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12/01/2012

n° 100 - Journal des Guerres de l'Otan -111-01 : a1 - Du Meilleur des Mondes Démocratiques à la Guerre Mondiale.

 


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  

n° 100 - 11-01-2012

            C.De Broeder & M.Lemaire     

 


 "Le'Journal des guerre de l'Otan est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

Roland Marounek : Du Meilleur des Mondes Démocratiques à la Guerre Mondiale.

DEUX MILLE DOUZE AVANT ET APRÈS ? 

1 Otan

1-1 Jean-Paul Pougala : LES MORTS DE COTE D'IVOIRE ET DE LIBYE CREENT  LE NOUVEL ORDRE MONDIAL.

1-2 H. A : L’OTAN installe un rideau de missiles en face du Maghreb.

Associated Press : Un diplomate de l’ONU demande une enquête sur les violations des droits humains dans les actions de l’OTAN en Libye.

1-3 Claudine Pôlet : Le Plan de Petersberg : Comment faire semblant de partir pour mieux rester après 2014.

1-4 Carla Goffi et Ria Verjauw : La Sardaigne, poubelle de l’Otan et du complexe militaro-industriel.

2 Les USA

2-1 Derrière les coupes du budget du Pentagone …

Manlio Dinucci : … Les USA « tournent la page » vers de nouvelles guerres

Manlio Dinucci : La guerre, mais avec des avions low cost

2-2 Manlio Dinucci : La guerre, mais avec des avions low cost.

3 France -  Grande Bretagne

3-1 Mireille Delamarre : Renforcement de la Coopération Militaire -France Grande Bretagne –au Service Des Guerres

4 Israël

4-1 Les troupes US s'en vont en Israël.

4-2 Al Manar : L'OTAN participera aux manœuvres internes israéliennes.

5 Belgique

5-1 Nouveau gouvernement en Belgique - Vieille Politique d’allégeance à l’Otan. 



Tiré à part 

Roland Marounek : Du Meilleur des Mondes Démocratiques à la Guerre Mondiale.

Beaucoup dans les partis et mouvements progressistes ont perçu dans les événements de cette année 2011, les prémices d'une toute nouvelle page de l'histoire humaine, inaugurée avec le vent des "révolutions démocratiques" arabes, qui, après avoir balayé indifféremment les dictatures de Tunisie, d'Égypte, et de Libye, est en train de faire tituber tous les autres "tyrans" : El Assad, Poutine, Ahmadinejad…, bientôt le tour de la tyrannie communiste chinoise, rêvent certains.

Le fameux principe de la Responsabilité de protéger (R2P) adopté solennellement par les Nations Unies en 2005 est considéré comme une grande avancée du droit international. Cette R2P et l'appui que nos démocraties avaient le devoir moral d'apporter à l'élan populaire démocratique forment la trame fondamentale de l'intervention en Libye et de celle en formation en Syrie.

Malgré les diversités fondamentales entre les situations de chaque pays, un amalgame global a permis de fusionner tous les événements sous le même grand concept de l'"aspiration des peuples à la démocratie". Ceux qui remettaient en question cette image se voyaient accusés de faire preuve d'un mépris vis-à-vis du peuple, voire de faire le jeu des USA en osant nier la réalité de la lutte populaire.

L'analyse de la situation hier en Libye, aujourd'hui en Syrie, est ainsi profondément déformée par cette conviction que nous sommes entrés dans une période de grands changements historiques. Alors que ce qui aurait dû être frappant, c'est plutôt la formidable continuité de la politique des pays dominants.

La R2P renvoie directement aux politiques coloniales du 19e siècle, où les motivations des colonisateurs ont toujours été présentées comme une nécessité de protéger les populations en périls. Au "fardeau de l'homme blanc", le devoir moral de lutter contre les tyrannies indigènes au nom de la civilisation, fut-ce par les bombes, s'est substitué le devoir moral des états démocratiques (les pays de l'Otan) de "soutenir" les opposants aux régimes tyranniques. C'est la Responsabilité de Protéger les Sudètes en Tchécoslovaquie, puis les populations allemandes de Pologne, qui a été l'alibi de Hitler et a précipité l'Europe dans la Seconde Guerre Mondiale.

La capacité de l'impérialisme et des services secrets de fomenter des troubles et des rébellions présentées comme populaires est un grand classique. On peut se rappeler de l'opération Ajax, où le reversement de Mossadegh (1953) a été présenté comme le résultat de mécontentements populaires, ou du renversement de Jacobo Arbenz Guzmán au Guatemala un an plus tard sur le schéma d'un "mouvement révolutionnaire" (financé par la CIA). Le fait que le gouvernement renversé soit, ou ne soit pas 'progressiste', moralement adoubable par la gauche européenne ou non, n'entre pas en jeu ici. Le seul point pertinent, c'est si il est ou non profitable de l'éliminer.

Enfin la manipulation de l'opinion publique de "nos pays démocratiques" identifiés sans états d'âme à la "Communauté Internationale" toute entière, est complètement niée, minimisée, ou alors soigneusement rangée dans la catégorie erreurs du passé. Pourtant cette manipulation médiatique est une réalité constante, et s'est à l'évidence perfectionnée avec les technologies modernes. La "théorie du complot" est brandie pour réduire au ridicule ceux qui évoquent ce simple fait. Peut-on verser dans l'idéalisme et imaginer que ce qui a été la réalité prégnante des services secrets durant des décennies, et qui a si bien servi, s'est soudain évaporé ?

La méconnaissance de l'histoire et la présentation idéologique démocratique empêchent de distinguer la parfaite continuité des manœuvres impérialistes, et font entrer de plein pied et tout pétri de bonne volonté dans le jeu de la "défense des peuples et de la démocratie", qui consiste in fine à hurler avec les loups contre les régimes qui s'opposent aux pays occidentaux.

A noter que la marche triomphale vers la Démocratie était déjà annoncée dès 2000 lors du renversement du dictateur (élu) Milosevic, qui avait eu l'outrecuidance de résister à l'Otan, puis avec l'avènement d'un régime démocratique en Afghanistan, et avec la chute du dictateur Saddam Hussein, -au prix d'un million de morts et de la destruction et la ruine de l'Irak, mais La Démocratie n'a pas de prix- En avril de cette année, la Communauté Internationale enfin, et les bombes françaises, imposaient à la Côte d'Ivoire ce que cette même Communauté Internationale avait décidé être le résultat indiscutable des urnes. Tout va décidément de mieux en mieux dans le meilleur des mondes démocratiques. Le XXIe siècle s'ouvre sur une période de nouvelles Lumières démocratiques, qui ressemble furieusement à la grande époque de la politique de la canonnière.

La Libye comme expérimentation

L'agression de la Libye a marqué un saut qualitatif important. C'est d'abord une première application officielle du R2P par les Nations-Unies, où l'Otan se présente ouvertement comme son bras armé "naturel". On n'avait jamais ni au Kosovo, ni en Afghanistan, été aussi loin dans la confusion des genres. Cette agression a été applaudie par une série de personnes usuellement plus circonspectes, grâce en grande partie à l'illusion de la nouvelle ère démocratique.

Autre très grande réussite, l'anesthésie de l'opinion publique et des mouvements de paix. Alors que tous étaient appelés à s'horrifier de bombardements de manifestants pacifiques par l'armée Kadhafi qui n'ont jamais eu lieu, il n'y a eu aucune réaction sérieuse aux faits avérés que l'Otan ait affamé, privé d'eau et de soin, bombardé durant 2 mois et détruit la ville de Syrte, qu'elle ait bombardé avec application les dépôts de produits alimentaire, pratiqué un blocus naval ; que les populations noires sont pourchassées, torturées, massacrées par les milices qu'elle a amené au pouvoir... L'information est là, et même répercutée, mais on est arrivé à la rendre complètement inoffensive.

"Les journalistes ont pu voir un bâtiment complètement détruit, avec le Croissant Rouge à l'entrée et des produits pharmaceutiques, un brancard, des gants, des bouteilles d'oxygène éparpillées. Dans l'après-midi, les secours s'activaient en quête d'éventuels survivants. Dans une autre zone, les journalistes ont constaté que des dépôts de produits alimentaires étaient endommagés, et le 4e était en flammes. Les journalistes ont vu des centaines de sacs de riz, des tomates, de l'huile végétale partir en fumée." (11/07/2011)

Le pays est évidemment ruiné, divisé, aux mains de bandes armées rivales, en voie de somalisation – mais l'essentiel est le mantra démocratique : "la Libye a été libérée du joug de Kadhafi", et tout le reste est dommage collatéral insignifiant.

A l'assaut humanitaire de la Syrie

On tente de rééditer l'exploit aujourd'hui avec la Syrie. De la même manière qu'avec le précédent libyen, la Commission des Droits de l'homme des Nations-Unies a ressorti des accusations d'abominations qui auraient été commises par le régime, - sans élément tangible puisque les témoins doivent être protégés. Autrement dit en se fiant sur la seule parole des "opposants" qui ont des intérêts évidents à provoquer une intervention humanitaire en leur faveur.

On peut juger de la fiabilité de ce genre de témoignages en regardant l'interview par Julien Teil du représentant de la Ligue Libyenne des Droits de l'Homme, dont les déclarations à l'ONU ont été un élément clef de la marche vers la guerre, et où il déclare benoîtement qu'il n'y avait aucune preuve de ce qu'il avançait, et que les chiffres lui avaient été fournis directement par le CNT1.

Mais rien n'y fait. La propagande continue est à ce point efficace qu'il est devenu impossible d'entendre de simples faits et témoignages qui s'éloignent de la version officielle imposée "Bachar El Assad est un abominable tyran qui massacre son peuple qui se révolte contre lui". Toute autre discours est littéralement inaudible, scandaleux, classifié "défense des tyrannies". La complexité de la réalité est reléguée à de la propagande anti-démocratie. Les informations précises sur la présence de mercenaires islamistes et le financement des rebelles armés sont disponibles, - mais c'est comme une goutte d'eau sur la carapace des certitudes démocratiques (voir encadré).

Un exemple frappant est fourni avec ces quelques journalistes qui se sont rendus en novembre en Syrie et sont revenus avec des témoignages contredisant frontalement le discours d'usage. Françoise Wallemacq, de la RTBF exprime sont sentiment « que la grande majorité des Syriens soutient encore le président Bachar El Assad, que les Syriens ont très peur d'une déstabilisation de leur pays. » « A Damas on a pu parler avec à peu près tout le monde dans la rue […] les gens qu'on croisait dans la rue nous disaient qu'on mentait, que les télévisions étrangères manipulaient la réalité et que ce n'était pas ce qui se passait dans le pays. » La journaliste évoquera encore cet "Observatoire Syrien des Droits de l'homme", qui est la source quasi exclusive des médias étrangers et des rapports de l'ONU: « L'OSDH, c'est un homme basé à Londres que personne n'a jamais rencontré. »2

Ce reportage aura pu être entendu… un jour. Tous les autres jours, la chaîne d'information a fidèlement répercuté la ligne officielle et les nombres de morts civils toujours fournis par ce même OSDH. Le Soir laisse entendre que les journalistes ont été manipulés par le régime syrien, et parle de propagande. Propagande, on ne fait pas ça chez nous.

Le plus affligeant est que, comme dans le cas de la Libye, ce discours est relayé par nombre de mouvements progressistes et pacifistes pour lesquels la débat n'est à aucun instant la remise en cause de la manipulation médiatique, mais plutôt le remplacement des bombes par des sanctions économiques - sans arriver à réaliser par ailleurs la nature réellement criminelles de ces mesures pour la population, et le fait qu'elles préparent toujours la guerre active.

"Le peuple est en révolution", "le peuple lutte pour la démocratie", on ne peut pas remettre la doxa en question. Et certainement pas pour demander qui est exactement "le peuple" que l'on prétend "soutenir". Avec quelle arrogance dénie-t-on la qualité de "peuple syrien" aux gens qui manifestent par millions contre la déstabilisation du pays ?

Lorsqu'un mouvement de Paix en arrive à appeler à "agir" pour soutenir le combat du peuple syrien contre la féroce répression qui le frappe, on peut apprécier à quel point la travail de la propagande a été remarquable, et à quel degré de préparation psychologique à la prochaine juste guerre on est parvenu.

Vers une guerre de grande ampleur?

L'Afrique vient d'être bien verrouillée, avec les interventions en Côte d'Ivoire, et en Libye, suivant la partition du Soudan. En septembre, on apprenait que les USA bâtissaient, dans la Corne de l'Afrique et dans la Péninsule arabique, un réseau de nouvelles bases pour des drones. The Economist écrivait en 2010 que le Président ougandais « …semblait ébloui par les promesses des Chinois de les aider à construire une raffinerie de pétrole et à produire des plastiques et des engrais à partir du pétrole…. Plusieurs gouvernements et compagnies occidentaux veulent arrêter la progression de la Chine dans le bassin du Congo avec ses immenses réserves de minéraux et de bois ». En octobre 2011, des forces spéciales US étaient envoyées en Ouganda.

