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04/11/2011

n°20 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 03-11 - 1ap - : « Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée !

 



n°20  - Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion - 03-11 - 1ap - : « Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée !


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – RéflexiondeSyrie

n°20                             03-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie : Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion  est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Robert Bibeau : LE « PRINTEMPS ARABE » – L’AGRESSION CONTRE LA SYRIE.

1-2 René Naba : Des dangers d’une lecture occidentaliste des soulèvements dans le Monde arabe.

1-3 Louis Denghien : Manifs & manips.

1-4 Fida DAKROUB : Remarques sur la guerre impérialiste contre la Syrie.

1-5 Thierry Meyssan : Les Chrétiens d’Orient s’érigent en remparts face au nouveau colonialisme occidental.

2-1 Mouna Alno-Nakhal : « Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée ! »

2-2 Roland Dumas et Jacques Vergès : « Sarkozy sous BHL », une grenade dégoupillée dans la cour de l’Elysée.

2-3 Gearóid Ó Colmáin « Une culture de violence, de mort et de drogues ».

3 Annexe

 « 3-1 Robert Bibeau : "PRINTEMPS ARABE " TUNISIE – L’ART D’AVANCER EN ARRIÈRE !



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Robert Bibeau : LE « PRINTEMPS ARABE » – L’AGRESSION CONTRE LA SYRIE.

LE « PRINTEMPS ARABE »,  UN SOULÈVEMENT APOLITIQUE ?

Le « Printemps arabe » est-il un mouvement de libération néo-coloniale  spontané,  anarchique et apolitique, issu de la rue et visant à hisser cette civilisation séculaire au diapason de la modernité contemporaine (« démocratie » bourgeoise, laïcité hypocrite, « liberté » d’expression factice, désintégration familiale, narcissisme social, criminalité effrénée, décadence morale, chômage chronique, pauvreté endémique, guerre de rapine et génocide, etc.) ? Ou plutôt, n’est-ce qu’une vaste conspiration pilotée depuis Washington et exécutée dans chacune des capitales arabes concernées selon une projection machiavélique concoctée par les maîtres du monde ? 

 

Tariq Ramadan, analyste politique reconnu, tout en se défendant d’être suspicieux, suggère que Washington sait tout et manipule tout en coulisse.

L’auteur pense même, à l’instar du général américain David Petraeus, que les jeunes « Twitters » du Caire et de Tunis – qui auraient provoqué la débâcle arabe (!) – ont été formés en Serbie et exfiltrés vers les pays arabes, notamment par la firme américaine Google, pour y soulever les populations en vue d’un réalignement des politiques états-uniennes dans cette région du monde convoitée par l’impérialisme chinois (1).

Monsieur Ramadan a aussi découvert dans la foulée de la rédaction de son opuscule sur « L’Islam et les soulèvements arabes » (à paraître) que, pour comprendre un phénomène politique de cette envergure, il faut également considérer les facteurs économiques et historiques dans lesquels s’inscrivent ces événements. Conclusion juste et pertinente, dirons-nous. L’économie est l’assise du politique et le politique soutient le développement des rapports de production sociaux. Nous le savions depuis Marx, il est toujours rassurant de l’entendre confirmer (2).

 

Selon le docteur Ramadan, la force et la  faiblesse du « Printemps arabe » résideraient dans son « apolitisme ». Aucune idéologie n’orienterait ses protagonistes qui seraient ainsi « libres » de leurs mouvements – toutefois dirigés en sous main par David Petraeus, de son propre aveu – ! Tout cela est fallacieux comme nous allons le démontrer.

 

L’idéologie qui oriente et dirige les divers mouvements du « Printemps arabe » (car chaque soulèvement national a sa propre historicité), c’est l’idéologie petite-bourgeoise (classe moyenne) réformiste – opportuniste – qui souhaite conserver le capitalisme mais sans les tares du capitalisme, une sorte de capitalisme humanitaire et débonnaire, à l’image des slogans que l’on retrouve ces temps-ci sur les affiches des « indignés » de Wall  Street soutenus par Jim Flaherty (ministre conservateur des finances du Canada) et par le multimilliardaire George Soros (3). Un capitalisme réformé sans néo-colonies exploitées, sans dictateurs imposés, sans inégalités sociales, sans injustices, sans guerres de rapines, sans supers riches, sans ultras pauvres, sans chômage, sans spéculations boursières, sans crise économique et sans guerres de repartage des régions d’exploitation. Un capitalisme où la grande bourgeoisie milliardaire (1 % de la population, selon les indignés), ainsi que les petits-bourgeois – courroies de transmission du système social – conserveraient la propriété des moyens de production et leurs biens – mal acquis.    

Cette « nouvelle » idéologie apolitique, altermondialiste, post-néolibéraliste, écologiste, verte, social-démocrate en fait, est aussi vieille que le monde ouvrier lui-même. Proudhon, Saint-Simon et Kautsky professaient cette religion préscientifique bien avant les internautes, les Twitters des réseaux sociaux – formés à Belgrade – ou encore les conférenciers indignés formés à Paris.

 

LE CAS SYRIEN – LES CHRÉTIENS SYRIENS SACRIFIÉS

Afin de mieux comprendre le « Printemps arabe » et de mieux connaître les orientations idéologiques et politiques promues par ses protagonistes « apolitiques », nous allons examiner le soulèvement syrien.

Les impérialistes français ciblent la communauté chrétienne d’Orient en ce moment, pourquoi ? Comparons la position politique impérialiste envers la communauté religieuse juive et envers la communauté chrétienne au Proche-Orient. Chaque fois que l’on fait allusion à la désintégration de l’État sioniste israélien, les diacres et les sous-diacres des lobbys israéliens implantés en sol occidental crient au génocide contre les millions de  descendants d’Abraham, qui seraient retournés candidement, leur Exode millénaire terminé, sur la « terre de leurs ancêtres, laquelle leur aurait été donnée » par leur dieu Yahvé – en contradiction avec Jésus-Christ, Allah et tous les autres dieux imaginés par l’homme… Vous avez donc le choix, vous êtes pour ou contre Yahvé, selon eux.

 

Évidemment, le fait que ces centaines de milliers de descendants de la « race religieuse juive » soient pour la plupart athées ou agnostiques et aucunement de descendance araméenne, phénicienne, cananéenne, ou de l’un quelconque des peuples du Proche-Orient pré chrétien, ne fait pas sourciller le moins du monde les monastiques du retour « d’exode » des douze tribus d’Israël pourtant jamais déportées, selon l’historien Shlomo Sand (4).

 

Récemment, le petit empereur des Français réglait prestement le sort de quelques millions de chrétiens d’Orient, d’authentiques autochtones convertis depuis plusieurs siècles à la religion du Christ (un ex-juif en cavale). Voici le morceau d’ignominie proféré par Sarkozy, tel que nous le rapporte un observateur de la scène politique :

« Reçu à l’Élysée le 5 septembre 2011, S. B. Bechara Boutros Rai, Patriarche Maronite d’Antioche et de Tout l’Orient (c’est-à-dire chef de la principale Église de rite oriental rattachée à Rome) s’est entendu dire que la France et ses alliés interviendraient prochainement militairement en Syrie pour y porter au pouvoir les Frères musulmans. Les chrétiens d’Orient, qui n’auraient alors plus leur place au Levant, devraient se préparer à l’exode et pourraient trouver refuge en Europe. » (5) 

C’est aussi machiavélique que cela. Des syriens nés de mères et de pères syriens  sur ce sol qui leur appartient depuis des générations et des millénaires, devraient simplement se préparer à l’exode – c’est-à-dire au même sort que les réfugiés palestiniens – et abandonner leur terre généreuse et leurs frères arabes, et s’expatrier hors de leur continent pour la raison que les agressives puissances occidentales en déclin veulent renverser le gouvernement de Bachar el-Assad qui refuse de se plier à leurs ordonnances et poursuit sa politique indépendante d’alliance avec l’Iran et de rapprochement avec le groupe de Shanghai (impérialisme chinois). 

 

Ceux-là  (maronites, melkites, orthodoxes, arméniens, etc.) peuvent bien être déracinés pour toujours de leur terre millénaire mais pas les ashkénazes occidentaux importés récemment (moins de soixante ans) d’Europe, ni les pseudos religieux juifs – athées –, transplantés de Russie et des États-Unis, car, nous dit-on, on ne déracine pas un « peuple » de sa terre, encore faudrait-il que ce soit « sa » terre (6) !

 

LE DÉROULEMENT DU « SOULÈVEMENT » SYRIEN

Malheureusement, le petit Gengis Khan de notre temps a pris les devants inconsidérément et l’agression impérialiste occidentale (États-Unis, France, Royaume-Uni et Israël) contre la petite Syrie « démunie » (croient-ils) a dû être retardée car l’écrasement de la petite Libye esseulée ne s’est pas déroulé comme prévu par les services secrets français et américains. On peut penser, d’une certaine façon, que le peuple libyen par sa résistance a protégé, pour un temps du moins, le peuple syrien de la mainmise occidentale. Maintenant que la Libye semble rapatriée dans le giron des puissances impérialistes atlantiques (OTAN) et sortie de la besace impérialiste chinoise… – « La guerre (libyenne) a désespéré nos partenaires. Les Chinois ont ici 20 milliards de dollars de contrats, les Turcs 12 milliards. Viennent ensuite les Italiens, les Russes, puis les Français. Ce n’était pas leur intérêt de laisser faire cette agression, encore moins d’y participer. Probablement certains ont–ils reçu des compensations en dessous de table (…) » – Depuis l’exécution extra judiciaire du chef d’État Mouammar Kadhafi, l’OTAN peut maintenant porter toute son agression sur sa proie syrienne, un autre pays qu’elle veut ravir à l’alliance de Shanghai concurrente (7). 

Cependant l’agression occidentale contre la Syrie marque le pas et ne parvient pas à atteindre ses objectifs stratégiques, ni même à provoquer la guerre civile généralisée promise par les potentats occidentaux. Cela est dû en partie aux minorités religieuses arabes syriennes qui n’ont pas suivi le mot d’ordre des mercenaires et des agents des services secrets étrangers (notamment du Mossad) infiltrés à partir de la frontière du Golan Syrien – occupé – tout proche (8).   

Même que ces minorités religieuses, qui se considèrent comme des syriens de langue et de culture arabe et de confession chrétienne (sentiment d’appartenance nationale forgé par les rapports de production capitalistes bourgeois), s’érigent en rempart face au néo-colonialisme occidental. Les syriens arabes chrétiens ont bien compris que les puissances impérialistes en déclin les sacrifieront sans pitié sur l’hôtel de leur cupidité et de leur guerre inter impérialiste (OTAN contre Alliance de Shanghai).

 

Mère Agnès Mariam de la Croix ne disait pas autrement devant Thierry Meyssan :

 « La survie des chrétiens en Orient ne pourra plus être débitrice d’un quelconque protectorat ou Sublime Porte ; notre avenir dépend du mariage convaincu des chrétiens avec leurs frères qui cohabitent avec eux en Orient, en qui ils reconnaissent des frères de sang par delà les divergences confessionnelles qui sont moins grandes qu’elles ne paraissent. » (9).

