Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

25/01/2012

n°2 - Qatar : Les dossiers - 24.2 - a1 - : eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

n°2 - Qatar : Les dossiers - 24.2 - a1 - : eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Qatar : Les dossiers

n° 2 - 15-02

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Qatar : Les dossiers est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

Fida Dakroub :Al-Qaïda en Syrie : Les ambitions « impériales » de l'émirat du Qatar.

Le Temps d’Algérie’ : Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe.

Gilles Devers : Les Tunisiens contre la visite de "l’allié des Américains et des sionistes" .

eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

1-1 Vidéo : Visite secrète de l'Emir du Qatar en Israël.

1-2 Guerre de L'Information :

- Le Dictateur Wahhabite Qatari Al Thani pour Un Putsch Militaire En Syrie.

- Manipulation Honteuse De la Mort De Jacquier de FR2

2 Brèves

2-1 Gilles Munier : Provocation qatarie : l'ambassadeur russe roué de coups.

3  Dossiers

3-1 Fida Dakroub : Qatar : le Corbeau voulant imiter l’Aigle!

3-2Quand l’émir du Qatar se fait renvoyer bottes au cul..de la Mauritanie!

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ilia Kharlamov : Tension dans les relations diplomatiques avec le Qatar.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 IRIB :Tunisie : le petit Qatar fait peur!  

5-2 Léon Camus : Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

 



Tiré à part 

Fida Dakroub :Al-Qaïda en Syrie : Les ambitions « impériales » de l'émirat du Qatar.

La Démocratie, cette Démocratie des puissances impérialistes et colonialistes qui nous écrasent et exploitent, cette Démocratie proclamée par l’Empire, écrite en majuscules, sur le front de l’Occident, sur chaque prison, sur chaque Guantanamo, sur chaque missile Cruise ou Tomahawk, son expression véritable, authentique, prosaïque, c'est le chaos constructif, les guerres civiles, les conflits religieux, ethniques et tribaux sous leurs formes les plus effroyables, les guerres au Moyen-Orient.

La Démocratie ! tel fut le cri de guerre de Caesar George W. Bush. La Démocratie ! cria Barak Obama, le jour où Syrte devint cendres, par la grâce de la « mission humaine » de l’OTAN en Libye. La Démocratie ! cria Hamad, le despote absolu du Qatar, écho brutal des monarchies absolues du Golf et de la décadence arabe. La Démocratie ! gronda l’explosion terroriste à Damas en déchirant le corps du peuple syrien. 

Al-Qaïda en Syrie

Dans une vidéo marquant le dixième anniversaire des attentats du 11 Septembre, le nouveau leader d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a exhorté les Syriens à « poursuivre leur résistance » au président Bachar al-Assad : « Ce tyran semble chanceler. Maintenez la pression sur lui jusqu'à sa prochaine chute », promet-il [1].

Il n’aurait pas été difficile pour un observateur débutant, qui montrait une certaine curiosité – innée ou acquise – aux conflits du Moyen-Orient, de remarquer qu’une certaine similarité rassemblait, dans un même panier, les derniers attentats terroristes qui ont frappé la capitale syrienne, Damas, et ceux qui avaient frappé l’Irak, depuis l’invasion du pays par les légions de l’Empire étatsunien ; de remarquer, par conséquent, que  le « cerveau » qui a commandité les attentats à Damas avait aussi dirigé la terreur partout dans le monde, depuis les attentats des ambassades américaines en Afrique[2], jusqu’à la dernière attaque contre les civils en Irak, laissant au moins 68 morts[3]; et de constater, en plus, que tous ces attentats, ceux du passé et ceux du présent, – mais aussi ceux qui pourraient arriver au futur proche – étaient  issus d’une même idéologie, celle fondée sur l’élimination de l’Autre, voire le salafisme wahabite ; et cela vu 1) la méthode employée  – attentats suicides, voitures piégées – ; 2) la victime ciblée – des établissement gouvernementaux et des places civiles – surtout en Irak – et 3) la justification idéologique – une idéologie islamiste salafiste takfiriste appelant à la mort des « infidèles », voire l’Autre religieux.

Parallèlement, il n’aurait pas été aussi difficile – cette fois-ci pour un observateur chevronné – de remarquer qu’au lendemain du retrait des légions de l’Irak, l’Empire étatsunien rêve encore de « renverser la table » sur la tête du joueur iranien, et cela pour établir un nouvel ordre régional, qui permettrait de maintenir le Moyen-Orient sous son contrôle. Mais la Bastille n'est pas encore prise. Le triomphe momentané des groupes terroristes à frapper au cœur de la capitale syrienne est payé par l’anéantissement de toutes les illusions et chimères camouflant la prétendue « révolution » syrienne, par la désagrégation de tout le discours « philanthrope » des puissances impérialistes, par la scission de la Ligue arabe en trois camps : les pays résistant à l’Empire, les pays dociles à l’Empire et ceux qui se sont mis à l’écart. 

Ainsi naquirent les ambitions impériales de l’émirat du Qatar.

Taliban au Qatar : l'ennemi d'hier l'ami d'aujourd'hui

Nous nous rappelons tous du discours patriotique de Caesar George W. Bush le soir des attentats du 11 septembre, depuis la Maison Blanche. Pendant cette nuit très obscure, Bush s'adressa à la nation en parlant avec une certaine gravité, qui évoqua en nous le souvenir des grands patriarches bibliques :

"Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé, pour tous ceux dont le sentiment de sûreté et de sécurité a été menacé. Et je prie pour qu'ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : " Bien que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi"[4].

Le soir même, après s'être adressé à la nation, deux anges seraient arrivés à la Maison Blanche et auraient pris Caesar George W. Bush par la main, en lui chuchotant à l'oreille : " Va donc, conduis le peuple où je t'ai dit. Voici, mon ange marchera devant toi, mais au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché" [5].

Quelques jours plus tard, jeudi 20 septembre, Caesar Georges W. Bush prononça un discours devant les deux chambres réunies du Congrès. Parmi les points forts de son discours, nous lisons:

"Livrer aux autorités américaines tous les dirigeants de l'organisation Al-Qaïda qui se caches sur votre terre"[6]. "Ces demandes ne sont pas ouvertes à la négociation ou à la discussion. Les Taliban doivent agir et agir immédiatement. Ils livreront les terroristes ou bien ils partageront leur sort"[7]. "Notre guerre contre la terreur commence avc Al-Qaïda mais elle ne se termine pas là. Elle ne se terminera que lorsque chaque groupe terroriste qui peut frapper partout dans le monde aura été repéré, arrêté et vaincu"[8].

En dépit du Saint-Esprit qui eut soufflé l'audace dans la bouche de Caesar, ces déclarations historiques sont devenues d'ores et déjà copyright de l'Histoire. En effet, tous les obstacles semblent aujourd'hui levés pour que des négociations puissent commencer entre les ennemis d'hier, amis d'aujourd'hui.

Depuis l'été 2011, on entend chuchoter, dans les couloirs des puissances impérialistes, à propos de l'ouverture d'un bureau de représentation des Taliban au Qatar, comme symbole du processus de paix engagé avec le principal groupe insurgé en guerre contre l'OTAN et le gouvernement de Kaboul[9].

Certainement, cette initiative honorable de la part de l'émir du Qatar, n'aurait pas pu voir la lumière sans la bénédiction de l'Empire. Ainsi, des émissaires américains rencontrèrent seuls, "une petite dizaine de fois", des représentants talibans[10].

Cependant, cet événement n’est en aucun sens un fait isolé. Par contre, il fait partie d’un continuum de messages d’amour entre les groupes islamistes salafistes – Taliban et Frères musulmans – d’un côté, et l’Empire étatsunien – par le biais de son concessionnaire au Moyen-Orient, l’émirat du Qatar – d’un autre côté. Les premières lueurs de la nouvelle aube commencèrent en mars 2009, après que l’administration Obama eut abandonné l’expression « guerre contre le terrorisme », adoptée par son prédécesseur Bush[11]. 

Sur un autre plan, des responsables américains ont entamé, récemment, des négociations avec le gouvernement de Kaboul pour transférer, aux autorités afghanes, des responsables Taliban du haut rang emprisonnés au Goulag de l’Empire, à Guantanamo, depuis l’invasion de l’Afghanistan ; et cela dans l’espoir de parvenir à une trêve entre Washington et les insurgés. Des responsables américains ont déjà exprimé leur accord d’ « expédier », hors de la baie de Guantanamo, les détenus Taliban[12].

En plus, des sources de l’administration Obama ont indiqué que des détenus talibans seront libérés une fois que les insurgés auront accepté d’ouvrir un bureau au Qatar et entamé des pourparlers avec les Américains[13]. De leur côté, les Taliban ont dit qu'ils étaient prêts à aller d’avantage avec ces pourparlers.

Il faut noter que ces échanges romantiques du genre épistolaires entre l’Empire et les insurgés viennent après dix ans de guerre atroce[14]. 

Loin des affections foudroyantes entre les ennemis d’hier amis d’aujourd’hui, au cours d’une réception de la délégation de la Ligue arabe, comprenant le cheikh Hamad, à Damas le 26 Octobre dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, aurait « lutté » pour amender certains articles du texte de l’Initiative arabe, comme l’article concernant le « retrait de l’armée syrienne » ; un article considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes, qui voient impossible d’envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs. Mais le cheikh Hamad a exigé ce retrait : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! », dit-il. Ce à quoi le président syrien a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! »[15]. Pourtant, le cheikh Hamad persistait à faire croire à ses hôtes qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes[16].

Une question s'impose fortement : pourquoi cette anélisation attendue des groupes islamistes armés - les ennemis d'hier - de la part de l'Empire et son concessionnaire au Moyen-Orient ?

Le nouveau rôle accordé au Qatar : Le Corbeau voulant imiter l’Aigle

Il est clair d’emblée que le rôle que joue le Qatar sur la scène des événements régionaux, depuis l’accord de Doha en 2008[17], vise à imposer ce petit émirat, dont la population ne dépasse pas un million et quelques centaines de mille de sujets[18], comme joueur principal aux conflits du Moyen-Orient.

De façon similaire, depuis sa précipitation théâtrale sur la scène des événements du présumé Printemps arabe, l’émir du Qatar, cheikh Hamad, insiste à se présenter en costume de despote éclairé[19]. Pour en faire, il s’habille en Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand[20], et fréquente les voltaires de l’impérialisme français, tel que Bernard-Henri Lévy, et ceux de l’obscurantisme  arabe, tel que Youssef al-Qardaoui[21]. 

Par contre, il est vrai que Hegel fait quelque part cette remarque que « tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce »[22].

De surcroît, le cheikh Hamad – on l’appelle aussi émir - s’est entretenu le 4 janvier avec le secrétaire général de l’ONU, monsieur Ban Ki-moon, de la possibilité d’associer l’ONU à la mission de la Ligue arabe en Syrie, afin que celle-ci profite de « l’expérience » de l’organisation internationale en matière de mission de paix et d’interposition[23].

Cette manœuvre de la part de l’émir vise à atteindre deux objectifs : premièrement, faciliter et légitimer une intervention de l’OTAN dans la crise syrienne – il n’est plus secret que parmi les récentes « expériences » de l’ONU figure le feu vert à l’OTAN pour la destruction de la Lybie – ; deuxièmement,  contrecarrer le pouvoir de la Ligue arabe et réduire son rôle, comme organisation représentant les intérêts du monde arabe, pour qu’elle soit une sorte de Loya Jirga[24], rassemblant précisément les émirs et sultans des familles royales du Golf.

Il en va de même que l’émirat du Qatar, qui possède une armée de mille cinq cents mercenaires, mais qui abrite, par contre, la plus grande base militaire américaine dans la région, ambitionne jouer un rôle au niveau international, aussi énorme que l’énormité de la présence des troupes étrangères sur son territoire.

Ainsi, aux premières lueurs du prétendu Printemps arabe, le Qatar, qui s’est transformé en un outil médiatique aux mains des puissances impérialistes dans le monde arabe, s’est précipité sur la scène des événements. Nous soulignons dans ce sens le rôle que joue la chaîne al-Jazeera, dont l’objectif est de fausser les données réelles de la guerre impérialiste contre la Syrie, et cela en promouvant un discours de haine et de ressentiment religieux contre les groupes minoritaires au monde arabe. Aussi le Qatar, en s’alignant sur des positions qui suggèrent carrément l’intervention étrangère en Syrie, est allé loin dans la question des sanctions contre la Syrie, qui ont laissé des effets négatifs et directs sur le niveau de vie, l’alimentation et les  médicaments du peuple syrien.

Nous partageons le même avis de l'analyste politique russe, Viatcheslav Matuzov, qui a souligné que le Qatar joue un rôle négatif au sein de la Ligue arabe, ajoutant que « les États-Unis veulent la chute et la destruction de la Syrie en tant qu'État arabe indépendant (…) L'Occident a une seule demande de la part de la mission des observateurs arabes, à savoir la prise d'une position en solidarité avec l'opposition extrémiste sans aucun souci de chercher après les faits réels sur le terrain », a estimé l'analyste russe, dans une interview à la chaîne « Russia Today »[25].

