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08/02/2012

n°25 - Journal de Côte d'Ivoire (2) -a1 - 13-01 au 06-02- Côte d’Ivoire : quand le mensonge rime avec la schizophrénie !


n°25 - Journal de Côte d'Ivoire (2) -a1 - 13-01 au 06-02- Côte d’Ivoire : quand le mensonge rime avec la schizophrénie !



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



       Journal de Côte d’Ivoire (2) 

n°25                              13-01 au 06-02

    Par C.Debroeder &  M.Lemaire



Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne  des journaux en ligne suivants:

                  (Afp- ats - Ap - Reuters, Al-manar - Chine nouvelle-  CPI - IPC –Novosti-  PNN- Wafa –Sana – Radio chine internalionale - Al Manar & XINHUANET (Chine) 

 



Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-              solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Médias et Manipulation de l’opinion.

 INVESTIG'ACTION- michelcollon.info

2  Dossier

2-1 Abou Cissé : Alassane n’adore que l’argent. Pas son argent. Mais l’argent de l’extérieur.

2-2 Hassane Magued : Côte d’Ivoire : quand le mensonge rime avec la schizophrénie !

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

3-1 Sidiki BAKABA, comédien et réalisateur : « Dans le bunker de Gbagbo, j'ai échappé à la mort ».

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Demba M. Dembele : «Alassane Ouattara est un instrument de Sarkozy».

4-2 Komla Kpogli : Gbagbo et la CPI : Florent Geel de la FIDH dans ses œuvres sur France 24.



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos


INVESTIG'ACTION - michelcollon.info

Côte d'Ivoire - Un pays sous influences
- Jean Pestieau
Les intérêts US et français doivent-ils passer avant une guerre meurtrière entre Africains?

Les élections de Côte d'Ivoire : chronique d'un échec annoncé
- Pascal Sané
"La naïveté, passé 50 ans d'indépendance, est impardonnable!"

Les guerres états-uniennes pour piller l'Afrique
- Anonyme
L'instabilité en Côte d'Ivoire n'est pas le fruit du hasard

Peuples de Côte d'Ivoire et d'Afrique maintenez votre lucidité
- Bernard Founou Tchuigoua
Qu'importe la démocratie pourvu qu'il y ait l'accès aux ressources naturelles

Côte d'Ivoire : le troublant jeu des Nations Unies
- Vladimir Caller
Honduras, Kossovo, Côte d'Ivoire: notions de démocratie variables

Côte d'Ivoire : une agression armée sans fondement - Ivoire Vérité
L'intervention militaire plutôt que le respect des lois: que veut la communauté internationale?

Minuit moins cinq en Côte d'Ivoire
- Olivier Mukuna
Confrontation des deux points de vue

Qui est Alassane Ouattara ?
- Front de Libération Nationale Congolais
Le candidat de la mondialisation en Afrique reconnu par les puissances occidentales

 



 Dossier

2-1 Abou Cissé : Alassane n’adore que l’argent. Pas son argent. Mais l’argent de l’extérieur.

Abou Cissé se prononce sur les sujets qui ont marqué l’actualité ivoirienne ces derniers temps. Il ne fait pas cadeau au régime d’Alassane Ouattara.

 Comptes de Gbagbo

«Nous connaissons bien le Président Laurent Gbagbo en tant qu’ami et combattant de la liberté. L’enquête de la Cour pénale internationale vient de confirmer qu’il est un homme de probité.

Il montre qu’on peut gouverner un pays sans détourner un seul sou des caisses de l’Etat.

Contrairement à certaines personnes qui n’ont d’yeux que pour l’argent. Des gens étaient à la tête de ce pays. On sait ce qu’ils ont fait. Le Président Laurent Gbagbo est d’une générosité incroyable. Il a le sens du partage. L’argent n’est pas son affaire. La preuve, il prenait une partie de son salaire pour donner à ceux qui sont dans le besoin.

La Cour pénale vient de mettre à nu les accusations fallacieuses dont il est victime, de la part de ceux qui ont pris le pouvoir dans des conditions que nous savions tous. Ceux qui ont parlé de crimes économiques doivent avoir le profil très bas. Le Président fait parti des hommes intègres que la Côte d’Ivoire et l’Afrique aient connus. Une telle espèce est rare. Les gens pensent que tout le monde est comme eux. Raison pour laquelle, ils l’accusent de crimes économiques.

