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29/02/2012

n°86 - journal d'Iran- 01-02 au 28-02 - 1a - L’OTAN se heurte à la Russie et à la Chine.

 


journald'Iran    n°86  -  

01-02 au 28-02

C.De Broeder& M.Lemaire



a) Le "Journald'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

Tiré à Part

Léon Camus : Iran vs États-Unis… la guerre de Mars ?

Arrêtons la guerre avant qu'elle ne commence.

IRIB : Pourquoi Israël ne peut pas attaquer l'Iran!

Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran.

RIA Novosti :Les Iraniens apprennent à vivre sous les sanctions occidentales .

Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

Ahmadinejad : Une humiliation pour l’humanité. 

1) PolitiqueIranienne

Préparation à la guerre

2) Politiquedes Usa

Préparation à la guerre

Carol Gold : "Obama cherche à satisfaire le lobby sioniste pour des fins électorales". 

Dans les coulisses et au sénat

Kurt Nimmo : Grande sœur admet que les Etats-Unis ne sont menacés de menaces terroristes ni par l’Iran, ni par le Hezbollah

Sur le terrain

Manifestations pacifistes contre une possible guerre avec l'Iran

Les organisations mondiales

1 Otan-Isaf

Dans les coulisses

L’OTAN se heurte à la Russie et à la Chine. 

Les Voisins

 



Tiré à Part

Léon Camus : Iran vs États-Unis… la guerre de Mars ?

Les deux attentats de Dehli en Inde et de Tbilissi en Géorgie contre des « intérêts » israéliens, préludent-ils à un conflit imminent du camp « occidentaliste » contre la République islamique d’Iran ? Des « attentats » plus ou moins manqués dont les déflagrations virtuelles (c’est-à-dire médiatiques) résonnent déjà comme des coups de semonce, ou mieux comme les trois coups préludant à un lever de rideau sur la tragédie que tous les « grands de ce monde » nous annoncent mezzo voce, les Obama, Netanyahou, Cameron, Sarkozy et consorts…

Des intentions belliqueuses affichées certes depuis longtemps, à telle enseigne que l’opinion publique occidentale a fini par se lasser et ne plus y croire, toute occupée qu’elle est par une crise sociétale, bien présente et passablement oppressante. Reste que nous assistons à l’heure actuelle à la concentration la plus importante de forces américaines et « alliées » depuis 1991, la première guerre du Golfe et l’Opération Tempête du désert. En mars prochain, l’Armée américaine aura de cette façon concentré quelque cent mille hommes aux abords immédiats des rives iraniennes : cinquante mille prépositionnés dans ses différentes bases du Qatar, de Bahreïn ou de Djibouti, et cinquante mille nouveaux venus sur ses bases de Socotra, un îlot yéménite sur l’Océan Indien à quelques miles de la Corne de l’Afrique, et de Masirah en mer d’Oman.

 

Mais sieur Obama attaquera-t-il l’Iran au printemps ou à l’automne ? Qui prendra l’initiative de Washington ou de Tel-aviv ? Le président des É-U s’est montré récemment préoccupé à l’idée que l’État hébreu puisse se lancer seul dans l’aventure au motif « de ne pas dépendre de la décision américaine » [Netanyahou dixit]. Mais peut-il se laisser devancer par son 51e état qui affiche insolemment la capacité de détruire, sans aide extérieure (!), les sites nucléaires iraniens ? Ou mieux, laisser croire qu’il en a le pouvoir : parce qu’entre autres faiblesses, ses chasseurs-bombardiers F16 sont hors d’âge… quoiqu’Israël dispose de submersibles allemands susceptibles de tirer des missiles de croisière depuis le Golfe (ces sous-marins ayant franchi le canal de Suez sans encombre avec l’approbation de la junte militaire égyptienne).

Donc M. Obama, sous l’irrépressible chantage israélien et dans le contexte de sa propre campagne de réélection à la présidence des É-U, pourrait finalement opter par une offensive de printemps… Et, de même que « l’on ne change pas de cheval au milieu du gué », tout comme en France, l’électorat américain pourrait être tenté de reconduire dans ses fonctions l’homme qui possède seul le pouvoir de faire ou ne pas faire la guerre ! Nos soi-disant démocraties possèdent en effet ceci de remarquable qu’un seul homme tient entre ses mains le sort des nations, autrement dit la vie et la mort de millions d’êtres ! Une concentration de pouvoirs inouïe entre les mains de personnages issus d’appareils et de processus souterrains de sélection singulièrement opaques. Pouvoirs qui pourraient être beaux et bons s’il en était usé à bon escient pour sauvegarder la paix entre les peuples et non pour lancer des guerres d’agression enveloppées d’un épais brouillard de mensonges. Et ce qui vaut pour Obama vaut aussi pour M. Sarkozy qui pourrait se voir « sauvé par le gong » juste avant une échéance s’annonçant aussi fatidique qu’aléatoire pour lui et son clan.

Bien sûr lancer l’armée américaine (qui n’en peut mais, et même freine des quatre fers) dans une nouvelle aventure après les déconvenues afghanes et irakiennes, compte tenu de l’endettement colossal de l’État fédéral, ne serait-ce pas suicidaire ? Pas tant que ça, les industries de l’armement tourneront à plein rendement et le Congrès américain se verra bien contraint et forcé de voter les crédits subséquents. Après tout, une guerre n’est-elle pas la meilleure issue possible à la crise systémique que nous connaissons aujourd’hui ? Encore faut-il que la responsabilité d’une guerre dont on sait où elle démarrera mais point du tout ni quand ni où elle s’achèvera, pas plus que jusqu’où elle s’étendra, en soit attribuée non à l’agresseur mais à l‘agressé… la victime étant par définition, dans le monde inverti qui est le nôtre, définitivement coupable du crime !

États-Unis, Israël, Union européenne fourbissent leurs armes contre l’Iran

Si le site Juif.org titrait ce lundi 13 février «  Les forces américaines se préparent à affronter l’Iran » 1, il n’est plus temps d’y voir une simple vantardise, un coup de bluff, une gesticulation. Non, nous y sommes, le point d’ignition est presque atteint. Nous le savions, nous avons vu la catastrophe arriver mais nous sommes restés empêtrés dans nos soucis quotidiens, nos querelles de clocher, et plus encore fascinés par la pitoyable mascarade électorale que tous les médias sans exception nous servent à la louche. Pourtant que cette « comédie du pouvoir » soit hexagonale ou nord-américaine, peu nous chaut de savoir si ce sera Pierre, Paul ou Jacques qui sera élu ici ou là-bas puisque ces gens continueront à se jouer de nous, faisant sempiternellement la même politique au sein de formations claquées les une sur les autres tout en nous abreuvant et nous saoulant de leurs mensonges infernaux.

Juif.org nous apprends donc, selon le vice-amiral Mark Fox, commandant de la Ve flotte, que celle-ci se trouve désormais « prête » à affronter « toute action hostile de la part Téhéran… [car] nous avons développé des armes très précises, létales et très efficaces ». En réplique soit à une attaque iranienne directe contre les forces navales américaines, soit à une tentative de fermeture du Détroit d’Ormuz par lequel transite 1/5e de la consommation mondiale de pétrole.

Lequel, en tant que détroit international, n’est soumis à aucune restriction ou condition de passage. Or depuis que le commandant en chef des armées iraniennes, le major général Ataollah Salehi, a sommé la marine américaine de tenir ses bâtiments de guerre à l’écart des eaux du Golfe persique, la tension est demeurée vive… d’autant que les américains prennent un malin plaisir (et plus) à défier leurs adversaires par des intrusion à répétition dans les eaux iraniennes. Toutes les conditions sont par conséquent réunies pour qu’un incident de frontières maritimes intervienne au moment opportun et embrase le dispositif ! Rappelons que les guerres se décident ou avortent pour des raisons parfois infimes. De la sorte, la « Drôle de guerre » en 1939 fut le résultat d’une offensive différée des mois durant. Resteraient à savoir quel serait l’intérêt de Téhéran – où la classe dirigeante n’est évidemment pas plus « folle à lie »r que partout ailleurs - à riposter ou à bloquer Ormuz sauf à y être poussé, le dos au mur, comme ultime moyen de rétorsion et en réponse à une agression caractérisée ?

Alors pourquoi spécialement le mois de mars ?

N’étant pas devin nous ne pouvons évidemment jurer de rien. Mais en mars, trois porte-avions américains et leurs escadres, l’USS Abraham Lincoln, l’USS Carl Vinson, l’USS Enterprise et pour la France, le Charles de Gaulle français, seront sur zone en compagnie d’un nombre non négligeables de navires britanniques, bientôt rejoints dans l’Océan Indien par un quatrième porte-aéronefs yankee. Notons que le vieil USS Enterprise, porte-avion nucléaire emblématique du « Projet américain » pour 2 le IIIe millénaire, en service depuis 1961 (et devant être démantelé en 2013) semble tout désigné, aux yeux des « conspirationnistes » invétérés pour servir de cible et d’appât aux velléités agressives des Pasdaran… Les Gardiens de la Révolution, unités d’élite ayant en charge dans le Golfe la sécurité de la zone maritime exclusive iranienne. À ce titre, certaines imaginations bouillonnantes entrevoient déjà pour l’Enterprise, cette doyenne d’âge (pour les anglo-saxons les navires ne sont pas des choses et possèdent le genre féminin !), une mort héroïque digne des Tours Jumelles de Manhattan… frappée par un missile tiré « sous faux drapeau », on ne sait d’où… À l’instar de l’attaque, pendant la guerre dite des Six jours, de l’USS Liberty en partie détruit, le 8 juin 1967, par l’aviation israélienne, dans le but d’impliquer les É-U dans la guerre… Tsahal ayant tenté de faire passer ses chasseurs pour des assaillants égyptiens !

Cependant chacun sait que les « conspirationnistes » sont un brin paranoïaques. Il n’empêche, tous les regards sont braqués sur la mare pour voir où le caillou va tomber, autrement dit tous les observateurs un tant soit peu avisés s’attendent à une provocation majeure convertible en casus belli mis sur le dos des Iraniens et ultérieurement susceptible d’en faire traîner les dirigeants – une fois la messe dite – devant un nouveau Nuremberg. Un Tribunal pénal international, celui des vainqueurs jugeant les vaincus : après tout M. Ahmadinejad ne s’est-il pas rendu coupable de Shoah par intention en déclarant que « l’histoire se chargerait de rayer Israël de la carte » ?

Mars, une rare conjonction d’événements majeurs

Fin mars, le Qatar wahhabite, « proactif » en Lybie, en Syrie et ailleurs, abandonnera la présidence de la Ligue arabe au profit de l’Irak dominé par une majorité chiite beaucoup moins bien disposée à l’égard des menées israélo-américaines dans la région. Or si Washington veut s’assurer – pour le moins - de la neutralité bienveillante de la Ligue, il lui faut pouvoir compter avec l’appui qatari. Le calendrier est là qui dicte sa loi !

En mars, le président va-t-en-guerre Nicolas Sarkozy sera toujours aux manettes, tout comme le Nobel de la paix Obama. Or même si en France le candidat socialiste est d’ores et déjà programmé pour « assurer la continuité du service publique » en matière de prestation de « service militaire » au profit de l’Empire bicéphale de la Cité et de Manhattan, il aura cependant été élu sur le slogan-programme « Le changement, c’est maintenant ». Ce qui devrait constituer, malgré tout, une sorte d’obstacle sémantique à l’engagement immédiat dans un conflit majeur ! Pour lequel il ne paraît pas en outre taillé à la bonne mesure : n’oublions pas qu’il n’est au demeurant que la « roue de secours » du Système… celui-ci ayant prévu un tout autre représentant en la personne de M. Strauss-Kahn, éminent porteur du « gène d’Abraham » ! Le précédent de la guerre libyenne montre cependant que l’opinion hexagonale apprécie comme par le passé les gloires militaires, le jeu fût-il truqué et les enjeux faisandés jusqu’à l’os !

Les élections présidentielles russes doivent également se tenir en Mars, le 4 exactement mais avec l’éventualité d’un second tour pour le favori, Vladimir Poutine, objet d’une vigoureuse et persistante campagne de diffamation. Une diabolisation rampante depuis déjà de nombreuses années qui a pris un tour plus brutal avec la tentative de décrédibilisation des dernières élections législatives russes de décembre 2011 qui donnaient une courte majorité aux partisans de « Russie Unie ». À partir de là, nous assistons ici à l’Ouest à une formidable campagne de discrédit de la Russie qui s’appuie notamment sur la dénonciation d’un supposé trucage électoral en décembre. De grandes voix se sont élevées, parmi lesquelles l’ancien président Gorbatchev, père de la Perestroïka et Prix Nobel de la Paix, ou celle de la Secrétaire d’État Clinton, laquelle jugeait que les élections n’avaient été « ni libres, ni équitables », tous exigeant que la partie soit rejoué et les « pseudos » élections refaites !

La Russie cible périphérique. La Syrie cible subsidiaire

Cependant si l’Occident soutient si fort la « contestation » en Russie, ce n’est pas uniquement par un louable souci de pureté démocratique, mais bien pour déstabiliser le pays, évincer Poutine et avec lui, tous les courants représentant une Russie indépendante, souveraine et patriotique. Réélu, Poutine devra, n’en doutons pas, continuer à faire face à des mouvements de contestation virulente dans la mesure où il ne changera pas de cap et continuera à soutenir contre vents et marées le régime laïque baasiste de Damas. Affaiblie par une opposition interne soutenue par la « Communauté internationale », il est à prévoir que la Russie ne pourra pas s’opposer plus que de raison – son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov l’a d’ailleurs clairement déclaré – à la coalition occidentalo-arabe acharnée à abattre en Syrie le régime alaouite (chiite) allié de l’Iran et cœur de cible.

D’ailleurs en ce qui concerne le cas syrien, malgré les livraisons d’armes russes, c’est un scénario du type Kossovo qui semble en train de se mettre en place. Afin de contourner le blocage du Conseil de sécurité et le double véto sino-russe, les États-Unis et leurs satellites pourraient décider seuls, hors de toute légalité internationale, une intervention aérienne massive comme au printemps 1999 contre la Fédération yougoslave. Le battage de la presse autour du bombardement ininterrompu de la ville de Homs et l’accumulation médiatique de morts (toujours imputée au seul camp gouvernemental), n’est à ce titre pas sans rappeler le montage fort bien orchestré du massacre de 45 albanais à Račak le 15 janvier 1999, lequel avait servi de prétexte à l’entrée dans la danse des bombardiers de l’Otan. Une chose est claire la volonté opiniâtre de faire tomber le régime de Damas est le corrélat ou le pendant obligé de la chute de la République islamique d’Iran, théocratie parlementaire mais également révolutionnaire en ce qu’elle est sociale et nationale, vices rédhibitoires aux yeux du Marché qui lui préfère un Islam mondialisé soluble dans la « World culture », autrement dit compatible avec la « Mcdonaldisation du monde » !

La dictature universelle du Dieu Dollar intrinsèquement lié à l’Or noir remise en cause

Il est d’autant plus urgent d’intervenir contre l’Iran que celui-ci, 4e exportateur mondial de pétrole et 3e détenteur de ressources gazières, a commis la folie de vouloir échapper à la loi d’airain du $ comme monnaie exclusive pour les transactions concernant les énergies fossiles. Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi s’étant risqués, chacun à son tour, à vouloir transgresser l’interdit, mal leur en a pris et l’on sait ce qu’il en advint ! Le DD n’étant plus une monnaie de réserve fiable, ce qui soutient le $ - et par voie de conséquence les É-U et son économie chancelante – sont presque exclusivement les échanges d’hydrocarbures libellés en Dollars dont la demande soutient ainsi, mécaniquement, la valeur.

Accessoirement, si le Détroit d’Ormuz se trouvait fermé, même sur une courte durée, les prix des produits pétroliers s’envoleraient… sachant que depuis 2011 les É-U sont devenus exportateurs nets de pétrole, une hausse spectaculaire du baril de brut ne pourrait que réjouir les producteurs du Texas, de l’Alaska et du Golfe du Mexique dont les coûts d’extraction et d’acheminement étaient jusqu’à présent quasi prohibitifs.

Accessoirement, l’Europe servile vient de déclarer un embargo sur ses importations pétrolière en provenance d’Iran. Ce qui est, à l’évidence, se tirer une balle dans le pied (20% des besoins énergétiques de l’UE étant couvert par le pétrole iranien), car les Européens se voient conduits à fermer davantage de raffineries, ce qui fait tache à l’heure actuelle… Un seul avantage : en cas de conflit, les Européistes prennent les devants en cherchant dès à présent d’autres sources d’approvisionnement. Le blocus contribue par ailleurs à accélérer les mutations en cours et le déclin du $, renforçant ainsi les raisons de lancer une nouvelle guerre : l’Iran se tournant maintenant vers l’Inde et la chine, la première payant ses achats en or, la seconde en Yuans 3.

Mais toutes les voies et moyens diplomatiques pour retarder l’échéancier d’une reconfiguration monétaire ayant échoué, gageons que les oligarchies régnantes ont définitivement choisi d’imposer leur hégémonie par la guerre. Laquelle commencera par le Golfe, avec peu de chance cependant qu’elle y reste confinée : le conflit s’étendra peut-être alors – à ce que Dieu ne plaise – au Continent eurasien tout entier, voire au reste du monde ! Signalons ici pour l’anecdote que les guerres modernes ne se « déclarent » plus, cette pratique étant passée de mode, aussi ne soyons pas surpris lorsque le bal s’ouvrira !

Tbilissi et Dehli : attentats précurseurs ou coups de semonce

Les apprentis sorciers sont à l’œuvre et s’essaient à frapper l’imagination des peuples pour mieux les conditionner à l’inéluctabilité de la guerre à venir. Mais à qui profitent ces attentats ? Sûrement pas à l’Iran immédiatement accusé par Tel-Aviv. En ce qui concerne l’Inde, son intention d’acheter le brut iranien en or justifierait à elle seule un avertissement. Ce qu’en langage non diplomatique l’on nomme « un signal fort » ! Savoir maintenant si les Indiens, et tous ceux qui observent la scène internationale, en tiendront compte ou en tireront toutes les conséquences ? Cela est une autre paire de manches !

Quant à la Géorgie, tout indique qu’elle pourrait constituer une base arrière américaine pour une offensive aérienne contre l’Iran. Le 30 janvier dernier, le pitoyable président géorgien Mikheïl Saakachvili (lequel est parvenu à se maintenir malgré sa déconfiture dans le deuxième guerre d’Ossétie du Sud en août 2008), effectuait sa première visite officielle à Washington où il était reçu par Obama. On sait que Saakachvili, à défaut de pouvoir intégrer l’UE, cherche à rejoindre l’Otan, sa candidature devant être examinée attentivement au prochain sommet de l’Otan, lequel se tiendra à Chicago. Tbilissi est par ailleurs un excellent sujet de la classe atlantiste avec 1600 hommes d’armes - bientôt 1700 – géorgiens enrôlés sous la Bannière étoilée en Afghanistan (les forces de l’Otan y sont sous commandement américain), le plus gros contingent pour les pays non membres de l’Alliance atlantique. C’est dire !

Mais de sources presque sûres, l’on sait que les discussions Obama-Saakachvili auront essentiellement porté sur la participation de Tbilissi à une éventuelle campagne de frappes aériennes sur l’Iran. Pour ce faire, les É-U (sous des prétextes défensifs) ont réhabilité en Géorgie nombre d’infrastructures militaires : les anciens aérodromes militaires de Vaziani et Marnéouli ainsi que le port de Batoumi sur la Mer Noire. Il est certain qu’il est beaucoup plus expédiant de frapper le nord de l’Iran depuis le Caucase du sud que depuis les porte-avions patrouillant le Golfe persique !

Faut-il encore répéter que le programme nucléaire iranien comme prétexte au monstrueux déploiement de forces en cours en Mer d’Oman, n’est qu’un mensonge de plus et une vaste escroquerie intellectuelle… la question ne se posant même pas de savoir si oui ou non les Iraniens préparent, ou ne préparent pas, la fabrication d’un quelconque engin atomique. Car comme la bien noté l’ancien président Chirac « la bombe iranienne ne peut être et ne serait jamais qu’une arme psychologique, une arme de dissuasion dont l’usage serait a priori exclu. Si l’envie prenait l’Iran de vouloir s’en servir, il serait vitrifié dans les minutes qui suivraient ». Une arme de souveraineté et une garantie d’indépendance en quelque sorte dont on dénie à l’Iran de prétendre vouloir se doter… et cette interdiction ira jusqu’à la guerre dont nous voyons aujourd’hui les intenses préparatifs !

Une guerre de haute intensité sera une sortie de crise providentielle

Pour ne pas conclure, il va de soi que les guerres ne résolvent pas les crises économiques, mais qu’elles ajournent des décisions aussi impopulaires qu’impraticables comme en Grèce « à feu et à sang » (enfin presque). Parce que la faillite de la Grèce (les conditions requises pour le versement de 130 mds d’€ n’étant pas remplies à ce jour et que c’est en mars que ses obligations arrivent à échéance) paraît désormais inéluctable, et avec elle l’exacerbation des tensions au sein de la zone euro, la guerre sera certainement accueillie avec un indicible soulagement par le « Poliburo » bruxellois… de même qu’à Washington, loin du théâtre des opérations et des retombées de particules radioactives émises par les sites nucléaires iraniens dévastés, les Dr. Folamour, théoriciens de la « Domination mondiale », de la « Démocratie universelle », du « Choc des cultures » et de la « Fin de l’Histoire », se frottent déjà les mains et préparent leur apothéose !

Notes

(1) http://www.juif.org/defense-israel/...,les-forces-americaines-se-preparent-a-affronter-l-iran.php

(2) Ria-Novosti. Situation dans le détroit d’Ormuz : http://fr.rian.ru/infographie/20120...

(3) Debka files 23 janv. & Times of India 26 janv. 2012

http://www.geopolintel.fr/article467.html

lundi 20 février 2012

Léon Camus


Arrêtons la guerre avant qu'elle ne commence.

10 raisons pour protester contre les sanctions et la guerre
 (manif en Angleterre contre une intervention en Iran et en Syrie)
Après l'intervention en Libye, les dangers de nouvelles attaques occidentales dans la région sont très réelles. Voici 10 raisons pour lesquelles une guerre contre l'Iran n'est pas justifiée et aurait des conséquences catastrophiques.
1) Pas de menace: l'Iran n'a pas attaqué de pays depuis plus de 200 ans. Ses dépenses militaires par habitant sont les plus faibles de la région. Le régime a permis des inspections et a été d'accord pour négocier avec l'occident sur toutes les questions. Le discours occidental actuel fait penser à la guerre en Irak quand une menace fut fabriquée pour justifier une intervention
2) deux poids-deux mesures: beaucoup des alliés occidentaux, y compris Israel, possèdent l'arme nucléaire. Il n'y a aucune preuve que l'Iran est en train de les développer, comme l'a montré le rapport de l'AEIA de l'an dernier. L'Iran, contrairement à Israel etau Pakistan, est signataire du traité de non prolifération nucléaire, selon lequel il a le droit de développer une puissance nucléaire civile.
3) les sanctions mènent à la guerre.
Comme l'a montré l'impasse militaire récente, les sanctions augmentent la tension et la méfiance. Elles renforceront les faucons en Iran. En Irak, les sanctions ont eu pour résultat un niveau génocidaires de victimes civiles et n'ont amené que la guerre et la souffrance du peuple irakien. Les sanctions n'ont pas été un pas vers la paix mais vers la guerre.
4) conséquences catastrophiques. Toute attaque contre l'Iran amènera des milliers de morts et provoquera des représailles avec des effets dévastateurs pour toute la région. Les sanctions et la guerre feront augmenter le prix du pétrole, créant encore plus de dégâts dans une économie mondiale déjà en crise.
5) leçons du passé: si les attaques contre l'Afghanistan, l'Irak et la Libye nous ont enseigné quelque chose, c'est qu'une intervention militaire n'amène que la mort, la division et la misère. 30 000 personnes sont mortes en Libye, des dizaines de milliers en Afghanistan, et un million en Irak. La violence continue dans ces 3 pays.
6) la guerre=moins de services sociaux.  Barack Obama s'est récemment engagé à dépensé plus d'argent pour le militaire que ne l'avait fait le gouvernement de George W. Bush. La Grande Bretagne a dépensé des centaines de millions pour bombarder la Libye et dépense 6 milliards par an pour la guerre en Afghanistan. Une attaque sur l'Iran pourrait avoir un coût financier bien plus important, poussant le gouvernement à imposer encore plus de coupures de crédit sur nos services publics.
7) La démocratie. Les guerres récentes ont été profondément impopulaires chez nous et ont créé un "déficit démocratique". Des plans pour une attaque en Iran ont été élaborés à Washington et à Whitehall sans consultation  des élus du parlement ni de l'électorat.
8) Sécurité: la guerre contre le terrorisme a rendu notre monde plus fragile et plus dangereux. Une attaque contre l'Iran ne peut qu'augmenter l'amertume contre les puissances occidentales.
9) droits et libertés. 
La campagne contre l'Iran mènera à plus de diabolisation de la communauté musulmane en Grande Bretagne et à de nouvelles atteintes aux libertés, déguisées sous l'appellation "mesures anti-terroristes".
10) Nous pouvons changer les choses.
Le principal facteur pour retenir les faiseurs de guerre est l'opinion publiques mobilisée.Même George W. Bush s'est opposé à ce qu'Israel attaque l'Iran quand il était au pouvoir, parce qu'il sentait que les américains étaient contre. Les voix de la majorité anti-guerre en Grande Bretagne doivent se transformer en un mouvement de masse qui force nos dirigeants politiques à mettre fin leur politique de guerre sans fin.


IRIB : Pourquoi Israël ne peut pas attaquer l'Iran!

Un bombardement par Israël des sites nucléaires iraniens serait extrêmement périlleux pour Israel mais aussi pour les Etats-Unis, qui risqueraient d’être emportés dans un conflit, estiment des experts américains. Ces dernières semaines, Israël a soufflé le chaud et le froid sur la possibilité de mener des bombardements pour paralyser le programme nucléaire de Téhéran. Mais Américains et Européens ont redoublé leurs pressions pour éviter toute attaque et donner une chance aux sanctions internationales.
En cas d’attaque,la réussite dépendrait largement de la fiabilité des renseignements israéliens et de la capacité de l’Iran à cacher son matériel sensible. Israël est réputé pour sa capacité à frapper les sites cachés de ses ennemis, mais attaquer le dispositif nucléaire iranien représente une tâche bien plus hasardeuse en comparaison des raids menés dans le passé contre l’Irak et la Syrie.
En 1981, des chasseurs israéliens avaient détruit le réacteur atomique irakien d’Osirak sans perdre un avion et en 2007 les Israéliens sont fortement soupçonnés d’avoir anéanti un réacteur clandestin en Syrie. Mais parcourir 1600 km pour atteindre l’Iran serait un défi pour la capacité de ravitaillement des avions israéliens, alors que les sites iraniens --dont une usine construite dans la montagne-- constituent des objectifs difficiles à atteindre.
"Il ne s’agit pas d’une croix sur une carte, d’une cible unique qu’on anéantit avec un bombardement et puis c’est réglé", résume William Fallon, ancien amiral de la marine américaine qui était à la tête des opérations militaires américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale jusqu’en 2008.
Une attaque serait "très difficile" parce que les Iraniens "ont été très intelligents dans la façon de disperser leurs sites nucléaires", a déclaré M. Fallon jeudi lors d’une conférence d’un centre de réflexion à Washington. Les experts estiment que l’Iran serait sans doute capable de relancer sa production d’uranium enrichi après avoir encaissé des bombardements.
"Les équipements qui servent à concevoir des centrifugeuses peuvent être déplacés assez rapidement et l’ont déjà probablement été. Du coup, ce qu’on croit savoir à un instant T n’est plus forcément valable un mois plus tard", déclare David Albright, président de l’Institut pour la science et la sécurité internationale.
Selon Scott Johnson, consultant pour les questions de défense, Israël aurait besoin de mobiliser la totalité de sa flotte de 125 chasseurs et de huit ravitailleurs pour mener à bien un tel raid. Les Israéliens "auraient besoin de mobiliser tout ce qu’ils ont. L’ensemble du dispositif serait prêt et utilisé", dit-il.
Parmi les cibles visées, on peut recenser le centre d’enrichissement souterrain de Natanz, une centrifugeuse à Téhéran et l’usine, dont l’existence a été récemment révélée, construite dans la montagne à Fardo, près de Qom. Cette installation a été construite à au moins 80 mètres sous terre et est probablement hors de portée même des bombes conventionnelles les plus puissantes des Américains.
Israël serait par ailleurs sous pression pour mener une attaque rapide, dans la mesure où une opération durant plus d’une nuit ferait peser des risques "à la fois politiques et militaires" importants, souligne Daniel Levy, du centre de réflexion New America Foundation, qui a travaillé pour le gouvernement israélien entre 1999 et 2001.
Une attaque de plusieurs jours permettrait plus facilement à l’Iran de contrer les plans israéliens. Et un travail à moitié fini, avec des capacités nucléaires iraniennes entamées mais pas anéanties, pourrait entraîner des représailles visant les Etats-Unis. "Quand les Israéliens mettent sur pied un tel scénario, ils partent du principe que les Américains seront obligés d’entrer dans le jeu", observe M. Levy.

Samedi 25 Février 2012


Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran.

Toujours sous le choc du double veto russe et chinois, la presse atlantiste et du Golfe accuse Moscou et Pékin de relancer la Guerre froide tout en s’interrogeant sur les moyens de contourner la décision du Conseil de sécurité.
Tous estiment que Russes et Chinois ont été échaudés par l’affaire libyenne. Toutefois, à la réflexion, il apparaît que Moscou et Pékin ne cherchent pas à présenter la facture de Libye, ni à protéger l’administration el-Assad elle-même, mais à prévenir la réédition de ce type d’opération dans un autre pays. En toile de fond, c’est de l’Iran dont on parle implicitement ; un Etat dont le basculement serait grandement préjudiciable à la Russie et à la Chine.
• Dans Le Figaro, Georges Malbrunot présente la Syrie comme un pays sous contrôle des militaires russes. Il assure que le ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov est venu à Damas négocier le Niet ! à l’ONU en échange de la réouverture de la base d’écoute soviétique du Mont Qassioum. C’est faux pour deux raisons : D’une part, ce sont les Syriens qui sont demandeurs depuis longtemps. Au cours des dernières années, ils ont multiplié les offres gratuites à l’armée russe, afin que sa présence protège le pays, et ce sont les Russes qui ont décliné ces propositions. D’autre part, en matière d’écoutes, les besoins techniques ne sont plus les mêmes aujourd’hui qu’à l’époque soviétique.
• Libération innove en matière de reportages : le quotidien reproduit des témoignages recueillis par téléphone, sans vérification aucune. Rien d’étonnant à ce manque de professionnalisme : la journaliste Hala Kodmani n’est autre que la sœur de la porte-parole du Conseil national syrien.
• Junge Welt prend position pour le dialogue contre la guerre en Syrie. Le quotidien marxiste relaie la campagne des l’Association internationale des médecins contre la guerre.
• Le Tageszeitung rapporte que, si tous les Européens sont d’accord sur les sanctions, ils ne les mettent pas pour autant toujours en œuvre. Ainsi la Suède protège ses marchés et ferme les yeux sur les exportations de matériels de télécommunication par Ericsson.
• Pour Anna Zafesova, dans La Stampa, le soutien de la Russie à la Syrie est purement à usage intérieur en campagne électorale. Mais alors, quid de la Chine ?
• El Pais présente la stratégie de remplacement des Etats-Unis : ils vont former un groupe des amis de la Syrie avec les Etats qui le souhaitent. Ce geste manifestera aux Etats arabes qu’ils n’ont pas été abandonnés. En réalité, il s’agit plutôt de verrouiller l’influence US dans la région et d’éviter que de nouveaux Etats soient tenté de prendre Moscou et Pékin comme protecteurs.
• The Globe and Mail assure que le Canada poursuit la bataille diplomatique. Le Premier ministre Stephen Harper, qui se rend en Chine, ne manquera pas de discuter du cas syrien avec le Premier ministre. Il s’agit surtout de masquer qu’Ottawa ne fermera pas son ambassade à Damas, malgré les objurgations de Washington.
• Dans le New York Times, Will Englud évite de se livrer aux habituelles imprécations anti-Russes. Il évoque, parmi les possibles mobiles du veto, l’influence de l’Arabie saoudite et du Qatar sur les mouvements islamistes en Russie.
• Alors qu’Haaretz publie un dessins satirique suggérant qu’une chute d’el-Assad serait préjudiciable au Hezbollah, Amors Harel envisage un autre scénario : les armes chimiques de la Syrie pourraient échoir dans l’arsenal du Hezbollah.
• L’analyste A. G. Noorani explique, dans The Hindu, que rien ne pourra être fait pour les Syriens tant que planera le spectre du « changement de régime » forcé. Personne ne croit les dirigeants occidentaux lorsqu’ils disent qu’ils n’ont pas de telles intentions et leurs garanties sur le papier n’ont aucune valeur depuis qu’ils ont violé la résolution pertinente de l’ONU pour renverser Kadhafi.
• L’éditorialiste du Times of India souhaite que son pays s’engage dans la crise syrienne et joue le négociateur. Mais cela supposerait que New Delhi s’affirme comme puissance réellement indépendante. A contrario, le sens de l’éditorial est de se démarquer des États-Unis, sans pour autant s’aligner sur la Russie et la Chine.
• Le Moscow Times note que non seulement Sergey Lavrov a réagi vigoureusement à la campagne anti-Russe en la qualifiant d’hystérique, mais Evgeni Primakov a accusé les Etats-Unis d’utiliser le contexte du Printemps arabe pour renverser les régimes qui leur déplaisent.
• Le ministère chinois des Affaires étrangères a rejeté les accusations occidentales selon lesquelles il avait désormais du sang sur les mains, note China Daily. Il a déclaré avoir usé de son veto par souci de justice, ce qui revient à dire que les Occidentaux poursuivent un but injuste.

7 févr

http://www.voltairenet.org/Moscou-et-Pekin-ont-surtout-voulu


RIA Novosti :Les Iraniens apprennent à vivre sous les sanctions occidentales .

Reportage : La vie à Téhéran poursuit son cours, malgré la pression internationale qui ne cesse de s'accroître sur le pays en raison de la poursuite de son programme nucléaire, rapporte le correspondant de RIA Novosti Marc Bennetts.

"On n'a pas l'impression d'être au seuil d'une guerre", estime Aboul Fazar, employé du Grand Bazar de Téhéran. "Mais si une guerre éclate, je suis persuadé que notre jeune génération sera en mesure de défendre notre patrie".

Dans le même temps, les membres de la "classe moyenne" iranienne se montrent moins optimistes quant à la perspective d'un conflit militaire et à ses conséquences possibles.

"Si une guerre est déclenchée contre l'Iran, ce serait comme un puissant séisme pour notre pays", indique le peintre Golshan. "Moi, j'en ai peur, bien sûr".

Plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, ainsi qu'Israël, soupçonnent l'Iran de chercher à se doter d'une bombe atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. En février dernier, le quotidien américain Washington Post, se référant au chef du Pentagone Leon Panetta, a rapporté qu'Israël pourrait porter une frappe contre l'Iran dans un avenir proche. Pour sa part, l'Iran a promis d'attaquer tout pays d'où il serait agressé.

Outre la menace de guerre qui plane sur le pays, les Iraniens font face à une inflation explosive. Ces dernières semaines, les prix des produits de base ont doublé dans le pays suite à l'imposition de sanctions européennes et américaines contre le secteur pétrolier iranien.

"Les prix ne cessent de grimper, et les gens sont de plus en plus embêtés", dit Golshan.

Dans ce contexte, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que son pays "ne céderait jamais aux pressions de l'Occident" visant à lui faire renoncer à ses activités nucléaires.

Intervenant lors d'un rassemblement organisé samedi dernier à l'occasion du 33ème anniversaire de la Révolution islamique de 1979, le leader iranien a également promis que Téhéran présenterait bientôt "ses plusieurs grandes réalisations dans le domaine nucléaire". Les manifestants portaient des affiches avec pour légende "A bas les USA!" et "A bas Israël!".

14 février –

 RIA Novosti



Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

Ahmadinejad : Une humiliation pour l’humanité. 

 « L’imposition du régime sioniste est une humiliation de l’humanité, jamais produite tout au long de l’histoire » a déclaré, aujourd’hui, le Président de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad. « L’objectif de la création du régime occupant Quds était d’asseoir une domination sur le monde entier. L’amitié avec le régime sioniste est la condition à l’établissement des liens d’amitié et de coopération avec l’Europe et les Etats-Unis » a-t-il précisé.
La démocratie à l’occidentale est une grande imposture
« La démocratie à l’occidentale est une grande imposture » a souligné, le Président de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad. « Le gouvernement du peuple sur le peuple est impossible dans croire en un idéal commun pour s’unir autour de lui » a-t-il précisé avant d’indiquer : « Les Etats-Unis et d’autres gouvernements occidentaux ont créé, au nom de la démocratie, des organisations et des instances, et procèdent, aujourd’hui, au grand pillage, sous prétexte de la gouvernance mondiale. Le Président Ahmadinejad s’exprimait à la 25ème conférence de l’unité islamique, à Téhéran. « La démocratie à l’occidentale, humiliant l’homme, est du goût des capitalistes et des sionistes », a-t-il ajouté avant de conclure : « Les sionistes qui jouent un rôle majeur aux Etats-Unis, ont bien compris que l’esclavagisme et le colonialisme ne peuvent plus servir leurs intérêts, c’est pourquoi, ils ont décidé de faire régner une nouvelle structure du pouvoir dont l’apparence est marquée par la démocratie, l’aspiration à la liberté et la défense des droits de l’homme, mais qui n’est, en fait, une autre forme d’esclavagisme et de colonialisme ».
http://french.irib.ir/info/international/item/168770-limposition-du-regime-sionisten-une-humiliation-de-lhumanite
http://french.irib.ir/info/iran-actualite/item/168767-la-democratie-a-loccidentale-est-une-grande-imposture



1) PolitiqueIranienne

Préparation à la guerre

’’Désormais, nous soutiendrons toute nation, tout groupe qui combattra israel’.  
« Désormais, nous soutiendrons et aiderons toute nation, tout groupe qui combattra le régime sioniste dans le monde, et nous n’avons pas peur de le dire » a déclaré Ayatollah Ali Khamenei, le leader suprême iranien lors d’un discours donné aujourd’hui au cours d’une lecture de prière du vendredi à l’Université de Téhéran.
’’Le régime sioniste est une véritable tumeur cancéreuse dans cette région qui devrait être retirée. Et elle sera définitivement retirée’’.
Cette rhétorique n’est pas nouvelle, mais elle intervient à un moment de fortes tensions diplomatiques liées à la probable vocation militaire du programme nucléaire iranien. Le leader suprême a déclaré qu’Israël était devenu affaibli et isolé au Moyen Orient du fait des révolutions du Printemps Arabe, qu’il a qualifiées de « réveils islamiques ».
Quelques heures auparavant, l’Iran venait de procéder au lancement de son 3ème satellite dans l’espace, dans le cadre des commémorations des 30 ans de la révolution islamique qui a soulevé la monarchie le 11 février 1979.
La télévision d’Etat a indiqué que le satellite, appelé Navid Elm o Sanat (“Bon message de science et d’industrie”), transporte un appareil photo et des appareils de télécommunication. Le Président Mahmoud Ahmadinejad a félicité le lancement en affirmant qu’il avait l’espoir que ce lancement permettra « d’envoyer un signal pour plus d’amitié entre tous les êtres humains ».
Cependant, le programme spatial iranien suscite une certaine méfiance des nations occidentales qui craignent que les fusées soient utilisées pour des attaques régionales et qu’elles pourraient également porter les têtes nucléaires que le pays cherche peut-être réellement à produire. Les deux satellites précédents que l’Iran a conçus et lancés lui-même ne sont même pas restés 3 mois dans l’espace.
Le dernier, Rasad, avait été lancé l’année dernière. L’agence spatiale du pays et le ministère de la Défense ont indiqué qu’il était prévu d’installer une base de lancement dans la région du sud-est du pays.
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Desormais-nous-soutiendrons-toute-nation-tout-groupe-qui-combattra-le-regime-sioniste-10290.html


Juste retour des choses: L'Iran cesse ses ventes de pétrole à la France et au Royaume-Uni

L'Iran a cessé de vendre du pétrole aux compagnies pétrolières françaises et britanniques, a déclaré dimanche 19 février le porte-parole du ministère iranien du pétrole, Alireza Nikzad, cité par le site officiel du ministère. Cette décision ne devrait pas impacter dans une grande mesure les importations françaises de brut, qui se sont élevées en 2011 à 58 000 barils/jour de brut iranien, soit 3 % de ses besoins d'or noir.
"A la suite de la décision officiellement annoncée par le ministère des affaires étrangères, le ministère du pétrole a cessé ses ventes de pétrole aux compagnies britanniques et françaises", a précisé M. Nikzad. "Nous avons prévu de livrer notre pétrole à d'autres clients", a-t-il ajouté.
La décision s'apparente à des représailles de la république islamique à l'embargo sur les importations de brut en provenance d'Iran qui entrera en vigueur le 1er juillet dans l'Union européenne. Les pays de l'UE se sont mis d'accord le 23 janvier pour imposer un embargo pétrolier graduel sans précédent contre l'Iran ainsi que pour sanctionner sa banque centrale afin d'assécher le financement de son programme nucléaire controversé. Les nouveaux contrats pétroliers avec l'Iran ont été interdits par l'UE avec effet immédiat, mais les principaux acheteurs de pétrole iranien ont jusqu'au 1er juillet pour annuler les contrats existants, le temps de trouver d'autres fournisseurs. La baisse des exportations iraniennes n'affecterait guère les importateurs européens, qui ont de toute façon l'intention de "changer de fournisseur", avait relativisé la Commission européenne.
"POLITIQUE HUMANITAIRE DE L'IRAN"
Mercredi, les ambassadeurs de six pays européens (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal et Pays-Bas) avaient été "invités" par le ministère des affaires étrangères iranien et mis en garde contre un possible arrêt des livraisons de pétrole. "Nous pouvons immédiatement remplacer nos clients. Si cela n'a pas encore été fait, c'est en raison de la politique humanitaire de l'Iran et de la situation actuelle en Europe", avait déclaré Hassan Tajik, le directeur général pour l'Europe occidentale du ministère, selon les médias iraniens.
Les prix du baril ont connu une brève envolée après cette annonce, qui renforce les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques européens, malgré les assurances de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, sur sa capacité à compenser l'absence de brut iranien. Vendredi, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mars était à 103,24 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), son plus haut niveau depuis mai 2011.
Deuxième pays de l'OPEP, l'Iran produit 3,5 millions de barils de pétrole par jour et en exporte 2,5 millions. Il vend un peu plus de 20 % de son pétrole aux pays de l'Union européenne (soit environ 600 000 barils/jour), essentiellement à l'Italie, à l'Espagne et à la Grèce. Téhéran exporte 70 % de son pétrole vers les pays d'Asie.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EFkAyyuVVFMLxGZyqB.shtml


2) Politiquedes Usa

Préparation à la guerre

Carol Gold : "Obama cherche à satisfaire le lobby sioniste pour des fins électorales". 

Une journaliste américaine a considéré que la politique américaine est confuse envers l’Iran, écartant la possibilité qu’Obama donne son feu vert au recours à la force contre Téhéran.
Dans une interview mardi à la chaine de télévision iranienne Alalam, Carol Gold a assuré que le durcissement de sanctions contre l’Iran est une mesure visant à satisfaire le lobby sioniste aux Etats-Unis pour des fins électorales.
« Le lobby sioniste joue un rôle important aux Etats-Unis. Dans le but d’être réélu, Obama doit recueillir les voix des juifs. Pour cette raison, il semble dur actuellement envers l’Iran, il cherche seulement à satisfaire les 7 millions juifs et à stopper tout progrès iranien vers l’acquisition de l’arme nucléaire », a-t-elle dit.
Tout en soulignant que Barack Obama est le président le moins amical avec « Israël » depuis l’époque de Jimmy Carter, ladite journaliste a indiqué que ce dernier privilégie la voie diplomatique avec l’Iran parce que la confrontation militaire créera une position plus difficile pour Washington.
Sur le plan économique, elle a souligné que tant les Etats-Unis et l’Union européenne sont dans une situation critique.
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=49419&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1


Dans les coulisses et au sénat

Kurt Nimmo : Grande sœur admet que les Etats-Unis ne sont menacés de menaces terroristes ni par l’Iran, ni par le Hezbollah.

Malgré toute la fureur déchaînée par les médias de l’establishment à propos d’une attaque effrayante des Iraniens ou du Hezbollah sur des “cibles faciles” aux Etats-Unis, le département de la sécurité de l’état (NdT: le DHS, Department of Homeland Security, la Stasi ou Securitate du gouvernement du pays du goulag levant) a admit qu’il n’y a en fait aucune menace spécifique à laquelle le pays doit faire face.
Le chairman du comité directeur du DHS, Peter King, a supputé au sujet d’une attaque du Hezbollah sur le sol de la patrie, spécifiquement sur des synagogues, mais la patronne du DHS, Janet Napolitano, a été obligée d’admettre qu’aucune menace de la sorte n’existe. Elle a dit, quoi qu’il en soit, “qu’il y a une menace qui demande notre attention”.
Grande sœur a dit à King et ses collègues que le DHS et ses partenaires comme le FBI “surveillent  constamment les activités du Hezbollah dans le monde”.
Après les attaques en Inde, en Georgie et en Thaïlande attribuées à l’Iran et au Hezbollah par Israël, les Etats-Unis et leurs médias corporatistes, le
chef du renseignement du département de la police de New York a dit que l’Iran est la menance no1 de Big Apple.

CNN et les médias de masse ont gonflé de manière enthousiaste le narratif de la terreur contre Israël en diffusant des rapports et des histoires spéculant sur des attaques sur des cibles juives aux Etats-Unis.

Malcolm Hoenlein, le vice chairman du comité exécutif de la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, a jeté de l’eau froide sur la politique de la peur der CNN quand il a dit au réseau “il n’y a aucune raison de paniquer”.

Napolitano du DHS a dit la semaine dernière que les groupes juifs aux Etats-Unis ne sont pas spécifiquement menacés, mais ceci n’a pas empêché CNN et d’autres réseaux de s’engager dans des spéculations ayant peu de fondements dans la réalité.

Le journaliste de salon Jeff Greenwald a vu juste lorsqu’il parla avec Cenk Uygur de Young Turks mardi dernier. Greenwald a dit que le gouvernement Obama a plus ou moins pris l’option de s’assoir sur un strapontin sur le sujet et que la vague actuelle d’hystérie anti-iranienne provient essentiellement des médias de l’establishment.

Greenwald a ajouté que la couverture unidimensionnelle des médias de masse est biaisée car elle prend invariablement la défense d’Israël et agit comme un megaphone pour sa campagne de propagande de diabolisation de l’Iran et de ralliement du consensus populaire soutenant une attaque contre l’Iran.
Article original en anglais :
http://www.infowars.com/big-sis-admits-u-s-does-not-face-terror-threat-from-iran-or-hezbollah/print
Traduction par Résistance 71

Kurt Nimmo est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

 Articles de Kurt Nimmo publiés par Mondialisation.ca

 


Sur le terrain

Manifestations pacifistes contre une possible guerre avec l'Iran.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi dans 80 villes américaines et canadiennes à l'occasion d'une «journée d'action de masse» contre une possible intervention des États-Unis en Iran.

À Manhattan, au cœur de New York, quelque 500 manifestants s'étaient donnés rendez-vous à Times Square pour marcher jusqu'au siège de l'ambassade américaine à l'ONU et au consulat d'Israël, a constaté l'AFP.

«Non à la guerre! Non aux sanctions! Non à une intervention! Non aux assassinats!», pouvait-on lire sur une grande banderole en tête du cortège. Selon Debra Sweet, directrice de l'association, l'un des 60 groupes pacifistes et de défense des droits de l'homme de la coalition dite du 4 février à l'origine de la journée d'action: «Le monde ne peut plus attendre»,
À plusieurs reprises, les États-Unis et Israël ont laissé entendre qu'ils pourraient lancer une intervention militaire en Iran sous prétexte que Téhéran fabriquerait la bombe atomique. Alors que le gouvernement iranien a toujours insisté sur la forme civile de ses enrichissements d'Uranium pour produire de l'électricité et de l'énergie.

Pour la coalition du 4 février, «la guerre des États-Unis contre l'Iran a de toute manière déjà commencé», celle-ci citant à l'appui les «sanctions économiques très dures» prises contre la République islamique ainsi que le «déploiement de porte-avions américains près de la côte iranienne».
 Des manifestations ont eu lieu samedi dans de nombreuses villes américaines dont Chicago, San Francisco et Los Angeles, Washington, Boston et Philadelphie, ainsi qu'au Canada à Calgary et Vancouver.
Source: AFP



Les organisations mondiales

1 Otan-Isaf

Dans les coulisses

L’OTAN se heurte à la Russie et à la Chine. 