 

LES OBJECTIFS DE L’AGRESSION IMPÉRIALISTE EN SYRIE

En Syrie l’objectif des puissances impérialistes en déclin (OTAN) n’est pas de mettre la main ni de contrôler une production quelconque de pétrole ou de gaz naturel (comme en Libye). La Syrie, territoire découpé dans l’empire Ottoman déclinant (1916, accords secrets Sykes-Picot), par les deux plus grandes puissances impérialistes de l’époque – France et Grande-Bretagne – est située sur un vaste plateau calcaire et métamorphique (Hamada) peu propice aux hydrocarbures (10). 

En Syrie, l’objectif de l’agression impérialiste occidentale – stoppée momentanément au Conseil de sécurité par le veto russe et chinois – est de briser le maillon faible de l’Alliance de Shanghai dans cette région ; d’affaiblir les forces de la résistance au Liban en leur coupant leur base arrière et leur voie de ravitaillement  (en prévision d’une prochaine agression contre le Liban) ; de chasser les organisations de la résistance palestinienne qui trouvent refuge à Damas ; d’affaiblir l’Iran, allié de la Syrie et de la Chine ; de faire pression sur la Turquie (via la communauté Kurde syrienne) pour qu’elle cesse le déploiement de sa politique étrangère indépendante en direction de l’Orient ainsi que son rapprochement avec la Chine. Voilà les raisons pour lesquelles les chrétiens d’Orient devraient périr sur le mausolée de la cupidité de leurs ex-suzerains.

 

Afin de parvenir à ces objectifs et renverser le gouvernement Baas légalement au pouvoir en Syrie, les puissances occidentales, trop faibles pour mener seules l’offensive, comme elles l’ont démontré en Libye, ont imaginé soutenir les Frères musulmans – des intégristes islamistes réactionnaires que le maelström médiatique occidental a tant décriés un certain temps – et qui deviennent soudainement la solution de rechange « démocratique » au gouvernement laïque légalement élu en Syrie.

 

Quelle hypocrisie que de se camoufler derrière l’obscurantisme religieux pour proclamer et imposer les valeurs impérialistes occidentales à des peuples qui n’en veulent pas. Comme le clame un syrien de la rue, « Qui a décidé que les valeurs décadentes de l’Occident et sa farce « démocratique » étaient des valeurs et des dogmes universels, valables pour toute l’humanité ? ». Les colonialistes des siècles passés ne disaient pas différemment pour justifier le massacre des noirs africains, des indiens d’Amérique, celui des chinois pendant la guerre de l’Opium.

 

« Malheureusement l’Occident a balayé le concept d’appartenance à la terre, à la famille, à l’ethnie, et somme toute celui d’identité ontologique. Son modèle est basé, non pas sur la reconnaissance de l’individu, mais sur des intérêts périphériques (…) des multinationales… ».  Mère Agnès Mariam de la Croix (11).

 

Voilà les propos d’une soeur qui vit dans une société où le tsunami de l’industrialisation capitaliste n’a pas encore tout ravagé. Malheureusement, cela viendra et les rapports de production industriels capitalistes saccageront tous ces concepts et toutes ces valeurs d’altérité qui lui tiennent tant à cœur.

 

Ainsi va la vie du développement impérialiste qui balaie toute autre modèle de développement économique et social sur son passage, ne tolérant aucun concurrent. Les enragés de Tunis, du Caire, de Tripoli, d’Alger, de Damas et de Sanaa devront  confronter ce système d’exploitation le jour où ils souhaiteront le renverser afin d’éradiquer totalement ses méfaits et ses calamités.

 

L’impérialisme, qu’il soit de source américaine ou d’origine chinoise, c’est l’anarchie de la production développée non pas pour le bien-être des peuples et des travailleurs mais essentiellement pour l’accumulation des profits dans les mains d’immenses oligopoles multi milliardaires; et la Syrie devra y passer, elle aussi, mais la Syrie choisira elle-même la voie de son intégration au camp impérialiste. Il semble que la bourgeoisie syrienne ait choisi l’Alliance de Shanghai en ascension plutôt que l’OTAN déclinant et elle paie présentement le prix de ses choix. C’est son droit.

 

Le droit et le devoir des travailleurs syriens consistent à renverser ce régime et cette oligarchie Baasiste, non pas pour les remplacer par les Frères musulmans obscurantistes à la solde de l’Occident, mais pour s’emparer de tout le pouvoir d’État à leurs propres fins (c’est la conscience politique de classe pour soi, écrivait Marx).

 

 (1) Nick Fielding et Ian Cobain, 18.03,2011. Déclaration de David Petraeus. http://www.centpapiers.com/l%e2%80%99operation-d%e2%80%99espionnage-des-etats-unis-pour-manipuler-les-reseaux-sociaux-sur-internet/84293

 (2) Tariq Ramadan  7.09.2011  Montréal. Conférence de la CAM.  Sur Youtube.

(3) Les « indignés » http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/canada/201110/13/01-4457015-occupons-wall-street-jim-flaherty-appuie-les-manifestants.php et http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/canada/201110/13/01-4457015-occupons-wall-street-jim-flaherty-appuie-les-manifestants.php 

(4) Shlomo Sand.  Sur Dailymotion.   http.com/video/x7okoe_peuple-juif-invent-shlomo-sand_news

(5) Thierry Meyssan. 7.10.2011. http://www.voltairenet.org/Les-chretiens-d-Orient-s-erigent  

(6) http://www.slate.fr/story/32509/la-mosaique-des-chretiens-dorient

(7) http://www.voltairenet.org/La-guerre-contre-la-Libye-est-une
(8)
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/09/01/syrie-nouvelles-perquisitions-a-hama-demission-du-procureur_1566048_3218.html

(9) http://www.voltairenet.org/Les-chretiens-d-Orient-s-erigent  

(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_Sykes-Picot   et http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ographie_de_la_Syrie    

(11) http://www.voltairenet.org/Les-chretiens-d-Orient-s-erigent

Robert Bibeau

26.10.2011

http://www.centpapiers.com/le-%c2%ab-printemps-arabe-%c2%bb-%e2%80%93-l%e2%80%99attaque-contre-la-syrie/85260


1-2 René Naba : Des dangers d’une lecture occidentaliste des soulèvements dans le Monde arabe.

Loin de moi toute polémique, mais gardons nous d’une lecture occidentaliste des soulèvements populaires dans le Monde arabe.

Si la critique est nécessaire pour le bon fonctionnement de la démocratie, une pédagogie politique des peuples commande que la critique porte sur tous les aspects du problème, dont une lecture fractale pointera immanquablement les tortuosités du discours dominant occidental.

Primo : Au delà des vives critiques fondées sur les tares du pouvoir syrien, la déstabilisation de la Syrie vise à compenser le basculement de l’Egypte dans le camp de la contestation arabe et à rompre la continuité stratégique entre les diverses composantes de l’axe de la résistance à l’hégémonie israélo-américaine en coupant les voies de ravitaillement du Hezbollah au sud Liban.

L’effet secondaire est de détourner l’attention sur la phagocytose de la Palestine par Israël avec la complicité des états occidentaux. Israël et la Syrie ne partagent pas le même intérêt. L’Etat hébreu cherche à constituer une ceinture d’états vassaux sur son pourtour, la Syrie à se dégager du nœud coulant glissé autour de son cou pour la forcer à la reddition.

Deuxio : La Syrie et l’Irak constituaient les deux seuls états du Monde arabe animés d’une idéologie laïque. L’Irak a été démantelé par les Américains avec pour conséquence la constitution ‘une enclave autonome pro israélienne dans le Kurdistan irakien, le schéma qui a préludé au démembrement du Soudan avec la constitution d’une enclave pro israélienne au sud soudan, sur le parcours du Nil. Il sera par la suite plus aisé de dénoncer l’intolérance des pays arabes du fait de leur intégrisme présumé.

Tertio : La libre détermination des peuples est un droit sacré inaliénable. Cela doit s’appliquer en Syrie, comme en Palestine. Cautionner, en juillet à Paris, avec Bernard Henri Lévy, le fer de lance de la campagne médiatique pro israélienne en Europe, une conférence de l’opposition syrienne, discrédite les participants et jette un voile de suspicion sur leurs objectifs, au même titre que l’alliance du parti islamiste « Al-Tharir » au nord Liban avec le chef de file des milices chrétiennes libanaises Samir Geagea, le plus solide allié des Israéliens au Liban .

Quarto : La succession dynastique doit être prohibée. Mais ce principe doit s’appliquer sans exception à Bachar Al-Assad, certes, mais aussi à Saad Hariri, qui a succédé à son père Rafic Hariri, sans la moindre préparation, à la tête d’un pays situé à l’épicentre du Moyen orient. A Ali Bongo dont la France a truqué les élections pou favoriser a propulsion à la tête de l’état gabonais. A Amine Gemayel, élu à l’ombre des blindés israéliens en remplacement de son frère assassiné Bachir, lui même élu à l’ombre des blindés israéliens. A Nicolas Sarkozy qui a veillé à propulser son fils Jean à la tête de l’EPAD (Hauts de Seine). A Hosni Moubarak qui se préparait à passer la main à son fils Jamal, avec la bénédiction des occidentaux dont Sarkozy saluera le courage de son départ, sans le moindre mot pour la courageuse lutte du peuple palestinien.

Cinquo : Faire le procès de la perte du Golan au régime syrien est un argument d’une indigence pitoyable, un procès de mauvaise foi. La disproportion des forces est patente entre Israël, première puissance nucléaire du tiers monde, de surcroît inconditionnellement soutenue par les Etats-Unis, la première puissance militaire de l’époque contemporaine, face à un pays, la Syrie, qui fait l’objet de tentatives répétitives de déstabilisation particulièrement de la part de ses frères arabes (le coup d’état du colonel Salim Hatoum, en Syrie, financé par l’Arabie saoudite, est intervenu en 1966, en pleine phase de détournement des eaux du Jourdain par Israël et la révolte de Hamas en 1982 est intervenue en 1982, à cinq mois de l’invasion israélienne du Liban, une opération destinée à propulser les frères Gemayel à la magistrature suprême libanaise.

Sexto : Se placer sous l’égide la Turquie relève d’une tragique méconnaissance des réalités régionales lorsque l’on sait que la Turquie a été le principal allié stratégique d’Israël pendant un demi siècle, tétanisant le monde arabe par une alliance de revers avec l’état hébreu.

In fine, le dignitaire religieux syrien qui s’étonne des infiltrations d’armes devrait lire un plus assidument la presse libanaise pour recenser le démantèlement, en deux mois, de quatre réseaux de contrebande d’armes du Liban via la Syrie, par mer ou par terre, par des réseaux des milice chrétiennes, ou des partisans du parti Al Mostaqbal, le parti de Saad Hariri.

Gageons que si la Syrie souscrivait à un règlement de paix avec Israël, dans des conditions avilissantes pour elle, elle retrouverait grâce aux yeux des occidentaux, particulièrement de Nicolas Sarkozy en voie de carbonisation et de Barack Obama, en voie de pantinisation.

René Naba :

 4 octobre,

Comité Valmy


1-3 LouisDenghien : Manifs & manips.

