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11/06/2009

n° 21 - Journal de PAKISTAN - 25-05 au 10-06 – Début - : L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush.

n° 21 - Journal de PAKISTAN - 25-05 au 10-06 – Début - : L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

              n° 21- 25-05 au 10-06

             C.De Broeder & M.Lemaire  



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Avant propos

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

Bill Van Auken : L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush.

Est-ce là le nouveau monde promis par Obama ? 

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

Le Pakistan au cœur des débats.

Ben Laden critique Obama dans sa politique américaine au Proche-Orient et les guerres menées par les Etats-Unis.

‘Ben Laden’ envoi un message aux musulmans.

1 Au jour le jour

2 Positions

3 Politiquea) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

5-2 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole (suite & Fin )

5-3 Vidéo : Les archives oubliees - Le Jeu de L’argent

5-4 Vidéo : Tir de CAESAR par le 93° RAM de l'armée de Terre

5-5 Vidéo : compil Tir famas flg

5-6 Video : Sarkozy et Obama peuvent-ils s’entendre ?

5-7 Le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

5-8 Entre nous : Crier au loup ...

6 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

6-1 Ambition invariable de domination mondiale des États- Unis.

6-2 Hersh : c’est Cheney qui a fait assassiner Bhutto.

Fin

7  Dossiers

7-1 Rachid Zubair: L’administration US veut faire du Pakistan un État défaillant.

7-2 Peter Symonds : Guerre en Afghanistan et au Pakistan.

7-3 Patrice Zehr : Afghanistan-Pakistan : Guerre des Talibans ou des Pachtouns ?

7-4 Chris Hedges : La bombe à retardement pakistanaise

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Viviane Lafont : Afghanistan - Pakistan : la guerre s'intensifie contre la population.



Tiré à part :

Bill Van Auken : L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush tout en protégeant les personnes qui en sont responsables. Les deux guerres lancées pour affirmer l’hégémonie américaine sur le golfe Persique et l’Asie centrale continuent de bénéficier du soutien des deux partis.

Obama est lui-même responsable de crimes de guerre, y compris le bombardement qui a tué 150 civils ce mois-ci en Afghanistan. L’espionnage au pays, la restitution extraordinaire et les commissions militaires ont été maintenus par l’administration. La torture recommencera inévitablement et est probablement même déjà recommencée.

Ultimement, tout ce processus révèle la futilité des élections sous le système bipartite des Etats-Unis. Ceux qui prennent le pouvoir, Obama autant que Bush, ne sont pas responsables devant le peuple américain, mais bien devant une mince couche de la population constituée d’une oligarchie financière, du commandement militaire et des agences du renseignement : ceux qui contrôlent véritablement les Etats-Unis.

22 mai 2009

http://www.wsws.org/

http://www.alterinfo.net/Panetta-et-la-guerre-sans-fin-de-Washington_a32795.html

 

Est-ce là le nouveau monde promis par Obama ? 

Sous la pression des USA le gouvernement fantoche d’Islamabad a commencé à bombarder la vallée de Swat ainsi que les districts voisins de Dir et de Buner.

Les attaques aériennes ont déclenché un exode massif. Selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR) plus d’un million de civils fuient déjà les bombardements.

Derrière les « annonces de succès » faisant état de la mort de combattants talibans se cache en réalité des victimes civiles.

La partie la plus énergique de la population cherche à s’abriter par la fuite aux lâches bombardements en haute altitude, dont les victimes sont au premier chef des femmes, des enfants, des malades et des vieillards.

ds. 

 

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

25-05

La très grande majorité des quelque 300.000 habitants de Mingora ont fui les combats depuis deux semaines et font partie d'une vague impressionnante de quelque 2,4 millions de déplacés depuis le début d'une vaste offensive de l'armée, il y a un mois,

Si des témoignages de déplacés font état de sévices, la plupart évoquent les bombardements sans discernement de l'armée, qui ont tué de très nombreux civils à Mingora et ailleurs.

(AFP)



Le Pakistan au cœur des débats.

Ben Laden critique Obama dans sa politique américaine au Proche-Orient et les guerres menées par les Etats-Unis.

La chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar a annoncé, mercredi 3 juin, la diffusion imminente d'un enregistrement sonore d’Oussama Ben Laden, dans lequel "il analyse la politique du président américain à l'égard du monde musulman".

Ben Laden, "Obama suit les pas de son prédécesseur dans sa politique d'hostilité à l'égard des musulmans. Il pose ainsi les fondements de guerres de longue durée",

Oussama Ben Laden a également affirmé que "[Barack] Obama et son gouvernement ont jeté les semences de plus de haine et de volonté de revanche contre l'Amérique".

 Il en a donné comme exemple l'offensive menée par l'armée pakistanaise contre les talibans dans la vallée de Swat.

"Que le peuple américain se prépare à continuer à cueillir les fruits de ce qui a été semé par les dirigeants de la Maison Blanche pendant les années et les décennies à venir", a-t-il dit.

LEMONDE.FR avec AFP

03.06.09

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/06/03/ben-laden-critique-obama-dans-un-enregistrement_1201883_3222.html#ens_id=1200818

03-06

Le numéro deux d'Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, a estimé mardi que le discours du président américain était une "opération de relations publiques".

Ayman Al-Zawahiri estime que Barack Obama a déjà adressé un message clair aux musulmans par le biais de

LEMONDE.FR avec AFP |

03.06.09

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/06/03/ben-laden-critique-obama-dans-un-enregistrement_1201883_3222.html#ens_id=1200818

 

‘Ben Laden’ envoi un message aux musulmans,

au moment même où Obama prononçait au Caire son discours.

Ben Laden, accuse les Etats-Unis d'avoir semé "les graines de la haine" chez les musulmans,

Extrait

Ben Laden : "Ou bien nous vivons à la lumière de l'islam, ou bien nous mourons dans la dignité. Préparez-vous à une longue guerre contre les infidèles du monde entier et leurs agents",

"Si un musulman devient l'allié des infidèles et soutient ceux-ci contre les musulmans, il perd sa foi et devient un apostat infidèle",

"Ne vous alliez pas aux juifs et aux chrétiens, comme c'est le cas de l'armée pakistanaise, qui s'est retranchée dans le même donjon que l'Amérique face à l'islam. Tout vrai musulman doit les combattre",

Ce message a été conçu visiblement pour perturber le message prononcé par Barack Obama, qualifié de "criminel" par le numéro deux d'Al Qaïda,Aymane al Zaouahri.

Reuters

Version française Marc Delteil

4 juin, 16h54

 Inal Ersan

04-06

Ben Laden a présenté le président pakistanais Asif Ali Zardari comme un serviteur des Etats-Unis qui a ordonné à son armée de combattre les musulmans sur ordre de Washington.

Reuters

04-06



1) Au jour le jour

Les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan sont considérées comme des bases arrière pour les résistants, d'où ils mènent des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.

Résistance

27-05

Une attaque contre locaux de la police et le siège d'une agence du renseignement à Lahore (est) a fait une trentaine de morts et 300 blessés.

Les résistants pakistanais ont revendiqué ces attaques

"Nos cibles sont les forces de sécurité, qui tuent des gens innocents" dans la vallée de Swat et les régions voisines, a déclaré Hakimullah Mehsud, un adjoint du chef taliban pakstanais Baitullah Mehsud.

AP

27-05

Attaque mercredi du quartier général de la police à Lahore, dans l'est du Pakistan, faisant exploser une voiture annonce les autorités.

Rana Sanaullah, ministre de la Justice de la province du Pendjab, dont Lahore est la capitale, a fait état de 16 morts. Les hôpitaux ont accueilli environ 300 blessés.
Juste avant l'explosion de la voiture, deux hommes sont sortis du véhicule et ont ouvert le feu sur les policiers en faction devant le bâtiment de la police, a précisé Sanaullah. Plusieurs suspects ont été arrêtés.
Selon des témoins, ce sont quatre hommes, et non deux, qui sont sortis de la voiture pour tirer sur les policiers.
Cet attaque intervient alors que le général américain David Petraeus, commandant du Central Command, est à Islamabad pour des entretiens avec les dirigeants politiques et militaires pakistanais.
Le ministre pakistanais de l'Intérieur Rehman Malik, a mis en cause "des éléments anti-pakistanais qui veulent déstabiliser le pays et qui, vaincus dans la vallée de Swat, se tournent maintenant vers les villes".
27 Mai

Reuters

 28-05

Un kamikaze s'est fait exploser à un barrage routier à la périphérie de la ville, tuant au moins quatre policiers.

AP

28-05

Une attaque kamikaze  à la bombe a été exécuté jeudi à Dera Ismail Khan, localité située à 240km au sud de Peshawar: un kamikaze a foncé sur un taxi à un contrôle des forces de police, tuant un policier et deux civils, a rapporté un policier,

AP


Assaillants US & collaborateurs.

25-05

La très grande majorité des quelque 300.000 habitants de Mingora ont fui les combats depuis deux semaines et font partie d'une vague impressionnante de quelque 2,4 millions de déplacés depuis le début d'une vaste offensive de l'armée, il y a un mois, pour déloger les résistants de la vallée de la Swat et ses environs.

Cependant, si de nombreux témoignages de déplacés font état de sévices, la plupart évoquent les bombardements sans discernement de l'armée, qui ont tué de nombreux civils à Mingora et ailleurs.

(AFP)

26/5

Les Etats-Unis, qui envoient des renforts du côté afghan de la frontière pour y acculer les résistants, se sont félicités de la vigueur de l'offensive du Pakistan pour enrayer l'emprise croissante de ses propres résistants talibans dans le Nord-Ouest.

Reuters

29-05

L'armée pakistanaise, a repris samedi aux talibans le contrôle de Mingora, chef-lieu du district de Swat (nord-ouest) "Les opérations à Swat, Buner et dans les zones voisines sont presque totalement achevées", a déclaré Syed Athar Ali, secrétaire pakistanais à la Défense, lors d'une conférence régionale sur la sécurité à Singapour.

"Il ne reste que 5 à 10% du travail à terminer et nous espérons que les poches de résistance seront vaincues d'ici deux à trois jours", a-t-il ajouté.

Les autorités pakistanaises ont annoncé que quinze mille soldats y faisaient face à quelque 2.000 résistants.

Mingora est d'ordinaire peuplée de quelque 300.000 personnes mais la ville a été vidée de la presque totalité de ses habitants ces deux dernières semaines, selon l'armée.

L'armée a assuré avoir tué plus de 1.100 résistants depuis le début de l'offensive dans les districts de Lower Dir, Buner, puis Swat, et n'avoir perdu que 66 hommes. Mais elle n'évoque jamais aucune perte civile, se contentant de dire qu'elle fait tout pour les minimiser, mais qu'elles sont parfois "inévitables".

(AFP)

30-05

L'armée pakistanaise a héliporté des troupes à Peochar", a indiqué à l'AFP un haut responsable militaire citant un communiqué des services de communication des armées.

Peochar est une zone montagneuse très peu peuplée, sous contrôle des combattants liés aux talibans jusqu'alors, dans le nord du district de Swat.

"Nous progressons militairement en ce moment", a affirmé un autre officier, sous couvert de l'anonymat, confirmant le dépôt de soldats à Peochar.

Une fusillade a ensuite éclaté entre les forces pakistanaises et des résistants présumés qui se sont retranchés dans un bâtiment proche du marché, selon le chef de la police locale Malik Naveed.

Deux tireurs ont été abattus et au moins un troisième a été arrêté.

Les premières explosions se sont produites en fin d'après-midi sur un marché. Au moins six personnes ont été tuées, selon un responsable de la police Zarman Shah Khan. D'après un médecin d'un hôpital voisin, Sahib Gul, 80 blessés ont été admis dans l'établissement, dont nombre étaient grièvement touchés.

AFP

Pakistan: l'armée prête à prendre une autre grande ville de Swat

L'armée s'apprête à prendre d'assaut Charbagh, une autre ville importante de la vallée de Swat (nord-ouest), ont indiqué des sources militaires.

(Elle y a déjà lancé une offensive il y a cinq semaines.)

 ats / 01 juin



3 Politique

a) Locale

Asif Ali Zardari

24-05

La semaine dernière, dans une interview accordée au quotidien britannique Sunday Times, le président Asif Ali Zardari avait prévenu que l'offensive dans la vallée de Swat n'était que le prélude à une plus vaste opération.

"Nous allons pénétrer dans le Waziristan", annonçait-il dans cette interview, qu'il aurait cependant, selon certains médias, fait démentir par la suite.

Reuters


Occupation

Guilani demande aux Etats-Unis d'effacer l'ardoise du Pakistan…

Le Pakistan a demandé aux Etats-Unis de passer l'éponge sur ses dettes d'un 1,5 milliards de dollars.

Ces derniers mois Islamabad a lancé (a la demande d’Obama) des opérations militaires dans la vallée de Swat dans le nord ouest du Pakistan ; opérations qui ont causé le déplacement de 2,5 millions de personnes.

Lors d'une rencontre avec Richard Holbrooke, représentant spécial des Etats-Unis en Afghanistan, Youssof Raza Guilani, Premier ministre pakistanais a déclaré que l'administration américaine devait accélérer l'envoi des aides militaires et coopérer avec le congrès pour l'envoi des aides financières au Pakistan.

Holbrooke avait auparavant annoncé que Washington avait octroyé 200 millions de dollars outre les 110 millions promis à Islamabad et qu'il examinerait la demande du Pakistan pour annuler ses dettes.

IRIB-

06 Juin 2009
http://french.irib.ir/index.php?option=com_content&task=view&id=22062&ac=0&Itemid=9



b) Usa

Sur le terrain

04-06

L'administration Obama a procédé à une révision de la stratégie américaine en Afghanistan pour y inclure le Pakistan, que Washington a poussé à lancer une offensive militaire dans le nord-ouest de son territoire pour réduire les fiefs islamistes armés à la frontière des deux pays.

04-06


Occupation du Pakistan

06-06

L'arrivée de renforts américains en cours dans le sud et l'est de l'Afghanistan pourrait conduire un nombre « massif » de résistants à se réfugier au Pakistan, et menacer ainsi la stabilité(…)  de ce pays, a prévenu pour sa part hier l'émissaire américain dans la région, Richard Holbrooke.
Holbrooke : « Je ne veux pas être alarmiste, mais je prévois un afflux massif » de talibans d'Afghanistan au Pakistan, « Il y a des inquiétudes quant à un éventuel débordement, comme cela a déjà eu lieu dans le passé »,

http://www.lorientlejour.com:80/


n° 21 - Journal de PAKISTAN - 25-05 au 10-06 - Suite- : L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush.

n° 21 - Journal de PAKISTAN - 25-05 au 10-06 - Suite- : L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

               n° 21- 25-05 au 10-06

         C.De Broeder & M.Lemaire  

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Avant propos

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire. (suite)

4 Institutions internationales

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

L'histoire secrète du pétrole

5-2 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole (suite & Fin )

5-3 Vidéo : Les archives oubliees - Le Jeu de L’argent

5-4 Vidéo : Tir de CAESAR par le 93° RAM de l'armée de Terre

5-5 Vidéo : compil Tir famas flg

5-6 Video : Sarkozy et Obama peuvent-ils s’entendre ?

5-7 Le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

5-8 Entre nous : Crier au loup ...

6 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

6-1 Ambition invariable de domination mondiale des États- Unis.

6-2 Hersh : c’est Cheney qui a fait assassiner Bhutto.

 


 


4 Institutions internationales.

ONU

 31-05

L’ONU estime que le nombre des civils déplacés depuis le 2 mai par ces combats était en passe d'atteindre les 2,4 millions, soit une augmentation de près de 700.000 en trois jours.

 (AFP)

L'ONU lance un appel à contributions de 544 millions de dollars

Le Secrétaire général de l'ONU a exhorté vendredi la communauté internationale à montrer sa solidarité avec le peuple du Pakistan en soutenant le Plan d'action humanitaire de 544 millions de dollars lancé à Islamabad ainsi que le plan de reconstruction et de réhabilitation présenté par le gouvernement pakistanais.

Ban Ki-moon s'est dit préoccupé par les déplacements massifs qui se déroulent à l'heure actuelle, dans une déclaration transmise par sa porte-parole.

Ban Ki-moon : « L'assistance est déterminante pour le maintien d'une assistance de base à près de 1,7 million de personnes », qui a souligné l'urgence de lever les 544 millions de dollars requis.

 L'appel combiné pour le Plan révisé de réponse humanitaire, publié par les Nations Unies et ses partenaires au Pakistan, s'élève au total à 543.172.583 dollars, dont un engagement prévisionnel de dépenses a déjà atteint 88.524.302 dollars.

Vendredi matin, à Islamabad, les Nations Unies ont appelé à des contributions urgentes pour le montant restant de 454.648.281 dollars.

 Les besoins prévus du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) jusqu'à fin 2009 s'élèvent au total à 105 millions de dollars, dont 84 millions de dollars sont toujours nécessaires. 

Selon le HCR, le nombre des déplacés internes officiellement enregistrés par les autorités locales, avec l'aide du HCR, depuis le 2 mai a dépassé 1,7 million.  

Ces déplacés ont fui les combats survenant dans les régions de Lower Dir, de Buner et de Swat dans le nord-ouest du Pakistan.

Environ 200.000 d'entre eux sont hébergés dans des camps et le reste des déplacés a trouvé refuge chez des proches ou des amis, dans des écoles ou d'autres bâtiments publics, a déclaré le porte-parole de l'agence, Andrew Purvis.  

Dans les camps, le HCR cherche actuellement à fournir davantage d'auvents pour aider à protéger les personnes contre la chaleur intense qui atteint actuellement 45°C. Les personnes déplacées proviennent de la vallée de Swat, où le climat est plus tempéré et, de ce fait, elles souffrent tout particulièrement de la chaleur.

22 mai 2009 –

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19229&Cr=pakistan&Cr1=ban


CICR

Le CICR "extrêmement préoccupé" par la situation à Swat

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est déclaré dimanche "extrêmement préoccupé" par la situation humanitaire dans le district de Swat au Pakistan, où il a pu accéder pour la première fois depuis début mai, et pense que celle-ci exige une réponse humanitaire rapide et globale"..

Le CICR rappelle qu'il n'a plus eu accès "depuis début mai" à cette région en proie aux combats entre l'armée et les talibans, et ses délégués se disent "alarmés" par ce qu'ils y ont vu.

"Il n'y a plus d'eau courante ni d'électricité et la nourriture est devenue rare", explique le CICR.

"Il n'y a plus d'essence pour les générateurs et la plupart des centres médicaux du district ne fonctionnent plus", a affirmé le délégué du CICR Daniel O'Malley, qui a pu se rendre sur place avec une équipe.

"Le personnel médical, peu nombreux, qui est encore sur place, se bat pour travailler sans eau, ni électricité ni approvisionnement", a poursuivi M. O'Malley.

"Ils ne peuvent tout simplement pas faire face à l'afflux de patients", a-t-il ajouté.

AFP /

 31 mai 


UNHCR

Des milliers de Pakistanais continuent de fuir les provinces du Nord-Ouest

Le nombre total de personnes déplacées enregistrées depuis le début du mois de mai au Pakistan a maintenant dépassé 2,38 millions, a indiqué mardi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Selon le HCR, en moyenne 126.000 personnes ont été enregistrées chaque jour dans quatre districts, mais il y en a beaucoup d'autres encore bloquées dans la zone de conflit ».

L'agence s'est félicitée des nombreux actes de générosité des citoyens pakistanais ordinaires à l'égard de leurs compatriotes. « Certains donateurs ont offert des stocks alimentaires de farine de blé, de sucre, d'épices, de thé, d'argent liquide et d'habits ».  

Le HCR continue d'acheter ses fournitures au niveau local afin d'aider les personnes déplacées sur place. Il achemine aussi des stocks depuis ses hangars à travers le monde.

De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) estime que plus de la moitié des déplacés sont des enfants et qu'il lui faudra 41,4 millions de dollars supplémentaires pour venir en aide aux déplacés.  

Les stocks humanitaires sont presque épuisés, selon l'UNICEF, qui prévient que la poursuite des opérations militaires gouvernementales va s'étendre à de nouvelles régions.

26-05

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19246&Cr=Pakistan&Cr1=HCR



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

 

5-1 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

 L'histoire secrète du pétrole

http://video.google.fr/videoplay?docid=-3626609864920521297&q=source%3A004309600438005547921&hl=frhttp://fr.truveo.com/18-L%E2%80%99histoire-secr%C3%A8te-du-p%C3%A9trole-Le-temps/id/800341896 

 

5-2 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole (suite)

Suite de L'histoire secrète du pétrole E4/8 P3/3

http://www.dailymotion.com/video/x90uxy_lhistoire-secrete-du-petrole-e48-p3_news?from=rss

 

5-3 Vidéo : Les archives oubliees - Le Jeu de L’argent

http://video.google.fr/videoplay?docid=6905682498354316268&ei=S9T9SaW9GJnM2wLu6v2UDQ&q=argent&hl=fr&emb=1

 

5-4 Vidéo : Tir de CAESAR par le 93° RAM de l'armée de Terre

http://www.youtube.com/watch?v=tVLE1xpcrqA&NR=1

 

5-5 Vidéo : compil Tir famas flg

http://www.youtube.com/watch?v=chauN53W1tI&NR=1

 

5-6 Video : Sarkozy et Obama peuvent-ils s’entendre ?

http://videos.lefigaro.fr/video/iLyROoafM4SQ.html

 


5-7 Le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

S’il ne sert pas la cause des soldats, il est considéré comme un ennemi et traîté en conséquence.

POUR L’EXPERT MILITAIRE PETERS, IL FAUT BOMBARDER LES JOURNALISTES QUI NE SONT PAS “PATRIOTIQUES”

Ralph Peters est un expert militaire fréquemment invité sur les chaînes de télévision U.S comme PBS, Fox et CNN. Dans le dernier numéro de la revue du “Jewish Institute for National Security Affairs”, il théorise une réalité que les journalistes travaillant au Moyen-Orient connaissent bien : le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant. S’il ne sert pas la cause des soldats, il est considéré comme un ennemi et traîté en conséquence

“Dans les guerres du futur, nous allons devoir apprendre à gérer des actions concrètes comme la censure de l’information, des interdictions de couverture médiatique et même, dans certains cas, des attaques militaires contre des média partisans.

Les journalistes se prennent pour des êtres supérieurs, occupant une place à part sur le champ de bataille, comme s’ils étaient une espèce protégée.

Mais la liberté de la presse s’arrête quand elle met en danger nos soldats et renforce nos ennemis.

Le simple fait de vouloir ‘expliquer’ le point de vue de l’ennemi peut l’encourager à tuer nos soldats. En conséquence, certains média sont des alliés objectifs de nos ennemis et doivent être traîtés comme des cibles militaires.

De nos jours, quand on ose dire cela, on se fait incendier, mais les journalistes qui ont perdu tout sens patriotique risquent fort de se retrouver isolés sur le champ de bataille et découvrir que leurs petites vies n’ont pas d’utilité pour nous.”

Gregor Seither

IES News Service – 28/05/2009]

3 juin 2009

http://libertesinternets.wordpress.com/


5-8 Entre nous : Crier au loup ...

Nous avions  la semaine dernière parler de pandémie largement médiatique. Dans une société de communication cela pose un problème grave.

La surinformation devient de la désinformation et l’alarme médiatique risque de perdre toute efficacité.

Ce problème est tout entier contenu dans le dicton « crier au loup ».

On connaît l’histoire. Celle d’enfants qui pour faire peur aux parents crient sans arrêt pour les alerter d’une attaque de loups. Et le jour où l’attaque est réelle, les parents ne les croient plus et les enfants sont dévorés.

La même menace nous guette, le jour où une véritable pandémie déferlera sur le monde, on risque bien de ne plus croire les média. Et à force d’en faire trop, ceux qui devraient nous informer, feront le jeu du loup et du virus tueur.

Patrice Zehr

Mercredi, 20 Mai

http://www.lereporter.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=2185:afghanistan-pakistan-guerre-des-talibans-ou-des-pachtouns-&catid=84:monde&Itemid=272



6 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

6-1 Ambition invariable de domination mondiale des États- Unis.

Les États-Unis ont récemment rendu public leur budget militaire pour 2010. Selon les chiffres donnés, ils ont l'intention de dépenser 534 milliards $ à des fins militaires au cours de la prochaine année budgétaire.

Commentant l'annonce, un analyste de Rodong Sinmun notait le 22 mai :

Il s'agit d'une hausse de 4 % par rapport au budget de 2009 de l'administration Bush. Les dépenses militaires annoncées sont plus grandes que les budgets militaires combinés des 25 pays possédant les plus grands budgets militaires.

Au sujet de l'orientation politique de la nouvelle administration américaine, il note :

L'objectif stratégique et l'ambition hégémonique des États-Unis est de placer le monde et ses près de sept milliards d'habitants sous leur domination et contrôle.

Pour l'atteindre, ils se lancent dans une folle course aux armements et se livrent à l'agression et à la guerre.

La nouvelle administration est résolue à déplacer le théâtre de sa « guerre anti-terroriste » vers le Pakistan et d'intensifier l'agression menée sous cette enseigne par l'administration précédente.

Elle multiplie les menaces contre les pays anti-impérialistes et indépendants comme la RPDC.

Les États-Unis accusent à tort la RPDC d'avoir violé des ententes avec le lancement réussi du satellite Kwangmyongsong-2 dans le cadre de son programme spatial à des fins pacifiques. Ils ont fait pression sur le Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il émette une « déclaration présidentielle » déraisonnable.

Ils multiplient également les pressions sur l'Iran, trouvant des défauts à son projet de développement nucléaire à des fins pacifiques.

La nouvelle administration américaine accroît également les efforts du côté du programme de défense anti-missile, qui provoque une course mondiale aux armements, et cherche à réaliser ses ambitions de domination mondiale par l'expansion et le renforcement de l'OTAN.

Cela prouve de façon éloquente que peu importe à quelle fréquence changent les régimes aux États-Unis, les ambitions impérialistes de domination mondiale basées sur « le droit du plus fort » et un scénario d'hégémonie restent inchangées.

Agence télégraphique centrale coréenne,

22 mai 2009 -

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39103.htm#5


6-2 Hersh : c’est Cheney qui a fait assassiner Bhutto.

Dans un entretien à Al-Jazeera, le journaliste états-unien Seymour Hersh a révélé de nouvelles informations sur les activités secrètes du Joint Special Operation Command.

Cette unité, créée dans les années 80, a servi durant les deux mandats de George W. Bush à perpétrer plusieurs centaines d’assassinats politiques dans le monde sous l’autorité directe du vice-président Dick Cheney [voir la ReOpeNews à ce sujet].

Selon Hersh, elle aurait notamment exécuté deux alliés indociles des États-Unis : l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (14 février 2005) —information déjà divulguée par notre confrère Wayne Madsen à Russia Today [et qui a fait l’objet d’une précédente ReOpenNews]—, et l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto (27 décembre 2007).

M. Hariri avait refusé de défendre les intérêts US dans son pays et Mme Bhutto avait révélé à la BBC [1] l’assassinat en 2001 d’Oussama Ben Laden par Omar Saeed Sheikh [2].

Par la suite, Dick Cheney a poursuivi sa politique en s’appuyant sur le propre fils de Rafic Hariri, Saad, et sur l’époux de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, promu président du Pakistan.

Selon Hersh, ces assassinats ont été supervisés par le général Stanley A. McChrystal [3], que le président Barack Obama vient de nommer commandant en chef des troupes US et de l’OTAN (ISAF) en Afghanistan.

 [1] Entretien accordé à David Frost, le 2 novembre 2007.
[2] Umar Saeed Sheikh est un agent double du MI6 britanniique et de l’ISI pakistanaise. Il est considéré comme l’assassin du journaliste Daniel Pearl.

[3] Officiellement, le général McChrystal était jusqu’ici chargé de la traque d’Oussama Ben Laden.

Seymour Hersh

Seymour Hersh est un journaliste réputé. Récipiendaire du Prix Pulitzer, il écrit régulièrement dans le New Yorker.

Son nom reste attaché aux révélations sur le massacre de My Lai (Vietnam, 1969), sur l’affaire Vanunu et la bombe atomique israélienne.

(MIS A JOUR : Démenti de Hersh)

http://www.reopen911.info/News/2009/05/20/hersh-c%e2%80%99est-cheney-qui-a-fait-assassiner-hariri-et-bhutto/



n° 21 - Journal de PAKISTAN - 25-05 au 10-06 – Fin - : L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush.

n° 21 - Journal de PAKISTAN - 25-05 au 10-06 – Fin -  : L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

               n° 21- 25-05 au 10-06

         C.De Broeder & M.Lemaire  

 



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Avant propos

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

7  Dossiers

7-1 Rachid Zubair: L’administration US veut faire du Pakistan un État défaillant.

7-2 Peter Symonds : Guerre en Afghanistan et au Pakistan.

7-3 Patrice Zehr : Afghanistan-Pakistan : Guerre des Talibans ou des Pachtouns ?

7-4 Chris Hedges : La bombe à retardement pakistanaise

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Viviane Lafont : Afghanistan - Pakistan : la guerre s'intensifie contre la population.



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

7-1 Rachid Zubair: L’administration US veut faire du Pakistan un État défaillant.

Lorsqu’il y a plus d’un an le gouvernement Musharaff est tombé, beaucoup de Pakistanais espéraient voir s’ouvrir une nouvelle ère politique - un espoir amèrement déçu.

L’armée pakistanaise, encadrée par les États-Unis, a tenté d’écraser les talibans dans l’ex-principauté de Swat. Les combats, particulièrement imprécis, ont provoqué l’exode de 2 millions de personnes. Selon Rashid Zubair, les talibans de Swat incarneraient avant tout une révolte des pauvres, tandis que la stratégie US les instrumenterait pour provoquer une guerre civile et justifier une confiscation des armes atomiques.

Il faut savoir que les talibans ne contrôlent que 3,4 % du Pakistan. La population totale des zones tribales ne représente que 2 % de la population pakistanaise et tous ne sont pas des talibans. Les 2,5 millions de gens qui peuplent les zones tribales – et ne sont pas tous des talibans – ne peuvent pas contrôler 157 millions de Pakistanais. Les Pakistanais n’accepteraient jamais un Islam tel que le veulent les talibans. Quant aux bombes atomiques, ce ne sont pas des pétards du Jour de l’An qu’on peut emporter dans sa poche. 80 ogives nucléaires nécessitent 70 000 hommes dont quelques milliers de scientifiques.

L’épouvantail taliban n’est qu’un prétexte. Les États-uniens visent tout autre chose. Une preuve en est que le général Musharraf dans les derniers mois de son gouvernement s’était plaint que l’ISI (services secrets pakistanais, ndt.) avait informé les USA des divers lieux où se trouvait Baitullah Mehsud, le chef des talibans, mais que ceux-ci n’avaient entrepris aucune action contre lui.Lorsqu’il y a plus d’un an le gouvernement Musharraf est tombé, beaucoup de Pakistanais espéraient voir s’ouvrir une nouvelle ère politique – un espoir amèrement déçu.

 

L’une des principales raisons de l’impopularité du gouvernement Musharaff était son proaméricanisme et la destitution du juge suprême du Pakistan, Iftikhar Chaudhry. Mais le gouvernement actuel n’a pas davantage respecté le mandat populaire, il a même pulvérisé tous les records de docilité envers les Américains. Le gouvernement du PPP (Pakistan Peoples Party, Parti du peuple pakistanais) est allé jusqu’à envoyer des blindés et des avions contre son propre peuple dans le Nord du Pakistan, ce que même Musharaff n’avait pas osé faire quand il était au pouvoir. Le feu vert aux attaques de drones qui ont coûté la vie à des centaines de Pakistanais est à mettre au compte du PPP. Selon les déclarations officielles et celles des Américains, des combattants d’Al Qaïda auraient été tués, mais cela n’a pas été prouvé. Et même si c’est exact, c’étaient des gens tellement insignifiants qu’ils ne figuraient pas sur les listes du FBI.

 Selon des informations d’origine usaméricaine, les drones sont partis du territoire pakistanais, ce que le Ministère pakistanais de la Défense confirme, alors que  celui des Affaires étrangères le conteste. Ces contradictions ont ébranlé la confiance de la population dans le gouvernement du PPP. Avant même l’escalade de la violence au mois de mai, environ 12 000 Pakistanais, tous des civils, ont perdu la vie dans des attaques pakistanaises ou usaméricaines.

  Et, toujours avant cette escalade, on comptait 800 000 réfugiés de l’intérieur, pour la plupart insuffisamment pris en charge. L’extension du conflit a fait du drame des réfugiés une véritable catastrophe.

Le Président Zardari a obtenu tous les pouvoirs spéciaux, entre autres le droit de dissoudre le Parlement quand bon lui semblera.

 D’une part des millions de Pakistanais sont victimes de l’augmentation du prix de l’énergie et des prix en général, d’autre part le Pakistan ne compte pas moins de 60 ministres. On essaie de satisfaire tous les partenaires de coalition et camarades de parti aux frais du peuple.

La situation dans la vallée de Swat

Les médias occidentaux avaient longtemps laissé entendre que le gouvernement pakistanais avait laissé la vallée de Swat aux Talibans, mais ce n’est pas tout à fait exact. Pour bien comprendre la situation, il faut en connaître la genèse.  Jusqu’en 1969 Swat jouissait d’une administration autonome de juridiction islamique (charia). La population en était satisfaite  car les décisions rendues étaient rapides et équitables. Après son incorporation au Pakistan [par la dissolution de l’État princier en 1969, NdR] Swat ne disposait plus d’aucun système juridique fonctionnel.

   En 1989 le mollah Soufi Mohammed demanda le rétablissement de la charia, soutenu en cela par une grande partie de la population. Son mouvement n’était pas militant et il survécut à deux gouvernements pakistanais successifs. Soufi Mohammed vint en aide à deux gouvernements laïcs en convainquant des groupes armés, eux aussi partisans de la charia, de ne pas prendre les armes contre les forces de sécurité gouvernementales. Il a obtenu des militants la  libération de précieux otages et contribué à faire lever le blocus sur des axes routiers et des aéroports. À ces deux occasions on lui avait promis en échange de rétablir la charia, des promesses non suivies d’effets.

  Puis l’Afghanistan a été attaqué par les Usaméricains et Soufi Mohammed s’y est rendu pour combattre les occupants. À son retour, il a été emprisonné par le gouvernement de Pervez Musharaff. Il a été libéré en 2008, en signe de bonne volonté de la part du nouveau gouvernement, dirigé par l’ANP (Awami National Party).

   Durant la captivité de Soufi Mohammmed son gendre, un ex-liftier, prit les choses en mains. Il tenta d’imposer par les armes une administration parallèle dans la vallée de Swat, ce qui provoqua des mois de conflit avec les forces de sécurité nationales et fit  beaucoup de victimes dans la population civile. Soufi Mohammed prit ses distances avec les actions menées par son gendre, mais ne put influencer le cours des choses. Le gouvernement du NAP pria alors Soufi Mohammed de rétablir la paix à Swat en échange de la  réintroduction de la charia, que la population souhaitait aussi, comme l’ont montré les manifestations massives du 12 janvier 2008.

 Soufi Mohammed promit en échange de désarmer les militants talibans, de rétablir l’autorité de l‘État pakistanais et de ne créer ni administration ni juridictions parallèles. Depuis la passation de cet accord, la vie, à Swat, était revenue à la normale. Écoles et bazars étaient ouverts et le quotidien avait repris son cours.

Les USA face aux Talibans : deux poids et deux mesures

L’OTAN et les USA montrèrent quelques réticences, mais le chef de l’ANP, Asfan Yar Wali, défendit cet accord et le gouvernement du district souligna qu’il était parfaitement légal. Le chef du gouvernement de district, Hoti, menaça de démissionner si Islamabad s’y opposait. L’ex-Premier ministre Nawas Sharif et le ministre de l’Intérieur sous Musharraf mirent en garde contre les conséquences désastreuses qu’aurait le non-respect des accords conclus. Le porte-parole de l’armée pakistanaise déclara que la situation à Swat évoluait de manière positive.

Beaucoup de Pakistanais ne comprennent pas le « deux poids, deux mesures » des États-uniens avec les Talibans. Quand ils négocient directement avec eux, c’est légal, mais si le gouvernement pakistanais en fait autant, c’est presque de la trahison.

Hamid Mir, journaliste pakistanais réputé, et collaborateur de Géo, la plus populaire des chaînes privées, a écrit le 23 février 2008 dans le journal Jang : « Les villas de la famille princière de Swat sont vides et abandonnées, mais Musrat Begum, une veuve appartenant à la famille princière, vit avec son serviteur dans un coin du palais. Elle héberge des femmes sans abri et dans le besoin. On l’appelle « la mère de Swat ». La charia ne lui fait pas peur. Ma conversation avec elle m’a laissé l’impression qu’elle était favorable aux talibans. Même chose pour Ghulam Faroog, l’éditeur du journal régional Chamal. Je lui ai demandé pourquoi la population de Swat était en majorité favorable aux Talibans et hostile à l’armée pakistanaise. Les talibans sont issus de la couche opprimée de la population, c’est-à-dire eux-mêmes. Les riches sont hostiles aux talibans, car ceux-ci font partie de la piétaille. L’étincelle qui a donné naissance à la rébellion contre les riches, qu’on appelle les khawanines (les nobles), date des années 70. C’est par crainte des troubles que l’administrateur de l’époque a rattaché Swat au Pakistan. Cette conversation m’a rappelé le roman, paru en 2003 qu’Ahmed Bachir a écrit sur Swat. On peut y lire, page 763 : « Les pauvres de Swat sont prêts à combattre jusqu’à la mort. Quand leur lutte commencera, des organisations apparaîtront d’elles-mêmes. »

Ahmed Bachir ignorait que cette organisation aurait pour nom « les talibans ». J’ai eu l’occasion de voir de mes yeux divers théâtres de combat. Bien que disposant d’artillerie lourde, de blindés et d’avions de combat, l’armée pakistanaise n’a pu venir à bout des talibans. La seule explication en est que les pauvres du pays étaient derrière les talibans. Les habitants de Swat en avaient assez d’injustices qui duraient depuis des années, la politique d’agression des États-uniens a jeté de l’huile sur le feu. Le mélange explosif de colère contre l’injustice et de haine contre les États-uniens a donné naissance à un mouvement de résistance extrémiste. »

Des agents étrangers camouflés en talibans

Ce qui précède apporte une des réponses possibles à la question des médias US : « Comment se fait-il que 12 000 soldats pakistanais n’ont pu venir à bout de 3 000 insurgés ? » On en trouve une autre dans les déclarations du major Athar Abbas, porte-parole de l’armée pakistanaise : « Derrière les troubles dans la vallée de Swat et les zones tribales voisines on trouve des services secrets étrangers qui arment et financent les extrémistes. Selon le journal Jang, des forces de sécurité pakistanaises ont arrêté dans les zones tribales 200 agents étrangers camouflés en talibans. Beaucoup de Pakistanais se demandent pourquoi on trouve 29 consulats de pays voisins dans la zone frontalière pakistano-afghane. Cela expliquerait aussi le grand nombre d’actes de cruauté imputés aux talibans. Il n’est pas exclu que nombre d’atrocités commises contre les forces de sécurité soient destinées à venger des proches, victimes de l’assaut contre la Mosquée Rouge ou des attaques pakistano-américaines. »

La majorité des Pakistanais ne considèrent pas la prétendue « guerre contre le terrorisme » comme leur guerre, mais comme une guerre états-unienne par procuration. Tant que le gouvernement pakistanais sera aux ordres des USA, il n’y aura pas de paix. Les États-uniens veulent déstabiliser le Pakistan. Le Pakistan doit être considéré comme un État défaillant, afin de pouvoir réquisitionner son arsenal nucléaire. L’armée US dispose déjà d’une unité spéciale pour cette tâche.

Swat a connu une brève période de paix. Par le passé on a souvent conclu avec les talibans dans différentes zones des accords de paix, anéantis ensuite par des « incidents ». Maintenant la guerre, là-bas, s’est à nouveau déchaînée. On l’impute aux talibans, mais c’est ce qui se dit dans les cercles gouvernementaux, il n’existe pas de liberté d’information.

En admettant que les talibans soient les coupables, les victimes des opérations militaires, elles, restent les membres de la population. L’introduction de la charia était demandée par la population, mais elle souhaitait que ce fût le fait du gouvernement et non des talibans. Le gouvernement ne voulait pas autoriser les talibans à établir une administration parallèle, mais la simple force des armes ne suffit pas à l’empêcher. Pour cela il faudrait une stratégie multilatérale et un consensus national, et malheureusement le gouvernement Zardari ne dispose ni de l’un ni de l’autre.

Les médias ont annoncé par exemple que « les talibans étaient aux portes d’Islamabad » ou que « des armes nucléaires pourraient tomber aux mains des talibans ». C’est une bonne plaisanterie.

Le Ministre de l’Intérieur pakistanais a dit que les extrémistes étaient financés et armés par l’Afghanistan. Mais la question est : qui arme et finance les talibans en Afghanistan ?

On ne peut pas être sûr de ce qui les USA trament dans l’ombre. Mais une chose est sûre : c’est toujours la population qui paie l’addition. La force armée ne résoudra jamais les problèmes de cette région.

Rashid Zubair
 http://www.voltairenet.org/article160400.html

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Source : Zeit-Fragen Nr. 21 - US-Regierung will aus Pakistan einen gescheiterten Staat machen
Article original publié le  25/5/2009

Michèle Mialane et Fausto Giudice sont  membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.

Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7733&lg=fr

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10/06/2009

n°36 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 08-02 - A1- : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.

n°36 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 08-02 - A1- : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait  devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

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Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 36- 08-06

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire.

Tiré à part :

Russie-OTAN: éviter l'imprévisibilité et les provocations

1  Dossiers

1-1 L’UE ne reconnaît pas le résultat des élections en Ossétie du Sud. Pourquoi donc ?

1-2 Alain-Jules : Abkhazie-Ossetie du Sud : Pourquoi la Russie a raison.

1-3 Camille Loty Malebranche : Russie-Otan : le ludique du feu des Etats-Unis.

Suite

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Interview de Pierre Piérart dans le "Drapeau Rouge"

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Rick Rozoff : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait  devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.

Fin

4 Annexe

4-1 Jean Geronimo : Fermeture de la base Manas : Échec et mat pour Brzezinski ?

4-2 Début des pourparlers de désarmement USA-Russie.

4-3 Tiberio Graziani : Les États-Unis utilisent l’Europe comme tête de pont pour attaquer l’Eurasie.

4-4 L’Union européenne et la Russie affichent leurs divergences au sommet de Khabarovsk.

4-5 Conor Sweeney et Oleg Chtchedrov : Encore de l'eau dans le gaz entre l'UE et la Russie.

4-6 Laure Delcour : L’enjeu pour l’UE c’est d’amener la Russie à être davantage coopérative.

 



Tiré à part 

Russie-OTAN: éviter l'imprévisibilité et les provocations

Moscou et Bruxelles entendent transformer le Conseil Russie-OTAN en "organe opérationnel d'examen des problèmes stratégiques de sécurité", a annoncé mercredi aux journalistes le délégué permanent russe auprès de l'Alliance Dmitri Rogozine.

"Il s'agit de définir à nouveau la pratique du dialogue politique qui doit être mené sur un pied d'égalité et reposer sur le respect mutuel", a indiqué M.Rogozine à l'issue d'une nouvelle réunion du Conseil Russie-OTAN au niveau des ambassadeurs dans la capitale belge.

"Dans notre coopération avec l'Alliance, il faut éviter l'imprévisibilité et les provocations", a souligné l'ambassadeur, ajoutant que lors de la réunion d'aujourd'hui les sceptiques de l'OTAN s'étaient retrouvés en minorité absolue.

"Dans un certain sens, l'OTAN a renoncé à l'esprit de confrontation et s'est mise à appliquer sa propre décision sur le redémarrage de ses relations avec la Russie", a estimé le diplomate.

Les relations entre la Russie et l'OTAN se sont fortement dégradées début août dernier, après l'envoi par Moscou de renforts dans le Caucase du Sud pour protéger ses ressortissants et les soldats de la paix russes attaqués par les Géorgiens.

Les pays de l'Alliance ont accusé la Russie d'usage disproportionné de la force et ont suspendu les réunions du Conseil Russie-OTAN à tous les niveaux. La Russie a, pour sa part, gelé certains projets bilatéraux. Elle a notamment suspendu sa participation au programme "Partenariat pour la paix", a interrompu la coopération en matière de maintien de la paix et fermé le bureau d'information de l'OTAN à Moscou.

Les autorités russes ont également refusé d'accueillir le secrétaire général de l'Alliance dans la capitale russe et annulé toutes les manoeuvres conjointes, suspendant les escales de bâtiments de guerre de l'OTAN dans les ports russes. La Russie coopère toujours avec l'Alliance sur l'Afghanistan et a maintenu les groupes de travail pour le contrôle des armements conventionnels et la coopération dans l'espace aérien.

La réunion du Conseil Russie-OTAN tenue ce mercredi au niveau des ambassadeurs est la deuxième réunion officielle depuis le conflit en Ossétie du Sud.

27 mai

http://fr.rian.ru/world/20090527/121768326.html



1  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 L’UE ne reconnaît pas le résultat des élections en Ossétie du Sud. Pourquoi donc ?

