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08/10/2011

n°17 -Médias et Manipulation de l’opinion - 06-10 - Début - : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle…

n°17 -Médias et Manipulation de l’opinion - 06-10 - Début -  : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle…



 

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Annexe deSyrie

                              n°17                         06-10                             

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier annexe deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Daniel Salvatore Schiffer : Les intellectuels faussaires.

1-2Roland Dumas et Jacques Vergès   : « Sarkozy sous BHL », une grenade dégoupillée dans la cour de l’Elysée.

 2 Analyse &Réflexion

2-1 Allain Jules : Libye-Syrie : une fois oui, deux fois non, Sarkozy humilié.

2-2 Francisco Vielma : Les tyrans pétroliers dans le monde.

Fin

2-3 Pierre Khalaf : L’Occident ne comprend que le langage de la force.

2-4 Mère Agnès-Mariam de la Croix : Une guerre civile ne profiterait qu’à Israël.

2-5Manlio Dinucci : MOYEN-ORIENT : L’incendie est hors contrôle...

3 Annexe

3-1 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle


1 Médias et Manipulation de l’opinion

1-1 Daniel Salvatore Schiffer : Les intellectuels faussaires.

Nb : Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Entretien avec Pascal Boniface :

  C’est une sévère critique des intellectuels les plus médiatisés de France à laquelle Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), s’adonne dans son dernier livre, «  Les Intellectuels faussaires »*.

Un essai pamphlétaire dont le très corrosif sous-titre, «  Le triomphe médiatique des experts en mensonge  », s’attaque aux dérives du débat intellectuel d’aujourd’hui.

 Daniel Salvatore Schiffer : Votre dernier ouvrage a comme très explicite et critique titre « Les Intellectuels faussaires ». Son sous-titre n’est pas moins corrosif, ni dévastateur : « Le triomphe médiatique des experts en mensonge ». Qu’est-ce à dire ?

 Pascal Boniface : Je ne m’attaque pas, dans ce livre, à des gens avec lesquels je règle là des désaccords idéologiques, même si j’en ai avec la plupart des personnes que je cite. J’ai voulu y démasquer ces « intellectuels faussaires » uniquement dans le domaine de spécialisation qui est le mien : les relations internationales. Je ne m’aventure pas, par exemple, sur le terrain de l’économie, que je ne connais pas assez. Non : ceux que j’y critique, ce sont ces gens qui prétendent se faire une spécialité, alors qu’ils n’en ont pas les connaissances, des questions stratégiques. Et, ce, en employant des arguments qui, non seulement sont faux, mais dont ils savent, chose plus grave, qu’ils sont fallacieux ! 

 DSS : Pourquoi ? A quelle fin se rendent-ils coupable de pareille forfaiture intellectuelle ?

 P.B. : Leur but est d’influencer le public, pour une triple raison : soit pour les amener à des idées qui sont les leurs ; soit par intérêt professionnel ; soit, plus dommageable encore, parce qu’ils vont dans le sens du vent. Ils ne font que suivre, tout en se présentant comme de courageux résistants, la pensée dominante.

 DSS : Un conformisme médiatique, doublé d’un dogmatisme politico-idéologique, en somme ?

 P.B. Oui. Ils se gardent bien de dire certaines choses, même lorsqu’ils pensent qu’elles peuvent être vraies, car ce qu’ils craignent par-dessus tout, c’est de subir des représailles de la part de ce système médiatique dont ils ne sont, en réalité, que les porte-parole. Cette malhonnêteté intellectuelle, dont j’ai été souvent le malheureux témoin lors de débats télévisés, s’avère particulièrement néfaste pour nos démocraties. C’est contre ce genre de mensonges délibérés que mon livre s’insurge : livre qui s’est vu par ailleurs refusé par quatorze éditeurs !

 DSS : Avez-vous des exemples concrets quant à ce genre d’attitude, particulièrement répréhensible sur le plan moral et intellectuel ? 

 P. B. : On peut avoir un réel et très légitime débat sur le concept d’ « ingérence ». La Libye du colonel Kadhafi nous en fournit, ces semaines-ci, une nouvelle occasion. De même pour l’Irak. Au moment où Saddam Hussein était à sa tête, on pouvait avoir un véritable débat sur la nécessité ou non, pour nos démocraties occidentales, de s’ingérer dans les affaires internes de ce pays afin d’y renverser son dictateur.

Les questions, de ce point de vue-là, sont aussi nombreuses que fondées : est-ce la meilleure méthode pour libérer un pays de la tyrannie ? Est-ce que le remède est pire que le mal ? Comment atténuer les souffrances d’un peuple opprimé ? La notion de « guerre juste » est-elle recevable ? Ces problématiques peuvent faire, et doivent faire, l’objet d’un débat, y compris entre intellectuels. Mais à partir du moment où on affirme péremptoirement, sans preuves, que ce même Saddam Hussein possède des armes de destruction massive, et qu’il faut donc une guerre pour l’éliminer et l’empêcher ainsi de nuire, on n’est plus, là, dans le débat intellectuel ; on est, au contraire, dans la volonté d’influencer unilatéralement, dans un sens bien précis et par rapport à des intérêts bien calculés, l’opinion publique : c’est de la pure et simple propagande, destinée à justifier, à travers le mensonge, les fins les plus injustifiables : une guerre, illégale, de surcroît, car menée sans mandat international de l’ONU ! C’est cela qui me heurte le plus dans le comportement de ces intellectuels : la fabrication, à l’instar des politiques et pour leur seuls intérêts personnels, de mensonges.

 DSS : Certains d’entre eux vous rétorqueront, à tort ou à raison, qu’une guerre, aussi abominable soit-elle, vaut parfois mieux que maintenir au pouvoir un dictateur, surtout lorsque c’est la démocratie que l’on veut instaurer !

 P.B. : Dans le cas spécifique de la guerre d’Irak, cela s’est révélé, en tout état de cause, faux !

 A l’inverse, toutes les mises en garde que j’avais pu, avec d’autres, adresser, à l’époque, se sont révélées, a posteriori, exactes. Mais le pire, en l’occurrence, c’est que ces mêmes personnes, qui avaient justifié cette guerre au prétexte fallacieux de la présence d’armes de destruction massive, continuent, à ma grande surprise, à être considérés comme des experts en matière de géostratégie et, donc, à occuper le terrain médiatique.

 DSS : Quelles conclusions en tirez-vous ?

 P.B. : De deux choses, l’une. Soit ces intellectuels mentaient sciemment, et donc ils étaient de vulgaires propagandistes, auquel cas il ne faut les considérer que comme tels.

Soit ils se sont lourdement trompés, auquel cas ce ne sont tout simplement pas des « experts »… sinon en mensonges éhontés, précisément !

POSTURES MEDIATIQUES ET IMPOSTURES INTELLECTUELLES

 DSS : D’autres exemples de ce genre de manipulation ?

 P.B. : J’ai été frappé par la façon dont ces mêmes intellectuels ont détourné l’irruption de la morale, dont tout humaniste était pourtant censé se féliciter, dans les relations internationales. J’en veux, pour preuve, la guerre du Kosovo, en 1999, qui a été menée par l’OTAN sans, là non plus, de mandat international. En ce sens, la guerre du Kosovo annonçait celle d’Irak. Cela n’a cependant pas empêché, à l’époque, cette sortie incroyablement arrogante de Bernard-Henri Lévy, à la « une » du journal « Le Monde », à l’encontre de Régis Debray. Certes pouvait-on avoir, là aussi, un débat, entre intellectuels, de haute tenue : sur la guerre du Kosovo elle-même ; sur le nettoyage ethnique ; sur les méthodes employées par les Serbes pour résoudre leur conflit avec les Kosovars ; sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ; sur les limites de l’autodétermination ; sur le sécessionnisme, etc. Mais non : toutes ces questions se sont vues transformées, par Lévy, en un sommaire et expéditif article intitulé « Adieu Régis ». Avec, comme conséquence, la condamnation de ce même Debray, intellectuel à l’œuvre pourtant nettement plus conséquente que celle de son accusateur, à une sorte d’exil, de forclusion médiatique. Telles sont les raisons pour lesquelles, indigné, je me suis décidé, après moult hésitations, à écrire ce livre, « Les Intellectuels faussaires » : afin de lever le voile sur ceux qui nous racontent, du haut de leurs postures médiatiques et impostures intellectuelles, des sornettes ! 

 DSS : Votre ouvrage ne se limite pas à une simple, pour acerbe qu’elle soit, galerie de portraits. Il tente de pousser un peu plus loin, dans sa première partie, intitulée « De la malhonnêteté intellectuelle en général », la réflexion : comment se fait-il que des gens, dont l’absence de sérieux tout autant que de crédibilité est connue par le public comme par les journalistes, peuvent continuer, malgré tout, à triompher sur la scène médiatique ? Quelles en sont les raisons profondes ? Quelles sont les causes de cet incroyable paradoxe, du moins en France ?

 P.B. : Les causes en sont multiples et diverses. Car il n’y a pas à cette incompréhensible dérive - le triomphe médiatique de ces intellectuels faussaires - qu’une seule raison. Il ne faudrait pas tomber, non plus, dans une absurde théorie du complot. Mais il y a là, c’est vrai, une spécificité française.

 DSS : Qu’entendez-vous par là ?

 P.B. : Nous sommes, en France, plus accommodants, avec le mensonge, que dans d’autres pays. C’est peut-être dû à notre culture latine. Ce déplorable état de fait, en Angleterre et, plus généralement, dans les pays anglo-saxons, ne serait pas possible. Surtout pas aux Etats-Unis, où ceux qui sont pris en flagrant et répétitif délit de mensonge ne sont guère appréciés.

Davantage : un Bernard Henri Lévy, en Amérique, ne jouirait plus d’aucune crédibilité, et ne serait plus invité nulle part, après l’affaire Botul ! On pourrait multiplier ce genre d’exemples en France, où il y a une sorte de bienveillance négligente, une espèce de laisser-faire ou de laisser-aller, quant au mensonge, surtout lorsqu’il émane de gens qui détiennent le pouvoir. Ils sont intouchables. Peu importe ce qu’ils racontent : on continue, indéfiniment, à les respecter ou à les encenser. Pis : personne, à de rares exceptions près, n’ose dénoncer, tant ils sont craints, leurs petits arrangements avec la vérité !

 DSS : N’est-ce pas aussi là l’image que donne à voir, hélas pour nos démocraties, la classe politique elle-même ?

 P.B. : Absolument ! Nous assistons au même phénomène, en France, avec la politique : ses responsables peuvent mentir et continuer leur activité, comme si de rien n’était, sans que rien ne s’oppose à leurs démagogiques mensonges. Aux Etats-Unis, pays dont les français aiment à se moquer, le jugeant trop rigoriste, le mensonge est disqualifiant dans la vie politique. En France, bizarrement, il ne l’est pas, ni dans la vie politique ni dans la vie intellectuelle. C’est très dangereux !

SERIAL-MENTEURS

 DSS : Pourriez-vous préciser la nature de ce danger ?

 P.B. : Cela conduit, à terme, au populisme, que ces mêmes intellectuels dénoncent pourtant.

Cela mène à une sorte de méfiance par rapport aux élites. Il y a, en France, une très grande coupure entre les masses populaires et les élites intellectuelles, du moins celles, privilégiées, occupant le haut du panier. Car il existe aussi des élites intellectuelles qui, bien que très informées, n’ont aucun accès à la voix médiatique : des enseignants, des professeurs, des médecins, des avocats, etc. Il y a, dans l’Hexagone, des dizaines de milliers de gens qui possèdent une excellente information, qui ne sont pas dupes de ces faussaires, mais qui, malheureusement, n’ont pas d’autre choix que de constater, parfois à leur détriment, que ce système leur impose constamment, quotidiennement, les mêmes personnages, les mêmes figures, les mêmes faussaires. Bref : ceux que j’appelle, dans ce livre, les « serial-menteurs », lesquels assènent sans scrupules ni vergogne, chaque soir sur tel ou tel plateau de télévision, chaque matin dans telle ou telle chronique radio, un nombre invraisemblable de contrevérités.

 DSS : La deuxième partie de votre essai, intitulée « De quelques ‘faussaires’ en particulier », nous livre, de ce point de vue-là, quelques exemples concrets !

 P.B. : Effectivement : ces intellectuels faussaires, qui squattent en permanence nos plateaux de télévision et occupent régulièrement nos studios de radio, ont pour nom, principalement, Alexandre Adler, Caroline Fourest, Mohamed Sifaoui, Thérèse Delpech, Frédéric Encel, François Heisbourg, Philippe Val et, bien entendu, Bernard-Henri Lévy, leur seigneur et maître.

 DSS : Ne croyez-vous pas qu’il y ait là, en cet arbitraire éventail de noms disparates et même hétéroclites, quelque amalgame un peu trop rapide, facile ou simpliste ?

C’est là un des reproches adressés, par une certaine critique philosophico-littéraire, à votre livre. Qu’ont en commun, par exemple, une Caroline Fourest et un Bernard-Henri Lévy, un Alexandre Adler et une Thérèse Delpech, hormis ce fait, par-delà leurs différentes sphères de compétence, qu’ils publient tous, même si cela n’est probablement pas un hasard, chez Grasset, maison d’édition germanopratine par excellence ?

 P.B. : Ce à quoi on a affaire là, avec ces intellectuels faussaires, c’est, pour reprendre l’heureuse et célèbre expression de Julien Benda, une nouvelle « trahison des clercs », où l’intérêt personnel prime, moyennant une série de mensonges les uns plus énormes que les autres, sur l’intérêt général. C’est là une menace qui pèse aujourd’hui, non seulement sur l’information, mais sur la démocratie elle-même. Il est donc impératif, à l’heure actuelle, de se montrer vigilant : c’est là, face à ce danger qui nous guette, une nouvelle forme de résistance intellectuelle, alliée à une exigence sociale en même temps qu’à un devoir moral ! 

*Publié chez Jean-Claude Gawsewitch (Paris).

DANIEL SALVATORE SCHIFFER

5 octobre 2011

Daniel Salvatore Schiffer(son site)


1-2Roland Dumas et Jacques Vergès   : « Sarkozy sous BHL », une grenade dégoupillée dans la cour de l’Elysée.

Après la Libye, Sarkozy menace la Syrie et l’Iran. Où s’arrêtera-t-il ?

Interview de Roland Dumas et Jacques Vergès - Propos recueillis par Gilles Munier (Octobre 2011)

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France !

On attendait les révélations de Saif al-islam sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye…

À la place, on a eu droit, sur le même sujet, à la relance de l’affaire Bettencourt, le scandale politico-fiscal de la principale actionnaire de la société L’Oréal, puis à un déluge de révélations sur la remise de valises de billets en provenance de présidents africains, par l’entremise de l’avocat de la Françafrique Robert Bourgi (l’un des dénonciateurs, qui reconnaît avoir porté des valises) à des hommes politiques français, toutes tendances confondues. Dans cette atmosphère de fin de règne, on lira avec délectation le pamphlet de Jacques Vergès et Roland Dumas qui connaissent bien les dessous crapuleux du renversement du colonel Kadhafi. Un pamphlet à lire d’une traite*.

Afrique Asie : « Sarkozy sous BHL », le pamphlet que vous venez de publier, est une volée de bois vert contre le pouvoir de l’argent en politique. Pouvoir et argent ont toujours cohabité, sauf peut-être dans certains pays socialistes. Qu’apporte de nouveau la présidence Sarkozy dans ce domaine ?

Roland Dumas : Le pouvoir de l’argent a toujours existé. Au travers des siècles. Dans tous les régimes. Il est triste de voir une grande démocratie ou « prétendue telle » comme la République française, être en proie à un phénomène aujourd’hui décuplé.

Les révélations qui sortent chaque jour sont édifiantes à ce sujet mais la « France Afrique » n’est pas simplement un problème d’argent et de valises de billets. C’est aussi une méthode qui nous ramène des siècles en arrière et qui repose sur des actions militaires, en bref, sur le colonialisme : « Un régime vous déplaît, on le change, on en installe un autre ». Peut-on dire que c’est là le progrès ?

Jacques Vergès : Ce que la présidence Sarkozy apporte de nouveau dans les relations entre pouvoir et argent est l’hypertrophie du rôle de l’argent sale et de la corruption qui s’ensuit, faisant de la République française une République bananière. Ses relations avec les pays africains et arabes ne se font plus à travers des diplomates mais à travers des affairistes douteux.

BHL, la « mouche du coche »

Afrique Asie : Vous vous en prenez à « Lévy d’Arabie »… BHL. Est-ce la première fois, sous la République, qu’un intellectuel détient publiquement un tel pouvoir? Peut-on comparer son influence à celle de Jacques Attali sur François Mitterrand ou de Marie-France Garaud sur Georges Pompidou puis Jacques Chirac ?

Jacques Vergès : On ne peut comparer les rôles discrets de M. Attali auprès du président Mitterrand ou de Madame Garaud auprès de Georges Pompidou avec le rôle de M. Lévy auprès de Sarkozy qui est un rôle de décideur. Le président Sarkozy entérine les conciliabules de M. Lévy avec des émissaires libyens dans les hôtels parisiens.

Roland Dumas : C’est sans doute la première fois qu’un intellectuel aussi médiocre que M. Bernard-Henry Lévy joue un rôle aussi important dans la République. On ne peut le comparer ni à Jacques Attali qui était une institution dans la République ou à Marie-France Garaud qui disposait d’une relation personnelle avec Georges Pompidou. La situation insolite de M. BHL ne relève ni d’un cas ni d’un autre. Il n’est rien dans la République. Il s’impose. Il virevolte. Il joue les « mouches du coche ».

Afrique Asie : En Libye, le CNT occupe Tripoli. Qu’en est-il de la plainte que vous comptiez déposer accusant Nicolas Sarkozy de crime de guerre ?

Jacques Vergès : Cette plainte attend que M. Sarkozy ne soit plus à même d’empêcher cette plainte de suivre son cours.

Afrique Asie : Après la Libye, Sarkozy menace la Syrie et l’Iran. Où s’arrêtera-t-il ?

Jacques Vergès : M. Sarkozy est irresponsable, il est capable désormais de toutes les folies à moins que le peuple français ne lui passe une camisole de force auparavant.

Roland Dumas : C’est cela qui nous inquiète. Les menaces contre la Syrie sont précises. Elles sont sérieuses. Les menaces contre l’Iran existent. On a l’impression que tout est fait pour embraser le Proche-Orient. A quoi cela correspond-il ? On peut se le demander. Je ne peux séparer la situation actuelle de ce qui se passe à l’ONU au sujet des Palestiniens.

L’humanité se déshonore en laissant tomber le peuple palestinien qui est raisonnable, paisible et ne demande pour lui que ce que les israéliens ont obtenu pour eux-mêmes.

Retour du colonialisme

Afrique Asie : Après le renversement de Saddam Hussein, de Laurent Gbagbo et du colonel Kadhafi, ne sommes-nous pas en définitive en train d’assister à un retour accéléré du colonialisme ?

Roland Dumas : Tout à fait. Nous assistons à un retour, non seulement accéléré mais amplifié, démultiplié du colonialisme avec des moyens énormes. Saura-t-on un jour le coût des campagnes de l’Afghanistan et de la Libye ? Le peuple français a le droit de savoir. Au moment où tout le monde s’agite autour de la crise, n’est-il pas raisonnable de poser la question du coût de guerres inutiles et monstrueuses ?

Jacques Vergès : C’est évident que la politique de M. Sarkozy marque un retour du colonialisme à un moment où la France et l’Occident en général n’en ont plus les moyens. Il peut renverser les gouvernements mais ne peut assurer l’ordre ensuite.

Afrique Asie : Pensez-vous que l’Algérie soit sur la liste des « pays à casser » ?

Roland Dumas : Pourquoi pas. Le contentieux entre la France et l’Algérie est durable. Quand vous imaginez que les Français n’ont pas encore souscrit à la proposition de négociations avec l’Algérie sur un contrat d’amitié, parce que trop de blessures sont encore saignantes… Tout est à craindre pour l’Algérie, mais ce sera pour M. Sarkozy un autre « morceau »…

* Lire « Bonnes feuilles » dans Afrique Asie d’octobre 2011

Mercredi 5 octobre 2011305/10/Oct/2011 14:21

http://www.afrique-asie.fr/index.php/category/accueil/actualite/article/sarkozy-sous-bhl-interview-de-jacques-verges-et-roland-dumas

« Sarkozy sous BHL », par Roland Dumas et Jacques Vergès (Ed. Pierre-Guillaume de Roux) – 126 p. – 13,90 euros

http://www.france-irak-actualite.com/article-sarkozy-sous-bhl-une-grenade-degoupillee-dans-la-cour-de-l-elysee-85909437.html



2 Analyse &Réflexion

2-1 Allain Jules : Libye-Syrie : une fois oui, deux fois non, Sarkozy humilié.

Nicolas Sarkozy vient d’être humilié aux Nations-unies (voir caricature québécoise en dessous). Le texte rédigé par la France en coopération avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Portugal qui menaçait le régime syrien de « mesures ciblées » s’il ne mettait pas fin à la « répression » dans les trente jours a été rejeté.  »Le monde est injuste » disent aujourd’hui les pays va-t-en-guerre du Conseil de sécurité à savoir, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. « Cette fois-ci, on ne nous prendra plus » semblent dire les délégations russes et chinoises au Conseil de sécurité, qui ont fait parler leur « droit de véto ». Après avoir accepté la barbarie en Libye, cette crise de conscience-là, fera date.

Dans ce dossier syrien, les « grands » n’ont jamais demandé aux insurgés syriens, qui viennent de mettre en place leur CNT par mimétisme, personne n’a jamais demandé aux opposants de mettre un peu d’eau dans leur vin. La grande hypocrisie vient du Canada. En effet, il a décidé de renforcer ses sanctions contre le régime syrien en visant le secteur pétrolier, mais toute fois, sans freiner les activités du géant énergétique canadien Suncor dans ce pays. Cherchez l’erreur.

Alors que dans le même temps, le régime du prix Nobel frauduleux de la paix, Barack Hussein Obama, a interdit la vente d’équipements de télécommunications à la Syrie, tout en autorisant certaines télécommunications entre les Etats-Unis et ce pays. De quel droit, donc ?  Prendre ainsi parti n’est clairement qu’une ingérence dans les affaires internes des pays souverains étrangers. La Syrie s’est-elle impliquée dans la répression des indignés américains à Wall Street ?

Alors que le même préalable qu’en Libye est exigé en Syrie, à savoir toute discussion ne pouvant avoir lieu qu’avec le départ de Bachar Al-Assad du pouvoir, n’est pas acceptable. Au nom de quel principe démocratique, de quelle loi internationale, un gouvernement quelconque, peut-il exiger le départ d’un président quel qu’il soit ? Ce qu’ils ont réussi à faire en Libye, c’est à dire installer le chaos, ne se produira pas en Syrie. Et c’est tant mieux. On peut être contre une répression mais, il faut aussi demander aux insurgés d’avoir l’amour de son pays et non la haine de son dirigeant et exiger son départ.

Quand on sait que les résolutions onusiennes 1970 et 1973 ont été triturées à souhait, quel crédit peut-on encore accorder à des prédateurs prêts à tout pour faire marcher leurs économies moribondes ? Au détriment des Libyens, ces gens mènent une guerre contre les populations civiles qu’ils étaient sensées défendre, simplement parce que celles-ci sont favorables au régime de Kadhafi. Ceux qui refuse de croire ou de voir, peuvent toujours s’acheter des lunettes et un cerveau.

Syrte, aujourd’hui, représente ce qu’il y a de pire. C’est un génocide. Les terroristes de l’OTAN/CNT sont entrain de commettre dans un silence assourdissant, des crimes de guerre.  Cette mascarade n’a que trop durée

Allain Jules |

 5 octobre 2011

http://allainjules.com/2011/10/05/libye-syrie-une-fois-oui-deux-fois-non-sarkozy-humilie/


2-2 Francisco Vielma : Les tyrans pétroliers dans le monde.

Après la seconde guerre mondiale, les puissances triomphantes ont commencé une nouvelle phase de contrôle hégémonique sur le monde. Des facteurs tels que la position stratégique et l'énergie, ont été les principaux éléments qui expliquent l'intervention militaire, la guerre, l’interventionnisme politique, les coups d'État et les assassinats partout dans le monde entier, comme action spécifique et historiquement démontrée de pays comme les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France, entre autres.

Mais il convient de s’arrêter au facteur énergétique. Comme nous le savons, l’énergie fossile est un élément clé dans le système économique mondial. C’est le produit qui fait marcher la planète. Le pétrole est la clé du système de production des pays développés, parce qu’ils n’ont pas su concevoir un système de développement au-delà des règles du capitalisme et du faux developpementisme, dans lequel la nature du capital est de croître indéfiniment, de croître ou de périr. Cela implique l’utilisation démesurée et accélérée des ressources naturelles comme le pétrole, qui se trouve à l’extérieur des pays développés.

La clé de la survie des Empires, est le contrôle de l’énergie et des matières premières. C’est pourquoi, depuis le début du XXe siècle le contrôle politique de l’énergie des pays dotés d’énergie et de matières premières s’est déjà pratiqué. Ce contrôle a été imposé sur la base de l’inégalité, ce qui a évidemment historiquement favorisé les pays développés au détriment de la richesse des pays propriétaires de l’énergie et des matières premières, Cette inégalité a été imposée par le contrôle de la direction politique des pays dotés de ces ressources, par l’utilisation de la force militaire, ou par l’utilisation de règles inégales dans le commerce international. Concrètement dans le cas du pétrole, l’OPEP a pris naissance dans les années 1960 dans le but de défendre les intérêts des pays possesseurs de ce point. 

Dans un cadre global inégal dans l’exploitation des richesses, dans commerce international injuste, dans des conditions injustes impliquant le pillage des richesses pétrolières des pays à des prix dérisoires, nous avons vu comment historiquement, dans la plupart des pays riches en ressources, leurs peuples ont été soumis à des conditions de pauvreté et d’inégalité. Un cas emblématique à cet égard, a été le Venezuela du XXe siècle, qui, alors qu’il était le principal exportateur de pétrole au monde de 1925 à 1960, a maintenu un niveau de pauvreté autour de 68 %. Les asymétries ont toujours été visibles, dans les pays riches en pétrole, c’est pourquoi s’y sont trouvés des secteurs sociaux qui ont exigé des changements dans l’utilisation de la richesse nationale, c’est pourquoi il y a eu des troubles politiques et sociaux qui sont clairement prévisible.

Les bouleversements sociaux et les changements politiques se sont produits par intermittence dans tous les pays riches en pétrole. Mais dans de nombreux cas, ces transformations n’ont pas eu l’approbation des pays développés, surtout des États-Unis, le pays qui consomme le plus de pétrole sur la planète. Les changements politiques dans les pays riches en pétrole qui n’ont pas été approuvés par les États-Unis, ont été précisément ceux qui imposent de nouvelles règles dans le commerce dans l’exploitation du pétrole et dans sa fourniture, par le biais de taxes, des concessions et de collecte de redevances. La création de conditions plus favorables pour les pays détenteurs de pétrole, met en péril la marge de profit des compagnies pétrolières transnationales et les sociétés captatrices de la richesse engendrée par la fourniture de cette matière première.

Historiquement les Etats-Unis dans leur quête de matières premières et d’énergie bon marché ont assuré ce pillage des pays du tiers-monde, en utilisant l’ingérence politique et dans beaucoup de cas l’ingérence militaire. Mais ces stratégies ne fonctionnent pas elles seules, car, après la seconde moitié du XXe siècle, ils utilisent les armes de propagande mondiale, de l’intermédiation des organismes internationaux et de l’utilisation d’alliances politiques pour sécuriser leur hégémonie. Les États-Unis et les membres de l’OTAN (organisation du traité de l’Atlantique Nord), après la deuxième guerre, se sont assuré un rôle de « policiers du monde ». Comme dans n’importe quel film où il doit y avoir les « good guys » il doit y avoir les « bad guys », qu’ils le soient vraiment, ou simplement parce qu’il est nécessaire de les diaboliser afin que les « good guys » puissent agir. C’est ainsi que les « tyrans pétroliers », ont été groupe de « bad guys » sélectionné dans le monde par les Etats-Unis, parce qu’ils sont particulièrement riches et « Tyrans ».

Beaucoup de dirigeants des pays riches en pétrole, ont été identifiés par les Etats-Unis comme « tyrans ». Tous les moyens de propagande mondiale ont été utilisés pour attaquer ces « tyrannies » et leurs dirigeants, toutes les formes d’ingérence politique visant à les renverser par tout moyen ont été utilisées, des organismes internationaux (comme l’ONU spatialement son Conseil de sécurité ont été utilisés pour imposer des sanctions sur ces pays et à l’occasion (pour diverses raisons) la guerre frontale a été utilisée contre ces pays pétroliers gouvernés par « tyrans ».

Certes, dans les pays pétroliers il y a eu des tyrannies, comme il ya pu en avoir dans n’importe quel lieu dans le monde. Mais la préférence ou des États-Unis et en Europe pour un tyran, ne dépend pas de son niveau de tyrannie, mais de la façon dont ces personnages traitent l’industrie pétrolière. Si le tyran gère l’entreprise en faveur des pays impériaux, il n’est pas un tyran, il est un « ami ». Si le tyran gère l’entreprise pétrolière dans une perspective nationaliste, c’est un tyran et un ennemi. Les Exemples sont multiples, examinons les !

 

Les bons tyrans

L’Arabie saoudite est gouvernée par une monarchie avec des dizaines d’années au pouvoir et dont le chef est le roi Abdullah bin Abdul Aziz, dans cette nation il n’y a pas de démocratie, mais une terrible ségrégation sociale et un processus systématique de violation des droits des femmes et des enfants. Ce n’est pas une tyrannie.

 

Le Venezuela a été gouverné pendant 4 ans à partir de 1988 et par Carlos Andres Perez, qui a envoyé à l’armée pour repousser les manifestations populaires de 1989, faisant plus de 6000 morts dans tout le pays soit au moment des émeutes, soit par la répression et la disparition systématique de personnes dans les jours suivants. Après cela, Pérez a été décrit par le père de George Bush, comme un « démocrate » exemplaire Il ne s’agissait pas d’une tyrannie.

 

L’Iran a été gouverné par Mohammad Reza Pahlavi connu comme le Shah ou l’empereur d’Iran de, qui fut roi de l’Iran du 16 septembre 1941 jusqu’à la révolution iranienne, le 11 février 1979. Il était le deuxième souverain de la dynastie Pahlavi. Il est célèbre pour avoir supprimé et interdit des partis politiques, pour avoir promu la ségrégation tribale et pour avoir appauvri le peuple iranien en favorisant les secteurs de l’aristocratie de pétrole. Son règne s’est maintenu par la répression. Cela n’était pas considéré comme une tyrannie.

Les exemples de tyrannies avec consentement impérial peuvent être infinis à s’effriter de l’histoire, mais ont tous un dénominateur commun : tous géraient de manière complaisante les richesses pétrolières dans l’inégalité des conditions pour leurs pays et en favorisant les intérêts économiques des transnationales étasuniennes.

 

Les mauvais tyrans 

Regardons la liste des dirigeants des pays riches en pétrole, qui ont reçu le label de « tyrans ».

Malgré les actions de ces personnages, dans tous les cas, leur description comme « tyrans » par les États-Unis et l’Europe, a apporté l’élément additionnel justifiant le renversement de ces régimes pour installer le système démocratique occidental et le développement du système économique capitaliste international. Certains d’entre eux ont été destitués par les États-Unis, par les méthodes déjà expliquées, d’autres ont donné naissance à des systèmes de gouvernement plus qu’eux-mêmes. Ce sont :

Mohammad Mossadegh : a été le premier ministre démocratiquement élu d’Iran, entre 1951 et 1953. Il est connu pour avoir décrété la nationalisation du pétrole le 20 mars 1951, mesure qui a conduit à l’intervention des États-Unis et la Grande-Bretagne qui financèrent un coup d’état organisé par la CIA en 1953, qui renversa Mossadegh et établit une dictature monarchique avec à sa tête le Shah Mohammad Reza Pahlavi. Il fut accusé de terrorisme international et d’avoir une attitude anti-étasunienne affectant les entreprises transnationales à partir de la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne. Après le départ de Mossadegh Les entreprises de pétrole, retombèrent aux mains de British Petroleum et Texaco, jusqu’à l’arrivée de la révolution islamique de 1979.

 

Cipriano Castro : était un militaire et politicien vénézuélien qui devint chef d’État de 1899 à 1908, premier président de facto après le triomphe d’une guerre civile et à partir de 1901, comme Président constitutionnel du Venezuela. Il proposa de nouvelles règles pour les taxes et les redevances des compagnies pétrolières lesquelles développaient des activités échappant au contrôle. Il entreprit des actions judiciaires spécifiquement contre la Compagnie « New York and Bermúdez, Co. » dans lesquelles la nation réclamait une indemnité de 50 millions de bolivars ; et, deuxièmement, il commence l’expropriation de l’Orénoque Steamship Co. Toutes deux compagnies pétrolières. Ces deux cas actions entraînèrent la rupture des relations diplomatiques entre le Venezuela et les États-Unis en 1908. Année où Castro fut renversé par Juan Vicente Gómez. Castro était décrit comme « tyrannique et incompétent » par les États-Unis juste après la rupture des relations diplomatiques. Sous le gouvernement de Gómez, le Venezuela devint le premier producteur mondial de pétrole, avec une fourniture préférentielle aux Etats-Unis à des prix bas et inhabituels, libres de redevances et offrant une rente préférentielle.

 

L’ayatollah Ruhollah Khomeiny était un imam et un Ayatollah chiites iraniens leader politico-spirituel de la révolution islamique de 1979 et qui le reste encore. Les puissances occidentales le considéraient comme un « leader messianique, dont les initiatives politiques mettaient en danger la stabilité internationale ». En 1979, il a renversé le Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Khomeiny a dirigé l’Iran jusqu’à sa mort en 1989. Iran nationalisa la compagnie pétrolière et créa de nouvelles règles en matière de taxes et de redevances, et fit des réformes pour faire bénéficier de grands secteurs de la société des ressources pétrolières. L’Iran est maintenant qualifié (comme au temps de Khomeiny) par les Etats-Unis de « sponsor international du terrorisme et de pays hors-la-loi et tyrannique ».

 

Saddam Hussein : fut 1979 à 2003 avec le soutien de la CIA un dirigeant irakien qui entreprit une guerre contre l’Iran pour renverser le gouvernement de l’Ayatollah. Son gouvernement dans les premières années, a eu le soutien des Etats-Unis des d’armes y compris des gaz et des armes bactériologiques qu’il utiliserait contre l’Iran. Hussein était un allié clé des Etats-Unis, jusqu’à ce qu’il décide de faire des réformes pétrolières dans son pays, l’Irak devint un membre clé de l’OPEP et décida d’attaquer le Koweït (ancienne province pétrolière de l’Irak) pour le rattacher. Après, cela a engendré « Tempête du désert » et la guerre Golfe où les Etats-Unis envahirent le golfe Persique, attaquant l’Irak et créant une zone de non survol. En 2003, au prétexte de l’existence d’armes de destruction massive, les Etats-Unis et d’autres partenaires de l’OTAN, envahirent l’Irak, capturèrent puis exécutèrent Hussein et maintiennent jusqu’à présent une occupation .Il n’y a jamais eu d’armes de destruction massive en Irak. Hussein a été décrit comme « dictateur et bailleur de fonds du terrorisme international ». A présent les accords pétroliers en Irak sont excessivement injustes envers l’Irak et ont tellement libéré la production que le pays en déjà ne fait déjà plus partie de l’OPEP.

 

Gamal Abdel Nasser : était un militaire et un homme d’État égyptien et le principal dirigeant politique arabe de son temps. Il fut président de l’Égypte de 1956 jusqu’à sa mort en 1970. Il nationalisa le Canal de Suez, provoquant une intervention militaire de l’Angleterre avec le soutien des Etats-Unis. L’Egypte, pays pétrolier et pays membre de l’OPEP, fit des réformes dans ce domaine, ce qui signifiait que Nasser était au centre d’attaques et de déstabilisation systématique, sa proposition de l’unité arabe est devenue une ingérence internationale plus constante. Après sa mort naturelle, de nouveaux groupes politiques prirent le pouvoir en l’Égypte, Sadate et puis Hosni Moubarak ouvrirent Égypte au marché libre avec l’Europe et les Etats-Unis, signant de nouveaux accords pétroliers préférentiels avec ces pays.

 

Jaime Roldós Aguilera : a été président de l’Équateur de 10 août 1979 jusqu’au 24 mai 1981. Il est mort dans un accident d’avion qui selon de nombreux indices aurait été provoqué. John Perkins, présenté comme un « assassin économique » confirme les actions spécifiques de la CIA pour l’assassiner. Roldos proposa des réformes politiques majeures. Sur la question du pétrole Équateur avait à l’époque avec une production de pétrole naissante et les projections futures de gaz, l’intention de créer une entreprise de production nationale au moyen d’une excluant les sociétés transnationales. Il fut présenté par les Etats-Unis comme une « menace » et fut accusé d’être lié au réseau communiste international en seulement 2 ans du gouvernement. Après la mort de Roldos, l’Équateur, repassa sous le contrôle de la classe politique qui l’avait précédé. Le projet pétrolier de Roldos fut transporté vers le futur de telle façon qu’il se réalise aujourd’hui sous la direction de Rafael Correa, l’Équateur disposant de ressources énergétiques suffisantes pour se considérer comme un pays exportateur et être maintenant membre de l’OPEP.

 

Isaías Medina Angarita : Président de la République du Venezuela, de 1941 à 1945. Il a été renversé par un coup d’état « civil-militaire » dans lequel a participé le parti d’Action démocratique. Il décréta l’augmentation de la participation de l’Etat vénézuélien à 50 % des bénéfices du pétrole, établissant également l’obligation pour les titulaires de licences de payer, non seulement les taxes consacrées par cette loi, mais aussi toutes les taxes générales qui seraient instituées c’est pourquoi les compagnies pétrolières ont été soumises depuis au paiement de l’impôt sur le revenu. Les transnationales intéressées ont aidé à son renversement, appuyant les civils et les militaires, parmi lesquels on compte Marcos Pérez Jiménez, qui deviendra plus tard un dictateur, Medina Angarita a été accusé de « nationaliste dangereux ». Après son départ s’ouvre une autre étape dans la dynamique des concessions pétrolières vénézuéliennes.

 

Ben Bella : gouverna l’Algérie entre 1962 et 1965. Ben Bella nationalisa les propriétés abandonnées par les français après la décolonisation, ainsi que d’autres entreprises clés de l’économie du pays. Il établit un régime socialiste fondé sur l’autogestion des petites et moyennes entreprises, entreprit une réforme agraire et conçut un programme de libération des femmes, les encourageant à abandonner le voile et à s’intégrer dans la vie sociale et politique. LE pétrole comme ressource principale de l’Algérie fit l’objet de réformes. Ben Bella a été renversé et emprisonné pendant 10 ans. Il a été accusé de pratiquer la tyrannie et la persécution politique. Après son renversement, les conservateurs au pouvoir sont devenus des alliés de l’Amérique au Maghreb.

 

Mahmoud Ahmadinejad : actuel président de la République islamique d’Iran, depuis le 2 août 2005. Il a continué la politique pétrolière de son pays mise en œuvre depuis le début de la révolution islamique. Cette politique a été très nationaliste et a conduit à l’Iran à une place de puissance moyenne, étant le pays le plus puissant en Asie centrale et l’un des plus influents du golfe Persique. Ahmadinejad et l’Iran sont considérés comme ennemis des Etats-Unis comme parrains du terrorisme international et « obstacle à la paix dans le monde ».ils insistent sur le fait que le programme nucléaire iranien est pacifique (pour la production d’électricité, le dessalement d’eau de mer à usage humain et à des fins médicales) a, à la demande des membres de l’OTAN, engendré des sanctions économiques pour l’Iran. L’Iran est soumis à de possibles actions militaires des États-Unis étant considéré comme une menace contre Israël et le monde occidental par sa possible puissance militaire nucléaire, chose qui n’a pas été confirmée et l’Iran a nié en se soumettant à l’inspection internationale de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). La droite républicaine américaine au complet, demande à Barak Obama d’agir militairement en Iran, d’envahir ce pays pour « sauvegarder la paix et la sécurité des Etats-Unis ».

 

Kadhafi : dirigeant libyen installé au pouvoir depuis 1969 et qui, depuis les années 1970 a nationalisé l’industrie pétrolière. Bien qu’actuellement l’activité pétrolière ne soit pas entièrement nationalisée, la Libye recèle près de 50 milliards de pétrole ultraléger, le plus convoité et qui avant le conflit de 2011 était dirigé vers l’Europe à raison d’environ 1 600 000 barils par jour. La Richesse de la Libye est estimée à 200 milliards de dollars en dépôts dans les banques européennes. Depuis la politique Kadhafi la Libye est considérée comme un pays hors-la-loi, il a traversé des moments d’isolement international, dont il est sorti seulement après une ouverture de Kadhafi à l’investissement International, principalement français, italien et britannique. Au début de 2011, les tribus hostiles à Kadhafi, conjointement avec la coopération internationale de mercenaires armés, ont pris des postes militaires du gouvernement, y ont pris l’armement et ont entamé une rébellion contre Kadhafi en essayant de créer une République séparatiste dans l’est pétrolier du pays. Kadhafi a répondu militairement. Les médias internationaux et la diplomatie internationale où les USA ont joué un rôle de premier plan, ont soulevé la nécessité de prendre des mesures contre Kadhafi puisqu’il attaquait des« civils sans défense, qui réclamaient la liberté ». Au moment de la rédaction de cette note, il y a des sanctions économiques et militaires et la création d’une zone d’exclusion aérienne en Libye permettant le bombardement par les États-Unis et la France, avec la collaboration des membres de l’OTAN.

Tripoli est assiégée et les habitants massacrés dans les rues par des mercenaires séditieux et infiltrés, représentant la dissidence du soi-disant Conseil national de transition, soutenu par l’Occident.

Les comptes de la Libye en Europe ont été gelés sans qu’on connaisse leur avenir, confisquant les richesses du peuple et de l’État libyen pour asphyxier Kadhafi. Le maintien au pouvoir de Kadhafi est incertain.

 

Hugo Chávez : dirigeant vénézuélien élu depuis 1998. Avec un Discours anti-impérialiste et une action progressiste, il a fait 2 changements à la Loi sur les hydrocarbures, donnant la priorité à l’État dans la capture des revenus pétroliers et le revenu par la redevance. Il a renationalisé la compagnie pétrolière, mettant un terme à « l’ouverture pétrolière » de la présidence précédente. Après un sabotage pétrolier, il a repris le contrôle complet de l’État sur PDVSA et commence une nouvelle étape dans la politique pétrolière nationale, où l’entreprise d’Etat est le principal actionnaire et l’unique gérant de l’économie pétrolière. Chavez, accusé de « Communiste » par les États-Unis, a subi un coup d’état en 2002, mais deux jours plus tard il a été réinstallé à son poste par les militaires et les civils qui le soutenaient. Il a été constamment accusé par les médias internationaux et la diplomatie étasunienne et européenne de financer le terrorisme international (FARC, ETA, HEZZBOLLAH, le HAMAS et Al-Qaïda), de mettre fin à la liberté d’expression, d’emprisonner ses ennemis politiques et d’entraîner son pays dans la pauvreté grâce à sa version du communisme. Le Venezuela est le pays qui détient les plus grandes réserves de brut lourds et ultralourds certifiées et vérifiés dans le monde, environ 296,5 milliards de barils. Hugo Chávez est la cible de toutes sortes d’attaques politiques et de complots dans son pays, par le biais de secteurs d’opposition principalement constitués par les groupes politiques et économiques (médias, partis et associations) liés aux Etats-Unis qui détenaient la richesse et le pouvoir avant son arrivée. Les gouvernements antérieurs ont conduit des politiques pétrolières préjudiciables à l’intérêt national et en faveur du premier client du pétrole du Venezuela : les Etats-Unis.

 

La liste est trop courte pour intégrer les cas de pays comme le Nigeria, l’Indonésie et le Gabon, qui ont été membres de l’OPEP, comme aussi le cas des autres pays pétroliers à l’extérieur de l’OPEP. Dans un monde aux ressources de plus en plus limitées, les puissances consommatrices et surtout les Etats-Unis et l’Europe, ont lancé une nouvelle étape dans la chasse aveugle au pétrole que ce soit par les voies régulières de l’entreprise, par la subordination politique des producteurs ou par une intervention militaire directe.

 

N’apparaissent pas dans cette note, les tyrans anonymes du pétrole, ceux qui gèrent les sociétés pétrolières transnationales qui bénéficient de ces méthodes pour le contrôle de l’énergie. Des entreprises comme Exxon, Halliburton, Chevron, BP, ENI, Shell, entre autres, ont participé ouvertement au financement des politiciens aux États-Unis et en Europe, au soutien aux forces militaires, à la création de lobbies internationaux en soutien à l’ingérence la guerre et au pillage de la richesse des pays visés.

 

La raison du captage du pétrole bon marché, par les pays développés et même de puissance émergentes comme la Chine, le Brésil et l’Inde, consiste à externaliser les dépenses, à maintenir le système de production et de consommation mondial. Externaliser les coûts, implique baisser le prix des matières premières à un niveau ridicule, afin de produire à bas prix et ainsi maximiser les profits, dans le même temps de mettre les biens de consommation sur une grande échelle au niveau mondial. Cela indique que, dans la continuité du système mondial capitaliste, aucun pays détenteur de ces matières premières(ne peut éviter ((être soumis (pacifiquement ou violemment) aux intérêts du système de domination mondiale.

 

Les guerres du pétrole, sont une réalité de notre temps. Nous avons vu le cas de l’Irak et de la Libye, comme les menaces contre l’Iran. Dans le même temps, il convient de souligner les menaces directes et indirectes contre le Venezuela, se souvenant de sénateur Paul Coverdell, qui, comme Rapporteur du Plan Colombie « pour contrôler le Venezuela, il est nécessaire d’occuper militairement la Colombie ». À présent les Etats-Unis ont 7 bases en Colombie et 6 bases dans les Caraïbes, toutes entourant le Venezuela.

  

Le système des médias internationaux dans les mains des intérêts transnationaux, ont pratiqué la soi-disant « fabrication du consentement » tant au sein des frontières de l’Europe que dans l’arène de l’opinion publique mondiale. Cela consiste à créer l’approbation, créent une masse critique, d’adopter les motifs des guerres et des invasions. Ils ont fabriqué et protégés des tyrans, comme nous l’avons dit, cela dépend sur complaisants qu’ils sont les intérêts économiques des pouvoirs. De cette façon, l’Empire a fait leurs villages dans le service des guerres, assumant un rôle de police dans le monde et en leur faisant croire leurs peuples que ces mesures d’interférence sont dus à des raisons liées à la paix et la sécurité des américains et des européens dans leur propre territoire et d’aide humanitaire. N’oubliez pas que le cas de l’Irak, a été le cas d’une « guerre préventive », c’est-à-dire, envahir l’Irak pour éviter l’attaque avec des armes de destruction massive qui n’a jamais existé, en Europe et aux USA. Ils omettent et refuser, l’entreprise transnationale découlant de la guerre dans les pays occupés.

 

« Pour voir les fanons de votre voisin brûler, mets les tiens à tremper », explique une expression populaire. Est laissée à la réflexion des pays possédant des Richesses naturelles et ses peuples, la compréhension du cycle historique de notre temps. Une ère de respect pour le droit international, la fabrication des « raisons de guerre » et les actions plus flagrantes des pouvoirs et ses multinationales par des ressources.

 

Combien de tyrans de pétrole ont été ou sont en fait une telle chose ? Quelques tyrans de pétrole n’ont jamais été ni ne seront appelés comme tel ? Seule la mémoire vivante des peuples a réponse à cette question. Cela nous ne le saurons jamais par CNN, ni par la voix officielle des maîtres du monde.

 

Mais pour déchiffrer la relation tyrannie-pétrole nous pouvons appliquer le principe du rasoir d’Occam (principe philosophique selon lequel, lorsque deux théories égales ont les mêmes conséquences, la théorie qui a le plus de chances d’être correcte est la plus simple). Exprimé en ces termes : qu’est ce qui est le plus probable ?

 

Option A :

Partout dans le monde Les pays riches en pétrole, indépendamment de leur latitude et de leur culture, pour des raisons inexpliquées, ont une forte propension à être dirigés par les tyrans terroristes.

 

Option B :

Les Etats-Unis et l’Europe qualifient tyran à tout dirigeant d’un pays de pétrole qui touche aux entreprises transnationales.

L’option la plus simple dans ce cas, est probablement en appliquant le rasoir d’Occam, est l’option B, étant la plus simple au premier abord, et étant confirmée par les lignes qui précèdent et étant une réalité inscrite dans l’histoire des pays victimes de l’impérialisme comme étape suprême du capitalisme.

 

Mon dernier message au lecteur :

Si vous vivez dans un pays pétrolier et si votre pays est gouverné selon CNN par un « tyran », n’oubliez pas qu’il est dans le collimateur d’intérêts transnationaux. Votre pays, est un pays de hors-la-loi. Il est probable que des soldats viennent de l’étranger pour vous « libérer » vous et les vôtres, qu’il est possible qu’ils entrent dans votre maison et vous soumettent vous et les vôtres. N’oubliez pas, que lorsque des soldats étrangers, certainement étasuniens sont dans votre pays, ils ne vous entendront probablement pas si vous criez que vous n’êtes pas un terroriste, parce que vous faites partie de l’ennemi. Pas plus qu’ils ne vous entendront vous si vous insistez sur le fait que vous étiez contre la « tyrannie », car vous faites partie de l’ennemi. Comprenez que vous êtes considéré un ennemi, si de l’occupation de leur pays par une force étrangère vous déplait. Comprenez que, que vous sympathisiez ou non avec votre « tyran », vous serez un ennemi de tout citoyen au sein des frontières des Etats-Unis, surtout si ce citoyen américain est un soldat, est dans l’obligation de vous tuer ou de vous arrêter ou de vous torturer. Sachez que s’ils viennent pour votre pétrole, passera sous occupation par une force étrangère pour des années, et il faudra des décennies pour que votre pays atteigne une situation économique favorable et équitable. Mais voyez le côté positif ; ce qui a conduit ces forces étrangères à « libérer » votre pays, prendra fin, le tyran et le pétrole disparaitront. Et puis ils s’en iront. Ceci suggère que plus jamais ils ne « libéreront » votre son pays pour ces mêmes raisons. A moins que ne surgisse une autre ressource et que surgisse ensuite un autre tyran qui veut la gérer pour votre bien. Mais ceci est déjà une autre histoire.

Francisco Vielma. Sociologue

 Francisco Vielma

1er septembre 2011

Source : COMAGUER

n°17 -Médias et Manipulation de l’opinion - 06-10 - Fin - : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle…

n°17 -Médias et Manipulation de l’opinion - 06-10 - Fin -  : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle…



 

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Annexe deSyrie

                              n°17                         06-10                             

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier annexe deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

2 Analyse &Réflexion

2-3 Pierre Khalaf : L’Occident ne comprend que le langage de la force.

2-4 Mère Agnès-Mariam de la Croix : Une guerre civile ne profiterait qu’à Israël.

2-5Manlio Dinucci : MOYEN-ORIENT : L’incendie est hors contrôle...

3 Annexe

3-1 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle



2-3 Pierre Khalaf : L’Occident ne comprend que le langage de la force.

Le soutien accordé à Israël par l’Occident face à la demande déposée par les Palestiniens à l’Onu pour la reconnaissance de leur État est une preuve supplémentaire de l’hypocrisie de la communauté internationale concernant la cause palestinienne, depuis 1948.
La reconnaissance par les Nations unies d’un État palestinien virtuel est un gain moral et politique qui renforcerait la position diplomatique des Palestiniens face à Israël ; cet État spoliateur, protégé depuis sa création par le véto états-unien, lequel a neutralisé toutes les résolutions prises par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, empêchant ainsi toute enquête sérieuse sur les crimes qu’il a commis contre le peuple palestinien.
Cette protection états-unienne et européenne a bloqué tout débat sérieux dans les instances et les organisations internationales sur les politiques racistes dont sont victimes les Palestiniens sur leur terre natale, de la part du dernier État de la planète qui pratique encore une colonisation basée sur la discrimination et la séparation des races depuis la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud. Il ne faut pas oublier que le soutien de l’Occident à l’État hébreu a consacré les crimes perpétrés par les organisations terroristes sionistes qui ont déraciné un peuple, volé sa terre et tenté de le faire disparaitre politiquement et physiquement avec l’aide du colonisateur britannique qui occupait la Palestine.
L’Occident peut se vanter d’avoir poussé au défaitisme la direction palestinienne officielle ainsi que la plupart des États arabes. Ceux-ci ont présenté concession sur concession, acceptant de ne revendiquer que 22 % de la Palestine historique, des miettes qu’Israël se refuse à leur restituer sous n’importe quel prétexte. Pourtant, la résistance des Palestiniens a marqué des points importants ces dernières années, les plus importants étant d’avoir contraint l’État hébreu à se retirer unilatéralement de la Bande de Gaza et de l’empêcher d’y revenir, lors de l’offensive de l’hiver 2008-2009.
L’attitude américano-européenne vis-à-vis de la question de la Palestine prouve, une nouvelle fois, que la mission de ces pays est de consacrer l’hégémonie israélienne sur le monde arabe et de liquider la cause palestinienne. Leur but est aussi d’empêcher tout revers, même moral, pour le projet israélien, dont l’objectif est, actuellement, de consacrer la judaïté d’Israël et le contrôle du Machrek arabe.
Le président Nicolas Sarkozy a évoqué, dans son discours à l’Onu, un rôle supposé de l’Europe. Mais le chef d’État français sait plus que tout autre que ce présumé rôle européen a toujours été, depuis la fin du mandat de Charles de Gaule, d’appliquer à la lettre les instructions US. Sarkozy sait, aussi, que la Syrie, contre laquelle il complote actuellement, a tout fait pour encourager cette même Europe à avoir une politique indépendante des États-Unis au Moyen-Orient. Mais en vain. Le Vieux continent se complait dans son rôle peu glorieux de fidèle suiveur et serviteur. Sarkozy sait pertinemment qu’Israël commet tous les jours des dizaines de crimes contre les Palestiniens, en tuant, en blessant, en arrêtant, en humiliant et en expulsant des militants, en séparant les familles, en découpant les villages, en bâtissant des murs de la honte, en démolissant des maisons, en confisquant des terres, en empêchant le retour de cinq millions de réfugiés depuis 1948… mais il fait semblant de ne rien voir.
La mascarade de New York s’est transformée en tragi-comédie lorsque Nicolas Sarkozy a évoqué un soi-disant rôle européen, alors que tout le monde sait que l’Europe n’a jamais osé s’opposer à la volonté israélienne. Et cette comédie noire, qui se poursuit dans les positions du « Quartet international » et dans le « processus de paix », dans lequel les dirigeants palestiniens se sont fait piéger depuis les accords d’Oslo, ne font que conforter les Palestiniens dans leur conviction que seule la résistance est susceptible de leur rendre leurs droits légitimes.
L’Occident n’a qu’un seul souci, celui d’assurer la protection d’Israël après la fuite des États-uniens hors d’Irak. Il se partage le pétrole et les eaux du Moyen-Orient et complote contre le dernier bastion anti-israélien de la région, représenté par la Syrie. Tout cela prouve que l’Occident ne comprend que le langage de la force et que tout ce qui s’appelle « négociations » et « processus de paix » ne sont que supercherie et tromperie.

La tendance au Liban

Le mode de scrutin proportionnel mettra fin à la représentation exclusive des communautés
Le débat politique de fond au Liban s’articule autour de la forme de la prochaine loi électorale, depuis que le gouvernement s’est engagé à élaborer une nouvelle législation basée sur la proportionnelle. Les réactions et prises de positions au sujet de cette question reflètent les intérêts des différentes forces politiques du pays.
Il est clair que le chef du Courant du Futur, Saad Hariri, mène une bataille par procuration contre le projet de la proportionnelle à travers ses alliés chrétiens, Samir Geagea et Amine Gemayel. Ces deux personnalités se sont visiblement engagées à torpiller toute entente sur cette question lors de la rencontre interchrétienne qui s’est tenue au siège du Patriarcat maronite. Hariri appréhende la proportionnelle car elle risque de lui faire perdre la représentation exclusive de la communauté sunnite, en effet ce mode de scrutin ouvrira la voie à la diversité politique dans chaque communauté religieuse au Liban. Ainsi, les opposants de Saad Hariri à Beyrouth et dans la plaine de la Békaa réussiront à accéder au Parlement alors qu’en ce moment, le mode de scrutin majoritaire lui permet d’écarter tous ses opposants. La proportionnelle permettra au courant centriste sunnite, aujourd’hui représenté par le Premier ministre Najib Mikati et le ministre des Finances Mohammad Safadi, tous deux originaires de la ville de Tripoli, au Liban-Nord, d’opérer une percée significative au sein de la communauté sunnite dans différentes régions du pays.
Samir Geagea et Amine Gemayel ont accepté de jouer les fers de lance dans la bataille contre la proportionnelle car ils semblent connaitre mieux que quiconque la réalité des rapports de force au sein de la communauté chrétienne. L’alliance du général Michel Aoun et du député et leader maronite du Liban-Nord, Sleiman Frangié, dispose d’une confortable majorité. Les nouvelles positions adoptées par le Patriarche maronite Mgr Béchara Raï au sujet de la crise en Syrie, de la crainte de voir des régimes extrémistes accéder au pouvoir au Machrek arabe, de la nécessité de préserver les armes de la Résistance au Liban jusqu’au retrait israélien de tous les territoires occupés, rejoignent celles défendues par ces deux chefs politiques et par le président de la République Michel Sleiman. Une telle alliance sur la scène chrétienne ne laissera que peu de chance à MM. Geagea et Gemayel de se constituer des blocs parlementaires significatifs. Sans l’aide de Saad Hariri, qui intègre dans ses listes quelques candidats proches de ces deux personnalités, leur poids politique sur la scène libanaise serait insignifiant. Voilà pourquoi ils s’efforcent de torpiller toute entente interchrétienne sur le mode de la proportionnelle.
Le député Walid Joumblatt a peur de la proportionnelle pour les mêmes raisons que Saad Hariri, car elle permettra à ses rivaux au sein de la communauté druze d’accéder au Parlement sans avoir besoin d’intégrer ses listes, comme le fait l’émir Talal Arslan depuis 1992. L’opposition au leadership de type féodal, exercé par Joumblatt, pourra alors se développer et menacer sérieusement le monopole qu’il exerce sur la communauté druze. De même qu’il libèrera l’électorat chrétien dans ses fiefs d’Aley et du Chouf de son hégémonie et permettra au Courant patriotique libre de Michel Aoun, fortement présent, de faire élire ses candidats.
Mais contrairement à MM. Geagea et Gemayel, Walid Joumblatt a ouvertement exprimé son hostilité au projet de loi électorale basé sur la proportionnelle.
Cependant, il est clair que l’adoption du mode de scrutin proportionnel avec le maintien du système du confessionnalisme politique (c’est-à-dire la répartition sur des bases communautaires des postes politiques dans le pays) présente de sérieux problèmes. La solution réside dans l’adoption du système bicaméral : l’instauration d’un sénat destiné à représenter les différentes communautés et l’élection d’un Parlement non-confessionnel. Ceci constituerait une réforme majeure du système politique libanais, grippé par le confessionnalisme politique qui encourage les doubles allégeances et la corruption.