EDITO Par Louis Denghien,

À en croire la grande majorité des médias, de CBS à Al-Jazeera, la Syrie est à feu et à sang, selon le schéma désormais classique (et même hollywoodien) du peuple luttant à mains nues pour la démocratie à l’occidentale, contre un pouvoir isolé ne s’appuyant plus que sur ses hommes de main.

La « révolution arabe » est tendance en Occident, cet Occident qui a pourtant soutenu jusqu’à l’ultime minute les autocrates tunisien, égyptien, yéménite, et qui soutient encore ceux d’Algérie ou d’Arabie Saoudite (ou du Koweit, ou du Bahrein, ou de la Jordanie, etc).

Oui, c’est vrai, le sang coule en Syrie.

Mais tous les manifestants ne sont pas désarmés et pacifiques ou en recherche de pluralisme.

Mais toutes les victimes ne sont pas civiles. Et toutes ces manifestations ne sont pas spontanées.

On sait, depuis l’Ukraine, la Georgie, la Libye que les « révolutions », oranges, vertes ou roses, peuvent être programmées, encadrées, entretenues par les professionnels de la déstabilisation.

On sait, ou devrait savoir, que du côté de Washington – et de Londres, voire de Tel Aviv – on rêve d’un monde arabo-musulman « domestiqué » et morcelé en bantoustans ethnico-religieux valets et clients de l’empire américain. Et que trop de médias, trop de journalistes, par intérêt, paresse ou conformisme, recyclent quotidiennement la thèse officielle concoctée dans les chancelleries sous influence anglo-saxonne.

Contrairement à pas mal d’alliés arabes de Washington, la Syrie est un pays où les minorités sont protégées, où les femmes sont actrices à part entière de la vie sociale, un pays d’ailleurs ouvert au tourisme et au monde. Un pays qui avance, à son rythme. C’est aussi, bien sûr, un pays où subsistent des problèmes. Mais dont les habitants, dans leur immense majorité, ne veulent pas suivre les fauteurs de guerre civile et religieuse.

Que se passe-t-il vraiment en Syrie, et pourquoi ?

Le site Info-Syrie.com va tenter de l’expliquer, face à toutes les désinformations. En rassemblant les opinions indépendantes, les informations inédites ou minorées par les médias sous influence. En effectuant donc, en continu, un travail de « ré-information ». Pour distinguer le vrai du faux. Et le montage politico-médiatique de la réalité socio-politique. Pour faire mieux connaître, par la même occasion, un pays important, par sa dimension et ses réalisations, au sein de ce Proche-Orient plus stratégique et fragile que jamais.

Ami de la Syrie, de son peuple, de sa culture, ce site n’est ni systématiquement hostile ni servilement affilié à l’actuel gouvernement : les contributions et analyses que vous y lirez vous prouveront assez son indépendance, son souci d’objectivité. Une objectivité qui pousse à constater que la désinformation et le mensonge sont d’abord le fait des médias sous influence américaine. Et qui servent, plus ou moins consciemment, le projet américain de « reformatage » du monde arabo-musulman. Alors, avec Infosyrie.com, réinformez-vous !

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/edito/manifs-manips/#more-60


1-4 Fida DAKROUB : Remarques sur la guerre impérialiste contre la Syrie.

Dans ces huit ou dix derniers mois, les médias de l’Empire américain et des subordonnés s’arrêtent de plus en plus fréquemment à l’expression du Printemps arabe ; et cela dans le but de caractériser les protestations qui font trembler plusieurs pays au monde arabe.

Avant toute chose, nous apprécions favorablement le succès du peuple tunisien à renverser un président absolu, Bin Ali, et la réussite des Égyptiens à détrôner un pharaon, Moubarak fils de Ramsès II. Ici, il faut noter à ce propos que le règne du premier dura vingt-quatre ans, tandis que la dynastie du second dépassa les quatre décennies et quelques, sans que les médias de l’Empire ni ceux des provinces européennes, donc impérialistes, eussent fait la moindre allusion à l’atrocité de leur imperium.

En plus, selon les médias de l’Empire, ces deux événements marquent le commencement d’une nouvelle saison, celle du Printemps aux pays des Arabes, où la chaleur arrive, normalement, à des degrés insupportable. Toutefois malheureusement, ce Printemps qui eut commencé Ode à la joie, en Tunisie et en Égypte, devint, précipitamment, un Automne funèbre en Syrie et au Yémen, et un Hiver mortuaire en Libye.

En premier lieu, nous attirons l’attention du lecteur sur le fait suivant : pour cacher son rôle monstrueux dans les bouleversements qui frappent des régions se trouvant au-delà des frontières géographiques de l’Empire américain et de ses provinciis Europaeis, c’est-à-dire dans des régions où habitent des « Barbares », la machine médiatique de l’Empire se sert d’un « bouquet » d’expressions romantiques, accueillies des jardins parfumés et des oasis paradisiaques à la Baudelaire.

En outre, une première remarque s’impose sur l’usage récent de l’expression Printemps arabe. N’est-il par vrai que cette expression est bricolée par la machine médiatique de l’Empire et de ses subordonnées arabes, telles que les chaînes al-jazeera et al-arabiya ? Rappelons ici que la première est une propriété de l’émir de Qatar, et la deuxième celle de la famille royale saoudite ! Pater de caelis, Deus, Miserere nobis !

De plus, la deuxième remarque que nous tirons, c’est que l’expression du Printemps arabe, qui constitue une nouvelle innovation dans le « parler politique », ne manque pas de couleurs orientalistes. Ici, on parle d’un Printemps, mais qui ne ressemble pas vraiment à celui que nous vîmes en Europe de l’Est, à la période soviétique ; car celui-ci est arabe, donc exotique. D’un côté ce Printemps éveille en nous des moments « Madeleine de Proust », surtout pour ceux qui eurent la chance de lire Les Voyages de Sindbad le marin et Aladin et la lampe merveilleuse ; de l’autre côté, la chaleur étouffante de ce Printemps nous fait remonter loin dans la mémoire, pour arriver à des époques plus froides de l’Histoire du XXe siècle, celles de la Guerre froide.

Bien plus, la troisième remarque se précipite sous nos yeux, une fois qu’un parallèle est établit avec d’autres bouleversements politiques, là où les empreints digitaux de l’Empire furent déjà identifiés. Il n’est que de constater le calepin de l’Empire qui ne manque pas de belles expressions telles que : Printemps de Prague (1968) ; Printemps de Pékin (1989) ; Révolution des Roses (Géorgie, 2003), Révolution orange (Ukraine, 2004) ; Révolution de Jasmin(Tunisie, 2010 – 2011).

Du reste, la quatrième remarque porte sur les événements historiques. Nous ne doutons pas que les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce, comme l’exprime bien Karl Marx dans son célèbre Brumaire. [1] Il en va de même que dans la version syrienne du Printemps arabe, la farce se présente dans le fait que ces présumés « soldats de liberté », que créent l’imagination artistique des médias de l’Empire, ne croient ni à la liberté, ni à la démocratie ni même aux droits de l’Homme.

Pour en finir avec la cinquième remarque, nous sommes persuadés que la Syrie est en pleine guerre contre des groupes armés, soutenus de l’extérieur par les puissances impérialistes. Les attentats des groupes armés contre les institutions de l’État, les assassinats systématiques qui frappent les cadres académiques et scientifiques du pays, ainsi que les actes de violences contre les groupes minoritaires en font preuves.

Parallèlement à ces remarques mentionnées ci-dessus, moult points d’interrogation se posent sur le rôle que jouent les puissances impérialistes dans l’accroissement des violences en Syrie, et sur la nature de leur discours « philanthrope » contradictoire. Nous limitons ces questions à trois rubriques : 1) le despotisme dans les pays arabes dociles aux Américains ; 2) la question kurde ; 3) les droits du peuple palestinien. Les questions suivantes en font l’illustration :

1. Comment pourrions-nous « avaler » que les émirs et sultans arabes, donc des figures absolutum dominium, appellent à la fin de la « dictature » en Syrie et à l’établissement de la démocratie, tandis qu’ils refusent de libérer leurs propres serfs ? Tel est le cas au Yémen, au Bahreïn et en Arabie saoudite, où l’Empire et ses provinces européennes ne bougent pas donc ; silence on tue.

2. Comment expliquer le fait que le vent khamsin souffle du Sahara vers Damas, sans passer par le Quart vide ? Autrement dit, Comment expliquer le fait que les émirats et sultanats arabes dociles à l’Empire américain survécurent, par hasard, la chaleur étouffante de ce Printemps. Ainsi qu’en témoigne le cas du Bahreïn, où le Roi-Soleil, Hamad II, fit appel à l’armée saoudite pour écraser les protestations pacifiques, qui remplissaient les rues du royaume. Ce qui résulta à l’emprisonnement des milliers de manifestants pacifiques, la mort des centaines, l’exécution des dizaines, et la persécution continue. Quant aux événements du Yémen, voyons le Montesquieu de Sanaa et défenseur de l’Esprit des lois, Ali Abdullah Saleh, s’enorgueillit dans son Palais présidentiel, malgré la guerre civile, les bains de sangs et les tueries tribales qui frappent sa République depuis l’épanouissement des fleurs d’Acacia et de Gardénia, aux premières lueurs du Printemps arabe.

3. Comment expliquer le fait que le sultan ottoman, Erdogan Pacha, chevauche « au secours de l’humanité » en Syrie, tandis que ses janissaires rejettent à pied ferme la question kurde.

4. Comment expliquer le fait que l’Empire américain et ses provinces européennes exigent le droit du peuple syrien à la « liberté », à la « dignité » et à la « démocratie », tandis qu’ils le nient au peuple palestinien ? un droit que l’Empire l’approche aliis si licet, tibi non licet.

5. Comment expliquer le fait que l’Empire américain se précipite au Conseil de sécurité pour en tirer une résolution condamnant le régime syrien pour des « crimes contre l’Humanité », tandis qu’il impose un veto sur la moindre allusion aux crimes, à l’injustice et à l’oppression que subit le peuple palestinien, depuis des décennies ?

A fortiori, la machine médiatique de l’Empire ne fait la moindre remarque concernant la tyrannie ni le despotisme dans les royaumes arabes du Golf ; comme si ces émirats et sultanats constituaient une étape suprême d’utopies saint-simoniennes, et comme si l’égalité parfaite et l’association entre les Hommes y règnent depuis des siècles.