L’Union européenne n’a pas reconnu la validité des élections du dimanche mai 2009 ni l’indépendance de l’Ossétie du Sud vis-à-vis de la Georgie, niant ainsi le droit du peuple ossète à l’autodétermination, alors qu’elle reconnaît ce droit à d’autres peuples, par exemple les Albanais du Kossovo. Les uns comme les autres ont pourtant une langue nationale, une culture et une religion propres. De même que les Albanais du Kossovo parlent albanais, les Ossètes du Sud parlent ossète, une langue proche du persan.

Le Kossovo était une région autonome de la République serbe de l’ex-Yougoslavie, qui dépendait du Royaume de Serbie, étant depuis le Moyen-Âge majoritairement peuplé de Serbes ; au XIXe siècle, la domination ottomane ayant pris fin, il était retombé dans l’escarcelle de la Serbie.

Tout bien considéré, il avait fallu attendre l’annexion de cette région par l’Empire ottoman pour voir les Albanais s’y installer en grand nombre. Et cependant, jusqu’au milieu du XX siècle, les Serbes étaient les plus nombreux.

L’Ossétie du Sud, comme l’Ossétie du Nord, faisait partie de l’empire tsariste. En 1917, après la Révolution d’octobre, l’Ossétie du Sud est entrée dans l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) avec le statut  de région autonome  à l’intérieur de la république socialiste soviétique de Georgie, qui devint indépendante après l’effondrement de l’Union soviétique. L’Ossétie du Sud conserva son statut d’autonomie pendant  toute la durée de l’Union soviétique. Aussi bien au plan culturel qu’économique elle était beaucoup plus liée à l’Ossétie du Nord qu’à la Georgie. La population de l’Ossétie du Sud était en majorité ossète, même pendant son rattachement formel à la Georgie durant la période soviétique. Lors de la dissolution de l’Union soviétique l’Ossétie du Sud, comme l’Abkhasie, obtint, comme toutes les républiques et régions autonomes de l’État soviétique, le droit à l’indépendance nationale, dont elle fit usage en 1991.

On l’oublie souvent en Occident lorsqu’on débat pour savoir qui est à qui.

On oublie aussi que dès les années 90  le peuple ossète du Sud manifesta clairement, à l’occasion de  plusieurs référendums, sa volonté d’être libre et indépendant de la Georgie. Dès le début de ces années le gouvernement georgien de Tbilissi échoua à annexer cette région par la force. Depuis, des accords internationalement reconnus prévoyant  de renoncer à la violence ont été passés  avec le gouvernement georgien.

 Il est de notoriété publique que l’actuel Président de Georgie, Saakachvili, a tenté en août 2008, au mépris de ces accords, d’annexer l’Ossétie du Sud au moyen d’une attaque éclair. L’attaque a été repoussée par les troupes ossètes, aidées par des troupes russes rapidement arrivées sur place. L’armée russe a effectué une puissante contre-offensive, et a vaincu les troupes georgiennes totalement démoralisées qui se sont  dispersées comme balle au vent en abandonnant toute discipline militaire, car elles n’avaient pas la moindre envie de se battre pour Saakachvili, un Président corrompu placé par Washington à la tête du peuple georgien.  Après la victoire et l’armistice, à l’occasion duquel la Russie fit de nombreuses concessions, parfois d’une inutile générosité, celle-ci reconnut l’indépendance et la souveraineté de l’Abkhasie et de l’Ossétie. Le Nicaragua lui emboîta le pas, bientôt suivi par d’autres États. mais l’UE et bien sûr les USA s’obstinent à considérer l’Ossétie du Sud comme partie intégrante de la Georgie, et cela uniquement parce que Saakachvili est une marionnette docile de l’Occident.Tout cela n’a rien à voir avec des principes de droit international, car l’Occident soutient les mouvements séparatistes dès que cela lui semble opportun, même s’ils sont contraires au droit international et dépourvus de justifications historiques et culturelles. 

Les élections libres et démocratiques du 31 mai 2009 en Ossétie du Sud satisfaisaient en effet à tous les critères de la démocratie parlementaire.

Elles étaient absolument honnêtes et transparentes et conformes aux standards internationaux. La participation se situait autour de 82%, ce qui en règle générale ne se produit plus depuis longtemps en Occident.

Le Parti de l’Unité du Président Édouard Kokoïty a obtenu selon les résultats officiels provisoires de lundi 46,36% des suffrages exprimés et 17 des 34 sièges au Parlement dans la capitale, Tchkinvali. Suivait le Parti communiste avec 25,22% des voix. Le Parti socialiste « Patrie » n’a pu entrer au Parlement car il n’a pas franchi la barre des 7%.

Les élections témoignent d’un haut degré de culture politique chez les électeurs ossètes du Sud. Les observateurs internationaux ont pu constater leur bon déroulement. Ils n’ont pu ni établir ni dénoncer de graves manquements aux règles démocratiques  et aux standards internationaux. Pourtant l’UE et d’autres pays occidentaux ont déclaré ces élections illégales. Bruxelles a certes reconnu l’indépendance de la vieille province serbe du Kossovo, mais elle ne veut même pas dialoguer avec les représentants de l’Ossétie du Sud. On fait tout pour mettre en doute le processus électoral ainsi que les résultats. Et l’on s’affaire, en Occident, à délégitimer l’Abkhasie et l’Ossétie du Sud. On vise en réalité la

Russie et ses alliés, que les Occidentaux s’obstinent à considérer comme l’ennemi. Dimanche, pendant le déroulement des élections, deux tentatives d’attentats ont pu être déjouées. Selon les premiers résultats de l’enquête, ils avaient été organisés par Tbilissi et certains pays occidentaux pour troubler le processus électoral. Voilà qui soulève  une question : qui respecte la démocratie ? Sûrement pas les dirigeants européens!

Hans-Jürgen FALKENHAGEN

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Source : Die EU erkennt Wahlen in Südossetien nicht an. Warum eigentlich, denn eine sachlich-objektive  Begründung gibt es dafür nicht? www.rg.ru/2009/06/02/parlament.html
www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7791&lg=fr 


1-2 Alain-Jules : Abkhazie-Ossetie du Sud : Pourquoi la Russie a raison.

La perpétuelle condescendance occidentale est à l'origine de ce qui arrive aujourd'hui dans le Caucase.

En voulant tester les Russes, maladroitement, les Américains sont passés par la pire formule d'un poker menteur qui fait de Mikheil Saakachvili, le dindon de la farce. C'est l'histoire du bon, joué par la Russie, de la brute, interprétée par la Georgie, et du truand, goupillé par les Etats-Unis.

Lorsque la Géorgie obtenait son indépendance, tous les pays Occidentaux s’empressaient de la reconnaître. Or, la question de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud se posait déjà. Pourquoi ne demande-t-on pas à ces peuples de choisir ? Peut-on obliger des gens, contre leur gré, de se reconnaître en un autre peuple alors qu’on les a privé de facto, d’une liberté fondamentale, leur autonomie séculaire.
Haro sur cette propagande morbide ! Ce qui n’est pas acceptable, c’est le mensonge, la violence géorgienne. La vraie irresponsabilité, est celle des 0ccidentaux. En Abkhazie, la majorité de la population est…russe, suite à la guerre de 1991-1992, avec le départ de centaine de milliers de Géorgiens. Alors, parler de nettoyage ethnique aujourd’hui, relève d’une insipide fiction, d’une sémantique malsaine.
En Ossétie du Sud, dès 1992, un référendum avait déjà rendu ce micro-état indépendant. Pourquoi il n’a pas été reconnu ? Pourquoi au Kosovo, ceux qui lancent aujourd’hui des cris d’orfraie, ne s’étaient pas émus, au contraire même, ils avaient bien joué ce rôle de catalyseur. Faut-il dire et redire aux Occidentaux que, depuis Staline, fils de Géorgie, l’Ossétie du Sud a toujours été autonome ?
Les mêmes qui s’habillent de vertu pour aller en Afghanistan, prenant au passage la dialectique mortifère américaine -du déjà vu et entendu-, dénoncent les barbares mais, lorsqu’ils tuent 90 civils, pas d’excuse, ils sont, eux, des civilisés….mon oeil. Mais jusqu’à quand allons-nous continuer de jouer les donneurs de leçons ? La barbarie, nous la connaissons, depuis la nuit des temps: esclavage, croisades, etc. Tous ces crimes sont bien occidentaux, toujours au nom de la…civilisation. Laquelle ? Celle qui tue, brûle, accuse à tort ?
Au lieu d’être honnêtes, mentir par omission sans doute, mieux vaut se taire. Quant au tollé engendré par la réaction russe, disproportionné sans doute, il est ubuesque. Souvenons-nous un instant de l’unilatéralisme américain en Irak. Au momet où l’information, à flux tendu, parvient à être recoupée, disséquée et analysée, les Occidentaux sont encore une fois, pris la main dans le pot de confiture. La Russie fournie plus de 28% du gaz que nous consommons. Le triple projet en Géorgie que les Russes sont entrain d’éventer, concernait:
-Primo, la construction d’un Oléoduc par la société anglaise BP. -Deusio, installer une basse arrière de l’armée américaine en vue de tenir en respect, la Russie et d’attaquer à loisir l’Iran. Le bouclier antimissile en Pologne est un avant-goût. -Tertio, avoir la main mise sur la mer noire.
Les présidents de l’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, ont raison de parler de moment historique pour leurs différents pays.
“C’est un jour historique pour notre peuple”, a déclaré le président abkhaze Sergueï Bagapch.
“C’est un grand jour pour notre peuple. La Russie nous a sauvés d’un génocide.” a dit Edouard Kokoïty, président ossète.(à droite sur la photo)
Hélas, les Occidentaux essuient un échec total.

Personne, et heureusement, ne peut s’amuser à attaquer la Russie, malgré les élucubrations kouchnériennes que j’ai entendu à la télévision. Le poker menteur se poursuivra mais, les Russes ont eu la réaction qu’il fallait avoir, pour leur sécurité. Le président géorgien, devrais-je dire, le caniche de Bush, Saakachvili, incompétent en relations internationales, malgré son parchemin de Harvard, en a pour ses frais.
Source: ALLAIN JULES C@MMUNICATION

27 Août 2008
allain.jules@gmail.com

http://www.alterinfo.net/ABKHAZIE-OSSETIE-DU-SUD-POURQUOI-LA-RUSSIE-A-RAISON_a23240.html


1-3 Camille Loty Malebranche: Russie-Otan : le ludique du feu des Etats-Unis.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Avec comme seules réactions officielles géorgiennes, les objurgations (1) antirusses et larbines de l’Otan que déblatère Mikheïl Saakachvili, ce clown présidentiel de notre temps, abîme doublement incarné du vilain et du nain politique, combien indécent, au moment où l’Otan fait ses provocants exercices militaires sur le sol de Géorgie, le monde est désormais retourné à une certaine forme de guerre d’influence inutile que nous croyions anachroniques. De fait, nous pouvons affirmer, sans crainte de nous tromper, que le monde entre désormais dans la phase d’une nouvelle guerre à intensité variable c’est-à-dire tantôt basse, tantôt moyenne voire tantôt chaude, planifiée et livrée par les Etats-Unis et leurs « alliés » à la Russie et en arrière-plan à la Chine. La nouvelle modalité de ce conflit entretenu par l’Otan, qu’attise la crise du capitalisme étasunien, va forcer un durcissement du pôle sino-russe harcelé sans cesse par l’expansionnisme grossier des Etats-Unis et de leurs états satellites dits alliés dans l’euphémisme diplomatique. Et derrière cette guerre nouvelle qui, bien pire que celle menée contre l’ancien pacte de Varsovie, parce que totalement injustifiée vu que l’ex guerre froide sévissait dans un monde divisé en deux blocs, nous voyons la grimaçante et l’intolérable colonisation de l’Onu par l’Otan sous couvert de lutte au terrorisme, afin de chambarder la multipolarité dont augure le monde contemporain et que les Etats-Unis en déclin refusent d’accepter sans coup férir, sans faire couler partout où ils le peuvent, sur la face de l’écoumène (2), le sang innocent comme en Afghanistan où les assassins de l’Otan massacrent désormais plus de civils que d’insurgés talibans.

La défroque impérialiste de l’empire étasunien en décomposition, se voyant devant la formation imparable des nouveaux pôles politico-économiques tant en Amérique du sud qu’en Asie, et en Europe de l’est, et sachant que l’amie qu’est l’U.E. ne constitue avec lui en fait qu’un alliage-amalgame pour ne pas dire une mésalliance vu la divergence des intérêts communs sur le plan monétaire, économique, énergétique, vu aussi la résistance populaire voire nationale des opinions publiques européennes à l’Europe telle que arbitrairement définie selon des besoins et intérêts contestables, pas nécessairement favorables aux états et nations qui la composent, l’empire devient agressif et tente de s’imposer par la force brutale plutôt que la souplesse de la diplomatie. En fait, hormis le Royaume-Uni, le Canada, Israël et quelques pays arabes associés, les alliés des Etats-Unis sont des amis douteux pour le moins que l’on puisse exprimer. Amitié fragilisée par des dissensions ethno-religieuses et idéologiques internes comme au Pakistan. Amitié passablement dépassée une fois l’empire s’affaissant en chute libre, comme celle des titans européens ayant leurs agendas propres pour reprendre la place d’avant-garde perdue après 1945.

Aujourd’hui donc, nous sommes en présence d’une bête blessée d’un trauma narcissique qui cherche à tout prix à faire croire à une santé pourtant clairement cacochyme (3), à une puissance chancelante, en jouant grivoisement et grotesquement avec le feu otanien pour bannière et effigie de son navire en naufrage !

La chose est totalement bête et inhumaine, car nous avons dépassé le temps où les seigneurs de guerre des puissances militaires utilisaient les conflagrations comme alibi pour le renflouement des caisses de leurs pays mal gérés et en faillite. En effet, malgré la crapuleuse mainmise des Etats-Unis sur les richesses de l’Irak dont le peuple - toutes catégories confondues - est sacrifié injustement pour quelques charognards étasuniens, la saleté nauséeuse de l’économie étasunienne s’est quand même révélée à tous en précipitant le monde dans cette crise économique et financière dont les conséquences ne font que commencer ! Dans un monde de plus en plus instable, faire la guerre risque de déboucher sur des nationalismes au cœur des pays agressés qui pourront menacer les agresseurs de multiples mini hécatombes terroristes réelles, et pas seulement celles hallucinées et inventées par l’establishment étasunien pour son plaisir sadique et malsain de massacrer et de détruire sous la présidence de Bush. Et, appauvris comme ils commencent à l’être, les Etats-Unis ont-ils les moyens de leur politique belliciste ?

Je doute quant à moi que les vieilles méthodes guerrières d’envahir d’autres états pour tout dilapider sur un amas de cadavres et de ruines, de pestes et de déchets toxiques meurtriers tels l’uranium appauvri radioactif, le phosphore blanc ou l’agent orange…, puissent fonctionner dans la complexité conjoncturelle d’aujourd’hui. Une géostratégie d’agression ne fera que provoquer des réponses dures bien plus que seulement fermes des pôles rivaux notamment la Russie et la Chine, nullement ennemies des peuples d’occident, qui ne se laisseront pas faire et seront obligés de fonder leur armement de dissuasion et leur propre géostratégie à la taille des menaces insensées et indignes de l’Otan.

Et cela, c’est tant pis le monde ! Car malgré ses causes de crapulerie financière des riches étasuniens, l’actuelle crise économique mondiale aurait pu créer de nouveaux modes de solidarité entre États et Nations si quelques mégalomanes intransigeants et intumescents (3) de l’establishment étasunien constipé - soutenus par de sempiternels molosses désignés comme alliés et restés fidèles même sur la voie de l’enfer à suivre leur nocher (4) d’horreur, leur Charon de désastre - ne portaient en leur esprit tristement valétudinaire (5) et patibulaire, l’infâme et sinistre pathologie d’une mission suprahumaine voire cosmique et métaphysique d’être maîtres des vies et des biens sur cette planète des hommes !

Les Etats-Unis et l’Otan jouent avec le feu, mais la paix du monde n’est pas compatible avec un ludique de brasier qu’allument des insensés pour satisfaire leur égo malade ; car le feu, lui, une fois allumé, il n’est pas certain que le pyromane coupable puisse jouer nécessairement et efficacement les pompiers sans être lui-même incinéré !

Notes du Grand Soir

(1) Objurgation : Fait d’abjurer, de renoncer à une religion ou à une idée.

(2) écoumène ou oekoumène : terme désignant la partie de la surface terrestre qui peut être habitée.

(3) cacochyme : débile, faible, en mauvaise santé.

(4) intumescent : qui commence à gonfler, à enfler.

(5) nocher : pilote d’un bateau

(6) valétudinaire : qui est souvent malade.

Camille Loty Malebranche

lundi 11 mai 2009
http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4052

http://www.legrandsoir.info/article8559.html


n°36 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 08-02 – Suite - : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.

n°36 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 08-02 – Suite - : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait  devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 36- 08-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Interview de Pierre Piérart dans le "Drapeau Rouge"

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Rick Rozoff : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait  devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.

4 Annexe

4-1 Jean Geronimo : Fermeture de la base Manas : Échec et mat pour Brzezinski ?

4-2 Début des pourparlers de désarmement USA-Russie.

4-3 Tiberio Graziani : Les États-Unis utilisent l’Europe comme tête de pont pour attaquer l’Eurasie.

4-4 L’Union européenne et la Russie affichent leurs divergences au sommet de Khabarovsk.

4-5 Conor Sweeney et Oleg Chtchedrov : Encore de l'eau dans le gaz entre l'UE et la Russie.

4-6 Laure Delcour : L’enjeu pour l’UE c’est d’amener la Russie à être davantage coopérative.

 



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Interview de Pierre Piérart dans le "Drapeau Rouge"

Pierre Piérart, biologiste et professeur universitaire à la retraite continue à se battre pour la paix et contre l'impérialisme du complexe militaro-industriel. Bien que gravement atteint par la maladie de Lyme (Borréliose) contractée durant ses recherches en mycologie, il assure la vice-présidence de l'Association Internationale des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire (IPPNW). Organisateur de campagnes contre la présence des armes nucléaires en Belgique et pour l'adhésion de nos communes à une initiative lancée par le Maire d'Hiroshima en vue d'un désarmement nucléaire en 2020, Pierre nous fait l’honneur de répondre à nos questions.

1.- Le Drapeau Rouge : C’est bien votre attirance pour les questions écologiques que vous a conduit vers l’activité politique proprement dite. Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

Pierre Piérart : Effectivement comme biologiste j'ai enseigné pendant plus de 40 ans, et j'ai fait de la recherche dans plusieurs secteurs de cette discipline, dont l'écologie. Et j'ai de plus en plus pris conscience que les problèmes d'environnement et de développement durable étaient finalement intimement liés aux questions de la paix et de la guerre. J'ai été conforté dans cette position par la remarque d'un collègue américain qui disait "il est impossible de s'intéresser aux problèmes d'environnement sans être pacifiste". C'est ainsi que je suis devenu membre de l'Association Internationale des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire, et que j'ai d'ailleurs créé sa filiale pour les étudiants de l'Université de Mons Hainaut (UMH)… Dans le même ordre d'idée, j'ai rejoint le mouvement Ecolo dès sa création.

2.- Le DR.- Pourquoi avez-vous quitté le parti Ecolo ?

P.P. : Le mouvement Ecolo a connu une lente dérive.

Tout au début du mouvement, Ecolo était très engagé dans les questions de la paix. On y parlait de quitter l'Otan ! Mais ce mouvement était assez disparate, la composante de gauche devenait de plus en plus faible… et par-dessus le marché les questions de politique étrangère et de paix devenaient un problème de plus en plus secondaire. Ils me présentaient sur leur liste électorale comme le pacifiste de service...

J’étais de plus en plus frustré par la position d'Ecolo sur l'élargissement de l'Otan en 1999, puis sur la guerre contre la Yougoslavie, puis sur le transit sur nos voies ferrées du matériel militaire US à destination de l'Irak, alors que le ministre des Transports de l'époque était Ecolo !

La goutte qui a fait déborder le vase… et je dirais plutôt "l'ouragan qui a provoqué la rupture du barrage" s'est produit lors d'une assemblée générale d'Ecolo consacrée au programme préélectoral en 2003. Dans la partie "politique étrangère", le mouvement Ecolo réclamait le retrait des bombes nucléaire de Kleine Brogel. Parfait. Comme membre, j'ai usé de mon droit de proposer un amendement, selon lequel le gouvernement au cas où il n'obtiendrait pas gain de cause devrait envisager de se retirer de l'Otan, afin de ne plus se trouver en infraction avec le Traité de Non-prolifération.

A ce moment, un membre influent, devenu par la suite eurodéputé, a bondi sur le podium pour faire un incroyable panégyrique de l'Alliance Atlantique. Ma proposition n'a même pas été soumise au vote, elle a été retirée. J'ai compris dès cet instant que je ne pourrais plus être entièrement solidaire de ce mouvement.

3.- Le DR.- Il y a exactement 10 ans, lors des bombardements criminels de la Yougoslavie vous étiez parmi les fondateurs du Comité Surveillance Otan dont vous êtes actuellement le président...

P.P. : J'ai été complètement sidéré de cette agression, criminelle dans le sens le plus strict… Les négociations de Rambouillet étaient un ultimatum de guerre pur et simple, que Madeleine Albright savait d'avance inacceptable. On y exigeait en particulier l'occupation militaire par l'Otan de tout le territoire yougoslave ! Après cet ultimatum l'apocalypse s'est déchaîné avec 79 jours de destruction systématique des infrastructures du pays, la contamination du pays par l'uranium appauvri – et même enrichi selon des analyses récentes faites par des laboratoires allemands – la destruction systématique d'un patrimoine historique et culturel inestimable. Ponts, écoles, hôpitaux, usines chimiques, raffineries ont été bombardés. Toutes sortes d'armes nouvelles ont été testées, bombes à graphite, bombes à sous munitions, obus à uranium appauvri…

Il est scandaleux que le monde occidental se bouche les yeux et les oreilles devant l'insupportable tragédie subie par la Serbie. Franz Weber, un militant suisse pour la conservation de la nature et la defense de la paix, a prononcé un discours remarquable à Belgrade en mars dernier, à l'occasion du dixième anniversaire de cette attaque ; il réclame que « ce crime doit être réparé devant l'Histoire, soit pénalement par le Tribunal de La Haye, soit moralement par le Tribunal de la Conscience Humaine », il déclare que « si nécessaire, ma Fondation organisera à Genève ce procès de la vérité ».

C'était la première guerre directement menée par l'Otan sur le territoire européen, dont elle devait en principe assurer la paix et la sécurité. L'Otan dont l'existence ne se justifiait plus en tant qu'Alliance défensive à cette époque, devenait une machine de guerre soutenue par les médias et les politiciens. Les rares journalistes qui ont voulu critiquer ce scandale ont été rapidement muselés.

4. Mais ce ne sont pas seulement les grandes puissances impérialistes  qui violent ainsi le droit international. Vous avez souvent dénoncé des pratiques de la Belgique même que vous estimez en contradiction des lois et même de la constitution…

P.P. : Tout à fait. La Belgique non seulement viole le Traité de Non Prolifération en accueillant des bombes nucléaires sur son territoire, mais elle a violé le droit international en participant aux bombardements de la Yougoslavie, elle viole actuellement le droit international en bombardant avec ses F16 l'Afghanistan, au sein d'une mission soi-disant de maintien de la paix.

Le gouvernement essaye de camoufler ces infractions au droit avec des interventions militaires de type humanitaire, avec l'envoi de soldats au Liban pour déminer, avec des miettes pour la reconstruction en Afghanistan, où l'argent de la reconstruction est une infime partie de ce qui est mis dans le militaire. Il y a comme cela une attitude assez hypocrite de la part de notre gouvernement, pour faire avaler la couleuvre militaire à l'opinion publique.

5.- Le DR.- Quid de la participation militaire de la Belgique dans des missions dites de résolution de conflits ou de lutte contre le terrorisme ?

P.P. : La participation militaire de la Belgique dans le cadre de l'ONU se justifie. Dans le cadre de l'Otan elle est inacceptable. Elle est en contradiction avec le droit international, et la Charte des Nations Unies. La position des ministres De Gucht et surtout De Crem est lamentable, pour ne pas dire plus. De Crem est un idéologue aveuglé par son pro-atlantisme, il est convaincu en envoyant nos militaires dans le bourbier afghan, de participer au sauvetage de la planète. Si on observe le budget, la partie consacrée au militaire dépasse et de très loin celle affectée à la reconstruction et au social. Ce n'est certainement pas la bonne voie pour résoudre les conflits ou lutter contre le terrorisme

6. Le DR.- Quelle est l'actualité de la lutte contre l'Otan ?

P.P. : L’Otan vient de fêter son soixantième anniversaire dans une ambiance de violente répression policière dans les rues de Strasbourg. Au même moment les dirigeants des pays de l'Otan s’accordaient sur la politique à suivre pour renforcer encore cet appareil militaire. Les manières du nouveau président américain et sa politique vont dans le sens de mieux assurer le renforcement de l’Otan au détriment des Nations Unies dans la gestion de la vie internationale.

Le Comité de Surveillance Otan a participé avec beaucoup de conviction au "contre sommet" de l'Otan. Je pense que la mobilisation internationale des mouvements de la paix contre l'impérialisme Otanien a été un franc succès, et même un succès inespéré. Par contre, le déploiement incroyable des forces de l'ordre diligentées par Sarkozy, allié aux provocations diverses, sont parvenues à faire capoter une grande partie de ce qu'on espérait réaliser. Les médias ont apportés leur complicité pour manipuler le public pour assimiler les pacifistes aux casseurs. Il sera nécessaire de reprendre la lutte contre cette machine de guerre bien organisée qu'est l'Otan en modifiant notre stratégie. Les manifestants ont été coincés dans une souricière par la police, en suivant la même tactique que lors du G20 à Londres. Les mouvements de la paix doivent établir un bilan précis des exactions commises par les forces de l'ordre.

7.- Le DR.- Vous êtes assez actif dans l'initiative d'adhésion des villes et communes belges au réseau international initié par le Maire d'Hiroshima. Quelle actualité voyez-vous à cette bataille contre l’oubli de ce crime de civilisation que furent les bombardements atomiques ?

P.P. : Grâce en fait à Pol d'Huyvetter, la Belgique a très activement rejoint le mouvement des "Mayors for Peace", les maires pour la paix qui s'associent au maire d'Hiroshima pour réclamer une convention sur les armes atomiques, en vue d'aboutir à un désarmement nucléaire total en 2020. Près de la moitié des communes belges ont signé.

Ce mouvement international exerce une pression auprès des gouvernements pour accélérer le désarmement nucléaire. Il a le grand mérite d'exiger de la part des puissances nucléaires un agenda, un calendrier précis, pour enfin respecter l'article 6 du TNP qui précise qu'elles doivent s'engager de bonne foi dans le désarmement nucléaire. La cour Internationale de Justice de La Haye avait considéré en 1996 ce point comme essentiel pour être en accord avec le droit international. Tout le monde déclare qu'"il faut désarmer", mais on ne sait pas si c'est pour l'an 2100 ou 2500…. Devant cette inertie des gouvernement occidentaux, le maire d'Hiroshima a donc utilisé une tactique venant "de la base".

Propos recueillis par Pablo Rodriguez

 

Ci-dessous, en complément sur le même sujet:

Les joueurs de flûte de Frankfurt

Extrait de "La  Croisade des fous", par Diana Johnstone (2005)

Ces textes-ci évoquent le mouvement écologiste politique allemand, mais ils s'adaptent sans peine à d'autres pays occidentaux, et d'autres "partis de gauche" que les Verts.

La participation active à la propagande de guerre n'est pas un simple accident de parcours ou une erreur du passé, dont on aurait tiré les leçons: voir comment par exemple les Ecolos et autres Parti "Communiste" relaient aujourd'hui sans trop d'état d'âme la propagande contre Ahmadinejab ou Omar El Bechir

lire par exemple pour notre Ecolo national, ici ou  "Dans les couloirs de la conférence, pendant que l’iranien poursuit ses propos haineux, Elie Wisel dénonce avec émotion et force le discours négationniste et raciste. Il est vrai que depuis le 11 septembre, le monde et singulièrement les états européens, ont été complices de toutes sortes de renoncements en matière de droits de l’homme au nom de la fameuse guerre contre le terrorisme. Cela rend la position aujourd’hui plus difficile. Pourtant, quand il s’agit pour des pays du nord de vendre une centrale nucléaire, ou pour des pays africains d’obtenir des investissements chinois, là aussi, le niveau d’exigence en matière de droits humains diminue.." (Isabelle Durant, tête de liste Ecolo à l'Europe)



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Rick Rozoff : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait  devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.

Le Pentagone se prépare à la guerre contre l’ennemi : la Russie

L’aggravation des rapports entre les USA et la Russie semble être rendue inévitable par la politique « impérialiste » de l’Amérique qui s’est accélérée après les attentats du 11 Septembre. Sous prétexte de se protéger des états « voyous » ou des terroristes, les Etats-Unis ont relancé le projet de bouclier anti-missile en Europe orientale.

Cet outil de domination mondiale est perçu par la Russie comme une quasi déclaration de guerre. C’est dans cette logique de tension que s’était inscrite le conflit en Ossétie du Sud qui a opposé la Russie et la Georgie, un des nombreux pays de l’ex-URSS devenus têtes de ponts pour l’OTAN.

Mais si l’on en croit l’article ci-dessous, le pire reste à venir. 

« Aujourd’hui la situation est beaucoup plus sérieuse qu’avant août 2008. […] Si la guerre éclate à nouveau, elle ne se limitera pas au Caucase.

[…] Le nouveau président des États-Unis n’a pas apporté de changement crucial en ce qui a trait à la Georgie, mais en raison de son rôle dominant au sein de l’OTAN, il insiste toujours sur l’adhésion rapide de ce pays à l’alliance. Si celle-ci se concrétise, le monde fera face à une menace bien plus grave que les crises de la guerre froide.

[…] Dans ce nouveau contexte, la guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait facilement devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie. Il s’agirait d’une troisième guerre mondiale. » (Irina Kadzhaev, politologue sud-ossète, South Ossetia Information Agency, avril 2009)

Le 12 mai, James Mattis, Commandant suprême allié Transformation (SACT) et commandant du U.S. Joint Forces Command (Commandement de la force interarmées) a prononcé un discours à un symposium de trois jours appelé Joint Warfighting 09 à Norfolk en Virginie, où se trouve la « Commandement allié Transformation » (ACT) de l’OTAN. « Je viens avec un sentiment d’urgence. L’ennemi aussi tient des réunions dans le même esprit », a-t-il affirmé. [1]

Un journal local a résumé son discours :

« Le Commandant Mattis a décrit un avenir où les guerres n’auront pas de débuts ni de fins précises. Une grande stratégie et un cadre politique pouvant guider la planification militaire sont nécessaires », a-t-il ajouté. [2]

Pour des raisons qui se veulent sans aucun doute diplomatiques, il a omis d’identifier qui est l’« ennemi ». Une suite d’événements récents, ou plutôt l’intensification d’événements en cours, indiquent toutefois de quelle nation il s’agit.

Le 7 mai dernier, durant un déjeuner du Defense Writers Group, le chef du US Strategic Command, le général Kevin Chilton, a déclaré aux reporters que « la Maison-Blanche maintient l’option de répondre par la force – peut-être même avec des armes nucléaires – si une entité étrangère dirige une cyberattaque neutralisant les réseaux informatiques étatsuniens […] ».

Un compte-rendu de son discours ajoute que « le général a insisté pour que toutes les options de frappe, y compris les frappes nucléaires, demeurent à la disposition du commandant en chef pour défendre la nation des cyberattaques. »

M. Chilton «  a dit qu’il ne pouvait pas exclure la possibilité d’une salve militaire contre des pays comme la Chine, même si Pékin possède des armes nucléaires » [3], bien que la première cible probable de présumées représailles à des cyberattaques, elles aussi présumées, serait un autre pays déjà identifié comme tel par des officiels militaires : la Russie.

À la fin avril et au début mai 2007, le gouvernement d’Estonie, membre de l’OTAN depuis 2004 et dont le président était et demeure Toomas Hendrik Ilves, né en Suède et élevé aux États-Unis (où il a travaillé pour Radio Free Europe), rapportait des attaques sur des sites web de son pays, pour lesquelles la Russie fut blâmée.

Cela fait plus de deux ans et aucune preuve n’a été présentée pour prouver le bien-fondé de l’allégation voulant que des pirates informatiques russes, encore moins le gouvernement russe lui-même, étaient derrière ces attaques. Cette allégation demeure malgré tout un article de foi dans les médias et parmi des officiels étatsuniens et occidentaux.

La réponse des autorités étatsuniennes a d’abord été si soudaine et sévère, même avant que des enquêtes ne soient menées, pour fortement donner à penser que si les attaques n’avaient pas été organisées, elles auraient dû être inventées.

Tout de suite après, le secrétaire de la force aérienne, Michael W. Wynne, affirmait : « La Russie, notre puissant rival de la guerre froide, semble avoir été la première à s’engager dans la conduite de la guerre informatique. »

La source d’information des Forces aériennes des États-Unis d’où est tirée cette citation ajoutait que les événements s’étant produits quelques jours plus tôt en Estonie « avaient déclenché une succession de débats au sein de l’OTAN et de l’Union européenne concernant la définition d’une opération militaire autorisée et ce pourrait bien être le premier test de l’application de l’article V de la Charte de l’OTAN concernant la defense collective dans le champ non cinétique. [4]

L’article 5 de la Charte de l’OTAN est une clause de defense militaire collective, en fait une clause de guerre, utilisée pour la première et seule fois pour soutenir la guerre prolongée et progressive en Afghanistan. 

La référence que l’on y a faite à l’époque n’est pas à prendre à la légère.

En visite en Estonie en novembre dernier, le chef du Pentagone Robert Gates a rencontré le premier ministre du pays, Andrus Ansip et a « discuté du comportement russe et de la nouvelle coopération sur la cybersécurité ».

On a rapporté que « M. Ansip a affirmé que l’OTAN opérera selon le principe de l’article 5 du traité de l’alliance, lequel stipule qu’une attaque visant un allié constitue une attaque visant tous les membres ». « Nous sommes convaincus que l’Estonie, en tant que membre de l’OTAN, sera très bien défendue » a-t-il ajouté. [5]

Il est révélateur que l’on continue à mentionner l’article 5 de l’OTAN à répétition un an et demi après les attaques présumées alors qu’aucune autre n’est survenue entre-temps.

Au début de ce mois-ci, le Pentagone a annoncé qu’il lançait ce qu’il appelle la « force guerrière numérique du futur » à Fort Meade au Maryland, sous le contrôle du U.S. Strategic Command, dont le chef cité plus tôt, Kevin Chilton, menace d’utiliser la force, y compris les armes nucléaires.

L’initiative a été décrite comme suit dans un reportage :

« Le lieutenant-général Keith Alexander, également commandant à la tête de la cyberguerre, a déclaré que les États-Unis sont déterminés à mener l’action mondiale d’utilisation de la technologie informatique afin de dissuader ou de vaincre des ennemis […] » [6]

Le Pentagone est une synecdoque pour le département de la Defense et tout ce qui est relié à ses activités est enveloppé dans le même euphémisme, donc lorsqu’ils seront questionnés, les États-Unis maintiendront que leur nouveau projet de guerre numérique ne servira qu’à des fins défensives. Toute nation et toute personne ayant fait les frais des actions du département étatsunien de la Defense sont plus avisées. La raison d’être de ce nouveau commandement de cyberguerre étatsunien repose sur une supposée menace russe émanant d’un incident non militaire survenu dans un pays balte il y a plus de deux ans. Ce commandement sera utilisé pour paralyser les systèmes informatiques de toute nation ciblée par un assaut militaire direct, la rendant ainsi sans defense, et sera particulièrement efficace dans le cadre de la planification des premières frappes provenant de l’espace et des guerres spatiales (boucliers antimissile, missiles intercepteurs).

Le jour même où est paru le reportage sur le général Alexander, promettant de « vaincre les ennemis », une autre nouvelle mentionnait qu’« un satellite quasi-classifié a été lancé mardi [12 mai]. Il servira d’ingénierie pionnière pour la technologie de poursuite des missiles balistiques. » [7]

Il s’agissait d’un satellite de Surveillance System Advanced Technology Risk Reduction (STSS-ATRR) (système spatial de poursuite et de surveillance de technologie avancée et de réduction des risques), faisant partie d’un système spatial pour la Missile Defense Agency.

« Les capteurs à bord du satellite STSS-ATRR et au sol communiqueront avec d’autres systèmes pour former une defense contre des missiles balistiques en approche. » [8]

Quelques jours plus tôt, dans un reportage intitulé « Ducommun Incorporé annonce la livraison de nanosatellites à l’Army Space and Missile Defense Command », le fabricant Ducommun, situé en Californie, annonçait que « sa filiale Miltec Corporation avait livré des nanosatellites prêts à être utilisés à la U.S. Army pace and Missile Defense Command/Army Forces Strategic Command (USASMDC/ARSTRAT) à Huntsville en Alabama le 28 avril 2009. »

La livraison constituait « l’aboutissement du premier programme de développement de satellite de l’armée étatsunienne depuis les satellites de télécommunications Courier 1B dans les années 1960 ». [9]

Les satellites militaires utilisés pour neutraliser le potentiel d’une nation rivale, pas vraiment pour lancer une première frappe, mais plutôt pour y répliquer, brouillent la distinction entre les soi-disant projets de bouclier de missiles nés de la Guerre des étoiles et la militarisation complète de l’espace.

Récemment, un commentateur russe le voyait exactement de cette façon :

« Le retrait du Traité sur les missiles antimissile balistique de 1972 a marqué un virage vers les tests et le déploiement d’un système de defense antimissile, dans le but de supprimer le potentiel dissuasif de la Chine et, partiellement, celui de la Russie.

Washington tente toujours d’éliminer les restrictions légales internationales sur la formation d’un système qui pourrait théoriquement le rendre invulnérable face à des représailles, même face à une frappe de riposte en cours d’attaque. » [10]

À cela s’ajoute un autre subterfuge « quasi-classifié » lié à la reprise potentielle des pourparlers entre les États-Unis et la Russie sur le Traité de réduction des armes stratégiques (START).

L’adjointe au secrétaire d’État étatsunienne Rose Gottemoeller a affirmé cette semaine que « les États-Unis ne sont pas prêts à réduire le nombre d’ogives qui ont été retirées des vecteurs de frappe et sont entreposées ». [11]

Donc, en plus des plans visant à déployer des systèmes antimissile au sol, dans les airs et dans l’espace, principalement autour et contre la Russie (en Pologne, en République tchèque, en Norvège, en Grande-Bretagne, au Japon et en Alaska jusqu’à maintenant), le Pentagone gardera des ogives nucléaires en réserve pour l’activation sans fournir de mécanisme de surveillance aux inspecteurs russes et aux négociateurs travaillant à la réduction des armes.

Le 6 mai, Euronews a interviewé le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, qui a fait une mise en garde : « La façon dont il [le bouclier antimissile balistique étatsunien] est conçu n’a rien à voir avec le programme nucléaire iranien. Il cible les forces stratégiques russes et est déployé dans la partie européenne de la Fédération de Russie. »

La création par les États-Unis du Navy Air and Missile Defense Command (NAMDC) au Naval Support Facility à Dahlgren en Virginie le 30 avril ajoute aux inquiétudes de la Russie et d’autres nations.

« NAMDC est l’organisme à la tête de la Marine, combinée à l’Integrated Air and Missile Defense (IAMD). NAMDC est le seul centre d’excellence pour la guerre à synchroniser et intégrer les efforts de la Marine à travers le champ complet de la defense aérienne et antimissile, comprenant les defenses aériennes, antimissile de croisière et antimissile balistique. » [13]

Les deux dernières semaines regorgent d’histoires dans la même veine, et pour attirer l’attention plus près de la Terre, Strategy Page, un site étatsunien, rapportait que selon une source russe « les États-Unis ont acheté deux chasseurs à réaction Su-27 de l’Ukraine [qui] serviront à entraîner les pilotes militaires étatsuniens, lesquels pourraient faire face à des ennemis à bord de ces avions. L’armée étatsunienne les utilisera pour tester ses radars et son équipement de guerre électronique. » [14]

À ce moment même, le client des États-Unis en Ukraine, le président Viktor Iouchtchenko, dont la cote de popularité à dégringolé à près de 1 %, a signé une directive pour la préparation à l’adhésion complète à l’OTAN. Quelques jours plus tard, une délégation militaire étatsunienne a visité le pays pour inspecter un réservoir de stockage et planifier « une réforme du système d’entraînement au combat ». [15]

En matière d’entraînement à la guerre contre la force aérienne russe, ce qui s‘est passé en Ukraine n’est que la dernière d’un bon nombre d’actions de ce genre.

Immédiatement après la pleine adhésion du pays à l’OTAN, le 81e escadron de chasse étatsunien s’est rendu à Constanta en Roumanie (pays où le Pentagone a depuis acquis quatre nouvelles bases) afin de s’entraîner au combat contre les MiG-21 russes.

Selon un des pilotes étatsuniens présents, « c’était plutôt chouette : on est assis dans un MiG-21 qui décollera dans quelques jours avec un pilote expérimenté aux commandes. C’était un bras de l’Union soviétique et ces pilotes volaient avant qu’elle n’éclate. Ils ont une bonne idée de ce que c’est. » [16]

En juillet de l’année suivante, le 492e escadron de chasse étatsunien était déployé à la base aérienne de Graf Ignatievo en Bulgarie voisine afin que « les forces aériennes de divers pays [aient l’opportunité] de connaître les tactiques et les capacités des aéronefs de l’un et de l’autre. » 

« Au moment où la première semaine d’entraînement prend fin, les pilotes des F-15E Strike Eagles, des MIG-29 et des MIG-21 partagent leurs connaissances sur les aéronefs et les tactiques. »

On cite un colonel des forces aériennes étatsuniennes : « Seulement 2 des 38 membres de l’équipage d’aéronefs ont eu la chance de voler aux côtés des MIG. D’ici à ce que l’exercice soit terminé, tout le monde aura eu le temps de voler dans un MIG ou à leurs côtés. [17]

Un mois plus tard, le 22e escadron de chasse expéditionnaire des États-Unis est arrivé en Roumanie pour effectuer les exercices Viper Lance, lesquels « marquaient le premier entraînement de pilotes de F-16 étatsuniens en Roumanie [et] la première fois que des pilotes de MIG-21 et de F-16 volaient en formations pour mener des manœuvres de combat élémentaires, un entraînement au combat aérien avec différents types d’aéronefs, ainsi que des missions d’attaques air-sol ». [18]

La prochaine citation est d’un pilote de F-16 Fighting Falcon :

« Mon vol dans le siège arrière d’un Lancer [MiG-21] constitue une bonne opportunité de voir un aéronef différent et c’est un honneur et un véritable privilège. Je veux voir ce qu’ils voient de leur cockpit et avoir un autre angle de compréhension face à nos adversaires. » [19]

Il y a deux semaines, un escadron de combat de l’US Air Force s’est rendu à la base aérienne de Bezmer en Bulgarie. « C’est la première fois qu’un escadron de combat de l’USAFE [United States Air Forces in Europe] se déploie à cet endroit […] Ce qu’il y a de plus gratifiant dans cette expérience est de savoir que j’aide ces pilotes à s’entraîner pour la guerre », a souligné un des militaires de l’USAFE sur les lieux. [20]

Dans le but de préparer les États-Unis pour le combat aérien contre toute la gamme d’aéronefs militaires russes, l’Inde était invitée aux exercices de combat aérien annuels Red Flag en Alaska en 2007, des jeux de guerres « dont l’objectif est de former les pilotes des États-Unis, de l’OTAN et d’autres pays alliés pour de vraies situations de combat.

 Cela comprend l’utilisation d’équipement "ennemi" et de vraies munitions pour des exercices de bombardements. » [21]

L’Inde a fourni six chasseurs Sukhoi SU-30MKI, « particulièrement pertinents pour cet exercice puisqu’[ils sont] fabriqués en Russie, donc traditionnellement considérés comme "hostiles" ». [22] 

Le 1er mai, la patrouille aérienne tchèque de l’OTAN entamait sa rotation de six mois dans le ciel balte, au-dessus de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie – à cinq minutes de la deuxième plus grande ville russe, Saint-Pétersbourg. À cette occasion, un officiel tchèque se vantait : « La zone que nous protégeons est presque trois fois plus grande que la République tchèque. C’est un avant-poste de l’OTAN. »

Le commandant de la force aérienne lithuanienne, Arturas Leita, a pour sa part annoncé que « les pays baltes demanderaient probablement la prolongation de la mission des forces aériennes au sein de l’OTAN jusqu’en 2018. » [23]

Du 8 au 16 juin, la Suède accueillera une simulation de l’OTAN appelée Loyal Arrow, décrite comme « la plus grande simulation de forces aériennes jamais vue dans la baie de Botnie, située entre la Suède et la Finlande », [24] également à proximité de Saint-Pétersbourg. Un porte-avions britannique et plus de 50 chasseurs y participeront. 

Cet exercice débutera exactement une semaine après la fin des jeux de guerre Cooperative Lancer 09 de l’OTAN menés par les États-Unis en Georgie, sur le flan sud de la Russie.

