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03/01/2012

n* 80 dossier d'Iran : Dossier d'Iran n°80 - 31-12 : La guerre contre l'Iran a déjà commencé.

 


n* 80 dossier d'Iran : Dossier d'Iran   n°80  -  31-12    : La guerre contre l'Iran a déjà commencé.



Dossier d'Iran   n°80  -  31-12

                          C.De Broeder& M.Lemaire



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a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

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Sommaire :  

Tiré à Part

Hormuz : la moindre fausse manoeuvre peut conduire à la catastrophe.

La guerre cybernétique mène à la capture d’un espion de la CIA en Iran.

1 Dossier & Point de vue

1-1Seumas Milne : La guerre contre l'Iran a déjà commencé. Il faut agir avant qu'elle ne nous menace tous.

1-2 Merzak Tigrine : Les États-Unis vendent 84 F15 à l'Arabie Saoudite.

1-3 Les autorités américaines reconnaissent la capacité défensive et de renseignements de l'Iran

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Ron Paul : Soyons clairs, les sanctions contre la Syrie et l’Iran sont des actes de guerre.

2-2 C’est Israël, le danger... pas l’Iran !

2-3 Giorgio S. Frankel : Tel Aviv ment au sujet de la menace nucléaire iranienne.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Scott Peterson : Une menace nucléaire iranienne imminente?

3-2 Kevin Owen : Hormuz : la moindre fausse manœuvre peut conduire à la catastrophe.

3-3 Roland Marounek : Du Meilleur des Mondes Démocratiques à la Guerre Mondiale.

 



Tiré à Part

Kevin Owen :Hormuz : la moindre fausse manœuvre peut conduire à la catastrophe.

La guerre cybernétique mène à la capture d’un espion de la CIA en Iran.

Le bourgeonnement de la guerre cybernétique entre l‘Amérique et l’Iran pourrait rapidement passer des réseaux d’ordinateurs au monde réel, avec les Etats-Unis qui apparemment mettent les bottes au sol. La télévision d’état iranienne reporte que l’Iran a capturé un espion de la CIA.

Les médias étrangers ont rapporté ce week-end que Amir Mirza Hekmati, un citoyen américain d’origine iranienne de 20 ans et quelques, a été interpellé par les forces iraniennes à qui il a confessé qu’il était impliqué avec la CIA.

D’après une confession enregistrée donnée par Hekmati, l’espion a été appréhendé par les services de contre-espionage iranien après avoir été introduit dans le pays depuis une base américaine en Afghanistan. L’espion dit qu’il a travaillé depuis Bagram près de la frontière avec l’Iran en préparation d’une mission pour la CIA qui a pris des années à organiser, mais malgré l’assurance par les autorités américaines que sa couverture ne serait pas éventée, les services iraninens l’ont intercepté et le retiennent maintenant captif.

Comme l’a rapporté RT la semaine dernière, l’agence de presse israélienne Debka suggère que le renseignement iranien n’a pas seulement réussi à entrer dans les réseaux informatiques d’au moins un drone espion américain, mais aussi dans les réseaux de la CIA à Langley, Virginie, juste à côté de Washington D.C. Suite à la perte d’un drone top-secret RQ-170 Sentinelle furtif au dessus de l’Iran plus tôt en Décembre, des officiels militaires parlant sous couvert de l’anonymat à Debka disent qu’une telle opération ne peut avoir été effectuée qu’en ayant infiltré le centre de commande à l’intérieur du bâtiment de la CIA.

Des spécialistes de l’intérieur suggèrent qu’il faudrait obtenir les coordonnées et temps exacts du drone envoyé pour que les services iraniens puissent détourner l’aéronef qui fut perdu le 4 Décembre. Avec maintenant Hekmati appréhendé après une décennie d’entraînement et de briefings du département de la défense, cela ne fait qu’établir plus avant que l’Iran a en fait infiltré la communauté du renseignement américaine, ceci posant le problème pour tous ceux impliqués que la guerre cybernétique entre nations soit en train d’escalader rapidement en une bataille n’impliquant plus seulement robots et machines volantes mais des soldats, des espions et des attaques furtives internationales.

L’arrestation de Hakmati survient au cours de semaines qui ont vues l’agravation des tensions entre Téhéran et Washington, intensifiées par la récupération par l’Iran d’un drone top-secret américain sentinelle furtif ce 4 Décembre. Depuis qu’il s’est emparé de l’appareil espion, l’Iran a clâmé qu’il a décodé la technologie de pointe des Américains, ce au plus grand désespoir du gouvernement Obama. Le président a demandé à l’Iran de rendre l’appareil, ce qui fut moqué par les autorités étrangères et devient une mise en question de la sécurité des Etats-Unis pour les opposants de droite du président. Alors que les tensions grandissantes entre les deux nations arrivent à un point d’ébullition, les candidats républicains aux Etats-Unis ont discuté en profondeur de la nécessité d’attaquer l’Iran lors du débat télévisé entre candidats du parti à la présidentielle la semaine dernière.

Il apparaît qu’une attaque était à l’ordre du jour, avec la CIA ne tentant pas seulement d’infiltrer des réseaux informatiques iraniens, mais également envoyant des espions pour physiquement infiltrer la communauté du renseignement iranienne. D’après une confession télévisée par les chaînes iraniennes, la CIA espérait avoir Hekmati en position de gagner leur confiance afin d’infiltrer leur communauté et rapporter les informations aux Etats-Unis.

“C’était le plan de la CIA d’abord de donner des informations aux iraniens, laisser le ministère iranien du renseignement penser que cela était de la bonne information.” Dit-il. Hekmati dit dans une confession enregistrée qu’après être sorti du Lycée en 2001, il rejoignît l’armée américaine et reçu un entraînement de la part des officiels du renseignement militaire.

“Je fus ensuite envoyé dans une université particulière pour apprendre les langues moyen-orientales en plus de mon entraînement du renseignement. Ils m’ont dit qu’il voulaient m’envoyer dans une université pour apprendre l’arabe lorsqu’ils se rendirent compte que j’étais déjà familier avec le Farsi et l’Arabe”, dit-il dans sa confession. “Je suis arrivé en Irak comme un commentateur du renseignement portant un uniforme militaire. Ma mission principale était l’identification des officiels irakiens.”

Le soldat insiste également qu’il reçut une entraînement du Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), le contracteur de haute technologie de ministère de la défense, qui développe quelques uns des programmes les plus prestigieux du pentagone. Hekmati dit qu’il travailla pour eux de 2005 à 2007, date à laquelle il fut recruté par Kuma Games Company, un développeur de logiciels utilisés dit-il pour créer la propagande primordiale de la CIA, Hekmati dit que Kuma a reçu du financement de la CIA “pour faire des films spéciaux et des jeux vidéos pour changer la pensée et l’attitude de l’opinion publique au Moyen-Orient et les distribue aux résidents du Moyen-Orient gratuitement.”

“Le but de Kuma Games fut de convaincre la population mondiale et celle d’Irak que ce que les etats-Unis font en Irak et d’autres pays est bien et acceptable.” Ajoute Hekmati.