Ceux-ci doivent se mordre les doigts. Il est plus blanc que ceux qui prétendent être blancs comme neige. Il sera lavé de toutes les hallucinations. L’enquête de la Cpi montre que le délit de crimes économiques n’est que l’imagination de ceux qui veulent se débarrasser d’un adversaire aussi coriace. Ils n’ont que leurs yeux pour pleurer. Ceux qui ont commis les crimes économiques dans ce pays sont encore en liberté. Ils roulent dans de grosses cylindrés pour narguer les Ivoiriens. Que diton de ceux qui ont demandé qu’on ferme les banques, qu’on mette un embargo sur le café et le cacao? Il faut être inhumain pour le faire. Tôt ou tard, ils vont répondre de leurs actes. Parce que la fin du film n’est pas loin. C’est un grand pas vers la victoire. Toutes les accusations vont se retourner contre tous ceux qui ont décidé de casser du Gbagbo. On va découvrir qu’il n’est pas assassin. Il y aura beaucoup de surprises. Les preuves sont pendantes. Le Président Laurent Gbagbo sortira la tête haute. Il reste l’un des symboles de la liberté. Ce pouvoir n’a pas une longue vie».

Affaire Guy André Kieffer

«Ils ne s’attendaient pas à la décision de la Cour pénale internationale. Ça été un coup de massue. Alors pour masquer leur désillusion, ils brandissent comme un chiffon rouge, l’affaire Guy André Kieffer. Quelle coïncidence ?

Qu’est-ce que prouve qu’ils n’ont pas déplacé les os de ce monsieur à Issia pour accuser l’entourage du Président Laurent Gbagbo. Il faut qu’on nous prenne au sérieux. On veut nous détourner de l’essentiel.

Ce disque est rayé. Comment peut-on prendre la mort de quelqu’un pour en faire un combat politique. Le Président Laurent Gbagbo est incapable de tuer un cafard. A plus forte raison, donner l’ordre pour éliminer un homme.

D’ailleurs, il a toujours soutenu que si le pouvoir a pour but de tuer un homme, alors il n’a pas besoin de ce pouvoir. Cette affaire est un épiphénomène. Si cette affaire peut les aider à oublier un temps soit peu, la décision de la Cpi qui n’est pas à leur faveur, tant mieux. nous pensons que c’est une grande manipulation qui ne passera pas. Cette affaire va se retourner contre ceux qui veulent à tout prix avoir la tête du Président Laurent Gbagbo. Les coupables ne sont pas loin d’eux. En outre, les déclarations du frère de Kieffer sur les chaînes laissent planer des doutes. En outre d’où sort ce témoin qui a suivi tout».

Hommage à Bohoun Bouabré

«Il faut rendre hommage à cet homme qui est le père du budget sécurisé. Lorsque les institutions financières nous ont tournés le dos, il a mis en place ce système afin de permettre à notre pays de ne compter que sur ses propres ressources. D’ailleurs, ce système a fait des émules à travers le continent. Le Cameroun s’en est inspiré. Il faut dire également qui est le père de la résistance économique.

La Côte d’Ivoire perd un grand économiste. Avec sa mort, on voit que le régime actuel manque d’humanisme. Ils ont refusé de dégeler ses comptes pour qu’il puisse se soigner. On ne gère pas un pays par un règlement de comptes. Tout le monde sait ce que le Président Laurent Gbagbo a fait pour ses adversaires qui étaient malades Dieu seul sait. Il a mis son avion à leur disposition et de l’argent pour aller les faire soigner.

Ce n’est pas Gaoussou Ouattara, le frère aîné d’Alassane Ouattara qui dira le contraire. Grâce au Président Gbagbo, ce dernier a été transféré de Kong à la Pisam. Ses fraix de soins étaient au compte de la Présidence. Tout se paie sur terre. A bon entendeur salut!»

Lumière au Plateau pendant les fêtes de fin d’année

«Ce n’est pas possible. Pendant que les populations souffrent, les universités sont fermées, le panier de la ménagère est vide, les prix des denrées alimentaires augmentent, on met des milliards dans des histoires de lumières. Des quartiers sont dans le noir. Le délestage est monnaie courante. Et cela n’émeut personne. La Côte d’ivoire va vraiment étonner le monde. Ce pouvoir veut nous épater.

