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08/11/2011

n°597 - Palestine - Dossier Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion. - 07-11 : Déclaration de Georges Ibrahim Abdellah en sa 28ème année de prison.


n°597  - Palestine - Dossier Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion.  - 07-11 : Déclaration de Georges Ibrahim Abdellah en sa 28ème année de prison.



     L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier Palestine

Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

            n°597                                                     07-11

                                             C.De Broeder & M.Lemaire   



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/ 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion.

1-1 Chérif Boudelal : La négation de la Palestine par Israël et ses complices.

1-2 Chomsky parle de “Occupy Wall Street” et de l’effondrement imminent d’Israël.

1-3 Robert Fisk : Etat palestinien : l’hypocrisie démocratique d’Obama.

1-4 Pierre Piccinin : État palestinien : « Mister Magic » va-t-il enfin tomber le masque ?

1_5 Editorial du "Monde". Proche-Orient : l'erreur américaine…

1-6 Déclaration de Georges Ibrahim Abdellah en sa 28ème année de prison.



1 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 Chérif Boudelal : La négation de la Palestine par Israël et ses complices.

Chronique du monde arabe

La mascarade jouée à l’ONU le 23 septembre 2011 devrait suffire aux Palestiniens pour comprendre qu’ils doivent compter désormais sur leur peuple et sur la résistance de ses vaillants combattants.

La négation des droits des palestiniens par Israël et ses complices n’étaient un secret pour personne. Fallait-il attendre des miracles de la part d’Israël, des USA et de leurs alliés ce 23 septembre 2011 ? Fallait-il aller à l’ONU pour tester « les amis des Palestiniens » et les faux défenseurs de la paix et des droits de l’Homme ? Le peuple palestinien avait-il besoin que son existence soit reconnue par les voleurs de ses terres et de leurs complices ? Fallait-il attendre des régimes arabes pour relever la tête une fois dans leur vie et exiger de leurs faux amis de faire respecter les résolutions de l’ONU, qu’ils ont fabriquées eux-mêmes, par Israël ?

Nous savions déjà que la démarche de ces « autorités » auprès de l’ONU pour quémander la reconnaissance d’un Etat sans souveraineté était une mascarade de leur part pour se racheter auprès de leur peuple après l’avoir trahi et divisé son unité. Nous ne faisions pas d’illusion sur les résultats, mais leur démarche n’était pas tout-à-fait négative puisqu’elle a donné raison à ceux qui pensaient que cette dite autorité faisait fausse route. Cette expérience n’a pas été tout à fait vaine dans la mesure où ceux qui se faisaient encore d’illusion sur la « sincérité » des « démocraties occidentales » se sont rendu compte, enfin, de leur erreur.

Un scénario joué d’avance

Les USA se sont, dès le départ, affiché leurs menaces d’user de leur droit de veto pour faire échouer cette initiative « unilatérale » des Palestiniens – comme si Israël consultait les Palestiniens quand il saisie leurs terres pour construire les colonies. Le scénario était déjà joué d’avance et les rôles distribués à chacune de ces puissances qui ont le pouvoir de décision au sein de ce machin qu’on appelle l’ONU. Comme d’habitude, les moutons suivent le guide y compris pour les amener à l’abattoir. Ce que nous attendions de ces chantres de la paix, qui ne jurent que par la démocratie, le respect des lois internationales et des droits de l’Homme, tout en les piétinant, est arrivé.

Cette initiative unilatérale de l’équipe d’Abbas, qui est allée à l’ONU sans l’aval des mouvements de la résistance palestinienne, a le mérite d’avoir réussi à faire tomber les masques de leurs faux amis. Cette expérience pourrait servir de leçon à ceux parmi les Palestiniens qui se faisaient amadouer par « la générosité » de ceux qui leur « offrent » des aides empoisonnées, milliards de dollars dans le but de briser l’unité de leur peuple et de les humilier.