La tendance en Syrie

« Des oppositions » sous perfusion atlantiste
Les divisions au sein « des oppositions » syriennes ont atteint un degré tellement dramatique que les opposants ont senti le besoin impératif de donner à la journée de mobilisation du 23 septembre le nom du « vendredi de l’unité ». Ces opposants reconnaissent que ces divisions sont provoquées par des luttes de pouvoir et par les ingérences des divers États qui les téléguident et qui ont chacun créé son « comité », « conseil » ou « rassemblement ». Ces structures naissent à un tel rythme que les Syriens ont le tournis et n’arrivent plus à adapter leurs « compteurs de comités ».
La semaine dernière, les scandales liés à l’opposition ont atteint un sommet lorsque Haïtham el-Maleh a prétendu, ouvertement sur les écrans de télévision, qu’il était l’opposant le plus en vue en Syrie. Alors que tout le monde sait qu’il est à l’origine du « Conseil » créé à Istanbul sous le parrainage des services de renseignement turcs et des Frères musulmans, il a dénigré à partir du Caire ce même conseil. Il a assuré que l’opposition syrienne souffre d’une lutte de pouvoir, tandis qu’un autre opposant, Burhane Ghalioune, a parlé de disputes autour de « la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».
Ce même Haïtham el-Maleh a poussé le ridicule à son comble en appelant sur al-Jazeera à une intervention militaire étrangère pour renverser le régime syrien, avant de rejeter sur al-Arabiya toute attaque extérieure, à cause du tollé provoqué par ses précédents propos. Décidément, c’est un bien triste modèle de cohérence, de sérieux, de crédibilité et de patriotisme que proposent au peuple syrien les opposants.
Scandales également du côté des chaines satellitaires arabes qui pratiquent ouvertement la propagande et la désinformation. Celles-ci continuent de parler de « grandes manifestations », alors que l’Agence France presse a interviewé des opposants sur les raisons de la baisse de la mobilisation. Le 23 septembre, pas plus de 4 000 personnes ont manifesté dans toute la Syrie. Al-Jazeera a ainsi diffusé des images attribuées à des manifestations anti-régime en Syrie, alors que les manifestants portaient des pancartes dénonçant la famine en Somalie. Pressé de montrer des images de manifestants introuvables, le réalisateur a puisé au hasard dans ses archives, ne faisant pas attention que les banderoles permettraient de révéler sa mauvaise plaisanterie.
Toujours sur al-Jazeera, la présentatrice a eu en direct un accrochage avec un « témoin oculaire » qui prétendait parler de la région de Homs. N’arrivant pas à lui arracher ce qu’elle souhaitait sur les « manifestations monstres » et sur « la répression sanglante », elle a haussé le ton contre lui et a interrompu la conversation téléphonique. Un vrai scandale à inscrire dans les annales du « journalisme professionnel ». Autre scandale, les confusions géographiques qui montrent à quel point les chaines de télévisions manquent de crédibilité. Des localités situées dans un gouvernorat sont présentées comme faisant partie d’une autre région ; des habitants apprennent par les médias que des manifestations géantes se déroulent dans leur village, alors qu’ils n’ont rien vu etc…
Alors que la mobilisation a baissé, les actes terroristes contre la police, les véhicules et les postes militaires se poursuivent, avec les encouragements des puissances occidentales et de la Turquie. Des armes, de l’argent, du matériel de communication électronique, sont introduits en Syrie illégalement en provenance des pays voisins. Ankara s’est joint aux pays ayant imposé des sanctions contre la Syrie, et a commencé par des actes de piratage contre des navires se dirigeant vers ce pays. Pendant ce temps, les très démocratiques pétromonarchies du Golfe poursuivent leurs pressions politiques et diplomatiques et invitent à un renforcement des sanctions internationales et à un isolement de la Syrie.
Il semble que le plan de déstabilisation de la Syrie, orchestré par les États-Unis et exécuté par la Turquie et les pétromonarchies, va se poursuivre pendant des mois. Mais en parallèle, le pays va continuer à défendre son unité et sa stabilité et à appliquer les réformes politiques mises sur les rails par le président Bachar al-Assad.

Discours et déclarations

Mgr Béchara Raï, Patriarche des chrétiens maronites
« Ce que nous avons dit lors de notre tournée en France sur les craintes qui nous préoccupent, nous l’exprimerons de nouveau partout, parce que ces inquiétudes sont motivées par ce qui se passe dans le monde arabe, notamment en Irak et en Égypte. Nous en sommes arrivés là parce qu’au lieu de nous asseoir courageusement à la table de dialogue, nous avons préféré communiquer à travers les médias, derrière lesquels nous nous réfugions. Il y a des constantes que nous devons transformer en pacte national. Parmi ces constantes, la Résistance, qui poursuit sa lutte pour la souveraineté du Liban, ainsi que le dialogue national et la stratégie de défense en tant que fondement de l’État fort. Tout homme a le droit de vivre dans le respect des libertés publiques et a le droit de réclamer des réformes, mais ce que nous craignons est le passage de régimes de type autoritaire à d’autres qui le sont encore plus. »

Michel Aoun, principal leader chrétien libanais
« Ceux qui souhaitent le renversement du président syrien Bachar al-Assad vont s’en aller bien avant lui. Le président Assad se déplace dans toutes les régions syriennes. La chute du régime en Syrie n’est dans l’intérêt ni des chrétiens ni des musulmans. Nous avons soutenu les réformes constitutionnelles en vue de la création d’un climat démocratique libre dans ce pays. Nous assistons à une nouvelle tentative de turquisation ou un néo-ottomanisme, sachant que l’empire ottoman s’est effrité après la Seconde Guerre mondiale. Il ne faut pas oublier que ce fut une période sombre pour nous, marquée par la faim, l’esclavage et les persécutions religieuses. La politique ottomane a fini par saboter la coexistence islamo-chrétienne lorsque la Turquie ottomane a mis la main sur les pays arabes en transférant le califat à Istanbul. »

Nabih Berry, président du Parlement libanais
Extraits d’une réponse à Benyamin Netanyahu qui a déclaré que le Liban, contrôlé par le Hezbollah, préside actuellement le Conseil de sécurité des Nations unies
« Que les Nations unies soient fières de la présidence du Conseil de sécurité par ce pays (le Liban) qui a appris au monde l’alphabet, qui est le berceau de la culture, l’école de la démocratie et la source des législations et des droits de l’Homme. Celui qui préside le Conseil de sécurité n’est autre que le Liban où sont tombés des soldats internationaux sous les missiles israéliens ; le Liban qui parle au nom de tous les Arabes pour défendre leur droit à récupérer leurs territoires spoliés. Que Netanyahu et ses alliés le sachent, c’est le Liban résistant, qui a fait échec à l’agression israélienne, qui préside le Conseil de sécurité et qui prendra position avec la justice face à l’injustice que vous incarnez dans ce monde. »

Revue de Presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 22 septembre 2011)
Sateh Noureddine
La réinsertion de la Palestine sur l’agenda international après une longue période de négligence est un exploit important. L’Autorité palestinienne a su saisir au bon moment le signal provenant de la rue arabe, qui est désormais plus prête que jamais à contribuer à forger la politique étrangère arabe, à œuvrer pour se délester du poids politique et moral de la cause palestinienne, et à voir dans cette cause un test déterminant pour sa capacité à se faire respecter par l’Occident. L’Autorité palestinienne a certainement dû recevoir une inspiration de la part des capitales occidentales qui en ont assez du comportement des Israéliens et de leur gouvernement actuel présidé par Benjamin Netanyahu, qui semble vivre encore à l’époque de Hosni Moubarak et de Zein el-Abidine Ben Ali, et qui refuse de reconnaître le besoin pressant de l’Occident de se réconcilier avec la rue arabe. Il s’agit plus qu’une simple inspiration qui aurait été donnée à l’Autorité palestinienne par certains États-uniens et Européens qui souhaitent donner une leçon aux Israéliens et leur apprendre comment s’adapter aux bouleversements arabes radicaux. D’autant plus que la rue arabe est en train de reprendre l’initiative et d’imposer sa volonté au monde entier.

As Safir (20 septembre 2011)
Le Moyen-Orient se tient sur un champ gazier qui s’apparente à un baril de poudre, d’autant plus que Chypre a décidé de lancer l’exploration de ces ressources —décision qui a entraîné une riposte rapide de la part de la Turquie—. Le Liban se retrouve au seuil d’un conflit gazier qui menace la sécurité de la région, et probablement celle du monde entier. D’où les grands défis qui se présentent aussi bien au gouvernement qu’au Parlement, le Liban étant invité à se montrer intraitable à l’égard de toute partie pouvant porter atteinte à ses richesses naturelles. D’ailleurs, le gouvernement a bien fait d’adopter la délimitation de la Zone d’exclusivité économique (ZEE). Les démarches à venir sont les suivantes : après publication du décret dans le Journal officiel, l’Onu se verra remettre une copie de la loi libanaise adoptée précédemment, en plus de la décision relative à la délimitation de la ZEE. Ce qui devrait préparer le terrain à de nouvelles négociations avec le gouvernement chypriote, et pousser Chypre à amender l’accord signé avec Israël au détriment du Liban.

As Safir (20 septembre 2011)
Nabil Haïtham
Comment se fait-il que le président Michel Sleiman, qui d’habitude traite les dossiers polémiques avec une extrême prudence, ait soudain décidé de soutenir ouvertement les positions du patriarche maronite Béchara Raï ? Des observateurs voient dans ce positionnement de Sleiman les marques d’un vieux projet, cher au cœur du président depuis son accession au pouvoir : celui de créer une troisième force chrétienne qui viendrait contrebalancer le poids des Forces libanaises et des aounistes, une force sur laquelle Sleiman peut compter pendant et au-delà de son mandat présidentiel, lors des prochaines élections législatives. Le président a dû laisser de côté son projet pendant un certain temps, parce les conditions n’étaient pas propices pour la formation d’une troisième force chrétienne. Aujourd’hui, il semble avoir enfin trouvé le moment opportun, d’autant plus que Saad Hariri livre contre lui une guerre politique, ouvertement et en secret, depuis qu’il a été écarté du pouvoir.

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, 23 septembre 2011)
Rajeh Khoury
Le président Barak Obama a mérité les remerciements de Netanyahu pour son discours à l’Onu, qui est tout « à son honneur », selon le Premier ministre israélien. Il est très « honorable » en effet de soutenir l’occupation, de combattre la revendication légitime d’un peuple, de s’opposer à la volonté de 137 États membres des Nations unies, ou de consacrer les doubles critères en appelant le Conseil de sécurité à imposer des sanctions contre la Syrie pour soutenir le peuple syrien, tout en menaçant de saboter ce même Conseil s’il soutient le peuple palestinien et accepte qu’il établisse son État. Obama a ainsi déclaré devant le monde entier que le Conseil de sécurité n’est qu’une serpillère pour la politique états-unienne.
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, par contre, a marqué trois points importants. Il a fait de la cause palestinienne la star de cette session onusienne et lui a permis de remporter un soutien international croissant ; il a démasqué les véritables intentions d’Obama et ses fausses promesses ; il a, enfin, accepté l’idée d’un package-deal qui consisterait à déposer la demande d’adhésion auprès du Conseil de sécurité, tout en mettant à feu doux les propositions du président Sarkozy pour une solution

An Nahar (21 septembre 2011)
Hiyam Kosseify
Un responsable libanais proche de l’ambassadeur de France, M. Denis Pietton, explique que si l’ambassadeur a modifié sa position au sujet de la visite du Patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, en France, ce fut suite à une décision claire de la part de l’Élysée et non seulement du Quai d’Orsay. Des contacts ont lieu entre le Vatican et l’Arabie saoudite et une visite d’une délégation du Vatican est prévue à Riyad pour limiter les dégâts provoqués par les propos des maronites libanais et leur incidence sur les chrétiens du Golfe. Le Vatican avait prévu que le Patriarche Raï œuvre à l’institutionnalisation de l’Église pour la tenir à l’écart des conflits politiques, mais sept mois plus tard, Bkerké se retrouve au cœur de ces conflits, ce qui se fera certainement sentir lors de la prochaine tournée américaine du Patriarche.

An Nahar (20 septembre 2011)
Ali Hamadé
La couverture politique assurée par Michel Sleiman ou par Najib Mikati au patriarche maronite Béchara Raï ne suffit pas pour apaiser la polémique suscitée par les déclarations du prélat en France, car c’est l’opinion publique qui compte. Il est regrettable que lors de sa récente visite à Baalbeck, « dans la République du Hezbollah », le patriarche se soit obstiné à jeter le blâme sur les médias, qu’il accuse d’avoir rapporté ses propos de façon tronquée, mais sans pour autant clarifier ses positions. Mgr Raï doit exprimer clairement devant l’opinion publique ses positions sur deux points : le dossier syrien et sa vision du rôle des chrétiens en Orient : doivent-ils soutenir les régimes totalitaires si ces derniers leur garantissent une présence physique en Orient, ou sont-ils porteurs d’un message de liberté et de dignité humaine dans la région ; le dossier des armes du Hezbollah que Raï a lié, pour des motifs confessionnels, au retour des Palestiniens à leur terre.
Livrer le pays au Hezbollah et à l’Iran permettrait-il de vivre en paix et en sécurité, en repoussant le danger sunnite ? Si c’est l’avis du patriarche, qu’il dise alors clairement qu’il s’aligne sur l’axe chiito-alaouite pour contrebalancer la présumée prédominance sunnite dans le Machrek arabe.

An-Nahar (20 septembre 2011)
Rosanna Bou Mounsef
Le Liban prend parti de manière flagrante pour le régime syrien bien que ses responsables aient déclaré qu’il se gardait de toute ingérence dans les affaires intérieures syriennes. Peu avant de quitter le Liban à destination de New York dans le cadre de la délégation officielle libanaise, le ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, a exprimé ce parti pris en affirmant que le Liban rejettera toute résolution du Conseil de sécurité à l’encontre du régime syrien. De telles déclarations, faites avant le déplacement du président de la République et du Premier ministre à New York, seront une source d’embarras pour l’un et l’autre lorsqu’ils s’exprimeront sur le dossier syrien.

Al-Akhbar (Quotidien proche de la nouvelle majorité, 23 septembre 2011)
Mohammad Bdeir
Les Israéliens ont trois craintes principales au sujet de la reconnaissance par les Nations unies d’un État palestinien. D’abord, ils redoutent le déclenchement d’une troisième intifada inspirée des révoltes arabes, qui serait plus violente que les deux précédentes, avec la possible entrée en jeu de certaines tierces parties. Ils craignent que les Palestiniens n’exercent en pratique des activités qui consacrent le principe de souveraineté sur leur espace terrestre, aérien et maritime, notamment grâce à leur adhésion à de nombreuses organisations et conventions internationales. Enfin, ils craignent, surtout, d’être poursuivis par les Palestiniens devant la Cour pénale internationale.

Al-Akhbar (19 septembre 2011)
Nicolas Nassif
Le président français Nicolas Sarkozy a condamné devant le Patriarche maronite Béchara Raï le dernier attentat contre le contingent français de la Finul. Il a affirmé que son pays reverrait sa position sur la présence de cette force au Liban-Sud si une communauté ou un parti tentait de contrôler le Liban, et en particulier les parties qualifiées par Sarkozy d’« extrémistes ». La France reverrait sa position non seulement sur la présence de la Finul, mais sur la situation au Liban en général. Il a affirmé d’un ton qui dénotait son mécontentement : « Vous êtes un pays amis, nous sommes allés à l’aide d’un pays ami. Il est inacceptable que nous soyons traités ainsi. Cela nous rend disposés à partir ». Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a exprimé un avis différent autour de la même question : « Un retrait de la Finul du Liban serait une catastrophe », a-t-il affirmé.
Le président Sarkozy a fait assumer au Hezbollah, qu’il évoquait toujours de manière négative, une responsabilité directe dans ce qui s’est passé avec le contingent français. « Lorsque ce parti renoncera à ses armes nous nous ouvrirons à lui », a-t-il affirmé.

Ad Diyar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 23 septembre 2011)
Selon l’un des membres de la délégation ayant accompagné le Patriarche maronite Béchara Raï à Paris, le président français Nicolas Sarkozy a dit au patriarche : « Comme les chrétiens ne sont plus qu’1,3 million au Liban et 1,5 million en Syrie, pourquoi ne viendraient-ils pas vivre en Europe, d’autant plus que deux millions de chrétiens irakiens ont déjà été accueillis en Europe ? » Le président Sarkozy a expliqué au prélat maronite qu’au regard du choc entre les civilisations, notamment le conflit islamo-chrétien, il n’y avait pas de place pour les chrétiens dans le Machrek arabe, et il serait préférable qu’ils se rendent dans les 27 pays de l’Union européenne. Stupéfait d’entendre de tels propos, le patriarche a demandé à Sarkozy : « Comment serait-ce possible ? » Sarkozy a alors saisi un papier faisant état d’informations qui indiquent que plus de 3 millions de chrétiens ont quitté le Liban ces 20 dernières années, et que de nombreux problèmes s’annoncent au Moyen-Orient.

Ad Diyar (21 septembre 2011)
Radouane El-Zib
Les changements exceptionnels au Moyen-Orient annoncent une nouvelle étape coloniale : mainmise sur les ressources, nouvelle carte pour la région. L’un des éléments-clés de ce projet est le règne des majorités dans les pays de la région. Michel Sleiman sera-t-il le dernier président maronite au Liban ? Pour atteindre leur objectif, les pays occidentaux comptent soutenir ceux qui représentent à leurs yeux « l’Islam modéré », contre « l’Islam radical ». Les chrétiens seront la principale victime de ce remodelage de la région.
C’est cette crainte pour le sort des chrétiens que le Patriarche Raï a transmise à Paris. Il a cependant constaté que la France ne veut plus jouer le rôle de la « tendre mère » des maronites et des chrétiens du Liban. C’est ce que le président Sarkozy a dit clairement, tout en soulignant que la France veut des relations distinguées avec toutes les parties libanaises. Sarkozy a violemment critiqué Bachar al-Assad, et lorsque le Patriarche a exprimé ses craintes quant au sort des chrétiens et la montée de l’extrémisme, le président français a consulté sa montre à plusieurs reprises, comme pour suggérer qu’il n’a pas le temps et qu’il n’est pas d’accord avec ce que dit Raï.
Des sources qui ont visité Paris notent un changement radical dans la position française sur les développements dans la région. « Mon sentiment est que les Français vendent les chrétiens et n’importe qui pour un baril de pétrole », commente une source qui estime que la France veut reproduire le « sentiment de victoire » en Libye en contrôlant les pays du bassin méditerranéen. Pour ce faire, elle doit affronter l’Iran d’abord et la Turquie ensuite. Les États-uniens, eux, soutiennent fermement la Turquie pour faire face à l’Iran et aux visées françaises. Selon certaines sources, le patriarche a remarqué que le point central qui importe les responsables français est la chute du régime syrien, parce que la Syrie est le principal obstacle au projet de morcellement de la région. Les mêmes sources ajoutent que Mgr Raï a informé le Vatican du bilan de sa visite en France et lui a transmis ses craintes et appréhensions.

Ad-Diyar (19 septembre 2011)
Johnny Mnayyar
Selon des sources diplomatiques européennes, une partie importante de l’administration française partage les craintes du Patriarche maronite Béchara Raï et approuve ses propos. Le projet de morcellement du Moyen-Orient et la naissance de mini-entités confessionnelles qui croiseront le fer sont une question sérieuse, et il y a malheureusement de fortes chances de voir ce scénario se matérialiser. Cette partie de l’administration française sait bien que le président Nicolas Sarkozy pourrait quitter l’Élysée prochainement, alors que le Moyen-Orient, lui, restera avec ses dangers, ses drames et ses terrifiants méandres.

Al-Joumhouriya (Quotidien libanais proche du 14-Mars)
Charles Jabbour (21 septembre 2011)
Le fameux manifeste de Bkerké, lancé le 20 septembre 2000, a enclenché une vaste dynamique intérieure qui s’est recoupée avec un contexte arabo-international favorable pour mener au retrait de l’armée syrienne du Liban. Toute la stratégie syrienne était basée sur le principe de diviser pour régner. L’appel du patriarcat maronite y a mis un terme. Les Libanais se sont entretués dans le passé car certains semaient les germes de la discorde entre eux. Le Hezbollah a hérité de ces germes et s’en servirait dans le cadre d’une tentative désespérée de saper le partenariat national qui a sorti la Syrie du Liban, afin de réinstaurer un climat de dissensions confessionnelles qui, seul, permettra à son projet de rester en vie. Mais l’unité des Libanais, qui a redonné au Liban son indépendance, lui redonnera tôt ou tard sa souveraineté en ôtant au Hezbollah ses armes iraniennes.

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone, proche du 14-Mars, édition du 21 septembre 2011)
Le Patriarche maronite Béchara Raï a participé à Balamand à un sommet religieux avec le Patriarche Grec-orthodoxe Ignace IV Hazim. Le sommet a duré une heure et demie, au terme duquel un communiqué conjoint a été publié. Le texte précise que les discussions ont porté sur des sujets « qui intéressent les deux communautés grecque-orthodoxe et maronite » et que NN.SS. Hazim et Raï ont tous deux mis l’accent sur « un accroissement des efforts devant renforcer leur coopération ». Ils ont également insisté sur « la solidarité islamo-chrétienne dans les affaires nationales et humaines » et passé en revue la situation dans le monde arabe, précisant que les deux chefs religieux estiment que les chrétiens, de manière générale, considèrent que « l’État qui tient compte de la citoyenneté, des obligations et des droits égaux, représente une véritable garantie pour un avenir prometteur et prospère, permettant à tout le monde de vivre en toute liberté et dignité, sans discrimination religieuse ou confessionnelle ». Jugeant nécessaire que les chrétiens « plaident auprès des instances internationales les causes nationales et arabes légitimes, telles que la cause palestinienne », les deux prélats ont mis l’accent sur le rôle historique des chrétiens dans la région. Ils ont ensuite rejeté le principe « de la protection d’une partie, quel que soit le protecteur ». « L’État fondé sur la justice et l’équité peut, seul, protéger toutes les composantes d’un pays », ont-ils indiqué, avant de mettre l’accent sur l’importance du dialogue national en vue de « réaliser une justice sociale, de parvenir à une vie digne et d’éloigner le spectre de la discorde et des conflits civils et communautaires ».

Al Balad (Quotidien libanais indépendant, 21 septembre 2011)
Elias Khattar
Deux déceptions sont restées en travers de la gorge du président français. Deux déceptions qui pourraient probablement pousser la France à revoir sa politique chiraquienne envers le Liban, même si une source diplomatique française assure à Al Balad que « l’histoire s’arrête là » et que « rien ne changera dans les considérations françaises envers le Liban ». Deux déceptions qui en entraînent une autre chez le patriarche maronite, déçu d’une prise de position que ne reflétaient pourtant pas les visages des responsables français rencontrés pendant sa visite à Paris (…) Nombreux sont ceux qui voient aujourd’hui dans les politiques du président Nicolas Sarkozy la réplique exacte du positionnement chiraquien envers le Liban, s’agissant en particulier de l’appui au 14-Mars. D’autres y ripostent en arguant de la continuité du pouvoir en France et dans de nombreux autres pays, contrairement à ce qu’il en est au Liban. Explication d’une source diplomatique française : « Cette approche est liée à notre politique étrangère qui n’appuie pas une partie aux dépens de l’autre mais plutôt la justice internationale et le renforcement du rôle des institutions. De telles prises de position conviennent à certains courants et partis mais pas à d’autres ».
La France cherche-t-elle à épargner au Liban les retombées des crises environnantes, notamment de la crise syrienne ? Interrogée à ce propos, la même source diplomatique reconnaît la complexité de la question, et ajoute : « Il est bien connu que la France est engagée en faveur de l’appui à la sécurité et à la stabilité du Liban. En revanche, nous ne pouvons que soutenir l’aspiration du peuple syrien à respirer à travers son mouvement de contestation. Il ne faut pas réprimer de tels mouvements qui revendiquent plus de démocratie et de liberté. Ce qui se passe aujourd’hui en Syrie est inacceptable ».
D’aucuns craignent aujourd’hui que l’Élysée ne prenne une décision lourde de conséquences pour le Liban, comme le prétendu réexamen de la participation française à la Finul ou de l’assistance financière et militaire au Liban. D’autant plus que la France estime avoir reçu plusieurs camouflets : les prises de position du patriarche, l’inquiétude quant à la position du gouvernement libanais au sujet du TSL et de son financement, l’agression sanglante contre le contingent français de la Finul. D’autres, face à de telles craintes, minimisent l’importance du rôle de la France et n’y voient qu’une perpétuation de la ligne chiraquienne d’appui à un camp déterminé contre l’autre.

Al-Anbaa (Quotidien Koweitien, 20 septembre 2011)
Le Patriarche maronite Béchara Raï aurait exigé de l’ambassadeur de France, Denis Pietton, qu’il lui présente des excuses avant de le rencontrer. Des sources du Patriarcat maronite ont ainsi indiqué que le chef de l’Église maronite refuse d’accorder tout rendez-vous à M. Pietton avant que ce dernier lui présente des excuses.
Toujours selon ces sources, Mgr Raï n’a pas apprécié les dernières déclarations de l’ambassadeur qui a critiqué ses propos. En effet, lors de sa tournée en France, le Patriarche avait légitimé les armes de la Résistance face à Israël jusqu’à la libération de toutes les terres libanaises et avait exprimé également ses craintes face à un changement de régime en Syrie et une probable prise du pouvoir par les Frères musulmans. « Mgr Raï veut des explications claires sur l’attitude de M. Pietton et sur le mécontentement de l’Élysée qui, à son tour, a demandé à son ambassadeur de se rendre le plus vite possible auprès de sa Béatitude pour éclaircir la position officielle du Patriarcat », à indiqué la source.

Pierre Khalaf

Source : New Orient News (Liban)

27 septembre 2011 

http://www.voltairenet.org:80/L-Occident-ne-comprend-que-le


2-4 Mère Agnès-Mariam de la Croix :Uneguerre civile ne profiterait qu’à Israël.

Une excellente analyse de Mère Agnès-Mariam de la Croix (*), Higoumène du monastère Saint Jacques l’Intercis en Syrie.

 Il convient de prendre très sérieusement en compte ce qu’elle affirme.

22 septembre 2011

Chrétiens du Moyen-Orient : Le Patriarche, les catacombes et la révolution

Les chrétiens du Moyen-Orient ont suivi avec le plus grand intérêt la visite protocolaire du Patriarche maronite Mar Boutros Béchara Raï en France [1].

On n’en revenait pas d’entendre de la bouche du Pasteur ce que chacun d’entre nous aurait souhaité dire au monde. Pour quelques jours les chrétiens se sont sentis dignes et libres, loin de toute récupération du langage et de toute sophistication des idées qui les obligeaient à se contenter de vivre dans les catacombes de l’actualité.

Il faut avoir vécu la guerre du Liban, celle de l’Irak ou le génocide arménien, pour savoir ce que c’est que d’être court-circuité par les moyens de (dés) information et de ne plus faire partie du consensus mondial, et de subir ainsi l’injustice tout en étant vilipendé. En ces temps-là-les chefs religieux devaient, par égard pour leurs ouailles, relativiser les sévices commis contre elles. Ultime humiliation : il fallait ne jamais transgresser le politiquement correct même pour stigmatiser une injustice, une répression ou un génocide.

Que les régions chrétiennes soient bombardées jour et nuit par une armée arabe venue pour instaurer la paix, au Nom de Dieu on réclamait le silence et la patience ; que les chrétiens soient chassés de leur région, massacre aidant, dans le cadre d’une redistribution démographique programmée, on insistait sur la nécessité de pardonner ; qu’ils soient persécutés au point de prendre le chemin de l’exil laissant à d’autres leurs biens meubles et immeubles, on leur disait qu’il était inutile de réclamer. En ces temps-là, leurs pasteurs ne se permettaient pas l’imprudence de contrarier les bourreaux et moins encore les commanditaires internationaux de ces derniers.

Qu’ils soient dissidents ou sympathisants du régime, les chrétiens ont toujours tort. Au Liban ou jadis en Arménie ils avaient tort de réclamer leur indépendance. En Irak ou en Syrie ils ont tort de ne pas trahir leur pays. Ils ont tort de ne pas se plier aux diktats des grandes puissances qui un jour répriment la dissidence et un autre l’imposent.

C’est ainsi que les chrétiens des pays arabes payent la dette d’être en trop sur l’échiquier de la région. C’est sans doute pour leur épargner de plus grandes souffrances que leurs pasteurs ont préféré vivre dans les catacombes du silence, les entraînant à y résider avec eux. Il faudrait avoir été obligé, manu militari et in nomine Dei (par la force des armes et au Nom de Dieu) à rentrer dans ces catacombes-là pour comprendre la libération que sentent aujourd’hui beaucoup de chrétiens grâce aux prises de position courageuses de ce Patriarche à qui « la Gloire du Liban a été donnée ». Oui, ils constatent que les temps ont changé puisque leur Pasteur ose dire simplement ce qu’ils pensent dans le secret : leurs peurs, leurs désirs, leur vérité. En vérité il les guide vers la plus grande libération : celle de la vérité qui s’ose dire puisque c’est la vérité qui rend libre. C’est bien ici que la révolution, la vraie, commence, avec son chemin de croix pour quiconque « rend témoignage à la vérité » [2].

Les chrétiens sont tellement reconnaissants que « leur » Patriarche ne craigne pas d’affronter le tollé d’une opinion publique massivement ralliée à des thèses préfabriquées. Oh comme ils apprécient que cet homme de Dieu n’ait pas peur des voix dissidentes qui se sont élevées à l’intérieur même de son troupeau. Ils reconnaissent en ce Patriarche le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis.

C’est un miracle qu’un Patriarche parle à l’encontre de la majorité bien pensante du Nouvel Ordre Mondial. C’est une révolution que les chrétiens des catacombes du mutisme et de la répression retrouvent un chef qui dise leur vérité nue sans additifs ni édulcorants. Le monde en a été suffoqué, les médias abasourdis, les chancelleries, la française en premier, n’en reviennent pas que l’Eglise d’Orient puisse avoir un chef si ancré dans la véracité qu’il n’a pas peur de dire simplement ce qu’il pense.

La gêne qui l’accueille montre à quel point, sans le savoir, nous avons tous glissé dans un totalitarisme d’un genre nouveau, aussi dangereux que larvé.

Depuis des mois nous pouvons constater, en zappant entre les diverses chaînes satellitaires d’information, que partout c’est le même son de cloche, la même version. On se croirait revenu au régime du parti unique à cette nuance près que chaque chaîne déploie différemment les artifices du tridimensionnel multicolore pour enjoliver la ration pour dupes qu’elle propose à ses téléspectateurs. Cette information « uniformisée » et monopartite, administrée sous couvert d’intérêt militant pour la démocratie et la liberté des peuples opprimés, est ingurgitée pieusement et massivement par les téléspectateurs qui ont peur de se départir des scénarios qui leur sont inlassablement présentés parce qu’ils croient qu’ils prennent parti pour la bonne cause.

Aussi, c’est avec soulagement et gratitude que les chrétiens non gagnés aux thèses fallacieuses des maîtres du monde, accueillent les courageuses et franches assertions du Patriarche concernant la situation dramatique liée au « printemps arabe ». Face à ce printemps qui a déjà fait plus de 60’000 morts en Libye, Béchara Raï reste dubitatif quant à sa portée réelle sur le présent et l’avenir de la démocratie au Moyen-Orient [3] en général et au sort des chrétiens en particulier. Il le dit en toutes lettres : « Il est nécessaire pour tous les régimes de la région de respecter leurs peuples mais la théorie du soulèvement romantique des opprimés contre les régimes dictatoriaux est caricaturale. L’action de la communauté internationale, que ce soit au niveau des Etats ou du Conseil de sécurité, devrait tenir compte de ce paramètre. » Pour la Syrie il le dit haut et fort : « Nous redoutons une guerre civile ou l’avènement d’un régime plus radical, ainsi que le démembrement du monde arabe en mini-Etats confessionnels qui ne conviendraient qu’à Israël. [4] »

Et de préciser : « Que se passera-t-il en Syrie ? Y aura-t-il une guerre sunnito-alaouite dans ce pays ? Ce serait non pas une démocratie mais un génocide. Lorsque des sociétés sont victimes de guerres, de crises économiques et de privation des droits élémentaires de l’homme, nous ne pouvons que nous inquiéter pour les chrétiens, parce que nous ne voulons pas qu’ils soient traités en tant qu’étrangers. Lorsque les régimes dans certains Etats sont religieux (...), nous vivons en danger permanent » [5].

Aussi, fidèle aux orientations générales de l’Église Catholique, le Patriarche favorise l’option d’un État civil avec la séparation du politique et du religieux, seule garantie contre les « déviations » du confessionnalisme.

Auprès des officiels français, le Patriarche n’a pas craint d’évoquer le sort des chrétiens dans les pays dont les régimes ont été renversés, ou dans les pays en proie à des soulèvements populaires. « Il est nécessaire d’aider les chrétiens du monde arabe aux plans matériel, humain et spirituel, pour leur permettre de tenir bon dans leurs pays respectifs » [6].

Je cite en son entier le rapport de presse de Louis Denghien du site Infosyrie paru le 9 septembre 2011 :

« Au cours d’une conférence de presse tenue à Paris le 8 septembre, le nouveau patriarche maronite Mgr Béchara Raï a mis l’Occident et la France en garde contre la percée de mouvements islamistes radicaux dans le monde arabe, à la faveur des révoltes et révolutions en cours. Et le 77e patriarche de l’Eglise chrétienne maronite a clairement dit que la Syrie n’était pas totalement à l’abri d’une sanglante subversion de type islamiste. Il a du reste invité les occidentaux à donner « plus de chance à Bachar al-Assad » pour mettre en application les réformes politiques et sociales annoncées en juillet. « En Syrie, le président n’est pas comme quelqu’un qui, à lui seul, peut décider des choses. Il a un grand parti Baas qui gouverne. (Assad) lui, en tant que personne, est ouvert » a notamment déclaré le patriarche d’Antioche qui a encore précisé : « Nous ne sommes pas avec le régime mais nous craignons la transition ».

Mgr Raï, qui est libanais, s’est également étonné que les pays occidentaux s’opposent à renforcer l’armement de l’armée libanaise, ou refusent de faire appliquer les résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies relatives au retour des Palestiniens dans leur pays.

A dire vrai, Mgr Raï n’est pas si naïf : il a mis les pieds dans le plat géopolitique en remarquant, au cours de sa conférence de presse, que les pays occidentaux n’étaient soucieux que des intérêts d’Israël. « Tout ce qui se passe dans les pays arabes, émiettant leur unité, va dans l’intérêt d’Israël » a précisé le patriarche qui s’est encore « interrogé » sur le type de démocratie que les Américains avaient installée en Irak.

Mgr Béchara Raï n’est certes pas le premier dignitaire chrétien à s’inquiéter ouvertement de la montée en puissance, notamment militaire, des groupes islamistes radicaux en Syrie (voir nos articles « Une religieuse syrienne : mensonges médiatiques & réalités de terrain » et « Ca commence à se dire : les chrétiens syriens redoutent la « dérive islamiste » de la rébellion », mis en ligne les 19 et 16 août). Recevant les lettres de créances du nouvel ambassadeur syrien auprès du Saint-Siège, le 9 juin dernier, le Pape, tout en appelant en substance le gouvernement de Damas à privilégier le dialogue par rapport à la répression avait eu ces mots : « Pour faire progresser la paix dans la région, une solution globale doit être trouvée. Celle-ci ne doit léser les intérêts d’aucune des parties en cause et être le fruit d’un compromis et non de choix unilatéraux imposés par la force. Celle-ci ne résout rien, pas plus que les solutions partielles ou unilatérales qui sont insuffisantes ». Une ou deux pierres symboliques dans le jardin des puissances occidentales, très pressées de faire de la Syrie un nouvel Irak, au risque de contraindre à leur tour les chrétiens syriens à choisir entre la valise et le cercueil !
Fin de citation.

Dans ses prises de position, le Patriarche Raï était en harmonie avec celles du Patriarche grec orthodoxe Ignace IV Hazim et du Patriarche grec-catholique Grégoire III Laham. Il s’est interrogé sur le genre de démocratie que les puissances occidentales privilégient en Orient. « De quelle démocratie s’agit-il en Iraq, à la lumière de l’exode massif des chrétiens de ce pays ? ». Le chef de l’Église maronite a manifesté sa crainte que le processus entamé pour renverser le régime syrien –dont il n’a pas caché les vices – ne mène à un exode massif des chrétiens et à une guerre civile aux conséquences désastreuses pour toute la région.

Sans craindre de prendre une position différente de celle de la France, le Patriarche Raï a parlé avec réalisme du Président Bachar El Assad –de qui le Président Sarkozy affirme qu’« il est fini » [7] - et a demandé qu’une chance soit donnée à son plan de réforme. Il soulignait indirectement son désaveu de toute ingérence extérieure et de toute escalade para militaire dans le processus de démocratisation de la Syrie. En cela il rejoint les préoccupations d’une partie non négligeable de l’opposition syrienne intra muros. Il a cependant pris soin de préciser que l’Église n’appuie aucun régime en particulier. Son action n’étant pas politique mais pastorale.

Le Patriarche n’a pas eu peur de contrecarrer les médias de la désinformation. Il a exprimé sa sollicitude et son inquiétude pour l’avenir des minorités chrétiennes du Moyen-Orient, plus précisément en Syrie où, affirmait-il, l’instauration d’un régime religieux d’obédience sunnite allait exaspérer les tensions entre Sunnites et Chiites dans la région.

Revenir aux catacombes pour concilier l’avenir ?

Les positions pastorales du Patriarche maronite ont été reçues disgracieusement par les chrétiens de la nouvelle opposition libanaise qui ont essayé de jeter de la poudre aux yeux de l’opinion publique en dénonçant « des propos confessionnels discriminatoires » de la part de leur chef religieux.

Les positions de ces politiciens veulent, par précaution, ménager la sensibilité de l’opposition syrienne qui, jouissant de l’appui international, est convaincue qu’elle va renverser le régime. Les chrétiens ne devraient donc pas prendre trop clairement position contre l’opposition syrienne. Ils prônent en définitive encore et toujours les catacombes pour les chrétiens du Moyen-Orient. Mais, pour toute personne non engagée politiquement, comment justifier l’injustifiable devant les crimes confessionnels de Qusayr, de Homs ou de Kafarbohom, perpétrés par des sunnites contre des chrétiens ou des alaouites ? Ces actes barbares cherchent à fomenter la guerre civile en comptant sur les actes de vengeance de la part des familles des victimes.

Il faut venir en Syrie et, notamment, à Homs ces jours-ci pour voir de ses propres yeux l’incroyable réalité des groupuscules terroristes qui, protégés par le silence international, dévastent la ville et, plus précisément, les vieux quartiers chrétiens du centre. Une amie syro-arménienne, était avec son mari et son fils, médecins de profession, dans leur clinique privée dans le quartier Bab Sbah lorsque les révolutionnaires entourèrent le quartier et empêchèrent les habitants de sortir de chez eux, les prenant comme boucliers humains contre l’offensive de l’armée.

Arminée me raconte : « Nous avons essayé de sortir de l’immeuble par la porte de derrière pour regagner notre appartement. Mais les rebelles nous ont surpris avec des jets de flamme pour nous dissuader de partir. Mon mari a essayé de les convaincre : en effet je suis cancéreuse, et rester la nuit à même le sol dans la clinique, était impensable pour moi. Mon mari a risqué sa vie pour demander à parler aux rebelles. A sa grande surprise il a noté qu’ils étaient sous stupéfiants, et n’avaient aucun sens de la réalité. Ils ne sont pas syriens, leur accent les trahit. Malgré nos supplications ils ont refusé de nous entendre et ont repoussé mon mari à l’intérieur. De loin, leur chef, tirait en l’air et leur faisait signe de fermer la porte de l’immeuble. Nous avons passé à même le sol une nuit d’enfer. Ce n’est que le lendemain, lorsque l’armée est entrée, que nous avons pu rejoindre notre appartement, faire nos valises et…partir vers le littoral en attendant la pacification de la ville ».

Cette présence d’une cellule terroriste multinationale avait été corroborée par divers témoins. Homs est une ville importante qui commande la route internationale entre Damas et Alep et Damas et le littoral. Par là transitent les marchandises en provenance des ports de Lattaquieh ou de Tartous. Par là passent les caravanes en provenance d’Alep ou d’Idleb. Si Hama avait une signification culturelle essentiellement sunnite, Homs est une ville stratégique et est appelée à être la Benghazi de Syrie.

Nous ne pouvons que regretter la position timorée ou hostile de clercs ou de laïcs chrétiens « bien pensants » qui continuent à être influencés par la campagne de désinformation médiatique et qui s’indignent des descriptions en temps réel de ceux qui vivent les évènements en Syrie avec le souci d’informer, sans parti-pris politique. Il n’y a qu’à suivre l’évolution des évènements et lire entre les lignes des médias pour se rendre compte que cette version « vécue » est la bonne. Depuis le début nous témoignons d’une situation qui n’est pas uniquement celle d’une opposition pacifique et populaire contre un régime sanglant. Un agenda international récupère ce schème pour déstabiliser impunément la région et redessiner ses contours au profit de nouveaux gouvernements marionnettes d’obédience religieuse sunnite pour qui la démocratie est le droit d’imposer la Sharia islamique à tous les citoyens d’une manière autrement obligatoire que les régimes laïcs en voie de disparition forcée.

La nouvelle phase de la révolution syrienne

Revenons à Homs : depuis le début des manifestations décrites unanimement par les médias de la désinformation comme étant «  pacifiques » les rangs étaient infiltrés par des activistes qui avaient pour mission de semer le désordre et inciter les forces de l’ordre à la riposte. Très vite, comme durant le fameux dimanche des Rameaux, des terroristes hirsutes, ont envahi certaines rues de Homs pour tout casser et provoquer un état de siège.

La majorité des habitants de la ville attendait depuis des mois l’intervention décisive de l’armée. Ils ont vécu des exactions, des exécutions sommaires, un état de siège et une loi martiale de la part des insurgés. La pression internationale a ralenti le pouvoir décisionnaire de l’État. Aujourd’hui c’est fait. L’armée encercle Homs et somme les insurgés de se rendre. Ces derniers ont enfin fait surface avec leur armement léger et lourd et leurs formations jihadistes implacables. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de l’insurrection syrienne : celle de la guerre de rue liée à la présence de cellules sunnites combattantes, auparavant dormantes et aujourd’hui bien alertes.

Ce saut d’une insurrection armée larvée, occultée par les médias, à une insurrection armée publique, justifiée par les médias, a été préparé par une reformulation de la stratégie de la révolution syrienne.

Pour Rami Khouri, analyste basé à Beyrouth, la chute de Kadhafi « montre qu’il y a différents moyens de faire tomber les régimes arabes. » « Une fois que le mouvement est lancé et que la bonne combinaison est là - volonté populaire de changement et soutien régional et international -, aucun régime ne peut résister. En Syrie cette combinaison entre un soulèvement populaire et un soutien régional et international existe. Ces régimes autoritaires, aussi forts soient-ils, finissent par chuter, » prédit-il. Pour lui, la révolte de la majorité chiite à Bahreïn, petit royaume dirigé par une dynastie sunnite, n’a pas abouti car elle n’était pas soutenue depuis l’étranger… « Louaï Hussein, une figure de l’opposition syrienne, craint que la victoire des rebelles libyens ne renforce ceux qui, en Syrie, appellent le mouvement jusqu’ici largement pacifique à prendre les armes. "J’ai peur que certains opposants pressés de faire tomber le régime, que nous avons toujours mis en garde contre une réplique du modèle libyen, aient maintenant recours aux armes", dit l’écrivain. » [8]

C’est chose faite. Dans un article-phare intitulé « La révolution pacifique en danger en Syrie », Ignace Leverrier introduit avec une emphase pathétique ce qui « justifie » le recours aux armes de l’opposition :

« Ce qu’il est malheureusement en voie de gagner (le régime syrien), c’est le défi cynique d’entraîner certains de ses concitoyens, uniquement avides de liberté et de dignité mais trop longtemps exposés dans l’indifférence internationale aux balles des militaires, aux tortures des moukhabarat et aux exactions des shabbiha, à céder à la tentation de recourir aux armes. Faut-il rappeler que "cynique", qui en grec renvoie au chien, signifie la perte de tout sens moral ? » [9].

Ce développement stratégique ne se heurte à aucune prévention car l’opinion publique internationale a été préparée à une diabolisation du régime face à une canonisation de l’opposition. Cela est dû en majeure partie aux rapports fallacieux de Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme sis à Londres, dont la mission est de faire un décompte quotidien des «  morts » et « blessés » parmi les opposants, jamais du côté adverse. Ce décompte aussi morbide que mensonger falsifie la réalité au gré des besoins médiatiques et est reçu sans plus de vérification par la presse internationale.

Présentées comme étant des quêtes démocratiques populaires, les manifestations sont le trompe-l’œil tout trouvé pour faire exploser la situation en Syrie et justifier, au cas où le besoin se présente, une intervention militaire comme en Libye. Avec les prises de position des chefs religieux chrétiens, en particulier, les assertions sans équivoques du Patriarche maronite, et la déclaration du Secrétaire de la Ligue Arabe Nabil Arabi, en conclusion à sa visite à Damas, la recolonisation de la Syrie semble être encore relativement éloignée de la portée « humanitaire » des stratèges de l’Otan. Rendons grâces à Dieu et espérons que les réformes que nous souhaitons tous deviennent une réalité patente pour éviter le pire où tous nous retournerions aux catacombes.

Agnès-Mariam de la Croix
Higoumène du monastère Saint Jacques l’Intercis
22 septembre 2011


2-5Manlio Dinucci : MOYEN-ORIENT : L’incendie est hors contrôle...

L’art de la guerre.

On avait pensé à Washington pouvoir dompter les flammes de la rébellion populaire qui s’était propagée dans les pays arabes qui leur sont alliés, et mettre le feu à d’autres qu’ils ne contrôlent pas (ils y sont arrivés en Libye), de façon à construire sur leurs cendres le « Grand Moyen-Orient » dont ils ont toujours rêvé, celui sous bannière étoilée, flanquée de la rose des vents de l’OTAN. Mais, bien qu’ils y mettent le paquet, les choses ne vont pas comme ils voudraient. Surtout au Bahrein et au Yémen, supports importants de leur stratégie.
Au Bahrein les Etats-Unis ont le quartier général des forces navales de leur Commandement central. Situé à 200 Kms à peine de l’Iran, il dispose de dizaines de navires de guerre, porte-avions et unités d’assaut amphibie compris, avec 28 mille soldats et 3 mille à terre, qui opèrent en Mer Rouge, dans la Mer d’Arabie et dans d’autres parties de l’Océan Indien, pour « assurer la paix et la stabilité et protéger les intérêts vitaux de l’Amérique ».  En d’autres termes, pour conduire les guerres en Irak et Afghanistan et en préparer d’autres (Iran et Syrie sont dans le collimateur). D’où l’importance du Bahrein, que les Etats-Unis ont désigné comme « plus grand allié non-OTAN ». La monarchie  héréditaire, garante de la solide alliance, continue cependant à être assiégée par la rébellion populaire, qu’elle n’est pas arrivée à étouffer même avec l’aide de l’Arabie Saoudite, des Emirats et du Qatar qui, en mars, avaient envoyé des troupes au Bahrein. Cinq mois après la « féroce répression du soulèvement populaire », rapportée par le New York Times (15 septembre), il y a tous les soirs à Manama des jeunes qui descendent dans la rue, et affrontent la police.  Les autorités ont conquis « une éphémère victoire grâce aux tortures, arrestations et licenciements », surtout contre la majorité chiite (70% de la population) discriminée par la monarchie sunnite. Malgré cela, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton s’est déclarée « impressionnée par l’implication avec laquelle le gouvernement de Bahrein avance sur la voie de la démocratie » et en août, Washington a renouvelé son accord militaire avec Manama, signé en 1991.

Au Yémen aussi, il y a « d’encourageants signes d’une volonté rénovée du gouvernement de promouvoir la transition politique » : c’est ce qu’assure le Département d’Etat le 15 septembre, au lendemain du jour où les Nations Unies ont publié un rapport documenté sur la féroce répression.  Confirmée par le fait que, trois jours après à Sana, les militaires ont ouvert le feu avec des mitrailleuses lourdes sur une manifestation pacifique. Les Yéménites n’ont aucun souci à se faire : les Etats-Unis « continuent à appuyer la transition pacifique et ordonnée, répondant aux aspirations du peuple yéménite pour la paix et la sécurité ». C’est le New York Times lui-même qui rapporte comment cela se fait : « L’administration Obama a intensifié la guerre secrète au Yémen, en frappant des militants suspectés, avec des drones armés et des chasseurs-bombardiers ». La guerre est conduite par le Commandement conjoint du Pentagone pour les opérations spéciales qui, sous prétexte de faire la chasse à Al Qaeda, a installé à Sana sa propre position. L’opération est coordonnée par la Cia, qui a construit à cet effet au Moyen-Orient une base aérienne secrète. Mais les missiles Hellfire (Feu de l’enfer) des drones Usa ne font qu’alimenter les flammes de la rébellion populaire.

Edition de mardi 20 septembre 2011 de il manifesto
Manlio Dinucci

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Manlio Dinucci est géographe et journaliste au quotidien italien il manifesto.

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3 Annexe

3-1 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle

L’éventuelle prolongation de la présence des troupes US  en Irak, l’envergure de l’ambassade américaine en Irak, qui ne comportera pas moins de 16 000 personnes (!) au statut flou, l’immense pouvoir occulte délégué à une organisation telle que le JSOC (Joint Special Operations Command), comme exposé ci-dessous dans un article paru dans le Washington Post, laissent planer des doutes sur la capacité de l’Irak à assurer sa souveraineté et son indépendance.

   Les drones militaires et les forces paramilitaires de la CIA ont tué des dizaines de chefs d’Al-Qaïda et des milliers de ses soldats. Mais, il existe une autre organisation mystérieuse qui, elle aussi, a éliminé encore plus d’ennemis des Etats-Unis au cours de la décade qui a suivi le 11 septembre.

   Les agents de la CIA ont emprisonné et interrogé près d’une centaine de terroristes présumés dans leurs prisons secrètes éparpillées dans le monde mais les hommes de cette autre organisation en ont interrogé dix fois plus dans des prisons qu’elle seule contrôle en Irak et en Afghanistan.

   Depuis les attaques du 11 septembre, ce groupe d’hommes (et quelques femmes), a été multiplié par dix tout en maintenant un degré de clandestinité sans aucune mesure avec celle de la CIA. « Nous sommes la matière noire, nous sommes la force qui ordonne l’univers mais on ne peut nous voir ». C’est en ces termes qu’un homme de SEAL Marine (initiales pour mer, air et terre) décrit son unité sous couvert d’anonymat.

Choisir les individus à mettre sur sa liste de cibles et les tuer plutôt que de les capturer

   Les SEALs font partie du Commandement des Opérations Spéciales de l’armée américaine connu sous l’acronyme de JSOC (Joint Special Operations Command), qui, d’une petite équipe de sauvetage d’otages est devenue une armée secrète. Quand des membres de cette force d’élite a tué Ossama ben Laden, en mai dernier, au Pakistan, les chefs  ont célébré non seulement le succès de l’opération, mais le fait que peu de gens connaissaient leur commandement, basé à Fayetteville, NC. Peu d’informations ont circulé, jusqu’à présent, dans le public sur cette organisation.

   Deux présidents et trois secrétaires d’Etat ont assez souvent demandé au JSOC de monter des missions de contre espionnage et des raids mortels en Irak et en Afghanistan mais aussi dans des pays avec lesquels les Etats-Unis n’étaient pas en guerre, notamment, le Yémen, le Pakistan, la Somalie, les Philippines, le Nigeria et la Syrie. « La CIA n’a ni la taille ni l’autorité pour faire ce que nous pouvons faire » dit-on chez les JSOC.

   Le président a, aussi, conféré au JSOC le pouvoir de choisir les individus à  mettre sur sa liste de cibles – et de les  tuer plutôt que de les capturer. Des critiques ont dénoncé cette chasse à l’homme individuelle, la considérant comme un assassinat, une méthode interdite par la loi américaine. Cette liste n’est en rien rattachée à une  liste similaire de la CIA, mais qui comporte moins de noms.

   Créée en 1980, mais réinventée ces dernières années, le JSOC est passé de 1800 personnes avant le 11 septembre à 25000, nombre qui fluctue en fonction des missions. Elle a son propre service de renseignement, ses propres drones, et avions de  reconnaissance, même ses propres satellites. Elle a aussi ses propres cyber-guerriers, qui, en septembre 2008, ont fermé tous les sites des djihadistes qu’ils connaissaient. Le secret est la marque de fabrique de cette unité ; quand ses membres travaillent au sein d’agences ou ambassades US, à l’étranger, ils se dispensent de porter l’uniforme, ou tout autre nom ou grade, au combat… Le JSOC prend ses ordres directement du Président ou du Secrétaire à la Défense et est  dirigé et sous le contrôle d’un commandement strictement militaire.

   Sous le Président Bush, les opérations du JSOC étaient rarement soumises au regard du Congrès, ni avant ni après d’ailleurs car les conseillers du gouvernement considéraient leurs activités comme « des activités militaires traditionnelles ». Obama a adopté exactement la même position  mais il a insisté pour que les opérations sensibles du JSOC soient présentées à un comité du Congrès spécialement sélectionné.

Force létale

   La première mission du JSOC en 1980, l’Opération Griffe de l’Aigle (Eagle Claw) consistait en une mission de sauvetage des diplomates retenus en otages par les étudiants iraniens à l’ambassade US à Téhéran et s’est terminée par une collision dans le désert et la mort de huit des membres de l’équipe. L’extrême  « discrétion » de l’unité engendrait la méfiance des chefs militaires traditionnels et on n’y eut plus recours.

   Le Secrétaire à la Défense, Ronald Rumsfeld, se gaussant de ce que la CIA avait pénétré la première en Afghanistan et frustré de la lenteur de l’armée, a insufflé une nouvelle vie à l’organisation. Le noyau du JSOC regroupe la Force Delta, le SEAL de la marine, le 24ème Special Tactics Squadront de l’armée de l’air, le 160th Special Operations Aviation Regiment de l’armée et le 75 Ranger Regiment.

   Le caractère dangereux de la JSOC s’est manifesté en décembre 2001, dans les montages de Tora Bora où, dans les nuits du 13 et  14 décembre, JSOC a tué tant de forces ennemies qu’il a fallu enlever les cadavres des combattants d’Al-Qaïda par camions le lendemain. Mais elle a aussi commis des fautes : le 1er juillet 2002, dans ce que la Rand Corporation a qualifié « la pire attaque dévoyée de toute la guerre » une équipe de reconnaissance de la JSCO  à la poursuite de Talibans est tombée dans une embuscade. Un AC 130 a tiré sur six sites dans le village de Kakarak ; tuant des centaines de civils. « L’incident du mariage » du nom qui lui a été donné parce que ceux qui assistaient à ce mariage ont été pris pour cible a convaincu les Afghans que les forces américaines n’avaient aucun respect pour la vie des civils.

   Il n’empêche que, le 16 septembre 2003, Rumsfeld a signé un ordre renforçant la position du JSOC comme centre mondial du contre-terrorisme, et établissant une liste de 15 pays et les activités permises selon certains scénarii avec les approbations préétablies pour les appliquer. En Irak et en Afghanistan, il n’y avait pas besoin d’autre accord pour toute action contre Al-Qaïda. Dans d’autres pays, comme l’Algérie, l’Iran, la Malaisie, le Mali, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, la Somalie et la Syrie-  les forces du JSOC devaient requérir l’accord tacite du pays concerné ou au moins un blanc seing des hauts échelons de la chaîne de commandement. Aux Philippines, par exemple, le JSOC pouvait entreprendre une action psychologique pour confondre ou piéger les agents d’Al-Qaïda, mais avait besoin d’une approbation de la Maison Blanche pour toute action mortelle…

   A l’automne 2003, le JSOC eut un nouveau commandant qui désirait en faire l’arme la plus efficace de l’arsenal du contre-terrorisme des Etats-Unis. De son perchoir de vice-directeur des opérations de l’Etat-Major, Mc Chrystal en était venu à croire qu’au plus niveau du gouvernement, on détestait prendre des décisions. Personne ne voulait avoir tort, aussi posait- on plus de questions ou ajoutait-on des procédures au processus.

   Mc Chrystal se devait donc de « se glisser hors du trou » de l’administration suffocante de Washington. Il déménagea son quartier général dans la base de Balad à 60 kms de Bagdad et s’installa dans un vieil hangar avec trois centraux de communications : un pour combattre les affiliés à Al-Qaïda,  un autre pour les extrémistes chiites dans le pays et un troisième pour lui-même pour contrôler toutes les opérations. (…)

Aucune guerre moderne n’est gagnée  simplement par l’élimination mathématique de l’ennemi

   Tuer l’ennemi était le morceau le plus facile, grâce aux immenses moyens technologiques, mais le trouver ne l’était pas. Mais grâce à Roy Apseloff, directeur du Centre National pour l’Exploitation des Médias, l’agence gouvernementale US pour l’analyse des documents saisis par la communauté du renseignement et les militaires, JSOC put recueillir un nombre considérable d’informations….

   L’autre défi était d’origine humaine : les interrogateurs étaient mal formés et ignoraient tout de leurs détenus, ne sachant quelle question poser, comment les poser efficacement… Avant même que les photos sur Abu Ghraib n’apparaissent en 2004, un rapport confidentiel avertissait que des éléments du JSOC battaient les prisonniers et les détenaient dans des endroits secrets. Lorsqu’ils ne trouvaient pas les hommes dans les maisons fouillées, ils emmenaient les femmes, les mères et les filles. Le rapport concluait au caractère contreproductif de ces méthodes pour obtenir le soutien des Irakiens.