Les Occidentaux et les monarques du Golfe sont choqués par la rebuffade que leur ont infligée la Russie et la Chine au Conseil de sécurité. Cette amertume prend deux formes : d’une part, les médias déplorent que les grandes puissances se divisent alors que « les massacrent continuent » ; d’autre part, ils accusent Moscou de privilégier ses intérêts stratégiques et commerciaux par rapport aux droits humains. Tous font l’impasse sur la position de Pékin, pourtant tout aussi claire que celle de Moscou, mais qu’ils ne parviennent pas à relier à des intérêts directs.
Certains commentateurs développent des arguments pour convaincre la Russie et la Chine de changer de position. Cependant, ces éditoriaux semblent plus destinés à montrer aux lecteurs occidentaux que l’on a tout tenté en vain. En effet, les arguments choisis ne peuvent qu’être mal ressentis par leurs destinataires : ces commentateurs leur reprochent de manquer de principes, alors que c’est précisément au nom de leurs principes que Russes et Chinois ont posé leur veto.
En définitive, tout laisse à penser qu’après avoir envisagé ces derniers jours de déchaîner les foudres de l’OTAN, les Occidentaux ne souhaitent pas risquer un conflit mondial et préfèrent clore le dossier. Si cette interprétation devait se confirmer, il leur resterait à mettre en scène cette sortie de crise pour éviter qu’elle n’apparaisse comme une reculade, illustrant la fin de leur domination unipolaire.
• Dans Le Monde, Christophe Ayad prend au pied de la lettre les confessions vidéos des cinq ingénieurs iraniens détenus par l’Armée syrienne libre, ce qu’il refuserait de faire pour autre otage détenu dans le monde. Il s’agirait donc de Gardiens de la révolution agissant sous couverture, ce que confirmerait leur tenue vestimentaire et la présence sur la vidéo d’un fusil de sniper. Au passage l’auteur informe ses lecteurs avec quelques semaines de retard de la parution de la « preuve de vie » des otages dans un reportage de Paris-Match (voir notre enquête : « Le fiasco des barbouzes français à Homs », par Boris V.). Christophe Ayad admet que les ingénieurs étaient alors vêtus en civils. Il s’ensuit que leurs vêtements dans la vidéo sont une mise en scène. L’auteur ne relève pas qu’il en est de même pour le fusil Dragonov. En effet, dans le même reportage de Paris-Match, ce fusil est utilisé par des membres de la brigade qui a enlevé les Iraniens.
• Toujours dans Le Monde, Peter Harling de l’International Crisis Group (ICG) observe qu’il est impossible de dire comment évolueront les révolutions arabes. Pour éviter le pire, il convient avant tout, poursuit-il, de diminuer la tension. Par conséquent, ce n’est pas le moment d’attaquer la Syrie. Après celle de Gareth Evans, cette tribune libre est la seconde en trois jours écrite par l’ICG et diffusée par Project Syndicate (deux organisations de George Soros) pour remettre la guerre de Syrie à plus tard.
• La Tribune de Genève assure qu’il faut laisser le temps aux Russes pour qu’ils acceptent un compromis. Une fois l’élection présidentielle passée, Poutine pourrait lâcher el-Assad. Il est donc urgent d’attendre.
• Dans le Diario de Noticias, Lumena Raposo, reprend les imputations d’El Pais : la Syrie aurait libéré un théoricien d’Al-Qaida, Mustafa Setmarian Nasr al-Suri, pour irriter les Etats-Unis.
• L’éditorial du National Post met en garde contre l’engrenage que représenterait une guerre contre la Syrie et préconise d’attendre que le régime tombe de lui-même, ce qui ne saurait tarder. Le quotidien néo-conservateur canadien publie également une lettre d’un président d’université assurant que Bachar el-Assad n’est pas un tyran, mais un réformiste captif de ses généraux. Il serait donc contre-productif de demander sa démission.
• Mona Amami rapporte dans USA Today que le soutien du Hezbollah à l’administration el-Assad est susceptible de lui aliéner une partie de l’opinion publique arabe. La conclusion induite est toujours la même : les États-Unis n’ont pas intérêt à renverser tout de suite le régime syrien.
• Le responsable de la rubrique Iran dans le New York Times, Rick Gladstone, imagine qu’un renversement du président el-Assad aurait de lourdes conséquences pour l’Iran. À la condition que ce changement de régime vienne de l’intérieur.
• De nombreux médias, dont L’Orient-Le Jour, reprennent à leur compte des citations extraites du rapport des observateurs de Ligue arabe, sorties de leur contexte. Ils en concluent que les observateurs étaient incompétents et sans moyens de travail et font l’impasse sur le fond de leur travail.
• Dans une déclaration à L’Orient-Le Jour, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, invite les chrétiens de Syrie à se désolidariser d’un régime qui n’a pas d’avenir. Il y a une certaine maladresse à menacer une communauté confessionnelle en lui offrant de sauver ses intérêts matériels si elle renie ses principes.
• Michael Young s’interroge dans le Daily Star : pour faire usage de leur veto, les Russes regardent-ils les mêmes télévisions que nous ? La réponse qui ne lui vient pas à l’esprit est évidemment, les Russes ont d’autres sources d’information et par conséquent une autre vision des événements.
• La presse chinoise consacre de gros titres au veto, soulignant que Beijing défend des principes fondamentaux (souveraineté des peuples, non-ingérence dans les affaires intérieures) selon l’esprit et la lettre de la Charte des Nations-Unies dont les Occidentaux font peu de cas.

03/02/2012
http://www.voltairenet.org/L-OTAN-se-heurte-a-la-Russie-et-a



Les Voisins

Azerbaïdjan

Bakou se désolidarise-t-il de Téhéran?  

Au moment où les relations entre l'Iran et l'Azerbaïdjan semblent en passe à une phase tendue, après l'arrestation des dizaines de fidèles azéris par le gouvernement de Bakou, Ilham Aliev vient de signer un grand contrat en armement avec le régime israélien.
L'accord porte principalement sur la fourniture de drones et d’équipement de sécurité divers. Dans le même temps, en marge du Forum de Davos, le président azéri Ilham Aliev a rencontré le président du régime sioniste, Shimon Peres. L’Azerbaïdjan est devenu depuis plusieurs mois la base arrière de probables opérations israéliennes contre l’Iran, avec lequel elle entretenait toujours des relations amicales. Ce rapprochement entre l'entité sioniste et l’Azerbaïdjan va permettre à Israël d’avoir une présence militaire à la frontière iranienne, permettre au Mossad de reprendre pied dans la région et faciliter les opérations clandestines de Tel-Aviv dans la région. La décision du gouvernement azéri ne semble pas être digne d'un voisin qui a, toujours, bénéficié du soutien et de l'aide de tout genre de son partenaire de longue date. D'autant plus que la population musulmane azérie se déclaré sérieusement contre toute coopération avec Israël. La transaction en armement israélo-azerbaïdjanaise a été révélée alors que les responsables du gouvernement de Bakou avaient annoncé leur intention de ne pas mettre au jour qu'une partie des détails des relations avec Israël. C'était en effet en raison de vives protestations du peuple musulman azéri que le gouvernement préfère cacher cette coopération. Ce n'est pas pourtant le cas pour les autorités israéliennes qui cherchent à dévoiler haut et fort cette nouvelle coopération, cherchant ainsi une campagne médiatique et sortir de l'isolement. Alors que plus d'un million de déplacés de la guerre du Haut Karabach attendent, toujours, la réalisation des promesses du gouvernement de Bakou pour retourner à leur maison, Ilham Aliev et son entourage pensent qu'avec la coopération avec Israël, ils pourront régler, à l'aide du lobby sioniste aux Etats-Unis et en Europe, l'affaire de Karabach. Pourtant, Israël n'entend pas s'intervenir dans cette affaire azérie-arménienne, il veut plutôt pénétrer dans la région du Caucase du sud pour réalise son rêve de déploiement des bases d'espionnage contre les nations indépendantes de cette région. Il est vrai qu'en achetant des armements au régime sioniste, le gouvernement de Bakou ne fait rien que faire partir en fumée les ressources nationales du peuple azéri.

IRIB


Irak

L'Irak s’oppose aux sanctions imposées à l’Iran

 En allusion aux pertes élevées de son pays liées aux sanctions américaines contre l’Iran, le Porte-parole du gouvernement irakien, a déclaré que suivre ces sanctions est impossible pour l’Irak. En raison des relations étroites économiques avec la RII, les sanctions américaines poseront des difficultés à l’Irak, a-t-il indiqué. L’Iran est le fournisseur principal des denrées alimentaires et d’autres articles à l’Irak. La valeur des échanges commerciaux entre ces deux pays s’élève à des milliards de dollars. a-t-il affirmé. L’Irak ne peut pas interrompre ses relations commerciales avec l’Iran.
http://french.irib.ir/info/...


Grèce

3 semaines de simulations de combats aériens pour la Grèce et Israël
Depuis plusieurs semaines, les officiers israéliens et grecs échangeaient des informations à propos d’un entraînement commun. Aujourd’hui, tout est officialisé. L’Etat Juif a donc bel et bien laissé tombé la Turquie pour les exercices conjoints de l’armée pour s’entraîner avec l’ennemi historique d’Ankara : la Grèce. L’Hellenic Air Force et nombreux de ses pilotes sont arrivés lundi en Israël, précisément sur la base d’Ovda dans le Néguev, pour un exercice d’une durée de 3 semaines. Au moins 5 F-16 ont été envoyés par Athènes et l’on estime à 52 le nombre total d’avions qui participeront aux manœuvres.

Chasseurs israéliens et grecs dans le Néguev

Techniques de combats et attaques au sol seront les maîtres mots de ces 3 semaines. Un groupe de chasseurs israéliens (F-15 et F-16 modifiés) sera de la partie, et devrait notamment mettre en place une simulation d’attaque lointaine avec un Boeing ravitailleur.

Un message on ne peut plus précis pour Téhéran !

Ces exercices apparaissent en contraste total avec les précédents exercices de l’IAF (Israel Air Force) qui ont eu lieu en Grèce le mois dernier et dont aucun officier ou porte-parole n’a voulu donner d’élément.

L’Etat Juif accélère sa préparation à d’éventuelles frappes contre l’Iran. Outre les cadences d’exercices augmentées auprès des pays de l’OTAN (au sein même de l’OTAN), Jérusalem a organisé récemment plusieurs séries d’entraînement en Italie et en Roumanie.

JSS news - 13 décembre
http://jssnews.com/2011/12/13/3-semaines-de-simulations-de-combats-aeriens-pour-la-grece-et-israel/


Kirghizstan

Al Manar : La base US au Kirghizstan pourrait servir à attaquer l’Iran.

La base militaire américaine au Kirghizstan, une ex-république soviétique d'Asie centrale, pourrait servir en cas d'attaque contre l'Iran, a déclaré mercredi le ministère russe des Affaires étrangères.

"On ne peut pas exclure que cette infrastructure puisse être utilisée dans l'éventualité d'un conflit avec l'Iran", a déclaré le porte-parole du ministère, Alexandre Loukachevitch, selon des propos retransmis à la télévision.

"Derrière les appels à la nécessité d'assurer la non-prolifération des armes nucléaires pourrait se cacher l'ambition de verrouiller la carte géopolitique dans un vaste espace riche en hydrocarbures", a précisé M. Loukachevitch.

"Nous espérons que ce scénario apocalyptique ne va pas se réaliser", a-t-il ajouté.

La base de Manas à l'aéroport de Bichkek, la capitale kirghize, sert actuellement au déploiement de l'essentiel des troupes d’occupation américaines en Afghanistan.
Pour la diplomatie russe, les Etats-Unis pourraient être tentés de lancer une offensive militaire contre l'Iran, arguant de son programme nucléaire, afin de prendre ensuite le contrôle des vastes réserves d'hydrocarbures des anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale.

Moscou voit d'un mauvais œil la présence américaine en Asie centrale, une région très riche et qui était sous son contrôle jusqu'à la chute du régime soviétique en 1991.


Liban

Le Liban met en garde Israël... depuis Téhéran

 L'Iran et le Liban ont évoqué dimanche un renforcement de leurs liens en matière de défense et mis en garde Israël contre toute agression, lors d'une visite à Téhéran du ministre libanais de la Défense, Fayez Ghosn, selon les médias iraniens.
"Renforcer l'armée libanaise fait partie des stratégies politiques de la République islamique" d'Iran et la sécurité du Liban "joue un grand rôle dans la stabilité de la région", a déclaré le ministre iranien de la Défense, Ahmad Vahidi, selon le site internet de la télévision d'Etat iranienne Irib.
"L'Iran et le Liban se sont toujours soutenus mutuellement et nous espérons que les interactions bilatérales vont augmenter", a de son côté assuré M. Ghosn. Le ministre libanais a également mis en garde Israël contre "toute attaque irresponsable contre le Liban", assurant qu'une telle offensive se heurterait à "une armée forte et unifiée et à la résistance (Hezbollah)" et serait vouée à "une autre défaite", en référence à la guerre de 2006.
M. Ghosn a également rencontré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a lui aussi ironisé sur Israël, alors que l'Etat hébreu souffle le chaud et le froid sur une éventuelle attaque militaire des sites nucléaires iraniens. "S'il trouve une occasion, il va massacrer toutes les nations de la région (...). Mais grâce à Dieu, ces voeux n'ont pas été réalisés", a déclaré M. Ahmadinejad selon le site internet d'Irib.

26/02/2012  

 http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/746935/Le_Liban_met_en_garde_Israel..._depuis_Teheran.html


Pakistan

Le président pakistanais - Asif Ali Zardari - : le Pakistan ne fournirait pas de base à l'armée américaine si Washington avait pour intention d'attaquer l'Iran.

Le président pakistanais a fait savoir à son homologue iranien que le Pakistan ne fournirait pas de base à l'armée américaine si Washington avait pour intention d'attaquer l'Iran, et que le Pakistan soutiendrait l'Iran contre toute agression étrangère.

Le président pakistanais a fait cette promesse lors de sa rencontre avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, arrivé jeudi au Pakistan pour participer à un sommet trilatéral de deux jours entre le Pakistan, l'Afghanistan et l'Iran.

Le président pakistanais promet un soutien à l'Iran en cas d'agression étrangère
Le président pakistanais Asif Ali Zardari s'est engagé à soutenir l'Iran en cas d'invasion du pays par des forces étrangères.

Jeudi, MM. Zardari et Ahmadinejad ont eu un tête-à-tête au cours duquel les deux présidents ont discuté de coopération bilatérale politique et économique.
http://www2.irna.ir/fr/news/view/menu-381/1202181482001541.htm



 

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

28/02/2012

n°44 -Dossier Syrie : Médias et Manipulation de l'opinion- 25-02- a1 - : De Misrata nous sommes venus en Syrie Libre !


n°44  -Dossier Syrie : Médias et Manipulation de l'opinion- 25-02- a1 - : De Misrata nous sommes venus en Syrie Libre !



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier Syrie : Médias et Manipulation de l’opinion.

n°44                              25-07

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Tiré à part 

Li Qingsi : S’opposer à la politique de la canonnière.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 « De Misrata nous sommes venus en Syrie Libre ! 

1-2 Homs dans l’enfer des groupes armés

1-3 Derniers articles d’auteurs divers

2 Brèves

2-1 Réseau Voltaire : La guerre secrète de la France contre le peuple syrien.

2-2 La France ouvre des négociations avec la Syrie pour récupérer ses 18 agents.

3 Dossiers

3-1 Thierry Meyssan : SYRIE : Pour la libération de nos compatriotes et confrères prisonniers à Baba Amr.

4 Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Le terrorisme au nom de la « démocratie ».

5 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

5-1 La Croix : Jacques Bérès, un chirurgien français dans Homs assiégé.

5-2 Arrêtez les préparatifs de guerre ! Levez l’embargo ! Solidarité avec les peuples syrien et iranien !

5-3 Louis Denghien : Lavrov et Clinton en 2009 : aujourd'hui, l'une rit plus jaune que l'autre...

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1Michel Chossudovsky : La prochaine guerre « humanitaire » de l’OTAN?

6-2 Pierre Khalaf : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial.

6-3 Julie Lévesque : L’Armée syrienne libre, représentant légitime du peuple syrien?

6-4 Stuart Jeanne Bramhall : La guerre secrète des Etats-Unis contre la Syrie.

7 Annexe

7-1 Les rebelles libyens avec Hillary Clinton, secrétaire d'État des États-Unis, venue voir et conquérir la Libye.!



Tiré à part

Li Qingsi : S’opposer à la politique de la canonnière

Le veto chinois au Conseil de sécurité n’est pas une tocade influencée par la Russie, mais l’aboutissement d’une longue et douloureuse expérience. Il est principalement motivé par le souci de faire respecter les normes du droit international. Le professeur Li Qingsi replace cette préoccupation dans son contexte historique immédiat (les changements de régime orchestrés en Afrique du Nord) et dans la longue période (l’occupation de la Chine par les Occidentaux et les difficiles relations sino-US).

Après que la Russie et la Chine eurent mis leur véto à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU le 4 février, l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé une résolution condamnant la violence en Syrie. Bien que non contraignante, elle va accroître encore d’avantage la pression sur le gouvernement syrien, et ouvre la porte à une intervention extérieure dans le futur.

Les conflits sectaires, les facteurs géopolitiques, et surtout la politique du « diviser pour mieux régner » menée par l’Occident ont permis l’émergence d’intenses contradictions au sein du Monde arabe, et les affrontements internes en Syrie ont fournis une excuse à l’Occident pour s’immiscer.

La crise actuelle en Syrie n’a pas simplement pour objet la protection des Droits de l’homme ainsi que le prétendent les Occidentaux. Ils veulent renverser le gouvernement actuel et le remplacer par un autre qui soit pro-occidental. La Syrie est considérée comme un problème pour la stratégie moyen-orientale de l’Occident du fait de ses liens étroits avec l’Iran et le Liban, tous deux hostiles aux États-Unis.

Afin de jouer un rôle au Proche-Orient, la Ligue arabe est prête à soutenir la stratégie occidentale dans la région. À n’en pas douter, après avoir résolu le problème syrien d’une façon non pacifique, la cible suivante serait l’Iran.

Le véto chinois ne signifie pas que Beijing se range aux cotés du gouvernement syrien, ou qu’il est aveugle aux affrontements sanglants, mais qu’il ne veut pas que la Syrie suive le même chemin désastreux que la Libye, qui a abouti à une situation de guerre civile généralisée.

En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine a la responsabilité et l’obligation de défendre la Charte des Nations Unies, source du droit et code de conduite international, et donc doit rejeter toute résolution qui viole cette Charte et ses principes.

Si la Chine se rend compte qu’une résolution est à même de menacer la souveraineté d’un État et va à l’encontre de la justice, et qu’elle ne fait rien, il s’agirait là d’une faute grave.

La réponse furieuse de l’Occident aux vétos russe et chinois montre que ceux-ci ont dévoilé le véritable objectif des Occidentaux – essayer de dominer le Moyen-Orient et monopoliser l’Organisation des Nations Unies – qu’ils avaient pris soin de masquer derrière leurs nobles revendications de défense des droits de l’homme en Syrie.

Le monde a été témoin de trop d’invasions d’États souverains et de trop de meurtres de civils innocents au nom de l’ingérence humanitaire. Les interventions militaires depuis la fin de la Guerre froide montrent que l’Occident, pendant qu’il brandit l’étendard de la protection des Droits de l’homme, ne fait en réalité que rechercher ses propres intérêts stratégiques globaux et régionaux.

Que cela soit les pays envahis après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, ou encore certains pays musulmans qui ont subi des « révolutions colorées » l’an passé, le fait est que, à l’inverse de la protection des Droits de l’homme, ces invasions et ces « révolutions » ont entrainé la détérioration de la stabilité intérieure et de la situation humanitaire.

L’expérience montre que, depuis la Guerre froide, quelles que puissent être les divergences qui existent entre eux, les pays occidentaux se serreront les coudes quand ils sont en conflit avec un pays non occidental. Même à l’ère de la globalisation, il existe toujours une ligne de démarcation claire entre l’Occident et le reste du monde.

Pour des raisons à la fois historiques et pratiques, l’équilibre du pouvoir entre l’Ouest, particulièrement les États-Unis, et le monde non-occidental, est inégal. De la même façon qu’un pouvoir absolu sans surveillance ou restrictions a pour conséquence la corruption au sein d’un État, un pouvoir sans contrepoids dans la communauté internationale deviendra lui aussi impérieux et sans pitié, devenant de ce fait une menace pour la stabilité du monde entier.

Après la Guerre froide, les États-Unis ont réussi à « avoir une emprise ferme sur l’ONU pour opprimer la communauté internationale » pendant que les pays petits ou moyens n’osaient pas exprimer leur mécontentement.

La réaction hystérique des États-Unis au véto chinois montre qu’ils n’ont pas compris l’évolution de la Chine. À un moment où la politique de la canonnière est remise au goût du jour, une approche modeste et auto-disciplinée de la diplomatie semble peut-être un peu démodée.

Si la Chine et les États-Unis peuvent coexister pacifiquement, il s’agirait d’un accomplissement sans précédent. Mais l’histoire des relations sino-étatsuniennes montre qu’une telle coopération ne peut être atteinte par le compromis ou la simple requête, et qu’il ne faut espérer aucune relation gagnant-gagnant par le simple truchement de nos bonnes volontés. La lutte sans rupture des relations ne doit pas être la base de l’attitude chinoise envers les États-Unis, car seulement quand nous serons prêts à payer le prix de la rupture, alors nous serons à même de lutter sans nous déchirer.

Quelle que soit la difficulté de la situation à l’extérieur, la Chine ne va pas arrêter son développement. Pas avant que les diplomates ne cessent de faire appel à notre bon cœur. Ni tant qu’il sera facile de fouler au pied les sentiments de 1,3 milliard de Chinois, et pas avant que la Chine ne soit en capacité de défendre la Charte et les normes des Nations Unies ainsi que la paix et la justice dans le monde par des actes et non plus des mots.

En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, la Chine se doit d’assumer la grande responsabilité de préserver la paix mondiale. Afin de préserver l’unité, la Chine a été contrainte à faire usage de son véto.

Parce qu’elle est membre de la communauté internationale, la Chine est consciente qu’elle ne peut réaliser ses propres intérêts sans coopération avec le monde extérieur. Mais la Chine sera également attentive à ces pays occidentaux qui vont trop loin. Ayant par le passé été envahie par les puissances occidentale, la Chine comprend la souffrance qui en résulte. Ainsi la Chine qui s’éveille ne reproduira pas les mêmes erreurs, parce que le peuple chinois croit que ce que vous ne vous voulez pas que l’on vous fasse, il ne faut pas le faire subir aux autres.

Li Qingsi

26 Feb 2012
From: assoc.armada@yahoo.fr

Source  : China Daily (Chine)



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 « De Misrata nous sommes venus en Syrie Libre ! »

http://www.silviacattori.net/article2861.html


1-2 Homs dans l’enfer des groupes armés

http://www.silviacattori.net/rubrique9.html


1-3 Derniers articles d’auteurs divers

http://www.silviacattori.net/rubrique159.html.



2 Brèves

2-1 Réseau Voltaire : La guerre secrète de la France contre le peuple syrien.

Lors de la prise du bastion insurgé dans le quartier de Bab Amr, à Homs, l’armée syrienne a fait plus de 1 500 prisonniers, dont une majorité d’étrangers. Parmi ceux-ci, une douzaine de Français ont requis le statut de prisonnier de guerre en déclinant leur identité, leur grade et leur unité d’affectation. L’un d’entre eux est colonel du service de transmission de la DGSE.

En armant la Légion wahhabite et en lui fournissant des renseignements satellitaires, la France a conduit une guerre secrète contre l’armée syrienne, qui a fait plus de 3 000 morts dans les rangs, et plus de 1 500 morts parmi les civils, en dix mois de combats.

Ces informations ont été partiellement dévoilées par Thierry Meyssan lors d’une intervention sur la première chaîne de télévision russe, le lundi 13 février 2012 ; puis dans un article publié le mardi 14 par Komsomolskaïa Pravda ; enfin dans une vidéo de Voltaire Network TV.

La France a sollicité l’aide de la Fédération de Russie pour négocier avec la Syrie la libération des prisonniers de guerre.

Le Réseau Voltaire n’a pas trouvé d’éléments permettant de confirmer les imputations selon lesquelles 120 Français auraient été faits prisonniers à Zabadani. Cette rumeur semble être une exagération de nos informations et paraît sans fondement.

* "acolyte : latin écclésiastique acolytatus, du grec akolouthos "suivant, serviteur".

1. Clerc élevé à l'acolytat, dont la fonction est de servir à l'autel".

Etc. (Dictionnaire de la langue française Robert, vol. 1, p.88. )

Suite surhttp://www.voltairenet.org/La-guerre-secrete-de-la-France

 Réseau Voltaire

 22 février 2012


2-2 La France ouvre des négociations avec la Syrie pour récupérer ses 18 agents.

Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu’au 26 février, le nombre de prisonniers français s’élève à 18 (dix-huit).

Si Paris admet qu’ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.

La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman.

L’ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d’urgence à Damas.
Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l’ONU et la Ligue arabe.

Conscient de l’usage qu’il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d’expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.

Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s’expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l’élection présidentielle, le président risquant même d’être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).

Réseau Voltaire |

26 février 2012

 Article intégral sur :http://www.voltairenet.org/La-France-ouvre-des-negociations



3 Dossiers

3-1 Thierry Meyssan : SYRIE : Pour la libération de nos compatriotes et confrères prisonniers à Baba Amr.

Plusieurs journalistes sont retenus dans la zone close de Baba Amr. Selon les dirigeants atlantistes, ils sont empêchés d’en sortir par l’armée syrienne qui pilonnerait le bastion rebelle. Présent sur place et témoin privilégié des négociations, Thierry Meyssan rend compte de la réalité : les journalistes sont prisonniers de l’Armée « syrienne » libre qui les utilise comme boucliers humains. Le Croissant Rouge syrien a été empêché par les rebelles de les évacuer.

Nos confrères Marie Colvin (Sunday Times) et Rémi Ochlik (IP3 Presse) ont été tués mercredi 22 février 2012 dans la zone rebelle à l’intérieur de Homs.

Selon des agences de presse occidentales citant l’Armée « syrienne » libre, ils ont été victimes du pilonnage du quartier par les forces de Damas. Cependant, l’Armée nationale n’a fait usage de lanceurs de roquettes multiples que pendant une très courte période pour détruire des postes de tir, et à aucun moment après le 13 février. En outre, si la ville était pilonnée depuis 21 jours, comme l’indiquent les agences de presse, il y a longtemps qu’elle ne serait plus qu’un tas de ruine sans âme qui vive.

Au moins trois autres journalistes sont encore présents dans la zone rebelle : Édith Bouvier (Le Figaro Magazine), William Daniels et Paul Conroy (Sunday Times), ainsi que probablement un quatrième de nationalité espagnole.

Dans une vidéo postée sur Internet, Édith Bouvier, qui est blessée à la jambe, et William Daniels appellent à un cessez-le-feu et à leur évacuation vers un hôpital au Liban. Immédiatement, une intense campagne de communication a été organisée en leur faveur, incluant la création de plusieurs groupes Facebook et de tonitruantes déclarations d’Alain Juppé.

Il n’y a plus de couverture GSM ou G3 à Homs, et les lignes téléphoniques filaires de la zone rebelle sont coupées.

Il n’échappera à personne que si les journalistes ont pu uploader une vidéo pour appeler au secours, c’est qu’ils ont bénéficié d’une liaison satellite. Et s’ils n’ont pas pu téléphoner à leurs proches, à leurs employeurs et à leurs ambassades, c’est que ceux qui détiennent cette liaison satellite le leur ont refusé. Ils ne sont donc pas libres de leurs mouvements, mais détenus prisonniers.

Pour comprendre cette séquestration, il convient de la replacer dans son contexte.

La situation militaire

Les généraux syriens ont considéré la bataille de Homs gagnée dès le 13 février et ont rendu compte au président Bachar el- Assad qu’elle était terminée, jeudi 23 février à 19h.

La victoire n’a pas le même sens pour les civils et les militaires. Les premiers rêvent d’un retour à une vie paisible. Les seconds la proclament à la manière dont un chirurgien annonce qu’il a réussi une opération. Il n’en reste pas moins que le blessé est encore astreint à des mois de soins et à des années de rééducation. Concrètement, la fin de la bataille signifie pour eux que les rebelles sont isolés dans une zone entièrement ceinturée et ne représentent plus de danger pour le pays.

Les principales artères de la ville sont rouvertes à la circulation, mais elles sont hérissées de chicanes sur des kilomètres. Les voitures ne peuvent qu’avancer au pas en zigzaguant. La ville, vidée de la grande majorité de ses habitants, reste une ville fantôme.

La bataille de Homs s’est déroulée en trois temps : Les premiers jours, les troupes syriennes ont été empêchées d’entrer dans les quartiers rebelles par des tirs de missiles antichars, notamment des missiles Milan. Puis, les troupes syriennes ont bombardé les postes de tir anti-chars, au prix d’importantes pertes collatérales parmi leurs concitoyens, tandis que les rebelles se sont repliés dans une zone unique qu’ils se sont appropriée.

Enfin, les troupes ont ceinturé le bastion rebelle, sont entrées à l’intérieur et ont commencé à libérer chaque rue, une à une. Pour éviter d’être pris à revers, l’armée syrienne avance en ligne, ce qui ralentit sa progression.

La zone encerclée était jadis habitée par 40 000 personnes. Elle abrite aujourd’hui un nombre indéterminé de civils, surtout des vieillards qui n’ont pas pu fuir à temps, et environ 2 000 combattants de l’Armé « syrienne » libre. Derrière ce label, on trouve des groupes rivaux répartis en deux tendances principales : d’un côté les takfiristes, qui considèrent non seulement que la démocratie est incompatible avec l’islam, mais que les alaouites (dont Bachar el-Assad) sont des hérétiques et qu’ils doivent être privés de toute responsabilité politique en terre musulmane ; de l’autre côté des repris de justice qui avaient été recrutés pour renforcer la dite Armée « syrienne » libre. Ces gangs, n’étant plus payés, ont repris leur autonomie et n’ont pas la même logique que les takfiristes. La plupart des combattants étrangers ont quitté Homs avant le bouclage du bastion. ils se regroupent actuellement dans le Nord du pays, dans le district de Idlib.

L’ensemble des rebelles de Baba Amr dispose d’un stock considérable d’armes et de munitions, mais dans la situation actuelle, ils ne sont plus réapprovisionnés et finiront un jour ou l’autre par devoir se rendre –sauf, intervention militaire étrangère–. Leurs arsenaux incluent des fusils Dragunov-snipers à vision nocturne aussi bien que des mortiers de 80 et 120 mm et quantités d’explosifs. Ils ont aménagé des entrepôts dans des sous-sols et ont parfois constitué des caches d’armes dans des égouts. Contrairement à ce qui a été dit, ceux-ci sont des boyaux trop étroits pour leur permettre de circuler. De même, les tunnels qui ont été creusés à l’époque où ils disposaient de la protection de l’ex-gouverneur de Homs, ne sont plus ventilés et ne peuvent donc plus être utilisés. L’ex-gouverneur, quant à lui, s’est réfugié depuis longtemps au Qatar où il jouit paisiblement du salaire de sa trahison.

La population a soutenu un moment les rebelles, mais leur sert aujourd’hui de bouclier humain. Les civils qui veulent fuir sont abattus par des francs-tireurs. Ils n’ont aucun moyen de se révolter, d’autant que la plupart sont âgés.

On peut penser qu’à moyen terme, la division de l’Armée « syrienne » libre, l’absence de soutien populaire, et la perte d’espoir en des renforts internationaux conduira une partie des rebelles à se rendre. Cependant, les takfiristes pourraient décider de se battre jusqu’à la mort.

Pour le moment, les rebelles empêchent les civils de fuir leur zone et dynamitent les maisons vides, au rythme d’environ une dizaine par jour. En outre des commandos, situés hors de la zone bouclée, harcèlent les campements de l’armée régulière pour la désorganiser et desserrer l’étau. Ils recourent pour cela principalement à des voitures piégées, ce qui est rendu possible par la réouverture des rues, et explique le maintien des chicanes.

Baba Amr n’est pas pilonnée. Les seuls bombardements qui subsistent sont des tirs de mortiers des rebelles contre l’armée nationale.

La situation des journalistes

Les journalistes présents dans le quartier rebelle sont regroupés dans un même appartement, qualifié de « centre de presse », dont la localisation précise est inconnue.

Ils sont entrés illégalement en Syrie, alors qu’ils auraient pu solliciter et auraient tous obtenu un visa de presse, à l’exception de ceux qui ont la nationalité israélienne du fait de l’état de guerre entre les deux pays.

Leur transport à Homs a été organisé par une filière unique, soit depuis le Nord du Liban, soit depuis le Sud de la Turquie. Cette filière joue le rôle d’Office de relations publiques de l’Armée « syrienne » libre. C’est elle qui les a mis en contact avec les personnes qui les hébergent, et dont l’identité est imprécise.

Vendredi 24, la Croix-Rouge internationale et le Croissant- Rouge syrien ont négocié avec l’Armée « syrienne » libre par l’intermédiaire du poste du Croissant-Rouge qui fonctionne à l’intérieur de la zone bouclée. Ils ont obtenu l’autorisation de pénétrer dans la zone avec des ambulances pour rapatrier les corps des deux journalistes morts, et pour évacuer les journalistes restants qu’ils soient blessés ou sains. Cependant, au dernier moment, les journalistes ont refusé de partir, craignant d’être victimes d’un piège tendu par les autorités de Damas. Ils ont en effet été convaincus par un de leurs collègues français qui a quitté les lieux avant le bouclage que le gouvernement syrien mettrait tout en œuvre pour les éliminer. En outre, n’ayant accès qu’aux chaînes de télévision satellitaires de l’OTAN et du CCG, ils sont persuadés que les combats dont ils sont victimes ne se limitent pas à leur quartier, mais s’étendent à toute la Syrie.

Au moment de partir, les ambulances étant vides, le Croissant- Rouge syrien a été autorisé à évacuer vingt-sept civils, malades ou blessés, qui ont été transportés à hôpital al-Amine de Homs (dans la partie libérée de la ville). Le bureau londonien des Frères musulmans, connu sous l’appellation Observatoire syrien des Droits de l’homme, selon lequel les hôpitaux sont devenus des centres de torture, a fait courir la rumeur que plusieurs de ces blessés avaient été arrêtés ultérieurement par la police syrienne. Après enquête, le Croissant-Rouge a indiqué que ces imputations sont absolument fausses.

Samedi 25, la Croix-Rouge internationale et le Croissant-Rouge syrien ont demandé à l’Armée « syrienne » libre l’autorisation de rentrer à nouveau dans la zone. Présent sur place, je me suis mis à disposition des autorités pour faciliter l’extraction de mes compatriotes et de mes confrères. Les négociations ont duré plus de quatre heures. Plusieurs États, dont la France, ont été tenus informés du déroulement des événements.

Après divers rebondissements, les officiers de l’Armée « syrienne » libre ont reçu par liaison satellite l’instruction de refuser. Leurs communications cryptées avec leur hiérarchie aboutissaient à Beyrouth ou étaient relayées via Beyrouth. De facto, les journalistes sont utilisés comme des boucliers humains encore plus efficace que la population civile, les rebelles craignant un assaut final des forces syriennes.

Par conséquent, les journalistes sont désormais les prisonniers des commanditaires de l’Armée « syrienne » libre, ceux-là même que les « Amis » de la Syrie, réunis en conférence à Tunis, ont appelé à soutenir, à financer et à armer.


Thierry Meyssan est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  
Articles de Thierry Meyssan publiés par Mondialisation.ca

 

Mondialisation.ca, Le 26 février 2012

voltairenet.org - 2012-02-25



4 Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Le terrorisme au nom de la « démocratie ».

Nadia Khost dénonce le cynisme de l’Occident.

L’intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l’auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s’emploient aujourd’hui à détruire son pays et son indépendance.-

Silvia Cattori

Se préparant à envahir l’Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd’hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie »

N’est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n’est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d’avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l’ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la « démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l’État Syrien qu’il veut fabriquer :

1) Il n’a pas exigé des élections qui révéleraient l’État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu’ils refusent. Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu’à l’ouverture des urnes.

2) Il ne s’est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l’ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c’est la réponse des Syriens au projet de l’Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d’Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d’artistes et d’intellectuels et la délégation des opposants syriens de l’intérieur, à l’entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l’ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l’ONU, les partisans de ce Conseil d’Istanbul ont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s’y trouvait.

Quelle belle expression de « démocratie » !

D’où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n’a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l’intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l’économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l’économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l’Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l’intérieur, avions également rappelé l’œuvre de Khaled ALAZEM, l’économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d’un système public puissant, avec l’aide de l’Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l’expropriation des maisons privées.

Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l’eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu’aujourd’hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu’ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l’explosif à Idleb. Ou le sort de l’ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N’importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu’ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n’a jamais connu un tel mépris de l’être humain ! Et l’Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d’une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani – Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas – Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d’armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n’avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas – Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s’opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n’ont-ils pas été tués parce qu’ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l’Occident.

Voici par exemple le cas d’un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d’armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d’ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une « armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d’électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d’Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu’une armée arabe patriotique puisse être équipée d’armes fabriquées par l’État d’Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d’une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?

Radwan Zyiadé, membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l’article 7 [de la Charte des Nations Unies –Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l’ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d’un million d’Irakiens, et qui garantissent l’impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : « Ce que vit le monde Arabe actuellement n’est pas un printemps, c’est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d’horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l’information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s’affrontant. Nous avons su nous mettre d’accord sur la loi qui garantit le droit à l’information, l’interdiction d’emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l’interdiction d’autorisation à n’importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d’accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l’information, mais d’un « Conseil national de l’information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l’objectif de protéger la liberté d’expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l’ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu’ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d’une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l’ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d’une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J’y ai participé en tant qu’écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d’ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d’éducation nationale et d’aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d’indépendance nationale et patriotique… en feignant aussi d’ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire !

N’importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd’hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu’a connu l’Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l’épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s’applique aussi aux autres partis.

Et c’est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l’ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J’ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l’ingérence étrangère a instrumentalisée. J’ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J’ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l’ancien gouverneur de Homs, et la mise à l’écart du président de l’Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J’ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l’expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d’un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l’infiltration sioniste par des prix attribués à l’élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi – et pas seulement le parti Baath – mettent en avant la loyauté au parti.

Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu’on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s’importe pas.

Qu’amène aujourd’hui le projet « démocratique » de l’Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n’écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l’ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L’opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, d’être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus « démocrates » des Syriens qui refusent l’ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l’occupant occidental, avec l’argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n’arrive presque pas à croire qu’un intellectuel comme le chef du Conseil national d’Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu’il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l’embargo contre l’Irak, mais n’a pas libéré le Liban, et n’a pas utilisé l’article 7 pour empêcher l’État d’Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu’il ne sache pas que les « négociations » n’ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n’aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus « démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n’est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d’un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s’il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s’il est obtenu par la voix des urnes.

L’attaque contre les ambassades syriennes n’est pas une action politique ; c’est l’œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j’ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l’être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n’est pas l’amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l’occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n’est qu’un papier d’emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.

La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari, de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l’occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l’infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l’une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu’une élite d’intellectuels et d’hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l’indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste - en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l’insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l’occupation en 1936 - des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n’y a pas de Syriens de la génération de l’Indépendance qui n’aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l’orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m’a raconté qu’avec deux de ses amis, il s’est engagé pour lutter contre l’occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n’est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu’il nouerait des contacts avec l’État d’Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d’Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d’images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu’Israël, en plus d’être un État raciste, est une base militaire d’occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l’ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l’expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C’est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu’on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l’âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n’est pas seulement l’enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d’amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : « la poésie est lâche si elle n’est pas portée par la colère ». Sa colère s’adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C’est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l’ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n’avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l’homme de l’indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l’ont porté jusqu’à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l’ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu’au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l’âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu’il a cité ces deux vers du poème de Nizar : « ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l’arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu’en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l’ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n’ont pas bougé pour la terre volée et l’honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».

Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l’argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d’imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d’histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d’intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L’utilisation de l’ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n’est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l’ont brandi n’ont pas remarqué que c’est le drapeau de la résistance contre l’occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l’Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l’Etat d’Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l’ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l’argent du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, n’ayant touché aucun pot de vin occidental, n’ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d’Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu’à la destruction du pays.

De pareils opposants sont les garants de la démocratie et de la droiture ; de la souveraineté et de la protection de la société contre le fléau de la corruption. Pour ne pas répéter des erreurs comme celles qui ont conduit à ce qu’un homme corrompu, comme l’ex- gouverneur de Homs, puisse trahir son pays et fermer les yeux sur la construction d’un réseau de communication souterrain, participant ainsi à la préparation de la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l’ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c’est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l’opposition de l’intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d’Istanbul serait présent ». C’est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu’il fasse en Syrie ce qu’il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n’est pas qu’une question politique, c’est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c’est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d’être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d’occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l’Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd’hui que l’armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l’on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d’États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la « démocratie occidentale » : SARKOZY n’a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d’OBAMA n’a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n’ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l’Occident colonialiste qu’il n’avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.

Dr Nadia KHOST 6 février 2012.

Traduit de l’arabe par Rim (le 9 février 2012) pour le site silviacattori.net.

Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.

 [1] Le Conseil de salut national a été élu par l’opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.

Sources :
Nadia Khost

vendredi 10 février 2012,

 Comité Valmy

http://www.silviacattori.net/article2797.html 

 



5 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

5-1 La Croix : Jacques Bérès, un chirurgien français dans Homs assiégé.
Depuis qu’il est arrivé à Homs, il y a une vingtaine de jours, Jacques Bérès n’a pas cessé d’opérer sous les bombes, entre deux coupures d’électricité. Sur le site de l'UAM-93, il a témoigné de l’horreur des bombardements, du manque d’eau et de médicaments, de la mort de ses patients, de sa fatigue, aussi, après tant de nuits sans sommeil. « Il voulait quitter la ville, mais il a dû renoncer tant il est dangereux de se déplacer à l’air libre », confiait hier, non sans inquiétude, M’hammed Henniche.

Il n’a rien voulu entendre. Ni les craintes de son épouse. Ni les conseils de prudence des associations avec lesquelles il part d’habitude. Jacques Bérès, 70 ans passés, voulait depuis des mois gagner Homs, la ville rebelle pilonnée par l’armée syrienne. Début février, le chirurgien français a trouvé le bon réseau pour franchir clandestinement la frontière, éviter les contrôles, patienter dans un village, puis pénétrer au cœur de Homs malgré l’encerclement par les troupes de Damas.

« Il veut soigner et témoigner,  résume M’hammed Henniche, responsable de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93). On a tout fait  pour le dissuader de partir. Mais il a dit qu’avec ou sans nous, il gagnerait la Syrie. Alors on a fini par lui donner une lettre de mission au nom de notre association. »

Incontrôlable. C’est aussi le souvenir qu’il a laissé chez Médecins sans frontières (MSF), dont il est l’un des cofondateurs. « Il a la réputation d’être un risque-tout, véritable trompe-la-mort d’une grande ténacité,  se souvient Rony Brauman, l’un des anciens présidents des French doctors, qui l’a croisé dans les années 1970. Chez MSF, il faisait ce qu’il voulait, ce qui est difficilement compatible avec les contraintes d’une organisation. Mais il a contribué à insuffler cet esprit d’audace et d’aventure au mouvement. » 

Un habitué des conflits
Né en 1941, fils fortuné d’un célèbre libraire, Jacques Bérès a découvert la chirurgie de guerre au Vietnam, en 1967. Dès lors, sa petite trousse médicale au bout du bras, l’homme n’a cessé d’arpenter le monde, de conflits en catastrophes. Liberia, Bangladesh, Tchad, Congo, Tchétchénie, Rwanda, Irak, Sierra Leone, Liban, Palestine… Le chirurgien prend l’habitude de déserter ses patients français pour des courtes missions, si possible au plus près des violences, perdant deux doigts au passage à la suite d’une blessure par balle. «
Face au danger, il est d’un grand calme, presque détaché »,  témoigne le médecin Bernard Guillon qui l’a côtoyé à Gaza.

Depuis qu’il est arrivé à Homs, il y a une vingtaine de jours, Jacques Bérès n’a pas cessé d’opérer sous les bombes, entre deux coupures d’électricité. Sur le site de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis, il a témoigné de l’horreur des bombardements, du manque d’eau et de médicaments, de la mort de ses patients, de sa fatigue, aussi, après tant de nuits sans sommeil. « Il voulait quitter la ville, mais il a dû renoncer tant il est dangereux de se déplacer à l’air libre »,  confiait hier, non sans inquiétude, M’hammed Henniche.

Source :La croix


5-2 Arrêtez les préparatifs de guerre ! Levez l’embargo ! Solidarité avec les peuples syrien et iranien !

Traduit par Michèle Mialane

Des dizaines de milliers de morts, une population traumatisée, des infrastructures largement détruites et un État en ruines : voilà le résultat de la guerre menée par les USA et l’Otan en Libye, afin de piller les richesses de ce pays et de pouvoir le recoloniser. Maintenant, nous assistons à des préparatifs de guerre ouvertement menés contre l’Iran et la Syrie, des pays dont l’un est riches en matières en première et l’autre important sur la plan stratégique, parce qu’ils suivent leur propre politique et refusent de se soumettre aux diktats de ces deux puissances. Une attaque de l’OTAN contre la Syrie où l’Iran pourrait conduire à une confrontation directe, aux conséquences incalculables, avec la Russie et la Chine.

Par des menace constantes de recours à la guerre, la mobilisation de troupes aux frontières iraniennes et syriennes ainsi que des actions terroristes ou des sabotages effectués par des « unités spéciales » infiltrées dans ces pays, les USA et ses alliés de l’OTAN ainsi qu’Israël les maintiennent tous deux dans un état d’exception destiné à les mettre à genoux. Avec cynisme et un parfait mépris des êtres humains, les USA et l’UE essaient de paralyser leur commerce extérieur et les mouvements de fonds liés aux paiements. Ainsi l’on essaie volontairement de plonger les économies syrienne et iranienne dans une grave crise, qui augmentera les chiffres du chômage et détériorera lourdement l’approvisionnement de leur population. On vise en outre à ethniciser et aggraver les conflits sociaux intérieurs, à déclencher une guerre civile qui fournirait le prétexte à une intervention militaire décidée depuis longtemps. Le gouvernement allemand participe largement à cet embargo contre la Syrie et l’Iran.

Nous appelons tous les citoyens, Églises, partis, syndicats, ainsi que le mouvement pacifiste à s’opposer énergiquement à cette guerre.

Nous demandons au gouvernement allemand

de lever immédiatement et sans conditions les mesures d’embargo à l’encontre de la Syrie et de l’Iran,

de dire clairement que ‘ils ne participeront pas à une ge uerre contre ces deux pays et n’autoriseront pas les UD SA et l’Otan à utiliser des installations militaires allemandes à des fins d’agression,

de s’engager au niveau international pour qu’il soit mis fin à la politique de chantage et de menaces de guerre envers la Syrie et l’Iran.

Les peuples iranien et syrien ont le droit de décider souverainement de leur organisation politique et sociale. La maintien de la paix exige que l’on respecte scrupuleusement le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures.

Vous pouvez signer cette pétition sur http://www.freundschaft-mit-valjevo.de/wordpress/

Signataires

Le 6 janvier 1000 personnes avaient signé cet appel. Nous avons maintenant actualisé en partie les signatures.

Traduit par Michèle Mialane

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Merci à Tlaxcala
Source: http://www.freundschaft-mit-valjevo.de/wordpress/?p=402
Date de parution de l'article original: 03/01/2012
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5-3 Louis Denghien : Lavrov et Clinton en 2009 : aujourd'hui, l'une rit plus jaune que l'autre...
Lavrov et Clinton en 2009 : aujourd'hui, l'une rit plus jaune que l'autre...
Ce jeudi matin 16 février, Alan Juppé rencontre à New York son homologue russe Sergueï Lavrov, « en marge d’une rencontre sur l’Afghanistan« , pour tenter de lui vendre les derniers produits diplomatiques occidentaux en stock comme le « Groupe des Amis de la Syrie« , les « couloirs humanitaires« , sinon le déploiement de casques bleus. Y croit-il vraiment ?

On espère pour lui que non.
Renforcement de la Russie, déclin de l’OTAN
Le site plutôt sarkozyste et « libéral-occidental » Atlantico passe la parole à ce sujet à Philippe Migault, chercheur à l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques) et spécialiste des relations entre Russie et Europe en matière d’armement, d’aéronautique, d’espace et d’énergie. Et Migault est formel : « Très clairement nous n’avons aucun moyen de pression sur la Russie« . Les Occidentaux, des deux côtés de l’Atlantique, explique-t-il, croient qu’ »à partir du moment où Paris, Londres et Washington font les gros yeux, Moscou cède« . « Mais nous ne sommes plus à l’époque de Boris Eltsine. La Russie est de nouveau une puissance qui monte avec une santé économique certaine« .
Et Migault de rappeler que la Russie n’a pas digéré le cas libyen où « nous avons dépassé de très loin le mandat donné par les Nations-Unies« .
Atlantico pose la question d’une nouvelle guerre froide entre Occident et axe russo-chinois. Philippe Migault pense qu’une économie mondialisée ne permet pas une confrontation durable et sérieuse : en ce qui concerne les échanges commerciaux et singulièrement dans le domaine de l’énergie, dit-il, « nous avons autant besoin des Russes qu’ils ont besoin de nous« .
Et Migault fait un parallèle entre l’OTAN, « qui n’est plus qu’une structure moribonde » qui donne de la voix pour prolonger son existence – et qui n’est pas un bloc uni -, à la Russie qui étend son influence un peu partout grâce à des partenariats économiques ou militaires. L’OTAN moribonde ? Sans doute, mais une bête blessée est, on le sait, dangereuse.
Le blues syrien des « néocons »
Un peu dans le même ordre d’idées, Reuters a publié le 15 février une analyse des possibilités des Etats-Unis relativement à la crise syrienne. Possibilités dont le titre de l’article donne une idée : « Les Etats-Unis impuissants face aux violences en Syrie« . Reuters entend démontrer d’abord que sur le dossier syrien, Washington est, en dépit des déclarations sévères d’Obama et de Clinton, nettement en retrait par rapport à Paris ou Ankara, au discours – et aux mesures – beaucoup plus agressifs. C’était déjà le cas, après tout, pour la Libye où c’est Sarkozy et Cameron qui se sont chargés de l’essentiel du « sale boulot ». Interrogé à ce sujet, Steven Heydemann, spécialiste de la Syrie à l’Insitute of Peace, une fondation américaine crée et financée par le Congrès américain, estime que la stratégie de Washington vis-à-vis de Damas, c’est « trop peu trop tard » et que cette hésitation, à l’en croire, « crée des tensions croissantes au sein de l’administration Obama« .
Bien sûr, Heydemann peut exprimer l’impatience des néocons qui aimeraient en découdre avec Damas comme ils le firent, en d’autres temps, avec Bagdad. Mais il semble que l’embarras de l’administration Obama soit cependant réel : comment continuer une escalade verbale sans passer à l’acte ? Et comment passer à l’acte à l’approche d’une élection présidentielle difficile ? Reuters l’écrit en toutes lettres : « Pour l’administration Obama, le dilemme reste entier : comment soutenir les opposants syriens sans créer des problèmes supplémentaires dans une région si sensible, en pleine tension sur le nucléaire iranien et à l’approche de l’élection présidentielle américaine« ?
Oui, comment ? Reuters pose la question cette fois à Mona Yacoubian, une autre spécialiste d’un autre think-tank américain, le Simpson Center. La réponse, d’un point de vue « otanesque », n’est guère encourageante : « La vérité, aussi dure à admettre soit-elle, c’est que nous n’avons pas beaucoup d’options réalistes à notre disposition » constate Mona Yacoubian qui dresse un rapide état des options disponibles :
-Des sanctions économiques supplémentaires ne seraient pas adaptées « car elles mettraient du temps à produire de l’effet alors que des massacres se déroulent quotidiennement (sic, notre spécialiste est elle aussi de la mouvance néocon) ».
-Alors une intervention militaire ? Selon Mona Yacoubian, le Pentagone ne veut pas en entendre parler « en raison de la complexité de la situation en Syrie« , où les divisions religieuses et ethniques mais aussi la « forte urbanisation » ne faciliteraient pas l’action des « boys« . Et Mona Yacoubian ajoute à ces difficultés, le déficit de « cohérence interne » de l’opposition, « et en particulier de l’ASL« , qui « suscite pour l’instant plus de questions que de réponses » : bref, il semble qu’on soit inégalement convaincu par l’efficacité et la représentativité de l’ASL de part et d’autre de l’Atlantique !
Reuters indique cependant que du côté des Républicains, on est moins « mou du genou » que l’administration Obama et les Démocrates, citant la surenchère belliciste du sénateur John McCain, challenger malheureux d’Obama en 2006.
Mais pour l’heure, il ne reste donc aux Américains que la carte d’une négociation difficile avec les Russes : Reuters cite un « ancien officiel américain » selon qui ‘administration Obama chercherait à convaincre l’opposition radicale syrienne d’accepter une médiation de Moscou visant à établir un cessez-le-feu, préalable à l’organisation d’élections. Mais comme le note l’agence anglo-saxonne en conclusion, il est douteux que ces manœuvres convainquent les Russes d’abandonner leur allié syrien.
La tendance serait donc plus que jamais, chez les atlantistes des deux bords de l’Atlantique, au « blues post-Conseil de sécurité ».
De fait, ça ne rigole plus guère...

