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20/04/2012

n°1 - Dossier Mali - 19-04 - a1- y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali

 


n°1 - Dossier Mali - 19-04 - a1-  y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources


Dossier Mali

    n°1                              19-04 

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Mali : chronique d’une recolonisation programmée.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 : Mountaga Fané Kantéka- Entretien par Chérif Abdedaïm: ««Il y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali».

2  Dossier

2-1 Mountaga Fané Kantéka : MALI : LES « DÉMOCRATES » DE LA HONTE.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Fernent : Situation au Mali.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Comment Paris joue l'autonomie du Nord Mali.

4-2 Chems Eddine CHITOUR :" La partition du Mali : premier domino après l’effritement de la Libye".

4-3 Yoro SOW : Nord- Mali : Le MNLA n’existe que par les medias français.

 



Tiré à part :

Mali : chronique d’une recolonisation programmée.
Forum pour un Autre Mali (FORAM)

samedi 7 avril 2012, par Comité Valmy

« Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à l’intermédiation de l’hyène ».
Proverbe bamanan.

1. Le Mali dans l’ordre cynique du monde

Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la CEDEAO, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’OTAN en moins.

L‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment d’être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l’affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) vient d’être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».

L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s’est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n’ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l’honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l’inviolabilité de l’intégrité territoriale du Mali. Or, c’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu’ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d’Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l’opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l’idée d’être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l’embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

C’est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte-d’Ivoire) que l’organisation sous-régionale a pris la décision d’envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l’ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d’Etat comme une délivrance. C’est à l’aéroport d’Abidjan que les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s’exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu’à l’issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d’une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l’ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n’était pas suffisante pour certains des Chefs d’Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s’agit se traduisent en autres par :

la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,
le rappel des ambassadeurs de l’organisation pour consultation, la fermeture des frontières,
le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,
la suspension des programmes d’aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité… " Plus importants que l’aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens. La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d’Etat s’aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l’occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d’une fois, des comptes. La dégradation de la situation s’est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l’ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l’origine du soulèvement d’Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d’Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s’est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l’occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d’Etat qu’elle juge d’autant plus inacceptable qu’il survient dans l’un des « pays phare de la démocratie » à la veille d’une élection présidentielle à laquelle ATT n’était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu’ici une démocratie exemplaire.

Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

4. Quand l’ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d’ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n’en a rien été. En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d’une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d’Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :

Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d’idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s’est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d’habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l’aide au développement » et des opportunités d’affaires que le système néolibéral offre.

Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s’apprêtaient à se disputer la place d’ATT en achetant tout ce qui peut l’être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.

« Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l’illusion de l’exemplarité démocratique.

Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l’indignation des jeunes déshérités qui n’ont droit ni à une école de qualité ni à l’emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.

Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd’hui d’une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l’exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.

La société civile, dont le rôle est d’éduquer, de contrôler et d’interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C’est en évitant les sujets qui fâchent, qu’elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).

La liberté d’expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l’existence d’un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l’unique chaine de télévision nationale, l’ORTM, elle est « la voix de son maître ».

Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d’investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n’y trouve pas son compte.

5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n’est pas en danger du fait d’un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n’ont pas la moindre idée. Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l’Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l’actuel Mali), le Niger et le Tchad ». Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :
mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l’avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l’ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;

Repenser l’indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s’imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d’autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;

Privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l’occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l’achat d’armement ou de faire appel à la force d’interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;

gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d’abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu’ils planétarisent : pendant que le Mali s’enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l’or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d’être perspicaces dans l’analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;

faire du Mali un cas d’école pour la CEDEAO, dont les chefs d’Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d’être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l’ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;

rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d’assujettissement et de pillage qui sont à l’origine de l’émigration « clandestine », l’intégrisme religieux et les attentats qu’ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu’il n’appartient pas aux Chefs d’Etat de la CEDEAO d’être juges et partie en statuant sur l’état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.

La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu’à leurs électeurs.

Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l’embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l’initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.

Fait à Bamako, le 04 Avril 2012

samedi 7 avril 2012,

Comité Valmy



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

1-1  : Mountaga Fané Kantéka- Entretien tenu par Chérif Abdedaïm: ««Il y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali»

TROUBLES AU MALI : INTERVIEW DE MF KANTEKA AVEC LE QUOTIDIEN ALGERIEN '' La Nouvelle République''

Face à la nouvelle crise malienne, et la précipitation vertigineuse des événements, plusieurs questions taraudent les esprits sur ce nouveau conflit et ses enjeux. Coup du sort, le Mali fait l’objet déjà de toutes sortes de supputations. D’une part, des médias qui nous ont habitués à leur rôle propagandiste, et d’autre part, un Occident prédateur aux visées hégémoniques. Au cœur de cette équation, d’autres protagonistes participent à cette nouvelle tragédie africaine. Cela dit, le peuple malien va-t-il se laisser emporter par cette déferlante vague qui a déjà emporté le peuple libyen ? Va-t-il lutter pour préserver son pays du chaos ? Afin de répondre à ces questions, La Nouvelle République a pris attache avec l’écrivain, poète et journaliste malien, Mountaga Fané Kanteka, qui se trouve actuellement à Bamako.

LA NR/ Au vu des informations véhiculées par les médias occidentaux, c’est l’apocalypse au Mali. D’une part, comment peut-on décrire la situation qui prévaut actuellement ? ET d’autre part, quelle a été la réaction du peuple malien vis-à-vis de ce coup d’Etat ?

 

Comme je l’avais mentionné dans un article, il y a eu toute une campagne de désinformation autour des putschistes sur le WEB et sur des médias occidentaux comme RFI, FRANCE 24 ou LA VOIX DE L’AMERIQUE, faisant croire que c’était l’apocalypse au Mali, alors que dans la réalité, ce n’était guère le cas. A Bamako, la chute d’ATT a été plutôt bien accueillie en général, que ce soit par satisfaction, par soulagement ou par fatalisme. Le front de partis politiques protestant contre le putsch a été largement contrebalancé par le Mouvement Populaire 22 MARS, soutenant les putschistes et bien plus représentatif de la population.

LA NR/Quelles seraient d’après-vous les motivations profondes de ces putschistes ?

Les motivations des putschistes sont certainement multiples et traduisent un ras-le-bol général face au laxisme entretenu par le régime ATT. Mais le massacre des soldats maliens à Aguelhoc y est pour beaucoup. Les circonstances nébuleuses qui entourent cette funeste tragédie ont servi vraisemblablement de catalyseur à ce coup de force.

LA NR/ Ce coup d’Etat pourrait-il constituer un alibi pour une intervention militaire étrangère ?

La CEDEAO, par la voix du président béninois Yayi Boni, avait menacé d’une intervention militaire contre les jeunes putschistes. Heureusement que nous n’en sommes pas venus là, sans quoi c’aurait créé un précédent fâcheux confirmant la servitude des pays africains vis-à-vis des diktats occidentaux qui transitent par des organisations sous-régionales comme la CEDEAO.

LA NR/D’après-vous, les militaires qui ont pris le pouvoir ont-ils les moyens de contrôler la situation sécuritaire sans subir d’influence de récupération par l’Occident ?

Les événements récents nous ont malheureusement démontré que les militaires maliens n’ont pas pu résister à la très forte pression occidentale. Et c’est bien dommage, parce qu’ils avaient une occasion toute rêvée d’assainir ce pays, gangréné par une corruption innommable, et d’y insuffler du sang neuf. Cela prouve que ne nous sommes pas des Etats souverains et que nous sommes toujours à la merci de l’Occident qui n’a que faire de nos préoccupations.

LA NR/Dans un passé récent, on s’est également posé la question si ces putschistes avaient les moyens nécessaires pour contenir la révolte des touaregs et éviter le démembrement du Mali. Or, vue la situation actuelle, on est désenchanté. Sur qui faudrait-il compter pour sauver le Mali de cette guerre civile ?

