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30/11/2011

n°26 : Dossier : Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage - 29-11 - : 1ap - : Syrie face au chaos.



n°26 : Dossier  : Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage -  29-11 - :  1ap - : Syrie face au chaos.


Déclaration, courrier des lecteurs & témoignagedeSyrie 

n°26                              29-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1  Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

1-1 Pierre Khalaf : Syrie, Liban face au chaos l’unité.

1-2 Marie-Ange PATRIZIO : Chemins de Damas.

1-3 Julie Lévesque : SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»

Annexe

2-3. L'intervention radio du matin de Françoise Wallemacq.



1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

1-1  Pierre Khalaf :Syrie, Liban face au chaos l’unité..

Dans une série d’entretiens accordés aux TV US, le 18 novembre 2011, Hillary Clinton a renoncé à présenter les événements en Syrie comme un soulèvement populaire contre le président Assadet a choisi de les qualifier désormais de « guerre civile ».

Cette rhétorique peut également être utilisée pour justifier une intervention militaire conventionnelle, mais il devient de plus en plus difficile de masquer que Washington livre déjà une guerre non conventionnelle avec des commandos infiltrés.

La tendance en Syrie et au Liban

Face au chaos, l’unité et la détermination 
Le déclin du mouvement de contestation populaire en Syrie est désormais une réalité que plus personne ne peut nier. Vendredi 18 novembre, la population a répondu absent aux appels à manifester lancés par une opposition dont les attaches étrangères sont maintenant bien connues des Syriens. Les rares rassemblements enregistrés ont eu lieu dans des villages reculés des régions de Hama, Homs et Daraa. Et la surexploitation des quelques images, passées en boucle par les télévisions tendancieuses, telles Al-Jazeera et Al-Arabiya, n’ont pas réussi à créer un effet amplificateur. 
Pour compenser ce recul décisif de la mobilisation, les groupes extrémistes armés d’obédience islamiste ont multiplié les actions dirigées contre les civils et les militaires, dans le but quasi avoué de provoquer une guerre civile, contre laquelle le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, à mis en garde, et que la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, et son homologue turc Ahmet Davutoglu, ont bien été obligés d’évoquer. Les enlèvements massifs de civils sur des bases confessionnelles et sectaires se se comptent par centaines, notamment dans la région de Homs. Les personnes enlevés sont soit assassinées, soit rendus contre versement de rançons… après avoir subies les pires tortures, bien entendu.

Les extrémistes à l’œuvre au Liban 
La multiplication des propos sur la guerre civile devrait faire taire les va-t-en guerre libanais qui prônent, au nom d’une démocratie qu’ils n’ont jamais eux-mêmes pratiqué, le changement de régime en Syrie, comme s’il s’agissait d’une paisible promenade sans grande conséquence sur l’ensemble du Moyen-Orient. Les avocats de la thèse du changement font croire à leurs partisans que le départ du régime de Bachar al-Assad sera dans l’intérêt des Arabes et de la région en général, occultant les actes de violence commis par les opposants syriens, que même l’administration Obama ne peut s’empêcher de reconnaitre, ainsi que les attaques annoncées par leurs médias de groupes extrémistes, présentés comme des déserteurs, contre des positions de l’armée arabe syrienne. 
Ils occultent aussi les appels Frères musulmans lancés à partir de la Turquie à une action militaire étrangère contre la Syrie. Leur conception de la souveraineté, de l’indépendance et de la démocratie, ces valeurs qu’ils prétendent défendre depuis des années, est certainement bizarre. 
Pourtant, les répercussions sur le Liban d’une guerre civile en Syrie seront de l’ordre d’un véritable désastre. Ainsi, les groupuscules islamistes au Nord, à Tripoli, au Akkar et à Wadi Khaled, des zones limitrophes de la frontière syrienne, ne cachent pas qu’ils se préparent activement à prendre le pouvoir dans les régions sous leur contrôle et à attaquer enfin ces mécréants que sont les chiites et en particulier la Résistance. Les agressions contre un hôtel et un débit de boissons à Tyr, il y a quelques jours, sont l’indice que certains groupes préparent déjà des incidents pour monter les communautés les unes contre les autres et notamment les chrétiens contre les chiites, pour semer le chaos au Liban, en parallèle au chaos en Syrie.

Tentatives de discorde confessionnelle 
Les faits sont là, les préparatifs aussi, notamment dans certains camps palestiniens, et les dirigeants du Courant du Futur de Saad Hariri continuent de clamer haut et fort, inconsciemment, qu’il n’y a rien à craindre et que toutes ces théories visent à faire peur aux Libanais, pour maintenir en place le régime syrien. 
La coalition pro-US du 14-Mars fait semblant de ne pas voir combien la tension est en train de monter dans certaines régions du pays et comment le clivage politique ne cesse d’augmenter. Ce qu’elle fait surtout semblant de ne pas voir c’est qu’en cas de chaos en Syrie, ils seront les premiers à être balayés au Liban par les groupes islamistes extrémistes incontrôlables et tous les groupuscules qui se préparent à semer le désordre sur fond de tensions confessionnelles. 
En dépit de ce scénario alarmiste, il y a encore de grandes possibilités pour qu’il ne se produise pas. D’abord, parce que le régime syrien reste solide et uni, et qu’il n’est pas du tout acculé, comme l’espère l’Occident, et encore moins sur le point de s’effondrer pour céder la place au désordre ou à la guerre civile. Comme la réaffirmé le président Bachar al-Assad au Sunday Times, « la Syrie ne pliera jamais face aux pressions. » (Voir ci-dessous). Et aussi parce qu’au Liban, il existe des forces positives, conscientes des dangers et soucieuses de l’intérêt général. Ces forces-là feront tout pour éviter que le pays ne sombre dans la guerre civile et le chaos et pour qu’il ne soit pas détourné de sa lutte initiale contre l’ennemi israélien. Le Liban et la Syrie sortiront grandis et renforcés de cette épreuve, et ceux qui ne cherchent que des vengeances personnelles ou ne font qu’exécuter les plans ourdis à l’étranger et qui ne servent que les intérêts d’Israël, essuieront un nouvel échec… sans doute le dernier avant la fin de leur carrière politique.

Déclarations et prises de positions

Bachar al-Assad, président de la République arabe syrienne 
Extraits d’une interview accordée le 18 novembre auSunday Times britannique 
« Je peux vous assurer que la Syrie ne cédera pas et qu’elle continuera à résister à la pression dont elle fait l’objet. L’injonction de la Ligue arabe a été lancée pour fournir aux pays occidentaux un prétexte pour mener une intervention militaire contre la Syrie. Je suis tout à fait prêt à combattre et à mourir si je devais affronter des forces étrangères. Cela va sans dire et c’est indéniable. Je ressens du chagrin à chaque goutte de sang versée dans son pays, mais que l’Etat doit faire respecter la loi face à des bandes armées. »

Walid Moallem, ministre syrien des Affaires étrangères 
« En Syrie, nous ne considérons pas que l’ultimatum de la Ligue arabe est une question importante. Le contenu est ce qui est important, et parvenir à un accord avec la Ligue arabe est ce qui compte. La proposition de la Ligue arabe comporte des articles reflétant les positions non équilibrées adoptées par certains Etats membres depuis le début de la crise. Ce protocole accorde aux émissaires de la Ligue arabe de très amples prérogatives, voire impossibles, pouvant aller jusqu’à la violation de la souveraineté nationale. Cela est sans précédent dans l’histoire des organisations régionales, qu’une organisation travaille contre l’intérêt d’un de ses membres. Si le combat nous est imposé, nous combattrons. Nous espérons que cela ne nous sera pas imposé. Le problème en Syrie ne peut être résolu que pas les Syriens eux-mêmes (…) Le dialogue est une nécessité pour dessiner l’image de l’avenir de la Syrie dans un esprit de partenariat. J’exclue une guerre civile, bien qu’ils fassent tout pour la fabriquer. Le dialogue national sert de base pour construire la Syrie. Toute personne de l’opposition nationale souhaitant y participer sera la bienvenue. »

Ali Larijani, président du Parlement iranien 
« L’envoi d’armes en Syrie et la dramatisation des événements afin de compliquer la situation interne nuiront à la réputation des pays orientaux et des Etats-Unis. 
La politique des deux poids deux mesures, adoptée à l’égard des événements dans certains pays, confortent notre conviction que les parties qui se précipitent pour exécuter les plans occidentaux contre la Syrie subiront un triste sort
. »

Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 18 novembre 2011) 
Imad Marmal
 
La bipolarisation marquée de la scène politique libanaise autour de la crise syrienne a atteint un tel degré que l’avenir politique de chacun des deux camps semble désormais dépendre de l’issue de cette crise. 
Un député du 8-Mars met en garde ses adversaires politiques de l’opposition : « Si le régime syrien reste en place, vous paierez un prix politique très élevé. S’il tombe, vous paierez le même prix et n’aurez pas le temps de vous en réjouir, surtout si le pays sombre une guerre civile ».Un député du 14-Mars refuse ces « intimidations » et affirme que le 14-Mars ne se laissera jamais entraîner vers une guerre civile. Selon lui, c’est le maintien du régime syrien qui menace la stabilité interne du Liban. 
Des sources de l’opposition estiment par ailleurs que les incidents sécuritaires qui ont eu lieu dernièrement sont des messages pour dire qu’on peut semer le chaos au Liban et menacer la Finul et Israël si les pressions contre Bachar al-Assad se poursuivent. Le fait que ces incidents aient eu lieu dans des régions chrétiennes vise à dire que le régime syrien est le seul garant de la sécurité des chrétiens.

As Safir (16 novembre 2011) 
Sateh Noureddine
 
La bataille pour défendre ou renverser le régime syrien sera tranchée à Beyrouth avant Damas. Il existe une décision arabo-internationale pour activer le front libanais, qui est le front le plus efficace et le moins coûteux dans la guerre contre le régime syrien. La décision extérieure ne sera pas individuelle mais prise à l’unanimité par l’ensemble des acteurs concernés. Et les instruments libanais sont prêts.

As Safir (15 novembre 2011) 
Le financement du Tribunal spécial pour le Liban fait l’objet de toutes sortes de pronostics, l’un des scénarios avancé évoquant la possibilité de voir certains pays se porter volontaires pour contribuer au paiement de la part due par le Liban. Mais il ne sera possible d’en savoir plus que lorsqu’on aura obtenu des réponses aux questions soulevées par certaines sources diplomatiques 

: Est-ce vrai que l’ancien Premier ministre Saad Hariri avait demandé à son homologue britannique David Cameron, pendant sa visite en Grande-Bretagne début novembre 2010, de s’acquitter d’une part de la somme due par le Liban, en raison de la conjoncture financière difficile au pays du Cèdre ?

Est-ce vrai que Cameron a accédé à cette requête et que la Grande-Bretagne a augmenté d’un million de dollars sa contribution annuelle, faisant la même chose par la suite en 2011 ?

Est-ce vrai que Cameron lui-même l’a rappelé en recevant son homologue libanais Najib Mikati pendant sa dernière visite à Londres ?

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, édition du 18 novembre 2011) 
Rosanna Bou Mounsef 

Le vote libanais au Conseil ministériel de la Ligue arabe contre la suspension de la Syrie soulève de sérieuses interrogations sur la capacité du Liban à honorer ses engagements relatifs au financement du tribunal international. La dernière visite de Najib Mikati en Grande-Bretagne a été accueillie par des réserves américano-françaises, les deux pays souhaitant attendre que le Premier ministre libanais concrétise au moins ses engagements au sujet du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). La confiance extérieure quant à la possibilité pour le gouvernement de s’acquitter de la somme due au budget de ce tribunal semble donc avoir été ébranlée, d’autant plus que des positions contradictoires sont exprimées dans ce dossier. Le président du Conseil des ministres aurait déclaré à des diplomates qu’il entend mettre la question du financement du TSL à l’ordre du jour du cabinet dans une dizaine de jours. En revanche, d’aucuns excluent un tel scénario et avancent que Mikati connaît déjà la réponse et qu’il cherchera donc à repousser davantage l’examen de ce sujet controversé.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 16 novembre 2011) 
Ibrahim Al-Amine 
La crise syrienne a atteint son apogée et aucun traitement sérieux ne semble en vue. En attendant qu’une partie courageuse et puissante décide d’ouvrir la voie à un dialogue qui mène vers un véritable changement, pour le bien du peuple syrien et pas des intérêts étrangers, les parties extérieures s’impatientent. Elles ne veulent donner aucune chance au dialogue et ne s’intéressent qu’à leurs intérêts qui se résument en une seule idée : la chute ou l’affaiblissement du régime syrien constitue un acquis supplémentaire pour le projet israélo-américain dans la région du Moyen-Orient.

Al Hayat (Quotidien saoudien, 16 novembre 2011) 
Paris, Randa Takieddine
 
Paris considère le Liban comme soumis à la politique du Hezbollah, affirme une source française qui ajoute que les relations avec Michel Sleiman et Najib Mikati sont gelées. Ces sources affirment que tout ce que le gouvernement libanais fait, à l’intérieur comme à l’extérieur, reflète la mainmise du Hezbollah sur la politique libanaise. Sur le plan intérieur, les sources notent la stagnation au niveau de l’action du gouvernement, parce que la politique du Hezbollah est de geler toute action gouvernementale. Elles rappellent que le Liban est passé par plusieurs périodes où ses gouvernements ne gouvernaient pas. De même, toutes les positions du Liban sur le plan extérieur et international, sur le TSL, la Syrie, la Ligue arabe et la Palestine, montrent l’hégémonie du Hezbollah sur le gouvernement libanais. 
Les sources estiment que le premier ministre Najib Mikati est incapable d’imposer sa position, qu’il avait communiquée au ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé et au Premier ministre britannique David Cameron. M. Mikati avait également informé la partie américaine qu’il allait présenter sa démission s’il s’avère incapable d’assurer le financement libanais du TSL, mais toutes les informations qui parviennent à la France, y compris des cercles proches de M. Mikati, montrent qu’il ne démissionnera pas. 
Le vote du Liban à la Ligue arabe n’a pas surpris Paris qui se demande sur l’orientation que prend le Liban tant que le régime syrien n’est pas tombé. Cette chute est pourtant inévitable, estime la France, surtout après la décision de la Ligue arabe. 
Les sources signalent que si l’Iran est attaqué, il est certain que le Hezbollah entrera dans la bataille, ce qui risque d’entraîner une guerre régionale de grande envergure. Les cercles de prise de décisions à Paris estiment que le Hezbollah ne s’exposera pas à des risques pour aider la Syrie comme il le ferait pour l’Iran, d’autant plus que le parti Baas n’est pas proche idéologiquement du Hezbollah comme l’Iran. 
La France a adressé des messages au président Sleiman soulignant la nécessité de ne pas livrer des opposants et des réfugiés syriens, et d’empêcher qu’ils soient enlevés sur le sol libanais. La réponse a été qu’il y a une convention sécuritaire et un traité entre le Liban et la Syrie qui interdisent à chacun des deux pays de permettre à l’opposition de l’autre pays d’agir contre lui. 
Paris considère que les relations politiques au niveau du président de la République et du président du Conseil des ministres libanais sont gelées jusqu’à nouvel ordre. La priorité pour le moment est de suivre l’évolution du dossier syrien qui a un impact sur la situation au Liban. Certains à Paris doutent que la chute du régime syrien assouplisse la position du Hezbollah, d’autant plus que le parti renforce sa position sur la scène intérieure pendant les développements en Syrie.

Ad Diyar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 18 novembre 2011) 
Ibrahim Jbeily
 
Comment expliquer l’enthousiasme sans précédent de la France vis-à-vis du printemps arabe.

La réponse est claire, la France ayant laissé ses empreintes partout et s’empressant de transférer son matériel d’un pays à l’autre dès la fin du mouvement de contestation dans le premier pays. Après la Tunisie, l’Egypte et la Libye, c’est aujourd’hui Damas qui est dans le collimateur français. L’apparition d’un homme mystérieux : Bernard-Henri Lévy, qui s’active aujourd’hui sur le front de l’opposition au régime en Syrie. Dans le dossier syrien, il se serait mis à la tâche dès que l’Odéon à Paris a ouvert ses portes à l’opposition syrienne. On peut voir les empreintes de Bernard-Henri Lévy dans les dernières déclarations anti-régime faites à la presse par l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam. Pour l’intellectuel français, la frontière syro-turque constitue aujourd’hui le point de départ idéal. Il a réussi à convaincre Paris et les autres grandes puissances d’introduire clandestinement en Syrie, via la frontière turque, des missiles Stinger destinés aux insurgés. Et c’est la compagnie aérienne française Corse Air qui transporte ces armes vers la région de Cilicie afin qu’elles soient passées en contrebande à bord de petites voitures à destination des insurgés. 
Bernard-Henri Lévy attend impatiemment d’avoir mené jusqu’au bout ses noirs desseins en Syrie pour passer au Soudan. L’Algérie a elle aussi sa place sur son agenda.

L’Orient-Le Jour (Quotidien francophone libanais proche du 14-Mars, édition du 18 novembre 2011) 
Le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a déclaré que dans son dernier rapport sur l’application de la 1701, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a relevé qu’après cinq années d’opérations au cours desquelles la Finul a élargi la panoplie de ses activités, il est désormais temps d’effectuer une révision de la stratégie de la mission onusienne. « Dans ses remarques, le secrétaire général a également mis l’accent sur la tenue d’un dialogue stratégique qui est un élément important en vue d’aider les forces armées libanaises à renforcer leurs capacités de manière à faciliter le transfert graduel des responsabilités des Casques bleus vers la troupe libanaise », a affirmé Tenenti qui a relevé que la décision d’effectuer une révision stratégique n’est pas nouvelle, puisqu’elle avait été soulevée en août 2011, à l’occasion du renouvellement du mandat de la Finul. 
Par ailleurs, et en vue de l’arrivée de la frégate militaire brésilienne qui viendra rejoindre les forces onusiennes chargées de surveiller les eaux territoriales libanaises, plusieurs personnalités brésiliennes d’origine libanaise sont arrivées au Liban. La frégate sera accueillie par le président de la République, Michel Sleiman, des responsables libanais ainsi que par le vice-président de la République brésilienne d’origine libanaise, Michel Tamer, déjà arrivé à Beyrouth.

L’Orient-Le Jour (18 novembre 2011) 
Philippe Abi Akl
 
Un diplomate occidental accrédité à Beyrouth reconnaît que les pays occidentaux, notamment ceux de l’Union européenne, accordent au gouvernement Mikati un délai allant jusqu’au début 2012 pour s’acquitter de son dû dans le financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), sachant que le délai fixé par la direction du TSL se termine fin novembre. Sauf que de grandes capitales ont repoussé cette date jusqu’au début de l’an prochain et là, en cas de non-respect par Beyrouth de ses engagements, des sanctions seront prises contre lui. 
Contrairement aux personnalités influentes du monde de l’économie et des finances, les milieux du 8-Mars écartent pourtant cette hypothèse et ne pensent pas que l’UE irait jusque-là, assurant que les grandes puissances savent pertinemment quel impact négatif d’éventuelles sanctions auront sur le Liban. La majorité au pouvoir évoque des « informations » qu’elle aurait recueillies auprès de « parties européennes » qui affirment que « rien n’est sûr » à ce niveau, que c’est juste un bâton que les grandes puissances brandissent pour pousser le Liban à payer sa part et qu’il y a mille et une façons d’assurer le financement du TSL si le Liban fait défaut. Dans tous les cas, toujours selon les mêmes milieux diplomatiques, la nature de ces sanctions n’a pas encore été définie et tout reste matière à débat en fonction de la position du gouvernement libanais. Le dossier est entre les mains de la France et c’est à elle d’appeler à une réunion où les décisions européennes seraient prises. On dit et on répète que Paris tend à imposer des sanctions contre Beyrouth en cas de non-paiement ; une tendance communiquée au Premier ministre Najib Mikati au cours d’une récente réunion avec les ambassadeurs européens. 
Les milieux diplomatiques assurent que le PM a officiellement promis à David Cameron et Catherine Ashton que Beyrouth allait respecter ses engagements, parce qu’il tient à sa crédibilité et à garder la confiance placée en lui. Il a également promis que Beyrouth allait rester neutre dans le dossier syrien pour éviter toute répercussion négative de la situation en Syrie sur le Liban. 
Quoi qu’il en soit, Najib Mikati a tout récemment indiqué à l’un des diplomates européens reçus au Sérail qu’il démissionnerait s’il ne parvenait pas à assurer la quote-part du Liban dans le financement du TSL. Mais son entourage a vite précisé que cette démission n’était pas nécessairement chose acquise. Quant au 8-Mars, il ne prend pas cette menace au sérieux, jugeant que c’est une façon pour Najib Mikati de faire pression sur Damas et le Hezbollah afin qu’ils l’aident à assurer le financement du TSL.

L’Orient-Le Jour (18 novembre 2011) 
Le Hezbollah a commenté dans un communiqué le nouveau rapport sur la 1701 du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, qu’il accuse de « parti pris en faveur de l’administration occidentale ». Selon le parti, le secrétaire général aurait mieux fait de « s’aligner sur la volonté de consolidation de la paix et de la sécurité dans le monde, un objectif que poursuit en principe l’organisation internationale ». 
Au lieu de cela, poursuit le texte, le secrétaire général « n’a fait que réitérer les déclarations occidentales et les arguments qui émanent de leur adversité à la résistance et du manque respect des sentiments du peuple libanais ». 
Ce rapport, poursuit le communiqué, « est truffé d’erreurs, et laisse filtrer une gêne certaine du choix fait par les Libanais en vue de renforcer leur position face à l’occupation sioniste et à aux agressions continues de l’État hébreu ». 
Le communiqué souligne en outre que le rapport est contraire à la réalité du terrain qui montre clairement que « la stabilité prévaut dans les localités du Liban-Sud », un fait qui avait été relevé par bon nombre de responsables internationaux, à leur tête le commandant en chef de la Finul, note le Hezbollah. 
Le Hezbollah a estimé que le fait que les institutions de l’organisation internationale se trouvent sous l’emprise des puissances occidentales, à leur tête les États-Unis, « constitue un réel danger qui menace la sécurité et la paix internationales et pousse les puissances hégémoniques à violer les droits des peuples. »

The Globe (Quotidien canadien, 14 novembre 2011) 
Patrick Martin 
« À votre avis, monsieur, pensez-vous qu’il y ait encore un espoir ? » J’étais presque gêné par la nature dramatique de la question que me pose cette vendeuse de chaussures de l’est de Beyrouth. Je sais exactement ce qu’elle entend par là. Dans toute la région, les chrétiens se sentent menacés. Les événements s’enchaînent, les régimes tombent, l’ordre ancien n’est plus. Et pour les chrétiens -en Egypte, en Irak, en Syrie et au Liban– c’est une source de préoccupation. 
Je lui ai répondu que toute la région était en plein bouleversement et que beaucoup de bonnes choses pourraient en sortir. Je lui ai expliqué que les chrétiens de Syrie avaient peur de ce qui pourrait leur arriver si les islamistes sunnites prenaient le pouvoir à Damas. Jusqu’à présent, les chrétiens de Syrie se sentaient raisonnablement protégés sous le régime de Bachar al-Assad. 
Un homme se tient debout avec ses trois enfants à l’extérieur de l’église grecque-orthodoxe magnifiquement reconstruite dans le centre-ville. L’homme, d’environ 50 ans, me dit qu’ils étaient des parents de la mariée. Il parle avec appréhension de l’avenir de ses enfants au Liban. Au vu des événements récents, il se demandait « s’il ne serait pas mieux pour les enfants si nous allions au Canada ».

Pierre Khalaf

Source : New Orient News (Liban)

23 NOVEMBRE 2011

http://www.voltairenet.org/Syrie-Liban-face-au-chaos-l-unite


Un témoignage de Syrie

1-2 Marie-Ange PATRIZIO : Chemins de Damas.

Chers amis,

Je reviens (samedi 19 novembre 2011) d’un voyage de 6 jours en Syrie, à l’invitation des Eglises d’Orient [1], autorisé par le gouvernement syrien, et, pour ma part, à la demande de Mère Agnes-Mariam de la Croix, dont j’ai fait la connaissance à la fin du mois d’avril 2011 après qu’elle a lu, sur le site du Réseau Voltaire, ma traduction du texte de D. Losurdo ‘Que se passe-t-il en Syrie ?’ [2].

La logistique a été assurée en coordination avec Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire.

Prévu pour une 50aine de personnes au départ, et destiné prioritairement à des journalistes de la presse catholique, ce voyage n’a en définitive regroupé que 15 personnes arrivant de l’étranger : aucun français parmi les journalistes professionnels de la presse écrite ou radio-télévisée, mais : 5 belges, une journaliste venant de Madrid et un journaliste étasunien. Aucun membre de la presse française contactée n’a donc répondu favorablement et saisi l’occasion d’aller voir sur le terrain ce qui s’y passe. Paradoxe surprenant, alors que nos media ne manquent aucune occasion d’accuser la décision du « dictateur » Assad et de « son » régime d’empêcher les journalistes indépendants d’aller en Syrie. Nous pouvons donc témoigner aujourd’hui non seulement que des journalistes et contributeurs divers peuvent entrer officiellement dans ce pays, mais que certains de ceux qui se plaignent de la censure de ce régime sont aussi ceux qui refusent cette occasion extraordinaire quand elle leur est offerte : sous prétexte d’indépendance de la presse, ne pouvant pas entrer s’ils sont invités ?( !) La liberté ne serait-elle garantie que par la clandestinité dans un pays qu’on se hâte maintenant de déclarer en « guerre civile » ?

Les autres membres du groupe étions des représentants d’associations catholiques (Italie) ou des militants actifs sur Internet, pas (très) catholiques pour la plupart et avec - le moins qu’on puisse dire- des positions politiques hétérogènes.

Ce que je vous adresse aujourd’hui, taraudée par une urgence à rendre compte de ce séjour, n’est pas un reportage de journaliste, puisque je ne suis pas journaliste mais psychologue et traductrice, mais une lettre à des amis et camarades. Un témoignage, pour le moment partiel et non chronologique, de ce qui m’a frappée dès les premières heures passées dans ce très beau pays : l’ampleur incroyable, révoltante du mensonge que les media nous assènent ici sur la situation en Syrie. Mensonge en action et en omission, comme on dit. Ces notes seront suivies, ultérieurement, de récits détaillés de plusieurs séquences du voyage, représentatives de la situation actuelle, démontant et démentant l’intoxication époustouflante en cours depuis 8 mois sur les événements qui tentent de déstabiliser ce pays.

Avant tout, j’indique que les organisateurs nous avaient certes préparé un agenda chargé (et annoncé) mais pas obligatoire, bien sûr : chacun des membres de ce groupe a eu la possibilité d’assister ou pas - à visage découvert !- à tout ce qui était prévu, ou/et de quitter le groupe pour aller où il espérait aller, sans forcément avoir à dire où. Je dirai aussi que je ne connaissais pas la composition du groupe avant d’être sur place. Je n’ai constaté aucune entrave (à part des embouteillages monstres, même en Syrie, oui, même ces jours-ci) à une liberté de déplacement, ni aucune surveillance : je dirai même qu’à certains moments, je l’aurais presque appréciée, cette surveillance tant décrite et décriée ici.

Ne parlant pas arabe je me suis contentée (sans être jamais déçue) de rester dans le programme annoncé (et sans cesse bouleversé sous la pression des événements), y compris deux demi-journées pour faire un peu de tourisme. J’ai profité de ces moments d’inoccupation dans un programme dense et éprouvant, intellectuellement, moralement et physiquement, pour promener dans la ville de Damas, qui est superbe. Nous n’avons pas eu le temps de faire davantage d’escapades. A Saint Jacques le Mutilé (Qâra), nous n’avons eu que quelques heures (diurnes) pour promener dans et autour du monastère : j’y ai modestement participé à la fin de la récolte des olives (2 tonnes 4).

Je dirai donc en introduction : liberté, oui, de se déplacer et, en dehors de mon expérience du poste de frontière sur la route Beyrouth-Damas (que je relaterai plus tard sur le thème « que fait la police ? »), personne ne nous a jamais interrogés, ce qui s’appelle interroger, pas bavarder, sur notre présence et nos intentions. Les esprits supérieurs se gausseront : bien sûr, nous étions embedded… Je précise aussi à ce sujet que j’ai payé mon voyage [3], mais que je n’ai quasiment rien dépensé là-bas [4] : une amie syrienne, ici, m’avait dit qu’il était de toutes façons impensable de payer quoi que ce soit dans l’hospitalité syrienne. Chrétienne ou autre.

La liberté de déplacement, pour la plupart d’entre nous y compris les journalistes professionnels, pouvait par contre se trouver limitée plutôt par un élément central et banal dans toute région du monde : parler ou pas la langue du pays, en l’occurrence l’arabe. Je pratique un anglais précaire, et les Syriens parlent parfois le français. Pour tous les déplacements et rencontres, spontanés ou organisés, je n’ai donc, de façon très intéressée, quasiment pas quitté une documentariste algérienne (résidant en France) qui a eu la générosité de (se) faire notre interprète, en plus de son travail (filmer et enregistrer). L’autre interprète inlassable était Agnes-Mariam de la Croix. Le lecteur inlassablement critique pourra dire qu’elles traduisaient ce qu’elles voulaient : évidemment. Les enregistrements (par les journalistes et documentaristes du groupe) faits en arabe avec traduction simultanée permettront de vérifier la fiabilité des traductions. Je dirai ici ma surprise que les rédactions qui ont envoyé leurs journalistes ne leur aient pas aussi adjoint les services d’un interprète, élément essentiel d’un travail annoncé comme indépendant (étant, nous, aliénés dans nos idéologies) dès l’arrivée sur le terrain.

Au monastère et dans certains déplacements, les Sœurs Carmel et Claire-Marie, et deux frères de la communauté, tous quatre francophones, ont rendu notre séjour beaucoup plus confortable y compris matériellement, logistiquement, et moralement. Merci à vous tous de votre présence chaleureuse, constante et courageuse qui a transformé notre séjour. Et à notre patient chauffeur, depuis Qâra, dans la province de Homs et à Banyas.

La vie, quotidienne, banale, qu’on perçoit dans la rue c’est la vie d’une population qui supporte un embargo et des sanctions : rien moins quand même qu’un « génocide lent » pour reprendre l’expression de Webster Tarpley. Sanctions qui, par des mécanismes bancaires dont je n’expliquerai pas ici la complexité des rouages, entraînent, entre autres choses, l’augmentation des prix des carburants nécessaires au confort domestique : pour se chauffer, notamment, et il fait très déjà froid, et humide, en Syrie ces jours-ci. Sans parler du reste des effets des sanctions, sur quoi nos interlocuteurs ne se sont pas attardés. Les gens continuent à vaquer à leurs occupations avec suffisamment de tranquillité (je parle de la rue, des souks, des marchés etc. à Damas mais aussi sur les routes, dans les campagnes) pour qu’on se sente à l’aise aussi bien dans des ruelles désertes à la nuit tombée, qu’aux souks, ou dans les fabuleux monuments désertés par les touristes, ou au restaurant. Restaurants sans aucun doute beaucoup moins fréquentés qu’en période touristique ou dans le train-train damascène traditionnel (mondain ou non). Il n’y a pas de visiteurs étrangers actuellement en Syrie et le commerce doit s’en ressentir considérablement. En dehors d’un déplacement dans Damas, en cortège de 5 limousines noires qui se voulait sans doute une courtoisie de la part du gouvernement (seule intervention logistique des services du régime), nous n’avons jamais été escortés, sécurisés, surveillés etc. Je l’affirme ici malgré les allusions que j’ai déjà lues dans d’autres commentaires, sans que leurs auteurs ne donnent de détails.

Je reviendrai plus tard sur ce convoi protocolaire pittoresque et cocasse dans le paragraphe « Que fait la police ? ».

On s’est même perdu plusieurs fois… Comme surveillance (et protection), j’imaginais (et aurais -bêtement ?!- espéré à quelques reprises) autre chose.

L’atmosphère de guerre civile que nous décrivent lourdement nos media, stipendiés par les nôtres de régimes, je ne l’ai pas trouvée (tant mieux) ; et je peux dire que certains membres de notre groupe l’ont vraiment cherchée, librement. Librement pouvant inclure le service recommandé par leurs directions éditoriales. Dire et écrire autre chose que cette simple phrase : « il n’y a pas de guerre civile en Syrie », relève du mensonge. Dire qu’il s’agit d’un début de guerre civile impliquerait que nous eussions assisté (de près ou de loin, ou par des témoignages) à des affrontements armés et significativement massifs entre des factions de la population, entre elles ou/et avec les forces de sécurité (armée, police etc.) ; la guerre civile n’oppose pas des groupes armés venus de l’extérieur à des soldats de l’intérieur. Dans ce cas cela s’appelle une agression militaire.

Nous aurons l’occasion de revenir sur l’équipement des « insurgés ». Les collègues journalistes qui ont déjà documenté ce voyage ont eux-mêmes reconnus la réalité, terrorisante, atroce dans ses méthodes, de ces incursions depuis l’étranger de bandes de tueurs. Et c’est après chaque témoignage sur cette terreur que j’aurais, pour ma part, bien aimée être parfois plus escortée et surveillée. Et protégée. Le fait que j’écrive aujourd’hui alors que notre voyage était évidemment connu et surveillé par les donneurs d’ordre, étrangers, des escadrons de la mort, est la preuve que, justement, pour le moment au moins, nous pouvions encore circuler en sécurité et sans escorte.

Les Syriens que j’ai rencontrés sont d’une extrême hospitalité : et c’est un pays où il est agréable de se promener même en ce moment, du moins dans Damas. Ailleurs, l’atmosphère que nous avons vécue n’était pas celle d’une tension palpable, mais c’est nous, de là où nous venions, qui étions parfois très tendus (à Homs, à Banyas) : sous l’effet soit de ce que nous venions d’entendre de la part de certains interlocuteurs, victimes des escadrons de la mort, soit sous l’effet de la propagande à laquelle il est difficile d’échapper en France, Italie, Espagne, USA, Belgique ; même quand on est critique par rapport à ces media. Et dans les villes de Homs et Banyas, où nous avons vu et entendu ces victimes et/ou leurs proches, civils ou militaires tués, il est évident qu’il valait mieux être prudent. Le groupe de quelques uns des envoyés spéciaux qui est retourné une deuxième fois à Homs, avec Agnes-Mariam, est même tombé en panne à la sortie (« 10 Kms ») de la ville, à la nuit tombée, et nous a raconté ça le soir, sans drame. Ils sortaient pourtant d’une visite à la famille d’un homme qui avait été enlevé et massacré par les terroristes.

Dans nos déplacements, il était facile de se faire repérer comme étrangers, que les passants soient ou non de ces agents des services de sécurité dont on nous parle tant ici, et qui doivent être très discrets et parfaitement formés car, s’il y en avait, on ne les a jamais vus, ni entendus. Ou bien sommes-nous, nous, de gros benêts endoctrinés (au sabre et au goupillon, n’est-ce pas) et aveugles.

Nous n’avons vu aucun touriste étranger de tout notre séjour. Donc, ma foi, nous avons eu quelque succès … D’autant plus qu’on se baladait avec appareils photos, caméras, carnets de notes etc. Les gosses demandaient (plus ou moins discrètement !) qu’on les prenne en photo ; et ceux qui n’étaient plus des gosses assumaient qu’on les enregistre, à l’improviste, et à visage découvert (eux et nous), donnant (et nous aussi) les noms, adresses etc. A l’opposé exactement de ce que nous a par exemple montré le reportage, diffusé par Arte, de Madame Sofia Amara (dont je vous recommande, pour avoir une idée de sa fiabilité, d’aller voir sur Internet quelles frasques elle a faites avant de se reconvertir avec un grand sens de l’opportunisme dans le prétendu reportage de vraie guerre humanitaire) [5].

Nous avons été le premier groupe de presse entré officiellement en Syrie depuis le début de l’ « insurrection » : je dis officiellement pour signifier que les autres journalistes, ou prétendus tels, sont entrés (si on les croit, car on n’a quand même pas trop de preuves avérées de leur séjour dans le pays) clandestinement [6] : on est en droit, donc, de se demander quelle indépendance ils ont par rapport aux escadrons de la mort qui sévissent dans certaines villes et régions proches des frontières - c’est plus facile pour le moment - où sont établies leurs bases arrières.

Les véritables opposants au régime se déclarent, afin de faire connaître leurs revendications : parmi lesquelles l’ouverture, officielle, assumée, à la presse étrangère.

Depuis qu’a commencé la tentative de déstabilisation du pays, il me semble évident que le « régime » a intérêt à contrôler ceux qui entrent : il y a assez de bandes de tueurs qui s’infiltrent sans, en plus, avoir la stupidité de laisser venir n’importe qui, sous prétexte de prouver - à des gens qui ne veulent de toutes façons rien en savoir - qu’on ne serait pas un régime dictatorial.

Le mot qui revient toujours quand les gens vous abordent c’est « Welcome » ; il paraît que c’est une tradition en Syrie. Mais cette tradition a en ce moment une tonalité particulière pour le visiteur, avec tout ce que les Syriens entendent venant de nos pays : car, eux, ils ne regardent pas que les chaînes de nos media dominant la désinformation. Ils regardent et savent ce que nous on entend mais ils regardent aussi d’autres chaînes, indépendantes : celles n’appartenant pas aux monarchies (libres…) du Golfe. Et ils ont des moyens d’information pour se faire leur propre idée ; d’autant plus, évidemment, que eux sont sur place, à la différence des journalistes ici qui répètent, sans se déranger sur le terrain, ce que leurs rédactions leur commandent.

Dans la rue donc, après vous avoir dit Welcome les passants vous disent souvent We love Assad et, si vous vous présentez comme français, Sarkozy (et parfois Joupé) bad, bad en faisant le geste (sans équivoque), de celui qui écrase quelque chose sous son talon : et ils appuient bien fort, bien franchement. Propagande ? Alors ils sont une majorité, chez les jeunes surtout, à être complètement intoxiqués et aveuglés par le régime : à ce degré de masse, ça deviendrait une dictature populaire… Question à propos du niveau d’information des passants dans les rues de la « dictature » syrienne et chez nous où règne la liberté de la presse et d’opinion etc. : qui, ici, pas dans la rue mais même chez les gens informés, connaît le nom du ministre syrien des affaires étrangères ?

Pour le lecteur perplexe, je précise que je parle ici non pas seulement des gens rencontrés dans les rendez-vous organisés (embedded, n’est-ce pas) mais dans la limite de 6 journées : dans les rues de Damas, avec des passants qui faisaient leurs courses ; sur les routes, lors des haltes imprévues ; dans les rues de Homs, où nous avons débarqué après avoir été reçus par le gouverneur avec des représentants des hiérarchies chrétiennes et deux membres de l’opposition présente dans le pays. Tous donnant leurs noms et téléphones et acceptant d’être filmés et enregistrés : pour eux, tous, aussi, mise en scène du régime ? C’est possible mais alors la comédie était déjà assez critique contre le régime : digne de passer chez nous dans certaines émissions un peu plus indépendantes que la majorité des autres.

Et dans tous les cas, et même pour les deux personnes de l’opposition rencontrées à Homs, il y avait une distinction entre la critique du régime, dont ils pensent qu’il doit être largement et profondément réformé - avec leur participation - et celle du président Bachar al Assad : tous les gens que nous avons rencontrés, spontanément, pseudo-spontanément si la Syrie est totalement contrôlée par les services de sécurité, ou de façon partisane (par exemple certains membres du Parti Baas, dont il était inutile qu’ils nous disent qu’ils étaient membres du parti : c’était évident), tous ont fait cette distinction : apparemment, dans tous les avis que j’ai entendus (y compris avec ma voisine syrienne dans l’avion, installée à Paris depuis plusieurs années, à qui j’envoie ce texte), le président Bachar Al Assad est à l’écart, personnellement, de la masse des critiques. Exceptionnalité d’un régime dictatorial qui serait assez soudé et généreux pour laisser le chef à l’abri et prendrait sur lui toutes les critiques ? Ceci est une des composantes les plus surprenantes pour moi du mensonge époustouflant et grossier des media ici, qui désignent Bachar Al Assad comme un dictateur haï par la population.

Dans ce que j’ai entendu - toujours dans les deux sortes de rencontres : programmées et imprévues - de la critique contre le régime, ce qui revient le plus souvent et avec force est : la bureaucratie, la corruption, l’absence de liberté de parole : critiques, toutes, que nos interlocuteurs attribuent au régime instauré par le père de Bachar mais qu’ils sont prêts à ajourner face à la seule urgence : défendre leur pays, la nation, contre l’agression étrangère. Défendre leur société, leur civilisation, dont ils ne cessent de dire avec fierté qu’elle est plurielle depuis longtemps et que c’est ce qui fait sa solidité. Nous avons rencontré (de façon organisée, oui, annoncée et assumée comme telle) pas mal de chrétiens, mais pas seulement : tout le monde est d’accord sur ce point : ils parlent avant tout en tant que citoyens syriens, pas comme membres de telle ou telle religion, ou association ou parti : même s’ils ont l’honnêteté d’annoncer la couleur -et dans le clergé des églises orientales, souvent éclatante, la couleur !

Ce qui revient toujours aussi c’est la désignation précise de leurs agresseurs véritables, hors du pays : monarchies du Golfe, Qatar, fondamentalistes et capitalistes au service des USA et Israël. Désignés nommément et dans une analyse politique sans faille. Tous témoignages et déclarations (à quelques rares exceptions près) à visage découvert. Nous y reviendrons.

Le dimanche matin (13 novembre 2011) nous avons assisté à la fin d’une manifestation gigantesque : déclenchée par la décision, samedi 12 novembre [7], de la Ligue Arabe (disons plus clairement : Ligue des Arabes du Golfe [8]) de suspendre la Syrie de sa qualité de membre : les citoyens syriens que nous avons rencontrés étaient partagés entre la consternation et la révolte.

Nous arrivons dans une des grandes artères de la ville quand la manifestation est terminée ou presque : nous allons rester sur le terre-plein séparant les deux voies environ deux heures durant, pendant qu’une partie des manifestants quitte le cortège (par une des trois voies d’évacuation possible) : pendant ces deux heures de retour de manif, nous voyons passer des gens souvent souriants, en famille majoritairement, ou par groupes de jeunes qui viennent parler avec nous : toujours les mêmes mots (voir plus haut) et slogans scandés ici gaiement (voire en dansant). Les filles qui se donnent le bras en léchant leurs chupa chups : allures de kermesse, parfois.

Même sans comprendre l’arabe, on identifie assez rapidement un phonème : repérable car il revient sans cesse marteler les interventions des passants ou des orateurs encore au micro, dans ou hors des restes de cortège : Syria (prononcer : Souria). Et je suis frappée aussi par la gravité des jeunes quand ils s’immobilisent pour chanter l’hymne national. Pas parce qu’ils ont gagné un match de foot ; pour défendre leur nation. Embrigadés ? Mais alors, quelle est la proportion dans la population globale, de ces gens qui descendent dans la rue, pas pour écouter en rangs un discours de propagande bien formaté, mais vivants : dansant, chantant, riant, posant pour la photo ? Sous la contrainte ?

Ce dimanche-là, à Damas, alors que la Syrie venait d’être mise au ban de la Ligue Arabe, j’ai reçu une leçon sur les termes : patrie, patriotes. Qu’ils revendiquent (très majoritairement apparemment) ou pas leur admiration pour Bachar Al Assad, tous ceux qui sont là, dans les rues de Damas (et ce sera constant dans toutes nos rencontres spontanées ou organisées) sont avant tout des patriotes, c’est leur nation qu’ils défendent.

Ces salves de slogans (dont ceux « pro Assad »), quelle que soit la réalité de ce pouvoir que je ne connais pas (encore), ont été un des moments impressionnants de ce voyage. Elles avaient une force et une beauté qu’on n’entend pas (plus ?) dans nos pays gavés de libertés d’expression, de droits de parole etc. : celles de l’unité d’un peuple qui est debout, conscient de ce qu’il risque de perdre.

Ces premières impressions seront complétées par des comptes-rendus plus circonstanciés et précis, sur ce que j’ai vu et entendu : impressions, observations non impartiales ? Qui prétend l’être ? Le ministre français des Affaires étrangères qui veut « sauver par des couloirs humanitaires des populations civiles », ingérences qui le conduiront peut-être un jour devant la CPI, avec ses chefs de bande de l’Elysée et Matignon, pour complicité de crime de guerre (assassinat de prisonniers de guerre : Kadhafi, entre autres) et crime contre l’humanité (embargo génocidaire) ? Bernard-Henri Lévy ? Je me limite dans cette lettre à la dénonciation du mensonge, pas à celle de l’obscénité.

« Nous [Syriens, de tous bords] sommes dans un ghetto médiatique, blocus médiatique et nous supplions ceux qui ont la justice, l’équité [au cœur] et qui oeuvrent dans les media de montrer la vérité. Nous ne voulons rien d’autre que montrer la vérité », nous a dit un des représentants de l’opposition à Homs [9].

J’ai lu, vu et entendu depuis mon retour, quelques reportages de nos collègues envoyés spéciaux, présents avec nous en Syrie. « Une part de vérité » [10] annonce l’un d’eux, ménageant l’éventualité de ne pas avoir « tout » vu dans ce « voyage bien balisé par le régime en place mais malgré tout utile ». Ne peut-on entendre aussi dans ces quatre mots un effet du retour d’autres parts de vérité, perçues mais refoulées ? Les auteurs auront leurs raisons, multiples. Mais, fut-ce dans l’équivoque d’un titre, cette autre part peut resurgir, et, à l’insu de l’auteur, produire des effets. On a des précédents fameux dans la région : tel ce fonctionnaire de police zélé au service des occupants impérialistes de l’époque, terrassé (par quoi ?) sur le chemin de Damas. Avec vingt siècles d’effets, en tous genres.

Pendant qu’il en est encore temps, nos directeurs de rédaction occidentaux - européens, étasuniens, israéliens, impérialistes, détenteurs d’armes de distraction de masse [11] - ne perdraient rien à faire un peu d’histoire : la Syrie est un livre rare, à cet égard, et je crois que ses habitants défendent davantage cette richesse là que leurs puits de pétrole.

m-a patrizio
Damas 19 novembre - Marseille, 24 novembre 2011
marie-ange.patrizio@wanadoo.fr

Post scriptum : site du monastère de Saint Jacques l’Intercis : http://www.maryakub.org/medias.html

et deirmaryakub@gmail.com

Voir aussi la revue de presse transmise le 22 novembre par le Réseau Voltaire :

Cette revue de presse ne comprend pas les émissions sur les télé libanaises (OTV, Al-Manar, NBN) et syriennes.

LA LIBRE BELGIQUE (Christophe Lamfalussy )

« Nous apportons une part de vérité »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/701436/envoye-special-en-syrie-nous-apportons-une-part-de-verite.html

« Des corps mutilés à Homs »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/700974/reportage-des-corps-mutiles-a-homs.html
21 novembre

« Même les éboueurs sont liquidés »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/701555/syrie-meme-les-eboueurs-sont-liquides.html
22 novembre
RTBF
http://www.rtbf.be/info/media/video_jt-19h30?id=1412873&mediaset=rtbfinfo--les-derniers-jts&type=video

Journal de 20h de la RTBF, 21 novembre

FRANCE INTER
http://www.franceinter.fr/emission-journal-de-8h-journal-08h00-221111

Journal de 8h France Inter 22 novembre

Reportage de la correspondante RTBF à partir 7mn55s.

IRIB (service français)

Entretiens TM

http://french.irib.ir/analyses/interview/item/154346-thierry-meyssan-journaliste-fran%C3%A7ais

http://french.irib.ir/analyses/interview/item/154416-thierry-meyssan-journaliste-fran%C3%A7ais

Table ronde : « Syrie vers la guerre civile ? »

http://french.irib.ir/programmes/table-ronde/item/154577-table-ronde-syrie-vers-la-guerre-civile ?

RUSSIA TODAY

« Mossad vs Assad ? ’CIA death squads behind Syria bloodbath’ » with Webster Tarpley
http://www.youtube.com/watch?v=5L49L6iZSSg&feature=channel_video_title

[1] Lettre d’invitation fournie sur demande.

[2] Pour ceux qui ne les auraient pas encore lus voir : http://www.voltairenet.org/Que-se-passe-t-il-en-Syrie et

http://www.voltairenet.org/Au-crible-des-informations

[3] 389 euros avec Syrian airlines, plus 150 dollars de taxi privé et non collectif, de la banlieue éloignée de Beyrouth à la porte de l’aéroport de Damas, minuit-5 h du matin. Pas une vraie ballade.

[4] En dehors des achats de souvenirs et quelques taxis pris à l’improviste, et de mes visas : arrivée en Syrie puis retour du Liban = 23 euros puis 12 dollars, cash : avec l’embargo les cartes de crédit ne fonctionnent plus.

[5] http://www.20minutes.fr/medias/803532-sofia-amara-ils-tirent-tout-filme et

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27111

[6] Je ne parle pas ici du voyage de Pierre Piccinin http://www.pierrepiccinin.eu/article-syrie-mensonges-et-manipulations-80384964.html

[7] Voir http://www.20minutes.fr/monde/iran/826190-suspension-ligue-arabe-syrie-erreur-historique-selon-officiel-iranien et http://www.babnet.net/rttdetail-41213.asp , par exemple

[8] Tous grands démocrates et champions de la liberté pour tout ce que vous voulez : la presse, la pluralité des partis, les femmes bien sûr -au volant et ailleurs-, contre la corruption etc.

[9] Ecrivain et poète, aaalnaem@gmail.com

[10] http://www.lalibre.be/actu/international/article/701436/envoye-special-en-syrie-nous-apportons-une-part-de-verite.html

[11] http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27233

URL de cet article 15228
http://www.legrandsoir.info/chemins-de-damas.html

 


 

1-3 Julie Lévesque : SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»

Manifestations en Syrie: Qui compte les morts?

Selon de nombreux reportages provenant des organisations humanitaires, des médias occidentaux et de l’ONU, un grand nombre de manifestants pacifiques ont été tués par les forces syriennes depuis le début des troubles dans le pays à la mi-mars. Mais d’où viennent les chiffres?

 

Bon nombre de reportages sur la présumée répression meurtrière par le gouvernement syrien ne mentionnent pas la source de leurs informations et font souvent uniquement référence à des « groupes de défense des droits humains » ou « activistes » :

 

« Des groupes de défense des droits humains ont affirmé dimanche que des troupes ont réprimé des manifestants pacifiques tuant huit personnes dans le nord de la province d’Idlib et quatre autres dans des zones centrales, près de Hama. (Syrian Forces Kill 12 as ICRC Head Visits Damascus, Voice of America, 4 septembre 2011.)

 

Ces manifestations représentent une contestation sans précédent du président Bachar Al-Assad et de sa famille qui dirige le pays depuis plus de 40 ans. Les coûts sont élevés : de nombreux cyberactivistes ont été emprisonnés et, selon des groupes de défenses des droits humains, au moins 200 personnes sont mortes. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, NPR, 22 avril 2011.)

 

Des activistes pour la défense des droits humains ont informé Amnistie internationale qu’au moins 75 personnes on été tuées aujourd’hui en Syrie durant d’importantes manifestations […]

 

Trente personnes ont été tuées dans le sud de la ville d’Izzra, 22 à Damas, 18 dans la région de  Homs et le reste dans d’autres villes et villages ont affirmé les activistes […] (Scores killed in Syria as 'Great Friday' protests are attacked, Amnesty International, 22 avril 2011.)

 

Dans certaines circonstances, on peut comprendre la nécessité de demeurer « anonyme » là où l’on dit que la dissidence constitue un danger de mort. Toutefois, cette attitude sème systématiquement le doute : les « chiffres » peuvent être utilisés pour diaboliser le gouvernement dans le cadre d’opérations clandestines par des États ou des organisations souhaitant un changement de régime à Damas. Il est clair que plusieurs puissances étrangères, dont les États-Unis et Israël, cherchent depuis longtemps à renverser le régime syrien.

La confiance que les médias accordent à des informations émanant de groupes anonymes transmet une compréhension biaisée des manifestations en Syrie, lesquelles appuient l’objectif plus vaste de déstabilisation du régime syrien.

 

Lorsque des informations relatives au bilan des morts et provenant de sources anonymes sont publiées par un média dominant ou un organisme de défense des droits humains reconnu, ces informations sont relayées comme étant des « preuves factuelles » par d’autres sources d’information ou des boîtes de réflexion, cela sans davantage de vérifications.

De plus, en cours de route, l’information est l’objet de déformation.

Voici un exemple de ce phénomène :

 

Le groupe de défense des droits humains Amnistie internationale a affirmé vendredi avoir enregistré les noms de 171 personnes tuées depuis que les premiers manifestants sont morts à Daraa le 18 mars.

 

Le groupe s’est basé sur des informations fournies par des activistes des droits humains, des avocats et d’autres sources et a déclaré que la plupart des personnes semblaient avoir été tuées par balles par les forces de sécurité. (Protesters killed in southern Syria, Al Jazeera, 9 avril 2011.)

 

L’article précédent est basé sur le communiqué suivant:

 

À la suite du décès d’au moins huit autres personnes durant les manifestations, Amnistie internationale a signalé aujourd’hui qu’au moins 171 personnes auraient été tuées au cours de trois semaines troubles sociaux en Syrie.

 

Le nombre de victimes des confrontations aujourd’hui pourrait s’accroître dramatiquement selon des rapports d’activistes des droits humains du pays.

 

Amnistie internationale a enregistré les noms de 171 personnes tuées. Les informations proviennent de sources incluant des activistes des droits humains et des avocats. (Death toll rises amid fresh Syrian protests, Amnesty International, 8 avril 2011.)

 

L’information initiale d’Amnistie internationale (AI) indique que « 171 personnes auraient été tuées », une déclaration démontrant que bien qu’elle ait « enregistré les noms de 171 personnes tuées », l’organisation n’a pas pu confirmer cette information. Al Jazeera, omet cette « incertitude » et décrit ainsi comme un fait la supposition que 171 personnes ont été tuées.

 

Voici un autre exemple de ce genre de déformation :

 

Bien qu’elles aient promis de mettre fin à la répression, les forces de sécurité syriennes ont continué à supprimer des manifestants antirégime, tuant au moins 18 personnes jeudi dans la ville de Homs (al-Jazeera) (sic). (Jonathan Masters, Assad's Broken Promises, Council on Foreign Relations, 3 novembre 2011.)

