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16/10/2011

n°70 - Les dossier du Pakistan - 16-10-11 - Début - Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?


n°70   - Les dossier du Pakistan - 16-10-11  - Début - Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

                                                         n° 70  16-10-11 

                                              C.De Broeder & M.Lemaire     

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

1 Dossiers

1-1 Normand Lester : Les élucubrations de Frum : Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?

1-2 Shahid Javed Burki : Les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan...

1-3Paul Craig Roberts : Pakistan et le réseau Haqqani: la dernière menace orchestrée par l’Amérique et la fin de l’Histoire.

1-4 M. K. Bhadrakumar : Un sommet à Téhéran pour contrer les Etats-Unis ?

1-5 Michelle Obama, Joe Biden,  Barack Obama et les Predators drone. 

1-6 Farid Merrad : France: l’affaire Karachi s'est étendu à l’Arabie saoudite.  

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 William Blum : Que Dieu bénisse l’Amérique, et ses bombes.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 3-1 A qui profite ces crimes... pensez- vous ? 

3-2 M. K. Bhadrakumar : Les perdants et les gagnants dans l’Afghanistan d’Obama.

3-3 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle.

4 Annexe

4-1 Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $.

:



1 Dossiers

1-1 Normand Lester : Les élucubrations de Frum : Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?

David Frum est un juif sioniste néoconservateur, très proche des juifs sionistes extrémistes, rédacteur des discours de G.W.Bush et il fut très favorable à une attaque de l’Irak.

Dans sa chronique sur le site de CNN, David Frum suggère  que les Etats-Unis cessent de faire la guerre en Afghanistan pour s’en prendre plutôt au Pakistan à l’origine, selon lui, du mal terroriste. Frum est un Canadien qui est parvenu à se faire accepter dans le cénacle des « penseurs » néoconservateurs américains. Il collabore aussi au quotidien likoudnik de Toronto, National Post, où, lorsque l’occasion se présente, il se joint à la charge contre l’affirmation nationale du Québec.

En tant que rédacteur de discours de l’ignare George W. Bush, c’est lui qui a inventé l’expression absurde d’« axe du mal » pour réunir l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord.

Mais la vérité et la réalité n’ont souvent rien à voir avec les élucubrations de Frum, un partisan inconditionnel de la domination américaine de la planète comme façon d’assurer la sécurité et la pérennité d’Israël.
Frum se demande donc sur CNN si l’exécution de ben Laden par des commandos américains ne rend pas l’intervention américaine en Afghanistan obsolète.

L’homme, qui a été l’un de ceux qui ont poussé Bush dans les guerres où il s’est enlisé, reproche maintenant au président Obama d’avoir aggravé le problème en augmentant les effectifs américains dans le pays!
Il déplore que les Etats-Unis ne puissent prendre des mesures énergiques contre le Pakistan parce que pratiquement tout le ravitaillement des armées américaines en Afghanistan arrive par convois à travers ce pays.

Frum affirme que la guerre d’Afghanistan ne peut pas être gagnée du fait que le Pakistan soutient en sous-main les « résistants », qu’il les finance, les approvisionne et donne sanctuaire à leurs chefs de son côté de la frontière. Il se trompe.

[On découvre combien cet analyste prétendument chevronné étouffe bien des vérités dérangeantes comme le comportement des services secrets américains en Afghanistan et même au Pakistan. Combien y a t-il d'attentats au Pakistan sous "fausse bannière" ?  Cela existe M. Frum !]

Frum pose des questions insidieuses pour inciter à une intervention militaire au Pakistan.[Il consolide le scénario farfelu qui nous fut servi à propos de la mort de Ben Laden.]

David Frum interroge: les généraux qui ont protégé ben Laden sont-ils les même qui contrôlent la force nucléaire du Pakistan? Pourquoi la doctrine formulée par l’administration de George W. Bush et entérinée par Obama, « Ceux qui abritent des terroristes seront traités comme des terroristes eux-mêmes », ne s’applique-t-elle pas au Pakistan?

Le porte-voix de l’extrême droite américaine devrait savoir que la situation catastrophique des finances publiques des Etats-Unis leur enlève une grande partie de leur liberté d’action géostratégique.

Ce n’est vraiment pas le moment pour les Etats-Unis de s’engager dans une nouvelle guerre dans un pays de 175 millions d’habitants, qui possède l’arme nucléaire. Faire du Pakistan un ennemi ou même simplement le traiter de façon antipathique serait une erreur monumentale pour Washington. Islamabad se rapprocherait de Pékin [c'est déjà fait] dont il est l’allié depuis des décennies contre l’Inde. Toute interruption de l’aide américaine au Pakistan serait rapidement remplacée par des subsides chinois. Les Chinois, contrairement aux Américains, ont les moyens financiers de mener une politique étrangère de grande puissance.
Les Etats-Unis n’ont plus de tels moyens, en grande partie à cause des guerres déclenchées à l’instigation des néo-conservateurs comme Frum et des politiques financières toxiques défendues par les mêmes idéologues au profit de leurs amis de Wall Street.

Normand Lester 

(Source: La chronique de Normand Lester)

14 mai

http://sos-crise.over-blog.com/ext/http://liesidotorg.wordpress.com/2011/05/14/le-pakistan-sera-t-il-ajoute-sur-la-liste-des-pays-constituant-laxe-du-mal/


1-2 Shahid Javed Burki : Les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan...