Quoiqu’il en soit, ce n’est pas seulement sur les militaires qu’il faut compter pour contenir cette invasion de bandits touaregs et islamistes. Mais sur toute la population malienne. Et croyez-moi, ces bandits touaregs et islamistes se sont fourrés dans un guêpier dont ils auront du mal à se tirer. Ils sont très minoritaires au Nord du pays et ce ne sont pas leur arsenal militaire qui pourra venir à bout du peuple malien. Passés les premiers moments de surprise et de débandade, la riposte s’organisera contre eux pour les bouter dehors ou les écraser comme des insectes. L’Histoire se répète, et l’Histoire démontre que les Touaregs, mus par des forces et des sentiments obscurs, ne sont jamais arrivés à prendre le dessus sur le peuple malien. Et comment le pourront-ils d’ailleurs ?

S’ils sont intelligents, ils devront sauter sur la perche tendue par la CEDEAO pour une éventuelle négociation, à supposer que leurs revendications soient négociables. Parce que l’intégrité territoriale, ce n’est pas négociable. Et comme je l’ai rappelé dans un récent article, aucune réalité sociologique ou historique n’autorise des rebelles touaregs à revendiquer une quelconque indépendance au Mali. Si toutes les composantes ethniques du Mali devaient agir comme eux, ce pays serait une mosaïque de petits Etats.

LA NR/ Certains évoquent la reprise du célèbre plan d’Alain Peyrefitte sur la création d´un Etat pour les Touaregs, chevauchant sur quatre pays, le Nord du Niger et du Mali, le sud de l´Algérie, le sud et l´ouest de la Libye. Partagez-vous cet avis ?

C’est facile pour ces Occidentaux comme Alain Peyrefitte de s’asseoir dans leur salon et échafauder des plans sur le sort des autres pays. Si c’est si facile que cela, qu’il commence déjà par la France en reconnaissant un Etat pour les Corses, puis pour les Bretons, les Alsaciens et bien d’autres composantes ethniques de la France. Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas attribuer un territoire aux Roumis ou Gitans (persécutés en France) qui circulent entre plusieurs pays européens, comme c’est le cas avec les Touaregs en Afrique occidentale? Pourquoi ces Occidentaux proposent-ils aux autres ce qu’ils ne sont pas prêts à accepter chez eux ? Pourquoi croient-ils que nous sommes voués à être leurs esclaves ?

LA NR/ On suspecte également la main des services de renseignements français dans cette nouvelle crise malienne ? Etes-vous de cet avis ?

C’est clair que c’est la France qui est encore en train de tirer les ficelles de cette soi-disant rébellion qui, curieusement, se dédouble d’un mouvement islamiste dirigé par un certain Iyad Ag Ghali, sans compter la participation d’AQMI. Un ménage plutôt bizarre. Un confrère malien affirme avec certitude que Sarkozy a, en la circonstance, envoyé au Mali deux logisticiens, anciens mercenaires habitués de ces opérations en Afrique. Ils seraient descendus à Bamako puis se seraient dirigés vers Hombori pour organiser un faux enlèvement de ressortissants européens dans le but de brouiller les pistes. Et au même moment, la France aidait des colonnes de Touaregs à quitter la Libye pour se diriger vers le Mali, avec armes et bagages, au vu et au su de l’OTAN. (Voir Le Reflet du mardi 03 avril 2012).

Ceci pour dire que nous connaissons les tenants et les aboutissants de cette affaire. Ce complot commence déjà à prendre corps dans les propos de certaines représentations diplomatiques, comme celle de la Belgique, parlant de reconnaissance d’autonomie aux rebelles. A ce rythme-là, on va bientôt parler d’ « indépendance ». Je les avertis là-dessus, tout ce qu’ils risquent de gagner, c’est un génocide comme au Rwanda. Et ils devront en répondre.

LA NR/Estimez-vous que la « révolte » des Touaregs contre l’ex.régime malien est légitime ou serait-elle dictée par ceux qui veulent instaurer une nouvelle configuration géopolitique dans la région du Sahel ?

Au risque de me répéter, il n’y a aucune légitimité dans cette action dont des Touaregs ont accepté d’être les complices. Et ils doivent s’attendre à en devenir les dindons de la farce. Ils n’ont que des circonstances aggravantes à leur actif. Ils ne pourront même plus jouer au jeu du « groupe minoritaire persécuté », puisqu’en l’occurrence ce sont eux les agresseurs, armés jusqu’aux dents. Agresseurs, criminels de guerre, pilleurs et violeurs de femmes, comme on l’a vu notamment à Aguelhoc et à Gao ! Rien à redire !

LA NR/Cette « gangrène » qui a touché la Libye (actuellement menacée d’une guerre civile généralisée), la Côte d’ivoire et maintenant le Mali, va-t-elle s’étendre à d’autres pays africains ou s’arrêter à ce niveau ?

Tant qu’il y aura parmi nous des brebis galeuses pour prêter le flanc, ces vautours feront de notre existence un véritable ergastule. Et ils ne s’arrêteront jamais d’allumer ou d’attiser des foyers de tension chez nous…

LA NR/ Malgré la situation actuelle, vous êtes de ceux qui semblent confiants quant au sursaut d’orgueil des enfants de l’Afrique. Dans quelle mesure cela pourrait-il déjouer les complots tramés par les Occidentaux afin de s’accaparer les richesses africaines ?

Si les Occidentaux nous manipulent, c’est que nous sommes manipulables. Et c’est cela qui fait le plus mal. Le jour où les soi-disant intellectuels ou idéologues africains se libéreront de l’aliénation mentale et de la peur congénitale vis-à-vis de l’Occident, ces impérialistes ne pourront plus rien contre nous. Il serait plus que jamais temps que nous nous réapproprions notre histoire et que nous prenions exemple sur des pays comme le Vietnam qui ont mis en déroute des puissances occidentales comme la France et les États-Unis. Il faut d’abord commencer par réduire nos rapports de dépendance vis à vis de l’Occident et les remplacer par une coopération accrue entre pays africains et d’autres pays comme le Brésil, l’Inde, la Chine qui ont presque la même culture que nous. Avec les Occidentaux, ça ne marchera jamais. Ils ont trop de complexes et de haine à notre égard. L’idéal serait de définitivement couper les ponts avec eux. On ne s’en portera que mieux. Non seulement ils ne nous aident pas comme ils le prétendent, mais aussi cette histoire de « mondialisation » n’est qu’une autre mauvaise farce, une autre forme d’esclavage se faisant à leur profit. C’est à nous d’être assez courageux et assez entreprenants pour arriver à une nouvelle formulation des rapports Nord-Sud. Et Dieu sait que nous sommes en position de force, pourvu que nous soyons unis. L’Afrique peut vivre sans l’Occident, mais l’Occident ne peut vivre sans l’Afrique.

LA NR/Comment voyez-vous la place de l’Algérie dans ces conflits qui rôdent près de ses frontières ?

L’Algérie, compte tenu de son vécu colonial (sa lutte de libération) et sa maturité face aux troubles islamistes et terroristes, peut jouer un rôle central dans cette affaire. Elle pourrait coordonner les efforts visant à éradiquer ce fléau. Le tout est de savoir où elle place ses intérêts. Parce que dans cette affaire, on ne sait pas toujours comment se positionnent les différents acteurs locaux. Par exemple, je n’ai jamais compris ce pacte visant à la démilitarisation du Nord du Mali. Avec le recul, on se rend compte que c’était un piège visant à mettre le Mali à la merci d’une invasion. On ne peut pas prétendre à une souveraineté, en laissant les armes de côté. Je ne sais pas exactement quel rôle l’Algérie a eu à jouer dans cette initiative de démilitarisation. Ce qui est sûr, l’Algérie, tout comme les autres Etats voisins, n’a pas intérêt à ce que la situation pourrisse au Mali. Car, une fois le Mali déstabilisé, c’est toute la zone qui est menacée. Les Touaregs ne sont que des bras armés d’une politique de déstabilisation manigancée par l’Occident.

Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 11 avril 2012-

Publié par Mountaga Fané Kantéka



2  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Mountaga Fané Kantéka : MALI : LES « DÉMOCRATES » DE LA HONTE.

Pendant que le Mali brûle et s’effondre au Nord, certaines BÊTES POLITIQUES croient bon de PARALYSER LE PAYS au nom de la « démocratie ». Ils s’en vont jusqu’à soutenir la scélérate décision de la CEDEAO de mettre leur pays sous un EMBARGO qui, dans le meilleur des cas, ne contribuera qu’à l'exposer davantage l à une EXPROPRIATION SAVAMMENT PLANIFIÉE par la FRANCE, se servant à la fois des rebelles et des islamistes dans un scénario particulièrement diabolique. Et au pire, un INÉVITABLE GÉNOCIDE, dans un camp ou l’autre – car, ce serait très naïf de croire que les populations civiles vont se laisser faire …

Très peu soucieux du bien-être collectif et COMPLICES du laxisme qui a plongé le pays dans le chaos, ce sont ces mêmes « DÉMOCRATES » qui ont pris le président déchu ATT en otage, en organisant autour de lui le CONSENSUS DE LA MÉDIOCRITÉ, rien que pour TRAIRE LE PAYS de sa moelle substantielle.

DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Qui sont-ils en fait ces « démocrates » qui ABOIENT ainsi aux quatre vents ? J’ai déjà eu à les épingler dans Aspects de la mendicité sociopolitique au Mali. SANS FOI, NI LOI, ces spécimens n’ont d’autre impératif que le gain matériel. Ce n’est ni la « démocratie », ni ATT qu’ils pleurent. Ce sont eux-mêmes qu’ils pleurent ! Apparaissant tantôt sous le masque de l’INTELLECTUEL à la langue mielleuse ou fielleuse selon les circonstances, tantôt sous celui d’HOMME D’AFFAIRE avisé ou véreux, ils sont impliqués dans tous les COUPS FOIREUX, et intimement associés au processus de DEMANTÈLEMENT et D’ALIÉNATION du PATRIMOINE NATIONAL, au profit des entités étrangères.

Ils sont au CŒUR DES FRUSTRATIONS qui mettent le pays en ébullition, aussi bien au Nord qu’au Sud. En vérité, pour eux, « démocratie » est synonyme d’IRRESPONSABILITÉ face aux urgences et d’IMPUNITÉ pour leurs multiples félonies. Pour cette RACE DE RAPACES, la « démocratie » doit nécessairement rimer avec « réussite individuelle fulgurante » saluée par les griots du terroir et matérialisée par des villas cossues, de rutilantes voitures 4x4 énergivores et de petites maîtresses à entretenir avec de l’ARGENT MAL ACQUIS. Obsédés par l’acquisition de postes alléchants, de marchés publics, de subventions, de terrains et de fortunes diverses, ces CANCRES verraient bien le pays partir en lambeaux, pourvu que leur BEURRE demeure.

Très confortables dans une DÉMOCRATIE SANS OPPOSITION sous ATT, leur rôle n’a consisté qu’à ÉLUDER le DÉBAT SOCIAL, tant que leurs affaires personnelles roulaient. Et c’est sur leur conseil qu’ATT comptait briguer un TROISIÈME MANDAT, au mépris de la CONSTITUTION qu’il voulait SABORDER avec leur complicité, n’eût été le COUP D’ÉTAT AU NIGER qui a mis un frein à ce PROJET INSENSÉ.

 

QUAND LA JUNTE MILITAIRE DEVIENT LE BOUC ÉMISSAIRE

Après avoir précipité le pays dans le gouffre de la GUERRE CIVILE IMMINENTE avec leur consensus de la médiocrité autour d’un homme médiocre – ATT–, ces « DÉMOCRATES » DE LA HONTE, ne pouvant fonctionner sans consensus, sont en train de créer un autre consensus autour de la junte militaire venue précipitamment pour sauver les meubles. Ce consensus vise à FAIRE ENDOSSER par les jeunes putschistes la responsabilité de la prise des trois villes du Nord Mali (Kidal, Gao, Tombouctou) par les rebelles. Comme si le MAL n’était pas DÉJÀ FAIT sous ATT ! Comme si en l’espace de quelques jours, on peut inverser un processus enclenché depuis…

En réalité, si REPROCHE il y a faire à l’égard des putschistes, c’est d’être intervenus TROP TARD, comme l’ont souligné certains esprits perspicaces. Le coup d’Etat aurait dû intervenir plusieurs années plus tôt. Peut-être, dès le début du règne ATT, ou même sous le règne d’Alpha Oumar Konaré qui a sa part de responsabilité dans cette dérive, ne serait-ce que par le fait d’avoir œuvré pour l’intronisation du médiocre déchu…

 

EN QUOI LE MALI SERAIT-IL DIFFÉRENT DU NIGER OU DE LA GUINÉE ?

Si mes souvenirs sont bons, les coups d’Etat intervenus, il n’y a pas si longtemps, au Niger et en Guinée-Conakry, n’ont pas entraîné pour ces pays l’EMBARGO que la CEDEAO fait subir au Mali. Et la « communauté internationale » a même LAISSÉ LE TEMPS (un an au moins) à ces putschistes pour organiser sereinement des élections. Pourquoi s’affole-t-on alors après ceux du Mali ? Ont-ils dit ou fait croire qu’ils veulent s’accrocher au pouvoir ? N’ont-ils pas d’emblée appelé à l’ouverture ? Pourquoi toute cette campagne de déstabilisation autour d’eux ? Pourquoi confondre vitesse et précipitation ? Qui a peur d’être contrarié dans ses projets ? Qui veut empêcher le Mali de réaliser son destin ?

Mountaga Fané Kantéka

mountaga40@hotmail.com

Tél: 223 76 69 24 47

http://www.kanteka.blogspot.com/



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Fernent : Situation au Mali.
Entretien réalise par Chérif Abdedaïm,

La Nouvelle République du 7 avril 2012

Yves Fernand Nkodia-Mantseka : « C’est la stabilité de tout le sahel qui est menacée par les événements du Mali »

Une Europe, secouée par une crise économique.

Une Europe au bout du déclin.

Des Occidentaux et leurs alliés sionistes cherchant à étendre leurs ailes d’influence en Afrique.

Face ces prédateurs, la Chine, pays émergeant.

Un bras de fer sur un continent riche dont les populations sont confrontées à la pauvreté et qui tarde à prendre en main sa destinée.

Problématique à plusieurs variables que nous avons tenté d’étayer avec Yves Fernand Nkodia écrivain, poète et critique littéraire Congolais, docteur en Droit et financement de développement et économiste et vient de publier son premier recueil de poème « Tendre Nostalgie ».

> LA NR/ Après le récent putsch qui vient d’avoir lieu au Mali, à quelles conséquences pourrait-on s’attendre sur la stabilité des pays du Sahel ?

> Le récent putsch qui vient d’avoir lieu au Mali témoigne, à fortiori, le climat d’instabilité politique qui règne dans le continent, malgré quelques zones constatées de paix considérable. Dans ce tohu-bohu, la démocratie est loin d’être sur une assise solide. Sa fragilité est dominante. La vitrine démocratie longtemps affichée par le Mali est éclaboussée par ce coup d’arrêt assené par la junte militaire qui s’est emparé du pouvoir. Oui, la stabilité des pays du Sahel est mise en branle dans cet affrontement entre d’un côté les Touareg et de l’autre la junte malienne. Les conséquences sont, à mon avis, duales: soit l’avenir se dessine dans la solution apaisée de cette région avec l’arrivée prochaine du nouveau gouvernement qui prônera de nouvelles mesures; soit le statu quo demeura. Et en perspective l’éventuel scénario catastrophe dans l’avancée irrésistible de MNLA, ce groupe de rebelles Touareg dans le contrôle des villes stratégiques. Et par conséquent la coupure du pays en deux, la perte d’unité nationale. Mais, dans tous les cas, je souhaite rapidement que cette partie de l’Afrique, si riche et capitale, trouve un cessez-le-feu et une paix profonde qu’elle mérite.

