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01/02/2012

n° 37 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion :- a1 - : Sarkozy : menaces & débâcles.


n° 37 - Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion :- a1 - :  Sarkozy : menaces & débâcles.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie

n°37                             01-02

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

L’administration US manœuvre à l’ONU pour imposer un mandat international illégitime à la Syrie

Michel Dakar : SYRIE : Lettre ouverte au président de la Ligue des droits de l'homme.

 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Louis Denghien : Sarkozy : menaces & débâcles.

1-2 Mohamed BELAALI :La propagande anti-syrienne n’a d’égale que le silence sur les révoltes populaires au Yémen, à Bahreïn, en Arabie Saoudite, au Maroc

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Les observateurs de la Ligue arabe constatent que Homs est confrontée à des groupes terroristes.

2-2 Marie-Ange Patrizio : SYRIE : Le prince, les "hommes bons" et les petites souris.

2-3 80 associations disent 'non' à une intervention militaire en Syrie et 'oui 'à une médiation de paix.

2-4 Pétition contre la guerre en Iran et en Syrie.



Une analyse d’Amin Hoteit expert en stratégie militaire
L’administration US manœuvre à l’ONU pour imposer un mandat international illégitime à la Syrie

Que peut attendre l’administration US du Conseil de Sécurité alors qu’elle en connaît toutes les ficelles ?

31 janvier 2012

La question se pose parce que toutes les données disponibles indiquent sans équivoques que le Conseil de sécurité ne déléguera pas les États-Unis pour mener la guerre contre la Syrie comme il l’a fait pour l’Afghanistan et, en aucune manière, ne déléguera qui que ce soit pour y intervenir militairement, ou y imposer des zones d’exclusion aérienne à l’instar de ce qui s’est passé pour l’Irak et la Libye, ou encore y établir des zones tampons et des couloirs humanitaires…

Ceci parce que la Russie, soutenue par la Chine, a déclaré clairement que son veto sera opposé à toute résolution internationale qui rééditerait les expériences du passé ; telle celle vécue récemment par la Libye, qui a conduit ce pays à sa destruction et vers l’inconnu, après assassinat de plus de 130’000 personnes par l’OTAN, directement ou indirectement. Cela à la faveur d’une intervention censée installer une zone d’exclusion aérienne, mais qui a fini par outrepasser le mandat du Conseil de sécurité pour aboutir à une attaque aérienne écrasante suivie de l’éradication du régime en place.

L’administration US sait parfaitement que les déclarations des Russes ne sont pas de simples manœuvres et que, du point de vue de ces derniers, la question syrienne ne saurait souffrir d’aucun faux semblant, parce qu’elle est directement liée aux intérêts mêmes de la Russie et se trouve en relation organique avec sa sécurité nationale. Autrement dit, la Russie ne peut se permettre de négocier ou de se plier à des logiques d’échange et de transactions. Malgré cela, les États-Unis insistent et continuent de frapper à la porte du Conseil de sécurité en utilisant des partenaires arabes et occidentaux, avec l’espoir d’obtenir quelque chose contre la Syrie.

En sciences stratégiques, il est un principe accepté par tous : « C’est à celui qui possède le pouvoir ou l’opportunité, de ne cesser de les mettre à profit pour atteindre son objectif ». En pratique, ceux qui possèdent cet atout établissent leurs plans avec l’idée que, si jamais un plan échoue, un autre plan le remplacera, aussi longtemps qu’ils n’ont pas perdu leurs capacités. Ce qui nous amène au comportement des États-Unis et aux résultats observés suite aux interventions occidentales en Syrie. Or celle-ci résiste depuis près d’une année et a fait capoter tous les plans successifs conçus pour la conduire à sa perte. Des plans qui sont passés des soi-disant « manifestations pacifiques », aux tentatives de «  division de l’armée », et aux manœuvres de découpage de son territoire par des zones échappant à l’autorité de l’État dans le but de propager une terreur à grande échelle, pour finalement être obligé de reconnaître l’existence d’une opposition militaire organisée, armée et financée par l’étranger !

Par sa résistance déterminée, la Syrie a déjoué ces plans, l’un après l’autre, mais les forces d’agression n’ont pas perdu toutes leurs capacités de nuisance. Elles possèdent toujours l’appui des médias, l’argent, les moyens de pression économique, la possibilité de recruter et d’armer des mercenaires et des terroristes, et elles jettent le tout dans leur bataille animée par la vengeance.

Face à tout cela la Syrie résiste, forte de l’intime conviction que son peuple, son armée et son gouvernement sont suffisamment armés et immunisés contre la défaite. Elle a décidé de rétablir la sécurité des zones déstabilisées par les terroristes et a commencé à le faire, maintenant qu’une occasion historique lui a été donnée par le rapport des observateurs arabes qui ont été témoins du terrorisme et des crimes perpétrés contre l’État et les citoyens. Des observateurs qui ont certifié que des médias ennemis, diffusant à partir de certains satellites, sont fondamentalement responsables d’attiser l’agression et la subversion en Syrie.

Aujourd’hui, l’administration US réalise qu’elle a perdu sur le terrain syrien et qu’elle n’a plus de cartes pour en modifier les réalités militaires ou politiques. En même temps, elle sait que capituler devant la défaite est impossible en cette année électorale critique pour son chef qui se prépare à la course présidentielle pour renouveler son mandat. En effet, la capitulation de l’administration US serait catastrophique pour les bénéfices acquis suite à son déploiement tant en Tunisie qu’en Egypte et en Libye ; elle aurait des conséquences stratégiques désastreuses sur la scène internationale car elle rétablirait la Russie qui, avec ses alliés, serait un adversaire puissant du système occidental sous leadership des USA.

Oui, l’administration US est aujourd’hui face à un dilemme. Elle ne peut pas s’en sortir par une victoire en Syrie et, en même temps, elle ne peut pas déclarer son échec. C’est pour toutes ces raisons qu’elle rechercherait actuellement une solution honorable qui ne compterait pas pour une défaite. Elle consisterait à reporter le dossier à un moment plus propice pour rebattre les cartes et faire pencher la balance à son avantage. D’où, apparemment, ses tentatives pour renouveler l’expérience libanaise consécutive à la résolution 1559 [1] ; résolution qui a mis le Liban sous tutelle internationale et surveillance d’un proviseur, dossier indéfiniment ouvert sur la table du Conseil de sécurité, autorisant son ingérence quotidienne sous couvert du mensonge de la légitimité internationale ...

L’administration US veut donc pour la Syrie une résolution semblable à la résolution 1559 afin de lui imposer un mandat international, confisquer son droit d’élire son président, confisquer son droit aux relations internationales, en plus de confisquer son droit de posséder une puissance défensive. Elle espère réussir dans cette entreprise qu’elle pourra promouvoir comme une opération réussie de soustraction de la Syrie à l’axe de la résistance et du refus, comme en 2005, lorsqu’elle a soustrait le Liban à son environnement et à ses relations avec la Syrie pour en faire un pays hostile.

En 2004, les USA avaient réussi à faire adopter la résolution 1559 à la majorité de 9 voix [minimum requis pour l’adoption d’une résolution au Conseil de sécurité] dans un environnement stratégique international qui leur était favorable. À l’époque les USA affichaient leur fierté pour avoir occupé l’Irak, se vantaient d’être en route pour contrôler complètement l’Afghanistan, et avaient étendu leur pouvoir sur les pays du Golfe. Aucun des États membres ne pouvait leur faire face et les contredire pour n’importe quelles considérations subjectives ou internationales. Aujourd’hui tout a changé, et le Conseil de sécurité est soumis à un nouvel équilibre qui empêche les USA de le contrôler, ce qui signifie qu’adopter une résolution à minima est désormais presque impossible.

De plus, malgré l’adoption de la résolution 1559, les USA n’ont pas pu réussir à en faire grand chose d’un point de vue effectif au Liban. Le général Émile Lahoud est resté à la présidence jusqu’à la dernière minute de son mandat. La résistance visée par la résolution 1559 est toujours armée, et continue à nourrir sa force qui a vaincu Israël en 2006 ; elle n’accorde aucune importance aux initiateurs de la résolution et se moque des comptes-rendus de son proviseur. Quant au retrait de l’armée syrienne du Liban, il n’a pas eu lieu en application du 3ème décret de la résolution ; mais a été le résultat d’une décision stratégique majeure prise par la direction syrienne elle-même, dans l’intérêt de la sécurité nationale de la Syrie, suite aux nouvelles donnes sécuritaires surgies sur la scène libanaise.

Tout ce qui précède montre que l’administration US a échoué malgré ses pratiques meurtrières et terroristes et qu’elle sera, cette fois, impuissante au Conseil de sécurité malgré son instrumentalisation creuse de la Ligue, de ceux qui se prétendent arabes et qui se sont empressés de suspendre la mission de leurs observateurs en Syrie, pour empêcher la divulgation de leurs témoignages prouvant le caractère éminemment terroriste de la soi-disant « opposition syrienne », et aussi pour faire pression sur la Russie. Les circonstances ont changé et le monde entre dans une nouvelle ère de relations internationales où les USA n’ont plus l’exclusivité du leadership et du pouvoir. Par ailleurs, la Russie sait parfaitement qu’elle est visée à travers la Syrie et qu’elle se doit de se défendre.