Suivant son temps avec DARPA et Kuma, l’espion dit qu’il commença l’entraînement pour une mission top-secrète de la CIA, qui se termina avec sa capture par les services iraniens. BAE systems et la CIA l’ont contacté et recruté pour la mission, qui impliquait un briefing à Washington, puis son envoi en Afghanistan, d’où il travaillait rattaché à une base, voyageant de là en Irak, en Iran et aux Emirats Arabes Unis comme parties de sa mission.

“J’ai eu accès aux systèmes de données les plus secrets pour collecter les informations requises avant d’être envoyé sur la base de Bagram  en Afghanistan.” Ajoute t’il.

Hekmati dit qu’un agent de la CIA qui travaillait avec lui assura que “la couverture qui me serait donnée ne m’occasionnerait aucun problème pour effectuer ma mission”.

En arrivant à Bagram, l’Iran fut néanmoins au courant de ses intentions et l’appréhenda ces derniers jours après qu’il eut franchit la frontière.

Si la confession de l’espion est vraie, cela voudrait dire que les services de renseignement iraniens ont détourné et assujetti à la fois un aéronef espion et un citoyen américain ce mois-ci. Avec Debka qui rapportait la semaine dernière que l’Iran aurait pu avoir infiltré le QG de la CIA, cela n’est pas une surprise de constater que la guerre cybernétique est sortie de l’internet et est entrée dans le monde réel. Dans son rappport de la semaine dernière, Debka affirme que l’amenée au sol du drone top-secret Sentinelle plus tôt en Décembre, n’a pas pu être causée par juste le detournement du système informatique de l‘appareil, mais que cela résultait plus vraisemblablement d’une attaque au sein du commandement du QG de la CIA à Langley, Virginie.

Le ministre de la défense américain Léon Panetta a insisté que le ministère de la défense continuera absolument ses mission de drone au dessus de l’Iran, mais l’arrestation de Hekmati ajoute un troisième coup contre les Etats-Unis dans le même nombre de semaines. Si les Américains décident de continuer ce jeu, il faudra une sérieuse manœuvre pour faire dérailler l’Iran de ses opérations de renseignement contre les Etats-Unis et qui a prouvé ces dernières semaines et sans l’ombre d’un doute, qu’elles pourraient ravager le système de défense américain, drones et  compagnie.
Mondialisation.ca,

Le 21 decembre 2011

Traduction : Résistance 71

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28302



1 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1Seumas Milne : La guerre contre l'Iran a déjà commencé. Il faut agir avant qu'elle ne nous menace tous.

Ils n'en démordent pas. Après dix ans d'échecs sanglants en Afghanistan et en Irak, d'une déstabilisation violente du Pakistan et du Yémen, d'une dévastation du Liban et de massacres en Libye, on aurait pu espérer que les États-Unis et leurs amis aient fait le plein d'invasions et d'interventions dans le monde musulman.
Il semble que non. Depuis des mois, il est de plus en plus évident qu'une guerre furtive usraélienne contre l'Iran a déjà commencé, soutenue par la Grande-Bretagne et par la France. Un soutien clandestin aux groupes armés de l'opposition s'est développé en une campagne d'assassinat de scientifiques iraniens, en cyber-guerre, en attaques sur les installations militaires et l'assassinat d'un général iranien, parmi d'autres.

Des Iraniens portent des cercueils honorifiques et des photos d'un commandant des Gardes de la Révolution tué dans une explosion à la base de missiles de Alghadir (Photo Reuters)
Les attaques ne sont franchement admises, mais accompagnées de hochements de tête et de clins d’œil du renseignement tandis que les médias regorgent de fables hostiles - la plus farfelue jusqu'à maintenant étant
un soi-disant complot iranien pour tuer l'ambassadeur saoudien aux États-Unis - et les puissances occidentales s'empressent d'insister pour toujours plus de sanctions sur le programme nucléaire de l'Iran.
La décision du gouvernement britannique de prendre l'initiative de l'imposition de sanctions sur toutes les banques iraniennes et de faire pression pour un boycott européen du pétrole iranien a déclenché
le saccage de son ambassade à Téhéran par des manifestants, la semaine dernière, et l'expulsion ultérieure des diplomates iraniens de Londres.
C'est un avant-goût de la manière dont le conflit peut rapidement s'intensifier, comme ce fut le cas à la fin de la semaine lorsqu'un drone US qui survolait le territoire iranien
a été capturé.
Ce qu'un responsable israélien a appelé un "nouveau type de guerre" peut se transformer en une autre, beaucoup plus démodée, qui nous menacerait tous.
Le mois dernier, des fonctionnaires du ministère de la Défense britannique ont dit au Guardian que si les États-Unis présentaient des plans d'attaque de l'Iran (comme ils pensaient probable), ils "rechercheraient et recevraient une aide militaire britannique", y compris un soutien maritime et aérien et la permission d'utiliser la colonie britannique insulaire ethniquement nettoyée de Diego Garcia.
Que la motivation des fonctionnaires ait été de rassurer l'opinion publique sur une guerre ou de la mettre en garde contre elle, ce fut un aveu extraordinaire : l'establishment militaire britannique s'attend pleinement à prendre part à une attaque non provoquée des Etats-Unis contre l'Iran - exactement comme il l'a fait contre l'Irak il y a huit ans.
Ce qui a été rejeté par l'ancien ministre des Affaires étrangères Jack Straw comme "impensable", et qui est devenu, pour
David Cameron une option "qui ne peut pas être écartée", s'avère maintenant être pratiquement un fait accompli si les États-Unis décident de lancer une guerre dont nul ne peut douter sérieusement qu'elle aurait des conséquences désastreuses. Mais il n'y a eu ni débat au parlement ni aucune contestation politique à ce que le successeur de Straw, David Miliband, a appelé cette semaine le danger de "s'engager les yeux fermés dans une guerre avec l'Iran".
C'est d'autant plus choquant que l'affaire contre l'Iran est si spectaculairement inconsistante.
Il n'y a en fait aucune preuve fiable que l'Iran soit engagé dans un programme d'armement nucléaire. Le dernier
rapport de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique n'a pas réussi, une fois de plus, à produire de preuves tangibles, malgré les gros efforts de son nouveau directeur général, Yukya Amano - décrit dans un câble WikiLeaks comme "résolument du côté des Etats-Unis dans toute décision stratégique."
Comme dans les préparatifs de l'invasion de l'Irak, les allégations les plus fortes sont fondées sur "des renseignements secrets" des gouvernementaux occidentaux. Mais même le directeur du Renseignement national américain, James Clapper, a admis que les preuves suggèrent que l'Iran
a suspendu tout programme d'armement nucléaire en 2003 et ne l'a pas réactivé.
La campagne toute entière est digne d'Alice au Pays des Merveilles. L'Iran, qui dit qu'il ne veut pas d'armes nucléaires, est encerclé d'Etats nucléarisés : les Etats-Unis - qui ont aussi des forces en Afghanistan et Irak voisins, ainsi que des bases militaires dans toute la région - Israël, la Russie, le Pakistan et l'Inde.
L'Iran est bien sûr un Etat autoritaire, mais pas aussi répressif que les alliés occidentaux comme l'Arabie Saoudite. Mais il n'a envahi personne en 200 ans. Il a lui-même été envahi par l'Irak, avec le soutien occidental dans les années 1980, alors que les Etats-Unis et Israël ont attaqué 10 pays ou territoires au cours de la dernière décennie. La Grande-Bretagne a exploité, occupé et renversé des gouvernements en Iran depuis plus d'un siècle. Alors, qui menace qui, exactement ?
Comme l'a dit récemment le ministre de la Défense d'Israël, Ehud Barak, s'il était un dirigeant iranien, il voudrait "probablement" des armes nucléaires. Des allégations selon lesquelles l'Iran représente une "menace existentielle" pour Israël parce que le Président Ahmadinejad a dit que l'Etat "doit disparaître de la page du temps" n'a aucun rapport avec la réalité. Même si l'Iran devait franchir le seuil nucléaire, comme certains soupçonnent que telle est son ambition réelle, il ne serait pas en position d'attaquer un Etat qui a plus de 300 ogives nucléaires, et qui est appuyé, inconditionnellement, par la force militaire la plus puissante au monde.

