Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

02/11/2011

n°18 - Journal de Syrie - 12-10 au 1-1 : Les USA "furieux" de l'échec de la résolution sur la Syrie.


n°18 -  Journal de Syrie - 12-10 au 1-1 : Les USA "furieux" de l'échec de la résolution sur la Syrie.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

      n°18                              12-10  au  01-11     

 C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Capitaine Martin. : La désinformation.

Louis Denghien : L’Express : « C’est pas nous, c’est Bachar ! »

HaythamMannaa taxe le CNS de "club de Washington"

Almanar : Syrie: rassemblement monstre à Damas en soutien à ElAssad et aux réformes + (Vidéo)

Robert Fisk - « L’armée a eu pour instruction de ne pas tirer sur les manifestants »

1 Politique Syrienne

Paroles & action

L’ambassade syrienne à Washington s’en prend à Amnesty.

2  Politique des opposants

Les grandes manœuvres

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters : «Kadhafi est fini, c'est ton tour Bachar", crient des Syriens.

3 Pays Arabes & voisins

4 Monde

Pays phare des opposants

Usa Rice : Les USA "furieux" de l'échec de la résolution sur la Syrie.

7 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

7-1 Pierre Khalaf : Manipulation médiatique et pressions politiques  

7-2 Vidéo  : Thierry Meyssan :" Al-Jazeera prépare de fausses images de la Syrie."

7-3Informez-vous n°2 : Syriana, la conquête continue.

7-4 Louis Denghien : Routine : l’OSDH et les CLC entretiennent la « flamme » de la désinformation.

7-5 M.K :Média mensonges : la descente aux enfers des chaînes d’information arabes.

8 Dossier

8-1 Pierre Khalaf : La Syrie résiste à la déstabilisation.

8-2 Chems Eddine Chitour : A propos de la tourmente syrienne : Ce que je crois.



Tiré à part

Capitaine Martin. : La désinformation.

La désinformation est le modus operandi avec lequel les services secrets opèrent dans les rédactions des quotidiens, journaux télévisés, maisons d’édition, etc. Aujourd’hui, États, groupes économiques, mouvements politiques et criminels rentrent dans un conflit permanent qu’on peut qualifier de guerre psychologique…

Cette guerre a des objectifs précis et pas toujours compréhensibles si on ne dispose pas de connaissances de base. L’objectif à plus ou moins brève échéance n’est ni plus, ni moins que l’orientation de l’opinion publique et, parfois, la transmission de messages bien dissimulés dans le cœur-même de la nouvelle.

Vous voulez un exemple ? Le voici !

Une entité sans constitution formelle mais présentée par le camp « américano-occidental » comme la seule démocratie du Moyen-Orient, est en conflit permanent avec les États limitrophes car accusée non seulement de réprimer le peuple palestinien mais aussi d’être un avant-poste des États-Unis, donc des compagnies qui aspirent au contrôle des ressources énergétiques d’une zone stratégiquement importante dans la manœuvre d’encerclement du continent eurasiatique.

En fait, après avoir attaqué militairement la Libye et avoir déstabilisé ses voisins tunisien et égyptien, on tente de faire de même, en toute hâte, avec la Syrie. L’entité sioniste a un rôle clé dans ce scénario, et le besoin de soutien inconditionnel des États européens et de leur opinion publique respective la pousse à faire pression sur les organismes d’information afin qu’ils aillent dans son sens, fût-ce parfois de manière incompréhensible pour le citoyen lambda.

Examinons notre cas : partons du postulat qu’un réflexe conditionné est la réponse qu’un sujet donne à la présentation d’un stimulus conditionnant. Nous avons déjà identifié le sujet (les services secrets), le véhicule ou l’intermédiaire (les organes d’information) et l’objet de la manipulation (l’opinion publique).

Passons désormais à la démonstration : Il resto del carlino (quotidien italien basé à Bologne qui diffuse en moyenne à 160.000 exemplaires), dans son actualité du 19 août 2011, rapporte un revirement majeur dans le résultat des enquêtes menées après l’attentat de la gare de Bologne, le 2 août 1980 (85 morts, plus de 200 blessés). « Le procureur Roberto Alfonso, peu de jours avant le douloureux anniversaire, a inscrit au registre des suspects les terroristes allemands d’extrême-gauche Thomas Kram (63 ans) et Christa Margot Frohlich (69 ans). Tous les deux seraient liés au groupe du fameux Carlos Ramirez, actuellement détenu en France. 

L’inaccessible piste palestinienne a décidément bon dos, et c’est en vain que le même Ilitch Ramirez Sanchez qui, en plus d’abonder dans le sens de l’association des membres des familles de victimes (qui soutient l’accusation des néo-nazis Valerio Giusva Fioravanti, Francesca Mambro et Luigi Ciavarini !), confirme l’extranéité de son groupe et du FPLP à cet attentat de Bologne en accusant au passage explicitement la CIA et le Mossad. »

Peu importe si l’enquête bis parviendra à son terme.

L’important est de faire porter la responsabilité d’actes terroristes aux Palestiniens. Ces derniers sont donc des criminels et les Israéliens… les défenseurs de la paix.

Et chaque fois que se posera la question des droits du peuple palestinien, l’influence de telles « opérations » devra déterminer l’orientation générale de l’opinion publique.

Nous entrevoyons la possibilité d'un conflit militaire qui impliquera différents États du Moyen-Orient, et le consentement devra être unanime…

La désinformation et nos chers media ont du pain sur la planche.

Capitaine Martin.

http://www.resistance-politique.fr/

 

Louis Denghien : L’Express : « C’est pas nous, c’est Bachar ! »

La réapparition, le 4 octobre à la télévision syrienne, d’une jeune fille censée, selon le binôme OSDH/presse occidentale, avoir été arrêtée, torturée, tuée (et brûlée) par la police de Bachar al-Assad (voir notre article « Désinformation : la martyre iconique de la Révolution  dément sa mort – et son appartenance à l’opposition », mis en ligne le 5 octobre : http://www.infosyrie.fr/actualite/desinformation-la-martyre-iconesque-de-la-revolution-dement-sa-mort-et-son-appartenance-a-lopposition/) semble quelque peu gêner aux entournures certains acteurs majeurs de la désinformation.

Des ONG prestigieuses comme Amnesty International et Human Rights Watch, d’abord, à l’origine de la « légende urbaine démocrate » de la fin tragique de la jeune Zeinab al-Hosni, qui « regrettent cette erreur d’identification » de cadavre, erreur qu’elles rejettent sur la famille de Zeinab 

« Bon sang, mais c’est bien sûr ! »

L’Express, ensuite, qui, devant ce nouveau « raté » de la propagande anti-Bachar s’interroge gravement sur les responsables de ces « couacs ». Est-ce que cette affaire, celle de la vraie-fausse démission de l’ambassadeur de Syrie en France (en juin), et celle de la réapparition, sur les écrans de la télévision syrienne (fin septembre) du colonel déserteur Harmouche, ne seraient pas une manipulation – machiavélique, forcément machiavélique – des services de renseignement de Damas, visant à discréditer l’opposition et ses relais notamment français, comme France 24, Le Monde, ou L’Express ?

L’hebdomadaire, qui appuie cette hypothèse sur l’intuition de « plusieurs connaisseurs de la Syrie » – on n’en saura pas plus pour le moment – renvoie ainsi la « patate brûlante » de la désinformation au régime syrien. Simple, mais il fallait y penser !

Que dire ? Que L’Express a oublié dans sa liste la transformation du cadavre putréfié du jeune Hamza en enfant-martyr torturé par la barbarie bachariste (voir notre article « Le martyr que trop de gens attendaient », mis en ligne le 1er juin : http://www.infosyrie.fr/actualite/le-martyr-que-trop-de-gens-attendaient/) , et aussi la vraie-fausse lesbienne persécutée de Damas, et dans la réalité, masculine, barbue et américaine (voir notre article « Une opposition vraiment virtuelle » , mis en ligne le 13 juin : http://www.infosyrie.fr/decryptage/une-opposition-vraiment-virtuelle/), les couveuses de bébés débranchés par les soudards de l’armée à l’hôpital de Hama (voir notre article « Mensonges & manipulations (suite) » , mis en ligne le 7 août : http://www.infosyrie.fr/decryptage/mensonges-et-manipulations-suite/), le gamin renversé accidentellement par une voiture de l’armée à Douma et immédiatement homologué « martyr de la liberté » par l’opposition et al-Jazeera (voir notre article « Et maintenant les faits-divers au secours de la propagande » , mis en ligne le 15 juin : http://www.infosyrie.fr/decryptage/et-maintenant-les-faits-divers-au-secours-de-la-propagande/), la mort suspecte annoncée (par l’opposition) et aussitôt démentie (par l’intéressé lui-même) du ministre syrien de la Défense, le général Habib (voir notre article « L’heureuse résurrection du général Habib » , mis en ligne le 10 août : http://www.infosyrie.fr/en-bref/desinformation-suite-lheureuse-resurrection-du-general-habib/), la fuite à Londres de l’épouse de Bachar al-Assad, Asma (voir notre article « Désolé, amis journalistes, Asma est toujours là ! » , mis en ligne le 1er juillet : http://www.infosyrie.fr/decryptage/desoles-amis-journalistes-asma-est-toujours-la/), la manifestation parisienne des partisans du régime transformée par l’AFP en manifestation d’opposants (voir notre article « Trucages… » , mis en ligne le 31 mai : http://www.infosyrie.fr/decryptage/trucages/), et on en passe et des « meilleures », comme, tout récemment, les exilés syriens de France et d’Europe persécutés par les membres des services secrets syriens – qui font décidément les « trois huit » ! (voir notre article « Légende urbaine : les opposants exilés à Paris vivraient dans la terreur » , mis en ligne le 6 octobre : http://www.infosyrie.fr/actualite/legende-urbaine-les-opposants-exiles-a-paris-vivraient-dans-la-terreur/).

L’Express d’ailleurs pourrait aller au bout de sa logique, et imputer aux « services » de Damas – certains opposants l’ont déjà fait depuis longtemps – le massacre de tout ou partie des 700 militaires et policiers tombés à ce jour en Syrie, la montée en puissance des groupe armés et l’entrée en scène des déserteurs-résistants… Au fait, les dirigeants russes et chinois qui ont mis leur véto aux tentatives de résolution euro-américaines sont peut-être « tenus » par les services syriens pour quelque sordide affaire de moeurs ?

En un mot comme en cent, tout ceci est puéril. Les opposants et leurs obligeantes chambres d’écho comme L’Express et France 24 ont été, à plusieurs reprises, convaincus de bobards, de désinformation et de manipulation des faits. Pris en flagrant délit de mensonge et de trucage. Et comme des enfants pris la main dans le pot de confiture, ils nient et renvoient la faute sur d’autres sur l’éternel mode « C’est pas moi, c’est l’autre ! » Cette stratégie – un rien complotiste, au fait – du défaussement en dit assez long sur le malaise qui sévit dans les rédactions atlantistes en ce moment.

