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31/01/2012

n°36 - Dossier de syrie - 30-01 - La vérité sur la Syrie : des hommes fous en costume gris.

 


 

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


n°36  - Dossier de syrie - 30-01  - mm1n - : La vérité sur la Syrie : des hommes fous en costume gris.


Dossier deSyrie

             n°36                                             30-01        

 C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Michel Dakar : SYRIE : Lettre ouverte au président de la Ligue des droits de l'homme.

1 Dossier

1-1 Jeremy Salt : La vérité sur la Syrie : des hommes fous en costume gris.

1-2 Sarkozy annonce aux armées françaises que la communauté internationale doit prendre ses responsabilités en Syrie.

1-3 Chérif Abdedaïm : La Syrie et le projet de démembrement du monde arabe.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Louis Denghien : La discorde chez l’ennemi : rien ne va plus entre Rami Abdel Rahmane et le CNS !

2-2 Thierry Meyssan : L’OTAN suspend ses projets militaires et renforce la guerre économique contre la Syrie.

2-3 Moscou: "Bas les pattes devant l'Iran et la Syrie," 

2-4 Joëlle Pénochet «,La Syrie est une tête de pont pour une agression contre l’Iran »

2-5 Roland Marounek : Du Meilleur des Mondes Démocratiques à la Guerre Mondiale.

 



Tiré à part

Michel Dakar : SYRIE : Lettre ouverte au président de la Ligue des droits de l'homme.

Lettre ouverte au président de la Ligue des droits de l'homme, M. Pierre Tartakowsky, au sujet de sa collaboration à la destruction en cours de la Syrie et au sujet de l’association Souriahouria (Liberté Syrie) qui légitime cette destruction, et qu'il protège.

Villequier, le 27 janvier 2012,

Monsieur le président de la Ligue,

Je constate que votre organisation, ainsi qu’Amnesty International France et l’ACAT (Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), protègent une association nommée Souriahouria (Syrie Liberté), qui est le fer de lance en France de la propagande de l’OTAN légitimant les futures invasion et destruction de la Syrie.

Cela bien sûr, sous couvert de propager la démocratie, les droits de l’homme, de combattre les dictatures et l’usage de la torture.

Mais cela ne trompe plus personne.

Les menées de l’OTAN, sont motivées pour asseoir définitivement l’hégémonie de l’entité hybride américano-israélienne sur toute la planète, cela avant que la production pétrolière en chute constante ne provoque le déclin irrémédiable de cette entité, et sa certaine disparition.

Yougoslavie, Kosovo, Irak, Afghanistan, Liban, Gaza, Lybie, voilà maintenant le tour de la Syrie, prélude à son démembrement et à celui du Liban, aux éliminations de la résistance et du peuple palestinien, à l’invasion de l’Iran et à sa destruction, à la réduction de la Chine au servage, et à la dislocation de la Russie. La route sera alors libre pour que l’entité américano-israélienne lamine pour longtemps le champ de la planète, épuisant toute ressource et à terme éradiquant toute vie. Je considère qu’il vaut mieux qu’il y ait dans l’arène mondiale, plusieurs criminels qui s’affrontent et s’auto limitent, plutôt qu’un qui reste seul et qui impose sa loi à tous. C’est du pur pragmatisme.

Parallèlement, on assiste à la destruction de l’économie européenne, de sa monnaie, par l’intermédiaire des agences de notation à la solde des services spéciaux de l’entité, et en France, à une campagne sordide, orchestrée par Sarkozy, simple factotum hideux de l’entité, pour annihiler le courant représenté par Dominique Strauss-Kahn, qui tente de conduire vers un partage raisonné du monde. Dans les plans de l’entité, l’Europe doit d’évidence rejoindre la région dévastée du Tiers-monde.

Il ne faut surtout pas omettre l’empoisonnement mondial massif par les particules nanométriques d’uranium appauvri, qui sont dégagées par milliards de milliards à chacune de ces guerres, et qui occupent l’atmosphère de toute la planète, provoquant des dégâts irréversibles au génome humain et à ceux des autres espèces incluant les plantes.

Mais cela est sans doute négligeable pour vous monsieur Tartakowsky, pensez, les plantes, déjà que vous vous fichez des humains.

La Syrie dans cette menée est un point crucial. Elle est l’obstacle qui soit sera renversé, et alors il y a toutes les chances pour que le plan de l’entité aboutisse, soit résiste, et c’est l’échec quasi assuré de ce plan. La Syrie doit être l’équivalent du Stalingrad des nazis.

Mon choix est fait monsieur Tartakowsky, je m’engage pour l’échec de ce plan, et vais tenter d’y contribuer.

Pour commencer, ceux qui en France collaborent à ce plan, d’autant qu’ils sont eux-mêmes syriens, doivent être montrés du doigt, pour ce qu’ils sont, des criminels de guerre et contre l’humanité. Ils méritent la corde ou la prison à vie.

La Préfecture de police de Paris m’a fait parvenir une copie de l’acte fondateur de cette association Souriahouria, crée en mai 2011 pour les besoins du plan de la destruction de l’obstacle syrien. On peut là déjà s’interroger pourquoi la Préfecture de police, qui me connaît si bien, et depuis si longtemps, a décidé de m’aider. Comme je m’interroge pourquoi on me redonne l’accès à mon site codeig.net.

La présidente de Souriahouria (Syrie Liberté) est une ancienne employée de France 24, la chaîne de propagande française de l’OTAN, à destination du monde arabe. C’est aussi une ancienne employée de l’Organisation de la francophonie, un support officiellement de l’influence diplomatique et culturelle française, et certainement plutôt des services spéciaux français. Elle se nomme Hala Kodmani (hala.kodmani@francophonie.org ; cet email est toujours actif). L’association Souriahouria est domiciliée à son adresse personnelle, 16 rue Armand Moisant à Paris 15ème, une rue aboutissant sur le boulevard de Vaugirard qui longe l’un des côtés de la gare Montparnasse, proche d’une des extrémités du 7ème arrondissement. J’ai été vérifier physiquement l’existence de cette domiciliation. Il y a bien une boîte aux lettres et une sonnette au 16 rue Moisant, portant le nom de Kodmani et Haigar. Je vous joins une photographie de l’entrée de cet immeuble.

Le trésorier de l’association est Rabee Alhayek, demeurant selon les documents adressés par la Préfecture 12 rue des Meuniers à Paris 12ème. Il y est indiqué qu’il serait ingénieur. C’est apparemment celui qui s’occupe du site http://www.souriahouria.com (email : redacteur@souriahouria.com). Il est à noter que celui qui possède le nom de domaine du site souriahouria.com est Paul Mosse, Mosse étant un nom juif, une déformation de Moshé ou Moïse.

Il est à noter qu’il existe une différence de valeur patrimoniale patente entre le domicile du trésorier et celui de la présidente. Une rapide recherche permet d’estimer le coût du mètre carré de la rue Moisant à environ 12 000 euros, et particulièrement celui du n°16 à environ 15 000 euros. Chacun des appartement de cette petite copropriété récente de 6 lots (apparemment des duplex), qui possèdent balcon et peut-être terrasse, et certainement chacun leur place de parking, doit faire au minimum 100 mètres carrés, ce qui place Mme Kodmani rien que pour son patrimoine immobilier, si elle est propriétaire, en plein dans la seconde tranche de l’ISF. Si elle est locataire, rien que le prix du loyer dépasse le revenu d’un cadre moyen français.

Les syriens qui fuiront leur pays après le passage de l’OTAN, son démembrement et une partie de son territoire annexé par Israël, pourront toujours demander la charité à Mme Kodmani. C’est pour les aider à le faire que je donne à l’avance ces informations. Mme Kodmani aura bien quelques vieilles couvertures, boîtes de lait concentré et quelques sages conseils à leur donner.

Le troisième gus de l’association Souriahouria, le secrétaire, se nomme Mohamad Alroumi. Son adresse ne figure pas sur les documents de la Préfecture. Il apparaît comme stipendié par l’Institut du Monde Arabe (IMA), qui y expose ses photographies, le zig étant « artiste ». L’IMA est une triste imposture qui ridiculise les arabes, et sert à ce que je comprends, pour financer tous les harkis filandreux qui oeuvrent pour le régime, comme cette dirigeante de l’association de la police politique française, « Les indigènes de la République », qui a dernièrement qualifié les français de « sous chiens ». L’un des anciens présidents de l’IMA était Dominique Baudis, membre du groupe de lobbying France-Israël. Le comique dans cette affaire est que cet Alroumi photographie Damas et ses vieilles pierres, sans doute pour qu’il en reste des traces après la rénovation de la région par l’OTAN.

Avez-vous pensé, monsieur Tartakowsky aux deux millions de réfugiés irakiens qui sont installés en Syrie, qui ont fuit la libération de leur pays par l’entité américano-israélienne. Où vont-ils pouvoir aller cette fois-là ? Et aux camps de réfugiés palestiniens implantés en Syrie ? Bon, je sais que vous vous en moquez. Comme vous vous moquez que la libération de l’Irak, toujours entièrement détruit, a fait environ 1 millions et demi de morts, et que sa population dégénère à cause de son imprégnation par l’uranium appauvri. Avez-vous aussi pensé que la population de vos commanditaires, israéliens, est elle-même aux premières loges pour inspirer quotidiennement ce produit si généreusement répandu par les armées de l’entité ?

Sachez, monsieur Tartakowsky, que je caresse un rêve, qui peut-être se concrétisera, mais j’en doute, car les salauds finissent en général dans leurs lits, c’est que des tristes sbires comme vous soient conduits devant un tribunal pour y répondre publiquement devant tous. Il est vrai que détruire l’humanité et les autres espèces au nom des droits de l’homme !

J’adresse une copie de ce courrier à vos complices d’Amnesty International France et de l’Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture.

Je vous informe que je poursuis mes investigations concernant le financement de l’association Souriahouria (France ? USA ? Israël ? Qatar ? Arabie Saoudite ?).

Je vous prie de recevoir, monsieur le président Tartakowsky, l’expression de mes respectueuses salutations.

M. DAKAR
Cette lettre a été adressée par Michel Dakar, le 27 janvier 2012, à M. Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des Droits de l'Homme, 138 rue Marcadet, Paris 18ème, et des copies ont été envoyées à l'ACAT et à Amnesty International France, ainsi qu'à l'officine parisienne de propagande de la banque Rotschild, le quotidien Libération.

Articles de Michel Dakar publiés par Mondialisation.ca

Le 27 janvier 2012

Mondialisation.ca,

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28906



1 Dossier

1-1 Jeremy Salt : La vérité sur la Syrie : des hommes fous en costume gris. 

Dans son discours auprès d’étudiants universitaires le 10 janvier 2012, Bachar el-Assad a parlé de conspiration contre la Syrie. Utilisez un autre mot si ça vous chante, mais il est certain qu’il y en a une.

Les sous-fifres subalternes dans cette campagne qui vise à destituer le gouvernement syrien sont des miliciens qui se font appeler « armée syrienne libre » ainsi que divers gangs armés. Ni les uns ni les autres ne pourraient poursuivre leurs campagnes de violences sans une aide extérieure. Sans soutien armé depuis l’extérieur, ils ne seront pas en mesure de renverser le gouvernement. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est continuer leurs tueries et provoquer le chaos dans l’espoir que le régime s’effondre. Leurs sponsors sont : les USA, la Grande Bretagne, la France, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Frères Musulmans, le Conseil National Syrien, des « activistes » syriens en exil, dont certains sont liés de près aux ministères des Affaires Etrangères britanniques et étasuniens, ainsi que tous les salafistes présents dans la région. La réforme n’est pas la question. Leurs plans divergent sur bien des aspects, mais convergent sur un seul et même point : leur détermination à détruire le gouvernement baathiste. Pour les USA, la Grande Bretagne et la France – « l’Occident » -–, la destruction d’un gouvernement et d’un parti politique qui leur a longtemps tenu tête est l’enjeu. Pour l’Arabie saoudite, la question d’est d’affronter l’Iran et de contenir le chiisme dans la région. Pour les Frères Musulmans, la question est la revanche sur la répression de leur révolte de 1982 par Hafez al Assad, la destruction d’un gouvernement laïque, et la mise en place d’un gouvernement basé sur la sharia, gouvernement qu’ils entendent dominer. Tant pour les salafistes que pour les Frères Musulmans, la question est également de détruire les alaouites en tant que force sociopolitique en Syrie.

 

Pour les USA et l’Arabie saoudite, l’Iran et la Syrie, ainsi que le Hezbollah, sont les composantes d’un même problème. L’Arabie voit en l’Iran la tête du serpent et souhaitait qu’il soit attaqué lors des dernières années de l’administration Bush. Mais une attaque directe, enlevant le voile d’une guerre masquée déjà en cours, serait extrêmement dangereuse pour les pays qui sont en train de la mener. C’est ce qui les retient d’aller de l’avant, et non pas le fait que cette guerre serait catastrophique pour le peuple iranien et la région. (Notez au passage qu’il est assez extraordinaire que, bien que l’Iran vive depuis des années sous la menace constante d’une pareille offensive, les médias occidentaux n’ont pas encore parlé des conséquences possibles d’une attaque sur des sites nucléaires actifs.)

 

L’Iran serait sérieusement affaibli par une intervention armée directe en Syrie (contrairement à une guerre sous couvert actuellement en cours). Une telle intervention aurait des conséquences fort similaires à une attaque directe sur l’Iran. En 2006, les deux pays ont signé un accord de défense pour contrer les « menaces communes », et l’Iran verrait toute offensive ouverte dirigée contre la Syrie comme un prélude à une attaque sur lui-même.

 

La forme la plus probable d’intervention armée serait la déclaration d’une « no-fly zone », ou d’un « cordon humanitaire » juste au dessus de la frontière turco-syrienne. C’est ce qui s’est passé en Lybie, où près de 50.000 personnes ont perdu la vie après que la France, la Grande Bretagne, les USA et leurs alliés de moindre envergure, eussent décidé d’attaquer au nom du maintien de la no-fly zone. La Russie et la Chine ont indiqué qu’ils s’opposeraient à quelque manœuvre de la sorte au Conseil de Sécurité des Nations unies. À la lumière de ces difficultés, la seconde meilleure option est de déstabiliser la Syrie avec le même objectif final qu’une attaque ouverte. Faire tomber le gouvernement syrien, rompre ses liens stratégiques avec l’Iran et le Hezbollah, c’est là le but recherché par les USA et ses alliés d’Occident et du Golfe. Plongée dans des turbulences internes si fortes qu’elle ne sera plus en mesure de riposter, la Syrie est écartée des calculs militaires. Dans la mesure où l’Iran est concerné, cette situation renforcerait considérablement la position des USA et d’Israël et pourrait rendre une guerre plus probable.

 

Depuis le début de l’année, la carte géopolitique de la région a été redessinée de manière significative. Les partis islamistes sont arrivés au pouvoir ou sont en train d’y arriver au Maroc, en Tunisie et en Egypte, et il est fort probable qu’ils fassent de même lorsque des élections seront organisées en Lybie. Entre ce que les partis disent lorsqu’ils sont dans l’opposition, et ce qu’ils se sentent obligés de faire une fois au pouvoir, il y a généralement une certaine différence, et les partis islamistes ne font pas exception à la règle. Sur la question sensible des relations avec Israël, Rachid Ghannouchi, le leader du parti tunisien Ennahda, a eu des discussions tranquilles avec les Israéliens à Washington et a indiqué que la Palestine ne serait pas une priorité pour le nouveau gouvernement tunisien.

 

Des signaux assez vagues proviennent par contre des Frères Musulmans en Egypte. D’après le ministère des Affaires Etrangères à Washington, les Frères Musulmans ont donné des garanties qu’ils s’en tiendraient au Traité de 1979 concernant Israël. Ceci fut presque immédiatement démenti par des séniors emblématiques du mouvement, affirmant que le Traité ne pouvait être considéré comme sacrosaint, et répétant qu’il est possible qu’un referendum soit organisé afin que le peuple décide. Ce sera là l’un des thèmes les plus brûlants pour le nouveau gouvernement égyptien, mais puisque ce dernier a besoin des milliards de dollars promis par les USA, l’Arabie saoudite, le Qatar et le F.M.I. , il est probable que le pragmatisme l’emporte, à court terme, voir aussi longtemps qu’Israël lui-même ne met pas en péril le Traité avec une nouvelle attaque sauvage contre Gaza ou le Liban.

 

Dans cet environnement qui change très vite, la Syrie reste ferme, que ce soit contre les USA et Israël d’une part, ou contre la montée croissante des islamistes/salafistes d’autre part. L’opposition pacifique fut plongée dans la violence il y a bien longtemps, alors que l’armée continue à se battre contre des « déserteurs » et des gangs armés dont les médias nous disent toujours qu’ils ne sont qu’une invention de l’Etat. Les médias occidentaux doivent encore interviewer les familles de milliers de soldats et de civils tués par ces « rebelles » et autres « gangs armés » pour voir ce que les Syriens pensent de ce qu’il se passe dans leur pays. S’appuyant sur des accusations non vérifiées d’ « activistes » ou sur des sources suspectes hors de Syrie, les médias ont joué un rôle crucial dans le développement d’un récit trompeur. La semaine dernière, le Guardian s’est nouvellement livré à une bassesse avec l’accusation d’un « activiste » syrien résidant à Londres comme quoi les forces de sécurité syriennes remplissent de détenus des conteneurs qu’ils jettent ensuite à la mer. Il n’y a aucune preuve que ça se soit passé, mais c’est la façon de traiter l’information que le Guardian a préconisé pour « relater » cette crise. Lorsque Damas a été la cible d’attentats à la bombe, la BBC et le Guardian ont tous deux déclaré en toute hâte que ces attentats étaient l’œuvre du gouvernement – selon des activistes. À nouveau, ils n’avaient aucune preuve pour soutenir de telles accusations, faites au moment même où les Syriens nettoyaient le sang dans les rues et ramassaient les morceaux de corps de civils qui avaient été tués. Lorsque la Ligue Arabe a publié un rapport de gestion intermédiaire sur le travail de ses inspecteurs en Syrie, celui-ci appelait à la cessation de violences de la part du gouvernement et des gangs armés. Sur sa page internet, la BBC a uniquement relayé qu’il appelait à une cessation des violences de la part du gouvernement syrien.

 

L’Occident part à la chasse d’une nouvelle guerre au Moyen Orient. C’est là l’essence de cette campagne contre la Syrie. Cette semaine [11 janvier 2012, ndlr], un autre scientifique nucléaire iranien a été assassiné. L’intention très claire est de provoquer l’Iran pour qu’il riposte, fournissant du même coup le prétexte pour une attaque armée que beaucoup en Israël et aux USA souhaitent. Il n’y a aucun doute sur le fait que la Syrie a besoin d’une réforme. Mais quiconque pense que les USA, la Grande Bretagne, la France, l’Arabie saoudite et le Qatar mènent campagne contre la Syrie pour que cette réforme ait lieu vit dans le monde des rêves. Chaque accusation sauvage faite par des activistes et relayée par sens du devoir dans les médias est de l’eau qui alimente leur moulin. Ces puissances ne veulent pas que la violence cesse. Elles veulent que cela continue jusqu’à ce que le gouvernement syrien tombe, et elles ont de quoi faire durer cela éternellement. Si les USA et leurs alliés franchissent le pas et attaquent la Syrie ou l’Iran, il est très probable qu’ils déclenchent une guerre régionale, puis selon certains, une guerre globale. Dans leurs costumes gris et avec leurs cravates couleur pastelle, ces hommes sont aussi fous que n’importe quel fasciste en uniforme marron.

Jeremy Salt

Jeremy Salt enseigne l’histoire moderne du Moyen-Orient dans le département de science politique à l’Université Bilkent, à Ankara. Il a enseigné précédemment dans les universités d’Istanbul ( Bogazici, Bosphore) et de Melbourne. Ses publications incluent ” The Unmaking of the Middle East : a History of Western Disorder in Arab Lands” (University of California Press, 2008). Il a contribué à la rédaction de cet article sur PalestineChronicles.com .
Source originale : The Palestine Chronicle

Traduit de l'anglais par Fabricle Lambert pour Investig'Action

Source : michelcollon.info

Jeremy Salt
26 janvier 2012

Traduction de Global Research, 27 janvier 2012
http://www.michelcollon.info/La-verite-sur-la-Syrie-des-hommes.html
http://palestinechronicle.com/view_article_details.php?id=17384


1-2 Sarkozy annonce aux armées françaises que la communauté internationale doit prendre ses responsabilités en Syrie.  

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information.

Alors que de nombreux journaux français ont traité a minima les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy, la presse internationale y accorde de l’importance. En présentant ses vœux aux armées, le président français a accusé le régime syrien de répression barbare, exigé que son homologue Bachar el-Assad quitte le pouvoir, et affirmé que la communauté internationale devait prendre ses responsabilités (c’est-à-dire intervenir militairement). Cependant la presse ne manifeste ni enthousiasme, ni réprobation, face à ces déclarations martiales.
L’autre grand thème abordé ce jour est la réunion d’urgence que le Conseil des ministres de la Ligue arabe tiendra samedi pour statuer sur la poursuite ou l’arrêt de la mission de ses observateurs.
• Peter Harling de l’International Crisis Group explique dans La Croix que la mission des observateurs étaient de contraindre le régime à la retenue, ce qui devait permettre à la contestation pacifique de s’exprimer et faciliter une transition en douceur.

De ce point de vue, elle ne donne pas satisfaction. Pourtant ce serait une erreur de la retirer car la communauté internationale n’a guère d’autre moyens d’action, la guerre étant impossible à conduire sans enflamer la région.
• L’ambassadeur des Etats-Unis à Damas, Robert Ford, assure que le rationnement du fuel est une manœuvre du gouvernement et non pas une conséquence des sanctions économiques, rapporte le Washington Times.
• Dans le sillage du ministre israélien de la Défense, Ehud Barack, un officier supérieur anonyme prédit dans le Jerusalem Post une possible victoire rapide de l’opposition syrienne. Mais ce soutien apparent à son ministre de tutelle est l’occasion d’exprimer ses inquiétude sur le déploiement des jihadistes d’Al Qaida en Syrie, ce qui revient à prendre position contre le renversement de Bachar el-Assad.
• L’Orient-Le Jour rapporte l’appel du vice-président de l’Internationale socialiste, le Libanais Walid Joumblatt, aux druzes syriens pour un changement radical de régime en Syrie. Le quotidien ne relève pas que, si M. Joumblatt a longtemps exercé une influence prépondérante sur les druzes libanais, il n’a jamais eu d’autorité sur les druzes syriens qui lui ont toujours préféré le leadership du prince Talal Arslan.
• L’Orient-Le Jour confirme que le porte-avion russe Amiral Kouznetsov, armé de nombreux avions et hélicoptères de combat, devrait mouiller prochainement au large de Tartous. Il sera accompagné de quatre autres bâtiments. Il n’échappera pas aux spécialistes que ces navires ne sont pas uniquement destinés à l’escorte et sont susceptibles de livrer du matériel.
• Enfin, Phil Sands se demande dans The National (EAU) pourquoi les Kurdes s’impliquent si peu dans les mouvement de protestation. Il avance comme principale explication la naturalisation de 300 000 Kurdes par l’administration el-Assad dès le début des événements. Curieusement, le journaliste n’évoque pas la préférence historique des Kurdes pour les nationalistes arabes par rapport aux islamistes, ni le projet Erdogan de création d’une vaste fédération turco-kurde après le dépeçage de l’Irak et de la Syrie.

05/01/2012

http://www.voltairenet.org/Sarkozy-annonce-aux-armees


1-3 Chérif Abdedaïm : La Syrie et le projet de démembrement du monde arabe.

Interview de Gilles Munier par Chérif Abdedaïm (La Nouvelle République – 31/12/11) *

A Alger où il résidait, Gilles Munier a milité dès 1964 dans des associations françaises de solidarité avec le monde arabe et de soutien à la lutte du peuple palestinien.

Son père, favorable à l’indépendance de l’Algérie, avait rejoint, symboliquement, le colonel Amirouche au maquis. Arrêté à son retour, il  a été plus tard interdit de séjour dans les départements algériens.

Depuis 1986, Gilles Munier est secrétaire général des Amitiés franco- irakiennes.

 A ce titre, il a milité contre l’embargo et rencontré le président Saddam Hussein à plusieurs reprises. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Les espions de l’or noir, collabore au magazine Afrique Asie, et analyse la situation au Proche-Orient sur le blog France-Irak- Actualite.com .

1/Pour vous la campagne anti-Bachar est un complot. Qui sont les instigateurs de ce complot et à quel dessein ?

Le complot vise la Syrie, Bachar al-Assad se trouve en être le président. L’ordre instauré par les grandes puissances après la Première guerre mondiale est en fin de course. L’élan nationaliste qui a tenu la dragée haute aux Occidentaux est épuisé, faute d’avoir pu évoluer. Les peuples arabes se révoltent contre la corruption, l’arrogance et les compromissions de leurs dirigeants. L’influence grandissante de l’Iran, allié de la Syrie, gêne les plans géostratégiques de l’Otan. L’Occident tente de reprendre en main la situation.

La déstabilisation de la Syrie, comme celle de l’Irak, fait partie du projet de démembrement du monde arabe sur des bases ethniques, tribales ou confessionnelles. Les contre-mesures adoptées pour détourner les « Printemps arabes » de leurs objectifs semblent inspirées du plan Yinon de 1982, du nom d’un fonctionnaire du ministère israélien des Affaires étrangères qui préconisait la création de mini-Etats antagonistes partout dans le monde arabe. En Syrie, il s’agirait, au mieux, de reconstituer la fédération d’Etats confessionnels créée  par le général Gouraud en 1920, du temps du mandat français, c'est-à-dire : un Etat d’Alep, un Etat de Damas, un Etat alaouite et un Etat druze. A l’époque, ce fut un échec. Rien ne dit que les occidentaux parviendront cette fois à leurs fins. En Libye, par exemple, le colonel Kadhafi a été renversé, mais la situation est loin d’être stabilisée, la donne peut changer. Le « chaos constructif et maîtrisé », prôné par les néo-conservateurs américains, sous George W. Bush, risque fort d’aboutir au chaos tout court. Cela, les multinationales n’en ont cure, le principal étant pour elles de contrôler les champs pétroliers… et qu’Israël survive en tant qu’Etat juif.

 2/Parmi cette opposition, il faut compter également les Frères Musulmans; n’est-il pas à craindre une guerre civile si demain le régime de Bachar venait à chuter ?

La guerre civile, c’est le scénario du pire. La Syrie l’évitera si un dialogue franc et décomplexé s’instaure entre les Frères Musulmans et les baasistes, s’il aboutit à des élections réellement démocratiques, ouvertes à tous les courants politiques représentatifs. Bachar al-Assad y est favorable, mais il a trop tardé à le proposer. Les Frères Musulmans, incontournables, le refusent pour l’instant. Comme toujours, la confrérie mise sur les anglo-saxons pour accéder au pouvoir, une politique opportuniste à courte vue qui lui fait négliger les réalités du terrain, les arrières pensées de l’Otan et de la France, l’ancienne puissance coloniale.

3/Dans le cas syrien la situation semble plus complexe qu’on le croit notamment avec plusieurs acteurs dont les intérêts géostratégiques diffèrent. D’un côté, Washington, OTAN, Israël, les monarchies arabes sunnites et la Turquie ; et de l’autre, l’axe Téhéran-Damas comprenant le Hezbollah, le Hamas, soutenu par la Chine et la Russie. Une guerre contre la Syrie ne risquerait-elle pas de  déborder et de provoquer un embrasement généralisé de la situation au Proche-Orient, dont les conséquences seraient incalculables.

Fin octobre dernier, le président Bachar al-Assad a déclaré au Sunday Telegraph qui si le but des Occidentaux est de diviser la Syrie, il embraserait toute la région, qu’il y aurait des dizaines d’Afghanistan. Mais, cela ne fera pas reculer les faucons de l’Otan car, au-delà de la campagne contre la Syrie, se profile un conflit de grande ampleur, aux conséquences imprévisibles, avec l’Iran des mollahs…

« Arc chiite » contre « Croissant sunnite » ?

 4/ Vous pensez, comme certains, que frapper la Syrie sous couverture « humanitaire » vise à « cacher en fait une opération complexe anti-chiite et anti-Iran »

Le nombre des victimes civiles annoncé par l’ONU, qui donne une couverture « humanitaire » à l’opération contre la Syrie, n’a jamais été corroboré. Pour l’Otan et Israël, le renversement du régime de Damas, la liquidation du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien, ne sont que des étapes. Les Américains et les Français ont demandé à plusieurs reprises à Bachar al-Assad de prendre ses distances avec son allié iranien. Il a refusé, se doutant que son tour viendrait ensuite et qu’à ce moment là, il serait seul face à la machine de guerre occidentale.

Les camps antagonistes font le compte de leurs partisans. A Bagdad, par exemple, la crise traversée par la Syrie a fait naître des clivages contre-nature. Les sunnites pro-américains, Al-Qaïda au Pays des deux fleuves et le conseil de la région d’Al-Anbar soutiennent le CNS (Conseil national syrien), tandis que le régime de Nouri al-Maliki, Moqtada al-Sadr et, dans une certaine mesure, la résistance baasiste réfugiée à Damas, sont du côté de Bachar al-Assad. Nouri al-Maliki s’est débarrassé du vice-président de la République Tarek al-Hashemi, pro-américain et ancien chef du parti islamique issu du mouvement des Frères Musulmans, en l’accusant, sans preuve, de diriger un escadron de la mort et d’avoir voulu l’assassiner. Hashemi s’est réfugié au Kurdistan – sunnite -  et la Turquie « néo-ottomane » lui accordera l’asile, s’il le demande. A toute fin utile, si la situation à Bagdad se détériore encore plus, 50 000 GI’s, basés dans cette perspective au Koweït, sont prêts à intervenir à nouveau en Irak.

Face à l’ « arc chiite » pro-iranien - l’expression est du roi Abdallah II de Jordanie – les occidentaux veulent opposer un « croissant sunnite » réunissant les émirs du Golfe, les rois d’Arabie et de Jordanie, et les partis politico-religieux qui leur sont plus ou moins favorables, ne serait-ce que par opportunisme, comme les Frères Musulmans.

5/ A Moscou, le 18 novembre dernier, Vladimir Poutine a dit clairement à François Fillon qu’en Syrie la France ferait mieux « de s’occuper de ses oignons ». Aussi, la flotte russe se dirige vers Tartous. On a le sentiment que cela a valeur de message aux Occidentaux. Qu’en pensez-vous ?

Vladimir Poutine a qualifié la guerre de Libye de « croisade », mais je m’étonne que la Russie se soit laissée berner en votant la résolution 1973 permettant à la France et à l’Otan d’intervenir et de renverser le colonel Kadhafi. Le porte-avion Maréchal Kouznetsov vogue vers Tartous avec une escadre importante. Le message est clair, mais je crains qu’il ne soit pas  suffisamment dissuasif pour empêcher les Occidentaux d’effectuer, le moment venu, des « tirs ciblés » en Syrie et au Liban.

La réponse de Barack Obama a été toute aussi claire. Les Etats-Unis se sont fait le porte-voix des blogueurs russes et des ONG qu’ils financent et qui dénoncent des fraudes présumées lors des dernières élections législatives. L’ancien président Mikhaïl Gorbatchev, soutenu par des oligarques réfugiés en Grande-Bretagne, est monté au créneau pour réclamer de nouvelles élections. Hillary Clinton lui a emboîté le pas. Des manifestations anti-Poutine ont été organisées et Gorbatchev est revenu à la charge pour « conseiller » à Poutine de démissionner. Tous les ingrédients utilisés par le milliardaire George Soros, spécialiste des « révolutions oranges », ont été réunis. Des « centaines de millions de dollars de fonds étrangers » auraient d’abord circulé en Russie, selon Vladimir Poutine, pour influencer le scrutin. Les fonds finançant les ONG russes pro-occidentales ont, dit-on, transité par le NDI (National Democracy Institute) que préside l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright, une organisation que l’on retrouve derrière les blogueurs des « Printemps arabes ». Se débarrasser de Poutine, ou le déconsidérer, est crucial pour éviter les veto russes au Conseil de sécurité lorsqu’il sera question d’intervenir militairement en Syrie ou en Iran.

On en est là, mais quand on sait que le président Dmitri Medvedev a décidé de déployer de nouvelles armes pour répondre à l’Otan  qui va construire un bouclier anti-missiles aux frontières de la Russie, sous prétexte de protéger l’Europe de tirs provenant d’Iran, on est en droit de s’inquiéter. Il suffirait d’un rien pour déclencher l’apocalypse.

Qatar, dictature obscurantiste

6/ A travers son engagement en Libye et son influence au sein de la Ligue arabe pour sanctionner la Syrie, à quoi joue d’après-vous le Qatar ? Chercherait-il un rôle de leadership arabe ou ne serait-il qu’un simple vassal au service de Washington et de Paris?

Les Al-Thani qui dirigent le Qatar sont des vassaux des Etats-Unis, comme ils l’étaient hier de Londres ou, au 19ème siècle, du gouvernement des Indes britanniques via le Bahreïn dont ils dépendaient. Les réserves financières inépuisables de leur micro-Etat de 11 437 km², l’ombrelle protectrice de la base militaire US d’Al-Eideïd, la plus grande du Proche-Orient et d’une petite base navale française, leur sont monté à la tête.

Ce pays montré en exemple aux militants des « Printemps arabes » n’a rien de démocratique : les partis politiques y sont interdits, les membres du Majlis al-Shoura sont désignés par le pouvoir et n’ont qu’un rôle consultatif, les travailleurs étrangers - 80% de la population de l’émirat - n’ont aucun droit, l’information est bâillonnée. C’est une dictature obscurantiste. Seuls 200 000 nantis profitent, en rentiers à vie, des revenus pétroliers et gaziers. La chaîne Al-Jazeera, devenue un organe de propagande de l’Otan, n’a pas le droit de couvrir l’actualité locale. On ne saura rien sur la tentative de coup d’Etat monté  fin février 2011 par des officiers qataris, soutenus par des membres de la famille régnante, qui mettaient en cause la légitimité de l’émir et l’accusaient d’entretenir des relations avec Israël et de créer la discorde entre pays arabes pour le compte  des Etats-Unis. Aujourd’hui, l’émir Hamad bin Khalifa Al-Thani et cheikha Mozah, sa seconde épouse, se croient tout permis. Plus dure sera leur chute…

 « il faut accorder à Bachar al-Assad

au moins le bénéfice du doute »

7/ Quelle est votre vision personnelle de l’avenir de la Syrie ? Quelle(s) solution(s) possible (s) pour dénouer cette crise ?

La Syrie devrait recouvrer les territoires dont elle a été dépecée par les accords secrets Sykes-Picot de 1916, puis par la France, notamment la province d’Alexandrette. Je regrette que Damas se soit laissé embarquer dans des négociations sans fin avec Israël à propos des territoires syriens occupés. Il y a quelques jours, une manifestation d’opposants druzes syriens a eu lieu à Magdal Shams, gros bourg du Golan. Ils brandissaient l’ancien drapeau syrien, conspuaient Bachar al-Assad, l’accusant de tuer des manifestants syriens alors qu’aucune balle n’a été tirée, depuis 1973, en direction des colons sionistes. Nul doute que ce genre de slogan démagogique atteint son but dans les milieux nationalistes arabes.

L’avenir de la Syrie ne devrait appartenir qu’aux Syriens. Le président al-Assad a engagé le pays sur la voie des réformes. La question de savoir pourquoi il ne l’a pas fait plus tôt est dépassée. Pour dénouer la crise, il faut lui faire confiance, lui accorder au moins le bénéfice du doute. En août, il a autorisé, par décret, le multipartisme. L’article 8 de la Constitution qui faisait du parti Baas le parti dirigeant a été abrogé. Une nouvelle constitution sera proposée en février. C’est plus que ne réclamaient ses opposants en mars dernier, avant que l’Otan, enivrée par son expérience libyenne, les incitent à adopter des positions jusqu’au-boutistes. J’espère qu’au final les Frères Musulmans s’intègreront, comme en Egypte, dans le jeu démocratique. Sinon, la Syrie s’épuisera dans des combats sanglants, pires que ceux des guerres civiles au Liban.

Vers une 3ème guerre mondiale ?

8/ D’après-vous, quelle serait la responsabilité de l’ONU dans les crimes qu’elle est en train de légaliser, notamment avec l’incongruité de son Conseil de sécurité, le principe des deux poids deux mesures appliqué par les cinq membres permanents et qui sert les intérêts d’une minorité, etc. ?

L’ONU a été créée pour servir les intérêts des vainqueurs de la Seconde guerre mondiale. Aucun membre de l’ONU ne devrait être au-dessus des lois et des conventions internationales, comme c’est le cas des Etats-Unis. Le secrétaire général de l’ONU et les officiers des missions dites de paix qui en dépendent, non plus. En avril dernier, la présidente brésilienne Dilma Roussef a déclaré que le temps des « politiques impériales », des « affirmations catégoriques » et des « sempiternelles réponses guerrières » n’étaient plus acceptables, qu’il fallait réformer l’ONU.  Elargir le Conseil de sécurité aux grands pays émergents : Inde, Brésil, Afrique du Sud est nécessaire, mais pas suffisant. La réforme du droit de veto est primordiale ; mais on n’en prend pas le chemin. Estimant l’entreprise trop risquée, certains membres du Council on Foreign Relations, think tank américain qui a contribué au remplacement de la SDN (Société des Nations) par l’ONU, voudrait réduire l’organisation internationale à un « endroit pour faire des discours ». La gouvernance mondiale reviendrait au G20. Trop d’intérêts sont en jeu, il faudra peut-être, malheureusement, attendre une 3ème guerre mondiale pour que naisse une organisation plus représentative.

9/Certains considèrent que l’Occident est malade économiquement et politiquement, d’où cette politique de la canonnière au jour le jour. Qu’en pensez-vous ?

La politique de la canonnière – ou du porte-avion -  est de retour, comme au 19ème siècle au service des intérêts économiques et géostratégiques occidentaux. L’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Libye et bientôt, peut-être, la Syrie et l’Iran en ont été, sont ou seront les victimes. Je ne suis pas le seul à penser que pour enrayer leur déclin économique et politique, les Etats-Unis et leurs alliés s’en prendront à la Fédération de Russie et à la Chine.

Le plan actuel d’encerclement et de déstabilisation de ces deux pays en est le signe avant-coureur. Dans un discours prononcé à Camberra en novembre dernier, Barack Obama a déclaré que la région Asie-Pacifique est désormais une «priorité absolue» de la politique de sécurité américaine. Il a annoncé que 2 500 Marines seront basés à Darwin, en Australie, déclenchant des protestations de la Chine. Une guerre, inévitablement thermonucléaire, est à craindre à moyen terme. Si elle n’est pas évitée, une grande partie de l’espèce humaine et de l’écosystème de la planète disparaîtra.

* http://www.lnr-dz.com/pdf/journal/journal_du_2011-12-31/lnr.pdf

Titre original : Gilles Munier à La Nouvelle République : « il y a un projet de démembrement du monde arabe » - Sous-titres : AFI-Flash

Sur le même sujet, lire aussi :

Préparatifs de guerre contre la Syrie à la frontière jordanienne?

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Comment Londres est à l’œuvre en Syrie

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Ron Paul : Soyons clairs, les sanctions contre la Syrie et l’Iran sont des actes de guerre

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Bachar al-Assad et les Frères Musulmans

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2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Louis Denghien : La discorde chez l’ennemi : rien ne va plus entre Rami Abdel Rahmane et le CNS !

Le torchon brûle entre le Conseil national syrien et Rami Abdel Rahmane, patron de l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Une émanation du CNS, la « Commission générale de la Révolution syrienne », vient d’annoncer qu’elle cessait toute coopération avec R.A. Rahmane – de son vrai nom, semble-t-il, Oussama Ali Suleiman. Le bureau du CGRS accuse le patron de l’OSDH d’avoir porté préjudice au CNS et d’une manière générale aux « diverses organisations de la révolution syrienne à l’étranger ».

5 janvier 2012

Sensationnel : le CNS accuse l’OSDH de bidonnage statistique !

Mais quelle peut bien être la nature du préjudice porté à la « révolution » syrienne par son comptable et propagandiste attitré depuis des mois ?

Eh bien, d’abord Rami Abdel Rahmane et un de ses complices nommé Haytham Manna auraient, assure le bureau du CGRS, tenté de « délégitimer » le CNS/CGRS au profit de l’ « Organe de la coordination nationale » , un bidule oppositionnel émanant semble-t-il des Comités locaux de coordination, qui regroupe en Syrie les informateurs de l’OSDH et lanceurs de manifestations.

En plus, et les lecteurs d’Infosyrie apprécieront cette accusation du CGRS à sa juste valeur, l’OSDH aurait « manipulé » le nombre des tués, et bidonné leur identité ! Mais alors, quid des 5 000 et quelques victimes de la répression bachariste homologués par les comptables partisans de l’OSDH, estimation reprise par toute la presse d’Occident et jusqu’à l’ONU ?

Rami Abdel Rahmane – pardon, Oussama Ali Suleiman – truqueur, falsificateur, manipulateur ?

Mais que vont dire Arte, France 2, I-Télé, L’Express, Le Monde, Libération quand ils vont apprendre cette terrible nouvelle, émanant des plus hautes instances de l’opposition officielle et agrée à Bachar al-Assad ?!

Un règlement de comptes turco-français ?

Au-delà de la satisfaction de voir le n°1 de la désinformation sur la Syrie désavoué et dénoncé par ses propres alliés politiques, au-delà de l’ironie qui voit le CNS rejoindre (sur ce point) avec retard Infosyrie, on ne peut que constater que la crise se précise au sein de l’opposition radicale syrienne, crise dont cette affaire Rami Abdel Rahmane est une péripétie aussi spectaculaire qu’inattendue. Certes, on savait depuis quelque temps les tensions opposant les CLC présents pour partie en Syrie – et donc l’OSDH – au CNS exilé en Turquie. Il nous est difficile de bien cerner les forces qui s’opposent dans ce conflit – quelle cheval jouent, par exemple, les Frères musulmans ? En tout cas, tout cela sent la recomposition, sinon la décomposition.

Proposons néanmoins une piste : cette brouille entre ces deux factions de l’opposition radicale pourrait être une mesure de rétorsion du gouvernement Erdogan contre Sarkozy qui, à l’approche des élections, a réactivé la question de la reconnaissance du génocide arménien : or le président du CNS, Burhan Ghalioun, vit en France et est un protégé d’Alain Juppé. Du coup, Erdogan, qui contrôle déjà l’état-major – sinon les troupes – de l’ASL aurait décidé dde jouer les CLC et la « Coordination nationale » contre la structure CNS. Ce n’est qu’une hypothèse, mais elle nous parait assez plausible pour que nous osions la formuler ici !

En tout cas, si la scission se confirme, c’est un tournant dans la crise, ou au moins dans l’histoire de l’opposition radicale syrienne. En prenant les choses d’un peu plus haut, tout cela nous semble être la rançon de l’échec politique de cette opposition radicale, exilée, maximaliste, voire terroriste – au fait, de quel côté va pencher l’ASL dans ce combat de titans démocrates ? - tiraillée entre laïcs et fondamentalistes, entre Euro-américains et Turcs et totalement incapable d’attirer à elle un seuil critique de Syriens. Et si l’opposition syrienne était le premier atout de Bachar al-Assad ?

Par Louis Denghien, - 5 janvier 2012

http://www.silviacattori.net:80/article2634.html


2-2 Thierry Meyssan : L’OTAN suspend ses projets militaires et renforce la guerre économique contre la Syrie.

Alors qu’elle appliquait jusqu’à présent le scénario de l’intervention militaire humanitaire qui avait fait ses preuves en Yougoslavie et récemment en Libye, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord doit revoir sa copie en Syrie.

Désormais il s’agira d’appliquer la même stratégie que pour l’Irak : mettre le pays en état de siège au mépris des populations pour l’affaiblir suffisamment avant le prochain assaut.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 9 décembre 2011 

L’OTAN est en train de revoir sa stratégie syrienne. Après huit mois de guerre de basse intensité et malgré l’infiltration de très nombreux combattants arabes et pachtounes, la société syrienne ne s’est toujours pas fracturée. Certes, quelques affrontements confessionnels ont eu lieu à Deraa, Banyas et Homs, mais ils ne se sont pas étendus et n’ont pas perduré. Pour l’Alliance, il est illusoire de croire pouvoir susciter rapidement une guerre civile qui puisse justifier une « opération humanitaire internationale ».

Ce constat intervient alors que la coalition militaire ad hoc est en crise. Lors de la guerre contre la Libye, l’initiative avait été assumée par la France et le Royaume-Uni. Cependant, les deux poids lourds européens en la matière s’étaient avérés incapables de mobiliser les moyens nécessaires. En réalité, les trois quart de l’effort de guerre avaient été fournis ou financés par le Pentagone. Surtout, le déploiement de dispositifs incomplets aurait pu tourner au désastre si la Libye avait décidé d’attaquer les bateaux et les hélicoptères de l’Alliance [1]. Le problème est beaucoup plus grave avec la Syrie, dont la population est quatre fois plus nombreuse que celle de la Libye, et dont l’armée est aguerrie par les précédents conflits régionaux.

Il avait donc été convenu de renforcer le tandem franco-britannique en lui adjoignant l’Allemagne. Un accord tripartite aurait dû être négocié le 2 décembre à l’occasion de l’anniversaire décalé du Traité de Lancaster House [2] qui fixa l’organisation des forces de projection jointes franco-britanniques et scella le sort de la Libye [3]. Or, ce sommet a été annulé. En pleine crise économique occidentale, Berlin n’entend pas engager des dépenses de guerre sans garanties de retour sur investissement.

La rationalité budgétaire allemande bouscule les rêves épiques du complexe militaro-industriel américano-israélien. Le départ de Robert Gates et l’ascension d’Hillary Clinton ont illustré le retour sur la scène mondiale du projet de « remodelage du Moyen-Orient élargi » et son extension à l’Afrique du Nord. Cette doctrine, dérivée de la pensée impériale de Leo Strauss, se présente comme une perpétuelle fuite en avant, la guerre n’ayant plus d’autres objectifs qu’elle même. Elle convient parfaitement à l’économie de guerre des États-Unis, mais pas du tout à l’économie industrielle pacifique allemande.

Le projet de guerre conventionnelle contre la Syrie pose de nombreuses questions économiques. Aucune nation européenne n’y trouvera d’intérêt à court ou moyen terme, mais beaucoup peuvent y perdre. Dans le cas libyen, des hommes d’affaire britanniques et français ont pu encaisser des dividendes immédiats en renégociant de manière avantageuse leurs concessions pétrolières, tandis que les Turcs et les Italiens ont été les dindons de la face, perdant presque tous leurs marchés dans leur ancienne colonie.

En attendant qu’une coalition militaire ad hoc soit formée, l’OTAN s’est provisoirement repliée sur la guerre économique. Elle entend assiéger la Syrie, lui couper toute possibilité commerciale aussi bien à l’import qu’à l’export, et saboter ses moyens de production. Sous le vocable bien-pensant de « sanctions », les États de l’Alliance et leurs vassaux de la Ligue arabe ont déjà institué un gel bancaire qui interdit le commerce de commodités. Ils se concentrent maintenant sur la fermeture des voies de communication, notamment les lignes aériennes, et le retrait des multinationales, principalement les compagnies pétrolières. Ainsi, après Shell et Total, Petro-Canada se retire, fermant derrière elle la centrale qui alimente en électricité la ville de Homs.

Surtout, la première action de sabotage d’envergure a débuté contre le pipe-line approvisionnant cette même centrale électrique afin qu’il ne soit pas possible de la faire fonctionner en l’absence des ingénieurs canadiens. Cette action a été revendiquée par l’Armée syrienne libre, sans qu’il soit possible de savoir de qui elle est vraiment l’œuvre : de militaires félons, de mercenaires d’Al Qaida ou de commandos atlantiques.

On n’observe pour le moment aucune pénurie en Syrie, hormis en matière de mazout et d’électricité. Pour pallier au choc du siège, Damas met en place de nouveaux échanges avec Beijing. L’embargo bancaire impose qu’ils s’effectuent sous forme de troc, comme la Chine le fait déjà avec l’Iran. Ce système devrait permettre à la Syrie de sauver son économie, à l’exception du secteur touristique durablement sinistré.

Quoi qu’il en soit, le siège de la Syrie a déjà fait de nombreuses victimes économiques en Turquie. L’annulation du traité de libre-échange et l’instauration de droits de douane prohibitifs ont ruiné les régions frontalières. Et si les Syriens acceptent d’endurer des privations pour sauver leur patrie, les Turcs ne sont pas prêts à subir le même sort pour les ambitions de l’OTAN.

En outre, ce changement de stratégie place le Conseil national syrien en porte à faux. Les politiciens qui revendiquaient une forme d’action non-violente inspirée des révolutions oranges de Gene Sharp [4] sont contraints d’assumer des sabotages revendiqués par les combattants de l’Armée syrienne libre. Le conflit est d’autant plus vif que les uns et les autres sont basés à Istanbul et appelés à se côtoyer.

La suspension du plan d’intervention militaire internationale a été confirmée par le retour à Damas des ambassadeurs des États-Unis, de France et d’Allemagne. Elle implique une inflexion de la campagne médiatique. D’ores et déjà, les médias anglo-saxons ont abandonné les références aux accusations les plus outrancières et les moins crédibles lancées contre Bachar el-Assad, telle que celle de faire torturer des enfants. Le département d’État lui-même ne décrit plus le président syrien comme un monstre, mais comme un homme « déconnecté de la réalité » (sic) [5]. Son cas ne nécessite donc plus de traitement urgent. Au demeurant, la révélation par divers journalistes de la réalité syrienne, à mille lieues de l’image de propagande véhiculée depuis huit mois [6], rend un moment de silence indispensable.

Thierry Meyssan 

| 9 décembre 2011 

Réseau Voltaire |

 [1] « La guerre de Libye aurait pu mal tourner pour les Alliés », Réseau Voltaire, 9 novembre 2011.

[2] « Déclaration franco-britannique sur la coopération de défense et de sécurité », Réseau Voltaire, 2 novembre 2010.

[3] « Washington regarde se lever "l’aube de l’odyssée" africaine », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 mars 2011.

[4] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

[5] « Daily Press Briefing », Département d’État, 6 décembre 2011.

[6] « Запад и ближневосточные монархии жаждут сожрать Сирию », par Thierry Meyssan, Komsomolskaia Pravda, 29 novembre 2011.

Thierry Meyssan

http://www.voltairenet.org/L-OTAN-suspend-ses-projets


2-3 Moscou: "Bas les pattes devant l'Iran et la Syrie," 

La Chine et les pays BRIC derrière l'initiative de la Russie 

La Russie a averti l'Occident contre une intervention militaire en Iran et en Syrie, et a rejeté des sanctions unilatérales contre les deux nations.

Le Ministre des Affaires Etrangères Lavrov, a déclaré qu'une action militaire contre l'Iran aurait "des conséquences catastrophiques".

Le Ministre Lavrov a dit, lors de sa conférence de presse annuelle, que Moscou était sérieusement préoccupé par les menaces d'une opération militaire contre l'Iran et "fait de son mieux pour la prévenir". Il a dit que la guerre pourrait provoquer l'exode de réfugiés d'Iran vers l'Azerbaidjan et la Russie, mettrait de l'huile sur le feu du conflit Sunnites-Chiites et entraînerait des réactions en chaîne.

La conférence de presse était consacrée à la politique extérieure de la Russie en 2011, mais le discours de Lavrov laissait entendre que Moscou se préparait à une confrontation plus aigüe avec l'Occident en 2012.

Lavrov a declaré que les sanctions occidentales unilatérales contre l'Iran, telles que l'embargo sur le pétrole, visaient à étouffer l'économie iranienne et à provoquer un mécontentement populaire.

Il dit également que l'Iran était prête à reprendre des conversations avec les médiateurs internationaux et qu'il considérait que les États-Unis et l'Europe voulaient imposer des sanctions, dans le seul but de rendre plus difficiles de futures négociations.

Le Ministre russe des Affaires Extérieures déclare que Moscou allait bloquer toute tentative occidentale d'obtenir un mandat des Nations Unies pour une interférence militaire en Syrie. Un projet de résolution soumis par la Russie demandait que tous les membres du Conseil de Sécurité se retiennent de toute ingérence et usage de la force en Syrie. M. Lavrov a signalé qu'il était significatif que les puissances occidentales aient essayé de faire retirer de ce projet la partie de texte disant: "rien ne peut être interprété dans la résolution comme une autorisation de l'usage de la force contre la Syrie, par quelque partie que ce soit".

M. Lavrov a annoncé également que la Chine et les autres pays du groupe BRICS avaient soutenu ce projet de résolution. " Nous considérons comme totalement inacceptable, d'essayer d'appliquer le scénario dit "libyen" à d'autres conflits."

M. Lavrov a également rejeté les critiques occidentales envers la fourniture d'armes de la Russie à la Syrie. "Nous n'avons violé aucun accord international, ni aucune résolution du Conseil de Sécurité", nous commerçons normalement avec la Syrie, ce qui n'est pas interdit par le droit international".


2-4 Joëlle Pénochet «,La Syrie est une tête de pont pour une agression contre l’Iran »

Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 14 janvier 2012

En dépit de la focalisation de l’actualité sur l’Iran, la Syrie demeure sujet à préoccupation de la part des observateurs. Ce pays rétif à l’instauration du Nouvel Ordre Mondial reste est « victime d’actes de terrorisme planifiés et organisés par des puissances étrangères ». Quelle part des services secrets occidentaux dans cette tentative de déstabilisation ?

 

 Instrumentalisation de l’OTAN par l’impérialisme US, bras armé de l’ONU,

ainsi que d’autres questions auxquelles Joëlle Penochet, journaliste, ethnologue et sociologue des mass-médias a répondu dans cet entretien accordé exclusivement à La Nouvelle République.

La NR/ Quelle est votre analyse de la situation en Syrie?

J.P/ Ce n’est pas Bachar el-Assad qui est visé, mais la Syrie en tant que pays laïc, nationaliste et indépendant, ennemi d’Israël et rétif à l’instauration du Nouvel Ordre Mondial. Après l’Iraq et la Libye, ce pays doit inéluctablement être détruit à son tour pour permettre la réalisation du vieux projet atlantiste de «Grand Moyen Orient». Par ailleurs, la Syrie est une tête de pont pour une agression contre l’Iran et la poursuite de l’encerclement de la Russie et de la Chine.

Après l’élimination du colonel Kadhafi, dans les conditions ignobles que l’on connait, Bachar-el-Assad est le nouvel homme à abattre, l’Hitler du moment. L’agenda atlanto-sioniste (qui correspond à celui des néo-conservateurs du PNAC (Projet pour un nouveau siècle américain) a pris du retard, et le rythme infernal de l’enchaînement des guerres contre les pays ciblés (annoncé par Bush dans le cadre d’une «guerre de cent ans contre le terrorisme) doit s’accélérer. La Syrie est depuis longtemps sur la liste étasunienne des «Etats-Voyous» dont le régime doit être renversé. L’ancien commandant en chef de l’OTAN, le général Wesley Clark, a rapporté en 2007 qu’un officier d’état-major de haut rang lui avait confié, quelques semaines après les attentats du 11 septembre, qu’une campagne militaire de cinq ans était programmée, pour des motifs inconnus, pour attaquer sept pays: l’Irak, la Syrie, le Liban, le Libye l’Iran, la Somalie et le Soudan.

Concernant l’application de ce projet en Syrie, c’est le scénario libyen, à quelques détails près, qui est répété: la même propagande guerrière contre le régime et la diabolisation de son chef, les mêmes mercenaires et combattants professionnels étrangers lourdement armés déguisés en manifestants pacifiques, les mêmes faux-témoignages de «victimes», la création d’un «Conseil national de transition» (le 1er octobre à Istanbul) – un clone du CNT libyen -, et des sanctions économiques répétées pour asphyxier le pays.

