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10/11/2011

n°20 - Dossiers de Côte d’Ivoire - 08-11 -o - :L’espoir vient du Nord

 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions occidentales.



Dossier de Côte d’Ivoire

n°20                               08-11

C.Debroeder &  M.Lemaire



Le dossier de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                            http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Médias

1-1 LES CRIMES SE POURSUIVENT EN COTE D IVOIRE.

2 Brèves

2-1 Géraldine Diomandé : L’espoir vient du Nord.

3 Dossiers

3-1 Que la vérité triomphe.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 César Etou et Didier Dépry : Sarkozy et Obama prétendaient sauver la démocratie : Ils ont installé la violence au pouvoir en Côte d’Ivoire

4-2 René Naba : Françafrique: Honte à l'Afrique.

4-3 MICHEL GALY : LA GAUCHE FRANÇAISE ET L’ALTERNANCE POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE . 

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

5-1 Farid Merrad : Un citoyen français écrit à Sarkozy : « Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu’il est apparu »

6 Annexe

6-1 Charles Tiekpo : Laurent Gbagbo: un homme en avance sur son temps.

 

 

 



1 Médias

1-1 LES CRIMES SE POURSUIVENT EN COTE D IVOIRE.

Résultats de l'Intervention de la France de Sarkozy en Côte d'Ivoire : Emprisonnement inhumain dans des stations services

Après avoir ouvert toutes les prisons, incendiés tous les commissariats, les FRCI (soldats pro-Ouattara) utilisent des stations d’essence ou des endroits inusités comme prison. Ces soldats qui n’ont aucune notion en droit ou en garde à vue maltraitent et humilient toutes les personnes séquestrées, dont des adolescents, sous pretexte que ce sont des partisans du président Laurent Gbagbo.

Depuis le 23 avril ceux-ci sont retenus prisonniers par centaines dans des conditions inhumaines à la station lubafrique de Yopougon Niangon terminus du bus 27.

VISIONNER LES PHOTOS EN CLIQUANT SUR LE LIEN DE L'ARTICLE

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6168



2 Brèves

2-1 Géraldine Diomandé : L’espoir vient du Nord.

 

Coucou, revoilà les Gbagbo !

En dehors des interviews que l’ancien président de la République accordait quelques rares fois à des journalistes et les communications régulières de ses avocats ou encore de son porte-parole, c’est la première fois en six mois de détention que les Ivoiriens avaient droit à des images récentes du couple présidentiel.

Des photos parlantes, où Laurent Gbagbo et son épouse en chefs de troupe indiquent aux résistants la marche à suivre. Celle qui consiste à se forger un moral à toute épreuve pour gagner la bataille finale contre l’ennemi. Parce  que le combat n’est pas achevé.

Pour les spiritualistes, il commence même maintenant. C’est pourquoi, les uns et les autres doivent se réarmer moralement pour se dresser contre l’arbitraire et les abus de toutes sortes. Car c’est connu, celui qui refuse de se battre a déjà tout perdu d’avance alors que celui qui s’engage, a  au moins la possibilité de changer le cours du destin. C’est un choix qu’il faut faire. D’ailleurs, les démocrates de ce pays ont-ils réellement d’autre  choix que de se dresser face à ce quotidien fait de pain noir et autres miasmes morbides que les nouveaux gouvernants veulent leur faire avaler ? Accepteront-ils de se dégonfler après avoir porté pendant longtemps les espérances de tout un peuple, voire de tout un continent ? Comment se regarder dans la glace après pareille félonie, sans avoir le sentiment  d’avoir trahi la mémoire de tous les combattants et des innocents tombés au cours de cette longue crise planifiée et exécutée par les puissances impérialistes ?

Pour tous ceux qui avaient été gagnés par le découragement et le  désespoir n’ont qu’à regarder dans le regard du couple Gbagbo pour se relancer dans le combat.

Car visiblement et plus que jamais, l’espoir vient des goulags du Nord.

Un message qui ne fait pas forcément plaisir aux tenants actuels du pouvoir. Qui comprennent que Laurent Gbagbo, l’animal politique est toujours là.  Et bien là.

Géraldine Diomandé



3 Dossiers

3-1 Que la vérité triomphe.

TUERIES DES FEMMES D’ABOBO LE 3 MARS 2011 : LAURENT GBAGBO N'EST PAS CONCERNE

  Selon son porte-parole, le président Laurent GBAGBO en détention préventive à Korhogo a instruit ses avocats à l’effet d’engager les procédures idoines pour que la vérité éclate dans l’affaire des femmes du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) qui auraient été tuées le 3 mars 2011, alors qu’elles manifestaient les mains nues dans la commune d’Abobo. La chambre d’enquêtes préliminaire n°3 de la Cour Pénale Internationale a demandé au procureur, l’ouverture d’une enquête sur les événements post-électoraux survenus en Côted’Ivoire.
En attendant l’aboutissement de ces procédures judiciaires, je voudrais en ma qualité de Ministre de la Défense d’alors, présenter d’abord mes condoléances aux familles de toutes les victimes de cette crise, ensuite apporter mon témoignage sur l’affaire des femmes d’Abobo, et enfin partager des interrogations sur cette affaire douloureuse vécue à l’époque par le gouvernement du professeur Aké N’GBO.

1- LES FAITS
le jeudi 3 mars 2011, autour de 14 heures, au sortir du Conseil hebdomadaire de Ministres, le premier coup de fil que je reçois lorsque je reprends mon Global Système Mobile (GSM), est celui d’un journaliste de Radio France Internationale (RFI) qui voulait avoir mon opinion sur l’assassinat de sept (7) femmes tuées à l’arme lourde à Abobo. Je lui réponds que c’est lui qui m’informait et lui ai demandé de me situer le lieu exact des faits qu’il me rapportait ainsi.
Il me rétorqua qu’il ignorait lui-même le lieu exact mais, on lui a dit que c’était à Abobo à un carrefour. Je lui ai demandé lequel des carrefours de la grande commune d’Abobo? Il m’a répondu qu’il ne connaissait pas bien la commune d’Abobo et qu’il n’était pas sur les lieux des faits qui lui ont été rapportés par une source qui n’en savait pas plus non plus. J’ai encore demandé s’il avait échangé au préalable avec ses confrères qui ont certainement plus d’informations que lui, ce qui me permettrait de diligenter rapidement, relativement au contexte, une enquête des Services d’intelligences dans l’attente des rapports des Services opérationnels.
Il me répondit qu’eux non plus, n’en savaient pas plus que lui. Je lui ai alors conseillé de se rapprocher des Services du ministère de l’intérieur qui sont compétents à un premier niveau pour l’encadrement des manifestations publiques.
A peine ai-je raccroché avec le journaliste de RFI que mon collègue, Ministre de l’Intérieur m’appelle pour me dire qu’il venait de raccrocher avec un journaliste de l’Agence France Presse (AFP) qui l’a interrogé sur une prétendue répression par les FDS d’une marche de femmes RHDP à Abobo qui aurait occasionné six (6) morts.

Je lui rapporte le contenu de mon entretien téléphonique avec le journaliste de RFI et mon collègue me dit que ce sont à peu près, les mêmes questions qu’il a posées au journaliste de l’AFP qui n’avait pas plus d’informations que celui de RFI. Dix (10) minutes plus tard, c’est le Ministre Porte-parole du Gouvernement Aké N’GBO, qui m’appelle au téléphone parce qu’assailli dit-il, par des journalistes de la presse étrangère qui
réclamaient une déclaration du Gouvernement sur la répression sanglante par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) d’une marche de femmes à Abobo.
J’entre alors en contact avec le Commandant Supérieur de la Gendarmerie puis le Chef d’Etat Major pour en savoir un peu plus sur cette prétendue affaire. Ils me répondirent l’un après l’autre qu’ils n’en savent rien. Je leur demande néanmoins d’interroger leurs différents collaborateurs sur le terrain pour être situés sur ces allégations contre les FDS et de me faire parvenir un rapport circonstancié.
Dans le même temps, les chaînes de télévisions françaises : I-Télé et France 24 diffusaient en boucle, des images d’une prétendue marche de femmes à Abidjan réprimée violemment par les FDS ayant occasionné (six) 6 morts. A l’évidence, les images qui sont diffusées pour illustrer les commentaires étaient des images d’archives d’une manifestation qui s’était déroulée quelques mois plutôt dans une autre commune d’Abidjan.
Mais, pour « tromper » les téléspectateurs, la mention « images d’archives » ne figurait ni en haut ni au bas de l’écran comme l’exige la déontologie en la matière. Les commentaires tendaient à montrer au contraire, que c’étaient des images de la marche qui avait commencé dans une ambiance de gaieté, le jeudi 3 mars 2011et qui par la suite, auraient été dispersée à l’arme lourde par des FDS.
Après les investigations de la Police et de la Gendarmerie, l’Etat Major des FDS a produit et rendu public le 4 mars 2011 un communiqué dans lequel il ne se reconnaissait pas dans une prétendue tuerie de femmes à Abobo à l’arme lourde consécutivement à une marche.
Plus tard, au cours de la journée du vendredi 4 mars 2011, des images étaient diffusées sur des sites Internet où l’on voyait en gros plan, des hommes, des enfants et des femmes dans un fond de grand bruit puis soudain, une femme à terre avec du sang ou de l’éosine sur la tête, la camera fait un gros plan sur elle, et l’on voit qu’elle tente de se relever et quelqu’un lui souffle de se recoucher et on revoit la jeune dame entrain de se recoucher effectivement. Le cameraman certainement amateur va plus loin, fait un « balayage » rapide et
présente en gros plan une femme dont la tête a explosé. Puis, dans un « zoom arrière », la camera montre le passage d’un blindé, d’un véhicule de Police et d’une ambulance.