Faut-il que ces derniers aient l’intelligence de comprendre que cette politique sioniste qui veut les laisser rompre à jamais derrière ces « dons généreux », assurés généralement par leurs lobbies (car pour eux l’argent coule à flot et ne leur pose aucun problème) afin de faire gagner davantage de temps à Israël. Pendant ce temps-là, Israël grignote jour après jour les parcelles de terres qui restent encore aux Palestiniens jusqu’à ce que leur cause soit noyée dans l’œuf une fois pour toutes afin de ne plus entendre parler ni de la Palestine, ni d’un peuple palestinien, ni de la cause palestinienne pour laquelle ont été sacrifiés des mallions d’Arabes.

Ces mêmes « autorités » se sont engagées à œuvrer pour la réconciliation des Palestiniens après les avoir divisés et joué le jeu d’Israël pendant quatre ans. Vont-elles tenir leur engagement et se rallier aux mouvements de résistance pour mener une politique unifiée et indépendante en comptant sur leur peuple au lieu de suivre les consignes de ceux qui veulent les mener à l’abattoir ? Même si c’était le cas, et que ces derniers décidaient de passer outre les recommandations des « donneurs », autrement dit des corrupteurs par procuration, les régimes arabes seraient-ils-capables de leur attribuer un budget de remplacement pour leur permettre d’assurer leur indépendance vis-à-vis d’Israêl et de ses complices ? C’est un défi que les Palestiniens devront relever en refusant les aides empoisonnées des USA et de leurs complices, en mettant ces régimes devant leur responsabilité, et en prenant leurs peuples comme témoins. En tout cas, après cette épreuve, les membres de cette dite autorité n’ont aucune autre alternative, à moins qu’ils décident de se suicider collectivement.

 

Ce dont le monde peut être sûr c’est que la négation des droits palestiniens par Israël et l’hypocrisie de ses complices n’entament en rien la détermination du peuple palestinien à se libérer de cet apartheid. Les projets d’Israël, les réjouissances des sionistes qui remportent quelques « victoires au Congrès US et à l’ONU ne sont en réalité que des victoires  éphémères. La résistance d’un peuple qui défend une cause juste est invincible. Le jour fatidique viendra et la résistance du peuple palestinien vaincra ; à ce moment-là la pieuvre sioniste périra et l’humanité toute entière sera soulagée de ce virus qui ronge ses racines. 

Il n’y a pas qu’Israël qui piétine les droits de l’Homme, les régimes arabes aussi !

Si Israël commet des crimes tous les jours contre les Palestinien, saisie leurs terres, coupe des centaines de leurs oliviers, brûle leurs récoltes et leurs mosquées, les régimes dits arabes en font autant, et parfois pire encore. Le régime syrien détruit les mosquées, emprisonne des milliers d’opposants, tue et torture tous les jours des dizaines de ses citoyens depuis six mois, et ce au vue et au su de tous. Le régime yéménite en fait autant. Quant au régime libyen, même au bout du souffle s’accroche à tout prix au pouvoir qu’il veut reconquérir. Car Kadhafi estime que lui seul a la légitimité de gouverner son peuple qui veut, dans le même temps, exterminer sa majorité.

 

Cependant, même si l’on doit soutenir le peuple libyen dans son combat contre le régime sanguinaire de Kadhafi, on est en droit de penser que sa « révolution » a été volée du fait qu’elle a été « Otanisée », c'est-à-dire empoisonnée dès le départ par l’ingérence étrangère. L’intervention de l’OTAN, avec l’aide de quelques régimes arabes inféodés aux USA, fausse cette révolution dont les vrais acteurs ont été trompés par les « infiltrés » du CNL. C’est ce Conseil qui a pris la direction, en apparence, de celle-ci, mais ce sont les Etats impliqués qui lui donnent les directives. La rapidité de l’entente des pays membres de l’OTAN pour intervenir en Libye laisse entendre que cette « révolution » a été planifiée bien avant les premières manifestations.