Il convient de mentionner que les ingérences hostiles du Qatar dans les affaires internes de la Syrie se font au moment où deux puissances se confrontent dans une sorte de guerre froide dans la région du golf Persique : celle du Pygargue à tête blanche[26] étatsunien et celle du Derafsh Kaviani[27] iranien. La présence de la première puissance est en déclin dans la région, surtout après le retrait des légions de l’Empire de l’Irak ; celle de la deuxième puissance est en croissance. Entre ces deux grandes puissances belligérantes – l’Iran et l’Empire étatsunien – les ambitions « impériales » du Qatar évoquent en nous la fable de La Fontaine, Le Corbeau voulant imiter l’Aigle[28]. 

Le Qatar pirate la Ligue arabe

Pendant toutes les périodes précédentes au prétendu Printemps arabe, l’Égypte jouait un rôle central au sein de la Ligue, qui lui permettait de diriger le monde arabe, surtout à l’époque du président Nasser (1956 – 1970) et la montée de l’idéologie nassérienne[29].

Dès sa naissance en 1945, la Ligue arabe était toujours divisée en deux camps aux visées politiques opposés. D’abord, dans les années quarante et cinquante, l’entente égypto-saoudienne favorable aux projets d’indépendance s’opposait à l'axe hachémite jordano-irakien, plus enclin à une coopération avec la puissance britannique, encore maîtresse de nombreux protectorats et mandats (Soudan, Palestine, Émirats, etc.). Par la suite, dans le contexte d’anticolonialisme et de la Guerre froide, la division prit une nouvelle démarcation entre États socialistes proches de l'URSS (Libye, Syrie, Algérie, Égypte de Nasser, l’Irak, le Yémen du Nord) et États proches des États-Unis (les émirats et sultanats arabes du Golf)[30]. Enfin, après la chute de l’Union soviétique, la Ligue arabe se trouvait divisée encore en deux camps : d’un côté, les pays résistants aux projets américains de domination (surtout la Syrie et le Liban) ; de l’autre côté, les pays dociles à l’Empire (toujours les émirats et sultanats arabes du Golf, l’Égypte de Moubarak).

Suite à la chute du dernier pharaon, Moubarak, en 2011, l’Égypte se trouve  occupée par ses problèmes internes, ce qui l’empêche de continuer à jouer un rôle principal  dans le monde arabe ; même si le secrétaire général de la Ligue continue à faire privilège de l’Égypte. Il n’est plus secret que l’absence « transitoire » de l’Égypte comme leader du monde arabe a entrainé une diminution du rôle que joue la Ligue.  Autre que l’Égypte, aucun pays n’est en mesure de diriger le monde arabe. L’Égypte reste le seul pays « habile » de jouer ce rôle, vu son poids démographique[31], économique et culturel.  Sur un autre plan, l’Arabie saoudite n’est plus dans une situation lui permettant de remplir ce vide laissé par l’enfermement de l’Égypte sur ses propres crises et problèmes internes, et cela vu la fragilité et l’instabilité intérieure – la menace chiite à l’Est du Royaume – et les tremblements politiques aux portes du Royaume – la révolution au Bahreïn et la guerre civile au Yémen. Simultanément, les pays du Maghreb ne sont pas non plus en mesure de diriger le monde arabe, vu premièrement leur position géographique, au bout du monde arabe, et deuxièmement la nature démographique de ces pays, qui ne constituent pas vraiment des agglomérations de masses, comme l’Égypte et le Levant, mais plutôt des centres urbains dispersés au long de la côte méditerranéenne de l’Afrique du Nord. De même, la Tunisie reste, au lendemain de sa révolution Jasmin, instable du point de vue politique ; et la Lybie se trouve ruinée par la grâce de la « mission humanitaire » de l’OTAN. 

Donc, le retrait temporaire de l’Égypte de la scène des événements a créé un vacuum, aux niveaux politique et diplomatique. Ajoutant à cela le retrait des légions de l’Empire de l’Irak, qui a ouvert les portes devant la puissance iranienne ascendante. Pour faire « barrage » à l’expansion iranienne, seul le Qatar semble capable de jouer ce rôle aux niveaux politique et diplomatique, en tant que concessionnaire de l’Empire et négociant – plutôt que négociateur – ; pour la simple raison que du point de vue militaire, le Qatar n’est, en réalité, qu’une base militaire américaine dans la région.

Pour contrecarrer le rôle de la Ligue arabe, l’ingérence hostile du Qatar dans la crise syrienne et son engagement complet à la conjuration impérialiste visent, en premier lieu, à créer des divisions entre ses membres, basées sur des sensibilités religieuses – sunnites vs. chiites – et ethniques – Arabes vs. Perses – et deuxièmement, à transformer la Ligue en une sorte de Loya Jirga, rassemblant les émirats et sultanats arabes du Golf, dont les monarchies se justifient par une idéologie islamiste wahabite, la même que celle des Taliban. Plus tard, ce nouveau bloc sunnite wahabite, qui comprend les émirats et sultanats arabes du Golf, les Taliban de l’Afghanistan et les Frères musulmans de l’Égypte et de la Syrie – bénéficiant de l’énorme support des puissances impérialistes – tenterait à démembrer l’Arc chiite qui s’étend de l’Iran jusqu’au Liban, tout en passant par l’Irak et la Syrie ; et cela en renversant le régime syrien, en premier lieu, ensuite en isolant le gouvernement pro iranien de Maliki en Irak, en second lieu. Par conséquent, le Hezbollah au Liban se trouverait coupé totalement de son arrière-front, l’Iran ; ce qui faciliterait, à une étape plus avancée, à envahir l’Iran.

En un mot, l’ouverture d’un bureau de Taliban au Qatar met, officiellement, fin à la guerre étatsunienne contre le terrorisme ; et les ennemis d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui. Ce qui revient à dire que les dernières attaques terroristes au cœur de la capitale syrienne expriment l’application concrète de ces nouvelles Liaisons dangereuses[32] qui sont émergées, récemment, entre le vrai Patron – l’Empire étatsunien – représenté par son concessionnaire arabe – le Qatar – d’un côté, et les Taliban de l’autre côté – derrière eux Al-Qaïda, évidemment.

La réplique syrienne et le déclin de la Ligue arabe

Un diplomate arabe au Caire a rapporté que lors de la réception de la délégation de la Ligue arabe à Damas le 26 Octobre 2011, le président syrien, Bachar al-Assad, aurait accusé le premier ministre du Qatar, Hamad, d’être l’exécuteur de « diktats américains » et lui aurait dit : « Moi, je protège mon peuple avec l’aide de mon armée, mais toi tu protèges le tien par les bases américaines implantées sur ton sol (…) Si vous venez ici en tant que délégation de la Ligue arabe, vous êtes les bienvenus. En revanche, si vous êtes les délégués des Américains, il vaudrait mieux que nous cessions toute discussion »[33].

Pourtant, le cheikh qatari devait attendre le 10 janvier pour entendre le président syrien prononcer sa réplique finale à l’ingérence du Qatar dans les affaires internes de son pays. Ce jour même, l’ambassadeur de Syrie auprès de la Ligue arabe, monsieur Youssef Ahmed, a invité le cheikh qatari à dire qui l’avait mandaté pour parler au nom de la Syrie : « Il doit se taire et s’abstenir de toute ingérence dans les affaires internes syriennes », a-t-il dit[34].

Dans un discours prononcé à l’amphithéâtre de l’université de Damas, le président syrien, Bachar al-Assad, déploya son artillerie lourde et déclara le commencement d’une nouvelle étape de la guerre impérialiste contre la Syrie, celle de la contre-offensive syrienne : « Nous avions fait preuve de patience et d'endurance dans un combat sans précédent dans l'historie moderne de la Syrie et ceci nous a rendu plus solide, et bien que ce combat porte de grands risques et des défis fatidiques, la victoire est à deux doigts tant que nous nous maintenons capables de résister, d'exploiter nos points forts qui sont nombreux, et de savoir les points faibles de nos adversaires, qui sont plus nombreux »[35], déclara-t-il.

Au cours de son discours, le président Assad attaqua la Ligue arabe à plusieurs reprises. Il l’accusa d’avoir accepté de se transformer en une sorte de vitrine diplomatique, derrière laquelle se cachent les vrais conjurateurs, les puissances impérialistes : « Après l'échec de ces pays au Conseil de Sécurité de convaincre le monde de leurs mensonges, il était indispensable de recourir à une couverture arabe qui est devenue une base pour eux »[36], souligna le président Assad.

Le président Assad a voulu « expédier » plusieurs messages à plusieurs destinataires. Nous pouvons résumés ces messages en trois points :

Premièrement, la Syrie ne craint pas une suspension de la Ligue arabe. Les conséquences d’une telle suspension semblent sans effets énormes sur la Syrie. Par contre, la Syrie se trouvera « libre » des exigences de la Ligue, surtout maintenant que le Qatar a piraté son rôle, et que toutes les résolutions de la Ligue se préparent dans les coulisses des puissances impérialistes. 

Deuxièmement, sans la Syrie, la Ligue perdra sa légitimité et sa validité, car le monde arabe, comme entité culturelle, ne peut pas exister – ni en théorie ni dans la réalité – sans la Syrie, berceau de la culture et de la civilisation arabo-musulmane. A fortiori, l’aube de la civilisation arabo-musulmane rayonnait en Syrie omeyyade (661 – 750). Dans le domaine des arts, des littératures, de la langue, des sciences, de l’Histoire, de la mémoire collective et des religions, la Syrie reste le « cœur » du monde arabe. Du point de vue géographique, sans la Syrie, le monde arabe ne peut pas exister comme entité politique ; au contraire, il sera déchiré en plusieurs zones géographiques séparées : la péninsule Arabique, la vallée du Nil et l’Afrique du Nord. Il faut bien noter ici que la Syrie, comme entité culturelle et géographique, dépasse les frontières de la République arabe syrienne, imposées par le colonialisme franco-britannique au lendemain du démembrement de l’Empire ottoman en 1918. Nous parlons ici de la Syrie naturelle. Le président Assad était clair à ce propos quand il a indiqué que « si certains pays arabes avaient œuvré pour suspendre notre arabité à la Ligue, nous disons qu'ils suspendraient plutôt l'arabité de la Ligue, or, sans la Syrie, c'est l'arabité de la Ligue qui est suspendue. Si certains croyaient pouvoir faire sortir la Syrie de la Ligue, ils ne peuvent pas faire sortir la Syrie de l'arabité, car l'arabité n'est pas une décision politique, mais un patrimoine et une histoire »[37], a-t-il poursuivi.

Troisièmement, La Syrie ne sera jamais aux genoux des puissances impérialistes. Les sanctions imposées par les puissances impérialistes et celles imposées par les monarchies absolues arabes pourraient sans doute avoir des conséquences négatives sur l’économie de la Syrie. Cependant, dans le monde, se trouvent d’autres puissances économiques ascendantes, hors du système de subordination à l’Occident, telles que la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran ; autrement dit, l’Orient. Le président Assad a fait noter que la Syrie doit s’orienter vers l’Orient, et ceci elle l’avait fait depuis des années : « L'Occident est important pour nous, nous ne pouvons pas nier cette vérité, mais l'Occident aujourd'hui n'est pas celui qui était une décennie avant (…) Les relations de la majorité des pays du monde avec la Syrie sont bonnes en dépit des circonstances actuelles et des pressions occidentales »[38], a-t-il fait savoir, soulignant que l'embargo imposé à la Syrie et les circonstances politiques et sécuritaires auraient des répercussions, mais « nous pourrions réaliser des accomplissements diminuant les pertes »[39], a-t-il précisé.

Ce qu’ambitionner veut dire

En guise de conclusion, nous trouvons utile de retourner rapidement aux ambitions « impériales » de l’émirat du Qatar.

Profitant de la présence militaire des légions de l’Empire sur le territoire de son fief, l’émir du Qatar, Hamad, semble convaincu que la deuxième résurrection du Royaume de Prusse, pour ainsi dire, devient jour après jour inévitable ; cette fois-ci non pas au bord de la Vistule ni aux mains des Hohenzollern, mais plutôt au bord du golf Persique et aux mains de Al-Thani, la famille royale qatarie.

Il reste à ajouter que s’il est vrai que le Qatar ambitionne jouer un rôle dans la région plus grand que sa « taille » réelle, il n’est pas moins vrai que le Corbeau qui a voulu, un jour, imiter l’Aigle ne put faire retraite. Le Berger vient, le prend, l’encage bien et beau, le donne à ses enfants pour servir d’amusette[40].
Fida Dakroub, Ph.D
Notes
[1] http://www.lemonde.fr/mort-de-ben-laden/article/2011/09/13/al-qaida-publie-une-video-pour-les-dix-ans-du-11-septembre_1571327_1515627.html

[2] Les attentats de Nairobi et de Dar es Salaam, le 7 août 1998.