2- ANALYSE
A l’analyse des seules images publiées sur Internet, il est difficile d’affirmer que les faits se déroulent sur le même théâtre ou qu’il s’agit d’un montage digne d’un film de James Bond. Ce sont les seules images véritables de cette supposée marche.
Le même jeudi 3 mars 2011 au même moment où se tenait le Conseil des Ministres, l’ONUCI organisait à son siège de l’hôtel Sebroko, une conférence de presse sur les justifications de sa réception de deux (2) hélicoptères de combat MI-24 dans une crise civile de contestation de résultats d’une élection.
Ce faisant, les journalistes étaient certainement tous occupés par le Conseil des Ministres et la conférence de presse de l’onuci. Il n’y avait donc aucun journaliste de la presse nationale, ni de l’Onuci, encore moins de la presse étrangère pour couvrir la troisième plus importante activité de la journée du 3 mars 2011 à savoir la marche des femmes du RHDP qui se déroulait à Abobo, à la même heure et qui aurait été violemment réprimée à l’arme lourde par des FDS de Côte d’Ivoire.
Il est tout de même curieux de constater que les seules images disponibles de cette affaire sont celles d’un caméraman amateur. Elles sont à dessein non seulement utilisées pour émouvoir la communauté nationale et surtout internationale mais également présenter le Président Laurent GBAGBO comme un tueur de manifestantes pacifiques, un tyran qu’il fallait déloger part tous les moyens de son palais, rebaptisé « bunker » par la presse internationale en comparaison de celui du boucher Adolph Hitler en 1939-1945.
Ce n’est que le sept (7) mars, soit quatre jours après, que le quotidien proche du Rassemblement des Républicains(RDR) « le Patriote » qui avait volontairement cessé de paraitre depuis une semaine est revenu pour tenter de justifier les « tueries massives » des femmes à Abobo par des FDS. A la Une de ce journal, il était écrit en surtitre : « NOUS SOMMES DE RETOUR » accompagné de trois commentaires en forme de titres : « ils ont osé tirer sur des femmes » ; « ces gens sans cœurs, sans raisons » ; « le capitaine Allah livre les noms des commanditaires ». Trois photographies isolées illustraient ces commentaires : la première présente en gros plan des femmes avec des pancartes, la seconde montre une seule femme à terre et, la troisième est une photo d’un char dans une rue. Ces trois photos, on peut en trouver de la même nature dans les photothèques de tous les journaux ivoiriens qu’ils aient couverts ou pas, une manifestation publique de cette envergure le 3 mars 2011.
Interrogée sur les mouvements de véhicules de Gendarmerie et de Police effectués dans la commune d’Abobo le jour des prétendus faits, la hiérarchie militaire a répondu que le jeudi 3 mars 2011, il y a eu sans incident, leravitaillement des troupes de maintien d’ordre stationnées au camp de Gendarmerie  d’Abobo.
L’affaire du massacre à l’arme lourde de femmes manifestantes a été surmédiatisée sans que personne ne situe ni les lieux ni l’heure de survenue, en dehors des images de la camera amateur. Les illustrations du journal « le Patriote » relevaient plus d’une imagination malsaine savamment préméditée.
Malgré cela, L’ONUCI a repris à son compte les dépêches d’Agences de presse et le Conseil de Sécurité a été saisi d’un rapport sur une prétendue utilisation d’armes lourdes sur des femmes par les FDS.
C’était l’indignation et la consternation internationale malgré les démentis formels faits par le Gouvernement Aké N’GBO par son porte-parole le 4 mars 2011 et la conférence de presse des Ministres de l’Intérieur et de la Défense le 5 mars 2011, le Président Laurent GBAGBO est accusé par la presse étrangère et la Communauté Internationale d’avoir assassiné des femmes opposantes à son régime.
Quelle menace particulière pouvait représenter une manifestation publique de surcroit pacifique de femmes du RHDP à Abobo le 3 mars 2011 contre le régime du Président Laurent GBAGBO pour qu’il décide de la
réprimer à l’arme lourde?
Que voulait donc prouver le président Laurent GBAGBO à la communauté internationale en ordonnant le « massacre » des femmes aux mains nues ?
De la version des faits selon le reportage du journal « le patriote » du 7 mars 2011, surgissent des interrogations non encore élucidées. Le char présenté à la Une de ce journal hautement partisan est-il celui qui a effectivement tiré ou est-ce une photo d’archives ? Combien de fois le char a-t-il tiré ? Comment la cible a-t-elle réagi ? Logiquement, si un blindé tire sur une foule aux mains nues, il survient une débandade généralisée occasionnant des morts, des blessés et autres dégâts collatéraux. Dans l’affaire d’Abobo, l’on ne parle que de femmes mortes et point de blessées comme si l’objectif poursuivi était exclusivement un décompte macabre.
A QUI PROFITE LE CRIME ?
La question fondamentale que l’on est en droit de se poser est celle de savoir à qui profite le crime ? Cela parce que dès le dimanche 06 mars 2011, des femmes RHDP d’Abobo ont rendu une visite de compassion aux familles des défuntes et à celle d’un garçon de quinze (15) ans présenté par la presse proche du RDR comme la septième victime.
Au moment où le monde entier s’apprêtait à commémorer la journée internationale de la Femme célébrée tous les 8 mars de chaque année, qui avait intérêt à susciter l’émoi par l’assassinat de femmes quelques jours plus tôt ?
Des femmes mortes le 3 mars 2011, il y en a certainement eues, ce jour là, à Abobo. Mais sûrement pas dans les conditions décrites par la presse tendancieuse nationale et étrangère.
Sept (7) mois après, nombreux sont ceux qui comme moi demeurent encore dans l’expectative relativement aux conditions dans lesquelles elles furent tuées, surtout que jusqu’au mois de juillet 2011, certaines familles des victimes réclamaient au directoire du RHDP, les corps de leurs parentes pour les enterrer selon leurs rites culturels et religieux. D’autres familles de victimes ont fait leur deuil parce que le directoire du RHDP leur a répondu que leur parente a été enterrée le même jour et à leur insu !!!
Comment comprendre qu’une dépouille mortelle soit enterrée par la famille politique sans l’autorisation de la famille biologique étant entendu qu’elle n’appartient pas à la première mais à la seconde ? Et comment expliquer que des femmes supposées tuées par des FDS soient enterrées dans la précipitation, sans le moindre respect d’une procédure médico-légale ? Y avaitil des informations ou des données secrètes qu’il fallait absolument protéger ?
En dehors du message de compassion apporté le dimanche 6 mars par une délégation des femmes du RHDP, quelles étaient les informations sur les dépouilles mortelles données aux familles de femmes « martyres » ?
Pourquoi le RHDP a tenu à organiser un rassemblement spécifique pour rendre des hommages particuliers à ces femmes sans attendre la cérémonie officielle dédiée à leurs victimes de la commune d’Abobo ? Y a t-il au RHDP une gradation des martyrs de la crise post-électorale ? Ou alors, est ce parce que les morgues d’Anyama et d’Abobo n’avaient pas les commodités pour recevoir des dépouilles issues d’attaques à l’armes lourdes que les femmes « martyres » du 3 mars ont été enterrées précipitamment?
La cérémonie de décoration à titre posthume, de ces femmes d’Abobo reconnues martyres par la Grande Chancellerie le 2 août 2011, n’élucide en rien le mystère de cette macabre histoire. Une telle cérémonie ne clôt pas non plus le débat sur les circonstances de leur mort provoquée.
Le constat est que les dépouilles mortelles des autres victimes d’Abobo ont été officiellement remises aux familles respectives au cours d’une cérémonie officielle le 13 octobre 2011, alors que les femmes martyres ont été enterrées dans la précipitation à l’insu de leurs familles. Pourquoi ces traitements différentiels des victimes d’un même conflit ?
Pour mémoire, il faut rappeler que plusieurs montages grossiers ont été réalisés dans la crise ivoirienne si bien que l’on ne serait pas surpris que l’affaire des tueries des femmes d’Abobo et le charnier de Yopougon aient le même réalisateur et le même producteur parce que la mise en scène obéit à la même logique et l’objectif poursuivi est le même, diaboliser le président Laurent GBAGBO.
Dans le charnier de Yopougon, les médecins légistes avaient trouvé de l’eau dans les poumons des personnes décédées par suite de noyade au plateau et présentées comme ayant été froidement exécutées à N’dotré. Puis, l’on a vu au mois de janvier 2011 sur les écrans de télévisions françaises une personne, présentée comme un manifestant du RDR supposée morte à la suite d’une répression sanglante des FDS devant le siège de l’Onuci au Plateau, se relever tranquillement après avoir fini de jouer sa partition, ignorant qu’une autre camera continuait de tourner. Enfin, on avait aussi annoncé dès décembre 2010, l’existence d’un nouveau charnier à N’dotré. L’ONUCI après des investigations infructueuses a été obligée d’infirmer l’existence.
Dans l’affaire des tueries des femmes d’Abobo, la scène montrait une dame couverte d’un liquide de couleur rouge similaire au sang. Elle tentait de se relever quand l’ordre lui a été intimé dans une langue nationale de se recoucher car la prise de vue n’était pas encore finie…
Il est aussi intéressant d’indiquer que depuis janvier 2011, un commando dit invisible, aux méthodes médiévales sévissait dans la commune d’Abobo : six policiers tenant un poste d’observation au carrefour de la mairie ont explosé après une attaque à l’arme lourde dans la nuit du 12 au 13 janvier ; le secrétaire de la fédération FPI de Madinani venu s’abriter chez son oncle a été égorgé comme un mouton le 17 janvier sous le prétexte d’être un partisan du Président Laurent GBAGBO; un capitaine de Gendarmerie et deux de ses éléments en mission de reconnaissance ont été portés disparus au carrefour de N’Dotré le 18 janvier ; une expédition punitive nocturne a été organisée du 6 au 7 mars 2011 contre le village d’Anonkoua-kouté réputé favorable au président Laurent Gbagbo.
Tous les commissariats de Police et brigades de Gendarmerie d’Abobo ont été les cibles du commando invisible durant le mois de février 2011, ce qui a contraint l’Etat Major des FDS sous embargo depuis sept ans, à concentrer tous les Services de sécurité au camp de la Gendarmerie de ladite commune, pour continuer d’assurer la sécurité des populations résiduelles dans le contexte nouveau de guérilla urbaine imposé par le commando invisible.
Toutes les missions de ravitaillement des Forces de Sécurité rassemblées au camp de la Gendarmerie ont été attaquées par des snipers faisant presque régulièrement des dégâts du côté des FDS. A cette occasion, ont été tués un Officier et des Sous-officiers de police. Deux gendarmes ont été blessés et un char incendié à la grenade. Dans la nuit du 5 au 6 mars 2011, le centre émetteur de la télévision ivoirienne a été détruit et trois agents de sécurité qui étaient en service à l’intérieur des locaux ont été brûlés vifs après avoir été ligotés comme des cabris.
C’est dans cet environnement de troubles sérieux et graves à l’ordre public qu’on a pu observer pendant la période allant de janvier à mars 2011, des marches qualifiées de pacifiques du RHDP. Les images de ces
manifestations de rue montraient parmi les marcheurs des individus munis d’armes légères et parfois lourdes ainsi que des chasseurs traditionnels « dozo » portant des fusils dont ils ne se séparent jamais. La supposée marche des femmes annoncée ou organisée le 3 mars dans cette commune aurait-elle
échappé à ce dispositif ?
Dans cette affaire de tueries de femmes d’Abobo, aucune enquête spécifique n’a été réclamée ni exigée par les nouvelles autorités en place car pour le RHDP, le président Laurent GBAGBO est le seul responsable et les
FDS les seuls coupables. A quoi servirait donc une enquête ? De toutes les façons, les supposés faits se seraient passés dans une commune favorable à Monsieur OUATTARA.
Pour notre part, nous sommes convaincus qu’une enquête transparente et sérieuse révélera bien de surprises. Sinon, comment expliquer la coïncidence remarquable entre la célébration nationale de la journée internationale de la femme annoncée depuis deux (2) semaines par la Télévision Nationale dans la commune de Yopougon supposée acquise au président Laurent GBAGBO et le « massacre » de femmes du RHDP à Abobo prétendu fief de Monsieur OUATTARA. A qui profite le crime ?
Une enquête minutieuse doit être menée pour déterminer les circonstances de la survenue de la tuerie de ces femmes, car ce n’est pas le Président Laurent GBAGBO qui a ordonné leurs assassinats. Ce n’est pas non plus le Premier Ministre Aké N’GBO.
Ce n’est ni le Ministre de la Défense ni celui de l’Intérieur. Rappelons que Le Chef d’Etat Major, le Commandant Supérieur de la Gendarmerie et le Directeur Général de la Police interrogés ont affirmé ne rien savoir de cette douloureuse affaire.
Mais une idée germait déjà dans l’opinion internationale, celle de faire interdire l’usage d’armes lourdes dans le District d’Abidjan dans le but d’affaiblir considérablement le système de défense des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) dans la perceptive de la bataille d’Abidjan. Parce que ceux qu’on appelle à tort les soldats du président Laurent Gbagbo sont, en réalité les Forces de Défense et de Sécurité nationales en charge conformément aux dispositions pertinentes constitutionnelles (article 24) d’assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. Ce qui n’était plus le cas depuis le déclenchement de la crise en 2002 ayant consacré la partition de fait du pays. Le président Laurent GBAGBO ne pouvait donc s’en servir contre les populations civiles contrairement aux allégations diffusées.
Tout ceci n’était-il pas le prétexte pour justifier l’intervention de la Communauté internationale à travers le Conseil de Sécurité de l’ONU?
Les enquêtes nous situeront certainement mais le constat est que, la mise en scène du commanditaire de l’assassinat des femmes s’est déroulée de manière linéaire. A partir de cette affaire, le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé d’interdire l’usage d’armes lourdes dans le seul district d’Abidjan, puis, prenant un autre faux prétexte de la violation de cette résolution le 17 mars par les FDS, il a donné mandat à l’ONUCI et à la force française LICORNE de détruire les sites stratégiques des FANCI et des Institutions de la République de
Côte d’Ivoire. La suite est connue.
3- CONCLUSION
Les procédures spécifiques engagées devant les juridictions compétentes par les avocats du Président Laurent GBAGBO et l’enquête de la Cour Pénale Internationale permettront certainement de découvrir la vérité sur les conditions de survenue de la mort de ces femmes. Leurs morts ont affecté les ivoiriens de tous les bords politiques tout simplement parce qu’on ne tire pas sur des femmes aux mains nues. C’est pourquoi, il faut, en toute objectivité et indépendance laisser la justice mener impartialement les investigations nécessaires à l’éclatement de la vérité en s’assurant que ces femmes ont été effectivement tuées et dans quelles conditions et circonstances l’ont-elles été, pour que soient situées les responsabilités afin de traduire devant les juridictions compétentes les coupables conformément aux lois en vigueur.
Contrairement à une idée répandue, les personnes qu’on qualifie de proches du Président Laurent GBAGBO ne sont pas contre la justice. Ce qu’elles réfutent c’est la justice des vainqueurs qui a cours depuis le 28
novembre 2010 avec d’un côté, les bons (les sauveurs dixit le procureur KOFFI) qui auraient mené le bon combat et de l’autre, les mauvais qui auraient agi en toute illégalité, comme si l’arrêt du Conseil Constitutionnel ivoirien qui proclame le président Laurent GBAGBO vainqueur du deuxième tour de l’élection présidentielle ne devrait produire aucun effet juridique.