Les accusations s'accumulent à nouveau contre l'Iran, terrorisme, droits de l'homme, course à l'arme nucléaire…. « Le secrétaire à la Défense US et le président des chefs d'état-major ont déclaré tous deux que les États-Unis vont "maintenir une forte présence militaire dans la région, en partie comme contrepoids à l'Iran." […]. L'administration et l'armée tentent de favoriser une nouvelle "architecture de sécurité" pour le Golfe Persique qui intégrerait les patrouilles aériennes et navales et la défense antimissile. »3

Les infos sur le départ des troupes en Afghanistan occultent le fait que la Loya Jirga de novembre a accepté l'établissement pour une présence indéfinie de bases militaires US sur le territoire afghan. En novembre, le président étatsunien annonçait que les USA allaient renforcer leur présence militaire en Australie. Le mois suivant, Hilary Clinton reprenait pied au Myanmar, misant apparemment sur un prochain retournement démocratique de cet allié de la Chine.

Les USA et les autres pays de l'Otan sont en train de placer fébrilement leurs pions sur l'échiquier du monde. Les agressions de la Libye et celle en gestation de la Syrie pourraient bien n'être que les premiers jalons d'une confrontation militaire globale, qui, comme dans les années 30 coïnciderait avec une tentative de sortie d'une crise financière particulièrement profonde. Au nom de "La Démocratie" bien entendu, - alors même que cette crise est en train de faire apparaître la démocratie comme une notion de plus en plus évanescente dans les pays de "l'Alliance des Démocraties", où le citoyen a tout juste la liberté de choisir quel représentant viendra nous expliquer que "les Marchés nous imposent de…". Et que non, il n'est décidément pas discutable de sortir de cette Alliance qui nous mène droit à la guerre.

1.www.laguerrehumanitaire.fr
2. www.csotan.org/textes/texte2.php?art_id=585&theme=P
3.
cité par Stephen Gowans, "Seeing the US everywhere", www.csotan.org/textes/texte2.php?art_id=582&theme=P

Roland Marounek
Autres textes de Roland Marounek sur le site du CSO


DEUX MILLE DOUZE AVANT ET APRÈS ?

 

 LE SÉISME AMÉRICAIN

Requiem pour les États-Unis d’Amérique tels que vous les avez connus depuis la guerre.

Après moins de soixante-dix ans de règne sans partage – si ce n’est quelques velléités du social impérialisme soviétique (1955-1989) – l’empereur d’Occident poursuivra sa descente aux enfers encore cette année.

L’agonie de l’empire amorcée en 2008 – crise des subprimes – prolongée en 2011 – crise de la dette – se poursuivra en 2012 et s’étiolera sur quelques années. Au cours de cette période, les États-Unis seront simultanément insolvables et ingouvernables, transformant en «bateau-ivre» ce qui fut le «navire-amiral» de la flotte impérialiste occidentale (1).

Le dollar devrait perdre plus du quart de sa valeur par rapport à l’Euro – la future devise de réserve dirigée par la baguette d’Angela qui n’entend pas à rire de ces choses là –.  Cette dévaluation du dollar signifie que le peuple américain perdra plus du quart de son pouvoir d’achat déjà mal en point étant donné que ce pays importe la plus grande partie des produits qu’il consomme (inflation galopante, dévaluation du dollar, faillites bancaires, 20 % de chômage, un américain sur six reçoit des bons alimentaires, un enfant sur cinq connaît des épisodes de vie sans abri, le taux de mortinatalité est au niveau des pays sous-développés, les municipalités abolissent les services, les États font défaut de paiement, etc.) – feu la superpuissance américaine.

Un économiste de renom n’avait-il pas distribué les rôles entre les puissances économiques mondiales – la Chine était l’atelier de fabrication et les États-Unis le marché de consommation, comme si dans votre logement votre voisin de palier était celui qui travaille plus pour gagner plus comme le proposait Sarkozy (interdit de rigoler) et vous, celui qui dépense sans compter sans jamais rien gagner, croyez-vous que votre coopérative d’habitation pourrait recruter ? Dans l’histoire, l’empire espagnol puis l’empire britannique ont déjà tenu ce rôle de pôle de consommation et l’on sait ce qu’il advint de ces empires moribonds !

Le déclin de l’empire américain est bien certain. Les émissions de dollars (Quantitative Easing) de 2009 et 2010 n’auront servi qu’à plomber le navire à la dérive.  Les agences de notation anglo-saxonnes et les banquiers de Wall Street le savent pertinemment, en 2012 ne soyez pas étonné d’apprendre qu’ils convertissent une partie de leurs avoirs – dollars – en euros, en yuan, en franc suisse, en or…Les rats ont commencé l’an dernier à abandonner le bateau-ivre. Le nationalisme de pacotille n’est bon que pour les soldats des champs de mines anti personnelles d’Afghanistan et pour les bozos paniqués des résidences de retraités (2).

L’EMPIRE CHINOIS

En 2012, l’approfondissement de la dépression et l’effondrement du marché américain dévoré par l’inflation et la dépréciation du dollar – premier client de l’empire industriel chinois –  entraînera ralentissement économique et fermetures d’usines en Chine (3).

La reconversion industrielle et commerciale de la Chine en direction de son marché domestique en expansion et en direction de l’Euroland, de l’Asie et de l’Afrique (investissement de 1 000 milliards de yuans d’ici dix ans nous dit-on) n’étant pas complétée, la défaillance du client américain ne pourra être amortie. L’espoir de Pékin était vraiment que l’effondrement américain tarderait de deux ans au moins et le «Céleste empire» a tout fait pour retarder l’échéance fatale en achetant en pure perte les obligations américaines au rendement décevant (4).

Il est trop tôt pour que la reconversion chinoise ait été complétée aussi cette année les secousses sismiques économiques de l’Amérique ébranleront l’empire du milieu – industriel.

Dans le monde occidental, l’impérialisme étatsunien aux abois – l’ennemi irréductible de l’impérialisme chinois – essaiera de soulever une vague de protectionnisme et de nationalisme fanatique et les États-Unis tenteront d’impulser une désastreuse “Guerre Froide” contre la Chine. Au cours de 2011 Obama a fourni le cadre et la justification d’une confrontation à grande échelle et de longue durée avec la Chine. Ce sera un effort désespéré pour maintenir l’influence étatsunienne et conserver ses positions stratégiques en Asie et partout dans le monde.  « Le “quadrilatère de pouvoir” de l’armée étasunienne — les États-Unis, le Japon, l’Australie et la Corée — avec le soutien des satellites philippins, essaiera de détruire les liens commerciaux de la Chine au moyen de la puissance militaire de Washington.» (5). Nous doutons cependant que le Pentagone y parvienne. Il n’est pas certain que ce que Petras appelle les satellites militaires étatsuniens se laissent entraîner dans la déroute en compagnie du canard boiteux américain.

EUROLAND

Suite à la session de briefing et de réorientation stratégique de décembre dernier à Bruxelles où le couple Merkozy a tenu tête aux hydres anglo-saxons de la City –  les pays de l’Euroland sont en ordre de marche sous le joug du major d’homme Merkel – le seul homme politique bourgeois d’envergure en Europe – . La ‘Diva’ de l’économie européenne bat la marche – fait rentré les récalcitrants dans le rang – fixe la cadence de la reconversion des finances européennes en prévision du séisme étatsunien qui tel un deus ex machina constata en décembre dernier le peu d’influence qu’il a conservé chez son allié outre Atlantique (6).

L’Euroland a changé de direction à Bruxelles l’an dernier et 2012 devrait confirmer la reprise en main par les nouveaux maîtres de la BCE (Banque centrale européenne) avant l’émission des Eurobonds, fin 2012. « Quand on est l’Euroland et qu’on est le premier bloc commercial mondial, le détenteur de la plus grosse épargne mondiale, on se moque des agences de notation. On les ignore ou on leur casse les reins, deux choses qui seront au programme de 2012» (7).

Révoltes populaires et grèves ouvrières devraient marquer l’année européenne, mais faute d’une direction révolutionnaire influente et unifiée tous ces sacrifices seront gaspillés.

L’AFRIQUE MONÉTAIRE

Quelques mots sur un morceau d’Afrique à propos des quatorze pays soumis au diktat néo-colonialiste français via l’entente d’adhésion au Franc CFA. Un protocole d’union monétaire qui cède à la France le contrôle du développement financier de ces quatorze pays dominés, néo-colonisés. Comment imaginer qu’en 2012 des pays où les présidents et chefs d’État d’opérettes s’entretuent à chaque élection bidon frauduleuse pour s’emparer d’un pouvoir qu’il ne contrôleront jamais de toute façon puisqu’un levier essentiel – le pouvoir financier – est accaparé quelque part à Paris aux bureaux du Trésor public français où chacun des pays soumis doit déposer en garantie une partie de ses avoirs (ce qui en soit n’est pas une mauvaise pratique financière – ce qui est mauvais c’est que le dépôt et la gestion se fassent au Trésor de France et que cette devise soit totalement dépendante et à parité avec l’Euro)… Hallucinant n’est-ce pas ?

J’ai le sentiment qu’à la faveur de la dépression monétaire mondiale, 2012 sera une année de grande friction autour de la question de créer une monnaie africaine commune à partir d’un regroupement de quelques états courageux – projets que caressait à la fois Kadhafi et Laurent Gbagbo… allez comprendre après cela pourquoi ils ont été détrônés, puis déportés ou  assassiné (8)?

LA DIPLOMATIE DE LA CANONNIÈRE

Il est étrange que très peu d’observateurs de la scène internationale aient remarqué un changement important survenu sur le théâtre militaire mondial depuis 2010 environ. Jusque-là, toute agression militaire impérialiste occidentale était initiée puis dirigée par le chef de meute américain avec ou sans la complicité de l’OTAN – Bush le cowboy texan étant l’archétype de ces capots Yankee –. Or, en 2010-2011 trois des principales interventions de la «diplomatie de la canonnière» ont été initiées par la France sarkosiste avec le soutien de Londres, de Berlin et d’autres capitales de l’Euroland et parfois l’intervention tardive de Washington (Côte d’Ivoire, Libye, Syrie). Il en sera de même en 2012.

L’AGRESSION CONTRE LA SYRIE

Dites-moi ce que Sarkozy cherche en Syrie ? Ce pays n’a pas de pétrole, peu de minerais, son marché est exsangue, sa population est pauvre. La Syrie est encombrée de réfugiés palestiniens, irakiens, kurdes, son peuple est irascible, nationaliste et il s’empressera de chasser tout envahisseur étranger. De plus, on retrouve à sa frontière Nord la Turquie amère et rancunière (d’avoir été refusé dans l’UE) ; à sa frontière Sud la Jordanie insipide; à l’Ouest le Liban intrépide et le Hezbollah invincible ; aux limites Est on retrouve l’Irak – deuxième réserve  pétrolière du monde – Voilà la réponse que nous cherchions.

Sarkozy, plus malin que certains le subodorent, pendant qu’Obama manigance de lui couper l’or noir par bateau (Détroit iranien d’Ormuz) tout en se retirant d’Irak – laissée à la garde des mollahs Chiites qui couperont le pétrole irakien à la première bombe jetée sur l’Iran – l’Europe tente donc de se rapprocher des puits irakiens afin de les envahir le moment venu et faire passer le précieux carburant par le pipeline syrien jusqu’à la Méditerranée.

Une question se pose cependant. Pourquoi ne pas avoir comploté avec Bachar al Assad pour accéder au pipeline syrien ? Parce que Bachar est l’allié de l’Iran et que l’attaque américano-israélienne contre l’Iran coupera les ponts de la collaboration avec la Syrie. L’Europe devrait alors se dissocier de son allié américain et de l’agression contre l’Iran – ça viendra – mais l’Euroland nouvelle – post étatsunienne – n’en n’est pas encore là.

Dernier problème qui se posera en 2012 relativement à l’attaque contre la Syrie. Comment contourner la puissance Russe qui possède une base navale en Syrie (Tartous)? Qui plus est, la Russie ‘poutinienne’ fournit du gaz naturel de l’Europe (9). Attaquer la base militaire du Kremlin au Levant c’est se couper de l’approvisionnement en gaz russe. Sarkozy et Merkel y ont-ils pensé et quelle est l’alternative ?

Le soutien européen aux milliardaires voleurs d’élections de l’opposition russe contre les voleurs d’élections du parti Russie Unie n’ira pas très loin. La Russie n’est pas une «République de banane» ni une «législature du café» et l’armée Rouge est bien en laisse sous la poigne de Vladimir… J’en conclu que l’Euroland devra réviser sa stratégie syro-iranienne en 2012.