Car, depuis la chute du mur de Berlin, c’est toujours le même schéma qui est utilisé pour lancer une guerre «humanitaire» (en Yougoslavie, en Iraq, en Libye…): on déclare que le dirigeant du pays ciblé «massacre son propre peuple», ensuite on fait des discours droits-de-l’hommistes enflammés à l’ONU («nous devons libérer le peuple de son tyran»), on impose des sanctions économiques de plus en plus lourdes, on menace, on lance des ultimatums innacceptables. Siimultanément, on prépare méthodiquement l’opinion publique internationale (que l’on doit émouvoir en lui racontant des histoires atroces préfabriquées – de bébés, de femmes et d’enfants torturés, massacrés par le régime…) à une intervention «humanitaire».

Actuellement, Washington et ses vassaux – en premier lieu la France – se disent «mécontents» des rapports des observateurs de la Ligue arabe, qui les a «trahis» en ne remplissant pas leur mission véritable qui était de de confirmer la version de la Maison Blanche. Ils leur font le même reproche qu’au projet de résolution russe, celui de mettre sur le même plan les violences du régime et celles des «contestataires». Les américains ont d’ores et déjà déclaré que, quelles soient les recommandations de la délégation des observateurs arabes, leur position resterait inchangée. On s’en serait douté!

Mais Washington a oublié que la Syrie n’est pas la Libye. C’est un pays de 23 millions d’habitants, avec des moyens militaires plus importants, des forces militaires aguerries, et des alliances qui semblent plus sûres, du moins pour l’instant. Le pays est toujours en état de guerre larvée avec Israël depuis 1948 – avec l’épisode douloureux de la prise du Golan en 1967 (territoire qu’Afez el-Assad avait toujours essayé de récupérer) et la guerre de 1973 -, et en froid avec l’Egypte et la Jordanie qui ont signé des traités de paix avec Israël.

La Syrie étant alliée de l’Iran, du Hezbollah au Liban, et du Hamas à Gaza, pour contrer l’expansionnisme de l’état d’Israël, elle connait des tentatives de déstabilisation récurrentes: rappelons-nous l’accusation de l’assassinat de Rafic Hariri en 2005, invalidée par la révélation que les chefs d’accusation reposaient totalement sur une série de faux-témoignages. Ce n’est pas à la Syrie que profitait cet assassinat…

Les puissances occidentales, par l’intermédiaire des dictatures théocratiques du Golfe et de la Turquie veulent en finir avec ce pays comme ils l’ont fait de Iraq et de la Libye. On peut malheureusement redouter qu’il ne s’agisse que d’une question de temps, car Washington est déterminé à appliquer son agenda quoi qu’il en coûte, quitte à provoquer l’embrasement de la région entière et le déclenchement d’une troisième guerre mondiale, avec l’utilisation d’armes thermonucléaires.

Une nouvelle fois, il ne s’agit en aucun cas d’une révolte populaire, comme les media mainstream, aux mains des banksters et des multinationales de l’armement, veulent le faire accroire. Le gouvernement syrien est victime d’actes de terrorisme planifiés et organisés par des puissances étrangères pour le renverser. On assiste depuis le début des événements à une militarisation impressionnante de la soi-disant «contestation», et à son escalade sans fin: attaques à l’arme lourde contre les forces armées gouvernementales et les bâtiments publics, tirs de snipers sur les policiers, les manifestants et la population, enlèvements et assassinats de fonctionnaires et de civils qui refusent d’obéir au diktat des bandes armées.

Le niveau d’agression a monté d’un cran avec des sabotages d’infrastructures du pays, comme celui d’un pipe-line approvisionnant l’une des principales centrales électriques, revendiquée par l’Armée syrienne libre (ASL, la branche armée du CNS). Et maintenant l’escalade se poursuit avec des attentats, qui risquent de se multiplier. Ceux de Damas, qui ont fait 44 morts et 166 blessés graves à Damas à la veille de Noël, revendiqués par les Frères musulmans, ont été cyniquement attribués au régime par l’opposition et les puissances occidentales! Le 6 janvier, une nouvelle explosion à la voiture piégée a fait des dizaines de morts et de blessés. Plusieurs milliers de personnes, dont plus de deux mille soldats et membres des forces de sécurité, auraient déjà été tuées par les terroristes depuis l’apparition des troubles.

A l’instar des «rebelles» libyens, qui n’ont jamais existé que sur les écrans de télévision et les photos de presse, les bandes armées qui opèrent en Syrie sont des mercenaires et des terroristes islamistes armés de matériels lourds et sophistiqués par des puissances étrangères et l’OTAN : fusils de chasse, antichars, lance-roquettes, roquettes antiaériennes, mortiers, mitrailleuses lourdes, équipement électronique, lunettes laser…).
 

Ces gangs instillent un climat de terreur dans la population, menaçant de mort ou exécutant froidement ceux qui refusent de participer à leurs manifestations, ou à leur grève générale. Ces méthodes terroristes ressemblent étrangement à celles du GIA en Algérie dans les années 90′, dont on peut se demander, avec le recul du temps, pour qui il roulaient vraiment… Le gros des troupes de «l’Armée syrienne libre» (ASL) serait composé d’éléments étrangers, principalement des terroristes islamistes armés par le Qatar, monarchie théocratique richissime. Après avoir servi de base à l’état-major américain pour ses opérations en Irak, il avait envoyé cinq mille combattants professionnels en Libye. L’ASL est dirigée par Abdelhakim Belhaj, chef historique d’Al Qaida en Libye déjà sacré gouverneur militaire de Tripoli par l’OTAN.

C’est pourquoi la population syrienne est en quasi-totalité derrière son président pour contrer l’agression étrangère (les grandes manifestations de soutien au régime n’ont jamais cesser depuis le début – rassemblant plus d’un million de personnes, à Damas et à Alep) et qu’elle ne cesse de réclamer plus de protection de la part de l’armée et de la police. Même les opposants, qui critiquaient la lenteur des autorités à réformer le pays pour éradiquer la corruption et instaurer plus de libertés et de justice sociale, soutiennent activement le régime pour contrer à tout prix une agression étrangère. Les réformes entamées par Bachar el Assad dès son entrée en fonction ont pris d’autant plus de retard qu’après avoir été freiné par la vieille garde de son père Afez, il a du faire face à des menaces extérieures et que le pays est l’objet de sanctions économiques du plus en plus dures.

Les minorités religieuses ont particulièrement menacées par les terroristes islamistes. Grâce au régime laïc, quarante-cinq communautés avaient jusqu’à présent coexisté en harmonie en Syrie: les Chrétiens – qui représentent 15% de la population -, les Druzes, les Kurdes, les Chiites et les Alaouites. Ces minorités soutiennent leur président et craignent l’instauration d’un régime religieux dont les persécutions les contraindraient à l’exil. Deux millions de réfugiés irakiens et près d’un-demi million de Palestiniens ont été accueillis généreusement par la Syrie, où ils ont les mêmes droits que les citoyens syriens. Provoquer et attiser les violences inter-confessionnelles ou inter-ethniques est un moyen classique pour instaurer le chaos, provoquer des guerres civiles, et imposer ensuite un nouvel ordre.

 En revanche, il n’est jamais question de Résolution de l’ONU contre les dictatures sanguinaires amies de l’Occident comme l’Arabie saoudite, théocratie obscurantiste qui a massacré des milliers de manifestants au Barhein depuis le début de 2011. En Iraq, les nouveaux «dirigeants» font tirer à balles réelles sur les rassemblements – faisant à chaque fois des dizaines de morts et de blessés, et ont assassiné un journaliste co-organisateur des «Jours de la colère» contre le régime. Tout cela, dans le silence assourdissant de la dite «communauté internationale».

Ces préparatifs de guerre se déroulent honteusement avec le soutien de l’opinion publique occidentale, façonnée par la propagande des media mainstream. Les slogans (en anglais, donc à destination de l’étranger) sont conçus par des officines américaines spécialisées. Les accusations les plus grotesques ont été lancées contre Bachar el-Assad: enfants torturés, blogueuse lesbienne persécutée et prise en otage (en réalité un étudiant américain émettant d’Ecosse…). Sachant que la guerre de l’information se déroule maintenant sur l’Internet, les rejetons électroniques des media mainstream (comme le Post et Rue89 en France) se répandent en faux témoignages de soi-disant victimes (dont les noms ne sont jamais cités et dont les photos sont floutées…).

 Ces accusations odieuses sont basées sur de faux documents audio-visuels provenant généralement d’ Al-Jazira et Al-Arabiya (les Voix de son Maître de l’OTAN et du Pentagone). Ces media prennent aussi leurs «informations» – relayées sans vérification – auprès «d’ONG» basées dans des pays occidentaux (Londres-Paris-Washington), financées paradoxalement par des organisations para-gouvernementales! C’est le cas d’Amnesty International, dont l’antenne américaine est dirigée par une assistante d’Hillary Clinton.

Mais la première source des médias mainstream est l’obscur «Observatoire syrien des Droits de l’Homme» (OSDH), basé à Londres et membre du CNS aux mains des Frères musulmans (les plus radicaux de la région), dont le but est l’instauration d’une république islamique. Son porte-parole, en exil en Turquie, s’exprimant au nom du «peuple syrien» réclame depuis des mois une «intervention extérieure».

En vue d’obtenir le feu vert pour déclencher l’agression, les Etats-Unis ont même fait pondre au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU un rapport sur mesure, totalement bidon sur les «crimes syriens contre l’humanité”. Fabriqué entièrement «en chambre» à Genève, il est basé uniquement sur les pseudo «témoignages» de 223 «déserteurs» et «victimes» dont, bien sûr, l’identité ne peut être révélée! En outre, il a été co-écrit par la directrice d’un Think-Thank de Washington (le Middle East Policy Council), qui inclut des représentants du gouvernement, de l’armée américaine, de la chambre de commerce américano-qatarie (comprenant Chevron, Exxon, Raytheon et Boeing) et agents de la CIA. Comme attendu par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, ses conclusions préconisent une intervention militaire. Ce «rapport» a permis au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU d’adopter une résolution condamnant «les violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales » en Syrie. La menace d’une "guerre civile" pourrait justifier une intervention militaire «humanitaire».

 

Bachar-el-Assad n’a rien d’un dictateur. C’est un médecin formé à Londres qui n’avait aucune ambition de devenir président. Il a été élu par référendum en 2000 et la population – même ses opposants-, est plus que jamais massivement derrière lui. Les forces militaires qu’il déploie – bien insuffisantes au demeurant – pour tenter de contenir cette insurrection armée de grande ampleur, font face à des escadrons de la mort redoutables entraînés par des forces spéciales américaines, françaises et israéliennes en Turquie et au Liban Nord. Le président a regretté publiquement des bavures – attribuées au fait que les forces de l’ordre étaient exaspérées par des assassinats massifs de leurs membres par des «insurgés» armés alors qu’eux-mêmes n’avaient pas le droit de tirer. De nombreux soldats ont été atrocement torturés et mutilés avant d’être jetés d’un pont, comme le montrent des vidéos de témoins directs.

 

Tout est fait pour isoler la Syrie sur la scène internationale. La décision obtenue le 25 novembre de la Ligue arabe, dominée par l’Arabie Saoudite et autres suppôts des Etats-Unis, de suspendre la Syrie, pays fondateur de l’organisation – et dernier état arabe à s’opposer à Israël – avait pour objectif d’assurer une couverture arabe à l’agression.

Cette fois, c’est la Turquie, membre de l’OTAN et alliée d’Israël, qui tient le rôle de paravent pour les Etats-Unis que la France avait joué en Libye. En effet, ruinés et en campagne électorale (l’opinion publique américaine étant défavorable aux opérations extérieures – c’était le sens du vote à la présidentielle de 2008), les Etats-Unis ne peuvent plus se permettre d’apparaître au premier plan, mais orchestrent toute l’opération en coulisses.

Par ailleurs, on remarquera que les nouvelles guerres sont déclenchées avec l’assentiment quasi-unananime de l’opinion publique occidentale. La démobilisation des anti-guerre ne s’explique pas totalement par le découragement qui a gagné les participants aux grandes manifestations de 2002-2005 contre la guerre en Iraq (qui ont rassemblé plus de 10 millions de personnes dans le monde, et à plusieurs reprises plus d’un demi-million de personnes à New-York, Washington et à Londres). La fièvre de la guerre humanitaire a contaminé les milieux traditionnellement anti-guerre, comme en France, la «Gauche de la gauche» et les «écologistes» – révélant ainsi la véritable nature de ces mouvances très médiatisées-, et aux Etats-Unis les «libéraux», depuis que le milliardiaire Georges Soros (l’inventeur génial des « révolutions colorées ») a mis la main sur le mouvement pacifiste en 2004 pour canaliser ses énergies derrière le candidat belliciste démocrate (à l’aide de slogans aussi fédérateurs que «Anybody but Bush»), en lui faisant prendre des vessies pour des lanternes.

 

La NR/ Dans la guerre libyenne, certains observateurs ont souligné le rôle des services secrets occidentaux dans la préparation de l’insurrection ; assisterait-on au même scénario en Syrie ?

Ce type d’opération de déstabilisation ne peut pas se réaliser sans une longue préparation. Les services secrets occidentaux et israéliens fomentent la déstabilisation de la Syrie depuis des années. Des agents de la DGSE (les renseignements français) sont basés au Nord du Liban et en Turquie. On sait que les Frères musulmans, qui dominent le CNS, ont des liens étroits avec les services anglais (MI6) et la CIA depuis des décennies. Les mouvements islamistes ont souvent été manipulés par les puissances occidentales pour contrer le nationalisme arabe (par exemple le nassérisme dans les années 50′). Les mercenaires étrangers (saoudiens, qatari, libanais…) sont armés, formés et financés par les mêmes services, et le Mossad, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Liban et la Jordanie.

 

La NR/ Certains pensent qu’une guerre contre la Syrie aurait de lourdes conséquences sur la région. A quelle configuration géopolitique pourrait-on s’attendre dans ce cas ?

C’est un scénario à la Yougoslave qui se dessine. On essaie de déclencher une guerre civile pour créer des divisions ethniques, politiques et religieuses menant à l’éclatement du pays. Déjà dans l’ex-fédération yougouslave, en Bosnie et au Kosovo, l’objectif avait été atteint grâce à la création d’organisations paramilitaires armées (comme l’UCK) similaires à l’ASL. La propagande mensongère (faux-charnier de Timisoara, faux massacre de Raçac, faux camp de concentration..) voulait démontrer que le gouvernement de Belgrade avait commis des crimes atroces, afin de pouvoir justifier une «guerre humanitaire». Là aussi, on avait utilisé des groupes islamistes, et créé par la suite, en toute illégalité, un état sur des bases ethniques et confessionnelles, le Kosovo (où les rares Serbes et Chrétiens qui n’ont pas fui sont toujours persécutés).

Mais la Syrie n’est une étape de plus après la Libye dans le plan de remodelage de la région programmé par l’axe atlanto-sioniste, qui passe ensuite par l’Iran. Il faut éliminer tous les régimes encore récalcitrants au Nouvel ordre mondial, et les partitionner les pays à l’instar de la Yougoslavie ou du Soudan (en 2011), sur des bases ethniques et/ou confessionnelles.

 

La NR/ La Russie et la Chine ont opposé leur veto à cette campagne anti-syrienne. Sauront-ils résister face à l’axe américano-occidental ? Et pour combien de temps ?

Les dirigeants chinois et russes portent une part de responsabilité dans les massacres du peuple libyen et la chute du régime. Saurons-nous jamais à la suite de quels marchandages sordides ils en sont arrivés là?

L’intervention militaire en Syrie, qui avait été planifiée pour la mi-novembre 2011, a été stoppée in extremis le 5 octobre par les vétos russe et chinois au Conseil de sécurité. Exaspérée par cette résistance inattendue, les puissances impérialistes ont décidé d’intensifier leur campagne de propagande de guerre et les provocations meurtrières sur le terrain. Les media multiplient les calomnies odieuses contre le régime, et diffusent quotidiennement des bilans des morts fantaisistes de plus en plus lourds. Tout cela pour préparer les opinions publiques à une nouvelle bonne guerre humanitaire qui réduirait le pays en cendres et ferait des dizaines de milliers de morts.

La Chine, qui a dénoncé l’instrumentalisation du rapport du Conseil des Droits de l’Homme pour forcer le Conseil de sécurité à voter une Résolution, a tout de même reconnu le CNS et appelé à deux reprises le régime syrien à «respecter et répondre aux aspirations et aux revendications légitimes du peuple». La Russie a jugé le rapport Pillay «inacceptable», mais elle a finalement opéré un recul tactique en proposant une Résolution au Conseil le 5 décembre. Il semble évident que la nouvelle tentative de déstabilisation de la Russie à l’occasion des récentes élections est liée à sa position, même si elle a été infléchie (les media évoquent même aujourd’hui un «Printemps Russe»!). Se retrouvant isolée, et étant dépendante des ressources pétrolières de la région, elle doit assurer ses arrières. Le 8 janvier, une flotte russe comprennant des navires de guerre, des sous-marins, des avions de combat, des hélicoptères et plusieurs systèmes de missiles anti-aériens a accosté en rade de Tartous, la seule base dont disposerait la Russie en Méditerranée.

 

Porte-avions russe Amiral-Kuznetsov dans les eaux syriennes

La Syrie offrant plus de résistance que prévu, et les premiers rapports de la Ligue arabe n’étant pas à la mesure des espérances des puissances occidentales, désignent de nouveau à la vindicte publique l’adversaire principal dans la région, l’Iran, le plus gros morceau. Pour l’instant, la Syrie ne fait plus la une des media, même avec les attentats odieux qui ont frappé Damas. Mais les exactions des terroristes continuent de s’amplifier, avec cette fois des attentats à répétition.

 

La NR/ Vous êtes de ceux qui pensent que le « printemps arabe » lui-même était une opération américaine, une nouvelle « révolution de couleur » ; pouvez-vous explicitez ?

Le renversement des potentats corrompus régnant en Egypte et en Tunisie était espérée depuis longtemps. Mais les multiples révoltes de la faim et les manifestations contre la politique étrangère de ces marionnettes (notamment contre leur alliance tacite avec Israël) avaient toujours été jusqu’à présent matées dans le sang sans que la «communauté internationale» s’en émeuve. La situation en Egypte et en Tunisie, pays rongés par la corruption et en proie à un taux de chômage extrêmement élevé, est très différente de celles de la Libye et de la Syrie. La Tunisie compte 800.000 sans-emploi et un taux de chômage de 30% dans certaines régions (contre 8% en Syrie, et une quasi-inexistence en Libye, grâce au système social mis en place par Mouammar Khadafi). Les soi-disant «Révolutions» arabes louangées par les occidentaux n’ont abouti qu’à la mise en place de régimes islamistes et d’un gouvernement militaire qui continue de réprimer la population.

Beaucoup trop d’indices semblent indiquer que ce dénommé «printemps» n’était pas aussi spontané qu’il a été décrit. Le matériel standardisé, comme les nouveaux drapeaux et les pancartes, fabriqués à grande échelle et distribués aux manifestants, les slogans en anglais, sont également le signe d’une main extérieure, de même que les noms donnés à ces révoltes, baptisées abusivement «Révolutions», comme la «Révolution du Jasmin» tunisienne, après les révolutions «Orange» (en Ukraine), «des Roses» (en Géorgie), Verte, Pourpre, etc. Tout cela a un air de «déjà vu». Tout est bien trop ordonné pour être spontané…

Le nom même de «printemps» était réapparu en 1967 en Tchécoslovaquie (avec le «printemps de Prague»), au moment où son nouveau dirigeant, Dubcek, s’était rapproché de l’Ouest, provoquant l’ire de l’URSS et l’invasion du pays par les troupes soviétiques l’année suivante.

 

La NR/ Quels enjeux, pour Washington, présentent ces guerres menées par procuration via l’OTAN, notamment dans le monde arabe et en Afrique ; comment voyez-vous la nouvelle répartition des rôles dans ce nouvel ordre mondial ? Quel rôle pourrait jouer Israël dans cette éventuelle redistribution des rôles ?

Une fois débarrassé des régimes qui le gênaient, l’axe atlanto-sioniste pourrait remodeler le Moyen Orient à sa guise. Israël pourrait élargir ses frontières à l’intérieur de l’actuelle Syrie, de l’Iraq et du Liban. La politique d’Israël est une politique d’extension sans limites du pays et de son influence à travers le monde. Sa soif d’extension et de domination mégalomaniaque est inextinguible, et elle peut donner libre cours à la réalisation de tous ses phantasmes, étant assurée que tous ses crimes passés et à venir resteront à jamais impunis. Israël contrôle aujourd’hui pratiquement tous les media occidentaux mainstream, et nombre de gouvernements. Il est impossible à un candidat aux présidentielles américaines d’être élu sans son soutien. Le même phénomène semble s’être étendu à la France où, aujourd’hui, même la candidate du Front National en campagne semble rechercher l’appui d’Israël.

Si le plan occidental réussissait, Israël serait reconnue par les nouveaux dirigeants mis en place par les Etats-Unis. Les nouveaux gouvernements fantoches (comme ceux d’Iraq, d’Afghanistan, et de Côte d’Ivoire…) permettraient également aux grandes multinationales américaines (notamment les géants du pétrole, du bâtiment et de l’agroalimentaire) de s’implanter dans les pays recolonisés.

 

La NR/ Certains pensent que la guerre de l’OTAN contre la Libye est dirigée contre la Chine notamment pour l’accès aux ressources énergétiques, d’autres avancent qu’elle est dirigée contre l’Afrique, qu’en pensez-vous ?

A la fois contre les deux en réalité. Les Etats-Unis sont en concurrence avec la Chine pour le contrôle des ressources énergétiques. Ils ne peuvent tolérer que la Chine cherche à s’approprier les champs pétroliers les plus riches connus, alors qu’il est prévu que l’économie américaine sera supplantée par celle de la Chine dans les cinq ans à venir. Ils n’avaient pas pardonné à Kadhafi d’avoir refusé, en 2008, de rejoindre l’AfriCom, le commandement régional créé par le Pentagone pour contrer la pénétration de la Chine en Afrique. Il faut savoir que le tiers des importations de pétrole de la Chine provient du continent africain.

Et, en même temps, il faut éviter qu’un nouveau continent (de surcroît le plus riche!) puisse sortir du sous-développement: il faut maintenir l’Afrique la tête sous l’eau pour éviter qu’elle devienne une puissance émergente. Le colonel Kadhafi, symbole de la lutte anti-impérialiste en Afrique parce qu’il avait toujours oeuvré pour le développement et l’indépendance du continent, devait être éliminé. Il avait financé le satellite RASCOM, qui a permis à l’Afrique de sortir de la dépendance des multinationales occidentales en matière de télécommunications. Il était sur le point de lancer une monnaie basée sur l’Or, travaillait à nouveaux projets panafricains, dont les États-Unis d’Afrique et une Organisation du Traité de l’Atlantique Sud. Les puissances impérialistes ne pouvaient le tolérer. L’Afrique est un continent extrêmement riche en matières premières indispensables aux pays développés: pétrole, gaz naturel, minerais rares utilisés pour les nouvelles technologies… La carte des conflits en Afrique se superpose avec celle des richesses de son sous-sol.

C’est pourquoi les pays africains les mieux dotés en matière premières sont voués à la famine et à des guerres civiles programmées de l’extérieur. On pourrait dire que plus un pays est riche, plus il va s’enfoncer dans le sous-développement, car les puissances étrangères ne peuvent piller un pays que s’il est faible et dépendant des «aides» extérieures (du FMI, de la Banque mondiale…) qui l’étranglent, avec des «dirigeants» installés par ses soins. Ce n’était le cas ni de l’Iraq ni de la Libye, comme ce n’est pas le cas de l’Iran ni du Venezuela – également sur la liste noire des Etats-Unis depuis l’élection d’Hugo Chavez à sa tête.

La NR/ Selon ses statuts, l’OTAN est un pacte défensif dont l’objectif consiste dans l’aide mutuelle en cas d’attaque d’un de ses membres. Elle n’est absolument pas habilitée à intervenir hors de son territoire, dans des pays non membres. Or, on constate aujourd’hui qu’elle est instrumentalisée. Elle est devenue une force de frappe militaire de l’ONU pour renverser des gouvernements de part le monde. Comment expliquer ce revirement ?

L’OTAN n’est qu’un instrument au service de l’impérialisme US, le bras armé de l’ONU. C’est en prévision des nouvelles guerres américaines programmées de longue date que Sarkozy, l’agent américain, a fait revenir en 2009 la France dans le commandement intégré de l’OTAN duquel le général de Gaulle l’avait fait fait sortir en 1966. Comme G.W. Bush, Obama – le nègre blanc -, ne fait que suivre la feuille de route.

L’OTAN, qui aurait logiquement du disparaître à la fin de la guerre froide, s’est au contraire notablement renforcée depuis, avec notamment l’adhésion des anciens pays de l’Est. C’est à l’OTAN qu’Obama, prix Nobel de la Paix, a transféré sa guerre contre la Libye lorsque les pays qui lui servaient de paravent se sont trouvés en difficulté. Toujours en contradiction avec sa Charte, L’OTAN participe aussi à des guerres d’occupation et mène avec la CIA des opérations criminelles.

L’accord entre l’OTAN et l’ONU, alliance militaire pourvue d’armes nucléaires, est incompatible avec la Charte de l’ONU, qui exige que les conflits soient résolus pacifiquement. L’OTAN n’est plus qu’un instrument des États Unis pour mettre en œuvre le plan concocté par les néoconservateurs dans les années 90′ (le PNAC) dans le cadre de l’instauration d’un Nouvel Ordre mondial.

Peut-on distinguer les interventions de l’ONU de celles de l’OTAN, si trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont aussi membres de l’OTAN? Comment les violations du droit commises par l’OTAN pourraient-elles être poursuivies par les tribunaux internationaux?

 

La NR/ Actuellement, on assiste à une dépravation de l’application du droit international de la part du Conseil de sécurité, comme on l’a constaté notamment en Libye, avec la malversation de la résolution 1973. Quelle crédibilité pourrait avoir l’ONU dont la Charte a été détournée de sa vocation première ?

C’est une vaste fumisterie pour donner l’illusion que le droit international serait respecté, alors qu’il n’y a qu’un seul droit qui régit notre monde, la loi de la jungle.

Certes, la résolution 1973 a été violée, mais elle avait été conçue et votée justement dans le but de pouvoir l’être. C’était un cheval de Troie en vue d’une escalade militaire pour faire tomber le régime. Au demeurant, elle n’avait pas lieu d’être, puisqu’il avait été prouvé rapidement que le Guide libyen n’avait jamais fait bombarder son peuple ni fait tirer sur lui. La Résolution a été votée sans qu’aucune enquête soit diligentée pour vérifier les faits allégués.

Combien de guerres d’agression ont été menées avec ou sans l’aval de l’ONU ? En 2003, les Etats Unis et la Grande-Bretagne ont violé le droit international en attaquant l’Iraq sans résolution du conseil, parce que la France avait prévenu qu’elle utiliserait son droit de veto. Nous avions le précédent de l’attaque de la Yougoslavie, qui avait pour but l’implantation de bases américaines en Europe de l’Est comme nouvelle étape de l’encerclement de la Russie, et contrôle de l’acheminement des produits pétroliers… Israël avait elle obtenu un mandat de l’ONU avant d’attaquer le Liban en 2006 et la bande de Gaza en 2009 ? A-t-elle été poursuivie pour violation du droit international et pour crimes contre l’Humanité?

Le Conseil de sécurité et le secrétariat de l’ONU sont devenus depuis la chute du mur de Berlin (qui avait le mérite au moins de maintenir «l’équilibre de la terreur») sont les premiers responsables des catastrophes humanitaires. Ainsi, l’embargo contre l’Iraq decrété en 1990 (et jamais levé jusqu’à 2003 malgré le respect de ses clauses) a causé 1.500.000 morts, dont un demi-million d’enfants. Pour protester, quelques honnêtes hauts-fonctionnaires de l’ONU avaient préféré démissionner plutôt que de rester complices de ce génocide à petit feu, comme deux coordinateurs des opérations humanitaires en Irak successifs (Dennis Halliday en 1998 et Hans Christof von Sponeck en 2000), suivis par la responsable du Programme alimentaire mondial (PAM).

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont attaqué plus de cinquante pays en totale impunité. Sans compter tous les coups d’Etat organisés à travers le monde pour renverser les dirigeants gênants… Et Israël a été condamnée plus de deux cent cinquante fois par des résolutions de l’ONU, mais n’a jamais été sanctionnée. Le sionisme a été stigmatisé comme «une forme de racisme» par l’ONU en 1975, mais cela n’a pas empêché la construction d’un mur de l’Apartheid aussi ignoble que le mur de Berlin sans que la « communauté internationale» s’en émeuve.

Les dirigeants de tous ces pays-voyous (qui possèdent tous l’arme nucléaire) ont-ils été jugés et condamnés par un tribunal international? Leur a-t-on envoyé les troupes de l’OTAN pour les mater?

Par contre, les dirigeants vaincus des pays attaqués et vaincus sont jugés par des tribunaux fantoches et sont condamnés à mort après un simulacre de jugement (Saddam Hussein, Tarek Aziz, et bientôt Saïf Al Islam Kadhafi), sont laissés mourir à petit feu (Milosevic), quand ils ne sont pas tout simplement lynchés, comme Mouammar Kadhafi, sans que personne n’y trouve à redire. Dans quel monde vivons-nous ?

(On pourra noter au passage que les «grandes» démocraties où la peine de mort a été abolie se réjouissent des exécutions sommaires de dirigeants extra-occidentaux, et acceptent d’être responsables ou complices de millions de morts aux cours des guerres d’agressions. Ceci est pour le moins grotesque…).

Par ailleurs, l’ONU n’est jamais intervenue lorsque des dirigeants démocratiquement élus ont été assassinés ou chassés par les Etats-Unis : Mossadegh en Iran en 1953, Allende au Chili en 1973, Manuel Zelaya au Honduras en 2009 pour n’en citer que quelques uns… Les dictateurs sanguinaires qu’on leur a substitués n’ont jamais été jugés pour crimes de guerres ou crimes contre l’Humanité devant un tribunal international comme comme ils auraient du l’être selon les lois en vigueur. Le général Pinochet est mort tranquillement chez lui, et les généraux argentins n’ont pas été inquiétés malgré toutes les manifestations de familles de dizaines de milliers de « disparus ».

Tous les dirigeants africains intègres qui ont tenté de développer leur pays et d’échapper au Diktat des néo-colonisateurs ont été assassinés (Thomas Sankara au Burkina Faso, Patrice Lumumba au Congo…)… Et le président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, aussitôt après avoir démocratiquement réélu en 2011, a été kidnappé et chassé par la France au profit d’Alexandre Ouattara, la marionnette sanguinaire du FMI. C’est le vainqueur des élections qui se retrouve maintenant devant le tribunal international de La Haye! C’est vraiment le monde à l’envers! Un exemple de plus qui démontre que l’ONU n’est qu’un instrument au service de l’Occident et de ses sbires.

Il nous faut donc nous demander si le monde serait différent en l’absence de cet organisme dévoyé et corrompu, au service exclusif des gendarmes du monde.

En effet, depuis sa fondation, l’Organisation des nations unies s’est avérée inefficace pour maintenir la paix et n’a jamais empêché ses membres les plus influents de contourner ses mécanismes pour mener des opérations unilatérales. Les secrétaires généraux du «machin», comme l’appelait si bien le général de Gaulle, sont tous des marionnettes des USA, comme Ban Ki-Moon, après Koffi Annan et bien d’autres. C’est un organisme de convenance, un paravent créé pour servir les intérêts des Etats-Unis et ceux de leurs valets tout en faisant croire à une justice internationale. Point final.

Ainsi, le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye n’a jamais eu à juger les responsables des Etats-Unis et de ses alliés, qui ont commis des massacres à très grande échelle, et utilisé des armes nucléaires et chimiques, que ce soit au Vietnam (avec l’agent Orange), en Iraq, en ex-Yougoslavie, en Palestine, au Liban, en Libye (avec les armes à l’uranium appauvri, au phosphore, au napalm «amélioré»…). Le président Clinton a été inquiété dans son pays pour des délits sexuels, mais il ne sera jamais jugé pour l’assassinat de centaines de milliers d’Iraqiens (pas plus que son acolyte, le prix Nobel de la Paix, Al Gore). De même que Richard Nixon fût chassé pour des écoutes téléphoniques, et non pour ses crimes de guerre. En récompense des atrocités dont il était responsable au Vietnam ou au Chili, son secrétaire d’Etat Henry Kissinger avait lui-aussi reçu le Prix Nobel de la Paix! Ajoutons que les Etats-Unis ont refusé de ratifier le traité instituant la Cour pénale internationale (CPI), afin d’éviter tout jugement à ses dirigeants politiques et militaires.

Les agences spécialisées de l’ONU sont pour la plupart tout aussi inefficaces et dévoyées. Ainsi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), assujettie à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) par un accord de 1959, n’a pas le droit de reconnaître officiellement la nocivité de l’uranium appauvri, substance à la fois hautement chimiotoxique et radioactive utilisée dans toute la panoplie des armes depuis plus de vingt ans et de façon de plus en plus intensive. Le Programme des nations-unies pour l’environnement (PNUE) ignore ce très grave problème de pollution de l’environnement. Irréversible, il condamne les populations victimes des bombardements à vivre dans un environnement de plus en plus radioactif, et va induire la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes sur plusieurs siècles, et la destruction du génome… L’ONU s’en est-elle souciée ? En Iraq, plus de trois millions de personnes ont déjà été tués depuis vingt ans par les Etats-Unis et ses laquais. Mais on ne pourra jamais inclure parmi les victimes le nombre de morts différées dues à cette substance diabolique.

Certains traités, comme celui de non-prolifération nucléaire (TPN), sont instrumentalisés pour assurer la domination des uns, et menacer d’extermination les autres. Notons qu’Israël, qui posséderait aujourd’hui plus de troix-cents têtes nucléaires, a pu développer en toute illégalité son programme, sans avoir signé le traité de non-prolifération (à l’inverse de l’Iran) et sans que ses installations soient jamais inspectées. (Sans compter toutes les autres armes de destruction de masse qu’elle développe en secret). Cette situation n’a jamais été sanctionnée par l’Organisation censée garantir la Paix entre les nations… Pourtant cet état hors-la-loi ose menacer sans vergogne un pays voisin, l’Iran, d’annihilation.

 

La NR/ N’est-il pas temps de réformer cette Organisation qui, malheureusement, n’est plus en mesure de remplir la mission essentielle pour laquelle elle a été créée, c’est-à-dire garantir la paix ; alors qu’on en est arrivé au point où l’on mène des guerres d’agression en son nom ? Si oui, comment ?

Une réforme radicale de l’ONU s’impose pour la soustraire au contrôle des USA, mais c’est un voeux pieux. Il faut d’abord se poser la question: a-t-elle jamais garanti la paix? Sa mission a été dévoyée depuis le début de son existence. Elle a pour mission fondatrice la paix internationale, mais elle n’a jamais, à ma connaissance, empêché les guerres (Cf. Vietnam, Yougoslavie, Iraq… ). L’ONU n’a jamais été plus efficace que la Société des nations (SDN,) fondée après la guerre de 14-18, qu’elle a remplacée après la deuxième guerre mondiale.

Bien au contraire, elle a favorisé les guerres d’agression et les coups d’état menés par les Etats-Unis et ses laquais pour renverser des présidents élus démocratiquement – mais qui n’avaient pas l’heur de plaire aux gendarmes du monde -, et les remplacer par des dictateurs sanguinaires à leur botte.

Depuis 1945, et surtout depuis 1989 et 2001, les violations du droit international par les plus puissants se sont intensifiées à l’envi. Nombre de populations (pas seulement dans le Tiers-Monde) se voient privées de leurs droits fondamentaux (à l’alimentation, à la santé, à l’habitat, à la culture, au travail, à un environnement sain et à la liberté d’opinion), et peuvent être victimes d’agressions militaires si leurs ressources naturelles sont convoitées.

Qui pourrait se charger de réformer l’ONU? Ceux qui sont aux commandes aujourd’hui et qui ont dévoyé sa mission originelle à leur profit en bafouant en permanence sa Charte? Il s’agirait d’abord de faire respecter le droit international qu’elle a elle-même fondé! Il y aura certainement un replâtrage censé donner plus de représentativité aux pays du Sud émergents (Inde, Brésil…) au sein du conseil de sécurité, et permettant d’éviter les blocages comme celui qu’on connait actuellement pour la Syrie.

Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm, 

La Nouvelle République du 14 janvier 2012

Joëlle Pénochet et Chérif Abdedaïm

Articles de Joëlle Pénochet publiés par Mondialisation.ca

 
   

Mondialisation.ca,

Le 17 janvier 2012

La Nouvelle République (Algérie)


2-5 Roland Marounek : Du Meilleur des Mondes Démocratiques à la Guerre Mondiale.

Beaucoup dans les partis et mouvements progressistes ont perçu dans les événements de cette année 2011, les prémices d'une toute nouvelle page de l'histoire humaine, inaugurée avec le vent des "révolutions démocratiques" arabes, qui, après avoir balayé indifféremment les dictatures de Tunisie, d'Égypte, et de Libye, est en train de faire tituber tous les autres "tyrans" : El Assad, Poutine, Ahmadinejad…, bientôt le tour de la tyrannie communiste chinoise, rêvent certains.

Le fameux principe de la Responsabilité de protéger (R2P) adopté solennellement par les Nations Unies en 2005 est considéré comme une grande avancée du droit international. Cette R2P et l'appui que nos démocraties avaient le devoir moral d'apporter à l'élan populaire démocratique forment la trame fondamentale de l'intervention en Libye et de celle en formation en Syrie.

Malgré les diversités fondamentales entre les situations de chaque pays, un amalgame global a permis de fusionner tous les événements sous le même grand concept de l'"aspiration des peuples à la démocratie". Ceux qui remettaient en question cette image se voyaient accusés de faire preuve d'un mépris vis-à-vis du peuple, voire de faire le jeu des USA en osant nier la réalité de la lutte populaire.

L'analyse de la situation hier en Libye, aujourd'hui en Syrie, est ainsi profondément déformée par cette conviction que nous sommes entrés dans une période de grands changements historiques. Alors que ce qui aurait dû être frappant, c'est plutôt la formidable continuité de la politique des pays dominants.

La R2P renvoie directement aux politiques coloniales du 19e siècle, où les motivations des colonisateurs ont toujours été présentées comme une nécessité de protéger les populations en périls. Au "fardeau de l'homme blanc", le devoir moral de lutter contre les tyrannies indigènes au nom de la civilisation, fut-ce par les bombes, s'est substitué le devoir moral des états démocratiques (les pays de l'Otan) de "soutenir" les opposants aux régimes tyranniques. C'est la Responsabilité de Protéger les Sudètes en Tchécoslovaquie, puis les populations allemandes de Pologne, qui a été l'alibi de Hitler et a précipité l'Europe dans la Seconde Guerre Mondiale.

La capacité de l'impérialisme et des services secrets de fomenter des troubles et des rébellions présentées comme populaires est un grand classique. On peut se rappeler de l'opération Ajax, où le reversement de Mossadegh (1953) a été présenté comme le résultat de mécontentements populaires, ou du renversement de Jacobo Arbenz Guzmán au Guatemala un an plus tard sur le schéma d'un "mouvement révolutionnaire" (financé par la CIA). Le fait que le gouvernement renversé soit, ou ne soit pas 'progressiste', moralement adoubable par la gauche européenne ou non, n'entre pas en jeu ici. Le seul point pertinent, c'est si il est ou non profitable de l'éliminer.

Enfin la manipulation de l'opinion publique de "nos pays démocratiques" identifiés sans états d'âme à la "Communauté Internationale" toute entière, est complètement niée, minimisée, ou alors soigneusement rangée dans la catégorie erreurs du passé. Pourtant cette manipulation médiatique est une réalité constante, et s'est à l'évidence perfectionnée avec les technologies modernes. La "théorie du complot" est brandie pour réduire au ridicule ceux qui évoquent ce simple fait. Peut-on verser dans l'idéalisme et imaginer que ce qui a été la réalité prégnante des services secrets durant des décennies, et qui a si bien servi, s'est soudain évaporé ?

La méconnaissance de l'histoire et la présentation idéologique démocratique empêchent de distinguer la parfaite continuité des manœuvres impérialistes, et font entrer de plein pied et tout pétri de bonne volonté dans le jeu de la "défense des peuples et de la démocratie", qui consiste in fine à hurler avec les loups contre les régimes qui s'opposent aux pays occidentaux.

A noter que la marche triomphale vers la Démocratie était déjà annoncée dès 2000 lors du renversement du dictateur (élu) Milosevic, qui avait eu l'outrecuidance de résister à l'Otan, puis avec l'avènement d'un régime démocratique en Afghanistan, et avec la chute du dictateur Saddam Hussein, -au prix d'un million de morts et de la destruction et la ruine de l'Irak, mais La Démocratie n'a pas de prix- En avril de cette année, la Communauté Internationale enfin, et les bombes françaises, imposaient à la Côte d'Ivoire ce que cette même Communauté Internationale avait décidé être le résultat indiscutable des urnes. Tout va décidément de mieux en mieux dans le meilleur des mondes démocratiques. Le XXIe siècle s'ouvre sur une période de nouvelles Lumières démocratiques, qui ressemble furieusement à la grande époque de la politique de la canonnière.

La Libye comme expérimentation

L'agression de la Libye a marqué un saut qualitatif important. C'est d'abord une première application officielle du R2P par les Nations-Unies, où l'Otan se présente ouvertement comme son bras armé "naturel". On n'avait jamais ni au Kosovo, ni en Afghanistan, été aussi loin dans la confusion des genres. Cette agression a été applaudie par une série de personnes usuellement plus circonspectes, grâce en grande partie à l'illusion de la nouvelle ère démocratique.

Autre très grande réussite, l'anesthésie de l'opinion publique et des mouvements de paix. Alors que tous étaient appelés à s'horrifier de bombardements de manifestants pacifiques par l'armée Kadhafi qui n'ont jamais eu lieu, il n'y a eu aucune réaction sérieuse aux faits avérés que l'Otan ait affamé, privé d'eau et de soin, bombardé durant 2 mois et détruit la ville de Syrte, qu'elle ait bombardé avec application les dépôts de produits alimentaire, pratiqué un blocus naval ; que les populations noires sont pourchassées, torturées, massacrées par les milices qu'elle a amené au pouvoir... L'information est là, et même répercutée, mais on est arrivé à la rendre complètement inoffensive.

"Les journalistes ont pu voir un bâtiment complètement détruit, avec le Croissant Rouge à l'entrée et des produits pharmaceutiques, un brancard, des gants, des bouteilles d'oxygène éparpillées. Dans l'après-midi, les secours s'activaient en quête d'éventuels survivants. Dans une autre zone, les journalistes ont constaté que des dépôts de produits alimentaires étaient endommagés, et le 4e était en flammes. Les journalistes ont vu des centaines de sacs de riz, des tomates, de l'huile végétale partir en fumée." (11/07/2011)

Le pays est évidemment ruiné, divisé, aux mains de bandes armées rivales, en voie de somalisation – mais l'essentiel est le mantra démocratique : "la Libye a été libérée du joug de Kadhafi", et tout le reste est dommage collatéral insignifiant.

A l'assaut humanitaire de la Syrie

On tente de rééditer l'exploit aujourd'hui avec la Syrie. De la même manière qu'avec le précédent libyen, la Commission des Droits de l'homme des Nations-Unies a ressorti des accusations d'abominations qui auraient été commises par le régime, - sans élément tangible puisque les témoins doivent être protégés. Autrement dit en se fiant sur la seule parole des "opposants" qui ont des intérêts évidents à provoquer une intervention humanitaire en leur faveur.

On peut juger de la fiabilité de ce genre de témoignages en regardant l'interview par Julien Teil du représentant de la Ligue Libyenne des Droits de l'Homme, dont les déclarations à l'ONU ont été un élément clef de la marche vers la guerre, et où il déclare benoîtement qu'il n'y avait aucune preuve de ce qu'il avançait, et que les chiffres lui avaient été fournis directement par le CNT1.

Mais rien n'y fait. La propagande continue est à ce point efficace qu'il est devenu impossible d'entendre de simples faits et témoignages qui s'éloignent de la version officielle imposée "Bachar El Assad est un abominable tyran qui massacre son peuple qui se révolte contre lui". Toute autre discours est littéralement inaudible, scandaleux, classifié "défense des tyrannies". La complexité de la réalité est reléguée à de la propagande anti-démocratie. Les informations précises sur la présence de mercenaires islamistes et le financement des rebelles armés sont disponibles, - mais c'est comme une goutte d'eau sur la carapace des certitudes démocratiques (voir encadré).

Un exemple frappant est fourni avec ces quelques journalistes qui se sont rendus en novembre en Syrie et sont revenus avec des témoignages contredisant frontalement le discours d'usage. Françoise Wallemacq, de la RTBF exprime sont sentiment « que la grande majorité des Syriens soutient encore le président Bachar El Assad, que les Syriens ont très peur d'une déstabilisation de leur pays. » « A Damas on a pu parler avec à peu près tout le monde dans la rue […] les gens qu'on croisait dans la rue nous disaient qu'on mentait, que les télévisions étrangères manipulaient la réalité et que ce n'était pas ce qui se passait dans le pays. » La journaliste évoquera encore cet "Observatoire Syrien des Droits de l'homme", qui est la source quasi exclusive des médias étrangers et des rapports de l'ONU: « L'OSDH, c'est un homme basé à Londres que personne n'a jamais rencontré. »2

Ce reportage aura pu être entendu… un jour. Tous les autres jours, la chaîne d'information a fidèlement répercuté la ligne officielle et les nombres de morts civils toujours fournis par ce même OSDH. Le Soir laisse entendre que les journalistes ont été manipulés par le régime syrien, et parle de propagande. Propagande, on fait pas ça chez nous.

Le plus affligeant est que, comme dans le cas de la Libye, ce discours est relayé par nombre de mouvements progressistes et pacifistes pour lesquels la débat n'est à aucun instant la remise en cause de la manipulation médiatique, mais plutôt le remplacement des bombes par des sanctions économiques - sans arriver à réaliser par ailleurs la nature réellement criminelles de ces mesures pour la population, et le fait qu'elles préparent toujours la guerre active.

"Le peuple est en révolution", "le peuple lutte pour la démocratie", on ne peut pas remettre la doxa en question. Et certainement pas pour demander qui est exactement "le peuple" que l'on prétend "soutenir". Avec quelle arrogance dénie-t-on la qualité de "peuple syrien" aux gens qui manifestent par millions contre la déstabilisation du pays ?

Lorsqu'un mouvement de Paix en arrive à appeler à "agir" pour soutenir le combat du peuple syrien contre la féroce répression qui le frappe, on peut apprécier à quel point la travail de la propagande a été remarquable, et à quel degré de préparation psychologique à la prochaine juste guerre on est parvenu.

Vers une guerre de grande ampleur?

L'Afrique vient d'être bien verrouillée, avec les interventions en Côte d'Ivoire, et en Libye, suivant la partition du Soudan. En septembre, on apprenait que les USA bâtissaient, dans la Corne de l'Afrique et dans la Péninsule arabique, un réseau de nouvelles bases pour des drones. The Economist écrivait en 2010 que le Président ougandais « …semblait ébloui par les promesses des Chinois de les aider à construire une raffinerie de pétrole et à produire des plastiques et des engrais à partir du pétrole…. Plusieurs gouvernements et compagnies occidentaux veulent arrêter la progression de la Chine dans le bassin du Congo avec ses immenses réserves de minéraux et de bois ». En octobre 2011, des forces spéciales US étaient envoyées en Ouganda.

Les accusations s'accumulent à nouveau contre l'Iran, terrorisme, droits de l'homme, course à l'arme nucléaire…. « Le secrétaire à la Défense US et le président des chefs d'état-major ont déclaré tous deux que les États-Unis vont "maintenir une forte présence militaire dans la région, en partie comme contrepoids à l'Iran." […]. L'administration et l'armée tentent de favoriser une nouvelle "architecture de sécurité" pour le Golfe Persique qui intégrerait les patrouilles aériennes et navales et la défense antimissile. »3

Les infos sur le départ des troupes en Afghanistan occultent le fait que la Loya Jirga de novembre a accepté l'établissement pour une présence indéfinie de bases militaires US sur le territoire afghan. En novembre, le président étatsunien annonçait que les USA allaient renforcer leur présence militaire en Australie. Le mois suivant, Hilary Clinton reprenait pied au Myanmar, misant apparemment sur un prochain retournement démocratique de cet allié de la Chine.

Les USA et les autres pays de l'Otan sont en train de placer fébrilement leurs pions sur l'échiquier du monde. Les agressions de la Libye et celle en gestation de la Syrie pourraient bien n'être que les premiers jalons d'une confrontation militaire globale, qui, comme dans les années 30 coïnciderait avec une tentative de sortie d'une crise financière particulièrement profonde. Au nom de "La Démocratie" bien entendu, - alors même que cette crise est en train de faire apparaître la démocratie comme une notion de plus en plus évanescente dans les pays de "l'Alliance des Démocraties", où le citoyen a tout juste la liberté de choisir quel représentant viendra nous expliquer que "les Marchés nous imposent de…". Et que non, il n'est décidément pas discutable de sortir de cette Alliance qui nous mène droit à la guerre.

1.www.laguerrehumanitaire.fr
2. www.csotan.org/textes/texte2.php?art_id=585&theme=P
3.cité par Stephen Gowans, "Seeing the US everywhere", www.csotan.org/textes/texte2.php?art_id=582&theme=P

Roland Marounek
Autres textes de Roland Marounek sur le site du CSO



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

30/01/2012

n°35 - Journal de Syrie -13-01 au 27-01 - q - : Jonathan Steele - dénonce le bourrage de crâne sur la Syrie.

n°35 - Journal de Syrie -13-01 au 27-01  - q -  : Jonathan Steele  - dénonce le bourrage de crâne sur la Syrie.

 


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

             n°35                                         13-01 au27-01        

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Louis Denghien: La grande figure du journalisme anglais - Jonathan Steele  - dénonce le bourrage de crâne sur la Syrie.

SaïdDoudine: Coordination américano-israélo-qatari contre la Syrie.

Michel Chossudovsky : Syrie: Les Forces spéciales britanniques, la CIA et le MI6 appuient l’insurrection armée. Une intervention de l’OTAN est envisagée.

Gilles Munier : Les services secrets anglais et américains approvisionnent les groupes armés !

Nicolas Gros-Verheyde : Syrie : "Et si on recommençait le 'coup' de la Libye ?"

Daniel McAdams : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

Thierry Meyssan: La décision d’attaquer la Syrie a été prise lors d'une réunion à Camp David le 15 septembre 2001. 

1 Gilles Jacquier

1-1 Le journaliste français Gilles Jacquier meurt sous le feu des gangs armés à Homs.

1-2 Gilles Jacquier - Syrie : Juppé et Sarkozy préparent les preuves.

1-3 Louis Denghien : Mort de Gilles Jacquier : Juppé s’enfonce résolument.

1-4 Journaliste tué en Syrie : Juppé va t'il nous refaire le " coup de Markale " ?

2  Politique des Pays Arabes & voisins

Mauritanie

Quand l’émir du Qatar se fait renvoyer bottes au cul..de la Mauritanie!

Tunisie

Le président tunisien juge "suicidaire" une intervention étrangère en Syrie.

Les grandes manœuvres 

France

Réseau Voltaire : Décès du reporter d’Envoyé Spécial : la France dissimule les preuves.

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

4-1 Infosyrie: « Violences inacceptables » : un petit film pour Sarkozy, Juppé & consorts

4- 2 questions à Thierry Meyssan.

4-3 Réponse à ceux qui ne voient aucun sectarisme dans l'opposition syrienne.

Guerre médiatique 

4-4 Lucien PONS : Pourquoi devrions-nous tolérer une guerre humanitaire en Syrie?

 



Tiré à part

Louis Denghien: La grande figure du journalisme anglais - Jonathan Steele  - dénonce le bourrage de crâne sur la Syrie.

Même dans les pays les plus alignés sur le Nouvel Ordre mondial et ses mots d'ordre, des voix discordantes - et autorisées-se font quand même entendre.

Ainsi en Grande-Bretagne, plus que jamais, en ce qui concerne la politique étrangère et singulièrement le dossier syrien, le "porte-avions des Etats-Unis en Europe".

Et dont le Premier ministre David Cameron a mérité au moins autant que son prédécesseur Tony Blair le sobriquet de "caniche" de président américain.

Une voix isolée, mais dans un journal influent

Eh bien, dans ce même pays sous influence, dont le Premier ministre vient de traiter Bachar al-Assad de « maudit tyran« , c’est un journaliste chevronné, l’ancien responsable de la rubrique internationale du grand quotidien de référence The Guardian (de sensibilité plutôt travailliste) qui vient de dénoncer les mensonges et l’attitude de son gouvernement et d’une grande partie de sa presse. Jonathan Steele, déjà auteur en novembre dernier d’une tribune libre qui s’attaquait à nombre de contre-vérités sur la crise syrienne véhiculés docilement par ses confrères, vient à nouveau de dénoncer – dans une nouvelle tribune libre publiée par The Guardian - la désinformation dont continue malheureusement à faire l’objet ce pays. « Cette couverture médiatique est devenue une arme de propagande contre la Syrie » dit-il notamment. Et Steele de pointer plusieurs éléments de cette propagande, les négations, omissions ou francs mensonges relatifs aux faits suivants : la popularité de Bachar, la mission des observateurs arabes, l’implication militaire et diplomatique américaine. A propos de la mission de la Ligue arabe en Syrie, Jonathan Steele écrit que son actuel dénigrement par les Occidentaux est motivé par la crainte que les observateurs donnent dans leurs rapports un son de cloche, notamment sur la soi disant opposition pacifique, un son de cloche assez éloigné de la vulgate en cours.

Et, toujours sur ce sujet, le journaliste prévoit – sans prendre trop de risques, il est vrai – que la Ligue arabe va, à l’occasion de sa réunion du 22 janvier au Caire, de fortes pressions pour mettre fin à sa mission. Mission dont Steele estime la prolongation nécessaire pour garantir une vision plus objective de la situation, elle-même condition de l’instauration d’un dialogue effectif entre pouvoir et opposition.

Jonathan Steele a, comme Infosyrie de l’autre côté de la Manche, fort à faire dans un pays qui héberge l’agence de désinformation qu’est l’OSDH dont le patron Rami Abdel Rahmane a ses entrées chez William Hague, patron de la diplomatie britannique, une diplomatie aussi fidèlement suiviste du Département d’Etat américain sur la Syrie qu’elle l’avait été pour Israël, l’Irak, l’Afghanistan ou la Libye.

Mais Steele est une grande figure du journalisme anglais – deux fois lauréat des trophées de la presse britannique, catégorie « Reporter de l’année ». Et The Guardian, qui offre une tribune à son ex-collaborateur, est un média de premier plan.

Louis Denghien,

(http://www.infosyrie.fr/re-information/une-grande-figure-du-journalisme-anglais-denonce-le-bourrage-de-crane-sur-la-syrie/


SaïdDoudine: Coordination américano-israélo-qatari contre la Syrie.

Le chercheur stratégique, Saïd Doudine, directeur de l'établissement du monde uni de la recherche et de l'information, a fait état d'une coordination américaine, israélienne et du Golfe pour la mise en exécution du plan visant à imposer l'hégémonie colonialiste à la région tout entière.
Dans une déclaration à la télévision syrienne, M. Doudine a indiqué que le plan occidental suspect contre la Syrie s'était cristallisé après l'an 2006 au moment où l'OTAN, conscient de l'incapacité d'Israël à l'exécuter seul, avait décidé d'y faire adhérer la Turquie et Qatar.
Il a fait noter que les pétrodollars du Golfe qui faisaient défaut au monde arabe, s'employaient dans des actions étrangères et pour l'achat des armes qui serviraient à l'exécution des plans d'invasion de la région, parlant dans ce sens de la coordination entre le Premier Ministre Qatari avec Netenyahou et d'autres commandements israéliens lors des réunions à Paris.
http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/20/395541.htm


Michel Chossudovsky : Syrie: Les Forces spéciales britanniques, la CIA et le MI6 appuient l’insurrection armée. Une intervention de l’OTAN est envisagée.
Plusieurs articles dans les médias britanniques confirment que les Forces spéciales britanniques (UKSF) entraînent les rebelles syriens.