Ce qui signifie que la Syrie ne subira pas une nouvelle résolution 1559 et qu’elle ne sera pas acculée à la soumission comme cela a été le cas au Liban, car le nouvel équilibre des forces peut la protéger d’un tel malheur. Il n’en demeure pas moins qu’elle doit s’attaquer au fléau terroriste pour l’éradiquer, ce qu’elle semble en train de réaliser. Dès lors, l’administration US ne pourra que se plier devant l’évidence ; et ses [alliés] Arabes et leur Ligue ne pourront plus nuire, maintenant qu’ils ont utilisé leur dernière cartouche en ramenant le dossier syrien devant un Conseil de sécurité qui ne répondra pas à leurs attentes.

Amin Hoteit
thawra.alwehda.gov.sy, 30 janvier 2012


Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.

Article proposé et traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal (Biologiste) pour silviacattori.net

Texte original en arabe :
http://thawra.alwehda.gov.sy/_View_news2.asp ?FileName=65779514320120130010248


http://www.silviacattori.net:80/article2767.html


Michel Dakar : SYRIE : Lettre ouverte au président de la Ligue des droits de l'homme

Mondialisation.ca,

Le 27 janvier 2012

Lettre ouverte au président de la Ligue des droits de l'homme, M. Pierre Tartakowsky, au sujet de sa collaboration à la destruction en cours de la Syrie et au sujet de l’association Souriahouria (Liberté Syrie) qui légitime cette destruction, et qu'il protège.

Villequier, le 27 janvier 2012,

Monsieur le président de la Ligue,
Je constate que votre organisation, ainsi qu’Amnesty International France et l’ACAT (Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), protègent une association nommée Souriahouria (Syrie Liberté), qui est le fer de lance en France de la propagande de l’OTAN légitimant les futures invasion et destruction de la Syrie.

Cela bien sûr, sous couvert de propager la démocratie, les droits de l’homme, de combattre les dictatures et l’usage de la torture.

Mais cela ne trompe plus personne.

Les menées de l’OTAN, sont motivées pour asseoir définitivement l’hégémonie de l’entité hybride américano-israélienne sur toute la planète, cela avant que la production pétrolière en chute constante ne provoque le déclin irrémédiable de cette entité, et sa certaine disparition.

Yougoslavie, Kosovo, Irak, Afghanistan, Liban, Gaza, Lybie, voilà maintenant le tour de la Syrie, prélude à son démembrement et à celui du Liban, aux éliminations de la résistance et du peuple palestinien, à l’invasion de l’Iran et à sa destruction, à la réduction de la Chine au servage, et à la dislocation de la Russie. La route sera alors libre pour que l’entité américano-israélienne lamine pour longtemps le champ de la planète, épuisant toute ressource et à terme éradiquant toute vie. Je considère qu’il vaut mieux qu’il y ait dans l’arène mondiale, plusieurs criminels qui s’affrontent et s’auto limitent, plutôt qu’un qui reste seul et qui impose sa loi à tous. C’est du pur pragmatisme.

Parallèlement, on assiste à la destruction de l’économie européenne, de sa monnaie, par l’intermédiaire des agences de notation à la solde des services spéciaux de l’entité, et en France, à une campagne sordide, orchestrée par Sarkozy, simple factotum hideux de l’entité, pour annihiler le courant représenté par Dominique Strauss-Kahn, qui tente de conduire vers un partage raisonné du monde. Dans les plans de l’entité, l’Europe doit d’évidence rejoindre la région dévastée du Tiers-monde.

Il ne faut surtout pas omettre l’empoisonnement mondial massif par les particules nanométriques d’uranium appauvri, qui sont dégagées par milliards de milliards à chacune de ces guerres, et qui occupent l’atmosphère de toute la planète, provoquant des dégâts irréversibles au génome humain et à ceux des autres espèces incluant les plantes.

Mais cela est sans doute négligeable pour vous monsieur Tartakowsky, pensez, les plantes, déjà que vous vous fichez des humains.

La Syrie dans cette menée est un point crucial. Elle est l’obstacle qui soit sera renversé, et alors il y a toutes les chances pour que le plan de l’entité aboutisse, soit résiste, et c’est l’échec quasi assuré de ce plan. La Syrie doit être l’équivalent du Stalingrad des nazis.

Mon choix est fait monsieur Tartakowsky, je m’engage pour l’échec de ce plan, et vais tenter d’y contribuer.

Pour commencer, ceux qui en France collaborent à ce plan, d’autant qu’ils sont eux-mêmes syriens, doivent être montrés du doigt, pour ce qu’ils sont, des criminels de guerre et contre l’humanité. Ils méritent la corde ou la prison à vie.

La Préfecture de police de Paris m’a fait parvenir une copie de l’acte fondateur de cette association Souriahouria, crée en mai 2011 pour les besoins du plan de la destruction de l’obstacle syrien. On peut là déjà s’interroger pourquoi la Préfecture de police, qui me connaît si bien, et depuis si longtemps, a décidé de m’aider. Comme je m’interroge pourquoi on me redonne l’accès à mon site codeig.net.

La présidente de Souriahouria (Syrie Liberté) est une ancienne employée de France 24, la chaîne de propagande française de l’OTAN, à destination du monde arabe. C’est aussi une ancienne employée de l’Organisation de la francophonie, un support officiellement de l’influence diplomatique et culturelle française, et certainement plutôt des services spéciaux français. Elle se nomme Hala Kodmani (hala.kodmani@francophonie.org ; cet email est toujours actif). L’association Souriahouria est domiciliée à son adresse personnelle, 16 rue Armand Moisant à Paris 15ème, une rue aboutissant sur le boulevard de Vaugirard qui longe l’un des côtés de la gare Montparnasse, proche d’une des extrémités du 7ème arrondissement. J’ai été vérifier physiquement l’existence de cette domiciliation. Il y a bien une boîte aux lettres et une sonnette au 16 rue Moisant, portant le nom de Kodmani et Haigar. Je vous joins une photographie de l’entrée de cet immeuble.

Le trésorier de l’association est Rabee Alhayek, demeurant selon les documents adressés par la Préfecture 12 rue des Meuniers à Paris 12ème. Il y est indiqué qu’il serait ingénieur. C’est apparemment celui qui s’occupe du site http://www.souriahouria.com (email : redacteur@souriahouria.com). Il est à noter que celui qui possède le nom de domaine du site souriahouria.com est Paul Mosse, Mosse étant un nom juif, une déformation de Moshé ou Moïse.

Il est à noter qu’il existe une différence de valeur patrimoniale patente entre le domicile du trésorier et celui de la présidente. Une rapide recherche permet d’estimer le coût du mètre carré de la rue Moisant à environ 12 000 euros, et particulièrement celui du n°16 à environ 15 000 euros. Chacun des appartement de cette petite copropriété récente de 6 lots (apparemment des duplex), qui possèdent balcon et peut-être terrasse, et certainement chacun leur place de parking, doit faire au minimum 100 mètres carrés, ce qui place Mme Kodmani rien que pour son patrimoine immobilier, si elle est propriétaire, en plein dans la seconde tranche de l’ISF. Si elle est locataire, rien que le prix du loyer dépasse le revenu d’un cadre moyen français.

Les syriens qui fuiront leur pays après le passage de l’OTAN, son démembrement et une partie de son territoire annexé par Israël, pourront toujours demander la charité à Mme Kodmani. C’est pour les aider à le faire que je donne à l’avance ces informations. Mme Kodmani aura bien quelques vieilles couvertures, boîtes de lait concentré et quelques sages conseils à leur donner.

Le troisième gus de l’association Souriahouria, le secrétaire, se nomme Mohamad Alroumi. Son adresse ne figure pas sur les documents de la Préfecture. Il apparaît comme stipendié par l’Institut du Monde Arabe (IMA), qui y expose ses photographies, le zig étant « artiste ». L’IMA est une triste imposture qui ridiculise les arabes, et sert à ce que je comprends, pour financer tous les harkis filandreux qui oeuvrent pour le régime, comme cette dirigeante de l’association de la police politique française, « Les indigènes de la République », qui a dernièrement qualifié les français de « sous chiens ». L’un des anciens présidents de l’IMA était Dominique Baudis, membre du groupe de lobbying France-Israël. Le comique dans cette affaire est que cet Alroumi photographie Damas et ses vieilles pierres, sans doute pour qu’il en reste des traces après la rénovation de la région par l’OTAN.

