires de la marine russe.
Le gouvernement russe, qui s’est retrouvé dans une situation complexe, tantôt réfute l’existence du contrat de fourniture des Bastions, tantôt insinue qu’il sera tout de même exécuté. Cela est compréhensible : l’argent des "armuriers" aime le silence, et il y a déjà beaucoup trop de politique dans cette question.
L’argent et la politique
La Russie a déjà adhéré aux sanctions sur les fournitures d'armes frappant l’Iran et la Libye, en gelant les contrats en vigueur pour la fourniture de matériel militaire. Dans le cas de la Libye, la situation ne semble pas être une grande perte dans le contexte des manœuvres de Kadhafi qui promettait beaucoup de choses à Moscou, mais qui tentait parallèlement d’obtenir un maximum d’avantages des entreprises d’armement européennes. Par contre, la rupture des accords iraniens a causé un préjudice significatif aux revenus de l’industrie de défense, notamment aux concepteurs des systèmes de défense antiaérienne. Le contrat portant sur la fourniture de5 divisions de S-300PMU (code OTAN SA-10 Grumble) aurait pu dépasser 800 millions de dollars, et le dédit atteignait 400 millions de dollars.
À l’époque soviétique la coopération militaro-technique avec la Syrie compliquait déjà les relations entre l’URSS et les Etats-Unis. Après l’effondrement de l’Union soviétique, le régime de Hafez al-Assad (puis de son fils) était prêt à acheter à Moscou des armements dont le volume dépassant les capacités d'exportation de la Russie
L’exacerbation de la situation en Syrie en août 2011 a compliqué des contradictions déjà complexes. La Russie pourrait se retrouver dans une position proche du zugzwang aux échecs, lorsque la position du joueur empire quel que soit le coup joué par ce dernier.
Si le Kremlin suivait la recommandation de la Maison blanche, la Russie pourrait perdre de l’argent et une part de marché dans les exportations mondiales d’armements high-tech. Et en renonçant démonstrativement à coopérer, la Russie pourrait compliquer l’ordre du jour déjà tendu des relations bilatérales avec les Etats-Unis et l’OTAN sur les questions de la défense antimissile (ABM) et des armements nucléaires. En jouant ainsi contre la politique du "reboot" et en renforçant l’aile des faucons de l’opposition politique américaine à la veille de la présidentielle de 2012.

http://fr.rian.ru/analysis/20110815/190489015.html



France

Paris accuse Damas de «crimes contre l'humanité».

 «On constate que le régime syrien s'est livré à des crimes contre l’humanité», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé (à gauche) lors d'une conférence de presse à l'issue d'entretiens avec son homologue russe Sergueï Lavrov, dont le pays refuse jusqu'ici de se joindre à une condamnation au Conseil de sécurité de l'ONU.

AFP

La France a accusé mercredi le régime syrien de Bachar al-Assad de «crimes contre l'«humanité», au moment où la ville de Homs (centre) est visée par une opération sanglante et où le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, s'apprête à visiter Damas pour proposer une issue à la crise.

Au moins 20 personnes ont encore été tuées mercredi par les forces de sécurité  à travers le pays, selon des militants des droits de l'homme.

Dénonçant la répression en cours, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a affirmé «que le régime syrien s'est livré à des crimes contre l'humanité», à l'issue d'entretiens à Moscou avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

«La répression du régime est tout à fait disproportionnée et aboutit à des effusions de sang tout à fait inacceptables. C'est la raison pour laquelle le Conseil de sécurité doit adresser un message fort (à Damas) pour que cette brutale répression cesse», a-t-il souligné.

Sergueï Lavrov lui a en substance opposé une fin de non-recevoir: «La priorité aujourd'hui est d'entamer un dialogue, des négociations. (...) Nous estimons qu'inciter certaines forces d'opposition au boycottage de ce dialogue est une voie dangereuse vers la répétition du scénario libyen».

Pour trouver une issue à la crise, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, va se rendre en Syrie samedi.

Sa visite, initialement prévue mercredi, vise à soumettre au président syrien un plan appelant à l'«arrêt immédiat» de la répression du mouvement de contestation lancé à la mi-mars, et à la tenue d'une présidentielle en 2014, soit à la fin du mandat de M. Assad.

La proposition enjoint également le président syrien à «entamer des contacts sérieux avec les représentants de l'opposition».

La proposition a été saluée par les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent le mouvement de contestation, la qualifiant de «bonne base pour résoudre la crise», tout en assurant ne pas faire confiance au «régime assassin» de Bachar al-Assad et en émettant des réserves sur le scénario d'un scrutin en 2014.

D'ailleurs sur le terrain, aucun signe ne laisse augurer un apaisement, les forces de sécurité menant au quotidien de vastes opérations dans plusieurs villes, notamment à Homs, avec un bilan d'au moins 20 morts dans le pays mercredi.

Dix-sept personnes ont été tuées par balle lors d'une incursion de plusieurs chars et transports de troupes à Homs, où la répression s'est intensifiée ces derniers jours, ont rapporté les LCC qui ont également fait état de «dizaines de blessés».

Des images particulièrement dures d'un homme blessé à terre achevé par des hommes en tenue militaire prises à Homs circulaient mercredi sur le site YouTube.

Dans la nuit de mardi à mercredi, environ 2000 personnes avaient de nouveau manifesté dans la ville, désormais divisée entre pro et anti-régime, selon des militants.

À Hama (centre), ville traditionnellement hostile au clan Assad, une personne a été tuée, et deux autres sont mortes à Sermin, dans la région d'Idleb (nord-ouest), lors d'une descente des forces de sécurité, selon les LCC.

Et dans le sud du pays, «plusieurs personnes ont été blessées lors d'une incursion des forces de sécurité et de l'armée dans la localité de Naaymé», a indiqué à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon l'ONU, les violences quasi-quotidiennes en Syrie ont fait au moins 2200 morts depuis le début des manifestations à la mi-mars, en majorité des civils. Le régime soutient en revanche qu'il lutte contre «des bandes terroristes armées».

Pour faire pression sur la Syrie, la communauté internationale, notamment les États-Unis et l'Europe, a annoncé récemment des sanctions commerciales très sévères.

L'Union européenne s'oriente d'ailleurs vers une interdiction des investissements dans le secteur pétrolier, ont indiqué mercredi des diplomates à Bruxelles.

Cette interdiction ferait partie d'un septième train de sanctions de l'UE contre Damas, incluant aussi le gel d'avoirs d'au moins cinq «entités» liées au régime, selon les sources diplomatiques.

Le ministre syrien des Finances, Mohamed Jleilati, a estimé que le taux de croissance dans le pays, qui avait atteint 5,5 % en 2010, devrait chuter à environ 1 % en 2011, reconnaissant un «impact négatif sur l'économie» du mouvement de contestation.

Il a également admis, en marge d'une réunion des ministres arabes à Abou Dhabi, que «le commerce et l'industrie seront affectés par les sanctions (prises par l'Union européenne), car la plupart des exportations de la Syrie sont destinées à l'Europe».

Il a néanmoins minimisé l'impact des sanctions sur l'industrie pétrolière, même si l'UE achète 95 % du pétrole exporté par la Syrie. Damas mise désormais sur les marchés émergents comme la Chine et l'Inde pour exporter son pétrole.

Le ministre a par ailleurs affirmé que le tourisme, qui avait représenté en 2010 12% du PIB, n'avait pas été très affecté. S'il a admis une baisse du taux d'occupation des hôtels, celui-ci s'établit encore à environ 40/50 %, selon lui.

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/crise-dans-le-monde-arabe/syrie/201109/07/01-4432226-paris-accuse-damas-de-crimes-contre-lhumanite.php



b) Autres pays

Palestine

Haniyeh : pas question de tourner le dos à la Syrie.

Le Premier ministre palestinien Ismaël Haniyeh a déclaré dimanche que la cause palestinienne bénéficie du « Printemps arabe », soulignant que le peuple palestinien ne peut pas tourner le dos à la Syrie qui a soutenu la cause palestinienne.

Dans une interview avec l’agence d’information turque Anatolie sur la question palestinienne, Haniyeh a déclaré : « Si vous autorisez les peuples à gouverner, ils seront tous avec la cause palestinienne ».

Pour ce qui est des événements en Syrie, Haniyeh a déclaré que « le gouvernement syrien a depuis toujours été aux côtés des Palestiniens et la Syrie déploie des efforts pour lever le siège sur Gaza, nous ne pouvons pas tourner le dos à celui qui a offert de l’aide au peuple palestinien et qui a soutenu la cause palestinienne. »

Il a ajouté que « certes le peuple arabe en Syrie demande des droits. Et, nous soutenons le changement en Syrie, mais nous sommes profondément attristés de l’effusion de sang en Syrie. Aucune force ne peut réprimer un peuple. Et nous souhaitons que la Syrie soit forte pour continuer à soutenir le peuple palestinien ».

Il a indiqué que « le peuple égyptien était opposé au siège de Gaza et à la fermeture du passage de Rafah sous le régime de Moubarak, le fait d’arracher le drapeau israélien de l’ambassade israélienne en Égypte en est la meilleure preuve ».

Pour ce qui est de la visite du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan à Gaza, Haniyeh a souligné que les préparatifs se poursuivent, même si une telle visite n’est pas confirmée. Haniyeh a affirmé que cette visite sera historique, car elle va rompre le blocus sioniste qui persiste depuis presque cinq années consécutives. Et d’ajouter : « Nous poursuivrons nos préparatifs, comme si le Premier ministre Erdogan venait à Gaza ».

Haniyeh a noté qu’ « une telle visite permettra aux Palestiniens de manifester leur sympathie avec la Turquie, mettant en évidence le nouveau rôle de la Turquie dans la région, en particulier à Gaza ».

En réponse à une question sur la réconciliation palestinienne, Haniyeh a affirmé que « nous plaçons derrière nous la division et nous ouvrons une nouvelle page dans les relations entre les Palestiniens. Il y a maintenant la paix entre les Palestiniens », mais « pour que la paix se réalise, nous avons besoin d’un plan d’exécution bilatéral, précis et sûr ».

Par ailleurs, le Hamas a réitéré « son refus à toutes négociations avec Israël, qu’il a accusé d’utiliser les pourparlers pour couvrir leurs arrestations arbitraires et la construction de nouvelles colonies sans compter la judaïsation d’al-Qods, car ces facteurs contribuent à l’échec des négociations  » a souligné Haniyeh. Haniyeh a défendu l’idée «  que les négociations doivent toujours être menées dans le cadre arabo-islamique et non conduites sous l’égide des États-Unis ».

En réponse à une question sur les tirs de roquettes depuis Gaza vers l’entité sioniste, Haniyeh a déclaré que les Palestiniens ont le droit de se défendre et que la résistance est un droit légitime au regard du droit international, surtout qu’ils sont sous occupation.

Pour sa part, le dirigeant du Hamas, Dr. Salah al-Bardawil, a démenti les nouvelles publiées par certains médias sur l’intention du Hamas de fermer ses bureaux à Damas et de les transférer au Caire, déclarant que cette question est impensable et n’est pas soumis à discussion. Dans une interview accordée au journal jordanien el-Sabil, al-Bardawil a affirmé que les bureaux du Hamas sont toujours ouverts dans la capitale syrienne, ajoutant qu’aucun responsable syrien n’a informé le Hamas d’une décision de quitter Damas ou d’y fermer leurs bureaux. Il a jugé que les fuites des médias à ce sujet sont fausses et visent à créer une confusion politique entre le Hamas et le gouvernement syrien.

Le journal algérien Cherouk et certains sites Web locaux ont rapporté de sources palestiniennes bien-informées, des allégations selon lesquelles le régime syrien aurait donné au Hamas un délai de 3 jours pour quitter Damas, en particulier les dirigeants militants.

mercredi 14 septembre 2011.


Russie

Moscou ne soutient pas les appels de l'UE et des USA à la démission d'Assad.  

La Russie ne soutient pas les appels à la démission du président syrien Bachar al-Assad, lancés la veille par certains pays de l'Union européenne et les Etats-Unis, rapporte vendredi, dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères (MID).
"Nous estimons que la direction de la Syrie avec le président Bachar al-Assad à sa tête doit recevoir suffisamment de temps pour pouvoir réaliser son programme de réformes politiques, sociales et économiques", lit-on dans le document.
La diplomatie russe signale que bien que la situation en Syrie reste toujours alarmante, Damas a effectué ces derniers temps des "pas importants" dans le sens des réformes, en levant notamment l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963 et autorisant le multipartisme, mettant ainsi fin au monopole du parti Baas arabe socialiste.
Jeudi la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a déclaré au nom de l'Union européenne que Bachar al-Assad avait perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu'il devait partir. Mme Ashton a aussi fait savoir que l'UE préparait un nouveau train de sanctions à l'encontre du régime syrien.
Cette position de l'UE a été soutenue par la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Espagne.
Auparavant, le président américain Barack Obama avait déclaré que le président syrien devait quitter immédiatement le pouvoir "pour le bien du peuple de la Syrie". M.Obama avait, en outre, annoncé des sanctions US unilatérales à l'encontre de Damas.

19/08/2011

http://fr.rian.ru/world/20110819/190564732.html


Lavrov : L’Occident incite l'opposition à rejeter les appels au dialogue. 

Le président syrien Bachar el-Assad propose des "réformes parfaitement réelles", mais la communauté internationale refuse de les prendre au sérieux et encourage l'opposition à boycotter les appels au dialogue, a déclaré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
"Au Yémen, qui est toujours le théâtre d'un violent conflit armé, tous les membres de la communauté internationale cherchent à promouvoir un compromis entre les autorités et l'opposition, tandis qu'en Syrie, certains pays influents incitent l'opposition à boycotter les appels au dialogue", a-t-il indiqué dans son intervention devant les professeurs et les étudiants de l'Institut des relations internationales de Moscou.
Le chef de la diplomatie russe a constaté que les partenaires internationaux "refusaient même d'examiner les réformes, certes tardives, mais parfaitement réels proposées par le président el-Assad".
Le ministre a dans le même temps souligné que "l'usage de la force contre les civils était inadmissible".
La Russie s'oppose à toute ingérence dans les affaires intérieures de la Syrie et invite les autorités du pays à mettre en œuvre sans plus tarder des réformes politiques, économiques et sociales.

 01/09/2011      

Ria Novosti


Sologobovski: L'opposition extrémiste en Syrie cherche à réaliser sa démocratie présumée par des moyens pas du tout démocratiques.

 Le vice président de la commission russe de la solidarité avec les deux peuples syrien et libyen, Nicolay Sologobovski, a déclaré que l'opposition extrémiste en Syrie voulait imposer ce qu'elle prétend être la démocratie, par des moyens qui n'ont rien à voir avec la démocratie. Il a souligné à cet effet que le dialogue est le seul moyen de sortir de la crise actuelle en Syrie.

Dans une interview accordée à la chaîne satellitaire, La Russie Aujourd'hui, Sologobovski a dit avoir récemment visité la Syrie à la tête d'une délégation russe et avoir rencontré des intellectuels et des représentants de l'opinion publique ainsi que des opposants syriens. "L'on a appelé tout le monde à faire partie du dialogue entre l'Etat et l'opposition", a-t-il ajouté.

Sologobovski a, également, évoqué sa visite à Hama où il a vu des bâtiments publics incendiés ou détruits par les groupes armés alors que les habitants lui ont raconté le cauchemar qu'ils avaient vécu en raison des pratiques des terroristes dans la ville. 

http://www.sana.sy/fra/55/2011/08/25/366194.htm



4 Institutions internationales

Banque centrale

La Syrie est passée à l’euro sans visa.  

On apprend que depuis 2005, la banque centrale a voulu forcer les entreprises à travailler en euro, ce qui n'a dû plaire à Washington. Dès qu'un pays a des velléités de se passer du dollar (Irak, Libye, etc) boum, c'est la guerre. Les réserves de la Syrie se montent actuellement à 17,4 milliards de dollars, soit 800 millions de dollars de moins par rapport à la mi-mars, au début du mouvement de contestation ". et désormais la Carte Visa ne fonctionne plus en Syrie. Quand les US veulent quelque chose, eh bien VISA vient appuyer sa politique étrangère.

08/09/2011

Irib


Ligue arabe

Le chef de la Ligue arabe refuse toute ingérence étrangère en Syrie.  

Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, en visite à Damas, a affirmé samedi son refus de toute ingérence étrangère en Syrie exprimant le souhait de la Ligue d'aider ce pays à surmonter "la phase" qu'il traverse, selon l'agence de presse officielle syrienne Sana.
Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, en visite à Damas, a affirmé samedi son refus de toute ingérence étrangère en Syrie exprimant le souhait de la Ligue d'aider ce pays à surmonter "la phase" qu'il traverse, selon l'agence de presse officielle syrienne Sana.
Lors d'une rencontre avec le président Bachar al-Assad, M. Arabi a souligné "l'attachement de la Ligue et des Etats arabes à la sécurité et à la stabilité de la Syrie, le refus de la Ligue de toute forme d'ingérence étrangère dans les affaires internes syriennes et son souhait d'aider la Syrie à surmonter cette phase qu'elle traverse", selon Sana.
Enaharonline

10/09/2011
http://www.ennaharonline.com/fr/index.php?news=8205


Accord pour mener des réformes, selon la Ligue arabe.
Le chef de la Ligue arabe a affirmé samedi être parvenu à un accord sur les réformes avec le président Bachar al-Assad lors d'une brève visite en Syrie, tout en soulignant son refus de toute ingérence étrangère, malgré la répression meurtrière qu'il dénonce.
Cette visite, au cours de laquelle Nabil al-Arabi devait proposer à M. Assad un plan en 13 points, était la première initiative concrète de la Ligue arabe depuis le début de la contestation contre le régime syrien, le 15 mars.
"Nous sommes parvenus à un accord sur des mesures pour mener les
réformes, dont les éléments seront soumis au Conseil de la Ligue arabe" qui se réunit lundi au Caire, a annoncé à la presse M. Arabi à son retour de Damas, sans plus de précisions.
M. Arabi, à la tête de la Ligue depuis le 3 juillet, devait proposer au président syrien un plan de sortie de crise appelant à l'"arrêt immédiat" de la répression et à la tenue d'une élection présidentielle pluraliste ouverte à tous les candidats éligibles en 2014.
La proposition, élaborée par les ministres des Affaires étrangères de la Ligue, enjoint également à M. Assad d'"entamer des contacts sérieux avec les représentants de l'opposition syrienne", de libérer les prisonniers politiques et d'indemniser ceux qui ont été lésés par la répression du mouvement de contestation qui dure depuis près de six mois.
M. Arabi a déclaré avoir insisté auprès du président syrien pour qu'il y ait "un dialogue ouvert entre toutes les catégories du peuple syrien pour parvenir à la réconciliation nationale" en Syrie, où le mouvement de contestation, qui réclamait initialement des réformes démocratiques, exige désormais le départ du président Assad.
Plus "de 3.000 personnes ont été tuées" depuis le début de la contestation, a affirmé samedi à Tunis Radwan Ziadh,dirigeant du Centre syrien des études politiques et stratégiques, basé Washington. Selon l'ONU, les violences ont fait aumoins 2.200 morts.
Le secrétaire général de la Ligue arabe a expliqué avoir "souligné la nécessité de trouver une issue à la crise actuelle et de prendre des mesures immédiates pour mettre fin à la violence et l'effusion de sang".
M. Arabi a exprimé le "souhait d'aider la Syrie à surmonter cette phase" difficile, selon l'agence officielle syrienne Sana, qui a précisé que les deux parties se "sont mises d'accord sur un certain nombre de mesures concrètes à entreprendre pour accélérer les réformes en Syrie".
Mais le président de la Ligue arabe a parallèlement réaffirmé "le refus de la Ligue de toute forme d'ingérence étrangère dans les affaires intérieures syriennes".
De son côté, le président Assad a dénoncé une campagne de "falsification des faits" visant selon lui à "porter atteinte à l'image de la Syrie et à déstabiliser" le pays, a indiqué Sana.
La visite de M. Arabi était initialement prévue mercredi, mais la Syrie avait demandé au secrétaire général de la Ligue arabe de reporter sa visite, "en raison de circonstances indépendantes de (sa) volonté".
Le plan de règlement de la Ligue arabe avait au départ provoqué la colère de Damas, selon qui elle contenait "un langageinacceptable et biaisé".
La visite de M. Arabi est intervenue alors que ni les manifestants pour la démocratie ni les autorités de Damas, qui affirment se battre contre des "bandes terroristes armées", ne lâchent prise.
Au moins sept personnes ont encore été tuées samedi dans des opérations des forces de l'ordre à travers le pays, dont cinq à Homs (centre), d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des militants.
Vendredi, des milliers de manifestants avaient pour la première fois réclamé une protection internationale face à la répression. "Les Syriens demandent à l'ONU d'adopter une résolution pour une mission d'observateurs permanents en Syrie", avaient-ils écrit sur leur page Facebook "The Syrian revolution 2011".
Les Etats-Unis ont indiqué vendredi qu'ils voulaient "accélérer le travail la semaine prochaine" à l'ONU, où les Occidentaux tentent sans succès d'obtenir une condamnation plus ferme du régime syrien.
Les Etats-Unis et plusieurs de leurs alliés européens, en particulier la France et l'Allemagne, ont pris des sanctions contre le régime de M. Assad, et souhaitent le faire condamner par une résolution de l'ONU.
Mais la Russie, un membre permanent du Conseil de sécurité, s'oppose depuis des mois à une telle initiative, en invoquant le principe de non-ingérence.
AFP

10.09.
http://www.elwatan.com/une/syrie-accord-pour-mener-des-reformes-selon-la-ligue-arabe-10-09-2011-139199_108.php



Organisation internationales

Onu

Louis Denghien : Commission d’enquête : l’ONU est-elle juge et partie ?

Ca y est, la commission d’enquête de l’ONU sur les « violations des droits de l’homme en Syrie » est officiellement constituée depuis le lundi 12 septembre. Son principe avait été décidé le 23 août par le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies (voir notre article  » ONU : la mascarade continue !« , mis en ligne le 23 août). On ne sait pas encore quand cette mission sera à pied d’oeuvre en Syrie.

De son côté, le gouvernement syrien avait, par la bouche de son représentant genevois auprès des Nations-Unies, Faysal Khabbaz Hamoui, accepté de recevoir cette mission, aussitôt que « l’enquête indépendante syrienne aurait terminé ses propres investigations« . Or, un représentant du gouvernement syrien, Madame Chabaane, a pour la première fois, lundi 12 septembre, donné un bilan officiel du coût humain de la crise syrienne, affirmant que toutes les victimes, civiles et militaires, étaient identifiées (voir notre article « Bilans humains comparés – et contrastés – de la crise » mis en ligne le 12 septembre). Est-ce une indication que l’enquête syrienne est « bouclée » ?

Des profils professionnels « intéressants » ?

La commission d’enquête sera présidée par le Brésilien Sergio Pinheiro. Ce professeur de sciences politiques à la retraite, qui a notamment enseigné à Oxford et à l’Ecole des Haute études en sciences sociales de Paris, fut secrétaire d’Etat aux droits de l’homme de son pays sous la présidence de Fernando Henrique Cardoso, et il a déjà rempli pour l’ONU des missions similaires au Burundi et en Birmanie. Dans son cv figure aussi la fonction de « coordonateur de recherche au Centre brésilien pour l’étude de la violence« . On espère qu’il saura, en Syrie, étudier et analyser TOUTES les violences…

M. Pinheiro travaillera avec deux « experts » onusiens, la Turque Yakin Erturk et l’Américaine Karen Abou Zeid. La première enseigne la sociologie à l’Université technique du Moyen-Orient d’Ankara, et a déjà travaillé pour l’ONU, pour la promotion de la femme, notamment à Saint-Domingue. Elle est donc spécialisée, pour sa part, dans la « violence contre les femmes ». Enfin, Mme Erturk a récemment été élue par les ministres du Conseil de l’Europe pour diriger, pendant quatre ans, un « Comité européen pour la prévention de la torture ». Encore un label de « qualité », sinon de neutralité…

Quant à Karen Abou Zeid, elle a été en charge, pour le Conseil des droits de l’homme onusien, du dossier des réfugiés palestiniens au sein de l’ »Office de secours et de travaux des Nations-Unies pour les réfugiés de palestine au Proche-Orient » (UNWRA). A ce titre, elle sait au moins que la Syrie « bachariste » a accueilli et continue d’héberger des centaines de milliers de Palestiniens et leurs enfants depuis des dizaines d’années.

La présidente du Conseil onusien des droits de l’homme, l’Uruguayenne Laura Dupuy Lasserre, a souligné « l’importance de voir les autorités syriennes coopérer pleinement avec la commission« . A ce sujet, on rappellera que le gouvernement syrien a donné récemment (voir notre article « Prisons syriennes : la Croix-Rouge à pied d’oeuvre« , mis en ligne le 7 septembre ) l’autorisation aux représentants de la Croix-Rouge internationale de visiter les prisons et les zones « troublées ».

La Commission d’enquête a-t-elle déjà jugé ?

On peut hélas, en dépit de la présidence brésilienne de la mission, concevoir des doutes sur la neutralité de celle-ci : l’ONU, via son secrétaire général Ban Ki-moon, ayant répercuté sur le dossier syrien les thèses de l’opposition et les manoeuvres des Euro-Américains (voir nos articles « ONU : la mascarade continue ! » et « L’ONU au service du NOE« , mis en ligne les 23 et 19 août).

Le vote, au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, reflète d’ailleurs le rapport de forces entre adversaires déterminés et soutiens déclarés de la Syrie, et reproduit évidemment les clivages déjà observés : sur les 47 pays membres du conseil, 33 ont voté en faveur de la résolution sur la création de la mission d’enquête, et on ne s’étonnera pas de trouver parmi ceux-ci les initiateurs du texte, à savoir les Etats-Unis, leurs auxiliaires de l’Union européenne et l’Arabie saoudite, laboratoire islamiste intégriste à ciel ouvert et porte-avions américain dans la région.

Comme il n’est pas surprenant que les quatre Etats membres du conseil ayant voté contre la résolution soient la Russie, la Chine, l’Equateur et Cuba, neuf autres pays s’étant abstenu. « C’est à la Syrie de décider l’avenir de la Syrie » a notamment estimé le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères M. Ma Zhaoxu. La Chine a également appelé « toutes les parties en Syrie à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter les violences« .

L’ambassadeur syrien auprès de l’ONU à Genève, Faysal Khabbaz Hamoui, a donné un peu la morale de cette histoire en observant que cette résolution « confirme la détermination de condamner politiquement la Syrie et d’ignorer les tentatives de réforme dans le pays. »

Reste que cette résolution sur une mission d’enquête onusienne apparaît un peu comme un « baroud d’honneur » de la diplomatie euro-américaine, qui au final a échoué à isoler diplomatiquement la Syrie à l’international, et n’a pas d’avantage réussi à déstabiliser politiquement le régime, à l’intérieur.

commentaires

Souriya ya habibati dit :

13 septembre 2011 à 13 h 35 min

L’excès de pessimisme est un grand péché.. Etrurk Yakin saura trouver les mots pour dire qu’en Syrie, le droit des femmes à conduire une auto est respecté. Elle comprendra aussi qu’a contrario de ce que projetait le faussaire mac master s’autoproclamant un lovesyria, le résultat fut d’ouvrir les yeux des vraies Amina sur le terrain, sur l’importance de nous souder tous et toutes autour de notre Président afin de sauver notre chère Syrie du chaos que lui préparent les ennemis. Vous savez? L’ESPERANCE est un principe de VIE chez les Syriens.

Répondre

Candide... dit :

13 septembre 2011 à 14 h 34 min

« L’ESPERANCE est un principe de VIE chez les Syriens. »

C’est vrai, et ils ont eu raison d’espérer. Au bout de 50 ans, l’état d’urgence a presque été levé.

Entre autres qualités, la patience est donc également le fort des Syriens.

Patientons donc jusqu’aux élections et espérons qu’elles seront transparentes. Mais attention, quand on a fini d’espérer, on devient impatient…

Répondre

Christian dit :

13 septembre 2011 à 19 h 12 min

La commission d’enquête de l’ONU sur les « violations des droits de l’homme en Syrie » est politisée et on connait déjà le résultat. Ce n’est pas parce que le président de la commission est brésilien et un autre membre turc, Ban Ki Moon a son objectif à satisfaire aux yeux de ses maîtres. D’ailleurs, je ne comprends pas le jeu de la Turquie… je viens de tomber sur un article en anglais qui dit :

« Cyber specialists of the Syrian government have reportedly uncovered the text of an anti-Damascus agreement struck between Turkey and France. »

Un autre article interressant est le suivant:

« Washington Lists BRICS Countries as a « Threat to National Security » Secretary of Defense Panetta urged Washington to protect the planet against these countries’ attempts to ruin global stability »

Washington pense faire un monde unipolaire… qui orbiterait autour de lui.

Répondre

Christian dit :

13 septembre 2011 à 21 h 10 min

Voici un autre article que je viens de lire sur le Réseau Voltaire… la version française n’est pas encore disponible… il s’intitule: UN High Commissioner resorts to Lybian formula to address Syrian situation.

http://www.voltairenet.org/UN-High-Commissioner-Resorts-to

L’ONU se base sur des mensonges et se sont basé sur de mensonges pour attaquer sauvagement la Lybie.

D’autre part, j’ai entendu dire que les militaires Syriens avaient démenteler le QG des terroristes et que tout l’appareillage de communication qui a été appréhendé était extrèmement sofistiqué… sans compter les armes!

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/actualite/commission-denquete-lonu-est-elle-juge-et-partie/

 



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16/09/2011

n°74- Géopolitique & stratégie d'Iran - 15-09 - - : - "Les Européens paient les erreurs de leurs dirigeants".


 n°74-  Géopolitique & stratégie d'Iran - 15-09   - - : -  "Les Européens paient les erreurs de leurs dirigeants".



Géopolitique &stratégie d'Iran

n°74 du 15-09                       C.De Broeder &M.Lemaire



Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran »est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

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Sommaire :  

Tiré à Part

Guy Delorme : Syrie-Iran : quand Le Figaro transforme ses rêves en prospective.

1 Les brèves

1-1 J.Tourtaux : Mehmanparast : "Washington, le plus grand supporter du terrorisme, dans le monde".

2 Dossier & Point de vue

2-1 Menaces en notre nom.

2-2 K. Bhadrakumar : Un sommet à Téhéran pour contrer les Etats-Unis….

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Sarkozy à Mustafa Abdul Jalil: l’Algérie dans un an, l’Iran dans trois...

4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Ahmadinejad: "Les Européens paient les erreurs de leurs dirigeants".

5 Annexe.

5-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique.

 



Tiré à Part

Guy Delorme : Syrie-Iran : quand Le Figaro transforme ses rêves en prospective.

Parmi le flot – encore – ininterrompu de dépêches et articles relatifs à la Syrie, on a pu en remarquer, au début de cette semaine, qui faisaient état d’un refroidissement entre Damas et Téhéran. Il y avait eu notamment un papier – ou plutôt un tract – d’Alain Franchon dans Le Monde (voir notre article « Les délires – et voeux pieux – géopolitiques du Monde« , mis en ligne le 8 septembre).
Attachons nous cette fois à l’article du Figaro.fr mis en ligne le lundi 12 septembre et intitulé « 
Téhéran durcit le ton avec Damas« .

Cet article, signé de Delphine Minoui, correspondante du quotidien atlantiste au Proche-Orient, débute d’emblée par un (pieux) mensonge : « La révolte contre Bachar al-Assad refuse de s’essouffler« . Article qui prend la relève, en quelque sorte, d’un autre article du Figaro du 29 août brodant sur le même sujet, et signé cette fois du journaliste « otanesque’ Georges Malbrunot, dont nous avons déjà eu l’occasion de vanter ici l’honnêteté intellectuelle (voir notre article « Georges Malbrunot, la voix de ses – nombreux – maîtres« , mis en ligne le 25 août).

La révolte contre Bachar « refuse de s’essouffler » ? Nous, nous avons plutôt le sentiment, en l’espèce, que c’est le Figaro qui refuse de voir s’effondrer son rêve géopolitique d’une subversion de la Syrie.

