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29/10/2011

n°-97 - Les dossiers des 'Guerres de l'Otan' - 28-10 - o : Fidel Castro : 'L'OTAN est l'outil de répression « le plus perfide de l'histoire de l'humanité »

n°-97 - Les dossiers des 'Guerres de l'Otan' - 28-10 - o  : Fidel Castro : 'L'OTAN est l'outil de répression « le plus perfide de l'histoire de l'humanité »



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’. n° 97- 28-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 "Le'Dossier des guerre de l'Otan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

F. William Engdahl : La guerre de l’OTAN contre la Libye est dirigée contre la Chine.

Franklin Lamb : Six pays africains prépareraient des troupes pour les envoyer en Libye contre l'OTAN.

1 Brèves   

1-1 Ginette Hess Skandrani : Fidel Castro : ‘L’OTAN est l’outil de répression « le plus perfide de l’histoire de l’humanité ».

1-2 Ria Novosti ' "Moscou dénonce la tendance de l'Otan à imposer le scénario libyen"

2 Dossiers

.2-1 Djamel Labidi : Kadhafi: ils ont exaucé son souhait.

2-2 Allain Jules : L'incroyable assassinat politique de Kadhafi !

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 JEAN-LOUIS LE TOUZET, LUC MATHIEU : Muammar al-Kadhafi, le Guide supprimé.

3-2 Bahar Kimyongür : Le sang du lion et le festin des rats.

3-3 Réflexions de Fidel Castro Ruz : Le rôle génocide de l’OTAN.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Jean Bricmont : « Ce que Sarkozy, Obama, Cameron veulent, ce n’est pas la démocratie, c’est la soumission »



Tiré à part 

F. William Engdahl : La guerre de l’OTAN contre la Libye est dirigée contre la Chine.

AFRICOM et la menace sur la sécurité énergétique nationale de la Chi

La décision prise de Washington pour l’OTAN de bombarder la Libye de Kadhafi et de la soumettre à ses diktats ces derniers mois, ceci à un coût estimé d’au moins un milliard de dollars qui seront épongés par le contribuable américain, n’a pas grand chose à voir avec ce que le gouvernement d’Obama proclame être une “mission de protection de civils innocents”. En réalité, ceci fait partie d’un plus vaste plan stratégique de l’OTAN et du Pentagone en particulier de contrôler le talon d’Achille de la Chine, à savoir sa dépendance stratégique en de grands volumes d’importation de pétrole brut et de gaz. Aujourd’hui, la Chine est le second importateur de pétrole au monde derrière les Etats-Unis et le fossé se comble rapidement.

Si nous regardons attentivement une carte de l’Afrique et si nous observons l’organisation africaine du nouveau commandement africain du Pentagone AFRICOM, il émerge que le stratégie est de contrôler une des ressources stratégiques les plus importantes de la Chine en ce qui concerne le pétrole et les matières premières.

La campagne de Libye de l’OTAN est au sujet du pétrole et rien que du pétrole; mais pas à propos de contrôler le brut de haute qualité libyen (demandant peu de rafinage), parce que les Etats-Unis sont nerveux à propos de sources d’approvisionnement étrangères. C’est plutôt au sujet du contrôle de l’accès de la Chine à des importations de brut de longue durée depuis l’Afrique et le Moyen-Orient. En d’autres termes, tout ceci est au sujet de contrôler la Chine elle-même.

La Libye est bordée au nord par la Mer Méditérannée, directement de l’autre côté de l’Italie, dont la compagnie pétrolière ENI a été le contracteur étranger le plus important en Libye pendant des années. A l’Ouest, la Libye est bordée par la Tunisie et l’Algérie; au sud par le Tchad, à l’Est, elle est bordée par à la fois l’Egypte et le Soudan (aujourd’hui le Soudan et le Soudan du sud). Ceci devrait en dire long sur l’importance  stratégique à long terme de la Libye pour l’AFRICOM et le Pentagone quant à leur possibilité de contrôle de l’Afrique et de ses ressources et quel pays est capable d’obtenir ces ressources.

La Libye de Kadhafi a maintenu un contrôle étatique strict sur ses réserves très importantes de pétrole brut de haute qualité. D’après des données d’étude datant de 2006, la Libye possède les plus grosses réserves pétrolières du continent africain, environ 35% de plus que celles estimées du Nigéria. Les concessions d’exploitation de ce pétrole ont été étendues aux compagnies pétrolières d’état chinoise et russe ainsi qu’à d’autres ces dernières années.

De manière attendue, un porte-parole de la soi-disante opposition qui clâme victoire sur Kadhafi, Abdel Jalil Mayouf, le représentant en Relation Publique de la firme pétrolièee libyenne AGOCO, a dit à l’agence Reuters: “Nous n’avons aucun problème avec les pays entreprises occidentales comme celles de l’Italie, la France ou du Royaume-Uni; mais nous pourrions avoir quelques problèmes politiques avec celles venant de Russie, de Chine et du Brésil.” La Chine, la Russie et le Brésil se sont soit opposés aux sanctions de l’ONU sur la Libye ou on fait pression pour la résolution du conflit en interne et un arrêt des bombardements de l’OTAN.

Comme je l’ai déjà détaillé auparavant,1. Kadhafi, ancien adhérent du socialisme pan-arabe dans la ligne de l’Egyptien Gamal Nasser, a utilisé les revenus du pétrole pour améliorer de beaucoup les conditions de vie de ses compatriotes. Les soins médicaux étaient gratuits tout comme l’était l’éducation. Chaque famille libyenne recevait une bourse d’état de 50 000 US$ afin d’acheter une nouvelle maison et tous les prêts bancaires étaient en accord avec les lois anti-usurières de l’islam, et donc sans taux d’intérêt. L’état n’était pas non plus endetté. Ce n’est seulement qu’au prix d’une corruption forcenée et d’une infiltration massive dans l’Est du pays, que la CIA, le MI6 et les autres agences de renseignement de l’OTAN ont pu, au coût de plus d’un milliard de dollars et de bombardements massifs des populations civiles par les forces de l’OTAN, déstabiliser les liens entre Kadhafi et son peuple.

Pourquoi donc l’OTAN et le pentagone ont-ils mené une campagne si meurtrière sur un pays souverain ? Une évidence est que cela servait à encercler les ressources énergétiques et de matières premières de la Chine sur le continent en en Afrique du nord.

L’alerte du Pentagone à propos de la Chine

Pas à pas depuis ces dernières années, Washington a commencé à créer la perception que la Chine, qui était “le très cher ami et allié de l’Amérique” il y a encore moins de dix ans, était en train de devenir la plus grande menace pour la paix mondiale le tout à cause de son énorme expansion économique. Dépeindre la Chine comme le “nouvel ennemi” a été compliqué car Washington est dépendant de la Chine pour qu’elle achète la part du lion de sa dette gouvernementale sous forme d’obligations et bons du trésor.

En Août, le pentagone a publié pour le congrès son rapport annuel sur le statut militaire de la Chine.2  Cette année, ce rapport a déclanché des sonnettes d’alarme stridentes à travers la Chine. Le rapport stipule entr’autres choses, que “depuis la dernière décennie, l’armée chinoise a bénéficié d’investisseemtns robustes en terme de matériel moderne et de technologie. Bon nombre de systèmes modernes ont atteint un bon niveau de maturité et d’autres seront opérationnels dans quelques années”, a dit le pentagone dans ce rapport. Il a aussi ajouté qu’ “il y a une certaine incertitude sur le comment la Chine va utiliser ses capacités croissantes… La Chine comme majeur acteur international peut très bien se dresser comme une caractéristique stratégique de ce début de XXI ème siècle.”3

Dans un intervalle de peut-être deux à cinq ans, selon comment le reste du monde réagit et joue ses cartes, la République Populaire de Chine émergera dans les médias européens sous contrôle comme étant la nouvelle “Allemagne hitlérienne”. Si cela est peut-être difficile à croire aujourd’hui, réfléchissez un peu comment cela a été fait avec l’ancien allié et ami de Washington Hosni Moubarak et même auparavant avec Saddam Hussein. En Juin de cette année, l’ancien secrétaire d’état à la marine et maintenant Sénateur américain pour la Virginie, James Webb, a surpris beaucoup de monde à Pékin quand il déclara à la presse que la Chine était en train d’approcher ce qu’il appelait “un moment de Munich”, quand Washington devra décider de garder un équilibre stratégique, ce en référence à la crise de 1938 sur la Tchécoslovaquie, quand Chamberlain opta pour l’apaisement avec Hitler sur la question des Sudètes. Webb ajouta: “Si vous regardez les dix dernières années, le vainqueur stratégique a été la Chine”.4

Le même rouleau compresseur propagandiste du pentagone, emmené par CNN, BBC, le New York Times et le Guardian de Londres, va obtenir les ficelles subtiles de la part de Washington pour “peindre la Chine et ses leaders en noir”. La Chine devient bien trop puissante et bien trop indépendante pour beaucoup à Washington et à Wall Street. Pour contrôler cela et par dessus tout la dépendance énergétique de la Chine, ses imports de pétrole ont été identifiés comme étant son talon d’achille. L’affaire libyenne est un coup monté directement pour frapper ce talon d’Achille.