Le modèle sous-jacent est similaire à celui de la Libye où les Special Air Services (SAS) britanniques étaient sur le terrain avant le lancement de l’intervention militaire de l’OTAN.
Une intervention de l’OTAN, calquée sur celle de la Libye, est envisagée en vertu de la responsabilité de protéger (R2P). L’Armée syrienne libre (ASL) est une création paramilitaire de facto de l’OTAN.
Les reportages confirment que des agents de l’armée et du renseignement sont déjà sur le terrain en Syrie :

Il y  de plus en plus de rumeurs indiquant que les Forces spéciales britanniques assistent d’une manière quelconque les forces alignées contre le régime syrien.

Des reportages de la fin novembre de l’an dernier mentionnent que les Forces spéciales britanniques ont rencontré des membres de l’Armée syrienne libre (ASL), le bras armé du Conseil national syrien. Le but apparent de ce contact initial était d’établir la puissance des forces rebelles et d’ouvrir la voie à toute forme future d’opération d’entraînement.

Des reportages plus récents ont indiqué que des Forces spéciales britanniques et françaises ont entraîné activement des membres de l’ASL sur une base en Turquie. Certains reportages mentionnent qu’un entraînement a lieu également en Libye et au nord du Liban. Des agents du MI6 britannique et du personnel de l’UKSF (SAS/SBS  - Special Boat Service) auraient entraîné des rebelles pour le combat en zone urbaine et leur auraient fourni des armes et de l’équipement. Des agents de la CIA et des forces spéciales des États-Unis apporteraient de l’aide aux rebelles dans le secteur des communications. (British Special Forces Training Syrian Rebels?, Elite UK Forces, 5 janvier 2012. C’est l’auteur qui souligne.)

Ces reportages confirment sans équivoque une interférence étrangère dans les affaires d’un État souverain.
Il ne s’agit pas d’une révolte populaire.
L’insurrection ainsi que les meurtres de civils ont été commandités dès le début par des puissances occidentales.
Des agents des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles, en violation du droit international. Des reportages confirment que les rebelles sont des tireurs qualifiés et des membres d’organisations associées à Al-Qaïda.
La Grande-Bretagne se prépare à un combat en Syrie qui pourrait être plus important et plus sanglant que la bataille contre Kadhafi. Le ministre de la Défense dresse des plans secrets pour une zone d’exclusion aérienne sous l’égide de l’OTAN, mais celle-ci doit d’abord être appuyée par le Conseil de sécurité des Nations Unies.
Alors que les troubles et les tueries s’intensifient au sein de l’État arabe en crise, un représentant de la sécurité a révélé que des agents du MI6 et de la CIA sont déjà en Syrie pour évaluer la situation.
Des forces spéciales discutent également avec des soldats dissidents. Ils veulent savoir de quelles armes et de quels instruments de communications les forces rebelles auront besoin si le gouvernement décide de les aider.
Une source bien placée a affirmé : « Le MI6 et la CIA sont en Syrie pour infiltrer et connaître la vérité.  ». 
 « Nous avons les SAS et les SBS qui ne sont pas très loin. Ils veulent savoir ce qui se passe et se renseignent sur l’équipement dont les soldats dissidents ont besoin.
(Deborah Sherwood, Syria will be bloodiest yet, Daily Star, 1er janvier 2012. C’est l’auteur qui souligne.)
Article original : Syria: British Special Forces, CIA and MI6 Supporting Armed Insurgency. NATO Intervention Contemplated

Michel Chossudovsky*

(revue de presse : Mondialisation.ca –

10/1/12)
Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=28529
* Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa


Gilles Munier : Les services secrets anglais et américains approvisionnent les groupes armés !

Les agents des services du MI6 (services secrets britanniques) et de la CIA (services secrets américains) opèrent activement en Syrie. Des espions, à la solde de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, sont actuellement sur le terrain pour évaluer la situation. Les forces spéciales britanniques seraient en contact avec ces espions, prêtes à fournir, le temps voulu, les armes et les munitions nécessaires à « l'armée de libération de la Syrie » (soldats dissidents soutenus par l’Occident, genre de remake de la force inféodée à l'OTAN qui était intervenue en Libye).

Selon le « Daily Star Sunday » paru le 1er janvier 2012, le ministère britannique de la Défense prépare un plan pour instaurer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, supervisé par l’OTAN ! L’hebdomadaire souligne toutefois que Londres aura besoin de l’approbation du Conseil de sécurité pour mettre à exécution ces plans alors que la Russie et la Chine y sont opposées.

Tandis qu’un porte-parole du ministère britannique de la Défense parle de spéculations, « Foreign Policy », un magazine américain bimestriel, mentionne un plan de soutien américain aux groupes armés en Syrie. Le bureau du Conseil de sécurité nationale américain a déjà entamé une opération secrète visant à trouver un passage d’armes le long de la frontière syro-turque et à renforcer l’aide militaire fournie aux groupes armés, selon le magazine. Les cadres du département d’Etat, du Trésor et du Conseil de sécurité nationale vont nommer un coordinateur chargé d’entretenir les contacts entre l’opposition syrienne et l’administration américaine.

Selon le directeur de la télévision iranienne arabophone en Syrie, Hussein Mortada, une réunion regroupant des personnalités libanaises et des membres de la sécurité française, américaine et turque, et l’attaché militaire de l’ambassade saoudienne à Ankara s’est récemment tenue dans la capitale turque. Les parties ont convenu de remettre aux terroristes syriens les armes saoudiennes et israéliennes déjà arrivées en Turquie et au Liban.

Pendant ce temps, le Parlement arabe demande le retrait des observateurs déployés en Syrie parce que leur présence cautionne la version des événements donnée par Bachar al-Assad. Alors que les opposants au régime syrien soutenus par les Etats-Unis, l’Union européenne et les monarchies du Golfe militaient, il y a un mois, pour le déploiement d’observateurs afin qu’ils témoignent de la répression. Les observateurs ont constaté la mort de plus de 2000 soldats. Il n’est plus possible de parler d’opposition pacifique...

Gilles Munier

Source : Parti Anti Sioniste.

Mercredi 4 janvier 2012

http://www.france-irak-actualite.com/article-syrie-les-forces-speciales-britanniques-la-cia-et-le-mi6-appuient-l-insurrection-armee-une-interve-97019922.html


Nicolas Gros-Verheyde : Syrie : "Et si on recommençait le 'coup' de la Libye ?"

Quand Bruxelles2 en appelle à une "intervention rapide"en  Syrie...

L’opposition syrienne appelle à la création d’une “Zone de sécurité” en Syrie

 (BRUXELLES2) La notion était pour l’instant toujours floue. L’opposition syrienne, réunie au sein du SNC, Syrian National Council, a appelé fin décembre à la création d’une zone de sécurité en Syrie pour les civils et à l’établissement de corridors humanitaires pour faciliter l’accès à l’ade.

Il demande également, étude à l’appui, « une intervention rapide pour stopper les massacres qui ont atteint le niveau d’un génocide. »

Cette zone de sécurité ne serait pas seulement à visée humanitaire mais pour permettre à l’opposition de s’organiser.

 

« Les sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne ont commencé à causer de sérieux dommages économiques au régime du président Bashar al-Assad et à sa capacité à financer l’appareil de répression. C’est un travail à long terme (…). Mais les sanctions n’ont pas stoppé ou ralenti les meurtres, arrestations, viols et torture des Syriens. Plus de 5.000 personnes ont été tuées, 50.000 sont portées disparues et 59.000 incaracérées » écrit le SNC.

Mais cela ne suffit pas.

Le SNC a soumis des demandes à la Ligue arabe et aux Nations-Unies pour qu’ils exercent la “responsabilité de protéger”. Et il estime que différentes voies d’intervention sont possibles ainsi que le montre une étude réalisée par le Strategic Research and Communication Center qui soupèse les éléments logistiques nécessaires et les risques, d’une No Fly Zone, inspirée directement du modèle libyen.

« At present, the most achievable option would be to establish a “safe area” in the country to provide refuge for embattled civilians from other cities and towns, a base of operations for the designated political leadership of the Syrian opposition as well as a military command centre — in other words, a Syrian Benghazi. » « C’est l’option la plus facile pour une intervention militaire en Syrie », est-il écrit à la manière de l’opération Provide Confort, qui puisse être conduite « par l’OTAN ou une coalition anglo-française turque et américaine ».

Nicolas Gros-Verheyde


Daniel McAdams : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

Une drôle de chose s’est produite sur le chemin (du changement de régime) de Damas.

(Information Clearing House)

La presse occidentale a dûment - et sans le moindre souci d’objectivité - répété les histoires horribles qui courent sur le "siège de Homspar le gouvernement syrien -à savoir que 4000 soldats du gouvernement bombardent la ville aveuglément, que des tireurs d’élite tirent sur les gens qui passent dans la rue, et même que des soldats creusent des tranchées pour empêcher les habitants innocents d’échapper au massacre de masse.

L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, basé à Londres et dont l’information provient de ses contacts parmi leurs alliés rebelles en Syrie (comme c’était le cas pour la myriade de "groupes humanitaires libyens" qui opéraient en Angleterre, aux Etats-Unis et en Suisse) a pimenté son site web avec des récits épouvantables de meurtres et de destruction à Homs, en parlant d’un dimanche " de Noël sanglant".

Daniel McADAMS

1 janvier 2012 "LRB" —

L’Observatoire Syrien affirme que 34 personnes ont été assassinées à Homs dans la seule journée de lundi.

Le New York Times a rapporté qu’on pressait les observateurs de la Ligue Arabe de se rendre à Homs avant que la ville ne soit complètement détruite.

Mais certains n’ont pas été mis au courant.

Lors de leur première inspection, les observateurs de la Ligue Arabe ont dit n’avoir rien vu "d’effrayant" à Homs -qui est soit disant le haut lieu du soulèvement contre le gouvernement de Assad. Ils se sont dits "rassurés" par ce qu’ils voyaient. On ne voit pas comment les milliers de tanks, les fosses mortuaires et les bombardements aveugles de la ville par les troupes gouvernementales auraient pu échapper aux observateurs.

La réaction a été rapide et sévère. Les rebelles qui s’attendaient à ce que les observateurs leur emboîtent le pas et disent en tous points comme eux ont crié au scandale. Pris sur le fait de ce qui paraît être encore un gros mensonge destiné à obtenir une aide militaire étrangère pour faire tomber le régime, le groupe des rebelles et leurs alliés à Londres ont mis les bouchées doubles :

Basma Kodmani, une porte-parole du Conseil National Syrien (CNS) a dit à France Inter, une radio française, mardi dernier, que les observateurs étaient soumis à toutes sortes de "manipulations". Elle a dit qu’environ 40 000 prisonniers avaient été sortis des prisons dans lesquelles ils étaient enfermés, transférés dans des baraquements militaires à 5 km de là et remplacés par de faux prisonniers qui ont donné aux observateurs de fausses informations sur les événements. Elle a aussi ajouté que des familles entières se faisaient passer pour des gangs armés pour soutenir les déclarations du gouvernement sur l’identité des militants.

Ca ne vous paraît pas un peu délirant ?

L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme prétend que le régime syrien a secrètement changé les noms des rues pour tromper l’équipe des observateurs ! D’autres rebelles disent que le gouvernement a retiré ses tanks à la dernière minute. Le président de l’Observatoire Syrien, Rami Rahmane, a affirmé dans la presse française que "la retraite des tanks était une ’ruse’ et que les bombardements pouvaient avoir repris à tout moment."

Mais si le gouvernement avaient bombardé les quartiers de Homs où se rendaient les observateurs et avait enlevé les tanks au dernier moment, il y aurait sûrement eu de nombreuses preuves du bombardement. Changer le nom des rues est une chose, mais dissimuler la destruction causée par le bombardement d’une ville en est une autre. Peut-être a-t-on envoyé des équipes secrètes de maçons dans la ville pour réparer les bâtiments pendant la nuit ?

Ce moment de vérité ne durera certainement pas. On va nous expliquer que ce sont les conclusions erronées de quelques observateurs malhonnêtes. On discrédite déjà le chef de la délégation, un général soudanais, en l’accusant d’avoir "violé les droits de l’homme". La France foudroie l’équipe des observateurs par la bouche de son ministre des Affaires Etrangère qui a déclaré que "les observateurs de la Ligne Arabe, devraient retourner dans la ville des martyres (Homs) sans délai et ... établir les contacts nécessaires avec la population civile."

"L’armée de la Syrie Libre" rebelle a appelé à un cessez le feu et essaie de contacter l’équipe des observateurs (un cessez le feu ? Je croyais que c’était des manifestations pacifiques.) Et les centaines de milliers de manifestants pro-gouvernementaux sont ignorés par la presse occidentale -ils ne cadrent pas avec le script du changement de régime. Comme pour la Libye, les preuves du contraire seront balayées et les preuves qui vont dans le sens d’un changement de régime seront amplifiées au maximum et colportées sans être vérifiées par les médias occidentales.

Souvenez-vous de la Libye : il n’y a pas si longtemps après tout le principal moteur de l’intervention militaire, Soliman Bouchuiguir, de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme basée en Suisse, a reconnu sur une vidéo que la preuve du massacre de Kadhafi avait été fabriquée de toutes pièces par les rebelles. Des preuves ? "Il n’y a pas de preuve" a-t-il dit.

Daniel McAdams

3 janvier 2012

http://0z.fr/NywNH

 

Pour consulter l’original et voir la vidéo de Pepe Escobar : http://www.informationclearinghouse.info/article30128.htm

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article 15507
http://www.legrandsoir.info/une-drole-de-chose-s-est-produite-sur-le-chemin-du-changement-de-regime-de-damas-information-clearing-house.html


Thierry Meyssan: La décision d’attaquer la Syrie a été prise lors d'une réunion à Camp David le 15 septembre 2001. 

27 décembre 2011 

LA SYRIE EST PRISE ENTRE LES FEUX DE LA DÉSINFORMATION DES PUISSANCES OCCIDENTALES PRÉDATRICES ET UNE MOUVANCE ISLAMISTE À LEUR SERVICE,

AVEC LA COMPLICITÉ PLUS OU MOINS INAVOUÉE D’UNE LIGUE ARABE AUX MAINS DES MONARCHIES DU GOLFE. UN PROJET HÉGÉMONIQUE QUI, SELON L’ANALYSTE THIERRY MEYSSAN, A ÉTÉ PLANIFIÉ LORS D’UNE RÉUNION À CAMP DAVID EN SEPTEMBRE 2001.

Cette AVENTURE QUI  NE SERAIT PAS SANS CONSÉQUENCES DÉVASTATRICES POUR LA RÉGION ET POUVANT DÉGÉNÉRER EN CONFLIT MONDIAL.

TELLES SONT LES GRANDES QUESTIONS ABORDÉES AVEC THIERRY MEYSSAN, JOURNALISTE ET ANALYSTE POLITIQUE, DIRECTEUR DU RÉSEAU VOLTAIRE.

 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHÉRIF ABDEDAÏM

La NR : Vous étiez en Syrie. Quel constat avez-vous fait ? La réalité du terrain reflète-t-elle les propos avancés par les médias occidentaux concernant les manifestations massives, les tirs à balles réelles qui ont fait au moins 5 000 morts, la constitution d’une «armée syrienne libre» déjà forte de 1 500 hommes et ce début de «guerre civile» avec notamment 1,5 million de Syriens pris au piège qui souffriraient de la faim ?

 

Thierry Meyssan : Une expression française affirme que «lorsqu’on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage». En l’occurrence, lorsque les puissances occidentales veulent envahir un Etat, leurs médias disent que c’est une dictature barbare, que leurs armées peuvent protéger les civils et qu’elles doivent renverser le régime et apporter la démocratie. La vérité, nous l’avons vue en Irak et en Libye : les puissances coloniales ne se préoccupent aucunement du sort des populations, elles dévastent le pays et le pillent.

 

Il n’y a jamais eu de manifestations de masse contre le régime syrien, et par conséquent, il n’a pas été possible de les réprimer à balles réelles. Il y a eu au cours des derniers mois environ 1 500 morts, mais pas du tout dans les circonstances décrites. Il y a bien une «armée syrienne libre», mais elle est basée en Turquie et au Liban, et ne compte au grand maximum que quelques centaines de soldats que l’on exhibe devant les caméras.

 

Enfin, la Syrie est autosuffisante au plan alimentaire et, malgré les difficultés de distribution, il n’y a aucun problème de pénurie. La version des médias occidentaux est une pure fiction. La vérité sur place, c’est que les Occidentaux livrent une guerre non conventionnelle contre la Syrie. Ils ont envoyé des combattants arabes et patchounes, recrutés par le prince saoudien Bandar bin Sultan et encadrés par les forces spéciales françaises et allemandes.

 

Ces combattants ont d’abord tenté de proclamer des émirats islamiques, puis ils ont organisé de vastes embuscades contre les convois militaires syriens. Aujourd’hui, ils sont commandés par un émir d’Al Qaïda, le Libyen Abdelhakim Belhaj. Ils ont renoncé aux grandes opérations et mènent des actions commando au cœur des villes pour y semer la terreur en espérant provoquer une guerre civile confessionnelle. Leur dernier fait d’armes est ce double attentat à Damas.

 

La NR : Dans l’un de vos articles, vous vous posez la question sur les accusations avancées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, que des institutions comme le Haut Commissariat des droits de l’homme de l’ONU reprennent sans les vérifier. D’après-vous, à quel jeu se prêtent les instances onusiennes ?

 

TM: L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a surgi soudainement sur la scène médiatique. Cette association n’a aucun passé dont elle puisse se prévaloir et seul un de ses membres est connu. C’est un cadre des Frères musulmans syriens, disposant de trois passeports, syrien, britannique et suédois. Ce monsieur annonce chaque jour le nombre de «victimes de la répression», sans étayer ses dires. Ses affirmations sont invérifiables et donc sans valeur. Elles sont pourtant reprises par tous ceux que cela arrange.

 

La Haut commissaire aux droits de l’homme a désigné trois commissaires pour enquêter sur les événements en Syrie. Leur mission outrepasse les compétences de l’ONU, qui prévoient des inspections régulières que la Syrie reçoit conformément aux traités. Comme dans l’affaire Hariri, les Nations unies partent du principe que les autorités locales (libanaises ou syriennes) sont incapables ou malhonnêtes et qu’il faut leur substituer des enquêteurs étrangers. Dans ces conditions, elles ne peuvent pas exiger raisonnablement la coopération des autorités locales. Elles ont donc travaillé depuis la Suisse et la Turquie.

 

La désignation des trois commissaires n’offre aucune garantie d’impartialité. Ils sont tous trois ressortissants d’Etat qui militent pour l’intervention militaire contre la Syrie. Leur méthode n’est pas plus acceptable : sous la pression de la commissaire turque, qui est une militante engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la commission a considéré que les témoignages à charge n’avaient pas besoin d’être recoupés et vérifiés : ce serait aux accusés de faire la preuve de leur innocence lorsqu’on les déférera devant un tribunal.

 

Cette procédure inquisitoriale permet d’accuser n’import qui de n’importe quoi, mais ne démontre rien du tout. Les enquêteurs ont entendu plus de 200 personnes qui disent disposer d’informations et affirment parfois avoir été témoins, voire victimes d’exactions. Conformément à la procédure, le nom des témoins reste secret à ce stade de l’enquête. Mais contrairement à la procédure, les noms des victimes sont également secrets.

 

La Haut commissaire affirme doctement qu’il y a plus de 5 000 victimes de la répression, mais elle n’avance que deux noms. Pas de chance, ces deux cas, qui ont été largement médiatisés par Al Jazeera, ont fait l’objet de multiples investigations. Le premier correspond à un enfant tué dans la rue par des tireurs inconnus en voiture ; le second est un adolescent qui a été recruté par une bande armée pour participer à l’attaque d’une résidence militaire et qui est mort la kalachnikov à la main. Cela n’a rien à voir avec une répression de manifestation pacifique.

 

Nous attendons donc de la Haut commissaire qu’elle publie le nom des victimes pour que nous puissions vérifier le bien-fondé de ses accusations. De nombreuses instances de l’ONU ont perdu leur crédibilité. En premier lieu, on ne devrait pas accepter de confier des responsabilités à des experts qui n’ont pas le statut de fonctionnaires internationaux, mais sont des fonctionnaires nationaux détachés par leurs Etats. On ne devrait pas pouvoir agir au nom de l’ONU si l’on reste tenu d’obéir à sa hiérarchie nationale.

 

La NR: En Syrie comme en Libye, certains observateurs avancent que les rebelles sont en fait des escadrons de la mort, des mercenaires étrangers. Quel constat avez-vous fait à ce propos ?

 

TM: Dans les deux cas, il y a des nationaux qui participent à la lutte armée, mais ils sont minoritaires par rapport aux combattants étrangers. En Libye, des groupes issus de tribus précises se sont joints aux mercenaires étrangers pour la sécession de la Cyrénaïque. Mais ils ont refusé d’aller se battre en Tripolitaine pour renverser Kadhafi. Il a fallu déployer les troupes d’Al Qaida, puis faire débarquer 5 000 commandos incorporés dans l’armée régulière du Qatar pour mener les combats au sol. Dans les derniers jours de la Jamahiriya, la tribu des Misrata a rejoint l’Otan et elle est entrée dans Tripoli lorsque les bombardements et la bataille au sol ont cessé.

 

Les seuls Libyens qui se sont battus de bout en bout contre le régime sont ceux d’Al Qaida et un groupe de soldats qui avaient fait défection avec le général Abdel Fatah Younes. Or, le général Younes avait été chargé dans le passé par le colonel Kadhafi de réprimer la rébellion d’Al- -Qaida. C’est pourquoi ses alliés d’Al-Qaida l’ont assassiné pour se venger dès qu’ils ont pu se passer de lui. En Syrie, il y a des insurgés, ce sont des Frères musulmans et des takfiristes. Il y a surtout des combattants étrangers qui recrutent des voyous et les payent grassement pour tuer leurs concitoyens.

 

Le problème de l’Otan, c’est que, à la différence de la Libye, la Syrie est une nation historique. Il n’y a pas de fracture régionale comme entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine. La seule division possible est sur une base confessionnelle, mais elle ne fonctionne pas pour le moment, bien que l’on ait assisté à quelques affrontements de ce type à Banyias et à Homs. L’arrivée officielle des Libyens pour installer un quartier général en Turquie et intégrer des déserteurs syriens dans le dispositif parachève le tout.

 

La NR: Le Conseil national syrien s’est formé sous l’égide de la France à Paris. Quelle lecture peut-on faire de cet événement ?

 

TM: La France va-t-elle prendre les devants de la scène comme en Libye avec notamment son «émissaire» BHL, ou opter pour une autre stratégie ? D’abord, chacun voit bien que les institutions françaises sont en partie pilotées par des personnalités illégitimes, comme BHL, qui exercent des responsabilités sans droit, ni titre.

 

Ensuite, certains élus, comme le président Sarkozy, ne servent pas les intérêts nationaux, mais ceux du système impérial US. Sous leur autorité, la France s’est déjà engagée dans un conflit en Côte d’ivoire qui servait les intérêts de quelques multinationales françaises, puis elle s’est engagée en Libye de manière à étendre à l’Afrique du Nord le projet néo-conservateur de remodelage du «Moyen-Orient élargi». La France n’a plus de contentieux avec la Syrie, ainsi que l’a montré la réception du président Al-Assad à Paris, lors du sommet de la Méditerranée.

 

A la rigueur, on pourrait considérer que le vieux conflit des années 80 (notamment l’assassinat de l’ambassadeur français à Beyrouth) est passé par pertes et profits sans avoir été soldé, et l’on pourrait le réactiver. Mais je ne suis pas sûr du tout que, dans cette affaire, les torts français ne soient pas plus importants que ceux des Syriens. Bref, Paris n’a aucune raison d’attaquer Damas.

 

Nous savons tous que la vraie question est ailleurs : la domination et l’exploitation de cette région dépendent de l’alliance des Etats-Unis et d’Israël d’une part, avec la Turquie et les monarchies pétrolières d’autre part. Cette alliance se heurte à un axe de résistance comprenant le Hamas, le Liban, la Syrie, l’Irak et l’Iran, appuyés par la Russie et la Chine. Au plan régional, deux pôles se sont formés, l’un est exclusivement sunnite, l’autre est multiconfessionnel (et non pas chiite comme le prétendent les néo-conservateurs pour imposer la fitna). La France est devenue le «proxy» des Etats-Unis. Elle peut à tout moment entrer en guerre contre la Syrie. Cependant, elle n’en a pas la capacité seule, ni même avec la Grande-Bretagne. Et le sommet du 2 décembre qui devait instituer une alliance à trois avec l’Allemagne a été annulé faute d’accord au plan financier. En pleine crise de l’euro, les Européens n’ont pas les moyens de leur impérialisme.

 

La NR: La Ligue arabe a décidé, dans une mesure inattendue, de suspendre la Syrie de toutes ses institutions, et ce, avant même que n’expire le délai de 15 jours accordé à la direction syrienne pour mettre en œuvre le plan arabe de règlement de la crise. Quelle lecture pourrait-on faire de cette décision contraire aux statuts de la Ligue qui exige l’unanimité moins un vote pour ce type de mesure ?

 

TM: Les organisations internationales, que ce soit la Ligue arabe ou l’ONU, n’appartiennent pas aux Etats qui les forment, mais à ceux qui les financent. La Ligue est devenue un jouet aux mains des monarchies pétrolières. Des gens qui n’ont pas même de Constitution chez eux ne pensent pas à respecter les statuts des organisations qu’ils ont achetées. Au-delà de ce constat, la décision prise par la Ligue d’assiéger économiquement la Syrie ne sont pas des «sanctions» pour une faute commise, mais le début d’une guerre conventionnelle. Le même scénario se dessine comme celui constaté en Libye.

 

La NR: Allons-nous assister aux mêmes péripéties en Syrie, où le contexte est différent, ou allons-nous assister à une autre situation ?

 

TM: Le contexte et les protagonistes sont différents. La Libye était un Etat isolé. Le colonel Kadhafi a soulevé beaucoup d’espoir et a beaucoup déçu. Il était anti-impérialiste, mais multipliait les arrangements secrets avec Washington et Tel-Aviv. Il a été l’allié de tous et a négligé, voire trahi chacun. Son pays n’avait pas de diplomatie, ni de politique d’alliance, hormis celle de ses investissements pour le développement de l’Afrique. La Libye s’est donc trouvée isolée face à l’Otan. Au contraire, la Syrie est une vieille nation qui a toujours cultivé ses alliances, y compris dans son choix de résistance aux côtés des Palestiniens, des Libanais, des Irakiens et des Iraniens. Sa diplomatie est si forte qu’elle a pu obtenir en quelques jours le double veto russe et chinois au Conseil de sécurité. Toute guerre contre la Syrie est appelée à s’étendre à l’ensemble de la région, voire à dégénérer en guerre mondiale si l’Iran ou la Russie interviennent directement.

 

En outre, les Libyens sont 5 millions quand les Syriens sont 23 millions. La Libye n’avait d’autre expérience militaire que la guerre du Tchad, quand la Syrie est habituée à vivre depuis 60 ans dans une région en guerre permanente. Les experts du lobby pro-guerre à Washington affirment que l’armée syrienne est mal équipée et mal entraînée. Ils promettent qu’une intervention internationale sera une promenade de santé. C’est amusant, les mêmes experts affirmaient en 2006 qu’Israël devait éviter une nouvelle guerre avec la Syrie parce qu’elle serait trop dangereuse.

 

La NR: Certains avancent que ce qui se passe en Syrie n’est que le prolongement de ces «révolutions arabes», alors que la Syrie figure depuis l’ère Bush sur l’agenda américain, selon les déclarations du général Wesley Clark ; d’après-vous, quelle échappatoire pour Bachar Al-Assad pour déjouer cette conspiration ?

 

TM: Comme vous le rappelez, la décision d’attaquer la Syrie a été prise lors d’une réunion à Camp David, le 15 septembre 2001, juste après les attentats de New York et Washington. L’administration Bush avait planifié une série de guerre : Afghanistan et Irak, Libye et Syrie, Soudan et Somalie, pour finir par l’Iran. En 2003, juste après la chute de Baghdad, le Congrès a adopté le Syrian Acountability Act qui ordonne au président des Etats-Unis d’entrer en guerre dès que possible contre la Syrie.

 

Ce que le président Bush n’a pas eu le temps de faire incombe désormais à son successeur Barack Obama. Le général Wesley Clark a révélé cette stratégie il y a plusieurs années déjà, pour mieux s’y opposer. Il a joué un rôle très important durant la guerre de Libye qu’il a vainement tenté d’arrêter avec l’aide de nombreux généraux d’active. Ensemble, ils représentent un courant non négligeable d’officiers supérieurs qui refusent de voir mourir leurs hommes dans des aventures extérieures qui ne servent pas les intérêts des Etats-Unis, mais ceux de quelques idéologues proches d’Israël. Ils feront donc tout pour empêcher une guerre en Syrie et ils disposent de plus de leviers qu’on ne le croit pour influer la politique mondiale.

 

Le président Bachar Al-Assad n’est pas comme son père. Ce n’est pas un autocrate. Il gouverne avec une équipe. La stratégie de son gouvernement consiste d’une part à préserver la paix civile face aux tentatives de déstabilisation et de division confessionnelle ; et d’autre part à renforcer ses alliances, principalement avec l’Iran, la Russie et la Chine.

 

La NR: Un constat qui s’impose dans ces troubles que connaît le monde arabe, que ce soit en Tunisie, en Egypte, en Libye et maintenant en Syrie, c’est cette «réconciliation» de l’Occident avec les mouvances islamistes pourtant combattues. D’après vous, quels sont les tenants et les aboutissants dans ce nouveau jeu occidental ?

 

TM: Je ne pense pas que les islamistes aient jamais été vus comme des ennemis par l’Occident. Historiquement, tous les empires ont eu besoin d’eux pour limiter les résistances nationales. C’était le cas avec les Ottomans, comme avec les Français et les Anglais. Souvenez-vous que la France n’a jamais appliqué la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905) en Algérie. Elle s’est au contraire appuyée sur les mosquées pour asseoir son autorité. Les Anglo-Saxons ont toujours fait de même. Plus encore, les Etats-Unis ont créé des mouvements islamiques dans les années 80 avec l’espoir de provoquer un conflit de civilisations entre le monde musulman et l’Union soviétique.

 

C’était la stratégie de Bernard Lewis, mise en œuvre par Zbigniew Brzezinski, et théorisée pour le grand public par Samuel Huntington. Cela a donné Al-Qaida. Ces gens ont défendu les intérêts de l’empire américain en Afghanistan, en Yougoslavie, en Tchétchénie, et plus récemment en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. Abdelhakim Belhaj, qu’Ayman Al-Zawahiri avait nommé numéro trois d’Al-Qaida lorsque le Groupe islamique combattant en Libye a été absorbé par Al-Qaida, est aujourd’hui gouverneur militaire de Tripoli et commandant de l’armée syrienne libre.

 

Il s’affiche sans complexe comme l’homme de l’Otan et exige que le MI6 qui l’a torturé lui rende des comptes. Quant aux Frères musulmans que Washington porte aujourd’hui au pouvoir en Tunisie, en Libye et en Egypte, et qu’il voudrait installer en Syrie, ils sont historiquement liés au MI6. Ils avaient été conçus par Hassan Al-Banna pour combattre les Anglais, mais ils ont été utilisés par les Anglais pour combattre Nasser. Aujourd’hui, ils croulent sous les subventions du Conseil de coopération du Golfe, ce qui n’est pas un signe d’indépendance.

 

La NR: Si demain le régime de Bachar Al-Assad venait à chuter, quelles en seraient les répercussions sur l’axe de la résistance Téhéran-Hezbollah-Hamas ?

 

TM: Les Etats-uniens ne font pas mystère que, s’ils parvenaient à détruire la Syrie – je dis à «détruire la Syrie», car la question de la résistance va bien au-delà de la personne du président Al-Assad – ils poursuivraient la guerre en attaquant immédiatement l’Iran.

 

Par conséquent, la chute de la Syrie ouvrirait une période de grande instabilité susceptible de dégénérer en conflit mondial. Dans ce conflit syrien, la Turquie a pris parti et adhéré totalement aux thèses de l’opposition syrienne pro-occidentale. Bannissant le régime syrien, le présentant comme étant en train de tuer son peuple, refusant de voir les manifestations de soutien au président syrien, dénigrant la dimension armée de la contestation, et allant même jusqu’à refuser aux opposants de l’intérieur le statut de représentants du peuple syrien, le réservant à ceux du Conseil national syrien.

 

La NR: D’après-vous, comment expliquer ce revirement ?

Nous avions tous oublié que la Turquie est membre de l’Otan. L’armée turque est supplétive de celle des Etats-Unis. Par le passé, c’est d’ailleurs elle qui a sauvé les Etats-Unis en Corée. La Turquie abrite des bases états-uniennes et vient d’accepter que le Pentagone transfère sur son territoire les bases de l’Otan actuellement stationnées en Espagne, et installe de nouveaux radars destinés à surveiller l’Iran. Depuis un siècle, les dirigeants turcs multiplient les erreurs politiques. Erdogan espère devenir le gendarme de la région comme l’avaient fait avant lui le shah Reza Pahlevi et Saddam Hussein. L’Histoire a montré comment les Etats-Unis traitent ceux qui les servent : ils les utilisent, puis les éliminent.

Source: : La Nouvelle République

28 décembre 2011

http://www.internationalnews.fr/article-thierry-meyssan-la-decision-d-attaquer-la-syrie-a-ete-prise-le-15-septembre-2001-95199786.html

Internationalnews

http://www.lnr-dz.com/index.php?page=details&id=8367



1 Gilles Jacquier

1-1 Le journaliste français Gilles Jacquier meurt sous le feu des gangs armés à Homs.

RESEAU VOLTAIRE

Gilles Jacquier, reporter de guerre travaillant pour France 2 (Envoyé spécial), entré de sa propre initiative en Syrie pour couvrir les événements qui déstabilisent le pays, est mort aujourd’hui à Homs, sous le feu des roquettes de l’« Armée syrienne libre ». Cette attaque a causé la mort de huit personnes et en a blessé 25 autres, dont aucune ne portait d’arme d’après nos sources.
La veille, le reporter avait quitté le voyage de presse organisé à sa demande, arguant qu’il n’était pas interréssé par les rencontres avec des leaders politiques et religieux qui lui avaient été proposées. Il avait loué un véhicule privé pour se déplacer à sa guise et relevé de toute responsabilité les personnes qui l’avaient aidé à obternir un visa.
Au moment des faits, le journaliste décédé se trouvait avec des confrères français et belges à proximité d’une manifestation pro-gouvernementale.
Une première roquette, tirée par un lance-roquettes portatif, a frappé les manifestants, tuant huit personnes. Après avoir évalué la situation en montant sur une terrasse, M. Jacquier et son cadreur se sont approchés des cadavres pour les filmer, lorsqu’une seconde roquette s’est abattue à proximité, tuant le reporter français et blessant sérieusement son confrère.

Ce drame nous rappelle que le peuple syrien est confronté à des groupes armés faisant feu de manière indiscriminée sur des personnes non armées dans les rues de certaines villes du pays. Il s’agit d’une guerre non-conventionnelle et en aucun cas de répression musclée de « manifestations pacifiques », comme ont pu le constater les observateurs de la Ligue arabe.
M. Jacquier et ses confrères avaient un rendez-vous avec des membres de l’opposition armée et s’estimaient donc protégés par elle, mais les journalistes n’étaient pas encore entrés dans le quartier qu’ils contrôlent et se trouvaient donc dans la partie qu’ils attaquent de manière indiscriminée. Intoxiqués par la propagande atlantiste, et ayant refusé d’écouter les témoignages des victimes précédentes, ils ont mal évalué la situation et se sont inutilement exposés.

Peu de temps après la tuerie, l’ « Observatoire syrien des droits de l’homme », l’organe de propagande des gangs armés basé à Londres, a prétendu que le groupe de journalistes avait été la cible d’"obus de mortier", faisant planer un doute sur l’origine des tirs car l’armée n’a pas recours à ce type de lance-roquettes dans le cadre de ses activités de maintien de la sécurité. Cependant les images tournées sur place peu de temps après l’attaque et diffusées par la télévision syrienne montrent clairement l’impact d’une roquette thermobarique « RPG-7 » sur le trottoir (et non pas un cratère d’obus) tandis que les victimes sont évacuées, ainsi que les ailettes de la roquette, récupérées par les habitants du quartier.

 

Habitant de Homs montrant à la caméra de la chaîne syrienne al-Dounia les ailettes de la roquette de type « RPG-7 » qui a causé la mort du reporter français.

Le Réseau Voltaire présente ses condoléances à la famille et aux collègues de M. Jacquier.

Arthur Lepic

http://www.voltairenet.org/Le-journaliste-francais-Gilles


1-2 Gilles Jacquier - Syrie : Juppé et Sarkozy préparent les preuves.

Alors que les premiers témoignages évoquent sans ambiguïté une implication des terroristes "Syriens ", que nos médiats qualifient de " rebelles " , dans la mort du journaliste Gilles Jacquier , l'Elysée et le Quai d'Orsay  préparent les " preuves " pour mettre en accusation les chefs politiques Syriens .

Selon Le Figaro qui depuis le début de la subversion en Syrie relaye  les thèses Atlantistes  d'une intervention militaire  , les proches du Président Nicolas Sarkozy parlent de " manipulation " : «Les responsables Syriens étaient seuls à savoir qu'un groupe de journalistes occidentaux visitait Homs ce jour-là, et dans quel quartier il se trouvait», observe-t-on à l'Élysée. [ lien ]

Le fait que la famille du journaliste tué , conseillée par nos représentants diplomatiques en Syrie , ait refusé une autopsie totale de sa dépouille par un institut médico-légal Damascène renforce le doute quand à une possible manipulation non pas des autorités Syriennes mais des autorités Françaises .

Cette autopsie , au delà de déterminer de manière prècise la ( les ) cause(s) du décés , d'une analyse des impacts de munitions létaux , aurait permis de déterminer peut-être* le fabricant   de la munition mortelle  par une analyse métallurgique des éventuels éclats .

Alors qu'hier sur un ton cominatoire Nicolas Sarkozy exigeait des autorités Syriennes qu'elles " fassent toute la lumière " sur les circonstances de la mort de Gilles Jacquier , celles-ci se voient soustraire des élèments de preuve essentiels !

Pierre Rousselin , petit fourrier à deux brouzoufs de l'interventionisme Atlantiste et aide de camp à temps partiel du général Malbrunot et de la colonelle Minoui , réclame quand à lui  une " enquête internationale " du haut de son blogue de " géopolitique " ! [ lien ]

On peut donc s'attendre comme en 1995 lors du " massacre de Markale " à des " preuves " exhibées ex-nihilo par M. Juppé et ses services . Au besoin montrera-t'-on un transfuge nous assurant qu'il a " été payé par le régime pour tirer sur les journalistes Français  " !

Les autorités Syriennes devraient donc sans tarder se lancer dans un recueil massif de témoignages sur place afin d'essayer de contrer le tsunami de propagande qui s'annonce .Elles doivent sans tarder établir qui se trouvait dans la zone d'ou aurait pu provenir le tir , la marque laissée par l'impact du  projectile sur la chaussée peut les y aider .

Elles doivent sans tarder mettre sous scellés les débris de munitions retrouvées sur place . Il se pourraït que certains de ces débris aient été " souillés " , c'est le terme employé , par  des fragments de tissus humain du journaliste tué et une analyse ADN permettra alors de faire face à une manipulation des autorités Françaises .

Mais le manque de  " preuves " n'a  jamais fait reculer M. Juppé et ne fera certainement pas reculer M. Sarkozy qui avoue " ne pas avoir de preuves pour fonder ses soupçons " [ sur le " régime Syrien " ] !

Alors que de nombreux témoignages remettaient en cause la version qui attribuait aux " milices Serbes " le bombardement du marché de Markalé , M. Juppé  n'hésitait pas à déclarer devant les caméras de l'émission 7/7 : " Au fond peu importe qui a tiré , la question n'est pas là ! Les coupables ce sont les responsables de la situation de violence qui régne à Sarajevo , c'est à dire les Serbes ! "

Remplacez " Sarajevo  "par " Homs " et " les Serbes " par " le régime Syrien  "et vous aurez une idée de l' " argumentaire " que peut développer M. Juppé pour justifier une agression militaire .

Ice Station Zebra publiera tous les témoignages de  Syriens Francophones ayant assisté à cet attentat et qui viendraient à lire cet article . J'encourage tous mes confrères de la blogosphère " alternative " à en faire de même !

Je vous invite aussi à vous rendre sur le site Infosyrie . Je n'ai aucun lien avec eux et cette démarche est unilatérale .

J'ai toujours condamné les attaques ad hominem et encore plus les attaques contre le physique d'une personne n'étant pas moi-même un Apollon.  On , M. Jacques Chirac , a dit de M. Juppé qu'il " incarnait physiquement l'impôt " . Aujourd'hui , en le regardant lui et M.Gérard Araud , on peut dire qu'ils " incarnent physiquement l'agression mlilitaire ".

* certaines sources font état d'un décés par effet de concussion ou de souffle et d'autres par un décés consécutif à l'action d'une munition thermobarique .


1-3 Louis Denghien : Mort de Gilles Jacquier : Juppé s’enfonce résolument.

Des Homsis montrent à la caméra de la chaîne syrienne Addounia les ailettes de la roquette - tirée par un RPG-7 - ayant tué Gilles Jacquier (document emprunté au site du Réseau Voltaire)

C’était à prévoir : le Quai d’Orsay s’efforce d’exploiter autant qu’il peut la mort du journaliste Gilles Jacquier à Homs, dont la dépouille a été rapatriée en urgence en France, histoire de ne pas laisser trop longtemps ce corps aux médecins légistes syriens, susceptibles de confirmer la nature du projectile qui l’a tué. Du coup, la Syrie et la France auront chacune leur commission d’enquête.

On remarquera au passage que Nicolas Sarkozy avait demandé aux autorités syriennes de faire « toute la lumière » sur ce drame : rapatrier le corps de Gille Jacquier en catastrophe, est-ce un moyen d’aider ces autorités à « faire toute la lumière » ?

L’air de la calomnie, version Quai d’Orsay

Fidèle à sa vocation « structurelle » – qui est de relayer les mots d’ordre de l’Elysée – et conjoncturelle – qui est de charger le régime syrien de tous les « péchés d’Israël« , Le Figaro dans son édition du vendredi 13 janvier cite une « source proche du président français« selon laquelle Paris soupçonnerait « une manipulation » des autorités syriennes autour de la mort tragique du journaliste. Toutefois, la source reconnait – la mort dans l’âme ? – qu’il n’existe pas de « preuve » à l’appui de cette thèse.

A défaut de preuves, rapporte Le Figaro, la « source »  propose une thèse, autour du vieil adage latin « Hic fecit cui prodest » (à qui profite le crime ?) en observant que la mort de Jacquier « tombe plutôt bien pour un régime qui cherche à décourager les journalistes étrangers et à diaboliser la rébellion « . Et « Mlle Source« , un rien fielleuse, d’expliquer que « les responsables syriens étaient seuls à savoir qu’un groupe de journalistes occidentaux visitait Homs ce jour-là, et dans quel quartier il se trouvait » .

Donc, si l’on suit bien cette « source » qui dit (anonymement) tout haut ce que Juppé aimerait bien penser tout bas, le régime de Bachar a commandé à ses chabihas de cibler un groupe de journalistes ET de ses partisans – huit d’entre eux ont quand même été tués avec Gilles Jacquier – pour décourager les journalistes qu’il avait néanmoins autorisés à venir, le tout pour plomber la mission de la Ligue arabe, laquelle mission est en train de valider les thèses du régime de Damas sur la violence des groupes d’opposition.

Comme eut dit Sherlock Holmes : « Elémentaire mon cher Watson ! »

Tout ça ne tient évidemment pas la route, et l’on peut dire qu’Alain Juppé poursuit avec talent son patient travail de décrédibilisation – au moins en terre arabe – de la diplomatie française. La source figaresque dit encore : « On peut croire à un malheureux accident« . Parce que si le régime n’est pas coupable, c’est donc que Gilles Jacquier a été victime d’un regrettable accident. Nous qui croyions qu’il avait, et huit Syriens avec lui, été victime d’une roquette RPG tirée par un de ces groupes qui terrorisent Homs ! A moins que la « source » - et le Quai d’Orsay avec elle – considère que toutes les exactions de l’ASL et des djihadistes soutenus par la Turquie, le Qatar et la CIA sont autant de « malheureux accidents« . Décidément, le Quai d’Orsay, avec la Syrie, est en train de réinventer la « novlangue » de George Orwell, une langue où les mots n’ont plus leur sens habituel.

A noter que la chaîne d’information continue I-Télé – associée à Canal+ – a dans son journal de 8 heures du 13 janvier diffusé les témoignages de deux victimes de l’attentat de Homs : deux Syriennes blessées qui ont clairement incriminé les terroristes. Sans doute des faux-témoins partie prenante de la « manipulation » des autorités syriennes pour les calomniateurs de l’Elysée et du Quai d’Orsay…

La « source » a dit que la France n’avait pas les preuves de ses noirs soupçons. On ose espérer qu’on n’en fabriquera pas…

Le trou visible en haut de l'image est le point d'impact de la roquette qui a tué le reporter français. Comme le souligne le Réseau Voltaire, ce type d'impact est caractéristique d'une roquette (utilisée fréquemment par les activistes ASL à Homs) : peu de dégâts, contrairement à ceux que produirait un obus de mortier à trajectoire parabolique (utilisé par l'armée régulière)

Louis Denghien,


1-4 Journaliste tué en Syrie : Juppé va t'il nous refaire le " coup de Markale " ?

La mort violente d'un homme, fut-il un journaliste  de la chaîne de propagande France 2 , est toujours déplorable .

Ce qui est indigne c'est l'exploitation qui en est faite.

Déja le sinistre Alain Juppé, la morve sanguinolente aux lèvres, " exige une enquête " [ internationale ? ] avec pour ligne de mire la mise en accusation du " régime Syrien " et certainement une intervention militaire.

M.Juppé n'en est pas à son coup d’essai : Déja en 1994 et 1995, deux  autres bombardements dont les auteurs ne sont pas encore aujourd'hui clairement identifiès - on avait à l'époque accusé " les Serbes " comme on accuse aujourd'hui " les militaires Syriens " - avaient servi de prétexte à une agression de l'OTAN , largement inspirée par M. Juppé .  L'histoire a retenu le nom de ces bombardements, qui apparaissent aux travers de certains élèments comme une provocation Bosniaque , comme les " massacres de Markale ".



2  Politique des Pays Arabes & voisins

Mauritanie

Quand l’émir du Qatar se fait renvoyer bottes au cul..de la Mauritanie!

Il fallait oser le faire... En effet, le président mauritanien, Mohamed Oueld abd el Aziz n'a pas hésité de rappeler à son hôte l'Emir du Qatar,  Hamad bin Khalifa Al Thani, ses limites quand il s'agit de proférér des conseils sur la manière de gérer son pays!

Selon des  sources mauritaniennes bien informées,  la visite de l'Emir du Qatar en Mauritanie a été très négative, puisque ce dernier s'est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l'aéroport de Nouakchott !

Les sources ont souligné que la raison de cette dispute est que le prince du Qatar a exigé du  président mauritanien  d'apporter des réformes démocratiques à son  pays, notamment dans le domaine des libertés et de la politique économique.

Des "conseils" que  Ould Abdel-Aziz a dénoncé comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu'à vilipender  la politique qatarie qui se contente d'"exporter la révolution" , accusant la chaîne satéllitaire qatarie Al-Jazira d'inciter la haine contre les régimes arabes.

Selon le journal mauritanien alSiraj,  la rencontre entre l'émir du Qatar et le Président mauritanien a pris une tournure dramatique quand l'émir du Qatar a demandé au président mauritanien des réformes, et lui a demandé de faire pression sur le président Bachar al-Assad .

Le journal a indiqué que le président mauritanien a réagit violemment aux propos de sa Majesté qatarie, allant juqu'à  exprimer sa solidarité avec le président Bachar al-Assad, affirmant que " les peuples ne savent pas ce que vous voulez", et que "ce que vous appelez des révolutions ne sont que des complots".

Le journal alSiraj a précisé que des sources sécuritaires arabes ont mis en garde le président mauritanien du rôle du   Qatar de tenter de provoquer un changement dans le pays, ajoutant "ce rôle consiste à péraper le terrain pour entraîner la Mauritanie dans le cercle vicieux des complots, sponsorisés par les qataris selon les termes de ces sources!

Et donc,  l’émir et sa suite sont repartis seuls à l’aéroport de Nouakchott, sans être accompagnés, comme l’aurait voulu le protocole et comme cela avait été le cas lors de l’arrivée du prince, par leur hôte mauritanien. Lequel aurait même interdit à ses ministres de le remplacer dans cette circonstance

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=21&frid=21&eid=44996


Tunisie

Le président tunisien juge "suicidaire" une intervention étrangère en Syrie.  

Le président tunisien Moncef Marzouki s'est opposé dans une interview diffusée dimanche à une intervention étrangère en Syrie, jugeant qu'elle serait "un suicide" et conduirait à une "explosion" de tout le Moyen-Orient.
Interrogé par le quotidien algérien El-Khabar, il évoque "un spectre irréalisable" qui serait un "suicide" en parlant de l'éventualité d'une intervention étrangère pour mettre fin à la répression de la contestation du régime du président Bachar al-Assad, qui a déjà fait plus de 5.000 morts selon l'ONU.
"Une telle intervention signifierait que la guerre va s'étendre à toute la région, ce qui ouvre la voie à toutes les puissances, à l'instar de la Turquie, d'Israël, de l'Iran et du Hezbollah. Cela voudrait dire toute la région va exploser", a ajouté le président tunisien.
L'émir du Qatar s'est dit samedi favorable à l'envoi de troupes arabes en Syrie afin de "mettre fin à la tuerie" dans le pays, secoué depuis dix mois par une révolte populaire réprimée dans le sang, la première prise de position de ce type d'un dirigeant arabe.
M. Marzouki est lui-même un ancien opposant au régime du président Zine El Abidine Ben Ali renversé il y a un an par la première révolution du "printemps arabe".
Evoquant la Libye du colonel Mouammar Kadhafi, dont le régime est également tombé l'an dernier, le président tunisien dit que "nous n'avons accepté l'intervention étrangère que quand la situation a atteint des proportions alarmantes. Nous l'avons acceptée mais sans conviction", a-t-il souligné.
Le dirigeant tunisien s'est aussi inquiété de l'évolution de la situation en Syrie vers un conflit entre courants religieux.
"La situation en Syrie m'inquiète énormément, du fait que la révolution commence à prendre un caractère confessionnel, d'où le grand danger", a déclaré le chef d'Etat tunisien.
"Dans le cas où les divergences et les oppositions interconfessionnelles persistent, la révolution va échouer, dans ce cas là, ça serait un drame", estime le dirigeant tunisien, dont le pays a fêté samedi l'an I de la révolution contre Ben Ali.
En ce qui concerne les relations de la Tunisie et de son voisin algérien, elles sont "fraternelles depuis de longues années", dit M. Marzouki en annonçant une visite à Alger "en février".
"Les zones frontalières entre les deux pays sont les plus pauvres. Ces zones peuvent constituer une occasion pour une coopération réelle", a-t-il souhaité. Il y voit comme "un début de la construction du Maghreb arabe" à laquelle il se dit "très attaché".
Cette construction se heurte au conflit algéro-marocain sur le Sahara Occidental, que M. Marzouki souhaite voir résolu par l'ONU.
Enfin, le chef d'Etat tunisien a réaffirmé les "très bonnes relations" avec l'Arabie Saoudite tout en réclamant l'extradition de l'ex président Ben Ali.
"Nous espérons que les frères à Riyad comprendront que notre demande de nous remettre Ben Ali est un droit légitime du peuple tunisien, puisque l'islam n'admet pas d'accueillir les tyrans qui ont combattu la religion et fait couler le sang des musulmans", dit-il.
Le couple Ben Ali est réfugié en Arabie Saoudite depuis sa fuite de Tunis le 14 janvier 2011.
http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/740342/Le_president_tunisien_juge_%22suicidaire%22_une_intervention_etrangere_en_Syrie.html



Les grandes manœuvres 

France

Réseau Voltaire : Décès du reporter d’Envoyé Spécial : la France

dissimule les preuves.

Alors que des médias basés en France laissent filtrer des rumeurs concernant la mort du reporter Gilles Jacquier et que le parquet de Paris a ouvert une enquête pour homicide volontaire, il convient de rappeler un élément particulier de cette affaire.

En effet, à l’inverse des normes juridiques internationales, l’autopsie de la victime n’a pas été faite en Syrie, alors que la France pouvait tout à fait mandater son propre médecin légiste pour contrôler la procédure syrienne. Au lieu de cela, la France a rapatrié le corps par avion spécial à Paris, et procédé à son autopsie dans la foulée, afin que la Syrie ne dispose pas du temps nécessaire pour proposer à son tour son propre expert pour y assister.

Alors que le gouverneur de Homs a annoncé le 12 janvier la création d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les circonstances du décès, le gouvernement syrien se voit privé de sa capacité à contrôler les causes de la mort du reporter.

En droit pénal, l’acte que vient de pratiquer la France en rapatriant le corps du journaliste Gilles Jacquier de France-Télévisions est qualifié d’appropriation frauduleuse d’un corps. Les circonstances dans lesquelles la France à procédé au rapatriement et à l’autopsie de la dépouille du journaliste constituent une tentative de destruction, dégradation et détérioration de preuves.

Au demeurant, ce comportement de l’exécutif français conduira obligatoirement la Justice à invalider le rapport d’autopsie. Ce faisant, il rend impossible l’établissement de la vérité.

Au-delà de la volonté du gouvernement actuel de la France d’instrumentaliser systématiquement les événements en cours contre l’État syrien, ces détails posent question. Qu’est-ce que la France cherche à cacher concernant la mort de notre confrère de France 2 ?

Réseau Voltaire |

15 janvier 2012

 

http://www.voltairenet.org/Deces-du-reporter-d-Envoye-Special 



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

4-1 Infosyrie: « Violences inacceptables » : un petit film pour Sarkozy, Juppé & consorts.

Un des terroristes de Hama, arrêté, explique comment lui et ses amis ont massacré les policiers avant de jeter leurs corps dans l'Oronte

Nous vous proposons une nouvelle vidéo, réalisée certes de toute évidence par des partisans du régime syrien – et fort bien faite au demeurant – qui en quatre minutes confronte implacablement les médias et le gouvernement français à la réalité de la situation en Syrie, à un aspect important de celle-ci à tout le moins. Dans ce document, sous-titré en anglais, on a droit à une recension, images-choc à l’appui, de tout ce que nous avons nous-même, à Infosyrie, tenté de dire depuis le mois de juin, tenté de faire entendre dans le brouhaha de la désinformation de masse : les activistes islamiste armés, les massacres de policiers et de militaires à Jisr al-Choughour et Hama, les tirs contre l’armée dans un contexte de guérilla urbaine, les cadavres mutilés par les fous-furieux de Dieu, la dimension fanatique religieuse de nombre d’insurgés. Tout ce qui se passe en Syrie depuis huit mois, tout ce que nie, passe sous silence ou, au mieux, relativise, le discours officiel, d’Alain Juppé à L’Express.

C’est donc à notre ministre des Affaires étrangères et aux journalistes, analystes et éditorialistes de notre presse sous influence bobo-atlantiste et OSDH que nous dédions cette utile rétrospective. Autant vous avertir – et les avertir – tout de suite, ce petit film abonde en images atroces, à ne pas mettre entre tous les yeux. Encore n’y figurent pas – sans doute pour des raisons de chronologie – celles, particulièrement insoutenables, de l’égorgement – à Homs et ces derniers jours, semble-t-il – de deux soldats par des fanatiques islamistes.

On peut, en définitive, voir cette vidéo comme une thérapie de choc contre le mensonge médiatique et la diffamation internationale dont continue à être victime la Syrie.

A voir et à faire voir.