Louis Denghien,

l 7 octobre 2011

http://www.infosyrie.fr/decryptage/lexpress-cest-pas-nous-cest-bachar/

[Beaucoup d'articles très utiles sur ce site]

 

HaythamMannaa taxe le CNS de "club de Washington"

L’opposant syrien résident en France Haytham Mannaa a accusé le Conseil national syrien (CNS) d’être commandité et financé par Washington.

Dans une interview accordée au quotidien libanais arabophone AlAkhbar, ce président de l’Organisme Arabes des Droits de l’Homme (OADH) affirme que Washington mise pour transformer la révolution syrienne en un guerre par intérim, contre le rôle iranien dans la région ».

Selon lui, vu que l’administration américaine a échoué dans sa bataille contre le Hezbollah, et celle contre l’Iran sur le dossier nucléaire, elle mise sur la Syrie pour se venger.
«  Très certainement, il y a un financement américain officiel et non officiel au groupe d’Istanbul », a-t-il souligné. Estimant que les Américains ne sont nullement dans la perspective de soutenir une révolution qui vise à provoquer un changement démocratique civil dans la région.

Dans un autre entretien accordé à la chaine iranienne arabophone AlAlam,  Mannaa a affirmé que pas moins de quatre sociétés américaines et des hommes d’affaires syriens ont financé le CNS, dont la formation a été annoncée la semaine dernière à Istanbul.

Il évoque entre autre la fondation américaine Avaz, ainsi que l’Endoment For Democracy, et la société Ford Fondation. Dans laquelle travaille depuis une dizaine d’années la porte-parole du CNS, Bassma Kadamani.

Mannaa évoque aussi le soutien financier des pays du Golfe « qui emprisonnent des milliers de leurs citoyens, répriment la révolution du Bahreïn, et n’apportent que les personnalités de l’opposition syrienne qui glorifient l’Arabie Saoudite et les pays du Conseil de coopération golfique ».  

Mannaa rappelle que lors d’une rencontre ultérieure de l’opposition syrienne organisée par l’intellectuel palestinien vivant au Qatar Azmi Béchara, et comprenant 25 dirigeants, seuls 3 s’étaient prononcés pour un CNS, dont son président actuel Bourhane Ghalioune.
«  Des complots ont été tramés en catimini, pour convaincre certains de changer d’avis, et mettre au point une autre opposition », a-t-il regretté.

Selon le président de l’OADH, non seulement le CNS n’a pas été chargé par les forces politiques de l’opposition ni par le mouvement des jeunes de l’intérieur, mais de surcroit il appartient à une même identité idéologique.
«  Pendant un mois et demi, nous avons vécu des tentatives claires pour immiscer le vocabulaire libyen dans la révolution syrienne. Ceux qui ont fait ceci sont un groupe de professionnels, qui n’appartiennent pas à des forces politiques connues, et qui se présentent comme «  des indépendants » ou comme «  le courant islamique indépendant » , a-t-il poursuivi pour AlAkhbar
Mannaa les accuse d’avoir fait avorter des efforts assidus pour constituer «  une coalition nationale syrienne » qui rassemblent les véritables forces politiques.

Cet opposant syrien reproche aussi au CNS d’avoir exagéré dans ses rangs l’importance des islamistes en leur accordant 60% des sièges : «  je fais partie des premiers qui  ont œuvré pour instaurer des relations normales entre les Frères Musulmans (FM) et les autres partis politiques syriens, et d’avoir été parmi les plus fervents à défendre leurs détenus dans toutes les dictatures,..., parce que je considère que le courant islamiste fait partie de l’échiquier politique dans tout le monde islamique et non seulement en Syrie » a-t-il tenu à rappeler.

Mais, affirme-t-il «  Je ne pense pas que la part des FM dépasse les 10% dans la société syrienne, je ne comprends pas pourquoi ils devraient s’accaparer une plus grosse part,..., ils devraient faire attention, ce n’est ni dans leur avantage, ni dans celui de la révolution de jouer le jeu de l’épouvantail irréaliste qui s’attelle à amplifier leur rôle au sein de l’intifada syrienne ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=33346&frid=18&cid=18&fromval=1&seccatid=37


Almanar : Syrie: rassemblement monstre à Damas en soutien à ElAssad et aux réformes + (Vidéo)

 

 Des centaines de milliers de syriens étaient au rendez-vous ce mercredi au cœur de Damas pour exprimer leur soutien au président syrien Bachar ElAssad, dont le régime est en proie à une campagne orchestrée par des parties internes, de concert avec des états arabes et des puissances occidentales, dans le but de le renverser.

Alors que certaines agences occidentales s’efforcent d’en minimiser l’ampleur, parlant de « milliers de personnes », les images montrent une foule immense entassée sur la place des Sept mers, (Sabaa bahrate) et dans les artères qui l’entourent.

Selon des observateurs, cette manifestement est nettement plus importante que celle effectué le mois d'aout dernier .
Ce sont des syriens internautes, partisans du président qui ont invité leurs compatriotes à participer à ce rassemblement sur leur page Facebook intitulée "ma patrie, la Syrie". Le but est de « renforcer l'unité et la solidarité avec les familles des martyrs et de remercier la Russie et la Chine pour leur position face au complot" contre la Syrie.  
Le 4 octobre dernier, la Russie et la Chine --membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU-- ont opposé leur veto à un projet de résolution des pays occidentaux menaçant la Syrie de "mesures ciblées".

Le rassemblement vise également à "dénoncer" le Conseil national syrien (CNS), une instance soutenue par les Occidentaux, la Turquie et le Qatar, regroupant des courants de l'opposition au président syrien. Il a été lancé officiellement le 2 octobre à Istanbul.

" Nous sommes tes hommes", " le peuple veut Bachar ElAssad", " Diau, la Syrie, et Bachar Seulement" scandaient les manifestants.

"L'armée et le peuple avec toi, Bachar al-Assad" ou "la Syrie notre pays et Assad notre président", proclament des affiches placardées sur la place, à côté d'un portrait géant du président.

Interrogé par l’agence United Press Internatioal (UPI), le président de l’union des journalistes syriens, Elias Mourad a affirmé : «  les gens ont voulu exprimer aujourd’hui leur refus de toute forme d’ingérence extérieure et leur soutien aux réformes entamées et qui commencent à être exécutées».

Quant au lycéen Ibrahim, lequel brandissait ainsi que ses camarades des drapeaux syriens, russes et chinois, il a déclaré à l’agence américaine : «  Nous sommes sortis après la fin des cours pour dire nos remerciements à la Chine et la Russie qui ont pris position en faveur de notre pays et voulaient lui faire éviter la destruction ».

Des milliers de participants brandissaient des drapeaux syriens et des portraits du président syrien, ainsi que des pancartes sur lesquels étaient écrits en arabe, en russe et en anglais des mots de remerciement à Moscou et Pékin.

Venu du Rif de Damas pour faire partie de la marche, le jeune Ali a souligné qu’il participe au rassemblement « par fidélité pour la patrie et pour le commandant de la patrie, contre la menace étrangère, et en solidarité avec le droit de la Syrie, et contre les actes de violence, et les attentats perpétrés contre des citoyens syriens ».
Selon lui, « aussi bien les autorités que l’opposition devraient faire des concessions pour parvenir à une entente qui puisse sauvegarder la sécurité et la stabilite du pays. «  Si nous restons dans le cadre des accusations et contre accusations, je crois que notre pays ne sera pas dans une bonne situation », a-t-il toutefois appréhendé

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=34136&frid=18&cid=18&fromval=1&seccatid=37


Robert Fisk - « L’armée a eu pour instruction de ne pas tirer sur les manifestants »

Robert Fisk a questionné la conseillère d’Assad à propos de la violente bataille où se joue l’avenir de la Syrie.

Bouthaina Shaaban fait partie de la liste des six Syriens inscrits sur la liste américaine pour l’application de sanctions individuelles contre le régime Assad. C’est la conseillère politique du président. Une mère d’un âge moyen et femme écrivain parlant un anglais parfait, se sentant chez elle à Paris comme au Caire... Et tous ses actifs aux Etats-Unis sont gelés. Impressionnant.

Après avoir pris place dans son bureau à Damas, je lui ai posé la question qui allait de soi : quelle impression cela fait-il d’être sur la liste des sanctions de la nation la plus puissante sur terre ? « Rien de bien », répondit-elle, rapide comme un éclair. « Je n’ai pas d’actifs - à l’exception des actifs de l’amour pour mon peuple. Les Américains comprennent dans le mot ’actifs’ uniquement les dollars, et je n’ai de dollars nulle part dans le monde... »

Les « actifs de mon peuple » est un peu un cliché. Mais elle a touché juste. Elle n’est pas sur une liste européenne des sanctions - pas encore - et elle pense qu’elle peut aller en Europe si elle le veut. « C’est un peu ironique, vraiment, d’être sur une liste de sanctions américaines alors que mes livres sont en vente partout aux Etats-Unis. A l’heure actuelle mon unique projet de voyage est un voyage si possible en Arabie Saoudite. »

C’est un de ces entretiens fréquents en Syrie - Shaaban préfère un échange off-the-record. J’insiste pour enregistrer. Une fois le débit lancé, je ne peux plus l’arrêter, et elle confirme ce que tout Syrien à Damas et ailleurs disent : que la situation de sécurité à Homs est terrible, que l’armée est attaquée dans tout le pays. N’importe qui avec une plaque d’immatriculation militaire sur sa voiture est une cible. Shaaban est elle-même de Homs. « Aujourd’hui, c’est le deuxième anniversaire de la mort de ma mère et vous le savez nous aimons aller sur la tombe de nos proches pour l’anniversaire de leur décès, mais je ne peux pas aller sur la tombe de ma mère -.. J’ai peur d’être tuée à Homs. Tout le monde souffre maintenant. »

« L’autre jour, je suis allé voir la femme qui est le meilleur boulangère de Damas - elle travaille sur la route de l’aéroport, j’ai toujours acheté mon pain de son chez elle, mais elle pleurait, et elle m’a dit que certains hommes barbus sont venus chez elle et lui ont dit : « vous êtes une chrétienne et vous mettez du whisky dans votre pain. » Alors, elle a dû fermer sa boulangerie. C’est cela le genre de personnes qui veulent détruire la Syrie. Maintenant, les gens, pour la première fois, sont attentifs à la religion de leurs voisins. Ce n’était jamais arrivé auparavant. Vous savez, la Syrie est l’un des les pays où les gens ont des noms correspondant à des métiers - comme Najr (charpentier) et Haddad (forgeron). Mais maintenant les gens se demandent quelle est leur religion ».