[3] http://www.france24.com/fr/20120109-serie-attentats-mortels-frappent-irak-dizaine-pelerins-afghans-chiites-tues-bagdad

[4] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[5] Exode 32 : 34.

[6] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[7] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[8] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[9] http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/12/29/accord-pour-ouvrir-un-bureau-taliban-au-qatar_1623969_3216.html

[10] http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/12/29/accord-pour-ouvrir-un-bureau-taliban-au-qatar_1623969_3216.html

[11] http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200903/30/01-841783-obama-abandonne-la-guerre-contre-le-terrorisme.php

[12] http://rt.com/usa/news/obama-afghan-taliban-war-035/

[13] http://rt.com/usa/news/obama-peace-taliban-us-219/

[14] http://rt.com/usa/news/obama-peace-taliban-us-219/

[15] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[16] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[17] L’accord de Doha est un arrangement politique conjoncturel, en situation de nécessité et sans changement constitutionnel, entre l’opposition libanaise pro syrienne et le gouvernement libanais, alors pro saoudien, suite aux événements de 8 mai 2008, qui ont entrainé la chute totale de la capitale Beyrouth aux mains des combattants de l’opposition. 

[18] La population totale du Qatar est de 1 699 435 personnes. http://www.qsa.gov.qa/QatarCensus/

[19] Le despotisme éclairé est une variante du despotisme qui s’est développée au milieu du XVIIIe siècle, le pouvoir y est exercé par des monarques de droit divin dont les décisions sont guidées par la raison et qui se présentent comme les premiers serviteurs de l’État. Les principaux despotes éclairés ont ainsi entretenu une correspondance suivie avec les philosophes des Lumières.

[20] Frédéric II de Prusse fait entrer son pays dans la cour des grandes puissances européennes. Après avoir un temps fréquenté Voltaire, il devient célèbre pour être l'un des porteurs de l'idéal du prince du siècle des Lumières en tant que « despote éclairé ».

[21] http://www.legrandsoir.info/youssef-al-qardaoui-bernard-henry-levy-meme-combat.html

[22] Marx, Karl. Le 18-Brumaire de Louis Bonaparte. http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm

[23] http://www.infosyrie.fr/actualite/mission-arabe-le-qatar-nest-decidement-pas-satisfait/

[24] La Loya Jirga (Grande assemblée ou Grande réunion), est un terme d'origine Pashto qui désigne une assemblée convoquée afin de prendre les grandes décisions concernant le peuple afghan.

[25] http://www.sana.sy/fra/55/2012/01/08/393114.htm

[26] Le Pygargue à tête blanche est le symbolisme officiel du Grand sceau des États-Unis d’Amérique.

[27] Derafsh Kaviani est e légendaire drapeau de l’Empire perse signifiant le Glorieux drapeau de l'Iran.

[28] Les Fables de La Fontaine ; Livre II, fable 16.

[29] Le nassérisme est une idéologie panarabe révolutionnaire, combinée avec un socialisme arabe, mais qui reste opposée aux idées marxistes.

[30] Jean-Christophe Victor, « Mondes arabes », Le Dessous des cartes, 10 septembre 2011.

[31] L’Égypte est le pays le plus peuplé du Monde arabe et du Moyen-Orient, avec une population de 82 million. http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population

[32] Les Liaisons dangereuses est le titre d’un roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos, et publié en 1782.

[33] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[34] http://jeune-independant.net/index.php?option=com_content&view=article&id=203:alors-qual-assad-annonce-un-referendum-sur-une-nouvelle-constitution&catid=6:monde&Itemid=4

[35] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[36] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[37] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[38] http://www.sana.sy/fra/article/31.htm

[39] http://www.sana.sy/fra/article/31.htm

[40]Les Fables de La Fontaine.  Le Corbeau voulant imiter l’Aigle ; Livre II, fable 16.
Fida Dakroub

Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est membre du « Groupe de recherche et d'études sur les littératures et cultures de l'espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario.

Elle est l’auteur de « L’Orient d’Amin Maalouf, Écriture et construction identitaire dans les romans historiques d’Amin Maalouf » (2011).

Fida Dakroub est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Fida Dakroub publiés

Le 15 janvier 2012

Mondialisation.ca,

Fida Dakroub

 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=DAK20120115&articleId=28670


Le Temps d’Algérie : Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe.

Ils lui reprochent sa «  collaboration directe avec le Mossad »

 Des Égyptiens regroupés au sein de la coalition générale des commissions populaires ont tenu vendredi un imposant sit-in au Caire pour exiger la fermeture de l’ambassade du Qatar. Selon la presse égyptienne, le Qatar est devenu un instrument du Mossad et de la CIA, travaillant selon les agendas des Occidentaux visant à déstabiliser la région du monde arabe. Les manifestants égyptiens ont appelé également à la suspension du Qatar au sein de la Ligue arabe en tant que membre. Les Égyptiens reprochent à ce pays arabe son implication directe dans la guerre libyenne aux côtés des forces de l’Otan en fournissant l’armement et sa chaîne de télévision Al Jazeera afin de décapiter l’État libyen et de tuer Kadhafi et tous ses partisans.

Selon les manifestants, le Qatar avait mobilisé plus de 5000 militaires en Libye et tente aujourd’hui de détruire la Syrie, le Yémen et l’Égypte.

Pour les manifestants, le Qatar menace les intérêts stratégiques et idéologiques de l’Égypte et des pays arabes. Des membres de la coalition générale des commissions populaires affirment détenir des preuves sur « les relations entretenues par le Qatar avec le Mossad ».

Ils menacent de les rendre publiques. Ils précisent que l’ancien patron d’Al Jazeera, M. Khanefar, était un agent au service de la CIA et recevait des instructions directes des responsables américains.

La ligne éditoriale d’Al Jazeera est identique à celles de CNN, de BBC et bien d’autres médias occidentaux, soulignent les Égyptiens sortis vendredi exprimer leur colère et leur indignation quant à l’implication de l’émir du Qatar dans les révoltes des peuples du monde arabe. Nombreux sont les pays qui ont eu des relations tendues avec le Qatar, notamment au sein de la Ligue arabe. Récemment, le président mauritanien a renvoyé l’émir du Qatar. Le président mauritanien,

Mohamed Ould Abdelaziz n’a pas apprécié les « conseils » de son hôte, l’émir du Qatar, Hamad Bin Khalifa Al Thani. Selon des médias mauritaniens, la visite de l’émir du Qatar en Mauritanie a été très négative, puisque ce dernier s’est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l’aéroport de Nouakchott.

Ould Abdelaziz aurait dénoncé des « conseils » comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu’à ridiculiser la politique qatarie qui veut « exporter la révolution », accusant la chaîne Al Jazeera d’inciter la haine contre les peuples arabes. L’émir du Qatar aurait même demandé au président mauritanien des réformes et de faire pression sur le président syrien Bachar Al Assad.

14 janvier 2012 –

Le Temps d’Algérie


Gilles Devers : Les Tunisiens contre la visite de "l’allié des Américains et des sionistes" . 

EXTRAIT

Les trois présidents tunisiens ont accueilli vendredi le prince du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani, venu participer à la cérémonie de la première commémoration de la révolution du 14 janvier qui a renversé le dictateur Ben Ali.

Cette visite a été toutefois dénoncée par le peuple tunisien qui a manifesté dans la ville de Sfax, considérant que celle-ci est une autre forme d’ingérence étrangère de la part « de l’agent des Américains et des sionistes ». 
Les manifestants ont brandi des pancartes rejetant «à la fois l’ingérence qatarie et française dans le pays ».
De son côté, le prince qatari a exprimé dans un communiqué « sa fierté d’être venu en Tunisie pour féliciter le peuple du premier anniversaire de sa révolution et pour échanger les points de vue sur les différents sujets qui intéressent les deux pays ».
Le premier ministre tunisien Hamadi Jabali a indiqué à la presse que la visite d’Al Thani « est une visite d’amitié et de travail visant à renforcer les relations entre les deux pays et à les élargir pour toucher les différents domaines ».
A la question de savoir son opinion sur les manifestations populaires opposées à cette visite, Jabali a répondu : « La Tunisie est un pays démocratique qui respecte toutes les positions ». «Mais ces positions cachent quelque fois des agendas qui portent atteinte à la Tunisie », a-t-il encore dit !
Gilles Devers


eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

Notre monde est pourri jusqu'à la moelle par l'idolâtrie de l'argent.

Vous avez encore des illusions sur nos Elus ? Ils sont pourris !

Comme les dirigeants. Ils ne font pas de la politique pour servir leur pays, leurs électeurs, mais pour profiter d'un Système qui leur accorde tout : Pouvoir, honneurs, argent.

En abondance, même en pleine crise ! Et pour rester au pouvoir, tout est bon. Même se vautrer devant des crapules qui mentent, volent, commettent des crimes, pillent les richesses des pays, asservissent les citoyens !

.

Vous avez entendu parler du Qatar ? C'est un chancre qui pourrit tout, Etats souverains, politiques, révolutions populaires, économie, sport, et même banlieues (mais tout n'est-il pas pourri au sommet, d'ailleurs ?)... et qui est à la pointe des guerres et des jolies "démocraties" dont le socle (par la grâce des magiciens Sarkozy, Cameron, Obama, Netanyahou, Erdogan, et autres BHL) devient... fanatiquement islamiste. Comprenne qui pourra ! L'argent justifie tout, et les habitués de Neuilly et du Fouquet's se fichent de savoir comment le pouvoir est obtenu et conservé, et avec qui, du moment que leurs coffre-forts sont bien remplis, et qu'ils peuvent aller se dorer sur les plages les plus belles, souvent d'ailleurs aux frais des contribuables, de nous donc. 

.

D'un côté on fustige les Musulmans, de l'autre on favorise l'accession de leurs éléments les plus radicaux, comme en Tunisie ou en Libye, bientôt en Syrie - pour ensuite susciter le rejet et le choc de civilisations qui profitera d'abord, comme d'habitude, à tous les Industriels de Mort.

Lisez jusqu'au bout l'article mis en vedette dans cette parution, et relayez-le: Vous verrez à quel point la politique est pourrie, et à quel point les politiciens sont corrompus, et donc ne vous étonnez pas si le monde va mal, très mal..... 
Au fait, vous avez encore des illusions sur les Révolutions arabes ?

Les Indignés désignés hommes de l'année par les Amércains, ça ne vous met pas la puce à l'oreille ? A leur insu, ils servent les intérêts des Maîtres du Monde. Même si, au départ, une Révolution éclate spontanément, comme en Tunisie, elle est aussitôt récupérée par l'Oligarchie et ses Soros. Il s'agit moins d'abattre un "dictateur", que de lui substituer un homme plus docile ! Un Ben Ali ou un Moubarak monopolisaient les richesses du pays, désormais elles passeront directement dans les coffres-forts des banksters anglo-saxons et israéliens et de leurs compères français. Dans tous les cas, les peuples n'en verront pas la couleur. 

.

Et en Libye, les terroristes de l'OTAN ne se contentent pas de confisquer l'argent du pétrole, ils volent, aussi, les importantes réserves d'or de la nation. Quelle peine pour un tel hold-up ? Parce qu'ils sont anglo-saxons, israéliens ou français, les filous peuvent tout se permettre. Vous avez dit Justice internationale ?  

.

En Egypte, le dictateur a sauté, mais le Régime est resté en place; Les militaires n'entendent pas quitter le pouvoir. Et les marionnettistes de l'Occident gouvernent par marionnettes interposées, privant les Egyptiens de leur Révolution. Répression et tortures continuent, le chômage s'amplifie, etc etc. Et comme d'habitude, les Anglo-Saxons vont exporter leur modèle, c'est-à-dire les inégalités, les dettes, la loi du plus fort, les guerres... comme en Libye, où désormais les habitants asservis à l'Occident sont envoyés asservir les Syriens à leur tour qui ensuite se retourneront contre leurs frères iraniens. La cause est entendue, les Occidentaux sont de grands démocrates, et ceux qui leur résistent, d'affreux terroristes. Quant aux dictateurs, ils ne le sont que s'ils sont non-alignés... Les autres, comme dans les monarchies pétrolières sentant le souffre, sont exonérés. Et tant pis si les femmes n'ont même pas le droit de conduire ! L'Occident n'en est pas à une contradiction près. Il promeut la démocratie, mais pas dans les dictatures complices de ses crimes; Il attaque sans cesse les Musulmans, mais il se sert des plus radicaux d'entre eux pour piller les pays convoités. 

.

Découvrez le Qatar : Petit royaume bourré de fric, mais grande influence. On n'arrête pas l'argent... Rien ne lui résiste !  

En découvrant le Qatar, vous allez plonger dans les tréfonds de la politique. Accrochez-vous ! La politique occidentale et de ses alliés n'est belle que dans la bouche des journaleux français...       