Avez-vous pensé, monsieur Tartakowsky aux deux millions de réfugiés irakiens qui sont installés en Syrie, qui ont fuit la libération de leur pays par l’entité américano-israélienne. Où vont-ils pouvoir aller cette fois-là ? Et aux camps de réfugiés palestiniens implantés en Syrie ? Bon, je sais que vous vous en moquez. Comme vous vous moquez que la libération de l’Irak, toujours entièrement détruit, a fait environ 1 millions et demi de morts, et que sa population dégénère à cause de son imprégnation par l’uranium appauvri. Avez-vous aussi pensé que la population de vos commanditaires, israéliens, est elle-même aux premières loges pour inspirer quotidiennement ce produit si généreusement répandu par les armées de l’entité ?

Sachez, monsieur Tartakowsky, que je caresse un rêve, qui peut-être se concrétisera, mais j’en doute, car les salauds finissent en général dans leurs lits, c’est que des tristes sbires comme vous soient conduits devant un tribunal pour y répondre publiquement devant tous. Il est vrai que détruire l’humanité et les autres espèces au nom des droits de l’homme !

J’adresse une copie de ce courrier à vos complices d’Amnesty International France et de l’Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture.

Je vous informe que je poursuis mes investigations concernant le financement de l’association Souriahouria (France ? USA ? Israël ? Qatar ? Arabie Saoudite ?).

Je vous prie de recevoir, monsieur le président Tartakowsky, l’expression de mes respectueuses salutations.

M. DAKAR
Cette lettre a été adressée par Michel Dakar, le 27 janvier 2012, à M. Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des Droits de l'Homme, 138 rue Marcadet, Paris 18ème, et des copies ont été envoyées à l'ACAT et à Amnesty International France, ainsi qu'à l'officine parisienne de propagande de la banque Rotschild, le quotidien Libération.

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=va&aid=28906

   


1Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 Louis Denghien : Sarkozy : menaces & débâcles.

« La France ne se taira pas devant le scandale syrien » : c’est Nicolas Sarkozy qui l’a dit vendredi matin 20 janvier, à l’occasion de ce qui pourrait bien être ses ultimes vœux au corps diplomatique. Ces dix derniers mois, en tout cas, il est certain que la France, par sa bouche et plus encore celle de son ministre des Affaires étrangères, n’est pas restée silencieuse sur le cas syrien.

Et, hélas, la France – par la faute de ces deux hommes – a proféré beaucoup de contre-vérités, de mensonges, sans oublier les menaces et rodomontades.

C’est bien simple, Sarkozy/Juppé regnante, notre pays a parlé d’une même voix avec les Etats-Unis.

La veille, Alain Juppé avait une nouvelle fois envoyé un coup de patte à la mission d’observation de la Ligue arabe, qui se déroule selon lui « dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes« . Pas satisfaisantes pour lui, ça ne fait guère de doute : nombre des quelque 165 observateurs arabes ont fait état de violences de partisans de l’opposition, d’autres ont dit que la situation dans telle ou telle ville était calme ou allait en s’arrangeant.

Le coût politique et humain d’un tropisme pro-américain

Cette guérilla de communiqués et de déclarations fielleuses est, il est vrai, la seule intervention qui reste permise au tandem Sarkozy/Juppé : le jour même de la présentation des voeux présidentiels, quatre nouveaux militaires français tombaient en Afghanistan – 16 autres étant blessés dans le même attentat. Et la première réaction du « chef » de l’Etat était d’évoquer un possible « retrait anticipé » de nos troupes, la deuxième consistant à suspendre « toutes les opérations de formation et d’aide au combat » à l’armée afghane. Alors, dans ces conditions, une intervention militaire otanesque à participation française comme au « bon vieux temps » de la Libye… D’ailleurs, Alain Juppé vient même de se prononcer contre l’idée – il est vrai délirante – de ses amis qataris de déployer une force arabe en Syrie, c’est dire si la jactance n’empêche pas la prudence !

Revenons sur cette tragédie franco-afghane : 82 militaires français ont été tués – et 500 blessés – à ce jour en Afghanistan parce que Chirac, puis Sarkozy ont voulu mériter l’amitié de l’Oncle Sam, que celui-ci ait les traits de George Bush Jr ou ceux de Barack Obama. En Afghanistan, Sarkozy a imité en toute chose Obama (pourtant, il est notoire que les deux hommes se méprisent mutuellement), augmentant (juillet 2010) les effectifs français après qu’Obama eût décidé d’envoyer 30 000 G.I.’s supplémentaires, et annonçant le retrait de 1 100 soldats quand son homologue américain a annoncé le départ de 33 000 soldats d’ici septembre 2012.

Et ce suivisme s’est retrouvé sur l’Iran, la Libye (où l’élève français a dépassé et précédé le maître yankee)… et la Syrie. Au point que des hommes de la DGSE se retrouvent en Turquie pour « aider » les gangs de l’ASL. « Attention, président dangereux » écrivions nous (le 1er septembre 2011) à propos de Nicolas Sarkozy. Dangereux parce qu’il pense et réagit américain. Ou pro-américain, avec ce que ça suppose de surenchère. Des analystes ont pu écrire que si cet homme avait été président en 2003, la France se serait retrouvée embarquée dans le désastre irakien. Et d’autres disent que Sarkozy aurait bien aimé en découdre avec l’Iran. Et bien sûr avec la Syrie, dans le collimateur des Américains et de leurs suiveurs parce que c’est un allié de l’Iran, LA cible géopolitique à abattre – en attendant la Russie et la Chine – pour les stratèges néo-conservateurs sévissant des deux côtés de l’Atlantique. On n’en attendait pas moins de « Sarko l’Américain ». Mais quant au « gaulliste » Juppé…

Quoiqu’il en soit, ces menaces françaises interviennent sur fond de débâcle. Débâcle politique plus encore que militaire en Afghanistan qui ne devrait pas échapper longtemps à la reconquista des Talibans, en dépit des propos lénifiants des Juppé et autres Longuet. Débâcle électorale annoncée par les sondages et la plupart des analystes pour la présidentielle à venir – il y a fort à parier que Bachar al-Assad survivra politiquement à Nicolas Sarkozy.

Mais combien de militaires français tomberont-ils encore avant la fin de cette calamiteux et déshonorant quinquennat ? Et combien de mensonges et de coup tordus contre la Syrie de la part de ce qui fut la diplomatie française ?

Louis Denghien,

20 janvier 2012  


1-2 Mohamed BELAALI :La propagande anti-syrienne n’a d’égale que le silence sur les révoltes populaires au Yémen, à Bahreïn, en Arabie Saoudite, au Maroc...

L’impérialisme est l’ennemi des peuples : le cas de la Syrie

Mohamed BELAALI

L’impérialisme américain et son caniche européen cherchent par tous les moyens à déstabiliser la Syrie pour mieux l’asservir. Après la Libye, c’est le tour de la Syrie. L’impérialisme avait déjà, dans un passé récent, détruit la Yougoslavie, envahi l’Afghanistan, ravagé l’Irak et ruiné la Côte d’Ivoire. Destructions, massacres, génocides et violence extrême sont ses caractéristiques essentielles. Poussé par la recherche effrénée du profit, l’impérialisme en tant qu’instrument du pouvoir de la bourgeoisie, tente de soumettre tous les peuples de la planète. Esclavage, colonialisme, néocolonialisme etc., son histoire n’est, en dernière analyse, que pillage, par la violence et la cruauté, des richesses des peuples. Vouloir installer en Syrie par la force un gouvernement à sa botte, l’impérialisme ne fait que perpétuer cette logique hégémonique et despotique. L’impérialisme est toujours et partout l’ennemi des peuples.

Dès ses origines, le parti Baath éprouvait une aversion profonde pour le marxisme et la lutte des classes qui, selon ses fondateurs, étaient étrangers aux valeurs de la nation arabe. Le communisme à leurs yeux était par essence internationaliste, incompatible avec l’union des peuples arabes. Leur foi mythique dans cette « nation arabe » et dans « le socialisme arabe » a fait du Baath, en dernière analyse, un parti plutôt nationaliste au service des intérêts de la bourgeoisie et de la classe moyenne syrienne.

En 1963, lors du sixième Congrès National, l’aile gauche du parti avait adopté des résolutions réellement progressistes. Il faut préciser que les militants qui animent cette tendance radicale du Baath ont des origines sociales populaires contrairement à la vieille garde dont les dirigeants appartiennent à la bourgeoisie citadine. La lutte des classes s’est en quelque sorte introduite, au grand dam des conservateurs, à l’intérieur même du parti !

Pour contrecarrer ces résolutions et renverser cette tendance, Michel Aflak, Salah Bitar et leurs fidèles ont pris la décision, lourde de conséquences, de recourir à l’armée. En militarisant le parti, les fondateurs ont de fait éliminé toute possibilité de régler les conflits et les divergences d’opinions par le débat et les urnes. En Irak comme en Syrie, deux pays où le Baath est arrivé au pouvoir, le parti est devenu un repère d’officiers assoiffés de pouvoir. « La renaissance arabe », « L’unité arabe » et « le socialisme arabe » ont été relégués aux calendes grecques. Leur seul et unique objectif est de se maintenir, vaille que vaille, au pouvoir.