L’explication politique est, bien sûr, familière. La violence est dirigée contre l’armée. « Elle est dirigée contre nos bâtiments publics et les villes. Cela n’a rien à voir avec des manifestations pacifiques. Cette violence est la chose la plus dangereuse qui se passe aujourd’hui en Syrie. Les Syriens veulent tous vivre en paix, et faire avancer le pluralisme et les réformes. Cette violence n’amène pas la démocratie Il y a évidemment un secteur qui voit son intérêt dans les conflits et non pas dans les réformes. Ils se sont tous vus donner de l’argent pour tirer sur les manifestants et les forces de sécurité ... ou alors ce sont des fondamentalistes extrémistes ».

Je me suis dséjà trouvé auparavant dans la même situation. Sûrement, sûrement - ais-je dit à Shaaban, pourtant ces terribles images sur YouTube de manifestants abattus à Deraa et Homs et Hama étaient réelles. On y voit même des soldats syriens se retourner et tirer sur l’homme en train de les filmer avec sa caméra mobile. Nous savons tous combien brutaux ces services de renseignement peuvent être. Je me souviens - mais y faire allusion - d’être passé devant le siège de la « muhabarrat » non loin de mon hôtel et disant à un ami la nuit même qu’ils devaient être en plein travail avec les « interrogatoires ». « [Ces interrogatoires] ont lieu dans les caves », répondit-il. « Vous ne voudriez pas savoir ce qui se passe là-bas. »

« Je pense que vous devez connaître les deux facettes de l’histoire », me fut-il répondu. « Je ne serais pas en mesure de vous dire l’autre côté de l’histoire. Il y a toujours deux côtés désormais de l’histoire... Je ne vais pas défendre quiconque mais au début de la crise, notre armée et notre police et les services de sécurité ont supporté des sacrifices terribles, mais ils leur a été dit de ne pas tirer sur les manifestants. Je ne sais vraiment pas pourquoi les gens devraient faire ce genre de choses. Les civils syriens qui sont allés en Turquie ... ils sont rentrés et ont dit que les Turcs leur avaient promis un passeport, toutes sortes de choses qui se sont avérées être fausses. Pourquoi une personne voulant fuir Idlib irait la Turquie ? Ils se rendraient à Alep. »

Je alors dit à Shaaban que j’ai passé des heures à parler aux réfugiés syriens au Liban, des agriculteurs pauvres qui racontaient des histoires terribles des milices « shabiha » et de la brutalité des services de renseignement dans leur village de Tel Khalak. Certes, elle ne croirait pas que l’on faisait ce genre de choses ? Elle parle de « groupes armés » manipulant ces gens et de ​​la façon dont « des armes passent à travers les frontières. » « À Deraa, nous avons trouvé des armes qui étaient israéliennes. J’ai dit à ces personnes qu’elle devaient montrer ces armes dans les médias ... »

Comment se fait-il que les anciens meilleurs amis de la Syrie - la Turquie et le Qatar - sont maintenant parmi ses plus ardents détracteurs, lui ais-je demandé ? « Je trouve que l’attitude de la Turquie est un mystère. Quand vous avez un bon ami - et c’est la Syrie qui a ouvert aux Turcs la porte d’entrée du monde arabe, permettant aux Turcs de venir ici sans visa, et la Syrie a alors été inondée de produits turcs - nous ne nous attendions pas à avoir à tenir compte des politiques d’un autre peuple. Je pense qu’il y a plus gros en jeu, des raisons supplémentaires. la Turquie doit devenir un bouclier anti-missiles, et elle est membre de l’Otan - je ne sais pas qu’elle est la part du gâteau pour la Turquie en échange de cela. Quand j’ai entendu hier des déclarations d’un officiel turc à notre propos, je me sentais comme s’il se posait en maître et nous en élèves. nous n’avons rien fait pour provoquer cette prise de position de la Turquie. »

Il y a de la perplexité devant la condamnation féroce venant du Qatar, mais du soulagement car il apparait évident que la réunion de mercredi entre les Syriens et la Ligue arabe s’est bien passée. « Je pense qu’ils sont venus avec une attitude positive. Ils ont dit que la Syrie était un pays très important dans le monde arabe, que tout ce qui se passe en Syrie aura une incidence sur tous les Arabes. Bien sûr, beaucoup de leurs questions étaient basées sur les rapports d’Al-Jazeera et d’Arabie saoudite [les chaînes de télévision]. »

Robert Fisk - The Independent 

28 octobre 2011 - The Independent -

Vous pouvez consulter cet article à :http://www.independent.co.uk/opinio...
Traduction : Nazem



1 Politique Syrienne

Paroles & action

L’ambassade syrienne à Washington s’en prend à Amnesty.

 

L'ambassade syrienne à Washington s'en est pris mercredi aux "allégations fausses" d'Amnesty international, selon laquelle le régime syrien harcèle et menace des opposants en Europe et en Amérique.

L'organisation de défense des droits de l'homme est appelée à "ne pas faire partie de la campagne de mensonges contre la Syrie", indique un communiqué à en-tête du service de presse de l'ambassade.

"Rapport haineux", selon l'ambassade, qui évoque des "histoires inventées de toutes pièces" qu'Amnesty n'aurait pas pris la peine de vérifier.

De telles tentatives auraient pour objectif de "saper toute tentative de dialogue visant à résoudre la crise en Syrie".

Les protestataires syriens en Europe et en Amérique sont "systématiquement surveillés et harcelés" par les employés des ambassades syriennes qui agissent sur ordre du régime de Bachar al-Assad, a dénoncé mardi Amnesty, citant les cas de plus de 30 militants au Canada, au Chili, en France, en Allemagne, en Espagne, en Suède, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Amnesty avait également cité le 23 septembre le cas de Zeinab al-Hosni, âgée de 18 ans, arrêtée à Homs (centre). Selon Amnesty, la jeune fille a été enlevée par des hommes en civil le 27 juillet, elle aurait été décapitée, démembrée et écorchée.

Or, Zeinab est apparu mardi 4 octobre à la télévision publique syrienne pour démentir les informations sur sa mort brutale devenue l'un des symboles de la contestation syrienne.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=33136&frid=18&seccatid=22&cid=18&fromval=1


Sur le terrain

Farid Merrad : Deuxième journée de manifestations de soutien à Assad.
Des manifestations visant à soutenir le président Bachar el-Assad et les réformes démocratiques annoncées se déroulent depuis mercredi en Syrie.
Des centaines de milliers de militants sont descendus jeudi dans les rues de la ville de Lattaquié (ouest) pour prôner le règlement de la crise que traverse la Syrie au niveau national et protestent contre l’ingérence extérieure.
Les masses, représentant toutes les composantes de la société, ainsi que des activités civiles, syndicales et juvéniles, ont scandé des slogans appelant à la protection de la sécurité et de la stabilité de la Syrie et à l'action main dans la main pour surmonter la crise et faire face aux complot extérieur.
Les participants à ce rassemblement ont incité aussi au soutien de l'armée nationale qui protège la patrie et préserve sa sécurité et son indépendance.
Hier, des manifestations ont eu lieu à Damas et dans le gouvernorat de Hassaké (nord-est du pays).

Farid Merrad

27/10/2011

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=35926


Guy Delorme : Sept mois après, la mobilisation des Syriens ne faiblit toujours pas.

Nous voulons parler - désolé Arte/Le Monde/L'Express/Libération/I-Télé-France-Info/RFI, etc, etc - des Syriens qui soutiennent leur président et/ou refusent l'ingérence étrangère, le mensonge médiatique et la déstabilisation du pays. Un rassemblement de soutien au gouvernement de Bachar al-Assad était organisé mercredi 12 octobre à Damas sur la Grand-Place de Sabe' Bahrat ("des Sept fontaines"), sous le mot d'ordre de la «Marche du million".

La Syrie réelle toujours là contre la Syrie virtuelle

Etaient-ils un million, ces Syriens que préfèrent ignorer les bien pensants d’Arte & co ?

Des centaines de milliers à tout le moins – des « milliers » concède et minimise l’AFP, mais des centaines de milliers - »hundreds of thousands » -, reconnaît la chaîne CBS - qui ont, une nouvelle fois, exprimé bruyamment leur rejet de l’ingérence.

Et aussi, cette fois, leur gratitude envers la Russie, la Chine et les pays qui ont su dire non à Washington et à ses satellites européens et arabes. Des ballons auxquels étaient attachés des drapeaux de ces différentes nations amies ont été lâché en grand nombre dans le ciel damascène, tandis qu’à côté du traditionnel drapeau « kilométrique » national, des drapeaux géants russe et chinois étaient aussi de la fête.

Un détail technique qui fait sens : ce rassemblement avait été notamment initié par les jeunes cyber-patriotes du groupe « La Syrie est ma patrie », qui intervient sur le réseau Facebook, lequel n’est pas la chasse gardée des cyber-menteurs, ou des cyber-collabos du Nouvel ordre international (ou, pour être un peu plus précis, américano-sioniste).

Certains, sur notre site, ou dans la grande presse, traiteront ces foules comme ils l’ont toujours fait, par le mépris, en parlant de « brigades d’acclamations« , de « profiteurs » ou d’ »employés » captifs du régime. Mais, après sept mois de pilonnage médiatique et diplomatique incessant, nous voyons nous que le régime réussit toujours à faire descendre dans la rue des foules sans commune mesure, par leur ampleur, avec celles de l’opposition. Et ce alors que, contrairement à ce qu’avancent certains, il y a un certain danger à le faire, vu la montée en puissance du terrorisme armé.

De même que, en dépit de tout ce que raconte les opposants et leurs innombrables relais, les défections de responsables militaires, politiques et administratifs d’un niveau significatif se comptent, sur sept mois, sur les doigts d’une main, de même la mobilisation des Syriens pro-Bachar ne s’effiloche pas. C’est peut-être le plus grand échec de Washington et de l’OSDH réunis, cette persistance et cette vivacité d’une « Syrie réelle », opposée à la Syrie virtuelle que s’efforce de mettre en scène les alliés conscients ou objectifs de la Maison Blanche et du département d’Etat

Guy Delorme,



2  Politique des opposants

Les grandes manœuvres

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters : «Kadhafi est fini, c'est ton tour Bachar", crient des Syriens.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Comme chaque semaine depuis que la protestation contre le régime se fait entendre, les contestataires syriens ont appelé à manifester vendredi 21 octobre.

Le rassemblement a viré au bain de sang à Homs, où au moins sept civils ont été tués par balle lors de la dispersion.