 Les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan ont continué à se dégrader depuis l’exécution d’Oussama ben Laden par les services spéciaux américains, dans une villa confortable proche d’une des principales académies militaires du pays. Mais les représailles au coup par coup qui ont suivi le raid reflètent une méfiance et une suspicion plus profondément ancrées.

 Le dernier épisode a porté sur les activités supposées du puissant service de renseignements de l’armée pakistanaise, l’Inter-Services Intelligence (ISI), sur le territoire des Etats-Unis. L’ISI est accusé de surveiller la diaspora pakistanaise et de financer des lobbyistes chargés d’influer sur les membres du Congrès américain.

À vrai dire, ce n’est pas la première fois que les relations entre les deux pays sont sur une pente glissante. En 1965, après avoir aidé le Pakistan à développer son économie et sa puissance militaire, les Etats-Unis ont lâché le Pakistan après que celui-ci ait provoqué une guerre avec l’Inde en envoyant des « combattants pour la liberté » au Cachemire.

En 1989, à la suite du retrait de l’Union soviétique d’Afghanistan, les Etats-Unis perdirent tout intérêt pour ce qu’ils qualifient aujourd’hui d’ « Afpak » – l’Afghanistan-Pakistan. Les Américains commencèrent à revenir au Pakistan jusqu’à ce qu’en 1998, le gouvernement pakistanais décide d’emboîter le pas à l’Inde en effectuant ses premiers tests nucléaires, une décision qui entraîna des sanctions de la part des Etats-Unis – et leur troisième retrait du Pakistan.

La situation était inchangée lors des attentats perpétrés par al-Qaïda, basé en Afghanistan, le 11 septembre 2001 sur le territoire américain. Après l’avertissement lancé par l’administration du président George W. Bush, « vous êtes avec nous ou contre nous », le chef d’État et général pakistanais Pervez Musharraf décida de se rallier du côté des Américains. Il rompit les relations avec le régime des résistants en Afghanistan, qu’il avait pourtant contribué à installer au pouvoir cinq ans plus tôt, et autorisa les Etats-Unis à lancer des frappes aériennes contre l’Afghanistan à partir du sol pakistanais.

Pendant plus d’une décennie, le Pakistan et les Etats-Unis furent des alliés proches. Le Pakistan laissa les Etats-Unis se servir de leurs bases aériennes pour lancer des attaques de drones sur les résistants en Afghanistan et dans le nord-ouest du Pakistan ; permit aux convois de passer par son territoire pour approvisionner les forces de l’Otan en Afghanistan, sans débouché sur la mer ; et avec moins d’enthousiasme que ne l’auraient souhaité les Etats-Unis, a lancé des opérations militaires contres les havres résistants sur les zones pakistanaises le long de la frontière poreuse avec l’Afghanistan.

En échange de cette aide, le Pakistan reçut une assistance économique et militaire généreuse. Selon le Congrès américain, le Pakistan bénéficia d’une aide s’élevant à 20 milliards de dollars entre 2001 et 2011. Le Congrès a en outre approuvé la loi Kerry-Lugar, qui prévoit d’accorder au Pakistan une aide économique à hauteur de 7,5 milliards de dollars entre 2009 et 2014. Les Etats-Unis ont également poussé le Fonds monétaire international à apporter une assistance financière d’urgence au Pakistan pour un montant de 11 milliards de dollars, dont les premiers versements ont commencé fin 2008.

Cette relation étroite a créé un « aléa moral » au Pakistan, où l’afflux intarissable de l’aide américaine a empêché le gouvernement et l’armée de s’attaquer avec urgence aux réformes économiques nécessaires ; un allié viendrait toujours à la rescousse pour pallier à la pénurie chronique de liquidités du pays. Jusqu’à présent, cet allié était les Etats-Unis, qui pourraient toutefois à nouveau se retirer du Pakistan pour la quatrième fois de l’histoire de cette relation mouvementée – une menace brandie pour plusieurs personnalités influentes du Congrès américain.

La dynamique qui a mené les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan à ce point pourrait bien remonter au 1er décembre 2009 lorsque le président Barack Obama, tout en annonçant l’envoi de forces armées supplémentaires en Afghanistan, a également précisé son intention d’entamer un retrait des troupes américaines de ce pays à partir de juillet 2011 – une volonté réitérée il y a deux mois. Cette évolution a alerté les Pakistanais au fait qu’avec le retrait imminent des troupes américaines, ils seraient seuls à combattre les résistants des deux côtés de la frontière avec l’Afghanistan. Le Pakistan aurait besoin pour cela de pouvoir compter sur l’aide de certaines des tribus pachtounes afghanes avec lesquelles il avait noué des liens étroits à l’époque de la guerre contre l’Union soviétique.

Le groupe de Jalaluddin Haqqani, qui a trouvé refuge dans la zone tribale pakistanaise du Nord-Waziristan, était l’un des groupes d’résistants sur lequel le gouvernement pensait pouvoir compter pour promouvoir ses intérêts en Afghanistan. Mais le groupe Haqqani est également l’un des plus farouches opposants des Etats-Unis, qui ont demandé au Pakistan de le combattre. Le Pakistan a refusé. Et au plus fort de cette querelle, les Etats-Unis ont envoyé leurs forces spéciales abattre Ben Laden dans sa cachette au cour du Pakistan, n’informant le gouvernement pakistanais qu’après les faits.

Embarrassée, l’armée pakistanaise a fait pression sur le gouvernement pour qu’il commence à se distancer des Etats-Unis. Après que l’identité du chef de l’antenne de la CIA au Pakistan ait été révélée (probablement par la hiérarchie militaire pakistanaise), les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils disposaient de preuves solides concernant l’assassinat d’un journaliste pakistanais influent par l’ISI.