Ce n’est pas la lumière de ce genre qu’on a besoin. C’est une affaire mystique. En d’autres termes, c’est un comportement maçonnique. Elle ne rentre pas dans la culture africaine».

Voeux pour la nouvelle année

«nous profitons de cette occasion pour présenter les voeux les meilleurs aux Ivoiriens. nous leur demandons de ne pas désespérer. Au bout de l’effort, se trouve la récompense. Avec la grâce de Dieu, notre champion Laurent Gbagbo sera bientôt à nos côtés.

Il ne faut pas avoir peur des menaces et des armes. la vérité est de notre côté. La preuve au lieu de travailler, ils ont le sommeil troublé. Ils ne sont pas tranquilles. Même en prison, le Président Laurent Gbagbo leur donne de l’insomnie. Il ne faut pas promettre l’irréalisable. Il faut vivre avec les Ivoiriens. Et les connaître davantage en parlant comme eux.

Le mensonge, c’est de promettre dans une situation de crise mondiale que l’on peut transformer la Côte d’Ivoire. Il faut le dire tout net à qui veut l’entendre, Laurent Gbagbo est le fils du pays. C’est la vérité. nous préférons la vérité au mensonge. Le Dieu de Gbagbo est l’éternel. Alors que le Dieu d’Alassane, c’est l’argent. Il ne respire que par l’argent. Or qui suit l’argent va à la perdition. Alassane n’adore que l’argent. Pas son argent. Mais l’argent de l’extérieur.

Tout ce que nous avons vécu jusqu’à maintenant, était en dehors de la réalité. Ils ont voulu dimensionner la Côte d’Ivoire à un mythe. Celui d’un homme qui diton est très riche. On se rend compte que c’est un mirage. On a voulu confondre la Côte d’Ivoire à une religion, une ethnie et à des grandes déclarations. On a voulu faire croire qu’il y avait une Côte d’Ivoire des fils du nord. Et une Côte d’Ivoire des fils du Sud. La Côte d’Ivoire, dans cette phase, a besoin de quelqu’un qui a une dimension nationale».

Abou Cissé

 Propos recueillis par Yacouba Gbané

Source: Le Temps

Mercredi, 18 Janvier 2012 22:04

http://www.lynxtogo.info/interviews/interviews/1939-abou-cisse-gbagbo-.html


2-2 Hassane Magued : Côte d’Ivoire : quand le mensonge rime avec la schizophrénie !

Voici comment les médecins définissent la schizophrénie (lisez skizofrénie). La schizophrénie est une maladie mentale qui se manifeste principalement par des hallucinations auditives, des délires paranoïaques, un discours déconstruit et des schémas de pensée désorganisés.

Pour faire plus simple, le schizophrène est quelqu’un qui entend des voix alors que personne ne lui parle, voit des foules l’acclamer alors qu’il est seul dans le désert, parle comme s’il faisait du coq à l’âne car rien de cohérent avec la réalité ne sort de sa bouche, et plus grave, il voit les choses à l’envers parce qu’il pense à l’envers. Les FRCI diraient, "c’est quelqu’un, tout est gnangammi" dans sa tête.

Il en est ainsi avec le Moro Naba dépressif.

Pendant qu’il envoie des tueurs pour assassiner les exilés politiques au Ghana, il parle pour les média internationaux et la communauté dite internationale en appelant au retour des exilés.

Pendant que les FRCI font des descentes meurtrières chaque semaine dans les villages et petites villes de Côte d’Ivoire avec au minimum 5 à 10 morts parmi la population civile jugée pro-GBAGBO, à chaque attaque hebdomadaire, le nouvel Empereur du Mandingue en Côte d’Ivoire, dit que la paix et la sécurité sont revenues.

Pendant que le pays descend dans le gouffre avec déjà -5% de croissance pour la première fois de son histoire, il clame sur tous les toits que c’est la relance économique.

Pendant que ses soutiens inconditionnels d’hier le lâchent un à un et ferment leurs ambassades, il dit que la confiance est retrouvée et que le monde court vers la Côte d’Ivoire.

Au moment où OBAMA envoie Hillary Clinton pour lui tirer les oreilles et le menacer de réduire au strict minimum le personnel de l’Ambassade des USA en Côte d’Ivoire, il prétend que les Etats-Unis lui mangent dans la main.

Qui est cet homme-là, chez qui la manipulation de la vérité est une manière de vivre et un réflexe maladif !?