Ici, les convergences se font jour entre ce qui vient d’être dit ci-dessus et le rapport d’Amnesty International, décrivant la violation des droits de l’Homme en Arabie saoudite : « L’ampleur et la gravité des violations des droits humains en Arabie saoudite sont inacceptables tant sur le plan moral que légal. Le gouvernement n’est toutefois pas le seul responsable de la situation des droits humains dans le royaume. Une part de responsabilité incombe aussi à la communauté internationale, qui s’abstient de demander des comptes à l’Arabie saoudite ». [2]

En plus, le rapport met neuf recommandations sur la violation des droits de l’Homme dans le Royaume, dont cinq sont adressées au gouvernement saoudien et quatre à la communauté internationale. Les recommandations relevées au gouvernement saoudien sont : 1) Abroger les lois et les pratiques discriminatoires ; 2) Mettre un terme à l’arrestation et à la détention arbitraires ; 3) Mettre un terme à la torture ; 4) Mettre un terme aux exécutions ; 5) Ratifier les traités internationaux relatifs aux droits humains ; tandis que celles à la communauté internationale sont : 6) Condamner les violations des droits humains perpétrées en Arabie saoudite ; 7) Exhorter le gouvernement saoudien à mettre en œuvre les recommandations émises dans le présent rapport ; 8) Appeler les autorités saoudiennes à autoriser les ONG internationales de défense des droits humains à se rendre dans le pays ; 9) Demander aux autorités saoudiennes de coopérer avec les mécanismes thématiques de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, notamment le rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats, et de les inviter à visiter le royaume. [3]

Par contre, la machine médiatique de l’Empire met en relief l’octroi aux femmes du droit de vote, annoncé par le roi Abdallah d’Arabie saoudite, il y a quelques semaines . [4]

Ironiquement, grâce à l’octroi de sa Majesté, les Saoudiennes, qui vivent, pour ainsi dire, noblement au Royaume-Soleil, peuvent d’ores et déjà se présenter aux conseils municipaux, et voter dans le cadre des principes de l’islam.Gaudeamus igitur !

Tristement, ce que cette machine ne révèle pas c’est que les autorités de ce royaume subordonné à l’Empire américain ont les mains rouges et le cœur asséché par les actes de violences exercés sur le territoire du royaume, à l’égard de femmes, qui font l’objet d’une discrimination instituée et traditionnelle.

En guise de conclusion, il s’avère que la conjuration contre la Syrie présente un besoin urgent de démasquer ces loups qui se prennent et qu’on prend pour des moutons ; de montrer que leurs bêlements ne font que répéter, dans un langage de « démocratie » et de « droits de l’Homme », le discours idéologique des puissances impérialistes ; et de montrer que les fanfaronnades des hâbleurs de l’Intelligentsia arabe, réduite en une bande de « fonctionnaires » aux salons des ambassadeurs et des praesides provinciae, ne font que refléter, en effet, des actes dérisoires des échecs continus de la guerre impérialiste contre la Syrie.

Fida DAKROUB, (Ph.D) Études françaises

[1http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.ht...

[2http://amnesty-alpes.pagesperso-orange.fr/campagne/arabie/ar...

[3http://amnesty-alpes.pagesperso-orange.fr/campagne/arabie/ar...

[4http://www.droitpublic.net/spip.php?article3613

http://www.legrandsoir.info/remarques-sur-la-guerre-imperialiste-contre-la-syrie.html

Ces articles mettent en évidence l'importance de la manipulation de l'opinion publique mondiale pour atteindre l'objectif d'intervention de l'Otan en Syrie .

L'Otan a absolument besoin de l'appui (ou au moins de l'indifférence) de l'opinion publique mondiale et, d'abord, de l'opinion publique des pays de l'Otan pour aller bombarder la Syrie, pour détruire la Syrie et sa population  (comme elle a fait et continue à faire en Libye) .

L'Opinion publique mondiale est donc un contrepoids  à la guerre par l'Otan de première importance.

Les medias officiels sont la 1ère arme de destruction massive...de la Vérité, de la Justice, de la Paix dans le monde...de la vie humaine ...ailleurs et ici.

Nous, peuples des pays de l'Otan, payons au prix fort  (nos retraites, notre sécu, notre école...) pour semer la mort alors que c'est la vie, l'amitié entre les peuples qui nous intéressent.

Reste à affirmer notre rejet du mensonge et notre respect de la Vie humaine ailleurs et ici.

Réveillons-nous, on nous tue.


1-5 Thierry Meyssan : Les Chrétiens d’Orient s’érigent en remparts face au nouveau colonialisme occidental.

La guerre contre la Syrie, planifiée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni pour la mi-novembre 2011, a été stoppée in extremis par les veto russe et chinois au Conseil de sécurité. Selon Nicolas Sarkozy, qui en avait informé le patriarche maronite lors d’une entrevue houleuse à l’Élysée le 5 septembre, le plan prévoit l’expulsion par les Occidentaux des chrétiens d’Orient. Dans ce contexte, une campagne de presse est conduite en Europe pour accuser les chrétiens d’Orient de collusion avec les dictatures. Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère de Saint Jacques le Mutilé à Qâra (Syrie) répond à cette propagande de guerre.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 7 octobre 2011

Thierry Meyssan : Le synode spécial pour le Proche-Orient a affirmé le caractère arabe des Chrétiens de cette région, ce qui introduit une rupture par rapport au XXe siècle où le christianisme, bien que né dans cette région, apparaissait comme la religion du colonisateur. Ce virage idéologique a conduit le Saint-Siège et les Églises d’Orient à soutenir la cause palestinienne et les forces de la Résistance anti-sioniste, Syrie incluse. Cette évolution avait été anticipée au Liban par le général Michel Aoun et son alliance avec le Hezbollah. Les Chrétiens d’Orient sont-ils devenus les ennemis des Occidentaux ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Oui, le synode a affirmé avec force le caractère arabe des chrétiens d’Orient par immersion et symbiose avec leur environnement historique et culturel.

N’oublions pas que les chrétiens d’Orient ont été les pionniers de la Renaissance arabe appelée Nahda, face au colonisateur ottoman. C’est eux, avec certaines éminentes figures musulmanes, qui ont redonné vie à la langue arabe et à son extension universelle à travers les traductions entreprises, vers ou depuis l’arabe, par de grands intellectuels notamment à Alep, Damas et au Mont-Liban. Les premières imprimeries du monde arabe sont le fait de chrétiens tel qu’Abdallah Zakher. Cependant, avec les mouvements panarabes du début du XXe siècle et certaines tensions à la veille des indépendances, des factions chrétiennes ont été conduites à se démarquer idéologiquement de leurs frères arabes d’autres confessions. Ceci a été très éloquent durant la guerre du Liban lorsque certains chrétiens libanais récusaient haut et fort leur appartenance au monde arabe pour se réclamer d’hypothétiques racines phéniciennes, cananéennes ou autres. La déconfiture chrétienne de la guerre du Liban a ramené les cœurs vers une juste mesure concernant l’histoire et l’identité. Les chrétiens se sont reconnus envoyés en mission sur la terre de leurs ancêtres, depuis la Mésopotamie jusqu’à la Méditerranée, en passant par les rives du Nil, pour témoigner de leur espérance face à leurs frères musulmans qu’ils avaient accueillis parfois en libérateurs face au colonisateur byzantin lors des guerres islamiques. Il faut garder en mémoire l’œuvre de feu le père Corbon, auteur d’un ouvrage qui a beaucoup influencé les pasteurs des Eglises chrétiennes dans le sens de l’adoption de la cause arabe et de l’identification arabe. Ce livre, dont je récuse le titre, est L’Église des arabes

Depuis toujours, le Vatican a pris position pour la cause palestinienne, non par alignement politique, mais par souci de la Justice. Aujourd’hui cette position est admise par tous les chrétiens d’Orient, y compris les anciens militants anti-arabes. Cependant, l’ingérence injustifiée de l’Occident —États-Unis et France en tête— dans les affaires régionales déjà suffisamment et amèrement expérimentée durant la guerre du Liban et non encore effacée de la réalité du terrain en Irak trouve les chrétiens, prélats en tête, extrêmement précautionneux. Il ne s’agit pas de devenir des ennemis des Occidentaux, mais de se rendre compte une fois pour toutes que la survie des chrétiens en Orient ne pourra plus être débitrice d’un quelconque protectorat ou Sublime Porte ; notre avenir dépend du mariage convaincu des chrétiens avec leurs frères qui cohabitent avec eux en Orient, en qui ils reconnaissent des frères de sang par delà les divergences confessionnelles qui sont moins grandes qu’elles ne paraissent.

Les chrétiens ont toujours servi de paravents culturels à l’Occident. Lorsque les Ottomans, l’homme malade de l’Europe, n’avaient d’autre alternative que d’accueillir les divers consuls occidentaux qui venaient avec leurs missionnaires à Alep (Français, Italiens, Vénitiens, Génois, Hollandais, Autrichiens, Anglais, etc…), les chrétiens étaient l’interface qui leur permettaient de s’adapter à l’Orient mystérieux. En définitive les chrétiens ne sont les ennemis de personne. Ils ont aussi bien accueillis les Occidentaux que les musulmans. Quoi qu’il en soit, ils se réservent le droit après tant de revers de critiquer les bévues, la courte vue, ou l’emportement intempestif des uns et des autres en Occident qui promeuvent leurs propres intérêts au détriment de la présence multiséculaire des chrétiens et autres composantes ethnico-culturelle du tissu socio-démographique oriental. Ou bien on accepte les principes démocratiques et on prend en compte notre point de vue, ou bien admettez que nous faisons face une fois de plus à un système impérialiste qui exige que nous nous taisions et veut nous contraindre à obéir.

Thierry Meyssan : On assiste dans la presse catholique occidentale à une offensive en règle contre le nouveau patriarche maronite et ses déclarations hostiles à une intervention internationale pour changer le régime en Syrie. Ses détracteurs l’accusent de collaboration avec « la dictature des Assad ». Est-il vrai que la minorité chrétienne d’Orient a peur de la démocratie ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je suis déçue par la presse catholique qui suit aveuglément la tendance dictée par les maîtres du monde et qui ne fait que répéter comme un perroquet ce que les médias mainstream propagent à satiété. Dommage que nous ayons, en ces jours difficiles, à nous expliquer d’abord avec nos coreligionnaires qui sont totalement dans la méprise, le malentendu et la désinformation ; à part quelques exceptions dont je salue le courage.

Les Occidentaux se sont habitués à être les juges, les maîtres à penser, les commanditaires, et disons les tuteurs des chrétiens d’Orient. Cela est dû à la trop grande complaisance de certains d’entre nous envers une culture alternative qu’ils ont adoptée. De surcroît, une chose est d’être francophone, une autre est de permettre aux Français —ou à d’autres occidentaux— de s’ériger en pédagogues et tuteurs des chrétiens d’Orient. Le patriarche maronite a dit ce qu’il pensait, de concert avec ses collègues les autres patriarches d’Orient. Il ne l’a pas fait en connivence avec une dictature, mais en harmonie avec ce qu’il croit être la Justice, le Droit et l’intérêt des communautés chrétiennes. Bien sûr, les propos du patriarche contre carrent d’une manière très autorisée les manigances de la communauté internationale visant à instaurer à n’importe quel prix un régime alternatif fantoche en Syrie comme en Libye. Le fait de s’intéresser tellement aux affaires syriennes — oh ! que ne l’eut-on fait lors de la guerre du Liban lorsque nous étions massacrés dans l’indifférence !— au point d’en faire la « une » quotidienne des médias du Nouveau Totalitarisme devrait éveiller l’attention de toute personne libre et critique.

