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21/12/2011

n°165 - Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 20-12 - 1a- : Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque.

n°165 - Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 20-12 - 1a- : Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban 

n°165 du 20-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiersdu liban" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

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Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 1-1 Pierre Khalaf : Des illusions parties très vite en fumée. 

1-2 Hilal Salman : la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats. 

1-3 Pierre Khalaf : Bruit de bottes en Turquie et subversion des pro-US au Liban.

1-4 René Naba : Liban: Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque.

 


1 Analyse -Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pierre Khalaf : Des illusions parties très vite en fumée. 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toute l'analyse d l'auteur mais doit être vu comme information.

Extrait

La Résistance protège les ressources nationales 
Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a inclus les ressources gazières et pétrolières du Liban dans l’équation dissuasive contre Israël. Il a affirmé que si l’État hébreu tentait de s’emparer de ces richesses, la Résistance riposterait pour protéger la souveraineté et les droits du Liban. Cette menace préventive vise à établir un équilibre de la terreur à vocation dissuasive. 
La coalition pro-occidentale du 14-Mars a rapidement réagi, accusant Sayyed Nasrallah de mettre la main sur les ressources pétrolières pour justifier le maintien de ses armes. Mais le Hezbollah, lui, ne fait que remplir sa mission qui est de protéger le pays face aux convoitises maintes fois expérimentées d’Israël. 
Sayyed Hassan Nasrallah a replacé la Résistance dans son contexte de défense de la patrie, laissant à l’État la mission du tracé des frontières maritimes et de décider où commence et où se termine la Zone d’exclusivité économique (ZEE) du Liban. Cohérente avec elle-même, la Résistance ne cherche nullement à se substituer à l’État, qui reste la seule autorité susceptible d’identifier les droits nationaux. 
Le chef du Hezbollah a insisté sur l’importance des ressources libanaises en hydrocarbure, qui sont une richesse nationale qui aura des conséquences positives sur l’ensemble du pays et des citoyens. 
La nouvelle équation dissuasive permettra aux autorités libanaises de mener leur campagne diplomatique pour le tracé des frontières maritimes et l’exploitation des ressources pétrolières. Contrairement à la récente thèse du président israélien Shimon Peres, selon laquelle la guerre de 2006 aurait affaibli le Hezbollah au point de l’empêcher d’entreprendre la moindre attaque contre Israël, le Hezbollah considère que c’est le renforcement de son arsenal militaire et les menaces de bombarder la profondeur israélienne -un aéroport contre un aéroport, un immeuble contre un autre et, dernièrement, des installations pétrolières contre des installations pétrolières- qui assurent une protection au Liban. 
Lorsque Sayyed Nasrallah affirme que la Résistance est plus puissante qu’elle ne l’a jamais été sur les plans de sa cohésion, de son moral et de ses équipements, il sous-entend qu’elle possède encore plus de missiles qu’auparavant. Et en menaçant de bombarder les installations pétrolières israéliennes, il ne lance pas des paroles en l’air, les experts du Hezbollah ayant déjà localisé les plateformes installées au large de Haïfa, d’Ashdod et d’Ashkelon. 
Les nouvelles réalités imposées par Sayyed Nasrallah sur le terrain ont immédiatement inquiété Israël. L’ambassadeur des États-Unis au Liban est accouru chez le président de la Chambre Nabih Berry pour s’informer de ces derniers développements. Par ailleurs, l’émissaire spécial US Frédéric Hoff est attendu prochainement à Beyrouth dans le même but. 
Le chef du Hezbollah assure qu’Israël est incapable de lancer une nouvelle guerre contre le Liban, car il n’a pas encore réglé toutes les faiblesses apparues lors de la guerre de juillet 2006. Et toute fuite en avant pour tenter de redistribuer les cartes dans la région, qui ne sont pas actuellement en sa faveur, se solderait par une véritable catastrophe stratégique. En élargissant à la mer l’équation de dissuasion, il éloigne le spectre de la guerre et rétrécit la marge de manœuvre de l’État hébreu, qui, en plus de tous ses soucis géopolitiques régionaux, commence à être agité par une vague de contestation sociale.

Déclarations et prises de positions

Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah 
« L’un des facteurs primordiaux de la victoire de 2006 a été la détermination et la foi de la Résistance dans la justesse de ses choix. C’est à cause de cette foi que les combattants sont restés dans leurs positions pendant 33 jours dans une Résistance qui est devenue légendaire. En face, les Israéliens ont commencé la guerre avec arrogance, sûrs de leur supériorité, et ils l’ont terminée dans une crise de confiance entre le peuple, l’armée et le gouvernement. Au cours des cinq dernières années, les Israéliens ont tenté de reconstruire la confiance perdue ou ébranlée. Tous les entraînements et les manœuvres organisés ces dernières années visent à atteindre cet objectif. Mais en même temps, en organisant des manœuvres sur le front interne, les Israéliens montrent qu’ils sont désormais incapables de le protéger de la chute des missiles, tout comme ils montrent leur incapacité à détruire les rampes de missiles de la Résistance et à trouver une solution militaire à la question des roquettes lancées sur l’intérieur israélien. S’ils tentent de nouveau une aventure militaire, ils verraient cette fois des missiles pleuvoir sur eux bien loin au-delà de Haïfa. 
Les derniers propos de Shimon Peres qui a déclaré que la guerre de juillet a permis deux grandes réalisations : pousser Nasrallah dans un sous-sol et assurer le calme à la frontière nord, sont une plaisanterie. Me mettre dans un sous-sol n’a jamais été un des objectifs de la guerre, qui visait plutôt à détruire le Hezbollah et à libérer les détenus. Quant au calme au nord, il régnait depuis le 25 mai 2000, lorsque la terre a été libérée, car la Résistance n’est pas un projet de guerre, mais vise à défendre le pays, son peuple et sa dignité. 
La Résistance est plus forte que jamais, sur le plan de sa cohésion, de son entraînement, de son moral et de sa confiance en elle et en Dieu ; aux Israéliens, nous disons : Au Liban, vous ne connaîtrez que le goût de la défaite. Renoncez donc à vos rêves pour toujours. 
Concernant le dossier des ressources pétrolières, le Liban considère avoir une superficie de 22 500 km2 qui regorgerait de gisements pétrolifères. Dans cette superficie, il y a une zone de 850 km2 qui se situe à la frontière la Palestine occupée, et qui est réclamée par les Israéliens. Israël a ainsi procédé seul à son propre tracé dans lequel il a inclus cette zone. Le Hezbollah considère que le tracé des frontières relève de la responsabilité de l’État. Si celui-ci considère qu’il y a encore une zone qui lui appartient et qui est revendiquée par d’autres, c’est à ce moment-là que la Résistance intervient. Nous avons pleine confiance dans le gouvernement pour réclamer les droits du Liban. Nous l’invitons à accélérer le processus et à entamer au plus tôt les travaux d’extraction et de forage, Et nous mettons Israël en garde de toucher à nos installations pétrolières, car les siennes le seront aussi. Si Israël tente une nouvelle aventure au Liban, la victoire sera au rendez-vous pour la Résistance et toutes les menaces et les manœuvres militaires ne servent qu’à reconstruire la confiance perdue des Israéliens dans leur gouvernement et leur armée. De même, s’il touche aux ressources pétrolières du Liban, même dans la zone de 850 km2 que le Liban revendique, la Résistance considérera qu’il s’agit d’une agression et elle est en mesure de défendre les eaux territoriales comme elle l’a fait avec la terre. Nous invitons tous les Libanais à appuyer le gouvernement dans le traitement de ce dossier qui sera bénéfique pour tout le pays et appelons les Libanais à préserver leurs éléments de force, en particulier l’équation armée-peuple-Résistance
. »

Samir Geagea, leader chrétien allié de Saad Hariri 
« (S’adressant à Sayyed Hassan Nasrallah, ndlr) Qui vous a chargé de défendre les intérêts du Liban dans son pétrole et son gaz ? Qui a confié à Sayyed Nasrallah la mise en place d’une stratégie du Liban de ses droits dans le dossier du pétrole en Méditerranée ? Sayyed Nasrallah se considère comme le tuteur du Liban. Nous refusons ce fait car les institutions constitutionnelles sont les seules garantes. La responsabilité des propos de Sayyed Hassan incombe aux responsables qui le laissent agir de cette façon en se substituant à l’autorité de l’État. Pour quelles raisons Sayyed Nasrallah hausse le ton ? Le secrétaire général du Hezbollah a défini sa stratégie indépendamment de toutes les institutions. C’est une grave erreur. Il ne faut plus fragiliser le rôle de l’Armée. L’équation armée-peuple-Résistance signifie que la Résistance avance et que l’armée et le peuple la suivent car l’institution militaire, aux yeux du Hezbollah, est une force de soutien à la Résistance. Les dernières déclarations de Sayyed Nasrallah reflètent des intérêts économique qui sont l’un des sujet du conflit entre l’Iran d’un côté, les arabes et la communauté internationale de l’autre. Le Hezbollah est l’un des outils de la force iranienne et son extension au Moyen-Orient. »

Nawaf Moussaoui, député du Hezbollah 
« La Résistance n’a besoin du certificat de personne pour confirmer sa légitimité ou celle de ses armes. C’est elle qui accorde des certificats à ceux qui n’ont pas suivi la voie de la résistance. Celui qui a besoin d’un certificat pour sa légitimité est celui qui a plié l’échine devant l’Israélien et qui a choisi d’être un informateur auprès de l’ambassade des États-Unis. Ce ne sont ni les résolutions internationales, ni le soutien de l’administration états-unienne, ni l’aide des gouvernements occidentaux qui ont libéré notre pays. La terre a été libérée par la Résistance. Israël a commencé à édifier des aéroports de substitution à Eilat en prévision de la guerre. Ces aéroports ou les bases de substitution seront des cibles faciles à la portée des roquettes de la Résistance. Cinq ans après l’agression de juillet, l’ennemi n’est toujours pas capable de préparer une nouvelle confrontation. Cinq ans après la guerre, la Résistance a encore des longueurs d’avance sur l’ennemi. »

Michel Aoun, principal leader chrétien libanais, allié du Hezbollah 
« Je félicite les Libanais pour la victoire enregistrée il y a cinq ans par la Résistance contre Israël. Le Courant patriotique libre et le peuple libanais sont toujours au rendez-vous, malgré les voix dissonantes qui ne réalisent pas l’importance de la victoire et son impact sur les Libanais et leur avenir. L’avenir du Liban dépend de la pérennité de la Résistance. L’État d’Israël est un pays ennemi qui souhaite étendre son hégémonie et son contrôle sur la région. En tant que nation, nous ne pouvons pas exister sans appuyer la Résistance. C’est ce qui explique l’importance de l’équation principale qui est celle du Peuple, de l’Armée et de la Résistance, tous unis face à l’ennemi. Nous assistons actuellement au début de l’effondrement de l’État d’Israël, et cet effondrement ne s’arrêtera pas en cours de route, parce qu’il est difficile de remonter le moral des Israéliens du fait qu’ils ne font que parler de la paix sans parvenir à la réaliser. »