L’introduction de la Chine en Afrique

L’implication des compagnies énergétiques et d’imports de matières premières chinoises à travers le continent africain est devenue une cause majeure de souci pour Washington où une attitude de négligence maligne a dominé la politique africaine depuis l’ère de la guerre froide. Comme ses besoins énergétiques futurs étaient devenus évidents depuis plusieurs années, la Chine a commencé une véritable et dominante diplomatie économique en Afrique, qui s’est vraiment développée depuis 2006 lorsque Pékin a littéralement déroulé le tapis rouge pour les chefs d’état de plus de quarante pays africains et discuté de très larges sections de relations commerciales avec ces pays. Rien n’était plus important pour Pékin que de sécuriser de futures ressources pétrolières pour la forte industrialisation de la Chine dans son ensemble. La China fit donc mouvement vers des pays abandonnés par leurs anciennes puissances coloniales européennes comme la France, le Royaume-Uni ou le Portugal.

Le Tchad par exemple est un cas d’école. Un des pays les plus pauvres et les plus isolés d’Afrique; le Tchad fut courtisé par Pékin qui rétablit les relations diplomatiques avec ce pays en 2006.
En Octobre 2007, le géant du pétrole d’état chinois CNPC signa un contrat pour construire une rafinerie de pétrole en conjonction avec le gouvernement tchadien. Deux ans plus tard, ils commencèrent la construction d’un pipeline pour amener le pétrole d’un nouveau champs d’exploitation chinois dans le sud à quelques 300 km de la rafinerie. Les ONG supportées par les gouvernements occidentaux commencèrent à crier au loup concernant l’impact écologique de pipeline chinois. Ces mêmes ONG étaient curieusement silencieuses lorsque Chevron découvrit du pétrole au Tchad en 2003.

En Juillet 2011, les deux pays, le Tchad et la Chine célébraient l’ouverture de la rafinerie commune sino-tchadienne juste à côté de la capitale N’djamena.5

Les activités pétrolières tchadiennes chinoises sont également très proches d’un autre projet pétrolier majeur chinois, celui de la région du Darfour au Soudan, limitrophe au Tchad.

Le Soudan a été une source très importante et grandissante de pétrole pour la Chine depuis le début d’une coopération entre les deux pays au début des années 1990, après que Chevron eut abandonné ses options là-bas. Dès 1998, CNPC construisait un pipeline pétrolier de 1500 km depuis les champs d’exploitation du sud-Soudan jusqu’à Port Soudan sur les rives de la Mer Rouge ainsi qu’une rafinerie près de Khartoum. Le Soudan fut la première grande opération pétrolière gérée à l’étranger par la Chine. Au début 2011, le pétrole soudanais, en provenance de la zone de conflit du sud, couvrait environ 10% des imports pétroliers de la Chine en prenant plus de 60% de la production quotidienne du Soudan de 490 000 barils / jour. Le Soudan est devenu un point vital de la sécurité énergétique nationale chinoise.

D’après des estimations géologiques, le sous-sol qui va du Darfour, dans ce qui était le sud du Soudan, jusqu’au Cameroun en passant par le Tchad est un immense champ pétrolier d’une ampleur telle que cela pourrait bien être une nouvelle Arabie Saoudite.
Contrôler le sud-Soudan, ainsi que le Tchad et le Cameroun est vital pour la stratégie du pentagone de “refus stratégique” à la Chine de futurs approvisionnements en pétrole. Aussi loin qu’un régime fort et robuste de Kadhafi demeurait en place à Tripoli, le contrôle de cette région demeurait un problème majeur. La séparation quasi-simultanée du sud-Soudan d’avec le Soudan et le renversement de Kadhafi en faveur de rebelles faibles et dépendants du support du pentagone était une priorité stratégique de première importance pour le plan de domination totale du pentagone.

L’AFRICOM répond

La force principale derrière la récente vague d’attaques contre la Libye ou les changements de régimes plus discrets en Tunisie, en Egypte et le fameux referendum sur le Soudan du sud qui a maintenant fait de cette région pétrolière, une région “indépendante”, a été l’AFRICOM, le commandement spécial de l’armée américaine établi par le gouvernement Bush en 2008 explicitement pour contrer spécifiquement l’influence chinoise sur les réserves de pétrole et de matières premières en Afrique.

Fin 2007, Le Dr. Peter Pham, un initié de Washington qui conseille les départements d’état et de la défense américains, explique de manière ouverte que “parmi les buts ultimes de l’AFRICOM , était le but de protéger les accès en hydrocarbures et autres ressources stratégiques dont l’Afrique est riche, une tâche qui incluait de s’assurer contre la vulnérabilité de ces richesses naturelles et de s’assurer qu’aucunes tierces parties comme la Chine, L’inde, le Japon ou la Russie, ne puissent obtenir un monopole ou des traitements de faveur.”6

Témoignant devant le congrès américain pour soutenir le projet de création de l’AFRICOM, Pham, qui est associé avec la fondation néo-conservatrice pour la défense des démocraties a déclaré:

“Ces ressources et richesses naturelles font de l’Afrique une cible facile pour les attentions de la République Populaire de Chine, dont la dynamique économique… a une soif quasi insatiable de pétrole et de besoins pour d’autres ressources naturelles. La Chine importe à l’heure actuelle aproximativement 2,6 millions de barils de pétrole brut par jour, environ la moitié de cette consommation, de l’ordre de 765 000 barils par jour, environ un tiers de ses importations, proviennent de ses sources africaines, spécialement du Soudan, de l’Angola et du Congo (Brazzaville). Est-ce étonnant donc par conséquent qu’aucune région du monde autre que l’Afrique ne rivalise avec l’intérêt stratégique de la Chine ces dernières années… De manière intentionnelle ou non, beaucoup d’analystes attendent que l’Afrique, spécifiquement les états du long de sa très riche côte occidentale, va devenir le théâtre d’une concurrence stratégique entre les Etats-Unis et sa seule réelle concurrence à l’échelle globale, la Chine, alors que les deux pays cherchent à étendre leur influence et sécuriser l’accès aux ressources.”7

Il est très opportun ici de se rappeler la séquence des révolutions “Twitter” téléguidées depuis Washington dans le mouvement toujours actif de ce que l’on a appelé le printemps arabe. D’abord la Tunisie, un bout de terrain en apparence insiginifiant d’Afrique du Nord sur les bords de la Méditérannée. Quoi qu’il en soit, la Tunisie se situe sur la frontière Ouest de la Libye. Le second domino qui tomba fut l’Egypte de Moubarak. Ceci créa une instabilité majeure au Moyen-Orient et en Afrique du Nord car Moubarak, malgré ses grands défauts, avait résisté la politique moyen-orientale de Washington; Israël perdît aussi un précieux allié lorsque Moubarak tomba.

Puis en Juillet 2011, le sud-Soudan se déclare lui-même la République indépendante du Sud-Soudan, se séparant du Soudan après des années d’insurrection soutenues par les Etats-Unis contre le régime de Khartoum. La nouvelle république prend avec elle la grande majorité des ressources pétrolières, ce qui ne réjouit pas Pékin bien évidemment. L’ambassadrice états-unienne à l’ONU Susan Rice, mena la délégation américaine pour la célébration de l’indépendance. L’appelant un “testament pour le peuple du sud-Soudan”. Elle ajouta, afin d’entériner le processus de sécession que “les Etats-Unis ont été aussi actifs que tout le monde”. Le président Obama ouvertement supporta la sécession du sud. Celle-ci était un projet guidé et financé depuis Washington depuis que le gouvernement Bush eut décidé d’en faire une priotité en 2004.8

Maintenant, le Soudan a perdu d’un seul coup ses revenus du pétrole. La sécession du sud où les trois-quarts des 490 000 barils / jour sont produits, a aggravé les problèmes économiques de Khartoum en coupant d’un coup environ 37% des revenus nationaux. Les rafineries du Soudan et la seule route d’exportation va des champs d’exploitation du sud vers Port Soudan sur la Mer Rouge au Nord du Soudan. Le sud-Soudan est maintenant encouragé par Washington de bâtir un nouveau pipeline d’exportation indépendant de celui de Khartoum en passant par le Kenya. Le Kenya est une des zones d’influence américaines très forte en Afrique.9

Le but du changement de régime en Libye, supporté par les Etats-Unis, ainsi que de tout le projet pour le Moyen-Orient qui repose derrière le printemps arabe, est de pouvoir contrôler à termes les champs pétroliers les plus importants connus à ce jour et ainsi de contrôler la politique future, surtout dans des pays comme la Chine. Comme le secrétaire d’état des années 1970 Henri Kissinger a déclaré, quand il était à l’époque plus puissant que le président des Etats-Unis lui-même: “Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez les nations ou des groupes de nations”.