 

Comme par hasard, BHL était là dès le lendemain des premières manifestations de Benghazi ; ce dernier est allé rendre compte à Tel-Aviv de la situation dans ce pays quelque semaine après « sa réussite du siècle ». Ceci prouve qu’Israël est impliqué dans cette guerre, et peut-être même l’instigateur principal dont le but est de diviser les Libyens en jouant l’allié des deux parties, en les armant simultanément pour les pousser à s’exterminer mutuellement. On trouve les traces de cette méthode de diviser pour régner dans « Les protocoles des Sages de Sion ». Et c’est ce qu’Israël tente de faire, par les BHL interposés, dans tous les pays arabes pour faire avorter tout changement de leurs régimes qui soient en sa défaveur. Ceci dit, la révolution a été volée aux Libyens sincères qui l’avaient menée et se sont sacrifiés par dizaines de milliers pour en finir avec une dictature qui a durée plus de 40 ans. Mais les Libyens sont capables de balayer les traîtres parmi eux qui servent les intérêts de leurs ennemis ; ceux qui pensent avoir réussi à les diviser recevront tôt ou tard le retour du bâton.

 

Aux peuples arabes d’être vigilants, de ne compter que sur eux-mêmes, et de n’accepter aucune ingérence extérieure, ni d’aide financières d’aucun pays à tendance impérialiste. Car ceux qui donnent ne le font pas pour rien ; ils le font pour des intérêts, et de ce faite ils posent leurs conditions aux dirigeants des pays qui les acceptent, lesquels perdent leur souveraineté nationale. Et c’est le piège dans lequel sont tombés les gouvernements provisoires tunisiens et égyptiens, puisque les responsables de ces gouvernements provisoires ont accepté la « reconduite » des aides de corruption que les pays occidentaux attribuaient à leurs anciens régimes qui avaient « vendu leurs âmes au diable ».

Il faut souhaiter que le provisoire reste provisoire, et que les gouvernements officiels futurs dénoncent ces aides empoisonnées pour se libérer du joug impérialiste. Quant à leurs amis, ils doivent traiter avec eux, dans tous les domaines d’échanges et de coopération, dans la transparence et sur le même pied d’égalité. Que les peuples arabes se débarrassent d’abord de leurs régimes corrompus et ensuite de l’impérialisme qui pille leurs richesses en les appauvrissant. C’est la seule et unique façon qui puisse les  libérer de leurs faux amis et vrais ennemis.

Chérif BOUDELAL –

le 5 octobre 2011 –

immigrationstorys@yahoo.fr


1-2 Chomsky parle de “Occupy Wall Street” et de l’effondrement imminent d’Israël.

Dans un interview à Russia Today, l’éminent intellectuel, Professeur Noam Chomsky, a commenté d’importants événements politiques mondiaux.

Chomsky partage avec clarté ses réflexions sur les manifestations à Wall street et prédit que la pauvreté et le chômage vont se développer dans les mêmes proportions que pendant la grande dépression ; il parle de l’énorme montant que les dépenses de la campagne présidentielle de 2012 vont atteindre et dit que ceux qui sont au Congrès ou à la Maison Blanche ne méritent plus leur place mais l’achètent et il explique que l’assassinat d’Osama Bin Laden marque un tournant dans la politique américaine : a l’époque de Bush on enlevait et torturait celui que la CIA considérait comme une menace aux USA, sous Obama, on est passé à "aussitôt vu aussitôt abattu" en violation de toute légalité.

Il précise que le meurtre d’Osama Bin Laden a été commis d’une manière qui a fortement irrité et peut-être impliqué l’armée pakistanaise, ce qu’il trouve extrêmement dangereux.

Quant au printemps arabe, Chomsky dit que les USA et ses alliés occidentaux n’ont pas soutenu les révolutions tunisiennes et égyptiennes, au contraire ils s’y sont opposés en soutenant les dictateurs jusqu’à la dernière minute, puis ils ont changé de politique après leur chute.

En raison du fait qu’il met tous ses espoirs dans le seul soutien des USA "l’état sioniste risque de s’effondrer si se soutien lui était retiré totalement ou partiellement —tout à fait comme l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid", dit Chomsky qui rappelle que les Africanders s’étaient sentis assez en sécurité pour ignorer l’embargo de l’ONU et le retrait des entreprises de leur pays pendant les années 1980, tout le temps que l’administration de Reagan les soutenait. Mais dès que les USA lui ont retiré leur soutien, le régime d’apartheid s’est effondré.