La répression sous toutes ses formes est devenue pour ces militaires le moyen le plus efficace pour taire toute contestation et éliminer toute opposition. Les services de renseignements, les redoutables « Moukhabarat » pourchassent, torturent et éliminent impitoyablement les opposants. Le général Hafez Al Assad a pris le contrôle de la Syrie en 1970. Trente ans plus tard, il livre à son fils Bachar une Syrie « nettoyée » de toute opposition. Même les fondateurs historiques du Baath n’ont pas échappé à la répression. Michel Aflak et Salah Bitar ont été condamnés à mort par contumace avant d’être graciés. Mais Salah Bitar a été assassiné rue Hoche à paris en 1980.

Aujourd’hui encore, l’état d’urgence est toujours en vigueur et l’article 8 de la constitution donne au Baath le statut de dirigeant exclusif de l’État et de la société (1).

Mais le Baath est le produit des rapports sociaux de la société syrienne. Il appartient au peuple syrien et à lui seul, en fonction de ces mêmes rapports sociaux, de le garder ou au contraire de le renverser.

Les soulèvements populaires en Tunisie, en Égypte, au Yémen, à Bahreïn etc. ont suscité d’énormes espoirs de changement dans les masses arabes opprimées y compris en Syrie.

Mais l’impérialisme ne peut supporter cette marche autonome des peuples vers la démocratie et le progrès. Les maintenir dans la soumission et la misère qui bloquent leur vitalité et leur émancipation reste pour lui le meilleur moyen de les dominer pour mieux les exploiter.

L’impérialisme s’immisce directement dans les affaires des peuples en leur refusant le droit de prendre eux-mêmes en charge leur propre destin. C’est ainsi qu’il a écrasé dans le sang, par l’intermédiaire de l’Arabie Saoudite, la révolution du peuple de Bahreïn pour maintenir au pouvoir la dynastie des Al khalifa, son fidèle serviteur local. C’est toujours lui qui a financé, armé et porté au pouvoir le Conseil National de Transition (CNT) en Libye au prix de milliers de morts et de destruction de tout un pays. Et c’est encore l’impérialisme qui a manœuvré au Yémen, par le biais du Conseil de Coopération du Golfe, pour confisquer la révolution au peuple en demandant à Ali Abdallah Saleh de mettre le pouvoir entre des mains sûres avant de s’exiler en Arabie Saoudite ou aux États-Unis. L’impérialisme est la négation du Droit des nations à disposer d’elles-mêmes.

L’hystérique propagande menée contre la Syrie n’a d’égale que le silence sur les révoltes réellement populaires au Yémen, à Bahreïn, en Arabie Saoudite ou encore au Maroc. Combien de citoyens américains et européens savent que le peuple marocain par exemple manifeste massivement et pacifiquement tous les dimanches depuis le 20 février 2011 ? Cette intense propagande dans l’occident impérialiste rappelle étrangement celle qui a précédé l’invasion de l’Irak et de la Libye.

L’impérialisme américain avec l’aide notamment de la Grande Bretagne, de la France, de la Turquie, de l’Arabie Saoudite et du Qatar se prépare activement à intervenir militairement en Syrie pour installer un pouvoir qui servira ses intérêts comme en Afghanistan, en Irak ou encore en Libye. Déjà l’Armée Libre Syrienne (ALS), pure créature de la Turquie, revendique un certain nombre d’actions sanglantes contre l’armée régulière syrienne. L’opposition au régime de Bachar Al Assad, dominée par les Frères Musulmans est de plus en plus violente. Il s’agit d’affaiblir la Syrie avant de l’envahir comme ce fut le cas en Libye.

Dans le monde arabe, l’impérialisme brise l’élan des soulèvements populaires pacifiques et le remplace par la violence d’une opposition qui lui est soumise. Il écrase les aspirations et les luttes des peuples pour leur imposer des régimes qui lui sont totalement acquis. L’exemple de la Libye est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, il tente d’envahir la Syrie pour servir ses intérêts et tenir son peuple dans l’oppression et la servitude.

Un régime installé à Damas par la volonté des États-Unis et de leurs satellites est la pire chose qui puisse arriver au peuple syrien, notamment pour ses classes laborieuses. Il suffit de voir dans quelle situation tragique se trouve aujourd’hui la population irakienne sans eau ni électricité pour s’en convaincre. Avant leur départ tout relatif, les américains ont laissé derrière eux, en plus d’un pouvoir corrompu et à leur solde, un pays divisé, ravagé, martyrisé et meurtri : plus d’un million de victimes et des centaines de milliers de blessés (2). Ce crime contre l’humanité « donne la mesure de la cruauté dont le capitalisme et la bourgeoisie qui le porte sont capables » (3). Et on va taire par pudeur les pratiques barbares des soldats américains sur des prisonniers irakiens sans défense notamment dans la tristement célèbre prison d’Abou Ghraib. La propagande la plus odieuse et les mensonges les plus grotesques ont été utilisés pour justifier l’invasion de l’Irak. La bourgeoisie, on le voit, ne recule devant rien pour assouvir sa soif du pétrole irakien.

Ce qui est vrai de l’Irak ne l’est pas moins de la Libye où la population survit dans des conditions dramatiques après les destructions massives de l’OTAN, bras armé de l’impérialisme. Pendant ce temps-là, les grandes compagnies pétrolières comme ENI, Total, BP, ExxonMobil, Shell etc., continuent, tels des vampires, à pomper allègrement le pétrole libyen !

Par ailleurs, l’Alliance atlantique refuse toujours de fournir le moindre chiffre sur le nombre de civils innocents tués par ses soldats. Ce silence en dit long sur les massacres perpétrés par l’OTAN et le CNT contre le peuple libyen. Rappelons tout de même que ces crimes ont été commis sous la bannière de la protection des civils et de l’aide humanitaire comme le précise la résolution 1973 de l’ONU : « Le Conseil de sécurité(...) se déclarant résolu à assurer la protection des civils et des secteurs où vivent des civils, et à assurer l’acheminement sans obstacle ni contretemps de l’aide humanitaire » !

La victoire de l’impérialisme en Syrie, est la défaite non seulement du peuple syrien mais de tous les peuples.

Mais ces guerres que les bourgeoisies américaines et européennes imposent aux peuples à travers le monde ne sont, en dernière analyse, que le prolongement des guerres économiques et sociales qu’elles livrent dans leur propre pays aux travailleurs et aux salariés en général. Les plans de rigueur et d’austérité qui se succèdent aux États-Unis et en Europe constituent une véritable guerre que la bourgeoisie livre aux classes populaires. « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » disait Clausewitz. La guerre est directement liée à la lutte des classes.

Guerres de classes à l’intérieur, guerres impérialistes à l’extérieur, voilà ce que l’histoire nous enseigne sur cette classe sociale, la bourgeoisie, dont la seule et unique raison d’être est la maximisation du profit par tous les moyens y compris par le plus abject, la guerre sous toutes ses formes. D’une manière générale, les guerres intérieures et extérieures sont intimement liées à l’exploitation des uns par les autres. « Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation » écrivaient Marx et Engels dans le Manifeste (3).

Mohamed Belaali

(1) « The leading party in the society and the state is the Socialist Arab Ba’ath Party. It leads a patriotic and progressive front seeking to unify the resources of the people’s masses and place them at the service of the Arab nation’s goals ».
http://www.mideastinfo.com/documents/Syria_Constitution.htm

(2) http://www.justforeignpolicy.org/iraq/iraqdeaths_fr.html

(3) Voir, entre autres, « Les ravages de la guerre impérialiste en Irak » http://belaali.over-blog.com/article-les-ravages-de-la-guerr...

(4) K. Marx et F. Engels dans le « Manifeste du parti communiste », page 56. Éditions de Pékin.

URL de cet article 15516
http://www.legrandsoir.info/l-imperialisme-est-l-ennemi-des-peuples-le-cas-de-la-syrie.html



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Les observateurs de la Ligue arabe constatent que Homs est confrontée à des groupes terroristes.

"Les médias atlantistes et du Golfe affirment que le président el-Assad a fait retirer les chars qui encerclaient la ville de Homs, combler les tranchées qui avaient été creusées, ramasser les cadavres dans les rues et nettoyer les prisons, pour cacher ses crimes aux observateurs de la Ligue arabe. Cette mise en scène se serait avérée insuffisante car 70 000 personnes seraient venues les accueillir en manifestant place al-Saa contre le régime, mais ils auraient été dispersés avec des gaz lacrymogènes.

Dans ce contexte, les médias atlantistes et du Golfe s’interrogent sur la crédibilité des observateurs de la Ligue arabe qui n’ont toujours pas validé leur version des événements.

Le lecteur reste perplexe à la lecture de ces articles : comment les journalistes à Paris ou Riyadh peuvent-ils mieux savoir ce qui se passe à Homs que les observateurs de la Ligue arabe venus constater sur place ?