Pour le futur du plan de sécurité national énergétique de la Chine, la réponse ultime est de trouver des réserves énergétiques en Chine. Fort heureusement, il existe de nouvelles méthodes révolutionnaires pour détecter et évaluer quantitativement la présence de pétrole et de gaz, là où la géologie actuelle dit qu’il n’est pas possible de trouver du pétrole à ces endroits. Là est peut-être la sortie logique du piège pétrolier qui a été placé pour la Chine, Dans mon nouveau livre “Les guerres pour l’énergie”, je détaille ces méthodes pour ceux qui sont intéressés.

Article original en anglais : NATO's War on Libya is Directed against China: AFRICOM and the Threat to China's National Energy Security, publié le 25 septembre 2011.
Traduction par Résistance 71.
F. William Engdahl est l’auteur de Full Spectrum Dominance: Totalitarian Democracy in the New World Order

Notes

1 F. William Engdahl, Creative Destruction: Libya in Washington’s Greater Middle East Project–Part II, March 26, 2011, accessed in http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=23961

2 Office of the Secretary of Defense, ANNUAL REPORT TO CONGRESS: Military and Security Developments Involving the People’s Republic of China 2011, August 25, 2011, accessed in www.defense.gov/pubs/pdfs/2011_cmpr_final.pdf.

3 Ibid.

4 Charles Hoskinson, DOD report outlines China concerns, August 25, 2011, accessed in http://www.politico.com/news/stories/0811/62027.htmlhttp://www.politico.com/news/stories/0811/62027.html

5 Xinhua, China-Chad joint oil refinery starts operating, July 1, 2011, acessed in http://english.peopledaily.com.cn/90001/90776/90883/7426213.html. BBC News, Chad pipeline threatens villages, 9 October 2009, accessed in http://news.bbc.co.uk/2/hi/8298525.stm.

6 F. William Engdahl, China and the Congo Wars: AFRICOM. America’s New Military Command, November 26, 2008, accessed in http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=11173

7 Ibid. 8 Rebecca Hamilton, US Played Key Role in Southern Sudan’s Long Journey to Independence, July 9, 2011, accessed in

http://pulitzercenter.org/articles/south-sudan-independence-khartoum-southern-kordofan-us-administration-role

9 Maram Mazen, South Sudan studies new export routes to bypass the north, March 12, 2011, accessed in http://www.gasandoil.com/news/2011/03/south-sudan-studies-routes-other-than-north-for-oil-exports

. William Engdahl


Franklin Lamb : Six pays africains prépareraient des troupes pour les envoyer en Libye contre l'OTAN.

Les jours qui viennent seront un test pour la communauté internationale et on verra si le droit international prévaut en ce qui concerne la Libye. Sinon, il est possible que la Libye ne s’enfonce encore davantage dans une guerre civile qui pourrait impliquer au moins six pays africains qui, selon les rapports, prépareraient des troupes pour les envoyer en Libye protéger les civils contre les forces de l’OTAN et qui arrivent pour aider à la reconstruction du pays que l’OTAN a criminellement, inutilement et largement détruit.

Le 20 octobre 2011 au soir, la Maison Blanche, le bureau du Secrétariat d’Etat, le Comité aux relations étrangères du Sénat américain et l’ambassade libyenne à Washington ont reçu un fax envoyé par une équipe légale internationale constituée aux USA qui se préparait à partir pour la Libye.

Ces hommes de loi internationaux contactés par des amis et des membres de la famille de Kadhafi ont accepté de représenter le second fils de Kadhafi, Seif al Islam Kadhafi, pour le défendre contre l’inculpation lancée contre lui par la Cour Pénale Internationale le 26 juin 2011 …Ils ont été informés par les supporters de Kadhafi en Libye et par les pays voisins que le CNT et les dirigeants de l’OTAN avaient l’intention d’assassiner Seif al Islam pour l’empêcher de parler aux médias internationaux et à ceux qui le soutiennent depuis que son père lui a transmis le pouvoir en août 2011.

Seif projette d’annoncer sa candidature aux prochaines élections. Des sondages en Libye montrent qu’il récolterait près de 70% des voix si on l’autorisait à se présenter dans le pays désormais contrôlé par l’OTAN. L’auteur de cet article fait partie de ce groupe d’hommes de lois internationaux qui veulent obtenir justice pour leur client, Seif al Islam. Voici un extrait du fax que nous avons envoyé à Washington :

« Nous exigeons que si notre client, Seif al Islam al Kadhafi, était arrêté, il soit protégé tout de suite et que, s’il était blessé, il soit confié à la garde constante du Comité international de la Croix Rouge jusqu’à ce que nous puissions le rencontrer et mettre la dernière main aux mesures provisoires de protection que nous prenons pour garantir sa sécurité.

« Nous insistons pour que notre client ne soit ni interrogé ni questionné par des représentants de l’actuel gouvernement libyen ni par des enquêteurs de la Cour Pénale Internationale avant qu’il ait pu rencontrer ses avocats ou avant d’être remis d’éventuelles blessures.

« Les droits de Seif al Islam doivent être respectés en vertu du droit international et nous demandons au Conseil de Sécurité de l’ONU et aux organisations des droits de l’homme de faire le nécessaire pour protéger notre client.

« Nous demandons respectueusement à la Cour Pénale Internationale de mettre sous bonne garde les restes humains de Mouammar et Moutassim Kadhafi et de mener une enquête médicolégale préliminaire dans le but de poursuivre les responsables de ces assassinats extrajudiciaires.

« Selon les informations fournies par les amis et les membres de la famille de notre client Seif al Islam, il ne fait aucun doute que l’OTAN a ordonné son assassinat. Son meurtre a été planifié, avec sans doute l’approbation de la Maison Blanche, pour épargner à l’OTAN d’avoir à rendre des comptes à la communauté internationale si les récits des témoins et les preuves solides et documentées, concrètes et circonstanciées rassemblées au cours des six derniers mois mettaient en lumière la nature exacte des ravages infligés par l’OTAN à la Libye et à sa population civile.

« Nous ferons bientôt parvenir à la Cour Pénale Internationale une requête officielle pour demander la protection de notre client et son transfert, s’il était capturé, dans une résidence hors de Libye afin qu’il ne soit pas assassiné comme l’a été aujourd’hui son père, le colonel Mouammar Kadhafi.

« Nous avons l’intention de tenir le gouvernement actuel de la Libye, les USA et l’OTAN pour pleinement responsables du meurtre brutal du père de notre client et de son frère, Moutassim, et de tout abus ou dommage dont pourrait souffrir notre client, Seif al Islam.

« Nous avons l’intention de démontrer à la Cour que depuis le passage de la Résolution votée par le Conseil de Sécurité de l’ONU le 17 mars 2011, l’OTAN a ciblé de manière répétée des objectifs civils au cours de 9000 bombardements de la Libye dans le but d’assassiner le leader libyen, le colonel Kadhafi, ses conseillers et ses assistants les plus proches.

« Nous avons l’intention de démontrer à la Cour que l’OTAN a, de manière répétée, causé des dommages à d’autres personnes pour aboutir à l’assassinat de Mouammar Kadhafi et que ses meurtriers savaient qu’ils recevraient de grosses sommes d’argent s’ils tuaient le colonel Kadhafi pour l’empêcher de témoigner contre les officiels de l’OTAN et les leaders occidentaux qui ont dirigé les huit mois de destruction de la Libye. »

Les jours qui viennent seront un test pour la communauté internationale et on verra si le droit international prévaut en ce qui concerne la Libye. Sinon, il est possible que la Libye ne s’enfonce encore davantage dans une guerre civile qui pourrait impliquer au moins six pays africains qui, selon les rapports, prépareraient des troupes pour les envoyer en Libye protéger les civils contre les forces de l’OTAN et qui arrivent pour aider à la reconstruction du pays que l’OTAN a criminellement, inutilement et largement détruit.