Mais venons-en au vif du sujet et de la désinformation « figaresque ». Le grand quotidien sarkozyste et sa correspondante sollicitent, ou même triturent, les propos tenus vendredi 8 septembre sur la télévision portugaise par Mahmoud Ahmadinejad. Le n°1 iranien, évoquant la situation en Syrie, dit que la répression « n’est jamais la bonne solution » et il renouvelle son appel au « dialogue » entre le pouvoir et son opposition. C’est tout, mais il n’en faut pas plus à notre géostratège Delphine Minoui pour broder sur le « changement de ton » historique du pouvoir iranien à l’egard de Bachar al-Assad. Et la journaliste de lier ce changement d’attitude à la visite récente à Téhéran de l’émir du Qatar, lequel se serait efforcé de convaincre la direction iranienne de lâcher Bachar, quitte à leur prodiguer les plus fermes assurances sur l’iranophilie – et l’israélophobie ? – du futur gouvernement issu de l’opposition.

Essayons d’être sérieux. On est en plein dans ce que les Anglo-saxons appellent le « wishful thinking » – le voeu pieux en français . Ou dans un exercice de « géopolitique-fiction » : qui peut sérieusement croire que l’Iran va sacrifier son plus sûr allié dans la région aux belles promesses d’un monarque aussi inféodé que son collègue saoudien à Washington ? Du « patron » en quelque sorte, d’al-Jazeera qui, entre autres nombreux mensonges, racontait que des pasdaran iraniens venaient, depuis les toits des villes syriennes, faire le coup de feu sur les manifestants anti-Bachar ? Mais le Figaro et ses collègues interchangeables de la grande presse française aimeraient tellement donner un début de vraie consistance à leur fable de l’ »isolement croissant » du régime de Damas ! Ce sont les mêmes qui voyaient, quelques semaines plus tôt, une preuve décisive de cet « isolement croissant » dans le fait que l’Arabie Saoudite, le Koweit et on ne sait plus quelle pétro-monarchie, condamnaient la répression du régime et appelaient à des changements radicaux. Alors que ces monarchies sont dans la main de Washington depuis toujours.

Ahmadinejad prône le dialogue en Syrie ? Medvedev et Poutine aussi, et ce n’est pas demain qu’ils abandonneront la Syrie à la subversion américano-saoudienne ! Tous les amis de la Syrie « telle qu’elle est » – pour reprendre la formulation de Jacques Vergès dans un entretien accordé à notre site (voir notre article « J. Vergès : « En Syrie, il faut défendre l’Etat actuel !« , mis en ligne le 10 juin) espèrent sincèrement l’instauration d’un vrai dialogue entre le pouvoir et l’opposition raisonnable, responsable et patriotique – ce qui exclut de fait, c’est vrai, outre les radicaux islamistes, nombre de cyber-dissidents occidentalisés jusqu’au trognon. Et tous espèrent que Bachar pourra imposer des réformes significatives, malgré la pression, diplomatique, médiatique et économique que font peser sur lui les Etats-Unis et les Européens atlantisés.

Démenti sans ambiguité du principal intéressé

De toute façon, Téhéran n’a pas laissé beaucoup de temps à la « géopolitique onirique » du Figaro pour s’épanouir. Ce même 12 septembre, le service de presse de la présidence iranienne réfutait les déclarations attribuées au président Ahmadinejad relayées par le Figaro et consorts, soulignant que celles-ci « se contredisent avec la position de l’Iran à l’égard de la Syrie et sont dénuées de tout fondement. » Et le bureau de presse de rappeler que le n°1 iranien avait au contraire réaffirmé au cours de cet entretien la position « invariable » de son pays sur les événements de Syrie.

Les propos d’Ahmadinejad cités – ou plus exactement sur-interprétés – par le Figaro, sur la nécessité d’un dialogue intersyrien, ont été tenus lors d’une rencontre avec des journaliste koweitiens. Le communiqué du bureau de presse présidentiel iranien  stigmatise en conséquence ce qu’il appelle le « plan hostile » des « médias sionistes et occidentaux« qui ont « déformé les déclarations de principe » du président iranien dans le but de « scinder l’axe de la résistance » (Hamas-Hezbollah-Syrie-Iran, Ndlr).

Cette terminologie combattante pourra choquer les lecteurs du Figaro. Pourtant, pour peu qu’ils réfléchissent un peu, ces mêmes lecteurs devront convenir que leur journal est, incontestablement, de sensibilité « sioniste occidentale« , qu’il a en l’espèce « déformé » ou sollicité les propos d’Ahmadinejad, ce effectivement dans le but d’introduire un coin entre Téhéran et Damas. Bref, pas d’ »air de la calomnie » contre ce Figaro-là !

Guy Delorme,

http://www.infosyrie.fr/decryptage/syrie-iran-quand-le-figaro-transforme-ses-reves-en-prospective-2/



1 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 J.Tourtaux : Mehmanparast : "Washington, le plus grand supporter du terrorisme, dans le monde".  

Lors d’une conférence de presse, à Athènes, le porte-parole de la diplomatie iranienne a affirmé que les Etats-Unis étaient le plus grand protecteur des terroristes et négociaient avec ces derniers.
Selon l’IRNA, Ramin Mehmanparast, lors d’une conférence de presse, devant les journalistes iraniens et grecs, à Athènes, en allusion au soutien apporté par Washington au groupuscule terroriste "Rigi", et aux négociations des Etats-Unis avec les Talibans, a ajouté que Washington et ses alliés avaient leur propre définition du terrorisme, dans le cadre de leurs intérêts, et que l’Amérique était le plus grand appui du terrorisme, dans le monde. En mettant l’accent sur le caractère pacifique du nucléaire iranien, Mehmanparast a indiqué que le programme nucléaire iranien était pacifique et conforme au "TNP" et aux règlements de l’AIEA et que le savoir nucléaire était devenu, maintenant, un acquis national et local. En évoquant les développements, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, Le porte-parole de la diplomatie iranienne a dit : «Nous estimons que toute nation doit décider elle-même de son sort, sans l’ingérence des autres pays et des grandes puissances, et que ces dernières n’ont pas le droit de s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays».

Irib

 07/09/2011

J.Tourtaux



2 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Menaces en notre nom.

EN NOTRE NOM, COIFFE DE SON CASQUE COLONIAL, LE VA-T-EN GUERRE SARKOZY MENACE LA SYRIE ET L'IRAN

Pris d’une frénésie guerrière, Nicolas W Sarkozy menace la Syrie et l’Iran

Auteur : Lazy French Bastard - Source : IG

Grisé par ses guerres déclenchées sur tous les fronts et pour faire oublier un bilan plus que catastrophique, Nicolas W Sarkozy semble jouer à fond la carte militaire pour assurer sa réélection en 2012… et pour le plus grand profit du « Grand Oeuvre »…

 

Après les guerres injustes et criminelles de Côte d’Ivoire et de Lybie où la France a pratiqué une scandaleuse ingérence militaire,  le guerrier à talonnettes n’est pas rassasié et, malgré un enlisement meurtrier en Afghanistan, il ne semble pas pressé d’enterrer la hache de guerre. Au contraire, alors que le feu en Libye n’est même pas éteint, et que certains craignent un scénario à l’irakienne, le résident de l’Elysée s’empresse de tenir des déclarations martiales sur la Syrie et l’Iran.

A la 19 e conférence des ambassadeurs le 30 août, il a non seulement multiplié les déclarations d’autosatisfaction sur sa pseudo politique étrangère (peut on dire qu’un chien tenu en laisse qu’il choisit la direction ?). Un rôle de caniche qu’il semble assumer, « Les Etats-Unis ne souhaitant pas s’engager fortement en Libye, pour la première fois depuis 1949, l’Otan s’est mis au service d’une coalition emmenée par deux pays européens déterminés, la France et le Royaume-Uni. » a-t-il déclaré sans honte. Bien sûr Obama ne voulait pas se salir les mains dans cette guerre illégale et injuste, alors il a laissé le nain de jardin français s’en occuper, trop bête et trop content de briller enfin, pour réaliser qu’il était devenu le dernier des néo-conservateurs dans la pure lignée de son ami Bush.

Flanqué de la bannière du Bien (démocrassie, doigts de l’homme, et autres barbapapas pour gogos), le petit Nicolas se rêve chef de guerre. Lui que les journalistes ont si souvent qualifié de Bonapartiste va pouvoir enfin ressembler à un « vrai président » et non pas à un vendeur en téléphonie mobile devenu riche et puissant. L’armée encore traumatisée par le virage atlantiste imposé par lui a été mise au pas et les récalcitrants limogés. Personne ne doit critiquer le rôle de la France engagée dans une défense sans concession des intérêts américains et mondialistes dans le monde. Voici l’héritier du gaullisme en train d’achever la figure paternelle d’un coup de poignard dans le dos.

 » Le président syrien Bachar al-Assad a commis l’irréparable. »

Réalisant les rêves les plus fous de Georges Bush, Nicolas « double you » ne peut plus s’arrêter de jouer aux soldats de plomb. Chaque tir d’obus, chaque bombardement ciblé fait grimper sa côte dans les sondages, et les journalistes ne cessent de clamer les louanges de notre valeureux président, qui « de la crise financière aux campagnes militaires est présent sur tous les fronts ». C’est donc toute l’image du président agissant. Une dynamo qui s’alimente par lui même, comme le lapin de la pub Duracell qui jouait du tambour, il ne peut plus s’arrêter, le disque étant comme rayé. Aussi après avoir triomphé des « méchants » Gbagbo et Mouammar, voici que notre Napoléon de Nagy Bocsa pointe son prochain adversaire : Le très méchant Bachar El Assad qui tente comme il peut de sortir son pays de la subversion mondialiste que certains nomment « printemps arabe » ou d’autres « Démocratie »…

« Le président syrien Bachar al-Assad a commis l’irréparable. La France, avec ses partenaires, fera tout ce qui est légalement possible pour que triomphent les aspirations du peuple syrien à la liberté et à la démocratie », dixit Nicolas.

Dans la foulée, et reprenant le planning de l’Axe du Mal laissé en chantier par son prédécesseur Georges Bush, il n’oublie pas l’Iran qui a l’outrecuidance de s’être équipé de nouveaux missiles. Une raison suffisante pour qu’un ou plusieurs pays attaque la Perse, selon le stratège du Fouquet’s :

« Ses ambitions militaires, nucléaires et balistiques constituent une menace croissante qui pourrait conduire à une attaque préventive contre les sites iraniens, qui provoquerait une crise majeure », a-t-il indiqué toujours dans ce même sommet.

Pour finir sur une note d’humour, il faut souligner que l’armée est la plus directement visée par les réductions d’effectifs voulue par le plan d’austérité. L’armée, la grand muette, parent pauvre de la politique sarkozienne, doit donc assumer avec les moyens du bord une crise d’égo démesurée et meurtrière.

Pour les Mondialistes, le principal est que Sarko fasse le sale boulot. Un remodelage tant attendu du Moyen Orient au profit d’Israël et de leur chien de garde américain, le tout au profit d’un super Gouvernement Mondial qui construit patiemment ses blocs continentaux unifiés.

A tous les Peuples soi disant « libérés » du Proche et Moyen Orient, toutes nos condoléances pour leur rentrée en Démon-cratie…

8 septembre 2011

 

Lazy French Bastard – 

Source : IG 

http://www.dazibaoueb.com/article.php?art=25973


2-2 K. Bhadrakumar : Un sommet à Téhéran pour contrer les Etats-Unis….

Quasi-proportionnellement à l’effondrement des liens entre Washington et ses alliés à Kaboul et Islamabad, l'Iran a intensifié ses activités politiques et diplomatiques autour du problème afghan et de la situation régionale.

Téhéran estime que les relations entre les États-Unis et les gouvernements afghan et pakistanais ont subi un sérieux revers et qu’un prompt rétablissement est peu probable.

Ainsi, une fenêtre d'opportunité s'est ouverte à Téhéran pour faire reculer l'emprise des Etats-Unis pendant dix ans sur la géopolitique de la région.

Téhéran est déterminé à ne pas manquer l'occasion.

L'objectif immédiat est en quelque sorte de torpiller les plans des Etats-Unis visant à établir des bases militaires en Afghanistan et à s’étendre dans la région stratégiquement vitale d'Asie centrale, tout en débordant l'Iran à l'Est. La poussée politique et diplomatique iranienne arrive à un moment où les divergences américano-afghanes sont apparues au cours des négociations qui ont récemment été dévoilées au public.

Mais Téhéran considère également que cette partie comporte des enjeux élevés, avec des ramifications beaucoup plus large que la simple question de contrarier les plans américains d’établir des bases militaires [en Afghanistan]. Téhéran aura pour objectif de disperser le cordon de l'alliance américano-saoudo-israélienne dans le sillage des bouleversements au Proche-Orient.

Après tout, l’Afghanistan devient partie intégrante du « Grand Moyen-Orient », le Pakistan est un allié de longue date des États-Unis et de l'Arabie Saoudite et l'ensemble de ces trois pays – l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan – devient une plaque tournante stratégique d'une importance immense pour la géopolitique d’une vaste région s'étendant du Levant à la vallée de Ferghana.

Pour s’en assurer, l'objectif de Téhéran consistera à forger l'unité régionale avec Kaboul et Islamabad sur la base de leurs préoccupations et intérêts communs vis-à-vis de la politique américaine régionale.

Cette semaine, les efforts iraniens recevront un encouragement avec la visite à Téhéran du président pakistanais Asif Ali Zardari et du président [afghan] Hamid Karzaï, qui participeront à la conférence internationale sur le terrorisme à l'invitation du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Cette conférence est programmée les 25 et 26 juin, mais Zardari arrive ce jeudi pour une visite de deux jours.

Le fait que Zardari et Karzaï assistent à une conférence sur le terrorisme organisée par l'Iran, à ce moment précis, est en soi un indicateur significatif de la manière dont le vent souffle actuellement sur la politique régionale. Le gouvernement saoudien aurait effectué une démarche diplomatique auprès du Pakistan, suggérant qu'il doive ignorer la conférence de Téhéran et, à la place, participer à un conclave similaire sur le terrorisme qu'il propose de convoquer prochainement à Riyad.

Les Etats-Unis seront aussi très mécontents de la décision de Karzaï d’être aux côtés de l'Iran, en ce moment, sur la « guerre contre le terrorisme ». Cela démolit l'allégation des Etats-Unis selon laquelle l'Iran fomente le terrorisme. Zardari emmène avec lui une délégation de ministres, qui comprend le ministre de l'Intérieur Rehman Malik, le ministre du Pétrole et des Ressources naturelles Asim Hussain et le ministre de l'Eau et de l’Energie Syed Naveed Qamar.

Les médias iraniens ont indiqué que Zardari s’exprimera sur le projet de gazoduc irano-pakistanais, auquel s’opposent fortement les Etats-Unis, et qu'une « étape décisive pour l'exécution de ce projet qui a déjà été retardé » peut être espérée lors de sa visite. L'Iran a déjà achevé la construction de 1.000 kilomètres de ce gazoduc sur les 1.100 km prévus sur le sol iranien.

L'Iran a également proposé qu'un réseau de transport d'électricité soit construit à côté du gazoduc, reliant le réseau d'électricité de l'Iran avec celui du Pakistan. Par ailleurs, l'Iran a proposé de vendre 1.000 mégawatts/heures d'électricité au Pakistan à un taux subventionné.

« Tentatives de contournement »

Téhéran fait une tentative acharnée pour donner une nouvelle dynamique à ses relations bilatérales avec le Pakistan. Téhéran a traditionnellement nourri un sentiment de frustration envers l'alliance américano-pakistanaise. Ahmadinejad a récemment déclaré que Téhéran est en possession de « preuves spécifiques » pour dire que les USA projettent de saisir les armes nucléaires du Pakistan.

En effet, compte tenu de la présence militaire américaine et du soutien américain au groupe terroriste Djundallah, qui fomente la violence dans la région du Sistan-Baloutchistan en Iran oriental bordant le Pakistan, les services de renseignements iraniens sont très actifs en Afghanistan et au Pakistan. Téhéran a un mécanisme de partage du renseignement au niveau bilatéral avec le Pakistan et il est pratiquement certain que Malik discutera des voies et des moyens pour renforcer cet arrangement. Le Pakistan peut aider l'Iran à contrer le Djundallah, tandis que l'Iran peut partager des renseignements concernant les activités secrètes des Etats-Unis sur le sol pakistanais.