"Cela fait 35 ans que les USA et Israël rejettent une accord politique qui est virtuellement soutenu par le monde entier. Il y a environ deux mois, il y a eu une réunion de l’oligarchie israélienne —ceux qui dirigent l’économie israélienne," explique Chomsky, " et ils ont conseillé au gouvernement d’accepter une résolution de ce genre parce que sinon Israël sera, comme ils disent transformée en Afrique du Sud ; elle sera encore plus isolée, à cause des boycotts, des refus de charger leurs navires, et leur économie s’écroulera."

Dr. Ashraf Ezzat - Pyramidion

http://ashraf62.wordpress.com/2011/...
Traduction : Dominique Muselet


1-3 Robert Fisk :Etat palestinien : l’hypocrisie démocratique d’Obama

Robert Fisk (revue de presse : The Independent - 25/9/11) – Traduction et synthèse : Xavière Jardez.
La semaine dernière aurait dû être pour le président Mahmoud Abbas la plus belle de sa vie. Même le New York Times avait découvert que « l’homme aux cheveux gris dans un costume gris et aux chaussures pratiques émergeait peu à peu de l’ombre ».
Mais cela est stupide : le pâle dirigeant de l’Autorité Palestinienne, qui a écrit un livre de 600 pages sur le conflit qui oppose son peuple à Israël sans utiliser une seule fois le mot « occupation » n’aurait pas eu beaucoup de souci à rivaliser avec le discours pathétique, humiliant d’Obama devant l’Assemblée générale de l’Onu dans lequel il a remis la politique américaine au Moyen-Orient entre les mains du gouvernement israélien et des ses combines.
Car la performance du Président américain qui a appelé à la fin de l’occupation israélienne des territoires arabes, à la fin du vol des terres arabes en Cisjordanie – « les colonies » israéliennes comme il les appelait auparavant- et à la création d’un Etat palestinien en 2011, a été désastreuse.
Comme à son habitude, Hanan Ashrawi, la seule voix palestinienne éloquente à New York, en ce moment, a bien vu : « Je ne pouvais pas croire ce que j’ai entendu » a-t-elle confié à un journaliste d’Haaretz. « Cela sonnait comme si c’était les Palestiniens qui occupaient Israël. Il n’y a pas eu un mot d’empathie pour les Palestiniens ». « Il n’a parlé que des ennuis des Israéliens ».
C’est vrai. Et comme à l’accoutumée, les journalistes israéliens les plus sains ont, par leur condamnation ouverte du discours d’Obama, démontré la couardise des princes des journalistes US.
« Le discours informe, sans imagination du président Barak Obama, » écrit Yael Sternhell, « devant les Nations Unies reflètent l’incapacité du président américain à faire face aux réalités du Moyen-Orient. »
Et à mesure que les jours passeront, nous découvrirons si les Palestiniens répondront à son discours servile par une troisième Intifada ou bien par un haussement d’épaules, de lassitude et de résignation, que tout a toujours été comme ça, que les faits prouvent encore et toujours que l’administration américaine est un instrument pour Israël pour appuyer son refus d’accorder un Etat aux Palestiniens.
Comment se fait-il, demandons-nous, que l’ambassadeur US en Israël, Dan Shapiro, ait fait le voyage de Tel Aviv à New York, dans l’avion de Benjamin Netanyahou ? Comment se fait-il que ce dernier était trop occupé à bavarder avec le président colombien pour prêter attention au discours d’Obama ? Il a seulement jeté un coup d’œil au texte quand il a été face à face à Obama, en direct.
Cela n’était pas du « chutzpah ». C’était une insulte pure et simple. Et Obama l’a bien mérité. Après avoir loué le Printemps/l’Eté/ l’Automne arabe, et tout ce qui se déroule encore, en raison des actes de courage des Tunisiens ou des Egyptiens, comme s’il, lui, avait été derrière le Réveil Arabe, l’homme n’a osé dédier que dix malheureuses minutes de son temps aux Palestiniens pour les gifler pour avoir eu l’audace de demander à l’ONU la création de leur Etat.
Obama a même suggéré – et ce fut la partie la plus comique de sa grotesque déclaration - que les Palestiniens et les Israéliens étaient deux parties « égales » dans ce conflit. Un Martien écoutant ce discours aurait eu la même réaction que Mme Ashrawi, que les Palestiniens occupaient Israël au lieu du contraire.
Aucune mention de l’occupation d’Israël n’a été faite, aucune ni des réfugiés ou de leur droit au retour ou du vol de terres palestiniennes arabes par le gouvernement israélien en violation du droit international.
Mais beaucoup de lamentations à propos du peuple d’Israël assiégé, des roquettes tirées sur leurs maisons, des attentats suicides – péchés palestiniens, bien sûr, mais aucune référence au carnage de Gaza, au nombre incalculable de morts palestiniens - et même à la persécution historique des juifs et à l’holocauste. Cette persécution est un fait d’histoire de même que le mal que fut l’holocauste ; MAIS LES PALESTINIENS N’ONT PAS COMMIS CES ACTES. Ce sont les Européens qui ont commis ces actes, européens dont Obama recherche l’appui pour dénier aux Palestiniens leur droit à un Etat. Ainsi, nous étions de retour « aux parties égales » comme si les occupants israéliens et les Palestiniens occupés jouaient sur le même terrain.
Madeleine Albright avait souvent recours à ce mensonge. « C’est selon ce que veulent les parties » disait-elle, en se lavant les mains, tout comme
Pilate, de toute l’affaire dès l’instant où Israël menaçait d’en appeler à ses partisans aux Etats-Unis
Par Robert Fisk (revue de presse : The Independent - 25/9/11) –