Il est possible que cette fois-ci, la dissension entre les deux pays ne soit pas si facilement surmontée. Le Pakistan s’est tourné vers la Chine pour obtenir une aide économique et militaire, espérant sans doute avoir avec ce pays une relation moins volatile qu’avec les Etats-Unis. D’un côté, le Pakistan a proposé à la Chine d’investir dans l’amélioration des infrastructures et dans l’exploitation des vastes ressources minérales du pays. De l’autre, les Chinois ont été invités à développer le port de Gwadar sur la côte du Baloutchistan et de l’utiliser comme base pour leurs forces maritimes en pleine expansion.

Bien que la Chine n’ait pas répondu à ces ouvertures avec le même degré d’enthousiasme qu’elles ont été formulées, elle est sans doute tout à fait prête à combler le vide stratégique créé par le départ accéléré des Etats-Unis de l’Afpak. Un réalignement important des forces régionales est imminent, ou une nouvelle partie de l’ancien Grand Jeu en Asie.

Shahid Javed Burki

Copyright: Project Syndicate, 2011.
Traduit de l’anglais par Julia Gallin

http://lecercle.lesechos.fr/node/36771


1-3Paul Craig Roberts : Pakistan et le réseau Haqqani: la dernière menace orchestrée par l’Amérique et la fin de l’Histoire.

Avez-vous déjà entendu parler des Haqqanis ? Non, je ne le pense pas. Tout comme Al Qaïda dont personne n’avait entendu parler avant le 11 Septembre, le “réseau Haqqani” sort de sa boîte juste au bon moment pour justifier de la prochaine guerre des Etats-Unis: au Pakistan.

La déclaration d’Obama qui a affirmé qu’il avait ordonné l’extermination du chef d’Al Qaïda Ben Laden a considérablement réduit la menace venant de cet homme de paille ayant si bien servi et pendant si longtemps. Une organisation terroriste qui laisse son chef désarmé et sans défense, comme un canard au milieu de l’étang, prêt pour l’assassinat en règle, n’est plus une organisation si formidable que cela. Il est temps de sortir du chapeau quelque chose de plus menaçant, quelque chose qui continuera de manière sûre la “guerre contre la terreur”.

Maintenant, le pire ennemi de l’Amérique sont les Haqqanis. De plus, à l’encontre d’un Al Qaïda qui ne fut jamais lié à un pays à proprement parler, le réseau Haqqani, d’après l’amiral Mike Mullen, chef d’état-major des armées états-unien, est un véritable “bras armé” du gouvernement pakistanais et de ses services de renseignement, l’ISI. Washington affirme que l’ISI a ordonné a son réseau Haqqani d’attaquer l’ambassade américaine à Kaboul en Afghanistan ce 13 Septembre dernier ainsi que la base militaire américaine de la province du Wadak.

Le sénateur Lindsey Graham, membre du comité des forces armées et un des principaux va t’en guerre républicain a déclaré que “toutes les options étaient sur la table” et a assuré le Pentagone qu’il y avait un fort soutien bipartisan au congrès en faveur d’une attaque militaire américaine sur le Pakistan.

Alors que Washington a tué beaucoup de civils pakistanais avec ses drones et a forcé l’armée pakistanaise à chasser Al Qaïda a travers presque tout le Pakistan, ce qui a produit quelques dizaines de milliers de Pakistanais qui ont dû quitter les zones de recherche, le sénateur Graham dit avoir quelque chose de plus conséquent en vue.

Ainsi pense également le gouvernement pakistanais. Le premier ministre pakistanais Yousouf Raza Gilani a rappelé son ministre des affaires étrangères qui était en visite à Washington, pour une réunion d’urgence du gouvernement dont le sujet était l’évaluation d’une invasion américaine du Pakistan.

De son côté, Washington rassemble des raisons supplémentaires à ajouter à la nouvelle menace venant des Haqqanis et pour justifier d’une guerre au Pakistan: le Pakistan a un arsenal nucléaire et est politiquement instable, ainsi les armes nucléaires pourraient tomber en de mauvaises mains, de plus les Etats-Unis ne peuvent pas gagner en Afghanistan tant qu’ils n’ont pas éliminé les sanctuaires terroristes au Pakistan, bla, bla, bla, bla…

Washington a essayé de forcer le Pakistan à lancer une opération contre son propre peuple dans la province du nord du Waziristan. Le Pakistan a de très bonnes raisons de résister à cette demande. L’utilisation par Washington de la “nouvelle menace Haqqanis” comme un prétexte à l’invasion pourrait être la façon qu’à Washington de contrer la résistance du Pakistan à attaquer sa propre province du Waziristan, ou cela pourrait être, comme le disent quelques leaders pakistanais, et ce dont craint le gouvernement, un “drame” créé par Washington pour justifier d’un assaut sur un autre pays musulman.

A travers toutes ces années de servitude comme marionnette américaine, le gouvernement pakistanais n’a fait qu’amener cette situation sur lui-même.Les Pakistanais ont laissé les Américains acheter le gouvernement pakistanais, entraîner et equiper son armée et laisser établir une vitrine de la CIA avec leur service de renseignement. Un gouvernement si dépendant de Washington ne peut pas dire grand chose lorsque Washington commence à violer sa souveraineté, à envoyer ses drones et ses forces spéciales pour tuer de soi-disant Al Qaïda, mais de manière générale, des femmes, des enfants et des fermiers. Incapable de maîtriser aprés une décennie un petit groupe de combattants Talibans en Afghanistan, Washington a transféré la responsabilité de son échec militaire sur le Pakistan, tout comme elle blâme la longue guerre d’Irak sur le soi-disant soutien de l’Iran à la résistance irakienne à l’occupation américaine.