Ci-dessous le lien :

http://www.youtube.com/verify_age?next_url=http%3A//www.youtube.com/watch%3Fv%3DB2Ti6IscTso%26feature%3Dfeedu%26skipcontrinter%3D1


4- 2 questions à Thierry Meyssan.

03-01-2012

Video :  http://www.youtube.com/watch?v=IRcVJH2Vv88


4-3 Réponse à ceux qui ne voient aucun sectarisme dans l'opposition syrienne.

Vidéo 

:http://www.youtube.com/watch?v=0xgHHU7uMr4&feature=digest_wed
Dans cette vidéoen ligne, vous trouverez :
- de grands rassemblements populaires en hommage à l'armée syrienne.
- un témoignage d'une petite fille sauvée par l'armée.
- un témoignage de la famille de Sari Saoud, enfant tué par les opposants armés selon eux où ils dénoncent les mensonges d'Al-Jazira.
- le témoignage de l'oncle de Sari Saoud demandant à l'armée d'entrer dans leur quartier à Homs pour le sécuriser.
- le discours du Mufti de Syrie après l'assassinat de son fils.
- un rassemblement populaire au Liban en soutien à l'armée syrienne.
- un discours de Hafez Alassad sur la guerre du Liban.
- le soutien d'une brigade de résistance à Gaza (Palestine) envers la Syrie d'Alassad.
Voici le lien :
http://www.youtube.com/watch?v=Dz4DIGquagk
http://karbalaqsa.blogspot.com/ 


Guerre médiatique 

4-4 Lucien PONS : Pourquoi devrions-nous tolérer une guerre humanitaire en Syrie?

 Bonjour.

Les préparatifs de guerre vont bon train concernant la Syrie. La flotte américaine et otanienne ainsi que la flotte russe sont en manœuvres dans la mer noire.

C'est vrai que c'est une magnifique destination pour une croisière, mais je doute fort que ces armadas soient là pour ça.

 

La guerre médiatique est menée elle depuis fort longtemps pour endormir nos consciences et nous pousser à admettre que le massacre des civils en Syrie par un despote sanguinaire mérite une intervention armée des forces du bien pour protéger des civils innocents.

 

Pour justifier la conquête de la Libye par les forces de l'axe des gentils, pareilles billevesées avaient été proférées en boucle sur les média aux ordres. Sous la houlette du philosophe post moderne de gôche, l'infatigable BHL, la propagande officielle assénait au bon peuple des pseudo vérités comme, "Khadafi donnait massivement du viagra à ses troupes afin que celles-ci puissent violer indéfiniment les femmes rebelles". Comment avons-nous pu entendre ses énormités sans réagir? Je ne sais pas. La seule explication possible semble être dans les propos du Docteur Goëbbels, ministre nazi de la propagande du 3° Reich, lorsqu'il disait: "Plus la corde (ficelle) à avaler est grosse et mieux ça passe !"

 

Essayons de ne pas sombrer encore une fois sous le coup de ces énormes manipulations et n'oublions pas qu'il n'y a jamais de guerre propre, fut-elle pour sauver des vies. Quel abominable oxymore ne nous présente-t-on pas sous cet odieux élément de langage, préparé à notre intention par des agences de communication formées à la manipulation de masse.

 

Le principe d'ingérence humanitaire ne doit jamais nous faire oublier que faire la guerre est toujours illégitime si notre patrie n'est pas directement en danger.

 

La même oligarchie qui aujourd'hui, sous couvert d'apporter la liberté et la démocratie à certains "peuples opprimés" dans le fracas des bombes, qui fait couler le sang d'innocents, envisageait lors de l'étrange défaite de 1940 une collaboration avec les nazis sans se poser d'autres questions.

 

C'est peut-être une question de génération et les nécessaires préparations psychologiques sont bien évidemment une arme redoutable. Faire avaler des sornettes à l'opinion médusée, toujours sensible au côté émotionnel, est une priorité dans la préparation d'une intervention armée. Il faut se parer de vertu et faire croire que la croisade du bien contre l'axe du mal que nous menons de plus en plus souvent est indispensable.

 

La théorie du "choc des civilisations", chère aux idéologues néo conservateurs américains s'est manifestée particulièrement sous la présidence de G.W. Bush. Leur caniche préféré de l'époque n'étant plus aux commandes en l'Angleterre, le locataire actuel de l'Elysée essaie de se montrer à la hauteur de cette noble tâche.

 

Un acte fort pour "le président qui aimait les riches", consiste à offrir sur un plateau d'argent les deniers des contribuables aux fabriquants d'armes qui se trouvent être également les principaux patrons de presse.

 

 La France est peut être ruinée pour sauver les services publics, la retraite par répartition, etc..., mais qu’importe, la priorité absolue reste bien entendu de plaire et de servir les insatiables prédateurs que sont les ultra-riches.

 

Après la Libye, Ces marchands de mort veulent nous engager dans un autre conflit tout aussi contestable, l’intervention en Syrie pour raisons humanitaire. Essayons de déciller nos yeux engourdis par la propagande éhontée des média dominants, appartenant pour la plupart aux mêmes bienfaiteurs chargés de bombes.

 

Allons chercher d'autre information, évitons par notre silence coupable de mettre le doigt dans un engrenage destructeur. Les bruits de bottes dans cette région sont très alarmants. La suite c’est quoi ? L’attaque de l’Iran ? L’attaque de la Russie ? L’attaque de la Chine ? Un conflit mondial avec des risques majeurs pour la survie de l’humanité ?

 

Ne laissons pas à ces va-t-en guerres qui nous gouvernent, le loisir de décider pour nous. Je vous invite à méditer une citation du pasteur Martin Niemöller mort à Dachau pour avoir résisté à la barbarie nazie.

Martin Niemöller : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être.

Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi.

Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité. ».

Cordialement

Lucien PONS.                                               



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



27/01/2012

501 -journal de l'Afghanistan- 27-01: Un viol toutes les 3 heures dans l'armée américaine.


N°501 -journal de l'Afghanistan- 27-01: Un viol toutes les 3 heures dans l'armée américaine.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 501 - 27-01

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes


 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

 

Tiré à part :

IRIB - Nouveau scandale en Afghanistan: viol des enfants par les soldats britanniques.

IRIB -  Le gouvernement afghan, dégoûté, par la maltraitance d’enfants afghans par deux militaires britanniques. 

Nouvelobs : Pour la presse régionale française, il est temps de quitter "le bourbier afghan".

Jon Boone : Document : La haine des soldats afghans contre l’OTAN.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

AFP : Près de 1,3 million de personnes menacées par les mines.

Paroles & action du président...

Rfi : Washington et Kaboul vers un accord pour le maintien de forces US en Afghanistan .

L’Afghanistan au cœur des débats.

Ian Hamel : Alain Chouet: « Le trafic de drogue en Afghanistan par voies aériennes est assuré par des militaires américains >

3) Politique

b) Les occupants 

1) Usa

Occupation de l'Afghanistan

Reuters : Clinton et Juppé d’accord « pour poursuivre la mission ».

2 Dans le monde

France

LUC MATHIEU :Afghanistan, échec et morts.

3 Occupation de l'Afghanistan

Reuters : Clinton et Juppé d’accord « pour poursuivre la mission ».

4 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Bernie Sanders au Sénat des USA  (à entendre)

5-2 Obama et la loi sur la détention prolongée 

6 Dossiers

6-1 Slate : Un viol toutes les 3 heures dans l'armée américaine. !!!

6-2 Louis Denghien : Sarkozy : menaces & débâcles.

6-3 Yves.Harté : Pourquoi l’Afghanistan ?

7 Courrier.

7-1 Communiqué officiel de l’UPR.

8 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

8-1 McDonough County : De nombreux vétérans post 11-Septembre estiment que les guerres n’en valaient pas la peine.

8-2 Nouvel Observateur : Les maigres résultats (prévisibles) de la conférence de Bonn.

8-3 JEAN-PIERRE PERRIN : L’armée afghane, de solution à maillon faible.

8-4 French.people : La « Nouvelle Route de la Soie », ou la nouvelle voie des Etats-Unis pour dominer l'Asie

 



Tiré à part :

IRIB -Nouveau scandale en Afghanistan: viol des enfants par les soldats britanniques.

Deux militaires britanniques ont été condamnés à dix ans de prisons pour avoir violé des enfants afghans de moins de dix ans.

La police a ouvert une enquête à ce sujet, a annoncé le Porte-parole du ministère britannique de la défense, selon Press TV, citant un quotidien britannique. Les militaires britanniques ont avoué avoir filmé leurs atrocités et posté des  clips sur internet. Selon ce rapport, le premier ministre britannique, David Cameron s'est dit quelque peu surpris de cette terrible révélation!

IRIB


IRIB - Le gouvernement afghan, dégoûté, par la maltraitance d’enfants afghans par deux militaires britanniques.  

19/01/2012

 Deux militaires britanniques, soupçonnés d'avoir agressé, sexuellement, des enfants afghans, ont été interpellés et interrogés, avant d'être relâchés, a indiqué, mercredi, le ministère de la Défense, à Londres.

Deux militaires ont été arrêtés, interrogés et relâchés, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense, confirmant des informations révélées plus tôt par le tabloïd britannique "The Sun".

Le gouvernement afghan a fait part de son immense dégoût vis-à-vis de l'augmentation récente d'incidents, de nature immorale, commis, par des soldats étrangers.

IRIB


Nouvelobs : Pour la presse régionale française, il est temps de quitter "le bourbier afghan".

Envisagé par Paris après la mort de quatre soldats vendredi, le retrait des troupes françaises du "piège" afghan avant l'échéance de 2014 est inéluctable, estiment samedi les éditorialistes de la presse régionale.

Pour Didier Louis du Courrier picard, "poser la question de l'utilité de la présence de la France (...) c'est y répondre".

Le Journal de la Haute-Marne écrit, sous la plume de Patrice Chabanet, que "l'Afghanistan est devenu un piège (...) il faut partir, sans état d'âme. Aux Afghans de résoudre leurs problèmes, leurs contradictions et leurs conflits internes".

Avis partagé par Jean Levallois de La Presse de la Manche: "l'Afghanistan est un gâchis, et nous aurons sans doute à le regretter. Mais on ne sauve pas une population contre elle-même".

"Quels qu'en soient les prix politique et diplomatique, il est temps pour la France de quitter le bourbier afghan, de programmer un retour en bon ordre de nos forces armées exposées sur le terrain", renchérit Dominique Garraud dans La Charente libre.

"Le coût en vies humaines de notre contribution à la loyauté atlantique sur ce lointain théâtre est de moins en moins tolérable depuis que nos troupes ont en charge la région de Kapisa", juge Daniel Ruiz dans La Montagne.

François Martin remarque dans le Midi libre que "jusqu’ici, les Français sont restés relativement indifférents aux enjeux de la guerre afghane. Mais devant le tribut grandissant payé par notre nation, l’opinion publique pourrait vite basculer".

Election présidentielle oblige, "c’est donc la probable montée de l’émotion dans l’opinion publique qui pourrait bien conduire le chef de l’Etat à ordonner le repli de nos troupes", note Jacques Camus dans La République du Centre.

"Pression électorale, pression économique, pression humaine : le Président envisage à voix haute ce que l'opinion publique lui soufflait depuis quelque temps", résume Hervé Cannet dans La Nouvelle République du Centre-Ouest.

Le problème est que, "à défaut de l'avoir fait à froid, conformément aux besoins de la France, Nicolas Sarkozy se trouve aujourd'hui acculé à une retraite précipitée et sans gloire", commente Patrick Fluckiger dans L'Alsace.

"Aujourd’hui, l’accélération du calendrier de retrait, programmé pour 2014, apparaît à la fois inévitable et tardif. Désastreux en tout cas pour le moral des unités qui, depuis dix ans, se battent sur un terrain en croyant être utiles", fait valoir Olivier Picard des Dernières Nouvelles d'Alsace.

Attention, "on ne déchire pas l’image de la France dans la précipitation", avertit Hervé Chabaud de L'Union. Même souci chez Olivier Berger de La Voix du Nord: "Il s'agit désormais de réussir la sortie du pays. Or l'exercice est extrêmement périlleux. Il ne peut se précipiter ni s'improviser. Une force qui se replie est en état de faiblesse. Ultime".

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120121.AFP5077/pour-la-presse-regionale-il-est-temps-de-quitter-le-bourbier-afghan.html


Jon Boone : Document : La haine des soldats afghans contre l’OTAN.

Une étude de l’armée américaine met en évidence que la méfiance mutuelle, le mépris, confinant parfois à la haine, qui règnent en Afghanistan entre les forces locales et étrangères, sont l’une des principales raisons pour lesquelles les troupes afghanes retournent de plus en plus souvent leurs armes contre les soldats de l’OTAN

Par Jon Boone, The Guardian, 20 janvier 2012 - extrait

Cette étude indique que les soldats américains exaspèrent leurs collègues afghans par leur arrogance extrême et leur « comportement brutal ».

Elle critique également sévèrement l’affirmation « profondément malhonnête intellectuellement » de l’OTAN selon laquelle les meurtres de soldats de l’Alliance par des soldats afghans seraient extrêmement rares.

Les données recueillies montrent que les incidents tels que le meurtre récent de quatre soldats français « révèlent une menace permanente, en forte augmentation, [d’actions] homicides (d’une importance qui pourrait être sans précédent entre « alliés » dans l’histoire militaire moderne) ».

Elle met en garde sur le fait que ce problème est désormais si grave qu’il « provoque une crise de confiance chez les formateurs Occidentaux qui travaillent avec les forces de sécurité afghanes »

Le rapport, signé par le comportementaliste Jeffrey Bordin, précise que le nombre d’attaques a augmenté, avec 26 meurtres ou tentatives de meurtre depuis le début 2007. Ces attaques ont entraîné la mort de 58 membres des forces étrangères.

Bien que certains de ces incidents impliquaient des talibans infiltrés, Bordin estime que beaucoup ont été provoqués par une « animosité profonde, souvent renforcée par des conflits sociaux et personnels ».

Réalisé à partir d’entretiens avec 613 membres des forces de sécurité afghanes, ce document brosse un tableau extrêmement sombre du mépris mutuel et de l’incompréhension régnant entre les deux parties.

Les troupes américaines considèrent leurs alliés afghans, qu’ils entraînent et qui combattent à leurs côtés, comme indignes de confiance, malhonnêtes, incompétents et ayant une « hygiène répugnante ».

A l’inverse, nombre de bagarres et même de tentatives de meurtre perpétrés par des Afghans ont été provoquées par des comportements que beaucoup d’Américains ne jugent pas choquants, comme « uriner en public », pousser des jurons, insulter, être grossier et vulgaire avec les membres des forces de sécurité afghanes, et tirer sans raison sur des animaux. »

Parmi les facteurs qui créent le plus d’animosité, le rapport énumère les convois militaires américains bloquant la circulation, les ripostes aux insurgés par des tirs apparemment indiscriminés, au risque de tuer des civils, une utilisation naïve de sources de renseignement incertaines, et les raids visant les maisons des Afghans.

Une autre cause d’inquiétude tient au fait que les soldats afghans n’interviennent presque jamais quand un de leurs camarades tente de tuer des soldats de l’Otan.

Ce vendredi, l’ISAF, la force internationale de l’OTAN déployée en Afghanistan, a précisé que cette « étude de l’équipe rouge » avait été réalisée par un organisme extérieur et n’avait pas été approuvée ou entérinée par les responsables qui l’ont lue.

L’ISAF affirme que l’étude souffre « de généralisations non pertinentes, d’échantillons [trop] restreints, d’une rhétorique dépourvue de professionnalisme et de sensationnalisme ».

Dans le jargon militaire, les « équipes rouges » sont des cellules indépendantes chargées de porter un regard critique sur les plans et les opérations.

Un commandant afghan rencontré au sud de l’Afghanistan avait déclaré au Guardian l’année dernière que sa plus grande préoccupation était les soldats pachtounes.

Bien que les Pachtounes forment le groupe ethnique majoritaire, ils sont sous-représentés dans l’armée afghane, alors qu’ils forment l’écrasante majorité des rangs de l’insurrection.

Ce capitaine, lui-même non-pachtoune, avait raconté comment il avait désarmé l’un de ses subordonnés, qui était tellement dégoûté par les soldats Américains qu’il refusait même de les regarder quand il les rencontrait.

Bien que l’armée afghane se soit nettement améliorée ces dernières années, les entretiens menés lors de cette étude avec 215 soldats américains mettent en évidence une longue liste de problèmes persistants. Ces soldats font état « d’un usage omniprésent de drogues illicites, de vols massifs, d’instabilités psychologique, de malhonnêteté, de manque d’intégrité et de compétence, d’un maniement des armes dangereux, d’officiers corrompus, de l’absence de véritables sous-officiers, d’alliances secrètes ou d’accords informels passés avec les insurgés, d’un taux élevé de désertions, d’un moral faible, de paresse, d’une hygiène répugnante et de la torture de chiens. »

Jon Boone, The Guardian,

20 janvier 2012

Publication originale Guardian, traduction Contre Info

23 janvier 2012

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3183



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

AFP : Près de 1,3 million de personnes menacées par les mines.

Près de 1,3 million de personnes sont encore menacées par quelque 600 kilomètres carrés de champs de mines en Afghanistan, un pays que la communauté internationale et le gouvernement afghan nettoient depuis vingt ans, ont annoncé jeudi les Nations unies.

Au cours des deux dernières décennies, "plus de 500.000 mines anti-personnelles, plus de 22.000 mines anti-tank et plus de 15 millions de munitions non explosées" ont été nettoyées, a indiqué à l'AFP Alan MacDonald, le directeur du Centre de coordination et d'action de l'ONU contre les mines en Afghanistan (CCCMA), en qualifiant cette campagne de "succès majeur".

Quelque 375 personnes ont été blessées ou tuées en 2011 par des mines - qu'elles soient anti-personnelles ou anti-tank - ou des munitions non explosées, contre 2.027 en 2001, année record en la matière, selon le CCCMA.

Mais il reste de nombreux champs à nettoyer, a souligné M. McDonald. "Nous savons exactement où ils se trouvent. Il y en a partout dans le pays. A la fin de l'année 2011, il restait 6.048 zones dangereuses, touchant 588 kilomètres carrés et 1.930 communautés", soit précisément "1.277.857 personnes à risque".

"Nous connaissons les caractéristiques des champs de mines et celles des communautés qui vivent autour. Et nous privilégions (le déminage des sites les plus dangereux), ce qui permet de réduite le nombre d'accidents", selon lui.

Quelque 90 millions de dollars sont dépensés chaque année par la communauté internationale pour parvenir à ce résultat dans l'un des pays les plus minés au monde. Environ 15.000 personnes travaillaient au nettoyage des mines en 2011.

Ces explosifs ont dans leur très grande majorité été enterrés au cours de trois conflits récents: l'invasion soviétique (1979-1989), la guerre civile entre chef de guerre afghans (1992-1996) et la guerre entre les résistants et l'Alliance du Nord du commandant Ahmad Shah Massoud (1996-2001).

S'y ajoute le conflit en cours entre le gouvernement de Kaboul, soutenu par l'Otan, et les résistants. Depuis quelques années, les rebelles ont en effet fait des mines artisanales placées le long des routes et déclenchées à distance l'une de leurs armes favorites et les plus mortifères.

AFP



Paroles & action du président...

Rfi : Washington et Kaboul vers un accord pour le maintien de forces US en Afghanistan

Nb

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine CNN, le président afghan Hamid Karzaï a annoncé, dimanche 18 décembre, que son gouvernement est en train de négocier les conditions d'un partenariat stratégique avec les Etats-Unis, qui pourrait inclure la présence d'un contingent militaire américain après le départ des forces étrangères. Près de 100 000 GI's sont déployés en Afghanistan pour soutenir le gouvernement face à l'insurrection des résistants et de leurs alliés d'al-Qaïda. Dix mille d'entre eux seront partis d'ici la fin de l'année, et plus de 20 000 partiront l'année prochaine.

L'accord en cours de négociation entre Kaboul et Washington est censé définir la présence américaine à l'issue du retrait de l'ensemble des quelque 140 000 combattants de la force internationale de l'Otan. Cet accord de sécurité va probablement prévoir le maintien de quelques bases américaines sur le sol afghan.

Des milliers de soldats américains pourraient ainsi rester en Afghanistan pendant plusieurs années. Parmi les conditions posées par la partie afghane, Hamid Karzaï

exige que les forces internationales cessent les fouilles de domiciles afghans

et les opérations nocturnes, à la recherche d'insurgés.

La présence des troupes internationales a assuré la stabilité (…) de l'Afghanistan pendant dix ans, mais elle n'a pas réussi à assurer la sécurité personnelle des Afghans, a-t-il affirmé.

Le président afghan avait déjà annoncé début décembre que son pays aurait besoin d'une aide financière et militaire internationale pendant au moins dix ans après le départ des forces étrangères, afin de former et équiper l'armée et la police et mettre en place des institutions stables.

19 décembre 2011 

.

http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7691157.html

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20111219-washington-kaboul-vers-accord-le-maintien-forces-americaines-afghanistan



L’Afghanistan au cœur des débats.

Ian Hamel : Alain Chouet,: « Le trafic de drogue en Afghanistan par voies aériennes est assuré par des militaires américains .

> C’est un ouvrage particulièrement dense que nous livrent Alain Chouet, ancien patron des services secrets français, la Direction générale de la  sécurité
> extérieure (DGSE), interviewé par Jean Guisnel, journaliste au Point,spécialiste des questions militaires. « Au cœur des services spéciaux » (*) ne se contente pas de mettre les pieds dans les plats. L’ouvrage piétine carrément certains plats, notamment en ce qui concerne le printemps arabe.
 Oussama Ben Laden a été tué à Abbottabad, au Pakistan.Alain Chouet prend plaisir à rappeler qu’il s’agit d’un centre de vacances de l’armée, avec ses hôtels et son golf, où « tout le monde se connaît », Abbottabad étant réservé aux gradés pakistanais et à leurs familles. Que faut-il en déduire ? Qu’Oussama Ben Laden était gardé bien  au frais par le régime d’Islamabad depuis des années.

 Pourquoi a-t-il été éliminé en 2011 ? Barak Obama, plus éclairé que son prédécesseur, a compris que le fondateur d’Al-Qaida ne servait plus à rien. L’intervention occidentale en Afghanistan depuis 2001 est un échec total. Comme les résistants vont de toute façon revenir au pouvoir à Kaboul, autant faire croire qu’on les invite à la table des  négociations, maintenant qu’ils ne sont plus associés à des « terroristes internationaux ». Et politiquement, Obama a gagné des points pour sa réélection en 2012.
>> 80 à 90 % de la morphine base
L’ancien responsable de la DGSE rappelle qu’en 2002, l’Occident a mis sciemment en place en Afghanistan un gouvernement fantoche et mafieux, avec à sa tête, Hamid Karsai, le plus minable des « parrains ». Les chefs de bandes afghans se sont ensuite répartis « les  rentes du pouvoir, les revenus du pavot, la manne de l’aide

 internationale ». Pour rappel, 80 à 90 % de la morphine base mondiale provient d’Afghanistan.Le plus compliqué n’est pas de produire de l’opium, mais de l’exporter
> vers les consommateurs, sachant que l’Afghanistan n’a pas de débouché maritime. Contrairement à ce que croit l’opinion publique,la drogue ne rejoint pas l’Europe et les Etats-Unis par des routesdéfoncées et de vieux rafiots rouillés, mais par les voies aériennes,  les gros porteurs de l’armée américaine. Et celle-ci contrôle tous les
> aérodromes du pays…
 L’ancien chef du renseignement dit que c’est des militaires, qui arrondissent ainsi leurs soldes, et surtout les mercenaires engagés dans les sociétés militaires privées « pour assurer des tâches de logistique, d’intendance, de transport et même d’engagement opérationnel ».
> Pression sur les armées
Les chapitres consacrés au « printemps » arabe risquent de faire grincer quelques mâchoires.« Les Arabes et les musulmans sont comme tout le monde, ils préfèrent la démocratie et la liberté à la dictature et à la répression », insiste Alain Chouet, soulignant que les
>Les  habitants du Nord de l’Afrique n’ont pas attendu 2011 pour se révolter. Il  y a eu des émeutes et des manifestations en Tunisie en 1969, 1978,
> 1980, 1984, 2000, en Egypte en 1968, 1977, 1986, 1987, 1995. Et qu’en Libye, les tentatives de coups d’Etat militaires contre Kadhafi
 « étaient quasiment mensuelles pendant la décennie 1980 ». Seulement voilà, l’Occident ne s’en préoccupait pas et les médias n’en parlaient guère. Qu’est-ce qui a changé cette année ? Non seulement l’Europe et les Etats-Unis se sont intéressés à la contestation dans le monde arabe, mais ils sont intervenus… indirectement. Du moins en Tunisie et en Egypte, en faisant pression pour que les armées ne jouent plus leur rôle traditionnel de répression.
> Visées sur la Cyrénaïque
> Au lieu de jeter les dictateurs dehors en envoyant des soldats américains, Barak Obama préfère faire jeter aux orties les dictateurs « par leur propre armée », assure l’ancien responsable des services spéciaux français.
> Pessimiste en ce qui concerne la Tunisie, très pessimiste pour l’Egypte,  Alain Chouet est carrément alarmiste quant au devenir de la Libye. Il souligne que la révolte a débuté le 15 février en Cyrénaïque, dans la région de Benghazi, « avec l’apparition brutale de civils armés ». Or, curieusement, les observateurs étrangers ne se sont
 pas demandés comment des centaines d’hommes sont apparus « armés de canons B7 et B10 sans recul, de canons bitubes anti-aériens, des mitrailleuses de 500 et 800, des lance-roquettes individuels ».
 L’auteur de « Au cœur des services spéciaux » n’exclut pas que le haut commandement égyptien ait pu recevoir la promesse de la part des Américains que la Cyrénaïque, riche en pétrole, soit un jour rattachée à l’Egypte, surpeuplée, et qui manque cruellement de ressources.
> (*) Alain Chouet, entretiens avec Jean Guisnel « Au cœur des services  spéciaux.
 La menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers », La Découverte,
301 pages, 20 €

par Ian Hamel

Publié le mercredi 7 septembre 2011



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Sur le terrain…

L'Afghanistan et la Chine signent un accord sur l'exploitation du pétrole.

Le gouvernement afghan et l'entreprise d'Etat China National Petroleum Corporation (CNPC) ont signé mercredi un accord sur l'exploitation du pétrole en Afghanistan. L'entreprise chinoise remporte ainsi le premier appel d'offres relatif aux champs pétrolifères afghans.
"Selon l'accord signé aujourd'hui avec la CNPC, l'entreprise chinoise va pouvoir exploiter les gisements pétroliers situés dans le bassin de la rivière Amu Darya, dans le nord de l'Afghanistan, et devrait commencer à produire du pétrole au cours des deux ans à venir", a déclaré aux journalistes le ministre afghan des Mines, Waheedullah Shahrani, juste avant la signature de l'accord.
Les deux parties, représentées respectivement par Waheedullah Shahrani et Lu Gongxun, directeur général de la CNPC, ont signé l'accord au Centre gouvernemental de presse et d'informations à Kaboul.
"C'est un grand plaisir pour moi de prendre part à cette cérémonie de signature, qui marque le début de la coopération énergétique entre la CNPC et le ministère afghan des Mines. Cette cérémonie est un symbole de la coopération bilatérale en matière d'énergie", a déclaré M. Lu lors de la cérémonie.
En vertu de l'accord, la CNPC va lancer ce projet en collaboration avec un partenaire local, Watan Group.
Le contrat stipule que la CNPC devra payer 15% de redevance sur le pétrole et 20% de taxe d'exploitation; l'Afghanistan obtiendra pour sa part 70% du bénéfice de la vente du pétrole.

Source: xinhua


Irna :  L’Iran et l'Afghanistan signent un accord de défense.

L'Iran et l'Afghanistan à la fin de la première encontre de leur commission mixte de coopération de défense à Téhéran ont signé un protocole d'entente portant sur l'élargissement de leur coopération de défense.

Selon un communiqué du ministère iranien de la Défense, le protocole d'accord a été signé par les responsables des deux parties ».
Pendant la cérémonie de signature, les deux parties ont exprimé l'espoir que l'accord aiderait à promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité en Afghanistan ainsi que dans toute la région.
Cet accord a appelé également à la promotion de programmes de formation dans les domaines de la logistique et de l'ingénierie.
La délégation militaire afghane pendant son séjour à Téhéran s'est entretenue avec le ministre iranien de la défense, le ministre iranien des Affaires étrangères et le président de la commission de la sécurité nationale et de politique étrangère du parlement iranien sur des sujets d'intérêts mutuels ainsi que des développements régionaux.

La délégation afghane a également visité certaines installations de défense iranienne.

14 Décembre 2011.

Téhéran.Irna.



b) Les occupants 

1) Usa

Obama

Joseph Kishore : La ‘Meutre S.A.’ de Barak Obama opère dans le monde entier.

L’administration Obama a construit un vaste appareil ayant pour but l’exécution d’assassinats et comprenant des engins volants sans pilote (drones), opérés par la CIA et l’armée. Ce réseau de « machines à tuer » est géré dans le secret, derrière le dos du peuple américain et virtuellement en dehors de tout contrôle de la part du Congrès américain.

Le programme dans le cadre duquel opèrent ces « drones » a fait l’objet d’un article publié par le Washington Post le 28 décembre et intitulé « Sous Obama, l’émergence d’un appareil mondial du meurtre par drone ». Si l’article est de présentation plutôt discrète, ce qu’il montre n’en est pas moins effrayant : un gouvernement s’est arrogé le droit de tuer n’importe qui dans le monde sans même se soucier d’une apparence de légalité. On a déjà tué de cette façon des milliers de personnes.

Selon le Washington Post, ce ‘programme drones’, « comprend des dizaines de sites secrets dont deux sites principaux opérationnels sur la côte Est, des cockpits virtuels de l’US Air Force dans le Sud-est et des bases clandestines dans six pays sur deux continents. »

Selon les conclusions d’une étude du Bureau du Budget du Congrès américain, les Etats-Unis ont 775 drones ‘Predator’ et autres, plus un nombre inconnu de drones opérés par la CIA et faisant partie d’opérations secrètes. Les assassinats ont jusqu’à présent eu lieu dans au moins trois pays, en dehors des guerres en Irak et en Afghanistan. Le drone abattu récemment au dessus de l’Iran indique cependant des opérations bien plus étendues.

Un des premiers actes d’Obama en tant que président a été d’ordonner une attaque de drone Predator au Pakistan. 240 attaques ont été effectuées depuis contre ce pays, entraînant la mort de milliers de personnes, pour la plupart des civils. Quelque quinze attaques ont été effectuées au Yémen et d’autres encore en Somalie.

Le quotidien donne une description des « listes de sujets à assassiner » compilées par la CIA et le Joint Special Operation Command (JSOC) de l’armée américaine, sans que les critères utilisés pour la sélection des personnes ciblées soient rendus publics. La liste de la CIA est apparemment plus courte que celle de l’armée, ce que certains de ceux qui sont impliqués dans le programme de drones attribuent au fait qu’elle a eu moins de temps pour la dresser. Selon certains responsables, « L’Agence finira par rattraper le temps perdu. »

Parmi les gens assassinés, se trouvent trois citoyens américains, dont Anwar Al-Awlaki qui fut tué le 30 septembre et son fils de 16 ans, tué lui, par le JSOC quelques semaines plus tard. Tous deux furent tués au Yémen. Le Washinton Post affirme que le jeune Awlaki n’était pas la cible prévue. Ce « citoyen américain sans implication passée avec Al-Quaida » était au contraire une « victime non intentionnée. »

Pour expliquer l’augmentation des assassinats par drone, le journal mentionne la fermeture officielle de programmes de détention et la fin des transferts à Guantanamo Bay. Cela laissait «  peu d’options mis à part les attaques par drones… » En d’autres mots, au lieu d’enfermer des ‘terroristes’ présumés dans des camps et des centres de torture, l’administration Obama s’est dit qu’il serait simplement plus efficace de les tuer en secret.

Ces deux programmes différents sont soi-disant contrôlés par diverses commissions du Congrès. Mais, précise le Post, « aucune de ces commissions n’est en mesure de comparer les listes de sujets à abattre de la CIA et de la JSOC ou même de parvenir à une compréhension générale des règles selon lesquelles chacune de ces listes est fabriquée. »

Les dirigeants des deux fractions parlementaires sont tout à fait complices car les responsables des commissions sur les services de renseignement et l’armée acceptent de limiter ce qui peut être discuté publiquement. « Le fait qu’un président de leur parti ait monté une machine aussi efficace dans le but d’éliminer de façon ciblée des gens suspectés de terrorisme ne trouble pas outre mesure les dirigeants démocrates. »

Le président Lyndon Johnson, arrivé au pouvoir à la suite de l’assassinat de John F. Kennedy, avait en son temps admis que la CIA avait monté une entreprise qu’il appela, dans une remarque restée fameuse, une « damnée ‘Meurtre S.A.’ dans les Caraïbes ». Celle-ci avait plusieurs fois tenté d’assassiner le dirigeant cubain Fidel Castro. Le gouvernement Nixon fut lui, impliqué dans de nombreux complots d’assassinat. Cela avait contribué aux enquêtes à des fins de destitution qui conduisirent finalement à sa démission. Des enquêtes menées par la Commission Church du Sénat américain dans les années 1970 ont finalement conduit à un ordre exécutif interdisant officiellement la pratique de l’assassinat.

Les actes de l’administration Obama et la vaste augmentation des pouvoirs secrets de la CIA et de l’Armée dépassent de loin les crimes commis à cette époque.

Les assassinats extra-judicaires sanctionnés par l’Etat sont une métastase de la « guerre à la terreur » menée sur tout le globe, un élargissement d’une criminalité internationale qui comprend le lancement de guerres d’agression, l’emprisonnement indéfini et la torture. Ils sont devenus une importante composante de la politique militaire américaine. Celle-ci comprend aussi la guerre en Libye qui s’est conclue par l’assassinat, soutenu par les Etats-Unis, de Mouammar Kadhafi. Obama a fait du meurtre extra judicaire de Osama ben laden un des hauts faits et un des événements charnière de son administration.

La violence sans frein et l’abolition de la démocratie sont deux aspects d’un même processus. Les révélations du Washington Post suivent de deux semaines à peine le passage du National Defense Authorization Act. Cette loi donne, pour la première fois explicitement, un sceau d’approbation parlementaire à la détention militaire indéfinie de citoyens, américains ou non, selon le bon vouloir du président. La loi abolit dans les faits le recours d’habeas corpus et les garanties constitutionnelles d’application régulière de la loi.

L’administration qui préside à cette affirmation de pouvoirs quasi dictatoriaux, dirigée par Obama, est pour l’essentiel une alliance entre de puissants intérêts financiers et l’appareil militaire et des services de renseignements.

Ce gouvernement de la réaction extrême jouit du soutien déterminant d’une partie de la classe moyenne argentée qui, sur la base de la politique identitaire, s’est réconciliée avec une politique qui va au-delà même de celle de l’administration Bush. Tout est bon et même « progressiste » du moment que c’est un président afro-américain qui le fait.

La conduite d’un réseau destiné à exécuter des gens n’a rencontré qu’une objection de pure forme de la part de journaux comme La Nation et d’autres gens et partis ‘de « gauche’ qui soutiennent le Parti démocrate. Un commentateur libéral, Ta-Nehisi Coates, un des principaux rédacteurs en chef du magazine Atlantic, fit en réponse à l’article du Washington Post, ce commentaire réjoui: « Les drones sont l’arme parfaite de la démocratie. On obtient tout le mérite d’avoir tué les ennemis du pays et on ne porte pas le blâme de pertes militaires. Le massacre occasionnel d’un garçon de 16 ans est certes regrettable, mais pratiquement sans conséquence du point de vue politique. »

La défense des droits démocratiques, la défaite de l’impérialisme américain, la lutte contre l’inégalité sociale dépendent de la formation d’un mouvement politique de masse de la classe ouvrière sur la base d’un programme socialiste.

Ce mouvement entrera directement en conflit avec l’administration Obama, le Parti démocrate et ses apologues ‘de gauche’.

(Article original publié le 29 décembre 2011)

Joseph Kishore
4 janvier 2012

http://www.wsws.org/francais/News/2012/jan2012/obam-j04.shtml


3 Occupation de l'Afghanistan

Reuters : Clinton et Juppé d’accord « pour poursuivre la mission ».

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et le ministre des affaires étrangères Alain Juppé sont tombés d’accord samedi pour « travailler ensemble » afin d’assurer la poursuite de la mission (…) internationale en Afghanistan.

Les deux ministres sont tombés d’accord pour que les Etats-Unis et la France « travaillent avec les partenaires de l’isaf (la mission de l’Otan) et le gouvernement afghan afin d’assurer la solidité et l’efficacité continues de la mission ».

12-01 



Qu'en pensent les Voisins ?

Russie

french.ruvr : Guantanamo – Le Ministère des Affaires étrangères russe : « la zone d’un vide juridique »  

La prison américaine sur la base de Guantanamo à Cuba contient toujours 171 prisonniers.

Ces gens-là se trouvent dans «le vide juridique» et ils ignorent complètement leur destin ultérieur.

Le Ministère des Affaires étrangères russe trouve une telle situation sans précédent dans l'histoire contemporaine, est-il dit dans la déclaration du MAE sur son site web.

La prison à Guantanamo est apparue le 11 janvier 2002 - d’abord, comme un camp de détention provisoire. C’est alors que les premiers 20  détenus  pris au cours de la guerre globale contre  le terrorisme, annoncée par les États-Unis, ont été placés là. Au cours des  10 dernières années, le camp s'est transformé en une vraie institution pénitentiaire. Environ 800 personnes de 23 pays âgés de 25 à 62 ans, sont passées par là. Formellement à Guantanamo se trouvent les gens soupçonnés des liens avec les organisations terroristes – "Al - Qaïda", "le Taliban" et d’autres.  Sergei Maksimov, l'expert dans le domaine du droit international,  commente ainsi cette situation:

«La prison à  Guantanamo est un phénomène extraordinaire dans la vie moderne. C'est  un  camp qui était créé pour les personnes accusées par les autorités des États-Unis de divers crimes. De plus, il se trouve sur le territoire d’un autre État,  c'est le territoire cubain. Et la situation, lorsqu’il  y a des prisons ex- territoriales,  des lieux où des gens sont détenus sans que l'accusation contre eux soit présentée   est un malentendu du point de vue de la pratique internationale moderne».

Les défenseurs des droits de l'homme donnent depuis longtemps un signal  d'alarme au sujet de la prison. Leur principal argument est celui-ci: son existence contredit les normes du droit international. Plusieurs prisonniers se trouvent là sans présentation des accusations officielles, et leur traitement n'entre aucunement dans le cadre des règles d’une société civilisée.

Les Américains eux-mêmes ont reconnu que l'on appliquait aux prisonniers les méthodes interdites de l'enquête. On sait aussi que trois personnes soupçonnées du terrorisme ont subi  les tortures en forme de l'imitation d’une noyade.  Déjà du  temps du président George Bush-junior, 537 prisonniers étaient libérés. Et Barak Obama, lui, après l'entrée en fonction, a ordonné de fermer la prison au cours d'une année – vers janvier 2010. Le congrès a bloqué cette décision, et le président et n'avait pas assez de courage pour  profiter de son droit de veto. Il était supposé qu’une partie des prisonniers seraient jugés, d’autres – extradés. Au total,  seulement 6 personnes étaient officiellement condamnées, 8 sont mortes, d’autres n'ont toujours pas été accusées. Une telle situation est sans précédent, trouve le Ministère des Affaires étrangères russe. Cela témoigne des violations les plus grossières du droit international par les États-Unis.

Le MAE a également commenté la situation avec l'adoption aux États-Unis des nouvelles lois antiterroristes. Elles contribuent au renforcement de l'application ex-territoriale de la législation américaine  - pénale et  antiterroriste - en ce qui concerne les citoyens des tiers-pays. Washington viole ses obligations suivant le Pacte International sur les droits civils et politiques de 1966. Ce document interdit la privation illégale de la liberté et le mauvais traitement des prisonniers.  Il contient aussi  la position sur la nécessité de la garantie d’une  justice équitable. Il paraît qu'à Washington, on se croit  au-dessus des  obligations internationales et, en fait, on légalise ainsi  les prisons, semblables à celle de Guantanamo. Le président Obama, en signant les nouvelles lois, se contredit, laissant les services secrets agir à leur gré. 
16 Janvier 2012

french.ruvr.ru

 

Cri.cn : Les plans militaires américains en Asie centrale et en Afghanistan inquiètent la Russie.

Les projets américains d'accroître leur présence militaire en Asie centrale et d'établir d'importantes bases militaires en Afghanistan inquiètent la Russie, a déclaré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov.

"On ne sait pas encore comment le retrait des troupes (américaines) prévu en 2014 après la fin des opérations antiterroristes correspond aux projets américains d'établir des bases militaires importantes en Afghanistan", a déclaré M. Lavrov aux journalistes après sa rencontre avec le ministre indien des Affaires extérieures, S.M. Krishna, ici à Moscou.

M. Lavrov a déclaré que Moscou avait discuté du sujet avec les représentants afghan et américain, mais "il y a plus de questions que de réponses pour l'instant".

"Par ailleurs, des informations arrivant périodiquement montrent que nos collègues américains veulent accroître leur présence militaire en Asie centrale", a-t-il fait savoir.

M. Lavrov a souligné que, dès le début des opérations contre Al-Qaïda et les résistants, la Russie avait été informée que la présence étrangère en Afghanistan et ses centres de transit en Asie centrale seraient utilisés uniquement pour combattre cette menace terroriste particulière.

"Il a été dit à la Russie qu'il n'y avait pas de calculs géopolitiques sur le long terme", a poursuivi M. Lavrov, concluant que ces principes devraient être entièrement respectés.

  2011-11-17

http://french.cri.cn/781/2011/11/17/304s261402.htm



Les organisations mondiales

Crisis Group (ICG),

D’après l’International Crisis Group (ICG), plusieurs attaques qui ont frappé la capitale entre 2008 et 2010 ont été fomentées par le commandant des résistants pour la province de Kapisa, Qari Bariyal, allié pour la circonstance au réseau Haqqani, dirigé à Tagab par le mollah Daoud et son frère Aman. Les insurgés de Kapisa reçoivent en outre l’aide de résistants venus du Pakistan. Leur passage est facilité par l’abandon par les forces de l’Otan des provinces de Kunar, du Nouristan (Nord-Est) et du nord du Laghman, frontalier avec le district de Tagab. L’armée américaine a quitté la région à partir de 2010, incapable de contrer les attaques insurgées contre ses postes de combat installés dans les montagnes. Les résistants pakistanais en ont profité pour s’infiltrer avant d’y installer des camps d’entraînement. Tout aussi inquiétant, des membres d’Al-Qaeda y sont régulièrement signalés. Vingt-cinq d’entre eux, dont un leader saoudien, Abu Hafs al-Najdi, ont été tués début 2011 dans la Kunar lors d’opérations de l’Otan.

LUC MATHIEU

21-02

http://www.liberation.fr:80/monde/01012384832-afghanistan-echec-et-morts?xtor=EPR-450206



3 Dans le monde

France

LUC MATHIEU :Afghanistan, échec et morts.

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs mais doit être vu comme information.

Récit : Quatre soldats français ont été tués vendredi dans leur base de la province de Kapisa par un membre de l’armée afghane.

Une tuerie qui marque l’impossible sécurisation d’une région acquise aux résistants.

Les quatre soldats français terminaient vendredi, vers 10 heures, leur séance de footing dans l’enceinte de la base de Gwan, près de Tagab, dans le sud de la province de Kapisa. Désarmés, ils ne portaient pas leur gilet pare-balles. C’est à ce moment qu’ils ont été tués par un soldat afghan qui a ouvert le feu à l’arme automatique. Au moins 15 autres militaires ont été blessés, dont 8 grièvement, selon le ministère de la Défense.

«Je ne peux accepter que des soldats afghans tirent sur des soldats français»,a aussitôt réagi Nicolas Sarkozy, avant d’évoquer un retrait anticipé de l’armée française d’Afghanistan (lire page suivante). François Hollande a de son côté réaffirmé sa «volonté de retirer [les] forces [françaises] le plus rapidement possible, au plus tard à la fin de l’année 2012». Les opérations de formation de l’armée afghane ont par ailleurs été suspendues.

place forte. La tuerie de vendredi s’est produite alors que l’armée française a considérablement réduit ses opérations dans la zone. Hormis les forces spéciales, les soldats déployés dans le district de Tagab ne sortent quasiment plus de leurs bases. Ils cantonnent leurs rares actions le long de la route qui mène à Sarobi, dans le sud du district de Tagab, en accompagnant des soldats de l’armée afghane. Cette stratégie de repli a été ordonnée par l’Elysée après l’attentat-suicide qui avait déjà tué 5 soldats français, le 13 juillet, dans le village de Joybar, à moins de deux kilomètres de la base de Tagab. Les militaires sécurisaient alors une choura (assemblée de notables) où était discutée la construction d’un hôpital. «S’ils avaient été tués lors d’une opération pour arrêter un chef taliban, l’Elysée aurait peut-être réagi différemment. Mais là, il était inadmissible qu’il y ait autant de pertes pour une mission aussi banale», explique un gradé. Désormais retranchés dans leurs camps, les militaires français n’ont plus aucune chance de sécuriser un district qu’ils n’ont, en fait, jamais contrôlé.

Peuplé quasi exclusivement de Pachtounes, Tagab reste une place forte des insurgés. Les résistants, qui en avaient été chassés à la fin 2001, se sont peu à peu réimplantés en éliminant les membres du Hezb-i islami, le groupe islamiste rival de Gulbuddin Hekmatyar. Ils seraient désormais plusieurs centaines à y évoluer, selon des sources militaires. Sûrs de leur puissance, ils n’hésitent pas à régenter la vie quotidienne des habitants. Des commandants insurgés locaux rendent des décisions de justice dans des mosquées à quelques kilomètres de la base française. Les appels au jihad sont courants durant les prières du vendredi, tout comme les menaces contre ceux qui travaillent avec le gouvernement afghan.

Pour contrer cette emprise des résistants, l’armée française a tenté de «gagner les cœurs et les esprits» de la population. La stratégie a été un échec, les projets de développement étant trop peu nombreux. La route qui mène à Saroubi et permet de contourner Kaboul a bien été achevée, mais la sécurité n’y est pas assurée. La majorité des villages du district ne sont toujours pas raccordés à l’électricité. Selon une étude confidentielle réalisée pour l’armée française par The Liaison Office, une ONG afghane, les habitants de Tagab se disent frustrés à la fois par le choix des projets de reconstruction et la mauvaise qualité des travaux réalisés par les entreprises locales, soupçonnées de corruption.

L’échec de l’armée française, et avant elle des Américains, à sécuriser Tagab est d’autant plus préoccupant que la zone sert de base à l’organisation d’attentats à Kaboul, situé à moins de 100 kilomètres.

LUC MATHIEU

21-02

http://www.liberation.fr:80/monde/01012384832-afghanistan-echec-et-morts?xtor=EPR-450206


Reuters : Gérard Longuet, le ministre français de la défense, doit s’entretenir avec le président afghan Hamid Karzaï et les ministres afghans de l’intérieur et de la défense. Le soldat afghan qui a tué quatre militaires français tués vendredi était « un taliban infiltré depuis longtemps » a confirmé(...) le ministre de l’intérieur.

Le décès des quatre soldats avait amené le président Nicolas Sarkozy à s’interroger sur un retour anticipé du contingent.

21-02



4 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan). 

20-01

Six marines américains ont péri jeudi dans un accident d'hélicoptère dans la province de Helmand, dans le sud de l'Afghanistan, a déclaré vendredi un haut responsable américain de la Défense à l'Associated Press.

L'OTAN avait auparavant annoncé que six de ses soldats avaient péri dans l'accident sans préciser leur nationalité.

L'Alliance a indiqué dans un communiqué diffusé tôt vendredi qu'aucune activité hostile n'avait été enregistrée dans la zone au moment du crash.

Selon le responsable s'exprimant sous le couvert de l'anonymat joint par l'AP, rien n'indique que l'hélicoptère ait été touché par des tirs ennemis.

AP



5 Médias etManipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Bernie Sanders au Sénat des USA 

14-01

http://www.youtube.com/watch?v=pSD7rDdbgA4&feature=youtu.be

 


5-2 Obama et la loi sur la detention prolongee

http://www.dailymotion.com/video/xnyfa1_obama-et-la-loi-sur-la-detention-prolongee-loi-ndaa_news#from=embediframe



6 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Slate : Un viol toutes les 3 heures dans l'armée américaine. !!!

Le problème du viol dans l'armée américaine a longtemps été passé sous silence et continue d'ailleurs à l'être, raconte le quotidien britannique The Guardian, pointant la présence d'une culture de l'ignorance et de la confidentialité chez les militaires. 

C'est l'histoire de Kate Weber, violée, après un bal, par un officier qui l'avait conduite vers l'issue de secours d'un bâtiment pour soi-disant lui parler de son travail; c'est aussi celle de Rick Tringale, qui a subi un viol collectif dans son dortoir lors de ses premières semaines d'entraînement.

On estime que 37% des agressions sexuelles dans l'armée sont commises sur des soldats. Pour Mic Hunter, auteur de l'essai Honor Betrayed: Sexual Abuse in America's Military, cité par Newsweek, ce sont bien souvent des héterosexuels qui commettent ce type d'agressions, non par pulsion sexuelle, mais pour «remettre les gens à leur place». Dans ce cas, «l'agression sexuelle n'est pas une question de sexe, mais de violence».

En février, 17 membres militaires et vétérans ont porté plainte contre le Pentagone (via une class action) pour protester contre le «fléau» des violences sexuelles pratiquées dans l'armée américaine et ont particulièrement visé les anciens secrétaires d'Etat Robert Gates et Donald Rumsfeld pour avoir toléré, ignoré voire encouragé implicitement la poursuite de telles pratiques.

En 2005, face à la médiatisation de certaines histoires de viol et l'accroissement du nombre de femmes dans l'armée, le Congrès avait demandé au département de la Défense de réfléchir aux mesures à mettre en place pour une meilleure prévention de telles pratiques, ce qui donna lieu à la création du Sexual Assault Prevention and Response Office. En 2007, le département de la Défense avait signalé 2.200 cas de viols dans l'armée; le nombre a augmenté à 3.158 en 2010 (soit un viol toutes les 3 heures) et une femme sur 3 a déclaré avoir expérimenté une forme de violence sexuelle, allant du harcèlement au viol. Ce nombre est deux fois supérieur à la moyenne de la population féminine civile américaine, chez qui on répertorie un traumatisme d'ordre sexuel pour une femme sur 6.

Dans une enquête, un journaliste d'Al-Jazeera estimait en octobre 2011 que de nombreux cas de viols étaient généralement classés, faute de preuves ou d'informations concordantes et que seulement 8% des agresseurs supposés étaient réellement poursuivis. En dépit des 15 millions de dollars mobilisés, le Government Accountability Office, qui évalue le suivi des politiques publiques, a estimé en 2008 que peu de choses avaient été accomplies en la matière.

Pourquoi l'armée faillirait-elle à protéger ses soldates des intentions malveillantes de leurs collègues? Pour Kira Mountjoy-Pepka, directrice de Pack Parachute, association défendant les droits des victimes de «military sexual trauma» (terme retenu par le département américain des vétérans pour qualifier les agressions ou harcèlements sexuels subis par les membres de l'armée), la non-judiciarisation de ces affaires s'inscrit dans la doctrine juridique qui a suivi l'arrêt Feres v. United States, après lequel la Cour suprême américaine a rendu difficile toute poursuite engagée contre l'armée, laquelle tend à être placée à l'extérieur de la sphère du droit du travail.

Une désillusion pour ces femmes qui «aspiraient à des longues carrières dans l'armée et croient en leur mission» et qui, faute d'avoir reçu l'écoute nécessaire à la suite de leurs traumatismes post-viol, «sont conduites à démissionner ou à prendre leur retraite plus tôt car elles n'ont pas su surmonter leurs souffrances», relève Sandra Park, avocate auprès de l'American Civil Liberties Union (ACLU) interrogée par IPS News. The Guardian mentionne l'existence de sites comme mydutytospeak.com permettant aux victimes de viols de partager leurs expériences.

Photo: Des officiers de l'armée américaine à la conférence sur les femmes servant en Irak

United States Forces Iraq via Flickr CC License by

http://www.slate.fr/lien/47343/armee-americaine-viol


6-2 Louis Denghien : Sarkozy : menaces & débâcles.

« La France ne se taira pas devant le scandale syrien » : c’est Nicolas Sarkozy qui l’a dit vendredi matin 20 janvier, à l’occasion de ce qui pourrait bien être ses ultimes voeux au corps diplomatique. Ces dix derniers mois, en tout cas, il est certain que la France, par sa bouche et plus encore celle de son ministre des Affaires étrangères, n’est pas restée silencieuse sur le cas syrien. Et, hélas, la France – par la faute de ces deux hommes – a proféré beaucoup de contre-vérités, de mensonges, sans oublier les menaces et rodomontades. C’est bien simple, Sarkozy/Juppé regnante, notre pays a parlé d’une même voix avec les Etats-Unis.

La veille, Alain Juppé avait une nouvelle fois envoyé un coup de patte à la mission d’observation de la Ligue arabe, qui se déroule selon lui « dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes« . Pas satisfaisantes pour lui, ça ne fait guère de doute : nombre des quelque 165 observateurs arabes ont fait état de violences de partisans de l’opposition, d’autres ont dit que la situation dans telle ou telle ville était calme ou allait en s’arrangeant.

Le coût politique et humain d’un tropisme pro-américain

Cette guérilla de communiqués et de déclarations fielleuses est, il est vrai, la seule intervention qui reste permise au tandem Sarkozy/Juppé : le jour même de la présentation des voeux présidentiels, quatre nouveaux militaires français tombaient en Afghanistan – 16 autres étant blessés dans le même attentat. Et la première réaction du « chef » de l’Etat était d’évoquer un possible « retrait anticipé » de nos troupes, la deuxième consistant à suspendre « toutes les opérations de formation et d’aide au combat » à l’armée afghane. Alors, dans ces conditions, une intervention militaire otanesque à participation française comme au « bon vieux temps » de la Libye… D’ailleurs, Alain Juppé vient même de se prononcer contre l’idée – il est vrai délirante – de ses amis qataris de déployer une force arabe en Syrie, c’est dire si la jactance n’empêche pas la prudence !

Revenons sur cette tragédie franco-afghane : 82 militaires français ont été tués – et 500 blessés – à ce jour en Afghanistan parce que Chirac, puis Sarkozy ont voulu mériter l’amitié de l’Oncle Sam, que celui-ci ait les traits de George Bush Jr ou ceux de Barack Obama. En Afghanistan, Sarkozy a imité en toute chose Obama (pourtant, il est notoire que les deux hommes se méprisent mutuellement), augmentant (juillet 2010) les effectifs français après qu’Obama eût décidé d’envoyer 30 000 G.I.’s supplémentaires, et annonçant le retrait de 1 100 soldats quand son homologue américain a annoncé le départ de 33 000 soldats d’ici septembre 2012.

Et ce suivisme s’est retrouvé sur l’Iran, la Libye (où l’élève français a dépassé et précédé le maître yankee)… et la Syrie. Au point que des hommes de la DGSE se retrouvent en Turquie pour « aider » les gangs de l’ASL. « Attention, président dangereux » écrivions nous (le 1er septembre 2011) à propos de Nicolas Sarkozy. Dangereux parce qu’il pense et réagit américain. Ou pro-américain, avec ce que ça suppose de surenchère. Des analystes ont pu écrire que si cet homme avait été président en 2003, la France se serait retrouvée embarquée dans le désastre irakien. Et d’autres disent que Sarkozy aurait bien aimé en découdre avec l’Iran. Et bien sûr avec la Syrie, dans le collimateur des Américains et de leurs suiveurs parce que c’est un allié de l’Iran, LA cible géopolitique à abattre – en attendant la Russie et la Chine – pour les stratèges néo-conservateurs sévissant des deux côtés de l’Atlantique. On n’en attendait pas moins de « Sarko l’Américain ». Mais quant au « gaulliste » Juppé…

Quoiqu’il en soit, ces menaces françaises interviennent sur fond de débâcle. Débâcle politique plus encore que militaire en Afghanistan qui ne devrait pas échapper longtemps à la reconquista des Résistants, en dépit des propos lénifiants des Juppé et autres Longuet. Débâcle électorale annoncée par les sondages et la plupart des analystes pour la présidentielle à venir – il y a fort à parier que Bachar al-Assad survivra politiquement à Nicolas Sarkozy.