Traduction
et synthèse : Xavière Jardez.Titre: AFI.
Titre original : A President who is helpless in the face of
Middle East reality

Source : article repris par The Independent, Afrique du Sud, 25 septembre
2011.
http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/robert-fisk-a-president-who-is-helpless-in-the-face-of-middle-east-reality-2359433.html


1-4 Pierre Piccinin :État palestinien : « Mister Magic » va-t-il enfin tomber le masque ?
Champion de la communication, le président états-unien Barack Obama, tout en menant une politique étrangère aux objectifs somme toute assez semblables à ceux de

son prédécesseur, a su la couvrir d’un sourire charmeur et, distribuant les bonnes paroles, renverser l’image désastreuse héritée de George Bush Jr.

Dans son célèbre « Discours du Caire », le 4 juin 2009, il avait fustigé la colonisation européenne du Moyen-Orient, rappelé ses origines africaines, évoquant son père et les générations de Musulmans qu’avait comptées sa famille, vanté le message de paix exalté par le Coran et condamné l’occupation et la colonisation israéliennes en Palestine, les humiliations infligées à la population arabe et la violation des traités internationaux par l’État hébreux.

Peu après, Barack Obama avait remis le couvert, devant l’Assemblée générale des Nations unies cette fois, le 23 septembre 2010, réclamant la création d’un État palestinien pour 2011 et sa reconnaissance par l’ONU, dans les frontières de 1967, comme le prévoit la résolution du Conseil de sécurité 242, jamais respectée, ordonnant le retrait des forces israéliennes, c’est-à dire dans les limites préexistantes à la Guerre des six jours qui s’était conclue sur l’annexion par Israël de Jérusalem-Est et de toute la Cisjordanie.

De paroles en paroles, Mister Magic a ainsi conquis le cœur du monde musulman et gagné la confiance de la rue arabe, propulsant le soft-power états-unien dans le firmament étoilé du pays des contes des Mille et Une Nuits.

Hélas pour la Maison blanche, la réalité rattrape parfois la fiction…

Alors que s’ouvre la soixante-sixième assemblée générale de l’ONU, c’est précisément cette date du 23 septembre, tout juste un an plus tard, que le président de l’autorité palestinienne a choisie pour remettre au secrétaire général Ban Ki-moon la demande de la Palestine d’adhérer aux Nations Unies et le prier de la déposer devant le Conseil de sécurité, qui devra décider de la recevabilité de cette candidature.