En parlant des dangers s’appliquant uniformément à tout ce qui précède, le site web du ministère de la Presse et des Médias de masse de l’Ossétie du Sud citait récemment la mise en garde de la politologue Irina Kadzhaev :

« Aujourd’hui la situation est beaucoup plus sérieuse qu’avant août 2008. La menace antérieure ne mettait que l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en danger, mais comme la Russie a reconnu l’indépendance de ces deux États et a conclu des ententes envisageant la présence de ses forces armées sur leurs territoires, si la guerre éclate à nouveau, elle ne se limitera pas au Caucase.

Le nouveau président des États-Unis n’a pas apporté de changement crucial en ce qui a trait à la Georgie, mais en raison de son rôle dominant au sein de l’OTAN, il insiste toujours sur l’adhésion rapide de ce pays à l’alliance. Si celle-ci se concrétise, le monde fera face à une menace bien plus grave que les crises de la guerre froide.

Dans ce nouveau contexte, la guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait facilement devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie. Il s’agirait d’une troisième guerre mondiale. » [25]

Rick Rozoff

Notes

1) Virginian-Pilot, 13 mai 2009

2) Ibid

3) Global Security, 12 mai 2009

4) Air Force Link, 1er juin 2007

5) U.S. Department of Defense, 12 novembre 2008

6) Associated Press, 5 mai 2009

7) Space Flight Now, 5 mai 2009

8) Pratt & Whitney, 5 mai 2009

9) Ducommun Incorporated, 29 avril 2009

10) Russian Information Agency Novosti, 7 mai 2009

11) Russia Today, 5 mai 2009

12) Euronews, 6 mai 2009

13) Navy News, 30 avril 2009

14) Moscow News, 11 mai 2009

15) National Radio Company of Ukraine, 29 avril 2009

16) Air Force Link, 2 août 2005

17) U.S. Air Forces in Europe, 24 juillet 2006

18) Stars and Stripes 26 août 2006

19) Air Force Link, 17 août 2006

20) Air Force Link, 28 avril 2009

21) Indo-Asian News Service, 26 novembre 2007

22) Avionews (Italy) 28 novembre 2007

23) Czech News Agency, 1er mai 2009

24) Barents Observer, 7 mai 2009

25) Ministry for Press and Mass Media of the Republic of South Ossetia, 27 avril 2009 

Article original "Pentagon Preparing For War With The Enemy: Russia", le 14 mai 2009.

Notes ; http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13656
Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Ministry for Press and Mass Media of the Republic of South Ossetia, 27 avril 2009

Published on mai 23, 2009 par Spotless Mind

http://www.reopen911.info/News/2009/05/23/le-pentagone-se-prepare-a-la-guerre-contre-l%e2%80%99ennemi-la-russie/

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13656

http://www.alterinfo.net/Le-Pentagone-se-prepare-a-la-guerre-contre-l-ennemi-la-Russie_a32592.html

 

n°36 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 08-02 – Fin - : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.

n°36 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 08-02 – Fin  - : La guerre de la Georgie contre l’Ossétie du Sud pourrait  devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie.


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Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 36- 08-06

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire.

4 Annexe

4-1 Jean Geronimo : Fermeture de la base Manas : Échec et mat pour Brzezinski ?

4-2 Début des pourparlers de désarmement USA-Russie.

4-3 Tiberio Graziani : Les États-Unis utilisent l’Europe comme tête de pont pour attaquer l’Eurasie.

4-4 L’Union européenne et la Russie affichent leurs divergences au sommet de Khabarovsk.

4-5 Conor Sweeney et Oleg Chtchedrov : Encore de l'eau dans le gaz entre l'UE et la Russie.

4-6 Laure Delcour : L’enjeu pour l’UE c’est d’amener la Russie à être davantage coopérative.

 


4 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 Jean Geronimo : Fermeture de la base Manas : Échec et mat pour Brzezinski ?

Recul américain sur l’échiquier eurasien

Spectaculaire défaite diplomatique pour Washington !

La fermeture de sa base (kirghize) de Manas en 2009 - après celle de sa base (ouzbek) de Karshi-Khanabad en 2005 - aura, à terme, un impact stratégique majeur, dans la mesure où elle implique une refonte de sa politique en zone post-soviétique, traditionnellement axée contre la Russie.

En effet, depuis l’implosion de l’URSS le 25/12/1991, Washington a mis en œuvre une politique de reflux (‘’roll back’’) de la puissance russe, destinée à se substituer à son leadership impérial hérité du soviétisme. Or la perte de ce maillon stratégique vers l’Afghanistan obligera l’administration américaine à renouer un vrai dialogue avec Moscou, désormais incontournable dans la région. Et cet échec est d’autant plus flagrant qu’il raisonne comme un aveu d’impuissance pour Washington, incapable de ‘’persuader’’ aucune autre république de l’ex-URSS d’héberger – en substitution de Manas – une base américaine sur son territoire. Une raison majeure étant pour ces dernières d’éviter toute source de tension avec Moscou, de nouveau maitre de son pré-carré. La Russie est de retour.

Dans ses grandes lignes, la perte de Manas exprime un double symbole géopolitique, d’une part de l’échec de la stratégie d’influence américaine en Asie centrale et, d’autre part, du retour de l’Etat russe dans sa zone de domination historique. Car la principale réussite de V. Poutine a été de redonner une certaine légitimité à un Etat fort et centralisé, avide de reprendre le contrôle de son ‘’étranger proche’’ (la CEI) en vue de sécuriser ses espaces périphériques et in fine, rompre la stratégie d’encerclement mise en œuvre par Washington depuis la transition post-communiste. Ainsi, V. Poutine a réhabilité un Etat russe recentré sur une stratégie de puissance et de défense de ses intérêts nationaux, élargis à l’ancien espace soviétique. Et selon Z. Brzezinski (2008, p. 208), ce comportement attesterait du refus des russes d’accepter ‘’la nouvelle réalité de l’espace post-soviétique’’, autrement dit, l’ingérence américaine dans leur ancien espace politique – et au-delà, celle de l’Europe dans ce que cette dernière appelle désormais le ‘’voisinage partagé’’. Inutile provocation.

Tendanciellement, la stratégie américaine suit la ligne anti-russe de Brzezinski visant le contrôle de l’Eurasie, cœur stratégique (et énergétique) du monde et, dans ce but, à empêcher l’émergence de toute puissance majeure hostile, dont feraient potentiellement partie la Russie et la Chine. Dans cet axe, il s’agit selon Brzezinski, stratège et conseiller d’Obama, de définir ‘’une géostratégie d’ensemble à long terme concernant l’Eurasie’’ (Brzezinski, 2000, p. 249) en vue d’y stabiliser une forme de domination mondiale. En définitive, cela implique la manipulation des ‘’principaux acteurs géostratégiques présents sur l'échiquier eurasien’’ (Brzezinski, 2004) et en particulier, en Asie centrale – dans l’optique (notamment) d’implanter des bases à la périphérie russe.

Cette haine viscérale à l’égard des russes structure le discours de Brzezinski, percevant la Russie comme l’héritière de la guerre froide et sa stratégie extérieure comme un résidu du soviétisme. Dans son ouvrage, ‘’L’Amérique face au monde’’, Brzezinski (2008, p. 186) rappelle que durant les 4 derniers siècles, la ligne directrice de la Russie se résume par ‘’une expansion impériale à partir d’un centre bien défini pour créer un Etat multinational’’. Et surtout, il est persuadé que V. Poutine n’a pas ‘’admis l’impossibilité de recréer le vieux système impérial’’ (Brzezinski, 2008, p. 191), illustrant selon lui, ‘’la résistance de l’ordre soviétique’’ (Brzezinski, 2000, p. 141). Pour cette raison, Brzezinski prône le maintien d’une politique de contrôle de la puissance russe et d’érosion de son pouvoir en zones caucasienne et centre-asiatique. Reflexe de guerre froide.

Dans son essence, la perte de la base de Manas va obliger Washington a une attitude plus ‘’compréhensive’’ à l’égard de la Russie[i][i][i], au sens où elle a besoin de cette dernière comme relais logistique et politique de ses interventions en Asie centrale, considérée comme une priorité de la politique étrangère américaine. En retour, cette ‘’coopération’’ russe donne à Moscou un droit de regard – et un moyen de pression – sur la politique américaine en zone post-communiste. Dans ce schéma, sous prétexte de lutte anti-terroriste, le recentrage de l’effort américain sur l’Afghanistan – au détriment du bourbier irakien – vise à renforcer l’influence de Washington en Asie centrale : ‘’La fin de l’occupation (de l’Irak : jg) sera une opportunité pour la guerre contre Al Qaïda, mettant ainsi un terme à une aventure malheureuse qui (…) a détourné les États-Unis de l’Afghanistan, où la menace originelle d’Al Qaida persiste et augmente.’’[ii][ii][ii]

Un objectif clé de Brzezinski est de renforcer - au détriment de Moscou et de ses alliances eurasiennes, telles l’OCS et l’OTSC[iii][iii][iii] - le rôle régulateur de l’Otan en zone post-soviétique comme levier de l’avancée géopolitique américaine. Pour cette raison, il prône l’extension de l’Otan aux ex-républiques soviétiques, considérées comme les ‘’pivots géopolitiques’’ de sa stratégie du roll-back de la puissance russe – leur coopération ayant déjà été obtenue dans le cadre du ‘’Partenariat pour la paix’’ (PPP) et de manœuvres militaires provocantes aux portes de la Russie (dont les dernières en mai 2009, en Géorgie !)[iv][iv][iv]. Et surtout, selon Brzezinski (2004, p. 296), le champ d’action stratégique de l’Otan ‘’est appelé à s’élargir à l’espace eurasien’’. Cette extension de l’Otan - perçue par Moscou comme un vestige de la lutte anti-communiste, donc injustifiée - permettrait de poursuivre d’une part, le détachement des Etats post-soviétiques de l’emprise de la Russie et d’autre part, l’encerclement de cette dernière. En outre, cette volonté de détacher la zone post-soviétique de la domination russe est reprise par le Partenariat oriental mis en œuvre par l’Europe - levier de l’influence américaine - dans le voisinage partagé, depuis le 8 mai 2009. A terme, il s’agit de créer une forme de dépendance de la zone post-communiste à l’égard du leadership américain, dans le but de contrôler le cœur énergétique de la planète, à la fois par un contrôle politique des Etats clés (les ‘’pivots’’) et  par un contournement de l’Etat russe – via des circuits alternatifs, comme l’attestent le projet Nabucco et la réalisation de l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan). L’accès à l’énergie, considéré par Brzezinski (2008, p. 212) comme ‘’une source majeure de puissance politique’’, sera renforcé par le projet Nabucco : ‘’Nous devrions persister dans cette voie. A un certain moment, pas si lointain, des oléoducs et gazoducs allant de l’Asie centrale à l’océan Indien en passant par l’Afghanistan et le Pakistan deviendront réalisables. Voilà de bonnes choses à faire ( ! : jg).’’ (p. 199).

Or, le renforcement de l’influence américaine en Eurasie post-soviétique – via l’élargissement de l’Otan, la création d’alliances politico-militaires (du type GUAM[v][v][v]), la mise en oeuvre de politiques libérales et l’implantation de douteuses ONG – implique, de manière dialectique, la compression de la puissance russe. Cette ‘’compression’’ est d’ailleurs la condition permissive de la progression des bases américaines en zone post-communiste. Dans ce contexte, la fermeture de Manas va freiner cette stratégie offensive de Washington, qui s’inscrit dans une perceptive de long terme mais devra s’appuyer, dans un premier temps - pour la gestion de la crise afghane - sur les infrastructures russes. Ainsi, l’orientation structurelle de la ligne Brzezinski ne serait pas remise en cause, mais seulement retardée dans l’optique de s’assurer du soutien russe dans un espace géopolitique explosif et exposé aux crises nationalistes. Brzezinski (2008, p. 199) l’a reconnu sans ambages et souligné la nécessité de contenir toute velléité russe, en poursuivant le rapprochement avec les ex-républiques soviétiques de l’Asie centrale : ‘’Ce qui est vraiment important est de créer un contexte géopolitique tel que le désir nostalgique (de la Russie : jg) de redevenir une grande puissance impériale aura moins de chances de se réaliser (…)’’. Ce qui implique selon Brzezinski (2008, p. 199) ‘’d’instaurer des liens économiques plus nombreux et plus directs avec les pays d’Asie centrale en tant qu’exportateurs d’énergie (….)’’. D’autant plus que ce dernier est persuadé que ‘’la domination coloniale russe sur l’Asie centrale est une chose du passé’ (Brzezinski, 2004, p. 98).  Réalisme implacable.

Ainsi, après la double perte américaine des bases militaires de Manas et de Karshi-Khanabad, la mise en cause des révolutions libérales (Géorgie, Ukraine et Kirghizstan) planifiées par Washington et enfin, l’évolution récente de la question énergétique (au profit de Moscou), la Russie tend à renforcer les bases politiques de son leadership dans l’espace post-soviétique. Cette orientation est d’ailleurs appuyée par la volonté du président Medvedev de faire de l’OTSC une organisation concurrente de l’Otan, en vue de rééquilibrer les rapports de force dans la région. En définitive, cette configuration permettra à terme, à la Russie, de renforcer son statut d’Etat majeur du nouvel ordre international et en cela, de s’opposer à une Amérique hégémone, auto-proclamée ‘’clé de voûte de la stabilité internationale’’ (Brzezinski, 2004, p. 35). Et, plus inquiétant, celle-ci reste convaincue de sa ‘’destinée manifeste’’ confiée par l’histoire en Eurasie car, selon l’étrange aveu de Brzezinski (2008, p. 284): ‘’nous (les américains : jg) sommes exceptionnels (…)’’.

Au-delà d’un symbole géopolitique fort, Manas traduirait donc l’amorce d’un recul américain et, en ce sens, l’impasse de la stratégie post-communiste de Brzezinski sur le ‘’Grand échiquier’’ eurasien. Echec et mat.

[vi][vi][i] Washington serait plus conciliante sur les questions de l’Iran, du bouclier anti-missiles, de la réduction des armements  nucléaires, de la politique énergétique russe et de l’avenir du Caucase.

[vii][vii][ii] ‘’Comment sortir intelligemment de cette folle guerre ?’’, Z. Brzezinski, Washington Post, 30/03/2008.

[viii][viii][iii] On rappellera : OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) et OCS (Organisation de coopération de Shanghai).

[ix][ix][iv] www.fr.rian.ru, ‘’Exercices de l’Otan en Géorgie : une ‘provocation ouverte’ ‘’, A. Azimov, ambassadeur russe à l’OSCE, 08/05/2009.

[x][x][v] GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie).

Jean Geronimo 

Jean Geronimo : Docteur en Sciences économiques, spécialiste de l’URSS et des questions russes.

Le 3 juin 2009

www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13839


4-2 Début des pourparlers de désarmement USA-Russie.

Une première série de pourparlers entre les Etats-Unis et la Russie sur le remplacement du traité Start-I de 1991 sur la réduction des armes stratégiques, qui expire en décembre, s'est achevée mercredi à Moscou sur des progrès, a déclaré à Reuters un diplomate russe.

La Maison blanche et le Kremlin s'étaient mis d'accord en avril pour tenter de conclure un nouveau pacte, plus ambitieux que le traité Sort (Strategic Offensive Reductions Treaty) de 2002, en vertu duquel les deux parties doivent limiter leurs arsenaux dans une fourchette de 1.700 à 2.200 ogives d'ici 2012.

La Russie souhaite lier les négociations sur le désarmement au projet de déploiement d'éléments du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, et réclame que les Etats-Unis limitent le nombre de leurs vecteurs d'armes nucléaires.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré mercredi que les Etats-Unis devaient dissiper les craintes de Moscou au sujet de ce bouclier pour espérer une percée dans les pourparlers sur le nouveau traité Start.

"Le principe fondamental d'un accord doit être une égale sécurité pour les deux parties et la préservation de la parité stratégique. Ceci, bien sûr, ne peut être assuré sans prendre en compte la situation de la defense antimissile", a-t-il dit lors des pourparlers de Moscou.

Le chef de la diplomatie russe a ajouté que le futur traité devrait aussi prendre en compte tout projet de déploiement de missiles dans l'espace ainsi que les armements hautement destructifs de nature non nucléaire.

S'ils s'entendaient sur un successeur au traité Start d'ici décembre, les relations entre les deux pays s'amélioreraient notablement et ils se retrouveraient en meilleure posture pour obtenir la mise à jour du traité de non prolifération nucléaire, que l'administration Obama a déjà convaincu 189 pays de remanier.

20/5

Reuters



Lire la suite

09/06/2009

n°35 - Journal des Guerres de l'Otan - 18-05 au 08-06 - A1 : La mission mondiale nauséabonde de l'OTAN.

n°35 - Journal des Guerres de l'Otan - 18-05 au 08-06 - A1 : La mission mondiale nauséabonde de l'OTAN.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

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  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 35- 08-06

          C.De Broeder & M.Lemaire                                                                      



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Sommaire.

Tiré à part :

Pour être prête à la grande guerre, la Russie crée sa propre version de l'OTAN en Asie Centrale.

1 Au jour le jour

2 Positions

a) Ossétie 

b) des voisins.

Suite

3 Politique 

a) Russe

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos. .

5-1 Ruppert lit Brzezinski : The Grand Chessboard

Fin

6 Brèves

6-1 La Géorgie mieux armée qu'avant l'agression contre l'Ossétie du Sud.

6-2 Les Russes ont claqué la porte lundi des "discussions" avec la Géorgie.

6-3 Défense européenne et Otan sont-elles compatibles ?

6-4 Russie-UE: le bon voisinage illusoire dans un avenir proche.

7  Dossiers

7-1 Diana Johnstone : La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN.

7-2 Manlio Dinucci : Les forces créées  dans le cadre de l’Union européenne sont utilisées dans des tâches de soutien dans le sillage des guerres conduites par l’OTAN sous direction étasunienne.



Tiré à part :

Pour être prête à la grande guerre, la Russie crée sa propre version de l'OTAN en Asie Centrale.

L'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) se conforme aux instructions du Président Dmitry Medvedev, qui a ordonné de renforcer les constituants militaires et d'élargir le développement des forces de la coalition.

Une forte formation militaire, qui pourrait apparaître en Asie Centrale dans un avenir proche, rendra l'OTSC analogue à l'OTAN. Les pays post-soviétiques suivants participent au traité : Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan et Ouzbékistan.

Le problème de la mise sur pied d'une force de réaction rapide collectives dans le cadre de l'organisation, a été pratiquement résolu. Selon le journal Kommersant, l'administration russe travaille maintenant à un projet plus vaste. Une importante formation de soldats doit être déployée en Asie Centrale, en plus des groupes russo-biélorusses et russo-arméniens, qui existent déjà dans le cadre de l'OTSC. Un ensemble de documents a été préparé et seront coordonnés avec le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan bientôt.

Selon une source du ministère russe des Affaires Étrangères, « Le travail est mené dans toutes les directions. Ce sera une structure purement militaire, qui sera mise en place pour maintenir la sécurité en Asie Centrale en cas d'attaque de l'extérieur. »

Le nombre de militaires de la nouvelle formation est inconnu. Vitaly Strugovets, le secrétaire de presse de l'OTSC, a seulement dit que la formation serait composée d'unités de cinq pays : Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan et Ouzbékistan.

La création de la formation militaire en Asie Centrale correspond à l'objectif de Moscou de transformer l'OTSC en bloc pro-russe, en puissance militaire similaire à l'OTAN.

La Stratégie de sécurité nationale de la Fédération de Russie jusqu'à 2020, approuvée par le président Medvedev, déclare que Moscou considère l'OTSC comme un instrument essentiel de lutte pour les défis régionaux, les menaces politiques et militaires. Le document dit aussi que la lutte pour les sources d'énergie de la Mer Caspienne et de l'Asie Centrale pourrait provoquer des conflits armés dans la région.

Les présidents des pays membres de l'OTSC doivent signer le 14 juin l'accord sur la mise en place des forces de réaction rapide dans le cadre de l'organisation.

La décision de créer ces forces de réaction rapide a été prise le 4 février 2009. Moscou fournira une division aéroportée et une brigade d'attaque aérienne, soit environ 8.000 hommes. Le Kazakhstan fournira aussi 4.000 militaires de sa brigade d'attaque aérienne. Chacun des autres alliés se limitera à un bataillon.

La formation militaire d'Asie Centrale sera nécessaire en cas de grave menace posée à l'intégrité territoriale ou en cas de guerre.

 Le déploiement rapide des forces servira aussi à étouffer les petits conflits armés dans la région.

Pravda,

29 mai 2009

Original : english.pravda.ru/russia/politics/29-05-2009/107648-russia_war-0http://pressguerre.blog.mongenie.com/index.php?idblogp=818423 



Guerres de l'Otan

2 Positions

b) Géorgie

La Géorgie a une nouvelle fois accusé Moscou de vouloir annexer l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.
"Les forces d'occupation russes contrôlent entièrement l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud depuis août dernier. Ceci est un nouveau pas de
la Russie en vue d'achever l'annexion de ces deux régions géorgiennes", a déclaré à l'AFP la secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Eka Tkechelachvili.

http://www.leparisien.fr/


 c) Abkhazie

L'Abkhazie refuse de participer aux pourparlers de paix avec la Géorgie prévus lundi et mardi à Genève, accusant l'ONU de n'avoir pas envoyé à temps un document clé.

16-05.

http://www.lejdd.fr/



3 Politique

a) Ossétie 

Les partisans de Edouard Kokoïti gagnent l'élection en Ossétie.

Les partis alliés a Edouard Kokoïti, ont remporté une large victoire lors des législatives de dimanche, annoncent lundi les autorités locales.  

Le leader sud-ossète Edouard Kokoïti avait vu dans ce scrutin un symbole de l'indépendance de l’ Ossétie, reconnue par Moscou après la brève guerre d'août dernier.

Selon des résultats préliminaires, le parti Unité est arrivé en tête devant le Parti communiste et le Parti du peuple, a dit à Reuters la ministre de l'Information et de la presse du gouvernement séparatiste, Irina Gagloïeva.

Ces trois formations avaient apporté leur soutien à Edouard Kokoïti, et les résultats officiels seront publiés dans la journée de lundi, a-t-elle ajouté.

Le taux de participation s'établit autour de 75%, a-t-elle encore dit.

La commission électorale avait recensé plus de 52.000 personnes inscrites sur les listes, bien que l'opposition estime que la moitié des 70.000 habitants de la région l'ont quittée après le conflit de l'été dernier.

Le Parti socialist-mère patrie, seule formation à critiquer Kokoïti, obtiendrait un faible score en quatrième position.

Gagloïeva a souligné qu'aucune violation majeure n'avait été constatée, dans une réponse à l'opposition qui accusait Kokoïti d'avoir noyauté le scrutin pour obtenir la majorité et amender la constitution afin de briguer un nouveau mandat.

Reuters

Lundi 1 juin,

Dmitri Soloviov, version française Grégory Blachier

http://fr.news.yahoo.com/4/20090601/twl-georgie-ossetie-election-bd5ae06_1.html

 

Kokoyty : Ces législatives sont la preuve de la maturité de l'Etat sud Ossète

 Les élections législatives sud ossètes, les premières élections dans cet Etat auto-proclamé, ont connu une participation de plus de 80%.

Les résultats ont donné le parti présidentiel vainqueur, suivi de près par les deux partis qui lui sont proches :

parti « l'Unité » : 46,3%, soit 17 postes sur les 34 du Parlement;

parti populaire : 22,6%, soit 9 députés;

parti communiste : 22,2%, soit 8 députés;

parti « la Patrie » : 6,3%, résultat qui ne lui permet pas de siéger, le minimum requis étant de 7%

L'Union européenne, a déclaré ne pas reconnaître ces élections illégitimes,  étant donné que l'Ossétie du Sud est officiellement partie intégrante de la Géorgie.
Le
s observateurs internationaux, essentiellement issus de la CEI, dépêchés sur place, disent n'avoir relevé aucune fraude.

Pour Edouard Kokoyty président de l'Ossétie du Sud, ces élections sont un test qui prouve la maturité de l'Etat sud ossète.
Sources : Civil Georgia et Kavkaz Uzel

Lundi 1 juin,

http://actualite-georgienne.over-blog.com/categorie-10926156.html


b) Abkhazie

Sur le terrain

29.05.

 

A Soukhoumi, "capitale" de la minuscule région aux paysages de rêve, l'Abkhazie, de facto indépendante de la Géorgie depuis la guerre de 1992-93, dont la souveraineté a été reconnue par la Russie et le Nicaragua, le président Sergueï Bagapch a annoncé que la gestion de l'aéroport et du chemin de fer, tous deux en piteux état, serait transférée temporairement (pendant dix ans) à la Russie, et que la loi interdisant aux non-citoyens abkhazes d'acquérir des biens immobiliers serait prochainement amendée.
Un accord a également été signé cette semaine, attribuant l'exploitation des futurs gisements pétroliers d'Abkhazie au groupe public russe Rosneft.
Ces décisions se déroulent sur fond de déploiement de quelque 1.300 garde-frontières russes à la frontière abkhazo-géorgienne, en vertu d'un accord signé en avril, également valable pour l'Ossétie du Sud, autre territoire séparatiste de Géorgie.
La multiplication des accords avec
la Russie s'explique par le début d'une "nouvelle phase" : "avant, il n'était question que de guerre et de blocus. A présent, nous voulons coopérer et prospérer", http://www.leparisien.fr/


Dans les coulisses 

L'Abkhazie ne peut rester indépendante que sous l'aile de l'aigle russe.

 L'Abkhazie ne peut rester indépendante que "sous l'aile de l'aigle russe", a déclaré jeudi à Soukhoumi le ministre abkhaz des Affaires étrangères Sergueï Chamba commentant la signature de l'accord russo-abkhaz sur la protection commune de la frontière avec la Georgie.

"L'assistance russe dans la protection de la frontière abkhaze est une question géostratégique pour la Russie, mais c'est une question de vie ou de mort pour l'Abkhazie. Ce n'est pas la Georgie qui nous fait peur, mais l'Alliance de l'Atlantique Nord qui la soutient. Nous serons confrontés à un problème grave en l'absence de la Russie et nos enfants ne pourront pas vivre en sécurité à côté de la Georgie", a noté le ministre devant les journalistes.

"Notre travail est assez transparent et cohérent. Il y a des exemples de coopération positive dans la protection commune des frontières d'État. Les gardes-frontières russes aident notamment l'Arménie à protéger sa frontière avec la Turquie et l'Iran", a ajouté M.Chamba.

Début mai, les garde-frontières russes ont commencé leur déploiement en Ossétie du Sud et en Abkhazie, conformément aux accords signés récemment entre Moscou et ces républiques dont l'indépendance par rapport à la Georgie avait été reconnue en août 2008 par la Russie et le Nicaragua.

 RIA Novosti

21 mai -

http://fr.rian.ru/world/20090521/121698228.html


c) Géorgie

Sur le terrain

La militarisation de la Géorgie se poursuit.

Les livraisons d'armes à la Géorgie se poursuivent bien que le régime de Saakachvili n'ait pas renoncé à ses projets d'actions militaires dans le Caucase, a déclaré le représentant permanent de la Russie auprès de l'Alliance Dmitri Rogozine.

"Bien que le régime agressif de la clique au pouvoir en Géorgie ne se soit pas débarrassé de ses projets de la lutte armée contre des petites républiques sur le territoire du Caucase du Sud qui ont obtenu l'indépendance, la militarisation de la Géorgie se poursuit à l'instigation de certains.

J'estime que cela contredit directement les intérêts du peuple géorgien", a annoncé M.Rogozine sur les ondes de la radio Echo de Moscou.

Le diplomate n'a pas nommé les pays qui fournissent les armements à la Géorgie.

RIA Novosti.

5 juin -

http://fr.rian.ru/world/20090605/121885196.html

 

La Georgie mieux armée qu'avant l'agression contre l'Ossétie du Sud

L'armée georgienne est déjà mieux équipée qu'à la veille de l'agression georgienne contre l'Ossétie du Sud d'août 2008, a déclaré vendredi à Moscou le chef d'État-major général des Forces armées russes Nikolaï Makarov.

"Les événements en Georgie ont changé la donne dans le sud de notre pays et de nombreux aspects de la politique mondiale. Les Forces armées georgiennes ont plus de matériels et d'armements qu'elles n'en avaient avant l'agression d'août 2008", a indiqué Nikolaï Makarov.

Le 8 août 2008, l'armée georgienne a lancé une offensive militaire contre l'Ossétie du Sud, détruisant Tskhinval, la capitale, tuant des centaines de civils ainsi que des soldats de la paix russes déployés dans cette république autoproclamée. La Russie a opposé une riposte militaire d'envergure destinée à contraindre la Georgie à la paix avant de reconnaître le 26 août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par rapport à Tbilissi. Affirmant avoir été "victime d'une provocation russe", la Georgie a rompu les relations diplomatiques avec Moscou et décrété les républiques "territoires occupés".

L'Occident, OTAN en tête, a sévèrement reproché à la Russie l'usage disproportionné de la force en Ossétie du Sud. Les pays baltes et la Pologne réclament de punir la Russie, a indiqué Nikolaï Makarov.

Qui plus est, Moscou entretient des relations assez tendues avec Kiev, qui oeuvre pour l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Autre source de menaces, de nombreux pays considèrent l'Arctique comme leur zone d'intérêts géopolitiques, a indiqué le général.

Dans cette optique, la Russie doit posséder une armée capable de réagir de manière adéquate aux menaces du monde moderne, à son avis. Ces derniers temps, l'Armée de l'air, les Troupes balistiques et la Marine dotés d'armes de haute précision jouent un rôle accru au sein de l'armée russe, a conclu le général.

5 juin

RIA Novosti


Dans les coulisses 

L'opposition appelle la communauté internationale à intervenir. L'opposition géorgienne a exhorté les organisations internationales et les partenaires occidentaux de la Géorgie à utiliser tous les moyens disponibles afin de mettre un terme à l'escalade de la tension dans le pays, rapporte le correspondant de RIA Novosti à Tbilissi.

"Nous appelons nos amis occidentaux à utiliser toutes leurs ressources pour endiguer l'escalade de la tension dans le pays. Le peuple doit recevoir la possibilité de choisir librement et de modifier le pouvoir par des moyens pacifiques", stipule le message dont les représentants de l'opposition ont donné lecture lors d'un rassemblement au stade Dynamo à Tbilissi, consacré à la Journée du rétablissement de l'indépendance de la Géorgie.

Quelque 50.000 opposants et sympathisants de l'opposition se sont rassemblés dans le stade.

Depuis près de deux mois, l'opposition géorgienne organise des actions de protestation à Tbilissi, exigeant la démission du président Mikhaïl Saakachvili.

RIA Novosti.

26 mai

http://fr.rian.ru/world/20090526/121749639.html

 

L'opposition adopte une Charte des engagements

Les principales forces non-parlementaires de l'opposition en Géorgie, qui manifestent quotidiennement depuis deux mois en exigeant la démission du président Mikhaïl Saakachvili, ont signé mercredi une Charte des engagements.

Les auteurs du document se sont engagés, en cas de la prise du pouvoir, à organiser des élections justes et indépendantes, à établir dans le pays une justice équitable et indépendante, à instituer un contrôle social sur les forces de l'ordre, à assurer la liberté des médias, à faire cesser les persécutions pour motifs politiques et à assurer l'équilibre entre les branches du pouvoir.

Par ailleurs, la Charte prévoit de préserver le caractère intangible de la propriété privée, de mettre en oeuvre une politique extérieure équilibrée, de développer une économie de libre-échange, ainsi que de restaurer l'intégrité territoriale du pays.

La Charte a été signée par dix-huit partis et mouvements politiques.

RIA Novosti.

03/ 06/
http://fr.rian.ru/world/20090603/121850168.html

 

La Géorgie compte beaucoup pour l'Europe…

Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a réitéré jeudi la volonté de Tbilissi de se rapprocher de l'Europe, rapporte le correspondant de RIA Novosti sur place.

"La Géorgie, c'est une porte vers l'Asie Centrale et la Caspienne.

C'est la raison pour laquelle elle est importante pour l'Europe", a indiqué M. Saakachvili,

Tout comme l'Ukraine, la Géorgie "ne fait plus partie du bloc soviétique", a rappelé le président géorgien.

"Or, elle n'entre pour le moment dans aucun autre bloc. Et malgré le brouhaha que nous entendons derrière la porte de l'Europe, en y frappant, nous progressons sur la voie du rapprochement", a-t-il poursuivi.

M.Saakachvili s'est félicité du "retour de la Géorgie à ses aspirations historiques: être plus près de l'Europe".

De son côté, le chef de la diplomatie italienne a noté que de "très bons rapports bilatéraux" existaient entre l'Italie et la Géorgie.

"Nous poussons la Géorgie à se rapprocher de l'Union européenne", a-t-il dit, soulignant les progrès économiques réalisés par Tbilissi ces derniers temps.

D'autre part, a-t-il fait remarquer, l'Italie qui en outre "a de bonnes relations avec la Fédération de Russie" pourrait jouer un rôle stabilisateur dans le Caucase.

RIA Novosti

28-05

http://fr.rian.ru/world/20090528/121782185.html


n°35 - Journal des Guerres de l'Otan - 18-05 au 08-06 – Suite : La mission mondiale nauséabonde de l'OTAN.

n°35 - Journal des Guerres de l'Otan - 18-05 au 08-06 – Suite : La mission mondiale nauséabonde de l'OTAN.



  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 35- 08-06

          C.De Broeder & M.Lemaire                                                                      



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Sommaire.

3 Politique 

a) Russe

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos. .

5-1 Ruppert lit Brzezinski : The Grand Chessboard

 



Les voisins et parties prenantes

a) Russie 

Extension des guerres ?

30-04

M. Medvedev revient à la charge contre la "provocation grossière" que constitueraient les exercices militaires de l'Otan prévus sous peu en Géorgie, des manœuvres qui enfreignent, les principes du cessez-le-feu russo-géorgien.
"Toute action qui peut être vue et considérée par Tbilissi comme un encouragement à sa remilitarisation est pour nous en contradiction avec les six principes résolvant le conflit qui ont fait l'objet d'un accord en août dernier", a déclaré le président russe.

http://www.leparisien.fr/  


Dans les coulisses 

L'Abkhazie ne peut rester indépendante que sous l'aile de l'aigle russe

L'Abkhazie ne peut rester indépendante que "sous l'aile de l'aigle russe", a déclaré jeudi à Soukhoumi le ministre abkhaz des Affaires étrangères Sergueï Chamba commentant la signature de l'accord russo-abkhaz sur la protection commune de la frontière avec la Georgie.

"L'assistance russe dans la protection de la frontière abkhaze est une question géostratégique pour la Russie, mais c'est une question de vie ou de mort pour l'Abkhazie. Ce n'est pas la Georgie qui nous fait peur, mais l'Alliance de l'Atlantique Nord qui la soutient. Nous serons confrontés à un problème grave en l'absence de la Russie et nos enfants ne pourront pas vivre en sécurité à côté de la Georgie", a noté le ministre devant les journalistes.

"Notre travail est assez transparent et cohérent. Il y a des exemples de coopération positive dans la protection commune des frontières d'État. Les gardes-frontières russes aident notamment l'Arménie à protéger sa frontière avec la Turquie et l'Iran", a ajouté M.Chamba.

Début mai, les garde-frontières russes ont commencé leur déploiement en Ossétie du Sud et en Abkhazie, conformément aux accords signés récemment entre Moscou et ces républiques dont l'indépendance par rapport à la Georgie avait été reconnue en août 2008 par la Russie et le Nicaragua.

RIA Novosti.

21 mai -

http://humanite-socialiste.over-blog.com/article-31811940.html

 

Russie/Abkhazie/Ossétie: l'utilité des accords de protection conjointe des frontières évidente

La signature d'accords sur la coopération militaire et la protection conjointe des frontières entre la Russie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud a constitué un pas très important dans le renforcement des relations bilatérales, a estimé jeudi à Vienne le chef adjoint de la diplomatie russe Grigori Karassine.

"C'est une contribution de poids dans la stabilisation de la situation dans les zones frontalières et la prévention des provocations", a indiqué le diplomate lors d'une réunion du Conseil permanent de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dans la capitale autrichienne.

Et d'ajouter que lesdits documents "étaient tout à fait conformes aux normes du droit international, y compris à des ententes appropriés survenues entre les présidents russe et français, Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy, le 12 août et le 8 septembre 2008".

L'utilité du déploiement des gardes-frontières russes est parfaitement évidente, a poursuivi M.Karassine, "qu'il s'agisse de la lutte contre le narcotrafic, la contrebande des armes et le crime organisé ou du renforcement de l'ordre public et du régime frontalier".

"Pourtant nous n'entendons que des allégations monotones sur les prétendues intentions de la Russie d'annexer l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie", a déploré le diplomate, ajoutant qu'il n'y en avait rien en réalité.

Les accords sur la protection conjointe avec la Russie des frontières de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud avec la Géorgie ont été signés le 30 avril dernier, c'est-à-dire presque huit mois après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de ces deux anciennes autonomies géorgiennes.

RIA Novosti.

4 juin -

http://fr.rian.ru/world/20090604/121870147.html


Sur le terrain

Abkhazie/Ossétie du Sud: La Russie déterminé à empêcher que la crise d'août 2008 se reproduise

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview à la chaîne Euronews :

"Quant à l'Abkhazie et à l'Ossétie du Sud, la Russie a reconnu (l'indépendance de) ces deux républiques, sans intention de participer à un quelconque jeu géopolitique. Nous nous sommes immiscés dans la situation et avons mis un terme à l'agression géorgienne, pas pour remporter des points géopolitiques, mais uniquement pour sauver des vies humaines, pour assurer la sécurité et la survie des peuples de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Et les mesures que nous prenons maintenant montrent sans équivoque que nous sommes déterminés à éviter que la situation créée par le président géorgien dans la nuit du 7 au 8 août ne se reproduise"

Les troupes géorgiennes ont attaqué l'Ossétie du Sud et ont détruit une partie de sa capitale Tskhinval.

La Russie a introduit ses troupes dans la république autoproclamée pour protéger les Sud-ossètes dont beaucoup ont la nationalité russe.

Cinq jours plus tard, les militaires géorgiens ont été évincés de la région. Fin août, Moscou a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par rapport à la Géorgie.

La georgie a rompu les relations diplomatiques avec la Russie avant de déclarer les deux républiques transcaucasiennes territoires occupés.

Quelques mois plus tard, certains hommes politiques européens ont de fait reconnu que la Géorgie était aussi responsable de l'aggravation de la situation dans le Caucase

7 mai –

RIA Novosti.

http://fr.rian.ru/world/20090507/121484209.html

 

Abkhazie-Ossétie: moins de soldats russes que prévu

Le nombre des effectifs militaires russes déployés dans des bases militaires russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie sera moins important que prévu, a annoncé mardi à la presse le premier vice-ministre de la Défense Alexandre Kolmakov.

"Il n'est pas raisonnable de déployer l'ensemble des effectifs des bases militaires sur le territoire de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Une partie peut être cantonnée sur le territoire russe", a fait savoir M.Kolmakov, ajoutant que cette question était encore en cours d'examen.

Selon lui, la composition et la structure de ces bases ne "seront pas inférieures à celles d'une brigade".

Moscou prévoyait initialement de déployer 3.700 militaires dans chaque république.

19 mai

 RIA Novosti.

http://fr.rian.ru/world/20090519/121655865.html


b) L'Otan & alliés

Dans les coulisses 

L'Otan a multiplié les passes d'armes…

 

La Russie et l'Otan  s'accuse mutuellement de violer le cessez-le-feu signé après la guerre en Géorgie, Moscou dénonçant en parallèle une "provocation grossière" de l'Alliance après l'expulsion de deux diplomates russes.
Alors que l'Otan et
la Russie avaient repris mercredi pour la première fois leur dialogue officiel depuis la guerre en août en Géorgie, les accusations ont fusé dès jeudi, justement autour du sensible dossier géorgien.

L'Alliance a accusé la Russie de "violer clairement" le cessez-le-feu russo-géorgien négocié par l'UE avec la signature jeudi de deux accords avec les régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud donnant à Moscou le contrôle de leurs frontières pour cinq ans.
Ces traités sont censés assurer la sécurité des deux territoires dont
la Russie a reconnu l'indépendance après la guerre en Géorgie.
"De telles actions de
la Russie ne sont pas dans l'intérêt à long terme de la paix et de la stabilité dans la région du Caucase du sud", a déclaré le porte-parole de l'Alliance atlantique, James Appathurai.
La présidence tchèque de l'UE a elle aussi vivement réagi, se disant "profondément inquiète" et rappelant "le soutien entier de l'UE à la souveraineté et l'intégrité territoriale de
la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues".
En vertu des accords,
la Russie formera et équipera les gardes-frontières des régions séparatistes et assurera la sécurité aux frontières jusqu'à ce que que ces territoires soient en état de le faire eux-mêmes.

30-04

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/georgie-moscou-et-l-otan-multiplient-les-passes-d-armes-30-04-2009-498118.php


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n°35 - Journal des Guerres de l'Otan - 18-05 au 08-06 – Fin : La mission mondiale nauséabonde de l'OTAN.

n°35 - Journal des Guerres de l'Otan - 18-05 au 08-06 – Fin : La mission mondiale nauséabonde de l'OTAN.



  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 35- 08-06

          C.De Broeder & M.Lemaire                                                                      



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

6 Brèves

6-1 La Géorgie mieux armée qu'avant l'agression contre l'Ossétie du Sud.

6-2 Les Russes ont claqué la porte lundi des "discussions" avec la Géorgie.

6-3 Défense européenne et Otan sont-elles compatibles ?

6-4 Russie-UE: le bon voisinage illusoire dans un avenir proche.

7  Dossiers

7-1 Diana Johnstone : La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN.

7-2 Manlio Dinucci : Les forces créées  dans le cadre de l’Union européenne sont utilisées dans des tâches de soutien dans le sillage des guerres conduites par l’OTAN sous direction étasunienne.


 



6 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

6-1 La Géorgie mieux armée qu'avant l'agression contre l'Ossétie du Sud.

L'armée géorgienne est déjà mieux équipée qu'à la veille de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud d'août 2008, a déclaré vendredi à Moscou le chef d'État-major général des Forces armées russes Nikolaï Makarov.

"Les événements en Géorgie ont changé la donne dans le sud de notre pays et de nombreux aspects de la politique mondiale.

Les Forces armées géorgiennes ont plus de matériels et d'armements qu'elles n'en avaient avant l'agression d'août 2008", a indiqué Nikolaï Makarov.

Le 8 août 2008, l'armée géorgienne a lancé une offensive militaire contre l'Ossétie du Sud, détruisant Tskhinval, la capitale, tuant des centaines de civils ainsi que des soldats de la paix russes déployés dans cette république autoproclamée. La Russie a opposé une riposte militaire d'envergure destinée à contraindre la Géorgie à la paix avant de reconnaître le 26 août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par rapport à Tbilissi. Affirmant avoir été "victime d'une provocation russe", la Géorgie a rompu les relations diplomatiques avec Moscou et décrété les républiques "territoires occupés".

L'Occident, OTAN en tête, a sévèrement reproché à la Russie l'usage disproportionné de la force en Ossétie du Sud. Les pays baltes et la Pologne réclament de punir la Russie, a indiqué Nikolaï Makarov.

Qui plus est, Moscou entretient des relations assez tendues avec Kiev, qui œuvre pour l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Autre source de menaces, de nombreux pays considèrent l'Arctique comme leur zone d'intérêts géopolitiques, a indiqué le général.

Dans cette optique, la Russie doit posséder une armée capable de réagir de manière adéquate aux menaces du monde moderne, à son avis. Ces derniers temps, l'Armée de l'air, les Troupes balistiques et la Marine dotés d'armes de haute précision jouent un rôle accru au sein de l'armée russe, a conclu le général.

RIA Novosti.

5 juin

http://fr.rian.ru/world/20090605/121882072.html


6-2 Les Russes ont claqué la porte lundi des "discussions" avec la Géorgie.

Les Russes ont claqué la porte lundi des "discussions" avec la Géorgie organisées à Genève, mettant en avant l'absence d'un des participants, l'Abkhazie, une des deux régions séparatistes géorgiennes au coeur du conflit d'août 2008.
"Les Russes sont partis au milieu des discussions ainsi que les Ossètes" du sud, a expliqué à l'AFP une source proche du processus. "Ils ont estimé que cela n'avait pas de sens de discuter sur la sécurité dans le Caucase sans les Abkhazes", a-t-elle ajouté.
A cette annonce, les Etats-Unis se sont dits "consternés par un tel comportement", accusant Moscou de chercher délibérément à saper les pourparlers. "Le fait que ce retrait ait eu lieu avant même que s'engage la discussion révèle une tentative coordonnée visant à saper les discussions de Genève", a déclaré lundi le porte-parole du département d'Etat, Ian Kelly.
De son côté, le ministère des Affaires étrangères français a appelé mardi "toutes les parties à (reprendre) leur participation aux discussions internationales de Genève".
L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, les deux régions géorgiennes auto-proclamées indépendantes avec le soutien de Moscou, participent aux discussions de Genève engagées depuis octobre sous l'égide de l'Union européenne, de l'ONU et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à la demande expresse de
la Russie.
Mai
s la partie abkhaze avait annoncé samedi son intention de boycotter le processus prévu par les accords de paix de septembre, en raison d'un différend avec les Nations unies.
Malgré cette annonce, les organisateurs de la rencontre de deux jours avaient décidé de maintenir les discussions de lundi.
Elles n'ont finalement pas tenu deux heures, les Ossètes quittant les premiers la salle, suivis peu après par la délégation russe.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a expliqué que "les conditions de base qui devaient garantir la tenue de ce round de discussions n'(avaient) pas été respectées".
En conséquence, la délégation russe a "proposé de prendre une pause jusqu'à demain" mardi, a-t-il poursuivi.
L'issue dépend désormais de la décision abkhaze qui attend la publication, attendue lundi soir, d'un rapport de l'ONU sur son statut.