Général Jean Kahwaji, commandant en chef de l’Armée libanaise 
« Soixante six ans se sont écoulés depuis la fondation de l’Armée, et votre mission reste fixe, sans aucune modification : défendre le Liban, son unité, sa souveraineté et la dignité de ses fils. Aujourd’hui, et avec la formation du nouveau gouvernement, je vous appelle à être le bras ferme de l’État sur la voie du redressement et du développement, et à réprimer les germes de la discorde, ainsi que toute personne portant atteinte à la paix civile, qu’il s’agit de terroristes, d’espions ou de saboteurs, quelles que soient leurs appartenances. 
Sachez que votre disponibilité permanente sur les frontières du Sud, afin de faire face aux intentions agressives cachées de l’ennemi israélien contre la patrie, constitue votre tâche principale qui mérite tout effort et sacrifice. Cette mission ne s’accomplit qu’à travers votre coopération étroite avec la FINUL en vue de préserver la stabilité de cette région, et déjouer les complots criminels de l’ennemi et ses violations continues de la souveraineté libanaise, et de la résolution 1701 promulguée par le Conseil de Sécurité. Cette tâche ne s’accomplit aussi qu’à travers l’engagement à offrir le soutien à votre peuple résistant, tout en s’attachant au droit légitime du Liban de bénéficier de son potentiel national qui réside en son armée, son peuple et sa Résistance, tant que cet ennemi persiste à occuper une partie de notre sol national, et refuse d’accepter les conditions de la paix juste et globale confirmées par les accords et les chartes internationaux.
 »

Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères 
« La Russie rejette toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie. Elle estime que le moyen le plus efficace pour régler les problèmes intérieurs est le dialogue national via les réformes dans les différents domaines. La Russie soutient les efforts déployés par la Syrie pour poursuivre le dialogue national. Nous espérons que ce dialogue aboutira, d’autant que la direction syrienne avait adopté nombre de programmes et de plans de réforme qui doivent être exécutés d’une manière active et rapide. »

Presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 29 juillet 2011) 
Imad Marmal 
Le dernier communiqué publié par le bloc parlementaire du Courant du futur constitue une escalade dans le conflit intérieur et une dégradation de la relation entre ce courant et le Hezbollah. Comment se comportera le Hezbollah face à cette flambée de l’offensive contre lui ? Les préoccupations stratégiques du secrétaire général du parti, Sayyed Hassan Nasrallah, sont la priorité pour lui : renforcement du potentiel de la Résistance, lutte contre les tentatives de fomenter une discorde sectaire, réussite de l’action gouvernementale…De plus, les hauts dirigeants du Hezbollah estiment qu’il est de leur devoir de supporter les offensives politiques ou verbales pour défendre ceux qui ont consenti de très grands sacrifices afin de libérer la terre occupée. Enfin, ils sont convaincus que la campagne contre la Résistance ne date pas d’aujourd’hui et qu’il y en a qui attendent la Résistance au tournant en invoquant différents prétextes qui changent au gré des circonstances.

As Safir (26 juillet 2011) 
Imad Marmal 
C’est étrange, voire politiquement absurde qu’une polémique fasse rage au sujet des armes de la Résistance au moment où Israël tente d’imposer un fait accompli maritime au Liban pour mettre la main sur une partie de ses ressources pétrolières et gazières. Face à un tel défi, si les armes de la Résistance n’existaient pas, il faudrait les inventer afin de protéger ces ressources. Il est donc paradoxal que certains refusent tout dialogue qui ne garantisse pas le désarmement de la Résistance. 
Ce dossier a été dernièrement à l’ordre du jour d’un entretien entre le président de la Chambre des députés Nabih Berry et le représentant du secrétaire général de l’Onu au Liban Michaël Williams. La discussion a notamment porté sur la compétence des Nations unies en matière de délimitation des frontières maritimes entre le Liban et la Palestine occupée. Selon Michaël Williams, la résolution 1701 ne prévoit pas une telle démarche et la Finul n’est donc pas compétente en la matière. Mais le président Berry a fait valoir que ces propos manquaient de précision, dans la mesure où la Finul comporte une composante navale, ce qui permet de supposer que les Nations unies peuvent aider au tracé des frontières. Son interlocuteur ayant campé sur sa position, Berry a haussé le ton en affirmant que lorsqu’il s’agit de défendre nos ressources pétrolières, nous ne lésinerons pas sur les moyens pour contrer toute violation ou agression.

As Safir (28 juillet 2011) 
Daoud Rammal 
Une source officielle relève des points communs aux attentats terroristes commis sur le sol libanais, ce qui prouve qu’une seule partie en est responsable : L’attentat –contre les Français de la Finul- a lieu dans une zone inhabitée où les déplacements sont faciles sans provoquer de suspicions ; de nombreux facteurs politiques parfois contradictoires entrent en jeu dans le secteur de la ville de Saïda et de ses alentours, d’où la difficulté d’attribuer la responsabilité politique de l’attentat à une partie déterminée ; la charge explosive rappelle celles utilisées dans les attentats précédents. 
Selon la même source, il est fort probable que l’attentat ne visait pas le contingent français en tant que tel, mais plutôt n’importe quel contingent qu’il s’avère possible de prendre pour cible sur le terrain. Il est donc peu probable que cet attentat terroriste ait des visées en rapport avec un certain rôle français au Liban-Sud ou une politique française déterminée au Liban ou dans la région. Cet attentat prenait pour cible la FINUL dans son ensemble et non un contingent déterminé. 
La même source appelle les responsables libanais à ne pas instrumentaliser ces incidents dangereux dans le cadre de leurs tiraillements politiques intérieurs pour ne pas assurer aux terroristes un environnement politique favorable à leurs noirs desseins, ce qui mettrait encore plus en danger la Finul et les Libanais dans leur ensemble et entraverait la recherche de la vérité.

As Safir (27 juillet 2011) 
L’Armée libanaise a arrêté près de 25 personnes aux fins de l’enquête dans l’attentat contre une patrouille française de la Finul, parce qu’elles se trouvaient sur les lieux au moment de l’explosion. Des enquêteurs français et italiens contribuent aux recherches aux côtés des enquêteurs de l’armée. La charge explosive pèse entre 6 et 8 Kg de TNT, elle était reliée à un fil électrique, technique très ancienne, pour court-circuiter les radars de détection d’explosifs. Le groupe responsable de l’attentat avait donc suffisamment de temps pour préparer le scénario. Selon Associated Press, le commandant en chef de la Finul, le général Asarta n’a pas accusé de partie déterminée : « Al-Qaëda et le Jihad Islamique, pourquoi pas ? Les Palestiniens, pourquoi pas ? Les Syriens, pourquoi pas ? Israël, pourquoi pas ? Peut-être s’agit-il d’individus. Regardez ce qui s’est passé à Oslo il y a quelques jours ». 
Le député Walid Joumblatt craint que le but ne soit de créer un vide au Liban-Sud, sans que cela ne signifie le retrait total de la Finul, mais cela conduira à la présence d’une écorce de Finul uniquement. Conséquence : possibles infiltrations pour mettre en danger Liban-Sud et l’ensemble du pays au profit d’Israël.

As Safir (27 juillet 2011) 
Le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwaji, effectue prochainement une visite aux États-Unis après sa visite en France qui avait généralement les mêmes objectifs : discuter de la coopération militaire entre les deux armées surtout après les rumeurs sur la possible suspension des aides militaires françaises et états-uniennes au Liban. La visite-éclair du général US Vincent Brooks à Beyrouth et les déclarations de l’ambassadeur de France au Liban Denis Pietton ont vite démenti ces rumeurs et confirmé la poursuite du soutien français et états-unien à l’Armée libanaise. 
Des sources diplomatiques affirment que les responsables français ont insisté devant le général Kahwaji sur le rôle de l’Armée libanaise dans la préservation de la paix civile et la stabilité et l’application de la résolution 1701. La France, qui participe à la Finul, pourrait s’intéresser davantage au renforcement de l’armée pour garantir la stabilité et l’application de la 1701. 
Les mêmes sources expliquent que la visite de Kahwaji à Washington a globalement le même objectif, à savoir : discuter de la poursuite et du possible développement du programme de coopération militaire. Quant aux appels à suspendre les aides à l’Armée libanaise, ils s’inscrivent dans le cadre du débat politique interne américain et de la pratique démocratique où chaque député a le droit d’exprimer son opinion.

As Safir (26 juillet 2011) 
Wassef Awada 
L’attitude des ambassadeurs étrangers au Liban qui multiplient les apparitions médiatiques et s’expriment au sujet des affaires intérieures libanaises à tout propos et hors de propos est inacceptable. Aucun ministre des Affaires étrangères dans l’histoire du Liban n’a pu brider l’élan de ces diplomates et les obliger à respecter les lois et les protocoles diplomatiques. Conséquence : une hégémonie de ces diplomates sur les écrans de télévision et les médias dans un pays pourtant souverain. La responsabilité n’en incombe pas seulement à ces ambassadeurs. Le laisser-aller diplomatique qui règne au Liban est également de la faute des hauts responsables et des journalistes libanais, qui assument une large part de responsabilité. Le ministre des Affaires étrangères et le gouvernement doivent faire appliquer les règles diplomatiques internationales ainsi que le principe de réciprocité parce que les ambassadeurs ne doivent pas franchir certaines lignes rouges.

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, édition du 29 juillet 2011) 
Rosette Daher 
L’attentat contre le véhicule français de la Finul, à Saida, a affecté le mouvement des Casques bleus qui ont réduit le nombre de leurs patrouilles à l’intérieur des villages et près de la ligne bleue, tout en maintenant les postes fixes, surtout près de la barrière technique frontalière. Cependant, la force internationale n’a pas appliqué de mesures renforcées. Le contingent français a considérablement réduit le nombre de ses patrouilles en attendant les résultats de l’enquête sur le dernier attentat, et il semblerait que les autres contingents aient décidé d’en faire de même.