Franklin Lamb

(23 octobre 2011)

Franklin Lamb fait partie de l’équipe d’avocats américains qui ont l’intention de défendre Seif al Islam contre les accusations lancées contre lui par la Cour Pénale Internationale.

Original in english :

http://countercurrents.org/lamb211011.htm



1 Brèves   

1-1 Ginette Hess Skandrani : Fidel Castro : ‘L’OTAN est l’outil de répression « le plus perfide de l’histoire de l’humanité ».

L’OTAN est l’outil de répression « le plus perfide de l’histoire de l’humanité » a déclaré le leader de la révolution cubaine Fidel Castro dans un article de la série « Réflexions » publié dans la presse officielle cubaine.
L’OTAN est devenu un instrument de répression « après que l’URSS, prétexte à la création de cette Alliance par les Etats-Unis, a cessé d’exister », a ajouté le leader cubain.
Le leader cubain a estimé que les objectifs criminels de l’Alliance se sont révélés en Serbie en 1999, lorsque « les pays de cette funeste organisation ont dépêché leurs troupes pour soutenir les séparatistes kosovars ».

Le leader libyen déchu Mouammar Kadhafi « a été grièvement blessé par l’un des chasseurs-bombardiers les plus performants de l’OTAN », il « a été capturé vivant avant d’être tué par des gens armés par cette organisation militaire », a indiqué Fidel Castro, commentant les récents événements en Libye.

Le fait que le corps de Kadhafi a été exposé « comme un trophée de guerre constitue une violation des principes les plus élémentaires de l’islam ainsi que des autres croyances religieuses de par le monde », a ajouté Fidel Castro.

Ginette Hess Skandrani

27 octobre 2011

http://lavoixdelalibye.com/?p=2105


1-2 Ria Novosti ' "Moscou dénonce la tendance de l'Otan à imposer le scénario libyen" '

Les actions déployées par l'Otan pour protéger la population civile en Libye constituent un "abus grossier des décisions du Conseil de sécurité de l'Onu", et la Russie s'opposera aux efforts de l'Alliance pour faire de ces actions une norme du droit international, indique un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.
"Nous nous opposerons fermement à la tendance à faire du « scénario libyen » une norme internationale", car cette tendance "porterait préjudice à l'autorité et à la réputation du Conseil de sécurité de l'Onu",  lit-on dans le communiqué.
La Russie dénonce les démarches de l'Otan visant à utiliser les mêmes méthodes à l'encontre de la Syrie.
"Le projet de résolution bloqué le 4 octobre était fondé sur le désir d'attiser les tensions et d'accuser unilatéralement Damas, et il contenait des menaces de sanctions à l'encontre des autorités syriennes", constate le document de la diplomatie russe.
Moscou juge cette position particulièrement inquiétante compte tenu des affirmations de l'Otan selon lesquelles ses actions visant à appliquer la résolution du Conseil de sécurité sur la Libye constituent un "modèle" que l'Alliance envisage d'utiliser à l'avenir pour assurer la "protection des populations civiles".

RiaNovosti

Mercredi 5 Octobre 2011 

 

Commentaires

1.Posté par Monothéiste le 05/10/2011 16:57

L'ONU n'est pas là pour assurer la protection des populations civiles mais bien pour les massacré ! ceux qui ce sont allié avec l'ONU sont bel et bien des terroristes avéré!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Il est impérative pour chaque individu libre de protester contre les abus de ces terroriste ONU, il faut organiser des manifestation, de passer les messages de la réalité dans différents réseau : Twiter, Facebook etc... dans le monde afin d’éradiquer la conspiration de ces terroristes ! chacun de nous est responsable de ce qui ce passe dans le monde réveillons les consciences de ceux qui sont endormi par les médias mensonges!!!!



2 Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Djamel Labidi : Kadhafi: ils ont exaucé son souhait.

Ils ont donc fini par le tuer. Depuis le début, ils ont cherché à le faire. Les frappes de l'OTAN le cherchaient sans arrêt. Mais aujourd'hui, tel Ponce Pilate, ils veulent s'en laver les mains. Ponce Pilate  avait livré Jésus  aux marchands du Temple et aux grands prêtres proches des Romains. Il avait préféré  laissé les collaborateurs de l'empire Romain décider de sa mise à mort. Pour Kadhafi, l'OTAN a fait l'essentiel du travail, mais il a laissé faire le sale travail,  finir le travail  à des Libyens contre un autre Libyen.  Le crime était presque parfait, mais il y a eu d'abord cet anonyme qui a filmé et mis ces images sur You tube, puis les images d'une extrême cruauté de cette hystérie collective hallucinante  sur le site "The Global Post". Il a bien fallu ensuite trouver des explications.

Le colonialisme a toujours agi ainsi: libyens contre libyens, algériens contre algériens, vietnamiens contre vietnamiens, irakiens contre irakiens.  Faire ainsi coup double: éliminer l'ennemi,  Kadhafi, et tenter de faire perdre son âme à tout un peuple, en tentant de faire peser sur sa conscience un acte ignoble.

Mais pourquoi l'OTAN a-t-il si peur de dire la vérité, qu'il est le véritable responsable de cet assassinat  car les autres ne sont que des exécutants. Pourquoi cette campagne médiatique inouïe, acharnée, non seulement pour dégager sa responsabilité de ce crime, mais pour dévaloriser et salir sans cesse la personne de Kadhafi. Il ya certes la tentative bien vaine de faire encore croire que l'OTAN a agi dans le cadre de la résolution 1973 de l'ONU, que son but était  de protéger des populations civiles et non d'intervenir comme belligérant dans cette guerre pour abattre le régime libyen. Il y a aussi l'éventualité d'une accusation de crime de guerre, Kadhafi ayant été fait prisonnier puis assassiné. Mais on découvre soudain que cette campagne traduit au fond une peur, celle que les dominants ont toujours, la peur de leurs victimes, la peur de la mémoire des peuples. En effet, pourquoi parler autant de Kadhafi s'il est une personnalité aussi monstrueuse, aussi misérable qu'il est décrit  dans les médias occidentaux et les medias arabes qui leur sont liés. Pourquoi lui consacrer autant de temps. Pourquoi cette obsession  le concernant.

J'avais toujours été impressionné par la rage de Rome envers Hannibal et Jugurtha. Ils les avaient traqués partout, sans leur laisser un endroit où se refugier dans le monde connu de cette époque, menaçant quiconque leur donnerait asile, alors même qu'ils ne représentaient plus un danger militaire. Comme Kadhafi.., ai-je songé le jour de sa mort. N'avait il pas d'ailleurs appelé l'un de ses fils Hannibal, comme une provocation, comme un symbole, comme une continuité de la lutte de ses ancêtres, de l'ancienne à la nouvelle Rome.

 LA TACHE

Déjà la vérité commence à se frayer un chemin dans le torrent de mensonges dont on a voulu inonder la planète au  sujet de la Libye. C'est ainsi qu'on découvre stupéfait qu'il n'y a aucune image, aucune preuve des allégations qui ont permis le déclenchement de l'intervention de l'OTAN: aucune preuve sur l'allégation que l'aviation de Kadhafi  bombardait Benghazi et qu'il y avait des milliers de morts.   On apprend que le responsable de la ligue des droits de l'homme libyen, à l'origine de ces allégations, qui ont été à la base de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, est en réalité lié au CNT libyen et que des ministres du CNT sont membres de cette Ligue.  

Lumumba avait été tué par d'autres congolais, Che Guevara par un bolivien pour le pays duquel il luttait pourtant,  Kadhafi par d'autre libyens. Certes la vie de chacun est différente, plus ou moins exemplaire, plus ou moins "pure", plus ou moins glorieuse, plus ou moins critiquable. Ils n'ont peut être pas tous la même dimension. L'Histoire fera le tri. Elle dira les mérites et les fautes de chacun.  Mais ils ont en point commun d'avoir refusé la domination étrangère sur leur pays ou leur continent, d'avoir refusé de se soumettre, d'avoir préféré la mort à la honte de l'esclavage, d'avoir voulu mourir debout, la tête haute. J'ai souvenir de  ces images de Lumumba, ligoté mais qui gardait la tête haute et fière, même lorsqu'on le  trainait dans la poussière pour la lui faire baisser. 50 ans après, le même geste chez Kadhafi quand ils  le ballotent, le brutalisent, le frappent  et qu'il tente quand même de rester debout,  et qu'il s'efforce, le cou raide, tendu, de dresser la tête sous les coups. Ils ont tous en commun ce qu'on appelle le courage, ceci personne ne pourra le leur nier, et encore moins ceux qui bombardent du ciel,  sans risques  des villes et des populations, ou qui lynchent. 