> LA NR/ L’occident défend une vieille idée de l’Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s’accommodent volontiers d’une misère de masse. Ne pensez-vous qu’il est temps pour que cela change ?

> Indubitablement, il est temps que cela change. Si le changement est…il viendra à coup sûr de l’Afrique elle-même. En faisant fi de cette idée surannée qui entérine et perpétue la misère effroyable. L’heure a déjà sonné pour le changement du continent africain. Mais tout cela reste en état embryonnaire pour une éclosion réelle et visible. Dans le passé, l’Afrique était ankylosée et incapable de réagir face aux éléments coercitifs extérieurs. Aujourd’hui, un autre vent assiège l’antre dominé africain. Du nouveau germe dans la pensée libre du peuple et dans sa vision de forger un autre avenir. Des cris retentissent et des soulèvements gagnent, ici ou là à l’intérieur des états. Ce sont des preuves indéniables de ce temps de changement en marche. Cela étant, il faut des moments d’attente et de maturation aussi. L’Horizon s’éclaircit et demain se profile radieux. J’en suis persuadé!

> LA NR/ Le 17 décembre 2010, jour précis où l’Union Européenne annonçait d’avoir à l’unanimité choisi le camp de Ouattara dans la crise Ivoirienne, contre Laurent Gbagbo, la Chine nous annonçait d’être devenue la première partenaire commerciale du continent africain en publiant les chiffres de 10 mois d’échanges avec les pays Africains. Quelle interprétation pourrait-on faire de ce message ?

> Dans la crise Ivoirienne l’Union Européenne avait choisi son camp. Une stratégie favorable pour la défense de leur acquis et intérêt en jeu. La Chine, hier encore, inopérante est devenue en laps de temps un partenaire commercial de premier plan en Afrique. Une grande première. En supplantant les autres concurrents et privilégiés séculaires. Par ce fait, la Chine a réussi un coup de maître en renversant le rapport de force. Le message est éloquent et en dit long dans la stratégie qui se trame dans les cerveaux des leaders de l’empire rouge. Celle de la conquête du monde. Une démonstration éclairante dans le terrain d’échange et commercial assiégé, dominé par la Chine et une perte de champ de prédilection pour les autres. C’est un avantage pour l’Afrique en quête de sortie de crise et une nouvelle opportunité de partenariat propice au regard de l’échec considérable avec les autres. Mais tout reste à voir dans le long terme et à juger dans les résultats récoltés postérieurement dans la concrétisation des projets de croissance et de développement tant attendu.

> LA NR/ Au-delà des choix partisans pour l’un ou l’autre président élu ou réélu, certains analystes pensent qu’il y a une autre bataille, celle là, à distance qui est en train de se jouer entre la Chine et l’occident en Côte d’Ivoire. D’après-vous quels sont les enjeux de ce bras de fer opposant l’Occident (Europe/USA) et la Chine sur le sol africain ?

> S’agissant du bras de fer qui oppose l’Europe, les USA et la Chine sur le sol africain, c’est avant tout comme je l’ai souligné plus haut un enjeu stratégique et de conquête de leadership mondial. Chacun cherche à devenir l’interlocuteur incontournable et privilégié. En demeurant l’élément moteur dans le rôle prépondérant à jouer sur l’échiquier du marché international. L’Afrique a toujours été le foyer de multiples conflits ou d’affrontement permanent entre les états possédants dans la quête du profit et d’enrichissement hors de leurs frontières nationales. Cette bataille en est une. Une illustration frappante de l’assujettissement et de la domination perpétrés par ces différents camps. Avec une idée obscène le recul de l’Afrique et la non émancipation voire la liberté affirmée. A l’inverse d’une ambition de progression qui anime le peuple africain dans son entièreté. 

> LA NR/ Dans ce bras de fer, les Occidentaux ont-ils encore la force et l’audace pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois ?

> La rébellion touareg menace-t-elle la stabilité politique fragile de Bamako ?

L’occident uni reste une force de frappe puissante. Mais la Chine seule est capable d’engloutir cette force et entamer l’audace. Avec son taux de croissance annuelle record qui fait d’elle le géant ou la grande créditrice mondiale. La Chine reste actuellement le champion du monde en matière d’investissement et d’exportation. On ne peut faire face à une économie forte sur laquelle vous vous reposez. C’est le cas aujourd’hui des occidentaux, à moitié tributaires des fonds chinois et courbant l’échine devant cette nation souvent décriée par sa politique de piétinement des droit de l’homme, et celle de sa vision de communisme rampant voilé par un semblant de libéralisme affiché. Oui le rouleau compresseur Chinois continuera de marcher sur l’occident en perte de vitesse et en proie à des crises multiformes. Mais l’avenir étant dans les genoux des dieux, tout peut changer d’ici là. Car aucune nation au monde n’est détentrice infinie d’une bonne santé économique voire politique. (-Les quelques frémissements ou ralentissements de la croissance de la Chine observés ces jours-ci peuvent jeter le trouble dans l’avenir. D’où la probable réinvention du modèle dit hyper croissance se profile en filigrane). Tout arrive, hélas, au gré des impondérables et des soubresauts d’une conjoncture internationale, sans cesse mouvante et versatile, difficilement contrôlable par les politiques, les États, les agences de notation et les marchés financiers.
>

> LA NR/ « Aujourd’hui, le développement de l’Afrique est une question de choix décisif dans le positionnement géostratégique de chaque pays. L’alliance avec l’Occident sur le point de déposer le bilan, me semble un choix suicidaire, parce que le résultat est connu d’avance : misère garantie comme plat de résistance et dettes pour dessert », disait un analyste. D’une part, partagez-vous cet avis ? Et d’autre part, les africains sont-ils conscients de ces choix stratégiques?

> Je ne partage pas totalement cet avis, bien que le bilan de l’alliance avec l’Occident soit somme toute négatif au regard de la situation actuelle qui n’est guère reluisante et exploratrice des possibles. C’est vrai, le choix de l’Occident n’est point favorable pour l’heure. Mais suicidaire ? non! Car l’Afrique a besoin de l’apport financier et soutien technologique et bien d’autres, malgré l’expérience passée assez calamiteuse et si compromettante pour une réussite certaine. Ce faisant, il me semble propice de redéfinir cette alliance non concluante et bien moribonde. Elle doit être fondée sur la réciprocité, la transparence, l’équité, l’égalité et l’entente cordiale ; dans toutes les sphères où repose la coalition, en mettant l’accent sur les choix stratégiques créateurs de richesses et des projets d’investissements bien ciblés et crédibles. Dans la formation, l’industrie de pointe, l’agriculture, la pèche, l’élevage, l’énergie…Qui doivent jeter les bases d’une indépendance et d’une souveraineté sans faille. Les Africains restent bien conscients de l’ampleur de ces choix tactiques pour sortir du marasme sans perspective.

> LA NR/Entrer sur la scène mondiale, comme de vrais protagonistes économiques. Est-ce possible au moment où les africains semblent des spectateurs passifs face à la confrontation et la dispute Occidentalo-Chinoise sur le sol africain ?