Mais combien de militaires français tomberont-ils encore avant la fin de cette calamiteux et déshonorant quinquennat ? Et combien de mensonges et de coup tordus contre la Syrie de la part de ce qui fut la diplomatie française ?

Louis Denghien,

le 20 janvier 2012 


6-3 Yves Harté :Pourquoi l’Afghanistan ?

On ne sait, dans la mort de ces quatre soldats français en Afghanistan, ce qui bouleverse le plus. L’annonce de leur mort ?

Le nombre de Français tombés au front en dix ans – 80 depuis 2001 ? Ou les circonstances ?

Un légionnaire et trois chasseurs alpins tués. 16 autres blessés.

Et cela non pas dans un raid d’exploration, dans une embuscade au fond d’une vallée pierreuse, au détour d’un chemin ocre et boueux. Ce n’est pas non plus une mine qui a explosé sous les roues d’un blindé. Depuis que nous sommes partis là-bas pour une étrange guerre, jamais ces morts « au combat » n’ont mieux traduit la totale ambiguïté de notre engagement. Ils sont morts sur le lieu où ils se croyaient en sécurité. Ces soldats, parmi les plus aguerris de l’armée française, ont été tués à bout portant par une arme automatique pendant leur footing dans leur base de Gwan, dans le sud d’une province oubliée, la Kapisa, nom devenu tragiquement familier depuis que nos forces armées y ont été déployées. C’est un soldat afghan, formé par l’armée française pour assurer la transition militaire, qui a ouvert le feu, choisissant soigneusement ses victimes et essayant d’en tuer le plus grand nombre.

Ce drame est double. Depuis longtemps, nous sommes quelques-uns – aujourd’hui de plus en plus nombreux – pour dire qu’aucune armée étrangère n’a pu rester durablement dans ce pays. Fût-ce la plus grande des puissances. Ni l’empire moghol ni les dynasties de l’Indus ne surent imposer une domination. Pas plus que l’armée britannique de la reine Victoria à l’apogée de son règne. Pas plus que les troupes soviétiques des années 1980.

Alors, comment un agglomérat militaire y serait-il arrivé ? Si l’on pouvait comprendre qu’un raid en 2001 – après la tragédie du World Trade Center -, dont l’objectif était de chasser Ben Laden de son protectorat, obéissait à une logique, il devenait incompréhensible d’espérer y demeurer dès lors que la capture du supposé cerveau des attentats du 11 septembre 2001 avait échoué. L’intervention elle-même en devenait caduque. Aujourd’hui, c’est toute cette politique d’aveugle au côté d’une coalition qui est mise en échec et se clôt dans le sang.

Ces morts inutiles disent l’absurdité d’une logique d’orgueil. Pourquoi se retirer maintenant plus vite qu’hier ?

Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? Pourquoi être resté coûte que coûte ?

Pourquoi avoir sacrifié tant d’innocents et sanctifié des haines ? Et voir mourir sans cause des soldats de 20 ans

Yves.Harté

dans Sud-Ouest

 le 21 janvier 2012

En lien avec cet article :

Afghanistan : les resistants revendiquent la mort des 4 soldats français | Source LeParisien.fr, le 21 janvier 2012

Sibel Edmonds : Mais au fait, l’OTAN, c’est quoi exactement ? | par Sibel Edmonds, sur son blog BoilingFrogs, le 8 décembre 2011

USA : Pour de nombreux vétérans post 11-Septembre, ces guerres n’en valaient pas la peine paru sur GateHouse News Service, le 8 novembre 2011

Obama: Un président transparent ? | Pétition soumise par Sibel Edmonds et Coleen Rowley sur le site warisacrime.org, juin 2011

Faire la guerre « au nom » des victimes | par Jean-Claude Paye et Tülay Umay, sur VoltaireNet le 9 mai 2011

Les États-Unis peuvent-ils l’emporter dans cette guerre en Afghanistan, si dépendante à la drogue ? L’opium, la CIA et l’administration Karzai | par Peter Dale Scott, The Asia-Pacific Journal, décembre 2010

Le 7 octobre 2001 : La décision de l’OTAN et des États-Unis d’envahir l’Afghanistan. Le prétexte d’une « guerre juste » | par Michel Chossudovsky, le 21 décembre 2009, pour Global Research



7 Courrier des lecteurs &trouvé sur le net & témoignage

7-1 Communiqué officiel de l’UPR.

Un 79ème, un 80ème, un 81ème et un 82ème morts Français en Afghanistan.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Notre armée est encore frappée aujourd’hui en Afghanistan.

Quatre soldats français ont été tués ce vendredi 20 janvier 2012 à l’aube par un homme portant un uniforme militaire afghan dans l’est de l’Afghanistan. Seize autres ont été blessés.

[source : http://www.leparisien.fr/international/afghanistan-4-soldats-francais-tues-sarkozy-suspend-les-operations-de-l-armee-20-01-2012-1820858.php]

Alors qu’il s’exprimait lors de ses vœux au corps diplomatique, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il suspendait toutes les opérations de l’armée française en Afghanistan, et il a affirmé que  « l’armée française n’est pas en Afghanistan pour que les soldats afghans lui tirent dessus ».

Compte tenu de la personnalité de Nicolas Sarkozy, qui se réfugie toujours dans le déni lorsqu’il est en difficulté et qui affirme à peu près systématiquement le contraire de ce qu’il pense en toutes circonstances, cette phrase vaut aveu : les événements le forcent à constater que « l’armée française est en Afghanistan pour que les soldats afghans lui tirent dessus ».

Comme dans tous les cas précédents, l’UPR déplore vivement ce décès de 4 militaires français, ainsi que les souffrances des 16 blessés.

Pour être des engagés volontaires, nos soldats n’en demeurent pas moins des hommes que les plus hautes autorités de l’État ont envoyé, sans l’assentiment du peuple français, mener une guerre scandaleuse.

Cette guerre est scandaleuse à tous les égards :

- elle nuit aux intérêts bien compris de la France,

- elle n’est justifiée par aucune agression préalable contre la France,

- elle menace la Paix ailleurs dans le monde,

- elle bafoue les principes d’humanité et de justice entre les nations,

– elle provoque fatalement des crimes de guerre épouvantables.

L’UPR présente toutes ses condoléances les plus attristées aux familles des 20 victimes, ainsi qu’aux familles de toutes les victimes de cette guerre immorale, qu’elles soient françaises, afghanes, américaines ou autres.

Toutes sont les victimes de ce bain de sang honteux et criminel qui a été déclenché, rappelons-le, à la demande du gouvernement américain suite aux attentats du 11 septembre 2001, voici plus de 10 ans, et cela sans qu’une relation de cause à effet claire entre ces attentats et la situation intérieure afghane ait été indubitablement démontrée.

L’UPR rappelle qu’elle exige :

1)- le retrait immédiat de toutes nos troupes présentes en Afghanistan (et aussi en Libye).

2)- le retrait de la France de l’OTAN (et pas seulement de son « Commandement militaire intégré »), ce qui suppose de dénoncer l’article 42 du traité sur l’Union européenne.

3)- le retrait de la France de l’Union européenne, qui n’est que le volet civil d’une construction hégémonique euro-atlantiste, dirigée depuis Washington et Bruxelles, dont le volet militaire s’appelle l’OTAN.

4)- la dénonciation solennelle de la théorie états-unienne du « Choc des civilisations ». Cette doctrine, qui constitue le soubassement idéologique de la construction dite « européenne » et des interventions militaires occidentales en Afghanistan ou en Libye, est extrêmement nocive pour la paix du monde.  Elle doit être dénoncée comme contraire au droit international, contraire à la vocation émancipatrice des idéaux de la Révolution française et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et contraire aux principes universels posés par la Charte de l’Organisation des Nations Unies.

En conclusion, l’UPR dénonce le silence complice de tous les autres partis politiques français face à cette guerre néo-coloniale.

Ce silence complice est encore plus honteux lorsqu’il émane des partis prétendument d’opposition, et notamment des partis dits « de gauche » qui avaient jadis une tradition pacifiste marquée.

Ce silence complice prouve à lui seul que la présence militaire de la France en Afghanistan découle de l’inféodation de notre pays aux intérêts euro-atlantistes, inféodation que seule l’UPR dénonce.

L’UPR rappelle à cette occasion que l’article 42 du traité sur l’Union Européenne (TUE) subordonne la défense dite « européenne » à l’OTAN.

L’UPR rappelle qu’elle est le seul mouvement politique français à réclamer conjointement :

- le rappel immédiat de nos troupes d’Afghanistan et de Libye

- la sortie de l’OTAN

- et la sortie de l’Union européenne par application de l’article 50 du traité sur l’Union Européenne.  

La position de l’UPR est d’une logique imparable puisque ces 3 situations se tiennent. Elle est seule conforme à l’honneur et à la vocation émancipatrice universelle de la France.

[source :http://www.leparisien.fr/international/afghanistan-4-soldats-francais-tues-sarkozy-suspend-les-operations-de-l-armee-20-01-2012-1820858.php]



8 Analyse -  Géopolitique et stratégie– Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 McDonough County : De nombreux vétérans post 11-Septembre estiment que les guerres n’en valaient pas la peine.

.Dix années se sont écoulées depuis que les États-Unis ont envahi l’Afghanistan, et durant cette décade, [les USA] ont perdu plus de 6000 soldats dans les conflits tant là qu’en Irak.
Les vétérans post 11-Septembre et les troupes [US] encore à l’étranger se sont battues avec courage et abnégation pour protéger notre nation loin de leurs êtres chers, pour effectuer souvent plusieurs périodes de service au front.
Tandis que le président Obama semble vouloir retirer pratiquement toutes les troupes d’Irak d’ici la fin de l’année, la mission en Afghanistan n’est toujours pas terminée. Le personnel militaire continue d’endurer des sacrifices, parmi lesquels le syndrome du stress post-traumatique et les blessures physiques de guerre.

Aussi, lorsque les vétérans nous font part de leurs opinions sur les missions pour lesquelles ils ont tant sacrifié, nous devrions écouter attentivement. Le Pew Research Centre a diffusé un récent sondage de vétérans post 11-Septembre qui contient quelques informations surprenantes : un tiers des vétérans pense que les guerres en Irak et en Afghanistan n’en valaient pas la peine.
Bien que cette opinion ne soit pas majoritaire, il est surprenant qu’un pourcentage aussi élevé de ceux qui ont risqué leurs vies pour les causes en Irak et en Afghanistan estime que ces guerres n’auraient jamais dû être entreprises.
Le sondage a aussi révélé que pour la majorité des vétérans post 11-Septembre, après dix années de combats, l’Amérique devrait se concentrer moins sur les affaires extérieures et davantage sur ses problèmes domestiques.
Que l’Américain moyen ne fasse pas grand cas de ces missions est une chose. Après tout, elles sont devenues depuis longtemps des problèmes tant politiques que militaires, et il a finalement été demandé relativement peu de sacrifices aux familles de non-combattants – même au niveau des impôts.
Mais concernant ceux qui ont été les témoins directs des efforts en cours, qui ont subi au premier chef la dévastation des guerres et qui ont vu leurs effets sur nos Alliés et leurs positions, il extrêmement frappant de les voir manifester de tels sentiments au sujet de leur expérience à l’étranger.
Ces sentiments sont exactement ce que l’administration Obama devrait prendre en considération alors qu’elle planifie ses prochaines actions. Si autant de vétérans en viennent à penser que partir en guerre fut une erreur depuis le début, il serait temps que le gouvernement réfléchisse exactement pourquoi il en est ainsi et pourquoi il se bat.

McDonough County The Voice

http://11septembre2001.blogspot.com/


8-2 Nouvel Observateur : Les maigres résultats (prévisibles) de la conférence de Bonn.

Rien de concret n'est sorti de cette conférence destinée pourtant à programmer l'avenir du pays...

Comme on pouvait le redouter, les quelque 90 délégations réunies à Bonn pour la Conférence internationale sur l’Afghanistan se sont séparées lundi 5 décembre sur une déclaration d’intentions aussi vaine que vertueuse. Selon le communiqué final officiel, "l’Afghanistan et la communauté internationale sont fortement engagés pour renouveler leur partenariat pour la prochaine décennie". C'est-à-dire après le retrait du dernier contingent des 140 000 soldats de l’Otan, fin 2014.

 En contrepartie de cet engagement international, l’Afghanistan a promis "de lutter de façon décisive contre la corruption, de mettre en œuvre des réformes pour améliorer le régime et de conforter la démocratie avec la participation de la société civile".

 Promesses à accueillir avec les plus grandes réserves : la corruption, la gabegie, l’incompétence, l’arbitraire, l’abus de pouvoir étant les principales tares du régime en place depuis dix ans, que la communauté internationale s’engage à soutenir envers et contre tout.

 

L’absence des résistants et du Pakistan

 Pouvait–on d’ailleurs attendre la moindre percée diplomatique d’une conférence aussi ample – un millier de délégués -, aussi brève – une seule journée de travaux – à laquelle, de surcroit ne participaient pas deux des principales forces en présence sur le terrain : les résistants et le Pakistan ? 

Non. Avant même l’ouverture des travaux, les participants savaient parfaitement que de ce vaste forum ne sortirait aucune initiative concrète. Faute d’avoir pu vaincre les résistants, maîtres du terrain dans de nombreuses provinces après avoir été chassés du pouvoir en 2001, les Occidentaux ont fini par admettre que la seule solution viable était de les contenir militairement tout en recherchant une négociation avec eux. 

Mais ce dialogue ne s’ouvrira que si les insurgés acceptent trois conditions : 1) rupture avec Al Qaida, 2) abandon de la violence, 3) engagement à respecter la constitution afghane. 

Certains chefs résistants, soutenus par une population lasse de trente ans de guerre sont disposés à accepter le marché. D’autres, convaincus de pouvoir l’emporter à terme, après le départ des derniers soldats de l’Otan, sont résolument hostiles à toute négociation. Ils l’ont indiqué de manière sanglante en assassinant l’homme chargé par Hamid Karzai d’engager le dialogue.

 

Une armée afghane de 400 000 hommes 

L’hypothèse d’une solution négociée avant 2014 est si ténue qu’elle n’est pas réellement prise en compte par la stratégie américaine. Washington et ses alliés de l’Otan estiment pour l’instant que le plus probable, après 2014 est la persistance d’une insurrection que devra affronter, seule, une armée afghane forte de 400 000 hommes. L’une des missions de la force internationale en Afghanistan est d’ailleurs de former, armer et entraîner – non sans mal - cette armée dont le budget annuel est évalué entre 3,5 et 6 milliards de dollars, à verser par les alliés occidentaux de Kaboul.

La tension récurrente entre les Etats-Unis et le Pakistan, aggravée, en mai dernier par la liquidation de Ben Laden au nez et à la barbe des services de sécurité pakistanais, et portée à son comble, récemment, par les frappes de l’aviation de l’Otan sur deux camps de l’armée afghane où 24 soldats ont trouvé la mort, n’arrange rien.

Le Pakistan – ou au moins une partie de son appareil militaire et de ses services secrets – est considéré par Washington, comme le protecteur des résistants afghans. Son rôle pourrait être décisif dans le déclenchement d’un processus de paix. Mais, pour des raisons de politique intérieure – poids des islamistes locaux – et de stratégie régionale – rivalité historique avec l’Inde -, Islamabad ne semble souhaiter ni la stabilisation durable de l’Afghanistan ni l’instauration à Kaboul d’un régime qui échapperait à ses manipulations. Le retour de la paix en Afghanistan n’est donc pas pour demain.

 

Le problème numéro un de l’Afghanistan : la corruption

La Conférence de Bonn a-t-elle au moins pris des engagements concrets sur l’aide financière à Kaboul ? Non. La version définitive du communiqué final ne fait pas mention d’un soutien financier et ne cite aucun chiffre.

La poursuite et l’organisation de l’aide étrangère devrait, en principe, être discutée en juillet 2012 lors d’une conférence des donateurs annoncée à Tokyo. En attendant, Washington a toutefois fait un geste généreux en débloquant les 600 à 700 millions de dollars d’aide, dont le versement avait été suspendu après la révélation du scandale de la Kaboul Bank dans lequel étaient impliqués les frères du président et du vice-président afghan.

Alors que Hamid Karzai estime à 10 milliards de dollars le montant de l’aide étrangère destiné à compenser, en 2015, le départ des troupes de l’Otan, l’expert chargé par l’ONU d’évaluer le niveau de corruption de l’Etat afghan, Drago Kos, a fait la semaine dernière un constat cruel : "Nous ne sommes pas satisfait du travail de l’administration afghane chargée de lutter contre la corruption, aucune des hautes personnalités impliqués dans des scandales n’a été l’objet de poursuites. S’il n’y a pas de changements rapides, nous n’aurons aucune raison de rester dans le pays. Le problème numéro un de l’Afghanistan n’est pas la sécurité, ce n’est pas non plus le danger des résistants c’est la corruption. Chacun ici le ressent tous les jours. Ce gouvernement doit nous prouver qu’il est sérieux dans sa lutte contre ce fléau. Et la seule manière de nous le prouver c’est de traîner devant les tribunaux les hauts-dirigeants impliqués". 

René Backmann - Le Nouvel Observateur

06-12-11
nb

 Dire transformation de rebelles en résistants…


8-3 JEAN-PIERRE PERRIN : L’armée afghane, de solution à maillon faible.

Analyse

Le déploiement accéléré d’une force nationale montre ses limites. Nicolas Sarkozy évoque un retrait anticipé.

La formation à marche forcée de l’armée afghane, c’est la solution miracle, vantée tant et plus par les états-majors et hommes politiques, qui estiment qu’elle va permettre à l’Otan de sortir la tête haute du bourbier afghan. Une formation à ce point accélérée qu’elle doit faire bondir les effectifs de l’ANA (Armée nationale afghane) de 180 000 hommes actuellement à 300 000 en 2014, date de la fin du retrait des soldats américains qui constituent l’essentiel du corps expéditionnaire. La tuerie perpétrée vendredi par un soldat de l’ANA, qui s’ajoute à de nombreuses autres commises contre les troupes occidentales, porte un coup très dur à cette politique d’afghanisation à tous crins de la guerre où, précisément, les forces françaises jouaient un rôle de formation important.

Les forces afghanes pourront-elles prendre le relais de la coalition ?

C’est la question qui hante les états-majors. Si certaines unités afghanes ont acquis ces dernières années des capacités opérationnelles, et si les forces spéciales américaines et afghanes ont réussi ensemble, shona be shona (épaule contre épaule) de belles opérations d’éliminations de chefs résistants, il n’en demeure pas moins que l’ANA est infiltrée par les insurgés.

Cela fait d’ailleurs partie de leur stratégie. A chaque attentat, Washington, Londres ou Paris se dépêchent d’assurer qu’il ne s’agit que d’un acte isolé et d’un incident mineur au regard des progrès réalisés par l’ANA. C’est faux puisqu’un rapport classifié de l’armée américaine, révélé vendredi par le New York Times, indique le contraire. Selon ce document de 70 pages, 28 incidents ont eu lieu entre mai 2007 et mai 2011, au cours desquels au moins 58 militaires de la coalition ont été tués - soit 6% du total des pertes de l’Otan sur cette période.

Depuis, les problèmes se sont multipliés. En avril, huit officiers américains ont été tués à l’aéroport de Kaboul par un colonel afghan. Le 29 décembre, deux légionnaires français ont été à leur tour victimes d’un soldat afghan. D’où ce commentaire sévère du rapport, pour qui les affirmations de l’Otan sur le caractère isolé de ces tueries sont «peu sincères, sinon d’une profonde malhonnêteté intellectuelle». «Les altercations mortelles sont loin d’être rares et isolées, elles reflètent une menace systémique qui croit rapidement (d’une ampleur sans précédent entre alliés dans l’histoire moderne)», souligne encore le document, préparé pour un commandement américain non précisé dans l’est du pays.

Ce n’est pas tant, précise-t-il, les résistants infiltrés qui sont à l’origine des incidents que l’incompatibilité culturelle et la méfiance viscérale entre soldats afghans et occidentaux. Le récent scandale des Marines américains photographiés en train d’uriner sur des cadavres de résistants illustre d’ailleurs bien ce que les Afghans appellent «l’arrogance américaine». Vendredi, Alain Juppé a exigé de l’armée afghane des «assurances crédibles» sur le recrutement de ses soldats, sans quoi les troupes françaises se retireront de manière anticipée. Ces soldats étant recrutés à la va-vite pour répondre aux objectifs de l’Otan - près d’un tiers va ensuite déserter -, on voit mal comment une telle situation pourrait s’améliorer.

Un retrait anticipé des Français est-il possible ?

S’il a été clairement envisagé par Nicolas Sarkozy, et si François Hollande, qui semble ignorant du dossier, a réaffirmé sa volonté d’un retrait «le plus rapidement possible, au plus tard à la fin de l’année 2012 […]», une telle opération ne peut pourtant guère être précipitée. Quitter la Kapisa ferait tomber aussitôt cette province aux mains des insurgés (lire page précédente) et mettrait Kaboul à leur portée. Cela leur permettrait aussi de couper une des voies de ravitaillement de la capitale. On voit mal alors les Américains accepter un tel retrait qui affaiblirait l’Otan, la décrédibiliserait et serait salué par les résistants comme une victoire.

A l’heure où un rapport confidentiel de la CIA dresse un bilan très sombre de l’avenir en Afghanistan, mettant en doute la survie du gouvernement Karzaï si les Américains se désengagent, un retrait trop rapide, alors que les négociations avec les résistants n’ont pas vraiment commencé, risquerait d’aggraver encore la débâcle.

JEAN-PIERRE PERRIN

21-01

http://www.liberation.fr/monde/01012384833-l-armee-afghane-de-solution-a-maillon-faible


8-4 French.people : La « Nouvelle Route de la Soie », ou la nouvelle voie des Etats-Unis pour dominer l'Asie…

Tout récemment, les Etats-Unis ont présenté leur proposition de « Nouvelle Route de la Soie », disant qu'ils espéraient faire de l'Afghanistan un nouveau pôle de transport et de commerce, afin que les pays environnants puissent participer à la reconstruction du pays. 

La Chine soutient, encourage et participe à la reconstruction de l'Afghanistan depuis longtemps.

Entre 2002 et 2009, la Chine a offert pour plus de 900 millions de Yuans d'aides non remboursables, effacé pour plus de 19,5 milliards de Dollars US de dettes arrivées à échéance et fourni sept séries complètes de projets à l'Afghanistan.

 

Depuis le Sommet de Londres, la Chine a offert à l'Afghanistan pour 160 millions de Yuans de nouvelles aides non remboursables pour l'aider à développer des secteurs comme la construction d'infrastructures, les soins médicaux, les installations sanitaires et l'éducation.

 

La Chine et l'Afghanistan ont également signé des notes d'échange accordant un traitement zéro droit à certains produits exportés de Chine vers l'Afghanistan, couvrant plus de 4 000 produits. La Chine continuera aussi à aider l'Afghanistan à former des techniciens, à construire des projets d'aide dans ce pays, et à fournir de l'aide dans les secteurs où l'Afghanistan en a cruellement besoin.

 

Actuellement, l'Afghanistan connaît toujours une crise grave, et la stabilité est la condition première pour que le pays puisse repartir sur la voie du développement. Tout en fournissant de l'aide pour la reconstruction de l'Afghanistan, chaque pays se doit de respecter les choix du peuple afghan et aider ce pays à se débarrasser des interférences externes et à revenir à une vie normale et décente.

 

Les Afghans n'ont pas besoin d'un plan magnifique sur le papier, mais ils ont plutôt besoin que la communauté internationale respecte ses promesses et fasse marcher pleinement les mécanismes de coopération actuels. Créer de manière aveugle un nouveau mécanisme n'aura pas d'autres conséquences que de gaspiller les ressources coopératives et de réduire l'efficacité de la coopération.

 

La Nouvelle Route de la Soie n'est pas une simple initiative ayant pour but la reconstruction de l'Afghanistan. En fait, elle cache de fortes intentions stratégiques. Avec la mise en oeuvre progressive du plan de retrait des troupes étrangères d'Afghanistan, la coopération économique et commerciale va sans aucun doute devenir un lien important pour maintenir les relations entre les Etats-Unis, les pays européens et l'Afghanistan.

 

L'initiateur de la Nouvelle Route de la Soie a pour intention de connecter l'Asie Centrale avec l'Asie du Sud et affaiblir autant que possible la puissance des grands pays de la région afin de pouvoir maintenir et renforcer sa domination sur la région.

 

Reliant l'Asie à l'Europe, la Route de la Soie est vieille d'une histoire de plus de 2 000 ans. Ce n'est pas seulement une route commerciale, mais aussi une route où se mêlent d'une façon harmonieuse les cultures de différents pays et qui représente le concept de la coexistence de diversités, la coexistence pacifique, et la coexistence tolérante.

 

La Route de la Soie est favorable aux opportunités de rajeunissement. Les énormes marchés de la Chine et des pays de l'Asie du Sud complètent bien les riches ressources des pays de l'Asie Centrale et de l'Ouest, et d'ailleurs la Chine continue à renforcer ses relations amicales et à intensifier la coopération dans différents domaines avec les pays concernés.

 

Afin de développer et d'améliorer les conditions de vie des gens, les pays situés le long de la Route de la Soie construisent sans cesse des routes et des réseaux ferroviaires, des pipelines transfrontières pour le pétrole et le gaz, créant ainsi une « Route de la Soie du Commerce » et une « Route de la Soie de l'Energie » internationales et modernes.

 

Rajeunir la plus longue et la plus prometteuse des voies économique et commerciale du monde n'est pas seulement une obligation pour les pays situés le long de cette route, mais cela représente aussi une nouvelle opportunité pour différents pays de déclancher un nouvel élan pour le développement économique et partager les fruits de la coopération.

 

L'initiative de rajeunissement de la Route de la Soie devrait être proposée, conduite et mise en œuvre par les pays situés le long de cette route. Il est absolument nécessaire de respecter complètement l'histoire et de prendre en considération la situation réelle de l'économie, de la sécurité et des autres aspects de la région. L'initiative de grandes puissances extérieures à la région, marquée par la recherche de leur intérêt personnel, n'est pas la bienvenue et ne saurait résister à l'épreuve de l'Histoire.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

http://french.people.com.cn/International/7668703.html 


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

26/01/2012

n°500 - dossiers de l'Afghanistan - 18/12/11- :: Les perdants et les gagnants dans l’Afghanistan d’Obama.


n°500 - dossiers de l'Afghanistan  - 18/12/11- :: Les perdants et les gagnants dans l’Afghanistan d’Obama.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°500 du 26-01

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Afghanistan le dossier de l'Afghanistan" est  visible 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ )colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Brèves

1-1 IRIB  :Dix ans après, une chaîne humaine à Washington demande la fermeture de Guantanamo.  

1-2 IRIB : Bush est parti, Guantánamo reste. 

2 Exactions & torture  dans le camp de concentration de Guantanamo.

2-1 Fuites sur des simulations de noyade: un ancien de la CIA poursuivi.

2-2  IRIB : Les Américains maltraitent les prisonniers afghans.  

2-2 Trois Français dénoncent des mauvais traitements et humiliations.  

2-3 IRIB :Guantanamo: La juge française demande à pouvoir enquêter aux Etats-Unis.  

2-4 Almanar : Guantanamo: Courrier détenus-défense contrôlé: les avocats protestent.

3 Dans la PRISON.

3-1 Détenu 4 ans à Guantanamo, Hija n’a qu’un souhait: "Punir les Américains".

3-2 GeantVert : Guantanamo : Le témoignage de Lakhdar Boumediene qui est resté prisonnier 7 ans sans procès ni inculpation

4  D'années en année.

4- 1 DossierPCF : 10 ans de Guantanamo : « Mépris consternant des droits humains »

5 Qu'en pensent les Voisins ?

Russie

5-1 french.ruvr : Guantanamo – Le Ministère des Affaires étrangères russe : « la zone d’un vide juridique »  



Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1 Brèves

1-1 IRIB : Dix ans après, une chaîne humaine à Washington demande la fermeture de Guantanamo.  

Plusieurs centaines de manifestants ont formé une chaîne humaine mercredi à Washington, de la Maison Blanche à la Cour suprême, pour protester contre les dix années d'existence de la prison de Guantanamo, malgré les promesses de fermeture de Barack Obama. "Dix ans de trop ! Dix ans, ça suffit !", ont scandé pendant deux heures et demi les manifestants parmi lesquels 200 personnes étaient vêtues des célèbres combinaisons oranges et encagoulés de sacs noirs, symboles du centre de détention américain situé sur l'île de Cuba.
"Nous sommes ici avec notre colère, notre énergie et même avec notre espoir pour demander à Obama et à la Cour suprême de fermer Guantanamo", a dit Frida Berrigan de l'association Témoins contre la torture, un des organisateurs de la manifestation.

IRIB-

12/01/2012



1-2  IRIB : Bush est parti, Guantánamo reste.    

 «C'est une des premières photos qui a circulé sur Guantanamo.

Elle servait à faire peur.

Et c’a réussi.

J'étais terrorisé quand on m'a dit que je serais envoyé là-bas», raconte Moazzam Begg, ancien détenu de la base militaire américaine de Cuba, joint par téléphone. Le 25 janvier, cela fera sept ans que M. Begg, un ressortissant britannique, a été libéré de «Gitmo», où il a été détenu, pendant deux ans.

Un de ses voisins de cellule a été le jeune canadien Omar Khadr. En novembre dernier, M. Begg a reçu une compensation du gouvernement de la Grande-Bretagne, pour le rôle que les autorités de son pays ont joué dans son arrestation et sa détention, qui n'ont jamais mené à procès. Mais l'ex-détenu n'a jamais tourné la page. Fondateur de l'organisation Cage Prisoners, le Londonien s'est lancé en croisade contre Guantanamo et les détentions arbitraires. Il est en contact avec une centaine d'anciens détenus. «Guantanamo, c'est 10 ans de vies gâchées», grommelle-t-il. Le problème, c'est que les États-Unis - sous quelque administration que ce soit - refusent de voir Guantanamo comme une question de droits de la personne. Les gens croyaient que Guantanamo était une lubie des faucons de Bush, mais ce n'est pas le cas. Ça s'inscrit dans la tradition américaine».

IRIB



2 Exactions & torture  dans le camp de concentration de Guantanamo.

2-1 Fuites sur des simulations de noyade: un ancien de la CIA poursuivi.

Un ancien agent de la CIA, qui avait confirmé que la technique de la simulation de noyade était belle et bien utilisée pour faire parler un suspect de terrorisme, a été accusé lundi aux Etats-Unis. Dans un communiqué du ministère américain de la Justice, il est accusé d'avoir divulgué des secrets aux médias.

John Kiriakou, salarié de la CIA de 1990 à 2004, 47 ans, était devenu célèbre en décembre 2007, sous l'administration Bush, en accordant un entretien à la chaîne de télévision ABC, lors duquel il avait confirmé pour la première fois que la technique de la
simulation de noyade avait été utilisée contre Abou Zoubaydah, détenu de Guantanamo accusé d'être membre d'Al-Qaïda.

La simulation de noyade était l'une des principales techniques d'interrogatoire autorisées par l'administration Bush à l'encontre de suspects de terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001.

Dans un communiqué du ministère de la Justice, il est en outre soupçonné d'avoir révélé à un journaliste, lors d'échanges par courriels entre juillet et août 2008, l'identité d'un autre agent secret, en le présentant comme le "chef d'équipe" de certaines opérations.

John Kiriakou, qui a été en poste au siège de la CIA et à l'étranger, est passible de 20 ans de prison s'il est reconnu coupable de toutes les charges retenues contre lui.

Après cette nouvelle accusation,  David Patraeus, le directeur de l'Agence centrale de renseignements, s'inquiète dans un communiqué où il relève qu'il s'agissait de la deuxième fois en l'espace d'un an que des poursuites de ce type étaient engagées contre des fonctionnaires de la CIA.

En janvier 2011, un autre ancien de la CIA, Jeffrey Sterling, avait été arrêté pour avoir fourni en 2006 à un journaliste du New York Times des informations sur une opération secrète contre le programme nucléaire iranien.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=47169

 

2-2  IRIB :Les Américains maltraitent les prisonniers afghans.  

Le gouvernement afghan a rendu public, samedi 7 janvier, un rapport mentionnant des cas de tortures et de mauvais traitements, dans la prison de Bagram, près de Kaboul, un établissement tenu, conjointement, par les troupes américaines et afghanes. La publication du rapport intervient, deux jours après l'ordre donné, jeudi, par le président afghan, aux Américains, de transférer, d'ici à un mois, à son gouvernement, le contrôle de la prison de Bagram. "De nombreux cas de violations de la Constitution afghane, d'autres lois du pays et des Conventions, en vigueur, sur les droits de l'Homme", ont été relevés", avait justifié M. Karzaï, dans un communiqué, après s'être entretenu avec Gul Rahman Qazi, le Président de la Commission de surveillance de la Constitution. "L'existence de prisons dirigées par des étrangers, en Afghanistan, n'est absolument pas permise par notre Constitution", a expliqué ce dernier. "Au cours de notre visite de la prison, certains des prisonniers se sont plaints d'avoir été torturés", a déclaré M. Qazi, qui s'est rendu à Bagram, sur ordre du Président afghan, Hamid Karzaï. M. Qazi a, également, mentionné des prisonniers "privés de nourriture", des maintiens en détention, malgré un acquittement ou au-delà de la durée de la peine. "Des prisonniers se sont aussi plaints d'avoir été déshabillés, pour être fouillés", a-t-il dit, sans autres précisions.

08/01/2012

IRIB

2-2 Trois Français dénoncent des mauvais traitements et humiliations. 

La juge d'instruction française Sophie Clément, dans sa demande d'enquête adressée aux autorités américaines sur d'éventuels actes de torture commis sur trois Français à Guantanamo, retranscrit les accusations de mauvais traitements et humiliations des trois hommes. Saisie de plaintes de ces trois ex-détenus revenus en France en 2004 et 2005, la juge cherche à vérifier ces déclarations, déjà partiellement relatées dans les médias, et à identifier d'éventuels responsables.

IRIB

 

2-3 IRIB :Guantanamo: La juge française demande à pouvoir enquêter aux Etats-Unis.  

Une juge d'instruction française, saisie de plaintes d'anciens détenus français de Guantanamo, a demandé aux autorités américaines de pouvoir se rendre sur place et de faire procéder à des actes d'enquête.
Dans sa commission rogatoire internationale du 2 janvier, la juge Sophie Clément, qui enquête sur des accusations de torture et d'actes de barbarie lancées par trois ex-détenus français, demande à pouvoir procéder à toutes constatations matérielles utiles sur la base américaine de la baie de Guantanamo. La juge demande aux autorités américaines de nous permettre de prendre connaissance et prendre copie de tous les documents détenus concernant Mourad Benchellali, Nizar Sassi et Khaled Ben Mustapha, les trois plaignants français.

10 janvier 2012.

17/01/2012 IRIB

 

 

2-4 Almanar : Guantanamo: Courrier détenus-défense contrôlé: les avocats protestent.

Le responsable des avocats de Guantanamo a appelé jeudi tous les défenseurs exerçant dans la prison américaine à protester contre une récente décision du commandant de la base d'inspecter systématiquement le courrier échangé entre les détenus et leurs conseils.

Cette décision "ne vous permet pas de protéger convenablement les relations privilégiées entre avocats et clients", a écrit le colonel Jeffrey Colwell, chef des avocats de la défense des tribunaux militaires d'exception.

Elle "vous contraint à révéler illégalement des informations liées à la représentation d'un client en violation avec le code déontologique professionnel", a-t-il estimé dans un courriel à tous les avocats.

Ces protestations des avocats surviennent après qu’un nouveau règlement en ce sens ait été mis en application fin Décembre 2011 par une équipe du ministère de la Défense ainsi que des agents du renseignement et des forces de l'ordre qui avancent des raisons de "sécurité".

Selon le commandant de la base, le contre-amiral David Woods,  auteur de cette décision, l'objectif serait de vérifier si les courriers contiennent des informations de "contrebande" qui pourraient avoir pour conséquence de "nuire de manière immédiate et substantielle à la sécurité nationale, de causer des actes imminents de violence (...) ou de présenter une menace pour le centre de détention ou le personnel gouvernemental".

Le colonel Colwell a exhorté les avocats à refuser de signer un document autorisant le commandant à faire contrôler leur courrier avec leurs clients.

"Une fois encore, les agissements du gouvernement montrent exactement pourquoi ces dossiers doivent être transmis devant un tribunal fédéral où le règlement est clair, juste et efficace", a commenté Zachary Katnelson, de l'organisation de défense des droits civils (ACLU).

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=45626



3 Dans la PRISON.

3-1 Détenu 4 ans à Guantanamo, Hija n’a qu’un souhait: "Punir les Américains".

Cinq années après son retour de la prison américaine de Guantanamo, où il fut enfermé pendant près de quatre ans, Hija Shahaza, 45 ans, n'en démord pas: il veut "prendre sa revanche" et "punir les Américains", ces "ennemis de l'Afghanistan".

Ancien "moudjahid (combattant) ordinaire", selon ses dires, du Hezb-i-Islami, un groupe de combattants afghan distinct des résistants, sa vie bascule une nuit de 2002, quand des soldats "font irruption" dans sa maison.

Il passera cinq mois à la prison de Bagram, près de Kaboul. Avant d'être transféré à base navale américaine de Guantanamo à Cuba, où les Américains ont ouvert en janvier 2002 une prison pour y enfermer, au mépris de toute convention internationale, des soi-disant « terroristes ». 

Dix ans après, quelque 171 hommes y sont encore détenus, dont une vingtaine d'Afghans, selon Kaboul.

A son arrivée à Guantanamo, Hija Shahaza est enregistré sous le nom de "Mollah Khairullah", comme, d'après lui, six ou sept autres détenus. "Pourtant (le vrai) Mollah Khairullah était (lui aussi) à Guantanamo. Et il n'a jamais nié son identité", observe-t-il, dénonçant "un complot", puisque "80% des prisonniers dits résistants ne l'étaient pas".

Enfermé dans un container divisé en quatre chambres, chacune d'une dimension de deux mètres sur deux, toilettes incluses, il doit partager son quotidien avec un autre détenu, faire ses besoins devant ce dernier, et inversement. Se déshabiller devant ses geôliers. Se faire raser cheveux et barbe.

"Je suis surpris de n'être pas mort d'avoir fait cela, que mon coeur, de honte, n'ait pas cessé de battre. Comment ai-je pu devenir un Pachtoune aussi faible ?", se demande-t-il, en référence à son ethnie, également celle d'origine des résistants. Ses interrogatoires  tournent autour des résistants et d'Oussama Ben Laden. Sans qu'il ne puisse jamais répondre quoi que ce soit.

Après plusieurs années à ce régime, et un passage devant un tribunal, le "prisonnier 952" est appelé. "Ils m'ont dit : +Félicitations, tu es libre+."

Quinze jours plus tard, un avion le ramène à Kaboul. Une lettre lui est remise, attestant de son innocence.

"Mais j'en fais quoi de cette lettre, après quatre ans de prison ?", s'interroge-t-il. Et d'embrayer: "Les infidèles ne seront jamais des amis de l'Islam. (...) Si un jour je le peux, je prendrai ma revanche et je punirai les Américains".

"Guantanamo a été un facteur important de l'expansion de la violence et de la rébellion contre les Etats-Unis en Afghanistan et au Pakistan. Les histoires horribles liées à ce lieu hanteront la mémoire collective pendant des dizaines d'années encore", observe Waheed Mujda, analyste politique afghan et ancien fonctionnaire sous le régime des résistants (1996-2001).

"Beaucoup des gens qui n'étaient pas des résistants y ont été emprisonnés. J'en connais même certains qui ont rejoint les résistants après avoir été libéré", note-t-il.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=45116&frid=20&cid=20&fromval=1&seccatid=25


3-2 GeantVert : Guantanamo : Le témoignage de Lakhdar Boumediene qui est resté prisonnier 7 ans sans procès niinculpation

Le triste (ou scandaleux, c’est selon) anniversaire des 10 ans de la prison américaine de Guantanamo nous donne l’occasion de diffuser le témoignage poignant de certains prisonniers revenus de cet enfer et qui tentent de retrouver une vie normale.

Voici celui de Lakhdar Boumediene, resté enfermé sept années à Guantanamo, et qui a survécu à l’isolement, aux séances de torture et aux grèves de la faim.

Mon cauchemar à Guantanamo
Obama, prix Nobel de la paix ???

par Lakhdar Boumediene, sur Europalestine

le 9 janvier 2012

"Ce mercredi 10 janvier, il y aura dix ans qu’a été ouvert le camp américain de détention dans la baie de Guantanamo. Durant sept de ces dix années, j’y ai été détenu sans chef d’accusation ni explication. Pendant tout ce temps, mes filles ont grandi sans moi. Elles marchaient à peine quand on m’a jeté en prison et jamais elles n’ont eu la permission de me rendre visite ni de me parler au téléphone. La plupart de leurs lettres étaient retournées avec la mention « Ne peut être remis au destinataire », et les rares missives que j’ai reçues avaient été si radicalement et brutalement censurées que leurs messages d’amour et de soutien en étaient volatilisés.

Certains hommes politiques américains affirment que les détenus de Guantanamo sont des terroristes, mais jamais je n’ai été un terroriste. Si j’avais été présenté à un tribunal lors de mon arrestation, les vies de mes enfants n’auraient pas été dévastées, ni ma famille précipitée dans la pauvreté. Ce n’est qu’après que la Cour Suprême des Etats-Unis (ci-dessous) a enjoint au gouvernement de justifier ses actes devant un juge fédéral que j’ai enfin eu la possibilité de réhabiliter mon nom et de rejoindre mes proches.

J’ai quitté l’Algérie en 1990 pour travailler à l’étranger. En 1997, ma famille et moi avons déménagé vers la Bosnie et l’Herzegovine à la demande de mon employeur, le Croissant Rouge des Emirats Arabes Unis. J’ai assuré au bureau de Sarajevo les fonctions de directeur de l’aide humanitaire pour des enfants qui avaient perdu leurs parents dans les violences des conflits balkaniques. En 1998, j’ai pris la nationalité bosniaque. Nous vivions bien, mais tout a changé après le 11 septembre 2011.

Lorsque je suis arrivé à mon travail le matin du 19 octobre 2001, un agent de sécurité m’attendait. Il m’a demandé de l’accompagner pour un interrogatoire. Ce que j’ai fait, de mon plein gré – pour apprendre ensuite que je ne pouvais pas retourner chez moi. Les Etats-Unis avaient demandé aux autorités locales de m’arrêter en même temps que cinq autres hommes.

Selon des informations de l’époque, les USA supposaient que je complotais pour faire sauter leur ambassade à Sarajevo. Je n’ai jamais – pas une seule seconde – envisagé cela.

Le fait que les Etats-Unis avaient commis une erreur était manifeste dès le début. La Cour Suprême de Bosnie a enquêté sur l’accusation américaine, établi qu’aucune preuve contre moi n’existait et ordonné ma relaxe. Au lieu de quoi, au moment même de mon élargissement des agents américains se sont emparés de moi et des cinq autres. Nous avons été ligotés comme des animaux et expédiés par avion à Guantanamo, base américaine sur l’île de Cuba. J’y suis arrivé le 20 janvier 2002.

Je gardais confiance en la justice américaine. Je croyais que mes ravisseurs se rendraient rapidement compte de leur erreur et me libéreraient. Mais, quand je n’ai pas fourni aux interrogateurs les réponses qu’ils voulaient – et comment l’aurais-je pu, puisque je n’avais rien commis de mal ? – ils sont devenus de plus en plus brutaux. On m’a tenu éveillé pendant plusieurs jours d’affilée, j’ai été forcé à rester durant des heures dans des positions douloureuses. Ce sont des choses dont je ne veux pas faire le récit, je ne demande qu’à oublier.

J’ai observé pendant deux ans une grève de la faim, parce que personne ne voulait me dire pourquoi j’étais incarcéré. Deux fois par jour, mes geôliers enfonçaient un tube par mes narines, le long de ma gorge et jusqu’à mon estomac, de sorte qu’ils pouvaient y verser de la nourriture. C’était atroce, mais j’étais innocent et j’ai donc poursuivi ma démarche protestataire.

En 2008, ma demande d’un procès légal et équitable a suivi son chemin jusqu’à la Cour Suprême américaine. Dans un Arrêt qui porte mon nom, la Cour a déclaré que « les lois et la Constitution doivent persister et rester en vigueur dans les périodes extraordinaires ». Elle décidait que des prisonniers tels que moi, quelles que fussent la gravité des accusations, ont droit à comparaître devant un tribunal. La Cour Suprême reconnaissait une vérité fondamentale, à savoir que le gouvernement commettait des erreurs. Et elle déclarait que, dès lors que « les conséquences de l’erreur peuvent être la détention de personnes pour toute la durée d’hostilités qui sont susceptibles de persister sur une génération ou plus, il y a là un risque trop important pour être ignoré ».

Cinq mois plus tard, le juge Richard J. Leon, du tribunal fédéral du district de Washington, a réexaminé tous les motifs présentés pour justifier mon emprisonnement, y compris des informations secrètes dont je n’ai jamais eu connaissance. Le gouvernement a retiré sa plainte relative à un complot d’attentat à la bombe contre une ambassade, juste avant que le juge puisse l’examiner. Après les auditions, il a ordonné au gouvernement de me libérer en même temps que quatre des hommes qui avaient aussi été arrêtés en Bosnie.

Jamais je n’oublierai le moment où, ces quatre hommes et moi, assis dans une pièce sordide de Guantanamo, écoutions le son d’une voix confuse tandis que le juge Leon faisait lecture de son arrêt dans un tribunal de Washington. Il implorait le gouvernement de ne pas faire appel de sa décision, parce que « sept années d’attente pour que notre système judiciaire leur fournisse une réponse à une question si importante, est, selon moi, excessif ». J’ai été libéré, enfin, le 15 mai 2009.

Aujourd’hui, j’habite en Provence avec ma femme et mes enfants. La France nous a accordé l’asile et permis un nouveau départ. J’ai fait l’expérience du plaisir de me refamiliariser avec mes filles et, en août 2010, j’ai eu la joie d’accueillir un fils, Yousef. J’apprends à conduire, je suis une formation professionnelle et je reconstruis ma vie. J’ai espoir de recommencer à travailler au service des autres, mais jusqu’ici le fait d’avoir passé sept ans et demi comme prisonnier de Guantanamo a eu pour conséquence que seuls quelques organismes de défense des droits de l’homme ont sérieusement envisagé de m’embaucher. Je n’aime pas penser à Guantanamo. Les souvenirs en sont chargés de souffrance. Mais je fais part de mon histoire parce que 171 hommes sont encore là-bas. Parmi eux, il y a Belkacem Bensayah, qui a été arrêté en Bosnie et expédié à Guantanamo en même temps que moi.

Environ 90 prisonniers ont été disculpés et devraient être transférés hors de Guantanamo. Certains d’entre eux sont originaires de pays tels que la Syrie ou la Chine – où ils seraient soumis à la torture s’ils y retournaient – ou encore du Yémen, pays tenu pour instable par les USA. De sorte qu’ils restent en captivité, sans aucune issue en vue – non pas parce qu’ils auraient attaqué les Etats-Unis, mais parce que les stigmates de Guantanamo signifient qu’ils n’ont nulle part où aller, et que l’Amérique ne donnera pas asile à un seul d’entre eux.

On m’a dit que mon cas traité par la Cour Suprême est maintenant au programme des Facultés de Droit. Il se peut que cela me soit un jour une satisfaction, mais aussi longtemps que Guantanamo reste ouvert, et que des innocents y demeurent, mes pensées iront vers ceux qu’on a laissés en arrière, en ce lieu de souffrance et d’injustice."

Lakhdar Boumediene a été le principal plaignant dans le procès Boumediene contre Bush. Il a été détenu dans la prison militaire de la Baie de Guantanamo de 2002 à 2009.

11 janvier, 2012

by GeantVert

http://www.reopen911.info/News/2012/01/11/guantanamo-le-temoignage-de-lakhdar-boumediene-reste-prisonnier-7-ans-sans-proces-ni-inculpation/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Reopen911-News+%28ReOpen911+-+News%29

 

Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine, à partir d’un texte anglais, traduit de l’arabe, par Felice BEZRIet disponible sur le site du New York Times



4  D'années en année.

4- 1 DossierPCF : 10 ans de Guantanamo : « Mépris consternant des droits humains »
Le 11 janvier 2002, les premiers détenus de l'après-11 septembre ont été transférés sur la base navale de Guantanamo (enclave américaine illégale sur le territoire cubain). Des centaines de personnes y ont été détenues dans des conditions inhumaines au cours des dix années écoulées. 171 y sont toujours enfermées. Le PCF juge choquante la persistance d'une telle situation de non-droit.

Détention arbitraire et secrète, actes de torture et mauvais traitements sont infligés depuis 10 ans aux prisonniers de Guantanamo, mais aussi d'Abou Graib en Irak, de Bagram en Afghanistan et d'autres prisons secrètes, véritables zones de non-droit contrôlées et régies par les États-Unis, en complicité avec certains de leurs alliés, y compris européens. Il s'agit d'une négation profonde des droits humains les plus fondamentaux.
Les responsables politiques américains de ces violations des droits humains devraient comparaître devant la justice et répondre de leurs actes, jusqu'au plus haut niveau puisque l'implication de George W. Bush et de Dick Cheney, entre autres, est avérée.

Malgré les dires de l'administration Bush, il ne s'est jamais agi de bavures ou d'excès: ces atteintes choquantes aux droits humains sont le fait d'une législation d'exception adoptée et mise en œuvre par le gouvernement des États-Unis. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, certaines de ces dispositions illégales ont été prolongées sine die et sont toujours en vigueur. En effet, aujourd'hui encore, les prisonniers de Guantanamo sont privés de leurs droits: sans inculpation ni jugement, ils sont détenus pour une durée indéterminée, dans des conditions dégradantes. Ils n'ont pas d'autres perspectives que celles d'un procès inique devant une juridiction militaire, et certains d'entre eux encourent la peine de mort.
Le Président des Etats-Unis, Barak Obama, endosse aujourd'hui ce mépris consternant des droits humains. Il s'était engagé à fermer Guantanamo au plus tard un an après son élection. Il avait reconnu le caractère inacceptable de la législation d'exception instaurée par G. W. Bush mais il s'est refusé à en tirer les conséquences judiciaires qui auraient dû s'imposer. Il continue comme son prédécesseur.
Devant les pratiques honteuses qui perdurent à Guantanamo et ce déni de justice persistant on peut se poser la question : un pays qui met en œuvre de telles pratiques, de façon prolongée et systématique, peut-il être qualifié d'État de droit?
Parti communiste français,



5 Qu'en pensent les Voisins ?

Russie

5-1 french.ruvr : Guantanamo – Le Ministère des Affaires étrangères russe : « la zone d’un vide juridique »  

La prison américaine sur la base de Guantanamo à Cuba contient toujours 171 prisonniers.

Ces gens-là se trouvent dans «le vide juridique» et ils ignorent complètement leur destin ultérieur.

Le Ministère des Affaires étrangères russe trouve une telle situation sans précédent dans l'histoire contemporaine, est-il dit dans la déclaration du MAE sur son site web.

La prison à Guantanamo est apparue le 11 janvier 2002 - d’abord, comme un camp de détention provisoire. C’est alors que les premiers 20  détenus  pris au cours de la guerre globale contre  le terrorisme, annoncée par les États-Unis, ont été placés là. Au cours des  10 dernières années, le camp s'est transformé en une vraie institution pénitentiaire. Environ 800 personnes de 23 pays âgés de 25 à 62 ans, sont passées par là. Formellement à Guantanamo se trouvent les gens soupçonnés des liens avec les organisations terroristes – "Al - Qaïda", "le Taliban" et d’autres.  Sergei Maksimov, l'expert dans le domaine du droit international,  commente ainsi cette situation:

«La prison à  Guantanamo est un phénomène extraordinaire dans la vie moderne. C'est  un  camp qui était créé pour les personnes accusées par les autorités des États-Unis de divers crimes. De plus, il se trouve sur le territoire d’un autre État,  c'est le territoire cubain. Et la situation, lorsqu’il  y a des prisons ex- territoriales,  des lieux où des gens sont détenus sans que l'accusation contre eux soit présentée   est un malentendu du point de vue de la pratique internationale moderne».

Les défenseurs des droits de l'homme donnent depuis longtemps un signal  d'alarme au sujet de la prison. Leur principal argument est celui-ci: son existence contredit les normes du droit international. Plusieurs prisonniers se trouvent là sans présentation des accusations officielles, et leur traitement n'entre aucunement dans le cadre des règles d’une société civilisée.

Les Américains eux-mêmes ont reconnu que l'on appliquait aux prisonniers les méthodes interdites de l'enquête. On sait aussi que trois personnes soupçonnées du terrorisme ont subi  les tortures en forme de l'imitation d’une noyade.  Déjà du  temps du président George Bush-junior, 537 prisonniers étaient libérés. Et Barak Obama, lui, après l'entrée en fonction, a ordonné de fermer la prison au cours d'une année – vers janvier 2010. Le congrès a bloqué cette décision, et le président et n'avait pas assez de courage pour  profiter de son droit de veto. Il était supposé qu’une partie des prisonniers seraient jugés, d’autres – extradés. Au total,  seulement 6 personnes étaient officiellement condamnées, 8 sont mortes, d’autres n'ont toujours pas été accusées. Une telle situation est sans précédent, trouve le Ministère des Affaires étrangères russe. Cela témoigne des violations les plus grossières du droit international par les États-Unis.

Le MAE a également commenté la situation avec l'adoption aux États-Unis des nouvelles lois antiterroristes. Elles contribuent au renforcement de l'application ex-territoriale de la législation américaine  - pénale et  antiterroriste - en ce qui concerne les citoyens des tiers-pays. Washington viole ses obligations suivant le Pacte International sur les droits civils et politiques de 1966. Ce document interdit la privation illégale de la liberté et le mauvais traitement des prisonniers.  Il contient aussi  la position sur la nécessité de la garantie d’une  justice équitable. Il paraît qu'à Washington, on se croit  au-dessus des  obligations internationales et, en fait, on légalise ainsi  les prisons, semblables à celle de Guantanamo. Le président Obama, en signant les nouvelles lois, se contredit, laissant les services secrets agir à leur gré. 
16 Janvier 2012

french.ruvr.ru


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

25/01/2012

n°2 - Qatar : Les dossiers - 24.2 - a1 - : eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

n°2 - Qatar : Les dossiers - 24.2 - a1 - : eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Qatar : Les dossiers

n° 2 - 15-02

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Qatar : Les dossiers est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

Fida Dakroub :Al-Qaïda en Syrie : Les ambitions « impériales » de l'émirat du Qatar.

Le Temps d’Algérie’ : Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe.

Gilles Devers : Les Tunisiens contre la visite de "l’allié des Américains et des sionistes" .

eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

1-1 Vidéo : Visite secrète de l'Emir du Qatar en Israël.

1-2 Guerre de L'Information :

- Le Dictateur Wahhabite Qatari Al Thani pour Un Putsch Militaire En Syrie.

- Manipulation Honteuse De la Mort De Jacquier de FR2

2 Brèves

2-1 Gilles Munier : Provocation qatarie : l'ambassadeur russe roué de coups.

3  Dossiers

3-1 Fida Dakroub : Qatar : le Corbeau voulant imiter l’Aigle!

3-2Quand l’émir du Qatar se fait renvoyer bottes au cul..de la Mauritanie!

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ilia Kharlamov : Tension dans les relations diplomatiques avec le Qatar.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 IRIB :Tunisie : le petit Qatar fait peur!  