Les proches du Président Laurent GBAGBO veulent savoir si oui ou non six femmes ont été tuées à Abobo et qui les a tuées. Mais au delà, élucider toutes les tueries d’Abobo comme celles des six policiers au rond point de la mairie de la même commune et les villageois d’Anonkoua-kouté. Mais avant, ils voudraient aussi savoir comment sont morts les anciens Ministres de l’Intérieur BOGA Doudou Emile et TAGRO Désiré ; les officiers des FANCI, DALI Oblé, DAGROU Loula et tous les gendarmes de Bouaké; les artistes CAMARA Yeréfè dit « H » et Marcellin Yacé; les chefs rebelles qu’étaient Oumar Diarrassouba dit « zaga-zaga », BAMBA Kassoum dit « kass », COULIBALY Adama dit « Adams » ainsi que tous les morts devant l’Hôtel Ivoire (2004) et du moyen Cavally (2011). On ne peut pas les occulter en cherchant simplement à faire inculper le président Laurent GBAGBO et le traduire devant la Cour Pénale Internationale.
Les ivoiriens veulent savoir la vérité sur tous les crimes commis depuis septembre 2002 et après cela, ils iront certainement à la réconciliation. Laurent GBAGBO voulait simplement le recomptage des voies pour mettre définitivement fin à la crise politique née des proclamations divergentes du résultat de l’élection présidentielle faite par la Commission Electorale Indépendante et le Conseil Constitutionnel. Ceux qui ont refusé sa proposition et préféré le règlement du conflit politique par une solution militaire lui imputent la responsabilité exclusive des dégâts.
Les différentes enquêtes nous situerons sur les responsabilités des uns et des autres et permettront surtout d’identifier les véritables coupables.

Alain DOGOU
Ministre de la Défense et du Service Civique
du Gouvernement du Professeur Aké N’GBO Gilbert-Marie



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 César Etou et Didier Dépry : Sarkozy et Obama prétendaient sauver la démocratie : Ils ont installé la violence au pouvoir en Côte d’Ivoire.

 

Dans l’opposition, ils ont réussi à faire croire qu’ils étaient les victimes de la violence. Aujourd’hui, l’insécurité et la vague de violence dans lesquelles les pro-Ouattara ont plongé la Côte d’Ivoire, alors qu’ils ont le pouvoir d’Etat, démontrent clairement que Nicolas Paul Stéphane Sarkozy de Nagy-Brosca et Barack Husséin Obama n’ont pas fait avancer la démocratie dans le pays comme ils le prétendaient en renversant le président Gbagbo, le 11 avril dernier. Bien au contraire, tout tend à démontrer qu’ils ont donné un coup assassin à la démocratie chez nous.