   Une autre enquête sur le JSOC, en 2004, réalisée sur une période de quatre mois montra que les interrogateurs ne fournissaient aux prisonniers que de l’eau et du pain ; d’autres prisonniers étaient entassés dans des cellules si peuplées qu’ils ne pouvaient ni se tenir debout ni se coucher tandis que leurs gardiens jouaient de la musique à haut volume pour les priver de sommeil. D’autres encore étaient déshabillés, trempés dans de l’eau froide et ensuite interrogés dans des pièces à air conditionné ou dehors dans le froid. …

   Le caractère dangereux du JSOC ressort du nombre de morts qu’il fit. En 2008, en Afghanistan seul, ses commandos ont frappé 550 cibles et fait  à peu près un millier de morts. En 2009, ils ont exécuté 464 opérations et tué de 400 à 500 personnes. Lors de la descente de l’Irak dans le chaos, à l’été 2005, JSOC  conduisait 300 raids par mois….Mais si tuer signifie gagner la guerre, le livre sur le JSOC pourrait être écrit. Or, aucune guerre moderne n’est gagnée simplement par l’élimination mathématique de l’ennemi. Même à une époque d’armes « intelligentes » les accidents surviennent qui peuvent entraîner des reculs politiques majeurs.

   Chaque raid du JSOC qui a blessé ou tué des civils, détruit leur maison ou leur source de revenus est devenu source de plaintes si lourdes que leurs effets contreproductifs, jusqu’à ce jour, sont difficiles à évaluer. Le taux de précision dans la cible visée (individu, maison, business) est pour le JSOC de seulement 50%, ce qu’il considère comme un bon score…

   Lors des raids les plus durs, Mc Chrystal s’est souvenu de la description de Lawrence d’Arabie des « cercles de chagrin »  ou le choc émotionnel ressenti par des petits groupes de combattants devant les morts. Fortement influencé par la vie de Lawrence, Mc Chrystal a vu dans ses troupes, des forces tribales des temps modernes : dépendantes les unes des autres pour la survie et l’attachement…

   … Le Département à la Défense a assigné au JSOC un plus grand rôle dans un domaine non militaire, dont celui de suivre le flux de fonds des banques internationales vers les réseaux terroristes. Il l’a aussi engagé dans des « opérations psychologiques » rebaptisées « opérations militaires d’information » et a envoyé des petites équipes de JSOC en habits civils dans les ambassades US pour les aider dans leurs campagnes en direction des médias.

   Lors de son arrivée à la Maison Blanche, Obama a chouchouté l’organisation et s’en est servi plus que son prédécesseur. En 2010, il a secrètement dirigé des troupes du JSOC au Yémen pour éliminer les chefs d’Al-Qaïda dans la péninsule arabe. Le Printemps arabe a obligé la Maison Blanche à différer certaines opérations du JSOC.

   Mais en dehors de réseaux terroristes, l’ennemi de longue date du JSOC reste en fait la bureaucratie à Washington…

Dana Priest et William M. Arkin

Version intérale : « Top Secret America : The Rise of the New American Security State » par

Dana Priest et William M. Arkin (Washington Post - 2/9/11) –

Traduction (extraits) : Xavière Jardez

http://www.washingtonpost.com/world/national-security/top-secret-america-a-look-at-the-militarys-joint-special-operations-command/2011/08/30/gIQAvYuAxJ_story.html

Livre:

http://www.amazon.fr/Top-Secret-America-American-Security/dp/0316182214/ref=sr_1_1?s=english-books&ie=UTF8&qid=1316365642&sr=1-1

http://www.france-irak-actualite.com/



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

07/10/2011

n°16 - Dossier de Syrie - 05-10 : - Qui Sont les Djihadistes Responsables de L'Insurrection Armée.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier deSyrie

n°16                              05-10

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be




Sommaire

Tiré à part

7sur7.be : Les USA "furieux" de l'échec de la résolution sur la Syrie.

7sur7.be : Une fille donnée pour morte sous la torture apparaît à la télé syrienne.

 René Naba  Syrie: Des dangers d’une lecture occidentaliste des soulèvements dans le Monde arabe

1 Dossier

1-1 Louis Denghien : « A l’ONU, une vision syrienne de la crise syrienne » 

1-2 Domenico Losurdo : La Syrie vue depuis l’Irak.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Yacine Farah : L’opposition laïque appelle l’Occident à protéger le peuple syrien.

2-2 Pr. Elias Zahlaoui : Lettre ouverte d’un prêtre syrien à Alain Juppé.

2-3 La situation des chrétiens à homs.

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Mireille Delamarre : Qui Sont les Djihadistes Responsables de L’Insurrection Armée ?

3-2 Pierre Khalaf : La vague colonialiste se brisera en Syrie. 

3-3 Kinan Al Kourdi : Entretien avec Gilles Munier sur la Syrie.



7sur7.be : Les USA "furieux" de l'échec de la résolution sur la Syrie.

Les Etats-Unis sont "furieux" de l'échec d'une résolution du Conseil de sécurité qui condamnait le régime syrien, après les vetos russe et chinois, a indiqué mardi l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice peu après le vote.

"Les Etats-Unis sont furieux du fait que ce Conseil ait complètement échoué" dans sa tentative de traiter "un défi moral urgent et une menace croissante à la paix régionale", a déclaré Mme Rice. Elle a condamné les pays qui se sont opposés à la résolution et qui, a-t-elle dit, "préféreraient vendre des armes au régime syrien".
"Aujourd'hui, deux membres ont opposé leur veto à un texte déjà profondément amendé qui ne mentionne même pas de sanctions", a-t-elle dit en parlant de la Russie et de la Chine. 
"Que je sois claire: les Etats-Unis pensent qu'il est grand temps que ce Conseil assume ses responsabilités et impose des mesures ciblées dures et un embargo sur les armes contre le régime" du président syrien Bachar al-Assad, a déclaré Mme Rice.
"Aujourd'hui, le peuple courageux de Syrie peut maintenant voir qui dans ce Conseil soutient ses aspirations à la liberté et aux droits de l'homme universels et qui ne le fait pas", a insisté l'ambassadrice. 
La Chine et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont opposé mardi leur veto à un projet de résolution des pays occidentaux menaçant le régime syrien de "mesures ciblées" pour la répression sanglante des manifestations. (belga)

7sur7.be 

05/10/

http://www.7sur7.be/7s7/fr/9478/Revolution-dans-les-pays-arabes/article/detail/1328913/2011/10/05/Les-USA-furieux-de-l-echec-de-la-resolution-sur-la-Syrie.dhtml



7sur7.be : Une fille donnée pour morte sous la torture apparaît à la télé syrienne.

Nb : pour 7sur 7 une fille pas une femme…

La télévision publique syrienne a diffusé un entretien d'une jeune fille présentée comme Zaïnab al-Hosni pour démentir les informations sur la mort brutale de cette Syrienne devenue l'un des symboles de la répression sanglante exercée par le régime.

L'histoire de cette jeune fille, devenue le symbole des victimes de la répression du régime de Bachar al-Assad, a fait en septembre le tour du monde, après l'annonce par des organisations internationales des droits de l'Homme de la découverte de son corps décapité et démembré.
"J'ai fui ma famille car mes frères me battaient. Mes parents ne savent pas où je suis", a affirmé mercredi soir cette jeune fille présentée comme Zaïnab, à la télévision. Elle était habillée en noire, un voile sur la tête. Elle a montré une carte d'identité avec le nom de Zaïnab al-Hosni.
Confirmation

"Ils ne savent pas que je suis vivante. J'ai appris ma mort par les chaînes de télévision qui ont annoncé que la Sécurité syrienne m'avait arrêtée et brûlée, et découpé mon corps", a-t-elle ajouté. "La famille de Zaïnab al-Hosni a confirmé que la jeune femme apparue à la télévision syrienne était bien Zaïnab al-Hosni", ont annoncé mercredi soir les organisations de défense des droits de l'Homme Amnesty international (AI) et Human Rights Watch (HRW).
L'identité de la victime enterrée par la famille al-Hosni demeure inconnue, et les deux organisations ont appelé à une enquête indépendante pour déterminer qui elle est. AI et HRW, qui ont dénoncé les exécutions de détenus en Syrie, avait cité le 23 septembre le cas de Zaïnab al-Hosni, 18 ans, arrêtée à Homs (centre).
Erreur d'identification(…)

Les deux organisations "regrettent cette erreur d'identification" et soulignent vérifier leurs informations avec de multiples sources indépendantes, affirmant que l'erreur est venue de la famille qui pensait effectivement avoir reconnu le corps de Zaïnab.
Elles ont demandé aux autorités de pouvoir se rendre en Syrie pour pouvoir enquêter sur ce cas et sur d'autres suspects, soulignant être interdites d'accès depuis le début de l'insurrection populaire en mars. Amnesty avait précédemment annoncé que la jeune fille avait été enlevée par des hommes en civil le 27 juillet, apparemment pour faire pression sur son frère Mohammad pour qu'il se rende. Agé de 27 ans, il participait à l'organisation de manifestations à Homs.
Le 13 septembre, leurs parents ont été convoqués dans un hôpital militaire pour récupérer le corps de Mohammad, lui-même arrêté, apparemment torturé, et mort en détention. Ils ont alors découvert un corps, mutilé et défiguré, qu'ils ont cru être celui de Zaïnab mais n'ont pas été autorisés à le récupérer qu'après avoir signé un document selon lequel leurs enfants ont été tués par une "bande armée". Le corps avait été décapité, démembré et écorché, selon Amnesty et d'autres ONG internationales. (belga)

7sur7.be 

06/10/

http://www.7sur7.be/7s7/fr/9478/Revolution-dans-les-pays-arabes/article/detail/1329527/2011/10/06/Une-fille-donnee-pour-morte-sous-la-torture-apparait-a-la-tele-syrienne.dhtml


Naba  : Syrie: Des dangers d’une lecture occidentaliste des soulèvements dans le Monde arabe.

Loin de moi toute polémique, mais gardons nous d’une lecture occidentaliste des soulèvements populaires dans le Monde arabe.

Si la critique est nécessaire pour le bon fonctionnement de la démocratie, une pédagogie politique des peuples commande que la critique porte sur tous les aspects du problème, dont une lecture fractale pointera immanquablement les tortuosités du discours dominant occidental.

Primo: Au delà des vives critiques fondées sur les tares du pouvoir syrien, la déstabilisation de la Syrie vise à compenser le basculement de l’Egypte dans le camp de la contestation arabe et à rompre la continuité stratégique entre les diverses composantes de l’axe de la résistance à l’hégémonie israélo-américaine en coupant les voies de ravitaillement du Hezbollah au sud Liban.

L’effet secondaire est de détourner l’attention sur la phagocytose de la Palestine par Israël avec la complicité des états occidentaux. Israël et la Syrie ne partagent pas le même intérêt. L’Etat hébreu cherche à constituer une ceinture d’états vassaux sur son pourtour, la Syrie à se dégager du nœud coulant glissé autour de son cou pour la forcer à la reddition.

Deuxio: La Syrie et l’Irak constituaient les deux seuls états du Monde arabe animés d’une idéologie laïque. L’Irak a été démantelé par les Américains avec pour conséquence la constitution ‘une enclave autonome pro israélienne dans le Kurdistan irakien, le schéma qui a préludé au démembrement du Soudan avec la constitution d’une enclave pro israélienne au sud soudan, sur le parcours du Nil. Il sera par la suite plus aisé de dénoncer l’intolérance des pays arabes du fait de leur intégrisme présumé.

Tertio: La libre détermination des peuples est un droit sacré inaliénable. Cela doit s’appliquer en Syrie, comme en Palestine. Cautionner, en juillet à Paris, avec Bernard Henri Lévy, le fer de lance de la campagne médiatique pro israélienne en Europe, une conférence de l’opposition syrienne, discrédite les participants et jette un voile de suspicion sur leurs objectifs, au même titre que l’alliance du parti islamiste «Al-Tharir» au nord Liban avec le chef de file des milices chrétiennes libanaises Samir Geagea, le plus solide allié des Israéliens au Liban .

Quarto: La succession dynastique doit être prohibée. Mais ce principe doit s’appliquer sans exception à Bachar Al-Assad, certes, mais aussi à Saad Hariri, qui a succédé à son père Rafic Hariri, sans la moindre préparation, à la tête d’un pays situé à l’épicentre du Moyen orient. A Ali Bongo dont la France a truqué les élections pou favoriser a propulsion à la tête de l’état gabonais. A Amine Gemayel, élu à l’ombre des blindés israéliens en remplacement de son frère assassiné Bachir, lui même élu à l’ombre des blindés israéliens. A Nicolas Sarkozy qui a veillé à propulser son fils Jean à la tête de l’EPAD (Hauts de Seine). A Hosni Moubarak qui se préparait à passer la main à son fils Jamal, avec la bénédiction des occidentaux dont Sarkozy saluera le courage de son départ, sans le moindre mot pour la courageuse lutte du peuple palestinien.

Cinquo: Faire le procès de la perte du Golan au régime syrien est un argument d’une indigence pitoyable, un procès de mauvaise foi. La disproportion des forces est patente entre Israël, première puissance nucléaire du tiers monde, de surcroît inconditionnellement soutenue par les Etats-Unis, la première puissance militaire de l’époque contemporaine, face à un pays, la Syrie, qui fait l’objet de tentatives répétitives de déstabilisation particulièrement de la part de ses frères arabes (le coup d’état du colonel Salim Hatoum, en Syrie, financé par l’Arabie saoudite, est intervenu en 1966, en pleine phase de détournement des eaux du Jourdain par Israël et la révolte de Hamas en 1982 est intervenue en 1982, à cinq mois de l’invasion israélienne du Liban, une opération destinée à propulser les frères Gemayel à la magistrature suprême libanaise.

Sexto: Se placer sous l’égide la Turquie relève d’une tragique méconnaissance des réalités régionales lorsque l’on sait que la Turquie a été le principal allié stratégique d’Israël pendant un demi siècle, tétanisant le monde arabe par une alliance de revers avec l’état hébreu.

In fine, le dignitaire religieux syrien qui s’étonne des infiltrations d’armes devrait lire un plus assidument la presse libanaise pour recenser le démantèlement, en deux mois, de quatre réseaux de contrebande d’armes du Liban via la Syrie, par mer ou par terre, par des réseaux des milice chrétiennes, ou des partisans du parti Al Mostaqbal, le parti de Saad Hariri.

Gageons que si la Syrie souscrivait à un règlement de paix avec Israël, dans des conditions avilissantes pour elle, elle retrouverait grâce aux yeux des occidentaux, particulièrement de Nicolas Sarkozy en voie de carbonisation et de Barack Obama, en voie de pantinisation.

René Naba

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26917



1 Dossier

1-1 Louis Denghien : « A l’ONU, une vision syrienne de la crise syrienne » 

Il fallait bien que la voix – autorisée – de la Syrie se fasse un peu entendre dans l’enceinte des Nations-Unies à New York, jusqu’à présent vouée à retentir des accusations de « crimes contre l’humanité » et des menaces de sanctions diverses et variées ce pays. C’est chose faite depuis lundi 25 septembre, avec le discours prononcé en ce lieu par Walid al-Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères.

M. al-Mouallem n’a certe rien dit d’inattendu. Ni rien de faux non plus : accuser les Occidentaux de « semer le chaos » et de saboter la coexistence entre les différentes communautés religieuses afin de « démanteler le pays », ce n’est pas faire preuve de paranoïa ni de complotisme, c’est appeler, même en termes diplomatiques, un chat un chat, et les Euro-américains des enragés de la déstabilisation et de la « normalisation » du monde arabo-musulman. Ce qui menace la Syrie a déjà frappé l’Irak et frappe actuellement la Libye.

Le chef de la diplomatie syrienne a du reste enfoncé tous les clous qu’il pouvait dans son discours-réquisitoire contre la désinformation, les pressions et l’ingérence : il a donc dit que les manifestations des opposants étaient devenus pour les Occidentaux des « prétextes à des interventions étrangères » sur le modèle libyen, interventions que réclament d’ailleurs certains manifestants qui n’ont apparemment pas d’yeux pour voir ce qui se passe dans l’Irak voisin. « Comment pourrions-nous expliquer autrement les provocations médiatiques, le financement et l’armement de l’extrémisme religieux ? (…) Quel autre but cela pourrait-il servir que de semer un chaos total qui aboutirait au démantèlement de la Syrie ? » Gageons que cette interpellation sera tombée dans les oreilles des sourds Hillary Clinton et Alain Juppé, mais peut-être aura-t-elle fait réfléchir un certain nombre de représentants prudents et hésitants, à un moment où tous ont pu voir tout récemment, en ce même lieu, que la soit-disant défense de la liberté et de la dignité des peuples prônée par l’administration américaine et ses chiens couchants européens s’arrêtait aux frontières d’Israël et de la Palestine.

Walid al-Mouallem, sans surprise là non plus, a assuré son universel auditoire que le peuple syrien était « déterminé à rejeter toute forme d’intervention étrangère« . Et ce disant, il était encore globalement dans le vrai, la grande majorité des opposants syriens s’étant officiellement prononcés contre toute initiative de ce type.

Echec d’une tentative US de débauchage de la Chine.

On notera que dans le même temps, et dans le cadre de l’assemblée de l’ONU, Hillary Clinton a tenté de circonvenir le chef de la diplomatie chinoise M. Yang Jiechi. La Russie s’avérant inentamable sur le dossier syrien, la responsable du Département d’Etat espérait casser l’autre géant du bloc des BRICS, constant dans son refus de condamner et d’isoler Damas. Eh bien c’est apparemment raté : le ministre chinois des Affaires étrangères a été aussi ferme dans le fond que mesuré dans la forme :

« La communauté internationale doit respecter la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie, agir et réagir avec prudence afin d’éviter de nouveaux bouleversements qui menaceraient la paix régionale » a déclaré M. Yang, qui a en outre souhaité que « les différentes parties syriennes fassent preuve de retenue pour éviter toute forme de violence et de nouvelles effusions de sang et apaiser au plus vite la situation. »

Ces mises en gardes chinoises, identiques à celles formulées, au sein du Conseil de sécurité, par la Russie, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil, sont dans la continuité de la vision de Pékin sur la Libye, où la Chine a récemment invité les Euro-Américains « à réparer les dégâts » qu’ils avaient commis dans ce pays, sous prétexte de libérer un peuple. Le moins qu’on puisse dire c’est que, à l’occasion du « printemps arabe », de la crise syrienne et du rebondissement de la question palestinienne, deux blocs antagonistes se sont dessinés à l’échelle mondiale, et que l’un refuse fermement désormais d’être dupe des manoeuvres géopolitiques de l’autre maquillées en croisade humaniste et morale. Et c’est notre douleur de Français que de voir à quel point notre pays est arrimé au mauvais bloc !

Louis Denghien,

le 27 septembre 2011 

 Commentaire

Mohamed dit :

Certes, la Syrie a parlé devant les Nations Unies, mais sera-t-elle entendue ?
Elle l’est par des pays amis du BRICS, Amérique Latine et certains pays arabes.
Mais pour les autres qui veulent la peau de la Syrie, ils iront de l’avant vers la réalisation, quoi de plus en plus improbable, de leurs desseins, en légitimant et en officialisant la militarisation de l’insurrection et la désobéissance civile. Ils ne lâcheront prise sur la Syrie que quant leur défaite, dans cette guerre, devienne « claire comme de l’eau de roche ».
Et, ils ne vont pas démordre de ci-tôt !

http://www.infosyrie.fr/actualite/a-lonu-une-vision-syrienne-de-la-crise-syrienne/


1-2 Domenico Losurdo : La Syrie vue depuis l’Irak.

Informations tragiques et détails effarants arrivent de ce pays, mais il est difficile de distinguer entre la vérité et la manipulation, entre les protestations légitimes et les tentatives infâmes de déstabilisation.

Il peut cependant s’avérer utile de regarder vers la Syrie à partir non pas de l’Occident mais, par exemple, de l’Irak.

L’occasion nous en est fournie par un article de Tim Arango sur l’International Herald Tribune du 30-31 juillet. Lisons : « En Irak, la Syrie représente encore quelque chose de semblable à un oasis. Les Irakiens commencent à se réfugier là-bas pour fuir la guerre dirigée par les Usa et le bain de sang de la violence sectaire qui s’en suit. Au cours de la guerre, la Syrie a accueilli environ 300 mille réfugiés irakiens, plus que n’importe quel autre pays de la région (d’après le Haut Commissariat Onu pour les réfugiés).Ces jours-ci (1er août 2011),  même si la Syrie doit faire face à ses désordres, rares sont les Irakiens qui rentrent chez eux. En effet, les Irakiens qui partent pour la Syrie sont beaucoup plus nombreux que ceux qui rentrent dans leur patrie ». Les Irakiens fuient non seulement pour laisser derrière eux la guerre qui continue à sévir, mais aussi parce qu’ils n’en peuvent plus d’un pays caractérisé par l’inefficience et la corruption des services publics. Oui, « la Syrie est vue comme un pays où il est meilleur de vivre ». Interrogés par l’International Herald Tribune, les Irakiens s’expriment avec simplicité et efficience. Se référant à la Syrie, ils disent : « Là-bas la vie est belle, là-bas les femmes sont belles » (il n’y a pas d’obligation de port du voile). En tous cas, « il y a là-bas une chose importante : liberté et sécurité partout ». C’est à partir de cette conviction diffuse que, « à cause des vacances estivales, le nombre des personnes qui abandonnent l’Irak  pour la Syrie a augmenté ».  Mais que disent ceux qui se sont déjà établis dans ce pays (on présume dans les régions les plus tranquilles) ? Interrogé, toujours, par le quotidien étasunien, un Irakien témoigne : en effet, à la télévision le spectacle qui est offert de la Syrie est assez inquiétant, mais « quand je téléphone à ma famille, ils me disent que tout est ok » !Le cadre ici tracé est certainement unilatéral et excessivement rose. Mais ceux qui, après avoir déchaîné la guerre et avoir provoqué directement ou indirectement des dizaines et dizaines de milliers de morts, ont réduit l’Irak à des conditions, aujourd’hui encore, catastrophiques au point de faire apparaître la Syrie comme un « oasis », ceux-là n’ont de leçons à donner ni à l’un ni à l’autre de ces pays. Pour rester au Moyen-Orient : ceux qui, alors qu’ils continuent à bombarder la Libye, sans hésiter à massacrer les journalistes et les techniciens de la télévision de ce pays, prétendent donner des leçons sur les « droits humains » et rêvent d’une nouvelle « guerre humanitaire », ceux-là démontrent qu’ils ont perdu jusqu’au sens de la pudeur et du ridicule.

Domenico Losurdo

Edité sur le blog de l’auteur le 1er août 2011.
http://domenicolosurdo.blogspot.com/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Yacine Farah : L’opposition laïque appelle l’Occident à protéger le peuple syrien.
nb - Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Alors qu’en Syrie des voix commencent à demander la «militarisation» de la révolution face à un régime qui est prêt à tuer toute la population, s’il le faut, pour rester au pouvoir, l’opposition à l’étranger n’arrive toujours pas à accorder ses violons sur cette question qui tend à devenir lancinante en Occident.
Paris  de notre correspondant.
  Ceux qui sont pour l’intervention militaire étrangère justifient leur position par le caractère sauvage du régime en place qui n’offre aucune alternative de dialogue sérieux depuis mars 2011. C’est le cas de Bassam Bitar, ancien diplomate syrien en France et membre du parti Infitah (ouverture) dont le siège est à New York. «Je suis partisan d’une intervention aérienne rapide contre le palais présidentiel, le ministère de la Défense ainsi que l’ensemble des sièges de renseignements, de la police politique et militaire, a-t-il estimé. Le but étant, d’une part, de réduire à néant les capacités militaires de l’armée qui réprime sans état d’âme les manifestants et d’éviter, d’autre part, de créer des problèmes de sensibilités sur le sol entre d’éventuels soldats étrangers et ceux qui soutiennent le régime. En somme, il faut reproduire le scénario libyen.»
  Pour Abdelbaki Hussini, opposant politique et écrivain vivant en Norvège, l’idée d’une intervention militaire est d’actualité. Pis, elle est même recommandée et revendiquée par les manifestants syriens : «Tout le monde a bien vu que les banderoles déployées lors des manifestations demandaient une intervention militaire étrangère. Nous devons demander à la France, à la Grande-Bretagne et aux USA de frapper certaines cibles du régime syrien sans même attendre qu’une résolution de ce type soit votée par le Conseil de sécurité.» Et d’ajouter : «Nous devons demander au Qatar et à l’Arabie Saoudite de préparer le terrain régional pour faciliter une intervention militaire turque et de s’engager à payer les coûts financiers de cette opération.»
Appel à la protection des populations civiles
  Toutefois, ces avis, loin de susciter un dialogue sérieux et constructif, ont provoqué l’ire de nombreux représentants de partis, à l’image du parti Assyrien qui a menacé de quitter l’Alliance laïque si celle-ci venait à voter l’option militaire. «Les conséquences d’une intervention militaire contre la Syrie seront catastrophiques. Nous, nous avons des représentants à l’intérieur de la Syrie, et de ce fait, nous ne pouvons pas prendre la décision d’appeler ou pas à une intervention militaire», a soutenu Saïd Lahdou, membre du secrétariat général de l’appel de Damas à l’étranger et représentant du parti minoritaire assyrien. «Je vous prie d’entendre les voix qui nous viennent de l’intérieur et qui toutes disent, pas d’intervention militaire étrangère.»
  Néanmoins, ce participant s’est dit favorable à un appel international pour la protection de la population civile syrienne. C’est également l’avis de Mahmud Moussalat, professeur des études du Moyen-Orient à l’université d’Oberlin aux USA. Pour ce Syrien qui a quitté son pays depuis deux décennies, les USA et l’Europe ne sont pas prêts à entrer dans une nouvelle bataille après celle de la Libye. «Oui, nous demandons la protection des civils. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Armer le peuple ? Décréter aux avions militaires syriens de survoler le territoire ? En réalité, cette question n’est pas arrivée à maturité. Le scénario libyen ne peut pas s’appliquer à la Syrie. Certes, l’intervention militaire est inévitable, mais pas maintenant.»
  Par ailleurs, l’Alliance laïque a fustigé la position de la Russie et de la Chine vis-à-vis de ce qui se passe dans son pays. Elle a également critiqué la position de la Turquie, qualifiée d’obscure et de changeante au gré des intérêts économiques et politiques. Elle a appelé Ankara à améliorer les conditions d’accueil des réfugiés syriens sur son territoire ou alors à laisser un autre pays les accueillir. Depuis le début de la révolution syrienne en mars 2011, plusieurs réunions de l’opposition ont eu lieu dans différentes villes comme Istanbul, Antalya, Le Caire, Berlin et Paris. Mais aucun accord visant à unifier ses rangs n’a été trouvé pour des raisons idéologiques. Etant déjà important, le fossé qui sépare l’opposition islamiste des démocrates et laïcs risque encore de se creuser et de rendre l’alternative au régime d’Al Assad compliquée.
Yacine Farah

21-09-

http://www.elwatan.com/international/syrie-l-opposition-laique-appelle-l-occident-a-proteger-le-peuple-syrien-21-09-2011-140593_112.php


2-2 Pr. Elias Zahlaoui : Lettre ouverte d’un prêtre syrien à Alain Juppé.

20 septembre 2011

Monsieur le Ministre, Depuis votre nomination au poste de Ministre des Affaires Étrangères de la France, vos déclarations à l’encontre de mon pays la Syrie, sont, pour le moins qu’on puisse dire, sinistres et orageuses.
Pas plus tard qu’hier vous avez accusé la Syrie d’être responsable de crimes contre l’Humanité, emboîtant ainsi le pas de votre prédécesseur Bernard Kouchner, le valeureux « défenseur des droits de l’homme » !

Ces graves accusations, vous vous plaisez à les lancer contre la Syrie, chaque fois que vous vous trouvez au cœur de ce boiteux et aveugle Conseil de Sécurité ; ou encore quand vous vous pavanez auprès de Mme Hilary Clinton.

N’auriez-vous donc pas été parachuté au Quai d’Orsay, après votre longue disgrâce politique, par on ne sait quelle main mystérieuse, pour préparer et justifier aux yeux de l’opinion publique, française et internationale, la destruction programmée et définitive de la Syrie, pour bien assurer la survie d’Israël ?

Ignorez-vous donc que cette opinion publique, française et internationale, est savamment matraquée par des médias au service aveugle des tout puissants lobbys sionistes ?
Ignorez-vous aussi que ces fameuses Instances Internationales, qui ont pour noms Assemblée Générale des Nations-Unies, Conseil de Sécurité et Conseil des droits de l’Homme, qui sont censées asseoir la justice et la paix mondiale, sont, depuis des décades, effrontément manipulées par les États-Unis ?

Ignorez-vous aussi que ces mêmes États-Unis, leurs présidents en tête, sont, de l’aveu même de chercheurs américains, courageux, comme Paul Findley, Edward Tivnan, Noam Chomsky, David Duke, Franklin Lamb, Stephen Walt et John Mearsheimer, sont tenus en laisse par le tout-puissant lobby israélien ?

La Syrie, dites-vous, est responsable de crimes contre l’humanité. Mais depuis quand est-il interdit à un pays de défendre son existence propre, ainsi que la sécurité et la dignité de ses citoyens ?

Cela ne serait-il permis qu’aux puissants de ce monde, comme les États-Unis, la
France, l’Angleterre et l’Allemagne, qui s’érigent toujours, en dépit de leur écœurant machiavélisme et de leurs distorsions sans nombre, en arbitres infaillibles des droits et des légitimités de toute sorte ?

En attendant, et surtout depuis les mystérieux événements du 11 septembre 2001, vous prenez prétexte de tout pour justifier l’injustifiable, comme d’envahir et de détruire d’autres pays, comme l’Afghanistan, le Pakistan, l’Irak, et tout dernièrement la Lybie, pour en faire à votre façon odieuse, des "paradis" de paix, de droits et de démocratie !

N’est-il pas vrai que vous êtes intervenus en Lybie, pour soi-disant protéger les droits humains des civils, contre un dictateur, que, pourtant, la France et l’Italie n’ont cessé de flatter, et que l’Angleterre et les États-Unis ont fini par chérir ! Et vous vous en êtes acquittés en laissant sur le sol de la Lybie, un charnier de 50,000 morts, pour la plupart des civils.

Ah, de quelle "bravoure" vous y avez tous fait preuve !

Je me dois aussi de signaler que vous avez eu l’intelligence de ne pas toucher aux installations de pétrole, but unique et ultime de votre fameuse "intervention humanitaire" !

Étrange "humanisme" que celui des États-Unis, de la France, de l’Angleterre, de
l’Allemagne et de l’Italie, digne, il est vrai, de l’Histoire de vos différents pays, toute remplie, sans exception, d’injustices, de charniers et d’horreurs !

Cependant, si, en Occident, vous êtes si sensibles au problème des droits de l’homme, pouvez-vous me dire ce qui vous rend totalement aveugles à ce que fait Israël en Palestine, depuis plus de 60 ans, en décimant systématiquement le peuple palestinien, et en dévorant même la portion de terre, qui lui a été décidée par les fameuses Nations Unies en 1947 ?

A ce propos, Monsieur le Ministre, pouvez-vous m’assurer que la France et tous les pays occidentaux, si servilement alignés sur les États-Unis et Israël, ne voteront pas le 20 septembre courant, contre le droit du Peuple palestinien à avoir "sa " Patrie, si réduite soit-elle ?

Seriez-vous donc aussi, tous en Occident, aveugles et esclaves, pour ne pas oser voir, et dénigrer ce qu’a fait et continue de faire, Israël, sans impunité, au Liban, en Égypte, au Soudan, en Syrie, et même en pleine mer, contre les bateaux venus au secours des habitants de cette immense prison de Gaza, d’un million et demi d’habitants ?

Par quelle étrange procédure, Israël a pu arracher la langue de tous ces "Grands" de l’Occident, pour s’être privés, durant tant d’années, de lui adresser le moindre reproche, face aux monstrueux et continuels défis qu’il ne cesse de lancer à tout moment, à toutes les lois et conventions internationales, dont l’Occident pourtant est l’auteur ?

Pauvre et monstrueux Occident ! Savez-vous dans quel gouffre vous vous précipitez, et où vous risquez d’embarquer bientôt le monde entier ?

Monsieur le Ministre, sachez bien que je ne vous déteste pas. Mais je vous plains. Tout comme je plains avec vous, toute l’Église d’Occident qui devrait crier tout haut, face à de telles distorsions et injustices, comme l’a fait un jour le Cardinal de Boston, Mgr. Bernard Law, en adressant une terrible lettre ouverte à Mr. Georges Bush, lettre qui lui a valu d’être démis peu après. Cette Église d’Occident, serait-elle donc réellement morte, comme je vous l’avais dit dans la première lettre ouverte, que je vous avais adressée en date du 9/6/2011 ?

Et pourtant, ce qui se passe au niveau du monde, et ce qui se commet par les
Puissances Occidentales, sont de nature à réveiller les morts. Il a donc fallu la toute dernière visite du Patriarche Maronite en France, Sa Béatitude Béchara Raï, pour dire à la France et à tout l’Occident, à travers la France, sa triste vérité.

Qu’il en soit remercié, au nom de tous les opprimés du monde, surtout les opprimés du Monde Arabe et Musulman.

Pr. Elias ZAHLAOUI
Église Notre-Dame de Damas

Source : mondialisation.ca


2-3 La situation des chrétiens à homs.

Le curé de Bab Sbah, à Homs,  relate ce qui suit, le 23 septembre 2011 :

« Ces deux dernières semaines la situation à Homs était des plus tendues. Je peux vous dire que l'épreuve renforce notre foi, nous unit entre chrétiens et entre chrétiens et musulmans et nous détache des choses de ce monde. Nous voyons la mort de nos yeux tous les jours. Notre vie quotidienne est bouleversée.  Comme d'habitude je vous transmets ce que nous vivons au fil des jours.

La population sunnite de Bustan Diwan, Bab Dreib, Bab Sbaa, s’était ralliée à 30 % à Bilal El Ken, Emir autoproclamé de la principauté (Imârat) de Homs. Ce dernier avait loué de la famille Traboulsi une grande villa dans le quartier huppé de Warcheh où il avait installé son Quartier Général. Ce Bilal El Ken, était fort de plusieurs centaines d’hommes, armés jusqu’aux dents. La plupart sont  recrutés parmi les artisans de la classe pauvre de Homs. De toute évidence ils ne sont pas entraînés au port des armes ce qui les rend plus dangereux car ils tirent dans tous les sens, surtout lorsqu’ils sentent le danger. Mais ils sont encadrés par des professionnels de la nébuleuse salafiste internationale : afghans, irakiens, séoudiens, libanais ou jordaniens. Les jeunes des Comités populaires en ont capturés quelques-uns. Ces groupuscules ont pour mission de terroriser les forces de l’ordre et l’armée pour les faire démissionner ainsi que de dissuader la population au cas où elle chercherait à contredire l’opposition.

Profanation à l’église de Saint Elian et enlèvement de jeunes chrétiennes

Depuis une dizaine de jours les salafistes ont forcé la porte de l’antique église Saint Elian à Homs. Ils pensaient que les ustensiles sacrés étaient en or aussi les ont-ils raflés. L’Evêque grec-orthodoxe, S.E. Mgr. Abou Zakhm a eu le courage d’aller voir l’Emir de Homs, Bilal El Ken. Il lui a dit «Nous sommes des frères et avons toujours vécu ensemble. Pourquoi as-tu pris nos vases sacrés ?, tu dis que tu te passes des forces de l’ordre, il t’appartient donc de nous défendre ». Bilal a rassuré l’Evêque sur les intentions des insurgés mais a nié avoir commandité la rafle. Les rebelles avaient, en passant, vidé la caisse de l'église.

Puis les sbires de Bilal El Ken enlevèrent quatre filles chrétiennes d’un minibus faisant l’aller retour de Homs à Zeidal. L’une d’entre elles, Maya Semaan, fut rendue au bout de quatre jours, de toute évidence violée. L’armée intervint alors pour mettre une limite aux exactions des salafistes. Bilal fut tué le 7 septembre 2011 durant les affrontements et son quartier général fut perquisitionné. On y trouva les vases sacrés volés et ils furent rendus à l’église de Saint Elian. 

Bilal El Ken, l’Emir décédé de l’Emirat salafiste de Homs

La désinformation assure que Bilal EL Ken est un officier dissident faisant partie de l’armée libre de Syrie. Il n’en est rien. Les salafistes ont mis la main sur un dépôt d’uniformes de l’armée syrienne. Ils s’en revêtent et se font passer pour des officiers et des soldats repentis. Ce sont les gens du quartier de Bilal  à Bab Sbah à Homs qui affirment que toute sa vie cet individu était un voyou qui s’est converti au wahabisme salafiste par pur intérêt. Les musulmans modérés se plaignent de lui autant sinon plus que les chrétiens. Ils l’accusent de viol, séquestration, terrorisme, intimidation et fondamentalisme meurtrier.

Ces jours-ci les rues sont plus calmes. On entend cependant toujours des rafales de balles. Maintenant on peut sortir faire les achats nécessaires, mais depuis quinze jours on était terrés à la maison.  Homs était devenu un champ de bataille. Les insurgés ont des armes lourdes qu’ils utilisent sans discernement. Avec les RPG ils peuvent détruire les chars de l’armée.  La façade de l’Evêché est criblée de balles et quelques vitres sont cassées. Etant situé sur une ligne de démarcation le bâtiment aurait dû être beaucoup plus endommagé. Il faut remercier l’armée qui avance avec un soin infini. Cependant ceci n’a pas encouragé les locataires de l’Evêché à y rester. Il semble abandonné dans un quartier ravagé, autrefois si paisible.

Les groupes salafistes continuent à investir plusieurs quartiers de Homs, surtout Bab Amr. Ils ont juré d’empêcher les écoles d’ouvrir à travers ce slogan : « La dirassé wa la tadriss hata isqat al ra2is » (« Pas d’études ni d’enseignements jusqu’à faire tomber le Président »). Les écoles publiques ont ouvert et les écoles privées ouvriront la semaine prochaine mais les salafistes tirent sur les écoles ce qui dissuadera les parents d’envoyer leurs enfants. De plus les « manifestants » ont décidé de marcher dans la rue au moment de la sortie des écoles. Sur les photos et les vidéos il y aura plus de monde de plus  çà fait bien que les écoliers et les étudiants paraissent faire partie de l’opposition.

Depuis longtemps la grande majorité des jeunes s’est retirée. Les chrétiens ne sentent plus que les revendications les interpellent. Il n’y a d’ailleurs aucune autre revendication que d’en finir avec le régime et cela est crié dans tous les sens, blasphèmes à l’appui, au son des « Allah Akbar », « Haya ila ljihâd »,  islamiques (Dieu est grand, allons au combat).

Les jeunes ou moins jeunes qui sont restés fidèles au mouvement contestataire sont réapparus armés, et farouches. Auparavant nul ne parlait de la religion de l’autre. Aujourd’hui on entend des injures contre les chrétiens et les alaouites et…vice versa. C’est une situation désastreuse qui laisse présager le pire.

Mes paroissiens et nos amis musulmans nous nous regardons souvent avec une interrogation lancinante : que s’est-il passé pour que nous en soyons arrivés là ? Au début j’ai approuvé tacitement que quelques uns de nos jeunes aillent aux « manifestations » avec leurs camarades. C’était une belle expérience de solidarité. Les revendications étaient justes et légitimes et elles continuent à nous tenir à cœur.  Mais, très vite, ces manifestations sont devenues d’un autre esprit. Nous avons vu des barbus armés et drogués tirer partout d’un œil hagard. Je vous en avais déjà parlé, mais vous me dites qu’on ne vous croit pas ? Pourquoi n’avez-vous pas amené vos amis journalistes à Homs ? Ils auraient vu de leurs yeux nos voisins devenus subitement des salafistes féroces et méconnaissables, les barricades occupées par des groupes armés, les destructions, les slogans islamistes.

Nous tous, musulmans modérés (la grande majorité), chrétiens, alaouites, druzes, ismaélites et même kurdes nous craignons l’avènement d’un Etat islamique qui nous impose, comme lois civiles, les lois religieuses de l’Islam. Une conversation étayera ce que je dis.

Redevenir Dhimmi ?

Un dhimmi est un citoyen de l’état islamique qui n’est pas musulman. D’après les normes du Coran, il est traité comme un citoyen de seconde zone. Il doit verser une capitation pour être « protégé » par l’état islamique. Il n’a pas les mêmes privilèges que les citoyens musulmans.

L’autre jour j’étais chez le mécanicien à Sinaa (la cité industrielle).  Celui-ci, un fervent sunnite, me questionne à brûle-pourpoint : « Que pensez-vous des affirmations du Patriarche Maronite ? On dirait qu’il a peur pour les chrétiens si le régime tombe ? ». Je lui réponds : « Je pense qu’il a raison. Il est difficile pour un chrétien d’aujourd’hui d’accepter de redevenir un dhimmi. C’est inacceptable »

Il rétorqua : « Mon frère,  il ne faut pas avoir peur de nous, nous vivons ensemble depuis longtemps. »

Je lui précisais : « Nous avons vécu ensemble sous le protectorat français puis sous des régimes laïcs. Devant la loi nous sommes égaux. Dans un état islamique nous ne vivrons pas en égaux. Accepterais-tu d’être traité par un chrétien comme un citoyen de deuxième catégorie ? ».

Il sursauta et je renchéris : « Ce n’est acceptable ni chez nous ni ailleurs, ce serait retourner en arrière, au Moyen-Âge, vers un régime basé sur une discrimination confessionnelle. C’est pourquoi les chrétiens ne briguent pas un état chrétien mais préfèrent un régime laïc devant lequel nous sommes tous des citoyens aux droits et devoirs égaux, abstraction faite de notre appartenance religieuse. Tandis que votre réclamation d’un Etat islamique vous amènera, une fois qu’il sera instauré, à distinguer derechef les musulmans des non-musulmans. Nous serons en plein dans la discrimination et l’apartheid ».

Mon mécanicien ne répondit plus rien, il préféra vaquer à son travail."  

 Propos recueillis par Mère Agnès-Mariam de la Croix

Higoumène du monastère Saint Jacques l’Intercis

Qâra - Syrie

Une analyse de Mère Agnès-Mariam de la Croix



3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Mireille Delamarre : Qui Sont les Djihadistes Responsables de L’Insurrection Armée ?

Malgré toute la propagande occidentale politique médiatique des ONG et même de l’ONU/ Conseil des Droits de L’Homme qui voudrait faire croire à l’opinion publique que les manifestations contre le régime syrien de Bashar Al Assad sont pacifiques, il est clair que le mouvement de revendication a été détourné dés le début par les Djihadistes soutenus et armés par des puissances étrangères ce que La Russie qui est contre toute résolution/sanctions au CSONU contre la Syrie a pointé du doigt. Qui sont ces Djihadistes ?

L’invasion de l’Irak par les Américains en 2003 a joué un rôle prépondérant dans l’augmentation du nombre de Djihadistes syriens. Avec une frontière Syrie Irak poreuse des régions syriennes telle celle de Bou Kamal sont devenues des points de passage pour les Djihadistes allant combattre les Américains en Irak. Le dirigeant de l’époque d’Al Qaeda en Irak, Abu Mus’ab al-Zarqawi, soucieux d’installer une branche d’Al Qaeda au Levant s’appuyait sur ces Djihadistes « locaux » et a développé leur recrutement.
Depuis cette époque le nombre de Djihadistes syriens n’a cessé de croître à tel point qu’une proportion importante des Salafi-Djihadistes en Irak était d’origine syrienne constituant 13% des volontaires arabes en Irak.
Leurs activités ne se limitaient pas à l’Irak et à la Syrie mais s’étendait aussi au Liban où ils ont été très actifs lors des combats au camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared entre l’armée libanaise et des Djihadistes. 13% de ces Djihadistes étaient syriens, 16% saoudiens, les Palestiniens des camps de réfugiés 31% et les Libanais 33%. 7% avaient des origines différentes.
Cet accroissement du nombre de Djihadistes syriens s’est faite en même temps qu’ une production abondante de milliers de pages d’écrits théorisant la confrontation avec le régime Allawouite syrien des Assad. Les plus connus de ces écrits sont ceux d’Abu Musa Al Suri (Mustafa bin Abd al-Qadir Sitt Maryam Nasr, qu’on pense être emprisonné en Syrie après avoir été kidnappé et livré par les Etats Unis lors de l’une de leurs opérations dite de «rendition»)
Al -Suri a écrit plusieurs livres sur le Djihad en Syrie et sa vision du Levant en particulier de la Syrie comporte deux volets : le premier représente une théorie intellectuelle et le second porte sur des stratégies d’une révolution ou confrontation avec le régime syrien qu’il considère comme un régime kafir représentant « Nusayris » terme péjoratif pour parler des Allawouites auxquels appartient la famille Assad et les Baathistes le parti au pouvoir.
Après la mort d’ Hafez el Assad ( le pére de Bashar) Al- Suri a écrit un livre intitulé « Ahl as-Sunna fi'l-Sham fi Muwajihat al-Nusayria wa'l-Salibeen wa'l-Yahoud (The Sunni People in the Levant in the Face of Nasiriyah, Crusaders and Jews) dans lequel il se concentre sur deux sujets principaux : le groupe « Nusayri » et sa domination injuste pour lui de la Syrie et l’état syrien et son appareil qui selon Al-Suri est soutenu par l’Occident pour faire la paix avec Israël. Al-Suri envisage une révolution sunnite en Syrie comme solution stratégique.« Nous devons mettre en évidence le caractère de base de cette confrontation avec les Alawi Nusayris, en concentrant l’axe de confrontation sur le point précis de ce conflit djihadiste entre la vérité et le mensonge, les Sunnites face aux Alawis Nasiriyah ».

Autre théoricien bien connu des Djihadistes, Husain Bin Mahmoud, qui a écrit le 26 Mars un article "Demashq: Qa'dat a-Jihad fi al-Ard" (Damascus: the Jihad Base on the Earth - Damas la base du djihad sur la terre) dans lequel il présentait plusieurs hadiths (versets) du prophète Mohammad qui mettaient l’accent sur la qualité du Levant comme base du Djihad car c’est « la terre de la foi et de la science », la maison des « meilleurs soldats sur terre » et « le meilleur endroit pour émigrer ».

Bin Mahmoud met l’accent sur le sectarisme de la société en Syrie vue sous l’angle djihadiste et affirme que 80% du peuple syrien est musulman et réprimé par 20% de « non musulmans » la minorité allawouite et se demande comment « une minorité méprisable humiliée constitue les supérieurs des meilleurs soldats sur terre» ? Fournissant lui-même la réponse, Bin Mahmoud dit que les peuples du Levant ont été humiliés quand « ils ont remplacé le drapeau du Djihad par celui de la résistance nationale et remplacé l’identité islamique par le nationalisme et la doctrine de l’Islam par le Baathisme et le socialisme ».
Bin Mahmoud comme la majorité des Djihadistes ayant dans leur champ de mire la Syrie espère que le peuple syrien adhérera au Djihad : « quand les peuples du Levant reviendront à la vertu et que le bruit des balles sera exalté et que les jeunes gens crieront sur les places « Dieu est grand » et que les minarets commenceront à appeler au Djihad alors je precherai le Gospel des Musulmans en Orient et en Occident et les infidèles seront détruits… et alors malheur aux infidèles et leurs peuples face aux soldats d’Al-Sham ».
Il est clair que ces Djihadistes sont engagés dans des actes de terreur menés à la fois contre l’appareil d’état syrien de Bashar Al Assad, militaires, policiers et forces de sécurité dont plusieurs centaines ont été tués depuis février (à inclure dans les plus de 2000 victimes de cette insurrection armée) et le peuple syrien dont les manifestants réclamant des réformes et qui en grande majorité veulent qu’elles soient faites par le régime d’Assad. Il est également clair que ces actes de terreur sont le fruit d’une perspective idéologique et géopolitique visant la division sur une base sectaire de la Syrie, une Balkanisation de ce pays, plan qui n’est absolument pas soutenu par la majorité des Syriens y compris sunnites mais qui constitue le projet américano sioniste (et celui de leurs larbins européens dont Sarkozy) pour la Syrie mais aussi pour le Liban. Cette balkanisation du Levant fait l’affaire des Sionistes qui tentent par tous les moyens d’y maintenir leur hégémonie en manipulant ces Djihadistes via leurs services secrets (Mossad, CIA et C°) y compris en utilisant des sites internet incitant au Djihad que leurs agents ont infiltré.
Certaines informations sont tirées d’un article de Murad Batal al-Shishani spécialiste des mouvements islamistes en Tchéchénie et au Moyen Orient publié sur Asia Times On Line dans lequel il dédouane ces Djihadistes des violences actuelles en Syrie - d’après lui ils ne seraient pas encore intervenus dans le conflit - contredisant ainsi la présentation qu’il fait de ces Djihadistes.

Mireille Delamarre

13 Septembre 2011

http://www.planetenonviolence.org/Syrie-Qui-Sont-Les-Djihadistes-Responsables-De-L-Insurrection-Armee_a2488.html


3-2 Pierre Khalaf : La vague colonialiste se brisera en Syrie. 
Les élites occidentales colonialistes se comportent comme si elles avaient repris l’initiative après l’occupation de la Libye et le lancement d’une contre-attaque avec la collaboration d’Israël, de la Turquie et des pays arabes tournant dans leur orbite, contre la Syrie et la Résistance libanaise.
Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne agissent avec arrogance, alors qu’ils vivent une crise financière sans précédent. Ils s’investissent en Tunisie et en Égypte dans l’espoir de cueillir les fruits des révolutions populaires, alors que rien n’indique qu’ils engrangeront les dividendes souhaités. Le concept des guerres préventives a prouvé son échec et il sera suivi, très prochainement, par celui des guerres humanitaires, sorti à la hâte des tiroirs et dépoussiéré.
En Libye, les forces du Conseil national de transition et ses alliés de l’Otan n’arrivent toujours pas à prendre le contrôle effectif de l’ensemble du pays ; et en Syrie, Washington et ses alliés sont dans une impasse. Ils n’arrivent à arracher aucune concession à Bachar el-Assad sur les dossiers régionaux et ne parviennent pas, non plus, à déstabiliser de manière significative le pouvoir syrien, uni dans toutes ses institutions derrière son président. De plus, l’option de l’intervention militaire contre la Syrie est une menace que les Occidentaux gardent sur le tapis sans être en mesure de la concrétiser. Il n’y a pas à comparer entre les brigades de Mouammar Kadhafi, qui résistent encore au CNT et à l’Otan, et l’armée syrienne, beaucoup plus nombreuse, mieux équipée et certainement plus motivée à défendre la souveraineté de la Syrie et l’intégrité de son territoire.
Pourtant, les pressions exercées sur la Syrie sont immenses. Des pays comme l’Arabie saoudite et le Qatar financent les groupes extrémistes et leur assurent une généreuse couverture médiatique, tandis que la Turquie s’est chargée du soutien politique et diplomatique. Pendant ce temps, les armes affluent, surtout du Liban, pour tenter de déstabiliser le pouvoir syrien.
Les élites occidentales ne jubileront pas longtemps. Lorsque la Syrie écrasera les groupes terroristes qu’elle a déjà connus dans les années 80, et qu’elle aura fini de nettoyer les derniers foyers de l’insurrection armée, elle ressortira renforcée de cette amère expérience qui aura couté au pays des centaines de vies humaines et des centaines de millions de dollars de pertes et de dégâts. Elle pourra alors passer à la contre-attaque pour briser une fois pour toute cette nouvelle vague colonialiste dont l’objectif principal est d’assurer un filet protecteur à Israël après le retrait des troupes états-uniennes d’Irak, à la fin de l’année.
De nouveaux rapports de force seront alors consacrés et ils ne seront certainement pas en faveur de l’Occident et de ses séides locaux et régionaux. Bien au contraire, c’est l’axe de la résistance, dans toutes ses composantes, qui se verra renforcé. C’est alors que les vrais changements commenceront. Et cette fois, la vague emportera tous ceux qui auront collaboré ou misé sur une recolonisation du Machrek arabe.

Pierre Khalaf

03/10/2011
http://www.voltairenet.org/La-vague-colonialiste-se-brisera


3-3 Kinan Al Kourdi : Entretien avec Gilles Munier sur la Syrie.
 (Algérie Network – Portail de la diaspora algérienne - 20-9-11)*

1 – M. Munier, vous revenez d’un voyage en Syrie, à l’invitation de chefs d’entreprise syriens, lors duquel vous vous êtes rendu à Damas et à Hama. Quelle est l’atmosphère générale dans ces deux villes, dont l’une, Hama, a connu une période d’insurrection ? Quelle estimation faites-vous de l’intensité du soutien à Bachar al-Assad, d’une part, et à l’opposition d’autre part, au sein de la population syrienne ?

L’invitation en Syrie m’a été adressée directement par une association de chefs d’entreprise syriens cherchant à combler un déficit en matière de communication sur la situation dans leur pays. Ces hommes d’affaires qui voyagent beaucoup savent bien que ce n’est pas en adoptant la stratégie de l’autruche que l’on répond à une campagne de diabolisation. Une centaine de personnalités, de journalistes venus d’un peu partout dans le monde, y ont répondu. Evidemment, l’initiative était soutenue par le gouvernement syrien, mais il ne s’agissait pas d’un voyage organisé par le ministère de l’Information, comme j’en ai connu beaucoup, en Irak et ailleurs, depuis les années 70.

Damas était telle que je l’ai toujours connue. Je suis arrivé à 2 heures du matin. Il n’y avait pas de mesures de sécurité renforcées à l’aéroport, un seul check point – mais fluide – à l’entrée de la capitale. Le lendemain, je me suis baladé sans accompagnateur et n’ai remarqué aucun déploiement de force particulier, ni aux carrefours, ni devant les bâtiments officiels. Dans le souk Hamadiyé, cœur de Damas, la vie suivait son cours habituel. Je n’ai pas vu de présence policière anormale près de la mosquée des Omeyyades ou aux alentours du tombeau de Salah Eddine, comme le prétendent les communiqués de l’opposition extérieure.

Mais à Hama, l’atmosphère est différente. Pour moi, le temps y semblait suspendu. Je pense que ma perception de la ville est faussée par ce que j’ai lu ou entendu sur le soulèvement organisé en 1982 par les Frères musulmans, durement réprimé. En juin et début juillet, les manifestations d’opposants qui s’y sont déroulées, infiltrées par des extrémistes armés, ont fait d’importants dégâts. Le gouverneur, partisan de la négociation, avait ordonné aux forces de sécurité et à l’armée de quitter la ville. Il n’a pas pu empêcher les émeutes et pillages qui ont suivi et a été remplacé. Son successeur, Anas Naëm, a repris la situation en main. Il y a eu des combats de rues, des morts et des arrestations. La vidéo qu’il nous a fait projeter témoigne des échauffourées et des destructions, mais la Syrie ne s’est pas «enflammée du sud au nord, d’est en ouest » comme le prédisait le « facebookiste » Rami Abdelrahman, directeur de l’obscur Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH), officine pro-OTAN basée à Londres.

Je pense que les Syriens, dans leur majorité, n’adhèrent pas à la politique du pire. Ils refusent l’irakisation de leur pays. Globalement, Bachar al-Assad est soutenu par ceux qui craignent que les désordres sanglants actuels débouchent sur le chaos. L’intensité du soutien dont il bénéficie dépend en grande partie de cette prise de conscience. L’opposition extérieure surfe, à des degrés divers, sur la vague de mécontentement manipulée par les services secrets occidentaux, saoudiens, jordaniens, turcs. L’opposition intérieure, plus nationaliste, en phase avec les réalités du pays, est en général pour une solution négociée de la crise. Elle répond donc favorablement aux offres de dialogue du régime, trouve que les réformes proposées vont dans le bon sens, même si elle les juge insuffisantes, ce qui normal de la part d’une opposition.

2 – Quelle appréciation générale portez-vous sur les causes et origines de l’actuelle crise en Syrie ? Y voyez-vous le résultat d’un plan de déstabilisation de l’étranger ou un phénomène spontané de décomposition des vieux systèmes autoritaires dans le monde arabe ?

Je pense qu’il n’y aurait pas eu de crise en Syrie - du moins pas maintenant - si les pays de l’OTAN ne s’étaient pas senti dépassés par les révolutions arabes de Tunisie et d’Egypte. Ce qui était en cause, c’était l’inféodation de la plupart des régimes de ces pays aux desiderata politiques et économiques occidentaux, et leur inaptitude à se réformer de l’intérieur.

Tout le monde s’attendait à ce qu’un jour la colère des peuples explose contre l’injustice, la misère, le chômage, l’impossibilité de s’exprimer librement. Il y a longtemps qu’aux Etats-Unis, des think tanks planchaient sur des scénarii de gestion des crises futures. Les stages offerts à des jeunes originaires des pays arabes pour les former aux techniques d’influence via Internet et Facebook le prouvent. Mais loin de moi l’idée que les réseaux sociaux sont à l’origine des « Printemps arabes »… Les messages repris par la presse occidentale sont souvent conçus hors des pays concernés, par des officines spécialisées !

Un exemple… Prenons le cas de Rami Abdelrahman, agitateur syrien dont j’ai parlé tout à l’heure. Sa véritable identité n’est pas établie. Personne ne l’a rencontré, l’AFP l’a interviewé, mais par téléphone. On dit qu’il aurait été formé à Stockholm aux techniques de subversion par réseaux sociaux et Internet, par l’Institut suédois, une institution financée par l’Etat dispensant des cours pour « façonner l’opinion publique » dans le monde arabe. Il affirme diriger un réseau de « 200 correspondants » en Syrie, disposant de matériels de communication sophistiqués et lui rendrait compte « heure par heure » de l’état de la situation… ! Aucun média n’a pris la peine d’enquêter sur cette machine de guerre « droit-de-l’hommiste », pourtant tous répercutent ses communiqués sans se poser de question. Curieux, non ?

Plus menaçant est le jeu des Frères musulmans syriens. Leurs relations avec l’Intelligence Service - MI6 - datent des années 40, celles avec la CIA des années 50. Le soulèvement organisé à Deraa, ville située près de la frontière jordanienne, déclencheur des événements actuels, n’est pas sans rappeler l’ « Opération straggle », montée en 1956 par les anglo-américains avec l’aide des services secrets jordaniens et des Frères musulmans pour se débarrasser d’un gouvernement syrien qui ne leur plaisait pas. Un des organisateurs du complot était Kermit Roosevelt junior, l’homme qui a renversé le docteur Mohammad Mossadegh en 1953, en Iran.