An Nahar (29 juillet 2011) 
Rosanna Bou Mounsef 
La Turquie s’éloigne-t-elle vraiment du dossier syrien ? Des sources diplomatiques arabes signalent que les pays du G8 ont effectivement mandaté la Turquie pour traiter avec le régime syrien. Elles ajoutent que l’Iran a mis en garde la Turquie contre le risque d’intervenir en Syrie. Même des responsables proches de la Syrie au Liban affirment que l’Iran accorde des aides matérielles et logistiques importantes au régime syrien. Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’il existe des divergences autour du dossier syrien au sein du leadership turc, entre le commandement politique et le commandement militaire.

An Nahar (28 juillet 2011) 
Des sources proches du président du Parlement Nabih Berry ont déclaré qu’il s’est informé auprès de l’ambassadrice des États-Unis, Maura Connelly, lors de leur réunion, de la date de la visite de l’émissaire US au Moyen-Orient Frédéric Hoff à Beyrouth. Elle lui a répondu qu’elle ne possédait aucune information à ce sujet. Elle a ajouté que la position des États-Unis concernant la question pétrolière est d’y remédier via les Nations unies. 
Selon les sources de M. Berry, Connelly lui a demandé pourquoi le Liban ne prend pas l’initiative de travailler dans les limites de ses eaux territoriales, et n’invite pas les entreprises à commencer l’extraction comme l’a fait Israël dans des zones qui ne sont pas contestés à l’intérieur de ses frontières. La réponse de Berry a été : « En ce qui nous concerne, nous disons que dans les zones contestées ou autres, il est important de tracer la frontière maritime entre les deux parties, et si quelqu’un tente ou cherche à signer un accord de paix entre le Liban et Israël pour régler la question du pétrole, cela n’aura pas lieu, ni maintenant ni jamais . 
En réponse à une question, M. Berry a répondu, qu’« il est possible que les deux parties –Le Liban et Israël- travaillent comme ils l’ont fait depuis l’Accord d’avril 1996 jusqu’à aujourd’hui, c’est-à-dire à travers des réunions organisées entre des officiers libanais et israéliens sous la supervision des Nations unies pour discuter de cette question.

An Nahar (28 juillet 2011) 
Khalil Fleihane 
Les attentats perpétrés contre la Finul ne semblent pas viser la force internationale en tant que telle, mais certains pays en particulier. Les soldats espagnols ont été visés en 2007, le contingent italien en mai dernier et le dernier attentat a ciblé le contingent français. L’Espagne, l’Italie et la France sont trois pays européens qui jouent un rôle essentiel dans la Finul et qui ont tous les trois assuré le commandement de la force internationale à un moment donné. 
Les enquêtes n’ont pu établir les responsabilités dans aucun des trois attentats. C’est ce qui encourage sans doute les criminels à repasser à l’attaque. Les enquêtes partent généralement de l’idée qu’un groupe palestinien basé dans le camp d’Aïn el-Helwé est responsable de l’agression, même si cette responsabilité n’a jamais été établie. 
Des sources diplomatiques rapportent qu’elles ont informé les responsables libanais de leur souhait de voir le déploiement et les prérogatives de l’Armée libanaise élargis. Elles souhaitent également l’établissement de « points de rassemblement » pour la Finul, afin d’éviter d’une part les problèmes avec les habitants des villages, et afin de protéger d’autre part les Casques bleus en cas d’agression israélienne de grande envergure. À en croire les rumeurs, cette agression éventuelle pourrait avoir lieu en septembre prochain.

An Nahar (26 juillet 2011) 
Ali Hamadé 
Le Hezbollah compte un député bavard qui considère comme des saints les meurtriers de Rafic Hariri. Le Hezbollah considère que ses adhérents sont au-dessus des humains. Mais voilà que l’acte d’accusation vient dévoiler la vérité d’une organisation qui n’hésite pas à tuer de grands hommes dans le cadre de ses tentatives de contrôler le pays du Cèdre. La logique de ceux qui sanctifient les assassins est la logique de la guerre civile par excellence. Aux yeux des indépendantistes, les assassins restent des assassins même s’ils sont sanctifiés par un député bavard. Le dialogue est bon en principe mais comment peut-il être utile si un revolver est placé sur la table ? Ce dialogue ne doit démarrer qu’après avoir proclamé Tripoli et Beyrouth villes sans armes.

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars. édition du 28 juillet 2011) 
L’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, a souhaité que « les autorités libanaises renforcent le contrôle de la sécurité, notamment dans les régions qui ne font pas partie du cadre de la Finul ». L’ambassadeur français a affirmé que « ce qui s’est passé est un acte de lâcheté contre des soldats qui œuvrent pour la stabilité du Liban et de la région ». Déclarant que le moral des soldats victimes de l’attentat est « fort », il a tenu à rappeler que leur mission s’inscrit dans le cadre de la résolution 1701. D’ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a insisté sur le fait que la présence du contingent français répond à la mise en application de cette résolution, qui implique en outre « une coopération avec l’armée libanaise ».

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 27 juillet 2011) 
Jean Aziz 
Dans le village de Lassa (Jbeil), des gens qui prétendent être proche du Hezbollah ont profité de la force du parti pour enfreindre à la loi et faire main basse sur des terrains qui appartiennent au patriarcat maronite. Ce genre d’abus est plus dangereux pour la Résistance que le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL) ou qu’une frappe israélienne. Le problème reste cependant limité à des gens proches du parti, ou qui font partie de la base populaire du parti. Dans le cas du Courant du futur, par contre, le problème se trouve à la tête de la pyramide : Saad Hariri occupe une maison qu’il s’est approprié par des voies illégales, tout comme Solidere s’est approprié tout le centre de Beyrouth par la voie de la fraude et de l’usurpation.

Al Akhbar (26 juillet 2011) 
Abdel Kafi Samad 
L’évolution des tendances politiques à dans la ville Tripoli, chef-lieu du Liban-Nord, au cours des dernières années, mérite que l’on s’y attarde. Les évènements de mai 2008 ont instauré un climat d’hostilité envers la Résistance, qui a été exploité par le Courant du futur dans les élections de 2009. Avec la chute du gouvernement Hariri et l’accession de Najib Mikati à la tête d’un gouvernement dans lequel la ville est largement représentée, la popularité de Saad Hariri a commencé à reculer dans la ville. La remise de l’acte d’accusation du TSL et l’apparition télévisée de Hariri qui a suivi ont été froidement accueillis. Des observateurs s’attendent déjà à la formation d’un troisième courant dans les rangs des sunnites de Tripoli : Sans être l’allié du Hezbollah, ce courant ne serait pas hostile à la Résistance.

Al Akhbar (25 juillet 2011) 
Ibrahim al-Amine 
La nouvelle opposition (le 14-Mars, ndlr) n’a pas de programme et se contente de réagir à la réalité sans prendre d’initiatives concrètes. Habituée à attendre l’aide extérieure, elle trouve aujourd’hui les pays étrangers occupés par leurs propres affaires. L’Arabie saoudite est le théâtre d’une lutte pour le pouvoir au sein de la famille royale. Bahreïn est encore plongé dans ses problèmes. L’Europe a confié le dossier à la France, ce vieux pays qui s’imagine de temps en temps qu’il retrouve sa jeunesse, tantôt au Liban, tantôt en Syrie, et qui semble en passe de se transformer en bouc-émissaire après les scandales liés aux révoltes arabes, surtout en Tunisie et en Égypte, et la désillusion de l’Otan en Libye. Quant aux États-Unis, ils ne s’intéressent qu’à la sécurité d’Israël. Lassés des plaintes interminables des représentants du 14-Mars, Washington leur demande des actions concrètes. Ces derniers n’ont plus qu’une carte à jouer : l’acte d’accusation du TSL. Les voilà qui s’emploient de toutes leurs forces à obtenir la publication de l’acte d’accusation pour le présenter comme une vérité absolue.

Al Hayat (Quotidien saoudien-27 juillet 2011) 
Paris, Randa Takieddine 
L’entretien Juppé-Hague à Londres a notamment porté sur les dossiers syrien et libyen. Les choses semblent claires en ce qui concerne le dossier libyen, parce qu’il y a une stratégie claire et parce que l’opposition qui s’est formée peut constituer un substitut au régime Kadhafi. La situation en Syrie est plus compliquée. Pourquoi aucun leader occidental n’a encore dit qu’Assad doit partir ? Les responsables occidentaux s’interrogent d’abord sur l’alternative en cas de chute du régime syrien. Qui forme l’opposition ? Comment s’organisera-t-elle ? L’inquiétude est liée également à l’impact possible sur les pays voisins : Liban, Irak, Jordanie, Israël, Turquie…

Gulf News (Quotidien anglophone émirati, 25 juillet 2011) 
Lorsque qu’a été annoncée la formation du nouveau gouvernement au Liban, un vent nouveau s’est levé. Le pays qui s’est perdu entre la guerre civile et l’ère Hariri ouvre, cette fois pour de vrai, une nouvelle page de son histoire récente, bousculée depuis le retrait des troupes syriennes. Sont apparus les appels émis par le peuple, sommant leurs leaders de faire abstraction de l’extérieur et ainsi de libérer le pays de l’emprise du sectarisme. 
L’ère Mikati qui s’ouvre est pleine de promesses et d’espérances qui reflètent le sentiment de la rue. Cependant, le danger d’un pouvoir concentré dans les mains d’une seule partie persiste, comme à l’époque Hariri. Un tel dispositif amène la corruption, l’ingérence étrangère en échange d’avantages bon marché, sacrifiant ainsi la souveraineté du Liban et celle de son peuple. Il a mis en péril l’héritage historique de ce pays, fructifié par des artistes et des penseurs de haute renommée. Il a détruit les derniers bastions de la démocratie et de la Constitution.

Pierre Khalaf

Source 
New Orient News (Liban)



1-2 Hilal Salman : Le député Sukarieh à Alintiqad: la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats.  

