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02/07/2012

n° 117- 02-- Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’ -02-07 : OTAN Ce que ça coûte d’être dissident en Occident''

n° 117- 02-- Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’ -02-07 : OTAN   Ce que ça coûte d’être dissident en Occident''



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’. n° 117- 02-07

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 "Le'Dossier des guerre de l'Otan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Dossiers

1-1 Wei Ling Chua "Julian Assange : Ce que ça coûte d’être dissident en Occident'' (Dissident Voice)

1-2 Thierry Meyssan : Bruits de bottes.

1-3 Moyen-Orient : Avertissements nucléaires de la Russie.

1- 4 Pepe Escobar : L'art de la guerre, avec un verre de vin.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Tom Carte :r : Des drones évoluent au-dessus des Etats-Unis.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1Le nouveau destroyer US est en train de couler le budget.  

3-2 Luc Michel :: "CPI versus CNT: farce judiciaire et chantage entre auxiliaires de l'OTAN au milieu du chaos libyen !".

 



1 Dossiers

1-1 Wei Ling Chua "Julian Assange : Ce que ça coûte d’être dissident en Occident'' (Dissident Voice)

Julian Assange a rendu service à l’humanité en publiant les dépêches diplomatiques étasuniennes qui révélaient que "les décisions politiques étasuniennes étaient plus motivées par le pétrole que par la lutte contre le terrorisme" et que les meurtres et la torture de dizaines de milliers de civils par les forces des Etats-Unis et de l’OTAN en Irak et en Afghanistan dont font état les journaux de guerre respectifs étaient des preuves de crime de guerre.

Cependant, à son grand désarroi, Assange, en tant que dissident occidental ne jouit pas de la mansuétude dont jouissent les dissidents chinois.

Les politiciens du monde "libre" ne veulent pas reconnaître qu’il a agit noblement en révélant les violations des droits humains et les crimes de guerre commis par l’OTAN et les Etats-Unis.

Le président Obama a parlé d’une "déplorable fuite de documents" ; l’ancien président de la Chambre des Députés, NewtGingrich, pense qu’Assange doit être traité comme un "combattant ennemi" ; le leader du groupe GOP (Grand Old Party : Parti Républicain, ndt), Mitch McConnell, l’a qualifié de "terroriste high-tech" ; et Sarah Palin veut qu’il soit pourchassé comme al-Qaeda.". D’autres politiciens dont des dirigeants de médias alignés "ont ouvertement demandé qu’il soit mis à mort."

L’accès à WikiLeaks a été instantanément bloqué par les employés fédéraux des Etats-Unis. Et c’est pareil en Allemagne.

Au Canada, des censeurs ont bloqué le site de WikiLeaks ; Interpol a publié un mandat d’arrêt contre lui et Tom Flanagan, le principal conseiller du premier ministre canadien Stephen Harper, a suggéré qu’il soit assassiné par un drone.

On a appris que Facebook avait effacé la page de WikiLeaks avec ses 30 000 fans ; Reporters WithoutBorders, les chiens de garde médiatiques (groupe de liberté de la presse) financés par le gouvernement étasunien, l’ont accusé d’être un "irresponsable".

Ses sources de financement ont été bloquées par des firmes occidentales comme VISA, MasterCard, Amazon, PayPal, Western Union et Bank of America. De sorte que WikiLeaks, étranglé financièrement, a été forcé de fermer temporairement son site en 2010.

On ne trouve quasiment personne dans la presse-système pour oser le présenter comme un militant des droits de l’homme ou de la liberté d’expression. En fait, comme les Australiens l’ont fait remarquer, "les rédacteurs en chef se sont retournés contre lui" ; le Guardian a noté que "de plus en plus de journalistes étasuniens prennent leur distance par rapport à WikiLeaks et Assange." Une tribune du Washington Post demande qu’il soit poursuivi et que la loi contre l’espionnage soit remodelée.

Si l’on en croit un sondage de CNN, le peuple américain semble aussi l’avoir abandonné puisque 77% des gens disent que ces documents du gouvernement étasunien n’auraient pas dû être publiés.

Les avocats qui défendent Assange se plaignent d’être surveillés et de subir des pressions de Washington.

Assange a été complètement abandonné par sa mère-patrie, l’Australie. Le gouvernement australien non seulement s’est complètement désintéressé de ses droits humains élémentaires et de la liberté de la presse, mais le premier ministre, Julia Gillard, s’est jointe aux Etats-Unis pour le condamner en prétextant qu’il avait agi illégalement tout en étant incapable de "dire en quoi WikiLeaks avait violé la loi". En deux occasions, le gouvernement australien a menacé de l’arrêter bien qu’il sache pertinemment qu’Assange est mal traité en Grande Bretagne depuis 2010. Sa liberté de mouvement a été limitée par un bracelet électronique et il est virtuellement assigné à résidence après avoir passé 9 jours à l’isolement dans une prison de Londres sans charges et sur la base d’allégations qu’il niait expressément. Selon sa mère, Assange n’a reçu aucune aide du gouvernement australien.

Un article de Crikey note à juste titre qu’il aurait mieux valu pour Assange être accusé de trafic d’armes avec Bagdad.

En fait, on a même appris qu’à moment donné l’Australie a envisagé d’annuler le passeport d’Assange ; on aurait aussi essayé d’empêcher son avocate australienne, Jennifer Robinson, de prendre l’avion à l’aéroport d’Heathrow pour rentrer en Australie au prétexte qu’elle était sur une "liste de surveillance" et qu’il lui fallait une autorisation officielle pour pouvoir retourner dans son pays natal.

Assange est un dissident occidental, il ne jouit pas de la mansuétude accordée aux dissidents chinois. Sa cause est peut-être noble et un Russe a même dit qu’il méritait le prix Nobel de la paix. Mais les forces qui décident de son sort sont puissantes et impitoyables. Il se pourrait qu’il finisse comme Bradley Manning dans une célèbre prison militaire étasunienne, obligé de passer toutes ses nuits tout nu, maintenu à l’isolement, persécuté et privé de sommeil comme le recommande le manuel d’interrogatoire de la CIA. Des officiels de l’ONU s’indigneront peut-être de temps en temps qu’il soit traité de manière "cruelle et dégradante" mais la plupart des médias alignés ne relaieront même pas leurs observations.

Le procès de Manning par le monde "libre" sera tenu secret ; on sait que son avocat se bat pour avoir accès aux documents du gouvernement pour pouvoir préparer sa défense. Apparemment les gens qui s’inquiètent de sa santé ont aussi beaucoup de mal à obtenir l’autorisation de le voir.

Le gouvernement australien est parfaitement conscient des mauvais traitements que le monde "libre", notamment les autorités anglaises et suédoises, inflige à Assange mais il laisse Assange se débrouiller tout seul.

Est-ce que les droits humains et la liberté de la presse sont vraiment des valeurs universelles occidentales ?

Wei Ling Chua

Wei Ling Chua est journaliste indépendant accrédité par Australia News and Feature Services (ANFS) et International News Syndicate (INS) et chercheur indépendant en désinformation médiatique. On peut le joindre à : wchua62@gmail.com et consulter son site : http://www.outcastjournalist.com/

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2012/06/julian-assange-the-price-o...

Traduction : Dominique Muselet

Wei Ling Chua

wchua62@gmail.com

URL de cet article 17019 
http://www.legrandsoir.info/julian-assange-ce-que-ca-coute-d-etre-dissident-en-occident-dissident-voice.html

22 juin 2012


1-2 Thierry Meyssan : Bruits de bottes.

Alors même que les US et l'UE, partenaires au sein du « bloc occidental » dont l'OTAN et « l'Union Transatlantique » sont les instrument de coordination, ne peuvent plus être réellement appelés « démocraties »note ni même « états de droits »note, de sourds bruits de bottes nous parviennent.

Ces bruits nous viennent d'Iran bien sûr, pays dont depuis quinze ans il est dit quasi-annuellement qu'il est 'à quatre ans' d'avoir l'arme nucléaire. Malgré que tout donne à penser que ces campagnes successives ne sont que désinformation et partie intégrante de ce qu'il est convenu d'appeler des « opérations psychologiques », il ne faut pas oublier que des déploiements de troupes et des manœuvres militaires ont lieu. Nous ne citerons que cette information : un drone US RQ-170 violant l'espace aérien de la République Islamique d'Iran a été abattu ce 5 décembre 2011note.

Voisine de l'Iran, la Syrie est depuis plusieurs mois la cibles d'attaques de différents ordres. Des groupes armés, dont de nombreux signes montrent qu'ils sont soutenus par des pays tiers, créent un climat de tension extrême, provoquant la mort de nombreuses personnes parmi les militaires et policiers syriens mais aussi parmi la population civile. Notons au passage que les demandes de changement et d'émancipation de sa population sont maintenant rendues largement inaccessibles.

La Syrie subit aussi des attaques médiatiques importantesnote de la part des états du « bloc occidental », attaques permettant les tentatives de déstabilisations économiques -dont on sait pourtant qu'elles affectent principalement les populations les plus faibles- que sont les sanctions internationales. Remarquons que les pays de la ligue arabe sont en pointe dans ce combat. Les dernières annonces concernant la Syrie, notamment par la France dont le Ministre des Affaires étrangères Alain Juppé déclara « Bachar est fini! », sont la possibilité de création d'un « corridor humanitaire » et d'une « zone d'exclusion aérienne »note.

 

Autres voisins de la Syrie, autres désastres guerriers : à l'est, l'Irak est détruit pas une longue guerre et les diverses déstabilisations dont fut victime le pays ont créé des situations de chaos et engendré des violences interconfessionnelles tandis qu'à l'est, l'Afghanistan est, lui aussi, ruiné et en proie à de multiples violences. Rappelons que ces deux pays furent attaqués après des campagnes médiatiques usant et abusant du mensonge, transformant les journalistes en auxiliaires militaires chargés de la propagande de guerre. Le rôle de la presse ne semble pas avoir évolué sur ce pointnote.