Les coprésidents des discussionsse sont raccrochés à l'espoir d'une reprise mardi.
Ils ont indiqué dans un communiqué travailler "à une reprise des discussions demain matin (mardi) comme prévu" et "appellent tous les participants à être présents".

Afp

19.05.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/les-russes-claquent-la-porte-des-discussions-de-geneve-avec-la-georgie-19-05-2009-518333.php


6-3 Defense européenne et Otan sont-elles compatibles ?
«La Croix» interroge les partis sur les grandes questions qui se posent à l’Union

Depuis le rejet par la France de la Communauté européenne de defense (CED), en 1954, la construction européenne piétine dès que sont abordées les questions de defense.

Dans ce contexte, la décision de Nicolas Sarkozy de revenir dans le commandement intégré de l’Otan est diversement appréciée selon les partis politiques.
Même si, pour la majorité d’entre eux, defense européenne et Otan ne sont pas incompatibles.

C’est d’ailleurs ce que réaffirme le traité de Lisbonne, en cours de ratification. « La defense européenne est non seulement compatible avec l’Otan, mais elle est absolument nécessaire à l’équilibre de l’Otan, argumente Dominique Baudis, tête de liste UMP dans le Sud-Ouest. Or, pour construire ce pilier européen de l’Otan, il fallait bien que la France revienne complètement à l’intérieur de l’Otan ! »
Une opinion que, dans l’opposition, ne partagent ni le MoDem ni le PS. Selon eux, Nicolas Sarkozy n’a en effet pas suivi la bonne chronologie : la construction d’un pilier européen de l’Otan aurait dû être le préalable au retour de
la France dans le commandement intégré.
« Nous devons construire une defense européenne, expliquait ainsi François Bayrou lors de la dernière présidentielle. Dès lors, l’Otan aura un tout autre visage, et les réticences françaises à son égard s’effaceront. » Mais, regrette-t-il aujourd’hui,
la France n’a à ce jour « rien obtenu » en échange de sa réintégration, car «ce ne sont pas quelques postes de généraux à l’intérieur du système de l’Otan qui vont lui donner la possibilité de bâtir la defense européenne indépendante que nous voulions». Conclusion pour le MoDem : « Instaurer une defense européenne indépendante est plus difficile depuis que la France a rejoint le commandement intégré de l’Otan. »

« Une defense dans le cadre d’une ONU » rééquilibrée entre Nord et Sud

Même analyse pour Harlem Désir, tête de liste PS en Île-de-France. « Cet alignement ne favorise en rien l’émergence d’une defense européenne, assure le parlementaire européen sortant. D’ailleurs, il n’y a eu aucune avancée durant la présidence française ni depuis. Ce qu’il faut maintenant, c’est travailler à l’indépendance de la politique de defense, et non en faire le simple pilier d’une organisation qui reste dominée par les États-Unis. »
Au-delà des divergences de calendrier et de priorité, les trois « grands » partis se retrouvent donc pour envisager la defense européenne au sein d’une Otan rénovée et codirigée par l’Union européenne et les États-Unis. Une perspective que ne partage, en revanche, pas Nicolas Dupont-Aignan, au nom des listes Debout
la République. « À quoi bon avoir une Europe de la defense si celle-ci doit n’être qu’une simple succursale de l’Otan ? » s’interroge celui qui, à une defense européenne, préfère des «coopérations militaires à la carte». Allant plus loin, Nicolas Dupont-Aignan estime de toute façon que « la question même de l’Otan se pose » depuis la disparition du pacte de Varsovie et la fin de la guerre froide.
Une vision géopolitique qui rejoint les préoccupations de la liste Europe Écologie. « La question n’est pas la compatibilité de l’Europe et de l’Otan mais celle de l’Otan avec le monde dans lequel nous vivons : cela ressemble à une armée de Blancs riches qui se préparent contre les pauvres colorés du reste du monde », avance Hélène Flautre, tête de liste dans le Nord-Ouest.
Sa proposition alternative : « une defense dans le cadre d’une ONU » rééquilibrée entre Nord et Sud. «Nous sommes contre le principe même de ces alliances militaires, renchérit Raoul Marc Jennar, tête de liste du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) dans le Sud-Est. Nous préférons un monde fondé sur la force du droit plutôt que sur le droit de la force. Et nous ne pensons pas du tout qu’un État ou une fédération comme l’Europe doivent nécessairement être dotés d’une armée.

Laurent DE BOISSIEU et Mathieu CASTAGNET

25-05
 
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2374563&rubId=4076


6-4 Russie-UE: le bon voisinage illusoire dans un avenir proche.

Vieilles voisines, la Russie et l'UE sont parfaitement conscientes de leur interdépendance, mais n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord sur des règles acceptables de cohabitation, lit-on vendredi dans les quotidiens Vedomosti et Vremia novosteï.

Les réunions organisées deux fois par an n'aboutissent à rien, ne faisant que fixer un nombre croissant des prétentions réciproques.

Le poids des anciens problèmes pèse sur tout le monde, mais personne n'a d'idée visant afin d'y mettre un terme. Pourtant, les parties sont incontournables l'une pour l'autre.

Les sujets essentiels de la vaine discussion tenue au sommet de Khabarovsk sont la crise financière, le nouvel accord énergétique et la nouvelle architecture de sécurité européenne.

Il ne faut pas cependant s'attendre à un échange fructueux d'expérience anticrise: étant plus ou moins similaire à Moscou et à Bruxelles, cette dernière reste loin d'être encourageante.

De plus, les mesures anticrises étaient encore récemment examinées au cours du sommet du G20.

Le projet de Moscou concernant une nouvelle architecture de sécurité européenne reste encore trop flou, c'est pourquoi l'examen de cette question se réduira probablement à une discussion sur le conflit russo-georgien, sur lequel les positions de la Russie et de l'Union européenne s'opposent. Moscou considère le programme "Partenariat oriental" de l'UE comme une offensive politique de l'Europe dans la zone "canonique" d'influence russe et il est donc difficile de s'imaginer dans ce domaine une initiative allant outre les griefs diplomatiques et les réponses diplomatiques à ces reproches.

Qui plus est, les observateurs font remarquer que la partie russe met tout en oeuvre pour montrer aux hôtes européens le renforcement d'un autre vecteur de sa politique extérieure: le sommet a lieu en Extrême-Orient, à la frontière russo-chinoise.

Une véritable pierre d'achoppement des relations des parties constitue naturellement la question de la coopération énergétique. Le principal opérateur russe dans ce domaine - Gazprom - souhaite sincèrement approvisionner l'Europe en gaz, mais à son propre prix de monopole.

Pour sa part, l'Europe souhaite sincèrement acheter le gaz de Gazprom à un prix formé par la concurrence sur le marché.

Dans ce cas-là, quel avenir pour les sommets?

Il vaut mieux probablement revoir le format des relations.

D'habitude, si les parties n'arrivent pas à se mettre d'accord sur des questions globales, elles se mettent à résoudre des problèmes moins importants, en éliminant successivement l'amas des prétentions mutuelles.

Ce texte tiré de la presse russe n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

22 mai - RIA Novosti.

 Vedomosti & Vremia novosteï)
http://fr.rian.ru/russia/20090522/121704586.html



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

7-1 Diana Johnstone : La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN.

L’OTAN, le bras principal à l’étranger du complexe militaro-industriel des Etats-Unis, ne fait que s’étendre. Sa raison d’être originale, le bloc soviétique supposé menaçant est mort depuis 20 ans. Mais à l’instar du complexe militaro-industriel lui-même, l’OTAN est maintenue en vie et continue de croître par des intérêts économiques bien établis, l’inertie institutionnelle et un état d’esprit officiel proche de la paranoïa, avec des groupes de réflexion qui cherchent désespérément des « menaces ».

Ce mastodonte s’apprête à célébrer son 60ème anniversaire en avril, sur le Rhin, dans les villes jumelles de Strasbourg (en France) et de Kehl (en Allemagne). Le président français, Nicolas Sarkozy, de plus en plus impopulaire, offre un cadeau exceptionnel : le retour de la France dans le « commandement intégré » de l’OTAN. Cet événement bureaucratique, dont la signification pratique reste peu claire, fournit aux chœur des fonctionnaires et des éditorialistes OTANolâtres de quoi s’enorgueillir. Voyez ! Ces idiots de Français ont reconnu leur erreur et sont rentrés au bercail.

Sarkozy dit les choses autrement. Il affirme qu’en rejoignant le commandement de l’OTAN l’importance de la France s’accroîtra, en lui donnant de l’influence sur la stratégie et les opérations d’une Alliance qu’elle n’a jamais quittée et pour laquelle elle a continué de contribuer plus que sa part en forces armées.

Le défaut dans cet argument est que c’était le contrôle total et inébranlable des Etats-Unis sur le commandement intégré de l’OTAN qui persuada en premier lieu le Général Charles de Gaulle à le quitter, en mars 1966. De Gaulle ne le fit pas sur un coup de tête. Il avait essayé de changer le processus de prise de décision et avait découvert que c’était impossible. La menace soviétique avait diminué et de Gaulle ne voulait pas être attiré dans des guerres qu’il pensait inutiles, comme les efforts étasuniens de gagner la guerre en Indochine et que la France avait déjà perdue et considérait ingagnable. Il voulait que la France soit capable de poursuivre ses propres intérêts au Proche-Orient et en Afrique. D’autre part, la présence militaire des Etats-Unis en France stimulait les manifestations « Yankee go home ». Le transfert du commandement de l’OTAN en Belgique satisfaisait tout le monde.

Le prédécesseur de Sarkozy, Jacques Chirac, étiqueté à tort par les médias étasuniens comme « anti-américain », était déjà prêt à rejoindre le commandement de l’OTAN s’il pouvait obtenir quelque chose de substantiel en retour, comme le commandement de l’OTAN en Méditerranée. Les Etats-Unis refusèrent platement.

A la place, Sarkozy accepte des miettes : l’affectation d’officiers supérieurs français à un commandement au Portugal et dans quelques bases d’entraînement aux Etats-Unis. « Rien n’a été négocié. Deux ou trois officiers français supplémentaires en position de recevoir des ordres des Américains ne changeront rien », a observé l’ancien ministre français des affaires étrangères, Hubert Védrine, lors d’un récent colloque sur la France et l’Otan. Sarkozy a annoncé ce retour le 11 mars, six jours avant que cette question ne soit débattue par l’Assemblée Nationale. Les protestations de gauche comme de droite seront vaines.

Il semble qu’il y ait deux causes principales à cette reddition inconditionnelle.

L’une est la psychologie de Sarkozy lui-même, dont l’adoration pour les aspects les plus superficiels des Etats-Unis s’est exprimée dans son discours embarrassant devant le Congrès des Etats-Unis en novembre 2007. Sarkozy est peut-être le premier président français qui semble ne pas aimer la France. Ou, du moins, qui semble préférer les Etats-Unis (par ce qu’il regarde à la télévision). Il peut donner l’impression d’avoir voulu être le président de la France, non pas par amour pour son pays, mais par vengeance sociale contre lui. Depuis le début, il s’est montré pressé de « normaliser » la France, c’est-à-dire, de la refaçonner en accord avec le modèle américain.

L’autre cause, moins flagrante mais plus objective, est la récente expansion de l’Union Européenne. L’absorption rapide de tous les anciens satellites d’Europe de l’Est, ainsi que des anciennes républiques soviétiques d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie, a radicalement changé l’équilibre du pouvoir au sein de l’UE elle-même. Les nations fondatrices, la France, l’Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux, ne peuvent plus guider l’Union vers une politique étrangère et de sécurité unifiée. Après le refus de la France et de l’Allemagne d’accepter l’invasion de l’Irak, Donald Rumsfeld a discrédité ces deux pays comme faisant partie de la « vieille Europe » et il s’est gargarisé de la volonté de la « nouvelle Europe » de suivre l’exemple des Etats-Unis. La Grande-Bretagne à l’Ouest et les « nouveaux » satellites européens à l’Est sont plus attachés aux Etats-Unis, politiquement et émotionnellement, qu’ils ne le sont à l’Union Européenne qui les a recueillis et leur a apportés une aide économique au développement considérable et un droit de veto sur les questions politiques majeures.

Cette expansion a enterré efficacement le projet français de longue date de construire une force de defense européenne pouvant agir hors du commandement de l’OTAN. Les dirigeants de la Pologne et des Etats Baltes veulent une defense américaine, à travers l’Otan, point. Ils n’accepteraient jamais le projet français d’une defense européenne qui ne serait pas liée à l’OTAN et aux Etats-Unis.

La France a son propre complexe militaro-industriel, un nain comparé au complexe militaro-industriel américain, mais le plus grand de l’Europe occidentale. Tout complexe de ce type a besoin des marchés à l’exportation pour son industrie d’armement. Le marché au meilleur potentiel aurait été des forces armées européennes indépendantes. Sans cette perspective, certains pouvaient espérer qu’en rejoignant le commandement intégré les marchés de l’OTAN s’ouvriraient à la production militaire française.

Un espoir tenu, cependant. Les Etats-Unis protègent jalousement les acquisitions majeures de l’OTAN au bénéfice de leur propre industrie. La France n’aura probablement pas beaucoup d’influence au sein de l’OTAN pour la même raison qu’elle abandonne sa tentative de construire une armée européenne indépendante. Les Européens sont eux-mêmes profondément divisés. Avec une Europe divisée, les Etats-Unis règnent. De plus, avec la crise économique qui s’accentue, l’argent est de moins en moins disponible pour l’armement.

Du point de vue de l’intérêt national français, ce faible espoir de commercialiser des équipements militaires lourds est largement miné par les conséquences politiques désastreuses de l’acte d’allégeance de Sarkozy.

Il est vrai que même hors du commandement intégré de l’OTAN l’indépendance de la France n’était que relative. La France a suivi les Etats-Unis dans la première guerre du Golfe – le Président François Mitterrand espéra vainement gagner ainsi de l’influence à Washington, le mirage habituel qui attire les alliés dans les opérations étasuniennes douteuses. La France s’est jointe à l’OTAN en 1999 dans la guerre contre la Yougoslavie, malgré les doutes aux plus hauts niveaux. Mais en 2003, le Président Jacques Chirac et son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin ont réellement usé de leur indépendance en rejetant l’invasion de l’Irak. Il est généralement reconnu que la position française a permis à l’Allemagne de faire de même. La Belgique a suivi.

Le discours de Villepin, le 14 février 2003, au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, donnant la priorité au désarmement et à la paix sur la guerre, reçut une rare standing ovation. Le discours de Villepin fut immensément populaire dans le monde entier et a accru énormément le prestige de la France, en particulier dans le monde arabe. Mais, de retour à Paris, la haine personnelle entre Sarkozy et Villepin atteignit des sommets passionnels et l’on peut suspecter que le retour de Sarkozy dans l’obédience de l’OTAN est également un acte de vengeance personnelle.

Le pire effet politique est beaucoup plus vaste. L’impression est à présent créée que « l’Occident » - l’Europe et l’Amérique du Nord - se barricadent contre le reste du monde par une alliance militaire. Rétrospectivement, la dissidence française a rendu service à l’ensemble du monde occidental en donnant l’impression - ou l’illusion - que la pensée et l’action indépendantes étaient toujours possibles et que quelqu’un en Europe pouvait écouter ce que d’autres parties du monde pensaient et disaient. Désormais, ce « resserrement des rangs », salué par les fervents defenseurs de l’OTAN comme « améliorant notre sécurité », sonnera l’alarme dans le reste du monde. L’empire semble resserrer ses rangs en vue de faire la loi dans le monde. Les Etats-Unis et ses alliés ne prétendent pas ouvertement diriger le monde, seulement le réguler. L’Ouest contrôle les institutions financières mondiale, le FMI et la Banque Mondiale. Il contrôle le judiciaire, la Cour Criminelle Internationale, laquelle, en six années d’existence, a jugé seulement un obscur chef de guerre congolais et mis en accusation 12 autres personnes, toutes africaines – et pendant ce temps, les Etats-Unis causent la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes en Irak et en Afghanistan et soutiennent l’agression continuelle d’Israël contre le peuple palestinien. Pour le reste du monde, l’OTAN n’est que la branche armée de cette entreprise de domination. Et cela à un moment où le système du capitalisme financier dominé par l’Ouest entraîne l’économie mondiale dans l’effondrement.

Cette gesticulation, consistant à « montrer l’unité occidentale » pour « notre sécurité », ne peut que rendre le reste du monde inquiet pour l’avenir. Pendant ce temps, l’OTAN manœuvre chaque jour un peu plus pour encercler la Russie avec des bases militaires et des alliances hostiles, notamment en Georgie. En dépit des sourires pendant les dîners avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, Hillary Clinton répète le mantra étonnant selon lequel « les sphères d’influence ne sont pas acceptables » - voulant dire, bien sûr, que la sphère historique russe d’intérêt est inacceptable, tandis que les Etats-Unis l’incorporent vigoureusement dans leur propre sphère d’influence, qui s’appelle l’OTAN.

Déjà, la Chine et la Russie accroissent leur coopération en matière de defense. Les intérêts économiques et l’inertie institutionnelle de l’OTAN poussent le monde vers un alignement préalable à la guerre bien plus dangereux que la Guerre Froide.

La leçon que l’OTAN refuse d’apprendre est que sa recherche d’ennemis crée des ennemis. La guerre contre le terrorisme nourrit le terrorisme. Entourer la Russie avec des missiles soi-disant « défensifs » - lorsque tout stratège sait qu’un bouclier accompagné d’une épée est aussi une arme offensive – créera un ennemi russe.

La Recherche de Menaces Pour se prouver à elle-même qu’elle est réellement « défensive », l’OTAN continue de rechercher des menaces. Eh bien, le monde est un endroit agité, en grande partie grâce à la sorte de mondialisation économique imposée par les Etats-Unis au cours des décennies passées ! Cela pourrait être le moment d’entreprendre des efforts diplomatiques et politiques afin de mettre au point des moyens internationalement acceptés pour traiter les problèmes tels que la crise économique mondiale, le changement climatique, l’utilisation de l’énergie, les pirates informatiques (« la guerre cybernétique »). Les groupes de réflexion de l’OTAN se jètent sur ces problèmes comme de nouvelles « menaces » qui doivent être traitées par l’OTAN. Cela conduit à une militarisation des décisions, là où elles devraient être démilitarisées.

Par exemple, que peut bien vouloir dire répondre à la menace supposée du changement climatique avec des moyens militaires ? La réponse semble évidente : la force militaire peut être utilisée d’une manière ou d’une autre contre les populations obligées de fuir de chez elles à cause des sécheresses ou des inondations. Peut-être, comme au Darfour, la sécheresse conduira-t-elle à des conflits entre groupes ethniques ou sociaux. Ensuite, l’OTAN peut décider quel est le « bon » camp et bombarder l’autre camp. Quelque chose de ce genre.

Le monde semble en effet se diriger vers une période de troubles. L’Otan semble se préparer à affronter ces troubles en utilisant la force armée contre des populations indisciplinées.

Cela sera évident lors de la célébration du soixantième anniversaire de l’OTAN, qui se déroulera les 3 et 4 avril prochains à Strasbourg et à Kehl.

Ces villes seront transformées en camps armés. Les habitants de la ville tranquille de Strasbourg sont obligés demander des badges pour pouvoir quitter leurs propres habitations ou y entrer durant ce joyeux évènement. Aux moments cruciaux, ils ne seront pas autorisés du tout à quitter leur domicile, sauf en cas d’urgence. Le transport urbain sera stoppé. Ces villes seront aussi mortes que si elles avaient été bombardées, afin de permettre aux dignitaires de l’OTAN de simuler une démonstration de paix.

Le point culminant sera une séance de photos de dix minutes, lorsque les dirigeants français et allemand se serreront la main sur le pont au-dessus du Rhin reliant Strasbourg à Kehl. Comme si Angela Merkel et Nicolas Sarkozy faisaient la paix entre la France et l’Allemagne pour la première fois ! Les gens du cru seront enfermés afin de ne pas déranger cette mascarade.

L’OTAN se comportera comme si la plus grande menace à laquelle elle est confrontée est le peuple d’Europe. Et la plus grande menace pour le peuple européen pourrait bien être l’OTAN.

Traduit de l’anglais par [JFG-QuestionsCritiques]

Diana Johnstone

29 mai 2009

http://www.alterinter.org/article3275.html


7-2 Manlio Dinucci : Les forces créées  dans le cadre de l’Union européenne sont utilisées dans des tâches de soutien dans le sillage des guerres conduites par l’OTAN sous direction étasunienne.

« Depuis 1949, l’OTAN est le principal garant de la sécurité en Europe occidentale, alors que l’Ueo continue à fonctionner au ralenti depuis trente ans environ» : c’est ce qu’écrit la Commission européenne pour résumer l’histoire d’un échec : celui de la création d’une défense européenne autonome, non dépendante de l’OTAN et, donc, de la direction étasunienne.

En 1948, un an avant la fondation de l’OTAN,  le traité de Bruxelles crée un pacte de défense collective entre les 5 Etats signataires (Belgique, France, Luxembourg, Pays Bas et Royaume Uni). En 1950, le premier ministre français René Pleven  propose la création d’une armée européenne, soumise à des institutions politiques communes. Sur cette base, les six pays de la Ceca (parmi lesquels Italie et Rfa) signent en 1952 le traité qui institue la Communauté européenne de défense (Ced). Entravée par les Etats-Unis, qui craignent une chute d’importance de l’OTAN, la Ced  est enterrée en 1954 par la France elle-même, qui trouve  inacceptable le réarmement allemand, voulu par les Etats-Unis. Mais dans la même année, la République fédérale allemande devient membre de l’OTAN, au sein de laquelle se réalise le réarmement allemand. En même temps, à la suite d’une modification du traité de Bruxelles qui permet l’adhésion de la Rfa et de l’Italie, naît l’organisation qui va porter le nom actuel de Ueo (Union de l’Europe occidentale).

L’Ueo s’élargit ensuite à 28 pays (membres effectifs, associés, observateurs et partenaires associés), mais se trouve en même temps vidée de toute fonction autonome effective.  Selon le traité d’Amsterdam (1997), elle aurait du être une organisation faisant partie intégrante du processus de développement de l’Union (européenne, NdT), à laquelle  elle aurait conféré une capacité  opérationnelle dans le secteur de la défense. Mais cet alinéa va être supprimé dans le traité de Nice (2001). Selon l’explication de la Commission européenne, « la défense collective, qui était à l’origine une compétence de l’Ueo, fait à présent partie des compétences de l’OTAN ».

Le développement d’une politique européenne pour la sécurité et la défense (Pesd) « n’a pas la moindre incidence sur le principe de base selon lequel l’OTAN demeure le fondement de la défense collective européenne ».

Pendant ce temps, avec la fin de la guerre froide, l’OTAN met en pratique le « nouveau concept stratégique » : après avoir effectué en Bosnie la première action de guerre depuis la fondation de l’Alliance, elle attaque la Yougoslavie et s’étend vers l’est, jusque dans le territoire de l’ex-URSS. Et, au sommet d’avril 1999, elle se transforme officiellement en alliance qui engage ses pays membres  à « conduire des opérations de riposte aux crises non prévues par l’article 5 (du Traité, voir note de fin d’article, NdT), hors du territoire de l’Alliance ». Ce qui ne change pas c’est la hiérarchie à l’intérieur de l’Alliance. Washington annonce qu’il gardera en Europe une force capable de « soutenir nos liens transatlantiques vitaux et de conserver le leadership des Etats-Unis dans l’OTAN ». Ce qui reste de l’ « identité européenne de la sécurité et de la défense », va être précisé par le document que les leaders européens  souscrivent à Washington le 24 avril 1999 : « L’Alliance soutient pleinement le développement de l’identité européenne de la sécurité et de la défense, à l’intérieur de l’Alliance ». Donc, bienvenue à une identité européenne de la défense. A condition qu’elle reste à l’intérieur de l’OTAN, dans laquelle les Etats-Unis maintiennent leur leadership, et que l’Ue se limite au rôle de « pilier européen de l’Alliance ».

En conséquence, les forces créées  dans le cadre de l’Union européenne sont utilisées dans des tâches de soutien dans le sillage des guerres conduites par l’OTAN sous direction étasunienne. L’Eurofor,  la force terrestre multinationale (Italie, France, Espagne, Portugal)  devenue opérationnelle en 1998, est déployée en Albanie en 2001 et demeure à disposition   de l’OTAN pour des missions de peacekeeping  et de peace enforcement (y compris  « l’occupation et le maintien de positons clés »). Même l’Eurocorps, la force multinationale franco-allemande qui s’est étendue à d’autres pays,  est mise à disposition de l’OTAN, qui en fait, en 2000, le noyau du quartier général Kfor au Kosovo et, en 2004-2005, lui confie en Afghanistan la direction de la mission OTAN/Isaf ; en 2006, l’Eurocorps participe aux manœuvres au Cap Vert, qui rend opérationnelle la Force de riposte de l’OTAN. L’Euromarfor, la force maritime européenne (Italie, France, Espagne et Portugal)  est par contre, elle, envoyée en 2003 dans la zone de la Corne d’Afrique « en soutien à Enduring freedom ». La dépendance  de l’Union européenne vis-à-vis de l’OTAN est ensuite renforcée  par l’accord de partenariat stratégique en matière de gestion des crises, stipulé en 2002 ; c’est sur la base de cet accord  que l’Union utilisera les ressources logistiques et de planification de l’Alliance atlantique, même pour ce qui concerne l’information militaire.

Une telle dépendance est renforcée par le fait  que les gouvernements des pays de l’ex-Pacte de Varsovie et de l’ex-Urss, entrés d’abord dans l’OTAN et ensuite admis dans l’Union européenne, sont en général plus liés à Washington qu’à Bruxelles. Cette dépendance est renforcée plus tard par la « conversion » de la France, qui est revenue dans le commandement OTAN dont elle était sortie en 1956, et par l’Allemagne dont l’axe politique s’est déplacé sur des positions beaucoup plus proches de celles de Washington. C’est ainsi que va rester lettre morte l’engagement de l’Ue, déclaré à la conférence gouvernementale de 2003, de « développer  une politique extérieure et de défense commune ». Et ceci surtout parce que l’Union européenne n’a pas pour objectif de développer une politique extérieure et de défense différente de celle des Etats-Unis, mais qu’elle revendique simplement un plus grand poids  dans le cadre de la stratégie générale, poursuivie par les Etats-Unis, qui prévoit l’envoi de forces militaires partout dans le monde où  sont remis en question les intérêts  fondamentaux de l’Occident.  « L’incommensurable supériorité militaire (et donc stratégique) de l’Amérique sur le reste du monde est une réalité immuable – et somme toute rassurante- des scénarios internationaux », écrit Andrea Tani dans Pagine di Difesa (Pages de défense). Donc, « la chose la plus sage que les européens puissent faire est de collaborer loyalement avec les Etats-Unis, en essayant de consolider la Communauté Atlantique, de soutenir militairement le Pentagone et de faire école partout où c’est possible : on peut beaucoup apprendre, et le Pentagone est un excellent enseignant ».

C’est donc à cette école de guerre que devrait se former la « nouvelle Europe », en rénovant ainsi les fastes de la vieille Europe coloniale et impériale.

 

Article 5

Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord.

Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.

http://www.nato.int/docu/fonda/traite.htm

Reçu de l’auteur et traduit par Marie-Ange Patrizio

Cet article a été publié dans le numéro spécial Europe de mercredi 3 juin de il manifesto 

Non publié sur le site Internet du journal.



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

08/06/2009

n°269 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 05-06 - :Début-: A- Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de Cheney.

n°269 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 05-06 - :Début-: A- Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de  Cheney.

 



 Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

      Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°269                                                                                                                             05/06/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Ben Laden accuse

Doug Ireland : Discours du Caire : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012

Vidéo «La politique étrangère américaine demeurera sur le même axe».

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Robert Dreyfuss: le pari d’Obama.

1-2 Michel Colomès : Guantanamo : le "bazar" de Bush est devenu le cauchemar d'Obama.

1-3 Ron Paul : La politique étrangère américaine continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs…

Suite

1-4 Jihan Hafiz : La politique étrangère américaine continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs.

1-5 «En Afghanistan, l'équipe Obama devra accomplir les promesses de Bush».

1-6 Mireille Delamarre : AfPak : Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de Dick Cheney.

1-7 James Petras : Faites entrer les victimes ! Condamnez les combattants !

1-8 Ambition invariable de domination mondiale des États- Unis.

Fin

1-9 Christoph R. HÖRSTEL : Pour une nouvelle stratégie mondiale.

1-10 Pour une autre politique allemande et européenne.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Chat : Mariam Abou Zahab : Aucun Afghan n'a jamais mené d'opération en Europe ni en Amérique du Nord.

2-2 L’ex-matricule 10005, Lakhdar Boumediene, raconte Guantanamo.

2-3 Les politiques de détention illégale et d’interrogation.

3 Annexe

3-1 Le 60ème anniversaire de l'OTAN.



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...


Tiré à part :

Ben Laden accuse

Oussama ben Laden, accuse les Etats-Unis d'avoir semé "les graines de la haine" chez les musulmans. "Si un musulman devient l'allié des infidèles et soutient ceux-ci contre les musulmans, il perd sa foi et devient un apostat infidèle" "Ne vous alliez pas aux juifs et aux chrétiens, comme c'est le cas de l'armée pakistanaise, qui s'est retranchée dans le même donjon que l'Amérique face à l'islam. Tout vrai musulman doit les combattre", conclu l'introuvable ben Laden qui est d'origine saoudienne.

Ben Laden a présenté le président pakistanais Asif Ali Zardari comme un serviteur des Etats-Unis qui a ordonné à son armée de combattre les musulmans sur ordre de Washington.

Le message prononcé par Barack Obama,  a été qualifié de "criminel" par le numéro deux d'Al Qaïda, Aymane al Zaouahri.

Base : Reuters

Jeudi 4 juin, 16h54

 

Doug Ireland : Discours du Caire : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012

 Barack Obama a prononcé un discours plein de bondieuseries au Caire mais à l’objectif bien défini : préparer la présidentielle américaine de 2012. Et accessoirement renouer avec le monde musulman.

Le discours à l’attention du monde musulman de Barack Obama au Caire est une gigantesque opération de communication, soigneusement préparée depuis des mois et transmise en direct dans treize langues par la Maison Blanche grâce à internet. Facebook, son semblable pour l’Asie du Sud, Orkut, YouTube, Twitter, MySpace, SMS… Aucun cyber-moyen de communication n’a été négligé, histoire de faire jeune, moderne et branché. Mais sur le milliard et demi de musulmans, combien disposent d’un accès facile à internet ?

L’auteur de ce discours est sa jeune plume pour les affaires étrangères, Ben Rhodes, 31 ans, qui affiche une double casquette : plume présidentielle pour les affaires étrangères et conseiller qui a accès au Bureau ovale quand Obama refait le monde avec ses spécialistes plus expérimentés, comme l’a rapporté dans un portrait détaillé de Rhodes The Politico, le nouveau must de la classe politique washingtonienne. Rhodes est un vétéran de la campagne présidentielle d’Obama et sait garder un œil sur les résonances électorales que les discours du Président à l’étranger provoquent aux Etats-Unis.

Obama a eu beau dire au Caire qu’il est venu « chercher » un « nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis » et que « le cycle de la méfiance et de la discorde devait s’achever », seulement 48 heures plus tard le président était attendu à la base militaire américaine de Landstuhl, en Allemagne. Pour y visiter les soldats hospitalisés et blessés dans les deux guerres où les militaires américains sont toujours en train de tuer des musulmans, en Afghanistan et en Irak. La contradiction ne manquera pas d’être relevée par les musulmans du monde entier, qu’ils aient accès à internet ou pas.

Cette visite aux « boys » blessés relève aussi de mesquins calculs électoraux.

Pendant la campagne présidentielle de 2008, Obama a été vivement critiqué par les républicains nationalistes pour ne pas s’être rendu au chevet des soldats hospitalisés lors de son voyage en Allemagne où il a fait un discours ultra-médiatisé à Berlin devant une foule en délire.

Rassurer l’électorat juif américain

La nouvelle visite du président Obama en Allemagne, le 5 juin, a été programmée pour inclure, toujours pour des raisons électorales, la visite du site du camp de concentration nazi de Buchenwald. Objectif : rassurer la partie de l’électorat juif troublé par la volonté d’Obama d’amadouer les musulmans. En vain car le magazine phare de la droite juive américaine, Commentary, a déjà publié sur son site une critique cinglante qualifiant le discours du Caire de « pas sérieux moralement » et ajoutant qu’il « sape la recherche de la paix aussi bien que la campagne pour reformer le monde musulman ».

Barack Obama a déclaré au Caire : « ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan ». Mais il vient pourtant d’accroître l’effort de guerre dans ce pays en y envoyant des soldats supplémentaires. Le dispositif militaire américain sur place atteindra tout prochainement les 68 000 hommes !

Ces derniers jours, à Washington, la Maison Blanche a également quémandé au Congrès une importante rallonge budgétaire de 11 milliards de dollars pour l’Afghanistan et l’Irak, qui s’ajoutent aux 89 milliards qu’Obama a déjà demandé en avril. En comparaison, le milliard et demi qu’Obama promis pour aider le monde musulman apparaît bien dérisoire.

Des bondieuseries tirées du « Saint Coran »

En réalité, le discours du président au Caire, truffé de bondieuseries tirées du « Saint Coran » comme il l’a dit, n’apporte rien de neuf. C’était un exercice de « feeling ». Obama a déjà exprimé les mêmes sentiments lors de son voyage en Turquie, en avril dernier. Le monde arabo-musulman attendait au moins une initiative nouvelle pour forcer Israël à mettre fin à l’expansion constante de ses colonies dans les territoires occupés.

Mais le gouvernement israélien de coalition entre le Likoud et le fasciste et raciste Avigdor Lieberman et son parti Yisrael Beitenu a déjà clairement rejeté la demande d’Obama lors de la visite récente du Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche.

L’heure n’est plus aux belles paroles

Le conflit israélo-palestinien est la clé de tout « nouveau départ » avec le monde musulman qu’Obama réclame. Mais pour ramener dans le processus de paix ce gouvernement israélien si revanchard et le plus à droite que l’Etat hébreu ait jamais connu, il va falloir bien plus que les banalités nobles qu’Obama a exprimé au Caire avec son grand talent d’orateur. L’heure est aux actes.

Doug Ireland

vendredi 5 juin

http://www.bakchich.info/Discours-du-Caire-Obama-en,07925.html


Vidéo «La politique étrangère américaine demeurera sur le même axe»,

estime Thierry de Montbrial. «Le danger serait que Barack Obama se "carterise" ; les divisions s’afficheraient alors», précise André Kaspi.
Vidéo: 05-06-2009 17:46:31
Catégories : Actualités
Langue : Français
Lieu de tournage : France
Adresse de la vidéo : http://videos.lefigaro.fr/video/iLyROoafM4SQ.html



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Robert Dreyfuss: le pari d’Obama.

Analyse de Robert Dreyfuss, spécialiste (...) des questions internationales.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

la guerre aen Afghanistan n’aura pas de solution militaire.

La stratégie d’Obama, consistant à rééditer le « surge » irakien, vise dans un premier temps à stabiliser la situation sur le terrain, mais ne peut à terme déboucher sur une issue qu’à condition de poursuivre les négociations qui ont déjà lieu en coulisse avec les talibans pachtounes. Cette double dénomination décrit l’espace politique dont dispose Obama.

A défaut de parvenir à un accord - peu vraisemblable - avec les talibans du Mollah Omar, ne resterait pour les américains que l’option consistant à tenter de se rallier les chefs de tribus pachtounes afghans, village après village, clan près clan, à coup de larges subsides, en une réédition de la stratégie irakienne en direction des sunnites. Si les fidélités tribales aux pachtounes talibans restent inentamées, la politique d’Obama est vouée à l’échec.

Si vous ne parvenez pas à imaginer la manière dont le Président Obama entend gagner la guerre en Afghanistan, vous n’êtes pas seul.

Le défi est colossal : aux côtés d’une poignée d’Etats africains dévastés par la guerre, comme la Somalie ou la République Démocratique du Congo, l’Afghanistan est l’un des pays les plus pauvres au monde. Il a été ruiné par 30 années de guerre. Des millions de personnes ont fui vers le Pakistan et l’Iran, des dizaines de milliers d’autres ont été tuées depuis le début du jihad soutenu par les USA dans les années 1980. « La raison pour laquelle nous n’avons pas de dirigeants modérés en Afghanistan aujourd’hui, c’est parce que nous avons laissé les fous les tuer tous », m’avait déclaré en 2004, à l’occasion d’un entretien en vue d’un livre sur l’islam politique, Cheryl Benard, experte de la Rand Corporation, et épouse de Zalmay Khalilzad, l’ancien ambassadeur des États-Unis en Afghanistan.

Les conseillers d’Obama affirment que leur plan consiste à accroitre la présence militaire, puis négocier, ce qui signifie renforcer la présence des Etats-Unis, stabiliser le conflit, puis obtenir ensuite un accord soutenu par la diplomatie régionale. Mais cela soulève une foule de questions, à commencer par celle-ci : si les négociations sont la solution, qui s’assoira autour de la table ?

Le Président Hamid Karzai : son pouvoir est pratiquement inexistant. « Quarante pour cent du pays est en tout ou en partie inaccessible au gouvernement et aux ONG internationales », déclare Mark Schneider, de l’International Crisis Group. M. Karzaï a été moqué comme n’étant que le « maire de Kaboul », mais c’est encore pire que cela : « il n’a pas beaucoup d’influence au Parlement, de sorte que vous ne pouvez même pas dire qu’il contrôle la capitale », explique Marvin Weinbaum, un ancien fonctionnaire du Département d’Etat chargé du renseignement qui a conseillé Obama durant la campagne électorale. Les terroristes parviennent à frapper à Kaboul des cibles protégées, allant de l’ambassade Indienne au ministère de la Justice, en toute impunité.

Karzaï s’efforce de reprendre le contrôle. En procédant à d’habiles nominations de gouverneurs et de maires, il a installé une équipe de fonctionnaires loyaux au régime. Pourtant, dans les provinces, le pouvoir du gouvernement est faible. Les forces de sécurité et les tribunaux y sont pratiquement absents, laissant le champ libre aux criminels et aux trafiquants de drogue.

La corruption empoisonne tout : l’Afghanistan est classé 176 sur les 180 pays étudiés par le groupe de surveillance de la corruption Transparency International. Le pays produit plus de neuf dixièmes de l’opium illégal au monde, et les bandes criminelles sont présentes partout, de la plupart des districts éloignés jusque dans la propre famille de Karzai. L’un des ses frères a été accusé d’être impliqué dans le trafic d’héroïne.

Les forces de sécurité : Avant l’arrivée des renforts, le corps expéditionnaire compte 13 100 soldats US et 56 420 sous la bannière l’OTAN (dont 24 900 américains). Il n’a pas été en mesure de sécuriser Kaboul et ses environs, sans parler des immenses étendues du sud. Certaines forces de l’OTAN participent peu aux combats, et d’autres, comme celle du Canada, sont sur le départ. L’opinion publique afghane se retourne contre la coalition, notamment en raison de l’augmentation du nombre de victimes civiles causées par les frappes aériennes. L’Armée Nationale afghane, forte de 80 000 hommes n’a pas les moyens d’agir de façon autonome, tandis que la Police nationale afghane, comptant également environ 80 000 fonctionnaires, est dysfonctionnelle, souffre de corruption, et est infiltrée par des combattants talibans. Beaucoup de policiers ne sont que des miliciens au service de chefs de guerre locaux.

...

Comme le note Seth Jones, un expert de l’Afghanistan de la Rand, « la plupart des tribus et des chefs de clan se soucient assez peu de l’administration centrale, et se soucient assez peu des talibans. Ils sont prêts à changer de camp ».

Il estime que le noyau dur des talibans pourrait ne rassembler que seulement 2 000 à 3 000 combattants. Ils se sont cependant alliés les factions militantes, et bien sûr, leurs propres frères au-delà des frontières de l’Afghanistan.

Au Pakistan, la shura, le conseil des talibans est dirigé par le mollah Mohammad Omar, qui a dirigé l’Afghanistan jusqu’en 2001. Plus au nord, les alliés du mollah Omar sont les Haqqanis, héritiers de l’une des plus violentes factions de jihadistes parrainée par les USA durant la guerre des années 1980, ainsi que Gulbuddin Hekmatyar, qui est peut-être le plus sanguinaire des combattants de cette guerre. Ces deux factions ont régulièrement envoyé des combattants dans les zones d’affrontement proches de Kaboul. (Voir : la guerre financée par vos impôts.)

Les nouveaux acteurs : avec les conseils et le financement des États-Unis, Karzai tente de contrer les taliban par deux nouvelles initiatives. Le « Programme Afghan de Sensibilisation Sociale » vise à installer en douceur des conseils locaux anti talibans. Un programme parallèle, la « Force de Protection Publique Afghane », a un projet pilote en cours dans la province de Wardak qui consiste à installer des milices quasi-officielles, assez semblables aux milices sunnites de l’Eveil qu’ont parrainé en Irak les USA pour mobiliser les tribus contre Al-Qaida. J. Alexander Thier, de l’US Institute of Peace est optimiste à ce sujet. Mais, note-t-il, « Cela effraie complètement certains, parce que cela amènerait à armer des milices pachtounes. C’est extrêmement risqué. »

Ce qui nous ramène à la question initiale : quelle sera l’issue de cette stratégie de renfort et de négociation ?

De nombreuses négociations sont déjà en cours dans les coulisses. Karzai dialogue avec les Taliban, avec la médiation d’anciens alliés des talibans en Arabie saoudite et au Pakistan, et des informations font état de négociations impliquant également Hekmatyar. Mais les conseillers d’ Obama sont divisés sur la possibilité de succès de ces négociations menées depuis le sommet : certains d’entre eux estiment qu’il ne peut y avoir d’accord dès lors que les talibans pensent qu’ils sont en train de l’emporter.

L’autre approche, qui gagne du terrain à Washington, est celle de négociations à la base, à l’image de la stratégie de conquête des talibans, village après village. « C’est un pays qui, historiquement, a eu très peu de gouvernement central », rappelait le général David McKiernan, commandant des forces américaines, en novembre dernier. « Mais c’est un système de gouvernement ayant une histoire faite d’autonomie locale et d’autorité tribale ». M. Jones, de la Rand, estime que l’essentiel est de gagner la loyauté des Afghans des zones rurales.

Si cela réussit, si l’Amérique ne maintient qu’une présence légère, si les chefs tribaux voient des améliorations en matière de sécurité (et reçoivent de l’argent), et si les voisins influents de l’Afghanistan peuvent être convaincus d’apporter leur aide à la stabilisation du pays, alors la loyauté des tribus pachtounes pourrait changer. Si cela se produit, espère M. Jones : « Elles peuvent basculer très rapidement. » Mais si la stratégie de renforcement augmente le nombre des victimes civiles et enflamme la colère contre les États-Unis, elles pourraient tout aussi facilement pencher dans l’autre sens. C’est là que réside le grand risque du pari d’Obama.

Robert Dreyfuss,

20 mai 2009

Publication originale Mother Jones, traduction Contre Info

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2740


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n°269 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 05-06 - :Suite -: A- Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de Cheney.

n°269 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 05-06 - :Suite -: A- Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de  Cheney.



 Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

      Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°269                                                                                                                             05/06/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : (suite)

1-4 Jihan Hafiz : La politique étrangère américaine continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs.

1-5 «En Afghanistan, l'équipe Obama devra accomplir les promesses de Bush».

1-6 Mireille Delamarre : AfPak : Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de Dick Cheney.

1-7 James Petras : Faites entrer les victimes ! Condamnez les combattants !

1-8 Ambition invariable de domination mondiale des États- Unis.

1-4 Jihan Hafiz : La politique étrangère américaine continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs.

Interview du député républicain au Congrès Ron Paul sur la faillite imminente du pays et une guerre probable contre l’Iran

Jihan Hafiz : Il ne semble pas que les milieux économiques et gouvernementaux occidentaux réfléchissent particulièrement à la crise économique actuelle. Un peu plus de morale et de responsabilité individuelle, un peu moins de libéralisation et un peu plus de contrôles certes, mais pas de changement de cap.
La crise n’est pas tombée du ciel. On l’annonçait depuis plusieurs années mais rien n’a été fait. Au lieu de réfléchir, on en fait payer le coût exorbitant aux contribuables des différents pays et les responsables encaissent l’argent, avant l’écroulement total du système.
Aussi longtemps que les liens avec ceux qui tirent les ficelles du désastreux système financier ne seront pas coupés, l’économie des différents peuples continuera de végéter. A moins qu’ils abandonnent ce système centraliste et qu’ils se mettent à développer des alternatives, comme cela commence à se faire ici ou là.
Une des personnes qui ont tiré la sonnette d’alarme assez tôt est le député républicain au Congrès Ron Paul. Il dénonce l’escroquerie sur laquelle repose ce qu’on appelle «système financier mondial» et qui est à l’origine d’injustices flagrantes et de guerres dévastatrices. La dissolution de la Réserve fédérale (Fed) qu’il propose serait une véritable libération et apporterait une ébauche de solution en vue d’un nouvel ordre mondial financier et économique.
Nous publions ci-dessous l’interview que Ron Paul a accordée à la chaîne américaine PressTV. Bien qu’elle date déjà du 28 dé­cembre 2008, elle n’a rien perdu de son actualité. Press TV présente Paul comme «un politicien conservateur qui demande que son pays mette fin à la présence militaire américaine à l’étranger et se retire de l’ONU, de l’OTAN, de l’Alena [Accord de libre-échange américain entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique] et qui s’oppose à l’Internal Revue Service (IRS) (autorité fiscale fédérale). Député du 14e district du Texas à la Chambre des représentants, il estime que la politique étrangère américaine doit être réformée pour éviter des conflits dans le monde entier».