Le véritable défi posé par l'Iran aux Etats-Unis et à Israël est en tant que puissance régionale indépendante, alliée à la Syrie et aux mouvements libanais Hezbollah et palestinien Hamas. Alors que les troupes américaines se retirent d'Irak, que l'Arabie Saoudite attise le sectarisme et que les leaders de l'opposition syrienne
promettent une rupture avec l'Iran, le Hezbollah et le Hamas, la menace de guerres par procuration grandit dans la région.
Une attaque américaine ou israélienne sur l'Iran transformerait ce maelström régional en une tempête mondiale. L'Iran riposterait certainement, directement et par ses alliés, contre Israël, les Etats-Unis et leurs Etats-clients du Golfe, et bloquerait les 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole qui transitent par le Détroit d'Hormuz. Au-delà de la mort et de la destruction, l'impact économique mondial serait incalculable.
Toutes les raisons et le bon sens militent contre un tel acte d'agression. Meir Dagan, l'ancien chef du Mossad israélien, a dit la semaine dernière que ce serait une "catastrophe". Leon Panetta, le secrétaire à la Défense US, a averti que cela pourrait "consumer le Moyen-Orient dans des confrontations et des conflits que nous regretterions."
Il semble peu douteux que l'administration US soit très circonspecte vis-à-vis d'une attaque directe sur l'Iran. Mais en Israël, Barak a dit qu'il restait moins d'un an pour agir ; Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, a parlé de prendre "la bonne décision au bon moment" ; et les perspectives que les Etats-Unis s'engouffrent derrière une attaque israélienne ont été largement débattues dans les médias.

Peut-être que cela n'arrivera pas. Peut-être que le discours guerrier a plus à voir avec la déstabilisation qu'avec une attaque à grande échelle. Mais il ne fait aucun doute que certains, aux Etats-Unis, en Israël et en Grande-Bretagne, pensent le contraire. Et la menace d'une erreur de calcul et la logique de l'escalade peuvent faire pencher la balance de façon décisive. Si l'opposition à une attaque contre l'Iran ne se renforce pas, ce pourrait devenir la guerre au Moyen-Orient la plus dévastatrice de toutes.
Note ISM : lorsque les liens vers des sites en anglais étaient purement informatifs, ils ont été remplacés par des liens vers des sites en français.

Seumas Milne 

Source : The Guardian

Traduction : MR pour ISM


1-2 Merzak Tigrine : Les États-Unis vendent 84 F15 à l'Arabie Saoudite

La mise en garde de Washington à Téhéran

Devant la menace militaire que constitue l’Iran pour sa présence dans la région du Moyen-Orient, l’administration américaine a adressé un “message fort” à Téhéran en décidant de vendre 84 F15 et de moderniser 70 autres déjà livré à Riyad pour un montant de 30 milliards de dollars US.

Bien qu’elle n’ait pas donné pour l’instant le feu-vert à une attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes, que Tel-Aviv ne cesse de réclamer, Washington a mis indirectement en garde Téhéran à travers le contrat d’armement conclu avec l’Arabie Saoudite, prévoyant une vente de 84 avions F-15 et la modernisation de 70 autres déjà livrés. Il s’agit d’une réponse à la récente menace iranienne de fermer le détroit d'Ormuz, même si Andrew Shapiro, un responsable du département d'État, n’y fera aucune allusion en se contentant d’affirmer que cette transaction “va améliorer les capacités de dissuasion et de défense de l'Arabie Saoudite contre des menaces extérieures à sa souveraineté”. Mais le fait que l’annonce soit faite en pleine montée des tensions avec l'Iran, laisse penser que les Etats-Unis ne l’ont pas fait fortuitement. S’il est vrai que “cet accord renforce les relations solides et de longue durée entre les États-Unis et l'Arabie Saoudite, et démontre l'engagement des Etats-Unis à de fortes capacités défensives saoudiennes, une composante importante de la sécurité régionale”, comme l’a souligné le porte-parole adjoint de Barack Obama, Josh Earnest, depuis Hawaï, il n’en demeure pas moins qu’elle intervient à une période où la tension est très vive entre l'Iran, puissance régionale rivale de l'Arabie Saoudite, et les Etats-Unis, alliés de longue date de Riyad, l'un de leurs principaux fournisseurs de pétrole. Il ne fait aucun doute que les dernières menaces de Téhéran de fermer le détroit d'Ormuz, par où transite entre un tiers et 40% du trafic pétrolier mondial, en cas de nouvelles sanctions internationales contre son programme nucléaire, un geste n’ont pas laissé les Américains insensibles. Une telle mesure de l’Iran l’exposerait inévitablement à une réaction militaire des États-Unis.
Par ailleurs, le ton est monté entre Iraniens et Américains après les menaces de Téhéran, si l’on en juge par les déclarations du général Hassan Salami, numéro deux des gardiens de la révolution, la force d'élite du régime islamique, dans lesquelles il a rejeté jeudi les mises en garde des États-Unis contre la fermeture du détroit, soulignant que l'Iran agirait avec détermination “pour défendre ses intérêts vitaux”. Ce regain de tension coïncide avec l’arrivée d’un porte-avion américain dans la zone où Téhéran a démarré samedi dernier des manoeuvres navales, après qu’il eut traversé le détroit d'Ormuz “depuis le golfe Persique pour venir en mer d'Oman”, à en croire la même source iranienne. Pour rappel, mardi, le vice-président iranien Mohammad Reza Rahimi a affirmé qu'“aucune goutte de pétrole ne transitera par le détroit d'Ormuz” si les pays occidentaux adoptaient des sanctions contre les exportations pétrolières de l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé.
Le lendemain, le commandant de la marine iranienne, l'amiral Habibollah Sayyari, a souligné qu'il était “très facile” pour l'Iran de fermer le détroit, tout en estimant qu'une telle mesure n'était pas nécessaire pour l'instant. Réagissant à ces menaces, Washington a mis en garde Téhéran mercredi soir, en affirmant qu'“aucune perturbation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ne sera tolérée”.
Du côté de l’Arabie Saoudite, on a expliqué vendredi avoir décidé d'acheter 84 chasseurs-bombardiers F15 aux Etats-Unis afin d'atteindre un niveau de défense maximal pour “protéger son peuple et son territoire”. Un porte-parole du ministère saoudien de la Défense, cité par l'agence de presse officielle SPA, a déclaré que le contrat “garantit au royaume de bénéficier des capacités de défense les plus élevées possibles pour protéger son peuple et son territoire”.