Eva R-sistons 

http://r-sistons.over-blog.com/



1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

1-1 Vidéo : Visite secrète de l'Emir du Qatar en Israël.

L'Emir du Qatar Sheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani a rendu une visite secrète en Israël, bien que Doha et Tel Aviv n'entretiennent pas de relations politiques, révèle une vidéo.

La chef du parti israélien Kadima, Tzipi Livni, a accueilli l'Emir et le Premier ministre qatari Sheikh Hamad Bin Jaber Al-Thani pendant la visite.
L'Emir qatari et sa délégation ont également rencontré plusieurs responsables israéliens haut placés.
Parmi les sujets discutés entre Sheikh Hamas et Livni, la signature d'un nouveau contrat d'exportation de gaz et la rédaction de manuels scolaires qatari par des experts israéliens.
Sheikh Hamad aurait souligné l'importance de relations politiques entre les deux côtés.
Livni a informé le Qatar de l'importance de son rôle dans les discussions entre les Arabes et
Israël.
Le Qatar et
Israël ont une convergence de points de vue au sujet du programme nucléaire de l'Iran. Doha a systématiquement soutenu Tel Aviv contre l'Iran. Le Qatar pourrait également aider Israël dans le cas d'une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes.
Il est important de noter qu'en avril 2008, Livni, qui était Premier ministre d'
Israël, rendait de fréquentes visites au Qatar pour pousser l'Etat arabe à s'opposer au programme nucléaire d'Iran.

Source : Press TV

Traduction : MR pour ISM



1-2 Guerre de L'Information :

- Le Dictateur Wahhabite Qatari Al Thani pour Un Putsch Militaire En Syrie.

- Manipulation Honteuse De la Mort De Jacquier de FR2

Al Thani dictateur féodal qatari putschiste appelle au renversement par des « soldats arabes « - mercenaires islamistes et renégats syriens qu’il paie grassement - du régime de Bashar Al Assad en Syrie.

En France Sarkozy et ses médias propagandistes ne reculent devant rien pour faire accepter par l’opinion publique une intervention militaire en Syrie en manipulant la mort du journaliste de France 2 Gilles Jacquier et en dissimulant les preuves .

Ce qui est connu sur sa mort et que les médias va-t-en- guerre taisent.
- Le roi dictateur wahhabite du Qatar Al Thani pousse à un coup militaire en Syrie
Le Qatar actuellement à la tête de la Ligue Arabe sera bientôt remplacé par un autre membre de la LA. Comme il l’a déjà fait pour la Libye - mais aussi après avoir échoué à imposer son protégé, Saad Hariri, également chouchou des Saud wahhabites au Liban - le roi dictateur qatari putschiste Al Thani s’empresse donc d’appeler à une intervention militaire cette fois « arabe » en Syrie.

Al Thani avait déjà essayé d’infiltrer le groupe d’observateurs de la LA actuellement en mission en Syrie avec des agents des renseignements occidentaux et sionistes. Désormais en appelant à l’envoi de « troupes arabes » en Syrie c’est un putsch contre Bashar Al Assad qu’il veut organiser.

Le roi dictateur qatari, Al Thani, est lui- même un expert en putsch. En 1995, Hamad bin Khalifa Al Thani a renversé son père lors d’un putsch de palais. Il a été couronné en 2000.
Al Thani roi féodal dictateur règne sur 1.5 millions de sujets dont 200 000 seulement sont qataris les autres étant des immigrés travaillant sur des chantiers et ayant un statut guère plus élevé que celui d’esclaves (salaire entre 60 et 120 euros par mois). Les 200 000 Qataris quant à eux ont le revenu par tête le plus élevé de la planète ne payent pas d'impôts, disposent de transports et d'un système de santé gratuits pour la plupart ils n’ont pas besoin de travailler vivement grassement des rentes pétrolières.
Les étrangers représentent au moins 80 % de la population totale le roi féodal dictateur Al Thani féru de « liberté et de démocratie » pour les autres pays en particulier en Libye et en Syrie - mais surtout pas chez lui - n’autorise pas la divulgation des chiffres exacts. Ces esclaves étrangers représentent 90 % de la population active et 100 % des ouvriers. Ces esclaves sont principalement originaires d'Asie du Sud et du Moyen-Orient achètent souvent au prix fort - 800 à 1 500 euros - leur droit de venir travailler pour 3 ans renouvelables au Qatar auprès de trafiquants de main d’œuvre humaine installés à Katmandou - endroit privilégié pour le « repos du guerrier » sioniste après 3 ans passée dans l’armée coloniale de l’entité sioniste.
Sur cet esclavagisme moderne de la monarchie dictatoriale qatarie d’Al Thani lire l’article :
«Au Qatar, visages des soutiers de la croissance


Comme l’écrit Eric Leser sur Slate.fr dans un article intitulé
« Comment le Qatar a acheté la France (et s'est payé sa classe politique) »
« …Le Qatar n'est pas vraiment un pays fréquentable. C'est une monarchie absolue construite sur une rente. Il n'y a pas de partis politiques et encore moins de démocratie. Le régime de l'émir est fragile même si les révolutions arabes semblent ne pas l'avoir affecté. Il est très difficile d'obtenir des informations sur la tentative de coup d'Etat de juillet 2009. Des militaires de haut rang alliés à une puissance étrangère auraient été arrêtés avant de passer à l'acte… »

Le monarche dictateur Al Thani est pourtant un proche de Sarkozy qui n’hésite pas à le recevoir et l’appeler fréquemment pour comploter au renversement de Bashar Al Assad comme il a comploté pour renverser Kadhafi et comme il complote pour réinstaller Saad Hariri au Liban.

Le Qatar ne dispose pas d’une armée - avec 200 000 habitants majoritairement des rentiers difficile de «mobiliser» - mais de mercenaires souvent des fanatiques islamistes whahhabites. Le Qatar comme l’Arabie Saoudite est sous domination féodale fondamentaliste wahhabite.

Le Qatar finance « l’Armée Libre Syrienne » des mercenaires islamistes et renégats de l’armée syrienne entraînés par des forces spéciales françaises anglaises US/Israël et stationnés en Turquie - avec l’accord du gouvernement turc d’Erdogan proche des Frères Musulmans - à Antakya dans la province d’Hatay prés de la Syrie d’où ils lancent leur opérations terroristes en territoire syrien.

L’appel du roi féodal dictateur qatari, Al Thani, à l’envoi de « troupes arabes » en Syrie est tout simplement un appel à l’envoi de mercenaires arabes islamistes et autres renégats syriens pour renverser par un putsch le régime de Bashar Al Assad. A l’évidence ce dernier n’acceptera pas une telle demande même sous la menace d’un chantage à l’envoi du dossier syrien au CSONU. Là la Syrie bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine qui n’hésiteront pas à utiliser leur veto y compris pour une demande de l’envoi de « troupes arabes » - envoi qui serait d’ailleurs une première la LA n’ayant aucune accréditation internationale onusienne.

La Russie tout comme la Chine ont renouvelé leur opposition à une ingérence étrangère militaire en Syrie considérant d’autre part qu’une attaque contre la Syrie et l’Iran était une «menace pour leur sécurité nationale». Autrement dit ces deux puissances nucléaires sont prêtes à se mobiliser y compris en participant à un conflit qui de régional pourrait vite se transformer en IIIème Guerre Mondiale.

La Russie dont l’ambassadeur et des employés de son ambassade au Qatar ont été malmenés récemment à l’aéroport de Doha - les mercenaires du roi féodal dictateur Al Thani tentant de s’emparer de valises diplomatiques allant même jusqu’à frapper l’ambassadeur russe - sait à quoi s’en tenir sur les plans d’invasion militaire de la Syrie projetée par le Qatar les documents diplomatiques les détaillant précisément. D'où peut être l'empressement des Russes à livrer des armes à la Syrie au grand dam de Washington et Tel Aviv. Le port syrien de Tartous reste pour la Russie la seule ouverture sur la Méditerranée difficile de croire que Moscou va y renoncer.

En Tunisie «libérée» tout comme en Libye « libérée » certains commencent à manifester contre l’ingérence du roi féodal dictateur Al Thani dans les affaires de leur pays.

En Libye le Qatar pourtant riche en pétrole a obtenu gratuitement sa part du gâteau pétrolier libyen en participant à la guerre contre Kadhafi imitant en cela les pays membres de l’OTAN et volant ainsi le peuple libyen de sa principale ressource financière: le pétrole.

Ce n’est pas au roi féodal dictateur qatari Al Thani oeuvrant pour ses maîtres de Washington Tel Aviv et complotant avec le renégat actuel occupant de l’Elysée Sarkozy de décider à la place du peuple syrien. Ce dernier reste majoritairement fidèle à Bashar Al Assad pour le moment contrairement à la propagande de guerre diffusée non stop par les médias occidentaux inclus FR2.

 - Manipulation honteuse de La mort du journaliste Gilles Jacquier De FR2
A peine la mort du journaliste Gilles Jacquier de FR2 tué la semaine dernière à Homs en Syrie alors qu’il était en reportage pour la chaîne TV FR2 avait-elle été annoncée en France que déjà les loups politiques et médiatiques va t-en guerre commençaient -t-ils à déverser sur papier et sur la toile leurs rumeurs nauséabondes contre le régime de Bashar al Assad accusé de « manipulation » pour ne pas dire de meurtre du journaliste français.

Le directeur de l'information de FR2, Thierry Thuillier, repris en boucle par ses confrères hargneux du Monde Libération Le Figaro et consorts a lui estimé qu'il y a des éléments "troublants" entourant les circonstances de la mort du journaliste.

Thuillier avant de lancer de telles insinuations gratuites sans preuve ne s’est pourtant pas rendu en Syrie où il aurait pu à sa demande visiter l’endroit où a été tué Jacquier et demander à voir tous les documents vidéos à disposition relatifs aux évènements tragiques interrogés des témoins, bref faire sa propre enquête in situ immédiatement aprés.

Travail d'investigation "trop professionnel" sûrement !
Au lieu de cela lui et le gouvernement de Sarkozy se sont empressés de rapatrier la dépouille du journaliste ce qui constitue en droit pénal une appropriation frauduleuse d’un corps alors même que la justice syrienne avait été immédiatement saisie et une autopsie prévue dans le cadre de l’enquête syrienne sur les circonstances de sa mort. Cet acte de kidnapping de la dépouille du journaliste permet au gouvernement Sarkozy de faire disparaître des preuves et manipuler la vérité.

Encore une fois cela prouve hélas l’absence de professionnalisme de ceux qui occupent des postes clés dans les médias français et leur soumission totale au dictat de l’ Elysée qui supervise de toute façon leurs nominations aux postes qu'ils occupent.

Le site voltairenet.org publie deux articles à lire consacrés à la mort de Gilles Jacquier
Le journaliste français Gilles Jacquier meurt sous le feu des gangs armés à Homs
Décès du reporter d’Envoyé Spécial : la France dissimule les preuves

C’est à sa famille endeuillée mais aussi à ses collègues journalistes de conscience d’exiger par respect pour sa mémoire son professionnalisme par respect de la déontologie journalistique que toute la vérité soit faite sur sa mort sans se laisser manipuler par des va-t-en guerre politiques et médiatiques

http://www.planetenonviolence.org/Le-Dictateur-Wahhabite-Qatari-Al-Thani-Pour-Un-Putsch-Militaire-En-Syrie-Manipulation-Honteuse-De-La-Mort-De-Jacquier-De_a2540.html



2 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Gilles Munier : Provocation qatarie : l'ambassadeur russe roué de coups.
   L’information est passée pratiquement inaperçue : le 29 novembre dernier, Vladimir Titorenko, ambassadeur de la Fédération de Russie au Qatar, ainsi que des fonctionnaires d’ambassade venus l’accueillir à sa descente d’avion sur l’aéroport de Doha, ont été roués de coups par des policiers et des douaniers.

   Selon l’agence de presse Novosti, les quataris tentaient de s’emparer de la valise diplomatique russe. Le diplomate a été blessé à la rétine et son corps serait couvert d'ecchymoses.

   Le ministère russe des Affaires étrangères a immédiatement protesté contre le « caractère inadmissibles »de ces actes, précisant qu’il s’agit d’ « une violation flagrante des normes du droit international ». Il exige une enquête

   Selon le quotidien libanais Al-Nahar (1), l’attaque s’est produite après que la Russie aurait refusé plusieurs millions de dollars offerts pour qu’elle change de position à l’égard de la Syrie.

    Vladimir Titorenko est un ambassadeur qui ne se laisse pas impressionné. En avril 2003, en poste en Irak, il a été blessé alors qu’il roulait en convoi vers la Syrie, son véhicule ayant été délibérément pris pour cible par une patrouille étasunienne. Plusieurs diplomates avaient été touchés.

A l’époque, la CIA croyait que le président Saddam Hussein se terrait à Bagdad, caché à l’ambassade russe.