En Syrie, les Etats-Unis ont allumé un contre-feu pour sauver, au moins provisoirement, les régimes qui leur sont inféodés. Rien ne dit qu’ils y parviendront. La panique du roi Abdallah d’Arabie rentrant d’urgence du Maroc, où il était en convalescence, pour étouffer à coup de milliards de dollars le mécontentement dans son pays, est un signe qui ne trompe pas.

3 –Quelles sont selon vous les conditions nécessaires à un scénario de sortie de crise en Syrie? A l’inverse le risque d’une intervention de l’OTAN en Syrie, dans un scénario à la libyenne, vous paraît-il possible ?

Je ne crois pas à un scénario à la libyenne en Syrie. Comme l’a dit Nicolas Sarkozy : « il n'est pas nécessaire, devant des réalités politiques différentes, d'agir chaque fois de la même façon» ! Mais, il ne faut pas se faire d’illusion, l’OTAN ira jusqu’au bout de sa logique.

En revanche, une intervention israélienne au Liban, entraînant la Syrie dans le conflit, est de l’ordre du possible. L’octroi d’un mandat international de l’ONU permettrait alors à l’OTAN, France en tête bien sûr, d’intervenir. Au fond de lui-même, Sarkozy rêve peut-être d’entrer dans Damas, de poser son pied sur le tombeau de Salah Eddine et de dire comme l’a fait le général Gouraud en juillet 1920 : « Réveille-toi Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant» !

4 – L’intervention en Libye a été l’occasion d’une alliance militaire d’un nouveau style entre les monarchies arabes du CCG (avec à leur pointe le Qatar) et l’OTAN. Quels sont les intérêts qui cimentent cette alliance que l’on voit actuellement mettre la pression sur Damas ?

L’intérêt de l’OTAN, occupée par le théâtre d’opération libyen, et du Conseil de coopération du Golfe (CCG) est d’empêcher que les « révolutions arabes » renversent un émir ou un roi arabe. Craignant l’effet domino, ils ont vite étouffé les manifestations de mécontentement au Bahreïn et au Koweït. Les Emirats arabes, l’Arabie, sont des dictatures obscurantistes créées, pour la plupart, par le gouvernement des Indes britanniques et l’Intelligence Service, soutenues par la CIA depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Les rois et émirs arabes savent qu’ils auraient dû être les premières victimes des mouvements de contestation. Ils mettent la pression sur Damas pour retarder leur chute en livrant des armes aux rebelles, entraînent des terroristes et font d’Al-Jazeera une chaîne de propagande occidentale, alors que dans leur pays la liberté de parole n’existe pas. Le pire, c’est qu’ils savent aussi que les Etats-Unis n’hésiteront pas à les lâcher si leurs intérêts sont menacés…

5 – On sait que le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki (chiite), qui subit l’influence contradictoire de l’Iran et des Etats-Unis, est proche de Damas. Par ailleurs certains indices montrent que Damas a soutenu un temps certains groupes de l’insurrection sunnite (le Baas clandestin d’al-Douri, notamment). En quoi a consisté le jeu politique syrien en Irak depuis 2003 ?

La Syrie soutient comme elle le peut la résistance irakienne, tout en entretenant de bonnes relations avec le régime de Bagdad. Elle ne soutient pas seulement le Baas clandestin dirigé par Izzat al-Douri, mais également des courants bassistes dissidents. Il ne faut pas oublier que le Commandement national (pan-arabe) baasiste siégeant à Damas comprend un représentant irakien depuis la scission historique survenue après l’éviction de Syrie du fondateur du parti, Michel Aflak. Depuis avril 2003, je crois qu’à Damas on est conscient que l’opposition baasiste n’a de chance de revenir au pouvoir que par la voie parlementaire. Mais, pour cela, le Baas irakien doit évoluer.

Nouri al-Maliki, réfugié à Damas à l’époque de Saddam Hussein, a eu maille à partir avec Bachar al-Assad lorsqu’il l’a accusé de soutenir le terrorisme, mais tout est rapidement revenu dans l’ordre sur pression de l’Iran. Aujourd’hui, les organisations bassistes irakiennes et le gouvernement de Nouri al-Maliki soutiennent officiellement Bachar al-Assad.

6 – Pour finir, pouvez-vous nous dire quelques mots sur les conséquences du mouvement de révoltes arabes en Irak, pays que vous connaissez bien ?

Depuis l’invasion de 2003, les Irakiens résistent à une double occupation étrangère, américaine et iranienne. Ils manifestent dans les grandes villes du pays tous les vendredis, depuis février, réclamant de meilleures conditions de vie, la fin de l’occupation, des élections véritablement démocratiques. Nouri al-Maliki et Massoud Barzani font tirer à balles réelles sur les rassemblements. Bilan : des dizaines de morts et de blessés. Un journaliste, un des principaux organisateurs des « Journées de la colère irakienne » , a été assassiné dernièrement à son domicile de deux balles dans la tête, après avoir été menacé de mort par des agents du régime. Aux Etats-Unis et en Europe, les médias ne crient pas au scandale, Alain Juppé ne parle pas de crime contre l’humanité, car les tyrans locaux servent, pour l’instant, les intérêts occidentaux. Imaginez qu’un tel événement se soit produit en Syrie…

Kinan Al Kourdi

Mardi 20 septembre 2011

Source : France Irak : http://www.france-irak-actualite.com/...
Publié le 21 septembre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

 http://algerienetwork.com/info/monde/info-monde-/moyen-orient/10272-entretien-avec-g-munier-sur-la-syrie.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


06/10/2011

n°15 - Journal de Syrie - 17-09 au 02-10- o - La prétendue « révolution » syrienne : une guerre impérialiste contre la Syrie.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres so



Journal deSyrie

n°15                                                17-09 au02-10

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Tiré à part

Chatta : Alessia Lai: « Washington encourage la violence en Syrie ».

Fida Dakroub : La prétendue « révolution » syrienne : une guerre impérialiste contre la Syrie.

"Scénario Libyen".  

1  Politique Syrienne 

Politique Interne 

a) Walid Al-Moualem : dénonce les ingérences étrangères qui alimentent la violence.

Les grandes manœuvres en Syrie

a) La naissance par césarienne du conseil transitoire syrien.

Les institutions internationales 

ALBA - TCP

Organisation ALBA - TCP : droit à l’autodétermination des peuples Libyens et Syriens.

3 Les Pays

4 Russie

Moscou refuse de soutenir le projet de résolution.

Churkin : Le projet occidental contre la Syrie au Conseil de sécurité encourage l'attisement de la violence.

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

4-1 Mahmoud Ahmadinejad

4-2 Agnès-Mariam de la Croix : Syrie : Schizophrénie médiatique, l’interview de Sofia Amara



Tiré à part

Chatta : Alessia Lai: « Washington encourage la violence en Syrie ».

La journaliste italienne Alessia Lai s'est étonnée des déclarations de Mark Toner, porte-parole du Département d'Etat américain, dans laquelle il justifiait le recours des opposants en Syrie à la violence contre les forces de l'ordre et l'armée.

Dans une analyse publiée hier par le quotidien italien Rinascita sous le titre /Washington encourage la violence en Syrie/, la journaliste italienne a indiqué que les déclarations américaines s'étaient faite simultanément avec les actes de meurtre perpétrés par les groupes armés contre des innocents syriens, civils et militaires.

"Washington déforme la démocratie et justifie la violence pour servir ses objectifs", indique Mme Lai qui évoque dans ce sens la négligence par le média occidental de parler des personnes armées qui terrorisent et tuent les innocents et les civils.

La journaliste Lai a mis l'accent sur les armes trafiquées par les groupes armés "qui voulaient transformer la Syrie en Emirat façonné par l'Amérique", soulignant que ces armes déployées dans nombre de villes syriennes ont été utilisées par les groupes armés pour assassiner des académiciens et des officiers.

La journaliste a évoqué la réaction courroucée des Syrien pour la visite hier de l'ambassadeur des Etats-Unis au bureau de l'un des avocats au centre de Damas, soulignant que cet avocat, un opposant, était dans son bureau, il n'était ni emprisonné ni torturé par les forces de police.

La journalise a fait noter que les visites de provocation des ambassadeurs des Etats-Unis et de la France dans des villes syriennes visaint à présenter le soutien à tout opposant du gouvernement syrien.

Chatta / Gh.H

.01-10

 http://www.sana.sy/fra/55/2011/10/01/372732.htm


Fida Dakroub : La prétendue « révolution » syrienne : une guerre impérialiste contre la Syrie.

À en croire les dirigeants des puissances impérialistes qui se montrent naïfs et candides, la Syrie aurait été, dans ces derniers mois, l’arène où se confrontent, d’un côté, les « forces du mal », incarnées par le régime et ses adjuvants iraniens ; et de l’autre côté, les « forces du bien » manifestées par « l’âme immortelle » d’un « bon peuple » par nature, malheureusement réduit par le « Tyran de Damas » en une simple populace d’esclaves

Le retour du colonialisme

Il est certain que cette approche superficielle aux violences en Syrie, qui divise le monde, plutôt l’existence avec ses dimensions multiples, en deux forces opposées, celle du Bien (la soi-disant « opposition ») et celle du Mal (le régime), joue un rôle argumentum ad captandum vulgus dans la justification des ambitions de l’impérialisme français et britannique en Afrique du Nord et au Levant, d’où elles y furent chassées le lendemain de la deuxième Guerre mondiale.

Notons à ce propos la dernière visite de Sarkozy et Cameron, maîtres d’œuvre de l’opération militaire par délégation du triumviratus (Sarkozy, Cameron et Obama) en Libye ; une visite qui prépara la table pour charcuter et dépecer la prise de « l’après-Kadhafi ». À Tripoli, ces deux conjurateurs allèrent célébrer leur victoire, encadrés de leurs gorilles locales du CNT et de leurs propagandistes charlatans, tels que les tambours, trompettes et cymbales des médias occidentaux « principaux » et arabes « subordonnés ». [1]

À plus forte raison, il était incontestable que les forces impérialistes préparaient à mobiliser leur artillerie lourde contre la Syrie et son régime, une fois le soi-disant « roi des rois d’Afrique », Kadhafi, serait détrôné. Pour en faire, un deuxième triumviratus (Sarkozy, Erdogan et Obama) naquit. Et les trois triumviri hurlèrent : « Carthago delenga est !Nous devons nous débarrasser du tyran de Damas ! ».

Le causus belli

Dès lors, la Syrie se trouve cible d’une guerre systématique (médiatique, diplomatique et même armée) orchestrée selon le développement des événements sur le terrain. L’exemple le plus significatif de cette campagne féroce nous est fourni par le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui dénonça des « crimes contre l’humanité » en Syrie : « On constate que le régime syrien s’est livré à des crimes contre l’humanité », déclara-t-il à Moscou, le 7 septembre. [2]

En plus, des milliers de chaînes télévisées, des radios, des journaux, des sites et des réseaux sociaux sur internet, partout dans le monde, bombardent intensivement le régime syrien d’adjectifs diaboliques, visant à réduire son image dans la rue arabe, et à le présenter comme simple phénomène sauvage, dépouillé, bien sûr, de toute qualité humaine, donc de tout droit d’exister. Ajoutons que les États-Unis et l’Union européenne ne cessent pas d’appeler le président syrien Bachar Al-Assad à la démission : « … il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir », déclara Mme Ashton ; « Dans l’intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer », expliqua M. Obama ; « Les graves violations des droits de l’Homme en Syrie contre les manifestants pourraient relever de crimes contre l’humanité », indiqua le 17 août un rapport du Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU. [3]

La propagande impérialiste

Il est à noter ici que dans tous les bouleversements politiques sérieux, les machines médiatiques de l’Hégémonie impérialiste y mettent leur grain de sel. Il en va de même, le cas du « Grand Mensonge » de George Bush sur les armes de destruction massive en Irak. La preuve en est que plus de dix ans après l’invasion américaine de l’Irak, les administrations américaines successives n’ont toujours pas présenté la moindre preuve que ce pays avait des armes de destruction massive. Ce qui vient à dire que les masses tombèrent victimes d’une machination de malinformation. Il va de soi que les récentes violences, qui ébranlent la rue syrienne, ne sont pas exemptes de la même machination de propagandes, de mensonges et d’autres manipulations médiatiques, loin s’en faut.

Pour en croire les médias de l’Hégémonie impérialiste, des militants pacifistes et des manifestants non violents auraient passé la journée, pour ainsi dire, à faire la méditation transcendantale ; et pendant la nuit, ils se seraient rassemblés dans des places publiques, pour allumer des bougies aux immortelles âmes des « martyrs de liberté » ; tandis que le « monstre de Damas » s’enorgueillirait dans son harem. Cependant, loin de cette naïveté caricaturale que les machines médiatiques de l’Hégémonie nous créent, une question se pose au préalable : Qui sont-ils ces « militants de liberté » agnus Dei auxquels on fait l’éloge trois fois par jour : au lever, au midi et au coucher ? Qu’est ce qui se passe donc alors ?

L’un des problèmes pour dévoiler le paradoxe syrien c’est qu’il y a effectivement une demande interne réelle de changement. Personne ne nie cette réalité, ni même le régime syrien ne la nie. Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Al-Moualem, a dénoncé le 26 septembre les ingérences étrangères qui manipulent les aspirations légitimes du peuple syrien à des réformes politiques, économiques et sociales, dans un discours prononcé à l’Assemblé générale de l’ONU à New York : « les revendications du peuple ont été utilisées comme tremplin par des groupes armés pour semer la discorde et saboter notre sécurité. La Syrie a exercé sa responsabilité de protéger ses citoyens. Le gouvernement a agi pour garantir leur sécurité et la stabilité du pays », a déclaré M. Moualem en référence à ce qu’il qualifie d’ingérences étrangères. [4]

Aussi, une vaste majorité de Syriens veulent des réformes. Le peuple syrien se trouve indigné, depuis des décennies, de la corruption envahissante et les tentacules des autorités sécuritaires.

La rébellion islamiste armée

Pourtant, cette demande largement répandue de réformes est-elle, comme l’affirme les machines médiatiques impérialistes, à l’origine des violences en Syrie ? S’il est vrai qu’il y a des manifestations dans certaines villes, qu’il y a des morts, que l’armée est intervenue, il n’est pas moins vrai que la Syrie est devenue un terrain de bataille entre les forces armées syriennes d’un côté, et des insurgés islamistes sunnites armés, de l’autre côté, tels que les Frères musulmans, Al-Qaïda, et d’autres groupes salafistes wahhabites.

Ce que les médias aux ordres ne disent pas, c’est qu’il y a une rébellion armée soutenue par l’extérieur, et que la Syrie se trouve face à un causus belli déclaré par l’OTAN et les émirats et sultanats arabes « subordonnés ». Ici, il convient de mentionner que Dimitri Rogozin, délégué de la Fédération de Russie auprès de l’OTAN, commentait, le 5 août dans le quotidien moscovite Izvestia, le rôle que joue l’OTAN dans l’augmentation de la violence en Syrie : « l’OTAN planifie en ce moment une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Bachar Al-Assad avec comme objectif à longue échéance de préparer une tête de pont dans la région pour l’attaque contre l’Iran ». [5]

Aussi, dans un entretien de la chaîne Euronews TV avec Dimitry Medvedev, le président russe avertit des dangers réels que pourrait créer une approche « blanc / noir » à la situation en Syrie : « les manifestants anti-gouvernementaux en Syrie ne sont pas partisans de certains modèles raffinés de la démocratie européenne ». [6]

À plus d’un titre, les événements en Syrie ramène ici une citation de Lénine dans son célèbre Un pas en avant, deux pas en arrière, traitant les mouvements révolutionnaires en Russie : « … lorsqu’une lutte prolongée, opiniâtre et ardente se poursuit, il arrive d’ordinaire un moment où les points litigieux, centraux et essentiels, commencent à apparaître, dont la solution déterminera l’issue définitive de la campagne, et auprès desquels les menus et insignifiants épisodes de la lutte sont de plus en plus reculés à l’arrière-plan ». [7]

Sans nul doute possible, les conflits sociaux et politiques au Levant, passent rapidement en conflits religieux et confessionnels ; et les réclamations sociales se réduisent, malheureusement, en tueries tribales. Cette réalité amère nous offre, au moins, une meilleure lecture de la soi-disant « révolution » syrienne ; une lecture qui se met à distance des fanfaronnades des hâbleurs du « Printemps arabe », écourté, à bride abattue, en « Hiver américain » très funèbre !

Avant toute chose, il est impératif de noter ici, que le Levant constitue un espace hétérogène coupé par des frontières ethniques, linguistiques et religieuses autres que celles imposées par l’accord Sykes-Picot (1916), le lendemain du démembrement de l’Empire ottoman en 1918. En plus, ce qu’il faut aussi noter, c’est que ces frontières intérieures se transforment, rapidement, en des zones des conflits sanglants, une fois qu’un pouvoir central capable de maintenir la paix, serait bouleversé. Considérons l’exemple de l’Irak après l’invasion américaine.

Les évènements en Syrie cachent, en effet, des motivations d’une nature religieuse plutôt que sociale ; en tenant compte du conflit historique entre l’islam orthodoxe (le sunnisme) et l’islam hétérodoxe (le shiisme). Dans un témoignage sur la violence religieuse en Syrie, Hala Jaber pointe la présence d’extrémistes armés (et barbus), agents provocateurs s’employant avec d’assez gros moyens à faire dégénérer les manifestations au départ pacifiques. Elle donne notamment un récit détaillé des graves incidents survenus le 18 juin à Ma’rrat al-Nu’man, ville du nord-ouest : « on voit que les djihadistes y ont fait régner la terreur, et ont versé le sang – alors que l’armée a fait profil bas, pour éviter des incidents. Le récit de l’enlèvement d’un opposant modéré, Mohamed Salid Hamadah, et des tortures et menaces qu’il a subi de la part d’extrémistes sunnites fait froid dans le dos, et laisse supposer ce que serait le climat de la Syrie si elle tombait dans leurs mains ! » [8]

Il est vrai qu’au début des violences en Syrie, les protestations prirent, du point de vue des slogans utilisés (liberté, justice, démocratie, réclamations sociales, etc.), une forme pacifique ; et les demandes des manifestants demeuraient encore à la limite des revendications sociales. Cependant, ces protestations se sont transformées, précipitamment, en actes de violence confessionnelle ciblés contre les minorités religieuses du pays, telles que les musulmans hétérodoxes et les chrétiens.

La conjuration impérialiste

Aussi, les slogans politiques croulèrent en brousse de haine religieuse. Même si le régime politique en Syrie est « contaminé », depuis des décennies, d’une bureaucratie corrompue et contagieuse, il n’en découle nullement de justifier les actes de barbarisme commis par des fanatiques religieux contre les groupes minoritaires et les institutions de l’État.

Dans ce sens, il sera dangereux d’oublier que derrière les réclamations d’une partie du peuple syrien, légitimes au point de départ, se cachent, en effet, les intérêts, pour ainsi dire, des vrais conjurateurs : un bonapartisme caricatural français à la Sarkozy en premier lieu, un impérialisme de carcasses américain à l’Obama, un « humanisme » islamiste turc à l’Erdogan et un wahhabisme « éclairé » arabe à la Saoudienne.

De ce qui vient d’être dit et dans des circonstances pareilles, il est clair d’emblée que la prétendue "révolution" syrienne n’est qu’une machination dirigée alpha et oméga par les centres de pouvoir impérialistes, dont l’objectif fixé à court terme se présente dans le renversement du régime du président syrien Bachar Al-Assad, et à long terme dans la réoccupation du Proche-Orient et la reconstruction de sa carte géopolitique ; un objectif qui nous promet, désastreusement, un futur catastrophique dans la région.

En guise de conclusion, nous trouvons pertinent de raconter une petite anecdote : « Naguère un brave homme s’imaginait que, si les hommes se noyaient, c’est uniquement parce qu’ils étaient possédés par l’idée de la pesanteur. Qu’ils s’ôtent de la tête cette représentation, et les voilà désormais à l’abri de tout risque de noyade ». Ce brave homme, c’était le type même des hâbleurs et fanfaronnades des machines médiatiques impérialistes et leur subordonnées arabes, qui croient, tristement, que les problèmes du monde arabe, tels que le développement social et économique, l’analphabétisme, les droits de l’Homme, les libertés, la démocratie, l’occupation, le confessionnalisme, les droits des minorités, les droits des femmes, etc. seront résolus une fois le régime syrien serait bouleversé.

Fida DAKROUB

Ph.D Études françaises

[1] Selon nous, un média subordonné est un moyen de malinformation placé sous la dépendance d’un autre moyen de malinformation principal. Le subordonné ne peut assurer un message cohérent en dehors de cette dépendance. Par exemple : les médias arabes pétrodalliers entrent en relation de subordination avec les médias occidentaux principaux.

[2http://www.lexpress.fr/actualite/monde/syrie-juppe-accuse_10...

[3] Chitour, Chems Eddine. http://www.legrandsoir.info/face-a-la-democratie-aeroportee-...

[4http://french.peopledaily.com.cn/International/7605693.html

[5http://www.lepost.fr/article/2011/08/11/2566824_syrie-le-rep...

[6http://rt.com/news/russia-syria-medvedev-interview-167/

[7http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1904/05/vil1904...

[8http://www.michelcollon.info/Oui-il-y-a-des-terroristes.html...

URL de cet article 14729 
http://www.legrandsoir.info/la-pretendue-revolution-syrienne-une-guerre-imperialiste-contre-la-syrie.html


"Scénario Libyen".  

Les communistes syriens soutiennent le mouvement pour des réformes démocratiques mais mettent en garde sur l’ingérence impérialiste croissante et les risques d’un "scénario Libyen".  

Communiqué de Husein Nemer, premier secrétaire du Parti communiste Syrien (unifié) 

Nous tenons à vous présenter une brève analyse des événements successifs qui se sont déroulés dans notre pays, la Syrie, afin de mettre en lumière certains faits, d’une part, et tordre le cou à certains mensonges montés de toute pièce et médiatisés par la propagande impérialiste visant la Syrie.

Depuis que les événements ont commencé en mars dernier, des dizaines de chaînes de télévision en Amérique, en Grande-Bretagne et en France, certaines chaînes dans le monde arabe, et des centaines de sites internet ont travaillé d’arrache-pied pour falsifier la réalité sur ces événements, en tout cas pour l’opinion publique mondiale, avec des programmes spécifiques diffusés en ce sens, jour et nuit.

Le président américain fait des déclarations quotidiennes comprenant des menaces directes visant la Syrie, ainsi qu’une ingérence flagrante dans les affaires internes du peuple syrien. Plusieurs hauts dignitaires de l’Union européenne suivent les pas du président américain.

Ces menaces et ces ingérences ont atteint un sommet lorsque le président américain a affirmé l’illégitimité du régime syrien. Des sanctions sévères et injustes ont été imposées au peuple syrien et à son économie. Plus dangereux encore, des plans sont discutés et impulsés par l’OTAN afin de lancer des vagues de frappes aériennes pendant plusieurs semaines contre 30 sites stratégiques en Syrie, ressemblant exactement à ce qui s’est passé en Yougoslavie.

Certains hauts dignitaires européens ne vont pas hésiter à appeler à traiter la situation en Syrie avec des méthodes qui en ferait une pâle copie de la crise libyenne. Des dizaines de milliers de civils ont été massacrés, des dizaines d’usines et de sites économiques ont été détruits par des frappes aériennes, et pendant ce temps, la Libye est divisée.

Des États-membres de l’alliance impérialiste internationale essaient, par tous les moyens possibles, de faire adopter une résolution du Conseil de sécurité condamnant la Syrie, qui serait suivie par des résolutions successives contre la Syrie et la soumettre au chapitre 7 de la Charte de l’ONU, afin qu’une campagne agressive puisse être légitimée. Grâce à l’opposition de la Russie et de la Chine, accompagnées de l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil et le Liban, les tentatives impérialistes au Conseil de sécurité de l’ONU sont tout simplement, jusqu’à présent, un échec.

Toutes ces manœuvres sont justifiées de deux façons :

1. Des manifestants sont tués en Syrie, on a recours à des méthodes sécuritaires dans le traitement des manifestations ;

2. La manipulation des insuffisances du régime en Syrie, tels que le manque de démocratie et le monopole du pouvoir exercé par le parti au pouvoir, afin de faire pression sur le régime pour qu’il adopte des changements internes, bien que tout changement interne doive être considéré comme une partie intégrante de la souveraineté nationale de n’importe quel pays ;

En fait, plusieurs manifestations ont eu lieu dès le mois de mars, appelant à des réformes sociales, économiques et démocratiques. La majorité de ces revendications ont été soutenues par notre parti comme une façon de s’opposer aux effets néfastes de la mise en œuvre de mesures économiques libérales, issues des accords passés avec le FMI, et de la transformation de la Syrie en une économie de marché. Les effets ont été très mauvais sur le niveau de vie des pauvres et des couches moyennes.

La direction politique du pays a été constamment mise en garde, par la presse du parti, des rencontres officielles ou des mémorandums officiels, le dernier il y a cinq semaines de cela. Les manifestations étaient pacifiques.

Elles ont été bien vite manipulées par des religieux fondamentalistes et des groupes radicaux à l’idéologie obscurantiste.

De pacifiques, les manifestations sont devenues armées, visant à atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec des réformes politiques et sociales. Les forces de sécurité ont commis plusieurs erreurs injustifiables dans le traitement de ces manifestations. Des dizaines de civils et de soldats ont été tués. Des gangs armés se sont constitués, attaquant des propriétés publiques et privées, et mettant en place des barricades dans certaines villes où ils ont pris le dessus. Dans les tout derniers mois, ces bandes armées se sont chargées de mettre sur pied des sites armés dans les régions frontalières entre la Syrie, d’une part, et la Turquie, la Liban, la Jordanie et l’Irak pour s’assurer une continuité dans le ravitaillement en armes et en équipements divers.

Quoi qu’il en soit, les bandes armées n’ont pas réussi à établir une base frontalière stable. Cela a coûté à la vie à des centaines de civils et de soldats, plus de 2 000 victimes. Dans le même temps, certains événements ont été exagérés. Des faits ont été falsifiés. Les équipements dernier cri électroniques et médiatiques ont été utilisés afin de faire passer l’armée syrienne comme étant complètement responsable de ces actes, et de déresponsabiliser totalement les bandes armées.

Pressé par les événements, le gouvernement a adopté plusieurs réformes sociales et démocratiques comprenant : l’annulation des lois d’urgence, des tribunaux exceptionnels, et le caractère légal accordé aux manifestations pacifiques. Récemment, une nouvelle loi électorale et une loi permettant la création de partis politiques ont été adoptées. Est en cours de préparation une nouvelle constitution ou une constitution modifiée.

De nouvelles lois couvrant les domaines des médias et de l’administration locale ont également été adoptées.

Les objectifs de ces lois et mesures sont : casser le monopole du pouvoir exercé par le parti Baath, pour établir une société pluraliste et démocratique, pour garantir les libertés publiques et privées, pour aider au développement de la liberté d’expression et à la reconnaissance du droit de l’opposition à une activité politique pacifique.

En dépit de nos réserves quant à certains articles, ces lois sont très importantes. Pendant plus de quarante années, notre parti a lutté pour que de telles lois soient adoptées. Si ces lois étaient mises en œuvre, elles pourraient être un pas important en avant, dans la transition de la Syrie vers une société démocratique et pluraliste.

De vastes secteurs de l’opposition nationale pacifique ont accueilli positivement ces mesures, tandis que l’opposition fondamentaliste et armée s’en tient toujours au slogan du renversement du régime, attisant les tentions communautaires.

Tenter de dépeindre le problème comme s’il s’agissait d’une lutte communautaire ou religieuse serait une falsification flagrante des faits.

Nous pouvons résumer la situation de la façon suivante :

* Les tensions armées dans les villes syriennes ont diminué. Les bandes armées ont subi de lourdes pertes. Cependant, certaines d’entre elles sont capables de reprendre leurs activités.

* Les manifestations pacifiques n’ont pas disparu et ne sont pas confrontées à la violence de l’État, à moins qu’elles se soient accompagnées d’agissements violent.

* L’État a invité l’opposition nationale à participer à un dialogue politique général visant à contribuer à la réalisation de la transition à la démocratie et au pluralisme de façon pacifique. Ce dialogue doit affronter de nombreuses difficultés, la plus importante d’entre elles est la pression de groupes armés qui s’opposent au dialogue pacifique et à une solution pacifique, et dépendant du soutien de l’étranger.

* Les menaces impérialistes et colonialistes contre la Syrie se sont intensifiées. Bien que ces menaces posent de nombreuses difficultés, nous devons être prêts à les affronter.

Pour ce qui est de la situation dans notre pays, il apparaît que :

* Les mouvements de protestation existent toujours à différents niveaux. Ils diffèrent d’un gouvernorat à l’autre. On peut remarquer que la plupart des mouvements partent des mosquées, des zones rurales et des taudis, pour se diriger vers les centres-villes.

* Les mouvements parmi les minorités ethniques ou religieux sont rares. Dans les usines, les universités et les syndicats, il n’y a pas de mouvement.

* Dans les cercles de la grande bourgeoisie, qu’elle soit industrielle ou économique, en particulier dans les grandes villes comme Aleppo, Lattakia et Damas, il n’y a pas de mouvement.

* Il n’y a aucun mouvement parmi les clans et les tribus.

* L’opposition se compose d’un large spectre de partis très divers. Certains sont patriotiques, s’opposant à l’ingérence étrangère et aux bandes armées. De plus, il faut compter avec les Frères musulmans qui peuvent être considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l’étranger.

Il y a également plusieurs groupes traditionalistes avec différentes orientations, dont l’influence devient clairement visible dans des rassemblements et manifestations dans différentes régions. Ces groupes ne cachent pas leurs objectifs qui sont typiquement réactionnaires et sectaires.

Sur place, les groupes les plus actifs et importants depuis le début des manifestations sont les coordinations locales qui comprennent des groupes de jeunes n’ayant pas d’orientations ou de plans idéologiques communs clairs si ce n’est le slogan : « A bas le régime ! ». Ils sont vulnérables aux pressions externes et internes.

* L’opposition en exil composée essentiellement d’intellectuels, de traditionalistes, de personnes qui ont abandonné le régime et ont certains contacts à l’intérieur (Khadam et Refaat Al Assad).

Durant la dernière période, ces forces ont organisé plusieurs conférences à l’étranger (exceptée une rencontre organisée à l’hôtel Samir Amis à Damas par l’opposition interne), dans l’objectif de mobiliser des forces et de coordonner leurs positions Des différences idéologiques, politiques ainsi que d’intérêts l’ont emporté. Certaines forces d’opposition à l’étranger ont travaillé dur pour obtenir le soutien des forces étrangères colonialistes.

* Jusqu’à présent, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne mènent la campagne internationale de menaces et de provocation contre le régime en Syrie visant à imposer de plus en plus de sanctions contre la Syrie, en particulier des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres organisations internationales, la Russie et la Chine continue de s’opposer à de telles sanctions et mesures. La Turquie a choisi une position opportuniste qui fluctue en fonction de ses intérêts régionaux et politiques. Grosso modo, il y a une unanimité internationale dans l’opposition aux mesures militaires directes contre la Syrie, comme cela s’est produit en Libye, étant donné que la Ligue arabe et le Conseil de sécurité de l’ONU n’adoptent pas de résolutions ouvrant la voie à cette perspective. Le conflit sur cette question est féroce.

* Excepté le Qatar qui joue un rôle vital et important dans la conjuration contre la Syrie, il existe différentes opinions et position dans le monde arabe concernant la situation en Syrie.

* Jour après jour, la situation économique se détériore, la pression sur les conditions de vie des masses s’intensifie.

* Le régime est cohérent et offre de grandes potentialités. Cinq mois après le début des événements, aucune des institutions de base (le parti, l’armée, la sécurité, les institutions d’État, les ambassades, les organisations populaires, les syndicats, le Front national progressiste...) n’a connu de divisions.

Assurément, le tableau n’est pas statique, et doit être perçu dans ses aspects dynamiques, son évolution et son développement jour après jour.

Parmi les scénarios possibles :

* La crise pourrait continuer encore pendant une longue période, menant à d’autres catastrophes, bains de sang et souffrances.

* Un effondrement menant à l’anarchie générale, une guerre civile ou quelque chose de ce genre, ouvrant la voie à une intervention extérieure.

* Une division claire dans l’opposition peut se produire, faisant en sorte qu’une partie d’entre elle s’ouvre à un dialogue sérieux avec le régime pour parvenir à un nouveau contrat social dans le pays.

* Un terme aux divergences d’approches et à l’ « immobilisme » en ce qui concerne les forces du régime.

Il y a deux issues possibles : soit l’avancée vers une solution politique à la crise rendant possible une fin rapide et définitive, soit la poursuite du recours au traitement sécuritaire de la crise quel qu’en soit le prix.

Il est difficile de prédire la manière dont une solution décisive sera atteinte.

Certains événements inattendus peuvent se produire, poussant tous les partis à trouver un accord, ou à accepter un accord imposé par des puissances étrangères pour aider le pays à trouver une issue au tunnel dans lequel il s’est engouffré.

Où en est le parti désormais ?

Pour commencer, nous aimerions attirer votre attention sur le fait que notre parti a envoyé un mémorandum au commandement régional à la veille de la 10ème conférence nationale du parti Baath en 2005. Le parti a demandé à ce que l’État soit séparé du parti, que la démocratie et les libertés soient garanties, que les lois d’urgence soit levées, qu’une loi démocratique pour les partis soit adoptée, que les prisonniers d’opinion et politiques soient libérés, que l’on mette un terme à la domination du parti Baath sur les syndicats, que la corruption soit combattue, etc.

En outre, nous tenons à ajouter que le parti a affirmé, dans tous les documents adoptés dans la dernière période, qu’il soutenait la position nationale de la Syrie.

Pour réaliser cet objectif, les besoins sociaux, économiques et démocratiques des masses populaires doivent être satisfaits. Nous avons discuté en détail de ces revendications dans nos conférences et documents.

Dans son analyse de la crise profonde actuelle de notre pays, notre parti avait indiqué clairement que la principale contradiction se trouve entre la formule politique selon laquelle le pays est gouverné depuis des décennies et les revendications de démocratie, de développement social, économique et culturel dont a besoin la société Syrienne.

Le fond de notre position, c’est que cette formule politique repose sur le monopole de l’autorité par le parti Baath, la tutelle sur le mouvement populaire et ses organisations. Cette formule a mené à la décadence et à la bureaucratie, et à la corruption de l’appareil d’État. Par conséquent, les plans de réforme économique et sociale doivent être pris en considération, mis au niveau des exigences de progrès.

En bref, notre parti estime que le fond de la crise actuelle réside dans le décalage entre la structure du régime et les tâches que doit affronter la Syrie. Dans le même temps, le parti insiste sur le fait que l’ennemi et les forces impérialistes font de leur mieux pour utiliser ce décalage interne pour rendre possible la conjuration contre la Syrie, et l’utiliser comme un cheval de Troie pour servir son objectif bien connu, comme nous l’avons mentionné ci-dessus.

En conséquence, le Parti communiste syrien (unifié) n’est pas neutre pour ce qui est de l’alternative nécessaire, d’une part, et des moyens nécessaires pour atteindre cet objectif, d’autre part.

Une solution politique passant par la poursuite de réformes véritables et radicales est la seule issue à la crise. Les mesures sécuritaires ne font que développer les facteurs de la crise, et l’approfondir toujours plus tout en vidant de son sens le contenu des réformes.

Nous affirmons que la situation actuelle rend nécessaire un dialogue constructif et loyal entre toutes les forces patriotiques et honnêtes, indépendamment des différences d’opinions et d’idées dans l’objectif de parvenir à un accord ou à un plan de réformes radicales répondant aux besoins des masses populaires et des garanties sur la création d’un État civil laïc et démocratique s’opposant aux plans impérialistes et Israéliens dans la région.

Si le dialogue nécessite l’existence d’un climat propice, le dialogue même pourrait contribuer à créer un tel climat, car les autres options ne conduiraient qu’à de nouveaux bains de sang, de nouveaux désastres pour le pays et pour le peuple.

Chers camarades,

Étant donné la faiblesse des médias syriens face aux gros médias de l’impérialisme, à la mobilisation des forces du monde entier contre la Syrie, et à l’alliance antisyrienne composée des puissances impérialistes ainsi que de leurs marionnettes dans la région, y compris la Turquie, qui a adopté une politique pragmatique pour se partager l’hégémonie dans la région avec les pays européens, pour toutes ces raisons, notre parti espère que tous les partis communistes, ouvriers et démocratiques dans le monde contribueront à diffuser ces précisions dans l’opinion publique de leurs pays respectifs.

Ainsi, nous appelons ces partis à soutenir la Syrie car elle est le plus important des pays arabes à résister aux plans impérialistes de domination du Moyen-Orient, et à s’opposer fermement au plan américano-israélien visant à diviser la région en diverses entités communautaires dont le contrôle serait rendu plus facile. La Syrie soutient également la résistance nationale en Palestine, au Liban et en Irak. De plus, elle soutient le droit du peuple Palestinien à libérer ses territoires et à fonder un État national avec Jérusalem comme capitale.

Husein Nemer

27 septembre 2011 –

Solidarité internationale PCF - Traduction JC pourhttp://solidarite-internationale-pc...



Lutte pour la libération du territoire

1  Politique Syrienne 

Politique Interne 

a) Walid Al-Moualem : dénonce les ingérences étrangères qui alimentent la violence.

Dans un discours prononcé à l'Assemblée générale des Nations Unies, le Ministre des affaires étrangères de la République arabe syrienne, Walid Al-Moualem, a dénoncé lundi les ingérences étrangères qui manipulent les aspirations légitimes du peuple syrien à des réformes politiques, économiques et sociales.

« Les revendications du peuple ont été utilisées comme tremplin par des groupes armés pour semer la discorde et saboter notre sécurité. La Syrie a exercé sa responsabilité de protéger ses citoyens.

Le gouvernement a agi pour garantir leur sécurité et la stabilité du pays, » a déclaré M. Moualem en référence à ce qu'il qualifie d'ingérences étrangères.

Le Ministre des affaires étrangères syrien est revenu sur l'annonce le 20 juin par le Président Bachar Al-Assad d'une série de réformes destinées à garantir le pluralisme politique, la liberté de l'information et l'indépendance des médias, la préparation d'élections législatives et une réforme des administrations locales.

« Le Président a annoncé que ces réformes seront mises en œuvre en six mois tout au plus selon un calendrier établi par le gouvernement. Les réformes demandent un dialogue national approfondi pour arriver aux mécanismes et résultats recherchés. Ce dialogue a débuté il y a quelques semaines au niveau régional. Des représentants des différents secteurs de la société syrienne, y compris de l'opposition, se sont réunis pour examiner les composantes politiques, économiques et sociales des réformes proposées, » a dit M. Moualem.

Le Ministre des affaires étrangères syrien a déploré les ingérences étrangères dans le pays à ce moment décisif pour le pays. La Syrie avait attendu un soutien des pays qui l'avaient encouragé à enclencher des réformes, au lieu de quoi certains ont incité à la défiance.

« La violence armée surgit en tandem avec les multiples sanctions économiques. En visant l'économie syrienne avec des sanctions, les Etats-Unis et l'Union européenne mettent en danger les intérêts et les moyens de subsistance du peuple syrien. Cela est incompatible avec les déclarations exprimant leur préoccupation pour les intérêts, la sécurité et les droits du peuple syrien, » a souligné le Ministre des affaires étrangères.

« La Syrie a offert un modèle de coexistence pacifique entre les différentes composantes de la société syrienne à la région. C'est un modèle qui mérite d'être reproduit ailleurs. Nous avons opté pour le sécularisme pour promouvoir l'unité nationale réunissant toute la diversité confessionnelle et ethnique de la région à laquelle appartient la Syrie, une région qui fut le berceau des civilisations humaines et des religions monothéistes. La campagne anti-syrienne injuste qui se déroule sous nos yeux est une attaque contre le modèle de coexistence qui est une source de fierté de notre peuple, » a poursuivi M. Moualem.

Le Ministre syrien des affaires étrangères a promis que la Syrie continuerait d'œuvrer pour la sécurité et la stabilité et pour le processus de réformes qui fera en l'espace de quelques mois de la Syrie un modèle de pluralisme politique et un oasis de coexistence pacifique.

M. Moualem a appelé la communauté internationale à reconnaitre l'indépendance de la Palestine sur le territoire occupé par les Israéliens en 1967 comme un premier pas vers la restauration des droits des Palestiniens. Le Ministre a aussi rappelé le droit inaliénable de son pays à libérer l'ensemble du Golan syrien occupé.

« Notre position pour déclarer le Moyen-Orient comme zone exempte d'armes nucléaires est bien connue. Nous continuerons d'appeler à une pression internationale sur Israël pour que ce pays mette en œuvre les résolutions internationales qui lui demandent d'accéder au Traité de non-prolifération et de soumettre ses installations nucléaires aux contrôles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), » a dit M. Moualem.

26 septembre 2011 –

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=26451&Cr=Syrie&Cr1=



Les grandes manœuvres en Syrie

a) La naissance par césarienne du conseil transitoire syrien.

Ndlr : La publication des articles  ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

Comme en Libye, un conseil transitoire est né en Syrie. Mais bien malgré les Syriens, semble-t-il.

Soit en l’absence de figures importantes de l’opposition syrienne, soit en annonçant la présence de certaines alors qu’elles n’ont jamais donné leur consentement !
  «  Ce conseil sera d’une grande nuisance à la révolution syrienne », a déclaré l’opposant Sobhi Hadidi pour le quotidien londonien arabophone AlQuds AlArabi. Et d’ajouter : «  ce genre de conseil n’aboutit nulle part. Leur timing est souvent précipité. Leurs dégâts seront supérieurs à leurs avantages prévisibles ». S’expliquant encore plus, Hadidi a dit craindre que ce conseil ne soit un piège pour avoir recours aux puissances internationales, et introduire  une ingérence extérieure ce qui est totalement rejeté par la rue syrienne.
Hadidi est loin d’être le seul à avoir refusé de rejoindre ce conseil. Sur les 140 membres attendus, seuls 70 étaient au rendez-vous turc, à Istanbul. Michel Kilo fait partie de ceux qui refusent aussi de le rejoindre. Sans oublier Aref Dalila, Haytham Maleh, Maamoume AlHomsi et Mountaha AlAtrache.
A l’instar de nombreux autres membres de l’opposition syrienne, Bourhane Ghalioune, lequel avait été désigné président du Conseil national syrien à la fin du mois d’aout, fait partie des grands absents à cette tribune. Il a déclaré ne pas avoir été consulté pour y participer et qu’il n’a pris connaissance de sa désignation qu’à travers les medias. Certaines organisations ont-elles aussi dénoncé le fait d’avoir été inscrites arbitrairement dans la liste de celles qui furent consultées lors de la création du conseil, alors qu’elles ne sont pas concernées.
Par ailleurs les Frères musulmans et le bloc national kurde de l’intérieur n’ont pas encore envoyé les noms de leurs représentants.
Dans une conférence de presse organisée à Istanbul, à l‘issue de 4 jours de tractations du CTS, Bassma Kadmani qui est une syrienne résidente en France, l’objectif du conseil est de renverser le régime des Assad dans un délai de six mois. Kadmani n’a pas exclu une intervention étrangère en Syrie, sous prétexte que le nombre de Syriens qui l’exigent est en forte augmentation, d’après ses dires.
Selon Adib Tchaychakli, fils d’une famille de politiciens connue en Syrie, la démarche suivante du CTS est l’obtention d’une reconnaissance internationale.

Alors qu’un autre membre du conseil, Yasser Tabbar a déclaré à l’AFP que le conseil n’a pas encore élu de président et devra le faire ultérieurement. Citant un autre membre, Oubayda Nahhas, l’agence de France presse indique que le Canada, la Hollande, le Japon et le Soudan ont dépêché des diplomates à la rencontre en tant que surveillants. 

17 Septembre

 http://www.alterinfo.net/La-naissance-par-cesarienne-du-conseil-transitoire-syrien_a63810.html



Les institutions internationales 

ALBA - TCP

Organisation ALBA - TCP : droit à l’autodétermination des peuples Libyens et Syriens.

Les ministres d'affaires étrangères bolivariens pour les peuples des Amériques, réunis à Caracas - Venezuela, le 9 septembre 2011 rappellent le communiqué spécial du conseil politique du 4 mars et le communiqué du conseil spécial des nouvelles ministérielles aire sociale du 19 mars 2011, condamnant l'intervention de L'Otan en Libye et l'agression militaire illégale menée par une résolution du conseil de sécurité opportuniste, exploitant une situation de conflit politique interne de ce pays.
Ils affirment que L'Otan a mené une opération militaire en Libye en vue d'un changement de régime, selon la doctrine d'une guerre préventive, manipulant
Les Nations Unies en fonction de ses intérêts géopolitiques et économiques, en violation de la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité.
Ils exigent l'arrêt immédiat et inconditionnel des bombardements de L'Otan sur le territoire Libyen.
Ils déplorent le fait que L'Otan n'a pas tenu compte des efforts insistants de L'Union Africaine pour trouver une solution de dialogue et de paix dans le conflit interne en Libye.
Ils déplorent également le rôle et la complicité des grands médias internationaux qui ont rejoint les intérêts des agresseurs et ont faussé les informations sur ce qui se passe en Libye.
Alba - TCP, exprime aussi leur préoccupation la plus urgente au sujet des menaces des pays agresseurs, de répéter la même action contre la Syrie, profitant des difficultés politiques que vivent les Nations Arabes.
L’organisation ALBA - TCP réitère son engagement le plus ferme au droit à l’autodétermination des peuples Libyens et Syriens.
Rejette avec la plus grande fermeté toute tentative de transformer la Libye en un protectorat de L'OTAN ou du Conseil de Sécurité de L'ONU.
AFIN DE CONTRIBUER Á SOUTENIR LES EFFORTS DE PAIX AUXQUELS PRÉTENDENT LA PLUPART DES PEUPLES DU MONDE, LES MINISTRES ONT CONVENU D'ORIENTER LES ACTIONS SUIVANTES:
Promouvoir la discussion à l'assemblée générale des Nations Unies sur les dangereux précédents qui ont été créés autour de Libye et la protection des droits souverains des Nations Arabes en Afrique, afin de s'assurer que la Libye ne devienne pas un protectorat de L'OTAN ou du Conseil de Sécurité de L'ONU.
Promouvoir la création d'un groupe de travail au sein de l'Assemblée Générale, afin d'étudier et de surveiller l'utilisation des fonds gelés appartenant à la réserve financière de la Libye, demander un auditorat sur les résultats et les conclusions.
Faire appel à la communauté internationale afin de demander une enquête sur les crimes commis par L'OTAN à commencer sur le préjudice souffert par le peuple Libyen, la destruction des infrastructures et les morts qui ont suivi lors des bombardements, la même demande en ce qui concerne la manipulation et le mensonge médiatique mis en marche par l'Empire pour justifier l'agression armée contre le peuple libyen.
Demande au secrétaire général de L'ONU une totale transparence des Nations Unies et l’entière responsabilité aux États Membres, concernant leur action sur les questions de la Libye et la Syrie et soulignent que leur rôle devrait répondre à des mandats approuvés par l'assemblé générale avant de prendre des mesures supplémentaires pour intervenir en Libye.
L'ALBA- TCP demande aussi de rencontrer le secrétaire général des L'ONU pour discuter de la situation en Libye.
Soutenir les efforts de l’Union Africaine pour la paix en Libye.
Exprimer leur rejet du siège correspondant à la Libye auprès des Nations Unies, occupé par une autorité de transition illégitime imposée par une intervention étrangère et demandent de promouvoir un débat au comité de vérification de l'assemblé générale des Nations Unies, visant à prévenir que la siège de la Libye soit occupé, jusqu'à ce que soit constitué légitimement et sans intervention étrangère un gouvernement qui soit l’expression libre et souveraine de la volonté du peuple Libyen.
Proponer au gouvernement deDamas d'envoyer une mission des hauts représentants ou des chanceliers de ALBA - TCP et dans le cas qu'elle soit acceptée, envoyer le rapport de la gestion aux pays d'Amérique Latine et des Caraïbes à travers L'UNASUR, LA CARICOM, DU SICA, et le forum unifié CALC-GROUP RIO. Invitation à participer à ceux qui souhaitent se joindre a cette initiative.
Promouvoir le débat au bureau de coordination du MNOAL, sur les dangers qui pèsent sur la Syrie.
Prise en charge de la résolution des Non Alignées du Conseil de Sécurité, du projet parrainé par la Russie et la Chine à l'égard de la Syrie.
Envoyer cette déclaration au secrétaire général des Nations Unies et solliciter qu'elle soit distribuée entre les États Membres de L’organisation des Nations Unies comme document officiel de l'assemblée générale.



3 Les Pays

4 Russie

Moscou refuse de soutenir le projet de résolution

La Russie refuse de soutenir le projet de résolution sur la Syrie proposé par les pays occidentaux au Conseil de sécurité de l'Onu, notamment en raison du précédent libyen, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
"Nous ne pouvons pas octroyer notre soutien au projet avancé par les pays occidentaux. Ceci est lié, entre autres, à l'expérience en Libye", a indiqué le ministre lors d'une interview accordée à la chaîne télévisée Rossia 24.
"J'estime qu'il est simplement irresponsable de proposer d'imposer à la Syrie un train de sanctions si simpliste sans annoncer la ligne d'actions que vous entendez suivre à l'avenir", a déclaré le chef de la diplomatie russe. 
Le ministre a souligné que
l'UE et les Etats-Unis avaient imposé des sanctions unilatérales à l'encontre de la Syrie sans avoir consulté  Moscou.
"Et voilà qu'ils se présentent au Conseil de sécurité de l'Onu et nous demandent d'approuver une ligne sur laquelle ils ne nous ont jamais consulté", a affirmé le ministre.

27 septembre

RIA Novosti


Churkin : Le projet occidental contre la Syrie au Conseil de sécurité encourage l'attisement de la violence.

Le délégué permanent russe auprès des Nations-Unies, Vitaly Churkin, a indiqué que le projet de résolution proposée par les pays occidentaux à propos de la Syrie, de même que les déclarations proférées depuis certaines capitales ne contribuent qu'à l'escalade de la violence en Syrie.

"Ce projet prouve que les pays qui l'ont proposé adoptent toujours la même position appuyant les actes de sabotage en Syrie, ces actes qui aboutiront à de mauvais résultats", a estimé M. Churkin cité par le site internet de "Russia Today".

28 Sept 2011

 A.A. & T. Slimani



4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

4-1 Mahmoud Ahmadinejad

sur Euronews le 05 août 2011

vidéohttp://www.youtube.com/watch?v=qx9pdPk_G9c&NR=1


4-2Agnès-Mariam de la Croix :Syrie : Schizophrénie médiatique, l’interview de Sofia Amara

Chers amis ,

Le "récit" de l’odyssée de Sofia Amara en Syrie accordé en interview à La Vie et reproduit sur le site Chrétiens de la Méditerrannée est un faux, un apocryphe. Je ne sais même pas si elle est vraiment venue en Syrie. J’ai demandé aux autorités religieuses de le savoir. Je vous en avertirai. Si elle n’est pas venue, c’est scandaleux. Et si elle est venue c’est encore plus scandaleux.
Voici ma réponse.

La révolte du peuple syrien et sa sanglante répression. Tel est le titre de l’interview accordée par Sofia Amara au magazine La Vie, repris par Chrétiens de la Méditerranée. Les assertions concernant la réalité de la répression sanglante en Syrie avaient effectivement besoin d’une enquête sérieuse. Enfin voilà une professionnelle qui a déjà accompagné les révolutions arabes avec ses aptitudes non seulement journalistiques mais aussi philosophiques qui prend la peine de nous renseigner.

C’est donc avec avidité que j’ai avalé cette première entrée d’un menu que le magazine la Vie annonce comme « copieux » grâce à un documentaire de Arte qui sortira le 11 octobre. Attablée, d’autant plus goulument, que notre protagoniste semble avoir risqué sa vie pour nous contenter, quel constat tirer de cette avant-première ?

On est attendri de constater les subterfuges utilisés pour « passer inaperçue » qui la font partir « en couple » en Syrie, totalement ignorante du fait que dans les pays arabes d’obédience musulmane, la femme qui voyage avec un homme qui n’est pas son mari est entachée de concubinage et…considérée comme une paria ??? Imprudence ou ingénuité au départ ? Bref, elle débarque dans un pays qui fait 185.000 km2 mais sans savoir où tourner ? La peur lui a-t-elle fait perdre son professionnalisme ? Peur dans un pays qu’elle nous décrit, avant même de l’avoir ausculté en (vraie) journaliste, comme étant peuplé de « chabbiha » qu’elle définit comme des « miliciens en civil » alors que, dans la nomenclature syrienne populaire, ce terme désigne les contrebandiers armés qui se croient tout permis pour défendre leurs intérêts contre la population et contre les forces de l’ordre. Premier revers technique.

A peine atterrie voici donc notre journaliste frappée de paranoïa : ce pays qu’elle vient découvrir, elle y voit déjà partout des espions de la dictature, y compris les (pauvres) femmes et les enfants. Une de mes sœurs syriennes qui a lu ce récit me dit à l’instant, offusquée : « pour qui nous prend-t-elle ? ».

Ramenée à la réalité, Sofia doit aussi montrer patte blanche aux manifestants eux-mêmes qui finissent par saluer en elle la journaliste française. Mais voilà qu’en essayant de tranquilliser les uns, elle met en émoi les autres, les sbires de la dictature qui la découvrent. Oh suspense ! Que va-t-il se passer ?

Gourmands de détails qui accableraient le régime, on s’attendait à des exactions, à une prise à partie ou à des coercitions. Mais il n’en est rien. Les agents omniprésents du régime laissent faire notre héroïne ! C’est le miracle ! Une première sensationnelle ! Un régime qui a refusé aux chaînes satellitaires les plus prestigieuses et aux réseaux les plus puissants de la planète de se déplacer librement sur son territoire, devient bon enfant et laisse notre « journaliste française » filmer les manifestations sans permission ni censure !!! C’est le clou du récit. Au moment où les ambassadeurs accrédités en Syrie sont interdits de circuler en dehors de la zone de Damas, et où l’ambassadeur de France lui-même est accueilli par la population par des jets d’œufs et de tomates, voilà que notre journaliste, bien que dévoilée par les autorités, a été laissée en liberté absolue. C’est ubuesque. Elle a ainsi rôdé dans un rayon de deux cents kilomètres sans que personne ne la harcèle ou ne l’en empêche. Comment expliquer cette bonhomie de la part d’une dictature sanguinaire ? Mystère. Notre amazone met en place un scénario qui n’a rien de convaincant pour parer à l’énormité qu’elle nous sert : c’est à l’aéroport que les malandrins se vengent sur elle de leur laisser aller incompréhensible. Une heure et demie d’interrogatoire de laquelle elle sort victorieuse grâce au « souk » qu’elle a vaillamment mis en scène et, surtout, parce que les policiers étaient incompétents. Constat abasourdissant : la dictature qu’elle cherche à nous décrire est en fait à l’eau de rose. Aussi notre protagoniste s’en sort saine et sauve et peut quitter la Syrie corps et biens, malgré ses effractions, avec, en plus, cerise sur le gâteau, une copie de ses rushes dans la poche… J’aimerai savoir si dans n’importe quelle démocratie au monde on pourrait filmer impunément des séquences qui compromettent les dirigeants, mieux, l’Etat lui-même en proie à une insurrection, déjà armée, et s’en sortir à si bon compte ???

On dirait que le but de l’article est de réhabiliter indirectement le régime syrien qui, à défaut d’être implacable comme on le dit, est ignare. C’est quand même scandaleux.

Mais passons outre. Ce qui importe ce n’est pas l’apéro mais le plat de résistance.

Qu’allons-nous goûter de l’Odyssée de notre nouvel Ulysse ?

Sans savoir où filmer, Sofia se retrouve pourtant parachutée à Rastan, à cent quatre vingt kilomètres au Nord de Damas, dans la voiture d’un Omar, coordinateur de la révolution sur place. Elle ne veut pas le nommer par mesure de précaution mais, faux-pas dangereux…elle le fait repérer quand même à cause d’une faute professionnelle de sa part qui révèle sa plaque d’immatriculation. Difficile d’imaginer une plus grande maladresse, sauf si elle est pour servir la « bonne cause » : nous faire croire qu’elle a été vraiment présente en Syrie et que ce que nous voyons est bel et bien localisé. J’espère ne pas faire une calomnie !

Mais, ressentant de plus en plus un creux à l’estomac, continuons notre lecture, qui sait si j’arriverai à croquer quelque chose de consistant ?

Qui sont les activistes que Sofia Amara a rencontrés dans son périple ? Voilà des personnages qui nous intéressent enfin. Ce sont dit-elle des étudiants en finance et en droit international. Elle ajoute pour nous attendrir qu’ils sont « des chômeurs ». Depuis quand un étudiant est-il au chômage ? Elle assure que, dans leur majorité ce sont des sunnites, et elle les « oppose » à la « minorité » qui sont alaouites, chiites au pouvoir. Voilà qui est tendancieux et vise à mettre en relief les différences qui séparent et non les points communs qui unissent un peuple. Ces « sunnites », elle affirme que leur motivation est avant tout politique et non religieuse alors que tous les médias, et elle-même aussi les abordent à partir de leur spécificité religieuse ??? En effet, si le projet est politique et non religieux pourquoi prendre la peine d’étiqueter les personnes à partir de leur appartenance religieuse ?

« Tous, dit-elle, d’un ton faussement œcuménique, souhaitent l’avènement de la démocratie et se considèrent comme un seul peuple ». Tableau idyllique que tous nous souhaiterions être vrai mais qui est malheureusement faux et, même, frauduleux de la bouche de quelqu’un qui prétend avoir « vu » alors que l’opposition est divisée en factions antagonistes et peine à se souder, alors que la fracture confessionnelle est sans cesse alimentée et ravivée. Le comble c’est lorsque je l’entends parler de Hama en la soustrayant à l’égide des frères musulmans alors que l’administration américaine elle-même assure que les frères musulmans sont l’option pour le futur de la Syrie, avalisant expressément la visite de son ambassadeur en cette ville pour montrer son appui à cette faction considérée comme « martyrisée ». Il est vrai qu’il y a eu une répression terriblement sanglante de la part de Hafez El Assad mais elle avait été précédée par des mois d’attentats et d’assassinats sur tout le territoire syrien, culminant dans le massacre du corps des cadets de l’armée.