Quelques analystes très efficaces, que vous n’entendrez jamais dans les médias de masse, disent que le complexe militaro-industriel et de sécurité américain et leurs prostitués néoconservateurs sont en train d’orchestrer la 3ème guerre mondiale avant que la Russie et la Chine ne soient totalement préparés. Comme résultante de l’oppression communiste, un pourcentage non négligeble de la population russe se trouve dans l’orbite américaine. Les Russes font plus confiance à Washington qu’ils ne le font en Poutine; les Chinois sont trop occupés à gérer les périls de leur croissance économique très rapide pour préparer la guerre et ils sont loin derrière la menace.

La guerre quoi qu’il en soit, est l’essence même des profits du complexe militaro-industriel et de sécurité et la guerre est la méthode choisie par les néoconservateurs pour arriver à leur but de l’hégémonie mondiale américaine.

Le Pakistan a des frontières avec la Chine et des parties de l’ancien empire soviétique, dans lesquelles les Etats-Unis ont maintenant des bases militaires, sur les frontières russes. Une guerre états-unienne contre le Pakistan et son occupation a de grandes chances de réveiller les somnolents russes et chinois. Comme tous deux possèdent des missiles nucléaires intercontinentaux (ICBM), le résultat de la veûlerie du complexe militaro-industriel pour le profit pourrait bien être l’extinction de toute vie sur la planète.

Les patriotes et les super-patriotes qui tombent toujours dans les pièges de des agendas du complexe militaro-industriel et de ses néoconservateurs agitant leurs drapeaux sont en train de surenchérir sur la possibilité de la “fin des temps”, qui est tant désirée par le ravissement évangéliste, leur permettant de flotter vers le paradis tandis que le reste d’entre nous mourra sur Terre.

Ce n’est pas ce que le président Reagan avait espéré en œuvrant pour la fin de la guerre froide.

Article original en anglais : Pakistan and "The Haqqani Network" : The Latest Orchestrated Threat to America and The End of History
Traduction : Résistance 71


Paul Craig Roberts est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  

 

1-4 M. K. Bhadrakumar : Un sommet à Téhéran pour contrer les Etats-Unis ?
Quasi-proportionnellement à l’effondrement des liens entre Washington et ses alliés à Kaboul et Islamabad, l'Iran a intensifié ses activités politiques et diplomatiques autour du problème afghan et de la situation régionale.

Téhéran estime que les relations entre les États-Unis et les gouvernements afghan et pakistanais ont subi un sérieux revers et qu’un prompt rétablissement est peu probable.

Ainsi, une fenêtre d'opportunité s'est ouverte à Téhéran pour faire reculer l'emprise des Etats-Unis pendant dix ans sur la géopolitique de la région. Téhéran est déterminé à ne pas manquer l'occasion.

L'objectif immédiat est en quelque sorte de torpiller les plans des Etats-Unis visant à établir des bases militaires en Afghanistan et à s’étendre dans la région stratégiquement vitale d'Asie centrale, tout en débordant l'Iran à l'Est. La poussée politique et diplomatique iranienne arrive à un moment où les divergences américano-afghanes sont apparues au cours des négociations qui ont récemment été dévoilées au public.

Mais Téhéran considère également que cette partie comporte des enjeux élevés, avec des ramifications beaucoup plus large que la simple question de contrarier les plans américains d’établir des bases militaires [en Afghanistan]. Téhéran aura pour objectif de disperser le cordon de l'alliance américano-saoudo-israélienne dans le sillage des bouleversements au Proche-Orient.

Après tout, l’Afghanistan devient partie intégrante du « Grand Moyen-Orient », le Pakistan est un allié de longue date des États-Unis et de l'Arabie Saoudite et l'ensemble de ces trois pays – l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan – devient une plaque tournante stratégique d'une importance immense pour la géopolitique d’une vaste région s'étendant du Levant à la vallée de Ferghana.

Pour s’en assurer, l'objectif de Téhéran consistera à forger l'unité régionale avec Kaboul et Islamabad sur la base de leurs préoccupations et intérêts communs vis-à-vis de la politique américaine régionale.

Cette semaine, les efforts iraniens recevront un encouragement avec la visite à Téhéran du président pakistanais Asif Ali Zardari et du président [afghan] Hamid Karzaï, qui participeront à la conférence internationale sur le terrorisme à l'invitation du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Cette conférence est programmée les 25 et 26 juin, mais Zardari arrive ce jeudi pour une visite de deux jours.

Le fait que Zardari et Karzaï assistent à une conférence sur le terrorisme organisée par l'Iran, à ce moment précis, est en soi un indicateur significatif de la manière dont le vent souffle actuellement sur la politique régionale. Le gouvernement saoudien aurait effectué une démarche diplomatique auprès du Pakistan, suggérant qu'il doive ignorer la conférence de Téhéran et, à la place, participer à un conclave similaire sur le terrorisme qu'il propose de convoquer prochainement à Riyad.