Press TV: Nous sommes heureux que vous nous accordiez une interview. Commençons par la politique étrangère. A votre avis, quelle sera l’attitude du nouveau gouvernement à propos de la guerre en Irak?

Ron Paul: Il poursuivra la politique du gouvernement précédent. Je ne m’attends pas à beaucoup de changements. Bien que Barack Obama ait promis de rapatrier les troupes d’ici à 16 mois, il revient sur cette promesse à cause de l’accord passé avec le gouvernement irakien.
Je ne pense pas qu’il ait jamais sérieusement voulu changer de politique étrangère. Je pense que la politique étrangère de ce pays reste toujours la même, qu’elle soit menée par les républicains ou les démocrates. Quand George Bush est venu au pouvoir en 2000, il était très critique à l’égard de la politique étrangère de Clinton: elle pratiquait trop le «nation building» (reconstruction d’Etat), le maintien de l’ordre dans le monde. Les gens aimaient entendre ce discours. Mais lorsqu’ils sont au pouvoir, ils font tous la même chose.
Ainsi, je ne m’attends pas à de grands changements en Irak. Et Obama ne prétend même pas avoir une autre opinion sur l’Afghanistan. Il ne semble pas qu’il envisage des politiques spécifiques pour les différents pays. D’une manière générale, il est favorable à l’interventionnisme.
C’est juste une question de rythme et de personnes que vous choisissez, mais il a choisi tous ceux que John McCain apprécie. Les néoconservateurs aiment le groupe de spécialistes de politique étrangère qu’il a réuni. Par conséquent, ce n’est plus qu’une question de temps: la base démocrate, qui ne voulait pas qu’il poursuive la politique de Bush et de McCain, sera bientôt contrariée.

Que pensez-vous de la situation en Afghanistan?

Les attentats vont continuer. Cette semaine, il y a eu ces policiers afghans tués par erreur. Et il y a les incursions au Pakistan où des innocents sont tués, mais tout le monde prétend que ce n’est pas une affaire. Or c’est important, cela ne fait que radicaliser les marges.
Je ne crois pas que le gouvernement pa­kistanais soit assez stupide pour dire: faisons la guerre à l’Inde. Mais je crois que peu importe la société ou le pays. Il y a toujours un groupe qui peut être radicalisé s’il est motivé. On tue de plus en plus de monde, des ­innocents, des civils, en prétendant qu’il s’agit de terroristes. Mais comment le sait-on? Les a‑t‑on capturés et jugés?
Je pense que cette évolution est très mauvaise et je la condamne, dans notre propre intérêt. Je pense que c’est mauvais pour l’Amérique. Plus cela continuera, plus ce sera coûteux financièrement et en vies ­sacrifiées et plus nous nous exposerons à une attaque terroriste en Amérique.
Vous savez, là-bas, nous sommes des cibles faciles mais ils sont capables de venir nous attaquer ici. Je ne crois pas que les terroristes n’aient pas de motivations. Nous devrions nous demander davantage quelle est l’origine de leurs motivations.

Pensez-vous qu’il y aura davantage d’at­taques aériennes d’un territoire souverain, au Pakistan?

Je pense qu’Obama continuera. En effet, je crois que la politique étrangère est contrôlée en dehors des partis politiques. Je crois que ces derniers n’ont pas grand-chose à dire à ce sujet. Je crois donc que ces attaques vont se poursuivre.
Et, malheureusement, je crois qu’Obama a été assez inflexible en ce qui concerne l’Iran. Il a certes annoncé qu’il leur parlerait peut-être, mais il n’a pas dit qu’il n’y aurait jamais de blocus de l’Iran: il pense que même s’il n’est que possible qu’ils détiennent l’arme [nucléaire], nous avons l’obligation morale de les stopper.
Avons-nous empêché le Pakistan, l’Inde, Israël d’avoir l’arme nucléaire? Pourquoi la question serait-elle si importante quand il s’agit de l’Iran? Mais Obama s’est montré très ferme lorsqu’il a parlé de politique étrangère aux internationalistes, à ceux qui déterminent la politique étrangère des démocrates et des républicains.

Les mêmes mensonges qu’à propos de l’Irak

Une année s’est écoulée depuis que la National Intelligence Estimate (NIE) [rapport des Services de renseignements américains] a écarté l’idée que l’Iran produisait l’arme nucléaire et pourtant il est beaucoup question de guerre ici, à Washington. Pourquoi?

Je pense qu’il y a un grand nombre de raisons à cela. Le pétrole est une raison importante. Ensuite, je pense qu’il y a l’idée néo-conservatrice selon laquelle nous sommes un peuple bon qui doit imposer sa bonté aux autres peuples. D’autre part, je pense qu’Israël a quelque chose à voir ici.
Et puis certaines personnes sont honnêtement convaincues que les Iraniens sont des méchants qui veulent nous bombarder. Autant de raisons qui s’additionnent. Certaines nous ont amenés à attaquer les Irakiens. La désinformation est très importante et l’on réagit de manière affective. Mais malheureusement, les Américains n’aiment pas les considérations générales. D’une certaine manière, le candidat qui se déclare en faveur de la paix part gagnant. Ainsi, Obama était un candidat de paix. Il voulait moins d’interventionnisme. Mais à vrai dire, c’était sans importance.
Je pense que nos politiques sont verrouillées. Le salut pourrait provenir du fait que la faillite de notre pays nous obligera à quitter l’Afghanistan, comme les Soviétiques ont dû le faire en raison du manque d’argent et de l’échec du système. Notre système pourrait s’écrouler et ce pourrait être une bénédiction déguisée.

Pensez-vous qu’avec le nouveau gouvernement, nous verrons une différence de politique à l’égard du conflit israélo-palestinien? Pensez-vous que la solution passe par le Hamas?

Je ne m’attends pas à des changements importants sur cette question. Je ne pense pas qu’il aura plus de sympathie à l’égard des Palestiniens. Il pourrait manifester un intérêt de pure forme, mais si quelque chose déplaît à Israël, cela ne passera pas.

Abolir la Réserve fédérale

Venons-en à l’économie. Pourquoi avez-vous fait cette proposition de loi destinée à dis­soudre la Réserve fédérale?

Parce que la Réserve fédérale est une banque centrale illégale au regard de notre Constitution et qu’elle ne nous fait que du mal: en effet, elle a le pouvoir de créer de la monnaie comme par magie. Nous avons légalisé la fausse monnaie. La raison pour laquelle une personne comme moi qui aime la liberté individuelle y est si opposée est que la Fed permet aux gouvernements d’échapper à ses responsabilités. Si vous étiez dans une société possédant une monnaie saine, vous devriez lever des impôts et dépenser l’argent en sachant exactement ce que vous faites, mais quand une banque secrète peut créer de la monnaie comme par magie, le gouvernement peut circonvenir le peuple et le Congrès. Il peut faire la guerre sans avoir à rendre de comptes.
Si nous faisions payer aux contribuables tout ce que nous faisons outre-mer, cela prendrait fin au bout de quelques semaines parce que nous n’aurions plus d’argent, mais si vous faites marcher la planche à billets, vous pouvez vous en tirer provisoirement. Les soucis d’argent sont pour plus tard. Nous avons eu la chance de posséder la monnaie de réserve du monde et n’avons pas souffert de l’inflation.
Cela renforce le gouvernement central. En outre, c’est illégal et immoral. On ne permet pas à un individu de faire de la fausse monnaie; pourquoi autorise-t-on une banque secrète à le faire? De nombreuses raisons mi­litent contre l’existence d’une banque centrale qui nous fait tant de mal.
Au début d’un cycle inflationniste, on enregistre certains bénéfices car on a l’impression d’être riche, mais ce n’est que temporaire. Nous voyons maintenant le marché s’effondrer et nous nous rendons compte que ce n’était pas une bonne idée. C’était une bulle.
Et maintenant, les bulles créées par la Réserve fédérale commencent à éclater et la dernière à sauter sera celle du dollar. Nous sommes endettés à hauteur de billions de dollars, ce qui signifie que le dollar ne sera plus capable de résister et le monde finira par rejeter cette monnaie, ce qui entraînera chez nous une hausse des taux d’intérêt et des prix et le pays s’appauvrira considérablement.

Je me conforme à la Constitution

Pourquoi vous qualifie-t-on toujours de véritable «constitutionnaliste»?

Parce que je me conforme à la Constitution. Et c’est une tradition de la respecter à la lettre. Son article premier énumère, au premier alinéa, ce que nous avons le droit de faire et les amendements 9 et 10 stipulent ce que nous ne sommes pas autorisés à faire. Ainsi, tous les gouvernements devraient être locaux. Or pendant les 100 dernières années, nous nous sommes écartés de ce principe. C’était pourtant une assez bonne idée.
Les pères fondateurs voulaient des gouvernements locaux et la séparation des pouvoirs. Seul un petit nombre de questions comme la monnaie et les échanges commerciaux devaient être confiées au gouvernement fédéral. Je pense que c’était une fort bonne idée. C’est le serment que nous avons tous fait, mais presque tous les autres l’ignorent. Je ne pensais pas que beaucoup de gens dans ce pays s’y intéressaient mais à ma grande surprise, la campagne présidentielle a révélé des tas de choses. Des gens disaient que ça avait l’air d’une bonne idée et j’en étais très heureux. J’attendais que quelqu’un dise ça. C’était très encourageant
.    •

Jihan Hafiz 

Source: www.presstv.com/detail.aspx?id=79644&sectionid=3510302
(Traduction Horizons et débats)

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n°269 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 05-06 - :Fin -: A- Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de Cheney.

n°269 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 05-06 - :Fin -: A- Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de  Cheney.



 Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

      Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°269                                                                                                                             05/06/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : (Fin)

1-9 Christoph R. HÖRSTEL : Pour une nouvelle stratégie mondiale.

1-10 Pour une autre politique allemande et européenne.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Chat : Mariam Abou Zahab : Aucun Afghan n'a jamais mené d'opération en Europe ni en Amérique du Nord.

2-2 L’ex-matricule 10005, Lakhdar Boumediene, raconte Guantanamo.

2-3 Les politiques de détention illégale et d’interrogation.

3 Annexe

3-1 Le 60ème anniversaire de l'OTAN.

1-9 Christoph R. HÖRSTEL : Pour une nouvelle stratégie mondiale.

Cheney ment ….

…. comme un arracheur de dents, pour sauver sa peau

Un document d’histoire contemporaine reprend les mensonges de propagande avérés du gouvernement Bush en les réarrangeant d’une façon incroyable.

C’est ce qui amène Christoph R.Hörstel à demander à l’UE une nouvelle géostratégie.

 

Au cours des dernières semaines le nouveau gouvernement d’Obama a infligé à son prédécesseur quelques sévères camouflets :

-         Ce qui est effectivement de la torture et que le droit usaméricain ne saurait justifier en aucun cas (waterboarding - simulation de noyade) a retrouvé son nom de torture et a été condamné ;

-         Un terme a été mis au transfert pratiqué à l’échelon mondial (« extraordinary renditions ») dans un grand nombre de prisons où l’on torture, dispersées sur toute la terre, de prisonniers pour y être détenus sans aucune assistance judiciaire et soumis à des interrogatoires de statut juridique peu clair (vraisemblablement en général sous la torture) pour un temps illimité, que les USA

-         Le camp de Guantanamo, dont l’existence et les traitements qui y étaient de règle étaient en contradiction avec le droit usaméricain a été condamné et va être fermé.

-         Avant la fin de l’année tous les prisonniers des USA, où qu’ils se trouvent,  doivent accéder à un statut de droit, aussi bien ceux de Guantanamo transférés en Afghanistan à Bagram près de Kaboul que les suspects qui y étaient déjà incarcérés.

-         Enfin le vocabulaire lui-même a été modifié : la « guerre contre le terrorisme » a pris dans la langue officielle usaméricaine le nom moins agressif d’ « opération de contention .»

Jeudi dernier 19 mai 2009 le Président Obama a exposé publiquement sa politique sur ces points, ce qui a fourni à Cheney l’occasion de descendre en flammes son adversaire politique quelques minutes plus tard ; il a choisi pour cadre de  sa prestation le think tank ultraconservateur American Enterprise Institut (AEI) où il était d’autant plus sûr de remporter un succès qu’il doit bientôt faire partie de sa direction. Normalement les passes d’armes entre gouvernement et opposition n’éveillent pas grande attention. Mais dans ce cas précis il s’agit d’un membre très haut placé du gouvernement précédent, extrêmement contesté dans le monde entier, qui, en s’exprimant sur la politique actuelle de son pays,   touche à des questions centrales, non seulement en matière de sécurité nationale mais pour la totalité de l’image que ce pays veut donner de lui au monde – et surtout reprend toute la propagande mensongère de l’administration Bush, avérée telle au cours de ces dernières années, ce qui a joué un rôle décisif dans l’échec de la majorité présidentielle républicaine.

 Vidéo du discours de  Cheney : NYT, 22.05.09: http://video.nytimes.com/video/playlist/politics/11948116...

 Dans ces circonstances il n’est pas étonnant que Cheney ait ouvert son discours par une description détaillée et dramatique des évènements du 11 septembre, y compris l’impact contesté d’un des deux avions détournés sur le Pentagone, ce qui depuis s’est avéré mensonger. Mais cela ne suffit pas, loin de là : Cheney a également repris l’absurde théorie du complot propagée par l’administration Bush, selon laquelle 19 méchants terroristes, islamistes radicaux, auraient commis un attentat contre l’Amérique par haine de sa libre démocratie  et de ses conquêtes (économiques entre autres) …

   Or la politique déclarée des USA n’a pas changé : on continue à ne pas mettre fondamentalement  en question le rapport du Congrès sur ce point, bien qu’il contienne des erreur grotesques et en dépit des centaines de témoignages effrayants fournis par des agents des services secrets usaméricains, des policiers, des proches de victimes, des architectes, des interprètes et d’un grand nombre d’autres, employés et en partie initiés du vaste cercle des évènements et affaires en rapport avec le 11 septembre (www.patriotsquestion911.com) . Quant à l’ouvrage, paru dès 2003 et truffé d’indices (700 environ) suggérant que des institutions usaméricaines auraient  participé à l’attentat, du jeune scientifique Nafeez Ahmad (intégré depuis à la littérature de base de l’université d’Harvard - édition allemande: „Geheimsache 09/11“, Riemann Verlag, München, 2003), il a été jusqu’ici soigneusement ignoré.

Du reste la méthode employée par les USA, et notamment par le Congrès, pour traiter des faits avérés et atterrants afin de ne dévoiler qu’avec quelques années de retard le caractère mensonger des raisons fournies pour leur entrée en guerre, n’a pas varié depuis plus de 110 ans :

-         Explosion à bord du croiseur USS Maine en 1898 au large de Cuba, faussement dénoncée comme attentat espagnol, pour justifier l’expulsion des Espagnols hors de Cuba [une commission d’enquête officielle a conclu, en 1975, que l’explosion avait été accidentelle, NdE] ;

-         Sabordage du paquebot de luxe Lusitania  en 1915 au large de l’Irlande , après une attaque provoquée d’un sous-marin contre le navire qui transportait des tonnes de munitions à destination de l’Angleterre (les passagers étant de toute évidence utilisés comme boucliers humains…)

-         Bombardement du port de Pearl Harbour en 1941, préparé secrètement à cet effet pour pouvoir déclarer la guerre au Japon, après un blocus par les USA des importations par le  Japon de matières premières d’importance vitale et le massacre de tout l’équipage d’un  sous-marin néerlandais qui tentait de mettre en garde le port sans défense, que les services usaméricainsparfaitement informés avaient laissé dans l’ignorance (Christopher Creighton, « Opération James Bond », Econ 1996)

-         L’incident du Golfe du Tonkin, une attaque inexistante d’un croiseur US, a servi de prétexte à l’entrée en guerre officielle contre le Nord-Vietnam, où les USA espéraient pouvoir succéder aux colonialistes français tenus en échec ;

-         La première Guerre du Golfe (1991, opération Tempête du Désert) a été précédée d’intrigues diplomatiques régionales inouïes, attisées par la propagande mensongère de l’agence de relations publiques Hill & Knowlton à l’ONU ;

-         dans les Balkans ladite agence se fit à nouveau une (mauvaise) renommée en fournissant des comptes-rendus falsifiés d’une prétendue agression serbe contre un café, qui donnait de bonnes raisons d’intervenir ;

-         Le Kossovo fut également travesti par une propagande mensongère effrontée en « espace polycriminel multifonctionnel» (sic, selon l’Institut de Politique européenne, Berlin, 2007, sur demande de la Bundeswehr) où les perspectives d’amélioration étaient nulles.  
Kerry Waghorn

Dans ce discours que même ses camarades du parti républicain ont accueilli avec quelques réserves, Cheney a défendu non seulement l’occupation de l’Afghanistan en 2001, pourtant tout à fait inutile à l’arrestation d’Oussama ben Laden, mais aussi celle de l’Irak, clairement illégale au regard du droit international.  Voici ce qu’il en dit :

-         L'irakien Saddam Hussein aurait entretenu des liens avec le terrorisme international ; une affirmation fausse, les relations entre Saddam Hussein et le mouvement islamiste international étant placées sous le signe d’une défiance extrême et d’une aversion réciproque.

-         Concernant les tortures à la prison d’Abou Ghraïb, qui ont suscité un scandale planétaire, elles seraient le fait de quelques gardiens qui auraient maltraité des prisonniers au mépris du droit, alors que, de notoriété publique,  le directeur du camp, le Général Geoffrey D.Miller, a été spécialement détaché par le ministre de la Défense Rumsfeld de Guantanamo à Abou Ghraïb où il a de nouveau utilisé avec succès les méthodes permettant, au mépris de la personne humaine, de tuer des hommes, de les « casser » et de leur infliger des dommages durables. (Washington Post du 28/05/2005, p. A18)

Toutefois Cheney n’a plus osé accuser Saddam Hussein d’avoir détenu des armes de destruction massive, comme cela avait été fait en 2003.

 Cependant on a pu discuter franchement de toutes les affirmations mensongères de l’OTAN dans les « cercles politiques élevés », comme le montre la contribution de l’ex-chancelier fédéral Helmut Schmidt dans la Zeit d’octobre dernier (N° 45,  du 30 octobre 2008, page 3), à l’exception du 11 septembre sur lequel pèse un silence de plomb. De toute évidence Dick Cheney s’est vu contraint, durant les 35 minutes de son discours, d’utiliser son jeu de physionomie si particulier et si menaçant et de chercher son souffle tant il s’énervait à la lecture du texte qu’il avait préparé pour bien rappeler au monde que quiconque refuse de s’en tenir au silence et aux mensonges de Washington s’expose dangereusement.

 Cheney

-         a dit que seuls trois dangereux terroristes avaient été torturés,  ce qui est une incroyable contre-vérité, des milliers de prisonniers ayant subi de graves sévices ; un effrayant documentaire a révélé sur des écrans TV du monde entier le cas du chauffeur de taxi afghan (innocent) Dilawar,  frappé pendant des jours jusqu’à ce que mort s’ensuive, et celui de Murat Kurnaz, ce jeune homme de Brême tout aussi innocent,  est encore présent à nos esprits et a durablement entaché la réputation de Steinmeier, candidat à la chancellerie, sans toutefois nuire à sa carrière.

-         a encensé à plusieurs reprises à un degré aussi scandaleux qu’insupportable les services que les tortionnaires de la CIA avaient rendus à leur patrie américaine. Mais derrière ces louanges se cache la tête de Méduse des commanditaires et vrais responsables de ces crimes, que l’on cherche à protéger des foudres de la justice par cette rhétorique écœurante, et dont Cheney fait partie.

-         à déclaré qu’Obama garde par devers lui les résultats importants obtenus au moyen d’ « interrogatoires musclés » pour dissimuler combien ces révélations ont contribué à empêcher d’autres attentats sur le territoire national usaméricain. C’est sidérant, car tous les experts ont pointé depuis longtemps l’absurdité et la nocivité de la torture, justement parce que la victime finit par dire tout ce que les représentants des autorités veulent lui faire dire, rien que pour échapper à la souffrance. Et de surcroît on ne sait que trop que des légions d’innocents sont tombées dans l’engrenage de la torture, parce que durant la guerre menée par Bush d’autres innocents, souffrants et hurlants, ont donné leurs noms et les ont rendus suspects. Publier les résultats obtenus sous la torture reviendrait à laisser une opinion publique désemparée contrainte de vérifier l’« authenticité » des plans terroristes prétendument  dévoilés. Les « craintes » de Cheney que la politique d’Obama  plus défendable au plan légal mais à peine plus satisfaisante que celle de l’administration Bush et de plus en plus contestée «  protège beaucoup moins bien les USA contre de nouveaux attentats terroristes » a pour les initiés une connotation effroyable : le réseau toujours présent dans les services secrets US et qui s’est si bien servi de la combativité des 19 auteurs des attentats du 11 septembre pourrait être tenté de simuler un nouvel attentat majeur dirigé contre les USA pour faire porter à Obama la responsabilité de cette défaite dans la « guerre contre le terrorisme », dans l’espoir de le renverser.  Cheney est allé jusqu’à raconter des bobards de « terroristes détenant l’arme nucléaire », alors que ce sont principalement des firmes et des services US qui ont, pendant plus de trente ans, fourni et protégé de toute poursuite le réseau d’achat du constructeur pakistanais (de la bombe atomique) AQ-Khan, avec l’aide de presque tous les présidents en exercice, qui ont contribué à dissimuler aux représentants du peuple les informations à ce sujet en usant de mensonges persistants (cf. l’ouvrage magistral d’Adria Levy et Christine Scott-Clark (deux journalistes du Guardian, le célèbre quotidien britannique ), Deception,  paru à New_york en 2007 .)

-         a prétendu que la pratique d’interrogatoires musclés a bien montré à ceux qui planifiaient des attentats que les USA étaient prêts à se défendre et à même de le faire » ce qui a contribué à éviter un nouvel « attentat du 11 septembre ».

  Le discours de Cheney montre donc qu’il n’est pas seulement l’un des nombreux menteurs qui peuplent le monde de la politique, mais aussi un criminel de guerre pas très malin, qui ne proclame sa noble solidarité avec les crimes de ses subordonnés que pour sauver sa propre tête, que l’ouverture croissante des débats met de plus en plus en péril .

   Comme pour bien montrer à tous ceux qui en douteraient où se trouve la « ligne jaune », Cheney a évoqué, dans son discours critiqué, le risque de nouveaux attentats.Mais c’est justement l’insistance sur ce risque qui met mal à l’aise et inquiète nombre d’initiés. Nous donnons à l’Amérique ce conseil d’ami : faire d’abord le procès de Cheney et de ses amis et clarifier ainsi son rapport au passé, afin de rendre possible sur notre planète une coexistence pacifique et réglementée, plus que nécessaire pour affronter les autres défis bien réels : paix, environnement, pauvreté, surpopulation et – last but not least –une organisation, sociale plus juste et positive sur les plans humains et sanitaire du monde du travail à l’échelon mondial.

 

AUTEUR: Christoph R. HÖRSTEL
Traduit par Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Jeudi 04 Juin 2009

http://www.alterinfo.net/Pour-une-nouvelle-strategie-mond...


1-10 Pour une autre politique allemande et européenne.

    Une politique étrangère allemande et européenne digne de ce nom doit mettre un terme à la croissance exponentielle des tendances criminelles de l’OTAN sous la conduite des USA, de préférence en collaboration avec la France, l’Espagne et –sans plus attendre- un maximum d’autres États-membres de l’UE. Il faut dénoncer l’influence dévastatrice, sur le plus puissant des membres de l’OTAN, d’un sionisme en voie de radicalisation évidente (l’ex-Président Carter disait en 2008 : « Les candidats à la présidence doivent se plier aux désirs d’Israël ») ;  l’administration usaméricaine doit impérativement la limiter sous peine de saborder l’amitié transatlantique. L’ordre du jour d’une nouvelle et « authentique » politique de sécurité européenne comporte cinq points :

1.     Les nations doivent se retirer des instances de commandement de l’OTAN (comme c’était le cas pour la France voici très peu de temps) ;

2.     Il faut mettre fin au désastreux iunctim (couplage) entre appartenance à l’UE et appartenance à l’OTAN ;

3.     mettre fin à l’accès rampant d’Israël aux séances des instances de l’UE et de l’OTAN tant que le conflit du Moyen-Orient ne sera pas réglé ;

4.     mettre fin aux interventions de l’OTAN dites « out of area » [hors zone, c’est-à-dire en dehors du territoire des États membres, NdE] qui ont sapé les caractère originel purement défensif de la plus puissante alliance militaire du monde ainsi que la sécurité planétaire ;

5.     revenir à une politique de détente, désormais mondiale, selon le modèle efficace d’ouverture à l’Est instauré par Willy Brandt.  

AUTEUR: Christoph R. HÖRSTEL
Traduit par Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Jeudi 04 Juin 2009

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2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Chat : Mariam Abou Zahab : Aucun Afghan n'a jamais mené d'opération en Europe ni en Amérique du Nord.

Ndlr : La publication de l'article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Mariam Abou Zahab : Le terme de ‘taliban’ recouvre des réalités très diverses.

En Afghanistan, les "néotalibans", comme certains les appellent, sont bien différents des talibans historiques. On met sous ce terme des islamo-nationalistes dans le sud de l'Afghanistan, qui ont des objectifs très locaux.

Dans l'est de l'Afghanistan, on trouve des groupes très organisés et transnationaux, comme le Hezb-e-Islami d'Hekmatyar, et les réseaux haqqani par exemple.

Au Pakistan aussi, le terme taliban est utilisé pour désigner des groupes dont les objectifs sont très divers. Le mouvement des talibans du Pakistan, dirigé par Baitullah Mehsud, n'est pas homogène ni strictement hiérarchisé. Les groupes qui en font partie sont divisés par des luttes de personnes, de factions. Des bandes de délinquants se livrent à leurs activités en toute impunité en se protégeant derrière le nom de taliban. On ne peut, dans cette région du monde, jamais généraliser.

bob : Les talibans sont-ils plus influents au Pakistan ou en Afghanistan ?

Mariam Abou Zahab : Il est très difficile de répondre à cette question. La réalité est trop diverse. Cela ne se joue pas en termes d'influence plus ou moins grande.

bernard : En cas de victoire au Pakistan, quel est le programme des talibans ?

Mariam Abou Zahab : La question ne se pose même pas, parce que les talibans pakistanais sont un mouvement périphérique, en marge de la société et de l'Etat.

teo : Si les forces pakistanaises reprennent le contrôle du pays, pourront-elles le reconstruire et faire revenir les déplacés ?

Mariam Abou Zahab : C'est vraiment toute la question. L'armée pakistanaise semble cette fois plus motivée et décidée à mener l'opération militaire à son terme. Parce que cette fois, les partis politiques ont presque tous apporté leur soutien à cette opération, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Toutefois, les déplacés sont sceptiques quant à la réussite de l'opération. Ils craignent que, comme cela s'est déjà produit par le passé, les talibans ne se soient réfugiés dans les montagnes – ils connaissent le terrain beaucoup mieux que l'armée – et qu'une fois l'armée retirée les militants reviennent. La situation serait alors pire qu'avant l'opération militaire.

Par ailleurs, la population déplacée en veut beaucoup à l'armée, qu'elle accuse d'avoir détruit les maisons, tué des civils et, de plus, les déplacés de Swat ont dû fuir au moment des récoltes, ce qui va poser de graves problèmes dans les mois à venir. Problèmes en termes de denrées alimentaires et autres.

Pour l'instant, il n'est pas possible d'aller dans la vallée de Swat, donc les seules informations dont on dispose sont celles fournies par l'armée. Et on ne connaît par conséquent pas le nombre de pertes du côté taliban.

Mathieu : Une extension de la mission militaire de l'OTAN est-elle possible au- delà des frontières de l'Afghanistan avec l'aval du Pakistan pour combattre plus efficacement les insurgés ?

Mariam Abou Zahab : C'est totalement hors de question. L'OTAN ne l'envisage même pas. Le Pakistan est un Etat souverain, et ce serait totalement contre-productif et aucun gouvernement pakistanais ne pourrait l'accepter. La population encore moins.

thomas : La stratégie de "séduction" des chefs de village en Afghanistan par les Américains peut-elle aboutir ?

Mariam Abou Zahab : Non. L'Afghanistan n'est pas l'Irak. Le modèle Al-Anbar (province d'Irak) ne peut pas être reproduit en Afghanistan parce que la structure tribale est extrêmement différente, et parce que payer et armer des notables locaux ou des seigneurs de la guerre ne pourrait que relancer une guerre civile en Afghanistan.

domino08 : Quelle est la meilleure méthode pour combattre les talibans ? Le dialogue ou la confrontation armée ?

Mariam Abou Zahab : Un mélange des deux. Le dialogue aurait dû être engagé en Afghanistan dès 2001. On a commis l'erreur de marginaliser tous les Pachtounes en Afghanistan. Il faut réintégrer les Pachtouns dans le jeu politique afghan, et négocier tout en maintenant une pression militaire. Mais tout le monde est maintenant d'accord pour dire que la solution n'est pas militaire. Et cela, les observateurs de l'Afghanistan le savaient dès 2001. Beaucoup de temps et d'occasions ont été perdus, et il est peut-être trop tard.

Nico : Les services secrets pakistanais (ISI), considérés comme un Etat dans l'Etat, sont très militarisés et très puissants. Quels est leur rôle dans ce conflit exactement ?

Mariam Abou Zahab : Les services de renseignement de l'armée pakistanaise sont fortement militarisés, puisqu'ils font partie de l'armée pakistanaise. Ils sont la cible des talibans, comme en témoignent les attentats ciblés récents à Lahore, entre autres. Mais ils ne sont pas un Etat dans l'Etat, ils font partie de l'armée.

Ils ont entretenu des relations ambiguës avec les talibans afghans après 2001, pour des raisons liées à ce que l'armée pakistanaise considère comme les intérêts stratégiques régionaux du Pakistan. Mais il faut dire qu'actuellement, au Pakistan, les groupes militants ont totalement échappé au contrôle tant des services de renseignement, qui les ont parfois soutenus, que de leurs aînés. Ils sont devenus incontrôlables.

cerrumios : Sait-on si le mouvement taliban a des ramifications en Europe ? Quel en est le risque sur le continent ?

Mariam Abou Zahab : Les talibans afghans sont un mouvement purement afghan, avec un agenda très local. Aucun Afghan n'a jamais mené d'opération en Europe ni en Amérique du Nord.

Aurelien : Les populations pakistanaise et afghane ne risquent-elles pas, suite aux diverses opérations militaires, de soutenir un peu plus chaque jour les talibans ?

Mariam Abou Zahab : En Afghanistan, les "bavures" des forces de la coalition renforcent le soutien aux talibans. Et l'envoi de troupes supplémentaires dans le sud de l'Afghanistan ne fera qu'accentuer cette tendance. Au Pakistan, les 2,5 millions de déplacés en veulent autant à l'armée qu'aux talibans. Mais beaucoup disent que les talibans ne s'en prenaient pas aux pauvres, alors que l'armée a tout détruit.

LEMONDE.FR

| 29.05.

Chat modéré par Antonin Sabot

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/05/29/l...


2-2 L’ex-matricule 10005, Lakhdar Boumediene, raconte Guantanamo.

L’ex-matricule 10005 a utilisé ses premières heures de liberté à "décorer" un tee-shirt qui illustre son "match" contre G.W. Bush

Pizza et jus d'orange : le bonheur tient à peu de chose. Voilà sept ans et sept mois que Lakhdar Boumediene n'avait pas mangé comme ça. Sept ans et sept mois qu'il ne s'était pas assis dans un restaurant pour déjeuner en famille.

En ce lundi 25 mai, sous un soleil de plomb, en banlieue parisienne, Lakhdar Boumediene, 43 ans, goûte sa première journée de liberté retrouvée. "Je suis un homme normal", répète-t-il. Le 20 novembre 2008, un juge américain l'a innocenté des accusations de terrorisme qui lui ont valu d'être enfermé au camp de Guantanamo de janvier 2002 au 15 mai 2009. Matricule 10005 : "C'était mon nom là-bas. C'est comme ça qu'on m'appelait. Jamais Lakhdar ou Boumediene. Pour aller plus vite, les gardes disaient 10K5." Il avait été livré aux Américains en décembre 2001 par les autorités bosniaques, qui le soupçonnaient de vouloir fomenter un attentat contre l'ambassade américaine de Sarajevo.

Visage émacié, barbe grisonnante bien taillée, polo gris à manches courtes, pantalon blanc, les yeux noirs enfoncés, Lakhdar Boumediene est un rescapé de 58 kilos. Il y a tout juste dix jours, le 15 mai, il débarquait d'un avion de l'US Air Force sur la base aérienne d'Evreux (Eure) en provenance de Cuba. Neuf heures de voyage mains et pieds menottés, avec seize gardes armés qui se sont relayés par groupe de quatre pendant toute la durée du vol. Sa hantise ? Etre pris d'un besoin pressant.

"Je me souvenais qu'au voyage aller, on n'avait pas le droit d'aller aux toilettes. Alors cette fois, j'avais pris mes précautions : je n'avais ni mangé, ni bu avant mon départ", raconte-t-il.

De nationalité algérienne, Lakhdar a été accueilli en France. Son épouse et ses filles qui, après son arrestation, étaient rentrées en Algérie, l'ont retrouvé ici grâce à l'intervention des autorités françaises. "Surtout n'oubliez pas de remercier le président Nicolas Sarkozy, les ambassadeurs de France à Washington et à Alger et le consul français à Oran", insiste-t-il.

Pour le moment, la famille Boumediene a choisi de vivre en France. Lakhdar y a de la famille et se dit attaché à la culture française. Peut-être retournera-t-il en Algérie un jour, mais l'heure n'est pas venue de dresser des plans sur la comète.

Lakhdar vient de sortir de l'hôpital militaire Percy de Clamart (Hauts-de-Seine), il y a à peine trois heures, et le voilà qui se promène librement au bras d'Abassia, son épouse, de Radjaa, 13 ans, et Raham, 8 ans, ses deux filles qu'il n'a pas vu grandir. "Bien sûr, je ne les ai pas reconnues", s'excuse-t-il.

Lui qui revient de l'enfer s'applique à renouer avec les gestes simples de l'existence. Se débarrasser de Guantanamo, dont il a tout de même ramené sa tenue de prisonnier : un pantalon et une veste kaki. S'échapper du camp 6, où le jour ne pénétrait pas et où le froid dans la cellule, avec la climatisation réglée au maximum, gelait les os. Il raconte : "Réveil à 5 heures pour la prière du matin. Après retour dans la cellule. 6 heures, les gardes viennent te chercher et t'amènent dans une salle. On t'assied sur une chaise, pieds et mains menottés et on te nourrit de force par intubation dans les voies nasales". Lakhdar ne parle à personne. Il respire l'air du dehors une fois par jour, moins d'une heure, "tantôt dans la journée, tantôt la nuit, c'est chacun à son tour", ne croise jamais un codétenu.

Pendant plus de deux ans, de février 2006 jusqu'à sa sortie, il a refusé de se nourrir. Sauf à deux reprises. Le jour de la victoire d'Obama en novembre 2008 - "J'étais content car on avait évité le pire avec Mc Cain" - et le jour où les juges l'ont blanchi. Il a perdu un peu plus de 20 kg.

L'épreuve la plus difficile remonte à février 2003. Son cauchemar. Ses gardes l'interrogeaient sans relâche. "Ils voulaient des informations sur les associations caritatives musulmanes en Bosnie et sur les Arabes qui étaient installés à Sarajevo, mais moi je ne savais rien là-dessus", dit-il. Alors en février 2003, ils l'ont soumis à un interrogatoire serré pendant 16 jours et 16 nuits : " Ça commençait à minuit, ça durait jusqu'à 5 heures du matin. Ça s'arrêtait quelques heures, puis ça reprenait. Ils se sont relayés à six ou sept. Au bout de la troisième ou cinquième nuit, j'ai été ausculté par un médecin de l'armée qui a dit aux geôliers que tout allait bien et qu'ils pouvaient continuer."

Lakhdar Boumediene a été arrêté à Sarajevo en octobre 2001 en compagnie de quatre autres Algériens qui demeuraient comme lui dans la capitale bosniaque. Il était arrivé en Bosnie en avril 1997, où il travaillait pour le Croissant-Rouge, l'équivalent musulman de la Croix-Rouge. Il est parti de Saïda en Algérie, en 1990. "Je voulais aller travailler dans les pays du Golfe parce qu'en Algérie j'étais employé dans une cimenterie et c'était mauvais pour ma santé", assure-t-il.

Après un séjour à Sanaa, au Yémen, il s'est installé pendant deux ans au Pakistan - en 1991 et 1992 - non loin de Peshawar, où il s'occupait d'orphelins dans une école. Il est ensuite retourné au Yémen, où il a été surpris par la guerre de 1994 qui opposait le Yémen du Nord au Yémen du Sud. Il en a profité pour s'inscrire à l'université de Sanaa tout en suivant des cours au Centre culturel français. De là, il a rejoint un copain de Saïda en Albanie, où il a commencé des missions avec le Croissant-Rouge qui l'a finalement envoyé à Sarajevo.

En décembre 2000, lors d'une visite à sa famille en Algérie, il est interpellé par la police alors qu'il vient de franchir la douane à l'aéroport d'Alger. Son passeport confisqué, il est sommé de rester dans la capitale, le temps que les enquêteurs procèdent à des vérifications.

A cette époque, pour fuir l'Algérie et rejoindre le djihad, de nombreux combattants du GIA ont gagné les camps afghans via le Pakistan. Les autorités algériennes le suspectent d'être l'un de ces islamistes. Au bout de cinq ou six jours, on lui rend son passeport, mais après lui avoir délivré un certificat d'amnistie, comme les autorités algériennes en délivraient aux islamistes repentis. "Je n'ai jamais été islamiste, jure-t-il.

Je crois que c'est cet épisode qui est à l'origine de mon arrestation."

Des listes de ressortissants algériens passés par le Pakistan ont-elles été transmises aux Américains après le 11-Septembre ? Sans trop s'appesantir, Lakhdar Boumediene pense que oui.

Yves Bordenave

LE MONDE |

26.05.09 |

BRUNO LÉVY POUR « LE MONDE »

http://www.lemonde.fr:80/ameriques/article/2009/05/26/un-...


2-3 Les politiques de détention illégale et d’interrogation.

Chers amis,

La promesse faite par le Président Obama de fermer la prison de Guantanamo et d’enquêter sur les politiques de détention illégale et d’interrogation brutale de Bush est actuellement menacée.
En effet, les partisans de la torture tels que l’ex vice-président Dick Cheney, craignant probablement les conséquences personnelles de leurs actions, ont lancé une vaste campagne d’opposition à Obama.

De façon surprenante, ils sont en train de gagner cette campagne.

Même les membres du parti d’Obama retirent leur appui à la fermeture de Guantanamo. Le refus des États-Unis de rejeter de telles politiques pourrait représenter un recul considérable pour la cause des droits de la personne.
Des proches d’Obama affirment qu’une pression publique visible favorable à la démarche de la fermeture de la prison est vitale pour que ces démarches continuent.

Assurons-nous d’être entendus et affichons notre appui sur un panneau-annonce géant en plein milieu de Washington DC, pour que tous les politiciens le voient chaque jour.

Pour 25 $, chacun de nous peut acheter un pied carré d’appui au Président Obama ; avec 1000 $, nous pouvons acheter une lettre entière.

Cliquez ici :  https://secure.avaaz.org/fr/stay_strong_obama
Le panneau-annonce affichera nos demandes : la fermeture de Guantanamo dès cette année, une prise en charge responsable des victimes des prisons secrètes, une enquête indépendante sur la pratique de la torture, l’obligation de rendre des comptes par ceux ayant autorisé ou pratiqué la torture et une détention et des pratiques d’interrogatoire respectant la règle de droit dans tous les conflits.

Ainsi que l’a affirmé le président Obama dans son discours aux Nations unies cette semaine, la politique de « guerre au terrorisme » de l’ancienne Administration était illégale, inefficace, isolait les États-Unis et faisait augmenter les risques à la sécurité sur toute la planète. Or, ces deux dernières semaines, des décisions ont été prises à propos de Guantanamo, des commissions militaires ont fait ressortir des photos de torture qui remettent en jeu la doctrine de « L’espoir avant la peur ». Le Président est confronté à des forces populistes dangereuses qui, si elles ne sont pas freinées, pourraient encourager la poursuite des pratiques de détention préventive et de l’impunité dans le futur.
Ceci est donc un moment crucial pour nous tous. Nous devons dire au président Obama que nous voulons qu’il agisse selon ses principes et ses valeurs dans ce dossier. Le meilleur moyen pour ce faire est d’afficher nos demandes de façon très visible dans les rues de la ville la plus puissante du monde.

Cliquez ici pour vous faire entendre https://secure.avaaz.org/fr/stay_strong_obama
En ce moment critique, nous avons la possibilité de renverser la politique de la peur.

Or, nous devons faire entendre notre voix clairement pour signifier que nous ne croyons pas à cette politique. Ce n’est que par le respect de l'état de droit, de la dignité humaine et de la justice que nous pourrons vaincre la violence mondiale et les divisions.
Le choix nous appartient. Pour utiliser les propres mots d’Obama, le changement ne viendra pas de lui, il viendra de nous tous. Provoquons-le.

Avec espoir,
Brett, Alice, Raj, Ricken, Pascal, Graziela, Paula et le reste de l’équipe d’Avaaz.



3 Annexe

3-1 Le 60ème anniversaire de l'OTAN.

Dessin des MaJo Brothers  pour “TERZ”, Düsseldorf

À long terme nous n’échapperons pas à une considération fondamentale aussi bien au niveau des principes que de la stratégie :

      1. La désastreuse politique des USA menace de jeter lentement mais sûrement la totalité du monde musulman dans les bras de la Chine. Même le monarque saoudien, lorsqu’il a pris ses fonctions, ne s’est pas rendu, comme presque tous ses prédécesseurs, à Washington, mais bien à Shanghaï. Un tel bloc (presque 3 milliards d’êtres humains) ferait presque un nain du monde occidental avec ses 800 millions d’habitants. Conséquence importante : l’Europe doit faire plus d’efforts en direction du monde musulman pour empêcher la formation de ce bloc. Une tâche d’autant plus urgente que la Chine remporte en Afrique des succès diplomatiques éclatants. Même l’amitié de l’Inde- qui  ne nous est pas acquise- ne changerait rien à cette situation et à cette évolution démographiques catastrophique. Or l’Inde, depuis toujours, se méfie autant de l’Ouest que de l’Est.

     2.  La très officielle politique de sécurité usaméricaine : menacer de déclarer la guerre à tout État cherchant ne fût-ce qu’à égaler la puissance militaire et l’arsenal US,  même si cet État n’affiche nulle intention belliqueuse, a un point faible que nous devons mettre à profit : nous pourrions parer à la menace contre tel ou tel pays  en établissant une « communauté de réaction à la crise », qui engagerait par contrat toutes les autres puissances importantes à laisser les USA partir à nouveau seuls en guerre s’ils le font  dans le seul but  d’accroître encore  leur prédominance.

     3.  On doit bien sûr prendre en compte les intérêts sécuritaires des personnes de confession juive au Moyen-Orient. Israël, prévu et établi comme tête de pont des intérêts géopolitiques britanniques et usaméricains à courte vue dans la région doit être partie intégrante, avec tous ses citoyens de toute confession et de toute origine, d’une solution globale pour toute la région, garantie par une politique de paix. Et l’Allemagne aurait là, vu son très lourd passé, un rôle important à jouer ;

     4. Il ne s’agit bien sûr pas de négliger pour autant les contacts directs, aussi diversifiés que positifs, noués avec le peuple usaméricain. Car, ne l’oublions pas, il y a  des Usaméricains parmi les premières victimes de la criminalisation croissante et de la déchéance de leur système politique : victimes  de la pauvreté, du chômage, de l’inégalité des chances, d’un système d’éducation et de santé défectueux. La poursuite de notre amitié avec le peuple usaméricain apporte la garantie que le « pacte de crise » évoqué plus haut ne conduira pas à une guerre pire encore  que la politique actuelle des USA.

Les défis induits par cette politique sont bien connus : En Afghanistan Obama a poursuivi sans complexes dans le droit fil de l’administration Bush-Cheney en nommant chef des armées précisément le général Stanley McChrystal,  qui, sous les ordres directs de Cheney, a été de 2003 à 2008 le grand tueur secret officiel des USA, et a fini commandant en chef du « Joint Special Operation Command » (JOSC).