> Justement, c’est ce sentiment de défaitisme et de passivité qu’il faut élaguer dans la conscience collective et vision constructive que l’Afrique doit vanter dans l’espoir des lendemains meilleurs. Le pessimisme ambiant génère une énergie si asphyxiante pour sortir d’un guêpier. Ce faisant, elle doit se détacher de cet étau pour entrer de plain pied sur la scène mondiale souvent gangréné par un protectionnisme déguisé et une concurrence déloyale. Ses possibilités résident dans la volonté, dans l’effort et dans le maintien malgré ses faiblesses, ses manquements dans l’insertion de ce marché ou tout se crée, se décide, se gagne et se développe en se confrontant et se rivalisant avec les nantis, ce duo occidentalo-Chinois qui semble tout accaparer, amasser et dominer par sa puissance économique, voire recoloniser pour perpétuer et pérenniser à tout jamais leur véto et diktat notoire. Ce n’est que par ce biais que l’Afrique cessera d’être spectateur passif pour devenir un acteur indispensable, ce vrai protagoniste dépouillé de tout complexe et doté de son propre arsenal économique dérivé de ses matières premières et main d’œuvre abondante.

> LA NR/L’Afrique est un riche continent où les populations vivent dans la pauvreté. Comment expliquer cette dissonance économique africaine ?

> L’Afrique est un riche continent et un peuple dormant sur un lit doré. Cependant, elle reste dans un état de misérabilisme total. Ce contraste et cette dissonance économique sont des faits illustratifs d’un continent patraque et qui manque cruellement de force et d’énergie nécessaires pour prendre à bras le corps son destin de vie et de mettre en lumière ses potentialités, ses compétences et ses richesses à foison. C’est l’inertie d’action qui l’envahit dans le processus de croissance et de développement économique, social, politique, environnemental et écologique. Tout est dans la bonne gouvernance, la gestion efficiente des ressources nationales et dans la redistribution équitable de celles-ci. L’élite au pouvoir n’arrive guère à faire de l’économie l’élément moteur. Reléguée au second plan, l’économie étouffe l’éclosion de l’entité sociale qui montre à l’évidence l’érosion sans fin de la pauvreté massive et des inégalités criardes. C’est tout le pont entier de l’Afrique qui s’écroule dans cette orientation de politique interne inefficace. Il faut des politiques économiques opératoires qui mettent l’accent sur la promotion des initiatives privées sur le lit des institutions solides pilotées par un état libre. Qui ne s’engage pas dans les activités où il réussit mal par ce que ce n’est point sa vocation. Pour ce faire, il faut mettre fin aux antivaleurs: la corruption, le gaspillage, la gabegie, le clientélisme,… Qui rongent les états. Cette stratégie fondée sur la croissance et l’emploi permettra le développement rapide du pouvoir d’achat des ménages et par conséquent suscitera l’augmentation de la consommation interne et celle des exportations réduisant les importations excessives. Par l’effet d’entrainement, la dette sera réduite et la sortie de crise se fera jour dans bon nombre des pays africains sous perfusion de l’austérité ou politique de rigueur. Ces programmes d’ajustement structurel préconisés et véhiculés par les institutions financières internationales, notamment le Fonds et la Banque mondiale. 

> LA NR/Avec ses potentialités économiques et ses ressources l’Afrique serait-elle en mesure d’aller à la conquête du monde ? Si oui, quels seraient les leviers et les mécanismes à activer pour réaliser cet objectif ?

> Oui, l’Afrique, avec ses acquis économiques et ressources abondantes, est capable de rivaliser avec les plus grands d’aujourd’hui et devenir elle-même le géant baobab mondial. Car, l’Afrique est un géant endormi et peut, en se réveillant, être le continent puissant. A l’image d’hier, des dragons d’Asie et celle d’aujourd’hui des nations naissantes comme l’Inde, la Chine, le Brésil et des économies florissantes de l’occident. Ainsi, l’Afrique doit forger son propre modèle économique reposant sur ses valeurs intrinsèques. Le mimétisme ou le modèle importé a conduit à des échecs cuisants partout en Afrique avec comme cortège de maux l’appauvrissement massif et le surendettement colossal. Les leviers nécessaires demeurent l’exception africaine basée sur les atouts essentiels. Avec ce socle paradigmatique, l’Afrique unie et solide résoudra ses problèmes internes et sera à même de conquérir le monde en s’appuyant et imposant sa marque singulière. Ce modèle spécifique ouvert aux apports extérieurs dans la logique des principes de coopération et de l’échange des compétences diversifiées, donnera à l’Afrique nouvelle les moyens de s’affirmer sur l’échiquier international. Une présence et une force qui feront d’elle le rayonnant continent comme jadis. C’est cette historicité dominante que l’Afrique doit contempler pour trouver cette lumière perdue dans l’indolence, la domination, les conflits intérieurs, la pauvreté, les maladies et la crise accrue.

> LA NR/Aujourd’hui on assiste à cette crise économico-financière qui secoue l’Europe. N’est-ce pas là un échec de l’ultralibéralisme ?

> Tant il est vrai, la crise économico-financière qui secoue l’Europe montre l’échec patent des postulats de base du paradigme de l’ultralibéralisme. Cette pensée unique qui s’est propagée à l’échelle mondiale n’a fait qu’obérer les états nations et entraîner l’enrichissement des rentiers en chef qui ont bénéficié des gains d’aubaines issus de l’abstinence imposée au corps social comme l’a écrit fort justement le grand circuitiste français Alain Parguez. L’Austérité mise en avant par les économistes de l’offre, n’a nullement sortie les nations du tunnel de la crise économique. Le marché roi et dictateur a entrainé le chômage massif, a perpétré les injustices et augmenté les inégalités sociales. En chassant l’étatisme dans la sphère économique, les néolibéraux ont voulu enterrer la théorie Keynésienne. Une erreur ou faute doctrinale que ces détracteurs payent aujourd’hui dans leurs mécanismes autorégulateurs. Les marchés ont détracté les structures profondes en laissant échapper les bulles financières et en entretenant les fausses promesses qui ont englouti l’économie du monde dans la mer de la crise sans précédent.

> LA NR/Actuellement, aucun dirigeant Européen ne sait quoi faire pour venir à bout du déclin de l’Occident et que partout, c’est de la Navigation à Vue. D’autant plus que ce sont les spécialistes économistes Européens qui parlent de leur incapacité à comprendre ce qui leur arrive. Comment expliquer cet état de fait ?

> Évidemment, le déclin de l’Occident montre que son bateau est ivre et en perte de vitesse. A cet effet les dirigeants européens sont désemparés et ne savent plus sur quel pied danser. De plus, les spécialistes économistes Européens sont perdus dans leurs analyses et solutions salvatrices. Incapables, ils s’enlisent dans les propositions hasardeuses et hâtives. Tout semble leur échapper. Car l’économie est parfois cette nature indomptée et difficile à comprendre et à appréhender. Cet état de fait s’explique amplement par la crise qui secoue de plein fouet l’Union. Cette crise, née aux USA, a provoqué des remous. Les économistes ont conseillé les politiques de mener des réformes par le biais de la politique de rigueur. Cette stratégie a suscité partout des indignations et le rejet total des populations. Les indignés sont nés avec la compression de demande interne, la perte d’emploi, les licenciements abusifs, le gel des salaires, la fermeture des usines, la vague des délocalisations, la hausse de prix… Dans ce tourbillon de la crise les pays comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne…ont basculé dans l’endettement massif et dans le trou du déficit public abyssal. La France a perdu son triple A et l’Allemagne, meilleure élève, est aussi inquiétée dans cette décadence des autres États. Cette érosion montre que l’Europe est dans une passe difficile. Le manque d’une cohérence politique et d’harmonisation fiscale mine l’Union. (cf mes articles à ce sujets > http://ynkodia.unblog.fr/2012/01/16/%C2%ABle-naufrage-du-fameux-triple-a-francais%C2%BB/ 

> ou http://ynkodia.unblog.fr/2010/03/02/leurope-esseulee/).

 

LA NR/Les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël, ont décidé d’étendre leurs aires d’influence sur le continent africain. L’Afrique ne serait-elle pas en passe de devenir l’un des principaux terrains du « choc des civilisations»? Quel avenir pour l’Afrique dans ces conditions ?