Lorsque Sofia Amara assure que les gens de Hama veulent un régime laïc et même juif nous tombons dans la schizophrénie médiatique. Aussi nous qui vivons en Syrie et avons des parents, des amis, des ouvriers, des contremaîtres et des connaissances un peu partout nous relevons ce qui suit :

1-Les manifestations ont lieu les vendredis au sortir des mosquées, pourquoi ?

2-Les slogans sont des slogans de plus en plus religieux : des « Allah hou Akbar » (Dieu est grand), « Hayya alal jihâd » (allons à la guerre sainte) et des inepties contre le régime et contre les citoyens qui sont d’une autre religion : « les Alaouites au tabout-tombeau- et les chrétiens à Beyrouth ».

3-L’insurrection n’est plus le fait de jeunes « étudiants en finance et en droit international mais, de plus en plus, celui d’une majorité de personnes peu éduquées acquises au fondamentalisme musulman ou à la dissidence pour la dissidence sans aucun projet viable autre que la « chute du régime ».

4-Cette insurrection est armée et appuyée par des escadrons de la mort qui se manifestent de plus en plus et terrorisent la population et les forces de l’ordre.

5-Tous les médias excitent insidieusement les différences religieuses de sorte que la guerre confessionnelle est aux portes. Avec l’assassinat, le viol et les exactions des sunnites fondamentalistes contre les alaouites ou les chrétiens on cherche à créer une contre-réaction qui tarde à venir, précisément parce que l’Etat empêche la riposte. Il y a eu des réponses ponctuelles, comme à Qusayr, qui n’ont duré que quelques heures après une agression de la part des islamistes.

6-Nous sommes en train de créer un réseau d’information pour mettre au courant les personnes désireuses de savoir la vérité sur les exactions quotidiennes dont sont victimes les civils et les forces de l’ordre de la part des rebelles.

Pour finir, j’aimerai aborder ce que dit Sofia Amara au sujet de Homs. Et je me permets de le faire face à face : « Madame Amara, vous mentez en relatant la situation de Homs. Vous vous révélez manipulatrice en parlant à la place des chrétiens qui, à Homs, ont eu plusieurs jeunes assassinés par les rebelles et non par les forces de l’ordre et quatre filles enlevées et violées. Nos prêtres et nos coreligionnaires sont sur place et peuvent vous renseigner. Nous sommes sur place et vous, on ne sait même pas, si vous êtes vraiment passée par la Syrie comme vous le prétendez. Pour faire entendre un autre son de cloche, et libre aux lecteurs de fixer leur opinion, je mets en annexe les propos que j’ai recueillis moi-même du curé de Bab Sbah, le fief même de la rébellion à Homs. Ils verront que votre version n’est pas la bonne.

Concernant les chrétiens qui vous sont antipathiques, on le sent, sachez que le régime Assad n’a rien fait pour rassurer les chrétiens. Il continue imperturbablement à être ce qu’il est, tout en engageant les réformes qui lui semblent nécessaires, imposées par la majorité silencieuse. Les services secrets continuent à être aussi inflexibles que d’habitude. A Homs ce ne sont pas des iraniens chiites mais des afghans, des irakiens, des jordaniens et des libanais sunnites qui ont été attrapés par les jeunes des comités populaires comme je l’ai déjà dit dans un autre article.

L’armée syrienne n’a besoin de personne pour agir, surtout pas du Hezbollah qui est insignifiant pour le million d’hommes qui forme les effectifs de ses troupes et des autres corps des forces de l’ordre. Ce sont les insurgés qui ont besoin d’être aidés et ils le crient à tue-tête et réclament une ingérence étrangère ce qui leur a valu la grogne de certains ténors purs et durs de l’opposition.

Permettez-moi de le dire : Vous êtes malveillante Madame Amara lorsque vous parlez de l’armée syrienne qui est une armée nationale, comme si elle était une milice. Vous êtes dans la rancœur et la haine lorsque vous décrivez de cette manière fausse et hypocrites les hôpitaux dont nous connaissons les médecins qui se dévouent sans cesse auprès des victimes, qu’elles quelles soient.

Et, pour terminer, vous nous servez le gâteau en affirmant à tue-tête qu’à cause de votre reportage qui n’a pourtant pas encore été publié des Syriens ont été arrêtés ? Par qui ? Et pourquoi ? Puisque nul n’a encore vu votre reportage. Et si on l’a fait pourquoi ne vous a-t-on pas arrêtée vous, Madame Amara ? Par peur de votre souk ? Ou par incompétence des policiers ? Votre récit ne tient pas la route, il est un conte à dormir debout. Et, ce qui est pire, vous nous prenez pour des imbéciles.

Ce que vous nous servez est en fait un faux-témoignage. Vous n’avez même pas pris la peine de l’agencer d’une manière crédible. Et pourquoi vous dérangeriez-vous ? Vous avez une audience anesthésiée par les mass média de la fraude qui s’est pliée à avaler tout ce qu’on lui sert. Bon appétit à nous tous ! Et dommage pour les plateformes qui vous accordent une crédibilité qui demeure, malgré tout, indigeste.

Agnès-Mariam de la Croix

ANNEXE

Le curé de Bab Sbah, à Homs, relate ce qui suit le 25 septembre 2011 :

« Ces deux dernières semaines la situation à Homs était des plus tendues.

La population sunnite de Bustan Diwan, Bab Dreib, Bab Sbaa, s’était ralliée à 30 % à Bilal El Ken, Emir autoproclamé de la principauté (Imârat) de Homs. Ce dernier avait loué de la famille Traboulsi une grande villa dans le quartier huppé de Warcheh où il avait installé son Quartier Général. Ce Bilal El Ken, était fort de plusieurs centaines d’hommes, armés jusqu’aux dents. La plupart sont recrutés parmi les artisans de la classe pauvre de Homs. De toute évidence ils ne sont pas entraînés au port des armes ce qui les rend plus dangereux car ils tirent dans tous les sens, surtout lorsqu’ils sentent le danger. Mais ils sont encadrés par des professionnels de la nébuleuse salafiste internationale : afghans, irakiens, séoudiens, libanais ou jordaniens. Les jeunes des Comités populaires en ont capturés quelques-uns. Ces groupuscules ont pour mission de terroriser les forces de l’ordre et l’armée pour les faire démissionner ainsi que de dissuader la population au cas où elle chercherait à contredire l’opposition.

Profanation à l’église de Saint Elian et enlèvement de jeunes chrétiennes

Depuis une dizaine de jours les salafistes ont forcé la porte de l’antique église Saint Elian à Homs. Ils pensaient que les ustensiles sacrés étaient en or aussi les ont-ils raflés. L’Evêque grec-orthodoxe a eu le courage d’aller voir l’Emir de Homs, Bilal El Ken. Il lui a dit « Nous sommes des frères et avons toujours vécu ensemble. Pourquoi tu nous a pris nos vases sacrés ?, tu dis que tu te passes des forces de l’ordre, il t’appartient donc de nous défendre ». Bilal a rassuré l’Evêque sur les intentions des insurgés mais a nié avoir commandité la rafle.

Puis les sbires de Bilal El Ken enlevèrent quatre filles chrétiennes d’un minibus faisant l’aller retour de Homs à Zeidal. L’une d’entre elles, Maya Semaan, fut rendue au bout de quatre jours, de toute évidence violée. L’armée intervint alors pour mettre une limite aux exactions des salafistes. Bilal fut tué le 7 septembre 2011 durant les affrontements et son quartier général fut perquisitionné. On y trouva les vases sacrés volés et ils furent rendus à l’église de Saint Elian.

La désinformation assure que Bilal EL Ken est un officier dissident faisant partie de l’armée libre de Syrie. Il n’en est rien. Les salafistes ont mis la main sur un dépôt d’uniformes de l’armée syrienne. Ils s’en revêtent et se font passer pour des officiers et des soldats repentis. Ce sont les gens du quartier de Bilal à Bab Sbah à Homs qui affirment que toute sa vie cet individu était un voyou qui s’est converti au wahabisme salafiste par pur intérêt. Les musulmans modérés se plaignent de lui autant sinon plus que les chrétiens. Ils l’accusent de viol, séquestration, terrorisme, intimidation et fondamentalisme meurtrier.

Ces jours-ci les rues sont plus calmes. On entend cependant toujours des rafales de balles. Maintenant on peut sortir pour les achats nécessaires, mais depuis quinze jours on était terrés à la maison. Homs était devenu un champ de bataille. Les insurgés ont des armes lourdes qu’ils utilisent sans discernement. Avec les RPG ils peuvent détruire les chars de l’armée. La façade de l’Evêché est criblée de balles et quelques vitres sont cassées. Etant situé sur une ligne de démarcation le bâtiment aurait dû être beaucoup plus endommagé. Il faut remercier l’armée qui avance avec un soin infini en ne visant que les barricades des terroristes et leurs lieux de rassemblement et en évitant de toucher les bâtiments civils. Cependant ceci n’a pas encouragé les locataires de l’Evêché à y rester. Il semble abandonné dans un quartier ravagé, autrefois si paisible.

Les groupes salafistes continuent à investir plusieurs quartiers de Homs, surtout Bab Amr. Ils ont juré d’empêcher les écoles d’ouvrir à travers ce slogan : « La dirassé wa la tadriss hata isqat al ra2is » (« Pas d’études ni d’enseignements jusqu’à faire tomber le Président »). Les écoles publiques ont ouvert et les écoles privées ouvriront la semaine prochaine mais les salafistes tirent sur les écoles ce qui dissuadera les parents d’envoyer leurs enfants. De plus les « manifestants » ont décidé de marcher dans la rue au moment de la sortie des écoles. Sur les photos et les vidéos il y aura plus de monde et, c’est çà fait bien que les écoliers et les étudiants paraissent faire partie de l’opposition.

Mes paroissiens et nos amis musulmans nous nous regardons souvent avec une interrogation lancinante : que s’est-il passé pour que nous en soyons arrivés là ? Au début j’ai approuvé tacitement que quelques uns de nos jeunes aillent aux « manifestations » avec leurs camarades. C’était une belle expérience de solidarité et de revendication noble et légitime. Mais, très vite, ces manifestations sont devenues d’une autre teneur. Nous avons vu des barbus armés et drogués tirer partout d’un œil hagard. Je vous en avais déjà parlé, mais vous me dites qu’on ne vous croit pas ?

La grande majorité des jeunes s’est retirée. Les chrétiens ne sentent plus que les revendications les interpellent. Il n’y a d’ailleurs aucune autre revendication que d’en finir avec le régime et cela est crié blasphèmes à l’appui au son des « Allah Akbar » islamiques.

Les jeunes ou moins jeunes qui sont restés fidèles au mouvement contestataire sont réapparus armés, et farouches. Auparavant nul ne parlait de la religion de l’autre. Aujourd’hui on entend des injures contre les chrétiens et les alaouites et…vice versa. C’est une situation désastreuse qui laisse présager le pire.

Redevenir Dhimmi ?

Un dhimmi est un citoyen de l’état islamique qui n’est pas musulman. Il est traité comme un citoyen de seconde zone. Il doit verser une capitation pour être « protégé » par l’état islamique. Il n’a pas les mêmes privilèges que les citoyens musulmans.

L’autre jour j’étais chez le mécanicien à Sinaa (la cité industrielle). Celui-ci, un fervent sunnite, me questionne à brûle-pourpoint : « Que pensez-vous des affirmations du Patriarche Maronite ? on dirait qu’il a peur pour les chrétiens si le régime tombe ? ». Je lui réponds : « Je pense qu’il a raison. Il est difficile pour un chrétien d’aujourd’hui d’accepter de redevenir un dhimmi. Nous n’accepterons pas »

Il rétorqua : « Mon frère, il ne faut pas avoir peur de nous, nous vivons ensemble. »

Je lui précisais : « Dans un état islamique nous ne vivrons pas en égaux. Accepterais-tu d’être traité par un chrétien comme un citoyen de deuxième catégorie ? ».

Il sursauta et je renchéris : « Ce n’est acceptable ni chez nous ni ailleurs, ce serait retourner en arrière, au Moyen-Âge, vers un régime basé sur une discrimination confessionnelle. C’est pourquoi les chrétiens ne briguent pas un état chrétien mais préfèrent un régime laïc devant lequel nous sommes tous citoyens aux droits et devoirs égaux abstraction faite de leur appartenance religieuse. Tandis que votre réclamation d’un Etat islamique vous amènera, une fois qu’il sera instauré à distinguer derechef les musulmans des non-musulmans ».

Mon mécanicien ne répondit plus rien.

Agnès-Mariam de la Croix 

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http://www.legrandsoir.info/syrie-schizophrenie-mediatique-l-interview-de-sofia-amara.html

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Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


05/10/2011

n°593 - Analyse de Palestine : - 04-10 : - 1aip - Ce qu’ils ont dit


n°593 - Analyse de Palestine : - 04-10 : - 1aip - Ce qu’ils ont dit

 


 L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance 

 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Analysede Palestine

Ce qu’ils ont dit

n°593                                                     04-10

                                                                                                 C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

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b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

Tiré à part

1 Analyse d’un négociateur en Palestine.

Un entretien avec l’avocat Ziyad Clot par Silvia Cattori et Ziyad Clot

2 Chávez, Evo et Obama : Opinion de Fidel Castro Ruz

3 Pierre-Yves Salingue :Novembre 1947 / Septembre 2011 : le crime était presque parfait !

 



1 Analysed’un négociateur en Palestine.

Un entretien avec l’avocat Ziyad Clot par Silvia Cattori et Ziyad Clot

À l’heure où la saga de l’adhésion d’un État palestinien à l’ONU bat son plein, cet entretien permet de comprendre que la reconnaissance de l’ « État », tel qu’il est envisagé par Mahmoud Abbas, si elle pourrait servir son pouvoir, ne ferait qu’apporter plus de malheurs au peuple palestinien. Ce ne sera donc pas un mal si ce pseudo « État » ne voit pas le jour le 23 septembre 2011.

Ziyad Clot, jeune avocat français de mère palestinienne, conseiller juridique auprès de la direction de l’Organisation de Libération de la Palestine à Ramallah durant l’année 2008, est l’auteur du livre : « Il n’y aura pas d’État palestinien. Journal d’un négociateur en Palestine ». Son récit dense et touchant, très agréable à lire, est un témoignage clé.

Silvia Cattori : Votre récit au titre osé « Il n’y aura pas d’État palestinien » écarte d’entrée toute illusion de « paix » fondée sur « deux États ». Il jette un regard sans concession sur ces protagonistes palestiniens pris dans une logique de « pourparlers » contraires aux intérêts de leur peuple [1]. Durant deux décennies ils ont contribué de fait à légitimer la poursuite du projet israélien de colonisation, d’épuration ethnique et de répression. C’est tout cela que vous mettez à jour ! Une question taraude le lecteur. Quand vous avez été recruté par l’Adam Smith International (ASI) [2] pour travailler dans « l’Unité de soutien aux négociations » ("Negotiations Support Unit") [3] comme conseiller juridique de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), étiez-vous bien au fait du mandat qui vous était confié ?

Ziyad Clot : Quand l’Unité de Soutien aux Négociations m’a proposé de travailler à Ramallah comme conseiller de l’OLP, j’ai longuement hésité. À cette époque, Israël était bien sûr toujours lancé dans cette spirale infernale de la poursuite de la colonisation du territoire palestinien -destructions de maisons, confiscations de terre, expulsions, etc,- mais, pour la première fois depuis la seconde Intifada, un cycle de négociation se mettait en place. Certes, l’Administration Bush était derrière cette initiative, ce qui n’était guère rassurant. Plus grave, la direction politique palestinienne était divisée entre Ramallah et Gaza. Mais l’Initiative de Paix Arabe était sur la table et, à mes yeux, ce nouveau cycle de discussions était sans doute la dernière chance d’une paix sur la base des deux États (qui reste la solution privilégiée par les peuples palestinien et israélien qui, dans leur grande majorité, ne souhaitent pas cohabiter).

J’ai fini par accepter ce poste en pensant que j’avais là une opportunité très intéressante de travailler sur le dossier des réfugiés palestiniens. J’ai pensé -et je le pense encore aujourd’hui– que, si la solution « deux États » n’était vraisemblablement pas viable à moyen et long terme, il y avait peut-être aussi là une dernière chance de conclure un accord sur cette base et de trouver une solution qui puisse éviter de nouvelles effusions de sang.

Dans le sillage de la conférence d’Annapolis –et au vu des réserves évoquées- j’avais le sentiment que ce cycle de pourparlers ne durerait sans doute pas. J’ai fait une erreur d’analyse. Les négociations d’Annapolis ont duré bien au-delà de mes attentes.

Au fil de l’année passée là-bas, j’ai rapidement compris qu’en fait ces négociations n’avaient pour les Israéliens rien à voir avec la recherche d’une solution de paix réelle, juste et durable. Au contraire, l’objectif était de garder sous contrôle l’Autorité de Ramallah, Hamas et la population palestinienne dans son ensemble et, en ce sens, de faire en sorte que perdure la division inter-palestinienne (Fatah-Hamas).

Silvia Cattori : Quand vous écrivez « le processus de paix est un spectacle, une farce, qui se joue au détriment de la réconciliation palestinienne, au prix du sang versé à Gaza », on comprend que c’est également une dénonciation à l’adresse de ces notables palestiniens qui se sont prêtés à cette « farce ». À quel moment est-il devenu clair pour vous que tout cela n’avait rien à voir avec la recherche d’une solution de paix ?

Ziyad Clot : Mon livre est un témoignage. Mon objectif est avant tout de « montrer ». S’il doit y avoir dénonciation, je crois que les principaux fautifs sont à rechercher du côté de ceux qui imposent les paramètres iniques du « processus de paix » sur ceux que vous appelez « les notables palestiniens ». Autrement dit, d’abord le Gouvernement israélien et ses alliés américain et européen.

Venant de France, je n’y voyais pas forcement très clair au début. J’avais évidemment une connaissance livresque de ce conflit, des intuitions, des doutes sur le bien-fondé de ces négociations. C’est devenu plus clair pour moi, en mars ou avril 2008, quand j’ai pris connaissance de l’article du journaliste David Rose publié par Vanity Fair [4] qui démontrait que l’Autorité palestinienne s’était engagée aux côtés des États-Unis dans un plan secret qui a finalement provoqué une guerre civile entre partisans du Hamas et du Fatah. David Rose se référait à des documents confidentiels établis par l’Administration Bush : essentiellement un « plan d’action pour la Présidence palestinienne » ayant pour objectif de se débarrasser du Hamas. Il nous apprenait qu’en échange de la participation de la direction de l’Autorité Palestinienne à ce plan secret, l’administration Bush avait laissé miroiter à ces dirigeants du Fatah, qu’elle leur faciliterait leur retour à la table des négociations.

L’article de David Rose venait confirmer que les négociations d’Annapolis devaient prolonger ce « processus de paix » trompeur qui, depuis Oslo, divise la population palestinienne et la maintient sous contrôle policier pour garantir la sécurité d’Israël par toute une série de mécanismes répressifs.

Les révélations de David Rose m’ont permis de reconstituer les pièces du puzzle. Elles sont venues compléter ce que j’ai appris au fil des semaines passées à Ramallah, et de mieux percevoir ce que ce pseudo « processus de paix » signifiait réellement. J’ai tout de suite pensé à démissionner. Car il ne m’était plus possible de penser que notre collaboration aux négociations de paix au sein de la NSU était totalement neutre et qu’elle ne participait pas elle aussi d’une certaine manière de ce plan secret qui conduisait à entretenir la division du peuple palestinien. Ceci pour dire qu’il m’a fallu quelques mois pour comprendre, avec certitude, que continuer à négocier dans ces conditions c’était œuvrer contre la réconciliation palestinienne.

Silvia Cattori : En avez-vous parlé à vos supérieurs ?

Ziyad Clot : Oui, mais la critique était d’autant plus délicate que j’entrais à peine en fonction… Surtout, comme tous mes collègues de la NSU, j’étais contractuellement mis à la disposition de l’OLP dans le cadre des négociations avec Israël, et dans ce cadre exclusivement. Comme tous les conseillers, j’avais pour consigne de ne pas interférer dans la politique palestinienne. Pour faire bref, nous n’étions pas embauchés pour critiquer ou remettre en cause « la ligne du Parti » mais pour la mettre en œuvre.

Le problème est que ladite « communauté internationale » met, elle, depuis longtemps son nez dans les affaires internes palestiniennes. Depuis 2006, elle s’est encore davantage impliquée en décidant que le Hamas, qui venait de gagner les élections, n’était pas un partenaire fréquentable et qu’il n’avait pas sa place dans un gouvernement d’union national palestinien. Le rôle de la NSU s’inscrivait donc dans le cadre de directives imposées.

De toute façon, malgré mes très sérieuses réserves, j’ai dû rapidement me résoudre à poursuivre mes fonctions compte tenu des enjeux liés à l’entame des négociations sur le dossier des refugiés avec les Israéliens, et dont personne au sein de l’OLP ne souhaitait prendre la responsabilité. J’ai pensé qu’en quittant le NSU, plus personne ne serait qualifié et réellement disposé à défendre autant que faire se peut le dossier des réfugiés palestiniens dans les pourparlers. J’aurais alors laissé la direction politique de Ramallah sans expert sur la question. À la lumière des enjeux en présence, qui étaient considérables, j’ai donc estimé qu’il était de ma responsabilité de rester tant que les pourparlers se poursuivaient.

Silvia Cattori : À votre avis, les partisans du Fatah, tout comme l’entourage d’Abbas, savaient-ils que, sous couvert de paix, la direction de l’OLP s’engageait à mettre en œuvre une politique qui tout en garantissant à l’occupant et à ses alliés des avancées, leur apporterait en contrepartie les financements nécessaires au maintien au pouvoir de l’Autorité de Ramallah ?

Ziyad Clot : Ce n’est pas comme cela qu’ils voient les choses…Quand l’Autorité Palestinienne s’engage dans un nouveau cycle de négociation, les décideurs à Ramallah ont toujours l’espoir de pouvoir stopper la colonisation, de convaincre les Israéliens et les Américains que le gel des colonies est dans l’intérêt de toutes les parties.

Surtout, il faut comprendre que depuis Oslo, ou plus exactement depuis la seconde Intifada, la direction de l’OLP à Ramallah n’envisage plus que les négociations comme moyen de parvenir à l’auto-détermination. Les raisons de cette obstination sont diverses. Je n’en citerai que quelques-unes :

Tout d’abord, il y a des centaines de millions de dollars et d’euros en jeu. Dès lors, à partir du moment où les négociateurs de l’OLP s’engagent dans la reprise des pourparlers de paix, il leur est très difficile de faire machine arrière sans prendre le risque que les fonds alloués à la reprise du processus de paix, à la construction de l’État palestinien etc. soient coupés. Et ce n’est pas seulement le devenir des « notables » de l’Autorité qui est en jeu ici : n’oubliez pas qu’environ un tiers de la population de Cisjordanie dépend aujourd’hui plus ou moins directement de ces financements internationaux…Tristement, le « processus de paix » est donc en quelque sorte devenu la raison d’être de l’Autorité Palestinienne et de quelques négociateurs. Si les négociations cessent, tout est remis en cause. A partir de là, un processus de dupes se met en marche et rien ne semble susceptible de le remettre en cause.

Ensuite, la Seconde Intifada -plus de 5000 morts côté palestinien- qui a fait suite à l’échec du Sommet de Camp David reste très présent dans les esprits de certains négociateurs de Ramallah. Ils ne veulent pas prendre le risque d’une nouvelle reprise des violences dont les Palestiniens souffriraient le plus. Pour cette raison encore, le processus de paix ne doit pas s’interrompre, même si ce n’est devenu qu’une illusion

À ceci il faut désormais ajouter que la continuité du processus de paix, selon les paramètres imposés par Israël, les États-Unis et l’UE, est la garantie que l’Autorité et le Fatah soient assurés d’être maintenus au pouvoir (puisque le Hamas continuera à être ostracisé). Les promoteurs du « processus de paix » et une certaine frange du Fatah (certains parmi le Fatah sont critiques de la politique poursuivie par l’AP) ont donc trouvé un ennemi commun. Une partie des dirigeants du Fatah voue une haine féroce au Hamas. Haine qui n’a fait que s’accentuer après le coup d’État manqué contre le gouvernement du Hamas, et sa prise de contrôle de Gaza. Cela n’est pas étonnant. Du sang a coulé, il y a eu des morts et des souffrances des deux côtés. Souvenons-nous aussi qu’au départ, l’émergence du Hamas sur la scène politique palestinienne a été grandement encouragée par Israël de sorte qu’une partie de l’OLP et du Fatah ne peut le considérer comme un représentant du peuple palestinien qui puisse être « légitime » (surtout à la lumière du rôle historique joué par le Fatah et l’OLP).

Silvia Cattori :Les conférences d’Annapolis (le 27 novembre 2007) et celle de Paris, (le 17 décembre 2007), avaient-elles selon vous un lien avec le coup d’État manqué par le Fatah à Gaza en juin 2007 ? Étaient-elles pour les puissances occidentales et Israël, une autre manière d’aider le Fatah à réussir son plan de liquidation du Hamas [5] ?  

Ziyad Clot : Oui, elles avaient un lien, elles relèvent de la même dynamique. Les États-Unis et Israël ont donné un certain nombre de gages à l’OLP en contrepartie des progrès réalisés en termes de « sécurité ».

Ces conférences sont en réalité la rencontre de différentes parties aux intérêts et aux motivations diverses. Il y a de la part de l’OLP, Mahmoud Abbas et Saeb Erekat en tête, un véritable engouement. Cela se produit après une longue interruption de négociations. Ils continuent de croire que l’État palestinien est quelque chose de réalisable.

Quant à l’Administration Bush, après sa politique désastreuse dans le monde arabo-musulman, elle a dû estimer que pour regagner un peu de crédit dans la région et pour assurer la sécurité d’Israël, il fallait aller vers la création de l’État palestinien. Cet État a donc été envisagé comme une bonne solution pour Israël et pour les États-Unis, sachant qu’ils pouvaient s’appuyer sur ces « modérés » palestiniens prêts à combattre le terrorisme avec eux. (Comprenez les militants du Hamas et leurs autorités ndl).

Côté israélien, et c’est la grande ironie de l’Histoire, un certain nombre de dirigeants, parmi eux Ehoud Olmert et Ehud Barak, ont compris que si cet État palestinien -un vague État croupion à l’intérieur des frontières de 1967- ne se faisait pas dans un laps de temps bref, le projet d’ « État juif », Israël en tant qu’incarnation du projet sioniste, pouvait toucher à sa fin. Ehoud Olmert a même déclaré en novembre 2008 –même s’il faut faire la part de ce qui relève aussi d’une manœuvre politique– que, si l’État palestinien ne se réalisait pas rapidement, Israël risquait de se trouver confronté, à terme, à un mouvement anti-apartheid grandissant en Israël et dans les territoires palestiniens.

Israël et les dirigeants de Ramallah, avec des motivations différentes, ont donc eu, chacun à leur manière, intérêt à se remettre à la table des pourparlers. Le négociateur de l’OLP veut, lui, obtenir son État palestinien sur 22 % de la Palestine historique, selon le compromis « historique » accepté dans le cadre de la déclaration d‘Alger de 1988. Le négociateur israélien sait, lui, qu’il peut compter sur les États-Unis pour que cet État palestinien croupion se fasse selon ses propres termes. C’est-à-dire, qu’il y ait, en guise d’État palestinien, une constitution d’enclaves qui sauvegarderait la survie de l’État d’Israël et sa sécurité.

Silvia Cattori : À la Conférence de Paris les donateurs ont versé davantage que les 7 milliards demandés pour offrir à Salam Fayyad les fonds devant servir à la construction de l’infrastructure institutionnelle et sécuritaire du futur État palestinien. A votre avis, l’objectif non avoué des grandes puissances qui ont organisé la Conférence de Paris n’était-il pas de garantir à terme la mainmise du Fatah sur tous les leviers, à l’exclusion du Hamas ?

Ziyad Clot : Ces milliards ont vocation à mettre en place un État palestinien démocratique, libéral, vivant en paix et en sécurité avec Israël. L’essentiel de ces dépenses sont donc consacrées à la mise en place des infrastructures de cet État qui apporteraient ces dernières garanties. Cependant, quand vous y regardez de plus près, vous constatez que plus de 30% du budget de l’Autorité Palestinienne est alloué à la sécurité. Si vous comparez cela par exemple au budget des pays européens allouent au maintien de l’ordre, c’est effrayant. Une partie considérable de ces dons internationaux ont effectivement vocation à renforcer l’appareil sécuritaire de l’Autorité avec toutes les dérives que cela implique en termes d’autoritarisme et de violation des libertés fondamentales des Palestiniens.

Silvia Cattori : C’est tout de même un plan terrifiant que la direction de Ramallah a accepté de mettre en œuvre ! Si pour le président Bush l’objectif évident de la conférence d’Annapolis, et pour Sarkozy/Kouchner de la conférence de Paris, était l’affaiblissement du Hamas, vos collègues n’étaient-ils pas révoltés de travailler pour une direction palestinienne qui, en collusion avec l’occupant israélien, se livrait à des arrestations massives et à des tortures de jeunes résistants palestiniens, membres ou sympathisants du Hamas ?

Ziyad Clot : Ce n’est pas la direction de Ramallah qui élabore ces plans « terrifiants »... Si encore elle en avait la capacité ! C’est Israël qui impose ses volontés aux Palestiniens avec le concours des Américains et, dans une moindre mesure, des Européens.

Vous savez, tout ceci est surtout une question de point de vue. Chacun voit les choses en fonction de son vécu, de ses sensibilités, de ses intérêts et de ses objectifs. Pour certains, les résistants sont des terroristes. Pour d’autres, les modérés sont des « collabos »… Ce n’est pas à moi d’en juger. C’est l’Histoire qui juge de ce genre de choses. Et la vie sous occupation ne laisse malheureusement que peu d’alternatives aux Palestiniens.

Il y a sans doute au sein du Fatah des gens pour qui la justification de ce « processus de paix » demeure dans la droite ligne de ce que disait Rabin : « Je continuerai à négocier quelques soient les circonstances du moment ; en revanche je combattrai de toutes mes forces les terroristes et les opposants au processus de paix ». On est toujours prisonnier de ce prisme-là plus de 15 ans après les accords d’Oslo, dont il faut pourtant admettre que la logique a échoué. C’est aussi pour cela que le discours, le leurre, du « processus de paix » continue. Parce que, si on ne parle plus d’État palestinien, si on ne parle plus de processus de paix, la politique belliciste menée vis-à-vis du Hamas par Israël, l’OLP, les États-Unis et l’Union européenne, n’a plus de raison d’être. La politique violente contre le Hamas -son exclusion, le blocus de Gaza, ainsi que les condamnations du Quartet ou autres- est une approche qui ne peut subsister qu’aussi longtemps que l’on peut véhiculer l’idée qu’il y a des « modérés » du côté de Ramallah avec qui ont peut négocier, que ce n’est qu’avec eux qu’on peut parler, que la justice et la paix se trouvent de ce côté-là etc.

Ce processus de négociations va donc de pair avec la démilitarisation, non seulement du Hamas, mais de toutes les factions ou personnes capables de reprendre la résistance armée ou autre. Le danger pour la direction de Ramallah, ce ne sont d’ailleurs pas seulement les factions susceptibles de mener une résistance armée, mais aussi ceux qui luttent pour la liberté d’expression. Une bonne partie des mouvements de la société civile qui critiquent le gouvernement et disent qu’il y a une autre voie entre la résistance armée et la négociation avec Israël sont menacés.

Silvia Cattori : La collaboration de la direction du Fatah avec les forces occupantes est un aspect particulièrement révoltant. Elle ne peut être passée sous silence. Mais cette direction du Fatah, après toutes les concessions faites à l’occupant, qu’a-t-elle gagné en retour ?

Ziyad Clot : La direction de Ramallah a beaucoup perdu dans cette aventure. En février 2008 quand l’armée israélienne mène des opérations militaires contre la population de Gaza, Saeb Erekat déclare officiellement : « On arrête les négociations ». Or, en secret, les négociations se poursuivent.

L’opinion publique, les gens qui en Palestine connaissent l’incapacité de l’OLP à obtenir l’arrêt de la colonisation, ne croient pas aux promesses faites à la conférence d’Annapolis. D’où le choix des négociateurs de l’OLP à aller le plus souvent en secret à des rencontres avec les Israéliens. Ces dirigeants ne peuvent plus rendre compte de rien. Ils se trouvent dans une position de plus en plus délicate vis-à-vis de l’opinion. J’ai pu voir cela sur le dossier des réfugiés. Il y avait de la part de la direction politique de Ramallah une incapacité criante à rendre des comptes. Ils sont noyés dans leurs contradictions. Mais comment peut-on négocier avec les Israéliens, sous occupation, confrontés à des contraintes insurmontables ?

Je me souviens d’une réunion, en mai ou juin 2008, où nous devions rendre compte de l’avancée des négociations d’Annapolis à des diplomates de l’UE, des États-Unis, des Nations unies. Je me souviens très bien des instructions données à la NSU. Nous étions prévenus que, s’il nous était demandé ce que l’on pensait des discussions sur Jérusalem, on devait répondre que le dossier avançait également mais que nous ne pouvions pas en parler pour des raisons de confidentialité. En réalité, il n’y avait aucun progrès sur Jérusalem, aucune discussion sur les modalités de sa partition… Mais nous étions tenus de donner l’impression que, malgré les difficultés, les choses avançaient.

Il ne fallait surtout pas dire que ce dossier était bloqué parce que, si on disait cela aux « partenaires » américains et européens, ou encore si le peuple palestinien apprenait que Jérusalem n’était même pas réellement sur la table des négociations, les « négociateurs » perdaient toute crédibilité. Or, en réalité, pour tout homme politique israélien, Jérusalem est intouchable. Ehud Olmert et Tzipi Livni ont fait comprendre d’entrée qu’il n’était pas question de mettre Jérusalem sur la table de négociations. Et de préciser que c’est seulement si le « processus de paix » avançait que la question de Jérusalem serait discutée, mais en toute fin de négociation.

Plus grave encore pour la direction du Fatah, le processus d’Annapolis a débouché sur l’invasion et les massacres de Gaza (en décembre 2008-janvier 2009 : plus de 1400 morts et des milliers de blessés graves). Il s’agit d’un tournant pour le Fatah, -historiquement à la tête du mouvement national palestinien au sein de l’OLP- qui a lourdement failli dans son rôle de représentant des Palestiniens.

Silvia Cattori : En somme, ces négociations sont-elles devenue pour ces dirigeants de l’OLP un fonds de commerce profitable ?

Ziyad Clot : C’est devenu un fonds de commerce, de toute évidence. Profitable ? J’en doute, puisque ces négociations ont largement contribué à saper leur crédibilité auprès de leur peuple. Certains dirigeants de l’OLP sont devenus des professionnels de la négociation. Il y a de nombreuses personnes qui vivent là-dessus.

Mais la réalité, connue des Palestiniens, c’est qu’aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose à négocier. Quand vous regardez la carte, entre la colonisation et Jérusalem-Est qui est sous la totale emprise israélienne, Israël est largement arrivé à ses fins. Jérusalem-Est est devenue pratiquement la capitale réunifiée israélienne et les colons israéliens sont installés en Cisjordanie où cela leur convient. Aujourd’hui, Il y a des intérêts financiers immenses autour de l’Autorité Palestinienne. Il y a des milliers de Palestiniens dans les territoires et en dehors qui en vivent. Plus largement, au-delà de l’Autorité elle-même, il est effarant de constater le nombre de postes qui ont été créés depuis près de vingt ans au niveau des organisations intergouvernementales, au niveau des diplomaties occidentales, au niveau des ONG, pour soutenir ce « processus de paix » et tout ce qui va avec.

La conclusion à laquelle j’arrive est que le « processus de paix » n’est pas seulement un spectacle mais que c’est aussi un « business »avec quantité d’organisations en tout genre et d’individus qui en vivent : des diplomates, journalistes, experts en tout genre -dont je faisais du reste partie lorsque je travaillais comme conseiller juridique auprès de l’OLP- qui ont des intérêts propres à la poursuite dudit « processus de paix ».

Ce sont ces centaines de millions de dollars et d’euros investis chaque année à perte qui -doublés de l’incapacité à condamner Israël pour ses agissements- expliquent cette fuite en avant, alors même que l’objet des négociations -le territoire palestinien, Jérusalem-Est comme capitale de l’État palestinien, l’eau etc,- a malheureusement largement disparu aujourd’hui.

Il est plus que temps de s’interroger sérieusement sur la raison d’être de la poursuite des soutiens au « processus de paix », de se demander s’ils ne desservent pas l’objectif de paix initial, en acceptant de financer une situation d’occupation sans exiger la moindre contrepartie de la part des Israéliens.

Silvia Cattori :Vous êtes parti. D’autres continuent de participer à ce « business de la paix » [6]. Le sort de ces Palestiniens, qui savent et voient tout cela se faire au prix de leurs souffrances, n’en devient-il pas que plus insupportable ?

Ziyad Clot : Tous les Palestiniens ne souffrent pas au même degré de ce « business » de la paix. Même si les conditions de vie en Cisjordanie sont difficiles, même si ce territoire reste sous occupation, il y fait mieux vivre que dans la Bande de Gaza, qui est, elle, exclue de ce « business »…Tristement, la situation que vit la Cisjordanie -et plus particulièrement Ramallah- peut donc sembler être un moindre mal.

Pour en revenir à mon expérience personnelle, j’ai pu démissionner parce que j’ai un passeport français (j’ai donc pu retourner en France quand mon visa n’a pas été renouvelé par les Israéliens) et que cette décision n’engageait que moi (je n’ai pas de famille dans les territoires et de personne à charge). C’était donc sans doute moins difficile pour moi de démissionner.

Il ne faut pas oublier que la majorité des Palestiniens n’ont pas ce luxe. Beaucoup de Palestiniens, beaucoup de gens de qualité, trouvent dans ces organisations présentes sur place des postes intéressants et de bons salaires et je comprends tout à fait qu’ils y restent. Ils s’accrochent à leur terre, par tous les moyens possibles. C’est louable.

On aime aussi toujours se convaincre que l’on peut changer les choses de l’intérieur. Moi-même, j’ai eu la faiblesse de le penser puisque j’ai accepté ce poste de conseiller dans le cadre des négociations israélo-palestiniennes.

La réalité est malheureusement cruelle : ce « business » alimente désormais une vaste entreprise criminelle, dont la population de Gaza souffre le plus. Le « processus de paix » est en fait un «  processus de contrôle », générateur de divisions et de fragmentation pour les Palestiniens, dont l’objectif est d’assurer la sécurité d’Israël. C’est cela la situation héritée plus de 15 ans après d’Oslo.

L’OLP a reconnu Israël. Et Israël a exigé que l’ «  occupé » palestinien ne devienne pas une « menace » pour sa sécurité, sans pour autant reconnaitre ses droits. Quand l’occupé résiste, il est mis hors-jeu, il est ostracisé.

En définitive, le « processus de paix » est un écran de fumée qui masque très bien ce qu’est la réalité vécue par le peuple palestinien.

Il est même devenu depuis longtemps, et encore davantage depuis 2006, un moteur du conflit israélo-palestinien.

Silvia Cattori : Pour cette majorité de Palestiniens qui, en 2006, a voté pour le mouvement Hamas, et qui a eu à pâtir du fait que le bloc occidental continue de porter à bout de bras la direction du Fatah, n’est-il pas révoltant de savoir que le Mouvement de solidarité international contribue lui aussi à la division inter-palestinienne en apportant un soutien politique et financier uniquement aux forces et ONG considérées comme « laïques », à l’exclusion des ONG caritatives musulmanes du Hamas ?

Ziyad Clot : Je ne crois pas être compétent pour vous dire quel est l’état d’esprit des Palestiniens sur cette question. Et je serais bien incapable de vous dire pour qui voteraient aujourd’hui les Palestiniens, si des élections étaient organisées dans les Territoires. Je sais juste qu’il y a aujourd’hui au sein d’une grande partie de l’opinion palestinienne un très fort ressenti tant à l’encontre du Fatah, que du Hamas.

Au regard de mon expérience, je ne peux vous dire que ceci : ce n’est qu’une fois en Cisjordanie que j’ai acquis la conviction qu’il n’y avait rien de positif à attendre des négociations de paix et de l’Autorité palestinienne. Or une bonne partie des gens que l’on peut rencontrer en Europe, aux États-Unis ou ailleurs, qui sont sensibles au sort des Palestiniens et de bonne foi, pensent encore que ces négociations peuvent aboutir avec l’Autorité comme seul interlocuteur. C’est ce que je constate en voyant des diplomates français, engagés dès la première heure auprès des Palestiniens ; ou des arabisants s’émouvoir quand on mentionne des personnalités du Fatah ou de l’OLP. Il faut se rappeler qu’il a fallu attendre des décennies pour que l’OLP soit acceptée par l’opinion internationale. Et aujourd’hui, quinze ans après leur acceptation internationale comme représentants du peuple palestinien, porter un regard juste, et donc critique, sur cette génération de dirigeants palestiniens « historiques » n’est pas facile pour eux. Ils ont une tendance naturelle à tout leur excuser, à les soutenir envers et contre tout. D’autant que la rhétorique de ces représentants de l’OLP qui gravitent depuis plus de trente ans dans les cercles de l’ONU, de l’UE, ou des mouvements de solidarité, est acceptable pour les militants ou les diplomates lambda de Paris, Genève ou Londres et pour l’opinion publique. Quand ils disent : mon État va être démocratique, libéral, laïc, et je me porterai garant du respect de la liberté de culte et des droits des femmes, etc, leur discours est bien accueilli. Et c’est compréhensible car c’est un bon discours !

Le problème c’est que le résultat des urnes n’a pas été respecté en 2006 et que le discours sur l’État palestinien n’est plus aujourd’hui en phase avec la réalité.

La solution à deux États je n’y crois plus, même si le Fatah comme le Hamas partagent toujours ce même objectif. À un moment donné, j’ai pensé effectivement que cette alternative pouvait apporter un certain nombre de garanties, ne serait-ce que parce que, d’un simple point de vue sécuritaire, demain, s’il n’y a un État unique –un État unique, binational ou une confédération serait la solution qui est la plus à même de prospérer à long terme c’est un nouveau 1948. Dans un tel cas de figure, les Israéliens auront la main forte et seront en position d’exercer les pires violences sur les Palestiniens qui résident en Israël et dans les territoires occupés. Il faut garder ce risque très présent à l’esprit.

Les Israéliens ont réussi à gravement affaiblir le mouvement national palestinien en le divisant et en rendant son objectif affiché depuis 1988 (la constitution d’un État viable, souverain et indépendant aux côtés d’Israël) irréalisable.

Aujourd’hui, vous avez une fragmentation immense du peuple palestinien ; des composantes en Cisjordanie, à Jérusalem Est, à Gaza coupée de la Cisjordanie. Des composantes dans les camps de réfugiés et dans la diaspora en exil.

C’est une situation qui peut sembler totalement inextricable à court terme. A mon sens, la seule manière de sortir un jour de cette situation est de refonder le mouvement national palestinien sur la base du « one man, one vote ». C’est-à-dire, sur la base de l’exigence que tout citoyen ou tout individu, qu’il soit Israélien ou Palestinien, a droit à la reconnaissance et à l’exercice de l’ensemble de ses droits humains, civils et politiques en Israël/Palestine. Je crois que c’est la seule manière de permettre à ces différentes composantes de pouvoir se réconcilier. Pourquoi ? Parce qu’on est arrivé aujourd’hui à une situation où les intérêts politiques des différentes composantes du peuple palestinien sont devenus divergents.

Silvia Cattori : Pouvez-vous donner un exemple ?

Ziyad Clot : Prenons l’exemple de la population de Gaza assiégée. Son intérêt est la fin du blocus et de pouvoir retrouver un minimum de dignité et de droits ; pour cela, il faut qu’il soit mis fin à cette absurdité du « processus de paix » qui l’ostracise. Donc, l’intérêt de Gaza est aujourd’hui en complète contradiction avec l’intérêt de la direction de Ramallah qui a, elle, intérêt à poursuivre les négociations avec Israël. Donc il y a là une première divergence d’intérêts entre la population de Gaza et la direction de Ramallah. Ou, en tous cas, entre les directions politiques de Gaza et de Ramallah.

Une deuxième contradiction, un deuxième conflit d’intérêts, a émergé depuis que les autorités israéliennes revendiquent la reconnaissance d’Israël en tant qu’« État juif ». Il y a aujourd’hui une direction à Ramallah, qui se languit d’avoir son État, et qui réalise que pour l’obtenir il sera fait pression sur elle pour qu’elle reconnaisse le caractère « juif » de l’État d’Israël. Autrement dit, qu’elle mette sur un siège éjectable toute la population des Palestiniens de 1948 qui résident en Israël et qui sont citoyens de cet État. Ici git un deuxième conflit d’intérêts potentiel entre les Arabes israéliens et l’Autorité Palestinienne de Ramallah.

Une troisième contradiction est celle posée par les réfugiés en attente de pouvoir revenir chez eux. Et cela, mon livre le montre très bien. En gros, à Annapolis, on a dit aux Palestiniens : « On veut bien vous donner un État, mais vous devez laisser tomber le retour des réfugiés car vous savez très bien que cela n’est pas acceptable pour nous ». C’est le troisième grand conflit d’intérêts entre les différentes composantes du peuple palestinien. A savoir que le projet national palestinien de la constitution d’un État, à la lumière de ce qu’il est devenu au gré de l’avancée de la colonisation israélienne et de l’affaiblissement de l’OLP, est en contradiction avec une chose qui demeure fondamentale pour la majorité des Palestiniens : la reconnaissance du Droit au retour, de leur histoire, de leur identité, de leurs droits, etc.

En conclusion, la seule manière de créer un avenir qui soit acceptable par tous les Palestiniens, est de concentrer ses revendications sur les droits individuels de chaque Palestinien dans le cadre d’un État unique, binational ou d’une confédération avec Israéliens. Cela, il s’agirait désormais de s’y préparer au plus vite. Et entre temps, il est essentiel de focaliser toute son attention et ses efforts sur la question de la gestion des risques humains qui pourraient se profiler dans un futur proche. Car si, un jour, l’Autorité Palestinienne doit s’effondrer, je peux vous dire que les risques engendrés vont être immenses. Nul ne peut imaginer ce qui va se passer. Même si je pense que cette Autorité est devenue une assez sombre chose et un obstacle à l’auto-détermination palestinienne, il y a un énorme risque à s’engager sur la voie de son démantèlement. Il serait en tout cas suicidaire de le faire sans une réflexion approfondie et sans la consultation des Palestiniens.

Entretien réalisé le 12 décembre 2010.

Silvia Cattori  

[1] Dès le début des pourparlers d’Oslo, c’est la sécurité d’Israël qui a été mise au centre des discussions et non pas l’exigence pour l’occupant de reconnaitre le droit des Palestiniens à vivre librement sur leur terre.

[2] Adam Smith International (ASI) est un Think tank britannique dont la ligne politique promeut le marché libre et les idées libérales. C’est à l’ASI qu’il a été demandé en 1999 de mettre en place à Ramallah la « Negotiation Support Unit » pour servir de conseil à l’OLP.

[3] Voir : « Empty heads and full pockets », par Khaled Amayreh, Al-Ahram Weekly, 6 décembre 2007. Cet article relève que : « La NSU est financée et effectivement contrôlée par l’Adam Smith Institute (ASI), un think-tank basé à Londres qui est vulnérable aux pressions des milieux pro-israéliens. Ainsi, par exemple, il y a deux ans, l’ASI a obligé la NSU à licencier deux juristes Palestino-Américains hautement qualifiés, Michael Tarazi et Diana Buttu, pour être allés trop loin dans la défense des droits des Palestiniens, en particulier lors des débats télévisés avec des porte-paroles israéliens. »

[4] Voir :
 « The Gaza Bombshell », par David Rose, Vanity Fair, 3 mars 2008.
et une traduction française partielle de cet article

[5] La Central Intelligence Agency (CIA), finance et entraîne, avec une intensité accrue depuis 2008, la Force de sécurité préventive et le Service Général de Renseignement en Cisjordanie. Ces deux services de sécurité répressifs à l’usage de la direction du Fatah à Ramallah–placés sous le commandement du général US Keith Dayton- sont responsables de l’arrestation de milliers d’opposants, notamment des partisans du Hamas ; détenus sans procès et soumis à des tortures il n’y a jamais eu, à notre connaissance, aucune mobilisation en leur défense.

[6] International Assistance to the Palestinians after Oslo, a établi que 8 milliards ont été alloués à l’Autorité Palestinienne entre 1994 et 2006 pour son développement et des opérations d’assistance de première nécessité. Ces fonds, qui s’ajoutent à l’aide bilatérale etc, dispensent à Israël de devoir assumer financièrement ses obligations d’occupant. Voir le livre : « International Assistance to the Palestinians after Oslo : Political Guilt, Wasted Money », par Anne Le More, Routlege, 2008.

Ziyad Clot, né en 1977, auteur du livre « Il n’y aura pas d’État palestinien » (Paris, Max Milo, 2010) est diplômé de l’Université Paris II Assas et de Sciences Po. Il a vécu à Paris, en Égypte, en Palestine et dans le Golfe.

http://sos-crise.over-blog.com/article-la-verite-sur-la-question-palestinienne-une-crise-entretenue-machiaveliquement-84622083.html

 


2 Chávez, Evo et Obama :Opinion de Fidel Castro Ruz

Je fais une pause dans les tâches qui occupent tout mon temps ces jours-ci pour dire quelques mots au sujet de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale des Nations Unies qui offre une occasion singulière à la science politique.

Cette réunion annuelle demande un gros effort et constitue une dure épreuve pour ceux qui occupent les plus hautes responsabilités politiques dans bien des pays. Quant aux amateurs de cet art, qui ne sont pas peu nombreux dans la mesure où il touche vitalement tout le monde, il leur est difficile d’échapper à la tentation d’observer ce spectacle interminable, quoiqu’instructif.

Il existe tout d’abord une foule de thème épineux et de conflits d’intérêts. Un grand nombre de participants doivent prendre position au sujet de faits qui constituent des violations de principes flagrantes. Ainsi, quelle position adopter devant les massacres de l’OTAN en Libye ? Quel gouvernement souhaite-t-il vraiment laisser un témoignage qu’il a appuyé le crime monstrueux des États-Unis et de leurs alliés de l’OTAN dont les avions dernier cri, avec ou sans pilote, ont réalisé plus de vingt mille missions d’attaque contre un petit État du Tiers-monde d’à peine six millions d’habitants, alléguant des mêmes prétextes qu’ils ont avancés hier pour attaquer ou envahir la Serbie, l’Afghanistan, l’Iraq, et qu’ils avancent aujourd’hui pour menacer de le faire contre la Syrie ou n’importe quel autre pays du monde ?

Or, n’est-ce donc pas le gouvernement de l’État hôte de l’ONU qui a réalisé la boucherie du Vietnam, du Laos et du Cambodge, l’attaque mercenaire de la baie des Cochons à Cuba, l’invasion de Saint-Domingue, la « sale guerre » au Nicaragua, l’occupation de la Grenade, l’attaque du Panama et le massacre de ses habitants d’El Chorrillo ? Qui donc a fomenté les coups d’États militaires et les tueries au Chili, en Argentine et en Uruguay, qui se sont soldés par des dizaines de milliers de morts et de disparus ? Je ne parle pas de faits survenus voilà cinq cents ans quand les Espagnols inaugurèrent le génocide en Amérique ou voilà deux cents ans, quand les Yankees exterminaient les Indiens aux États-Unis ou esclavageaient les Africains, bien que, selon la Déclaration de Philadelphie, « tous les hommes naissent libres et égaux » ; non, je parle de faits survenus ces dernières décennies et survenant aujourd’hui même.

On ne saurait manquer de rappeler et d’évoquer ces faits face à un événement aussi important et aussi marquant que cette session de l’Organisation des Nations Unies qui met à l’épreuve la fermeté politique et la morale des gouvernements.

Beaucoup y représentent des pays petits et pauvres qui ont besoin de l’appui et de la coopération internationale, de la technologie, des marchés et des crédits que les puissances capitalistes développées ont manipulés à leur guise.

Malgré le monopole que les médias exercent d’une manière éhontée et les méthodes fascistes auxquelles recourent les États-Unis et leurs alliés pour berner et duper l’opinion mondiale, la résistance des peuples se durcit, et l’on peut le constater dans les débats en cours aux Nations Unies.

De nombreux dirigeants du Tiers-monde ont, malgré les obstacles et les contradictions susmentionnés, exposé leurs idées avec courage. Ainsi, on ne perçoit plus dans les voix des gouvernements latino-américains et caribéens le honteux accent lèche-bottes, manière OEA, qui caractérisait les prises de position des chefs d’État ces dernières décennies. Deux d’entre eux se sont adressés à l’Assemblée générale, et tous deux, le président bolivarien Hugo Chávez, sang-mêlé des races qui forme le peuple vénézuélien, et Evo Morales, de la pure lignée millénaire des indigènes, ont présenté leurs vues à cette session, le premier à travers un message, le second en direct pour répondre au discours du président yankee.

La chaîne Telesur a transmis les trois prises de position, ce qui a permis de connaître, dès mardi soir, 20 septembre,  le message du président Chávez que Walter Martínez a lu à son programme Dossier. Obama, lui, a pris la parole mercredi matin, en tant que chef d’État du pays hôte de l’ONU, et Evo Morales l’a fait ce même jour en début d’après-midi. Pour faire court, je reprendrai les paragraphes essentiels de chaque texte.

Chávez n’a pas pu assister personnellement au sommet des Nations Unies, parce que douze années de lutte inlassable, sans un jour de repos, ont menacé sa santé et mis sa vie en danger et qu’il se bat aujourd’hui avec courage pour se rétablir pleinement. Mais il ne pouvait pas ne pas aborder le point le plus épineux de cette session historique dans son message courageux que je reproduis presque intégralement :

Je m’adresse à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies […] pour ratifier aujourd’hui et en ce lieu l’appui total du Venezuela à la reconnaissance de l’État de Palestine, au droit de la Palestine de se convertir en un État libre, souverain et indépendant. Il s’agit là d’un acte de justice historique envers un peuple qui porte en soi depuis toujours toute la douleur et toute la souffrance du monde,

Le grand philosophe français Gilles Deleuze a dit, empruntant l’accent de la vérité […] : « La cause palestinienne est avant tout l’ensemble des injustices que ce peuple a souffert et continue de souffrir. » Il est aussi – oserai-je ajouter – une volonté de résistance permanente et irrépressible qui est d’ores et déjà inscrite dans la mémoire héroïque de la condition humaine. […] Mahmoud Darwish, cette voix infinie de la Palestine possible, nous parle depuis le sentiment et la conscience de cet amour :

Qu’avons-nous besoin du souvenir

Le Carmel est en nous

Et sur nos paupières pousse l’herbe de Galilée

Ne dis pas : Que ne courrions-nous pas comme un fleuve pour le rejoindre

Nous sommes dans la chair de notre pays

Il est en nous

Contre ceux qui soutiennent à tort que ce que le peuple palestinien a souffert n’est pas un génocide, Deleuze soutient avec une lucidité implacable : « D’un bout à l’autre, il s’agira de faire comme si le peuple palestinien, non seulement ne devait plus être, mais n’avait jamais été. » C’est là  - comment dire ? – le degré zéro du génocide : décréter qu’un peuple n’existe pas ; lui nier le droit à l’existence.

[…] Aussi la solution du conflit du Moyen-Orient passe-t-elle forcément par la justice à rendre au peuple palestinien : telle est la seule voie si l’on veut conquérir la paix.

L’on souffre et l’on s’indigne de constater que ceux qui ont subi l’un des pires génocides de l'Histoire se sont convertis en bourreaux du peuple palestinien ; l’on souffre et l’on s’indigne de constater que le legs de l’Holocauste est la Nakba. Et l’on s’indigne tout court de constater que le sionisme continue de recourir au chantage de l’antisémitisme contre ceux qui s’opposent à ses sévices et à ses crimes. Israël a instrumentalisé et instrumentalise d’une façon éhontée et vile la mémoire des victimes. Et il le fait pour pouvoir agir en toute impunité contre la Palestine. Il n’est pas oiseux, soit dit en passant, de rappeler que l’antisémitisme est une plaie occidentale, européenne, dont les Arabes ne sont pas partie prenante. N’oublions pas en plus que c’est le peuple sémite palestinien qui souffre de l’épuration ethnique pratiquée par l’État colonialiste israélien.

Qu’on me comprenne bien : autre chose est refuser l’antisémitisme, autre chose, et très différente, d’accepter passivement que la barbarie sioniste impose au peuple palestinien un régime d’apartheid. D’un point de vue éthique, quiconque refuse le premier doit condamner le second.

…le sionisme, comme vision du monde, est foncièrement raciste. Les affirmations de Golda Meir en sont, dans le cynisme atterrant, la preuve criante : « Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre ! Ce qu’on appelle les Palestiniens n’existe pas. Ce n’est pas comme on pensait : qu’il existait un peuple dit palestinien, qui se considère lui-même palestinien, et qu’à notre arrivée nous avons expulsé et auquel nous avons enlevé son pays. Non, ils n’existaient pas. »

[…]

Lisez et relisez donc ce document qui est passé à l’Histoire comme la Déclaration de Balfour de 1917 : le gouvernement britannique s’arrogeait la faculté de promettre aux juifs un foyer national en Palestine, méconnaissant délibérément la présence de ses habitants et leur volonté. Et rappelons que chrétiens et musulmans ont vécu en paix, des siècles durant, en Terre sainte jusqu’à ce que le sionisme ait entrepris de la revendiquer comme sa propriété entière et exclusive.

Rappelons encore [..] qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le peuple palestinien verrait sa tragédie empirer par son expulsion à la fois de son territoire et de l’Histoire. La résolution 181 des Nations Unies – ignominieuse et illégale – recommanda en 1947 la partition de la Palestine en un État juif, en un État arabe et en une zone sous contrôle international (Jérusalem et Bethléem), concédant ainsi […] 56 p. 100 du territoire au sionisme pour qu’il y constitue son État. Cette Résolution violait de fait le droit international et bafouait d’une manière flagrante la volonté des grandes majorités arabes : le droit des peuples à l’autodétermination devenait lettre morte.

[…]

…contrairement à ce qu’Israël et les États-Unis prétendent faire accroire au monde à travers les transnationales de la communication, ce qu’il est arrivé et ce qu’il continue d’arriver en Palestine n’est pas – disons-le avec Saïd – un conflit religieux : c’est un conflit politique marqué au sceau du colonialisme et de l’impérialisme ; ce n’est pas un conflit millénaire : c’est un conflit contemporain ; ce n’est pas un conflit qui est né au Moyen-Orient : c’est un conflit qui est né en Europe.