D’autant que les images diffusées en direct par la télévision syrienne montraient, certes, une immense manifestation au centre de Homs accueillant les observateurs, mais appelant le président el-Assad à sévir contre les bandes armées qui terrorisent la ville. La foule sur la place al-Saa brandissait des portraits de Bachar el-Assad et des drapeaux du pays, et ne paraissait pas souffrir de gaz lacrymogène

• L’opposant syrien installé aux États-Unis, Farid Ghadry, dénonce dans le Jerusalem Post des négociations secrètes qui se tiendraient entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Il craint que Riyadh abandonne la révolution syrienne en échange d’un abandon de la révolution bahreinie par Téhéran. Il s’ensuivrait que Bachar el-Assad pourrait rester au pouvoir et ne manquerait pas de continuer son soutien aux terroristes, notamment au Hezbollah, au détriment d’Israël.

• Dans le Wall Street Journal, Jay Solomon souligne le rapprochement diplomatique entre la France et les USA pour joindre leurs efforts au Proche-Orient. Paris est devenue la capitale du printemps arabe. Non seulement l’administration Sarkozy héberge les réunions des opposants syriens et iraniens, mais elle finance leurs déplacements. Toutefois, Washington est parfois embarrassé par des initiatives françaises non coordonnées."

http://www.voltairenet.org/Les-observateurs-de-la-Ligue-arabe,172253

Dans l'émission de Francer Inter de mardi 27 décembre 2011, Basma Kodmani explique que, à Homs, 40.000 prisonniers ont été "vidés (sic) de leurs prisons -c'est moi qui mets le pluriel car je suppose que pour 40.000 personnes, il en faut plusieurs, de prisons- "pour être transportés à 5Kms de là dans des casernes militaires et remplacés par des prisonniers fictifs"...

On imagine sans peine l’évacuation de 40.000 personnes, non pas, comme par exemple à la fin d’un match au stade Vélodrome à Marseille, où une fois sortis les dizaines de milliers de spectateurs peuvent se disperser dans un espace assez ouvert-  transportées ici , on suppose dans des camions : ce qui fait, en entassant bien tout ce monde très docile, au minimum 400 véhicules, qui partent à la queue leu leu pour aller « à 5Kms de là » : où les "insurgés" peuvent donc envoyer les supposés benêts de la Ligue Arabe qui " ne sont pas préparés", dit Kodamni : préparés à quoi et par qui, Madame Kodmani ?

Pas de problème apparemment non plus pour trouver 40.000 personnes qui les remplacent aimablement au pied levé si on peut dire… Madame Kodmani et autres invités de Bruno Duvic ont l'habitude de la mise en scène et se laissent aller au grand spectacle, comme on en filme dans les studios qatari. A peu de frais, en l'occurrence, et de toutes façons, à France Inter, "c'est nous qui paye" comme disait Coluche.

Il est intéressant d'entendre aussi que la population est affamée et manque de tout et qu'il faut donc aller les secourir (à la Juppé : corridors humanitaires etc) quand on sait que ces mêmes personnes sont celles qui ont réclamé et obtenu nos embargo et sanctions contre leur pays.

Merci à Bruno Duvic et ses invités pour ce grand moment d’ « information indépendante » et intelligente, de surcroît.

m-a

Ecouter et voir, ça en vaut la peine, oui :

Bruno Duvic fait le point sur la situation en Syrie dans le 7/9 sur France Inter, avec Manon Loizeau, journaliste indépendante, Bassma Kodmani, membre du bureau executif du Centre national syrien (CNS), et Cham Daoud, cofondatrice de l'association Souria Houria (Syrie Liberté) (8h20 - 27 décembre 2011)
Retrouvez tous les invités du 7/9 surwww.franceinter.fr

 http://www.dailymotion.com/video/xna1iw_la-situatione-en-syrie_news


2-2 Marie-Ange Patrizio : SYRIE : Le prince, les "hommes bons" et les petites souris.

Témoignage

L’instrumentalisation des ONG syriennes

­Les ONG syriennes ont, jusqu’à présent, été la seule source d’information de la presse occidentale pour les reportages sur les prétendues atrocités commises dans le pays.

Comment se fait-il alors que nombre de ces ONG sont soit financées par l’Occident soit y sont basées ?

 

Marie-Ange Patrizio

« Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des mages».
Évangile selon Matthieu, chap. 2, versets 16-18.

Chers amis, je poursuis le récit de mon séjour en Syrie après avoir appris les attentats de Damas, avant-hier, veille de Noël. Je n’ai entendu qu’une fois à la radio que ces attentats avaient été revendiqués par les Frères Musulmans syriens. Martine Laroche-Joubert, aujourd’hui au Journal de France 2 (chaîne publique), n’a pas cru bon de se renseigner sur le nombre exact des victimes, pourtant bien documenté par la presse syrienne et étrangère : 44 morts à ce jour et 166 blessés graves. Les villes (y compris Homs) et villages de Syrie envahis par une foule de manifestants, et les hôpitaux débordés par les donneurs de sang : le réflexe le plus vital. Pas de décoration des maisons ni des églises pour Noël, en signe de deuil et de solidarité avec les familles des victimes.

Pour une revue de presse non alignée sur la Syrie, on peut consulter la rubrique du site Réseau Voltaire, dont l’équipe de rédaction est à Damas depuis novembre 2011[1][1][1]. Les esprits supérieurs à qui on ne fait pas avaler les « théories du complot », « conspirationnistes » etc.  pourront continuer à écouter tranquillement les thèses développées maintenant par tous nos media : c’est le « régime » qui a fomenté les attentats contre ses propres services de sécurité, et cætera.

Vendredi 18 novembre, rencontre avec le prince Talal Arslan (voir note de fin de texte[1][1][2]), dans sa résidence de Beyrouth. Je reproduis ici les notes que j’ai prises au cours de cette entrevue, traduite essentiellement par l’interprète personnel du prince puis par un membre du groupe ; du fait de leurs conditions de transcription, elles n’engagent, bien sûr, que moi.

« Ce qui se passe en Syrie et ce qui se passe au Yémen, en Tunisie ou ailleurs est très clair, et ce qu’en rapportent les media ne reflète pas la réalité. Dès les premiers jours les media ont essayé de mettre l’accent là-dessus, or il y a là une différence radicale : parce que les thèses du président Assad sont conformes aux aspirations du peuple syrien ; et lui dans son approche politique est en bons termes avec sa population.

Assad a été éduqué au sein de l’école patriotique de son père, certes, mais il a été influencé par une éducation occidentale, en fonction de son éducation occidentale. Dès qu’il a pris ses fonctions comme président, il a commencé à agir de sorte qu’il y ait une ouverture et une avancée en Syrie.

(…) Je suis plus que sûr qu’il était la personne de la mouvance des réformes en Syrie, et dès le début de son mandat il a fait de son mieux pour donner une image moderne et morale de la présidence en Syrie.

(…) Les soi-disant thèses de réforme en Syrie [rapportées par les media occidentaux] n’ont absolument rien à voir avec toute mouvance vraiment réformiste en Syrie. Certaines forces de cette opposition, qui se disent d’opposition, se dressent en fin de compte contre toutes les composantes de la population civile et, pour être encore plus précis, je dirai qu’elles ont des arrières pensées sectaires, communautaristes et, même, racistes.

Il faut revenir à septembre 2004, et à la résolution 1559[1][1][3] sur la « souveraineté du Liban » qui représente l’étincelle de tous les événements qui se passent ici, depuis ; cette résolution est arrivée en même temps que certains événements en Irak et en même temps que les théories du « Grand Moyen-Orient ». Quel est ce nouveau « Moyen-Orient » qu’on nous propose ?

D’après ce qu’on voit, il n’ouvre que sur un avenir sunnite, avec l’expulsion des chrétiens et des maronites de la région.

Depuis des centaines d’années on n’a jamais connu ce genre de ligne politique et on essaye de nous convaincre que, sous prétexte de Frères Musulmans, on nous proposerait un islam modéré.

On voit les résultats de ce grand mensonge à Tunis, en Egypte, en Libye et au Bahreïn. Et on essaie d’appliquer ça en Syrie et au Liban aussi.

Soyons clairs. Nous, nous payons la facture de notre attachement à notre indépendance, à notre arabité aussi, de notre résistance contre  quoi ? Contre le fanatisme, c’est-à-dire contre Israël.

Oui, pour nous Israël représente l’état raciste par excellence, nous ne sommes pas contre les Juifs mais contre le racisme advenu dans cette région qui est le berceau de notre civilisation, le berceau du judaïsme, du christianisme, de l’islam. C’est dans ces principes que nous avons été élevés, selon les lois de l’arabité.

Assad paye le prix cher de cette attitude là. Voilà le danger pour cette région : ils veulent qu’émergent des entités politiques semblables à l’entité israélienne. Pour nous c’est inadmissible, et nous allons résister et combattre ce courant jusqu’au bout car il représente l’élimination pure et simple de notre identité, de nos religions, de notre civilisation et de notre histoire.