 

« C’est désolant et regrettable. Alassane Dramane Ouattara disait récemment que la Côte d’Ivoire est devenue un Etat de droit. Ce qui vient de se passer démontre que nous sommes loin de cette réalité. Nous avons posé des préoccupations par rapport au problème de sécurité. Les événements qui viennent de se dérouler nous donnent raison ». Ces propos sont de Mme Bamba Masséni, député de Port-Bouët (une des dix communes d’Abidjan). Elle les a livrés, samedi dernier, suite aux violences perpétrées par des pro-Ouattara sur des militants du Fpi lors d’un meeting pacifique du parti de Laurent Gbagbo à Koumassi (commune d’Abidjan). Les propos de l’honorable parlementaire, traduisent le fossé abyssal existant entre les déclarations d’Alassane Dramane Ouattara et la réalité qui prévaut en Côte d’Ivoire, sur le terrain. Une réalité tenue par les hommes en armes de Ouattara qui, en toute impunité, commettent des exactions, pillent et violent. Pour les protéger, le procureur Simplice Kouadio Koffi qualifie les pro-Ouattara armés (ex-rebelles et dozos) de « sauveurs ». Ces « sauveurs » et leurs commanditaires (Ouattara et Soro) que la France et les Etats-Unis s’évertuent à soustraire de la Cour pénale internationale (Cpi) agissent contre les populations civiles. Hier à Bingerville, ils ont tiré sur des jeunes gens, faisant trois morts. 

Ouattara et la démagogie

Alors que la violence à grande échelle a été introduite dans la vie politique ivoirienne avec l’arrivée sur la scène de son parti politique, le Rdr, Alassane Dramane Ouattara s’est toujours mis, sur conseils de ses communicants hexagonaux, dans une posture « enviée » de victime.

Durant ses années passées dans l’opposition (sous Bédié, Guéï et Gbagbo), il a fait de la victimisation, son arme de combat. Bien que les actes de violence inouïe étaient posés par ses hommes, Ouattara réussissait, grâce à une certaine presse internationale financée par ses partenaires (exemple : TF1 et Le Monde tenus par Martin Bouygues) à retourner la faute contre les régimes au pouvoir. Ce jeu de violence-démagogie a fait croire, tout au long des dix dernières années, qu’après Henri Konan Bédié et feu Robert Guéi, Laurent Gbagbo était le « diable » et Alassane Dramane Ouattara, « l’ange ». Que Gbagbo était « le dictateur qui confisquait la démocratie dans son pays » et Ouattara, « le démocrate qui constitue la chance pour le pays ». C’est donc sur la base de ce mensonge grossier, ahurissant mais bien camouflé, que Nicolas Sarkozy a emballé Barack Obama pour une guerre postélectorale contre le régime Gbagbo. Bilan effroyable de cette guerre : 3000 morts dont de nombreux civils innocents. En bombardant la résidence de Laurent Gbagbo et en laissant les forces pro-Ouattara massacrer, piller et violer les populations, Sarkozy et Obama prétendaient « libérer » la Côte d’Ivoire d’une supposée dictature et bien de bonnes gens ont cautionné la combine de toute bonne foi.


Violence au pouvoir

A la vérité, il ne s’agissait ni d’une dictature à dégommer ni d’une libération de la population ivoirienne à exécuter. Les raisons de la guerre contre la Côte d’Ivoire étaient purement économiques et géostratégiques. Comme nous le confiait, en juin dernier, un diplomate occidental en poste à Abidjan, « la France se plaignait d’avoir perdu sous Gbagbo, son influence politique et économique en Côte d’Ivoire. Et cette influence était également mise à rude épreuve en Afrique à cause de l’aura de Gbagbo. Elle a décidé de le dégager du pouvoir par la force pour y installer son homme. Les Etats-Unis et la Russie ont été impliqués dans le deal. La Russie a reçu l’assurance des Etats-Unis et de la France que ses pays alliés ne seront plus persécutés en Asie et au Moyen-Orient, l’Iran, notamment ». Après le renversement de Laurent Gbagbo et l’installation de Ouattara au pouvoir dans des conditions si ensanglantées, le temps est sûrement venu pour que le monde découvre que la France et les Etats-Unis ont installé la violence au pouvoir en Côte d’Ivoire. Avant les brutalités contre le militants Fpi de Koumassi, l’actualité nous a démontré que dans le Nord-Ouest (Touba) et dans l’Ouest du pays (Man), les pro-Ouattara armés sèment la terreur. Ils tuent et dépossèdent de force les autochtones de leurs terres. De Kouibli à Taï en passant par Toulepleu, Guiglo, Duékoué, etc., les autochtones se réfugient dans la brousse fuyant les exactions des dozos et autres hommes armés pro-Ouattara. Le 29 septembre 2011, au lendemain de l’installation de Charles Konan Banny dans ses habits de « réconciliateur », des éléments Frci (pro-Ouattara) ont violenté les populations civiles, incendié le village de la sous-préfecture de Gnagbodougnoa (département de Gagnoa). Samedi dernier, au moment même où les pro-Ouattara semaient la violence sur un meeting pacifique du FPI à Koumassi, d’autres militants Rdr battaient, trainait dans le caniveau et séquestraient le maire intérimaire de la ville d’Issia, au motif qu’ils disent ne plus vouloir de maire Bété à Issia ! Comment cela peut-il être possible ? Ne plus voir de maire Bété sur la terre des Bété !? Quel est donc ce pouvoir qui veut chasser les autochtones de leurs terres natales ? Quellesdérives tribales !


Violence dans l’opposition…

Chasser le naturel, il revient au galop, dit l’adage. Le Rdr et la violence ont un pacte d’amour, vieux de plusieurs années. Sous Bédié et Guéï, Ouattara et ses partisans ont utilisé la violence pour tenter de s’imposer. Dès octobre 2000, alors que Gbagbo était à peine élu, Ally Coulibaly (actuel ambassadeur du régime Ouattara en France) demandait, au nom de Ouattara, aux militants du Rdr de prendre « le pouvoir qui est dans les rues ». Un appel à la violence qui sera suivi par les pro-Ouattara. Bilan : 300 morts à Abidjan. S’en suivra l’histoire du charnier de Yopougon, un montage malsain attribué au régime Gbagbo alors que le président élu n’avait pas encore prêté serment. La suite est connue.

En sa qualité de nouveau Président de la République, Laurent Gbagbo initie, dès octobre 2001, un forum national pour la réconciliation. Il envoie, en prélude à ce forum, des émissaires dans le nord du pays pour parler de paix avec les populations. Contre toute attente, à Séguéla, les pro-Ouattara agressent physiquement la délégation et son chef, le ministreAbou Drahamane Sangaré. Qu’à cela ne tienne. Convaincu que seule la paix peut sauver le pays, le Président Gbagbo engage des pourparlers avec Ouattara et le Rdr afin que les cadres pro-Ouattara entrent au gouvernement. Le gouvernement d’ouverture est effectivement formé le 5 août 2002. Alassane Dramane Ouattara et son parti y entrent sans doute pour distraire le peuple ivoirien. Mais le couteau était dissimulé dans leurs dos. Le 19 septembre 2002, la rébellion armée sur laquelle la paternité de Ouattara et le parrainage de la France sont clairement établis depuis la crise postélectorale attaque la Côte d’Ivoire et occupe la partie septentrionale du pays. De septembre 2002 à avril 2011, la zone occupée par la rébellion armée est interdite aux autres partis hormis le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara. C’est une zone de non-droit qui le demeure encore. Parmi les dirigeants de cette rébellion, on a très vite identifié les hommes de Ouattara, militaires (Ibrahim Coulibaly dit IB) comme civils (Guillaume Soro Kigbafori, colistier d’Henriette Dagri Diabaté aux législatives à Port-Bouët, actuel Premier ministre et chef de la rébellion).

C’est clair. En Côte d’Ivoire, Ouattara et ses partisans ont toujours incarné la violence. Dans l’opposition, dans la nuit opaque, ils ont pu se faire passer pour les victimes. Mais ils sont au pouvoir depuis le 11 avril 2011 et à la faveur de cette lumière du jour, clarté divine, les voilà à découvert, violents et sans limites. La violence est au pouvoir en Côte d’Ivoire !

Par César Etou et Didier Dépry

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6243


4-2 René Naba : Françafrique: Honte à l'Afrique.

I- La Françafrique, une France à fric

Honte à l’Afrique. Honte à l’Afrique de nourrir ses bourreaux.

Jamais la Françafrique, le plus extraordinaire pacte de corruption des élites françaises et africaines à l’échelle continental, n’a autant mérité son nom de «France à fric», une structure ad hoc pour pomper le fric par la vampirisation des Africains pour la satisfaction de la veulerie française.

Aberrant et Odieux.

Honte à l’Afrique. Cinq siècles d’esclavage pour un tel résultat. Pour continuer à entretenir à grands frais l’un de ses colonisateurs les plus implacables, la France, l’un de ses tortionnaires les plus effrontés, Jean Marie Le Pen. Sans la moindre pudeur pour les victimes de la traité négrière, de l’esclavage, des zoos ethnologiques… les bougnoules, les dogues noirs de la République?