Le lauréat du Prix Pulitzer Seymour Hersh a qualifié de « démentes » les opérations menées par le JOSC et a accusé Cheney de « crimes » commis dans ce contexte. En commun avec l’ambassadeur extraordinaire Richard Holbrooke (« the bulldozer ») et l’ex-général Karl Eikenberry, « le fabricant de talibans » - comme par hasard le nouvel ambassadeur des USA à Kaboul – MacChrystal forme un trio-catastrophe pratiquement incapable de rater son but. Le Pakistan sera désormais, non plus comme simple « dommage collatéral », mais pour son plus grand malheur, pris en tenaille pieds et mains liés entre l’armée et les services secrets US.

   Et Obama a d’ores et déjà fixé un délai d’un an à l’Iran pour se ranger aux vues « américaines ». En coulisse, Israël fait merveille pour pousser les USA à la guerre.  Et après avoir vécu  200 ans sans attaquer aucun de ses voisins, l’Iran risque de tomber  de  Charybde en Scylla si, se montrant prêt à se défendre, il offre ainsi un prétexte pour qu’on l’attaque.

AUTEUR: Christoph R. HÖRSTEL
Traduit par Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Jeudi 04 Juin 2009

http://www.alterinfo.net/Pour-une-nouvelle-strategie-mond...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

 

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

07/06/2009

n°268 - dossiers de l'Afghanistan - 05-06 –Début - Barack Obama : Discours et conséquence

n°268 - dossiers de l'Afghanistan - 05-06 –Début  - Barack Obama : Discours et conséquence



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°268 du 05-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Obama: «Les Etats-Unis ne seront jamais en guerre contre l'islam»

Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis(?)

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo : Les archives oubliées- Le Jeu De L’argent

1-2 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

1-3 Vidéo : suite de L'histoire secrète du pétrole E4/8 P3/3

1-4 Vidéo : Tir de CAESAR par le 93° RAM de l'armée de Terre.

1-5 Vidéo : Tir de l'obus BONUX

1-6 Vidéo : Ruppert lit Brzezinski : The Grand Chessboard

1-7 Andrew Hughes : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

1-8 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les conflits.

Suite

2 Les Brèves

2-1 Conférence régionale sur la sécurité.

2-2 Des services secrets étrangers aux côtés des Etats-Unis

2-3 Blackwater, symbole de la privatisation de la guerre

2-4 Guantanamo : Les Brèves

2 Ben Laden critique Obama : 240 détenus se trouvent toujours au centre de détention de Guantanamo.

3 Dossiers

3 -1 Barack Obama : Discours et conséquence

1 Barack Obama : "Guantanamo a aidé Al-Qaeda"

2 Guantanamo : contre-offensive de Barack Obama.

3 Fermer Guantanamo, Monsieur Obama, oui, mais après?

Fin

3-2 Dick Cheney se pose en premier opposant

1 Cheney : "Je reprendrais les mêmes décisions"

2 Dick Cheney : L'administration a constaté qu'il était facile de se faire applaudir en Europe en fermant Guantanamo...

3-3 Bill Van Auken : Torture - Panetta : « Nous sommes une nation en guerre. »

3-4 Joe Kishore : Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis.

3-6 Pierre Haski : La torture sous Bush : portrait des « treize tortionnaires » principaux.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...



Tiré à part :

Obama: «Les Etats-Unis ne seront jamais en guerre contre l'islam»

ARTICLE + VIDEO

A l'université du Caire,  devant 3000 personnes, le président a prononcé  un discours..

Obama a dit  qu'il était venu "chercher" au Caire un "nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis", estimant que le "cycle de la méfiance et de la discorde devait s'achever"  Le discours était diffusé aux 1,5 milliard de musulmans dans le monde sur des réseaux de socialisation sur internet comme Facebook, Twitter et MySpace, de façon à multiplier son impact tandis que le site internet du département d'Etat propose de recevoir des extraits par sms en arabe, persan, ourdou et anglais.

La vidéo du discours de Barack Obama (avec Public Sénat)

http://www.dailymotion.com/video/x9hm0z_un-nouveau-depart-entre-les-musulma_news

 

Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis(?)

Dix rappels préalables au discours du Caire ...

« Votre choix du Caire comme lieu de votre discours au monde arabe et islamique a choqué de nombreux observateurs au Moyen-Orient », écrit Abdul Rahman Mansur

Dans son adresse au monde arabe et islamique Obama ira-t-il au -delà de simples gesticulations ? Ou sur le fond ne fera-t-il que confirmer le cours pro-israélien de son administration ?

Alors que l’Egypte souffre d’un système politique qui a recours à une répression systématique pour supprimer toute opposition politique, votre choix a été considéré comme un cadeau venant du président nouvellement élu qui semble avoir oublié son propre avertissement lancés aux leaders mondiaux le 20 janvier au moment de la cérémonie d’intronisation : « Pour ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et autres abus, à ceux qui font taire les voix discordantes je dis : vous devriez savoir que vous êtes du mauvais côté de l’Histoire, mais nous sommes disposés à tendre nos mains vers sous si vous êtes disposés à changer. »

Choisir l’Egypte, domicile du plus grand mouvement islamique dans le Moyen-Orient, comme lieu de rendez-vous pour s’adresser au monde arabe et islamique, peut se justifier par l’influence culturelle, politique et religieuse du pays dans la région. Mais il y a des doutes sur le fait que le discours du 4 juin ne soit pas qu’un autre épisode de votre série de discours de propagande depuis votre cérémonie d’investiture comme président des États-Unis.

La décision de votre administration de reconduire les sanctions à l’encontre de la Syrie est contraire à vos promesses faites lors d’entretiens avec des puissances régionales du Moyen-Orient, et la faible réponse de votre gouvernement aux menaces d’Israël d’attaquer l’Iran met encore plus en évidence que les tenants d’une ligne intransigeante ont encore la main haute à Washington. D’ailleurs, la décision prise il y a quelques jours de maintenir les tribunaux militaires à Guantanamo, a justifié les frustrations et les doutes de beaucoup quant aux ambitieuses promesses venant d’un président qui fait face à de grands défis.

Il est juste d’affirmer que votre visite au Caire n’entraînera pas de changement substantiel dans la région, principalement parce que même si l’administration américaine soutient les politiques de réforme et le renforcement de la démocratie, elle continue à empêcher tout progrès significatif en refusant d’use de sanctions et conditions préalables.

Toutefois, pour que votre visite ait des conséquences significatives pour le Moyen-Orient, il serait dans votre intérêt de garder à l’esprit dix points qui autoriseraient une compréhension plus approfondie de la culture arabe et islamique et feraient que votre discours irait au-delà de simples gesticulations diplomatiques.

1 - La bande de Gaza et l’Irak, problèmes certainement les plus difficiles au Moyen-Orient

Le mépris affiché par votre administration pour les crimes de guerre commis par l’armée d’occupation israélienne dans la bande de Gaza est un puissant témoignage de son absence de réelle préoccupation pour les droits de l’homme dans la région ; plus de 1000 civils, la moitié étant des femmes et des enfants, ont été massacrés et plus de 5000 ont été blessés au cours de trois semaines d’un bombardement massif. Nous attendons toujours que vous condamniez ces violations flagrantes des droits de l’homme.

L’occupation de l’Irak par les forces américaines, qui prétendaient sauver le peuple irakien de la dictature, a placé le peuple irakien entre deux enfers : la guerre civile ou l’occupation. Inutile de dire que le monde entier a vu les images des tortures et traitements inhumains infligés aux prisonniers d’Abou Gharib.

2 - La guerre contre l’islam alimentée par les néo-conservateurs

La guerre contre l’Islam lancée par votre prédécesseur, le président George Bush était répugnante à la fois pour les pays arabes et les pays musulmans, qui continuent d’être mal représentés et sont tous des exemples d’une souffrance sur laquelle les États-Unis ont fermé les yeux. Les personnes arrêtées et détenues de force dans la prison de Guantanamo attendent des excuses de la part des États-Unis. Si la compréhension et le respect sont deux choses que vous tenez à exprimer au monde jeudi prochain, parler de l’islamophobie est nécessaire.

3 - Votre soutien des régimes autoritaires annule vos promesses

Avoir choisi le Caire est un généreux cadeau fait au régime de Moubarak, qui n’a pas réussi au cours des 25 dernières années à organiser même une seule fois des élections vraiment justes et démocratiques ; une véritable critique de son régime, alors que vous êtes au Caire, est à portée de la main. Ne pas être capable de critiquer Moubarak et les régimes despotiques arabes aurait pour effet de faire disparaître l’espérance suscitée par les promesses de votre discours d’investiture, principalement celle de soutenir la démocratie et les réformes politiques au Moyen-Orient.

4- Rencontrer les leaders de l’opposition

Une rencontre avec les dirigeants de l’opposition vous donnerait une image fidèle et claire de ce qui se passe en Égypte. Les médias égyptiens, à la fois publics et privés, sont dominés par les voix qui s’activent pour Moubarak et son régime, lequel est hostile à tous les mouvements d’opposition, même ceux sur s’exprimant sur Internet. Les dirigeants de l’opposition, ainsi que les bloggers, représentent la fenêtre permettant de voir quels sont les meilleurs moyens de mettre en œuvre le changement en plaçant les bonnes pressions économiques et diplomatiques sur le régime égyptien pour imposer une réforme politique qui est bloquée depuis le début de l’ère du président Hosni Mubarak.

5- Le peuple attend des actes et déteste les discours de propagande

Les dirigeants arabes ont eu du succès à ce jour dans le marketing en utilisant des discours de propagande, et nous ne sommes pas disposés à écouter d’autres discours qui n’ont rien à voir avec le monde réel. Les axes stratégiques pour changer la politique américaine envers le monde arabe et musulman doivent être au centre de votre intervention. Les actes valent mieux que les mots ! Et la mise en œuvre de vos plans vaudra mieux que de les conserver dans des tiroirs.

6- Les dirigeants islamiques vous aideront

Votre nomination de Dalia Mogahed, au sein du Conseil de la Religion [Council of Religion], à la Maison Blanche, a été en faveur des droits des minorités en Amérique et vous garantie un conseil véritablement modéré pour parler du point de vue musulman. Nommer près de vous des personnes comme Dalia Mogahed, ainsi qu’emmener les Musulmans de la Maison Blanche dans votre équipe lors de votre passage au Caire, donnera à votre visite une bonne influence et ira dans le sens de vos promesses de soutenir l’avènement d’une véritable paix avec le monde islamique. Donner à ces personnes une voix au chapitre lors votre visite au Caire aura un impact significatif sur vos objectifs d’améliorer votre relation avec le monde islamique.

7- Rester à l’écart des pressions israéliennes

Les politiques de réforme et d’appui à la démocratie au Moyen-Orient sont contraires aux intérêts d’Israël dans la région. Le lobby israélien cherche à étendre son autorité à l’intérieur de la communauté politique américaine, et il ne faut pas céder à la pression israélienne.

8 - Les mouvements islamiques sont l’avenir du changement

Le large succès des Frères musulmans en Egypte à l’occasion des élections législatives, M. le Président, vous impose d’ouvrir de véritables canaux de communication avec les mouvements islamiques dans la région, notamment le Hamas qui a remporté les élections en Palestine en 2006. Surmonter les nombreux obstacles pour parvenir à une vision commune avec les mouvements islamiques au Moyen-Orient est le moyen de définir l’avenir de l’Amérique au Moyen-Orient.

9 - Le changement doit venir de l’intérieur et non pas des Etats-Unis !

Mais étant donné les divers messages qui vous ont été envoyés après votre accès à la présidence, et de l’enthousiasme et l’espoir qui ont traversé le monde après le 20 janvier de cette année, nous sommes certains que des changements réels dans les questions du Moyen-Orient ne peuvent venir uniquement des Etats-Unis. Aujourd’hui, une génération de jeunes militants, des réformistes, des mouvements politiques et intellectuels peuvent amener des changements réels dans la région, mais pour cela les États-Unis d’Amérique doivent cesser de soutenir les dictateurs arabes qui en retour de cet appui soutiennent les projets américains et israéliens dans la région.

10 - Apprenez de votre prédécesseur

Les discours de propagande, qui empêchent tout progrès, sont le plus sûr moyen de mener la région vers un abîme politique. Les politiques menées depuis le début de votre présidence et les écarts par rapport aux valeurs sur lesquelles vous avez fondé votre élection, ne feront de vous qu’un nouveau George Bush, peut-être juste plus charismatique. Rappelez-vous que vous faites l’histoire en posant le pied sur le sol d’Égypte. Ne faites pas de gros titres avec vos idées et vos projets, mais mettez-les en oeuvre et prenez les bonnes décisions lors de vos prochaines visites dans le monde arabe.

Vous devez vous attaquer à toutes les questions que les États-Unis ont toujours décrites comme vitales et importantes dans la région.

Abdul Rahman Mansur

* Abdulrahman Mansour est un blogueur égyptien et militant politique, terminant un diplôme en Communication et Médias à l’Université du Caire.

1° juin 2009 - Palestine Telegraph - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.paltelegraph.com/middle-...
Traduction de l’anglais : Claude Zurbach



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n°268 - dossiers de l'Afghanistan - 05-06 –Suite - Barack Obama : Discours et conséquence

n°268 - dossiers de l'Afghanistan - 05-06 –Suite  - Barack Obama : Discours et conséquence



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°268 du 05-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Les Brèves

2-1 Conférence régionale sur la sécurité.

2-2 Des services secrets étrangers aux côtés des Etats-Unis

2-3 Blackwater, symbole de la privatisation de la guerre

2-4 Guantanamo : Les Brèves

2 Ben Laden critique Obama : 240 détenus se trouvent toujours au centre de détention de Guantanamo.

3 Dossiers

3 -1 Barack Obama : Discours et conséquence

1 Barack Obama : "Guantanamo a aidé Al-Qaeda"

2 Guantanamo : contre-offensive de Barack Obama.

3 Fermer Guantanamo, Monsieur Obama, oui, mais après?

 



2 Les Brèves

Ndlr : La publication de l'article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

2-1 Conférence régionale sur la sécurité.

Le ‘secrétaire’ à la guerre Gates a exhorté samedi les alliés des Etats-Unis à contribuer davantage à la construction d'infrastructures(…)  en Afghanistan et au renforcement de ses forces de sécurité.

"Je sais que certains en Asie estime que l'Afghanistan ne représente pas une menace stratégique pour leur pays, du fait notamment de sa localisation géographique", "Mais la menace des pays chancelants a une portée internationale - que ce soit en matière de sécurité, d'économie ou idéologique", a dit Gates lors d'une réunion avec ses homologues asiatiques.

Gates a souligné que ses propos visaient également les Européens, dans la mesure où l'Otan a érigé l'Afghanistan en priorité.

Il a notamment déploré l'écart entre la rhétorique dispensée dans le cadre de l'Alliance atlantique et "les moyens que nos alliés sont prêts à mettre en œuvre".

"Les besoins sont bien plus grands que les engagements qui ont été pris", a-t-il dit.

Beaucoup de membres de l'Otan avancent qu'ils ont déjà envoyé un nombre importants de soldats en Afghanistan et estiment que la stabilisation du pays ne passe pas uniquement par un effort militaire.

"Le défi en Afghanistan est si complexe et si peu conventionnel qu'il ne peut être relevé que si nous travaillons tous de concert", a concédé Gates.

"Nous avons beaucoup de défis à relever en Afghanistan (...)

C'est le quatrième ou cinquième pays le plus pauvre au monde, mais il y a du potentiel.

L'Afghanistan d'il y a 35 ans, était un exportateur agricole et d'autre chose que le pavot."

La sécurité de l'Afghanistan demeure toutefois dépendante en premier lieu du renforcement des forces armées et de police, sur lesquels Washington investit beaucoup, a-t-il ajouté.

Elle est en outre liée à la situation chez son voisin pakistanais et Gates a salué l'offensive menée par les autorités d'Islamabad contre les taliban actifs dans le nord-ouest du pays, notamment dans la vallée de Swat.

"Je crois que le fait qu'ils aient lancé cette action, avec la force de frappe dont ils disposent dans l'ouest du pays, démontre qu'ils comprennent l'immédiateté de la menace", a dit le responsable américain.

Il a renouvelé l'engagement des Etats-Unis à fournir une aide militaire au Pakistan mais a laissé entendre que Washington ne souhaitait pas y déployer de soldats américains.(…)

Eveline Sanubrata et Kash Cheong,

version française Grégory Blachier

(Reuters)

http://www.challenges.fr/depeches/monde/20090530.REU7353/les_usa_attendent_plus_de_leurs_allies_en_afghanistan.html

30-05


2-2 Des services secrets étrangers aux côtés des Etats-Unis

Ndlr : La publication de l'article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Les services secrets étrangers capturent, interrogent et emprisonnent pour le compte des Etats-Unis la plupart des suspects de ‘terrorisme’ dans le contexte des conflits en Irak et en Afghanistan. C'est ce qu'affirme samedi le quotidien "The New York Times" sur son site internet.

Seuls les suspects les plus importants constituent une exception, indique le journal citant des responsables américains non identifiés. Ces 10 derniers mois, environ une demi-douzaine d'experts financiers ou de logistique de niveau intermédiaire travaillant pour Al-Qaïda ont été capturés et pris en charge par des services secrets de quatre pays du Proche-Orient, ajoute-t-il.

Ils ont été arrêtés par les services de sécurité locaux à la suite d'informations fournies par les Etats-Unis, précise le journal, qui cite un officier du contre-terrorisme non indentifié.

Les deux suspects de plus haut rang membres présumés d'Al-Qaïda capturés depuis l'arrivée au pouvoir du président Barack Obama, l'un saoudien, l'autre yéménite, ont été ainsi arrêtés par les services de renseignement du Pakistan avec l'aide des services américains, indique le "New York Times".

ats / 24 mai 2009 


2-3 Blackwater, symbole de la privatisation de la guerre

En février dernier, Blackwater a changé de nom pour s'appeler « Xe ». Une tentative pour faire oublier l'image désastreuse laissée par la société privée de sécurité en Irak. Cinq de ses employés sont accusés d'avoir tué 17 civils irakiens désarmés à un carrefour de Bagdad en septembre 2007. Depuis, Blackwater a perdu son contrat de protection des responsables américains dans le pays.

En Afghanistan, la société de sécurité opère principalement sous le nom de sa filiale Paravant. Ses agents travaillent notamment pour la multinationale américaine Raytheon, chargée d'une partie de la formation de l'armée afghane.

De plus en plus d'employés de sociétés privées de sécurité arrivent en Afghanistan. Ils seraient environ 3 000 aujourd'hui. La plupart viennent d'Irak. Le gouvernement afghan n'a pas défini de cadre légal précis pour régir leurs activités.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/113/article_81281.asp



2-4 Guantanamo : Les Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Al-Qaida  dénonce  «le criminel Barack Obama»

Arrivée du président américain à Riyad pour sa première visite en Arabie saoudite et avant son discours très attendu du Caire.

Le numéro deux d'Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, a estimé que le discours du président américain était une "opération de relations publiques".

Barack Obama «est venu chercher par la duperie ce qu'il n'a pas réussi à obtenir sur le terrain», dénonce le numéro 2 du mouvement islamiste Ayman Al-Zawahiri, à la veille du discours que prononcera le président américain au Caire.

Précéder la tempête médiatique Obama.

Avant même que le président américain ne foule le sol égyptien, al-Qaïda a condamné mardi «le discours du Caire», que Barack Obama prononcera jeudi dans l'espoir de réconcilier le monde musulman avec les Etats-Unis.

Pour le numéro 2, Ayman Al-Zawahiri, cette allocution s'apparente à une «opération de relations publiques».«Ce criminel est venu chercher par la duperie ce qu'il n'a pas réussi à obtenir sur le terrain après que les moujahidine ont détruit le projet des croisés de l'Amérique en Irak, en Afghanistan et en Somalie», fustige le lieutenant d'Oussama ben Laden dans un message vidéo diffusé sur internet.

Pour Al-Zawahiri, le locataire de la Maison-Blanche a déjà adressé un message clair aux musulmans avec la politique américaine au Proche-Orient et la poursuite des guerres en Afghanistan et en Irak. Afin d'illustrer ses propos, défilent d'ailleurs au fil de la vidéo des images la visite en Israël du président américain et un extrait d'un discours dans lequel Barack Obama se dit attaché à la sécurité d'Israël. «Ses messages sanglants ont été reçus et sont toujours en train d'être reçus par les musulmans, et ils ne pourront être masqués par des visites ridicules et des mots élégants», martèle le haut-responsable d'al-Qaida, pour qui les Egyptiens ne doivent pas lui faire confiance. «Ceux qui en Egypte salueront le président américain sont les 'esclaves de l'Amérique' », met-il en garde. «Ils ont fait de l'Egypte un centre international de torture et ils assiègent les Palestiniens dans la bande de Gaza».

 AFP

03.06.09

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/06/03/ben-laden-critique-obama-dans-un-enregistrement_1201883_3222.html#ens_id=1200818


2 Ben Laden critique Obama : 240 détenus se trouvent toujours au centre de détention de Guantanamo.

La chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar a annoncé, mercredi 3 juin, la diffusion imminente d'un enregistrement sonore d’Oussama Ben Laden, dans lequel "il s'en prend à la politique du président américain Barack Obama à l'égard du monde musulman".

Obama suit les pas de son prédécesseur dans sa politique d'hostilité à l'égard des musulmans. Il pose ainsi les fondements de guerres de longue durée", a déclaré le chef d'Al-Qaida dans les extraits de son message diffusés par Al-Jazira.

Oussama Ben Laden y a affirmé que "[Barack] Obama et son gouvernement ont jeté les semences de plus de haine et de volonté de revanche contre l'Amérique".

Il en a donné comme exemple l'offensive menée par l'armée pakistanaise contre les talibans dans la vallée de Swat.

"Que le peuple américain se prépare à continuer à cueillir les fruits de ce qui a été semé par les dirigeants de la Maison Blanche pendant les années et les décennies à venir", a-t-il dit.

AFP

03.06.09

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/06/03/ben-laden-critique-obama-dans-un-enregistrement_1201883_3222.html#ens_id=1200818



3 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3 -1 Barack Obama : Discours et conséquence

1 Barack Obama : "Guantanamo a aidé Al-Qaeda"
C'était un discours très attendu. Le président américain Barack Obama a réaffirmé, jeudi, devant le Congrès, sa volonté de fermer le camp de détention de Guantanamo comme il s'y était engagé pendant sa campagne, et comme il l'a confirmé dans un décret signé le 22 janvier .

Le chef de la Maison-Blanche devait reprendre le contrôle d'une situation délicate. Mercredi, les démocrates du Congrès lui ont en effet refusé les fonds qu'il avait réclamés pour fermer Guantanamo. Ils sont favorables à cette fermeture, mais craignent que des suspects de terrorisme ne se retrouvent sur le sol américain, en prison ou dans la rue, et veulent savoir précisément ce que Barack Obama compte faire des 240 détenus enfermés à Guantanamo avant de lui accorder les 80 millions de dollars demandés.
"Ma responsabilité la plus importante, c'est de garantir la sécurité du peuple américain. C'est la première chose à laquelle je pense en me levant le matin, c'est la dernière chose à laquelle je pense en me couchant le soir", a déclaré Barack Obama dès les premières minutes de son allocution. "Nous avons été la nation qui a fermé les camps de torture", a ensuite rappelé le président américain, en évoquant le rôle joué par les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Barack Obama s'est ensuite montré plus ferme : "Le gouvernement [Bush] a pris des décisions précipitées, basées sur la peur plutôt que sur la clairvoyance, considérant que les principes étaient des luxes, desquels on pouvait se passer." "Bien sûr, nous sommes en guerre contre Al-Qaeda, a reconnu Barack Obama. Mais il faut mener ce combat avec responsabilité." "La justice ad hoc qui a été décidée après le 11-Septembre ne peut plus continuer", a-t-il affirmé.
Cinq cas de figure pour les détenus de Guantanamo
La torture "affaiblit l'État de droit, nous met le monde à dos, renforce les terroristes", a ensuite prévenu le locataire de la Maison-Blanche. "Cela ne fait pas avancer notre effort de guerre contre le terrorisme", a-t-il martelé, affichant ainsi son profond désaccord avec l'administration Bush. "Il faut renvoyer ces méthodes-là où elles ont leur place, dans le passé", a-t-il ensuite lancé. "Pendant plus de sept ans, nous avons détenu des centaines de personnes à Guantanamo. Trois personnes seulement ont été condamnées", a ensuite déploré Barack Obama, précisant : "Les deux tiers des détenus ont été libérés avant ma prise de fonction." Le président américain a poursuivi : "Guantanamo est devenu un symbole qui a aidé Al-Qaeda. La prison de Guantanamo a accru les dangers, renforcé nos ennemis. Le coût de maintien en service de Guantanamo est beaucoup plus substantiel que sa fermeture. Je sais que la fermeture de Guantanamo est complexe." "En tant que président, je refuse que ce problème pourrisse", a prévenu le chef d'État. "Ces dernières semaines, nous avons vu un retour à la politisation de ces questions", a reconnu le président américain, disant "comprendre" ces agissements.
"Nous n'allons pas libérer qui que ce soit qui mettrait en danger la sécurité nationale", a précisé Barack Obama, pour répondre à la crainte des parlementaires de sa majorité qui s'est exprimée ces derniers jours. "Nous sommes en train d'évaluer chacun des cas de Guantanamo", a-t-il expliqué, se disant "conscient" que sous l'administration Bush, certains détenus ont été "renvoyés sur les champs de bataille". Le Président a ensuite examiné cinq cas de figure. "Certains détenus seront jugés par des cours fédérales américaines", a expliqué Barack Obama, citant le cas de Zacharias Moussaoui, considéré comme le "20e pirate du 11-Septembre". L'idée de transférer des détenus du camp de Guantanamo vers des prisons de haute sécurité aux États-Unis soulève de nombreuses inquiétudes parmi les Américains. "Gardez ceci à l'esprit: personne ne s'est jamais échappé de l'une de nos prisons fédérales dites supermax, dans lesquelles sont enfermés des centaines de terroristes", a-t-il dit.
Les photos de sévices "enflamment l'anti-américanisme"
Deuxième catégorie : les détenus "qui ont violé le droit de la guerre" seront jugés par des tribunaux militaires, a continué Barack Obama, assurant qu'il allait "remettre les tribunaux militaires dans le bon droit". Ensuite, "les détenus pour qui des décisions ont déjà été prises sous la précédente législature". Quatrième cas : "les détenus qui peuvent être transférés vers un autre pays". Cinquante prisonniers sont dans ce cas, a dit Barack Obama. Enfin, "les détenus de Guantanamo qui ne peuvent être poursuivis pour leurs crimes passés, mais qui n'en représentent pas moins une menace pour la sécurité des États-Unis". "C'est le sujet le plus délicat à traiter", a-t-il reconnu. Le président a ainsi implicitement admis la possibilité de maintenir indéfiniment ces personnes en détention. "Je ne libérerai pas des gens qui représentent un danger pour les Américains", a-t-il assuré.
Concernant sa décision de refuser la publication de photos de sévices exercés sur des détenus de Guantanamo, Barack Obama s'est justifié en expliquant que cela allait "enflammer l'anti-américanisme et encourager la guerre". "J'ai dû trouver un équilibre entre la sécurité nationale et la transparence", a expliqué Barack Obama, qui a prévenu que les sévices "ne correspondent pas aux idéaux américains". "Je comprends que les Américains aient besoin de connaître toute l'histoire", a-t-il reconnu. "Mon administration fera son possible pour donner le plus d'informations possible aux citoyens", a-t-il promis. "Mais on ne peut pas tout dire." "Le secret défense est nécessaire pour défendre les États-Unis", a affirmé Barack Obama. "Mais certains en ont abusé", a-t-il admis, dans une allusion à peine cachée à son prédécesseur George W. Bush.

 Cyriel Martin

21/05/2009

http://www.lepoint.fr/presidentielle-americaine/2009-05-21/nouvelle-charge-contre-l-administration-bush-barack-obama-guantanamo-a-aide-al-qaeda/1781/0/345661

 

2 Guantanamo : contre-offensive de Barack Obama.

Après la rebuffade du Congrès, le président a affirmé sa détermination à fermer le camp et transférer certains détenus au pays

Barack Obama a dû rappeler les Pères fondateurs. Il a dû en appeler à la victoire contre le fascisme et le communisme. A ces valeurs qui ont permis à l’Amérique de se poser « en défenseur des libertés », et de s’appuyer sur des alliés pour mener des guerres cherchant « à fermer les chambres de torture » qu’utilisaient les ennemis. Le président avait choisi jeudi la salle des Archives nationales – là où est gardé l’exemplaire original de la Constitution américaine – pour tracer une ligne directe entre les fondations mêmes de l’Amérique et la fermeture du camp de Guantanamo.

Deux jours après son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama s’était engagé, au nom des mêmes principes, à fermer le camp où ont été envoyés les « ennemis combattants » de la guerre contre le terrorisme décrétée par George Bush. Mais depuis lors, le débat a pris un tour presque saugrenu à Washington. Mercredi, les membres du Congrès ont rejeté pratiquement à l’unanimité, démocrates et républicains confondus, la fermeture de la prison. Motif : les élus craignent que les prisonniers ne soient libérés aux Etats-Unis, ou à tout le moins, qu’ils soient placés dans une prison fédérale située dans leur Etat, qui les laisserait s’échapper. Not in my backyard, pas dans mon jardin, semble être devenu ainsi la considération ultime des parlementaires.

Forcé de lancer la contre-offensive, Barack Obama leur a rappelé hier qu’aucun détenu ne s’est jamais échappé d’une prison américaine de haute sécurité. « L’idée de ne pas vouloir transférer ces détenus aux Etats-Unis n’est pas rationnelle », a-t-il jugé. Mais il le sait bien : la rationalité, ici, a peu de place, tandis que sénateurs et représentants commencent déjà à penser aux élections du mid-term (en 2010) et que l’ancien vice-président Dick Cheney s’emploie partout depuis des semaines à rallumer les feux en défendant le traitement des prisonniers pratiqué par son administration. « Les membres du Congrès ont aussi promis de respecter la Constitution », leur a lancé Obama dans ce qui apparaît comme l’une des plus grandes dissensions jusqu’ici entre le nouveau président et son parti.

"Un foutoir"

Ne s’en tenant pas aux valeurs et aux principes, Barack Obama est aussi entré dans le détail des catégories de prisonniers de Guantanamo, décrivant comme un « foutoir » (mess) la situation juridique laissée en place par l’administration Bush. Alors que Washington s’est enflammé sur la question, la classe politique semble en effet avoir oublié que tous les détenus de Guantanamo ne sont pas des « terroristes » et que nombre d’entre eux ont déjà été jugés « libérables » par la justice américaine.

Fortement contesté aussi bien à droite qu’à gauche, Obama a rejeté dos-à-dos ceux pour qui « tout est bon » pour combattre le terrorisme et ceux qui réclament « la transparence absolue » au mépris de la sécurité. « Les Américains ne sont pas des absolutistes », commentait-il en insistant sur « l’honnêteté, l’attention et le sens commun » qui doivent guider ses mesures.

"Oui mais" aux détentions sans procès

Barack Obama, ainsi, a défendu le maintien des commissions militaires pour juger certains détenus, à condition que le fonctionnement de ces commissions soit rendu plus transparent et conforme au respect des garanties des prisonniers. Il a aussi admis que certains prisonniers, qui « représentent une menace » pour le pays, continueraient d’être détenus, même en l’absence d’un procès. Il a pris l’exemple de militants d’Al-Qaida qui avait promis allégeance à Oussama ben Laden, ou d’experts en explosifs qui « continuent d’être en guerre contre les Etats-Unis ».

Cependant, le président a souligné à de nombreuses reprises que cette sorte de version miniature de Guantanamo, sans Guantanamo, se ferait dans le cadre de l’Etat de droit. Comme pour prouver que l’essentiel des procédures peut se dérouler au sein de la justice civile, l’administration a annoncé hier le transfert aux Etats-Unis d’Ahmed Ghailani, détenu à Guantanamo pour sa participation supposée aux attentats contre les ambassades des Etats-Unis en Tanzanie et au Kenya en 1998.

Ces arguments longuement exposés (c’était l’un des discours les plus longs du président) ont cependant peu de chances de convaincre le Congrès, jugeaient hier les observateurs. D’autant que, juste après Obama, c’était au tour de Dick Cheney de prendre la parole devant un think-tank conservateur de Washington dans un discours retransmis par toutes les télévisions. « En matière de lutte contre le terrorisme, il n’y a pas de demi-mesures », expliquait l’ancien vice-président en faisant une nouvelle fois l’apologie de la torture (qu’il ne qualifie pas ainsi…) et de Guantanamo. « Car ces demi-mesures laisseront l’Amérique à moitié exposée. »

Luis Lema-

Le Temps

22 mai 09 -

http://www.droitshumains-geneve.info/Guantanamo-contre-offensive-de,4473

 

3 Fermer Guantanamo, Monsieur Obama, oui, mais après?

Le président américain Barack Obama réaffirme jeudi, dans un grand discours sur la sécurité nationale, sa détermination à fermer le camp de détention de Guantanamo comme il s'y est engagé, a indiqué un responsable de l'administration.
Dans ce discours prévu vers 10H00 (16H00, heure belge) à Washington, M. Obama a du dire qu'il est résolu à défendre à la fois la sécurité des Américains et les grandes valeurs des Etats-Unis, et sa conviction que l'un ne peut se faire sans l'autre, a dit ce responsable sous couvert de l'anonymat.
Où iront les détenus?
Au moment cependant où le débat fait rage sur la manière de rompre avec les pratiques antiterroristes controversées de l'époque Bush et surtout sur la manière de fermer Guantanamo, ce responsable n'a pas dit comment M. Obama comptait dissiper les profondes inquiétudes, jusque chez ses amis démocrates, devant la possibilité que des prisonniers se retrouvent sur le sol américain, en prison ou dans la rue, après leur transfert de Guantanamo.
La question se pose par exemple pour 24 détenus dont la justice a ordonné la libération et qui attendent l'application de ce jugement.
La prison américaine, située à Cuba, a "affaibli la sécurité nationale des Etats-Unis plutôt que de la renforcer, c'est pourquoi le président Obama honorera son engagement à la fermer", a dit le responsable.
Les fantômes de l'ère Bush
M. Obama a signé le 22 janvier, deux jours après son investiture, un décret ordonnant la fermeture de Guantanamo d'ici à janvier 2010.
Depuis sa prise de fonctions cependant, son administration est hantée par les fantômes ‘antiterroristes’ de la présidence Bush.
Les controverses culminent actuellement avec le refus de ses amis démocrates au Congrès, alliés pour l'occasion à leurs adversaires républicains, de lui accorder les 80 millions de dollars qu'il a demandés pour mener à bien la fermeture de Guantanamo.

Ils sont favorables à cette fermeture mais craignent que des suspects de terrorisme se retrouvent sur le sol américain, et veulent savoir précisément ce que M. Obama compte faire des 240 détenus enfermés à Guantanamo avant de lui accorder les fonds demandés.
Le discours de jeudi constitue une tentative de la part de M. Obama de reprendre l'initiative.
La politique de Bush sur le terrorisme, un échec
M. Obama devait y dire que protéger les Américains est la responsabilité primordiale du président. Mais il est "convaincu, dans chaque fibre de son être, que nous ne pouvons protéger ce pays si nous ne nous adjoignons pas la puissance de nos valeurs les plus fondamentales", selon ce responsable.
Le système de détention et de jugement des suspects de terrorisme mis en place sous George W. Bush est un échec; il n'a permis de juger que trois individus et il a failli aux grandes valeurs américaines; "C'est pourquoi nous nous nous sommes fourvoyés; c'est pourquoi nous nous sommes aliéné nos alliés", selon ce responsable.
Devant cette situation, la nouvelle administration ne peut se permettre le luxe de tout reprendre à zéro, elle doit nettoyer ce qui est un "beau bazar", selon ce responsable.
M. Obama devait exposer les différents cas de figure posés par la fermeture de Guantanamo.
Un Etat de droit
Son administration fera juger les détenus par les tribunaux civils quand c'est possible, et, quand c'est nécessaire, par les tribunaux militaires d'exception qu'il a décidé de maintenir en les réformant; elle transférera vers des pays tiers les prisonniers qui peuvent l'être, a dit ce responsable.
Pour les 24 prisonniers dont la justice a ordonné la libération, M. Obama dira que les Etats-Unis sont un Etat de droit et que l'administration doit se conformer à ses lois. (belga/acx)

21/05/

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/861319/2009/05/21/Fermer-Guantanamo-Monsieur-Obama-oui-mais-apres-.dhtml


 

n°268 - dossiers de l'Afghanistan - 05-06 –Fin - Barack Obama : Discours et conséquence

n°268 - dossiers de l'Afghanistan - 05-06 –Fin - Barack Obama : Discours et conséquence



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°268 du 05-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3 Dossiers (suite)

3-2 Dick Cheney se pose en premier opposant

1 Cheney : "Je reprendrais les mêmes décisions"

2 Dick Cheney : L'administration a constaté qu'il était facile de se faire applaudir en Europe en fermant Guantanamo...

3-3 Bill Van Auken : Torture - Panetta : « Nous sommes une nation en guerre. »

3-4 Joe Kishore : Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis.

3-6 Pierre Haski : La torture sous Bush : portrait des « treize tortionnaires » principaux.



3-2 Dick Cheney se pose en premier opposant

1 Cheney : "Je reprendrais les mêmes décisions"

La réponse ne s'est pas fait attendre. Moins d'une heure après le discours d'envergure de Barack Obama sur la sécurité nationale américaine - un discours dans lequel le président américain a plusieurs fois mis en cause la politique de la précédente administration - l'ancien vice-président de George W. Bush, Dick Cheney, a réagi. "Aujourd'hui, je veux vous exposer la réflexion stratégique derrière notre politique," a-t-il déclaré devant un groupe de réflexion conservateur, American Enterprise Institute. "Je le fais comme quelqu'un qui a été là chaque jour de l'administration Bush, qui a soutenu les décisions prises et qui les reprendrait sans hésitation dans les mêmes circonstances", a affirmé l'ancien vice-président.
Répondant point par point au discours de Barack Obama, qui portait en grande partie sur la fermeture annoncée du centre de détention de Guantanamo, Dick Cheney a estimé que transférer sur le sol américain les "pires terroristes" actuellement détenus dans cette prison serait "source de grand danger". L'ancien vice-président américain a également revendiqué les méthodes d'interrogatoire "poussées", estimant qu'elles avaient sauvé des vies américaines. "J'étais et je demeure un partisan de notre programme d'interrogatoires poussés" a martelé Dick Cheney.
"Les critiques de notre politique cherchent à nous faire la leçon sur le thème de la nécessité d'être en conformité avec les valeurs américaines", a-t-il dit, "mais aucune des valeurs qui sont chères aux Américains n'oblige les responsables au service du public à sacrifier des vies innocentes pour épargner des choses déplaisantes à un terroriste en captivité". "Derrière la réaction hystérique aux techniques d'interrogatoires poussés, il y a de manière plus large une méconnaissance des menaces auxquelles notre pays est toujours confronté", a affirmé l'ancien vice-président de George W. Bush.

Afp

Publié le 21/05/2009 : Le Point.fr

http://www.lepoint.fr/presidentielle-americaine/2009-05-21/dick-cheney-je-reprendrais-les-memes-decisions/1781/0/345688

 

2 Dick Cheney : L'administration a constaté qu'il était facile de se faire applaudir en Europe en fermant Guantanamo...,

Penché sur le texte qu'il lisait d'une voix monocorde, l'ancien vice-président américain Dick Cheney ne pouvait sembler, lors de son intervention sur la sécurité, plus éloigné en style du flamboyant président Barack Obama, qui venait de prononcer un discours sur Guantanamo.

L'opposition entre les deux hommes ne se résume pas à la forme, l'ancien vice-président s'étant installé ces derniers mois dans le rôle d'un des principaux opposants à Obama, alors que George W. Bush a choisi de se cantonner à la réserve des anciens chefs d'Etat.

Cheney était invité jeudi à l'American Enterprise Institute, un laboratoire d'idée conservateur de Washington. Son discours, prévu de longue date, a pris l'allure d'une réponse à l'intervention d'Obama prononcée quelques minutes plus tôt.

Le visage fermé, Cheney a vivement critiqué la politique d'Obama. Il est resté de marbre alors qu'il évoquait les chapitres les plus intenses de la présidence Bush, le chaos des attentats du 11-Septembre et les services de sécurité qui l'ont alors mis à l'abri dans un bunker secret.

Un tel événement "peut affecter la vision que l'on a de ses responsabilités", a-t-il remarqué.

"SE FAIRE APPLAUDIR EN EUROPE"

Il s'est ensuite montré particulièrement virulent, tout d'abord contre la décision d'Obama de fermer le centre de détention de Guantanamo sans solution sur le devenir des prisonniers.

"L'administration a constaté qu'il était facile de se faire applaudir en Europe en fermant Guantanamo, mais qu'il était délicat de proposer une alternative qui serve les intérêts de la justice et de la sécurité nationale américaine", a commenté Cheney.

De la décision d'Obama d'interdire le recours aux interrogatoires "musclés" contre les terroristes suspectés, il a estimé qu'il s'agissait d'"imprudence se faisant passer pour de la rigueur morale et nuisant à la sécurité du peuple américain".

Il a également fustigé le choix du gouvernement de publier les mémos décrivant ces méthodes d'interrogatoire mais de garder secret les compte-rendus des informations récoltées par ces moyens.

"L'administration, pour des raisons qu'il lui appartiendra d'expliquer, estime que le public a le droit de connaître la méthodologie des questions mais pas le contenu des réponses."

"MORALISME FACTICE"

L'ancien vice-président s'en est ensuite pris à l'attitude de certains sénateurs et représentants sur ces méthodes d'interrogatoire.

Il a souligné que certains élus étaient connus pour avoir demandé des rapports confidentiels à ce sujet et avoir approuvé ces méthodes en privé, avant de "filer se mettre à l'abri au premier signe de controverse".

"Au fil de ma longue expérience à Washington, peu de sujets ont provoqué autant d'indignation feinte et de moralisme factice que les méthodes d'interrogatoire appliquées à quelques terroristes capturés", a-t-il dit.

Dick Cheney n'a plus qu'une faible cote de popularité auprès des Américains, et de nombreux républicains aimeraient le voir s'effacer afin de refonder un parti en ruines après ses échecs électoraux de 2006 et 2008.

Les démocrates se jettent quant à eux sur ses prises de parole, estimant qu'elles ne font que renforcer leur position.

L'ancien vice-président ne semble pas s'en soucier, et attaque régulièrement les mesures de l'équipe Obama qui mettent selon lui en danger les Etats-Unis, un militantisme peu coutumier pour un ancien pensionnaire de la Maison blanche.

L'ancienne porte-parole de la Maison blanche Dana Perino a estimé que Cheney avait "tout à fait le droit" d'ignorer ceux qui le critiquent et de s'exprimer publiquement.

"Je pense qu'une bonne partie (des critiques) ne sont que du bruit. Je pense qu'il est bon, en Amérique, que nous puissions avoir une liberté de parole vigoureuse avec des discussions franches et ouvertes, et l'ancien vice-président fait ce que ferait quiconque dans sa situation."

Steve Holland

REUTERS |

21.05.

Par Version française Gregory Schwartz

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/pro...


3-3 Bill Van Auken : Torture -  Panetta : « Nous sommes une nation en guerre. »

Après une semaine de récriminations acerbes entre la Central Intelligence Agency et la speaker démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi au sujet de ce qu’elle savait sur la torture, le directeur de la CIA Leon Panetta a tenté de mettre un terme à cette discussion publique, employant un discours qui répétait la rhétorique de l’administration Bush.
Dans son premier discours public depuis sa nomination par Obama à la tête de la CIA, Panetta à affirmé que les Etats-Unis étaient « une nation en guerre » et insisté que les crimes de l’administration Bush ne devaient pas nuire aux opérations actuelles de l’armée américaine et des services du renseignement.
 « Je ne les prive pas de la chance de tirer les leçons de cette période », a déclaré Panetta devant le Pacific Council on International Policy à Los Angeles. « Mais… nous devons faire très attention à ne pas oublier notre responsabilité envers le présent et le futur. Nous sommes une nation en guerre. Nous devons faire face à cette réalité tous les jours. Et bien qu’il soit important de tirer les leçons du passé, nous ne devons pas le faire de sorte que cela puisse sacrifier notre capacité de demeurer concentrés sur… ceux qui menacent les Etats-Unis d’Amérique. »
 « Nous sommes une nation en guerre. » Cette phrase a été invoquée des centaines sinon des milliers de fois par Bush, Cheney, Rumsfeld, Rice, Gonzales et d’autres pour justifier les atrocités militaires en Irak et en Afghanistan, la torture, la restitution extraordinaire, l’espionnage illégal de ses citoyens ainsi que l’auto-attribution impériale par la présidence de pouvoirs sans précédent.
Plus tôt cette année, des conseillers de la Maison-Blanche avaient communiqué aux médias que l’administration Obama laissait tomber les références à la « guerre mondiale contre le terrorisme », la justification passe-partout de l’administration Bush pour ses guerres à l’étranger et son attaque contre les droits démocratiques au pays.
Il devient de plus en plus évident cependant que les méthodes amenées par Bush sont maintenues pratiquement intactes par la nouvelle administration démocrate et que la rhétorique malhonnête employée pour les justifier ressemble de plus en plus à celle de son prédécesseur.
Qu’est-ce que cela signifie que d’affirmer que les Etats-Unis sont « une nation en guerre » ? Le Congrès américain n’a lancé aucune déclaration de guerre contre un pays.
Les Etats-Unis sont une nation en guerre seulement dans le sens où son armée est perpétuellement utilisée pour mener des invasions illégales, des occupations néocoloniales, des bombardements, des assassinats et d’autres actes de violence contre les peuples qui ont le malheur de se trouver dans le chemin du capitalisme américain et de son pillage des ressources et des marchés mondiaux.