Prétendre que les chrétiens d’Orient et leurs pasteurs sont réticents à accompagner les révolutions arabes par crainte de la démocratie, est une calomnie malveillante. Les chrétiens ont été partout des pionniers de la liberté d’expression, de l’égalité entre citoyens, et de la dignité du peuple. Il est faux de dire que nous ignorons culturellement la démocratie, que nos familles sont autoritaires et qu’en général, il n’y a pas de démocratie dans l’Église. Il s’agit d’une lecture réductrice, superficielle, Pourquoi ne pas parler de l’amour qui règne dans nos familles ? Cette concorde fait que nous n’avons pas besoin de majorité pour diriger puisque le consensus est la réalité quotidienne qui soude les divers membres de cet édifice. Quand à l’Église, c’est la communion qui préside à la relation entre ces membres. Traiter la famille et l’Église sous l’angle de la démocratie, c’est politiser ces réalités qui sont infiniment plus profondes que les intérêts de la Polis. Je suis étonnée que des prêtres qui lancent des séminaires de prière et de jeûne soient en réalité axés sur une vision unilatérale politicienne de la famille, de l’Église, de la société, au point de devenir des consultants bénévoles qui dictent, comme faisaient jadis les colonisateurs, leurs avis assénés comme des oracles du haut d’une estime surabondante de soi à la pauvre plèbe du peuple syrien considéré comme mineur, inculte, aveugle et impuissant.

Les Occidentaux sont gonflés d’orgueil à tel point qu’ils ne peuvent pas penser à d’autres schèmes civils que les leurs, bien que leur monde soit confronté à une crise sociale, économique, morale, insoluble. Dans les sociétés traditionnelles fidèles au système ancestral hérité des temps bibliques, il existe d’autres moyens, d’autres paramètres qui peuvent régir d’une manière autrement réussie la vie quotidienne de la société. Je pense au système patriarcal. Je pense au système des alliances entre familles, entre tribus, entre villes, entre régions et entre États ; un système fédératif basé sur les libertés et les intérêts particuliers de la famille, de la tribu, liés à la terre des ancêtres. Malheureusement l’Occident a balayé le concept d’appartenance à la terre, à la famille, à l’ethnie, et somme toute celui d’identité ontologique. Son modèle est basé, non pas sur la reconnaissance de l’individu, mais sur des intérêts périphériques. C’est au nom de l’économiquement utile que l’on sacrifie —au profit des multinationales— les principes de la patrie, de la famille, de l’identité personnelle. On ne se rend pas compte que nous sommes embarqués dans un totalitarisme ô combien plus effréné et maléfique que ces petits régimes autoritaires que l’on cherche à renverser. Eux ont eu le mérite de profiter du tissu social, identitaire, familial, tribal et clanique de notre mystérieux Orient. Je suis consciente que notre vie heureuse est, à distance, totalement incompréhensible pour l’Occident.

Thierry Meyssan : Le Conseil national syrien de transition (CNS), qui s’est constitué en Turquie, est dominé par les Frères musulmans. Cette confrérie a été longuement et sévèrement réprimée par Damas. Les villes où elle est historiquement présente sont désormais au cœur de la contestation. Les Frères musulmans sont avant tout partisans d’une application moderne de la Charia. Leur préoccupation ne rejoint-elle pas celle de nombreux mouvements chrétiens en faveur d’une restauration de la moralité ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je déplore que de soi-disant opposants n’aient pas pris au mot le président Bachar el Assad pour débattre avec lui la série de réformes qu’il est en train de conduire. Au lieu de cela, cette opposition a fermé les portes à toute négociation, non seulement par ses déclarations, mais par la force des armes, des attentats, et autres violences. Le CNS ne se présente pas comme une émanation naturelle d’une aspiration réelle du peuple syrien à ses droits légitimes, mais comme l’accouchement forcé d’une collaboration occulte avec des intérêts étrangers à la Syrie.

L’Alliance entre les Frères musulmans et l’Occident est un scandale pour les chrétiens et pour les musulmans qui ne veulent pas que le religieux empiète dans leurs vies sur le civil. Dans les régimes laïques, instaurés après le colonialisme dans la foulée panarabe, le soulagement pour tous était une certaine distance entre la religion et le civil. Or, les Occidentaux qui rejettent chez eux avec raison l’amalgame civil-religieux cherchent à le favoriser ici pour renverser des régimes laïques ! C’est ce qui fait peur à la majorité du peuple syrien. La Charia appliquée dans sa totalité telle que cherchent à l’instaurer les Frères musulmans, fonde des régimes théocratiques surannés, obscurantistes, tel celui d’Arabie saoudite. Comment accepter une telle régression au XXIe siècle et quel modernisme les Frères musulmans peuvent-ils apporter à la Charia qui étant de nature divine ne saurait être tempérée ou rectifiée par aucun pouvoir humain ?

Je soupçonne une connivence cachée entre les intérêts néocoloniaux de l’Occident et la coercition mentale effectuée au moyen de la Charia. Les puissances occidentales ont malheureusement besoin, pour démocratiques qu’elles se présentent, d’un système qui les aide à subjuguer les masses sous couvert de piété et de fidélité à la religion. En somme, les puissances occidentales ont peur des chrétiens qui d’après l’enseignement de l’Évangile sont libres de choisir le Bien ou le Mal et sont rendus à leur dignité de créatures raisonnables, responsables de leur pensées, de leurs paroles et de leurs actions, ce qui n’est pas le cas du fondamentalisme musulman.

Thierry Meyssan : Des clercs occidentaux vivant dans le monde arabe se sont résolument engagés dans le « Printemps arabe ». Ils soulignent que les Européens ne doivent pas être des privilégiés, mais que tous les peuples ont le droit de vivre avec les standards occidentaux et de bénéficier de la démocratie. Pourtant, le patriarche comme vous même semblez inquiets de la révolution syrienne. En définitive, les chrétiens ont-ils une position communautaire sur ce sujet ou sont-ils politiquement divisés ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je crois vraiment que les clercs occidentaux qui vivent dans le monde arabe ne sont engagés que mentalement dans le printemps arabe, ce sont des révolutionnaires de papier. Qui plus est, ils n’ont pas pris la peine —parce que étrangers au tissu social et à la synthèse identitaire orientale— d’ausculter la tendance réelle de l’immense majorité silencieuse, chrétienne et musulmane. Ces clercs occidentaux sont les premiers à être induits en erreur et à démontrer qu’ils méprisent les valeurs orientales pour lesquelles ils disent s’être engagés puisqu’ils cherchent à importer par la force d’une conviction hors de propos le standard occidental comme étant la norme universelle, uniquement viable, du bien être et de la dignité. Malheureusement, regardons en face ce standard, avec des yeux orientaux : où est l’importance donnée à la famille qui s’effrite au point que l’identité du genre est devenue un débat à l’ONU ? qu’en est-il des mœurs totalement révulsives pour un oriental et pourquoi ne pas le dire puisque nous sommes libres de nous exprimer, jamais en Orient nous n’accepterons la banalisation des avortements ou l’isolement des personnes âgées en dehors de leurs familles. Il est certain que le standard occidental n’est une référence que pour les orientaux qui sont déracinés de leur propre identité et qui vivent dans un monde virtuel pour se laisser façonner à l’image de leurs idoles. Ce n’est pas la révolution qui fait peur au patriarche et aux Chrétiens, mais c’est l’ingérence de l’Occident qui laisse à penser qu’il s’agit d’une conspiration ou d’un mouvement détourné plutôt que d’un événement entièrement spontané. Les chrétiens peuvent être divisés politiquement, c’est leur droit. Ils ont toujours été pluralistes et c’est leur honneur. Il n’en demeure pas moins qu’à cause de la liberté inhérente à leur formation religieuse, ils sont les artisans et je dirai une référence pour toute révolution digne de ce nom.

Thierry Meyssan

 Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).

http://www.voltairenet.org/Les-chretiens-d-Orient-s-erigent 



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Mouna Alno-Nakhal : « Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée ! »

Courrier d’une lectrice

 
 

 « Tout ce que je peux ajouter à tout ce que tu sais déjà, c’est que ces opposants soit disant pacifiques et qui étaient armés depuis le début sont passés aux actes terroristes : tous les jours, des gens sont assassinés à cause de leur confession ou de leur relation avec le pouvoir, des écoliers terrorisés pour les empêcher d’aller à l’école, les trains visés par des explosions et ça va crescendo » .

Tel est le message que j’ai reçu d’un ami d’Alep (le 3 octobre à 00.04 minutes). Je crois ce qu’il me dit ! Comme je crois qu’un nombre non négligeable de prétendus défenseurs des « droits de l’Homme », ou de journalistes et autres ONG, sont, consciemment ou à leur insu, complices de ce drame qui semble devoir être mené à son paroxysme, pour que l’OTAN puisse enfin jouir d’une « zone de responsabilité », une de plus !

Pour chacune de ces zones massacrées ou conquises - c’est selon - le même scénario cauchemardesque ! Nul besoin pour le commun des mortels d’être dans le secret des dieux ; il suffit de lire, de regarder et d’écouter.

Des preuves de ce que je me permets de mettre en doute ? Voici ma revue de presse. Elle est loin d’être exhaustive et ne fait que s’attarder sur deux articles récents.

« Syrie : la révolution s’arme et a besoin de l’OTAN », par Bernard Schalscha, La Règle du Jeu, 30 septembre 2011.

Le blog de Bernard Henri-Levy (BHL) « La règle du jeu » en appelle directement à l’OTAN. Mais cette fois-ci, Monsieur BHL s’est choisi un paratonnerre nommé « Bernard Schalscha ».

Allez à l’essentiel de ce qu’il vous dit : « Soyons clairs : en Syrie les jours de la révolution pacifique sont passés… Puisque les Nations unies ne peuvent donc pas se porter au secours du peuple syrien, la seule puissance capable de le faire est l’OTAN. L’idée a fait son chemin en Syrie. Nous la faisons nôtre. Et tant pis si elle est sacrilège pour les hérauts syriens de la fierté nationaliste arabe, que l’on entend d’ailleurs surtout depuis leur exil en Occident. Ceux-là sont prêts à se battre depuis l’étranger jusqu’au dernier révolutionnaire sur le terrain… Refuser l’ingérence étrangère, c’est délivrer un permis de massacrer. »

Et si, par malheur, vous n’étiez pas convaincus de son empathie pour cette entité qu’est censé être «  le peuple syrien », il vous invite à visionner une vidéo d’une tristesse infinie, que vous soyez neutre ou que vous ayez pris parti.

Qui est donc ce preux chevalier qui s’engage pour les hérauts de l’Occident contre ceux de l’Orient (ou l’inverse, je n’ai pas bien compris) reconnaissant que « sa » révolution est armée ? Oui, « sa » révolution ! Je ne me permettrais pas de vous le présenter autrement qu’il ne se décrit lui-même.
 « SHALSHA BERNARD profite bien de la vie et de temps en temps écrit des articles »
 « Interview de Bernard Schalscha du collectif urgence Darfour  »

Quant à son commanditaire, les vidéos ne manquent pas ! Certains y verront l’indécence ; d’autres, la provocation calculée de celui qui se trouve être du côté des plus forts.

Invité Elkrief : Bernard-Henri Levy, 4 juillet 2011.

Invité Ruth Elkrief : Bernard-Henri Levy, 20 avril 2011.