Gabon, Congo, Cote d’Ivoire, Sénégal, Guinée équatoriale. Drôle de riposte que de cracher au bassinet lorsqu’on vous crache sur la gueule. Qu’il est loin le temps béni des Mau Mau du Kenya. Vivement son retour. A vomir ces rois fainéants, dictateurs de pacotille de pays de cocagne.

La honte. Vénalité française et corruption africaine, combinaison corrosive, dégradante pour le donateur, avilissante pour le bénéficiaire: Quatre cent milliards de dollars (400 milliards) évaporés en 35 ans du continent africain vers des lieux paradisiaques, de 1970 à 2005, selon les estimations de la CNUCED (1).

Et Pourquoi ne pas déduire ces gracieusetés de la dette; la dette, cette nouvelle forme de traite négrière, qui saigne l’Afrique, autant que la précédente? Et pourquoi ne pas compenser par des infrastructures à l’effet de réduire la dépendance ?

Qu’attendent donc les Africains pour dégager leurs dirigeants fantoches, pourris parmi les plus pourris. Pas plus difficile à dégommer que Moubarak et Ben Ali.
Surtout pas à l’aide de l’Otan, la coalition de leurs anciens bourreaux, mais à la sueur de leur front, avec les larmes des patriotes et leur sang, pour sceller définitivement la reconquête de la dignité de l’Afrique.

Et la classe politique française…quelle strate parasitaire et obséquieuse. Plus parasite tu meurs. Tunisie, Maroc, Mammounia et Hammamet. Djembé et mallettes. Karachi et Clearstream. Rétro commissions et Taïwan. Alexandre Djhouri et Robert Bourgi. Ziad Takieddine et consorts (2). «République irréprochable», claironne le malaise vagal, «état exemplaire d’un siècle de l’éthique», tambourine l’anosognosie. Posture et imposture.

Allégeance aux armes? Chiche Jean François Copé en contrepartie d’un serment d’intégrité de la classe politique française. Mais qui trahira sa parole en premier? Le moralisateur bien évidemment.

La saillie de Robert Bourgi sur la lubrification des dirigeants français avec de l’huile de palme africain ne relève pas du hasard. Elle intervient à la veille d’une année cruciale pour les relations franco africaine, alors que l’Afrique francophone opère en 2012 un test grandeur nature de la viabilité de sa démocratie avec deux scrutins présidentiels, l’un au Sénégal (Mars 21012), l’autre au Mali (Avril 2012), à l’arrière plan du lancinant problème de la succession présidentielle au Cameroun, dont le mandat du titulaire Paul Biya expire officiellement fin décembre 2011. Avec en superposition aux élections présidentielles françaises (Mai 2012), la volonté prêtée à la France de privilégier la propulsion de Karim Wade à la succession de son père, à contre courant du mouvement général de contestation des dynasties républicaines, initiée par la rive arabe du continent africain (Tunisie, Egypte, Libye), qui tendrait à faire de cette campagne électorale à l’échelle du continent africain un test additif de la viabilité de la françafrique.

Exception française et Pays des Droits de l’homme. Du pipeau. Ventouses et vampires plus vrais que nature, plus conformes à la réalité. En toute impunité. Aucune pudeur. Travailler plus pour gagner qu’ils redisent. L’imposture absolue. Un ridicule qui tue, le signe indiscutable du déclin. Tant pis pour les fossoyeurs de la douce France. Que l’on ne compte pas cette fois sur l’Afrique pour relever leur pays. Du balai, Erhal (dégage). Pour renvoyer à ses fadaises l’homme du discours de Dakar, spécialiste de la répétition, pas encore entré dans l’histoire.

B- La dalle d’Argenteuil, le test de crédibilité de Nicolas Sarkozy.

Quelle inversion des valeurs que de voir l’homme de la stigmatisation africaine bombait le torse, ivre de sa victoire en Libye. Une victoire à la Pyrrhus d’ailleurs qui propulse la Charia comme la principale source de législation en Libye de par la volonté de Moustapha Abdel Jalil, le protégé du philosophe médiatique Bernard Henry Lévy.

Il se raconte que dans la griserie de sa victoire le nouveau Scipion l’africain se serait vanté de nouveaux exploits devant le commandant Massoud de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine: «Dans un an l’Algérie, dans trois ans l’Iran». Affligeant après de cinq ans d’exercice du pouvoir, cette forme puérile et immature de comportement. Du très mauvais goût de recevoir le génocidaire Paul Kagamé du Rwanda, un 11 septembre, jour commémoratif du 10 me anniversaire des attentats anti américains de New York, deux semaines après l’expulsion du dictateur libyen, infiniment moins sanguinaire que le rwandais. Nouvelle politique africaine qu’ils disent.

Ce stratège d’opérette lançait à grand fracas, Il y a quatre ans, l’Union Pour la Méditerranée, une merveille de diplomatie au résultat piteux. Ses deux piliers sud, Moubarak et Ben Ali, gisent au fond de la Méditerranée, et la Turquie, qu’il toisait de haut, au firmament de la popularité, expulsant l’ambassadeur du pays fétiche de Sarkozy, Israël, contraint, à son tour, de rapatrier son ambassadeur du Caire sous la pression populaire. Inimaginable il y a peu de temps encore.

Faisons le pari de savoir qui sera encore en place, dans un an, l’Iran ou Sarkozy. Cela fait cinq ans que «Bomber Sarko» menace l’Iran avec sa formule passée à la postérité: « la bombe ou le bombardement ». Bravant ses foudres, l’Iran est parvenu, entretemps, au statut de puissance du seuil nucléaire, la centrale de Bouchher raccordée au réseau électrique iranien.

Avec l’Algérie, captif de sa démagogie et de son refus de la repentance, il n’a rien à offrir à ce pays pour le 50 me anniversaire de son indépendance, sinon le chaos. IL brasse de l’air et fait des moulinets, pour donner l’illusion du mouvement. A force d’esbroufe, le matamore de Libye pourrait créer les conditions d’aménagement d’un nouveau bourbier de type irakien aux portes de l’Europe.

Le matamore de Libye est une métaphore. Complètement à l’Ouest: un président à contretemps, à contresens de l’histoire, le pire sinistre industriel de la France depuis l’avènement de la Vème République.

Ce stratège en chambre confond le principe du désir et le principe de réalité. Que pouvez-vous espérer d’un président d’un pays qui n’a pas le courage de franchir le périphérique de sa capitale ?
La dalle d’Argenteuil, c’est le véritable test de la crédibilité de «Bomber Sarko».

Références

1- Se référant aux estimations de la CNUCED, Me Fabrice Marchisio, avocat spécialisé dans le recouvrement d’actifs frauduleux, précise que 400 milliards de dollars ont fui l’Afrique entre 1970 et 2005 vers d’autres continents et se fondant sur ls estimations de la banque Mondiale, il indique que le montant des détournements des dictateurs arabes déchus lors du «printemps arabe», Hosni Moubarak (Egypte), Zine el Abidine Ben Ali (Tunisie) et Mouammar Kadhafi (Libye) serait d’une ampleur oscillant entre 100 milliards et 200 milliards, une variation qui intègre dans ses estimations des actifs dissimulés. Me Fabrice Marchisio est membre du cabinet Asset Tracing and Recovering / Cabinet Cotti, Vivant, Marchisio and Lazurel. Interview au journal Le Figaro 12 septembre 2011.

2- «Erhal, La France face aux rebelles arabes» René Naba- Editions Golias-Septembre 2011


 

René Naba

Mercredi 5 octobre 2011
http://www.renenaba.com/...


4-3 MICHEL GALY : LA GAUCHE FRANÇAISE ET L’ALTERNANCE POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE .

« La clef du cachot de Korhogo…est à Paris ! », entend  on dans les manifestations et meetings parisiens …