L’identité de l’ennemi dans cette guerre sans fin est laissée délibérément imprécise car les cibles de l’agression militaire américaine changent constamment.

Ainsi, Panetta ne fait référence qu’à « ceux qui pourraient menacer les Etats-Unis ».

Dire que c’est un langage digne d’un roman d’Orwell n’est pas exagéré. L’état de guerre perpétuel imposé aux citoyens opprimés de l’Océania dans « 1984 » aurait pu être écrit comme une allégorie pour la politique moderne de l’Etat américain tant sous Bush que Obama.

Panetta n’a rien laissé à l’imagination sur les implications de ce prétendu état de guerre.

Le directeur de la CIA a dit qu’il ne « lui enlèverait pas », parlant ici du Congrès américain, « l’occasion d’apprendre les leçons de cette période ». Toutefois, il a averti que toute enquête doit être entreprise d’une façon « très prudente ». Une enquête sur les crimes de guerre du passé ne doit pas interférer avec les crimes de guerre présents et futurs.

Cet avertissement de restreindre toute enquête sur la torture, et avant tout ne pas permettre qu’un haut responsable ne soit reconnu coupable d’un tel crime, vient après le déni par Panetta des déclarations qu’a faites Pelosi la semaine dernière. Elle avait dit que la CIA lui avait menti en 2002 en disant ne pas utiliser la simulation de noyade (waterboarding) dans ses interrogatoires.

Il ne s’agit pas de passer sous silence la complicité de Pelosi dans la politique de la torture.

Mais il est un fait extraordinaire que Panetta, un individu nommé à son poste par le président, n’a eu aucune retenue à contredire publiquement la speaker élue de la Chambre des représentants qui est, selon la constitution, la deuxième sur les rangs de ceux qui remplacent le président, après le vice-président.

Lorsque Panetta avait été nommé directeur de la CIA, les républicains et quelques démocrates ont souligné qu’il n’avait aucune expérience dans le domaine du renseignement. Au bout du compte, toutefois, il fut confirmé unanimement par le Sénat dans son poste.

Il est un individu en qui, très clairement, l’élite dirigeante américaine a pleine confiance qu’il protégera ses intérêts. Il a commencé sa carrière en tant qu’adjoint républicain dans l’administration Nixon pour ensuite devenir un démocrate élu au Congrès et finalement premier secrétaire du président Clinton. Après, il a profité de ses nombreuses relations dans les centres du pouvoir de la finance et du monde des affaires, tout en continuant à demeurer très impliqué dans la politique d’Etat. En 2006, il s’est joint au groupe d’étude de l’Irak qui s’était fixé comme objectif de faire adopter un changement de tactique quant à la politique de guerre des Etats-Unis. En 2008, il a été payé plus de 830 000 $ en frais de consultations et en honoraires par des compagnies comme BP Corportation, Merrill Lynch et le Groupe Carlyle.

Panetta parle au nom de l’Etat dans l’Etat, de l’appareil permanent des agences du renseignement et de l’armée qui dominent le gouvernement américain peu importe quel parti est au pouvoir.

Ces couches rechignent après l’exposition très limitée des crimes de l’administration Bush par la publication des mémos sur la torture le mois passé. C’est ce qui a été indiqué dans un article qui a été publié mardi passé dans le Washington Post par Walter Pincus, un individu ayant des liens étroits avec la CIA. Il a parlé d’inquiétudes du « personnel de l’agence » qui pense ne plus pouvoir « mener des interrogatoires de façon efficace » étant donné les nouvelles règles sur la torture et les « autres opérations en Afghanistan et au Pakistan qui doivent être elles aussi revues ».

Les démocrates cèdent complètement lorsque soumis à ce type de pression. L’attaché de presse d’Obama a refusé de prononcer le moindre mot sur le différend entre Pelosi et Panetta alors que les démocrates au Congrès craignent le débat sur la torture, le décrivant de plus en plus souvent comme une distraction.

L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush tout en protégeant les personnes qui en sont responsables. Les deux guerres lancées pour affirmer l’hégémonie américaine sur le golfe Persique et l’Asie centrale continuent de bénéficier du soutien des deux partis. Obama est lui-même responsable de crimes de guerre, y compris le bombardement qui a tué 150 civils ce mois-ci en Afghanistan. L’espionnage au pays, la restitution extraordinaire et les commissions militaires ont été maintenus par l’administration. La torture recommencera inévitablement et est probablement même déjà recommencée.

Ultimement, tout ce processus révèle la futilité des élections sous le système biparti des Etats-Unis. Ceux qui prennent le pouvoir, Obama autant que Bush, ne sont pas responsables devant le peuple américain, mais bien devant une mince couche de la population constituée d’une oligarchie financière, du commandement militaire et des agences du renseignement : ceux qui contrôlent véritablement les Etats-Unis.

Bill Van Auken
22 mai

http://www.wsws.org/

http://www.alterinfo.net/Panetta-et-la-guerre-sans-fin-de-Washington_a32795.html


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06/06/2009

n° 267 - journal de l'Afghanistan - 21-05 au 05-06 - Début : Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.

n° 267 -  journal de l'Afghanistan - 21-05 au 05-06 - Début : Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan n° 267 - du 21-05 au 05-06

                                                                      C.De Broeder & M.Lemaire     



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias.

Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



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Sommaire.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Les USA tentent d'accuser les Afghans de leurs crimes de guerre.

Blackwater comme toujours au cœur d’une polémique (...)

Philippe Leymarie : De bavure en bavure en Afghanistan…

Paroles & action du président...

Obama contre une commission indépendante sur l'ère Bush.

Obama évoque la possibilité d'une détention indéfinie...

L’Afghanistan au cœur des débats.

Cheney affirme qu'il reprendrait les mêmes décisions.

Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.

1 Analyse & déclaration :

Résistance

Occupants:

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

Suite

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

Fin

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 



L'Afghanistan en chiffre du 21-05 au 05/06/09

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 13

 4

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 38

 17

 

 

 

Peuple Afghan

 30

 20 + x

 

 



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

24-05

Un civil est mort de ses blessures suite à un raid aérien mené mercredi par l'Otan dans la province de Paktya, dans l'est de l'Afghanistan, a indiqué l'Otan dans un communiqué.
"Une enquête a déterminé que la personne n'était pas en train de poser une bombe artisanale, contrairement à ce qui était initialement soupçonné", ajoute le communiqué de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), qui dirige les troupes de l'Otan en Afghanistan.

AFP

Les USA tentent d'accuser les Afghans de leurs crimes de guerre.

L'armée US ont essaie de lancer des versions alternatives du dernier massacre, le classique "bouclier humain" et une intenable version de massacre préalable par les taliban à la grenade :

«"Un grand nombre de talibans, dont des combattants étrangers, s'étaient installés dans les villages de Ganj Abad et de Grani, où ils rackettaient les habitants" (...) "Les talibans ont délibérément obligé les habitants à se regrouper dans des maisons depuis lesquelles ils ont attaqué les forces afghanes et de la coalition", selon le rapport qui dénonce "la brutalité" des talibans envers les civils qu'ils "utilisent comme boucliers humains".»

Comparer cette version avec le témoignage rapporté par AP le jour même : "Des villageois ont expliqué avoir mis les femmes et enfants à l'abri des affrontements dans plusieurs maisons du village de Gerani, qui a ensuite été bombardé par des avions de chasse".

Quant à l'autre version, au vu des images des maisons complètement rasées après la visite US, les taliban doivent posséder de très puissantes grenades....

 

Blackwater comme toujours au cœur d’une polémique (...)

Un civil afghan tué, un autre dans le coma  et un troisième légèrement blessé : voilà le bilan d'une fusillade provoquée par des employés de Xe, la compagnie américaine de sécurité privée plus connue sous le nom de Blackwater.

Trois des quatre mercenaires sont rentrés aux Etats-Unis..

Romal, 28 ans, n'a pas survécu à ses blessures. Touché au dos par une balle d'AK-47, il est mort peu après son arrivée à l'hôpital.

Farid a eu plus de chance. Légèrement blessé, il a pu rentrer chez lui.

Raheb Doste, 25 ans, est toujours dans le coma. « Il est soigné à l'hôpital militaire afghan de Kaboul. Au début, il respirait grâce à un tuyau dans le nez. Les médecins lui ont ensuite fait passer un autre tuyau dans la gorge. Ils nous ont dit qu'il fallait beaucoup prier pour lui », explique sa grand-mère, Raheb Doste est l'une des trois victimes d'une bavure d'employés américains de Paravant, filiale de la société privée de sécurité Blackwater

L'affaire remonte au 5 mai dernier. Ce jour-là, vers 21 heures, deux 4x4 Land Rover blancs de Blackwater roulent à grande vitesse sur la route de Jalalabad.

Arrivé à proximité de Kaboul, le chauffeur du premier 4x4 perd le contrôle de son véhicule et percute violemment un poteau sur le bas-côté. Le deuxième Land Rover s'arrête.

Arrive alors la Corolla conduite par Farid.

Les agents de Blackwater ouvrent le feu.

Touché à la main, Farid accélère et s'engage sur la petite route qui mène à Yuketoute. A ses côtés, Romal reçoit une balle dans le bas du dos.

Raheb, lui, rentrait à pied chez lui avec son ami Ramin Sediqui. Ils étaient à plus de 150 mètres du lieu de l'accident lorsqu'a éclaté la fusillade. « Nous avons entendu une voiture qui accélérait et ensuite des coups de feu. J'ai eu peur, je me suis enfui. Quand je suis revenu quelques minutes plus tard, Raheb était allongé par terre, inconscient, la tête ensanglantée », raconte Ramin Sediqui, un lycéen de 18 ans.

Selon Daniel Callahan, l'avocat des quatre employés de Balckwater, ceux-ci ont tiré … pour se protéger !.

« Le premier 4x4 a été percuté par la Corolla. Les passagers du deuxième 4x4 sont sortis pour voir s'il y avait des blessés. A ce moment-là, la Corolla a fait demi-tour et a foncé vers eux. Les employés de Blackwater n'ont fait que se défendre contre une attaque d'insurgés. »

Une version démentie par la police afghane. « Farid est un commerçant qui travaille à Kaboul. Il n'a rien à voir avec les talibans ou un groupe d'insurgés. Selon les témoignages que nous avons recueillis, les Américains étaient ivres », assure Rohulla, le chef de la police criminelle du commissariat du 9e district de Kaboul. « 

Aucun doute, ils ont bien utilisé des fusils-mitrailleurs AK-47 alors qu'ils n'en avaient pas le droit. « Ces armes leur ont été fournies par des responsables de Blackwater en Afghanistan », rétorque Daniel Callahan.

L'affaire a une pris une tournure invraisemblable en fin de semaine dernière. Les quatre agents de Blackwater appellent alors Daniel Callahan et lui expliquent qu'ils sont retenus contre leur gré à Kaboul par leur employeur. « Ils m'ont dit être enfermés dans une mosquée », explique l'avocat américain. « Nous ne les avons jamais retenus de force. Nous leur avons demandé d'attendre l'autorisation du département de la Défense américain de quitter le pays », répond Anne Tyrrell, porte-parole de la compagnie de sécurité.

Selon un ex-employé de Blackwater en Afghanistan, l'entreprise a bien différentes adresses à Kaboul mais aucune ne correspond à une mosquée. « Ce sont de maisons afghanes classiques », assure-t-il.

Trois des quatre employés impliqués dans la bavure sont rentrés en début de semaine aux Etats-Unis pour échapper à de possibles poursuites de la justice afghane.

Le quatrième serait encore à Kaboul. Tous ont été licenciés par Blackwater. L'armée américaine a lancé une enquête.

23/05/2009 

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n° 267 - journal de l'Afghanistan - 21-05 au 05-06 – Suite 1 : Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.

n° 267 -  journal de l'Afghanistan - 21-05 au 05-06 – Suite 1 : Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.



journal de l'Afghanistan n° 267 - du 21-05 au 05-06

                                                                      C.De Broeder & M.Lemaire     



Sommaire.

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Les grandes manœuvres

L'ancien ambassadeur Us en Afghanistan ne sera pas le bras droit d'Hamid Karzaï…

Hamid Karzaï n'entend pas faire de l'ancien ambassadeur des Etats-Unis Zalmay Khalilzad le "directeur exécutif" de son pays, comme le New York Times lui en prêtait l'intention, déclare, mardi 19 mai, son porte-parole.

Le quotidien américain écrivait lundi, citant sans les nommer des responsables américains et afghans, que l'ancien représentant de Washington en Afghanistan et en Irak pourrait obtenir un poste important dans l'exécutif afghan.

Ambassadeur des Etats-Unis en Afghanistan de 2003 à 2005, en Irak de 2005 à 2007, puis auprès de l'ONU jusqu'au 20 janvier 2009, Zalmay Khalilzad, citoyen américain mais originaire de ce pays, est connu par beaucoup d'Afghans sous les noms de "vice-roi de Kaboul", "émir de Kaboul" ou encore "chef de Karza" en raison de son poids dans la politique locale.

Selon un responsable américain cité par le New York Times, Hamid Karzaï envisageait d'en faire son "directeur exécutif", une façon de lui offrir les prérogatives d'un premier ministre sans en avoir le titre "parce qu'il ne serait pas responsable devant le système parlementaire".

Ce rôle de premier ministre ou chef de gouvernement indépendant du président ne figure pas dans le système institutionnel afghan, où le pouvoir présidentiel prévaut.

M. Khalilzad fait partie d'une longue liste de personnalités auxquelles a été attribuée la volonté de se présenter à la présidentielle afghane du 20 août face à Hamid Karzaï, mais qui ont pour la plupart renoncé.

Sa présence aux côtés de M. Karzaï pourrait favoriser une amélioration des relations entre Kaboul et les Occidentaux, même si le président afghan s'est fait fort d'affirmer régulièrement son indépendance depuis le départ de l'influent ambassadeur américain.

19- 05

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/05/19/l...


Sur le terrain

23-05

Les militaires ont pris le contrôle du bazar de Loy Cherah, dans la ville de Marjeh, dans la province méridionale d'Helmand, où ils ont trouvé 75 tonnes de graines de pavot, plus de 17 tonnes de morphine, d'opium et d'héroïne, dit un communiqué de l'armée.

L'Afghanistan produit plus de 90% de l'opium dans le monde.

Les civils ont été évacués du bazar pendant l'opération et un drone "observe maintenant les lieux pour détecter toute tentative des activistes et des criminels de modifier les conditions pour faire croire à tort qu'il y a des pertes civiles", poursuit le communiqué.

Reuters


Politique intérieure & extérieure

L'Association du barreau d'Afghanistan,  demande le rapatriement de Mohammad Jawad incarcère à Guantanamo à 12 ans.(1)

L'Afghanistan a demandé aux Etats-Unis le rapatriement de Mohammad Jawad  un Afghan de 19 ans, envoyé à l'âge de 12 ans à Guantanamo (Cuba), selon un procureur de l'Etat afghan, tandis que des avocats ont affirmé qu'il avait été torturé dans la prison américaine.

Alors âgé de 12 ans, Mohammad Jawad avait été arrêté par la police afghane en décembre 2002 pour avoir lancé une grenade qui avait blessé deux soldats américains.

Il avait ensuite été livré à l'armée américaine et transféré début 2003 à Guantanamo où il se trouve toujours.

"Il n'y a aucun doute que Jawad a été torturé alors qu'il était aux mains du gouvernement américain pendant les sept dernières années", a lancé son avocat, Eric Montalvo, un commandant du corps des Marines américains désigné par le département américain de la Défense.

"Nous avons envoyé une lettre officielle à l'ambassade des Etats-Unis (à Kaboul, ndlr) demandant le rapatriement le plus rapidement possible de Mohammad Jawad", a déclaré le procureur de l'Etat afghan Sayed Sharif Sharif, au cours de la même conférence de presse.

"Nous attendons du gouvernement américain qu'il laisse rentrer Jawad sans délai", a ajouté M. Sharif, pour qui la détention du jeune homme est "totalement illégale".

Une fois rentré, Mohammad Jawad sera interrogé par les autorités afghanes, selon la même source. "Il est probablement innocent et il sera libéré", a dit M. Sharif.

Par ailleurs, l'Association du barreau d'Afghanistan, qui a appelé lundi les présidents afghan Hamid Karzaï et américain Barack Obama à libérer le jeune homme, a elle aussi accusé l'armée américaine de tortures.

"Jawad a subi des violences totalement inhumaines, des tortures pendant des interrogatoires à Guantanamo", qui l'ont poussé à tenter de se suicider en se fracassant la tête contre les murs de sa cellule, a déclaré à la presse le président de l'Association, Rohullah Qarizada.

Selon lui, les tortures consistaient notamment à le priver de sommeil, le frapper, le menacer de mort, ou encore lui verser du poivre dans les yeux.

Interrogé sur ces accusations, M. Montalvo a répliqué: "Ces allégations ne sont pas des allégations, ce sont des faits (...) qui ont été révélés par les procureurs américains qui avaient engagé des poursuites contre Jawad. (...) Il n'y a aucun doute que Jawad a été torturé".

Les avocats du jeune homme ont saisi la Cour suprême d'Afghanistan pour contester ce qu'ils estiment être une extradition illégale d'un mineur innocent.

L'armée américaine a longtemps détenu à Guantanamo des prisonniers sans jugement pour une durée illimitée au nom de la "guerre contre le terrorisme".

Une fois sortis, de nombreux prisonniers ont raconté avoir subi des tortures mentales et/ou physiques.

Depuis juin 2008, les détenus de Guantanamo peuvent contester leur emprisonnement devant la justice de droit commun, et le président américain Barack Obama, élu en novembre dernier, s'est engagé à libérer les prisonniers que la justice aurait déclaré illégalement détenus.

AFP

/ 01 juin

http://www.romandie.com/ats/news/090601144238.owm1jdyq.asp



b) Les occupants 

1) Usa

Obama

«Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l'islam»

«Le discours du Caire» de Barack Obama ambitionne de réchauffer les relations sérieusement dégradées entre l'opinion publique musulmane et Washington.

Des liens mis à mal sous l'administration Bush par la guerre en Irak, le scandale de la prison d'Abou Ghraib, le camp de Guantanamo et, plus largement, les pratiques défendues par l'ancien président républicain au nom de la lutte contre le terrorisme.

Cependant Barack Obama a d'ores et déjà nuancé la portée de son allocution. Un «seul discours ne va pas résoudre tous les problèmes», a-t-il reconnu, mais «ce déplacement dans les pays musulmans représente une opportunité pour nous de faire en sorte que les deux parties s'écoutent un peu plus». «Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l'islam.

D'ailleurs, si l'on compte le nombre d'Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l'un des plus grands pays musulmans de la planète», a-t-il encore plaidé mardi dans son entretien à Canal +.

C.J. (lefigaro.fr) avec AFP

03-06

http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/03/01003-20090603ARTFIG00402-al-qaida-denonce-le-criminel-barack-obama-.php


Dans les coulisses et au sénat

Plus d'argent pour les guerres, pas pour fermer Guantanamo

Le Sénat américain a adopté jeudi soir un projet de budget supplémentaire pour 2009 de 91,3 milliards de dollars pour financer les guerres en Irak et en Afghanistan, tout en refusant au président Barack Obama les fonds qu'il réclamait pour la fermeture de Guantanamo.
Les sénateurs ont adopté le budget par 86 voix contre 3 après plusieurs jours d'un débat portant essentiellement sur le sort des 240 détenus de la prison située sur l'île de Cuba.
Mercredi, ils avaient adopté un amendement par 90 voix contre 6 visant à interdire d'accorder des fonds pour la fermeture de Guantanamo.
Jeudi, le président Obama a affirmé dans un discours sa détermination à fermer le camp de détention de Guantanamo comme il s'y est engagé et a défendu l'idée de transférer des détenus du camp de Guantanamo vers des prisons de haute sécurité aux Etats-Unis, malgré l'inquiétude soulevée au Congrès et dans l'opinion publique par la perspective d'un transfert de ces prisonniers sur le sol américain.
"Gardez ceci à l'esprit: personne ne s'est jamais échappé de l'une des nos prisons fédérales (dites) supermax, dans lesquelles sont enfermés des centaines de terroristes", a-t-il dit.(belga/chds)
 

22/05/09

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/861889/2009/05/22/Plus-d-argent-pour-les-guerres-pas-pour-fermer-Guantanamo.dhtml

 

Le Congrès américain refuse de financer la fermeture de Guantanamo

20.05.

Le Congrès américain, pourtant dominé par les démocrates, a infligé un rare camouflet à Barack Obama, mercredi 20 mai, en lui refusant une enveloppe de 80 millions de dollars qu'il demandait pour la fermeture de la prison de Guantanamo. Pour le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, "ce n'est ni le moment ni le projet de loi pour traiter ce problème". Les parlementaires examinaient le projet de budget supplémentaire pour financer les guerres en Afghanistan et en Irak, d'un montant de  91,3 milliards de dollars pour 2009.

Plus que le projet de loi actuellement examiné, c'est la perspective de libérer les prisonniers de Guantanamo et d'en voir certains relâchés aux Etats-Unis qui inquiète la majorité démocrate. Elle n'a pas pourtant avancé de solution quant au sort de ces détenus, indiquant qu'elle attendait un plan de l'administration. Le directeur du FBI, Robert Mueller, a alimenté ces craintes en déclarant que ses services avaient des "inquiétudes concernant le fait que des individus qui pourraient soutenir le terrorisme soient aux Etats-Unis".
"En aucun cas les démocrates ne bougeront sans un plan complet et responsable du président", a souligné M. Reid. Le numéro deux de la majorité démocrate,
Richard Durbin, a cependant assuré que les démocrates étaient favorables à la fermeture de la prison, prévue d'ici janvier 2010, tout en approuvant la décision de retirer l'argent du projet de budget. Quant à l'opposition républicaine, elle a de nouveau plaidé pour le maintien pur et simple de Guantanamo.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/05/20/le-con...


Sur le terrain

21-05

Transférer sur le sol américain les "pires terroristes" actuellement détenus à la prison de Guantanamo serait "source de grand danger", a déclaré jeudi l'ancien vice-président Dick Cheney au cours d'un discours devant un groupe de réflexion conservateur.

(AFP)


Guantanamo

Prisons, exactions & torture  dans le camp de concentration de Guantanamo

1 Au jour le jour

Suicide ( ?) présumé de Mohammed Ahmad Abdallah Salih à Guantanamo

Mohammed Ahmad Abdallah Salih emprisonné depuis plus de sept ans à Guantanamo sans inculpation a été retrouvé mort dans sa cellule, ont indiqué mardi les autorités militaires américaines.

Mohammed Ahmad Abdallah Salih, aussi connu sous le nom d'Al Hanashi, 31 ans, a été retrouvé «inanimé et ne respirant plus» dans sa cellule lundi lors d'un contrôle de routine des gardes de la prison militaire américaine, a indiqué le commandement régional sud (Southcom) dans un communiqué.

«Des personnels médicaux ont immédiatement été appelés par les gardiens. Après des tentatives de réanimation sans succès, il a été prononcé mort par un médecin», ajoute le communiqué.

Une enquête a été lancée pour élucider les causes et les circonstances de ce décès, et le corps de M. Al Hanasi sera rapatrié au Yémen après avoir été autopsié, ont ajouté les autorités.

La principale association américaine de défense des libertés, l'American Civil Liberties Union (Aclu), a réclamé que cette enquête soit menée de façon «indépendante» et qu'elle soit «complète et transparente».

«Les morts tragiques comme celle-ci sont devenues trop courantes dans un système qui enferme les détenus indéfiniment sans inculpation ni procès», a affirmé Ben Wizner, un avocat de l'Aclu.

«Il faut qu'il y ait immédiatement une enquête indépendante et transparente, sur les circonstances entourant ce suicide présumé et les conditions de détention à Guantanamo», a-t-il ajouté.

M. Al Hasani était arrivé dans le camp en févier 2002 depuis l'Afghanistan, où il avait été capturé par les forces américaines qui l'accusaient d'appartenir à un groupe lié a la résistance.

Il s'agit du cinquième cas rapporté de suicide depuis l'ouverture du camp de détention sur la base américaine de Cuba en 2002 dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme» menée par les Etats-Unis, selon les autorités.

AFP

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200906...

 

Al Hdod : Détenus de Guantanamo : Gates évoque à Ryad le programme de réinsertion (…)
M. Gates, a parlé avec le ministre adjoint de l'Intérieur, le Prince Mohammad ben Nayef, qui a lancé en 2006 ce programme de réinsertion ayant ramené à la vie civile 117 jihadistes saoudiens auparavant détenus dans la prison américaine.
"J'ai fait part au Prince de nos bonnes impressions sur le programme de rapatriement-réinsertion en Arabie saoudite", a déclaré M. Gates à la presse.
Ces discussions ont notamment porté sur la "possibilité que certains des détenus yéménites intègrent ce système", a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis n'ont pas fait de demande spécifique lors de cette conversation, a souligné Gates précisant que "c'était plus une conversation générale sur la capacité et la possibilité" d'une telle mesure…
06 Mai
AFP


Guantanamo : Paroles & Justification

Le juge John Bates  limite le pouvoir de détention du président.

Un juge fédéral de Washington a estimé que le pouvoir du président des Etats-Unis de détenir dans la prison de Guantanamo des hommes arrêtés pour terrorisme était plus limité que ne le souhaitait l'administration Obama, ouvrant la voie à une bataille judiciaire.
Dans une décision, le juge fédéral John Bates rejette la notion de "soutien important" aux talibans, au réseau Al-Qaïda ou à un groupe terroriste associé "comme base unique pour détenir quelqu'un". Cette notion avait été présentée par l'administration du président Barack Obama mi-mars, pour remplacer la simple notion de "soutien" aux talibans ou à Al-Qaïda qui suffisait à justifier une détention illimitée aux yeux de l'administration précédente.
Détention illimitée
"Un pouvoir de détention aussi étendu va purement et simplement bien au delà de ce que prévoit la loi de la guerre", affirme le juge, qui en revanche adoube les notions d'"appartenance à un groupe terroriste" ou de "participation à un acte de guerre", comme justifiant la détention illimitée.
Le juge Bates est le quatrième de la douzaine de juges fédéraux de Washington à donner sa propre définition du pouvoir du président américain à détenir, sans procès, les prisonniers de Guantanamo. Sur la base de cette définition, il pourra décider quels détenus méritent d'être libérés et quels autres peuvent continuer à être détenus.
Contestations
Quelque 200 dossiers de prisonniers de Guantanamo sont actuellement sur les bureaux de ces juges. La Cour suprême a en effet donné en juin 2008 le droit aux détenus de Guantanamo de contester leur détention devant les tribunaux fédéraux de Washington.
Mais la plus haute juridiction des Etats-Unis n'a pas défini les limites de l'autorité du président à détenir des hommes arrêtés dans le cadre d'un conflit comme celui entamé en 2001 par l'ancien président George W. Bush contre le terrorisme. La définition du juge Bates, plus restrictive que celle de ses collègues, pourrait encourager l'administration Obama à demander à une Cour d'appel de trancher.
Aucune preuve
L'une ou l'autre partie pourrait ensuite saisir la Cour suprême sur le pouvoir du président à détenir des hommes soupçonnés de terrorisme indéfiniment sans disposer de suffisamment d'éléments à charge pour les juger.
Le secrétaire à la Défense Robert Gates avait affirmé fin avril qu'entre 50 et 100 détenus de Guantanamo pourraient rester enfermés sans charges, confirmant que l'administration Obama envisageait d'avaliser ce principe.

 (belga)

21/05/

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/861026/2009/05/21/Un-juge-limite-le-pouvoir-de-detention-du-president-americain.dhtml


Avant Obama, Bush voulait fermer Guantanamo.

C'est ce qu'a affirmé l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell hier sur la chaîne CBS.
Colin Powell et George W. Bush en 2006. L'ancien secrétaire d'Etat a expliqué ce week-end que Bush avait lui aussi voulu fermer Guantanamo. (Jim Young / Reuters)

Alors que Barack Obama peine à faire approuver son plan de fermeture de Guantanamo par le Congrès (pour l'instant toujours prévu pour 2010), Colin Powell est venu apporter son soutien au président américain.

L'ancien secrétaire d'Etat a dit penser «depuis six ans que Guantanamo devrait être fermé».

Les propos de Powell ont été appuyés par l'amiral Michael Mullen, actuel chef d'état-major interarmées, qui a estimé lors d'une interview sur ABC que «les extrémistes s'en servaient comme symbole (ndlr: de Guantanamo) pour recruter». L'amiral Mullen a cependant reconnu des difficultés pour prendre en charge les suspects trop dangereux pour être libérés.

Plus étonnant, Colin Powell, lors de son interview, a affirmé que même George W. Bush était contre Guantanamo à la fin de son mandat. «Le président Bush a affirmé à plusieurs reprises devant des audiences internationales et devant le pays qu'il voulait fermer Guantanamo», a-t-il expliqué. Powell réagissait notamment aux virulentes critiques de l'ancien vice-président Dick Cheney contre la politique d'Obama.
(Source AFP

25-05)

http://www.liberation.fr/monde/0101569356-avant-obama-bus... 


Prisons, exactions & torture

Simulation de noyade : Nancy Pelosi n'aurait pas protesté auprès de la CIA

La présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, est au cœur d'une polémique au Congrès quant à son degré de connaissance, dès 2002-2003, des techniques controversées d'interrogatoire utilisées par la CIA sous l'administration Bush.

Politico cite mardi une source anonyme proche de Mme Pelosi, selon laquelle celle-ci aurait appris début 2003 que la simulation de noyade était utilisée, mais n'aurait pas protesté directement auprès de la CIA car elle pensait que c'était "déplacé".

"Si elle pensait que c'était mal, elle aurait dû agir", a déclaré, mardi 12 mai, l'ancien candidat républicain à la présidentielle, le sénateur John McCain. "J'ai été informé et j'ai protesté de façon véhémente", a-t-il indiqué à des journalistes.

"Sur les 40 réunions de la CIA au Congrès récemment rapportés dans la presse, je n'ai assisté qu'à une seule, le 4 septembre 2002", a affirmé Mme Pelosi la semaine dernière. Or, lors de cette réunion, selon elle, l'existence de notes internes contenant les techniques controversées d'interrogatoire a été mentionnée, mais les membres de la CIA qui ont conduit les réunions  avaient alors indiqué que les méthodes en question n'étaient pas utilisées. La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, présidente de la commission du renseignement, a volé mardi au secours de sa collègue : "Je crois que c'est une tempête dans un verre d'eau de dire que Mme Pelosi aurait dû savoir tout cela, qu'elle aurait dû tout arrêter."

Pour le New York Times, depuis que M. Obama a rendu public le mois dernier les mémos concernant les méthodes d'interrogatoires musclés de la CIA, des démocrates ont accusé les anciens avocats du département de la justice de les avoir rédigés et le président américain n'a pas écarté l'idée qu'ils soient poursuivis en justice. Cela expliquerait l'actuelle offensive du camp républicain qui cherche à prouver que des démocrates au Congrès étaient au courant mais n'ont rien dit.

LEMONDE.FR avec AFP | 13.05.09 | 11h31  

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/05/13/simula...


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n° 267 - journal de l'Afghanistan - 21-05 au 05-06 – Fin : Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.

n° 267 -  journal de l'Afghanistan - 21-05 au 05-06 – Fin : Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.



journal de l'Afghanistan n° 267 - du 21-05 au 05-06

                                                                      C.De Broeder & M.Lemaire     



Sommaire.

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

23-05

Le ministère britannique de la Défense a annoncé samedi qu'un soldat britannique avait été tué par balle alors qu'il était en patrouille dans la province d'Helmand.

Reuters

24-05

Quatre soldats français et leur interprète afghan ont été " blessés" dimanche matin lorsque leur véhicule blindé (VAB) a sauté sur une bombe artisanale sur une route de la province de Wardak (centre), a ajouté le porte-parole.

AP

24-05

Un soldat français stationné en Afghanistan est mort dimanche d'une blessure ‘infligée’ par son arme de service, a annoncé l'armée française, qui a lancé une enquête pour déterminer s'il s'agit notamment d'un accident ou d'un suicide.

Le soldat, un caporal-chef servant au sein d'une OMLT (Operational Mentoring Liaison Team, équipe conseillant et entraînant l'armée afghane), a été transporté grièvement blessé à la tête à l'hôpital de la base américaine de Bagram, à une soixantaine de km au nord de Kaboul, a expliqué le lieutenant-colonel Bertrand Fayet, porte-parole de l'armée française.

AfP

26-05

Trois civils afghans et un nombre encore indéterminé de soldats américains ont été tués mardi dans un guet-apens visant les forces internationales dans l'est de l'Afghanistan, ont indiqué des sources officielles afghanes et des militaires de l'Otan.

AFP

26-05

Trois soldats étrangers des forces sous commandement de l'Otan une attaque Kamikaze qui a visé un convoi militaire dans le district de Sayat de la province de Kapisa( l'est de l'Afghanistan), rapportent autorités afghanes et un porte-parole de l'alliance atlantique.

Un soldat étranger et deux civils ont également été blessés.

Un porte-parole du chef pro-taliban Gulbuddin Hekmatyar, a fait savoir que le commandant étranger de l'équipe de reconstruction de la province de Kapisa figurait au nombre des morts.

Les forces sous commandement de l'Otan n'ont pas réagi à cette déclaration.

La nationalité des soldats tués n'a pas été communiquée pour l'instant. Les soldats déployés dans la province de Kapisa sont essentiellement des Américains et des Français oeuvrant sous la bannière de l'Otan.

Reuters

Hamid Shalizi, version française Eric Faye

26-05

"Quatre soldats américains ont été tués lorsque leur Hummer (véhicule tout terrain, ndlr) a sauté sur une bombe artisanale, près de Bagram", à une cinquantaine de km au nord de Kaboul, avait assuré plus tôt une source au sein de l'Isaf ayant requis l'anonymat.

"Vers 08H30 ce matin (04H00 GMT), une voiture conduite par un kamikaze a apparemment explosé. La cible était un convoi de véhicules des troupes internationales", a affirmé de son côté le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Zemaraï Bashary

AFP

30-05

Le "porte-parole" du mouvement de résistance Afghane Zabiullah Mojahed, a annoncé aux journalistes que quatre militaires de l'OTAN avaient été tués vendredi dans la province de Ghazni, au centre du pays, incident qui n'est pas confirmé par la police.

RIA Novosti

http://fr.rian.ru/world/20090530/121805167.html

02-06

"Un soldat US de la Force internationale (Isaf), qui dirige les troupes de l'Otan stationnées dans le pays a été tué et deux autres ont été blessés lors d'une attaque dans la province de Paktya (l'est de l'Afghanistan ) aujourd'hui" mardi, selon un communiqué de l'Otan.

AFP

04-06

Trois soldats américains ont été tués jeudi dans l'attaque de leur véhicule dans la province afghane de Kapisa, au nord de Kaboul, a annoncé l'armée américaine.

Le véhicule militaire a été la cible d'une bombe et de tirs à l'arme légère dans cette province où est située Bagram, la plus grosse base américaine d'Afghanistan.

Un autre soldat, dont la nationalité n'a pas été précisée, a été blessé dans l'attaque, a précisé l'armée dans un communiqué.

The Associated Press 

Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

03-05

Une autre explosion dans le sud du pays a fait deux morts et cinq blessés parmi des policiers mardi.

Associated Press

Pertes des armées privées

03-05

La police avait annoncé plus tôt dans la journée la mort de dix gardes de sécurité privée mardi dans l'explosion de deux bombes sur le passage de leur convoi dans l'est de l'Afghanistan.

Ces hommes étaient basés dans le secteur avec les forces américaines, sans que l'on sache exactement pour quelle société de sécurité ils travaillaient, selon le chef de la police de la province de Paktia, Azizullah Wardak.

Associated Press

03-05

Cinq gardes afghans de sécurité privée ont été tués  mercredi dans le sud de l'Afghanistan, près de la frontière avec le Pakistan, selon la police. L'attentat de mercredi s'est produit dans la province de Kandahar, à 2km environ de la frontière pakistanaise, selon le chef de la police locale Safiullah Khan. Le convoi acheminait du ravitaillement pour les forces étrangères dans la région.

 Associated Press

 


Pertes des Résistants 

02-06

Un commandant de la résistance été tué lors d'une opération de l'Otan dans la province du Helmand (sud), a indiqué le gouvernorat provincial.

(AFP )



Détails

Kaboul

Base aérienne de Bagram,

02-06

2 collaborateurs civils sont morts lorsqu'un kamikaze s'est précipité sur leur voiture dans le village de Sayad, à 5 km de Bagram (50 km au nord de Kaboul) où se trouve la plus grande base américaine du pays, selon le ministère de l'Intérieur.

L'attaque a été revendiquée par un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, auprès de l'agence AIP (Afghan Islamic Press).

(AFP)


Province de Badghis

29-05

Un affrontement a eu lieu dans la journée de l'autre côté du pays, dans la province de Badghis (nord-ouest). Pris en embuscade à l'entrée d'un village, des soldats afghans ont affronté les résistants pendant deux heures.

Au final, six soldats ont été tués et cinq blessés, et 18 morts et 18 blessés côté résistants, a indiqué à l'AFP le gouverneur de la province, Delbar Jan Arman.

Aucune source indépendante n'a pu confirmer les bilans de ces combats.

AFP


Province de Farah (sud-ouest),

31-05

Six policiers ont été tués, et deux sont portés disparus, dans une attaque contre un poste de police à Bala Buluk, a indiqué dimanche Andul Rauf Ahmadi, porte-parole de la police dans la région.
http://www.7sur7.be/7s7/fr/ 


Province de Khost (sud-est)

29-05

A Khost (sud-est), théâtre de violences incessantes ces dernières semaines,  un candidat aux élections provinciales du 20 août, a été tué vendredi, selon le porte-parole de la province, Khochai Nasiri.

AFP


Province de Koundouz,(nord de l'Afghanistan)

30-05

Le gouverneur de la province a été blessé samedi dans l'explosion d'une bombe en bord de route au passage de sa voiture, selon les autorités.

Ap


Province de Nimroz (ouest), 

02-06

Deux policiers afghans ont été tués. Les resistants ayant attaqué à la mi-journée leur checkpoint dans le district de Kashrod, dans la province de Nimroz (sud-ouest), a déclaré le chef de la police locale, Abdul Jabar Pordeli.

(AFP)


Province de Paktikâ (sud-est) 

24-05

Un civil est mort de ses blessures suite à un raid aérien mené mercredi par l'Otan dans la province de Paktya, dans l'est de l'Afghanistan, a indiqué l'Otan dans un communiqué.
"Une enquête a déterminé que la personne n'était pas en train de poser une bombe artisanale, contrairement à ce qui était initialement soupçonné", ajoute le communiqué de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), qui dirige les troupes de l'Otan en Afghanistan.

AFP

28-05

La police afghane et l'armée américaine ont attaqué dans la nuit un campement de résistants (ou civils ???) dans la nuit de mercredi à jeudi dans le district montagneux de Wor Mamay, de la province de Paktika, dans l'est de l'Afghanistan situé a déclaré à l'AFP le porte-parole, Hameedullah Zhohak.

Le colonel Greg Julian, porte-parole militaire américain pour tout le pays, a évoqué "une trentaine de morts", le décompte étant toujours en cours.

http://www.la-croix.com/

02-06

Six résistants (?) ont été tués dans la nuit dans un raid aérien de l'Otan dans la province de Paktika (sud-est), a indiqué le gouvernorat provincial, confirmé par un communiqué de l'armée US.

(AFP )


Province de Zaboul (sud-est)

29-05

A Zaboul, l'attaque d'un convoi dans le sud a coûté la vie à quatre collaborateurs Afghans, selon les autorités locales.

Zaboul côtoie le Baloutchistan, autre province pakistanaise troublée.

AFP



Enlèvement

29-05

A Khost, un ingénieur turc a été enlevé par des hommes en armes, a indiqué vendredi la police locale.

AFP



4-1 L'Afghanistan en chiffre 

 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 : "Force combinée 82 "


Civils tués                                                          :    12.945  (Voir Dufour-n°196)

Civils blessés                                                    : ? +  2.575 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  4.093

Résistant blessés                                               :?  +  1.705  (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                               23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués   :  1.620

Militaires et milice privés occupante blessés           :? + 13.635


Suicides                                                                : 1406 + ?   (voir article)

300.000  souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure (Afghanistan & Irak) 


 CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 5.163

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 5.657 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :  1.532

Collabo   blessés                                               :?  1052 (chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ?  +   3 


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux



The War in Afghanistan Costs

Le 22/05 à 10H26

188.462.813.254 dollars

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home


 Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.


Intérim : Suicides en hausse chez les soldats occupants.

Le haut commandement des forces armées de la coalition s’inquiète du nombre croissant de suicides au sein du personnel américain, en relation avec les tâches ingrates et angoissantes (…)  qui sont confiées aux soldats.

Le général Mark Milley a récemment fait une conférence depuis sa base en Afghanistan avec des moyens vidéo, pour expliquer aux officiers supérieurs du Pentagone sur l’augmentation des suicides. Quelques jours auparavant, un soldat âgé de 19 ans, affecté à un poste de nuit sur la base, a retourné son arme contre lui.

Rien ne pouvait laisser prévoir un tel drame, l’aumônier ne l’a pas rencontré auparavant, il n’avait pas de contacts étroits avec ses camarades, a raconté le général pour expliquer le dernier suicide en date au sein de l’unité qu’il commande.

Au Pentagone, le général Peter W. Chiarelli, le commandant en second pour les effectifs de l’US Army, a été attiré par un détail : la recrue effectuait une tâche impliquant d’être tout seul pendant longtemps. En épluchant les statistiques de suicide dans l’armée, il a remarqué une légère augmentation de suicide parmi ceux qui ont effectué des gardes de nuit. Mark Milley a signalé qu’auparavant, aucun de ses 20.000 personnels dont il a la responsabilité n’avait l’habitude d’opérer en solitaire.

La salle était pleine de gradés parmi les rangs les plus élevés pour disserter pendant plus de deux heures sur les circonstances d’une douzaine des suicides les plus récents intervenus dans l’armée américaine en Afghanistan, en Irak, dans la corne de l’Afrique et dans l’ensemble des bases militaires du territoire américain, au cours de cette visio-conférence.

Pour préoccupant qu’il soit, le taux de suicide est parvenu à un niveau record l’année dernière.

En 2008, 140 soldats en service actif ont attenté à leurs jours, une augmentation de 60% depuis 2003, un taux plus élevé que la moyenne observée dans l’ensemble de la population des États-Unis.

Pour traiter la question, l’armée apporte aux hommes du rang un soutien psychologique avec des conseillers spécialisés dans ce domaine et dans la prévention des abus de substances toxiques. Des mesures ont été prises dans toutes les unités pour cesser les opérations en février et mars sur une durée de 2 à 4 heures pour parler de prévention du suicide. Le général Chiarelli préside à des réunions mensuelles pour évaluer toutes sortes de nouvelles politiques y compris hors des sentiers battus pour endiguer le phénomène. Au cours des dernières conférences, la semaine dernière, les chefs de corps se sont soudain montrés plus francs au sujet du malaise constaté dans les forces armées.

Ils ont remarqué un manque de diagnostics en ce qui concerne les signaux de détresse, l’absence de considération pour un soldat avec de bons états de service et digne de confiance, des relations dangereuses avec des médicaments dispensés pour donner du courage aux hommes, contenant de la caféine et de l’alcool.

Après avoir examiné la situation en Afghanistan, est venu le tour de l’Irak. Après que le commandant de l’Afghanistan ait donné son briefing, c’était le tour de l’Irak. Commandant. Le général Daniel P. Bolger a pris le cas d’un jeune soldat qui a retourné son arme contre lui cette année. Le cas emble aberrant : à cet homme avait été prescrit une ordonnance pour traiter un manque d’attention. Le médicament, ajouté à de la caféine, a pu causer des trouble du sommeil, dont le manque a pu provoquer une réaction impulsive, a estimé le responsable de la zone.

Il y a beaucoup de boissons à haute teneur en énergie là-bas, s’est exclamé le général Chiarelli, qui a passé deux ans en Irak : quel est ce truc que les types boivent en Irak ? Tout le monde a répondu : Rip it (Ça déchire), qui est une boisson énergisante de l’ordre de 25% plus forte que le Red Bull et 3 fois plus concentrée qu’une dose équivalente de Coca Cola sans sucre…

Le général a demandé en conséquence un diagramme avec le détail des médicaments utilisés pour donner du mordant aux soldats, avec les interactions connues sur d’autres substances.

En définitive, les officiers généraux, selon les propres termes du général Chiarelli, savent peu de choses en ce qui concerne le moral des armées après 8 ans de guerre et trois corps expéditionnaires déployés à l’extérieur du territoire des États-Unis.