Prenant le président Obama au mot, Mahmoud Abbas, lassé par plus de soixante ans d’occupation israélienne, après avoir bien voulu patienter toute une année encore, jour pour jour, sans voir se dessiner la moindre perspective d’un État palestinien (au contraire, la construction de colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie n’est jamais allée aussi bon train), semble ne plus hésiter à placer le président Obama dos au mur et l’État d’Israël face au jugement de la communauté internationale, dont plus de cent quarante pays (sur les cent nonante-trois membres que compte l’ONU) se sont déclarés favorables à la reconnaissance de la Palestine, parmi lesquels l’Inde, la Chine, le Brésil et la Russie...

Rien de compliqué dans le chef de cette initiative palestinienne : c’est à l’ONU qu’il revient de faire appliquer le droit international et, de même qu’Israël bénéficia de la reconnaissance de l’Assemblée générale en 1947 par le vote de la résolution 181, de même la Palestine attend son tour.

La probabilité d’une telle reconnaissance fait certainement grincer des dents à Tel-Aviv, qui n’a certainement pas l’intention de la respecter, au risque d’achever de ruiner le peu de sympathie qui lui reste dans l’opinion publique mondiale, encore sous le choc du massacre perpétré par les commandos israéliens lors de l’attaque, en eaux internationales, de la Flottille de la Paix, en mai 2010, qui s’était soldée par la mort de neuf civils et une cinquantaine de blessés par balles après que les soldats avaient ouvert le feu tous azimuts.

Mais elle a également abîmé l’éclatant sourire obamien, dont le maître, confronté à une situation cornélienne, en a déjà bien soupesé toutes les conséquences, tant pour la politique extérieure états-unienne que pour lui-même : s’il n’utilise pas le droit de veto dont disposent les États-Unis en tant que l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et ne bloque pas la reconnaissance d’un État de Palestine, Barack Obama plongera Israël, l’allié de toujours, dans une conjoncture impossible, a fortiori dans le contexte explosif du « Printemps arabe », et se mettra à dos le puissant lobby juif nord-américain, et ce à quelques mois des élections présidentielles auxquelles il compte bien briguer un second mandat. En revanche, s’il s’oppose à cette reconnaissance, le beau parleur tombe le masque et ruine trois années d’une fructueuse diplomatie au Moyen-Orient ; après la destruction de l’ambassade israélienne par la rue égyptienne, ce pourrait alors être le tour de celles des Etats-Unis, au Caire et ailleurs…

D’où cette suggestion de la Maison blanche au président Abbas, relayée par la France sarkozienne, le nouvel et fidèle allié, de renoncer à son projet et de se contenter d’un vote de l’Assemblée générale et d’une moitié de reconnaissance. La procédure, en effet, ne donnerait pas à la Palestine le statut de membre des Nations unies. Sauf si…

Sauf si, prétextant du danger que constituerait, à ce stade, le non-règlement de la question israélo-palestinienne, l’Assemblée générale déclenchait la procédure exceptionnelle appelée « Unité pour la Paix », en vertu de la résolution 377, selon laquelle l’Assemblée générale peut elle-même prendre les mesures qu’elle jugerait opportunes pour préserver la paix et la sécurité internationales, dans le cas où les membres permanents du Conseil de sécurité s’en montreraient incapables…

Comment Mister Magic, le « super-pro d’ la com’ », va-t-il faire pour se sortir de ses incohérences qui lui éclatent aujourd’hui au visage ? Tous les spectateurs, désormais, attendent de savoir s’il reste encore un lapin (ou un bon mot) dans le chapeau du président Obama.

Pierre PICCININ

Historien – Politologue (Bruxelles)

22 septembre 2011

Source : michelcollon.info


1-5 Editorial du "Monde". Proche-Orient : l'erreur américaine…

Au Proche-Orient, terre de prophéties, tout se passe comme prévu - hélas !