Les Etats-Unis seront aussi très mécontents de la décision de Karzaï d’être aux côtés de l'Iran, en ce moment, sur la « guerre contre le terrorisme ». Cela démolit l'allégation des Etats-Unis selon laquelle l'Iran fomente le terrorisme. Zardari emmène avec lui une délégation de ministres, qui comprend le ministre de l'Intérieur Rehman Malik, le ministre du Pétrole et des Ressources naturelles Asim Hussain et le ministre de l'Eau et de l’Energie Syed Naveed Qamar.

Les médias iraniens ont indiqué que Zardari s’exprimera sur le projet de gazoduc irano-pakistanais, auquel s’opposent fortement les Etats-Unis, et qu'une « étape décisive pour l'exécution de ce projet qui a déjà été retardé » peut être espérée lors de sa visite. L'Iran a déjà achevé la construction de 1.000 kilomètres de ce gazoduc sur les 1.100 km prévus sur le sol iranien.

L'Iran a également proposé qu'un réseau de transport d'électricité soit construit à côté du gazoduc, reliant le réseau d'électricité de l'Iran avec celui du Pakistan. Par ailleurs, l'Iran a proposé de vendre 1.000 mégawatts/heures d'électricité au Pakistan à un taux subventionné.

 

« Tentatives de contournement »

Téhéran fait une tentative acharnée pour donner une nouvelle dynamique à ses relations bilatérales avec le Pakistan. Téhéran a traditionnellement nourri un sentiment de frustration envers l'alliance américano-pakistanaise. Ahmadinejad a récemment déclaré que Téhéran est en possession de « preuves spécifiques » pour dire que les USA projettent de saisir les armes nucléaires du Pakistan.

En effet, compte tenu de la présence militaire américaine et du soutien américain au groupe terroriste Djundallah, qui fomente la violence dans la région du Sistan-Baloutchistan en Iran oriental bordant le Pakistan, les services de renseignements iraniens sont très actifs en Afghanistan et au Pakistan. Téhéran a un mécanisme de partage du renseignement au niveau bilatéral avec le Pakistan et il est pratiquement certain que Malik discutera des voies et des moyens pour renforcer cet arrangement. Le Pakistan peut aider l'Iran à contrer le Djundallah, tandis que l'Iran peut partager des renseignements concernant les activités secrètes des Etats-Unis sur le sol pakistanais.

L'Iran semble partager l'estimation de la Russie et de la Chine, selon laquelle la politique étrangère pakistanaise est en cours de correction pour réduire la dépendance politique, économique et militaire d'Islamabad sur les Etats-Unis.

De même, Téhéran prend en compte que les USA tiennent à la fois Islamabad et Kaboul à distance dans leurs négociations avec les résistants et adopte une méthode de partage des informations avec pour principe de ne les divulguer qu’à ces partenaires clés.

Samedi dernier, Karzaï s’est servi d’un discours à la nation pour fustiger les Etats-Unis et est allé jusqu’à exposer que les Etats-Unis sont déjà en pourparlers directs avec les Résistants. Fait révélateur, le Pakistan a rapidement fait comme Karzaï et a entrepris, lundi, une forte démarche à ce même égard auprès des Américains.

De hauts responsables pakistanais auraient fait part de leurs préoccupations au Représentant spécial adjoint Frank Ruggiero, en visite, à propos des « tentatives de Washington de contourner » Islamabad et de maintenir délibérément le Pakistan à distance dans ses efforts pour rechercher un accord de paix avec les Résistants avant le retrait progressif d'Afghanistan.

Le communiqué publié par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, après les discussions entre le ministre d'Etat des Affaires étrangères Hina Rabbani Khar et Ruggiero, qui se sont tenues à Islamabad lundi, disait : « Le ministre a souligné l'importance de la clarté et de la cohérence stratégique, de même que la transparence, afin de favoriser le peuple afghan et le gouvernement afghan dans le processus de paix et de réconciliation. »

Le journal pakistanais Tribune a cité un diplomate pakistanais, en poste à Kaboul, alléguant qu’Islamabad est maintenu dans l'obscurité par les Etats-Unis sur ses récents contacts avec les Résistants. « Nous savons bien que certaines réunions ont eu lieu entre les responsables américains et les Résistants afghans, en Allemagne et au Qatar. Il semble que le Pakistan soit délibérément maintenu à l’écart par les Etats-Unis afin de minimiser notre rôle dans la future donne politique en Afghanistan", a-t-il insisté.

Une fois encore, le journal Dawn a cité sans le nommer l’un des responsables pakistanais qui aurait dit, « D'un côté, ils [les Américains] parlent de l'aide du Mollah Omar, mais de l'autre, ce dirigeant Taliban est sur la liste des cinq hommes qu'ils [les Américains] veulent éliminer », demandant sur un ton acerbe s'il pouvait y avoir également un espace dans le dialogue politique des Etats-Unis pour le réseau Haqqani.

Cependant, ce serait un jugement hâtif que de conclure qu’Islamabad et Kaboul sont en train de coordonner leur opposition aux États-Unis. La relation afghano-pakistanaise reste très problématique, le déficit de confiance est important et une amélioration radicale dans le climat de leurs relations s’est avérée hors d’atteinte.

En fait, les escarmouches aux frontières ont augmenté en fréquence. Dans quelle mesure les Etats-Unis et l’OTAN alimentent ces tensions, dans le cadre de l'effort concerté à « mettre la pression » sur le Pakistan, n’est pas clair. Manifestement, une rencontre authentique des esprits entre Karzaï et Islamabad ne peut se concrétiser tant que ces tensions souterraines continuent d’éclater sur la région frontalière afghane, impliquant l'armée pakistanaise et les forces afghanes.