 

Cette analyse vient du Council on Foreign Relations (CFR), la fameuse et très puissante boîte de réflexion sur la politique étrangère des États-Unis. Il est fondé sur l’article suivant d’Al Jazeera où l’information concernant la tuerie est nettement différente.

 

Des dizaines de personnes auraient été tuées jeudi dans la ville de Homs, un point chaud des affrontements, alors que les forces de sécurité syriennes ont bombardé des zones résidentielles avec des chars d’assaut.

 

Les Comités de coordination locaux de la Syrie, un groupe d’activistes qui surveille le soulèvement du pays, ont déclaré que les décès signalés ont eu lieu jeudi dans le district de Bab Amro à Homs. (Syria “violence defies peace deal”, Al Jazeera, 4 novembre 2011.)

 

La formulation d’Al Jazeera, « auraient été tuées » et « décès signalés » révèle que ces décès ne sont pas confirmés. Le média qatari mentionne aussi que ces affirmations proviennent d’une seule source, à savoir un groupe d’activistes nommé Local Coordination Committees of Syria (Comités de coordination locaux, CCL). L’article du CFR a transformé les allégations d’Al Jazeera en faits concrets.

 

Lorsqu’il est temps de compter les morts, le CCL est très souvent cité dans les médias mainstream comme source d’information dans les reportages sur des tueries commises par les autorités syriennes, comme on peut le voir dans les exemples suivants :

 

Un autre groupe d’opposition, les Comités de coordination locaux, ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas corroborer le bilan du Syrian Observatory [Observatoire syrien] concernant les pertes militaires, même s’ils ont également qualifié la journée de lundi comme l’une des plus sanglantes du soulèvement, avec la mort d’au moins 51 civils. « Nous n’avons aucune confirmation de ce qu’ils avancent » a affirmé Omar Idlibi, un porte-parole des Comités de coordination locaux. (Nada Bakri and Rick Gladstone, Syria Faces New Threats as Opposition Seeks Allies, The New York Times, 15 novembre 2011.)

 

Selon le réseau de l’opposition, les Comités de coordination locaux, au moins cinq personnes ont été tuées pendant l’offensive militaire : trois dans la province centrale de Homs, une à Tall Kalakh, une ville frontière de l’est, et une autre à Idleb, le long de la frontière avec la Turquie. (Roula Hajjar, Syria: Activists report manhunt for defectors and protesters, Los Angeles Times, 5 septembre 2011.)

 

Un activiste de la Syrian Revolution Coordinators Union (SRCU) [Union des coordonateurs de la révolution syrienne] a déclaré à Al Jazeera que la police secrète a ouvert le feu et a lancé des gaz lacrymogènes afin de disperser plus de 10 000 manifestants à Deir Ezzor, dans l’est tribal de la Syrie. Dix manifestants ont été blessés et environ 40 arrêtés, a-t-il affirmé.

 

La SRCU est le nom donné cette semaine à l’un des réseaux populaires d’opposition en Syrie. La SRCU travaille en collaboration avec les Comités de coordination locaux (CCL), un autre réseau d’opposition populaire. (Al Jazeera Live Blog – Syria, 3 juin 2011.)

 

Au moins 2 200 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des troubles sociaux selon le bilan des Nations Unies. Un groupe d’activistes, [la SRCU], a affirmé mardi que, uniquement durant le Ramadan, 551 personnes avaient été tuées. Le groupe a déclaré que 130 autres personnes ont été tuées le 31 juillet, la veille du Ramadan, dans une attaque contre la ville de Hama, laquelle a par ailleurs été la scène d’une répression féroce en 1982.

 

Quatre personnes ont été tuées mardi à Hara et deux autres à Inkil, deux villes de la province de Dara, selon les Comités de coordination locaux, un autre groupe d’activistes qui documente les manifestations. (Nada Bakri, Syrian Security Forces Fire on Worshipers as Ramadan Ends, The New York Times, 30 août 2011.)

 

Le dernier article cite un bilan des Nations Unies (ONU) comme s’il s’agissait d’une source indépendante d’information. Toutefois, selon l’un de ses rapports, l’ONU se fie elle aussi à la même source d’information, le CCL, et indique dans une note être incapable de confirmer si les informations fournies par ce groupe sont vraies :

 

Au moment de la rédaction de ce rapport, la mission avait reçu plus de 1900 noms et informations de personnes tuées dans la République arabe syrienne depuis la mi-mars 2011. Tous seraient des civils [26].

 

26. Ces informations sont compilées par des comités de coordination locaux actifs dans la République arabe syrienne, où ils documentent les noms des victimes et les détails à leur sujet. La mission n’est pas en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante. (Nations Unies, Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in the Syrian Arab Republic - A/HRC/18/53, 15 septembre 2011.)

 

Que sont les Comités de coordination locaux (CCL)?

 

Selon un article du Christian Science Monitor, le groupe CCL fait partie du Conseil national syrien (CNS), une entité non élue. Même si la plupart de ses membres vivent en exil et que ses membres en Syrie demeurent inconnus, le CNS est présenté comme l’autorité légitime de la Syrie et a été reconnu par le Conseil national de transition de la Libye, un autre organisme non élu, reconnu par les puissances occidentales comme représentant « démocratique » du peuple libyen.

 

Les leaders de l’opposition syrienne ont formellement créé le Conseil national syrien [CNS] lors d’une rencontre dimanche en Turquie, réunissant ainsi les groupes les plus disparates cherchant à déloger le président syrien Bachar Al-Assad.

 

Associated Press rapporte que le conseil comprend entre autres les Comités de coordination locaux, qui ont organisé la plupart des manifestations au pays, les Frères musulmans syriens et des groupes kurdes. Presque la moitié des membres [du CNS] sont actuellement en Syrie selon le Washington Post, répondant ainsi à la forte crainte que le conseil compterait trop sur des exilés. (Ariel Zirulnick, Syrian oppositon groups formally unify overcoming key hurdle, 3 octobre 2011.)

 

Le CCL est plutôt anonyme. Le groupe a refusé une entrevue par téléphone mais a accepté de répondre à quelques questions par courriel. On affirme que par mesure de sécurité, le nombre de membres au sein de l’organisation ne peut être divulgué, mais on indique que 13 d’entre eux sont membres du CNS. « Nous avons suffisamment de membres pour organiser une manifestation sur le terrain, pour les médias et les opérations de secours. »

Les membres seraient issus de divers milieux et de tous les groupes d’âge; certains œuvreraient en Syrie, d’autres à l’extérieur du pays. Le CCL signale que, en Syrie et ailleurs, ses membres ont été menacés, arrêtés et torturés par les autorités syriennes.

Comment sont-ils devenus une source d’information pour les médias étrangers?

Parce qu’ils fournissent des faits crédibles, affirme le porte-parole.

Quel est le but ultime du CCL? « Notre but est de changer le régime en Syrie et comme première étape, nous voulons mettre fin au mandat de l’actuel président, lequel est politiquement et légalement responsable de crimes commis par son régime contre le peuple syrien. Ensuite nous souhaitons transférer le pouvoir de manière sécuritaire. »

En somme, le CCL désire un changement de régime en Syrie et il semble constituer la source principale d’informations pour les médias occidentaux et les organisations humanitaires. Si ce groupe d’opposition affirme fournir des « faits crédibles », il n’existe aucun moyen de vérifier ces faits. Les faits présumés pourraient très bien constituer de la propagande visant à discréditer le régime actuel et à galvaniser l’opinion publique en faveur du changement de régime que le groupe souhaite mettre en œuvre.

Même si le porte-parole du CCL a refusé de divulguer les noms des membres du groupe, certains sont parus dans les médias dominants. L’un des membres ou collaborateurs, est Rami Nakhle, un cyberactiviste vivant en exil à Beyrouth au Liban.

 

« Aujourd’hui, après 98 jours de protestations, il vit dans le déni », déclare Rami Nakhle, un Syrien travaillant à Beyrouth avec les Comités de coordination locaux, un centre d’échange pour les manifestations et les activités l’opposition syrienne. « Il est maintenant évident pour tout le monde que Bachar Al-Assad ne peut pas changer. Il ne réalise pas que la Syrie a changé pour toujours, mais il demeure le même président, celui que nous avons entendu la dernière fois en avril. » (Nicholas Blanford, Assad's speech may buy time, but not survival, The Christian Science Monitor, 20 juin 2011.)

Selon NPR, l’activiste a une relation privilégiée avec Al Jazeera :

Lorsque la chaîne arabe Al-Jazeera diffuse les dernières nouvelles, les images proviennent du réseau de Nakhle. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, 22 avril 2011.)

 

Il convient de signaler ici qu’Al Jazeera a joué un rôle clé dans la promotion du changement de régime en Libye.

 

La cyberdissidence

 

CyberDissidents.org, un site web présenté par le Bush Center comme une « Voix de la liberté en ligne » brosse un portrait de Nakhle, qui n’est pas sans rappeler les autres portraits parus dans la presse mainstream, lesquels le décrivent uniquement comme un cyberdissident, comme s’il n’avait jamais eu d’autres occupations :

 

Rami Nakhle est un cyberdissident de 27 ans. Son utilisation des médias sociaux pour diffuser des informations sur la révolution syrienne a capté l’attention des autorités syriennes, ce qui l’a amené à fuir au Liban en janvier 2011. Depuis les trois dernières années, il travaille sous le pseudonyme de Malath Aumran. Même si la police secrète syrienne a découvert sa véritable identité, il continue à utiliser ce pseudonyme afin de conserver la reconnaissance de ses adeptes en ligne.

 

Malgré ces menaces du gouvernement syrien, Nakhle continue à travailler dans la clandestinité et poursuit sa campagne pour la liberté par Facebook, Twitter et en donnant des entrevues sans restrictions avec de grands médias comme la BBC et le New York Times. (CyberDissident Database)



Portrait de  Rami Nakhle sur
CyberDissident.org. « [Ils m’ont dit] tu retires ton appui à la révolution syrienne ou nous allons t’anéantir. » - Rami Nakhle, blogueur syrien en fuite à Beyrouth

 

Le gouvernement étasunien et des organisations non gouvernementales comme Freedom House, faisant le travail de la CIA, sont d’importants promoteurs de la cyberdissidence :

 

Des dissidents politiques de la Chine, de l’Iran, de la Russie, de l’Égypte, de la Syrie, du Venezuela et de Cuba se rendront à Dallas pour se joindre aux fellows de l’Institut George W. Bush, aux experts de Freedom House, aux représentants du Berkman Center for Internet and Society de Harvard, aux membres du gouvernement des États-Unis ainsi qu’à d’autres leaders de ce domaine pour discuter des succès et des défis des mouvements mondiaux de dissidence politique sur Internet.

 

L’Institut George W. Bush a annoncé aujourd’hui [30 mars 2010] qu’il serait l’hôte le 19 avril 2010 d’une conférence sur les cyberdissidents, en collaboration avec l’organisation des droits humains Freedom House. (George W. Bush Institute and Freedom House to Convene Freedom Activists, Human Rights and Internet Experts to Assess Global Cyber Dissident Movement, Business Wire, 30 mars 2011)

 

Rami Nakhle ne cache pas ses intérêts pour les organisations étasuniennes. Sur sa page Facebook, il dresse la liste d’« intérêts » suivants : National Democratic Institute (NDI), présidé par Madeleine Albright, Human Rights Watch et l’ambassade des États-Unis à Damas.

 

L’intérêt du cyberactiviste pour ces organisations démontre clairement dans quel camp il se trouve, tout comme le membre du CNS, Radwan Ziadeh, ancien fellow du National Endowment for Democracy, une autre organisation reconnue pour ses liens avec la CIA

 

Dans une entrevue avec le Guardian, le cyberdissident affirme avoir été harcelé par la police secrète syrienne sur sa page Facebook. C’est possible, cependant, il s’agirait là d’une tactique inhabituelle pour la police secrète, laquelle habituellement, comme l’indique son nom, agit secrètement. Un tel harcèlement ressemble davantage à de la propagande noire : des gens opposés au régime tentant de faire mal paraître les autorités syriennes. Une sorte de « cyberopération sous faux pavillon », conçue pour être vue de tous.

Le « soulèvement syrien » semble être une copie des événements de Libye, lesquels ont favorisé une intervention de l’OTAN et mené à un changement de régime. La presse dominante a encore une fois une source principale d’information, soit le groupe d’opposition. Les médias ignorent les pertes miliaires et omettent de rapporter que l’on trouve parmi les manifestants des hommes armés, au nombre de 17 000 selon un rapport de l'International Institute for Strategic Studies. Un groupe non élu, le CNS est présenté paradoxalement comme un mouvement démocratique et on lui accorde davantage de crédibilité et une importante couverture médiatique.
Julie Lévesque :

Mondialisation.ca,

Le 25 novembre 2011

Articles de Julie Lévesque publiés par Mondialisation.ca



Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1.L'intervention radio du matin de Françoise Wallemacq.

 ( http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere/journal?r=%7BREGION%7D&s=%7BSPORT%7D&d=1&t=0800 )

Je retranscris ci-dessous cette émission passée à 7h15 (lundi 21).

Manifestement, les journalistes même 'honnêtes' comme je suis sûr que F.W. l'est, n'osent pas aller à contre-courant, et contredire frontalement la propagande : il faut absolument 'se protéger' en affirmant d'abord que 'bien sûr la visite était très encadrée' , et reprenant une partie de "ce qu'il faut dire" - on arrive à lui faire quasiment dire que "le régime syrien fait régner la terreur" ...

Malgré cela, son intervention est une ouverture extrêmement rare dans le front de la propagande, à souligner et encourager

http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere/podcasts?c=lp-map-exp&e=411
Interviewer : On va s'intéresser à la Syrie ce matin, où les manifestations d'opposants se poursuivent, manifestation mais répression aussi... bonjour Françoise Wallemacq.[...]. D'abord sur l'état d'esprit des Syriens. Vous avez rencontré là-bas des gens convaincus, résolus? Quel est l'état d'esprit des opposants? 

FW : Les opposants, je ne les ai pas rencontrés parce que c'était un voyage assez surveillé...

J'ai rencontré des opposants qui manifestaient un soir dans un petit village de manière extrêmement joyeuse et bonne enfant, il n'y avait pas de trace d'armée Ce que j'ai rencontré c'est plutôt la population syrienne, un peu au hasard de mes rencontres, que ce soit des chrétiens ou des musulmans, et dans l'ensemble, j'ai le sentiment que la grande majorité des Syriens soutient encore le président Bachar El Assad, que les Syriens ont très peur d'une déstabilisation de leur pays, il fait savoir que 40 confessions différentes coexistent harmonieusement depuis 7 siècles dans ce pays, et qu'ils ont très peur d'une déstabilisation, d'une guerre civile et peut-être plus tard d'une guerre de religion.

 

Alors dans quelles conditions avez-vous réalisé ce reportage, vous l'avez dit c'était un reportage surveillé, est-ce que vous avez pu vous déplacer librement, choisir les endroits ou vous alliez, rencontrer les gens que vous désiriez rencontrer?

On était invité par des religieuses catholiques [...] ces religieuses en nous invitant faisaient un petit peu le jeu du pouvoir, puisque c'est vrai que le pouvoir a toujours protégé les minorités religieuses, c'est pour ça qu'ils nous ont je pense laissé rentrer, il y a extrêmement peu de journalistes qui rentrent ouvertement en Syrie. Alors : le ministère de l'information était au courant des endroits où nous allions ["mh mh", appuie l'interviouveur], nous avons pu aller à Homs, dans des viles qui sont soumises à l'insurrection, je vous le disais on n'a pas pu rencontrer les insurgés, c'était trop dangereux, et puis on était encadrés, mais on a pu, je trouve, circuler assez librement et le dernier jour à Damas on a pu parler avec à peu près tout le monde dans la rue et je pense que ce n'était pas entièrement organisé puisque les gens qu'on croisait dans la rue euh nous disaient leur attachement au régime et disaient qu'on mentait et que les télévisions étrangères dont Al-Jazira manipulaient la réalité et que ce n'était pas ce qui se passait dans le pays.
J'ai eu l'impression moi aussi que ce qu'on lit dans les dépêches chez nous n'est pas du tout ce qui se passe sur le terrain. Il faut savoir que la seule source d'information de toutes les Agences de Presse est un homme basé à Londres, Monsieur Abdel Rahmane, qui dirige l'Observatoire des Droits de l'Homme, et que personne n'a jamais rencontré. [remarque qui n'empêchera nullement les jours suivants le journaliste de faction de reprendre sans sourcilier les chiffres des civils tués donnés par cet Observatoire au nom qui a l'air si officiel]

 

Ouais... C'est important ce que vous nous dites. Est-ce que ça veut dire que la Syrie n'est pas le pays en proie aux manifestations d'opposition dont on parle quasi quotidiennement chez nous?

Il y a des manifestations d'opposition sans doute quotidiennes, il y a aussi des manifestations pro Bachar El Assad qui ont réuni mercredi passé 1 million de personne par exemple à Damas, et je ne peux pas croire que ces gens soient payé pour descendre dans la rue et manifester leur soutient à leur président avec le sourire. Il me semble que c'est difficile de manipuler une telle ferveur populaire, un tel soutient de la population…

 

Ce ne sont pas des manifestations organisées, il n'y a pas des cars qui amènent les manifestants? [on sent son désarroi]

 l y a des consignes qui circulent sur Facebook,  on a rencontré des jeunes Druzes qui venaient manifester en faveur du président, et qui s'étaient donné le mot par Facebook, mais cela ne m'a pas l'air organisé par le pouvoir et je vois difficilement comment il pourrait le faire.

 

Alors de notre point de vue, on sait qu'au début c'était des manifestations pacifistes (sic), de plus en plus on parle d'une opposition armée en Syrie avec un risque de basculement dans une guerre civile, est-ce qu'on en est là ou pas? 

Tout à fait. J'ai vu des blessés, dans les hôpitaux de Homs, qui étaient blessés par des armes lourdes, c'était des militaires, des soldats des forces de l'ordre, qui étaient blessé par des éclats de shrapnels, d'armes lourdes. Apparemment les opposants sont armés et bien armés, avec beaucoup de munitions et bien sûr tout le monde se demande qui les arme et qui les finance. L'opposition se trouve à l'extérieur du pays, au Liban et en Turquie et reçoivent apparemment des financements de pays étrangers
 [...] Les reportages d'aujourd'hui sont consacrés à la vile de Homs, qui contrairement à ce qu'on imagine n'est pas une ville en état de siège, c'est une ville qui fonctionne normallement, avec un petit quartier qui est en proie à l'insurrection surtout la nuit. On va entendre que les gens sont terrorisés et qu'il y a des actes de barbarie, euh dans les 2 camps je pense [pq? Pour se racheter d'avoir osé contredire la propagande?], que des vidéos circulent d'hommes dépecés, coupés en morceaux, et le pouvoir a tout avantage à terroriser la population par ces vidéos pour les empêcher de descendre dans la rue
[ouais, souligne l'interviouvant], mais aussi assurer une sorte de cohésion grâce à la peur autour du pouvoir. Donc je vous disais, le sentiment qui règne en Syrie c'est la peur, et un sentiment d'injustice et d'incompréhension de la part du monde extérieur.

 

Mmh. Donc un climat de terreur quand même[ouf], quand vous dites que des vidéos qui circulent avec des corps dépecé, c'est pas rien... 

Alors je peux vous dire que c'est assez effrayant, je n'y croyais pas moi mm, j'ai demandé à les voir à la morgue, et je l'ai vu, j'ai vu des corps atrocement mutilés



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


29/11/2011

n°25 - Dossier - : Syrie : Médias et Manipulation de l'opinion - 29-11 - : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.



n°25 - Dossier - : Syrie : Médias et Manipulation de l'opinion  - 29-11 - : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier Syrie : Médias et Manipulation de l’opinion.

n°25                              29-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

1-1 Claude Beaulieu : La Syrie calomniée par les médias du système : conditionnement des esprits pour une nouvelle guerre impérialiste

1-2 Thierry Meyssan : Guerre médiatique.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

2-2 Pierre Khalaf : Moyen-Orient : Une logique de Guerre froide.

2-3 Roland Marounek  : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore.

3-2 Pierre Khalaf : Syrie, Liban face au chaos l’unité.



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Claude Beaulieu : La Syrie calomniée par les médias du système : conditionnement des esprits pour une nouvelle guerre impérialiste
Voir en ligne : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN. Roland Marounek

Manifestation de soutien à Bachar al-Assad, à Damas dimanche 13 novembre - nous y étions et avons apprécié la jeunesse des manifestants

Je suis rentré de Syrie depuis une semaine. J’ai accompagné dans ce pays la première équipe de journalistes occidentaux invitée à venir apprécier sur place la réalité de la situation. Celle-ci, chaque citoyen peut le voir, est quasi-unaniment présentée en France, par les médias aux ordres, comme la généralisation d’une répression massive et sanglante d’un soulèvement populaire, l’armée et la police tirant sans retenue sur des populations civiles désarmées et en révolte.

3500 morts depuis huit mois. "La répression du gouvernement syrien contre l’opposition a jusqu’à présent fait plus de 3500 morts dans le pays", a précisé mardi une porte-parole de l’ONU... http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/homs-epicentre-de-la-repression-syrienne_1049965.html.

Cette référence de l’Express à l’ONU, organisation internationale que Charles de Gaulle appela le MACHIN et qui a démontré son impartialité et sa neutralité dans la récente agression impérialiste contre la Libye - qu’elle a prétendument légitimée - Une fois encore, elle est particulièrement délétère et perverse quand elle prétend authentifier une affirmation qui ne relève pourtant que de la propagande de guerre. Il convient de se souvenir ici que depuis septembre 2008 l’ONU est pratiquement passée sous le contrôle de l’OTAN, sous prétexte de collaboration entre leurs secrétariats respectifs. (voir ci-dessus le texte de Roland Marounek)

Pourtant, il n’est pas inutile de souligner que même l’agence de presse russe RIA Novosti, reprend systématiquement à son compte cette référence trompeuse des 3500 morts de l’ONU, en oubliant avec une légèreté certaine que la Russie est elle aussi dans la ligne de mire des forces de guerre occidentalistes.

Des morts, dans l’agression à laquelle fait face la Syrie, il y en a effectivement de très nombreux. Dans une conférence de presse donnée au Centre Catholique d’Information à Beyrouth et où nous étions présents, Mère Agnès-Mariam de la Croix a annoncé disposer d’une liste de 500 martyrs appartenant aux forces de l’ordre, auxquels s’ajoutaient les 372 personnes tombéés durant le mois d’octobre.

L’OSDH (le prétendu Observatoire Syrien des Droits de l’Homme) basé à Londres, donne quotidiennemnt un nombre de morts sans préciser le noms de ces victimes présumées, et n’indique jamais non plus s’il s’agit de forces de l’ordre. Alaa Ibrahim, ex-correspondant d’Al Jazzeera et actuel journaliste de la TV syrienne d’information continue, est parvenu à se procurer la liste d’une centaine de noms, liste dont il a entrepris la vérification auprès des familles et qui s’est avérée fausse (abandon des recherches après la quarantième personne).

La propagande médiatique contre le régime laïque de la Syrie n’est pas récente. Le Monde en date du 8 avril 2011 titrait par exemple : " En Syrie la répression s’amplifie contre le mouvement de contestation" - " Des heurts entre manifestants et forces de sécurité auraient fait au moins 12 morts et 150 blessés".

A Baniyas, où nous nous sommes rendus, il nous a été donné d’acquérir une autre vision des choses que celle véhiculée par le quotidien "de référence" et journal officiel de la pensée unique.

Nous y avons appris que six camions de l’armée ont été attirés dans une embuscade sur un pont, auprès duquel des personnes dont des femmes et des enfants avaient été rassemblées, tandis que l’imam de l’une des mosquées de la ville appelait au jihad. Quatre de ces camions ont été détruits et les soldats qu’ils transportaient furent transformés en cibles de tireurs camouflés.

Les militaires appliquèrent strictement l’ordre du gouvernement de ne pas riposter afin de ne pas risquer de toucher des civils innocents, en particulier des femmes et des enfants. Pour protéger ses hommes, le sergent responsable du détachement s’est jeté sur une bombe artisanale et a eu les deux jambes arrachées. Ce héros d’une grande modestie, nous a reçu chez lui avec sa famille, certains de ses soldats bléssés ainsi que quelques personnalités régionales. A cette occasion, nos interlocuteurs nous ont informé de leur conviction que les armes utilisées par les escadrons de la mort provenaient du Liban, dont la frontière est proche.

Ils ont accusé l’ancien premier ministre libanais Saad Hariri ainsi que le Syrien Halim Khaddam, d’être parmi les instigateurs des assassins.

A Baniyas, l’armée n’a donc pas tiré sur les civils. L’embuscade y a fait 51 victimes dont 9 morts, des militaires (peut-être aussi des ambulanciers qui étaient également pris pour cible lorsqu’ils voulaient porter secours aux blessés).

Ce dont je suis convaincu à mon retour de Syrie, c’est que les médias de notre pays pratiquent vis-à-vis de ce pays une propagande belliciste basée sur le mensonge à l’état pur, délibéré et méthodique. Comme le souligne Domenico Losurdo, les disciples de Goebbels sont à l’oeuvre contre la Syrie.

De façon claire, nous avons pu voir qu’il n’y a pas actuellement de guerre civile dans ce pays, même si celle-ci est l’objectif évident que souhaitent promouvoir les Obama, Juppé, Sarkozy et Camerone en mobilisant leurs alliés stipendiés, recrutés dans la pègre locale, le lumpenprolétariat et chez les islamistes radicaux.

Il n’y a pas en Syrie de manifestations de masse autres que celles de ceux qui, précisément, refusent la perspective d’une guerre civile sur la base de contradictions confessionnelles, attisées pour l’essentiel de l’extérieur. En conséquence, il n’existe pas non plus de répression de masse.

Le peuple syrien connaît aujourd’hui l’une des périodes les plus difficiles de sa longue histoire. Les occidentalistes sous hégémonie états-unienne entendent remodeler la région pour réaliser leur objectif de Grand Moyen Orient, remis à l’ordre du jour par Barrak Obama, ce fameux prix Nobel de la Paix. Ils pratiquent contre le peuple syrien une criminelle stratégie de la tension et animent des escadrons de la mort qui sèment la terreur en cherchant à dresser les différentes communautés religieuses les une contre les autres, à susciter la haine. Ils souhaitent diviser pour régner en prenant le peuple syrien en otage.

J’ai ressenti chez les Syriens que nous avons rencontrés, en particulier chez les jeunes manifestants, un esprit de résistance très fort ainsi qu’un sentiment patriotique manifeste, une volonté d’unité nationale puissante. Les Syriens inspirent la confiance.

Le peuple syrien et le peuple de France ont des ennemis communs. Mais les Syriens sont en première ligne d’un combat qui concerne tous les peuples. Pour nous Français, la solidarité envers le peuple syrien est certes un devoir internationaliste, elle correspond aussi directement à notre intérêt national.

Claude Beaulieu -

dimanche 27 novembre 2011, par Comité Valmy

A titre d’information

Communiqué de Husein Nemer

Premier secrétaire du Parti communiste syrien (unifié)

Les communistes Syriens soutiennent le mouvement pour des réformes démocratiques mais mettent en garde sur l’ingérence impérialiste croissante et les risques d’un ’scénario Libyen’

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article2057



1-2 Thierry Meyssan : Guerre médiatique.

Depuis huit mois, les dirigeants occidentaux et certains médias publics font campagne pour une guerre en Syrie. Les accusations d’une extrême gravité qu’ils portent contre Bachar el-Assad intimident ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé d’une nouvelle intervention militaire. Tous ? non, car —avec l’appui du Réseau Voltaire— certains sont venus vérifier sur place et ont pu mesurer l’ampleur de la propagande de l’OTAN. Thierry Meyssan fait le point sur l’état de la guerre médiatique.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 27 novembre 2011Formé à Paris sous l’égide de la France, le Conseil national syrien entend renverser le régime du président Bachar el-Assad. Il est présidé par Burhan Ghalioun, professeur de sociologie à l’université de la Sorbonne (ici avec Alain Juppé, le 23 novembre 2011).

En 1999, lors de la guerre du Kosovo, le Réseau Voltaire s’indigna de ce que la France puisse entrer dans le conflit aux côtés de l’OTAN sans vote de l’Assemblée nationale avec la complicité passive des présidents de groupes parlementaires. Nous considérâmes que le refus du président de la République et du Premier ministre d’organiser un authentique débat augurait de l’opacité avec laquelle cette guerre serait conduite. Aussi, nous prîmes l’initiative de publier un bulletin quotidien sur le conflit. Les sites internet du gouvernement serbe ayant été immédiatement détruits par l’Alliance atlantique, nous ne pouvions avoir accès à la version serbe des événements. À défaut, nous avons souscrit des abonnements aux agences de presse de la région (croate, bosniaque, grecque, chypriote, turc, hongroise etc. ). Tout au long du conflit, nous avons présenté chaque jour un résumé de la conférence de presse de l’OTAN à Bruxelles et un résumé du témoignage des journalistes des pays riverains ; des pays ayant parfois de lourds contentieux avec la Serbie, mais dont les gouvernements partageaient entre eux une même narration des événements. Au fur et à mesure du temps qui passait, la version de l’OTAN et celle des journalistes locaux s’écartèrent jusqu’à ne plus avoir aucun point commun. À la fin, il s’agissait de deux histoires radicalement différentes. Nous n’avions aucun moyen de savoir qui mentait et si l’une des deux sources disait vrai. Nos lecteurs avaient l’impression de devenir schizophrènes, d’autant que les médias ouest-européens ne relayaient que la version de l’OTAN et que, par conséquent, nos lecteurs n’étaient confrontés aux deux versions parallèles qu’en nous lisant. Nous avons continué cet exercice de style durant les trois mois de combats. Lorsque les armes se sont tues et que des confrères et des amis ont pu se rendre sur place, ils ont constaté avec stupeur qu’il n’y avait pas eu « de la propagande des deux côtés ». Non : la version de l’OTAN était entièrement fausse, tandis que celle des journalistes locaux était entièrement vraie. Dans les mois qui suivirent, des rapports parlementaires dans plusieurs États membres de l’Alliance établirent les faits. Plusieurs ouvrages parurent sur la méthode mise au point par le conseiller en communication de Tony Blair qui permit à l’OTAN de manipuler la totalité de la presse occidentale : le « story telling ». Il est possible d’intoxiquer la totalité des journalistes occidentaux et de leur masquer les faits, si on leur raconte un conte pour enfants, à la condition de ne jamais interrompre la narration, de la charger de références réveillant de lointaines émotions, et de lui conserver sa cohérence.

Je n’avais pas eu le réflexe de courir en Serbie avant la guerre et je n’ai pas pu le faire lorsque les armes parlèrent. Par contre, ami lecteur, je suis aujourd’hui en Syrie où j’ai pris le temps d’enquêter et où j’écris cet article. C’est en pleine connaissance de cause que je peux affirmer que la propagande de l’OTAN est aujourd’hui en action à propos de la Syrie comme elle le fut à propos de la Serbie.

L’Alliance a commencé à raconter une histoire déconnectée de la réalité, dont le but est de justifier une « intervention militaire humanitaire », selon l’oxymore blairien. Le parallèle s’arrête là : Slobodan Milosevic était un criminel de guerre que l’on cherchait à présenter comme un criminel contre l’humanité pour pouvoir dépecer son pays ; Bachar el-Assad est un résistant à l’impérialisme et au sionisme qui a soutenu le Hezbollah lorsque le Liban était attaqué et soutient le Hamas et le Jihad islamique dans leur quête pour la libération de la patrie palestinienne.

Quatre mensonges de l’OTAN

 1. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, des manifestations de masse auraient lieu depuis huit mois en Syrie pour réclamer plus de libertés et le départ du président Bachar el-Assad.

C’est faux. Il y a bien eu, dans quelques villes des manifestations contre le président Bachar el-Assad à l’appel de prédicateurs saoudiens et égyptiens s’exprimant sur Al-Jazeera, mais elles n’ont rassemblé au total, au grand maximum, que 100 000 personnes. Elles ne réclamaient pas plus de libertés, mais l’instauration d’un régime islamique. Elles exigeaient le départ du président el-Assad, non pas à cause de sa politique, mais parce que ces manifestants se réclament d’un courant sectaire du sunnisme, le takfirisme, et accusent Bachar el-Assad d’être un hérétique (il est alaouite) usurpant le pouvoir dans un pays musulman qui, selon eux, ne peut être gouverné légitimement que par un sunnite de leur école théologique.

 2. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le « régime » aurait répondu en dispersant les foules par des tirs à balles réelles, faisant au moins 3 500 morts depuis le début de l’année.

C’est faux. D’abord, il ne peut pas y avoir de répression de manifestations qui n’ont pas existé. Ensuite, dès le début des événements, les autorités ont compris que l’on cherchait à provoquer des affrontements confessionnels dans un pays où la laïcité est la colonne vertébrale de l’État depuis le VIIIe siècle. Le président Bachar el-Assad a donc interdit aux forces de sécurité, polices et armée, de faire usage d’armes à feu dans toute circonstance où des civils pourraient être blessés. Il s’agit d’empêcher que des blessés, voire des morts, de telle ou telle confession, soient instrumentés pour justifier une guerre de religion. Cette interdiction est respectée par les forces de sécurité au péril de leur vie, comme nous le verrons plus loin. Quant aux morts, ils sont moitié moins nombreux. La plupart ne sont pas des civils, mais des soldats et des policiers, ainsi que j’ai pu le constater en visitant des hôpitaux et morgues civils et militaires.

 3. Après que nous ayons réussi à briser le mur du silence et à obtenir que de grands médias occidentaux rapportent la présence en Syrie d’escadrons de la mort venus de l’étranger, tendant des embuscades contre l’armée, et assassinant des civils au cœur des villes, l’OTAN et ses alliés du Golfe ont communiqué sur la présence d’une armée de déserteurs. Selon eux, des militaires (mais pas de policiers) qui auraient reçu l’ordre de tirer sur la foule se seraient rebellés. Ils auraient pris le maquis et constitué l’Armée syrienne libre, déjà forte de 1 500 hommes.

C’est faux. Les déserteurs ne sont que quelques dizaines, ayant fui en Turquie où ils sont encadrés par un officier du clan Rifaat el-Assad/Abdel Hakim Khaddam publiquement lié à la CIA. Il y a par contre de plus en plus d’insoumis, de jeunes gens qui refusent de faire leur service militaire, souvent plus sous la pression de leur famille que par décision personnelle. En effet, les militaires qui se trouvent pris dans une embuscade n’ont pas le droit de faire usage de leurs armes à feu pour se défendre si des civils se trouvent sur les lieux. Ils doivent donc faire le sacrifice de leur vie s’ils ne parviennent pas à fuir.

 4. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le cycle révolution/répression aurait laissé la place à un début de « guerre civile ». 1,5 million de Syriens, pris au piège, souffriraient de la faim. Il conviendrait donc d’organiser des « couloirs humanitaires » pour acheminer une aide alimentaire et permettre aux civils qui le souhaitent de fuir les zones de combat.

C’est faux. Au regard du nombre et de la cruauté des attaques par les escadrons de la mort venus de l’étranger, les déplacements de population sont peu nombreux. La Syrie est autosuffisante en matière agricole et la production n’a pas baissé de manière significative. Par contre, la plupart des embuscades ayant lieu sur les grands axes routiers, ceux-ci sont fréquemment interrompus. En outre, lorsque des attaques ont lieu au centre des villes, les commerçants ferment immédiatement leurs boutiques. Il en résulte de graves problèmes de distribution, y compris en matière d’alimentation. Le fond du problème est ailleurs : les sanctions économiques ont provoqué un désastre. Alors que la Syrie avait au cours de la décennie une croissance de l’ordre de 5 % par an, elle ne peut plus vendre ses hydrocarbures en Europe occidentale tandis que son industrie touristique est sinistrée. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi et leurs revenus. Ils font des économies sur tout. Le gouvernement les prend en charge et procède à des distributions gratuites de mazout (pour le chauffage) et de nourriture. Dans ces conditions, il conviendrait plutôt de dire que si le gouvernement el-Assad n’intervenait pas, 1,5 million de Syriens souffriraient de malnutrition du fait des sanctions occidentales.

En définitive, alors que nous n’en sommes au stade que de la guerre non conventionnelle, avec l’envoi de mercenaires et de forces spéciales pour déstabiliser le pays, la narration par l’OTAN et ses alliés du Golfe s’est déjà considérablement éloignée de la réalité. Ce fossé va se creuser de plus en plus.

Pour ce qui vous concerne, ami lecteur, vous n’avez aucune raison de me croire plus que l’OTAN, n’étant pas vous-même sur place. Vous avez cependant plusieurs éléments qui devraient vous mettre la puce à l’oreille.

Bernard-Henry Lévy, qui se flatte d’avoir embarqué la France dans la guerre de Libye dans l’intérêt d’Israël, annonce dans « Le Parisien » qu’il a une liste de cibles.

Quatre évidences soigneusement cachées par l’OTAN

 1. On pourrait croire que les imputations sur la prétendue répression et sur le nombre de victimes ont été soigneusement vérifiées. Pas du tout. Elles ne proviennent que d’une seule et même source : l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, dont les responsables requièrent l’anonymat. Que valent des accusations de cette gravité si elles ne sont pas recoupées et pourquoi des institutions comme le Haut-Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU les reprennent-elles sans les vérifier ?

 2. La Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité ouvrant la voie à une intervention militaire internationale. Les responsables politiques de l’OTAN nous expliquent, désolés, que les Russes protègent leur base navale militaire de Tartous et que les Chinois feraient n’importe quoi pour racler quelques barils de pétrole. Devons-nous accepter l’idée manichéenne que Washington, Londres et Paris sont guidés par de bons sentiments tandis que Moscou et Pékin seraient essentiellement égoïstes et insensibles au martyre d’un peuple ? Comment ne pas remarquer que la Russie et la Chine ont bien moins d’intérêt à défendre la Syrie que les Occidentaux n’en ont à la détruire ?

 3. Il y a une certaine étrangeté à observer la coalition des États soi-disant bien intentionnés. Comment ne pas remarquer que les deux principaux contributeurs de la Ligue arabe et promoteurs de la « démocratisation » de la Syrie, l’Arabie saoudite et le Qatar, sont des dictatures vassales des États-Unis et du Royaume-Uni ? Comment ne pas se demander si les Occidentaux —qui viennent de détruire successivement l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tuant plus de 1,2 million de personnes en dix ans et montrant le peu de cas qu’ils font de la vie humaine— sont bien crédibles en brandissant l’étendard humanitaire ?

 4. Surtout, pour ne pas se laisser manipuler à propos des événements en Syrie, il convient de les replacer dans leur contexte. Pour l’OTAN et ses alliés du Golfe —dont les armées ont envahi le Yémen et le Bahrein pour y écraser les manifestations dans le sang—, la « révolution syrienne » est le prolongement du « printemps arabe » : les peuples de la région aspirent à la démocratie de marché et au confort de l’American Way of Life. Au contraire, pour les Russes et les Chinois, comme pour les Vénézuéliens ou les Sud-Africains, les événements de Syrie sont la continuation du « remodelage du Moyen-Orient élargi » annoncé par Washington qui a déjà fait 1,2 million de morts et que toute personne soucieuse de la vie humaine se doit d’arrêter. Ils se souviennent que le 15 septembre 2001, le président George W. Bush programma sept guerres. La préparation de l’attaque de la Syrie débuta officiellement le 12 décembre 2003 avec le vote du Syrian Accountability Act dans la foulée de la chute de Bagdad. Depuis ce jour, le président des États-Unis —aujourd’hui Barack Obama— a pour ordre du Congrès d’attaquer la Syrie et est dispensé de venir devant les assemblées pour ouvrir le feu. Dès lors, la question n’est pas de savoir si l’OTAN a trouvé une divine justification pour entrer en guerre, mais si la Syrie trouvera un moyen de se sortir de cette situation comme elle est parvenue à échapper à toutes les accusations diffamatoires et à tous les pièges précédents, tel que l’assassinat de Rafik Hariri ou le raid israélien contre une imaginaire centrale nucléaire militaire.

Des médias mainstream occidentaux témoignent

Au terme de cet article, je voudrais vous indiquer, ami lecteur, que le Réseau Voltaire a facilité un voyage de presse organisé à l’initiative du Centre catholique d’information des chrétiens d’Orient, dans le cadre de l’ouverture aux médias occidentaux annoncée par le président el-Assad à la Ligue arabe. Nous avons aidé des journalistes mainstream à voyager dans les zones de combat. Nos collègues ont d’abord mal vécu notre présence à leurs côtés, à la fois parce qu’ils avaient un a priori négatif à notre égard et parce qu’ils pensaient que nous cherchions à leur bourrer le crâne. Par la suite, ils ont pu constater que nous sommes des gens normaux et que le fait de choisir notre camp ne nous a pas fait renoncer à notre esprit critique. En définitive, bien qu’ils soient intimement persuadés de la bienveillance de l’OTAN et ne partagent pas notre engagement anti-impérialiste, ils ont vu et entendu la réalité. Avec honnêteté, ils ont restitué dans leurs reportages l’action des bandes armées qui terrorisent le pays. Certes, ils se sont abstenus de contredire ouvertement la version atlantique et ont essayé de concilier ce qu’ils avaient vu et entendu avec elle, ce qui les a parfois conduits à des contorsions autour du concept de « guerre civile » opposant l’armée syrienne à des mercenaires étrangers. Quoi qu’il en soit, les reportages de la Radio Télévision Belge (RTBF) ou de La Libre Belgique, pour ne citer qu’eux, montrent que, depuis huit mois, l’OTAN masque l’action des escadrons de la mort et impute mensongèrement leurs crimes aux autorités syriennes.



2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.
La presse israélienne s’est inquiétée de la présence en Méditerranée de plusieurs navires de guerre russes (1), mais ce n’est rien à côté de ceux qui se profilent à l’horizon (2). Le porte-avions Maréchal Kouznetsov a quitté Mourmansk le 13 novembre. A bord, une trentaine d’avions de chasse et des d’hélicoptères, des missiles à capacité nucléaire d’une portée de 550 km. Le destroyer anti-sous-marin Amiral Chabanenko fait partie de l’escadre qui l’accompagne. Après des exercices en mer de Barentz, le Kouznetsov a pris la direction de la Méditerranée orientale via l’Atlantique nord. Il devrait mouiller à Tartous mi-janvier, où il sera sans doute rejoint par des éléments de la flotte russe de la mer Noire, comme cela a été le cas en 2008. L’attaque de la Syrie par l’OTAN – France et Turquie en tête - a pour objectif le renversement du président Bachar al-Assad et la mise hors-la-loi du parti Baas syrien. Abdelhalim Khaddam, ancien vice-président syrien réfugié à Paris, ou Rifaat al-Assad, autre ancien vice-président, réfugié en Espagne, qui complotent concurremment pour s’emparer de la direction du parti, se bercent d’illusions s’ils croient que les Frères Musulmans laisseraient l’un d’entre eux accéder au pouvoir.

Vladimir Poutine :

Que la France s’occupe de ses oignons !

Nicolas Sarkozy n’a tiré aucun d’enseignement des conséquences catastrophiques provoquées par l’effondrement du régime libyen. Il s’apprête à reconnaître officiellement le CNS (Conseil National Syrien) qui devraitemménager dans les locaux de l’ambassade, rue Vanneau. Le Canard enchaîné a révélé que des instructeurs du Service action de la DGSE, du COS (Commandement des opérations spéciales) et du MI6 britannique forment les extrémistes armés de l’Armée syrienne libre (ASL) à la guérilla urbaine, au Liban et en Turquie (3). Des livraisons d’armes sont effectuées clandestinement. Si la Ligue Arabe le demande – Alain Juppé fait tout pour cela - la France s’associera aux sanctions imposées au peuple syrien, notamment en suspendant ses transactions financières et commerciales, et les vols vers Damas et Alep. Les Syriens résidant en France, pro-Assad ou simplement opposés à l’agression de leur pays, seront inquiétés, expulsés ou assignés à résidence. La diabolisation du régime baasiste et ses déficiences en matière de communication médiatique sont telles qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le mouvement anti-guerre mobilise de grandes foules, sauf si la guerre dérape en conflit de grande ampleur.

 

A Moscou, le 18 novembre dernier, Vladimir Poutine a dit clairement à François Fillon qu’en Syrie la France ferait mieux « de s’occuper de ses oignons » (4). Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a qualifié de « provocations politiques à l’échelle internationale » (5), les pressions exercées par les Occidentaux sur l’opposition syrienne pour qu’elle dénigre les réformes démocratiques initiées par le président Bachar al-Assad et ses offres de dialogue. Espérons que la présence de la flotte russe en Méditerranée sera suffisante pour calmer les ardeurs guerrières de Nicolas Sarkozy et des faucons de l’OTAN.

 

(1) Report : Russia warships to enter Syria waters in bid to stem foreign intervention (Haaretz – 18/11/11)

http://www.haaretz.com/news/middle-east/report-russia-warships-to-enter-syria-waters-in-bid-to-stem-foreign-intervention-1.396359

(2) Le porte-avions Maréchal Kouznetsov se prépare à croiser dans les eaux chaudes.

http://www.rusnavyintelligence.com/article-le-porte-avions-russe-amiral-kouznetsov-se-prepare-a-croiser-dans-les-eaux-chaudes-85433995.html

(3) Une intervention « limitée » préparée par l’OTAN en Syrie, par Claude Angeli (Le Canard Enchaîné - 23 /11/11)

(4) Syrie : Moscou invite la France à s’occuper de ses « oignons ».

http://www.rtl.fr/actualites/international/article/syrie-moscou-invite-la-france-a-s-occuper-de-ses-oignons-7736233227

(5) Syrie : Moscou dénonce des « provocations » occidentales

http://fr.rian.ru/world/20111121/192063188.html

Gilles Munier

samedi 26 novembre 2011, par Comité Valmy

http://www.france-irak-actualite.com/

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article2053


2-2 Pierre Khalaf : Moyen-Orient : Une logique de Guerre froide.

L’internationalisation de la crise syrienne replonge le Moyen-Orient dans la logique de la guerre froide, qui, pendant plusieurs décennies, a permis à la Syrie de jouer les équilibres dans la cour des grands.

Damas renoue avec la politique des alliances et tente de tirer les dividendes d’une crise qui menace d’embraser militairement la région, d’Israël à l’Afghanistan, en passant par le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Iran et les pétromonarchies du Golfe.

28 novembre 2011

Le risque de conflagration a jusqu’à présent dissuadé l’Otan, la Turquie et Israël d’intervenir militairement contre l’axe Damas-Téhéran allié au Hezbollah et au Hamas. La Russie et la Chine ont pour leur part, réussi à neutraliser les démarches occidentales visant la Syrie et l’Iran au Conseil de sécurité.

Le régime syrien semble loin d’être isolé. Bien au contraire, le retrait américain de l’Irak, perçu comme une défaite à Washington, risque de renforcer le front anti-américain, dans la région. Face à cette perspective alarmante, les pays occidentaux et leurs alliés arabes espèrent renverser le régime syrien, perçu comme le « maillon faible » de cette coalition hostile. C’est ce qu’affirme le néoconservateur américain Elliott Abrams. « La fin du régime d’Assad représentera un grand gain pour les États-Unis », affirme-t-il dans la publication du Council on Foreign Relations d’octobre.

C’est dans cette optique que les pays arabes dirigés par le Qatar se lancent dans une course contre la montre en imposant des délais, des exigences et des sanctions, qu’aucune partie ne semble vouloir respecter, à commencer par la Ligue elle-même et l’opposition syrienne radicale, liée à l’Occident.

L’initiative arabe, qui prévoyait l’arrêt des violences et l’ouverture d’un dialogue entre le régime et l’opposition, est restée sans lendemain.

L’armée syrienne multiplie les succès contre les enclaves rebelles, alimentées par un flot d’armes et d’argent en provenance des pays voisins.

Le Conseil national syrien (CNS), par la voie de Borhane Ghalioun et ses alliés islamistes, ont rejeté le dialogue proposé par la Ligue, contrairement au pouvoir syrien.

Plusieurs membres du Comité national pour le changement démocratique (CNCD, opposition de l’intérieur) ont, en revanche, accepté de dialoguer. En visite au siège de la Ligue arabe au Caire, une délégation syrienne regroupant des membres du CNCD et des opposants respectés dont Michel Kilo, Haitham Manaa et Fayez Sara a été violemment agressée par des partisans du CNS, qui appellent l’armée turque à envahir le nord de la Syrie afin de démocratiser le pays. C’est dans cet esprit que les partisans des Frères musulmans syriens ont agressé, le 20 novembre, une délégation d’acteurs et comédiens arabes en visite au Caire pour protester contre la suspension de la Syrie à la Ligue arabe.

Le secrétaire général des Frères musulmans syrien Riad Chakfi a appelé le 18 novembre l’armée turque à envahir le nord de la Syrie pour y établir une zone tampon, se basant sur l’identité sunnite de la Turquie, à laquelle s’identifie la confrérie.

Exorciser les illusions

L’Iran apparait comme le grand vainqueur en Irak et se prépare à combler le vide laissé par les Américains. L’axe Damas-Téhéran, lié par des intérêts convergents avec la Russie et la Chine, fait front commun pour briser le monopole militaire et pétrolier américain dans le Golfe et dans la mer Caspienne, autour duquel Washington a établi des bases militaires.

S’ajoute également aux yeux de la Russie, la menace turque, qui, depuis l’effondrement du bloc de l’Est en 1991, étend son influence politico-économique dans le Caucase russe, dans les États turcophones et islamiques de l’ex-Union Soviétique, en Asie centrale, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Afrique du nord, sur les traces de l’empire ottomans, comme le rappelle Erdogan. Cette perspective inquiète également la Chine, qui fait face à un mouvement islamiste sécessionniste à l’est. Depuis le début de la crise en Syrie, Damas et Moscou sont ouvertement opposés au gouvernement islamiste de Recep Tayyep Erdogan, qui espère reproduire son modèle de gouvernement islamique pro-occidental à Damas.

Dans son édition du 18 novembre, le journal gouvernemental turc Sabah révèle des plans militaires turcs pour l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne au nord de la Syrie, puis d’une zone tampon d’une profondeur de 5 km, allant jusqu’à la ville d’Alep à l’ouest, pour favoriser le déclenchement d’une guerre civile contre le pouvoir damascène.

La Syrie a immédiatement répliqué et lancé une opération militaire pour « exorciser les illusions », en établissant une zone militaire d’une profondeur de 20 km le long de la frontière turque. Damas joue également la carte kurde, susceptible de remettre en cause l’intégrité territoriale de la Turquie en cas de guerre.

A cela, s’ajoutent les déclarations des dirigeants iraniens, qui menacent d’allumer tous les fronts en cas d’attaque contre ses installations nucléaires et contre la Syrie. Téhéran et Moscou ont haussé le ton en expédiant des navires de guerre russes et iraniens aux larges des côtes syriennes, au moment où le président Assad se déclarait prêt à combattre.

Face à ce tableau tendu, les pays occidentaux et leurs alliés musulmans ne disposent d’aucun moyen pour renverser le pouvoir, à l’exception des sanctions politiques et économiques qui semblent loin de menacer la pérennité du régime.

Et même si la Ligue arabe maintient ses pressions sur le régime et transmet le dossier syrien au Conseil de sécurité, on retournera à la case de départ avec un double veto russo-chinois.

Ligne de fracture au Liban

La situation en Syrie est devenue la ligne de fracture entre les deux camps rivaux au Liban, et quoi qu’ils en disent, tous deux attendent avec impatience l’issue du bras de fer qui se joue dans ce pays pour définir leur nouveau plan de campagne.

Selon des sources de la majorité parlementaire libanaise, la nouvelle échéance pour la Syrie est le début de l’année 2012. Le régime aura passé le cap le plus dur et les pressions internationales devraient alors baisser en intensité pour de multiples raisons.

La plus importante consiste dans l’achèvement du retrait américain d’Irak, un départ qui ressemble de plus en plus à une défaite stratégique et qui permettra à l’Iran de se retrouver à la frontière de la Syrie via l’Irak, où la République islamique ne cesse d’augmenter son influence.

D’autres raisons sont liées à l’entrée des États-Unis dans une période préélectorale qui les empêche de prendre des décisions importantes à l’étranger. A partir du premier trimestre 2012, le monde devrait avoir d’autres priorités que la Syrie, notamment avec la crise économique grandissante dans la zone euro et dans le reste du monde.

Au cours des prochaines semaines, le régime syrien va donc subir le maximum de pressions. Mais de l’avis de nombreux observateurs, il y a très peu de risques que ce régime saute pour les raisons suivantes : le double veto russe et chinois le protège d’une résolution au Conseil de sécurité adoptant de nouvelles sanctions contre lui ou autorisant une action militaire, et l’équation établie par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours, qui annonce une guerre régionale en cas d’attaque contre la Syrie, le protège d’une action militaire de la Turquie.

Déclarations et prises de positions

Béchara Raï, patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient

« La présence chrétienne en Orient se comprend en termes de communion et témoignage. Ceci signifie que nous ne pouvons pas penser notre avenir en dehors, en marge, ou contre les sociétés où nous vivons. En politique, cette communion se traduit en termes d’identité nationale commune, de citoyenneté et de participation. Nous confrontons l’enjeu des changements en cours dans certains pays arabes.

Tout en étant l’expression d’un éveil et d’un engagement pour une identité nationale commune, nous craignons que ces changements ne conduisent vers des conflits interconfessionnels, une transition vers des régimes plus durs encore et une partition de la région sur une base confessionnelle. Les chrétiens doivent faire face à toutes les tentatives de définir nos sociétés ou nos pays en termes d’identité religieuse. Nous devons nous opposer clairement à l’islamité exclusive de l’identité de nos pays ainsi qu’à la judaïté d’Israël.

Nous saluons l’heureuse déclaration d’al-Azhar du mois de juin dernier, qui confirme que l’islam ne stipule aucune identité religieuse pour l’État, lequel ne doit être ni religieux ni théocratique, mais civil respectant les valeurs religieuses fondamentales.

Nous invitons à un dialogue sincère entre les divers partenaires, politiques et religieux, libéraux, modérés ou conservateurs, islamistes et laïcs, locaux et internationaux, autour du concept de l’État civil. Les trois défis de la communauté chrétienne sont : la sécurité, les libertés fondamentales et la reconnaissance de la diversité.