(1) http://www.annahar.com/content.php?priority=4&table=mahaly&type=mahaly&day=Sat

© G. Munier/X.Jardez
Publié le 5 décembre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier



3  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Fida Dakroub : Qatar : le Corbeau voulant imiter l’Aigle!

Il est clair d’emblée que le rôle que joue le Qatar, sur la scène des événements régionaux, depuis l’accord de Doha, en 2008, vise à imposer ce petit émirat, dont la population ne dépasse pas un million et quelques centaines de mille de sujets, comme joueur principal aux conflits du Moyen-Orient.
De façon similaire, depuis sa précipitation théâtrale sur la scène des événements du "Printemps arabe", l’émir du Qatar, Cheikh Hamad, insiste à se présenter en costume de despote éclairé. Pour en faire, il s’habille en Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand, et fréquente les voltaires de l’impérialisme français, tel que Bernard-Henri Lévy, et ceux de l’obscurantisme arabe, tel que Youssef al-Qardaoui. Par contre, il est vrai que Hegel fait, quelque part, cette remarque que «tous les grands événements et personnages historiques se répètent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois, comme tragédie, la seconde fois, comme farce». De surcroît, le Cheikh Hamad – on l’appelle, aussi, émir - s’est entretenu, le 4 janvier, avec le secrétaire général de l’ONU, monsieur Ban Ki-moon, de la possibilité d’associer l’ONU à la mission de la Ligue arabe, en Syrie, afin que celle-ci profite de «l’expérience» de l’organisation internationale, en matière de mission de paix et d’interposition. Cette manœuvre, de la part de l’émir, vise à atteindre deux objectifs : premièrement, faciliter et légitimer une intervention de l’OTAN, dans la crise syrienne – il n’est plus secret que, parmi les récentes «expériences» de l’ONU, figure le feu vert à l’OTAN, pour la destruction de la Lybie – ; deuxièmement, contrecarrer le pouvoir de la Ligue arabe et réduire son rôle, comme organisation représentant les intérêts du monde arabe, pour qu’elle soit une sorte de Loya Jirga, rassemblant, précisément, les émirs et sultans des familles royales du golfe Persique. Il en va de même que l’émirat du Qatar, qui possède une armée de mille cinq cents mercenaires, mais qui abrite, par contre, la plus grande base militaire américaine, dans la région, ambitionne de jouer un rôle, au niveau international, aussi énorme que l’énormité de la présence des troupes étrangères, sur son territoire. Ainsi, aux premières lueurs du "Printemps arabe", le Qatar, qui s’est transformé en un outil médiatique, aux mains des puissances impérialistes, dans le monde arabe, s’est précipité, sur la scène des événements. Il faut souligner le rôle que joue, en ce sens, la chaîne Al-Jazira, dont l’objectif est de fausser les données réelles de la guerre impérialiste contre la Syrie, et cela, en promouvant un discours de haine et de ressentiment religieux contre les groupes minoritaires au monde arabe. Aussi le Qatar, en s’alignant sur des positions, qui suggèrent, carrément, l’intervention étrangère, en Syrie, est allé loin, dans la question des sanctions contre la Syrie, qui ont laissé des effets négatifs et directs, sur le niveau de vie, l’alimentation et les médicaments du peuple syrien. On en peut que partager le même avis de l'analyste politique russe, Viatcheslav Matuzov, qui a souligné que le Qatar joue un rôle négatif, au sein de la Ligue arabe, ajoutant que «les États-Unis veulent la chute et la destruction de la Syrie, en tant qu'État arabe indépendant (…) L'Occident a une seule demande de la part de la mission des observateurs arabes, à savoir, la prise d'une position, en solidarité avec l'opposition extrémiste, sans aucun souci de chercher après les faits réels sur le terrain», a estimé l'analyste russe, dans une interview à la chaîne «Russia Today».
Il convient de mentionner que les ingérences hostiles du Qatar, dans les affaires internes de la Syrie, se font, au moment où deux puissances se confrontent, dans une sorte de guerre froide, dans la région du golfe Persique : celle du Pygargue, à tête blanche, étatsunien et celle du Derafsh Kaviani iranien. La présence de la première puissance est en déclin, dans la région, surtout, après le retrait des légions de l’Empire de l’Irak ; celle de la deuxième puissance est en croissance. Entre ces deux grandes puissances belligérantes – l’Iran et l’Empire étatsunien – les ambitions «impériales» du Qatar évoquent en nous la fable de La Fontaine, Le Corbeau voulant imiter l’Aigle. Pendant toutes les périodes précédant le "Printemps arabe", l’Égypte jouait un rôle central, au sein de la Ligue, qui lui permettait de diriger le monde arabe, surtout, à l’époque du Président Nasser (1956 – 1970) et la montée de l’idéologie nassérienne.
Dès sa naissance, en 1945, la Ligue arabe était toujours divisée en deux camps aux visées politiques opposés. D’abord, dans les années quarante et cinquante, l’entente égypto-saoudienne, favorable aux projets d’indépendance, s’opposait à l'axe hachémite jordano-irakien, plus enclin à une coopération avec la puissance britannique, encore, maîtresse de nombreux protectorats et mandats (Soudan, Palestine, Émirats, etc.). Par la suite, dans le contexte d’anti-colonialisme et de la Guerre froide, la division prit une nouvelle démarcation entre États socialistes, proches de l'URSS (Libye, Syrie, Algérie, Égypte de Nasser, l’Irak, le Yémen du Nord) et États proches des États-Unis (les émirats et sultanats arabes du golfe Persique). Enfin, après la chute de l’Union soviétique, la Ligue arabe se trouvait divisée, encore, en deux camps : d’un côté, les pays résistants aux projets américains de domination (surtout, la Syrie et le Liban) ; de l’autre côté, les pays dociles à l’Empire (toujours, les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, l’Égypte de Mubarak).
Suite à la chute du dernier pharaon, Moubarak, en 2011, l’Égypte se trouve occupée par ses problèmes internes, ce qui l’empêche de continuer à jouer un rôle principal, dans le monde arabe, même si le secrétaire général de la Ligue continue à faire privilège de l’Égypte. Il n’est plus secret que l’absence «transitoire» de l’Égypte, comme leader du monde arabe, a entraîné une diminution du rôle que joue la Ligue. Autre que l’Égypte, aucun pays n’est en mesure de diriger le monde arabe. L’Égypte reste le seul pays «habile» à jouer ce rôle, vu son poids démographique, économique et culturel. Sur un autre plan, l’Arabie saoudite n’est plus dans une situation lui permettant de remplir ce vide laissé par l’enfermement de l’Égypte, sur ses propres crises et problèmes internes, et cela vu la fragilité et l’instabilité intérieure et les tremblements politiques aux portes du Royaume – la révolution, a Bahreïn, et la guerre civile, au Yémen. Simultanément, les pays du Maghreb ne sont pas, non plus, en mesure de diriger le monde arabe, vu, premièrement, leur position géographique, au bout du monde arabe, et deuxièmement, la nature démographique de ces pays, qui ne constituent pas vraiment des agglomérations de masses, comme l’Égypte et le Levant, mais, plutôt, des centres urbains dispersés, au long de la côte méditerranéenne de l’Afrique du Nord. De même, la Tunisie reste, au lendemain de sa révolution "Jasmin", instable, du point de vue politique ; et la Lybie se trouve ruinée, par la grâce de la «mission humanitaire» de l’OTAN.
Donc, le retrait temporaire de l’Égypte de la scène des événements a créé un vacuum, aux niveaux politique et diplomatique. Ajoutant à cela, le retrait des légions de l’Empire, de l’Irak, qui a ouvert les portes, devant la puissance iranienne ascendante. Pour faire «barrage» à l’expansion iranienne, seul, le Qatar, semble capable de jouer ce rôle, aux niveaux politique et diplomatique, en tant que concessionnaire de l’Empire et négociant – plutôt que négociateur – ; pour la simple raison que, du point de vue militaire, le Qatar n’est, en réalité, qu’une base militaire américaine, dans la région.
Pour contrecarrer le rôle de la Ligue arabe, l’ingérence hostile du Qatar, dans la crise syrienne, et son engagement complet à la conjuration impérialiste visent, en premier lieu, à créer des divisions entre ses membres, basées sur des sensibilités religieuses – sunnites vs. chiites – et ethniques – Arabes vs. Perses – et deuxièmement, à transformer la Ligue, en une sorte de Loya Jirga, rassemblant les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, dont les monarchies se justifient par une idéologie wahhabite, la même que celle des Taliban. Plus tard, ce nouveau bloc wahhabite, qui comprend les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, les Taliban de l’Afghanistan et les "Frères musulmans" de l’Égypte et de la Syrie – bénéficiant de l’énorme support des puissances impérialistes – tenterait de démembrer l’Arc chiite qui s’étend de l’Iran jusqu’au Liban, tout en passant par l’Irak et la Syrie ; et cela, en renversant le régime syrien, en premier lieu, ensuite, en isolant le gouvernement de Maliki, en Irak, en second lieu. Par conséquent, le Hezbollah, au Liban, se trouverait coupé, totalement, de son arrière-front, l’Iran ; ce qui faciliterait, à une étape plus avancée, à envahir l’Iran. En un mot, l’ouverture d’un bureau de Taliban, au Qatar, met, officiellement, fin à la guerre étatsunienne contre le terrorisme ; et les ennemis d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui. Ce qui revient à dire que les dernières attaques terroristes, au cœur de la capitale syrienne, expriment l’application concrète de ces nouvelles Liaisons dangereuses qui sont émergées, récemment, entre le vrai Patron – l’Empire étatsunien – représenté par son concessionnaire arabe – le Qatar – d’un côté, et les Taliban, de l’autre côté – derrière eux Al-Qaïda, évidemment....
Fida Dakroub

http://www.alterinfo.net/Qatar-le-Corbeau-voulant-imiter-l-Aigle_a69685.html


 

 

3-2Quand l’émir du Qatar se fait renvoyer bottes au cul..de la Mauritanie!

Il fallait oser le faire... En effet, le président mauritanien, Mohamed Oueld abd el Aziz n'a pas hésité de rappeler à son hôte l'Emir du Qatar,  Hamad bin Khalifa Al Thani, ses limites quand il s'agit de proférer des conseils sur la manière de gérer son pays!

Selon des  sources mauritaniennes bien informées ,  la visite de l'Emir du Qatar en Mauritanie a été trés négative, puisque ce dernier s'est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l'aéroport de Nouakchott !

Les sources ont souligné que la raison de cette dispute est que le prince du Qatar a exigé du  président mauritanien  d'apporter des réformes démocratiques à son  pays, notamment dans le domaine des libertés et de la politique économique.

Des "conseils" que  Ould Abdel-Aziz a dénoncé comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu'à vilipender  la politique qatarie qui se contente d'"exporter la révolution" , accusant la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira d'inciter la haine contre les régimes arabes.

Selon le journal mauritanien alSiraj,  la rencontre entre l'émir du Qatar et le Président mauritanien a pris une tournure dramatique quand l'émir du Qatar a demandé au président mauritanien des réformes, et lui a demandé de faire pression sur le président Bachar al-Assad .

Le journal a indiqué que le président mauritanien a réagit violemment aux propos de sa Majesté qatarie, allant juqu'à  exprimer sa solidarité avec le président Bachar al-Assad, affirmant que " les peuples ne savent pas ce que vous voulez", et que "ce que vous appelez des révolutions ne sont que des complots".

Le journal alSiraj a précisé que des sources sécuritaires arabes ont mis en garde le président mauritanien du rôle du   Qatar de tenter de provoquer un changement dans le pays, ajoutant "ce rôle consiste à péraper le terrain pour entraîner la Mauritanie dans le cercle vicieux des complots, sponsorisés par les qataris selon les termes de ces sources!

Et donc,  l’émir et sa suite sont repartis seuls à l’aéroport de Nouakchott, sans être accompagnés, comme l’aurait voulu le protocole et comme cela avait été le cas lors de l’arrivée du prince, par leur hôte mauritanien.

Lequel aurait même interdit à ses ministres de le remplacer dans cette circonstance !http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=21&frid=21&eid=44996



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ilia Kharlamov : Tension dans les relations diplomatiques avec le Qatar.

Les relations entre Moscou et Doha sont tendus suite à un incident avec l'ambassadeur de Russie au Qatar. La Russie est prête à accepter les excuses du Qatar et à reprendre des relations diplomatiques normales.

Moscou exige des excuses officielles et une enquête minutieuse suite à l'incident avec l'ambassadeur de Russie au Qatar, Vladimir Titorenko.

Le 29 novembre, la police de l’aéroport de Doha a tenté d'employer la force contre l'ambassadeur et de s'emparer du courrier diplomatique.

Cet incident jette un froid sur les relations diplomatiques entre les deux pays et pourrait remettre en question la participation du Qatar dans le projet d'extraction de gaz Iamal.

La position russe déplait

Le printemps arabe tellement salué par les libéraux occidentaux, risque de d'entraîner une explosion d’islamisme de large envergure dans le Nord de l’Afrique. Mais les islamistes ne sont pas les seuls à vouloir contrôler la situation.