Publié le 31 décembre 2011 avec l'aimable autorisation de Liberté.

Merzak Tigrine
 Samedi 31 décembre 2011

 


1-3 Les autorités américaines reconnaissent la capacité défensive et de renseignements de l'Iran
Les autorités américaines ont affirmé que le drone US intercepté dans l’Est de l’Iran appartenait à la CIA. La chaîne américaine CNN en citant les autorités de la CIA a annoncé que le drone, intercepté dans l’espace aérien était un drone d’espionnage.

Cette chaîne a ajouté que selon les autorités américaines la mission de ce drone était une opération de reconnaissance pour la CIA. Les responsables militaires iraniens ont annoncé dimanche dernier que les unités de la guerre électronique des forces armées de l’Iran ont réussi à intercepté un drone d’espionnage américain de type RQ 170 qui a violé l’espace aérien de l’Iran dans l’Est du pays, puis elles ont pris son contrôle et l’ont fait atterrir sur le sol iranien. Ce drone est le dernier produit de l’entreprise de défense américaine « Lockheed », et étant donné que les Taliban étaient dépourvus de radar, il effectuait des missions pendant des années pour l’Otan en Afghanistan. L’Associated Press a rapporté pour sa part que selon les autorités américaines, le drone de type RQ170 intercepté par les forces iraniennes est un avion sans pilote furtif, qui pendant des années effectuait des vols de reconnaissance sur l’Iran depuis une base aérienne américaine en Afghanistan. L’ AP qui citait toujours les autorités américaines a ajouté que ce type de drone a été utilisé dans la reconnaissance de lieu de résidence d’Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaïda, au Pakistan. D’après ces autorités américaines, les Etats-Unis ont créé cette base aérienne dans la région de Shindand au sud de Herat près des frontières iranienne dans l’objectif d’une présence à long terme en Afghanistan et pour effectuer des missions de reconnaissance ainsi que des opérations spéciales à l’intérieur de l’Iran. Par ailleurs, le journal américain « The Washington post » en décrivant ce drone d’espionnage écrit que la technologie utilisé dans RQ170 est comme celle utilisée dans le bombardier B2 et le chasseur multirôle F35, qui est l’un des plus chers plans dans l’histoire du Pentagone. Phillip Geraldy, ancien officier de la CIA, tout en mettant l’accent sur la capacité défensive et de renseignements de l’Iran, a souligné que l’interception du drone d’espionnage américain par l’Iran était une bonne leçon pour Washington pour ne pas sous-estimer la capacité de l’Iran. Geraldy a estimé très importante l’interception du drone américain avant de souligner que la violation de l’espace aérienne par les Etats-Unis était un acte offensif et très dangereux. Cet ancien officier de la CIA a martelé que l’interception de ce drone par les Iraniens avait comme message pour l’armée américaine d’être plus prudente et de savoir que la capacité défensive de l’Iran est beaucoup plus que les autorités américaines s'imaginent.

Source : IRIB

Jeudi 8 décembre 2011
http://french.irib.ir/analyses/.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Ron Paul : Soyons clairs, les sanctions contre la Syrie et l’Iran sont des actes de guerre.

Beaucoup de gens pensent que les sanctions sont un moyen efficace pour obtenir un changement de  conduite d’un autre pays sans recours à la guerre. Mais, imposer sanctions et embargos est déjà en soi un acte de guerre selon le droit international. Ces mesures sont le plus souvent le premier pas vers une guerre réelle débutant par une vague de bombardements. Elles furent le premier pas de nos guerres contre l’Irak et la Libye et elles sont le chemin destructeur que nous prenons, maintenant,  à l’égard de la  Syrie et de  l’Iran.  

D’après le dernier rapport de l’AIEA (Agence Internationale pour l’Energie Atomique), le mois dernier, il n’y a aucune preuve que l’Iran ait détourné de l’uranium enrichi du programme pacifique et légal de production d’énergie civile vers la production d’une arme nucléaire. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires donne à l’Iran le droit de produire de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Malheureusement, les Etats-Unis ont coincé l’Iran de telle sorte que ce dernier se voie obligé de considérer le développement d’une arme nucléaire comme seul moyen de protéger sa souveraineté. L’Iran est entourée de puissances nucléaires inamicales, et l’histoire a démontré que la possession de telles armes évite d’être bombardé ou envahi…  

… La Chine est une des premières puissances nucléaires, mais elle ne cherche pas une confrontation militaire avec les Etats-Unis. Le commerce est plus profitable… Cependant, il est tragique que des sanctions sévères soient à l’étude pour punir les partenaires commerciaux de l’Iran comme la Chine, la Russie et peut-être des alliés de l’Otan comme l’Allemagne.

Il faut que nous soyons clairs : les sanctions contre l’Iran sont un pas décisif vers une attaque des Etats-Unis. Déjà, des vaisseaux de guerre s’acheminent vers la région, s’approchant dangereusement des eaux territoriales de la Syrie. Des sanctions plus dures endommageraient le commerce mondial et l’économie américaine, qui, à son tour, mettraient à mal notre sécurité nationale. Les compagnies étrangères ou les filiales étrangères de sociétés US seraient sévèrement punies si elles n’appliquent pas l’embargo US contre l’Iran… Cette course à la guerre contre l’Iran est à la fois dangereuse et imprudente.

Mardi 13 décembre 2011

Traduction : Xavière Jardez – Titre : AFI-Flash

Titre original: The folly of sanctions  : http://www.youtube.com/watch?v=g1k3HkF84dE  

* Ron Paul, 76 ans, est un des candidats à l'investiture du Parti républicain pour la présidentielle étatsunienne de 2012. Il fait partie du courant dit paléo-libertarien, opposé à l’interventionnisme américain à l’étranger, et aux néo-conservateurs.

http://www.france-irak-actualite.com/article-ron-paul-soyons-clairs-les-sanctions-contre-la-syrie-et-l-iran-sont-des-actes-de-guerre-92275855.html

Site officiel - Ron Paul 2012 :
http://www.ronpaul2012.com/

 http://www.uam93.com/news/liran-capture-un-drone-americain.html


2-2 Joseph Massad : C’est Israël, le danger... pas l’Iran !
Combien de fois faudra-t-il répéter cette histoire ?

Elle est pourtant de notoriété publique aux Etats-Unis, en Europe, dans le monde arabe, et dans le monde entier.

En 1955, le président Dwight Eisenhower a donné à Israël son première petit réacteur nucléaire, installé à Nahal Sorek.