Au moins trois autres personnes ont perdu la vie à Hama et à Deraa, indique un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

| 21.10.11 | 15h1

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/10/21/kadhafi-est-fini-c-est-ton-tour-bachar-crient-les-syriens_1592005_3218.html



3 Pays Arabes & voisins

Iran

CNN: interview :Ahmadinejad met en garde les USA à s’ingérer dans le dossier syrien. 

Dans une interview accordée à la chaîne satéllitaire américaine CNN, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a condamné le rôle de l'OTAN en Libye, et a appelé les Etats-Unis de rester loin de la Syrie , rejettant par la même occasion les accusations dirigées contre son pays concernant la tentative d'assassinat présumée contre l'ambassadeur saoudien à Washington!
M.Ahmadinejad a déclaré dans l'interview, qui a eu lieu samedi et qui sera diffusée dimanche, que la position de l'Iran au sujet de la situation en Libye n'a pas changé après la mort du colonel Mouammar Kadhafi, estimant que "l'intervention de l'OTAN dans le cours des événements a exacerbé la crise et menace la souveraineté de la Libye."
Il a condamné le rôle joué par les Etats-Unis au Moyen-Orient, soulignant que "ce pays est haï par les peuples de la région".
"Nous n'avons aucun problème avec le peuple américain, nous l'aimons .. Notre problème est avec l'administration amèricaine .. les USA sont de plus en plus affaiblis et sont désormais haïs dans la région, ils ne doivent pas exercer plus de pression sur le Moyen-Orient", a ajouté le président iranien.
Le président iranien a mis en garde les USA contre toute ingérence dans le dossier syrien, toutefois il a condamné les massacres et les violences qui ont lieu dans ce pays depuis Mars .
"Nous devons respecter l'indépendance et la souveraineté de tous les pays .. Nous condamnons les tueries et les massacres, car la justice refuse de tuer, et donc aucune partie n'a le droit de tuer les gens de l'autre partie, que les victimes appartiennent aux forces de sécurité, à l'opposition ou à la population", a déclaré M. Ahmadinejad.
Et de poursuivre: "Nous allons déployer plus d'efforts pour encourager le gouvernement syrien et l'autre partie, ainsi que toutes les parties à parvenir à une entente, il n'y aura pas d'interférence étrangère."
"Nous avons une solution claire pour la Syrie, c'est que toutes les parties se réunissent autour d'une table et trouvent un accord", a réaffirmé le président iranien qui a appelé à de nombreuses reprises à un tel dialogue au cours des derniers mois.

CNN

2/10/2011

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=35246&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=28&s1=1

Vidéo : Tariq Ramadan Ci- dessous l’intégralité de son intervention.

Lien video :http://www.youtube.com/watch?v=Xbm-0tbvn1I&feature=player_embedded


Turquie

Le gouvernement turc protège l’opposition syrienne armée. 

D’après le New York times, le gouvernement turc accorde sa protection à des dissidents syriens de l’armée lesquels se présentent sous l’appellation « l’armée syrienne libre ».
La Turquie « accueille sur son territoire une opposition armée qui mène insurrection contre le régime de Bachar ElAssad et donne refuge au commandant du groupe de l’armée syrienne libre et a des dizaines de ses membres, et leur permet de coordonner leurs attaques via la frontières à partir d’un camp surveillé par l’armée turque », écrit le journal américain.
Le journal rappelle que c’est ce groupe qui a revendiqué l’attaque perpétrée mercredi dernier et qui a couté la vie à 9 soldats syriens.
De plus, ajoute-t-il, il leur permet d’effectuer des opérations militaires via ses frontières.
Interrogés, les dirigeants turcs insistent pour qualifier leurs relations avec les quelques 60 à 70 éléments et leur commandant dissident Riadh AlAsaad de « purement humanitaire ».
Le responsable a dit que son pays se préoccupe de la sécurité physique de ces dissidents. A la question de savoir pourquoi les autorités turcs leur permet de réaliser des opérations militaires, il a répondu : « l’intérêt humanitaire de la Turquie ne peut les empêcher d’exprimer leur opinion » ( !)
Le journal américain a signalé que le dissident AlAsaad était escorté de dix soldats turcs, lorsqu’il s’est rendu au ministère des affaires étrangères turques pour un entretien.
Les responsables turcs disent qu’ils n’ont jamais fourni d'armements à ces opposants et que ces derniers ne leur ont pas demandé de le faire.
S’adressant à la communauté internationale, AlAsaad lui a demandé de fournir des armes à l’armée syrienne libre.
Prétendant détenir seuls les armements qu’ils avaient sur eux lorsqu’ils ont fait défection, ou ceux qu’ils ont confisqués des soldats syriens qu’ils ont tués, AlAsaad dit que le nombre de sa force s’élève à 10 mille hommes.
Le journal américain signale qu’il n’est pas parvenu à confirmer cette information à partir d’une source indépendante
.

 28/10/2011

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=36036&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

Farid Merrad



4 Monde

Pays phare des opposants

Usa

Rice : Les USA "furieux" de l'échec de la résolution sur la Syrie.

Les Etats-Unis sont "furieux" de l'échec d'une résolution du Conseil de sécurité qui condamnait le régime syrien, après les vetos russe et chinois, a indiqué mardi l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice peu après le vote.

"Les Etats-Unis sont furieux du fait que ce Conseil ait complètement échoué" dans sa tentative de traiter "un défi moral urgent et une menace croissante à la paix régionale", a déclaré Mme Rice. Elle a condamné les pays qui se sont opposés à la résolution et qui, a-t-elle dit, "préféreraient vendre des armes au régime syrien". 
"Aujourd'hui, deux membres ont opposé leur veto à un texte déjà profondément amendé qui ne mentionne même pas de sanctions", a-t-elle dit en parlant de la Russie et de la Chine. 
"Que je sois claire: les Etats-Unis pensent qu'il est grand temps que ce Conseil assume ses responsabilités et impose des mesures ciblées dures et un embargo sur les armes contre le régime" du président syrien Bachar al-Assad, a déclaré Mme Rice. 
"Aujourd'hui, le peuple courageux de Syrie peut maintenant voir qui dans ce Conseil soutient ses aspirations à la liberté et aux droits de l'homme universels et qui ne le fait pas", a insisté l'ambassadrice. 
La Chine et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont opposé mardi leur veto à un projet de résolution des pays occidentaux menaçant le régime syrien de "mesures ciblées" pour la répression sanglante des manifestations. (belga)

05/10/11 02h16

http://www.7sur7.be/7s7/fr/9478/Revolution-dans-les-pays-arabes/article/detail/1328913/2011/10/05/Les-USA-furieux-de-l-echec-de-la-resolution-sur-la-Syrie.dhtml


La Maison Blanche (le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. ) appelle Assad à partir "maintenant"… 

La Maison Blanche a condamné avec force vendredi les dernières violences en Syrie, dont l'assassinat d'un chef de l'opposition kurde, et appelé le président Bachar al-Assad à quitter le pouvoir "maintenant".
Les Etats-Unis condamnent fermement la violence contre les membres de l'opposition, où que ce soit (...) ces actes mettent encore en évidence le fait que les promesses de réforme et de dialogue du régime syrien sont creuses", a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.
"Les attaques d'aujourd'hui illustrent les dernières tentatives en date du régime syrien de faire taire l'opposition pacifique à l'intérieur de la Syrie. Le président Assad doit partir maintenant, avant que son pays n'aille plus loin dans cette direction très dangereuse", a affirmé M. Carney dans un communiqué.
Un chef de l'opposition kurde, Mechaal Tamo, a été assassiné vendredi en Syrie, théâtre de nouvelles manifestations antirégime réprimées dans le sang.
Le porte-parole de M. Obama a noté que "ces violences se sont produites seulement trois jours après l'échec d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU appelant au déploiement d'observateurs des droits de l'homme en Syrie face à une répression brutale".
"Les Etats-Unis continueront à essayer de mobiliser la communauté internationale pour soutenir les aspirations démocratiques des Syriens, et œuvreront à faire pression sur le régime Assad avec leurs alliés et leurs partenaires", a promis M. Carney.
08/10/2011

http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/la-maison-blanche-appelle-assad-a-partir-maintenant/id-menu-957.html



5 Monde

Les Pays

1 Brésil

A. Chatta / R. Bittar :Le ministère brésilien réitère la position de son pays rejetant l'ingérence extérieure en Syrie.

Le directeur du Moyen-Orient et d'Asie centrale au ministère brésilien des affaires étrangères, M. Carlos Martins Cegila, a réitéré la position de son pays rejetant l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie.

Recevant hier M. Mohammad Khadour, nouvel ambassadeur de Syrie au Brésil, M. Cegila a fait savoir que la crise en Syrie est une affaire intérieure, soulignant le grand intérêt que porte le gouvernement de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, à aider la Syrie pour sortir de sa crise actuelle.

Le responsable brésilien a insisté de nouveau sur l'appui de son pays aux projets de réforme qui

appellent à la consolidation du dialogue national en Syrie, soulignant l'attachement du gouvernement brésilien à développer les relations d'amitié de la Syrie avec le Brésil. 

 A. Chatta / R. Bittar http://www.sana.sy/fra/55/2011/10/27/378262.htm



2 Russie

Mikhaïl Marguelov : « Le veto russe, dernière chance pour le dialogue. »
Le veto russe au Conseil de sécurité de l'Onu constituait la dernière chance de mettre en place un dialogue entre les autorités et l'opposition de Syrie, a annoncé lundi à Moscou Mikhaïl Marguelov, président de la Commission pour les Affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).
"Le veto russe contre la résolution sur la Syrie n'est ni une carte blanche autorisant le régime actuel à faire ce qu'il veut, ni une indulgence", a-t-il indiqué à l'issue d'une réunion avec une délégation de l'opposition syrienne.
"Nous avons épuisé tous les moyens fournis par le droit international.
Le veto russe est le dernier appel au pouvoir et à l'opposition à renouer le dialogue national", a poursuivi M.Marguelov.
Le responsable a en outre souligné que la Russie était prête à déployer à cet effet "toute (…) son influence politique".
"Seuls les Syriens peuvent résoudre leurs problèmes internes et la
Russie est prête à les épauler dans cette tâche", a conclu le sénateur.
Depuis mars dernier, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime du président Bachar el-Assad. Selon les Nations unies, la répression de la révolte populaire en Syrie a fait plus de 2.900 morts. Les leaders de plusieurs Etats occidentaux ont appelé le leader syrien, Bachar el-Assad, à démissionner.
Mardi 4 octobre, le Conseil de sécurité de l'Onu a toutefois échoué à adopter une résolution menaçant le régime syrien de sanctions, la Russie et la Chine ayant opposé leur veto au projet jugé contreproductif.

http://fr.rian.ru/world/20111010/191420463.html



6 Les institutions

1ONU

La Russie et la Chine opposent leur veto au projet de résolution de l'ONU sur la Syrie.