Intérim

24/05/

http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article6184



The War in Afghanistan Costs

Le 05/06 à 13H59

189.420.395.540 dollars

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home


Provinces Afghanes

Carte cliquer dans l'image : http://en.wikipedia.org/wiki/Image:AfghanistanNumbered.png 

 

AfghanistanNumbered.png‎ (181KB, MIME type: image/png  



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


05/06/2009

n°462 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 01-06 : Fin - «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»

n°462 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 01-06 : Fin  -  «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

462 du 01 - 06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

Tiré a part

Le Hamas peut coexister avec Israël.

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Paul Craig Roberts : Finie la liberté d’expression aux Usa ? : Bientôt Une nouvelle loi interdira à quiconque de critiquer Israël.

1-2  Chems Eddine Chitour : L'indifférence de l'Occident.

Suite

2 Dossier

Guillermo F. PARODI : Ratzinger, désinformé acritique ou complice du racisme et de l'agressivité impitoyable d'Israël ?

2-2 Qui est Dov Weissglass ?

2-3 Deb Reich : Ne parlez pas, mince alors !

Fin

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

3-1 Gideon Spiro  : «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»

3-2 Bravo, mon Général !

3-3 Bil'in : Un village qui ne se rendra jamais.

3-4  Le grignotage des terres se poursuit en Cisjordanie.

3-5 Gaza : la situation environnementale est d’une urgence majeure.

4 Annexe

4-1 Mohamed Belaali : « Je graverai inlassablement toutes les saisons de mes douleurs... »



Tiré a part

Le Hamas peut coexister avec Israël.
Un nouveau rapport de l’United States Institute of Peace remet en cause la vision états-unienne du Hamas et affirme qu’il n’est pas antisémite et pourrait coexister pacifiquement avec Israël.

L’United States Institute of Peace est un organisme bipartisan dont le budget dépend du département de la Défense.

Les secrétaires à la Défense et d’État, ainsi que le recteur de l’École de guerre en sont administrateurs de droit.

Intitulé Hamas : Ideological Rigidity and Political Flexibility (Le Hamas : rigidité idéologique et souplesse politique), il questionne la doctrine du Hamas au regard de son interprétation du Coran. [Voir document téléchargeable au bas de cette page]

Pour opérer ce changement de point de vue, le rapport souligne que les déclarations du Hamas et sa charte de 1988 ne doivent pas être pris comme des barrières infranchissables, malgré leur caractère outrancier.

Alors que les États-uniens ont coutume de classer leurs interlocuteurs entre pragmatiques et idéologues, le Hamas ressortirait d’une troisième catégorie : celle des mouvements intransigeants sur l’énoncé des principes, mais souples quant à leur application. Encore faut-il comprendre dans sa phraséologie ce que sont ces principes.

Le rapport note que le Hamas n’est pas hostile aux juifs ni à leur présence en Palestine, mais conteste la création d’un État non-musulman sur une terre d’islam, d’autant que la Palestine abrite le troisième lieu saint de cette religion.

De même, il établit une distinction entre lui-même, dévoué à l’islam et astreint à diverses obligations, et le peuple palestinien qu’il entend défendre dans sa diversité. En tant que formation musulmane, il ne lui revient donc pas de reconnaître la création d’un État juif en Palestine, mais il ne s’opposerait pas à ce que le peuple palestinien le reconnaisse par référendum et il s’accommoderait du « fait accompli » dans le cadre de la « solution à deux États » (théorie de la « libération séquencée »).

Le rapport note également que le Hamas a pratiqué durant le second semestre 2008 une tahadiya (cessez-le-feu) et s’est montré demandeur d’une hudna durable (trêve) dans l’intérêt du peuple palestinien. Celle-ci suppose
 le retrait inconditionnel des Israéliens de Jérusalem-Est, Gaza et la Cisjordanie ;
 le démantèlement des colonies illégales ;
 des compensations pour les personnes déplacées ;
 des élections générales auxquelles participeraient tous les Palestiniens où qu’ils résident.

Tous ces éléments sont connus depuis longtemps de nos lecteurs [1] et l’on ne peut que se réjouir de voir Washington abandonner son manichéisme et revenir à la réalité.

[1] « Quel est le programme politique du Hamas aujourd’hui ? », entretien de Moshir al-Masri avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 20 janvier 2006.

http://www.voltairenet.org/article160434.html

02-06

http://www.newstin.fr/tag/fr/125159918

http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20090602223049AAYLHwb



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Paul Craig Roberts : Finie la liberté d’expression aux Usa ? : Bientôt Une nouvelle loi interdira à quiconque de critiquer Israël.

Criminaliser la critique d’Israël tue tout espoir pour l’Amérique d’avoir une politique étrangère indépendante pour le Moyen-Orient, une politique qui serve les intérêts américains plutôt que les intérêts israéliens.
Finie la liberté d’expression ?

Le 16 octobre 2004, le président George W. Bush signait le projet de loi du lobby pro-israélien, Loi pour un examen de l’antisémitisme mondial.

Cette législation demande au Département d’Etat US de surveiller l’antisémitisme dans le monde entier.

Pour pouvoir surveiller l’antisémitisme, il faut le définir.

Quelle est sa définition ?

Fondamentalement, tel qu’il a été défini par le lobby pro-israélien et Abe Foxman, il se réduit à la moindre critique d’Israël ou des juifs.

Rahm Israel Emanuel ne perd pas son temps à la Maison-Blanche. Aussitôt qu’il aura obtenu en 2009 le vote de la loi relative à la prévention des crimes de haine, tout Américain qui dira la vérité sur la façon dont Israël traite les Palestiniens et leur vole leur territoire se verra accusé d’un crime.

Ce sera un crime pour les chrétiens de citer le prétexte des juifs dans le Nouveau Testament pour demander la crucifixion de Jésus.

Ce sera un crime d’évoquer l’extraordinaire influence du lobby pro-israélien sur la Maison-Blanche et le Congrès, notamment que les résolutions de l’AIPAC faisant l’éloge d’Israël pour ses crimes de guerre contre les Palestiniens à Gaza ont été adoptées par 100% du Sénat US et 99% de la Chambre des représentants, pendant que le reste du monde condamnait Israël pour sa barbarie.

Ce sera un crime d’émettre un doute sur l’Holocauste.

Ce sera un crime de constater une représentativité disproportionnée de juifs dans les médias, la finance et la politique étrangère.

Autrement dit, cela signifie la fin de la liberté d’expression, de la liberté d’investigation, et du Premier Amendement de la Constitution. Tout fait ou toute vérité dénigrant Israël seront tout simplement celés.

Etant donné la prétention démesurée du gouvernement US qui conduit Washington à faire appliquer le droit américain à tous les pays et à toutes les organisations, qu’arrivera-t-il à la Croix-Rouge internationale, à la Commission des Droits de l’homme des Nations unies et aux différentes organisations des droits de l’homme qui ont demandé des enquêtes sur l’agression militaire israélienne contre la population civile de la bande de Gaza ? Seront-elles mises en accusation pour crime de haine en raison d’une critique « excessive » d’Israël ?

La question est grave.

Un récent rapport des Nations unies, qui reste encore à être publié dans son intégralité, impute à Israël la responsabilité des morts et des blessés dans les locaux des Nations unies à Gaza. Le gouvernement israélien a réagi en accusant le rapport des Nations unies d’être «  tendancieux, manifestement de parti pris », ce qui fait rentrer le rapport des Nations unies dans la liste du Département d’Etat des critiques excessives et des sentiments forts anti-israéliens.

Israël s’en tire à bon compte en utilisant de façon éhontée le gouvernement américain pour réduire au silence les critiques alors que sa propre presse et ses propres soldats rendent publiques les atrocités dans la bande de Gaza et les meurtres prémédités de femmes et d’enfants par des envahisseurs israéliens exhortés par les rabbins.

Ces actes sont manifestement des crimes de guerre.

C’est la presse israélienne qui a publié les photos de T-Shirts de soldats israéliens sur lesquels on indique que le meurtre délibéré de femmes et d’enfants rentre désormais dans la culture de l’armée israélienne. Ces T-shirts sont l’expression horrible de la barbarie. Par exemple, un T-shirt montre une femme palestinienne enceinte dans la ligne de mire d’un fusil pointé sur son ventre avec la légende « Une balle, deux tués ». Ces T-shirts indiquent que la politique d’Israël envers les Palestiniens est une politique d’extermination.

Il est vrai que depuis des années la critique la plus virulente de la maltraitance d’Israël à l’égard des Palestiniens émane de la presse israélienne et du mouvement de la paix israélien. Par exemple, le quotidien israélien Ha’aretz et Jeff Halper de l’ICAHD (Comité israélien contre la démolition des maisons – Jérusalem) ont fait preuve d’une conscience morale qui apparemment n’existe pas dans les démocraties occidentales où les crimes d’Israël sont étouffés si ce n’est loués.

Le projet de loi américain sur les crimes de haine va-t-il s’appliquer pour Ha’aretz et Jeff Halper ?

Et les commentateurs qui ne s’expriment pas pour eux-mêmes mais qui rapportent simplement ce qu’Ha’aretz et Halper ont dit vont-ils être arrêtés pour « propagation de la haine d’Israël, acte d’antisémitisme ? ».

De nombreux Américains ont été endoctrinés par la propagande présentant les Palestiniens comme des terrorismes menaçant l’innocent Israël. Ces Américains vont considérer la censure simplement comme un élément indispensable de la guerre contre le terrorisme. Ils accepteront la diabolisation de leurs concitoyens qui signalent des faits indigestes sur Israël et que de telles personnes soient punies pour avoir aidé et encouragé les terroristes.

Une très forte poussée s’opère actuellement pour criminaliser la critique d’Israël.

Des professeurs d’université américains ont été les victimes des tentatives bien menées pour faire taire toute critique d’Israël. Norman Finkelstein s’est vu refuser une titularisation dans une université catholique à cause de la puissance du lobby pro-israélien. Maintenant, ce même lobby s’en prend au professeur Wiliam Robinson de l’université de Californie (Santa Barbara).

Quel est le crime de Robinson ?

Son cours sur les Affaires mondiales incluait certaines phases de lecture critique sur l’invasion israélienne de la bande de Gaza.

Le lobby pro-israélien a réussi apparemment à convaincre le Département de la Justice (sic) d’Obama que l’accusation d’espionnage portée contre deux responsables juifs de l’AIPAC, Steven Rosen et Keith Weissman, était un acte antisémite. Le lobby pro-israélien a réussi à faire reporter leur procès pendant 4 ans et aujourd’hui, le ministre de la Justice, Eric Holder, abandonne l’accusation.

Et pourtant, Larry Franklin, le fonctionnaire du Département de la Defense accusé d’avoir remis du matériel secret à Rosen et Weissman, purge une peine de 12 ans et 7 mois de prison.

Une telle absurdité est extraordinaire. Les deux agents israéliens sont déclarés non coupables d’avoir reçu des documents secrets, mais le fonctionnaire américain est coupable de le leur avoir remis ! S’il n’y a pas d’espion dans l’histoire, comment se fait-il que Franklin ait été reconnu coupable de remise de documents secrets à un espion ?

Criminaliser la critique d’Israël tue tout espoir pour l’Amérique d’avoir une politique étrangère indépendante pour le Moyen-Orient, une politique qui serve les intérêts américains plutôt que les intérêts israéliens. Cette criminalisation élimine toute perspective pour les Américains de sortie de leur endoctrinement par la propagande israélienne.

Pour garder l’esprit américain sous sa coupe, le lobby travaille à celer pour antisémitisme toute vérité ou tout fait désagréable se rapportant à Israël. Il est permis de critiquer n’importe quel autre pays au monde, mais c’est être antisémite que de critiquer Israël, et l’antisémitisme sera bientôt un crime de haine universel dans le monde occidental.

La plus grande partie de l’Europe a déjà criminalisé la mise en doute de l’Holocauste. C’est un crime même si on confirme qu’il s’est bien produit mais qu’il y eut moins de 6 millions de juifs à être exterminés.

Pourquoi l’Holocauste est-il un sujet hors du champ de tout examen ?

Comment une situation étayée par des faits terribles pourrait-elle être mise en péril par des dingues et des antisémites ?

Certainement que cette situation n’a aucun besoin d’être protégée par un contrôle de la pensée.

Emprisonner les gens pour des doutes est l’antithèse de la modernité.

[Paul Craig Roberts

CounterPunch –

7 mai 2009 –

Paul Craig Roberts a été secrétaire adjoint au Trésor dans l’administration Reagan. Il est co-auteur du livre la Tyrannie des bonnes intentions.

traduction : JPP  pour info-palestine.net]

http://www.alterinfo.net/USA-Criminalisation-de-la-critique-d-Israel_a32305.html


1-2  Chems Eddine Chitour : L'indifférence de l'Occident.

«Celui qui m’a changé en exilé m’a changé en bombe...»

Rituellement nous nous souvenons qu’au mois de mai nous avons deux grands anniversaires qui donnent lieu à recueillement et prière. C’est d’abord le 8 Mai 1945, avec les massacres de Sétif, Kherrata et Guelma qui firent plusieurs milliers de morts (le général Tubert, en petit comité, parle de 15.000 morts, les nationalistes algériens de 45.000 morts), le deuxième événement est la Nakba qui a une saveur particulière avec les massacres demeurés impunis de Ghaza pendant trois semaines en janvier. Pour l’histoire, la Nakba est l’exacte réplique des atrocités occidentales envers les Juifs dont le point d’orgue fut justement l’holocauste.
Avec une rare lucidité et une description sans complaisance, Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix décrit la situation des Palestiniens. Ecoutons-le: «Les Israéliens parlent de l’indépendance d’Israël, proclamée le 14 mai 1948 et aussitôt entérinée par l’ONU. Pour les Palestiniens, c’est la Nakba, la catastrophe, la destruction de leur société et de leurs villages, suivie de l’exil de la grande majorité de la population. Aujourd’hui, il y a environ 5 millions de Juifs et 5 millions de Palestiniens qui vivent entre Méditerranée et Jourdain. Les premiers ont un Etat dit "juif" et occupent 90% de l’espace. Les seconds connaissent marginalisation, discriminations, assassinats "ciblés", misère et privation des droits élémentaires. 60 ans après la Nakba, des millions de Palestiniens sont toujours réfugiés, dispersés dans des camps du Proche-Orient, voire exilés plus loin. 60 ans après, les Palestiniens continuent de payer pour un crime européen: le génocide nazi. 60 ans après, c’est l’impunité d’Israël malgré les violations constantes du droit qui permet la poursuite de la destruction de la Palestine. Une injustice majeure a été commise: un nettoyage ethnique et l’expulsion de tout un peuple de sa terre.»(1)
Mensonges fondateurs
«L’histoire de la Palestine ancienne, poursuit-il, repose en partie sur les mythes bibliques. Ce qui est avéré, c’est qu’un peuple y a vécu (les Hébreux) mais jamais seul, toujours aux côtés d’autres peuples. (...) Les Juifs du Maghreb, ceux de l’ex-empire russe ou ceux du Yémen n’ont pas grand-chose à voir entre eux. Il y a pour les Juifs dispersés une communauté de destin liée à la religion. Il y a le souvenir mythifié d’un passé idéalisé et une prière ("l’an prochain à Jérusalem") qui n’a jamais été une aspiration à recréer un quelconque royaume. Les Juifs ont appris à vivre ou à survivre dans une situation de minorité. S’ils avaient un statut en pays musulman, ils ont subi en pays chrétien une longue suite de discriminations et de persécutions. L’antijudaïsme chrétien a produit l’interdiction de posséder la terre, l’enfermement dans le ghetto, les expulsions et les pogroms. Quand l’émancipation des Juifs a commencé en Europe, cet antijudaïsme s’est transformé en antisémitisme racial.»(1)
Pierre Stambul nous décrit ensuite, le sionisme. Il écrit: Le sionisme a un côté nationaliste. Le sionisme élabore toute une série de «mensonges fondateurs». Alors que la grande majorité des dirigeants sionistes ne sont pas croyants, les sionistes s’emparent du récit biblique pour revendiquer un prétendu retour en terre promise et la reconstitution d’une nation (le «royaume unifié» dont l’existence n’est pas avérée). La Palestine est présentée comme une «terre sans peuple pour un peuple sans terre». Le sionisme a incontestablement un aspect colonialiste. Depuis plus d’un siècle, la même stratégie s’applique: s’emparer des terres, institutionnaliser le fait accompli, marginaliser le peuple autochtone, détruire son organisation sociale, expulser, repousser la frontière. (...) Le sionisme a un côté messianique. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu «tuer» le juif, le cosmopolite, l’universel. Le sionisme a également transformé Israël en pion avancé de l’Occident et de l’impérialisme au Proche-Orient. Aujourd’hui, Israël reçoit une aide colossale publique et privée des Etats-Unis et en même temps, aucun dirigeant américain ne semble en mesure de s’opposer à une décision qui ferait consensus chez les dirigeants israéliens.(...). Le sionisme utilise la peur comme un carburant: «Les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur.»(1)
Parlant du mécanisme de l’épuration ethnique qui a suivi le partage, il écrit: «Tout d’abord, les années qui ont précédé la guerre ont été très défavorables aux Palestiniens. Le partage de 1947 de la Palestine n’était pas seulement incompréhensible pour les Palestiniens, mais il était très inégalitaire: l’Etat juif prévu par la partition était plus grand que l’Etat palestinien alors que les Juifs étaient moins nombreux. Si 10.000 Israéliens seulement vivaient dans l’Etat palestinien, plus de 400.000 Palestiniens vivaient dans l’Etat juif. (...) Avant même le 14 mai, plus de 350.000 Palestiniens ont déjà été chassés de chez eux. Plusieurs documents de la Haganah (l’armée "officielle" israélienne) montrent que l’expulsion a été intentionnelle. L’historien Ilan Pappé parle du plan Dalet qui a organisé ce nettoyage ethnique. Quand la propagande israélienne répète inlassablement que "les Arabes sont partis d’eux-mêmes" à l’appel de leurs dirigeants, il s’agit d’un mensonge fondateur destiné à masquer le crime qui s’est déroulé, il y a 60 ans.»(1)
Le peuple palestinien a été trahi par les dirigeants des pays arabes voisins. Il n’y avait pas la moindre coordination entre les troupes irakiennes, syriennes, égyptiennes ou jordaniennes, chaque armée agissant pour son compte personnel. Pire, la Jordanie, qui avait l’armée la plus forte, avait un accord secret avec la direction sioniste. Le bilan de la guerre de 48, ce sont 6000 morts israéliens et 13.000 morts palestiniens. Mais ce sont surtout 800.000 expulsés. Les villages ont été détruits et leur trace a souvent été effacée. Dès 1949, les terres des expulsés ont été confisquées. Israël a reconnu formellement le droit au retour des Palestiniens au moment des armistices de 1949, mais tout a été fait pour rendre impossible ce retour. (...) Les Palestiniens qui ont échappé à l’expulsion en 1948 forment aujourd’hui avec leurs descendants 20% de la population israélienne. Certains dirigeants israéliens regrettent «qu’on n’ait pas achevé la guerre de 48», qu’on n’ait pas expulsé tous les Arabes.(1)
Le peuple palestinien est un peuple de réfugiés. Pendant des années, tout a été fait pour effacer son existence, pour le diluer dans le monde arabe, pour transformer le conflit israélo-palestinien en guerre israélo-arabe. La guerre de 1967 est un tournant. Le gouvernement travailliste de l’époque prend la décision immédiate de coloniser les territoires occupés. Pour y parvenir, les travaillistes ont fortement contribué à créer le courant national-religieux. Cette mouvance intégriste représente aujourd’hui 25% de la société israélienne. 40 ans plus tard, il y a 500.000 Israéliens installés en territoire occupé. Il y a les colons religieux qui ont accaparé les terres, l’eau, les routes. Mais il y a aussi les colons économiques attirés par les loyers à bas prix. Les limites de Jérusalem se sont considérablement étendues. Les nouvelles colonies du secteur (sur les ruines d’anciens villages palestiniens dont celui de Deir Yassine) deviennent des quartiers et sont progressivement intégrées à Jérusalem. La frontière a disparu. La ligne verte (la frontière de 1949) a été effacée. Elle ne figure sur aucune carte ou aucun livre scolaire israéliens. C’est une véritable société d’Apartheid qui s’est instaurée en Cisjordanie, en toute impunité.(1)
On ne s’imagine pas qu’un peuple qui vit étranger sur sa terre voire dans une prison à ciel ouvert, a des besoins des institutions qui tentent tant bien que mal de fonctionner malgré la poigne de fer du régime d’Israël. La Palestine dispose d’une douzaine d’universités et de centaines d’écoles. Un Rapport spécial décrit cela: «En ce jour où les Palestiniens, en Palestine occupée et en diaspora, commémorent la Nakba. Derrière la froideur des chiffres et des pourcentages, se dessine de façon poignante l’image d’une Palestine jeune et vivace, mais dévastée par 61 ans d’occupation sioniste impitoyable. Le Bureau Central Palestinien des Statistiques décrit la Nakba de Palestine comme une période noire de l’histoire moderne du peuple palestinien. Les Palestiniens ont été chassés de leur patrie, et leurs maisons et leurs propriétés leur ont été volées (...) Plus des trois-quarts de la Palestine Historique ont été occupés lors de la Nakba de 1948. De plus, 531 villes et villages palestiniens ont été détruits, et 85% de la population palestinienne a été exilée et déplacée.»(2)
«Cependant, la Nakba de la Palestine fut un processus de nettoyage ethnique, aussi bien que la destruction et l’exil d’une nation désarmée pour la remplacer par une autre nation Plus de 800.000 des 1,4 million de Palestiniens (la population palestinienne vivant en 1948 dans 1300 villes et villages palestiniens) ont été chassés de leur patrie vers la Cisjordanie et la Bande de Ghaza, les pays arabes voisins et d’autres pays dans le monde. Selon des preuves documentées, les Israéliens ont pris le contrôle de 774 villes et villages pendant la Nakba et ont détruit 531 villes et villages palestiniens. Les atrocités des forces israéliennes comprennent également 70 massacres de Palestiniens et la mort de 15.000 Palestiniens pendant la période de la Nakba. Le nombre de Palestiniens a été multiplié par 7 depuis la Nakba de 1948. La population palestinienne en 1948 était de 1,4 million de personnes, comparée aux 10,6 millions à la fin de 2008. La population palestinienne est estimée à 3,88 millions à fin 2008. La Nakba a fait de la Bande de Ghaza l’endroit le plus peuplé au monde 4010 personnes/km² en 2008.» «Selon les données, le nombre de colonies israéliennes en Cisjordanie était en 2008 de 144. Des estimations montrent que le nombre de colons juifs en Cisjordanie était en 2008 d’un demi-million. Les chiffres montrent que la plupart des colons juifs vivent dans le gouvernorat de Jérusalem, représentant 54,6% du nombre total de colons en Cisjordanie.
L’expansion et le mur d’annexion avalent environ 15% de la Cisjordanie. Le Territoire Palestinien fait 6020 km², dont 5655 km² en Cisjordanie et 365 km² dans la Bande de Ghaza. Le nombre des martyrs de l’Intifada Al-Aqsa entre le 29 septembre 2000 et le 31 décembre 2008 s’élevait à 5 901 (5569 hommes et 332 femmes). Au 17 avril 2009, le rapport indique également qu’il y a plus de 11.000 Palestiniens derrière les barreaux israéliens, dont 68 femmes, 400 enfants». Voilà l’Etat des lieux actuel. Peu de gens savent qu’Israël est le seul État dont l’admission [à l’ONU] était conditionnelle. En vertu de la Résolution 273 de l’Assemblée générale, Israël a été admis à condition d’accorder à tous les Palestiniens le droit de retour dans leur foyer, et une compensation pour les biens perdus ou endommagés, selon la Résolution 194 de l’Assemblée générale, paragraphe 11. Dernier crime en date celui de Ghaza: 1400 morts dont 400 enfants. Une école de l’ONU a été bombardée: 40 morts. Ban Ki-moon visite les décombres fumants et pour une fois proteste...mollement. «Je considère les bombardements israéliens excessifs et les attaques de fusées en direction d’Israël comme complètement inacceptables.» Ce qu’il disait en réalité est qu’il avait trouvé l’attaque israélienne sur Ghaza parfaitement acceptable, mais qu’ il était uniquement en désaccord avec le tonnage des explosifs qui devraient être lâchés par les avions israéliens. Il devrait donc spécifier exactement combien d’enfants morts, combien de maisons démolies, combien de victimes de brûlures, combien de mosquées détruites il tolérerait comme non «excessif». La moitié du nombre de tués et la moitié des dommages infligés seraient-elles raisonnablement non-excessives, ou peut-être un tiers? L’enquête, menée par Ian Martin, ancien directeur d’Amnesty International, accuse Israël de ne pas avoir protégé les infrastructures de l’ONU ni les civils, écarte comme «fausses» les affirmations israéliennes selon lesquelles les combattants du Hamas tiraient depuis les bâtiments des Nations unies. En définitive.(3)
Une deuxième Nakba?
L’Union européenne a pleinement admis le caractère criminel des agissements israéliens, Dans un rapport destiné à rester confidentiel daté du 15 décembre 2008, l’Union européenne accuse le gouvernement israélien d’utiliser le développement de la colonisation, la construction du mur de séparation, la planification des voies de circulation, l’instauration du régime des permis de résidence et de déplacements imposés aux Palestiniens pour ´´poursuivre activement l’annexion illégale de Jérusalem-Est´´. Après avoir rappelé que la politique de l’Union européenne, face à la question de Jerusalem est fondée sur la Résolution 242 des Nations unies, c’est-à-dire sur le caractère ´´inadmissible de l’acquisition de territoires par la force´´, le document constate que ´´la construction de colonies à Jerusalem-Est et autour de Jerusalem-Est continue à un rythme rapide, contrairement aux obligations d’Israël, au regard de la légalité internationale La politique israélienne des faits accomplis affaiblit le soutien au processus de paix´´.(4)
Que faut il en déduire? Israël ne sera jamais coupable! C’est inscrit dans le deal de la repentance éternelle de l’Occident. La nomination de Liberman est un signe. C’est lui qui parle de noyer les prisonniers politiques palestiniens dans la mer Morte (juillet 2003), exécuter les députés palestiniens à la Knesset qui ont des contacts avec le Hamas ou qui ont commémoré l’expulsion de 1948 (mai 2006)....Israël est ainsi conforté. Elle veut un Etat juif non laïc, cela veut dire qu’une deuxième Nakba se prépare pour les 20% d’Arabes israéliens qui iront dans le futur bantoustan Palestine. On l’aura compris, on ne parle plus des réfugiés de 1948. Curieusement, tout le monde, même le pape parle de deux Etats, véritable piège mortel pour la Palestine; mais même cela ce n’est pas acquis. Fidèle à sa politique séculaire, Israël ouvre plusieurs fichiers en même temps, elle veut d’abord régler le problème iranien avec l’appui des Arabes et notamment du pharaon égyptien qui est loin du charisme de Nasser. Nul doute que la réunion avec Obama ne débouchera pas sur quelque chose de contraignant pour Israël. Ainsi va ce Monde....

1.Pierre Stambul, Il y a 60 ans, la Naqba. Mille Babords le 4/05/2008
2.Rapport spécial pour le 61e anniversaire Bureau central palestinien des statistiques 15 mai 2009
3.http://www.almanar.com.lb, http://electronicintifada.net/v2/ar..
Traduction de l’anglais: Claude Zurbach http://www.info-palestine.net/
4.René Backmann, Rapport confidentiel de l’Union européenne sur Jérusalem-Est, NouvelObs.com, 19.03.2009.
Pr Chems Eddine Chitour
Pr Chems Eddine Chitour, Ecole nationale polytechnique

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Chems-Eddine_Chitour.180509.htm

n°462 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 01-06 : Suite1 - «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»

 n°462 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 01-06 : Suite1 -  «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

462 du 01 - 06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

2 Dossier

Guillermo F. PARODI : Ratzinger, désinformé acritique ou complice du racisme et de l'agressivité impitoyable d'Israël ?

2-2 Qui est Dov Weissglass ?

2-3 Deb Reich : Ne parlez pas, mince alors !

 

 


2 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2  Guillermo F. PARODI : Ratzinger, désinformé acritique ou complice du racisme et de l'agressivité impitoyable d'Israël ?

Même mon fils de 12 ans, rien qu’en en lisant mes traductions, connaît la différence entre sionisme et judaïsme.

Le sionisme est un mouvement laïque, nationaliste et raciste qui est né il y a un peu plus d'un siècle, et s'est concrétisé par la création de l'État d'Israël sur les terres des Palestiniens, qui ont subi un horrible nettoyage ethnique.

Le judaïsme est une religion de plus de 5.000 années (lunaires, NdR) qui a légué ses Dix Commandements au christianisme (dont ceux-ci: Tu ne tueras point et Tu ne mentiras point).

Il est inadmissible que Ratzinger, « représentant de Dieu sur terre » pour les catholiques, soit ou bien un désinformé acritique ou un complice du racisme et de l'agressivité impitoyable d'Israël, en faisant une visite officielle du 11 au 15 mai, en vue de la réconciliation.

Mais réconciliation avec qui ? Avec les sionistes ?

L’État d'Israël d’aujourd’hui est devenu puissant parce qu’il « a volé » le nom biblique d'Israël et a convaincu les juifs de la diaspora que c'était la terre de tous les juifs, alors que ses rabbins orthodoxes savent bien que le retour à Jérusalem doit se réaliser - selon leurs écritures -, seulement quand la Messie apparaîtra [1].

Même les juifs qui demeurent en Iran (et ils sont très respectés) ou dans une quelconque partie du monde, et qui n'ont pas été atteints par cette fureur assassine qui prédomine dans les instances dirigeantes et dans 95% des citoyens israéliens, sont au courant de cette escroquerie et de cette tromperie.

Pour les laïcs dubitatifs il suffit de mentionner le massacre impitoyable que les Israéliens ont commis à Gaza du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 (opération Plomb Fondu) [2] - rappelons les résultats : 1.300 Palestiniens sont morts, dont 410 étaient des enfants, qui ont même été abattus avec de nouvelles armes testées sur leurs corps, face aux 10 (dix) soldats israéliens morts -, qui est une preuve indiscutable que cela n'a pas été une guerre, mais plutôt une chasse à des êtres humains comme s'ils étaient des lapins. Les mensonges permanents comme quoi ils n'ont pas utilisé de bombes au phosphore blanc ou qu'ils n'ont pas utilisé de nouvelles armes ont été rapidement démasqués par les mêmes médias qui avant les avaient auparavant avalisés.

Le thème de la rupture de la trêve a aussi été révélé comme étant un mensonge, l'utilisation de boucliers humains pour lancer des missiles constitue un attentat à tout esprit moyennement informé. Déjà au cours de la guerre des Malouines les courageux petits soldats argentins - victimes de la mégalomanie de Galtieri-, changeaient rapidement leurs mortiers de place car à cette époque (1982) il existait déjà des appareils pour détecter le point précis de départ des projectiles. Un peuple qui tue et qui ment ne peut pas s’ériger en représentant de la religion juive. Jamais !

Bon, petit ami Ratzinger c’est déjà la seconde visite, la première a été celle au responsable de la mort de plus d’un million d'Irakiens et d’Afghans, l’ineffable George W. Bush [3], avec sourires et embrassades, et…maintenant celle-ci !

Non Ratzinger, nous ne sommes pas des arriérés mentaux, nous ne pouvons pas accepter que vous, un théologien de profession et un gardien de la Doctrine de la Foi, ne sachiez pas ce que tous nous savons et que vous alliez voir bêtement ce gouvernement tricheur, impitoyable et implacablement raciste pour lui demander pardon pour l’Holocauste, pour l'Inquisition et pour la persécution des juifs pour « déicide ». Les juifs, ce ne sont pas eux, idiot !

Notes

[1] le danger, en Israël, vient du mélange de la foi avec le nationalisme. http://www.rebelion.org/noticia.php?id=84414

[2] Attaque à Gaza - Recherche d'images sur Google. http://images.google.com.ar/images?hl=es&q=ataque+a+Gaza&um=1&ie=UTF-8&ei=x9cFSpPGN4SktgfYo7GOBw&sa=X&oi=image_result_group&resnum=5&ct=title

[3] Benoît XVI et l'occasion perdue. http://www.rebelion.org/noticia.php?id=52116

Guillermo F. PARODI

Traduit par  Esteban G. Édité par Fausto Giudice

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7632&lg=fr 


2-2 Qui est Dov Weissglass ?

Dov WeissGlass Ancienne Eminence Grise de Sharon.

Lobby Macarthyste CRIF AIPAC...

Dans un article publié récemment dans le quotidien israélien en ligne ynetnews .com, Weissglass rend hommage à l'expertise du lobby sioniste dans la manipulation des dirigeants politiques américains pour faire passer les intérêts sionistes comme étant ceux des US.

De par ses activités comme éminence grise de Sharon à Washington pendant plusieurs années, Weissglass sait bien sûr de quoi il parle
Qui est Dov Weissglass ?
Avocat de Tel Aviv, defenseur des services de sécurité du Shin Bet et du Mossad dans les commissions d’enquête , ou des responsables de ministères accusés de corruption, il est devenu le conseiller de Sharon, ex premier ministre d'Israël, et son représentant auprès de la super-puissance américaine. éminence grise de ce dernier aux Etats Unis, il a entretenu des relations étroites avec l'Administration de G. W. Bush avec qui il était fréquemment en contact téléphonique et qu'il rencontrait chaque mois lors de ses allées retour Tel Aviv- Washington. Promoteur du plan de retrait de Gaza en 2005, il s'est fait remarquer sur la scène politique internationale bien avant l'actuel ministre des affaires étrangères raciste fasciste, Avigdor Lieberman, par ses propos brutaux, négatifs du conflit israélo palestinien. Ainsi de ce plan de "désengagement " il a dit :
" Le plan permet de maintenir le principe de l’ordre des événements. C’est la bouteille de formol où on place la formule de Bush afin de la conserver pendant longtemps. En fait le désengagement c’est le formol qui est nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus politique avec les Palestiniens....Le processus de paix c’est un tas de concepts et d’engagements : un Etat palestinien avec tous les risques que ça entraîne, l’évacuation des colonies, le retour des réfugiés, la partition de Jérusalem. Tout ça est gelé...Le « paquet » qu’on appelle l’Etat palestinien, avec tout ce que ça comporte, est effectivement rayé de l’agenda indéfiniment."
AIPAC présenté par Dov Weissglass
Weissglass de par ses fonctions d'éminence grise de Sharon à Washington a été fréquemment en contact avec le lobby sioniste AIPAC dont les membres fréquentent assidument les couloirs du Congrès, notamment la semaine dernière après la conférence annuelle organisée par le Lobby et à l'occasion de laquelle Weissglass témoigne dans un article publié sur le site de Ynetnew.com. de sa "gratitude" et de sa "fierté" (selon le site) pour le Lobby. Rien de neuf lors de cette conférence, la cible du Lobby restant la même : l'Iran, contre lequel AIPAC, par le biais de certains représentants dont l'élection au Congrès est financée par ce lobby sioniste, présente une nouvelle proposition de loi visant à sanctionner les entreprises étrangères qui fournissent des produits pétroliers raffinés (gazoil...) aux Iraniens. C'est de tradition, chaque année, à la fin de sa conférence, qu'AIPAC lâche ses propagandistes sionistes dans les couloirs du Congrès pour qu'ils aillent faire pression sur les membres pour qu'ils votent la ou les lois que le Lobby présentent.
C'est donc à toutes ces actions en faveur du régime sioniste que Weissglass rend hommage, donnant un aperçu clair de l'influence du puissant lobby sioniste sur la politique étrangère des US. Ce qui suit est une brève présentation d'AIPAC par Weissglass qui en dit long.
"L'essence de l'activité d'AIPAC c'est de soigner les liens entre Israël et les Etats Unis. Elle bénéficie d'une connaissance profonde des deux administrations américaine et israélienne, de même que d'une compréhension détaillée des composantes cette relation entre les deux pays. AIPAC est sensible et vigilante quant à une quelconque possibilité d'incidents dans les liens entre les deux états et fournit de grands efforts pour les éviter.
AIPAC a accumulé une vaste expérience dans la médiation entre les deux administrations. Son action secrète, modeste, et loin du regard du public, fait de l'organisation une interlocutrice intime et une confidente à qui on peut faire confiance pour les dirigeants et personnalités publiques à la fois ici et là bas. L'alliance entre Israël et les US est l'atout diplomatique le plus important d'Israël, et AIPAC a apporté une immense contribution en établissant et en soignant cette alliance - pour cela le peuple d'Israël a une dette à son égard."

Ensuite il décrit comment dans ses activités d'éminence grise de Sharon à Washington, il a eu recours aux services du Lobby.
"Le premier ministre Ariel Sharon, et nous, ses conseillers, avons énormément apprécié l'organisation et ses dirigeants. Nous avons fait en sorte de rechercher leur conseil avant et après chaque rencontre avec le Président, nous leur avons demandé leur opinion sur la plupart des questions impliquant les deux pays, et nous avons partagé avec eux toute idée concernant les liens Israël - US. Nous avons ressenti une dette à leur égard."
Aux Etats Unis, toute organisation agissant pour le compte d'un gouvernement étranger doit s'enregistrer comme telle. AIPAC a toujours systématiquement refusé de le faire avançant habilement comme argument qu'elle œuvrait à promouvoir les liens entre les deux pays. Il est clair pourtant dans les faits que le Lobby sioniste fait passer les intérêts de Tel Aviv avant ceux de Washington ou plus précisément fait constamment croire à l'administration américaine, quelqu'elle soit, que les intérêts du régime sioniste sont les mêmes que ceux des Etats Unis.
AIPAC défend traditionnellement la politique du Likud et donc actuellement de son dirigeant et premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Dans les années 90, selon un article publié en Mars dernier par un ancien lobbyiste en chef d'AIPAC, Douglas Bloomfield, le lobby sioniste a agi en coulisses pour faire échouer les Accords d'Oslo que Netanyahou désapprouvait.
Pour donner un aperçu de l'ambiance de la conférence de cette année, où se sont retrouvés quelques 6 500 membres du Lobby , plus la moitié des membres du Congrès américain ainsi que de nombreuses personnalités politiques américaines et israéliennes, l'ancien dirigeant du parti républicain, Gingrich, qui reste très influent au sein de son parti, s'est vu gratifier d'applaudissements et d'ovations particulièrement soutenues lors de son intervention le premier jour de la conférence. Se focalisant sur l'Iran, sujet principal de la conférence, il a prôné un changement de régime à Téhéran.
" Nous devons briser le sophisme du juriste comme quoi toutes les nations sont égales... Il existe des régimes avec lesquels vous ne pourrez jamais passer un accord parce qu'en fait ils sont le mal"... Discuter de bonne foi et chercher la réconciliation avec Adolphe Hitler cela aurait été sans issue, parce qu'il personnifiait le mal. Ahmadinejad, s'il obtient les armes, sera aussi diabolique qu'Hitler".
Outre reprendre la diabolisation du président iranien qu'AIPAC et Netanyahou répètent en boucle à longueur de discours, Gingrich a préconisé une action militaire préventive pour détruire les missiles de l'Iran sur leurs lieux de stockage, et a vigoureusement soutenu les sanctions concernant l'approvisionnement de l'Iran en produits pétroliers raffinés, pour " briser" l'économie de l'Iran, et "chasser les ayatollahs". C'est à ce genre de propos "pacifiques" que les membres d'AIPAC ont applaudi à tout rompre.

http://www.planetenonviolence.org/Portrait-D-AIPAC-Par-Dov-WeissGlass-Ancienne-Eminence-Grise-de-Sharon-A-Washington_a1904.html?preaction=nl&id=8073564&idnl=50231&


2-3 Deb Reich : Ne parlez pas, mince alors !
La police israélienne est devenue la risée du monde.

Regardez ce qu'elle a fait : Il s'agissait d'une opération précise, dont l'heure avait été programmée pour avoir un maximum d'impact, juste avant la Journée du Souvenir de la nation, destinée à intimider des idéalistes civils non armées, dont le crime présumé est de toujours contester la sagesse de l'esprit militaire dominant dans ce pays (en cherchant à le "civil-iser").

New Profile est un mouvement créé essentiellement par des femmes.

Il a été dirigé pendant une décennie d'une façon fluide, égalitaire, non-hiérarchique, comme un partenariat entre tous ses militants.

Aucune chaîne de commandement ! Wow ! Insupportable !
Au matin du 26 avril 2009, des policiers se sont présentés au domicile de cinq de ses militants,
ont confisqué leurs ordinateurs, arrêté les audacieux promoteurs de la liberté d'expression et, plus généralement, ont fait descendre toutes leurs forces de police.

Apparemment ils avaient des mandats de perquisition (est-ce que cela rend les choses meilleures, ou pires ?).
Deux de ces cinq promoteurs de la liberté d'expression étaient des femmes professionnelles plus âgées. Les suspects ont été
inculpés, dûment interrogés et, enfin, après plusieurs heures, libérés sous caution... (et voilà pourquoi les policiers pourraient rougir s'ils devaient l'admettre plus tard) - à condition de ne pas parler aux autres femmes du mouvement pendant un mois !

Pas d'appels téléphoniques, d'emails, ou de réunions !

Ne pas parler, mince alors !
Mesdames et Messieurs, pensez-y : ne pas parler ?

Est-ce réaliste ?

Est-ce même possible ?

Les femmes parlent ensemble, c'est ce que nous faisons. - Un mois entier ?
Pensez à qui sont ces femmes de New Profile et ce qu'elles font réellement.
Les femmes de New Profile travaillent en étroite collaboration et elles le font depuis des années.

Elles consacrent de longues heures à leur mission, en tant que bénévoles.
Donc, c'est quoi ce travail ?

Beaucoup de jeunes israéliens sont profondément troublés d'être enrôlés de force dans une armée d'occupation qui domine brutalement plus de 3,5 millions de voisins privés du droit de vote.
Mais un adolescent israélien avec des doutes sur l'armée ne peut pas toujours en parler à maman et papa.

Trop souvent, le papa et la maman ont gobé la façon de voir les choses la plus répandue qui considère les voisins comme une menace existentielle permanente, et donc le service militaire comme une nécessité regrettable. Le lavage de cerveau complet qui commence dès le préscolaire est considéré comme normal. Les jeunes Israéliens qui le refusent peuvent tout simplement choisir d'émigrer, et légions l'ont fait, mais tout le monde n'a pas un endroit où aller.
Pendant ce temps,
la réalité de servir dans une armée de conquête, piétinant régulièrement sur les droits de l'homme des autres - que la réalité conduit un grand nombre de conscrits à disparaître ou même à envisager de se suicider.

Ce genre de chose est probablement plus répandue qu'on ne le pense, puisque l'armée, pour des raisons évidentes, préfère garder le tenir secret.
New Profile a évolué pour contrer cette réalité avec des groupes de dialogue, des présentations, des expositions, des aides individuelles, des imprimés, un site web, etc.
Tout cela est conçu pour fournir un contexte des droits de l'homme internationalement reconnu
pour les dilemmes rencontrés par les recrues des FOI : une voix réconfortante face à la folie militaire dominante. Rien qu'en tant que force de prévention du suicide, les militants de New Profile sauvent très probablement la vie de dizaines de jeunes par mois.

Ils devraient recevoir une médaille !
Pensez-y :
est-ce qu'une société en guerre permanent est vraiment le genre de foyer que les Juifs fuyant les pogroms en Europe recherchaient en Palestine ?

Est-ce que le succès du militarisme israélien est tellement irréprochable qu'un débat public sur le fond n'est pas indiqué ?

Est-ce que la viabilité à long terme de la relation actuelle d'Israël avec ses voisins semble vraiment rassurante que personne ne soiit autorisé à dire : «Hey - l'empereur a l'air tout nu" ?
Hélas, historiquement parlant, ce n'est pas nouveau que les plus hauts échelons du gouvernement d'un pays, encouragés par une violente campagne de dénigrement dans plusieurs de ses grands médias,
choisissent de considérer la liberté d'expression comme une trahison. Mais l'idée que des femmes adultes, unies dans un combat de conscience pour établir un certain contrepoids à l'opinion du monde sur leur pays, vont devoir s'abstenir de parler les unes aux autres pendant un mois ? Ca, c'est nouveau !
D'autre part, peut-être que la police sait que c'est impossible et infaisable. Peut-être que cette clause précise a été prévue de manière à avoir une excuse pratique pour suspendre la liberté sous caution de ces femmes et les incarcérer, si la police juge bon de le faire ("Vous les femmes, vous étiez ENCORE EN TRAIN DE PARLER ENSEMBLE ! Vous êtes subversives !"). Peut-être qu'à la réflexion, il n'y a pas matière à rire.
Mais, il y a encore une chose à considérer.

Quand un groupe d'officiers de police tentent d'intimider une fraternité de femmes courageuses pour les obliger à se soumettre, les femmes ont tendance à devenir plus déterminées.

Le pouvoir n'est durable à long terme que lorsque vous le partagez, et les femmes de New Profile le savent très bien. Elles argumentent leurs exposés d'une façon très cohérente. Cependant, il faudra beaucoup de temps avant de voir de réels changements dans le coin, je ne me fais pas d'illusions.

Deb Reich
Deb Reich, mère de deux enfants, est un écrivain et traducteur en Israël et Palestine.
Sources ISM

05-09

http://palestine.over-blog.net/article-31048304.html