En 1964, la France a permis à Israël de construire son réacteur nucléaire beaucoup plus puissant à Dimona dans le Naqab (Néguev).

En 1965, Israël a volé 200 livres de composés riches en uranium aux Etats-Unis grâce à ses espions à la Nuclear Materials and Equipment Corporation company en Pennsylvanie.

En 1968, Israël a détourné un navire libérien dans les eaux internationales et a volé ses 200 tonnes de yellowcake [concentré d’uranium avant purification].

Israël possède des bombes nucléaires depuis le début des années 1970.

Malgré les démentis officiels américains, Golda Meir, le quatrième Premier ministre d’Israël, aurait préparé le lancement de 13 bombes nucléaires sur la Syrie et l’Egypte en 1973 et a été stoppée de justesse de commettre cet acte génocidaire quand Henry Kissinger a fourni à Israël le transport aérien pour le plus massif transfert d’armes de toute l’Histoire, pour inverser le cours de la guerre de 1973 (comme l’avait rapporté Time Magazine).

Israël a eu une collaboration permanente dans le domaine des armes nucléaires avec le régime sud-africain d’apartheid pendant des décennies, et cette collaboration ne s’est achevée qu’avec l’effondrement du régime en 1994. Depuis, les experts ont estimé qu’Israël avait en sa possession plus de 400 engins nucléaires, dont des armes thermonucléaires dans la gamme des mégatonnes, des bombes à neutrons, des armes nucléaires tactiques et dessuitcase nuke [armes nucléaires suffisamment miniaturisées pour être transportables dans une mallette).

Il dispose également de systèmes de missiles pouvant être lancés avec une portée de 11500 km (qui peuvent donc aller au-delà de l’Iran). Israël a également des sous-marins capables de lancer des attaques nucléaires, ainsi que des chasseurs à réaction qui peuvent lâcher des charges nucléaires.

Israël a empêché avec zèle ses voisins de même acquérir des réacteurs nucléaires à des fins pacifiques. Cet Etat a violé le droit international en bombardant en 1981 le réacteur nucléaire d’Osirak - en cours de construction en Irak avec une collaboration française - dans une attaque sans aucune provocation préalable, et même si le réacteur devait être utilisé, selon les gouvernements français et irakien, à des fins pacifiques et scientifiques.

Israël a aussi bombardé en 2007 ce qui, selon ce qu’affirmaient des rapports de ses services de renseignement, aurait été un réacteur nucléaire nord-coréen en construction en Syrie. Le Mossad israélien a également été lié au cours des dernières décennies à l’assassinat de nombreux égyptiens, irakiens et iraniens spécialistes du nucléaire .

Israël continue de refuser de signer le Traité de non-prolifération nucléaire et refuse de permettre aux membres de la Commission internationale d’énergie atomique (IAEA) d’inspecter son réacteur de Dimona.

Israël, un pays prédateur et agressif qui a toujours lancé des guerres contre tous ses voisins depuis sa création, qui a expulsé des centaines de milliers de personnes, fait des millions de réfugiés palestiniens, libanais, égyptiens, et a assassiné des dizaines de milliers de civils et utilisé des armes interdites au niveau international (du napalm jusqu’au les bombes au phosphore, pour citer les cas les plus notoires), continue d’occuper les territoires palestiniens et d’opprimer le peuple palestinien en violation du droit international.

Israël s’appuie sur une idéologie étatique raciste, anti-arabe et anti-musulmane, à laquelle souscrivent ses dirigeants, les structures gouvernementales et les institutions et qui se retrouve dans sa culture populaire et politique et dans un grand éventail de ses lois.

En effet, Israël a non seulement constamment lancé des guerres contre ses voisins, mais il a aussi exhorté les puissances mondiales à envahir ces mêmes voisins tout en se faisant le commanditaire de campagnes racistes et haineuses anti-arabes et anti-musulmanes aux États-Unis et en Europe. Israël a intégré ce racisme dans ses programmes scolaires et universitaires et dans une grande partie de sa production culturelle.

Politiques racistes

Protecteur d’Israël, les Etats-Unis sont le seul pays au monde qui ait jamais délibérément utilisé des bombes nucléaires contre des populations civiles, qui continue de vouloir justifier cette décision 66 ans après cet acte génocidaire, et qui conditionne sa population, dans ses programmes scolaires et dans les médias pour continuer à la défendre.

Les Etats-Unis ont également assuré que l’arsenal nucléaire d’Israël ne serait jamais discuté au Conseil de sécurité des Nations unies, malgré les propositions régulières au fil des décennies pour pouvoir en parler. L’insistance des Etats-Unis à garder la capacité nucléaire d’Israël « secrète » [malgré son caractère public] a pour raison, entre autres choses, de faire perdurer l’aide américaine à Israël car au niveau légal, une condition clé pour recevoir une telle aide est que les pays bénéficiaires soient signataires du Traité de non-prolifération nucléaire. Or Israël refuse de le signer.

Pourtant, les États-Unis et Israël, qui ont été les principales menaces à la paix mondiale et même les principaux fauteurs de guerre au niveau mondial depuis la Seconde Guerre mondiale, insistent à prétendre que l’Iran, un pays dont le régime actuel n’a jamais envahi aucun pays - mais a plutôt été envahi par l’Irak de Saddam Hussein en 1981 à l’instigation des dictatures du Golfe riches en pétrole et leurs parrains américains et français - serait une menace pour la paix dans le monde si elle possédait une arme nucléaire.

La politique raciste des États-Unis quant à savoir qui devrait être autorisé à posséder des armes nucléaires et qui ne l’est pas (en fonction de critères raciaux, au bénéfice de ceux qui sont européens ou de souche européenne), il doit être clair que dans la mesure où existerait une course au nucléaire au Moyen-Orient, elle est encouragée par le bellicisme d’Israël et sa possession de ce genre d’armes de destruction massive. Si le Moyen-Orient doit être une zone exempte d’armes nucléaires, alors les pressions internationales doivent commencer par s’appliquer sur Israël qui est le seul pays de la région à posséder de telles armes, et non pas par l’Iran, que celui-ci soit ou non en train d’en développer.

Le racisme de l’administration Obama envers les Arabes et les Musulmans n’a vraiment pas de limites, mais pour les habitants du Moyen-Orient (Arabes, Turcs, et Iraniens), les critères racistes dont use Obama ne sont pas terriblement persuasifs. Avoir ou ne pas avoir l’arme nucléaire est une question de sécurité humaine et absolument pas un privilège racial européen. Alors que les Etats-Unis n’ont pas à craindre les bombes nucléaires israéliennes, les pays voisins d’Israël et leurs populations civiles ont été pendant des décennies (et continuent d’être) terrorisés par l’existence de ces mêmes bombes, et pour de bonnes raisons.

Une fois que Barack Obama aura compris cela, les peuples de la région reconsidéreront leur opinion sur la crédibilité des Etats-Unis quand ceux-ci disent craindre une prétendue prolifération nucléaire.

Joseph Massad

Source : Info Palestine


2-3 Giorgio S. Frankel : Tel Aviv ment au sujet de la menace nucléaire iranienne.