5-2 Léon Camus : Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

 



Tiré à part 

Fida Dakroub :Al-Qaïda en Syrie : Les ambitions « impériales » de l'émirat du Qatar.

La Démocratie, cette Démocratie des puissances impérialistes et colonialistes qui nous écrasent et exploitent, cette Démocratie proclamée par l’Empire, écrite en majuscules, sur le front de l’Occident, sur chaque prison, sur chaque Guantanamo, sur chaque missile Cruise ou Tomahawk, son expression véritable, authentique, prosaïque, c'est le chaos constructif, les guerres civiles, les conflits religieux, ethniques et tribaux sous leurs formes les plus effroyables, les guerres au Moyen-Orient.

La Démocratie ! tel fut le cri de guerre de Caesar George W. Bush. La Démocratie ! cria Barak Obama, le jour où Syrte devint cendres, par la grâce de la « mission humaine » de l’OTAN en Libye. La Démocratie ! cria Hamad, le despote absolu du Qatar, écho brutal des monarchies absolues du Golf et de la décadence arabe. La Démocratie ! gronda l’explosion terroriste à Damas en déchirant le corps du peuple syrien. 

Al-Qaïda en Syrie

Dans une vidéo marquant le dixième anniversaire des attentats du 11 Septembre, le nouveau leader d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a exhorté les Syriens à « poursuivre leur résistance » au président Bachar al-Assad : « Ce tyran semble chanceler. Maintenez la pression sur lui jusqu'à sa prochaine chute », promet-il [1].

Il n’aurait pas été difficile pour un observateur débutant, qui montrait une certaine curiosité – innée ou acquise – aux conflits du Moyen-Orient, de remarquer qu’une certaine similarité rassemblait, dans un même panier, les derniers attentats terroristes qui ont frappé la capitale syrienne, Damas, et ceux qui avaient frappé l’Irak, depuis l’invasion du pays par les légions de l’Empire étatsunien ; de remarquer, par conséquent, que  le « cerveau » qui a commandité les attentats à Damas avait aussi dirigé la terreur partout dans le monde, depuis les attentats des ambassades américaines en Afrique[2], jusqu’à la dernière attaque contre les civils en Irak, laissant au moins 68 morts[3]; et de constater, en plus, que tous ces attentats, ceux du passé et ceux du présent, – mais aussi ceux qui pourraient arriver au futur proche – étaient  issus d’une même idéologie, celle fondée sur l’élimination de l’Autre, voire le salafisme wahabite ; et cela vu 1) la méthode employée  – attentats suicides, voitures piégées – ; 2) la victime ciblée – des établissement gouvernementaux et des places civiles – surtout en Irak – et 3) la justification idéologique – une idéologie islamiste salafiste takfiriste appelant à la mort des « infidèles », voire l’Autre religieux.

Parallèlement, il n’aurait pas été aussi difficile – cette fois-ci pour un observateur chevronné – de remarquer qu’au lendemain du retrait des légions de l’Irak, l’Empire étatsunien rêve encore de « renverser la table » sur la tête du joueur iranien, et cela pour établir un nouvel ordre régional, qui permettrait de maintenir le Moyen-Orient sous son contrôle. Mais la Bastille n'est pas encore prise. Le triomphe momentané des groupes terroristes à frapper au cœur de la capitale syrienne est payé par l’anéantissement de toutes les illusions et chimères camouflant la prétendue « révolution » syrienne, par la désagrégation de tout le discours « philanthrope » des puissances impérialistes, par la scission de la Ligue arabe en trois camps : les pays résistant à l’Empire, les pays dociles à l’Empire et ceux qui se sont mis à l’écart. 

Ainsi naquirent les ambitions impériales de l’émirat du Qatar.

Taliban au Qatar : l'ennemi d'hier l'ami d'aujourd'hui

Nous nous rappelons tous du discours patriotique de Caesar George W. Bush le soir des attentats du 11 septembre, depuis la Maison Blanche. Pendant cette nuit très obscure, Bush s'adressa à la nation en parlant avec une certaine gravité, qui évoqua en nous le souvenir des grands patriarches bibliques :

"Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé, pour tous ceux dont le sentiment de sûreté et de sécurité a été menacé. Et je prie pour qu'ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : " Bien que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi"[4].

Le soir même, après s'être adressé à la nation, deux anges seraient arrivés à la Maison Blanche et auraient pris Caesar George W. Bush par la main, en lui chuchotant à l'oreille : " Va donc, conduis le peuple où je t'ai dit. Voici, mon ange marchera devant toi, mais au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché" [5].

Quelques jours plus tard, jeudi 20 septembre, Caesar Georges W. Bush prononça un discours devant les deux chambres réunies du Congrès. Parmi les points forts de son discours, nous lisons:

"Livrer aux autorités américaines tous les dirigeants de l'organisation Al-Qaïda qui se caches sur votre terre"[6]. "Ces demandes ne sont pas ouvertes à la négociation ou à la discussion. Les Taliban doivent agir et agir immédiatement. Ils livreront les terroristes ou bien ils partageront leur sort"[7]. "Notre guerre contre la terreur commence avc Al-Qaïda mais elle ne se termine pas là. Elle ne se terminera que lorsque chaque groupe terroriste qui peut frapper partout dans le monde aura été repéré, arrêté et vaincu"[8].

En dépit du Saint-Esprit qui eut soufflé l'audace dans la bouche de Caesar, ces déclarations historiques sont devenues d'ores et déjà copyright de l'Histoire. En effet, tous les obstacles semblent aujourd'hui levés pour que des négociations puissent commencer entre les ennemis d'hier, amis d'aujourd'hui.

Depuis l'été 2011, on entend chuchoter, dans les couloirs des puissances impérialistes, à propos de l'ouverture d'un bureau de représentation des Taliban au Qatar, comme symbole du processus de paix engagé avec le principal groupe insurgé en guerre contre l'OTAN et le gouvernement de Kaboul[9].

Certainement, cette initiative honorable de la part de l'émir du Qatar, n'aurait pas pu voir la lumière sans la bénédiction de l'Empire. Ainsi, des émissaires américains rencontrèrent seuls, "une petite dizaine de fois", des représentants talibans[10].

Cependant, cet événement n’est en aucun sens un fait isolé. Par contre, il fait partie d’un continuum de messages d’amour entre les groupes islamistes salafistes – Taliban et Frères musulmans – d’un côté, et l’Empire étatsunien – par le biais de son concessionnaire au Moyen-Orient, l’émirat du Qatar – d’un autre côté. Les premières lueurs de la nouvelle aube commencèrent en mars 2009, après que l’administration Obama eut abandonné l’expression « guerre contre le terrorisme », adoptée par son prédécesseur Bush[11]. 

Sur un autre plan, des responsables américains ont entamé, récemment, des négociations avec le gouvernement de Kaboul pour transférer, aux autorités afghanes, des responsables Taliban du haut rang emprisonnés au Goulag de l’Empire, à Guantanamo, depuis l’invasion de l’Afghanistan ; et cela dans l’espoir de parvenir à une trêve entre Washington et les insurgés. Des responsables américains ont déjà exprimé leur accord d’ « expédier », hors de la baie de Guantanamo, les détenus Taliban[12].

En plus, des sources de l’administration Obama ont indiqué que des détenus talibans seront libérés une fois que les insurgés auront accepté d’ouvrir un bureau au Qatar et entamé des pourparlers avec les Américains[13]. De leur côté, les Taliban ont dit qu'ils étaient prêts à aller d’avantage avec ces pourparlers.

Il faut noter que ces échanges romantiques du genre épistolaires entre l’Empire et les insurgés viennent après dix ans de guerre atroce[14]. 

Loin des affections foudroyantes entre les ennemis d’hier amis d’aujourd’hui, au cours d’une réception de la délégation de la Ligue arabe, comprenant le cheikh Hamad, à Damas le 26 Octobre dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, aurait « lutté » pour amender certains articles du texte de l’Initiative arabe, comme l’article concernant le « retrait de l’armée syrienne » ; un article considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes, qui voient impossible d’envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs. Mais le cheikh Hamad a exigé ce retrait : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! », dit-il. Ce à quoi le président syrien a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! »[15]. Pourtant, le cheikh Hamad persistait à faire croire à ses hôtes qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes[16].

Une question s'impose fortement : pourquoi cette anélisation attendue des groupes islamistes armés - les ennemis d'hier - de la part de l'Empire et son concessionnaire au Moyen-Orient ?

Le nouveau rôle accordé au Qatar : Le Corbeau voulant imiter l’Aigle

Il est clair d’emblée que le rôle que joue le Qatar sur la scène des événements régionaux, depuis l’accord de Doha en 2008[17], vise à imposer ce petit émirat, dont la population ne dépasse pas un million et quelques centaines de mille de sujets[18], comme joueur principal aux conflits du Moyen-Orient.

De façon similaire, depuis sa précipitation théâtrale sur la scène des événements du présumé Printemps arabe, l’émir du Qatar, cheikh Hamad, insiste à se présenter en costume de despote éclairé[19]. Pour en faire, il s’habille en Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand[20], et fréquente les voltaires de l’impérialisme français, tel que Bernard-Henri Lévy, et ceux de l’obscurantisme  arabe, tel que Youssef al-Qardaoui[21]. 

Par contre, il est vrai que Hegel fait quelque part cette remarque que « tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce »[22].

De surcroît, le cheikh Hamad – on l’appelle aussi émir - s’est entretenu le 4 janvier avec le secrétaire général de l’ONU, monsieur Ban Ki-moon, de la possibilité d’associer l’ONU à la mission de la Ligue arabe en Syrie, afin que celle-ci profite de « l’expérience » de l’organisation internationale en matière de mission de paix et d’interposition[23].

Cette manœuvre de la part de l’émir vise à atteindre deux objectifs : premièrement, faciliter et légitimer une intervention de l’OTAN dans la crise syrienne – il n’est plus secret que parmi les récentes « expériences » de l’ONU figure le feu vert à l’OTAN pour la destruction de la Lybie – ; deuxièmement,  contrecarrer le pouvoir de la Ligue arabe et réduire son rôle, comme organisation représentant les intérêts du monde arabe, pour qu’elle soit une sorte de Loya Jirga[24], rassemblant précisément les émirs et sultans des familles royales du Golf.

Il en va de même que l’émirat du Qatar, qui possède une armée de mille cinq cents mercenaires, mais qui abrite, par contre, la plus grande base militaire américaine dans la région, ambitionne jouer un rôle au niveau international, aussi énorme que l’énormité de la présence des troupes étrangères sur son territoire.

Ainsi, aux premières lueurs du prétendu Printemps arabe, le Qatar, qui s’est transformé en un outil médiatique aux mains des puissances impérialistes dans le monde arabe, s’est précipité sur la scène des événements. Nous soulignons dans ce sens le rôle que joue la chaîne al-Jazeera, dont l’objectif est de fausser les données réelles de la guerre impérialiste contre la Syrie, et cela en promouvant un discours de haine et de ressentiment religieux contre les groupes minoritaires au monde arabe. Aussi le Qatar, en s’alignant sur des positions qui suggèrent carrément l’intervention étrangère en Syrie, est allé loin dans la question des sanctions contre la Syrie, qui ont laissé des effets négatifs et directs sur le niveau de vie, l’alimentation et les  médicaments du peuple syrien.

Nous partageons le même avis de l'analyste politique russe, Viatcheslav Matuzov, qui a souligné que le Qatar joue un rôle négatif au sein de la Ligue arabe, ajoutant que « les États-Unis veulent la chute et la destruction de la Syrie en tant qu'État arabe indépendant (…) L'Occident a une seule demande de la part de la mission des observateurs arabes, à savoir la prise d'une position en solidarité avec l'opposition extrémiste sans aucun souci de chercher après les faits réels sur le terrain », a estimé l'analyste russe, dans une interview à la chaîne « Russia Today »[25].

Il convient de mentionner que les ingérences hostiles du Qatar dans les affaires internes de la Syrie se font au moment où deux puissances se confrontent dans une sorte de guerre froide dans la région du golf Persique : celle du Pygargue à tête blanche[26] étatsunien et celle du Derafsh Kaviani[27] iranien. La présence de la première puissance est en déclin dans la région, surtout après le retrait des légions de l’Empire de l’Irak ; celle de la deuxième puissance est en croissance. Entre ces deux grandes puissances belligérantes – l’Iran et l’Empire étatsunien – les ambitions « impériales » du Qatar évoquent en nous la fable de La Fontaine, Le Corbeau voulant imiter l’Aigle[28]. 

Le Qatar pirate la Ligue arabe

Pendant toutes les périodes précédentes au prétendu Printemps arabe, l’Égypte jouait un rôle central au sein de la Ligue, qui lui permettait de diriger le monde arabe, surtout à l’époque du président Nasser (1956 – 1970) et la montée de l’idéologie nassérienne[29].

Dès sa naissance en 1945, la Ligue arabe était toujours divisée en deux camps aux visées politiques opposés. D’abord, dans les années quarante et cinquante, l’entente égypto-saoudienne favorable aux projets d’indépendance s’opposait à l'axe hachémite jordano-irakien, plus enclin à une coopération avec la puissance britannique, encore maîtresse de nombreux protectorats et mandats (Soudan, Palestine, Émirats, etc.). Par la suite, dans le contexte d’anticolonialisme et de la Guerre froide, la division prit une nouvelle démarcation entre États socialistes proches de l'URSS (Libye, Syrie, Algérie, Égypte de Nasser, l’Irak, le Yémen du Nord) et États proches des États-Unis (les émirats et sultanats arabes du Golf)[30]. Enfin, après la chute de l’Union soviétique, la Ligue arabe se trouvait divisée encore en deux camps : d’un côté, les pays résistants aux projets américains de domination (surtout la Syrie et le Liban) ; de l’autre côté, les pays dociles à l’Empire (toujours les émirats et sultanats arabes du Golf, l’Égypte de Moubarak).

Suite à la chute du dernier pharaon, Moubarak, en 2011, l’Égypte se trouve  occupée par ses problèmes internes, ce qui l’empêche de continuer à jouer un rôle principal  dans le monde arabe ; même si le secrétaire général de la Ligue continue à faire privilège de l’Égypte. Il n’est plus secret que l’absence « transitoire » de l’Égypte comme leader du monde arabe a entrainé une diminution du rôle que joue la Ligue.  Autre que l’Égypte, aucun pays n’est en mesure de diriger le monde arabe. L’Égypte reste le seul pays « habile » de jouer ce rôle, vu son poids démographique[31], économique et culturel.  Sur un autre plan, l’Arabie saoudite n’est plus dans une situation lui permettant de remplir ce vide laissé par l’enfermement de l’Égypte sur ses propres crises et problèmes internes, et cela vu la fragilité et l’instabilité intérieure – la menace chiite à l’Est du Royaume – et les tremblements politiques aux portes du Royaume – la révolution au Bahreïn et la guerre civile au Yémen. Simultanément, les pays du Maghreb ne sont pas non plus en mesure de diriger le monde arabe, vu premièrement leur position géographique, au bout du monde arabe, et deuxièmement la nature démographique de ces pays, qui ne constituent pas vraiment des agglomérations de masses, comme l’Égypte et le Levant, mais plutôt des centres urbains dispersés au long de la côte méditerranéenne de l’Afrique du Nord. De même, la Tunisie reste, au lendemain de sa révolution Jasmin, instable du point de vue politique ; et la Lybie se trouve ruinée par la grâce de la « mission humanitaire » de l’OTAN. 

Donc, le retrait temporaire de l’Égypte de la scène des événements a créé un vacuum, aux niveaux politique et diplomatique. Ajoutant à cela le retrait des légions de l’Empire de l’Irak, qui a ouvert les portes devant la puissance iranienne ascendante. Pour faire « barrage » à l’expansion iranienne, seul le Qatar semble capable de jouer ce rôle aux niveaux politique et diplomatique, en tant que concessionnaire de l’Empire et négociant – plutôt que négociateur – ; pour la simple raison que du point de vue militaire, le Qatar n’est, en réalité, qu’une base militaire américaine dans la région.

Pour contrecarrer le rôle de la Ligue arabe, l’ingérence hostile du Qatar dans la crise syrienne et son engagement complet à la conjuration impérialiste visent, en premier lieu, à créer des divisions entre ses membres, basées sur des sensibilités religieuses – sunnites vs. chiites – et ethniques – Arabes vs. Perses – et deuxièmement, à transformer la Ligue en une sorte de Loya Jirga, rassemblant les émirats et sultanats arabes du Golf, dont les monarchies se justifient par une idéologie islamiste wahabite, la même que celle des Taliban. Plus tard, ce nouveau bloc sunnite wahabite, qui comprend les émirats et sultanats arabes du Golf, les Taliban de l’Afghanistan et les Frères musulmans de l’Égypte et de la Syrie – bénéficiant de l’énorme support des puissances impérialistes – tenterait à démembrer l’Arc chiite qui s’étend de l’Iran jusqu’au Liban, tout en passant par l’Irak et la Syrie ; et cela en renversant le régime syrien, en premier lieu, ensuite en isolant le gouvernement pro iranien de Maliki en Irak, en second lieu. Par conséquent, le Hezbollah au Liban se trouverait coupé totalement de son arrière-front, l’Iran ; ce qui faciliterait, à une étape plus avancée, à envahir l’Iran.

En un mot, l’ouverture d’un bureau de Taliban au Qatar met, officiellement, fin à la guerre étatsunienne contre le terrorisme ; et les ennemis d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui. Ce qui revient à dire que les dernières attaques terroristes au cœur de la capitale syrienne expriment l’application concrète de ces nouvelles Liaisons dangereuses[32] qui sont émergées, récemment, entre le vrai Patron – l’Empire étatsunien – représenté par son concessionnaire arabe – le Qatar – d’un côté, et les Taliban de l’autre côté – derrière eux Al-Qaïda, évidemment.

La réplique syrienne et le déclin de la Ligue arabe

Un diplomate arabe au Caire a rapporté que lors de la réception de la délégation de la Ligue arabe à Damas le 26 Octobre 2011, le président syrien, Bachar al-Assad, aurait accusé le premier ministre du Qatar, Hamad, d’être l’exécuteur de « diktats américains » et lui aurait dit : « Moi, je protège mon peuple avec l’aide de mon armée, mais toi tu protèges le tien par les bases américaines implantées sur ton sol (…) Si vous venez ici en tant que délégation de la Ligue arabe, vous êtes les bienvenus. En revanche, si vous êtes les délégués des Américains, il vaudrait mieux que nous cessions toute discussion »[33].

Pourtant, le cheikh qatari devait attendre le 10 janvier pour entendre le président syrien prononcer sa réplique finale à l’ingérence du Qatar dans les affaires internes de son pays. Ce jour même, l’ambassadeur de Syrie auprès de la Ligue arabe, monsieur Youssef Ahmed, a invité le cheikh qatari à dire qui l’avait mandaté pour parler au nom de la Syrie : « Il doit se taire et s’abstenir de toute ingérence dans les affaires internes syriennes », a-t-il dit[34].

Dans un discours prononcé à l’amphithéâtre de l’université de Damas, le président syrien, Bachar al-Assad, déploya son artillerie lourde et déclara le commencement d’une nouvelle étape de la guerre impérialiste contre la Syrie, celle de la contre-offensive syrienne : « Nous avions fait preuve de patience et d'endurance dans un combat sans précédent dans l'historie moderne de la Syrie et ceci nous a rendu plus solide, et bien que ce combat porte de grands risques et des défis fatidiques, la victoire est à deux doigts tant que nous nous maintenons capables de résister, d'exploiter nos points forts qui sont nombreux, et de savoir les points faibles de nos adversaires, qui sont plus nombreux »[35], déclara-t-il.

Au cours de son discours, le président Assad attaqua la Ligue arabe à plusieurs reprises. Il l’accusa d’avoir accepté de se transformer en une sorte de vitrine diplomatique, derrière laquelle se cachent les vrais conjurateurs, les puissances impérialistes : « Après l'échec de ces pays au Conseil de Sécurité de convaincre le monde de leurs mensonges, il était indispensable de recourir à une couverture arabe qui est devenue une base pour eux »[36], souligna le président Assad.

Le président Assad a voulu « expédier » plusieurs messages à plusieurs destinataires. Nous pouvons résumés ces messages en trois points :

Premièrement, la Syrie ne craint pas une suspension de la Ligue arabe. Les conséquences d’une telle suspension semblent sans effets énormes sur la Syrie. Par contre, la Syrie se trouvera « libre » des exigences de la Ligue, surtout maintenant que le Qatar a piraté son rôle, et que toutes les résolutions de la Ligue se préparent dans les coulisses des puissances impérialistes. 

Deuxièmement, sans la Syrie, la Ligue perdra sa légitimité et sa validité, car le monde arabe, comme entité culturelle, ne peut pas exister – ni en théorie ni dans la réalité – sans la Syrie, berceau de la culture et de la civilisation arabo-musulmane. A fortiori, l’aube de la civilisation arabo-musulmane rayonnait en Syrie omeyyade (661 – 750). Dans le domaine des arts, des littératures, de la langue, des sciences, de l’Histoire, de la mémoire collective et des religions, la Syrie reste le « cœur » du monde arabe. Du point de vue géographique, sans la Syrie, le monde arabe ne peut pas exister comme entité politique ; au contraire, il sera déchiré en plusieurs zones géographiques séparées : la péninsule Arabique, la vallée du Nil et l’Afrique du Nord. Il faut bien noter ici que la Syrie, comme entité culturelle et géographique, dépasse les frontières de la République arabe syrienne, imposées par le colonialisme franco-britannique au lendemain du démembrement de l’Empire ottoman en 1918. Nous parlons ici de la Syrie naturelle. Le président Assad était clair à ce propos quand il a indiqué que « si certains pays arabes avaient œuvré pour suspendre notre arabité à la Ligue, nous disons qu'ils suspendraient plutôt l'arabité de la Ligue, or, sans la Syrie, c'est l'arabité de la Ligue qui est suspendue. Si certains croyaient pouvoir faire sortir la Syrie de la Ligue, ils ne peuvent pas faire sortir la Syrie de l'arabité, car l'arabité n'est pas une décision politique, mais un patrimoine et une histoire »[37], a-t-il poursuivi.

Troisièmement, La Syrie ne sera jamais aux genoux des puissances impérialistes. Les sanctions imposées par les puissances impérialistes et celles imposées par les monarchies absolues arabes pourraient sans doute avoir des conséquences négatives sur l’économie de la Syrie. Cependant, dans le monde, se trouvent d’autres puissances économiques ascendantes, hors du système de subordination à l’Occident, telles que la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran ; autrement dit, l’Orient. Le président Assad a fait noter que la Syrie doit s’orienter vers l’Orient, et ceci elle l’avait fait depuis des années : « L'Occident est important pour nous, nous ne pouvons pas nier cette vérité, mais l'Occident aujourd'hui n'est pas celui qui était une décennie avant (…) Les relations de la majorité des pays du monde avec la Syrie sont bonnes en dépit des circonstances actuelles et des pressions occidentales »[38], a-t-il fait savoir, soulignant que l'embargo imposé à la Syrie et les circonstances politiques et sécuritaires auraient des répercussions, mais « nous pourrions réaliser des accomplissements diminuant les pertes »[39], a-t-il précisé.

Ce qu’ambitionner veut dire

En guise de conclusion, nous trouvons utile de retourner rapidement aux ambitions « impériales » de l’émirat du Qatar.

Profitant de la présence militaire des légions de l’Empire sur le territoire de son fief, l’émir du Qatar, Hamad, semble convaincu que la deuxième résurrection du Royaume de Prusse, pour ainsi dire, devient jour après jour inévitable ; cette fois-ci non pas au bord de la Vistule ni aux mains des Hohenzollern, mais plutôt au bord du golf Persique et aux mains de Al-Thani, la famille royale qatarie.

Il reste à ajouter que s’il est vrai que le Qatar ambitionne jouer un rôle dans la région plus grand que sa « taille » réelle, il n’est pas moins vrai que le Corbeau qui a voulu, un jour, imiter l’Aigle ne put faire retraite. Le Berger vient, le prend, l’encage bien et beau, le donne à ses enfants pour servir d’amusette[40].
Fida Dakroub, Ph.D
Notes
[1] http://www.lemonde.fr/mort-de-ben-laden/article/2011/09/13/al-qaida-publie-une-video-pour-les-dix-ans-du-11-septembre_1571327_1515627.html

[2] Les attentats de Nairobi et de Dar es Salaam, le 7 août 1998.

[3] http://www.france24.com/fr/20120109-serie-attentats-mortels-frappent-irak-dizaine-pelerins-afghans-chiites-tues-bagdad

[4] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[5] Exode 32 : 34.

[6] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[7] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[8] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[9] http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/12/29/accord-pour-ouvrir-un-bureau-taliban-au-qatar_1623969_3216.html

[10] http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/12/29/accord-pour-ouvrir-un-bureau-taliban-au-qatar_1623969_3216.html

[11] http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200903/30/01-841783-obama-abandonne-la-guerre-contre-le-terrorisme.php

[12] http://rt.com/usa/news/obama-afghan-taliban-war-035/

[13] http://rt.com/usa/news/obama-peace-taliban-us-219/

[14] http://rt.com/usa/news/obama-peace-taliban-us-219/

[15] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[16] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[17] L’accord de Doha est un arrangement politique conjoncturel, en situation de nécessité et sans changement constitutionnel, entre l’opposition libanaise pro syrienne et le gouvernement libanais, alors pro saoudien, suite aux événements de 8 mai 2008, qui ont entrainé la chute totale de la capitale Beyrouth aux mains des combattants de l’opposition. 

[18] La population totale du Qatar est de 1 699 435 personnes. http://www.qsa.gov.qa/QatarCensus/

[19] Le despotisme éclairé est une variante du despotisme qui s’est développée au milieu du XVIIIe siècle, le pouvoir y est exercé par des monarques de droit divin dont les décisions sont guidées par la raison et qui se présentent comme les premiers serviteurs de l’État. Les principaux despotes éclairés ont ainsi entretenu une correspondance suivie avec les philosophes des Lumières.

[20] Frédéric II de Prusse fait entrer son pays dans la cour des grandes puissances européennes. Après avoir un temps fréquenté Voltaire, il devient célèbre pour être l'un des porteurs de l'idéal du prince du siècle des Lumières en tant que « despote éclairé ».

[21] http://www.legrandsoir.info/youssef-al-qardaoui-bernard-henry-levy-meme-combat.html

[22] Marx, Karl. Le 18-Brumaire de Louis Bonaparte. http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm

[23] http://www.infosyrie.fr/actualite/mission-arabe-le-qatar-nest-decidement-pas-satisfait/

[24] La Loya Jirga (Grande assemblée ou Grande réunion), est un terme d'origine Pashto qui désigne une assemblée convoquée afin de prendre les grandes décisions concernant le peuple afghan.

[25] http://www.sana.sy/fra/55/2012/01/08/393114.htm

[26] Le Pygargue à tête blanche est le symbolisme officiel du Grand sceau des États-Unis d’Amérique.

[27] Derafsh Kaviani est e légendaire drapeau de l’Empire perse signifiant le Glorieux drapeau de l'Iran.

[28] Les Fables de La Fontaine ; Livre II, fable 16.

[29] Le nassérisme est une idéologie panarabe révolutionnaire, combinée avec un socialisme arabe, mais qui reste opposée aux idées marxistes.

[30] Jean-Christophe Victor, « Mondes arabes », Le Dessous des cartes, 10 septembre 2011.

[31] L’Égypte est le pays le plus peuplé du Monde arabe et du Moyen-Orient, avec une population de 82 million. http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population

[32] Les Liaisons dangereuses est le titre d’un roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos, et publié en 1782.

[33] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[34] http://jeune-independant.net/index.php?option=com_content&view=article&id=203:alors-qual-assad-annonce-un-referendum-sur-une-nouvelle-constitution&catid=6:monde&Itemid=4

[35] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[36] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[37] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[38] http://www.sana.sy/fra/article/31.htm

[39] http://www.sana.sy/fra/article/31.htm

[40]Les Fables de La Fontaine.  Le Corbeau voulant imiter l’Aigle ; Livre II, fable 16.
Fida Dakroub

Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est membre du « Groupe de recherche et d'études sur les littératures et cultures de l'espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario.

Elle est l’auteur de « L’Orient d’Amin Maalouf, Écriture et construction identitaire dans les romans historiques d’Amin Maalouf » (2011).

Fida Dakroub est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Fida Dakroub publiés

Le 15 janvier 2012

Mondialisation.ca,

Fida Dakroub

 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=DAK20120115&articleId=28670


Le Temps d’Algérie : Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe.

Ils lui reprochent sa «  collaboration directe avec le Mossad »

 Des Égyptiens regroupés au sein de la coalition générale des commissions populaires ont tenu vendredi un imposant sit-in au Caire pour exiger la fermeture de l’ambassade du Qatar. Selon la presse égyptienne, le Qatar est devenu un instrument du Mossad et de la CIA, travaillant selon les agendas des Occidentaux visant à déstabiliser la région du monde arabe. Les manifestants égyptiens ont appelé également à la suspension du Qatar au sein de la Ligue arabe en tant que membre. Les Égyptiens reprochent à ce pays arabe son implication directe dans la guerre libyenne aux côtés des forces de l’Otan en fournissant l’armement et sa chaîne de télévision Al Jazeera afin de décapiter l’État libyen et de tuer Kadhafi et tous ses partisans.

Selon les manifestants, le Qatar avait mobilisé plus de 5000 militaires en Libye et tente aujourd’hui de détruire la Syrie, le Yémen et l’Égypte.

Pour les manifestants, le Qatar menace les intérêts stratégiques et idéologiques de l’Égypte et des pays arabes. Des membres de la coalition générale des commissions populaires affirment détenir des preuves sur « les relations entretenues par le Qatar avec le Mossad ».

Ils menacent de les rendre publiques. Ils précisent que l’ancien patron d’Al Jazeera, M. Khanefar, était un agent au service de la CIA et recevait des instructions directes des responsables américains.

La ligne éditoriale d’Al Jazeera est identique à celles de CNN, de BBC et bien d’autres médias occidentaux, soulignent les Égyptiens sortis vendredi exprimer leur colère et leur indignation quant à l’implication de l’émir du Qatar dans les révoltes des peuples du monde arabe. Nombreux sont les pays qui ont eu des relations tendues avec le Qatar, notamment au sein de la Ligue arabe. Récemment, le président mauritanien a renvoyé l’émir du Qatar. Le président mauritanien,

Mohamed Ould Abdelaziz n’a pas apprécié les « conseils » de son hôte, l’émir du Qatar, Hamad Bin Khalifa Al Thani. Selon des médias mauritaniens, la visite de l’émir du Qatar en Mauritanie a été très négative, puisque ce dernier s’est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l’aéroport de Nouakchott.

Ould Abdelaziz aurait dénoncé des « conseils » comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu’à ridiculiser la politique qatarie qui veut « exporter la révolution », accusant la chaîne Al Jazeera d’inciter la haine contre les peuples arabes. L’émir du Qatar aurait même demandé au président mauritanien des réformes et de faire pression sur le président syrien Bachar Al Assad.

14 janvier 2012 –

Le Temps d’Algérie


Gilles Devers : Les Tunisiens contre la visite de "l’allié des Américains et des sionistes" . 

EXTRAIT

Les trois présidents tunisiens ont accueilli vendredi le prince du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani, venu participer à la cérémonie de la première commémoration de la révolution du 14 janvier qui a renversé le dictateur Ben Ali.

Cette visite a été toutefois dénoncée par le peuple tunisien qui a manifesté dans la ville de Sfax, considérant que celle-ci est une autre forme d’ingérence étrangère de la part « de l’agent des Américains et des sionistes ». 
Les manifestants ont brandi des pancartes rejetant «à la fois l’ingérence qatarie et française dans le pays ».
De son côté, le prince qatari a exprimé dans un communiqué « sa fierté d’être venu en Tunisie pour féliciter le peuple du premier anniversaire de sa révolution et pour échanger les points de vue sur les différents sujets qui intéressent les deux pays ».
Le premier ministre tunisien Hamadi Jabali a indiqué à la presse que la visite d’Al Thani « est une visite d’amitié et de travail visant à renforcer les relations entre les deux pays et à les élargir pour toucher les différents domaines ».
A la question de savoir son opinion sur les manifestations populaires opposées à cette visite, Jabali a répondu : « La Tunisie est un pays démocratique qui respecte toutes les positions ». «Mais ces positions cachent quelque fois des agendas qui portent atteinte à la Tunisie », a-t-il encore dit !
Gilles Devers


eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

Notre monde est pourri jusqu'à la moelle par l'idolâtrie de l'argent.

Vous avez encore des illusions sur nos Elus ? Ils sont pourris !

Comme les dirigeants. Ils ne font pas de la politique pour servir leur pays, leurs électeurs, mais pour profiter d'un Système qui leur accorde tout : Pouvoir, honneurs, argent.

En abondance, même en pleine crise ! Et pour rester au pouvoir, tout est bon. Même se vautrer devant des crapules qui mentent, volent, commettent des crimes, pillent les richesses des pays, asservissent les citoyens !

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Vous avez entendu parler du Qatar ? C'est un chancre qui pourrit tout, Etats souverains, politiques, révolutions populaires, économie, sport, et même banlieues (mais tout n'est-il pas pourri au sommet, d'ailleurs ?)... et qui est à la pointe des guerres et des jolies "démocraties" dont le socle (par la grâce des magiciens Sarkozy, Cameron, Obama, Netanyahou, Erdogan, et autres BHL) devient... fanatiquement islamiste. Comprenne qui pourra ! L'argent justifie tout, et les habitués de Neuilly et du Fouquet's se fichent de savoir comment le pouvoir est obtenu et conservé, et avec qui, du moment que leurs coffre-forts sont bien remplis, et qu'ils peuvent aller se dorer sur les plages les plus belles, souvent d'ailleurs aux frais des contribuables, de nous donc. 

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D'un côté on fustige les Musulmans, de l'autre on favorise l'accession de leurs éléments les plus radicaux, comme en Tunisie ou en Libye, bientôt en Syrie - pour ensuite susciter le rejet et le choc de civilisations qui profitera d'abord, comme d'habitude, à tous les Industriels de Mort.

Lisez jusqu'au bout l'article mis en vedette dans cette parution, et relayez-le: Vous verrez à quel point la politique est pourrie, et à quel point les politiciens sont corrompus, et donc ne vous étonnez pas si le monde va mal, très mal..... 
Au fait, vous avez encore des illusions sur les Révolutions arabes ?

Les Indignés désignés hommes de l'année par les Amércains, ça ne vous met pas la puce à l'oreille ? A leur insu, ils servent les intérêts des Maîtres du Monde. Même si, au départ, une Révolution éclate spontanément, comme en Tunisie, elle est aussitôt récupérée par l'Oligarchie et ses Soros. Il s'agit moins d'abattre un "dictateur", que de lui substituer un homme plus docile ! Un Ben Ali ou un Moubarak monopolisaient les richesses du pays, désormais elles passeront directement dans les coffres-forts des banksters anglo-saxons et israéliens et de leurs compères français. Dans tous les cas, les peuples n'en verront pas la couleur. 

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Et en Libye, les terroristes de l'OTAN ne se contentent pas de confisquer l'argent du pétrole, ils volent, aussi, les importantes réserves d'or de la nation. Quelle peine pour un tel hold-up ? Parce qu'ils sont anglo-saxons, israéliens ou français, les filous peuvent tout se permettre. Vous avez dit Justice internationale ?  

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En Egypte, le dictateur a sauté, mais le Régime est resté en place; Les militaires n'entendent pas quitter le pouvoir. Et les marionnettistes de l'Occident gouvernent par marionnettes interposées, privant les Egyptiens de leur Révolution. Répression et tortures continuent, le chômage s'amplifie, etc etc. Et comme d'habitude, les Anglo-Saxons vont exporter leur modèle, c'est-à-dire les inégalités, les dettes, la loi du plus fort, les guerres... comme en Libye, où désormais les habitants asservis à l'Occident sont envoyés asservir les Syriens à leur tour qui ensuite se retourneront contre leurs frères iraniens. La cause est entendue, les Occidentaux sont de grands démocrates, et ceux qui leur résistent, d'affreux terroristes. Quant aux dictateurs, ils ne le sont que s'ils sont non-alignés... Les autres, comme dans les monarchies pétrolières sentant le souffre, sont exonérés. Et tant pis si les femmes n'ont même pas le droit de conduire ! L'Occident n'en est pas à une contradiction près. Il promeut la démocratie, mais pas dans les dictatures complices de ses crimes; Il attaque sans cesse les Musulmans, mais il se sert des plus radicaux d'entre eux pour piller les pays convoités. 

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Découvrez le Qatar : Petit royaume bourré de fric, mais grande influence. On n'arrête pas l'argent... Rien ne lui résiste !  

En découvrant le Qatar, vous allez plonger dans les tréfonds de la politique. Accrochez-vous ! La politique occidentale et de ses alliés n'est belle que dans la bouche des journaleux français...       

Eva R-sistons 

http://r-sistons.over-blog.com/



1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

1-1 Vidéo : Visite secrète de l'Emir du Qatar en Israël.

L'Emir du Qatar Sheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani a rendu une visite secrète en Israël, bien que Doha et Tel Aviv n'entretiennent pas de relations politiques, révèle une vidéo.

La chef du parti israélien Kadima, Tzipi Livni, a accueilli l'Emir et le Premier ministre qatari Sheikh Hamad Bin Jaber Al-Thani pendant la visite.
L'Emir qatari et sa délégation ont également rencontré plusieurs responsables israéliens haut placés.
Parmi les sujets discutés entre Sheikh Hamas et Livni, la signature d'un nouveau contrat d'exportation de gaz et la rédaction de manuels scolaires qatari par des experts israéliens.
Sheikh Hamad aurait souligné l'importance de relations politiques entre les deux côtés.
Livni a informé le Qatar de l'importance de son rôle dans les discussions entre les Arabes et
Israël.
Le Qatar et
Israël ont une convergence de points de vue au sujet du programme nucléaire de l'Iran. Doha a systématiquement soutenu Tel Aviv contre l'Iran. Le Qatar pourrait également aider Israël dans le cas d'une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes.
Il est important de noter qu'en avril 2008, Livni, qui était Premier ministre d'
Israël, rendait de fréquentes visites au Qatar pour pousser l'Etat arabe à s'opposer au programme nucléaire d'Iran.

Source : Press TV

Traduction : MR pour ISM



1-2 Guerre de L'Information :

- Le Dictateur Wahhabite Qatari Al Thani pour Un Putsch Militaire En Syrie.

- Manipulation Honteuse De la Mort De Jacquier de FR2

Al Thani dictateur féodal qatari putschiste appelle au renversement par des « soldats arabes « - mercenaires islamistes et renégats syriens qu’il paie grassement - du régime de Bashar Al Assad en Syrie.

En France Sarkozy et ses médias propagandistes ne reculent devant rien pour faire accepter par l’opinion publique une intervention militaire en Syrie en manipulant la mort du journaliste de France 2 Gilles Jacquier et en dissimulant les preuves .

Ce qui est connu sur sa mort et que les médias va-t-en- guerre taisent.
- Le roi dictateur wahhabite du Qatar Al Thani pousse à un coup militaire en Syrie
Le Qatar actuellement à la tête de la Ligue Arabe sera bientôt remplacé par un autre membre de la LA. Comme il l’a déjà fait pour la Libye - mais aussi après avoir échoué à imposer son protégé, Saad Hariri, également chouchou des Saud wahhabites au Liban - le roi dictateur qatari putschiste Al Thani s’empresse donc d’appeler à une intervention militaire cette fois « arabe » en Syrie.

Al Thani avait déjà essayé d’infiltrer le groupe d’observateurs de la LA actuellement en mission en Syrie avec des agents des renseignements occidentaux et sionistes. Désormais en appelant à l’envoi de « troupes arabes » en Syrie c’est un putsch contre Bashar Al Assad qu’il veut organiser.

Le roi dictateur qatari, Al Thani, est lui- même un expert en putsch. En 1995, Hamad bin Khalifa Al Thani a renversé son père lors d’un putsch de palais. Il a été couronné en 2000.
Al Thani roi féodal dictateur règne sur 1.5 millions de sujets dont 200 000 seulement sont qataris les autres étant des immigrés travaillant sur des chantiers et ayant un statut guère plus élevé que celui d’esclaves (salaire entre 60 et 120 euros par mois). Les 200 000 Qataris quant à eux ont le revenu par tête le plus élevé de la planète ne payent pas d'impôts, disposent de transports et d'un système de santé gratuits pour la plupart ils n’ont pas besoin de travailler vivement grassement des rentes pétrolières.
Les étrangers représentent au moins 80 % de la population totale le roi féodal dictateur Al Thani féru de « liberté et de démocratie » pour les autres pays en particulier en Libye et en Syrie - mais surtout pas chez lui - n’autorise pas la divulgation des chiffres exacts. Ces esclaves étrangers représentent 90 % de la population active et 100 % des ouvriers. Ces esclaves sont principalement originaires d'Asie du Sud et du Moyen-Orient achètent souvent au prix fort - 800 à 1 500 euros - leur droit de venir travailler pour 3 ans renouvelables au Qatar auprès de trafiquants de main d’œuvre humaine installés à Katmandou - endroit privilégié pour le « repos du guerrier » sioniste après 3 ans passée dans l’armée coloniale de l’entité sioniste.
Sur cet esclavagisme moderne de la monarchie dictatoriale qatarie d’Al Thani lire l’article :
«Au Qatar, visages des soutiers de la croissance


Comme l’écrit Eric Leser sur Slate.fr dans un article intitulé
« Comment le Qatar a acheté la France (et s'est payé sa classe politique) »
« …Le Qatar n'est pas vraiment un pays fréquentable. C'est une monarchie absolue construite sur une rente. Il n'y a pas de partis politiques et encore moins de démocratie. Le régime de l'émir est fragile même si les révolutions arabes semblent ne pas l'avoir affecté. Il est très difficile d'obtenir des informations sur la tentative de coup d'Etat de juillet 2009. Des militaires de haut rang alliés à une puissance étrangère auraient été arrêtés avant de passer à l'acte… »

Le monarche dictateur Al Thani est pourtant un proche de Sarkozy qui n’hésite pas à le recevoir et l’appeler fréquemment pour comploter au renversement de Bashar Al Assad comme il a comploté pour renverser Kadhafi et comme il complote pour réinstaller Saad Hariri au Liban.

Le Qatar ne dispose pas d’une armée - avec 200 000 habitants majoritairement des rentiers difficile de «mobiliser» - mais de mercenaires souvent des fanatiques islamistes whahhabites. Le Qatar comme l’Arabie Saoudite est sous domination féodale fondamentaliste wahhabite.

Le Qatar finance « l’Armée Libre Syrienne » des mercenaires islamistes et renégats de l’armée syrienne entraînés par des forces spéciales françaises anglaises US/Israël et stationnés en Turquie - avec l’accord du gouvernement turc d’Erdogan proche des Frères Musulmans - à Antakya dans la province d’Hatay prés de la Syrie d’où ils lancent leur opérations terroristes en territoire syrien.

L’appel du roi féodal dictateur qatari, Al Thani, à l’envoi de « troupes arabes » en Syrie est tout simplement un appel à l’envoi de mercenaires arabes islamistes et autres renégats syriens pour renverser par un putsch le régime de Bashar Al Assad. A l’évidence ce dernier n’acceptera pas une telle demande même sous la menace d’un chantage à l’envoi du dossier syrien au CSONU. Là la Syrie bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine qui n’hésiteront pas à utiliser leur veto y compris pour une demande de l’envoi de « troupes arabes » - envoi qui serait d’ailleurs une première la LA n’ayant aucune accréditation internationale onusienne.

La Russie tout comme la Chine ont renouvelé leur opposition à une ingérence étrangère militaire en Syrie considérant d’autre part qu’une attaque contre la Syrie et l’Iran était une «menace pour leur sécurité nationale». Autrement dit ces deux puissances nucléaires sont prêtes à se mobiliser y compris en participant à un conflit qui de régional pourrait vite se transformer en IIIème Guerre Mondiale.

La Russie dont l’ambassadeur et des employés de son ambassade au Qatar ont été malmenés récemment à l’aéroport de Doha - les mercenaires du roi féodal dictateur Al Thani tentant de s’emparer de valises diplomatiques allant même jusqu’à frapper l’ambassadeur russe - sait à quoi s’en tenir sur les plans d’invasion militaire de la Syrie projetée par le Qatar les documents diplomatiques les détaillant précisément. D'où peut être l'empressement des Russes à livrer des armes à la Syrie au grand dam de Washington et Tel Aviv. Le port syrien de Tartous reste pour la Russie la seule ouverture sur la Méditerranée difficile de croire que Moscou va y renoncer.

En Tunisie «libérée» tout comme en Libye « libérée » certains commencent à manifester contre l’ingérence du roi féodal dictateur Al Thani dans les affaires de leur pays.

En Libye le Qatar pourtant riche en pétrole a obtenu gratuitement sa part du gâteau pétrolier libyen en participant à la guerre contre Kadhafi imitant en cela les pays membres de l’OTAN et volant ainsi le peuple libyen de sa principale ressource financière: le pétrole.

Ce n’est pas au roi féodal dictateur qatari Al Thani oeuvrant pour ses maîtres de Washington Tel Aviv et complotant avec le renégat actuel occupant de l’Elysée Sarkozy de décider à la place du peuple syrien. Ce dernier reste majoritairement fidèle à Bashar Al Assad pour le moment contrairement à la propagande de guerre diffusée non stop par les médias occidentaux inclus FR2.

 - Manipulation honteuse de La mort du journaliste Gilles Jacquier De FR2
A peine la mort du journaliste Gilles Jacquier de FR2 tué la semaine dernière à Homs en Syrie alors qu’il était en reportage pour la chaîne TV FR2 avait-elle été annoncée en France que déjà les loups politiques et médiatiques va t-en guerre commençaient -t-ils à déverser sur papier et sur la toile leurs rumeurs nauséabondes contre le régime de Bashar al Assad accusé de « manipulation » pour ne pas dire de meurtre du journaliste français.

Le directeur de l'information de FR2, Thierry Thuillier, repris en boucle par ses confrères hargneux du Monde Libération Le Figaro et consorts a lui estimé qu'il y a des éléments "troublants" entourant les circonstances de la mort du journaliste.

Thuillier avant de lancer de telles insinuations gratuites sans preuve ne s’est pourtant pas rendu en Syrie où il aurait pu à sa demande visiter l’endroit où a été tué Jacquier et demander à voir tous les documents vidéos à disposition relatifs aux évènements tragiques interrogés des témoins, bref faire sa propre enquête in situ immédiatement aprés.

Travail d'investigation "trop professionnel" sûrement !
Au lieu de cela lui et le gouvernement de Sarkozy se sont empressés de rapatrier la dépouille du journaliste ce qui constitue en droit pénal une appropriation frauduleuse d’un corps alors même que la justice syrienne avait été immédiatement saisie et une autopsie prévue dans le cadre de l’enquête syrienne sur les circonstances de sa mort. Cet acte de kidnapping de la dépouille du journaliste permet au gouvernement Sarkozy de faire disparaître des preuves et manipuler la vérité.

Encore une fois cela prouve hélas l’absence de professionnalisme de ceux qui occupent des postes clés dans les médias français et leur soumission totale au dictat de l’ Elysée qui supervise de toute façon leurs nominations aux postes qu'ils occupent.

Le site voltairenet.org publie deux articles à lire consacrés à la mort de Gilles Jacquier
Le journaliste français Gilles Jacquier meurt sous le feu des gangs armés à Homs
Décès du reporter d’Envoyé Spécial : la France dissimule les preuves

C’est à sa famille endeuillée mais aussi à ses collègues journalistes de conscience d’exiger par respect pour sa mémoire son professionnalisme par respect de la déontologie journalistique que toute la vérité soit faite sur sa mort sans se laisser manipuler par des va-t-en guerre politiques et médiatiques

http://www.planetenonviolence.org/Le-Dictateur-Wahhabite-Qatari-Al-Thani-Pour-Un-Putsch-Militaire-En-Syrie-Manipulation-Honteuse-De-La-Mort-De-Jacquier-De_a2540.html



2 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Gilles Munier : Provocation qatarie : l'ambassadeur russe roué de coups.
   L’information est passée pratiquement inaperçue : le 29 novembre dernier, Vladimir Titorenko, ambassadeur de la Fédération de Russie au Qatar, ainsi que des fonctionnaires d’ambassade venus l’accueillir à sa descente d’avion sur l’aéroport de Doha, ont été roués de coups par des policiers et des douaniers.

   Selon l’agence de presse Novosti, les quataris tentaient de s’emparer de la valise diplomatique russe. Le diplomate a été blessé à la rétine et son corps serait couvert d'ecchymoses.

   Le ministère russe des Affaires étrangères a immédiatement protesté contre le « caractère inadmissibles »de ces actes, précisant qu’il s’agit d’ « une violation flagrante des normes du droit international ». Il exige une enquête

   Selon le quotidien libanais Al-Nahar (1), l’attaque s’est produite après que la Russie aurait refusé plusieurs millions de dollars offerts pour qu’elle change de position à l’égard de la Syrie.

    Vladimir Titorenko est un ambassadeur qui ne se laisse pas impressionné. En avril 2003, en poste en Irak, il a été blessé alors qu’il roulait en convoi vers la Syrie, son véhicule ayant été délibérément pris pour cible par une patrouille étasunienne. Plusieurs diplomates avaient été touchés.

A l’époque, la CIA croyait que le président Saddam Hussein se terrait à Bagdad, caché à l’ambassade russe.

(1) http://www.annahar.com/content.php?priority=4&table=mahaly&type=mahaly&day=Sat

© G. Munier/X.Jardez
Publié le 5 décembre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier



3  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Fida Dakroub : Qatar : le Corbeau voulant imiter l’Aigle!

Il est clair d’emblée que le rôle que joue le Qatar, sur la scène des événements régionaux, depuis l’accord de Doha, en 2008, vise à imposer ce petit émirat, dont la population ne dépasse pas un million et quelques centaines de mille de sujets, comme joueur principal aux conflits du Moyen-Orient.
De façon similaire, depuis sa précipitation théâtrale sur la scène des événements du "Printemps arabe", l’émir du Qatar, Cheikh Hamad, insiste à se présenter en costume de despote éclairé. Pour en faire, il s’habille en Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand, et fréquente les voltaires de l’impérialisme français, tel que Bernard-Henri Lévy, et ceux de l’obscurantisme arabe, tel que Youssef al-Qardaoui. Par contre, il est vrai que Hegel fait, quelque part, cette remarque que «tous les grands événements et personnages historiques se répètent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois, comme tragédie, la seconde fois, comme farce». De surcroît, le Cheikh Hamad – on l’appelle, aussi, émir - s’est entretenu, le 4 janvier, avec le secrétaire général de l’ONU, monsieur Ban Ki-moon, de la possibilité d’associer l’ONU à la mission de la Ligue arabe, en Syrie, afin que celle-ci profite de «l’expérience» de l’organisation internationale, en matière de mission de paix et d’interposition. Cette manœuvre, de la part de l’émir, vise à atteindre deux objectifs : premièrement, faciliter et légitimer une intervention de l’OTAN, dans la crise syrienne – il n’est plus secret que, parmi les récentes «expériences» de l’ONU, figure le feu vert à l’OTAN, pour la destruction de la Lybie – ; deuxièmement, contrecarrer le pouvoir de la Ligue arabe et réduire son rôle, comme organisation représentant les intérêts du monde arabe, pour qu’elle soit une sorte de Loya Jirga, rassemblant, précisément, les émirs et sultans des familles royales du golfe Persique. Il en va de même que l’émirat du Qatar, qui possède une armée de mille cinq cents mercenaires, mais qui abrite, par contre, la plus grande base militaire américaine, dans la région, ambitionne de jouer un rôle, au niveau international, aussi énorme que l’énormité de la présence des troupes étrangères, sur son territoire. Ainsi, aux premières lueurs du "Printemps arabe", le Qatar, qui s’est transformé en un outil médiatique, aux mains des puissances impérialistes, dans le monde arabe, s’est précipité, sur la scène des événements. Il faut souligner le rôle que joue, en ce sens, la chaîne Al-Jazira, dont l’objectif est de fausser les données réelles de la guerre impérialiste contre la Syrie, et cela, en promouvant un discours de haine et de ressentiment religieux contre les groupes minoritaires au monde arabe. Aussi le Qatar, en s’alignant sur des positions, qui suggèrent, carrément, l’intervention étrangère, en Syrie, est allé loin, dans la question des sanctions contre la Syrie, qui ont laissé des effets négatifs et directs, sur le niveau de vie, l’alimentation et les médicaments du peuple syrien. On en peut que partager le même avis de l'analyste politique russe, Viatcheslav Matuzov, qui a souligné que le Qatar joue un rôle négatif, au sein de la Ligue arabe, ajoutant que «les États-Unis veulent la chute et la destruction de la Syrie, en tant qu'État arabe indépendant (…) L'Occident a une seule demande de la part de la mission des observateurs arabes, à savoir, la prise d'une position, en solidarité avec l'opposition extrémiste, sans aucun souci de chercher après les faits réels sur le terrain», a estimé l'analyste russe, dans une interview à la chaîne «Russia Today».
Il convient de mentionner que les ingérences hostiles du Qatar, dans les affaires internes de la Syrie, se font, au moment où deux puissances se confrontent, dans une sorte de guerre froide, dans la région du golfe Persique : celle du Pygargue, à tête blanche, étatsunien et celle du Derafsh Kaviani iranien. La présence de la première puissance est en déclin, dans la région, surtout, après le retrait des légions de l’Empire de l’Irak ; celle de la deuxième puissance est en croissance. Entre ces deux grandes puissances belligérantes – l’Iran et l’Empire étatsunien – les ambitions «impériales» du Qatar évoquent en nous la fable de La Fontaine, Le Corbeau voulant imiter l’Aigle. Pendant toutes les périodes précédant le "Printemps arabe", l’Égypte jouait un rôle central, au sein de la Ligue, qui lui permettait de diriger le monde arabe, surtout, à l’époque du Président Nasser (1956 – 1970) et la montée de l’idéologie nassérienne.
Dès sa naissance, en 1945, la Ligue arabe était toujours divisée en deux camps aux visées politiques opposés. D’abord, dans les années quarante et cinquante, l’entente égypto-saoudienne, favorable aux projets d’indépendance, s’opposait à l'axe hachémite jordano-irakien, plus enclin à une coopération avec la puissance britannique, encore, maîtresse de nombreux protectorats et mandats (Soudan, Palestine, Émirats, etc.). Par la suite, dans le contexte d’anti-colonialisme et de la Guerre froide, la division prit une nouvelle démarcation entre États socialistes, proches de l'URSS (Libye, Syrie, Algérie, Égypte de Nasser, l’Irak, le Yémen du Nord) et États proches des États-Unis (les émirats et sultanats arabes du golfe Persique). Enfin, après la chute de l’Union soviétique, la Ligue arabe se trouvait divisée, encore, en deux camps : d’un côté, les pays résistants aux projets américains de domination (surtout, la Syrie et le Liban) ; de l’autre côté, les pays dociles à l’Empire (toujours, les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, l’Égypte de Mubarak).
Suite à la chute du dernier pharaon, Moubarak, en 2011, l’Égypte se trouve occupée par ses problèmes internes, ce qui l’empêche de continuer à jouer un rôle principal, dans le monde arabe, même si le secrétaire général de la Ligue continue à faire privilège de l’Égypte. Il n’est plus secret que l’absence «transitoire» de l’Égypte, comme leader du monde arabe, a entraîné une diminution du rôle que joue la Ligue. Autre que l’Égypte, aucun pays n’est en mesure de diriger le monde arabe. L’Égypte reste le seul pays «habile» à jouer ce rôle, vu son poids démographique, économique et culturel. Sur un autre plan, l’Arabie saoudite n’est plus dans une situation lui permettant de remplir ce vide laissé par l’enfermement de l’Égypte, sur ses propres crises et problèmes internes, et cela vu la fragilité et l’instabilité intérieure et les tremblements politiques aux portes du Royaume – la révolution, a Bahreïn, et la guerre civile, au Yémen. Simultanément, les pays du Maghreb ne sont pas, non plus, en mesure de diriger le monde arabe, vu, premièrement, leur position géographique, au bout du monde arabe, et deuxièmement, la nature démographique de ces pays, qui ne constituent pas vraiment des agglomérations de masses, comme l’Égypte et le Levant, mais, plutôt, des centres urbains dispersés, au long de la côte méditerranéenne de l’Afrique du Nord. De même, la Tunisie reste, au lendemain de sa révolution "Jasmin", instable, du point de vue politique ; et la Lybie se trouve ruinée, par la grâce de la «mission humanitaire» de l’OTAN.
Donc, le retrait temporaire de l’Égypte de la scène des événements a créé un vacuum, aux niveaux politique et diplomatique. Ajoutant à cela, le retrait des légions de l’Empire, de l’Irak, qui a ouvert les portes, devant la puissance iranienne ascendante. Pour faire «barrage» à l’expansion iranienne, seul, le Qatar, semble capable de jouer ce rôle, aux niveaux politique et diplomatique, en tant que concessionnaire de l’Empire et négociant – plutôt que négociateur – ; pour la simple raison que, du point de vue militaire, le Qatar n’est, en réalité, qu’une base militaire américaine, dans la région.
Pour contrecarrer le rôle de la Ligue arabe, l’ingérence hostile du Qatar, dans la crise syrienne, et son engagement complet à la conjuration impérialiste visent, en premier lieu, à créer des divisions entre ses membres, basées sur des sensibilités religieuses – sunnites vs. chiites – et ethniques – Arabes vs. Perses – et deuxièmement, à transformer la Ligue, en une sorte de Loya Jirga, rassemblant les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, dont les monarchies se justifient par une idéologie wahhabite, la même que celle des Taliban. Plus tard, ce nouveau bloc wahhabite, qui comprend les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, les Taliban de l’Afghanistan et les "Frères musulmans" de l’Égypte et de la Syrie – bénéficiant de l’énorme support des puissances impérialistes – tenterait de démembrer l’Arc chiite qui s’étend de l’Iran jusqu’au Liban, tout en passant par l’Irak et la Syrie ; et cela, en renversant le régime syrien, en premier lieu, ensuite, en isolant le gouvernement de Maliki, en Irak, en second lieu. Par conséquent, le Hezbollah, au Liban, se trouverait coupé, totalement, de son arrière-front, l’Iran ; ce qui faciliterait, à une étape plus avancée, à envahir l’Iran. En un mot, l’ouverture d’un bureau de Taliban, au Qatar, met, officiellement, fin à la guerre étatsunienne contre le terrorisme ; et les ennemis d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui. Ce qui revient à dire que les dernières attaques terroristes, au cœur de la capitale syrienne, expriment l’application concrète de ces nouvelles Liaisons dangereuses qui sont émergées, récemment, entre le vrai Patron – l’Empire étatsunien – représenté par son concessionnaire arabe – le Qatar – d’un côté, et les Taliban, de l’autre côté – derrière eux Al-Qaïda, évidemment....
Fida Dakroub

http://www.alterinfo.net/Qatar-le-Corbeau-voulant-imiter-l-Aigle_a69685.html


 

 

3-2Quand l’émir du Qatar se fait renvoyer bottes au cul..de la Mauritanie!