Même si ce n’est pas si sûr ( et si cela conforte bien évidemment l’immigration ivoirienne à paris), l’interconnexion entre pouvoir ivoirien et français actuel est évident(ce que l’on pourrait baptiser le « sarko -ouatarisme », cf. « la tentation coloniale »sur le site du « Gri gri international »)- tant dans la crise électorale de décembre à avril, que dans les jeux de pouvoirs actuels. Il faudrait étudier longuement, pour le comprendre, cette « assimilation politique des élites » et l’influence des réseaux françafricains - comme dirait le politologue J.F. Bayart, depuis Houphouët Boigny et surtout depuis 2002, mais on peut ici se livrer à quelques interrogations prospectives.
Bien qu’il soit certain que les dynamiques internes (la vie politique en Cote d’ivoire), régionales (les exilés et réfugiés au Ghana et au Libéria) et continentales (les alliés du régime de Laurent Gbagbo ont été l’Angola et l’Afrique du Sud, mais bien plus encore une certaine jeunesse pan africaine, telle celle du Cameroun)soient cruciales, tout changement politique à Paris risque d’entraîner certaines évolutions (révolutions ?) à Abidjan.
Après tout « Sarkosy  n’est pas là pour toujours »…comme l’a rappelé le juriste Albert Bourgi, tandis que l’ancien premier Ministre Konan Banny déclarait q’  « aucun pouvoir arrivé par la force armée n’est éternel ».
De nombreux scénarios de changement, d’ailleurs contradictoires, sont possibles : d’un retour de la « guerre nomade » depuis le Libéria ou le Ghana jusqu’à une guerre civile larvée avec un pourrissement de la situation à l’Ouest ; d’une peu probable « cohabitation à l’ivoirienne  après des législatives hypothétiques, à des changements d’alliance du PDCI. En ce qui concerne les relations internationales, l’alternance à gauche en France s’oppose bien évidemment à une persistance du sarkosysme armé, avatar de l’interventionnisme bushien et d’une néo- colonisation qui n’ose dire son nom.
Mais quelle gauche ? Celle de François Mitterrand, dont la politique africaine, malgré le discours de La Baule, n’est qu’une continuation étatique de la droite- alors qu’en 1981 il y avait peu à dire pour provoquer la fin des tyrans ? Celle de Guy Mollet, tendance dominante dans la droite du parti socialiste qui approuve la domination blanche et les aventures extérieures- depuis la guerre d’Algérie ?La plus favorable des hypothèses est celle du retrait et de la neutralité, comme du temps de Jospin(son absence d’intervention militaire, a bien favorisé le renversement de Konan Bédié) : c’est quand elle ne fait rien que cette gauche modérée, très modérée, est la plus favorable au changement politique…Hollande , dans son discours d’investiture au PS, vient de dire « refuser la Françafrique » :on peut prendre date, en attendant ses pratiques concrètes, sans trop y croire…Le socialisme africain attendra,c’est  l’ appui à l’Etat de droit et la fin des incursions françaises qui sont à l’ordre du jour d’une gauche revenue au pouvoir !
 
Mais « ne rien faire »(en terme social démocrate : « ni ingérence , ni indifférence »), peut supposer se retirer militairement, ce qui change beaucoup de choses en laissant place aux dynamiques internes : que serait la situation politico militaire , notamment à Abidjan, en cas de retrait des deux  corps expéditionnaires de contrôle(euphémisme..)que sont la force Licorne et l’ONUCI ? Tout observateur sait que les régulations politiques et conflictuelles  se feraient spontanément…Sachant que le camp de Laurent Gbagbo a obtenu plus de 54%à Abidjan et qu’il est majoritaire au Sud, l’issue semble évidente et un renversement de situation envisageable. D ‘autant que les « préfets » ou « gouverneurs » françafricains , désormais en manque de soutien ou vertement tancés à Paris, feraient alors défaut…suivez nos regards du coté du Burkina- ou ailleurs…
Ce scénario pour l’instant improbable pourrait s’effectuer en cas  de victoire d’une coalition de gauche sous l’impulsion du Pcf et J.L. Mélenchon d’un coté,  et du Npa et de certains écologistes  d’autre part sur le slogan de  « retrait total d’Afrique des forces armées françaises » - dont les bases sont effectivement la marque en Occident que la France est bien en retard d’une décolonisation. Ce rôle d’éclaireur de la gauche extrême par rapport à la gauche modérée, c’est à dire le PS, est classique dans l’histoire de la vie politique française : ce n est pas les fondations, think tanks  militaristes et affairistes qui jouent le rôle de réservoir d’idées nouvelles ! 
La bataille de l’information est cruciale, et pour suivre les thèses  d’Antonio Gramsci, un préalable à l’hégémonie politique ; j ai montré ailleurs comment, en l’ absence de mobilisation d’intellectuels et de politiques de renom,  l’information sur la Cote d’Ivoire a été biaisée depuis 2000 et 2002. Qui plus est, depuis la crise électorale, les journalistes et les médias occidentaux sont, c’est parfois le cas de le dire littéralement, « embarqués » dans le dispositif politico-militaire- ni plus ni moins d ailleurs que pour l’Irak et l’Afghanistan, et pas plus que les medias américains dans les conflits où leur pays est impliqué. De plus un phénomène de « story telling » est évident : pour bon nombre de journalistes par exemple, la « fin de l’histoire »(en tout sens ) date du 11 avril- et rien ne se passe depuis …
A tel point que pour des raisons techniques et financières, des humanitaires occidentaux se plaignent ces jour ci à Paris de  ce « déficit de l’information » sur la Cote d ivoire qui les empêche de recueillir des fonds et donc d agir pour les déplacés et  réfugiés. Comme pour les révolutions arabes, la guerre des blocs, sites ou medias Internet -et bien sûr la presse classique, sera déterminante dans les mobilisations et révoltes urbaines- ce qui laisse d’ailleurs le monde paysan encore en dehors de ces mouvements en devenir. Le parallèle est intéressant : on voit l’opposition pro Gbagbo se saisir du vocabulaire de la résistance à la tyrannie, de  la révolution démocratique et de l’insurrection qui vient, tout en faisant vibrer la corde humanitaire : l’inversion des thématiques de mobilisation est bien un préalable à la reconquête politique.
Cependant l’opinion française peut basculer, notamment à partir d’une situation inattendue dans le paysage institutionnel sarkosyste : la gauche vient de conquérir le Sénat, et le socialiste sudiste JP Bel devient le second personnage de l’Etat ; bien plus, des commissions d’enquêtes parlementaire peuvent s’y mener, sur le modèle (en plus abouti souhaitons le)de celle qui a été menée sur le Rwanda à l’Assemblée nationale. Peut être des associations comme Sherpa ou Transparency international ou, qui sait, Survie, Attac ou Rsf s’intéresseront aux « biens mal acquis », à la situation de la presse ou des droits de l homme à Abidjan (comme le font Amnesty ou la Fidh sans être très audibles auprès du monde politique français) ; pourtant leurs divisions, leurs compromissions ou leur proximité avec l’alliance sarko ouattariste peuvent en faire douter… L’ « honneur perdu d’Human Rigth Watch », aux rapports aussi bien tendancieux qu’inventés montre bien que les liaisons dangereuses (comme aussi International Crisis group), avec le département d’Etat américain et des financiers comme Soros peut aboutir à de pseudo rapports de propagande, alors qu’on prétend faire la morale à la terre entière…
Quoiqu’il en soit de la corruption des esprits et de la presse liée à la Françafrique( cf. les derniers « dossiers » d’  « hebdomadaires pans africains »(sic !,) ou le caractère systématiquement hostile à Laurent Gbagbo du quotidien Libération, depuis 2000) il me semble qu’un point d’inflexion est atteint et que l’opinion française peut  se retourner.
Outre les medias , des actions judiciaires sont en cours - et comme pour Sassou N’Guesso et les  responsables du massacres du Beach au Congo ou encore le général algérien Khaled Nezzar, qui vient d’être arrêté en Suisse pour sa répression pendant la guerre civile, il pourrait arriver que des responsables ivoiriens connaissent des séjours à Paris ou à Mougins plutôt mouvementés…Après tout des franco ivoiriens ont subi le martyre,  comme Michel Gbagbo incarcéré pour sa parenté, ou le cinéaste  Sidili Bakaba  qui était à la résidence présidentielle en avril, pourraient mettre en cause devant les médias et les tribunaux  l’Ambassade et l’Armée française, si ce n’est l’Onuci et l’Elysée, dont le coup d’Etat et le massacre de civils a de toute évidence dépassé la résolution 1575 - ce qui est  comme en Lybie une forfaiture éthique et une faute juridiquement condamnable
Si la roche Tarpéienne est près du Capitole pour nombre de dirigeants africains en général, et ivoiriens en particulier,  ces scénarios ne sont pas sur pour autant inéluctables ; des luttes au couteau se déroulent dans la presse,et dans les institutions comme par exemple la CPI extrêmement divisée sur le cas ivoirien : si le procureur Moreno Ocampo s’affiche avec des criminels de guerre, la juge Sylvia Fernandez de Gurmensi s’oppose de toutes ses forces à une « justice de vainqueurs » et prétend juger équitablement les deux camps . 
Et si la gauche française renouait avec sa tradition anticoloniale et cessait ce que l’historien Chalchi Novati nomme la « guerre à l’Afrique » ? On peut toujours rêver d’interventions contre la douzaine de « fascistes à la française » peuplant les palais présidentiels africains…  Après tout retrait et abstention sont peut être meilleurs pour une « révolution africaine »  à venir : espérons que ces jours là la gauche française, contrairement à son attitude devant les révolutions arabes, ne manquera pas son rendez vous politique avec l’histoire des « damnés de la terre » : elle pourrait y perdre un continent.
 Article paru dans "le nouveau courrier" 350

18:53 Publié dans Blog |

23.10.2011

http://mosourpa.hautetfort.com/ 



5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

5-1 Farid Merrad : Un citoyen français écrit à Sarkozy : « Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu’il est apparu »

C’est conscient des enjeux dramatiques et capitaux que revêtent pour nombre de vos administrés, les récents évènements survenus en Côte d’Ivoire et l’implication de nos forces armées dans une guerre civile que notre gouvernement a, de par son action, plus favorisée que tempérée que nous prenons la plume.

Nous sommes républicains et profondément attachés aux valeurs intemporelles et universelles qui sont les fondements de notre État. Nous tenons également à préciser notre neutralité quant aux enjeux internes ivoiriens. Respectueux des souverainetés, notre propos ne porte que sur les agissements de notre gouvernement et de nos forces armées présentes en Côte d’Ivoire.