Entretien  avec Giorgio S. Frankel, journaliste italien

Lors d’un entretien, réalisé en mai 2011, Giorgio S. Frankel, journaliste italien, auteur du livre « L’Iran et la bombe » (*), avait répondu à nos questions au sujet des menaces que Tel Aviv profère régulièrement contre l’Iran. Alors que l’attitude arrogante et dominatrice d’Israël ne manque pas de choquer, et de faire peur aux Iraniens, dans l’extrait que nous rediffusons ici, Frankel se montre plutôt rassurant. Puisse-t-il dire vrai !

8 novembre 2011

Silvia Cattori : ...La pression continue exercée par Israël contre le programme nucléaire civil iranien en fait partie. Croyez-vous en une attaque possible de l’armée israélienne ou d’autres, contre des sites iraniens ?

Giorgio S. Frankel : Je n’y crois pas parce qu’Israël a commencé à menacer d’attaquer l’Iran au début des années 90 ; ça fait 20 ans que les autorités israéliennes répètent qu’elles vont attaquer l’Iran, que l’Iran est en train de fabriquer la bombe atomique, que l’Iran est une menace. Mais quand, dans l’histoire, un pays menace de faire la guerre et ne la fait pas pendant vingt ans, il ne la fera jamais.

Cette menace contre l’Iran sert à Israël pour maintenir un climat de tension au Proche et au Moyen-Orient. En menaçant plusieurs fois par an de faire la guerre à l’Iran, il crée une situation de péril aux États-Unis et en Europe. La probabilité qu’Israël attaque l’Iran est très faible. Mais si Israël attaque vraiment l’Iran, les conséquences mondiales seraient tellement catastrophiques que, même si tout le monde pense que la menace du gouvernement israélien tient du bluff, personne ne va vérifier si c’est vraiment du bluff.

Israël n’est pas en mesure d’attaquer l’Iran, il suffit de regarder une carte géographique. Il doit passer à travers d’autres pays. Il y a deux ans, les États-Unis firent un cadeau empoisonné aux Israéliens. Comme Israël parlait du danger iranien, les États-Unis envoyèrent en Israël un grand appareil radar qui contrôle le ciel autour du pays sur des centaines de kilomètres. Cette station est gérée par des militaires états-uniens. Elle fut présentée comme un geste de solidarité envers Israël ; en réalité les Israéliens ne sont pas très contents. Parce que les États-Unis savent exactement ce que font les avions israéliens. Les États-Unis ont affirmé de façon récurrente qu’ils ne veulent pas une guerre contre l’Iran, parce que ce serait une catastrophe.

Ce sont des périodes cycliques. De temps en temps les Israéliens sortent cette carte iranienne. On en parle pendant quelques semaines et puis ça s’arrête. Le général Moshe Yalon, vice-premier ministre et ministre pour les menaces stratégiques, a déclaré : le programme nucléaire iranien est en retard ; donc nous avons deux ou trois ans pour prendre une décision. Ceci est un message pour indiquer qu’en ce moment il n’y a pas de danger iranien. Ce danger sert aux Israéliens pour entretenir un climat de tension et contraindre les États-Unis et les Européens à faire certaines politiques. Les Israéliens espéraient créer un climat de tension suffisant pour provoquer un affrontement entre l’Iran et les pays arabes. Cette stratégie aussi a échoué.

Combien de temps a-t-il fallu aux autres puissances nucléaires pour fabriquer la bombe atomique ? Les États-Unis dans les années 40, quand on ne savait même pas à coup sûr qu’on pouvait faire la bombe atomique, y ont employé trois années. Israël a mis dix ans. Maintenant on dit depuis plus de vingt ans que l’Iran construit la bombe. C’est la bombe atomique la plus lente de l’histoire ! L’agence nucléaire qui doit contrôler la bombe atomique continue à dire qu’il n’existe pas d’indices de programme militaire.

La bombe iranienne sert à Israël pour créer des problèmes stratégiques dans la région. La grande peur d’Israël est qu’un dialogue politique ne s’ouvre entre les États-Unis et l’Iran. Après quoi l’Iran serait reconnu comme puissance régionale avec laquelle on doit parler et discuter.

L’autre puissance régionale qui est en train de s’affirmer est la Turquie. À présent Israël a des problèmes avec la Turquie parce qu’elle pourrait devenir la principale interlocutrice des États-Unis, du monde arabe et du monde musulman.

L’autre grande arme d’Israël est l’accusation d’antisémitisme. C’est une arme à laquelle les Israéliens ont un grand et immédiat recours. Toute forme de critique d’Israël est dénoncée comme acte d’antisémitisme. Au début cela faisait un grand effet ; aujourd’hui un peu moins ; tôt ou tard, elle perdra son importance. Quand on abuse de ces armes elles perdent leur valeur. Israël accuse tout le monde d’antisémitisme. Si un Juif critique Israël, on dit que c’est un Juif qui a la haine de lui-même.

A la fin, ça aussi ça s’écroulera. Parce que l’antisémitisme est une chose ; la critique d’Israël en est une autre. D’antisémitisme, il y en a peu actuellement, dans le monde. S’il resurgit c’est parce que cette façon qu’ont les Israéliens d’établir une identité entre judaïsme et « israélisme » est vraiment dégoûtante : c’est là un terrain très glissant.

Silvia Cattori : Pendant ces années d’offensive militaires par Tel Aviv, on a assisté, en France par exemple, à une intensification des accusations d’antisémitisme même de la part de militants de groupes de « juifs pour la paix ». Des accusations d’antisémitisme et de négationnisme, se sont mises à pleuvoir sur des journalistes ou des militants qui mettent en évidence l’idéologie qui a amené l’État juif à conduire des politiques inacceptables depuis le début [1]. Si comme vous le soulignez, critiquer la politique israélienne n’a rien à voir avec le racisme, que cherchent alors, en vérité, ceux qui accusent les gens d’antisémitisme ?

Giorgio S. Frankel : La grande erreur est celle commise par les communautés juives dans le monde en tant que, comme communautés juives, elles pensent avoir le droit de parler au nom d’Israël. De nombreux Juifs non Israéliens pensent pouvoir, en tant que Juifs, avoir le droit de soutenir Israël. C’est leur droit. Mais cela comporte que, tôt ou tard, on imputera aux Juifs non israéliens ce que font les gouvernements israéliens. D’autre part, quand Israël proclame qu’il veut être reconnu non seulement comme État juif, mais comme État national du peuple juif, cela veut dire qu’il demande, au niveau international, que lui soit reconnue une sorte de primauté aussi à l’égard des Juifs qui sont dans les autres pays. Cela devient très dangereux.

Silvia Cattori : Pourquoi dangereux ?

Giorgio S. Frankel : Parce qu’à la fin il est possible que, dans l’avenir, Israël veuille interférer dans la politique intérieure d’autres pays sous prétexte que ce pays a une politique hostile aux Juifs. Chirac refusa de participer à la guerre contre l’Irak. Peu de temps après le premier ministre israélien Ariel Sharon déchaîna une politique hostile à la France en avertissant les Juifs français : faites vos valises, quittez la France, venez en Israël. A l’avenir les Israéliens pourraient se comporter comme si c’était à eux qu’il revenait de définir le destin des Juifs italiens ou français.