Le député Walid Sukarieh, membre du bloc parlementaire de la « Fidélité à la Résistance » a affirmé lors d’une interview accordée à Alintiqad que le fait de « dévoiler les réseaux d’espionnage  du service de renseignement américain « CIA » opérant au Liban,  par le service de contre-espionnage de la Résistance, représente un grand exploit qui révèle au grand jour le rôle de sabotage que pratiquent les américains sur la scène libanaise, dans le cadre du projet visant la résistance.
Interview: Hilal Salman
Traduction : Dina Chamseddine
Q-Comment commentez-vous les révélations des Etats Unis sur la capacité du Hezbollah à dévoiler les réseaux d’espionnage  de la « CIA », opérant à Beyrouth ?
R-Les Etats Unis traitaient le Liban, la Syrie et L’Iran (les pays où ont été récemment démasqués les réseaux d’espionnage américains), comme étant des pays sous développés du tiers monde où les activités de la CIA n’étaient pas susceptibles d’être interceptées.
La CIA confrontait dans la passé l’Union soviétique et les pays communistes qui lui étaient alliés sur la scène internationale, et il était rare qu’un agent à la solde des Etats Unis ait été dévoilé dans le cadre du conflit des services de renseignement, durant la guerre froide. Mais des indices ont démontré que la Résistance au Liban ne jouit pas uniquement de capacités et d’expertises militaires qui lui permettent d’infliger la défaite aux "Israéliens", mais qu’elle excelle de même dans les activités de contre- espionnage qui complètent ses aptitudes militaires, visant à protéger la scène intérieure des violations du « Mossad » et de la « CIA » et des services arabes ou occidentaux qui les assistent.
La Résistance a donc prouvé qu’elle est capable de démanteler ces réseaux d’espionnage et de s’infiltrer dans la scène de l’ennemi. Cet important aveu américain, sur le développement de l’activité de la Résistance dans les domaines militaires, sécuritaires et de contre-espionnage, et sur le dynamisme qui parraine son projet politique, confirme le fait que l’ambassade des Etats Unis ne pratique pas la diplomatie, mais qu’elle est un siège pour les espions, la conspiration et le sabotage sur la scène libanaise, en vue de servir le projet américain dans la région.
Dans ce contexte, nous posons la question suivante : quel est le rôle de l’ambassade des Etats Unis dans le sabotage sur la scène libanaise et dans les anciens assassinats, à partir de l’assassinat du président Rafik Hariri, arrivant à tous les attentats contre les leaders du 14 Mars, ces attentats qui ont surtout servi le projet américano-sioniste qui est parvenu à expulser la Syrie du Liban, à former le Tribunal spécial pour le Liban par une résolution du Conseil de sécurité, sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU. Cette arme a tantôt été utilisée pour menacer la Syrie afin qu’elle coopère avec les Etats Unis en Irak, et tantôt pour menacer la Résistance en vue de provoquer une discorde au Liban. C’est notamment cette arme qu’a obtenue l’Amérique et son ambassade qui renferme un bureau d’espionnage. Quelle est donc la nature de l’activité de ce bureau ? Il convient de rappeler les propos de l’adjoint  de la Secrétaire d’état américaine pour les AE, Jeffrey Feltman qui avait déclaré devant le Congrès, qu’une somme de 500 millions de dollars a été payée dans le but de saccager l’image de la Résistance et du Hezbollah. Comment ces sommes ont elles été dépensées ? Et dans quel but ? Ont-elles été payées aux médias ou dépensées dans des opérations suspectes visant à porter atteinte à la sécurité et la stabilité du Liban ? C’est la nature du travail des services de renseignement et des forces américaines spéciales, dont les missions renferment la coopération avec les institutions militaires, l'entraînement des éléments terroristes en vue de renverser un régime ennemi, la provocation d'un soulèvement contre un régime, ou l'application des opérations desquelles découlent des profits politiques, ayant une dimension stratégique, à l’instar notamment de l’assassinat du président Rafik Hariri. Cet attentat à l’engin explosif, contre un nombre déterminé de personnes, est un acte limité, doté d’une dimension stratégique, dans la mesure où il a modifié la situation au Liban, a renversé les équations locales, a provoqué le retrait de la Syrie du Liban et a sapé l’alliance libano-syrienne. Ces missions sont au cœur des tâches des forces américaines spéciales. Et je m’interroge à ce propos sur le rôle que jouent les Etats Unis sur la scène libanaise. Les réseaux qui ont été démasqués, ont confirmé le rôle qu’assument les américains au Liban, dans le but de cibler la Résistance. Et nous devons nous interroger, sur leur rôle dans les événements qui ont eu lieu au Liban, et sur les auteurs des assassinats et des attentats qui visent  à semer la confusion et la discorde.

Q-Un responsable américain a démenti dans un entretien accordé au quotidien Assafir, la suspension des activités d’espionnage des Etats Unis au Liban. Ce fait ne porte-t-il pas atteinte à la souveraineté du Liban ?
R-Les services de renseignement américains ont peut être gelé l’activité de leurs réseaux afin de déterminer les données et les méthodes qui ont abouti à les démasquer,  pour  modifier leur méthode de travail et cerner leurs points faibles. Mais ils ne suspendront pas définitivement leurs  activités car le Liban est une scène essentielle pour faire avancer le projet américain et une base pour agir  contre la résistance non seulement libanaise, mais aussi contre la résistance palestinienne, la Syrie et l’Iran. Le Liban est une base à partir de laquelle sont visées toutes ces scènes et c’est pour ces raisons que la CIA pourrait geler certains aspects de son travail, pour qu’elle se lance de nouveau, par de nouvelles méthodes d’espionnage.

Q-Comment les autorités libanaises devraient elles agir  face à cette violation américaine de la souveraineté libanaise ?
R-Si nous étions dans un pays puissant et qu’un espion opérant pour le compte d’un autre pays ait été démasqué, l’affaire aurait causé l’expulsion de l’ambassadeur du pays et la fermeture de son ambassade. Mais au Liban, ce pays qui craint les Etats Unis et qui en reçoit quelques aides visant à le lier aux politiques américaines, je constate que l’Etat Libanais observe un mutisme face aux violations américaines. L’Etat libanais est appelé à demander des comptes aux Etats Unis et à leur ambassade, à surveiller ses activités et même le mécanisme de la dépense de l’argent qu’elle distribue sur les associations civiles qui reçoivent ses dons, afin d’empêcher ces associations d’être au service d’un pays étranger. Nous nous demandons dans ce contexte, comment les 500 millions de Dollars ont été dépensés sur des associations civiles. L’Etat devrait au moins surveiller les organismes non-gouvernementaux actifs au Liban et qui reçoivent des aides d’un pays étranger.

Q-Quel est l’objectif de l’aveu  américain sur la réalisation du Hezbollah en face de la CIA ?
R-Il se peut que des fuites d’informations aient eu lieu, à l’insu de l’administration américaine, puisque les médias s’empressent de publier de telles informations censées être importantes pour l’opinion publique. Il se peut en outre que l’administration américaine et la CIA aient intentionnellement publié ces informations car ils savent que le Hezbollah a démasqué ces espions, afin qu’ils suscitent chez le parti un sentiment de vanité qui le pousserait à commettre des erreurs ou  à réduire sa vigilance, au moment où ils formeront de nouveaux réseaux  qui opèrent différemment.  
Donc la publication des données peut être une fuite d’informations préméditée ou accidentelle, afin de rassurer le  Hezbollah.

Q-Comment expliquez-vous la chute de deux avions de reconnaissance israéliens récemment au Liban sud, sans que leur fuselage ne soit retrouvé ?
R-L’avion de reconnaissance MK est fabriqué de plastique et de métal. Et il pourrait être muni d’un engin explosif pour qu’il explose après sa chute, afin de prévenir qu’un ennemi découvre ses techniques. Mais il est étrange que les restes de l’avion aient disparu. Il se peut que le fuselage a été secrètement retrouvé pour qu’il soit examiné afin de découvrir ses secrets, ou que l’avion a chuté ailleurs, dans la mer ou dans les territoires occupés et que l’ennemi l’a récupéré.

Q-A l’ombre de la conjoncture locale et régionale actuelle, estimez-vous qu’une agression sioniste contre le Liban est probable ?
R-A l’ombre des événements en cours en Syrie, j’exclus la possibilité d’une offensive israélienne en ce moment, car l’ennemi est faible en face de la Resistance, capable de lui infliger une défaite. Au second plan, une guerre régionale pourrait représenter une issue pour le régime syrien. Israël tend à exploiter les résultats du complot fomenté contre la Syrie, afin qu’il parvienne à faire chuter le régime syrien comme étant un Etat résistant et le pousser vers la guerre civile qui l’effritera. C’est alors qu’Israël interviendrait en vue de détruire l’armée syrienne loyaliste et afin de paver la voie à l’opposition syrienne pour  gouverner la Syrie, l’éloigner de l’Iran et de la Resistance libanaise. C’est pour ces raisons qu’Israël est à l’affût, qu’il suit de près la situation en Syrie avant de décider d’avoir recours à la guerre. Mais cette interprétation des faits n’exclut pas la nécessité de la vigilance.


Q-Quel est le meilleur choix à adopter face à l’échéance du financement du TSL, qui sera soumis au Conseil des ministres a la fin de ce mois ?
R- Nous sommes contre ce Tribunal et bien conscients de sa politisation. Le TSL est un outil qu’utilisent les Etats Unis pour renforcer le projet américain et combattre les forces de la résistance. Le Tribunal pourrait développer dans l’avenir son acte d’accusation et prétendre que le sayed Khaminei a lui-même émis la fatwa et incité à l’assassinat et il serait alors requis pour le procès. Nous ne pouvons traiter le tribunal comme si nous admettions cette situation. Nous refusons par conséquent le tribunal, son financement et le gouvernement ne devrait pas l’avaliser. Et puisque nous sommes en état de guerre avec les Etats Unis et Israël, nous nous attendons à ce qu’ils exercent des pressions sur le Liban, non uniquement sur le plan économique mais aussi militaire et nous devons être prêts à faire face aux deux éventualités.

Q-Comment commentez-vous l’appel des forces du 14 Mars au Premier ministre pour démissionner au cas où le financement du TSL est avorté au gouvernement ?
R- Je ne crois pas que l’intérêt du Premier ministre Mikati  réside dans la démission, car il se serait placé dans une situation encore plus compliquée que celle causée par la campagne menée contre lui par le courant Futur. S’il démissionne,  il aurait entrepris un suicide politique.

Q-Comment voyez-vous les répercussions de la situation en Syrie sur le Liban, notamment à l’ombre de l’appel du 14 Mars à installer des camps pour les refugiés syriens ?
R- La mise en place  de camps suppose en premier lieu l’existence de refugiés syriens au Liban. Mais il s’est avéré que le nombre des refugiés est très limité et ceux qui se trouvent au Liban sont hébergés dans quelques maisons et écoles. Les informations qui me sont parvenues des citoyens du Nord affirment que la majorité des syriens déplacés ont loué des maisons et ont entamé des travaux. Leur situation ressemble à celle des libanais qui ont émigré durant la guerre civile vers d’autres pays et qui n’avaient pas le statut de refugiés. Et puis établir des camps sur les territoires syriens est impossible, vue la présence et le contrôle  de l’armée syrienne qui appellera les citoyens syriens à regagner leurs maisons. Alors que ceux qui ont commis des actes terroristes et tué des civils et des militaires, ils devraient assumer la responsabilité de leurs actes. Par conséquent, les appels des forces du 14 Mars revêtent un aspect purement médiatique et visent à prétendre que des catastrophes sociales ont lieu en Syrie et que des réfugiés syriens affluent vers le Liban. 