En ne saisissant pas l'occasion de la demande palestinienne de reconnaissance d'un Etat devant l'ONU, début septembre, les Etats-Unis ont manqué à leur mission : celle d'être un honnête courtier entre deux parties qui, laissées à elles- mêmes, sont incapables d'avancer vers la paix. I

l fallait prendre l'initiative du chef de l'Autorité palestinienne pour ce qu'elle était réellement. Mahmoud Abbas lançait un cri d'alarme devant l'échec de vingt ans de négociations directes. Il sollicitait une intervention musclée, directe, sérieuse de l'administration Obama dans ce dossier. Elle n'a pas eu lieu.

Depuis, chaque semaine, sinon chaque jour, a été marquée par un recul sur le chemin d'un règlement. Qu'on en juge.

Le 23 septembre, dans un exercice de langue de bois diplomatique particulièrement achevé, les parrains des négociations israélo-palestiniennes ont publié un communiqué soulignant leur impuissance.

On les appelle le Quartet - il s'agit de l'ONU, des Etats-Unis, de l'Union européenne et de la Russie -, et ils sont censés, depuis dix ans déjà, aider les deux parties en conflit à aller vers la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël. Ils viennent de concocter un magnifique calendrier pour relancer des conversations de paix - qui n'a qu'une petite faiblesse : rien n'oblige les deux parties à s'y conformer, et il y a peu de chances qu'elles le fassent.

Le 28 septembre, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou annonçait la poursuite de sa politique d'implantations : 1 100 logements nouveaux dans la partie orientale de Jérusalem.

Le 30 septembre, à Washington, la Chambre des représentants décidait de bloquer l'aide américaine à l'Autorité palestinienne. La Chambre est dominée par les républicains, qui entendent punir M. Abbas pour avoir osé solliciter la création d'un Etat palestinien à l'ONU.

Il leur aura échappé que cette requête est parfaitement légale, alors que la poursuite de la colonisation israélienne en territoire palestinien est, elle, parfaitement illégale. Les républicains dénoncent l'"unilatéralisme" de la démarche de M. Abbas. Mais, en matière d'"unilatéralisme", la politique d'implantation israélienne est un chef-d'oeuvre. Quoi de plus "unilatéral" que cette façon de continuer à mordre sur le terrain dont on est supposé négocier la partition ?

La Maison Blanche a dénoncé le blocage des 200 millions de dollars d'aide aux Palestiniens. Elle va s'employer à fairerevenir la Chambre sur cette décision aussi stupide qu'inique. Si elle n'y parvenait pas, l'Union européenne s'honorerait et gagnerait en stature en comblant le vide financier ainsi créé par les Etats-Unis.

Ces minables péripéties cachent l'essentiel. Au fils des ans, au fil des mois, ce qui s'éloigne, c'est la solution dite des deux Etats ; c'est celle d'une négociation avec la direction palestinienne la plus responsable qui soit ; c'est celle de la sagesse. Combien d'années peut-on encore perdre ?

"Monde" | 

04.10.


1-6 Déclaration de Georges Ibrahim Abdellah en sa 28ème année de prison.
Déclaration de Georges Ibrahim Abdellah en sa 28ème année de prison ...,
qui est aussi un appel à la solidarité avec les prisonniers palestiniens en grève de la faim
(Pour consulter le blog: linter.over-blog.com) sur le blog libérons georges.

Che«e» s Camarades, cher«e»s ami«e»s,
À l’aube de cette 28e année de captivité votre mobilisation solidaire me va droit au cœur ; elle m’apporte beaucoup de force et d’enthousiasme.
Ce ne sont pas que des mots ! Vous savez Camarades, quand on est dans ces sinistres lieux depuis tant d’années, c’est toujours avec une intense émotion que l’on perçoit les initiatives des ami«e»s et des camarades rassemblés tout près ou à quelques kilomètres seulement de nos lieux de détention… Et c’est toujours avec une vive émotion aussi que l’on peut leur signaler, et souvent maladroitement d’ailleurs, la chaleur et la force qu’ils nous apportent ici par leur simple présence solidaire…

Vous voyez Camarades, votre rassemblement aujourd’hui ne peut certainementpas mieux tomber… En effet, cette semaine a été vraiment très riche enévénements ayant rapport à la captivité, la solidarité et la lutte derrière les abominables murs, tout particulièrement en Palestine.