Silvia Cattori : Cette arme de l’antisémitisme a toujours permis à Israël de mettre les gouvernements qui ne suivent pas la ligne politique de Tel Aviv sous pression. Cela fait donc vingt ans qu’Israël essaie d’inciter le reste du monde à intensifier la pression contre l’Iran pour l’isoler, le sanctionner, en empêchant son développement normal. D’après vous, y arrivera-t-il ?

Giorgio S. Frankel : Je n’en sui pas convaincu, parce que l’Iran jusqu’ici est protégé par la Chine et en partie par la Russie. Il a de bons rapports avec ses voisins : Turquie, Irak et avec des pays comme l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Il a de bons rapports avec le Pakistan, avec l’Inde, avec les pays arabes du Golfe, en particulier avec le Qatar. Il est en train d’étendre sa présence diplomatique en Amérique latine. L’Europe suit la ligne dure : mais d’autres pays ne la suivent pas.

Les Israéliens mènent cette déstabilisation intérieure de l’Iran par le biais d’attentats, de massacres, etc. ; c’est ce qu’ils sont probablement en train de faire. Il faut voir s’ils vont y arriver.

Silvia Cattori : Israël seulement et pas les États-Unis [2] ?

Giorgio S. Frankel : Tous les deux. Mais surtout les Israéliens.

Silvia Cattori : Pourquoi « surtout les Israéliens » ? Ont-ils des moyens particuliers de pénétration et de manipulation des minorités ethniques ?

Giorgio S. Frankel : Le problème de la stabilité de l’Iran est très complexe. On peut entrer clandestinement dans plusieurs zones. Il y a des populations hostiles au gouvernement central. Le Kurdistan est la région la plus importante pour le pétrole. Une minorité sunnite y vit. Il suffit de leur fournir des financements pour l’entraînement et de leur fournir des armes. Ce genre d’opérations s’appelle « la guerre de l’ombre ». Les possibilités d’intervention sont nombreuses.

(*) Giorgio S. Frankel, analyste de questions internationales et journaliste indépendant, travaille sur le Moyen-Orient et le Golfe persique depuis le début des années 70. Il est l’auteur de : « L’Iran et la bombe », DeriveApprodi, Roma, 2010.

Silvia Cattori

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio (24.06.2011)
Entretien Giorgio Frenkel en entier :
http://www.silviacattori.net/article1689.html
Texte original en italien (25.05.2011) :
http://www.silviacattori.net/article1639.html

[1] Voir : “1001 bugie su Gilad Atzmon” (“1001 mensonges sur Gilad Atzmon”), de Gilad Atzmon, comedonchisciotte.net , 2 novembre 2006.

[2] Le journaliste Bob Wedford affirme que les services de la Cia, du Mossad et du MI-6 collaborent pour conduire des actions de sabotage contre l’Iran. En 2009 et 2010, l’Iran a arrêté plusieurs espions d’origine états-unienne entrés illégalement, parmi lesquels une femme qui possédait des « hidden spying equipment ». La France mène une diplomatie agressive contre l’Iran depuis que, en 2007, le président français Sarkozy a parlé de la possibilité de bombarder l’Iran. On se souviendra de l’appel de Bernard Kouchner aux nations, pour « se préparer au pire », à la « guerre » contre l’Iran.



3 Analyse -  Géopolitique et stratégieRéflexion

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Scott Peterson : Une menace nucléaire iranienne imminente?
Une chronologie des alertes depuis 1979
Scott Peterson
Mercredi 9 novembre 2011

Le rapport de l’AIEA sur l’Iran auquel même Washington ne croit pas

Je vous avais déjà proposé un article de ce genre sur l’imminence toujours plus proche d’un danger nucléaire iranien qui, si on en croit les cassandre, aurait dû se concrétiser il y a plus de vingt ans.

Le récent rapport de l’AIEA vient redonner du grain à moudre à ceux qui veulent l’apocalypse pour le Moyen orient et peut-être pour le monde entier. Au nom de la protection du peuple juif contre la pire menace d’annihilation depuis Hitler.

Oui, c’est toujours la même rengaine ; tuer les Irakiens pour neutraliser le nouvel Hitler Saddam, tuer des Libanais pour neutraliser la nouvelle Waffen SS qu’est le Hezbollah, vider la Palestine de ses habitants parce que ces derniers veulent une Palestine Judenrein, bombarder l’Iran qui se prépare à « rayer » l’entité sioniste de la carte.

Le paradoxe étant qu’on parle de menace iranienne alors que ce sont les sionistes et leurs amis, dont celui qui ne peut plus supporter benjamin Netanyahou (élu par le suffrage populaire) qui menacent régulièrement et depuis des années de bombarder l’Iran.

Rappelez-moi la dernière fois que l’Iran a lancé une guerre d’agression ? Ah oui, vous avez du mal à trouver et c’est normal parce que l’Iran moderne n’a jamais été un pays très agressif. Au contraire de cette saloperie d’entité sioniste et de ses amis civilisés qui sèment la mort au moindre prétexte.

Bon, le rapport de l’AIEA est truqué et les Etats Unis le savent. Il sert avant tout à entretenir une stratégie de tension et à détourner l’attention des problèmes économiques qui sont beaucoup plus susceptibles de précipiter le monde dans la guerre que l’obsession holocaustique de l’Etat prétendu juif.

A moins que ces cinglés ne commettent l’irréparable tant ils sont sûrs que les pays occidentaux les suivront dans la guerre et qu’ils pourraient ainsi échapper à la riposte de l’Iran.

En tout cas, les Etats Unis ne croient pas à la véracité du rapport de l’AIEA et ne veulent pas risquer la guerre sur des mensonges aussi éhontés que ceux qui avaient justifié la guerre contre l’Irak

Vos media n’en parlent pas, bien entendu car ils sont trop occupés à participer à la propagande sioniste (comme Nadine Epstein sur France Culture ce matin, Ca ressemble à du journalisme, ça sonne comme quelque chose d’objectif, mais ce n’est que de la propagande, subtile il est vrai car nous sommes en démocratie).

Voilà pourtant ce qu’on peut lire en titre du National Journal, un organe de presse spécialisé dans les activités politiques de la beltway, c’est-à-dire là où se trouvent les centres de pouvoir US :

 Maison Blanche: le rapport de l’AIEA ne modifie pas notre évaluation des ambitions nucléaires de l’Iran

La Maison Blanche a déclaré que le dernier rapport sur le programme nucléaire iranien par les inspecteurs en armement de l’ONU n’indique pas que l’Iran a avancé dans ses efforts pour fabriquer ou obtenir de l’explosif nucléaire.

« L’AIEA n’affirme pas que l’Iran a repris un programme d’armes nucléaires d’envergure, ni qu’elle a un tel programme ou sur son réel état d’avancement, » a déclaré aux journalistes un haut responsable de l’administration lors d’une téléconférence.   