Q-Estimez-vous que ces forces (14 Mars) sont impliquées dans le trafic des armes vers la Syrie ?
R- Le trafic d’armes vers la Syrie a eu lieu, mais principalement par des commerçants d’armes à l’instigation de responsables locaux à Wadi Khaled,  à Ersal et en d’autres régions. Mais l’armée syrienne et en coopération avec l’armée libanaise, dont les moyens sont limités, est parvenue à contrôler les frontières, par les postes de surveillance plantés sur les zones frontalières. Mais l’armée libanaise ne peut contrôler toutes les zones frontalières,  que si elle déploie la moitié du nombre de ses militaires, ce qui affectera la situation délicate aux  frontières du Sud et à l’intérieur du pays.

Q-Quels sont les objectifs de la campagne lancée par les forces du 14 Mars contre l’armée libanaise ?
R-Les forces du 14 Mars veulent que l’armée ferme les yeux sur les frontières afin qu’elles demeurent ouvertes aux terroristes et aux trafiquants, et pour que le Liban devienne une base pour les opérations terroristes en Syrie et  un refuge aux terroristes. Mais l’armée ne tolère pas ce fait, d’où les critiques qui lui ont été adressées.

Q-Comment interprétez-vous le retrait des députés du 14 Mars de la commission parlementaire des Finances et du Budget ?
R-Ils tentent de camoufler les scandales financiers commis par le camp du 14 Mars et les gouvernements qu’il a formés. La commission des Finances œuvre peut être pour mettre un terme à des transgressions qui s’ajoutent au gaspillage au sein du ministère des Finances. Pour ces raisons, les députés du 14 Mars tentent par leur boycottage de bloquer les réunions, et  le travail de la commission des Finances, présidée par le député du Courant patriotique libre Ibrahim Kenaan. Ce ne sont que des pressions visant à suspendre le rôle assumé par la commission des Finances, dans la révélation des scandales  de cette équipe, au sein des gouvernements précédents.

Q-Estimez-vous que la loi électorale serait avalisée prochainement ?
R-Nous souhaitons de parvenir à un consensus sur une loi électorale qui soit satisfaisante pour les Libanais et qui soit un prélude à l’élection d’un Parlement qui représente le peuple libanais, qui réponde à ses aspirations et qui ancre l’union nationale.

Q-Comment évaluez-vous la performance du gouvernement en place ?
R- Le gouvernement œuvre en de difficiles conditions et son parcours est semé de pièges. Depuis sa formation, il a été refusé par les Etats Unis, alliés du 14 Mars. Et lors de l’explosion des événements en Syrie, le gouvernement a adopté la neutralité et le Liban n’a plus été une scène pour promouvoir le projet américain dans la région, mais plutôt la Syrie. Pour ces raisons, les Etats Unis n’exercent plus des pressions directes sur le gouvernement, mais en lui traçant par contre des lignes rouges à ne pas dépasser dont, l’interdiction de tout changement au sein des services de sécurité, de la modification de la politique de l’armée, de son équipement en armes pour qu’elle combatte "Israël", et l’interdiction de l’élimination du  TSL. Ces restrictions sur le travail du gouvernement le place dans un champ de mines où son activité est lente et prudente.

Q-Qu’aimeriez vous ajouter au terme cet entretien ?
R-J’affirme en conclusion que les Etats Unis, "Israël" et toux ceux qui leur sont affiliés, ont toujours combattu les forces de la Résistance. Ce n’est guère la première bataille, qui date depuis la fondation de l’entité sioniste. Ils ont lancé des séries d’offensives contre les pays arabes, et ont confronté dernièrement la Résistance, et la Syrie, et y ont imposé un embargo afin de la soumettre, mais elle a demeuré un Etat résistant, soutenant la Résistance. Ils ont de même combattu la Résistance Libanaise, ont fomenté des complots à son encontre et lancé la guerre de juillet 2006 pour l’abattre et y ont échoué. Leur guerre se poursuit par les tentatives visant à semer la discorde et la zizanie sur la scène libanaise, mais j’affirme à ce propos que la croyance en notre droit est ferme et que les forces de la résistance remporteront la victoire. L’agression américano-sioniste contre notre pays sera surement vouée à l’échec.

Publié par NASR

06 décembre 2011


1-3 Pierre Khalaf :Bruit de bottes en Turquie et subversion des pro-US au Liban.

Extrait

Michel Sleiman, président de la République libanaise  :
« Je salue l’accord auquel est parvenu la Ligue arabe sur la Syrie. Cette initiative permet à la Ligue de récupérer son rôle dans le règlement des causes arabes sans ingérence étrangère. »

Najib Mikati, Premier ministre du Liban
« Si le Liban dans son ensemble soutenait le régime syrien ou bien s’y opposait, nous ne pouvons rien faire. Nous avons adopté la neutralité, comment peut-on dire que cela n’est pas positif ?

Je veux éviter à mon pays de boire quelque coupe amère que ce soit et nous devons nous protéger de tout ce qui peut porter atteinte à l’intérêt du Liban, à sa paix civile.

Les rapts d’opposants syriens au Liban se sont produits il y a plusieurs mois, avant la formation de mon gouvernement (…) Il existe, certes, des cas individuels, mais nous ne pouvons pas généraliser et dire que toute la situation est instable. Il y a eu des incidents, mais isolés. La justice fait son devoir et nous la soutenons. L’opposition a le droit de dire ce que bon lui semble, mais moi, je ne veux pas comparer la réalité du cabinet que je préside avec les gouvernements précédents, leur nature ou comment leurs membres allaient en Syrie, même si je suis convaincu que cela n’a rien de honteux. Mon souci est de préserver l’unité nationale. Ceux qui nous demandent d’adopter une autre position et ceux qui oublient que notre société est divisée, que les Libanais sont divisés sont irresponsables. Je ne m’attends pas que le Hezbollah soutienne le TSL après avoir été pointé du doigt par son acte d’accusation. Ce dont je suis certain, en revanche, c’est que l’intérêt du Liban est important pour le Hezbollah et son chef. Ma position est ferme. Je m’engage totalement à l’application des résolutions onusiennes, dont la 1757 sur le Tribunal international et son financement. J’aspire à la préservation de la stabilité du Liban et je n’envisage pas de démissionner pour le moment. »

Michel Aoun, principal leader chrétien libanais
« Les armes de la Résistance n’ont pas besoin de permis dans tous les pays. Nous soutenons le dialogue à condition de déterminer les sujets de discussion. Que les personnes concernées se penchent sur la vision que j’avais présentée pour élaborer une stratégie de défense. La décision de guerre et de paix n’est pas entre les mains du Hezbollah mais entre celles d’Israël et des États-Unis (…) J’ai surmonté toutes les tentatives d’isolement visant à m’écarter de la vie politique. Un milliard de dollars ont été versés durant les élections en 2009 pour me faire sortir du champ politique. Nos détracteurs sont prêts à verser de nouveau 3 milliards de dollars cette fois-ci pour financer les législatives en 2013. »

Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah
« L’ennemi israélien traverse actuellement la pire période de son existence. Par conséquent, il est incapable de mener une guerre contre le Liban. Les évènements régionaux visent les mouvements résistants qui ont pu mettre un terme à l’hégémonie de l’Occident. La Résistance au Liban a porté un coup à l’ennemi qui est désormais incapable de garantir le succès de ses objectifs politiques à travers une guerre. L’ennemi se débat dans ses propres problèmes, incapable d’affronter toute crise et se suffit de lancer des menaces. »

Jeffrey Feltman, secrétaire d’État adjoint états-unien pour le Proche-Orient
« Nous nous attendons à ce que le Liban honore la totalité de ses engagements internationaux car le tribunal a été créé sur demande du gouvernement libanais et des Libanais surtout que le Liban est membre du Conseil de sécurité. Le cas échéant, nous prendrons les mesures punitives contre lui liées à ses relations avec les États-Unis et d’autres pays. »

Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 05 novembre 2011)
Nabil Haitham
La visite à Moscou d’une délégation du Hezbollah a donné lieu à une campagne menée par les parties lésées afin d’en minimiser l’importance et de déformer les prises de position russes exprimées à cette occasion. Cette campagne a même fait état d’une prétendue menace russe relative à des sanctions contre le Liban s’il n’honore pas ses engagements vis-à-vis du TSL, arrivant même au point d’appeler le président du Conseil des ministres Najib Mikati à démissionner dans un tel cas de figure. La Russie, surprise par ces rumeurs, a décrété une mobilisation diplomatique pour faire parvenir une riposte sévère aux parties concernées, sous forme d’un démenti qui remet les pendules à l’heure. Elle a donné des instructions à son ambassadeur au Liban pour établir des contacts directs avec le Hezbollah et couper l’herbe sous les pieds de ceux qui sont visiblement agacés par l’ouverture de Moscou envers la Résistance. Une rencontre élargie a donc eu lieu il y a quelques jours entre une délégation du Hezbollah et des responsables de l’ambassade de Russie, dans le prolongement des discussions déjà entamées à Moscou. Les tentatives de semer la zizanie entre les deux parties auront donc eu l’effet inverse : elles ont renforcé le rapprochement et la confiance réciproque.

As Safir (05 novembre 2011)
Sateh Noureddine

As Safir (1er novembre 2011)
Le président de la Chambre Nabih Berry a affirmé qu’il n’y a pas de raison de traiter la question du financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) avec précipitation. L’une des issues possibles est justement de prendre le temps nécessaire pour bien traiter le dossier loin de la pression des délais. Il n’y a pas de délai fixe et définitif à respecter, même le gouvernement Hariri ne s’est pas tenu à un délai précis pour le financement. Berry a estimé que le gouvernement a jusqu’à mars prochain pour se prononcer, et pas jusqu’à la fin du mois comme certains l’affirment. Il rappelle que tout ce que le Liban a reçu de la part de l’Onu à ce sujet, c’est une lettre demandant au Liban de formuler ses remarques sur l’augmentation du montant de la contribution libanaise au financement du TSL, en raison du changement du cours de l’euro. Nabih Berry et Najib Mikati laissent entendre qu’il y a encore un espoir et semblent miser sur le facteur temps pour trouver la solution miracle.