 

La Libye vient d'être détruite sous prétexte humanitaire par les troupes du « bloc occidental » agissant sous couvert de l'ONU, organisation ayant décidé de la création d'une « zone d'exclusion aérienne » et dont les batailles terrestres furent menées avec l'aide de leur soudard Qatari. Cette destruction est physique mais aussi sociale et de nombreux « groupes de guerriers » sont maintenant en possession d'armes dont on ne sait quelle sera leur finalité. Des risques certains existent qu'elles soient revendues à des groupes déstabilisateurs (AQMI,...) ou qu'elles continuent leur chemin vers l'un des nombreux endroits du continent africain ou les troupes de l'OTAN et de ses pays membres sont impliquées : Soudan, Somalie, Côte d'Ivoire, Yemen...

Ces bruits de botte nous viennent aussi de Russie. Directement menacée par l'implantation d'un « bouclier anti-missiles » (rappelons que cet ensemble que constitue le « bouclier » peut être défensif, mais aussi offensif, le simple fait de ne pas craindre de représailles d'un adversaire pouvant amener à la décision de lui mener bataille, y compris en utilisant les armes les plus destructrices. Rappelons aussi que le « bouclier » est constitué en lui-même de missiles), la Russie a annoncé qu'elle réagirait à ce projet par différents moyens dont, entre autres, une réaffectation de ses propres missiles. Les tentatives d'élargissement de la sphère d'influence de l'alliance transatlantique a conduit un général Russe à affirmer devant la Chambre Civile Russe "La Russie pourrait se voir impliquée dans un conflit dans lequel des armes de destruction massive seraient utilisées"note La Russie entrevoit aussi des difficultés sur son côté asiatique : « Les projets américains d'accroître leur présence militaire en Asie centrale et d'établir d'importantes bases militaires en Afghanistan inquiètent la Russie », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov. "Par ailleurs, des informations arrivant périodiquement montrent que nos collègues américains veulent accroître leur présence militaire en Asie centrale", a-t-il fait savoir. note Les intérêts de ce même pays sont aussi menacés en Syrie et il a été annoncé que des bâtiments de la marine de guerre s'y rendraient prochainement note, officiellement sans lien avec les événements actuels. La Russie a encore de nombreuses autres raisons de se sentir atteinte dans ses intérêts ou d'être inquiète. Notons par exemple qu'un de ses ambassadeurs fut roué de coups par des douaniers car il refusait de donner sa « valise diplomatique ». Cela se passait fin novembre au... Qatar!note

 

Ces bruits de bottes nous viennent aussi de Chine, pays ayant acquis une puissance monétaire, technologique et militaire impressionnante le mettant en concurrence directe pour la domination globale avec l'autre grand acteur. « Il ne peut y avoir deux tigres sur la même colline » a dit Deng Xiaoping, qui rejoint par là les vues du stratège US et « conseiller hors cadre » de Barak Hussein Obama, Monsieur ZbigniewBrzeziński. Ce dernier se déclarant pour un leadership total des US et expliquant que « qui contrôle l'Eurasie contrôle le monde »note. La Chine, donc, s'est sentie obligée de donner de la voix publiquement ces dernières semaines suite à ce qu'elle perçoit comme des menaces du « bloc occidental ». « Le président chinois, Hu Jintao, a appelé la marine à être prête au combat et à poursuivre sa modernisation afin de sauvegarder la sécurité nationale, a rapporté l'agence d'information Chine nouvelle, mardi 6 décembre » d'après Le Monde. La Chine a aussi émis des avertissements très clairs, demandant à ce que cessent les opérations au Pakistan, son voisin, en déclarant : « l'intégrité territoriale et l'indépendance du Pakistan doivent être respectés!note». Cette déclaration est comme pour joindre la parole au geste car, en mai 2011, la Chine avait déjà offert des avions de chasse au Pakistannote. D'autres opérations concernent son voisinage proche, comme le rapprochement des US avec la Birmanie ou le renforcement des capacités US en Australie. Le New York Times a publié un article le 16/11 à ce sujet où l'on peut lire : l'Australie doit être utilisée par l'armée étatsunienne « comme un nouveau centre d'opérations en Asie » à partir duquel les États-Unis chercheront « à se réaffirmer dans la région et affronter l'ascension de la Chine. »

Elle se sent aussi menacée par les opérations visant la Syrie et l'Iran et a d'ailleurs voté contre les résolutions de l'ONU visant la Syrie (rappelons que le conseil de sécurité est composé de trois membres du « bloc occidental » : USA, UK et France, d'un membre du « bloc civilisation orthodoxe » : la Russie et d'un membre du « bloc civilisation chinoise » : la Chine). Rappelons enfin qu'elle n'avait pas soutenu la résolution de l'ONU concernant la Libye et s'était abstenu lors de son vote.

 

Tous ces bruits de bottes ne seraient ils que l'annonce d'une intensification de la concurrence entre le géant de ce monde et ses outsiders? Devons nous craindre une confrontation dont personne, et surtout pas les populations européennes, ne sortirait gagnant? Pouvons nous accepter que l'on joue ainsi avec notre destinée? De surcroit dans un jeu à somme très largement négative? Nous vous laissons juge.

Écrit le 10 décembre 2011 pour Beez - Libreinfo

Notes et références

Note 1 : Voir « Stratégie du Choc et de la Tension : Résultats positifs »

Note 2 : Ibid.

Note : L'appareil n'a pas été "abattu", mais forcé d'atterrir après sa prise de contrôle.  http://essential-intelligence-network.blogspot.com/2011/12/rq-170-anatomy-of-failed-cybernetic.html

Note 3 : L'ensemble de l'appareil médiatique/appareil de propagande est mobilisé, comme l'attestent les faits relevés dans ce dossier. La manipulation est parfois grossière, comme lors de ce journal télévisé de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)

Note 4 : L'option militaire du « couloir » semble toutefois actuellement abandonnée ou à tout le moins repoussée

Note 5 : Voir différents média-mensonges et mensonges de guerre concernant ces pays et d'autres cas plus récents

Note 6 : http://french.cri.cn/781/2011/11/17/304s261402.htm

Note 7a : http://fr.rian.ru/world/20111117/192011216.html

Note 7 : La Russie va envoyer une flotte de navires de guerre en Syrie...

Note 8 : http://english.pravda.ru/world/asia/06-12-2011/119857-qatar-0/ (Small Arab country slapsRussia in the face)

Note 9 : Voir « Le grand échiquier »

Note 10 : http://articles.economictimes.indiatimes.com/2011-05-20/news/29565072_1_pakistan-s-ambassador-pakistan-china-pakistan-media

Note 11 : www.nytimes.com/2011/05/20/world/asia/20pakistan.html?_r=4

http://guerre.libreinfo.org/controle-populations/divers/817-bruits-bottes-guerre-mondiale.html


1-3 Moyen-Orient : Avertissements nucléaires de la Russie.

Cet article revient toujours sur les fantômes de 1914 et du magnifique été de cet époque. L'insouciance et l'ignorance des masses semble supérieure encore à ce qu'elle était à cette époque. Après avoir dévalisé et ruiné des peuples, affamé d'autres, les dirigeants occidentaux sont en train de diriger leurs peuples à l'extermination nucléaire. Il n'y a pas d'exagération mais la vision lucide de ce qui arrivera vite si l'occident continue ses entreprises perverses d'entropisation, de creation de chaos et de perversion des outils du droit international. 

Les dirigeants occidentaux (USA, France, Royaume-Uni et quelques alliés de quelques émirats du golfe) jouent une partie de poker menteur avec la Russie en Syrie alors que la Russie a 11 000 têtes nucléaires, a clairement dit que la Syrie était la ligne rouge à ne pas franchir. Nos dirigeants n'ont pas le mandat de mettre en danger leurs populations par leurs politiques suicidaires. 

La mise en danger "à la légère" des populations européennes par leurs dirigeants est un crime. Aucun intérêt vital à des milliers de kilomètres de leurs frontières ne justifie une telle prise de risque. François Hollande de ce point de vue est déjà la déception qu'on pressentait.

L'excellent Thierry Meyssan, un des quelques journalistes avec Collon et quelques autres à ne pas désinformer mais à informer au péril de sa vie (il est passé près de l'exécution en Libye) nous donne un excellent article concernant l'avertissement sans frais mais à prendre au sérieux de Poutine aux occidentaux : la Syrie est la ligne rouge ou jaune à ne pas franchir.

Thierry Meyssan qui est sur place démonte les mensonges occidentaux.

Comme ce qu'il dit recoupe d'autres sources comme RT, Tarpley, Collon, Chossudovsky

Comme on a encore le précédent Libyen en tête

Comme on a plus aucune confiance dans la presse-système orwellienne du ministère du mensonge et de la paix

Comme l'Euro 2012 puis les jeux olympiques arrivent à point nommé pour détourner la masse amorphe de l'information ...

... osons prendre au sérieux les avertissements de Poutine et les analyses de Meyssan et d'autres. 

 

L'agenda de Poutine parle de lui-même : c'est celui d'une mobilisation générale : diplomatie, armée, alliés. Je souligne les points essentiels.

7 mai : investiture du président Vladimir Poutine

8 mai : nomination de Dmitry Medvedev comme Premier ministre

9 mai : célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie (ou Vladimir Poutine a insisté sur la nécessité pour la Russie de se tenir prête à un nouveau sacrifice). Le discours de Poutine du 9 mai est clairement à sens multiples : discours commémoratif mais aussi avertissement à peine voilé, reaffirmation des droits moraux du peuple russe à résister aux "agressions et engagement solennel devant les anciens combattants de tout faire pour que la Russie ne soit plus attaquée ; A prendre très au sérieux par les élites autistes occidentales

10 mai : visite du complexe militaro industriel russe

11 mai : réception du président abkhaze

12 mai : réception du président sud-ossète (voir mon article précédent sur le caucase)

14-15 mai : rencontre informelle avec les chefs d’États de l’OTSC.

18 mai : visite de l’institut de recherche de défense Cyclone

25 mai :revue des sous-marins atomiques

30 mai : réunion avec les principaux responsables de la Défense

31 mai : réunion du Conseil de sécurité russe

4-7 juin :visite en Chine, sommet de l’OCS

7 juin : visite au Kazakhstan durant letir de missile Topol

L'original étant mieux que la paraphrase approximative, il vaut mieux reproduire l'article de Thierry Meyssan (licence CC BY-NC-ND)) en l'enrichissant avec des liens tous concordants.