(blog J.Tourtaux)

Louis Denghien, le 16 février 2012
 http://www.infosyrie.fr/re-information/quelques-avis-autorises-sur-la-solidite-de-la-russie-et-limpuissance-des-occidentaux/  



6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1Michel Chossudovsky : La prochaine guerre « humanitaire » de l’OTAN?

 
 

Introduction

 

Afin de faciliter l’action de forces libératrices, […] un effort particulier devrait viser l’élimination de certains individus clés […] dans les débuts du soulèvement et de l’intervention […]

 

Une fois qu’une décision politique a été prise de semer l’agitation en Syrie, la CIA et le SIS (MI6) tenteront d’organiser en sol syrien des incidents mineurs, du sabotage et des coups de main (sic), en travaillant en collaboration avec des individus […] Les incidents ne devraient pas se concentrer à Damas […]

 

De plus : « un important degré de peur […] des incidents et des affrontements frontaliers (mis en scène) […] fourniraient un prétexte à une intervention […] La CIA et le SIS [MI6] devraient utiliser leurs aptitudes sur le plan psychologique et sur le terrain pour augmenter la tension. » (Document conjoint divulgué des services de renseignement des États-Unis et du Royaume-Uni, Londres et Washington, 1957)

 

Les mensonges médiatiques et la propagande gouvernementale présentent les événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique ».

 

Les « manifestations » ne sont pas issues de clivages politiques internes tels que décrits par les médias dominants. Depuis le tout début ils sont le résultat d’une opération clandestine du renseignement des États-Unis et de l’OTAN visant à déclencher le chaos social, dans le but de discréditer tôt ou tard le gouvernement de Bachar Al-Assad et de déstabiliser la Syrie en tant qu’État nation.

 

Depuis la mi-mars 2011, des groupes islamistes armés, appuyés clandestinement par les services de renseignement étasunien et israélien, ont mené des attaques terroristes contre des édifices gouvernementaux, incluant des incendies. Des tireurs professionnels et embusqués, dont des mercenaires, ont ciblé les policiers, les forces armées, ainsi que des civils innocents. Ces faits sont amplement documentés. Tel que souligné dans le rapport de la mission d’observation de la Ligue arabe, il existe des preuves abondantes démontrant que ces groupes armés ont tué des civils.

 

Alors que l’armée et le gouvernement syriens ont une lourde responsabilité, il convient de souligner le fait que ces actes terroristes, incluant le meurtre délibéré d’hommes, de femmes et d’enfants, font partie d’une initiative des États-Unis de l’OTAN et d’Israël consistant à appuyer, entraîner et financer une « entité armée » opérant en Syrie.

 

Selon des reportages, les preuves confirment que des agents du renseignement étrangers ont intégré les rangs des rebelles.

 

Au moment où l’agitation et les meurtres s’intensifient dans l’État arabe en effervescence, des agents du MI6 et de la CIA sont déjà en Syrie pour évaluer la situation, a révélé un représentant de la sécurité. Des forces spéciales discutent par ailleurs avec des soldats syriens dissidents. Ils veulent savoir de quelles armes et de quels équipements de communication les forces rebelles auront besoin si le gouvernement décide de les aider.

 

« Le MI6 et la CIA sont en Syrie pour s’infiltrer et obtenir la vérité », a déclaré une source bien placée. « Nous avons le SAS et le SBS tout près qui désirent savoir ce qui se passe et vérifient de quel équipement les soldats ont besoin. » (Syria will be bloodiest yet, Daily Star). (C’est l’auteur qui souligne)

 

L’Armée syrienne liber (ASL) est une création des États-Unis et de l’OTAN. Le but de cette insurrection armée est de déclencher une réaction de la police et des forces armées, incluant l’emploi de chars d’assaut et de véhicules blindés afin de justifier tôt ou tard une intervention militaire, en vertu du mandat de « responsabilité de protéger » de l’OTAN.

 

Une intervention menée par l’OTAN est à l’étude. Elle a été ébauchée avant le début du mouvement de protestation en mars 2011. Selon des sources de l’armée et du renseignement, l’OTAN, la Turquie et l’Arabie Saoudite discutent de « la forme que prendrait cette intervention ».

 

Des agents des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles. Le ministère de la Défense britannique confirme pour sa part qu’il « élabore des plans secrets pour une zone d’exclusion aérienne sous l’égide de l’OTAN [en coordination avec ses alliés], mais qu’il doit d’abord obtenir l’appui du Conseil de sécurité des Nations Unies. (Syria will be bloodiest yet, Daily Star). Selon ces plans confidentiels, « le combat en Syrie pourrait être plus important et plus sanglant que celui contre Kadhafi ». (Ibid.)

 

On envisage une intervention militaire « humanitaire » calquée sur celle de la Libye. Les Forces spéciales de l’OTAN britanniques, françaises, qataries, et turques sont déjà sur le terrain en Syrie, en violation flagrante du droit international. Des reportages de sources militaires britanniques confirment :

 

« Des forces spéciales britanniques ont rencontré des membres de l’Armée syrienne libre (ASL) […] Le but apparent de ce contact initial était d’évaluer la puissance des rebelles  et d’ouvrir la voie à toute opération future de formation […] Des reportages plus récents ont révélé que les forces spéciales britanniques et françaises entraînent activement les membres de l’ASL sur une base en Turquie. D’autres reportages indiquent que des formations ont lieu en Libye ainsi qu’au nord du Liban. Des agents britanniques du MI6 et du personnel de l’UKSF (SAS/SBS) entraîneraient des rebelles pour la guérilla urbaine et leur fourniraient des armes et de l’équipement. Des agents de la CIA et des forces spéciales étasuniens assisteraient quant à eux les rebelles en matière de communications. » (Elite Forces UK, 5 janvier 2012 (C’est l’auteur qui souligne)


Le contexte sociopolitique en Syrie

 

Il existe certainement de bonnes raisons à l’origine des troubles sociaux et des manifestations de masse en Syrie : le chômage s’est accru ces dernières années, les conditions sociales se sont détériorées, particulièrement depuis l’adoption en 2006 de réformes économiques radicales sous la direction du FMI. Celles-ci comprennent des mesures d’austérité, un gel des salaires, la déréglementation du système financier, la privatisation et des réformes commerciales. (Voir le site du FMI — IMF Article IV Consultation Mission's Concluding Statement,  2006).

 

Par ailleurs, il y a de sérieuses divisions au sein du gouvernement et de l’armée. Le cadre politique populiste du parti Baath s’est grandement érodé. Une des factions de l’élite dirigeante a épousé l’agenda néolibéral et l’adoption de la « médecine économique » du FMI a servi à enrichir l’élite économique. Les factions pro-étasuniennes se sont également développées dans les échelons supérieurs de l’armée et du renseignement syriens.

 

Mais le mouvement « pro-démocratie » intégré par les islamistes et appuyé par l’OTAN et la « communauté internationale » n’émane pas du soutien de la société civile syrienne.

 

La vague de manifestations violentes représente une infime fraction de l’opinion publique syrienne. Il s’agit d’actes terroristes de nature confessionnelle qui n’abordent aucunement les questions plus vastes des inégalités sociales, des droits civiques et du chômage.

 

La majorité de la population syrienne (incluant les opposants du gouvernement Al-Assad) n’appuient pas le « mouvement de protestation » caractérisé par une insurrection armée. En réalité, c’est plutôt le contraire.

 

Ironiquement, malgré sa nature autoritaire, le gouvernement du président Bachar Al-Assad jouit d’un appui populaire considérable et les grands rassemblements en faveur du gouvernement le confirment.

 

La Syrie constitue le seul État laïque indépendant (subsistant) dans le monde arabe. Sa base populiste, anti-impérialiste et laïque héritée du parti Baath dominant intègre les musulmans, les chrétiens et les druzes, et appuie la lutte du peuple palestinien.

 

L’objectif ultime de l’alliance des États-Unis et de l’OTAN est de déplacer et de détruire l’État syrien laïque et finalement de remplacer le gouvernement de Bachar Al-Assad par un territoire régi par un cheik, une république islamique pro-étasunienne ou une « démocratie » pro-étasunienne conciliante.

 

L’insurrection : le modèle libyen

Les caractéristiques de l’insurrection en Syrie sont semblables à celle de la Libye : elle est intégrée par des brigades paramilitaires affiliées à Al-Qaïda, lesquelles sont directement appuyées par l’OTAN et la Turquie.

 

Des reportages confirment que le haut commandement de l’OTAN et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles et les entraînent : « Les stratèges de l’OTAN pensent davantage à délivrer des quantités importantes de roquettes antichars et antiaériennes, des mortiers et des mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les manifestations afin de repousser les forces armées gouvernementales. » (DEBKAfile,NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011)

 

« Des sources militaires confirment par ailleurs que des rebelles syriens s’entraînent avec des officiers militaires turcs au maniement des nouvelles armes dans des installations improvisées sur des bases turques près de la frontière syrienne. » (DEBKAfile, Ibid.)  Des reportages récents confirment que des forces spéciales britanniques et qataries sont sur le terrain dans la ville de Homs, qu’elles sont impliquées dans la formation des forces rebelles et organisent la réserve d’armes en collaboration avec l’armée turque.

 

Comme ce fut le cas en Libye, l’Arabie Saoudite achemine un soutien financier aux forces rebelles syriennes : « Ankara et Riyad fourniront aux mouvements anti-Assad d’importantes quantités d’armes et des fonds, qui seront introduits clandestinement en Syrie. Le déploiement de troupes saoudiennes et du Conseil de coopération du Golfe au sud de la Syrie est par ailleurs envisagé en coordination avec la Turquie. (Ibid.)

 

Les activités de l’OTAN ne se limitent pas à la formation des rebelles et à la livraison de systèmes d’armes. On songe au recrutement de milliers de « combattants de la liberté », rappelant l’enrôlement des moudjahidines pour faire le djihad (guerre sainte) de la CIA au paroxysme de la guerre soviéto-afghane :

 

Ce recrutement de moudjahidines faisait partie de la stratégie de l’OTAN en Libye, où l’on envoyait les forces mercenaires se battre sous la direction de l’« ancien » commandant du Groupe islamique combattant en Libye (GICL) Abdel Hakim  Belhadj.

 

Le modèle libyen de forces rebelles intégrées par les « brigades islamiques » aux côtés de l’OTAN a été appliqué à la Syrie, où sont déployés des « combattants islamistes » appuyés par le renseignement occidental et israélien. À cet égard, la brigade du GICL dirigée par Abdel Hakim a été envoyée en Syrie, où elle est impliquée dans des actes terroristes sous la supervision des forces spéciales de l’OTAN.

 

Le rôle central de l’ambassadeur des États-Unis Robert S. Ford

 

L’ambassadeur étasunien Robert S. Ford a été envoyé à Damas à la fin janvier 2011, au plus fort du mouvement de protestation en Égypte. (L’auteur était à Damas le 27 janvier 2011 lorsque l’envoyé de Washington a présenté ses lettres de créance au gouvernement Assad.)

 

Au début de ma visite en Syrie en janvier 2011, j’ai réfléchi à la signification de cette nomination politique et au rôle qu’elle pourrait jouer dans un processus clandestin de déstabilisation politique. Je n’ai toutefois pas anticipé que ce programme de déstabilisation serait implanté à peine deux mois après l’entrée en fonction de Robert S. Ford à titre d’ambassadeur des États-Unis en Syrie.

 

Le retour d’un ambassadeur des États-Unis à Damas, plus précisément le choix de Robert S. Ford à ce poste, est directement lié à naissance du mouvement de protestation contre le gouvernement de Bachar Al-Assad à la mi-mars.

 

Robert S. Ford était l’homme de la situation. En tant que « numéro deux » à l’ambassade étasunienne de Bagdad (2004-2005), sous la direction de John D. Negroponte, il a joué un rôle clé dans l’implantation de l’« Option Salvador en Irak ». Celle-ci consistait à appuyer des escadrons de la mort irakiens et des forces paramilitaires calquées sur l’expérience de l’Amérique centrale.

 

Il convient de noter que le chef de la CIA nouvellement nommé par Obama, le général David Petraeus, a influencé de manière décisive l’organisation d’un soutien clandestin aux forces rebelles et aux « combattants de la liberté », ainsi que l’infiltration des forces armées et du renseignement syriens, etc. À l’ambassade des États-Unis à Bagdad en 2004, en coordination avec John Negroponte et Robert S Ford, Petreus a dirigé le programme de « contrinsurrection » Multi-National Security Transition Command (MNSTC) (Commandement multinational pour la transition de la sécurité en Irak). .

 

Le rôle insidieux des médias occidentaux

Le rôle de l’alliance militaire des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël dans l’éclatement de l’insurrection armée n’est pas abordé par les médias occidentaux. En outre, plusieurs « voix progressistes » ont accepté aveuglement le « consensus de l’OTAN ». Le rôle des opérations clandestines de renseignement de la CIA et du MI6 dans le soutien des groupes armés n’est tout simplement pas mentionné. Selon certains reportages, des groupes paramilitaires salafistes impliqués dans des actes terroristes sont appuyés clandestinement par le renseignement israélien (Mossad). Les Frères musulmans sont soutenus par la Turquie ainsi que le MI6, les Services secrets britanniques (SIS), depuis les années 1950.

 

De manière plus générale, les médias occidentaux ont induit l’opinion publique en erreur quant à la nature du mouvement arabe de contestation en n’abordant pas l’appui du département d’État des États-Unis et des fondations étasuniennes (dont le National Endowment for Democracy (NED)) à des groupes d’oppositions pro-étasuniens.

 

Fait connu et documenté, le département d’État des États-Unis « finance des opposants du président Bachar al-Assad depuis 2006 ». (U.S. admits funding Syrian opposition - World - CBC News  18 avril 2011.)

 

Les médias ont maintenu que le mouvement de contestation en Syrie faisait partie intégrante du « printemps arabe » et l’ont présenté à l’opinion publique comme un mouvement de contestation pro-démocratie s’étant propagé spontanément de l’Égypte et du Maghreb au Machreq. Il y a tout lieu de croire cependant que les événements en Syrie ont été planifiés longtemps à l’avance en coordination avec le processus de changement de régime dans d’autres pays arabes, incluant l’Égypte et la Tunisie.

 

L’éclatement du mouvement de protestation au sud de la ville frontalière de Daraa a été soigneusement prévu pour suivre les événements en Tunisie et en Égypte.

 

Les médias ont décrit en chœur les événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar al-Assad, alors que les preuves confirment amplement que des groupes islamistes armés sont impliqués dans des actes terroristes. Ces mêmes groupes islamistes ont infiltré les manifestations.

 

Les déformations médiatiques abondent. D’importantes manifestations progouvernementales sont simplement présentées comme « preuves » (des photographies entre autres) de l’existence d’un mouvement de contestation antigouvernemental. Les reportages sur les pertes sont basés sur des témoignages non confirmés de « témoins oculaires » ou des sources de l’opposition syrienne en exil. L’Observatoire syrien des droits de l’homme, situé à Londres est cité à profusion par les médias occidentaux comme une « source fiable », avec les mises en garde habituelles. Les médias israéliens, tout en évitant la question d’une insurrection armée, reconnaissent tacitement que les forces syriennes sont confrontées à un groupe paramilitaire professionnel organisé.

 

L’absence de données vérifiables n’a pas empêché les médias occidentaux d’avancer des « chiffres officiels » quant au nombre des victimes. Quelles sont les sources de ces données? Qui est responsable de ces pertes?

 

Carrefour dangereux : Vers une guerre élargie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale 

L’escalade fait partie intégrante du programme militaire. La déstabilisation d’États souverains par des « changements de régime » est étroitement coordonnée avec la planification militaire. Il existe une feuille de route militaire caractérisée par une succession de théâtres de guerre des États-Unis et de l’OTAN.

 

Les préparatifs de guerre pour attaquer la Syrie et l’Iran sont à un « stade de préparation avancé » depuis plusieurs années.

 

Les planificateurs des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël ont tracé les grandes lignes d’une campagne militaire « humanitaire », dans laquelle la Turquie (la deuxième plus grande force militaire au sein de l’OTAN) jouerait un rôle central.

 

Nous sommes à un carrefour dangereux. Si une opération militaire des États-Unis et de l’OTAN était lancée contre la Syrie, le vaste territoire qui s’étend du nord de l’Afrique aux frontières de l’Afghanistan et du Pakistan bordant la Chine, soit la région Moyen-Orient et de l’Asie centrale, serait engouffré dans le bouleversement d’une guerre régionale élargie.

Il y a actuellement quatre théâtres de guerre distincts : l’Afghanistan et le Pakistan, l’Irak, la Palestine et la Libye.

Une attaque contre la Syrie mènerait à l’intégration de ces théâtres de guerres indépendants et conduirait tôt ou tard à une guerre élargie au Moyen-Orient et à l’Asie centrale.

 

Le chemin qui mène à Téhéran passe par Damas. Une guerre sous l’égide des États-Unis et de l’OTAN contre l’Iran impliquerait comme première étape une campagne de déstabilisation (« changement de régime ») comportant des opérations clandestines de renseignement en appui à des forces rebelles contre le gouvernement syrien.

Une guerre contre la Syrie pourrait évoluer en campagne militaire des États-Unis et de l’OTAN contre l’Iran, dans laquelle la Turquie et Israël seraient directement impliqués. Elle contribuerait également à la déstabilisation en cours du Liban.

Il est crucial de faire passer le message et de briser les réseaux de la désinformation médiatique.

Une vision critique et impartiale des événements actuels en Syrie est d’une importance cruciale afin d’inverser le cours de l’escalade militaire vers une guerre régionale élargie.

Michel Chossudovsky,

Montréal, le 11 février 2012

Mondialisation.ca,

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 Le 17 février 2012

Michel Chossudovsky est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

 Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca

Article original en anglais publié le 11 février : SYRIA: NATO's Next "Humanitarian" War?


6-2 Pierre Khalaf : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial.
 « Si l’Occident veut un nouveau scandale pour lui-même au Conseil de sécurité alors nous ne pouvons pas l’arrêter », avait dit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, avant la réunion de l’Onu sur la Syrie, samedi 4 février. Le « scandale » a finalement eu lieu et l’Occident a reçu une double gifle, russe et chinoise, avec les deux vétos mis par les deux pays au projet de résolution arabo-occidental contre la Syrie.

Une fois de plus, l’Occident, qui ne veut pas croire que le temps de la direction unilatérale des affaires de ce monde est révolu, a tenté de jouer au malin. Les Etats-Unis et leurs alliés ont introduit au texte initial certains amendements voulus par la Russie. Mais entre les lignes, les experts russes ont découvert un piège permettant de rééditer en Syrie la triste expérience libyenne. C’est-à-dire qu’à travers une résolution floue et élastique, votée à l’origine pour la création d’une zone d’exclusion aérienne, l’Otan est passé à une opération de type classique qui s’est achevée par le renversement du régime du colonel Mouammar Kadhafi. L’ambassadeur de Russie aux Nations unies, Vitaly Tchourkine, a révélé que le projet résolution sur la Syrie faisait référence à l’article 42 de la Charte de l’Onu, qui permet un recours à la force militaire.

Ultimes pressions médiatiques

Les rêves de tous les comploteurs contre Damas se sont donc brisés contre les vétos russe et chinois. Pourtant, l’alliance occidentale et ses alliées arabes et de l’opposition syrienne avait lancé une vaste opération de manipulation médiatique dès vendredi soir, pour exercer de fortes pressions morales et politiques sur la Russie et la Chine : les télévisions satellitaires des pétromonarchies du Golfe ont passé en boucle des images de dizaines de cadavres, affirmant que l’armée syrienne avait commis un véritable massacre en bombardant Homs.

C’était peine perdue, car toute cette coalition n’a pas compris que la décision de la Russie et de la Chine de s’opposer aux plans occidentaux en Syrie était stratégique et visait à mettre un terme, une fois pour toute, à l’hégémonie impérialiste. Le double véto, le deuxième en quatre mois, jette les bases d’un nouvel ordre mondial, où les pays émergents refusent d’être sous la coupe des Etats-Unis et d’un Occident décadent, incapable d’honorer ses dettes et autres engagements financiers.

Les autorités syriennes ont démenti les allégations de l’opposition, affirmant que les images montrées sont celles de citoyens enlevées et exécutés par les groupes armés (il y a à Homs 400 disparus). De nombreuses familles de personnes enlevées ont d’ailleurs reconnu sur les images les corps de leurs proches assassinés.

Au lendemain du double véto, l’Occident a lancé une campagne hystérique de dénigrement contre Moscou et Pékin. Mais les deux capitales ont réaffirmé leur attachement à leur position. Le secrétaire d’Etat russe aux Affaires étrangères, Gennady Gatilov, a assuré que l’Occident n’avait pas fait assez pour trouver une résolution acceptable par la Russie.

Même déception du côté des monarchies du Golfe, notamment du Qatar. L’éditorial du quotidien syrien Al-Baas, a présenté avec plein de sarcasme ses « condoléances aux comploteurs contre la Syrie, notamment aux émirs du pétrole », pour l’échec de leur plan.

Malgré cette défaite diplomatique cuisante, l’Occident ne lâche pas prise. Nicolas Sarkozy mijote l’idée d’un « rassemblement des amis de la Syrie », et Hillary Clinton jure qu’elle « assèchera les sources de financement syriennes pour l’achat d’armement ». La Russie, elle, dépêche Serguei Lavrov et le chef des renseignements extérieurs à Damas, mardi, pour s’entretenir avec le président syrien Bachar al-Assad. Pendant ce temps sur le terrain, l’armée syrienne a asséné un coup sérieux aux extrémistes armés en nettoyant la vallée Barada, à 20 kilomètres à l’ouest de Damas.

Au Liban, des unités héliportées de l’armée ont été déployées dans les zones frontalières avec la Syrie pour freiner le mouvement de trafic d’hommes et d’argent entre mes deux pays. Le Liban est devenu la principale base arrière des insurgés syriens armés qui harcèlent les troupes régulières.

Source :Tendances de l’Orient

Pierre Khalaf

mardi 7 février 2012, par

 Comité Valmy 


6-3 Julie Lévesque : L’Armée syrienne libre, représentant légitime du peuple syrien?

Alliant la désinformation à l’absurde dans la saga syrienne, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêterait aujourd’hui, selon la Saudi Gazette, à reconnaître l’Armée syrienne libre comme le seul et unique représentant du peuple syrien. Un groupe paramilitaire non élu à l’origine d’une insurrection armée serait ainsi désigné par un ensemble de monarchies étrangères comme représentant légitime d’un peuple pro-démocratie. Bienvenue au théâtre de l’absurde.

Le CCG est constitué de six pétromonarchies, loin des idéaux démocratiques qu’elles exigent pourtant de la République syrienne, une monarchie étant, par définition, antidémocratique. L'Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar sont des régimes répressifs mal placés pour donner des leçons de bienséance au dirigeant syrien. Mais comme ces régimes autocratiques sont les alliés de Washington et Cie, leur nature est ignorée et leurs réprimandes envers Bachar Al-Assad, un représentant élu, sont les bienvenues.

La Syrie, tout comme la Libye l’an dernier, est aux prises avec une insurrection armée financée et organisée par l’étranger, drapée dans des idéaux de révolte pacifique et démocratique afin de galvaniser en Occident un appui populaire à une intervention militaire de l’OTAN. Même si cette pratique courante de révolte fabriquée et de désinformation médiatique a été dénoncée et prouvée à maintes reprises dans les médias indépendants, elle fonctionne toujours grâce aux médias mainstream qui persistent à présenter des groupes armés jusqu’aux dents comme des « militants pro-démocratie qui ont besoin d’aide ».

Le but de ce genre d’opération est de créer un problème qui amènera une « solution » voulue. L’Occident, surtout Washington, veut se débarrasser de l’actuel dirigeant syrien. Pour qu’une intervention militaire en Syrie se transforme en « intervention humanitaire » investie de légitimité, elle doit être réclamée par la « communauté internationale ». Pour ce faire, il faut que les Syriens aient « besoin d’aide », comme les Libyens avant eux, et que les « pays civilisés et démocratiques » se fasse un devoir de les « protéger », avec les conséquences désastreuses que l’on connaît : de nombreuses victimes civiles, des infrastructures anéanties, des dirigeants fantoches à la solde de Washington et des dettes pour la reconstruction du pays.

Fabrication de l’appui populaire à l'insurrection et à l'OTAN

Les médias jouent un rôle clé dans la fabrication du consensus populaire. Cet article intitulé « Syrie: intervenir ou pas? », paru dans le quotidien canadien La Presse le 2 février dernier, est un exemple classique de désinformation et de fabrication de l’opinion publique :

Après 10 mois d'horreur à huis clos, la Syrie dérive à la vitesse grand V vers la guerre civile. Au début du conflit, on y comptait de 5 à 10 morts par jour. Aujourd'hui, c'est de 50 à 100! Plus de 5000 personnes ont déjà été tuées depuis le début du soulèvement. C'est, de loin, le chapitre le plus sanglant de tout le Printemps arabe. (Agnès Gruda, Syrie: intervenir ou pas?, La Presse, 2 février 2012.) 

D’abord, on nous balance 5000 morts à la figure comme s’il s’agissait d’un fait. Rien n’est moins sûr. Ces données proviennent de l’ONU qui a affirmé à maintes reprises qu’elles étaient approximatives, qu’il était impossible de les vérifier indépendamment et qu’elles provenaient de groupes d’opposants.

Par ailleurs, l’auteure donne l’impression que toutes ces morts sont imputables au régime, ignorant totalement les exactions commises par l’insurrection armée, rapportées par les médias indépendants.

Pour nous convaincre que cet article offre différents points de vue sur la question, on cite « les arguments des uns et des autres », qui incidemment, sont tous affiliés à des groupes étasuniens dont le but est de promouvoir les intérêts étasuniens et qui sont reconnus pour leur propagande.

«Nous avons la responsabilité morale de protéger la Syrie» écrit Shadi Hamid, directeur de recherche au centre de recherche américain Brookings.

En fournissant une aide militaire aux opposants syriens, Washington accélérerait la chute du régime Assad et gagnerait une influence auprès des prochains leaders de ce pays stratégique, plaide Jeffrey White, du Washington Institute for Near East Policy. Il s'agit d'un groupe de réflexion influent où siègent les anciens secrétaires d'État Henry Kissinger et George Shultz.

Il convient de rappeler qu'Henry Kissinger est accusé de complicité dans le coup d'État chilien, ayant porté Augusto Pinochet au pouvoir, et de crimes de guerre pour son rôle dans la guerre du Vietnam. 

Parmi les « anti-interventionnistes », on cite des représentants du Council on Foreign Relations, de Foreign Policy et de l’International Crisis Group, où l’on trouve entre autres l’un des stratèges à l’origine d’Al-Qaïda, Zbigniew Brzezinski. De surcroît, dire qu’ils s’opposent à l’intervention est faux. Il serait plus juste de dire qu’ils ne croient pas qu’une telle intervention aurait le résultat escompté :

Ed Hasain met aussi en garde ceux qui s'imaginent qu'un nouveau régime à Damas serait automatiquement plus «gentil» envers les États-Unis et Israël, et plus hostile à l'égard de l'Iran. Penser cela, «c'est une folie» […]

Autre argument massue des «anti»: on ne voit pas très bien quelle forme une telle intervention pourrait prendre.

Les appels à une intervention militaire étrangère sont «mal définis», renchérit Peter Harling, de l'International Crisis Group. Il souligne que c'est l'intransigeance destructrice du régime Assad qui pousse ses opposants à appeler à l'aide. Mais une intervention étrangère risquerait selon lui de provoquer «une régionalisation du conflit qui pourrait être plus coûteuse» que les affrontements actuels.

Aucune mention de l’illégalité d’une telle intervention. Cette « opposition » n’en est pas une. L’article ne cite aucun militant anti guerre, réellement « anti », avec une position et des arguments réellement « massues ». Par comparaison, on pourrait prendre l’exemple d’un opposant au commerce de la fourrure dont l’argument massue serait : « la fourrure, c’est trop cher ». Mais surtout, on nous présente, malgré les apparences de neutralité, un seul côté de la médaille, une seule vision du monde où l'on doit chasser le gouvernement syrien du pouvoir et y installer les opposants.

L’Armée syrienne libre : l’éléphant dans la pièce

Pendant la mission de la Ligue arabe, les médias ont martelé que 400 Syriens étaient morts depuis leur arrivée.

Le Monde (France) : 400 morts en Syrie depuis le début de la mission de la Ligue arabe

Businessweek (États-Unis) :400 Syriens tués depuis l’arrivée de la mission de la Ligue selon un officiel de l’ONU

La Presse (Canada) : 400 civils tués depuis l’arrivée des observateurs en Syrie

La représentante des États-Unis à l’ONU, Susan Rice a dû expliquer ces données en point de presse peu après les attentats de décembre et janvier dernier.

Reporter : Vous avez parlé de 400 décès depuis l’arrivé des observateurs de la Ligue arabe en Syrie. Un grand nombre d’entre eux peuvent être attribués aux attaques terroristes et durant la même période nous avons également vu l’ascension de l’Armée syrienne libre, plus active. Croyez-vous qu’il est juste de blâmer uniquement le gouvernement Assad pour l’escalade de violence?

Susan Rice : [J]e faisais référence aux données que le Vice-secrétaire général adjoint [de l’ONU B. Lynn] Pascoe [des États-Unis] a cité dans ses séances d’information. J’ai cru comprendre qu’il ne parlait pas des pertes de vies occasionnées par les attaques terroristes, mais des données que l’ONU, comme vous savez, a citées de manière progressive et qui dépassent maintenant 5000 personnes […] (Susan E. Rice, U.S. Permanent Representative to the United Nations, U.S. Mission to the United Nations, Security Council Stakeout and Press Availability, New York City, 10 janvier 2012.)

Mme Rice ignore remarquablement la question touchant à la responsabilité de l’Armée syrienne libre dans l’escalade de la violence. Cette question, tout à fait pertinente, n’a pas été soulevée ailleurs dans les médias.

Dans le cas de la l’Armée syrienne libre, on assiste à un remake tout aussi sanglant de l’histoire des Contras du Nicaragua, des moudjahidines d’Afghanistan, de l’Armée de libération du Kosovo, des rebelles haïtiens sous Aristide, des rebelles Libyens, etc : des groupes armés s’en prenant à des régimes socialistes, souvent peu ou non endettés (Libye, Syrie, Yougoslavie), insoumis aux diktats occidentaux. Les médias occidentaux, eux, sont invariablement favorables à l’insurrection armée, diabolisent les autorités visées et ne remettent jamais en question l’intervention de l’OTAN.
Julie Lévesque

2011-02-11

Mondialisation.ca


6-4 Stuart Jeanne Bramhall : La guerre secrète des Etats-Unis contre la Syrie

Vous avez peut-être remarqué que la rhétorique officielle au sujet de la Syrie change tous les jours —sauf pour ce qui est des attaques méprisantes et insultantes contre la Russie et la Chine pour avoir exercé leur droit de veto au Conseil de Sécurité. Pour être honnête, ce veto se révèle de plus en plus opportun à mesure que les évènements au sol dévoilent la culpabilité des Etats-Unis dans la guerre civile en Syrie.

L’ambassade US à Damas vient de fermer ses portes, attendant des jours meilleurs...

Oui la guerre civile. C’est comme ça que ça s’appelle quand une résistance armée prend les armes contre un gouvernement souverain. Le rapport provisoire de la Mission des Observateurs de la Ligue Arabe (la Ligue Arabe a refusé "d’approuver" le rapport mais il y a eu des fuites) confirme clairement la présence "d’une entité armée" en Syrie. Des descriptions détaillées de militants qui tirent sur les forces gouvernementales ainsi que le fait que des bombes soient posées pour faire exploser les infrastructures gouvernementales et civiles semblent confirmer les déclarations d’Assad comme quoi des militants islamistes essayent de renverser le gouvernement. Vous pouvez lire le Rapport de la Mission des Observateurs de la Ligue Arabe sur le site web de l’université de Columbia.

Au début l’administration Obama a expliqué tout cela en affirmant que les manifestants syriens non-violents étaient si désespérés par l’intransigeance d’Assad qu’ils se sont joints aux militaires qui avaient quitté l’armée syrienne. Il y a un jour et demi, quand deux bombes ont explosé à Alep en faisant 25 morts, on nous a dit que c’était une manoeuvre cynique du gouvernement syrien pour discréditer l’Armée Syrienne Libre. Mais cette version n’a pas pu être maintenue après que les militants aient assassiné un général syrien, un docteur qui dirigeait un hôpital militaire de Damas. Maintenant on nous dit que les membres iraquiens de Al Qaeda profitent de l’agitation civile syrienne pour traverser la frontière et devenir une Al Qaeda syrienne.

Le soutien de l’OTAN aux militants armés syriens

Le problème avec cette nouvelle version des évènements c’est que cela fait plusieurs mois que des analystes du Moyen-Orient respectés comme Sibel Edmonds, une ancienne interprète du FBI qui a le don de mettre à jour des informations cachées, Philip Giraldi, un ancien officier de la CIA, John R. Bradley, auteur et correspondant étranger britannique et Michel Chossudovsky, un économiste canadien et analyste de la mondialisation, parlent de la résistance armée en Syrie. De plus tous les quatre apportent de plus en plus de preuves que les Etats-Unis, la Turquie et d’autres membres de l’OTAN, de même que la Jordanie, l’Arabie Saoudite et le Qatar entraînent ces militants armés et leur fournissent des armes et de l’argent.

Edmonds a parlé pour la première fois en novembre dernier de l’implication de forces de l’OTAN et des Etats-Unis dans l’armement et l’entraînement des militants syriens. Le 21 novembre 2011 des sources turques l’ont informée de la présence de camps d’entraînement secrets dans la base de l’aviation étasunienne de Incirlik. Ces camps auraient été installés dans le but d’organiser et d’étendre la base de la dissidence en Syrie. D’après ses sources, il s’agirait de faire entrer des armes étasuniennes en contrebande en Syrie, de participer à une guerre psychologique à l’intérieur de la Syrie et d’ouvrir un couloir humanitaire/médical entre la Syrie et la Turquie pour soutenir les groupes d’opposition.

Le 11 décembre elle a rapporté, sur la foi de sources jordaniennes parmi lesquelles un officier jordanien, que des centaines de soldats de langue étrangère avaient été observées près de la frontière entre la Jordanie et la Syrie. Ses informateurs lui ont aussi dit que l’OTAN avait établi un second camp d’entraînement près de Mafraq, en Jordanie, pour entraîner la branche armée des Frères Musulmans syriens. Elle a aussi été informée par un reporter iraquien basé à Londres, qu’un nombre inconnu de soldats étasuniens avait été envoyés d’Irak à Mafraq en Jordanie.

Huit jour plus tard, l’ancien officier de la CIA, Philip Geraldi, a confirmé pour l’essentiel les assertions d’Edmonds concernant l’OTAN et la Syrie. C’était dans un article qu’il avait écrit pour la revue American Conservative grâce à des fuites d’analystes de la CIA inquiets de la "marche vers la guerre" contre la Syrie que l’administration Obama semblait entreprendre. Selon Geraldi, la CIA a refusé de signer le rapport de l’ONU fréquemment cité selon lequel plus de 3500 civils avaient été tués par les troupes d’Assad. Pour la CIA, cette information provenait uniquement de sources rebelles et n’était pas corroborée. La CIA a aussi fait valoir que les affirmations du gouvernement syrien selon lesquelles il était attaqué par des groupes rebelles armés, financés et entraînés par des gouvernements étrangers étaient plus vraies que fausses.

Des informateurs anonymes de la CIA lui ont aussi signalé que des avions de l’OTAN arrivaient sur les bases militaires turques près de Iskenderum à la frontière syrienne, chargés d’armes provenant des arsenaux de Mouammar Kadhafi et de volontaires du Conseil National de Transition libyen. Là, ces derniers ainsi que des forces spéciales françaises et britanniques formaient les membres de l’Armée Libre Syrienne. Selon ces sources, le rôle de la CIA et des Forces Spéciales étasuniennes dans tout cela était de fournir du renseignement et de l’assistance en communications.

Le peuple soutient le gouvernement laïque syrien

Selon John R Bradley, l’auteur de "Après la révolution arabe" et le seul analyste à avoir prédit la révolution égyptienne, l’Arabie Saoudite et le Qatar fournissent aussi des armes et des fonds à l’Armée Libre Syrienne. Dans une interview avec Russia Today, Bradley reconnaît que le président syrien est un despote sans merci. Cependant il souligne que le président syrien est un des derniers leaders arabes laïques et qu’il dirige le pays du Moyen-Orient où il y a le plus d’ethnies différentes. Pour le moment il jouit d’un grand soutien populaire parce que beaucoup de Syriens le voient comme le dernier bastion contre le fondamentalisme islamique, à l’instar de celui qui vient juste d’être installé au pouvoir en Libye.

Des habitants de Homs (la ville syrienne assiégée) qui ont participé à l’émission de la BBC "Have Your Say" du 10 février semblent partager ce point de vue. Aucun d’eux n’est un grand fan de l’administration laïque d’Assad mais ils la préfèrent de loin à la Loi de la Sharia.

La stratégie des Etats-Unis au Moyen-Orient

Michel Chossudovksy, qui lui aussi écrit depuis des mois des articles sur la guerre secrète des Etats-Unis contre la Syrie, s’inquiète plus particulièrement de sa signification dans le contexte plus large des objectifs étasuniens au Moyen-Orient. Il explique que les Etats-Unis ont pris pour cible la Syrie à la fois parce qu’elle entretient une l’alliance stratégique avec l’Iran et parce que le Pentagone veut isoler et encercler l’Iran pour ensuite renverser son gouvernement. Dans un interview radiophonique récent sur "Guns and Butter" il explique que les Etats-Unis ont procédé systématiquement à l’occupation et/ou la militarisation de quasiment tous les pays qui entourent l’Iran. D’abord ils ont occupé l’Afghanistan et le Pakistan (cible d’une seconde guerre non déclarée) qui se trouvent à l’ouest de l’Iran. Puis ils ont envahi l’Irak qui est toujours partiellement occupé, et, à l’est de l’Iran, il y a le Koweït (où les Etats-Unis ont déployé 15000 soldats en décembre) et la Turquie. Enfin il y a l’Arabie Saoudite (qui héberge aussi une énorme base étasunienne) et le Qatar au sud. Selon Chossudovksy, l’intervention militaire en Syrie se propagera au Liban avec l’implication du Hezbollah, ce qui neutraliserait effectivement les derniers alliés de l’Iran.

Dans un article inquiétant et récent intitulé "Quand les jeux de guerre deviennent vrais" Chossoduvsky cite un extrait du livre de général à la retraite, Wesley Clark, publié en 2003 et intitulé "Pour gagner les guerres modernes" à propos du rôle de l’intervention militaire contre la Syrie et l’Iran dans la grandiose stratégie du Pentagone au Moyen-Orient. Selon Clark, le Pentagone fait des préparatifs pour attaquer les deux pays depuis le milieu des années 1990. A la page 130 de son livre, Clark écrit :

"Quand je suis repassé au Pentagone en novembre 2001, un des officiers de haut rang a pris le temps de bavarder avec moi. Oui nous envisagions toujours d’attaquer l’Irak m’a-t-il dit. Mais ce n’était pas tout. Cela faisait partie d’un plan de campagne de cinq ans, a-t-il ajouté, qui concernait sept pays en tout, à commencer par l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, l’Iran, la Somalie et le Soudan".

La fiabilité de ces prédictions, en dépit du passage en 2008 du leadership de George Bush, un soi-disant faucon néo-con, à celui de Barack Obama, un supposé avocat de la manière douce, s’est révélée étonnante. Les Etats-Unis continuent d’occuper l’Irak en plus des guerres qu’ils mènent en Somalie et au Soudan. On peut penser que l’intervention en Libye a pris fin maintenant qu’un régime favorable aux Etats-Unis a accepté de privatiser le pétrole libyen pour le plus grand profit des multinationales pétrolières étasuniennes.

Selon Chossoduvsky, des pays comme l’Irak, la Libye, la Somalie, l’Iran et le Soudan sont devenues des cibles à abattre pour les Etats-Unis parce qu’ils ont refusé de jouer le jeu en laissant les entreprises anglo-saxonnes exploiter leur pétrole à leur convenance. Quant aux pays pauvres en pétrole comme la Syrie et le Liban, si les Etats-Unis veulent les détruire c’est en raison de leurs alliances stratégiques avec l’Iran qui est riche en pétrole.

Stuart Jeanne Bramhall

* Dr. Stuart Bra

13 février 2012 - Dissident Voice - Pour consulter l’original :http://dissidentvoice.org/2012/02/t...
Traduction : Info-Palestine.net - Dominique Muselet

mhall est une militante, auteure et psychiatre américaine de 63 ans, qui a émigré en Nouvelle Zélande où elle se considère comme une réfugiée politique.

Ses travaux comprennent un roman : The Battle for Tomorrow qui parle d’une jeune fille de 16 ans arrêtée pour avoir participé au blocus et à l’occupation du Capitole américain, et un livre de mémoires : The Most Revolutionary Act : Memoir of an American Refugee qui explique sa décision de quitter Seattle après 15 ans de persécutions de la part du gouvernement pour se réfugier en Nouvelle Zélande.

13 février 2012 - Dissident Voice - Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2012/02/t...
Traduction : Info-Palestine.net - Dominique Muselet



7 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

7-1 Les rebelles libyens avec Hillary Clinton, secrétaire d'État des États-Unis, venue voir et conquérir la Libye.!
La mission de la Ligue arabe a été présentée comme un échec dès le départ.

Son rapport a été entièrement ignoré par les médias.

La raison est simple.

En envoyant cette mission, Washington et Cie ont voulu donner l'impression qu'ils allaient vérifier la situation en Syrie. Cependant, le constat était fait avant même l'arrivée des observateurs et une seule conclusion était permise, celle avancée depuis le début, soit que le régime Assad tue des civils pacifiques manifestant pour la démocratie. Le rapport de la mission de Ligue arabe n'a pas fait ce constat. Il a au contraire démontré l'implication de la CIA, du MI6 et du Mossad derrière les violences et blamé l'Armée syrienne libre et les groupes armés pour de nombreux meurtres.  
À voir la carte des « manifestations », il est évident qu'il s'agit d'une invasion, la plupart des heurts ayant lieu aux frontières du pays.  

Source: http://uk.reuters.com/places/syria


7-2 L'amnésie des médias.

L’opération clandestine en 2011 en Libye a fait l’objet d’un reportage dans le Newsweek… en 1981 et a été citée dans un article paru en septembre 2011 sur Mondialisation.ca :

Très peu de temps après être entré en fonction, [Ronald] Reagan a annoncé la création d’un groupe spécial pour étudier « le problème libyen » […] Un plan a rapidement été rédigé par la CIA, lequel a été révélé par Newsweek en août 1981 : « un stratagème coûteux, de grande envergure et en plusieurs étapes pour renverser le régime libyen » et obtenir ce que la CIA appelait la déposition « absolue » de Kadhafi. Le plan réclamait un programme de « désinformation » destiné à embarrasser Kadhafi et son gouvernement; la création d’un « contre-gouvernement » pour contester sa prétention au leadership national; ainsi qu’une campagne paramilitaire progressive constituée d’opérations de guérilla à petite échelle. (William Blum, Killing Hope, Common Courage Press, 2004, p.283., cité dans Julie Lévesque, La guerre de Libye, une «cause juste»? 29 septembre 2011.)

L’opération actuelle en Syrie est prévue depuis longtemps. En 2003, le Guardian révélait des documents du renseignement révélant des plans de changement de régime à Damas en 1957. Il s’agissait de la même tactique.

Qu’à cela ne tienne, les « chiens de garde de la démocratie » ne lâchent pas le morceau et continuent de nourrir la propagande néocoloniale avec de titres du genre : Un dissident syrien: «Nous avons besoin d'aide».  



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

27/02/2012

n°43 - Dossiers de Syrie - 26-02 - : Ingérence occidentale et impérialiste en Syrie


n°43 - Dossiers de Syrie - 26-02 - : Ingérence occidentale et impérialiste en Syrie



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Dossier deSyrie

n°43 26-02

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 


NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire : 

Tiré à part

 

Dziri : Pourquoi la journaliste Edith Bouvier n’a-t-elle pas été évacuée de Homs?

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la situation en Syrie.

1-2 Pour la libération de nos compatriotes et confrères prisonniers à Baba Amr

1-3 Ahmed Halfaoui : Syrie : nouvelle donne ?

1-4 « De Misrata nous sommes venus en Syrie Libre ! ».

1-5 Comme disait l'autre : Indicible n'est pas français !

1-6 Syrie: les médias occidentaux mal informés

1-7 Vidéo :L'accueil réservé par Damas à Serguei Lavrov.

2 Dossier

2-1 La guerre secrète de la France contre le peuple syrien.

2-2 Charte de Munich (1) et manipulations. 

2-3 Thierry Meyssan : Fin de partie au Proche-Orient.

2-4 Thierry Meyssan : Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership..

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Xinhua : IIngérence occidentale et impérialiste en Syrie: tentative de

chantages aux contrats du Qatar sur la Russie… Le Qatar renvoyé

vertement à ses “études”…

3-2 Le Front Syndical de Classe : Le Front Syndical de Classe est affilié à la FSM.



Tiré à part

 

Dziri : Pourquoi la journaliste Edith Bouvier n’a-t-elle pas été évacuée de Homs?

La journaliste Française Edith Bouvier se trouve en ce moment dans le quartier de Baba Amr à  Homs en Syrie. Sérieusement blessée à la jambe, elle attend d’être évacuée pour pouvoir être soignée.

Une mission du Comité International de la Croix Rouge (CICR) a pu pénétrer hier dans ce quartier d’Homs et procéder à l’évacuation d’un petit nombre de personnes, 27 en tout, des femmes et des enfants.

Selon le CICR :

«malgré l'arrivée de nos ambulances et de nos efforts (...) auprès des groupes armés à Baba Amr, ceux-ci ont refusé de livrer la blessée [Edith Bouvier] et les deux corps [des journalistes], mettant en danger la vie de la Française et entravant le rapatriement des corps»,

Cette déclaration est répercutée par l’agence de presse officielle SANA. Il convient cependant de noter qu’elle n’a ni été démentie, ni rectifiée par le CICR.

En réalité, si la journaliste Française n’a pu être évacuée, c’est à la fois du fait des forces d’opposition et de la diplomatie française. Cet extrait d’une dépêche Associated Press reproduite par le journal américain Saint-Louis Today nous apporte tous les éléments pour comprendre ce qui s’est réellement passé et la mauvaise foi des opposants au régime syrien et d’Alain Juppé, le ministre Français des affaires étrangères : 

Un militant local, Abou Mohammed Ibrahim, joint par Skype, a affirmé que les journalistes avaient refusé de partir parce que le CICR n’est pas entré [dans Baba Amr], mais seulement le Croissant Rouge Syrien qui, selon lui, est plein de « collaborateurs du régime.»

« Les journalistes ont aussi refusé de livrer les corps [de Marie Colvin et Rémi Ochlik], » a-t-il dit. « Ils ne savent pas ce que le gouvernement va faire d’eux [des corps]. »

Il a déclaré que les quatre journalistes se trouvaient en ville, chacun se trouvant dans un appartement différent et que les deux cadavres étaient conservés dans un aure appartement où ils ont commencé à se décomposer.

Hassa, le porte parole du CICR basé à Genève, a déclaré que « en ce qui concerne la réputation du Croissant Rouge, c’est un organisme indépendant dont les bénévoles risquent leurs vies au quotidien. » Il a expliqué que le CICR avait souvent accompagné les volontaires du Croissant Rouge sur le terrain.

S’exprimant à la conférence de Tunis, le ministre Français des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré que les autorités syriennes avaient rejeté une requête pour permettre à l’ambassadeur de France en Syrie d’aller à Homs pour arranger l’évacuation.

« J’en appelle personnellement aus aux autorités syriennes pour que Mme Bouvier et les autres reçoivent les soins médicaux dont ils ont urgemment besoin, » a-t-il dit.

 Voilà qui est assez clair : non seulement Mme Bouvier et les autres journalistes refusent d’être évacués par le Croissant Rouge, mais ils refusent également que les corps de leurs collègues Marie Colvin et Rémi Ochlik sortent de la ville. Ils préfèrent que leurs cadavres se décomposent tranquillement à l’abri des manipulations du gouvernement syrien.

Et puis de toute façon, la condition première à une évacuation d’Edith Bouvier soit la présence de l’ambassadeur de France, la France pourrait ainsi signer son premier coup politique à l’intérieur même du territoire syrien.

Mounadil al Djazaïri



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo  : 5 questions à Thierry Meyssan sur la situation en Syrie. (7'33) :
1 Les conséquences du double véto à l’ONU ?
2 Quelles options pour l’Empire en Syrie ?
3 Le sens de la rencontre Lavrov-Assad ?
4 Un deuxième front au Nord Liban ?
5 Que s’est-il passé lors de la bataille de Homs ?

http://www.voltairenet.org/Video-5-questions-a-Thierry,172760


1-2 Pour la libération de nos compatriotes et confrères prisonniers à Baba Amr

 Plusieurs journalistes sont retenus dans la zone close de Baba Amr. Selon les dirigeants atlantistes, ils sont empêchés d’en sortir par l’armée syrienne qui pilonnerait le bastion rebelle. Présent sur place et témoin privilégié des négociations, Thierry Meyssan rend compte de la réalité : les journalistes sont prisonniers de l’Armée « syrienne » libre qui les utilise comme boucliers humains.

Le Croissant Rouge syrien a été empêché par les rebelles de les évacuer.

 Thierry Meyssan


1-3 Ahmed Halfaoui : Syrie : nouvelle donne ?

Le « printemps » syrien va probablement se faire entre Syriens. Le chef de l’armée des Etats-Unis, le général Martin Dempsey, nous en bouche un coin. Il dit qu’il est « prématuré de prendre la décision d’armer l’opposition en Syrie » et « met au défi quiconque d’identifier clairement ce qu’est le mouvement d’opposition en Syrie actuellement ». De toute évidence, le monsieur n’est pas en phase et se fiche de l’être avec les « amis de la Syrie » et avec les médias qui, eux, savent ce qui se passe et qui est le mouvement d’opposition. Il faut deviner que le général dont l’implication est autrement plus risquée et coûteuse que celle des propagandistes, s’informe ailleurs que chez le gars de l’OSDH planqué à Londres et ne s’amuse pas. Pour être plus explicite, il s’épanche : « Il y a des informations selon lesquelles Al-Qaïda est impliqué et qu’ils cherchent à soutenir l’opposition. Je veux dire qu’il y a plusieurs intervenants et que chacun essaye de jouer sa partition propre pour renforcer sa position ». Il en rajoute une couche : « La Syrie est une arène en ce moment où tous les divers intérêts essaient d’intervenir ». Dommage qu’il n’en dise pas plus que ce qu’il sait réellement, mais à la bonne heure !

On apprend de source sûre que la situation est loin d’être aussi nette que l’on veut nous faire accroire. Notons qu’à aucun moment il n’a fait allusion à un bombardement dont seraient victimes des populations civiles. Ainsi, on comprend pourquoi les bruits de botte se sont particulièrement faits discrets et pourquoi le Tunisien chargé de parler au nom de la « communauté internationale » répète à qui veut l’entendre qu’il est contre une intervention militaire. Pathétiquement, il dit qu’il ne veut pas d’un scénario à l’irakienne. Il aurait pu tout autant se référer au cas des voisins Libyens, propulsés dans une effroyable situation de non-droit.