S’il n’est pas un schizophrène pour ainsi voir la vérité déformée au prisme de son esprit tordu, qui d’autre peut-il être ?

Un psychopathe ?

Peut-être. Parce que 25 civils tués par mois, c’est égal au retour de la paix et de la sécurité.

Un menteur tout court ? Non. Ce qu’il fait va au-delà du mensonge. Il vit comme dans un monde imaginaire.

Alors comment un tel déséquilibré mental peut-il être choisi par la France pour soumettre la Côte d’Ivoire et organiser son pillage, si ce n’est pour provoquer une hécatombe, un génocide et la destruction tout court de ce pays ?

Mais les schizophrènes, pour s’en débarrasser, on les met en quarantaine. D’abord Pendant que le pays descend dans le gouffre avec déjà -5% de croissance pour la première fois de son histoire, il clame sur tous les toits que c’est la relance économique.

Pendant que ses soutiens inconditionnels d’hier le lâchent un à un et ferment leurs ambassades, il dit que la confiance est retrouvée et que le monde court vers la Côte d’Ivoire.

Au moment où OBAMA envoie Hillary Clinton pour lui tirer les oreilles et le menacer de réduire au strict minimum le personnel de l’Ambassade des USA en Côte d’Ivoire, il prétend que les Etats-Unis lui mangent dans la main.

Qui est cet homme-là, chez qui la manipulation de la vérité est une manière de vivre et un réflexe maladif !?

S’il n’est pas un schizophrène pour ainsi voir la vérité déformée au prisme de son esprit tordu, qui d’autre peut-il être ?

Un psychopathe ? Peut-être. Parce que 25 civils tués par mois, c’est égal au retour de la paix et de la sécurité.

Un menteur tout court ? Non. Ce qu’il fait va au-delà du mensonge. Il vit comme dans un monde imaginaire.

Alors comment un tel déséquilibré mental peut-il être choisi par la France pour soumettre la Côte d’Ivoire et organiser son pillage, si ce n’est pour provoquer une hécatombe, un génocide et la destruction tout court de ce pays ?

Mais les schizophrènes, pour s’en débarrasser, on les met en quarantaine. D’abord Pendant que le pays descend dans le gouffre avec déjà -5% de croissance pour la première fois de son histoire, il clame sur tous les toits que c’est la relance économique.

Pendant que ses soutiens inconditionnels d’hier le lâchent un à un et ferment leurs ambassades, il dit que la confiance est retrouvée et que le monde court vers la Côte d’Ivoire.

Mais les schizophrènes, pour s’en débarrasser, on les met en quarantaine. D’abord pour la sécurité des autres. Ensuite, pour leur propre sécurité.

C’est pourquoi il est temps, que quelque chose soit faite dans ce sens. Pour la sécurité des autres, mais aussi pour la sécurité de ce grand malade.

A Très bientôt.
Hassane Magued

http://www.lynxtogo.info/oeil-du-lynx/afrique/1937-cote-divoire-quand-le-mensonge-rime-avec-la-schizophrenie-.html



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Sidiki BAKABA, comédien et réalisateur : « Dans le bunker de Gbagbo, j'ai échappé à la mort ».