Nous voulons affirmer que la sécurité est un droit à tout citoyen et que l’État se doit d’assurer. Il ne s’agit donc en aucune manière d’une protection d’une minorité par une majorité, mais d’un droit fondamental et commun à tous, sans distinction et sans discrimination aucune. Quant aux libertés fondamentales, nous souffrons dans quelques pays de la région de certaines formes de régime sécuritaire étatique ou social qui oppriment les libertés fondamentales de conscience, de culte et d’expression.

Nous ne craignons pas pour la présence chrétienne en Orient. Nous croyons que cela dépend davantage de la volonté de Dieu que de notre choix. Nous savons aussi que le scénario d’un monde arabe sans les chrétiens serait un scénario catastrophique pour l’Orient et pour l’Occident. Car ceci sera la fin de l’arabité en tant que culture plurielle et elle sera engloutie par la culture religieuse de l’islam. Ni l’islam ni l’Europe ne pourront supporter une telle situation. »

Najib Mikati, Premier ministre du Liban

« Le 5 septembre dernier, je m’étais entretenu avec le greffier du tribunal et je lui avais demandé quel était le délai ultime que l’on pouvait consentir pour le Liban. Il m’avait répondu : début décembre 2011. Je me suis alors engagé à ce que le Liban verse sa quote-part et j’ai informé Nabih Berry de ce délai. Aujourd’hui, nous y sommes. J’ai considéré que la meilleure façon de procéder était de soumettre la question à la table du Conseil des ministres à la fin du mois. J’en ai notifié les ministres et, à présent, que chacun assume ses responsabilités.

C’est une question très sensible qui a trait à la crédibilité du Liban. Quelqu’un peut-il croire qu’un Premier ministre est en mesure de dénier la justice après le meurtre d’un ancien chef de gouvernement. Si le Liban accepte de verser sa quote-part, il aura honoré ses engagements et préservé les résolutions internationales, y compris la 1701, ainsi que son droit à s’en remettre aux Nations unies pour défendre ses frontières maritimes.

Il aura aussi respecté son engagement à l’égard de la justice, préservé ses relations extérieures, aidé à maintenir la stabilité et empêché la discorde sunnito-chiite. Nous aurons aussi de cette manière sauvegardé la Résistance, car celle-ci ne peut être forte que si le Liban est fort. Lorsque le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avait dit qu’il fallait trancher par le vote, j’avais estimé qu’il avait laissé la porte ouverte. J’attends toujours des ministres qu’ils aient le sens patriotique pour protéger le pays. Mais s’ils ne me rejoignent pas sur ce point, j’en conclurais en effet qu’ils n’ont pas de sens patriotique.

Je sais que le Hezbollah ne va pas changer de position. Mais nous sommes aujourd’hui 12 pour le financement et on parle de la possibilité que trois ou quatre autres ministres nous rejoignent. L’affaire serait alors conclue. Je compte sur la sagesse de M. Berry. Le critère devrait être l’intérêt du Liban. Il ne fait pas de doute que je n’accepterai pas que, sous mon mandat, le Liban s’abstienne d’honorer ses engagements et sorte de la communauté internationale.

Que personne ne me comprenne mal ; en présentant ma démission, je protège le Liban, car si le gouvernement décide avec mon approbation le rejet du financement et si je reste au pouvoir, il y aura des sanctions contre le Liban. Je le redis à tous les ministres : l’affaire est sérieuse. Considérez le financement du TSL comme une police d’assurance face aux tempêtes de la région. Mon souci est de mettre le Liban à l’abri. Après une éventuelle démission, je n’accepterais pas d’être reconduit dans mes fonctions aux mêmes conditions. »

Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères

« Je fais confiance au Premier ministre libanais, Najib Mikati. Il tiendra parole au sujet du financement du TSL. Nous nous sommes rencontrés en septembre, et il m’avait assuré alors que toutes les dispositions seraient prises pour que le financement soit assuré, au bon moment. J’ai confiance dans sa parole, et je suis prêt à le recevoir. Nous avons déployé de grands efforts pour garantir la stabilité du Liban, mais tous ses efforts sont aujourd’hui menacés, et la chose nous inquiète. Il est impossible de sauver le Liban sans la participation de tous. Les Libanais doivent placer leur pays à l’écart des tensions régionales. Tout le monde sait le genre de relations qui existent entre la Syrie et le Liban. Une déstabilisation ou une guerre civile entre les diverses composantes de la société syrienne aura des conséquences sur le Liban. C’est ce que je veux dire quand je parle de déstabilisation régionale. »

Une analyse de Pierre Khalaf

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef :Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 59, 28 novembre 2011.


(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth

Source :
http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php ?news_id=49133

http://www.silviacattori.net/article2429.html



2-3 Roland Marounek  : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN.

VERS UN CONTRÔLE PLUS DIRECT DE L’ONU PAR L’OTAN

vendredi 25 novembre 2011, par Comité Valmy

Voir en ligne : Lire la déclaration allant dans le sens de la soumission de l’ONU à l’OTAN

 

Le 23 septembre dernier, Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon et le Secrétaire Général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer ont signé en toute discrétion une « Déclaration commune sur la collaboration des Secrétariats des Nations Unies et de l’OTAN ». Ahurissant, non seulement pour le contenu de la déclaration, suffisamment vague pour rendre cette coopération extensible à loisir, mais surtout parce que l’existence même d’un tel accord de collaboration vise à octroyer à l’Otan un statut officiel de co-responsabilité dans le maintien de la paix mondiale.

Accord « secret » ?

L’existence de cette Déclaration de coopération a été révélé une première fois 2 semaines après sa signature, par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui s’indignait justement qu’un tel accord puisse être signé à l’insu de la partie russe : « Avant de signer une telle déclaration, il est nécessaire d’en soumettre le projet à l’examen des pays membres. Dans le cas présent, cette procédure n’a pas eu lieu, l’accord entre les secrétariats a été signé en catimini. ». Le 3 décembre la Transnational Foundation for Peace and Future Research en publiait une version obtenue, précise-t-elle, sur simple demande auprès de l’Otan1.

Si l’accord n’est donc pas à proprement parler ’secret’, force est de constater qu’un maximum de discrétion l’entoure. Il n’est toujours pas publié ni sur le site de l’Otan, ni sur celui de l’ONU. Une telle discrétion devrait à elle seule alerter l’attention : Comment le représentant des Nations Unies peut-il s’octroyer le droit de passer dans l’ombre des accords avec une alliance militaire agressive, en court-circuitant les autres membres du Conseil de Sécurité ?

L’Otan, garante de la paix et du respect de la Charte des Nations-Unies...

« Une coopération [entre l’Otan et l’ONU] plus poussée contribuera de manière significative à faire face aux menaces et aux défis auxquels la communauté internationale est appelée à répondre » lit-on dans la Déclaration.

L’Otan est une alliance militaire d’une poignée de pays, qui défend par la menace ou l’agression, les intérêts économiques de l’Occident au détriment du reste du monde. Le concept Stratégique de l’Otan réaffirmait en 1999 que « la présence de forces nucléaires en Europe reste essentielle pour la sécurité de ce continent (...) [Les armes nucléaires] restent indispensables au maintien de la paix »2 De plus en plus ouvertement, l’Otan défend le principe d’intervention militaire hors-zone « pour défendre » les intérêts vitaux des pays membres tels que leur approvisionnement en ressources3.

Accepterait-on de tels concepts stratégiques de la part de la Chine par exemple ? Ou de l’Iran ? Du Venezuela ? Leurs droits à défendre leurs intérêts vitaux seraient-ils de moindre importance ? Ne feraient-ils pas partie de la même « Communauté Internationale » que les pays de l’Alliance Atlantique ?

Comment enfin le Secrétaire Général de l’ONU, censé être le gardien de la Charte des Nations Unies ose-t’il accorder officiellement le label de garant de la paix et de la sécurité internationales à une organisation qui a elle même directement violé la Charte des Nations Unies, en 1999, et en apporte jusqu’aujourd’hui son concours à l’agression de l’Irak ? Dont l’ancien Secrétaire Général Solana déclarait benoîtement que l’Otan avait la légitimité d’agir seule, en dehors de l’autorisation des Nations-Unies ?

Les relations ambiguës entre l’Otan et l’ONU

Bien sûr une telle collusion de fait entre le SG des Nations Unies avec les intérêts occidentaux n’est pas une chose tout à fait nouvelle. On peut rappeler comment Richard Holbrooke s’amuse à rapporter que Koffi Annan a gagné son poste en autorisant le bombardement de la Yougoslavie par les USA, en l’absence de son patron Boutros-Ghali. La caution a posteriori des agression de l’Otan en Yougoslavie, ou le silence devant la dérive de l’ISAF, théorique force de maintien de la paix, en force supplétive de l’invasion US en sont d’autres exemples. Par ailleurs, les rencontres informelles entre Otan et le secrétaire générale de l’ONU sont courantes depuis plusieurs années, et le site officiel de l’Otan étale avec complaisance les visites de haut niveau et les réunions de travail entre l’ONU et l’Otan.

Mais ce qui est réellement en jeu dans cette Déclaration de collaboration, c’est le cachet officiel que l’on espère donner à cette collusion. Car contrairement à une idée répandue jusqu’au sein du mouvement pour la paix, il n’existe à ce jour aucun accord clair et officiel de collaboration liant l’ONU à l’Otan.

En particulier, le commandement de l’ISAF n’a jamais été "confié" à l’Otan, malgré ce qu’une confusion entretenue à dessein tente de faire croire. La création d’une force de maintien de la paix (limitée aux environs de Kaboul dans un premier temps) a bien été votée par la résolution 1386 (décembre 2001), mais la direction de cette force était laissée à la bonne volonté des pays volontaires :

[Le Conseil de sécurité] demande aux États Membres de fournir du personnel, du matériel et des ressources à la Force internationale d’assistance à la sécurité, et invite les États Membres intéressés à se faire connaître auprès du commandement de la Force et du Secrétaire général

En août 2003 l’Otan a pris ’de fait’ la direction de l’ISAF, et cela n’est même pas officialisé dans une résolution ultérieure. La résolution 1510 d’octobre 2003 souvent citée, ne mentionne l’Otan que pour « prendre note » de sa demande d’élargir le mandant de l’ISAF à l’ensemble du territoire afghan :

[Le Conseil de sécurité] prenant note de la lettre datée du 6 octobre 2003 que le Secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a adressée au Secrétaire général concernant un élargissement possible de la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité...

Les résolutions ultérieures telle la 1833 de septembre 2008 peuvent bien « saluer le rôle de premier plan joué par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et la contribution apportée par de nombreux pays à l’ISAF », ou « prier le commandement de l’ISAF [soit l’Otan, de fait] de le tenir régulièrement informé, par l’intermédiaire du Secrétaire général, de l’exécution du mandat de la Force », en aucune manière cela ne permet de prétendre que « le commandement de l’ISAF a été donné par les Nations Unies à l’OTAN » comme il est trop souvent admis.

Même la scandaleuse résolution 1244 (juin 1999) qui entérinait l’agression contre la Yougoslavie, n’accorde en fait aucun mandat officiel à l’Otan :

La présence internationale de sécurité, avec une participation substantielle de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, doit être déployée sous commandement et contrôle unifiés et autorisée à établir un environnement sûr pour l’ensemble de la population du Kosovo et à faciliter le retour en toute sécurité de toutes les personnes déplacées et de tous les réfugiés.

L’Otan n’est pas le représentant de la (véritable) « Communauté Internationale »

La création des Nations-Unies et l’adoption de sa Charte ont représenté une avancée majeure de l’humanité : pour la première fois le droit international était au moins formellement opposé au droit du plus fort.

Bien évidemment ce n’est pas du tout un combat gagné d’avance, et en particulier depuis l’effondrement de l’URSS, les États-Unis et l’Otan tentent de toutes les manières, avec les meilleurs habillages possibles (droit d’ingérence humanitaire, imposition de la démocratie, lutte contre le terrorisme... ) de remettre en cause ce droit international, pour un ’droit’ où ces immenses puissances militaires sont gagnantes à coup sûr – le droit du plus fort. Le concept médiatique de Communauté Internationale sert à masquer cette tentative de décrédibilisation des Nations Unies.

Cette scandaleuse signature de Ban Ki-Moon est un pas de plus dans la même direction. Nous ne devrions pas accueillir ce texte avec indifférence, comme l’a fait l’ensemble de nos médias. L’ambassadeur russe auprès de l’OTAN Dmitri Rogozine ne s’y est pas trompé : "Ban Ki-moon a reconnu l’alliance non pas comme une organisation militaire régionale, mais comme un remplaçant de l’ONU dans toutes les affaires liées à la sécurité internationale. Le secrétaire général de l’ONU risque de subir une destitution. Ses actions sont honteuses".

Roland Marounek

Mise en ligne CV le 8 janvier 2009

vendredi 25 novembre 2011, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article139



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore.

Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique

DECLARATION DU COMITÉ CENTRAL

Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique 

À propos des évènements de Libye des 20 et 21 octobre 2011

« Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore »

L’impérialisme Etats-Unis-Israël-OTAN a montré encore une fois sa gueule bestiale de vautour-cannibale ensanglantée dans l’immolation de milliers de vies humaines (50000 Libyens massacrés, plus de 200000 blessés, 2 millions, sur les 6 millions d’habitants de la Libye, sont devenus des réfugiés qui se sont involontairement trouvés sur la route de la domination mondiale, si passionnément désirée, des Etats-Unis d’Amérique. vers les gisements de ressources pétrolières et gazières mondiales. Il est universellement connu que la « faute » du dirigeant irakien Saddam Hussein était d’être assis sur le gisement de pétrole le plus riche du Proche-Orient et que c’est la raison pour laquelle il a été renversé par la campagne militaire des Etats-Unis d’Amérique contre l’Irak et sauvagement mis à mort par de maniaques sous-hommes américains qui ont fait la démonstration au monde entier de leur monstrueuse moquerie outrageante à l’égard de Saddam Hussein.

Les Etats-Unis d’Amérique ont accusé Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive, mais cette accusation n’a pas été confirmée, étant donné que Saddam Hussein n’avait pas de telles armes (1)

Aujourd’hui, les vautours impérialistes chantent leur victoire sur Muammar Kadhafi qu’ils ont tué le 20 octobre 2011. Sa « faute » à lui, pour les Etats-Unis, était la même que celle de Hussein mais « en plus », il était le dirigeant reconnu de la lutte de libération nationale des peuples de l’ensemble du continent africain, il avait prévu de créer une devise africaine, ce qui aurait porté un coup sérieux au statut du dollar américain. Muammar Kadhafi savait beaucoup de choses et aurait pu en dire beaucoup sur Sarkozy, Berlusconi, Cameron et consorts pour avoir été personnellement en rapport avec eux. De là les appels hystériques du ministre des Affaires étrangères des Etats Unis Hillary Clinton de tuer Kadhafi (pour effacer les traces). Sa récente visite à Tripoli - en compagnie (pour assurer sa garde) de militaires des 3e et 6e détachements du SEAL (Sea-Air-Land) (2) d’affectation spéciale américaine placé sous les ordres opérationnels du Commandement des opérations spéciales des Forces aériennes des Etats-Unis, où elle est arrivée en avion séparé, disloqué ensuite sur l’aéroport, et repartie dans la nuit du 20 au 21 octobre - fonde à considérer que l’opération d’extermination de M. Kadhafi a été réalisée sous le contrôle de Hillary Clinton en personne.

D’après les sources du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, nous avons appris que le groupe composé des 3e et 6e détachements du SEAL, après la fin de la visite de H. Clinton à Tripoli, a pris place le 20 octobre avec des guides locaux dans leurs véhicules pour se diriger vers Syrte.

« Le groupe était composé de spécialistes de la lutte radio-électronique et de pointeurs azimutaux. Les premiers se sent occupés de l’opération de désinformation pour attirer Kadhafi hors de la ville les seconds ont pointé avec précision les bombardiers (anglais) sur la colonne de trois jeeps à bord desquelles se déplaçait le dirigeant de la Jamahiriya avec sa garde et des vanilliers. Quelques autres groupes ont bloqué les autres voies de départ de la ville, de sorte que l’on connaissait la seule direction probable du déplacement de la colonne où se trouvait M. Kadhafi. Après qu’il eut été constaté que les blessures du dirigeant de la Jamahiriya, du fait de l’attaque aérienne, étaient mortelles, son corps a été remis aux militaires du C.N.T. », a conclu l’informateur du ministère des Affaires Etrangères des É.-U.A. Ces derniers ont fait justice sommaire de M. Kadhafi. L’ex-chef du Service de sécurité du dirigeant libyen Manür Daw’ a dit que Muammar Kadhafi s’est conduit avec ’courage jusqu’à la dernière heure de sa vie et a seulement éprouvé de l’inquiétude pour le sort de son pays et de ses citoyens.

Muammar Kadhafi était une personnalité remarquable, un révolutionnaire-patriote de sa Patrie, sous lequel la Libye était devenue le pays le plus prospère de, l’Afrique, sous lequel chaque citoyen libyen, grâce aux 40 ans de gouvernement de M. Kadhafi, avait droit à l’instruction et à la protection médicale gratuites, à une subvention désintéressée de 50000 dollars aux jeunes ménages, au logement, à une allocation mensuelle de 730 dollars à chaque chômeur et autres avantages sociaux. L’Amérique impérialiste ou tout autre pays de l’OTAN peuvent-ils se venter de cela, eux qui, en violation de la nature de l’O.N.U. et au mépris de sa Résolution n° 1973 (du 24-03-2011), ont perpétré leurs bombardements barbares de la population civile des villes de Libye en essayant d’exterminer Muammar Kadhafi ? Barack Obama, lauréat prématuré du prix Nobel « de la paix », a poursuivi la mission sanglante de chef-terroriste -international commencée par son prédécesseur G.W.Bush.

Toutes les pseudo-« révolutions » qui se sont produites récemment et qui continuent de se produire aujourd’hui en Afrique et au Moyen-Orient’ ont été approuvées et financées par les Etats-Unis elles sont réalisées avec la participation directe des combattants d’affectation spéciale et des conseillers militaires, en utilisant les désœuvrés e et aigrefins locaux, les bobos avides d’argent, le tout grassement rémunéré par les commanditaires des « révolutions » en dollars américains, véritables papillotes de papier sans valeur que les presses de la Réserve Fédérale Etats-Unis impriment sans discontinuer.

Le Conseil de sécurité de l’O.N.U. a encore une nouvelle fois fait montre de son impuissance et de son inaptitude à assumer la fonction qui lui a été confiée par l’O.N.U. d’être tenu de défendre tout pays victime d’une agression arbitraire, de défendre le peuple de ce pays de son anéantissement par les fascistes contemporains. Dans les conditions du monde unipolaire, par suite de la destruction violente de l’U.R.S.S., le Conseil de sécurité de l’O.N.U. a perdu sa signification initiale, il s’est transformé en un fidèle servant des f.-U.A. et c’est pourquoi il doit être remplacé par un autre organe. L’OTAN, en qualité d’arme de réalisation de la politique militaire de conquête et de pillage des Etats-Unis doit être dissous puisque le but pour lequel il a été créé n’existe plus aujourd’hui : s’opposer au bloc des pays du Pacte de Varsovie. Ce sont ceux qui ont détruit l’U.R.S.S. qui sont pour beaucoup coupables du discrédit de Conseil de sécurité de l’O.N.U. comme garant de la paix et de la stabilité. Nous accusons nos « démocrates » leurs acolytes et leurs bailleurs de fonds qui ont effectué la contre-révolution en U.R.S.S., ce qui a eu des conséquences tragiques pour le monde entier.

Les moyens d’information de masse pro-occidentaux ont organisé à Tripoli un spectacle de pacotille bon marché dans le style d’Hollywood présentant aux caméras des correspondants occidentaux la « joie immense du peuple enfin libéré du tyran Muammar Kadhafi » avec même présentation de petites filles aux visages barbouillés aux couleurs de la « révolution ». On se demande si les femmes d’Orient, dans leur petite enfance, étaient aussi révolutionnaires et si politiquement au fait pour, déjà, comprendre CE QUI SE PASSAIT dans leur pays ? Sont-ils sûrs aujourd’hui, ces enfants et leurs parents, que le nouveau pouvoir banditoïde de mercenaires" et de parasites vénaux- pardon de « révolutionnaires »-insurgés - offrira à la jeunesse la possibilité de recevoir une instruction supérieure gratuite (aux frais de l ’Etat) en Europe comme du temps de Muammar Kadhafi : Les avantages sociaux, si importants pour le peuple seront-ils maintenus ? La Libye demeurera-t-elle l’État le plus heureux de l’Afrique ayant le niveau de vie le plus élevé sous le pouvoir des « Insurgés » ? C’est fort douteux.

Le plus probable est que les « vainqueurs » vont s’entre-égorger les uns les autres dans leur lutte pour le pouvoir, tandis que le peuple libyen n’aura plus qu’à s’enfoncer dans le tourbillon de la misère, de la faim et du banditisme effréné des « insurgés ».Un exemple vivant : l’Irak d’aujourd’hui.

À présent, pour remercier ses « amis » occidentaux pour leurs armes, au moyen desquelles les Insurgés ont anéanti le peuple de Libye, et pour les frappes aériennes des forces de l’OTAN sur les villes libyennes réduites en cendres, le Conseil national de transition (le C.N.T.) a déjà cédé à la France pratiquement gratuitement un tiers des ressources pétrolières (ce dont il avait déjà été convenu dès mars de l’année en cours). On se souvient que N. Sarkozy a, en s’abaissant on ne peut plus humblement, demandé de l’argent à Muammar Kadhafi pour sa campagne électorale présidentielle, argent qu’il a reçu et dont il s’est acquitté par la participation la plus active de la France à l’anéantissement de la Libye : et de son dirigeant. L’Angleterre n’a pas non plus été oubliée par le nouveau gouvernement de la Libye (le C.N.T.) : elle a reçu une grosse part d u gâteau pétrolier presque pour rien. Quant aux Etats-Unis il ne vaut même pas la peine d’en parler. A présent, après l’extermination de Muammar Kadhafi, Barack Obama se vante devant la communauté internationale du fait que « la mission de l’OTAN a été réalisée de la manière extrêmement efficace …Il ne fait aucun doute que nous avons accompli exactement ce que nous avions promis de faire en Libye. » c’est-à-dire dans le déroulement de l’opération militaire internationale pour l’assassinat de la population civile de la Libye. « Les Etats-Unis d’Amérique se réservent toujours le droit et l’obligation de se défendre, de défendre leurs alliés et leurs propres intérêts » On se demande bien, mais QUI a menacé et menace à présent les Etats-Unis et leurs acolytes de l’OTAN ? Comme on le sait, évidemment PERSONNE. Le 20 octobre, le président de la Russie D. Medvedev a déclaré que l’annonce de la capture de Kadhafi était une « excellente nouvelle » (ITARTASS) .La Douma d’Etat n’a pas repris cette déclaration en raison de la situation en Libye et de l’assassinat de Kadhafi.

Il y a 10 ans, les Etats-Unis ont rassemblé la communauté impérialiste dans la lutte pour les ressources énergétiques mondiales sous le drapeau de la prétendue « lutte contre le terrorisme » grâce à l’explosion, organisée parles services spéciaux des Etats-Unis des deux tours du World Trade Center à Manhattan le 11 septembre 2001 et à une série d’autres actes de terrorisme organisés par les mêmes services spéciaux. Aujourd’hui, les services spéciaux Etats-Unis ont élaboré une nouvelle technique pour s’ingérer dans les affaires de n’importe quel pays et pour renverser son dirigeant en organisant de prétendues « guerres et révolutions de libération nationale de renversement des - tyrans ».

Dans leur lutte pour les ressources énergétiques mondiale les Etats-Unis ont ouvert la boîte de Pandore en Afrique et au Proche-Orient par leurs « révolutions pour l’instauration de la démocratie à la mode américaine » et pour « la liberté de l’individu »

.Cela faisant, ils ont placé le monde devant le fait de l’élargissement de l’approfondissement de la guerre globale pour les ressources mondiales. Le tour de la Russie aussi approche de tomber victime des maniaques impérialistes Etats-Unis-Israël-OTAN.

Ayant ouvert la boîte de Pandore, Etats-Unis ne seront pas à même de la refermer. Ils ont eux-mêmes fixé la limite de leur possibilité de maîtriser les processus imprévisibles en plein développement qui conduisent à l’apocalypse générale. Les évènements qui se produisent dans le monde par la faute de l’empire du mal, les É.-U.A. exigent que soit créé un monde multipolaire et un nouveau système pour le gérer à la place du Conseil de sécurité de l’O.N.U. et à la place de l’O.N.U. elle-même qui se sont transformés en un instrument inféodé aux É.-U.A. pour la violence et le brigandage à l’échelle internationale.

Les auteurs de l’assassinat bestial de Muammar Kadhafi tentent d’une manière ou d’une autre de justifier (ce qui est impossible) ou d’amoindrir aux yeux de l’opinion publique le crime qu’ils ont perpétré.

Barack Obama et ses acolytes vont très rapidement se convaincre dans la pratique que la violence et les assassinats auxquels ils se sont livrés en Libye seront vengés. La lutte des peuples d’Afrique et du Proche-Orient, des peuples du monde entier, contre le banditisme-terrorisme international des É.-U.A. et de l’Europe impérialiste du bloc agressif Etats-Unis-Israël-OTAN, ne fait que commencer. Et la Libye n’est pas brisée.

Muammar Kadhafi a été et restera aux yeux des honnêtes gens de la planète un patriote de son pays, un héros, intrépide et honnête, qui ne s’est pas caché et ne s’est pas enfui de son pays pour sauver sa peau. Muammar Kadhafi restera pour toujours, dans l’histoire de la lutte pour la liberté et l’indépendance des pays du continent africain, comme un remarquable homme politique et homme d’État gui a commencé les transformations socialistes en Libye qui a osé s’opposer ouvertement à la dictature Etats-Unis. Il est déjà entré dans l’histoire comme guerrier, héros et fils fidèle de son peuple qu’il a aimé et auprès duquel il est toujours resté

Le Comité Central du Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique

LENINGRAD, le 22-10-2011.

http://comaguer.over-blog.com

1. Les armes de destruction massive, ce sont Etats-Unis qui les possèdent et qui les ont déjà utilisées de nombreuses fois et les utiliseront probablement encore. (NDT)

2- SEAL, sigle américain de « Sea-Air-Land » qui désigne un groupe mixte de débarquement-diversion (petites unités de bâtiments de combat de l’aéronavale ou de l’infanterie de marine). (N.D.T.)

URL de cet article 15240

« Nouvelles d’U.R.S.S. », n° 112, novembre-décembre 2011
http://www.legrandsoir.info/les-etats-unis-d-amerique-ont-ouvert-la-boite



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

28/11/2011

n°24 - Journal de Syrie - 02-11 au 27-11 : La Russie arme la Syrie avec des missiles pour se défendre contre une attaque de l’OTAN.

 



n°24  - Journal de Syrie - 02-11 au 27-11 : La Russie arme la Syrie avec des missiles pour se défendre contre une attaque de l’OTAN.



 

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

             n°24                                             02-11 au27-11

  C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Paul Joseph Watson : La Russie arme la Syrie avec des missiles pour se défendre contre une attaque de l’OTAN.

Des membres  (…) de l'OTAN prêts à épauler "les déserteurs de l’armée syrienne ".

Syrie -Sauver la Paix en Rétablissant la Vérité.

Chems Eddine CHITOUR :L’Enigme du Qatar : un colosse gazier avec un sabre nain.

1 Politique

Syrie

Manifestations massives contre la Ligue arabe. 

2 Pays Arabes & voisins

Irak

L’Irak juge "impossible" l’imposition de sanctions économiques à la Syrie

3 Les institutions

Ligue arabe

Louis Denghien : Psychodrame du plan de paix arabe : ultimes rodomontades

4 Les actions dans le monde

L'USS George HW Bush déployé au large de la Syrie. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 En direct de Syrie, le journaliste américain Tarpley Wesbter à Homs

5-2 Vidéo: Thierry Meyssan sur la situation en Syrie et en Egypte.

5-3 L'analyste Levesque souligne l'exploitation des mensonges médiatiques.

5-4 Pierre PICCININ : Syrie : autant en emporte le vent…

5-5 Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»

6 Dossier

6-1 La Turquie exclut toute intervention étrangère en Syrie.

7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

7-1 Louis Denghien : Les corridors humanitaires et fantasmatiques d’Alain Juppé.

7-2 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

7-3 Louis Denghien : Les sanctions de la Ligue arabe : quel impact envisageable ?

 



Tiré à part

Paul Joseph Watson : La Russie arme la Syrie avec des missiles pour se défendre contre une attaque de l’OTAN.

Elle avertit qu’elle ne tolèrera pas que les puissances occidentales franchissent une certaine “ligne rouge”

Nous savons maintenant ce que ces six navires de guerre russes qui sont apparemment entrés dans les eaux territoriales syriennes transportaient.

Au-delà de la démonstration de force afin de décourager les puissances de l’OTAN de lancer une attaque militaire, il y avait à bord de ces navires des techniciens experts russes prêts à aider Damas à déployer un système de défense par missiles sophistiqué que Moscou leur a vendu.

“Les navires de guerre russes qui ont atteints les eaux syriennes ces derniers jours transportaient entr’autre, des conseillers techniques russes qui ont aidé les Syriens à installer tout un réseau de missiles S-300 que Damas avaient reçu ces dernières semaines, dit un article dans le journal de langue anglaise basé à Londres Al Quds-Al Arabi ce Jeudi. Citant des sources en Russie et en Syrie, l’article dit que Moscou voit une attaque occidentale sur la Syrie comme “le dépassement d’une ligne rouge qui ne pourrait être toléré”, rapporte Arutz Sheva.

Les missiles S-300, qui d’après le rapport seront utilisés pour “contrer une attaque possible par l’OTAN ou par les Etats-Unis et l’Union Européenne”, sont des missiles à longue portée sol-air développées en Russie en 1979 dans le but de protéger les bases industrielles et militaires d’une attaque ennemie par voie aérienne ou par missiles de croisière.

Le système est regardé comme étant un des systèmes de défense anti-aériennes les plus puissants au monde ayant la capacité de détecter et de suivre plus de 100 cibles et d’en engager 12 simultanément. La Russie essaya récemment de vendre ce système à l’Iran mais la transaction fut arrêtée à cause de pressions de la part des Etats-Unis et d’Israël.

L’armement de la Syrie avec ces moyens extrèmement efficace de défense anti-aérienne n’est pas de bonne augure dans la perspective de la planification d’une “zone de restriction aérienne” par les puissances occidentales. Des rapports circulant cette semaine ont dit que des avions de combat turcs et d’autres états arabes entreraient bientôt l’espace aérien syrien sous couvert d’une cause “humanitaire” avec l’appui logistique des Etats-Unis.

“Avec les missiles, le rapport dit que la Russie a installé des systèmes de détection radar très avancés dans toutes les installations militaires et industrielles clef de la Syrie. Le système radar couvre également les zones au nord et au sud de la Syrie, où tout mouvement de troupes et d’engins aériens vers la frontière syrienne sera détecté. Les cibles radar incluent également la plupart du territoire d’Israël ainsi que la base militaire turque d’Incirlik qui est utilisée par l’OTAN”, dit le rapport.

Le ministre des affaires étrangères français Alain Juppé a assuré hier les forces d’opposition syrienne que les puissance de l’OTAN planifient une intervention militaire en imposant un “couloir humanitaire ou des zones humanitaires” au nom de la protection des civils des soi-disant abus du régime Al-Assad.

La possibilité de voir des attaques aériennes se déclancher contre la Syrie sous couvert de “cause humanitaire” devient de plus en plus probable considérant le fait que le porte-avion américain George H.W. Bush vient d’être positionné près des côtes syriennes ces derniers jours, après avoir quitté son poste traditionnel juste à l’écart du détroit d’Hormouz.

Les tensions ont subi une autre hausse hier après que l’ambassade des Etats-Unis à Damas ait sommé ses citoyens de quitter la Syrie “immédiatement”, alors que le ministre turc des affaires étrangères a dit à ses concitoyens d’éviter de voyager en Syrie lors de le retour d’Arabie Saoudite.

Comme nous l’avons précédemment noté, attaquer la Syrie ne pourrait être qu’une entrée pour faciliter un assaut sur l’Iran car Téhéran a promis de défendre son allié.

Paul Joseph Watson

Mondialisation.ca,

Le 25 novembre 2011


Des membres  (…) de l'OTAN prêts à épauler "les déserteurs de l’armée syrienne ".
Une intervention militaire indirecte en Syrie est en phase de préparation.

Trois membres influents de l’Otan seraient en train d’étudier avec l’opposition syrienne au régime de Bachar El Assad, l’éventualité de former et d’épauler quelques 8000 soldats et officiers ayant déserté les rangs de l’armée syrienne. La France, l'Angleterre et la Turquie qui seraient derrière cette opération, parlent néanmoins non d’une véritable offensive comme sur le front libyen, mais d’une intervention "limitée". Selon des indiscrétions véhiculées par l'hebdomadaire français "le Canard enchaîné" dans sa livraison de mercredi, Ankara serait d’accord pour que son territoire, où se trouvent déjà les 8000 soldats déserteurs, serve de base arrière à la rébellion civile et militaire pour mener ses opérations contre les forces du régime de Bachar El Assad.La publication satirique qui cite des diplomates et des sources militaires françaises, précise que les trois membres de l’Organisation nord-atlantique prévoient l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne et une zone tampon à l'intérieur de la Syrie. Il s'agirait d’aider la rébellion de mener sa guerre contre le régime de Bachar et ses forces loyales et non "de recommencer ce qui s'est passé en Libye", a confié au « Canard enchaîné », un officier de haut rang à la Direction du renseignement militaire français (DGSE). Des unités des services secrets français de la DGSE et anglais du MI 6, ajoute la même source, sont déjà en place en Turquie et au nord du Liban qui abrite aussi de nombreux fugitifs syriens. Leur mission est de mettre sur pied les premiers contingents de l'Armée syrienne libre et former ces déserteurs à la guérilla urbaine. Autre opération discrète, selon le Canard enchaîné, les trafics d'armes aux frontières de la Syrie sont tolérés, voire favorisés par les Français et les Turcs. Par ailleurs, la France a plaidé jeudi, par la voix de chef de la diplomatie, Alain Juppé, en faveur de la mise en place de "corridors humanitaires" en Syrie. Cette proposition, qui exigerait au préalable l’aval du régime de Bachar Al-Assad, a été avancée par le Conseil national syrien (CNS, opposition) qui s’inquiète du grave manque des produits de première nécessité (aliments et médicaments), dont souffre la population civile en Syrie. Le ministre français a expliqué qu’à défaut d’une autorisation d’un tel projet par les autorités syriennes, il n’est pas exclu de "protéger (militairement) des convois humanitaires".

Jeudi, 24 Novembre 2011

http://www.lalettremed.com/analyses/530-des-membres-de-lotan-prets-a-epauler-les-deserteurs-de-larmee-syrienne.


Syrie -Sauver la Paix en Rétablissant la Vérité.

  Le Patriarche des Chrétiens d'Orient

LE PRÉSIDENT DU COMITE VALMY À DAMAS POUR SAUVER LA PAIX EN RÉTABLISSANT LA VÉRITÉ

Depuis une semaine, accompagné de personnalités françaises et francophones, Claude Beaulieu, Président du Comité Valmy, est présent en Syrie, à l’invitation du Patriarche des Chrétiens d’Orient.

Il a eu l’occasion d’observer la réalité de la situation et il a pu faire de nombreuses rencontres, notamment avec le Patriarche orthodoxe russe Cyrille, quand celui-ci est venu exprimer la solidarité du peuple russe avec le peuple syrien.

Aujourd’hui, Claude Beaulieu tient à témoigner de ce qu’il a constaté sur place.

1) Le scandale de la propagande guerrière véhiculée par les médias occidentaux

A écouter les médias occidentaux, l’armée et la police syrienne seraient devenues des hordes sanguinaires qui massacreraient le peuple. La réalité ridiculise ce grossier mensonge, dont le seul but est de justifier une invasion guerrière.

Sur le terrain, nous constatons que les meurtres et les attentats, mensongèrement attribués par les médias français aux forces syriennes, sont en réalité le seul fait de groupes armés étrangers ou de salafistes syriens extrêmement minoritaires, qui tirent sur la foule et sur les militaires pour créer le chaos et pour fabriquer des images trompeuses, à destination des médias complices des va-t-en-guerre occidentaux.

Les policiers et les militaires syriens doivent à la fois déjouer ces pièges, protéger les populations et mettre hors d’état de nuire ces criminels fauteurs de guerre.

Cette mission est d’autant plus difficile que les groupes en question sont soutenus, armés et financés par les USA et l’Union européenne, comme l’a avoué leur chef, Khaddam 

:

Le chef des rebelles syriens avoue être financé par la CIA 14-mai-2011

SOS Besoin volontaire pour sous-titres en français !

Cliquer sur l’image pour voir la vidéo.

 

2) La force de l’union nationale syrienne contre l’éventualité d’une agression occidentale

Il ne se passe pas un jour sans manifestations de masse, au cours desquelles les Syriens se retrouvent dans les rues pour exprimer leur volonté unitaire patriotique et pour soutenir le gouvernement légitime.

Cette vigueur à défendre la souveraineté de la nation syrienne transcende les clivages politiques et confessionnels ; elle soude le peuple, fermement décidé à résoudre par lui-même ses difficultés en restant maître de son destin et en respectant la légalité.

Malgré les crimes et les exactions commis par les terroristes, la manipulation visant à exacerber les clivages confessionnels échoue : dans une clairvoyance exemplaire, le peuple syrien se rassemble et démontre encore une fois l’invincibilité et la cohérence de l’attachement à la souveraineté populaire, de la laïcité et de la prééminence du Droit.

Les opposants syriens préfèrent majoritairement éviter à leur pays une intervention étrangère plutôt que rallier le Conseil national syrien, dans lequel ne se regroupent en définitive que des aventuriers instrumentalisés par les ennemis de la Syrie et des extrémistes salafistes qui envisagent de transformer le pays en place forte d’Al Qaïda.

 

Dans ces conditions, le Président du Comité Valmy appelle les Français à la plus grande vigilance sur les informations et reportages diffusés par les médias français, déjà coupables d’avoir travesti la réalité pour rendre possible les agressions sur la Côte d’Ivoire et la Libye.

Il souhaite, sans illusion, que la diplomatie française prenne conscience que son asservissement aux Etats-Unis - qui construisent une manipulation de plus pour justifier une agression guerrière de plus - n’est pas une erreur, mais une faute. De par l’Histoire, la France a une responsabilité particulière envers les peuples syriens et libanais. Tout gouvernement qui l’oublierait ne serait pas un authentique gouvernement français mais un pitoyable exécutant états-unien.

Que la faute libyenne ne soit pas répétée en Syrie !

jeudi 17 novembre 2011,

Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2037

   Pour voir la vidéo et lire l'article, cliquer ici :  http://mai68.org/spip/spip.php?article3455  


Chems Eddine CHITOUR :L’Enigme du Qatar : un colosse gazier avec un sabre nain.

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil à toi ?  » Évangile de Luc, 6, 41Cette parabole du Christ va nous servir pour articuler notre plaidoyer quant au comportement répréhensible, amoral d’une famille qui a pris en otage un peuple, en l’occurrence celui du Qatar. Le monde a assurément le tournis et les valeurs que l’on croyait gravées dans le marbre telles que le travail bien fait, l’abnégation, la sueur, sont battues en brèche par les richesses indûment acquises non pas du fruit de leur sueur mais soit du loyer de l’argent et du scandale de la spéculation financière bâtie sur du vent et sur la façon de tromper l’autre de le dévorer s’il perd pied, ce que le langage néolibéral appelle l’OPA. Soit par une rente imméritée, c’est le cas des pays arabes pétroliers installés dans les temps morts et qui prennent en otage leurs peuples les condamnant à regarder filer à toute vitesse le train du progrès tandis qu’ils ruminent sur le quai de la gare leur frustration. On peut comprendre le mépris dans lequel sont tenus ces potentats gros, gras et bien nourris pendant que la misère s’avère être la calamité la mieux partagée pour des centaines de millions, voire des milliards de besogneux, quelles que soient leurs latitudes. Non les Arabes ne sont pas que cela ! Il fut une époque où ils représentaient l’espérance de l’humanité.

Le Qatar : un épiphénomène ou une nuisance durable ?

Je m’en vais vous parler d’une énigme, un petit pays par la surface mais immense par son actuelle capacité de nuisance, et qui a jailli du néant en même temps que le pétrole et le gaz ont jailli d’un sous-sol lui procurant une rente imméritée au service du mal. Le Qatar est un émirat du Moyen-Orient d’une superficie de 11 427 km². pour trois cent mille autochtones et un million d’étrangers qui ont un statut peu enviable surtout s’ils ne sont pas des Occidentaux. Petit producteur de pétrole, il est aussi le troisième producteur de gaz naturel du monde après l’Iran et la Russie. Après avoir été dominé par les Perses pendant des milliers d’années puis par le Bahreïn, les Ottomans ou encore les Britanniques, le Qatar devient un État indépendant le 3 septembre 1971. Il est dirigé d’une main de fer par la famille Al Thani depuis quarante ans, comme le règne de Kadhafi. L’émir actuel a renversé - faut il s’étonner de ces moeurs pour l’appât du pouvoir ? - son père en 1995. Le gouvernement qatari garde des restrictions sur la liberté d’expression et les mouvements pour l’égalité. La famille souveraine Al Thani continue de détenir seule le pouvoir La nouvelle Constitution n’autorise pas pour autant la formation de partis politiques et ceci depuis quarante ans. Où est la liberté d’expression et l’alternance au pouvoir ? La station de télévision Al Jazeera a acquis une triste réputation en tant que source non censurée de l’information concernant les autres pays arabes provoquant l’ire de ces derniers.

Des journalistes, tout à fait ordinaires venant d’autres pays arabes attirés par l’appât du gain et non par la liberté d’expression, se sont érigés en censeurs agressifs dans des émissions où ils diabolisent à qui mieux mieux les autres régimes arabes. A notre sens deux tabous, la famille émiratie et les pays occidentaux vénérés dans la plus pure tradition vassale, voire... D’ailleurs, lors de la guerre contre l’Irak le pays a servi de base à l’état-major américain. Le 11 décembre 2002, est signé, avec les États-Unis, un accord relatif à l’utilisation de la base aérienne d’Al-Eideïd. On comprend que le Qatar soit intouchable. On estime les réserves de pétrole du pays à 26,8 milliards de barils fin 2009. Le Qatar détient actuellement les troisièmes réserves de gaz (25,37 milliards de mètres cubes en 2009) après la Russie et l’Iran. Le Qatar est par ailleurs le premier émetteur mondial de CO2 par habitant, avec une émission par habitant trois fois supérieure à celle des Etats-Unis, soit 60 tonnes de CO2/habitant/an. Il est heureux pour la planète que les Qataris ne soient pas nombreux. Pendant ce temps, un Arabe somalien « frère », une demi-tonne/an. En clair, ce dernier consomme en une année ce que gaspille un Qatari en trois jours ! Voilà le développement durable prôné par cet émirat. Le PIB du Qatar atteint le chiffre de 52,7 milliards de dollars en 2006. Le PIB par habitant atteint 78.260$ en 2009 dépassant celui des Européens et Américains. Ce dernier est le fruit d’une longue tradition scientifique, technologique et culturelle et non d’un gaspillage multidimensionnelle d’une rente imméritée suscitant par là même des frustrations légitimes, voire un mépris de ceux qui galèrent.

Pour Hassan Moali : « Le Qatar n’est évidemment pas fréquentable pour sa « démocratie » contenue dans les limites des studios d’Al Jazeera. Cet émirat détient le plus grand fonds souverain de la planète, Qatar Investment Authority, dont les avoirs sont estimés à environ 700 milliards de dollars ! C’est bien à ce niveau que se situe la force incroyable de ce petit... géant. Surtout que les Qataris se tiennent à la disposition des maîtres du monde pour financer et approvisionner des expéditions guerrières, comme ce fut le cas en Libye. Il eut été plus glorifiant de voir l’émirat sur le toit du monde s’il était un modèle de démocratie. (...) Ils sont presque d’accord avec les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni s’agissant des conflits qui agitent la planète, y compris quand il s’est agi de « casser » de l’Arabe. Ils soutiennent la cause palestinienne en ne se privant pas de recevoir les dirigeants israéliens. (...) Pour ce pays, le souci existentiel autorise toutes les alliances, y compris celles contre nature. Les GI’s de la base militaire américaine veillent au grain. Jusqu’à quand encore ? » (1)

Des yeux plus gros que le ventre

Olivier da Lage qualifie la diplomatie du Qatar par l’expression « Des yeux plus gros que le ventre ». « Dire, écrit il, que le Qatar agace ses voisins de la péninsule arabique relève de l’euphémisme. Jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, le Qatar adoptait un profil bas en politique étrangère. (...) La contestation par le Qatar de la souveraineté de Bahreïn sur les îlots de Fasht al-Dibel semblait bien être sa seule priorité extérieure.(...) Lorsqu’il dépose son père, Cheikh Hamad est décidé à affirmer l’originalité du Qatar dans tous les domaines, quitte à choquer les autres monarques. Ces derniers, comme on peut l’imaginer, n’ont guère apprécié le fâcheux précédent que pourrait représenter un prince héritier qui renverse son père. D’où vient donc cette assurance qui permet au Qatar, un petit pays de quelque 400.000 habitants dont environ 150.000 nationaux, de tenir tête à ses voisins et de se brouiller tour à tour avec la plupart des pays arabes ? On ne saurait trop souligner que les Etats-Unis sont le premier pays à avoir reconnu le pouvoir de Cheikh Hamad.(...) De même, l’accord de défense mutuel qui lie Washington et Doha depuis juin 1992 est une réalité ». (2)

« Aujourd’hui poursuit Da Lage, le Qatar abrite le plus grand dépôt d’armes américaines du monde hors du territoire des états-Unis. (...) Et pourtant, ce qui était parfois perçu comme une excentricité de la politique étrangère de l’émirat, a continué de bénéficier de l’indulgence américaine. S’agissant de l’Iran, le rapprochement entre Doha et Téhéran n’a pas que des motivations politiques. La poche de gaz du North Dome, dont l’exploitation représente toute la richesse future du Qatar, s’étend sous le Golfe au-delà de la frontière avec l’Iran. (...) Cheikh Hamad ben Jassem a rencontré à New York Shimon Peres, puis au sommet économique d’Amman en octobre 1995, il y a eu la signature d’un mémorandum prévoyant la livraison à Israël de gaz naturel du Qatar. Un bureau commercial israélien s’est ouvert à Doha en septembre 1996. Le soutien sans faille des Etats-Unis explique largement l’assurance dont le petit émirat fait preuve face aux critiques de ses voisins. (...) Al Jazira apparaît comme le bras non officiel de la diplomatie de Doha et que la verve de sa rédaction s’exerce rarement à l’encontre de la politique officielle du Qatar » Georges Malbrunot explique l’ambiance au Qatar et pourquoi il n’y a pas de révolte. « Le Qatar, écrit-il, ne se singularise plus seulement par l’activisme de sa diplomatie conciliatrice ou par cette richesse quasi insolente. Il est aussi le seul État de la région à avoir été épargné, jusqu’à maintenant, par la vague de contestation qui secoue le reste du Monde arabe. « Ici la manne est bien répartie entre seulement 200.000 Qatariens qui n’ont pas vraiment de raison de se plaindre », observe un diplomate occidental. « Franchement, nous n’avions pas besoin d’organiser la Coupe du Monde », critique à demi-mot Hassan al-Ansari, le rédacteur en chef de Qatar Tribune. « Pourquoi dépenser 55 milliards de dollars pour des installations qui seront démontées au bout d’un mois ? », renchérit un autre officiel. Abreuvés d’informations sur les révoltes arabes par Al Jazeera, ses habitants, en revanche, n’ont rien à se mettre sous la dent quand ils regardent la chaîne qatarienne, muette sur l’actualité locale. Pourtant, « nous avons aussi des demandes politiques, affirme le professeur al-Misser. Pour l’instant, seul un Majlis al-Shoura existe, mais les membres de cette assemblée sont désignés par le pouvoir et ils n’ont qu’un rôle consultatif ». (3)

Un rôle diabolique

Si des personnes ont pu être dupes de la pseudo-révolution libyenne soutenue par les « révolutionnaires » bien connus que sont Nicolas Sarkozy, Bernard-Botul-Henri Lévy ou David Cameron, voilà qui pourrait leur ouvrir les yeux... Pour la première fois, le Qatar admet avoir participé aux opérations sur le terrain aux côtés des rebelles libyens. (...) Trois jours après la proclamation par le CNT de la « libération » totale de la Libye, les chefs d’état-major des pays engagés militairement en Libye se retrouvent pour une réunion à Doha, au Qatar. A cette occasion, le chef d’état-major qatari, le général Hamad ben Ali al-Attiya, a révélé que des centaines de soldats du Qatar ont participé aux opérations militaires aux côtés des rebelles en Libye. On apprend même que le président Omar el-Béchir du Soudan a fourni quantité d’armes aux prétendus « rebelles ». (4)

Il apparaît aussi, écrit Ian Black, que c’est le Qatar qui dirigera les efforts internationaux pour former l’armée libyenne, récupérer les armes et intégrer les unités rebelles souvent autonomes dans de nouvelles institutions militaires et de sécurité (...) Et lors de l’assaut final contre le QG de Kadhafi à Tripoli fin août, les forces spéciales qatariennes étaient en première ligne. Le Qatar a aussi accordé 400 millions de dollars aux rebelles, les a aidés à exporter le pétrole depuis Benghazi et a monté une station de télévision à Doha. (...)Pour certains, la stratégie de l’émir est de soutenir les forces démocratiques de manière sélective dans le Monde arabe, en partie pour améliorer la réputation internationale du pays tout en détournant l’attention du Golfe où les protestations anti-régime ont été écrasées à Bahreïn et achetées en Arabie Saoudite ». (5)

Expliquant la « manipulation de la Ligue arabe », Robert Fisk nous explique comment le Qatar tente de reproduire le scénario libyen : « La Ligue arabe - l’une des organisations les plus stupides, les plus impuissantes et absurdes dans l’histoire du Monde arabe - s’est soudainement transformée de souris en lion, rugissant que la Syrie sera suspendue ce mercredi à moins qu’elle ne mette fin à la violence contre les manifestants, ne retire l’armée des villes, ne libère les prisonniers politiques et ne commence à discuter avec l’opposition. Damas a rugi en retour que la Syrie avait déjà mis en oeuvre le plan de paix de la Ligue - on peut en douter - que la décision était « illégale et une violation de la Charte de la Ligue » (peut-être exact) et que la suspension possible de la Syrie était une tentative de « provoquer une intervention étrangère en Syrie, comme cela a été fait pour la Libye ». Le Qatar - qui est, avec sa chaîne Al Jazeera, l’ennemi actuel de la Syrie - était à l’origine du vote, cajolant et plaidant, et dit-on, payant largement ceux qui pouvaient avoir des doutes. La puissance du Qatar dans le Monde arabe commence à prendre une tournure nettement impériale. Avec son argent et ses propres raids aériens, elle a contribué à faire tomber le régime de Kadhafi. Maintenant, le Qatar est l’avant-garde de la Ligue arabe contre la Syrie. (...) Et pas un seul Arabe ne veut qu’une guerre civile du type de celle de la Libye, mette le feu à la Syrie. De plus, Leon Panetta, le chef de la CIA, a déjà exclu une implication militaire américaine. (6)

L’à-plat-ventrisme

La diplomatie du dollar touche aussi la culture. L’argent n’ayant pas d’odeur, on peut en fonction du chèque dire tout et son contraire. Le Qatar restera dan l’histoire comme une machine à perversion, un générateur de corruption à laquelle il est apparemment difficile de résister. Lena Lutaud nous en donne un échantillon : « Son Excellence Mohamed al-Kuwari a décoré le dessinateur Jean Plantu et Amirouche Laïdi, président du club Averroes, du prix « Doha capitale culturelle arabe ». Ce soir, l’ambassadeur décorera les poètes André Miquel, Bernard Noël et Adonis. De Jack Lang à Jean Daniel, en passant par Dominique Baudis, Edmonde Charles-Roux, Renaud Donnedieu de Vabres et Anne Roumanoff, un total de 66 personnalités françaises de la culture auront été décorées par le Qatar en 2010. Toutes sont reparties avec un chèque de 10.000. (7) On le voit, que du beau monde. Cela va plus loin, des institutions prestigieuses se décentralisent et l’aura scientifique s’exporte. C’est le cas de la Sorbonne. Robert de Sorbon se retournerait dans sa tombe ! Il existe aussi un Louvre délocalisé au Moyen-Orient. Les Qataris pourront contempler entre deux bouffées de narguilé et à demeure, les belles pièces, fruit de la rapine qui décrivent en creux les expéditions coloniales pour amener la civilisation dans les contrées barbares. Nul doute que l’Occident mise, pour le moment, sur le Qatar assis paresseusement sur un gisement de gaz, dont il a besoin. Il arrivera un moment, où il sifflera la fin de la récréation pour tous ces non-Etats, il accaparera, sans état d’âme, l’énergie qui lui est nécessaire. Pour n’avoir pas misé sur le savoir, ne pas avoir mis en pratique l’alternance, la démocratie, les Arabes deviendront une scorie de l’histoire. Dans mille ans, on se souviendra, malgré tout de Kadhafi qui avait, avec son credo « zenga, zenga », une certaine idée de la « cha’ama », la dignité qui manque aux potentats casse-croûteurs installés dans les temps morts. La parabole du Christ devrait être expliquée à l’Emir du Qatar...

C.E. Chitour

1. Hassan Moali La puissance surfaite du Qatar El Watan 15.11.11

2. Olivier Da Lage http://mapage.noos.fr/ odalage/autres/qat.html

3. Georges Malbrunot : Le Qatar, le contrepied du printemps arabe Le Figaro 04 2011

4. http://www.mathaba.net/news/?x= 629178

5. Ian Black http://www.legrandsoir.info/le-qatar-reconnait-avoir-envoye-...

6. Robert Fisk : Ligue arabe : comment le Qatar tire les ficelles The Independent 17 11 2011

7. Lena Lutaud : L’offensive culturelle du Qatar, Le Figaro. 20 12 2010 http://www.lefigaro.fr/culture/2010/12/20/03004-20101220ARTF...