Comme l’année en cours sera année d’élections présidentielles on ne verra pas les États-Unis s’engager dans cette guerre ouverte qu’elle prépare fébrilement contre l’Iran d’autant que la Syrie n’est pas encore tombée dans l’escarcelle européenne ni américaine et c’est bien là l’enjeu de cette guerre qui ne dit pas son nom. Dans cette affaire Sarkozy n’est pas le «proxy» des États-Unis il mène la politique de l’impérialisme français et européen et pour cette raison il devrait sauvegarder son perchoir présidentiel en 2012.

Le conflit entre alliés de l’OTAN porte bien sur cette alternative, si la Syrie devient protectorat européen – le pétrole Irakien sera à portée de main – si la Syrie devient protectorat américain, l’Irak de al- Maliki gardera le verrou Ouest du dispositif d’étranglement pétrolier européen pendant que l’Iran à son corps défendant gardera le verrou Sud par le détroit d’Ormuz, le Pakistan et l’Afghanistan les verrous Nord et Est.

L’OTAN AU LEVANT

Cette année électorale américaine les États-Unis et leur organisation militaire assujettie – l’OTAN – poursuivront leur pression contre le Liban via leur satellite israélien, leur occupation passive de l’Afghanistan (préparant leur retrait pour 2014 quand toutes les manœuvres qu’ils anticipent contre le pétrole européen auront été menées à bien). Par ses drones l’OTAN poursuivra son harcèlement du Nord Pakistan de façon à contrer tout rapprochement du Pakistan avec les talibans afghans.

Retenez cependant qu’un fauve blessé comme le drapeau étoilé demeure un danger et l’État-major américain s’il ne lance pas immédiatement l’attaque contre l’Iran la préparera toute l’année en sous-main et la déclenchera probablement l’an prochain, après l’élection quel que soit le vainqueur de la course à la présidence. La déconfiture économique et sociale de l’Amérique commande cette action «audacieuse et périlleuse» pensent un certain nombre de stratèges du Pentagone et de Wall Street. La déstabilisation des approvisionnements en hydrocarbure de la Chine, du Japon et de l’Euroland permettra aux États-Unis (qui ne s’approvisionnent pas au Proche-Orient) de se refaire une autorité sur les marchés boursiers – folle équipée de financiers désespérés.

PRINTEMPS ARABES

En Égypte les ‘Facebookeurs’ des réseaux sociaux pseudos révolutionnaires sont retournés chez papa après la mise à la retraite de Moubarak enveloppé dans son parachute doré (10). En 2011 les vrais révoltés sont retournés sur le pavé et ils sont tombés sous les balles d’aciers de l’armée dans la plus grande impunité et sous les hourras des médias étrangers – qui ont même suggéré qu’ils étaient des «contre-révolutionnaires»… d’une révolution avortée.

Ces véritables révolutionnaires méprisés par la bourgeoisie internationale n’ont pas voté – qu’ils en soient félicités – ils ont renvoyé leurs «leaders» patentés – des fils à papa ‘indignés’ – bon vent les Twitters formés aux «révolutions colorées», qui sait si 2012 ne verra pas les révoltes arabes devenir de vraies révolutions populaires pour la conquête du pouvoir d’État !?

En Tunisie identique à l’Égypte avec cette différence que cette ancienne colonie française a hérité des habitudes de verbiage balaise et outrecuidant de l’ex-mère patrie. L’intelligentsia maghrébine aime à mimer les débats oiseux des cafés parisiens et les tiers partis égo-centripètes sont pléthores sur la scène tunisienne où ils bouchent la vue des jeunes révoltés et ces groupuscules d’opérettes pourraient bien faire avorter la seconde édition de la vraie révolution. De toute façon l’élection bidon fut un échec et dans de nombreuses cités les révoltés n’ont pas désarmé, en 2012 ils vont se radicaliser (11).

En Libye cesser de pavoiser petits démagogues planqués à Paris ou à Londres. En 2012 BHL et ses petits amis pluriels pourraient déchanter – Kadhafi est mort mais pas l’esprit de révolte et d’indépendance des tribus de Tripolitaine, du Fezzan et de Cyrénaïque. Le CNT est hors-jeu et si la production pétrolière a repris le peuple est contrit et réalise petit à petit qu’il a été dupé par de faux amis. Rien n’est écrit, rien n’est fini en Libye, ceux qui ne l’ont pas compris en seront bientôt conchis (12).

__________________________________________

(1)       Crise systémique globale – USA 2012/2016. GEAB no. 60. In l’Étoile du Nord vol. 9, no. 6 novembre-décembre 2011, pages 6-11.

(2)       La guerre des monnaies (Dollar contre Yuan). Robert Bibeau. 24.11.2011. http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-guerre-des-monnaies-dollar-104886

(3)       Vincent Gouysse. 2010-2011 : Le réveil du dragon s’accélère ! Septembre 2011. http://www.communisme-bolchevisme.net/download/Le_reveil_du_dragon_s_accelere.pdf

(4)       La Chine impérialiste. Robert Bibeau. 29.06.2011. http://www.centpapiers.com/la-chine-imperialiste/74924

(5)       C’est le seul point sur lequel nous nous entendons avec Petras, le reste de son écrit présente une vision conspirationniste surfaite à notre avis. http://www.centpapiers.com/2012-une-vision-d%e2%80%99apocalypse/91055

(6)       La crise de l’Union Européenne : le Dollar contre l’Euro. Robert Bibeau. 15.12.2011. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28229

(7)       USA Crise systémique globale 2012/2016. GEAB no. 60. In l’Étoile du Nord vol. 9, no. 6 novembre-décembre 2011, pages 6-11.

(8)       La Libye sous les bombes ‘humanitaires’ de l’ONU. Robert Bibeau. 23.03.2011. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23889  et L’extradition illégale de Gbagbo de son pays natal ! Robert Bibeau. 7.12.2011. http://www.alterinfo.net/L-EXTRADITION-ILLEGALE-DE-GBAGBO-DE-SON-PAYS-NATAL-_a67600.html   et http://fr.wikipedia.org/wiki/Franc_CFA

(9)       La Russie lâcherait-elle la Syrie ? Robert Bibeau. 29.12.2011. http://www.legrandsoir.info/la-russie-lacherait-elle-la-syrie-comment-naviguer-entre-deux-mers.html

(10)     Révoltes arabes et répression néocoloniale. Robert Bibeau. 16.05.2011. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article5127

(11)     Il n’y a pas de projet de démembrement du monde arabe. Il n’y a que des projets à courtes vues d’une puissance impérialiste puis d’une autre pour s’emparer d’un marché arabe ou d’un autre, des ressources arabes, pétrolières surtout et pour annihiler tout mouvement de révolte. De nombreux pays arabes agressés depuis nombre d’années n’ont pas été démembrés.   http://www.lnr-dz.com/index.php?page=details&id=8501

(12)     «la deuxième et la troisième puissance économique du monde la Chine et le Japon vont désormais utiliser la monnaie chinoise pour leurs échanges…»  Libye, Côte d’Ivoire, ouvriront la voie à un nouvel Ordre mondial Jean-Paul Pougala. 31.12.2011.

 



1 Otan

1-1 Jean-Paul Pougala : LES MORTS DE COTE D'IVOIRE ET DE LIBYE CREENT  LE NOUVEL ORDRE MONDIAL.
En 1945 L'Organisation des Nations-Unies s'est créée après le choc de la deuxième Guerre Mondiale.Aujourd'hui, le nouvel ordre mondial est en train de se mettre en place après le lourd sacrifice de l'Afrique, après le choc des milliers de morts de côte d'Ivoire dont les 1200 villageois de Duékoué et des dizaines de milliers de morts Libyens, même si l'Otan a décidé d'insulter notre intelligence en parlant de zéro mort et ce, après 26.323 sorties, 9.658 raids de bombardement,7.700 bombes et missiles tirés par l'OTAN sur la Libye, avec la complicité des Nation-Unies qui étaient censées les protéger.

 L'ONG britannique Stop the War Coalition a certifié l'utilisation par l'OTAN des armes de destruction massive en Libye à travers les bombes et missiles contenant le fameux DU (depleted uranium), c'est de l'uranium appauvri, pour tuer le plus de personnes possibles. Daniele Cardetta dans le journal italien Articolo3, avance le chiffre de 60.000 morts.
C'est le journal italien Nibiru2012 qui conclut que 60.000 morts sur une population libyenne de 6 millions sont 1% de la population décimée par l'Otan en Libye et que cela équivaudrait en proportion à 3millions d'américains que des puissances étrangères viendraient décimer avec des bombes non conventionnelles. Et au lieu de mener la moindre enquête, l'Onu a tourné la tête ailleurs, vers Abidjan pour le méchant désigné le Président Gbagbo. C'est contre tout cela que la Chine a décidé de prendre les devants et de mettre sur pied un nouvel ordre mondial.

Voici comment :
1- LE YUAN CHINOIS REMPLACE LE DOLLAR
La Chine ne peut pas prétendre diriger un nouvel ordre mondial crédible sans être la première puissance du monde. Il y a des spécialistes qui disent qu'il y a longtemps que la Chine est devenue première puissance mondiale. C'est vrai, mais ce qu'ils ne savent pas c'est que le seul fait que les Etats-Unis d'Amérique peuvent imprimer leur monnaie le Dollar pour servir toute la planète qui n'attend que cela pour payer leurs échanges, offre de facto un avantage financier inouï aux USA sur tout potentiel concurrent à son trône. Et au delà deson vrai poids économique, le positionnement stratégique de sa monnaieplace ce pays au trône inconditionnel de la première puissancemondiale. La perversité potentielle du levier financier étaitsous-estimée par beaucoup depuis des années. Mais un élément est venubouleverser la donne et ce sont les deux crises Ivoirienne et Libyennealors quand les USA et leurs Alliés Européens ont joué sur le leviermonétaire pour plier leurs ennemis du moment. En violant toutes lesrègles du droit international, ils ont unilatéralement gelé les avoirsbancaires de la Côte d'Ivoire d'abord et de la Libye ensuite que cesdeux pays détenaient en Occident, allant jusqu'à fermer lessuccursales des banques privées européennes en Côte d'Ivoire, contrel'avis même du gouvernement en place. C'est cette technique de guerreinaugurée par les Occidentaux et testée deux fois en Afrique qui aalarmé la Chine qui a dès lors compris qu'elle ne pouvait plusattendre longtemps pour créer et guider le nouvel ordre mondial et quepour y parvenir, il fallait tout simplement signer la fin du Dollaraméricain comme monnaie de référence au niveau mondial. C'est enpleine guerre de l'Occident contre la Libye qu'elle réussit en Juin2011 à convaincre la Russie de se passer du dollar et d'utilisedésormais la monnaie chinoise pour leurs échanges. Ce sera la mêmechose avec les pays africains où pour la plupart, après l'assassinatdu Guide Libyen et le retardement de la monnaie commune africaineinitialement prévue pour 2016, le Yuan chinois qui resteinconvertible, est en train de devenir la monnaie de change avec laChine qui est depuis 2010, le premier partenaire économique ducontinent africain. En Amérique Latine, l'initiative chinoise estaccueillie avec euphorie pour des pays qui n'en pouvaient plus del'arrogance de leur puissant voisin du nord. Au Venezuela, c'est leprésident Hugo Chavez qui ira plus loin en vidant tout simplement lescoffres des pays occidentaux de la réserve d'or que son pays ydétenaient depuis la gouvernance de ses prédécesseurs. Mais  le plusdifficile restait à venir : convaincre un pays encore sous occupationmilitaire américaine depuis plus de 60 ans de rejoindre le nouvelordre mondial que la Chine a décidé de créer. C'est finalement le jourde Noël, le 25/12/2011 durant la visite du Premier Ministre Japonais àPékin qu'un accord est trouvé pour se passer du Dollar, c'est-à-direque la deuxième et la troisième puissance économique du monde la Chineet le Japon vont désormais utiliser la monnaie chinoise pour leurséchanges. Le revirement de Tokyo s'explique par la faiblesse militairede l'Occident mise à nu par la cacophonie et les difficultés surtoutfinancières rencontrées lors de sa tentative pour faire plier Kadhafipendant 7 longs mois. Ce qui a fait comprendre au Japon qu'en cas deconflit armé avec la Chine, les USA ne sont tout simplement pas enmesure de les aider, autant faire la paix tout de suite et se mettresous l'ombrelle de Pékin. La Corée du Sud et l'Inde vont très bientôtrejoindre le Brésil pour faire partie de ce nouveau directoire. Aprèsle vote de l'Afrique du Sud et du Nigeria en faveur d'une résolution des Nations Unies pour aller faire la guerre à un pays africain, ces  deux pays sont-ils suffisamment crédibles pour faire partie de cedirectoire mondial qui se forme sous le guide de la Chine ?