> Je ne pense pas que la présence des USA, la Grande Bretagne et l’Israël va étendre les aires d’influence sur le continent africain et que ce dernier deviendra ce foyer incendiaire du « choc des civilisations », sur des valeurs, de religion, de langue, d’histoire, d’habitudes et d’institutions…ces aspects qui définissent le concept de civilisation. Car, ces Etats ont toujours existé sur le terrain africain et leur présence n’a nullement changé la donne et imposé largement leurs idéaux. L’opposition des civilisations dans le monde est prédominante avec comme substrat le religieux qui occupe le noyau central. Oui, cet essaim des pays dans notre champ africain attise une guerre de modèles et la culture véhiculée amplifie le choc. Mais par delà, l’Afrique gardienne du terrain reste consciente et optimiste pour l’avenir en édifiant un paravent nécessaire pour échapper à cette intrusion ou immixtion contestée, transformant son sol en un gigantesque choc des civilisations. Dans ces conditions, l’Afrique en crise, mais berceau de l’humanité s’identifiera à sa civilisation millénaire. Celle qui l’honore malgré ces assauts culturels venus d’ailleurs. Bien sûr, les aires anglo-saxonnes traversent l’Afrique et la tentation est grande de céder à ces sirènes politiques notoires en cette période morose et de processus démocratique non consolidé. Mais le continent en solitaire orgueilleux trouvera dans la coopération et l’échange d’avec ces entités dominantes, des moyens de regimber et d’être, ainsi, l’allié libre dans l’universalisme pluriel que la culture des autres apporte au profit de ce mondialisme positif, avec comme vecteur de structuration le monde multipolaire ou multi-civilisationnel. Ce vaste monde où toutes les civilisations s’acceptent, s’apprécient, se valent et s’échangent mutuellement dans l’intérêt général. 
Fernent/M.T.P-S

le MNLA
Le Secretariat Politique

> Entretien réalise par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 7 avril 2012

> Source:http://www.lnr-dz.com/pdf/ journal/journal_du_2012-04-07/ lnr.pdf

> - http://www.alterinfo.net/Entretien-Yves-Fernand-Nkodia-Mantseka-a-La-Nouvelle-Republique-C-est-la-stabilite-de-tout-le-Sahel-qui-est-menacee_a74246.html 


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Comment Paris joue l'autonomie du Nord Mali.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

La France pratique le billard à trois bandes dans la crise malienne : maintien de l'intégrité territoriale du pays, reconnaissance d'une autonomie renforcée de l'Azawad et défense de ses intérêts dans la région. Analyse.
Dans l'imbroglio politico-militaire qui se trame au Mali, Paris demeure une carte d'autant plus importante pour le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) que cette rébellion dispose d'une oreille attentive des plus hautes autorités françaises depuis sa création, le 16 octobre 2011. Ce mouvement issu de la fusion du Mouvement national de l'Azawad (MNA) et du Mouvement touareg du Nord Mali (MTNM) attend aujourd'hui beaucoup de l'Hexagone, où il a dépêché son porte-parole, Mossa Ag Attaher.
En décembre, une délégation avait déjà été reçue par Stéphane Gompertz, ex-monsieur Afrique du Quai d'Orsay. Le MNLA a même récemment demandé à Paris l'aide d'un constitutionnaliste.

La France s'efforce toutefois de ne jamais apparaître en première ligne. "Depuis l'indépendance du Mali et les velléités françaises de créer une Organisation commune des régions sahariennes, les Français sont accusés de soutenir les rébellions touarègues", expliquaient encore, le 29 février, les sénateurs Didier Boulaud (PS) et Alain Gournac (UMP) en commission des affaires étrangères. Pour les deux parlementaires en contact avec la rébellion, la position française consiste à réaffirmer l'unité du Mali, tout en militant pour la reprise du calendrier électoral et l'ouverture d'un "dialogue immédiat" entre Bamako et le MNLA. Position reprise ces derniers jours par Alain Juppé.
Sur ce dernier point, si l'objectif affiché est l'indépendance, les rebelles ciblent, en réalité, une autonomie renforcée dans les frontières de l'actuel Mali, en prenant modèle sur l'Espagne avec la Catalogne. Paris voit un double intérêt dans ce scénario : éloigner le spectre d'une intervention militaire à l'issue incertaine, tout en disposant d'un interlocuteur susceptible de contenir la montée islamiste dans la région.

Un pari risqué, le rapport des forces sur le terrain jouant pour l'instant en faveur d'organisations salafistes.
Vendredi 13 Avril 2012

http://cameroonvoice.com

cette problématique de " l'invasion chinoise" qui envahit la réflexion des africains progressistes est politiquement assez ambigüe
- tout en reconnaissant qu'elle met les occidentaux sur la défensive et permet de les soumettre à une concurrence  elle reprend le discours anti-chinois de l'UE et donc in fine défend les intérêts globaux des impérialistes
- elle ne distingue pas l'investissement économique et les bases militaires
- elle fait l'impasse sur le fait que la deuxième économie mondiale pèse nécessairement sur l'ensemble du système
- elle fait l'économie des chiffres  ; ainsi par exemple dans le cas des achats de terres agricoles l'Arabie et les émirats sont plus gourmands que la Chine mais on ne le dit pas
par ailleurs il y a une ignorance têtue sur l'activisme US via AFRICOM, Pan Sahel Counter Insurgency Initiative , Trans Sahel Initiative  et une difficulté à envisager  le fait que le chaos libyen actuel n'était probablement pas prévu :  oui l'Occident peut se tromper, oui  l'Occident peut perdre voilà ce qui semble ne pas encore suffisamment affleurer
enfin dire que Juppé a fabriqué le MNLA alors que dans le même temps il lance OUATTARA dans la croisade anti-touareg c'est voir une cohérence là où il n'y en a probablement plus en fait la véritable guerre en préparation devrait se jouer entre les généraux algériens  - les seuls qui aient les hommes , le matériel en même temps qu'une parfaite connaissance du terrain sahélien, les seuls du continent qui aient su vaincre l'occident  les armes à la main  - et le Pentagone car du Caire à Rabat il ne reste plus maintenant qu'un pays qui conserve une certaine indépendance


4-2 Chems Eddine CHITOUR :"La partition du Mali : premier domino après l’effritement de la Libye".

« Il y a crise quand l’ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau ne peut pas naître. » Antonio Gramsci (Philosophe italien)

En l’espace d’une quinzaine de jours, un conflit latent depuis des dizaines d’années a connu son épilogue d’abord, après la prise de pouvoir au Mali par une junte militaire dont on ne connaît pas les motifs profonds, puis par une partition unilatérale de la part des Touareg azawad en conflit avec le pouvoir malien depuis pratiquement l’indépendance de ce pays Cela n’a pas tardé ! Une dépêche du monde nous apprend que le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla), importante composante de la rébellion touarègue malienne, a proclamé vendredi 6 avril « l’indépendance de l’Azawad » dans une déclaration sur son site Internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24. « Nous proclamons solennellement l’indépendance de l’Azawad à compter de ce jour », a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a indiqué vouloir respecter « les frontières avec les Etats limitrophes ». Le porte-parole a condamné l’enlèvement jeudi du consul d’Algérie à Gao « par un commando terroriste ».

Pour rappel l’Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg. Des rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois métropoles du Nord - Kidal, Gao et Tombouctou - sans rencontrer de résistance de la part d’une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute, coupant de fait le pays en deux. Les islamistes d’Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) ont, depuis lors, pris le dessus sur le Mnla, qui a annoncé unilatéralement jeudi soir la fin de ses « opérations militaires ». (1)

Qui sont les Touaregs ?

Ce sont des populations berbères nomades musulmanes. Bergers, ils vivent essentiellement au Niger, au Mali, en Algérie et en Libye. Les Touareg sont organisés en tribus. Les hommes portent un voile indigo (tagelmust), d’où leur surnom d’« hommes bleus ». Ce sont des musulmans sunnites et ils parlent une langue berbère : le tamacheq. Nomades dans l’âme, les Touareg se nomment eux-mêmes Imazeren (hommes libres). Ce peuple compte de 1 à 3 millions d’individus, d’après l’Unesco ; 85% d’entre eux vivent au Mali où ils représentent 10% de la population.