Certains aujourd'hui  se félicitent de l'intervention militaire étrangère tout en déplorant les violences qui s'en sont suivies, la guerre civile qu'elle y a enflammée, la destruction du pays, et jusqu'à la façon avec laquelle a été assassiné Kadhafi et probablement ses fils et bien d'autres. Quelles contradictions, quelle naïveté feinte ou alors quelle cécité! Qu'attendaient-ils de la violence extrême de cette  intervention militaire ?  Quand le colonialisme a-t-il eu un état d'âme, une pitié quelconque. Peut on être si aveugle pour ne pas comprendre que le véritable objectif sont les richesses de la Libye et qu'il ne s'agit que de rapine et de brigandage international.

En tout cas, ils ont rendu au fond le meilleur service à Kadhafi. Il avait voulu ne jamais quitter son pays, y mourir debout. Ils ont exaucé son souhait. D'un coup, ils l'ont réhabilité, ils l'ont lavé de tous ses péchés, de toutes ses fautes et l'ont fait rentrer dans l'Histoire, comme celui qui a refusé la soumission. Mais pour les autres, tous les autres, les commanditaires comme les exécutants, ils sont souillés à jamais  Comme Ponce Pilate, ils auront beau se laver les mains, la tache est indélébile.

Djamel Labidi

Paru dans "Le Quotidien d'Oran" du 23 Octobre 2011.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=LAB20111023&articleId=27244


2-2 Allain Jules : L'incroyable assassinat politique de Kadhafi !

L’heure est au réveil après un coup de blues dont vous pouvez allègrement imaginer la cause. L’heure n’est plus au déni, aussi. Rien que la vérité nous guide et nous guidera, quel que soit le prix à payer. Mouammar Kadhafi a été tout bonnement assassiné sur ordre de l’OTAN/CNT. Point. Le reste n’est que verbiage vaseux et logorrhée morbide. D’entendre Ban ki-Moon le secrétaire général de l’ONU oser demander une enquête sur les circonstances de la mort du colonel est d’une hypocrisie abyssale, une insulte à sa mémoire. N’a-t-il pas cautionné cette guerre ?

Considérant qu’il n’y avait rien à lui reprocher, sinon d’avoir voulu l’unité de l’Afrique, la seule solution était de le tuer. Mais, cette mort injuste ne restera pas impunie. La raison du plus fort étant toujours la meilleure, ce n’est pas la justice des hommes qui s’occupera d’eux. Vous verrez. Le plus triste, nonobstant la mort du guide, vient de la réjouissance de la mort d’un homme, quelque soit ce qu’il a fait. Le CNT,  fusse au prix du bradage de la souveraineté nationale et de l’ indépendance de la Libye et de l’Afrique, ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Qu’il dirige donc la Libye sur 70 000 cadavres, des gens morts pour rien, simplement parce qu’il voulait la tête d’un homme.

Il y a aussi, l’inconsistance des chefs d’Etat africains qui restent silencieux devant l’horreur de la disparition violente d’un de leur pair. Une mort perpétrée par des barbares. Des monstres à visage humain ont donc tué pour leurs profits, au détriment du peuple libyen, un digne fils d’Afrique, qui pleurait face à la faiblesse de l’Afrique et à sa désunion. Pour les prédateurs, leur seul Dieu est l’argent, toujours l’argent et encore l’argent. Ils ont réussi leur mission, celle d’assassiner Mouammar Kadhafi. L’OTAN, hors tout cadre légal, a donc le droit de vie et de mort sur n’importe quel Africain, même les plus éminents.

Le film de cet assassinat s’est déroulé en trois phases:

Tout d’abord, le convoi du guide, fort de 80 véhicules s’apprêtait à quitter Syrte à vive allure. Arrivé sur une rue à la sortie ouest, l’OTAN l’a bombardé. La première voiture a pris feu, tandis que les 6 qui la suivaient s’y sont encastrées et s’embrasèrent à leur tour.

Derrière le convoi, un char piloté par les renégats de Benghazi entrait en action, empêchant ainsi les occupants des véhicules de rebrousser chemin. S’en suivie alors de violents combats, avec l’arrivée sur place d’autres combattants munis de kalachnikov. Puis, les gardes du corps du guide ont tenté de l’extraire en l’amenant en bordure de la route, vers une canalisation où ils le mirent, pour lui éviter, pensaient-ils, une mort violente.

Après les combats, tous les occupants des véhicules furent assassinés. C’est ainsi que des hommes entrèrent dans la canalisation pour y ramener Mouammar Kadhafi. Coup de crosse, coup de feu, coup de pied etc, rien ne lui a été épargné.  Il fut donc lynché copieusement, avant qu’on ne lui assène le coup de grâce. Conscient qu’il était mort, c’est alors que ses bourreaux ont tenté de le conduire dans un hôpital à …..Misrata. De l’esbroufe.

Nous sommes en face d’un crime de guerre, d’un assassinat crapuleux. Un homme sans arme abattu lâchement. Les images du mort, dégradantes, montrent la bestialité de ces gens, au temps pour moi, de ces démocrates de pacotille. L’ONU est une organisation terroriste au service des grandes puissances et son bras armé est l’OTAN.

Samedi 22 octobre 2011

Allain Jules

http://allainjules.com/...



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 JEAN-LOUIS LE TOUZET, LUC MATHIEU : Muammar al-Kadhafi, le Guide supprimé.

Nb Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Un pantin de 69 ans ensanglanté. C’est la toute première image de la capture du leader libyen, hier à Syrte, en début d’après-midi. Première photo prise par un téléphone portable par un combattant qui assure que le leader se cachait dans un tunnel. Un tunnel ? Plutôt une conduite d’égout. A 16 heures, Kadhafi était mort selon les premières dépêches. Son corps transporté vers Misrata, à 250 km. Mort au combat, armes à la main. C’est la version avancée jusqu’en fin de journée par plusieurs témoins. Kadhafi aurait été surpris, il se serait battu, il se serait caché, il serait mort au combat sous les balles du Conseil national de transition (CNT).

Hier soir pourtant, Gérard Longuet, ministre de la Défense, a avancé une autre version. Des avions de chasse de l’Otan, dont certains français, auraient stoppé le convoi des derniers proches du Guide qui cherchaient à fuir à bord de 4x4. La colonne aurait ensuite été stoppée par un tir avant que des accrochages au sol ne scellent le sort de Kadhafi. D’où des blessures graves aux jambes, certaines dues à ces tirs venus du ciel, selon d’autres témoignages.

«Que voulez-vous ?» Qui dit vrai ? Ce jeune homme qui tient un automatique plaqué or et qui assure qu’il serait celui de Kadhafi et qu’il se serait servi de cette arme pour tirer une balle dans l’estomac du Guide ? Un combattant le lui prend des mains et le fait virevolter devant une caméra : «C’est le revolver de Kadhafi !» La confusion est totale car, selon certains, Kadhafi aurait supplié : «Ne tirez pas !» D’autres rapportent que, avant de sombrer, inconscient, Kadhafi aurait dit : «Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?»

Sur d’autres images, on voit des combattants qui tentent de maintenir debout le Guide tandis qu’il semble s’adresser à eux en criant. Tête nue, revêtu d’un treillis, il a du sang sur le visage, sur les épaules, et sa chemise en est trempée. Sur les premières vidéos parvenues, il n’est pas possible d’établir avec certitude qu’il s’agit bien du dictateur déchu tant la caméra bouge, son visage apparaissant rarement plein champ. Un combattant du CNT, totalement excité, semble tenir un pistolet très près de sa tête mais il n’est pas possible de déterminer s’il en fait usage. Kadhafi est ensuite hissé sur le capot d’une voiture qui démarre, surchargée de combattants surexcités. C’est apparemment à partir de ce moment que sont prises d’autres photos et d’autres vidéos qui avaient été diffusées auparavant dans la journée. Sa mort a été annoncée hier par le porte-parole officiel du CNT à Benghazi, l’avocat Abdel-Hafez Ghoga : «Nous annonçons au monde que Kadhafi a été tué aux mains des révolutionnaires.»

«Achevé». Le front de mer de Syrte apparaît comme un gigantesque champ de tir où les combattants déchargent à tout va. Autour de l’hôpital, les insurgés essaient de vérifier si Kadhafi est bien mort. «Ils l’ont sans doute achevé en route», avance un médecin.