L’armée américaine dès son arrivée en Irak a apporté le conflit entre sunnites, chiites et kurdes. Une fitna confessionnelle, et raciste, et ethnique ; et, pire encore, l’expulsion des chrétiens d’Irak. Malheureusement, parmi les pays arabes, seule la Syrie a fait preuve de solidarité avec les chrétiens d’Irak. Où sont-ils ces régimes qualifiés de modérés, où sont-elles ces monarchies et ces principautés présentées comme des modèles qui n’ont pas accueilli les chrétiens d’Irak ?

Les chrétiens irakiens n’ont eu d’autre solution qu’émigrer [hors du Proche-Orient] ou se réfugier en Syrie. C’est ce qu’on fait payer à Assad.

Au Liban en 1975, un émissaire américain, Dean Brown, est venu ici comme représentant du président Gerald Ford. A mon père qui était encore en vie, il a proposé en toute impertinence le projet de l’expulsion des chrétiens du Liban. Dean Brown lui a dit que les navires étaient prêts pour transporter les chrétiens au Canada, Brésil… Ce projet n’est pas nouveau. Mais personne ne se souvient de ça.

Quelle est la place des chrétiens aujourd’hui au Liban ? Avant 1975, ils étaient 65% de la population libanaise ; aujourd’hui, les chrétiens y compris arméniens ne représentent pas plus de 29% de la population.

Si [les forces impérialistes] lancent cette campagne contre le patriarche Raï[1][1][4] c’est parce que celui-ci sait très bien ce que veut dire cette expulsion, parce qu’il est au courant de l’existence de ce plan. L’occident doit savoir ça.

Après la chute de l’empire ottoman il y avait ici deux courants : islamiste et panarabe. Les pionniers de l’arabité sont les chrétiens de cette région. Essayer de faire l’amalgame entre l’arabisme et l’islamisme est un énorme mensonge.

Le principe même de l’arabité dans cette région vient des maronites et à leur tête, des chrétiens ; ce sont les chrétiens qui ont formulé la pensée panarabe ; tout le monde doit le savoir.
Nous approchons du premier centenaire de la première guerre mondiale ; on retrouve ce même conflit, entre islamistes et panarabes.

Qu’est-ce qui me lie à Bachar al-Assad ?

Nous ne sommes pas de la même confession : c’est le nationalisme arabe qui nous unit, ça n’est pas du tout l’islam. Et ceci est un sujet primordial dans cette région et voilà pourquoi les USA sont décidés à la pousser dans l’intégrisme islamiste.
Cette opération est incompréhensible si l’on n’y voit pas une opération israélienne. Voilà le paysage de cette région. Et nos choix sont faits et ils sont définitifs.

Comparez l’attitude des media par rapport au Bahrein, en regard de la Syrie. Les media font tout ce qu’ils peuvent avec la Ligue Arabe, qui n’a servi à rien depuis 1945 excepté à ce que nous voyons maintenant, pour attiser les sanctions économiques contre la Syrie. La Ligue Arabe utilise les puissances étrangères pour provoquer un changement de régime en Syrie car [les dirigeants de la Ligue Arabe] savent pertinemment qu’ils ne peuvent pas le faire sur le plan de la politique intérieure.

Si nous perdions cette guerre, cette région entrerait dans ce que j’appellerai une guerre de cent ans ; et ceci est la chose la plus dangereuse pour l’existence de cette région.

Je dois dire que j’ai vraiment peur du [développement] d’un islam ethnique et fanatique et je dois vous dire que ce n’est pas simplement ce peuple mais le monde entier qui paierait un lourd tribut pour cela. Nous avons vu ce qui s’est passé pour le 11 IX. Nous avons vécu ici au Liban une petite période d’islam fanatique, et je voudrais être franc : je ne suis pas du tout effrayé par le fanatisme chiite car dans la culture chiite il y a toujours des espaces de liberté ; mais le fanatisme sunnite est capable de discréditer tous les autres partis. Par exemple, je suis druze et c’est une partie de l’idéologie musulmane, mais je ne me sens pas accepté en tant que musulman par les musulmans fanatiques.

Autre exemple : cette guerre actuelle qui se déroule contre l’église catholique [dans la région], pourquoi ?

Ils [les impérialistes] ne veulent pas s’en prendre au fanatisme tant que ça sert leurs positions. Les catholiques appartiennent à l’église chrétienne qui ne sert pas [dans la région] les ambitions impériales, c’est pourquoi maintenant le conflit se cristallise autour de l’église catholique et du Vatican. Le problème n’est pas celui de l’église catholique par rapport à l’islam ; c’est que proposer un islam fanatique sert [les intérêts de] l’Etat d’Israël qui est raciste.

Il y a à l’heure actuelle une guerre idéologique contre le Vatican, contre l’Eglise catholique et ce qu’elle représente [dans la région]. Et cela ne concerne pas simplement la survie et l’identité de la région : cela concerne la survie de la civilisation, dans le monde entier (…).

Il faut toujours revenir, ici, autour de ce seul sujet, l’arabisme, à cette seule solution, l’arabisme.

Si nous traitons le problème à partir de nos factions confessionnelles c’est la fin de cette région.

Je ne peux pas croire, adhérer, aux fanatismes chiite ou sunnite ou chrétien ou druze. Tout fanatisme religieux dans cette région sert les intérêts israéliens et sionistes ».

 

Cette entrevue est la dernière de mon séjour, je quitte Beyrouth et le reste du groupe en taxi à minuit et demi, avec un camarade, pour prendre l’avion le lendemain matin à 8heures à Damas. Je raconterai peut-être ce trajet dans un autre épisode.

Exergue :

« L’ange dit, La paix soit avec toi, femme de Joseph, la paix soit aussi avec ton fils, lui et toi ayant la chance d’avoir cette grotte pour maison, sinon à l’heure qu’il est  l’un de vous serait déchiqueté et mort tandis que l’autre serait vivant mais déchiqueté. Marie dit, J’ai entendu les cris, L’ange dit, Oui, tu les as tout juste entendus, mais un jour les cris que tu n’as pas poussés crieront pour toi et avant ce jour tu entendras encore crier mille fois à tes côtés (…) L’ange dit (…) tout ce qui devait arriver est arrivé, ces morts étaient nécessaires et, avant elles, le crime de Joseph. Marie dit, Le crime de Joseph, mon mari n’a commis aucun crime, c’est un homme bon. L’ange dit, Un homme bon qui a commis un crime, tu n’imagines pas combien avant lui en ont aussi commis, les crimes des hommes bons sont innombrables et, contrairement à ce que l’on pense, ils sont les seuls qui ne puissent être pardonnés. Marie dit quel crime mon mari a-t-il commis, l’ange dit tu le sais. (…) Marie dit, Qu’avons-nous fait. L’ange dit, C’est la cruauté d’Hérode qui a dégainé les poignards, mais votre égoïsme et votre lâcheté ont été les cordes qui ont ligoté les pieds et les mains des victimes ».

José Saramago, L’évangile selon Jésus-Christ  (Ed. Points, Paris, 2003) p. 122-3,

 

Trois petites souris à Saint Jacques le Mutilé.

Le paysage est aride, le monastère de Saint Jacques le Mutilé est situé à quelques kilomètres d’un village, au pied des contreforts des Monts de l’Anti-Liban ; entouré de jardins de fleurs (roses pour la confiture) et de simples, et, en contrebas, d’une partie des oliviers. Le matin où j’ai accompagné Sœur Claire-Marie et Sœur Mariam pour finir de ramasser les dernières olives,

la douzaine de moutons de la ferme traversaient négligemment ces terrasses en broutant au passage quelques sauges ou origans.

On domine la plaine jalonnée par les immenses pilonnes électriques[1][1][5], entre Damas et Homs.

Derrière nous la frontière libanaise est proche, à quelques kilomètres seulement. Père Daniel nous fait monter, Mario (délégué par une association catholique  italienne) et moi, au sommet du donjon où logent les hommes de la communauté ; en principe les femmes ne peuvent pas venir dans le donjon mais dans ce monastère, je constate, au fil de mon séjour, que la règle est vraiment souple ! Agnès-Maryam à qui j’avais dit mon étonnement de ne pas percevoir de règles strictes ni pour la vie communautaire[1][1][6] ni pour les offices, et même de ne pas avoir du tout entendu d’offices pendant notre séjour,  m’a dit que les églises d’Orient sont « totalitaires » : ici, ce terme signifie que toute la vie quotidienne, tout travail et tout le travail est une prière, une action de grâce et une offrande à Dieu.

La veille de notre départ, nous demandons à visiter ce monastère dans lequel nous étions, sans savoir vraiment ce qu’il était. La communauté cultive peu à peu les terres qui l’entourent : oliveraie, plantations que je n’ai pas le temps d’identifier, et les simples avec lesquelles les sœurs font des tisanes, des huiles essentielles.

Deux sortes de tisanes (que j’achète avant de partir) : « bonne humeur » et « digestion » (effets corrélés…). « Bonne humeur » est belle aussi à voir : un mélange riche et très coloré, je n’ai pas eu le temps de demander la composition, mais il y a aussi des petits boutons de fleurs séchées. Dans une des remises, j’ai vu des écorces de grenade qui sèchent.