Ne pouvant accepter qu’une puissance étrangère ne s’immisce dans le déroulement de nos affaires internes, nous ne pouvons accepter le rôle joué par notre propre pays sur une terre étrangère.  Nous rappelant notre histoire parfois douloureuse, nous ne pouvons accepter la nature ambigüe de notre présence militaire.

De l’instant où, le conseil constitutionnel ivoirien, autorité légitime, a proclamé les résultats de l’élection présidentielle, au dénouement de la crise politique qui s’en est suivie, les réactions et actions de notre gouvernement nous ont laissé dubitatifs, inquiets, et aujourd’hui scandalisés.

Dubitatifs, car nous nous demandons encore quel pouvait être l’intérêt de la France d’attiser les braises de ce qui ne pouvait qu’immanquablement finir en brasier?

Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu’il est apparu que le soutien militaire français non voilé aux milices de M. Ouattara deviendrait par le fait des choses le blanc-seing d’exactions frappant la population ivoirienne.

Ces civils innocents ayant, comme tout être humain, droit au respect des règles les plus élémentaires du droit à la vie, cela en accord avec nos préceptes moraux.

Scandalisés, nous le fûmes, à la vue des bombardements opérés par notre armée, sur le palais présidentiel d’un chef d’État, qui, quel que fut le souhait du gouvernement ou le nôtre, avait été élu conformément aux normes en vigueur dans l’ordre juridique ivoirien.

Nous ajouterons que face à cette élection, le gouvernement français n’avait ni titre ni légitimité à faire valoir ou à défendre.

Scandalisés enfin, nous l’avons été par la propagande, le terme est fort mais exact, à laquelle se sont livrés les représentants de l’État français et la majorité de nos médias, à la suite du déclenchement des actions militaires visant les forces armées ivoiriennes et frappant sans discernement la population.

Nous notons que ces actions ont été engagées dans un premier temps en toute illégalité (les premiers engagements militaires ont eu lieu en dehors de tout mandat de l’ONU), et par la suite dans une légalité contestable, puisque nos soldats ne devaient user de la force uniquement pour protéger les populations contre l’utilisation d’armes lourdes du fait de l’armée ivoirienne (fait qui à ce jour reste peu étayé).

Nous relevons également la surdité de notre gouvernement aux appels de la Russie et de la CEDEAO à la cessation de cet usage disproportionné de la force armée.

Ayant comme tout un chacun des préférences, nous n’avons pas de parti pris, seul le respect du droit et des valeurs qui sont les nôtres nous anime, partant, comment tolérer que notre pays, alors qu’il était mandaté par l’ONU pour protéger les populations civiles se soit potentiellement rendu coupable de complicité de meurtres de masse, voire d’épuration ethnique à Blolequin ou à Duékoué en étant l’allié objectif et parfois agissant, des forces de M. Ouattara, dites aujourd’hui républicaines?

Comment tolérer qu’en vertu de ce mandat onusien, la protection de ces populations qu’il était du devoir et de l’honneur de notre pays de garantir, n’ait pas été assurée?

Comment tolérer que nos forces présentes à l’hôtel du golf aient laissé le siège du gouvernement ivoirien « reconnu par la communauté internationale », se muer en lieu de torture et d’assassinats, cela au vu et au su de tous les médias et de la « communauté internationale »?

Comment pouvons-nous tolérer que pour faire plier M. Gbagbo nos forces armées aient causé par leurs bombardements la mort de civils innocents se trouvant dans l’enceinte de la résidence présidentielle?

Comment tolérer que nos représentants gouvernementaux, au mépris de leurs engagements pris devant le peuple français, aient aidé à la capture de M. Gbagbo?

Comment tolérer que nos forces armées aient permis cette indigne exhibition de M. Gbagbo et de son épouse, non seulement humiliante pour les ivoiriens qui avaient voté pour lui, mais également choquantes pour les français issus des ex-colonies qui voyant ces images d’une rare violence, ont revécu le traumatisme de la brutalité de l’interventionnisme de la France coloniale? Images tout aussi inacceptables pour tout français connaissant le sens et la symbolique des termes droits de l’homme et dignité humaine.

Comment tolérer que nos forces présentes en Côte d’Ivoire se soient alliées à des mercenaires violents, à des chefs de guerre assassins, ayant démontré toute leur « expertise » dans la maltraitance des populations dans nord de la Côte d’Ivoire, et ce depuis la partition de 2002. Comment tolérer que notre gouvernement ait armé certains de ces hommes?

Comment accepter que ces mêmes hommes aient pu se livrer à des actes de représailles contre les proches de M. Gbagbo et la population civile sans que notre gouvernement ne les dénonce, sans que notre armée ne les en empêche?

M. le Président, face à tant d’accrocs aux principes et valeurs qui sont les nôtres, et que nous supposons également être les vôtres, nous vous posons solennellement cette question: Quels peuvent être les intérêts de notre pays en Côte d’Ivoire pour qu’il faille souiller l’image de notre république, brader l’honneur de nos troupes, tromper et mentir au peuple de France pour les défendre et les garantir?

Républicains et respectueux des idéaux de notre république nous sommes.

Ayant réaffirmé cette évidence nous ne pouvons rester sans réaction face à ce qui est pour nous une atteinte grave à l’idée que nous nous faisons de notre pays.

Nous ne pouvons rester silencieux face à ce qui est pour nous une atteinte claire à l’idée que nous nous faisons de l’exercice du pouvoir.

Nous ne pouvons rester sans dénonciation face à ce qui semble pour nous une atteinte inacceptable aux principes de transparence et de sincérité de l’action gouvernementale.

Nous ne pouvons rester sans proposition face à ce qui est pour nous une atteinte intolérable à notre honneur de citoyen français. Nous ne pouvons en rester au stade du constat.

Comme beaucoup de français nous demandons et exigeons des réponses aux trop nombreuses questions qui sont nées de l’action de la France en Côte d’Ivoire.

Comme beaucoup de français, que nous espérons de plus en plus nombreux à mesure que les éléments permettant de braquer la lumière de la justice sur ces évènements apparaitront au grand jour, nous en appelons aux institutions de notre république.

Les faits gravissimes qui nous interpellent ne peuvent devenir histoire sans avoir été révélés, sans avoir été éclaircis dans toute leur vérité, conditions sine qua non de la restauration de l’image de notre pays, et de la tranquillité de vos concitoyens.

Il est de votre devoir, M. le Président, d’y concourir avec la plus grande diligence et latitude qui peuvent être les vôtres.

Nous nous adresserons également à Messieurs Bernard Accoyer et Gérard Larcher, présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat, aux présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, Messieurs Poniatowsky et Tessier, aux présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée Nationale et du Sénat, à l’ensemble des députés et sénateurs, pour que soit mise en place sans délai une commission d’enquête parlementaire chargée de lever toutes les zones d’ombres entourant notre intervention en Côte d’Ivoire.

Nous devons savoir pourquoi et comment la force Licorne est intervenue.

Nous devons savoir avec précision quel a été son rôle dans l’avancée des « forces républicaines » vers Abidjan.

Nous devons savoir pour quels motifs elle n’a pas protégé les populations civiles dans le nord de la Côte Ivoire.

Nous devons savoir si des éléments des troupes françaises étaient à proximité de Duékoué. Nous devons savoir quel est le nombre de victimes imputables à nos troupes lors des bombardements visant à protéger les civils ivoiriens. Nous devons connaître leur statut, civil ou militaire. Nous devons savoir avec précision et sincérité quel a été le rôle de nos forces dans la capture de M. Gbagbo et de son épouse. Nous devons savoir pourquoi le gouvernement nous a menti sur ce fait précis. Nous devons savoir où étaient nos troupes lors des exactions commises par les forces républicaines à Abidjan après la capture de M. Gbagbo. Nous devons savoir pourquoi elles ne sont intervenues, ni dans les rues d’Abidjan, ni à l’hôtel du golf. Nous devons savoir pourquoi le Parlement n’a pas été consulté préalablement à tout engagement de nos armées.

Ces nombreuses questions, M. le Président, en trouvant réponse, permettront de lever tout doute quant à l’action de nos soldats en Côte d’Ivoire et de nous redonner confiance en nos institutions. Cette demande, nous l’adressons aux leaders des partis d’opposition, la rendons publique car elle intéresse tous nos concitoyens et nous l’assortissons d’une pétition de soutien. La France étant une démocratie, vous nous lirez. Si la France, notre pays, est encore le porte-étendard des idéaux humanistes et universalistes des Lumières, vous nous comprendrez. Si la France, notre pays, est encore une terre de liberté et de droit, vous accèderez à nos doléances. Si vous êtes, M. Nicolas Sarkozy, président de tous les Français, vous pèserez de tout votre poids pour que lumière soit faite et que justice soit rendue. Il ne peut et ne doit en être autrement.

Respectueusement, pour Alternatives et Cohérences, M.  Ahouansou Séyivé

M Ahouansou Séyivé

http://www.ivoirediaspo.net/?p=6203



6 Annexe

6-1

Charles Tiekpo : Laurent Gbagbo: un homme en avance sur son temps.

 

En relisant les discours du président Laurent Gbagbo, avec du recul l’on se rend compte que tout ce qui se passe aujourd’hui, il l’avait déjà vécu avant nous. Comme le Christ qui anticipait les événements à venir en parlant d’eux à savoir sa passion, sa résurrection etc.