Il fallait oser le faire... En effet, le président mauritanien, Mohamed Oueld abd el Aziz n'a pas hésité de rappeler à son hôte l'Emir du Qatar,  Hamad bin Khalifa Al Thani, ses limites quand il s'agit de proférer des conseils sur la manière de gérer son pays!

Selon des  sources mauritaniennes bien informées ,  la visite de l'Emir du Qatar en Mauritanie a été trés négative, puisque ce dernier s'est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l'aéroport de Nouakchott !

Les sources ont souligné que la raison de cette dispute est que le prince du Qatar a exigé du  président mauritanien  d'apporter des réformes démocratiques à son  pays, notamment dans le domaine des libertés et de la politique économique.

Des "conseils" que  Ould Abdel-Aziz a dénoncé comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu'à vilipender  la politique qatarie qui se contente d'"exporter la révolution" , accusant la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira d'inciter la haine contre les régimes arabes.

Selon le journal mauritanien alSiraj,  la rencontre entre l'émir du Qatar et le Président mauritanien a pris une tournure dramatique quand l'émir du Qatar a demandé au président mauritanien des réformes, et lui a demandé de faire pression sur le président Bachar al-Assad .

Le journal a indiqué que le président mauritanien a réagit violemment aux propos de sa Majesté qatarie, allant juqu'à  exprimer sa solidarité avec le président Bachar al-Assad, affirmant que " les peuples ne savent pas ce que vous voulez", et que "ce que vous appelez des révolutions ne sont que des complots".

Le journal alSiraj a précisé que des sources sécuritaires arabes ont mis en garde le président mauritanien du rôle du   Qatar de tenter de provoquer un changement dans le pays, ajoutant "ce rôle consiste à péraper le terrain pour entraîner la Mauritanie dans le cercle vicieux des complots, sponsorisés par les qataris selon les termes de ces sources!

Et donc,  l’émir et sa suite sont repartis seuls à l’aéroport de Nouakchott, sans être accompagnés, comme l’aurait voulu le protocole et comme cela avait été le cas lors de l’arrivée du prince, par leur hôte mauritanien.

Lequel aurait même interdit à ses ministres de le remplacer dans cette circonstance !http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=21&frid=21&eid=44996



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ilia Kharlamov : Tension dans les relations diplomatiques avec le Qatar.

Les relations entre Moscou et Doha sont tendus suite à un incident avec l'ambassadeur de Russie au Qatar. La Russie est prête à accepter les excuses du Qatar et à reprendre des relations diplomatiques normales.

Moscou exige des excuses officielles et une enquête minutieuse suite à l'incident avec l'ambassadeur de Russie au Qatar, Vladimir Titorenko.

Le 29 novembre, la police de l’aéroport de Doha a tenté d'employer la force contre l'ambassadeur et de s'emparer du courrier diplomatique.

Cet incident jette un froid sur les relations diplomatiques entre les deux pays et pourrait remettre en question la participation du Qatar dans le projet d'extraction de gaz Iamal.

La position russe déplait

Le printemps arabe tellement salué par les libéraux occidentaux, risque de d'entraîner une explosion d’islamisme de large envergure dans le Nord de l’Afrique. Mais les islamistes ne sont pas les seuls à vouloir contrôler la situation.

L’Occident voit l’Afrique du Nord comme une sphère d'influence et cherche à tirer le maximum de profit des changements de régimes.

La Russie se positionne depuis le départ pour un règlement pacifique des conflits politiques intérieurs en Libye et en Syrie. Les intentions de Moscou de développer des projets énergétiques avec les pays de la région n’est pas au goût de tout le monde. L’agression de l’ambassadeur russe au Qatar pourrait être lié à cela car il est impossible de l’expliquer du point de vue des relations civilisées entre les pays. 

Une action commanditée

Selon Vladimir Titorenko «de telles actions ne peuvent pas être accidentelles. Le déroulement de l'opération montre clairement qu'elle était organisé par certaines forces, étrangères ou qataries. Ces deux ou trois dernières années ont été tumultueuse du point de vue des partenariats énergétiques. En novembre dernier des accords préliminaires ont été conclues concernant la mise en œuvre de gros projets d’investissements dans la sphère énergétique. Cela ne plait pas à certains Etats, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne qui voient la Russie comme un concurrent».

L'ordre de confisquer la valise diplomatique aurait émané, d’après les employés de l’aéroport, du Premier ministre du Qatar, Hamad ben Djasem. Cet homme est étroitement lié aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne, où il possède des intérêts économiques.

L’incident pourrait cependant être attribué à un malentendu regrettable.

Il y a un mois, un journal qatari s'en était pris à la Russie, critiquant dans une série d'articles sa position sur la situation conflictuelle dans la région.

La Russie est prête à accepter des excuses de la part des autorités qataries et de fermer l’incident. Doha ne semble pas être pressé et les relations diplomatiques avec Moscou sont au toujours au plus bas.

Ilia Kharlamov

27 Décembre 2011

french.ruvr.ru



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

5-1 IRIB :Tunisie : le petit Qatar fait peur!  

L’un des signes les plus apparents de cette influence grandissante est, sans aucun doute, la désignation au poste du ministère des Affaires étrangères de Rafic Abdel Salam, à la demande de Doha.
Gendre du leader du mouvement islamique "Ennahda", Rached Ghannouchi, Abdel Salam a travaillé, pendant de longues années, comme Directeur du centre d’études du réseau d’Al-Jazira net au Qatar. Le déclencheur de cette appréhension n’est autre que la visite, en Tunisie, de deux jours, du prince qatari Hamad Ben Khalifa al-e Thani . Le secrétaire général du Mouvement des Nationalistes Démocratiques (MND), Choukri BelEid, assure que cette visite fait l’objet d’un refus populaire, s’attendant à ce qu’elle exacerbe la situation politique, en Tunisie. BelEid a accusé "Ennahda" d’avoir convoqué «le parrain de l’Islam politique, dans la région», en allusion au prince du Qatar : «Je m’étonne de la visite du prince du Qatar, dont le pays souffre d’une pauvreté, dans le tissu politique, et qu’il nous lance des théories sur la démocratie, alors qu’il est l’allié de l’OTAN, des Etats-Unis et de l’entité sioniste», a-t-il déploré. Même son de cloche, de la part du secrétaire général du parti de l’Action Communiste (AC), Hamma AlHamami, qui en a appelé à une mobilisation générale, pour refuser cette visite. Alors que le journal «Al Hakika» (La vérité) a publié, en première page, un portait du prince qatari, avec, comme manchette : "Hamad, tu n’es pas le bienvenu ... La Tunisie n’est pas à vendre". Doha est critiqué, pour son rôle dans la formation du gouvernement provisoire actuel, présidé par Hamadi al-Jabali, le chef du mouvement islamique "Ennahda". L’an dernier, une visite du prince Hamad, prévue le jour de l’investiture des membres de l’Assemblée nationale constituante, issus des élections du 23 octobre, avait été annulée, après le tollé qu’elle a suscité, au sein de la classe politique tunisienne. Jeudi soir, le porte-parole du gouvernement provisoire tunisien, le ministre des droits de l’Homme, Samir Dilo, a signalé que le dirigeant qatari devrait participer à la cérémonie de la première commémoration de la révolution du 14 janvier, qui a renversé le dictateur Ben Ali. En même temps, neuf protocoles d’entente seront, également, signés, pour renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays. Le Président libyen, Mustapha Abdel Jalil, algérien, Abdel Aziz Bouteflika, et des ministres venus du Maroc, des Emirats-arabes-unis, de Bahreïn, du Koweït et de la Palestine, devront, également, participer à la cérémonie.

14/01/2012


5-2 Léon Camus : Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

Unique pays wahhabite hors l’Arabie saoudite, l’émirat qatari est une péninsule de 11 437 Km2 soit un peu plus que la Corse, indépendant depuis 1971, peuplé d’un million et demi d’habitants dont seuls 200 000 sont des qataris de souche ! Pétrole et gaz naturel y abondant (3e producteur mondial), le revenu par tête de pipe y est l’un des plus élevés au monde, nul ne payant d’impôts, tous disposent de transports et d’un système de santé gratuits… aucun Qatari - parce que riche avant de naître - ne se voit donc contraint de travailler pour gagner son pain à la sueur de son front, la main d’œuvre servile s’en charge.
Une pétro-monarchie absolue [dirigée depuis 1995 par l’émir (commandeur) Hamad bin Khalifa al-Thani, lequel a déposé son père en profitant de son séjour en Suisse, ce dernier ayant au préalable évincé son cousin en fév. 1972] sans parti politique et moins encore sans l’esquisse d’une once de symbole démocratique, les révolutions arabes n’ont apparemment en rien affecté le pouvoir… même s’il existe de tout évidence des contre-pouvoirs actifs dans la péninsule comme semble l’indiquer un coup d’État avorté en juillet 2009. Un pays où les quatre cinquième de la population n’étant pas des nationaux, les minorités iranienne, chiite, pakistanaise, arabe pourraient quelque jour avoir la velléité de réclamer les droits élémentaires dont elles se voient privées aujourd’hui.
Al-Jazira - La Péninsule.
Fort d’une réserve de 700 mds de $ en fonds souverain, l’émirat à eu l’astuce géniale de se doter en 1996 d’un prodigieux outil d’influence international avec la CNN du Monde arabe, al-Jazira la bien nommée puisque son nom signifie l’île… chaîne de télévision d’information en continu - anglo et arabophone - al-Jezira est sans contestation possible le canal satellite le plus influent du monde musulman. Il n’en demeure pas moins qu’al-Jazira couvre tous les pays sauf un… le Qatar !
Mais le temps est désormais révolu où les Yanks faisaient bombarder et assassiner ses journalistes 
2, depuis tout est rentré dans l’ordre du Meilleur des Mondes Globaux, et comme WikiLeaks nous le confirme, al-Jezira s’est opportunément placé sous la bannière étoilée et gratifiante de la diplomatie armée nord-américaine… ce qui ne l’empêche nullement de relayer les communiqués d’Al-Qaïda, assurant par ce biais à la nébuleuse terroriste un canal de communication hors pair. L’Émir à ce propos, en janvier 2010, admettait benoîtement devant le Conseil de coopération du Golfe, que l’outil politique al-Jezira lui était utile à se ménager les bonne grâces de l’organisation takfiriste ! Mais al-Qaïda et la CIA, n’est-ce pas du pareil au même  3 ?
Quand le « Printemps arabe » se déclenche, le Qatar dispose ainsi de tous les atouts pour y jouer un rôle déterminant : une chaîne satellitaire suivie par 50 millions de téléspectateurs, des soutes pleines à craquer de pétrodollars et des liens étroits avec les futurs dirigeants islamistes durs qui vont s’imposer à l’issue de processus démocratiques destinés à donner le change.
Al-Jazira est basée, à Doha, la capitale du Qatar. C’est également le Qatar qui a « hébergé » le CentCom, le commandement opérationnel américain ayant supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003.
Tête de pont et fer de lance de la diplomatie armée nord-américaine.
En vertu d’accords de défense signés en juin 1992, nous trouvons à une quarantaine de Km de Doha, el-Oudeid, principale base aérienne des É-U dans la région sur laquelle se trouve prépositionnés quelque 120 chasseurs bombardiers F-16 et divers autres aéronefs de combat. L’armée américaine dispose là d’une formidable capacité de « projection » sur l’ensemble du Proche-Orient, le Bassin de la Mer Caspienne et l’Asie centrale… C’est à partir d’El Oudeid que les É-U ont, en mars 2003, bombardé l’Irak. Le Qatar est donc, à ce titre et de toute évidence, un État de première ligne dans la stratégie de conquête et suprématie holistique conduite depuis 1991 par les ÉUA 
4.
Une politique fourre-tout d’influence tous azimuts...
« L’émir n’est pas un grand démocrate, mais il a été parmi les premiers [dans le monde arabe] à comprendre qu’il fallait aller dans le sens de l’histoire  ». Anonymous !
Alors Doha s’efforce, avec l’aide assidue du Département d’État, de mener un jeu diplomatique subtil consistant à être dans tous les camps simultanément. En février 2010, le Qatar signe un pacte de défense avec la Syrie et l’Iran et se fait le tour operator avec le président syrien Bachar el-Assad - contre lequel l’Émirat conspire activement à l’heure et militairement parlant - de la visite triomphale que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad fera au Liban en juil. 2010… L’émir s’est quant à lui rendu en Israël lors d’une visite discrète la même année, en mars selon Wikileaks. En ce qui regarde les transferts de fonds au profit des organisations djihadistes [New-York Times « Follow the Money » 8 déc.2010] et de tous les islamistes, des plus modérés aux plus radicaux, tel le parti tunisien islamiste Ennahda en la personne de son chef Rached Ghannouchi, le Qatar ferait preuve de beaucoup de laisser-aller, laisser-faire, pour ne pas parler d’une bienveillante indulgence... «  Ici je puis défendre ma cause sans contrainte… Le Qatar m’assure une liberté d’action et une large couverture médiatique internationale » dira le fondateur du FIS algérien, Abassi Madani, réfugié à Doha depuis 2003 et souvent reçu au palais. Qui ne doute d’ailleurs que l’Algérie à bout de souffle, ne perde rien pour attendre ?!
Égypte, Tunisie, Libye, Syrie... un rôle central dans les révolutions arabes.
Lors de la révolution de palais de 1995, les gardes du corps égyptiens qui assuraient la protection rapprochée de l’émir déchu s’étaient vilainement battus jusqu’au bout. Al-Thani s’est alors convaincu qu’ils avaient suivi des ordres pris au Caire… Hosni Moubarak sera par conséquent la première cible de l’Émirat à l’heure des révoltes arabes. De son côté, le Raïs égyptien Moubarak n’appréciait guère que le Qatar multiplie les missions de bons offices au Liban ou au Soudan, sa chasse gardée diplomatique. Dès les premières émeutes populaires au Caire, al-Jazira prend fait et cause pour la foule. Au fait des méthodes et techniques éprouvées empruntées aux journalistes occidentaux, les correspondants d’al-Jezira gonflent outrageusement le nombre des manifestants et la violence de la répression, suscitant un surcroît de colère et de révolte dans les opinions publiques arabes par le truchement de son auditorat… Le prédicateur islamiste, vedette de la chaîne, l’Égyptien Youssef al-Qaradawi, exilé à Doha depuis cinq décennies, animateur de l’émission à très large audience « La Charia et la Vie » excite alors les foules à bouter dehors le « Pharaon » ... La messe est dite !
Passons rapidement sur la Tunisie. Une chose est certaine : le financement d’Ennahda, nouveau parti islamiste au pouvoir par le Qatar est un secret de Polichinelle. Le 2 janvier dernier, Rached Ghannouchi son chef -qui se déplace considérablement sans excepter les États-Unis of course -et apporte un soutien sans réserve à la noble cause du Conseil national syrien - était à nouveau reçu au Qatar appelé à lui fournir les moyens nécessaires pour « que la Tunisie nouvelle puisse devenir un exemple en matière de progrès et de démocratie authentique sur la base des valeurs de l’Islam et de ses enseignements ». Pourquoi pas, mais que ce message soit envoyé depuis le Qatar, bastion du radicalisme wahhabite, laisse quand même songeur, pour ne pas dire pantois !
Pour ce qui est le Libye, le cas est exemplaire. Selon le Figaro 6 novembre 2011, Doha aurait engagé 5000 commandos des Forces spéciales qataries sur le front libyen ! Il ne s’est donc pas agi d’un soulèvement populaire, voire d’une cruelle guerre civile, mais bien – comme tout le laissait supposer - d’une intervention armée extérieure et d’une guerre sans uniforme ! « Chargées d’épauler les rebelles, les troupes de Doha se sont d’abord déployées à Tobrouk puis ensuite à l’ouest dans le djebel Nefoussa, où le chef d’état-major qatarien, le général Hamad ben Ali al-Attyiah s’est rendu à plusieurs reprises ». La participation du Qatar au cours de l’intervention menée contre la Jamahiriya libyenne, aura été ainsi particulièrement plus conséquente qu’avouée et ne se sera pas limitée au soutien logistique et aérien revendiqué de prime abord… l’émirat ayant mis quand même à disposition de l’Otan huit Mirage 2000 sur les douze qu’ils possèdent ! Mais les guerres modernes ne sont-elles pas avant toute chose, voire essentiellement, des guerres du mensonge, ne serait-ce que par omission ?
D’après d’autres sources [27-12-2011 Le Nouvel Observateur] : « Les Qatariens sont arrivés avec des valises remplies d’argent, ce qui leur permit de retourner des tribus », ajoutons de recapitaliser les groupes et factions djihadistes [notamment les surgeons du Groupe islamique combattant en Libye - GIGL] en sommeil depuis leur répression par Kadhafi il y a une petite dizaine d’années, mais dont certains éléments libérés en 2008 on joué un rôle central dans la chute de la Jamahiriya, tel Abdelhakim Belhaj, chef de troupes de chocs qui firent tomber Tripoli, puis commandant militaire de la capitale libyenne avant de partir – selon toute vraisemblance 
5.
Dans un entretien accordé à la chaîne panarabe Al Arabiya, le président démissionnaire du bureau exécutif du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril, avait corroboré que les pétrodollars qataris avaient servi à alimenter « les rivalités et les motifs de désaccords existant entre les rebelles et les divers courants gérant l’après Kadhafi, dans le but explicite de diviser et de monter les uns contre les autres les frères libyens » 
6. Au total ce sont 400 millions de $ qui auraient été versés par l’émirat. Quand on aime, on ne compte pas !
Pour ne pas conclure sur le très sanieux chapitre libyen, il s’agit de garder en mémoire que les Qataris ont largement favorisé, approvisionné et abondé les groupes islamistes 
7. Dans le Djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, les Moukhabarat, les services spéciaux qataris en liaison directe avec leur Cheikh, ont présidé à la distribution très sélective des missiles antichars généreusement offerts par la France. Ce n’est pas moins de neuf cargaisons qui furent ainsi réparties au seul profit des combattants islamistes. Une partie des armes devait par la suite s’évanouir dans la nature en complément des « 10 000 missiles sol-air » engloutis dans les sables libyens selon l’amiral Giampaolo Di Paola, chef du Comité militaire de l’Otan assurant la coordination entre les différents états-majors opérationnels en Libye.
Or, à présent, c’est le Qatar - qui sait apparemment à merveille tirer les marrons du feu - qui a pris le relais de l’Otan sur le sol libyen, en assurant la suite des opérations puisque contrairement à ce que n’en dit pas la grande presse, la situation y est encore loin d’être complètement stabilisée… État de fait qui confirme indirectement le rôle central que le Qatar a occupé dans le déroulement des opérations d’une guerre qui n’a jamais dit son nom 
8 !
Désormais, il sera parfaitement loisible de voir dans le Qatar un « acteur majeur » de la scène orientale et plus encore, à travers les liens politiques et économiques tissés avec la France, un protagoniste de l’espace euroméditerranéen. « Un cas unique ! Nous avons assisté à la naissance d’une puissance régionale de la taille d’une tête d’épingle » s’était exclamé le chantre belliciste Bernard-Henri Lévy… et même une « puissance internationale » faudrait-il ajouter en tant que - ultima ratio - bras armé du Pentagone et agitateur au service du Département d’État dans les banlieues du Tiers-Monde hexagonal.
Reste qu’il est parfaitement cocasse – et pas uniquement pour les esprits chagrins – de voir une monarchie réellement absolue, animée par un puritanisme religieux fanatique, œuvrer au triomphe de la démocratie… ou de ce que l’on nomme tel !
Le PSG, les banlieues, l’émir et le Sarkoland.
Depuis quelques années Washington s’immisce insidieusement, sournoisement mais sûrement dans les affaires intérieures françaises, notamment celles de nos périphéries et autres « banlieues », sous couvert de nous donner des leçons de démocratie plurielle et en accusant aimablement les Frenchies d’être d’infâmes « réacs » pratiquant d’odieuses exclusions à l’égard du sel de la terre… C’est ce modèle made in America qu’entendent aujourd’hui appliquer également les Qataris bien décidés à déverser les millions par brassées sur nos gentils discriminés sous le regard attendri des supporteurs du PSG. Le Qatar, micro État et vibrion polymorphe, a en effet racheté la majorité du capital du PSG tout en intervenant militairement aux côtés de l’Otan pour démocratiser la Libye, et bientôt la Syrie – c’est-à-dire l’offrir aux islamistes radicaux - et en se faisant désigner dans la foulée, contre monnaie sonnante et trébuchante il va de soi, comme organisateur en 2022 de la Coupe du monde de football !
Des banlieues « céfrans » choyées et convoitées.
Le Qatar a depuis longtemps emboîté le pas aux Yanks en matière d’ingérence dans les affaires intérieures hexagonales : son ambassadeur n’a-t-il pas annoncé en décembre la création d’un fonds d’investissement de 50 millions € en vu de financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France ? Dix élus périurbains - cinq hommes, cinq femmes, parité oblige – ont de la sorte été invités au Qatar où ils ont été reçus à l’instar de chefs d’État (futurs peut-être) par l’émir Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani dans le but officiel d’établir des partenariats économiques entre l’émirat et les quartiers populaires où des entrepreneurs se disent « victimes de discrimination et bloqués » 9.
Le Qatar en France : un État dans l’État et le généreux financier de nos politiques.
Une question se pose crûment : les fonds souverains qataris sont-ils en passe d’acheter la France en pièces détachées à l’instar de ces organisations sionistes qui s’implantèrent en Palestine - pour finir par y créer un État, pour l’heure toujours sans frontières ! - en rachetant morceau par morceau, des terres, des lopins, des domaines, des champs et des maisons à qui voulaient leur vendre ?
Commençons par l’achat en gros et en détail de notre classe politique. Des faits et ils sont évocateurs ! Nos politiques sont tous autant qu’ils sont, de modernes jet-setteurs passant le plus clair de leurs temps dans les avions pour aller se dorer la pilule qui à Marrakech, qui en Tunisie (Alliot-Marie), qui en Égypte (Juppé) et ne parlons pas de notre agité-du-bocal ! En vrac parmi les habitués de l’émirat : Villepin, Delanoë, Douste-Blazy, Dati, Royal, Amara, Guéant, Debré, Larcher, Védrine, Mitterrand, Morin, Chevènement, Baudis, Lang 
10. Pas un qui manque à l’appel !
Trois semaines après son élection, en 2007, le premier chef d’État arabe reçu à l’Élysée est l’émir al-Thani. Celui-ci, le 14 juillet suivant, assistait au défilé de nos troupes au côté du président de la République. Lorsque M. Sarkozy occupait la place Beauvau, il avait eu à connaître de la formation des forces de sécurité qataries, d’où des contacts privilégiés… Ce serait par ailleurs le Qatar qui serait intervenu de façon décisive dans la libération en août 2009 du libyen al-Megrahi, l’un des auteurs présumés de l’attentat de Lockerbie, puis surtout, en juillet 2007, dans celle des infirmières bulgares détenues en Libye ; pourtant, curieusement, ce furent Cécilia Sarkozy et son mari qui en récoltèrent tous les lauriers.
De la même mauvaise manière quand le président français - en bonne compagnie : celle du Premier ministre britannique David Cameron et du plumitif Bernard-Henri Lévy alors promu Ministre bis des Affaires étrangères et de la Guerre - paradent à Tripoli le 14 septembre, après la mort ignominieuse - pour les vainqueurs – du Raïs déchu, le grand allié qatari est exclu du triomphe… Et il en concevra un ressentiment durable à l’égard du chef de l’État français 
11. Précisons que le Qatar joua un rôle discret, pour ne pas dire occulté - mais essentiel car unique dans le monde arabe - dans la destruction libératoire de la Lybie assortie de ses 150 000 morts « humanitaires », lesquels auront évité, il est vrai, par leur sacrifice « un véritable bain de sang »  12 ! Il en sera vraisemblablement de même, lorsque les nouveaux Alliés anglo-franco-turco-quataris en auront fini avec la Syrie, mais la démocratie est à ce prix et l’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas ?
Pour revenir à la noria de personnalités françaises qui vont chercher quelque fraîcheur à l’ombres des méga buildings et palmiers qataris, réservons une mention spéciale aux membres ou ex membres du gouvernement : Claude Guéant missi dominici de M. Sarkozy, Fadela Amara et Rachida Dati qui, lorsque cette dernière était encore Garde des sceaux, se rendait deux ou trois fois par mois à Doha ! Il est vrai, ceci expliquant cela, que sa sœur est ou était l’une des proches collaboratrices du procureur général du Qatar… On comprend mieux ainsi les bâillements de la susdite sur les travées du Parlement européen de Strasbourg et ses savoureux fourchages de langue dus évidemment aux décalages horaires ! Chirac président effectua neuf visites officielles dans l’émirat, un client avantageux et assidu du cabinet de conseil de l’ancien Premier ministre Villepin dont les déplacements se font apparemment sur les avions personnels de l’émir ! 
On jugera également du poids de l’émirat dans la vie politique française, sachant qu’à partir de 2008 il s’est vu octroyer des privilèges fiscaux tout à fait exorbitants - par la grâce des votes de la Chambre et du Sénat – afin de faciliter ses investissements dans notre belle République bananière 
13. Ainsi les investissements immobiliers qataris ne sont pas imposables sur les plus-values et ses ressortissants en France ne sont pas astreints à l’ISF durant les cinq premières années de résidence. Notons que le groupe d’amitié France/Qatar ne compte pas moins de 49 députés à l’Assemblée nationale... en contrepartie Doha a passé avec Paris des accords pour la formation de ses marins et de ses policiers, ce pourquoi le Qatar devrait voir la création d’annexes de certaines de nos grandes Écoles telles HEC, Saint-Cyr ou l’École nationale de la magistrature… mais de là à dire que le palais de Élysée et celui de Doha seraient cul et chemise, subsiste un pas que nous ne saurions franchir !
Quant aux liens économiques…
Les entreprises françaises sont comme de bien entendu représentées en force dans l’émirat, au premier rang desquelles Total, GDF-Suez (5,8%), EDF, Veolia, Vinci, Air Liquide, EADS, Technip… Reste que le Qatar en tant que détenteur d’un prodigieux fonds souverain – la Qatar Investment Authority - dont les avoirs tournent autour de 700 milliards de dollars, s’intéresse de près à nos secteurs stratégiques : par exemple le groupe d’industries de défense et de presse Lagardère (7,6 %), Veolia (5%), de Suez Environnement (1%), Vinci (5,8%), ou la compagnie maritime d’affrètement CMA CGM, et plus encore à Areva et au nucléaire. Fin 2010, ce n’est qu’in extremis que fut bloquée par le gouvernement – et non par la présidence évidemment - l’entrée du Qatar dans le capital du groupe nucléaire français. Un activisme boursier et des offres d’achat représentatifs de l’agressivité et du volontarisme des mercenaires de l’ingénierie financière qui conseillent la famille régnante du Qatar ou œuvrent au service de ses hommes d’affaires.
Un cas intéressant : l’immobilier et le patrimoine.
L’immobilier donne également une assez bonne mesure de l’influence et des ambitions qatarie en Hexagonie : l’émir possède personnellement à Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine, une résidence couvrant 4.000 m2 ainsi que l’hôtel d’Évreux, place Vendôme, assorti des deux autres hôtels particuliers y attenant. Quant au fonds souverain émirati, il s’est octroyé à Paris plusieurs grands hôtels tels le Royal Monceau... ou encore le Majestic de Cannes.
Plus emblématique encore, le cas de l’Hôtel Lambert, fleuron du patrimoine parisien du XVIIe siècle sis à la pointe est de l’île Saint-Louis, acquis en 2007 des mains des héritiers de Guy de Rothschild par le propre frère de l’émir et dont les travaux de « restauration » (lire aménagement façon pétromonarchique) ont fait beaucoup de bruit, et pour cause. Des travaux considérables et illégaux qui ont suscité une polémique, or pour l’étouffer, Christine Albanel ministre de la Culture (dont le digne prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, faisait accrocher en sept. 2008 un homard rouge géant à Versailles au plafond de la Salle des batailles), s’est à l’époque bien gardée de saisir la Commission nationale des monuments historiques mais avait créé de toutes pièces un Comité scientifique ad hoc… Passez muscade !
2012 l’année du Qatar en France ?
D’un côté l’émirat comble de bonheur des supporteurs du PSG en recrutant joueurs et entraîneur à prix d’or, de l’autre, il offre à Arnaud Lagardère une magnifique assurance-vie en devenant le premier actionnaire de l’empire familial (7,6 %) ! Quant à la chaîne qatari al-Jazira, celle-ci vient d’acquérir la majeure partie des droits de retransmission de la Ligue des champions de 2012 à 2015, soit quatre lots sur cinq relatifs aux droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. 
14
Amorcé en 2006, le rachat du PSG par Qatar Sports Investments, a conclu au final quinze ans de rapprochement et d’intrication d’intérêts politiques et économiques entre la France et le Qatar 15. À l’origine, Jacques Chirac avait eu l’habileté – ou un pragmatisme en béton teinté d’un franc mépris pour l’état de droit en général - d’avoir été en 1995 le premier chef d’État a reconnaître officiellement l’émir al-Thani qui venait justement de pousser dehors son propre père parce que jugé inapte à la gestion de son micro et richissime royaume… Quant à Nicolas Sarkozy, il a pour sa part, en quelque sorte, assuré la continuité du service public – certes d’abord au profit du despotisme sportif - en se démenant pour faire aboutir la reprise du club par l’émirat. Chantal Jouanno, alors ministre des Sports, avait failli payer cher et se faire virer pour avoir déclaré publiquement - la folle - qu’elle eût préféré des investisseurs français !
Pour compléter le tout, Doha a obtenu – à coup de dessous de tables ! - l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Le recrutement de Zinedine Zidane – il aurait reçu dit-on entre un et dix millions €… ce que l’intéressé s’est bien gardé de contredire - en tant qu’ambassadeur d’un pays n’ayant jamais organisé un tournoi international de ce type et de cette envergure, aura été aussi un maître coup en matière de communication. Au demeurant, le Royaume-Uni et l’Allemagne auront contesté une décision - pourtant rationnelle selon les critères en vigueur de nos jours : la loi d’airain du pognon - et demandé de façon assez peu réaliste que le choix en faveur de Doha soit réexaminé… Qui vivra verra !
Notons que l’intérêt du Qatar pour le « foot » déborde largement la Coupe du monde, l’acquisition du PSG et d’une brochette de joueurs peoplisés et dorés sur tranche parce que mieux payés que les plus super traders de salle de marchés… Ainsi les clubs de football européens deviennent des proies qui tombent les unes après les autres : Malaga en Espagne et le FC Barcelone, maintenant le Paris Saint-Germain avons-nous dit, le seul grand club de la capitale française dont Nicolas Sarkozy - comme par hasard – est, ou est supposé être, un fervent supporteur.
Alors, le PSG, les banlieues, l’Émir et le Sarkoland ?!
Que recherche le Qatar en France ? L’analyse de sa stratégie d’influence reste à faire, à commencer par comprendre quels sont les effets directs et indirects que recherche le Qatar par le biais d’un tel activisme ? Activisme d’ailleurs irréductible à une simple compulsion frénétique… Au fond le Qatar n’est-il pas une sorte de chancre se nourrissant des chairs mortes qui l’entourent ? Au demeurant force est de constater que la présence et l’influence du Qatar en France grandissent de façon démesurée. L’annonce d’un fonds d’investissement au profit exclusif des banlieues, « oubliées et délaissées », intervient quelques jours à peine après l’acquisition par le Qatar, via la chaîne al-Jazira Sport, de quatre des cinq lots des droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. Il se répète enfin, et de façon particulièrement insistante, que l’Élysée n’aurait pas ménagé ses efforts – comme si cela constituait une priorité dans la conjoncture actuelle ! - pour convaincre l’émir de donner au PSG les moyens de ses nouvelles ambitions. Mais en contrepartie de quoi ?
Washington en terrain conquis : politique d’ingérence et d’influence !
Les banlieues françaises sont aujourd’hui des cibles prioritaires de l’influence culturelle américaine… au vu au su de tous et sans que nul ne songe à s’en offusquer, bien au contraire. Le Japon, l’Inde et la Chine se partagent à vil prix les dépouilles de notre ex empire industriel, la Grande Amérique quant à elle, nous passe sur le ventre et guigne les faveurs de nos banlieues musulmanes. Tout cela est cependant en parfaite cohérence avec la vague de pouvoirs islamistes militants qui s’installent inexorablement sur le pourtour méditerranéen avec la bénédiction ou l’aide de Washington et de son bras armé qatari.
Depuis le printemps 2008 l’Administration américaine envoie, par le truchement de sa représentation diplomatique à Paris, ses chasseurs de talents recruter des Young leaders ou leur équivalent dans les banlieues françaises, mais dorénavant non plus parmi les futures élites autochtones. Des actions dites d’influence culturelle qui sont largement montées en puissance avec l’arrivée à Paris d’un nouvel ambassadeur en août 2009 
16.
Dès 2008 les Américains s’intéressent en effet à nos banlieues et surtout à leurs responsables musulmans : des séjours dans l’Amérique de Bush et d’Obama, son digne successeur, sont organisés au profit d’associatifs qui en reviennent conquis. Une opération de séduction qui vise aussi ceux qui sont entrés dans notre paysage existentiel sous la dénomination de « Jeunes », éléments phares de nos cités, entrepreneurs intrépides et capitalistes naturels qui prospèrent dans l’économie noire et les trafics illicites ( ?) de drogues réputées douces. Des lycéens et des collégiens du 9-3 ont été à ce titre généreusement invités à dîner par l’ambassadeur d’alors, Craig Robert Stapleton et son épouse dans l’imposant hôtel particulier du Faubourg-Saint-Honoré abritant l’ambassade des ÉUA.
Le maire communiste de Vénissieux, banlieue lyonnaise, André Gérin se déclarait encore à cette époque « curieux de connaître la posture du gouvernement français et du président de la République sur ces actions. Un problème se pose d’un point de vue de l’autorité de nos institutions et de l’indépendance de la France vis-à-vis des États-Unis ». Une bonne question restée depuis sans réponse et c’est bien là que le bât blesse.
En mars 2008 un colloque « Médias et nouvelles générations urbaines : exclusion ou intégration ? » organisé en partenariat avec l’ambassade américaine et le groupe de média américain Trace, nous apportait quelques éléments de réponses en illustrant la collusion sans équivoque entre le Département d’État et nos institutionnels : y figuraient entre autres, Jean-Louis Missika (vice président de Free et ancien haut fonctionnaire du Secrétariat général du gouvernement), Robert Namias (président de l’information de TF1) et Philippe Tassi (directeur général de Médiamétrie), et Claude Grunitzky, Français d’origine togolaise habitant à New York, fondateur de la chaîne de culture urbaine Trace TV et auteur de « Transculturalismes » ayant fait carrière sur la promotion des métissages urbains… « Les États-Unis [disait-il] savent que le rêve américain est bien présent dans les consciences collectives [des banlieues] et veulent l’entretenir… Les évènements à l’ambassade rue du Faubourg-Saint-Honoré sont fréquents où sont invitées des personnalités culturelles, souvent Africaines, issues de l’immigration, qui s’expriment sur les États-Unis » !
À présent, merci au décrié Wikileaks 
17qui a rendu public un rapport du 19 janvier 2010 destiné à Mme Clinton, Secrétariat d’État américain et rédigé par l’actuel ambassadeur des É-U en France, Charles Rivkin, sous le titre évocateur « Embassy Paris. Minority engagement strategy - Stratégie d’engagement envers les minorités » dont le chapitre 4 se propose de « lancer un programme agressif de mobilisation de la jeunesse[des banlieues] ». En substance : « l’Ambassade de Paris met en œuvre une stratégie d’approche des Minorités notamment musulmane… Notre objectif est de mobiliser la population française à tous les niveaux afin d’amplifier les efforts de la France pour réaliser ses propres idéaux égalitaires, ce qui par suite fera progresser les intérêts nationaux américains. Alors que la France est à juste titre fière de son rôle moteur dans la conception des idéaux démocratiques et dans la promotion des droits de l’homme et de l’État de droit, les institutions françaises ne se sont pas montrées elles-mêmes assez souples pour s’adapter à une démographie de plus en plus hétérodoxe ».
Le 2 avril 2010, Charles Rivkin 
18en déplacement à Bondy à la rencontre des jeunes de banlieue, leur déclarait solennellement « Chez moi, c’est différent. Tu peux être africain, indien, mais tu es avant tout américain. […] J’aime parler avec tous les Français. Je sais, et je suis sûr, que le prochain leader français est en banlieue  ». On appréciera (diversement) la prétention – voire l’arrogance – américaine à nous donner des leçons de savoir-vivre républicain. Mais cela vient de loin, les GI’s débarqués sur les côtes normandes, quand ils ne lutinaient pas les french girls après avoir carbonisé les villages au phosphore, jetaient nos camembert car ceux-ci entraient, à leur grand dégoût dans la catégorie du « putride » !
« Rééduquer, réinformer le public français me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France, et dans ce domaine presque rien d’efficace n’a encore été fait ». Ainsi donc s’exprimait Sydney Hook, membre fondateur en 1950 à Paris du Congrès pour la Liberté de la Culture l’un des faux-nez de la CIA, dans le rapport de 1949 « Report on the International Day of Resistance to Dictatorship and War » ! L’Amérique ne nous avait pas seulement envahis, selon sa propre terminologie qui n’a jamais mentionné une quelconque « libération », elle entendait en outre nous « rééduquer »… elle y est d’ailleurs presque parvenu vu l’actuelle atonie de la France populaire.
Bref, l’immixtion dans la nos affaires et nos zones périurbaines ainsi que le but clairement affiché d’y découvrir les prochains Obama « rebeu », est impressionnant pour qui n’est pas totalement aveuglé en raison d’une contemplation trop assidue et addictive du cyclope télévisuel. Plus précisément, il s’agit d’un exercice inédit de soft power - autrement dit une opération minutieusement planifiée, suivie et évaluée de manipulation des minorités ethno-confessionnelles - qui ne saurait se développer sans la complicité active, ou la veulerie, de nos dirigeants et des oppositions compradores.
Autre temps, autres mœurs. Autrefois chasser en plein jour en terre étrangère eut été difficilement imaginable et même dangereux : un État étranger court-circuitant les institutions d’un pays pour venir recruter sans intermédiaire ses agents d’influence, incroyable et jamais vu mais aujourd’hui banal - notre siècle n’est-il pas celui de tous les miracles ? - dans un pays lobotomisé, alcoolisé au Vingt Heure et apparemment – ce qu’à Dieu ne plaise - en état de quasi mort cérébrale.

Notes

(1 ) Locution du pays d’Oc « Qu’es aquò ? « Qu’est-ce ? »
(
2 ) Wiki. Les locaux de la chaîne sont bombardés par les Etats-Unis à deux reprises : une première fois en Afghanistan, la seconde fois en Irak. Un journaliste, Tarik Ayyoub, trouve la mort à Bagdad sous les bombes libératirce. Le Daily Mirror annonce le 22 nov. 2005 à la Une que le président G.W. Bush avait eu l’intention de faire la source mère dans ses locaux de Doha ce à quoi se serait opposé le Premier ministre anglais Tony Blair. En déc. 2001, un autre journaliste de la chaîne de nationalité soudanaise, est arrêté en Afghanistan et emprisonné à partir de juin 2002 à Guantanamo, il sera libéré six ans plus tard en juillet 2008 sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.
(
3 ) Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense sous George Walker Bush, s’était fait remarquer à ce propos en saluant « la parfaite et excellente coopération entre le Qatar et les É-U dans la guerre contre le terrorisme  » !
(
4 ) Le Qatar hébergeait également le « CentCom », à savoir le commandement opérationnel ayant supervisé l’invasion de l’Irak. Quant au nombre de militaires américains stationnés au Qatar, ils seraient plus de 10 000 hommes, dont 5 000 présents sur la base d’el-Oudeid !
(
5 ) cf. Réseau Voltaire - combattre avec l’Armée syrienne Libre contre le nationalisme arabe et laïc de Syrie
(
6 ) 18-11-2011 Alger. Le Temps « Mahmoud Jibril accuse le Qatar d’alimenter la zizanie »
(
7 ) A commencer par ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes. Cf. Ibid. NouvelObs
(
8 ) Slate Afrique 07/12/2011
(
9 ) Le Point.fr - Publié le 09/12/2011
(
10 ) On lira l’article très fouillé - mais cependant muet sur certains points cruciaux - auquel nous avons emprunté une grande partie des matériaux utilisés ici : « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) ». Eric Leser 6 juin 2011. Slate.fr
(
11 ) 27-12-2011 Le Nouvel Observateur
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12 ) Alain Juppé 22 mars et 16 sept. 2011 Le Point.fr
(
13 ) http://www.bladi.net/forum/183275-f...
(
14 ) Ibid. Slate juin 2011 « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) »
(
15 ) « PSG-Qatar » Le Nouvel Observateur 5 août 2011
(
16 ) le Parisien 21 avril et 22 Avril 2008 Marianne 2 « Banlieues : OPA américaine sur les beurs et les blacks »
(
17 ) 27 fév. 2011
(
18 ) Jeudi 16 septembre 2010- Gestion des Risques Interculturels

Léon Camus

Lundi 16 Janvier 2012

http://www.geopolintel.fr



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

24/01/2012

n°602 - dossier de Palestine - 23-01 - a1pal - Pam Baile : "Nous vivions en prison, oui. Mais la prison ne vivait pas en nous"

n°602  -  dossier de Palestine - 23-01 - a1pal -  Pam Baile : "Nous vivions en prison, oui. Mais la prison ne vivait pas en nous"



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

n°602                                                     23-01

C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



 

Sommaire

Tiré a part

Press TV : Visite secrète de l'Emir du Qatar en Israël.

1 Les brèves

1-1 french.irib : Proche-Orient: Nick Clegg dénonce «le vandalisme délibéré» d'Israël.

2 Dossier

2-1Israël déploie une vaste attaque planifiée pour judaïser la Palestine.  

2-2 Ginette Hess Skandrani : C’EST TOUTE LA PALESTINE QUI EST A DECOLONISER

2-3 Lorientlejour : Eau : Un rapport français dénonçant la politique d’"apartheid" menée par Israël suscite un tollé à Tel Aviv.

2-4 Sameh A. Habeeb : L'autre guerre psychologique contre Gaza.

2-5 Atallah Hanna: le ciblage de la Syrie vise à démembrer la nation arabe en prélude à la liquidation de la cause palestinienne.

2-6  Pam Bailey : "Nous vivions en prison, oui. Mais la prison ne vivait pas en nous".

2-5 Atallah Hanna: le ciblage de la Syrie vise à démembrer la nation arabe en prélude à la liquidation de la cause palestinienne.

2-6  Pam Bailey : "Nous vivions en prison, oui. Mais la prison ne vivait pas en nous".

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Angela Lano : Voyage au cœur de Gaza, en partie reconstruite, toujours sous blocus.

3-2 Communiqué de presse  du Porte Parole d' ÉGALITÉ  : Saïdi Nordine :  Plainte contre Israël.

4 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion.

4-1 Ziad Medoukh : Les conséquences économiques du blocus israélien sur la bande de Gaza.

4-2 Amira HASS : Les Palestiniens sont des héros qui bravent la dictature israélienne.

4-3Hamas : l’enlèvement de Dweik a pour but de saboter l’union nationale.



Tiré a part

Press TV : Visite secrète de l'Emir du Qatar en Israël.

L'Emir du Qatar Sheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani a rendu une visite secrète en Israël, bien que Doha et Tel Aviv n'entretiennent pas de relations politiques, révèle une vidéo.

La chef du parti israélien Kadima, Tzipi Livni, a accueilli l'Emir et le Premier ministre qatari Sheikh Hamad Bin Jaber Al-Thani pendant la visite.
L'Emir qatari et sa délégation ont également rencontré plusieurs responsables israéliens haut placés.
Parmi les sujets discutés entre Sheikh Hamas et Livni, la signature d'un nouveau contrat d'exportation de gaz et la rédaction de manuels scolaires qatari par des experts israéliens.
Sheikh Hamad aurait souligné l'importance de relations politiques entre les deux côtés.
Livni a informé le Qatar de l'importance de son rôle dans les discussions entre les Arabes et Israël.
Le Qatar et Israël ont une convergence de points de vue au sujet du programme nucléaire de l'Iran. Doha a systématiquement soutenu Tel Aviv contre l'Iran. Le Qatar pourrait également aider Israël dans le cas d'une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes.
Il est important de noter qu'en avril 2008, Livni, qui était Premier ministre d'Israël, rendait de fréquentes visites au Qatar pour pousser l'Etat arabe à s'opposer au programme nucléaire d'Iran.
AGB/HGH

Source : Press TV

Traduction : MR pour ISM

http://www.ism-france.org/communiques/Visite-secrete-de-l-Emir-du-Qatar-en-Israel-video--article-16517



1 Les brèves

1-1 french.irib : Proche-Orient: Nick Clegg dénonce «le vandalisme délibéré» d'Israël.

Le vice-Premier ministre britannique a traité ce lundi de "vandalisme délibéré" la politique israélienne de colonisation dans les territoires palestiniens qui, a-t-il dit, sabote les efforts visant à créer un Etat palestinien. "Une fois qu'on agit physiquement sur le terrain de manière à rendre impossible ce qui a été accepté depuis des années comme l'objectif final, on commet alors des dégâts considérables", a déclaré à la presse Nick Clegg en faisant allusion aux colonies juives qui font obstacle à la "solution à deux Etats".
"Il s'agit d'un acte de vandalisme délibéré dirigé contre le principe de base sur lequel reposent des années de négociations; et c'est pourquoi nous avons fait part de notre inquiétude en tant que gouvernement avec de plus en plus de fermeté", a dit le n°2 du gouvernement à l'occasion de la visite à Londres du président palestinien Mahmoud Abbas.
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/164278-proche-orient-nick-clegg-d%C3%A9nonce-le-vandalisme-d%C3%A9lib%C3%A9r%C3%A9-disra%C3%ABl



2 Dossier

2-1Israël déploie une vaste attaque planifiée pour judaïser la Palestine.  

Ahmed Qöoreî, membre du parti palestinien Fatah, a vivement condamné jeudi la colonisation israélienne "illégale et inacceptable", la qualifiant aussi de "crime de guerre" commis en plein mutisme international.
"Israël tente précipitamment de trancher unilatéralement sur l’avenir d’Al-Qods", a indiqué M. Qoreî, ajoutant que l’occupant "fait tout ce qui est en son pouvoir pour isoler la Ville sainte occupée des autres territoires palestiniens". Les autorités d’occupation "veulent annexer la ville par tous les moyens en imposant notamment aux Palestiniens des restrictions et mesures discriminatoires, et en commettant des violations flagrantes du droit international", a-t-il averti. Ce qui se passe à El-Qods actuellement "est une vaste attaque planifiée par Israël pour judaïser les territoires palestiniens", a-t-il dit, dénonçant "un crime de guerre" commis en Palestine. En 2011, l’Union européenne (UE) a dévoilé de nouveaux plans d’extension des colonies israéliennes notamment dans la partie sud d’El-Qods, des projets fermement condamnés par la communauté internationale, mais celle-ci n’a jamais osé prendre la moindre sanction contre Israël pour ces incessantes violations.

Cité par le journal "The Guardian", le rapport de l’UE avait fait la lumière sur un autre projet prévoyant la construction de 14.500 nouvelles colonies dans une zone qui s’étend jusqu’à la partie orientale de la Ville sainte. Les autorités d’occupation ont donné des instructions pour expulser 2300 personnes, en les incitant à quitter cette région, selon le même document. La colonisation israélienne est la principale cause de l’arrêt du processus de paix, suspendu depuis fin septembre 2010. Pour tenter de le relancer, la Jordanie a accueilli trois rencontres israélo-palestiniennes auxquelles ont pris part aussi des représentants du Quartette international pour le Proche Orient. Jusqu’ici, les efforts du Quartette et de la Jordanie qui parraine les discussions, restent vains puisque aucune avancée n’est enregistrée dans cette nouvelle initiative, après l’échec de la médiation américaine dans ce même processus traduite par la démission de l’émissaire George Mitchell.

http://www.echoroukonline.com/fra/international/14235-israel-deploie-une-vaste-attaque-planifiee-pour-judaiser-la-palestine.html


2-2 Ginette Hess Skandrani : C’EST TOUTE LA PALESTINE QUI EST A DECOLONISER

Afin de remettre quelques pendules à l’heure’.

 La Pierre et l’Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine.

 Des gens de tous bords, de gauche comme de droite, politisées ou non, religieux pratiquants ou non, athées, libres-penseurs, commencent à se rendre compte que l’entité sioniste plus agressive et plus suicidaire que jamais, n’a pas sa place dans un Moyen-Orient arabe qui ne demande qu’à se développer plus harmonieusement.

 Le fait de construire un seul Etat démocratique et pluriel entre la Méditerranée et le Jourdain implique forcément le démantèlement de l’Etat juif.

 Un seul Etat démocratique pour tous ceux qui aiment cette terre et veulent la construire ensemble, contre la proposition irréalisable et mensongère dont on nous bassine depuis des années : deux Etats séparés, l'un dominant l'autre, l'un occidentalisé, surarmé et financé

 comme tel et l'autre, riquiqui, parcellisé et intégré dans un monde  arabe divisé.

 * Un seul Etat pour tous les habitants, de la Méditerranée au Jourdain :

 Il me semble, qu'après quatre guerre, deux Intifada, des milliers de massacres, des centaines de milliers de déportations, des milliers de  maisons et de champs détruits, des dizaines de milliers de prisonniers  dans les geôles israéliennes, plusieurs négociations/

 manipulations, baptisées pompeusement "conférences pour la paix", Gaza massacrée et toujours bloquée, il n'y a plus d'illusions à se faire ... tout a lamentablement échoué.

 L'état palestinien, si souvent évoqué et prôné par tous ceux qui veulent faire perdurer la séparation ethnique sur cette terre, se fait  toujours attendre. La résistance continue toujours et plus forte que  jamais et le peuple palestinien se relève à chaque fois que quelques

 Ames  bien pensantes veulent lui faire baisser la tête en lui faisant  miroiter une petite parcelle de terre octroyée généreusement par  l’occupant alors que c’est toute la terre de la Palestine ancestrale  qui lui appartient.

 Ce peuple, qui n'a jamais baissé les bras,  a fait la fierté de toutes les causes et de tous les mouvements de résistance de cette planète.  Il sait bien que sa cause est juste et qu'il finira bien par regagner  sa terre, son histoire et son identité.

 En cette année 2010, nous savons tous qu'il ne se présente d'autre solution en Palestine occupée, que celle d'un état unique pour tous ses habitants, état pluriel, multiethnique, multiculturel et démocratique avec des droits et des devoirs partagés par tous ses

 habitants -de la Méditerranée au Jourdain- quelle que soit leur religion, leur appartenance idéologique, ethnique ou politique.

 * La Proposition malhonnête et trompeuse de deux Etats séparés :

 - Dont l'un, l'Israël détiendrait 80% des terres en continu, maintiendrait les colonies de peuplement, les routes de contournement des villages, le mur de la honte, soutenu financièrement par tout  l'occident, et continuerait à posséder en grande quantité des armes de destruction massive prenant en otage tous les peuples de la région .

 - Et, l'autre, le Palestinien avec 20 % (moins le  mur, les colonies et les routes de contournement, ce qui l'amène à 18 %), désarmé, morcelé, parcellisé, sans aucun débouché vers l'extérieur, désarmé et esclavagisé par son  voisin, séparé de Gaza bloqué … ne me semble pas viable.

 PALESTINE : Un petit peu d'histoire

 pour nous remémorer l'origine contemporaine du conflit.

 La résolution 181, votée le 29 novembre 1947 par  l'Assemblée générale de la toute jeune ONU instaure la  partition de la Palestine par :

 - 33 votes pour, dont celui des Etats-Unis, de l'Union soviétique et de la France,

 - 13 contre

 - et 10 abstentions, dont celle du Royaume-Uni.

 C'est cette résolution imposée par les grandes puissances de l'époque qui porte la responsabilité de la Nakba (désastre palestinien) et de la majorité des problèmes du Moyen-Orient.

 Il faut rappeler qu'à cette époque, une grande partie des peuples de la planète, dont les peuples arabes, n'étaient pas souverains et n'avaient donc pas voix au chapitre. Toutes les manœuvres et pressions exercées par les grandes puissances occidentales auront été bonnes pour obtenir la majorité requise des deux tiers.

 La résolution 181 crée :

 ° Un Etat juif sur 56, 47 % de la Palestine pour 498 000 Juifs.

 ° Un Etat arabe sur 43,53 % du territoire pour 807 000 Palestiniens et 10 000 juifs, un état qui n'a jamais existé.

 ° Un régime de tutelle internationale pour Jérusalem avec 105 000 Palestiniens et 100 000 juifs.

 Cette résolution jugée illégale et illégitime a toujours été dénoncée par l'ensemble du Monde arabe car :

 ° Le peuple le plus concerné par ce vote, le peuple palestinien, peuple autochtone dans toutes ses composantes, n'a jamais été consulté sur le partage de  sa terre ancestrale.