Peut-être Téhéran peut-il donner un coup de main pour régler ces tensions. Pour s’en assurer, l'Iran a un grand intérêt à ce stade à amener l’Afghanistan et le Pakistan à se rapprocher dans une relation téléologique de travail.

Le ministre iranien de la Défense, Ahmed Vahidi, qui s’est rendu à Kaboul la semaine dernière, a eu une réunion de fond avec l'ancien homme fort de l’Alliance du Nord et actuel vice-président, Mohammed Fahim. Vahidi a dit à Fahim, « La grande et courageuse nation d’Afghanistan est capable d'établir sa sécurité de la meilleure façon possible sans l'interférence des forces trans-régionales [comprendre : les USA et l'OTAN]. »

Vahidi a dit à son homologue iranien, Abdulrahim Wardak, « Leur présence [les Etats-Unis] fait obstacle à la matérialisation de la volonté de la grande nation afghane, résolue et qui travaille dur, et provoquera la discorde, la tension et l'insécurité et gaspillera le capital du pays. »

Wardak et Vahidi ont signé un document relatif à la coopération bilatérale en matière de sécurité. Fait intéressant, lors de la cérémonie de signature, Wardak a réagi ainsi : « Etant donné les menaces et les défis auxquels la région est confrontée, nous croyons qu’une défense commune et une coopération en matière de sécurité entre l'Iran et l'Afghanistan sont très importantes pour établir la paix et la sécurité dans la région. » Wardak a également dit, d’un air sous-entendu, que l'Afghanistan essayera, à ce stade, d'accroître ses liens en matière de défense et de sécurité avec l'Iran, afin de « remplir nos objectifs de sécurité communs dans la région. Nous croyons que l'expansion de la coopération en matière de défense commune et de sécurité avec l'Iran est dans nos intérêts. »

 

La ligne de faille pachtoune

À son retour à Téhéran dimanche, Vahidi a déclaré que les efforts américains pour établir des bases en Afghanistan font partie de leur plan visant à imposer un « système hégémonique » sur la région, « mais tous les pays et tous les peuples de la région sont opposés à ce complot. La présence des forces étrangères dans la région, en particulier les troupes américaines, est très nocif et représente une violation flagrante de la souveraineté nationale des pays de la région et compromet leur sécurité. »

Fait intéressant, il a ajouté, « Autant que nous le savons, la grande nation afghane n'est pas d'accord avec l'installation de bases militaires américaines, et il est naturel que les responsables du pays, qui suivent leur peuple, n’approuvent pas de tels plans. » Dans une allusion voilée au Pakistan, Vahidi a déclaré que les pays de la région sont également opposés à la présence de troupes étrangères dans un pays voisin, car « les pays extra-régionaux cherchent effectivement à entraver les progrès des pays islamiques ».

Téhéran prendrait en compte l'impression qui prévaut dans la région que les États-Unis et la Grande-Bretagne travaillent sur ce que l’on appelle le « plan Blackwill » - qui tire son nom de Robert Blackwill, un responsable américain qui a servi dans le Conseil à la Sécurité Nationale de George W. Bush - qui a d'abord soutenu que la meilleure solution afghane est de réaliser une partition de ce pays, le long de la principale ligne de faille ethnique pachtoune.

Ce plan laissait entendre que les Etats-Unis devraient quitter les provinces du sud et du sud-est de l'Afghanistan et laisser la loi des Résistants être rétablie dans ces provinces, et, à la place, transférer leurs troupes vers le havre sûr de la région nord, habitée par les tribus non-pachtounes qui sont amicales, d'où ils pourraient poursuivre efficacement leurs opérations de contre-insurrection au moyen de leurs forces spéciales et/ou de l'utilisation de leur puissance aérienne.

Les manœuvres entreprises par les Etats-Unis et leurs alliés d’engager des pourparlers directs avec les Résistants (sans impliquer ni l'Afghanistan ni le Pakistan), de même que la décision de supprimer progressivement les sanctions contre ces chefs Résistants sélectionnés qui sont prêts à faire des compromis, concorde avec les objectifs du plan Blackwill.

Les États-Unis ont pour objectif de persuader les Résistants à renoncer à leur opposition tranchante à la présence militaire à long terme US-OTAN dans l'Hindou-Kouch.

Les Résistants espèrent récupérer leurs bastions perdus dans les régions à domination pachtoune du sud et du sud-est de l'Afghanistan. Gardant cela à l'esprit, au cours des deux dernières années, les Etats-Unis ont dépensé des sommes énormes pour rénover ou reconstruire des bases dans les régions non pachtounes de l'Afghanistan, afin de les aligner sur les normes et les conditions de vie occidentales.

Le retrait des Etats-Unis qui débute en juillet concerne essentiellement les 30.000 soldats qui ont été incorporés l'année dernière pour le « surge » [la montée en puissance]. Les responsables américains et de l'OTAN ont récemment commencé à laisser entendre qu’il ne faut pas s’attendre, dans l’immédiat, au départ des troupes occidentales de la région.

Ce qui est particulièrement remarquable dans ce contexte est le rôle joué par l'Allemagne dans la mise en place des pourparlers de paix entre les Etats-Unis et les Résistants. Der Spiegel a rapporté en premier que plusieurs réunions ont eu lieu en Allemagne entre un assistant clé du Mollah Omar et des officiels américains. Dimanche dernier, dans une interview télévisée aux Etats-Unis, Robert Gates, le Secrétaire à la Défense a confirmé que de telles réunions avaient eu lieu.