Chems Eddine CHITOUR 

24 novembre 2011

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1 Politique

Syrie

 Manifestations massives contre la Ligue arabe. 

Des centaines de milliers de Syriens sont descendus vendredi dans la rue pour protester contre la politique de la Ligue arabe et l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays, rapporte le correspondant de RIA Novosti à Damas.
Les actions se déroulent sous le slogan "Assurer l'unité du pays face au complot extérieur".
Les manifestants ont envahi les rues et les places de Damas, Lattaquié, Tartus, Baniyas, Deir el-Zour et d'autres villes du pays pour exprimer leur soutien à la politique de réformes pratiquée par le président Bachar al-Assad.
Réunis jeudi au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont invité Damas à signer un protocole relatif à l'envoi d'observateurs arabes en Syrie, dans une version approuvée par la Ligue et sans que soient pris en compte des aménagements proposés par Damas.
En cas de refus, la Ligue menace d'interrompre la communication aérienne avec la Syrie, de geler les avoirs syriens dans les banques arabes et de suspendre les échanges commerciaux.
La Ligue envisage également de demander aux Nations unies de prendre les mesures nécessaires pour faire pression sur Damas. Selon l'agence d'information syrienne SANA, cela entraînerait inévitablement "une intervention étrangère".
25/11/2011

http://fr.rian.ru/world/20111125/192129274.html



2 Pays Arabes & voisins

Irak

L’Irak juge "impossible" l’imposition de sanctions économiques à la Syrie

L'Irak juge "impossible" d'imposer des sanctions économiques à la Syrie, comme l'envisage la Ligue arabe, vu le nombre d'Irakiens résidant en Syrie et les étroites relations économiques entre les deux pays, a déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères Hoshyar Zebari."L'Irak a fait part de ses réserves sur le projet de décision de la Ligue arabe", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse. "Il est impossible, du point de vue de l'Irak d'imposer des sanctions sur la Syrie, donc nous faisons part de notre réserve à ce sujet", a-t-il dit
"Le Liban et la Jordanie ont aussi fait part de leur réserve en raison d'importants liens économiques avec la Syrie", a-t-il souligné. Pour l'Irak intervient en outre le fait qu'un "grand nombre d'Irakiens sont présents en Syrie", a-t-il ajouté.

Almanar



3 Les institutions

Ligue arabe

Louis Denghien : Psychodrame du plan de paix arabe : ultimes rodomontades

La Ligue arabe attend toujours – ou feint d’attendre la réponse de la Syrie à son énième ultimatum, relatif au « plan de paix » asymétrique qu’elle a présenté.

Plus précisément, il s’agit de l’acceptation ou non par le gouvernement syrien d’un document prévoyant notamment l’envoi sur place de 500 observateurs arabes, militaires et « spécialistes des droits de l’homme » (comme les gens de l’OSDH ?).

Mais côté syrien, on souhaitait que ces observateurs avertissent, pour des raisons de sécurité, les autorités de leurs déplacements.

On nous permettra de trouver les conditions du pouvoir syrien justifiées, la bonne foi et la neutralité de ces émissaires de la ligue arabe étant sujette à caution, et leur « perméabilité » extrême aux récits des opposants étant à craindre.

A plan factice, ultimatum dérisoire

Théoriquement, le délai fixé  à Damas expirait vendredi à midi, mais les hommes de la Ligue accorderaient un délai supplémentaire courant jusqu’à vendredi minuit. En cas  de non réponse, ou de réponse insatisfaisante de la part du gouvernement syrien, la Ligue arabe appliquera tout un train de sanctions tels que gel des transactions et avoirs financiers dans les banques arabes, arrêt du trafic aérien des compagnies arabes avec la Syrie. C’est samedi 26 novembre que les ministres arabes des Finances devraient se réunir pour concocter leur plan d’étouffement financier et économique de la Syrie. Plan auquel le gouvernement libanais vient de se déclarer résolument opposé.

Damas a d’ores et déjà donné, vendredi midi 25 novembre, une réponse de fait à cette mise en demeure en estimant, via Sana, que la Ligue arabe était « devenue l’instrument d’une ingérence étrangère », en l’occurence occidentale. Tous les délais supplémentaires n’y feront rien : le plan de paix de la Ligue n’était qu’une duperie médiatique et diplomatique, à partir du moment où il postulait de fait un cessez le feu unilatéral des forces de l’ordre syriennes, qui équivalait à une capitulation devant les groupes armés, et à un abandon des populations civiles. Damas a accepté un dialogue qu’il savait truqué dès le départ, compte tenu de l’état d’esprit des Etats du Golfe, pour montrer à la face du monde sa bonne volonté. Mais la bonne volonté, la volonté profonde et sincère de calmer le jeu, de réunir les conditions d’un dialogue constructif entre les deux camps, cette volonté-là faisait totalement défaut aux petits machiavels du Golfe.

Dan ce contexte, la déclaration, ce vendredi 25 novembre, du chef de la diplomatie turque, exhortant Damas à accepter les exigences de la Ligue, relève très logiquement de la même hypocrisie. Parler, comme le fait M. Davutoglu, de « dernière et nouvelle chance pour la Syrie« , est une fumisterie. La seule vraie « chance » de la Syrie, c’est de s’appuyer sur les alliés qui lui restent dans le monde arabe, et au-delà des nations comme la Russie, la Chine, l’Inde, Be brésil, l’Iran, qui sont de vraies puissances économiques et politiques. Et de laisser la Ligue arabe, bientôt ébranlée par les crises égyptienne, libyenne, voire les débuts de contestation observés dans certaines monarchies du Golfe, se déconsidérer un peu plus par son alignement servile sur les mots d’ordre de Washington. Les sanctions économiques ont souvent pourri la vie des populations, mais rarement abattu des gouvernements : les aspirant-gendarmes du monde arabe du Caire et de Rabat qui le savent d’expérience n’en sont que plus coupables.

Louis Denghien 

 



4 Les actions dans le monde

Pays

a) Usa

L'USS George HW Bush déployé au large de la Syrie.  
Les Etats-Unis ont déployé le porte-avions USS George HW.Bush à propulsion nucléaire au large des côtes syriennes, la spéculation sur une susceptible invasion militaire dirigée par Washington contre la nation arabe semble se préciser selon certaines sources. Le navire et sa flotte d'accompagnement, en général deux croiseurs et deux destroyers, transporte 68 avions dont 48 chasseurs ainsi que des hélicoptères d'attaque.
Cette force opérationnelle américaine mouille actuellement à proximité des eaux territoriales de la Syrie, juste après que l'ambassade américaine à Damas ait à nouveau exhorté les Américains à quitter immédiatement le pays. Aucune information de Washington n'a été fournie sur l'objectif de ce déploiement.
Le président turc Abdullah Gul a déjà suggéré que Ankara pourrait envahir le pays sous prétexte de poursuite des éléments terroristes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Syrie.
Des médias arabes ont également parlé de l'imminence d'un no-fly zone sur la Syrie, similaire à celle imposée sur la Libye en début d'année. Les Etats-Unis accentue leur pression sur Bachar El Assad afin de le forcer à quitter le pouvoir.
Trois navires de guerre russes sont eux déployés dans les eaux territoriales syriennes au large du port de Tartous depuis la fin de la semaine dernière.

24/11/2011

MF/APA/PressTV/Agences


b) Israël

Les jours de Assad comme président sont comptés, estime Israël.
Les jours de Bachar al-Assad comme président syrien sont comptés alors que la répression sanglante des dissidents prend de l'ampleur dans ce pays, a estimé jeudi à Prague le vice-Premier ministre israélien, Moshe Ya'alon.
"Tout porte à croire qu'il s'approche de sa fin, en tant que président", a déclaré M. Ya'alon, à l'issue d'un entretien avec le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg. "La situation est irréversible. Le président Bachar al-Assad est en perte de légitimité suite à la répression des dissidents qui a jusqu'à présent fait plus de 3.000 victimes", a-t-il ajouté. "Et le conflit sanglant se poursuit", a déploré le vice-Premier ministre israélien.
M. Ya'alon a par ailleurs épinglé le régime iranien comme "principal instigateur de l'instabilité dans la région" et appelé à des sanctions contre Téhéran. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait également appelé à imposer des sanctions contre l'industrie pétrolière et la banque centrale iraniennes afin de forcer Téhéran à renoncer à ses projets nucléaires.
Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada ont déjà adopté lundi de nouvelles sanctions contre les secteurs bancaire, pétrolier et pétrochimique de l'Iran. Ces sanctions font suite à un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui renforce le soupçon d'une "possible dimension militaire" du programme nucléaire iranien.
"Suite à ce rapport de l'AIEA, nous sommes persuadés qu'il est temps d'imposer contre ce régime des sanctions économiques paralysantes, pour le placer devant un dilemme: avoir la bombe ou survivre", a aussi déclaré M. Ya'alon.
24/11/2011http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/733129/Les_jours_de_Assad_comme_president_sont_comptes%2C_estime_Israel.html


c France

Alain Juppé revient sur la création de corridors humanitaires en Syrie.

La création de zones d'aide humanitaire en Syrie pourrait se faire sans l'accord du régime, avec un

mandat international, mais il n'est pas question d'une intervention armée, a déclaré, jeudi 24

novembre, sur France Inter, Alain Juppé, le ministre des affaires étrangères. La France a demandé

mercredi la création de "zones sécurisées pour protéger les populations civiles" en Syrie, une

initiative inédite depuis que le pays a basculé il y a huit mois dans la crise qui a fait au moins

3 500 morts, d'après les Nations unies.

Pour Alain Juppé, cette option "veut dire des couloirs, dans lesquels les organisations humanitaires peuvent faireparvenir des produits médicaux". Le ministre français n'exclut pas que le régime syrien l'accepte. "Mais si ce n'était pas le cas, il faudrait envisager une autre solution, forcément (…) avec des observateurs internationaux, comme cela s'est fait en Libye." Il a cependant précisé : "Il n'a jamais été question d'option militaire. Il n'y a pas d'intervention humanitaire sans un mandat international", a-t-il dit, en évoquant implicitement un aval du Conseil de sécurité de l'ONU

Au même moment, des chars syriens bombardaient des caches où se trouvent des déserteurs de l'armée syrienne, à proximité de la ville de Rastan, dans le centre du pays, rapportent des activistes et un habitant. Cette zone stratégique, située sur l'axe autoroutier Damas-Alep, les deux plus grandes villes du pays, a été reprise il y a deux mois par les autorités syriennes. Les chars et véhicules blindés seraient au nombre de cinquante.

HOSTILITÉ DE LA RUSSIE ET DE LA CHINE

Les Occidentaux, France en tête, se heurtent depuis des mois à une opposition de la Russie, de la Chine et de plusieurs pays émergents à toute condamnation de la répression des manifestations de la population syrienne. Ces pays ont dénoncé pour la Libye la dérive d'une mission d'exclusion aérienne qu'ils avaient approuvée à l'origine en bombardements au sol sous le couvert d'une nécessité de protéger des populations. Jusqu'à présent, Damas n'a pas accepté une proposition de la Ligue arabe d'envoyer 500 observateurs en Syrie, membres d'organisations de défense des droits de l'homme, de médias et d'observateurs militaires, pour s'assurer de la sécurité des populations civiles dans les zones en proie aux violences.

L'intervention armée en Libye, qui a abouti à renverser le régime de Mouammar Kadhafi, s'était opérée sous couvert d'une résolution de l'ONU ayant officiellement pour but de "protéger les populations civiles". Alain Juppé et la France ont reçu à Paris des personnalités d'opposition à Bachar Al-Assad s'étant érigées en Conseil national syrien, considéré désormais comme un interlocuteur légitime.

Après une attitude très tiède au moment des révoltes des peuples tunisien et égyptien, où il a été reproché à Paris un soutien aux présidents finalement déchus, Zine El-AbidineBen Ali et Hosni Moubarak, la France a soutenu le soulèvement en Libye contre Mouammar Kadhafi et assure vouloir maintenant accompagner les changements dans le monde arabe.

24.11.11 |

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 En direct de Syrie, le journaliste américain Tarpley Wesbter à Homs

Vidéo avec sous-titres en français
http://www.dailymotion.com/video/xmjfm2_1-2-webster-tarpley-intervient-depuis-la-syrie-s-t_news?start=0#from=embediframe
http://www.dailymotion.com/video/xmk6a5_2-2-webster-tarpley-intervient-depuis-la-syrie-s-t_news#rel-page-2


5-2 Vidéo: Thierry Meyssan sur la situation en Syrie et en Egypte.

Nous avons réalisé un entretien avec Thierry Meyssan, qui nous livre en détail le dessous des manipulations actuellement en cours en Syrie, que nous publierons en intégralité le 28 novembre prochain.

Néanmoins, enn raison de l’actualité importante en Egypte, nous vous livrons ce soir un premier extrait de ce document exceptionnel.

Mecanopolis

Visionner la vidéo en cliquant ici : http://www.dailymotion.com/video/xmk1vf_thierry-meyssan-sur-la-situation-en-syrie-et-en-egypte_news?start=15#from=embed

 


5-3 L'analyste Levesque souligne l'exploitation des mensonges médiatiques.

L'analyste et chercheuse dans l'organisation canadienne Global Research, Julie Levesque, a affirmé que les mensonges et les fabrications médiatiques contre la Syrie sont pris comme prétexte pour frapper la stabilité et la sécurité du pays suivant des plans élaborés depuis longtemps par des puissances étrangères dont les USA et Israël.
Dans une analyse publiée aujourd'hui par l'organisation canadienne, Levesque indique que les médias rapportent les bilans des victimes qui leur conviennent et ceci en se référant à des activistes et des comités de coordination non identifiés, liés à l'étranger et qui ne privilégient d'aucune crédibilité.
Levesque a passé en revue la contradiction qui marque les bilans des victimes parmi les manifestants, rapportés par des médias américains, la chaîne al-Jazeera et l'Amnesty international.
"Cette contradiction qui soulève des doutes, vise à tromper l'opinion publique et à provoquer de la colère contre la Syrie", a souligné l'analyste canadienne.
 
25/11/2011

http://www.sana.sy/fra/55/2011/11/25/384111.htm


5-4 Pierre PICCININ : Syrie : autant en emporte le vent…
Guerre de l’information, propagande et média-mensonges : la Syrie est plus que jamais le terrain d’un journalisme à géométrie variable. 

Depuis le début des troubles qui ont éclaté en Syrie dans le contexte du « Printemps arabe », l’information, la ré-information et la désinformation s’affrontent sur ce terrain que rendent particulièrement mouvant les intérêts multiples des différentes communautés et confessions qui y cohabitent, mais aussi les rôles ambigus de plusieurs acteurs internationaux et, notamment, ceux de la Turquie et de l’Arabie saoudite, comme celui du Qatar et de sa chaîne de télévision de plus en plus controversée, Al-Jazeera.

Face à cette situation critique, le gouvernement baathiste avait opté pour une politique d’opacité, la fermeture des frontières et l’interdiction des journalistes et autres observateurs.

Vérifier la fiabilité des informations qui parvenaient de Syrie était dès lors souvent très difficile. Mais pas impossible : en juillet, j’avais obtenu un visa et l’autorisation de me déplacer librement à travers tout le pays, de Deraa à Alep et de Latakieh à Der-ez Zor –et je n’étais pas le seul sur place : François Janne d’Othée, Alain Gresh du Monde diplomatique, ou encore Gaëtan Vannay de la Radio suisse romande.

J’avais observé la situation à Homs, où les manifestants « pacifiques » munis d’armes à feu s’en étaient pris à l’armée, et, le vendredi 15 juillet, à Hama, dont les quelques milliers de manifestants que j’avais pu y dénombrer s’étaient miraculeusement démultipliés en 500.000 opposants dans les dépêches de l’AFP, « information » benoîtement reprise par Euronews,France 24 et la plupart des journaux « mainstreams » ; seul Le Monde faisait exception, renchérissant avec l’annonce de 600.000 manifestants (Hama compte à peine plus de 340.000 habitants).

Cette politique d’opacité s’est ainsi rapidement révélée contreproductive pour le gouvernement syrien, dans la mesure où l’opposition a peu à peu diffusé des rapports fallacieux, grossissant l’importance des mouvements de contestation dans des proportions colossales : concernant le nombre des morts et celui des manifestants, la bataille des chiffres a atteint des degrés confinant à l’absurde, comme l’illustre bien l’exemple évoqué, relatif à la mobilisation de l’opposition à Hama.

Absents du terrain et manifestement peu enclins à critiquer leurs sources, les médias occidentaux n’ont en effet pas soupçonné les « informations » qu’ils recevaient par les canaux de l’opposition, rejetant en revanche les communications du gouvernement syrien, considérées comme propagandistes ; entre autres cas d’école, aucun doute n’a jamais été émis à propos des vidéos transmises par l’opposition et supposées témoigner d’une Syrie à feu et à sang, de manifestations de dizaines ou centaines de milliers de participants, alors que, systématiquement, les images diffusées étaient constituées de gros-plans présentant quelques centaines de personnes seulement. Et les rares observateurs qui ont pu entrer en Syrie et faire part de leurs constatations ont généralement été désavoués et discrédités, comme des affabulateurs ou des supporters de la dictature.

Parmi les sources principales des médias, on trouve l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme (OSDH), presque toujours cité en référence par les journalistes et qui domine largement « l’information » sur la Syrie (c’est cette organisation, basée à Londres, qui avait annoncé le nombre de 500.000 manifestants à Hama, le 15 juillet 2011).

Or, il n’est pas très difficile de se renseigner sur l’identité de l’OSDH et des personnes qui se cachent derrière ce label aux apparences honorables, à commencer par son président, Rami Abdel Rahmane, un opposant de longue date au régime baathiste, très connu en Syrie comme étroitement associé aux Frères musulmans, organisation islamiste radicale dont l’influence grandissante sur le mouvement de contestation en Syrie laisse entrevoir de plus en plus clairement l’ambition de ce groupe que d’aucun croyait presqu’éteint, du fait de son interdiction par le régime, mais qui couvait dans la clandestinité.

Le 17 novembre, les Frères musulmans sont sortis du bois : alors que plusieurs observateurs estimaient le mouvement exsangue et sans plus aucun poids, le porte-parole des Frères, Mohammad Riad Shakfait, en exil en Turquie, s’exprimant au nom du « peuple syrien », a annoncé qu’une « intervention était acceptable pour protéger la population civile  ». Il en a précisé les contours : l’intervention serait mieux reçue si elle venait de la Turquie plutôt que des puissances occidentales (la Turquie, gouvernée par un parti islamiste qualifié de « modéré », l’AKP).

En juillet, j’avais également pu constater l’implication grandissante des Frères musulmans dans les mouvements de contestation, à tel point que les minorités communautaires (Chrétiens, Druzes, Kurdes, Chiites… outre les Alaouites et une partie de la bourgeoisie sunnite) s’en étaient désolidarisées et revendiquaient même leur soutien au régime, par crainte de la montée en puissance des islamistes syriens, dont les intentions sont sans équivoque : l’instauration en Syrie d’une république islamique.

Plus encore, les Frères musulmans, membres du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble les principaux courants de l’opposition, très hétéroclites et aux objectifs divergents, et se présente comme une alternative au gouvernement de Bashar al-Assad, ont entamé au nom de ce CNS des négociations avec la Turquie, mais aussi avec des gouvernements occidentaux, pour l’établissement en Syrie d’une zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils, alors que la ligne du CNS avait été, jusqu’à présent, de refuser toute ingérence étrangère. Il ressort clairement de ces événements que les islamistes ont pris une influence non négligeable sur l’ensemble de l’opposition et de ses structures exécutives.

En d’autres termes, il apparaît sans ambiguïté que, durant ces derniers mois, les médias occidentaux ont été « informés » par les Frères musulmans syriens via l’OSDH et ont, complaisamment ou non, servi leur agenda pour la Syrie.

Conscient de la nécessité de contrer efficacement la propagande de l’opposition, et ce de manière crédible et imparable (c’est-à-dire autrement que par des démentis officiels), le gouvernement syrien a semble-t-il décidé, depuis plus d’une semaine, de laisser à nouveau entrer sur son territoire des observateurs étrangers, et ce dans un contexte de plus en plus tendu : la Ligue arabe a sévèrement critiqué la Syrie, motivée par l’Arabie Saoudite et le Qatar, très impliqué dans le soutien aux mouvements islamistes libyens, tunisiens et syriens ; Israël, silencieuse depuis le début des événements, a accepté de recevoir les représentants du CNS et d’entamer avec eux des négociations ; la Russie, pourtant alliée historique du régime syrien, a fait de même (tout en déployant toutefois sa marine de guerre dans les ports syriens, message très clair à ceux qui envisagent, à Ankara ou ailleurs, une intervention militaire sur le sol syrien) ; enfin, la militarisation de la contestation en Syrie : l’opposition semble avoir décidé de passer à l’offensive et de plus en plus d’attaques ont lieu contre les forces armées gouvernementales syriennes, dont certaines à l’arme lourde, dont aussi des tirs de snipers sur les policiers, des enlèvements et des assassinats, et une « Armée syrienne libre », constituée de « déserteurs », a commencé la lutte contre le gouvernement et demandé au CNS de la recevoir sous son commandement (un doute subsiste cependant quant à la constitution de cette Armée syrienne libre, dont le gros des forces pourrait être en réalité composé d’éléments étrangers ayant revêtu l’uniforme syrien, majoritairement islamistes et armés par le Qatar).

Si certains médias ont commencé de changer leur point de vue sur les événements en Syrie (voir, par exemple, l’article de Christophe Lamfalussy publié par La Libre Belgique ce 19 novembre ou le reportage de la RTBF, encore timide cela dit, diffusé lundi 21, qui confirment à présent les propos des « affabulateurs » de juillet), cette ouverture n’a cependant pas réussi à enrayer la guerre de propagande hostile au régime baathiste, qui n’a pas seulement pour moteur l’organisation des Frères musulmans et les divers courants de l’opposition regroupés dans le CNS.

Déjà très impliqué dans le renversement du gouvernement de Libye, où, suite à un accord bilatéral avec la France, il a armé plusieurs mouvements islamistes, le Qatar utilise désormais son bras médiatique, Al-Jazeera, pour soutenir la contestation en Syrie, comme il l’avait fait en Tunisie, contre Zine Abidine Ben Ali (au Maroc, en revanche, Al-Jazeera avait abandonné à leur sort les manifestants qui dénonçaient la monarchie ; même silence d’Al-Jazeera sur le massacre des protestataires au Bahreïn, qui furent écrasés par les chars, appuyés par des troupes saoudiennes envoyées en renfort).

Ainsi en témoigne ce tout récent exemple d’un média-mensonge « made in Qatar » : ce dimanche 20 novembre, Al-Jazeera (et Al-Arabia : Dubaï – Émirats arabes unis) a diffusé un reportage annonçant l’attaque du siège du parti Baath, à Damas.

Selon Al-Jazeera, deux hommes en moto ont tiré deux roquettes au moins sur le bâtiment, qui s’est embrasé ; et l’attentat a été revendiqué par l’Armée syrienne libre, qui a ciblé ce symbole du pouvoir, dans le centre de Damas, la capitale, jusqu’alors totalement épargnée par ces neuf mois de contestation.

Le régime de Bashar Al-Assad, touché en plein cœur et pour la première fois à Damas, serait-il au bord du gouffre ?

À nouveau, à l’appui de cette « information », concoctée par Al-Jazeera cette fois, la caution de l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme, qui a même apporté des précisions : deux roquettes supplémentaires ont encore été tirées, mais ont manqué leur cible…

Comme d’ordinaire, « l’information » a été reprise en chœur par tous les médias mainstreams.

 

Ce même dimanche au soir, un de mes contacts à Damas m’a téléphoné : « ma famille habite tout près du siège du parti Baath ; le bâtiment est intact ; c’est un mensonge ».

Lundi 21, j’ai demandé à une amie qui habite également Damas de vérifier pour moi l’information et de prendre une photographie du siège du Baath, en présentant à l’avant-plan l’édition du jour d’un journal occidental connu, de telle sorte qu’il ne puisse y avoir le moindre doute quant à la date à laquelle cette photographie a été prise.

Résultat : le bâtiment du siège du parti Baath à Damas est effectivement intact ; aucune roquette n’a frappé ni incendié l’immeuble.

L’Armée syrienne libre, après avoir revendiqué dimanche l’attentat sur sa page Facebook, a supprimé lundi sa revendication.

Entre désinformation organisée par une opposition islamiste, qui a reçu l’appui des monarchies du Golfe et des médias arabes dominants, et l’incompétence politiquement correcte des médias occidentaux, Damas peut toujours rouvrir ses frontières…

Pierre PICCININ

Historien – Politologue (Bruxelles)

23 novembre 2011

http://www.michelcollon.info/Syrie-autant-en-emporte-le-vent.html


5-5 Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire».

Selon de nombreux reportages provenant des organisations humanitaires, des médias occidentaux et de l’ONU, un grand nombre de manifestants pacifiques ont été tués par les forces syriennes depuis le début des troubles dans le pays à la mi-mars.

Mais d’où viennent les chiffres?

Bon nombre de reportages sur la présumée répression meurtrière par le gouvernement syrien ne mentionnent pas la source de leurs informations et font souvent uniquement référence à des « groupes de défense des droits humains » ou « activistes » :

« Des groupes de défense des droits humains ont affirmé dimanche que des troupes ont réprimé des manifestants pacifiques tuant huit personnes dans le nord de la province d’Idlib et quatre autres dans des zones centrales, près de Hama. (Syrian Forces Kill 12 as ICRC Head Visits Damascus, Voice of America, 4 septembre 2011.)

Ces manifestations représentent une contestation sans précédent du président Bachar Al-Assad et de sa famille qui dirige le pays depuis plus de 40 ans. Les coûts sont élevés : de nombreux cyberactivistes ont été emprisonnés et, selon des groupes de défenses des droits humains, au moins 200 personnes sont mortes. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, NPR, 22 avril 2011.)

Des activistes pour la défense des droits humains ont informé Amnistie internationale qu’au moins 75 personnes on été tuées aujourd’hui en Syrie durant d’importantes manifestations […]

Trente personnes ont été tuées dans le sud de la ville d’Izzra, 22 à Damas, 18 dans la région de  Homs et le reste dans d’autres villes et villages ont affirmé les activistes […] (Scores killed in Syria as 'Great Friday' protests are attacked, Amnesty International, 22 avril 2011.)

Dans certaines circonstances, on peut comprendre la nécessité de demeurer « anonyme » là où l’on dit que la dissidence constitue un danger de mort. Toutefois, cette attitude sème systématiquement le doute : les « chiffres » peuvent être utilisés pour diaboliser le gouvernement dans le cadre d’opérations clandestines par des États ou des organisations souhaitant un changement de régime à Damas. Il est clair que plusieurs puissances étrangères, dont les États-Unis et Israël, cherchent depuis longtemps à renverser le régime syrien.

La confiance que les médias accordent à des informations émanant de groupes anonymes transmet une compréhension biaisée des manifestations en Syrie, lesquelles appuient l’objectif plus vaste de déstabilisation du régime syrien.

Lorsque des informations relatives au bilan des morts et provenant de sources anonymes sont publiées par un média dominant ou un organisme de défense des droits humains reconnu, ces informations sont relayées comme étant des « preuves factuelles » par d’autres sources d’information ou des boîtes de réflexion, cela sans davantage de vérifications. De plus, en cours de route, l’information est l’objet de déformation. Voici un exemple de ce phénomène :

Le groupe de défense des droits humains Amnistie internationale a affirmé vendredi avoir enregistré les noms de 171 personnes tuées depuis que les premiers manifestants sont morts à Daraa le 18 mars.

Le groupe s’est basé sur des informations fournies par des activistes des droits humains, des avocats et d’autres sources et a déclaré que la plupart des personnes semblaient avoir été tuées par balles par les forces de sécurité. (Protesters killed in southern Syria, Al Jazeera, 9 avril 2011.)

L’article précédent est basé sur le communiqué suivant:

À la suite du décès d’au moins huit autres personnes durant les manifestations, Amnistie internationale a signalé aujourd’hui qu’au moins 171 personnes auraient été tuées au cours de trois semaines troubles sociaux en Syrie.

Le nombre de victimes des confrontations aujourd’hui pourrait s’accroître dramatiquement selon des rapports d’activistes des droits humains du pays.

Amnistie internationale a enregistré les noms de 171 personnes tuées. Les informations proviennent de sources incluant des activistes des droits humains et des avocats. (Death toll rises amid fresh Syrian protests, Amnesty International, 8 avril 2011.)

L’information initiale d’Amnistie internationale (AI) indique que « 171 personnes auraient été tuées », une déclaration démontrant que bien qu’elle ait « enregistré les noms de 171 personnes tuées », l’organisation n’a pas pu confirmer cette information. Al Jazeera, omet cette « incertitude » et décrit ainsi comme un fait la supposition que 171 personnes ont été tuées.

Voici un autre exemple de ce genre de déformation :

Bien qu’elles aient promis de mettre fin à la répression, les forces de sécurité syriennes ont continué à supprimer des manifestants antirégime, tuant au moins 18 personnes jeudi dans la ville de Homs (al-Jazeera) (sic). (Jonathan Masters, Assad's Broken Promises, Council on Foreign Relations, 3 novembre 2011.)

Cette analyse vient du Council on Foreign Relations (CFR), la fameuse et très puissante boîte de réflexion sur la politique étrangère des États-Unis. Il est fondé sur l’article suivant d’Al Jazeera où l’information concernant la tuerie est nettement différente.

Des dizaines de personnes auraient été tuées jeudi dans la ville de Homs, un point chaud des affrontements, alors que les forces de sécurité syriennes ont bombardé des zones résidentielles avec des chars d’assaut.

Les Comités de coordination locaux de la Syrie, un groupe d’activistes qui surveille le soulèvement du pays, ont déclaré que les décès signalés ont eu lieu jeudi dans le district de Bab Amro à Homs. (Syria “violence defies peace deal”, Al Jazeera, 4 novembre 2011.)

La formulation d’Al Jazeera, « auraient été tuées » et « décès signalés » révèle que ces décès ne sont pas confirmés. Le média qatari mentionne aussi que ces affirmations proviennent d’une seule source, à savoir un groupe d’activistes nommé Local Coordination Committees of Syria (Comités de coordination locaux, CCL). L’article du CFR a transformé les allégations d’Al Jazeera en faits concrets.

Lorsqu’il est temps de compter les morts, le CCL est très souvent cité dans les médias mainstream comme source d’information dans les reportages sur des tueries commises par les autorités syriennes, comme on peut le voir dans les exemples suivants :

Un autre groupe d’opposition, les Comités de coordination locaux, ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas corroborer le bilan du Syrian Observatory [Observatoire syrien] concernant les pertes militaires, même s’ils ont également qualifié la journée de lundi comme l’une des plus sanglantes du soulèvement, avec la mort d’au moins 51 civils. « Nous n’avons aucune confirmation de ce qu’ils avancent » a affirmé Omar Idlibi, un porte-parole des Comités de coordination locaux. (Nada Bakri and Rick Gladstone, Syria Faces New Threats as Opposition Seeks Allies, The New York Times, 15 novembre 2011.)

Selon le réseau de l’opposition, les Comités de coordination locaux, au moins cinq personnes ont été tuées pendant l’offensive militaire : trois dans la province centrale de Homs, une à Tall Kalakh, une ville frontière de l’est, et une autre à Idleb, le long de la frontière avec la Turquie. (Roula Hajjar, Syria: Activists report manhunt for defectors and protesters, Los Angeles Times, 5 septembre 2011.)

Un activiste de la Syrian Revolution Coordinators Union (SRCU) [Union des coordonateurs de la révolution syrienne] a déclaré à Al Jazeera que la police secrète a ouvert le feu et a lancé des gaz lacrymogènes afin de disperser plus de 10 000 manifestants à Deir Ezzor, dans l’est tribal de la Syrie. Dix manifestants ont été blessés et environ 40 arrêtés, a-t-il affirmé.

La SRCU est le nom donné cette semaine à l’un des réseaux populaires d’opposition en Syrie. La SRCU travaille en collaboration avec les Comités de coordination locaux (CCL), un autre réseau d’opposition populaire. (Al Jazeera Live Blog – Syria, 3 juin 2011.)

Au moins 2 200 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des troubles sociaux selon le bilan des Nations Unies. Un groupe d’activistes, [la SRCU], a affirmé mardi que, uniquement durant le Ramadan, 551 personnes avaient été tuées. Le groupe a déclaré que 130 autres personnes ont été tuées le 31 juillet, la veille du Ramadan, dans une attaque contre la ville de Hama, laquelle a par ailleurs été la scène d’une répression féroce en 1982.

Quatre personnes ont été tuées mardi à Hara et deux autres à Inkil, deux villes de la province de Dara, selon les Comités de coordination locaux, un autre groupe d’activistes qui documente les manifestations. (Nada Bakri, Syrian Security Forces Fire on Worshipers as Ramadan Ends, The New York Times, 30 août 2011.)

Le dernier article cite un bilan des Nations Unies (ONU) comme s’il s’agissait d’une source indépendante d’information. Toutefois, selon l’un de ses rapports, l’ONU se fie elle aussi à la même source d’information, le CCL, et indique dans une note être incapable de confirmer si les informations fournies par ce groupe sont vraies :

Au moment de la rédaction de ce rapport, la mission avait reçu plus de 1900 noms et informations de personnes tuées dans la République arabe syrienne depuis la mi-mars 2011. Tous seraient des civils [26].

26. Ces informations sont compilées par des comités de coordination locaux actifs dans la République arabe syrienne, où ils documentent les noms des victimes et les détails à leur sujet. La mission n’est pas en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante. (Nations Unies, Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in the Syrian Arab Republic - A/HRC/18/53, 15 septembre 2011.)

Que sont les Comités de coordination locaux (CCL)?

Selon un article du Christian Science Monitor, le groupe CCL fait partie du Conseil national syrien (CNS), une entité non élue. Même si la plupart de ses membres vivent en exil et que ses membres en Syrie demeurent inconnus, le CNS est présenté comme l’autorité légitime de la Syrie et a été reconnu par le Conseil national de transition de la Libye, un autre organisme non élu, reconnu par les puissances occidentales comme représentant « démocratique » du peuple libyen.

Les leaders de l’opposition syrienne ont formellement créé le Conseil national syrien [CNS] lors d’une rencontre dimanche en Turquie, réunissant ainsi les groupes les plus disparates cherchant à déloger le président syrien Bachar Al-Assad.

Associated Press rapporte que le conseil comprend entre autres les Comités de coordination locaux, qui ont organisé la plupart des manifestations au pays, les Frères musulmans syriens et des groupes kurdes. Presque la moitié des membres [du CNS] sont actuellement en Syrie selon le Washington Post, répondant ainsi à la forte crainte que le conseil compterait trop sur des exilés. (Ariel Zirulnick, Syrian oppositon groups formally unify overcoming key hurdle, 3 octobre 2011.)

 

Le CCL est plutôt anonyme. Le groupe a refusé une entrevue par téléphone mais a accepté de répondre à quelques questions par courriel. On affirme que par mesure de sécurité, le nombre de membres au sein de l’organisation ne peut être divulgué, mais on indique que 13 d’entre eux sont membres du CNS. « Nous avons suffisamment de membres pour organiser une manifestation sur le terrain, pour les médias et les opérations de secours. »

Les membres seraient issus de divers milieux et de tous les groupes d’âge; certains œuvreraient en Syrie, d’autres à l’extérieur du pays. Le CCL signale que, en Syrie et ailleurs, ses membres ont été menacés, arrêtés et torturés par les autorités syriennes.

Comment sont-ils devenus une source d’information pour les médias étrangers? Parce qu’ils fournissent des faits crédibles, affirme le porte-parole.

Quel est le but ultime du CCL? « Notre but est de changer le régime en Syrie et comme première étape, nous voulons mettre fin au mandat de l’actuel président, lequel est politiquement et légalement responsable de crimes commis par son régime contre le peuple syrien. Ensuite nous souhaitons transférer le pouvoir de manière sécuritaire. »

En somme, le CCL désire un changement de régime en Syrie et il semble constituer la source principale d’informations pour les médias occidentaux et les organisations humanitaires. Si ce groupe d’opposition affirme fournir des « faits crédibles », il n’existe aucun moyen de vérifier ces faits. Les faits présumés pourraient très bien constituer de la propagande visant à discréditer le régime actuel et à galvaniser l’opinion publique en faveur du changement de régime que le groupe souhaite mettre en œuvre.

Même si le porte-parole du CCL a refusé de divulguer les noms des membres du groupe, certains sont parus dans les médias dominants. L’un des membres ou collaborateurs, est Rami Nakhle, un cyberactiviste vivant en exil à Beyrouth au Liban.

« Aujourd’hui, après 98 jours de protestations, il vit dans le déni », déclare Rami Nakhle, un Syrien travaillant à Beyrouth avec les Comités de coordination locaux, un centre d’échange pour les manifestations et les activités l’opposition syrienne. « Il est maintenant évident pour tout le monde que Bachar Al-Assad ne peut pas changer. Il ne réalise pas que la Syrie a changé pour toujours, mais il demeure le même président, celui que nous avons entendu la dernière fois en avril. » (Nicholas Blanford, Assad's speech may buy time, but not survival, The Christian Science Monitor, 20 juin 2011.)

Selon NPR, l’activiste a une relation privilégiée avec Al Jazeera :

Lorsque la chaîne arabe Al-Jazeera diffuse les dernières nouvelles, les images proviennent du réseau de Nakhle. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, 22 avril 2011.)

Il convient de signaler ici qu’Al Jazeera a joué un rôle clé dans la promotion du changement de régime en Libye.

La cyberdissidence

CyberDissidents.org, un site web présenté par le Bush Center comme une « Voix de la liberté en ligne » brosse un portrait de Nakhle, qui n’est pas sans rappeler les autres portraits parus dans la presse mainstream, lesquels le décrivent uniquement comme un cyberdissident, comme s’il n’avait jamais eu d’autres occupations :

Rami Nakhle est un cyberdissident de 27 ans. Son utilisation des médias sociaux pour diffuser des informations sur la révolution syrienne a capté l’attention des autorités syriennes, ce qui l’a amené à fuir au Liban en janvier 2011. Depuis les trois dernières années, il travaille sous le pseudonyme de Malath Aumran. Même si la police secrète syrienne a découvert sa véritable identité, il continue à utiliser ce pseudonyme afin de conserver la reconnaissance de ses adeptes en ligne.

Malgré ces menaces du gouvernement syrien, Nakhle continue à travailler dans la clandestinité et poursuit sa campagne pour la liberté par Facebook, Twitter et en donnant des entrevues sans restrictions avec de grands médias comme la BBC et le New York Times. (CyberDissident Database)

Le gouvernement étasunien et des organisations non gouvernementales comme Freedom House, faisant le travail de la CIA, sont d’importants promoteurs de la cyberdissidence :

 

Des dissidents politiques de la Chine, de l’Iran, de la Russie, de l’Égypte, de la Syrie, du Venezuela et de Cuba se rendront à Dallas pour se joindre aux fellows de l’Institut George W. Bush, aux experts de Freedom House, aux représentants du Berkman Center for Internet and Society de Harvard, aux membres du gouvernement des États-Unis ainsi qu’à d’autres leaders de ce domaine pour discuter des succès et des défis des mouvements mondiaux de dissidence politique sur Internet.

L’Institut George W. Bush a annoncé aujourd’hui [30 mars 2010] qu’il serait l’hôte le 19 avril 2010 d’une conférence sur les cyberdissidents, en collaboration avec l’organisation des droits humains Freedom House. (George W. Bush Institute and Freedom House to Convene Freedom Activists, Human Rights and Internet Experts to Assess Global Cyber Dissident Movement, Business Wire, 30 mars 2011)

Rami Nakhle ne cache pas ses intérêts pour les organisations étasuniennes. Sur sa page Facebook, il dresse la liste d’« intérêts » suivants : National Democratic Institute (NDI), présidé par Madeleine Albright, Human Rights Watch et l’ambassade des États-Unis à Damas.

 

L’intérêt du cyberactiviste pour ces organisations démontre clairement dans quel camp il se trouve, tout comme le membre du CNS, Radwan Ziadeh, ancien fellow du National Endowment for Democracy, une autre organisation reconnue pour ses liens avec la CIA.

Dans une entrevue avec le Guardian, le cyberdissident affirme avoir été harcelé par la police secrète syrienne sur sa page Facebook. C’est possible, cependant, il s’agirait là d’une tactique inhabituelle pour la police secrète, laquelle habituellement, comme l’indique son nom, agit secrètement. Un tel harcèlement ressemble davantage à de la propagande noire : des gens opposés au régime tentant de faire mal paraître les autorités syriennes. Une sorte de « cyberopération sous faux pavillon », conçue pour être vue de tous.

Le « soulèvement syrien » semble être une copie des événements de Libye, lesquels ont favorisé une intervention de l’OTAN et mené à un changement de régime. La presse dominante a encore une fois une source principale d’information, soit le groupe d’opposition. Les médias ignorent les pertes miliaires et omettent de rapporter que l’on trouve parmi les manifestants des hommes armés, au nombre de 17 000 selon un rapport de l'International Institute for Strategic Studies. Un groupe non élu, le CNS est présenté paradoxalement comme un mouvement démocratique et on lui accorde davantage de crédibilité et une importante couverture médiatique.
Julie Lévesque
Le
25 novembre 2011

Julie Lévesque est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Julie Lévesque publiés par Mondialisation.ca

 

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=va&aid=27865



6 Dossier

6-1La Turquie exclut toute intervention étrangère en Syrie.  

Nb : Ndlr : La publication de l'articls ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information

Le vice-Premier ministre turc, Bülent Arinç, a exclu toute intervention étrangère pouvant également impliquer la Turquie en Syrie confrontée depuis huit mois à une révolte réprimée violemment par le régime. "Nous sommes absolument opposés à toute intervention en Syrie et rejetons toute opération qui impliquerait la Turquie contre ce pays", a-t-il dit jeudi soir à des journalistes, cité par la chaîne d'information CNN-Türk.
"Certains pays disent que la Turquie va intervenir dans les événements en Syrie, c'est absolument faux (...) Il n'est pas question d'envoyer des soldats (turcs) ou d'une intervention turque en Syrie.

Nous ne permettrons pas aussi que d'autres (pays) interviennent", a insisté M. Arinç qui est le porte-parole du gouvernement. Selon le responsable un tel scénario, aurait des conséquences majeures dans la région.
La Turquie a adopté une position de fermeté contre son voisin et ancien allié.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a exhorté mardi le président syrien Bachar al-Assad à quitter le pouvoir. La Turquie réfléchirait en outre à créer des zones tampon voire une zone d'exclusion aérienne à la frontière qui sépare les deux pays pour éviter un afflux de population de grande ampleur en cas d'intervention des forces syriennes dans une zone proche de la Turquie.
La Turquie accueille environ 7.000 opposants syriens qui ont fui le conflit dans leur pays.
Parmi eux figure Riad Al-Assaad, un colonel de l'armée syrienne qui commande un groupe de déserteurs de l'armée syrienne, l'Armée syrienne libre, qui mène des attaques en Syrie. Ankara a pris ses distances avec ce mouvement mais s'est en revanche présenté comme un sanctuaire pour le Conseil national syrien (CNS) qui regroupe une bonne partie de l'opposition syrienne.

25/11/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/733264/La_Turquie_exclut_toute_intervention_etrangere_en_Syrie.html



7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Louis Denghien : Les corridors humanitaires et fantasmatiques d’Alain Juppé.

On serait presque tenté de dire que la Syrie est devenu pour Alain Juppé une sorte de stimulant intellectuel : mercredi 23 novembre, le ministre français – enfin disons sarkozyste – des Affaires étrangères avait proposé l’idée d’ouverture de « corridors humanitaires » en Syrie, rebaptisés par le même jeudi « zones sécurisées pour protéger les populations civiles« . Concrètement, ça fonctionnerait comment ? Selon Juppé, on mettrait en place « des couloirs, dans lesquels les organisations humanitaires peuvent faire parvenir des produits médicaux« .

Flou artistique et diplomatique

Mais qui les mettrait en place, ces couloirs ? Eh bien, Alain Juppé pense que le régime syrien pourrait l’accepter (ha, il serait donc sensible à l’aspect humanitaire, ce régime ?). Mais si tel n’était pas le cas, « il faudrait envisager une autre solution, forcément, avec des observateurs internationaux, comme cela s’est fait en Libye «. Comme en Libye ? Diable, voilà qui n’évoque pas que des souvenirs humanitaires, M. le ministre….

Celui-ci a tenu à préciser immédiatement au micro de France Inter qu’ «il n’a jamais été question d’option militaire ». « Il n’y a pas d’intervention humanitaire sans mandat international » est bien obligé de convenir notre ministre des interventions humanitaires. Et s’il n’y a pas de mandat international pour ça, on sait que ce n’est pas la faute d’Alain Juppé !

Le patron de la diplomatie française sous influence OTAN comptait en tout cas proposer son idée à ses partenaires européens. On n’a cependant toujours pas compris, en cas d’opposition de Damas, qui va mettre en oeuvre les couloirs de Juppé, comment, quand et où. Mais l’essentiel pour Alain Juppé n’est-il pas d’occuper le terrain – médiatique, à défaut de syrien –  et de faire croire que la France joue un rôle majeur « à la libyenne » dans la marche des peuples arabes vers la liberté.

Car il est évident que dans cette proposition française, l »humanitaire n’est, une fois de plus, que le paravent du politique. Ses « couloirs humanitaires » participent de la même logique ingérente que les « zones d’exclusion aérienne » que les Américains et leurs compères voudraient bien imposer dans le ciel syrien. Il s’agit de violer, si peu que ce soit, la souveraineté et le territoire de la Syrie.

Une Syrie de rêve (atlantiste)

Pour atteindre cet objectif plus vraiment secret, Juppé et ses pairs veulent accréditer l’idée qu’il y a en Syrie des populations à protéger, comme si elles avaient été victimes d’une sorte de tsunami ou de tremblement de terre. Alain Juppé, relayé avec empressement par la grande presse française, parle  et reparle à longueur d’antenne de « massacres » de civils en Syrie. Mais s’il y a des populations civiles à protéger en Syrie, c’est plutôt des bandes armées qui sèment la mort et le désordre, notamment à Homs. Mais Juppé refuse de considérer cet aspect – essentiel – du drame syrien : pour lui, il n’y a pas de terrorisme en Syrie, tout au plus des déserteurs « citoyens » qui agissent en état de légitime défense contre le régime et assurent en quelque sorte une « violence humanitaire » pour protéger leurs frères civils. Pour Alain Juppé, il n’y a pas non plus de partisans du régime. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, notamment les clameurs de centaines de milliers de Syriens pro-régime descendant et descendant en masse dans les rues des villes de Syrie. Evacuant ainsi toutes les réalités dérangeantes, Juppé peut donc continuer à vendre son scénario hollywoodien à l’opinion internationale.

Et comme il n’y a donc que des opposants à Bachar en Syrie, le ministre ne peut faire moins que de déclarer le CNS seul représentant légitime du peuple syrien. Alors que le CNS n »est pas reconnu comme « seul légitime » par nombre d’opposants historiques comme Michel Kilo, ou ceux qui ont créé de nouveaux partis en Syrie même, et que l’homologue britannique d’Alain Juppé, William Hague, vient de réaffirmer que l’opposition syrienne dsoit vraiment se structurer et s’unifier avant toute reconnaissance officielle par Londres (voir notre article « Diplomatie : laquais, cow-boys et garde-fous », mis en ligne le 2 novembre).

Alain Juppé a tort à notre avis d’ignorer tant de réalités objectives pour mieux légitimer son discours. La morgue et l’entêtement ne font pas forcément une politique diplomatique. Et la réalité se venge toujours, en Syrie comme en Libye ou en Egypte.

Louis Denghien,

 le 24 novembre 2011

http://www.infosyrie.fr/actualite/les-corridors-humanitaires-et-fantasmatiques-dalain-juppe/


7-2 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

   La presse israélienne s’est inquiétée de la présence en Méditerranée de plusieurs navires de guerre russes (1), mais ce n’est rien à côté de ceux qui se profilent à l’horizon (2). Le porte-avions  Maréchal Kouznetsov a quitté Mourmansk le 13 novembre. A bord, une trentaine d’avions de chasse et des d’hélicoptères, des missiles à capacité nucléaire d’une portée de 550 km. Le destroyer anti-sous-marin Amiral Chabanenko fait partie de l’escadre qui l’accompagne. Après des exercices en mer de Barentz, le Kouznetsov a pris la direction de la Méditerranée orientale via l’Atlantique nord. Il devrait mouiller à Tartous mi-janvier, où il sera sans doute rejoint par des éléments de la flotte russe de la mer Noire, comme cela a été le cas en 2008. L’attaque de la Syrie par l’OTAN – France et Turquie en tête - a pour objectif le renversement du président Bachar al-Assad et la mise hors-la-loi du parti Baas syrien.  Abdelhalim Khaddam, ancien vice-président syrien réfugié à Paris, ou Rifaat al-Assad, autre ancien vice-président, réfugié en Espagne, qui complotent concurremment pour s’emparer de la direction du parti, se bercent d’illusions s’ils croient que les Frères Musulmans laisseraient l’un d’entre eux accéder au pouvoir.

Vladimir Poutine :

Que la France s’occupe de ses oignons !

   Nicolas Sarkozy n’a tiré aucun d’enseignement des conséquences catastrophiques provoquées par l’effondrement du régime libyen. Il s’apprête à reconnaître officiellement le CNS (Conseil National Syrien) qui devraitemménager dans les locaux de l’ambassade, rue Vanneau. Le Canard enchaîné a révélé que des instructeurs du Service action de la DGSE, du COS (Commandement des opérations spéciales) et du MI6 britannique forment les extrémistes armés de l’Armée syrienne libre (ASL) à la guérilla urbaine, au Liban et en Turquie (3). Des livraisons d’armes sont effectuées clandestinement. Si la Ligue Arabe le demande – Alain Juppé fait tout pour cela - la France s’associera aux sanctions imposées au peuple syrien, notamment en suspendant ses transactions financières et commerciales, et les vols vers Damas et Alep. Les Syriens résidant en France, pro-Assad ou simplement opposés à l’agression de leur pays, seront inquiétés, expulsés ou assignés à résidence. La diabolisation du régime baasiste et ses déficiences en matière de communication médiatique sont telles qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le mouvement anti-guerre mobilise de grandes foules, sauf si la guerre dérape en conflit de grande ampleur.

   A Moscou, le 18 novembre dernier, Vladimir Poutine a dit clairement à François Fillon qu’en Syrie la France ferait mieux « de s’occuper de ses oignons » (4). Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a qualifié de « provocations politiques à l'échelle internationale » (5), les pressions exercées par les Occidentaux sur l’opposition syrienne pour qu’elle dénigre les réformes démocratiques initiées par le président Bachar al-Assad et ses offres de dialogue. Espérons que la présence de la flotte russe en Méditerranée sera suffisante pour calmer les ardeurs guerrières de Nicolas Sarkozy et des faucons de l’OTAN.

(1)Report: Russia warships to enter Syria waters in bid to stem foreign intervention (Haaretz – 18/11/11)

http://www.haaretz.com/news/middle-east/report-russia-warships-to-enter-syria-waters-in-bid-to-stem-foreign-intervention-1.396359

(2) Le porte-avions Maréchal Kouznetsov se prépare à croiser dans les eaux chaudes.

http://www.rusnavyintelligence.com/article-le-porte-avions-russe-amiral-kouznetsov-se-prepare-a-croiser-dans-les-eaux-chaudes-85433995.html

(3) Une intervention « limitée » préparée par l’OTAN en Syrie, par Claude Angeli (Le Canard Enchaîné - 23 /11/11)

(4) Syrie : Moscou invite la France à s'occuper de ses « oignons ».

http://www.rtl.fr/actualites/international/article/syrie-moscou-invite-la-france-a-s-occuper-de-ses-oignons-7736233227

(5) Syrie: Moscou dénonce des « provocations » occidentales

http://fr.rian.ru/world/20111121/192063188.html

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/

 

 


7-3 Louis Denghien : Les sanctions de la Ligue arabe : quel impact envisageable ?.

Le secrétaire général de la Ligue arabe et le Premier ministre qatari, promoteurs de la tentative d'étouffement économique du régime syrien et donc des Syriens.

Voici un article équilibré, donc intéressant, de l’AFP sur les conséquences des sanctions économiques internationales, notamment celles que s’apprête à prendre la Ligue arabe contre la Syrie.

D’où il ressort que le pays souffrira – un peu plus de la moitié des exportations syriennes se faisait vers les pays arabes – mais devrait survivre, notamment grâce à l’appui de pays amis et/ou frontaliers comme l’Irak, le Liban et l’Iran. De plus, et c’est un détail auquel les pontes de la Ligue n’ont apparemment pas pensé, Damas a aussi une possibilité de rétorsion importante, car une partie importante des échanges entre le Golfe et le Maghreb passe justement par la Syrie !

Reste que, même en partie contourné, l’embargo arabe peut faire mal, surtout aux plus pauvres, ces pauvres que les pontes multimilliardaires de la Ligue arabe prétendent vouloir épargner.

Ce qui était vrai en Irak pourrait l’être en Syrie. 

DAMAS – La Syrie compte sur l’Irak et le Liban pour éviter d’être asphyxié par les sanctions que la Ligue arabe entend prendre afin de contraindre le président Bachar al-Assad de cesser la répression de la révolte.

« Nous savons nous débrouiller dans l’adversité puisque nous subissons depuis des années des sanctions et si la Russie est notre bouclier politique, l’Irak, le Liban et l’Iran sont notre oxygène économique », a affirmé à l’AFP un responsable syrien qui a tenu à garder l’anonymat.

Après que le régime de Damas eut ignoré son ultimatum de mettre fin aux violences sanglantes, la Ligue arabe devrait annoncer lors d’une réunion jeudi des sanctions économiques contre la Syrie après l’avoir suspendu des travaux de l’organisation.

Dans un entretien publié par le quotidien économique saoudien al-Iktissadia, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les affaires économiques, Mohammad Twaijri, a annoncé une panoplie de mesures qui risquent d’asphyxier le pays.