 

Tout est utilisé dans le monastère ; et tout est ouvert d’ailleurs, même les chambres… qui n’ont pas de clé. Mais quelques barreaux aux fenêtres, première chose que j’ai vérifiée en y entrant le soir de mon arrivée : que voulez-vous, ça m’a un peu rassurée, en arrivant de Homs. Bien que, sans clé…

Du haut du donjon, la vue dégagée évoque le Désert des Tartares, ce jour-là le ciel était ce que ma mère appelait un ciel de peintre : un horizon vaste décoré de nuages. Et les murs et cultures du monastère. Couleurs de la terre et du ciel. Peu de bruits, le relief du silence.

 

Alex nous fait faire ensuite la visite des lieux consacrés, et nous raconte l’histoire du monastère. « Pas de permis de construire ici », je pense qu’il vaut dire pas d’obligation de donner un plan pour pouvoir construire ? « On fait ce qu’on veut chez soi »; et il nous dit comment ils décident ensemble, au fur et à mesure, de ce qu’ils vont faire (avec quelques surprises je crois : il y a une toute petite marche architecturalement incompréhensible à l’étage où nous étions logés, qui m’a semblée être là pour rattraper le niveau du déambulatoire…).

Rite grec melchite catholique. Des icônes me rappellent les canons de l’art roman du XIème siècle, en Europe. On descend dans une crypte -appelée ici la grotte- par une porte basse, obligeant à se pencher pour entrer. Dans certains endroits -pas ici- il faut même ramper pour accéder dans l’église : comme une nouvelle naissance, et un signe d’humilité. Et protection contre les chevaux des pillards, et envahisseurs.

« Ici, les gens mangent les fruits (même) quand ils sont encore verts » : habitude des temps où les habitants cueillaient la récolte avant la maturité, et avant que les pillards ne soient venus la leur voler. Gastronomie de subsistance.

Dans la grotte, la température est idéale : je me dis que je viendrais volontiers y dormir, plutôt que dans la chambre du premier étage. Et un lieu parfait pour entreposer les conserves, de toutes sortes (y compris bouteilles). Le sacré et le profane, l’utile et l’agréable : totalitaire. Alex explique que depuis des siècles des tunnels relient le sous-sol de ces bâtiments anciens (pas seulement ici au monastère, dans toute la région) aux frontières ou aux villages de la plaine, parfois sur de longues distances : défense traditionnelle contre l’envahisseur. Peut-être, actuellement, certains tunnels des régions frontalières sont-ils utilisés pour la contrebande, et pour l’entrée des armements des criminels. On est ici assez proche de la Bekaa.

En rentrant de la récolte des olives (on ramasse tout ce qui reste, même celles qui sont par terre, dans un autre sac : on ne laisse pas une seule olive ni sur les arbres ni à leur pied), Sœur Claire-Marie s’affaire pour aider les petites filles[1][1][7] réfugiées au monastère à se préparer pour l’école ; elle me dit qu’elles partent en moto, avec Fayçal, le concierge : « allez les voir partir, on dirait trois petites souris accrochées à leur maman ».

 

 

Il fait froid, elles s’équipent avant de monter sur la moto, toutes les trois finalement bien rangées derrière Fayçal, les cartables -des deux du milieu- devant : les bonnets sont bien enfoncés, elles n’ont pas de gants, elles me font signe en riant, pour la photo : image du bonheur d’aller à l’école, dans et malgré l’environnement que nous savons.

 

Je pense à vous tous les jours, petites souris de Saint Jacques le Mutilé. Et à ceux qui vous entourent, hommes et femmes sages et courageux. Personne d’autre que le peuple syrien ne pourra mieux vous protéger de la barbarie sadique des fanatiques et de leurs mandataires « défenseurs des droits de l’homme et de la démocratie» ; je n’écris ces lignes que pour rester près de vous et tenter de faire partager ces moments de bonheur.

Chers amis, lecteurs de ce récit, allez visiter le site de cette communauté ; vous y trouverez, mieux que dans ces lignes, le témoignage d’une vie que nous pouvons essayer de préserver.

Marie-Ange Patrizio

NOTES 
[1]
http://www.voltairenet.org/Al-Qaeda-frappe-dans-Damas

[2] Le prince Talal est l'héritier de la dynastie qui refoula les Croisés et créa la principauté du Mont Liban, embryon du Liban actuel. A l'intérieur de l'islam, la dynastie des Arslan est devenue druze (ce que les takfiristes considèrent comme une hérésie). Au cours du XXeme siècle, l'autorité des Arslan sur la communauté druze a été contestée par les Joumblatt. Et durant la guerre civile, les Joumblatt ont pris l'ascendant. Bien qu'il ait commis des crimes de guerre en rasant deux villages chrétiens, Walid Joumblatt est président du Parti Socialiste Progressite, et vice-président de l'Internationale socialiste.

Le prince Talal a créé le Parti démocrate du Liban, dont le programme est non-violent et écologiste, ce qui va à contre-courant de la scène politique libanaise. Lors des événements de 2008, quant le gouvernement Siniora a voulu couper le système de communication et d'approvisionnement de la Résistance, les partisans de Walid Joumblatt ont commis des atrocités sur de jeunes miliciens du Hezbollah. Le prince Talal s'est interposé pour que le Hezbollah ne venge pas les siens et que le sang cesse de couler. Depuis, Walid Joumblatt est partiellement retiré de la vie politique et passe la main à son fils Tamerlan. Après l'accord de Doha, le prince Talal Arslan, qui occupait un ministère de seconde importance (la Jeunesse et les Sports), est devenu le porte-parole de facto de la Résistance au sein du Conseil des ministres. Il a en effet la confiance de tous les leaders de la Résistance (Mahmoud Ahmadinejad, Bachar el-Assad, Hassan Nasrallah, Michel Aoun etc.).

[3] Voir le texte de la résolution 1559, la déclaration du Secrétaire général du Ministère des affaires étrangères et des émigrants du Liban, M. MOHAMAD ISSA, et les explications de vote de certains membres du Conseil de Sécurité : http://www.voltairenet.org/Resolution-1559-du-Conseil-de. Tout est déjà là, en effet.

[4] Voir l’article de Pierre Khalaf sur la visite de Monseigneur Bechara à l’Elysée le 5 septembre 2011 : http://www.voltairenet.org/L-Eglise-maronite-s-inquiete-des

[5] « La presse internationale fait l’impasse sur l’enlèvement de cinq ingénieurs iraniens à Homs. Cette action fait suite au sabotage du pipe-line approvisionnant la centrale électrique et au retrait de Petro-Canada. L’objectif est de priver Homs d’énergie » http://www.voltairenet.org/Inflation-des-accusations-contre

[6]« La communauté, érigée en 2000, a ceci de particulier qu’elle revient à l’idiorythmie des anciens monastères orientaux où le programme de vie est adapté à la personne et au consensus communautaire et non vice-versa. Ceci crée une ambiance singulière de fraternelle proximité dans une saine liberté, avec un judicieux équilibre entre les moments de solitude et de silence et les moments d’expérience ou de détente communautaire » : http://www.maryakub.org/mission.html

[7] Pour tous les membres de la communauté, voir la présentation de chacun sur le site du monastère :
http://www.maryakub.org/communaute.html   et http://www.maryakub.org/downloads/ppt/Fevrier%202011%20(Jibe).pdf  

Marie-Ange Patrizio 

Marie-Ange Patrizio : psychologue clinicienne, depuis 35 ans dans un établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés à Marseille, militante anti-impérialiste et traductrice.

Mondialisation.ca,

Le 27 décembre 2011

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28367

http://www.silviacattori.net/rubrique159.html


2-3 80 associations disent 'non' à une intervention militaire en Syrie et 'oui 'à une médiation de paix.
Collectif

Appel urgent pour mettre fin à l'intervention militaire étrangère en Syrie et rétablir les droits humains et le respect de la légalité.

 

Nous, soussignés organisations humanitaires ( ONG) pour les droits humains, vous exhortons à mobiliser les Nations Unies et la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour faire cesser tout projet d’intervention militaire étrangère contre la Syrie, et au contraire, d'agir de bonne foi pour une honnête médiation. Il est essentiel d’agir rapidement. Nous demandons d'agir de bonne foi pour rejoindre une vraie médiation pacifique.

 

Au cours des derniers mois, nous avons observé une augmentation constante des campagnes de presse qui présentent seulement une vision partielle et non-vérifiée de ce qui passe en Syrie. La même chose s'est produite aussi dans le cadre des préparatifs à l'intervention étrangère en Libye.

Nous savons qu'il ya des affrontements violents entre les troupes gouvernementales et les insurgés armés de l'auto-proclamée " Armée Libérée Syrienne " avec des bases en Turquie, près de la frontière syrienne. Et nous savons que ces conflits provoquent de nombreux morts parmi les civils, qui sont toujours les premières victimes de n’importe quel conflit. Il semble donc clair que les deux côtés armés ont des responsabilités.

 

Mais une ingérence militaire étrangère n'est pas une bonne façon de protéger les droits civils et humains. 