L'Iran semble partager l'estimation de la Russie et de la Chine, selon laquelle la politique étrangère pakistanaise est en cours de correction pour réduire la dépendance politique, économique et militaire d'Islamabad sur les Etats-Unis.

De même, Téhéran prend en compte que les USA tiennent à la fois Islamabad et Kaboul à distance dans leurs négociations avec les talibans et adopte une méthode de partage des informations avec pour principe de ne les divulguer qu’à ces partenaires clés.

Samedi dernier, Karzaï s’est servi d’un discours à la nation pour fustiger les Etats-Unis et est allé jusqu’à exposer que les Etats-Unis sont déjà en pourparlers directs avec les Talibans. Fait révélateur, le Pakistan a rapidement fait comme Karzaï et a entrepris, lundi, une forte démarche à ce même égard auprès des Américains.

De hauts responsables pakistanais auraient fait part de leurs préoccupations au Représentant spécial adjoint Frank Ruggiero, en visite, à propos des « tentatives de Washington de contourner » Islamabad et de maintenir délibérément le Pakistan à distance dans ses efforts pour rechercher un accord de paix avec les Talibans avant le retrait progressif d'Afghanistan.

Le communiqué publié par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, après les discussions entre le ministre d'Etat des Affaires étrangères Hina Rabbani Khar et Ruggiero, qui se sont tenues à Islamabad lundi, disait : « Le ministre a souligné l'importance de la clarté et de la cohérence stratégique, de même que la transparence, afin de favoriser le peuple afghan et le gouvernement afghan dans le processus de paix et de réconciliation. »

Le journal pakistanais Tribune a cité un diplomate pakistanais, en poste à Kaboul, alléguant qu’Islamabad est maintenu dans l'obscurité par les Etats-Unis sur ses récents contacts avec les Talibans. « Nous savons bien que certaines réunions ont eu lieu entre les responsables américains et les Talibans afghans, en Allemagne et au Qatar. Il semble que le Pakistan soit délibérément maintenu à l’écart par les Etats-Unis afin de minimiser notre rôle dans la future donne politique en Afghanistan", a-t-il insisté.

Une fois encore, le journal Dawn a cité sans le nommer l’un des responsables pakistanais qui aurait dit, « D'un côté, ils [les Américains] parlent de l'aide du Mollah Omar, mais de l'autre, ce dirigeant Taliban est sur la liste des cinq hommes qu'ils [les Américains] veulent éliminer », demandant sur un ton acerbe s'il pouvait y avoir également un espace dans le dialogue politique des Etats-Unis pour le réseau Haqqani.

Cependant, ce serait un jugement hâtif que de conclure qu’Islamabad et Kaboul sont en train de coordonner leur opposition aux États-Unis. La relation afghano-pakistanaise reste très problématique, le déficit de confiance est important et une amélioration radicale dans le climat de leurs relations s’est avérée hors d’atteinte.

En fait, les escarmouches aux frontières ont augmenté en fréquence. Dans quelle mesure les Etats-Unis et l’OTAN alimentent ces tensions, dans le cadre de l'effort concerté à « mettre la pression » sur le Pakistan, n’est pas clair. Manifestement, une rencontre authentique des esprits entre Karzaï et Islamabad ne peut se concrétiser tant que ces tensions souterraines continuent d’éclater sur la région frontalière afghane, impliquant l'armée pakistanaise et les forces afghanes.

Peut-être Téhéran peut-il donner un coup de main pour régler ces tensions. Pour s’en assurer, l'Iran a un grand intérêt à ce stade à amener l’Afghanistan et le Pakistan à se rapprocher dans une relation téléologique de travail.

Le ministre iranien de la Défense, Ahmed Vahidi, qui s’est rendu à Kaboul la semaine dernière, a eu une réunion de fond avec l'ancien homme fort de l’Alliance du Nord et actuel vice-président, Mohammed Fahim. Vahidi a dit à Fahim, « La grande et courageuse nation d’Afghanistan est capable d'établir sa sécurité de la meilleure façon possible sans l'interférence des forces trans-régionales [comprendre : les USA et l'OTAN]. »

Vahidi a dit à son homologue iranien, Abdulrahim Wardak, « Leur présence [les Etats-Unis] fait obstacle à la matérialisation de la volonté de la grande nation afghane, résolue et qui travaille dur, et provoquera la discorde, la tension et l'insécurité et gaspillera le capital du pays. »

Wardak et Vahidi ont signé un document relatif à la coopération bilatérale en matière de sécurité. Fait intéressant, lors de la cérémonie de signature, Wardak a réagi ainsi : « Etant donné les menaces et les défis auxquels la région est confrontée, nous croyons qu’une défense commune et une coopération en matière de sécurité entre l'Iran et l'Afghanistan sont très importantes pour établir la paix et la sécurité dans la région. » Wardak a également dit, d’un air sous-entendu, que l'Afghanistan essayera, à ce stade, d'accroître ses liens en matière de défense et de sécurité avec l'Iran, afin de « remplir nos objectifs de sécurité communs dans la région. Nous croyons que l'expansion de la coopération en matière de défense commune et de sécurité avec l'Iran est dans nos intérêts. »

La ligne de faille pachtoune

À son retour à Téhéran dimanche, Vahidi a déclaré que les efforts américains pour établir des bases en Afghanistan font partie de leur plan visant à imposer un « système hégémonique » sur la région, « mais tous les pays et tous les peuples de la région sont opposés à ce complot. La présence des forces étrangères dans la région, en particulier les troupes américaines, est très nocif et représente une violation flagrante de la souveraineté nationale des pays de la région et compromet leur sécurité. »

Fait intéressant, il a ajouté, « Autant que nous le savons, la grande nation afghane n'est pas d'accord avec l'installation de bases militaires américaines, et il est naturel que les responsables du pays, qui suivent leur peuple, n’approuvent pas de tels plans. » Dans une allusion voilée au Pakistan, Vahidi a déclaré que les pays de la région sont également opposés à la présence de troupes étrangères dans un pays voisin, car « les pays extra-régionaux cherchent effectivement à entraver les progrès des pays islamiques ».

Téhéran prendrait en compte l'impression qui prévaut dans la région que les États-Unis et la Grande-Bretagne travaillent sur ce que l’on appelle le « plan Blackwill » - qui tire son nom de Robert Blackwill, un responsable américain qui a servi dans le Conseil à la Sécurité Nationale de George W. Bush - qui a d'abord soutenu que la meilleure solution afghane est de réaliser une partition de ce pays, le long de la principale ligne de faille ethnique pachtoune.

Ce plan laissait entendre que les Etats-Unis devraient quitter les provinces du sud et du sud-est de l'Afghanistan et laisser la loi des Talibans être rétablie dans ces provinces, et, à la place, transférer leurs troupes vers le havre sûr de la région nord, habitée par les tribus non-pachtounes qui sont amicales, d'où ils pourraient poursuivre efficacement leurs opérations de contre-insurrection au moyen de leurs forces spéciales et/ou de l'utilisation de leur puissance aérienne.

Les manœuvres entreprises par les Etats-Unis et leurs alliés d’engager des pourparlers directs avec les Talibans (sans impliquer ni l'Afghanistan ni le Pakistan), de même que la décision de supprimer progressivement les sanctions contre ces chefs Talibans sélectionnés qui sont prêts à faire des compromis, concorde avec les objectifs du plan Blackwill.

Les États-Unis ont pour objectif de persuader les Talibans à renoncer à leur opposition tranchante à la présence militaire à long terme US-OTAN dans l'Hindou-Kouch.

Les Talibans espèrent récupérer leurs bastions perdus dans les régions à domination pachtoune du sud et du sud-est de l'Afghanistan. Gardant cela à l'esprit, au cours des deux dernières années, les Etats-Unis ont dépensé des sommes énormes pour rénover ou reconstruire des bases dans les régions non pachtounes de l'Afghanistan, afin de les aligner sur les normes et les conditions de vie occidentales.

Le retrait des Etats-Unis qui débute en juillet concerne essentiellement les 30.000 soldats qui ont été incorporés l'année dernière pour le « surge » [la montée en puissance]. Les responsables américains et de l'OTAN ont récemment commencé à laisser entendre qu’il ne faut pas s’attendre, dans l’immédiat, au départ des troupes occidentales de la région.

Ce qui est particulièrement remarquable dans ce contexte est le rôle joué par l'Allemagne dans la mise en place des pourparlers de paix entre les Etats-Unis et les Talibans. Der Spiegel a rapporté en premier que plusieurs réunions ont eu lieu en Allemagne entre un assistant clé du Mollah Omar et des officiels américains. Dimanche dernier, dans une interview télévisée aux Etats-Unis, Robert Gates, le Secrétaire à la Défense a confirmé que de telles réunions avaient eu lieu.

Les forces allemandes occupent la région de l’Amou-Daria, qui chevauche le refuge sûr dont Blackwill a donné un aperçu pour le transfert des troupes américaines sur une base à long terme. Les forces allemandes ont lancé une vigoureuse campagne anti-insurrectionnelle dans la région Nord, ces derniers mois, en vue de l'assainir, et cette campagne, à son tour, a donné lieu à des attaques de représailles par les insurgés. Les opérations allemandes semblent répondre au plan Blackwill.

Les Allemands ont travaillé dur pour développer de bonnes relations de travail avec le gouvernement ouzbek à Tachkent et utilisent abondamment la base militaire de Termez, qui était autrefois la plus grande base soviétique en Asie centrale, comme base d'approvisionnement pour les opérations dans la région Nord. De nouvelles lignes ferroviaires sont en construction pour relier Mazar-i-Sharif à Termez dans l'Amou-Daria, qui permettra de relier l'Afghanistan avec le réseau ferroviaire de l'ère soviétique qui va jusqu’à Berlin.

Les Allemands ont aussi puisé dans leurs liens stratégiques en expansion avec la Russie pour développer systématiquement une route de transit passant par le territoire russe, qui leur permet d'acheminer des fournitures en Afghanistan via Termez. La route russe menant à Termez permet aux forces de l'OTAN de réduire radicalement leur dépendance sur les deux routes pakistanaises. La Russie a récemment permis que même des armes et des munitions soient transportées par cet itinéraire. (Ces liens de communication pourront finir par devenir la nouvelle Route de la soie.)

Le plan Blackwill détient le potentiel dangereux de faire voler en éclat la nation afghane. L'Afghanistan a été historiquement maintenu uni par les liens ténus de l’appartenance à une même nation. Le régionalisme et le caractère ethnique continuent de poser des défis à l'unité nationale.

Si l'unité afghane devient sérieusement menacée, les conséquences seront extrêmement graves pour le Pakistan. Ce ne sera qu’une question de temps avant que ce qui restera des Pachtounes ne se déverse sur la Ligne Durand[1] et ne déstabilise le Pakistan. Toute accentuation des lignes de faille ethniques ou renforcement des identités ethniques dans l'Afghanistan voisin et, à son tour, au Pakistan aurait de graves répercussions négatives pour l'Iran (et les pays d'Asie centrale).

Bien évidemment, les États-Unis surestiment leur capacité à réaliser leur « grande stratégie ». Le chef de l'armée pakistanaise, Parvez Kiani, a déclaré de façon plutôt abrupte à une délégation allemande en visite à Rawalpindi, lundi, que la stabilité du Pakistan sera sa première priorité.

En somme, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran ont un intérêt existentiel à contrecarrer le plan de paix anglo-américain consistant à négocier directement avec les Talibans dans leur dos. C'est précisément pourquoi ces trois pays penchent fortement pour un véritable processus de paix autochtone « menés par les Afghans ». Autrement dit, un réalignement de la relation à trois entre l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran sera dans l'intérêt de la stabilité régionale.

Les récentes visites des dirigeants pakistanais à Moscou et à Pékin ont été suivies par les propos que Zardari a tenus cette semaine à Téhéran. L'Iran a basculé dans un mode proactif vis-à-vis de la situation afghane, remisant son approche sobre et réservée. Pour sa part, Hamid Karzaï défie également les Etats-Unis sur le plan stratégique en renforçant ses liens avec Téhéran.

La façon dont ces tendances naissantes se déroulent vaut la peine d’être examinée attentivement. Elles sont à replacer dans le contexte régional plus large qui révèle plusieurs courants : le « dégel » des relations russo-pakistanaises ; le « retour » de la Russie en Afghanistan ; les aspirations de l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS) à jouer un rôle formateur en Afghanistan dans le scénario post-2014 ; le processus de dialogue indo-pakistanais ; la poursuite par l'Inde d'une politique indépendante afghane avec un accent sur les rapports avec le gouvernement de Karzaï ; l'intérêt croissant de la Chine pour contribuer à un règlement en Afghanistan ; et, enfin, le commencement d'un processus qui pourrait conduire l'Inde et le Pakistan à adhérer à l’OCS.

Quelques heures après l'annonce d'Obama, mercredi, sur le retrait des troupes en Afghanistan, Zardari se rendra à Téhéran pour converser avec Ahmadinejad ; deux jours plus tard, Karzaï arrivera aussi dans la capitale iranienne. Rien ne fait ressortir plus vivement l'inclinaison extraordinaire dans la politique régionale.

M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Ses affectations incluent l'Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.
Copyright 2011 - Asia Times Online / Traduction [JFG-QuestionsCritiques].

Note :

[1] La ligne Durand est le nom donné à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, établie le 12 novembre 1893 par un accord entre l'émir Abdur Rahman Khan et sir Mortimer Durand pour l'Empire britannique. Elle divise artificiellement des tribus pachtounes qui partagent la même langue et la même organisation sociale.

M. K. Bhadrakumar
Asia Times Online,

le 23 juin 2011
article original : "A summit in Tehran trumps the US "
http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Iran_conference_internationale_sur_le_terrorisme_Afghanistan_Karzai_Pakistan_220611.htm



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Sarkozy à Mustafa Abdul Jalil: l’Algérie dans un an, l’Iran dans trois...

Dans un article publié sur notre site internet en langue arabe, intitulé « Sarkozy à Mustafa Abdul Jalil: l'Algérie dans un an, l'Iran dans trois », le journaliste Nidal Hamadé évoque les rôles respectifs des deux principaux alliés-acteurs des USA dans les événements au PO, à savoir la France et le Qatar !

Selon des  sources françaises, citées par  Nidal Hamadé  sur une conversation qui a eu lieu enter le président français Nicolas Sarkozy et le Président du Conseil de transition de la Libye Mustafa Abdul Jalil,  et ce à l'occasion de la visite de ce dernier en France,  Sarkozy  a affirmé à son hôte, qui se plaignait de l’Algérie : « patientez et vous verrez ce qui va se passer en  Algérie dans un an et  l'Iran dans trois ans ».

Des propos quoi prouvent bien que ce qui se passe au PO actuellement, surtout après la révolte des Jeunes de l’Egypte, c'est-à-dite la chute du régime de Moubarak,  est soumis à un agenda étranger à travers lesquelles les puissances occidentales « colonisatrices » veulent redessiner un PO à leur taille !

En effet, selon Nidal Hamadé, le timing des menaces françaises contre l’Iran et celui de la campagne virulente du Qatar contre la Syrie ne sont pas innocents !

Au contraire, non seulement, ils révèlent « l’alliance secrète qui lie la France et le Qatar, dans le monde arabe sous le parrainage des Etats-Unis », mais en plus ils interviennent après « l'échec de la visite de l'Emir du Qatar (Hamad Bin Khalifa Al-Thani) à Téhéran, et dont le rôle de simple courtier pour le compte de Washington  était de faire parvenir à Téhéran une demande américaine de couvrir le  l’occupation américaine en Irak en acceptant sa prolongation pendant encore deux ans », en échange les USA promettent d'ouvir  des négociations sur tous les dossiers chauds de la région , y compris le dossier nucléaire» souligne Nidal Hamadé. 

Or selon ce dernier , « la réponse de l'Iran à l'Emir du Qatar est la même que celle donnée aux Saoudiens à savoir que l'Iran ne couvrira pas la présence des forces américaines sur le territoire irakien , au contraire elle va  défendre la position de ses alliés irakiens, en particulier le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui exigent un retrait des forces américaines  selon  le délai fixé par la Convention américano-irakienne c’est-à-dire l’année prochaine ».