« Il s’agit des domaines du voyage, des transferts bancaires, du blocage des avoirs (syriens) dans les pays arabes, de l’arrêt des projets arabes ou arabo-syriens et de la suspension le Syrie du GAFTA » (zone de libre-échange arabe), selon lui.

« Nous voulons étouffer financièrement le régime d’Assad et pas la population. Il y aura dans les prochains jours une réunion du Conseil économique et social de la Ligue arabe pour décider des mesures qui seront prises à la majorité de ses membres », a-t-il encore dit.

L’Irak, dirigé par les chiites depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, soutient Bachar al-Assad, issu de la minorité alaouite, émanation du chiisme, car il ne souhaite pas voir les sunnites arriver au pouvoir à Damas et relancer chez lui la violence confessionnelle.

« Je ne pense pas que l’Irak sera partie prenante de sanctions économiques contre la Syrie », a affirmé à l’AFP un responsable gouvernemental irakien proche du Premier ministre Nouri al-Maliki.

Selon le bureau syrien des statistiques en 2009, 52,5% des exportations syriennes et 16,4% des importations sont vers ou en provenance des pays arabes. Les marchandises syriennes vont d’abord en Irak (31,4%) puis au Liban (12,7%), en Allemagne (9,2%) et en Arabie saoudite (5,2%). La Syrie importe d’abord de Chine (10,8%), d’Arabie saoudite (10,1%), de Turquie (7%), des Emirats arabes unis (5%), du Liban (4,1%) et d’Egypte (4,1%).

Le Liban, dirigé par un gouvernement favorable à Damas et ayant une longue frontière avec la Syrie, devrait aussi permettre de contourner les mesures de rétorsion.

« Soumis depuis si longtemps à des embargos occidentaux, beaucoup de Syriens ont créé des sociétés offshore dans plusieurs pays, dont le Liban, pour envoyer ou recevoir leurs marchandises. Nous sommes devenus très inventifs, mais ceux qui paieront le plus seront les pauvres quoiqu’en dise la Ligue arabe », affirme un commerçant syrien spécialisé dans les matières premières.

Pour un expert économique européen basé à Damas, « il n’existe pas de clauses d’exclusion ou de suspension du GAFTA. On peut se retirer mais on ne peut pas en être exclu. Il n’y a pas de base légale pour le faire ».

En outre, précise-t-il, la Syrie peut prendre des mesures de rétorsion car le transit routier entre l’Europe et le Golfe passe par la Syrie et si cette dernière ferme ses frontières avec la Turquie ou la Jordanie « cela bloquera beaucoup de produits destinés à l’Arabie Saoudite et aux pays du Golfe ».

« Il resterait deux solutions: passer par l’Irak mais les assurances des marchandises coûteront très chers, ou les transports aérien et maritime mais cela sera plus onéreux et en bateau cela prendra beaucoup de temps », a-t-il ajouté.

« Malgré tout, souligne un importateur de produits pharmaceutiques, nous allons vraiment souffrir car jamais nous n’avons eu à subir les embargos américains, européens et arabes. Nous allons respirer très difficilement, mais pour ne pas mourir, il faut que le gouvernement mette en place une véritable stratégie économique ».
Louis Denghien, Par AFP

http://www.infosyrie.fr/re-information/les-sanctions-de-la-ligue-arabe-quel-impact-envisageable/



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27/11/2011

n° 522 - Dossier & Point de vue - 27-10 -1ap - Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



LesDossiers d'Irak

n° 495                                                      26/08/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 


Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire : 

:

Tiré à part :

Lorientlejour : Avertissement implicite de Clinton à l'Iran: Pas d'intervention en Irak.

1 Dossier & Point de vue

1-1 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak

1-2 L’unité de l’Irak toujours menacée : La chasse au Bâath relancée.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Gilles Munier : Bagdad : un des organisateurs des «Journées de la colère» assassiné par le régime Maliki.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-2Francisco Vielma : Les tyrans pétroliers dans le monde.

4-3 Tony Cartalucci : Le Retrait Des Troupes US D’Irak =Très Suspect - Israël Contrôle les Ventes d’Armes de l’Allemagne.

5-1 JustinLogan  Iran: Les USA doivent retenir les leçons de la guerre en Irak



Tiré à part :

Lorientlejour : Avertissement implicite de Clinton à l'Iran: Pas d'intervention en Irak.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a implicitement averti l'Iran samedi de ne pas chercher à intervenir dans les affaires irakiennes, au lendemain de la confirmation par le président Barack Obama du retrait militaire américain d'Irak à la fin de l'année.
"Au moment où nous ouvrons ce nouveau chapitre des relations avec un Irak souverain, nous disons aux Irakiens: l'Amérique est à vos côtés au moment où vous faites un nouveau pas sur le chemin pour assurer votre démocratie", a déclaré à Douchanbé la chef de la diplomatie américaine, en visite au Tadjikistan.
"Et aux pays de la région, particulièrement aux voisins de l'Irak, nous tenons à souligner que l'Amérique se tiendra aux côtés de ses alliés et amis, Irak compris, pour défendre notre sécurité et nos intérêts communs".
"Nous maintiendrons une présence robuste dans la région, ce qui est la preuve de notre engagement qui se poursuit pour l'Irak et l'avenir de cette région, qui recèle tant d'espoirs et doit être préservée d'influences extérieures pour poursuivre sa voie vers la démocratie," a-t-elle conclu.
Le président Obama a confirmé vendredi le retrait des quelque 39.O00 soldats américains encore stationnés en Irak d'ici à la fin de l'année, une décision critiquée par la droite américaine qui estime qu'elle va accroître l'influence iranienne dans ce pays.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a estimé que cette confirmation était "une bonne chose", dans une interview à la chaîne américaine CNN, mais qu'elle aurait du intervenir "depuis longtemps".
Téhéran a pris une position très mesurée lors de l'intervention américaine de 2003 qui l'a débarrassé du régime de Saddam Hussein, son principal ennemi, et a amené au pouvoir la majorité chiite du pays, mais a ensuite très vite réclamé le départ des troupes américaines accusées de constituer une facteur de tension dans la région.

22/10/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/728343/Avertissement_implicite_de_Clinton_a_lIran%3A_Pas_dintervention_en_Irak.html



1 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak.

Le gouvernement Obama et le Pentagone planifient un renforcement considérable des moyens militaires dans le Golfe persique pour compenser le retrait des troupes de l'Irak et se préparer à de nouvelles guerres dans la région.

Les responsables, les diplomates et les commandants américains cités dans un article publié dimanche par le New York Times ont indiqué que de nouveaux déploiements pourraient inclure le stationnement de brigades de combat au Koweït, de l'autre côté de la frontière de l'Irak à une distance permettant facilement de frapper l'Iran et d'« envoyer dans la région davantage de bâtiments de guerre par les eaux internationales. »

L'existence de ces projets a émergé après l'annonce faite par le président Barack Obama le 21 octobre que toutes les forces américaines occupant l'Irak seront retirées du pays avant la fin de cette année.

Alors que le gouvernement Obama et ses apologistes présentent ce projet de retrait comme la réalisation des promesses de campagne du président démocrate concernant la fin de la guerre en Irak, et même comme un tournant vers la paix dans la région, en fait il n'en est rien.

En fait, la date d'échéance du retrait en décembre 2011 avait été fixée par le gouvernement Bush dans un Status of Forces Agreement (un accord sur le statut des forces, SOFA) négocié en 2008 avec le régime de Bagdad soutenu par les Etats-Unis. Les deux gouvernements de Bush et d'Obama, aux côtés de leur gouvernement clientéliste de Bagdad ont cherché à négocier un nouvel accord qui aurait permis que jusque 20.000 forces américaines demeurent dans le pays, enregistrés comme « formateurs » et « conseillers. »

Ces négociations ont toutefois échoué en raison de l'incapacité du régime irakien à obtenir une approbation parlementaire pour l'immunité juridique des troupes américaines exigées par le Pentagone. Compte tenu de la colère profonde ressentie par le peuple irakien contre les crimes de guerres atroces commis par les forces américaines et la perte de plus d'un million de vies irakiennes depuis l'invasion de 2003, aucun parti irakien majeur n'est prêt à associer son nom à un soutien à l'impunité de l'armée américaine.

Dans les coulisses, les négociations se poursuivent entre Washington et le gouvernement irakien au sujet du maintien de troupes américaines pour les forces de sécurité irakiennes.

Tom Donilon, conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis, a rencontré samedi à Washington son homologue irakien Falah al-Fayyath pour discuter de la façon dont ces liens vont être maintenus après le retrait planifié. Selon une déclaration de la Maison Blanche, les deux responsables « ont réaffirmé la vision commune d'un profond partenariat élargi entre les Etats-Unis et l'Irak comme prévu dans le Strategic Framework Agreement (accord cadre stratégique). »

Le porte-parole de la Maison Blanche a ajouté que les deux responsables « étaient déterminés à développer des mécanismes supplémentaires pour l'établissement d'un dialogue stratégique continu entre les Etats-Unis et l'Irak. »

Washington n'abandonne en aucun cas sa tentative de dominer l'Irak. Ils projettent de laisser là-bas une force de quelque 5.500 employés de sécurité privés en tant qu'armée de mercenaires contrôlée par le Département d'Etat américain, ainsi que quelque 16.000 civils employés par le gouvernement américain et basés dans la plus grande ambassade américaine du monde.

Un rapport publié dimanche par l'Inspecteur général spécial américain pour la reconstruction de l'Irak (Special Inspector General for Iraq Reconstruction, SIGIR) cite le chef d'état-major de l'armée irakienne, le lieutenant général Babaker Zebari, disant que les forces de sécurité irakiennes n'auront pas la capacité « sans l'aide de partenaires internationaux » de défendre l'espace aérien et les frontières du pays jusqu'à l'horizon 2020 à 2024. Manifestement, l'implication est que les Etats-Unis resteront la force militaire dominante en Irak bien après la date limite du retrait, et ce au moyen essentiellement d'une puissance aérienne.

Néanmoins, les plans d'urgence révélés dimanche par le Times indiquent que Washington se prépare à une guerre bien plus vaste dans la région après le retrait des troupes d'Irak.

De nouveaux objectifs pour une agression américaine comprennent à la fois la Syrie et l'Iran. La déclaration faite par le président Barack Obama après le meurtre sordide le 20 octobre du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi contenait une menace à peine voilée que la Syrie se trouvait dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l'OTAN pour une opération de changement de régime identique à celle menée en Libye.

Le sérieux accordé à ces menaces par le régime syrien a été reflété dans une interview de Bashar al-Assad publiée dimanche par le journal britannique Telegraph. Le président syrien a averti qu'une intervention occidentale en Syrie provoquerait un « séisme » qui ébranlerait la région et menacerait de déclencher des « dizaines d'Afghanistan. »

Les Nations unies ont estimé que jusqu'à 3.000 Syriens sont morts dans les troubles qui ont balayé une grande partie du pays depuis mars dernier. Le gouvernement syrien a affirmé que 1.100 soldats et policiers ont été tués lors des affrontements avec les tireurs antigouvernementaux.

Prendre la Syrie pour cible d'agression représenterait le prélude à une guerre encore plus vaste contre l'Iran que Washington considère comme l'un de ses principaux rivaux dans les deux régions stratégiques riches en énergie du Golfe persique et de l'Asie centrale. Après avoir échoué dans deux guerres extrêmement sanglantes et coûteuses au cours de cette dernière décennie – en Afghanistan et en Irak – pour préserver sa domination dans ces régions, l'impérialisme américain n'abandonnera en aucun cas ses objectifs prédateurs. L'échec de ces deux guerres ne fait que créer une impulsion plus forte encore pour une troisième guerre, contre l'Iran cette fois.

Washington est en train de poursuivre une stratégie d'escalade de provocations contre le régime iranien et qui s'est exprimée tout dernièrement dans sa tentative de faire croire à un « complot terroriste » extrêmement improbable qui impliquerait Téhéran dans une conspiration visant à passer un contrat avec un gang de trafiquants de drogue mexicain pour le meurtre de l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis. Dans le même temps, des diplomates américains parcouraient l'Europe en vue d'obtenir du soutien pour l'imposition de sanctions contre la banque centrale de l'Iran, soit embargo économique hâtif qui constituerait un acte de guerre.

« Gardant l'œil sur la menace d'un Iran belligérant, le gouvernement cherche aussi à élargir ses liens militaires avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council, GCC) – l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et Oman, » rapporte le Times. Il ajoute que la Maison Blanche et le Pentagone « essaient de développer une nouvelle 'architecture sécuritaire' pour le Golfe persique qui intègrerait des patrouilles aériennes et navales et une défense antimissiles. »

En d'autres termes, Washington tente de rabibocher une alliance anti iranienne et contre-révolutionnaire militaire fondée sur une coopération américaine avec les régimes monarchiques les plus réactionnaires de la région. Un tel pacte militaire viserait à éliminer tout nouveau soulèvement des masses arabes, comme l'avaient faits eux-mêmes les émirats du GCC à l'encontre des masses au Bahreïn, et à fournir une base à l'agression militaire des Etats-Unis contre l'Iran.

Selon l'article du Times, ces préparatifs sont déjà bien avancés et les résultats des négociations concernant l'effectif des forces de combat américaines qui seront déployées au Koweït « seront disponibles dans les jours à venir. »

Il ne fait pas de doute qu'une préoccupation majeure de Washington est la stabilité de ces Etats alliés du Golfe même. L'Arabie saoudite, clé de voûte de la stratégie contrerévolutionnaire américaine dans la région, a elle aussi été ébranlée par des troubles survenus à l'Est du pays, dans sa province productrice de pétrole et à forte prédominance chiite. Un rapport inhabituellement franc de la monarchie située dans le désert a été affiché dernièrement sur Al Jazeera, indiquant que « la lignée de successeurs octogénaires » de la monarchie corrompue « rappelait les dernières années de l'Union soviétique, lorsqu'un dirigeant infirme succédait au précédent pour une brève période de règne inerte. »

Des aspects de politique interne aux Etats-Unis contribuent aussi au renforcement d'une nouvelle guerre. Obama a subi les feux de la critique des Républicains au sujet de l'annonce du retrait de l'Irak, les sénateurs républicains exigeant des audiences quant à ses implications. Et la menace d'une action militaire contre l'Irak est, à n'en pas douter, considérée au sein de l'aile droite du Parti démocrate comme un moyen efficace de contrer de telles critiques.

Mais ce qui est plus décisif toutefois, ce sont les inquiétudes au sujet des troubles sociaux grandissants aux Etats-Unis qui ont trouvé leur expression initiale dans les protestations Occupons Wall Street qui se sont déclenchées partout dans le pays. L'élite dirigeante américaine considère une nouvelle aventure militaire comme un moyen de détourner les conflits de classes qui s'intensifient au sein de l'Amérique même.

Bill Van Auken
2 novembre 2011

http://www.wsws.org/francais/News/2011/nov2011/golf-n02.shtml

 


1-2 L’unité de l’Irak toujours menacée : La chasse au Bâath relancée

Nb - Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse des auteurs, mais doit être vu comme information

La nouvelle campagne d’arrestations de baâthistes présumés en Irak, lancée par le gouvernement à majorité chiite, risque d’attiser les tensions confessionnelles et même de mettre en danger l’unité du pays, estiment des analystes.

Des centaines d’arrestations de prétendus membres du Baâth, parti au pouvoir sous, Saddam Hussein, mais interdit depuis 2003, ont eu lieu fin octobre à l’instigation du Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui les considère comme une menace du pays. Au total, 615 personnes ont été arrêtées au niveau national, selon M. Maliki. En réaction, le conseil de la province sunnite de Salaheddine, où se trouve la ville natale de Saddam Hussein, a décidé par un vote du 27 octobre de devenir une région administrativement et économiquement autonome, à l’instar du Kurdistan voisin. Selon son gouverneur, Ahmad Abdallah, les arrestations effectuées dans la province «sans coordination ni consultation avec nous» constituent la «raison principale» de ce choix.

Dans cette province, 30 personnes avaient été arrêtées quelques jours avant le vote, a précisé la police. Le vote d’autonomie a irrité M. Maliki, même si l’article 119 de la   Constitution stipule qu’une décision de cette nature doit être validée par référendum. «Le Baâth veut faire de cette province un refuge pour ses membres, mais cela ne se produira pas», a récemment assuré le Premier ministre. Les arrestations et la volonté d’autonomie affichée par cette province de 1,2 million d’habitants, au nord de Baghdad, illustrent les défis auxquels est confronté le pays, où les sunnites ont gouverné pendant 80 ans avant de laisser les rênes à la majorité chiite en 2003. «Il existe un sérieux dysfonctionnement entre Baghdad et les provinces et il y a aussi une forte tension entre le Premier ministre et ses opposants», remarque Joost Hiltermann, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord d’International Crisis Group. «Ces deux phénomènes convergent dans les provinces sunnites, qui s’estiment négligées par Baghdad pour des raisons confessionnelles.

La campagne d’arrestations a renforcé ce sentiment», dit-il. «Ces emprisonnements sont de mauvais augure pour l’Irak, on a le sentiment qu’ils visaient spécialement la communauté sunnite et si cette impression perdure, cela exacerbera les tensions confessionnelles», souligne Ali al-Saffar, analyste irakien de l’Economist Intelligence Unit, basé à Londres. Selon lui, «les sunnites considèrent ces détentions comme injustes, alors que les chiites voient dans le vote (de Salaheddine) une volonté des sunnites de se séparer du centre». Pour John Drake, analyste pour la firme de sécurité AKE, basée à Londres,   «l’appel de Salaheddine est peut-être une protestation symbolique face au  gouvernement central, mais nous pourrions assister à des demandes identiques dans d’autres provinces pour obtenir des concessions du gouvernement». Ainsi, Anbar, l’autre grande province sunnite, dans l’ouest du pays, a avancé la même demande avant que le président du conseil provincial Mamoun Sami Rachid ne fasse marche arrière pour éviter «une crise avec le gouvernement».

Pour Reidar Visser, qui dirige un site consacré à l’Irak, www.historiae.org, «il existe un risque de voir le fédéralisme se transformer demain en séparatisme si Maliki est incapable d’offrir aux habitants de cette province des concessions et un espoir dans l’avenir». Si M. Maliki est opposé à cette autonomie, le président sunnite du Parlement, Oussama al-Noujaifi, estime à l’inverse que la décision de Salaheddine est «constitutionnelle».

Cependant, les experts doutent de la viabilité de l’autonomie de cette province, qui ne dispose pas de richesses naturelles et dont, selon l’ONU, 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (2,2 dollars par jour).   

http://www.elwatan.com/international/la-chasse-au-baath-relancee-08-11-2011-146471_112.php



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Gilles Munier : Bagdad : un des organisateurs des «Journées de la colère» assassiné par le régime Maliki.

   Les manifestations de 9 septembre 2011 en Irak, baptisées « Aube de la libération », ont été entachées par l’assassinat du journaliste Hadi al-Mahdi, 44 ans. Il était connu pour être l’un des principaux organisateurs des « Journées de la colère » qui se déroulent tous les vendredis depuis février dernier dans tout le pays. La veille, un tueur l’a abattu de deux balles dans la tête à son domicile, avec un revolver silencieux. C’est le septième journaliste assassiné depuis janvier 2011.

Les menaces de Nouri al-Maliki

   Le 27 février dernier, Hadi al-Mahdi, ancien membre du parti al-Dawa du Premier ministre Nouri al-Maliki, avait été enlevé par des militaires après la manifestation du vendredi et conduit, les yeux bandés, dans une prison secrète du régime. Accusé d’être un baasiste, il avait été interrogé, torturé à l’électricité, menacé de viol. En mars, un civil avait abordé le journaliste pour lui conseiller de mettre en veilleuse ses activités. L’individu lui avait récité les noms des personnes à qui il avait téléphoné dans la journée pour bien lui montrer qu’il était sous étroite surveillance. Il y a deux mois, craignant pour sa sécurité, Hadi al-Mahdi avait mis un terme aux débats qu’il animait, depuis 2008, trois fois par semaine sur Radio Demozy, où il s’en prenait, non sans humour, à la corruption et à l'incompétence des hommes politiques irakiens, quelles que soient leurs tendances. Des représentants de Nouri al-Maliki avaient alors fait savoir à la direction de la radio que son émission, très écoutée, déplaisait à Nouri al-Maliki. En Irak, ce genre de remarque vaut avertissement. Elle est à prendre très au sérieux.

 Hadi al-Mahdi n’en poursuivait pas moins ses activités politiques et voulait faire du 9 septembre un grand moment de la contestation. Amnesty International rapporte que quelques heures avant son assassinat, il a publié sur Facebook le message suivant : « J'ai passé les trois derniers jours dans un état de terreur. Certaines personnes m'appellent et me mettent en garde contre les descentes de la police et les arrestations de manifestants. Quelqu'un me dit que le gouvernement va faire ceci et cela. Une personne sous un faux nom vient sur Facebook pour me menacer ».

   Le 9 septembre, un cortège d’une centaine de personnes, précédé par un cercueil symbolique recouvert du drapeau irakien sur lequel était placée la photo de Hadi al-Mahdi, a tenté de se joindre aux manifestants occupant la place Tahrir. Il en a été empêché par les véhicules blindés et des cordons de police barrant les rues attenantes.

8 octobre

Gilles Munier (Afrique Asie – octobre 2011)



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle.

L’éventuelle prolongation de la présence des troupes US  en Irak, l’envergure de l’ambassade américaine en Irak, qui ne comportera pas moins de 16 000 personnes (!) au statut flou, l’immense pouvoir occulte délégué à une organisation telle que le JSOC (Joint Special Operations Command), comme exposé ci-dessous dans un article paru dans le Washington Post, laissent planer des doutes sur la capacité de l’Irak à assurer sa souveraineté et son indépendance.

   Les drones militaires et les forces paramilitaires de la CIA ont tué des dizaines de chefs d’Al-Qaïda et des milliers de ses soldats. Mais, il existe une autre organisation mystérieuse qui, elle aussi, a éliminé encore plus d’ennemis des Etats-Unis au cours de la décade qui a suivi le 11 septembre.

   Les agents de la CIA ont emprisonné et interrogé près d’une centaine de terroristes présumés dans leurs prisons secrètes éparpillées dans le monde mais les hommes de cette autre organisation en ont interrogé dix fois plus dans des prisons qu’elle seule contrôle en Irak et en Afghanistan.

   Depuis les attaques du 11 septembre, ce groupe d’hommes (et quelques femmes), a été multiplié par dix tout en maintenant un degré de clandestinité sans aucune mesure avec celle de la CIA. « Nous sommes la matière noire, nous sommes la force qui ordonne l’univers mais on ne peut nous voir ». C’est en ces termes qu’un homme de SEAL Marine (initiales pour mer, air et terre) décrit son unité sous couvert d’anonymat.

Choisir les individusà mettre sur sa liste de cibleset les tuer plutôt que de les capturer

   Les SEALs font partie du Commandement des Opérations Spéciales de l’armée américaine connu sous l’acronyme de JSOC (Joint Special Operations Command), qui, d’une petite équipe de sauvetage d’otages est devenue une armée secrète. Quand des membres de cette force d’élite a tué Ossama ben Laden, en mai dernier, au Pakistan, les chefs  ont célébré non seulement le succès de l’opération, mais le fait que peu de gens connaissaient leur commandement, basé à Fayetteville, NC. Peu d’informations ont circulé, jusqu’à présent, dans le public sur cette organisation.

   Deux présidents et trois secrétaires d’Etat ont assez souvent demandé au JSOC de monter des missions de contre espionnage et des raids mortels en Irak et en Afghanistan mais aussi dans des pays avec lesquels les Etats-Unis n’étaient pas en guerre, notamment, le Yémen, le Pakistan, la Somalie, les Philippines, le Nigeria et la Syrie. « La CIA n’a ni la taille ni l’autorité pour faire ce que nous pouvons faire » dit-on chez les JSOC.

   Le président a, aussi, conféré au JSOC le pouvoir de choisir les individus à  mettre sur sa liste de cibles – et de les  tuer plutôt que de les capturer. Des critiques ont dénoncé cette chasse à l’homme individuelle, la considérant comme un assassinat, une méthode interdite par la loi américaine. Cette liste n’est en rien rattachée à une  liste similaire de la CIA, mais qui comporte moins de noms.

   Créée en 1980, mais réinventée ces dernières années, le JSOC est passé de 1800 personnes avant le 11 septembre à 25000, nombre qui fluctue en fonction des missions. Elle a son propre service de renseignement, ses propres drones, et avions de  reconnaissance, même ses propres satellites. Elle a aussi ses propres cyber-guerriers, qui, en septembre 2008, ont fermé tous les sites des djihadistes qu’ils connaissaient. Le secret est la marque de fabrique de cette unité ; quand ses membres travaillent au sein d’agences ou ambassades US, à l’étranger, ils se dispensent de porter l’uniforme, ou tout autre nom ou grade, au combat… Le JSOC prend ses ordres directement du Président ou du Secrétaire à la Défense et est  dirigé et sous le contrôle d’un commandement strictement militaire.

   Sous le Président Bush, les opérations du JSOC étaient rarement soumises au regard du Congrès, ni avant ni après d’ailleurs car les conseillers du gouvernement considéraient leurs activités comme « des activités militaires traditionnelles ». Obama a adopté exactement la même position  mais il a insisté pour que les opérations sensibles du JSOC soient présentées à un comité du Congrès spécialement sélectionné.

Force létale

   La première mission du JSOC en 1980, l’Opération Griffe de l’Aigle (Eagle Claw) consistait en une mission de sauvetage des diplomates retenus en otages par les étudiants iraniens à l’ambassade US à Téhéran et s’est terminée par une collision dans le désert et la mort de huit des membres de l’équipe. L’extrême  « discrétion » de l’unité engendrait la méfiance des chefs militaires traditionnels et on n’y eut plus recours.

   Le Secrétaire à la Défense, Ronald Rumsfeld, se gaussant de ce que la CIA avait pénétré la première en Afghanistan et frustré de la lenteur de l’armée, a insufflé une nouvelle vie à l’organisation. Le noyau du JSOC regroupe la Force Delta, le SEAL de la marine, le 24ème Special Tactics Squadront de l’armée de l’air, le 160th Special Operations Aviation Regiment de l’armée et le 75 Ranger Regiment.

   Le caractère dangereux de la JSOC s’est manifesté en décembre 2001, dans les montages de Tora Bora où, dans les nuits du 13 et  14 décembre, JSOC a tué tant de forces ennemies qu’il a fallu enlever les cadavres des combattants d’Al-Qaïda par camions le lendemain. Mais elle a aussi commis des fautes : le 1er juillet 2002, dans ce que la Rand Corporation a qualifié « la pire attaque dévoyée de toute la guerre » une équipe de reconnaissance de la JSCO  à la poursuite de Talibans est tombée dans une embuscade. Un AC 130 a tiré sur six sites dans le village de Kakarak ; tuant des centaines de civils. « L’incident du mariage » du nom qui lui a été donné parce que ceux qui assistaient à ce mariage ont été pris pour cible a convaincu les Afghans que les forces américaines n’avaient aucun respect pour la vie des civils.

   Il n’empêche que, le 16 septembre 2003, Rumsfeld a signé un ordre renforçant la position du JSOC comme centre mondial du contre-terrorisme, et établissant une liste de 15 pays et les activités permises selon certains scénarii avec les approbations préétablies pour les appliquer. En Irak et en Afghanistan, il n’y avait pas besoin d’autre accord pour toute action contre Al-Qaïda. Dans d’autres pays, comme l’Algérie, l’Iran, la Malaisie, le Mali, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, la Somalie et la Syrie-  les forces du JSOC devaient requérir l’accord tacite du pays concerné ou au moins un blanc seing des hauts échelons de la chaîne de commandement. Aux Philippines, par exemple, le JSOC pouvait entreprendre une action psychologique pour confondre ou piéger les agents d’Al-Qaïda, mais avait besoin d’une approbation de la Maison Blanche pour toute action mortelle…

   A l’automne 2003, le JSOC eut un nouveau commandant qui désirait en faire l’arme la plus efficace de l’arsenal du contre-terrorisme des Etats-Unis. De son perchoir de vice-directeur des opérations de l’Etat-Major, Mc Chrystal en était venu à croire qu’au plus niveau du gouvernement, on détestait prendre des décisions. Personne ne voulait avoir tort, aussi posait- on plus de questions ou ajoutait-on des procédures au processus.

   Mc Chrystal se devait donc de « se glisser hors du trou » de l’administration suffocante de Washington. Il déménagea son quartier général dans la base de Balad à 60 kms de Bagdad et s’installa dans un vieil hangar avec trois centraux de communications : un pour combattre les affiliés à Al-Qaïda,  un autre pour les extrémistes chiites dans le pays et un troisième pour lui-même pour contrôler toutes les opérations. (…)

Aucune guerre moderne n’est gagnée simplement par l’éliminationmathématique de l’ennemi

   Tuer l’ennemi était le morceau le plus facile, grâce aux immenses moyens technologiques, mais le trouver ne l’était pas. Mais grâce à Roy Apseloff, directeur du Centre National pour l’Exploitation des Médias, l’agence gouvernementale US pour l’analyse des documents saisis par la communauté du renseignement et les militaires, JSOC put recueillir un nombre considérable d’informations….

   L’autre défi était d’origine humaine : les interrogateurs étaient mal formés et ignoraient tout de leurs détenus, ne sachant quelle question poser, comment les poser efficacement… Avant même que les photos sur Abu Ghraib n’apparaissent en 2004, un rapport confidentiel avertissait que des éléments du JSOC battaient les prisonniers et les détenaient dans des endroits secrets. Lorsqu’ils ne trouvaient pas les hommes dans les maisons fouillées, ils emmenaient les femmes, les mères et les filles. Le rapport concluait au caractère contreproductif de ces méthodes pour obtenir le soutien des Irakiens.

   Une autre enquête sur le JSOC, en 2004, réalisée sur une période de quatre mois montra que les interrogateurs ne fournissaient aux prisonniers que de l’eau et du pain ; d’autres prisonniers étaient entassés dans des cellules si peuplées qu’ils ne pouvaient ni se tenir debout ni se coucher tandis que leurs gardiens jouaient de la musique à haut volume pour les priver de sommeil. D’autres encore étaient déshabillés, trempés dans de l’eau froide et ensuite interrogés dans des pièces à air conditionné ou dehors dans le froid. …

   Le caractère dangereux du JSOC ressort du nombre de morts qu’il fit. En 2008, en Afghanistan seul, ses commandos ont frappé 550 cibles et fait  à peu près un millier de morts. En 2009, ils ont exécuté 464 opérations et tué de 400 à 500 personnes. Lors de la descente de l’Irak dans le chaos, à l’été 2005, JSOC  conduisait 300 raids par mois….Mais si tuer signifie gagner la guerre, le livre sur le JSOC pourrait être écrit. Or, aucune guerre moderne n’est gagnée simplement par l’élimination mathématique de l’ennemi. Même à une époque d’armes « intelligentes » les accidents surviennent qui peuvent entraîner des reculs politiques majeurs.

   Chaque raid du JSOC qui a blessé ou tué des civils, détruit leur maison ou leur source de revenus est devenu source de plaintes si lourdes que leurs effets contreproductifs, jusqu’à ce jour, sont difficiles à évaluer. Le taux de précision dans la cible visée (individu, maison, business) est pour le JSOC de seulement 50%, ce qu’il considère comme un bon score…

   Lors des raids les plus durs, Mc Chrystal s’est souvenu de la description de Lawrence d’Arabie des « cercles de chagrin »  ou le choc émotionnel ressenti par des petits groupes de combattants devant les morts. Fortement influencé par la vie de Lawrence, Mc Chrystal a vu dans ses troupes, des forces tribales des temps modernes : dépendantes les unes des autres pour la survie et l’attachement…

   … Le Département à la Défense a assigné au JSOC un plus grand rôle dans un domaine non militaire, dont celui de suivre le flux de fonds des banques internationales vers les réseaux terroristes. Il l’a aussi engagé dans des « opérations psychologiques » rebaptisées « opérations militaires d’information » et a envoyé des petites équipes de JSOC en habits civils dans les ambassades US pour les aider dans leurs campagnes en direction des médias.

   Lors de son arrivée à la Maison Blanche, Obama a chouchouté l’organisation et s’en est servi plus que son prédécesseur. En 2010, il a secrètement dirigé des troupes du JSOC au Yémen pour éliminer les chefs d’Al-Qaïda dans la péninsule arabe. Le Printemps arabe a obligé la Maison Blanche à différer certaines opérations du JSOC.

   Mais en dehors de réseaux terroristes, l’ennemi de longue date du JSOC reste en fait la bureaucratie à Washington…

Version intérale : « Top Secret America : The Rise of the New American Security State » par Dana Priest et William M.Arkin

Washington Post - 2/9/11) –

Traduction (extraits) : Xavière Jardez

http://www.washingtonpost.com/world/national-security/top-secret-america-a-look-at-the-militarys-joint-special-operations-command/2011/08/30/gIQAvYuAxJ_story.html

Livre: http://www.amazon.fr/Top-Secret-America-American-Security...

http://www.france-irak-actualite.com/

Dana Priest et William M. Arkin (Washington Post - 2/9/11) –

http://www.france-irak-actualite.com/


4-2Francisco Vielma : Les tyrans pétroliers dans le monde.

Après la seconde guerre mondiale, les puissances triomphantes ont commencé une nouvelle phase de contrôle hégémonique sur le monde. Des facteurs tels que la position stratégique et l'énergie, ont été les principaux éléments qui expliquent l'intervention militaire, la guerre, l’interventionnisme politique, les coups d'État et les assassinats partout dans le monde entier, comme action spécifique et historiquement démontrée de pays comme les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France, entre autres. 

Mais il convient de s’arrêter au facteur énergétique. Comme nous le savons, l’énergie fossile est un élément clé dans le système économique mondial. C’est le produit qui fait marcher la planète. Le pétrole est la clé du système de production des pays développés, parce qu’ils n’ont pas su concevoir un système de développement au-delà des règles du capitalisme et du faux developpementisme, dans lequel la nature du capital est de croître indéfiniment, de croître ou de périr. Cela implique l’utilisation démesurée et accélérée des ressources naturelles comme le pétrole, qui se trouve à l’extérieur des pays développés. 

La clé de la survie des Empires, est le contrôle de l’énergie et des matières premières. C’est pourquoi, depuis le début du XXe siècle le contrôle politique de l’énergie des pays dotés d’énergie et de matières premières s’est déjà pratiqué. Ce contrôle a été imposé sur la base de l’inégalité, ce qui a évidemment historiquement favorisé les pays développés au détriment de la richesse des pays propriétaires de l’énergie et des matières premières, Cette inégalité a été imposée par le contrôle de la direction politique des pays dotés de ces ressources, par l’utilisation de la force militaire, ou par l’utilisation de règles inégales dans le commerce international. Concrètement dans le cas du pétrole, l’OPEP a pris naissance dans les années 1960 dans le but de défendre les intérêts des pays possesseurs de ce point.

Dans un cadre global inégal dans l’exploitation des richesses, dans commerce international injuste, dans des conditions injustes impliquant le pillage des richesses pétrolières des pays à des prix dérisoires, nous avons vu comment historiquement, dans la plupart des pays riches en ressources, leurs peuples ont été soumis à des conditions de pauvreté et d’inégalité. Un cas emblématique à cet égard, a été le Venezuela du XXe siècle, qui, alors qu’il était le principal exportateur de pétrole au monde de 1925 à 1960, a maintenu un niveau de pauvreté autour de 68 %. Les asymétries ont toujours été visibles, dans les pays riches en pétrole, c’est pourquoi s’y sont trouvés des secteurs sociaux qui ont exigé des changements dans l’utilisation de la richesse nationale, c’est pourquoi il y a eu des troubles politiques et sociaux qui sont clairement prévisible.

 

Les bouleversements sociaux et les changements politiques se sont produits par intermittence dans tous les pays riches en pétrole. Mais dans de nombreux cas, ces transformations n’ont pas eu l’approbation des pays développés, surtout des États-Unis, le pays qui consomme le plus de pétrole sur la planète. Les changements politiques dans les pays riches en pétrole qui n’ont pas été approuvés par les États-Unis, ont été précisément ceux qui imposent de nouvelles règles dans le commerce dans l’exploitation du pétrole et dans sa fourniture, par le biais de taxes, des concessions et de collecte de redevances. La création de conditions plus favorables pour les pays détenteurs de pétrole, met en péril la marge de profit des compagnies pétrolières transnationales et les sociétés captatrices de la richesse engendrée par la fourniture de cette matière première.

Historiquement les Etats-Unis dans leur quête de matières premières et d’énergie bon marché ont assuré ce pillage des pays du tiers-monde, en utilisant l’ingérence politique et dans beaucoup de cas l’ingérence militaire. Mais ces stratégies ne fonctionnent pas elles seules, car, après la seconde moitié du XXe siècle, ils utilisent les armes de propagande mondiale, de l’intermédiation des organismes internationaux et de l’utilisation d’alliances politiques pour sécuriser leur hégémonie. Les États-Unis et les membres de l’OTAN (organisation du traité de l’Atlantique Nord), après la deuxième guerre, se sont assuré un rôle de « policiers du monde ». Comme dans n’importe quel film où il doit y avoir les « good guys » il doit y avoir les « bad guys », qu’ils le soient vraiment, ou simplement parce qu’il est nécessaire de les diaboliser afin que les « good guys » puissent agir. C’est ainsi que les « tyrans pétroliers », ont été groupe de « bad guys » sélectionné dans le monde par les Etats-Unis, parce qu’ils sont particulièrement riches et « Tyrans ».

 

Beaucoup de dirigeants des pays riches en pétrole, ont été identifiés par les Etats-Unis comme « tyrans ». Tous les moyens de propagande mondiale ont été utilisés pour attaquer ces « tyrannies » et leurs dirigeants, toutes les formes d’ingérence politique visant à les renverser par tout moyen ont été utilisées, des organismes internationaux (comme l’ONU spatialement son Conseil de sécurité ont été utilisés pour imposer des sanctions sur ces pays et à l’occasion (pour diverses raisons) la guerre frontale a été utilisée contre ces pays pétroliers gouvernés par « tyrans ».

Certes, dans les pays pétroliers il y a eu des tyrannies, comme il ya pu en avoir dans n’importe quel lieu dans le monde. Mais la préférence ou des États-Unis et en Europe pour un tyran, ne dépend pas de son niveau de tyrannie, mais de la façon dont ces personnages traitent l’industrie pétrolière. Si le tyran gère l’entreprise en faveur des pays impériaux, il n’est pas un tyran, il est un « ami ». Si le tyran gère l’entreprise pétrolière dans une perspective nationaliste, c’est un tyran et un ennemi. Les Exemples sont multiples, examinons les !

Les bons tyrans

L’Arabie saoudite est gouvernée par une monarchie avec des dizaines d’années au pouvoir et dont le chef est le roi Abdullah bin Abdul Aziz, dans cette nation il n’y a pas de démocratie, mais une terrible ségrégation sociale et un processus systématique de violation des droits des femmes et des enfants. Ce n’est pas une tyrannie.

Le Venezuela a été gouverné pendant 4 ans à partir de 1988 et par Carlos Andres Perez, qui a envoyé à l’armée pour repousser les manifestations populaires de 1989, faisant plus de 6000 morts dans tout le pays soit au moment des émeutes, soit par la répression et la disparition systématique de personnes dans les jours suivants. Après cela, Pérez a été décrit par le père de George Bush, comme un « démocrate » exemplaire Il ne s’agissait pas d’une tyrannie.

L’Iran a été gouverné par Mohammad Reza Pahlavi connu comme le Shah ou l’empereur d’Iran de, qui fut roi de l’Iran du 16 septembre 1941 jusqu’à la révolution iranienne, le 11 février 1979. Il était le deuxième souverain de la dynastie Pahlavi. Il est célèbre pour avoir supprimé et interdit des partis politiques, pour avoir promu la ségrégation tribale et pour avoir appauvri le peuple iranien en favorisant les secteurs de l’aristocratie de pétrole. Son règne s’est maintenu par la répression. Cela n’était pas considéré comme une tyrannie.

Les exemples de tyrannies avec consentement impérial peuvent être infinis à s’effriter de l’histoire, mais ont tous un dénominateur commun : tous géraient de manière complaisante les richesses pétrolières dans l’inégalité des conditions pour leurs pays et en favorisant les intérêts économiques des transnationales étasuniennes.

 

Les mauvais tyrans

Regardons la liste des dirigeants des pays riches en pétrole, qui ont reçu le label de « tyrans ». Malgré les actions de ces personnages, dans tous les cas, leur description comme « tyrans » par les États-Unis et l’Europe, a apporté l’élément additionnel justifiant le renversement de ces régimes pour installer le système démocratique occidental et le développement du système économique capitaliste international. Certains d’entre eux ont été destitués par les États-Unis, par les méthodes déjà expliquées, d’autres ont donné naissance à des systèmes de gouvernement plus qu’eux-mêmes. Ce sont :

Mohammad Mossadegh : a été le premier ministre démocratiquement élu d’Iran, entre 1951 et 1953. Il est connu pour avoir décrété la nationalisation du pétrole le 20 mars 1951, mesure qui a conduit à l’intervention des États-Unis et la Grande-Bretagne qui financèrent un coup d’état organisé par la CIA en 1953, qui renversa Mossadegh et établit une dictature monarchique avec à sa tête le Shah Mohammad Reza Pahlavi. Il fut accusé de terrorisme international et d’avoir une attitude anti-étasunienne affectant les entreprises transnationales à partir de la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne. Après le départ de Mossadegh Les entreprises de pétrole, retombèrent aux mains de British Petroleum et Texaco, jusqu’à l’arrivée de la révolution islamique de 1979.

Cipriano Castro : était un militaire et politicien vénézuélien qui devint chef d’État de 1899 à 1908, premier président de facto après le triomphe d’une guerre civile et à partir de 1901, comme Président constitutionnel du Venezuela. Il proposa de nouvelles règles pour les taxes et les redevances des compagnies pétrolières lesquelles développaient des activités échappant au contrôle. Il entreprit des actions judiciaires spécifiquement contre la Compagnie « New York and Bermúdez, Co. » dans lesquelles la nation réclamait une indemnité de 50 millions de bolivars ; et, deuxièmement, il commence l’expropriation de l’Orénoque Steamship Co. Toutes deux compagnies pétrolières. Ces deux cas actions entraînèrent la rupture des relations diplomatiques entre le Venezuela et les États-Unis en 1908. Année où Castro fut renversé par Juan Vicente Gómez. Castro était décrit comme « tyrannique et incompétent » par les États-Unis juste après la rupture des relations diplomatiques. Sous le gouvernement de Gómez, le Venezuela devint le premier producteur mondial de pétrole, avec une fourniture préférentielle aux Etats-Unis à des prix bas et inhabituels, libres de redevances et offrant une rente préférentielle.

L’ayatollah Ruhollah Khomeiny était un imam et un Ayatollah chiites iraniens leader politico-spirituel de la révolution islamique de 1979 et qui le reste encore. Les puissances occidentales le considéraient comme un « leader messianique, dont les initiatives politiques mettaient en danger la stabilité internationale ». En 1979, il a renversé le Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Khomeiny a dirigé l’Iran jusqu’à sa mort en 1989. Iran nationalisa la compagnie pétrolière et créa de nouvelles règles en matière de taxes et de redevances, et fit des réformes pour faire bénéficier de grands secteurs de la société des ressources pétrolières. L’Iran est maintenant qualifié (comme au temps de Khomeiny) par les Etats-Unis de « sponsor international du terrorisme et de pays hors-la-loi et tyrannique ».

 

Saddam Hussein : fut 1979 à 2003 avec le soutien de la CIA un dirigeant irakien qui entreprit une guerre contre l’Iran pour renverser le gouvernement de l’Ayatollah. Son gouvernement dans les premières années, a eu le soutien des Etats-Unis des d’armes y compris des gaz et des armes bactériologiques qu’il utiliserait contre l’Iran. Hussein était un allié clé des Etats-Unis, jusqu’à ce qu’il décide de faire des réformes pétrolières dans son pays, l’Irak devint un membre clé de l’OPEP et décida d’attaquer le Koweït (ancienne province pétrolière de l’Irak) pour le rattacher. Après, cela a engendré « Tempête du désert » et la guerre Golfe où les Etats-Unis envahirent le golfe Persique, attaquant l’Irak et créant une zone de non survol. En 2003, au prétexte de l’existence d’armes de destruction massive, les Etats-Unis et d’autres partenaires de l’OTAN, envahirent l’Irak, capturèrent puis exécutèrent Hussein et maintiennent jusqu’à présent une occupation .Il n’y a jamais eu d’armes de destruction massive en Irak. Hussein a été décrit comme « dictateur et bailleur de fonds du terrorisme international ». A présent les accords pétroliers en Irak sont excessivement injustes envers l’Irak et ont tellement libéré la production que le pays en déjà ne fait déjà plus partie de l’OPEP.

 

Gamal Abdel Nasser : était un militaire et un homme d’État égyptien et le principal dirigeant politique arabe de son temps. Il fut président de l’Égypte de 1956 jusqu’à sa mort en 1970. Il nationalisa le Canal de Suez, provoquant une intervention militaire de l’Angleterre avec le soutien des Etats-Unis. L’Egypte, pays pétrolier et pays membre de l’OPEP, fit des réformes dans ce domaine, ce qui signifiait que Nasser était au centre d’attaques et de déstabilisation systématique, sa proposition de l’unité arabe est devenue une ingérence internationale plus constante. Après sa mort naturelle, de nouveaux groupes politiques prirent le pouvoir en l’Égypte, Sadate et puis Hosni Moubarak ouvrirent Égypte au marché libre avec l’Europe et les Etats-Unis, signant de nouveaux accords pétroliers préférentiels avec ces pays. 

Jaime Roldós Aguilera : a été président de l’Équateur de 10 août 1979 jusqu’au 24 mai 1981. Il est mort dans un accident d’avion qui selon de nombreux indices aurait été provoqué. John Perkins, présenté comme un « assassin économique » confirme les actions spécifiques de la CIA pour l’assassiner. Roldos proposa des réformes politiques majeures. Sur la question du pétrole Équateur avait à l’époque avec une production de pétrole naissante et les projections futures de gaz, l’intention de créer une entreprise de production nationale au moyen d’une excluant les sociétés transnationales. Il fut présenté par les Etats-Unis comme une « menace » et fut accusé d’être lié au réseau communiste international en seulement 2 ans du gouvernement. Après la mort de Roldos, l’Équateur, repassa sous le contrôle de la classe politique qui l’avait précédé. Le projet pétrolier de Roldos fut transporté vers le futur de telle façon qu’il se réalise aujourd’hui sous la direction de Rafael Correa, l’Équateur disposant de ressources énergétiques suffisantes pour se considérer comme un pays exportateur et être maintenant membre de l’OPEP.

Isaías Medina Angarita : Président de la République du Venezuela, de 1941 à 1945. Il a été renversé par un coup d’état « civil-militaire » dans lequel a participé le parti d’Action démocratique. Il décréta l’augmentation de la participation de l’Etat vénézuélien à 50 % des bénéfices du pétrole, établissant également l’obligation pour les titulaires de licences de payer, non seulement les taxes consacrées par cette loi, mais aussi toutes les taxes générales qui seraient instituées c’est pourquoi les compagnies pétrolières ont été soumises depuis au paiement de l’impôt sur le revenu. Les transnationales intéressées ont aidé à son renversement, appuyant les civils et les militaires, parmi lesquels on compte Marcos Pérez Jiménez, qui deviendra plus tard un dictateur, Medina Angarita a été accusé de « nationaliste dangereux ». Après son départ s’ouvre une autre étape dans la dynamique des concessions pétrolières vénézuéliennes. 

Ben Bella : gouverna l’Algérie entre 1962 et 1965. Ben Bella nationalisa les propriétés abandonnées par les français après la décolonisation, ainsi que d’autres entreprises clés de l’économie du pays. Il établit un régime socialiste fondé sur l’autogestion des petites et moyennes entreprises, entreprit une réforme agraire et conçut un programme de libération des femmes, les encourageant à abandonner le voile et à s’intégrer dans la vie sociale et politique. LE pétrole comme ressource principale de l’Algérie fit l’objet de réformes. Ben Bella a été renversé et emprisonné pendant 10 ans. Il a été accusé de pratiquer la tyrannie et la persécution politique. Après son renversement, les conservateurs au pouvoir sont devenus des alliés de l’Amérique au Maghreb. 

Mahmoud Ahmadinejad : actuel président de la République islamique d’Iran, depuis le 2 août 2005. Il a continué la politique pétrolière de son pays mise en œuvre depuis le début de la révolution islamique. Cette politique a été très nationaliste et a conduit à l’Iran à une place de puissance moyenne, étant le pays le plus puissant en Asie centrale et l’un des plus influents du golfe Persique. Ahmadinejad et l’Iran sont considérés comme ennemis des Etats-Unis comme parrains du terrorisme international et « obstacle à la paix dans le monde ».ils insistent sur le fait que le programme nucléaire iranien est pacifique (pour la production d’électricité, le dessalement d’eau de mer à usage humain et à des fins médicales) a, à la demande des membres de l’OTAN, engendré des sanctions économiques pour l’Iran. L’Iran est soumis à de possibles actions militaires des États-Unis étant considéré comme une menace contre Israël et le monde occidental par sa possible puissance militaire nucléaire, chose qui n’a pas été confirmée et l’Iran a nié en se soumettant à l’inspection internationale de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). La droite républicaine américaine au complet, demande à Barak Obama d’agir militairement en Iran, d’envahir ce pays pour « sauvegarder la paix et la sécurité des Etats-Unis ». 

Kadhafi : dirigeant libyen installé au pouvoir depuis 1969 et qui, depuis les années 1970 a nationalisé l’industrie pétrolière. Bien qu’actuellement l’activité pétrolière ne soit pas entièrement nationalisée, la Libye recèle près de 50 milliards de pétrole ultraléger, le plus convoité et qui avant le conflit de 2011 était dirigé vers l’Europe à raison d’environ 1 600 000 barils par jour. La Richesse de la Libye est estimée à 200 milliards de dollars en dépôts dans les banques européennes. Depuis la politique Kadhafi la Libye est considérée comme un pays hors-la-loi, il a traversé des moments d’isolement international, dont il est sorti seulement après une ouverture de Kadhafi à l’investissement International, principalement français, italien et britannique. Au début de 2011, les tribus hostiles à Kadhafi, conjointement avec la coopération internationale de mercenaires armés, ont pris des postes militaires du gouvernement, y ont pris l’armement et ont entamé une rébellion contre Kadhafi en essayant de créer une République séparatiste dans l’est pétrolier du pays. Kadhafi a répondu militairement. Les médias internationaux et la diplomatie internationale où les USA ont joué un rôle de premier plan, ont soulevé la nécessité de prendre des mesures contre Kadhafi puisqu’il attaquait des« civils sans défense, qui réclamaient la liberté ». Au moment de la rédaction de cette note, il y a des sanctions économiques et militaires et la création d’une zone d’exclusion aérienne en Libye permettant le bombardement par les États-Unis et la France, avec la collaboration des membres de l’OTAN.

Tripoli est assiégée et les habitants massacrés dans les rues par des mercenaires séditieux et infiltrés, représentant la dissidence du soi-disant Conseil national de transition, soutenu par l’Occident.

Les comptes de la Libye en Europe ont été gelés sans qu’on connaisse leur avenir, confisquant les richesses du peuple et de l’État libyen pour asphyxier Kadhafi. Le maintien au pouvoir de Kadhafi est incertain. 

Hugo Chávez : dirigeant vénézuélien élu depuis 1998. Avec un Discours anti-impérialiste et une action progressiste, il a fait 2 changements à la Loi sur les hydrocarbures, donnant la priorité à l’État dans la capture des revenus pétroliers et le revenu par la redevance. Il a renationalisé la compagnie pétrolière, mettant un terme à « l’ouverture pétrolière » de la présidence précédente. Après un sabotage pétrolier, il a repris le contrôle complet de l’État sur PDVSA et commence une nouvelle étape dans la politique pétrolière nationale, où l’entreprise d’Etat est le principal actionnaire et l’unique gérant de l’économie pétrolière. Chavez, accusé de « Communiste » par les États-Unis, a subi un coup d’état en 2002, mais deux jours plus tard il a été réinstallé à son poste par les militaires et les civils qui le soutenaient. Il a été constamment accusé par les médias internationaux et la diplomatie étasunienne et européenne de financer le terrorisme international (FARC, ETA, HEZZBOLLAH, le HAMAS et Al-Qaïda), de mettre fin à la liberté d’expression, d’emprisonner ses ennemis politiques et d’entraîner son pays dans la pauvreté grâce à sa version du communisme. Le Venezuela est le pays qui détient les plus grandes réserves de brut lourds et ultralourds certifiées et vérifiés dans le monde, environ 296,5 milliards de barils. Hugo Chávez est la cible de toutes sortes d’attaques politiques et de complots dans son pays, par le biais de secteurs d’opposition principalement constitués par les groupes politiques et économiques (médias, partis et associations) liés aux Etats-Unis qui détenaient la richesse et le pouvoir avant son arrivée. Les gouvernements antérieurs ont conduit des politiques pétrolières préjudiciables à l’intérêt national et en faveur du premier client du pétrole du Venezuela : les Etats-Unis.

 

La liste est trop courte pour intégrer les cas de pays comme le Nigeria, l’Indonésie et le Gabon, qui ont été membres de l’OPEP, comme aussi le cas des autres pays pétroliers à l’extérieur de l’OPEP. Dans un monde aux ressources de plus en plus limitées, les puissances consommatrices et surtout les Etats-Unis et l’Europe, ont lancé une nouvelle étape dans la chasse aveugle au pétrole que ce soit par les voies régulières de l’entreprise, par la subordination politique des producteurs ou par une intervention militaire directe. 

N’apparaissent pas dans cette note, les tyrans anonymes du pétrole, ceux qui gèrent les sociétés pétrolières transnationales qui bénéficient de ces méthodes pour le contrôle de l’énergie. Des entreprises comme Exxon, Halliburton, Chevron, BP, ENI, Shell, entre autres, ont participé ouvertement au financement des politiciens aux États-Unis et en Europe, au soutien aux forces militaires, à la création de lobbies internationaux en soutien à l’ingérence la guerre et au pillage de la richesse des pays visés. 