 

NOUS affirmons avec force que :  

1. le projet d’ « intervention militaire humanitaire » en Syrie est la pire des solutions. Un tel projet ne peut revendiquer aucune légitimité. La protection des droits humains ne peut s’obtenir par une intervention armée.

2. En effet, l'histoire récente montre que, les résultats inévitables de l'intervention armée étrangère, sont des violations massives des droits, comme en Libye.

3. La contrebande d'armes dans une zone de conflit alimente seulement une guerre « civile » et doit cesser.

4. On ne peut pas autoriser qu’un scénario libyen se reproduise en Syrie aussi, c'est à dire une « no-fly zone" qui se transforme en une intervention militaire directe suivie par des massacres et des violations massives des droits humains.


Nous exhortons donc la COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE pour favoriser : 

1. Un cessez le feu des deux côtés et une médiation neutre entre les parties : nous rappelons que la proposition faite par certains pays d'Amérique latine à partir du groupe Alba semble être accueillie aussi par l'opposition non-armée. 

2. Des mesures pour arrêter l'ingérence militaire et politique en Syrie visant à déstabiliser le pays (et éventuellement toute la région).

3. Restauration de la Syrie dans le bloc régional.

4. Fin des sanctions actuelles qui portent atteinte à des civils. 

5. Une mission internationale d'enquête par les pays et les organisations neutres pour établir la vérité sur les conditions de vie en Syrie. 

6. Une enquête menée par des observateurs internationaux neutres sur les accusations et sur les nouveaux rapports en provenance de Syrie qui n’ont pu être vérifiés jusqu’à présent.

 

PROMOTEURS

Associations Italiennes : 1) Associazione PeaceLink ; 2) Albassociazione ; 3) US citizens for Peace and Justice-Rome ; 4) Fiom ; 5) Ialana Italia - International Association Of Lawyers Against Nuclear Arms ; 6) Rete No War Roma ; 7) Comunità Internazionale di Capodarco - CICa ; 8) Contropiano ; 9) Associazione per la Pace ; 10) associazione Liberigoj ; 11) associazione Un Ponte per ; 12) Associazione Yakaar Italia Senegal ; 13) Centro Sereno Regis ; 14) WILPF - Women's International League for Peace and Freedom - Italy ; 15) Associazione nazionale di amicizia Italia Cuba - Circolo di Roma ; 16) Rete romana di solidarietà con la Palestina ; 17) Ecoistituto del Veneto Alex Langer ; 18) Rete Disarmiamoli ; 19) Comitato con la Palestina nel cuore ; 20) Associazione Culturale Chico Mendes ; 21) Associazione U.V.A ; 22) Associazione Gattapelata ; 23) Federazione Italiana Lavoratori Emigranti e famiglie ; 24) Ufficio Missionario diocesano Pinerolo ; 25) Arci Arezzo ; 26) Forum ambientalista ; 27) Pgs-Agis ; 28) Fucina per la nonviolenza ; 29) Comunità di Sestu ; 30) Pdci ; 31) Rete dei Comunisti ; 32) Coordinamento donne Trieste ; 33) Afs Intercultura Ci Salerno ; 34) Circolo Legambiente Alta valle del Tevere ; 35) Ashram Santa Caterina Napoli ; 36) Solidarité Nord-Sud-Onlus ; 37) Comitato per la pace ; 38) Associazione Germogli ; 39) Auci-Rm ; 40) Senza paura onlus ; 41) Associazione Stelle cadenti ; 42) Comitato Legamjonici ; 43) Il Dialogo ; 44) Casa della pace e della nonviolenza ; 45) Comitato pace convivenza solidarietà Danilo Dolci ; 46) Unacremona onlus ; 47) Amici di Cuba gruppo "Italo Calvino" Piombino ; 48) Amici della Mezza Luna Rossa Palestinese ; 49) Coordinamento Donne Trieste ; 50) AFS Intercultura C.L.Salerno ; 51) Comitato per la pace Faenza ; 52) Associazione Radda per l'Ecuador ; 53) Circolo della Decrescita "Invertire la Rotta" e Cantieri Sociali del Chianti ; 54) Associazione Terra Santa Libera ; 55) Associazione La Strada ; 56) Associazione Pellerossa Cesena ; 57) Egerthe ; 58) Centro Documentazione Manifesto Internazionalista ; 59) Circolo culturale Popilia ; 60) H.E.W.O.-Bagnoregio onlus ; 61) Gap Parma ; 62) Trentino Solidale ; 63) associazione Giolli ; 64) associazione di promozione sociale "Gli Amici della Filangieri" ; 65) associazione Italia-Nicaragua circolo di Livorno ; 66) Associazione Lo Sguardo di Andala ;67) Liberacittadinanza ; 68) Covenpri.

 

Associations non italiennes : 69) International-Lawyers (Switzerland) ; 70) Centre de Recerca Humanisme Emergent (Spain) ; 71) Canadians for Action on Climate Change (Canada) ; 72) Peace of the Action (USA) ; 73) Avalon International (USA) ; 74) Humanist Association (Hong Kong) ; 75) Filef Buenos Aires (Argentina) ; 76) Asociacion civil “LPG 2007” (Venezuela) ; 77) Circulo Bolivariano Antonio Gramsci Caracas (Venezuela) ; 78) Palestine Civil Rights Campaign (Lebanon/Usa) ; 79) Plataforma "No a la Guerra Imperialista" de Madrid (Spain) ; 80) Frevemun - Frente Venezolanos del Mundo.

Les responsables des associations sont à la disposition.

Plus de mille personnes ont aussi signé la pétition :http://www.peacelink.it/campagne/in...;;id_topic=4

Pour la signature d'autres groupes, contacter mari.liberazioni@yahoo.itImpérialisme humanitaire - Paix - Syrie


2-4 Pétition contre la guerre en Iran et en Syrie.

Lancé à l’initiative de Domenico Losurdo, cet appel international, paru en plusieurs langues et destiné au gouvernement respectif de chaque pays concerné, a déjà reçu le soutien de plusieurs députés au Bundestag, du philosophe et député européen Gianni Vattimo, et de nombreux citoyens.
Pour signer la version française de cette pétition, envoyer vos noms et confirmation à
stopperlaguerre@gmail.com
N’hésitez pas à faire circuler ce texte.
Stopper les préparatifs de guerre! Mettre fin à l’embargo!
Solidarité avec les peuples iranien et syrien!

Des dizaines de milliers de morts, une population traumatisée, des infrastructures largement détruites et un Etat désintégré : c’est là le résultat de la guerre menée par les Etats-Unis et l’OTAN pour s’approprier les richesses lybiennes et recoloniser le pays. A présent, ces derniers préparent éhontément la guerre contre l’Iran et la Syrie, deux pays stratégiquement importants, riches en matières premières et qui refusent, en toute indépendance politique, de se soumettre à leurs dikats. Une attaque de l’OTAN contre la Syrie ou l’Iran pourrait provoquer un conflit direct avec la Russie et la Chine, ce qui aurait des conséquences inimaginables.
De continuelles menaces de guerre, le déploiement de troupes aux frontières de l’Iran et de la Syrie, sans parler des actions terroristes et de sabotage de la part d’ “unités spéciales” inflitrées, tout cela fait partie de l’arsenal avec lequel les Etats-Unis et autres membres de l’OTAN imposent un état d’exception aux deux pays pour les épuiser. Les Etats-Unis et l’Union européenne tentent de façon cynique et inhumaine de paralyser par l’embargo le commerce extérieur et les transactions financières de ces pays. De manière délibérée, ils veulent précipiter les économies iranienne et syrienne dans une crise grave, augmenter le nombre de chômeurs et compromettre l’approvisionnement de la population. Pour trouver un prétexte à leur intervention militaire planifiée depuis longtemps, ils cherchent à attiser les conflits ethniques et sociaux internes et à provoquer une guerre civile. L’Union européenne ainsi que le gouvernement italien collaborent grandement à cette politique d’embargo et de menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.
Nous appelons tous les citoyens, églises, partis, syndicats, mouvements pacifistes à s’opposer énergiquement à cette politique de guerre.
Nous demandons au gouvernement français :
-    de stopper sans conditions et immédiatement l’embargo contre l’Iran et la Syrie
-    de déclarer qu’il ne participera en aucune sorte à une guerre contre ces Etats et qu’il n’autorisera pas l’utilisation de sites français pour une agression de la part des Etats-Unis et de l’OTAN
-    de s’impliquer au niveau international pour mettre fin à la politique des chantages et des menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.
Les peuples iranien et syrien ont le droit de décider par eux-mêmes et souverainement de l’organisation politique et sociale de leur pays. Le maintien de la paix exige que soit respecté rigoureusement le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres Etats.
Domenico Losurdo
Gianni Vattimo
Manlio Dinucci
la version allemande de ce texte a été signée par les élus :

Eva-Bulling-Schroeter

Sevim Dagdelen

Dr. Diether Dehm

Heike Hänsel

Ulla Jelpke


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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