Et donc , poursuit Nidal Hamadé : « Ce rejet de l'Iran a poussé  la France et le Qatar, alliés immédiats des Etats-Unis  dans les crises du monde arabe à commencer par la guerre déclenchée contre  la Libye et les provocations contre  la Syrie, à se départager les tâches : d’un côté l’émir du  Qatar a lancé une virulente campagne contre la Syrie immédiatement après sa rencontre avec les responsables iraniens en concordance  avec une campagne sans précédent menée par Al-Jazira qui a diffusé de fausses informations sur de prétendues manifestations monstres à Damas ! Informations démenties par la télévision syrienne qui pendant cinq heures a retransmis en direct des images des places de la capitale syrienne au même moment où al-Jazira et une autre chaîne satellitaire diffusaient leurs informations erronées ! »

Mais le Qatar ne s’est pas arrêté là..

« Sa campagne contre la Syrie s’est poursuivi au sein de la réunion de la Ligue arabe tenue au niveau des ministres des Affaires étrangères pour discuter le  dossier syrien, et où  le ministre des Affaires étrangères du Qatar (Hamad Bin Jassim)a exprimé  des positions trop rigides contre la Syrie », selon Nidal Hamadé.

Pour ce qui est de la France, « le président Sarkozy s'est attaqué à l’Iran,  au point de menacer la République islamique d’Iran de frappes contre ses sites nucléaires pacifiques » ajoute le journaliste !


A la lumière de ce qui a été dit, «  il semble que la campagne ciblant seule Syrie risque fort de s'élargir pour inclure l'Iran et .. l’Algérie : la première à cause de son programme nucléaire et sa position sur la présence américaine en Irak sans oublier son  soutien aux mouvements de résistance dans les mondes arabe et islamique ; et la deuxième  pour sa position envers la Libye en y provoquant de l'instabilité pour renverser l’actuel  régime et assurer le retour de la France dans un pays riche en pétrole, en gaz et en uranium » souligne Nidal Hamadé!

« Sachant qu’il n’est pas possible à quiconque  de lancer une guerre préventive contre l’Iran ou la Syrie, ce qui laisse l’Algérie exposée à toutes les éventualités » conclut le journaliste  !

Almanar



4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Ahmadinejad: "Les Européens paient les erreurs de leurs dirigeants".

interview

Le président iranien Mahmoud Ahmedinejad fait face à une lutte pour le pouvoir au sommet de l’Etat. Son pays reste sous le coup des sanctions internationales en raison des violations des droits de l’homme et de ses ambitions nucléaires. Dans une longue interview à Euronews, il s’est expliqué sur ces questions sur un mode modéré, très éloigné du ton nationaliste et fougueux qu’il affectionne.

Jon Davis,

Euronews : Monsieur le Président, permettez moi de commencer avec ces images que l’on a vu ces jours-ci à la télévision iranienne ainsi que sur les télés du Moyen-Orient et du monde entier : celles de l’ancien président égyptien, Hosni Moubarak, allongé sur une civière, derrière des barreaux, accusé de corruption et de meurtres de masse. Qu’avez vous pensé en voyant ces images?

Mahmoud Ahmadinejad: Il est regrettable que des dirigeants aient de si mauvaises relations avec leur peuple et qu’ils finissent de cette manière. Il est regrettable que des peuples soient obligés de traduire leurs dirigeants en justice pour obtenir un certain niveau de liberté. J’espère que la manière de diriger le monde va changer et, qu‘à l’avenir, les leaders politiques seront issus du peuple, qu’ils travailleront pour et avec le peuple. Cela devrait permettre d‘éviter de nouveaux affrontements.

Euronews : La Syrie est un autre exemple, monsieur le président. Comme d’autres pays du Moyen-Orient, la Syrie est en proie à un soulèvement populaire. Mais la répression là-bas est particulièrement sanglante. Pensez-vous que le président Assad gère correctement la situation?

Mahmoud Ahmadinejad : Nous pensons que les peuples ont le droit d’avoir leur liberté. Ils devraient pouvoir être libres de choisir et d’avoir une justice. Mais en même temps, nous estimons que le Moyen-Orient est capable de gérer seul ses propres problèmes. Il n’a pas besoin de l’ingérence d’autres pays. La plupart des problèmes auxquels nous assistons depuis de nombreuses années dans le monde sont liés à l’ingérence étrangère.

Euronews : Vous dites que les populations ont le droit de manifester contre leurs gouvernements. C’est ce qu’il s’est passé en Iran en 2009. Pensez-vous que les événements du Moyen-Orient puissentse produire également en Iran? Ou avez-vous confiance dans la stabilité de votre pays?

Mahmoud Ahmadinejad : Ce qu’il s’est passé en Iran n’a rien à voir avec ce qu’il se passe aujourd’hui dans d’autres nations. Notre pays a organisé des élections totalement libres. Plus de 85% de la population a participé au scrutin, 40 millions de personnes ont voté. Ils sont tous de nationalité iranienne et vivent ensemble dans ce pays.

Cependant, il est normal que la police et la justice interviennent quand des individus attaquent des bâtiments ou des voitures ou s’en prennent à d’autres individus. Tous les pays interdisent ces actes de violences.

Euronews : Comme vous l’avez souligné, il y a eu des élections en Iran. Mais une partie de la population a contesté les résultats. Ces gens avaient ils le droit de le faire?

Mahmoud Ahmadinejad : En Iran, la loi permet d’exprimer une objection. Il y a des moyens légaux pour protester.

Vous savez, il y a aussi des manifestations en Europe. Nous avons d’ailleurs pu observer que la police intervenait de manière très virulente là-bas. Ceux qui expriment leur opinion sur des questions épineuses sont emprisonnés.

Les problèmes qui se posent dans de nombreuses régions du monde aujourd’hui découlent tous de la Seconde Guerre mondiale. Les gens, en Europe, ont- ils le droit d‘écrire les vérités et les réalités de la Seconde Guerre mondiale ? Peuvent-ils réellement agir contre le système en place? Je suis sûr que non.

En Iran, en revanche, la population peut exprimer une objection en utilisant les voies légales et leurs plaintes sont examinées.

Cependant, il est vrai que certains scientifiques sont aujourd’hui en prison après avoir exprimé des points de vues historiques.

Euronews: C’est un point complètement différent. Vous vous demandiez si l’opposition en Europe avait déjà réussi à renverser un gouvernement. Et bien justement, l’année dernière en Grande-Bretagne, le leader de l’opposition David Cameron, a pris la tête du pays après avoir battu le gouvernement lors des élections. C’est une réponse à la question que vous vous posiez.

Mahmoud Ahmadinejad : Mais ce n’est pas l’opposition. L’opposition, ce sont ces gens qui ont été frappés dans les rues de Londres, ce sont ces étudiants qui ont été battus et qui avaient le visage en sang. Qui a écouté leurs revendications en Europe? Qui écoute le peuple en Grèce, en Espagne, en Italie? Personne.

Euronews : Excusez moi mais pourriez-vous être plus clair sur ce point? Qu’est-ce qui est pire : la situation en Europe ou la situation en Iran en 2009?

Mahmoud Ahmadinejad : En Europe, la majorité des peuples sont pénalisés pour des problèmes qu’ils n’ont pas causés. Ce ne sont pas eux qui choisissent les mesures politiques et économiques. Ils ne profitent même pas des bénéfices économiques, ils ne font que payer le prix. Et quand ils protestent, ils subissent des violences. Les peuples européens ont voulu protester contre cela. Je pense qu’il faudrait essayer de trouver l’origine du problème et le résoudre.

Euronews: Comme vous le dites, beaucoup de personnes en Europe et aux États-Unis, paient pour les erreurs des autres. Je me demande si on peut dire la même chose pour les populations en Iran qui paient dans leur vie quotidienne les conséquences d’un embargo sur le commerce, d’un isolement international. Vous êtes en froid diplomatique avec de nombreux pays, pas tous, mais avec beaucoup. Est ce que ce ne sont pas les Iraniens ordinaires qui paient les conséquences de votre politique dans leur vie quotidienne ?

Mahmoud Ahmadinejad : Oui, c’est vrai. Les Iraniens payent le prix pour les erreurs politiques des dirigeants européens.

Euronews: Et pas pour les vôtres Monsieur le Président?

Mahmoud Ahmadinejad : Ce sont les erreurs des dirigeants européens. Nous n’avons commis aucune erreur. Cela fait 30 ans que les dirigeants européens sont contre nous. Pourquoi? Parce que nous sommes libres ? Parce que nous avons la démocratie ? Parce que nous avons évincé l’un de leurs amis, l’ancien Shah? Parce que nous sommes contre les politiques expansionnistes de certains pays européens. Regardez l’Afghanistan, l’Irak… Quelles fautes ces pays ont-ils commises ? Je pense que les politiques conduites par certains dirigeants européens ont causé des problèmes à un certain nombre de nations.

Euronews. Quelle est votre position aujourd’hui avant d’entamer la deuxième moitié de votre second mandat présidentiel? Pensez-vous être en position de force en Iran?

Mahmoud Ahmadinejad : Nous faisons notre travail. Nous utilisons chaque minute pour servir les gens.

Euronews : Il semble pourtant que le fossé se creuse entre vous et le Parlement. C’est l’impression que l’on a de l’extérieur. Il semble y avoir un fossé grandissant entre vous et le Guide suprême. Votre position est elle affaiblie ?

Mahmoud Ahmadinejad : Dans une société libre, ce sont des choses qui arrivent. Il devrait toujours y avoir des discussions entre le Parlement et le gouvernement. Est ce que c’est mal d’avoir un gouvernement et un Parlement libres ? La position du Guide suprême en Iran est également claire. Il n’y pas de différences de positions. Nous sommes une société libre dans laquelle chacun peut exprimer ses opinions. Il n’y a pas de problèmes ici. Avez-vous constaté que le Parlement venait de nommer quatre nouveaux ministres aujourd’hui? Cela montre bien que la liberté existe dans notre pays.

Euronews: Mais y-a-t-il de la liberté pour Mir Hossein Moussavi, qui est assigné à résidence, ou pour Mehdi Karroubi qui est aussi assigné à résidence ? Ont-ils la liberté d’exprimer leur opposition, parce qu’il est évident qu’ils s’opposent à vous, mais ont-ils la liberté de le faire depuis leur prison, depuis leur maison surveillée ?

Mahmoud Ahmadinejad : Il y a des prisons dans tous les pays. N’y a-t-il pas des prisonniers en Angleterre ?

Euronews: Oui Monsieur le président, mais je parle des prisons de votre pays, où messieurs Karroubi et Moussavi sont détenus en ce moment.

Mahmoud Ahmadinejad : Il y a des prisons partout.

C’est une question qui concerne le pouvoir judiciaire. La justice en Iran est indépendante et je n’ai pas le droit d’interférer dans les affaires judiciaires. Il y a des règles en vertu desquelles les gens peuvent interagir avec le système judiciaire. Si vous me demandez mon pont de vue personnel, je rêverais qu’il n’y ait aucun prisonnier dans le monde.

Euronews : Y compris ici en Iran ?

Mahmoud Ahmadinejad : Partout dans le monde. Y compris à Abou Graïb et dans toutes les prisons secrètes d’Europe.

Euronews: Qu’allez vous faire, Monsieur le président, pour que des gens qui sont ici en prison pour avoir simplement exprimé leur opinion – ce que l’on peut faire dans n’importe quel pays démocratique – reprennent espoir?

Mahmoud Ahmadinejad : Personne n’est en prison juste pour avoir exprimé ses opinions. Notre loi autorise le peuple à donner son point de vue. Vous devriez rester en Iran une semaine et lire les journaux. Vous y trouveriez les critiques les plus radicales contre le président. Il y a des gens qui critiquent le pouvoir dans les journaux sans aucune crainte. La liberté d’expression en Iran a atteint un niveau élevé. Nous n’avons peut-être pas atteint un niveau idéal mais nous sommes bien meilleurs sur ce point que de nombreuses nations européennes. Il y a des problèmes communs partout dans le monde. Quand il s’agit de justice, personne ne peut prétendre avoir atteint le niveau idéal. L’injustice est un problème mondial. Et sur ce point, nous sommes parmi les meilleurs.

Euronews : Êtes-vous prêt à tendre une main amicale dans un futur proche aux États-Unis, un pays avec lequel vous n’avez pas de relations diplomatiques depuis trente ans ? N’oublions pas que c’est la première économie mondiale et que l’Iran pourrait profiter d’un rapprochement. Y-a-t-il une chance pour que vous tendiez la main bientôt aux États-Unis ?

Mahmoud Ahmadinejad: Nous croyons qu’il devrait y avoir des relations amicales au niveau international. Mais les Américains et leur administration ne savent pas quoi faire. Ils ne suivent pas une politique claire. Ils ont interrompu les contacts avec l’Iran. Les Américains pensaient qu’en stoppant les relations diplomatiques, notre pays serait détruit. 31 années ont passé depuis et nous sommes encore là.

Euronews: Avec votre respect, Monsieur le président, concernant la question nucléaire, qui n’inquiète pas seulement les États-Unis : quand vous dites une chose et semblez ensuite agir de manière différente, cela n’incite personne à se rapprocher de l’Iran, à vous tendre la main de la paix.

Mahmoud Ahmadinejad: Pourquoi, qu’avons-nous fait de mal?

Euronews : Et bien, concernant le programme nucléaire, vous dites, et je n’ai aucune raison de ne pas vous croire…

Mahmoud Ahmadinejad : L’activité nucléaire est elle interdite?

Euronews: Ce n’est pas ce que je dis. Laissez moi vous expliquer. Vous avez déclaré soutenir un programme nucléaire à des fins pacifiques pour produire de l’électricité. Cependant, des scientifiques occidentaux pensent que vous êtes en train d’enrichir l’uranium à un niveau important qui n’a rien à voir avec de la production d‘énergie. Donc d’un côté, vous dites vouloir utiliser le nucléaire à des fins pacifiques. Et de l’autre, vous semblez avoir un objectif: celui de fabriquer une bombe.

Mahmoud Ahmadinejad: Vous posez une très bonne question. J’ai senti que vous étiez très sincère. Laissez-moi-vous expliquer : tout d’abord, ceux qui prétendent que nous nous orientons vers des activités militaires ne sont pas des scientifiques mais des politiciens occidentaux. Rappelez vous ce que je vous disais précédemment sur l’hostilité occidentale vis à vis de l’Iran. Quand nous déclarons que nous n’avons pas l’intention de fabriquer une bombe, nous sommes honnêtes et sincères. Nous pensons que ceux qui cherchent à en fabriquer une sont complètements fous. Pour deux raisons : la première, c’est ce que ceux qui possèdent des bombes sont plus en danger que ceux qui n’en possèdent pas. Les bombes qui existent en Allemagne, en Belgique, en Italie et dans d’autres pays européens sont une menace pour tous les pays européens. La bombe atomique vise tous les humains.

Le deuxième point, c’est que la bombe atomique est inutile et inefficace. Le régime sioniste a des bombes nucléaires. Mais a-t-il remporté la guerre contre la population de Gaza? La bombe lui a-t-il donné la victoire contre le Liban lors de la guerre des 33 jours?

Les bombes atomiques de l’ex-URSS ont-elles empêché l’empire soviétique de s’effondrer ? Les bombes nucléaires étaient utilisées il y a 60 ans comme contrepoids politique. Mais aujourd’hui, elles n’ont aucune valeur. Les pensées ont de la valeur, les opinions et les êtres humains ont de la valeur. Nous pensons qu‘à l’avenir, personne ne sera capable d’utiliser la bombe atomique. C’est la fin de l’histoire.

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http://fr.euronews.net:80/2011/08/05/ahmadinejad-les-europeens-paient-les-erreurs-de-leurs-dirigeants/



5 Annexe

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5-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique.