Le président aussi avait déjà parlé des événements actuels. Revisitons ensemble certains passages de ses discours.
Sa vision de la politique
Je fais la politique depuis longtemps. Pendant que j’étais dans l’opposition, je n’ai jamais fait la guerre. Mes positions sur la conquête et l’exercice du pouvoir son connues. Pour moi, il ne faut pas vouloir le pouvoir pour le pouvoir. On veut le pouvoir pour servir le peuple. Vous connaissez mes ambitions pour la Côte d’Ivoire. Je les ai exprimés tout au long de mon parcours politique. Je me bats pour améliorer les performances de notre économie, c’est pour faire de la Côte d’Ivoire un pays de solidarité, de bien-être et de générosité. J’ai choisi d’être acteur de l’histoire de la Côte d’Ivoire et non une marionnette. Je suis fier d’être celui par qui le changement s’opère.
Son avis sur la crise
Cette crise, dont nous avons subi la forme la plus aiguë, avec la guerre a couvé longtemps avant d’éclater ouvertement. Ce n’est pas la première tentative coup d’Etat. On eu décembre 99. Ensuite quand j’ai été élu à la fin octobre 2000, il y a eu une autre tentative en 2001, et en fin de septembre qui s’est muée en rébellion. Pour moi, c’est la même chose. C’est le même coup d’Etat décliné en plusieurs phases. Parce que l’objectif n’a pas été atteint.
Je n’ai jamais fait mystère de l’implication de l’Etat français dans la tentative de renversement de mon régime. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais dire le contraire. Je ne comprends pas que des dirigeants s’arrogent le droit de vouloir faire partir de là où le peuple l’a mis, un chef d’Etat légalement élu, légitime, légitimé par une élection démocratique et populaire.
Ils nous font la guerre, non pas parce que nous aurions empêché l’expression démocratique des Ivoiriens, mais parce qu’ils renient au peuple ivoirien son droit souverain de choisir lui-même ses dirigeants, de respecter les institutions qu’il s’est données et de vivre dans un pays libre. Nous sommes combattus aujourd’hui parce que nous avons des grandes idées pour l’Afrique.
A ses amis « déserteurs » comme non « déserteurs »
On peut rester le même homme dans ses convictions, dans sa démarche. Le tout, c’est de tout faire, de prier pour ne pas changer dans le mauvais sens.
Un homme ne se renie pas. Un homme qui est un homme, assumant totalement sa détermination dans l’action doit agir ; et il agit selon ce qu’il a décidé. Moi, je n’ai rien d’autre que l’honneur. Et je m’efforce de vivre et de lutter sans haine. Je m’efforce de vivre et de combattre sans nuire. C’est pourquoi je marche, je marche et je marcherai toujours !
J’ai un combat à mener, je le mène. Je peux gagner ou le perdre. Mais je le mène. Il faut être maître de son destin. Le combat pour une cause juste n’est jamais vain même si celui qui le mène n’en voit pas l’aboutissement. Quand on veut une chose, il faut se battre pour l’avoir. La construction de la République et de la démocratie est une chose difficile. Plus tard nos enfants vont commenter les événements d’aujourd’hui et ils vont nous juger.
Chacun va expliquer de quel côté il était, dire où il était et quel côté il s’est rangé. Du côté du peuple ou du côté de ceux qui nous agressés ?
La question qui se pose aujourd’hui, c’est de savoir si le changement indispensable, inéluctable, s’opère par notre volonté ou par l’étranger. Est-ce nous, les Ivoiriens, qui transformons la Côte d’Ivoire selon ce que nous voulons ou est-ce quelqu’un qui nous dicte un changement ? Ma conviction, c’est que c’est nous.
Le monde change. Nous passons d’une ère à une autre. La question est de savoir si nous allons être de simples spectateurs ou des acteurs à part entière des temps nouveaux qui se dessinent. La question est de savoir comment la Côte d’Ivoire, en tant que nation et les Ivoiriens en tant que peuple vont affronter les nouveaux enjeux de la démocratie, de la paix, et de l’économie.
C’est sur ces questions que chacun doit méditer. Il ne tient qu’à nous et à nous seuls de continuer à vivre libre. A vivre en paix. A vivre libre et en paix. Il ne tient qu’à nous seuls de donner à notre pays tous les atouts de la prospérité.
Ce qu’il pense de la paix.
La guerre nous a tragiquement réveillés. Elle est venue nous montrer brutalement qu’il ne suffisait pas d’invoquer la paix pour avoir la paix. Nous avons tous vu où cette aventure a conduit notre pays. La paix doit reposer sur l’Etat de droit, sur la République et sur les institutions qui l’incarnent, sur le respect des choix exprimés par les Ivoiriens à travers des élections.
En dépit des souffrances et des drames qu’elle a engendrés, la guerre ne nous a pas brisés. Bien au contraire, elle aura révélé et renforcé le sentiment patriotique des Ivoiriens ; elle a raffermi les liens qui font l’unité de la nation. J’en veux pour preuve le courage devant l’épreuve, la détermination à rester débout et à refuser qu’on lui dicte sa conduite. Ensemble nous avons préservé les bases de l’Etat. La fonction de Chef de l’Etat impose des responsabilités à celui qui l’assume vis-à-vis de son peuple. Ayant fait front, avec vous, j’ai voulu montrer que pour sauver la République, il faut être capable de résister et de faire échec à la guerre.
Ce que nous avons cru impensable s’est produit. Il y a eu la guerre en Côte d’Ivoire. Nous avons constaté qu’avec la guerre, nous étions tous menacés dans les mêmes droits élémentaires. Quelles que soient nos appartenances régionales, religieuses ou politiques, quelques soient nos positions sur guerre elle-même, nous avons frôlé une catastrophe collective. Mais les peuples entrent en action quand l’Histoire l’exige. Les peuples se mobilisent toujours pour sauver les nations en péril. Nous sommes restés débout. Aujourd’hui, la guerre est terminée. Il s’agit à présent de gagner la paix. Il ne suffit pas d’invoquer la paix pour l’avoir, ni de la décréter pour la vivre. Nous ne voulons pas la paix du parti unique. Or, les solutions que nous recherchons pour sortir notre pays de la crise et bâtir l’avenir de notre nation ne se trouvent pas dans ce passé nostalgique. Le passé pour la Côte d’Ivoire, c’est le parti unique et son ordre. Et le parti unique n’est pas et ne peut être un modèle à revendiquer. Au contraire, nos difficultés actuelles sont le legs de ce régime politique dont nous n’avons pas su tirer les leçons. Partout où les peuples ont été longtemps soumis à un régime de parti unique, il y a tôt ou tard de grandes turbulences.
La paix du parti unique est en effet une paix factice imposée dans la violence, et sous laquelle la violence couve en permanence. En Côte d’Ivoire, le parti unique a engendré la guerre des héritiers qui débute en janvier 1993 qui entraîne le coup d’Etat de décembre 1999 et le régime militaire de 1999 à 2000. Ce sont les contrecoups de ces rivalités qui conduiront à la tentative de coup d’Etat de janvier 2001, et à la guerre civile déclenchée en 2002. Une paix réelle et vraie, une paix à nous, habitants de la Côte d’Ivoire doit reposer sur l’ordre démocratique ; une paix pour jouir de nos libertés et vivre notre indépendance.
Aux ivoiriens
Vous qui souffrez Ne désespérez pas ; Demain sera fait de votre courage. Et vos maux d’aujourd’hui peuvent être votre bonheur de demain. Dixit Laurent Gbagbo
Malgré l’acuité des questions, l’espoir est permis, quand les hommes et les peuples croient en eux-mêmes, en leur capacité à opérer les changements appelés par leur histoire et leur culture. Nous avons connu la guerre. La crise née de cette guerre a crée dans le pays une situation inhabituelle. Ayons confiance en nous-mêmes. La guerre a perturbé nos vies. Ne lui permettons pas de briser aussi nos rêves. C’est maintenant qu’il faut bâtir la Côte d’Ivoire pour le milieu du 21eme siècle. Les crises sont les aiguillons de l’histoire. Je refuse la fatalité pour mon pays. Je veux que nos enfants aillent à la rencontre de l’avenir en toute confiance. Nous devons restés dignes et forts dans l’épreuve.
C’est pourquoi nous devons rester soudés. N’oublions jamais que le chemin de la démocratie est long. Les pays qui comptent aujourd’hui parmi les plus démocratiques et les plus stables au monde ont mis du temps pour mettre en place les institutions dont ils ont raison d’être fiers. Notre pays aura mis cinquante ans à chercher la voie de la démocratie. Hier, le pays négociait le passage de la colonisation à l’indépendance. Aujourd’hui, il passe de la culture du parti unique à celle de la démocratie. Nous devons rester sereins. Depuis 2002, le pays montre qu’il est capable de résister pour défendre l’essentiel. Ce n’est pas le moment de nous décourager. Nous avons gardé intacts nos atouts pour mettre notre pays pleinement sur la voie de la modernisation, de la paix, de la démocratie et de la prospérité. Gardons confiance en nous-mêmes, en notre pays.
C’est nous et nous seuls qui pouvons le faire avancer. Soyons sereins.
Préparons-nous.
Charles Tiekpo

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