Cette Palestine,quoi que l’on dise, demeure un des principaux leviers de la révolution arabe ; un trait d’union entre le mouvement des masses dans les diverses entités arabes. Tout ce que s’y passe trouve un grand écho immédiat dans tout le monde arabe ; et à ce niveau, les impérialistes de tous bords ne s’y trompent pas. C’est pourquoi d’ailleurs les États-Unis ont vite exprimé leur désapprobation de l’accord concernant la libération des combattants Palestiniens ces derniers jours.

Des milliers, des dizaines de milliers attendaient à Gaza et en Cisjordanie ce mardi 18 octobre ; tout un peuple attendait : des vieux, des jeunes, des enfants, tous attendaient de très bonne heure…Ils attendaient le père, la mère, le frère, la sœur, le fils, la femme, le mari ou tout bonnement le camarade ou le voisin… En fait ils les attendaient depuis toujours depuis une éternité… Pour certains d’entre eux depuis avril 1978, jour de leur enlèvement et de leur disparition derrière les abominables murs…


Finalement Camarades, la Résistance Palestinienne vient de les arracher aux griffes sionistes… Un peu plus de mille combattantes et combattants viennent
d’être libérés…
C’est un grand jour dans l’histoire de la lutte palestinienne…
La Résistance a pu imposer la libération des camarades originaires du territoire occupé en 1948 et du plateau de Golan ainsi que d’Al Qods. C’est une première dans le parcours de la lutte antisioniste et c’est vraiment très important… L’unité de tout le peuple palestinien se trouve ainsi affirmée avec force et c’est d’une importance capitale dans la période
actuelle.

Certes, la Résistance a dû accepter que certains des camarades originaires de Cisjordanie soient obligés de rester à Gaza loin de leur famille. Pire encore, elle a dû accepter aussi que 40 de ses plus valeureux combattants soient expulsés pour un temps en dehors de la Palestine vers des pays frères
ou amis et bien entendu c’est contraire aux lois internationales. Cependant, ce qui est le plus douloureux Camarades, c’est que la Résistance n’a pas pu obtenir la libération de tous les camarades, surtout pas ceux dont les conditions de détention sont les pires, à savoir ceux qui se trouvent à l’isolement
depuis, pour certains d’entre eux, une bonne dizaine d’années…

Camarades, il en est toujours ainsi des tourments du peuple palestinien :les moments d’allégresse et de grande joie ne sont que l’autre face de profondes blessures et d’énormes douleurs que les criminels sionistes font tout pour démultiplier et pérenniser.

Quoi de plus douloureux camarades, qu’au moment de la libération après 33l ongues années de captivité le militant s’en allant vers la liberté se voit obligé de laisser dans les sinistres lieux des camarades en pleine grève de la faim !

Certainement, il va falloir compter, entre autres, sur la mobilisation solidaire pour faire cesser les mauvais traitements dont nos camarades font l’objet dans les geôles sionistes et en premier lieu en finir avec le régime d’isolement qui leur est appliqué… En attendant que la Résistance fasse le
nécessaire et les arrachent aux griffes des leurs geôliers, il faut tout faire Camarades, pour être à leurs côtés dans cette grève de la faim qu’ils observent depuis le 27 septembre…

Camarades, comme vous savez, la solidarité et particulièrement la solidarité internationale, est une arme indispensable pour ceux et celles qui résistent dans les geôles sionistes de triste mémoire.

Je sais très bien, camarades, et notre peuple le sait aussi. Quand il s’agit de solidarité prolétarienne internationale les communistes répondent toujours : présents. Leur place est aux premiers rangs de ceux et celles qui se mobilisent contre l’injustice et pour l’avènement d’un monde meilleur.

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !
Toute la solidarité avec les camarades qui résistent dans les geôles sionistes !
Honneur aux martyrs et aux peuples en lutte !
La solidarité est une arme, faisons-en bon usage !
Ensemble, Camarades, nous vaincrons et certainement ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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