2- L'ALLIANCE STRATEGIQUE AVEC LA RUSSIE
On ne peut pas conduire le monde sans une alliance militaire forte. Ily a plusieurs années que les spécialistes parlaient d’une nouvellegouvernance mondiale portée par les USA et la Chine dénommée G2. Pourl’Occident, c’était une solution de compromis qui aurait signifiéqu’il n’avait pas perdu le train des bouleversements du 21ème siècle,puisque représenté dans ce G2 par l’un des leurs, les USA.
Et patatras. A cause d’une guerre des plus maladroites contre la Libyetout cela est terminé. Cette guerre a permis la création du G2 oui,mais un nouveau G2 que personne n’avait prévu, un G2 militaire enconstruction entre la Chine et la Russie. Ces deux pays ont en effet,à cause de ce qu’ils appellent une agression injustifiée contre laLibye, décidé de renforcer leur collaboration dans toute une série desecteurs dits stratégiques avec l’objectif affiché de stopperl’Occident belliqueux ;
La célébration des 10 ans d'amitié nouvelle entre les deux pays àMoscou du 16 au 18 juin 2011 dernier s'est transformée en Conseil deguerre pour le lancement du nouveau G2. L’Occident qui espéraits’emparer des ressources énergétiques africaines à commencer parcelles libyennes pour tenter un diktat sur la politique économiquechinoise devra revoir ses plans, puisque le nouveau G2 y a déjà trouvéune parade. Ainsi la Russie deviendra le premier fournisseur desproduits énergétiques à la Chine, ceci permettant à cette dernière derelativiser le risque et le poids de l’Afrique dans sesapprovisionnements et pour la Russie de pouvoir se passer de son plusgros client, l’Europe sans laquelle elle était incapable de disposerde ressources financières suffisantes pour son développement. Ainsi,la guerre contre la Libye est devenue pour l’Europe un vrai boomerangreçu à la figure : elle pensait utiliser des manœuvres souterrainesinavouées pour contrôler à terme le pétrole et le gaz africain, ellese trouve au contraire sous le coup d’un chantage russe pour sesapprovisionnements avec un robinet qui risque d’être fermé à toutdébut d’hiver par Moscou si elle n’est pas suffisamment docile. Lesnouveaux accords avec la Chine permettent à Moscou de tenir ce robinetfermé pendant des mois sans que sa caisse en pâtisse outre mesure.
Comme les autorités le répètent à volonté à Moscou, « avec les Chinoisnous aurons le nécessaire pour nous émanciper de l’Europe » Parailleurs après le nouvel accord signé par le président Chinois lors decette visite, le premier consommateur des produits énergétiques desprochains 20-30 ans devient un concurrent incommode pour l’Europe quidésormais ne pourra plus négocier ses prix avec la Russe commeauparavant, elle doit donc se préparer à payer plus cher son gaz. Etaprès les accords récemment stipulés entre la Russie et l’Algérie,pour former un cartel du gaz, on peut s’attendre à un doublement desprix du gaz russe pompé vers l'Europe occidentale. On était parti pourvoler le pétrole Libyen, on se retrouve à perdre le gaz russe, 100fois plus important que la mise libyenne. Ils sont de vrais génies cesdirigeants européens ! Si nos éclaireurs européens ont fourni le mêmetype de conseils aux dirigeants africains, on peut dès lors sedemander pourquoi s’étonner qu’après 50 ans d’indépendance nourris detels conseils, on ait fait du surplace en Afrique ou qu'on soit allé àreculons.
L’histoire démarre le 18 Novembre 2009 lorsque l’agence de Presserusse Novotni écrittriomphalement ces quelques mots de titre : NIET,NIET, NIET ! pour décrire le « Non » chinois à la propositionAméricaine formulée par monsieur Obama lors de sa première visite dansl’empire du Milieu de former avec la Chine ce fameux G2 pour répondreensemble aux défis de la gouvernance des problèmes du 21ème siècle.
Déjà alors, la Chine avait fait remarquer que sa vision du monde étaitdiamétralement opposée à celle des Etats-Unis d’Amérique et qu’elle nevoyait aucune convergence de vue entre ces 2 pays sur plusieursdossiers brûlants, de la crise avec l’Iran au problème avec la Coréedu Nord. Pour les Américains, les bombes étaient les meilleurs remèdesaux problèmes de la planète alors que pour les Chinois, les bombesétaient la démonstration de la faillite de l’intelligence humaine àrésoudre ses problèmes aussi compliqués qu’ils soient. La guerre enLibye nous a ainsi donné l’épilogue de cette réorganisation du mondepour le nouvel ordre mondial qui tarde à venir. La Chine et la Russieont ainsi décidé de se concerter régulièrement et avoir une positioncommune sur tous les sujets importants de l’actualité mondialeprivilégiant toujours et toujours le dialogue, encore le dialogue ettoujours le dialogue. La guerre de l’Occident contre la Libye adéfinitivement tourné la page du 20ème siècle, le siècle des guerrescycliques de l’occident, le siècle des guerres coloniales en Afriqueet en Asie et impérialistes en Amérique du Sud. Le double veto de laChine et de la Russie aux Nations-Unies sur la crise Syrienne témoignedu sérieux de ce nouveau G2 à devenir un vrai contrepoids auxambitions souvent suicidaires de l'Occident. Et le monde ne peut ques'en féliciter.

3- LA GUERRE EN LIBYE A POUSSE AU REARMEMENT DE LA RUSSIE
4 jours seulement après le déclenchement des bombardements contre laLibye, c’est par la voix du premier Ministre Russe Vladimir Poutine,que l’Occident a été informé le 23 Mars 2011 de la fin des accords dudésarmement stratégiques à peine conclus entre les Etats-Unis et laRussie. Ce dernier s’indignait de ce qu’il avait décrit comme une «agression de type médiévale » en concluant que cela était en train dedevenir une tendance de la politique extérieure de Washington : lesbombes tirées par centaines en une seule nuit sur l’ennemi désigné dumoment. Le pire vient toujours de la bouche du premier Ministre russequi nous informe que les Américains ont utilisé des avions d’attaquenucléaire (même si avec des armes non-nucléaires) comme lesbombardiers furtifs Stealth B-2 Spirit qui ont frappé des objectifscivils en Libye, un pays ami qui avait pourtant signé tous les accordsinternationaux voulus par Washington pour abandonner tout programmenucléaire, civil ou militaire ; une véritable lâcheté : on s’assureque tu sois sans défense avant de venir t’assommer ; et M. Poutine deconclure : « Cela confirme que la Russie fait bien de renforcer sescapacités de défense ». Le lendemain, c’est le Ministre de la défenserusse qui nous annonçait lui aussi la mort des accords de désarmementà peine signés un an auparavant avec Washington. Ainsi, pour lapériode 2011-2020 la Russie dope son armement d’un budget de 665milliards de dollars pour construire : 5 véhicules spatiaux, 21systèmes de défense missilistiques, 35 bombardiers, 109 hélicoptèresde combat, 3 sous-marins nucléaires pouvant lancer des missilesnucléaires à 10.000 km de distance. Ainsi, dès 2012, l’armée russesera équipée de nouveaux missiles intercontinentaux et bénéficierad’un investissement de 2,6 milliards de dollars pour en développer denouveaux types plus sophistiqués d’ici 2013. Et comme nous confirme lejournaliste Italien Manlio Dinucci, avec la première bombe lancée surTripoli l’après midi du 19 mars 2011, l’Occident a mis le stop à lanouvelle ère de l'entente cordiale entre la Russie et les Etats Unisd'Amérique symbolisée le 8 Avril 2010 à Prague par la signature de cefameux accord du désarment d'armes stratégiques et offensives ditesSTART. Pourquoi ceci est une vraie mauvaise nouvelle pour l’Occident ,parce qu’elle n’a plus d’argent. Le moindre dollar dépensé parWashington pour s’armer lui coûte en vérité le double puisqu’il doitl’emprunter sur les marchés et comme rien n'est prévu pour rembourserle capital, les seuls intérêts au bout de quelques années feront quece 1 dollar coûtera en vérité 4 ou 5 alors que les 665 milliards dedollars de la Russie sont de l’argent frais de sa vente du gaz ou dupétrole.

4- UNE EUROPE ENCORE PLUS HORS JEU
La décision la plus déraisonnée des leaders politiques de l'Union Européenne de ces 5 dernières années a été celle de tourner le dos àla Russie et de pousser cette dernière dans la nouvelle alliance avecla Chine. La Russie a clairement exprimé son opposition à la guerre contre la Libye, elle a dénoncé le projet d'assassinat du Guide Libyen, mais l'Europe l'a ignorée et a mis en sourdine sespréoccupations et les solutions qu'elle proposait pour la résolutionde la crise libyenne, préférant l'alliance de fortune avec son ancienallier d'hier, mais son vrai ennemi aujourd'hui notamment sur lesquestions financières et monétaires. A partir du moment où pourapporter la paix en Europe, la Russie avait dissout le Pacte deVarsovie et n'avait opposé aucun véto pour l'entrée dans l'UnionEuropéens de certains de ses anciens pays satellites, la sagesseaurait dû guider les actions des dirigeants Européens en les amenant àexiger et obtenir des Américains la dissolution de l'OTAN, pour passerà la mise sur pied d'une vraie armée européenne inclusive de laRussie. Au lieu de cela, ils se sont contentés d'humilier la Russie etla contraindre à chercher plus à l'est de nouveaux partenariats oùelle y a trouvé la Chine. La nouvelle alliance de ces deux géantsfragilise encore un peu plus l'Europe qui est déjà un nain politique.
La maladresse de la guerre en Libye a fait le reste. Ce ne sera pas lamaigre consolation fêtée sur tous les médias européennes d'une poignéede manifestants à Moscou qui changera le cours de l'histoire qui esten train de s'écrire sans l'Europe. L'autre consolation de séquestrerun président africain en exercice, Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire etl'exposer à l'humiliation populaire dans un cirque européen dénommé
Cour Pénale Internationale, n'offrira en rien à l'Europe le sérieuxnécessaire pour faire partie du directoire du nouveau monde parcequ'elle est fortement restée prisonnière d'une conception vétuste etdépassée d'un monde qui a déjà son barycentre déplacé vers l'Asie. Cen'est pas pour rien que la Russie est en train de mettre uneimportance stratégique renouvelée à sa ville plus à l'est :Vladivostok.
CONCLUSION
L'Afrique doit-elle se réjouir de cette réorganisation du monde ?
Lorsqu'on est couché par terre, on ne peut plus avoir peur de tomber.
Dans le système résultant de l'organisation du monde de la fin de laseconde guerre mondiale, l'Afrique alors sous occupation européenne n'a cessé de l'être malgré les opérations de maquillage ici et làportant le nom tout aussi provocateur et mensonger : indépendance.
L'Afrique n'a rien à perdre dans cette nouvelle configuration dumonde. Il faut espérer que le plus grand financeur des différents projets de l'Union Africaine, l'Algérie rejoigne très bientôt cenouveau cercle afin que l'un de nous puisse véritablement porter lavoie de plus d'1 milliard d'africains pour exiger et faire finalementrespecter la souveraineté de notre continent.  Selon les croyancesancestrales africaines, les morts ne sont pas morts. Ils deviennenttous des divinités. Nos morts de Abidjan, de Bouake, de Duékoué, deSirtes, de Tripoli de Bani Walid, de Zliten etc. sont des dieux quiveillent sur nous. Leur sacrifice est en train d'offrir au mondeentier un nouveau visage, une nouvelle gouvernance. La route estencore longue, mais le pas est déjà emboitée. Tant de douleur et depleurs ont suivi et accompagné nos morts en 2011 vers leur placeactuelle de divinité. Ce qui nous a donné la lucidité pour nous poserles bonnes questions sur nos partenariats et en déduire qui sont nos vrais amis qui sont fort heureusement ceux qui réorganisent le monde.
Saurons-nous être suffisamment unis pour compter dans ce nouveau départ ?  La jeunesse africaine est-elle suffisamment formée et avertie pour s'insérer demain la tête haute dans cette nouvelle donne qui se renforce toujours plus? 2011 qui se termine a été une année tragique pour l'Afrique, mais les événements, aussi détestables soient-ils ont eu le mérite de réveiller beaucoup d'Africains quironflaient encore de leur long sommeil dogmatique, tellement les mensonges de l'Occident étaient gros comme un éléphant.

Jean-Paul Pougala 
(*) Jean-Paul Pougala est Camerounais, Directeur de l'Institut d'Etudes Géostratégiques de Genève en Suisse.

29/12/2011


1-2 H. A

 : L’OTAN installe un rideau de missiles en face du Maghreb.

Le rideau de défense antimissile de l’OTAN que le président George Bush voulait placer en Pologne et en Tchéquie, donc aux portes de la Russie, sera finalement installé à la base hispano-américaine de Rota (Cadix).