Il semble qu’au bout de quatre mois de manoeuvres et pressions en tous genres, les Américains aient finalement échoué dans leur projet de marginalisation de la Syrie dans la région. En effet, la Turquie a baissé le ton vis-à-vis de Damas, au grand dam de certains déstabilisateurs qui ont espéré très fort, voici un ou deux mois, que l’armée d’Ankara franchirait la frontière pour « protéger » les populations – en partie turcophones – de la région de Jisr al-Choughour. Mais l’armée syrienne a chassé les activistes salafistes, réoccupé ses postes frontières, et les réfugiés de Turquie se sont mis à rentrer au pays.
Le gouvernement de Damas vient de marquer un autre point important sur le front diplomatique régional avec la signature, lundi 25 juillet, à Téhéran, d’un « 
mémorandum d’entente » sur la réalisation d’un gazoduc de 5 600 kilomètres de longueur, permettant le transport quotidien de 110 millions de m3 de gaz iranien vers l’Europe via la Syrie et l’Irak. Plusieurs sociétés européennes devraient être associées à l’exploitation de ce « gazoduc islamique« .
Le ministre syrien du pétrole et de la Richesse minière, Sofiane Allaou, a apposé sa signature aux côtés de celles de ses homologues iranien Mohammad Ali Abadi et irakien Abdel Karim al-Laebi. L’ambassadeur syrien à Téhéran, Hamed Hassan, assistait à la séance de signatures. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Rahmin Mehmanparast, a estimé que ce gazoduc servirait les intérêts des pays de la région.
Les amis de mes amis…
Bien évidemment, un tel accord entre Damas, Bagdad et Téhéran, dans le contexte tendu que connaît la Syrie, a une dimension autant politique qu’économique. Si les bonnes relations entre l’Iran d’Ahmadinejad et la Syrie d’al-Assad sont une réalité bien intégrée par la géopolitique régionale, celles existant entre l’Irak post-Saddam et la Syrie de Bachar sont moins aisées à analyser. On sait que les deux pays partageaient jadis peu ou prou la même filiation baasiste, nationaliste arabe et laïque. Mais la personnalité de Saddam Hussein avait transformé cette proximité idéologique en rivalité régionale – et personnelle avec Hafez al-Assad – qui avait culminé en 1991 avec la participation d’un contingent syrien à la coalition anti-irakienne lors de la première Guerre du Golfe. Après la chute du rais de Bagdad en 2003 et le chaos sanglant qui s’en est suivi, la Syrie, on le sait, a accueilli près d’un million et demi de réfugiés irakiens qui, pour la majorité d’entre eux, sont restés dans leur nouvellle patrie.
La nouvelle majorité politique issue des élections irakiennes, qui est l’expression de la majorité démographique chiite, est proche de Téhéran, principal allié régional de Damas. On ne peut en tous cas que constater un renforcement – récent – des relations entre les deux pays, dont l’un est tout de même toujours occupé par plus de cinquante-mille G.I.’s. On pourrait presque dire qu’avec leur guerre injuste et tellement coûteuse en hommes et en dollars, les Américains ont finalement travaillé en Irak pour l’Iran et, par ricochet diplomatique, pour la Syrie ! Syriens et irakiens se trouvant actuellement confrontés aux mêmes ennemis immédiats, à savoir des terroristes islamistes plus ou moins proches d’Al-Qaida, voire de l’Arabie Saoudite.
Le nouveau régime irakien, sous étroit contrôle américain, a d’abord reproché à son voisin d’héberger sur son sol plusieurs des activistes islamiques opérant en Irak. Mais la proximité géographique et les intérêts commerciaux bien compris avaient conduit les deux nations à renouer officiellement, en novembre 2006, des relations diplomatiques normales. Interrompues pendant plus d’une année en 2009/2010, suite à un litige portant sur la présence d’opposants baasistes irakiens en Syrie, ces relations ont été rétablies en septembre 2010, à la demande des Irakiens.
L’économie est donc un vecteur de la politique et de la diplomatie entre les deux pays : une délégation syrienne forte de 136 hommes d’affaires est attendue mercredi 27 juillet à Bagdad, avec à sa tête le ministre de l’Economie Mohammad Nida al-Chaara, pour une réunion plénière du comité ministériel mixte syro-irakien. Lequel comité doit plancher sur les mesures et traités propres à développer les échanges commerciaux entre les deux pays. Qui sont déjà liés par un certain nombre d’accords dans différents domaines. Entre autres, des protocoles de coopération industrielle signés en 2009, ainsi que des accords de coopération scientifique et techniques, portant aussi bien sur le pétrole, le gaz et l’électricité que le secteur bancaire. Ajoutons que l’Irak est le premier partenaire commercial de Damas.
De l’économie à la politique il n’y a décidément qu’un pas et Bachar al-Assad a reçu mardi 26 juillet un message de son homologue irakien Jalal Talabani, que lui a transmis Adel Abdel Mahdi, envoyé spécial irakien.
La signature de cet accord sur le « gazoduc islamiste » apparaît donc bien comme un échec de la stratégie américaine d’isolement de la Syrie, et comme un geste d’indépendance du gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, en place depuis décembre 2010, à quelques mois du retrait des dernières troupes américaines, qui devrait être achevé en décembre prochain.

Guy Delorme

27 Juillet

http://www.infosyrie.fr/focus/syrieirakiran-un-gazoduc-tres-politique/

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

15/09/2011

n°73 - journal d'Iran - Spécial Ahmadinejad - 22-06 au 15-09 - i - L'Iran se bat contre la prolifération nucléaire.


n°73 - journal d'Iran - Spécial Ahmadinejad - 22-06 au 15-09 - i   - L'Iran se bat contre la prolifération nucléaire.



journald'Iran   

n°73 du 22-06 au 15-09

C.De Broeder& M.Lemaire



a) Le "Journald'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à Part

RamineMehmane-Parastm : «Téhéran somme Londres de respecter les revendications des manifestants. »  

Kaveh L. Afrasiabi : L’Iran se bat contre la prolifération nucléaire.

Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

1) PolitiqueIranienne

2 Politiquedes Usa

3 Politiquedes organisations mondiales.

4 Dans le monde

France

Sarkozy menace l'Iran !

Sarkozy évoque une "attaque préventive" contre des sites nucléaires.

 


Tiré à Part

RamineMehmane-Parastm : «Téhéran somme Londres de respecter les revendications des manifestants. »  

L’Iran a demandé au gouvernement britannique de ne pas réprimer violemment le mouvement de contestation populaire qui a éclaté en Grande Bretagne pour protester contre les récentes  réformes décidées par le gouvernement David Cameron.
« Les mesures de répression exercées par la police britannique contre les manifestations qui ont éclaté le 30 juin dernier constituent une nouvelle illustration de la violation des droits de l’homme, qui s’illustre par l’hostilité aux revendications du peuple et à son droit à la liberté d’expression », a signifié le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères,
Ramine Mehmane-Parastm selon l'agence de presse iranienne Fars News.
Et de conclure: « Nous demandons au gouvernement britannique de respecter les droits des personnes arrêtées en raison des contestations et d’éviter les mesures de répression qui prive les citoyens de leurs droits ».
Vendredi dernier, des centaines de milliers de fonctionnaires et de professeurs du secteur public ont manifesté un peu partout en Grande Bretagne dans l’un des plus grands mouvements de protestation contre la réforme des retraites du secteur public. Les manifestations ont été escortées par une grève qui a été respectée par 90% des employés du secteur public.
La réforme prévoit d’augmenter l‘âge de départ à la retraite des fonctionnaires à 66 ans d’ici à 2020, au lieu de 60 ans actuellement pour les femmes, et de 65 ans pour les hommes.
Les employés du secteur public, déjà touchés par des mesures d’austérité (gel des salaires, plus de 300.000 suppressions d’emplois) s’opposent vivement à de nouvelles coupes budgétaires.
Les syndicats déplorent que le gouvernement utilise les retraites du service public comme nouvelle forme d’impôts, pour réduire le déficit.
Ecoles, crèches, collèges, universités, des milliers d‘établissements ont fermé leur portes jeudi.

Cette grève, avertissent les syndicats, pourrait être la première d’une longue série.

05/07/2011

Al Manar


Kaveh L. Afrasiabi : L’Iran se bat contre la prolifération nucléaire.

"L’Iran considère que l’utilisation des armes nucléaires est interdite par l’Islamet il incombe à tous de préserver l’humanité de telles armes.”
- Le Dirigeant Suprême d’Iran, l’Ayatollah Ali Khamenei.

La deuxième conférence internationale sur le désarmement nucléaire, accueillie par Téhéran, n’a pratiquement pas été mentionnée dans les médias occidentaux, malgré [la participation] de délégués représentant 40 pays, ainsi que de représentants des Nations-Unies et de son chien de garde nucléaire, l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA).

« Le message que nous voulons faire passer au monde entier est que l’Iran essaye de faire de son mieux dans ce débat sur la non-prolifération », a déclaré le ministre iranien des affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, dans son discours d’ouverture, dimanche dernier. Quarante ans de conventions sur la non-prolifération n’ont produit aucun progrès dans le désarmement nucléaire et les puissances nucléaires n’ont pas mis en application leur obligation en vertu du Traité de Non-Prolifération (TNP), a-t-il dit, ajoutant que l’Iran était convaincu que l’utilisation des armes atomiques devrait être légalement interdite, alors que les armes chimiques et biologiques sont frappées de conventions obligatoires, a-t-il dit.
Tandis que l’Iran se prépare à assumer la direction du Mouvement des Non-Alignés (MNA), l’année prochaine, une telle initiative représente un pas dans la bonne direction, à la lumière des fortes craintes des pays du MNA quant au double langage des pays occidentaux et les restrictions croissantes sur le transfert de technologie nucléaire pour des objectifs pacifiques, conformément aux articles du TNP.
Comme prévu, certains experts occidentaux, comme David Frum, l’homme derrière le discours tristement célèbre de George W. Bush sur « l’axe du mal », lance un regard cynique sur la conférence de désarmement de Téhéran, la décrivant comme un « théâtre de l’absurde ».
Ce qui semble plus absurde à beaucoup est le simple fait qu’avec les dizaines de milliers de têtes nucléaires toujours existantes qui présentent un potentiel funeste pour l’existence humaine et la survie de la planète, aussi peu d’attention ait été portée à l’Ouest sur les mécanismes pratiques en vue d’atteindre l’objectif noble d’un « monde sans armes nucléaires ».
Des discussions préalables à cette conférence pour adopter une nouvelle convention sur le désarmement ne se sont pas matérialisées. Pourtant, cette réunion a aidé à servir un but dans ce que Salehi a dépeint comme entretenir une « culture populaire de désarmement ». Cette conférence représente un plus grand pas que les conférences traditionnelles sur le désarmement à l’Ouest, qui n’ont été que des parlottes creuses ; par exemple, sur un traité de réduction des matière fissiles qui n’est pas plus près d’être adopté aujourd’hui que lorsqu’il a été mis à l’ordre du jour il y a plus de vingt ans.
Un problème majeur pour se tourner vers le désarmement, ainsi que cela a été formulé dans les « 13 étapes pratiques » de la conférence de révision du TNP, est que de telles mesures pratiques sont tuées dans l’œuf par les mesures parallèles sur le contrôle des armements, qui sont souvent mal comprises comme un désarmement progressif.
Elles ne le sont pas, comme cela est reflété dans le dernier accord « new start » entre la Russie et les Etats-Unis. Tandis que cet accord réduit les stocks actifs des deux pays, il stabilise en même temps la parité approximative en termes de capacité d’armes nucléaires et, qui plus est, laisse les armes nucléaires tactiques – dont des centaines sont stationnées sur le sol européen – hors du champ.
Cet accord n’appelle pas non plus spécifiquement à la destruction d’une seule tête nucléaire. A la place, de tels accords sur le contrôle des armements ont simplement élargi le « deuxième niveau » de stock des têtes désarmées qui posent toujours une menace à l’humanité.
Se focalisant sur la doctrine nucléaire erronée des Etats-Unis et des autres puissances nucléaires, comme la France et le Royaume-Uni, qui comptent sur leurs arsenaux nucléaires pour exercer une puissance forte en rapport à leurs objectifs de politique étrangère, la conférence de Téhéran a donné aux hôtes iraniens l’occasion de jeter la lumière sur l’arsenal nucléaire clandestin d’Israël, son refus de rejoindre le TNP et son absence de soutien à une zone dépourvue d’armes nucléaires au Proche-Orient – une idée soutenue intégralement par l’Iran.
La communauté internationale devrait pousser Israël à rejoindre le TNP et à accepter les inspections de l’AIEA sur ses installations nucléaires, a dit Salehi. Il a aussi décrit les Etats-Unis comme le principal violateur du TNP, disant que son rôle actif dans la propagation d’armes nucléaires était surprenant avec sa défense de la non-prolifération.
Ces remarques ont été suivies, mercredi dernier, avec l’information que le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait une fois encore exprimé sa volonté d’engager le débat sur le programme nucléaire de Téhéran.
« Le président de la République Islamique d’Iran a une fois encore annoncé que l’Iran était prêt à [résoudre] la question nucléaire du pays au travers de négociations avec le « Groupe des six » [les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité plus l’Allemagne] », a-t-il déclaré à des journalistes à Téhéran. Il a aussi réitéré : « L’Iran a toujours eu une très bonne coopération avec l’Agence [internationale à l’énergie atomique] » et que cela prouvait la nature « pacifique » de son programme nucléaire.
Coïncidant avec des rapports fraîchement sortis aux Etats-Unis concernant l’absence de toute preuve que l’Iran est en train de construire des armes nucléaires, la conférence de Téhéran était importante pour intégrer un peu plus l’Iran dans le mouvement mondial sur le désarmement, en tandem avec l’intuition presciente du philosophe français, aujourd’hui décédé, Michel Foucault, qui décrivait autrefois la révolution islamique de 1979 comme destinée à « soulever le poids de l’ordre du monde entier ».
[1]
L’intuition exceptionnelle de Foucault, qui reste encore à être comprise par la majorité des « experts sur l’Iran » à l’Ouest, lesquels écrivent habituellement sur « l’Iran après qu’il possèdera la bombe », fournit un bon prisme à travers lequel analyser la responsabilité que l’Iran s’est auto-imposé sur le désarmement. La révolution historique a donné à l’Etat post-révolutionnaire un caractère transnational et de « quasi-Etat » qui est profondément cosmopolite le long des lignes d’un « monde » husserlien [2] « révélant la subjectivité ».
Suivant ces lignes de pensée, on peut comprendre les contours de la politique nucléaire « borderline » de l’Iran, qui permet à Téhéran de s’insérer dans le « jeu nucléaire » mondial et, ainsi, exercer une pression sur les nations nucléarisées pour qu’elles se tournent vers le désarmement et qu’elles évitent les activités de prolifération. Cette politique provient essentiellement d’une vision mondialiste qui combine les considérations strictement nationales de sécurité à l’intérieur d’un réseau plus large de sécurité régionale et mondiale, qui, à son tour, autorise l’Iran à adopter un rôle nucléaire activiste.
Sans sa capacité potentielle d’être une puissance proto-nucléaire, l’Iran ne pourrait visiblement pas jouer ce rôle sur la scène mondiale et serait autrement ignoré, comme étant totalement hors sujet. Autrement dit, la valeur changeante, pour les objectifs de désarmement, du potentiel et/ou menace nucléaire latente de l’Iran a complètement dépassé les experts occidentaux qui se spécialisent sur l’Iran et qui réduisent souvent les ambitions nucléaires de l’Iran à une simple question de sécurité nationale. Leurs interprétations erronées proviennent d’une incompréhension basique des motivations mondialistes du « quasi-Etat » iranien qui ne sont pas réductibles au prisme étroit des intérêts nationaux.
Du point de vue du MNA et de sa priorité en matière de désarmement, l’approche « borderline » de l’Iran est parfaitement sensée, étant donné sa conscience des fils complexes qui relient la contre-prolifération au désarmement et l’échec plutôt flagrant du TNP à atteindre un progrès significatif sur le désarmement, comme il est stipulé dans son Article VI.
La conférence de Téhéran sur le désarmement reflète une mesure heureuse dans le jeu d’échec nucléaire iranien en cours, qui est naturellement lié à la mission mondialisée de l’Iran consistant à jouer de plus en plus un rôle proactif dans le mouvement mondial sur le désarmement, sans tenir compte des pressions extérieures s’affrontant à son programme nucléaire.
Dans le temps, [une telle conférence] ne peut que représenter une entrave effective, bien que secondaire, aux activités de prolifération des pays qui possèdent des armes nucléaires, reflétant ainsi une disposition vertueuse en tant que puissance régionale cosmopolite qui excède les limites que les puissances majeures lui ont assignées. Ces puissances ont peut-être lancé un piège de sanctions contre l’Iran, à propos des intentions sinistres supposées de son programme nucléaire, mais l’ironie est que l’Iran est à présent capable de jouer un rôle de plus en plus bruyant pour empêcher ces puissances de fuir leurs responsabilités vis-à-vis de leur obligations de désarmer en vertu du TNP.