Quel était et quel est encore le nœud du conflit ? Le fait qu’on privilégie dans les discussions et les analyses la sécurité d’Israël, jamais celle de la Palestine. L’histoire récente le corrobore : il suffit de rappeler la nouvelle équipée génocidaire déclenchée à Gaza par Israël à travers l’opération Plomb fondu.

On ne saurait ramener la sécurité de la Palestine à la simple reconnaissance d’un gouvernement autonome et d’un contrôle policier limités dans ses « enclaves » de la Rive Ouest du Jourdain et de la bande de Gaza, tout en ignorant non seulement la création de l’État palestinien dans les frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, les droits de ses nationaux et le droit de son peuple à l’autodétermination, mais encore le droit à la compensation et le droit au retour de la moitié de la population palestinienne dispersée dans le monde entier, aux termes de la Résolution 194.

Il est incroyable qu’un pays, Israël, qui doit son existence à une résolution de l’Assemblée générale puisse mépriser à ce point les résolutions émanant des Nations Unies ! Voilà ce que dénonçait le père Miguel D’Escoto quand il réclamait la fin du massacre de la population de Gaza fin 2008 et début 2009.

[…]

On ne saurait ignorer la crise des Nations Unies. J’ai soutenu en 2005, devant cette même Assemblée générale, que le modèle des Nations Unies périclitait. Le fait que le débat sur la question de Palestine ait été ajourné et qu’on soit en train de le saboter ouvertement en est une nouvelle confirmation.

Washington ne cesse de répéter depuis plusieurs jours qu’il opposera son veto, au Conseil de sécurité, à ce qui sera une résolution majoritaire de l’Assemblée générale : à la reconnaissance de la Palestine comme membre de plein droit de l’ONU. Nous avons d’ores et déjà déploré, aux côtés des nations sœurs qui constituent l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), dans la Déclaration de reconnaissance de l’État de Palestine, qu’une aspiration si juste soit bloquée par ce biais. L’Empire, nous le savons tous, prétend dans ce cas comme dans d’autres imposer un deux-poids-deux-mesures dans l’arène internationale : c’est là la double morale yankee qui, tout en violant le droit international en Libye, permet à Israël de faire ce qu’il lui chante, devenant ainsi le principal complice du génocide que la barbarie sioniste commet contre les Palestiniens. Je rappelle une phrase de Saïd qui met bien le doigt sur la plaie : compte tenu des intérêts d’Israël aux États-Unis, la politique de ce pays au Moyen-Orient est donc israélocentriste.

Je voudrais conclure en faisant entendre la voix de Mahmoud Darwish dans un poème mémorable Sur cette terre :

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre

Il y a sur cette terre,

Le commencement des commencements,

La fin des fins.

On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine.

Madame, je mérite, parce que vous êtes ma dame,

Je mérite de vivre.

Elle continuera de s’appeler la Palestine. La Palestine vivra et vaincra ! Vive la Palestine libre, souveraine et indépendante !

Hugo Chávez Frías

Président de la République bolivarienne du Venezuela

Quand la session s’est ouverte le lendemain matin, ses mots étaient gravés dans le cœur et l’esprit des délégués réunis.

Le dirigeant bolivarien n’est pas un ennemi du peuple juif. Fort de sa sensibilité si particulière, il hait profondément le crime brutal que les nazis ont commis contre des enfants, des femmes et des hommes, jeunes ou vieux, dans les camps de concentration où – faut-il le rappeler, bien que personne ne le mentionne ? – les gitans ont été victimes de crimes atroces et d’une tentative d’extermination, et où des centaines de milliers de Russes ont aussi péri en tant que race inférieure selon les conceptions raciales nazies.

De retour dans son pays en provenance de Cuba, le jeudi 22 septembre au soir, il s’est référé, indigné, au discours prononcé par Barack Obama aux Nations Unies. Je l’ai rarement entendu parler avec un tel désenchantement d’un dirigeant qu’il traitait jusque-là avec un certain respect en tant que victime de la propre histoire de discrimination raciale aux États-Unis, dont il conservait un souvenir respectueux découlant de leurs échanges au Sommet de Trinité-et-Tobago, mais qu’il n’aurait jamais cru capable d’agir comme un George W. Bush :

« Hier, nous avons écouté une série de discours, et avant-hier aussi, aux Nations Unies, des discours précis comme celui de la président Dilma Rousseff, des discours d’une grande charge morale comme celui du président Evo Morales, mais aussi un discours, celui du président Obama,  qu’on pourrait qualifier de monument au cynisme. Oui, un cynisme, peint sur son propre visage qui était d’ailleurs tout un poème ! Obama lançant un appel à la paix, vous imaginez un peu ? Au nom de quelle morale ? Oui, un monument historique au cynisme, ce discours du président Obama.

« On a aussi entendu des discours précis, ouvrant des voies : celui du président Lugo, celui de la présidente argentine, fixant des positions courageuses face au monde. »

Une fois la session inaugurée à New York, mercredi 21 septembre au matin, par le discours de la présidente brésilienne, le président étasunien est monté à la tribune et a pris la parole :

Depuis presque sept décennies, quand bien même les Nations Unies ont contribué  à empêcher une troisième guerre mondiale, nous vivons encore dans un monde balafré par les conflits et  tourmenté par la pauvreté. Quand bien même nous proclamons notre amour de la paix et notre haine de la guerre, le monde reste en proie à des troubles qui nous mettent tous en danger.

Je serais curieux de savoir à quel moment, selon Obama, l’ONU a empêché une troisième guerre mondiale !

Je suis entré en fonction alors que les États-Unis livraient deux guerres. Qui plus est, les extrémistes violents qui nous ont fait entrer en guerre en premier lieu – Oussama ben Laden et son organisation Al-Qaeda – avaient toujours les coudées franches. Aujourd’hui, nous avons fixé un nouveau cap.

Les opérations militaires des USA en Iraq vont prendre fin d’ici à la fin de l’année. Nous allons avoir des relations normales avec un pays souverain, membre de la communauté des nations. Ce partenariat égal se renforcera grâce à notre soutien à l’Iraq, à son gouvernement  et à ses forces de sécurité, à son peuple et à ses aspirations.

De quel pays parle vraiment Obama?

Tout en mettant fin à la guerre en Iraq, les États-Unis et nos partenaires de la coalition ont commencé une transition en Afghanistan. D’ici à 2014, un gouvernement afghan et des forces de sécurité toujours plus capables entreprendront d’assumer la responsabilité de l’avenir du pays. Et à mesure qu’ils le feront, nous retirerons nos forces tout en construisant un partenariat durable avec le peuple afghan.

Nul ne doute, donc, que la marée de la guerre est en train de refluer.

Quand je suis entré en fonction, à peu près 180 000 Étasuniens servaient en Afghanistan et en Iraq. D’ici la fin de l’année, leur quantité aura diminué de moitié et continuera de diminuer. Ceci est capital pour la souveraineté de l’Iraq et de l’Afghanistan, et tout aussi essentiel pour le renforcement des USA dans la mesure où nous édifions notre nation chez nous.

De plus, nous allons finir ces guerres en position de force. Voilà dix ans, il y avait une plaie béante ouverte et des amas d’acier  tordus, un cœur brisé au centre de cette ville-ci. La nouvelle tour qui se dresse au Grounds Zéro symbolise la renaissance de New York, tandis qu’Al Qaeda est soumis aujourd’hui à plus de pressions que jamais, que son leadership s’est dégradé, et qu’Oussama ben Laden, quelqu’un qui a tué de milliers de personnes dans des dizaines de pays, ne mettra plus jamais la paix du monde en péril.

De qui Ben Laden a-t-il été l’allié ? Qui donc l’a entraîné et armé pour combattre les Soviétiques en Afghanistan ? Pas les socialistes ni les révolutionnaires, en tout cas, nulle part au monde !

Eh bien, oui, cette décennie a été difficile. Mais nous sommes aujourd’hui au carrefour de l’Histoire, et nous avons l’occasion de nous acheminer décisivement vers la paix. Mais, pour ce faire, nous devons en revenir à la sagesse de ceux qui ont créé cette institution. La Charte des Nations Unies nous appelle à « joindre nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales ». […]

Qui donc a des bases militaires partout dans le monde? Qui donc est le plus gros exportateur d’armes ? Qui donc possède des centaines de satellites espions ? Qui donc investit plus d’un billion de dollars par an en dépenses militaires ?

[…] Cette année a été une époque de transformation extraordinaire. Toujours plus de nations ont progressé pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Toujours plus d’individus réclament le droit universel de vivre dans la liberté et la dignité.

Il a cité les cas du Soudan du Sud et de la Côte-d’Ivoire. Sans dire, bien entendu, que, dans le premier, les transnationales yankees se sont précipitées sur les réserves pétrolière de ce nouvel État dont le président a dit à l’Assemblée générale même des Nations Unies qu’il s’agissait d’une ressource précieuse, mais épuisable, et a proposé de l’utiliser d’une manière rationnelle et optimale.

Dans le cas de la Côte-d’Ivoire, Obama n’a pas dit non plus que la paix y a été instaurée avec l’appui des soldats colonialistes d’un membre éminent de la belliqueuse OTAN qui vient de larguer des milliers de bombes sur la Libye.

Obama a mentionné ensuite la Tunisie, attribuant aux États-Unis le mérite du mouvement populaire qui y a renversé un gouvernement allié de l’impérialisme.

Plus étonnant encore : Obama prétend ignorer que les États-Unis ont été les responsables de l’installation en Égypte d’un gouvernement tyrannique et corrompu, celui d’Hosni Moubarak, qui, bafouant les principes de Nasser, s’allia à l’impérialisme, vola à son pays des dizaines de milliards et asservit ce peuple courageux.

Voilà un an, l’Égypte avait connu le même président depuis presque trente ans. Mais, pendant dix-huit jours, les yeux du monde ont été tournés vers la place Taghir où des Égyptiens de tous les horizons – hommes et femmes, jeunes et vieux, musulmans et chrétiens – réclamaient leurs droits universels. Nous avons vu dans ces manifestants la force morale de la non-violence qui a illuminé le monde, de la Nouvelle-Delhi à Varsovie, de Selma à l’Afrique du Sud, et nous avons su que le changement était arrivé en Égypte et dans le monde arabe.

[…] Face aux balles et aux bombes, le peuple libyen a refusé jour après jour de renoncer à cette liberté. Et quand il a été menacé par ce genre d’atrocités massives qui a si souvent sévi au siècle dernier, les Nations Unies ont fait la fête à leur Charte, le Conseil de sécurité a autorisé toutes les mesures requises pour éviter un massacre, la Ligue arabe a réclamé cet effort, des nations arabes ont rejoint la coalition conduite par l’OTAN qui a barré la route aux forces de Kadhafi.

[..] Hier, les dirigeants de la nouvelle Libye ont pris place ici, parmi nous, de plein droit, et cette semaine les États-Unis rouvrent leur ambassade à Tripoli.

Voici comment la communauté internationale est censée fonctionner : des nations qui s’unissent au nom de la paix et de la sécurité ; des individus qui réclament leurs droits. Maintenant, nous avons tous la responsabilité d’appuyer la nouvelle Libye, le nouveau gouvernement libyen qui doit relever le défi  de transformer ce moment de promesse en une paix juste et durable pour tous les Libyens.

Oui, cette année a été remarquable. Le régime de Kadhafi est terminé.  Gbagbo, ben Ali, Moubarak ne sont plus au pouvoir. Oussama ben Laden est parti, et l’idée que le changement ne peut arriver que par la violence a été ensevelie avec lui.

Quelle façon euphémique de liquider la question Ben Laden !  Quelles qu’aient été les responsabilités de cet ancien allié, il a été exécuté d’une balle en plein visage devant sa femme et ses enfants, puis lancé en mer depuis un porte-avions, en violation des mœurs et des traditions religieuses de plus d’un milliard de croyants et des principes juridiques élémentaires fixés dans tous les systèmes pénaux. De telles méthodes ne conduisent pas à la paix et n’y conduiront jamais !

Il a affirmé aussitôt après :

Quelque chose se passe dans notre monde. Ce n’est pas parce que les choses se sont déroulées d’une certaine façon par le passé qu’elles se dérouleront de la même manière à l’avenir. La dalle humiliante de la corruption et de la tyrannie est en train de se soulever. Les dictateurs sont mis en demeure. La technologie met le pouvoir aux mains du peuple. Les jeunes refusent fortement la dictature et rejettent le mensonge selon lequel des races, des peuples, des religions, des ethnies ne désirent pas la démocratie. La promesse écrite sur le papier : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », est toujours plus à portée de la main.

 […] L’aune de notre succès est si les gens peuvent vivre dans une liberté, une dignité et une sécurité durables. Et les Nations Unies et leurs États membres doivent jouer leur rôle pour soutenir ces aspirations essentielles. Et nous avons encore du pain sur la planche.

Puis Obama s’en est pris à un autre pays musulman où, on le sait, ses services secrets et ceux d’Israël assassinent systématiquement les meilleurs scientifiques en matière de technologie militaire.

Il a, aussitôt après, menacer la Syrie où l’agressivité yankee peut conduire à un massacre encore plus épouvantable qu’en Libye :

[…] Des hommes, des femmes et des enfants ont été et torturés, emprisonnés et tués par le régime syrien. Des milliers ont été assassinés, dont beaucoup durant la période sainte du Ramadan. Des milliers d’autres ont fui à travers la frontière. Le peuple syrien a fait preuve de dignité et de courage dans sa quête de la justice, protestant pacifiquement, s’asseyant en silence dans les rues, mourant pour les mêmes valeurs que cette institution-ci est censée défendre.  Et la question pour nous est claire : allons-nous appuyer le peuple syrien ou allons-nous appuyer ses oppresseurs ?

L’ONU a déjà appliqué de dures sanctions aux dirigeants syriens. Nous soutenons un transfert de pouvoir qui réponde au peuple syrien, et beaucoup de nos alliés nous ont rejoints dans cet effort. Mais, pour le bien de la Syrie et pour la paix et la sécurité dans le monde, nous devons tous parler d’une seule voix : il n’y a plus d’excuses pour ne pas agir. Il est temps que le Conseil de sécurité des Nations Unies sanctionne le régime syrien et appuie le peuple syrien.

Reste-t-il, par hasard, un pays qui soit à l’abri des menaces belliqueuses de cet illustre défenseur de la sécurité et de la paix internationales ? Qui donc a concédé de telles prérogatives aux États-Unis ?

Nous devons répondre aux appels au changement dans cette région. Au Yémen, des hommes des femmes et des enfants se réunissent tous les jours par milliers dans les rues et sur les places dans l’espoir que leur détermination et l’effusion de sang l’emporteront sur un système corrompu. Les Etats-Unis appuient ces aspirations. Nous devons œuvrer avec les voisins du Yémen et avec nos partenaires dans le monde pour chercher une voie qui conduise à une passation pacifique de pouvoir de la part du président Saleh et à l’organisation dans les meilleurs délais d’élections justes et libres.

Au Bahreïn, des mesures ont été prises pour démarrer la réforme et la responsabilité. Nous en sommes satisfaits, mais il en faut plus. Les États-Unis sont des proches amis du Bahreïn, et nous continuerons d’appeler le gouvernement et le principal bloc d’opposition – le Wifaq – à poursuivre un dialogue sérieux qui apporte les changements pacifiques que désire le peuple. Nous croyons que le patriotisme qui maintient les Bahreïnis ensemble doit être plus puissant que le sectarisme qui les déchirerait. Ce sera dur, mais c’est possible.

Obama se garde bien de dire qu’il s’y trouve une des plus grandes bases militaires étasuniennes de la région et que les transnationales yankees contrôlent et manipulent à leur guise les plus grandes réserves de pétrole et de gaz d’Arabie saoudite et des Émirats arabes.

Nous croyons que chaque nation doit suivre son propre chemin pour satisfaire aux aspirations des peuples. Les États-Unis ne sauraient espérer être d’accord avec les vues politiques de chaque personne ou de chaque individu. Mais nous défendrons toujours les droits universels que prône cette Assemblée. Ces droits dépendent d’élections libres et justes, d’une gouvernance transparente et responsable, du respect des droits des femmes et des minorités, d’une justice égale pour tous et équitable. Voilà ce que méritent nos peuples. Tels sont les facteurs d’une paix appelé à durer.

De plus, les États-Unis continueront d’appuyer les nations en transition vers la démocratie par plus de commerce et d’investissements, afin que la liberté soit accompagnée des chances. Nous renforcerons notre engagement avec les gouvernements, mais aussi avec la société civile – les étudiants, les hommes d’affaire, les partis politiques et la presse. Nous avons interdit aux violateurs des droits humains d’entrer dans notre pays. Et nous avons sanctionné ceux qui les bafouent à l’étranger. Et nous serons toujours la voix de ceux qui ont été bâillonnés.

Après ce long laïus, l’insigne Prix Nobel de la paix a abordé la question épineuse de son alliance avec Israël, un pays qui ne figure pas, comme chacun sait, parmi les détenteurs privilégiés d’un des systèmes les plus modernes d’armes atomiques et de vecteurs capables d’atteindre des cibles lointaines. Obama sait pertinemment combien cette politique est arbitraire et impopulaire.

Je sais maintenant, en particulier cette semaine, que, pour beaucoup dans cette salle, il est un point qui apparaît comme un test pour ces principes et un test pour la politique étrangère étasunienne : le conflit entre Israël et les Palestiniens.

Voilà un an, de cette même tribune, j’ai lancé un appel à une Palestine indépendante. Je croyais alors et je le crois encore, que le peuple palestinien mérite son État. Mais j’ai aussi affirmé qu’une paix authentique ne pouvait se faire qu’entre les Israéliens et les Palestiniens eux-mêmes. Un an après, malgré les efforts intenses consentis par les États-Unis et d’autres acteurs, les parties n’ont toujours pas comblé leurs différends. Devant cette impasse, j’ai avancé une nouvelle base de négociations en mai dernier. Cette base est claire. Chacun de vous la connaît. Les Israéliens doivent savoir que tout accord leur garantira la sécurité. Les Palestiniens méritent de savoir ce que sera la base territoriale de leur État.

Je sais que beaucoup sont frustrés par ce manque de progrès. Moi aussi, je vous l’assure. En fait, la question n’est pas le but que nous cherchons, mais comment l’atteindre. […] La paix demande qu’on travaille dur. La paix ne viendra pas à travers des déclarations et des résolutions des Nations Unies – si c’était si facile, elle aurait déjà été faite. Somme toute, ce sont les Israéliens et les Palestiniens qui doivent vivre côte à côte. Somme toute, ce sont les Israéliens et les Palestiniens, et pas nous, qui doivent tomber d’accord sur les points qui les divisent : les frontières et la sécurité, les réfugiés et Jérusalem.

Somme toute, la paix dépend d’un compromis entre des gens qui sont appelés à vivre ensemble bien longtemps après que nous ayons prononcé nos discours, bien après que nos scrutins aient été dépouillés.

Il s’est lancé ensuite dans une longue tirade pour expliquer l’inexplicable et justifier l’injustifiable :

[…] Il est incontestable que les Palestiniens ont vu cet espoir [un État souverain] retardé durant trop longtemps. C’est justement parce que nous croyons si fort aux aspirations du peuple palestinien que les États-Unis ont investi tant de temps et tant d’efforts dans la construction d’un État palestinien, et dans les négociations qui peuvent aboutir à un État palestinien.

Mais qu’on nous comprenne bien: l’engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël est inébranlable. Notre amitié avec Israël est profonde et durable. […]

[…]

Le peuple juif a forgé un État réussi sur sa patrie historique. Israël mérite d’être reconnu. Il mérite des relations normales avec ses voisins. Et les amis des Palestiniens ne leur rendent aucun service en ignorant cette vérité […]

[…] Chaque partie a des aspirations légitimes, et c’est bien cet aspect-là qui rend la paix si difficile. Et l’on ne pourra sortir de l’impasse que lorsque chaque partie se mettra dans la peau de l’autre, de façon que chaque partie voie le monde à travers les yeux de l’autre. Voilà ce que nous devons encourager. Voilà ce que nous devons promouvoir.

En attendant, les Palestiniens sont toujours bannis de leur patrie ; leurs logements sont détruits par de monstrueux engins mécaniques, et un mur odieux, bien plus élevé que celui de Berlin, les sépare les uns des autres. Obama aurait mieux fait de reconnaître que les Israéliens eux-mêmes sont désormais las de voir les ressources de leur pays gaspillées en dépenses militaires, ce qui les prive de la paix et de l’accès à des moyens de vie élémentaires. À l’instar des Palestiniens, ils souffrent les conséquences de ces politiques imposées par les États-Unis et par les secteurs les plus militaristes et les plus réactionnaires de l’État sioniste.

Tout en relevant ces défis de conflit et de révolution, nous devons reconnaître aussi et nous rappeler que […] la paix véritable dépend de la création des chances qui rendent la vie digne d’être vécue. Pour ce faire, nous devons faire face aux ennemis communs de l’humanité : les armes atomiques et la pauvreté, l’ignorance et les maladies. […]

On n’y entend goutte à ce galimatias du président étasunien devant l’Assemblée générale ?

N’empêche qu’il prône aussitôt après son inintelligible philosophie :

Pour éloigner le spectre de la destruction massive, nous devons œuvrer de concert pour poursuivre la paix et la sécurité dans un monde exempt d’armes nucléaires. Ces deux dernières années, nous nous sommes engagés sur cette voie. Depuis notre Sommet de Washington sur la sécurité nucléaire, près d’une cinquantaine de nations ont pris des mesures pour garantir leur matériau nucléaire contre les terroristes et les contrebandiers.

Peut-il exister pire terrorisme que la politique agressive et belliciste d’un pays dont l’arsenal d’armes atomiques peut détruire plusieurs fois la vie humaine sur cette planète ?

Mais Obama continue de nous faire des promesses :

Les États-Unis continueront de travailler à l’interdiction des essais d’armes nucléaires et de la production de la matière fissile nécessaire à leur production.

Et nous avons commencé à marcher dans la bonne direction. Et les États-Unis se sont engagés à remplir leurs obligations. Mais, tout en les remplissant, nous avons renforcé les traites et les institutions qui contribuent à stopper la prolifération de ces armes. […]

Le gouvernement iranien ne peut prouver que son programme est pacifique. […]

Quelle scie, de nouveau ! Mais cette fois-ci l’Iran n’est pas seul : il est en compagnie de la République démocratique et populaire de Corée.

La Corée du Nord doit prendre des mesures concrètes pour renoncer à ses armes et à son attitude belligérante contre le Sud. Il existe un avenir de plus grandes possibilités pour les peuples de ces nations si leurs gouvernements respectent leurs obligations internationales. Mais s’ils continuent de marcher à l’écart du droit international, ils devront faire l’objet de plus fortes mesures de pression et d’isolement. C’est ce que réclame notre attachement à la paix et à la sécurité.

À suivre ...

Chávez, Evo et Obama (Première partie)
Fidel Castro Ruz

Mercredi 28 septembre 2011


 

Source : Cuba.cu
http://www.cuba.cu/...


3 Pierre-Yves Salingue :Novembre 1947 / Septembre 2011 : le crime était presque parfait !

Le scénario avait été particulièrement travaillé. 64 ans après le vote par l’ONU du plan de partage de la Palestine en faveur de l’entreprise coloniale sioniste et contre la volonté et les intérêts des peuples arabes de la région, on allait liquider la cause palestinienne en faisant croire que « la solution évidente des deux Etats » avait enfin été acceptée par tous. Les déclarations optimistes d’Abbas et de Fayyad, autorisées et confortées par divers discours d’Obama en 2009 et 2010, avaient ancré dans les esprits l’idée de « l’Etat palestinien en septembre 2011 ». Les dirigeants israéliens eux-mêmes avaient émis quelques propos élogieux sur l’excellence de la coopération sécuritaire pour réprimer la résistance et sur les convergences des initiatives de Fayyad avec le plan de « paix économique » de Netanyahu.

 

Avant même la mort d’Arafat, les dirigeants impérialistes avaient assuré la continuité d’une représentation palestinienne qui leur convienne. Après avoir été imposé comme Premier ministre, Abbas avait été élu Président de l’Autorité en 2005. Certes, en 2006, le vote démocratique en faveur du Hamas des Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza avait mis la manœuvre en péril. Mais les arrestations par l’armée d’occupation des parlementaires Hamas nouvellement élus et le blocus imposé aux Palestiniens qui prétendaient choisir leur gouvernement avaient permis d’imposer une équipe menée par Fayyad et présentant les garanties exigées par les bailleurs occidentaux de l’Autorité palestinienne.

Conscient de l’absence totale de légitimité politique de Fayyad pour les Palestiniens (2% aux élections de 2006 !), les dirigeants impérialistes ont fermé les yeux sur la prolongation unilatérale par Abbas de son mandat présidentiel expiré depuis janvier 2009 !

Quant au fait que sa « légitimité révolutionnaire » au sein de l’OLP tient d’une part à un congrès du Fatah tenu à Bethléem en 2009 sous contrôle de l’armée d’occupation et d’autre part à l’absence totale de fonctionnement démocratique de l’OLP, dont l’instance suprême de décision ne s’est pas réunie depuis plus de 10 ans…, ils n’en ont évidemment cure, tant que l’actuelle direction autoproclamée leur est utile.

On s’acheminait donc vers l’adoption de « la seule solution possible, connue de tous, la solution à deux Etats, israélien et palestinien, vivant côte à côte en paix et en sécurité. »

On allait enfin connaître la fin d’un « drame de plus de 60 ans » grâce à la générosité occidentale qui octroyait un Etat à des Palestiniens méritants et aux « sacrifices douloureux » des Israéliens qui renonceraient (provisoirement !) aux 10 à 15 % de la Palestine mandataire laissés aux Palestiniens.

A défaut de pouvoir rentrer chez eux, dans leurs foyers, les réfugiés pourraient voyager grâce à un passeport, les Palestiniens discriminés en Israël seraient invités à rejoindre l’un des bantoustans constituant l’Etat palestinien, ce bantoustan pouvant d’ailleurs être le résultat d’un échange de territoires permettant à Israël d’annexer les blocs de colonies.

La pièce était jouée ! A l’occasion de cet « évènement historique », on ne parlerait ni du siège de Gaza, ni des 12.000 prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes, ni de la construction à un rythme effréné des colonies, ni de la multiplication des agressions armées des colons fanatiques en Cisjordanie , ni de la judaïsation accélérée de Jérusalem, ni de l’aggravation de la situation des réfugiés dans les camps…

Tous les projecteurs seraient braqués sur la proclamation de l’Etat de Palestine et peu importe que celui-ci soit vide de toute souveraineté et sans conséquence aucune sur la réalité de l’occupation. On maintiendrait à distance les victimes de l’ultime braderie des exigences palestiniennes, réfugiés sans droit au retour réel, Palestiniens expulsés de Jérusalem, Palestiniens de 48 soumis à l’apartheid en Israël, etc. dont on couvrirait les cris de colère par les slogans des manifestants soutenant le spectacle : enfants des écoles dont les cours sont suspendus le temps du rassemblement, employés de l’Autorité contraints d’interrompre le travail et d’aller manifester pour toucher le salaire, chômeurs qui se voient offrir un sandwich et du soda en échange de leur participation… Et dans les mosquées, à la fin de la prière, on ferait lire un texte appelant à soutenir les efforts extraordinaires du Président !

Insensiblement, au fur et à mesure qu’on se rapprochait de l’échéance de septembre 2011, les choses se sont gâtées. Le scénario consensuel s’est délité et la direction palestinienne s’est retrouvée dans cette situation ubuesque de devoir justifier les raisons pour lesquelles elle demandait l’Etat croupion qui lui avait été antérieurement consenti par le parrain US à qui elle avait une fois de plus fait confiance.

Pour le coup, l’or s’est changé en plomb et ce qui devait être un acte historique a été remplacé par une polémique saugrenue où le sort de millions de Palestiniens est réduit au dilemme suivant : la proclamation de l’Etat de Palestine et son admission à l’ONU doit-elle précéder la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens ou la négociation doit-elle forcément reprendre avant la proclamation de l’Etat ?

La frénésie des rencontres bilatérales, des voyages éclair, des réunions d’urgence, des initiatives de la dernière chance, etc. semble sans effet sur la possibilité de trouver une solution à cette variante onusienne du fameux dilemme de la poule et de l’œuf : c’est l’Etat qui précède la négociation ou c’est la négociation qui engendre l’Etat ?

Un instant déstabilisé, on pense inévitablement à la tirade de Macbeth : serions-nous en présence d’ « une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien » ?

Mais en étant attentif, on constate que les acteurs qui s’écharpent devant les caméras sont toutefois d’accord sur un point : tout ceci n’aura en réalité aucune conséquence sur le quotidien des Palestiniens qui resteront soumis demain aux mêmes injustices qu’hier. Les prisonniers resteront prisonniers, les réfugiés resteront dans leurs camps, le blocus de Gaza ne sera pas levé, le mur de bougera pas d’un pouce, d’autres colonies sionistes seront construites sur les terres palestiniennes, etc.

On comprend alors qu’à l’ONU, la ligne de partage n’est pas entre ceux qui défendent les droits nationaux des Palestiniens et ceux qui soutiennent l’état colonial sioniste.

Le désaccord « qui fait craindre le pire » n’est en réalité qu’une divergence tactique entre ennemis du peuple palestinien.

Il y a ceux qui disent : « la situation dans la région menace de devenir de plus en plus instable, il faut essayer de tromper les Palestiniens tout de suite, demain on n’aura peut-être plus un Abou Mazen sous la main pour essayer de faire passer la pilule » et ceux qui répondent : « c’est justement parce que c’est instable qu’on doit se donner un peu de temps, on peut encore faire vivre l’industrie de la paix en attendant de voir comment ça évolue notamment en Egypte, et si Abou Mazen nous lâche, on se servira d’un autre aujourd’hui en réserve ».

Mais tous sont d’accord pour empêcher le peuple palestinien d’exercer son droit à l’autodétermination.

On pense alors à ces évènements extraordinaires en Tunisie, en Egypte, au Bahreïn, au Yémen, au Maroc… qui ont illuminé ces derniers mois le ciel obscur du désespoir palestinien.

Par ses excès mêmes, la dramatisation du dérisoire spectacle onusien témoigne de l’état de panique suscité par la mise en mouvement des masses arabes. On comprend que ce désordre général au sein du camp impérialiste est le résultat de l’affolement de chacun des acteurs qui concouraient au dispositif d’asservissement des peuples arabes en général et à l’oppression du peuple palestinien en particulier.

On comprend que la panique a gagné tous ces grands et petits bénéficiaires du dispositif de domination : la direction sioniste avide de poursuivre son plan de nettoyage ethnique, qu’elle doit parfois mettre en veilleuse mais qu’elle n’a jamais abandonné ; les dirigeants US qui voudraient créer les conditions leur permettant de rétablir un équilibre menacé par l’essor du processus révolutionnaire arabe notamment en Egypte, condition nécessaire au déploiement de l’ordre néolibéral sur la région du « Grand Moyen Orient » ; les dirigeants européens avant tout soucieux de la stabilité dans la partie arabe d’une zone méditerranéenne déjà fragilisée par la crise du capitalisme qui menace plusieurs Etats de l’Europe du Sud ; les Etats de la Ligue arabe menacés par la mise en mouvement de leurs peuples qu’ils pensaient avoir définitivement neutralisés ; et bien sûr, pièce indispensable de l’édifice, la petite élite palestinienne issue d’Oslo, et d’abord les dirigeants de l’OLP et de l’AP de Ramallah, qui n’ont d’autre horizon stratégique que celui de négocier, avec les dirigeants sionistes et sous patronage US, les conditions d’une reddition qui leur laissent quand même quelques privilèges matériels et symboliques.

Depuis plus de 20 ans, le terme attendu du « processus de paix » était la normalisation entre le monde arabe et l’Etat sioniste, « une intégration pleine et entière, consentie par ses voisins ».

L’état indépendant palestinien dans les frontières de 67 était la monnaie d’échange de cette intégration, alibi nécessaire à la normalisation des relations avec Israël pour tous les régimes arabes décidés à prendre leur place dans l’ordre néolibéral.

Mais la dynamique politique du sionisme et sa logique de colonisation ininterrompue ont détruit les bases mêmes de l’existence de cette monnaie d’échange : à force de coloniser, il ne reste plus rien à offrir !

C’est maintenant qu’éclate cette vérité parfois ignorée et toujours niée au sein du mouvement qui affirme sa solidarité avec le combat des Palestiniens : le rejet populaire d’Israël de la part de l’immense majorité des peuples arabes qui n’ont jamais accepté l’Etat sioniste imposé par la force au sein de l’Orient arabe. La réalité, c’est qu’il n’y a jamais eu d’adhésion populaire aux sempiternels discours de paix qui exprimaient seulement la soumission d’une élite occidentalisée ou la collaboration de régimes corrompus et soumis aux exigences impérialistes d’accepter « le partenariat avec Israël ».

Aujourd’hui, les questions se bousculent : Comment parvenir à faire oublier cette plaie ouverte depuis 1948 ? Comment faire pour supprimer ce ferment de révolution qui fait dire à tant d’Arabes que le moment est venu de balayer tous ces régimes arabes soumis et de poursuivre la lutte jusqu’à la libération de toute la Palestine ? Comment faire pour assurer la victoire de la normalisation alors que, du Caire à Amman, la colère populaire a remis l’Etat sioniste au centre de la cible de la révolution ? Comment faire pour stopper ce mouvement dont témoignent les actions déterminées contre les ambassades israéliennes, l’affirmation du refus de la normalisation avec Israël dans la plate-forme de la fédération des syndicats indépendants d’Egypte, la montée de l’exigence d’une véritable ouverture de Rafah, la remise en cause des accords économiques et politiques de l’Egypte et de la Jordanie avec l’Etat sioniste ?

Tel est le vrai dilemme des dirigeants impérialistes.

La colère qui couve en Palestine et au sein des peuples arabes n’éclatera pas en raison d’une prétendue frustration d’avoir été injustement privé d’un « Etat ». Ce qui provoquera demain la colère, ce seront les agressions de l’armée israélienne dans le Sinaï, la poursuite du blocus de Gaza et notamment le scandale de la prétendue ouverture de Rafah, les agressions croissantes des colons sionistes contre les villages palestiniens en Cisjordanie , la judaïsation accélérée de Jérusalem, les provocations contre le peuple du Liban, la répression des mouvements de réfugiés, la poursuite de l’occupation de l’Irak, les menaces d’intervention impérialiste en Syrie, etc.

Ce qui provoquera la colère, c’est la volonté impérialiste de priver les peuples arabes de leur droit de prendre en main leur propre destinée, de disposer des ressources de leur sol et, s’agissant du peuple palestinien, d’exercer son droit à l’autodétermination au sein de toute la Palestine, partie intégrante du Machrek.

Quand le pitoyable spectacle de « Palestine 194 » sera terminé, on pourra peut-être revenir au sujet oublié : celui de la libération de la Palestine.

Peut-être sera-t-il alors possible de comprendre que la faillite totale et définitive du projet d’une « Palestine partagée entre deux peuples » est tout simplement l’aboutissement logique du plan de colonisation sioniste qui n’a pas commencé en 1967 et qui ne s’arrêtera jamais tant qu’existe un Etat sioniste qui est d’abord l’incarnation d’une idéologie coloniale réactionnaire, fauteur de guerre et facteur de haine, établi pour contrôler et diviser les peuples, au service de la domination impérialiste.

La prochaine débandade de la direction palestinienne illégitime annoncera probablement son acte de décès et c’est tant mieux !

La fin de ce projet est en réalité une chance pour l’immense majorité des Palestiniens : un Etat croupion palestinien, dépourvu de toute souveraineté et légitimant l’existence de l’Etat d’Israël, eut été une étape supplémentaire dans la fragmentation territoriale et la division du peuple arabe.

La disparition de la perspective des deux Etats mettra un terme à une séquence historique porteuse d’illusions et de défaites. La suppression de cet obstacle est indispensable pour renouer le fil de l’Histoire du combat anti-impérialiste et anti-colonial mené pendant des décennies par les peuples de l’Orient arabe.

L’essor de la révolution arabe va bouleverser les termes de la lutte des Palestiniens en lui permettant de renouer avec la dimension anti-impérialiste et révolutionnaire qui a failli être détruite par les accords d’Oslo.

La question palestinienne va reprendre sa place centrale au sein de la question arabe : il ne s’agit pas d’une lutte pour « le partage de la terre entre deux peuples » mais de la remise en cause d’un Etat pivot de l’impérialisme au Moyen Orient et d’un combat pour l’émancipation.

L’affrontement n’est pas entre les 5 millions de Palestiniens et les 6 millions de Juifs israéliens présents sur la terre de l’ancienne Palestine mandataire mais entre le puissant essor des révolutions arabes en cours et l’Etat sioniste d’Israël, projection de l’Impérialisme occidental dans l’Orient arabe.

Cette modification du rapport des forces va entraîner une transformation radicale des termes de l’affrontement et de ses issues politiques possibles. Il entrainera aussi une remise en cause profonde de la représentation palestinienne.

Ceux qui pensent que c’est seulement « de son plein gré qu’Israël évacuera les territoires occupés », ceux qui approuvent Abbas quand il affirme « notre objectif n’est pas d’isoler ou de délégitimer Israël » vont devoir s’effacer, emportés par le naufrage de la stratégie qui a conduit aux accords d’Oslo.

C’est à la question du partage qu’il faut revenir en effet, mais en comprenant que le problème n’est pas l’absence d’un Etat palestinien.

Le conflit prend racine dans la création de l’Etat colonial et c’est pour cette raison que la solution n’est pas d’appliquer le plan de partage mais de l’annuler totalement, au nom de l’émancipation des peuples arabes contre le projet impérialiste d’accaparement des richesses et de contrôle stratégique de l’Orient arabe et au nom de la révolution arabe qui s’est remise en marche et qui se heurtera nécessairement à l’Etat sioniste partie intégrante de la contre révolution.

Pour celles et ceux qui soutiennent les droits des Palestiniens, le combat pour la Palestine n’est certes pas de soutenir une supplique visant à obtenir une quelconque reconnaissance de l’ONU qui a légitimé en 1947 un projet de nettoyage ethnique et a donné le feu vert aux troupes sionistes pour mener la guerre coloniale de dépossession et d’expulsion des Palestiniens, guerre qui se poursuit encore aujourd’hui.

Le combat pour la Palestine est dans la poursuite de l’action visant à isoler l’Etat sioniste, notamment en poursuivant la campagne BDS.

Il est dans le développement de l’action contre le blocus de Gaza, en prenant place aux côtés des révolutionnaires égyptiens dans la campagne pour l’ouverture totale de Rafah.

Il est dans l’engagement de forces militantes dans les actions des réfugiés aux frontières de la Palestine occupée, au Liban, en Jordanie et en Syrie.

Et il est, bien sûr, dans le soutien aux révolutions arabes, en solidarité notamment avec les révolutionnaires égyptiens en première ligne de la confrontation qui vient.

 

http://www.ism-france.org/analyses/Novembre-1947-Septembre-2011-le-crime-etait-presque-parfait--article-16092


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19




 

04/10/2011

n° 592 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion. Palestine : Enterrement de la solution des deux Etats aux Nations unies.

n° 592 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion. Palestine : Enterrement de la solution des deux Etats aux Nations unies.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

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'Géopolitique et stratégie '

de

Palestine

n° 592            - 01-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



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Sommaire.

Tiré à part :

1 Géopolitique et stratégie– Réflexion.

1-1 K. Selim : Abbas et le caméléon

1-2 Ilan Pappe : Enterrement de la solution des deux Etats aux Nations unies.

1-3 Ramzy Baroud : Le nouveau stratagème d’Abbas.

1-4 Ahmadinejad. « La reconnaissance de l'existence du régime sioniste est injuste ».

Fin

2 Paroles & témoignage

2-1 Hugo  Chavez : "Création d’un Etat palestinien ":

2-2 Ahmadinejad : Crimes et assassinats ne sauveront pas les sionistes de la disparition inévitable. 

2-3 Sandy TOLAN : C’est l’occupation, idiot !.

3 Flottille

3-1 Chems Eddine CHITOUR : Flottille de Gaza - les humanitaires ont tort : le blocus continue...

3-2 Courrier international : Avec Israël, le point de non-retour est atteint.



1Géopolitique et stratégie– Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 K. Selim :Abbas et le caméléon.

Il faut se le dire et le répéter : le combat des Palestiniens n’est pas séparable du combat des peuples arabes pour la liberté et la dignité.  

Mahmoud Abbas a tenu malgré les pressions du caméléon Obama et malgré les menaces d’Israël. Il a officialisé la demande d’adhésion de l’État de Palestine à l’Onu sur les frontières d’avant la guerre de juin 1967. Une fois qu’il s’est libéré, dans sa tête, de l’obligation de plaire aux Américains, il est redevenu un Palestinien qui a des mots justes et précis. Tout ce que M. Abbas a dit, ses opposants palestiniens, hostiles à la comédie sans fin de la négociation dont le seul effet est d’élargir l’occupation et de favoriser l’épuration ethno-religieuse, l’ont dit avant lui.

Et, il faut le dire, M. Abbas a mis du temps pour comprendre que l’équation est biaisée. Il ne négociait pas, il était mis dans un rôle dans une pièce écrite de connivence entre les États-Unis et Israël. C’est une évidence criante. Mahmoud Abbas a mis un temps considérable pour sortir de la bulle dans laquelle il était enfermé par des capitales occidentales qui louaient sa « sagesse » et se moquaient concrètement de lui en refusant toute mesure qui déplairait à Israël. Il a mis du temps pour comprendre qu’aucune capitale occidentale ne veut d’un printemps pour les Palestiniens et que leur très longue « amitié » avec les dictatures voisines, celle d’Égypte notamment, avait pour but fondamental de préserver la poursuite de l’expansionnisme israélien.

Oui, Mahmoud Abbas a eu des mots justes dans son discours devant l’Assemblée générale. Encore faut-il que son comportement futur ne régresse pas dans les faux-semblants des fausses négociations. Obama aime, paraît-il, le printemps arabe. Il n’aime pas, c’est une certitude, un printemps palestinien qui ne soit pas autorisé par Netanyahu.

Le grand mérite de l’initiative de Mahmoud Abbas serait de contraindre l’administration américaine à faire usage du veto. Cela n’aurait rien de surprenant pour ceux qui suivent dans le détail le comportement des administrations américaines, mais cela serait édifiant pour ceux qui pensent que le gouvernement américain est « l’ami » des peuples.

Ce veto américain contre la Palestine et les Palestiniens sera perçu, à juste titre, comme faisant partie de la même panoplie répressive dont les dictatures ont usé– et usent encore contre les aspirations des peuples à la liberté et à la dignité. Le veto américain ne diffère pas des balles dont usent les régimes contre ceux qui demandent la dignité et la liberté.

Il faut se le dire et le répéter : le combat des Palestiniens n’est pas séparable du combat des peuples arabes pour la liberté et la dignité. Mahmoud Abbas - c’est un constat que même des gens de son parti ont tenu - a été trop crédule et n’a pas été à la hauteur pendant des années des fausses négociations et des promesses illusoires. Il a été constamment berné par les Américains en premier, ces présumés parrains dont l’action consiste à fabriquer la fiction de la négociation pour permettre à Israël d’avaler les territoires occupés. Il faut espérer que Mahmoud Abbas ne retombera plus dans le piège. Il vaut mieux un veto américain plutôt que d’accepter cette proposition, faussement médiane, d’un statut d’Etat observateur.

Mahmoud Abbas savait, on l’espère, qu’il n’attendait pas un effet sur le terrain d’une éventuelle reconnaissance de l’État de Palestine. Ce qu’il a obtenu est une prise à témoin du monde entier d’une injustice sans fin imposée aux Palestiniens. Il n’a pas besoin d’un faux statut d’État observateur qui, finalement, annulerait tout l’impact politique de sa démarche. Et surtout, il faut espérer qu’il ne va pas succomber aux sirènes du « quartette » qui ne sort de son mutisme que quand Israël est dans l’embarras.

Mahmoud Abbas, s’il ne veut pas régresser par rapport à son discours, doit orienter son action en direction de son propre peuple pour rétablir une unité ruinée. Et vers le mouvement des peuples arabes qui peuvent changer la donne. Après des années perdues, il est temps pour les responsables palestiniens de changer de perspective.

K. Selim - Le Quotidien d’Oran

25 septembre 2011


1-2 Ilan Pappe : Enterrement de la solution des deux Etats aux Nations unies.

Nous serons tous invités à l’enterrement de la solution des deux États, si et quand l’Assemblée générale des Nations unies annoncera qu’elle accepte la Palestine en tant qu’Etat membre

La Palestine enterrera-t-elle une fois pour toutes la solution des deux Etats aux Nations unies ?

L’appui de la grande majorité des membres de l’organisation complétera un cycle démarré en 1967 dans lequel tous les acteurs puissants et moins puissants des scènes internationale et régionale ont accordé leur soutien à la peu judicieuse solution des deux États.

Même en Israël, aussi bien la droite que la gauche et le centre de la politique sioniste ont finalement appuyé cette initiative. Et pourtant, en dépit du soutien passé et futur, tous ceux qui se trouvent en Palestine et à l’extérieur du pays reconnaissent apparemment que l’occupation se poursuivra et que même dans le meilleur des cas, il y aura un Israël plus grand et raciste à côté d’un bantoustan fractionné et inutile.

La mascarade se terminera en septembre ou en octobre, quand l’Autorité palestinienne présentera sa demande d’admission aux Nations unies en tant que membre à part entière ; elle peut se terminer de deux façons.

La fin sera, soit douloureuse et violente si Israël continue à jouir de l’impunité internationale et est autorisé à compléter par la force sa carte de la Palestine post-Oslo, soit révolutionnaire et beaucoup plus pacifique : on remplacera progressivement les vieux mensonges par de nouvelles vérités solides en matière de paix et de réconciliation pour la Palestine. Peut-être le premier scénario est-il le préalable regrettable du second. L’avenir nous le dira.

Un nouveau dictionnaire du sionisme

Autrefois, les morts étaient ensevelis avec leurs objets et leurs biens favoris. L’enterrement qui s’annonce suivra probablement le même rituel. L’élément le plus important qui sera enseveli six pieds sous terre est le dictionnaire des illusions et des tromperies avec ses célèbres entrées telles que « le processus de paix », « la seule démocratie du Moyen-Orient », « une nation éprise de paix », « parité et réciprocité » et « une solution humaine au problème des réfugiés ».

Le dictionnaire de remplacement est en voie d’élaboration depuis de nombreuses années et selon lui, le sionisme est du colonialisme, Israël est un État d’apartheid et la Nakba est un nettoyage ethnique. Il sera beaucoup plus facile d’en diffuser largement l’usage après septembre.

Les cartes de la solution morte seront également couchées près du cadavre. La carte de cette Palestine ramenée à un dixième de sa superficie historique, présentée comme la carte de la paix, aura nous l’espérons disparu à jamais.

Point n’est besoin de préparer une carte de rechange. Depuis 1967, la géographie du conflit n’a jamais vraiment changé ; elle a été constamment remodelée dans les discours des libéraux sionistes, politiciens,journalistes et universitaires, qui continuent encore à bénéficier d’un large appui international.

La Palestine a toujours été la terre située entre la rivière et la mer. C’est ce qu’elle est toujours. Ses changements de fortune sont caractérisés, non pas par la géographie, mais par la démographie. Les colons qui sont arrivés ici à la fin du XIXe siècle constituent à présent la moitié de la population et enferment l’autre moitié dans un carcan d’idéologies racistes et de politiques d’apartheid.

La paix n’est pas un changement démographique ni un nouveau tracé des cartes ; c’est l’élimination de ces idéologies et de ces politiques. Qui sait ? Ce sera peut-être plus facile à faire maintenant que jamais.

Dénonciation du mouvement de protestation israélien.

L’enterrement démontrera le caractère fallacieux de l’actuel mouvement de protestation israélien tout en mettant en lumière son potentiel. Depuis sept semaines, les Israéliens juifs appartenant principalement à la classe moyenne, protestent en grand nombre contre les politiques sociales et économiques de leur gouvernement.

Pour que le mouvement ratisse aussi large que possible, ses dirigeants et ses coordinateurs n’ont pas osé mentionner l’occupation, la colonisation ou l’apartheid. Selon eux, les politiques capitalistes brutales du gouvernement sont à l’origine de tout le mal.

A un certain niveau, ils ont raison. Ces politiques ont empêché la race supérieure d’Israël de pleinement jouir sur un pied d’égalité des fruits de la colonisation et de la dépossession de la Palestine. Mais une répartition plus équitable du butin n’assurera une vie normale, ni aux juifs, ni aux Palestiniens ; ce ne sera possible qu’avec la fin du pillage.

Et pourtant, les manifestants ont aussi fait preuve de scepticisme et de méfiance quant à ce que leurs médias et leurs politiciens leur disent au sujet de la réalité socio-économique ; ils arriveront peut-être à mieux comprendre les mensonges dont on les a gavés pendant de si longues années au sujet du « conflit » et de leur « sécurité nationale ».

L’enterrement devrait nous inciter tous à appliquer la même répartition du travail qu’avant. Les Palestiniens doivent d’urgence résoudre la question de leur représentation. Il nous faut rallier plus activement les forces progressistes juives du monde au boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et à d’autres campagnes de solidarité.

Intifada aux concerts promenades

Récemment, lors des prestigieux concerts promenade de la BBC à Londres, les doux Israéliens ont été plus choqués de voir l’orchestre philharmonique d’Israël se faire houspiller, que par n’importe quel génocide de leur histoire.

Mais plus que tout le reste, ce qui a absolument atterré les grands journalistes israéliens présents a été le grand nombre de juifs parmi les protestataires. Il s’agissait des mêmes journalistes qui dépeignaient la campagne de solidarité avec la Palestine et les militants du BDS comme des groupes d’extrémistes terroristes de la pire espèce. Ils croyaient à leurs propres articles. Tout à leur honneur, la mini intifada au Royal Albert Hall a au moins jeté le doute dans leur esprit.

Mobiliser l’action politique pour la création d’un seul État

En Palestine même, le moment est venu de passer du discours sur l’État unique à l’action politique et peut-être d’adopter un nouveau dictionnaire. La dépossession est partout et par conséquent il doit en être de même pour la restitution et la réconciliation.

Si l’on veut reformuler la relation entre juifs et Palestiniens sur une base juste et démocratique, on ne peut accepter ni la vieille carte ensevelie de la solution des deux États, ni sa logique de partition. Cela signifie aussi que la distinction sacrée entre colonies juives près de Haifa et colonies proches de Naplouse doit également être enterrée.

Il faudrait faire la distinction entre les juifs qui sont disposés à discuter d’une reformulation des relations, du changement de régime et d’un statut égal d’une part, et d’autre part les juifs qui ne sont pas d’accord, peu importe où ils vivent actuellement. À cet égard, il y a des phénomènes surprenants si l’on étudie bien le tissu humain et politique de la Palestine historique de 2011 telle qu’elle est gouvernée par le régime israélien : le désir de dialogue est plus évident au-delà des frontières de 1967 qu’à l’intérieur de celles-ci.

Le dialogue intérieur sur un changement de régime, la question de la représentation et le mouvement BDS s’inscrivent tous dans le même effort visant à apporter la justice et la paix à la Palestine. Ce que nous enterrerons en septembre, je l’espère, sera l’un des principaux obstacles empêchant la réalisation de cette perspective.

Ilan Pappe- - The Electronic Intifada

* Ilan Pappe est professeur d’histoire et directeur du Centre européen pour les études palestiniennes à l’Université d’Exeter.

Son dernier ouvrage est intitulé Out of the Frame : The Struggle for Academic Freedom in Israel (Pluto Press, 2010).

The Electronic Intifada - Cet article peut être consulté ici : http://electronicintifada.net/conte...

http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11105

Source : http://electronicintifada.net/conte... / http://www.info-palestine.net/artic...

17 septembre

Traduction : Anne-Marie Goossens

.http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11105


1-3 Ramzy Baroud :Le nouveau stratagème d’Abbas.

Quand le président Mahmoud Abbas de l’Autorité Palestinienne a décidé d’aller aux Nations Unies pour demander l’admission de la Palestine en tant que membre à part entière, il a semblé avoir eu une révélation. S’était-il finalement rendu compte que tout au long de ces deux dernières décennies, lui et son parti, le Fatah, suivaient une route qui conduisait nulle part ?

Qu’Israël s’intéressait à lui uniquement comme relais pour achever ses objectifs coloniaux dans les 22% qui subsistent de la Palestine historique ? Que son projet national - basé sur un « processus de paix » toujours fuyant - n’a amené ni la paix ni la justice ?

Le peuple palestinien en a assez des victoires symboliques qui ne changent rien, et qui parfois même empirent la situation sur le terrain. Ici une manifestation conjointe Hamas-Fatah à Gaza en février 2008 - Photo : Reuters

Abbas affirme être cette fois-ci sérieux. En dépit de toutes les tentatives américaines de l’intimider (par exemple, en menaçant de bloquer les fonds), et en dépit de l’escalade dans les manœuvres israéliennes (comme armer les colons juifs illégaux pour qu’ils attaquent de possibles mobilisations palestiniennes en Cisjordanie), Abbas n’a tout simplement pu être dissuadé de rechercher une adhésion aux Nations Unies ce mois de septembre. « Nous irons au Conseil de Sécurité. Nous devons obtenir une pleine adhésion aux Nations Unies... nous avons besoin d’un Etat, et nous avons besoin d’un siège à l’ONU, » a expliqué Abbas aux Palestiniens lors d’un discours télévisé le 16 septembre.

Durant des mois, des intellectuels, historiens, juristes et universitaires palestiniens ont mis en garde Abbas contre cette initiative hasardeuse et mal étudiée. Certains ont argué du fait que l’aventure d’Abbas à l’ONU était une manoeuvre tactique, dont les répercussions juridiques représentent un prix trop élevé à payer pour si peu ou pas du tout de retour. Si la « Palestine » remplace l’Organisation pour la Libération de la Palestine [OLP] - actuellement reconnue aux Nations Unies comme représentante unique du peuple palestinien - les Palestiniens risquent de perdre la seule organisation qu’ils ont tous en commun (son remplacement [par la « Palestine »] ne représentant que les deux millions de Palestiniens vivant en Cisjordanie occupée).

« Le plus préjudiciable est que cette initiative réduira notre capacité en tant que peuple à représenter la totalité de nos droits inaliénables, » a estimé Abdel Razzaq Takriti, militant et historien politique à l’Université d’Oxford (selon agence de presse de Ma’an - 3 septembre 3). « Le simple remplacement de l’OLP comme représentant du peuple Palestinien par un Etat annule la revendication de l’OLP d’être le seul et unique représentant légitime de toutes les composantes du peuple palestinien. »

L’OLP, qui pendant des décennies a servi de rempart à la lutte nationale palestinienne, continue d’exister aujourd’hui mais seulement en théorie. L’Autorité palestinienne [AP], qui a été fondée en 1994 comme une autorité temporaire, afin de superviser une transition vers un État palestinien, a lentement mais résolument détourné et mis sous sa coupe les institutions de l’OLP.

Pire encore, l’AP elle-même n’a ni légitimité ni crédibilité. Ce qui restait de cette dernière a été perdu pendant la guerre israélienne contre Gaza et après la publication des documents sur la Palestine par Al-Jazeera et le Guardian. Ces documents ont démontré que les personnes qui aujourd’hui défendent une candidature pour un Etat palestinien à l’ONU, avaient régulièrement collaboré avec Israël pour réprimer la résistance palestinienne. Ces mêmes personnes ont aidé Israël à saper la démocratie palestinienne, à isoler le Hamas élu démocratiquement, ont bradé le droit des réfugiés au retour, et, pire, ont aidé Israël à priver les Palestiniens de toute souveraineté significative dans Jérusalem-Est occupée.

Quant à son manque de légitimité, le sujet n’exige aucune révélation. En fait, le refus du Fatah d’accepter les résultats électoraux en 2006 ont mené aux circonstances qui ont déclenché une quasi-guerre civile à Gaza. Le blocus de Gaza (une conséquence directe des élections et de la guerre civile) continue à être utile à Israël comme à l’AP. Cette dernière fonctionne en Cisjordanie sans mandat populaire, survivant grâce aux aides internationales et à la « coordination sécuritaire » avec l’armée Israélienne d’occupation. Même le mandat d’Abbas comme président de l’AP a depuis longtemps expiré.

Toute cette énumération pose une question grave : ccmment une autorité qui manque de la moindre légitimité juridique pour être le représentant du peuple palestinien, ose-t-elle s’attribuer un rôle qui pourrait changer le cours du projet national palestinien dans son entier ?

Une opinion juridique développée par le professeur de droit Guy Goodwin-Gill de l’Université d’Oxford prévient des conséquences juridiques de l’initiative d’Abbas, pour ne citer que la mise à l’écart de l’OLP. Goodwin-Ouïe voulait « pointer les sujets exigeant de l’attention, une proportion substantielle du peuple palestinien pouvant se retrouver accidentellement privée de ses droits. » Une question également inquiétante est le passif des actions l’AP qui contredisent les intérêts du peuple palestinien. Ces années de pratiques ont laissé les Palestiniens avec une part très significative de terres en moins et des droits considérablement réduits. D’un autre côté, un petit segment de la population palestinienne a prospéré. Bien évidemment, les « nouveaux riches » en Palestine sont tous affiliés à l’AP, au Fatah et aux quelques-uns sur le haut de l’échelle.

Cette situation inique aurait facilement perduré si n’avait pas lieu le ainsi-nommé Printemps Arabe, qui a commencé à démolir le statu quo qui dominait les pays Arabes. Le régime corrompu d’Abbas fait partie de l’appareil politique arabe mis en difficulté. Son existence, comme pour d’autres, a été soutenue à bout de bras par les Etats-Unis ou d’autres appuis occidentaux. Afin de ne pas être confronté à la colère populaire en Palestine et dans la région, la direction palestinienne a été forcée de s’afficher comme rompant avec le vieux paradigme.