VIDEO A CONSULTER SUR CE LIEN http://www.youtube.com/watch?v=8jre2VAfE3s&feature=player_embedded

Ai- je le droit de dire tout haut ce que je pense tout bas ?

Citoyenne française, je crois en mon âme et conscience que je dois le dire.

 Le texte évoqué montre le «  rôle militaire » dévolu à certains «  médias sociaux ».

 Il montre aussi que les amis de BHL, si « désintéressés » dans le cas du Darfour, sont maintenant aux avant postes des sauveurs de la Syrie et s’impatientent, puisque « la couverture » de l’ONU n’est toujours pas tissée et le dialogue entre les syriens non encore définitivement exclu.

 Ces images édifiantes, d’où qu’elles viennent, sont utilisées pour convaincre ceux qui ne veulent pas d’intervention de l’OTAN, et ils sont nombreux à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie !

        Après le Président Obama (prix Nobel de la paix) qui s’est passé du Congrès américain pour s’appuyer sur l’ONU, Monsieur BHL et ses amis comptent se passer de l’ONU pour s’appuyer sur l’OTAN.

       

Programme Télé / Arte/  - Théma « Syrie : Permis de tuer »
Résumé du programme TV en direct.
Bravant les interdits, une journaliste a filmé la révolte syrienne et sa sanglante répression, qui aurait causé 2 200 morts. Un document exceptionnel suivi d’une excellente enquête sur la mainmise de la famille Assad sur le pays.
Exclusif / « 
Une journaliste a filmé la répression en Syrie », par Marianne Dardard, lavie.fr, 27 septembre 2011.
« Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer - en août 2011 - la révolte du peuple syrien et sa sanglante répression. Son documentaire "Syrie, dans l’enfer de la répression", sera diffusé le 11 octobre à 20h40 sur Arte.

Pour lavie.fr elle nous raconte son périple à haut risque. »

Madame Amara nous offre ici en avant-première les détails de son odyssée et une séquence vidéo, à laquelle une personne qui vit la réalité du terrain a déjà répondu. Il s’agit de Mère Agnès de la Croix qui n’a cessé depuis le début des « événements » en Syrie de mettre en garde contre les manipulations et la désinformation.

Voici sa réponse : « Schizophrénie médiatique, l’interview de Sofia Amara », 1er octobre 2011.

Qui est donc cette journaliste qui a bravé tous les dangers ?

On apprend sur Google que c’est une femme qui sait se défendre, qui a déjà un titre de gloire, et un livre à paraître en novembre 2011 intitulé : « La révolution en kit » !

Sur Facebook, parmi la multitude de ses amis figure, depuis peu, une armée qui regrouperait des officiers syriens libres. Le lien est là, en tout cas à l’heure où je vous écris : كتيبة ضباط خالد بن الوليد (brigade Khaled Ben Al-Walid). Il suffit de le suivre. Il n’est pas nécessaire de comprendre l’Arabe pour consulter le mur photos où trône celle d’un certain Sheikh Adnan Aroor الفاضل عدنان العرعور « majestueusement salué et ardemment remercié pour l’éloge qu’il a daigné prodiguer à cette armée » entre autres ! Ce Sheikh déjà évoqué par Mère Agnès-Mariam de la Croix, vous parle.
Ecoutez-le :VIDEO A CONSULTER SUR CE LIEN http://www.youtube.com/watch?v=h3lhyT3602Y&feature=player_embedded

Lisez aussi « LeMonde.fr » qui s’est décidé à ne plus rien nous cacher de ce qui fut « longtemps confiné à l’état de rumeur » ! (sic)
« 
L’armée libre de Syrie veut armer la rébellion », blog.lemonde.fr, 27 septembre 2011.
« La ville de Homs abrite la célèbre brigade Khaled Ben Al-Walid du bataillon des Officiers libres. "Nous sommes des officiers libres rejetant l’oppression du peuple et nous protégeons les innocents" … Ces déserteurs assurent pour le moment la protection des manifestants contre les opérations des forces de sécurité et des milices du régime. Ils ne disposent pas encore des capacités nécessaires pour mener de larges opérations. Toutefois, ils ont déjà quelques faits d’armes à leur actif. La première opération remonte au 20 juin...

En protégeant une manifestation, ils ont tué au moins six membres des forces de sécurité. "Cela nous touche quand ils sont tués. Ils ne savent pas pourquoi ils se battent", confie Abou Omar. » (Paragraphe : HOMS, FOYER DE LA RÉVOLTE ARMÉE)

Je vous laisse lire et découvrir le dilemme auquel est confronté le peuple syrien et je m’arrête sur « la première opération remonte au 20 juin ». Qui a répondu à cet appel, encore présent sur sept sites web différents ?
« 
Ce qui se passe en Syrie… - Témoignage d’un médecin syrien »

J’admets que l’on ne trouve que ce que l’on cherche, mais tous ces journalistes de la toile bénéficient, en principe, d’un service de veille d’autant plus précieux qu’on nous disait que les journalistes étaient interdits de séjour en Syrie ! Non ? Ce texte était clair et d’autres témoignages l’ont suivi, non moins crédibles que celui de Monsieur BHL et ses amis. On y apprenait qu’il y avait d’une part aspirations légitimes et manifestations pacifiques, d’autre part sédition et brigades armées. Et c’est maintenant qu’on commence à l’admettre. Pourquoi ? Parce que le mal est fait ? Parce qu’on ne pourrait plus trouver une solution politique, ni engager un dialogue vu le sang versé ? Je suis obligée d’arriver à cette conclusion pour la bonne raison que j’ai moi-même transféré ce lien à trois personnalités politiques. L’ont-elles reçu ?

Maintenant que les langues se délient, peut-on espérer voir les appels répétés des «  innocents » de toutes confessions, de Homs et d’ailleurs, portés par d’aussi gros titres que les appels à la honte du Journal «  Le Monde ».
« Syrie : La situation des chrétiens à Homs - Le curé de Bab Sbah, à Homs, témoigne », 24 septembre 2011.
Je souligne une phrase inaugurale de ce texte : « Je peux vous dire que l’épreuve renforce notre foi, nous unit entre chrétiens, et entre chrétiens et musulmans et nous détache des choses de ce monde… ».

Je dis « Le Monde » parce que ce journal de référence, qui par le passé a éveillé et nourri mon intérêt à la politique, a préféré traiter cette tragédie sous un angle religieux et moyenâgeux comme si la guerre des religions (traduisez la guerre civile) tardait à venir et par conséquent, la « guerre humanitaire » qu’il nous faut absolument cautionner sans avoir à nous poser de problèmes de conscience, individuellement d’abord, collectivement ensuite. Ne s’est-il pas permis de publier « un brulot communautariste totalement halluciné » (ce n’est pas de moi, mais les mots me paraissent justes) :
« 
Honte aux chrétiens syriens ! », par Marie Mamarbachi-Seurat, Le Monde, 17 septembre 2011.

Je ne pouvais que répondre et je l’ai fait :
« 
Droit de réponse à Marie Mammarbachi-Seurat qui jette l’opprobre sur ses coreligionnaires et patriarches les invitant à se taire ! », par Mouna Alno-Nakhal, 24 septembre 2011.
(
http://abonnes.lemonde.fr/idees/chronique/2011/09/25/droit-de-reponse-a-marie-mammarbachi-seurat-qui-jette-l-opprobre-sur-ses-coreligionnaires-et-patriarches-les-invitant-a-se-taire_1575474_3232.html)

Mais peu importe ma réponse, comparée à celles qui viennent de ceux qui vivent l’horreur, et qui l’ont vu venir, qu’ils soient chrétiens ou musulmans.
 « Syrie : Les Chrétiens d’Orient redoutent la guerre civile - Mère Agnès-Mariam de la Croix répond à Madame Marie Mamarbachi Seurat », 25 septembre 2011.
 « Lors des funérailles du fils du Grand Mufti de Syrie : “Pas de concessions ni de capitulations” », par Louis Denghien, InfoSyrie, 4 octobre 2011.

A votre avis, qui dit la vérité ?

J’entends déjà les « nous ne savions pas ! » de toutes les « personnes » qui regretteront sincèrement d’avoir ressenti de la fierté là où ils ont laissé semer la désolation, désinformés, manipulés, pris par le temps et les priorités de leur propre survie.

 Articles de Mouna Alno-Nakhal publiés par Mondialisation.ca

Mouna Alno-Nakhal

Mondialisation.ca,

Le 7 octobre 2011

silviacattori.net

 

2-2 Roland Dumas et Jacques Vergès : « Sarkozy sous BHL », une grenade dégoupillée dans la cour de l’Elysée.

Après la Libye, Sarkozy menace la Syrie et l’Iran. Où s’arrêtera-t-il ?

Interview de Roland Dumas et Jacques Vergès –

Propos recueillis par Gilles Munier (Octobre 2011)

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France !

On attendait les révélations de Saif al-islam sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye…

À la place, on a eu droit, sur le même sujet, à la relance de l’affaire Bettencourt, le scandale politico-fiscal de la principale actionnaire de la société L’Oréal, puis à un déluge de révélations sur la remise de valises de billets en provenance de présidents africains, par l’entremise de l’avocat de la Françafrique Robert Bourgi (l’un des dénonciateurs, qui reconnaît avoir porté des valises) à des hommes politiques français, toutes tendances confondues. Dans cette atmosphère de fin de règne, on lira avec délectation le pamphlet de Jacques Vergès et Roland Dumas qui connaissent bien les dessous crapuleux du renversement du colonel Kadhafi. Un pamphlet à lire d’une traite*.

Afrique Asie : « Sarkozy sous BHL », le pamphlet que vous venez de publier, est une volée de bois vert contre le pouvoir de l’argent en politique. Pouvoir et argent ont toujours cohabité, sauf peut-être dans certains pays socialistes. Qu’apporte de nouveau la présidence Sarkozy dans ce domaine ?

Roland Dumas : Le pouvoir de l’argent a toujours existé. Au travers des siècles. Dans tous les régimes. Il est triste de voir une grande démocratie ou « prétendue telle » comme la République française, être en proie à un phénomène aujourd’hui décuplé.

Les révélations qui sortent chaque jour sont édifiantes à ce sujet mais la « France Afrique » n’est pas simplement un problème d’argent et de valises de billets. C’est aussi une méthode qui nous ramène des siècles en arrière et qui repose sur des actions militaires, en bref, sur le colonialisme : « Un régime vous déplaît, on le change, on en installe un autre ». Peut-on dire que c’est là le progrès ?

Jacques Vergès : Ce que la présidence Sarkozy apporte de nouveau dans les relations entre pouvoir et argent est l’hypertrophie du rôle de l’argent sale et de la corruption qui s’ensuit, faisant de la République française une République bananière. Ses relations avec les pays africains et arabes ne se font plus à travers des diplomates mais à travers des affairistes douteux.

BHL, la « mouche du coche »

Afrique Asie : Vous vous en prenez à « Lévy d’Arabie »… BHL. Est-ce la première fois, sous la République, qu’un intellectuel détient publiquement un tel pouvoir? Peut-on comparer son influence à celle de Jacques Attali sur François Mitterrand ou de Marie-France Garaud sur Georges Pompidou puis Jacques Chirac ?