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars. édition du 05 novembre 2011)
Sarkis Naoum
Le régime syrien a transmis à l’administration française à travers un intermédiaire officiel libanais un message oral qui explique sa position sur le mouvement de contestation. Selon des sources européennes et libanaises dignes de foi, le message provient du commandement syrien et peut-être du président Bachar al-Assad en personne. Le message indique que le président Assad ne quittera pas le pouvoir, quelles que soient les pressions internes ou externes qu’il subit. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas ouvert aux réformes, et au dialogue comme moyen pour y parvenir.
Le départ du président Assad signifie la fin d’un régime qui a assuré la stabilité en Syrie pendant plus de quatre décennies. Ce départ ouvrirait la voie au chaos, à la violence et peut-être à la division du pays.
An Nahar(04 novembre 2011)
Paris, Samir Tuéni
Des sources occidentales se demandent pourquoi les organisations palestiniennes pro-syriennes sont réapparues dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban. L’influence de l’organisation palestinienne la Saïka avait baissé après le retrait de l’armée syrienne du Liban en 2005. Des éléments de la Saïka sont cependant retournés au Liban à travers les frontières communes avec la Syrie. Ils se sont déployés dans différents camps de réfugiés, notamment Beddaoui au Nord, Bourj Al-Barajneh au Sud de Beyrouth et Aïn el-Heloué près de Saïda. La Saïka s’est restructurée au niveau du commandement : une nouvelle génération de jeunes a pris les rênes de l’organisation, considérée comme une formation palestinienne à la solde du régime syrien.
Des sources sécuritaires craignent d’éventuelles frictions entre ces éléments et les combattants d’autres organisations palestiniennes présentes dans les camps, comme le Fatah, ou les groupes qui soutiennent la révolte syrienne. On craint en outre un retour des assassinats politiques au Liban si la situation sécuritaire en Syrie se dégrade.
La situation au Liban-Sud demeure incertaine. Des sources européennes de pays participant à la Finul affirment détenir depuis quelques mois des informations sur la préparation d’une offensive israélienne contre le Liban visant à détruire les capacités militaires du Hezbollah. Ces données coïncident avec des informations médiatiques évoquant une polémique au sein du gouvernement israélien autour d’une potentielle offensive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes

An Nahar (31 octobre 2011)
Selon des sources de sécurité, le radar du contingent français de la Finul à Deir Kifa a repéré un objet étrange dans la région entre Froun-Kossaybé, Kfarsir et Srifa. Alertée, l’Armée libanaise a ratissé la région. Des rumeurs ont circulé sur le crash d’un drone israélien aux alentours de la localité de Froun. Les services de sécurité, l’armée et des unités de la Finul se sont mobilisés et une vaste campagne de ratissage a été organisée, mais rien n’a été découvert. Le lendemain, le contingent français a réaffirmé que ses radars ont capté les mêmes ondes dans le même secteur. Des sources de sécurité à Nabatiyé estiment possible que l’objet suspect soit un robot-espion israélien, télécommandé par satellite. Les Israéliens sont capables de le faire exploser à la fin de sa mission.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 04 novembre 2011)
Nicolas Nassif
La diplomatie russe insiste sur le soutien et la coopération avec le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), y compris au niveau du financement. Moscou établit cependant une distinction claire entre le soutien au TSL et l’imposition de sanctions sur le Liban s’il ne verse pas sa contribution.
La résolution 1757 ne prévoit pas de sanctions si le Liban n’honore pas ses engagements. Il en va de même pour la résolution 1559 : les clauses qui concernent le désarmement du Hezbollah n’ont toujours pas été appliquées, mais personne n’a brandi des sanctions internationales contre le Liban.
Des ambassadeurs accrédités à Beyrouth doutent que le Conseil de sécurité impose des sanctions contre le Liban, mais n’écartent pas la possibilité que des mesures indépendantes soient prises par des gouvernements européens ou par Washington et Paris qui tiennent le discours le plus intransigeant sur le financement du TSL.

Al Akhbar (03 novembre 2011)
Jean Aziz
Le Liban, confronté à la crise syrienne, s’est scindé en deux camps, qui ont toutefois un point commun : l’attentisme. Le premier camp est celui de Saad Hariri, dont le pari est clairement affiché. C’est un camp qui a décidé depuis des mois de démissionner de la vie politique intérieure et d’opter pour la politique de l’attentisme, qui prend pour point de départ les événements en Syrie. Ce faisant, il a renoncé au rôle fondamental d’opposition constructive, et s’est contenté de suivre de près l’évolution de l’actualité en Syrie, étant résolument convaincu que le dénouement de cette crise servira de levier pour son retour au pouvoir.
Le second camp suit la même approche attentiste. Il attend que la Syrie triomphe de sa crise et en sorte plus puissante qu’auparavant, pour se livrer à un règlement de comptes avec le camp adverse.
Que se passera-t-il s’il s’avère impossible que la Syrie redevienne ce qu’elle était avant le 17 mars dernier, et impossible, aussi, que le régime s’effondre comme ce fut le cas en Tunisie, en Égypte ou en Libye ? Qu’adviendra-t-il si le statu quo actuel perdure indéfiniment ? Que fera alors le Liban ?

Al Moustaqbal (Quotidien appartenant à la famille Hariri, 03 novembre 2011)
Rouba Kabbara
Le gouvernement de Najib Mikati appuie ouvertement ou implicitement, depuis les plus hautes tribunes arabes et internationales, le régime du président syrien Bachar el-Assad . Plus encore, les prises de position de ce gouvernement vis-à-vis de la crise syrienne ramènent le Liban à l’ère de la tutelle de Damas, même s’il n’y a plus aucun soldat syrien sur le sol libanais. Il est nécessaire d’intensifier l’appui au printemps arabe, notamment en Syrie, et d’organiser un congrès à l’échelle nationale pour traduire en actes les discours de soutien aux révoltes populaires arabes.

Conflict Forum (Centre de recherche états-unien anti-impérialiste)
Amal Saad-Ghorayyeb
Il faut comprendre la défense acharnée, par le Hezbollah, du régime d’Assad comme faisant partie du bras de fer régional entre le « projet nationaliste de résistance » que mène l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas et le « projet US » que mène les alliés arabes des Etats-Unis. Pour le Hezbollah, la Syrie n’est pas qu’une plate-forme de trafic d’armes, mais comme le dirait Hassan Nasrallah, « le seul régime de résistance dans la région ». Dans la balance, il faut également inclure le fait que le régime de Damas est un soutien indéfectible de la cause palestinienne.
C’est dans cette perspective globale que les « résistants » craignent la collusion d’acteurs étrangers en Syrie qui rêveraient de remplacer le régime d’Assad par un pouvoir qui ressemblerait aux États modérés de la région, « prêts à signer la paix avec Israël ». Et puis, il faut voir dans ce soutien une considération philosophique. Le Hezbollah a une compréhension particulière de la liberté, concept que l’Occident lie intimement à l’auto-détermination des peuples. Pour les parangons de la Résistance, celui qui est libre doit lutter pour la justice, contre les inégalités que créent les États-Unis. La méfiance du Hezbollah à l’égard du soulèvement syrien est inhérente à son mode de pensée.

The Independent (Quotidien britannique, 28 octobre 2011)
Robert Fisk



Pierre Khalaf

9 novembre 2011

Source
New Orient News (Liban)


1-4 René Naba :Liban: Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque.

Sans surprise, Walid Joumblatt le chef druze du parti socialiste progressiste (PSP), a été reconduit, fin octobre 2011, à la tête de sa formation qu’il préside depuis 34 ans, sans concurrent pour lui disputer le leadership, selon les pires règles de la féodalité clanique en plein printemps arabe, sur fond d’un nouveau repositionnement à l’égard de la Syrie, ultime pirouette d’une girouette.
Retour sur ce parcours erratique d’un homme qui était en mesure d’accéder à la stature d’homme d’état, qui s’est laissé happer par les sirènes de la dolce vita et de la combinazione.

1-Une décennie prodigieuse

La décennie avait été prodigieuse. Comme larrons en foire, sous la houlette de la Syrie, ils avaient mis en coupe réglée la République, Rafic Hariri, à la tête du gouvernement, en 1992, dans la foulée de l’avènement du nouvel ordre mondial américain consécutif à l’effondrement du bloc soviétique, Walid Joumblatt à la tête d’un important ministère chargé de la réinsertion sociale des 135.000 familles déplacées du fait des hostilités.
Dans la griserie de l’époque, le laxisme ambiant, la veulerie des uns, la couardise des autres, la gloutonnerie des uns et des autres, la Syrie commettra une faute majeure qui conditionnera largement la suite des évènements, dont elle pâtira durement le long de la décennie, faute d’avoir bridé la complaisance des gestionnaires syriens du dossier libanais, -le militaire Ghazi Cannaan et le politique Abdel Halim Khaddam-, face à la mainmise du milliardaire saoudo libanais sur le parc immobilier du centre de Beyrouth, le socle désormais indéboulonnable de son leadership sunnite.

L’alliance contre nature entre un pur représentant du pan capitalisme pétro monarchique et le chef d’un des rares partis politiques arabes se réclamant du socialisme pouvait surprendre en termes de cohérence idéologique, mais non en termes de drainage financier. Ceux qui seront par la suite les plus sévères censeurs de la tutelle syrienne sur le Liban avaient été pendant douze ans, de 1992 à 2004, les meilleurs gestionnaires de la mainmise syrienne sur leur pays, déléguant à la Syrie, le pouvoir régalien sur le plan diplomatique et militaire, en contrepartie de leur mainmise sur le Liban.

Un acte de haute forfaiture commis, néanmoins, en toute impunité, avec les encouragements de leurs tuteurs internationaux, particulièrement la France, si prompte par ailleurs à se draper dans la dignité bafouée dès lors que ses intérêts patrimoniaux sont en jeu.

2- Le pro consul syrien le Général Ghazi Canaan, le troisième larron de cette foire d’empoigne.

Partenaires dans le projet Elissar, la rénovation du littoral du sud Liban, et dans les projets fonciers de Kreyha Sibline, ayant vocation à servir de point de chute aux réfugiés palestiniens extirpés des camps de Beyrouth, ils feront du ministère des personnes déplacées le centre opérationnel de prébendes électorales. Le quotidien libanais «An Nahar», du temps où il exerçait une fonction critique avant d’être racheté par Hariri, estimait le 10 juillet 1998, à près de 800 millions de dollars les fonds ayant transité par ce ministère pour des opérations sans rapport avec la réhabilitation familiale.

De réinsertion il y en eut peu, mais de prébendes plus que de besoin notamment pour le financement déguisé des campagnes législatives et municipales des partisans du tandem, pour le maintien du niveau de vie de la clientèle politique ou la gratification des grands électeurs et des gros propriétaires terriens. Le dévoiement était tel que la cupidité finira par gangrener tous les contre pouvoirs, au point même que leur contremaître absolu, le Général Ghazi Canaan, pro consul de Syrie au Liban, se comportera de moins en moins en maître, contrant de moins en moins de choses, pour finir par constituer le troisième larron de cette foire d’empoigne.