Voilà, il n’y a donc rien de nouveau, en dehors d’une nouvelle escalade propagandiste pour exciter les

Des révolutions populaires bien encadrées…

L'envoyé en Syrie du journal espagnol ABC, pourtant aussi favorable que les autres médias à la cause de la "lutte du peuple Syrien pour la liberté", y a croisé trois lieutenants du jihadiste d'al-Qaida Abdelhakim Belhadj, le libérateur de Tripoli venus évaluer les besoins des frères révolutionnaires Syriens

« Il y a peu, Harati [le mercenaire libyen croisé par le journaliste] a été impliqué dans un épisode étrange quand, selon ses propres dires, une bande de voleurs a pénétré à son domicile [de Dublin], s’emparant d’une grande quantité de bijoux et de 200 000£. Harati a déclaré à la police que beaucoup d’argent lui avait été donné par un agent de la CIA pour financer la lutte de son organisation contre Kadhafi. Le combattant avait laissé ces 200000£ à sa femme au cas où il lui arriverait quelque chose, et avait emporté le reste en Libye. » (traduit de l'espagnol sur www.silviacattori.net/article2537.html)

On apprend, en passant, le financement par la CIA d'une révolution supposée être spontanée et pacifique, issue du peuple…

Mais rien n'y fait. La propagande continue est à ce point efficace qu'il est devenu impossible d'entendre de simples faits et témoignages qui s'éloignent de la version officielle imposée "Bachar El Assad est un abominable tyran qui massacre son peuple qui se révolte contre lui". Toute autre discours est littéralement inaudible, scandaleux, classifié "défense des tyrannies". La complexité de la réalité est reléguée à de la propagande anti-démocratie. Les informations précises sur la présence de mercenaires islamistes et le financement des rebelles armés sont disponibles, - mais c'est comme une goutte d'eau sur la carapace des certitudes démocratiques (voir encadré).

Un exemple frappant est fourni avec ces quelques journalistes qui se sont rendus en novembre en Syrie et sont revenus avec des témoignages contredisant frontalement le discours d'usage. Françoise Wallemacq, de la RTBF exprime sont sentiment « que la grande majorité des Syriens soutient encore le président Bachar El Assad, que les Syriens ont très peur d'une déstabilisation de leur pays. » « A Damas on a pu parler avec à peu près tout le monde dans la rue […] les gens qu'on croisait dans la rue nous disaient qu'on mentait, que les télévisions étrangères manipulaient la réalité et que ce n'était pas ce qui se passait dans le pays. » La journaliste évoquera encore cet "Observatoire Syrien des Droits de l'homme", qui est la source quasi exclusive des médias étrangers et des rapports de l'ONU: « L'OSDH, c'est un homme basé à Londres que personne n'a jamais rencontré. »2

Ce reportage aura pu être entendu… un jour. Tous les autres jours, la chaîne d'information a fidèlement répercuté la ligne officielle et les nombres de morts civils toujours fournis par ce même OSDH. Le Soir laisse entendre que les journalistes ont été manipulés par le régime syrien, et parle de propagande. Propagande, on fait pas ça chez nous.

Le plus affligeant est que, comme dans le cas de la Libye, ce discours est relayé par nombre de mouvements progressistes et pacifistes pour lesquels la débat n'est à aucun instant la remise en cause de la manipulation médiatique, mais plutôt le remplacement des bombes par des sanctions économiques - sans arriver à réaliser par ailleurs la nature réellement criminelles de ces mesures pour la population, et le fait qu'elles préparent toujours la guerre active.

"Le peuple est en révolution", "le peuple lutte pour la démocratie", on ne peut pas remettre la doxa en question. Et certainement pas pour demander qui est exactement "le peuple" que l'on prétend "soutenir". Avec quelle arrogance dénie-t-on la qualité de "peuple syrien" aux gens qui manifestent par millions contre la déstabilisation du pays ?

Lorsqu'un mouvement de Paix en arrive à appeler à "agir" pour soutenir le combat du peuple syrien contre la féroce répression qui le frappe, on peut apprécier à quel point la travail de la propagande a été remarquable, et à quel degré de préparation psychologique à la prochaine juste guerre on est parvenu.

Vers une guerre de grande ampleur?

L'Afrique vient d'être bien verrouillée, avec les interventions en Côte d'Ivoire, et en Libye, suivant la partition du Soudan. En septembre, on apprenait que les USA bâtissaient, dans la Corne de l'Afrique et dans la Péninsule arabique, un réseau de nouvelles bases pour des drones. The Economist écrivait en 2010 que le Président ougandais « …semblait ébloui par les promesses des Chinois de les aider à construire une raffinerie de pétrole et à produire des plastiques et des engrais à partir du pétrole…. Plusieurs gouvernements et compagnies occidentaux veulent arrêter la progression de la Chine dans le bassin du Congo avec ses immenses réserves de minéraux et de bois ». En octobre 2011, des forces spéciales US étaient envoyées en Ouganda.

Les accusations s'accumulent à nouveau contre l'Iran, terrorisme, droits de l'homme, course à l'arme nucléaire…. « Le secrétaire à la Défense US et le président des chefs d'état-major ont déclaré tous deux que les États-Unis vont "maintenir une forte présence militaire dans la région, en partie comme contrepoids à l'Iran." […]. L'administration et l'armée tentent de favoriser une nouvelle "architecture de sécurité" pour le Golfe Persique qui intégrerait les patrouilles aériennes et navales et la défense antimissile. »3

Les infos sur le départ des troupes en Afghanistan occultent le fait que la Loya Jirga de novembre a accepté l'établissement pour une présence indéfinie de bases militaires US sur le territoire afghan. En novembre, le président étatsunien annonçait que les USA allaient renforcer leur présence militaire en Australie. Le mois suivant, Hilary Clinton reprenait pied au Myanmar, misant apparemment sur un prochain retournement démocratique de cet allié de la Chine.

Les USA et les autres pays de l'Otan sont en train de placer fébrilement leurs pions sur l'échiquier du monde. Les agressions de la Libye et celle en gestation de la Syrie pourraient bien n'être que les premiers jalons d'une confrontation militaire globale, qui, comme dans les années 30 coïnciderait avec une tentative de sortie d'une crise financière particulièrement profonde. Au nom de "La Démocratie" bien entendu, - alors même que cette crise est en train de faire apparaître la démocratie comme une notion de plus en plus évanescente dans les pays de "l'Alliance des Démocraties", où le citoyen a tout juste la liberté de choisir quel représentant viendra nous expliquer que "les Marchés nous imposent de…". Et que non, il n'est décidément pas discutable de sortir de cette Alliance qui nous mène droit à la guerre.

1.www.laguerrehumanitaire.fr
2. www.csotan.org/textes/texte2.php?art_id=585&theme=P
3. cité par Stephen Gowans, "Seeing the US everywhere", www.csotan.org/textes/texte2.php?art_id=582&theme=P

Roland Marounek

http://csotan.org/ao/article.php?ao_id=44&art_id=591&Mois=d%E9cembre&Year=2011

Autres textes de Roland Marounek sur le site du CSO


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