Le comédien ivoirien Sidiki Bakaba, 62 ans, est un miraculé. Il a vu la mort de près, de très près même. Le 11 avril 2011, jour de la chute et de la capture de Gbagbo, des soldats pro-Ouattara ont voulu l'exécuter. Il a été sauvé de justesse par des militaires français qui passaient par là. La veille, le 10 avril, un obus tiré à partir d'un hélicoptère français de la Licorne a failli le réduire en bouillie. Au Festival du film de Tanger où nous l'avons rencontré, l’ancien directeur du Palais de la Culture d'Abidjan nous a livré un récit poignant de l'odyssée qui a failli lui coûter la vie. Nous vous livrons, tel quel, le témoignage d'un homme qui revendique toujours une amitié de 40 ans avec Laurent Gbagbo.
« Le 10 avril 2011, veille de la capture de Gbagbo, je filmais avec ma caméra. Ma maison est dans la même rue que celle de la résidence où le président s'était retranché avec ses proches, dans un bunker. Autour de moi, ça n'arrêtait pas de tirer. Il y avait plus de 300 militaires et des blindés dans les environs. J'étais bloqué chez moi. Des soldats pro-Gbagbo me disaient : «vieux père, nous nous battons pour libérer l'Afrique ! Ils semblaient enthousiastes. Ils m'ont même mis dans leur blindé et j'ai pu filmer les rues désertées de Cocody. Plus tard, ils sont revenus me dire : "vieux père, ça commence à se gâter ; il faut partir, car si les Frci (Forces républicaines de la Côte d'Ivoire) te trouvent ici ils vont t'arroser de balles d'autant plus qu'il y a des mercenaires parmi eux". Fuir, mais pour aller où ? Le quartier était encerclé et il n'y avait plus d'issue. Et puis je ne fais pas de politique moi ! J'ai juste la malchance, si on peut appeler cela une malchance, d'avoir croisé sur mon chemin, il y a 40 ans, un certain Laurent  Gbagbo avec qui j'ai partagé des moments d'exil à Paris et qui est devenu président plus tard.
Pendant le conflit, j'ai filmé des exactions de part et d'autre et c'est dommage que ma caméra et toutes mes cassettes soient détruites par les soldats de Ouattara. Est ce que le fait de témoigner c'est prendre partie ? Ces images à jamais perdues auraient bien éclairé l'opinion aujourd'hui que Gbagbo est devant la juridiction internationale. Le 10 avril 2011, j'étais devant la résidence. J'avais décidé d'aller voir le président pour lui demander de tout laisser tomber, de partir pendant qu'il est encore temps, car cela n'en valait plus la peine.

Des cadavres autour de moi.
En filmant avec ma caméra, j'ai, subitement, vu un hélicoptère français qui volait à basse altitude et qui faisait du surplace. Comme saisi d'une intuition, je me suis dit : tiens, et s'il prenait ma caméra pour une arme ? Sans hésiter, j'ai sauté à plat ventre dans le poste de garde de la résidence. J'ai, ensuite, entendu le bruit assourdissant d'un obus qui passe au dessus de ma tête. Le souffle de l'explosion m'a soulevé à presque un mètre du sol. En bon musulman, j'ai imploré Dieu à trois reprises. Quand j'ai retrouvé mes esprits, j'ai vu de nombreux cadavres autour de moi, des corps démantelés, des têtes et des membres partout. Parmi les morts, de jeunes soldats qui, quelques secondes plus tôt, me disaient d'entrer à l'intérieur de la résidence. C'était horrible ! J'essaie de marcher, mais ma jambe gauche est sérieusement touchée par des éclats d'obus. Alors, j'ai sautillé jusqu'à l'infirmerie remplie de blessés. Les médecins veulent me faire monter au balcon où se trouvait une autre installation médicale, mais je me suis ravisé. Heureusement, car, quelques minutes plus tard, un autre obus français a réduit en poussière cet endroit, tuant le personnel soignant et tous les blessés qui s'y trouvaient.
J'ai rampé jusqu'à l'intérieur du bâtiment principal où, sans anesthésie, des infirmiers m'ont lacéré la jambe avec des rasoirs pour extraire de mon corps les 40 éclats d'obus. Mais, je ne sentais aucune douleur, j'étais dans une semi-inconscience. Je me disais que c'était la fin, que j'allais mourir, mais je tenais à ce que mon cadavre soit intact, afin que mon épouse qui vit à Paris puisse le récupérer et m'enterrer dignement. Puis, le service de presse de la Présidence m'a filmé et a mis les photos sur Internet. C'est à partir de ce moment que tout le monde a su que j'étais sérieusement blessé.
Dans la résidence, c'était l'apocalypse. Certains criaient, d'autres pleuraient ou priaient. Moi, j'étais plongé dans une semi-conscience et j'avais comme l'impression de vivre un cauchemar. L'ancien ministre de l'Intérieur, Désiré Tagro, secrétaire général de la Présidence, assis à côté de moi, me réconfortait. Plus tard, quand Gbagbo m'a vu, il s'est écrié : "mais pourquoi ils lui ont fait ça ?" Il disait qu'on ne doit pas toucher à un artiste, à un symbole. Plus tard, Tagro a été, affreusement, tué après qu'une balle lui ait arraché la mâchoire et défiguré le visage.