Notes :
[1] On lira avec intérêt : ”Foucault et la révolution iranienne".
[2]
Edmund Husserl (8 avril 1859 - 26 avril 1938), philosophe, logicien et mathématicien allemand, fondateur de la phénoménologie, qui eut une influence majeure sur l'ensemble de la philosophie du XXe siècle.

Kaveh L. Afrasiabi
Asia Times Online, le 20 juin 2011

Article original :"Iran takes up the nuclear cudgel"

Copyright 2011 Asia Times Online Ltd / Traduction [JFG-QuestionsCritiques]

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Kaveh_Afrasiabi/Iran_conference_sur_le_desarmement_Traite_de_Non-Proliferation_nucleaire_180611.htm



Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

La liberté ne s’obtient pas par les canons de l’Otan et des USA.
Des millions d'Iraniens ont défilé vendredi matin de par le pays à l’occasion de la Journée mondiale d’AlQuds organisée chaque année en soutien aux Palestiniens et contre l’occupant sioniste.
La télévision iranienne a montré des foules importantes dans plusieurs grandes villes du pays, portant des banderoles proclamant "mort à Israël" et "mort à l'Amérique".
De nombreux participants brandissaient aussi des portraits du Guide de la République islamique l'ayatollah Ali Khamenei et de l'imam Khomeiny, fondateur de la République islamique.
Le président Mahmoud Ahmadinejad, qui a participé au défilé de Téhéran, a ensuite prononcé un discours lors de la prière du vendredi à l'université de Téhéran.
La reconnaissance du gouvernement indépendant palestinien par l'ONU n'est pas l'objectif final
"Tous les croyants doivent se concentrer sur la disparition du régime sioniste. La reconnaissance du gouvernement indépendant palestinien (par les Nations unies) n'est pas l'objectif final, c'est le premier pas vers la libération de toute la Palestine", a affirmé M.Ahmadinejad.
"Le régime sioniste est un foyer de microbes et de cellules cancéreuses, s'il perdure ne serait-ce que sur une petite parcelle de la terre de Palestine, il se développera et portera des coups à tout le monde", a une nouvelle fois réaffirmé le président iranien.
Révolutions arabes: La liberté et la justice ne s'obtiennent pas par les canons des forces de l'Otan et des Etats-Unis
M. Ahmadinejad est également revenu sur la situation dans les pays arabes de la région, secoués par des mouvements de protestation depuis plusieurs mois, pour mettre en garde contre les ingérences des Occidentaux.
"Aujourd'hui, les ennemis qui étaient à l'origine de toutes les dictatures, des injustices et des malheurs des peuples, tentent de continuer leur domination en prétendant offrir la démocratie et la liberté", a déclaré M. Ahmadinejad.
"La liberté, la justice, des élections libres sont les droits légitimes de tous les peuples mais ils ne s'obtiennent pas par les canons des forces de l'Otan et des Etats-Unis", a-t-il lancé.
"Un gouvernement qui n'a pas de bonnes relations avec son peuple et le prive de liberté et de justice n'a aucune chance de rester au pouvoir, mais la solution n'est pas l'intervention des forces de l'Otan et des oppresseurs", a-t-il ajouté.
L'Iran dénonce régulièrement la présence et l'intervention des forces américaines et occidentales dans la région, que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Libye ou dans le Golfe, même lorsqu'elles ont permis de renverser des régimes dénoncés par Téhéran.
Il est à noter que la journée mondiale d’AlQuds, décrété par l’Imam Khomeiny, est organisée tous les ans le dernier vendredi du mois de Ramadan, en soutien à la restitution de la Palestine occupée.
LEMONDE.FR |

Mis à jour le 03.05.06


Les Américains ont emprisonné Oussama ben Laden avant de l'assassiner.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a accusé les Américains d'avoir emprisonné le leader de la nébuleuse tAl-Qaïda Oussama ben Laden avant de l'assassiner dans l'intérêt de leur politique intérieure.
Rappel : Selon Washington, l'inspirateur des attentats du 11 septembre 2001 a été éliminé par un commando US dans la nuit du 1er au 2 mai dans le nord-est du Pakistan. Sa dépouille a été jetée dans l'océan Indien.

8 Juin

Ria Novosti


Ahmadinejad critique l’Occident pour avoir "mis le Soudan en pièces".

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a critiqué lundi les pays occidentaux pour avoir "mis le Soudan en pièces" alors qu’ils ignorent les revendications de leurs propres populations séparatistes, selon le site de la présidence et les médias locaux. "Les ennemis veulent mettre le Soudan en pièce", a-t-il accusé lors de l’inauguration d’un barrage à Chabahar (sud-est de l’Iran). "Comment se fait-il que ceux qui s’intéressent aux droits d’un groupe de Soudanais et veulent rendre le sud indépendant ne partagent pas ce soucis pour les Basques espagnols, les Irlandais du nord, les Corses en France ou les habitants du sud des Etats-Unis?" a demandé le président iranien. "Pourquoi n’y a-t-il pas de référendum pour ces peuples-là?", a-t-il insisté dans une allusion au référendum organisé en janvier dernier au Sud-Soudan par la communauté internationale et qui a vu la population voter à près de 99% pour l’indépendance. "Permettez aux Irlandais, qui se battent depuis 300 ans (pour l’indépendance) de tenir un référendum de même qu’au Pays Basque et en Corse où la population se bat depuis des décennies et vous rejette et permettez aussi aux habitants de Californie, du Texas, de l’Arizona de voter pour voir s’ils veulent encore de vous", a-t-il lancé aux dirigeants européens et américains.

04/07/2011


Le monde est au seuil d’une grande évolution".

 Le président de la RII a déclaré que le monde est au seuil d’une grande évolution et que le temps des démarches diaboliques des puissances arrogantes est arrivé à expiration.

Selon l’IRNA, Mahmoud Ahmadinejad, mercredi, lors des cérémonies organisées pour célébrer et marquer l’avènement de l’autosuffisance, dans l’industrie de la construction des barrages et l’inauguration du barrage Karoun 4, dans la province de Tchaharmahal-Bakhtiari, dans l’Ouest de l’Iran, a souligné que toutes les nations, notamment, les gouvernements de la région devaient rester vigilants face aux complots des puissances hégémoniques.
Le président iranien a précisé que les puissances despotiques et hégémoniques cherchent à tout prix à maintenir et à préserver, sous le couvert de la défense des droits de l’Homme leurs pouvoirs et leurs intérêts ainsi que ceux du régime sioniste. Ahmadinejad a déclaré que les pays de la région doivent savoir que si les puissances arrogantes les soutiennent aujourd’hui, elles les renverseront demain après avoir atteint leurs objectifs. Le président iranien a également affirmé que l’histoire des puissances hégémonistes est pleine de massacres, de pillages et de cas de violations des droits de l’Homme.

 06/07/2011

http://french.irib.ir/info/politique/item/124673-le-monde-est-au-seuil-d%E2%80%99une-grande-%C3%A9volution-ahmadinejad


"L’ordre injuste régissant les relations internationales est au bout de son chemin" .  

 « L’ordre injuste régissant les relations internationales est au bout de son chemin et le monde à besoin d’un ordre juste basé sur le respect et la justice » a souligné le Président de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad au cours d’une rencontre aujourd’hui avec le nouvel ambassadeur de France en poste à Téhéran, Bruno Foucher.
« le temps est venu pour instaurer un nouvel ordre mondial basé sur la justice, le respect mutuel, et la coopération. J’espère que les hommes politiques dans le monde comprennent bien une telle évolution » a-t-il souligné. « Si certains croient pouvoir établir, tout seuls un nouvel ordre mondiale, il se trompent » a-t-il indiqué. Pour sa part, le nouvel ambassadeur français en poste à Téhéran, Bruno Foucher tout en remettant ses lettres de créances au Président Ahmadinejad a déclaré que Paris avait un respect particulier pour le rôle de la République islamique d’Iran dans la région et dans le monde et estime que l’Iran doit jouer un rôle plus efficace sur la scène internationale.

23/07/2011

 http://french.irib.ir/info/politique/item/129879-lordre-injuste-regissant-les-relations-internationales-est-au-bout-de-son-chemin


Le président iranien appelle les Européens à s’affranchir de la tutelle américaine. 

 «Les relations entre l’Iran et l’Europe ne devront pas être influencées par les Etats-Unis », c’est ce qu’a souligné le président de la République Islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, dans un entretien exclusif avec Euro News.
«Téhéran accueille, favorablement, le renforcement des relations amicales avec l’Europe », a-t-il précisé, avant de rappeler que les gouvernements européens ne devront pas se laisser influencer par les Etats-Unis, dans leur coopération avec l’Iran ».
« Le peuple iranien n’a jamais eu de problème avec le peuple européen, et ne lui a porté aucun préjudice. Mais, certains gouvernements européens ont infligé d’énormes dommages au peuple iranien. Cependant, le peuple iranien est résolument tourné vers l’avenir », a-t-il estimé.
S’agissant des allégations mises en avant, au sujet du programme nucléaire iranien, le président iranien a souligné: « Tout le monde sait que ce ne sont pas les scientifiques occidentaux, mais quelques hommes politiques qui parlent d’une soi-disant dérive de l’Iran vers des objectifs militaires ».
Et le président Ahmadinejad d’affirmer: « L’enrichissement d’uranium, par l’Iran, est destiné à un usage pacifique et à alimenter un réacteur de recherche médicale qui produit des radio-isotopes, et ce, alors que l’Iran compte parmi les trop rares pays, dont les activités nucléaires se trouvent sous la stricte supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique ». Dans son entretien exclusif avec Euro News, le président iranien a fait, également, allusion à la situation, en Afghanistan, tout en soulignant que ce qui se passe, actuellement, dans ce pays, ne profite à personne.
On peut résoudre, a-t-il déclaré, le problème de l’Afghanistan, en respectant les droits du peuple afghan, et l’Iran et l’Union européenne peuvent y travailler ensemble.
Interrogé au sujet de la situation, en Syrie, et des protestations,dans ce pays, le président de la République islamique d’Iran a réitéré que les nations ont le droit d’avoir accès à la liberté et de vivre en toute justice. Cependant, il ne fait pas l’ombre d’un doute que si d'autres pays ne s’ingèrent pas dans les affaires intérieures des pays, les peuples du Moyen-Orient seront à même de résoudre, eux-mêmes, leurs problèmes.

04/08/2011

 IRNA


Ahmadinejad appelle à un nouveau système financier mondial.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a appelé la communauté internationale à mettre en place un nouveau système financier mondial.

Lors de la cérémonie de l’entrée en fonction du nouveau ministre du pétrole iranien Roustom Qassemi, Ahmadinejad a insisté sur l’importance d’établir des marchés financiers parallèles pour frapper la domination des Etats-Unis sur le système financier mondial. 
« Tant que nous ne prenons pas de mesures adéquates dans ce domaine, les revenus du pétrole iront directement aux poches des Américains, comme c’est le cas au niveau de la domination du dollar américain sur les marchés internationaux », a-t-il annoncé.
Et d’ajouter que seuls les facteurs politiques fixent les prix du pétrole et non pas l’offre et la demande, appelant à la création d’une bourse concurrente pour le pétrole afin de mettre fin à la domination du dollar.
Qui a dit qu’il faut prendre la presse occidentale comme modèle ?
A l’occasion de la journée la presse, le Président iranien a mis l’accent sur l’importance du rôle de la presse dans le pays et la nécessité de développer l’action médiatique et prendre les mesures nécessaires et correctes dans ce cadre ».
Selon lui, « les médias de la République islamique sont les plus honnêtes du monde, mais il faut juste régler quelques problèmes ».
Il s’est interrogé : « Qui a dit que les pays islamiques doivent suivre le modèle occidental ?

Le dirigeant iranien a enfin indiqué que « la liberté de l’expression doit atteindre ses plus hauts niveaux à la base de la justice, de l’amitié et de la dignité » ajoutant que toute personne doit exprimer son point de vue ».

10/08/2011

Al Manar


Les occidentaux ne font pas des actes gratuits.

Le président Mahmoud Ahmadinejad, a favorablement accueilli la reconnaissance d’un Etat palestinien, a condition que cela « constitue un pas vers la libération de toute la Palestine ».

Dans une interview exclusive à la chaine d’AlManar, M.Ahmadinejad a souligné le fait de ne pas permettre aux occidentaux d’asseoir encore une fois leur hégémonie dans la région.

Il a appelé les peuples de la région à se méfier des ingérences étrangères dans leurs affaires.

« Les occidentaux ne font pas des actes gratuits pour l’amour de Dieu et le bien de l’humanité mais en échange d’argent, du pétrole et de l’hégémonie politique ».

Le gouvernement et le peuple syrien doivent dialoguer ensemble loin de l’ingérence étrangère

S’agissant de la position iranienne envers les évènements en Syrie, le président iranien a affirmé que les occidentaux aspirent à intervenir militairement en Syrie à l’instar de la Libye.

Pour Ahmadinejad, le gouvernement et le peuple syrien doivent dialoguer ensemble pour parvenir à une entente sur les réformes.

Il a ajouté que « le peuple a le droit aux élections, à la liberté et à la justice. Ils doivent s’asseoir ensemble et ne pas permettre à l’occident de s’ingérer ».

« Quand il y a un problème entre les peuples et les responsables, ils doivent s'asseoir ensemble pour parvenir à une solution, loin de la violence. L'un ne doit pas tuer l'autre car le fait de tuer, qu'il soit commis par les uns ou les autres, sert les intérêts des sionistes ».

Mais, a-t-il précisé, "les peuples qui recherchent la liberté et la justice (...) doivent renforcer la résistance contre l'entité sioniste".

Les occidentaux ne veulent pas de réformes

« Les occidentaux ne veulent pas de réformes mais veulent diriger une guerre populaire. Ils ne soutiennent pas nos peuples, d’ailleurs les malheurs de nos peuples sont dus à leur intervention qui est pour le bien de l’entité sioniste ».

M.Ahmadinejad a en outre mis en garde contre « l’affaiblissement de la voie de résistance car cela constitue un danger pour tous et se répercutera négativement sur l’Arabie saoudite, la Turquie, et l’Egypte ».

« Nous n’avons pas été surpris de la position turque envers la Syrie et nous discutons avec nos amis turcs », a-t-il ajouté.

 - Bahrein: appel aux autorités à cohabiter avec le peuple et à refuser les ingérences US
Concernant le Bahreïn, le président iranien a condamné l’ingérence saoudienne, s’interrogeant sur la nécessité de cette intervention tout en appelant Ryad à considérer comme frère le peuple bahreïni.

Il a répété que « le gouvernement bahreïni et le peuple doivent s’asseoir ensemble et dialoguer », ajoutant que « l’autodétermination, la liberté et la justice sont des nécessités primaires chez tous les pays du monde…Qu’elles (les autorités) cohabitent avec le peuple et ne laissent pas aux Etats-Unis de s’ingérer ».

- Relation avec l’Egypte : Si nous nous unissons ensemble il n’y aura pas de place à l’entité sioniste

Interrogé sur la relation avec l’Egypte de l’après révolution, le président iranien a réaffirmé que « quand l’Egypte et l’Iran s’assoient ensemble il n’y aura pas de place à l’entité sioniste et aux forces hégémoniques dans la région. Si nous nous unissons tous ensemble dans le monde arabo-islamique, il n’y aura pas d’intrus dans notre région ».

- Nucléaire : Si les Occidentaux veulent coopérer, nous sommes prêts

S’agissant de la proposition russe pour une reprise des négociations sur le dossier nucléaire, M. Ahmadinejad a salué les efforts de Moscou espérant qu'ils aboutiront, « tout en respectant les droits fondamentaux et l'indépendance de l'Iran, une ligne rouge à ne pas franchir », a-t-il prévenu. « Si les Occidentaux veulent coopérer, nous sommes prêts ».

Jeudi 25 août 2011

http://www.almanar.com.lb/...