La raison du captage du pétrole bon marché, par les pays développés et même de puissance émergentes comme la Chine, le Brésil et l’Inde, consiste à externaliser les dépenses, à maintenir le système de production et de consommation mondial. Externaliser les coûts, implique baisser le prix des matières premières à un niveau ridicule, afin de produire à bas prix et ainsi maximiser les profits, dans le même temps de mettre les biens de consommation sur une grande échelle au niveau mondial. Cela indique que, dans la continuité du système mondial capitaliste, aucun pays détenteur de ces matières premières(ne peut éviter ((être soumis (pacifiquement ou violemment) aux intérêts du système de domination mondiale. 

Les guerres du pétrole, sont une réalité de notre temps. Nous avons vu le cas de l’Irak et de la Libye, comme les menaces contre l’Iran. Dans le même temps, il convient de souligner les menaces directes et indirectes contre le Venezuela, se souvenant de sénateur Paul Coverdell, qui, comme Rapporteur du Plan Colombie « pour contrôler le Venezuela, il est nécessaire d’occuper militairement la Colombie ». À présent les Etats-Unis ont 7 bases en Colombie et 6 bases dans les Caraïbes, toutes entourant le Venezuela. 

Le système des médias internationaux dans les mains des intérêts transnationaux, ont pratiqué la soi-disant « fabrication du consentement » tant au sein des frontières de l’Europe que dans l’arène de l’opinion publique mondiale. Cela consiste à créer l’approbation, créent une masse critique, d’adopter les motifs des guerres et des invasions. Ils ont fabriqué et protégés des tyrans, comme nous l’avons dit, cela dépend sur complaisants qu’ils sont les intérêts économiques des pouvoirs. De cette façon, l’Empire a fait leurs villages dans le service des guerres, assumant un rôle de police dans le monde et en leur faisant croire leurs peuples que ces mesures d’interférence sont dus à des raisons liées à la paix et la sécurité des américains et des européens dans leur propre territoire et d’aide humanitaire. N’oubliez pas que le cas de l’Irak, a été le cas d’une « guerre préventive », c’est-à-dire, envahir l’Irak pour éviter l’attaque avec des armes de destruction massive qui n’a jamais existé, en Europe et aux USA. Ils omettent et refuser, l’entreprise transnationale découlant de la guerre dans les pays occupés.

 « Pour voir les fanons de votre voisin brûler, mets les tiens à tremper », explique une expression populaire. Est laissée à la réflexion des pays possédant des Richesses naturelles et ses peuples, la compréhension du cycle historique de notre temps. Une ère de respect pour le droit international, la fabrication des « raisons de guerre » et les actions plus flagrantes des pouvoirs et ses multinationales par des ressources.

Combien de tyrans de pétrole ont été ou sont en fait une telle chose ? Quelques tyrans de pétrole n’ont jamais été ni ne seront appelés comme tel ? Seule la mémoire vivante des peuples a réponse à cette question. Cela nous ne le saurons jamais par CNN, ni par la voix officielle des maîtres du monde.

Mais pour déchiffrer la relation tyrannie-pétrole nous pouvons appliquer le principe du rasoir d’Occam (principe philosophique selon lequel, lorsque deux théories égales ont les mêmes conséquences, la théorie qui a le plus de chances d’être correcte est la plus simple). Exprimé en ces termes : qu’est ce qui est le plus probable ?

Option A :

Partout dans le monde Les pays riches en pétrole, indépendamment de leur latitude et de leur culture, pour des raisons inexpliquées, ont une forte propension à être dirigés par les tyrans terroristes.

Option B :

Les Etats-Unis et l’Europe qualifient tyran à tout dirigeant d’un pays de pétrole qui touche aux entreprises transnationales.

L’option la plus simple dans ce cas, est probablement en appliquant le rasoir d’Occam, est l’option B, étant la plus simple au premier abord, et étant confirmée par les lignes qui précèdent et étant une réalité inscrite dans l’histoire des pays victimes de l’impérialisme comme étape suprême du capitalisme.

Mon dernier message au lecteur :

Si vous vivez dans un pays pétrolier et si votre pays est gouverné selon CNN par un « tyran », n’oubliez pas qu’il est dans le collimateur d’intérêts transnationaux. Votre pays, est un pays de hors-la-loi. Il est probable que des soldats viennent de l’étranger pour vous « libérer » vous et les vôtres, qu’il est possible qu’ils entrent dans votre maison et vous soumettent vous et les vôtres. N’oubliez pas, que lorsque des soldats étrangers, certainement étasuniens sont dans votre pays, ils ne vous entendront probablement pas si vous criez que vous n’êtes pas un terroriste, parce que vous faites partie de l’ennemi. Pas plus qu’ils ne vous entendront vous si vous insistez sur le fait que vous étiez contre la « tyrannie », car vous faites partie de l’ennemi. Comprenez que vous êtes considéré un ennemi, si de l’occupation de leur pays par une force étrangère vous déplait. Comprenez que, que vous sympathisiez ou non avec votre « tyran », vous serez un ennemi de tout citoyen au sein des frontières des Etats-Unis, surtout si ce citoyen américain est un soldat, est dans l’obligation de vous tuer ou de vous arrêter ou de vous torturer. Sachez que s’ils viennent pour votre pétrole, passera sous occupation par une force étrangère pour des années, et il faudra des décennies pour que votre pays atteigne une situation économique favorable et équitable. Mais voyez le côté positif ; ce qui a conduit ces forces étrangères à « libérer » votre pays, prendra fin, le tyran et le pétrole disparaitront. Et puis ils s’en iront. Ceci suggère que plus jamais ils ne « libéreront » votre son pays pour ces mêmes raisons. A moins que ne surgisse une autre ressource et que surgisse ensuite un autre tyran qui veut la gérer pour votre bien. Mais ceci est déjà une autre histoire.

Francisco Vielma. Sociologue

1er septembre 2011

Source : COMAGUER


4-3 Tony Cartalucci : Le Retrait Des Troupes US D’Irak =Très Suspect - Israël Contrôle les Ventes d’Armes de l’Allemagne."...Les US sont en fait entrain de colporter l’illusion qu’ils retirent leurs billes d’Irak, ne laissant qu’une force symbolique pour une raison - une raison qui a à voir avec la manœuvre finale jouée contre l’Iran, le dernier domino à tomber dans le «Printemps Arabe» inventé par les US. Il y a deux scénarios possibles..."

Depuis 10 mois l’administration Obama a dirigé le «Printemps Arabe» un processus géopolitique programmé depuis des années et exécuté simultanément dans plusieurs pays au Moyen Orient et en Afrique du Nord début 2011. La conflagration régionale a été alimentée par un flot constant de démentis même de surprise feinte, avec soutien clandestins par les US des groupes d’opposition, puis un soutien plus ouvert et finalement des frappes de l’OTAN, armes, entraînement, et des opérations de forces spéciales mis à disposition de la rébellion en Libye et des armes et soutien aux militants en Syrie. Ces efforts collectifs se déployant de la Tunisie jusqu’aux portes de l’Iran serve un agenda particulier - c'est-à-dire contenir et finalement faire échouer la réémergence de la Russie de même que de contenir la montée en puissance de la Chine.
Renverser l’Iran
Cet agenda déclaré comprend le renversement du gouvernement d’Iran et son intégration dans »l’ordre international » de Wall Street - Londres. Les efforts pour renverser le gouvernement en Syrie par les groupes d’oppositions armés semble-t-il soutenus par les US visent à isoler et provoquer la République islamique pour justifier des représailles acceptables par les US ou Israël (ou les deux). Comme on l’a rapporté de multiples manières le document contenant les plans précis que ces stratèges ont conçu c’est le rapport «Which Path to Persia « du Brookings Institution financé par les 500 plus grosses fortunes. Dedans on y déclare spécifiquement :
« … Ce serait bien préférable si les US pouvaient citer une provocation iranienne comme justification pour les attaques aériennes avant de les lancer. Evidemment, le plus choquant, le plus mortel et le moins provoqué cette action de l’Iran, le mieux cela serait pour les Etats Unis. Bien sûr se serait très difficile pour les US d’inciter l’Iran à une telle provocation sans que le reste du monde ne reconnaisse ce jeu, ce qui le saperait. (L’une des méthodes qui pourrait avoir du succès c’est de pousser clandestinement à des efforts pour changer le régime dans l’espoir que Téhéran lancerait ouvertement des représailles, ou semi ouvertement, qui pourraient alors être décrites comme un acte d’agression iranien non provoqué). »
La « Révolutions Verte » de 2009 était justement une telle tentative de « changement de régime clandestin » pour «inciter l’Iran à une telle provocation » bien que cela ait échoué lamentablement. Il semble qu’en plus de financer, armer, et héberger le groupe terroriste MEK (Mujahedin -e Khalq), les US ont également pris sur eux de fabriquer totalement de « telles provocations ». Le complot récent du DEA d’assassinat de l’ambassadeur saoudien annoncé par le procureur général Eric Holder vacille sérieusement surtout depuis que l’Iran a affirmé pour le nier que le membre supposé des Forces Quds que les US disent impliqué pourrait être en fait un membre de l’organisation terroriste citée ci-dessus MEK soutenue par les US. Les US ont tout fait pour pousser l’Arabie Saoudite à adopter une position plus dure contre Téhéran. Le rapport du Brookings le disait en 2009 :
« Par exemple, l’Arabie Saoudite est totalement apoplectique concernant le programme nucléaire iranien, de même que leur ingérence au Liban, en Irak, et dans les territoires palestiniens. Pourtant jusqu’à présent, Riyad a fait clairement comprendre qu’ils ne soutiendraient pas d’opérations militaires d’une quelconque nature contre l’Iran. Cela pourrait certainement changer mais difficile d’imaginer ce que cela nécessiterait. »
« … Difficile d’imaginer ce que cela nécessiterait ». Peut être des terroristes MEK se faisant passer pour des Forces de Quds manipulant un drogué vendeur de voitures d’occasion pour arranger un complot pour tuer l’ambassadeur saoudien et puis accuser l’Iran.
Avec le sort de la Libye pas résolu, des troupes US à la fois en Irak et en Afghanistan et une vigueur renouvelée envers la Syrie après la chute supposée du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, il est fort peu probable que les US aient abandonné leurs plans pour finalement renverser le régime iranien comme ultime cible de cette campagne régionale. En fait, un grand nombre dans l’administration Obama ont été les supporters les plus enthousiastes pour exécuter le but final de cette stratégie à long terme démarrée sous l’administration Bush. Le candidat à la présidentielle de 2008 John MacCain et bien sûr toute la troupe des décideurs politiques non élus financés par les multinationales appartenant aux bureaux du Brookings Institution, du Foreign Policy Initiative, et de l’American Enterprise Institute (AEI) ont été des plus désireux de faire avancer tout le temps cet agenda.
Que ces décideurs politiques -qui ont aidé à concevoir et soutiennent actuellement la politique d’Obama - boudent maintenant la décision d’Obama de retirer les troupes d’Irak alors qu’en fait Obama ne l’a pas décidé et ne prendra jamais de telles décisions est très suspect. Kenneth Pollack, l’un des co-auteur du rapport «Which Path to Persia » a exprimé il y a peu sa consternation dans un article intitulé “ “With a Whimper, Not a Bang.” «Pas de Bang, un Gémissement ». Fréderic Kagan l’architecte derrière le « renforcement des troupes » en Irak de l’AEI financé par les multinationales c’est également plaint dans un article intitulé « Obama abandons Irak » « Obama Abandonne l’Irak ». Kagan affirme explicitement que le retrait «ce serait satisfaire le seul objectif le plus important que Téhéran poursuit depuis des années - le retrait complet des forces militaires US d’Irak. »

Scénarios Possibles
Les US sont en fait entrain de colporter l’illusion qu’ils retirent leurs billes d’Irak, ne laissant qu’une force symbolique pour une raison - une raison qui a à voir avec la manœuvre finale jouée contre l’Iran, le dernier domino à tomber dans le « Printemps Arabe » inventé par les US. Il y a deux scénarios possibles :

1.Laisser une petite force symbolique que les Iraniens attaqueront en Irak après une attaque aérienne « unilatérale » israélienne. Quoique décide de faire l’Iran il pourrait ne pas pouvoir le faire de façon soutenue mais le fera lors des premières phases vicieusement. En laissant une force symbolique en Irak les US peuvent obtenir la sympathie nécessaire et la colère politiquement parlant en interne pour lancer une opération plus large contre l’Iran en « représailles ».

2. Feindre de se désengager du Moyen Orient et quand une attaque terroriste sous faux pavillon ou une autre provocation est commise contre les US cela aura l’air d’un acte de guerre énorme de l’Iran. Tandis qu’une présence réduite des US au Moyen Orient devrait créer encore plus de patience à Téhéran les scénaristes du dernier complot pour assassiner l’ambassadeur saoudien ont bien pris soin de dire que « l’Iran est devenu audacieux » un point de discussion répété à l’envie dans les airs et mis dans l’esprit des Américains crédules.
C’est plus que de la simple spéculation. Dans le rapport de la Brookings Institution, « Which Path to Persia «pratiquement toutes les mesures extrêmes proposées dans le rapport ont été exécutées. Les seules options restant sur la table non utilisées incluent une attaque aérienne unilatérale ayant pour but de provoquer des représailles significatives faisant ainsi entrer les US en guerre contre l’Iran et toute une panoplie d’options pour provoquer une invasion à grande échelle.
Dans une partie du rapport intitulé « Leave it to Bibi : Allowing or Encouraging an Israeli Military Airstrike » - Laissez faire Bibi : autorisé ou encouragé une frappe militaire aérienne israélienne ( page 89 , page 102 voir document pdf joint à gauche de la photo) il semble que les services secrets israéliens travaillent aussi avec l’organisation terroriste MEK :
« Les opérations des services secrets israéliens contre l’Iran ont été intensifiées bien avant et incluaient l’utilisation de tierces parties pour publier la menace iranienne sans révéler la main d’Israël. Les programmes secrets d’enrichissement et de réacteur à eau lourde de l’Iran ont été rendus publics en Août 2002 par un groupe dissident iranien ( the Mujahedin- e Khalq - - - MEK ndlt) qui a dit on reçu l’information involontairement des services secrets israéliens. »

Le rapport continue en parlant d’une attaque israélienne autorisée par les US :
« Cependant, comme noté dans le chapitre précédent, les attaques aériennes en elles-mêmes sont en fait simplement le début de cette politique. Les Iraniens de nouveau reconstruiraient leurs sites nucléaires. Ils mèneraient probablement des représailles contre Israël et pourraient mener des représailles contre les US aussi ( Ce qui pourrait créer un prétexte pour des frappes aériennes américaines ou même une invasion »).
Autoriser les Israéliens à attaquer par air et sacrifier des troupes US au sol en Irak comme prétexte pour élargir la guerre est très certainement une possibilité. Le rapport continue en affirmant la nécessité de maintenir un certain niveau de déniabilité plausible concernant les frappes aériennes israéliennes. Des troupes US en Irak impliqueraient par défaut l’Amérique dans toute frappe aérienne israélienne nécessitant de survoler l’espace aérien irakien. Des troupes US » entrain de se retirer » d’Irak pourraient peut être réduire de telles implications et feraient de même apparaître des représailles iraniennes comme encore plus «choquantes, mortelles, et non provoquées ».
Nous pouvons être sur qu’après des années de mise en application d’un agenda élaboré avant sa présidence Obama n’a pas brusquement décidé unilatéralement de retirer les troupes d’Irak. La duplicité de son administration et son ardeur à l’égard du « Printemps Arabe » concocté par les US tout ceci nous montre que l’agenda global inclue aussi d’encercler et de renverser le gouvernement en Iran. Cela n’a pas échappé à l’attention de la Maison Blanche qu’un retrait d’Irak fournirait à l’Iran un espace pour respirer très convoité et diminuerait de manière importante l’influence des US au Moyen Orient.
Tout comme le faux rapprochement entre l’Occident et Kadhafi de Libye avant que les US ne réarment, réorganisent, et lâchent le Libyan Islamic Fighting Group ( LIFG) quand l’Occident revient tourmenter Téhéran il reviendra avec l’idée de vengeance. Surveillez Israël pour leur attaque et les US complices attendant une nouvelle fois de « diriger en coulisse ». Et si vous avez quelqu’un que vous connaissez dans l’armée US stationné en Irak restant derrière préparez vous au pire absolu. Comme Henri Kissinger l’a dit une fois brutalement : « les soldats sont des animaux débiles, stupides à utiliser comme pions pour la politique étrangère. » (Woodward and Bernstein The Final Days in chapter 14). Certainement que quelques GI’s morts en Irak après des représailles iraniennes pour une attaque aérienne israélienne seraient effectivement les pions dont la « politique étrangère » a besoin pour avancer.
On peut simplement espérer que cette analyse pessimiste est complètement fausse et que les US sont dépassés et ont simplement décidé de se retirer du champ de bataille et finalement de l’Empire. Cependant si l’instabilité continue de se développer en Syrie, ce qui est principalement une guerre US de proxy de basse intensité contre Damas et par conséquent contre Téhéran on peut être sur que tout optimisme sera rapidement écrasé contre le mur par les oligarchies multinationales financières de Wall Street-Londres.
PS/MD : Obama affirme que toutes les troupes américaines partiront d'Irak. Ce qu'il oublie de dire c'est que 16 000 membres du personnel de l'ambassade US - la plus grande du monde - située dans la Zone Verte à Bagdad et dont un bon nombre sont des agents de renseignements et autres agents de forces spéciales militaires vont rester à demeure de même que 5000 agents de sécurité appartenant à des sociétés privées (des mercenaires).

Des "pions" pour utiliser le vocabulaire de Kissinger dans la "politique étrangère" US en Irak ?

Israël contrôle les ventes d’armes de l’Allemagne au Moyen Orient

Selon un article du quotidien allemand Der Spiegel, Israël a donné son feu vert au gouvernement allemand pour la vente de tanks à l’Arabie Saoudite. Début 2011 ce dernier avait demandé au premier ministre israélien Benjamin Netanyahou son opinion sur la vente de ces armes.
« Israël n’avait pas d’objection à ce moment là. Des contacts entre Jérusalem (al-Quds) et Riyad s’étaient améliorés les années précédentes, l’Arabie Saoudite devenant l’un des alliés les plus importants d’Israël dans le combat contre le programme nucléaire iranien. Le gouvernement des US a aussi donné son accord »

Selon la politique du ministère de la défense allemand, aucun gouvernement n’est autorisé à vendre d’équipement militaire à un état arabe à cause des intérêts sécuritaires d’Israël.

Début Juillet le Der Spiegel a révélé que le gouvernement de Merkel et son cabinet avait approuvé la vente de plus de 200 tanks de type Leopard 2A7 à l’Arabie Saoudite. Cette décision a été critiquée par des partis d’opposition compte tenu du fait que l’Arabie Saoudite est intervenue militairement en début d’année en envahissant le Bahraïn à la demande de la dictature royale des Al Kalifah pour y réprimer par la violence des manifestations demandant plus de démocratie dans ce pays.

Cette décision montre à quel point l’Allemagne est soumise au régime sioniste.

Mais aussi dans le contexte du « Printemps Arabe » - dont Ryad contribue également à tirer les ficelles en coulisse (Syrie, Libye, Yemen)- comment l’Arabie Saoudite s’est alliée avec Israël le feu vert de Tel Aviv à la vente de tanks allemands à Ryad en étant une preuve éclatante.
Après tout si l’armée israélienne ne peut pas utiliser l’espace aérien irakien pour aller bombarder les installations nucléaires iraniennes, les Saoudiens se feront un plaisir d’ouvrir le leur, juste retour d’ascenseur !
Alors ces tanks allemands vendus aux Saoudiens contre qui vont-ils servir ? A réprimer dans le sang les manifestations shi’ites dans les émirats du Golfe et en Arabie Saoudite si l’Iran est bombardé puisqu’il existe un accord de coopération militaire entre ses pays ?
Mireille Delamarre

Dimanche 23 Octobre 2011

Tony Cartalucci - traduction info + Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org/Le-Retrait-Des-Troupes-US-D-Irak-Tres-Suspect-Israel-Controle-Les-Ventes-D-Armes-De-L-Allemagne_a2506.html

 



5 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

5 Iran: Les USA doivent retenir les leçons de la guerre en Irak

Publié le 18/11/2011

Justin Logan :

·         Les Américains devraient réfléchir longuement et sérieusement avant de se laisser vendre l’idée d’une nouvelle guerre, en Iran, par les mêmes personnes qui ont mené l’Amérique en Irak.

 

·         Au cours des 10 dernières années, l’Amérique a mené des guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye, et à travers la péninsule arabique. La dernière chose dont elle a besoin aujourd’hui, est une autre guerre dans le monde musulman.

·         La première raison est que l’Iran, malgré les rapports des médias, n’est pas en train d’acquérir une arme nucléaire. Comme le rapport de l’AIEA l’a indiqué, il n’y a pas eu de détournement de matières fissiles provenant d’installations connues à l’intérieur de l’Iran, et sans matières fissiles que les Iraniens pourraient enrichir aux niveaux requis pour une arme nucléaire, ils ne peuvent pas passer au nucléaire militaire. L’Iran aurait besoin soit de mettre à la porte les inspecteurs et de détourner ses stocks existants, ou bien développer d’importantes installations d’enrichissement, sans être détecté par le monde extérieur. Mettre à la porte les inspecteurs serait facilement observable, et il est peu probable que l’Iran dispose d’installations secrètes suffisantes pour y produire des armes nucléaires dans un avenir proche.

·         En outre, bombarder l’Iran ne ferait que retarder, et non arrêter, son programme nucléaire. Cela conforterait par ailleurs les Iraniens dans la croyance qu’ils ont besoin d’une bombe pour se protéger des États-Unis et Israël. Les différentes leçons enseignées par l’Irak et la Libye d’une part, et la Corée du Nord, de l’autre, deviendraient encore plus âpres. La campagne de bombardement massif qui serait nécessaire pour atteindre les sites importants en Iran risque aussi de rallier la population iranienne derrière un régime qui a grandement perdu en légitimité depuis des années. La réponse probable de l’Iran pourrait transformer le Moyen Orient tout entier – y compris Israël, l’Irak et l’Afghanistan – en un chaudron de la violence.

·         Il y a huit ans, l’establishment de la politique étrangère des deux partis démocrate et républicain a conduit le peuple américain dans une guerre en Irak qui a eu des conséquences dévastatrices pour l’Amérique et pour le monde. Beaucoup de ces mêmes élites sont actuellement en train d’appeler à une autre guerre au Moyen-Orient. Chat échaudé craint l’eau froide, en règle générale : les Américains devraient donc réfléchir longuement et sérieusement avant de se laisser vendre l’idée d’une autre guerre par les mêmes personnes qui ont mené l’Amérique en Irak.

Publié le 18/11/2011

Justin Logan (*),depuis Washington D.C., États-Unis
Article publié en collaboration avec UnMondeLibre

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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26/11/2011

n°521 - Journal d'Irak - du 27/10 au 25/11/11 - a1ip I? - 27/10 au 25/11/11 : Bush et Blair coupables de crimes de guerre.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°521                     du 27/10   au        25/11/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Tiré à part :

Bush et Blair coupables de crimes de guerre.

Richard Labévière : De New-York à Kaboul, Mythes et réalités de la Global War On Terror.

Feurat Alani : « A Falluja, des bébés déformés naissent presque tous les jours ».

Ramzy Baroud : La guerre d’Irak est finie, mais …le parti de la guerre persiste…

Afghana : Germe d’une nouvelle guerre avec le Koweït.

Lorientlejour : Avertissement implicite de Clinton à l'Iran: Pas d'intervention en Irak.

2 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

Alex Lantier : Un câble publié par WikiLeaks confirme les rapports sur le massacre américain de civils irakiens

Politique

4 Les alliés (des Usa)

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1Tarek Aziz - L'autre vérité", Award du meilleur documentaire.

6 Les brèves

6-1 LEMONDE.FR avec AFP : Des Irakiens accusant l'armée britannique de torture obtiennent gain de cause.

6-2 Gilles Munier : Mustapha Abdeljalil va dénoncer un complot baasiste à Bagdad.

6-3 TECHNIP : Signature de deux contrats d’études en Irak.



1 Tiré à part :

Bush et Blair coupables de crimes de guerre.

Mercredi 23 Novembre 2011

Occident, impérialisme et crimes de guerre: Bush et Blair officiellement coupables de crimes de guerre devant une cour contre les crimes de guerre…

Nous avons traduit ici une brève nouvelle émise par Press TV la chaîne iranienne de langue anglaise, info qui bien sûr et comme de bien entendu n’est absolument pas relayée par les médias larbins occidentaux, à savoir que Bush et Blair ont été tous deux reconnus coupable de crimes de guerre et de génocide par une cour de justice contre les crimes de guerre siégeant à Kuala Lumpur en Malaisie.
Les juges vont presser pour que les deux criminels notoires soient inscrits sur le registre des criminels de guerre pour un transfert du dossier au TPI… Que les Etats-Unis ne reconnaissent bien évidemment pas !…
Que Sarko, Berlu, Cameron se rassurent, pour la Libye, ils seront de la prochaine charette… 
Bush et Blair coupables de crimes de guerre
Press TV
Le 23 Novembre 2011
Un tribunal pour crimes de guerre a trouvé l’ancien président américain George W. Bush et l’ancien premier ministre britannique Anthony Blair coupables de crimes de guerre pour leurs rôles dans la guerre d’Irak.
Le panel de cinq juges du tribunal de Kuala Lumpur (Malaisie) pour crimes de guerre a décidé que Bush et Blair ont commis un génocide et des crimes contre l’humanité en menant l’invasion contre l’Irak en 2003, a rapporté un correspondant de Press TV Mardi.
En 2003, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne envahissaient l’Irak en bafouant la loi internationale et sous le prétexte de trouver des armes de destruction massive qui avaient soi-disant été stockées par l’ex-dictateur Saddam Hussein.
Les juges du tribunal malais ont décidé que la décision d’entrer en guerre contre l’Irak, prise par les deux anciens chefs de gouvernements, était un abus flagrant de la loi et un acte d’agression qui mena à des massacres de grande ampleur sur le peuple irakien.
Les bombardements et d’autres formes de violence devinrent monnaie courante en Irak peu après l’invasion du pays menée par les Etats-Unis.
Dans leur verdict, les juges du tribunal ont également déclaré que les Etats-Unis sous le leadership de Bush, ont fabriqué des documents pour faire penser que l’Irak avait des armes de destruction massive.
Quoi qu’il en soit, le monde apprît par la suite que l’ancien régime irakien ne possédait pas d’armes de destruction massive et que les Etats-Unis et la Grande Bretagne le savaient depuis le départ.
Plus d’un million d’Irakiens ont été tués durant l’invasion en accord avec l’organisation d’enquête basée en Californie Project Censored.
Les juges ont aussi dit que les décisions de la cour devraient être fournies aux signataires des Statuts de Rome, qui ont établis le Tribunal Pénal International (TPI) et ont ajouté que les noms de Bush et de Blair seraient listés sur le registre des criminels de guerre.


Richard Labévière : De New-York à Kaboul, Mythes et réalités de la Global War On Terror.

1er mai 2003. Sur le porte-avions USS Abraham Lincoln, le président américain George W. Bush annonce avec fierté la fin des « combats majeurs » de l’opération « Libération de l’Irak ».

En toile de fond, une grande banderole sur la tour de commandement précise «  Mission Accomplished.».

Cette prestation est d’autant plus grotesque qu’au même moment trois attentats frappent le cœur de Bagdad. Commençaient alors l’occupation angloaméricaine et le démantèlement de l’Etat-nation irakien, livré aux communautés, aux tribus et autres pillards, avant-goût de la démocratie selon Washington.

Grotesque, ce discours l’est à plus d’un titre, mais sa structure formelle confirme au moins un point capital : la deuxième guerre d’Irak s’inscrivait bien dans le cadre stratégique plus large de la « Global War on Terror », déclenchée au lendemain des attentats du 11-Septembre.

A cette date-là, l’OTAN déclare en effet qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre les Etats-Unis, mais contre les 19 pays de l’Alliance. C’est la première fois que la clause de solidarité de l’article 5 du Traité de l'Atlantique Nord est invoquée depuis sa création en 1949. Rapidement, Al-Qaïda et son chef Oussama Ben Laden sont désignés comme responsables. Un contingent d’américains débarque le 7 octobre 2001 en Afghanistan pour l’opération Enduring Freedom. Le 20 décembre 2001, la résolution 1386 de l’ONU est votée. Elle mandante officiellement une coalition internationale.

La Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) est mise en place. La troisième guerre d’Afghanistan commence. Trois objectifs sont affichés : capturer Ben Laden, détruire les bases Al-Qaïda et renverser le régime taliban. Les deux derniers objectifs sont rapidement atteints. 

GWOT : confusion volontaire des fins et des moyens

De la troisième guerre d’Afghanistan à celles d’Irak et de Libye (2011), ces opérations se démarquent des ripostes anti-terroristes et du contre-terrorisme traditionnels par des actions militaires de grande ampleur à l’étranger, non dénuées de visées stratégiques différentes de leurs objectifs initiaux. «.Guerre globale contre la terreur » : étymologiquement, cette terminologie pose un problème de stricte logique formelle. Le terrorisme n’est pas une substance, mais un flux, sinon une technique – guerre du faible au fort – dont les modus operandi ne cessent de se transformer.

Peut-on faire la guerre à un flux ? Ne s'opposantpas à des Etats mais à des groupes non étatiques, la GWOT n'a pas de calendrier clairement établi et conduit immanquablement à l’instauration d'un « état d'exception permanent ». Elle recourt parfois à des procédures étrangères au droit international et finit par imposer, sinon « légaliser » le concept de « guerres préventives » contre les États soupçonnés d’abriter des groupes terroristes et/ou susceptibles de leur fournir des « armes de destruction massive.».

Dans une confusion volontairement établie entre ses finalités stratégiques et ses moyens tactiques, la GWOT combine la lutte directe, c’est-à dire le démantèlement des cellules terroristes, la destruction des camps d’entraînement et la lutte indirecte. Cette dernière recouvre les enquêtes et les pressions sur les gouvernements, organisations et personnes soutenant les organisations terroristes et le gel des avoirs soupçonnés d’appartenir ou de servir à des groupes terroristes. Elle englobe aussi les aides financières aux pays participant à la lutte contre le terrorisme, les coopérations policière et judiciaire internationales ainsi que de la coopération entre services de renseignement. Sa dernière invention préconise une tentative de réorganisation politique des Proche et Moyen- Orient – le Grand Moyen-Orient – concocté par les idéologues néo-conservateurs de l’administration Bush. La deuxième guerre d’Irak aura été sa séquence la plus dévastatrice.

 

Le choix de l’instabilité constructive

La stratégie des Etats-Unis ne se résume pas à une traduction mécanique de ces éléments, mais de l’aveu même du président des Etats-Unis et de ses conseillers, ils permettent d’élaborer une « vision globale » et des « lignes directrices ». Le directeur exécutif du très influent Washington Institute for Near East Policy, Robert Satloff, a baptisé cette stratégie « instabilité constructive ». Il constate que la recherche de la stabilité des Etats de la région, qui fut, «  historiquement », le trait dominant d’une politique proche-orientale des Etats- Unis, a abouti « à des impasses ». Cette remise en cause d’une politique étrangère privilégiant la « stabilité » des Etats des Proche et Moyen-Orient a été, certes, confortée par les attentats du 11 septembre 2001, mais son chantier était ouvert dix ans plus tôt, début 1991, dès la fin de la première guerre du Golfe. Les experts des officines néo-conservatrices, comme Paul Wolfowitz qui deviendra numéro deux du Pentagone, expliquent alors qu’il aurait fallu« poursuivre la guerre de libération du Koweït jusqu’à Bagdad, pour démanteler un pays qui restera une menace pesant à la fois sur nos intérêts énergétiques et sur la sécurité d’Israël.».Les attaques du 11-Septembre apporteront le meilleur argument aux adeptes de l’instabilité constructive, qui estiment que la menace terroriste est ancrée principalement dans certains États de la région, dont l’Irak, la Syrie et l’Iran. En « déstabilisant » ces trois Etats de «  l’Axe du mal », la stratégie américaine « révisée » prétendait anéantir le terrorisme en changeant, par la force, la nature de leur régime.

 

Elle a produit le phénomène inverse : selon plusieurs rapports de l’administration américaine, la menace terroriste a été multipliée par six depuis l’intervention anglo-américaine en Irak. Mais pour nombre d’analystes américain, cette contre-performance est loin d’être une défaite et s’inscrit – au contraire – parfaitement dans la mise en oeuvre de l’instabilité constructive.

GWOT : un bilan désastreux

L’utilisation optimale des attentats du 11- Septembre a fourni l’habillage médiatique idéal pour justifier les nouvelles priorités de la politique étrangère des Etats-Unis. En proclamant la priorité à la GWOT, à la chasse de ben Laden et de ses complices, « les décideurs américains vont disposer du plus bel alibi historique à leur disposition depuis la fin de la Guerre froide », explique un attaché militaire européen en poste à Washington : « Au nom de la lutte anti-terroriste, ils vont opérer le redéploiement militaire américain le plus considérable depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ».

 Directeur de l’IRIS, Pascal Boniface explique.: « Les Américains ont prôné le modèle du coup de pied dans la fourmilière, y compris par la guerre. Le bilan de celle d’Irak apparaît largement et globalement négatif. Les adversaires de cette politique estiment qu'ils peuvent être de l’extérieur un mouvement démocratique mais que celui-ci doit avant tout être le fruit d’un processus interne » . En définitive, la guerre globale contre la terreur et son corollaire diplomatique – le Grand Moyen-Orient – auront sérieusement amplifié la menace qu’ils étaient censés circonscrire, sinon anéantir. Discréditant durablement les principes fondateurs des vieilles démocraties occidentales et leurs capacités à inspirer l’avenir constitutionnel et politique de pays d’autres continents, les réponses aux attentats du 11 septembre 2001 auront aussi passablement consolidé la fabrication du « choc des civilisations ».

Richard Labévière,

Richard Labévière, Consultant international, Auteur de Vérités et mythologies du 11 septembre. Ed. Nouveau Monde

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=33376&frid=18&cid=18&fromval=1&seccatid=29


Feurat Alani : « A Falluja, des bébés déformés naissent presque tous les jours ».

Falluja est dans toutes les mémoires.

Prise d’assaut en 2004 par les troupes américaines, la ville aux deux-cents mosquées est une ville martyre. Ses 300 000 habitants essuyèrent lors de l’assaut un feu dévastateur et peu conventionnel. Aujourd’hui, la population de Falluja est décimée par les cancers.

Canal+ diffuse demain soir dans Spécial Investigation à 22h45 « Irak : les enfants sacrifiés de Falluja », un reportage de Feurat Alani, que nous avons interviewé.

Al-Kanz : Pourquoi avoir réalisé un reportage sur Falluja ?
Feurat Alani : J’ai eu la chance d’être correspondant à Bagdad, en Irak, et dans la région, entre 2003 et 2007. A l’époque, un reportage sur les dissensions grandissantes entre certaines tribus et « Al-Qaïda en Mésopotamie » m’avait amené à Falluja. Et alors que je récoltais des témoignages dans la ville, des habitants venaient spontanément me voir pour me parler. Ils voulaient m’informer d’un phénomène qui à l’époque, je l’avoue, avait suscité des doutes dans mon esprit tellement les propos étaient incroyables. On me disait : « le fils de mon voisin est né aveugle », « un tel à six doigts dans chaque main », ou pire encore, « certains bébés naîtraient avec deux têtes ». Face à ces propos, consternants, j’ai décidé de mener l’enquête, quelques années plus tard. Falluja est aussi la ville de mes parents.

Al-Kanz : Falluja est la ville des cancers. La situation est bien pire qu’à Hiroshima selon un expert britannique que vous avez rencontré. Comment l’expliquer ?
Feurat Alani : En 2004, Falluja a connu quelques batailles foudroyantes, notamment en novembre 2004, lorsque 15 000 soldats américains appuyés par l’aviation ont affronté 2 000 combattants irakiens, accompagnés de quelques dizaines de combattants étrangers. Résultats : la ville a été détruite à 80 %, bombardements et tirs de chars aidant. On soupçonne ces armes de contenir des matériaux très toxiques comme l’uranium et le phosphore blanc. Le premier, l’uranium, est un minerai exploité dans les centrales nucléaires. Il permet aux missiles de percer les blindages et les murs épais. Le second, le phosphore blanc, est officiellement utilisé pour éclairer les zones de combats et pour masquer la visibilité des troupes adverses. Or il a été utilisé directement contre des personnes. Le phosphore blanc est une arme barbare qui cause des brûlures très graves. L’air, le sol, l’eau de la ville de Falluja ont donc été contaminés sans que la communauté internationale s’en inquiète. Les habitants vivent depuis 2004 dans une ville toxique.

Al-Kanz : Pour vous le constat est clair. Les Etats-Unis ont utilisés des armes prohibées à Falluja. Vengeance, expérimentation, punition ? Tout cela en même temps ?
Feurat Alani : Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Le phosphore blanc est autorisé par les conventions internationales lorsque son utilisation est défensive et hors de portée des zones civiles. Pourtant, il y avait des milliers d’habitants dans la ville pendant les combats et des rapports militaires évoquent son utilisation directe contre les combattants. Quant à l’uranium, il n’est pas clairement banni, ni mentionné dans la convention de Genève par exemple. Des avocats internationaux affirment que son usage relève du crime de guerre, mais il est difficile de monter un dossier tant le sujet est obscur.

Al-Kanz : Qu’avez-vous vu que vous aimeriez que plus personne n’ignore aujourd’hui ?
Feurat Alani : Qu’à Falluja des bébés déformés naissent presque tous les jours. Que la guerre en Irak n’était évidemment pas une guerre propre. Les « frappes chirurgicales » vantées par l’administration Bush et de manière générale par les belligérants dans les guerres modernes causent beaucoup de dommages collatéraux irréversibles. Il faut savoir qu’une partie des déchets radioactifs dans les usines nucléaires, dont le stockage coûte très cher, est recyclée dans les missiles, obus et autres munitions sans que personne dans les plus hautes sphères ne le condamne. Que la « démocratie » en Irak a un autre visage.

Al-Kanz : On apprend que l’on recommande aux habitants de Falluja qui tente de se reconstruire de cesser d’avoir des enfants. C’est terrible.
Feurat Alani : Oui, c’est une phrase choquante et qu’une femme qui souhaiterait avoir des enfants n’aimerait jamais entendre. C’est terrible et injuste dans un pays où la fondation d’une famille est le dernier rempart contre la guerre vécue au quotidien.

Al-Kanz : Quel avenir pour Falluja ?
Feurat Alani : Falluja a besoin d’une enquête internationale, peut être encadrée par l’OMS, pour permettre aux médecins d’être informés et formés. Les hôpitaux manquent de personnels qualifiés et de matériels pour gérer ce phénomène. Il faut aussi que la population soit informée et éduquée. Les habitants de Falluja doivent-ils quitter la ville ? Peut-on la nettoyer ? Si ces simples questions ne sont pas prises en compte, l’avenir de Falluja risque d’être sombre. Des générations d’enfants seront sacrifiées

Feurat Alani 

http://www.al-kanz.org/2011/10/30/falluja/


Ramzy Baroud : La guerre d’Irak est finie, mais …le parti de la guerre persiste…

Dans une déclaration faite à la Maison-Blanche le 21 octobre, le président US Barak Obama a promis que son pays retirerait enfin son armée d’Irak.

« Après quelque neuf années, la guerre menée par les USA en Irak sera terminée » dit-il.

Plaçant l’annonce faite par Obama dans son contexte, CBSNews.com disait dans un article publié le même jour : « la guerre d’Irak a entraîné la mort de plus de 4400 soldats étasuniens et a coûté plus de 700 milliards de dollars. »

Les médias US abordent maintenant uniquement les pertes subies par les USA, eux qui ont semé la guerre et la destruction dans un pays qui avait un besoin urgent de paix et d’aide humanitaire. Pendant les dix années qui ont précédé la guerre, l’Irak pliait sous le poids des sanctions imposées par les Nations unies sous l’impulsion des USA, sanctions qui ont laissé l’infrastructure du pays au bord de l’effondrement.

Dans son introduction à l’important livre de Ramsey Clark, The Impact of Sanctions on Iraq : The Children Are Dying (Impact des sanctions sur l’Irak : les enfants meurent), Sara Flounders écrivait "les sanctions sont une arme de destruction massive".

Depuis le début des sanctions frappant l’Irak, un demi-million d’enfants de moins de cinq ans sont morts de malnutrition et de maladies évitables. Les sanctions provoquent une famine artificielle. Un tiers des enfants irakiens survivants aujourd’hui souffrent de retards de croissance et de carences nutritionnelles qui déformeront leur courte vie ».

En 1999, j’ai été le témoin direct de l’impact des sanctions sur les enfants irakiens. Je suis rentré de ce pays avec des montagnes de photos et des souvenirs qui me hantent jusqu’ici. Curieusement, ce ne sont pas les sanctions en tant que « armes de destruction massive » qui ont inspiré la fin du siège, mais les prétendues armes de destruction massive (ADM) irakiennes qui ont attiré un autre désastre pour un pays déjà dévasté.

Il faudra peut-être des années pour véritablement comprendre l’ampleur de ce que l’on a appris depuis sur l’Irak. La mort et la destruction ont plané sur le pays tuant et blessant des centaines de milliers de personnes ; elles en ont envoyé des millions en exil tandis que des millions supplémentaires ont été classés par les organismes des Nations unies comme des personnes intérieurement déplacées (IDP). Ce fut un spectacle épouvantable que l’on ne peut pas décrire avec le langage de la raison, mais qui a été le quotidien de millions de personnes ordinaires, abominablement punies pour un crime qu’elles n’avaient jamais commis.

Les derniers soldats US quitteront le pays le 1er janvier « la tête haute, fiers de leur succès », selon Obama. C’est ce même président qui dans un discours au Caire déclarait le 4 juin 2009 que « à l’encontre de l’Afghanistan, la guerre en Irak a été le fruit d’un choix ». Y a-t-il de quoi être fier d’une guerre dévastatrice choisie, M. le président ?

S’adressant à la chambre des représentants US le 18 janvier 2007, celui qui est maintenant candidat républicain à la présidence, Ron Paul, a très bien dit que le soutien aux soldats a pour but de "nous faire oublier l’échec de nos politiques, politiques promues par des intérêts spéciaux puissants qui profitent de la guerre. Tout est fait pour détourner le débat des véritables raisons de la guerre en Irak et cela n’est pas sur le point de se terminer".

Mais la guerre se termine parce qu’elle ne pouvait pas être gagnée du point de vue militaire, qu’elle était financièrement inabordable et politiquement indéfendable. « Le soutien aux troupes » continuera toutefois à servir de dérobade à ceux qui refusent toujours de discuter de la guerre en Irak d’un point de vue moral et légal. Pour eux, il est essentiel que le camouflage se poursuive, afin de ne pas priver les USA de l’occasion de pousser à d’autres guerres par choix chaque fois que cela leur conviendra.

Dans une conférence de presse tenue peu après qu’Obama eut annoncé la fin de la guerre, Antony Blinken, conseiller à la sécurité nationale auprès du vice-président Joe Biden, a répondu à quelqu’un qui demandait si la guerre en valait la peine : « ce sera à l’histoire d’en juger ».

Pourtant, les Irakiens n’ont pas besoin d’attendre les livres d’histoire étasuniens pour connaître l’ampleur de leur tragédie. L’enquête du Lancet avait déjà conclu que de mars 2003 à juin 2006, 601.027 Irakiens avaient connu une mort violente. Une étude du bureau de sondage Opinion Research Business révèle que de mars 2003 à août 2007, 1.033.000 irakiens sont morts des suites du conflit. Lors d’une seule de ses révélations, WikiLeaks a dit que « les quelque 400.000 dossiers secrets US diffusés sur l’Irak ont montré qu’il y avait 15.000 décès de civils irakiens de plus qu’on ne l’avait pensé » (Reuters, 24 octobre 2010).

Tout aussi important est le fait que la violence de ceux qui insistent pour partir en guerre afin de favoriser les intérêts US - plutôt que d’avoir recours à la diplomatie - est toujours profondément enracinée chez les élites étasuniennes. Depuis Washington, Jim Lobe écrivait « les principaux néoconservateurs et les autres faucons de droite qui ont prôné l’invasion US de l’Irak en 2003 réclament des frappes militaires contre l’Iran en représailles pour le prétendu contrat d’assassinat sur la personne de l’ambassadeur saoudien aux USA » (Asia Times, 19 octobre).

Dans son blogue sur le site de Foreign Policy, Dalia Dassa Kaye écrivait le 21 octobre :« la rhétorique martiale de faucons invétérés était prévisible. Même le président Obama a laissé entendre que les USA n’écarteraient "aucune des options possibles", expression qui suppose que les options militaires sont envisageables. »

 

Le battage en faveur d’un nouveau conflit s’est intensifié lors de la première visite que le secrétaire de la défense US, Léon Panetta, a faite en Irak le 1er juillet. Il a dit que son pays « agira unilatéralement » pour confronter ce qu’il a appelé les menaces iraniennes contre les intérêts US en Irak. Les USA étaient « très inquiets au sujet de l’Iran et des armes que celui-ci fournit aux extrémistes ici en Irak » a-t-il dit selon Al-Jazeera (11 juillet).

Il ne sera pas facile de concilier les observations de Panetta avec l’annonce de la fin de la guerre faite par Obama dans laquelle il a dit que « les Irakiens ont pris l’entière responsabilité de la sécurité de leur pays » et que « la relation entre les USA et l’Irak sera celle de pays souverains, formant une association sur un pied d’égalité, fondée sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel ».

Rien n’indique que les néoconservateurs changeront d’opinion. Leur appétit pour un conflit est partagé par les élites influentes de Washington qui continuent à diffuser effrontément que la guerre US a été bénéfique pour la société irakienne, malgré toutes les preuves contraires.

USF-Iraq.com, site Web officiel des forces US en Irak, porte la déclaration ci-après sous le signet The New Face of Iraq (le nouveau visage de l’Irak) : « la nation irakienne a subi des changements politiques économiques et sociaux radicaux depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Des officiels élus sont maintenant au pouvoir et encadrent le développement constant de la sécurité, de l’infrastructure, de l’éducation et des finances. »

Forts de cet apparent « succès », les néoconservateurs peuvent toujours plaider en faveur d’une autre intervention militaire ou d’une invasion à grande échelle chaque fois que l’occasion se présentera et que l’opération sera envisageable.

« La marée de la guerre descend » dit Obama. Nous avons de gros doutes.

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com. 

25 octobre 2011 - Cet article peut être consulté dans l’original anglais ici : http://palestinechronicle.com/view_...

 Ramzy Baroud

2 novembre

Traduction : Anne-Marie Goossens


Afghana : Germe d’une nouvelle guerre avec le Koweït.

Les forces de répression du régime Maliki sont parvenues, cette fois, à circonscrire en partie l’expression publique du mécontentement populaire à Bagdad. Mais, le feu couve toujours sous la braise.

D’autres revendications s’ajoutent à l’éradication de la corruption, à la remise en état des services publics et au départ des troupes d’occupation.

A Faloujah, Ramadi, Hilla, Bassora, quelques milliers de manifestants demandaient à l’ONU de stopper les ingérences iraniennes et turques au Kurdistan et d’interdire la construction d’un terminal pétrolier sur l’île koweitienne de Boudiyane. Ce projet démentiel porte en lui les germes d’une nouvelle guerre, sa finalisation aurait pour effet d’obstruer l’accès de l’Irak au Golfe arabe, et permettrait aux Koweïtiens de prélever un droit de passage sur les navires livrant des marchandises au port irakien de Fao. A Bagdad, place Tahrir, le cheikh Farouk Mohammadawi, président du Rassemblement des tribus du Sud et du Moyen-Euphrate, a résumé le sentiment profond de la population en déclarant être venu « pour renverser le gouvernement et réformer le système politique ».

afghana : «Elle [la stratégie américaine] a produit le phénomène inverse : selon plusieurs rapports de l’administration américaine, la menace terroriste a été multipliée par six depuis l’intervention anglo-américaine en Irak. Mais pour nombre d’analystes américain, cette contre-performance est loin d’être une défaite et s’inscrit – au contraire – parfaitement dans la mise en œuvre de l’instabilité constructive.»

Article paru dans Afrique Asie sous le titre : Bagdad redouble de colère le vendredi

Texte publié dans la brochure de l'IRIS "Dix ans de guerre de l'information en Afghanistan"

 http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=31

(ou http://csotan.org/pdf/574.pdf)


Lorientlejour : Avertissement implicite de Clinton à l'Iran: Pas d'intervention en Irak.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a implicitement averti l'Iran samedi de ne pas chercher à intervenir dans les affaires irakiennes, au lendemain de la confirmation par le président Barack Obama du retrait militaire américain d'Irak à la fin de l'année.
"Au moment où nous ouvrons ce nouveau chapitre des relations avec un Irak souverain, nous disons aux Irakiens: l'Amérique est à vos côtés au moment où vous faites un nouveau pas sur le chemin pour assurer votre démocratie", a déclaré à Douchanbé la chef de la diplomatie américaine, en visite au Tadjikistan.
"Et aux pays de la région, particulièrement aux voisins de l'Irak, nous tenons à souligner que l'Amérique se tiendra aux côtés de ses alliés et amis, Irak compris, pour défendre notre sécurité et nos intérêts communs".
"Nous maintiendrons une présence robuste dans la région, ce qui est la preuve de notre engagement qui se poursuit pour l'Irak et l'avenir de cette région, qui recèle tant d'espoirs et doit être préservée d'influences extérieures pour poursuivre sa voie vers la démocratie," a-t-elle conclu.
Le président Obama a confirmé vendredi le retrait des quelque 39.O00 soldats américains encore stationnés en Irak d'ici à la fin de l'année, une décision critiquée par la droite américaine qui estime qu'elle va accroître l'influence iranienne dans ce pays.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a estimé que cette confirmation était "une bonne chose", dans une interview à la chaîne américaine CNN, mais qu'elle aurait du intervenir "depuis longtemps".
Téhéran a pris une position très mesurée lors de l'intervention américaine de 2003 qui l'a débarrassé du régime de Saddam Hussein, son principal ennemi, et a amené au pouvoir la majorité chiite du pays, mais a ensuite très vite réclamé le départ des troupes américaines accusées de constituer une facteur de tension dans la région.

22/10/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/728343/Avertissement_implicite_de_Clinton_a_lIran%3A_Pas_dintervention_en_Irak.html



2 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

Alex Lantier : Un câble publié par WikiLeaks confirme les rapports sur le massacre américain de civils irakiens

Un câble non classifié du Département d'Etat américain et récemment publié par le site Internet WikiLeaks confirme les rapports d'un massacre en 2006 de civils, dont des femmes et de jeunes enfants dans le district d'Ishaqi en Irak.

Le massacre avait d'abord été rapporté dans les médias occidentaux en 2006 par Matthew Schofield du journal Knight Ridder (racheté par la suite par McClatchy News). Knight Ridder avait cité des rapports de médecins et d'enquêteurs irakiens faits au Joint Coordination Center basé à Tikrit - un bureau de la sécurité irakienne mis en place avec l'aide de l'armée américaine et dont le personnel est composé d'officiers de police irakiens formés par les Etats-Unis.

Le colonel Fadhil Muhammed Khalaf, chef adjoint au Centre de Coordination jointe, a écrit : « A [14 heures 30] le 15/3/2006, selon une communication par télégramme de la direction de la police d'Ishaqi, des forces américaines ont utilisé des hélicoptères pour faire descendre des troupes sur la maison de Faiz Harat Khalaf située dans le village Abu Sifa dans le district d'Ishaqi. Les forces américaines ont rassemblé les membres de la famille dans une pièce et ont exécuté 11 personnes, dont cinq enfants, 4 femmes et 2 hommes, puis elles ont bombardé la maison, brûlé trois véhicules et tué leurs animaux. »

A l'époque, l'armée avait nié les rapports de McClatchy et de la police formée par les Etats-Unis, affirmant que cinq Irakiens avaient été tués lors d'un raid réussi contre des forces insurrectionnelles sunnites. Un porte-parole du Pentagone, le major américain Tim Keefe, a dit : « Nous sommes préoccupés d'entendre des accusations de la sorte, mais c'est tout à fait invraisemblable qu'elles soient vraies. [les forces américaines] prennent toutes les précautions pour tenir les civils en dehors des zones à risque. »

De telles affirmations manquaient totalement de crédibilité étant donné que des rapports et des images en provenance d'Ishaqi montraient le meurtre ressemblant à une exécution d'une vieille femme et d'un bébé de moins d'un an. Les responsables américains ont reconnu plus tard que plus de cinq Irakiens avaient été tués à Ishaqi.

Le câble de l'ambassade américaine de Genève publié dernièrement par WikiLeaks relate les conclusions de mars 2006 d'une enquête de Philip Alston, rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Les conclusions d'Alston concordent avec celles de la police irakienne et de Knight Ridder.

Après avoir essuyé des coups de feu aux alentours de la maison, selon Alston, des « troupes [américaines] sont entrées dans la maison, ont menotté tous les occupants et les ont tous exécutés. Après l'intervention initiale de la Force multinationale (MNF) [c'est-à-dire la coalition américaine], un raid aérien a suivi qui a détruit la maison. Des reportages faits sur place par des stations de télévision irakiennes ont montré les corps des victimes (c'est-à-dire, cinq enfants et quatre femmes) à la morgue de Tikrit. Les autopsies pratiquées à l'hôpital de la morgue de Tikrit ont révélé que tous les corps portaient des traces de balles dans la tête et étaient menottés. »

Le câble souligne qu'« au moins 10 personnes, à savoir M. Faiz Hratt Khalaf (28 ans), sa femme Sumay'ya Abdul Kazzaq Khuther (24 ans), leurs trois enfants Hawra'a (5 ans), Aisha (3 ans) et Husam (5 mois), la mère de Faiz, Mme Turkiya Majeed Ali (74 ans), la soeur de Faiz (nom inconnu), les nièces de Faiz, Asma'a Yousif Ma'arouf (5 ans) et Usama Yousif Ma'arouf (3 ans), ainsi qu'une parente en visite, Mme Iqtisad Hameed Mehdi (23 ans), ont été tués durant le raid. »

Contacté par la semaine passée par McClatchy, Alston - qui est à présent professeur à l'université de New York - a dit que les responsables américains avaient ignoré son rapport sur le massacre d'Ishaqi : « La tragédie est que ce système sophistiqué de communication est en place mais le Conseil des droits de l'homme des Nations unies ne fait rien pour suivre l'affaire lorsque les Etats ignorent les questions portées à leur attention. »

Cette réaction n'est pas non plus inhabituelle. Selon Alston, une absence de réponse des responsables américains « a été le cas en ce qui concerne la plupart des lettres adressées aux Etats-Unis durant la période 2006-2007. »

Cette période, qui a été celle de la « montée en puissance » américaine (« surge ») des troupes en Irak et de la tolérance des meurtres par des escadrons de la mort sectaires, a été l'une des plus brutales de ces neuf années d'occupation américaine de l'Irak. Les responsables américains avaient tout particulièrement à coeur de mettre un terme aux enquêtes sur les exécutions américaines de masse de civils irakiens en raison de l'indignation massive en Irak après le meurtre de 24 civils à Haditha en novembre 2005.