La main de l’Occident dans le chaos sahélien ?

Nile Bowie attribue cet état de déliquescence à l’intervention indirecte des Etat-Unis. Il écrit : « (...) Bien que Sanogo ait visité les États-Unis à plusieurs reprises après avoir été choisi par le Pentagone pour participer à un programme international d’éducation et d’entraînement militaire parrainé par le département d’État états-unien, les représentants des États-Unis ont appelé les dirigeants du coup d’État au Mali à démissionner et permettre la tenue d’élections. (...) La justification principale du coup est la réponse inadéquate du gouvernement civil à une campagne permanente des Touareg en faveur du séparatisme dans le nord du Mali, bien que le désarroi récent à Bamako ait suscité la progression régulière des milices armées touarègue vers le Sud. Sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (Mnla), les milices armées auraient saisi la région nord-est de Kidal, incitant l’armée malienne, mal équipée, à abandonner ses positions stratégiques au nord (...) » (2)

« Même si l’on a imputé aux Touareg la déstabilisation dans le nord du Mali, il est davantage probable qu’Aqmi soit à l’origine de l’activité des insurgés dans la région. Le Mnla a déclaré que l’objectif de sa campagne pour l’indépendance est de développer un bastion pour se protéger de la violence d’Aqmi, tandis que Bamako a affirmé que le Mnla cherche à fonder un État islamiste strict en partenariat avec l’Aqmi (...) Avec la possibilité accrue que des soulèvements généralisés comme ceux du printemps arabe surviennent dans la région du Sahel, un afflux de réfugiés mettra une pression supplémentaire sur l’Algérie et le Niger. L’Algérie pourrait être déstabilisée davantage si la situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali et la France pourrait se sentir obligée d’intervenir dans les affaires de ses anciennes colonies, comme on l’a vu malheureusement en Côte d’Ivoire. Il y a un parallèle entre la crise au Mali et les événements en cours au Nigeria, une nation aux prises avec les activités des insurgés islamiques séparatistes de Boko Haram au nord. (...) L’afflux d’armes découlant du changement de régime par l’Otan en Libye a créé de nouvelles perspectives désastreuses favorisant une guerre civile au Mali, où les parties seraient lourdement armées. (...) Comme l’armée américaine s’oppose à l’Armée de résistance du Seigneur en étendant sa présence militaire par le biais d’Africom en République démocratique du Congo, l’aggravation de la situation au Mali et au Nigeria fournit une justification supplémentaire pour l’intervention étrangère et l’exploitation de la guerre. » (2)

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la boîte de Pandore libyenne en s’ouvrant a libéré toutes les forces centrifuges qui, il faut bien le dire, étaient d’une façon ou d’une autre maitrisées du temps de Kadhafi. Le chaos malien a ses prémices dans la dispersion de l’arsenal libyen laissé au grand jour par les puissances occidentales Royaume-Uni, France,Otan qui, après avoir réduit en miettes ce pays, dispersé ses forces, permis le lynchage atroce de son dirigeant, s’en lavent les mains pourvu que le pétrole coule et il coule sans discontinuer.

Un instituteur et directeur d’école malien dans une lettre au président français écrit : « Les Touareg qui formaient une partie importante de l’armée de Kadhafi ont déferlé sur le Mali et, n’espérant plus retrouver l’Eldorado perdu, ont choisi de retourner leurs armes contre ceux qui les ont toujours considérés comme leurs frères. En 2011, sous le mandat 1973 de l’ONU dévoyé par vos soins, vous avez, avec l’aide de certains de vos alliés et sur les conseils de Monsieur Lévy, fait attaquer la Libye par des forces coalisées. (...) Le prétexte évoqué pour justifier votre implication personnelle dans cette campagne anti-Kadhafi était votre engagement à protéger les braves populations de Benghazi et de Misrata, menacées par le Guide libyen, d’extermination. Ceci a abouti à son assassinat et à la dislocation totale des structures de l’État libyen. (...) Le problème est qu’en tant que président de « la France forte », soit vous avez agi sans grand discernement en n’ayant pas suffisamment apprécié toute l’étendue des immenses dommages collatéraux auxquels votre intervention allait aboutir ; soit vous aviez tout prévu grâce à vos géo-stratèges. Dans l’un ou l’autre des cas, incommensurable est votre responsabilité morale, car les conséquences en sont dramatiques.(...) Kadhafi a été sauvagement assassiné, grâce à quoi, maintenant, le pétrole et les marchés tant convoités de Libye sont à vos pieds. Mais en revanche : de nouvelles milices armées terrorisent, rackettent, torturent et massacrent chaque jour les populations en question. La Libye redeviendra difficilement une entité géographique, politique et économique stable puisqu’elle est en voie de dislocation et de morcellement. Des groupuscules infiniment plus dangereux que Kadhafi se positionnent çà et là et menaceront désormais la quiétude et la stabilité du monde entier dont celle de la France Forte. (...) Je vous suggère de vous poser une question simple : « Combien de vies, combien de foyers ai-je bouleversés, détruits de par mes actions en tant que Président de la-France-Forte ? » (3)

« Il faut dire et répéter que le facteur déclenchant de tout cela est l’intervention occidentale » en Libye. La sentence est sévère, elle concerne le Mali et est signée Eric Denécé, Directeur du CF2R (Centre français de recherche sur le renseignement). Coauteur en mai 2011 d’un rapport intitulé Libye, un avenir incertain, il y décrivait déjà les liens historiques entre Kadhafi et les Touareg en provenance du Mali, activement protégés et financés par le Guide dans les années 1990. « Kadhafi fait de nouveau parler de lui en 2005, en accordant à tous les Touareg nigériens et maliens présents sur son territoire une carte de séjour à durée illimitée. (...)Parce qu’il ne faut pas perdre de vue que c’est parce que cette même France, aux côtés d’autres puissances, a choisi de déclencher une guerre en Libye, que le Mali se retrouve aujourd’hui en lambeaux. » (4)

Dans une tribune publiée des intellectuels maliens, dont Aminata Traoré, fustigent « l’impérialisme » responsable de tous les maux et les élites : « Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la Cedeao, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’Otan en moins.(...) La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) vient d’être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ». L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué. (...) » (5)

« Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration « clandestine » et Al Qaîda (Aqmi). (...) Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi n°57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation commune des régions sahariennes (Ocrs). ».(5)

Epilogue provisoire

La junte malienne a finalement lâché le pouvoir. Soumis à d’intenses pressions internationales et locales, l’éphémère chef de l’Etat, le capitaine Amadou Haya Sanago, a accepté vendredi dans un bref discours à la télévision, de rétablir totalement l’ordre constitutionnel. C’est le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, qui va prendre provisoirement la tête de l’Etat malien. L’Union africaine (UA) s’est « félicitée » de l’accord.En théorie, la tâche de Dioncounda Traoré devrait se limiter, selon la loi fondamentale, à organiser une élection dans les 40 jours. Or, la tenue d’un tel scrutin est totalement illusoire dans ce Mali en plein chaos et divisé en deux par l’occupation du nord du pays par les rebelles touareg. Un vote reviendrait au mieux à conduire au pouvoir un président faible car mal élu et au pire à entériner la partition du pays. Le nord du pays est toujours occupé par des sécessionnistes touareg et des groupes salafistes. Pour faire face, les nouvelles autorités seront presque nues. Elles ne pourront compter ni sur l’armée, en pleine débandade ni sur des finances à sec. Les secours ne pourront venir que d’une aide extérieure.