La « menace » de l’Iran et de la RPDC de Corée

L’annonce de cette décision qui a surpris jusqu´à la classe politique espagnole et suscité les inquiétudes de Moscou a été faite mercredi par le Président José Luis Zapatero à Bruxelles, siège de l´Alliance atlantique, en présence du secrétaire général de l´OTAN, Anders Fogh Rasmussen, et du secrétaire à la Défense des Etats-Unis, Leon Paneta.

De source officielle espagnole, l´objectif de ce rideau est de faire face à d´éventuelles attaques aux missiles par des pays comme l´Iran et la Corée du Nord.

Ce nouveau système antimissiles a de quoi inquiéter, outre les Iraniens, les Coréens du nord, mais aussi les Russes et leurs alliés de l´Europe de l´Est, ainsi que les pays d´Afrique du nord où les islamistes sont en train de faire une remarquable percée dans le Printemps arabe, pourtant planifié par les puissances occidentales.

Les missiles libyens aux mains d’Aqmi

En fait l´OTAN est très inquiète du lot de 6000 Sam 7 russes et Stringer américains de l´armée de Kadhafi dont une bonne partie est déjà passée aux mains d’Aqmi dans le Sahel, et transférée, depuis, probablement vers les pays d´Afrique du Nord, Algérie, Tunisie et même Maroc.

Le Président espagnol s´est voulu rassurant en disant que ce nouveau dispositif de défense était de caractère strictement « dissuasif ». Sa mission serait essentiellement de son point de vue de « protéger l´ensemble du territoire européen », et ne serait, selon son expression, « dirigée contre personne ».

Les forces américaines en Espagne

Les navires de guerre américains affectés à la mise en place de ce rideau de missiles seront déployés à Rota en 2013 et 2014. Cet arsenal de guerre se compose de 4 navires dotés de ce genre d´engin longue portée, avec un effectif de 1200 militaires et de 100 civils.

L´armée américaine qui est déjà installée à Rota depuis les années 1980 dispose de 18 navires de guerre équipés de la dernière version de Aegis.

Ce missile, dont sont équipés les F18 espagnols, est spécialement conçu pour la défense contre toute attaque par missiles balistiques (BMD).

L´US Navy dispose aussi de 15 destroyers Arleigh Burke et de 3 croiseurs Ticonderanga, un matériel militaire d´une capacité totale de 9500 tonnes qui peut s´appuyer sur le nouveau Centre des pérations aériennes combinées de l´OTAN, basé à Torrejon (Madrid), lequel sera incorporé à ce système de commandement et de défense antimissile, selon les nouveaux plans de l´OTAN pour l´Europe. Le journal espagnol El Mundo a fait observer, hier, que le gouvernement Zapatero n´a même pas daigné, à la veille de son départ du pouvoir, d´informer le Parlement national de « cette décision qui fait ressusciter le spectre de la guerre froide. Il n´avait pourtant rien à perdre, puisque son parti est déjà été donné grand perdant des élections générales du 20 novembre prochain.

Inquiétudes de la Russie

Par ses propos, Zapatero fait allusion à la réaction immédiate de Moscou dont le ministre des Affaires étrangères, Serguë Lavrov, avait exigé à « chaud » mercredi que l´Alliance atlantique apporte des « garanties légales solides sur l´équilibre stratégique ».

Cet équilibre avait été mis en place en Europe au lendemain de l´enterrement officiel de la « guerre froide » avec le Sommet de l´OTAN, élargi à la Russie qui s´est tenu dans les années 2000 à Rome.

Selon le gouvernement Zapatero, le choix de la base de Rota pour une telle mission se justifie par « sa position géostratégique comme porte d´entrée en Méditerranée ». Par cette précision, Madrid fait clairement allusion à la menace de l´Europe par missiles depuis la rive sud de la Méditerranée.

H. A.

mercredi 21 décembre 2011

Source : http://www.letempsdz.com/content/vi...

http://www.geopolintel.fr/article405.html


1-3 Associated Press : Un diplomate de l’ONU demande une enquête sur les violations des droits humains dans les actions de l’OTAN en Libye.

Le nouveau président du Conseil de sécurité -*Baso Sangqu  - a appelé Mercredi à une enquête sur les

violations des droits humains commisesau cours de la campagne de bombardements de l’OTAN pour évincer le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
L’ambassadeur d’Afrique du Sud à l’ONU, M. Baso Sangqu, qui détient la présidence dans la rotation du Conseil de sécurité pour Janvier, a déclaré qu’il pensait que l’OTAN avait outrepassé son mandat sur l’application d’une zone d’exclusion aérienne en tuant un très grand nombre de civils innocents.
«Nous étions conscients du fait que la mise en œuvre de la résolution elle-même aurait ses propres problèmes, mais nous avons maintenant entendu parler de beaucoup d’erreurs qui ont été faites « , a déclaré M. Sangqu. » Ils sont censé avoir frappé avec précision, mais il était clair que les frappes n’étaient pas précises du tout.
M.Sangqu, l’ homme de l’ONU a déclaré que les responsables des droits mènent actuellement des enquêtes sur le terrain et a exigé qu’ils doivent interroger toutes les parties concernées.
« Il doit y avoir des enquêtes sur les violations des droits humains en Libye à travers le Consei l: par des partisans du régime de Kadhafi, par les rebelles, par l’OTAN.
Quiconque a été impliqué dans ce conflit tel que mandaté par la résolution 1973 et 1970 devrait être tenu pour responsable en particulier ceux qui ont été mandatés », a
dit Sangqu
M.Sangqu, qui a dit qu’il parlait en sa qualté d’ambassadeur de l’Afrique du Sud. Il a déclaré qu’il croyait en la résolution du Conseil de sécurité et que son pays a soutenu seulement l’autorisation d’ une zone d’exclusion aérienne, mais n’a jamais voulu un « changement de régime ou toute autre chose. »
Les remarques deM. Sangqu font écho à un appel similaire de l’ambassadeur russe à l’ONU, M.Vitaly Tchourkine, qui a récemment exprimé son insatisfaction au
Secrétaire général Ban Ki-Moon sur le commentaire du chef de l’ONU qui a prétendu que l’OTAN a agi dans le cadre de son mandat dans sa campagne de
bombardement en Libye.
La Russie a également appelé à une enquête indépendante des Nations Unies concernant la mort de nombreuses victimes civiles civiles
Le président syrien Bachar el-Assad est un proche allié russe.
Oana Lungescu, porte parole de l’OTAN a nié que l’alliance a dépassé ses mandats ou que le bombardement a entraîné un grand nombre de victimes civiles.
« Tout au long de l’opération, nous avons pris toutes les précautions pour minimiser le risque pour les civils avec une intelligence solide, une sélection des cibles très
strictes et des munitions guidées avec précision « , a dit M. Lungescu a dit, parlant de la Belgique. »
Nous avons averti à plusieurs reprises les civils afin qu’ils restent à l’écart des installations militaires et de l’équipement. Nous avons tout fait pour réduire les risques,
tout en étant clair que dans une campagne aérienne, ce risque ne peut jamais être nul. «
Associated Press
4 janvier 2012


1-4 Claudine Pôlet : Le Plan de Petersberg : Comment faire semblant de partir pour mieux rester après 2014.

Le Tandis que le gouvernement belge déclarait bien fort que les forces armées belges quitteront l’Afghanistan en 2014, des représentants du même gouvernement participaient au début décembre 2011, à la « Conférence de Bonn » qui a dessiné le plan pour rester en Afghanistan, au moins dix ans de plus. Ce plan devrait être approuvé lors du prochain Sommet de l’Otan à Chicago en mars 2012. Cette conférence s’est appelée Petersberg II, en référence à celle qui s’était tenue en 2001 au même endroit pour imposer Karzai comme chef du gouvernement après le renversement des Talibans et l’occupation de l’Afghanistan par les Etats-Unis.

« Petersberg II » réunissait  - 85 Etats - appelés une fois de plus la « communauté internationale »,

                                              15 « Organisations Internationales » – parmi lesquelles…. l’ONU ! –

et…. l’Afghanistan – avec le même Karzaï en vedette.

L’ONU est présentée comme une « organisation internationale » parmi d’autres, alors que c’est elle qui devrait être au centre des décisions concernant la fin ou la poursuite de la guerre en Afghanistan.

L’Otan est aussi présentée comme une « organisation internationale » parmi d’autres, alors que dans la réalité de la guerre, c’est elle qui commande les énormes forces militaires internationales engagées en Afghanistan.

Les 1.000 délégués présents à Bonn ont ainsi conclu un nouveau pacte, baptisé « Partenariat Historique : ce partenariat renouvelé entre l’Afghanistan et la Communauté Internationale comprend de fermes engagements mutuels dans le domaine de la gouvernance, sécurité, processus de paix, développement économique et social et coopération régionale ».

Le document final porte le titre : « L’Afghanistan et la Communauté Internationale : de la Transition à la Décade de la Transformation ».

Les points les plus importants sont :

Le soutien à la reconstruction institutionnelle de l’Afghanistan, unissant démocratie + gouvernement islamique ; la nécessité d’une solution politique pour atteindre la paix et la sécurité ; cela passe par des négociations et la réconciliation des forces afghanes en conflit et par un soutien régional à ce processus.

Les PRT (Equipes de reconstruction provinciales) seront dissoutes au fur et à mesure de la possibilité de remplacer les militaires Otan par des forces afghanes de sécurité.

Poursuivre le retrait graduel et responsable de l’ISAF jusqu’à son aboutissement complet à la fin de 2014. Les Forces de la Sécurité Nationale Afghane (ANSF) continueront à recevoir le soutien de la Communauté Internationale en matière d’entraînement, d’équipement, financement et de développement des capacités, après la fin de la période de Transition. En particulier, le financement international sera assuré, mais diminuera en fonction de la progression des capacités financières de l’Afghanistan.

Cependant, la menace principale pour la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan reste le terrorisme et l’extrémisme, qui met en danger la paix et la sécurité régionale et globale. Il faut reconnaître l’existence d’une dimension régionale du terrorisme et de

l’extrémisme et des sanctuaires pour les terroristes et souhaiter à ce propos une coopération régionale sincère et sérieuse.

Concernant le « développement économique et social », la Communauté Internationale apportera son soutien dans les domaines de l’administration publique, l’état de droit, l’éducation, la santé, l’agriculture, l’énergie, l’infrastructure, la création d’emplois.

L’économie de marché doit être la règle. La Communauté Internationale continuera pendant la prochaine décade à compenser les dépenses de l’Afghanistan relatives à la sécurité. Le progrès économique dépendra essentiellement du

développement des secteurs productifs. En agriculture, l’économie sera basée sur l’exportation. On souligne l’importance des investisseurs internationaux qui s’intéressent au secteur minier et l’importance du développement d’un secteur compétitif de services et un système financier stable. Le potentiel économique de l’Afghanistan sera activé prioritairement par les investissements privés, nationaux et internationaux.

Un rôle central est dévolu à l’Afghanistan pour faire le lien entre Asie du Sud, Centrale, Eurasie et Moyen Orient. Importance des projets régionaux tels que le pipeline gazier, les chemins de fer et autres. « Après la Transition, vient la Décade de la Transformation ».

 

Cette Conférence de Bonn n’avait donc rien d’anodin.

Les 140.000 militaires sous commandement Otan et états-unien se

retireront progressivement, mais ce ne sera pas sans laisser des forces très importantes sur place : on ne connaît pas le nombre de bases en train de se construire et de se renforcer, elles font l’objet d’accords secrets avec le gouvernement de Karzai.

L’encadrement par l’Otan de la pléthorique armée afghane – on cite le chiffre de 400.000 militaires - restera massif. Les milices de sécurité privées , surtout US, se comptent par dizaines de milliers. La dite « communauté internationale » continuera à financer et à fournir les capacités militaires afghanes pendant au moins dix ans après 2014. Mais elle se « remboursera» très largement grâce aux diktats économiques qui seront imposés à la population afghane : tout en déclarant le droit de l’Afghanistan à sa souveraineté et à son indépendance, elle décide que l’économie de marché sera la règle, que le secteur privé sera le roi, et que les multinationales se verront dérouler un tapis rouge pour exploiter un secteur minier très prometteur et contrôler le transport du gaz et les voies de passage commerciales, sans oublier que le secteur agricole devra s’orienter vers’exportation et pas vers la satisfaction des besoins alimentaires de la population afghane.

Mais le plus significatif, c’est le constat fait par la

Conférence de Bonn que « la menace principale pour la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan reste le terrorisme et l’extrémisme, et que celui-ci met en danger la paix tant régionale que globale ». Des représentants de l’État-major de l’Otan à la conférence ont même considéré comme un grand succès le fait, qu’après 10 ans de guerre et d’occupation militaire de l’Afghanistan, « un quart de la population peut se sentir en sécurité ».