La Russie et la Chine, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont opposé mardi leur veto au projet de résolution proposé par quatre pays européens sur la Syrie, qui visait à condamner fermement "la poursuite des violations graves et systématiques des droits humains par les autorités syriennes" et menaçait de prendre des sanctions contre le pays du Moyen-Orient.

Le projet de résolution, présenté par l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et le Portugal, a recueilli neuf voix pour, deux contre et quatre abstentions.

La Russie et la Chine ont usé du droit de veto dont elles disposent au Conseil de sécurité de l'ONU en tant que membres permanents.

L'Afrique du Sud, l'Inde, le Brésil et le Liban, quatre membres non-permanents du Conseil de sécurité, lequel est composé de 15 membres en tout, se sont abstenus.

La Syrie a été secouée par six mois de troubles, qui, selon les autorités du pays, ont été provoqués par un complot étranger et des voyous armés.

Selon une récente déclaration de l'ONU, le nombre de civils tués au cours des six derniers mois a atteint 2 600.

2011-10-05

xinhua

http://french.cri.cn/621/2011/10/05/441s256465.htm



7 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

7-1 Pierre Khalaf : Manipulation médiatique et pressions politiques.  

En dépit du recul du mouvement de contestation, de la baisse de la mobilisation et de la faiblesse de l’opposition, les médias occidentaux et ceux des pays du Golfe continuent de couvrir les événements en Syrie comme si rien n’avait changé en six mois.
Ces médias continuent d’amplifier le nombre de manifestants et de passer en boucle des images souvent piochées dans les archives ou venant d’autres pays et attribuées à la Syrie. Dans le même temps, ils passent sous silence, ou accordent une timide couverture, aux manifestations monstres de soutien au président Bachar al-Assad, comme celles qui ont rassemblé des centaines de milliers de personne –de l’avis des agences de presse internationales-, mardi 11 octobre à Damas et dans d’autres villes.
De même que ces médias font un amalgame entre les extrémistes tués par les forces de l’ordre dans des attaques armées et des embuscades, et les rares manifestants tombés sous les balles, dont on ignore d’ailleurs souvent la véritable origine. Ils pratiquent une diabolisation à outrance, utilisent un vocable dégradant pour parler des forces de sécurité syriennes en les assimilant à des « milices pro-gouvernementales ». Ce sont pourtant des centaines de soldats et d’officiers qui ont été tués depuis le début des troubles, et tous les jours, de nouvelles victimes tombent dans les rangs des forces armées.
Enfin, ces médias ignorent complètement les réformes entamées par le pouvoir en Syrie, qui devraient commencer à se concrétiser dès décembre avec des élections locales, pour se poursuivre en février 2012 par des élections législatives, avec la participation de nouveaux partis dont 11 ont été autorisés depuis la promulgation de la loi sur le multipartisme. Entretemps, une nouvelle Constitution aura été rédigée, mais cela ne semble nullement intéresser les « défenseurs de la démocratie, de la liberté et des droits de l’homme ».
L’entêtement de l’Occident et de ses médias auxiliaire à vouloir sur-dramatiser la situation en Syrie vise à justifier la poursuite des pressions politiques et diplomatiques à tous les échelons. Le dernier épisode en date est la réunion urgente du conseil ministériel de la Ligue arabe à la demande des États du Golfe, dimanche 16 octobre, pour tenter d’isoler la Syrie. Le but ultime étant de fournir des arguments aux Occidentaux afin qu’ils puissent reprendre leur offensive diplomatique au Conseil de sécurité, freinée par le double véto sino-russe.
Le comble est que des émirats immensément riches, gouvernés par des familles, et des pétromonarchies qui ne disposent même pas d’une Constitution et où les femmes sont privées de leurs droits les plus élémentaires, s’érigent en défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme. Sous l’œil hypocrite de l’Occident.
Mais comme dit le proverbe arabe : « Les mensonges ont la vie courte ».
Pierre Khalaf

18/10
http://www.voltairenet.org/Le-capitalisme-sauvage-est-en

Vidéo : Tariq Ramadan : Ahmadinejad met en garde les USA. 

 Ci- dessous l’intégralité de son intervention.

Lien video :http://www.youtube.com/watch?v=Xbm-0tbvn1I&feature=player_embedded


7-2 Vidéo  : Thierry Meyssan :" Al-Jazeera prépare de fausses images de la Syrie."

La télévision syrienne a diffusé, jeudi 6 octobre 2011, une émission spéciale avec Thierry Meyssan.

Le président du Réseau Voltaire a tiré les leçons de son expérience en Libye.

Au cours de l’entretien, Thierry Meyssan a rappelé qu’il avait annoncé sur Voltairenet.org la construction par Al-Jazeera d’un studio à Doha (Qatar) reproduisant la place verte et Bab el-Azizia. Cette annonce avait été violemment critiquée par la presse mainstream qui y voyait une preuve « d’anti-américanisme primaire ».

Pourtant, dès le début de la bataille de Tripoli, Al-Jazeera diffusa des images de propagande tournées dans ce studio pour faire croire que les rebelles étaient entrés dans la ville, alors que celle-ci était encore sous les bombardements massifs de l’OTAN. Il s’agissait de casser le moral des Libyens en leur faisant croire que tout était perdu. Par la suite, le chef du Conseil national de transition, Mustafa Abdul Jalil, a admis les faits et les a présentés comme une ruse de guerre.

À la télévision syrienne, Thierry Meyssan a révélé qu’Al-Jazeera vient de préparer des décors de la place des Omeyyades et de la place des Abbassides (Damas). La chaîne qatariote compte également reproduire les places centrales de quatre villes de province. Le Qatar prévoit en effet de participer à une action militaire occidentale contre la Syrie.

L’émission avec la bande son de l’intervention originale de Thierry Meyssan en français.

Entretien avec Thierry Meyssan à Damas.

liens des vidéos:

Première partie http://www.youtube.com/watch?v=bk23nZSVXF0&feature=player_embedded

 

Deuxième partie http://www.youtube.com/watch?v=aQ8MEOq-n-o&feature=player_embedded

 

Troisième partie http://www.youtube.com/watch?v=mXOrAA77HMI&feature=player_embedded

 

Quatrième partie http://www.youtube.com/watch?v=Rp_yZzSx7DE&feature=player_embedded

 

Cinquième partie http://www.youtube.com/watch?v=QMjtaS0Jjh0&feature=player_embedded

 

Sixième partie http://www.youtube.com/watch?v=QMjtaS0Jjh0&feature=player_embedded

Mondialisation.ca,

Le 9 octobre 2011

Réseau Voltaire


7-3Informez-vous n°2 : Syriana, la conquête continue.
Investig’ActionQue se passe-t-il en Syrie ? La Russie et la Chine viennent de refuser de voter une résolution de l'ONU ; le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Liban se sont abstenus. Pourquoi ? Sont-ils complices des massacres ? Ou bien existe-t-il un autre point de vue sur les événements ?

En Libye, on parlait de 6000 morts avant l'intervention. Au Kosovo, de 100 000... Faux à chaque fois. Jamais deux sans trois ?

Bientôt disponible :

Présentation

A cheval sur deux mondes en conflit, l’auteur du présent livre regarde « le printemps syrien » d’un œil critique depuis une petite fenêtre verdoyante nichée dans le midi turc, au pied du Casius, le mont sacré des peuples de l’Orient ancien. Invoquant une lointaine parenté avec Bachar El Assad, le président de la République arabe syrienne, il passe au crible les principaux clichés et mensonges qui visent son régime et la communauté alaouite à laquelle ils appartiennent l’un et l’autre. Bahar Kimyongür voit dans cette dangereuse diabolisation, une stratégie de déstabilisation tantôt naïvement tantôt sciemment occultée par les médias dominants pourtant revendiquée haut et fort par les chancelleries atlantistes pressées d’abattre les derniers remparts du nationalisme arabe en vue d’assurer leur reconquête de la région. L'auteur se défend toutefois de vouloir encenser un régime syrien aveuglé par son credo sécuritaire au point de verser le sang d’innocents et qui tourne peu à peu le dos à ses idéaux fondateurs. A travers son témoignage des conflits inter-communautaires qui émaillent désormais le sol syrien, Bahar Kimyongür nous met en garde contre leurs risques de débordement sur les pays voisins et d’embrasement généralisé d’un monde arabo-musulman déjà affaibli par ses sempiternels clivages confessionnels.
En somme, cet ouvrage dénonce la malbouffe intellectuelle que nous sert l’industrie de la désinformation à propos d’un régime qui, malgré ses défauts inexcusables, bénéficie d’un large soutien de ses minorités auxquelles il assure une protection vitale et celui de nombreux partisans d’un monde multipolaire pour qui il incarne le front du refus face à l’ordre impérial.

Table des matières

Turquie/Syrie : Une interminable guerre froide

La montée des conservatismes

L’Etat syrien, un seul parti, une seule confession ?

Les alaouites, untermenschen du Proche-Orient

Polémiques autour des camps de réfugiés du Hatay

Syriana, l’autre nom du plan américain en Syrie

Ils choisissent notre camp

Zone sismique

Commandes bientôt disponibles sur michelcollon.info


7-4 Louis Denghien : Routine : l’OSDH et les CLC entretiennent la « flamme » de la désinformation.

Bien obligés de reconnaître  - encore que la cyber-opposition syrienne ait montré qu’elle était parfaitement capable d’inventer une réalité virtuelle – que la dissidence militaire n’avait pas tenu ses promesses martiales à Rastan, l’OSDH et ses Comités locaux de coordination ressortent leur arme de mystification massive, à savoir leurs « infos » invérifiables et leurs statistiques grand-guignolesques. Passe encore le bilan de plusieurs « dizaines de victimes » : c’est possible après trois ou quatre jours de combats de rue avec des déserteurs et militants armés, d’autant que des militaires loyalistes figurent parmi les victimes.

 

L’OSDH rattrapé par la réalité

Mais les CLC ne craignent pas de parler de 3 000 arrestations – dans une ville qui compte au plus 50 000 habitants -, certaines des personnes arrêtées ayant déjà, selon la même source, « péri sous la torture » . Ce manque de mesure dans la propagande nuit décidément, à notre humble avis, à la crédibilité des opposants à portables et ordinateurs : pour être cru, un mensonge doit être, en quelque sorte, « raisonnable ». 

D’autre part, la journée de mobilisation du vendredi 30 septembre n’ayant pas vraiment défrayé la chronique internationale, l’OSDH s’offre une « session de rattrapage » en « vendant » cette fois aux agences de presse occidentales et donc anti-Bachar, une journée de soutien au « Conseil national syrien« , officiellement lancé depuis Istambul par un conglomérat d’opposants « démocrates » ou islamistes, mais tous radicaux et tous soutenus à bout de bras par Washington et ses partenaires européens et turcs (voir notre article « Les contradictions internes du président Ghalioun, reflets de celles de l’opposition extérieure » , mis en ligne le 3 octobre : http://www.infosyrie.fr/actualite/les-contradictions-internes-du-president-ghalioun-reflets-de-celles-de-lopposition-exterieure/).