Le fond du problème,constamment relevé article après article par dedefensa(qui a cruellement besoin de soutien financier sous peine probablement de disparaître) est la pathologie mentale des occidentaux, notre pathologie à tous que nous ne pouvons pas voir puisque nous en sommes atteints. : hystérie, inculpabilité, indefectibilité, deux poids deux mesures permanents ad nauseam sans comprendre que les autres ne pensent pas comme nous et qu'ils en ont le droit.   

Le bloc occidental ne peut pas comprendre que la Russie (ou la Chine) pensent autrement que lui et que pour la direction russe actuelle, opinion partagée par la Chine, le principe de non ingérence dans les affaires intérieures d'un autre pays est la condition sine-qua non de la paix. Le droit d'ingérence ou la responsabilité de protéger à sens unique ne sont acceptés ni par la Chine, ni par la Russie. Le ton de la Chine envers les Etats-Unis après la publication du rapport US sur les droits de l'homme en Chine devient clairement non diplomatique : "Nous suggérons sincèrement à la partie américaine de mieux examiner la situation aux Etats-Unis et d'abandonner ses pensées et actes erronés dans ce domaine" (We urge the US side to reflect more on itsownproblems and put an end to itswrongmindset and practice on humanrights issues.). Quand au ton de la Russie avec les occidentaux, on en est déjà à la communication non verbale par tir de missiles atomiques. Attention : l'autisme tue.

Cette pathologie mentale qui imbibe aussi François Hollande force la Russie à gronder puis sortir les griffes pour que l'occident comprenne que la Russie ne rigole pas

Le tir de fusées atomiques est le seul langage qui reste aux russes pour briser l'autisme des élites et l'apathie du citoyen occidental qui laisse faire.

 

Article 1 : Coups de semonce russes par Thierry Meyssan  (licence CC BY-NC-ND))  

La crise syrienne a changé de nature. Le processus de déstabilisation qui devait ouvrir la voie à une intervention militaire légale de l’Alliance atlantique a échoué. Ôtant leur masque, les États-Unis ont publiquement évoqué la possibilité d’attaquer la Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité, comme ils le firent au Kosovo. C’était feindre d’ignorer que la Russie de Vladimir Poutine n’est pas celle de Boris Eltsine. Après s’être assuré du soutien chinois, Moscou a tiré deux coups de semonce en direction de Washington. La continuation des violations du droit international par l’OTAN et le CCG risque désormais d’ouvrir un conflit mondial.(...) Depuis 16 mois qu’ils déstabilisent la Syrie, l’OTAN et le CCG ont créé une situation sans issue qui peut désormais dégénérer en guerre mondiale.

Thierry Meyssan


1- 4 Pepe Escobar :L'art de la guerre, avec un verre de vin

Elle se trouvait là, dans un coin discret, jamais repérée par les hordes de touristes : ma petite table favorite depuis les années 80 au Café de Flore à Saint-Germain. J'en ai pris possession, j'ai commandé un croque-monsieur et un verre de Chablis, et j'ai repris mes activités, en lisant et en regardant le monde passer devant moi pour la première fois depuis la chute du Roi Sarko.

Première impression : où diable mon bouquiniste peut-il bien se trouver ? La vénérable librairie La Hune, juste au milieu de mon angle de vision, semblait avoir été frappée par le feu de l'enfer. Zeus merci, elle avait déménagé pas loin. Deuxième impression plus prometteuse : BHL ne se trouvait pas au Flore. En fait, le philosophe français Bernard-Henri Lévy, alias BHL, était occupé ailleurs à assurer la promotion de sa prochaine guerre.
BHL n'est pas simplement un philosophe/écrivain/cinéaste, il est avant tout le patron exécutif d'une gigantesque opération de relations publiques montée à la gloire perpétuelle de lui-même. Il dirige pratiquement l'arène culturelle française, de la même manière que Christopher Hitchens pensait faire la pluie et le beau temps aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Pouvons-nous vivre dans la médiocrité ? Si seulement Sartre était encore vivant pour renvoyer BHL d'un coup de pied dans le derrière vers son jardin d'enfants intellectuel ! BHL s'est rendu dernièrement au Festival du film de Cannes en emportant dans ses bagages quelques rebelles otanesques libyens en guise d'animaux de compagnie - des compagnons de son aventure de « libération », comme Moustafa El-Zagizli, de Bengazi, fièrement présenté comme le « prince des chabab », et le général Ramadan Zarmouth, de Misurata.

Le colonel Kadhafi avait l'habitude de planter ses tentes à Rome et de faire embrasser ses magnifiques robes par les potentats occidentaux. Les rebelles otanesques libyens, pour leur part, étaient abasourdis et troublés par leur expérience explosive des tapis rouges de Cannes.

Fait décisif, en compagnie de ses Libyens favoris, qui maugréaient contre « l'unité de la révolution », BHL avait également emmené avec lui - qui d'autre ? - ses Syriens favoris, deux Kurdes, des personnages louches en lunettes noires, dont les têtes étaient enveloppées dans des drapeaux syriens. Ils étaient décrits comme « des combattants qui avaient fui la Syrie en cachette, il y a seulement quelques heures, pour découvrir Le Serment de Tobrouk ».  

Nous avons donc là le sioniste certifié BHL, emmenant avec lui ses Arabes de service pour visionner la première mondiale de son nouveau film. Oui, toute cette affaire devait faire partie d'un autre exercice de glorification de BHL. Après avoir gagné pratiquement à lui tout seul la guerre de Libye - selon son propre « récit » - BHL a maintenant insisté sur le fait que « ce qui a été fait à Bengazi ne fut pas plus facile que ce qui devrait être fait à Homs ». Garçon ! Apportez-moi un changement de régime avec mon Chablis !

 

La guerre, c'est moi

Quant au film, diffusé sur les écrans en France et déjà vendu au marché nord-américain, il pourrait aspirer à se qualifier comme pièce surréaliste digne d'Alfred Jarry. Mais en tant que paon hyperactif, BHL n'a pas la moindre faculté d'autocritique, et ce qui reste est un BHL cinéaste se filmant lui-même en tant que réalisateur de l'Histoire en marche. Voilà comment une tradition littéraire et philosophique française vieille de plusieurs siècles se termine : L'Intellectuel est devenu un va-t-en guerre.

En voix off - quelle autre ? - celle de BHL non-stop : un monologue néo-proustien débité qui flirte avec Sun Tzu. BHL parcourt les rues de Bengazi à la recherche d'un héro rebelle postmoderne, et il le trouve en la personne d'Abdul OTAN Jalil.

La scène est à présent installée pour que BHL d'Arabie joue son épopée libératoire, constamment vêtu d'une veste noire, d'une chemise blanche Charvet méticuleusement ouverte pour montrer sa peau blanche, et un téléphone satellitaire collé sur son oreille, depuis les déserts et les montagnes jusqu'aux salons du Palais de l'Elysée et - bien sûr - le Café de Flore qui se révèle à une délégation libyenne éblouie.

Tous, du Roi Sarko à la Reine Hillary « Nous sommes venus, nous avons vu, et il mourut » Clinton et à David Cameron d'Arabie, sont manipulés pour servir d'extras dans une guerre de libération concoctée par BHL. Qui a réellement envie de savoir ce qu'il s'est réellement passé en Libye, comme l'Asia Times Online l'a rapporté pendant des mois ?

BHL rejoue inévitablement le coup de fil tristement célèbre qui aurait converti le Roi Sarko au changement de régime. Sarko lui-même a nourri ce mythe, en déclarant à la télé française en mars 2011 comment cet appel téléphonique l'avait conduit à rencontrer les rebelles de l'OTAN et à démarrer l'offensive franco-britannique. Foutaise ! Le changement de régime avait déjà été décidé à Paris depuis octobre 2010, lorsque le chef du protocole de Kadhafi s'était enfui de Libye pour se réfugier en France.

Maintenant, BHL est très occupé à rappeler au nouveau président français François Hollande « la France fera-t-elle pour Houla et Homs ce qu'elle a fait pour Bengazi et Misurata ? ». Eh bien, la coalition des volontaires est déjà en place : la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Turquie et la Ligue Arabe contrôlée par le Conseil de Coopération du Golfe ! Ils se nomment eux-mêmes « les Amis de la Syrie » et décideront des prochaines étapes du changement de régime, à Paris début juillet.

BHL concède que « sauver l'euro est une obligation impérieuse », mais le drame grec pourrait ne pas empêcher Hollande de passer un coup de fil, exactement comme BHL l'a fait averc son prédécesseur le Roi Sarko, pour convaincre la Russie et la Chine que l'Etat terroriste syrien relève du passé. Evidemment, BHL ne reconnaîtra jamais la nature terroriste de l'Etat israélien envers les Palestiniens, même s'il était sur le point de se faire écraser par un char de Tsahal. De toute façon, si Hollande cale, BHL se tournera vers David Cameron d'Arabie.

BHL insiste pour dire qu'il a réalisé Le Serment de Tobrouk pour la Syrie. En Libye, dit-il, il y avait « une réelle coalition avec les pays arabes, qui impliquait les forces émiraties et qataries ».

Pour l'Emir du Qatar, le Serment de Tobrouk devrait être perçu comme une comédie musicale façon « The Sound of Music ». Après tout, le Qatar a déjà acheté la moitié de la Place Vendôme, une bonne partie des Champs-Élysées et presque tout entre Madeleine et Opéra.

BHL pourrait faire pire que passer lui-même un coup de fil à l'Emir francophile pour lui demander de financer sa prochaine guerre. Mais dites donc, le Qatar arme déjà les rebelles syriens ! Prochaine étape pour BHL? L'Iran. 


Merci à Questions critiques
Source: http://atimes.com/atimes/Middle_East/NF14Ak02.html
Date de parution de l'article original: 14/06/2012
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7575
 

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=

 



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Tom Carte :r : Des drones évoluent au-dessus des Etats-Unis

Les projets révélés dernièrement de déployer des dizaines de milliers de drones militaires au-dessus du territoire américain révèlent une composante significative de l'infrastructure d'Etat policier en train de se développer aux Etats-Unis.

Selon les évaluations du gouvernement, 30.000 drones pourraient bourdonner au-dessus de nos têtes d’ici la prochaine décennie. Ces drones opéreront à partir d’au moins 110 bases militaires situées dans 39 Etats à travers le pays. Des décrets s’accumulent déjà, des pilotes et des équipages sont en train d’être formés et une partie de l'espace aérien est en train d’être réservé.