« L’AP se sent abandonnée par les Etats-Unis qui lui ont assigné le rôle du collaborateur avec l’occupant israélien, et elle se sent congelée dans un ’processus de paix’ sans objectif final, » selon Joseph Massad, cité dans Al Jazeera. « Les politiciens de l’AP escomptent que le vote des Nations Unies force la main des Américains et des Israéliens, avec l’espoir qu’un vote positif accorderait à l’AP plus de pouvoir politique et un nouveau levier pour asseoir au maximum sa domination sur la Cisjordanie. »

Les raisons qui poussent l’AP à demander le statut d’Etat membre vont de la tactique politique (impliquant Israël et les Etats-Unis) à la volonté de détourner l’attention de ses propres échecs. Sa politique élitiste met de côté le peuple palestinien. Si les Palestiniens avaient vraiment de l’importance pour Abbas, il aurait commencé par unifier les organisations palestiniennes (au lieu de les étouffer), par insuffler de l’énergie à la société civile, et par mettre en branle le processus nécessaire pour reformer l’OLP (au lieu de détruire sa légitimité internationale durement gagnée).

« Il est évident que la Palestine a besoin d’une nouvelle direction, élue dans un processus démocratique incluant tous les Palestiniens et pas uniquement ceux qui vivent en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, » a écrit l’historien de premier plan Salman Abu Sitta dans le Middle East Monitor daté du 10 juillet 2011. Ceci, en fait, devrait être la tâche présente, sans perte de temps et d’énergie dans des manoeuvres politiques qui, au mieux, ne rapporteront que des victoires symboliques.

Le peuple palestinien est dégoûté des victoires symboliques. Elles peuvent avoir fourni à Abbas et à ses seconds couteaux tous les avantages d’un semblant de pouvoir, mais elles n’ont pas permis de reprendre ne serait-ce qu’un seul pouce de la Palestine occupée.

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.

Ramzy Baroud

mardi 27 septembre 2011 -

20 septembre 2011 - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.ramzybaroud.net/articles...
Traduction : Claude Zurbach


1-4  Ahmadinejad.« La reconnaissance de l'existence du régime sioniste est injuste ».

 La reconnaissance de l'existence de régimes criminels comme le régime sioniste comme le font les Etats-Unis va à l'encontre les valeurs humaines, de justice et de liberté" selon le président iranien.

Le président Mahmoud Ahmadinejad qui est actuellement à Ardabil dans le cadre de la première étape d'une nouvelle tournée provinciale débutée en 2005, a fait ces déclarations dans son discours prononcé au stade principal de la ville.

Il a souligné que celui qui prétend défendre la liberté, la démocratie et la justice ne peut tolérer les pratiques criminelles de Tel-Aviv et de Washington dans la région.

"Bien que certains ne visent qu'à piller les ressources des autres nations, le monde est à l'aube d'un grand changement et de nombreuses personnalités politiques et organisations face aux régimes sioniste et américains souhaitent grandement connaître les tenants réels de cette liberté et de cette justice", a ajouté le président iranien.

Il a souligné qu'il n'est pas le seul à s'opposer à l'impérialisme et que les adversaires des pouvoirs de l'Arrogance rejoignent la majeure partie de la communauté internationale.

"L'OTAN n'apportera pas la prospérité à toutes les nations et les Nations Unies devraient résoudre leurs problèmes par une approche pacifique, sans l'ingérence de l'impérialisme américain » a déclaré Mahmoud Ahmadinejad.

Les observateurs internationaux estiment que l'OTAN qui cherchent à aider les rebelles contre le régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi n'est motivé que par son propre intérêt pour les richesses pétrolières du pays et non pas l'intérêt du peuple libyen.

Pendant le conflit en Bosnie-Herzégovine, bien que des milliers de Bosniaques aient été massacrés par les Serbes, les puissances et organisations occidentales ont été lentes à réagir. Et quand ils sont enfin intervenus, ils se sont assurés que les Serbes pourraient en tirer quelques bénéfices.

Réagissant à l'intervention de l'Arabie Saoudite à Bahreïn pour réprimer les manifestants, le président iranien a déclaré que les gouvernements occidentaux utilisent certains gouvernements contre d'autres nations, mais ces gouvernements doivent savoir que les Etats occidentaux ont prouvé leur politique non conformiste.
Depuis le début de la révolution à Bahreïn, le gouvernement bahreïni a ouvert le feu sur un grand nombre de manifestations anti-gouvernementales.
Des dizaines de manifestants appelant à la liberté et à de vastes réformes politiques dans le système au pouvoir de leur pays ont été tuées et des centaines restent actuellement emprisonnées.

.Irna.

15 septembre 2011.

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-96/1109157993093346.htm



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Sommaire.

Tiré à part :

2 Paroles & témoignage

2-1 Hugo  Chavez : "Création d’un Etat palestinien ":

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2-3 Sandy TOLAN : C’est l’occupation, idiot !.

3 Flottille

3-1 Chems Eddine CHITOUR : Flottille de Gaza - les humanitaires ont tort : le blocus continue...

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Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Hugo  Chavez : "Création d’un Etat palestinien ":

Lettre adressée  au secrétaire général de l’ONU :

Hugo CHAVEZ

Miraflores, le 17 septembre 2011

Son Excellence

Monsieur Ban Ki-Moon

Secrétaire général

Organisation des Nations Unies

Monsieur le Secrétaire général ;

Honorables représentants des peuples du monde,

Je m’adresse à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, à cette grande tribune où sont représentés tous les peuples de la Terre, pour réaffirmer aujourd’hui et en ce lieu l’appui total du Venezuela à la reconnaissance de l’État de Palestine, au droit de la Palestine de se convertir en un État libre, souverain et indépendant. Il s’agit là d’un acte de justice historique envers un peuple qui porte en soi depuis toujours toute la douleur et toute la souffrance du monde,

Le grand philosophe français Gilles Deleuze a dit, empruntant l’accent de la vérité, dans son ouvrage mémorable La grandeur de Yasser Arafat : La cause palestinienne est avant tout l’ensemble des injustices que ce peuple a subies et continue de subir. Elle est aussi – oserai-je ajouter – une volonté de résistance permanente et irréductible qui est d’ores et déjà inscrite dans la mémoire héroïque de la condition humaine. Une volonté de résistance qui sourd de l’amour pour la terre. Mahmoud Darwish, cette voix infinie de la Palestine possible, nous parle depuis le sentiment et la conscience de cet amour :

Qu’avons-nous besoin du souvenir
le Carmel est en nous
et sur nos paupières pousse l’herbe de Galilée
Ne dis pas : Que ne courrions-nous pas comme un fleuve pour le rejoindre
Nous sommes dans la chair de notre pays
Il est en nous

Contre ceux qui soutiennent à tort que ce que le peuple palestinien a souffert n’est pas un génocide, Deleuze soutient avec une lucidité implacable : D’un bout à l’autre, il s’agira de faire comme si le peuple palestinien, non seulement ne devait plus être, mais n’avait jamais été. C’est là - comment dire ? – le degré zéro du génocide : décréter qu’un peuple n’existe pas ; lui nier le droit à l’existence.

À ce sujet, saluons la raison le grand écrivain espagnol Juan Goytisolo lorsqu’il affirme catégoriquement : La promesse biblique de la terre de Judée et de Samarie aux tribus d’Israël n’est pas un contrat de propriété entériné par-devant notaire qui autorise à expulser de leur terre ceux qui y sont nés et qui y vivent. Aussi la solution du conflit du Moyen-Orient passe-t-elle forcément par la justice à rendre au peuple palestinien : telle est la seule voie si l’on veut conquérir la paix.

Nous souffrons et nous indignons en constatant que ceux qui ont subi l’un des pires génocides de l’Histoire se sont convertis en bourreaux du peuple palestinien ; nous souffrons et nous indignons en constatant que le legs de l’Holocauste est la Nakba. Il est simplement indignant tout court de constater que le sionisme continue de recourir au chantage de l’antisémitisme contre ceux qui s’opposent à ses sévices et à ses crimes. Israël a instrumentalisé et instrumentalise d’une façon éhontée et vile la mémoire des victimes. Et il le fait pour pouvoir agir en toute impunité contre la Palestine. Il va sans dire, au passage, que l’antisémitisme est une plaie occidentale, européenne, dont les Arabes ne sont pas partie prenante. De plus, n’oublions pas en plus que c’est le peuple sémite palestinien qui souffre de l’épuration ethnique pratiquée par l’État colonialiste israélien.

Qu’on me comprenne bien : une chose est de refuser l’antisémitisme, autre chose, et une autre, très différente, est d’accepter passivement que la barbarie sioniste impose au peuple palestinien un régime d’apartheid. D’un point de vue éthique, quiconque refuse la première doit condamner la seconde.

Qu’il me soit permis  une digression nécessaire : il est franchement abusif de confondre sionisme et judaïsme ; nombre d’intellectuels juifs, tels Albert Einstein et Erich Fromm, se sont chargés de nous le rappeler au fil du temps. Et, aujourd’hui, de plus en plus de citoyens conscients au sein même d’Israël, s’opposent ouvertement au sionisme et à ses pratiques terroristes et criminelles.

Il faut le dire clairement : le sionisme, comme vision du monde, est foncièrement raciste. Ces affirmations de Golda Meir, d’un cynisme atterrant, en sont une preuve criante : Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre ! Ce qu’on l’on appelle les Palestiniens n’existe pas. Ce n’était pas comme s’il y avait eu un peuple en Palestine, qui se considérait comme le peuple palestinien, et que nous étions venus, les avions jetés dehors et leur avions enlevé leur pays. Ils n’existaient pas.

Rappelons-nous : c’est dès la fin du XIXe siècle que le sionisme a parlé du retour du peuple juif en Palestine et de la création d’un État national qui lui soit propre. Cette prise de position s’imbriquait parfaitement dans le colonialisme français et britannique, comme il ferait ensuite dans l’impérialisme yankee. L’Occident a, depuis toujours, appuyé et encouragé l’occupation sioniste de la Palestine par la voie militaire.

Lisez et relisez donc ce document qui est connu historiquement comme la Déclaration de Balfour de 1917 : le gouvernement britannique s’arrogeait la faculté de promettre aux juifs un foyer national en Palestine, en dénigrant délibérément la présence et la volonté de de ses habitants. Et rappelons que chrétiens et musulmans ont vécu en paix, des siècles durant, en Terre sainte jusqu’à ce que le sionisme ait entrepris de la revendiquer comme sa propriété entière et exclusive.

Rappelons encore que, dès la deuxième décennie du XXe siècle, le sionisme, profitant de l’occupation coloniale de la Palestine par la Grande-Bretagne, a commencé à développer son projet expansionniste. Et qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le peuple palestinien verrait sa tragédie empirer par son expulsion à la fois de son territoire et de l’Histoire. La résolution 181 des Nations Unies – ignominieuse et illégale – recommanda en 1947 la partition de la Palestine en un État juif, en un État arabe et en une zone sous contrôle international (Jérusalem et Bethléem), concédant ainsi – quelle honte ! – 56% du territoire au sionisme pour qu’il y constitue son État. Cette Résolution violait de fait le droit international et bafouait d’une manière flagrante la volonté des grandes majorités arabes : le droit des peuples à l’autodétermination devenait lettre morte.

De 1948 à nos jours, l’État sioniste a poursuivi sa stratégie criminelle contre le peuple palestinien. Pour ce faire, il a toujours pu compter sur un allié inconditionnel : les États-Unis d’Amérique. Et cette inconditionnalité se traduit par un fait bien concret : c’est Israël qui oriente et fixe la politique internationale étasunienne au Moyen-Orient. Edward Saïd, cette grande conscience palestinienne et universelle, soutenait avec force raison que tout accord de paix qui se construirait sur l’alliance avec les USA, loin d’amenuiser le pouvoir du sionisme, le confortera.

Toutefois, contrairement à ce qu’Israël et les États-Unis prétendent faire croire au monde à travers les multinationales de la communication et de l’information, ce qui est arrivé et ce qu’il continue d’arriver en Palestine n’est pas – disons-le avec Saïd – un conflit religieux : c’est un conflit politique marqué du sceau du colonialisme et de l’impérialisme ; ce n’est pas un conflit millénaire : c’est un conflit contemporain ; ce n’est pas un conflit qui est né au Moyen-Orient : c’est un conflit qui est né en Europe.

Quel était et quel est encore le nœud du conflit ? Le fait qu’on privilégie dans les discussions et les analyses la sécurité d’Israël, jamais celle de la Palestine. L’histoire récente le corrobore : il suffit de rappeler la nouvelle équipée génocidaire déclenchée à Gaza par Israël à travers l’opération Plomb fondu.

La sécurité de la Palestine ne peut se réduire à la simple reconnaissance d’un auto-gouvernement et d’un auto-contrôle policier limités dans ses « enclaves » de la Rive Ouest du Jourdain et de la bande de Gaza, tout en ignorant non seulement la création de l’État palestinien dans les frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, les droits de ses nationaux et le droit de son peuple à l’autodétermination, mais encore le droit à la compensation et le droit au retour de la moitié de la population palestinienne dispersée dans le monde entier, aux termes de la Résolution 194.

Il n’est pas croyable qu’un pays, Israël, qui doit son existence à une résolution de l’Assemblée générale puisse mépriser à ce point les résolutions émanant des Nations Unies ! Voilà ce que dénonçait le père Miguel D’Escoto quand il réclamait la fin du massacre de la population de Gaza fin 2008 et début 2009.

Monsieur le Secrétaire général ;

Honorables représentants des peuples du monde,

On ne saurait ignorer la crise des Nations Unies. Nous avons soutenu en 2005, devant cette même Assemblée générale, que le modèle des Nations Unies était épuisé. Le fait que le débat sur la question de Palestine ait été ajourné et qu’on soit en train de le saboter ouvertement en est une nouvelle confirmation.

Washington ne cesse de répéter depuis plusieurs jours qu’il opposera son veto, au Conseil de sécurité, à ce qui sera une résolution majoritaire de l’Assemblée générale : à la reconnaissance de la Palestine comme membre de plein droit de l’ONU. Nous avons d’ores et déjà déploré, aux côtés des nations sœurs qui constituent l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), dans la Déclaration de reconnaissance de l’État de Palestine, qu’une aspiration si juste soit bloquée par ce biais. L’Empire, nous le savons tous, prétend dans ce cas comme dans d’autres imposer un deux-poids-deux-mesures dans l’arène internationale : c’est là la double morale yankee qui, tout en violant le droit international en Libye, permet à Israël de faire ce qu’il lui chante, devenant ainsi le principal complice du génocide que la barbarie sioniste commet contre les Palestiniens. Je rappelle une phrase de Saïd qui met bien le doigt sur la plaie : compte tenu des intérêts d’Israël aux États-Unis, la politique de ce pays au Moyen-Orient est donc israélocentriste.

Je voudrais conclure en faisant entendre la voix de Mahmoud Darwish dans son mémorable poème Sur cette terre :

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre
il y a sur cette terre,
le commencement des commencements,
la fin des fins.
On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine.
Madame, je mérite, parce que vous êtes ma dame,
je mérite de vivre.

Elle continuera de s’appeler la Palestine. La Palestine vivra et vaincra ! Vive la Palestine libre, souveraine et indépendante !

Hugo Chávez Frías- Président de la République bolivarienne du Venezuela

22 septembre 2011

http://www.legrandsoir.info/creation-d-un-etat-palestinien-lettre-adressee-par-hugo-chavez-au-secretaire-general-de-l-onu.html


2-2 Ahmadinejad : Crimes et assassinats ne sauveront pas les sionistes de la disparition inévitable.   

Le président iranien affirme que la donne mondiale est en train de changer ; d'évoluer en faveur de la Résistance et du peuple palestinien. "Ni les crimes ni les assassinats commis par les sionistes ne sauraient sauver les sionistes de leur sort fatidique, a-t-il souligné. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé, samedi au téléphone, avec le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, que le peuple iranien était et resterait toujours aux côtés de la Résistance et du peuple palestinien, qu'il les soutiendra jusqu'à la libération et à la victoire. Pour sa part, Khaled Mechaal a félicité l'Aïd-al-Fetr au peuple et au gouvernement iranien ainsi qu'au Guide suprême de la Révolution islamique, et il a rendu hommage aux soutiens suivis du peuple et du gouvernement iraniens à la résistance et la nation palestinienne ainsi qu’à sa la résistance pérenne.

Irib

04/09/2011


2-3 Sandy TOLAN : C’est l’occupation, idiot !.

La nation qui sera peut-être membre de l’ONU est en train de disparaître

C’est un spectacle oublié par le temps et les hommes. On l’appelle l’Occupation et il est dans sa 45ème saison. Il se déroule dans un site à peu près grand comme l’état du Delaware ; il est largement dissimulé à la vue et les grands titres des journaux occidentaux portent sur tout autre chose. Des diplomates font la navette entre Washington et les capitales du Moyen-Orient ; l’alliance israélo-turc se rompt avec les déclarations hardies du premier ministre turc ; des foules envahissent l’ambassade israélienne en Egypte et les ambassadeurs israéliens fuient la capitale égyptienne et Amman, la capitale jordanienne ; et bien sûr, il y a la vedette, le clou du spectacle actuel, la campagne de l’Autorité Palestinienne pour la reconnaissance de l’état palestinien à l’ONU à laquelle l’administration d’Obama opposera son veto au Conseil de Sécurité.

Mais quoique fassent les Turcs, les Egyptiens et les Américains, quel que soit le succès symbolique de l’Autorité Palestinienne à l’ONU, l’occupation est toujours là et dans ce domaine — croyez-en quelqu’un qui vient de passer tout l’été en Cisjordanie — Israël n’est pas en train de perdre. Israël gagne la bataille, du moins celle qui importe le plus aux Palestiniens et aux Israéliens, la bataille pour le contrôle de chaque mètre carré de terrain. Centimètre par centimètre, le projet israélien d’expansion en Cisjordanie et à Jérusalem s’accélère pour que la "nation", que l’ONU reconnaîtra peut-être comme membre, soit chaque jour plus petite, moins viable et moins réelle.

Comment faire disparaître un pays

Chaque fois que je roulais d’une ville de Cisjordanie à un autre, de Ramallah à Jénine, d’Abou Dis à Jéricho, de Bethléem à Hébron, je jouais à un petit jeu : Est-ce que je pourrais rouler une minute sans voir un signe de l’occupation ? Parfois —disons, si je roulais dans un étroit passage entre les collines — c’était possible. Mais pas souvent. Dans presque tous les paysages, derrière presque tous les virages apparaissaient une colonie juive, un check-point israélien, une tour de garde de l’armée, un mur de béton, une barrière de barbelés avec des panneaux "zone interdite" ou quelques jeeps militaires avec des soldats qui arrêtaient des jeunes gens pour contrôler leurs papiers.

Le funeste "processus de paix" d’Oslo qui a émergé des accords d’Oslo de 1993 non seulement n’a pas empêché cette expansion mais il l’a favorisée. Depuis cette date, le nombre de colons israéliens en Cisjordanie a presque triplé pour arriver à plus de 300 000 — et ce chiffre ne tient pas compte des 200 000 colons juifs de Jérusalem Est.

Les Accords d’Oslo ratifiés par les Palestiniens et les Israéliens ont divisé la Cisjordanie en trois zones —A, B et C. A l’époque, l’Autorité Palestinienne pensait que ce serait une étape temporaire avant un état indépendant. Mais la situation est toujours la même aujourd’hui. La stratégie de facto israélienne a été et est toujours de laisser une liberté relative aux Palestiniens de la zone A autour des villes de Cisjordanie et de cadenasser la "zone C" — 60% de la Cisjordanie — pour en faire des colonies juives et des "zones réservées à l’armée" comme ils disent (La zone B est essentiellement une sorte de zone verte entre les deux). Cette stratégie implique la démolition de milliers de maisons "illégales" et l’arrestation régulière des villageois qui veulent simplement agrandir leurs maisons. Les restrictions sont imposées strictement et les violations sont sévèrement punies.

Quand je suis allé dans les collines du sud de Hébron à la fin de 2009, par exemple, les villageois n’avaient même pas le droit d’aplanir un chemin de terre impraticable pour que leurs enfants n’aient pas à faire 4 ou 5 km de marche pour aller à l’école chaque jour. Na’im al-Adarah du village de At-Tuwani a été durement sanctionné pour avoir transporté "illégalement" les enfants à l’école. Quelques semaines après ma visite, il a été arrêté et sa Toyota rouge a été saisie et détruite par les soldats israéliens. Il n’a même pas pris la peine d’aller s’en plaindre à l’Autorité Palestinienne — ceux-là même qui vont aujourd’hui à l’ONU pour déclarer un état palestinien — parce qu’ils n’ont aucun contrôle sur ce qui se passe en zone C.

Al-Adarah m’a dit qu’il avait vu un officiel palestinien une seule fois et c’est parce qu’il était allé le chercher à Ramallah avec d’autres villageois. (Le représentant de l’Autorité Palestinienne refusait de venir seul). "Il nous a dit qu’il ne savait pas que ce territoire (de la zone C) était à nous. Un ministre comme lui est surpris que nous possédions ces territoires ? Je lui ai répondu "Comment se peut-il qu’un ministre comme vous ne sache pas ça ? Vous êtes le ministre du gouvernement local !"

"C’est comme s’il ne savait pas ce qui se passe dans son propre pays" a ajouté al-Adarah. Tout le monde nous a malheureusement oubliés.

La stratégie israélienne de contrôle explique aussi le "besoin" d’un réseau de check-points ; le sinistre mur de séparation (pour les israéliens la "clôture de sécurité" et pour les Palestiniens le "mur de l’apartheid") qui sépare Israël de la Cisjordanie (et parfois les Cisjordaniens les uns des autres) ; les expulsions incessantes des Palestiniens des zones résidentielles comme Sheikh Jarrah à Jérusalem Est ; la révocation systématique des cartes d’identité de Jérusalem que détenaient autrefois des milliers de Palestiniens qui étaient nés dans la Ville Sainte ; et le labyrinthe des restrictions de déplacement qui maintient tant de Palestiniens enfermés dans les enclaves de Cisjordanie.

Israël justifie la plupart de ces mesures en terme de sécurité mais il est évident que le but principal est de s’approprier toujours plus de terre palestinienne. Le mur de séparation, par exemple, a mis 10% de la terre palestinienne du côté israélien — un cas typique "d’annexion sous couvert de sécurité" selon l’organisation des droits de l’homme israélienne B’tselem.

Prises toutes ensembles, ces mesures atteignent l’objectif du gouvernement israélien tel qu’il apparaît dans une série de cartes dressées par les politiciens, cartographes et militaires israéliens ces dernières années et qui montrent une Palestine découpée en îlots isolés les uns des autres (qu’on compare souvent aux "bantoustans" d’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid) sur seulement 40% de la Cisjordanie. A Oslo les Palestiniens on cru faire un compromis historique en acceptant un état sur 22% de la Palestine historique — c’est à dire la Cisjordanie et Gaza. La réalité d’aujourd’hui est une sorte de "solution de 10%", un ersatz d’état-Croupion sans souveraineté, sans liberté de mouvement, sans contrôle de sa terre, de son eau ni de son espace aérien. Les Palestiniens n’ont même pas le droit de creuser un puits vers la nappe phréatique qui est sous leurs pieds.

La vie au milieu des check-points, des routes condamnées par des blocs de pierre et des raids nocturnes

Il est un aspect toujours négligé dans toute cette ruineuse "solution de pas d’état" c’est le prix humain que paie les occupés. Je suis revenu de ce voyage en Palestine avec le sentiment que le dommage psychique que l’occupation militaire inflige aux Palestiniens a augmenté davantage que lors de mes nombreux séjours antérieurs.

"Le soldat a montré mon étui à violon. Il a dit : "Qu’est-ce que c’est que ça ?" m’a raconté Alá Shelaldeh, une fillette de 13 ans qui habite à Ramallah. Elle étudie à Al Kamandjati ("Le violoniste" en Arabique), une école de musique du voisinage (qui sera le sujet de mon prochain livre). Elle parlait d’un incident qui avait eu lieu trois ans auparavant quand la voiture pleine de jeunes musiciens dans laquelle elle se trouvait avait été arrêtée à un check-point israélien près de Naplouse. Ils revenaient d’un concert. "Je lui ai dit ’C’est un violon’. Il m’a dit de sortir de la voiture et de lui faire voir." Alá est descendue, a ouvert la fermeture éclair et a montré l’instrument au soldat. "Joue quelque chose" a-t-il insisté. Alá a joué "Hilwadeen” (Jolie fille) la chanson célèbre de la vedette libanaise Fayrouz. C’était un incident typique de la Palestine, un incident qu’elle n’a pas réussi — et qu’elle ne réussira peut-être jamais — à oublier.

Il est bien sûr impossible de calculer le dommage émotionnel sur le long terme de telles confrontations sur les enfants et les adultes, ni même sur les soldats israéliens, qui ne sont pas immunisés contre leurs propres actions.

L’humiliation aux check-points est un élément essentiel de la vie quotidienne des Palestiniens. Tous, même les enfants, peuvent décrire l’impuissance, la peur et la rage qu’ils ou elles ont ressenti en attendant qu’un tout jeune soldat décide s’ils pouvaient passer ou non. C’est devenu si normal qu’il y a des enfants qui croient que c’est ainsi que tout le monde vit sur la planète. "Je croyais que le monde entier était comme nous— qu’il était occupé, qu’il y avait des soldats", dit le grand frère d’Alá, Shehade qui a 20 ans.

A 15 ans j’ai été invité en Italie. "J’ai eu un choc en voyant comme on vivait là. On pouvait aller très très loin sans rencontrer un seul check-point. On voyait très très loin, il n’y avait pas de mur. J’étais si heureux et en même temps triste, vous comprenez ? Parce qu’on n’avait pas cette liberté dans mon pays."

A 12 ans, Shehade a vu son cousin mourir, tué par des soldats pendant la seconde Intifada qui a éclaté à la fin de 2001 après la visite provocatrice du leader de l’opposition de l’époque, Ariel Sharon, sur l’esplanade de temple de la vieille ville de Jérusalem où se trouvent les lieux saints de l’Islam. Il y a eu des affrontements et des jeunes ont lancé des pierres aux soldats. Les troupes israéliennes ont tiré à balles réelles et tué 250 Palestiniens (pour 29 Israéliens) pendant les deux premiers mois de l’Intifada.

Un jour en 2002, raconte Shehade, alors que Ramallah était à nouveau sous totale occupation israélienne, son jeune cousin a violé le couvre-feu militaire pour aller acheter du pain. Il a été tué d’une balle près de la place du marché. Shehade a vu son cousin tomber. Cet été Shehade m’a montré les horribles photos — on voyait le sang couler de la bouche et des oreilles d’une garçon de 12 ans — prises après le tir en 2002.

Neuf années plus tard, Ramallah, une enclave supposément souveraine, est souvent considérée comme un oasis dans le désert de l’occupation. Ses rues et son marché sont pleins de commerçants et ses restaurants branchés n’ont rien à envier aux restaurants européens. L’animation et le standing de beaucoup de quartiers de la ville donne l’impression — même si les Palestiniens n’aiment pas l’admettre — que Ramallah et non Jérusalem sera la future capitale de la Palestine.

Beaucoup de rues de Ramallah sont en effet bordées de ministères gouvernementaux et de consulats étrangers (qu’il ne faut surtout pas appeler ambassades !), mais la plus grande partie de cette liberté apparente et de cette quasi-souveraineté est illusoire. En Cisjordanie, on ne peut se déplacer sans un permis difficile à obtenir, que sur de courts trajets comme la route de Ramallah à Naplouse le long de laquelle les Israéliens ont enlevé pour le moment leurs check-points et leurs blocs de pierre. Même à Ramallah — qui fait théoriquement partie de la zone souveraine A — les raids israéliens de nuit sont monnaie courante.

"C’était en décembre 2009, le 16 à 2h15, 2h30 du matin" se souvient Celine Dagher, une citoyenne française d’origine libanaise. Ramzi Aburedwan, son mari qui est palestinien et fondateur d’Al Kamandjati où ils travaillent tous les deux, se trouvait alors à l’étranger. "J’ai été réveillée par un bruit" a-t-elle continué. Elle s’est levée et a trouvé la porte de devant de chez elle enfoncée et maintenue à demi-ouverte par une petite chaîne de sécurité comme il y en a dans les chambres d’hôtel.

Céline a pensé que des voleurs essayaient de pénétrer chez elle et elle leur a crié en Arabique de partir. Puis elle a regardé par la porte entrebâillée et a aperçu 10 soldats israéliens dans l’entrée. Ils lui ont dit de reculer et 10 secondes plus tard ils ont fait exploser la porte. En entrant dans l’appartement ils pointaient leurs armes sur elle. Un informateur palestinien les escortait en silence. Il avait une cagoule de laine noire sur la tête pour ne pas être reconnu.

Le commandant a commencé à l’interroger. "Mon nom, celui des gens avec qui je vis, et il commençait à m’interroger sur mes voisins." Céline lui a montré son passeport français et l’a supplié de ne pas réveiller son bébé de six mois, Hussein, qui dormait dans la chambre voisine. "Je priais intérieurement pour qu’il ne se réveille pas". Elle a dit au commandant : "Je vais de chez moi au travail et du travail à chez moi." Elle a ajouté qu’elle ne connaissait pas vraiment ses voisins.

En fait les soldats avaient enfoncé la porte du mauvais appartement. Ils en ont enfoncé quatre autres cette nuit-là dans l’immeuble, avant de trouver leur suspect, son voisin, un jeune homme de 17 ans. "Ils l’ont interrogé pendant environ 20 minutes avant de l’emmener. Et je pense qu’il est toujours en prison. Son père était déjà en prison."

Selon les statistiques des services carcéraux israéliens cités par B’tselem, plus de 5 300 Palestiniens étaient enfermés dans les prisons israéliennes en juillet 2011. Depuis le début de l’occupation en 1967, on estime à environ 650 000 ou 700 000 le nombre des Palestiniens incarcérés par Israël. Cela représenterait 40% de la population mâle adulte palestinienne. Quasiment toutes les familles ont au moins un membre de leur famille en prison.

Céline a regardé à travers les volets et à vu une quinzaine de jeeps et autres véhicules de l’armée stationnés en bas dans la rue. Finalement ils sont partis tous feux éteints et si silencieusement qu’on ne pouvait même pas entendre leurs moteurs. Quand elle s’est retrouvée seule dans l’appartement silencieux elle n’a pas pu dormir. "J’avait trop peur." Une voisine est montée lui tenir compagnie jusqu’au matin.

Des histoires comme celle-là — et elles sont légion — s’additionnent pour dessiner les contours de ce qu’on pourrait appeler une culture de l’occupation. Elles forment le contexte d’une remarque que Saleh Abdel-Jawad, le président de l’université de Birzeit près de Ramallah, m’a faite : "Je ne me souviens pas d’avoir passé une bonne journée depuis 1967." Interloqué, je lui ai demandé pourquoi exactement. "Parce que" a-t-il répondu "on ne peut pas aller prier à Jérusalem qui est seulement à 15 km. Et c’est là-bas que sont tous nos souvenirs."

Et il a ajouté : "Cela fait 17 ans que je n’ai pas vu la mer. Nous n’avons pas le droit d’y aller. Et ma fille s’est mariée il y a cinq ans et on n’a pas pu organiser une cérémonie de mariage pour elle." Israël n’a pas voulu accorder un visa au beau-fils égyptien de Saleh pour qu’il puisse venir en Cisjordanie. "Comment faire un mariage sans marié ?"

Une Intifada musicale

Un de mes vieux camarades d’école qui est maintenant un étudiant du Moyen-Orient à Paris dit que les Palestiniens ne sont pas seulement victimes mais partie prenante de leur destinée. En d’autres termes, il insiste sur le fait que nous avons une part de responsabilité dans ce qui nous est arrivé — tout n’est pas de la faute de l’occupant. Je pense que c’est vrai.

Un bon exemple est l’échec moral et stratégique des attentats suicides des années 2001 à 2004 perpétrés par différentes factions palestiniennes en réponse aux attaques israéliennes pendant la seconde Intifada. Cette stratégie désastreuse a permis aux Israéliens de se venger de toutes les manières possibles, y compris en construisant un mur de séparation. (La disparition quasi-totale des attentats suicides est due beaucoup moins au mur — qui n’est même pas encore fini — qu’à la décision de toutes les factions palestiniennes de renoncer à cette tactique).

Alors, oui, les Palestiniens sont aussi "acteurs" de leur propre destinée mais Israël n’en est pas moins la seule puissance nucléaire de la région, l’état qui a une des plus puissantes armées du monde et la force d’occupation — ce qui a des répercussions incalculables pour la Cisjordanie. Aujourd’hui, certains Palestiniens considèrent que, après 44 ans d’occupation, le simple fait d’être encore là est une sorte de victoire morale. Cet été, j’ai commencé à entendre un nouveau slogan : "Exister c’est résister". Si on reste ici, alors le jeu n’est pas fini. Et si on réussit à attirer l’attention sur l’occupation tout en restant sur place, c’est encore mieux.

En juin, Alá Shelaldeh, la violoniste de 13 ans, est venue avec son instrument au mur à Qalandia qui était autrefois un simple check-point qui séparait Ramallah de Jérusalem et qui est maintenant surtout un point de passage international avec ses structures de béton, ses barres de fer et ses tourelles. La transformation de Qalandia — avec ses longs corridors qui ressemblent à des cages, ses nombreuses tourniquets haut de 2,50 mètres à travers lesquels passent les rares privilégiés qui ont des permis — symbolise sans doute mieux que tout autre chose la détermination d’Israël de ne pas partager la Ville Sainte.

Alá et ses amis musiciens de l’orchestre de jeunes Al Kamandjati sont venus jouer du Mozart et du Bizet devant les soldats israéliens qui se trouvaient de l’autre côté des barreaux en fer de Qalandia. Leur but était de dire aux occupants : nous sommes ici, au moyen de la musique. Les enfants et leurs enseignants sont sortis des bus, ont rapidement installé leur pupitre à musique et se sont mis à jouer. La mélodie de la symphonie n° 6 de Mozart a envahi le terminal.

Les Palestiniens se sont arrêtés et les ont cherché des yeux. Des sourires sont apparus sur les visages. Les gens se sont approchés, ont pris des photos ou sont simplement restés là, debout, autour de l’orchestre des jeunes, cloués sur place par cette Intifada musicale. Les musiciens et les soldats étaient séparés par une longue rangée de barres horizontales bleues. Sous l’effet de la musique, une sinistre barrière carcérale s’est transformée momentanément en un espace de joie confiante. "Ce concert a été le plus beau concert de ma vie" dira Alá plus tard.

A mesure que la symphonie de Mozart se déroulait — Allegro, Andante, Menuet, et l’Allegro du dernier mouvement — des soldats ont commencé à l’entendre. Quand l’orchestre a attaqué la danse bohémienne de Carmen # 2 de Georges Bizet, plusieurs soldats sont apparus et se sont mis à regarder de l’autre côté des barreaux. Pendant un bref instant, il a été difficile de dire qui regardait dehors de l’intérieur et qui regardait dedans de l’extérieur.

Si exister c’est résister, si les enfants peuvent défier leurs occupants par une Intifada musicale, alors il y a encore de l’espace, en cette année de printemps arabe, pour que surgisse quelque facteur de changement inattendu. Après tout, l’apartheid de l’Afrique du Sud a volé en éclat sans effusion de sang. Le mur de Berlin s’est effondré rapidement, complètement et sans qu’on s’y attende. Et avec la montée en puissance de la Chine, l’Inde, la Turquie et du Brésil, les USA, dont le pouvoir s’effrite, ne seront pas en mesure de protéger Israël éternellement. Un jour peut-être, le monde se rendre à l’évidence : le statu quo est inacceptable.

Pour l’instant et quoique nous réservent les prochaines semaines à l’ONU, et en Cisjordanie ensuite, n’est-il pas temps que l’attention internationale se fixe sur ce qui se passe réellement sur le terrain ? Après tout c’est l’occupation, idiot !

Sandy Tolan

Sandy Tolan est l’auteur de The Lemon Tree : An Arab, a Jew, and the Heart of the Middle East. Il est professeur adjoint à Annenberg School for Communication and Journalism à the University of Southern California. Il travaille à un nouveau livre : Operation Mozart, about music and life in Palestine. Visitez son blog : ramallahcafe.com.

Pour consulter l’original : http://www.tomdispatch.com/post/175444/tomgram%3A_sandy_tola...

Traduction : Dominique Muselet

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http://www.legrandsoir.info/c-est-l-occupation-idiot-tom-dispatch.html



3 Flottille

3-1 Chems Eddine CHITOUR : Flottille de Gaza - les humanitaires ont tort : le blocus continue...

« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier. » - Martin Luther King (Lettres)

Une information passée globalement sous silence nous apprend qu’un Rapport de l’ONU- ce « grand machin » dont parlait, avec mépris » déjà à l’époque, De Gaulle - absout globalement Israël de l’assaut du navire amiral le Mavi Marmara de la flottille qui avait l’outrecuidance d’accoster à GAZA pour y apporter des vivres et des médicaments à une population de plus de 1,5 million de personnes emprisonnées de toute part et maintenue en apnée par un blocus inhumain.

Curieusement, aucune agence de presse mainstream, et pour cause, ne s’est permis de porter un jugement ou à commenter cette information, tétanisées par la peur de se tromper en dérangeant l’ordre établi quant à la sanctuarisation de certains et la diabolisation des autres.

Que dit le Rapport Palmer ?

Dans son rapport, l’Onu estime que la marine de guerre israélienne a eu recours à une force « excessive et déraisonnable », mais il reconnaît la légalité du blocus maritime de GAZA au regard du droit international. « La décision d’Israël de prendre le contrôle des bateaux avec une telle force, à grande distance de la zone du blocus et sans mise en garde préalable, était excessive et déraisonnable », conclut l’enquête onusienne, menée par l’ancien Premier ministre de Nouvelle-Zélande, Geoffrey Palmer.

Ce document ajoute néanmoins que la flottille, composée de six bateaux, « a agi de façon imprudente en essayant de forcer le blocus naval » mis en place autour de GAZA, un territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste Hamas. L’enquête invite Israël à exprimer « une déclaration appropriée de regret » pour ce raid et de verser des dédommagements aux familles des huit Turcs et un Américain d’origine turque tués lors de l’intervention, ainsi qu’aux blessés. Le blocus naval a été imposé en tant que mesure de sécurité légitime de façon à empêcher l’entrée d’armes dans GAZA par la mer et sa mise en oeuvre respecte les exigences du droit international », estime le rapport. Il qualifie cependant « d’inacceptables » les pertes en vies humaines et les blessures qui ont résulté de l’usage de la force par l’armée israélienne. Les réserves qu’Israël porterait sur la critique explicite dans le rapport d’un usage de la force « excessif et déraisonnable » par l’armée israélienne qui avait tué neuf passagers turcs dans son assaut du bateau Mavi Marmara en mai 2010 (1)

Le blocus israélien de GAZA est-il légal ?

Nous avons voulu savoir sans être juriste quels étaient les arguments juridiques légitimant ce blocus, car le choix des mots est très important. Non seulement la commission présidée par le Premier ministre australien adoube le blocus et le trouve normal, de plus elle va plus loin, elle pense qu’Israël, fort de son bon droit, aurait dû arrêter le navire sans être excessif ; qu’en termes mesurés et respectueux pour Israël ces choses-là sont dites. 9 morts, un verdict, c’est excessif sans plus ! Il est vrai que pour l’ambassadeur d’Israël en France intervenant à la télévision française, il faut arrêter d’utiliser le terme « bain de sang » car c’est exagéré du fait qu’il n’y a que 9 morts ! et nous lui aurons suggéré d’ajouter : de plus ce ne sont ni des Européens ni des Américains » !

Pour Brian Palmer, réagissant au lendemain de l’attaque : « Les deux camps se rejettent la responsabilité de l’ouverture des hostilités, mais il ne fait aucun doute que le navire tentait de forcer le blocus qu’Israël impose depuis trois ans aux territoires occupés. Dans quelles conditions légales un Etat peut-il imposer un blocus ? La réponse est simple : en temps de guerre ou avec l’aval des Nations unies. (...) Certains spécialistes estiment cependant que les lois anciennes et restrictives régissant les blocus sont aujourd’hui obsolètes, tant la nature des conflits a changé. Ils font valoir que selon l’article 51 de la Charte des Nations unies, les nations disposent du droit absolu d’interdire l’accès à leur territoire ou d’inspecter des navires susceptibles d’y transporter des armes et que de tels actes ne sauraient en aucun cas être considérés comme des actes de guerre. (...) Nombreux sont ceux qui considèrent que les fondements juridiques du blocus israélien sont pour le moins contestables. La bande de GAZA et la Cisjordanie sont généralement considérées comme des territoires occupés militairement, malgré le désengagement de 2005. L’occupation militaire diffère de l’état de guerre véritable et le droit découlant d’établir un blocus de ces régions est contestable techniquement. De plus, l’incident de dimanche s’est produit à 40 milles de la côte de GAZA (74 km), soit bien au-delà de la limite traditionnellement fixée pour un blocus  » (2).

«  (...) L’incident de dimanche [attaque de la flottille Ndlr] pose d’autres questions de droit. Une convention des Nations unies de 1988, dont la Turquie et Israël sont signataires, interdit formellement arraisonnement de navires en haute mer ainsi que les actes de violence à l’encontre des passagers. Ironie de l’histoire, ce traité avait été adopté en réponse au détournement de l’Achille Lauro par des terroristes palestiniens, en 1985. Le blocus naval de la bande de GAZA par Israël est largement justifié dans le rapport face au risque d’importations d’armes à destination du Hamas palestinien. Autre point sensible et polémique : quelle a été l’attitude des passagers turcs du Mavi Marmara, le bateau sur lequel on a relevé neuf victimes ? Les commandos israéliens ont fait face à une « résistance organisée et violente de la part d’un groupe de passagers », nous dit le rapport. Cela signifie-t-il que l’usage de la force a été justifié ? Pas du tout, le recours à la force a été « excessif et déraisonnable » selon la commission d’enquête de l’ONU. (2)

Dans l’ensemble, ce rapport reprend les termes du rapport fait par une commission israélienne en janvier dernier et qui avait soulevé l’ire de la Turquie. Nous lisons : « Dès le mois de janvier et dans le sillage de la débâcle du Rapport Goldstone qui a eu un enterrement de première classe notamment après la volte-face personnelle du juge Goldstone qui invoque des éléments nouveaux qui lui font changer d’avis quant à la responsabilité d’Israël dans la mort de 1400 Palestiniens dont 400 enfants, le gouvernement israélien donne sa version des faits concernant les meurtres lors de l’assaut du Mavi Marmara. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a rejeté le rapport de la commission d’enquête israélienne, publié dimanche 23 janvier et qui blanchit Israël dans le raid meurtrier sur un navire humanitaire turc, en mai au large de GAZA. « Quelle valeur peut avoir un rapport préparé et commandé dans le même pays ? (...), s’est interrogé M. Erdogan face à des journalistes à Ankara. Ce rapport n’a aucune crédibilité. »

Le rapport de la commission israélienne conclut que le blocus maritime du territoire palestinien et l’assaut du commando israélien étaient « conformes au droit international ». La commission établie par la Turquie en réponse à cette commission d’enquête israélienne a, elle aussi, dénoncé le rapport israélien, se déclarant « stupéfaite et consternée » de ses conclusions qui disculpent l’armée israélienne, rapporte l’agence de presse Anatolie. « L’attaque menée par Israël en violation du droit, en temps de paix comme en temps de guerre, est aussi en contradiction avec tous les principes, règles et normes internationales », a affirmé la commission, qui s’est réunie à Ankara. (3)

On le voit, pour l’Achille Lauro on condamne, pour le Mavi Marmara on absout. Ceci étant dit, le Rapport Palmer a repris les mêmes termes que les conclusions de la commission israélienne. Il s’est contenté strictement à l’aspect « du droit international » mais pas à l’aspect autrement plus important, à savoir l’aspect humanitaire. Le rapport ne s’est pas interrogé sur les causes de cette flottille humanitaire à braver la foudre pour ramener un peu de vie à ces épaves palestiniennes. Personne en Occident ne veut faire bouger les choses et demander à Israël la cessation du blocus. Toutes les flottilles humanitaires qui ont par la suite tenté de pénétrer dans les eaux ont été empêchées. Mieux encore, les autorités européennes des aéroports ont empêché un rassemblement en Israël à telle enseigne que les compagnies européennes avaient reçu instruction de ne pas embarquer les passagers pour Israël, et ceci à partir des aéroports européens.

Les conséquences

A notre connaissance, aucun pays occidental ne s’est permis de commenter le Rapport Palmer. Le silence des Arabes-englués dans une débâcle profonde- est une fois de plus assourdissant. La Ligue arabe est aux abonnés absents. Mieux, l’Autorité palestinienne n’a pas encore réagi. Seul le Hamas a, quant à lui, jugé le rapport « injuste » et « déséquilibré ». « Il permettra à l’occupant (israélien) de se soustraire à ses responsabilités », a déclaré un des porte-parole, Sami Abou Zouhri.

Seule la Turquie concernée au premier chef a réagi. S’entêtant à demander à Israêl à présenter des excuses, elle s’est trouvée isolée. Israël ne s’excuse pas. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a demandé mi-août au Premier ministre Benjamin Netanyahu de s’excuser auprès de la Turquie, demande qui a été repoussée par M. Netanyahu. Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot, l’administration Obama est embarrassée et irritée par la querelle israélo-turque -deux pays alliés de Washington- qui gêne les efforts américains pour gérer la crise syrienne. Aux yeux des Américains, des excuses pourraient contribuer à apaiser les frictions entre Israéliens et Turcs.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait déclaré qu’il est « impossible » pour la Turquie de normaliser ses relations avec Israël : « Nous sommes très décidés (...) Pas question de faire marche arrière. Tant qu’Israël ne présentera pas des excuses à la Turquie, ne versera pas des compensations aux familles des victimes, et ne lèvera pas le blocus de la bande de GAZA, une normalisation des relations est impossible », a-t-il dit à des journalistes à Istanbul.

Pis encore, même les Etats-Unis, dans l’impossibilité de convaincre Israël, ont démenti. Le département d’Etat américain a qualifié mercredi 31 août « d’inexactes » les informations de médias israéliens affirmant que les Etats-Unis ont demandé à Israël de s’excuser auprès de la Turquie pour son raid de 2010 contre une flottille à destination de GAZA remplie de militants turcs. Les informations en question, qui ne précisent aucune source, ont été diffusées par deux grandes stations de radio israéliennes. Elles indiquent que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a appelé le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, mardi, pour lui demander de présenter des excuses à la Turquie, mais que ce dernier a refusé. Réagissant à cette information des médias israéliens, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait jugé « impossible » que la Turquie normalise ses relations avec Israël en l’absence d’excuses. (4)

La Turquie ne voulant pas se déjuger a réagi au Rapport Palmer. Ankara a expulsé l’ambassadeur israélien, en réaction au raid qui avait coûté la vie à neuf Turcs en 2010. L’Etat hébreu refuse de s’excuser. La tension est montée d’un cran vendredi 2 septembre entre l’Etat hébreu et la Turquie. Israël a réaffirmé son refus de présenter des excuses à la Turquie après la présentation du rapport de l’ONU, selon des sources diplomatiques à Jérusalem. « Israël exprime à nouveau ses regrets pour les pertes en vies humaines mais ne s’excuse pas pour cette opération. La Turquie a pris vendredi des mesures de rétorsion contre l’Etat hébreu à la suite de son refus de présenter des excuses, en annonçant l’expulsion de l’ambassadeur israélien, une suspension des accords militaires entre les deux pays et une saisine de la Cour internationale de Justice. (5)

Conclusion

Hécatombe de GAZA  : Décembre 2008 janvier 2009  : 13 morts pour le Hamas pour 1400 morts dont 400 enfants pour Israël ! Combien le rapport est sans appel. Le Rapport Goldstone a renvoyé dos à dos le Hamas et Israël. D’un côté, des roquettes artisanales proches de la technologie des arbalètes, de l’autre, la terreur des enfants que sont les bruits et les roquettes des hélicoptères Apache. Tout le problème est là : parlons-nous de la même humanité quand nous parlons des Palestiniens qui sont comme dans une « prison à ciel ouvert » selon les mots de M. Sarkozy ou encore comme des cafards dans un bocal selon les mots de Ehud Barack ? Que veut dire un blocus qui tient en apnée des centaines de milliers de Palestiniens, femmes vieillards et enfants qui n’ont connu de leur enfance que l’odeur de la mort et le désespoir ? Il y a bien longtemps qu’en Israël, des milliards et des milliards ont été dépensés depuis 10 ans pour construire en masse des abris, des pièces blindées, des systèmes de détection de roquettes, des alarmes. La ville de Sderot-proche de GAZA-, a même dû être complètement blindée, des chapes de béton posées sur les écoles pour les protéger, des constructions aux frais de l’Etat, d’un abri pour chaque appartement... De plus, il faut compter le nouveau système du Dôme de Fer, qui offre une protection aux plus grandes villes qui ne sont pas trop proches de GAZA.

A quoi servira un Etat palestinien si l’injustice continue ? Les Palestiniens de Abbas croient naïvement qu’un pays reconnu par l’ONU -sur des frontières dont aucun pays européen et américain ne veut voir revenir aux frontières de juin 1967- sera viable et à l’abri ! La Turquie, avec sa « nostalgie de l’Empire ottoman », avec sa force, sa puissance, se trouve seule en face d’Israël à la fois aussi dans l’Otan et dans l’Union Européenne. Non, les pays occidentaux ont choisi leur camp : celui de l’injustice, de la force du plus fort contre le droit du plus faible. Ainsi va le Monde du Nouvel ordre.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


3-2 Courrier international : Avec Israël, le point de non-retour est atteint.

Israël a refusé de présenter des excuses après le raid du 31 mai 2010 contre la flottille d'aide humanitaire à destination de Gaza, qui a entraîné la mort de neuf militants turcs. Pour la presse turque, la réconciliation semble à présent difficile.

L'affaire du ferry turc Mavi Marmara continue d'empoisonner les relations entre la Turquie et Israël.

Le rapport des Nations unies, qui vient d'être rendu public et qui tout en condamnant Israël pour son "usage excessif de la force" justifie le blocus israélien sur Gaza, n'a pas satisfait Ankara qui exigeait des excuses et des indemnités de la part d'Israël.

Le gouvernement turc a dès lors annoncé une série de mesures allant dans le sens d'une rupture des relations avec Israël.

Une partie de la presse turque soutient la réaction des autorités turques et critique Israël. Ainsi, Sedat Laçiner, analyste au quotidien turc Star, écrit que "ce rapport montre à nouveau une réalité connue de tous : Israël est un Etat à part sur cette planète, il est dispensé de respecter le droit international, il peut faire ce qu'il veut et il ne sera de toute façon jamais sanctionné". Laçiner explique ainsi que, lors d'une rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères Davutoglu, celui-ci avait expliqué que cette "situation anormale d'Israël" ne faisait que s'aggraver et que "la Turquie entendait bien ramener Israël à celle d'un Etat normal". "D'ailleurs, ajoute l'analyste, les mesures annoncées par le gouvernement turc ne sont pas anodines. En effet, elles consacrent la dégradation des relations entre les deux pays, qui est arrivée à un point de non-retour. Or cette relation était d'une importance vitale pour la légitimité d'Israël. En annonçant qu'elle ne reconnaît pas la légalité du blocus de Gaza, la Turquie prend une position très nette par rapport à la question palestinienne. Ce faisant, elle annonce qu'elle répondra par la force aux tentatives d'Israël d'empêcher de futurs passages vers Gaza. De plus, le président de la République Abdullah Gül a déclaré qu'il ne s'agissait là que d'un début et que la situation allait se tendre. Je ne sais pas si la Turquie réussira à forcer Israël à respecter le droit international, mais, si elle y réussit, l'ensemble de la communauté internationale - et pas seulement les Arabes – lui en sera reconnaissant."

Mustafa Ünal, dans Zaman, évoque aussi la probabilité que la présence plus marquée de la marine turque en Méditerranée orientale puisse conduire à des affrontements et déplore l'attitude de l'Etat hébreu qui dans cette affaire "n'a pas compris le sérieux de la Turquie et qui a par conséquent perdu un pays qui lui était pourtant proche. Cela ne fera qu'isoler encore un peu plus Israël."

La perspective d'une escalade et les risques que cela comporte suscitent toutefois des réserves. Ainsi de Ruhat Mengi qui, dans Vatan, se demande ce qu'une guerre contre Israël pourrait bien apporter à la Turquie : "Les Israéliens disposent en effet d'une supériorité en terme d'armement et d'une technologie qu'ils nous fournissent, soit dit en passant, dans le cadre de la lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)... A-t-on d'ailleurs réfléchi au fait que ce même PKK pourrait profiter du déplacement de l'effort militaire vers la Méditerranée orientale pour infliger de nouvelles pertes humaines à l'armée turque ? La crise avec Israël ne peut en aucun cas rejeter au second plan la nécessité de trouver une solution au phénomène terroriste qui plombe notre société depuis des années."

Semih Idiz, dans Milliyet, fait remarquer à ce propos que l'attitude de la Turquie pourrait provoquer d'amères déceptions : "Le ministre des Affaires étrangères Davutoglu voudrait sortir de l'affrontement turco-israélien pour faire de ce litige une problématique de conscience et de justice internationales qui se gérerait entre Israël et la communauté internationale. Or il semble bien que les Occidentaux aient décidé de voir dans cette affaire non pas une question de droit international mais un contentieux entre la Turquie et Israël. Même les pays dont des ressortissants se trouvaient sur le Mavi Marmara encouragent les deux parties en présence à trouver une solution pacifique le plus rapidement possible à leur problème. Ce sera en tout cas le discours officiel que tiendront les Etats-Unis et l'Europe à la Turquie quelles que soient les illusions de celle-ci."

Note :Le Mavi Marmara est le nom du bateau sur lequel neuf activistes turcs d'une organisation d'aide humanitaire islamique turque (IHH) désirant forcer le blocus de Gaza ont été tués le 31 mai 2010 par des soldats israéliens dans les eaux internationales

Courrier international

7 septembre 2011

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2011/09/05/avec-israel-le-point-de-non-retour-est-atteint



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


03/10/2011

n°591 - Dossier de Palestine - 30-09 - Début - : Les ambassadeurs de 5 pays européens grondés par Israël !

n°591 - Dossier de Palestine - 30-09 -  Début - : Les ambassadeurs de 5 pays européens grondés par Israël !


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

       n°591                                                    30-09

                                                                      C.De Broeder & M.Lemaire   



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

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c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

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Sommaire

1 Médias

1-2 Journalisme systématiquement tendancieux.

2 Les brèves

2-1 Les ambassadeurs de 5 pays européens grondés par Israël !  

3 Dossier

3-1 Robert Bibeau : il y aura un jour un État palestinien souverain  !

3-2 William A. COOK : Arracher le voile de la civilité israélienne.

Fin

3-3 Gilad Atzmon - Obama, l'État palestinien et la schizophrénie d’Israël.

3-4 L’appel au boycott des produits d’un État par un citoyen n’est pas interdit par le droit français ».

3-5 Irib ;  Israël accusé de crime de guerre si l'État palestinien est reconnu ?. 

3-6 E.W. Dolan  - E. Lake : Un million d’enfants pauvres de plus aux USA, mais Obama gonfle l’aide militaire à Israël.



1 Médias

1-2 Journalisme systématiquement tendancieux.

Bien que le lecteur moyen ait du mal à détecter la propagande dans la manière dont le New York Times rapporte les affaires du Moyen-Orient, cette propagande existe bel et bien et elle est pernicieuse.  

Dans leur livre phare, " Israel-Palestine on Record : How the New York Times Misreports Conflict in the Middle East", Richard Falk, professeur à Princeton et le critique Howard Friel , affirment que "le Times ignore régulièrement ou sous-estime une foule de questions juridiques essentielles se rapportant aux politiques israéliennes, notamment l’expropriation et la colonisation de terres palestiniennes, le système juridique à deux niveaux en fonction de l’origine nationale qui rappelle le régime d’apartheid d’Afrique du Sud, la démolition de maisons palestiniennes et l’utilisation d’une force létale contre les Palestiniens ». En d’autres termes ce que le New York Times ne dit pas est peut-être encore plus important que ce qu’il dit.

En juin 2010,un an et demi après que l’armée israélienne eut lancé une attaque qu’une enquête des Nations unies a qualifiée de « délibérément disproportionnée, conçue pour punir, humilier et terroriser une population civile », le New York Times a envoyé un photographe à Gaza afin d’illustrer une tranche de la vie quotidienne dans la Bande.

Ethan Bronner, chef du bureau du Times à Jérusalem, a écrit le commentaire des photos intitulé « Gaza vu par des yeux neufs » dans lequel elle fait grand cas des « magasins de téléphones mobiles rutilants et des restaurants cinq étoiles ... de plages à perte de vue où les enfants s’éclatent ... de la qualité stupéfiante des produits courants. »

En apparence tiré d’un magazine de voyage apolitique, l’article de Bronner se contente de faire une allusion aux familles qui ont été « traumatisées » et omet toute mention des accusations avancées par les Nations unies au sujet des crimes de guerre récemment commis par Israël et de ses violations des droits de l’homme. Mis à part une référence oblique aux « bâtiments détruits » et aux « gravats », le récit de voyage de Bronner passe aussi sous silence la vaste infrastructure civile qu’Israël a détruite pendant son attaque, notamment des élevages de poulets, une minoterie, une usine de traitement des eaux usées, une école des Nations unies, de vastes étendues de terrains sur lesquels se dressaient des maisons de civils, des bâtiments du gouvernement, une prison, des stations de police, des stations de télévision, des bureaux de journaux .... et entre 600 et 700 usines, ateliers et commerces.

L’impression que laisse Bronner ? Gaza est un endroit OK ; il n’y a rien de spécial à voir et surtout pas de preuves quant aux crimes de guerre commis par Israël, passez votre chemin, dégagez.

Et pourtant, ce que Ethan Bonner ne dit pas, c’est qu’il est marié à une citoyenne israélienne et que son fils est dans l’armée israélienne.

Quand ces liens familiaux ont été révélés, Clark Hoyt, rédacteur public du Times a recommandé que Bronner soit réaffecté afin d’ éviter tout préjugé éventuel. Le rédacteur en chef, Bill Keller, a refusé, dérogeant ainsi aux normes habituellement très strictes en matière de conflits d’intérêts pratiquées par le Times.

Les papiers de la journaliste du Times, Isabel Kershner, se caractérisent similairement par des omissions et des déformations. Quand Kershner a écrit un article sur les réfugiés palestiniens de Syrie qui, en juin 2011, ont fait une marche non-violente dans les hauteurs du Golan, elle n’a pas mentionné que le plateau du Golan est un territoire syrien occupé illégalement par Israël.

Aucun gouvernement au monde ne reconnaît les hauteurs du Golan comme faisant légitimement partie de l’État d’Israël.

Kershner omet également de dire que le droit au retour des réfugiés palestiniens figure dans les résolutions des Nations unies et qu’Israël a constamment violé le droit international en empêchant le retour des Palestiniens dans leurs maisons.