L'armée américaine a refusé de mener toute nouvelle enquête sur le massacre d'Ishaqi et le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, a déclaré qu'il n'était pas en mesure d'enquêter pleinement sur les meurtres s'il n'avait pas d'informations supplémentaires du gouvernement américain.

Le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel James Gregory, a dit au Guardian : « L'incident avait fait l'objet d'une enquête correctement menée à l'époque et aucune information nouvelle n'est apparue. »

La seule conclusion que l'on puisse tirer de la déclaration de Gregory est que le Pentagone n'attache aucune importance au meurtre de civils irakiens et qu'il a l'intention de continuer à publier de faux dénis sur la responsabilité américaine du massacre.

Si l'enquête américaine initiale de 2006 avait en effet eu accès à l'information contenue dans le rapport d'Alston, alors l'enquête était de toute évidence un camouflage. Elle n'a pas publié les conclusions d'Alston mais a conclu que les troupes américaines avaient eu recours à «la force appropriée ». En qualifiant ceci d'enquête « correcte », le Pentagone manifeste son souhait de continuer à dissimuler l'événement afin d'éviter de susciter une plus grande opposition populaire à la guerre, à la fois aux Etats-Unis et en Irak même.

Les nouveaux rapports sur le massacre d'Ishaqi ont déjà provoqué une controverse au sein du régime irakien qui est en train de négocier un accord avec l'impérialisme américain afin de maintenir des bases militaires permanentes en Irak après la date butoir purement nominale du 31 décembre pour le départ des troupes américaines du pays. Le Pentagone exige que les troupes américaines bénéficient d'une immunité légale pour leur comportement en Irak après le 31 décembre.

Une telle immunité permettrait aux troupes américaines de tuer des civils irakiens sans avoir de comptes à rendre à quiconque. Ces exigences attisent la colère populaire et l'opposition en Irak.

Amman Yousif, président du conseil de la province de Salahuddin (où est situé Ishaqi), a dit que les responsables locaux « rejettent l'extension ou l'existence de troupes américaines à Salahuddin. [les troupes américaines] n'ont jamais présenté leurs excuses. Nous voulons qu'elles s'excusent, qu'elles dédommagent les familles des victimes et qu'elles se retirent d'Irak. »

(Article original paru le 6 septembre 2011)

Alex Lantier
14 septembre 2011

http://www.wsws.org/francais/News/2011/sep2011/wili-s14.shtml 



Politique

a) des collaborateurs Irakiens

Maliki

Maliki à Washington le 12 décembre…

Le Premier ministre Nouri al-Maliki sera reçu à Washington le 12 décembre, au moment où les derniers soldats américains présents dans ce pays s'apprêteront à regagner les États-Unis, a annoncé aujourd'hui la Maison Blanche. "Les deux dirigeants discuteront de l'approfondissement du partenariat stratégique entre les États-Unis et l'Irak", a indiqué la présidence américaine dans un communiqué.
Le principe de cette visite avait déjà été révélé par le président
Barack Obama lui-même le 21 octobre lorsqu'il avait annoncé le retrait des derniers soldats américains encore stationnés en Irak d'ici à la fin de l'année. Mais la date de la visite n'était pas connue. "Le président salue le sacrifice et la réussite du peuple irakien et de tous ceux qui ont servi en Irak afin de parvenir à ce moment riche de promesses pour une amitié durable entre les Etats-Unis et l'Irak", a indiqué la Maison Blanche.
La "grande majorité" des quelque 34.000 militaires américains encore présents en Irak aura quitté le pays d'ici à la mi-décembre, après près de neuf années d'intervention, a affirmé jeudi le commandant adjoint des troupes américaines en Irak, le général Thomas Spoehr.
Alors que les deux pays envisageaient le maintien d'un petit contingent américain afin de former l'armée irakienne, M. Obama s'est résolu à retirer tous ses soldats après l'échec de discussions avec M. Maliki sur le statut juridique des troupes américaines après 2011. Washington exigeait une immunité totale pour ses militaires, les mettant à l'abri de toute poursuite judiciaire en Irak, ce que Bagdad refusait. Critiqué par son opposition républicaine, Barack Obama s'est défendu d'abandonner l'Irak. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a prévenu l'Iran que le retrait militaire américain ne signifiait en aucun cas le désengagement des États-Unis de la région.

Publié le 04/11/2011

AFP


RIA Novosti : Pétrole: l'Irak pourrait sanctionner l'Américain ExxonMobil

L'Irak pourrait sanctionner le géant pétrolier américain ExxonMobil, qui a récemment conclu plusieurs accords avec le Kurdistan irakien, rapportent les médias internationaux citant le vice-premier ministre irakien Hussein al-Chahristani.

"Les autorités irakiennes évoquent des sanctions", a indiqué le responsable.

En effet, ExxonMobil avait auparavant conclu plusieurs contrats d'exploration pétrolière avec la région autonome irakienne du Kurdistan, qui a plusieurs divergences avec l'Irak, notamment dans le domaine de la production de pétrole. Bagdad a riposté en déclarant que la société américaine pourrait perdre son droit d'exploitation du champ pétrolier irakien de Qurna-Ouest.

L'accord sur l'exploitation de Qurna-Ouest a été signé début 2010 par ExxonMobil, la société anglo-hollandaise Royal Dutch Shell et l'Irakien Oil Exploration Company of Iraq. Les réserves pétrolières de ce champ sont estimées à 8,7 milliards de barils.

L'Irak a déjà refusé de reconnaître des dizaines de contrats signés par le Kurdistan avec des entreprises énergétiques internationales, affirmant que les questions d'exportation de pétrole et de gaz devaient être réglées uniquement par les autorités centrales.

22 novembre –

RIA Novosti


c) Sur le terrain

La formation des policiers critiquée.

Le programme américain de formation de la police irakienne présente de nombreuses lacunes et ne bénéficie pas du soutien du gouvernement irakien, déplore un rapport du bureau de l'inspecteur général spécial pour la reconstruction de l'Irak (SIGIR) publié aujourd'hui.
Le Département d'Etat américain, en charge depuis octobre 2011 de la formation de la police irakienne au moment où l'armée américaine achève son retrait d'Irak, n'a pas établi d'évaluations détaillées ni d'objectifs quantifiables, et leur absence risque de transformer ce programme en "puits sans fond pour les dollars américains", a critiqué cet observatoire américain dans ce rapport d'une cinquantaine de pages. Selon une estimation de 2010 du ministère américain de la Défense citée dans le rapport, la police irakienne comptait 412.000 membres. Les Etats-Unis estiment avoir dépensé "depuis 2003 environ 8 milliards de dollars à former, recruter et équiper les forces de police irakiennes afin de maintenir l'ordre public et priver les terroristes de refuge en Irak". Le SIGIR déplore aussi que parmi les fonds attribués au programme, seule une petite partie (12%) soit apparemment réellement dédiée au programme de formation de la police, le reste servant à couvrir l'entretien et le transport des formateurs en Irak.
Il critique également l'absence d'"engagement écrit du gouvernement irakien" à soutenir le programme. Les documents devant détailler les coûts et la participation irakienne n'ont pas encore été rédigés, signale-t-il. Or, "le SIGIR a souligné qu'une collaboration étroite avec le gouvernement irakien est indispensable pour le succès à long terme du programme et pour éviter le gaspillage de fonds américains", relève le rapport. Les auteurs appellent les responsables américains à signer "un accord écrit avec le gouvernement irakien sur le rôle et les devoirs de l'Irak" dans ce programme, y compris d'un point de vue budgétaire. Si un tel document ne peut être obtenu, ils recommandent de déterminer dans quelle mesure le programme de formation de la police doit "être modifié".
Ce rapport est publié alors que Washington vient de confirmer qu'il procédera
au retrait complet des quelque 39.000 militaires américains encore déployés sur le sol irakien. Cette annonce suscite des craintes de regain d'instabilité dans le pays, où les actes de violence, visant notamment la police, demeurent quotidiens.

24/10/

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/24/97001-20111024FILWWW00458-irakla-formation-des-policiers-critiquee.php



b) Des occupants 

Usa

Irib :Leon Panetta: les GI's doivent se voir garantir une totale immunité, en Irak.

 Leon Panetta, le secrétaire américain à la Défense, a exigé que les troupes américaines se voient garantir une totale immunité. Les militaires employés par des officines privées, en Irak, ont perdu cette immunité, en 2007, après le massacre de 17 Irakiens par les gardes de sécurité de la compagnie américaine "Blackwater". Panetta tient ces propos, alors que certains politiciens irakiens se sont accordés sur la prolongation de la mission de certains militaires américains, en Irak, chargés de former l'armée et les forces de sécurité irakiennes.

10/10/2011

Irib



Politique intérieure & extérieure

Manlio Dinucci : War Tour : départs et arrivées.

Après ce qui apparaît comme une défaite en Irak, Washington a dû renoncer aux bases militaires qu’il y avait construites à grand frais, et doit se repositionner au Proche-Orient.

De toute urgence, il doit mobiliser ses alliés et les armer pour empêcher la formation d’un bloc régionalIran/Irak/Syrie/Liban capable de lui résister.

Tandis qu’une campagne médiatique anti-iranienne et anti-syrienne accapare l’attention de l’opinion publique internationale, Washington déplace ses troupes et prépare de nouvelles guerres.

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 9 novembre 2011

 

Au Pentagone, on l’appelle « repositioning », repositionnement de forces militaires. C’est le grand Tour de la guerre, dont les localités préférées sont en Asie et en Afrique. En partance d’Irak : les troupes US. Immanuel Wallerstein qualifie ce départ de « défaite comparable à celle subie au Vietnam », parce que les « dirigeants politiques irakiens ont contraint les États-Unis à retirer leurs troupes » et « le retrait a été une victoire pour le nationalisme irakien ». Selon lui, après deux guerres, l’embargo et huit années d’occupation qui ont provoqué des millions de morts et d’énormes destructions, l’Irak sort plus fort et indépendant, puisqu’il arrive à imposer sa volonté à la plus grande puissance mondiale.

Pendant l’occupation, la CIA et le Département d’État ont travaillé en profondeur pour « une solution politique en Irak fondée sur le fédéralisme », selon l’amendement qu’a fait passer au Sénat, en 2007, l’actuel vice-président Joe Biden. Il prévoit « la décentralisation de l’Irak en trois régions semi-autonomes : kurde, sunnite et chiite », avec un « gouvernement central limité à Bagdad ». La « décentralisation », qui est en réalité ici la désagrégation de l’État unitaire, est déjà en acte dans le secteur énergétique, avec des pouvoirs locaux qui passent des accords directs avec les multinationales, parmi lesquelles dominent les étasuniennes. Et les troupes US qui quittent l’Irak ne rentrent pas à la maison, mais sont en grande partie « repositionnées » dans d’autres pays du Golfe, où les États-Unis ont déjà un contingent de 40 000 hommes, dont 23 000 au Koweït, soutenu par de puissances forces navales et aériennes. De plus, dans les Émirats arabes unis est en train de naître une armée secrète à disposition du Pentagone et de la CIA. « Cette robuste présence militaire dans toute la région prouve que notre engagement envers l’Irak continue », assure Hillary Clinton.

Le plan prévoit de potentialiser militairement les monarchies de la région, en créant une sorte d’ « OTAN du Golfe ». Et de s’en servir aussi en Afrique, comme il est déjà advenu avec la participation du Qatar et des Émirats dans la guerre de Libye, tandis que des troupes irakiennes participeront en 2012 en Jordanie à la manœuvre régionale anti-guérilla Eager Lion.

C’est la nouvelle façon de faire la guerre —soutient-on à Washington— testée par l’opération en Libye, qui a montré comment, sans envoyer de troupes ni subir de pertes, « les dirigeants de certaines puissances de moyenne grandeur peuvent être renversés à distance », en utilisant des armes aériennes et navales et en faisant assumer le poids le plus important aux alliés.

Parmi ceux-ci les nouveaux dirigeants libyens qui, selon des sources fiables, ont proposé à l’OTAN de créer en Libye une grande base militaire permanente. Le plan, décidé en réalité à Washington, prévoit la présence de 15 à 20 000 militaires, dont 12 000 européens, avec de considérables forces aériennes et navales. Essentielles pour la « sécurité intérieure » et à disposition pour d’autres guerres contre l’Iran et la Syrie.

Uri Avnery s’en trouvera content, lui qui a « béni » la guerre de l’OTAN en Libye , en soutenant cependant que « la Libye s’est libérée seule ». Et Farid Adly, persuadé que « le drapeau du roi Idris, celui de l’indépendance, n’est pas un symptôme de retour au passé », sera satisfait de le voir flotter sur une nouvelle grande base étrangère, qui remplacera celle de Wheelus Field concédée aux USA par le « souverain éclairé » Idris, mais fermée par le «  tyrannique » Kadhafi.

Manlio Dinucci

Traduction Marie-Ange Patrizio

Source : Il Manifesto (Italie)

 

Irak, Afghanistan: 30 Mds$ gaspillés.

Une gestion hasardeuse des contrats passés par le Pentagone dans le cadre des conflits en Irak et en Afghanistan, avec les sociétés de sécurité privées par exemple, a entraîné un gaspillage de 30 milliards de dollars, affirme une commission d'enquête du Congrès américain. En outre, ces erreurs de gestion ont miné l'image des États-Unis à l'étranger et encouragé la corruption dans ces deux pays, indique la commission sur les contrats en temps de guerre, où figurent des républicains comme des démocrates, qui remettra un rapport sur la question mercredi au Congrès.
"Des dizaines de milliards de dollars du contribuable ont été gaspillés en raison d'un manque de planification, de demandes imprécises et fluctuantes, de mises en concurrence inadaptées, de critères insuffisants de contrôle et de surveillance", indiquent les deux coprésidents de la commission, Christopher Shays et Michael Thibault, dans une tribune publiée dimanche dans le Washington Post. Les deux hommes évoquent également des problèmes de coordination entre les nombreuses agences gouvernementales américaines mais aussi les comportements fautifs ou négligents d'employés fédéraux comme des contractants. "Le gouvernement et les contractants doivent faire mieux", disent-ils.
L'armée américaine s'est énormément appuyée sur les contractants tiers, en particulier les sociétés de sécurité privées, au cours de la dernière décennie. "Les Etats-Unis dépendent trop des contractants", estiment MM. Shays et Thibault, prévenant que 30 autres milliards de dollars, voire plus, pourraient être gaspillés si les gouvernements afghan et irakien "ne sont pas capables ou ne veulent pas soutenir les projets financés par des fonds américains après la fin de nos interventions".

29/08

AFP

 

Perte de milliards de dollars des contribuables américains, en Irak.

40 milliards de dollars, transférés, par l’armée américaine, en Irak, ont été perdues. Selon un rapport, mercredi, de PressTV, cette grosse somme a été perdue, avant même d’être transférée à la Banque centrale irakienne. Selon ce rapport, cet argent était transporté, par avion, secrètement, depuis New York, pour la reconstruction de l’Irak. Après des années d’enquête, les responsables américains et irakiens ne sont pas arrivés à un résultat concret. Ce, alors que le Congrès américain n’était pas informé de ce transfèrement.

27/10/2011

Irib



Prisons, exactions & torture

lejdd.fr : Les États-Unis à la torture.

Un des prisonniers d'Abou Ghraïb, Saddam Saleh, montre les images de son calvaire. (Reuters)

Un agent des forces spéciales qui a été, à des fins d’entraînement, soumis au supplice de la baignoire en témoigne.

La sensation est atroce, celle d’une noyade, assurément un vrai acte de torture.

"Pas du tout, modère un responsable de la CIA, elle a été approuvée par le Président et par la communauté juridique américaine."

Après le 11- Septembre, les États-Unis se sont lancés dans deux guerres, en Afghanistan et en Irak, misant avant tout sur le renseignement. Elles ont conduit tout droit au camp de Guantánamo et à la prison d’Abou Ghraib. La démocratie américaine, au mépris de sa Constitution, des règles de droit international, des conventions de Genève – fondements du droit humanitaire –, a systématisé l’usage de la torture.

Dans son remarquable documentaire Torture made in USA, Marie-Monique Robin retrace la genèse de cette dramatique démission de la civilisation et dévoile les manipulations de Bush et de son équipe pour faire passer l’inacceptable. Parce que la journaliste avait déjà commis en 2004 un travail remarqué sur les Escadrons de la mort, l’école française* – où elle avait exposé comment des militaires français, forts de leur "expérience" algérienne, étaient devenus les spécialistes de méthodes enseignées aux dictateurs Sud-Américains –, elle a pu, sans être suspectée d’antiaméricanisme primaire, approcher des témoins essentiels. Ces interviews exclusives, mêlées à des archives filmées inédites d’auditions parlementaires conduites par des commissions du Congrès, montrent comment, à travers manœuvres et mensonges, s’est mise en place cette dérive.

 "Intensité d’une blessure physique sévère"

Le vice-président Dick Cheney l’avait annoncé dès le 16 septembre 2001: "Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignements pour qu’ils puissent conduire leur mission." Il va s’appuyer sur une armée de juristes pour tordre les lois, faisant requalifier la torture comme "intensité d’une blessure physique sévère", ce qui laisse bien des latitudes. Dans un mémo approuvé par Bush et retiré de la circulation après Abou Ghraib, sont même détaillées trois catégories de techniques inspirées d’un programme détourné de son objectif. Il visait à l’origine à entraîner l’élite des officiers américains à résister à la torture.

En connaisseurs, les militaires ne sont pas dupes: elle est inefficace et les trois armes se sont unanimement prononcées contre son usage. Elle fait avouer tout et n’importe quoi et peut se retourner contre les troupes américaines elles-mêmes. Son efficience ne vaut qu’à Hollywood, explique Larry Wilkerson, chef de cabinet du ministre de la Défense Colin Powell. Faisant allusion à des séries comme 24 Heures, où Jack Bauer se livre à chaque épisode à des actes de torture pour sauver le monde, il souligne "le grotesque de l’argument". Cela suppose qu’on "peut obtenir le bon renseignement au bon moment"…

Mais on ne se débarrasse pas facilement de la torture une fois installée dans les pratiques et les consciences. Obama, malgré ses promesses, n’a pas fermé Guantánamo et a assuré l’impunité à l’administration Bush. Au-delà du cas américain, Marie-Monique Robin espère attirer l’attention sur la portée universelle de son film. "À un problème politique, explique-t-elle, il faut une réponse politique. Une solution strictement militaire dans un cas comme celui-là ne peut que s’enliser inévitablement dans la torture.

Et le premier résultat, c’est de produire de nouveaux terroristes."

http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/Torture-made-in-USA-documentaire-sur-Arte-332653/?from=cover



4 Les alliés (des Usa)

1 Dans le monde

Japon

Le Japon promet 750 millions USD pour le développement en Irak.

Le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda a déclaré mardi que son gouvernement aiderait au développement de l'Irak avec une contribution de 67 milliards de yens (750 millions de dollars) pour la modernisation de deux raffineries ainsi que pour d'autres projets d'infrastructure.

Lors de ses entretiens avec le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, M. Noda s'est déclaré ravi que le Japon puisse participer au développement de l'Irak, ajoutant qu'il souhaitait une collaboration économique plus étroite entre les deux pays dans l'avenir.

« Nous sommes fiers d'avoir contribué au développement de l' Irak par des prêts en yens et une coopération technique », a déclaré le Premier ministre japonais. « J'espère porter le partenariat entre nos pays à un niveau supérieur », a-t-il ajouté.

Pour sa part, M. Al-Maliki a déclaré qu'il encourageait activement les entreprises japonaises à poursuivre leurs travaux en Irak, qui sont essentiels pour le développement des infrastructures de ce pays, et de saluer le renforcement des liens économiques entre les deux pays comme un moteur du Partenariat global Japon-Irak.

Les deux dirigeants ont décidé de convenir d'une stratégie d' investissement pour encourager davantage d'investissements dans des projets à grande échelle en Irak, et cette stratégie impliquera une intervention des agences de crédit à l'exportation japonaises contre une garantie en pétrole brut des réserves irakiennes, qui sont les troisièmes plus importantes au monde.

Le Premier ministre irakien a également promis que les troupes irakiennes seraient capables de maintenir la sécurité dans la région après le départ des troupes américaines de cette région où elles étaient déployées depuis huit ans.

« Les troupes irakiennes sont devenues extrêmement capables et expérimentées dans la lutte contre la menace terroriste. Je suis confiant dans leur capacité à assurer la sécurité » a déclaré mardi M. al-Maliki à la chaîne nationale Nippon Hoso Kyokai (NHK).

Les entreprises japonaises seront bien positionnées dans la concurrence avec les autres qui souhaitent aussi tirer parti du développement post-conflit de ce pays pétrolifère, un développement qui concerne aussi un certain nombre de projets de santé, de transports et de communications, a-t-il par ailleurs déclaré.

« Les entreprises japonaises ont déjà une histoire de succès commercial en Irak. Je suis sûr que cette expérience importante leur permettra de surpasser leurs rivales d'autres pays », a déclaré le dirigeant irakien à NHK.

Mitsubishi Corp. sera l'une des premières entreprises à miser sur cette alliance économique et participera à la construction de sites de production de gaz naturel liquéfié (GNL) en Irak, d'après le journal Nikkei.

Mitsubishi commencera à partir de 2020 l'exportation de GNL vers le Japon, en collaboration avec la compagnie publique irakienne South Gas Co. et avec Royal Dutch Shell Plc.

D'après Nikkei, cette collaboration prévoit aussi la mise en service de deux nouveaux sites gaziers en 2013, avec une capacité de production de 4 millions de tonnes de GNL exportable.

M. al-Maliki est au Japon jusqu'à mercredi pour une visite de quatre jours. Il a souligné que le pétrole irakien connaissait une forte demande depuis la crise nucléaire au Japon, mais démenti les affirmations selon lesquelles l'Irak lui-même envisagerait de construire une centrale nucléaire.

2011-11-23 14:40:36  xinhua

http://french.cri.cn/621/2011/11/23/501s262010.htm


France

La reconstruction de l’Irak attire les entreprises françaises.

Pour la troisième année consécutive, les entreprises françaises sont présentes en nombre à la Foire internationale de Bagdad.

Le marché de la reconstruction du pays est évalué à près de 435 milliards d’euros.

Quartier Mansour à Bagdad. Pour la troisième année consécutive, la France sera le pays européen le mieux représenté à la Foire internationale de Bagdad, inaugurée mardi 1er novembre en grande pompe par le premier ministre irakien Nouri Al Maliki. Pierre Lellouche, secrétaire d’État au commerce extérieur, a fait le déplacement pour inaugurer le pavillon France, accompagné d’une trentaine de représentants d’entreprises françaises.

Le programme de reconstruction de l’Irak, « futur grand émergent du monde arabe », se chiffre à 600 milliards de dollars (435 milliards d’euros), un enjeu considérable qui attise une compétition féroce dans la chasse aux contrats et aux parts de marché. Après une série d’entretiens avec les responsables irakiens et une visite à Erbil, dans le Kurdistan, le ministre français a inauguré un des investissements industriels français phares du moment : la nouvelle chaîne de montage de Renault Trucks à Iskandariyah, à 40 km au sud de la capitale. 

Plusieurs modèles de camions y seront assemblés pour le marché irakien, « le plus gros du Moyen-Orient cette année » souligne Bernard Amiel, représentant de l’entreprise à Amman (Jordanie), « et appelé à le rester pour les trois ou quatre prochaines années ».

Fort besoin en infrastructures

Parmi les exposants, sur place jusqu’au 10 novembre, des poids lourds de l’industrie comme Total, Alstom, Schneider Electric, Lafarge et Technip, mais aussi quelques PME, à l’instar de Matière, entreprise qui fabrique des ponts métalliques modulaires, et qui est basée à Arpajon-sur-Cère (Cantal). 

Après la réalisation, en 2010, du pont d’Al-Nahrawann, dans la banlieue de Bagdad, la société a décroché un contrat avec le gouvernorat de Nasiriyah, dans le sud du pays. De son côté, Alstom va construire une centrale électrique à Al-Mansuriya, au nord de Bagdad, dans la province de Diyala.

Huit ans après l’invasion américaine, les Irakiens disposent toujours de moins de dix heures d’électricité par jour, été comme hiver, et ceux qui peuvent se le permettre utilisent des générateurs. Pénurie de courant et de logement, insuffisance des infrastructures, minées par trois décennies de guerres et de sanctions : le chantier de la reconstruction du pays ne fait que commencer. 

Revenus du pétrole et du gaz

Plus que jamais, les autorités irakiennes comptent sur les revenus de l’or noir pour la financer. Début mars 2012, le ministère du pétrole mettra aux enchères douze sites d’exploration, sept pour le gaz et cinq pour le pétrole. La production pétrolière doit passer à 6,5 millions de barils par jour (mbj) d’ici à 2014, contre 2,3 aujourd’hui. Ces rentrées d’argent attendues permettent à l’État de financer les salaires de ses nombreux fonctionnaires et de signer de très gros contrats…

En dépit de l’insécurité persistante dans une partie du pays, de la lenteur et de l’opacité du processus de décision, sans oublier la corruption rampante, les entreprises étrangères sont engagées dans une bataille féroce pour la chasse aux contrats et aux parts de marché. 

Implanté à Souleymanieh dans le nord et à Kerbala dans le sud, le cimentier Lafarge doit ainsi compter avec des concurrents turcs, iraniens et saoudiens qui fournissent leurs clients à partir d’usines situées à proximité de la frontière. 

Concurrence acharnée 

« L’époque des marges à 30 % et du gré à gré, c’est fini. Tout se fait sur appel d’offres et il n’y aura pas de faveur particulière accordée à la France », insiste Pierre Lellouche. « Nous avons un gros effort à faire pour être compétitifs et diversifiés face à des compétiteurs redoutables, qu’ils soient turcs, iraniens, chinois, coréens du Sud ou allemands. »

Pour « mieux organiser l’offre française », le secrétaire d’État entend promouvoir la coopération entre grandes entreprises et PME sous-traitantes, à travers « des politiques de filière, secteur par secteur ».

Les entreprises françaises ont, en tout cas, du pain sur la planche si elles veulent retrouver les presque 11 % (contre environ 3 % aujourd’hui) de parts de marché un moment détenues dans l’Irak de Saddam Hussein.

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Economie/La-reconstruction-de-l-Irak-attire-les-entreprises-francaises-_NP_-2011-11-03-731367



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1Tarek Aziz - L'autre vérité", Award du meilleur documentaire.

   En septembre dernier, le film – document « Tarek Aziz - L’autre vérité », réalisé par Jean-Marie Benjamin, a reçu le Award du meilleur documentaire au Festival de Silent River (Irvine-Los Ageles). Dans un long entretien accordé en mars 2003 au réalisateur, Tarek Aziz révèle l’histoire cachée de la guerre du Golfe, les activités de la CIA en Irak, les manipulations des inspecteurs des Nations unies pour le désarmement de l’Irak, les influences et stratégies des Etats-Unis en Irak et au Moyen-Orient. Plusieurs personnalités des Nations unies – Hans von Sponeck, Denis Halliday, Scott Ritter – interviennent durant le développement du récit de Tarek Aziz, illustré d’images de la situation politique, économique et militaire de l’Irak de 2003 à 2011.

   Au cours de l’interview, Tarek Aziz témoigne également de sa religion chrétienne et des rapports entre chrétiens et musulmans.

   Jean-Marie Benjamin, ancien fonctionnaire de l’UNICEF, ordonné prêtre à Rome, a organisé l’audience privée de Tarik Aziz avec le Pape Jean-Paul II en février 2003. Il a réalisé plusieurs films en Irak, notamment «Irak Radioactivité » pour dénoncer l’emploi d’armes à l’uranium appauvri. Compositeur de musique classique, il est l’auteur de « Ode to the child » enregistrée par l’ex-Beatles Paul Mc Cartney.

Une projection du film « Tarek Aziz - L’autre vérité », sous-titré en français, est prévue à Paris fin janvier 2012, en présence du Père Benjamin

Vidéo de présentation du film (3’) :

30 octobre

http://www.jmbenjamin.org/ENG/iraq/Tareq%20AZIZ%20FILM_Info%20press%20release_2.htm

http://www.france-irak-actualite.com/article-tarek-aziz-l-autre-verite-award-du-meilleur-documentaire-87559968.html



6 Les brèves

Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

6-1 LEMONDE.FR avec AFP : Des Irakiens accusant l'armée britannique de torture obtiennent gain de cause.

La Cour d'appel de Londres a donné raison, mardi 22 novembre, à plus d'une centaine d'Irakiens qui réclament l'ouverture d'une enquête indépendante sur les tortures dont ils affirment avoir été victimes de la part de militaires britanniques en Irak. Ce jugement invalide celui rendu en première instance par la Haute Cour. En décembre 2010, cette dernière avait donné raison au gouvernement britannique, estimant qu'une telle investigation n'était pas nécessaire dans la mesure où le gouvernement avait mis en place une enquête ad hoc (Iraq Historic Allegations Team, IHAT) chargée de se pencher sur les abus perpétrés en Irak.

La Cour d'appel a estimé que l'IHAT "manquait d'indépendance" puisqu'elle compte dans ses rangs des membres de l'armée. Le ministère de la défense a réagi en expliquant qu'il allait examiner le jugement "avec attention et étudier les prochaines étapes". Il a jusqu'au 30 novembre pour saisir ou non la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays. 

Un avocat des cent vingt-huit plaignants, Phil Shiner, s'est réjoui de la décision de la Cour d'appel, observant que "le ministère de la défense a eu recours à toutes les combines pour éviter de rendre des comptes. Maintenant, il ne peut plus se cacher", a-t-il estimé. L'un des principaux plaignants dans ce dossier, Ali Zaki Mousa, affirme avoir été battu pendant plusieurs mois en Irak, entre 2006 et 2007, alors qu'il était détenu par des soldats britanniques.

Deux autres enquêtes publiques ont été ouvertes au Royaume-Uni dans des affaires comparables. L'une d'entre elles a conclu en septembre que des soldats britanniques s'étaient livrés à des "violences gratuites" sur un détenu, Baha Moussa, qui avait succombé à ses blessures en 2003 à Bassorah, dans le sud de l'Irak.

L'armée britannique s'est retirée d'Irak en mai 2011, après huit ans de présence.

LEMONDE.FR avec AFP |

 22.11.11 | 16h15

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/22/des-irakiens-accusant-l-armee-britannique-de-torture-obtiennent-gain-de-cause_1607692_3214.html


6-2 Gilles Munier : Mustapha Abdeljalil va dénoncer un complot baasiste à Bagdad.

Ces derniers jours, près de 600 anciens membres du parti Baas ont été arrêtés en Irak, dans les provinces d’Al-Anbar, Kirkouk, Diyala, Salahaddin, Wasit, Najaf, Bassora et Bagdad. Ils sont accusés de « reconstitution de parti dissous » (1). Selon le New York Times, ces arrestations font suite à la visite surprise à Bagdad de Mustapha Abdeljalil, chef du CNT, qui aurait remis à Nouri al-Maliki des documents découverts dans les archives des services secrets libyens sur un complot visant à le renverser, après le départ des troupes américaines (2).

   La plupart des militants incarcérés sont des partisans de la Liste Al-Iraqiya, dont Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre, est un des principaux dirigeants. Ce dernier a aussitôt menacé Maliki de soulever l’opinion publique si un terme n’était pas mis aux arrestations. Iyad Allaoui, qui dirige la liste, ancien Premier ministre proche de la CIA, n’a pas réagi, mais des manifestations de protestation réclamant la libération des prisonniers ont eu lieu à Falloujah et Ramadi.

   Quelques jours plus tard, 140 professeurs et employés de l’Université de Tikrit – ville de naissance du président Saddam Hussein - ont été arrêté, pour le même motif. Le Conseil de la province de Salaheddin a répliqué… en se proclamant région autonome. Salah al-Mutlaq a informé Maliki que la région d’Al-Anbar pourrait faire de même.

   Selon le site Roads to Iraq, cette campagne anti-baasiste serait en fait la première phase d’un plan américain de déstabilisation de l’Irak conçu avec certains officiers irakiens (3). Roads to Iraq se demande si la vague d’assassinats ciblés au Proche-Orient, annoncée par l’ancien ministre de l’Information libanais, Michel Samaha (4), ne fait pas partie de ce plan.

 L’opération, dit-il, serait dirigée par David Petraeus, directeur de la CIA, en liaison avec la Grande-Bretagne, la France et le Qatar.

(1) http://aknews.com/en/aknews/4/269818/http://aknews.com/en/aknews/4/269682/

(2)http://www.nytimes.com/2011/10/27/world/middleeast/libya-rebels-said-to-find-qaddafi-tie-in-plot-against-iraq.html?_r=1&ref=iraq

(3)http://www.roadstoiraq.com/2011/10/26/the-us-plot-after-iraq-withdrawal-wave-of-arrests-and-assassinations/

(4)http://www.beirutobserver.com/index.php?option=com_content&view=article&id=64348:2011-10-25-22-14-23&catid=41:2010-10-03-20-24-15

© G. Munier/X.Jardez

Gilles Munier
Publié le 29 octobre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier


6-3 TECHNIP : Signature de deux contrats d’études en Irak.

La reprise des relations commerciales bilatérales avec l’Irak après les affres de la seconde guerre du Golfe profite à Technip. Le spécialiste des services pour les industriels de l'énergie a remporté deux contrats d’études dans la région. C’est ce qu’a déclaré le secrétaire d’Etat chargé du Commerce, Pierre Lellouche. Ils viennent emplir un peu plus le carnet de commandes déjà bien fourni, dépassant les deux milliards d’euros sur les trois derniers mois. La visibilité s’étend ainsi jusqu’en 2013. Cette nouvelle intervient quelques jours après la publication des résultats trimestriels jugés bons à l’aune de l’année 2010. Et pour cause : le chiffre d’affaires a progressé de 12,3% à 1,7 milliard d’euros. L’élément de satisfaction principal réside toutefois en l’amélioration de la rentabilité sur la période, le résultat net grimpant de 17% à 121 millions d’euros. Le groupe d'ingénierie pétrolière et gazière réussit, trimestre après trimestre, à faire remonter sa rentabilité et ce, dans toutes ses divisions : le Subsea (taux de marge opérationnelle remonté de 16,7 % à 16,9 %), dans l'onshore (de 6,6 % à 7,8 %) et dans l'offshore (de 4,8 % à 5 %). Lors de la conférence téléphonique organisée pour les analystes la semaine dernière, Thierry Pilenko s'est montré optimiste, tant en ce qui concerne les coûts (pas de tension inflationniste) que les prix (la tendance est plutôt à la hausse). Le président a, en outre, déclaré qu'il ne voyait pas de ralentissement de l'activité en Mer du Nord (indicateur avancé en cas de retournement) et que le Golfe du Mexique était en train de redémarrer (il a de bons espoirs dans cette zone avec son client BP).

02/11

L'analyse (Investir) http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/infos-conseils-valeurs/infos/signature-de-deux-contrats-d-etudes-en-irak-383814.php



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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25/11/2011

n°23 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie (2) - 24-11 - 1ap - : Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak

n°23 - Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie (2) - 24-11 - 1ap - :   Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie Réflexion

deSyrie (2)

n°23                             24-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

Tiré à part

Louis Denghien : Condamnation de la Syrie : un succès euro-américain sans doute sans lendemain.

Domenico Losurdo : Les disciples de Goebbels à l’œuvre contre la Syrie.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 

1-1 Fisk :La Syrie glisse vers la guerre confessionnelle.

1-2 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak.

1-3 Akil Cheikh Hussein : Les menaces contre l'Iran et la Syrie...

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Jacques Borde : Syrie – Après Tripoli, Damas.

2-2 Pierre Khalaf : Syrie et Liban dans la tourmente des alliances contre nature.

2-3 Seyed Abdollah Hoseini : Occident/Libye : la récompense néocolonialiste.

2-4 Communiqué Amal-Hezbollah: Le Liban restera aux côtés de l’Iran et de la Syrie



Tiré à part

Louis Denghien : Condamnation de la Syrie : un succès euro-américain sans doute sans lendemain.

Comme pas mal de choses touchant à l’espèce de « diffamation internationale » dont est victime l’Etat syrien, la condamnation de Damas par l’Assemblée générale de l’ONU, mardi 22 novembre, ne constitue pas une surprise : la pression de l’axe euro-américain, accrue par la « caution morale et politique » de la Ligue arabe, et certainement les arguments diplomatiques et économiques dont dispose cette coalition contre des Etats mineurs pour ne pas dire symboliques, tout cela aboutit « naturellement » à une majorité de 122 contre 13 – et 41 abstentions. Les abstentions équivalant, dans le contexte de cette affaire, à des refus de condamnation, on peut dire sans solliciter les résultats qu’un gros quart des nations composant l’ONU ont refusé de se plier à l’oukase occidental. Parmi celles-ci, bien sûr, la Russie et même la Chine que nos médias voyaient « évoluer » sur le dossier syrien.

Rappelons tout de même que ce texte répercute les simplifications et falsifications véhiculées depuis des mois par la diplomatie américaine « and co » : il condamne « les exécutions arbitraires et l’usage excessif de la force« , enjoint au gouvernement syrien de « cesser immédiatement toutes les violations des droits de l’homme » ainsi que la « persécution » contre les manifestants de l’opposition, « condamne sévèrement les violations des droits de l’homme graves et systématiques« , etc, etc. Et donc il ne dit rien de la réalité, qui est que la violence du pouvoir ne fait que répondre quotidiennement à celle, particulièrement « grave » et cruelle dans bien des cas, de l’opposition radicale armée. Mais, au fait, on n’est pas ici dans le domaine de l’objectivité et de l’équité, mais plutôt dans la confrontation géostratégique.

Un vote symbolique, mais aussi un outil diplomatique

Le représentant syrien aux Nations-Unies, Bachar Jaafari, ne pouvait faire moins, à l’issue de ce vote, que d’accuser les initiateurs de cet énième texte anti-syrien, à savoir la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, d’ »incitation à la guerre civile » dans son pays, encourageant la sédition armée et donc d’être responsables au premier chef de l’ »escalade de la violence » en Syrie.

On sait que pareil texte, adopté par l’Assemblée générale de l’ONU, n’a pas de valeur contraignante pour celle-ci, et a d’abord une portée diplomatique symbolique. Mais le représentant allemand, Peter Wittig, n’a pas fait mystère qu’il s’agissait là d’une première étape pour revenir au Conseil de sécurité avec une « légitimité » renforcée et y obtenir enfin une condamnation, cette fois « opératoire », de la Syrie. La « suspension » de la Syrie par la Ligue arabe n’a pas d’autre but (à peine) caché. Mais le correspondant de Reuters cite les confidences de diplomates onusiens constatant que ce processus de retour au conseil de sécurité « risque de prendre des semaines, sans garantie de succès, avant que la Russie et la Chine ne soient convaincues de changer de position. »

Oui, ça risque de prendre d’autant plus de temps que tant Moscou que Pékin sont bien conscients qu’ils sont engagés dans un bras de fer de longue haleine et de grande ampleur contre un « Occident » – « Empire atlantiste » conviendrait mieux, eut égard à la civilisation que l’Occident a représenté – aussi arrogant que cynique et irresponsable. Ce n’est évidemment pas une question de morale, laquelle n’a rien à faire dans les confrontations internationales, mais d’intérêts géostratégiques et économiques bien compris pour ces deux puissances continentales alliées, engagées de fait dans une guerre froide – ou tiède – contre l’axe euro-américain, une guerre dont le front traverse, pour leur malheur, la Syrie et tout le monde arabe.

Louis Denghien,

http://www.infosyrie


Domenico Losurdo : Les disciples de Goebbels à l’œuvre contre la Syrie.

Quelle est la nature du conflit qui investit la Syrie depuis quelques mois ? Je voudrais avec cet article inviter tous ceux qui ont à cœur la cause de la paix et de la démocratie dans les rapports internationaux à se poser quelques questions élémentaires, auxquelles, de mon côté, j’essaierai de répondre en laissant la parole à des organes de presse et journalistes qu’on ne peut suspecter de complicité avec les dirigeants de Damas.

1. Il convient en premier lieu de se demander quelle était la condition du pays moyen-oriental avant l’arrivée au pouvoir, en 1970, des Assad (père puis fils) et du régime actuel. Eh bien avant cette date, « la république syrienne était un Etat faible et instable, une arène pour les rivalités régionales et internationales » ; les événements des derniers mois signifient le retour à la « situation précédant 1970 ». En ces termes s’exprime Itamar Rabinovitch, ancien ambassadeur d’Israël à Washington, dans The International Herald Tribune du 19-20 novembre 2011. Nous pouvons tirer une première conclusion : la révolte appuyée en premier lieu par les USA et l’Union européenne risque de ramener la Syrie dans une condition semi-coloniale.

2. Les condamnations et les sanctions de l’Occident et son aspiration au changement de régime en Syrie sont-elles inspirées par l’indignation pour la « brutale répression » de manifestations pacifiques dont le pouvoir  se serait rendu responsable? En réalité, en 2005 déjà, « George W. Bush désirait renverser Bachar al Assad, alors premier ministre »[1]. C’est ce que rapporte encore l’ex-ambassadeur israélien à Washington, lequel ajoute que la politique de regime change en Syrie est maintenant celle que poursuit aussi le gouvernement de Tel Aviv : il convient d’en finir avec un groupe dirigeant qui appuie depuis Damas « le Hezbollah au Liban et le Hamas en Syrie » et qui a des liens étroits avec Téhéran. Oui, « profondément préoccupé par la menace iranienne, Israël pense qu’enlever la brique syrienne du mur iranien pourrait déboucher sur une nouvelle phase de la politique régionale. Il est clair que soit le Hezbollah soit le Hamas avancent à présent avec davantage de prudence ». Donc, la cible de la révolte et des manœuvres qui lui sont connexes n’est pas seulement la Syrie, mais aussi la Palestine, le Liban et l’Iran : il s’agit d’asséner un coup décisif à la cause du peuple palestinien et de consolider la domination néo-coloniale d’Israël et de l’Occident dans une aire d’importance géopolitique et géo-économique décisive.

3. Comment poursuivre cet objectif ? Guido Olimpio nous l’explique dans le Corriere della Sera du 29 octobre : à Antakya (Antioche), dans une région turque frontalière de la Syrie, est déjà à l’œuvre « l’Armée syrienne libre, une organisation qui mène la lutte armée contre le régime d’Assad ». C’est une armée qui a l’usufruit des armes et de l’assistance militaire de la Turquie. De plus -ajoute Olimpio- (dans le Corriere della Sera du 13 novembre) Ankara « a exercé des menaces contre la création d’une zone tampon de trente kilomètres en terre syrienne ». Donc, le gouvernement de Damas non seulement doit faire face à une révolte armée, mais une révolte armée appuyée par un pays qui dispose d’un dispositif militaire de première importance, qui est membre de l'OTAN et qui menace d’envahir la Syrie. Quelles qu’aient été les erreurs et les fautes de ses dirigeants, ce petit pays est à présent l’objet d’une agression militaire. Depuis des années en forte croissance économique, la Turquie depuis quelques temps montrait des signes d’impatience à l’égard de la domination exercée au Moyen-Orient par Israël et les USA. Obama répond à cette impatience en poussant les dirigeants d’Ankara à un sous-impérialisme néo-ottoman, contrôlé évidemment par Washington.

4. Comme il résulte des analyses et témoignages que j’ai rapportés, la Syrie est contrainte à lutter dans des conditions assez difficiles pour garder son indépendance, elle doit dores et déjà affronter une formidable puissance économique, politique et militaire. De plus, l’OTAN menace, directement ou indirectement, les dirigeants de Damas de leur infliger le lynchage et l’assassinat qui ont scellé la mort de Kadhafi. L’infamie de l’agression devrait être claire pour tous ceux qui sont disposés à accomplir un ne serait-ce que modeste effort intellectuel. Si ce n’est que, se prévalant de sa terrible puissance de feu multimédiatique et des nouvelles technologies de manipulations rendues possibles par Internet, l’Occident présente la crise syrienne en cours comme l’exercice d’une violence brutale et gratuite contre les manifestants pacifiques et non-violents. Il ne fait aucun doute que Goebbels, le maléfique et brillant ministre du Troisième Reich, a fait école ; il convient même de reconnaître que ses disciples à Washington et Bruxelles ont même à présent dépassé leur maître jamais oublié.

Publié lundi 21 novembre 2011 sur le blog de l’auteur

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


[1] Erreur dans la déclaration de l’ambassadeur israélien : Bachar al Assad n’a jamais été premier ministre, mais directement président de la République, à la mort de son père. NdT.

Domenico Losurdo

Le 22 novembre 2011

Bulletin électronique Mondialisation.ca
www.Mondialisation.ca

URL de cet article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27814


Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que l'auteur et ne reflètent pas nécessairement celles du Centre de recherche sur la mondialisation.


1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 

1-1 Fisk :La Syrie glisse vers la guerre confessionnelle.

Nb la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

 « La guerre inter-confessionnelle devient une réalité en Syrie

(Manifestants pro-Bachar : pour Fisk, ils sont là de leur plein gré.

.Il y avait le journaliste de la télévision syrienne qui m’a demandé ce que je pensais de la situation en Syrie, et moi qui disais que vous ne pouvez plus infantiliser les Arabes, que les soulèvements/révoltes/révolutions/troubles dans le monde arabe étaient tous différents, mais que la dictature ne marche pas, que s’il y avait – si – une constitution nouvelle et sérieuse, pluraliste avec de vrais partis politiques et de véritables élections libres, la Syrie pourrait simplement sortir de cette tragédie, mais que le gouvernement n’avait plus beaucoup de temps… plus que très peu de temps.

Nous verrons si cela sera diffusé ce samedi (les lecteurs seront tenus informés) mais à l’extérieur dans la rue, une autre manifestation pro-Assad vient de commencer. Ils sont 10 000 puis bientôt 50 000 – ils pourraient se retrouver 200 000 en milieu de journée – et il n’y avait pas de transports de gens en camions dans le style de ce que faisait Saddam, sur la Place des Omeyyades. Il n’y a aucune présence des services de la Mukhabarat [renseignements] et les soldats sont ici avec leurs familles.

Où donc a-t-on vu une manifestation pro-gouvernementale lors du « réveil arabe » ? Il y avait des femmes voilées, des vieillards, des milliers d’enfants avec « Syrie », écrit sur leurs visages. La plupart portent des drapeaux syriens, certaines brandissant même des drapeaux de la Russie et de la Chine.

Ont-ils été contraints de venir ? Je ne le pense pas – pas par le gouvernement Assad, en tout cas. Certains jouent au football dans les parcs autour de la place. D’autres ont marqué leurs noms – musulmans et chrétiens – sur une bannière décorée avec des branches d’un arbre massif représentant la Syrie. Mais si ces personnes étaient sous une contrainte, c’est celle des récits venant du nord.

J’ai parlé à 12 hommes et femmes. Cinq m’ont parlé de parents dans l’armée et qui ont été tués à Homs. Et les nouvelles de Homs sont très mauvaises. J’ai dîné mardi soir avec un vieil ami. Un de ses cousins, âgé de 62 ans, un ingénieur à la retraite, avait donné de l’eau à des soldats à Homs. Le lendemain matin, des hommes armés ont frappé à sa porte et l’ont abattu. Il était chrétien.

Bien sûr, le gouvernement Assad avait mis en garde contre le risque d’une guerre sectaire. Bien sûr, le gouvernement Assad s’est donné le rôle du seul protecteur des minorités. Bien sûr, le gouvernement Assad avait affirmé que des islamistes et des « terroristes » étaient derrière l’opposition au régime qui est dans la rue. Il est également clair que la brutalité des forces de sécurité syriennes à Deraa et Homs et dans d’autres villes contre des manifestants désarmés a été un scandale, que ceux qui sont au gouvernement reconnaissent en privé.

Mais il est aussi transparent que la lutte en Syrie passe maintenant à travers le centre du pays et que de nombreux hommes armés s’opposent à l’armée. En effet, il m’a été rapporté que la ville de Homs – parfois pendant plusieurs heures d’affilé – tombe hors du contrôle du gouvernement. Les damascènes qui voyagent jusqu’à la ville d’Alep au nord pouvaient prendre le bus. Mais aujourd’hui plus que jamais, ils prennent l’avion pour éviter la route dangereuse entre Hama et Alep. Ce sont les raisons, je pense, qui font que tant de milliers se sont déplacés pour manifester hier à Damas. Ils ont peur.

Les journalistes étrangers ne sont pas autorisés à voyager à Homs – une grave erreur de la part du régime – où les sunnites, alaouites et chrétiens vivent proches les uns des autres, au milieu d’Arméniens, de Circassiens et d’autres groupes. Une guerre sectaire pourrait bien être dans l’intérêt cynique de tout régime luttant pour sa survie. Mais à moins que tous ceux que j’ai rencontrés seraient en train de mentir (ce que je ne crois pas), c’est maintenant une réalité de plus en plus pesante dans le centre de la Syrie. Face à cela, aucun veto russe ou chinois aux Nations Unies ne sera d’une quelconque utilité.

Une délégation de la Ligue arabe – la plus pathétique et la plus inutile des institutions arabes – devait arriver à Damas hier après-midi. Dans quel but ? Sont-ils censés envoyer une force de « paix » ? Il y a deux jours, Mohamed Kadour, le doyen de la Faculté de pétrochimie à l’université d’Homs, a été kidnappé en échange de la libération de détenus. Il a été libéré un jour plus tard. Si les hommes emprisonnés ont été libérés, nous ne le savons pas. Mais c’est déjà arrivé. Dans la ville d’Idlib, dit-on, tout le monde est armé. Et les armes – c’est toujours ce qui se dit – viennent du Liban.

Demandez qui sont ces hommes armés dans la région du centre de la Syrie et vous obtiendrez une foule de réponses : des Bédouins qui font de la contrebande de drogues avec l’Arabie Saoudite, des transfuges de l’armée, des « islamistes » venus d’Irak, « des gens qui pensent juste que il n’y a pas d’autre moyen de se débarrasser du régime ». Damas est une ville encore épargnée, avec ses lumières en fin de soirée dans les magasins et les restaurants et les milliers de personnes déambulant dans les rues. Mais Damas n’est pas toute la Syrie. Cette ville est dans une sorte de bulle.

Je me suis levé, hier, après seulement une heure et demie de sommeil – car à l’extérieur de mon hôtel, les employés du gouvernement étaient en train de tester le système sonore assourdissant pour la manifestation. Toute la nuit il y a eu des rafales d’acclamations pré-enregistrées, des tambours, des applaudissements et des trompettes. Mais ces foules d’hier avaient-elles vraiment besoin de ces applaudissements fictifs et de tous ces ajouts trompeurs à leur propre manifestation ?

Officiellement, les choses vont mieux en Syrie. J’en doute.

Si le chiffre publié par les Nations unies de plus de 3 000 morts civils est correct, et si les chiffres côté syrien de 1 150 morts militaires sont corrects, et si le chiffres des morts de ces trois derniers jours – peut-être encore une cinquantaine – sont exacts, alors 4200 Syriens ont été tués en l’espace de sept mois. Et cela suffit pour susciter les craintes de tout un chacun. »

Robert Fisk –

The Independent

Samedi 29 octobre 2011


1-2 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak.

Le gouvernement Obama et le Pentagone planifient un renforcement considérable des moyens militaires dans le Golfe persique pour compenser le retrait des troupes de l'Irak et se préparer à de nouvelles guerres dans la région.

Les responsables, les diplomates et les commandants américains cités dans un article publié dimanche par le New York Times ont indiqué que de nouveaux déploiements pourraient inclure le stationnement de brigades de combat au Koweït, de l'autre côté de la frontière de l'Irak à une distance permettant facilement de frapper l'Iran et d'« envoyer dans la région davantage de bâtiments de guerre par les eaux internationales. »

L'existence de ces projets a émergé après l'annonce faite par le président Barack Obama le 21 octobre que toutes les forces américaines occupant l'Irak seront retirées du pays avant la fin de cette année.

Alors que le gouvernement Obama et ses apologistes présentent ce projet de retrait comme la réalisation des promesses de campagne du président démocrate concernant la fin de la guerre en Irak, et même comme un tournant vers la paix dans la région, en fait il n'en est rien.

En fait, la date d'échéance du retrait en décembre 2011 avait été fixée par le gouvernement Bush dans un Status of Forces Agreement (un accord sur le statut des forces, SOFA) négocié en 2008 avec le régime de Bagdad soutenu par les Etats-Unis. Les deux gouvernements de Bush et d'Obama, aux côtés de leur gouvernement clientéliste de Bagdad ont cherché à négocier un nouvel accord qui aurait permis que jusque 20.000 forces américaines demeurent dans le pays, enregistrés comme « formateurs » et « conseillers. »

Ces négociations ont toutefois échoué en raison de l'incapacité du régime irakien à obtenir une approbation parlementaire pour l'immunité juridique des troupes américaines exigées par le Pentagone. Compte tenu de la colère profonde ressentie par le peuple irakien contre les crimes de guerres atroces commis par les forces américaines et la perte de plus d'un million de vies irakiennes depuis l'invasion de 2003, aucun parti irakien majeur n'est prêt à associer son nom à un soutien à l'impunité de l'armée américaine.

Dans les coulisses, les négociations se poursuivent entre Washington et le gouvernement irakien au sujet du maintien de troupes américaines pour les forces de sécurité irakiennes.