Ces drones vont de petits avions de surveillance pesant quelques livres à des aéronefs armés transportant des milliers de livres d’équipement et d’armement. Une nouvelle génération de micro-robots volants (« micro air vehicles, MAV ») est en cours de développement qui ne sont guère plus grands que des insectes et capables de pénétrer sans être vus dans des logements et des lieux de travail pour photographier, enregistrer et même tuer.

Des centaines de drones sont d’ores et déjà déployés au-dessus des Etats-Unis avec les agences locales de maintien de l’ordre acquérant également leurs propres drones. Et il ne s'agit là que les drones dont nous avons connaissance.

Selon un rapport d’ABC News, « Des drones peuvent transporter des caméras de reconnaissance faciale, des systèmes de reconnaissance de plaques minéralogiques, des caméras thermiques produisant des images, des renifleurs de WiFi ouvert et autres capteurs. Et, ils peuvent être armés. » Les capacités technologiques exactes de ces drones, développées par des géants de la défense tels Northrop Grumman au prix de milliards de dollars, sont un secret d’Etat hautement gardé.

Néanmoins, le potentiel de surveillance des drones d’aujourd’hui fait ressembler à un jeu d’enfant l’espionnage opéré par les dictatures du siècle dernier. Partout où l’on va, tout ce que l’on dit, tout ce que l’on fait – même chez soi – peut maintenant être secrètement observé, enregistré et compilé dans d’énormes banque de données du gouvernement qui sont secrètement mises en place par le gouvernement Obama. (Voir : « Comment lutter contre les mesures d'Etat policier d'Obama »

Le développement de ces drones est cohérent avec les efforts entrepris pour militariser, régenter et surveiller de près la vie des Américains ordinaires. La surveillance omniprésente est la nouvelle normalité. Comment une personne se promenant dans la rue n’importe quel jour de la semaine peut-elle savoir si à ce moment précis un drone, volant à plusieurs kilomètres au-dessus de sa tête, est ou n’est pas en train de suivre ses mouvements?

Outre le potentiel de surveillance orwellien, il va sans dire que les drones peuvent être utilisés pour des meurtres. Des drones ont déjà été utilisés pour assassiner des milliers de gens en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et ailleurs, dont des citoyens américains, dans le cadre du programme de « meurtre ciblé » du gouvernement Obama. Les pilotes des drones, assis en sécurité devant leurs écrans vidéo, parlent de leurs victimes en termes d'« éclaboussures d'insectes » (« bug splats »).

Avec des dizaines de milliers de drones déployés au-dessus du territoire national, le potentiel existe de les utiliser pour « supprimer » (« take out ») des personnes non grata des Etats-Unis ou même des rassemblements de telles personnes. Lorsque les 110 bases de drones seront terminées, aucun endroit du pays ne sera plus hors de portée de frappe immédiate.

Les dispositions pour déployer ces dizaines de milliers de drones ont été entièrement prises derrière le dos du peuple américain. Il n’y a pas eu de débat au Congrès et, bien qu’il s’agisse d’une année électorale, aucun des deux principaux partis politiques n’a soulevé la question.

Aucun contrôle n’a été mis en place quant à ces drones. En fait, Obama a signé une loi en février levant des restrictions qui auraient pu faire obstacle à la rapide intégration des drones « dans le système d'espace aérien national. » En dehors de quelques articles épars, les médias qui sont à la botte des grandes entreprises sont restés silencieux.

La consolidation de l’infrastructure d’Etat policier a pour cible les soulèvements sociaux massifs qui se profilent à l’horizon. L’élite dirigeante anticipe que la classe ouvrière américaine ne tolérera pas indéfiniment attaque sur attaque contre son niveau de vie, des coupes dans les programmes sociaux et des guerres incessantes. L’opposition se développera inévitablement. Lorsque ce sera le cas, les drones armés suivront de près cette évolution.

Le déploiement de drones au-dessus des Etats-Unis est plus que la confirmation que les mesures d’Etat policier appliquées dans le cadre de la soi-disant « guerre contre le terrorisme » – une surveillance sans mandat, la torture, des commissions militaires, des détentions secrètes sans procès, et des « listes de personnes à tuer » – cibleront en fin de compte directement le peuple américain.

Ce n’est pas par hasard que les révélations concernant le déploiement des drones coïncident avec le récent coup monté contre des manifestants anti-guerre à Chicago accusés de « terrorisme ». Puisqu’ils sont accusés de « terrorisme », rien en principe ne pourrait empêcher le gouvernement américain de faire « disparaître » ces manifestants dans le camp de détention de la baie de Guantánamo ou, à l’avenir, de les éliminer au moyen d’un drone Predator.

Des protections juridiques démocratiques vieilles de plusieurs siècles et dont on pensait jadis qu’elles pourraient entraver de telles actions du gouvernement américain – tel le quatrième amendement, le droit d’habeas corpus [loi garantissant la liberté individuelle], et la Proclamation des droits (« Bill of Rights ») – ont toutes été substantiellement érodées ces dernières années. D’un point de vue juridique, la voie est maintenant ouverte à l’assassinat de citoyens américains sur ordre secret donné par le président. (Voir : « Des tribunaux militaires et des assassinats »)

Ce qui sous-tend l’effondrement des droits démocratiques c’est l’accroissement spectaculaire de l’inégalité sociale. Cet accroissement a été étayé par des chiffres officiels, telles les récentes statistiques de la Réserve fédérale montrant la chute vertigineuse de 38,9 pour cent entre 2007 et 2010 de la valeur nette médiane des familles américaines alors même que les profits des entreprises ont fortement augmenté. La démocratie est incompatible avec les conditions qui résultent d’une inégalité sociale sans précédent.

Il faut aussi mentionner qu’aucune opposition significative contre le déploiement de ces drones n’a été développée au sein de l’establishment libéral et pseudo-gauche. La raison en est que ces couches sont prêtes à faire campagne et à voter pour Obama lors des élections de 2012.

Sous Obama, les attaques contre les droits démocratiques lancées par le gouvernement Bush se sont intensifiées. Ceci prouve que l’effondrement des droits démocratiques aux Etats-Unis est déterminé non pas par les caractéristiques personnelles de l'individu qui occupe la Maison Blanche ou par celui des deux partis capitalistes qui remportera les élections. Au contraire, c’est l’expression des tendances fondamentales du capitalisme internationalement et la conséquence de la politique fondamentale de la classe dirigeante dans son ensemble, confrontée à la crise historique de son système.

L’opposition à la construction d’un Etat policier américain ne peut être exprimée par un vote en faveur de l’un ou l’autre des deux partis capitalistes qui se présentent aux prochaines élections aux Etats-Unis. La défense des droits démocratiques les plus fondamentaux et des conditions sociales des travailleurs, la grande majorité de la population, ne peut être assurée qu’en construisant aux Etats-Unis et internationalement un parti de masse de la classe ouvrière qui soit indépendant et qui s'oppose directement au système capitaliste. Seul, un tel mouvement pourra mettre un terme aux Etats policiers et à l’inégalité sociale, défendre et étendre les droits démocratiques et résoudre la crise fondamentale à laquelle l’humanité est confrontée. Tel est le programme du Parti de l’Egalité socialiste

Tom Carter.

(Article original paru le 21 juin 2012)

22 juin 2012

http://www.wsws.org/fr/articles/2012/jui2012/dron-j22.shtml



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1Le nouveau destroyer US est en train de couler le budget.  

Les États-Unis sont en train de construire le navire de guerre « le plus sophistiqué de l’histoire », le destroyer DDG-1000, classe Zumwalt, déjà surnommé « la balle d’argent invisible ». Ce destroyer « furtif » serait capable de naviguer au large des côtes, dans des eaux peu profondes, et de détruire des ennemis en se servant de son canon électromagnétique ultra-perfectionné, tout cela sans être détecté par les radars adverses.
Les qualités du navire dans les eaux peu profondes le rendrait particulièrement adaptés aux rivages et aux nombreuses iles des mers d’Extrême-Orient. D’après les déclarations du secrétaire à la Défense Leon Panetta à la récente réunion sur la sécurité organisée à Singapour, la Navy entend déplacer 60 % de son armada vers la région Asie-Pacifique avant 2020.
Le premier exemplaire de cette classe de destroyer est actuellement en chantier et son lancement est prévu pour 2014. Le chef des opérations navales, l’amiral Jonathan Greenert, ne tari pas éloges sur cette nouvelle génération de bâtiment : « Grâce à sa technologie furtive, son sonar incroyablement puissant, sa capacité d’attaque et ses nécessités réduites en termes d’équipage, il représente notre avenir ».
Pourtant, les amiraux chinois, qui seraient en définitive les potentiels adversaires de ces navires, n’expriment pas de préoccupation majeure face l’éventuelle apparition dans les eaux du Pacifique de ces « balles d’argent » tout droit sortis d’un film de science-fiction hollywoodien.
L’amiral chinois Zhang Zhaozhong, qui collabore avec l’Université nationale de la Défense de Chine, a raillé la publicité qui entoure l’ambitieux projet. Selon lui, en dépit de sa conception moderne et de sa haute technologie, ce navire pourrait être envoyé par le fond « par un flottille d’embarcations de pêche chargées d’explosifs ».
La nécessité de construire ces vaisseaux de guerre ultramodernes est mise en cause aux États-Unis même en raison de leur coût exorbitant, qui dépasse déjà largement les 3 milliards de dollars pièce (7 milliards en incluant les coûts de recherche et développement). Les critiques états-uniens de ce navire estiment que les défenseurs du projet sont tout simplement en train de « vampiriser » le Trésor avec leur obsession pour les « technologies du futur ». Initialement la Navy devait passer commande de 32 navires, mais l’explosion des coûts à contraint à réduire leur nombre à 24, puis à 7. Aujourd’hui seuls trois sont en construction.