N’oublions pas non plus que lors de cette manifestation non-violente, l’armée israélienne a tué 22 manifestants palestiniens et syriens.

Au sujet de cette violence inouïe contre des manifestants sans armes, Kershner dit : "les officiels Israéliens disent qu’ils ont essayé les moyens non mortels pour contenir la foule avant d’ouvrir le feu, visant les pieds des manifestants" laissant entendre que le massacre était non intentionnel et inévitable et qu’il défiait les lois de la physique.

Kershner n’a demandé à aucun manifestant ce qu’il avait vu. Si elle l’avait fait, elle aurait entendu ce que le militant et témoin, Salman Fakhreddin, a raconté à Jillian Kestler-D’Amours, journaliste indépendant : « Israël a décidé de tuer des personnes afin d’effrayer les manifestants et parce qu’Israël a peur que son Etat et sa politique soient délégitimés par la communauté internationale. »

Vous ne serez à présent pas surpris d’apprendre que Kershner est citoyenne israélienne, mariée à un citoyen israélien, et qu’elle a passé quelques dizaines d’années dans le journalisme israélien et dans l’enseignement judaïque avant d’être recrutée par le Times en 2007.

C’est en grande partie à cause des reportages ahistoriques, hors contexte, rédigés par Ethan Bronner et Isabel Kershner que l’on peut accuser le New York Times de ce que Adbusters avait appelé « les États-Unis de l’amnésie ».

Les citoyens étatsuniens sont donc maintenus dans l’ignorance des violations du droit international commises par Israël actuellement et par le passé, les rendant incapables de remettre en question les milliards de dollars en cadeaux militaires accordés par leur gouvernement à Israël, l’État que les deux journalistes ont choisi comme patrie d’adoption.

Matthew A. Taylor

* Matthew Taylor, écrivain et militant, a l’année dernière interrompu un discours du premier ministre Netanyahu en criant « l’occupation délégitime Israël. » On peut le contacter à matthewtaylor.net

Cet article peut être consulté ici : http://www.adbusters.org/magazine/9...
Traduction : Anne-Marie Goossens

11 septembre 2011 - 06h:00



2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Les ambassadeurs de 5 pays européens grondés par Israël !  

Le ministère israélien des affaires étrangères a convoqué les ambassadeurs de 5 états européens pour les réprimander pour la politique adoptée par leurs gouvernements à l'encontre de la question de la demande palestinienne de reconnaissance d’un état à l'Assemblée générale et au Conseil de sécurité.
Selon le Haaretz, le premier sous-directeur du ministère Ran Curiel et le directeur adjoint du département « Europe » Naor Gilon ont convoqué les représentants de la France, de l’Allemagne, de la Grande Bretagne, de l’Espagne et de l’Italie le mercredi dernier.  
Le journal israélien révèle que la réponse des diplomates occidentaux fut aussi virulente que la réprimande des diplomates israéliens. Le site en Ligne Israël 7 rapporte, citant des journalistes présents, que les ambassadeurs "ont eu l’audace" de retourner les reproches en direction d’Israël et les conversations ont été "très tendues".

17/09

Irib



3 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Robert Bibeau : il y aura un jour un État palestinien souverain  !

LES PLEUREUSES ONUSIENNES

Assurément, il y aura un jour un État palestinien souverain mais ce ne sera jamais ce bantoustan croupion que quémandent les collabos de l’Organisation de « Libération » de la Palestine, du Fatah et de l’Autorité palestinienne de Ramallah, ainsi que les États-Unis, l’Union européenne et les gouvernements occidentaux pro-sionistes.

Ils sont venus du monde entier par centaines de milliers signer la pétition de la capitulation, sans y être autorisés, sans même le demander (1). Ils espéraient de l’ONU  réparation pour l’injustice que cet organisme avait commise en 1947 ; et ce que l’ONU leur proposa c’est de consacrer définitivement par une seconde Résolution inique, pilotée cette fois par les soi-disant représentants des sacrifiés de Palestine, le déni du droit palestinien. Imaginez, des renégats arabes proposant de dépouiller définitivement le peuple palestinien de ses droits légitimes, sans l’avoir consulté évidemment, et avec le soutien de millions de personnes venues de partout à travers le monde, quelle aubaine pour les sionistes et pour leurs maîtres impérialistes !

 

Ils étaient si nombreux à trahir les intérêts du peuple palestinien au cri de « Vive l’État palestinien fantoche » que les voix discordantes ne pouvaient se faire entendre, même si ces voix, autorisées, fusaient de partout en Palestine et au cœur du monde arabe.

 

Un héros de la résistance arabe le disait encore récemment : « Personne n’a reçu mandat des peuples palestinien et arabes de renoncer à 80 % de la terre de Palestine, à Al Quod et au droit de retour des millions de réfugiés palestiniens. », personne, et surtout pas la coterie de Ramallah. C’est le rôle joué par l’Autorité palestinienne, par ceux qui vivent du racket des frauduleux « pourparlers de paix » – lesquels ne peuvent que stagner puisque la puissance coloniale israélienne ne peut rien céder de ce qu’elle a spolié – que d’accréditer cette Résolution, trahison des droits des Palestiniens, dans laquelle se complaisent ces États dupés par cette Autorité illégitime.

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres tremblant dans leur bagne enflammé sous la pluie des bombes au phosphore qui déchiraient la nuit de leurs ombres battantes pendant que l’hydre israélien brûlait leur cité ravagée, et que s’affairaient les « négociateurs profiteurs » de l’Autorité sans autorité – dont le mandat du Président potiche (Mahmoud Abbas) est échu depuis plus de deux ans sans que les justiciers de la pseudo « démocratie » occidentale et onusienne ne trouvent à redire à propos de l’illégitimité et de l’indécence du polichinelle de Ramallah.

LE CAMP SIONISTE DES « MOUS »

Le camp sioniste et pro-sioniste est divisé en deux factions sur cette question de la reconnaissance d’un État palestinien croupion et de son éventuelle admission à l’Assemblée générale de l’ONU à titre d’État participant – demande du 23.09.2011 (2).

Une faction du camp pro-sioniste souhaite, en entérinant cette Résolution bidon à l’Assemblée générale de l’ONU, renoncer à 80 % de la terre de la Palestine de 1947 ; renoncer à Al Quod (Jérusalem) et renoncer définitivement au droit de retour sur leur terre pour les millions de réfugiés de 1948, 1967 et 1973. Ceux-là mystifient des millions des gens sincères – signataires de pétitions – en laissant croire qu’une telle résolution sans signification, sans effet pratique sur le terrain de l’occupation, forcera l’envahisseur et occupant sioniste à un jour reconnaître l’État fiction, le bantoustan palestinien, sur environ 20 % restant de la terre colonisée de la Palestine historique.

Cette faction du camp pro-sioniste est formée des représentants de l’OLP illégitime, de plusieurs pays arabes soi-disant pro-palestiniens à l’exemple de l’Égypte post Moubarak. Rappelez-vous de cette « Révolution » qui a abouti à la non ouverture du terminal de Rafah et à la poursuite du blocus de Gaza par les généraux arabes de la sanguinaire armée-égyptienne-sans-Moubarak (3). Enfin, plusieurs troublions occidentaux et tiers-mondistes font également la promotion de cette résolution de capitulation et ils voudraient culpabiliser les États-uniens qui n’ont jamais caché leur préférence pour leurs affidés israéliens (4).  

LE CAMP SIONISTE DES « IRRÉDUCTIBLES »

La faction « dure » du camp sioniste et pro-sioniste refuse obstinément cette Résolution « anti-palestinienne » à l’ONU car ses tenants sont convaincus que de recevoir ainsi, de la part des traîtres de Ramallah, la cession officielle de 80 % des terres palestiniennes ; la renonciation à Al Quod  et au droit de retour ce n’est pas suffisant; ils estiment en effet qu’il sera possible d’obtenir encore davantage des collabos de Ramallah aux abois. Rien ne presse, pensent Netanyahu, Obama, Harper, une centaine de députés français etc. (5).

Ceux-là se disent : « Laissons cette bande de traîtres mijoter dans leur jus désespéré, d’autant que tôt ou tard le « Président » fantoche Abbas devra se présenter devant son électorat aigri sans rien dans les mains, si ce n’est la fumisterie d’un État bantoustan à autoproclamer, un État sans droit, sans pouvoir, sans réalité concrète si ce n’est l’aumône reçue d’Occident. Sans même avoir obtenu de l’occupant qu’il lève le siège de Gaza emmuré. Il se présentera devant son peuple non consulté et enragé sans que le Mur de la honte ne soit tombé en Cisjordanie, sans que la colonisation n’ait cessé ni l’épuration ethnique diminué, ni que les milliers de prisonniers soient libérés, alors que Jérusalem sera totalement judaïsée, sans que l’eau ne soit assurée, avec tout juste un drapeau et un chiffon de papier sans dignité entériné par l’Assemblée générale de l’ONU disant que le peuple palestinien peut encore espérer s’accrocher aux 20 % de terres « concédées » par l’ONU sans autorité.

Il est assuré que, désespérés devant cette perspective humiliante, les « éternels négociateurs de Ramallah » capituleront à nouveau et rouvriront d’autres « négociations de trahison nationale » ; et que les sionistes obtiendront davantage que 80 % des terres palestiniennes.

Ce n’est pas pour 20 % de sa terre ancestrale, sans Al Quod et sans le retour des réfugiés, ni libération des prisonniers, que le peuple palestinien résiste et verse son sang depuis soixante quatre ans. C’est pour la libération totale de la terre palestinienne, toute la terre de Palestine usurpée suite précisément à une précédente Résolution illégitime de l’ONU (Résolution 181 – 1947).

UN ÉTAT PALESTINIEN MAIS LEQUEL ?

Un spécialiste du « processus de paix » se demandait récemment quel sera l’État qui pourrait surgir de ces décennies d’agressions meurtrières et d’occupation sanguinaire, et il résumait ainsi son propos« Un État palestinien mais lequel ? Un État ou deux États ? »(6). Un journaliste réputé proclamait quant à lui, pour la dixième fois en carrière, que le « Moyen-Orient ne serait plus jamais pareil » car, pontifiait l’éditorialiste : « plus jamais les États-Unis et Israël ne pourront espérer qu’au simple claquement de leurs doigts, les Arabes obéiront à leurs ordres» (7). Foutaise monsieur le thuriféraire, jamais les sultans (Qatar, Oman), les émirs (Émirats arabes), les princes et les rois (Arabie, Koweït, Bahreïn, Maroc, Jordanie), le rais (Égypte), les présidents d’opérette (le maire de Ramallah, Tunisie, Algérie, Yémen) n’ont été aussi soumis et foulés au pied par leur maître américain pour ne pas avoir su maintenir leur peuple sous le joug et résigné. Croyez-vous que ce pauvre Abbas avec son chiffon de papier obtenu de l’ONU changera la donne dans cette partie du monde en révolte ?   Contrairement aux spécialistes, aux éditorialistes, aux experts et aux « négociateurs professionnels » défaitistes qui ont pendant des décennies tenté d’accréditer l’idée mensongère que des négociations avaient lieu entre le peuple palestinien occupé, tué, emprisonné, assoiffé, humilié, exploité, sous blocus et emmuré ; et le gouvernement sioniste israélien occupant, fasciste et génocidaire (8), nous croyons qu’il y aura un jour un État palestinien souverain sur la totalité de la terre palestinienne de 1947. Mais cet État national indépendant ne sera jamais obtenu en « pourparlant » avec les sionistes menteurs, leur puissance de tutelle américaine, les occupants hypocrites et les criminels de guerre repentis. Il sera obtenu de la même manière que le peuple libanais assure aujourd’hui son indépendance vis-à-vis l’impérialisme israélien et étatsunien, par la puissance des armes qui tiendront leurs ennemis en respect.

Nous savons que les conditions d’une telle solution véritablement arrachée puis négociée, mais sous un rapport de force bien différent que présentement (un peuple occupé ne peut négocier à son avantage qu’au moment où, comme les Vietnamiens l’ont démontré, ce peuple a inversé le rapport de force militaire en sa faveur) ; ces conditions disions-nous ne sont pas réunies pour le moment (9). Dans ce cas, inutile de s’agiter à l’ONU pour quémander un bantoustan à administrer pour quelques paumés de Ramallah; il suffit de patienter, d’attendre que la conjoncture évolue en faveur du peuple palestinien.

La crise économique mondiale à laquelle est confrontée la puissance de tutelle américaine, et son satellite impérialiste israélien, les troubles à l’intérieur même de l’État israélien où les grèves et les manifestations contre les ajustements structurels se radicalisent ; les révoltes multiples et pas du tout terminées des peuples arabes partout en Afrique du Nord et au Proche-Orient ; les défaites américaines et françaises en Afghanistan, en Irak, au Liban, en Somalie et bientôt en Libye ; l’ensemble de la conjoncture incendiaire du baril de poudre du Proche Orient milite en faveur de la retenue et de l’expectative. D’ici là personne ne doit compromettre par des résolutions saugrenues le droit inaliénable du peuple palestinien sur la totalité de sa terre. 

Il aura fallu 190 ans à leurs ancêtres arabes pour chasser l’occupant – Croisé – des terres arabes de l’Est de la Méditerranée et pour démanteler le dernier Royaume chrétien d’Orient (Saint-Jean d’Acre, 1291). Le peuple palestinien a déjà parcouru 64 ans de son « chemin de Damas ». Laissons-lui encore cinquante ans. Quand les arabes seront plus de quatre cent millions à encercler le dernier Royaume judaïque au Levant, nous verrons bien ce qu’il adviendra du « Reich » israélien de mille ans, comme le proclamait récemment le prétentieux Benjamin Netanyahu (10).   

D’ici là soutenons la résistance et poursuivons le  boycott - BDS contre l’État sioniste.

(1)  Avaz. Palestine : le moment est venu.19.09.2011 https://secure.avaaz.org/fr/time_for_palestine/?vl

(2)  Le Devoir http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/332177/demande-historique-des-palestiniens?utm_source=infolettre-2011-09-24&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne .
(3)  Sortir de Gaza par l’Égypte reste un calvaire. Aloufok. 13.09.2011.  
http://www.aloufok.net/spip.php?article5313 et  Robert Bibeau. La « révolution » démocratique égyptienne. L’armée va trancher. 5.02.2011 http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4956

(4) Hugo Chavez. Lettre de Hugo Chavez. 17.09.2011. http://cbparis.over-blog.com/article-creation-de-l-etat-palestinien-lettre-de-hugo-chavez-a-l-onu-84853591.html

(5) Cent députés français opposéshttp://www.alterinfo.net/notes/100-parlementaires-Francais-opposes-a-la-demande-d-un-Etat-palestinien-a-l-ONU_b3286862.html.
(6)  Dominique Vidal. Un État palestinien mais lequel ? 14.09.2011. http://www.michelcollon.info/Un-Etat-palestinien-mais-lequel.html
(7) Robert Fisk.  Le Moyen-Orient ne sera jamais plus pareil. http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/robert-fisk-why-the-middle-east-will-never-be-the-same-again-2357514.html
(8)  Silvia Cattori, Ziyad Clot. Journal d’un négociateur en Palestine. 18.09.2011
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26634. 
(9) Robert Bibeau. Négocier ou ne pas négocier avec Israël ? 24.08.2010.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=20756
(10) Robert Bibeau. Travailleurs, libérez la Palestine. 
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8638  1.05.2010.
robertbibeau@hotmail.com  
28.09.2011

Robertbibeau@hotmail.com

http://www.centpapiers.com/il-y-aura-un-jour-un-etat-palestinien-souverain/82891


3-2 William A. COOK : Arracher le voile de la civilité israélienne.

Dans son livre "The wandering who ?", Gilad Atzmon fait une plongée saisissante dans le fonctionnement de l’organisation créée par le mouvement sioniste ; il dévoile ce qui se cache derrière son apparente civilité, son apparente amitié pour les USA et la sollicitude qu’il manifeste aux puissances occidentales - l’Angleterre, le Canada, l’Australie, la France et l’Allemagne - à savoir un assassin prêt à tuer tous ceux qui s’opposent à ses objectifs tribaux. En février dernier, Atzmon a dit que l’Islam et le Judaïsme étaient deux systèmes de croyances à orientation tribale dont le but n’était pas le "développement personnel" mais bien plutôt "la survie de la famille au sens large". Ces systèmes de croyances n’ont rien à voir avec les libertés ou les droits individuels ; Ils ont pour but d’assurer le maintien de leurs "modes de vie" respectifs. Mais à la différence du tribalisme islamique, le tribalisme dans le Judaïsme "ne peut jamais vivre en harmonie avec l’humanisme et l’universalisme". "Les deux systèmes religieux fournissent des réponses pour tout ce qui concerne la spiritualité, la vie civile, la culture et la vie quotidienne." De sorte que ".... l’Islam et le Judaïsme sont plus qu’une simple religion : ils véhiculent tout un ’mode de vie’ et prétendent apporter des solutions exhaustives aux problèmes existentiels...."

"The wandering who" relate le parcours d’un homme né à Jérusalem, élevé dans le "mode de vie" juif farci des mythes de la fondation de l’état hébreu ; "La suprématie était distillée dans nos coeurs, nous regardions le monde à travers des lorgnettes racistes et chauvines. Et ça nous ne nous gênait pas du tout." Il a fait son service militaire dans les années 1980 et a donc servi au Liban et, à la fin de son adolescence, il a eu une révélation due en grande partie au fait qu’il écoutait avec attention les voix qui venaient de l’autre côté du mur du ghetto c’est à dire de l’extérieur de l’état d’Israël. Cette révélation l’a conduit à faire une distinction entre identité et identifier, entre autonomie et soumission servile à une idéologie, une distinction entre les Juifs qui sont des personnes, le Judaïsme qui est une religion et la judaïcité qui est une idéologie à l’origine de politiques identitaires et du discours politique correspondant.

Et donc qu’est-ce qui caractérise un Juif ? Atzmon distingue entre ceux qui suivent la religion juive ; ceux qui se considèrent comme des êtres humains qui se trouvent être d’origine juive ; et ceux qui mettent leur appartenance à la communauté juive au dessus de toute autre considération. Chaim Weizman, le premier président israélien qui était sioniste, considérait que la judaïcité était "la qualité principale" et passait avant la citoyenneté, la profession, le fait d’être chef de famille ; selon lui "le fait d’être Juif était la clé et la caractéristique fondamentale de la personne." Vladimir Jabotinsky a écrit : "...le noyau de sa structure spirituelle demeurera toujours juif, parce que son sang, son corps, son type racial physique sont juifs" (“A Letter on Autonomy,” 1904). C’est ce principe identitaire que Atzmon considère comme toxique non seulement pour le Judaïsme mais pour la sécurité et la sauvegarde du peuple juif, de ses amis et de ses voisins. "... c’est sans doute à ce moment-là que j’ai renoncé à être Elu et que je suis devenu une personne ordinaire." "Pour moi être juif c’est avant tout combattre l’injustice et lutter pour la justice dans le monde, et cela signifie être respectueux des autres peuples quelles que soient leurs nationalités ou leurs religions et à l’écoute de ceux qui souffrent où qu’ils se trouvent et quels qu’ils soient" (“On Jewish Identity,” 1/15/2011).

Il est significatif que Atzmon se tourne vers la légende du Juif errant pour explorer la complexité inhérente aux contradictions du Judaïsme dans le monde d’aujourd’hui : le tribalisme contre l’universalisme, le fait d’appartenir au peuple élu qui s’oppose à l’égalité démocratique, le fait d’appartenir à une nation qui ne respecte pas les lois à la différence des pays qui les respectent, le fait que le gouvernement soit contrôlé par l’idéologie sioniste au lieu d’écouter la voix des citoyens et une moralité tribale fabriquée pour les besoins de la cause qui se heurte aux droits naturels et inaliénables de tous.

La valeur symbolique de la légende originelle réside dans le fait qu’elle met en relief l’idée de "la différence", le concept unique de "peuple élu," qui, en séparant les Juifs du reste de l’humanité, a engendré un isolement psychologique et idéologique qui est devenu un outil stratégique dans les mains des Sionistes et des néo-conservateurs pour manipuler le peuple juif et la création de l’état juif. La "qualité principale" de la judaïcité telle que décrite par Jabotinsky et Weizmann, empêche l’assimilation et force ainsi les Juifs à demeurer éternellement des étrangers où qu’ils soient. Ils ne peuvent s’identifier personnellement qu’à la tribu, à travers un engagement total et absolu à leur judaïté, et c’est cela qui rend possible l’utilisation des Juifs du monde entier comme "sayanims" (assistants) au service des objectifs de l’état juif. "Le sayan est quelqu’un qui est prêt à trahir le pays dont il est citoyen par amour pour ses frères de clan."

Il y a des milliers de sayanim dans le monde. Rien qu’à Londres, il y en a environ 2000 qui sont actifs et 5000 autres sur la liste. Ils remplissent différentes missions ; un sayan... qui tient une agence de location de voitures, peut aider le Mossad a louer une voiture sans avoir à remplir les documents habituels... un sayan banquier peut vous procurer l’argent dont vous avez besoin au milieu de la nuit, un sayan médecin peut soigner une blessure par balle sans en avertir la police... L’idée est d’avoir un réservoir de personnes prêtes à rendre les services nécessaires en gardant ça pour elles par loyauté à la cause.

"Aux yeux des sionistes, la Judaïcité est un réseau d’opération international... être un Juif est un engagement profond qui va bien au-delà d’un ordre moral ou légal". Atzmon met en lumière l’existence d’une organisation opérationnelle contrôlée par l’idéologie sioniste et les sayanim néo-conservateurs aux USA qui a associé les intérêts israéliens à ceux des USA grâce à un rapport appelé : Guide pour la planification de la Défense des USA (USA Defense Planning Guidance Report) pour les années fiscales 1994-1999. "Au Moyen-Orient et dans le Golfe Persique, nous cherchons à instaurer la stabilité régionale, empêcher les agressions contre nos amis et nos intérêts dans cette région, protéger les ressortissants et les biens étasuniens et protéger notre accès aux eaux et espaces aériens internationaux et au pétrole de la région. Les USA s’engagent à assurer la sécurité d’Israël et à maintenir l’équilibre qualitatif nécessaire à la sécurité d’Israël." Cette stratégie manipulatrice "a transformé le mode de fonctionnement tribal juif en un système de fonctionnement collectif." Elle a aussi transformé "les armées étasuniennes et anglaises en forces de mission sionistes" quand Israël et les Néo-Cons ont manipulé les gouvernements étasuniens et anglais pour qu’ils attaquent les ennemis d’Israël en Irak tout en imposant des sanctions à la Syrie et en justifiant l’occupation et l’oppression des Palestiniens et la consternante destruction du Liban en 2006 et de Gaza en 2008-2009.

Atzmon met en lumière l’âme profonde -ou plus exactement la perte de l’âme- de l’état israélien à mesure qu’il est passé du sionisme primitif à un mélange politiquement astucieux de Judaïsme ancestral et d’objectifs laïques. On peut dire que cet amalgame est le petit-fils maudit du professeur Leo Strauss qui a été l’enseignant de Paul Wolfowitz et des Neo-Cons qui se regroupaient aux pieds de son autel du déterminisme — Richard Perle (ancien président du Defense Policy Board), William Kristol (rédacteur en chef du Weekly Standard), Gary Schmitt (président directeur du Project for the New American Century), Stephen Campone (sous secrétaire de Defense for Intelligence sous Rumsfeld), Abram Shulsky (un ami de Perle et le chef de l’unité spéciale des services secrets de Rumsfeld qu’on appelle parfois la “Specious Planning Unit”), Dick Cheney et Donald Rumsfeld qui sont liés par PNAC (Project for the New American Century)— tous des "leaders" qui croient en une sorte de déterminisme de la vie humaine selon lequel les élites seraient nées pour commander et la vaste majorité serait née pour leur obéir.

J’avais moi même dénoncé la montée en puissance de ces croyances dans un article de 2003 "Insanité morale : la Cabale qui corrompt," et je présentais en deux paragraphes les conséquences de cette doctrine néfaste.

Puisque Strauss a enseigné que le déterminisme mettait naturellement "la minorité éclairée" en position de diriger "la multitude bornée", puisque la vertu est déterminée par l’élite dirigeante, puisque la moralité n’existe pas, puisque la justice est seulement l’intérêt du plus fort, puisque le pouvoir de la minorité éclairée est absolu, autoritaire et ne peut être remis en question, puisque la religion est "le ciment qui tient la société ensemble", utiliser la religion à des fins politiques, mentir, tricher, dissimuler et intimider sont un bien nécessaire pour atteindre les objectifs recherchés par le gouvernement. La manipulation des "masses bornées" devient une fin en soi et la distorsion des mots et des concepts devient la méthode de manipulation...

Seul des adeptes de Strauss pouvaient avoir l’arrogance de décider d’une politique nationale et internationale concernant 300 millions de personnes qu’ils ne représentaient absolument pas. Deux ans plus tard, un an après le 9 septembre, le rapport mentionné plus haut a pris le nom de “Rapport stratégique pour la sécurité nationale des USA” (The National Security Strategy Report of the United States of America), un document qui détaille le projet national et international des USA pour la période du second mandat de Bush. Inutile de dire que peu d’Etasuniens ont eu connaissance des détails de ce rapport avant qu’il ne soit mis en oeuvre — ni le citoyen moyen, ni son représentant au Congrès ou au Sénat. Cependant c’est nous qui payons pour les plans que ces hommes ont élaborés, c’est nous qui sommes victimes de la censure mondiale qui accompagne leur mise en oeuvre et c’est nous qui subissons les restrictions des libertés civiles imposées par ce régime sous le nom de "mesures de sécurité".

L’analyse d’Atzmon révèle les stratégies utilisées par les Sionistes pour contrôler les populations : "Des politiciens marginaux essaient de ’faire honte’ en public à leurs frères et soeurs assimilés. L’objectif est double. D’abord cela envoie le message clair que la vraie intégration est impossible... Deuxièmement, cela pousse la personne assimilée à la collaboration avec son clan d’origine. ’Vous n’échapperez jamais à qui vous êtes, alors il faut mieux en être fier’". Mais cela ne s’arrête pas là. Les lobbys sionistes disent aux Juifs assimilés : "Vous n’échapperez jamais à qui vous êtes, alors pourquoi ne pas en être fiers et travailler pour nous ?" De fait cette proposition même entre en conflit avec la moralité en ce sens qu’elle force les Juifs américains à faire passer leur "qualité principale" de Judaïté avant la loyauté à leur nation. "D’abord ils sont Juifs et ensuite seulement humanistes."

Le Sionisme, comme le remarque Atzmon, a utilisé "la séparation" juive et l’insécurité qu’elle engendre dans ses relations avec le genre humain pour les contraindre à l’obéissance et à l’engagement. Cette tactique a été caractéristique du pouvoir sioniste depuis la période du Mandat britannique. Dans mon livre "the Introduction to The Plight of the Palestinians" (l’introduction au calvaire des Palestiniens), j’ai donné des preuves de cette coercition relevées dans des document classifiés de la police du Mandat britannique, particulièrement le Serment à la Hagana par lequel on faisait allégeance au haut commandement sioniste :

Le Serment à la Hagana, va plus loin que la peur. En fait, il dit que l’individu remet sa conscience au Haut Commandement et accepte que le bien et le mal soient déterminés par cette autorité indépendamment de la loi locale, étatique ou internationale, et même indépendamment des valeurs morales et traditionnelles du Judaïsme. Cet engagement est pour toujours, jusqu’à la mort.

A partir du moment où un individu a fait ce serment, il s’engage dans une vie de secret et partant de déloyauté et de trahison envers ceux avec qui il partage sa vie quotidienne. Ni ses actions et sa vraie identité ne sont connues de ceux qu’il côtoie régulièrement. C’est une vie de mensonges, de tricheries, de coercition, d’extorsion et d’obéissance à un groupe qui lui dicte ses faits et gestes ; il n’y a plus de liberté, plus d’autonomie, plus de loyauté envers les autres, et même l’amitié envers autrui devient difficile voire impossible ; il devient le serviteur du groupe, un véritable esclave soumis à leurs désirs et leur volonté. L’objectif d’un tel contrôle des individus est de les rendre capables d’espionner, de trahir leurs amis, de mettre à l’index ceux de leur propre communauté qui pensent différemment, d’emprisonner des gens sans procès, de torturer, et même de procéder à des exécutions extra-judiciaires. C’est un engagement total à une cause supérieure à toutes les autres, conçue et dictée par une oligarchie discrète qui n’est soumise à aucune institution et à personne.

Atzmon développe sa thèse selon laquelle les Sionistes s’efforcent de tirer profit du séparatisme juif en entretenant le mythe de la persécution perpétuelle des Juifs comme preuve de la nécessité de soutenir le projet israélien qui les maintient dans un ghetto virtuel et qui engendre une sorte de syndrome de stress pré-traumatique dérivant de la narrative grandiloquente de victimisation israélienne consécutive à l’Holocauste ; être rejeté à la mer, effacé de la carte, délégitimé, sont autant d’aspects de la catastrophe imminente qui menace l’état juif.

De telles interprétations confrontent les Juifs de la Diaspora au sens de la promesse et de l’accomplissement du rêve sioniste, le retour à Sion. "En faisant le lien entre Eretz Israel et la Diaspora, le Colon remplace la ’négation de la Diaspora’ par une ’négation des goyim’ (un retour à la condition juive avant le Sionisme)". Cela rend impossible l’assimilation des juifs et cela les ramène à la spécificité tribale, assortie d’intérêts politiques et mondiaux. En même temps, "Cela laisse les Juifs de la Diaspora dans le vide : ils ne peuvent pas s’intégrer à leur environnement social et ils ne vivent pas dans un état juif". Le rejet de l’appel sioniste est considéré comme un acte de trahison, une sorte de haine de soi. Malheureusement, mais en accord avec les symboles véhiculés par la légende du Juif errant, "....cela souligne la nature judéo-centrée, raciste et expansionniste de l’état juif. ...Et les Juifs de la Diaspora se retrouvent étroitement associés à une idéologie fanatique, ethnocentrique et à une liste infinie de crimes contre l’humanité."

L’Election contient en elle-même sa propre justification. Les Elus croient que tout ce que dit le livre qui leur confère ce statut unique est forcément vrai. Puisque les mots utilisés ne sont pas les leurs mais ceux de leur D..U, ils ne sont pas soumis aux limitations du langage. Les Elus trouvent leur identité en eux-mêmes, mais dans le cadre de leur groupe pas dans celui de l’humanité toute entière. Atzmon note que le sens religieux de l’Election contient le fardeau moral "d’être un modèle exemplaire de comportement éthique," mais dans la vision sioniste cela "s’est réduit à un chauvinisme des liens du sang, brutal et ethnocentrique" ... une sorte de "suprématie tribale dans laquelle ’aime-toi autant que tu détestes les autres’ est devenu la réalité concrète." Par conséquence, "cette forme de suprématie est au coeur de la revendication sioniste de la Palestine au mépris de ses habitants ancestraux." La justice ne rentre pas en ligne de compte.

Peut-être que la corruption la plus perverse imposée au peuple juif et à leur religion par les Sionistes qui ont pris le contrôle du nouvel état israélien, a été la manipulation de l’Holocauste pour en faire tout à la fois une religion et une industrie. Norman Finkelstein décrit la création de l’industrie et Atzmon avec l’aide du Professeur Yeshayahu Leibowitz, un philosophe de l’Université Hébraïque né en Lettonie et de Adi Ophir, un philosophe israélien professeur adjoint à l’Institut Cohn d’histoire et de philosophie des sciences et des idées de l’Université de Tel Aviv, étudient le déroulement et les conséquences de la transformation de l’Holocauste en une religion. Leibowitz, selon Uri Avnery (19.3.05, “Remember What ? Remember How ?"), a écrit : "la religion juive est morte il y a 200 ans. Maintenant il n’y a plus rien pour unifier les Juifs du monde entier sauf l’Holocauste." Atzmon suggère que Lebowitz a été le premier à se rendre compte que l’Holocauste était devenu une religion avec ses prêtres, ses prophètes, ses commandements et ses dogmes, ses rites et ses temples.

La religion de l’Holocauste est, de toute évidence, judéo-centrée jusqu’à la moelle. Elle définit la raison d’être (en Français dans le texte, ndt) des Juifs. Pour les Juifs sionistes, elle signifie que la Diaspora est un problème et que les Goyim (non-juifs ndt) sont des assassins potentiels irrationnels. Cette nouvelle religion juive prêche la vengeance. C’est peut-être la plus sinistre religion de tous les temps car, au nom des souffrances des Juifs, elle donne le droit de tuer, d’écraser, de bombarder, d’annihiler, de piller, de faire du nettoyage ethnique. Elle e fait de la vengeance une valeur occidentale acceptable.

Mais revenons à la légende du Juif Errant. En 1848, Nathaniel Hawthorne a écrit "La collection du virtuose" un récit exotique qui décrit toutes les choses étranges et fantastiques décrites dans les légendes que le virtuose a rassemblées dans son Musée.*

Hawthorne utilise la légende du Juif errant pour capturer le mystère d’un comportement qui hante les écrivains depuis des siècles et qui continue de confondre les savants qui cherchent une explication aux actions apparemment dénuées de "sympathie naturelle", des actions qui dénotent une totale insensibilité à la souffrance humaine, qu’elle soit émotionnelle ou physique, à l’angoisse, à la perte d’un être cher, d’un enfant, d’un fils ou d’une fille, d’un père ou d’une mère, des actions perpétrées sans raison apparente qui n’engendrent aucun remords et qui dénotent un manque complet de compassion. La légende peint un homme qui, témoin des souffrances d’un innocent - bien qu’il n’ait commis aucune faute, le Christ porte sa croix par compassion pour ses frères et soeurs, en sacrifice d’expiation - se moque de cet innocent en lui enjoignant "d’avancer plus vite" car le Juif Errant "est lié aux réalités de cette terre ... à ce que je peux voir, toucher, comprendre et je n’en demande pas plus." Rien ne peut l’empêcher de traverser la vie sans s’arrêter, en se saisissant de tout ce que le monde peut offrir, à n’importe quel prix et sans se soucier des autres. "Son âme est morte en lui" affirme Hawthorne, il n’a aucune sympathie naturelle pour ses congénères.

Hawthorne s’est colleté avec l’image d’une âme perdue, coupée des racines qui relient à une conception de l’humanité où chacun est un frère ou une soeur pour l’autre ; où les religions qui aident les êtres humains sur terre enseignent que l’amour et la compassion sont des forces vitales fondamentales qui unissent les hommes et donnent un sens à tout ; où le pardon et la bonté permettent de guérir et de faire progresser le bien commun ; où l’île qu’est cette planète unit l’espèce humaine par des liens éternels d’interdépendance pour que nos enfants aient un avenir ; c’est la source de notre humanité ; elle émane d’une âme qui étreint tout, et c’est l’expérience universelle de ceux qui endurent les souffrances et les peines de cette vie qui serait insupportable sans les fontaines d’amour qui répandent la joie sur le monde. C’est une conception qui demande à tous de tout partager pour que nous puissions tous survivre en dépit des ravages du temps et des circonstances. C’est l’essence de toutes les religions qui croient vraiment en l’humanité et qui constatent la précarité de la vie. En conséquence ceux qui essaient de détruire cette unité d’esprit qui nous lie tous ensemble par intérêt personnel, pour accumuler les biens matériels qu’on peut amasser en ce monde, sont détestables.

L’image du Juif Errant est celle d’une personne qui abandonne les siens par intérêt personnel, qui renonce à l’amour humain et à la compassion pour s’approprier à n’importe quel prix les biens de ce monde, la fortune, la situation, le pouvoir même s’il doit détruire et tuer pour cela car finalement lui seul existe et il a tous les moyens de parvenir à ses fins. Aucun être humain n’est indispensable et donc par définition ils sont tous inférieurs à l’homme libéré des contraintes morales et spirituelles.

Le Juif Errant est donc une autre métaphore de l’histoire de Caïn qui a assassiné son frère, acte pour lequel Dieu Tout Puissant l’a maudit et condamné à errer sur la terre comme un fugitif.... Le Juif Errant, comme Caïn est chacun d’entre nous." (William A. Cook, “The Eternal Jew Goes on Forever,” 8/24/2009).

Gilad Atzmon nous aide à comprendre comment cela s’applique de nos jours ; il est notre Hawthorne qui voyage à travers notre époque pour mettre en lumière des actions que nient, pour ne pas dire défient, l’unité de l’humanité pour le profit de quelques uns. Il propose une explication critique dévastatrice de la Judaïté telle qu’elle a été manipulée pour contrôler le peuple juif et imposer la volonté des dictateurs sionistes israéliens et étasuniens au peuple américain à travers le contrôle du Congrès des USA. Il dévoile dans les détails l’arrogance, le mensonge et l’hypocrisie des dirigeants, nous dit pourquoi ils sont si obsédés par le terrorisme et la force, et nous révèle au passage leur trahison et le vide de leurs discours dans toute leur horreur.

Il considère que Hawthorne dans sa description du Virtuose, du Juif Errant, a capturé avec justesse l’état d’esprit de ceux qui influencent dans un sens amoral et entaché de déterminisme les décisions de l’ONU et des USA , "... il y avait une amertume indéfinissable dans sa voix, comme s’il était dénué de sympathies naturelles, et l’objet d’une malédiction dont aucun autre être humain n’avait souffert avant lui et qui lui avait ôté toute humanité. Cependant... il semblait qu’une des pires conséquences de cette malédiction était que la victime ne considérait plus cela comme une calamité, mais avait fini par penser que c’était la meilleure chose qui pouvait lui arriver."

Cet état d’esprit ne permet pas de ressentir du remords parce que la sécurité tribale tient lieu de conscience individuelle ; la tribu seule décide de ce qui est bien : l’individualisme, les droits naturels, l’autonomie, la responsabilité personnelle démocratique n’existent plus. Cet état d’esprit qui se greffe sur une concentration tribale des pouvoirs au niveau mondial, n’entend plus qu’une seule voix, la sienne. Il nie la démocratie et pourtant se donne le nom de démocratie ; il parle d’universalisme et ne protège que lui-même ; il parle de fraternité aux nations qui respectent les lois tandis que lui ne respecte que la sienne ; il se présente comme une nation pénétrée de la morale d’antan mais met en oeuvre des politiques d’apartheid.

Celui qui ne défendrait pas cet état d’esprit se perdrait lui-même et perdrait la Judaïté qui lui donne son identité. C’est en fait une torture auto-infligée ; une identité incroyablement forte fabriquée à partir de vieux contes qui ont octroyé à des gens ordinaires une supériorité sur les autres qui doivent de ce fait être dénigrés et même détruits. C’est une caractéristique tribale, la protection du groupe à tous prix, l’alternative étant de se perdre dans la multitude avec qui il faut vivre. Cela pouvait se comprendre dans l’ancien temps mais ce n’est plus possible dans un monde où 192 nations se sont alliées sur la base de l’égalité, du respect et de la dignité humaine.

Pour rester fidèles à leur idéologie, ils doivent refuser l’égalité et l’équité ainsi que la justice et la liberté pour tous. Etant donné le pouvoir qu’ils ont et l’argent qu’ils utilisent pour contrôler le Congrès étasunien, le parlement britannique et des instances comparables au Canada, en Australie, en France et en Allemagne, comme Atzmon le démontre, le fait qu’une petite élite contrôle les politiques internationales est une menace pour la sécurité internationale et pour la paix.

Le Juif du 21ième siècle qu’il est, parcourt le monde, comme Jérémie en son temps, pour annoncer la catastrophe imminente qui se profile derrière le masque de civilité de l’état hébreu. Le monde rencontre cette nation dans les halls de l’ONU par l’intermédiaire de ses représentants impeccablement habillés qui parlent bien et même avec éloquence des droits, de la démocratie, de la justice, de l’auto-défense et du terrorisme qui menace le monde civilisé. Mais derrière le masque de civilité il y a un pays dont les agressifs leaders fascistes ont comme seul but de contrôler les organisations érigées pour apporter la justice et l’équité à tous. Leur objectif est de gagner du temps pour parvenir à leurs fins : la création de Eretz Israël par le nettoyage ethnique continuel du peuple autochtone. Gilad Atzmon, craint qu’ils n’y parviennent et il s’oppose de toutes ses forces aux Sionistes qui soutiennent cette politique. Dans son livre "The Wandering Who" il proclame son propre choix ; nous sommes Un, un en esprit, un dans la compassion, un dans le respect et la dignité de toute l’humanité.

William A. Cook

William A. Cook est professeur d’anglais à l’Université de La Verne au sud de la Californie et auteur de Tracking Deception : Bush Mid-East Policy, The Rape of Palestine, The Chronicles of Nefaria, et The Plight of the Palestinians publié l’année dernière.

Note : "A Virtuoso’s Collection" est la dernière histoire du livre "Mosses from an Old Manse" de Nathaniel Hawthorne. Il a été publié pour la première fois dans le Boston Miscellany of Literature and Fashion, I (Mai 1842). Le conte répertorie un certain nombre de figures historiques et mythiques, des objets, des animaux, des livres, etc. qui font partie de la collection d’un musée. Le narrateur est conduit à travers la collection par le virtuose lui-même qui se révèle être le Juif Errant.

William A. COOK

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/2011/09/16/tearing-the-veil-from...

Traduction : Dominique Muselet

http://www.legrandsoir.info/the-wandering-who-celui-qui-erre-de-gilad-atzmon-arracher-le-voile-de-la-civilite-israelienne-counterpunch.html


n°591 - Dossier de Palestine - 30-09 - Fin- : Les ambassadeurs de 5 pays européens grondés par Israël !


n°591 - Dossier de Palestine - 30-09 -  Fin- : Les ambassadeurs de 5 pays européens grondés par Israël !


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

       n°591                                                    30-09

                                                                      C.De Broeder & M.Lemaire   



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

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b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

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c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Médias

1-2 Journalisme systématiquement tendancieux.

2 Les brèves

3 Dossier

3-3 Gilad Atzmon - Obama, l'État palestinien et la schizophrénie d’Israël.

3-4 L’appel au boycott des produits d’un État par un citoyen n’est pas interdit par le droit français ».

3-5 Irib ;  Israël accusé de crime de guerre si l'État palestinien est reconnu ?. 

3-6 E.W. Dolan  - E. Lake : Un million d’enfants pauvres de plus aux USA, mais Obama gonfle l’aide militaire à Israël.




3-3 Gilad Atzmon - Obama, l'État palestinien et la schizophrénie d’Israël.
Ceux qui suivent la presse hébraïque et comprennent  l'État juif peuvent être quelque peu intrigués de découvrir que, alors que la presse en hébreu n’accorde que peu d'attention, lui donnant une place insignifiante, à la campagne actuelle des dirigeants actuels palestiniens en faveur de la reconnaissance de leur  État, les médias israéliens de langue anglaise sont saturés d’informations sur la perspective d'une résolution pro-palestinienne à l'ONU la semaine prochaine.

Si vous voulez comprendre ce décalage évident entre la presse juive en hébreu et en anglais prises, il reflète clairement une scission dans la psyché collective juive.

Je suppose que certains peuvent être surpris d'apprendre qu’ Israël et les Israéliens veulent réellement que l'initiative palestinienne aille de l'avant et soit couronnée de succès. Ils veulent un État palestinien, car c'est la seule solution qui permettrait de sauver “l'État  des seuls Juifs” d'un effondrement démographique.

De récents sondages en Israël prouvent que la majorité des Israéliens sont très excités au sujet de la «solution à deux États». Non seulement les Israéliens ne se sentent  pas menacée par l'idée d'un  État palestinien, mais ils l’aiment réellement, car cela permettrait d’installer leur réalité dans le cadre du droit international. Il faut aussi se rappeler que le parti Kadima, qui a remporté les deux dernières élections en Israël, a été et est encore attaché au «désengagement», une séparation claire entre les «Juifs» et les Palestiniens par le biais d’un retrait  unilatéral israélien. En d'autres termes, un  État palestinien atteint exactement le même  objectif :  il exonère les Israéliens de toute responsabilité quant aux territoires qu’ils ont autrefois occupés  et détruits. Il est évident que certains éléments en Israël s'opposent à l'initiative palestinienne à  l'ONU: Je suppose que le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman n'est pas trop heureux à ce sujet. Les colons de Cisjordanie peuvent également être très en colère, mais pour quelque raison, même eux sont relativement calmes ces jours-ci.

Et pourtant, le lobby juif dans le monde entier s'oppose totalement à l'initiative palestinienne à l'ONU: il s’en tient clairement à l’ image très simpliste d'un État juif expansionniste du «fleuve [le Jourdain, NdT] à la mer». Et à ce qu’ il semble, il ne va pas renoncer à son rêve de sitôt.

Ce que nous voyons ici en pratique, c’est une crise d'identité claire ou même un clivage schizophrénique entre les aspirations des sionistes israéliens et de  ceux de diaspora. Alors que les Israéliens sont en train de revenir à la vieille attitude du ghetto juif, préférant se serrer, rester ensemble et s'entourer de vastes et impénétrables murailles de béton, le discours de la diaspora juive sioniste récit est axé sur la confrontation, belliqueux, va-t-en guerre militant et expansionniste. Ils veulent  le tout, avec ou sans les Palestiniens.

Une fois encore, nous remarquons qu’Israël et le sionisme ont évolué en deux discours séparés et opposés. Alors qu'Israël cherche à maintenir son identité racialement orientée par une politique de ségrégation, le discours sioniste en diaspora continue d’insister sur une résolution de la question juive par les moyens d'un conflit sans fin.

Mais jetons un regard sur  l'Amérique; essayons de comprendre comment  l’ “unique superpuissance” mondiale traite ce dispositif judéocentrique schizophrène.

Le président Obama et son administration sont évidemment très confus. D'une part, ils sont soumis à certaines pressions incessantes infligées par le lobby juif. Le Lobby ne laisse pas une grande marge de manœuvre à l'administration US. Mais d'autre part, aussi bien l'administration US que le gouvernement israélien se rendent compte que, en ce qui concerne Israël et sa “sécurité”, l'initiative palestinienne à  l'ONU n'est pas une si mauvaise idée. De fait, Israël ne peut pas rêver mieux.

Il est clair maintenant que le président Obama ne va pas être sauvé par l'un des soi-disant "meilleurs amis de l'Amérique». Pour l'AIPAC [American Israel Public Affairs Committee] et le Lobby, Obama est un instrument. À ce jour le lobby a l’habitude de considérer les politiciens US comme des marionnettes serviles. Israël, d'autre part, ne va pas sauver l'Amérique non plus. Il est trop suspicieux vis-à-vis de l'administration US actuelle. Israël en a même carrément  assez de l'actuelle administration US. Il serait heureux de voir Obama battu.

En conséquence, l'administration US se dirige tout droit vers une humiliation inévitable à l'ONU. Elle aura à opposer son veto  à une décision votée par de nombreux alliés des USA. Ceci est clairement un désastre pour Obama. Et pourtant, un seul homme peut sauver l'Amérique de son destin funeste. Cet homme n'est autre que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Seuls Abbas et l'Autorité palestinienne peuvent sauver la mise aux USA.

Mais le sens de tout cela est aussi très embarrassant. Cela signifie que le président palestinien Mahmoud Abbas (qui est une figure relativement faible dans la politique palestinienne tout comme dans la diplomatie internationale) est la seule personne qui peut sauver notre “unique superpuissance” mondiale d'un fiasco diplomatique.

Je n’arrive pas à décider si c'est drôle ou triste, mais laissez-moi vous dire que c’ est certainement volatile.

Le temps est sans aucun doute  venu pour les USA, la Grande-Bretagne et l’Occident de trouver la force de s'opposer au lobbying sioniste et au pouvoir de Jérusalem.

Jeudi 22 septembre 2011

Original : http://www.gilad.co.uk/...

Traduit par Fausto Giudice


3-4 L’appel au boycott des produits d’un État par un citoyen n’est pas interdit par le droit français »,

Le tribunal de la 17ème Chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, spécialisée dans les affaires de droit de la presse, diffamation publique, liberté d’expression, a rendu un jugement de la plus haute importance et de la plus grande clarté, à propos du droit qu’ont les citoyens et consommateurs d’appeler au boycott d’Israël et de ses produits. Il nous concerne tous. Voici les attendus du jugement. Merci de les diffuser largement.

Ce jugement, dont les attendus sont précis et très étayés, fait d’ailleurs l’objet d’un commentaire très intéressant dans la dernière édition de la Gazette du Palais (Septembre 2011 n° 244, P. 15), sous l’intitulé : « LIBERTÉS PUBLIQUES : L’appel au boycott des produits d’un État par un citoyen n’est pas interdit par le droit français », et sous la plume du magistrat Ghislain Poissonnier.

Ces attendus doivent être connus et lus avec d’autant plus d’attention que la campagne BDS s’amplifie dans le monde entier, mais que d’autres procès BDS doivent se dérouler prochainement en France, à commencer par celui du 20 OCTOBRE 2011 à BOBIGNY, ceci en raison de l’obéissance remarquable du gouvernement Sarkozy à tous les desiderata israéliens.

POURQUOI LES CITOYENS ONT LE DROIT D’APPELER AU BOYCOTT D’ISRAEL

Les juges qui nous ont entendus le 17 juin dernier, ont relaxé le 8 juillet 2011 Oliva Zémor, accusée de discrimination contre la nation israélienne, et d’incitation à la haine raciale par le gouvernement et par quatre associations du lobby israélien en France, en soulignant que :

« Dès lors que l’appel au boycott des produits israéliens est formulé par un citoyen pour des motifs politiques et qu’il s’inscrit dans le cadre d’un débat politique relatif au conflit israélo-palestinien, débat qui porte sur un sujet d’intérêt général de portée internationale, l’infraction de provocation à la discrimination fondée sur l’appartenance à une Nation n’est pas constituée. »

Le juge a expliqué le 8 juillet, lors du rendu de ce jugement que l’article de loi invoqué par les parties civiles (article 24, alinéa 8, de la loi de 1881) est destiné à « lutter contre toutes les formes de racisme » et ne « saurait être invoqué pour interdire un appel au boycott « invitant à une certaine forme d’objection de conscience, que chacun est libre de manifester ou pas » et « lancé par des organisations non gouvernementales ne disposant d’aucune prérogative de puissance publique »

S’appuyant sur des décisions de la Cour de Cassation et de la Cour européenne des Droits de l’Homme, le tribunal fait remarquer que :

« La critique d’un Etat ou de sa politique ne saurait être regardée, de principe, comme portant atteinte aux droits ou à la dignité de ses ressortissants sans affecter gravement le liberté d’expression dans un monde désormais globalisé dont la société civile est devenue un acteur majeur, et alors qu’aucun ’délit d’offense à Etat étranger’ n’a jamais été consacré par le droit positif ni par le droit coutumier international, tant il serait contraire aux standards communément admis de la liberté d’exprimer des opinions ».

Le tribunal a ajouté, en s ‘appuyant sur les exemples développés par les avocats de la défense, Me Antoine Comte, Me Dominique Cochain, et Me Henri Choukroun, que « les autres appels, émanant de certains secteurs de la société civile, au boycott de tels produits en provenance d’un pays ou d’une entreprise sont nombreux, sans qu’ils aient jamais été incriminés dans l’ordre des abus de la liberté d’expression » .

Le juge passe ainsi en revue de très nombreux appels anciens et récents au boycott de produits, du tourisme dans certains pays, de jeux olympiques dans d’autres, dont le boycott de l’année du Mexique en France en 2011 et le boycott des produits birmans par l’enseigne Carrefour.

Il met également l’accent sur le fait que l’on ne peut en aucun cas nous accuser de « provocation à la discrimination, la violence ou la haine à l’égard d’un groupe de personnes à raison de son appartenance à la nation israélienne, puisque certains secteurs de l’opinion israélienne soutiennent l’appel BDS ». (Il se réfère explicitement aux déclarations de la Coalition israélienne des Femmes pour la Paix, des Israéliens qui demandent aux artistes internationaux de ne pas venir se produire en Israël, et au soutien apporté par de nombreuses personnalités allant de Desmond Tutu à des ministres, parlementaires ou intellectuels français, que l’on ne peut soupçonner d’un quelconque racisme.)

Examinant les avis contraires présentés par les parties civiles, le tribunal fait observer que : « La confrontation des points de vue est précisément de nature à convaincre que l’appel pacifique et sans contrainte au boycott des produits israéliens est indissociable du débat d’opinion que suscitent partout dans le monde les préoccupations liées au règlement d’un conflit endémique depuis plus de 60 ans. ».

ACTION BDS IRREPROCHABLE

Le tribunal a donc conclu , en ce qui concerne la publication de cette vidéo BDS par Olivia Zémor sur le site www.europalestine.com , et en ce qui concerne le contenu de la vidéo, que :

  « La mise en ligne d’une vidéo de quelques minutes durant laquelle des militants ont appelé les consommateurs d’une enseigne de la grande distribution à ne pas acheter des produits en provenance d’Israël et à soutenir un tel boycott pour des motifs politiques sur un sujet d’intérêt général de portée internationale qui mobilise depuis des années la communauté internationale, pour l’heure en vain, en vue d’un règlement pacifique du conflit ne caractérise en aucun de ses éléments le délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence contre un groupe de personnes à raison de son appartenance à une nation, en l’espèce Israël ».

 De même, « Les propos de présentation de cette vidéo, incontestablement militants, sont indissociables de l’appel au boycott que la prévenue est libre de soutenir pour exprimer ses vues sur le conflit israélo-palestinien. »

A noter au demeurant que le tribunal de la 17ème Chambre correctionnelle de Paris a jugé « irrecevable » l’une des parties civiles, la Chambre de Commerce France-Israel .

Les parties civiles ont bien entendu fait appel de ce jugement, et continuent à poursuivre des militants pour les mêmes faits, en espérant avoir affaire, ailleurs, à des juges et à des procureurs, plus influençables et moins soucieux de faire respecter la liberté d’expression.

CAPJPO-EuroPalestine


3-5 Irib ;  Israël accusé de crime de guerre si l'État palestinien est reconnu ?. 

Des sueurs froides doivent couler sur le front des dirigeants israéliens à l'approche du 13 septembre prochain quand l'Assemblée générale des Nations Unies étudiera la reconnaissance de l'État palestinien.
Haaretz.com nous informe : « Les Israéliens pourraient subir un procès à La Haye, si un État palestinien est reconnu à l'ONU, préviennent les experts. » « Selon le Statut de la Cour, l'implantation directe ou indirecte de la population de l'occupant en territoire occupé constitue un crime de guerre. »
Plus précisément, L'article 8 du Statut de Rome, intitulé « Crimes de Guerre » stipule : « On entend par crimes de guerre : viii) le transfert, direct ou indirect, par une puissance occupante d'une partie de sa population civile, dans le territoire qu'elle occupe, ou la déportation ou le transfert à l'intérieur ou hors du territoire occupé de la totalité ou d'une partie de la population de ce territoire »
« La reconnaissance d'un État palestinien pourrait, en théorie, conduire des responsables israéliens à être traînés à plusieurs reprises devant la Cour pénale internationale de La Haye par des plaintes relatives à sa politique de colonisation en Cisjordanie, disent des experts juridiques... »
« Le problème pour les Palestiniens, s'ils font appel à la Cour de La Haye, c'est qu'ils ne seraient pas à l'abri de poursuites à rebours les contraignant de respecter les droits de l'homme, de s'abstenir de la pratique de la torture, d'arrêter les tirs sur les civils israéliens... ». Leur appel à la Cour impliquant qu'ils auraient ratifié le Statut de Rome créant la Cour pénale internationale.
Parallèlement, pour aider l'ami israélien en difficulté aux Nations Unies, « les républicains pressent Obama d'opposer son veto à la candidature des Palestiniens. Ils lui demandent de déclarer clairement et publiquement son intention d'user du veto au Conseil de Sécurité pour bloquer toute demande palestinienne pour obtenir l'adhésion aux Nations Unies. »
La droite israélienne est prête. « Des activistes d'extrême droite, des dirigeants de colonies et des membres de la Knesset se sont réunis mercredi pour discuter comment faire face à des affrontements avec des manifestants palestiniens attendus devant l'Assemblée générale des Nations Unies ».
« Le peuple palestinien a officiellement lancé sa campagne pour rejoindre les Nations Unies comme un État membre à part entière, en disant qu'ils organiseront une série de manifestations pacifiques simultanément à la réunion annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies plus tard ce mois. »

Irib

09/09/2011


3-6 E.W. Dolan  - E. Lake :Un million d’enfants pauvres de plus aux USA, mais Obama gonfle l’aide militaire à Israël.

Il y a 46,2 millions d’Américains qui vivent dans la pauvreté, le nombre le plus élevé depuis 52 ans.

Obama a donné « l’ordre à l’armée de porter la coopération avec Israël à tous les niveaux ».

Le nombre d’enfants vivant dans la pauvreté aux USA est monté de 14,7 millions en 2009 à 15,7 millions en 2010.

Près d’un enfant sur quatre vivent aujourd’hui dans la pauvreté aux États-Unis

Le nombre d’enfants vivant dans la pauvreté aux États-Unis a augmenté de 2,6 millions depuis la récession commencée en 2007, portant l’estimation totale à 15,7 millions d’enfants pauvres en 2010, selon les chercheurs du Carsey Institut de l’université de New Hampshire.

Ces chercheurs estiment que près d’un enfant sur quatre de moins de 6 ans vivent dans la pauvreté.

Les grandes villes et les zones rurales ont les taux les plus élevés de pauvreté chez les jeunes enfants. 31 % des enfants de moins de 6 ans dans les villes et 30 % de ces enfants dans les zones rurales sont pauvres.

En revanche, le taux d’enfants pauvres dans les banlieues est de 19 %.

« Il est important de comprendre plus particulièrement la pauvreté des jeunes enfants car il est démontré que les enfants qui sont pauvres avant d’avoir 6 ans connaissent des lacunes dans le domaine scolaire et des problèmes de santé, avec des séquelles qui s’étendent tout au long de leur vie » affirment les chercheurs.

Le rapport est basé sur le rapport annuel du Bureau de recensement des États-Unis (US Census Bureau) sur la pauvreté, qui souligne la baisse dramatique des revenus et de l’emploi aux USA. La pauvreté est définie par un revenu annuel égal ou inférieur à 22 314 $ pour une famille de quatre personnes, et de 11 139 $ pour une personne seule, en 2010.

Les données du recensement établissent que le revenu annuel moyen par ménage a baissé de 2,3 %, à 49 445 $. Il y a 46,2 millions d’Américains qui vivent dans la pauvreté, c’est le nombre le plus élevé depuis que le Census Bureau a commencé à établir des statistiques, il y a 52 ans.

Les chercheurs ont constaté que le nombr