L’Occident voit l’Afrique du Nord comme une sphère d'influence et cherche à tirer le maximum de profit des changements de régimes.

La Russie se positionne depuis le départ pour un règlement pacifique des conflits politiques intérieurs en Libye et en Syrie. Les intentions de Moscou de développer des projets énergétiques avec les pays de la région n’est pas au goût de tout le monde. L’agression de l’ambassadeur russe au Qatar pourrait être lié à cela car il est impossible de l’expliquer du point de vue des relations civilisées entre les pays. 

Une action commanditée

Selon Vladimir Titorenko «de telles actions ne peuvent pas être accidentelles. Le déroulement de l'opération montre clairement qu'elle était organisé par certaines forces, étrangères ou qataries. Ces deux ou trois dernières années ont été tumultueuse du point de vue des partenariats énergétiques. En novembre dernier des accords préliminaires ont été conclues concernant la mise en œuvre de gros projets d’investissements dans la sphère énergétique. Cela ne plait pas à certains Etats, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne qui voient la Russie comme un concurrent».

L'ordre de confisquer la valise diplomatique aurait émané, d’après les employés de l’aéroport, du Premier ministre du Qatar, Hamad ben Djasem. Cet homme est étroitement lié aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne, où il possède des intérêts économiques.

L’incident pourrait cependant être attribué à un malentendu regrettable.

Il y a un mois, un journal qatari s'en était pris à la Russie, critiquant dans une série d'articles sa position sur la situation conflictuelle dans la région.

La Russie est prête à accepter des excuses de la part des autorités qataries et de fermer l’incident. Doha ne semble pas être pressé et les relations diplomatiques avec Moscou sont au toujours au plus bas.

Ilia Kharlamov

27 Décembre 2011

french.ruvr.ru



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

5-1 IRIB :Tunisie : le petit Qatar fait peur!  

L’un des signes les plus apparents de cette influence grandissante est, sans aucun doute, la désignation au poste du ministère des Affaires étrangères de Rafic Abdel Salam, à la demande de Doha.
Gendre du leader du mouvement islamique "Ennahda", Rached Ghannouchi, Abdel Salam a travaillé, pendant de longues années, comme Directeur du centre d’études du réseau d’Al-Jazira net au Qatar. Le déclencheur de cette appréhension n’est autre que la visite, en Tunisie, de deux jours, du prince qatari Hamad Ben Khalifa al-e Thani . Le secrétaire général du Mouvement des Nationalistes Démocratiques (MND), Choukri BelEid, assure que cette visite fait l’objet d’un refus populaire, s’attendant à ce qu’elle exacerbe la situation politique, en Tunisie. BelEid a accusé "Ennahda" d’avoir convoqué «le parrain de l’Islam politique, dans la région», en allusion au prince du Qatar : «Je m’étonne de la visite du prince du Qatar, dont le pays souffre d’une pauvreté, dans le tissu politique, et qu’il nous lance des théories sur la démocratie, alors qu’il est l’allié de l’OTAN, des Etats-Unis et de l’entité sioniste», a-t-il déploré. Même son de cloche, de la part du secrétaire général du parti de l’Action Communiste (AC), Hamma AlHamami, qui en a appelé à une mobilisation générale, pour refuser cette visite. Alors que le journal «Al Hakika» (La vérité) a publié, en première page, un portait du prince qatari, avec, comme manchette : "Hamad, tu n’es pas le bienvenu ... La Tunisie n’est pas à vendre". Doha est critiqué, pour son rôle dans la formation du gouvernement provisoire actuel, présidé par Hamadi al-Jabali, le chef du mouvement islamique "Ennahda". L’an dernier, une visite du prince Hamad, prévue le jour de l’investiture des membres de l’Assemblée nationale constituante, issus des élections du 23 octobre, avait été annulée, après le tollé qu’elle a suscité, au sein de la classe politique tunisienne. Jeudi soir, le porte-parole du gouvernement provisoire tunisien, le ministre des droits de l’Homme, Samir Dilo, a signalé que le dirigeant qatari devrait participer à la cérémonie de la première commémoration de la révolution du 14 janvier, qui a renversé le dictateur Ben Ali. En même temps, neuf protocoles d’entente seront, également, signés, pour renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays. Le Président libyen, Mustapha Abdel Jalil, algérien, Abdel Aziz Bouteflika, et des ministres venus du Maroc, des Emirats-arabes-unis, de Bahreïn, du Koweït et de la Palestine, devront, également, participer à la cérémonie.