Beaucoup gardent en mémoire la polémique entourant le chasseur de cinquième génération F22 Raptor, qui sème d’ores et déjà la terreur... parmi les pilotes US, à tel point que plusieurs d’entre eux refusent de voler sur ce « miracle du 21e siècle ». Or, le successeur du Raptor, l’avion multirôle F35, conçu en principe comme une alternative moins coûteuse que le F22, est devenu finalement le projet le plus onéreux et le plus problématique de toute l’histoire du Pentagone [1].
Pour l’analyste Lajos Szaszdi, Washington est condamné à réduire sensiblement le budget alloué à la Défense à la suite des guerres inutiles dans lesquelles les USA ont été entrainés.
« Les États-Unis ont été victimes des guerres d’Irak et d’Afghanistan, ils ont tant dépensé dans ces guerres qu’ils sont obligés maintenant de réduire le budget de la Défense, à cause de la grande dette nationale qu’ils ont déjà contractée et qui ne cesse d’augmenter ».
Alors qu’ils avaient réussi à précipiter l’effondrement de l’URSS en les poussant à une folle course aux armements grâce aux rumeurs de technologies dites de « guerre des étoiles », les États-Unis suivent actuellement un chemin similaire sous la pression des lobbys ayant intérêt à la guerre.
[1] « Le nouveau régime de l’armée », par ManlioDinucci, Réseau Voltaire, 22 février 2012.

17/06/2012

http://www.voltairenet.org/Le-nouveau-destroyer-US-est-en

 


3-2 Luc Michel :: "CPI versus CNT: farce judiciaire et chantage entre auxiliaires de l'OTAN au milieu du chaos libyen !"

Si le prix de la farce sanglante qu’est devenue la Libye post-Kadhafi ne se payait pas avec le sang et les larmes du peuple libyen, il y aurait de quoi sourire.

Voilà les domestiques judiciaires de l’OTAN – CPI, TPI et cie – arrêtés par les auxiliaires militaires de l’OTAN en Libye, ces gangs islamistes armés, financés et installés au pouvoir par les généraux français, britanniques et américains et leur banquier qatari. Quant nous disons « domestiques » pour la CPI c’est pour rester poli et par respect pour les juges et les avocats qui font leur métier honnêtement. Loin de La Haye !

La Libye est en voie de somalisation, une zone de non-droit, sans état, où ne règnent que la loi des armes et les appétits vénaux de criminels sans foi ni loi. Sans foi parce que les djihadistes, ceux de Benghazi comme ceux de Bruxelles ou Londres, ne sont le plus souvent que des trafiquants d’armes ou de drogue.

LIBYE: QUATRE MEMBRES DU PERSONNEL DE LA CPI ARRETES

Quatre membres du personnel de la Cour pénale internationale (CPI), dont un conseil – en fait un avocat payé par la CPI comme avocat d’un inculpé, car tel est la comédie judiciaire de La Haye – de Seif al-Islam, le fils ainé de Kadhafi, sont détenus depuis ce jeudi en Libye où ils s'étaient rendus pour rencontrer le fils de Mouammar Kadhafi, a annoncé ce samedi la CPI, qui a « exigé leur libération immédiate ».

"Quatre membres du personnel de la Cour pénale internationale (CPI) sont détenus en Libye depuis le jeudi 7 juin", a indiqué dans un communiqué la CPI qui siège à La Haye.

Le représentant à la CPI de la Libye, Ahmed al-Jehani, avait annoncé plus tôt samedi à Tripoli que l'avocate australienne Melinda Taylor, un des conseils de Seif al-Islam, avait été arrêtée pour avoir tenté de lui remettre des documents "qui représentent un danger pour la sécurité de la Libye".

« La délégation de la CPI, qui outre l'avocate australienne compte des membres du greffe qui devaient notamment discuter avec le suspect de l'option de désigner un avocat de son propre choix, s'était rendue en Libye mercredi », a ajouté la CPI.

Le président de la CPI, le juge Sang-Hyun Song, a exigé "la libération immédiate de tous les membres du personnel détenus". "Nous sommes très préoccupés par la question de la sûreté de notre personnel, en l'absence de tout contact avec eux", a-t-il déclaré, cité dans le communiqué.

Le commandant de la « brigade de Zenten », Ajmi al-Atiri, avait affirmé samedi dans la journée qu'une "infraction à la sécurité" avait eu lieu pendant la visite et que l'avocate était détenue pour les besoins de l'enquête (sic). Selon M. Atiri, « il y a eu à l'occasion de la visite un échange de documents non déclarés, parmi lesquels une lettre de Mohamed Ismaïl, ex-bras droit de Seif al-Islam et actuellement en fuite, une feuille blanche portant la signature du fils Kadhafi et une lettre non signée adressée à la CPI » dans laquelle il assurerait qu'il n'y a pas "pas de gouvernement ni de loi en Libye" et qu'il est "maltraité".

Selon M. Jehani, Mme Taylor est détenue à Zenten "dans un lieu de résidence et non dans une prison" et est entendue par les autorités.

SEIF AL-ISLAM KADHAFI : UN DETENU QUI GARANTIT UN CHANTAGE !

Seif al-Islam est détenu à Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, depuis son arrestation en novembre 2011 par une brigade d'anciens combattants rebelles originaires de cette localité. Précisons – car de fausses nouvelles circulent sur le net – qu’il n’est d’aucune manière lié à la Résistance armée ou politique libyenne et qu’il n’en est encore moins le chef ou le « guide » … Seif al-Islam, 39 ans, est visé par un mandat d'arrêt de la CPI pour « crimes contre l'humanité » commis pendant la répression du coup d’état islamo-monarchiste du 15 février 2011 organisé et financé par les USA, la France et l’OTAN, et qui a été transformée en conflit armé par l’OTAN lorsque Kadhafi ne s’est pas effondré. La junte fantoche de Benghazi qui usurpe le pouvoir en Libye au nom de l’OTAN et la CPI se disputent le droit de le juger.

Seif est en fait l’objet d’un chantage entre le commandant de la « brigade de Zenten », un gang islamiste armé, et le CNT. Qui a permis à ce gang d’obtenir des positions de force dans l’Armée fantoche organisée par le CNT, et surtout d’accéder à son juteux financement par le Qatar, l’OTAN et les fonds spéciaux français (l’argent dont dispose secrètement et sans contrôle l’Elysée et le premier ministre).

Il est actuellement, selon la procédure anglo-saxonne, représenté par le chef du Bureau du conseil public pour la défense (OPCD), Xavier-Jean Keïta, désigné et payé par la Cour, assisté par Mme Taylor, co-conseil. On comprend tout de suite quelle indépendance ont ces juristes ! Contacté par l'AFP, Me Keïta n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat.

CHANTAGE DANS LE CHANTAGE : LE CNT ET LE GANG DE ZENTEN ENTENDENT FAIRE CHANTER LA CPI !

Un responsable du ministère des Affaires étrangères de la Junte du CNT, Mohammed Abdelaziz, a déclaré que la Libye allait demander à la CPI de lever l'immunité de l'avocate, afin qu'une enquête officielle puisse être menée: "Je pense que cette femme va rester avec nous pendant un moment, jusqu'à ce que l'imunité soit levée".

Le CNT, qui souhaitent juger chez eux le fils du dirigeant déchu, ont déposé le 1er mai une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre Seif Al-Islam, seul fils de l'ancien dirigeant à être détenu en Libye. Outre la CPI, les autorités libyennes doivent aussi convaincre les responsables de Zenten de leur livrer Seif Al-Islam si elles entendent le juger. Selon M. Jehani, les ex-rebelles retarderaient « son transfert à Tripoli à cause d'arriérés de soldes non perçus ». Comme nous l’avons vu les enjeux sont bien plus élevés et concernent directement les rapports de force entre les gangs islamistes armés qui se disputent les richesses de la Libye.

L’arrestation de l’équipe de la CPI sous un prétexte va en fait servir de moyen de pression pour faire chanter la CPI elle-même. Le but étant de l’obliger à accepter un procès de Seif par le CNT en Libye. L’OTAN a les alliés qu’elle s’est choisie en toute connaissance de cause …

L'EQUIPE DE LA CPI EN DETENTION PREVENTIVE

Le chef du gang de Zenten – arrêtons de parler de Brigade, terme choisi par la propagande de l’OTAN – qui détient ces quatre personnes a indiqué « qu'elles avaient été transférées vers une prison sur ordre du procureur général ».

Les quatre membres de la délégation de la Cour pénale internationale (CPI) « ont été placés dimanche en détention préventive pour 45 jours », a indiqué à l'AFP un responsable du bureau du procureur général libyen. "Ils ont été placés en détention préventive pour 45 jours dans le cadre de l'enquête", a indiqué ce responsable sous couvert de l'anonymat, sans donner de détails.

Ajmi al-Atiri, le chef islamiste du gang de Zenten qui détient ces quatre personnes, tout comme Seif, a indiqué que l'équipe de la CPI détenue jusqu'ici dans une maison, a été "transférée dimanche vers une prison sur ordre du procureur général"..

Ils sont toujours accusés « d'espionnage pour avoir tenté d'échanger des documents avec Seif al-Islam ».

Dimanche, le représentant de la Libye à la CPI Ahmed Jehani avait précisé que seulement deux membres de l'équipe: l'avocate australienne Melinda Taylor et son interprète libanaise, Helen Assaf, avaient été arrêtées, tandis que deux hommes, un Russe et un ressortissant espagnol, seraient restés avec elles de leur propre gré. M. Atiri n'a pas expliqué pourquoi les deux hommes ont aussi été transférés également en prison ou si des charges ont été retenus contre eux.

LE CHAOS LIBYEN !

Cette affaire en dit long sur les limites étroites de l’autorité réelle du pseudo CNT et sur le chaos qui règne en Libye. Il n’y a plus d’état, de gouvernement, d’autorité. Et le CNT n’est qu’un des nombreux gangs islamistes lourdement armés qui organisent le chaos en Libye. Ajoutons à tout cela les manoeuvres concurrentes des multinationales pétrolières – la guerre est ouverte entre le français Total et les majors anglo-saxons – et les agendas divergents des USA, de la France et du Qatar.

Sans oublier les anciennes municipalités de la Jamahiriya de Kadhafi, qui après 40 ans de Démocratie Directe municipale, où tribus et anciens cadres jamahiriyens ont organisé une autonomie de fait qui ne reconnaît pas l’autorité du CNT. C’est le cas à Bani Walid ou Sebah, où les milices d’auto-défense municipales ont chassé les gangs islamistes armés …

« La Libye instable prépare ses premières élections » (sic) commentait Le Temps (Genève), revenu à plus de lucidité. « Le pays met en place son premier scrutin démocratique (resic) dans un contexte troublé. Si la démilitarisation des groupes armés ne progresse pas, les élus n’auront qu’un poids dérisoire » …

C’est ce chaos que les medias de l’OTAN ou l’ineffable BHL appellent un « pays libéré » (sic) et une « démocratie émergente » !