 

Cette journée « d’appui » au CNS aurait donc vu, dimanche, des rassemblements à Hama, Homs, Idleb, Deraa, Deir Ezzor, Zabadani et dans certaines banlieues de Damas. L’OSDH reste cependant discret sur l’ampleur de ces manifestations ce qui vaut tous les comptes-rendu statistiques, mêmes mensongers.

 

Restons avec l’OSDH : dans un communiqué son président londonien Rami Abdel Rahmane a réagi à l’assassinat du fils du Grand mufti de Syrie, survenu dimanche 2 octobre (voir notre article « Plus qu’un crime, une faute : le fils du Grand mufti de Syrie assassiné » , mis en ligne le 3 octobre : http://www.infosyrie.fr/actualite/plus-quun-crime-une-faute-le-fils-du-grand-mufti-de-syrie-assassine/). Rahmane dénonce ainsi avec force « ces actes d’assassinats quels qu’en soient les auteurs, qui profitent en fin de compte aux services de sécurité répressifs du régime ».

C’est un fait que les assassins de Sariah Hassoune – et du professeur qui l’accompagnait – ont apporté de l’eau au moulin des autorités syriennes qui dénoncent chroniquement les « terroristes » armés par l’étranger. Mais les gens de l’OSDH ont si longtemps nié cette réalité de terrain, qui touche non seulement les « services de sécurité répressifs » mais, de plus en plus, des personnalités civiles plus ou moins liées au régime ainsi que des membres des minorités religieuses, qu’ils sont mal placés pour nous faire le coup du « nous n’avons pas voulu ça ».

Et puisque nous parlions des terroristes armés par l’étranger, l’agence Sana a fait état d’une nouvelle saisie de stocks d’armes et de munitions « passés clandestinement en Syrie via les territoires turcs » et comprenant notamment des fusils à pompe, des Kalachnikovs, des RPG, des pistolets et beaucoup de grenades. La chronique de ces découvertes – ou interceptions à la frontière libanaise – tend à devenir quotidienne. Sauf pour l’OSDH qui n’a jamais cru devoir parler de cette dimension de la « révolution syrienne ».

 

Le mouvement de contestation en Syrie a appelé vendredi sur sa page Facebook à de nouvelles manifestations contre le régime du président Bachar Al-Assad et a rendu hommage à la lutte du peuple libyen au lendemain de la mort du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi, tué à Syrte. D'après Reuters, le dispositif militaire prévu pour contenir les manifestations était plus important que les semaines précédentes.

HOMMAGE AUX LIBYENS

"Ton tour est venu Docteur [Assad]", ont écrit les contestataires sur leur page Facebook en se moquant de la Ligue arabe, qui a donné au régime syrien un délai de quinze jours pour engager un dialogue avec l'opposition. "Le peuple libyen a poursuivi son dirigeant en fuite, de ville en ville, de quartier en quartier, pour finir par le retrouver dans un égout", ont écrit les contestataires rendant hommage aux Libyens pour avoir renversé et tué Mouammar Kadhafi.

Selon l'OSDH, au moins cinq civils ont été tués jeudi dans la répression de la contestation à travers le pays, alors que de "violents" affrontements ont opposé l'armée régulière à des hommes armés, vraisemblablement des déserteurs. Les attaques contre l'armée régulière et les affrontements avec des déserteurs présumés se sont multipliées ces derniers temps, les forces de sécurité faisant face désormais à une opposition armée.

Louis Denghien,

le 4 octobre 2011 
http://www.infosyrie.fr/actualite/routine-losdh-et-les-clc-entretiennent-la-flamme-de-la-desinformation/


7-5 M.K :Média mensonges : la descente aux enfers des chaînes d’information arabes.

Par M.K (revue de presse : Le Jeune Indépendant -17/10/11)*

Jamais peut-être la prophétie de Marshall Macluhan sur le «village planétaire» n’aura été plus juste et plus appropriée au monde d’aujourd’hui.

Avec de simples téléphones portables, des personnes peuvent filmer des événements, les envoyer via le net pour être diffusés en direct et en prime time. L’interaction entre médias traditionnels, la télévision essentiellement, et les nouvelles technologies de l’information et de la télécommunication (TIC) est en passe de créer une nouvelle forme de journalisme, débarrassé des lourdeurs et des préjugés, plus près du voyeurisme car à l’affût d’images fortes, peu importe la nature de ces dernières, l’essentiel étant d’accrocher les téléspectateurs et de booster l’audimat. Dans cette conjoncture des «révolutions arabes», des chaînes de télévisions ont franchi le Rubicon, allant jusqu’à inciter au soulèvement et à la désobéissance civile. Retour sur les dérives d’Al-Jazeera et de ses sœurs cathodiques.

Les nouvelles «majors» de l’information dans le monde arabe ne sont autres que deux chaînes arabes, la qatarienne Al-Jazeera et la saoudienne Al-Arabiya. Deux autres chaînes étrangères diffusant en arabe talonnent les deux premières ; il s’agit de la britannique BBC arabic et de la française France 24. Celles-ci veulent maintenir leur statut de leaders face aux outsiders que sont la russe Russia Al Yaum, l’américaine Al-Hurra, l’européenne Euronews et même l’iranienne Al-Alam. C’est dire que la bataille de la maîtrise du «ciel» arabe bat son plein. Enjeu de puissance et de prestige, cette guerre feutrée entre puissances régionales et intervenants extérieurs a éclaté au grand jour depuis le début de l’année, c’est-à-dire avec les «révolutions arabes».

Si la révolution tunisienne a permis à des chaînes comme Al-Jazeera et Al-Arabiya de bousculer leurs programmes pour couvrir en direct les événements de Tunisie pendant des heures sinon des jours entiers, le début des troubles au Caire, le 25 janvier dernier, a été traité autrement. Relayant les appels à manifester lancés sur Facebook et Twitter, les sœurs ennemies ont grandement contribué à la mobilisation contre le pouvoir égyptien d’alors.
Ayant compris la manœuvre de la chaîne basée à Doha, le gouvernement égyptien a décidé de fermer les bureaux d’Al-Jazeera au Caire et d’arrêter sa diffusion sur le satellite Nilesat. Des mesures sans précédent dans l’histoire de la télévision ! Contournant l’interdiction de diffusion et le brouillage, Al-Jazeera a continué à couvrir «la révolution égyptienne» jusqu’à la chute du président Moubarak, le 11 février dernier.

Reste que la couverture d’Al-Jazeera, d’Al-Arabiya, de BBC arabic et de France 24 est loin d’être impartiale. Usant de la politique des deux poids, deux mesures, les deux premières, essentiellement, ont fait l’impasse sur la révolte à Bahreïn, d’abord parce que celle-ci est d’essence chiite, et que ni le Qatar et encore moins l’Arabie saoudite n’avaient intérêt à ce que le Bahreïn voisin bascule dans un chaos de type tunisien ou égyptien. Cela explique en grande partie le black-out systématique appliqué sur l’information en provenance de ce petit royaume du golfe Arabo-Persique.

Matraquage permanent des esprits

Mais c’est le traitement des affaires libyennes et syriennes qui est sujet à de nombreux questionnements. Pourquoi ces chaînes ont-elles accepté de prendre parti comme si elles étaient le véritable moteur de la révolte ? Les promos et autres spots diffusés quotidiennement et systématiquement suggèrent la poursuite de la dynamique révolutionnaire ; Al-Jazeera ne diffuse-t-elle pas des slogans de type «La révolution continue», «Le peuple fait sa révolution» ou «Les vendredis de la révolte» ? Pis, cela sous-entend le caractère inéluctable d’un effet domino promis aux autres pays de la région. A ce propos, la chaîne financée par le Qatar diffuse en boucle une promo qui met en scène la révolte qui commence en Tunisie, se propage ensuite en Egypte, au Yémen et en Libye, avec les slogans et les drapeaux des pays concernés, mais qui se termine par un défilé d’emblèmes arabes (drapeaux algérien, marocain, irakien, jordanien …).

La mobilisation de ces chaînes contre les pouvoirs en place en Libye et en Syrie a été spectaculaire. Parce que le parti pris est flagrant et déroge à toutes les considérations éthiques et déontologiques. La neutralité supposée a cédé la place à l’alignement le plus flagrant. Al-Jazeera n’a-t-elle pas ouvert son antenne au prédicateur Youcef Qaradawi qui a prononcé une fatwa pour tuer Kadhafi, en direct sur le plateau du principal journal télévisé de la chaîne ? Ces quatre majors n’ont-elles pas fermé leurs antennes aux sympathisants de Kadhafi ou d’Assad après avoir renoncé délibérément à donner la parole aux officiels libyens ou syriens? Aucune voix hostile à l’opposition n’est tolérée. Comble de l’ironie, les hérauts de la démocratie se transforment en censeurs de cette dernière !

Alliance fatale : médias et NTIC

Reste que les limites du déontologiquement acceptable ont été franchies avec les dérives dans la collecte de l’information. Des images volées par le biais de téléphones portables sont devenues la principale source d’information en Libye mais surtout en Syrie. Des vidéos avec des images floues sont paroles d’évangile. Témoins d’une répression féroce ou preuve du chaos entretenu pour discréditer les pouvoirs en place ? L’impossibilité de vérification et le souci de l’équilibre dans le traitement de l’information supposeraient l’utilisation de précautions d’usage. Il n’en est rien ! Des personnes jointes par téléphone sont présentées comme des témoins oculaires des massacres perpétrés par les milices du gouvernement syrien par les brigades de Kadhafi (sic). Encore une fois, le téléspectateur doit croire ce que lui propose la chaîne. Le doute et le discernement ne sont pas tolérés !

Deux témoignages lèvent le voile sur la connexion trouble entre chaînes satellitaires et les NTIC. Le lien est établi par les «cyberdissidents». Dans une note d’actualité n° 249, Yves-Marie Peyry, expert au Centre français de recherche sur le renseignement met l’accent sur le rôle de l’extérieur dans le soutien de la cyberdissidence dans le monde arabe. Sous le titre «La cyber dissidence au cœur des révolutions arabes», cet expert écrit que le groupe de «hacking», Telecomix, a contribué à aider Al-Jazeera, censurée par les autorités égyptiennes, à contourner cette mesure et à diffuser via le satellite Hotbird. L’ONG américaine Avaaz a fourni aux rebelles libyens et yéménites des kits de connexion à Internet via satellite, des caméras –vidéo et des émetteurs radio portatifs. De quoi rendre obsolète toute mesure prise par les gouvernements pour contrer la diffusion d’images.