Dans la foulée, il est intéressant de constater les effets de l’euphorie va-t-en guerre sur les journalistes des médias engagés dans l’affaire. Un éditorial d’un quotidien algérien en plein dans la verve « printanière » a fait une fleur à Hitler, en le déclassant dans le palmarès des criminels de guerre et en plaçant devant lui Bachar El Assad. L’argument de l’auteur se veut convaincant : Hitler n’a pas tué des Allemands, il a tué « des juifs, des tziganes et d’autres peuples », Bachar a tué des Syriens. C’est pour dire qu’on ne sort jamais indemne si on ne fait pas attention à ne pas se laisser porter allègrement par les vents dominants. Le plus sûr est de ne pas devancer l’appel. Quand on est dans ce type de disposition, il faut marcher au pas et rester à l’écoute des décideurs, surtout qu’ils sont autant imprévisibles que la Bourse qui dicte leurs politiques. Le mieux, toutefois, serait bien évidemment de se méfier de toute opération qui enthousiasme ceux dont on sait les sentiments à l’égard des indigènes, se voudraient-ils « démocrates », comme il sied pour entrer dans leurs bonnes grâces et se donner l’illusion de s’être émancipé à leur regard.

Les Syriens quant à eux vont élire leur premier Parlement qu’ils souhaitent représentatif. Ils nous diront peut-être s’il valait mieux cela qu’un CNT largué par l’OTAN. Pour les Libyens nous connaissons la réponse, y compris de la bouche des « révolutionnaires ».

Ahmed Halfaoui

Réseau Voltaire

25 février 2012

http://www.lesdebats.com/editions/220212/les%20debats.htm#H

URL de cet article 15935
http://www.legrandsoir.info/syrie-nouvelle-donne.html

Vidéo : L'accueil réservé par Damas à Serguei Lavrov.

http://www.youtube.com/watch?v=IBBbikkWk44&feature=player_embedded


1-4 « De Misrata nous sommes venus en Syrie Libre ! ».
Homs dans l’enfer des groupes armés

 Fw: Bulletin 238 Syrie et médias

La mort de deux journalistes en Syrie vient à nouveau de susciter au plus niveau de l’Etat français des éructations contre le régime syrien et son Président qui  ne sont pas sans rappeler  l’exaltation obscène  d’Hillary Clinton  proclamant  après l’assassinat de Mouammar Kadhafi : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ! »

Ce nouvel assaut de karcherisation de l’adversaire politique qui transforme le gouvernement du pays  en banale entreprise de nettoyage  nous donne l’occasion de revenir sur la mort du journaliste français Gilles Jacquier. Celle-ci a donné lieu à l’époque aux mêmes imprécations,  avec la même volonté d’ignorer les faits. Comme si les faits étaient solubles dans le mensonge d’Etat médiatisé, une fois atteint un niveau élevé de concentration de celui-ci !

Dans son nouveau numéro n° 174  daté de Mars 2012, le mensuel  B.I. (ex-Balkans-Infos)* qui vient de sortir, publie un article de COMAGUER qui revient sur les conditions réelles de la mort de Gilles Jacquier.

Nous le diffusons ci-après avec l’accord de la rédaction du journal

*Pour s’abonner voir sur le site Internet  http://www.b-i-infos.com

Charte de Munich (1) et manipulations

http://www.silviacattori.net/article2861.html

http://www.silviacattori.net/rubrique9.html

 23, 2012 8


1-5 Comme disait l'autre : Indicible n'est pas français !

Dimanche dernier, il y  a eu un grand moment sur France Inter avec Stéphane Paoli qui a fait une heure entière d’émission de radio pour raconter "l’indicible"… Il faut le faire. Il l’a fait ; avec Bernard Guetta qui bafouillait à force de chercher des accents de sincérité pour "l’indicible". Les acolytes* de service ce jour-là étaient touchants aussi.

On peut écouter et tenter d’entendre l’indicible ici :  

http://www.franceinter.fr/emission-3d-le-journal-syrie-l-horreur-quotidienne-et-l-union-europeenne-veut-elle-de-la-grece .

Comme disait l'autre : Indicible n'est pas français !

m-a

* "acolyte : latin écclésiastique acolytatus, du grec akolouthos "suivant, serviteur".

1. Clerc élevé à l'acolytat, dont la fonction est de servir à l'autel".

Etc. (Dictionnaire de la langue française Robert, vol. 1, p.88. )



1-6 Syrie: les médias occidentaux mal informés  

Le niveau de compétence de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) basé à Londres est tel que les informations qu'il fournit à de nombreux médias occidentaux suscitent des doutes sérieux, a indiqué samedi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch.

"Selon les informations dont nous disposons, le personnel de l'Observatoire ne comprend que deux personnes: le directeur et son secrétaire-interprète. L'établissement est dirigé par un certain Rami Abdel Rahmane qui ne possède ni de formation journalistique ou juridique ni même d'instruction secondaire. Dans une interview accordée aux médias en novembre dernier, il a fait savoir qu'il résidait en permanence à Londres, était citoyen britannique et exerçait un métier d'entrepreneur (propriétaire d'un snack-bar)", lit-on dans le commentaire de M. Loukachevitch mis en ligne sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Le document souligne que les employés de l'Observatoire évitent tout contact avec les diplomates russes.

"Je pense que les faits susmentionnés permettent de juger de la véracité des informations fournies par cette structure", a conclu M. Loukachevitch.

De nombreux médias faisant autorité en Russie et en Occident utilisent les informations de l'OSDH sur le nombre des victimes du conflit en Syrie.

 

Extraits :

« Nos confrères Marie Colvin (Sunday Times) et Rémi Ochlik (IP3 Presse) ont été tués mercredi 22 février 2012 dans la zone rebelle à l’intérieur de Homs.

Selon des agences de presse occidentales citant l’Armée « syrienne » libre, ils ont été victimes du pilonnage du quartier par les forces de Damas. Cependant, l’Armée nationale n’a fait usage de lanceurs de roquettes multiples que pendant une très courte période pour détruire des postes de tir, et à aucun moment après le 13 février. En outre, si la ville était pilonnée depuis 21 jours, comme l’indiquent les agences de presse, il y a longtemps qu’elle ne serait plus qu’un tas de ruine sans âme qui vive.

Au moins trois autres journalistes sont encore présents dans la zone rebelle : Édith Bouvier (Le Figaro Magazine), William Daniels et Paul Conroy (Sunday Times), ainsi que probablement un quatrième de nationalité espagnole.

Dans une vidéo postée sur Internet, Édith Bouvier, qui est blessée à la jambe, et William Daniels appellent à un cessez-le-feu et à leur évacuation vers un hôpital au Liban. Immédiatement, une intense campagne de communication a été organisée en leur faveur, incluant la création de plusieurs groupes Facebook et de tonitruantes déclarations d’Alain Juppé.

Il n’y a plus de couverture GSM ou G3 à Homs, et les lignes téléphoniques filaires de la zone rebelle sont coupées.

Il n’échappera à personne que si les journalistes ont pu uploader une vidéo pour appeler au secours, c’est qu’ils ont bénéficié d’une liaison satellite. Et s’ils n’ont pas pu téléphoner à leurs proches, à leurs employeurs et à leurs ambassades, c’est que ceux qui détiennent cette liaison satellite le leur ont refusé. Ils ne sont donc pas libres de leurs mouvements, mais détenus prisonniers.

(…)

Samedi 25, la Croix-Rouge internationale et le Croissant-Rouge syrien ont demandé à l’Armée « syrienne » libre l’autorisation de rentrer à nouveau dans la zone. Présent sur place, je me suis mis à disposition des autorités pour faciliter l’extraction de mes compatriotes et de mes confrères. Les négociations ont duré plus de quatre heures. Plusieurs États, dont la France, ont été tenus informés du déroulement des événements.

Après divers rebondissements, les officiers de l’Armée « syrienne » libre ont reçu par liaison satellite l’instruction de refuser. Leurs communications cryptées avec leur hiérarchie aboutissaient à Beyrouth ou étaient relayées via Beyrouth. De facto, les journalistes sont utilisés comme des boucliers humains encore plus efficace que la population civile, les rebelles craignant un assaut final des forces syriennes.

Par conséquent, les journalistes sont désormais les prisonniers des commanditaires de l’Armée « syrienne » libre, ceux-là même que les « Amis » de la Syrie, réunis en conférence à Tunis, ont appelé à soutenir, à financer et à armer ».

Thierry Meyssan

 25 février –

RIA Novosti

http://fr.rian.ru/world/20120225/193502342.html

Texte intégral sur : http://www.voltairenet.org/Pour-la-liberation-de-nos



2 Dossier

2-1 La guerre secrète de la France contre le peuple syrien.

Lors de la prise du bastion insurgé dans le quartier de Bab Amr, à Homs, l’armée syrienne a fait plus de 1 500 prisonniers, dont une majorité d’étrangers. Parmi ceux-ci, une douzaine de Français ont requis le statut de prisonnier de guerre en déclinant leur identité, leur grade et leur unité d’affectation. L’un d’entre eux est colonel du service de transmission de la DGSE.

En armant la Légion wahhabite et en lui fournissant des renseignements satellitaires, la France a conduit une guerre secrète contre l’armée syrienne, qui a fait plus de 3 000 morts dans les rangs, et plus de 1 500 morts parmi les civils, en dix mois de combats.

Ces informations ont été partiellement dévoilées par Thierry Meyssan lors d’une intervention sur la première chaîne de télévision russe, le lundi 13 février 2012 ; puis dansun article publié le mardi 14 par Komsomolskaïa Pravda ; enfin dansune vidéo de Voltaire Network TV.

La France a sollicité l’aide de la Fédération de Russie pour négocier avec la Syrie la libération des prisonniers de guerre.

Le Réseau Voltaire n’a pas trouvé d’éléments permettant de confirmer les imputations selon lesquelles 120 Français auraient été faits prisonniers à Zabadani. Cette rumeur semble être une exagération de nos informations et paraît sans fondement. 

Réseau Voltaire

22 février 2012

Suite sur http://www.voltairenet.org/La-guerre-secrete-de-la-France


2-2 Charte de Munich (1) et manipulations. 

 La crise syrienne  a fait connaitre aux medias français un personnage atypique : Mère Agnès Mariam de la Croix.

Cette religieuse à la double nationalité libanaise et française est établie en Syrie depuis deux décennies. Soucieuse de connaître et de faire connaître la réalité de la situation sur le terrain elle a eu à cœur de répondre à l’initiative de l’Union Catholique Internationale de la Presse qui cherchait à inviter des journalistes de la presse chrétienne européenne pour qu’ils puissent constater par eux-mêmes cette réalité qui, tout en étant complexe, était très mal médiatisée. Elle fit à tâtons les démarches auprès du Ministère de l’Information syrien grâce à une recommandation de l’organisation catholique. Contre toute vraisemblance elle obtint les visas pour les journalistes. 

Devant l’impossibilité de trouver des traducteurs qui acceptent de se rendre à Homs et sa région, elle n’eut d’autre alternative que de le faire par elle-même. C’est alors qu’elle vit de ses propres yeux ce que les citoyens lui racontaient. Lors de la conférence de presse qui conclut au Liban ce premier voyage journalistique elle fut sollicitée pour parler au nom des journalistes. Ce qu’elle révélait assez ingénument au nom de seize journalistes de tendances diverses provoqua un immense émoi. Cette première onde de choc contrecarrant la campagne abêtissante de désinformation déchainée à l’encontre de la Syrie, fut décuplée avec les publications dans certains médias « mainstream » des articles ou des émissions des journalistes participant à cette odyssée qui tranchait avec la doxa en cours. Le message des journalistes, rapporté d’autant plus fidèlement par Mère Agnès-Mariam qu’elle en était elle aussi témoin, était que la situation en Syrie n’était pas binaire comme le martelaient les chaînes satellitaires tendancieuses : d’un côté des manifestations pacifiques et de l’autre les forces de l’ordre qui les oppriment, mais qu’elle était bien plus complexe avec la présence de bandes armées non identifiées qui harcelaient sauvagement et la population civile sans défense et les forces de l’ordre retranchées dans leurs casemates. Elle devint alors une figure médiatique incontournable par son courage à dire ce qu’elle voyait joint à sa connaissance du pays ainsi qu’à son statut de religieuse non alignée qui lui confère un crédit exceptionnel. Cependant elle fut vite  honnie par les grands médias français puisqu’elle ne cautionnait pas la vision simpliste et caricaturale qu’ils cherchaient à diffuser.

La tentation sera donc forte de lui faire porter la responsabilité indirecte de la mort du journaliste français Gilles Jacquier le 11 Janvier à Homs.

Pourtant ce qui est vérifiable, puisqu’écrit, c'est qu'elle n’a pas invité les journalistes mais a seulement accepté de donner suite à une demande  écrite de France TELEVISIONS pour permettre à l’équipe Jacquier d’aller faire un reportage dans les unités de l’armée syrienne en butte aux attaques des « rebelles » (2). Les Unités basées à Homs étaient expressément nommées ainsi que les précautions nécessaires pour cette mission (casque et gilet pare-balles). Mère Agnès Mariam s’occupe d’obtenir les autorisations nécessaires pour satisfaire cette demande. On était avant la période où, grâce à la présence des observateurs de la Ligue Arabe, le gouvernement avait ouvert la porte aux journalistes étrangers. L’intercession de Mère Agnès Mariam était alors encore nécessaire comme elle l’avait été pour la presse chrétienne les mois précédents. D’autres journalistes se joignirent progressivement à ceux de France 2. L’équipe Jacquier arrive le 7 janvier et évolue librement le 8 à Damas. Gilles Jacquier lui apprend très vite qu’il désirait rencontrer les « rebelles » de Bab Sbah, à Homs et que, pour cela il avait fait des contacts très significatifs. Par souci d’honnêteté elle accepta de lui trouver les permissions nécessaires pour passer des zones loyalistes aux zones dissidentes.

Les journalistes accompagnent la Mère le 9 à une prière commémorative de deux personnes assassinées par les rebelles. Puis elle les rejoint pour une rencontre qu’ils boudent très vite car aux antipodes de leurs convictions, enfin ils vont ensemble au ministère des Affaires étrangères C’est durant cette journée passée en leur compagnie que Mère Agnès-Mariam remarque que les journalistes se comportent très mal, allant même jusqu’à l’enregistrer à son insu. A leur demande, elle les rencontre le  10  Janvier au soir pour faire le point et allonger leur visa. Pour ce faire, elle les avertit qu’elle ne pourra pas continuer à les prendre sous sa responsabilité s’ils n’étaient pas fidèles à la charte de Munich. De plus le ministère de l’information réclamait qu’ils restent ensemble. Elle manifesta son étonnement devant Gilles Jacquier qui présentait un programme débordant le cadre fixé par la Direction de France Télévisions et pour lequel il avait explicitement obtenu son visa. Plus tard, elle comprit qu’elle avait été manipulée pour obtenir ce visa lorsqu’elle vit Sofia Amara confier à CNN que, juste avant son départ pour la Syrie, Gilles Jacquier lui aurait dit qu’il était « obligé » d’aller dans les zones loyalistes mais que, dès qu’il pourra, il « désertera » pour aller chez les rebelles. Pour couper court à la discussion elle demanda à tout le groupe de décider par lui-même quelle serait sa prochaine étape. C’était, soit rester ensemble et accepter explicitement la fidélité à la Charge de Munich, soit attendre la fin du visa et partir car la Mère refusait de prendre sous sa responsabilité des journalistes peu crédibles.

Les journalistes décident d’aller à Homs. Précisément le Ministère de l’Information affrétait le lendemain un grand autocar pour Homs. Voudraient-ils en profiter avec d’autres reporters « mainstream » ? Nos journalistes choisissent unanimement d’aller à Homs par leurs propres moyens. Mère Agnès-Mariam doit déléguer ses pouvoirs à deux d’entre eux arabophones. Elle les avertit solennellement que la Syrie est un pays en guerre et qu’à Homs c’est l’enfer. Et leur rappelle qu’il est interdit de s’aventurer à Homs au-delà de 15 heures car c’est à partir de cette heure que les tirs reprennent chaque jour depuis les quartiers rebelles. A partir de ce moment-là l’équipe Jacquier et le reste des journalistes s’organisent seuls. Le lendemain ils se perdront les uns les autres et arriveront à Homs vers 14heures. Pour « profiter du temps » ils décident d’aller visiter les quartiers alaouites. Un groupe des forces de sécurité les accompagne et les prie de ne pas s’éloigner d’eux afin qu’ils puissent assurer leur sécurité. Arrivés au quartier Hadara ils font des interviews. A 14h45 précises, le colonel leur enjoint de repartir. Mais le groupe de la Télévision flamande n’est pas à l’appel. Leur équipe avait dérivé plus loin. On va à sa suite et on la retrouve mêlée à une manifestation pro régime organisée pour le groupe des médias « mainstream » dans le bus affrété par l’Etat mais les journalistes qui l’occupaient  s’étaient montrés plus prudents que notre groupe puisqu’à 14h45 ils avaient décidé de partir sans attendre l’arrivée de la manifestation. En voyant le grand bus s’éloigner, la vigie des rebelles avait cru que les journalistes étaient partis. Elle était incapable de repérer de loin la présence d’autres journalistes dans des voitures privées.  Ces derniers se mêlent imprudemment à la manifestation et lorsque les deux premiers obus tombent ils se précipitent imprudemment à l’affut d’images fortes. On est vers 15h35. Le troisième tir fait 8 morts dont Gilles Jacquier (3).

Il est donc permis de s’interroger :

-         sur le mensonge et la manipulation au sujet de la mission de l’équipe Jacquier : faire un reportage sur les unités loyales de l’armée syrienne comme le précisait la lettre de France TELEVISIONS  n’est pas la même chose que rencontrer les « rebelles » ou, plus tard, décider de rester à Damas et Daraa pour faire une étude sur les « hommes d’affaires ». 

-         sur les risques pris par l’équipe Jacquier et les autres journalistes malgré les mises en garde de Mère Agnès. 

-         sur l’absence de précautions élémentaires pour des professionnels habitués à ce type de mission : gilet pare-balles, casque, pour aller faire des photos là où des tirs de mortiers des « rebelles » étaient quotidiens

-         Sur la terrible campagne de diffamation déchaînée contre elle pour politiser son action et discréditer son témoignage.

Aurait-on cherché à décrédibiliser un témoin de poids qui dérangeait le dispositif propagandiste  visant à pousser la Syrie vers un vide constitutionnel et le chaos?

 

 (1) La charte de Munich des droits et devoirs des journalistes

Cette déclaration rédigée et approuvée à Munich les 24 et 25 novembre 1971 a été adoptée depuis par la fédération internationale des journalistes et par la plupart des syndicats de journalistes en Europe.

Dans le chapitre des devoirs du journaliste elle stipule :  « 4- Ne pas user de méthodes  déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents. »    

 

 

(2) extrait de la lettre de France Télévisions : « tourner ce reportage dans les rangs de l’armée syrienne accusée par la plupart des médias du monde entier, de réprimer le mouvement de contestation dans le sang. Peutêtre à tort ?". »

 

 

(3) Le rapport des observateurs de la Ligue Arabe confirme bien que c’est un tir de mortier des « rebelles » qui a tué Gilles Jacquier

 

COMAGUER  17.02.2012


2-3 Thierry Meyssan : Fin de partie au Proche-Orient.

Alors que les combats ne sont pas tout à fait terminés dans le quartier insurgé de Homs et que les autorités syriennes et libanaises n’ont pas encore communiqué sur leur action récente, Thierry Meyssan tirait un premier bilan des opérations, lundi soir, sur la première chaîne russe ; des informations de première main qu’il partage avec les lecteurs du Réseau Voltaire.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 14 février 2012

Depuis onze mois, les puissances occidentales et du Golfe conduisent une entreprise de déstabilisation de la Syrie. Plusieurs milliers de mercenaires se sont infiltrés dans le pays. Recrutés par des officines de l’Arabie saoudite et du Qatar au sein des milieux extrémistes sunnites, ils sont venus renverser « l’usurpateur alaouite » Bachar el-Assad et imposer une dictature d’inspiration wahhabite. Ils disposent du matériel militaire le plus sophistiqué, incluant des systèmes de vision nocturne, des centraux de communication, et des robots de combat urbain. Soutenus en sous main par les puissances de l’OTAN, ils ont en outre accès aux renseignements militaires indispensables, notamment des images satellites des déplacements des troupes syriennes, et des interceptions téléphoniques.

Cette opération est présentée mensongèrement au public occidental comme une révolution politique écrasée dans le sang par une dictature sans pitié. Bien sûr, ce mensonge n’est pas universellement accepté. La Russie, la Chine et les États américains membres de l’ALBA le récusent. Chacun dispose en effet d’expériences historiques qui leur permettent de comprendre rapidement ce qui est en jeu. Les Russes pensent à la Tchétchénie, les Chinois au Xinkiang, et les Américains à Cuba et au Nicaragua. Dans tous ces cas, au-delà des apparences idéologiques ou religieuses, les méthodes de déstabilisation de la CIA étaient les mêmes.

 

Groupe d’opposants au gouvernement syrien, appartenant à la nébuleuse communement appelée "armée syrienne libre".

Le plus étrange dans cette situation est d’observer les médias occidentaux s’auto-persuader que les salafistes, les wahhabites et les combattants de la mouvance Al-Qaïda sont épris de démocratie, alors que ces derniers ne cessent d’appeler sur les chaînes satellitaires saoudiennes et qatarie à égorger les hérétiques alaouites et les observateurs de la Ligue arabe. Peu importe qu’Abdelhakim Belhaj (numéro 2 d’Al Qaida et actuel gouverneur militaire de Tripoli, Libye) soit venu personnellement installer ses hommes au Nord de la Syrie, et qu’Ayman Al-Zawahiri (numéro 1 d’Al-Qaïda depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden) ait appelé au jihad en Syrie, la presse occidentale poursuit son rêve romantique de révolution libérale.

Le plus ridicule, c’est d’entendre les médias occidentaux répéter servilement les imputations quotidiennes de la branche syrienne des Frères musulmans diffusant des dépêches sur les crimes du régime et ses victimes, sous la signature de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme. Et d’ailleurs, depuis quand cette confrérie de putschistes s’intéresse t-elle aux Droits de l’homme ?

 

Ayman Al-Zawahiri, numéro 1 d’Al-Qaida depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden, a appelé au jihad aux côtés des Occidentaux pour faire tomber le régime baasiste syrien.

Il aura suffit que les services secrets occidentaux mettent en scène un fantoche « Conseil national syrien », avec pour président un professeur de la Sorbonne et pour porte-parole la maîtresse de l’ancien patron de la DGSE, pour que des « terroristes » deviennent des « démocrates ». En un tour de main, le mensonge est devenu vérité médiatique. Les personnes enlevées, mutilées et assassinées par la Légion wahhabite sont devenues dans la presse des victimes du tyran. Les conscrits de toutes confessions qui défendent leur pays face à l’agression sectaire sont devenus des soldats alaouites opprimant leur peuple. La déstabilisation de la Syrie par des étrangers est devenue un épisode du « Printemps arabe ». L’émir de Qatar et le roi d’Arabie saoudite, deux monarques absolus qui n’ont jamais organisé d’élections nationales dans leurs pays et embastillent les contestataires, sont devenus des chantres de la révolution et de la démocratie. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis, qui viennent de tuer 160 000 Libyens en violation du mandat qu’ils avaient reçu du Conseil de sécurité, sont devenus des philanthropes responsables de la protection des populations civiles. Etc.

Cependant la guerre de basse intensité que la presse occidentale et du Golfe dissimule derrière cette mascarade a pris fin avec le double veto russe et chinois du 4 février 2012. L’OTAN et ses alliés ont été sommés de cesser le feu et de se retirer, au risque d’assumer une guerre régionale, voire mondiale.

 

Le président syrien Bashar al-Assad et le ministre russe des affaires étrangères Serguei Lavrov le 7 février à Damas.

Le 7 février, une importante délégation russe, incluant les plus hauts responsables du renseignement extérieur, est arrivée à Damas où elle a été accueillie par une foule en liesse, certaine que le retour de la Russie sur la scène internationale marquait la fin du cauchemar. La capitale, mais aussi Alep, la seconde ville du pays, pavoisaient aux couleurs blanc, bleue, rouge, et défilaient derrière des banderoles écrites en cyrillique. Au palais présidentiel, la délégation russe a rejoint des délégations d’autres États, notamment de la Turquie, de l’Iran et du Liban. Une série d’accords a été conclue pour le retour à la paix. La Syrie a restitué 49 instructeurs militaires faits prisonniers par l’armée syrienne. La Turquie est intervenue pour faire libérer les ingénieurs et les pèlerins iraniens enlevés, y compris ceux qui étaient détenus par les Français (au passage, le lieutenant Tlass qui les séquestrait pour le compte de la DGSE a été liquidé). La Turquie a cessé tout soutien à l’ « Armée syrienne libre », a fermé ses installations (hormis celle située sur la base de l’OTAN à Incirlik), et a livré son chef, le colonel Riad el-Assad. La Russie, qui s’est portée garante des accords, a été autorisée à réactiver l’ancienne base soviétique d’interception du Mont Qassioum.

Le lendemain, le département d’État des États-Unis a informé l’opposition syrienne en exil qu’elle ne devait plus compter sur une aide militaire US. Comprenant qu’ils ont trahi leur pays pour rien, les membres du Conseil national syrien son partis en quête de nouveaux sponsors. L’un d’entre eux allant même jusqu’à écrire à Benjamin Netanyahu pour lui demander d’envahir la Syrie.

 

Déploiement de l’armée libanaise lors de son opération au nord du pays.

Après un délai de deux jours nécessaire à la mise en œuvre des accords, les armées nationales non seulement de la Syrie, mais aussi du Liban, ont donné l’assaut des bases de la Légion wahhabite. Au Nord du Liban, un gigantesque arsenal a été saisi à Tripoli et quatre officiers occidentaux ont été faits prisonniers dans le Akkar dans une école désaffectée de l’UNRWA transformée en QG militaire. En Syrie, le général Assef Chawkat en personne a commandé les opérations. Au moins 1 500 combattants ont été faits prisonniers, dont un colonel français du service technique de communication de la DGSE, et plus d’un millier de personnes ont été tuées. À ce stade, il n’est pas possible de déterminer parmi les victimes combien sont des mercenaires étrangers, combien sont des Syriens collaborant avec les forces étrangères, et combien sont des civils pris au piège de la ville en guerre.

Le Liban et la Syrie ont rétabli leur souveraineté sur l’ensemble de leur territoire.

Des intellectuels débattent de savoir si Vladimir Poutine n’a pas commis une erreur en protégeant la Syrie au prix d’une crise diplomatique avec les États-Unis. C’est une question mal posée. En reconstituant ses forces durant des années et en s’affirmant aujourd’hui sur la scène internationale, Moscou a mis fin à deux décennie d’un ordre mondial unipolaire dans lequel Washington pouvait étendre son hégémonie jusqu’à parvenir à une domination globale. Le choix n’était pas de s’allier soit à la petite Syrie, soit aux puissants USA, mais de laisser la première puissance du monde détruire un État de plus ou de bouleverser les rapports de force et de créer un ordre international plus juste dans lequel la Russie a son mot à dire.  

Thierry Meyssan

Article intégral sur

http://www.voltairenet.org/Fin-de-partie-au-Proche-Orient


2-4 Thierry Meyssan : Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership.
LE DOUBLE VETO POUR INTERDIRE LA GUERRE IMPÉRIALE CONTRE LA SYRIE.

Contrairement à ce qui s’était passé lors de l’attaque de l’Irak, la France n’a pas défendu les principes du droit international dans l’affaire syrienne, mais s’est ralliée au camp impérial et à ses mensonges. Avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, elle a essuyé une défaite diplomatique historique, tandis que la Russie et la Chine sont devenues les champions de la souveraineté des peuples et de la paix.

Le nouveau rapport de force international n’est pas seulement la conséquence de la décadence militaire des Etats-Unis, il sanctionne aussi le déclin de leur prestige. En définitive, les Occidentaux viennent de perdre le leadership qu’ils se sont partagé durant tout le XXe siècle parce qu’ils ont abandonné toute légitimité en trahissant leurs propres valeurs.

Son Excellence M Bashar Ja’afari, représentant permanent de la Syrie à l’ONU durant le la 6710ème réunion du Conseil de Sécurité sur la situation au Moyen-Orient.
Par deux fois, le 4 octobre 2011 et le 4 février 2012, des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont rejeté des projets de résolution sur la situation en Syrie. Cet affrontement a opposé les membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN) à ceux de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).
La fin du monde unipolaire
Ce quadruple veto scelle la fin d’une période des relations internationales qui a débuté avec l’effondrement de l’Union soviétique et a été marquée par une domination sans partage des États-Unis sur le reste du monde. Il ne signifie pas un retour au système bipolaire précédent, mais l’émergence d’un nouveau modèle dont les contours restent à définir. Aucun des projets de Nouvel Ordre Mondial ne s’est concrétisé. Washington et Tel-Aviv ne sont pas parvenus à institutionnaliser le fonctionnement unipolaire qu’ils voulaient ériger en paradigme intangible, tandis que le BRICS n’a pas réussi à créer le système multipolaire qui aurait permis à ses membres de se hisser au plus haut niveau.
Comme l’avait anticipé à juste titre le stratège syrien Imad Fawzi Shueibi, c’est la crise syrienne qui a cristallisé un nouveau rapport de forces, et partant de là une redistribution de la puissance que personne n’a pensé, ni voulu, mais qui s’impose désormais à tous [1].
Rétrospectivement la doctrine d’Hillary Clinton de « leadership par l’arrière » apparaît comme une tentative des États-Unis de tester les limites qu’ils ne peuvent plus dépasser, tout en faisant porter la responsabilité et les conséquences de leur test à leurs alliés britannique et surtout français. Ce sont ces derniers qui sont se sont mis en scène en leaders politiques et militaires lors du renversement de la Jamahiriya arabe libyenne et qui ambitionnaient de l’être à nouveau pour renverser la République arabe syrienne, même s’ils n’agissaient qu’en vassaux et sous-traitants de l’Empire états-unien. Ce sont donc Londres et Paris, plus encore que Washington, qui ont essuyé une défaite diplomatique et en supporteront les conséquences en termes de perte d’influence.

Les États du tiers-monde ne manqueront pas de tirer leurs conclusions des derniers événements : ceux qui cherchent à servir les États-Unis, comme Saddam Hussein, ou à négocier avec eux, comme Mouammar el-Kadhafi, pourront être exécutés par les troupes impériales et leur pays pourra être détruit. Au contraire, ceux qui résisteront comme Bachar el-Assad et sauront nouer des alliances avec la Russie et la Chine survivront.
Son Excellence M Li Baodong, représentant permanent de la Chine aux Nations Unies.
Triomphe dans le monde virtuel, défaite dans le monde réel

L’échec du CCG et de l’OTAN fait apparaître un rapport de force que beaucoup soupçonnaient, mais que personne ne pouvait vérifier : les Occidentaux ont gagné la guerre médiatique et ont du renoncer à la guerre militaire. Pour paraphraser Mao Zedong : ils sont devenus des tigres virtuels.

Durant cette crise, et encore aujourd’hui, les dirigeants occidentaux et les monarques arabes ont réussi à intoxiquer non seulement leurs propres peuples, mais une large partie de l’opinion publique internationale. Ils sont parvenus à faire accroire que la population syrienne s’était soulevée contre son gouvernement et que celui-ci réprimait cette contestation politique dans le sang. Leurs chaînes sattelitaires ont non seulement réalisé des montages fallacieux pour induire le public en erreur, mais elles ont aussi tourné des images de fiction en studio pour les besoins de leur propagande. En définitive, le CCG et l’OTAN ont inventé et fait vivre médiatiquement durant dix mois une révolution qui n’existait qu’en images, tandis que sur le terrain la Syrie devait affronter seule une guerre de basse intensité menée par la Légion wahhabite appuyée par l’OTAN.

Cependant, la Russie et la Chine ayant fait une première fois usage de leur veto et l’Iran ayant annoncé son intention de se battre aux côtés de la Syrie si de besoin, les États-Unis et leurs vassaux ont dû admettre que poursuivre leur projet les absorberaient dans une guerre mondiale. Après des mois de tension extrême, les États-Unis ont admis qu’ils bluffaient et qu’ils ne disposaient pas des bonnes cartes dans leur jeu.
Malgré un budget militaire de plus de 800 milliards de dollars, les USA ne sont qu’un colosse aux pieds d’argile. En effet, si leurs forces armées sont capables de détruire des États en voie de développement, épuisés par des guerres précédentes ou par de longs embargos, comme la Serbie, l’Irak ou la Libye, elles ne peuvent ni occuper des territoires, ni se mesurer à des États capables de leur répondre et de porter la guerre en Amérique.
Malgré les certitudes du passé, les USA n’ont jamais été une puissance militaire significative. Ils ne sont intervenus que quelques semaines à la fin de la Seconde Guerre mondiale face à une ennemi déjà épuisé par l’Armée rouge ; ils ont été défaits en Corée du Nord et au Vietnam ; ils ne sont pas parvenus à contrôler quoi que ce soit en Afghanistan ; et ils ont été contraints de fuir l’Irak de crainte d’y être écrasés.
Durant les deux dernières décennies, l’Empire états-unien a effacé la réalité humaine de ses guerres et a communiqué en assimilant guerre et jeux vidéos. C’est sur cette base qu’il a conduit ses campagnes de recrutement, et toujours sur cette base qu’il a formé ses soldats. Aujourd’hui, il dispose de centaines de milliers de joueurs vidéos en guise de soldats. Par conséquent, au moindre contact avec la réalité, leurs forces armées sont démoralisées. Selon leurs propres statistiques, la majorité de leurs morts ne tombe pas au champ d’honneur, mais se suicide, tandis qu’un tiers de leur personnel sous les drapeaux souffre de troubles psychiatriques rendant inapte au combat. La démesure du budget militaire du Pentagone est incapable de compenser son effondrement humain.
Son Excellence M Vitaly I. Churkin, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies.
De nouvelles valeurs : la sincérité et la souveraineté
L’échec des États du CCG et de l’OTAN est aussi celui de leurs valeurs. Ils se sont présentés en défenseurs des droits humains et de la démocratie, alors qu’ils ont établi la torture en système de gouvernement et que la plupart d’entre eux sont opposés au principe de souveraineté populaire.
Même si l’opinion publique en Occident et dans le Golfe est sous-informée sur ce sujet, les États-Unis et leurs vassaux ont mis en place depuis 2001 un vaste réseau de prisons secrètes et de centre de tortures, y compris sur le territoire de l’Union européenne. Sous prétexte de guerre contre le terrorisme, ils ont semé la terreur, enlevant et torturant plus de 80 000 personnes. Durant la même période, ils ont créé des unités d’opérations spéciales dotées d’un budget de près de 10 milliards de dollars annuel qui revendiquent des assassinats politiques dans au moins 75 pays, selon leurs propres rapports.
En ce qui concerne la démocratie, les États-Unis actuels ne font pas mystère de ce qu’elle ne signifie pas à leurs yeux « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » selon l’expression d’Abraham Lincoln, mais uniquement la soumission des peuples à leur volonté comme l’ont montré les propos et les guerres du président Bush. Au demeurant, leur constitution récuse le principe de souveraineté populaire et ils ont suspendu leurs libertés constitutionnelles fondamentales en instituant un état d’urgence permanent avec le Patriot Act. Quand à leurs vassaux du Golfe, il n’est pas nécessaire de rappeler que ce sont des monarchies absolues.
C’est ce modèle, qui associe sans honte crimes à grande échelle et discours humanitaire, qui a été défait par la Russie et la Chine ; des États, dont le bilan en matière de droits de l’homme et de démocratie pour autant qu’il soit très critiquable n’en est pas moins infiniment supérieur à celui du CCG et de l’OTAN.
En faisant usage de leur veto, Moscou et Beijing ont défendu deux principes : le respect de la vérité, sans laquelle la justice et la paix sont impossibles ; et le respect de la souveraineté des peuples et des États, sans lequel aucune démocratie n’est possible.
Le moment est venu de se battre pour reconstruire la société humaine après une période de barbarie.

Thierry Meyssan
http://www.voltairenet.org/Le-CCG-et-l-OTAN-perdent-leur



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Xinhua :IIngérence occidentale et impérialiste en Syrie: tentative de chantages aux contrats du Qatar sur la Russie… Le Qatar renvoyé vertement à ses “études”…

 Le représentant russe au Conseil de Sécurité Vitaly Tchourkine a déclaré ce samedi que le Président syrien Bachar elAssad n’est pas Mouammar khadafi, déplorant que la violence ait remplacé les mouvements de protestation pacifiques dans ce pays. « Les pays occidentaux accentuent la crise en Syrie à travers leur appel au départ du Président Assad. Mais Bachar elAssad n’est pas l’ancien dirigeant libyen le défunt Mouammar Kadhafi qui était isolé », a déclaré Tchourkine dans un discours télévisé à la CNN vendredi.

Le responsable russe a fait état d’informations sur « le soutien militaire occidental à l’opposition syrienne », qualifiant une telle situation de « dangereuse qui provoquerait un conflit entièrement armé ».

Interrogé sur les raisons pour lesquelles la Russie vend toujours des armes au régime syrien, Tchourkine a répondu : « Nous avons des contrats et nous devons les respecter ».

Qualifiant d’erronés les propos considérant que la « révolution » syrienne a gardé pour longtemps son aspect pacifique, Tchourkine a rappelé que le premier mort parmi les forces de sécurité syrienne a été tué à la mi-mai dernier .

Il a par ailleurs accusé l’opposition d’être responsable de la violence dans le pays et d’attaquer le régime.

Tchourkine à Hamad : « Si vous me parlez sur ce ton une deuxième fois, votre pays n’existera plus »

Lors des consultations qui étaient en cours entre les différentes parties à New York au sujet de la Syrie, le chef du gouvernement qatari Hamed Ben Jassem a demandé au représentant russe à l’ONU Vitaly Tchourkine une entrevue urgente. La rencontre a eu lieu dans une salle réservée aux rencontres entre les membres des diverses représentations à l’ONU. Hamad entama la discussion en soulignant l’importance de ce moment historique et en affirmant que la Syrie et le président Assad n’ont besoin que d’un signe fort montrant que la Russie n’opposera pas son véto et que Hamad insiste qu’il n’y aura aucune résolution prônant une intervention militaire.

Hamad ajoute qu’en cas d’adoption de la résolution, les pays arabes sont prêts à reconsidérer leur politique d’approvisionnement en armes dont le budget pour les prochaines années s’élève à 100 milliards de dollars dont 10 milliards sont déjà engagés pour l’achat d’armes russes. Engagement qui serait porté, selon Hamad, à 33 milliards de dollars.

Tchourkine réplique : « Je suis convaincu que votre appréciation de la position russe est totalement erronée et que ceux qui vous ont soufflé que la Russie marchanderait sa position au détriment de ses relations avec la Syrie se font des illusions et ignorent la portée stratégique du sujet. De ce fait et selon nous, cette tentative claire de corruption est rejetée et n’entre pas dans le cadre de nos calculs politiques »

Réponse de Hamad : « Nos conclusions sont que Bachar El Assad ne possède pas la capacité de refuser votre demande d’une transition pacifique du pouvoir, telle que présentée dans le projet de résolution … »

Tchourkine le coupe : « Vos conclusions sont aussi erronées que votre précédente appréciation, nous sommes de ceux qui n’acceptons pas qu’on permette une intervention militaire par le « biais d’une résolution ». « Ce qui s’est passé pour la Lybie n’était pas à l’origine orienté vers une intervention militaire mais vous et vos alliés avaient « sauté » toutes les interprétations des résolutions

pour entreprendre une guerre de destruction contre la Lybie. Mais vous oubliez que l’Asie n’est pas l’Afrique et que nous n’accepterons pas toute résolution qui toucherait aux équilibres de l’Asie et qui conduirait à concrétiser vos plans de destruction des potentialités de la Syrie et en particulier celles de son armée ; et ça nous ne l’accepterons pas, je vous le confirme »

Hamad répond alors: « Burhan Ghalioun est disposé à signer un engagement garantissant à la Russie la persistance de ses zones d’influence en Méditerranée et de toutes les facilités en Syrie ».

Réponse ironique de Tchourkine sous forme de question : « Et vous, avez-vous signé avec Ghalioun des accords similaires à ceux que vous aviez obtenus avec les libyens, comme les droits de prospections en participation avec les Américains, les Anglais et les Français ? Ou bien cette transaction est plus large et inclurait le gazoduc Mer Rouge-Haïfa-Beyrouth-Banias, ou peut être Homs situé sur le tracé des projets iranien et russe de gazoduc? Que dites vous maintenant de jouer au poker ouvert sachant qu’à ma connaissance vous en êtes amateur? Et je commence par la prospection du gaz de Méditerranée pour lequel Israël a proposé à la Russie une participation en échange de la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur certaines zones offshore !! »

Hamad comprend et fait le coq : « Ainsi il n’y a plus nécessité de poursuivre alors que vous êtes déterminé à faire échouer la résolution arabe ; vous perdez les Arabes et vous payerez le prix de votre position »

Tchourkine se lève avant Hamad pour lui signifier que l’entrevue est terminée, il lui posa la main sur l’épaule et lui dit : « J’ai une réunion avec le représentant syrien Djaafari à propos de cette résolution, mais je voudrais vous rappeler que votre état n’existait pas sur la carte au temps où la flotte russe voguait dans le golfe il y a de cela deux siècles. Et rappelez que l’histoire se reproduit quelquefois sous forme de comédie, ne soyez donc pas les héros de cette comédie au moment où le rire n’est pas de mise dans la tragédie qui se joue actuellement. »

Cette altercation a été diffusée par la chaine France 2, dans laquelle Tchourkine ajoute à l’attention du Qatari: « Tu es un invité au Conseil de sécurité. Sois donc respectueux. En tout cas je ne m’adresse pas à toi. Je parle au nom de la Grande Russie aux grands seulement ».

Medvedev met la France en garde contre toute action trop hâtive sur la question syrienne.

Le président russe Dmitri Medvedev s'est entretenu mercredi par téléphone avec son homologue français Nicolas Sarkozy, appelant les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à éviter toute action unilatérale trop hâtive, a déclaré jeudi le Kremlin.
Au cours de cette conversation, dont Paris a pris l'initiative, le président russe a souligné que la communauté internationale se devait d'avoir une position objective et mesurée sur la question syrienne.
Dans le contexte des efforts du Conseil de sécurité pour résoudre la crise syrienne, "le président Medvedev a appelé les partenaires de la Russie à s'abstenir de toute mesure unilatérale trop hâtive", a déclaré le service de presse du Kremlin.
M. Medvedev a affirmé au président français que la Russie avait à coeur de mettre fin le plus rapidement possible aux violences en Syrie, par le biais de dialogue global entre toutes les parties belligérantes, et de faciliter les réformes démocratiques dans le pays.
Il a également informé M. Sarkozy des résultats de la rencontre entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le président syrien Bachar al-Assad, mardi à Damas.
"Moscou a affirmé être prêt à poursuivre ses efforts de médiation, tout en considérant toute effusion de sang comme étant inacceptable", a ajouté le Kremlin.

Source: xinhua

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=49839&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1


3-2 Le Front Syndical de Classe : Le Front Syndical de Classe est affilié à la FSM.

Malgré le matraquage en règle, on peut considérer que « l’opinion » en général et celle des militants syndicaux en particulier sont assez critiques quant au positionnement des médias dominants et des experts grassement payés pour délivrer "l’information" économique destinée à légitimer les politiques d’austérité et convaincre les peuples qu'ils doivent encore et toujours se serrer la ceinture (jusqu'à en mourir ?) pour que le champagne puisse continuer à couler à flots sur les beaux quartiers.

Curieusement, on ne retrouve pas la même vigilance s’agissant de la politique internationale, en particulier lors d’événements critiques sur lesquels l'attention et l'émotion sont polarisées par des campagnes médiatiques de grande intensité. Pourtant, sans même remonter aux manipulations des guerres coloniales, l’expérience devrait être un vaccin redoutable. Pour ne citer que deux cas parmi un grand nombre :

  • Il y a eu medias-mensonges en 1991 puis en 2003 à propos de l’Irak et ses « armes de destruction massive » !
  • Plus récemment, la Libye a subi une intervention impérialiste camouflée en « intervention-humanitaire-pour-la-liberté-et-la-démocratie »  et la résolution 1973 du Conseil de sécurité qui autorisait seulement la neutralisation de l’espace aérien libyen ("no-fly zone") a donné lieu à bombardements intensifs et intervention directe aux côtés d’une fraction armée du peuple libyen.

A chaque fois, la propagande médiatique fait ainsi état de situations d’urgence avec des populations civiles directement menacées par des « tyrans inhumains» pour justifier auprès de l’opinion des interventions militaires directes ou indirectes, au nom des droits de l’homme : Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Bachar El-Assad... qu'on invitait quelques années auparavant, quand les intérêts impérialistes le réclamaient, deviennent en peu de temps des « fous sanguinaires » (tandis que les amis-tyrans de toujours, les Mubarak ou Ben Ali, on les soutient jusqu'au bout, sans parler bien sûr des « grands démocrates » du Qatar ou d'Arabie Saoudite....).

Mais les peuples au nom desquels on s'émeut officiellement, on s'en moque autant que les grecs qu'on affame aujourd'hui ou même que les chômeurs qu'on accuse de profiter grassement du système. Les interventions militaires sont bien sûr destinées en fait à contrôler une région et ses ressources, à la remodeler au gré de l’intérêt des grandes puissances, sans que jamais les peuples soient au centre des préoccupations : qu'en est-il de la situation des peuples irakien ou libyen après les guerres impérialistes ?

Aujourd'hui, c'est au tour de la Syrie d'être dans la ligne de mire, la Syrie et l’Iran étant inscrits dans l’agenda du remodelage impérialiste du Grand Moyen-Orient depuis plus de 10 ans !

Sur toutes les télés, le média-cirque bien rodé est reparti  avec comme toujours un seul son de cloche, coïncidant miraculeusement avec l’intérêt des grandes puissances occidentales : régime sanguinaire contre population pacifique et désarmée, meurtres de masse, exactions... et l'appel sous-jacent à l'intervention militaire.

Concernant la Syrie, les sources privilégiées par nos médias sont celles émanant de l’Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) basé à Londres sans aucune vérification. Et quand les observateurs envoyés par la Ligue Arabe elle-même dénoncent les exactions militaires des « manifestants pacifiques », on les fait taire.

L’interlocuteur politique privilégié est le Conseil National Syrien (CNS) dominé par les intégristes religieux (salafistes) ; il agit militairement, appelle à l’intervention armée étrangère et bénéficie d’ailleurs déjà de cette aide, tandis que le Comité National de Coordination pour le Changement Démocratique (CNCD), totalement opposé à toute intervention étrangère, est totalement ignoré (à l’exception d’une récente interview dans l’Humanité de son porte-parole Haytham Manna).

Par ailleurs, au plan régional, l’alliance avec les monarchies ultra réactionnaires du Golfe (Qatar et Arabie saoudite) qui dominent dans la Ligue arabe, maîtres d’œuvre de l’intervention armée au Bahreïn pour mater dans le sang le mouvement populaire, illustre sans contradiction possible le mensonge du soutien occidental au mouvement populaire dans les pays arabes !

Une démarche syndicale indépendante, anti-oligarchique et anti-impérialiste

Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons que nous étonner et nous indigner du contenu de l’appel intersyndical national signé le 10 février par 5 organisations (CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa) qui prend pour argent comptant les proclamations de la presse aux ordres et des services secrets étatsuniens ou français, en appelle à des sanctions contre la Syrie, justifie la politique d’ingérence des grandes puissances et finalement prépare l’intervention militaire.

Au minimum, une telle cécité et un tel suivisme témoignent sur ce terrain aussi de la perte totale de repères de classe des directions nationales et de leur perte de lucidité concernant les enjeux de notre époque ! Comment manquer de voir que les interventions guerrières répétées du bloc occidental sont le contrepoint de la crise qui frappe le système, le prolongement dans les politiques extérieures des politiques d’austérité imposées aux peuples d’Europe eux-mêmes ?

La solidarité internationale du mouvement syndical progressiste digne de ce nom s’est toujours exprimée dans le respect de la souveraineté des peuples. Par exemple, des millions d’européens sont descendus dans la rue en 2003 pour s’opposer à l’intervention armée en Irak, sans que cela signifie le moins du monde un soutien au régime irakien. Simplement, il s’agissait de s’opposer à une intervention extérieure prétextant de faux motifs pour des objectifs politiques qui se sont soldés par un véritable désastre, l’éclatement d’une société et la mort de centaines de milliers de civils !

L’opinion publique avait raison contre les va-t’en-guerre et les mêmes raisons demeurent valables pour ce qui est des enjeux de l’heure !

Et il faudrait à présent céder aux injonctions des interventionnistes déguisés en « journalistes » ou en « philosophes » au nom de la défense des droits de l’homme par ailleurs à géométrie variable ?

Si l'on est attaché à l’indépendance syndicale, le positionnement syndical devrait au minimum se fonder sur une appropriation indépendante de l’information à l’égard de l’appareil de production dominant de l’information qui s’apparente de fait à un appareil de propagande ! A partir de ses propres principes et de ses propres sources d’information dûment contrôlées.

La bataille pour la Paix et la solution politique des conflits en cette période de crise grave et de montée des périls constitue un devoir majeur pour le mouvement syndical. Pour défendre les travailleurs et les peuples, les directions syndicales feraient bien mieux de dénoncer l'impérialisme et d’appuyer une solution politique dans cette partie du monde plutôt que d’attiser l’incendie !

Le Front Syndical de Classe

http://www.frontsyndical-classe.org/

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29229


 

 

 

 

26/02/2012

n°42 - Journal de Syrie - du 13-02 au 25-02 -a1 - Günter Meyer : «Nous avons àffaire à une ingérence massive de l’extérieur».

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

             n°42                                             13-02 au25-02        

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Les navires de guerre iraniens sont arrivés au port Syrien (18 février 2012)

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes.

Günter Meyer : «Nous avons àffaire à une ingérence massive de l’extérieur».

Stratfor remet en cause le discours sur la Syrie.

Paroles & action du président

2 Résistance

Jean BRICMONT : Lettre à une journaliste.

Un vétéran de la diplomatie US met en question la version officielle des évènements en Syrie.

3  Politique internationale 

Les grandes manœuvres

Geostrategie.com : Armes ‘made in Israël’ pour les Contras syriens de l’Oncle Sam ? ›

Des Canons ... pas du beurre

Réseau Voltaire: Politique d’assassinats ciblés à Damas.

Lavrov : La communauté internationale coresponsable du conflit (Lavrov).

4 Pays Arabes & voisins

Israël

Geostrategie.com : Armes ‘made in Israël’ pour les Contras syriens de l’Oncle Sam ? ›

5 Les institutions

Parlement européen

RIA Novosti : Schulz : Le Parlement européen appelle l'UE à soutenir l'opposition.

Marc Semo : L’ONU condamnée à dénoncer dans le vide.

6 Le Monde

1 Chine

Le journal Qu Xing : Les Occidentaux pourraient précipiter une guerre en Syrie.

Jacques Tourtaux : La Chine affirme que sa position à l'égard de la crise en Syrie résistera à l'épreuve de l'histoire.