Jeudi 14 juin 2012

ParLuc MICHEL (avec AFP – Reuters – PCN-SPO – Le Temps) /
Pour ELAC / Euro-Libyan Action Committees
et ALAC / Afro-Libyan Action Committees.

 



5 Annexe

5-1 Georges Stanechy ; OTAN : Trou Abyssal ou Peste Noire ?…

 

« Nous sommes prêts, archi-prêts. Si la guerre devait durer un an, nous n’aurions pas un bouton de guêtre à acheter. »

Maréchal Edmond Le Boeuf – Ministre de la Guerre – 1870 (1)
Une réunion mondaine à 55 millions de dollars

Sommet de l’OTAN à Chicago. Deux jours : dimanche 20 et lundi 21 mai 2012. Coût estimé de l’organisation de cette réunion mondaine, au minimum : US $ 55 millions. (2)

Illustration de l’arrogance, l’inconscience, l’irresponsabilité, de la caste dirigeante des pays occidentaux incarnant les intérêts du colossal “complexe militaro-­industriel” dominant le monde.

Symbole de l’argent de la collectivité jeté par la fenêtre dans des budgets militaires pharaoniques, par des politiciens affirmant à leurs électeurs, la main sur le cœur, que la « crise » oblige de diminuer, sabrer, salaires, retraites, services publics, accès aux soins et à l’éducation…

« Endettement », « Crise », « Trou », prétextes systématiquement invoqués avec lamentations et fureurs, sauf pour ce qui est des dépenses en armements et en expéditions militaires. Qui, Ô miracle, n’ont jamais à justifier de “recettes” pour équilibrer leurs “dépenses”. Au contraire. Y toucher serait mettre en péril la « sécurité nationale ». D’ailleurs, le sujet n’est jamais abordé, spécialement en France, ni dans les médias “dominants”, ni au cours des campagnes électorales : tabou !

Le peuple américain excédé s’est mobilisé, avant et pendant ce sommet, au cours d’impressionnantes manifestations (3), malgré les violences policières dans une ville en état de siège. Le Congrès ne cessant de voter des lois pour diminuer services publics et programmes sociaux d’une importance vitale pour les “sinistrés du chômage”, alors que le budget militaire du pays atteint la somme faramineuse de 1000 milliards de dollars. (4)

Non compris le budget annuel de US $ 100 milliards pour les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Non compris le budget annuel de l’armement nucléaire de US $ 530 milliards, habilement camouflés dans le budget du ministère de l’Energie (Department of Energy – DEO). Auxquels s’ajoutent annuellement US $ 18 milliards, sous le même camouflage comptable, pour mise au point et maintenance des armes nucléaires. (5)

Non compris les milliards de dollars « d’aide militaire », sous forme de dons, de subventions, et diverses cabrioles ou déguisements budgétaires, dans une multitude de pays. Par dizaines. Pour certains, par centaines de milliards de dollars. Non compris tous les financements relevant de la sécurité intérieure, opérations spéciales et barbouzeries en tous genres, etc.

En comparaison, le budget fédéral annuel pour l’éducation est de : US $ 64 milliards…

Expression d’un “ras le bol” en écho de celui formulé en Allemagne, qui a duré quatre jours à Francfort, notamment devant le siège de la Deutsche Bank, contre le système bancaire et les mesures d’austérité, dans une implacable répression policière.

Symptomatique : à Francfort, sont apparues des affiches sur le thème « Non à l’Etat Policier » (“PolizeiStaat – NeinDanke”) (6). A Chicago, sur un thème similaire : « Ce gouvernement ne nous représente pas, ou ne représente pas les Etats-Unis » (“This governmentdoes not represent US”), jouant sur le mot « nous » (“us”, en anglais) et Etats-Unis (“U.S.”, United States).

Bien sûr, nos médias occultent méticuleusement toutes références, informations, photos, vidéos, documentaires, réactions en continu des “réseaux sociaux”, traitant de ces incessantes et massives manifestations. Censure… Nous ne sommes pas en Russie, Chine, ou habituels déversoirs des diabolisations médiatiques.

Aveuglement, aussi, car par-delà frontières et langues se forge une plate-forme commune de la révolte en Occident : les populations s’insurgeant progressivement contre des gouvernements qui, une fois au pouvoir, forts de leurs appareils répressifs aux budgets sans limites, ne pratiquent que l’injustice sociale et économique au seul bénéfice d’une minorité de privilégiés. Transformant nos sociétés en Etats policiers. Pire : rejetant, horrifiés, toute allusion à un « Etat Providence » diabolisé pour prétendre redistribuer la richesse nationale, préférant glorifier sereinement le culte d’un « Etat Belliciste ».

Normal, sachant que parmi ces privilégiés figurent, en tête de liste, les bénéficiaires des dépenses militaires. Moins les porteurs d’uniformes souvent considérés, hors les signataires des contrats et bons de commande, comme de la vulgaire piétaille mal payée par leurs propres fournisseurs ou employeurs, que les actionnaires des multiples sociétés du secteur, industriels, financiers, intermédiaires et porteurs de valises dans les paradis fiscaux. S’engraissant des délires guerriers activés par leurs propagandes, tambourinées dans les médias dont ils sont propriétaires, pour anesthésier les populations.

Longue tradition de ce vampirisme des finances publiques qu’on appelait, en France, sous l’Ancien Régime, le Directoire ou l’Empire : les « fournisseurs aux armées ». Bâtissant d’immenses fortunes privées, sur fond de corruption, de surfacturation, d’escroquerie sur qualité et quantité livrées, dans les ventes d’armes et d’équipements aux armées nationales. L’histoire n’a pas oublié les ravages, dans l’impunité étant aussi « banquiers », de certains d’entre eux : Ouvrard, Hinguerlot, Lanchère, Bodin, Seguin, etc.

De nos jours, la meilleure vitrine de ce parasitisme, sous couvert de “la protection de La Liberté et de l’Etat de Droit” : l’OTAN. Sauf que les citoyens concernés, dans leur majorité, n’y reconnaissent aucun des besoins, priorités et valeurs du “vivre solidairement ensemble”, préférant y jeter les pavés de leur mépris et colère.

Pôle d’incompétence et de stupidité

Dès son titre, le rapport de l’OTAN rendu public la veille de ce sommet (rédigé par un groupe d’experts présidé par Madeleine Albright…), le 17 mai 2012, renouvelle sa campagne de communication ou, plutôt, de désinformation (7) : 

OTAN 2020 : Une sécurité assurée ; Un engagement dynamique – Analyse et Recommandations du groupe d’experts pour un nouveau concept stratégique de l’OTAN”.

Parmi ses déclarations « angéliques », certaines sont sidérantes de culot :

« L’OTAN prospère comme une source d’espoir parce que, depuis le tout début, ses États membres ont défini leur programme commun en termes positifs : renforcer la sécurité internationale, sauvegarder la liberté et promouvoir l’état de droit.

Ces objectifs ne sont ni limités par un quelconque calendrier, ni diminués par quelque progrès technologique que ce soit. Ils ne dépendent d’aucun adversaire particulier.

Ils répondent à des besoins immuables, et ils perdureront aussi longtemps que l’OTAN – par l’unité de ses membres, le courage de leurs citoyens et la libre expression de sa volonté collective – aura à cœur de les défendre. » (8)

D’autres, d’une insondable stupidité :

« Il est difficile de prévoir précisément ce que seront les dix prochaines années. » (9)

Il est vrai qu’en termes de prétention, de mégalomanie, d’imbécillité, de fanatisme, l’OTAN ne varie pas d’un iota : « immuable ». De rapport en rapport, perpétuation de la « géopolitique de la paranoïa ». Rappelant un des plus significatifs, celui préparatoire au sommet de Bucarest du 2 au 4 avril 2008, intitulé :

Towards a Grand Strategy for an Uncertain WorldRenewingTransatlanticPartnership”.

Un modèle du genre, que j’avais feuilleté dans deux billets :

i)  “Je fanatise”, donc : “J’atomise”

ii) De l’Idéologie coloniale à la Paranoïa guerrière : la fin de l’utopie démocratique

Depuis la fin de la “Guerre Froide”, l’évolution de cette organisation sans contrôle démocratique est une calamité pour l’humanité.

On ne compte plus les désastres humanitaires provoqués par ses divagations martiales. Prétendant substituer la guerre à la diplomatie, la « sanction » précédant la « frappe », spécialisée dans le démembrement d’Etats souverains, la propagation du chaos des guerres civiles, la création de conflits ethniques et religieux, ce sont des millions de morts, de blessés, de traumatisés, et des milliards de destructions, dont elle s’est rendue, et se rend, responsable.

La liste est longue. Nous en connaissons les plus notables : de la dévastation  de la Yougoslavie à celle de la Libye en passant par la pulvérisation de l’Irak, jusqu’au désastre Afghan. Car en Afghanistan, il s’agit bien d’un « désastre » pour ce pays et sa population, mais aussi au détriment de nos priorités nationales par la masse de milliards engloutis dans une des expéditions coloniales les plus “déjantées” que l’Histoire ait connues.

Evidemment, comme dans toute guerre coloniale, beaucoup y trouvent leur compte. Jusqu’au marché international de la drogue, à partir d’un pays où l’OTAN scrute, nuit et jour, chaque mètre carré de terrain, chaque mètre de route, de chemin et de piste, chaque cargaison de véhicule en circulation :

« La production de pavot à opium a été multipliée par plus de 40 en Afghanistan depuis que l’Otan y est présente, a annoncé jeudi à Moscou Viktor Ivanov, directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN). » (10)

Vecteur d’obscurantisme

Irresponsabilité ? Hypocrisie ? Vénalité ? Cynisme ?…

Entre toutes ces tares, on ne sait que choisir à la lecture du chapitre 1 du rapport, traitant de « L’environnement de sécurité », autrement dit des « risques internationaux », dans ses deux volets « contexte » et « analyse ». Tant on reste médusé par la perpétuation de l’obscurantisme idéologique d’une organisation dont la vocation première est de réaliser un travail de réflexion prospective sur les dangers minant la paix dans le monde. (11)

Sciemment, sont occultés principaux risques et déflagrations potentielles majeures. Quatre exemples :

i)  La volonté délibérée des pays occidentaux de laisser perdurer le plus explosif foyer de tensions que représente la Palestine occupée, démembrée, “nettoyée ethniquement”, depuis plus de 60 ans, dans l’hyperviolence et le carnage, dans la non application à ce jour d’une quarantaine de résolutions de l’ONU s’imposant aux forces coloniales d’occupation.