Posséder l'arme nucléaire n'a pas de sens .

L'Iran ne cherche pas à créer une arme nucléaire, car sa possession ne signifie rien dans le monde moderne, a déclaré le leader iranien Mahmoud Ahmadinejad dans une interview accordée à la chaîne Euronews.
"Quand nous disons que nous n'avons aucune intention de construire une bombe (nucléaire - ndlr), nous sommes sincères. Nous sommes certains que seul un fou essaierait aujourd'hui de créer une bombe… Les bombes atomiques ont été utilisées il y a 60 ans en tant que garant de la suprématie politique, mais actuellement elles n'ont plus aucune valeur", a déclaré le responsable.
"Nous croyons que dans l'avenir, personne ne pourra utiliser d'armes nucléaires", a ajouté M.Ahmadinejad.
A la question de savoir pourquoi Téhéran produisait de l'uranium enrichi à 20%, le chef de l'État a répondu que cet enrichissement était effectué exclusivement à des fins pacifiques, car ce type d'uranium ne peut pas être utilisé à d'autres fins.
M.Ahmadinejad a également fait remarquer que l'Iran appartient à "un petit groupe d'États", dont l'activité nucléaire est sous la surveillance constante de l'Agence internationale d'énergie atomique (AIEA).
Les Etats-Unis et certains autres pays reprochent à l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert du programme nucléaire qu'il prétend réaliser à des fins pacifiques. Téhéran rejette ces accusations, affirmant que ses recherches nucléaires ont pour seul objectif de satisfaire les besoins du pays en électricité.
Les six médiateurs internationaux sur le dossier nucléaire iranien (Russie, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Allemagne) invitent Téhéran à suspendre l'enrichissement d'uranium qu'ils considèrent comme une menace pour le régime de non-prolifération nucléaire.

Ria Novosti

"Les peuples sont les vraies puissances du monde d'aujourd'hui"auprès desquels, l'arme nucléaire n'a plus de place.

"Les activités nucléaires de l'Iran se font, sous la supervision totale de l'AIEA, et aucun document, ni preuve, n'a été, jusqu'à présent, présenté, établissant une quelconque dérive, de la part de l'Iran, dans son programme nucléaire".

Le président iranien l'a réitéré, ajoutant que les Etats-Unis avancent des allégations, mais qu'aucun document à l'appui pour étayer leurs allégations n’existe. "L'arme nucléaire appartient au siècle passé, ce siècle est le siècle de la pensée, de la raison, de la culture et de l'Humanité.

La vraie puissance appartient aux peuples, auprès desquels, l'arme nucléaire n'a plus de place", a ponctué Mahmoud Ahmadinejad, avant d'exprimer ses inquiétudes, quant aux interventions des étrangers, dans les affaires des pays arabo-islamiques du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, pour rappeler : "Les nations de la région peuvent gérer, elles-mêmes, les affaires de leurs pays et réaliser leurs souhaits et revendications".

Reçu de l'IRIB le 14 août 2011



1) PolitiqueIranienne

Ahmadinejad

« Des projets de sabotagesur les sites nucléaires pakistanais »

Le président Mahmoud Ahmadinejad a accusé mardi Washington de projeter des actes de sabotage sur les sites nucléaires pakistanais, rapporte la chaîne de télévision DawnNews.
"Nous sommes en possession d'une information précise sur des plans américains d'actes de sabotage sur les sites nucléaires pakistanais pour placer le Pakistan sous le contrôle de Washington et affaiblir ainsi le gouvernement et le peuple de ce pays", a déclaré le président de la République islamique lors d'une conférence de presse à Téhéran.
Selon M.Ahmadinejad, en cas de réussite, les Etats-Unis envisagent de faire appel au Conseil de sécurité de l'Onu et à d'autres organisations internationales afin de pouvoir s'implanter militairement au Pakistan et affaiblir sa souveraineté nationale.       
Quoi qu'il en soit, le président iranien ne donne aucun détail pour conforter ses dires, constatent les médias.

Pour le moment, les officiels pakistanais n'ont aucunement réagi aux propos de M.Ahmadinejad.

8 Juin

Ria Novosti


Les grandes manœuvres  

L'Iran a entamé l'installation de nouvelles centrifugeuses.
La diplomatie iranienne, Ramin Mehmanparast, a indiqué que l'Iran avait entamé l'installation de nouvelles centrifugeuses plus rapides dans ses usines d'enrichissement.

Selon M.Mehmanparast, Téhéran a averti l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de ces modifications.
En juin dernier, les autorités iraniennes ont annoncé leur intention d'augmenter sa production d'uranium enrichi à 20% après la mise en service de l'usine de Fordou située à quelques kilomètres de la ville de Qom (150 km au sud-ouest de Téhéran).
20/07/2011

Ria Novosti

Ali Akbar Salehi : L’Iran prêt à un dialogue d’égal à égal avec les Etats-Unis 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a déclaré vendredi que l'Iran pourrait envisager un dialogue "d'égal à égal" avec les Etats-Unis si Washington respectait ses "droits", dans une interview avec l'agence officielle Irna.
"Nous n'avons aucun interdit pour établir des relations avec les autres pays à l'exception du régime sioniste, mais il est possible que nos relations soient dans une situation particulière avec certains pays comme les Etats-Unis", a déclaré M. Salehi.
"Si un jour les Etats-Unis acceptent d'engager un dialogue d'égal à égal et sans conditions préalables tout en respectant les droits de notre peuple, la situation sera différente", a déclaré M. Salehi.
L'Iran et les Etats-Unis n'ont pas de relations diplomatiques depuis plus de 30 ans et leurs relations bilatérales se sont envenimées ces dernières années en raison du programme nucléaire iranien, mais aussi du soutien iranien aux forces de résistance dans la région.
Les Etats-Unis accusent en effet l'Iran de soutenir les mouvements palestiniens, mais aussi le Hezbollah. Ils lui reprochent également de soutenir les mouvements antiaméricains en Irak et en Afghanistan en leur fournissant des armes. Ce que Téhéran dément.
Nous cherchons une solution gagnant-gagnant concernant le nucléaire
Evoquant la question nucléaire qui oppose l'Iran aux grandes puissances, M. Salehi assure qu'"aucun différend n'est éternel".
"Nous cherchons une solution gagnant-gagnant, si les Occidentaux y croient, qu'ils viennent à la table des négociations. Nous y sommes prêts. S'ils n'y croient pas, ils peuvent continuer, car les pressions n'ont fait que nous renforcer", a-t-il expliqué.
"S'ils veulent continuer pendant 30 ans encore leur politique (de pressions et de sanctions), nous ne céderons pas (...) car nous avons décidé de payer le prix de notre indépendance", a ajouté le ministre.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une série de résolutions, assorties de sévères sanctions économiques, pour faire plier en vain l'Iran sur son programme nucléaire.
L'Iran a annoncé mardi l'installation de nouvelles centrifugeuses et cette mesure lui permet d'accélérer son programme d'enrichissement d'uranium. Une décision dénoncée par les Etats-Unis et la France.
Le "malentendu" avec l'Arabie saoudite pouvait être dissipé
Le ministre iranien des Affaires étrangères, a en outre déclaré vendredi que le "malentendu" avec l'Arabie saoudite à propos des événements dans la région pouvait être dissipé.
"Nous n'avons pas de problèmes particuliers avec l'Arabie Saoudite et nous reconnaissons l'Arabie Saoudite comme (étant) un pays important de la région et influent sur la scène internationale", a déclaré M. Salehi à l'agence officielle de presse.
 "Nous avons depuis longtemps des relations amicales avec l'Arabie Saoudite. Après les événements dans la région, il y a eu des différences d'interprétations et d'analyses. Je crois que ces malentendus peuvent être dissipés", a-t-il ajouté.
 "J'espère qu'une méthode acceptable sera trouvée pour poursuivre les consultations entre les deux pays", a affirmé le ministre.
 M. Salehi a déclaré par ailleurs que l'Iran "respectait la souveraineté nationale et l'indépendance de Bahreïn et voulait la paix, la stabilité et la sécurité de Bahreïn".
 Les relations de l'Iran avec Bahreïn et les autres membres du Conseil de coopération du Golfe, (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) se sont dégradées depuis le déploiement en mars dans le petit royaume de troupes essentiellement saoudiennes, venues réprimer les manifestants bahreinis.

22/07/2011

Al Manar

 

Nucléaire iranien: Ahmadinejad favorable à la proposition russe

Mahmoud Ahmadinejad s'est dit favorable à la proposition russe concernant le dossier nucléaire iranien, ont rapporté mardi les médias internationaux.

"L'Iran salue la proposition russe de l'approche "pas à pas" et se déclare prêt à faire des propositions de coopération dans ce domaine", a indiqué le président cité par les médias.

Le secrétaire du Conseil de sécurité de Russie Nikolaï Patrouchev effectue une visite officielle à Téhéran depuis lundi dernier. Il s'est entretenu avec son homologue iranien Saïd Jalili. Sa rencontre avec le président Ahmadinejad était prévue pour mardi soir.

La Russie cherche à relancer les négociations entre l'Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire controversé de Téhéran interrompues depuis sept mois.

Les Etats-Unis et certains autres pays reprochent à l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert du programme nucléaire qu'il prétend réaliser à des fins pacifiques.

Téhéran rejette ces accusations, affirmant que ses recherches nucléaires ont pour seul but de

satisfaire les besoins du pays en électricité.

16-08

http://fr.rian.ru/world/20110816/190514251.html

 

Téhéran réagit aux propos du président français et souligne le caractère pacifique de ses activités nucléaires.

Le directeur général du département chargé des questions de l’Europe de l’Ouest du ministère iranien des affaires étrangères qui réagissait aux propos du président français Nicolas Sarkozy sur le programme nucléaire iranien, a souligné que comme "la République Islamique d’Iran l’a réitéré à maintes reprises, ses activités nucléaires sont complètement pacifiques".

Selon le service d’Information et de la presse du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Tadjik, interrogé jeudi après-midi par des journalistes sur les déclarations du président français a répondu que les rapports de l’AIEA à propos des activités nucléaires pacifiques de l’Iran le confirment tout en soulignant le caractère dissuasif des activités de la Défense de l’Iran.

Il a ajouté qu’il est évident que tout propos basé sur des données irrationnelles ne peut qu’être source d’instabilité dans la région tout en avertissant que compte tenu de la conjoncture actuelle il est important de s’abstenir de ce genre de propos.

Téhéran.Irna.

02 Septembre 2011.

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-41/1109027299112139.htm

 

Hassan Tajik  "Sarkozy doit se garder de tout propos menaçant la stabilité de la région". 02/09/2011

L'Iran a affirmé  que le président français devait s'abstenir de tous propos fondés sur de «fausses informations» et qui pourraient menacer la stabilité de la région, après des déclarations de Nicolas Sarkozy sur une «attaque préventive» contre des sites nucléaires iraniens.
«Les activités de défense iraniennes sont toutes (des activités) de dissuasion, toute remarque basée sur des informations erronées peut provoquer l'instabilité, dans la région, et il est recommandé de s'abstenir de faire de telles remarques», a dit le Directeur général des Affaires européennes aux Affaires étrangères iraniennes, Hassan Tajik, cité par la télévision d'Etat.

Irib

 

L’Iran est prêt à fermer le détroit d’Ormuz s’il est menacé
Golfe L’Iran demeure prêt à fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite 40 % du trafic maritime pétrolier mondial, au cas où il serait menacé, a déclaré hier le commandant des gardiens de la révolution, le général Mohammad Ali Jafari, dans une interview à l’agence Mehr. « Du fait de la position stratégique du détroit d’Ormuz, cette option n’a jamais été abandonnée », a expliqué le chef des pasdaran interrogé sur l’éventualité d’une fermeture par l’Iran de cette voie maritime essentielle pour l’économie mondiale. « De plus, nous ne nous en tenons pas là, nous cherchons maintenant à déployer nos capacités défensives dans les eaux ouvertes » de l’océan Indien, au-delà d’Ormuz, a-t-il ajouté. « Cela veut dire que si un ennemi nous menace de l’extérieur du détroit d’Ormuz, nous serons en mesure de répondre de la même manière », a poursuivi le général Jafari.
Les gardiens de la révolution, forces idéologiques d’élite du régime iranien, sont notamment responsables de la défense des eaux territoriales et des côtes iraniennes dans le Golfe. L’Iran, régulièrement menacé par Israël et les États-Unis d’une frappe militaire contre ses installations nucléaires jugées suspectes par les Occidentaux, menace non moins régulièrement de fermer le détroit d’Ormuz en cas d’attaque. Ce détroit est la principale porte de sortie du pétrole produit par l’Iran mais aussi par les pays arabes du Golfe.
Les pasdaran mènent depuis une semaine des exercices militaires mettant notamment en œuvre des missiles balistiques à courte et moyenne portée explicitement destinés à frapper Israël ou les nombreuses bases américaines de la région en cas d’attaque contre l’Iran.

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/710949/_L'Iran_est_pret_a_fermer_le_detroit_d'Ormuz__s'il_est_menace.html

 

L’Iran veut le départ des navires de guerre étrangers du Golfe persique.  

Le commandant des gardiens de la révolution chargé de l’aérospatiale le général AmirAli Hajizadeh a demandé aux navires de guerre étrangers de quitter le Golfe persique au plus vite, estimant que le compte à rebours de la fin de leur mission a déjà commencé.
«  les états de la région n’ont nullement besoin de la présence de ces forces despotiques et maléfiques qui courent derrière leur intérêts alors que les états de la région ont la capacité de réaliser la collaboration entre eux sans nul besoin de la présence des forces étrangères dans cette région », a-t-il déclaré à l’issue de exercices militaires effectuées pour expérimenter des missiles intelligents et ultra-son dans le cadre des manœuvres du Grand prophète  .   
Selon le bureau des relations publiques des pasdarans, ces missiles intelligents sont parvenus à intercepter avec succès des missiles mer-sol et sol-sol.
Le général des Pasdarans a également ajouté que « plus de 70 pour cent de bases des ennemis sont à portée des missiles iraniens ».
Selon l’agence de presse Irna, Hajizadeh a précisé que les missiles de courte et de moyenne portée dont dispose l'Iran sont capables de prendre pour cibles les bases militaires de pays ennemis.
La plupart de ces bases sont entre 300 à 400 km de la République Islamique d’Iran, a-t-il expliqué.
La République Islamique d’Iran a lancé des manœuvres qui se sont poursuivies pendant une dizaine de jours, au cours desquels l'Iran a dévoilé son silo de missiles souterrains et  tiré des missiles Fateh-110.
Des tirs de 14 missiles de moyenne et longue portée ont été réalisés avec succès.
Le mois de janvier dernier, le général Haji Zadé avait révélé que les cadres de son institut ont expérimenté un missile de longue portée qui est tombé près du pacifique.

09/07

Al Manar



Politique intérieure & extérieure

Politique extérieure

Général Hassan Firouzabadi : "Obama doit traduire en justice Bush"  

- Le commandant militaire iranien a affirmé que le Président américain, Barack Obama, devrait être à l’initiative de la comparution de son prédécesseur, George W.Bush, devant la justice.

"L'actuel président des Etats-Unis devrait être à l'avant-garde, pour faire traduire en justice Bush et ses collègues criminels devant la justice. Sinon, il sera considéré comme un criminel à la manière de Bush et de l'ancien Premier ministre britannique, Tony Blair "

, a déclaré, aujourd'hui mercredi, le chef de l'état-major interarmées des forces armées d'Iran, le général Hassan Firouzabadi. "Le temps est venu pour les peuples américain et britannique ainsi que pour les pays musulmans de déposer séparément des plaintes contre Bush et Blair auprès des tribunaux internationaux", a t-il ajouté.

Il a déclaré que le réveil islamique dans la région a prouvé que les politiques bellicistes de Washington ont échoué et que les Etats-Unis devraient retirer leurs forces de la région, ajoutant qu'il n'y a pas de place pour les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël dans la région. "Les Etats-Unis ont plus de 4 trillions de dollars de dépenses de guerre outre leurs dettes de 10 trillions de dollars que les contribuables américains doivent payer", a martelé Firouzabadi.

06/07/2011

 http://french.irib.ir/info/politique/item/124692-obama-doit-faire-juger-bush-firouzabadi