2 Qatar

Le président qatari de l'Assemblée générale de l'ONU appelle à une intervention étrangère, en Syrie  

7 Les actions dans le monde

Hugo Chavez envoie 240 mille barils de carburant Mazout vert à la Syrie



Tiré à part

Les navires de guerre iraniens sont arrivés au port Syrien (18 février 2012)

Selon Syrian Truth, deux navires de guerre iraniens ont franchi le canal de Suez et ils viennent d'arriver au port de Tartous en Syrie. Il s'agit d'un navire de guerre et un autre navire de soutien et de ravitaillement.

Les Syriens sont contents de ce soutien malgré toute la pression internationale contre la Syrie.

La Russie et la Chine sont les anges gardiens de la Syrie.

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3146


Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. 

"...nous ne pouvons que nous étonner et nous indigner du contenu de l’appel intersyndical national signé le 10 février par 5 organisations (CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa) qui prend pour argent comptant les proclamations de la presse aux ordres et des services secrets étatsuniens ou français, en appelle à des sanctions contre la Syrie, justifie la politique d’ingérence des grandes puissances et finalement prépare l’intervention militaire."

« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes.

Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. »
H. Krasucki


Günter Meyer : «Nous avons à faire à une ingérence massive de l’extérieur».

Interview de Günter Meyer, expert du Proche-Orient, concernant la situation en Syrie

«Bayern 2»: Aujourd’hui se termine le travail de la mission indépendante d’observation de la Ligue Arabe en Syrie.

Le rapport, attendu aujourd’hui au Caire, devrait tirer au clair si Damas, le régime d’El-Assad suit ses engagements pour arrêter la crise dans ce pays.

Cela ne me semble pas être le cas, à écouter les opposants harcelés. «Le régime fait tirer pour nous empêcher d’approcher les observateurs. On ne peut pas leur parler. Ils sont toujours entourés de gens des services secrets. Les observateurs devraient passer une seule journée ici, dormir et manger chez nous.» Le fait est donc que la mission originale des observateurs, d’arrêter l’effusion de sang et d’obtenir la libération des prisonniers politiques, n’a pas pu être effectuée.

Et dans le haut-lieu des protestations de Homs, seulement hier 38 opposants auraient été tués.

Au téléphone de «Radiowelt» se trouve Günter Meyer, expert du Proche-Orient de l’Université de Mayence.

Bonjour Monsieur Meyer.

Günter Meyer: Bonjour Monsieur Fargel.

Monsieur Meyer, parleriez-vous d’une «mission impossible» pour les observateurs en Syrie?

Non, pas du tout. Ce que les opposants ne cessent de répéter que la mission aurait échoué – en vérité c’est tout à fait le contraire. La mission a contribué de façon significative à diminuer le nombre de morts. La mission a aussi permis de constater que beaucoup de prisonniers ont été libérés depuis. Et elle a également constaté que ce que les opposants et les médias occidentaux mettent toujours en avant, à savoir que ce serait uniquement le régime répressif des Alaouites qui tirerait sur des manifestants paisibles, n’est pas vrai du tout. Il est absolument évident que nous avons à faire à une organisation terroriste armée, qui est également responsable d’une grande partie des morts dans le pays. Cela s’est tout à fait confirmé aussi dans cette situation-là.
Cela veut dire que nous avons là clairement une façon de voir opposée au régime, une optique massivement renforcée surtout par les intérêts des USA, mais aussi des alliés occidentaux, l’Angleterre, la France et pas en dernier lieu aussi l’Allemagne. Il s’agit là en première ligne d’interrompre l’axe Iran-Syrie-Hezbollah. Eliminer la Syrie signifie qu’il ne peut plus y avoir de livraisons d’armes depuis l’Iran via la Syrie au Hezbollah, qui puissent être dirigées contre Israël.

Mais, Monsieur Meyer, en entendant la manière dont vous décrivez la situation, on croirait à un complot occidental contre la Syrie. Et El-Assad, serait-il à la fin quand même un homme bien?

En aucun cas. Il est évident que c’est un régime répressif et qu’il a exagéré avant tout au début des manifestations quand il a agi avec violence contre les manifestants. Seulement, en très peu de temps, ce conflit de caractère régional s’est élargi en un conflit global dans lequel ce ne sont pas uniquement les puissances occidentales qui défendent leurs intérêts, mais justement les Etats arabes, avant tout le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui veulent provoquer de cette manière un affaiblissement de l’Iran. Cela veut dire qu’il ne s’agit plus d’un conflit isolé, mais que nous avons à faire à une ingérence massive de l’extérieur. Et, pas en dernier lieu, la nouvelle de l’arrivée de 600 Moudjahidins en avion depuis la Libye, une action initiée par la CIA. Des agents de la CIA, des agents des services secrets de France et de Grande-Bretagne instruisent des opposants, les équipent à proximité d’Iskenderun (Alexandrette), près de la frontière syrienne, les arment avec des armes qu’ils ont apportées des arsenaux de Kadhafi afin d’initier une guerre civile pour affaiblir le pays dans son ensemble.

Cela veut donc dire que la population syrienne, qui ne se trouve ni d’un côté ni de l’autre, se fait écorcher.

Ce qu’on ne dit pas chez nous dans les médias, c’est par exemple le fait qu’El-Assad a toujours la majorité de la population syrienne derrière lui. Cette étude a justement été faite par le Qatar, c’est-à-dire par la Fondation Qatar, et on y a clairement démontré que 55% de la population syrienne ne souhaite pas la démission d’El-Assad. Dans nos médias, on n’en parle pas du tout.

En somme, Monsieur Meyer, brièvement encore une question: croyez-vous qu’El-Assad tiendra avec son régime de violence?

Il restera en tout cas encore quelques mois au pouvoir. Cela dépendra pour beaucoup de l’importance de l’intervention des forces étrangères dans le pays, qui aggravent encore la situation de façon significative; cela ne se limite pas qu’à la Syrie, mais concerne toute la région.    •

Source: Radio Bayern 2 du 19/1/12
(Traduction Horizons et débats)


Stratfor remet en cause le discours sur la Syrie.

Depuis l’éclatement des premières manifestations de rue en Syrie en mars dernier, les discours sur la crise syrienne sont restés assez fidèles au thème proposé pour toutes les révoltes arabes.

Un dirigeant autoritaire qui écrase une opposition pacifique à son régime et ouvre le feu sur des civils avec un nombre de contestataires qui explose et une montée du nombre des tués

Mais nous entrons maintenant dans le dixième mois de cette révolte particulièrement violente – même en Libye avec sa guerre civile à outrance, les choses n’ont pas été si longues. Alors qu’est-ce qui se passe ?

Selon l’organisme texan d’analyse du risque géostratégique Stratfor, qui a publié la semaine dernière un article à rebrousse-poil [à lire ici] sur les efforts propagandistes de l’opposition syrienne, « la plupart des accusations les plus graves faites par l’opposition se sont avérées être grandement exagérées ou tout simplement fausses, nous en apprenant ainsi plus sur la faiblesse de l’opposition que sur le niveau d’instabilité à l’intérieur du régime syrien.»

C’est important pour deux raisons. Premièrement, c’est peut-être la première fois qu’une entreprise US de recueil d’informations ayant pignon sur rue met en cause ouvertement le discours en vigueur sur la Syrie. Deuxièmement, les conclusions de Stratfor soulèvent la question : sur quoi basons-nous nos initiatives politiques si les hypothèses qui les sous-tendent sont faussées ?

Quel est réellement le niveau d’instabilité en Syrie? Quelle est l’ampleur de l’opposition au régime de Bachar al-Assad ? Le bilan des victimes nous cloue sur place de dégoût – aujourd’hui, le plus fort taux de décès par jour – mais quelle est la valeur de ces chiffres ? Qui sont ces victimes et peut-on vérifier ? Les militants locaux sont-ils capables de distinguer entre un civil pro-régime tué et un civil anti-régime mort – surtout maintenant que les deux camps sont armés et tirent ?

Je ne suis pas en mesure de discuter ces chiffres et ces aspects, alors je ne le ferai pas. Mais je poserai la question : d’où viennent les « faits » rapportés ?

Un biais inhérent aux données syriennes?

Le problème avec les données qui proviennent des organisations d’opposition est que ces dernières ont un intérêt évident à diffuser des informations dont elles tirent un « bénéfice » et à minimiser les statistiques qui leur sont « dommageables.» Et ce même principe vaut aussi pour le gouvernement – et c’est pourquoi nous accueillons avec prudence les annonces du régime syrien.

On ne voit pas l’opposition syrienne informer activement sur les simples soldats tués par exemple – sauf à dire que ce sont des militaires tués pour avoir déserté. Twitter fourmille en ce moment de messages selon lesquels plus de 70 de la grosse centaine de tués sont des «déserteurs».

On n’entend pas non plus parler du nombre de civils favorables au régime tués par l’opposition armée – dont certains auraient été tués alors qu’ils «manifestaient» pour soutenir le régime syrien.

Maintenant, ça ne veut pas dire que l’opposition syrienne ment purement et simplement pour s’adjuger la sympathie et le soutien de l’étranger – surtout parce que « l’opposition » n’est pas homogène et vient d'horizons d'importance et d'orientations différentes.

Mais Stratfor s’interroge clairement sur les visées de certaines de ces organisations et le fait sur la base de preuves très récentes sur des campagnes de désinformation :

L’article de Stratfor s’intéresse principalement aux efforts de l’opposition pour créer l’impression ces dernières semaines qu’il existe une fracture significative dans le propre clan du président Assad et dans sa secte alaouite minoritaire, dont des membres occupent les plus hautes fonctions dans les forces armées du pays et au gouvernement.

Parmi ces gaffes de toute première importance, une information du 10 décembre qui laissait entendre que le “vice-ministre syrien de la Défense et ancien chef du renseignement militaire Asef Shawkat avait été tué par son adjoint et ancien chef de la direction générale de la sécurité, le général Ali Mamlouk.”

Stratfor postule que “l’image [sans fondement réel] de deux sunnites haut placés dans le régime tournant leurs armes l’un contre l’autre » contribue à créer « une histoire convaincante » pour des organisations qui veulent « entamer l’image d’un cercle rapproché d’Assad uni dans la volonté de réprimer l’opposition et de sauver le régime. »

Autre exemple avec une déclaration du 9 décembre publiée dans le journal à capitaux saoudiens Asharq al Awsat par une « Ligue alaouite des Comités de Coordination » auparavant inconnue qui prétend représenter la communauté alaouite en Syrie, et "rejetait toute tentative de tenir la secte alaouite pour responsable de la ‘barbarie’ du régime Assad". Stratfor explique que cette histoire fabriquée donne « l’impression que la communauté alaouite se fissure et que le régime Assad fait face à une sérieuse perte de soutien à l’intérieur de sa propre secte minoritaire. »

Les analystes basés aux USA citent alors leurs propre source interne à l’opposition syrienne qui “admet que cette organisation était en fait une invention de l’opposition sunnite en Syrie.”

Le même jour, d’autres organisations d’opposition connues, dont le Conseil national Syrien (CNS), l’Armée Syrienne libre (ASL) et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme établi à Londres, commençaient à diffuser « des affirmations selon lesquelles les forces du régime assiégeaient Homs et avaient donné un ultimatum de 72 heures aux déserteurs syriens pour qu’ils se rendent avec leurs armes sous peine de risquer d’être massacrés.»

Cette information a fait la une dans le monde entier – après tout, Homs avait été le centre de la colère et de la dissidence contre le régime, avec un nombre de tués bien supérieur à celui d’autres points chauds. L’enquête de Stratfor n’a cependant trouvé « aucun signe [annonciateur] de massacre, » et nous avertit que «les forces de l’opposition ont un intérêt à brosser le tableau d’un massacre imminent, dans l’espoir de reproduire les circonstances qui ont entraîné une intervention militaire en Libye.»

L’article poursuit en laissant entendre que les massacres dont on parle sont peu probables parce que « le régime a calibré sa répression pour éviter un tel scénario. Les forces gouvernementales», soutient Stratfor, « ont pris soin d’éviter les chiffres élevés de tués qui pourraient conduire à une intervention sur la base de principes humanitaires. »

Et ainsi de suite.

Les récits mensongers brouillent les pistes

Stratfor identifie quelques objectifs évidents qui orientent la propagande des organisations syriennes d’opposition :

- Convaincre les Syriens à l’intérieur du pays (en allant au-delà de la majorité sunnite pour toucher les minorités qui pour l’instant soutiennent largement le régime) que le régime se lézarde et qu’il n’y a donc plus d’intérêt à le soutenir.

- Convaincre les acteurs externes, comme la Turquie, la France et les USA, que le régime est en train de se fracturer et s’apprête à commettre des massacres pour écraser l’agitation, dans le droit fil de ce que le régime avait fait en 1982 à Hama.

- Convaincre les Syriens comme les acteurs extérieurs que l’effondrement du régime Assad ne débouchera pas sur le niveau d’instabilité qu'a connu l'Irak pendant près d’une dizaine d’années, ni sur la montée des islamistes comme cela semble être le cas en Libye. A cette fin, l’ASL a mis l’accent sur ses actions défensives et de protection des civils pour éviter d’être qualifiée de militants [terroristes]. Entre temps, l’opposition civile a souligné vouloir conserver les structures étatiques intactes, de manière à éviter le scénario irakien ou d’avoir à reconstruire l’Etat à partir de zéro en pleine guerre sectaire.

Stratfor relève que les organisations d’opposition ont réussi à faire passer leurs messages dans les médias grand public occidentaux, et que ces organes d’informations « citent [régulièrement] des dénombrements de victimes fournis par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, sans être en mesure de vérifier l’information. ». Mais l’article observe aussi que « le manque de coordination entre les divers organes d’informations de l’opposition et le manque de fiabilité des informations fragilise la crédibilité de l’opposition dans son ensemble.»

La Syrie a signé aujourd’hui un protocole avec la Ligue Arabe qui ouvrira la voie à une mission d’enquête sur le terrain. Si cet important processus n’est pas détourné par des forces politiques régionales – un scénario improbable même avec les meilleures intentions – nous devrions commencer à avoir des informations vérifiables sur ce qui se passe dans le pays.

En l’absence de faits, l’histoire syrienne n’a aucune chance de surmonter l’animosité et la rancœur ressentis dans les deux camps. Des histoires fausses, même sincères, ne feront qu’entretenir le conflit. Bravo à Stratfor pour avoir mis en relief l’importance de la transparence de l’information.
Merci à Mounadil al Djazaïri
Source: http://mideastshuffle.com/2011/12/20/stratfor-challenges-narratives-on-syria/
Date de parution de l'article original: 20/12/2011
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6445


Paroles & action du président

Assad: les groupes armés sont financés et armés par l’étranger..

Le président syrien Bachar al-Assad s'est déclaré l convaincu que les groupes terroristes sont financés et armés par des pays étrangers.

"L'Etat et la société syrienne sont la cible de groupes terroristes armés qui reçoivent des aides financières et en armements de parties étrangères pour déstabiliser le pays et entraver toute tentative de trouver des solutions", a affirmé M.Assad.

Le président syrien a tenu ces propos en recevant Alexeï Pouchkov, président de la commission des affaires étrangères à la Douma (chambre basse du Parlement russe), rapporte l’agence Sana.

M. Pouchkov, selon l'agence, a insisté pour sa part sur le fait que "la sécurité et de la stabilité en Syrie étaient essentielles pour la stabilité au Moyen-Orient et dans le monde".

Il a renouvelé le soutien de son pays "aux réformes entreprises en Syrie" et redit "la nécessité de les poursuivre afin d'arriver à une solution
politique à la crise, basée sur le dialogue entre les différentes parties concernées et sans ingérence de l'extérieur".

La semaine dernière, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, avait affirmé que la Syrie allait présenter des preuves du soutien apporté par des pays voisins, qu'il n'a pas nommés, aux groupes terroristes opérant dans le pays.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=51169&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1



2 Résistance

Analyse

Jean BRICMONT : Lettre à une journaliste.

Jean BRICMONT

Une journaliste (dont je ne mentionnerai ni le nom ni le journal pour lequel elle travaille) m’a posé une question à propos de mon « soutien aux dictateurs » (en particulier Assad), de l’ingérence dans les affaires intérieures de pays comme la Syrie que ce soutien représenterait, de mes liens avec l’extrême droite ainsi qu’avec des sites « conspirationnistes » et de la « caution » rationaliste et progressiste que je leur apporterais.

Voici ma réponse : 

Vous soulevez deux questions importantes : mon « soutien aux dictateurs » et mes « liens avec l’extrême droite ». Ces questions sont importantes, non parce qu’elle seraient pertinentes (elles ne le sont pas), mais parce qu’elles sont au coeur de la stratégie de diabolisation des modestes formes de résistance à la guerre et à l’impérialisme qui existent en France. C’est grâce à ce genre d’amalgames que mon ami Michel Collon a été interdit de parole à la Bourse du travail à Paris, suite à une campagne menée par de soi-disant anarchistes.

Tout d’abord, puisque vous parlez de rationalisme, pensons au plus grand philosophe rationaliste du 20ème siècle : Bertrand Russell. Que lui est-il arrivé lors de la Première Guerre mondiale, à laquelle il était opposé : on lui a reproché de soutenir le Kaiser évidemment. L’astuce qui consiste à dénoncer les opposants aux guerres comme soutenant la partie à laquelle on fait la guerre est vieille comme la propagande de guerre. Dans les dernières décennies, j’ai ainsi « soutenu » Milosevic, Saddam Hussein, les talibans, Kadhafi, Assad et peut-être demain Ahmadinedjad.

En réalité, je ne soutiens aucun régime-je soutiens une politique de non ingérence, c’est-à-dire que non seulement je rejette les guerres humanitaires, mais aussi les élections achetées, les révolutions colorées, les coups d’état organisés par l’Occident etc. ; je propose que l’Occident fasse sienne la politique du mouvement des pays non alignés, qui, en 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, souhaitait « renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la Charte des Nations Unies » et réitéraient « le rejet par le mouvement des non alignés du soi-disant droit d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la Charte des Nations Unies ou dans le droit international. » C’est la position constante de la majorité de l’humanité, de la Chine, de la Russie, de l’Inde, de l’Amérique Latine, de l’Union africaine. Quoi que vous en pensiez, cette position n’est pas d’extrême droite.

Comme j’ai écrit un livre sur ce sujet (Impérialisme humanitaire Aden, Bruxelles), je ne vais pas expliquer en détail mes raisons ; je noterai simplement que si les Occidentaux sont tellement capables de résoudre les problèmes de la Syrie, pourquoi ne résolvent-ils pas d’abord ceux de l’Irak, de l’Afghanistan ou de la Somalie ? Je ferai également remarquer qu’il y a un principe moral élémentaire qu’il faudrait respecter quand on s’ingère dans les affaires intérieures des autres pays-en subir les conséquences soi-même. Les Occidentaux évidemment pensent qu’ils font le bien partout, mais les millions de victimes causées par les guerres d’Indochine, d’Afrique australe, d’Amérique centrale et du Moyen-Orient voient sans doute les choses différemment.

Pour ce qui est de mes liens avec l’extrême droite, il y a deux questions distinctes : que veut-on dire par liens et que veut dire extrême droite ? Je ne demanderais pas mieux que de manifester avec toute la gauche contre la politique d’ingérence, comme je pense qu’elle devrait le faire. Mais la gauche occidentale a été complètement convaincue par les arguments en faveur de l’ingérence humanitaire et, en fait, critique très souvent les gouvernements occidentaux parce qu’ils ne s’ingèrent pas assez à leur goût. Donc, les rares fois où je manifeste, je le fais avec ceux qui sont d’accord pour le faire, qui ne sont pas tous d’extrême droite, loin de là (à moins évidemment de définir comme étant d’extrême droite le fait de s’opposer aux guerres humanitaires), mais qui ne sont pas non plus de gauche au sens usuel du terme, vu que le gros de la gauche appuie la politique d’ingérence. Au mieux, une partie de la gauche se réfugie dans le « ni-ni » : ni l’Otan, ni le pays attaqué au moment donné. Personnellement, je considère que notre devoir est de lutter contre le militarisme et l’impérialisme de nos propres pays, pas de critiquer ceux qui se défendent par rapport à eux, et que notre position n’a rien de neutre ni de symétrique, contrairement à ce que suggère le slogan « ni-ni ».

Par ailleurs, j’estime avoir le droit de rencontrer et de parler avec qui je veux : il m’arrive de parler avec des gens que vous qualifieriez comme étant d’extrême droite (même si je ne suis, dans la plupart des cas, pas d’accord avec cette qualification), mais bien plus souvent avec des gens d’extrême gauche et plus souvent encore avec des gens qui ne sont ni l’un ni l’autre. Je m’intéresse aux Syriens qui sont opposés à la politique d’ingérence, parce qu’ils peuvent me fournir éventuellement des informations sur leur pays allant à l’encontre du discours dominant, alors que je connais évidemment, à travers les médias, le discours des Syriens pro-ingérence.

Pour ce qui est des sites, je m’exprime là où je peux — de nouveau, si le NPA, le Front de gauche ou le PCF veulent m’écouter ou même débattre de façon contradictoire avec moi sur la politique d’ingérence, je suis prêt à le faire. Mais ce n’est pas le cas. Je note que les sites « conspirationnistes » comme vous dites, sont bien plus ouverts puisqu’ils savent en général que je ne partage pas leurs analyses, en particulier sur le 11 septembre, et m’acceptent quand même. Par ailleurs, les individus que je connais et qui publient sur ces sites ne sont nullement d’extrême droite et le simple fait d’être sceptique par rapport au récit officiel sur le 11 septembre n’a rien, en soi, d’extrême droite.

Le monde est bien trop compliqué pour garder une attitude « pure », où l’on ne rencontre et parle qu’avec des gens de « notre bord ». N’oublions pas qu’en France c’est la Chambre élue lors du Front populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain (après l’exclusion des députés communistes, et avec le concours des sénateurs). Et l’opposition à la collaboration réunissait les staliniens (à l’époque les communistes l’étaient vraiment) et les gaullistes, dont beaucoup étaient, avant guerre, très à droite. La même chose se produisait pendant la guerre d’Algérie ou du Vietnam, l’opposition à celles-ci rassemblant, entre autres, communistes, trotskistes, maoïstes, chrétiens de gauche, pacifistes-à propos, est-ce que Staline, le FLN algérien et Ho Chi Minh étaient démocrates ? Avait-on tort de les « soutenir », c’est-à-dire de s’opposer avec eux au nazisme ou au colonialisme ? Et dans les campagnes anticommunistes des années 80, la gauche des droits-de-l’homme ne faisait-elle pas cause commune avec toute une série de nationalistes extrêmes ou d’antisémites (Soljenitsyne par exemple) ? Et aujourd’hui, les partisans de l’ingérence en Libye et en Syrie ne font-ils pas cause commune avec le Qatar, l’Arabie Saoudite et une série de mouvements salafistes ?

Ensuite, j’ai un problème avec la définition « d’extrême droite ». Je sais bien ce que vous entendez par là, mais pour moi ce qui compte, ce sont les idées, pas les étiquettes. Agresser des pays qui ne vous menacent pas (ce qui est l’essence du droit d’ingérence) pour moi c’est une idée d’extrême droite. Punir des gens à cause de leurs opinions (comme le fait la loi Gayssot), pour moi c’est une idée d’extrême droite. Enlever à des pays leur souveraineté et par conséquent le fondement de la démocratie, comme le fait de plus en plus la « construction européenne », pour moi c’est une idée d’extrême droite. Dire « qu’Israël est très critiqué parce que c’est une grande démocratie », comme s’il n’y avait pas d’autre raison de critiquer Israël, pour citer celui pour qui presque toute la gauche votera au 2ème tour (François Hollande), pour moi c’est une idée d’extrême droite. Opposer de façon simpliste l’Occident au reste du monde, en particulier à la Russie et à la Chine (comme une bonne partie de la gauche le fait aujourd’hui au nom de la démocratie et des droits de l’homme), pour moi c’est une idée d’extrême droite.

Si vous voulez trouver un endroit où je serais sans hésitation en accord avec la « gauche », voyagez un peu, et allez en Amérique latine. Là vous verrez toute une gauche qui est anti-impérialiste, populaire, souverainiste et démocratique : des dirigeants comme Chavez, Ortega et Kirchner sont élus et réélus avec des scores impensables ici, y compris pour la « gauche démocratique », et ils font face à une opposition médiatique bien plus dangereuse qu’un simple Faurisson (cette opposition va jusqu’à appuyer des coups d’état), mais qu’ils ne penseraient jamais interdire.

Malheureusement, en Europe et surtout en France, la gauche a capitulé sur beaucoup de choses, la paix, le droit international, la souveraineté, la liberté d’expression, le peuple, et le contrôle social de l’économie. Cette gauche a remplacé la politique par la morale : elle décide, dans le monde entier, qui est démocrate et qui ne l’est pas, qui est d’extrême droite et qui est fréquentable ou non. Elle passe son temps à bomber le torse en « dénonçant » les dictateurs, leurs complices, les phrases politiquement incorrectes, ou les antisémites, mais elle n’a en réalité aucune proposition concrète à faire qui puisse rencontrer les préoccupations des populations qu’elle prétend représenter.

Ces abandons multiples de causes progressistes ouvrent effectivement un boulevard à une certaine extrême droite, mais la faute en incombe à ceux qui ont accompli et accepté ces changements, pas à ceux qui tentent modestement de résister à l’ordre du monde.

Jean Bricmont

URL de cet article 15904
http://www.legrandsoir.info/lettre-a-une-journaliste.html


Un vétéran de la diplomatie US met en question la version officielle des évènements en Syrie.

Le problème avec la politique US au Moyen-Orient aujourd’hui est qu’elle est presque entièrement conçue dans la sphère de l’action politique immédiate.

Révolue l’époque où les spécialistes des différents domaines, qui étaient les véritables poids lourds dans le centre de commandement, introduisaient dans les décisions politiques les plus importantes, une approche nuancée fondée sur la connaissance du contexte historique et des rapports en place.

Aujourd’hui, vous verrez les groupes d’intérêts à motivation unique, les projets commerciaux ainsi que les cycles électoraux peser sur des débats cruciaux. Le court terme, le gain tactique immédiat et les approches en  noir et blanc  prennent alors le pas sur la vision à long terme et la stratégie. Comme dans les campagnes de marketing menées tambour battant, on recourt en priorité aux phrases-clefs, aux mise en scène et à une construction narrative simpliste.

Les projecteurs sont fortement braqués sur la Syrie ces derniers temps et voici ce qu’on nous martèle en vrac : massacres perpétrés par le régime à Homs, la méchante Russie, un Conseil de Sécurité animé de la noble intention de sauver la Syrie, le bain de sang de Hamma en 1982 tiré de l’oubli, un ambassadeur US “dégoûté” par l’usage odieux que d‘autres font du droit de veto.
 

Mais si nous réduisons l’hystérie d’un cran ou deux et portons le débat devant des observateurs mesurés et expérimentés, nous avons une toute autre histoire. J’ai eu, ce week-end,  le privilège de recevoir un courriel qui m’a rappelé cette époque où les spécialistes du Département d’Etat présentaient un tableau des évènements, honnête et apte à inspirer des décisions plus sages.
 

La missive venait d’un diplomate US qui a servi en Syrie et qui a demandé à conserver l’anonymat. Voici le courriel, dans son intégralité afin que chacun puisse en prendre connaissance.

J’ai du mal à admettre tous ces discours appelant à une intervention militaire en Syrie. Tout le monde et particulièrement les médias, se contente en guise d’information de nous servir que ce que racontent les activistes opposés au régime. Comment pouvons-nous savoir que 260 personnes ont été tuées à Homs hier ? Ce chiffre semble avoir pour seule source des personnalités opposées au régime, j’ai de sérieux doutes sur sa véracité.

J’ai servi pendant plus de trois ans à l’ambassade US de Damas et je sais combien, dans cette société politique fermée, il est difficile de séparer les faits des rumeurs. A l’époque, nous faisions constamment l’effort de vérifier les rumeurs rapportant assassinats, arrestations faites par le régime etc. Et l’Agence [la CIA, NdE] qui n’y voyait pas vraiment plus clair, faisait comme nous. Aujourd’hui, nous avons un squelette d’ambassade qui ne dispose que de très peu de personnel pour sortir sur le terrain et récolter l’information et qui,  j’en ai la certitude, est soumise à surveillance constante. Et dire qu’il y’a deux ans, je n’étais pas du tout convaincu de la capacité de l’ambassade à  se brancher à de bonnes sources et à comprendre la dynamique interne de la Syrie. Je constate la même insuffisance quand je m’entretiens avec des responsables du Département d’Etat.

Les médias et, jusqu’à un certain point l’administration, ont donné une tournure personnelle au conflit en braquant l’attention sur Bachar El Assad et sa famille. Ce faisant, ils ont sous-estimé de façon permanente la nature sectaire du conflit. Ce ne sont pas seulement Bachar el Assad et sa famille qui s’accrochent au pouvoir mais tout le système alaouite de contrôle du pays, englobant l’armée, les services de sécurité et le parti Baath. Je suis persuadé que les Alaouites croient fermement que s’ils venaient à perdre le pouvoir, ils seraient massacrés par les Sunnites. C’est l’une des raisons qui expliquent pourquoi Hafez et son frère Rifaat ont été si impitoyables à Hama il y’a trente ans. Mais dans une vision très commode des choses, l’Occident oublie la campagne d’assassinats et d’attentats-suicides à la bombe menée par les Frères Musulmans à travers tout le pays durant les trois ou quatre années qui ont précédé Hama. J’ai personnellement assisté aux conséquences d’un tel attentat où plusieurs centaines de personnes ont été tuées. La mémoire historique du Département d’Etat, de la CIA et des autres organes gouvernementaux est peut-être courte mais celle des gens en Syrie ne l’est pas. 

Les bonnes analyses du conflit en Syrie sont rares. A l’exception des travaux du journaliste Nir Rosen et de l‘International Crisis Group, la plupart des comptes-rendus sur la Syrie sont superficiels et frappés de parti-pris en faveur des opposants au régime. On ne peut pas bâtir de politique sur une telle base, surtout quand on envisage une forme quelconque d’intervention militaire. Cela équivaudrait à ouvrir la boîte de Pandore, les conflits sectaires pouvant facilement s’étendre vers le Liban, Israël, les régions kurdes, l’Irak et ailleurs.  

L’ironie dans la situation actuelle comparée à celle qui prévalait il y’a trente ans est dans le rôle de l’Irak. A l’époque, nous avions des informations suffisamment fiables qui indiquaient que Saddam Hussein soutenait les Frères Musulmans en leur fournissant armes et d’explosifs et en en facilitant le passage à travers la frontière syro-irakienne.    

Je ne pense pas que nous sachions comment jouer sur un tel terrain et ceci est valable aussi pour le terrain Afghanistan-Pakistan. Une intervention militaire US, qu’elle soit faite sous l’égide de l’OTAN ou de toute autre couverture, pourrait avoir des conséquences imprévisibles pour les USA, pour l’Europe et la région. Les fonctionnaires de Washington devraient se voir marteler dans la tête  la loi des conséquences imprévisibles chaque matin. 

Ces réflexions sont celles d’un diplomate US qui se prévaut d’une expérience directe et assez récente en Syrie. Pourquoi n’entendons-nous pas des appréciations de la situation aussi mesurées de la part des officiels à Washington même ? Probablement à cause de la surpolitisation du processus de prises de décisions politiques. Celui-ci a été arraché des mains de spécialistes compétents pour se retrouver dans celles d’idéologues et de politiciens dont le seul souci est de constituer des fonds de campagne électorale.
 

Il est important de noter qu’en grande partie, la grande attention que l’administration US accorde à la Syrie a pour cause sa fixation morbide sur l’Iran. En soutenant la conception de l’Iran qui appelle à la fin à l’hégémonie des USA et d’Israël dans la région, la Syrie s’est mise dans la ligne de mire des priorités US dans la région.
 

David Sanger du New York Times, écrivait peu de temps après que le Réveil arabe eut dévoré ses deux premiers dictateurs,  Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Egypte :

Chaque décision, qu’elle touche à la Libye, au Yémen , à Bahreïn ou à la Syrie, a été examinée selon ce qu’elle apporte à ce qui était jusqu’à la mi-janvier, le calcul stratégique de fond de  l’administration Obama pour la région : comment ralentir le progrès nucléaire iranien et accélérer l’arrivée de conditions propices à un soulèvement victorieux contre le régime dans ce pays.

Les efforts visant à déstabiliser Bachar El Assad sont depuis longtemps un objectif important de la politique US dans la région, et cela des années avant les révoltes populaires arabes de 2011. WikiLeaks a mis à jour un véritable trésor d’informations sur les interventions US en Syrie, interventions qui incluent une aide financière directe aux groupes d’opposition.
 

La politique en général et la politique géostratégique sont souvent malpropres mais ce fait n’empêche pas de se poser la question de savoir à partir de quelle limite les comptes rendus simplistes et commodes deviennent simplement des mensonges qui n’engendrent que de mauvaises politiques.
 

Ce   câble de WikiLeaks  de 2006 montre les efforts de  Washington visant à  repérer les « opportunités » et « vulnérabilités » au sein du régime syrien, cela dans le but de causer aussi bien la discorde ethnique et sectaire au sein des appareils militaire et sécuritaire que de grandes  difficultés économiques.

« Ces propositions doivent être détaillées afin qu’elles deviennent opérationnelles et aptes à être rapidement mises en œuvre dès que les opportunités se présentent. Parmi nos suggestions, nombreuses sont celles qui soulignent l’importance de la diplomatie publique et des moyens indirects d’acheminer des messages capables d’influencer le cercle intérieur. »

La propagande à usage interne

Le terme « diplomatie publique » signifie « propagande ». Il est utilisé par la loi Smith-Mundt  de 1948 qui spécifie les conditions de diffusion par le gouvernement US de l’information à destination de publics étrangers. En 1972, la loi est amendée dans un sens qui interdit l’accès du public US à celles-ci. En d’autres termes, cette loi interdisait désormais au gouvernement US de faire de la propagande en direction de ses propres citoyens.
 

.Cependant, Washington a trouvé différentes façons de contourner cette loi. Après tout, les USAméricains ont besoin d’être “embarqués” dans les nombreuses aventures militaires à l’étranger lancées par les administrations successives. Que fait donc le gouvernement pour rester dans les limites de la loi tout en soumettant sa population à une propagande destinée à la « monter » en faveur des guerres (Irak, Afghanistan, peut-être Iran),   des ventes d’armes à des alliés douteux ( l’Arabie Saoudite et Israël) et des violations des droits humains(Guantanamo et usage des drones) ?

L’histoire bidon des armes de destruction massives (ADM) irakiennes et  des menaces supposées qu’elles faisaient peser sur les USA et leurs alliés fut essentielle dans la justification de l’intervention militaire en Irak. Rappelons-nous le témoignage du secrétaire d’Etat de l’époque, Colin Powell , apportant des « élément de preuves » de la détention par Saddam d’ADM ou encore le discours de George W. Bush sur l’Etat de l’Union dans lequel il accusait faussement l’Irak de se procurer du yellowcake (concentré d’uranium)  en provenance du Niger. Que certains médias aient soumis ces assertions à un examen attentif était totalement justifié car il est illégal de mentir au peuple usaméricain.    

Les fonctionnaires choisissent attentivement leurs méthodes pour contourner les restrictions de la loi Smith-Mundt afin de soumettre le public US à la propagande, la plus rapide étant celle qui consiste à recourir à des « fuites » soigneusement empaquetées contenant, selon le besoin, des inexactitudes, des demi-mensonges ou des histoires totalement mensongères. Passez au crible la rubrique consacrée aux informations internationales de n’importe quel journal ou document public à Washington, New York ou Los Angeles, vous la verrez chargée de « fuites » distillées par des officiels.  
 

Internet, également,  est devenu un champ d’action idéal pour la dissémination de la désinformation. Son étendue à travers la planète, ses millions de blogs plus ou moins crédibles se prêtent parfaitement au jeu de la « diplomatie publique ».
 

Le colonel Lawrence Wilkinson, ex-chef d’état-major de Colin Powell - un autre responsable qui ne s’est pas privé, après son retrait de la vie officielle,  de parler en toute honnêteté des tares qui frappent la conception et la mise en œuvre de la politique étrangère, m’a dit en avril 2010 : « le secrétaire d’Etat à la Défense Donald Rumsfeld ainsi que d’autres n’hésitaient pas à carrément ignorer la loi. Une de leurs méthodes consistait à faire publier une histoire dans un journal de Sydney par exemple et à faire en sorte qu’elle soit rapatriée aux USA par le biais d’internet. Nous avons là affaire à de la propagande dirigée vers  le peuple usaméricain. »
 

Wilkerson continuait : “il y a là une divergence sur le plan légal qui doit être réglée en priorité. La loi dit qu’il ne faut pas mélanger les affaires publiques intérieures et la « diplomatie publique » destinée aux publics étrangers. Nous devons arrêter la propagande, point barre. Nous avons besoin de dire la vérité. Je comprends qu’on ne puisse dévoiler les secrets d’Etat mais pourquoi user de mensonge ? »

En définitive, le problème avec la politique étrangère et particulièrement celle au Moyen-Orient, est étroitement lié à la question de savoir à quelles sortes de personnes est confié le pouvoir de décision. Nous avons des idéologues mettant en œuvre leurs programme , contre l’Iran et pour Israël, contre le dictateur en Syrie mais pour ceux d’Arabie Saoudite, de Bahreïn, du Yémen et du Qatar ; contre un Iran maîtrisant le nucléaire mais pour les 200 bombes nucléaires israéliennes; abuser soi-même du droit de veto (80 fois) et ridiculiser les autres (la Russie et la Chine) pour l’avoir utilisé une seule fois et ainsi de suite. 

«  Il est  et cassé et fonctionne très mal », dit Wilkerson du processus de prise de décision gouvernemental. « Ils mettent des idéologues qui excellent à exercer leur emprise sur les fonctionnaires de l’Etat. Ceux-ci sont poussés dans un enclos, bousculés ou cajolés afin qu’on obtienne d’eux qu’ils fassent de gré ou de force ce qui, selon ces idéologues, doit être fait. »

Revenons à la Syrie.

Un reporter travaillant pour une des principales agence de presse occidentales vient de m’envoyer un email rapportant sa visite en Syrie. « Je suis revenu de Homs le mois dernier mais ma visite ne m’a pas du tout pas convaincu que le pays s’est soulevé contre le régime d’Assad et encore moins qu’il y a quelque part des bons combattant les méchants ». 

On ne sait que très peu de choses sur ce qui se passe réellement en Syrie et ce n’est pas forcément parce que peu de médias y sont présents. Le rapport de la Ligue arabe y recense 147 organes d’information étrangers et arabes. On ne sait pas vraiment ce qui se déroule  à Homs parce qu’il y a une bataille féroce entre deux points de vue politiques rigides, chacun  rapportant et interprétant les évènements à sa façon. La version des faits qui domine actuellement est celle qui vient de Washington- qui, selon Wikileaks, est depuis un certain temps à l'affût d'"opportunités" et de "vulnérabilités" à saisir pour miner le régime de Bachar El Assad.

 Une version au service de la vérité? Non, au service d'objectifs politiques auxquels les citoyens usaméricains n'ont pas adhéré, car il se trouve tout simplement qu'ils ne connaissent pas les faits.

Merci à Tlaxcala
Source: http://english.al-akhbar.com/blogs/sandbox/veteran-us-diplomat-questions-syria-storyline
Date de parution de l'article original: 10/02/2012
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6879



3  Politique internationale  

Les grandes manœuvres

Geostrategie.com :Armes ‘made in Israël’ pour les Contras syriens de l’Oncle Sam ? ›

geostrategie.com

Le fait mérite d’être noté :jusqu’à une date récente, l’État hébreu ne s’était guère fait remarquer sur le volet syrien de ce que nos media ont – un peu abusivement, il est vrai – appelé les « révolutions arabes ».

La (relative) prudence hiérosolymitaine n’était pas infondée. Les Israéliens estimant notamment le comportement de Washington sur le sujet comme essentiellement « ostentatoire ». Le veto russe a, semble-t-il, passablement durci la position israélienne. Le Premier ministre Binyamin Nétanyahu haussant le ton. Tout comme d’autres personnalités hiérosolymitaines. Ainsi, Gabrielle Shally, ancienne diplomate en poste à l’Onu, a dénoncé ce qu’elle a appelé « l’état de régression du Conseil de sécurité des Nations-unies ». Avec, toutefois, un bémol (de taille). Selon elle, s’il ne faut pas « laisser toute seule l’opposition syrienne », il faut éviter que s’ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie ne débouche sur une ingérence équivalente dans les affaires israélo-palestiniennes…

Au bout du compte, Tel-Aviv reste beaucoup plus prudent que bien des Européens jouant les Rodomonte. L’ancien ambassadeur israélien à l’Onu, Itamar Rabinovitch, concluant simplement « qu’Israël serait content de la chute de Bachar el-Assad ».

Simple vœu pieux ? Ou plus ?

Interrogé, lui aussi, sur le dossier syrien, le député Yitzhak Herzog a reconnu avoir des « contacts avec l’opposition syrienne », notamment des éléments appartenant au pro-américain CNS.

Est-ce tout ? Évidemment, non !

Scrutant quotidiennement les images en provenance de Syrie, quelle n’a pas été ma surprise en tombant sur des images passant en boucle sur I-Télé – notamment lors du journal permanent à 19:15 du 7 février 2012 – de noter la présence entre les mains d’un Contra syrien, supposé se battre à Homs, d’un fusil d’assaut made in Israel : un FAL, plus précisément.

Qu’est-ce qui me permet d’être aussi formel ? Certes, les insurgés salafo-takfiristes qui ont pris le pouvoir en Libye grâce aux Guernica en série de l’Otan – et, depuis, y torturent violent et massacrent à outrance – ont mis la main sur des FAL achetés par la Libye auprès de la firme Herstal. Or, ces FAL sont aisément reconnaissable à leur garde-mains de couleur noire en polymère ou ryslan.

De son côté, Tsahal a adopté le FAL en remplacement du Mauser-CZ, au lendemain de la crise de Suez (1956). Des FAL 50-00, 50-61 et FALo (modèle lourd d’appui), pour être précis, produits en Israël par IMI en échange de la licence de fabrication de l’Uzi accordée à la FN Herstal.

Or, ces FAL made in Israel vont subir quelques modifications dont la plus voyante est le garde-mains en demi-coques de bois striées sur la partie postérieure et une partie antérieure métallique perforée. Naturellement, les FAL israéliens portent des marquages en hébreu.

Question : comment cet ustensile belgo-hiérosolymitain a-t-il pu aboutir entre les mains d’un milicien pro-occidental dans les ruelles de Homs ?

Les FAL d’IMI ne connurent qu’une carrière assez brève au sein des Forces de Défense israéliennes (Tsahal, en français courant) :la Guerre des Six jours puis la Guerre du Kippour, principalement. L’arme ne donna jamais entièrement satisfaction, l’homme de troupe – bien qu’appartenant à des unités d’élite comme le Sayeret Golani, en 1961 à Nuqieb (Syrie)[1] ; le Sayeret Egoz, en janvier 1969 au Liban[2] ; le Sayeret Tzanhanimn, le 22 janvier 1970, sur l’île de Chédouan[3] ou à Suez en 1973[4] – lui préférant carrément les armes prises à l’ennemi : AK-47, AKM voire même Port-Saïd[5].

Tsahal n’en gardât pas moins ses FAL. On les vit donc réapparaître aux mains d’autres miliciens pro-occidentaux : ceux des félons de l’ALS, la qualitativement piètre Armée du Liban-Sud qui servira surtout de force-tampon aux troupes israéliennes stationnées au Liban.

L’auteur de ces lignes en a même photographié un exemplaire au Musée de Khiam qui jouxte le Camp de concentration & de torture de Khiam de triste mémoire, au Sud Liban. Trois pistes – et pas une de plus – permettent donc d’expliquer la présence d’un FAL made in Israel entre les mains d’un Contra takfiriste pro-US :

1° Une arme tombée aux mains des troupes syriennes et conservée dans un dépôt lambda du côté de Homs. Possible. Mais une arme ne présente, pratiquement, d’intérêt pour celui qui s’en empare qui si elle vous est fournie avec les munitions et les chargeurs qui vont avec. Or, le FAL est chambré en 7,62×51 mm (calibre Otan) peu couru dans l’impedimentum de l’armée syrienne majoritairement dotée d’armes en 7,62×39 mm et 7,62×54 mm (calibres russes).

2° Une arme fournie directement par Israël. Tsahal les stockant scrupuleusement à toutes fins utiles. Piste techniquement possible mais douteuse cependant. En effet :
I.Les logisticiens israéliens sont les premiers à connaître les difficultés d’approvisionnement du FAL, côté syrien.
II.Les FAL israéliens sont marqués et aisément reconnaissables. Or, à moins d’une volonté d’envoyer un « signe » à Damas, livrer ce type d’armes aux insurgés pro-occidentaux ne sert pas à grand-chose.
III.Tsahal dispose en quantité massive d’armes de guerre – AK-47, AKM, RPK, RPM, etc. – compatibles (et quasiment pas identifiables quant à leur origine) avec les munitions et pièces de rechange de l’armée syrienne.

3° Une arme fournie par le canal des alliés libanais de l’Occident, ex-miliciens kataëb (le Dr. Samir Geagea n’a pas fait mystère de ses préférences) ou politiciens hariro-futuristes sunnites.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre le FAL – made in Israel ou ailleurs – ne s’achète pas dans une épicerie de quartier. Il a donc bien fallu que quelqu’un fasse l’effort de le faire passer entre les mains des Contras du CNS ou de l’ALS, l’Armée (dite) libre syrienne.

Notes

1 Israeli Elite Units since 1948, p.54, Samuel Katz, Osprey Ltd.
2 Israeli Elite Units since 1948, p.45, Samuel Katz, Osprey Ltd.
3 Israeli Elite Units since 1948, p.57, Samuel Katz, Osprey Ltd.
4 Israeli Defense Forces since 1973, p.48, Samuel Katz, Osprey Ltd.
5 Version égyptienne du Carl Gustav 45 suédois, chambré en 9×19 mm.
http://www.geostrategie.com/4319/armes-made-in-israel-pour-les-contras-syriens-de-loncle-sam/


Des Canons ... pas du beurre

Réseau Voltaire:Politique d’assassinats ciblés à Damas.

Un groupe armé a assassiné ce jeudi 16 février le cheikh Mohammed Ahmad Sadeq, imam de la mosquée d’Anas Ben Malek dans le quartier d’al-Midane à Damas.

Le dignitaire religieux sunnite avait récemment fustigé dans un prêche les appels au sabotage de la Syrie par les opposants.

Il avait appelé les Ulémas de Damas à s’asseoir à la même table pour publier un communiqué appelant à stopper la violence quelle qu’en soit la source.

Le cheikh Sadeq, titulaire d’un doctorat en droit islamique, était marié et père de 4 enfants, une fille et trois garçons.

Samedi 11 février, des tueurs non identifiés avaient assassiné le général de brigade et médecin Issa al-Khawli, directeur de l’hôpital de Hamich, devant sa maison dans le Nord-Est de Damas. Le général était père de trois filles et d’un garçon.

Un rapport, publié, le 3 mars 2009, par la section des Droits de l’homme du département d’État US, avait levé un coin du voile sur les pratiques d’assassinats ciblés dans les pays musulmans.

D’après ce document, des agents israéliens et étrangers envoyés par le Mossad, en coopération avec les États-Unis ont tué au moins 350 scientifiques irakiens et plus de 200 personnalités académiques et professeurs d’université, ainsi que des centaines de pilotes, d’officiers et d’ingénieurs.

La principale mission de ces « escadrons de la mort », qui opérent en Irak depuis 2003, consiste à suborner les spécialistes irakiens et en cas de refus, à les éliminer.

Comme nous l’anticipions en décembre, alors qu’elle avait appliqué au départ le scénario de l’intervention militaire humanitaire qui avait fait ses preuves en Yougoslavie et en Libye, l’OTAN doit revoir sa copie en Syrie face au double véto. Désormais il s’agit d’appliquer la même stratégie que pour l’Irak : affaiblir le pays en attendant la prochaine occasion d’attaquer.

16 février 2012

Réseau Voltaire |


Lavrov : La communauté internationale coresponsable du conflit .

RIA Novosti

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

La communauté internationale est partiellement responsable de la crise qui sévit actuellement en Syrie, a déclaré à RIA Novosti le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en visite aux Pays-Bas.

"La communauté internationale a déployé des efforts intenses pour convaincre l'opposition syrienne de refuser tout contact avec les autorités", a-t-il affirmé.

Le chef de la diplomatie russe estime que pour lancer un "dialogue national" en Syrie, l'Occident et la Ligue arabe doivent "amener l'opposition à se mettre à la table de négociations".

Selon M. Lavrov, la situation en Syrie est très compliquée, car l'opposition, qui tout récemment encore était prête à un dialogue avec le vice-président Farouk Charaa, ne veut plus négocier avec lui.

"On formule des propositions, nous [la Russie, ndlr] persuadons Damas de les accepter et dès qu'il les accepte, on lui dit que cela ne va pas. J'ai l'impression que l'on s'efforce d'accumuler des preuves compromettantes afin de les utiliser ensuite pour justifier une action comme celle entreprise en Libye", a indiqué le ministre.

D'après lui, la première chose à faire est de "trouver un mécanisme permettant de refréner les violences". A cet effet, "il faut commencer par comprendre qui dirige les extrémistes qui luttent contre le gouvernement", a souligné M. Lavrov.

"Le deuxième objectif est de comprendre qu'un dialogue national doit englober l'ensemble de la société syrienne", a poursuivi le chef de la diplomatie russe.

Selon lui, "l'idée de créer un groupe des amis de la Syrie, en y invitant l'opposition et en refusant d'inviter le régime de Damas, signifie que la prétendue communauté internationale a soutenu l'une des parties au conflit".
http://fr.rian.ru/world/20120214/193368983.html



4 Pays Arabes & voisins

Israël

Geostrategie.com :Armes ‘made in Israël’ pour les Contras syriens de l’Oncle Sam ? ›

geostrategie.com

Le fait mérite d’être noté :jusqu’à une date récente, l’État hébreu ne s’était guère fait remarquer sur le volet syrien de ce que nos media ont – un peu abusivement, il est vrai – appelé les « révolutions arabes ».

La (relative) prudence hiérosolymitaine n’était pas infondée. Les Israéliens estimant notamment le comportement de Washington sur le sujet comme essentiellement « ostentatoire ». Le veto russe a, semble-t-il, passablement durci la position israélienne. Le Premier ministre Binyamin Nétanyahu haussant le ton. Tout comme d’autres personnalités hiérosolymitaines. Ainsi, Gabrielle Shally, ancienne diplomate en poste à l’Onu, a dénoncé ce qu’elle a appelé « l’état de régression du Conseil de sécurité des Nations-unies ». Avec, toutefois, un bémol (de taille). Selon elle, s’il ne faut pas « laisser toute seule l’opposition syrienne », il faut éviter que s’ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie ne débouche sur une ingérence équivalente dans les affaires israélo-palestiniennes…

Au bout du compte, Tel-Aviv reste beaucoup plus prudent que bien des Européens jouant les Rodomonte. L’ancien ambassadeur israélien à l’Onu, Itamar Rabinovitch, concluant simplement « qu’Israël serait content de la chute de Bachar el-Assad ».

Simple vœu pieux ? Ou plus ?