Les forces allemandes occupent la région de l’Amou-Daria, qui chevauche le refuge sûr dont Blackwill a donné un aperçu pour le transfert des troupes américaines sur une base à long terme. Les forces allemandes ont lancé une vigoureuse campagne anti-insurrectionnelle dans la région Nord, ces derniers mois, en vue de l'assainir, et cette campagne, à son tour, a donné lieu à des attaques de représailles par les résistants. Les opérations allemandes semblent répondre au plan Blackwill.

Les Allemands ont travaillé dur pour développer de bonnes relations de travail avec le gouvernement ouzbek à Tachkent et utilisent abondamment la base militaire de Termez, qui était autrefois la plus grande base soviétique en Asie centrale, comme base d'approvisionnement pour les opérations dans la région Nord. De nouvelles lignes ferroviaires sont en construction pour relier Mazar-i-Sharif à Termez dans l'Amou-Daria, qui permettra de relier l'Afghanistan avec le réseau ferroviaire de l'ère soviétique qui va jusqu’à Berlin.

Les Allemands ont aussi puisé dans leurs liens stratégiques en expansion avec la Russie pour développer systématiquement une route de transit passant par le territoire russe, qui leur permet d'acheminer des fournitures en Afghanistan via Termez. La route russe menant à Termez permet aux forces de l'OTAN de réduire radicalement leur dépendance sur les deux routes pakistanaises. La Russie a récemment permis que même des armes et des munitions soient transportées par cet itinéraire. (Ces liens de communication pourront finir par devenir la nouvelle Route de la soie.)

Le plan Blackwill détient le potentiel dangereux de faire voler en éclat la nation afghane. L'Afghanistan a été historiquement maintenu uni par les liens ténus de l’appartenance à une même nation. Le régionalisme et le caractère ethnique continuent de poser des défis à l'unité nationale.

Si l'unité afghane devient sérieusement menacée, les conséquences seront extrêmement graves pour le Pakistan. Ce ne sera qu’une question de temps avant que ce qui restera des Pachtounes ne se déverse sur la Ligne Durand [1] et ne déstabilise le Pakistan. Toute accentuation des lignes de faille ethniques ou renforcement des identités ethniques dans l'Afghanistan voisin et, à son tour, au Pakistan aurait de graves répercussions négatives pour l'Iran (et les pays d'Asie centrale).

Bien évidemment, les États-Unis surestiment leur capacité à réaliser leur « grande stratégie ». Le chef de l'armée pakistanaise, Parvez Kiani, a déclaré de façon plutôt abrupte à une délégation allemande en visite à Rawalpindi, lundi, que la stabilité du Pakistan sera sa première priorité.

En somme, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran ont un intérêt existentiel à contrecarrer le plan de paix anglo-américain consistant à négocier directement avec les Résistants dans leur dos. C'est précisément pourquoi ces trois pays penchent fortement pour un véritable processus de paix autochtone « menés par les Afghans ». Autrement dit, un réalignement de la relation à trois entre l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran sera dans l'intérêt de la stabilité régionale.

Les récentes visites des dirigeants pakistanais à Moscou et à Pékin ont été suivies par les propos que Zardari a tenus cette semaine à Téhéran. L'Iran a basculé dans un mode proactif vis-à-vis de la situation afghane, remisant son approche sobre et réservée. Pour sa part, Hamid Karzaï défie également les Etats-Unis sur le plan stratégique en renforçant ses liens avec Téhéran.

La façon dont ces tendances naissantes se déroulent vaut la peine d’être examinée attentivement. Elles sont à replacer dans le contexte régional plus large qui révèle plusieurs courants : le « dégel » des relations russo-pakistanaises ; le « retour » de la Russie en Afghanistan ; les aspirations de l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS) à jouer un rôle formateur en Afghanistan dans le scénario post-2014 ; le processus de dialogue indo-pakistanais ; la poursuite par l'Inde d'une politique indépendante afghane avec un accent sur les rapports avec le gouvernement de Karzaï ; l'intérêt croissant de la Chine pour contribuer à un règlement en Afghanistan ; et, enfin, le commencement d'un processus qui pourrait conduire l'Inde et le Pakistan à adhérer à l’OCS.

Quelques heures après l'annonce d'Obama, mercredi, sur le retrait des troupes en Afghanistan, Zardari se rendra à Téhéran pour converser avec Ahmadinejad ; deux jours plus tard, Karzaï arrivera aussi dans la capitale iranienne. Rien ne fait ressortir plus vivement l'inclinaison extraordinaire dans la politique régionale.

Note :

[1] La ligne Durand est le nom donné à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, établie le 12 novembre 1893 par un accord entre l'émir Abdur Rahman Khan et sir Mortimer Durand pour l'Empire britannique. Elle divise artificiellement des tribus pachtounes qui partagent la même langue et la même organisation sociale.

Par M. K. Bhadrakumar
Asia Times Online,

le 23 juin 2011
article original : "A summit in Tehran trumps the US "

M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans.

Ses affectations incluent l'Union Soviétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.
Copyright 2011 - Asia Times Online /

 Traduction [JFG-QuestionsCritiques].

ilmanifesto.it

Mondialisation.ca,

Le 19 juillet 2011

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Iran_conference_internationale_sur_le_terrorisme_Afghanistan_Karzai_Pakistan_220611.htm


1-5 Michelle Obama, Joe Biden,  Barack Obama et les Predators drone. 