Le Pakistan a d’ailleurs refusé de venir à Bonn. A la veille de la Conférence, une attaque aérienne de l’Otan a tué 23 militaires pakistanais, en territoire pakistanais et en sachant bien que les cibles n’étaient pas des « terroristes talibans ». Des F-16 belges auraient participé à ce raid meurtrier, comme le dénonçait l’ambassadeur du Pakistan à Bruxelles.

Où est la stratégie de sortie ? En affirmant que « le terrorisme » reste une menace essentielle, tant régionale que globale, l’Otan s’arroge le droit de rester massivement en Afghanistan après 2014 et, en outre, d’agresser le Pakistan voisin. Il s’agit vraiment d’un faux départ. L’ISAF ne va pas se « dissoudre », mais changer d’étiquette comme cela s’est déjà fait en Yougoslavie. L’Otan ne va pas se retirer, mais instaurer un nouveau partenariat avec le gouvernement de Karzai ou un successeur présentant des mains plus propres.

L’Otan continue à étendre ses tentacules dans toute cette région de l’Asie pour, entre autres, menacer l’Iran et encercler la Chine et la Russie. Et même si certaines troupes, comme annoncé par la France, l’Allemagne et aussi la Belgique, pourraient se retirer de certaines opérations de combat, nos gouvernements continuent à participer globalement à cette politique de guerre de l’Otan !

Claudine Pôlet  - Comité de Surveillance OTAN


1-5 Carla Goffi et Ria Verjauw : La Sardaigne, poubelle de l’Otan et du complexe militaro-industriel.
Dans ALERTE OTAN n°42, nous rendions compte d’une rencontre-débat à Bruxelles, organisée à l’initiative de plusieurs associations italiennes sur « le cas de la Sardaigne – le polygone de la mort ». A la mi-octobre, Carla Goffi (Mouvement Chrétien pour la Paix) et Ria Verjauw (Coalition pour l’abolition des armes à uranium) ont rejoint en Sardaigne les militants en lutte contre la militarisation de l’île.

L’article ci-dessous est un résumé de leur témoignage.

Sur les bords enchantés de la Méditerranée, derrière le rideau invisible des radiations nucléaires émises suite à l'usage d'armes à l'uranium, est apparu un immense paysage de désolation, pleins de secrets maléfiques. Plantons le décor. C'est en Sardaigne. Là, un territoire d'une superficie de 35.000 hectares est loué aux installations militaires.

Sur l'île, on trouve des polygones de tir (Perdasdefogu), des exercices de feu (capo Teulada), des polygones pour exercices aériens (capo Frasca), des aéroports militaires (Decimomannu) et des dépôts de carburant (dans le cœur de Cagliari, alimentés par une conduite qui traverse la ville, sans compter de nombreuses casernes et sièges de commandement militaire (Aéronautique, marine) Il s'agit d'infrastructures des forces armées italiennes et de l'Otan.

Quelques chiffres : le polygone de Salto de Quirra- Perdasdefogu (Sardaigne orientale) de 12.700 hectares et le polygone de Teulada de 7.200 hectares sont les deux polygones italiens les plus étendus, alors que le polygone Otan de Capo Frasca (côte occidentale) en compte 1.400. A cela on doit ajouter l'ex-base Otan de 'la Maddalena', à jamais polluée. Pendant les exercices militaires, on y interdit la navigation et la pêche sur une étendue marine de plus de 20.000 km2, une superficie presque égale à celle de la Sardaigne.

Que découvre-t-on ? Cette vallée de Quirra, l'une des zones les plus belles et encore sauvages de la Sardaigne, a été transformée en coffre-fort de poisons à ciel ouvert. Pendant des années on a mis le couvercle sur la marmite des "poudres de guerre" qui a décimé nombre d'habitants et militaires qui vivaient et travaillaient dans le polygone et les villages des environs. Mais maintenant, grâce à un Procureur, Domenico Fiordalisi, déterminé à suivre les plaintes des nombreuses victimes, la vérité commence à percer. Les "secrets" sont enfin en train de se dévoiler à la lumière de la justice.

Accusés de "désastre environnemental", trois généraux jadis au commandement dans le polygone de Quirra, deux techniciens et un chercheur universitaire sont actuellement inculpés par le procureur qui enquête, depuis plusieurs mois, sur les décès par cancer de plusieurs habitants de la zone de Quirra et sur des malformations de nouveau-nés et du bétail. On s'attend à d'autres inculpations, vu le désastre environnemental et humain qui, depuis des années, frappe la Sardaigne.

Tout a commencé en 1956, lorsque le gouvernement italien décida d'installer, au beau milieu d'une zone d'incomparable beauté, où poussent les vignes, le myrte, les orangers et qui se termine sur une plage encore épargnée par les constructions, un polygone de tir, centre d'expérimentation de missiles, théâtre de "war games" grandeur nature et de destruction à ciel ouvert d'armes obsolètes des dernières guerres. Le polygone est aussi loué à des firmes d'armement privées, à l'Otan, et à des armées diverses du monde entier, notamment Israël. Pendant des années, les habitants affirment avoir vu de mystérieux camions, venant de « l'étranger », entrer dans le polygone, et y déverser de l'armement obsolète qu'on fait ensuite exploser à ciel ouvert. Pendant des années, des gardes forestiers, ont constaté les maladies des bergers et du bétail, les brebis qui sautaient sur des armes, encore en état de fonctionnement, éparpillées partout dans les champs et sur la plage.

Les plus importantes firmes d'armement connues (Aérospatial, Orlikon-contraves, Finmeccanica) louent encore actuellement cet espace naturel, afin d'y exécuter leurs expérimentations au prix de 1 million d'euros par jour, somme qui est versée directement à l'Etat Italien. A la Sardaigne restent les cancers et les enfants malformés. Alors qu'on parle de 28 enfants actuellement malades et de 36 militaires décédés dans la base, les autorités militaires nient toujours la réalité, en faisant état d'études, commandées par elles et exécutées par des universités, qui ont délivré des certificats de "propreté environnementale".

Ces certificats n'ont pas convaincu le Procureur-enquêteur. Vu la gravité de la situation, il a délivré, au début du mois de novembre dernier, un avis d'inculpation pour faux d'actes publics aux personnes responsables de cette étude et au commandant de la base qui les a "traficotés". D'autres scientifiques italiens 'indépendants' se sont rendus sur place afin d'y exécuter leurs propres analyses. On a déjà trouvé, dans l'eau et dans le sol, une grande quantité de thorium, du tungstène, du césium, de l'arsenic, tous métaux lourds qui, au dire d'un scientifique de Turin, ne peuvent apparaître que grâce à une combustion très élevée comme celle occasionnée par l'explosion d'armes à uranium appauvri. Le même scientifique a d'ailleurs trouvé des traces d'uranium dans les os d'un agneau mort d'une malformation génétique. On attend les résultats d'analyses du même genre effectuées sur les cadavres exhumés de bergers décédés de cancer.

Au fur et à mesure que l'enquête avance, les langues se délient. Des vétérinaires ont fait état, dans leur rapport, du fait qu'environ 60% des bergers qui vivent et élèvent leur bétail à proximité ou à l'intérieur du polygone ont contracté divers cancers. Un militaire, maintenant retraité, a témoigné devant les enquêteurs que, de son temps et pendant des années on a fait exploser environ 800 kg d'explosifs par jour, après avoir creusé des trous de 30 x 30 m. Ces explosions délivraient dans l'atmosphère des nuages noirs et blancs qui arrivaient jusqu'aux villages voisins, poussés par le vent qui y souffle sans arrêt. Dans ces trous, se déposait l'eau de pluie qui servait à abreuver le bétail et, ensuite, pénétrait dans les cours d'eau souterrains. Il a aussi affirmé que les explosions pour détruire les armements duraient une vingtaine de jours par mois, et cela pendant plusieurs mois consécutifs. Pendant les explosions, lui et son collègue devaient se réfugier à l'intérieur des camions. Ce collègue est mort de cancer quelques années après. La même procédure avait lieu a Capo Frasca (un terrain d'exercices militaires, plus au sud de la Sardaigne) où il s'est ensuite rendu. On y compte aussi beaucoup de militaires et de travailleurs civils décédés de cancers.

Sur base de son témoignage, le procureur prend maintenant de plus en plus en considération le fait que la nappe phréatique qui alimente la conduite d'eau potable des villages et villes environnants à été probablement atteinte. Un autre ex-militaire a affirmé que, entre les années 1986 et 2004, on a lancé quelque 1180 missiles Milan (à tête au thorium). Chaque jour, de nouveaux témoignages apportent des nouvelles de plus en plus inquiétantes faisant apparaître un véritable désastre probablement irréparable du point de vue humain, mais aussi environnemental : les géologues concluent à l'impossibilité de remettre le sol en état. Mais les militaires et le ministère de la défense italien, continuent de nier. La santé des gens coûte cher, alors que l'armement rapporte énormément !

Toutes ces constatations devraient être replacées dans le cadre réflexif plus vaste, comme celui de la militarisation de la Méditerrané par l'Otan à des fins stratégiques, l'intérêt financier du complexe-militaro industriel, le déficit démocratique (secret d'état, mépris des populations locales etc.), le contrôle de la population civile et plus précisément des migrants, la corruption, le mépris de l'environnement, le manque de vision politique à long terme, la loi du profit, les préparatifs actuels des guerres futures et le maintien des guerres actuelles (Afghanistan) . Tant de sujets que nos mouvements de paix ne cessent d'aborder… Jusqu'à quand ?…

Carla Goffi et Ria Verjauw



2 Les USA

 
Derrière les coupes du budget du Pentagone …

2-1 Manlio Dinucci : … Les USA « tournent la page » vers de nouvelles guerres

« Après une décennie de guerre les Etats-Unis sont en train de tourner la page » : c’est ce qu’a dit hier le président Obama dans la conférence de presse au Pentagone, en présentant la nouvelle stratégie, avec le secrétaire à la défense Leon Panetta. Les forces armées deviendront « plus minces », rendant possibles des coupes dans le bilan militaire pour un montant de 450 milliards de dollars en dix ans.  Le message propagandiste est clair : en temps de crise même les forces armées doivent serrer la ceinture. Le Pentagone est-il donc en train de désarmer ? Pas du tout : il rationalise l’utilisation des ressources pour rendre sa machine de guerre encore plus efficiente.

  La dépense militaire étasunienne, qui a presque doublé cette dernière décennie, se monte selon le Sipri à 43% de la dépense militaire mondiale. Mais, y incluses d’autres dépenses de caractère militaire, elle dépasse les 50% de la dépense mondiale. Pour 2012, le Pentagone reçoit 553 milliards de dollars, 23 milliards de plus qu’en 2010. S’y ajoutent 118 milliards pour la guerre en Afghanistan et pour les « activités de transition en Irak » et 17 pour les armes nucléaires, que gère le Département de l’énergie. En y incluant d’autres dépenses à caractère militaire, parmi lesquelles 124 milliards pour les militaires à la retraite et 47 pour le Département de la sécurité de la patrie, la dépense militaire étasunienne dépasse les 900 milliards de dollars, un quart environ du budget fédéral.

  C’est sur ce fond que vient la coupe annoncée de 45 milliards annuels dans la prochaine décennie. Les économies devraient être effectuées surtout en réduisant les forces terrestres, de 570mille à 520mille effectifs, et en réduisant les allocations (y compris l’assistance médicale) des anciens combattants. La réduction des forces terrestres prend place dans la nouvelle stratégie, testée avec la guerre contre la Libye : c’est la nouvelle façon de faire la guerre -soutient-on à Washington- qui a montré comment des puissances de grandeur moyenne peuvent être battues et leurs leaders renversés, en utilisant l’écrasante supériorité aérienne et navale Usa/OTAN et en en faisant porter le plus gros poids aux alliés. Les guerres n’en coûtent pas moins pour cela : les fonds nécessaires, comme cela s’est passé pour la Libye, sont autorisés par le Congrès d’une fois sur l’autre, en les ajoutant au budget du Pentagone.

   Les forces étasuniennes, a souligné Panetta, deviendront plus agiles, plus flexibles et prêtes à être déployées rapidement. Avec elles, les Usa seront en mesure d’affronter et de vaincre simultanément plus d’un adversaire. Cela sera rendu possible par le fait que, tandis qu’ils réduiront leurs forces terrestres, les Usa acquerront de nouvelles capacités militaires, en ciblant des systèmes d’arme à haute technologie et le contrôle de l’espace. La nouvelle stratégie prévoit, en même temps, une utilisation de plus en plus grande des services secrets et des forces spéciales.