Au mépris du délicat équilibre confessionnel de l’échiquier libanais et des intérêts stratégiques de la Syrie, mais au bénéfice de son propre compte bancaire, le proconsul syrien modifiera la loi électorale au bénéfice du leadership haririen, favorisant la naturalisation en masse de sunnites afin de contrebalancer l’influence grandissante des chiites libanais et leur fer de lance le Hezbollah, entré dans l‘arène politique, en 1992, la même année que le binational libano saoudien.
La triplice aura fonctionné à merveille dans une harmonieuse répartition des rôles, le chef progressiste libanais apportant sa caution patriotique au milliardaire libano saoudien gros pourvoyeur en pétro dollars, sous la férule du militaire syrien aveuglé par l’avidité.

3- Abdel Halim Khaddam, le bien nommé.

L’invasion américaine de l’Irak fera voler en éclat ce bel échafaudage, noyant dans le sang cette idylle si lucrative. Saddam Hussein l’irakien destitué, Yasser Arafat, le chef palestinien confiné dans sa résidence de Ramallah, Marwane Barghouti, son successeur potentiel, emprisonné, la voie était dégagée à l’émergence d’un nouveau chef sunnite sur le flanc Nord d’Israël. Hariri et Joumblatt, en stratèges en chambre, portent leur choix sur le vice président syrien Abdel Halim Khaddam, l’ancien prédateur du Liban, mais dont l’immense qualité résidait à leurs yeux d’être non seulement un syrien sunnite, mais aussi et surtout leur partenaire en affaires, pour prendre la relève du leadership sunnite et palier la perte de Bagdad, l’ancienne capitale de l’empire abbasside.

Rafic Hariri se démettra le 20 octobre 2004 pour prendre la tête de l’opposition anti-syrienne, mais le magistère de cet ancien féal de Damas sera bref. Quatre mois. Il sera assassiné, le 14 février 2005, sur le lieu même du seul objectif qui échappera à sa boulimie immobilière, le prestigieux Hôtel Saint Georges, déclenchant un cataclysme ravageur. La Syrie se retirera du Liban, son ancien proconsul Ghazi Canaan, sera suicidé au titre de victime sacrificielle de son laxisme et de sa vénalité. Le troisième larron, unique survivant du trio, Walid Joumblatt, sera emporté par un tourbillon qui le laissera exsangue au terme de cinq ans de griserie.

Détail piquant, l’homme en charge du dossier libanais en Syrie pendant trente ans, celui-la même qui était craint par les diverses factions libanaises et redouté par les chancelleries arabes et occidentales qui tonnait la foudre et ordonnait les accalmies, à ce titre responsable au premier chef des dérives syriennes au Liban, le vice-président de la République Abdel Halim Khaddam, promu comme sauveur suprême de la Syrie et du Liban, avant d’être relégué aux oubliettes de l’histoire se raccrochera, telle une bouée de sauvetage, à l’organisation des «Frères musulmans», celle là même qui s’était lancée à l’assaut du pouvoir, en février 1982, en vue de faire trébucher le régime baasiste dont il était un des piliers, à quatre mois de l’invasion israélienne du Liban.

Le bien nommé Khaddam, dont le patronyme en arabe signifie littéralement «le serviteur», reniera singulièrement son militantisme après avoir abusivement ponctionné le Liban, opérant par cupidité la plus retentissante reconversion de l’histoire politique récente, finissant sa vie en factotum de son coreligionnaire sunnite libanais Rafic Hariri.

Amplement gratifié de sa forfaiture d’un somptueux cadeau, -la résidence du nabab pétrolier grec, Aristote Onassis, sur la plus célèbre artère de la capitale française, l’Avenue Foch—le renégat devra livrer bataille devant la justice française afin de se maintenir dans les lieux, alors que son pendant français, l’ancien président Jacques Chirac avait droit à un appartement avec vue sur Seine Quai Voltaire à Paris. Judas a trahi son Seigneur pour trente deniers. D’autres trahisons valent certes leur pesant d’or mais accablent le renégat d’un discrédit pour l’éternité.
Dans la griserie de l’époque, le laxisme ambiant, la veulerie des uns, la couardise des autres, la Syrie commettra deux fautes majeures qui conditionneront largement, dont elle pâtira durement le long de la décennie: le choix des gestionnaires du dossier libanais, .

4 – La deuxième mort de Kamal Joumblatt.

Dans ce qui apparaît comme un rare cas de rémission dans les annales de l’Alzheimer politique, Walid Joumblatt se souviendra, alors, que son père, Kamal Joumblatt, le chef de la coalition palestino progressiste du temps de la guerre civile libanaise, avait été assassiné auparavant à proximité d’un barrage syrien.
L’ancien commensal assidu de la Syrie, époux en deuxième noces de la fille d’un ancien ministre syrien de la défense, le général Charabati, auréolé du titre de «fils de martyr», se met alors en tête de réclamer vengeance, vingt huit ans après l’assassinat de son père.

L’appel du sang a ses raisons qui échappent à l’entendement. Tardif, mais opportunément bienvenu, il a permis à l’ancien orphelin de s’autoproclamer chef de l’opposition anti-syrienne. Catapulté «faiseur de Rois» par les médias occidentaux dont il était devenu la coqueluche, sa promotion signe par les reniements qu’elle impliquait, la deuxième mort de son père.

Kamal Joumblatt, pour les observateurs avisés de la scène arabe, aura en effet été assassiné deux fois, la première fois, physiquement, le 17 mars 1977, la deuxième fois, moralement, par les virevoltes incessants de son fils Walid, au point d’y glaner le qualificatif peu reluisant de «derviche tourneur» de la politique libanaise, ridiculisant le glorieux parti fondé par son père, le Parti Socialiste Progressiste (PSP), pour en faire le «parti du saltimbanque permanent», à la grande désolation des compagnons de route de son père, qui avait conféré à sa communauté druze une surface politique sans rapport avec son importance numérique (1).

D’une sobriété ascétique, ce Prix Lénine de la Paix vivait au quotidien ses convictions, avec pour interlocuteurs habituels des êtres d’un grand dépouillement, Nehru et Gandhi (Inde), Tito (Yougoslavie) et Nasser (Egypte), des figures de légende du mouvement des non alignés. Le fils, Walid, dont la jeunesse tumultueuse a, par moments, été fascinée par les pas cadencés des soldats de plomb, sera un habitué de la bonne chair et de la bonne chère, des stupéfiantes soirées arrosées des palaces parisiens, de la dive bouteille et de la Dolce Vita italienne.
Un des rares chefs d’un parti socialiste du monde arabe, Walid, aura été le principal partenaire du milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, le principal bénéficiaire de sa manne, la caution affairiste du clientélisme syro haririen, un visiteur assidu des dirigeants syriens, leur homme lige au Liban, au-delà des nécessités de la realpolitik, au même titre d’ailleurs que l’ancien premier ministre assassiné.

L’homme qui avait souhaité publiquement que l’Irak soit le cimetière de ses envahisseurs américains, un nouveau Vietnam, se ravisera brusquement dans ce qui apparaîtra rétrospectivement comme la plus grande bévue stratégique de sa carrière, dont il en pâtira désastreusement en termes de crédit moral. Pariant sur le triomphe des Américains, il se placera d’emblée dans leur sillage, à la pointe du combat anti-syrien, réservant quotidiennement ses philippiques à Damas, son lieu de pèlerinage hebdomadaire pendant près de vingt ans.

Rompant avec ses anciens alliés de la guerre, secondé par des transfuges de la gauche mutante néo conservatrice, l’ancien trotskiste mondain Samir Frangieh et le mollasson communiste Elias Atallah, il prendra la tête d’une coalition hétéroclite regroupant ses plus farouches ennemis d’hier, notamment Samir Geagea, le chef des milices chrétiennes, l’ancien compagnon de route d’Israël et l’un des grands saigneurs de la guerre intestine libanaise et leur principal bailleur de fonds, Rafic Hariri pour constituer le «Club Welch», du nom du sous secrétaire d’état américain David Welch qui téléguidait leurs activités.

A l’instigation de leur tuteur américain, le trio avait parié implicitement sur une défaite du Hezbollah durant la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006. Au-delà de toute décence, il se lancera, dès la fin des hostilités, dans le procès de la milice chiite aux cris «Al-Haqiqa» (la vérité), plutôt que de rechercher la condamnation d’Israël pour sa violation des lois de la guerre et la destruction des infrastructures libanaises. Enfant chéri de l’Internationale Socialiste, la courroie diplomatique sur le plan international du parti travailliste israélien, Walid Joumblatt interrompra brutalement sa lévitation à la suite de deux revers qui retentiront comme un camouflet, le faisant douter de la pertinence de sa démarche.

Le retour sur terre sera douloureux: la capitulation en rase campagne devant le Hezbollah lors de l’épreuve de force que son adjoint mal avisé, Marwane Hamadé, son âme damné, avait engagée en Mai 2008 contre l’organisation chiite, ainsi que la libération par ce même Hezbollah un mois plus tard du druze pro palestinien Samir Kantar, le doyen des prisonniers arabes en Israël. Ces deux faits résonneront comme une trahison de ses idéaux antérieurs au point d’en faire la risée de l’opinion militante du tiers monde.

5- Le rétropédalage

Prenant acte de cet état des choses, il amorcera alors un lent processus de rétropédalage. A coups de réajustements successifs et de valses hésitations, il cherchera à se recentrer, c’est à dire à se démarquer de ses nouveaux amis, pour reprendre ses marques auprès de ses anciens amis, en un mot d’opérer une nouvelle trahison en douceur.

Sa plus récente saillie constitue, dans sa formulation tortueuse, ses dits et ses non dits, un modèle du genre. Elle se fera, sans surprise, contre ses plus récents alliés, les chrétiens maronites et ce nouveau retournement figurera dans les annales politiques libanaises comme un cas d’école des alliances rotatives propres au système Joumblatt. Elle achèvera néanmoins de désorienter ses plus fidèles thuriféraires occidentaux, notamment la presse française.