Le CNT a aussi annoncé hier que Mouatassim, l’un de ses fils, médecin et officier, avait été tué. Sur des images, on voit un corps avec une balle dans la nuque, la main droite tranchée. A côté, des dépouilles de soldats loyalistes. Elles portent des vêtements bleus. Un médecin avance cette hypothèse : «Kadhafi leur avait ordonné le bleu pour que ses soldats ne se tirent pas dessus.»

Hier soir, le CNT ne pouvait confirmer ni la capture ni la mort de Saïf al-Islam, le dauphin désigné, qui faisait partie du dernier carré de fidèles. Dans l’ambulance qui conduisait le corps de Muammar al-Kadhafi vers Misrata, celui de son ministre de la Défense, Aboubakr Younès, mort lui aussi au combat. Ou achevé ?

JEAN-LOUIS LE TOUZET,

LUC MATHIEU

http://www.liberation.fr:80/monde/01012366942-muammar-al-kadhafi-le-guide-supprime?xtor=EPR-450206


3-2 Bahar Kimyongür : Le sang du lion et le festin des rats.

Syrte ou la Stalingrad du désert, aura résisté de tout son sang contre la barbarie céleste de l’OTAN et ses mercenaires indigènes.

Au milieu de ruines fumantes de la ville martyre, un lion est mort. Un lion qui, de son vivant comme dans sa trépas, aura rendu sa fierté à sa patrie, à son peuple, à son continent et à tous les damnés de la terre.

Autour de son corps agonisant, tels des rats affamés, les barbares du CNT et de l’OTAN se sont disputés des lambeaux de sa noble chair.

« C’est nous qui l’avons achevé » clament les rats du Shape et de l’Elysée.

« Non, c’est nous. » rétorquent les rats indigènes.

Le corps lacéré de Kadhafi, c’est la Libye lacérée, donnée en pâtures à l’OTAN et au CNT.

La Libye de Kadhafi était un pays fier. Ses citoyens ne devaient pas quémander l’aumône à la porte des seigneurs européens.

La Libye de Kadhafi était un pays prospère. Elle était l’Eldorado de toute l’Afrique. Un pays de cocagne assurant le plein emploi.

La Libye de Kadhafi était un pays paritaire. Les femmes étudiaient et réussissaient mieux que les hommes. Les femmes décidaient. Les femmes dirigeaient. Les femmes combattaient.

La Libye de Kadhafi était un pays généreux. Ecoles gratuites munies d’équipements les plus modernes. Hôpitaux gratuits ne manquant de rien. Cette Libye a entre autres, financé RASCOM 1, un satellite de télécommunications qui allait permettre à tous les Africains de téléphoner quasi gratuitement, eux qui payaient les tarifs téléphoniques les plus chers au monde. L’Europe avait été jusqu’à coloniser les réseaux de communication africains, forçant le continent à verser 500 millions de dollars par an pour le transit vocal des Africains sur ses satellites.

La Libye de Kadhafi était un pays solidaire. Dotée d’un ministère chargée de soutenir la révolution mondiale, cette Libye a accueilli à bras ouverts tous les résistants du monde, a financé d’innombrables mouvements de libération : Black Panthers, militants anti-Apartheid, résistants chiliens, salvadoriens, basques, irlandais, palestiniens, angolais. Habités par leurs fantasmes primaires, des journaleux européens ont rapporté que des snipers féminins des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient été enrôlés par Kadhafi. Pure intox. En revanche, les guerriers du mouvement de libération du Sahara occidental, le Front Polisario, protégeaient bel et bien Tripoli de la barbarie de l’OTAN/CNT.

La Libye de Kadhafi a fait l’expérience de la démocratie directe. Kadhafi n’avait qu’un rôle symbolique, celui du vieux sage à la fois redouté et rassurant. La population était encouragée à débattre et à choisir sa destinée à travers les Comités populaires. Pas besoin de parlement ni de partis.

Hélas, la Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à faire vivre une démocratie durable. Les luttes personnelles ont pris le dessus sur les intérêts collectifs. Comme bien des révolutions, la Libye de Kadhafi a connu sa dégénérescence idéologique et son cortège de souffrances et d’injustices.

La Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à instaurer la concorde entre clans et tribus de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque.

La Libye de Kadhafi a cru que seule la force viendrait à bout des djihadistes endiablés d’Al Qaida, des opportunistes et des renégats pro-occidentaux.

La Libye de Kadhafi a tenté de briser son isolement international, pensant que les rats de l’Elysée, du 10 Downing Street, du Palais Chigi ou de la Maison Blanche viendraient manger dans sa main. Ces rats se sont en réalité sournoisement glissés la manche de sa tunique. Ils ont saisi l’occasion pour infiltrer son pays, le saboter, le ruiner et le pomper pour un siècle.

A présent, les rats d’Europe et les rats du CNT étanchent leur soif dans la crinière du lion.

Mais le lion s’est dérobé à leurs griffes pour rejoindre Lumumba et Sankara, les autres enfants martyres de l’Afrique héroïque.

Buvez, hordes de lâches, buvez ! Que son sang brûle vos entrailles comme le Zaqqoum !

Pleurez patriotes libyens pleurez ! Que vos larmes engloutissent vos bourreaux et leurs armées !

Bahar Kimyongür

vendredi 21 octobre 2011,

Comité Valmy


3-3 Réflexions de Fidel Castro Ruz : Le rôle génocide de l’OTAN.

VOILÀ un peu plus de huit mois, le 21 février dernier, j’avais affirmé, absolument convaincu : « Le plan de l’OTAN est d’occuper la Libye. » C’est sous ce titre que j’avais abordé pour la première fois ce point dans des Réflexions dont la teneur semblait relever de la fantaisie.

Je reprends ci-dessous les facteurs qui m’avaient conduit à cette conclusion :

Le pétrole est devenu la principale richesse aux mains des grandes transnationales yankees ; cette source de richesse leur a permis de disposer d’un instrument qui a accru considérablement leur pouvoir politique dans le monde. […]

C’est sur cette source d’énergie que s’est développée la civilisation actuelle. Sur notre continent, le Venezuela a été le pays qui l’a payé le plus cher dans la mesure où les USA s’étaient emparés des gisements énormes dont la Nature a doté ce pays frère.

À la fin de la dernière guerre mondiale, des quantités toujours plus élevées de pétrole ont été extraites des gisements d’Iran, ainsi que de ceux d’Arabie saoudite, d’Irak et des pays arabes situés autour qui en devinrent les principaux fournisseurs. La consommation mondiale n’a cessé de s’élever pour atteindre le chiffre fabuleux d’environ quatre-vingts millions de barils par jour, y compris ceux qui sont extraits des États-Unis, à quoi sont venus s’ajouter le gaz, l’énergie hydraulique et l’énergie nucléaire. […]

Le gaspillage du pétrole et du gaz est associé à l’une des plus grandes tragédies, absolument pas solutionnées, que souffre l’humanité : les changements climatiques.

[…] La Libye est devenue en décembre 1951 le premier pays africain à atteindre son indépendance après la Deuxième Guerre mondiale au cours de laquelle son territoire fut le théâtre de combats importants entre les troupes allemandes et celles du Royaume-Uni…

Le territoire de la Libye est désertique à 95 %. La technologie a permis de découvrir d’importants gisements d’excellent pétrole léger – qui produisent aujourd’hui 1,8 million de barils par jour – et des gisements abondants de gaz naturel. […] Son rude désert est situé sur un énorme lac d’eau fossile, qui fait le triple de la surface de Cuba, ce qui lui a permis de construire un vaste réseau de conduits d’eau potable à travers tout le pays.

[…] La Révolution libyenne a eu lieu en septembre 1969. Son principal dirigeant était Mouammar Kadhafi, un militaire d’origine bédouine, qui s’inspira dès sa première jeunesse des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser. Nombre de ses décisions furent sans doute associées aux changements qui se produisirent quand, tout comme en Égypte, une monarchie faible et corrompue y fut renversée.

[…] On peut être d’accord ou pas avec Mouammar Kadhafi. Le monde est actuellement bombardé de nouvelles de toutes sortes, surtout produites par les médias. Il faudra attendre le temps nécessaire pour connaître vraiment ce qu’il y a de vrai et de mensonger ou de semi-vérités dans ce qu’on nous dit de la situation chaotique en Libye. Ce qui est absolument évident à mes yeux, c’est que l’administration étasunienne se fiche bien de la paix en Libye et qu’elle n’hésitera pas à donner l’ordre à l’OTAN d’envahir ce riche pays, peut-être même dans quelques heures ou quelques jours.