  Quand il était directeur de la Cia (une des 17 organisations fédérales de la « communauté d’intelligence ») Panetta a accéléré la transformation de l’agence en une véritable organisation militaire : elle a utilisé de façon croissante des drones armés dans les attaques en Afghanistan et constitué des bases secrètes pour les opérations de commandos au Yémen et dans plusieurs autres pays. Comme il est ressorti d’une enquête du Washington Post, les forces pour les opérations spéciales sont aujourd’hui déployées dans 75 pays, au lieu de 60 il y a deux ans, et sont de plus en plus flanquées de mercenaires de compagnies privées, qui agissent elles aussi dans l’ombre. La guerre est ainsi menée en des formes moins visibles, mais non moins coûteuses de ce fait. Le budget des services secrets est en effet « classifié », c’est-à-dire secret. Personne ne peut ainsi savoir à combien se monte réellement la dépense militaire étasunienne.

   Les Etats-Unis, prévoit la nouvelle stratégie, devront être en mesure d’assumer et de vaincre un conflit de grandes proportions, en conservant simultanément la capacité de bloquer un autre adversaire majeur dans une autre région et de conduire en outre des opérations de « contre-terrorisme » et d’imposition d’une « no-fly-zone ». Ils auront besoin pour cela des systèmes d’armes les plus avancés, comme le chasseur F-35, dont la réalisation, avec quelque ajustement, va continuer (du fait, aussi, qu’il sert à renforcer le leadership étasunien sur ses alliés). Les Usa auront en même temps besoin de forces nucléaires toujours prêtes à l’attaque : à cette fin, annonce le Pentagone, « l’Administration modernisera l’arsenal nucléaire et le complexe qui le soutient ». La dépense n’est pas quantifiée, mais sera certainement énorme.

   Ce qu’a annoncé Washington n’est donc pas un ralentissement de la course aux armements, mais un ajustement qui prélude une nouvelle escalade guerrière et, donc, une augmentation ultérieure de la dépense militaire mondiale, qui dépasse déjà les 3 millions de dollars par minute.  Panetta a expliqué que la nouvelle stratégie a comme centre focal le Moyen-Orient et la région Asie/Pacifique, faisant comprendre que les Usa gardent dans leur collimateur l’Iran et la Syrie, et entendent s’opposer militairement à la Chine et à la Russie. Le président Obama a annoncé que « même si nos troupes continuent à se battre en Afghanistan, la marée de la guerre se retire », mais il a bien clarifié que « les Etats-Unis garderont leur supériorité militaire ». Son but est déclaré dans le titre du rapport par lequel le Pentagone énonce la nouvelle stratégie : « Soutenir le leadership mondial des Usa ». Qui « sont entrain de tourner la page » en faisant marche arrière dans l’histoire, à l’âge d’or de l’impérialisme.

Manlio Dinucci 

Edition de vendredi 6 janvier 2012 de il manifesto

Samedi 7 janvier 2012

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120106/manip2pg/06/manip2pz/316013/

Comme aime parfois le faire la rédaction de il manifesto, on trouvera cet article publié sous un titre qui signifie à peu près le contraire de ce qui est écrit dans le texte :

« C’est la crise aussi pour le budget militaire, 450 milliards de coupes en dix ans ». Mah…

En  accord avec l’auteur la traduction ici proposée conserve le titre original.

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Manlio_Dinucci.070112.htm

 


2-2 Manlio Dinucci

 : La guerre, mais avec des avions low cost.

Au secours des chasseurs F-35, descend dans l’arène le général Leonardo Tricarico, ex chef d’état-major de l’aéronautique, qui d’un air autoritaire fustige ces politiciens et journalistes « qui s’aventurent sur des thèmes militaires avec lesquels ils ont peu de familiarité ». En avions de guerre Tricarico s’y entend, sans aucun doute. Après avoir commandé les forces aériennes italiennes qui bombardèrent la Yougoslavie en 1999, il fut choisi par le président du conseil D’Alema (centre-gauche, NdT) comme conseiller militaire, charge qu’il conserva dans les gouvernements successifs Amato (centre-gauche, NdT) et Berlusconi (centre-droit, NdT). En 2006, il fut envoyé par le gouvernement Prodi (centre-gauche, NdT) au Pentagone pour définir la participation de l’Italie au programme du F-35, en tant que partenaire de second niveau, sur la base du mémorandum signé en 2002 par l’amiral Giampaolo Di Paola, aujourd’hui ministre de la défense. Notre éventuel abandon du F-35 -prévient Tricarico- ôterait « des milliards de travail à une soixantaine d’entreprises italiennes, des géants Finmeccanica et Fincantieri, à de nombreuses PME ». Et il joint à l’argument économique celui politico-militaire : après avoir précisé que le F-35 n’est pas une «fantaisie coûteuse » mais « un des piliers de la Défense italienne au XXIème siècle », il avertit que « sans un avion tactique crédible, nous pourrions demain être contraints de nous retrouver hors jeu si un autre dictateur devait massacrer son peuple ». La référence aux « guerres humanitaires » de Yougoslavie et de Libye est claire. Tandis que le général part à la charge avec ce genre d’arguments, partagés par un large éventail politique multipartisan, personne au parlement ne sait, et ne veut, lui répondre. Les rares critiques se limitent à objecter que l’Italie, en difficultés économiques, ne peut pas se permettre un avion si coûteux. Ils ne mettent pas en discussion le modèle économique dont le F-35 est un des produits, ni précisent que, pendant que les contrats pour sa production accroîtront les profits d’entreprises privées, c’est le secteur public qui prendra les dépenses à sa charge : au moins 15 milliards d’euros pour l’acquisition des avions, plus un coût opérationnel supérieur d’un tiers par rapport à celui des chasseurs actuels. Ces parlementaires diffusent en même temps des légendes inter métropolitaines, selon quoi l’administration Obama, décidée à faire des coupes dans la dépense militaire, aurait l’intention de redimensionner drastiquement ou d’effacer le programme du F-35. Ils ignorent ainsi la force et l’influence qu’a aux Etats-Unis le complexe militaro-industriel. Ils ne mettent pas non plus en discussion le modèle politico-militaire, dont le F-35 est l’expression : dominé par les Etats-Unis à travers l’OTAN et finalisé en de continuelles guerres d’agression. Les sénateurs du Pd (Partito democratico, NdT) Roberto Della Seta et Francesco Ferrante, qui demandent aujourd’hui de renoncer aux F-35 pour économiser 3 milliards d’une dépense militaire de plus de 25, sont les mêmes qui en mars dernier ont soutenu la guerre anti-constitutionnelle et coûteuse contre la Libye, en définissant l’intervention militaire comme « pleinement légitime et, même, juste et due ». Le sénateur radical Marco Perduca, qui déclare aujourd’hui la même position, demandait en mars dernier de mettre en œuvre un « radar-jamming » pour neutraliser les défenses libyennes et ouvrir la voie aux chasseurs-bombardiers. Ceux moins chers que le F-35, qui plaisent à un parti qui se définit comme « non-violent ».

Edition de mardi 10 janvier 2012 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120110/manip2pg/14/manip2pz/316205/



3 France -  Grande Bretagne

3-1 Mireille Delamarre : Renforcement de la Coopération Militaire -France Grande Bretagne –au Service Des Guerres

Après la guerre en Libye les démarches de coopération renforcée au sein de l’OTAN des laquais des Américano Sionistes à Paris à et Londres en disent long sur leurs plans guerriers : une possible intervention en Syrie et par extension au Liban et en Iran. Les terroristes de l’ »Armée Syrienne Libre » sont entraînés en Turquie et au Liban par des forces spéciales françaises.

Des volontaires du CNT pour aider le CNS sont prêts à s’infiltrer en Syrie via un « corridor humanitaire » à la Juppé.

Vendredi prochain doit se tenir une rencontre franco britannique présidée par Cameron et Sarkozy au cours de laquelle sera discuté le renforcement de la coopération militaire entre les deux pays dans le but notamment d’accroître leur influence au sein de l’OTAN sous domination américaine. Les deux pays envisagent de proposer le renforcement du droit de vote au sein de l’Organisation pour les plus grandes puissances et vont étudier un projet de développement conjoint de fabrication de drones. Lors de la guerre contre la Libye les interventions aériennes (avions d’attaques et hélicoptères) franco britanniques étaient tributaires des interventions de drones américains pour le ciblage.
Lors de ce sommet vont se retrouver également BAE Systems basée à Londres et Dassault Aviation basée à Paris qui développent déjà conjointement le drone Male.

Les discussions porteront également sur la proposition de l’américano sioniste Alain Juppé de créer un « corridor humanitaire » de Turquie en Syrie autrement dit d’officialiser les livraisons d’armes aux groupes terroristes qui tuent civils et militaires en Syrie mais aussi de faire passer des forces spéciales françaises anglaises et autres - volontaires du CNT par exemple - sous couvert de « personnel humanitaire » comme cela s’est fait en Libye.
Le CNT libyen a proposé au CNS lors d’une réunion secrète en Turquie à Istanbul vendredi en présence de responsables turcs de lui fournir armes et volontaires mercenaires et autres jihadistes ainsi qu’une aide financière pour combattre le gouvernement d’Assad. Ce « corridor humanitaire » à la Juppé serait donc le bienvenu de même qu’une « zone tampon » créée sur la frontière turco syrienne pour accroître les opérations militaires surtout contre les militaires syriens pour faire croire à une rebellion au sein de l’armée syrienne.

Selon le Daily Telegraph britannique qui cite des sources libyennes :
« il y a quelque chose de planifier pour envoyer des armes et même des combattants libyens en Syrie … il y a une intervention militaire de prévue d’ici quelques semaines vous verrez ».
The Telegraph a aussi appris que des discussions préliminaires sur des approvisionnements en armes avaient eu lieu quand des membres du CNS se sont rendus en Libye au début du mois….
« …Les Libyens offrent argent, entraînement et armes au CNS « selon un militant des droits de l’homme, Wisam Taris.
Pour l’instant d’importantes quantités d’armes n’ont pas été envoyées en Syrie à cause de problèmes de logistiques mais si une « zone tampon « à l’intérieur de la Syrie contrôlée par La Ligue Arabe est créée ou un « corridor humanitaire » comme le propose Juppé est établi, alors c’est un véritable tsunami d’armes pour l’opposition qui va avoir lieu.
Toujours selon the Telegraph une source à Misrata a évoqué le transfert d’armes vers la Syrie : des trafiquants d’armes sont été pris entrain de vendre de petites quantités d’armes à des acheteurs syriens à Misrata. Ce ne sont pas les armes qui manquent en Libye la plupart dérobées des vastes entrepôts de Kadhafi ( Kalashnikof dernier modèle, missiles et même des tanks).
The Telegraph rapporte également que selon Hameda al-Mageri du Comité Militaire de Tripoli : «il y a des centaines de personnes qui veulent aller combattre en Syrie ou aider d’une façon ou d’une autre comme ils peuvent. »
Actuellement les médias propagandistes occidentaux et arabes ( Al Jazeera et Al Arabia) n’évoquent plus en Syrie de « manifestations pacifiques » mais des opérations de « déserteurs » de l’armée syrienne contre des militaires. Ces opérations terriblement meurtrières menées par des spécialistes - des forces spéciales des Américano sionistes et leurs laquais - visent à déstabiliser l’armée syrienne qui jusque là est restée soudée derrière Assad.
La guerre médiatique lancée en même temps que ces opérations meurtrières contre des soldats syriens vise comme cela a été le cas en Libye à « retourner » le plus possible de militaires syriens. Mais l’armée syrienne ce n’est pas l’armée libyenne. Les postes clés sont tenus par des fidèles parmi les fidèles à Assad.
Cette campagne vise aussi l’opinion publique occidentale pour lui faire accepter - tout comme la diabolisation d’Assad les histoires inventées de tueries et torture soit disant commises par ses forces de l’ordre - une intervention militaire « humanitaire » en Syrie.

Des forces spéciales françaises entraînent les terroristes de « L’Armée Syrienne Libre ».
Selon le quotidien turc Milliyet cité par l’agence iranienne IRNA la France de Sarkozy a envoyé des militaires en Turquie et au Liban pour entraîner cette « Armée Syrienne Libre ». Selon l’article,
Les autorités françaises britanniques et turques « se sont mises d’accord pour envoyer des armes en Syrie ».
Selon ce quotidien ils ont prévenu les Américains qu’ils entraînaient et armaient l’opposition syrienne.
Selon Milliyet un groupe armé d’opposants à Assad se trouve actuellement stationné dans la province turque d’Hatay prés de la frontière avec la Syrie. Des informations ont circulé auparavant révélant que des agents du renseignement français avaient pris contact avec des opposants syriens basés dans la ville de Tripoli au nord du Liban pour déstabiliser la Syrie. Sarkozy et Saad Hariri sont de mèche contre la Syrie et l’aide apportée aux opposants à Assad vient principalement d’Hariri et ses complices libanais. Hariri de plus agit pour le compte de l’Arabie Saoudite.
La Turquie qui cherche à créer une zone tampon le long de la frontière avec la Syrie pourrait comme l’a déjà suggéré le président turc Abdullah Gul utiliser le prétexte de sa lutte contre le PKK pour envahir le territoire syrien.
Récemment l’armée turque a mené des opérations contre des éléments du PKK stationnés en Irak en pénétrant en profondeur sur le territoire irakien.