Tom Donilon, conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis, a rencontré samedi à Washington son homologue irakien Falah al-Fayyath pour discuter de la façon dont ces liens vont être maintenus après le retrait planifié. Selon une déclaration de la Maison Blanche, les deux responsables « ont réaffirmé la vision commune d'un profond partenariat élargi entre les Etats-Unis et l'Irak comme prévu dans le Strategic Framework Agreement (accord cadre stratégique). »

Le porte-parole de la Maison Blanche a ajouté que les deux responsables « étaient déterminés à développer des mécanismes supplémentaires pour l'établissement d'un dialogue stratégique continu entre les Etats-Unis et l'Irak. »

Washington n'abandonne en aucun cas sa tentative de dominer l'Irak. Ils projettent de laisser là-bas une force de quelque 5.500 employés de sécurité privés en tant qu'armée de mercenaires contrôlée par le Département d'Etat américain, ainsi que quelque 16.000 civils employés par le gouvernement américain et basés dans la plus grande ambassade américaine du monde.

Un rapport publié dimanche par l'Inspecteur général spécial américain pour la reconstruction de l'Irak (Special Inspector General for Iraq Reconstruction, SIGIR) cite le chef d'état-major de l'armée irakienne, le lieutenant général Babaker Zebari, disant que les forces de sécurité irakiennes n'auront pas la capacité « sans l'aide de partenaires internationaux » de défendre l'espace aérien et les frontières du pays jusqu'à l'horizon 2020 à 2024. Manifestement, l'implication est que les Etats-Unis resteront la force militaire dominante en Irak bien après la date limite du retrait, et ce au moyen essentiellement d'une puissance aérienne.

Néanmoins, les plans d'urgence révélés dimanche par le Times indiquent que Washington se prépare à une guerre bien plus vaste dans la région après le retrait des troupes d'Irak.

De nouveaux objectifs pour une agression américaine comprennent à la fois la Syrie et l'Iran. La déclaration faite par le président Barack Obama après le meurtre sordide le 20 octobre du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi contenait une menace à peine voilée que la Syrie se trouvait dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l'OTAN pour une opération de changement de régime identique à celle menée en Libye.

Le sérieux accordé à ces menaces par le régime syrien a été reflété dans une interview de Bashar al-Assad publiée dimanche par le journal britannique Telegraph. Le président syrien a averti qu'une intervention occidentale en Syrie provoquerait un « séisme » qui ébranlerait la région et menacerait de déclencher des « dizaines d'Afghanistan. »

Les Nations unies ont estimé que jusqu'à 3.000 Syriens sont morts dans les troubles qui ont balayé une grande partie du pays depuis mars dernier. Le gouvernement syrien a affirmé que 1.100 soldats et policiers ont été tués lors des affrontements avec les tireurs antigouvernementaux.

Prendre la Syrie pour cible d'agression représenterait le prélude à une guerre encore plus vaste contre l'Iran que Washington considère comme l'un de ses principaux rivaux dans les deux régions stratégiques riches en énergie du Golfe persique et de l'Asie centrale. Après avoir échoué dans deux guerres extrêmement sanglantes et coûteuses au cours de cette dernière décennie – en Afghanistan et en Irak – pour préserver sa domination dans ces régions, l'impérialisme américain n'abandonnera en aucun cas ses objectifs prédateurs. L'échec de ces deux guerres ne fait que créer une impulsion plus forte encore pour une troisième guerre, contre l'Iran cette fois.

Washington est en train de poursuivre une stratégie d'escalade de provocations contre le régime iranien et qui s'est exprimée tout dernièrement dans sa tentative de faire croire à un « complot terroriste » extrêmement improbable qui impliquerait Téhéran dans une conspiration visant à passer un contrat avec un gang de trafiquants de drogue mexicain pour le meurtre de l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis. Dans le même temps, des diplomates américains parcouraient l'Europe en vue d'obtenir du soutien pour l'imposition de sanctions contre la banque centrale de l'Iran, soit embargo économique hâtif qui constituerait un acte de guerre.

« Gardant l'oeil sur la menace d'un Iran belligérant, le gouvernement cherche aussi à élargir ses liens militaires avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council, GCC) – l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et Oman, » rapporte le Times. Il ajoute que la Maison Blanche et le Pentagone « essaient de développer une nouvelle 'architecture sécuritaire' pour le Golfe persique qui intègrerait des patrouilles aériennes et navales et une défense antimissiles. »

En d'autres termes, Washington tente de rabibocher une alliance anti iranienne et contre-révolutionnaire militaire fondée sur une coopération américaine avec les régimes monarchiques les plus réactionnaires de la région. Un tel pacte militaire viserait à éliminer tout nouveau soulèvement des masses arabes, comme l'avaient faits eux-mêmes les émirats du GCC à l'encontre des masses au Bahreïn, et à fournir une base à l'agression militaire des Etats-Unis contre l'Iran.

Selon l'article du Times, ces préparatifs sont déjà bien avancés et les résultats des négociations concernant l'effectif des forces de combat américaines qui seront déployées au Koweït « seront disponibles dans les jours à venir. »

Il ne fait pas de doute qu'une préoccupation majeure de Washington est la stabilité de ces Etats alliés du Golfe même. L'Arabie saoudite, clé de voûte de la stratégie contrerévolutionnaire américaine dans la région, a elle aussi été ébranlée par des troubles survenus à l'Est du pays, dans sa province productrice de pétrole et à forte prédominance chiite. Un rapport inhabituellement franc de la monarchie située dans le désert a été affiché dernièrement sur Al Jazeera, indiquant que « la lignée de successeurs octogénaires » de la monarchie corrompue « rappelait les dernières années de l'Union soviétique, lorsqu'un dirigeant infirme succédait au précédent pour une brève période de règne inerte. »

Des aspects de politique interne aux Etats-Unis contribuent aussi au renforcement d'une nouvelle guerre. Obama a subi les feux de la critique des Républicains au sujet de l'annonce du retrait de l'Irak, les sénateurs républicains exigeant des audiences quant à ses implications. Et la menace d'une action militaire contre l'Irak est, à n'en pas douter, considérée au sein de l'aile droite du Parti démocrate comme un moyen efficace de contrer de telles critiques.

Mais ce qui est plus décisif toutefois, ce sont les inquiétudes au sujet des troubles sociaux grandissants aux Etats-Unis qui ont trouvé leur expression initiale dans les protestations Occupons Wall Street qui se sont déclenchées partout dans le pays. L'élite dirigeante américaine considère une nouvelle aventure militaire comme un moyen de détourner les conflits de classes qui s'intensifient au sein de l'Amérique même.

Bill Van Auken

Mondialisation.ca,

Le 4 novembre 2011

wsws.org
Article original, WSWS, paru le 31 octobre 2011

Articles de Bill Van Auken publiés par Mondialisation.cahttp://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27474


1-3 Akil Cheikh Hussein : Les menaces contre l'Iran et la Syrie...
Gesticulations pour dissimuler l'impuissance !

Ce qui explique la campagne actuelle menée par l'axe du mal américain contre la Syrie et l'Iran ne sont pas la violence dont on accuse la Syrie d'exercer contre ses citoyens, la bombe nucléaire dont on soupçonne l'Iran de vouloir fabriquer et la nature dictatoriale dont on taxe les deux régimes au pouvoir dans ces deux pays.

L'axe du mal américain est en fait le dernier à donner des leçons en la matière. Il suffit parmi d'interminables exemples de signaler les dizaines de millions de Peaux rouges exterminés par les pères fondateurs des Etats-Unis… La traite des Noirs africains par les puissances coloniales qui forment de nos jours ce qu'on appelle l'Union européenne… Les bombes atomiques larguées sur les villes japonaises par la puissance qui se targue de la défense des libertés et des droits dans le monde… La spoliation de la Palestine par les Sionistes… La destruction des économies du Tiers-monde par les restructurations du FMI et de la Banque mondiale, puis celles des pays dits avancés par les dogmes néolibérales du capitalisme féroce.

Ne sont pas moins hypocrites et fourbes les accusations qu'on adresse au programme nucléaire pacifique de l'Iran par des puissances qui, de Washington à Tel Aviv, en passant par Paris et Londres, possèdent des milliers de têtes nucléaires dont une partie infime suffit pour détruire cent ou mille planètes comme la nôtre.

Ou cette dictature dénigrée maintenant par des monarques, émirs, sultans et scheiks qui gouvernent leurs pays en l'absence de toute constitution et par la seule légitimité qui leur est fournie par leurs protecteurs occidentaux.

La campagne doublée de menaces d'interventions guerrières contre la Syrie et l'Iran n'a donc rien à voir avec la défense des civils syriens ou la protection du monde face à une prétendue menace nucléaire iranienne.

Elle n'est qu'expression de la volonté de domination et n'a d'autre but que de servir les traditionnelles visées expansionnistes et hégémoniques d'un Occident qui se laisse conduire par des oligarchies financières et militaires plus que jamais fascisantes.

Mais la différence est maintenant plus que sensible entre l'époque où l'on pouvait profiter de la surpuissance militaire et de la misère des peuples pour construire aisément d'immenses empires, et notre époque dont le trait caractéristique est dorénavant l'effondrement spectaculaire de cet Occident agonisant sous les poids de ses défaites militaires dans la région et de ses crises économiques internes. Après les défaites encaissées par l'armée israélienne prétendument invincible au Liban et à Gaza, nous sommes actuellement à l'ère du fiasco des Américains et de leurs alliés en Afghanistan et en Iraq.

Qui pouvait imaginer que, seulement une dizaine d'années après l'effondrement de son concurrent et adversaire soviétique, à un moment où Washington préparait les conditions de la mise en place de son nouvel ordre mondial, les Etats-Unis et ses alliés pouvaient, suite à l'invasion de l'Afghanistan et de l'Iraq, se trouver dans la situation reconnue catastrophique par d'innombrables stratèges américains et occidentaux ?

Au lieu de mettre en place un régime soi-disant "démocratique" dans un Iraq pacifié par les Américains, l'armée d'occupation américaine, restée seule après la défection de tous ses alliés, n'a que quelques jours pour plier bagage et partir laissant derrière elle un pays, certes martyrisé, mais qui possède un énorme potentiel démographique et stratégique qui commence à être mis au service des causes de la Nation. L'Iraq rejoint le camp de la résistance et, du même coup, relie géographiquement l'Iran à la Syrie et au Liban formant ainsi un front unique en contact direct avec les frontières de la Palestine occupée, et renversant l'équilibre des forces dans une région allant de part et d'autre de la région du Golfe, de la mer noire jusqu'à la mer d'Oman et la mer rouge.

Avec ces nouvelles donnes, le catastrophique se mute en affolant pour les Américains qui savent que les troupes qu'ils retirent d'Iraq et les déploient dans les pays du Golfe ne serviront que comme chair à canon dans la moindre confrontation avec les Iraniens… Sans parler du détroit d'Ormuz qui constitue le passage obligé d'au moins 40 pour cent des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures.

Au moment où Téhéran ne donne que des réponses négatives aux implorations américaines lui sollicitant, dans l'espoir de sauver la face, des discussions directes ou un téléphone rouge, il ne reste aux Américains et leurs alliés que multiplier les menaces d'une frappe contre l'Iran ou d'une intervention militaire en Syrie.

En même temps, ils dissimulent leur impuissance et se donnent des airs triomphalistes en s'attardant à relater des semblants d'exploits militaires comme les opérations louches couronnées par la capture de Saddam Hussein, le meurtre de Ben Laden, l'assassinat de Kadhafi ou l'arrestation toute fraiche de son fils Saïf al-Islam.

Des interventions militaires, s'il y en aurait, en Iran ou en Syrie auront pour conséquences non seulement un nouveau Moyen-Orient, mais aussi un nouvel ordre mondial situé aux antipodes des hallucinations américaines.

Source : La résistance islamique au Liban

Mardi 22 novembre 2011

http://www.french.moqawama.org/index.php



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Jacques Borde : Syrie – Après Tripoli, Damas.

Q – Des observateurs et non des moindres, estiment qu’après la Libye, c’est le régime syrien qui va subir les foudres de l’Occident ?

Jacques Borde – De toute évidence, oui. Et plus vite que beaucoup s’y attendaient. Moi le premier.

Q – Et pourquoi donc ?

Jacques Borde – Oh ! Une seule et unique raison à cet emballement belligène : la volte-face russe. Moscou vient de se tirer une balle dans le pied en forgeant, par elle-même – et sans que personne (à moins que…) ne lui demande rien – l’arme diplomatique qui va servir au camp occidental pour mettre Damas au ban des nations…

Q – Comment ?

Jacques Borde – En se proposant pour pondre une résolution douce, destinée à prendre la place de celle à peine refusée par Moscou et Beijing. Étonnamment, l’a-diplomatie russe aurait pu attendre que les Occidentaux mettent quelques semaines à s’échiner à trouver la trame d’un nouveau texte de nature à trouve grâce aux yeux de la Russie et de la Chine. Mais, pourquoi attendre ? Autant faire le sale boulot soi-même, non ?

Or, en l’espèce, proposer une nouvelle mouture de résolution au Conseil de sécurité des Nations-unies portant sur une réforme du système politique syrien avec l’adoption de normes « démocratiques » (sic) curieusement toutes écrites à l’Ouest va immanquablement déboucher sur une agression de la Syrie par l’Axe atlantique.

Q – Pour quelles raisons ?

Jacques Borde – Pour celles-ci :

1.Nos sources nous indiquent clairement que les Russes travaillent sur un projet de résolution « modérée ». Ce que confirme, à sa manière le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lorsqu’il déclare à l’hebdomadaire Profil, « Nous proposons d’adopter une résolution équilibrée qui condamnera les violences des deux côtés », celles du régime du président Bachar el-Assad et celles de l’opposition, « Dans le même temps, il faut que nous demandions à Assad de poursuivre les réformes qu’il a déjà engagées ». Notez que ce projet, d’une imbécillité sans bornes, a, toujours selon nos sources russes, l’aval du Premier ministre, Vladimir Vladimirovitch Poutine, ce qui en dit long sur sa courte vue en matière géopolitique. Même Gorbatchev, qui a vendu à l’Ouest tout ce qui était monnayable dans son pays, avait plus de jugeote.
2.Les Occidentaux – qui, sans doute, n’en attendaient pas tant – vont se précipiter pour accepter la résolution des Kremlin’s boys. Une fois adoptée, elle aura, nécessairement, une valeur contraignante pour la Syrie.
3.L’Occident et le bras armé qu’il choisira – l’Otan, peut fort bien (dans un premier temps ou même durablement) faire semblant de se tenir en retrait, afin de ne pas vexer les pigeons moscovites et ne prêter qu’un concours indirect, mais décisif, aux opérations – se chargera de l’application, par la force si nécessaire, de la dite résolution non seulement votée, mais, comble de la turpitude diplomatique, forgée par Moscou.
4.Comme pour la Libye, l’Occident n’aura qu’à outrepasser son mandat pour arriver à ses fins. Et, comme à l’accoutumée, les Russes – qui auront tiré, bis repetita…, les marrons du feu pour Washington, Londres et Paris – seront les dindons d’une farce levantine dont, comble de l’ironie, ils auront écrit, motu proprio, le premier acte…

Q – Vous qui aimez les comparaisons historiques, à qui compareriez-vous les Russes, à Judas ?

Jacques Borde – Non, toujours pas. Judas Iscariote avait reçu ses TRENTE deniers du Sanhédrin[1] pour livrer le Christ. Là, c’est Moscou qui, par ses forgeries, va livrer son dernier allié au Proche-Orient au camp adverse ! Comme je crois vous l’avoir déjà dit, le Janus bifrons russe – par là, je veux dire Medvedev ET Poutine, jouant la même partition pro-occidentale, c’est évident – c’est Judas allant plaider devant le Préfet-Procurateur[2] de Judée Ponce Pilate pour lui réclamer l’arrestation de Jésus, à la place de Caïphe ! Avec des amis de cet acabit, à l’évidence, le président syrien, le Dr. Bachar el-Assad, n’a plus vraiment besoin d’ennemis et devrait se consoler en relisant la formule de Cicéron : « Ab amicis honesta petamus » (À un ami, on ne doit demander que ce dont il est capable)[3].

Q – Mais pourquoi les Russes agissent-il s de la sorte ?

Jacques Borde – Deux raisons principales. Première raison. Oubliez tout ce que vous avez pu lire sur l’Union Soviétique, ses dirigeants d’airain, les odieux kagébistes mangeurs de petits enfants, les terrifiants Soviet Military Balance opportunément édités juste avant les votes décisifs des chambres US pour les budgets alloués au Pentagone, etc., la nomenklatura actuellement en place à Moscou n’est jamais qu’une génération de petits fonctionnaires de province – Dimitri Medvedev et Vladimir Poutine, les premiers – montés à Moscou, la capitale, pour y réussir. Ce sont des apparatchiks de sous-préfecture issus d’un système sclérosé, que les hasards de l’histoire ont propulsé à des postes qui dépassent leurs compétences. Nicolas Sarkozy, à côté d’eux, c’est le prince de Bismarck-Schönhausen ! Ceci bien que l’actuel locataire de l’Élysée ne passe pas pour un fin géopolitique. Mais comme aurait dit Saint Thomas d’Aquin, « Timeo hominem unius libri » (Je crains l’homme d’un seul livre). Et Sarkozy – a contrario de beaucoup de ses pairs, qui vaticinent à l’envie – a prouvé qu’il savait agir dans l’urgence. Quitte à mettre la charrue avant les bœufs.

La seule réussite, qui ne doit rien ni à Medvedev ni à Poutine, qu’a connu la Russie, ces dix dernières années, est Gazprom qui est une multinationale comme les autres. Une Exxon made in Russia, rien de plus. Ce qui est déjà appréciable. Mais, convenez-en, n’entre guère dans les visions fantasmagoriques de tous ceux qui voient en Moscou la nouvelle Rome d’un Imperium eurasiste…

Manquant de ce qui fait la colonne vertébrale des hommes d’États, nos deux derniers locataires du Kremlin (comme leurs prédécesseurs, d’ailleurs) multiplient les calculs d’apothicaire pour ne pas perdre leur mise. Ce sont des gestionnaires de faillite maladroits. Cela ne serait pas trop grave – après tout combien de temps a perduré l’Empire ottoman dirigé, lui aussi, par des incapables – s’ils n’avaient en face d’eux les dépeceurs d’empire professionnels que sont les think tanks états-uniens. Du coup, depuis l’Affaire des missiles de Cuba, avec une accélération avec la 1ère Guerre d’Afghanistan, la sphère d’influence de la Russie se réduit comme une peau de chagrin. Là, lorsque la Syrie sera tombée, la Russie n’aura plus de point d’ancrage, passés les Détroits, en Méditerranée. À se demander si quelqu’un sait encore lire une carte au Kremlin…

Q – Et la seconde ?

Jacques Borde – Amos Lerah, sur le site israélien JSSNews, a fort bien résumé les arrières pensées des nos petits princes de la Moskova. Que dit-il ? Que « Poutine sait que Bachar el-Assad est condamné. Mais il veut s’assurer que la Russie a son mot à dire dans le choix de son successeur ».

Grossière erreur de calcul. Comme pour, l’Égypte, la Tunisie et, plus violemment, la Libye, pourquoi l’Occident irait-il demander l’avis de la Russie – désormais poids-plume des relations internationales et qui ne représente plus rien dans la région du Levant – avant de passer son coup de balai ? Prenez l’Égypte – ex-carte majeure de l’implantation russe dans la région – , 98% des officiers de ses forces armées passent, à un moment donné ou à un autre de leur cursus, par les académies militaires US. On voit ce que cela donne quant à l’adoption de l’agenda géopolitique US dans la région et du recadrage ad usum Americani de la « révolution arabe » du Caire ! Au niveau des rentrées d’argent, les comptables du Kremlin seront heureux d’apprendre que la dernière vente – bien que réalisée par le biais des Foreign Military Sales, au cheminement financier parfois complexe – de 125 chars de combat M-1A1 Abrams, par General Dynamics, rapportera 1,329 Md$US aux États-Unis !

Mais Amas Lerah pointe un autre facteur : « le bail russe sur le port de Sébastopol en Crimée » qui « expire en 2017 et ne peut être prolongé sans l’accord de l’Ukraine. Sébastopol est la plus grande base navale Russe et sa bouée de sauvetage pour le maintien d’un accès direct sur la Mer Noire, puis sur les Dardanelles et la Méditerranée. Perdre cette base serait comme devenir enclavée pour la Russie. Kaliningrad ne pourra jamais être transformée en un atout naval majeur tandis que les côtes sibériennes et extrême-orientales ne permettront pas un ravitaillement facile ».

Q – Mais pourquoi aller si vite en (basse) besogne ?

Jacques Borde – Parce que, vu de Moscou, le temps presse. Comme le rappelle encore Amos Lerah, « En 2017, l’Ukraine pourrait bien être un membre de l’Union européenne et il est fort à parier que l’Otan ne voudrait pas de cette base navale russe en Ukraine. Alors Moscou est à la recherche d’une alternative à Sébastopol. Les stratèges russes estiment qu’ils ont trouvé la solution sur la côte méditerranéenne de la Syrie. Là même où ils stationnent actuellement plusieurs sous-marins et destroyers ».

Q – Parce que, selon-vous, les Russes lâcheront Sébastopol ?

Jacques Borde – Dans leur tête, c’est déjà fait. J’en suis persuadé. Là encore, ça n’est qu’une question de temps et de procrastinations sans queue ni tête. Vous verrez, les événements me donneront raison. Hélas !

Q – Mais, dans ce cas-là, ne devraient-ils pas se cramponner à la Syrie ?

Jacques Borde – Mais c’est ce qu’ils font. Mais, à leur manière de petits joueurs. Ils biaisent, louvoient, gémissent. Leur calcul – d’une inconséquence rarement atteinte – est de se dire : Offrons aux Occidentaux la tête de Bachar el-Assad, ils nous laisseront notre accès aux côtes…

Q – Mais c’est absurde ?

Jacques Borde – Oui. Mais, c ‘est comme ça que fonctionnent nos apparatchiks de sous-préfecture, à la recherche de (petits) bénéfices acquis sans prise de risque. « Avaritia facit bardus » (La cupidité rend stupide), dit l’adage latin. Rappelez-vous, c’est exactement de cette manière qu’ils ont agi avec Milosevic. C’est simple, citez-moi UN allié que Moscou n’a pas abandonné dans la tourmente ? Barré, Nasser, Milosevic, Seselj, Kadhadi, etc., tous ont vu les Russes se coucher dès que le vent a commencé à souffler et que Washington, abattant ses cartes, a haussé le ton. Au bluff, le joueur d’échec (russe) – qui pense toujours au coup du surlendemain (qui ne se jouera, évidemment pas, comme il l’imagine) – se couche toujours devant le joueur de poker US. Et, in fine, se fait rouler dans la farine !..

Q – C’est à ce point-là ?

Jacques Borde – Oui. À meilleure preuve : que nous dit encore notre confrère de JSSNews ? Qu’« Il y a quelques semaines, un haut fonctionnaire russe m’a assuré que son gouvernement ne s’opposerait pas à « une résolution forte » de soutien à l’insurrection en Syrie ».

Q – Cela vous semble crédible ?

Jacques Borde – Attendez un peu et vous verrez que, peu ou prou, ces prévisions se réaliseront. D’autant que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, « a invité l’opposition syrienne à Moscou, ce qui implique que le président Bachar el-Assad n’est plus l’interlocuteur exclusif de la Russie… Et seulement 48 heures après le veto, le président russe Dimitri Medvedev a appelé Assad à réformer le pays ! »

En résumé, pour reprendre l’analyse d’Amos Lerah, « La Russie sait qu’Assad va devoir bientôt partir. C’est pourquoi Poutine recherche une solution médiane : un nouveau régime syrien dans lequel les amis de Moscou (donc des proches actuels d’Assad) auraient une place assez forte pour offrir à la marine russe tout ce dont elle désire ».

Le problème, c’est qu’avec les États-Unis, il y a JAMAIS de « solution médiane ». Parlez-en, pour voir, aux Irakiens ! L’embargo onusien, concocté dans les cénacles washingtoniens, leur a coûté UN MILLION ET DEMI de morts. Et ne comptez pas sur les Américains pour avoir des remords. Je vous rappelle, une fois encore, les paroles de l’ancienne chef de la diplomatie états-unienne, Madeleine K. Albright, à qui Larry King avait posé la question suivante: « Is it worthwhile to kill Iraqi children ? » (Est-ce que ça vaut le coup de tuer des enfants irakiens ?)… Ce à quoi elle avait répondu : « Yes, it is worthwhile! » (Oui, cela vaut le coup).

Q – Oui, mais les Russes arment bel et bien,la Syrie ?

Jacques Borde – Oui. Mais, même là, il y aurait beaucoup à redire…

Q – Dans quels sens ?

Jacques Borde – Outre que souvent, voir leur litige avec l’Iran sur les S-300, les Russes ne tiennent pas leurs engagements – quitte à y laisser, budgétairement parlant, leur chemise –, les armes n’arrivent pas toujours à destination !

Q – Vous pouvez préciser ?

Jacques Borde – Apparemment, un des premiers lots de missiles antichars AT-14 Kornet II, commandé par Damas, bien que payé, semble-t-il, n’aurait jamais été livré à la Syrie ! L’ex-Premier ministre israélien, Ariel Arik Sharon, affirme JSSNews, « s’était même envolé de nuit pour ne pas alerter toute la presse qui le collait à chaque instant. Il réussit après des heures de longues discussions, à convaincre Poutine de ne pas livrer même s’ils étaient payés, ces fameux missiles ».

Vint ensuite, nous rappelle encore JSSNews, « l’histoire d’un cargo qui disparut au large de la Manche, le fameux Artic Sea. Il y aurait eu à bord des S300 qui devaient transiter en Algérie pour être ensuite dirigés vers l’Iran ».

Q – Mais, concernant la livraison des S-300, Moscou n’a fait que suivre les sanctions prononcées contre l’Iran ?

Jacques Borde – Vous voulez rire ! Ça serait la première fois depuis longtemps qu’une grande puissance suit à la lettre les recommandations onusiennes. De plus, si la société Almaz-Anteï qui produit les S-300 avait, vraiment, voulu honorer sa commande, passée bien avant la résolution de l’Onu, rien ne l’en empêchait. Si Moscou a gelé la vente, le 11 juin, c’est bien après avoir, délibérément, joué la montre pour ne pas avoir à tenir parole…

Q – Sur notre site, Charlotte Sawyer et John Q. Neel ont dépeint l’avenir de la puissance navale russe de manière apocalyptique. Or, désolé, il y a bien des domaines où les Russes restent performants ?

Jacques Borde – Oui. Et à quoi faites-vous référence ?

Q – Aux projets 20380 et 20385, selon la nomenclature russe ?

Jacques Borde – Effectivement, le Projet 20380 – la corvette Steregushy donne l’impression du renouveau. Mais, mis en chantier en décembre 2001, le projet, qui devait comprendre entre vingt et trente unités, se limitera, en fait, à cinq bâtiments. Pas de quoi pavoiser. D’autant que ce type de corvette, un temps présentée comme une La Fayette en plus petit, offre une autonomie somme toute réduite – 5.000 nautiques au lieu de 9.000 –, ce qui confirme bien le manque d’ambition des Russes dans le domaine naval. Elles ne seront en mesure d’opérer que sur des théâtres d’opérations proches (Baltique, Barents, Caspienne, Mer Noire). Et de couvrir les péninsules de Primorye et du Kamchatka. Calculez : QUATRE mers, DEUX péninsules et CINQ navires ! Où est la projection ? Où est l’ambition ? Où est le renouveau ?

C’est sans doute ce qui a poussé Moscou, nous apprenait Kommersant, a lancer un appel d’offres pour une nouvelle corvette polyvalente, similaire au Littoral Combat Ship (LCS) US. Ce qui devrait déboucher sur une version optimisée des Steregushy : le Projet 20385. Soit ONZE corvettes à livrer avant 2020. Un projet, en théorie, nettement plus ambitieux. Les Projet 20385 seraient des navires furtifs et leur armement comprendrait, dixit le patron de la marine russe l’amiral Vladimir Sergueïevtich Vysotskiy, des missiles nucléaires tactiques. Pour l’instant, on n’en sait guère plus. Sauf que le Projet 20385 s’inscrit dans le Programme naval décennal 2011-2020. Pour conclure, avec la marine russe, le projet de catamaran LCS proposé par OSK resterait d’actualité. Tout cela semblerait convaincant. Sur le papier, du moins. Car, à ce jour, de la classe Steregushy, seul le Steregushy est en service (depuis le 14 octobre 2007). Le Soobrazitelnyy en étant, tout juste, aux essais à la mer.

Donc, l’un dans l’autre, désolé, je ne peux que partager l’analyse de Sawyer et Neel.

Q – Pour finir, que penser des opposants syriens ?

Jacques Borde – Cela dépend de qui l’on parle. Si vous pensez au Conseil national syrien (CNS), créé il y a peu : rien de bon. Quant à leur environnement immédiat, principalement des traîtres passibles de la peine capitale. Ni plus, ni moins !

Q – Vous n’y allez pas un peu fort ?

Jacques Borde – Pas du tout. Vos « opposants » (sic) ont publié sur leur site internet la carte des systèmes antiaériens protégeant le front avec Israël. Quatre cartes détaillées montrent clairement le positionnement des défenses antiaériennes en question. Des S-25 Berkut (Code Otan, SA-1 Guild), S-75 Dvina (code Otan, SA-2 Guideline), S-125 Neva (code Otan, SA-3 Goa), et des S-200 Angara (code Otan, SA-5 Gamon) ou encore 2K12 Kub (code Otan, SA-6 Gainful). Des engins sol/air qu’il faudra bien détruire avant d’envisager toute Zone d’exclusion aérienne. Or, l’instauration d’une telle zone, est, par elle-même, un acte de guerre avéré.

La République arabe syrienne étant, à ce jour, en état de guerre (non ouverte) avec son voisin israélien, la simple révélation de ces éléments-clés de sa défense constitue clairement pour ses auteurs un acte de haute trahison. Passible des tribunaux, quelque soit le pays du monde, lorsqu’ils se produisent. Donc, Damas sera légitimement fondé, le moment venu, de passer les auteurs de telles forfaitures par les armes…

Q – Un dernier mot sur la Libye, peut-être ?

Jacques Borde – Court, alors. À l’évidence, la Guerre de Libye, est loin d’être terminée. À peine finis dans une ville, les combats reprennent dans une autre. Normal, les insurgés pro-occidentaux n’ont même pas les effectifs nécessaires à une force de police lambda pour assurer le maintien de l’ordre en temps de paix. Alors, juguler une guerre civile !

Ah, si ! Un dernier signe. Comme l’a indiqué le site meretmarine.com, la frégate Montcalm a rejoint la zone d’opérations au large de la Libye. « Le bâtiment a été intégré à la TF 473, déployée dans le cadre d’Harmattan. L’arrivée du bâtiment permet de compenser, au sein de la force navale française, le départ de la frégate La Fayette, rentrée à Toulon le week-end dernier »[4].

Pourquoi donc ainsi compenser le retrait d’un navire de guerre de l’importance du La Fayette ? Si ce n’est parce rien n’est encore joué.

Or, jugez-donc du dispositif que la France doit encore consacrer à sa via factis sur les villes libyennes: « la TF473 », dixit meretmarine.com, « se compose aussi de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, qui a remplacé le Cassard (également rentré à Toulon), ainsi que du bâtiment de projection et de commandement Tonnerre, qui embarque un groupe aéromobile fort d’une vingtaine d’hélicoptères Tigre, Gazelle, Puma et Caracal. De plus, un bâtiment de ravitaillement assure le soutien des unités de combat depuis Toulon ». Et, « En parallèle, la Marine nationale participe également à la force maritime déployés au large de la Libye par l’Otan dans le cadre de l’opération Unified Protector. Ainsi, l’aviso Commandant Birot a remplacé au sein de l’OUP son sistership, le Lieutenant de Vaisseau Lavallée, qui a regagné lundi sa base de Brest »[5].

Q – Mais Londres a bien allégé son dispositif, non ?

Jacques Borde – Oui et non. Après quelques 3.000 heures de vola u-dessus de la Libye, les Typhoon de la RAF ont quitté le théâtre d’opérations libyen, le 23 septembre 2011. Mais, il reste SEIZE Tornado GR4 britanniques dans la boucle opérationnelle otanienne. Or, ces appareils ont de meilleures capacités de frappe au sol que les Typhoon. Ils viennent d’ailleurs de passer le cap des 7.000 heures de vol sur zone. Mais, naturellement, rien de toute cette litanie de Guernica frappant les villes libyenne ne serait possible sans les Américains qui assurent, à eux seuls, 80% des opérations de ravitaillement en vol des flottes aériennes de l’Axe atlantique.

Quant à la part française à ces gesticulations guerrières – première devant la Commission de défense de l’Assemblée nationale, le 4 octobre 2011 – le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a révélé le nombre et le type de munitions larguées par la France. Chiffres que, jusqu’alors, l’état-major des armées se refusait purement et simplement à diffuser. Donc, dixit Longuet, « les avions ont largué 950 bombes et tiré 240 missiles air-sol »[6]. Sur ces engins, précise Air & Cosmos, « figurent 15 missiles Scalp-EG, qui ont été tirés par les Rafale et les Mirage 2000D, ainsi que 225 AASM mis en oeuvre par les Rafale »[7]. De leur côté, les hélicoptères du groupe aéromobile français « ont lancé 431 missiles Hot »[8}. Quant aux bâtiments de surface de la Marine nationale, ils ont, pour leur part, délivré quelque « 3.000 obus de 100 et 78 mm »[9].

Quelle débauche de moyens et de personnels pour une guerre, qui, prétendument gagnée par le CNT et ses djihâdistes de marché, dure encore ? Ses vainqueurs – si vainqueur,il y a un jour – et-au-delà, ceux qui les ont inspiré et escomptent tirer profit de cette guerre, seraient bien inspirés de relire Virgile qui écrivit: « Romane, memento : hae tibi erunt artes ; pacisque imponere morem, parcere subiectis, et debellare superbos » (Romain, souviens-toi : ce seront tes arts à toi ; de gouverner les nations sous ta loi, d’imposer des règles à la paix, de ménager les vaincus et d’abaisser les superbes)[10]. On est loin du compte !

Notes

[1] Le Sanhédrin est l’assemblée législative traditionnelle du peuple juif ainsi que son tribunal suprême qui siégeait à Jérusalem. À savoir que le nom n’est pas d’origine hébraïque mais dérive du grec Sunedrion qui signifie Assemblée siégeante.

[2] Les textes, en effet, diffèrent légèrement quant à la titulature exacte de Pilate. Dans ses Antiquités Judaïques, Flavius Josèphe, fait de Ponce Pilate le Préfet de Judée. Cf. « [l'empereur Tibère] envoya comme préfet de Judée (ουδαίοις παρχος) Valerius Gratus, [...] Gratus, après avoir fait cela, rentra à Rome ; il avait passé onze ans en Judée. Ponce Pilate lui succéda ». Mais, de leur côté les Évangiles de Matthieu et Luc, ainsi que Philon d’Alexandrie dans Légation à Caïus, une courte phrase chez Tacite, ainsi que Flavius Josèphe, lui-même, dans sa remarquable Guerre des Juifs, privilégient le titre de Procurateur de Judée (ουδαίοις πίτροπος / Ioudaíois epítropos) pour qualifier Pilate.

[3] De Amicitia, 13, 44.

[4] Mer & Marine (14 octobre 2011).

[5] Mer & Marine (14 octobre 2011).

[6] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[7] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[8] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[9] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[10] L’Énéide, 6, 851-852.

http://www.geostrategie.com/4216/syrie-%e2%80%93-apres-tripoli-damas%c2%a0/.


2-2 Pierre Khalaf : Syrie et Liban dans la tourmente des alliances contre nature.

Puisque le journal "Le Point" a rejoint le cortège d’un faiseur de guerre, l’inlassable BHL, contribuant à convaincre les citoyens français de la soi-disant « humanité » de ses projets criminels et infamants ; voici la traduction d’un article qui pourrait permettre à sa Direction et à ses rédacteurs de mesurer leur degré d’irresponsabilité lorsqu’ils prétendent voir fleurir le « printemps » là où cet homme travaille à semer la tempête et le malheur.

Si besoin est, une vidéo de 34 secondes devrait leur permettre de faire le point.

20 novembre 2011

Ils ne peuvent nier leur participation active à une attaque « ordonnée » contre la Syrie dont le peuple a su préserver l’héritage de toutes les civilisations, sans jamais tomber dans le communautarisme guerrier. Des siècles sont là pour en témoigner ! Est-il illusoire de penser qu’ils puissent écouter des voix venues d’ailleurs, des voix de journalistes tout aussi légitimes que les leurs, sinon plus ? Il ne leur est pas interdit de vérifier, d’enquêter, et de libérer leur esprit de la "doxa" d’un microcosme égocentrique qui n’a que faire, ni de l’humanité, ni de l’humanisme.

Mouna Alno-Nakhal - Biologiste

Le Président Sarkozy au Patriarche maronite, Monseigneur Raï : « Que les chrétiens de Syrie et du Liban émigrent pour l’Europe, ils n’ont plus leur place au Proche Orient »

Lors de l’entrevue du Patriarche maronite, Mgr. Bechara Boutros Raï avec le Président français Nicolas Sarkozy (5 septembre 2011) ce dernier lui aurait demandé : « Puisque les chrétiens ne sont plus que 1,3 million au Liban et 1,5 million en Syrie, pourquoi ne viendraient-ils pas vivre en Europe, sachant que 2 millions de chrétiens irakiens y sont d’ores et déjà réfugiés ? ».

D’après le quotidien « Al-Dyar » citant un membre de la délégation qui accompagnait Mgr. Raï à Paris, le Président Sarkozy lui aurait expliqué que, dans le contexte du choc des civilisations, notamment entre l’Islam et la Chrétienté, il n’y a plus de place pour les chrétiens dans le Machrek Arabe. Il serait donc préférable qu’ils émigrent vers l’Union Européenne composée de 27 États.

Frappé de stupeur, le Patriarche aurait demandé comment une telle chose pouvait être envisagée. Le Président Sarkozy aurait alors produit un document précisant que plus de 3 millions de chrétiens avaient quitté le Liban les 20 dernières années, et que la région du Moyen-Orient est à la veille de rencontrer de nombreux problèmes.

De retour au Liban, le Patriarche a tenu des propos contraires à la position de la France. Il a affirmé qu’il avait le devoir d’entreprendre une action à l’échelle du monde arabe tout entier pour la sauvegarde des chrétiens. C’est ainsi qu’il a rencontré le Patriarche Grec Orthodoxe Hazim qui, de son côté, s’était rendu à Moscou pour rencontrer le Patriarche Orthodoxe de Russie. À la suite d’un entretien entre ce dernier et le premier ministre Poutine, le Patriarche Hazim a rencontré le ministre adjoint des Affaires étrangères, qui lui a assuré que la Russie soutiendra le Président Bachar el-Assad jusqu’au bout, qu’elle protégera la communauté des Grecs Orthodoxes et que, de concert avec l’Iran, la Turquie, l’Arabie Saoudite, et la Syrie, elle fera en sorte qu’on ne porte pas atteinte aux chrétiens de Syrie.

En conséquence, le Patriarche El-Raï, maronite, et le Patriarche orthodoxe se sont mis d’accord pour poursuivre ensemble une politique arabe qui assurerait la protection des chrétiens du Machrek.

Dans la même veine, le Président Sarkozy aurait expliqué au Patriarche maronite que les Frères Musulmans allaient bientôt prendre le pouvoir en Syrie, qu’ils signeront la paix avec Israël, suivis en cela par le Liban. Et qu’ainsi sera réglée la question du Proche-Orient.

Le Patriarche lui a alors demandé : «  Qu’en sera-t-il des réfugiés palestiniens au Liban et ailleurs ? ». Le Président Sarkozy lui aurait répondu quelque chose comme : « ils resteront là où ils sont ! ».

À ces propos, le Patriarche Raï n’a pas pu réprimer son mécontentement, au point que Sarkozy a failli mettre fin à la rencontre. Mais il se serait ravisé en réalisant les conséquences d’un tel comportement sur les relations historiques entre les deux pays.

C’est donc cette rencontre qui éclaire les propos tenus à Paris par Mgr Raï au sujet des liens étroits entre le désarmement du Hezbollah, la solution du problème au Moyen-Orient et le droit des réfugiés au retour dans leur pays d’origine. Mais aussi le rôle du régime syrien dans la protection des minorités religieuses en général, et des minorités chrétiennes en particulier.

Et c’est dans ce contexte qu’il faut situer les propos de Denis Pietton, Ambassadeur de France à Beyrouth, quant à la déception suscitée en France par la position du Patriarche, en contradiction avec celle de la France. C’est alors que le Patriarche Raï a exigé des excuses, à défaut de quoi, l’ambassadeur ne serait pas reçu au patriarcat. Des excuses ont probablement été présentées, puisque l’Ambassadeur s’est effectivement rendu à Bkerké (siège du patriarcat) où il a exprimé sa compréhension pour les propos tenus par le patriarche et réaffirmé les relations historiques entre la France et le Patriarcat maronite qui demeurent une importante référence nationale au Liban.

Pierre Khalaf :

Traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Date de l’article : 23/9/2011
Sources (en langue arabe) :
 Le fil des événements d’après le quotidien libanais Al -Dyar
http://www.lebanondebate.com/details.aspx ?id=55649
 Coordination Générale des Institutions Libano-Canadiennes pas d’auteur nommé.
http://www.10452lccc.com/aaaaanews11a/arabic.sept24.11.htm

http://www.silviacattori.net/article2394.html

 



2-3 Seyed Abdollah Hoseini : Occident/Libye : la récompense néocolonialiste .

 (Un point de vue iranien : Mail and Guardian – 4/11/11)*

Il n’a pas fallu longtemps : un jour à peine après que les images sanglantes de Mouammar Kadhafi traîné, battu et poignardé eurent fait le tour de Syrte et du monde, une annonce fut faite que, semble-t-il, tout le monde attendait et que certains journaux ont appelé « le coup de feu du départ ».

Le nouveau secrétaire à la Défense britannique, Philip Hammon, annonçait que les compagnies britanniques devaient faire leur valise et se rendre en Libye pour arracher les fabuleux contrats de reconstruction. Cela résonnait de façon étrangement familière. Pensons aux Américains défilant en Irak, après l’invasion, pour aider à « l’effort de reconstruction ». Il ne fait aucun doute que ce modus operandi définira très vite ce qui semble n’être rien de moins qu’une nouvelle forme de néo-colonialisme au Moyen-Orient : les militaires américains, ou de l’Otan (ou ensemble) détruiront votre pays sous prétexte d’y introduire la démocratie et ensuite, les compagnies occidentales se partageront la part du lion pour le reconstruire. 

Et, comme le Conseil National de Transition a déjà annoncé la couleur, dit qu’il « récompenserait » les pays qui étaient à ses côtés pendant la « révolution », ce n’est un secret pour personne qui sera le plus grand profiteur de guerre.

Moralité sélective

Alors que par le passé, la Libye de Kadhafi traitait avec la Chine, la Russie et l’Italie, le terrain a maintenant  été, pour ainsi dire, aplani. Même si les Etats-Unis prétendent n’avoir eu qu’un rôle « en coulisse » dans le renversement de Kadhafi, il est certain qu’ils veulent devenir l’acheteur numéro un du pétrole en Libye pour compenser les années de frustration qu’ils ont connues. Mais, ils voudront, en temps voulu, une plus grosse part du pétrole libyen qu’ils ne le laissent croire aujourd’hui.

On dira bientôt que la fin justifie les moyens, à savoir : le renversement d’un dictateur qui a terrorisé  son peuple pendant quarante ans et, certes,  personne de bonne foi ne peut endosser ce que le colonel a fait à la Libye. Mais, la moralité sélective à l’œuvre ici entraîne quelques questions.

L’Otan s’est battu la coulpe pour « protéger les civils libyens » (et, à la fin, a dépassé  son propre  mandat pour commettre des assassinats ciblés et bombarder les civils) mais ne semble pas s’être soucié du peuple bahraini, opprimé sous le joug des gouvernants al-Khalifa. Les deux pays avaient un dictateur, à leur tête,  mais un est resté au pouvoir. Les deux peuples se sont levés pour défendre leurs droits et sont descendus dans la rue. Un seul a été autorisé à massacrer son peuple dans la rue, aidé en cela par le bastion de la démocratie, qu’est son voisin, l’Arabie saoudite. L’autre fut renversé.

Des vérités embarrassantes

La vérité est que les superpuissances n’ont pas éliminé Kadhafi parce que c’est cela qu’il fallait faire, mais parce qu’il ne leur servait plus à rien. Après tout quelle menace la Libye de  Kadhafi représentait-elle pour le monde ? Kadhafi avait déjà renoncé à son programme d’armement nucléaire, indemnisé les victimes de l’attentat de Lockerbie, dénoncé le « terrorisme » et, en fait, comme le démontrent les documents, maintenant, avait activement coopéré avec les services d’intelligence de l’Occident pour neutraliser al-Qaïda en Afrique du nord et en Libye, en particulier.

En outre, il était plus judicieux, par ailleurs, de laisser les « révolutionnaires » lyncher Kadhafi que de le passer en jugement. Des vérités embarrassantes auraient pu être révélées comme elles l’auraient été si le procès de Saddam Hussein avait duré plus de cinq minutes. Ce sont des vérités qui soulignent la complicité de l’Occident dans la répression de la démocratie dans les pays que l’Otan prétend maintenant défendre.

Le fiasco libyen, dans lequel toutes les lois du droit international ont été violées, a été une diversion opportune. Alors que les pays occidentaux étaient aux prises avec des manifestations dans leurs grandes villes  contre le traitement honteux de l’économie par leurs gouvernements  et  les sauvetages financiers massifs de Wall Street, voici que se projette une nouvelle histoire à la télé. Loin de se soucier de leurs propres problèmes domestiques, les Berlusconi, Obama, Cameron et le reste de la Coalition des Volontaires se précipitent dans une guerre et le soutien à des « révolutionnaires » assoiffés de sang, au large de leurs frontières.

Résurgence de l’Irandans le jeu moyen-oriental

L’administration US a au moins retenu une chose de ses erreurs passées. Dans le cas de la Libye, elle ne s’est pas mise en avant, même si elle a fait  le vrai travail. Elle a laissé aux  rebelles le crédit de la déstabilisation du pays qu’elle avait engendrée. La Libye doit aussi être analysée dans le contexte des événements récents au Moyen-Orient et la nécessité pour certains pays comme les Etats-Unis de réaffirmer leur domination là où leur étoile faiblit.

Les Etats-Unis sont en train de perdre en Afghanistan et en Irak. Le Printemps arabe les a privés de deux de leurs vieux alliés, la Tunisie et l’Egypte. En Syrie, toutes les tentatives faites pour mettre à bas le régime de Bachar al-Assad ont échoué parce que l’Iran est un allié puissant du gouvernement syrien. Dernièrement, le président afghan, Hamid Karzai, a déclaré que, si une guerre éclatait entre les Etats-Unis et le Pakistan, les Afghans soutiendraient leurs frères. L’Irak a dit à peu près la même chose s’agissant de l’Iran et de toute attaque menée à partir de son sol.

L’alliance occidentale, s’appuyant sur la force américaine, perd peu à peu du terrain sur les terres stratégiques du Moyen-Orient. Ses amis en haut lieu s’éclipsent et la résurgence de l’Iran dans le jeu moyen-oriental rend les choses encore plus précaires. Maintenant, elle a un nouvel ami « les révolutionnaires libyens ». 

Question: quand on a de tels amis, dans les rangs desquels interviennent d’anciens opérationnels d’Al-Qaïda, a-t-on besoin d’ennemis ?

Seyed Hoseini est le fondateur du Centre Islamique pour l’Afrique et le président de South Africa/Iran Friendship Association

Samedi 19 novembre 2011

Traduction : Xavière Jardez

* http://mg.co.za/article/2011-11-04-west-rushes-to-grab-its-libya-reward/

© G. Munier/X.Jardez

Publié le 19 novembre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier


 

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...

 


2-4 Communiqué Amal-Hezbollah: Le Liban restera aux côtés de l’Iran et de la Syrie.

Le Hezbollah et le mouvement Amal ont affirmé lundi , dans un comuniqué que le Liban continuerait à soutenir l'Iran et la Syrie contre les "conspirations internationales" et les "menaces".
Le texte souligne que "Les événements en Syrie sont clairement une conspiration internationale contre le soutien de la Syrie aux mouvements de résistance arabes et islamiques dans la région".

Et d'ajouter: "Le Liban ne sera jamais une voie de passage pour une conspiration contre un Etat frère", ajoute le mouvement armé, soutenu par l'Iran et la Syrie, et qui domine avec ses alliés le gouvernement libanais.

Le Hezbollah et le mouvement Amal ont également réaffirmé leur soutien à
l'Iran: "Nous soutenons fermement la République islamique d'Iran contre toutes les menaces américaines et israéliennes".

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=38806

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


24/11/2011

n°22 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 23-11 : mm1n La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion deSyrie.

n°22                             23-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

Tiré à part 

Jeremy Salt : Vérité et mensonge en Syrie.

1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Moustafa: Les USA cherchent à attiser la crise en Syrie et à l'exploiter politiquement.

1-2 Jacques Borde :Syrie – Après Tripoli, Damas !

1-3 Tony Cartalucci : La vérité sur la position occidentale envers la Syrie: affaiblir l’Iran.

1-4 Sami Kleib : La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Tiré à part 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Jeremy Salt : Vérité et mensonge en Syrie

23 raisons pour lesquelles nous devrions être prudents avant d’accepter aveuglément les vues occidentale de l’insurrection syrienne.


17 novembre 2011

Avec une insurrection qui fonce vers la guerre civile en Syrie, il convient de mettre un frein à la propagande déversée par les grands médias occidentaux et acceptée sans réserves par beaucoup de gens qui devraient être mieux informés. Voici donc une série de positions à partir desquelles on peut discuter de ce qui se passe dans ce pays très important du Moyen Orient..

1. La Syrie est un Etat des mukhabarat (services de renseignements) depuis que le redouté Abd al Hamid ai Serraj a dirigé les services de renseignements, le deuxième bureau, dans les années 1950. Le régime autoritaire qui s’est mis en place à partir de la prise du pouvoir par Hafez el Assad en 1970 a écrasé impitoyablement toute dissidence. Selon les occasions, ce fut telle ou telle dissidence. L’omniprésence des mukhabarat est une des réalités déplaisantes de la vie en Syrie mais dans la mesure où ce pays est une cible privilégiée des assassinats ou de la subversion pratiqués par Israël et des services secrets occidentaux, et qu’il a aussi été attaqué militairement à plusieurs reprises, et qu’une grande portion de son territoire est occupée et que ses ennemis cherchent constamment des possibilités de l’abattre, on peut difficilement soutenir qu’il peut se passer de mukhabarrat.

2. Il est indubitable que la majorité des personnes qui manifestent en Syrie veulent une transition pacifique vers une forme démocratique de gouvernement. Il est également indubitable que des organisations armées qui agissent à l’ombre des manifestations ne sont pas intéressées par des réformes. Elles veulent la destruction du régime.

3. Il y a eu de très grandes manifestations de soutien au gouvernement. Il y a de la colère contre la violence des bandes armées et contre l’interférence de l’étranger et l’exploitation de la situation par des gouvernements et la presse à l’étranger. Aux yeux de nombreux Syriens, leur pays est à nouveau la cible d’un complot international.

4. Quelle que soit la véracité des accusations portées contre les forces de sécurité ; les groups armés ont tué des centaines de policiers, de soldats et de civils, un total qui doit approcher le millier maintenant. Parmi les civils tués, se trouvent des professeurs d’université, des médecins et même, très récemment, le fils du Grand Mufti de la République. Les bandes armées ont massacré, pris en embuscade, assassiné, attaqué des édifices publics et saboté des voies ferrées.

5. Bachar al-Assad a une forte popularité personnelle. Même s’il siège au sommet du système, il est erroné de le qualifier de dictateur. C’est le système lui-même qui est le vrai dictateur. Ce pouvoir profondément enraciné en Syrie – retranché depuis cinquante ans – se situe dans l’establishment militaire et des services secrets et, à un moindre degré, dans les structures du parti. Ce sont les vraies sources de la résistance au changement. Les manifestations étaient une opportunité offerte que Bachar a saisie pour faire passer le message que le système devait changer.

6. Devant les manifestations à grande échelle du début d’année, le gouvernement a finalement élaboré un programme de réformes. Il a été rejeté d’un revers de main par l’opposition. A aucun moment, il n’a été question de tester la bonne foi du gouvernement.

7. L’affirmation selon laquelle l’opposition armée au gouvernement n’a commencé que récemment est un complet mensonge. Les assassinats de policiers, de soldats et de civils, souvent de manière très brutale, ont commencé pratiquement dès le début [des troubles].

8. Les bandes armées sont bien équipées et bien organisées. D’importants chargements d’armes ont été introduits clandestinement depuis la Turquie et le Liban. Ils comprennent des fusils à pompe, des mitrailleuses, des Kalashnikovs, des lance roquettes, des grenades à main fabriquées en Israël et beaucoup d’autres explosifs. On n’a pas de certitude sur qui fournit ces armes, mais quelqu’un le fait et quelqu’un les paye. L’interrogatoire des membres des bandes armées capturés pointe dans le direction du mouvement Futur de Saad Hariri. Hariri est l’homme de paille des Etats Unis et de l’Arabie Saoudite et son influence dépasse de beaucoup les frontières du Liban.

9. L’opposition armée au régime semble être largement parrainée par l’organisation interdite des Frères Musulmans. En 1982, le gouvernement avait impitoyablement écrasé un soulèvement déclenché par les Frères Musulmans à Hama. Des milliers de personnes avaient péri et une partie de la ville avait été détruite. Les Frères Musulmans ont deux objectifs principaux : la destruction du régime baathiste et la destruction de l’Etat séculier pour le remplacer par un système islamique. La soif de vengeance de la confrérie est quasi palpable.

10. Les groupes armés ont un fort soutien de l’extérieur en plus de ceux que nous avons déjà évoqués. L’ancien vice premier ministre et ministre syrien des affaires étrangères, Abdelhalim Khaddam qui vit à Paris, fait campagne depuis des années pour faire chuter le gouvernement d’Assad. Il est financé à la fois par l’Union Européenne et par les Etats Unis. Parmi d’autres opposants exilés, Borhan Ghalioune, soutenu par le Qatar à la tête du ‘Conseil National’ créé à Istanbul