Interrogé, lui aussi, sur le dossier syrien, le député Yitzhak Herzog a reconnu avoir des « contacts avec l’opposition syrienne », notamment des éléments appartenant au pro-américain CNS.

Est-ce tout ? Évidemment, non !

Scrutant quotidiennement les images en provenance de Syrie, quelle n’a pas été ma surprise en tombant sur des images passant en boucle sur I-Télé – notamment lors du journal permanent à 19:15 du 7 février 2012 – de noter la présence entre les mains d’un Contra syrien, supposé se battre à Homs, d’un fusil d’assaut made in Israel : un FAL, plus précisément.

Qu’est-ce qui me permet d’être aussi formel ? Certes, les insurgés salafo-takfiristes qui ont pris le pouvoir en Libye grâce aux Guernica en série de l’Otan – et, depuis, y torturent violent et massacrent à outrance – ont mis la main sur des FAL achetés par la Libye auprès de la firme Herstal. Or, ces FAL sont aisément reconnaissable à leur garde-mains de couleur noire en polymère ou ryslan.

De son côté, Tsahal a adopté le FAL en remplacement du Mauser-CZ, au lendemain de la crise de Suez (1956). Des FAL 50-00, 50-61 et FALo (modèle lourd d’appui), pour être précis, produits en Israël par IMI en échange de la licence de fabrication de l’Uzi accordée à la FN Herstal.

Or, ces FAL made in Israel vont subir quelques modifications dont la plus voyante est le garde-mains en demi-coques de bois striées sur la partie postérieure et une partie antérieure métallique perforée. Naturellement, les FAL israéliens portent des marquages en hébreu.

Question : comment cet ustensile belgo-hiérosolymitain a-t-il pu aboutir entre les mains d’un milicien pro-occidental dans les ruelles de Homs ?

Les FAL d’IMI ne connurent qu’une carrière assez brève au sein des Forces de Défense israéliennes (Tsahal, en français courant) :la Guerre des Six jours puis la Guerre du Kippour, principalement. L’arme ne donna jamais entièrement satisfaction, l’homme de troupe – bien qu’appartenant à des unités d’élite comme le Sayeret Golani, en 1961 à Nuqieb (Syrie)[1] ; le Sayeret Egoz, en janvier 1969 au Liban[2] ; le Sayeret Tzanhanimn, le 22 janvier 1970, sur l’île de Chédouan[3] ou à Suez en 1973[4] – lui préférant carrément les armes prises à l’ennemi : AK-47, AKM voire même Port-Saïd[5].

Tsahal n’en gardât pas moins ses FAL. On les vit donc réapparaître aux mains d’autres miliciens pro-occidentaux : ceux des félons de l’ALS, la qualitativement piètre Armée du Liban-Sud qui servira surtout de force-tampon aux troupes israéliennes stationnées au Liban.

L’auteur de ces lignes en a même photographié un exemplaire au Musée de Khiam qui jouxte le Camp de concentration & de torture de Khiam de triste mémoire, au Sud Liban. Trois pistes – et pas une de plus – permettent donc d’expliquer la présence d’un FAL made in Israel entre les mains d’un Contra takfiriste pro-US :

1° Une arme tombée aux mains des troupes syriennes et conservée dans un dépôt lambda du côté de Homs. Possible. Mais une arme ne présente, pratiquement, d’intérêt pour celui qui s’en empare qui si elle vous est fournie avec les munitions et les chargeurs qui vont avec. Or, le FAL est chambré en 7,62×51 mm (calibre Otan) peu couru dans l’impedimentum de l’armée syrienne majoritairement dotée d’armes en 7,62×39 mm et 7,62×54 mm (calibres russes).

2° Une arme fournie directement par Israël. Tsahal les stockant scrupuleusement à toutes fins utiles. Piste techniquement possible mais douteuse cependant. En effet :
I.Les logisticiens israéliens sont les premiers à connaître les difficultés d’approvisionnement du FAL, côté syrien.
II.Les FAL israéliens sont marqués et aisément reconnaissables. Or, à moins d’une volonté d’envoyer un « signe » à Damas, livrer ce type d’armes aux insurgés pro-occidentaux ne sert pas à grand-chose.
III.Tsahal dispose en quantité massive d’armes de guerre – AK-47, AKM, RPK, RPM, etc. – compatibles (et quasiment pas identifiables quant à leur origine) avec les munitions et pièces de rechange de l’armée syrienne.

3° Une arme fournie par le canal des alliés libanais de l’Occident, ex-miliciens kataëb (le Dr. Samir Geagea n’a pas fait mystère de ses préférences) ou politiciens hariro-futuristes sunnites.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre le FAL – made in Israel ou ailleurs – ne s’achète pas dans une épicerie de quartier. Il a donc bien fallu que quelqu’un fasse l’effort de le faire passer entre les mains des Contras du CNS ou de l’ALS, l’Armée (dite) libre syrienne.

Notes

1 Israeli Elite Units since 1948, p.54, Samuel Katz, Osprey Ltd.
2 Israeli Elite Units since 1948, p.45, Samuel Katz, Osprey Ltd.
3 Israeli Elite Units since 1948, p.57, Samuel Katz, Osprey Ltd.
4 Israeli Defense Forces since 1973, p.48, Samuel Katz, Osprey Ltd.
5 Version égyptienne du Carl Gustav 45 suédois, chambré en 9×19 mm.
http://www.geostrategie.com/4319/armes-made-in-israel-pour-les-contras-syriens-de-loncle-sam/


5 Les institutions

Parlement européen

RIA Novosti : Schulz : Le Parlement européen appelle l'UE à soutenir l'opposition.

Le Parlement européen appelle les pays de l'Union européenne à soutenir les forces de l'opposition syrienne, a déclaré jeudi à Strasbourg son président Martin Schulz.

"Le Parlement européen exhorte l'UE et ses pays membres à contribuer au renforcement de l'unité des forces syriennes en opposition au régime en place, qu'elles se trouvent à l'intérieur du pays ou à l'étranger", a indiqué M.Schulz à l'occasion de l'adoption par le Parlement européen d'une résolution sur la Syrie.

Le document dénonce la violence qui fait rage en Syrie et appelle le président Bachar al-Assad à renoncer au pouvoir.

Le président du Parlement européen a qualifié d'"absurde" la proposition d'Assad d'organiser un référendum sur un projet de nouvelle Constitution alors que le pays est embrasé par la guerre.

M.Schulz a exprimé sa conviction selon laquelle la rencontre la semaine prochaine en Tunisie du groupe des "Amis de la Syrie" aiderait à trouver des voies pour désamorcer la crise.

Le pouvoir syrien a annoncé la tenue le 26 février d'un référendum sur un projet de nouvelle Constitution, qui mettrait fin au monopole du parti Baas, au pouvoir depuis près de 50 ans.

Depuis la mi-mars 2011, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime en place. Selon l'Onu, la répression de la révolte y aurait déjà fait plus de 5.400 morts. En outre, près de 2.000 policiers et militaires syriens ont été tués par des insurgés.

La Russie et la Chine ont bloqué samedi 4 février, pour la deuxième fois, l'adoption d'une résolution condamnant la répression en Syrie, Moscou et Pékin étant préoccupés par une possible réédition du "scénario libyen".

RIA Novosti

http://fr.rian.ru/world/20120216/193390978.html


Marc Semo :L’ONU condamnée à dénoncer dans le vide.

L’Assemblée générale a adopté hier une résolution contre Damas. Un texte non contraignant.

 13 février 2012.

Il y a les bombardements qui continuent sur Homs et Hama, les villes phares de la révolte, mais aussi à Deraa (Sud), où tout commença, ou à Idlib (Nord). Il y a les arrestations d’opposants, tels la blogueuse Razan Ghazzawi et le journaliste Mazen Darwich. Cet alaouite, qui anime le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, est l’un des symboles de la contestation non violente contre le régime. Lui et l’Américano-Syrienne, surnommée «la blogueuse courage», avaient déjà été arrêtés au début du mouvement, puis relâchés. Ils repartent à nouveau en prison. «Cela montre que les annonces faites par le pouvoir en faveur de l’ouverture et du dialogue sont mensongères», souligne l’avocat et opposant Anouar al-Bouni, en référence à l’annonce par Bachar al-Assad d’un référendum sur une nouvelle Constitution mettant fin au règne absolu du parti Baas.

Alors que le régime mise sur une stratégie de terreur pour reprendre le contrôle des zones rebelles et écraser toute forme d’opposition, même pacifique, la communauté internationale tâtonne. Hier soir, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté à une large majorité (137 voix pour, 12 contre et 17 abstentions) une résolution condamnant la répression, qui a fait au moins 6 000 morts depuis le début de la révolte en mars 2011, selon les décomptes de l’ONU. Le texte s’appuie sur le projet présenté par la Ligue arabe proposant notamment l’envoi d’une force conjointe de cette organisation et des Nations unies pour veiller à l’instauration d’un cessez-le-feu et assurer la sécurité de couloirs humanitaires. Mais le vote des Etats membres, aussi massif soit-il, n’a pas de valeur contraignante. Seule une résolution du Conseil de sécurité permettrait d’instaurer des couloirs pour acheminer les aides humanitaires ou de créer des zones de protection. Membres permanents du Conseil, la Russie et la Chine avaient déjà, il y a quinze jours, opposé leur veto à un texte de résolution pourtant bien timide. Malgré la pression des opinions publiques et l’isolement croissant de Damas, ils campent sur leur position. «C’est un texte inéquitable», assène Moscou, qui s’oppose à toute évocation d’un départ de Bachar al-Assad et exige que la résolution reconnaisse aussi la responsabilité de l’opposition dans les violences.

Or, sur le terrain, le temps presse. Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a rencontré hier à Vienne son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui a refusé de se prononcer sur la proposition française de «corridors humanitaires». Mais il se dit ouvert au dialogue. «Nous pourrons peut-être arriver à un compromis sur un objectif a court terme qui est d’arrêter les massacres», a déclaré le ministre français. Le vote de l’Assemblée générale de l’ONU n’est qu’un premier pas. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le rappelait hier : «Plus longtemps nous débattrons, d’autant plus de gens trouveront la mort.».

Marc Semo

 13 février 2012.

http://www.liberation.fr:80/monde/01012390521-l-onu-condamnee-a-denoncer-dans-le-vide?xtor=EPR-450206



6 Le Monde

1 Chine

Le journal Qu Xing :Les Occidentaux pourraient précipiter une guerre en Syrie.

Le soutien occidental aux rebelles syriens pourrait déclencher une guerre civile en Syrie déjà en proie aux violences, a mis en garde lundi le Quotidien du peuple chinois.

"Si les pays occidentaux continuent de soutenir pleinement les forces d'opposition syriennes comme ils semblent le faire maintenant, alors finalement une guerre civile à grande échelle va éclater", a prévenu dans ce journal Qu Xing, directeur de l'Institut chinois d'études internationales.

Le Quotidien du peuple a de nouveau défendu la position de non-ingérence de Pékin dans les affaires syriennes.

La Chine, avec la Russie, a utilisé début février son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour bloquer le vote d'une résolution condamnant le régime syrien.

La semaine dernière, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Zhai Jun, en visite à Damas, a jugé nécessaire "un retour au calme le plus rapidement possible, car cela est dans l'intérêt de tout le peuple syrien", ajoutant que "l'expérience chinoise a montré qu'il ne pouvait pas y avoir d'essor (économique) en l'absence de la stabilité"

.http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=51099

 

Jacques Tourtaux : La Chine affirme que sa position à l'égard de la crise en Syrie résistera à l'épreuve de l'histoire. 
La Chine a affirmé que sa position à l'égard de la crise en Syrie résistera à l'épreuve de l'histoire et que son vote contre la résolution adoptée par l'Assemblée Générale de l'ONU se conforme avec les objectifs l'organisation internationale
Dans une conférence de presse aujourd'hui, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Liu Weimin, a souligné que la position chinoise à l'égard de la crise en Syrie est ''fixe'', et que la Chine ne soutient pas une partie contre l'autre.
Et en ce qui concerne le soi-disant conférence ''amis de la Syrie'', Liu Weimin a souligne que la Chine estime que toutes les procédures de la communauté internationale et des Nations-Unies à l'égard de la crise en Syrie devraient aider à atténuer la violence, à renforcer le dialogue politique, à régler les conflits et à préserver la paix et la stabilité dans la région et non contribuer à aggraver la question.
L.Hindi / Gh.H

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/

http://www.sana.sy/fra/55/2012/02/17/401124.htm  


2 Qatar

Le président qatari de l'Assemblée générale de l'ONU appelle à une intervention étrangère, en Syrie  

Le Présdident qatari de l'Assemblée générale de l'ONU a appelé à une action internationale, en Syrie, en écho à l'émir qatari, qui, lui, fait tout pour acélérer une intervention militaire contre Damas. "La communauté internationale ne peut plus rester les bras croisés devant ce qui se passe en Syrie", a dit Nasser Abdel Aziz al-Nasr. "Il faut exercer davantage de pressions, pour que le Conseil de sécurité se penche, avec sérieux, sur la cas syrien", a-t-il dit.

IRIB



7 Les actions dans le monde

Pays

Venézuela

Hugo Chavez envoie 240 mille barils de carburant Mazout vert à la Syrie.

Source : ALGERIA ISP

Selon Syrian Truth, dans un geste de soutien du Venezuela au gouvernement Syrien malgré les sanctions internationales imposées à la Syrie, il est prévu l'arrivée dans quelques jours d'une cargaison de carburant diesel vénézuélien dans le port syrien de Banias.
Les sources commerciales ont confirmé que la société d'état pétrolière du Venezuela a envoyé à bord du navire Nigra Hipolita semblable à la dernière cargaison envoyé en mois de novembre.
Le ministre du Pétrole Syrien Soufien El Alaoui a déclaré qu'une expédition estimée à 240 mille barils de carburant Mazout vert vénézuélien est sur le chemin de la Syrie.

Selon ALGERIA ISP / Alors que les arabes se réunissent dans cette ligue occidentale (non arabe) sous la responsabilité de l'émir du Qatar qui veut à tout prix aider les terroristes et les mercenaires pour détruire la Syrie.

Franchement, nous tenons à remercier énormément monsieur Hugo Chavez : vous êtes un grand homme loin de ces présidents occidentaux et arabes du Golf qui veulent devenir grands en massacrant des populations civils et envahir des états.

Source : ALGERIA ISP

Syrian Truth



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


24/02/2012

n°33 - Dossiers du 11-09 - fin 23-02 - a11+1 - Le 11 septembre : la fabrique du consentement.


n°33 - Dossiers du 11-09 - fin 23-02 - a11+1 -  Le 11 septembre : la fabrique du consentement.


Dossiers du 11-09Fin -

n°33 du 23-02 

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossierdu 11-09" est  visible  sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

Vous retrouverez ce journal 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...


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Sommaire : 

1 Analyse - Réflexion

1-1 Jean-Claude Paye : Le 11 septembre : la fabrique du consentement.

1-2 Martha Mendoza : Depuis le 11-Septembre, 35 000 personnes condamnées pour terrorisme dans le monde.

2 Annexe

2-1 ReOpen911 : Les phares de la volonté citoyenne.

3 Manipulation de l’opinion.

3-1 Dix devoirs et cinq droits

 


1 Analyse - Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 Jean-Claude Paye :Le 11 septembre : la fabrique du consentement.

Les attentats du 11 septembre ont été l’occasion d’une formidable accélération de la transformation des codes pénaux et de procédure pénale. Cette mutation était déjà en cours depuis plusieurs années. Dans les mois et parfois les jours qui suivirent, les gouvernements ont pris des mesures qui restreignent les libertés publiques et privées. On est frappé par la rapidité avec laquelle les différentes lois ont été votées. La chose se comprend si on tient compte du fait que la plupart de ces modifications avaient été réalisées ou étaient prévues bien avant les attentats.

Les mesures prises à cette occasion finalisent la mutation du droit pénal et lui donnent une légitimité. Ce qui avait été réalisé en l’absence de toute publicité apparaissait au grand jour et se trouvait rétrospectivement justifié. Ce qui ne veut pas dire que les processus de décisions deviennent transparents. Au contraire, toutes les lois sont votées sans réel débat, que ce soit dans la société ou au Parlement. L’absence de confrontation sur le contenu des législations a laissé la place à un discours paradoxal : il s’agit de mesures justifiées par l’urgence, mais qui s’inscrivent dans une guerre de longue haleine contre le terrorisme.

La « lutte antiterroriste » n’est pas seulement instrument de domination, mais aussi mode d’exercice de l’hégémonie. Elle installe un processus de consentement, d’acceptation par les populations de la remise en cause de leurs libertés. Cette nécessité de reconnaissance explique pourquoi ces différentes mesures prennent la forme du droit. Si traditionnellement, la guerre est une marque de la souveraineté, il en est de même pour la guerre contre le terrorisme, mais ici il s’agit non seulement d’un acte de souveraineté extérieure, mais aussi intérieure, de gestion des populations. Elle est à la fois acte d’hostilité et opération de police, action contre des « États voyous » et possibilité de criminaliser des mouvements sociaux. Les textes permettent en effet de poursuivre toute action dont l’objectif est d’influencer la politique gouvernementale ou de faire pression sur une organisation internationale.

Les lois antiterroristes offrent à l’exécutif, la capacité d’annuler toute forme d’opposition et de rejeter toute différenciation, même celle distinguant l’acte de sa simple éventualité. La loi n’est plus codification, cran d’arrêt face à l’arbitraire. Au contraire, elle inscrit dans le droit qu’il n’y a plus de limite à l’exercice du pouvoir.

Dans tous les pays européens, les droits de la défense sont affaiblis. Aux USA, ils sont complètement supprimés pour les étrangers désignés comme terroristes par l’exécutif. Des deux côtés de l’Atlantique, les citoyens sont soumis à des mesures de surveillance qui, autrefois, étaient réservées au contre-espionnage. Les civils peuvent être soumis à des mesures de privation de liberté plus contraignantes que celles appliquées aux prisonniers de guerre.

La lutte antiterroriste abolit la distinction entre ennemi et criminel. Elle fusionne droit de la guerre et droit pénal. Les populations peuvent apparaître comme des ennemis aux yeux de leurs propres gouvernements. Cette situation est déjà enregistrée et légitimée par le droit pénal US. Le Military Commissions Act of 2006 insère dans la loi la notion « d’ennemi combattant illégal », devenu « ennemi belligérant non protégé » en 2009. Le pouvoir exécutif étasunien peut désigner comme « ennemi » n’importe quel ressortissant d’un pays avec lequel il n’est pas en guerre et même ses propres citoyens. L’administration ne doit pas motiver sa décision, ni apporter le moindre élément matériel. La mutation juridique et politique est profonde puisqu’elle renverse les relations établies entre les populations et leur gouvernement, le rapport entre l’instituant et l’institué. Ce ne sont plus les populations qui instituent le pouvoir, mais ce dernier qui détermine, parmi ses ressortissants, qui est un citoyen et qui est un ennemi, qui doit être exclu de la société. La transformation est telle que l’ordre symbolique de la société est touché.

Une personne est terroriste car elle est nommée comme telle. Ces textes établissent ainsi une identité entre le mot et la chose. Elles nous placent hors langage, en dehors de son pouvoir séparateur et consacrent le règne de l’image. Elles nous enferment dans la psychose. La substitution de l’image au langage nous ramène à un stade archaïque de fusion avec la figure de la mère, ici, celle de l’État maternant. Actuellement, la mère symbolique, en opposition aux formes paternelles du pouvoir, ne nous convie plus à la soumission, mais au consentement. Il s’agit d’une structure sociale où les individus sont plongés dans l’effroi et s’abandonnent à l’Etat. Ils acceptent la destruction de leurs libertés et renoncent au droit de disposer d’eux mêmes en échange d’une protection qui les annulent. Comme fusion maternelle avec le pouvoir, la lutte antiterroriste évacue toute conflictualité. L’image maternante du pouvoir produit un déni du politique. Elle rejette les conflits et la différence. Elle s’adresse avec amour à des monades homogénéisées, avec lesquelles elle établit une relation intime virtuelle.

L’enjeu de la lutte antiterroriste est de prendre la place du sacré, de fonder un nouveau réel occupant le lieu du symbolique. Comme dans la phénoménologie de Husserl, l’image du 11 septembre nous demande de suspendre toute connaissance liée à la perception des faits. Les lois de la physique doivent être mises en parenthèses. Toute question, toute référence aux objets, relève de la théorie du grand complot, car leur matérialité s’oppose à ce qui est donné à voir. Elle fait écran au regard du pouvoir, à sa capacité de donner un sens sans avoir besoin de passer par les choses. L’icône du 11/9 donne directement à voir l’invisible. Tel le regard de la Gorgone, elle se saisit de nous et nous aveugle, car nous regardons sans voir. Le réel nous est imposé sans la médiation de la raison, sans l’interposition du bouclier de Persée, de cet écran qui permet de voir, tout en étant protégé du feu du regard. Ici, tout est productions d’images. Les différentes notions, spécifiant l’acte et l’organisation terroristes, se présentent comme des constructions abstraites. Elles n’ont pas pour objet de s’attaquer à une forme de criminalité particulière. Les codes pénaux contenaient déjà tout ce qui est nécessaire pour faire face à la matérialité des délits. Ces images ont une autre fonction, elles nous regardent. Elles nous intiment de nous taire, de ne prononcer aucune parole, ni d’établir aucune coupure avec le pouvoir maternel. Tel le regard de Méduse, elles nous transforment en statues de pierre.

Jean-Claude Paye :

14 janvier 2012

Jean-Claude Paye

Sociologue, auteur de Guantanamo à Tarnac : L’emprise de l’image. Editions Yves Michel. À paraître en octobre 2011


2-2 Martha Mendoza : Depuis le 11-Septembre, 35 000 personnes condamnées pour terrorisme dans le monde.

La "Guerre au terrorisme" déclenchée par les Etats-Unis au lendemain du 11-Septembre a permis à de nombreux pays les pays du monde de violer quelques libertés civiles ou droits fondamentaux bien établis jusque-là en déclinant à leur gré le sens du mot "terrorisme". Cela leur a donné les moyens inespérés de faire taire les opposants politiques ici, de mettre fin aux velléités séparatistes là, ou encore de mettre en place une surveillance accrue des populations, le tout aboutissant à une véritable explosion du nombre de personnes arrêtées pour "terrorisme" dans le monde. C’est ce que montre cette enquête menée par l’Associated Press sur les chiffres post-11-Septembre qui fait malgré tout la part belle à des pays comme la Turquie, la Chine, le Pakistan ou la Tunisie, et rappelle un peu trop brièvement que ce sont les Etats-Unis et leurs lois PATRIOT ACT qui ont ouvert le bal.

Par Martha Mendoza, The Associated Press, septembre 2011

Traduction Sven Martin pour ReOpenNews

Après les attentats du 11-Septembre, le monde a lancé une guerre contre le terrorisme. Dans le premier décompte des poursuites anti-terroriste jamais effectué, l’Associated Press examine le nombre de personnes qui ont été mises derrière les barreaux du fait des lois anti-terroristes, et qui sont ces gens. Les journalistes de l’AP, dans plus de 100 pays ont déposé des demandes sur la base des lois sur la liberté d’information, réalisé des interviews et recueilli des données pour cette enquête.

 * * *

Au moins 35.000 personnes dans le monde ont été condamnées pour terrorisme au cours des dix ans qui ont suivi les attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis. Mais tandis que certains ont fait sauter deshôtels ou des bus, d’autres n’ont été mis derrière les barreaux que pour avoir exhibé un signe politique ou protesté sur un blog.

Dans le premier décompte jamais effectué, concernant les arrestations et accusations “anti-terroristes”, l’Associated Press a établi l’existence d’une flambée des poursuites en vertu de lois anti-terroristes nouvelles ou renforcées, souvent prises dans l’urgence et sur la base de financements occidentaux. Avant le 11 / 9, seules quelques centaines de personnes étaient condamnées pour terrorisme, chaque année.

La simple considération du volume de condamnations, avec près de 120 000 arrestations, montre comment une vive conscience globale du terrorisme s’est infiltrée dans les sociétés, et comment la guerre contre celui-ci se déplace vers les tribunaux. Mais il suggère aussi que des dizaines de pays utilisent la lutte contre le terrorisme pour limiter la dissidence politique.

AP a déposé des requêtes sur la base de la liberté d’informations concernant les données des services répressifs et des centaines d’interviews pour finalement identifier 119 044 arrestations de "terroristes" potentiels et 35 117 condamnations, le tout dans 66 pays représentant 70% de la population mondiale. Les nombres réels sont sans aucun doute plus élevés dans la mesure où certains pays ont refusé de fournir les informations demandées.

Ces chiffres incluent 2934 arrestations et 2568 condamnations aux Etats-Unis, qui a mené la guerre contre le terrorisme – soit huit fois plus qu’au cours de la décennie précédente.

L’enquête a également montré que:

  • Plus de la moitié des condamnations provenaient de deux pays accusés d’utiliser des lois anti-terroristes pour réprimer la dissidence, la Turquie et la Chine. La Turquie représente à elle seule un tiers de toutes les accusations, avec 12 897.
  • La large gamme des personnes emprisonnées reflète les dizaines de façons dont les différents pays définissent ce qu’est un "terroriste". La Chine a arrêté plus de 7 000 personnes en utilisant une définition qui compte le terrorisme comme l’un des trois grands maux, avec le séparatisme et l’extrémisme.
  • L’efficacité des poursuites anti-terroristes varie largement. Le Pakistan a enregistré la plus forte augmentation des arrestations pour terrorisme dans ces dernières années, et pourtant les attaques terroristes sont toujours en hausse. Mais en Espagne, le groupe séparatiste basque armé ETA n’a pas posé une bombe mortelle ces deux dernières années.
  • Les lois anti-terroristes peuvent produire des retours de flamme. Les gouvernements autoritaires au Moyen-Orient ont largement utilisé les lois anti-terroristes comme arme lors du "printemps arabe".

"Il y a eu une reconnaissance dans le monde entier de ce que le terrorisme représente une menace plus grande pour la société,", a déclaré John Bellinger, ancien conseiller juridique du Département d’Etat américain. "En outre, les pays les plus autoritaires utilisent la menace réelle du terrorisme comme une excuse et une couverture pour exercer une répression d’une manière qui viole les droits de l’Homme."

Depuis le 11/9, presque tous les pays du monde ont passé ou révisé des lois anti-terroristes, que ce soit le minuscule Tonga, ou le géant chinois.

La Turquie, depuis longtemps en désaccord avec sa minorité kurde, dépasse tous les autres pays dans le bilan d’AP pour les accusations anti-terroristes et leur forte hausse. Le parti des Travailleurs du Kurdistan “KWP” est considéré comme responsable de la plupart des violences dans ce pays de 75 millions d’habitants.

Naciye Tokova, une mère kurde de deux enfants, brandissait une pancarte lors d’une manifestation l’année dernière, qui disait : "Soit un gouvernement et une identité libre, soit la résistance et la vengeance jusqu’à la fin." Elle ne pouvait pas lire ce slogan parce qu’elle est illettrée.

Elle a été reconnue coupable et condamnée à sept ans de prison en vertu de lois antiterroristes.

"Evidemment que je ne suis pas une terroriste," a déclaré Tokova, qui est libre et a fait appel. Elle était rebelle, répondant sèchement aux questions et seulement après de longues pauses.

En 2006, la Turquie a adopté de nouvelles lois anti-terroristes plus strictes. Les condamnations ont grimpé de 273 en 2005 à 6345 en 2009, dernière année disponible, selon les données que l’AP a obtenues de la Turquie grâce à la loi sur le droit à l’information.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, dit que le pays est juste avec ses Kurdes.

"Nous n’avons jamais transigé sur l’équilibre entre la sécurité et la liberté," a déclaré M. Erdogan.

La Turquie reflète clairement le dicton : “un terroriste est quelqu’un qui combat pour la liberté d’autres gens”. La définition de "terroriste" dépend d’où vous êtes et à qui vous demandez. Aux États-Unis, le FBI, la CIA, le Département de la Défense et le Département d’Etat n’ont pas été capables de s’entendre sur une définition commune du terrorisme.

"Si quelque chose peut avoir révélé au monde l’essence inacceptable du terrorisme, c’est bien le 11-Septembre. Malheureusement, une décennie plus tard, nous ne semblons pas près de parvenir à un accord," a déclaré le professeur de droit à Kent Roach de l’Université de Toronto.

La Chine considère le terrorisme comme faisant partie d’une accusation vague de "mise en danger de la sûreté de l’Etat", et appelle à des lois fortes, nécessaires pour assurer la sécurité. Les personnes arrêtées en vertu des lois viennent principalement de la province du Xinjiang, connue sous le nom du Turkestan oriental, des Ouïgours qui luttent pour une patrie indépendante.

Il y a deux ans, un entrepreneur ouïghour, Dilshat Perhat (ci-contre), a prévenu les visiteurs de son site Internet en langue ouïghoure de ne pas poster de commentaires politiques. Même ainsi, quelqu’un a lancé un appel pour une manifestation dans le milieu de la nuit.

Perhat a supprimé les commentaires le lendemain et a informé la police, conformément à la loi. Mais il a été arrêté quand même, condamné dans un procès d’une journée et condamné à cinq ans de prison.

"Ils voulaient l’utiliser comme un exemple, pour menacer et montrer leur pouvoir au peuple ouïgour", a déclaré Dilmurat frère de Perhat, un étudiant diplômé aux Etats-Unis "En Chine, toute protestation pacifique par les Ouïgours est considérée comme un acte de terrorisme par le gouvernement chinois."

L’augmentation des poursuites anti-terroristes dans le monde entier reflète à quel point elles sont devenus une arme émoussée, contre le terrorisme, et dont le bilan est inégal.

Le Pakistan avait la plus forte hausse d’arrestations de terroristes de tous les pays examinés par AP; avec l’aide de plusieurs milliards de dollars américains, le Pakistan a modifié ses lois anti-terroristes, en 2004. Le nombre d’arrestations est passé de 1552 en 2006 à 12 886 en 2009, en partie en raison de quatre opérations militaires menées cette année-là.

Pourtant, le terrorisme au Pakistan est encore à la hausse, et seul l’Irak bat le Pakistan pour les décès dus au terrorisme. Une des raisons pourrait être le taux de condamnation de seulement 10% dans les affaires de terrorisme, contre 90% aux États-Unis.

Comme le Pakistan, l’Espagne connaît le terrorisme, mais elle a eu un certain succès dans son combat. L’Espagne a environ 140 condamnations par an, selon les données obtenues par d’AP grâce à la loi sur la liberté d’information.

Le groupe séparatiste basque ETA, a été responsable à une époque, de meurtres tous les mois. Aujourd’hui, il est sévèrement affaibli.

"Les attaques terroristes il ya 10 ans sur le World Trade Center et les attentats de Madrid ont contribué à forger un fort sentiment de rejet envers l’ETA," a déclaré le journaliste espagnol Gorka Landaburu qui est basque et lui-même victime d’une lettre piégée de l’ETA en mai 2001 qui lui a coupé un pouce et des phalanges. "La société a perdu un peu de sa peur."

Du fait du durcissement des nouvelles lois anti-terroristes adoptées après le 11/9, les terroristes condamnés en Espagne risquent un maximum de 40 ans, 10 de plus que pour les autres crimes.

"Tous les pays démocratiques ont recours à un moment ou un autre à des mesures exceptionnelles pour se défendre," a déclaré Roman Cotarelo, un professeur de sciences politiques à l’Université ouverte d’Espagne.

Pour Landaburu, la terreur est toujours là, sous son front préoccupé et à travers les deux gardes du corps qui le suivent. Quand il fait des gestes avec ses mains, ce qu’il fait souvent, il y a un moignon à la place du pouce.

Mais il pressent que les jours de l’ETA sont comptés.

"Les choses sont beaucoup plus calmes", a-t-il dit. "Les gens peuvent respirer plus facilement."

Les lois anti-terroristes vont encore avoir des conséquences inattendues, en particulier au Moyen-Orient, longtemps considéré comme le chaudron du terrorisme.

Après le 11/9, de nombreux pays du Moyen-Orient ont rapidement adopté des lois anti-terroristes strictes. La Tunisie laïque a utilisé ses lois en 2003 pour sévir contre la piété religieuse et se protéger contre le militantisme islamique. Elle a condamné 62 personnes en vertu des lois en 2006, 308 en 2007 et 633 en 2009, selon l’ONU

L’ancien prisonnier Saber Ragoubi (ci-contre) a rejoint un groupe anti-gouvernemental en 2006 parce qu’il dit qu’il veut la liberté religieuse. Le groupe a été formé par un groupe algérien qui plus tard a déclaré allégeance à Al-Qaïda.

Ragoubi dit qu’il n’a jamais été armé, ni avoir l’intention de s’armer, mais il a soutenu des projets visant à attaquer la police.

Lorsque la police l’a trouvé, Ragoubi a été jugé et condamné à la prison à vie. Pendant des années, dit-il, il a été roué de coups, les mains et les jambes enchaînées à une barre de fer dans ce qui était appelé la position du "poulet à la broche". Il a dit avoir été enchaîné à une chaise en métal et choqué électriquement, et on lui a dit que sa mère et ses sœurs seraient violées devant lui s’il ne signait pas ses aveux.

"Aujourd’hui, je ne sais pas comment j’ai pu supporter toutes ces tortures pendant tout ce temps," a déclaré Ragoubi. Il venait de se faire placer deux nouvelles dents de devant pour remplacer celles qu’il avait perdues sous la lourde botte d’un gardien de prison, a-t-il expliqué.

Sous l’ancien chef de Zine El Abidine Ben Ali, jusqu’à 2000 Tunisiens ont été arrêtés, accusés ou condamnés sur les accusations liées au terrorisme. L’ONU affirme que certains ont été torturés.

Mais cinq jours après que Ben Ali ait fui en janvier 2011, les nouveaux ministres ont fait relacher toute personne déclarée coupable en vertu des lois anti-terroristes, même ceux qui avaient effectivement commis des crimes violents.

Le rôle des lois anti-terroristes dans – et contre – le printemps arabe continue.

Le Bahreïn et la Syrie ont inculpé des manifestants sous prétexte des lois anti-terroristes. L’Arabie saoudite, invoquant des préoccupations au sujet d’Al-Qaïda, envisage une loi anti-terroriste avec une peine minimale d’emprisonnement de 10 ans pour manque de loyauté envers le Roi.

Dix ans après le 11/9, la pression pour une lutte globale contre le terrorisme reste forte. Mike Smith, directeur à l’ONU du Comité contre le terrorisme, considère le fait de poursuivre les terroristes comme "incroyablement important."

Mais presque tout le monde, y compris l’ONU et les Etats-Unis, reconnaît que le prix à payer est une certaine érosion des droits humains.

"Au départ, l’approche a été ‘mieux vaut en faire trop’, plus il y avait de lois contre-terroristes, mieux c’était pour assurer la sécurité du monde. Mais ce fut une grave erreur," a déclaré Martin Sheinin, rapporteur spécial sur les droits humains et la lutte contre le terrorisme. "Aujourd’hui, les gens prennent conscience des abus et même du fait que l’utilisation actuelle des lois antiterroristes est mauvaise non seulement pour les droits de l’homme, mais aussi pour lutter réellement contre le terrorisme."

 Par Martha Mendoza, 

The Associated Press,

septembre 2011

Traduction Sven Martin pour ReOpenNews

 06 février,

2012 by GeantVert

 

http://www.reopen911.info/News/2012/02/06/depuis-le-11-septembre-35-000-personnes-condamnees-pour-terrorisme-dans-le-monde/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Reopen911-News+%28ReOpen911+-+News%29

Traduction Sven Martin pour ReOpenNews



3 Annexe

3-1 ReOpen911 : Les phares de la volonté citoyenne.

Le 4 novembre, ReOpen911 accueille à Paris Mike Gravel, ancien sénateur démocrate de l’Etat de l’Alaska, en tournée en Europe pour promouvoir son projet de Commission d’enquête citoyenne sur le 11-Septembre.

La veille, Mike Gravel avait fait escale à Rome pour une conférence de presse commune avec le haut magistrat italien Ferdinando Imposimato qui, de son côté, s’apprête à dénoncer George W. Bush pour crime devant la Cour pénale internationale de La Haye.

Le Sénateur Mike Gravel s’était fait connaître mondialement lors de la diffusion dans les années 70 des Pentagon Papers, des documents secrets obtenus par l'analyste Daniel Ellsberg employé comme consultant par le Pentagone, dévoilant les mensonges et les manipulations des autorités américaines dans l’affaire du « Golfe du Tonkin » qui précipita les Etats-Unis dans le bourbier de la Guerre du Vietnam. Aujourd’hui, Mike Gravel entreprend de rassembler les énergies et de sensibiliser les esprits sur les possibilités juridiques qui s’offrent aux citoyens partisans d’une nouvelle enquête indépendante sur le 11-Septembre, sur le sol américain.

 

L’année 2011 marque de toute évidence un tournant historique pour la justice sur les événements de 2001, comme en témoignent ces initiatives citoyennes en Italie et aux USA. Le « Mouvement international pour la Vérité sur le 11-Septembre » a désormais une chance unique de pouvoir porter le 11-Septembre devant un jury populaire. Plusieurs hautes personnalités américaines s’associent au projet citoyen de Mike Gravel, dont l’ex-parlementaire et candidate aux présidentielles américaines de 2008 Cynthia McKinney et le Professeur et ancien diplomate canadien Peter Dale Scott. Le chemin est complexe et semé d’embuches, et fait suite à des dizaines de tentatives citoyennes à ce jour infructueuses, mais l’enjeu est d’importance et le sénateur Gravel et l’équipe qui le soutient ont toute légitimité pour porter cette initiative historique.

 

 

Le juge Ferdinando Imposimato

Plus que jamais, la volonté internationale est là et elle se structure, comme le démontre la démarche britannique de Reinvestigate911 en 2010 auprès du Parlement britannique, ou plus récemment celle du juge italien Ferdinando Imposimato auprès de la Cour pénale internationale de La Haye, qui permettrait à ce haut-magistrat et ex-président de la commission antimafia de lancer un procès à charge contre les institutions qui ont contribué à la tragédie du 11-Septembre. L’objectif du haut magistrat italien qui ne sous-estime pas la difficulté d’une telle procédure est de faire comparaître les principaux dirigeants de l'admnistration Bush et  « certains hauts responsables de la CIA » devant la justice internationale.

 

Il est utile de rappeler par ailleurs que le rapport de la Commission d'enquête sur le 11-Septembre publié en août 2004 constitue la pièce essentielle de ce qui est communément appelé la « version officielle sur le 11-Septembre » et que cet ouvrage est censé « fournir un récit définitif des faits et circonstances relatifs aux attaques terroristes ». Or, plus le temps passe et plus ce rapport est remis en cause par de hautes personnalités américaines ou internationales, voire par les auteurs du rapport eux-mêmes. Et dans une de ses analyses, toujours rigoureuses, le chercheur Kevin Ryan détaille le nombre incroyable de fois où apparaissent dans le rapport final de la Commission d'enquête les termes « aucune preuve », mettant en lumière la nullité (au sens juridique du terme) de ce document qui a pourtant marqué l’arrêt définitif de toute exploration officielle de cette tragédie. Rappelons simplement que malgré près de 3000 morts comptabilisés, le 11-Septembre n’a jamais été suivi d’aucune enquête criminelle.

  

Décembre 2011
Irak : Une fin en trompe-l’œil  

2011 a fait apparaître la volonté des dirigeants américains de mettre un terme à la dramaturgie du 11-Septembre. Outre le cap de la décennie et la sortie de scène du personnage de Ben Laden, l’administration Obama aura tiré parti de la fin programmée du retrait des troupes américaines de combat du territoire irakien. Une fin en trompe-l’œil, les Etats-Unis conservant en Irak 15 000 officiers et 5000 « contractors » employés dans la plus grande ambassade du monde. Et si les ressources naturelles irakiennes sont désormais solidement verrouillées au profit des intérêts américains, le reste du pays est abandonné au chaos à la suite de sept années d’une guerre d’agression reconnue comme injuste et injustifiée, durant laquelle les Etats-Unis, au comble du cynisme, ont testé des armes de destruction massive sur des populations civiles. Ce conflit a finalement produit des centaines de milliers de victimes irakiennes desquelles la communauté internationale a pourtant détourné le regard, évitant en la circonstance de froisser la susceptibilité de Washington.

 

Obama : Parce que l’ignorance, c’est la force

L’effondrement des libertés individuelles

Le 31 décembre 2011, Barack Obama clôt une année de présidence particulièrement sombre dans le domaine des droits humains, en signant la loi qui autorise la détention militaire indéfinie et sans procès de tout citoyen aux Etats-Unis. Pourtant, en tant que Président, Obama a le pouvoir constitutionnel d’opposer son véto à cette loi, mais il n’en fait pas usage. A l’inverse, il institutionnalise un système illégal né de la guerre contre le terrorisme, laquelle fut entamée après le 11-Septembre sous prétexte de préserver la Démocratie. Dix ans plus tard, les citoyens américains sans cesse nourris par un discours de peur délivré par le gouvernement et les grands médias assistent à l’effondrement de leurs libertés les plus fondamentales sans même réagir. Le Prix Nobel de la paix entre donc dans l’Histoire des Etats-Unis comme le Président qui aura permis une régression sans précédent des droits civils du peuple américain, en violation complète de la Constitution des Etats-Unis qui n’aura jamais été tant malmenée que depuis l’arrivée d’Obama à la Maison Blanche.

 

 

« Tout à fait inadmissibles »

 

Car en 2011, Obama a déjà reconduit pour quatre ans les lois PATRIOT ACT, un ensemble de mesures liberticides qui a vu le jour dans le but officiel, là encore, de combattre le terrorisme au lendemain du 11-Septembre. Le PATRIOT ACT avait alors été adopté au cours d’un vote au Sénat marqué par un incident singulier : l’envoi de lettres empoisonnées à l’anthrax à deux sénateurs qui s’y opposaient. Durant sa première campagne électorale, le candidat Obama avait qualifié ces dispositions de « tout à fait inadmissibles », et affirmé : « fini les écoutes illégales de citoyens américains et fini les lettres de sécurité nationale pour espionner des citoyens qui ne sont soupçonnés d’aucun crime ». Mais une fois élu, le Président Obama a choisi de maintenir le cap dans la trajectoire inscrite par George W. Bush, et finalement, sous son costume de démocrate, peut-être Obama fait-il pire encore que ce dernier.

 

Le zèle d’un néo-conservateur

L’élection en novembre 2008 de Barack Obama a suscité beaucoup d’espoir, mais son bilan est aujourd’hui terrifiant. Obama a fini de conduire l’Irak au chaos et renforcé les troupes en Afghanistan. Il a proposé au Congrès des budgets militaires records et approuvé un gigantesque contrat militaire avec l’Arabie Saoudite. Il est revenu sur sa décision de fermer Guantanamo, puis sur celle de faire juger Khalid Sheikh Mohamed et ses compères devant une cour civile, anéantissant l’ultime espoir d’un procès du 11-Septembre. Obama n’a pas levé le petit doigt pour les sauveteurs intoxiqués et mourant de Ground Zero, et son soutien sans réserve au traitement abject infligé au soldat américain Bradley Maning (incarcéré pour avoir révélé des atrocités et des crimes de guerre et qui pourrait finir ses jours en prison) est tout simplement irrecevable.

Sans oublier, bien entendu, la responsabilité de l’actuel Président américain dans la suppression médiatique d’Oussama Ben Laden, fantôme assassiné en fanfare alors qu’il avait tant à raconter…

Barack Obama, candidat démocrate, apôtre de la transparence et Prix Nobel de la paix a non seulement trahi ses promesses avec le zèle d’un néo-conservateur, mais il l’a fait en souriant et en omettant avec habileté d’indiquer aux citoyens de son pays - et du monde - la nature de ses motivations. « Parce que l’ignorance, c’est la force ».

 

Prix Nobel de la guerre.  job

Ce qui est transparent (aujourd’hui) avec Obama, ce sont ses obscures intentions.

Ce qui est opaque avec Obama, c’est jusqu’où il les mènera.  Candide 

Pourquoi il faut continuer : « Ce crime contre l’humanité, le 11-Septembre, comme d’autres, est un crime imprescriptible. Il peut être dénoncé à tout moment. »  Red Cloud

--La rédaction de ReOpen911--
Synthèse réalisée par
Lalo Vespera, membre de l'association



4 Manipulation de l’opinion.

2012
Dix devoirs et cinq droits
Y a-t-il des journalistes en 2012 ?

Au regard de cette distorsion qui apparait entre les faits de l’actualité internationale, recensés au cours de l’année précédente, et le traitement journalistique qui leur a été réservé dans les grands médias français, cette question à priori saugrenue a toute raison d’être finalement posée. Et plus précisément, le traitement que ces médias accordent au sujet du 11-Septembre entre en contradiction si flagrante avec la totalité des principes de la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, que sa lecture même semble irréelle.

Cette déclaration, appelée aussi Charte de Munich, parce qu’approuvée dans la ville allemande en 1971, définit des règles d’éthiques pour les journalistes. C’est la charte la plus récente. Elle est reconnue unanimement par toute la profession, en Europe et dans le Monde, et distingue dix devoirs et cinq droits fondamentaux. 

 

 Charte de Munich 1971
Déclaration des devoirs et des droits des journalistes

 

Préambule

Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes.

 

La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.

 

La mission d’information comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s’imposent spontanément. Tel est l’objet de la déclaration des devoirs formulée ici. Mais ces devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans l’exercice de la profession de journaliste que si les conditions concrètes de l’indépendance et de la dignité professionnelle sont réalisées. Tel est l’objet de la Déclaration des droits qui suit.

 

 

Déclaration des devoirs

Les devoirs essentiels du journaliste dans la recherche, la rédaction et le commentaire des événements sont :
 

    1. Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.

    2. Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique.

    3. Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou dans le cas contraire les accompagner des réserves nécessaires ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et documents.

    4. Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents.

    5. S’obliger à respecter la vie privée des personnes.

    6. Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte.

    7. Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement.

   8. S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation et les accusations sans fondement, ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.

   9. Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs.

  10. Refuser toute pression et n’accepter de directive rédactionnelle que des responsables de la rédaction. Tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement les principes énoncés ci-dessus. Reconnaissant le droit en vigueur dans chaque pays, le journaliste n’accepte en matière d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre.

 

 

Déclaration des droits

 

    1. Les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d’enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. Le secret des affaires publiques ou privées ne peut en ce cas être opposé au journaliste que par exception et en vertu de motifs clairement exprimés.

   2. Le journaliste a le droit de refuser toute subordination qui serait contraire à la ligne générale de l’organe d’information auquel il collabore, telle qu’elle est déterminée par écrit dans son contrat d’engagement, de même que toute subordination qui ne serait pas clairement impliquée par cette ligne générale.

    3. Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte professionnel ou à exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction ou à sa conscience.

    4. L’équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter la vie de l’entreprise. Elle doit être au moins consultée, avant toute décision définitive, sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction : embauche, licenciement, mutation et promotion des journalistes.

   5. En considération de sa fonction et de ses responsabilités, le journaliste a droit non seulement au bénéfice des conventions collectives, mais aussi à un contrat personnel assurant la sécurité matérielle et morale de son travail ainsi qu’à une rémunération correspondant au rôle social qui est le sien, et suffisante pour garantir son indépendance économique.

 

 

Assurément, cette déclaration énumère l’ensemble des vœux que l’équipe de ReOpen911 formule pour cette nouvelle année 2012. La vérité n’ayant aucune crainte des questions, souhaitons que nous soyons de plus en plus nombreux à nous interroger et à questionner les faits et les médias qui ont le devoir d'en être le relai.
ReOpen911 a plus que jamais besoin de vous pour continuer de montrer que nous ne sommes pas dupes et que le mensonge ne peut en aucun cas servir de base à une société plus juste. Comme vous le savez, nos efforts reposent entièrement sur le bénévolat, aussi, aidez-nous par vos connaissances et vos compétences à diffuser la masse toujours plus stupéfiante d'informations factuelles, techniques et scientifiques qui reflètent la réalité de ces événements, au service de la vérité.

Qu'il s'agisse de parler sans tabou du 11-Septembre à votre entourage,  d'écrire aux médias, de
signer notre pétition, d'adhérer à notre association ou d'entreprendre toute autre initiative citoyenne, nous vous encourageons à vous informer et à agir, pour faire en sorte que 2012 soit finalement l'année du droit au doute et à la parole pour tous.

--La rédaction de ReOpen911--
Synthèse réalisée par
Lalo Vespera, membre de l'association.



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

23/02/2012

n° 33 - Dossiers du 11-09 - 21- 2 - Le 11 septembre : la fabrique du consentement.

n° 33 - Dossiers du 11-09 - 21- 2 -  Le 11 septembre : la fabrique du consentement.



Dossiers du 11-09

n°33 du 21- 2-  

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossierdu 11-09" est  visible  sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

Vous retrouverez ce journal 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be




Sommaire : 

Tiré à part : 

 GeantVert : Quand le New York Times oublie de rappeler les contestations de la thèse officielle sur le 11-9.

David Ray Griffin : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Y a-t-il des journalistes en 2012 ?

1-2 Le 11 septembre en 5 minutes !

1-3 11 Septembre - La preuve que des explosifs ont démoli le WTC.

2 Dossier & Point de vue

Yves Ducourneau - La face cachée des Etats-Unis.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 

3-1 GeantVert : La CIA retarde par des menaces la diffusion d’un film documentaire prouvant ses dissimulations avantle 11/9  




Tiré à part : 

 GeantVert : Quand le New York Times oublie de rappeler les contestations de la thèse officielle sur le 11-9.

Comment ne pas s’indigner devant cet hommage du New York Times à Lynn Margulis, une des plus grandes scientifiques américaines de notre époque, décorée par le président Bill Clinton, et décédée brutalement en novembre dernier. Comme vous le verrez, cet article paru fin novembre 2011 dans le célèbre journal américain est relativement technique et rappelle les découvertes mais aussi les obstacles rencontrés par Mme Margulis tout au long de sa carrière, y compris les controverses que certaines de ses positions ont suscitées. Mais de façon incroyable, le quotidien new-yorkais (et les autres grands journaux ne font pas mieux) omet la principale controverse soulevée dernièrement par la scientifique : sa contestation publique, courageuse et sans équivoque de la version officielle du 11/9. Tout se passe comme si Lynn Margulis n’avait jamais rien dit sur le sujet… 

Voici donc cet hommage officiel mais tronqué du New York Times à Lynn Margulis. Pour rappel, nous ajoutons la vidéo de la récente interview donnée par Mme Margulis auxarchitectes et ingénieurs pour la vérité sur le 11/9, dans laquelle elle explique pourquoi les méthodes utilisées par le très renommé National institute of Standards and Technology(NIST) dans son étude de la chute des trois tours sont à l’exact opposé de ce qu’on appelle la Science.

03 février, 2012

by GeantVert

http://www.reopen911.info/News/2012/02/03/quand-le-new-york-times-oublie-de-rappeler-les-contestations-de-la-these-officielle-sur-le-11-septembre/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Reopen911-News+%28ReOpen911+-+News%29


David Ray Griffin : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

Avant que ne paraisse en France, durant l’été 2011, le dernier ouvrage de David Ray Griffin aux éditions Demi Lune, Un autre regard sur le 11-Septembre - 10 ans après. Le Nouveau Pearl Harbor 2, ReOpen911 publiait en janvier une lettre ouverte de cet auteur incontournable dans laquelle il interpelle les principaux intellectuels de la gauche américaine qui critiquent le Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre.  Il y articule une série d’arguments élémentaires autour de cette question : Croyez-vous vraiment aux miracles ? 