Se parant de la qualité de novice qu’il n’est plus depuis belle lurette, celui qui passe pour être l’un des plus coriaces crocodiles du marigot politique libanais a accusé sans crainte du ridicule ses nouveaux alliés maronites, qu’il avait farouchement combattu pendant vingt ans, d’appartenir à «un genre vicié» et d’avoir cherché à l’entraîner dans un conflit avec la communauté chiite, par allusion à «l’affaire du réseau des transmissions autonome» du Hezbollah. Dans la satisfaction de ses objectifs, l’homme, il est vrai, ne s’embarrasse guère de rigueur. L’accusation, lancée au cours d’un meeting électoral tenu dans son fief de la montagne druze du Chouf, a été portée à la connaissance de l’opinion publique, d’une manière oblique, par une fuite opportune, dans une bande vidéo diffusée par une chaîne satellitaire le 20 avril 2009.

Dans le cas d’espèce, M. Joumblatt n’hésitera pas à prendre quelques libertés avec la vérité historique dès lors que son récit sert la cause de son rapprochement avec le Hezbollah et constitue une justification a posteriori de son retournement. Son humiliante déroute militaire face à la milice chiite avait dejà donné le coup de grâce à sa flamboyance.

6- Rare cas de sabordage politique en direct pour le sauvetage de la chefferie familiale

L’Histoire retiendra de sa carrière mouvementée un parfait exemple de sabordage politique en direct à l’annonce, le 2 Août 2009, de sa répudiation de son alliance avec ses anciens partenaires de la coalition occidentale, et son retournement spectaculaire en faveur de la Syrie, qu’il s’était juré de faire traduire son président, Bachar al Assad, en justice devant une Cour pénale internationale.

S’adressant au congrès général du parti socialiste progressiste, celui qui passe pour avoir été pendant cinq ans l’homme clé de la coalition anti-syrienne au Liban, a crée la surprise se livrant à une autocritique en règle de sa politique antérieure, confessant que son voyage à Washington en 2006 précédant de peu la mise sur pied d’un Tribunal Pénal Spécial sur le Liban (Tribunal Hariri) avait constitué un «point noir» de son parcours politique, de même que sa convergence avec les néoconservateurs américains, qui ont «semé le désordre dans la région et détruit l’Irak et la Palestine».

Réaffirmant son ancrage à gauche, le chef druze a avoué avoir traversé une «période d’égarement» se laissant emporter par des considérations contraires aux usages du combat politique mais qu’il lui incombait d’établir «de nouvelles relations avec la Syrie qui servent d’axe à sa nouvelle politique arabe». Il déplorera sa «participation à la célébration de la fête du parti phalangiste et accepter sans broncher la projection d’un film insultant sur Nasser», le président égyptien Gamal Abdel Nasser, chef du nationalisme arabe de la décennie 1950-1960, artisan de la première nationalisation réussie du tiers monde, la nationalisation du Canal de Suez.

M. Joumblatt, dont le leadership repose sur le communautarisme, a indiqué avoir fait alliance avec les forces de droite en raison des circonstances qui avaient prévalu à la suite de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, mais que cette alliance de circonstance n’avait plus sa raison d’être.

Son nouveau retournement, s’il a replacé Walid Joumblatt dans le giron traditionnel de sa dynastie familiale, le camp progressiste et anti-impérialiste, pourrait avoir signé le glas de sa carrière politique, un acte de sabordage volontaire au bénéfice de son fils Taymour, pour la pérennité de sa communauté, les Druzes, sanction inéluctable d‘un parcours erratique qui a failli discréditer à jamais le legs politique dont il est l’héritier, de même que la communauté dont il est le chef, sur laquelle pèse déjà la suspicion récurrente de connivence avec Israël, en raison de la participation des druzes dans le corps des gardes frontières israéliens.

Comptant près d’un million d’individus, répartis principalement à l’intersection de quatre pays (Liban, Syrie, principalement sur le plateau du Golan occupé par les Israéliens, Israël, dans la région du Mont Carmel, et Jordanie), Walid Joumblatt devra faire appel au mouvement chiite libanais pour renouer le lien avec les diverses composantes de sa communauté et préserver le rôle du Liban en tant que la référence historique et religieuse des Druzes.

«Les sunnites ont pour grand protecteur l’Arabie saoudite, les chiites, l’Iran, les druzes n’ont le choix qu’entre Israël ou la mer ou alors la Syrie, qui nous garantira, elle, l’arrimage arabe des Druzes», dira-t-il en guise de justification. Une vérité d’évidence qu’il a eu pourtant tendance à négliger au risque de se carboniser et de caraméliser sa communauté.

Celui qui a longtemps fait figure de parrain des forces socialistes du Monde arabe a dû payer un lourd tribut au rétablissement de sa crédibilité, afin de s’assurer de l’ancrage durable de sa succession filiale, se plaçant sous la tutelle de fait du Hezbollah, son garant sur son chemin de Damas, signe indiscutable de la fin d’une invraisemblable période de lévitation surréaliste, qui aura coûté la vie à deux de ses anciens compagnons de route, Gébrane Tuéni et son collègue transfuge Samir Kassir.

L’homme dont les jongleries comblaient d’aise ses thuriféraires empressés est désormais prévisible. Définitivement. Brebis égarée dans le marécage politique libanais, Walid Joumblatt est revenu au bercail sur le chemin de Damas, sous les auspices du Chef du Hezbollah, son garant auprès du pouvoir syrien.
Preuve irréfutable de son ancrage irréversible dans son giron naturel, le conseil que cet ancien artisan de la révolte anti syrienne au Liban, a donné, le 24 juillet 2010, à son ancien compagnon de route, Saad Hariri, de lever le pied sur le Tribunal Spécial international sur le Liban, qu’il considère comme un élément de division du pays, incitateur d‘une nouvelle guerre civile. Le chef druze du parti socialiste progressiste libanais, a cité en exemple son propre cas, arguant que l’assassinat de son propre père, Kamal Joumblatt, en 1977, n’avait pas donné lieu à la mise sur pied d’une juridiction pénale internationale.

Conscient sans doute de la lourde responsabilité dans la mise en route du Tribunal Spécial sur le Liban, au mépris de la légalité libanaise, et de l’orientation de son enquête par ses propres accusations, Joumblatt avouera avoir été abusé par la déposition de faux témoins, en lançant ses accusations contre la Syrie. Il soutiendra publiquement que le vote de la résolution du Conseil de sécurité N°1559, en 2004, enjoignant à la Syrie de retirer ses troupes du Liban, a été une «résolution maléfique en ce qu’elle sous tendait le désenclavement du Liban de son environnement arabe».

7- Le tournis de la tourmente arabe.

L’ancien feu follet de la vie politique libanaise est désormais «Under control». En quarante ans de carrière politique, Walid Joumblatt a considérablement grossi son capital financier et dilapidé d’autant son crédit moral. L’ancien chef de file de la coalition palestino progressiste de dimension internationale est désormais perçu comme un roitelet druze à l’envergure d’un politicien local, réduit au rôle peu glorieux du chef féodal d’une communauté ultra minoritaire, l’ancien volant régulateur d’une coalition occidentale à bout de souffle, recyclé dans un rôle d’appoint au Hezbollah.

La tourmente arabe a donné le tournis à la girouette, suscitant une nouvelle envie incompressible de repositionnement et non une moins irrépressible envie de dégagement. Empêtre dans ses contradictions, l’homme a opté pour la fuite en avant. Fidèle en lui-même, tel qu’en lui-même l’éternité ne le changera pas, le lieu de repli qu’il s’est choisi a été, non l’île d’Elbe ou Sainte Hélène, mais l’île Saint Louis, sur les bords de la Seine à Paris, confirmation d’un goût irrésistible pour le luxe, la marque de fabrique de ce chef féodal, qui se déclare néanmoins socialiste et progressiste.

Son dernier exercice contorsionniste sur la chaine de télévision «Al Manar», le 14 octobre 2011, une ode aux monarchies arabes, la Jordanie et le Maroc, les alliés souterrains d’Israël, l’Arabie saoudite, le foyer de l’intégrisme mondial et de la régression sociale, et non à la Tunisie et à l’Egypte, les tombeurs de dictature, aura constitué l’ultime pirouette d’une vie de girouette, une singulière façon de tirer sa révérence au regard de l’Histoire.

L’homme qui dénonçait régulièrement la patrimonialisation du pouvoir d’état par les dirigeants arabes feint d’ignorer qu’il a lui-même reçu en héritage, à 28 ans, la succession familiale, le leadership de la communauté druze, qu’il s’apprête d’ailleurs à léguer en toute incohérence à son fils Taymour.

Celui qui fut longtemps l’homme central du jeu politique libanais est désormais un homme décentré, dont les dérives idéologiques et l’opportunisme indécent en ont fait un personnage excentrique. En son for intérieur, l’homme, d’une intelligence certaine, a dû certainement regretter, à n’en pas douter, ce parcours curviligne, qui pèsera lourd dans le jugement que l’histoire portera sur son bilan.

Maigre consolation à ce gâchis serait que le sabordage de Walid Joumblatt serve d’exemple à tous ses compères qui ont pollué la vie politique libanaise et sinistré le pays depuis son indépendance, en 1943. Tel est du moins le vœu formulé par le Patriarche maronite Béchara Ar Rai, d’un renouvellement de l’engagement politique, en écho au vœu secret des larges couches de la population libanaise qui souhaite le dégagement d’un personnel politique dont il en a lourdement pâti de ses frasques, au-delà de toute décence.

Notes :

1- La communauté druze compte aujourd’hui près d’un million d’individus, répartis principalement à l’intersection de quatre pays: Le Liban (350.000), la Syrie (450.000 personnes, principalement sur le plateau du Golan occupé par les Israéliens et au Jabal al Arab), Israël (75.000, dans la région du Mont Carmel) et la Jordanie (20.000). Née de la croyance en la nature divine du Sixième Calife fatimide, Al Hakim bi Amri-Illah (996-1021), le Liban constitue la référence historique et religieuse de la communauté. Le haut lieu de la spiritualité druze est situé au sud du Liban dans la ville de Hasbaya, dans la région frontalière syro-libano-israélienne.

Avec en rappel
HARIRI DE PÈRE EN FILS : Hommes d’affaires et premiers ministres
René Naba

Dix ans après le raid apocalyptique contre les symboles de l’hyper puissance américaine, les principaux vecteurs d’influence occidentale en terre d’Orient ont été pulvérisés, du commandant Massoud Shah à Benazir Bhutto en passant par Rafic Hariri. Chef du clan américano-saoudien au Liban, l’ancien Premier ministre a été un exécutant majeur de la pantomime du Moyen-Orient et, à ce titre, victime majeure du discours disjonctif occidental. Pur produit de la financiarisation de la vie politique nationale, Rafic Hariri aura, à l’instar d’une bulle financière, implosé. http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33521

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 René Naba | 04.11.2011 | Paris

Posté par René Naba le nov 4 2011. inséré dans Liban, News.

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