Jacques Vergès : On ne peut comparer les rôles discrets de M. Attali auprès du président Mitterrand ou de Madame Garaud auprès de Georges Pompidou avec le rôle de M. Lévy auprès de Sarkozy qui est un rôle de décideur. Le président Sarkozy entérine les conciliabules de M. Lévy avec des émissaires libyens dans les hôtels parisiens.

Roland Dumas : C’est sans doute la première fois qu’un intellectuel aussi médiocre que M. Bernard-Henry Lévy joue un rôle aussi important dans la République. On ne peut le comparer ni à Jacques Attali qui était une institution dans la République ou à Marie-France Garaud qui disposait d’une relation personnelle avec Georges Pompidou. La situation insolite de M. BHL ne relève ni d’un cas ni d’un autre. Il n’est rien dans la République. Il s’impose. Il virevolte. Il joue les « mouches du coche ».

Afrique Asie : En Libye, le CNT occupe Tripoli. Qu’en est-il de la plainte que vous comptiez déposer accusant Nicolas Sarkozy de crime de guerre ?

Jacques Vergès : Cette plainte attend que M. Sarkozy ne soit plus à même d’empêcher cette plainte de suivre son cours.

Afrique Asie : Après la Libye, Sarkozy menace la Syrie et l’Iran. Où s’arrêtera-t-il ?

Jacques Vergès : M. Sarkozy est irresponsable, il est capable désormais de toutes les folies à moins que le peuple français ne lui passe une camisole de force auparavant.

Roland Dumas : C’est cela qui nous inquiète. Les menaces contre la Syrie sont précises. Elles sont sérieuses. Les menaces contre l’Iran existent. On a l’impression que tout est fait pour embraser le Proche-Orient. A quoi cela correspond-il ? On peut se le demander. Je ne peux séparer la situation actuelle de ce qui se passe à l’ONU au sujet des Palestiniens.

L’humanité se déshonore en laissant tomber le peuple palestinien qui est raisonnable, paisible et ne demande pour lui que ce que les israéliens ont obtenu pour eux-mêmes.

Retour du colonialisme

Afrique Asie : Après le renversement de Saddam Hussein, de Laurent Gbagbo et du colonel Kadhafi, ne sommes-nous pas en définitive en train d’assister à un retour accéléré du colonialisme ?

Roland Dumas : Tout à fait. Nous assistons à un retour, non seulement accéléré mais amplifié, démultiplié du colonialisme avec des moyens énormes. Saura-t-on un jour le coût des campagnes de l’Afghanistan et de la Libye ? Le peuple français a le droit de savoir. Au moment où tout le monde s’agite autour de la crise, n’est-il pas raisonnable de poser la question du coût de guerres inutiles et monstrueuses ?

Jacques Vergès : C’est évident que la politique de M. Sarkozy marque un retour du colonialisme à un moment où la France et l’Occident en général n’en ont plus les moyens. Il peut renverser les gouvernements mais ne peut assurer l’ordre ensuite.

Afrique Asie : Pensez-vous que l’Algérie soit sur la liste des « pays à casser » ?

Roland Dumas : Pourquoi pas. Le contentieux entre la France et l’Algérie est durable. Quand vous imaginez que les Français n’ont pas encore souscrit à la proposition de négociations avec l’Algérie sur un contrat d’amitié, parce que trop de blessures sont encore saignantes… Tout est à craindre pour l’Algérie, mais ce sera pour M. Sarkozy un autre « morceau »…

* Lire « Bonnes feuilles » dans Afrique Asie d’octobre 2011

Mercredi 5 octobre 2011

http://www.afrique-asie.fr/index.php/category/accueil/actualite/article/sarkozy-sous-bhl-interview-de-jacques-verges-et-roland-dumas


2-3 Gearóid Ó Colmáin « Une culture de violence, de mort et de drogues ».

La délégation de l’ALBA à Damas condamne l’impérialisme américain

La décision historique de la Chine et de la Russie du 5 octobre 2011 d’opposer leur veto à la résolution des puissances Euro-Alantiques qui voulaient imposer des sanctions au gouvernement syrien a porté un grand coup à l’impérialisme occidental.

Le veto chino-russe a ravivé les espoirs de paix et de sécurité des pays développés qui assistent, horrifiés et indignés, à l’orgie de violence à laquelle se livre l’OTAN en bombardant la Libye depuis 8 mois.

Les forces de sécurité de la république arabe syrienne combattent des gangs armés soutenus par les services secrets occidentaux depuis février. Des milliers de civils innocents et des milliers de personnes travaillant à la sécurité ont été tués. Le Blitzkrieg de l’OTAN contre le peuple de Libye et la guerre secrète contre le peuple de Syrie révèlent la panique qui a saisi le capitalisme occidental ainsi que la profonde division qui règne entre les pays progressistes qui tentent de créer un monde multipolaire et les ploutocraties malades qui se livrent aujourd’hui au pillage, au vol et au meurtre de masse dans un effort désespéré pour maintenir leur hégémonie.

Les pays de l’ALBA (Alliance bolivarienne d’Amérique), comme le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Cuba, n’ont pas cessé de soutenir le grand peuple de la Libye socialiste arabe Jamahirya et la république arabe de Syrie dans leur longue lutte contre les terroristes soutenus par l’OTAN.

Le 9 octobre une délégation d’officiels de l’ALBA s’est rendue à Damas, la capitale de la Syrie, pour exprimer sa solidarité avec le pays terrorisé. La délégation incluait le ministre des communications de Bolivie, Eban Canelas, le ministre des affaires étrangères du Venezuela, Nicolas Maduro Moros, le ministre des affaires étrangères de Cuba, Bruno Eduardo Rodriquez, le ministre des affaires étrangères de l’Equateur, Pablo Villa Gomez, et le ministre des affaires étrangères du Nicaragua, Maria Rubiales.

Nicolas Madura, le ministre des affaires étrangères du Venezuela a dit à la TV syrienne le 10 octobre : "La puissance mondiale qui domine les médias a recours au terrorisme médiatique et à la guerre politique et psychologique pour imposer sa vision du monde."

Madura a ajouté que pendant les 30 dernières années : "Cette puissance a imposé sa propre culture au monde entier, une culture de violence, de mort et de drogues et a constitué un réseau de chaînes de télévisions et de presse pour asservir le monde entier."

Le ministre bolivien des communications, Ivan Canelas, a dit à la même chaîne de TV : "Ce que nous avons vu en Syrie est très différent de ce que la presse étrangère nous a montrés. La paix et la sécurité y règnent. Les gens vont à leur travail et vivent normalement. C’est la preuve que les organes médiatiques sont au service des puissances impériales qui veulent attenter à la souveraineté et à la dignité non seulement de la Syrie mais aussi d’autres peuples de la planète comme la Bolivie, le Venezuela, le Nicaragua et l’Equateur, Cuba et le Pérou.

M. Canales a aussi insisté sur la nécessité d’une réforme radicale de l’ONU afin de soustraire cette organisation au contrôle des USA.

Maria Rubiales, vice-ministre des affaires étrangères du Nicaragua a dit : "Quand une crise épouvantable éclate en Occident, spécialement aux USA, la façon la plus facile de s’en sortir pour eux est de détruire d’autres pays."

A propos des groupes terroristes armés par l’Occident qui sévissent en Syrie, Rubiales a dit : "Si cela arrivait aux USA, ils enverraient l’armée écraser les terroristes armés."

L’arrivée de la délégation d’Amérique Latine à Damas est une nouvel exemple révélateur de l’isolement grandissant du culte de l’impérialiste américain. Au fur et à mesure que de plus en plus de gens s’informent auprès des médias alternatifs dans le monde, les mensonges et la propagande du complexe impérialiste atlantiste se trouvent régulièrement démasqués.

Les pays de l’ALBA, et notamment le Venezuela, ont des relations étroites avec la république arabe syrienne. En novembre 2010, le ministre des affaires étrangères du Venezuela, Nicolas Maduro, s’est rendu à Damas pour finaliser 10 projets conjoints entre la Syrie, le Belarus et le Venezuela.

Il a dit aux reporters : "Le but de ce périple est de consolider des projets élaborés avec ces pays frères pour construire un nouveau monde que nous avons décrit en termes concrets."

Le Belarus est un partenaire important du Venezuela depuis longtemps. Minsk est parvenu à réduire sa dépendance pétrolière à la Russie grâce à un accord avec Caracas sur l’importation de pétrole dans des quantités qui peuvent aller jusqu’à 10 millions de tonnes.

Caracas, quant à lui, a aussi tiré profit de sa relation étroite avec l’ancienne république soviétique. Belarus a aidé le Venezuela à réaliser son ambitieux projet, Mision Casa Vivienda, Mission logement pour tous, qui a pour but de résoudre le problème du logement dans le pays.

Le Belarus a aussi subi les attaques du Nouvel Ordre Mondial ; les USA y ont orchestré les "révolutions de couleur" pour tenter de renverser le régime à plusieurs reprises.

Le président du Belarus, Alexander Lukashenko, a dit aux reporters russes le 7 octobre : "Ils ont essayé de fomenter une révolution au Belarus au moyen des réseaux sociaux. La personne qui gérait ces réseaux sociaux est en Pologne, protégée par les services spéciaux et financée par qui nous savons."

Les liens commerciaux bilatéraux entre la Syrie et le Belarus se sont intensifiés depuis 2007. Comme les pays de l’Alliance Bolivarienne, la Syrie et le Belarus luttent pour leur indépendance, leur souveraineté nationale et leur autonomie. L’accord commercial spécial entre le Venezuela, le Belarus et la Syrie, montre clairement que les pays en voie de développement veulent instaurer un monde multipolaire.

La visite en Syrie de la délégation de l’ALBA a été, bien évidemment, ignorée des médias occidentaux. Mais cette visite a une grande importance. La Syrie se bat, depuis février, contre un soulèvement secrètement fomenté par les services secrets occidentaux par l’intermédiaire de terroristes islamiques que les médias dominants aux mains des multinationales présentent au monde comme des "manifestants pacifiques".

De nombreux pays de l’ALBA ont souffert, dans le passé, de cette forme de terrorisme fomenté par les USA.

Les terroristes entraînés par les USA, connus sons le nom de “contras”, ont été utilisés contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua, dans les années 1980, et ont coûté la vie à 30 000 Nicaraguayens. Les terroristes nicaraguayens étaient décrits par la presse occidentale comme des ’combattants de la liberté’ exactement comme les terroristes syriens d’aujourd’hui sont décrits comme des "pro-démocrates", victimes d’un ’état terroriste’. La campagne terroriste soutenue par les USA a si bien marché au Nicaragua que Washington a décidé d’envoyer son principal organisateur, Michael Kozak, au Belarus comme ambassadeur des USA. Kozak a dit au journal le Times, le 3 septembre 2001 que "l’objectif et, dans une certaine mesure, les méthodes employées sont les mêmes au Belarus qu’au Nicaragua."