Ceux qui, motivés par de perfides desseins, ont inventé, hier dimanche 20 février dans l’après-midi,  le mensonge selon lequel Mouammar Kadhafi se dirigeait au Venezuela, ont eu droit aujourd’hui à la digne réponse du ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro…

Je n’imagine pas, quant à moi, que le dirigeant libyen puisse abandonner le pays et fuir les responsabilités qu’on lui impute, qu’elles soient fausses ou non en tout ou partie.

Toute personne honnête sera toujours opposée à n’importe quelle injustice commise contre n’importe quel peuple du monde. La pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

Pour les chefs de cette organisation belliciste, il y a urgence. Il faut le dénoncer !

Dès cette date, j’avais perçu ce qui coulait de source.

Demain, mardi 25 octobre, notre ministre des Relations extérieures Bruno Rodriguez interviendra au siège des Nations Unies pour dénoncer le blocus criminel des États-Unis contre Cuba. Nous suivrons de près cette bataille qui prouvera une fois de plus la nécessité non seulement de lever le blocus, mais encore d’en finir avec le système qui engendre l’injustice sur notre planète, dilapide ses ressources  et met la survie humaine en danger. Nous prêterons une attention spéciale à la plaidoirie de Cuba.

Je continuerai mercredi 26.

Mondialisation.ca, Le 26 octobre 2011

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27311



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 Jean Bricmont : « Ce que Sarkozy, Obama, Cameron veulent, ce n’est pas la démocratie, c’est la soumission »

Dès février 2011, la campagne menée par Bernard-Henry Lévy — parallèlement aux allégations mensongères sur le massacre de milliers de personnes à Benghazi répandues par la Libyan League for Human Rights avec l’appui de l’ONG UN-Watch basée à Genève (*) — relayée par les médias du monde entier, a réussi à accréditer dans l’opinion publique l’idée fausse qu’il y avait urgence à intervenir en Libye. Le 17 mars, par 10 voix et 5 abstentions, le Conseil de sécurité approuvait la Résolution 1973 présentée par la France et le Royaume Uni instaurant « un régime d’exclusion aérienne afin de protéger les civils contre des attaques systématiques et généralisées ».

Ce fut le début de l’intervention de l’OTAN et d’un massacre de masse toujours en cours.

Jean Bricmont fut l’un des rares intellectuels à s’être opposé publiquement à cette intervention. Avant même le vote de la Résolution du Conseil de sécurité, il avertissait : « Les partis de la gauche européenne (inclus les partis « modérés » communistes européens), les « Verts », avec José Bové maintenant allié à un Daniel Cohn-Bendit qui a toujours soutenu les guerres de l’OTAN, différents groupes trotskystes et, bien sûr, Bernard Henry Lévy et Bernard Kouchner, tous appelant à une sorte d’« intervention humanitaire » en Libye, ou accusant la gauche d’Amérique Latine -dont les positions sont bien plus sensées- d’agir comme des « idiots utiles » pour le « Tyran libyen ». (…) Quand vont-ils comprendre qu’on affirme que toutes les guerres sont justifiées pour des raisons humanitaires ? » [1]

Les faits ont malheureusement donné raison à Jean Bricmont.

Cette « guerre humanitaire » sous mandat de l’ONU et de son bras armé, l’OTAN, n’aurait jamais dû être acceptée.

 

Silvia Cattori : La résolution 1973 de l’ONU demande la protection du peuple Libyen [2]. Après six mois de bombardements et de massacres par l’OTAN et ses combattants libyens, on avance le chiffre plausible de dizaines de milliers de morts et de blessés [3]. L’ancien ministre socialiste Hubert Védrine, le 18 mars avait qualifié d’« historique » la résolution sur la Libye. Et encore tout récemment il se réjouissait de la mise en application de la « responsabilité de protéger » et félicitait Nicolas Sarkozy pour son intervention. Selon vous y a-t-il de quoi s’en réjouir ?

Jean Bricmont [4] : Le texte relatif à la « responsabilité de protéger » se limite à protéger les civils. Il ne dit absolument pas qu’il faut faire ce qu’a fait l’OTAN : armer les rebelles, envoyer des troupes spéciales, bombarder des villes. Des civils sont tués. Manifestement l’OTAN ne les protège pas.

Le texte sur la « responsabilité de protéger » dit qu’il faut aider les États à faire respecter les droits de l’homme, mais il a été interprété, contrairement à ce qu’il dit, pour autoriser l’Occident à intervenir où il veut, quand il le veut, sous couvert de « guerre humanitaire », de « droit d’ingérence humanitaire ». Tout cela - qui est basé sur des tonnes de mensonges - est, malgré l’Afghanistan, malgré l’Irak, entièrement légitimé dans l’esprit de l’immense majorité des dirigeants occidentaux et, ce qui est plus désolant, des dirigeants écologistes, de gauche et d’extrême gauche. Et qui souvent demandent maintenant une telle intervention en Syrie.

Silvia Cattori : Vue dans la perspective des guerres récentes -Kossovo, Irak, Afghanistan- la manière dont s’est déroulée cette intervention en Libye n’est-elle pas, plus problématique et lourde de menace que les précédentes interventions ?

Jean Bricmont : Ce qui est inquiétant, c’est le fait que la guerre a été légitimée par l’ONU. Il ne faut jamais oublier que si la Russie était intervenue en Libye à la place de l’OTAN, personne en Occident n’accepterait une telle intervention, et tous ceux qui disent que ce n’est pas une guerre pour le pétrole, diraient que c’est une guerre pour le pétrole, si elle était faite par les Russes.

Il faut se rendre compte qu’on a légitimé uniquement l’ingérence des États-Unis et de leurs alliés. C’est cela qui est préoccupant. Ce qui est curieux c’est que la guerre en Irak, comme celle en Afghanistan, avait d’une certaine façon délégitimé l’ingérence. Mais quand il fallait justifier la guerre en Afghanistan, je me rappelle très bien des arguments avancés. Il fallait libérer les femmes afghanes. Des arguments humanitaires étaient utilisés là aussi. Or, plus personne ne parle aujourd’hui de l’oppression des femmes afghanes. On veut simplement se retirer de l’Afghanistan sans trop de pertes.

La guerre en Libye est préoccupante aussi parce que, à cause de la personnalité très particulière de Kadhafi, ce qu’on peut appeler le Tiers Monde, et d’une façon générale les forces progressistes, sont très divisés au sujet de cette guerre. L’Union africaine par exemple, avait une certaine sympathie pour Kadhafi. L’Amérique latine aussi. La Russie et la Chine voient le concept de souveraineté nationale démoli, n’aiment pas cela, et ils ont raison. Les pays non alignés n’aiment pas cela non plus. Parmi les musulmans, il y a des divisions. Il y a ceux qui se disent qu’avec le CNT ce sera mieux qu’avec Kadhafi. Que ce sera un gouvernement plus démocratique, plus musulman etc. Peut-être…

Silvia Cattori : Nous sommes en plein paradoxe. Voir soudainement des pays arabes et musulmans, comme le Qatar par exemple, apporter leur plein soutien à des puissances qui, depuis 2001, détruisent des pays arabes et musulmans et massacrent leurs peuples, n’est-il pas renversant ?

Jean Bricmont : Un certain nombre de gens détestent Kadhafi. Moi je ne le déteste pas, mais je n’étais pas sous sa coupe et je peux comprendre cette aversion. La même chose se passe avec Bachar el-Assad en Syrie. Donc, il y a des gens qui se disent que tout ira mieux après. Quand on voit ce qui se passe en Irak et en Afghanistan après le renversement de Saddam Hussein et des Talibans on se rend compte que ce n’est pas si simple.

Mais ma position ne porte pas sur la situation en Libye ou en Syrie, mais sur la politique de l’OTAN, qui entend probablement contrôler les révolutions arabes en les « aidant » ; pendant longtemps ils ont soutenu les autocraties, maintenant ils se rendent compte que ce n’est pas possible ; ils attaquent alors le régime qu’ils détestent le plus, à savoir Kadhafi ; et, en soutenant l’opposition sous prétexte de défendre la démocratie, ils espèrent sans doute la contrôler. Du point de vue des gens qui soutiennent le CNT, sans être favorable à l’OTAN (un certain nombre de musulmans par exemple), c’est un jeu de dupes. Eux espèrent utiliser l’OTAN à leurs fins pour arriver au pouvoir et puis dire à l’OTAN, rentrez chez vous. Cela risque de ne pas être évident.

Silvia Cattori : Les conflits entre l’OTAN et les forces regroupées au sein du CNT sont-ils inéluctables ?