« I robot killer [1][1][1] dell'impero »

De menaçants rapaces high-tech volent jour et nuit au-dessus de l’Afghanistan, du Pakistan, Irak, Yémen, Somalie, Libye et d’autres pays. L’espèce la plus répandue est celle des Prédateurs, drones dotés de vidéo caméras et senseurs à infrarouge, ces yeux par lesquels les opérateurs les télécommandent depuis une base aux Etats-Unis, à plus de 10.000 Kms de distance. Une fois la proie repérée, elle est attaquée  avec des missiles « Feu de l’enfer ». Le Prédateur de dernière génération, dénommé Broyeur (de vies humaines évidemment), peut en transporter 14. Ces drones et quelques autres sont en train de proliférer rapidement : le Pentagone, qui en avait une cinquantaine il y a dix ans,  en possède aujourd’hui plus de 7.000. La U.S. Air Force est en train d’entraîner davantage de « pilotes à distance » pour ses drones que de pilotes de chasseurs bombardiers. Et, sur les drones de guerre, misent non seulement les Etats-Unis mais toutes les plus grandes puissances. L’Italie aussi utilise en Afghanistan (et peut-être même en Libye) des drones prédateurs, télécommandés depuis la base d’Amendola dans les Pouilles. Grâce aux milliards de dollars destinés à la recherche et au développement, l’espèce évolue rapidement. On expérimente à présent des drones spatiaux, comme l’X-37B de la U.S. Air Force : complètement robotisé, il est en mesure de rentrer à la base après sa mission. Il peut  détruire des satellites adversaires (pour aveugler l’ennemi avant l’attaque) ; il peut lancer depuis l’espace les « dards de Dieu », qui ont l’impact cinétique d’un météorite ; il peut, aussi, lancer depuis l’espace des ogives nucléaires. Dans la base aérienne de Wright-Patterson (Ohio) on est en train d’expérimenter des drones miniaturisés, qui reproduisent le vol d’oiseaux et d’insectes, battements d’ailes compris. Dans les futurs scénarios guerriers sont prévus des essaims de drones-insectes qui, diffusés sur un territoire, espionnent partout et sont capables aussi de tuer. On expérimente aussi, en même temps, en particulier à Fort Benning aux Usa, des robots terrestres de combat. Parmi ceux-ci le « Gladiateur », un véhicule à chenille de plus d’une tonne doté de mitrailleuses et autres armes, qui tirent sur des objectifs repérés par les télé-caméras. Pour les combats en zone urbaine surtout, est désormais prêt à l’emploi un petit robot à chenille armé de mitrailleuses, qui tirent quand ses cinq télé-caméras (capables aussi de vision nocturne) repèrent une silhouette humaine. Il a déjà été expérimenté avec succès en Irak, tandis qu’un modèle analogue est utilisé en Israël le long de la frontière avec Gaza. Dans le cadre du programme « Futur système de combat » (coût 200 milliards de dollars), le Pentagone prévoit de remplacer d’ici 2015 un tiers des véhicules blindés avec équipage, en leur substituant des robots de combat.
La façon de faire la guerre est donc en train de changer : les Etats-Unis et les autres grandes puissances utilisent leur supériorité technologique pour imposer leur domination avec une armée de drones et robots de combat, qui réduisent les risques pour les militaires. Mais la guerre robotisée facilite l’extension des opérations militaires et accroît le nombre de victimes civiles. On peut se demander alors qui sont vraiment les robots. Non pas les machines, mais ceux qui suivent la voie de la guerre (en faisant sa promotion, en la justifiant ou en l’acceptant sans discussion). Ils marchent comme des automates, vers le précipice.

Michelle Obama, Joe Biden,  Barack Obama et les Predators drone. 
source : http://sadhillnews.com/2011/05/20/happy-60th-day-of-kinetic-military-action-in-libya-r-i-p-war-powers-act/obama-biden-predator-drone-missile-libya-barack-joe-michelle-sad-hill-news-6

Edition de mardi 19 juillet 2011 de il manifesto : « I robot killer [1][1][1] dell'impero »

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe et journaliste au quotidien italien il manifesto.

[1][1][1] Tueurs, NdT.

Manlio Dinucci est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Manlio Dinucci publiés par Mondialisation.ca

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110719/manip2pg/14/manip2pz/306979/


1-6 Farid Merrad : France: l’affaire Karachi s'est étendu à l’Arabie saoudite.  
On détiendrait, en effet, un document permettant de "faire le lien entre la signature d'un contrat d'armement avec l'Arabie saoudite, en 1994, et le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur", selon la radio. Il s'agit d'un échéancier de paiement concernant le contrat "Sawari II", dans lequel, la France s'engageait à livrer des frégates aux Saoudiens, dans un délai de deux ans.

Le prix: 18 milliards de francs (2,7 milliards d'euros).

Or, le ministère de la Défense aurait, d'abord, réclamé un acompte de 10 millions de francs (1,5 millions d'euros), à verser, impérativement, avant le 31 mars 1995 – soit, peu avant le premier tour de l'élection présidentielle. Acompte, effectivement, versé, le 26 avril, par l'Arabie saoudite, selon France Info, qui affirme que le juge a vérifié cette information.

Or, à cette même date, la même somme, peu ou prou, a été versée en espèces au "Crédit du Nord", sur le compte de l'Aficeb, l'Association pour le financement de la campagne d'Edouard Balladur.
Farid Merrad

http://french.irib.ir/info/international/item/144681-france-laffaire-karachi-sest-etendu-a-larabie-saoudite


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