« Si vous deviez ne lire qu’un seul article technique sur le 11-Septembre, prenez le temps de lire cette série, car elle fournit de façon claire et détaillée [la plupart des arguments faisant débat]… ». Combien cette remarque est juste […] Effectivement, en lisant, et en voyant les photos, et surtout la vidéo, de cette partie on ne peut que se demander par quelle aberration ou aveuglement psychologique certains « ne voient toujours pas  » (plus de 9 ans après) ces évidences qui sont pourtant si visibles.  René M

 

Février 2011
Vol 77 : Les faits sont têtus

Alors qu’au fil des années, la thèse gouvernementale concernant le vol UA 93 qui s’est écrasé en Pennsylvanie semble avoir perdu toute crédibilité, jusque chez les « chiens de garde » de la version officielle, il ne fait aucun doute que, parmi les quatre vols en cause le 11-Septembre, le vol AA 77 ayant prétendument percuté le Pentagone est désormais celui dont le récit officiel est à la fois le plus discuté et techniquement le plus invraisemblable. L’année 2011 n’a pas manqué d’offrir son lot de nouvelles révélations discréditant davantage la théorie gouvernementale sur l’attaque du Pentagone. 

 

Boîtes noires

En février, l’association des Pilotes pour la vérité sur le 11-Septembre communique les résultats de ses analyses sur les données des boîtes noires du vol 77 délivrées par les autorités américaines, et ces résultats soutiennent que les données en question sont incompatibles avec les performances d’un Boeing 757. Puis en mars, la même association publie des éléments de preuve à partir desquels elle se montre formelle : les données de vol fournies par ces mêmes boîtes noires que les autorités déclarent avoir retrouvées dans les décombres du Pentagone, ne sont pas celles du vol American Airlines 77. Il est utile de préciser que ces deux publications de Pilots for Truth n’ont pas été réfutées à ce jour. Dans la passionnante interview que Michel Charpentier a accordée à ReOpen911 en avril, le pilote de ligne et instructeur de vol français revient en détail sur ces révélations.

Avec cet éclairage, il est intéressant d’observer plus en détail la dichotomie entre les prouesses qu’Hani Hanjour, pilote présumé du vol 77, a été contraint d’accomplir pour que la trajectoire de son avion soit en cohérence avec les données de vol, et l’ensemble des témoignages des différents instructeurs des écoles de vol que l’élève saoudien a fréquentées. Le parallèle est saisissant, Hani Hanjour étant unanimement décrit comme un pilote très médiocre, à peine qualifié pour piloter un simple Cessna monomoteur.

 

Constructions mensongères

 Par ailleurs, la déclassification au printemps 2011 d’un document des services secrets confirme le témoignage de l’ancien ministre des Transports de l’administration Bush, Norman Mineta, à propos de Dick Cheney. Cette note de travail corrobore l’hypothèse selon laquelle le vice-président était informé en permanence du vol d’un appareil se rapprochant à grande vitesse du Pentagone. 

Enfin, en novembre, est publié un article de la chercheuse Elizabeth Woodworth qui a repris méthodiquement les traces électroniques des appels téléphoniques des passagers depuis les vols détournés le 11-Septembre. Son étude confirme ce que le procès Moussaoui avait révélé : la présentatrice de CNN Barbara Olson n’a jamais téléphoné à son mari depuis le vol 77. Ce fait est fondamental, car la construction du récit mettant en scène les pirates armés de cutters, égorgeant hôtesses et pilotes de ligne pour s’emparer des cockpits, découle des témoignages par téléphone de passagers des vols détournés, et en particulier, au cœur de la dramaturgie du 11-Septembre, de la conversation entre Barbara Olson et son mari, dont il est désormais officiellement démontré qu’elle n’a jamais eu lieu. Il est donc formellement établi que ce témoignage central n’est rien moins qu’une construction mensongère. 

 Citation : « Pas une seule des données sur l’attentat du Pentagone [en provenance du NTSB ou du gouvernement fédéral] ne soutient les affirmations de la commission d’enquête. » Prévision : Pas un seul des pseudo journalistes d’investigation n’est intéressé par l’accumulation irréfutable et grandissante des preuves contre la V.O. Conclusion : Mesdames et Messieurs de la presse « Mainstream », bienvenue dans la prochaine crise, qui ne sera plus seulement économique, mais aussi de confiance.  Candide

Je suis un lecteur de ReOpen911 depuis plus de 7 ans, et lis (comme beaucoup) les incroyables révélations qui nous sont quotidiennement si généreusement livrées. Et je tiens ici à faire ici une très simple déclaration : Aucun article de presse sur le 11-Septembre n’a jamais été aussi précis, détaillé, argumenté, fouillé, et étayé que le plus petit des articles disponibles sur ce site (et il doit y en avoir des milliers…). Si l’on ne considère que la forme des débats et non pas le fond, on est bien obligé de déduire que les arguments les plus étayés sont à priori les plus crédibles, par rapport à ceux qui répondent de façon trop globale, fuyante, périphérique, détournée, imprécise, décalée, voire totalement fausse. Alors qui a raison ? Ceux qui épluchent tous les jours avec autant de précision des éléments s’appuyant toujours sur des éléments réellement factuels, ou bien ceux qui très nonchalamment rétorquent : « Mais enfin tout cela n’est pas plausible ! ».  Yan

Vous oubliez de mentionner un exemple inédit de la conscience des objets : un avion fortement impliqué dans le recyclage et le respect de l’environnement. Un avion qui, […] par respect pour la planète fait le ménage en nettoyant tout ses débris. Encore lui qui, prenant conscience du trouble qu’il avait pu occasionné à la faune et à la flore environnante, a remis la terre et l’herbe en place sur la zone de crash. 

Delaruelle 



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 Y a-t-il des journalistes en 2012 ?
Alors que l’année 2011 était attendue comme un cap symbolique avec le dixième anniversaire du 11-Septembre, l’actualité de ces douze derniers mois aura marqué la consécration du « storytelling », la diffusion par des instances partisanes de récits non étayés comme vecteurs d’information au sein des médias occidentaux, produisant un écho fracassant aux anomalies observées autour des attentats commis en 2001. Indéniablement, ce nouvel outil de stratégie militaire a été manié sans vergogne en mai dernier, lors de l’exécution officielle de la figure médiatique d’Oussama Ben Laden.
Par ailleurs, cette année 2011 a été marquée à la fois par des bouleversements géopolitiques d’envergure s’inscrivant dans une dynamique née des conséquences du 11-Septembre, et par de nouvelles révélations qui, une fois de plus, ont validé les manquements et les incohérences de la version officielle du gouvernement américain sur cet événement.

L'analyse rétrospective de l'année écoulée que nous vous proposons dans le présent article est accompagnée de citations particulièrement pertinentes extraites des commentaires que nos lecteurs ont été nombreux à déposer tout au long de l'année 2011 et qui sont venus soutenir et compléter les publications de ReOpen911.
A de multiples reprises, nos sympathisants ont fait part, dans leurs messages, de leurs interrogations sur le rôle des médias et sur la démission de l’ensemble du corps journalistique, à de rares exceptions près, concernant la question du 11-Septembre. Y aura-t-il en 2012, davantage de professionnels du journalisme pour relayer les faits et non les récits officiels des gouvernants ? Cette question ne vaut pas seulement pour le 11-Septembre, elle est également pertinente pour les enjeux et les conflits actuels. Et si elle se pose pour des événements qui ont eu lieu sur le territoire américain voilà dix ans, cette question nous concerne avant tout en tant que citoyen français, soucieux de comprendre la société dans laquelle nous vivons, tandis que le besoin de justice, de vérité et de démocratie est mis toujours plus en avant par les politiques et les grands médias à l’approche des échéances électorales de cette année 2012.
Meilleurs vœux à toutes et tous

ReOpen911


1-2 Le 11 septembre en 5 minutes !

VIDEO  : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tBezVTb9Jm4#!


1-3 11 Septembre - La preuve que des explosifs ont démoli le WTC.

VIDEO : http://www.youtube.com/watch?v=irbpPkzBV6E&feature=related



2 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Yves Ducourneau - La face cachée des Etats-Unis.

Mars 2011
La face cachée de l’OTAN

Le 17 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies se prononce pour l’instauration d’une zone d’exclusion dans le ciel libyen. Une décision qui signifie, en langage diplomatique, l’approbation de la communauté internationale pour les actions militaires de l’OTAN sur le territoire libyen. Mais cette opération géopolitiquement correcte est l’occasion de mesurer à quel point le concept de « guerre contre le terrorisme » initié à partir du 11-Septembre a permis aux Etats-Unis d’accroitre leur influence sur le monde et plus particulièrement sur les pays occidentaux aujourd’hui ralliés dans leur totalité au dogme de la logique interventionniste. Comme le remarque le géopoliticien Aymeric Chauprade, cette logique s’impose désormais au nom d’une « politique des "Droits de l’Homme" qui au prétexte de libérer les peuples d’eux-mêmes, [ne cesse] de les assassiner et de les livrer à des forces étrangères ». Et dans le cadre du conflit en Libye, le même schéma de déviances médiatiques a été observé avec la répétition d’allégations sans preuve sur les massacres de population, allégations relayées par la majorité des médias, visant à faire pression sur les opinions occidentales afin que soit validé dans l’urgence le processus d’intervention militaire de l’OTAN, au détriment de toute solution diplomatique et avant tout pour les intérêts occidentaux, et non ceux du peuple libyen.

 

Armées secrètes

 Parallèlement à ces manœuvres guerrières de l’OTAN, la télévision publique française diffuse en février sur Arte, puis en avril sur France 5, deux documentaires sur les activités spécieuses de l’OTAN, à savoir la mise en place d’armées secrètes en Europe de l’Ouest entre 1950 et 1990 à l’insu des instances démocratiquement élues, ayant pour objet de superviser des structures dont l’une des vocations aura été d’organiser des attentats dans le cadre d’un terrorisme d’Etat aujourd’hui très documenté, pour une bonne part grâce aux travaux de l’historien suisse Daniele Ganser. On notera par ailleurs la réalisation d’un site interactif de qualité sur une conférence récente de Ganser concernant le 11-Septembre (en anglais).

A l’image de ces hommes et femmes exclus à vie du système des castes qui structure la société indienne, les pompiers et les secouristes qui ont participé en héros aux opérations ayant eu lieu sur le site de Ground Zero, ont été, durant la dernière décennie, assidûment mis au banc de la société américaine dont ils sont devenus les intouchables. Ce phénomène d’une violence morale inouïe est à lui seul un révélateur de l’effondrement que le 11-Septembre a provoqué dans le système démocratique désormais compromis des Etats-Unis. Un système rongé par le déni et incapable d’admettre la réalité des anomalies qui criblent la façade conformiste de la version officielle des attentats de 2001.

 

Même si les autorités américaines s’obstinent à le nier, c’est désormais une vérité factuelle : les pompiers et secouristes du 11-Septembre sont massivement atteints de cancers et de maladies respiratoires. Occupés à secourir les victimes des attentats dans les gravats du World Trade Center, les sauveteurs new-yorkais ont respiré des poussières toxiques. Aujourd’hui, ils meurent en grand nombre, et les survivants sont abandonnés, faisant face à l’absence de reconnaissance des maladies qu’ils ont contractées et aux déconvenues administratives. 

 

Affront ultime 

L’administration des Etats-Unis a poussé l’humiliation jusqu’à confronter les noms des pompiers et des secouristes du 11-Septembre à ceux figurant sur la liste des terroristes connus du FBI afin de vérifier qu’aucun d’entre eux ne se cachait parmi ces « héros » pour toucher les modestes indemnités de la couverture médicale que le Congrès a fini par accorder en 2010, après neuf ans de bataille judiciaire. Cependant, cette loi ne réserve une aide qu’aux malades souffrant de problèmes respiratoires, mais ne s’applique pas aux secouristes atteints de cancer. Affront ultime, les secouristes ont été écartés des cérémonies officielles du dixième anniversaire du 11-Septembre à Ground Zero sous prétexte qu’il n’y avait « pas assez de place »
 

Témoins privilégiés

Alors que l’entraide, le respect et la reconnaissance de leur sacrifice devraient logiquement prévaloir, comment expliquer l’abjecte mise à l’écart de ceux qui ont risqué ou sacrifié leur vie pour porter secours aux victimes du 11-Septembre ?

Est-ce le déni ou la honte ?

Est-ce la crainte de manifestations qui terniraient la séquence de communication entamée par Obama avec l’exécution médiatique de Ben Laden ? Ou serait-il tout simplement opportun que disparaissent dans l’indifférence ces témoins privilégiés du 11-Septembre ? En 2011, ReOpen911 a mis en ligne la traduction très attendue des travaux de Graeme MacQueen portant sur les 503 témoignages officiels des pompiers et secouristes de New York que la Commission d’enquête sur le 11-Septembre avait en sa possession mais qu’elle n’a jamais évoqué dans son rapport : 118 témoins y décrivent des explosions.

 

 Mai 2011
Ben Laden zappé 

Dix ans après le 11-Septembre, 2011 restera avant tout l’année de l’exécution officielle de la figure médiatique d’Oussama Ben Laden, en fait, l’année d’une nouvelle faillite majeure du journalisme. Voilà une fin providentielle rapportée de façon spectaculaire sur la base d’allégations produites par l’administration Obama, évitant soigneusement de faire valoir quelque preuve élémentaire vérifiable par le citoyen : aucun témoignage d’observateur indépendant, pas de capture, pas de cadavre, ni même de photo du cadavre de cet ancien relai de la CIA devenu terroriste légendaire… De la disparition de Ben Laden, il ne restera donc qu’un enchainement de péripéties improbables relayées sans regard critique par la grande majorité des médias occidentaux que le citoyen infantilisé à l’extrême est supposé croire par la magie de la confiance qu’il est sommé d’accorder aux autorités américaines

 

Blitzkrieg médiatique

Il est intéressant de redécouvrir, huit mois après cet « événement », les nombreux commentaires spontanés déposés à l’époque sur le site à la suite des différentes publications de ReOpen911 sur le sujet. Il est remarquable de constater la stupéfaction et l’indignation des internautes face à la Blitzkrieg médiatique qui a saturé tous les vecteurs d’informations, une guerre-éclair qui en peu de temps a bombardé le public de nouvelles aussi invraisemblables que contradictoires, créant une sorte de chaos d’actualité face auquel la plupart des journalistes des grands médias se sont montrés plus démissionnaires que jamais, validant sans états d’âme le récit rocambolesque du gouvernement américain, tout en agitant l’épouvantail du conspirationnisme

 

Storytelling

Pour faire face à cette déferlante, ReOpen911 diffuse dès juillet un documentaire d’investigation, Ben Laden, storytelling et démocratie, qui explore, entre autres, la problématique des révélations relayées à chaud par les médias, révélations dont la source (CIA ou autres agences gouvernementales américaines) n’est jamais neutre et dont la plupart des journalistes ne vérifient pas - ou ne relativisent pas - l’authenticité. 

 

"Ben Laden, storytelling et démocratie" by ReOpen911

Enfin, le sondage HEC effectué pour ReOpen911 du 6 au 24 juin 2011, à peine plus d’un mois après la mort annoncée de Ben Laden, révèle que 60% des Français doutent des explications officielles données par les autorités américaines sur la disparition de l’ex-ennemi public n°1.

Juin 2011

Torture Made in USA

Le documentaire-choc de la journaliste Marie-Monique Robin, Torture Made in USA, diffusé en juin sur Arte, se concentre sur l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire récente des Etats-Unis, et retrace les dérives totalitaires de l’administration Bush depuis les attentats du 11-Septembre et sa volonté politique manifeste de normaliser la pratique de la torture dans le cadre des actions militaires entreprises par les Etats-Unis. Le film montre comment l’administration américaine a pu institutionnaliser l’enlèvement, la détention et la torture d’individus à travers le monde dès lors que ceux-ci étaient désignés comme agents d’Al-Qaida. 

Les Etats-Unis affectionnant de se positionner en modèle pour le reste du monde, il est légitime de considérer le 11-Septembre comme un tournant décisif de l’Histoire récente vers une dévalorisation accrue du respect de la personne humaine dans le cadre des tensions et des conflits internationaux. En cela, la dénonciation des mensonges officiels sur les événements du 11-Septembre revêt une importance capitale pour endiguer les dérives guerrières, totalitaires et islamophobes dans lesquelles les gouvernements américains successifs ne cessent d’entrainer l’Europe et le reste du monde depuis 10 ans.

 

Une totale impunité

 Aujourd’hui, Obama s’oppose à toute mise en cause des responsables qui l’ont précédé, et son administration fait clairement entrave aux procédures qui permettraient d’éventuelles poursuites contre Donald Rumsfeld ou George W. Bush, quelle que soit la somme des preuves accablantes d’actes de torture commis durant les mandats de ce dernier. Par ailleurs, la CIA a délibérément détruit les vidéos de centaines d’heures d’interrogatoires qu’elle avait conduits sur les prétendus comploteurs en détention, dont Khaled Sheikh Mohammed, cerveau auto-proclamé des attentats, interrogatoires durant lesquels avaient été pratiqués des actes de torture à répétition. L’agence s’est ainsi débarrassée dans une totale impunité des « preuves » que la Commission d’enquête et de multiples tribunaux l’avaient sommée de produire. A ces révélations s’ajoutent également en 2011, celles des prisons secrètes que la CIA avait installées en Europe, au mépris des droits humains et des lois européennes.

 

 Juillet 2011
La question du terrorisme d’Etat

Recul historique

Le 22 juillet a lieu l’attentat d’Oslo que plusieurs médias internationaux s’empressent, à tort, d’attribuer à Al-Qaida. Ce double attentat, qui se révèle particulièrement complexe dans son déroulement et dont la version officielle est actuellement loin de répondre à toutes les questions qu'il soulève, sera finalement attribué à un seul et unique responsable, Anders Breivik, dont le profil et les influences méritent d’être explorés avec une certaine indépendance d’esprit et en tentant de s’affranchir des seules analyses délivrées par les grands médias.

En effet, le terrorisme moderne est communément présenté comme l’arme du fou contre la civilisation, des démunis contre les puissants, le levier politique et stratégique de groupuscules fanatisés attaquant avec lâcheté les grandes démocraties. Pourtant, un simple recul historique nous apprend que le terrorisme se révèle fréquemment être d’une autre nature. Il s’agit bien souvent d’un terrorisme d’Etat qui est l’instrumentalisation par des factions secrètes au sein des gouvernements de régimes démocratiques ou autoritaires, de pratiques violentes et spectaculaires visant à influencer des opinions publiques ou des adversaires politiques en dehors du cadre et des contraintes constitutionnelles de l’Etat impliqué.

 

Une affaire d’Etat

L’affaire Karachi nous en délivre un exemple remarquable. Le 8 mai 2002, à peine six mois après le 11-Septembre, un attentat au Pakistan tue onze employés français de la Direction des Constructions Navales. L’enquête ouverte par la police pakistanaise, renforcée pour l’occasion par des agents du FBI et de la DST française, s’oriente rapidement en direction des réseaux islamistes, et jusqu’en juin 2009 cet attentat sera attribué à Al-Qaida. Pourtant, il s’avère que les Services secrets français avaient dès le début connaissance de la piste « financière » qui conduit à envisager aujourd’hui cet attentat comme la conséquence d’un sombre règlement de compte politique franco-pakistanais. Dans cette affaire d’Etat qui implique l’actuel Président français, le combat des familles de victimes aura été déterminant, et ces familles ont dû sans cesse faire face aux manœuvres de pression et d’obstruction de la part du gouvernement français qui entrave perpétuellement le travail du juge et de la commission parlementaire en charge de l’affaire. (Dans le cas du 11-Septembre, certains proches des victimes ont témoigné sur les pressions reçues de la part des autorités américaines).

 

Chronique du choc des civilisations

En octobre 2011, le géopoliticien français Aymeric Chauprade, directeur de la Chaire de Géopolitique du Collège interarmées de défense de 2002 à 2009, accorde aux caméras de ReOpen911 une interview exclusive à l’occasion de la sortie d’une nouvelle édition de son atlas, Chronique du choc des civilisations. Il nous livre son interprétation alternative du 11-Septembre. Selon lui, cet attentat serait probablement l’œuvre de l’Etat profond américain, et s’inscrirait dans une utilisation de longue date du terrorisme par des services de renseignement. Dans le terrorisme international tel qu’il le conçoit, des illuminés islamistes (ou autres) sont utilisés pour commettre des attentats par des services étatiques dont des agents infiltrent les cellules terroristes.


Interview exclusive du géopoliticien Aymeric Chauprade by ReOpen911

Cette conception de l’Etat profond aux Etats-Unis a été mise en lumière par le travail du Professeur et ancien diplomate canadien Peter Dale Scott, auteur d’un ouvrage de référence sur les enjeux et les causes du 11-Septembre, La route vers le nouveau désordre mondial, et qui publie régulièrement des articles décryptant avec un recul historique salutaire les dysfonctionnements du système étatique américain. Dans le cadre du récent conflit libyen, Peter Dale Scott revient sur la collusion initiée dans les années 80 par Zbigniew Brzezinski, entre Washington et les groupes terroristes islamistes qui ont sévi dans différents points du globe : l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo et désormais la Libye.

ONE

 Cette collusion historique est au cœur de la « la guerre contre le terrorisme » analysée également par le documentaire ONE, Enquête sur Al-Qaida. Le film, co-produit par ReOpen911, explore le terrorisme international depuis la fin de la Guerre Froide, expliquant comment les guerres de Yougoslavie, du Caucase, celles en Asie centrale et en Afrique ont toutes un point commun : le contrôle des ressources énergétiques du globe et la présence récurrente d’Al-Qaida, la « nébuleuse utile » qui se voit attribuée presque automatiquement la responsabilité de la plupart des attaques terroristes qui, à partir du 11-Septembre, ont semé la panique un peu partout dans le monde.

 

Enfin, dans le cadre de ce chapitre sur le terrorisme d’Etat, il est indispensable d’évoquer un fait symbolisant le cap franchi par le gouvernement des Etats-Unis avec l’instauration d’assassinats ciblés de citoyens américains. En l’occurrence, l’exécution de l’imam américano-yéménite Anwar Al-Aulaqi, opérée par un drone de la CIA le 30 septembre dernier, en violation ostensible de la constitution américaine qui stipule que « nul ne peut être privé de sa vie, de sa liberté ou de ses biens sans procédure légale régulière ».

 

Août 2011

Le choc des Smart Bombs

Le 5 août, l’agence de notation Standard and Poor’s abaisse la note de la dette américaine de AAA à AA+. Cette dégradation constitue une première historique depuis 70 ans, et va sonner le départ d’une incroyable psychose mondiale faisant valoir le pouvoir extravagant accordé à quelques agences de notations privées sur l’économie de nations entières dont il est légitime de se demander si elles bénéficient encore d’une quelconque souveraineté budgétaire, monétaire ou même politique. 

 

La grande délinquance financière

Tout au long de l’année 2011, la crise financière n’aura cessé de s’étendre, gagnant plus particulièrement le continent européen. Les bulles spéculatives organisées par Wall Street, aspirant l’argent des Etats (et plus spécifiquement celui des contribuables partout à travers le monde) peuvent être envisagées comme des « Smart Bombs ». Cet oxymore désigne l’équivalent financier des bombes réelles dirigées contre les pays se dressant sur la route de l’impérialisme anglo-saxon et plus encore des intérêts d’une puissante oligarchie financière à laquelle semblent désormais subordonnées les décisions des dirigeants et de la communauté internationale. 

La nature par certains aspects crapuleuse de cette crise et ses liens avec la grande délinquance financière renvoie par ailleurs à l’épisode des délits d'initiés boursiers qui ont devancé de quelques jours les attentats du 11-Septembre, à savoir de très lucratives spéculations boursières, notamment sur les deux compagnies aériennes dont les avions furent détournés, et qui, à en croire les enquêtes officielles, n'ont aucun lien avec Al-Qaida. 

Hélas, c’est bien réel comme histoire ! Hollywood c’est bien fini ! Retour vers le réel.  H.

 

 Septembre 2011
10 ans après : Le pouvoir des citoyens français 

Grâce aux donations de ses membres et sympathisants, ReOpen911 a commandé à un organisme indépendant, une enquête d’opinion afin de savoir quel regard les Français portent sur les événements du 11-Septembre. A l’occasion du dixième anniversaire des attentats de 2001, l’association publie les résultats de ce sondage qui met crûment en lumière une incroyable distorsion : alors que l’immense majorité des médias francophones cautionne sans réserve la thèse officielle des attentats du 11-Septembre, seul un Français sur trois (31%) n'a aucune réserve sur cette thèse.

 

Déni de réalité

Voilà un état de fait formidablement choquant qui, au-delà de toute position individuelle sur la question même du 11-Septembre, doit amener chaque citoyen à s’interroger sur la raison d’être de ce déni de réalité de la part des médias de notre pays par rapport aux doutes clairement manifestés par une large majorité de la population française (58%). 

Comment les journalistes dont le rôle fondamental au sein d’une démocratie moderne consiste à s’interroger sur la nature de la réalité qu’ils observent et à en relayer les faits pour une information juste des citoyens, peuvent-ils ainsi trahir ces derniers en tournant le dos aux doutes qu’ils expriment et en omettant de leur rapporter convenablement la multitude des anomalies qui dévorent la version officielle du 11-Septembre ? Le sondage révèle que seuls 14% des Français savent que trois tours se sont totalement effondrées ce jour-là.

 

Exigence de vérité

Quelle que soit l’ardeur avec laquelle nous appelons de nos vœux à une nouvelle enquête indépendante aux Etats-Unis sur les attentats du 11-Septembre, notre pouvoir en tant que citoyens français pour influer sur une telle décision, est extrêmement ténu. Mais notre pouvoir en tant que citoyens pour exiger de nos médias qu’ils nous informent avec un minimum de rigueur et d’honnêteté est infiniment plus grand. Et il est assurément de notre devoir d’user de cette influence : pour notre démocratie, pour nos enfants et pour le regard qu’ils porteront plus tard sur l’exigence de vérité que notre génération aura su manifester à l’endroit d’une question si cruciale. 

 

Remplacez le mot « démocratie » par « système »

En France, certains des soutiens les plus zélés de la version officielle sur le 11-Septembre se situent en fait au sein des médias dits de gauche. Laurent Joffrin en a offert un exemple retentissant avec un article enragé paru dans le Nouvel Observateur pour le dixième anniversaire des attaques : « Pourquoi les complotistes sont des ennemis de la démocratie », diatribe assimilant les contestataires de la version officielle à des négationnistes, que le directeur du journal se trouve en position de devoir justifier deux jours plus tard face à son lectorat qui ne manque pas de faire valoir en masse son désaccord dans l’avalanche des commentaires qui - sur le site même du Nouvel Obs - condamnent majoritairement les deux articles. De son côté, ReOpen911 publiera, en guise de réponse, un article détaillant avec humour comment Laurent Joffrin, dans sa vision fantasmatique de l’émergence d’une nébuleuse de complotistes au service d’intérêts machiavéliques visant à renverser la démocratie, sombre lui-même dans le… conspirationnisme. 

 

 Octobre 2011
Epouvantails, autruches et perroquets

En octobre, ReOpen911 relaie une interview captivante du journaliste Olivier Taymans, le réalisateur du film événement Epouvantails, autruches et perroquets – 10 ans de journalisme sur le 11-Septembre sorti à l’occasion des commémorations des 10 ans de la tragédie. Voilà le documentaire dont les citoyens avaient besoin afin que le cauchemar journalistique qui a formaté une décennie entière commence à être ébranlé. De la qualité des intervenants et des questions posées aux vertus de la narration pédagogique, ce film est un petit bijou d’intelligence tout autant qu’un acte historique de résistance, car c’est le premier documentaire qui répond avec autant de force et d’opiniâtreté à ce fait sans précédent qu’est le consensus de propagande diluée qui s’est abattu sur les « démocraties » occidentales après le 11-Septembre. Olivier Taymans a réalisé une œuvre salutaire : Epouvantails, autruches et perroquets est un fabuleux outil d’information pour tous ceux qui veulent que la vérité s’échappe du drôle de zoo médiatique dans lequel elle croupit.
 

Rhétorique de disqualification

 Mathieu Kassovitz qui a contribué au buzz pour le documentaire d’Olivier Taymans, se rend le 4 octobre au tribunal correctionnel de Paris, pour le procès que l’acteur et réalisateur a intenté deux ans plus tôt à plusieurs journalistes à la suite de commentaires infamants formulés à son sujet concernant la remise en cause des conclusions de l’enquête officielle sur les attentats de 2001 que Kassovitz avait exprimée publiquement en 2009 durant l’émission Ce soir ou jamais. Ce procès offre l’occasion de mieux comprendre les méthodes des inquisiteurs installés au sein des médias grand public. Ils pratiquent à l’envi la rhétorique de disqualification, un procédé qui consiste à utiliser des éléments de langage d’une force symbolique disproportionnée et sans rapport avec le problème visé, une manœuvre qui a pour objectif de réduire au silence la libre parole à propos du 11-Septembre et décourager à l’avance les sorties médiatiques d’autres personnalités sur le même sujet. Le procès aboutira à la condamnation du blogueur du Journal du dimanche qui avait dépeint Mathieu Kassovitz en adepte de Goebbels, le propagandiste d’Hitler. C’est dans la même dynamique intellectuelle nauséabonde que l’inénarrable Caroline Fourest avait choisi sur son blog de qualifier les membres et sympathisants de ReOpen911 de « révisionnistes du 11/09 ».

 

Théorie de la théorie

A ce sujet, Emrah Kaynak trace pertinemment les contours d’une théorie de la « théorie du complot » qui vise à « disqualifier la réflexion critique en l’assimilant à des délires paranoïaques. Celui qui fait état de suspicion envers les diverses versions officielles est aussitôt affublé du terme peu élogieux de conspirationniste. Les médias institutionnels se rangent de façon acritique du côté du pouvoir et tentent avec acharnement de rendre cohérent l’incohérent ». Plutôt que de se gargariser avec des constructions théoriques, les journalistes des médias institutionnels seraient bien inspirés de prendre connaissance, par exemple, de documents éloquents tels que ARCHITECTES & INGENIEURS face au Mystère du WTC7, le nouveau documentaire implacable des Architectes & Ingénieurs pour la Vérité sur le 11-Septembre, sorti pour commémorer les 10 ans des attentats, ou encore se plonger dans l'ouvrage très sérieux du journaliste français Mehdi Ba, 11 questions sur le 11 septembre. Paru en juillet 2011, il invite justement à réfléchir sur le traitement médiatique du 11-Septembre en France et sur le bien-fondé des remises en cause de la théorie officielle, pour faire avancer le débat.


Sur la question des effondrements des Tours Jumelles, nous invitons ces journalistes à consulter
l'article point-clé « Les explications officielles de la chute des Tours Jumelles : fiction ou réalité ? » que ReOpen911 a publié en mars dernier. Avec un souci liminaire d'objectivité et dans le respect des règles fondamentales du journalisme (citation des sources, recoupement de l'information, recherche de la contradiction), cet article fait le point sur les controverses scientifiques entourant les chutes des Tours Jumelles, et montre par les faits que la théorie de l'effondrement naturel (par incendies) n'est à ce jour pas éprouvée, alors que celle de la "démolition contrôlée" est valide. Plus généralement, cette rubrique « Points-clés du 11 Septembre » développée spécifiquement par ReOpen911 réunit 11 articles factuels qui s'appliquent à rapporter les principaux faits relatifs au 11-Septembre, à l'opposé, précisément, de toute spéculation théorique. 

 

Bec et ongles 

En décembre, le magazine Le Point publie un dossier consacré aux « obsédés du complot » et mentionne en couverture « les négationnistes du 11 septembre 2001 ». A partir de cette nouvelle provocation, il est intéressant d’analyser les motivations et la logique des médias qui, en France, s’obstinent curieusement à défendre bec et ongles la version officielle du 11-Septembre délivrée par le gouvernement des États-Unis, en dépit de la somme des incohérences et inexactitudes qu’elle comporte. Cette analyse révèle l’influence d’un courant atlantiste structuré auquel appartiennent de longue date de nombreux directeurs de presse de gauche comme de droite, et qui explique assez bien le formatage des contenus éditoriaux en France et leur alignement sur une pensée unique subordonnée aux intérêts de la finance mondiale et de l’oligarchie américaine. 

 

Et pour résumer l’aberration de cette rhétorique, ReOpen911 a réalisé l’adaptation française du formidable clip-vidéo du journaliste américain James Corbett : Les attentat du 11-Septembre expliqués en 5 minutes, qui expose en quelques minutes et avec un humour imparable, les invraisemblances de la version officielle. 

Le dixième anniversaire des attentats aura tout de même offert l’occasion d’observer en France de rares percées médiatiques de reportages ou d’interviews échappant au rouleau compresseur de la théorie officielle de la conspiration, en particulier sur France 3, LCI et France Info : quelques failles dans l’omerta. 

 

Remarquable ! Remerciements éternels à Olivier Taymans. […] Il y a bien un « mur médiatique » comme il y a un « mur du son » pour les aviateurs.  H.

Le 11-Septembre est essentiel : il a permis aux gens de s’instruire, de dévorer internet, d’essayer de comprendre la géopolitique, de démasquer les mensonges des médias, d’acheter des livres, de visionner des documentaires plutôt que des films, d’être moins naïfs, de se poser des questions sur l’avenir de leurs enfants, de comprendre qui domine le monde enfin de voir la réalité de l’Histoire au jour le jour. Quel événement médiatique mondial pouvait réaliser une telle prise conscience ?  j.kerviel 

D’un côté on a des « truthers » qui incessamment (et très poliment) demandent simplement à ce que le débat (légitime) soit ouvert, et de l’autre on a des journalistes et politiques (très peu renseignés) qui leur tirent dessus à boulets rouges. Une chose est sûre : si c’était l’inverse, le mouvement des truthers serait vite décrédibilisé. Alors que la presse, elle, se porte très bien !  Odile

 

Laissons-leur l’insulte, les pauvres : ils n’ont que ça. 

Yves Ducourneau



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 GeantVert :La CIA retarde par des menaces la diffusion d’un film documentaire prouvant ses dissimulations avantle 11/9.

Oui, il y a bien eu conspiration avant les attentats du 11-Septembre. C’est maintenant avéré, et des voix s’élèvent haut et fort aux USA pour le dénoncer. Mais ce n’est pas du complot de Ben Laden et d’al-Qaïda dont il est question. Le complot qui défraie la chroniqueactuellement aux USA, c’est celui de certains responsables et agents de la CIA qui auraient volontairement caché aux autres agences de renseignements US des informations cruciales sur deux des supposés terroristes du 11/9 bien avant les attentats.

A l’origine de la polémique, un documentaire réalisé par une poignée de journalistes américains. Leur projet alors appelé "Footnote44" remonte à 2007, dans la foulée de "9/11 : Press for Truth", Kyle Hence, John Duffy et Ray Nowosielsky s’intéressent à une note de bas de page du Rapport final de la Commission sur le 11-Septembre, la fameuse "footnote 44" du chapitre VI du Rapport officiel (voir Notes). Au passage, cela ressemble fort à une preuve patente du caractère douteux et superficiel du Rapport final.  En effet, n’en déplaise à M. Joffrin et aux autres ardents pourfendeurs de conspirationnistes (lire notre réponse sur le Blog ReOpen911), les faits sont graves et donnent lieu outre-Atlantique à une bataille rangée entre d’anciens hauts fonctionnaires de la Maison Blanche et ceux qui étaient à la tête de la CIA à l’époque. Et même si le rôle des prétendus 19 pirates de l’air du 11/9 reste confus et peu etayé, et que cette bataille pourrait n’être qu’une sorte de diversion pour détourner l’attention, nous assistons quand même après 10 ans, à un véritable vacillement de la version officielle, puisque l’origine de cette profonde remise en cause vient des officiels de l’époque eux-mêmes !

Le documentaire dérange : la CIA a menacé de poursuivre les deux journalistes auteurs d’une enquête sur le sujet, en ressortant une loi ad-hoc jamais appliquée ! Ils se proposaient de diffuser en podcast sur Internet leur documentaire et leurs interviews le jour du 10e anniversaire des événements. Ce n’est probablement que partie remise, malgré les intimidations et les menaces, et si c’est le cas, cela mérite que l’on félicite ces deux journalistes américains, John Duffy et Ray Nowosielski, déjà auteurs d’un documentaire remarquable que nous avions acheté, traduit et mis en ligne sur notre site : "11/9 : En quête de vérité" disponible en DVD aussi. Ce film de 2006 est à voir en priorité pour ceux qui connaissent peu le sujet, car il retrace le combat des familles de victimes pour finalement obtenir de l’administration Bush, après 14 mois de bataille, la formation d’une Commission d’enquête sur le 11-Septembre (*).

 

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE :

Les menaces de poursuites fédérales par la CIA retardent la diffusion du film documentaire détaillant la malveillance de certains analystes de la CIA dans l’affaire du 11-Septembre, qui ont pourtant été promus et protégés depuis.

Communiqué de presse envoyé le 13 septembre 2011 par Ray Nowosielski, réalisateur

(Retrouvez les informations sur ce podcast sur le site secrecykills.com)

Traduction GV pour ReOpenNews

De récentes menaces proférées par la CIA envers deux journalistes freelances ont retardé la diffusion d’une émission d’investigation diffusée sur Internet (un podcast) où figuraient les noms d’analystes de la CIA qui s’étaient rendus complices d’obstructions dans la communication de renseignements-clefs avant le 11/9. Le podcast présente notamment certaines révélations faites par d’anciens hauts responsables de l’administration US, comme Richard Clarke, Pasquale D’ Amura, Bob Baer, et Mark Rossini, qui relaient les préoccupations déjà formulées par l’ex-président de la Commission d’enquête sur le 11/9, Thomas Kean.

Austin, Texas – 12 septembre 2011.

Jeudi dernier, la CIA a menacé les journalistes auteurs du documentaire « Who is Rich Blee ? » de possibles poursuites judiciaires si leur émission d’investigation révélait les noms des deux analystes de la CIA au centre d’une affaire d’obstruction et de mauvaise utilisation de renseignements dont beaucoup pensent qu’ils auraient pu permettre d’éviter les attentats du 11-Septembre.

Tout comme l’agent du FBI Ali Soufan et le Lieutemant-Colonel Anthony Shaffer avant eux, les membres de l’équipe journalistique, dont John Duffy et Ray Nowosielski, ont fait l’objet d’intimidations et d’actes de censure de la part d’officiels du gouvernement suite à leurs révélations (whistle blowing) sur la véritable histoire de deux des supposés pirates de l’air du 11/9, Nawaf al-Hazmi et Khalid Al-Mihdhar.

Le podcast dont la diffusion était initialement prévue le 11 septembre 2011  raconte comment trois analystes de la CIA travaillant [sous les ordres de] Richard Blee, l’ex-chef méconnu qui a supervisé pendant longtemps l’équipe de la CIA en charge de la recherche de Ben Laden (la CIA’s Bin Laden Station), ont délibérément induit en erreur leurs collègues, et ont dissimulé certains renseignements au FBI et à la Maison Blanche à propos de la présence de deux agents connus d’al-Qaïda aux USA.

Quatre enquêtes gouvernementales se sont intéressées à la façon dont la CIA avait traité les informations sur le 11/9, y compris les actions et les informations personnelles de deux agents de la CIA. [Les deux journalistes] Nowosielski et Duffy ont réussi à déduire l’identité des deux employés de la CIA à partir de recherches sur Internet basées sur des détails fournis par ces enquêtes et d’autres sources. Lorsque les producteurs ont divulgué les identités des deux agents lors d’entrevues, les personnes interviewées n’ont pas rectifié ces noms. La réponse de la CIA a fourni la confirmation finale.

Lors de mises à jour du projet postées sur le site secrecykills.com, les producteurs ont annoncé l’ajournement du podcast et ont diffusé des informations concernant une sombre affaire impliquant des violations de protocoles par dizaines, des histoires d’intimidation, des cas d’obstruction par la CIA, avec au centre de la plupart de ces affaires, les deux fameux agents de la CIA.

Dans son livre « Disconnecting the dots : 9/11 Was Allowed to Happen », Kevin Fenton, écrivain et spécialiste du sujet, a documenté 35 de ces incidents survenus entre janvier 2000 et le 11 septembre 2011.

Le Prix Pulitzer Lawrence Wright, interviewé pour le podcast, a expliqué aux producteurs que les agissements de l’un des deux analystes de la CIA, qui est toujours employé par l’Agence, concernent l’obstruction à la justice dans l’enquête criminelle du FBI sur la mort de 17 marins à bord de l’USS Cole.

Les producteurs ne sont pas les premiers à subir la censure du gouvernement sur ce sujet. Le mois dernier, le New York Times rapportait les efforts de la CIA pour censurer le livre autobiographique d’Ali Soufan, un agent spécial de terrain travaillant pour le contre-terrorisme au FBI. Avant le 11/9, Soufan s’était intéressé à Mihdhar et Haazmi à cause de leurs liens avec l’attentat à la bombe contre l’USS Cole au Yémen. La CIA avait fait retirer les références à la photo d’un passeport de Mihdhar que la CIA avait refusé de fournir à Soufan malgré trois requêtes écrites.

Scott Shane du New York Times écrit aujourd’hui que « M. Soufan accuse des officiels de la CIA d’avoir dissimulé volontairement au FBI, avant les attentats du 11/9 des photos et des documents capitaux concernant des agents  d’al-Qaida, malgré trois demandes écrites, et d’avoir menti à ce sujet devant la Commission sur le 11/9. »

Le Lieutenant-Colonel Shaffer, interviewé pour le podcast, a lui-même subi des intimidations, et a été sanctionné et diffamé par le Pentagone après qu’il eut fait part à la Commission sur le 11/9 de détails sur la façon dont, à trois reprises, des responsables (anonymes) du DoD avaient empêché son opération Able Danger de se réunir avec le FBI avant les attentats.
En 2000, Able Danger, un projet de collecte d’information (data-mining)  avait localisé Mohammed Atta dans une cellule terroriste de Brooklyn, et avait aussi identifié Hazmi et Mihdhar dans une cellule à San Diego, l’épicentre de l’intrigue autour de l’Alec Station de Rich Blee, Rom Wilshere et deux de leurs subordonnés (dont les noms sont toujours non publics) qui avaient eux-mêmes caché à plusieurs reprises leurs informations au FBI.

Bien que Shaffer ait été interrogé par le président de la Commission sur le 11/9 Philip Zelikow et son collaborateur Dieter Znell, la Commission ne fait aucune mention de l’opération Able Danger dans son rapport final.

Dans l’émission podcast prévue, le président de la Commission sur le 11/9 Tom Kean est interrogé à propos d’une courte note de bas de page dans le chapitre 6 du rapport final, se référant à un document des renseignements, vu par plus de 50 personnes à la CIA, mais qui a été bloqué avant d’atteindre le FBI. Pour Kean, l’incident n’était pas dû à un cafouillage ou à un quelconque cloisonnement : « Oh, mais cela n’avait rien à voir avec de la négligence ou de l’inattention. C’était résolument volontaire. Je n’ai absolument aucun doute là-dessus. C’était volontaire. »

Tandis que Kean explique tout cela par un penchant pour le secret, Richard Clarke, l’ex-chef du contre-terrorisme de la Maison Blanche sous Bush, va plus loin, évoquant de la malveillance et de possibles activités illégales d’espionnage domestique de la part de la CIA. Les commentaires de Clarke diffusés dans une vidéo fin août 2011 ont provoqué une réponse formelle de George Tenet, Cofer Black et Richard Blee, et la réponse à leur tour des producteurs.

« Ce fut peut-être le moment où les services secrets US ont été le plus proche de déjouer le complot du 11/9 », explique Nowosielski, « mais au lieu d’empêcher les attentats, la CIA a empêché les renseignements concernant deux cibles privilégiées d’atteindre les bonnes personnes, et ce, de façon répétée. Et encore aujourd’hui, la CIA protège ces individus pourtant responsables [de ces agissements] en intimidant ceux qui veulent simplement connaître la vérité qui se cache derrière une choquante affaire d’obstruction. »

Dans un email datant de jeudi, la CIA a prévenu Nowosielski qu’il pourrait faire l’objet de poursuites au titre de l’Intelligence Identities Protection Act, une loi s’appliquant aux employés du gouvernement qui violent les autorisations de sécurité, loi qui n’avait encore jamais été utilisée contre des journalistes.

La réponse « en ligne » des producteurs est la suivante : « Le code éthique de la Société des journalistes professionnels stipule que ‘les journalistes doivent être dégagés de toute obligation envers des intérêts autres que celui du droit de savoir du public’ et ‘rester vigilants et déterminés à mettre les puissants face à leurs responsabilités.’ Le jour où les travaux / enquêtes des journalistes sur des malversations au sein des agences gouvernementales nécessiteront l’approbation desdites agences, avant parution, ce jour-là,  transparence et responsabilité auront disparu. »

John Duffy et Ray Nowosielski, tous deux diplômés de la Chicago’s Columbia College Film School, ont produit en 2006 le documentaire très apprécié par la critique : « 9/11 Press for Truth »

Contact:Ray Nowosielski
ray (@)
bandedartists.com

Traduction GV pour ReOpenNews

Notes reopen911:

(*) Vous pouvez aussi visionner ce documentaire en haute définition sur DVD en vous rendant à la Boutique ReOpen911

Dossier du projet initial des réalisateurs "Footnote44" en fichier pdf

La note de bas de page N°44 du chapitre 6 du Rapport de la Commission sur le 11/9 :

CIA cable, ‘Activities of Bin Laden Associate (Flight 77 Hijacker) Khalid Revealed,’ Jan. 4, 2000. His Saudi passport — which contained a visa for travel to the United States — was photocopied and forwarded to CIA headquarters. This information was not shared with FBI headquarters until August 2001. An FBI agent detailed to the Bin Laden Unit at CIA attempted to share this information with colleagues at FBI headquarters. A CIA desk officer instructed him not to send the cable with this information. Several hours later, this same desk officer drafted a cable distributed solely within CIA alleging that the visa documents had been shared with the FBI. She admitted she did not personally share the information and cannot identify who told her they had been shared. 

Traduction

Message de la CIA : ‘les activités de Khalid, un complice de Ben Laden (vol AA77) mises en évidence‘, 4 janvier 2000, son passeport saoudien – qui contenait un visa pour voyager aux USA – a été photocopié et transmis au quartier général de la CIA. Cette information n’a pas été partagée avec le quartier général du FBI jusqu’en août 2001. Un agent du FBI détaché à l’unité de la CIA en charge de Ben Laden (ndlr.Alec Station) a tenté de partager cette information avec des collègues au quartier général du FBI. Une cadre administratif de la CIA lui a demandé de ne pas diffuser ce message avec cette information. Plusieurs heures plus tard, la même femme cadre administratif a publié un message distribué seulement au sein de la CIA. Il affirmait que les documents relatifs au visa avaient été partagés avec le FBI. Elle a admis qu’elle n’avait pas personnellement partagé l’information et qu’elle ne peut pas identifier qui lui a dit qu’ils avaient bien été partagés.

GeantVert

14 septembre, 2011 by

http://www.reopen911.info/News/2011/09/14/la-cia-retarde-par-des-menaces-la-diffusion-dune-emission-prouvant-ses-dissimulations-avant-le-119/



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

22/02/2012

n° 3 - 21-02 - Qatar : Les dossiers - a1p - Qatar : L’Hyper puissance…

n° 3 - 21-02 -  Qatar : Les dossiers - a1p - Qatar : L’Hyper puissance…


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Qatar : Les dossiers

 n° 3- 21-02

C.De Broeder & M.Lemaire



 Qatar : Les dossiers est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

Yamin Makri. Le Qatar est le pays de toutes les contradictions.

Dominique Lagarde : Le Qatar est-il la nouvelle voix arabe ? 

Georges STANECHY : Qatar : L’Hyper puissance…

1 Brèves

1-1 Le Qatar achète la démission du général al-Dabi.

1-2 Sarkofrance :Sarkozy : l’argent et l’argent du Qatar

2  Dossiers

2-1 Réseau Voltaire : François Hollande négocie avec l’émir de Qatar.

2-2 Sarkozy, petit télégraphiste du Qatar. Toujours au service de l'étranger ……

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Qatar : l’ennemi d’hier l’ami d’aujourd’hui.

3-2 L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Syrie : le Qatar cherche à étouffer le rapport de ses experts.

4-2 Léon Camus ; Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

5 Annexe

5-1 L'AFRIQUE S'ELOIGNE DE L'OCCIDENT.



Tiré à part 

L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

L'accord signé lundi entre les deux mouvements au Qatar marque un nouveau succès pour ce petit et riche Etat du Golfe, devenu le nouveau centre de gravité de la diplomatie arabe.

«Tout indique que Doha est devenue la capitale politique du monde arabe. La diplomatie du Qatar est désormais la locomotive de l'action politique arabe, un rôle appelé à se poursuivre», a relevé l'analyste émirati Abdelkhaleq Abdallah. Le Qatar, qui ne cache pas sa sympathie, sinon son appui, aux animateurs des révoltes qui secouent depuis un an les pays du Printemps arabe, mène une diplomatie tous azimuts au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Le président palestinien et chef du Fatah Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal ont signé lundi à Doha une déclaration les engageant à appliquer un accord de réconciliation nationale, en souffrance depuis des mois. Le même jour, le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani arrivait à Doha pour des entretiens sur les efforts de paix en Afghanistan menés au Qatar où Américains et taliban ont entamé des contacts. Le Qatar, premier exportateur de gaz naturel liquéfié avec une superficie de 11.000 km2 et une population de 1,7 million d'âmes dont seulement 250.000 autochtones, joue en outre un rôle diplomatique de premier plan dans la crise syrienne, portée sans succès jusqu'ici devant le Conseil de sécurité de l'ONU. En Libye, le Qatar a été le premier pays arabe à avoir soutenu, au côté des Emirats arabes unis, ouvertement les rebelles, y compris sur le plan militaire, jusqu'à la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi.
L'émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, un proche allié des Etats-Unis qui disposent au Qatar de deux bases militaires, «a rapidement compris qu'un nouveau Proche-Orient se mettait en place et a agi dans un esprit d'initiative pour assurer la stabilité régionale», a déclaré à l'AFP le directeur du Doha Brookings Centre, Salmane Chaikh. Le Qatar a ainsi supervisé en mai 2011 un accord de paix entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle du Darfour, resté cependant sans effet, comme il avait parrainé en mai 2008 un accord interlibanais ayant mis fin à une crise politique de 18 mois et permis l'élection d'un président. Ce pays, qui a offert sa médiation dans des dossiers aussi épineux que ceux du Yémen et de la Corne de l'Afrique, y compris dans le conflit frontalier entre Djibouti et l'Erythrée ou au Tchad, «poursuit avec efficacité son action diplomatique dans un contexte géopolitique complexe», a noté M.Chaikh. Mettant à profit l'influente chaîne de télévision Al-Jazeera, qu'il finance depuis son lancement un an après son accession au trône en 1995, l'émir du Qatar a peu à peu éclipsé les anciens poids lourds politiques du monde arabe, affaiblis par leurs crises internes ou marginalisés, dont l'Arabie saoudite, l'Irak et l'Egypte. «De petits pays, comme le Qatar, et à un moindre niveau les Emirats arabes unis, ont comblé le vide», laissé par ces grands de la région, a indiqué M.Abdallah, soulignant toutefois que le Qatar «agit dans certains dossiers avec le feu vert de l'Arabie saoudite», en perte de vitesse «en raison du vieillissement de ses dirigeants». «Doha, qui a réussi à entretenir de bonnes relations avec des individus et des groupes politiques rivaux pour s'imposer comme un acteur dans la région compte aussi sur des partenariats utiles, y compris avec son grand voisin saoudien dans le dossier syrien», a expliqué M.Chaikh. Mais Doha n'a enregistré aucune percée dans ses efforts de bons offices entre Washington et Téhéran, dont les relations sont rompues depuis les années 1980.