Jean Bricmont : Je n’en sais rien. Lors de la chute de l’Union soviétique, tout le monde a applaudi en Occident. D’abord il y eut Eltsine, qui était complètement pro-occidental et c’était donc parfait. Puis Poutine est arrivé avec un agenda plus nationaliste et, subitement la Russie a commencé à déplaire aux Occidentaux.

Ce que les Occidentaux veulent, ce n’est pas la démocratie, c’est la soumission. Ils ont soutenu des régimes affreux tant qu’ils étaient soumis. Maintenant que certains de ces dirigeants ne sont plus défendables, ils s’attaquent à ceux qui leur sont les moins favorables (Libye, Syrie, Iran) et ils espèrent que la « démocratie » va amener la soumission. Mais cela est douteux. Les intérêts nationaux et les différences religieuses ou idéologiques existent, indépendamment des régimes. Même si la Libye était une démocratie parfaite, je ne pense pas qu’elle aurait envie de reconnaître Israël. Mais je doute que BHL (Bernard-Henri Lévy) par exemple, avait envie de mettre au pouvoir des gens hostiles à Israël.

Il ne faut pas oublier que les gens contrôlent rarement toutes les conséquences de leurs actions.

Silvia Cattori : Bernard-Henri Lévy, a joué un rôle clé, avec le président Sarkozy, en faveur de cette guerre. N’a-t-il pas réussi, par son argumentaire faussement humanitaire à semer confusion et division au sein du camp progressiste, paralysant ainsi toute velléité de protestation ?

Jean Bricmont : Du point de vue de BHL, le grand avantage c’est d’être arrivé à une terrible division des forces progressistes. Les gens vont continuer de se disputer au sujet de cette guerre. Notez que l’on a vu la même chose lors de la première guerre mondiale. Certains disaient : on ne peut pas s’allier avec la Russie tsariste. D’autres disaient : il faut tout faire pour abattre le militarisme allemand. Il est important d’élaborer une réflexion cohérente sur ces sujets. Mais ce n’est pas facile.

Des pays voisins de la Libye - dont des ressortissants, accusés d’être des mercenaires de Kadhafi, ont été tués par les rebelles libyens - n’aiment pas ce qui se passe en Libye. Il y a des armes qui circulent, tout cela préoccupe les pays du Maghreb et déstabilise la région. Le fait que la transition a été violente – et non pas négociée - est une bénédiction pour les gens qui veulent voir le chaos s’installer dans cette région. Qu’ils l’aient fait exprès ou pas, je n’en sais rien. Mais c’est une bénédiction pour le militarisme occidental. Presque tous les pays non occidentaux voulaient une solution négociée à ce conflit. Mais les Occidentaux ne veulent jamais de solution négociée ; quand ils sont dans une position de force ils y vont à fond. Le jour où la Chine sera plus forte que nous et qu’elle pourra utiliser la force, on verra les choses autrement. Mais, pour le moment, on se sent plus fort et, dès qu’il y a un conflit, on veut toujours une solution militaire, jouer sur la force, jouer sur la technologie, c’est d’ailleurs la seule chose qui nous reste. Dans le domaine du commerce, les Chinois sont bien plus forts que nous.

C’est à la question du militarisme que les progressistes devraient réfléchir. Mais ils ne le font pas. Ils encouragent ce militarisme au nom de l’« ingérence humanitaire ». Si, demain, on doublait le budget militaire en France, Madame Joly, qui est écologiste, s’y opposerait sans doute ; mais, alors qu’elle ne veut pas voir de troupes françaises défiler sur les Champs Elysées le 14 juillet, elle accepterait des troupes françaises en Libye [5] ! C’est incohérent, parce que les guerres humanitaires sont des guerres à zéro mort (de notre côté), qui nécessitent un appareil militaire de haute technologie, lequel coûte cher.

Cet appareil est essentiellement celui des États-Unis, mais là il y a des gens qui dorment dans leur voiture parce qu’ils ont perdu leur maison reprise par les banques, et l’État consacre une fortune aux dépenses militaires. Sans les appareils de surveillance des États-Unis et ses possibilités d’approvisionnement des avions de l’OTAN, cette guerre aurait été beaucoup plus difficile à mener.

Si on s’oppose au militarisme, particulièrement aux États-Unis, on s’oppose aussi aux interventions humanitaires, parce que sans l’appareil militaire américain, on n’aurait tout simplement plus les moyens de mener ces interventions.

L’immense majorité des pays du monde, même ceux qui ont une armée importante (Russie, Chine, Inde etc.) considèrent que la mission de leur armée est de protéger leurs frontières, pas d’envoyer des troupes un peu partout protéger les droits de l’homme. Notez que c’est aussi la position de la Suisse. Tout ce que je demande, c’est que les autres états occidentaux adoptent la position de la Suisse. Ce n’est ni révolutionnaire ni radical.

Silvia Cattori : Tout porte à croire que BHL ne va pas s’arrêter là. Qu’il va relancer sa campagne en soutien aux opposants au régime de Bachar el-Assad. Pour Israël qui occupe depuis 1967 illégalement le Golan syrien -un véritable réservoir d’eau pour la région- et n’entend pas le céder, la Syrie est un enjeu stratégique important. La chute d’Assad -mis par Tel Aviv sur la liste des dirigeants qui restent à abattre- serait tout bénéfice pour Israël. Va-t-on vers un scénario libyen ?

Jean Bricmont : Si vous regardez comment les choses se sont passées en Libye, ces Libyens que l’on disait si hostiles à Kadhafi, son gouvernement que l’on disait si faible et si détesté, etc. a résisté plus longtemps que Milosevic lors de l’intervention de l’OTAN en 1999, plus longtemps que les Talibans en 2001 à Kaboul, et plus longtemps que le régime de Saddam en 2003.

Face à une opposition appuyée par l’ensemble de toutes les forces occidentales je trouve cette résistance plutôt étonnante. Je croyais, comme Obama, que cela se terminerait en quelques jours. Que cela allait s’effondrer très vite.

Donc, je ne suis pas sûr que les analystes militaires, du moins ceux qui sont lucides -par opposition aux idéologues, comme notre gauche « humanitaire »- aient envie de répéter cette expérience en plus grand, en Syrie ou en Iran.

Ce que je trouve comique, par contre, c’est de voir qu’il y a une extrême-gauche qui ne « vit » littéralement que de l’exploitation de la mauvaise conscience coloniale, qui agite sans arrêt l’anticolonialisme et l’antiracisme, et puis, pendant la guerre en Libye, dit qu’il faut accepter l’intervention de l’OTAN pour soutenir les rebelles. Ils oublient que, lors des conquêtes coloniales, les mêmes justifications humanitaires étaient utilisées : combattre l’esclavage, renverser des satrapes ou des monarques absolus etc.

Il y a là quelque chose d’absurde. Il faut savoir dans quel monde on veut vivre. Veut-on vivre dans un monde où nous allons, nous, imposer des gouvernements un peu partout ?

Je pense que ce monde est fini. Que le colonialisme est terminé. L’Occident n’a plus les moyens des politiques impériales qu’il avait dans le passé. Et si la gauche occidentale devait être utile à quelque chose, ce serait à penser comment nous adapter à notre déclin inévitable, plutôt que d’inventer des justifications humanitaires aux derniers scintillements de l’empire américain.

Silvia Cattori : Je vous remercie.

Entretien réalisé le 13 septembre 2011.

Silvia Cattori

(*) Voir : « Urgent Appeal to Stop Atrocities in Libya, Sent by 70 NGOs to the US, EU, and UN », UN Watch, 21 février 2011. (L’ONG UN Watch est réputée pour servir les intérêts d’Israël)
Voir également : « 
Libya and the big lie : Using human rights organizations to launch wars », par Mahdi Darius Nazemroaya, 25 septembre 2011.

Sur la « responsabilité de protéger », voir aussi :
« 
La “responsabilité de protéger” : une façade légale pour légitimer l’ingérence ? - Entretien avec Jean Bricmont » , par Silvia Cattori, 24 septembre 2009.

[1] Voir : « La Libye, la gauche européenne et le retour de l’impérialisme humanitaire », par Jean Bricmont, Le Grand Soir, 12 mars 2011.

[2] Voir le texte de cette résolution :
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2011/CS10200.doc.htm

[3] Cet entretien a été réalisé le 13 septembre 2011

[4] Figure du mouvement anti-impérialiste, Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a publié « Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? » (Éditions Aden, 2005).

[5] Voir :http://www.marianne2.fr/Eva-Joly-veut-des-chars-en-Libye-pas-sur-les-Champs-Elysees_a208455.html. Elle appuyait « à 100% » l’opération et estimait qu’il est «

http://www.silviacattori.net:80/article2230.html


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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19.

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