14/01/2012


5-2 Léon Camus : Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

Unique pays wahhabite hors l’Arabie saoudite, l’émirat qatari est une péninsule de 11 437 Km2 soit un peu plus que la Corse, indépendant depuis 1971, peuplé d’un million et demi d’habitants dont seuls 200 000 sont des qataris de souche ! Pétrole et gaz naturel y abondant (3e producteur mondial), le revenu par tête de pipe y est l’un des plus élevés au monde, nul ne payant d’impôts, tous disposent de transports et d’un système de santé gratuits… aucun Qatari - parce que riche avant de naître - ne se voit donc contraint de travailler pour gagner son pain à la sueur de son front, la main d’œuvre servile s’en charge.
Une pétro-monarchie absolue [dirigée depuis 1995 par l’émir (commandeur) Hamad bin Khalifa al-Thani, lequel a déposé son père en profitant de son séjour en Suisse, ce dernier ayant au préalable évincé son cousin en fév. 1972] sans parti politique et moins encore sans l’esquisse d’une once de symbole démocratique, les révolutions arabes n’ont apparemment en rien affecté le pouvoir… même s’il existe de tout évidence des contre-pouvoirs actifs dans la péninsule comme semble l’indiquer un coup d’État avorté en juillet 2009. Un pays où les quatre cinquième de la population n’étant pas des nationaux, les minorités iranienne, chiite, pakistanaise, arabe pourraient quelque jour avoir la velléité de réclamer les droits élémentaires dont elles se voient privées aujourd’hui.
Al-Jazira - La Péninsule.
Fort d’une réserve de 700 mds de $ en fonds souverain, l’émirat à eu l’astuce géniale de se doter en 1996 d’un prodigieux outil d’influence international avec la CNN du Monde arabe, al-Jazira la bien nommée puisque son nom signifie l’île… chaîne de télévision d’information en continu - anglo et arabophone - al-Jezira est sans contestation possible le canal satellite le plus influent du monde musulman. Il n’en demeure pas moins qu’al-Jazira couvre tous les pays sauf un… le Qatar !
Mais le temps est désormais révolu où les Yanks faisaient bombarder et assassiner ses journalistes 
2, depuis tout est rentré dans l’ordre du Meilleur des Mondes Globaux, et comme WikiLeaks nous le confirme, al-Jezira s’est opportunément placé sous la bannière étoilée et gratifiante de la diplomatie armée nord-américaine… ce qui ne l’empêche nullement de relayer les communiqués d’Al-Qaïda, assurant par ce biais à la nébuleuse terroriste un canal de communication hors pair. L’Émir à ce propos, en janvier 2010, admettait benoîtement devant le Conseil de coopération du Golfe, que l’outil politique al-Jezira lui était utile à se ménager les bonne grâces de l’organisation takfiriste ! Mais al-Qaïda et la CIA, n’est-ce pas du pareil au même  3 ?
Quand le « Printemps arabe » se déclenche, le Qatar dispose ainsi de tous les atouts pour y jouer un rôle déterminant : une chaîne satellitaire suivie par 50 millions de téléspectateurs, des soutes pleines à craquer de pétrodollars et des liens étroits avec les futurs dirigeants islamistes durs qui vont s’imposer à l’issue de processus démocratiques destinés à donner le change.
Al-Jazira est basée, à Doha, la capitale du Qatar. C’est également le Qatar qui a « hébergé » le CentCom, le commandement opérationnel américain ayant supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003.
Tête de pont et fer de lance de la diplomatie armée nord-américaine.
En vertu d’accords de défense signés en juin 1992, nous trouvons à une quarantaine de Km de Doha, el-Oudeid, principale base aérienne des É-U dans la région sur laquelle se trouve prépositionnés quelque 120 chasseurs bombardiers F-16 et divers autres aéronefs de combat. L’armée américaine dispose là d’une formidable capacité de « projection » sur l’ensemble du Proche-Orient, le Bassin de la Mer Caspienne et l’Asie centrale… C’est à partir d’El Oudeid que les É-U ont, en mars 2003, bombardé l’Irak. Le Qatar est donc, à ce titre et de toute évidence, un État de première ligne dans la stratégie de conquête et suprématie holistique conduite depuis 1991 par les ÉUA 
4.
Une politique fourre-tout d’influence tous azimuts...
« L’émir n’est pas un grand démocrate, mais il a été parmi les premiers [dans le monde arabe] à comprendre qu’il fallait aller dans le sens de l’histoire  ». Anonymous !
Alors Doha s’efforce, avec l’aide assidue du Département d’État, de mener un jeu diplomatique subtil consistant à être dans tous les camps simultanément. En février 2010, le Qatar signe un pacte de défense avec la Syrie et l’Iran et se fait le tour operator avec le président syrien Bachar el-Assad - contre lequel l’Émirat conspire activement à l’heure et militairement parlant - de la visite triomphale que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad fera au Liban en juil. 2010… L’émir s’est quant à lui rendu en Israël lors d’une visite discrète la même année, en mars selon Wikileaks. En ce qui regarde les transferts de fonds au profit des organisations djihadistes [New-York Times « Follow the Money » 8 déc.2010] et de tous les islamistes, des plus modérés aux plus radicaux, tel le parti tunisien islamiste Ennahda en la personne de son chef Rached Ghannouchi, le Qatar ferait preuve de beaucoup de laisser-aller, laisser-faire, pour ne pas parler d’une bienveillante indulgence... «  Ici je puis défendre ma cause sans contrainte… Le Qatar m’assure une liberté d’action et une large couverture médiatique internationale » dira le fondateur du FIS algérien, Abassi Madani, réfugié à Doha depuis 2003 et souvent reçu au palais. Qui ne doute d’ailleurs que l’Algérie à bout de souffle, ne perde rien pour attendre ?!
Égypte, Tunisie, Libye, Syrie... un rôle central dans les révolutions arabes.
Lors de la révolution de palais de 1995, les gardes du corps égyptiens qui assuraient la protection rapprochée de l’émir déchu s’étaient vilainement battus jusqu’au bout. Al-Thani s’est alors convaincu qu’ils avaient suivi des ordres pris au Caire… Hosni Moubarak sera par conséquent la première cible de l’Émirat à l’heure des révoltes arabes. De son côté, le Raïs égyptien Moubarak n’appréciait guère que le Qatar multiplie les missions de bons offices au Liban ou au Soudan, sa chasse gardée diplomatique. Dès les premières émeutes populaires au Caire, al-Jazira prend fait et cause pour la foule. Au fait des méthodes et techniques éprouvées empruntées aux journalistes occidentaux, les correspondants d’al-Jezira gonflent outrageusement le nombre des manifestants et la violence de la répression, suscitant un surcroît de colère et de révolte dans les opinions publiques arabes par le truchement de son auditorat… Le prédicateur islamiste, vedette de la chaîne, l’Égyptien Youssef al-Qaradawi, exilé à Doha depuis cinq décennies, animateur de l’émission à très large audience « La Charia et la Vie » excite alors les foules à bouter dehors le « Pharaon » ... La messe est dite !
Passons rapidement sur la Tunisie. Une chose est certaine : le financement d’Ennahda, nouveau parti islamiste au pouvoir par le Qatar est un secret de Polichinelle. Le 2 janvier dernier, Rached Ghannouchi son chef -qui se déplace considérablement sans excepter les États-Unis of course -et apporte un soutien sans réserve à la noble cause du Conseil national syrien - était à nouveau reçu au Qatar appelé à lui fournir les moyens nécessaires pour « que la Tunisie nouvelle puisse devenir un exemple en matière de progrès et de démocratie authentique sur la base des valeurs de l’Islam et de ses enseignements ». Pourquoi pas, mais que ce message soit envoyé depuis le Qatar, bastion du radicalisme wahhabite, laisse quand même songeur, pour ne pas dire pantois !
Pour ce qui est le Libye, le cas est exemplaire. Selon le Figaro 6 novembre 2011, Doha aurait engagé 5000 commandos des Forces spéciales qataries sur le front libyen ! Il ne s’est donc pas agi d’un soulèvement populaire, voire d’une cruelle guerre civile, mais bien – comme tout le laissait supposer - d’une intervention armée extérieure et d’une guerre sans uniforme ! « Chargées d’épauler les rebelles, les troupes de Doha se sont d’abord déployées à Tobrouk puis ensuite à l’ouest dans le djebel Nefoussa, où le chef d’état-major qatarien, le général Hamad ben Ali al-Attyiah s’est rendu à plusieurs reprises ». La participation du Qatar au cours de l’intervention menée contre la Jamahiriya libyenne, aura été ainsi particulièrement plus conséquente qu’avouée et ne se sera pas limitée au soutien logistique et aérien revendiqué de prime abord… l’émirat ayant mis quand même à disposition de l’Otan huit Mirage 2000 sur les douze qu’ils possèdent ! Mais les guerres modernes ne sont-elles pas avant toute chose, voire essentiellement, des guerres du mensonge, ne serait-ce que par omission ?
D’après d’autres sources [27-12-2011 Le Nouvel Observateur] : « Les Qatariens sont arrivés avec des valises remplies d’argent, ce qui leur permit de retourner des tribus », ajoutons de recapitaliser les groupes et factions djihadistes [notamment les surgeons du Groupe islamique combattant en Libye - GIGL] en sommeil depuis leur répression par Kadhafi il y a une petite dizaine d’années, mais dont certains éléments libérés en 2008 on joué un rôle central dans la chute de la Jamahiriya, tel Abdelhakim Belhaj, chef de troupes de chocs qui firent tomber Tripoli, puis commandant militaire de la capitale libyenne avant de partir – selon toute vraisemblance 
5.
Dans un entretien accordé à la chaîne panarabe Al Arabiya, le président démissionnaire du bureau exécutif du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril, avait corroboré que les pétrodollars qataris avaient servi à alimenter « les rivalités et les motifs de désaccords existant entre les rebelles et les divers courants gérant l’après Kadhafi, dans le but explicite de diviser et de monter les uns contre les autres les frères libyens » 
6. Au total ce sont 400 millions de $ qui auraient été versés par l’émirat. Quand on aime, on ne compte pas !
Pour ne pas conclure sur le très sanieux chapitre libyen, il s’agit de garder en mémoire que les Qataris ont largement favorisé, approvisionné et abondé les groupes islamistes 
7. Dans le Djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, les Moukhabarat, les services spéciaux qataris en liaison directe avec leur Cheikh, ont présidé à la distribution très sélective des missiles antichars généreusement offerts par la France. Ce n’est pas moins de neuf cargaisons qui furent ainsi réparties au seul profit des combattants islamistes. Une partie des armes devait par la suite s’évanouir dans la nature en complément des « 10 000 missiles sol-air » engloutis dans les sables libyens selon l’amiral Giampaolo Di Paola, chef du Comité militaire de l’Otan assurant la coordination entre les différents états-majors opérationnels en Libye.
Or, à présent, c’est le Qatar - qui sait apparemment à merveille tirer les marrons du feu - qui a pris le relais de l’Otan sur le sol libyen, en assurant la suite des opérations puisque contrairement à ce que n’en dit pas la grande presse, la situation y est encore loin d’être complètement stabilisée… État de fait qui confirme indirectement le rôle central que le Qatar a occupé dans le déroulement des opérations d’une guerre qui n’a jamais dit son nom 
8 !
Désormais, il sera parfaitement loisible de voir dans le Qatar un « acteur majeur » de la scène orientale et plus encore, à travers les liens politiques et économiques tissés avec la France, un protagoniste de l’espace euroméditerranéen. « Un cas unique ! Nous avons assisté à la naissance d’une puissance régionale de la taille d’une tête d’épingle » s’était exclamé le chantre belliciste Bernard-Henri Lévy… et même une « puissance internationale » faudrait-il ajouter en tant que - ultima ratio - bras armé du Pentagone et agitateur au service du Département d’État dans les banlieues du Tiers-Monde hexagonal.
Reste qu’il est parfaitement cocasse – et pas uniquement pour les esprits chagrins – de voir une monarchie réellement absolue, animée par un puritanisme religieux fanatique, œuvrer au triomphe de la démocratie… ou de ce que l’on nomme tel !
Le PSG, les banlieues, l’émir et le Sarkoland.
Depuis quelques années Washington s’immisce insidieusement, sournoisement mais sûrement dans les affaires intérieures françaises, notamment celles de nos périphéries et autres « banlieues », sous couvert de nous donner des leçons de démocratie plurielle et en accusant aimablement les Frenchies d’être d’infâmes « réacs » pratiquant d’odieuses exclusions à l’égard du sel de la terre… C’est ce modèle made in America qu’entendent aujourd’hui appliquer également les Qataris bien décidés à déverser les millions par brassées sur nos gentils discriminés sous le regard attendri des supporteurs du PSG. Le Qatar, micro État et vibrion polymorphe, a en effet racheté la majorité du capital du PSG tout en intervenant militairement aux côtés de l’Otan pour démocratiser la Libye, et bientôt la Syrie – c’est-à-dire l’offrir aux islamistes radicaux - et en se faisant désigner dans la foulée, contre monnaie sonnante et trébuchante il va de soi, comme organisateur en 2022 de la Coupe du monde de football !
Des banlieues « céfrans » choyées et convoitées.
Le Qatar a depuis longtemps emboîté le pas aux Yanks en matière d’ingérence dans les affaires intérieures hexagonales : son ambassadeur n’a-t-il pas annoncé en décembre la création d’un fonds d’investissement de 50 millions € en vu de financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France ? Dix élus périurbains - cinq hommes, cinq femmes, parité oblige – ont de la sorte été invités au Qatar où ils ont été reçus à l’instar de chefs d’État (futurs peut-être) par l’émir Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani dans le but officiel d’établir des partenariats économiques entre l’émirat et les quartiers populaires où des entrepreneurs se disent « victimes de discrimination et bloqués » 9.
Le Qatar en France : un État dans l’État et le généreux financier de nos politiques.
Une question se pose crûment : les fonds souverains qataris sont-ils en passe d’acheter la France en pièces détachées à l’instar de ces organisations sionistes qui s’implantèrent en Palestine - pour finir par y créer un État, pour l’heure toujours sans frontières ! - en rachetant morceau par morceau, des terres, des lopins, des domaines, des champs et des maisons à qui voulaient leur vendre ?
Commençons par l’achat en gros et en détail de notre classe politique. Des faits et ils sont évocateurs ! Nos politiques sont tous autant qu’ils sont, de modernes jet-setteurs passant le plus clair de leurs temps dans les avions pour aller se dorer la pilule qui à Marrakech, qui en Tunisie (Alliot-Marie), qui en Égypte (Juppé) et ne parlons pas de notre agité-du-bocal ! En vrac parmi les habitués de l’émirat : Villepin, Delanoë, Douste-Blazy, Dati, Royal, Amara, Guéant, Debré, Larcher, Védrine, Mitterrand, Morin, Chevènement, Baudis, Lang 
10. Pas un qui manque à l’appel !
Trois semaines après son élection, en 2007, le premier chef d’État arabe reçu à l’Élysée est l’émir al-Thani. Celui-ci, le 14 juillet suivant, assistait au défilé de nos troupes au côté du président de la République. Lorsque M. Sarkozy occupait la place Beauvau, il avait eu à connaître de la formation des forces de sécurité qataries, d’où des contacts privilégiés… Ce serait par ailleurs le Qatar qui serait intervenu de façon décisive dans la libération en août 2009 du libyen al-Megrahi, l’un des auteurs présumés de l’attentat de Lockerbie, puis surtout, en juillet 2007, dans celle des infirmières bulgares détenues en Libye ; pourtant, curieusement, ce furent Cécilia Sarkozy et son mari qui en récoltèrent tous les lauriers.
De la même mauvaise manière quand le président français - en bonne compagnie : celle du Premier ministre britannique David Cameron et du plumitif Bernard-Henri Lévy alors promu Ministre bis des Affaires étrangères et de la Guerre - paradent à Tripoli le 14 septembre, après la mort ignominieuse - pour les vainqueurs – du Raïs déchu, le grand allié qatari est exclu du triomphe… Et il en concevra un ressentiment durable à l’égard du chef de l’État français 
11. Précisons que le Qatar joua un rôle discret, pour ne pas dire occulté - mais essentiel car unique dans le monde arabe - dans la destruction libératoire de la Lybie assortie de ses 150 000 morts « humanitaires », lesquels auront évité, il est vrai, par leur sacrifice « un véritable bain de sang »  12 ! Il en sera vraisemblablement de même, lorsque les nouveaux Alliés anglo-franco-turco-quataris en auront fini avec la Syrie, mais la démocratie est à ce prix et l’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas ?
Pour revenir à la noria de personnalités françaises qui vont chercher quelque fraîcheur à l’ombres des méga buildings et palmiers qataris, réservons une mention spéciale aux membres ou ex membres du gouvernement : Claude Guéant missi dominici de M. Sarkozy, Fadela Amara et Rachida Dati qui, lorsque cette dernière était encore Garde des sceaux, se rendait deux ou trois fois par mois à Doha ! Il est vrai, ceci expliquant cela, que sa sœur est ou était l’une des proches collaboratrices du procureur général du Qatar… On comprend mieux ainsi les bâillements de la susdite sur les travées du Parlement européen de Strasbourg et ses savoureux fourchages de langue dus évidemment aux décalages horaires ! Chirac président effectua neuf visites officielles dans l’émirat, un client avantageux et assidu du cabinet de conseil de l’ancien Premier ministre Villepin dont les déplacements se font apparemment sur les avions personnels de l’émir ! 
On jugera également du poids de l’émirat dans la vie politique française, sachant qu’à partir de 2008 il s’est vu octroyer des privilèges fiscaux tout à fait exorbitants - par la grâce des votes de la Chambre et du Sénat – afin de faciliter ses investissements dans notre belle République bananière 
13. Ainsi les investissements immobiliers qataris ne sont pas imposables sur les plus-values et ses ressortissants en France ne sont pas astreints à l’ISF durant les cinq premières années de résidence. Notons que le groupe d’amitié France/Qatar ne compte pas moins de 49 députés à l’Assemblée nationale... en contrepartie Doha a passé avec Paris des accords pour la formation de ses marins et de ses policiers, ce pourquoi le Qatar devrait voir la création d’annexes de certaines de nos grandes Écoles telles HEC, Saint-Cyr ou l’École nationale de la magistrature… mais de là à dire que le palais de Élysée et celui de Doha seraient cul et chemise, subsiste un pas que nous ne saurions franchir !
Quant aux liens économiques…
Les entreprises françaises sont comme de bien entendu représentées en force dans l’émirat, au premier rang desquelles Total, GDF-Suez (5,8%), EDF, Veolia, Vinci, Air Liquide, EADS, Technip… Reste que le Qatar en tant que détenteur d’un prodigieux fonds souverain – la Qatar Investment Authority - dont les avoirs tournent autour de 700 milliards de dollars, s’intéresse de près à nos secteurs stratégiques : par exemple le groupe d’industries de défense et de presse Lagardère (7,6 %), Veolia (5%), de Suez Environnement (1%), Vinci (5,8%), ou la compagnie maritime d’affrètement CMA CGM, et plus encore à Areva et au nucléaire. Fin 2010, ce n’est qu’in extremis que fut bloquée par le gouvernement – et non par la présidence évidemment - l’entrée du Qatar dans le capital du groupe nucléaire français. Un activisme boursier et des offres d’achat représentatifs de l’agressivité et du volontarisme des mercenaires de l’ingénierie financière qui conseillent la famille régnante du Qatar ou œuvrent au service de ses hommes d’affaires.
Un cas intéressant : l’immobilier et le patrimoine.
L’immobilier donne également une assez bonne mesure de l’influence et des ambitions qatarie en Hexagonie : l’émir possède personnellement à Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine, une résidence couvrant 4.000 m2 ainsi que l’hôtel d’Évreux, place Vendôme, assorti des deux autres hôtels particuliers y attenant. Quant au fonds souverain émirati, il s’est octroyé à Paris plusieurs grands hôtels tels le Royal Monceau... ou encore le Majestic de Cannes.
Plus emblématique encore, le cas de l’Hôtel Lambert, fleuron du patrimoine parisien du XVIIe siècle sis à la pointe est de l’île Saint-Louis, acquis en 2007 des mains des héritiers de Guy de Rothschild par le propre frère de l’émir et dont les travaux de « restauration » (lire aménagement façon pétromonarchique) ont fait beaucoup de bruit, et pour cause. Des travaux considérables et illégaux qui ont suscité une polémique, or pour l’étouffer, Christine Albanel ministre de la Culture (dont le digne prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, faisait accrocher en sept. 2008 un homard rouge géant à Versailles au plafond de la Salle des batailles), s’est à l’époque bien gardée de saisir la Commission nationale des monuments historiques mais avait créé de toutes pièces un Comité scientifique ad hoc… Passez muscade !
2012 l’année du Qatar en France ?
D’un côté l’émirat comble de bonheur des supporteurs du PSG en recrutant joueurs et entraîneur à prix d’or, de l’autre, il offre à Arnaud Lagardère une magnifique assurance-vie en devenant le premier actionnaire de l’empire familial (7,6 %) ! Quant à la chaîne qatari al-Jazira, celle-ci vient d’acquérir la majeure partie des droits de retransmission de la Ligue des champions de 2012 à 2015, soit quatre lots sur cinq relatifs aux droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. 
14
Amorcé en 2006, le rachat du PSG par Qatar Sports Investments, a conclu au final quinze ans de rapprochement et d’intrication d’intérêts politiques et économiques entre la France et le Qatar 15. À l’origine, Jacques Chirac avait eu l’habileté – ou un pragmatisme en béton teinté d’un franc mépris pour l’état de droit en général - d’avoir été en 1995 le premier chef d’État a reconnaître officiellement l’émir al-Thani qui venait justement de pousser dehors son propre père parce que jugé inapte à la gestion de son micro et richissime royaume… Quant à Nicolas Sarkozy, il a pour sa part, en quelque sorte, assuré la continuité du service public – certes d’abord au profit du despotisme sportif - en se démenant pour faire aboutir la reprise du club par l’émirat. Chantal Jouanno, alors ministre des Sports, avait failli payer cher et se faire virer pour avoir déclaré publiquement - la folle - qu’elle eût préféré des investisseurs français !
Pour compléter le tout, Doha a obtenu – à coup de dessous de tables ! - l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Le recrutement de Zinedine Zidane – il aurait reçu dit-on entre un et dix millions €… ce que l’intéressé s’est bien gardé de contredire - en tant qu’ambassadeur d’un pays n’ayant jamais organisé un tournoi international de ce type et de cette envergure, aura été aussi un maître coup en matière de communication. Au demeurant, le Royaume-Uni et l’Allemagne auront contesté une décision - pourtant rationnelle selon les critères en vigueur de nos jours : la loi d’airain du pognon - et demandé de façon assez peu réaliste que le choix en faveur de Doha soit réexaminé… Qui vivra verra !
Notons que l’intérêt du Qatar pour le « foot » déborde largement la Coupe du monde, l’acquisition du PSG et d’une brochette de joueurs peoplisés et dorés sur tranche parce que mieux payés que les plus super traders de salle de marchés… Ainsi les clubs de football européens deviennent des proies qui tombent les unes après les autres : Malaga en Espagne et le FC Barcelone, maintenant le Paris Saint-Germain avons-nous dit, le seul grand club de la capitale française dont Nicolas Sarkozy - comme par hasard – est, ou est supposé être, un fervent supporteur.
Alors, le PSG, les banlieues, l’Émir et le Sarkoland ?!
Que recherche le Qatar en France ? L’analyse de sa stratégie d’influence reste à faire, à commencer par comprendre quels sont les effets directs et indirects que recherche le Qatar par le biais d’un tel activisme ? Activisme d’ailleurs irréductible à une simple compulsion frénétique… Au fond le Qatar n’est-il pas une sorte de chancre se nourrissant des chairs mortes qui l’entourent ? Au demeurant force est de constater que la présence et l’influence du Qatar en France grandissent de façon démesurée. L’annonce d’un fonds d’investissement au profit exclusif des banlieues, « oubliées et délaissées », intervient quelques jours à peine après l’acquisition par le Qatar, via la chaîne al-Jazira Sport, de quatre des cinq lots des droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. Il se répète enfin, et de façon particulièrement insistante, que l’Élysée n’aurait pas ménagé ses efforts – comme si cela constituait une priorité dans la conjoncture actuelle ! - pour convaincre l’émir de donner au PSG les moyens de ses nouvelles ambitions. Mais en contrepartie de quoi ?
Washington en terrain conquis : politique d’ingérence et d’influence !
Les banlieues françaises sont aujourd’hui des cibles prioritaires de l’influence culturelle américaine… au vu au su de tous et sans que nul ne songe à s’en offusquer, bien au contraire. Le Japon, l’Inde et la Chine se partagent à vil prix les dépouilles de notre ex empire industriel, la Grande Amérique quant à elle, nous passe sur le ventre et guigne les faveurs de nos banlieues musulmanes. Tout cela est cependant en parfaite cohérence avec la vague de pouvoirs islamistes militants qui s’installent inexorablement sur le pourtour méditerranéen avec la bénédiction ou l’aide de Washington et de son bras armé qatari.
Depuis le printemps 2008 l’Administration américaine envoie, par le truchement de sa représentation diplomatique à Paris, ses chasseurs de talents recruter des Young leaders ou leur équivalent dans les banlieues françaises, mais dorénavant non plus parmi les futures élites autochtones. Des actions dites d’influence culturelle qui sont largement montées en puissance avec l’arrivée à Paris d’un nouvel ambassadeur en août 2009 
16.
Dès 2008 les Américains s’intéressent en effet à nos banlieues et surtout à leurs responsables musulmans : des séjours dans l’Amérique de Bush et d’Obama, son digne successeur, sont organisés au profit d’associatifs qui en reviennent conquis. Une opération de séduction qui vise aussi ceux qui sont entrés dans notre paysage existentiel sous la dénomination de « Jeunes », éléments phares de nos cités, entrepreneurs intrépides et capitalistes naturels qui prospèrent dans l’économie noire et les trafics illicites ( ?) de drogues réputées douces. Des lycéens et des collégiens du 9-3 ont été à ce titre généreusement invités à dîner par l’ambassadeur d’alors, Craig Robert Stapleton et son épouse dans l’imposant hôtel particulier du Faubourg-Saint-Honoré abritant l’ambassade des ÉUA.
Le maire communiste de Vénissieux, banlieue lyonnaise, André Gérin se déclarait encore à cette époque « curieux de connaître la posture du gouvernement français et du président de la République sur ces actions. Un problème se pose d’un point de vue de l’autorité de nos institutions et de l’indépendance de la France vis-à-vis des États-Unis ». Une bonne question restée depuis sans réponse et c’est bien là que le bât blesse.
En mars 2008 un colloque « Médias et nouvelles générations urbaines : exclusion ou intégration ? » organisé en partenariat avec l’ambassade américaine et le groupe de média américain Trace, nous apportait quelques éléments de réponses en illustrant la collusion sans équivoque entre le Département d’État et nos institutionnels : y figuraient entre autres, Jean-Louis Missika (vice président de Free et ancien haut fonctionnaire du Secrétariat général du gouvernement), Robert Namias (président de l’information de TF1) et Philippe Tassi (directeur général de Médiamétrie), et Claude Grunitzky, Français d’origine togolaise habitant à New York, fondateur de la chaîne de culture urbaine Trace TV et auteur de « Transculturalismes » ayant fait carrière sur la promotion des métissages urbains… « Les États-Unis [disait-il] savent que le rêve américain est bien présent dans les consciences collectives [des banlieues] et veulent l’entretenir… Les évènements à l’ambassade rue du Faubourg-Saint-Honoré sont fréquents où sont invitées des personnalités culturelles, souvent Africaines, issues de l’immigration, qui s’expriment sur les États-Unis » !
À présent, merci au décrié Wikileaks 
17qui a rendu public un rapport du 19 janvier 2010 destiné à Mme Clinton, Secrétariat d’État américain et rédigé par l’actuel ambassadeur des É-U en France, Charles Rivkin, sous le titre évocateur « Embassy Paris. Minority engagement strategy - Stratégie d’engagement envers les minorités » dont le chapitre 4 se propose de « lancer un programme agressif de mobilisation de la jeunesse[des banlieues] ». En substance : « l’Ambassade de Paris met en œuvre une stratégie d’approche des Minorités notamment musulmane… Notre objectif est de mobiliser la population française à tous les niveaux afin d’amplifier les efforts de la France pour réaliser ses propres idéaux égalitaires, ce qui par suite fera progresser les intérêts nationaux américains. Alors que la France est à juste titre fière de son rôle moteur dans la conception des idéaux démocratiques et dans la promotion des droits de l’homme et de l’État de droit, les institutions françaises ne se sont pas montrées elles-mêmes assez souples pour s’adapter à une démographie de plus en plus hétérodoxe ».
Le 2 avril 2010, Charles Rivkin 
18en déplacement à Bondy à la rencontre des jeunes de banlieue, leur déclarait solennellement « Chez moi, c’est différent. Tu peux être africain, indien, mais tu es avant tout américain. […] J’aime parler avec tous les Français. Je sais, et je suis sûr, que le prochain leader français est en banlieue  ». On appréciera (diversement) la prétention – voire l’arrogance – américaine à nous donner des leçons de savoir-vivre républicain. Mais cela vient de loin, les GI’s débarqués sur les côtes normandes, quand ils ne lutinaient pas les french girls après avoir carbonisé les villages au phosphore, jetaient nos camembert car ceux-ci entraient, à leur grand dégoût dans la catégorie du « putride » !
« Rééduquer, réinformer le public français me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France, et dans ce domaine presque rien d’efficace n’a encore été fait ». Ainsi donc s’exprimait Sydney Hook, membre fondateur en 1950 à Paris du Congrès pour la Liberté de la Culture l’un des faux-nez de la CIA, dans le rapport de 1949 « Report on the International Day of Resistance to Dictatorship and War » ! L’Amérique ne nous avait pas seulement envahis, selon sa propre terminologie qui n’a jamais mentionné une quelconque « libération », elle entendait en outre nous « rééduquer »… elle y est d’ailleurs presque parvenu vu l’actuelle atonie de la France populaire.
Bref, l’immixtion dans la nos affaires et nos zones périurbaines ainsi que le but clairement affiché d’y découvrir les prochains Obama « rebeu », est impressionnant pour qui n’est pas totalement aveuglé en raison d’une contemplation trop assidue et addictive du cyclope télévisuel. Plus précisément, il s’agit d’un exercice inédit de soft power - autrement dit une opération minutieusement planifiée, suivie et évaluée de manipulation des minorités ethno-confessionnelles - qui ne saurait se développer sans la complicité active, ou la veulerie, de nos dirigeants et des oppositions compradores.
Autre temps, autres mœurs. Autrefois chasser en plein jour en terre étrangère eut été difficilement imaginable et même dangereux : un État étranger court-circuitant les institutions d’un pays pour venir recruter sans intermédiaire ses agents d’influence, incroyable et jamais vu mais aujourd’hui banal - notre siècle n’est-il pas celui de tous les miracles ? - dans un pays lobotomisé, alcoolisé au Vingt Heure et apparemment – ce qu’à Dieu ne plaise - en état de quasi mort cérébrale.