L’expression


Yamin Makri.Le Qatar est le pays de toutes les contradictions :

  • la plus grande base américaine y est implantée, mais les Talibans ont maintenant leur représentation dans l’émirat ;
  • c'est le pays d’Al-Jazeera, le média audiovisuel qui a le mieux couvert la seconde Intifida et le bombardement de Gaza, mais c'est aussi l'un des rares pays arabes qui a une représentation israélienne sur son sol ;
  • c'est un micro-état foncièrement pro-américain, mais c’est aussi celui qui soutient nombre de mouvements islamistes, dont le Hamas, qui y a également installé sa représentation. 

Quand on visite le Qatar, ce qui nous choque de prime abord, c'est l’extravagance consumériste et l’ultralibéralisme économique qui y règnent. L’essentiel est en réalité là. En fait, tant que les privilèges sont préservés, tant que l'appropriation des richesses au profit d’une seule caste perdure, tout le reste devient secondaire. Si l’on ne comprend pas ce préalable, on aura du mal à comprendre la logique de cet État.

Coincé entre les deux puissances régionales, l’Arabie Saoudite et l’Iran, le petit émirat a soif de rayonnement international. Le Qatar nourrit aujourd’hui l’ambition démesurée d’être reconnu comme la puissance régionale politique et diplomatique incontournable du monde arabe. Et cela pour deux raisons majeures : d’abord, satisfaire son égo insatiable, et ensuite faire en sorte que personne ne puisse remettre en cause l’appropriation des richesses de son sous-sol par la famille royale.

En acceptant l'installation de la plus grande base américaine de la région sur son sol, et en se mettant donc sous la protection US, la famille royale espère ainsi pérenniser sa mainmise sur les gisements d’hydrocarbures, tout en se protégeant des ambitions régionales de ses deux grands et très redoutés voisins.

Et l'installation de la représentation diplomatique israélienne sur le sol qatari est, bien évidemment, la condition sine qua non de la protection américaine. L'affaiblissement de la puissance financière et économique américaine constitue l'élément nouveau de cette dernière décennie. Cela bouleverse la donne dans cette région qui avait l’habitude, depuis plusieurs décennies, de vivre sous l’ordre américain.

Aujourd’hui, les États-Unis n'ont plus les moyens de leur politique hégémonique. De plus, la zone Asie-Pacifique, avec l'émergence de la Chine, devient la région clé pour l'impérialisme américain, beaucoup plus que le Moyen-Orient.

Certes, la protection des gisements d’hydrocarbures et de ses voies d’acheminement vers les pays du Nord restera un enjeu central. Mais la crise économique et financière mondiale, associée à la reconsidération des priorités stratégiques, font que les États-Unis n’ont plus les moyens d’agir directement dans cette région pour préserver leurs intérêts.

Cette situation inédite a deux conséquences pour cette région 

  1. la première est que Washington, face à ses nouvelles restrictions budgétaires, a décidé d’intervenir dorénavant à travers ses relais locaux qui, eux, ont les moyens et l'ambition de devenir des puissances régionales. 
  • Ces relais locaux sont d’abord ceux qui, historiquement, ont toujours été présents dans cette région : au premier plan, les deux anciennes puissances coloniales, la France et la Grande-Bretagne (puissance militaire et technologique), sans oublier la fidèle héritière de l’empire ottoman, la Turquie, nouvelle puissance économique et militaire.
  • Le Qatar, diplomatiquement et médiatiquement très présent, espère aussi être reconnu comme une nouvelle puissance régionale. Il aspire à devenir un de ces relais de la puissance américaine, qui aura l’avantage d’être le seul à appartenir à la « nation arabe ». 
  • Fait important, ces pays (France, Grande-Bretagne, Turquie et Qatar), qui sont déjà des acteurs influents dans l’évolution des révolutions arabes, sont tous membres de l’OTAN ou hébergent d’importantes bases américaines, et ont en commun d’avoir noué des relations diplomatiques et économiques avec l’État sioniste.

1.   

  1. la seconde conséquence de cette situation nouvelle est que ces relais locaux, tout en agissant pour les intérêts US, œuvrent aussi pour leurs propres intérêts. C'est, très logiquement, une « juste » rétribution qu'« autorise » le gendarme américain : 
  • ainsi, profitant des révolutions arabes, les anciennes puissances coloniales européennes (France et Grande-Bretagne) tentent de reprendre pied dans cette région, où elles espèrent devenir l’intermédiaire obligé ;
  • la Turquie, de son côté, voudrait reconquérir, à travers son dynamisme économique, son aire d’influence qui s’étendait de l’Asie centrale au Maghreb. L’État sioniste qui entretient des relations économiques florissantes avec le capitalisme turc ne fait pas exception. Business is Business ;
  • quant au Qatar, fort de sa toute nouvelle puissance financière et médiatique, il promeut une parole libre (mais évidemment orientée) reflétant toutes les tendances politiques du monde arabe, dans le but de s’imposer comme le centre d’un nouveau rayonnement panarabe.

C'est à la lumière de ce contexte qu'il faut interpréter l'action du Qatar, ainsi que son rapport avec le Shaykh Al-Qaradawi et la chaîne satellitaire Al-Jazeera. Pour comprendre le rôle du Shaykh Al-Qaradawi, il faut retracer son historique. Issu des Frères musulmans égyptiens, Shaykh Al-Qaradawi a payé très cher son opposition publique et franche à la dictature égyptienne ; il croupit, pendant toute une partie de sa vie, dans les prisons égyptiennes. Jusqu’à très récemment, tous les mouvements politiques islamiques des pays arabes, sans aucune exception, vivaient sous une terrible répression, faite de meurtres, disparitions, emprisonnements, massacres, ou encore de tortures. Et cela, dans l'indifférence de tous les médias occidentaux.

Shaykh Al-Qaradawi a toujours refusé de se taire sur le droit d'expression de tous les peuples et sur son antisionisme viscéral. Le seul pays qui a, finalement, accepté de l'accueillir tout en lui laissant sa liberté de parole fut le Qatar. Il fit même plus, il lui attribua un canal (Al-Jazeera) pour lui permettre de s’adresser à toutes les masses arabes. La quasi-totalité des dirigeants des mouvements politiques islamiques en exil, ou subissant la répression, lui emboîtèrent le pas. Contournant la censure exercée par toutes les dictatures arabes, ils purent, à travers Al-Jazeera, exprimer leur point de vue et en débattre avec les autres mouvements d’opposition arabes.

Ainsi, à travers Al-Jazeera et le rayonnement du Shaykh Al-Qaradawi, le Qatar a obtenu ce qu'il voulait : être une puissance médiatique incontournable dans cette région. Grâce au  Qatar, le Shaykh Al-Qaradawi et beaucoup de mouvements islamiques réprimés ont obtenu en retour le droit de s'exprimer et de débattre publiquement. Ce qui était irréalisable et inespéré  dans leur propre pays, et cela depuis plusieurs décennies.

Aujourd’hui, le Qatar compte bien tirer ses dividendes de sa politique d’ouverture, audacieuse à l’époque, vis-à-vis des mouvements politiques islamiques. L’émirat s’implique, désormais, directement dans les révolutions arabes, financièrement, médiatiquement, diplomatiquement et même militairement, si cela doit s’avérer nécessaire. Pour cela, l’émir du Qatar en personne n’a pas hésité à  reprendre en main la chaîne Al-Jazeera. La direction a été remaniée pour qu’elle réponde plus fidèlement aux orientations politiques du pays.

Si la situation du monde arabe n’était pas aussi dramatique, on pourrait sourire de ce petit émirat royal qui soutient les soulèvements populaires et donne des leçons de démocratie, alors que l’émir lui-même est arrivé au pouvoir en destituant son propre père.

Du Nord ou du Sud, musulman ou non, nous n’oublierons jamais ce qui rassemble ces États (France, Grande-Bretagne, Turquie, Qatar) qui se posent aujourd’hui en modèle pour les peuples arabes :

  • un assujettissement à l’ordre US, responsable de toutes les guerres impériales menées dans la région ;
  • des relations normalisées avec l’État sioniste, seule idéologie d’Etat ouvertement raciste du XXIè siècle ;
  • une intégration à un système économique mondial, capitaliste et ultra-libéral, responsable de la pire des catastrophes humaines, spirituelle et écologique (1 milliard de sous-alimentés, inégalités croissantes, consumérisme, réchauffement climatique…).

Dépasser l’impérialisme américain, combattre l’idéologie raciste que représente le sionisme, s'affranchir du modèle consumériste occidental et de sa logique capitaliste, requièrent la mise en place d’un projet alternatif de société pour les pays arabes.

Le chemin sera certainement long et difficile. Par contre, ce qui est déjà clair aujourd’hui, c’est que ni la France avec ses philosophies des Lumières qu’elle renie au quotidien, ni la Turquie avec son orientation islamo-libérale qui trahit l’essence de notre foi musulmane, ni les pétrodollars d’un Qatar consumériste et égoïste, ne sont un exemple pour tous les peuples qui aspirent à se libérer.
Et seul Dieu est Savant de toutes choses.

Yamin Makri.

L'auteur est marié et père de quatre enfants. Né en France, c'est dans ce pays qu'il effectue toute sa scolarité. Il conclut son parcours universitaire en 1987 par un diplôme de chirurgien-dentiste, puis ar un master en informatique de gestion

http://www.resistance-politique.fr/


Dominique Lagarde : Le Qatar est-il la nouvelle voix arabe ?

Comment ce petit émirat est-il parvenu à devenir la nouvelle voix arabe et à s'imposer sur la scène diplomatique de la région? Voici quelques pistes.

C'était à la mi-janvier. Interviewé par la chaîne américaine CBS, l'émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, évoquait pour la première fois l'envoi éventuel de troupes arabes en Syrie afin de mettre un terme aux violences. Un ballon d'essai, sans doute.

Quelques jours plus tard, la Ligue arabe, dont le Qatar assure jusqu'en mars la présidence tournante, invitait le président syrien, Bachar el-Assad, à céder l'essentiel de ses prérogatives à son vice-président, à charge pour ce dernier de nommer un gouvernement d'union nationale afin de préparer des élections. Et, le 31 janvier, le Premier ministre qatari en personne, Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, qui est également le cousin, l'éminence grise et le plus proche conseiller de l'émir, exhortait le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies à adopter le plan arabe de sortie de crise.

Aux avant-postes dans la crise syrienne, les deux hommes sont aussi très actifs sur d'autres fronts: le 6 février, le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le patron du Hamas, Khaled Mechaal, signaient à Doha, capitale du Qatar, une déclaration solennelle dans laquelle ils s'engageaient à appliquer enfin un accord de réconciliation, en souffrance depuis des mois. Le lendemain, l'émir qatari recevait le Premier ministre pakistanais, Youssouf Raza Gilani, une visite liée à la récente ouverture d'un bureau à Doha par les talibans afghans et à l'amorce de pourparlers entre ces représentants du mollah Omar et les Américains.

Qu'est-ce qui fait courir l'émir du Qatar ? Comment ce petit État, de la taille de la Corse, est-il aujourd'hui devenu le centre de gravité de la diplomatie arabe? Au commencement était Al-Jazira... Inaugurée en novembre 1996 avec le soutien de l'émir, quelques mois après son accession au trône, la chaîne de télévision arabophone donne la parole aux opposants de tous bords, y compris aux islamistes, relaie les émotions de la rue arabe, effraie les potentats et devient vite pour le petit État un formidable instrument d'influence. La "marque" Qatar est lancée.

"Stratégie de marketing"

La politologue Fatiha Dazi-Heni, qui participait le 8 février dernier à un colloque à l'Institut français des relations internationales, évoque une "stratégie de marketing". La diplomatie serait, selon elle, un "créneau" qui va permettre à l'émirat d'exister indépendamment de ses grands voisins - à commencer par l'Arabie saoudite. Au Yémen, dans la Corne de l'Afrique, mais aussi au Soudan, le Qatar multiplie, il est vrai, les offres de médiation. En 2008, il réussit à convaincre les partis libanais de se mettre d'accord sur l'élection d'un président de la République. Une intrusion dans la chasse gardée saoudienne...

En 2011, avec les printemps arabes, le Qatar abandonne son rôle de médiateur. Il décide de choisir son camp, celui des révolutions. L'émir et son conseiller sont convaincus qu'il s'agit d'une lame de fond et qu'il vaut mieux être du bon côté de l'Histoire. D'autant qu'ils ont dans leur jeu de sérieux atouts: la chaîne Al-Jazira bien sûr, mais aussi les liens établis de longue date avec des opposants, tenants pour la plupart de cet islam politique conservateur qui s'impose un peu partout dans le sillage des soulèvements. Le prêcheur égyptien Youssef al-Qardaoui, Ali Salabi, futur leader de la rébellion libyenne, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, ou encore le fondateur du Front islamique du salut algérien, Abassi Madani, ont tous trouvé refuge à Doha. Le leader du mouvement tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi, y a souvent été invité.

En Libye, après avoir obtenu de la Ligue arabe qu'elle apporte sa caution - décisive du point de vue des Occidentaux - à l'intervention contre le régime de Kadhafi, l'émirat participe directement aux opérations. Avec quelques avions, mais surtout en fournissant aux combattants libyens de l'argent - qui servira à retourner les tribus -, des armes et des instructeurs. C'est une première, dont on se félicite à Washington, Paris et Londres. Les Occidentaux savent qu'une approche diplomatique des printemps arabes qui ne serait pas élaborée avec des partenaires moyen-orientaux et appuyée par eux, serait vouée à l'échec. Dans ce contexte, l'émirat devient un acteur incontournable. D'autant plus qu'il comble un vide, à un moment où les deux poids lourds de la scène arabe regardent ailleurs: l'Egypte est plongée dans une instabilité postrévolutionnaire et l'Arabie saoudite, gouvernée par des gérontes, attend l'avènement d'une nouvelle génération.

Le cas syrien complique les choses

Les choses se compliquent, cependant, avec la crise syrienne. Désavouer Bachar el-Assad, qui fut longtemps le protégé de l'émir, ne va pas de soi. Par ailleurs, le Qatar n'a jamais participé à l'axe sunnite constitué par l'Arabie saoudite, la Jordanie et l'Egypte, qui s'est donnée pour priorité de contrer l'influence régionale de l'Iran chiite, notamment en sortant la Syrie de l'orbite de Téhéran.
L'émirat au contraire a choisi la carte du dialogue avec l'Iran et ses alliés. Il a aidé le Hezbollah libanais à reconstruire le sud du Liban après la guerre de 2006, oeuvré en 2007 au rapprochement entre Paris et Damas lorsque Nicolas Sarkozy a souhaité renouer avec Bachar el-Assad. Un positionnement dicté à la fois par le désir d'indépendance des Qataris vis-à-vis de Riyad et par un souci de réalisme économique: le Qatar partage avec l'Iran, dans les eaux du Golfe, le North Dome (le plus grand gisement de gaz naturel du monde) et n'a donc aucun intérêt à se fâcher avec la République islamique. Au printemps 2011, lorsque la contestation s'amorce en Syrie, l'émirat paraît hésiter. La chaîne Al-Jazira, qui avait auparavant pris immédiatement le parti des opposants tunisiens et égyptiens, est loin de se montrer aussi enthousiaste.

En finir avec Bachar el-Assad

Les choses auraient basculé à la suite d'une visite à Damas, fin juin, du cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Venu plaider pour des réformes politiques, il n'aurait pas apprécié de se voir opposer une fin de non-recevoir par le président syrien. Selon plusieurs observateurs, l'émotion des journalistes d'Al-Jazira face à l'ampleur de la répression aurait, en outre, dans ce cas précis, pesé sur le positionnement de l'émirat. "La diplomatie du Qatar est devenue presque prisonnière de la chaîne", affirme ainsi Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève.

Le revirement semble aussi lié à un recentrage des relations du Qatar avec ses deux grands voisins: une prise de distance vis-à-vis de l'Iran, qui l'accuse de pomper trop de gaz dans le gisement commun et un rapprochement avec l'Arabie saoudite, dont l'intervention à Bahreïn n'a fait l'objet d'aucune critique à Doha. Aujourd'hui, l'émir paraît décidé à en finir avec Bachar el-Assad. Reste à savoir comment. Le 12 février, la Ligue arabe en appelait à l'envoi d'une force composée de Casque bleus et de troupes arabes.

Dominique Lagarde, L'Express 

Un État richissime

D'une superficie de 11 437 kilomètres carrés, l'émirat compte 1,7 million d'habitants, mais 250 000 nationaux, selon l'estimation la plus courante. Son PIB par habitant - 96 000 dollars d'après le FMI - est le plus élevé du monde. Troisième producteur mondial de gaz naturel (derrière la Russie et l'Iran) et premier exportateur de gaz liquéfié de la planète, le Qatar possède depuis 2005 un fonds souverain dont le capital actuel est estimé à plus 100 milliards de dollars.

« Ce texte n’engage que l’auteur, mais la description qu’il nous fait de l’attitude ambiguë du Qatar servant en réalité les seuls intérêts américano-sionistes nous semble particulièrement crédible ».

Le comité rédactionnel de Résistance


Georges STANECHY : Qatar : L’Hyper puissance…

 « La chétive Pécore s’enfla si bien qu’elle creva » - La Fontaine (1)

Un confetti

Qatar…

Excroissance côtière du Golfe Persique, péninsule de 160 km de longueur face à l’île de Bahreïn, confetti géographique frontalier de l’Arabie saoudite, couvrant 11.437 km2. Superficie, à 10% près, similaire à celle du département français de la Gironde.

En population, l’équivalent d’un autre département celui des Vosges : 400.000 habitants ou nationaux. Car le chiffre de sa population globale, approchant les 2 millions (2), est composé pour les 4/5° de “non nationaux”, travailleurs immigrés venant d’Inde, du Pakistan, du Bengladesh, des Philippines, du Sri Lanka, et d’autres pays arabes. L’essentiel des postes de direction du pays étant monopolisés par des expatriés, essentiellement, anglo-saxons.

Habile à s’entourer des meilleurs spécialistes en communication et en image, le Qatar est mondialement courtisé pour ses largesses. Inondant à profusion médias, milieux académiques, sportifs et artistiques. Achetant des clubs sportifs comme des petits pains, même des bateaux de courses avec leur équipage (3). Accueillant les Jeux Asiatiques en 2006, promoteur de nombreux évènements sportifs généreusement dotés : moto, tennis, tennis de table, golf, cyclisme, etc.

Tant et si bien que le Qatar sera, en 2015, l’hôte de la coupe du monde de handball. Jusqu’à la FIFA, renommée pour sa “rigueur éthique”, qui l’a choisi comme organisateur de la coupe du monde de football, en 2022 !...

Son meilleur “coup de pub”, celui qui a fait connaître ce pays, a été la création de la chaîne télévisée à diffusion internationale Al-Jazeera, en 1996. Avec, au démarrage, une excellente équipe de BBC Arabic Television qui venait d’être licenciée pour ne pas respecter la ligne éditoriale exigée par le gouvernement britannique. Emettant à partir de 1998 en continu, en arabe puis aussi en anglais, elle était célèbre pour sa liberté de ton par rapport aux autres télévisions de la région. Seul bémol, évidemment : éviter de parler de la politique intérieure et extérieure du Qatar.

Dans un surprenant revirement la fragile indépendance d’Al-Jazeera a, toutefois, fondu comme neige au soleil lors du « Printemps Arabe ». Ses meilleurs éléments l’ont quittée devant l’obligation de s’aligner scrupuleusement sur la propagande de l’Empire, imposant la diabolisation de ses futures proies au Moyen-Orient.

A présent, rabaissée au niveau des autres chaînes arabes, notamment saoudiennes, spécialisées dans la glorification des tyrans locaux adoubés par l’Occident et la désinformation, allant jusqu’à des mises en scène en studio et des faux témoignages interprétés par acteurs et figurants. (4)

Ce Micro-Etat, par ses postures et mises en scène médiatiques, se revendique à présent en ’hyperpuissance’, financière et militaire. Lors de la récente opération de ’démocratisation’ en Lybie, nos journalistes ne cessaient de s’extasier devant son impressionnante présence armée, éclipsant pratiquement les corps expéditionnaires coloniaux de la Grande-Bretagne et de la France : forces aériennes, forces spéciales, instructeurs, aviation de transport ravitaillant les rebelles en armes et munitions, etc.

Nous savons que les soldats du Vatican ont, par tradition, la nationalité suisse. Mais, quelles étaient, quelles sont, les authentiques nationalités des hyperactifs porteurs d’uniforme qatari ?... Question que journaliste et « expert » du Moyen-Orient ne doivent surtout jamais formuler…

Le chef de cet “Etat” est un émir : Hamad bin Khalifa Al-Thani. Son “gouvernement” est dirigé par un premier ministre, Hamad bin Jassim Al-Thani. Oui, tout se passe en famille. Cette autocratie ubuesque est, en effet, un clan familial gérant le pays comme s’il s’agissait de sa ferme, ou de son patrimoine personnel. Ce qui n’empêche pas, comme dans toute féodalité, des règlements de compte réguliers entre pères et fils, frères et cousins…

D’après le classement et les estimations du magazine américain Forbes, publié en juillet 2010, la fortune personnelle de l’émir était estimée à 2,4 milliards de dollars. Possédant un des yachts privés les plus grands du monde (Al-Mirqab, 133 mètres…), résidences somptueuses et chapelet de palaces sur les principales places financières de la planète (5). Ce montant est évidemment à multiplier, au minimum par dix, du fait des insondables astuces et artifices comptables, mettant en jeu la nébuleuse des ascendants, descendants, collatéraux, fondations, holdings, cascades de sociétés-écrans et paradis fiscaux.

Aucune élection (6). Aucun parti politique. Aucun syndicat. Aucune presse indépendante. Aucun opposant. Aucun dissident. A l’exemple des autres pétromonarchies du Golfe Persique.

L’incarnation du rêve ploutocratique…

Bizarre.

D’ordinaire en proie aux plus ravageuses hystéries « droits-de-l’hommiste », nos vestales médiatiques et politiciennes, gardiennes des “valeurs républicaines”, se révèlent étrangement silencieuses devant ce déni des libertés élémentaires, fondement de la dignité de tout citoyen. (7) Jamais ne sera évoqué le commencement d’une allusion à l’impérieuse et urgente nécessité d’un « changement de régime » !

Tétanisées, probablement, par la vision féérique de cette caverne d’Ali Baba. Croulant sous les excédents financiers à ne pas savoir qu’en faire, d’autant plus qu’il lui est interdit par son suzerain de les réinvestir dans les pays de la région non producteurs d’hydrocarbures, le Qatar peut tout acheter.

Avec autant d’efficacité, de rapidité, de récurrence, que luxe, faste, caprices, armes et mercenaires, starlettes et sportifs, l’argent n’achète-t-il pas les consciences ?...

Sur une bombonne de gaz

Richissime producteur de pétrole mais, avant tout, troisième producteur mondial de gaz naturel après la Russie et l’Iran, le Qatar est, actuellement, le premier exportateur de gaz liquéfié. Le hasard de son positionnement géographique dans le Golfe Persique octroie au Qatar, sous ses eaux territoriales, une des plus grandes réserves de gaz de la planète : le fameux gisementNorth Dome Field (6000 km2), mitoyen du South Pars (3700 km2) relevant des eaux territoriales de l’Iran.

Curieux destin que cette entité lilliputienne. Pendant des siècles, noyée dans les immenses territoires de la Perse. Stérile, désertique, seuls subsistant de petits villages côtiers vivant de la pêche, du commerce ou, suivant les saisons, de la contrebande et de la piraterie. La seule importance que lui ont trouvée les Portugais, lors de leurs explorations et implantations de comptoirs au XVI° siècle, était son eau potable. Vitale pour les équipages de leurs voiliers. Expliquant leur présence pendant une vingtaine d’années, de 1517 à 1538. Avant d’en être chassés par l’expansion de l’Empire Ottoman.

Profitant de son affaiblissement, au XIX° siècle, les britanniques ont imposé leur protectorat sur la région. Organisant la sécession du Qatar, rattaché alors à Bahreïn, en 1867 en application du dogme de la prédation coloniale : ’diviser pour régner’. Créant un émirat, bombardant comme premier « émir » le plus riche commerçant du coin avec qui ils étaient en affaires, un certain : Al-Thani…

Renforçant leur emprise dès la chute de l’Empire Ottoman à la suite de la première guerre mondiale et, surtout, devant la découverte des hydrocarbures. L’indépendance du Qatar en 1971 n’étant qu’une couverture pour un protectorat de l’Empire administré, de fait, par les compagnies pétrolières anglo-saxonnes. C’est le Qatar qui servit de Quartier Général des forces US lors de l’invasion et la destruction de l’Irak. Elles y détiennent une de leurs plus grandes bases aériennes hors de leur territoire : Al-Eideïd.

La France n’est pas en reste. Nos gouvernements, tous partis confondus, ne savent que faire pour complaire à ces despotes. Ouvrant une base navale, accordant, entre autres faveurs, des privilèges fiscaux inimaginables.

Rappelons quelques termes de la Convention fiscale du 4 décembre 1990 avec le Qatar (8), sous couvert d’éviter les doubles impositions, notamment (9) :

=> art. 9.1. Les revenus de créances provenant d’un Etat et payés à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat.

=> art.10.1. Les redevances provenant d’un Etat et payées à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat.

=> art. 19.2. Les personnes physiques qui sont des résidents du Qatar et qui disposent d’une ou plusieurs habitations pour leur usage privé en France sans y avoir leur domicile fiscal au sens de la législation française sont exonérées de l’impôt sur le revenu établi sur la base de la valeur locative de cette ou de ces habitations.

L’avenant du 14 janvier 2008, entré en vigueur le 23 avril 2009, est encore plus croustillant. Extraits :

=> art. 3.1. Les dividendes payés par une société qui est un résident d’un Etat à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat si la personne qui reçoit ces dividendes en est le bénéficiaire effectif.

=> art. 3.5. Lorsqu’une société qui est un résident d’un Etat tire des bénéfices ou des revenus de l’autre Etat, cet autre Etat ne peut percevoir aucun impôt sur les dividendes payés par la société […]

=> art. 3.6. Une société qui est un résident de l’Etat du Qatar et qui est imposable en France selon les dispositions des articles 5, 6 ou 11 n’est pas passible en France de la retenue à la source sur les revenus réputés distribués […]

Véritable légalisation de « l’évasion fiscale », permettant à nos gouvernants de se lamenter sur le « vide » des caisses de la France…

L’Occident protège, encourage ces pétromonarchies, ploutocraties baignant dans la gabegie et l’irresponsabilité, aussi indécentes que stupides. Se croyant tout permis devant une telle complaisance, elles se permettent depuis peu de donner des leçons de « démocratie » et de « droits de l’homme » à certains de leurs voisins. Le Qatar se distinguant, tout particulièrement, dans ce nouveau jeu de rôle en décuplant déclarations fracassantes, agitations diplomatiques, organisations de sommets.

D’abord, pour participer à la destruction de la Lybie afin de libérer le pays d’une “infâme dictature”. Ensuite, ne cessant de fustiger le gouvernement syrien, d’y attiser la guerre civile, sommant son chef d’Etat de quitter immédiatement ses fonctions. Dernièrement, souhaitant que des troupes envahissent la Syrie. Rêvant, peut-être ou sûrement, de doubler, tripler son pactole, en bénéficiant de l’embargo imposé par l’Empire sur le pétrole et le gaz iraniens, dans la multiplication des contrats de substitution…

Alors que depuis de nombreux mois, l’île de Bahreïn au large de ses côtes est à feu et à sang. Le peuple ne veut plus endurer la tyrannie de leur émir Al-Khalifa et de sa famille. L’atroce répression de cette courageuse révolte populaire sur fond de fusillades, tortures, enlèvements, disparitions, s’effectue par des troupes saoudiennes et des mercenaires. Toute la région côtière saoudienne du Golfe Persique notamment à Qatif est, elle aussi, en révolte contre la tyrannie des Saoud.

Mais, solidarité ’pétromonarchique’ oblige : le Qatar se tait. Aussi hermétiquement que notre propagande médiatique.

Jusqu’à quand pareille imposture ? Question de temps, de hasard ou de nécessité…

Comme les autres aberrations territoriales héritées de la colonisation occidentale dans la région, cette satrapie impériale de carton-pâte sera balayée par les vents de l’Histoire.

Ou, telle la grenouille de la fable de La Fontaine explosant dans son fantasme bovin, emportée par le souffle des prochains champignons atomiques que nous promettent les fous de guerre qui nous gouvernent…

Georges STANECHY

(1) Fable : La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf

(2) Chiffre officiel de la population, nationaux et non nationaux, pour 2010 : 1 696 563 habitants.

(3) La navigatrice britannique Tracy Edwards a empoché 55 millions d’euros, en 2005, pour enregistrer son bateau dans ce pays et le baptiser “Qatar”.

(4) A titre d’exemple, voir le document Wikistrike du 14 décembre 2011 : Al-Jazeera pris en flagrant délit de faux reportages !, http://www.wikistrike.com/article-al-jazeera-pris-en-flagrant-delit-de-faux-reportages-92420183.html

(5) Parmi ses actifs en France : Le Royal Monceau et la résidence Lambert (hôtel particulier) à Paris, ou encore une luxueuse propriété à Mougins. Propriétaire du Manhattan Palace à New-York, etc.

(6) Pour la forme ou le folklore, mentionnons des « élections » de conseils communaux sur des listes soigneusement filtrées par le pouvoir, depuis 1999. Et, celle d’un « conseil consultatif », faisant office de « parlement » de 45 membres, dont 15 sont nommés directement par l’émir. Tout cela à titre « consultatif » et, bien entendu, sans parti politique, ni critique autorisée de la gestion du pays sur le mode de la “cassette personnelle” ou, encore moins, de la « politique étrangère » du clan Al-Thani.

(7) Pour le “fun”, souvenons-nous des attaques d’apoplexie de Daniel Cohn-Bendit hurlant sa rage antichinoise au parlement européen la veille des Jeux Olympiques de Pékin. Ou, encore sur le même thème, les séances d’incantation antichinoise organisées par la célèbre ONG : Reporters Sans Frontières. Affublés de leurs T-shirts de boycott des Jeux…

(8) Convention du 4 décembre 1990, signée par Cheikh Mohamed Bin Khalifa Al-Thani, Secrétaire d’Etat aux finances et au pétrole, et Michel Charasse, Ministre délégué chargé du budget

(9) Textes téléchargeables : Convention signée à Paris le 4 décembre 1990

(http://www.impots.gouv.fr/portal/deploiement/p1/fichedescrip...), et, Avenant à la Convention avec le Qatar du 14/01/2008 – en vigueur au 23/04/2009 (http://www.toutsurlesimpots.com/convention-fiscale-france-qa...

Georges STANECHY

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Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Le Qatar achète la démission du général al-Dabi.

Selon le «Réseau Voltaire», la démission du général al-Dabi de la tête des observateurs arabes en Syrie aurait été suscitée par le Qatar.

Le général soudanais al-Dabi, considéré il y a peu comme le négociateur de la paix au Darfour, a fait l'objet d'une campagne internationale de calomnie après que les premiers rapports quotidiens des observateurs de la Ligue arabe ont montré que sa Mission ne validerait pas la version atlantiste des événements en Syrie. Cependant, Mohammed Ahmed Mustafa al-Dabi a tenu bon face aux multiples pressions et, après un mois d'enquête, a rendu un rapport de synthèse, selon lequel les forces de sécurité syriennes n'ont jamais tiré sur des manifestations pacifiques de l'opposition (Rapport dont l'Expression a publié de larges extraits, Ndlr). Alors qu'est envisagé de former une nouvelle Mission d'observation, cette fois conjointe à la Ligue arabe et aux Nations Unies, le Qatar a multiplié les démarches auprès du général al-Dabi pour qu'il donne sa démission et laisse la place à une personnalité plus accommodante. Sheikh Hamad bin Jassim, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, lui a d'abord proposé une indemnité pour se retirer. Le général a refusé.
L'émir lui a alors déclaré par téléphone que tout homme a un prix et qu'il lui appartenait de fixer le sien, puis il lui a envoyé un chèque sans montant en lui demandant d'écrire lui-même la somme. Nouveau refus du général. En définitive, le Qatar s'est adressé au président soudanais Omar El Bechir. L'émirat wahhabite a accordé un don au Soudan - un des États les plus pauvres du monde - en échange du retrait du général al-Dabi. Après le versement de 2 milliards de dollars, le président soudanais a rappelé le général à Khartoum. La Ligue arabe dispose d'une présidence tournante, exercée à tour de rôle par chacun des 22 États membres. En 2011, le Qatar avait convaincu l'Autorité palestinienne de lui céder son tour de présidence en échange d'un don de 400 millions de dollars, avait révélé à cette époque le Réseau Voltaire.

http://www.lexpressiondz.com/internationale/148375-le-qatar-achete-la-demission-du-general-al-dabi.html


1-2 Sarkofrance : Sarkozy : l’argent et l’argent du Qatar.

Samedi 11 février, le journaliste Denis Jeambar est revenu, dans l'hebdomadaire Marianne, sur le rôle central de Nicolas Sarkozy dans les investissements qataris en France.
En 2011, le Qatar a fait parler de lui. L'émirat n'intéressait jusqu'à lors que les gazettes diplomatiques. On avait pu voir Nicolas Sarkozy s'y promener ou recevoir l'émir Al-Thani ou son fils sur le perron de l'Elysée. Mais l'an dernier, l'opération a changé de dimension. Et il fallut quelques mois pour comprendre que Nicolas Sarkozy y a joué un rôle central.


1. En début d'année, le président français apporta un soutien appuyé à la candidature qatari pour l'organisation de la Coupe de Monde de football en 2022. Quelques observateurs français notèrent plus tard que de gros contrats de construction avaient été confié à des entreprises françaises. Fin 2011, le gouvernement français mettait en place un plan d'action pour aider les entreprises nationales à saisir toutes leurs chances dans ce marché de 100 milliards d'euros. «  c'est toute la gamme des activités, BTP, Technologies de l'information, développement durable" et autres qui est concernée  » a expliqué Pierre lellouche, le secrétaire d'Etat au commerce extérieur.

2. Au printemps, le fond d'investissement Colony Capital, cède le Paris Saint Germain au Qatar. Colony Capital est dirigé par l'un des plus proches amis de Nicolas Sarkozy, Sébastien Bazin. Selon le magazine SoFoot, ce premier achat est né d'une première rencontre avec le prince héritier du Qatar, en novembre 2010, à l'Elysée. Sébastien Bazin était présent. Peu avant, notre Monarque avait décoré de la Légion d'honneur le quatrième fils de l'émir du Qatar, le Sheikh Tamim.

3. A la même période, le Qatar emporte les droits de commercialisation TV de la Ligue 1 à l'étranger. Le 23 juin, la chaîne Al-Jazira créé la surprise en remportant deux matches de football par semaine de la Ligue 1 française, à compter de la saison prochaine, pour 90 millions d'euros annuels. Début 2012, elle complète son acquisition en raflant les droits de retransmission de 6 matches supplémentaires.

Pour Marianne, Denis Jeambar explique : «  c'est aussi avec l'accord explicite de Nicolas Sarkozy que la chaîne qatarie Al-Jazira a pris le contrôle de l'exploitation des droits de retransmission du football en France. Le président a cautionné cette opération, en sachant qu'elle portait atteinte à Canal+, la chaîne majeure du foot. Car, irrité par Canal, le chef de l'Etat n'adresse plus la parole à ses dirigeants. »

4. En février 2012, on apprend qu'Al Jazira Sports aurait également raflé les droits de retransmission TV pour la France des championnats d'Europe 2012 et 2016. Un nouveau cataclysme.

5. A la fin de 2010, Anne Lauvergeon a résisté à l'arrivée du Qatar au capital d'Areva qu'elle présidait alors. Elle a été débarquée en juillet dernier. Dans le Monde daté du 10 février, elle accuse explicitement ses adversaires : « J'ai catalysé la foudre divine. (...) Elle était menée par Claude Guéant, relayée par François Roussely, banquier conseil des Qataris et d'EDF, et chargé fin 2009 par le chef de l'Etat d'une mission pour restructuration de la filière nucléaire, et par Henri Proglio. J'ai dérangé des intérêts de toute nature, des réseaux et des intermédiaires dont je ne soupçonnais pas l'existence il y a quelques années. »

6. Fin septembre 2011, le Monde révélait que le Qatar pourrait prendre une participation minoritaire de BNP Paribas. La banque a depuis démenti.

7. En décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'était discrètement rendu à Marrakech pour y retrouver l'émir Hamed Ben Khalifa El Thani, « une visite privée » expliquait un journal marocain.

8. Le 8 décembre 2011, le Qatar a annoncé la création d'un fond d'investissement de 50 millions d'euros pour doter l'Association Nationale des élus locaux pour la diversité (ANELD). L'ANELD a été créée et est présidée par Kamel Hamza, un soutien de Nicolas Sarkozy, ancien attaché parlementaire d'Eric Raoult, le maire UMP du Rancy. Il s'agirait de favoriser le développement des banlieues.

Cet activisme pro-qatari est aussi un échange de bons procédés. A Doha, de gros contrats commerciaux ont été confiés à des entreprises françaises. Lors de la guerre en Libye, l'intervention militaire souvent clandestine des forces qataries a été décisive.

 Source : Sarkofrance 



2  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Réseau Voltaire : François Hollande négocie avec l’émir de Qatar.

L’ancien Premier ministre ministre français, Laurent Fabius, est attendu vendredi 3 février 2012 à Doha (Qatar), en qualité d’envoyé spécial du candidat socialiste à l’élection présidentielle, François Hollande. Il sera reçu par l’émir Hamad ben Khalifa al-Thani. L’entretien portera sur la position de François Hollande face à la guerre contre la Syrie et sur le possible soutien de l’émir au candidat socialiste.

L’émir Hamad avait déjà noué des liens étroits avec Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni –à laquelle il ne manque jamais une occasion de prêter un avion privé–, ainsi qu’avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand –qui l’ont aidé à obtenir des dérogations pour aménager l’hôtel Lambert (Île Saint-Louis) acquis à la famille Rothschild–.

L’émir Hamad multiplie les investissements en France. Après avoir placé à son service de hautes personnalités, comme l’avocat d’affaire et ex-Premier ministre Dominique de Villepin, il a acheté des parts dans les médias (groupe Lagardère) et dans un club de football (le Paris Saint-Germain). Il a par ailleurs annoncé, le 9 décembre 2011, la création d’un fonds de 50 millions d’euros destiné à de jeunes leaders issus des quartiers français « en difficulté ».

En rivalité avec l’Arabie saoudite, l’émirat wahhabite est devenu le principal financier d’Al-Qaeda et des Frères musulmans. L’émirat a engagé 5 000 mercenaires pour composer des Forces spéciales qui ont combattu au sol en Libye, en violation de la résolution de l’ONU. Il a depuis transféré ces troupes en Syrie, ainsi qu’environ 1 500 membres d’Al-Qaeda en Libye sous le commandement d’Abdelhakim Belhaj, pour constituer l’Armée syrienne libre à laquelle se sont joints quelques centaines de déserteurs syriens. Pour terroriser les populations, les combattants d’Al-Qaeda se sont caractérisés par le recours à des crimes spectaculaires (ils égorgent les hommes ou leur coupent les membres, tandis qu’ils coupent les seins des femmes, parfois ils écorchent les corps).

L’émir Hamad est propriétaire de la chaîne satellitaire Al-Jazeera qui s’est récemment caractérisée par la diffusion de fausses images d’actualité –en réalité des images de fiction tournées en studio– ; une propagande de guerre destinée à servir ses ambitions en Libye et en Syrie. Le groupe Al-Jazeera entend s’implanter progressivement en France avec le prochain lancement d’Al-Jazeera Sports.

En 2006 déjà, François Hollande déclarait que la diplomatie du « Qatar va plutôt dans le sens de la stabilité et de la recherche de la paix ».

Réseau Voltaire |

31 janvier 2012


Haut du formulaire

http://www.voltairenet.org/Francois-Hollande-negocie-avec-l


2-2 Sarkozy, petit télégraphiste du Qatar. Toujours au service de l'étranger

En 2011, le Qatar a fait parler de lui. L'émirat n'intéressait jusqu'à lors que les gazettes diplomatiques. On avait pu voir Nicolas Sarkozy s'y promener ou recevoir l'émir Al-Thani ou son fils sur le perron de l'Elysée. Mais l'an dernier, l'opération a changé de dimension. Et il fallut quelques mois pour comprendre que Nicolas Sarkozy y a joué un rôle central.
1. En début d'année, le président français apporta un soutien appuyé à la candidature qatari pour l'organisation de la Coupe de Monde de football en 2022. Quelques observateurs français notèrent plus tard que de gros contrats de construction avaient été confié à des entreprises françaises. Fin 2011, le gouvernement français mettait en place un plan d'action pour aider les entreprises nationales à saisir toutes leurs chances dans ce marché de 100 milliards d'euros. « c'est toute la gamme des activités, BTP, Technologies de l'information, développement durable" et autres qui est concernée » a expliqué Pierre lellouche, le secrétaire d'Etat au commerce extérieur.

2. Au printemps, le fond d'investissement Colony Capital, cède le Paris Saint Germain au Qatar. Colony Capital est dirigé par l'un des plus proches amis de Nicolas Sarkozy, Sébastien Bazin. Selon le magazine SoFoot, ce premier achat est né d'une première rencontre avec le prince héritier du Qatar, en novembre 2010, à l'Elysée. Sébastien Bazin était présent. Peu avant, notre Monarque avait décoré de la Légion d'honneur le quatrième fils de l'émir du Qatar, le Sheikh Tamim.

3. A la même période, le Qatar emporte les droits de commercialisation TV de la Ligue 1 à l'étranger. Le 23 juin, la chaîne Al-Jazira créé la surprise en remportant deux matches de football par semaine de la Ligue 1 française, à compter de la saison prochaine, pour 90 millions d'euros annuels. Début 2012, elle complète son acquisition en raflant les droits de retransmission de 6 matches supplémentaires.

Pour Marianne, Denis Jeambar explique: « c'est aussi avec l'accord explicite de Nicolas Sarkozy que la chaîne qatarie Al-Jazira a pris le contrôle de l'exploitation des droits de retransmission du football en France. Le président a cautionné cette opération, en sachant qu'elle portait atteinte à Canal+, la chaîne majeure du foot. Car, irrité par Canal, le chef de l'Etat n'adresse plus la parole à ses dirigeants.»

4. En février 2012, on apprend qu'Al Jazira Sports aurait également raflé les droits de retransmission TV pour la France des championnats d'Europe 2012 et 2016. Un nouveau cataclysme.

5. A la fin de 2010, Anne Lauvergeon a résisté à l'arrivée du Qatar au capital d'Areva qu'elle présidait alors. Elle a été débarquée en juillet dernier. Dans le Monde daté du 10 février, elle accuse explicitement ses adversaires: « J'ai catalysé la foudre divine. (...) Elle était menée par Claude Guéant, relayée par François Roussely, banquier conseil des Qataris et d'EDF, et chargé fin 2009 par le chef de l'Etat d'une mission pour restructuration de la filière nucléaire, et par Henri Proglio. J'ai dérangé des intérêts de toute nature, des réseaux et des intermédiaires dont je ne soupçonnais pas l'existence il y a quelques années.»

6. Fin septembre 2011, le Monde révélait que le Qatar pourrait prendre une participation minoritaire de BNP Paribas.

7. En décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'était discrètement rendu à Marrakech pour y retrouver l'émir Hamed Ben Khalifa El Thani, « une visite privée » expliquait un journal marocain.

Cet activisme pro-qatari est aussi un échange de bons procédés. A Doha, de gros contrats commerciaux ont été confiés à des entreprises françaises. Lors de la guerre en Libye, l'intervention militaire souvent clandestine des forces qataries a été décisive.

TOUTSAUFSARKOZY

 


3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Qatar : l’ennemi d’hier l’ami d’aujourd’hui.

Nous nous rappelons tous du discours patriotique de Caesar George W. Bush le soir des attentats du 11 septembre, depuis la Maison Blanche. Pendant cette nuit très obscure, Bush s’adressa à la nation en parlant avec une certaine gravité, qui évoqua en nous le souvenir des grands patriarches bibliques :

"Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé, pour tous ceux dont le sentiment de sûreté et de sécurité a été menacé. Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : " Bien que je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi" [4]

Le soir même, après s’être adressé à la nation, deux anges seraient arrivés à la Maison Blanche et auraient pris Caesar George W. Bush par la main, en lui chuchotant à l’oreille : " Va donc, conduis le peuple où je t’ai dit. Voici, mon ange marchera devant toi, mais au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché" [5].

Quelques jours plus tard, jeudi 20 septembre, Caesar Georges W. Bush prononça un discours devant les deux chambres réunies du Congrès. Parmi les points forts de son discours, nous lisons :

"Livrer aux autorités américaines tous les dirigeants de l’organisation Al-Qaïda qui se cachent sur votre terre" [6]. "Ces demandes ne sont pas ouvertes à la négociation ou à la discussion. Les Taliban doivent agir et agir immédiatement. Ils livreront les terroristes ou bien ils partageront leur sort" [7]. "Notre guerre contre la terreur commence avc Al-Qaïda mais elle ne se termine pas là. Elle ne se terminera que lorsque chaque groupe terroriste qui peut frapper partout dans le monde aura été repéré, arrêté et vaincu" [8].

En dépit du Saint-Esprit qui eut soufflé l’audace dans la bouche de Caesar, ces déclarations historiques sont devenues d’ores et déjà copyright de l’Histoire. En effet, tous les obstacles semblent aujourd’hui levés pour que des négociations puissent commencer entre les ennemis d’hier, amis d’aujourd’hui.

Depuis l’été 2011, on entend chuchoter, dans les couloirs des puissances impérialistes, à propos de l’ouverture d’un bureau de représentation des Taliban au Qatar, comme symbole du processus de paix engagé avec le principal groupe insurgé en guerre contre l’OTAN et le gouvernement de Kaboul [9].

Certainement, cette initiative honorable de la part de l’émir du Qatar, n’aurait pas pu voir la lumière sans la bénédiction de l’Empire. Ainsi, des émissaires américains rencontrèrent seuls, "une petite dizaine de fois", des représentants résistants [10].

Cependant, cet événement n’est en aucun sens un fait isolé. Par contre, il fait partie d’un continuum de messages d’amour entre les groupes islamistes salafistes – Taliban et Frères musulmans – d’un côté, et l’Empire étatsunien – par le biais de son concessionnaire au Moyen-Orient, l’émirat du Qatar – d’un autre côté. Les premières lueurs de la nouvelle aube commencèrent en mars 2009, après que l’administration Obama eut abandonné l’expression « guerre contre le terrorisme », adoptée par son prédécesseur Bush [11].

Sur un autre plan, des responsables américains ont entamé, récemment, des négociations avec le gouvernement de Kaboul pour transférer, aux autorités afghanes, des responsables Taliban du haut rang emprisonnés au Goulag de l’Empire, à Guantanamo, depuis l’invasion de l’Afghanistan ; et cela dans l’espoir de parvenir à une trêve entre Washington et les insurgés. Des responsables américains ont déjà exprimé leur accord d’ « expédier », hors de la baie de Guantanamo, les détenus Taliban [12].

En plus, des sources de l’administration Obama ont indiqué que des détenus résistants seront libérés une fois que les insurgés auront accepté d’ouvrir un bureau au Qatar et entamé des pourparlers avec les Américains [13]. De leur côté, les Taliban ont dit qu’ils étaient prêts à aller davantage avec ces pourparlers.

Il faut noter que ces échanges romantiques du genre épistolaires entre l’Empire et les insurgés viennent après dix ans de guerre atroce [14].

Loin des affections foudroyantes entre les ennemis d’hier amis d’aujourd’hui, au cours d’une réception de la délégation de la Ligue arabe, comprenant le cheikh Hamad, à Damas le 26 Octobre dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, aurait « lutté » pour amender certains articles du texte de l’Initiative arabe, comme l’article concernant le « retrait de l’armée syrienne » ; un article considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes, qui voient impossible d’envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs. Mais le cheikh Hamad a exigé ce retrait : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! », dit-il. Ce à quoi le président syrien a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! » [15]. Pourtant, le cheikh Hamad persistait à faire croire à ses hôtes qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes [16].

Une question s’impose fortement : pourquoi cette angélisation inattendue des groupes islamistes armés - les ennemis d’hier - de la part de l’Empire et son concessionnaire au Moyen-Orient ?

http://www.legrandsoir.info/al-qaida-en-syrie-les-ambitions-imperiales-de-l-emirat-du-qatar.html


3-2 L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

L'accord signé lundi entre les deux mouvements au Qatar marque un nouveau succès pour ce petit et riche Etat du Golfe, devenu le nouveau centre de gravité de la diplomatie arabe.

«Tout indique que Doha est devenue la capitale politique du monde arabe. La diplomatie du Qatar est désormais la locomotive de l'action politique arabe, un rôle appelé à se poursuivre», a relevé l'analyste émirati Abdelkhaleq Abdallah. Le Qatar, qui ne cache pas sa sympathie, sinon son appui, aux animateurs des révoltes qui secouent depuis un an les pays du Printemps arabe, mène une diplomatie tous azimuts au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Le président palestinien et chef du Fatah Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal ont signé lundi à Doha une déclaration les engageant à appliquer un accord de réconciliation nationale, en souffrance depuis des mois. Le même jour, le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani arrivait à Doha pour des entretiens sur les efforts de paix en Afghanistan menés au Qatar où Américains et taliban ont entamé des contacts. Le Qatar, premier exportateur de gaz naturel liquéfié avec une superficie de 11.000 km2 et une population de 1,7 million d'âmes dont seulement 250.000 autochtones, joue en outre un rôle diplomatique de premier plan dans la crise syrienne, portée sans succès jusqu'ici devant le Conseil de sécurité de l'ONU. En Libye, le Qatar a été le premier pays arabe à avoir soutenu, au côté des Emirats arabes unis, ouvertement les rebelles, y compris sur le plan militaire, jusqu'à la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi.
L'émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, un proche allié des Etats-Unis qui disposent au Qatar de deux bases militaires, «a rapidement compris qu'un nouveau Proche-Orient se mettait en place et a agi dans un esprit d'initiative pour assurer la stabilité régionale», a déclaré à l'AFP le directeur du Doha Brookings Centre, Salmane Chaikh. Le Qatar a ainsi supervisé en mai 2011 un accord de paix entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle du Darfour, resté cependant sans effet, comme il avait parrainé en mai 2008 un accord interlibanais ayant mis fin à une crise politique de 18 mois et permis l'élection d'un président. Ce pays, qui a offert sa médiation dans des dossiers