Manipulation des médias occidentaux
Ce que j'ai vu, ce jour-là, est horrible : des hommes, des femmes et des enfants dont les restes étaient éparpillés un peu partout. C'était vraiment de la sauvagerie et aucun être humain, même s'il a commis des crimes, ne mérite d'être traité ainsi. Il y a eu une grande manipulation de la part des médias occidentaux dans cette crise ivoirienne qui n'a pas encore révélé tous ses secrets. La nuit du 10 au 11 avril, les bombardements d'hélicoptères et les tirs des chars continuaient à s'abattre sur la résidence. Le bunker tremblait de partout.
Durant toute la nuit, j'étais comme mort, inconscient, plongé dans un rêve qui refusait de s'achever. Au petit matin du 11 avril (jour de l'arrestation de Gbagbo, Ndr), entre des moments de conscience et de coma, je me suis retrouvé debout, les mains en l'air, quelque part, avec d'autres blessés. Je croyais que j'étais dans la forêt, mais j'étais à quelques centaines de mètres du Golf Hôtel où le désormais ex-président, son épouse et ses proches étaient conduits. Nous étions trop mal en point pour être emmenés au Golf où les caméras du monde entier risquaient de nous filmer.
J'étais adossé à un mur, les bras en l'air, comme devant un peloton d'exécution. Au fond de moi, je me demandais : mais pourquoi je suis encore vivant ? Devant moi, trois soldats, avec des bonnets africains surmontés de plumes, qui ressemblent à des chasseurs dozos. Des gens du Nord comme moi le Malinké, petit-fils de Cheikh Fantamady Aïdara (de par ma mère), qu'ils veulent tuer. L'un de ces "bilakoros (non circoncis, Ndr) me dit : "Sidki Bakaba, tu es fidèle toi. Fidèle jusqu'au bout. J'aime les gens fidèles". En le regardant, c'est comme si j'étais devant un miroir qui me renvoyait ma propre image. Le deuxième me lance : donne-moi ta montre. Il me l'arrache ainsi que ma chaîne et mon bracelet en argent. Je me disais, au fond de moi : mais c'est fou ça, tu ne peux pas bombarder une résidence présidentielle il y a quelques heures et puis voler une montre à un blessé ! J'avais de la compassion pour ces gens-là. J'étais presque nu, je n'avais plus que mon slip et tout ce qu'ils m'ont laissé, c'est ce chapelet (il nous le montre) que j'ai hérité de ma maman dont le décès m'avait trouvé au Japon.
L'un des soldats qui semblait être le chef de la bande compose un numéro sur son téléphone portable et je l'entends dire : nous avons capturé Bakaba. Je me disais que, puisque son interlocuteur semble me connaître, j'allais être sauvé. C'est en ce moment que l'un des bilakoros s'avance vers moi d'un air menaçant et me donne un violent coup de crosse de sa kalachnikov sur la tête. Un liquide m'envahit le visage, du sang mélangé à ma sueur. Il me donne un autre coup de crosse sur mon œil qui est resté fermé pendant une dizaine de jours. Sans aucune pitié, il m'enfonce un couteau sur l'épaule gauche. Son chef lui crie enfin : "mais, arrête, qu'est-ce qu'il t'a fait ?". Derrière moi, les autres prisonniers avec qui j'étais pleuraient, criaient. Ce qui a ébranlé mes bourreaux, c'est mon calme olympien, malgré mes souffrances. Cela les a sans doute désarçonnés.