Le gouvernement syrien d’Assad déterminé à se défendre des ingérences étrangères.
Selon Press TV qui cite des sources turques la Syrie a orienté ses systèmes de défense missiles anti missiles russes S.300 (réputé très performants) en direction de la Turquie.
Les missiles S 300 ont été déployés dans les régions syriennes de Kamisili et Ayn Diwar selon le correspondant de Press TV à Ankara. Ces deux régions sont proches à la fois de la frontière avec la Turquie et l’Irak.
Le Qatar est très actif dans les préparatifs de guerre contre la Syrie. Le premier ministre qatari Sheikh Hamad bin Jassem al-Thani était à Londres récemment où il a rencontré son homologue britannique David Cameron pour s’entretenir de la prochaine décision qui sera prise par la Ligue Arabe ce Dimanche concernant la Syrie le gouvernement d’Assad n’ayant pas répondu à leur ultimatum. Il est clair que la LA sous domination des pays du Golfe le Qatar en tête coordonne ses décisions avec les deux principaux faiseurs de guerre : Cameron et Sarkozy.

La ‘LA’ doit se rencontrer demain pour éventuellement décider de sanctions contra la Syrie : suspension des vols commerciaux à destination de la Syrie, arrêter toute transaction avec la Banque Centrale syrienne et gel des comptes en banque du gouvernement syrien. Mais ces mesures ne font pas l’unanimité au sein de la Ligue le Liban les a rejetées l’Irak a émis de sérieuses réserves disant que cela n’était pas possible compte tenu du fait que la Syrie accueille de nombreux réfugié s irakiens de même que la Jordanie -dont le roi a pourtant appelé Assad à partir- se montre très réticente.

Mais le Qatar qui impose son dictat américano sioniste à la LA pourrait comme pour la décision sur la suspension de la Syrie de la LA passer outre. Ce sont actuellement les pays les plus réactionnaires les dictatures monarchiques du Golfe Qatar en tête qui imposent leurs décisions à la LA.
Le « grand démocrate » fils du légionnaire hongrois Sarkozy semble tout à fait à l’aise avec ces dictatures monarchiques tout en diabolisant Assad comme il a diabolisé et décidé du lynchage de Kadhafi en Libye.
Car l’ordre de lyncher Kadhafi est venu de Paris (avec le feu vert de Washington bien sûr). Comme un chef mafieux Sarkozy a éliminé celui qui en savait trop sur ses magouilles pour financer sa campagne électorale de 2007.

Informations complémentaires
Le ministre des affaires étrangères jordanien, Nasser Judeh, vient de révéler publiquement que 100 policiers et soldats syriens avaient fait défection depuis le début des émeutes soit sur une période de 8 mois. Les soldats déserteurs sont pratiquement tous des conscrits. On est loin des vagues de désertions annoncées par l"'Armée Syrienne Libre" même si le gros des déserteurs se réfugient en Turquie plutôt qu'en Jordanie la Turquie ayant décidé de participer à la fois politiquement via le CNS et militairement en armant cette "Armée" au renversement du gouvernement de Bashar al Assad. L'"aveu" jordanien pourrait aussi être une mesure pour prévenir toute action clandestine de représailles de la part du gouvernement syrien suite à l'assassinat récent de plusieurs pilotes syriens revendiquée par les "déserteurs" mais très certainement menées par les escadrons de la mort de la CIA/MOSSAD/M16 et agents français infiltrés.

Le gouvernement turc actuel d'Erdogan risque non seulement de s'aliéner la Syrie mais également l'Iran et même la Russie qui voient d'un trés mauvais oeil l'installation d'un système antimissiles américain en Turquie. La Turquie qui importe 70% de son pétrole d'Iran et de Russie pourrait très vite en pâtir même si l'Arabie Saoudite- qui agit en coulisses sur les Turcs majoritairement Sunnites- décidait de pourvoir en partie à son approvisionnement.

Une nouvelle fois la Turquie d'Erdogan a misé sur le mauvais cheval en servant les intérêts américano sionistes dans la région. Si Erdogan s'imagine que les US et les Sionistes lui en seront gré il se trompe le tour de la Turquie viendra le moment venu, les Américano Sionistes forgent des alliances de circonstance exclusivement selon leurs propres intérêts puis se retournent contre ceux qui les ont servi.
En attendant la réputation de la Turquie dans le monde arabe aura été ternie, perçue par la rue arabe comme le collabo des Américano Sionistes et leurs laquais européens dont Sarkozy le premier à refuser l'adhésion de la Turquie à l'UE.
Le ministre des affaires étrangères syrien a envoyé un message à la LA demandant des éclaircissements sur des points essentiels du dictat de la LA sur l'envoi d'observateurs en Syrie.
Mireille Delamarre
Samedi 26 Novembre 2011

http://www.planetenonviolence.org/Renforcement-De-La-Cooperation-Militaire-France-Grande-Bretagne-Au-Service-Des-Guerres-Americano-Sionistes_a2522.html

 



4 Israël

4-1 Les troupes US s'en vont en Israël.
Jérusalem: Dans l'une de ces histoires les plus soumises au black-out aux Etats-Unis actuellement, l'armée US se prépare à envoyer en Israël des milliers de soldats, en même temps que des navires US anti-missile et le personnel de soutien d'accompagnement. Il a fallu une éternité pour trouver une seconde source qui confirmait cette histoire, et toutes deux sont en Israël. Avec l'une des sources disant que le déploiement militaire et les exercices correspondants devraient avoir lieu en janvier, alors que la source fournissant la plupart des détails suggère qu'il aura lieu plus tard ce printemps.
 

En l'appelant non pas seulement un «exercice», mais un «déploiement», le Jerusalem Post cite le lieutenant-général états-unien Frank Gorenc, commandant de la Force aérienne US troisième basée en Allemagne. Le commandant US a visité Israël il ya deux semaines pour confirmer les détails du "déploiement de plusieurs milliers de soldats états-uniens en Israël." Dans un effort pour répondre aux dernières menaces et contre-menaces iraniennes, Israël a annoncé le plus grand exercice de défense antimissile de son histoire. Maintenant, il est rapporté que les militaires états-uniens, y compris la marine US, seront stationnées dans tout Israël, et y participeront également.

Pendant que les troupes états-unienes seront stationnées en Israël pour un temps indeterminé, du personnel militaire israélien sera ajoutés à l'United States European Command (EUCOM) en Allemagne. 

En préparation à des attaques de missiles iraniens sur Israël, les Etats-Unis auraient apporté en Israël leur Terminal High Altitude Area Defense (THAAD), et des systèmes de missiles ballistique Aegis lancés à partir de navires. Les forces US rejoindront les systèmes de défense antimissile israeliens comme le Patriot et Arrow. Le déploiement arrive avec "l'objectif ultime d'établir des task forces conjointes dans le cas d'un conflit à grande échelle dans le Moyen-Orient". Le Jerusalem Post rapporte que le lieutenant-général US Frank Gorenc était en réunion en Israël avec son homologue israélien, le brigadier-général Doron Gavish, commandant de la Division de la Défense Aérienne. Pendant qu'il est là, le général US a visité l'un des trois avant-postes anti-missile israéliens, les "Iron Dome". Les forces aériennes israéliennes ont annoncé leur intention de déployer un quatrième Iron Dome dans les prochains mois. Des dépenses additionelles garantiront la fabrication et le déploiement de trois autres systèmes Iron Dome d'ici la fin de 2012. Les Israéliens espèrent, à terme, avoir au moins une douzaine de systèmes anti-missiles déployés le long de ses frontières Nord et Sud.

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2 janvier 2012

http://www.whiteoutpress.com/articles/q12012/us-troops-going-to-israel483/


4-2 Al Manar

 : L'OTAN participera aux manœuvres internes israéliennes.

Pour la première fois de l’histoire de israélienne, des forces de la coalition atlantique « OTAN » participeront à une manœuvre militaire interne israélienne, parallèlement à la participation israélienne aux manœuvres militaires de l’OTAN ces dernières années.

Selon le plan divulgué récemment, les forces de l’OTAN prendront part aux manœuvres « Tournant-6 » qui auront lieu en octobre prochain. Cet accord est survenu il y a deux semaines à Bruxelles entre le ministre du front interne israélien, le général Mitan Filnaï, et le secrétaire général délégué de l’OTAN, Claudio Bisogniero.
Dans le cadre de ces manœuvres, des forces de soutien et de sauvetage de l’OTAN se positionneront dans les zones qui connaitront d’importantes destructions, les manœuvres simuleront un fort séisme dont le centre est l’entité sioniste. 

D’après le quotidien Yediot Ahranot, Filnaï a rencontré lors de sa visite à Bruxelles d’autres dirigeants et responsables de l’Union européenne en vue de renforcer et d’élargir les liens entre « Israël » et ces pays face aux situations urgentes et aux crises. 

« L’objectif de cette visite fut de s’échanger les expertises et d’accroitre la coopération entre Israël et les pays de l’OTAN et de l’Union Européenne, » indique le journal, ajoutant que le nombre des pays qui participeront aux manœuvres israéliennes est toujours inconnu. De même, on ignore toujours si la Turquie en fera partie, en tant que membre de l’OTAN.

L’année dernière, Israël a participé à des manœuvres militaires turques, ainsi qu’à une manœuvre interne qui a eu lieu en Moldavie.

 

Filnaï a déclaré : « Israël a un grand intérêt à approfondir et à élargir ses relations avec l’Union européenne et l’OTAN. De plus, les deux parties, Israël et l’Europe, profiteront de la coopération permanente dans le cadre des préparatifs pour faire face aux situations d’urgence. »

Tous les services de la défense civile, d’urgence, de police, de pompiers, ainsi que les autorités locales et les ministères prennent part d’habitude aux manœuvres.

Cette année, 120 autorités locales contre 80 en 2011 participeront aux manœuvres, ainsi que des hauts responsables du gouvernement et du secteur public.

Al Manar

5 janvier

http://www.ism-france.org/communiques/L-OTAN-participera-...


5 Belgique

5-1 Nouveau gouvernement en Belgique - Vieille Politique d’allégeance à l’Otan.

« Grâce à la Libye, on écoute la Belgique à l’Otan ». « Nous avons évité les dégâts collatéraux ». « Nous sommes plutôt fiers des résultats obtenus ».

Telles étaient les affirmations du nouveau Ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, à la radio.

Depuis le 31 octobre, jour où l’Otan a cessé ses bombardements, la Libye a disparu de nos écrans de télévision et des pages de nos journaux : mission accomplie. Il ne se passe plus rien en Libye, et la Belgique a gagné des galons grâce au zèle dont elle a fait preuve pendant 7 mois avec ses 6 chasseurs bombardiers F-16, ses 450 missions offensives et le travail d’un chasseur de mines en Méditerranée.

Il n’y a vraiment pas de quoi être fiers.

Le bilan de la guerre de l’Otan contre la Libye n’est même pas abordé, alors que des voix s’élèvent de plus en plus, partout dans le monde, pour que l’ONU fasse au moins une enquête sur l’ampleur des destructions, des morts de civils et des dégâts « collatéraux » réels ainsi que sur le rôle direct de l’Otan dans l’assassinat de Mouammar Kadhafi.

La déclaration gouvernementale rappelle l’adhésion au principe de « responsabilité de protéger » et la nécessité d’un mandat de l’ONU pour participer à une action militaire, mais elle met en premier lieu son engagement total pour toute future guerre de l’Otan. On a vu aussi comment on peut interpréter une résolution de l’ONU, en fonction de certains intérêts. Et comment l’ONU est reléguée au rang de simple « partenaire » de l’Otan qui a pris les commandes des interventions militaires, en Afghanistan et en Libye .

L’Otan vient d’ailleurs de conforter sa décision de rester en Afghanistan, au moins jusqu’en 2024. La soi-disant stratégie de sortie des forces belges de ce pays d’ici 2014 annoncée par notre gouvernement est purement déclamatoire. Il en va de même pour les questions de désarmement nucléaire. Le retrait des bombes nucléaires stationnées à Kleine Brogel n’est même pas mentionné. Aucune référence non plus aux boucliers anti-missiles en train de se déployer dans toute l’Europe sous l’égide de l’Otan et pour la construction duquel duquel la Belgique avait déjà promis quelques millions d’euros.

S'il faut, pour que "la Belgique soit écoutée", montrer que sa "défense" bombarde des pays du Tiers-Monde, nous préférerions que cette Belgique-là soit tout à fait inaudible.

Certes, on écoute cette Belgique à l’Otan. Mais ce n’est pas la voix de la population belge qu’on écoute.

Comité de Surveillance OTAN


 


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