De son côté, le journaliste Vincent Jauvert, du Nouvel Observateur, a publié le 20 mai dernier un reportage sur des cybernautes syriens formés et financés par les Américains et les Européens, pourvu qu’ils alimentent les chaînes de télévisions en images censées être en direct. A l’image du cybernaute syrien Fidaa Al-Sayed qui vit à Stockholm et qui anime le principal site Internet de l’opposition syrienne.

Le tapis rouge a été déroulé pour ce jeune, le 28 avril dernier à Doha, pour qu’il réserve l’exclusivité des vidéos à la chaîne Al-Jazeera, et de préférence celles des femmes et des enfants.
On le voit, avec le traitement médiatique des troubles en Syrie et de l’agression contre la Libye, les chaînes satellitaires en langue arabe ont allégrement versé dans le médiamensonge. Loin de concrétiser sur le terrain la phrase de Voltaire sur la défense de la différence et de la libre pensée, ces chaînes appliquent la stratégie de Goebbels : «Plus le mensonge est gros, plus il a des chances d’être cru». Le grand perdant dans l’affaire : le téléspectateur manipulé à outrance et conditionné pour accepter n’importe quelle information comme vérité absolue.

M.K

* http://www.okbob.net/article-lire-le-jounal-le-jeune-independant-algerie-76427833.html

http://www.france-irak-actualite.com/article-mediamensonges-la-descente-aux-enfers-des-chaines-d-information-arabes-86685168.html



8 Dossier

8-1 Pierre Khalaf : La Syrie résiste à la déstabilisation.

La tendance en Syrie

Les visiteurs de Damas : le régime est solide et Bachar al-Assad est populaire 
Les visiteurs libanais et étrangers de la capitale syrienne estiment que le pouvoir damascène tient bon face aux pressions et aux actes terroristes et qu’il n’est pas près d’être renversé. Pour l’anecdote, certains vont même jusqu’à dire que ceux qui réclament le départ de Bachar al-Assad, notamment les présidents français, Nicolas Sarkozy, et états-unien, Barak Obama, pourraient partir avant lui, balayés par la colère des électeurs lors des présidentielles prévues en 2012 dans les deux pays. 
Ces visiteurs, qui se sont rendus à Damas ces dix derniers jours, ont pu constater par eux-mêmes que le régime reste solide et solidaire, avec toutes ses institutions administratives, militaires et sécuritaires, ainsi que diplomatiques. Six mois après le début de la crise, les opposants ne sont toujours pas parvenus à occuper une ville qui servirait de tête de pont à une intervention étrangère, en dépit de l’importance de l’appui US, européen, turc et des pétromonarchies. 
L’armée reste soudée derrière le président Assad et les désertions de certains officiers subalternes, encouragés par l’étranger, ne constituent aucun danger réel. Rejoignant les groupes extrémistes armés, ils arrivent tout au plus à prendre le contrôle de certains quartiers d’où ils sont très vite délogés par la troupe. Celle-ci procède de manière systématique à travers des opérations spéciales et ponctuelles, dans le but d’éviter de lourdes pertes civiles et d’importantes destructions, ce qui risquerait de provoquer la colère de la population. C’est ce qui explique les bilans civils relativement léger lors des opérations militaires et celui relativement élevés dans les rangs de l’armée. 
Le contrôle du terrain par les troupes légales et le pouvoir central empêche la crise de glisser vers la guerre civile et l’affrontement confessionnel, pour lequel les pétromonarchies, la Turquie et l’Occident travaillent d’arrache-pied. L’ambassadeur de France à Damas, Éric Chevallier, qui a effectué récemment une courte visite à Beyrouth, a confié à ses interlocuteurs que le président Assad, encore très fort sur le plan militaire, bénéficie aussi d’une large popularité parmi son peuple. C’est ce qui rendrait son renversement difficile voire impossible. L’ambassadeur a rapporté à ces interlocuteurs libanais que l’Occident est gêné par la question syrienne, et certains États commencent à croire que les positions occidentales ont peut-être été improvisées et prises à la hâte. 
L’objectif de l’Occident est de pousser les régimes arabes à partager le pouvoir avec les Frères musulmans, dans une tentative de se réconcilier avec l’islam surtout après la mort officielle d’Oussama Ben Laden. En Égypte, la Confrérie devrait, selon les pronostics les moins optimistes, remporter quelque 25 % des sièges. Même chose en Tunisie. En revanche, Bachar al-Assad a rejeté tous les conseils turcs et autres d’inclure les Frères musulmans au Parlement et au gouvernement, estimant que si les membres de cette organisation devaient arriver au pouvoir, ce serait par le biais des élections. En même temps, il a réaffirmé sa détermination à lancer le processus de réformes politiques et constitutionnelles qui pourrait permettre une meilleure représentation de la population syrienne dans les différents niveaux du pouvoir. Si le Premier ministre turc semble déterminé à couper les ponts avec le régime syrien, de plus en plus de chancelleries européennes se demandent si la décision de faire chuter le régime a été réellement prise. Certains analystes estiment plutôt qu’après avoir décidé d’en finir avec le régime de Bachar al-Assad, pour affaiblir l’Iran et le camp de la Résistance, l’administration états-unienne aurait donné un coup de frein à son action, d’abord à cause de la solidité du régime syrien, mais aussi en raison de l’étendue et de la gravité des conséquences de la situation en Syrie sur l’ensemble du Moyen-Orient.

Pierre Khalaf 

 http://www.voltairenet.org/La-Syrie-resiste-a-la


8-2 Chems Eddine Chitour : A propos de la tourmente syrienne : Ce que je crois.
 «L'absence de catéchisme dans l'Islam fait dépendre l'enseignement religieux du pouvoir politique.

Or les politiques culturelles ne sont nulle part innocentes.

Elles reflètent des stratégies de pouvoir et répondent aux conditions de la reproduction des systèmes de domination sociale. (...)

La formation d'une pensée déstructurée, qui est aujourd'hui la règle, est le fruit d'une stratégie éducationnelle et au-delà, politique. Elle fait partie de cette même entreprise qui voue le reste de la population à la marginalisation et à la clochardisation.

Ces politiques ne sont pas séparables de l'ensemble des mécanismes sociopolitiques du système en place qui sanctionne, l'honnêteté, l'esprit d'initiative et la créativité. Il favorise le clientélisme, l'hypocrisie et la soumission aux chefs. Bref, il faut chercher la clé de la conscience déstructurée, désorientée, désaxée, désemparée et déstabilisée qui tend trop à définir la conscience musulmane d'aujourd'hui dans l'assujettissement de tout savoir, de toute culture, de toute religion, de toute littérature, de tout enseignement à la stratégie du pouvoir.»
Burhan Ghalioun. Islam et politique. P.182. Editions La Découverte 1997
L'auteur de ces justes mots est Burhan Ghalioun ancien professeur de sociologie politique à la Sorbonne nouvelle Paris III, il y a soutenu une thèse en 1980. Engagé dans le mouvement de démocratisation de la Syrie et du Monde arabe, il est intronisé président du Conseil national syrien. Cela donnerait une légitimité aux yeux de la France avec un président qui s'est nourri des lumières et de qui rien de méchant ne peut arriver.

On comprend l'adoubement tacite de ce brillant intellectuel dont on peut se demander s'il a encore gardé des liens avec la Syrie profonde depuis plus de trente ans.

On peut se demander si le peuple syrien éduqué n'a pas plus besoin de guides ancrés dans le terroir et mettant en avant la lutte sous toutes ses formes que l'apport d'intellectuels certes brillants, mais dont le rôle qui plaît à l'Occident n'est pas encore venu à ce stade de la révolution. Il est à souhaiter que le professeur saura séparer le bon grain de la beauté de la révolte, de l'ivraie de la récupération occidentale.
Les médias occidentaux, encore eux, avec toujours la même partialité mettent une chape de plomb sur les massacres en Libye et nous signalent le moindre mouvement en Syrie.

Pourquoi cet amour? Est-ce parce qu'ils veulent la liberté et la démocratie pour les Arabes? On peut en douter. Est-ce un pays islamiste allié au terrorisme? Non, au contraire, c'est l'un des pays qui ne connaît pas les divisions confessionnelles. Le mépris souverain des nations européennes à l'endroit des peuples arabes est loin d'être fondé.
Des "marqueurs" universels
Qu'on se le dise! La Syrie comme l'Irak a connu les premières organisations sociales de l'humanité. Petit détour par Wikipédia/ On lit: «L'histoire de la Syrie est marquée par sa situation exceptionnelle. C'est un territoire de transition au carrefour de plusieurs mondes: L'homme de la terre syrienne a peut-être découvert, pour la première fois de l'histoire de l'humanité, à Abu Huraïra, l'art de cultiver, d'associer l'eau et le grain de blé, pour multiplier les épis. C'est également en Syrie, que l'homme découvrit comment utiliser le cuivre, comment le façonner et en réaliser un alliage: le bronze. Dès le IIIe millénaire av. J.-C. les Syriens construisaient des palais, créaient des fresques, et connaissaient un essor culturel et commercial remarquables. Et c'est dans ce pays que naquît aussi l'alphabet (site de Ugarit, près de Lattakié).
La Syrie a eu une part importante dans l'histoire du christianisme. Elle a donné 6 papes au christianisme. Elle doit à Salah Eddine des victoires décisives sur les croisés. Pour la période récente. La Syrie fut ottomane depuis 1516. En 1861, l'intervention franco-anglaise eut pour conséquence l'autonomie du Liban vis-à-vis de Damas. En 1918. Les troupes du général Gouraud arrivent, vainquent une armée menée par Youssef al-Azmeh dans la bataille de Maysaloun le 23 juillet, et entrèrent à Damas. Fayçal se trouva contraint à l'exil. Les Français ne se retirèrent totalement du Liban et de la Syrie qu'en 1946. Au cours de l'été 1920, T. E. Lawrence - appelé Lawrence d'Arabie -, faisait le commentaire sarcastique suivant: «Les Turcs avaient été de meilleurs dirigeants.» Il affirma que les Turcs avaient utilisé 14.000 conscrits locaux en Irak et avaient tué en moyenne annuelle 200 Arabes pour maintenir la paix. Par contre, les Britanniques avaient déployé 90.000 hommes, avec des avions, des chars blindés, des navires de guerre et des trains blindés, et avaient tué près de 10.000 Arabes au cours du seul soulèvement de l'été 1920. Le 7 août 1920, The Times [le quotidien impérial britannique] demandait de savoir: «Combien de temps encore des vies précieuses devront être sacrifiées pour l'objectif vain d'imposer sur la population arabe une administration élaborée et coûteuse qu'elle n'a jamais réclamée et dont elle ne veut pas!»(1)
Une contribution de Zénobie nous montre la réalité des services de sécurité syriens- dirigés d'une main de fer par le clan alaouite, qui terrorisent tous ceux qui s'opposent au pouvoir des El Assad. On se souvient en effet que ce docteur avait pendant près de 8 mois donné l'illusion de l'ouverture. Le parti Baâth l'a rappelé à l'ordre. Le témoignage suivant d'un général: «L'armée de la Syrie n'est que l'armée des services de sécurité syriens (jaych amni).» Mon interlocuteur a prononcé ces mots gravement. On l'appellera Mohammed, c'est un officier supérieur sunnite. (...) Le ciment de l'édifice sécuritaire, c'est la culture de la peur que la révolte vient de mettre à bas. Sous M. Bachar Al-Assad (depuis 2000), le parti, la bureaucratie et l'armée sont passés directement sous le contrôle des services de sécurité, eux-mêmes entièrement aux mains de la famille Assad. «Le nombre total dans l'armée et les services de sécurité dépasserait 700.000 personnes: 400.000 hommes dans les forces armées régulières, 100.000 hommes dans la police et les services de renseignement, et plusieurs dizaines de milliers employés à temps partiel par les organes de la Sûreté. (...) On est arrivé à cette situation hautement symbolique où il n'y a plus que deux appartenances réelles: l'alaouite et la sunnite (fi alawi wa fi sunni) mais par sunnite, il faut entendre toutes les autres communautés» [sunnite, druze, chrétiennes, etc., soit 90% de la population, Ndlr]. L'armée syrienne est composée de sept divisions (firaq), chacune dirigée par un général de division (liwa). (...) La composition communautaire de chaque unité militaire empêche toute homogénéité pour les sunnites (mais pas pour les alaouites comme la quatrième division le prouve). (...) Les perspectives de la révolte? difficile à dire sinon qu'elles sont sombres. En même temps, le régime s'est perdu lui-même.... La seule possibilité du côté militaire ne pourrait venir que d'une scission, peu probable, au sein de la direction des services de sécurité, qui pourrait alors entraîner d'autres secteurs de l'armée...» (2)