«Honte d’appartenir à la race des Africains»
Mais, il était dit que je n'allais pas mourir ce jour-là. Comme par hasard, des militaires français passent dans les parages avec leur char. J'étais avec Paul Madys, un chanteur proche de Gbagbo dont la sœur a été tuée dans sa maison. L'un des soldats français, sentant sans doute qu'on allait nous exécuter, a voulu nous emmener avec lui, mais il tenait, d'abord, à informer ses collègues. Paul Madys leur dit : "si vous nous laissez là, ils vont nous tuer. Emmenez Sidiki avec vous et laissez-moi ici, je préfère mourir et le sauver, même si j'ai 20 ans de moins que lui". Cette phrase m'a ébranlé, car ce jeune homme n'est pas du Nord, n'est pas malinké comme moi, pourtant, il a voulu se sacrifier pour ma survie. Finalement, les militaires français nous ont tous embarqués dans leur char et nous ont conduits à l'hôpital de Cocody. Dans le char, pour la première fois, depuis presque deux jours, je sens enfin une fraîcheur m'envahir. A l'hôpital, les médecins et tout le personnel soignant se sont occupés de moi et m'ont mis à la chambre 13. Le médecin-chef m'a dit : "il vaut mieux qu'on te déclare mort, sinon ils vont venir t'achever". La rumeur de ma mort s'est propagée un peu partout et c'est peut-être ça qui m'a sauvé la vie. Heureusement, car de ma chambre située à l'étage, j'entendais des rafales de mitraillettes. Le médecin m'a confié que ce sont des militaires pro-Ouattara qui venaient achever des jeunes qui étaient internés aux urgences.
De Paris, mon épouse Ayala (de nationalité française, Ndr) a contacté par téléphone le gardien de notre maison, désormais occupée par des soldats qui ont détruit tout mon matériel audiovisuel, mes archives accumulées durant des décennies, ma salle de montage, mes cassettes. Et c'est par chance que notre gardien a pu récupérer mon passeport français, miraculeusement, sauvé des pillages. Après des efforts multiples, elle a saisi la cellule de crise du Quai d'Orsay, le nouvel ambassadeur de la Côte d'Ivoire à Paris, Aly Coulibaly (un jeune que j'ai vu grandir) qui, à son tour, a contacté le ministre ivoirien de la Justice, Jeannot Kouadio Ahoussou. Je suis, finalement, rapatrié en France, après de nombreux jours passés au Chu de Cocody. Le médecin français qui m'a consulté à mon arrivée m'a dit que si j'étais resté 24 h de plus à Abidjan, j'allais mourir, tellement mon corps était empoisonné par les balles et les blessures.
C'est en France que j'ai appris l'arrestation de Gbagbo. Aujourd'hui, je dois ma vie aux médecins de Cocody, mais surtout à ces jeunes soldats français que je ne connais même pas. J'ai passé une dizaine de jours en rééducation dans une structure à l'île de Ré, en France, et c'est un miracle si je suis là à Tanger en train de vous raconter tout ça, avec tout mon corps intact, même si, parfois, j'ai des pertes de mémoire.
C'est, peut-être, le chapelet de ma mère qui m'a sauvé. Je me suis soigné avec le peu d'argent que j'avais, car mes comptes ont été bloqués, comme ces 400 autres personnes proches de Gbagbo dont des journalistes qui avaient un salaire d'à peine 100 mille francs Cfa. »

Mardi, 17 Janvier 2012 08:56

http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=11014:sidiki-bakaba-comedien-et-realisateur--l-dans-le-bunker-de-gbagbo-jai-echappe-a-la-mort-r&catid=44:movies&Itemid=75


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information         .

 4-1 Demba M. Dembele : « Alassane Ouattara est un instrument de Sarkozy».

Demba Dembele. Je le condamne.

Avec la Libye et la Côte d’Ivoire,l a France montre qu’elle agit comme une puissance impérialiste en Afrique.

Depuis le début de la crise, elle s’est tenue aux côtés d’Alassane Ouattara.

Les bombardements contre l’armée ivoirienne confirment que la force Licorne n’est pas neutre et qu’elle soutient Ouattara à 100 %.

Paris dit agir avec l’ONU en faveur des populations civiles.

Demba Dembele. Nicolas Sarkozy ne se soucie pas de la sécurité des civils ivoiriens ni de celle des civils libyens. Nous sommes face à des raisons de politiques internes et externes, à des positionnements géostratégiques. En Libye, c’est le pétrole. En Côte d’Ivoire, c’est le café, le cacao et le maintien dela Françafrique. C’est une occasion pourla France de la relancer après la perte, en 2002, de ce pays considéré comme le joyau de la couronne françafricaine. La défense des populations est un prétexte à destination de l’opinion publique française et internationale. Malheureusement, l’ONU est un instrument des puissances qui se prévalent de sa couverture pour intervenir dans les affaires des pays.La France, les États-Unis,la Grande-Bretagne traversent une crise sociale, économique et politique profonde. Les pays émergents, eux, redessinent la carte géostratégique. Les pays occidentaux cherchent à reconquérir du terrain. Pourla France, il s’agit de ses anciennes colonies. Alassane Ouattara est un instrument de cette offensive néocoloniale. Un otage aussi, car après l’intervention de Sarkozy, il ne pourra rien refuser àla France.

Quelles sont les issues à cette crise militaro-politique?