Notes

(1 ) Locution du pays d’Oc « Qu’es aquò ? « Qu’est-ce ? »
(
2 ) Wiki. Les locaux de la chaîne sont bombardés par les Etats-Unis à deux reprises : une première fois en Afghanistan, la seconde fois en Irak. Un journaliste, Tarik Ayyoub, trouve la mort à Bagdad sous les bombes libératirce. Le Daily Mirror annonce le 22 nov. 2005 à la Une que le président G.W. Bush avait eu l’intention de faire la source mère dans ses locaux de Doha ce à quoi se serait opposé le Premier ministre anglais Tony Blair. En déc. 2001, un autre journaliste de la chaîne de nationalité soudanaise, est arrêté en Afghanistan et emprisonné à partir de juin 2002 à Guantanamo, il sera libéré six ans plus tard en juillet 2008 sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.
(
3 ) Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense sous George Walker Bush, s’était fait remarquer à ce propos en saluant « la parfaite et excellente coopération entre le Qatar et les É-U dans la guerre contre le terrorisme  » !
(
4 ) Le Qatar hébergeait également le « CentCom », à savoir le commandement opérationnel ayant supervisé l’invasion de l’Irak. Quant au nombre de militaires américains stationnés au Qatar, ils seraient plus de 10 000 hommes, dont 5 000 présents sur la base d’el-Oudeid !
(
5 ) cf. Réseau Voltaire - combattre avec l’Armée syrienne Libre contre le nationalisme arabe et laïc de Syrie
(
6 ) 18-11-2011 Alger. Le Temps « Mahmoud Jibril accuse le Qatar d’alimenter la zizanie »
(
7 ) A commencer par ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes. Cf. Ibid. NouvelObs
(
8 ) Slate Afrique 07/12/2011
(
9 ) Le Point.fr - Publié le 09/12/2011
(
10 ) On lira l’article très fouillé - mais cependant muet sur certains points cruciaux - auquel nous avons emprunté une grande partie des matériaux utilisés ici : « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) ». Eric Leser 6 juin 2011. Slate.fr
(
11 ) 27-12-2011 Le Nouvel Observateur
(
12 ) Alain Juppé 22 mars et 16 sept. 2011 Le Point.fr
(
13 ) http://www.bladi.net/forum/183275-f...
(
14 ) Ibid. Slate juin 2011 « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) »
(
15 ) « PSG-Qatar » Le Nouvel Observateur 5 août 2011
(
16 ) le Parisien 21 avril et 22 Avril 2008 Marianne 2 « Banlieues : OPA américaine sur les beurs et les blacks »
(
17 ) 27 fév. 2011
(
18 ) Jeudi 16 septembre 2010- Gestion des Risques Interculturels

Léon Camus

Lundi 16 Janvier 2012

http://www.geopolintel.fr



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Les commentaires sont fermés.