Le danger pour l’Algérie

Ahmed Lagraa, ancien dilomate, fait remonter le chaos actuel à une décolonisation bâclée. « Le Sahel contient en son sein les ingrédients de son propre éclatement. Il est du ressort des politiques de chaque pays de s’ériger en démineurs. (...) (...) Il y a quelques mois, sur l’invitation d’une institution, un ex-ministre européen des Affaires étrangères a fait un exposé sur cet avenir qui attend les pays, notamment arabes. (...) Grosso modo, deux paramètres ont retenu mon attention : *le déplacement du centre d’intérêt de la grande puissance américaine vers l’Asie et le second, *céder l’Atlantique à la gestion de l’Otan comme nouveau gendarme pour cette région occidentale de la planète ». (6)

« Autour de la région du Hoggar, riche en matières premières, nous avons l’impression pense Mohand Tahar Yala ancien général que des forces veulent vider cette zone stratégique pour nous imposer des solutions à nos dépens ! L’Algérie ne peut rester muette avec ce qui se passe à nos frontières Sud. Notre pays doit avoir une réaction vigoureuse. Avoir une position d’un pays fort, qui peut servir d’intermédiaire régional ou, si les belligérants outrepassent leurs engagements, imposer sa force. C’est ce qu’on doit faire au Mali avec les derniers dangereux développements. Ou nous sommes offensifs ou nous sommes perdants ! » (7)

Au-delà de la nécessité de faire tout pour récupérer les diplomates enlevés, le problème de l’Algérie est complexe. Certaines parties la poussent à s’engager dans le conflit. Ce serait dangereux. Il ne faut pas être naïf tout le monde attend que l’Algérie soit le prochain domino à commencer par nos frères et voisins. Le plus grand pays d’Afrique, qui contient des richesses insolentes et prometteuses ne peut pas laisser indifférent en ces temps de pénuries d’énergie et de matières premières. Il ne faut pas croire que nous en sortirons indemnes si nous ne faisons rien pour nous protéger. Il est urgent plus que jamais d’informer et de mettre en garde et d’affirmer plus que jamais ce désir d’être ensemble loin du régionalisme et des courtes vues. Le destin de l’Algérie ne se décide pas à la foire aux sièges de députés promis par les élections où l’on voit les partis politiques s’agiter frénétiquement sans cap si ce n’est le verbiage de la langue de bois qui n’a plus cours. Les jeunes qui porteront l’avenir doivent avoir, toute affaire cessante, une perspective de sortie. L’heure est grave, nous avons besoin d’unité. Seul le parler vrai et partant, l’alternance sereine permettra de prétendre à une Algérie heureuse fascinée par l’avenir, unie, bien dans son identité et ce faisant réfractaire à toute manipulation. Amen.

Professeur Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1. Mali : les rebelles touareg du Mnla proclament l’indépendance AFP 06.04.2012

2. Washington et la déstabilisation politique de l’Afrique. Après le coup d’État, une guerre séparatiste menace le Mali. Nile Bowie Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca Le 4 avril 2012 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30142

3. Mamadou Dramane Traoré http://www.legrandsoir.info/lettre-d-un-malien-a-monsieur-sa...

4. Marianne 2 Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-mali-consequence-de-l-interve...

5. Forum pour un Autre Mali (Foram) Chronique d’une recolonisation programmée. Bamako, le 04 avril 2012

6. Ahmed Lagraa : Etats sahéliens nés de la décolonisation. La menace d’implosion 07.04.2012

7. Général Mohand Tahar Yala. http://www.elwatan.com//actualite/le-changement-ne-peut-etre...

Chems Eddine CHITOUR

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http://www.legrandsoir.info/la-partition-du-mali-premier-domino-apres-l-effritement-de-la-libye.html


4-3 Yoro SOW : Nord- Mali : Le MNLA n’existe que par les medias français.

Après l’occupation  des trois régions dans le nord de notre pays, on se rend compte que le Mouvement national pour la libération de l’Azaouad n’est qu’une coquille vide. Sur le terrain, la réalité est triste pour la France, sa marraine, il ne contrôle rien. Partout, il est chassé par les éléments du mouvement islamiste Ançar- Dine et des salafistes d’Aqmi, les maîtres incontestés des zones.

Au grand désespoir d’Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères.
Financé, armé par la France de Nicolas Sarkozy, le Mouvement national pour la libération de l’Azaouad (MNLA) dont on avait surévalué la force de frappe s’est révélé sur le terrain face à d’autres bandits comme un tigre en carton.
la très faible armée malienne a quand même été éjectée militairement des principales villes du Nord Mali dans des conditions suffisamment calamiteuses pour que les jeunes capitaines maliens s'en prennent à leurs dirigeants
 Il ne contrôle aucune zone dans le Nord. La preuve, ces combats ont été chassés de Tombouctou, de Gao, où ils ont été ligotés suite à l’enlèvement  du consul d’Algérie. Mais sur les médias français,
??????
on a l’impression que le MNLA domine la situation. Alors qu’il n’en est rien.
 
Les vrais maîtres de ces zones sont le mouvement Ançar- Dine et l’Aqmi.

- anti islamisme à la sauce toulousaine  
!
 Il faut que les Maliens comprennent que l’existence du MNLA est due aux médias et autorités françaises qui ne cessent de monter des surenchères pour mettre au devant de la scène leur moribond  MNLA. La force de frappe qu’Alain Juppé, le pyromane du Rwanda, ne cesse de clamer sur les médias français de la haine, n’est que de la diversion.
> Selon ses louanges sur RFI, les rebelles du MNLA sont aguerris au combat et compte des colonels valeureux en son sein et mieux armés du pillage des stocks d’armement de la Libye et du largage des armes françaises sur eux. Où sont- ils, Juppé ? Que représente leur armement ?
> Dans leur propagande médiatique, les médias français ne diffusent que des anciennes images des soldats libyens en démonstration de force au temps de Kadhafi. Uniquement dans le seul but de créer la panique au sein de l’opinion publique malienne et dans les rangs de l’armée.
> Si on veut amener les autorités maliennes à négocier avec des gens qui n’existent que par des médias, il y a un pas que les nouvelles autorités de la transition ne doivent pas franchir. En le faisant, le risque sera de nous conduire encore dans un autre chaos.
> Selon Alain Juppé, la solution touareg passe par le dialogue et les négociations. Ce dernier pense que les Touareg sont des laissés pour compte de la société malienne. Il se trompe. Tous les observateurs de la scène politique malienne, ces dernières années, le démentiront, s’ils sont de bonne foi. Tous les projets ou programmes de développement on été confiés aux cadres touaregs qui s’agitent aujourd’hui. Au lieu d’un développement véritable de leurs localités, ils ont préféré la belle vie à Bamako et dans les capitales européennes.
> Le Mali ne cédera aucune portion de son territoire à une poignée d’agitateurs, rejetés par leur propre communauté. Ils ne défendent aucune cause. Sauf leurs propres intérêts et ceux de la France haineuse.
> Nous invitons Alain Juppé à revisiter l’histoire du Mali. Au lieu de lancer des diatribes contre le peuple malien, le ministre français doit savoir que les Touareg, dont il défend leur cause perdue de la création d’un Etat indépendant n’ont jamais formé une entité politique dans l’histoire du Mali. A titre de rappel, ils payaient le droit de sol, c’est-à-dire d’installation, aux Sonraï.
> Après les différentes condamnations qui ont accompagné la création de «son Etat» sur le sol malien, la France ne compte pas lâcher du lest. Son plan B serait la création d’une République fédérale du Mali ou d’une autonomie pour la Région de Kayes.
> Signer un autre accord, en plus du Pacte national, du Livre Blanc et de l’Accord d’Alger, reviendrait à la mort du Mali dont aucun Malien digne de ce nom n’acceptera.
> Le seul langage pour le MNLA, c’est les armes. Le dialogue, c’est avec Ançar- Dine dont les éléments eux se considèrent comme des Maliens
 et maintenant main tendue aux islamistes !
Yoro SOW

Inter De Bamako  du   11 avril 2012. 



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



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