La récente visite en Syrie de la délégation de l’ALBA a montré que la véritable communauté internationale est consciente des "objectifs" et des méthodes" de l’impérialisme étasunien au Moyen Orient et dans le monde ainsi que du rôle méprisable des médias dominants dans la désinformation du public en ce qui concerne la Syrie. Mais surtout, la visite de la délégation de l’ALBA a envoyé aux élites euro-atlantistes dégénérées le signal que leur effort pour dominer la planète et y imposer leur "culture de violence, de mort et de drogues" est vouée à l’échec.

Gearóid Ó Colmáin

Gearóid Ó Colmáin est né à Cork, Irlande, et habite à Paris.

Il a écrit pour Metro Eireann. Il s’intéresse à la géopolitique, la globalisation, la philosophie et les arts. Il est membre du SISA, le syndicat italien pour l’écologie et l’éducation.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2011/10/%e2%80%9ca-culture-of-viol...

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article 14851
http://www.legrandsoir.info/une-culture-de-violence-de-mort-et-de-drogues-dissident-voice.html



3 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

« 3-1 Robert Bibeau : "PRINTEMPS ARABE " TUNISIE – L’ART D’AVANCER EN ARRIÈRE !

 

UN NOUVEAU « PRISME À L’ANALYSE » ?

 

Elles s’activent et elles s’agitent comme si le sol se dérobait sous leurs pas ces féministes dilettantes outragées. Madame Hillary Clinton, leur maître à penser, ayant décrété que le « Printemps arabe » avait pour objectif de « remettre en marche le cours de l’histoire vers la justice, la démocratie, la modernité et la laïcité », elles ne savent plus à quel saint se vouer, mais surtout, elles s’excitent, les amazones occidentales, depuis ce qu’elles décrivent pudiquement comme : « les événements récents en Tunisie et en Libye qui apportent un autre prisme à l’analyse » (1) ! 

Le pilonnage des populations civiles par plus de 14 000 sorties meurtrières d’avions de combat de l’OTAN, le massacre de milliers de femmes, d’hommes, d’enfants et de vieillards dans leur sommeil ou dans leur fuite des villes libyennes assiégées et bombardées apportent quel « autre prisme d’analyse », dites nous mesdames, sur la laïcité, le voile, la justice et la démocratie bourgeoise ?

À entendre ces élucubrations ubuesques, on croirait rêver, comme dans un cauchemar d’une nuit d’automne – loin du « Printemps arabe » justement – qui ressemble de moins en moins à un jardin de jasmins et de plus en plus à un cimetière de coquelicots sanglants.

Les événements évoqués par ces conférencières outrancières ont trait au massacre de populations civiles libyennes (plus de 50 000 victimes, 17 fois plus qu’au WTC) et à l’exécution sommaire – extra-judiciaire – du chef d’État libyen Mouammar Kadhafi par des mercenaires commandités par l’OTAN (une facture de 478 milliards de dollars sera refilée au CNT) ; ainsi qu’au vote de la population tunisienne qui vient de porter au pouvoir un parti islamiste, un parti qui n’a surtout pas participé au soulèvement populaire spontané et pseudo « apolitique », serait selon elles la résultante de la remise en marche de l’histoire arabe (2) ! Tiens donc, l’histoire arabe s’était immobilisée ? Quelle fadaise ridicule !

 

LES ISLAMISTES ACCRÉDITÉS – NON RÉSISTANTS

Le quotidien le Monde qui nous avait précédemment gratifié de ses écrits hystériques à propos des « islamo-fascistes » et sur le danger de reconnaître la résistance du  Hamas comme gouvernement légitimement et démocratiquement élu en Palestine occupée (2006), ou encore, de reconnaître la résistance du Hezbollah dont les candidats ont également été élus démocratiquement au Liban (2009) ; Le journal Le Monde, disions-nous, y va lui aussi de son mièvre laïus et s’interroge hébété : « Et si, en Tunisie la démocratie passait par l’Islam ? » !

 

Il y aurait donc de bons islamistes – nous savons déjà qu’une fraction des Talibans négocie avec les troupes d’invasion en Afghanistan et que pour cela ils sont devenus de bons Talibans – et il y aurait de mauvais islamistes (résistant à l’OTAN) selon le quotidien Le Monde, suivant en cela les directives de Washington et de Paris.

Le quotidien va plus loin et décrète tout bonnement que « la Tunisie, a été également le premier à affronter l'épreuve des urnes. Avec succès si on en juge la participation que les premières élections vraiment libres du monde arabe (…). » (3). La participation populaire fut de moins de 49 % à l’élection tunisienne bidon. De plus, impasse sur les élections palestiniennes démocratiques de 2006 et silence sur les élections libanaises démocratiques de 2009, parce que Hamas et Hezbollah ne sont pas des islamistes accrédités par Washington car ceux-la résistent, alors que ceux de Tunisie, et bientôt ceux d’Égypte, de Libye et de Syrie ne résistent pas à l’OTAN, ils collaborent, voilà ce qui leur vaut la palme d’or de l’intégrité non « intégriste ».

Pendant ce temps, jeudi, à Sidi Bouzid (Tunisie), d’où serait partie le 17 décembre 2010 la « résurrection » de la civilisation arabe (!) le peuple en colère, plutôt que de perdre son temps à voter, mais toujours au chômage et amère, ne pouvant digérer les coupons de votes qu’on leur offrait à consommer, a été réprimée dans le sang, par le fer et par le feu (4). Voilà la véritable réponse du peuple tunisien à l’encontre de la frauduleuse mystique démocratique. La même répression a aussi cours en ce moment en Égypte sous la junte militaire « démocratique » moubarakienne, sans Moubarak, ce tyran planqué, mis à la retraite dans sa datcha de Charm el-Cheikh « par la direction de la plus grande révolution » !?

 

ÉLECTIONS AVEC LES DOLLARS DU QATAR !

Quelle flagornerie petite bourgeoise, quel mépris pour les peuples arabes, cette grande civilisation millénaire qui n’attendait surtout pas le string, la pornographie juvénile, les génocides, les bombes à fragmentation, les munitions à l’uranium appauvri et les bombes au phosphore blanc pour s’émanciper et se « moderniser » ! 

 

Voila que les forbans de l'impérialisme américain, français et canadien - les chantres de la pseudo démocratie, le choeur des pleureuses de la « libératrice » Hillary, sont pris au piège de leur cynisme. Les féministes des pays riches dansent sur les cadavres des femmes arabes enfin « libérées » de leur voile, – elles qui n'avaient rien  demandé aux féministes ni aux « démocrates » des salons de Paris, de Montréal ou de Washington – voilà, disions-nous, que les femmes tunisiennes (moins de la moitié d’entre elles du moins) ont voté majoritairement – et c'est leur droit – pour un parti islamiste maintenant chargé d'assurer la continuité de Ben Ali sans Ben Ali, mais pour le bénéfice de la classe capitaliste que servait Ben Ali.

 

Que pouvait-on attendre de mieux quand un soulèvement populaire est, non pas « apolitique » mais extrêmement politisé, en direction de la social-démocratie opportuniste et réformiste et de l’électoralisme petit-bourgeois qui laisse espérer que l’on peut renverser un système social décadent à coup de coupons de votation. Le parti politique qui possède le plus de ressources financières et qui contrôle les moyens de propagande est assuré de l’emporter, nous l’avions écrit il y a dix mois.


« Voilà qu’entre en scène une nouvelle fraction d’intellectuels arabes, des occidentalisés mieux avisés. Maintenant que le premier groupe de compromis s’est cassé le nez, eux s’avancent et proposent une tactique différente; ils souhaitent détourner le mouvement ; d’une lutte sur le front économique, idéologique et politique, ces intellectuels arabes suggèrent de faire une lutte pour la « démocratie ». La « démocratie » qui nourrit comme aux États-Unis, mais pas les gagne-petits, elle nourrit la petite-bourgeoise (…) c’est le prix qu’elle fixe pour gagner son pari et engranger son profit, la petite-bourgeoise, le pari de diriger le conflit en Tunisie vers la « démocratie » du désespoir, de la faim et du mépris. » (5).

 

Les millions de dollars du Qatar et de l’Arabie Saoudite auront tout simplement fait la différence dans l’élection tunisienne comme ils le feront plus tard  en Égypte post Moubarak, dans la Libye post Kadhafi et éventuellement en Syrie laïque post Bachar el-Assad (6).

 

LA SOLUTION ARABE

Démocratisme bourgeois pour les riches, laïcité hypocrite, pseudo justice et modernité capitaliste, voilà l'art d'avancer en arrière aux pays du Maghreb et du Makresh sous domination impérialiste. Et maintenant, à Montréal, elles pleurent en chœur, nos soeurs en peur, devant ce qu’elles appellent un « détournement démocratique » (7). Quelle outrecuidance arrogante ces féministes occidentales ! Il n’y a là aucun détournement de la démocratie bourgeoise, le résultat de l’élection en Tunisie est le fruit de la démocratie bourgeoise manipulée par les riches tunisiens et leurs suppôts occidentaux, soutenus en sous main par les capitaux de l’intégriste Arabie Saoudite Wahhabite qu’aucune de ces donneuses de leçons n’ose dénoncer ouvertement, devinez pourquoi (8).  

 

Pourtant, la solution arabe et africaine aux maux de ces peuples est si simple et si évidente : que les puissances occidentales se retirent d'Afrique et qu’elles laissent l’Afrique aux Africains et les pays arabes et berbères aux arabes et aux berbères. Ils ne pourront jamais faire pire que l’Occident. Voilà la vraie solution pour ce continent et pour le Moyen-Orient. Mais il faudra les chassés ces puissances occupantes. De grâce, ne les aidez surtout pas, ils vivent assez de calamités sans subir Obama, Sarkozy, Cameron, Harper et Berlusconi, ils ont assez souffert sous les bottes de ces criminels de guerre (9).

______________________________
(1)  http://laicitequebec.wordpress.com/table-ronde-femmes-arabes-laicite-egalite-des-sexes/
(2) 
http://laicitequebec.wordpress.com/table-ronde-femmes-arabes-laicite-egalite-des-sexes/
(3) 
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/26/et-si-en-tunisie-la-democratie-passait-par-l-islam_1593940_3232.html
(4) 
http://www.lemonde.fr/tunisie/article/2011/10/29/retour-au-calme-a-sidi-bouzid-apres-plusieurs-jours-de-violence_1596118_1466522.html
(5) 
http://www.ism-france.org/analyses/Le-printemps-de-Tunis--article-14916 

(6)  http://www.centpapiers.com/le-%c2%ab-printemps-arabe-%c2%bb-%e2%80%93-l%e2%80%99attaque-contre-la-syrie/85260 et http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23260
(7) 
http://sisyphe.org/spip.php?article4023
(8) 
http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/334891/vers-l-obscurantisme-islamiste?utm_source=infolettre-2011-10-31&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne
(9) 
http://www.centpapiers.com/le-plan-americain-de-%c2%abgrand-moyen-orient%c2%bb-bat-de-l%e2%80%99aile/84557 

robertbibeau
Robert Bibeau :

2.11.2011

http://www.centpapiers.com/%c2%ab-printemps-arabe-%c2%bb-tunisie-l%e2%80%99art-d%e2%80%99avancer-en-arriere/85836


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