Complices d’un blocus aussi sauvage qu’illégal, enfermant depuis plusieurs années une population de plus de 1,5 millions de personnes dans ce qui restera dans l’Histoire comme le plus grand camp de concentration de civils : Gaza.

Le tout évacué, édulcoré, en 8 mots :

« … les tensions qui couvent entre Arabes et Israéliens. » (12)

ii)  La diabolisation permanente de l’Iran, entretenant un climat de suspicions et de tensions au potentiel foudroyant pour la région et le monde (13). Imposant à ce pays des sanctions unilatérales par les principaux membres de l’OTAN (USA & UE), contraires au droit international, au Traité de Non Prolifération Nucléaire autorisant le nucléaire civil à ses signataires, à la Charte et aux propres résolutions de l’ONU.

Avec le dessein à peine dissimulé de provoquer une “guerre préventive” d’anéantissement et de conquête similaire à celle d’Irak, d’Afghanistan et de Libye qui, dans ce cas, serait le prélude à une troisième guerre mondiale. Sous des prétextes aussi irrationnels que ridicules, tels que :

« … l’opacité des intentions de Téhéran. » (14)

iii)  Le soutien, générateur de violentes révoltes à venir, aux pires dictatures sur tous les continents, dès lors que les dirigeants souscrivent à la prédation des ressources de leurs pays par les entreprises occidentales.

Notamment dans la péninsule arabique, les autocraties ultracorrompues, créations artificielles des occidentaux à la suite de la répartition des dépouilles de l’Empire Ottoman le lendemain de la première guerre mondiale : Arabie saouditepétromonarchies du Golfe. Comme on le constate, depuis plusieurs mois, dans le silence complice dissimulant l’impitoyable répression des révoltes populaires au Bahreïn. Sans oublier le régime férocement policier de la monarchie d’opérette, non pétrolière : la Jordanie.

iv)  La propagation de l’injustice sociale et économique, y compris dans les pays occidentaux, provoquant l’augmentation exponentielle du chômage et de la paupérisation.

Faim et misère dans des pays riches de leurs ressources pillées par les entreprises occidentales, comme en Afrique, agricoles (café, coton, cacao, thé, fruits et légumes primeurs), halieutiques (poissons du Golfe de Guinée ou des côtes de Mauritanie), minières (pétrole, uranium et métaux rares) ?

Impossibilité d’accès à l’eau potable, à l’éducation, à la santé, pour des centaines de millions de personnes ?…

Pour l’OTAN : aucune importance. Tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes…

Bureaucratie de la gabegie

En fait, le sommet de Chicago n’avait pas pour but de réévaluer principes et politiques de l’OTAN jusqu’en 2020, de réfléchir sur la fin de l’occupation de l’Afghanistan (15), sur l’évolution du présent siècle ou du monde de demain. Mais, de valider les hallucinations et les actions guerrières du bras armé d’un dogme colonial, mégalomaniaque et impérial, d’un autre siècle.

ManlioDinucci l’énonce avec clarté :

« Ainsi l’Alliance se renouvelle-t-elle, en s’abreuvant à la source de sa jeunesse : la guerre. » (16)

Au-delà de la doctrine ou du catéchisme qu’elle véhicule, que dire de cette bureaucratie de la gabegie ? A part nos “responsables politiques”, nos élus (tous partis confondus), et les médias de la propagande, tout le monde le sait, le reconnaît. A commencer par son pathétique secrétaire général, l’ancien responsable du gouvernement danois Anders Fogh Rasmussen :

« … il faut couper la graisse et garder le muscleAinsi l’OTAN qui compte environ 13.000 hommes à son quartier-général dans les 11 postes de commandement, en comptera 9.000 à terme. » (17)

Tour de Babel, aux empilements de ramifications et de strates, dans une bousculade de sous-traitants, “prestataires de sécurité”, et officines annexes :

« L’OTAN compte, en réalité, aujourd’hui près de 20.000 personnes. Car un certain nombre d’agences, plus ou moins indépendantes, ont été créées, et comptabilisent au compteur plus de 6.000 personnes. Soit la moitié de l’effectif cité par le secrétaire général. Ce qui est loin d’être négligeable ! » (18)

Millefeuille, aux débordements immaîtrisables :

« Comme le « Budget civil de l’Otan » pour l’entretien du quartier général à Bruxelles et du staff civil : environ un demi milliard de dollars annuels, dont 80% sont payés par les alliés européens. Comme le « Budget militaire de l’Otan » pour l’entretien des quartiers généraux subordonnés et du personnel militaire international : presque 2 milliards annuels, payés à 75% par les Européens. » (19)

Panier percé, aux tuyauteries alambiquées pour mieux servir les petits copains :

« Quant au budget global de fonctionnement de l’OTAN, il atteint la modique somme de 2 milliards de Dollars US. […] Les marchés que passent la NAMSA (NATO Maintenance &Supply Agency) assure un diplomate, “vont souvent pour une bonne partie […] à des firmes américaines ou canadiennes qui utilisent des entreprises sous nom belge, en couverture”. » (20)

Quant aux généreuses contributions de la France à cette dispendieuse usine de courants d’air, par centaines de millions d’euros annuels, nos pointilleux économistes médiatiques et journalistes d’investigation sont incapables, à ce jour, d’en définir, trouver, retranscrire, tracer, les montants précis. Encore moins, notre Cour des Comptes. Il est vrai que ces deniers publics n’ont pas pour destination la santé publique, les retraites ou l’éducation nationale…

D’autant que le propre budget militaire, de la défense, de la France, dans son élaboration, sa justification et sa gestion, se révèle encore plus “abracadabresque”. 

France : son budget militaire représente la moitié de celui de la Chine

En France, comme dans les autres pays membres de l’OTAN, impossible d’aborder une quelconque réflexion, analyse, mise en perspective, sur le budget de la défense nationale, sans déclencher fureurs et anathèmes.

L’OTAN considère, en effet, comme une catastrophe pour “la protection de la civilisation” l’insuffisance des dépenses d’armement des pays occidentaux. Fustigeant les 28 Etats membres, à la veille d’être considérés en « Etats voyous », pour leur négligence ou leur manque de courage. L’idéal étant de « faire aussi bien » que les Etats-Unis (21) :

« Le principal obstacle à la transformation militaire est l’insuffisance des dépenses et des investissements de défense en Europe. Aujourd’hui, il n’y a que six Alliés européens sur vingtsix qui consacrent 2% ou plus de leur PIB à la défense… ».

« Un fossé particulièrement large s’est creusé entre les capacités des États-Unis et celles des autres pays de l’OTAN, et ce déséquilibre, s’il n’est pas corrigé, pourrait nuire à la cohésion de l’Alliance. »

La bureaucratie de l’Union Européenne, prenant le relais de cet alarmisme par la voix de Claude-France Arnould, directrice de l’Agence Européenne de la Défense, sur l’insuffisance des dépenses militaires dans l’Union Européenne, particulièrement en matière de recherche et technologie (R&T), lors du conseil des ministres de la Défense du jeudi 22 mars 2012 (22) :

« Il est urgent de trouver des réponses et de limiter les conséquences des baisses de budget ».

Dans le cas particulier de la France, même des publications se voulant « sérieuses », citons celles du “Laboratoire de Recherche sur la défense” de l’IFRI, sonnent frénétiquement le tocsin (23) :

« … chaque diminution de l’effort de défense en part du PIB ou en pourcentage du budget de l’Etat fragilise le modèle de défense français ».

La France “fragilisée” ?… Ciel ! La peur me tenaille le ventre… Je n’en dors plus.

Je me suis donc rendu à Stockholm, pour sonner à la porte du très sérieux et incontesté “Stockholm International PeaceResearch Institute” (SIPRI) qui compile et analyse tous les budgets militaires de la planète. Pour mieux les comparer, il les convertit en US $ dans une base de données consultables sur internet.

D’après les derniers chiffres disponibles, le budget de la défense de la France atteint, pour 2011 : 58, 244 milliards de dollars (non compris celui de la gendarmerie). Ce qui représente environ la moitié de celui de la Chine !… Autre particularité : la Chine n’a pas encore de porte-avions, alors que nous en possédons un qui fait notre fierté : le Charles de Gaulle. Pas mal pour un pays comme la France qui, en termes de population et de territoire, représente l’équivalent d’une petite sous-préfecture chinoise.

J’ai retrouvé le sommeil.

D’autant que notre budget militaire est comparable, et même supérieur, à celui de nos principaux partenaires européens, Grande-Bretagne (≥ + 0,64 %) et Allemagne (≥ + 34 %) notamment, comme il ressort de la base de données SIPRI (24) :

Budgets de la défense 2011- en milliards de dollars


 

Allemagne

43, 478

Grande-Bretagne

57, 875

France

58, 244

Russie

64, 123

Chine

129, 272

France + GB + RFA

159, 597

 

Parmi nos voisins, et néanmoins amis, seul le budget militaire de la Russie dépasse celui de la France (≥ + 10,09 %). Quoi de plus compréhensible, toutefois, pour un pays aux immenses ressources naturelles convoitées, dont le territoire est 37 fois plus grand que le nôtre ?

L’examen de ces budgets est encore plus impressionnant, ou relaxant suivant les points de vue, en constatant que le cumul de ceux des trois premiers pays européens (France + GB + RFA), avec 160 milliards de dollars annuels, est supérieur de 23,45 % au budget militaire de la Chine. L’épouvantail permanent, dont on invoque le « surarmement », pour faire peur dans les chaumières, alors qu’il s’agit d’un pays de 1,5 milliards d’habitants, répartis sur une superficie de 9,6 millions de km².

En fait, le budget militaire annuel de la Chine ne dépasse pas 5 % du total des budgets militaires des 28 Etats membres de l’OTAN et de ses alliés de l’hémisphère sud. N’oublions pas, en effet, ceux des autres Etats, dits “occidentaux”, aux budgets militaires fortement musclés, relativement à leur population et superficie : Australie (22, 955), Corée du sud (28, 280), Japon (54, 529), Nouvelle-Zélande (1, 566), Taïwan (8, 888), etc.