Zénobie nous explique par ailleurs, comment la révolution a amené un nouveau langage imprégné par le terroir mais profondément percutant par ces enfants qui sont fauchés au nom de la liberté et dont on risque de confisquer la révolution. Il écrit: «Comme les résistances nationalistes arabes en Syrie au cours du XXe siècle, l'actuel soulèvement populaire est marqué par la place de la mosquée dans les mobilisations, par le rôle moteur de la jeunesse, de secteurs sociaux économiquement en crise ou éloignés de la capitale, et la participation des femmes. «Ma fi khawf baad al-yawm!» [«Plus de peur à partir d'aujourd'hui!»], scandaient les habitants de Deraa le 18 mars dernier. La rue s'attache aussi à répondre aux accusations de division, de violence et de complot. Elle proclame son désir de pacifisme, d'unité et son rejet du confessionnalisme: «Un, un, le peuple syrien est un!»; «Pacifiquement, pacifiquement, musulmans et chrétiens, pacifiquement, pacifiquement, non, non au confessionnalisme!»; «Non à la violence, non au vandalisme!». Dans les zones où des provocations communautaires ont été perpétrées, les slogans et banderoles ripostent: «Sunnites, Kurdes et alaouites, nous voulons l'unité nationale» («Sunni wa kurdi wa alawiyya, badna wahdah wataniyyah»). (...) Forts des leçons de la guerre civile qui a ravagé durant quinze ans le Liban voisin et plus récemment l'Irak, les Syriens se méfiaient d'une confrontation longue et sanglante comportant des risques d'affrontements confessionnels.(...) «Zenga, zenga, dar, dar, badna nchîlak ya Bachâr» - «Ruelle après ruelle, maison après maison, Bachar, on va se débarrasser de toi». (3)
Le veto sino-russe
Il y a donc à l'évidence un profond désir de changement - les ouvertures jugées insuffisantes par l'opposition syrienne qui demande à juste titre le départ d'El Assad-

Cependant les dirigeants occidentaux veulent instrumentaliser les espérances du peuple syrien.

Après plus de six mois de soulèvement et malgré, le Conseil de sécurité sous la houlette occidentale a voulu rééditer le coup de l'invasion de la Libye. Coup d'arrêt! La Chine et la Russie ont opposé mardi 4 octobre leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU menaçant le régime syrien de «mesures ciblées».

Le président du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioune, a déclaré que le veto russe et chinois ne fera qu'«encourager» la répression en Syrie. Pour le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, le veto russe et chinois constitue une «erreur profonde et regrettable». Les Etats-Unis sont dits «furieux» (...) En visite en Afrique du Sud, Tayyip Ordogan a estimé que le gouvernement syrien «aurait dû recevoir un avertissement». A son avis, ils «n'ont pas besoin d'endurer un régime tyrannique sans pitié et sans vergogne qui bombarde son propre peuple depuis la mer». (4)

La Russie qui s'est expliquée par la voie du chef adjoint de sa diplomatie s'opposera à toute tentative de pays occidentaux de légitimer, à l'aide du Conseil de sécurité de l'ONU, des sanctions unilatérales contre les régimes indésirables. «Certains pays occidentaux et leurs groupements régionaux recourent de plus en plus souvent à des sanctions unilatérales contre tel ou tel régime qu'ils ne trouvent pas à leur goût et ce, sans consulter les autres membres de la communauté internationale», a relevé le vice-ministre. Commentant les motifs du veto russe opposé mardi dernier au projet de résolution européen du Conseil de sécurité de l'Onu sur la Syrie, Moscou a déclaré mercredi que le «modèle libyen» de la protection des civils illustrait un «abus grossier des résolutions du Conseil pour réaliser des projets unilatéraux visant à renverser les régimes indésirables». (5)

Personne ne conteste que le régime des Al Assad depuis 1970 n'a que trop duré. Il y a des meurtres avérés. Le pouvoir n'a plus de légitimité. Pendant ce temps, la famille El Assad brade des immeubles en Europe et ses propriétés en Espagne. Quelle est la solution? Voulons-nous d'une histoire à l'Irak, l'Afghanistan? Personne ne croit aux droits de l'homme version occidentale. La Chine et la Russie sont de sucroît échaudées pour s'être fait convaincre pour le cas de la Libye et la fameuse résolution de mars qui a été dévoyée. L'Otan bombarde toujours alors qu'El Gueddafi n'est plus aux commandes. les victimes d'hier sont les bourreaux d'aujourd'hui avec la bénédiction du Ciel de l'Otan. Le peuple syrien a droit à la liberté, la démocratie, l'alternance. Certes, la Russie a aussi des intérêts, notamment en Syrie avec sa base maritime dit-on à Tartous qui lui permet dit-on de dresser des missiles contre l'Otan (Turquie). D'un autre côté, la Syrie sert dit-on les intérêts de l'Iran. De fait, la sanction pétrolière est sans effet: la production pétrolière est marginale.

A qui profite-t-il?
Pour sa part, René Naba avance aussi d'autres arguments pour décrypter l'entêtement des Occidentaux à démolir la Syrie: (...) Au-delà des vives critiques fondées sur les tares du pouvoir syrien, la déstabilisation de la Syrie vise à compenser le basculement de l'Egypte dans le camp de la contestation arabe et à rompre la continuité stratégique entre les diverses composantes de l'axe de la résistance à l'hégémonie israélo-américaine en coupant les voies de ravitaillement du Hezbollah au Sud-Liban. L'effet secondaire est de détourner l'attention sur la phagocytose de la Palestine par Israël avec la complicité des Etats occidentaux. Israël et la Syrie ne partagent pas le même intérêt. L'Etat hébreu cherche à constituer une ceinture d'états vassaux sur son pourtour, la Syrie à se dégager du noeud coulant glissé autour de son cou pour la forcer à la reddition. La Syrie et l'Irak constituaient les deux seuls états du Monde arabe animés d'une idéologie laïque. L'Irak a été démantelé par les Américains avec pour conséquence la constitution d'une enclave autonome pro-israélienne dans le Kurdistan irakien, le schéma qui a préludé au démembrement du Soudan avec la constitution d'une enclave pro israélienne au Sud-Soudan, sur le parcours du Nil. (...) La libre détermination des peuples est un droit sacré inaliénable. Cela doit s'appliquer en Syrie, comme en Palestine. Cautionnée, en juillet à Paris, avec Bernard-Henri Lévy, une conférence de l'opposition syrienne discrédite les participants et jette un voile de suspicion sur leurs objectifs. (...) Gageons que si la Syrie souscrivait à un règlement de paix avec Israël, dans des conditions avilissantes pour elle, elle retrouverait grâce aux yeux des Occidentaux, particulièrement de Nicolas Sarkozy en voie de carbonisation et de Barack Obama, en voie de pantinisation». (6)

Je prends le même pari que René Naba en y ajoutant qu'on le veuille des jours sombres pour le vivre-ensemble interconfessionnel. Nous risquons de revivre les événements tragiques de 1861 fomentés par les Anglais et les Français. Que fait l'ONU? Pourquoi s'en remet-elle au Conseil de sécurité, voire à l'Otan pour gouverner le monde? Pourquoi ne met-elle pas en place une force des Casques bleus avec les Arabes? Après El Assad, les suivants qui feront allégeance d'une façon ou d'une autre, à l'Occident accepteront une partition du pays. On peut penser que plus rien ne peut arrêter la dynamique d'effritement des anciens pouvoirs arabes au profit de l'inconnu. Chacun s'interroge sur ce qui en restera quand l'inexorable tsunami de la contestation balaiera les pouvoirs en place. Ceci permettra d'assurer encore pour quelques décennies le confort énergétique de l'Occident et assoira définitivement Israël.

1. C. E. Chitour. La Faceboukisation de la jeunesse arabe: La Syrie en marche pour la partition http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Chems-Eddine_Chitour.280311.htm
2. Zénobie,
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-09-07-Syrie-un-officier-superieur-parle 7.09.2011
3.http://www.monde-diplomatique.fr/ 2011/06/ZENOBIE/20746
4. Veto russe et chinois contre la condamnation de la Syrie AFP 06.10.11
5. Guennadi Gatilov: Déclaration à l'agence RIA Novosti 6 octobre 11
6. René Naba
http://www.mondialisation.ca/ index.php?context=va&aid=269173 10 2011

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Nationale Polytechnique enp-edu.dz

Publié le 9 octobre 2011 avec l'aimable autorisation de l'auteur

Source : Le blog de l'auteur
http://commentjevoislemonde.blogs.nouvelobs.com/....



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



Commentaires

Il est en faveur de moi d'avoir un site qui est très utile pour mon expérience. Merci admin

Écrit par : maxosize avis | 07/10/2014

Les commentaires sont fermés.