Demba Dembele. La seule issue durable est la négociation politique. Ce que proposait l’Union africaine avec la nomination d’un haut représentant. Mais Ouattara, probablement sous la pression de Sarkozy, l’a rejetée. Pourtant, même si temporairement Ouattara prend le dessus militaire, avec l’aide dela France et de l’Onuci, sur le plan politique, ce sera l’impasse. Parce que beaucoup verront en lui l’homme installé par l’étranger.

Entretien réalisé par Cathy Ceïbe dans L’humanité

18 Janvier 2012 .

http://www.youtube.com/watch?v=YZZ3cnoMro4&feature=related

http://www.lynxtogo.info/interviews/interviews/1936-demba-m-dembele-l-alassane-ouattara-est-un-instrument-de-sarkozyr.html


4-2 Komla Kpogli : Gbagbo et la CPI : Florent Geel de la FIDH dans ses œuvres sur France 24.
Florent Geel, monsieur Afrique de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, était sur le plateau de France 24 hier lundi 5 décembre en compagnie entre autres d’Antoine Glaser, Vincent Hugeux et Karim Fall. La constitution de ce plateau sur une affaire africaine montre combien les africains sont vus de haut par la société occidentale qui se croit doter de tous les attributs de puissance sur le monde. Mais telle est la pratique de France 24 et des autres médias occidentaux qui ont l'habitude de parler notamment de l'Afrique en l'absence des africains. Mais là n'est pas notre propos.

Ce qui est triste dans cette émission et qui révèle la nature même des prétendues organisations de défense des droits de l'homme (encore que nous sommes arrivés à une époque où il faut commencer par définir cet homme qui a des droits), c'est de voir Monsieur Geel diluer autant que possible les crimes commis par ceux qui sont placés aujourd'hui à la tête du territoire de Côte d'Ivoire. Monsieur Geel a soudainement été pris par le bégaiement dès lors qu'il a tenté d'évoquer les crimes du camp de Ouattara. Il a donné le sentiment que l'hypothèse d'un jugement des crimes des Soro, Ouattara et de leurs spahis était très lointaine sinon inenvisageable car la CPI, n'a "pas pour rôle de juger tout le monde" et de préciser "quelques 3 ou 4 personnes, maximum 6 ou 7 personnes du camp Gbagbo et probablement quelques personnes de....."(il a avalé la suite). Ensuite, Monsieur, pour noyer encore plus la chose dit que les crimes ne sont pas de même nature. On comprend bien qu'il y a de bons crimes et de mauvais crimes. Tout dépend donc au nom de quels intérêts on tue.

 

Monsieur Geel prétend d'ailleurs qu'on peut se poser la question de savoir si les crimes commis par les dozos avaient été ordonnés ou non. Et donc selon que le crime est ou pas ordonné, on peut trouver des circonstances atténuantes ou même garantir l'impunité à ses auteurs. Quelle belle démonstration de justice !

Il a été aussi question de rencontre politique secrète à Paris entre Ouattara et Moreno Ocampo, le fameux procureur de la CPI. Tout de suite, Monsieur Geel, en bon défenseur des droits de l'homme, défend l'idée que cette rencontre n'était pas une occasion de manipuler ni de planifier un complot quelconque. Excellente défense, Monsieur. Le fait que les actes de Luis Moreno Ocampo soient contrôlés par un juge dont des africains (la précision vaut le coup) est un additif qui nous donne la pleine mesure de la situation qui est la nôtre.

En conclusion, le peuple africain tôt ou tard se libèrera et rendra justice à ces hommes et femmes qui hier, aujourd'hui ou demain se sont battus pour le libérer des chaînes dont l'occident l'a chargé depuis maintenant 5 siècles.

Pour paraphraser un personnage, disons simplement qu'on peut manipuler un peuple un temps, une partie du peuple tout le temps, mais manipuler tout un peuple tout le temps est impossible. Un jour les africains qui pour le moment, ne comprennent pas l'arnaque des droits de l'homme, de la liberté et de la démocratie venant de l'Occident et se lient, naïvement ou pour des miettes de financements à leur business associatif, d'amitié avec ses organisations dites de défense droits de l'homme, comprendront combien ils sont utilisés contre nous-mêmes. Contre leur peuple et contre leur propre avenir et celui de leurs enfants. Ils comprendront enfin que le premier droit de "l'homme africain" c'est le devoir de combattre toute soumission, toute domination et toute forme d'exploitation coloniale. 

Aucun autre peuple ne libère un autre !

Komla Kpogli

6 décembre 2011

Source : J.U.D.A



 

 



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