Les lobbies bellicistes ne lâchent pas prise, pour autant, exerçant toutes les pressions sur les gouvernements, campagnes de propagande forcenées dans les médias en renfort : il est nécessaire, prioritaire, de s’armer sans fin. Objectif : l’instauration progressive d’une « règle d’or ». Sous forme, d’un budget annuel de la défense, exprimé en un pourcentage du PIB garanti, similaire au minimum à celui des Etats-Unis.

Un dogme à inscrire, pourquoi pas, dans la Constitution de chaque Etat membre de l’OTAN. Je force à peine le trait, tellement les réactions politiciennes deviennent hystériques dès qu’on souhaite exercer un minimum d’esprit critique à l’égard de ces budgets mirifiques.

Immédiatement est dégainée la logique « avec nous ou contre nous », avec la question classique telle qu’elle est énoncée caricaturalement dans un rapport de la commission des finances du Sénat (Rapport général n°107, p 77) pour faire taire toutes remises en cause :

« Pensez-vous que la France puisse se passer d’une défense, d’une armée, des moyens d’assurer sa sécurité extérieure ? »…

Evidemment : non. Il ne s’agit pas de verser dans l’utopie d’un désarmement unilatéral et immédiat.

En ce cas, est-on contraint de dire « amen », aux dérives et dérapages des budgets concernés ? Est-il interdit de réfléchir à la charge écrasante qu’ils représentent au détriment des besoins de la population, sans proposer priorités et arbitrages fondés sur le bon sens et l’intérêt collectif ? Quand on sait qu’en France, en 2010, le budget de la défense a représenté en France :

« 69 % (9,5 milliards d’euros) de l’ensemble des dépenses d’investissement de l’Etat »… (25)

Ou, alors, faut-il considérer les budgets de la défense comme une “poule aux œufs d’or” (sous couvert d’une « règle d’or ») pour une poignée d’actionnaires privés, détenteurs des grands médias, “faiseurs” de politiciens, gouvernements et présidents de nos « démocraties » ?…

Est-on sommé, condamné, à faire l’impasse sur le contrôle des facteurs de coûts de revient des prestations et matériels facturés à l’Etat, à notre collectivité, et donc sur la formation, l’affectation ou la destination, des marges bénéficiaires plantureuses dégagées par ces industriels de l’armement ?… Qui sont tous, bizarrement, parmi les grands milliardaires de nos sociétés, même s’ils se font le plus discrets possibles.

Est-on interdit de se demander si une des premières mesures de diminution des coûts de l’armement, et de blocage des mécanismes de corruption, ne passe pas par l’urgente « nationalisation » de cette industrie ?… Les marges dégagées revenant à l’Etat actionnaire qui en déciderait de leur emploi, au lieu d’en alimenter les paradis fiscaux.

Tout le monde sait qu’une nationalisation des principaux industriels « privés », accompagnée d’un contrôle rigoureux de la maîtrise des coûts (par une Cour des Comptes spécialisée, réellement compétente et indépendante du pouvoir politique …), entraînerait dans un premier temps u  minimum d’économie de 33% sur les marges.

D’ailleurs, les marges fabuleuses des industriels privés trouvent déjà leur butoir… Avec des taux d’inflation exponentiel de 20 à 40 % par an, en particulier à partir du 4° trimestre 2011, comme il ressort d’une étude sur “l’inflation des prix industriels de la défense” à partir d’une base 100 en 2005 (26). Jusqu’où comptent-ils aller ?…

En prospective de simulation budgétaire militaire, existe une loi statistique dite « Loi Augustine » (formulée par Norman Augustine, ancien responsable du géant de l’armement Lockheed Martin) s’appliquant aux forces aériennes. Mais, valable pour tout système d’armement dit « technologiquement sophistiqué ». Sachant que le prix d’un avion tactique augmente 4 fois tous les dix ans, l’extrapolation livre la conclusion ubuesque qu’en 2054 :

« … le budget de la défense entier [des USA] ne permettra d’acheter qu’un seul avion tactique ». (27)

C’est aller droit dans le mur.

Faut-il considérer l’OTAN, l’idéologie du surarmement et du bellicisme que cette organisation représente, les masses de capitaux gaspillés, comme un « Trou Abyssal », éminemment toxique pour l’avenir, la sécurité, et le bien-être de nos sociétés ?…

Pour ma part, je serai plus nuancé…

Devant l’incapacité de nos élus, complices et irresponsables, à museler, maîtriser une organisation bureaucratique composée de technocrates, agissant comme une superpuissance, supérieure à l’ONU en tant qu’arbitre des relations internationales, au vu des ravages humains et destructions massives qu’elle accomplit, gère et prépare, je considère que nous sommes face au plus grand danger de l’humanité du XXI° siècle.

L’OTAN est une organisation moyenâgeuse, imposant des dogmes, mettant en œuvre une Inquisition, prononçant des “diabolisations” ou “excommunications” pour blasphèmes ou hérésies, dans des procès en sorcellerie fondés sur le “délit d’intention”, dotée d’un système de propagande dont le niveau de délire et de désinformation se révèle, à présent, impossible à réguler par nos instances démocratiques de plus en plus réduites par la limitation incessante des libertés publiques.

Au-delà de la régression intellectuelle de cette “nouvelle religion”, idéologie militariste fondée sur le fanatisme colonial, par les désolations et carnages humains qu’elle provoque, et planifie de provoquer, en chiffres cumulés, nous retrouvons l’équivalent des millions de morts et immenses dévastations que l’Humanité a connus au 14° siècle dans de multiples pays, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, sous l’effet de la Peste Noire.

Oui. L’OTAN représente la “Peste Noire” du XXI° siècle.


Notes
(1)  
Célèbres paroles du responsable de l’armée française, la veille de sa déroute face à la Prusse, en 1870… Il se rendit aux Prussiens à Metz, et fut emmené comme prisonnier de guerre en Prusse.

(2)  Ludo De Brabander, NATO in Crisis, 18 mai 2012, http://truth-out.org/news/item/9228-nato-in-crisis

(3)  Over 1,000 join 2nd day of anti-NATO protests in Chicago (photos, video), 20 mai 2012, http://rt.com/usa/news/chicago-protests-nato-summit-689/

(4)  La veille du sommet, le 18 mai 2012, une imposante manifestation a été organisée par le syndicat national du personnel de santé (National Nurses United), pour protester contre la diminution de leurs retraites, réclamant une taxe « Robin des Bois » (Robin Hood) sur les transactions financières et dénonçant les gaspillages de l’argent public dans les guerres organisées par l’OTAN, http://rt.com/usa/news/chicago-nato-summit-nurses-655/

(5)  Chris Hellman&MatteaKramer, “Spend, spend, spend”, Asia Times, 24 mai 2012, http://www.atimes.com/atimes/Global_Economy/NE24Dj04.html 

(6)  Exemple dans la photo n° 2 (Reuters / Alex Domanski) de l’article : Blockupy Frankfurt: Thousandswrap up four-dayprotests (video, photos), 19 mai 2012,http://www.rt.com/news/occupy-frankfurt-rally-675/

(7)  Rapport : “OTAN 2020 : Une sécurité assurée ; Un engagement dynamique – Analyse et Recommandations du groupe d’experts pour un nouveau concept stratégique de l’OTAN”, 17 mai 2012, http://ancien.operationspaix.net/IMG/pdf/OTAN_-_Une_securite_assuree_un_engagement_dynamique_-_Analyse_et_recommandations_du_groupe_d_experts_pour_un_nouveau_concept_strategique_de_l_OTAN_mai_2010_.pdf

(8)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 49.

(9)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 15.

(10)  “Afghanistan-drogue : la production multipliée par 40 depuis l’arrivée de l’OTAN”, RIA Novosti, 28 janvier 2012, http://fr.rian.ru/world/20100128/185952806.html

(11)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 15 – 19.

(12)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 18.

(13)  Rions un peu : en France, un des plus exaltés dans ces postures inquisitoriales (à part les membres de nos gouvernements successifs) est l’ancien premier conseiller à l’ambassade de France à Tel-Aviv (2000-2004), Michel Miraillet. Il est, depuis le 24 août 2007 : « Directeur chargé des affaires stratégiques », au Ministère de la Défense !…

(14)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 18.

(15)  Gareth Porter, “Afghanistan War – Excuse for NATO to maintain existence”, entretien du 27 mai 2012, Press TV,http://www.presstv.ir/detail/2012/05/27/243293/afghan-war-excuse-for-nato-to-exist/

(16)  ManlioDinucci, L’éternelle jeunesse de l’Otan - L’art de la guerre”, (Il Manifesto), 24 mai 2012, http://www.legrandsoir.info/l-eternelle-jeunesse-de-l-otan-il-manifesto.html

(17)  Nicolas Gros-Verheyde, “OTAN- Objectif : Dégraisser le mammouth…”, 14 octobre 2010, http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/otan-on-va-degraisser-le-mammouth.html

(18)  Nicolas Gros-Verheyde, Op. Cit.

(19)  Tommaso Di Francesco, ManlioDinucci, “Combien nous coûte l’Otan de la « défense intelligente » - Sommet de Chicago”, (Il Manifesto), 22 mai 2012,http://www.legrandsoir.info/combien-nous-coute-l-otan-de-la-defense-intelligente-il-manifesto.html#reactions

(20)  Nicolas Gros-Verheyde, Op. Cit.

(21)  Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 40.

(22)  Nicolas Gros-Verheyde, “Budget militaire R&T : la cote d’alerte est atteinte”, 22 mars 2012, http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/capacites-milit-%E2%80%93-exercices-ue/budget-militaire-rt-la-cote-dalerte-est-atteinte.html

(23)  Martial Foucault, “Les budgets de défense en France entre déni et déclin”, Focus stratégique n° 36, IFRI – Laboratoire de Recherche sur la Défense, Avril 2012, p. 14.

(24) Stockholm International PeaceResearch Institute, SIPRI, MilitaryExpenditure 2011, http://milexdata.sipri.org/result.php4

(25)  Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., p. 20.

(26)  Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., Fig. 4 – Inflation des prix industriels de défense – base 100 – année 2005, p. 17.

(27)  Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., p. 19.

Georges Stanechy 

stanechy.over-blog.com -

 2012-05-29

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=STA20120603&articleId=31224



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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