 ° Le Monde arabe étant encore largement colonisé et ne pouvait donc s'exprimer officiellement, alors qu'il était tout autant concerné par le devenir de cette région, n'a pu prendre part au vote.

 ° Et surtout l'ONU a outrepassé son rôle en créant artificiellement un Etat sur la terre d'un peuple qui  s'y accrochait désespérément et continue encore aujourd'hui à s'y accrocher, avec le même désespoir.

 Le mandat britannique a pris fin la 14 mai 1948 et le lendemain, les sionistes ont proclamé unilatéralement l'Etat d'Israël.

 En quelques jours les Palestiniens sont devenus minorité au sein d'une entité étrangère, sans changer de lieu, sans avoir été consultés.

 La fin du mandat colonial britannique annonçait leur aliénation existentielle. Comment auraient-ils pu accepter passivement ce hold-up ?

 Déjà avant mai 1948, les persécutions anti-palestiniennes , marquées par le massacre de Deir Yassine dans la nuit du 9 au 10 avril où l'Irgoun de Beghin et le groupe Stern de Shamir massacrèrent plus de 300 civils endormis, entraînant la fuite d'environ 300 000 personnes, sans qu'aucun pays Arabe ne proteste.

 380 villages furent, comme Deir-Yassine, rayés définitivement de la carte.

 Après une tentative de trêve marquée par l'assassinat du médiateur de l'ONU, le Comte Bernadotte, par le groupe Stern, la première guerre Israélo-arabe consacrait la victoire

 d'Israël, les pays arabes préférant signer des armistices séparés en n'acceptant que des frontières de fait.

 La défaite arabe a permis à l'Etat juif de s'agrandir et a redessiné une nouvelle configuration de la  Palestine :

 - L'état d'Israël avec 12 % de Palestiniens restés sur place ;

 - Une Palestine sous influence égyptienne (la Bande de Gaza)

 - Une Palestine annexée à la Transjordanie dans le  royaume hachémite de Jordanie ( la Cisjordanie) .

 Ces deux morceaux de Palestine s'appelleront dorénavant et durant de nombreuses années "Territoires occupés".

 La Palestine ancestrale a été atomisée, ses habitants exilés sur leurs propres terres, dotés du statut de réfugiés, assistés par l'UNRWA (organisme d'assistance des Nation Unies pour les réfugiés), parqués dans des camps concentrationnaires à Gaza ou en Cisjordanie qui en accueillent près de

700 000.

 Dès lors, on distingue les Palestiniens de l'intérieur ceux des territoires occupés en 48, ceux des territoires occupés en 67 et ceux de l'extérieur (les réfugiés, auxquels on peut ajouter la diaspora disséminée dans le Monde arabe, en Europe,  aux USA ou ailleurs).

 Le 11 mai 1949 Israël est admis au sein de l'ONU et est  à ce jour, le seul Etat devenu membre sans avoir eu à déposer une carte de ses frontières. Il contrôle environ 80 % de la Palestine et rejette immédiatement  l'internationalisation de Jérusalem votée par l'ONU le 29 novembre 1949.

 Dans le même temps, en application de la "loi du retour", les Juifs, n'ayant jamais eu aucune attache avec cette terre, qui s'installent sont automatiquement naturalisés, alors que les "réfugiés" (nouveau nom des Palestiniens) qui y sont nés n'ont pas le droit d'y revenir.

 Les Palestiniens n'ont jamais accepté cet état des  lieux et ont toujours organisé la résistance à l'occupation avec obstination et détermination par des actions fortes et spectaculaires selon les  conjonctures.

 Si nous voulons nous engager sur la proposition d'un seul Etat démocratique sur la terre historique de  Palestine, il faut avant tout dire que nous soutenions ceux qui veulent décoloniser toute la Palestine et  donc démanteler les structures d'Israël afin de reconstruire ensemble un nouvel état.

 Il faudra aussi nous poser des questions sur le démantèlement des colonies et de ces horribles routes de contournement qui zigzaguent entre les champs, les villages et les maisons palestiniennes. Et ne parlons pas de ce mur barbare, qui nous rappelle, à nous autres Européens de si sinistres souvenirs et qui doit être détruit comme l'a été celui de Berlin.  Et ne pas oublier Gaza qui est toujours sous un embargo criminel et séparé du reste de la Palestine.

 * La résistance palestinienne

 Cette résistance a toujours existé. Mais elle ne n'apparaissait pas dans nos lucarnes, puisque le peuple palestinien était nié dans son existence, donc sa résistance ne pouvait qu'être traitée d'inexistante et forcément de terroriste.

  L'Intifada de 1987, et le soulèvement de l'ensemble de la population, les enfants lanceurs de pierres, les femmes largement engagées dans l'autosuffisance alimentaire, les familles boycottant les produits israéliens, organisant les entraides, les grands-mères et grands pères soutenant l'infrastructure de la  résistance ont donné une autre image de ce peuple spolié depuis si longtemps.

 Les accords d'Oslo, comme tous ceux qui ont suivi, y compris l'arlésienne de Genève, que nous n'avions pas soutenue, ont été une énième tentative de soumettre la résistance.

 L'Intifada Al Aqsa en l’an 2000 a été certainement plus organisée et différente.

 La résistance prend aujourd'hui plusieurs formes. Nous devons la soutenir globalement et dans toutes ses composantes, car elle est juste. Et résister à l'occupant est non seulement un droit mais également  un devoir.

 Nous comprenons fort bien que les attaques-kamikazes ont pu choquer quelques-uns, mais elles ne sont certainement pas plus choquantes que les F16, les missiles envoyés dans les maisons ou l'assassinat de Cheikh Yassine dans sa chaise roulante.

 Nous n'avons pas à critiquer la forme de résistance que choisissent les Palestiniens et surtout pas à accepter qu'elle soit traitée de terroriste

 * Les réfugiés palestiniens

 Intervenir pour un Etat unique en Palestine implique forcément d'exiger le droit au retour de tous les réfugiés. La résolution 194 adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 11 décembre 1948 spécifie dans son paragraphe 11 : "Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, que des indemnités doivent être payées au titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers  ou pour tout bien perdu et  endommagé".

 Cette résolution pourtant acceptée par Israël comme condition pour pouvoir accéder à l'ONU n'a jamais été appliquée. Encore aujourd'hui, après 62 ans d'errances des réfugiés et plusieurs guerres subies par le peuple palestinien, l'Etat juif refuse toujours d'en discuter. C’est également une des raisons pour laquelle la Communauté  internationale doit exiger des comptes et demander à l’entité sioniste  d’honorer ses engagements passés ou bien exiger que cet Etat quitte l’ONU, comme cela l’a été demandé à d’autres pays.

 Actuellement, selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) organisation crée en 1949, les réfugiés Palestiniens et leurs descendants sont au nombre, de l'ordre de trois millions et demi de personnes dont 30 % vivent dans des camps. Le sort de ces réfugiés constitue depuis plus d'un demi-siècle le plus grand problème humanitaire jamais résolu, la honte des Nations Unie et de la Communauté internationale et surtout un problème de sécurité majeure, ayant eu des répercussions régionales énormes et jouant un  rôle central pour la paix dans le Moyen-Orient. Ce problème s'est encore accentué depuis la colonisation de l'Irak, vu que les Palestiniens qui s'étaient intégrés dans la population irakienne ont été ramenés dans des camps et vivent, sous domination US, dans le plus complet dénuement.

 * Le désarmement de l’entité sioniste devient urgent

 N'oublions pas qu'Israël possède des armes de destruction massive. L'armement nucléaire israélien a été dénoncé dès 1986 par l' ingénieur israélien Mordechaï Vanunu, dans le "Sunday Times" des 5 et 12 octobre  1986.

 Cet acte courageux l'a fait croupir, durant 18 longues années en prison et au secret. Secret qui continue toujours après sa libération, car il est toujours en résidence surveillée et ne peut communiquer avec personne. Ce courageux ingénieur en paie encore le prix aujourd’hui.

 C'est dans le complexe nucléaire de Dimona, planqué dans le désert du Neguev, ayant plusieurs étages souterrains qu'Israël a produit une  centaine d'ogives nucléaires. Ces ogives ont certainement quadruplé depuis lors puisque personne, ni dans la région, ni parmi les "pays qui veulent donner des leçons au peuple iranien" ne s'en est inquiété.

 Le silence officiel, la protection des autres puissances nucléaires, le barrage des informations reste à ce jour total.

 L'usine est cachée dans le désert et produit des ogives nucléaires depuis 1966. Entre-temps, elle a certainement, d'après certain articles échappés dans une certaine presse israélienne, fabriqué des armes thermonucléaires d'une capacité suffisante pour détruire des

 villes entières. Nous savons aussi que l'armée israélienne utilise ponctuellement des gaz qui auraient des effets sur le système nerveux pour les personnes qui les inhalent. Accusation sur laquelle s'était fondé un journaliste de France culture pour mener une enquête dans la Bande de Gaza. Nous avions déjà, lors d'un voyage en Palestine été confronté à ce genre de gaz qui pue comme des œufs pourris et est d'une couleur jaunâtre très bizarre. Ce ne sont certainement pas des gaz lacrymaux que nous connaissons bien, pour en avoir profité lors des manifestations. Les Palestiniens nous disaient que ce gaz faisait avorter les femmes enceintes et était responsable de l'étouffement des personnes âgées ou de ceux qui avaient des problèmes respiratoires.

 Ce sont quelques bases sur lesquelles nous avons créé l'association " La Pierre et L'Olivier "en 1990 et nous n'avons jamais transigé sur ces principes. Nous n'avons pas soutenu les accords d'Oslo ni aucun des suivants, car nous sommes restés fidèles aux propositions de la charte de l'OLP : " Un Etat laïc et démocratique sur toute la terre de Palestine". Pour nous, cette charte n'a jamais été jugée caduque et  reste toujours d'actualité.

 Nous savons que nous ne pourrons jamais renier ce que nous avons toujours défendu jusqu'à aujourd'hui.  Nous ne comprendrons jamais, comment certaines associations et organisations se mobilisent pour la multi-culturalité en France et en Europe et exigent la séparation ethnique en Palestine.

Ginette Hess Skandrani

 Juin 2010


2-3 Lorientlejour :Eau : Un rapport français dénonçant la politique d’"apartheid" menée par Israël suscite un tollé à Tel Aviv.

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  
La publication d'un rapport parlementaire français dénonçant en des termes dures la politique israélienne de gestion de l'eau en Cisjordanie, suscite la polémique en Israël. Polémique autour de la teneur du rapport, mais polémique, aussi, en raison du fait que les officiels israéliens aient trop longtemps ignoré l’existence et la publication de ce rapport. Un gros ratage diplomatique en somme, que le Haaretz rapporte aujourd'hui.
Ce rapport sur "La géopolitique de l'eau", produit par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française a été publié le 13 décembre dernier. Le problème porte sur un encadré de ce rapport, issu d'une mission d'information parlementaire présidée par le député UMP (parti présidentiel) Lionnel Luca et dont le rapporteur est le député socialiste Jean Glavany, intitulé : "L'eau, révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen Orient". Dans cet encadré, l'on peut lire que "la Palestine n'est pas l'Afrique du Sud et les années 2010 ne sont pas celles d'avant 1990" mais qu'"il est des mots et des symboles qui, par leur force, peuvent avoir une vertu pédagogique".
"Tout démontre, même si bien peu nombreux sont ceux qui osent employer le mot, que le Moyen Orient est le théâtre d’un nouvel apartheid (...) L'eau est devenue au Moyen Orient bien plus qu'une ressource: c'est une arme. Pour comprendre la nature de cette +arme+ au service de ce +nouvel apartheid+, il faut savoir, par exemple, que les 450.000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d’eau que 2,3 millions de Palestiniens", est-il encore écrit. "La priorité est donnée aux colons en cas de sécheresse en infraction au droit international", ajoute le texte.
Or, l’ambassade d'Israël à Paris est complètement passée à côté de ce rapport, rapporte le Haaretz, en conséquence de quoi aucun démenti officiel israélien ou correction ne lui a été apporté, ce qui constitue "une grave faille diplomatique", affirment des diplomates israéliens. "Ce rapport a causé des problèmes diplomatiques et a sérieusement endommagé l'image d'Israël en France", affirme au quotidien israélien un haut responsable dont le nom n’a pas été révélé.
La commission parlementaire française avait demandé à M. Glavany, ancien ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de Lionel Jospin et ancien chef de cabinet de l’ancien président François Mitterrand, d'établir un rapport sur la géopolitique de l’eau dans les zones de confrontations dans le monde. Dans ce cadre, M. Glavany a effectué, en mai dernier, une visite en Israël et dans les Territoires palestiniens. Visite pendant laquelle il a rencontré plusieurs hauts responsables du gouvernement, y compris le ministre de l’Energie et de l’Eau, Uzi Landau et le directeur de l’Autorité de l'Eau en Israël, Uri Shani.

Le ministère israélien des Affaires étrangères et l’ambassade d’Israël à Paris étaient au courant de cette visite et savaient que M. Glavany prévoyait d’écrire un rapport sur le sujet, note le quotidien israélien. Mais l’ambassadeur d’Israël en France Yossi Gal n’a assuré aucun suivi de cette affaire, poursuit le Haaretz.

L’ambassade d'Israël n'a pris connaissance du rapport que plusieurs jours après sa publication sur le site web du parlement français, et ce uniquement après avoir été informé de l'existence du document par le bureau du ministère européen des Affaires étrangères à Jérusalem.


"Les +puits+ forés spontanément par les Palestiniens en Cisjordanie sont systématiquement détruits par l’armée israélienne ; à Gaza les réserves d’eau ont été prises pour cible en 2008-2009 par les bombardements", accuse encore le rapport. "On peut citer plusieurs exemples de stations d’épuration programmées par le ministère palestinien de l’Eau et qui sont +bloquées+ par l’administration israélienne", affirme également le document.
"Israël conduit une politique d’expansion territoriale tendant à s’approprier les ressources en eau", souligne aussile rapport qui ajoute : "La politique d’expansion se traduit ensuite par la construction du mur de séparation de façon décalée par rapport à la ligne verte (zone tampon à l’ouest de l’aquifère est) qui prolonge une politique systématique de limitation des prélèvements palestiniens afin que les eaux continuent leur écoulement vers l’ouest. Le mur de séparation construit par l’Etat hébreu dans les Territoires palestiniens permet également de contrôler l’accès aux eaux souterraines".
Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor a accusé M. Glavani d'avoir ajouté, à la dernière minute, des termes jugés extrêmes dans son rapport, sans avoir consulté les autres membres de la commission. "Ces propos inacceptables ont surpris ses collègues, qui ont été choqués de trouver ces termes dans la version finale publiée", affirme M. Palmor. Le rapport relève d'une "propagande vicieuse", accuse encore le responsable israélien, qui affirme que son auteur "a omis de nombreux faits et a agi avec une subjectivité flagrante".

En 2008, l'ONG israélienne B'Tselem avait établi que la consommation quotidienne d'eau des Palestiniens en Cisjordanie variait entre 37 et 73 litres, contre 211 litres à 242 litres pour les Israéliens.

L'année suivante, Amnesty International affirmait que la politique israélienne discriminatoire envers les Palestiniens des territoires occupés est la cause essentielle de la disparité frappante entre Palestiniens et Israéliens en matière d’accès à l’eau. La consommation d’eau des Palestiniens atteint à peine 70 litres par personne et par jour, soit une quantité bien inférieure aux 100 litres minimum par personne recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), poursuivait l'ONG.
http://www.lorientlejour.com//news/article.php?id=740661


2-4Sameh A. Habeeb : L'autre guerre psychologique contre Gaza.

La punition israélienne continue. C'est de fait une politique sans fin. La punition dont je parle n'est pas le siège imposé depuis plus de 5 ans. Ce n'est pas l'attaque de 2008-2009, qui a tué plus de 1400 civils. Même pas l'humiliation subie au passage frontalier d'Erez entre Gaza et Israël, où le renseignement israélien a essayé de recruter des espions parmi les malades palestiniens, ni les attaques constantes. C'est plutôt la guerre psychologique cachée qu'Israël mène contre nous depuis plus de dix ans.


Depuis qu'a éclaté la deuxième Intifada en 2000, Israël a commencé à se servir de ses machines de guerre lourdes. La population de Gaza, et aussi celle de Cisjordanie , sont exposées à ces engins militaires. L'exposition a tristement pour conséquence que la population a fini par s'habituer aux bombardements, aux invasions et aux attaques constantes. Même les enfants se sont adaptés. Personne cependant ne s'est habitué aux drones, ces petits avions télécommandés contrôlés par ordinateur depuis Israël dont les Israéliens se servent pour surveiller la Bande de Gaza "pour des raisons de sécurité".

L'un des problèmes avec les drones est leur bourdonnement bruyant. Depuis 10 ans, le bourdonnement fait partie de la vie à Gaza. Ils survolent la Bande 24h par jour. Beaucoup de gens ont du mal à dormir tranquillement. Le bruit s'infiltre partout, même quand vous fermez les fenêtres pour dormir. Quand la nuit tombe et que les rues sont calmes, le bruit est encore plus fort. Certains lecteurs pourraient rétorquer que c'est normal, mais ça ne l'est pas. Il n'est pas humain qu'une population vive dans une terreur constante qui peut rendre fou. Certes, Gaza souffre de tant d'autres maux que le bruit des drones peut sembler "normal". Rien n'est normal, en réalité. Les drones sont juste un autre aspect des très nombreux maux et traumatismes qui touchent les enfants de Gaza et qui ajoutent à leurs souffrances.

Jamila Zaqoot, 21 ans, est étudiant à l'université de Gaza. Comme beaucoup d'autres étudiants, elle a beaucoup de difficultés à trouver du calme pour étudier. Après l'université, Jamila aide sa mère aux tâches ménagères, et elle se prépare à étudier ensuite, habituellement vers 20h.

"J'ai beaucoup de mal à étudier et à me concentrer. Le bruit des drones m'accompagne pendant que je travaille. C'est vraiment un problème. Je lis à haute voix pour couvrir le son. Imagine combien c'est perturbant, ce bruit permanent, 'zzzzzzz zzzzzzz zzzzzzz". Je l'appelle même 'Zananana'", dit Jamila.

Le drone est une arme israélienne efficace. Outre la surveillance du ciel de Gaza 24h par jour, 7 jours sur 7, il est utilisé d'un point de vue militaire dans des attaques légères par missiles pour des missions "spéciales". Israël s'en est souvent servi pour des assassinats ciblés. Beaucoup des dirigeants des factions de la résistance palestinienne luttant pour la liberté ont été tués par des attaques de drones. Des civils aussi ont été tués. Il y a deux mois, un médecin et son fils de 4 ans ont été tués par un drone. Ils étaient à moto lorsque la machine à tuer a frappé, les tuant tous les deux sur le coup. Israëla bien sûr déclaré que c'était une mesure de sécurité, et la communauté internationale a ignoré les assassinats.

En plus de l'irritation provoquée par le bruit, les drones sont un obstacle lorsque les familles essaient de passer du temps ensemble. Elles ne peuvent pas regarder des vidéos familiales ni même écouter les informations. Quand un drone survole un secteur, la télévision numérique par satellite est brouillée. En conséquence, les images de 90% des chaines de télévision sont floues et très peu ne sont pas touchées par le phénomène.

Ahmad al-Safedi, 45 ans, tient un magasin de satellites à Gaza. J'ai discuté avec lui de l'effet des drones. Il n'a pas d'interprétation scientifique du brouillage. Selon lui, le problème est apparu il y a 10 ans, lorsque l'armée israélienne a commencé à surveiller l'espace aérien de Gaza avec ces drones. Beaucoup de gens, dit-il, se plaignent du problème qui perturbe leur temps de détente en famille.

Al Safedi ajoute, "C'est vraiment pénible et irritant d'être distrait pendant que vous regardez un film, les informations ou une série-TV. Le drone ne cesse de couper le signal des satellites, en particulier celui de Nile Sat (un satellite égyptien qui comporte plus de 500 chaines). Vous regardez quelque chose qui vous plaît, et l'image disparaît. La diffusion reprend 2 minutes plus tard, puis s'interrompt à nouveau. La plupart des chaines de TV européennes ne sont pas touchées par les drones, mais peu de gens les regardent."

Les premiers drones étaient de fabrication américaine, mais au fil des ans,Israël a développé ses propres modèles. Ils sont maintenant vendus dans le monde entier. Les drones violent le droit international, que de toutes façonsIsraël viole constamment. Ils violent la souveraineté palestinienne. Bien qu'Israël se soit retiré de Gaza après avoir dégagé les 8000 colons qui occupaient 50% du sol de Gaza, en 2005, il continue de maintenir son contrôle grâce aux drones et l'occupation israélienne sur Gaza continue.

Motasim Dallol, 32 ans, étudiant palestinien qui est arrivé à Londres dernièrement, ressent la différence. Il vit dans un quartier calme de Londres, d'où les drones sont absents. Il dit que le ciel de Londres, sans drone, est comme le paradis.

Faudra-t-il que les occidentaux soient terrorisés par le bourdonnement des drones pour qu'ils se réveillent et réalisent l'impact que ces armes inhumaines ont sur l'humanité ?

Source : Pal Telegraph

Traduction : MR pour ISM

vidéo http://www.youtube.com/watch?v=xnHHSOJGvbk

Sameh A. Habeeb

http://www.ism-france.org/temoignages/L-autre-guerre-psychologique-contre-Gaza-article-16515


2-5 Atallah Hanna: le ciblage de la Syrie vise à démembrer la nation arabe en prélude à la liquidation de la cause palestinienne.  

Al-Qods occupée /

L'Archevêque Atallah Hanna, métropolite de la Sébaste des Grecs-Orthodoxes, a affirmé que le ciblage de la Syrie relève d'un plan américano-sioniste, exécuté avec une assistance des parties régionales, visant toute la région arabe, y compris la Palestine.
"Ils croyaient qu'affaiblir la Syrie leur permet de liquide la cause palestinienne", s'est exclamé l'Archevêque Hanna, dans un entretien téléphonique avec la télévision syrienne, assurant que le peuple palestinien, dans sa majorité, se solidarise avec la Syrie "qu'il aime désormais davantage en réalisant qu'elle paye aujourd'hui la facture de ce qu'elle avait donné pour la Palestine et les causes arabes", a-t-il précisé, affirmant que le peuple palestinien espère que la Syrie restera le pays fort et ferme qui soutient la cause palestinienne, "étant en effet le seul pays arabe qui avait ouvert les portes à nombre de factions palestiniennes, et la seule à prendre une position déclarée à l'égard du blocus de Gaza, de l'agression israélienne contre le Liban et des mesures de judaïsation d'al-Qods et des lieux sacrés".
L'Archevêque Hanna a proclamé sa solidarité avec la Syrie qu'il a qualifiée "le chaud foyer du nationalisme arabe, dont la capitale, Damas, représente la capitale spirituel de l'idéologie nationaliste arabe", exprimant l'espoir de voir "la Syrie renouvelée" dont avait parlé le président Bachar al-Assad, "L'Etat civil, démocratique, civilisé, sûr, stable, attaché aux constantes nationales et patriotiques".
Il a salué dans ce sens le peuple de Syrie "qui a fait preuve, durant cette crise, de sens élevé de conscience et d'attachement aux valeurs humaines, patriotiques et arabes", exprimant son émotion devant l'image du rassemblement des hommes de religion musulmans et chrétiens dans l'église de la Croix à Damas pour prier ensembles pour les âmes des martyrs.
L'Archevêque Hanna a fait savoir que le peuple palestinien avait cessé de suivre les chaînes de télévision qui répandent les mensonges et les mystifications sur la Syrie, soulignant que durant les dix mois derniers, ces chaînes s'étaient mobilisées pour couvrir les événements sur la scène arabe tout en faisant le back-out sur ce qui se passe dans la ville saintes d'al-Qods où les autorités d'occupation poursuivaient le vol des biens fonciers et des Waqfs de la ville, l'expulsion de ses habitants et les agressions contre les quartier arabes.
L'Archevêque Hanna a enfin appelé les intellectuels et les hommes de pensée, soucieux de l'intérêt de la nation arabe, à se tenir aux côtés de la Syrie face au terrorisme organisé et au complot dont elle fait face, et exhorté le peuple de Syrie à se cramponner à son unité et à bannir la sédition et ses colporteurs.

15/01/2012

http://www.sana.sy/fra/55/2012/01/15/394396.htm


2-6  Pam Bailey : "Nous vivions en prison, oui. Mais la prison ne vivait pas en nous".

Chers amis, je vous recommande un très beau témoignage de prisonniers palestiniens libérés,  : m-a  

Pam Bailey : La prison les sépare, la libération les réunit à Gaza

 

Le 19 décembre, le second groupe de prisonniers palestiniens faisant partie de l'échange avec le soldat israélien capturé doit être libéré. 550 hommes pourront enfin goûter à la liberté après des années - des décennies pour certains - derrière les barreaux. Leurs histoires seront certainement semblables à celles des 447 libérés en octobre. Les autorités carcérales israéliennes ont pratiquement tout fait pour effacer l'ancrage des détenus à la réalité et à leur culture, à leurs familles et à leurs compagnons de détention - par les interdictions de visites pendant plusieurs mois d'affilée, les changements répétés de prison pour parasiter toute nouvelle amitié, l'isolement solitaire, des années durant. Certains prisonniers n'ont pas supporté. Un prisonnier libéré que j'ai rencontré pendant ma récente visite à Gaza est resté en isolement pendant 15 ans ; il semble incapable de soutenir une conversation, et se parle tout seul, doucement, sans interruption

 

"Nous vivions en prison, oui. Mais la prison ne vivait pas en nous."

La vie en prison vous renforce," dit-il. "Quand vous êtes en grève de la faim, et sans nourriture jour après jour, vous trouvez des capacités et une force que vous ignoriez avoir. Quand il s'agit de défendre notre identité même et notre culture, Israël ne sera jamais plus fort que nous."

[…]

"Le plus grand défi, c'est d'être capable de résister soi-même, de vaincre ce désir de liberté et de votre famille, qui vous rend faible et vous donne envie d'abandonner," dit-il. "J'ai cherché des manières, même petites, de réaffirmer mon propre sentiment d'identité et de contrôle. Il y a toujours un moyen, même s'il est insignifiant. Par exemple, lorsque les gardiens ont interdit de fumer pendant que nous attendions nos familles les jours de visite, j'ai décidé d'arrêter de fumer. J'ai cessé ce jour là, pour que mon ennemi ne gagne pas."

[…]

Ce que leur réserve l'avenir est encore incertain, et ils reconnaissent que ce ne sera pas un ajustement facile. Ils ont été accueillis avec les 131 autres prisonniers "déportés" à Gaza, avec force célébrations pour "le retour des héros". L'administration Hamas à Gaza a aidé les prisonniers libérés en leur trouvant et en leur payant un logement. Mais Abu Sfeir compare cette première étape de transition à une "fête". Une fois l'attention retombée, le travail difficile va commencer.
"Je veux passer mon baccalauréat, trouver du travail, fonder une famille," dit Abu Seir. "Mais mes compagnons restés en prison [dont il reste plus de 5000] resteront dans mon esprit à jamais. J'ai essentiellement été élevé et éduqué par certains d'entre eux. Nous n'aurons pas de repos tant qu'ils ne seront pas libres eux aussi »

Pam Bailey

Article intégral sur  : http://www.ism-france.org/temoignages/La-prison-les-separe-la-liberation-les-reunit-a-Gaza-article-16413



3 Déclaration, courrier des lecteurs& témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Angela Lano : Voyage au cœur de Gaza, en partie reconstruite, toujours sous blocus.

Les « Printemps des Libertés ». C’est sous ce slogan qu’une délégation parlementaire internationale est arrivée le lundi 21 novembre dans la Bande de Gaza pour entamer une tournée qui a pris fin le 24 novembre 2011.

7 décembre 2011

Les habitants de Gaza ont partiellement reconstruit leurs habitations détruites par l’agression israélienne de 2008/2009 en utilisant un composé de sable et d’argile qui, mélangé à de l’eau et à un peu de paille peut se transformer en briques après séchage au soleil (Photo : BBC).

Outre la délégation, il y avait une forte présence de députés et sénateurs de l’Amérique Latine à savoir du Chili, du Pérou, du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay, du Paraguay et de l’Equateur (dont quelques futurs candidats pour les prochaines présidentielles). Certains d’entre eux étaient des représentants du Marché Commun du Sud (Mercosur) et du Parlement Andin.

Ce fut donc l’occasion pour ces parlementaires latino-américains d’exprimer leur soutien à la population de Gaza et aux autorités politiques. Ils ont également manifesté leur intérêt à suivre de « plus près » la situation que vit la Bande, en particulier, et toute la Palestine, en général.

Les invités de Gaza ont été accueillis par le premier ministre de Gaza, Ismail Haniyah et le ministre des affaires étrangères Mahmoud Az-Zahaar.

Vingt-quatre heures après l’arrivée de la délégation, soit le 22 novembre, une conférence de presse a eu lieu au siège du Parlement de Gaza. A cette occasion, Ismail Haniyah a qualifié la visite de la délégation internationale et des sud-américains comme « un moment exceptionnel pour notre lutte », en ajoutant : « Le peuple palestinien apprécie votre engagement et vous fait part de sa plus grande gratitude ».

Il a poursuivi : « Votre présence parmi nous n’offre qu’une seule lecture : c’est qu’Israël est en train de vivre une situation d’isolement politique international. Il y a trois aspects fondamentaux que nous devons aborder sur le plan international. Premièrement, il y a une nécessité de comprendre que la ’Cause Palestinienne’ n’est pas seulement une question humanitaire, mais également politique. Nous voulons la libération de la totalité de la Palestine historique, Jérusalem comme capitale, le droit au retour de tous ses enfants, et bien évidemment, la libération des 7000 prisonniers encore détenus dans les prisons israéliennes. A part cela, nous ne voyons aucune autre solution au conflit ».

« Deuxièmement, il est important de parler du blocus imposé à Gaza. En nous enfermant à l’intérieur de la Bande, l’occupation sioniste avait prétexté la capture du soldat Gilad Shalit. Maintenant qu’il a été libéré, toutes les excuses pour continuer d’assiéger Gaza sont nulles et non avenues ».

« Ceci m’amène à souligner un point fort important et pour lequel on devrait faire pression sur Israël. Il s’agit du Rapport Goldstone sur les crimes israéliens commis durant l’Opération Plomb Durci. Les conclusions de ce rapport ne doivent pas être négligées, au contraire, et les responsables sionistes doivent être poursuivis en justice pour crimes de guerre. Ils ont assez fui la justice comme ça. »

« Et il demeure un quatrième aspect essentiel qui est la reconstruction de la Bande de Gaza, où l’entrée des matériaux de construction est toujours interdite. »

Lors d’une autre rencontre tenue le 21 novembre dans le palais du gouvernement en l’honneur de la délégation sud-américaine, le premier ministre de Gaza a réitéré et a exprimé sa gratitude et son estime aux représentants des sept pays latino-américains qui, en décidant se rendre à Gaza, ils ont dû effectuer un très long périple.

Dans ce contexte, Haniyah a tenu à rappeler que cette partie du monde a ouvert ses bras, depuis 1948, aux réfugiés palestiniens. « Des millions de palestiniens et leurs descendants vivent depuis 63 ans en dehors de leur terre, de la Palestine ». Et d’ajouter : « Nous vivons depuis 63 ans sous l’occupation et la torture. Depuis le début de l’oppression, les Israéliens nous ont entraînés dans des guerres, ils ont construit le Mur de l’Apartheid, ils ont assiégé et empoisonné le Président Yasser Arafat dans son quartier général de la Mouqata’a. Ils sont en train de judaïser Jérusalem, ils ont imposé un blocus illégal sur la Bande de Gaza, ils ont emprisonné des milliers de Palestiniens et au cours de l’hiver 2008-2009, ils ont lancé une guerre contre Gaza qui n’a engendré que destruction, blessures et mort. »

« La vérité est, par conséquent, évidente : Israël ne veut pas la paix et est en constante quête de conflits. C’est pourquoi, nous estimons que la visite de cette imposante et valeureuse délégation est la démonstration concrète que la situation tourne en notre faveur et qu’il est grand temps de s’opposer aux politiques israéliennes. »

Evoquant son parti, Haniyah explique : « Le mouvement du Hamas lutte contre l’occupation. Chaque pays occupé a le droit de se libérer et de combattre pour arracher sa propre liberté. Et ce que je dis n’est pas nouveau puisque ce droit est même établi par les conventions internationales et par le Conseil de Sécurité de l’ONU. »

Le premier ministre n’a pas manqué de préciser la nature du conflit en soulignant : « Le problème existant oppose occupants et occupés. Le problème est Israël et non pas les hébreux. Nous n’avons aucune animosité envers les hébreux, mais plutôt contre ceux qui ont occupé notre terre. La preuve, durant toutes ces années, nous avons reçu la visite de plusieurs individus hébreux et antisionistes qui tenaient à nous faire part de leur solidarité et de leur soutien au peuple palestinien. Ceux-là sont les bienvenus. »

Il a ajouté : « Le Hamas appelle à la démocratie et croit aux élections libres, et c’est pourquoi, le peuple palestinien a donné sa confiance totale au parti en 2006. A cette époque, les gouvernements occidentaux avaient demandé au mouvement islamique de ’’respecter la démocratie’’, mais lorsque la victoire a été du côté de notre mouvement, ce sont ces mêmes occidentaux qui ont refusé de respecter et de reconnaître les résultats des élections. Ils ont donc décidé de nous punir collectivement en nous assiégeant. Montrez-moi n’importe quelle partie du monde où la population subit un blocus marin, terrestre et même par le ciel. Et pour finir, ils ont déclenché une guerre pour punir la population, comme ils ont puni tous les pays qui entretiennent des relations avec nous. »

Dossier prisonniers

L’agenda de la délégation internationale avait également prévu une visite importante au Centre des Prisonniers de Gaza. La conférence tenue ce jour a été ouverte par Ramy Abdou, représentant de l’European Campaign to end the siege on Gaza (organe ayant pris l’initiative d’organiser la caravane internationale), et la députée chilienne d’origine palestinienne Marcela Constanza Sabat Fernandez.

 ?Etaient présents de nombreux prisonniers, dont certains récemment libérés lors de l’accord d’échange conclu avec Israël (Shalit contre 1100 détenus politiques). A cette occasion, Abdelaziz Amro et Samar Sbeh, une jeune maman, ont pris la parole pour raconter leur propre vécu dans les prisons. Amro a expliqué qu’il avait été condamné à 700 ans de prison. Détenu en 2004, il a été torturé avec des produits chimiques dont les séquelles se font sentir aujourd’hui où son état de santé s’est détérioré. Il affirme : « N’importe quel Palestinien peut se trouver emprisonné, et pour n’importe que motif. Dans ce cadre, Israël opte souvent pour la détention administrative qu’il renouvelle tous les six mois ou tous les ans. Il faut savoir que les prisons israéliennes contiennent un grand nombre de détenus dont l’état de santé est vraiment critique sans qu’on daigne leur prodiguer les soins médicaux nécessaires. Hélas, je ne peux me permettre de vous raconter davantage des souffrances subies dans les prisons et ce, par respect pour les nombreuses familles présentes dans cette salle, et dont certaines ont des proches en prison... mais je vous laisse deviner la souffrance insupportable qui y règne. »

Quant à Sbeh, qui a été arrêtée la même année, à savoir en 2004, elle était enceinte de trois mois et a donné naissance à son bébé à l’intérieur de la prison. Bara’ est aujourd’hui âgé de 3 ans. Le petit a vécu en prison avec sa maman jusqu’à l’âge de deux ans et demi, puis il a été libéré et confié à la famille.

Malheureusement, le cas de Samar et de son fils n’est pas unique puisque beaucoup de prisonnières sont confrontées aux mêmes conditions de vie où elles sont contraintes d’accoucher en prison. Ces femmes n’ont d’autre choix que d’élever leurs petits derrière les barreaux et leur quotidien est partagé entre incommodité, précarité hygiénique, sanitaire et alimentaire et situation psychologique cruelle. Et là, il ne s’agit pas de criminelles mais de détenues politiques privées de leurs droits humains.

La journée du 23 novembre : les invités de Gaza se sont rendus à « Assalama. Société de Bienfaisance » , centre pour handicapés situé à Beit Lahiya au nord de la Bande.

La réunion a été présidée par Mohammed Hannoun de l’Association des Palestiniens en Italie et responsable des affaires humanitaires de la caravane, et par la députée brésilienne Marina Pignataro Sant’Anna.

Ala, une des responsables du centre nous a expliqué que la plupart des handicapés présents ici sont des victimes des guerres israéliennes ou des tortures. Ce sont des enfants contraints à vivre en fauteuil roulant, qui ont des membres amputés, ou bien qui sont devenus sourds ou aveugles. Un des problèmes auxquels ces handicapés se heurtent est l’interdiction imposée par Israël concernant toute possibilité de voyage à l’étranger pour des soins médicaux ou pour bénéficier de prothèses.

Hôpitaux de la Bande : l’urgence est quotidienne

L’hôpital de Beit Lahiya compte 100 lits pour 300 mille personnes. La structure appelée « Martyr Kamal Udwan » est également au service des malades du camp de réfugiés de Jabaliya. L’affluence des patients est continue et un aspect très évident est celui des conditions de travail précaires et déplorables et l’insuffisance des produits sanitaires. En effet, le personnel médical est contraint de travailler alors que l’établissement manque de médicaments, de pièces de rechange pour les appareils, les chambres sont délabrées et les blocs opératoires mal équipées manquent même d’autoclave. Outre le manque flagrant de médicaments, l’électricité est souvent coupée pendant plus de 8 heures par jour, et les pièces de rechange pour les machines ne sont pas disponibles.

Durant la guerre de l’hiver 2008-2009, l’hôpital a pu secourir plus du tiers des blessés.

Le port de Gaza

A peine arrivés au petit port de Gaza, nous avons remarqué un monument édifié à la mémoire des neuf victimes turques du bateau Mavi Marmara, tuées lors de l’assaut lancé, au mois de mai de l’an dernier, par les Israéliens contre la Flottille de la Liberté I. Nous avons donc rencontré, ici même, le président de l’association des pêcheurs de Gaza, le représentant du ministère de l’Agriculture et de la Pêche et le président de l’autorité portuaire.

Ils nous expliquent : « 87% des pêcheurs vivent sous le seuil de la pauvreté. Même si les Accords d’Oslo prévoient 20 miles, l’occupation nous interdit de naviguer au-delà de 3 miles. Et si nous ne pêchons pas au large, nous ne trouvons pas de poisson sur la rive, où la faune est très faible. »

Ici, les bombardements sont quotidiens et les pêcheurs sont souvent enlevés et emmenés en Israël. Les barques et même les moteurs sont volés dans l’unique objectif de saboter la pêche qui est un fond de subsistance pour près de 3500 familles.

Cette année, sept pêcheurs sont morts et 30 autres ont été blessés, dont Ahmed qui lève son bras pour nous montrer sa main coupée. Une chose est sûre, ce pêcheur ne pourra plus travailler en mer. Il faut reconnaître qu’à présent, la pêche est une activité à haut risque et peu recherchée. A cause des agressions israéliennes, les pertes enregistrées cette année ont dépassé la barre des 5 millions d’euros. Cette situation engendre une misère généralisée chez les pêcheurs et leurs familles. En effet, les enfants, faute de moyens, ne peuvent plus aller à l’école, certains sortent en mer avec leurs pères ou leurs frères, ou bien, se tournent vers les marchés pour des petits boulots médiocres, souvent mal payés.

Et pourtant, il fut un temps où le poisson de Gaza était exporté dans plusieurs pays. Aujourd’hui, il ne suffit même pas à subvenir aux besoins des familles des pêcheurs.

Le ministre des affaires étrangères de Gaza

Le soir du 23 novembre, les délégations sud-américaine et italienne ont été accueillies dans les bureaux de Mahmoud az-Zahaar. Avec un large sourire dessiné sur son visage, le ministre a exprimé sa joie et gratitude quant à la présence d’un si grand nombre de parlementaires latino-américains, entre députés, sénateurs, représentants du Mercosul et du Parlement Andi et aussi des candidats aux prochaines élections présidentielles.

Alors que l’Europe (au niveau officiel) boycotte le gouvernement de Gaza, les politiciens sud-américains viennent lui rendre visite pour discuter, pour parler et même pour prendre des photos avec les ministres, les députés et le premier ministre. Les paramètres occidentaux n’admettent pas une telle approche, contrairement à cette partie du monde qui, au cours des dernières années, a réussi à se libérer des dictatures, des régimes et des oppresseurs locaux manoeuvrés par les USA. Cette partie du monde qui peut même élire des ex-guérilleros au poste de Président.

« L’Amérique Latine ne voit aucune objection à porter au pouvoir des partis et des politiciens qui ont appartenu à la résistance et à la guérilla de libération » a expliqué une parlementaire latino-américaine à Az-Zahar, surpris mais amusé. Pour les sud-américains, le mouvement islamique de la résistance qu’est le Hamas est tout simplement un mouvement de résistance populaire contre un régime qui l’assiège, l’occupe et l’opprime. D’autres parlementaires ont ajouté que leurs mouvements de libération étaient autrefois qualéifiés de « terroristes » par les dictateurs. Mais aujourd’hui, ou ils sont au gouvernement, ou ils ont leurs représentants.

Le ministre gazaoui a tenu à préciser un point très important sur l’Islam : « L’Islam n’est pas votre ennemi, ni celui de l’Occident. Notre lutte est conduite contre le sionisme qui a occupé notre terre » a-t-il dit.

Reconstruction

En parcourant la Bande de Gaza, il apparait clairement qu’elle a été reconstruite grâce à la volonté invincible de ses enfants. Les débris ont été collectés, écrasés et mélangés avec du sable. Les bâtiments et édifices que le déchaînement sioniste meurtrier avait détruit durant l’opération Plomb Durci (hiver 2008-2009) ont été reconstruits. Depuis quelque temps, par les « tunnels de la survie », les matériaux de construction arrivent à entrer dans la Bande . Les gazaouis ne sont pas restés les mains croisés, bien au contraire, ils ont réussi à reconstruire ce qu’Israël avait détruit.

La situation dans la Bande est aujourd’hui totalement différente de ce qu’elle était il y a deux ans, en janvier 2009, juste après la guerre israélienne. Les tunnels construits sur la frontière avec l’Egypte ont permis l’introduction des produits alimentaires, des vêtements, des voitures qui, même déjà utilisées, restent très chères, des jouets et bien d’autres marchandises.

Les magasins ne manquent pas de produits, que se soit dans le vieux souk de Gaza ou bien dans les nouveaux supermarchés modernes, au style arabo-occidental. Il est vrai qu’il n’y a pas une urgence humanitaire, mais le problème est celui du chômage qui a atteint un niveau très élevé et qui, par conséquent, empêche les gens d’acheter, même des produits de première nécessité. La plupart des gazaouis sont pauvres et manquent d’argent.

Il existe également des zones encore plus affectées, comme le camp d’An-Nuseirat. Cette partie de la ville, sauvagement frappée par l’opération Plomb Durci, est toujours dans la ligne de mire des Israéliens. La population de ce camp est quasiment isolée puisque les ponts et autres structures avaient été détruits, et peinent à être reconstruits à cause du manque de fer et d’acier.

Le siège

Aujourd’hui, la véritable urgence humanitaire dans la Bande de Gaza touche à la fois les secteurs de la santé et du travail. Les hôpitaux manquent de fournitures médicales, de médicaments, de pièces de rechange pour les appareils.

Israël assiège, boucle et attaque constamment la Bande, détruit les maisons et les infrastructures, les champs et les barques des pêcheurs, empêche la libre circulation des personnes et des produits. Il tire sur les ouvriers et les empêche de travailler rien que pour les affamer et leur enlever toute possibilité de jouir d’une vie digne et normale.

Aujourd’hui, le constat est sans équivoque : les produits ne manquent pas à Gaza, mais c’est l’argent pour les acheter qui fait défaut, et pour beaucoup de gazaouis.

Trouver une occupation, un travail est le casse-tête quotidien de beaucoup de gens, qu’ils soient jeunes, vieux, licenciés, diplômés ou incultes. Ceux qui ont de la chance sont ceux qui peuvent vivre de ce que leur envoient des parents établis à l’étranger .

A Gaza, les catégories les plus touchées sont les pêcheurs, les agriculteurs, notamment ceux qui cultivent des terres proches des Territoire de 1948, constamment attaquées par Israël, et les employés des entreprises et des industries détruites durant l’opération Plomb Durci.

Ainsi, le blocus sur la Bande de Gaza doit prendre fin vu son caractère illégal et inhumain. Il est temps que la population puisse se déplacer, trouver un travail, gagner sa vie, étudier et recevoir les soins adéquats. Gaza doit mener une vie digne : tel a été l’avertissement de la délégation internationale.

Angela Lano
Le Caire et Gaza occupée, 21 -25 novembre 2011.
Publié (infopal.it) le 25 novembre 2011.

Traduit de l’italien par Niha (07.12.2011) :
http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=11517

Texte original en italien (25.11.2011) :
http://www.infopal.it/leggi.php ?id=19957


3-2 Communiqué de presse  du Porte Parole d' ÉGALITÉ  : Saïdi Nordine :  Plainte contre Israël.
Madame Monsieur,
Le 8 juillet 2011 débutait la mission internationale et citoyenne “Bienvenue en Palestine”.
Cette mission regroupant des centaines de ressortissants de tous pays du globe, avait pour objectif de se rendre en Palestine (et plus particulièrement à Bethléem en Cisjordanie), du 8 au 16 juillet 2011, afin de dénoncer le blocus de la Cisjordanie par l’armée d’occupation israélienne, et d’ainsi soutenir pacifiquement le peuple palestinien persécuté, en participant, aux côtés d’associations palestiniennes, à une série d’activités culturelles organisées par celles-ci.

Les participants de la mission « Bienvenue en Palestine » furent contraints, pour se rendre en Cisjordanie, de transiter par l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Une fois à l’aéroport, ils ont déclarés aux services de l’immigration qu’ils comptaient se rendre en Cisjordanie, ce qui n’a évidemment rien de répréhensible. Pourtant, ils furent littéralement pris d’assaut et encerclés par plusieurs dizaines d’agents de sécurité de l’aéroport, de policiers et de militaires israéliens, munis d’armes de guerre.

Malgré le pacifisme et la bonne volonté de ces citoyens, des dizaines d’entre eux furent bloqués à l’aéroport, ensuite transportés dans des conditions déplorables (fourgons à bestiaux), avant d’être détenus sans aucunes raisons ni aucunes charges. En tout, une centaine de personnes furent mises derrière les barreaux de prisons israéliennes, parmi
Les quelles pas moins de soixante Belges
Durant plusieurs jours, ils ont été humiliés, menacés, frappés pour certains d’entre eux, privés de nourriture, d’eau potable, de médicaments,…
D’où la volonté pour un certain nombre de citoyens belges de porter plainte contre ces agissements.
A la suite de quoi, ce 9 janvier 2012, s’est tenu un entretien avec le Procureur fédéral-adjoint Philippe MEIRE, lequel est le Procureur dirigeant la section "compétence universelle" du Parquet fédéral. A l'occasion de cet entretien, auquel assistait une participante à la mission "Bienvenue en Palestine", fut déposée la plainte contre les dirigeants israéliens. L'entretien fut extrêmement cordial et notre impression commune fut que le Procureur fédéral semble réellement prêt à aller au bout des choses.
Par ailleurs, nous comptons déposer encore d'autres plaintes (éventuellement sur d'autres bases juridiques).
Afin d’expliciter notre démarche, une conférence de presse se tiendra le mardi 17 janvier 2012 à 10h30 au local de « ESG » Rue du Chevreuil, n°4 à 1000 Bruxelles.
Je vous prie de croire, Madame/Monsieur en l'assurance de mes sentiments bien dévoués.

Maître Sébastien COURTOY – Maître Stéphanie DUMONT (collaboratrice )
Contact presse :
Maître Sébastien COURTOY
Avenue du Commandant Lothaire 11
1040 Bruxelles
Fax 02/736.17.20
G.S.M 0477/955082
Responsable de la mission pour Bruxelles
Nadia Boumazoughe
Rue du Chevreuil, n°4
1000 Bruxelles
Nadia.boumazoughe@yahoo.fr
GSM 0485/54.95.79
Bienvenuepalestine.com
Nordine Saïdi
Mouvement Citoyen Palestine
http://mcpalestine.canalblog.com

Saïdi Nordine
Porte Parole d' ÉGALITÉ 

GSM : 0476/84.19.69
http://egalite.be
http://e-s-g.blogspot.com



4 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion.

Ndlr La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

4-1 Ziad Medoukh : Les conséquences économiques du blocus israélien sur la bande de Gaza.
Les Palestiniens célèbrent ces jours-ci le troisième anniversaire de l’agression israélienne contre la population civile de la bande de Gaza, une population qui subit un blocus inhumain imposé de façon illégale par les forces de l’occupation.

Nous allons essayer dans cet article, de parler des conséquences économiques de ce blocus sur la vie des habitants de cette région, la plus peuplée du monde, une région oubliée voire déserte, une région en souffrance permanente.

Les chiffres et statistiques de cet article sont datés du deuxième trimestre 2011 .Ils proviennent d'organisations internationales telles que le bureau des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens-UNRWA-, le Programme des Nations-Unies pour le Développement, la Banque Mondiale, l’Organisation Mondiale du Travail et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Gaza.

On peut dire que l’économie de la bande de Gaza souffre d’une crise très grave à cause du blocus israélien et des fermetures de tous les passages commerciaux qui la relient à l’extérieur. Cette situation empêche tout développement d'une économie en faillite qui ne trouve pas les ressources nécessaires pour sortir d'une crise qui touche tous les autres secteurs.

On peut d’abord qualifier le blocus israélien sur Gaza de punition collective contre plus de 1.6 millions d’habitants qui vivent dans le chômage, la pauvreté et la précarité, et se battent quotidiennement pour survivre et rester dignes sur leur terre.

La fermeture totale des passages commerciaux qui relient la bande de Gaza au monde extérieur depuis 2007, et son ouverture de temps en temps de manière arbitraire et partielle, ont rendu l’économie gazaouite chaotique, sans aucun espoir de redressement, tous les secteurs économiques sont paralysés en raison de l’arrêt complet de tous les projets en cours.

Cette fermeture a empêché la libre circulation des importations et des exportations des biens et produits de Gaza, en particulier les matières premières et les produits semi-finis.

Les conséquences économiques de ce blocus illégal se manifestent par :

- Un recul des indicateurs de l’économie palestinienne, car l’économie de la bande de Gaza contribue pour 44% au PIB palestinien. Cette situation a rendu l’économie palestinienne dépendante de l’économie israélienne et de l’aide internationale.

- Les pertes financières directes ou indirectes dues à ce blocus inhumain et qui, en quatre ans, dépassent 1 milliard d’euros.

- Le secteur privé a été le secteur le plus touché, ce secteur qui employait environ 100.000 personnes avant 2007, et qui représentait 54% du marché de travail dans la bande de Gaza, est actuellement paralysé. A cause de la fermeture des usines et des ateliers, avec l’interdiction d’entrée de matières premières pour tous les projets et l’interdiction d'exporter , sans oublier la destruction de 85% des entreprises privées lors de la guerre de 2008-2099 , plus de 700 installations industrielles fermées sans réouverture, et la seule zone industrielle qui se trouvait au nord de la bande de Gaza fermée elle aussi définitivement après la guerre, à cause de tout cela, le secteur privé n'emploie plus que 20.000 personnes

- Le secteur de l’agriculture qui employait 40.000 travailleurs a été aussi touché. Actuellement, il y a seulement 9500 personnes qui travaillent- avec une baisse permanente de revenu- Ce secteur souffre de l’interdiction israélienne permanente de faire exporter les produits agricoles de Gaza connus pour leur qualité, vers les marchés externes. Sans oublier la diminution des terrains cultivables, des espaces ayant été détruits soit pendant la guerre, soit par les différentes incursions israéliennes sur les différentes régions de la bande de Gaza. La surface cultivée a diminué de 13% depuis 2007.Les pertes agricoles quotidiennes à cause de la non exportation des produits agricoles vers l’étranger est de 150.000 euros par jour. Conséquence grave: beaucoup de personnes sont en train d’abandonner leur terre agricole à cause de ces pertes, cette terre est remplacée par des constructions et des bâtiments. Une autre raison, la décision israélienne de porter la zone tampon, au nord de la bande de Gaza, à 300 mètres, a conduit à la détérioration dans le secteur agricole. De plus, la mort de beaucoup d’animaux a rendu l’élevage très difficile, et les prix ne cessent d'augmenter..

Avant 2007, la zone cultivée dans la Bande de Gaza s'élevait à 170 000 000 mètres carrés. Actuellement, il est estimé que 20 % de la zone cultivée, dont des vergers et des serres, ont été gravement affectés. Selon le rapport de la Chambre du commerce de Gaza, le coût de l'impact sur les moyens de subsistance des agriculteurs, combiné à celui des mesures de nettoyage nécessaires, s'élève à environ 10 millions d'euros.

- L’industrie: 90% des usines existantes sont fermées sans réouverture à cause du manque de matières premières, d’exportation, d’importation et du coût élevé des produits qui arrivent via les tunnels. La bande de Gaza est connue pour ses industries de qualité, notamment les vêtements, le tissu et le bois, les pertes dans ce secteur depuis juillet 2007 sont de 15 millions d’euros par mois.

- Le secteur de la pêche souffre énormément du blocus israélien, les pécheurs Gazaouis sont interdits de dépasser 400 mètres dans l'eau de Gaza, ces restrictions et ces limites ont influencé ce secteur et plus de 2000 pêcheurs, soit, ont changé d'activités, soit, travaillent avec un revenu minimum.

- Le chômage a augmenté, le taux de chômage a dépassé les 65% au deuxième trimestre de 2011, mais le phénomène le plus dangereux est la hausse du chômage chez les jeunes de moins de 30 ans, qui atteint 75%

- La pauvreté, 42% de la population de Gaza vit en dessous de seuil de pauvreté depuis mai 2007.

- Le développement du marché noir et le commerce qui vient des tunnels, entre 2008 et 2011; 45% des besoins commerciaux de la bande de Gaza en toutes matières proviennent des tunnels.

-L’augmentation de nombre de personnes qui dépendent des organisations humanitaires, selon les sources du bureau des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens –UNRWA- dans la bande de Gaza, plus de 450.000 personnes ont bénéficié du programme de l’aide alimentaire géré par le bureau, ce programme a élargi ses services pour cibler les citoyens et non seulement les réfugiés.

Le seul changement en 2011? Le nombre de camions autorisés à entrer Gaza est passé à 150 camions par jour alors qu’il était de 30 pendant le blocus, mais pour l’entrée et la sortie des produits de Gaza et vers Gaza, rien a changé.

Ces conséquences économiques sur la population, montrent une fois de plus que le véritable objectif de ce blocus imposé par l’armée israélienne, et cela devant le silence complice de la communauté internationale officielle, est de casser la volonté remarquable de cette population civile en pleine résistance.

Ziad Medoukh


4-2 Amira HASS : Les Palestiniens sont des héros qui bravent la dictature israélienne.

Les Palestiniens sont des héros et c’est la seule chose qui ressort des attaques des voyous des collines (les colons ndt) contre eux. Les mains sont les mains de voyous, et la tête ? La tête est celle du régime hostile imposé aux Palestiniens qui les persécute à chaque instant de leur vie, jour après jour, semaine après semaine depuis des décennies. Vivre dans de telles conditions et rester sain d’esprit —c’est de l’héroïsme. "Et qui dit que nous sommes sains d’esprit ?" me répondent les Palestiniens. Eh bien voilà la preuve qu’ils le sont : ils sont capables de se moquer d’eux-mêmes.

Les voyous des collines ne sont que la cerise sur le gâteau. La plus grosse partie du travail est faite par les voyous en gants de chevreau. Contrairement à ceux qui ont lancé des pierres à l’adjoint du commandant de brigade, ceux-là sont les chouchous d’Israël. La chair de notre chair. Des officiers et des soldats, des juges militaires, des architectes et des hommes d’affaire au servi