Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/06/2009

n°462 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 01-06 : Suite1 - «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»

 n°462 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 01-06 : Fin -  «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

462 du 01 - 06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

3-1 Gideon Spiro  : «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»

3-2 Bravo, mon Général !

3-3 Bil'in : Un village qui ne se rendra jamais.

3-4  Le grignotage des terres se poursuit en Cisjordanie.

3-5 Gaza : la situation environnementale est d’une urgence majeure.

4 Annexe

4-1 Mohamed Belaali : « Je graverai inlassablement toutes les saisons de mes douleurs... »


Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Gideon Spiro  : «Israël est un baril de poudre bourré d'armes de destruction massive»
Gideon Spiro écrit au Président Obama

Le 19 avril 2009
Au President Barack Obama
La Maison Blanche

Monsieur le Président,

Je suis un journaliste israélien et un militant des droits de l’homme et je vous écris pour vous demander d’intervenir pour empêcher une conflagration nucléaire au Moyen-Orient.

Le 17 avril 2009, le prestigieux quotidien Haaretz, auquel on se réfère souvent comme au “New York Times d’Israël ”, a publié un éditorial - signé de son principal commentateur sur les questions de défense et de sécurité- appelant à une action militaire d’Israël contre le projet nucléaire iranien.

Quand un journal considéré comme libéral et modéré publie un tel article - à un moment où un gouvernement d’extrême-droite assume le pouvoir- les sirènes d’alarme devraient se déclencher.

La tâche d’empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires est une tâche importante, mais le moyen d’atteindre cet objectif ne réside pas dans une action militaire, mais bien dans un effort international pour créer un Moyen-Orient dépourvu d’armes nucléaires, biologiques et chimiques. Il est impossible d’atteindre cet objectif sans s’occuper de la principale cause de la course aux armes nucléaires : Israël.

C’est Israël qui a poussé le Moyen-Orient dans une course aux armes de destruction massive. Grâce aux actions courageuses du lanceur d’alerte nucléaire Mordechai Vanunu - qui a révélé en 1986, dans une interview au Sunday Times, ce qui se passait derrière les murs du réacteur nucléaire de Dimona - nous savons qu’Israël est armé de centaines de bombes atomiques et thermonucléaires. Si l’on ajoute qu’Israël produit aussi des armes biologiques et chimiques à l’Institut Biologique Nes Ziona, alors émerge une image effrayante : celle d’un Etat, plus petit que la plupart des circonscriptions électorales des Etats-Unis, qui est un baril de poudre bourré d’armes de destruction massive.

Sans même parler de ses énormes quantités d’armes conventionnelles.

Une attaque israélienne contre l’Iran aurait selon toute probabilité des conséquences désastreuses, pouvant entraîner la région dans un conflit nucléaire aboutissant à l’anéantissement d’Etats de la région. Dans ce scénario, Israël pourrait bien être rayé de la carte. Le ministre des Affaires étrangères qui vient d’être nommé, un colon et un va-t-en-guerre qui par le passé a menacé l’Egypte d’un bombardement du barrage d’Assouan, est devenu un acteur-clef dans toute opération d’Israël qui impliquerait la gâchette nucléaire. Par une ironie de l’histoire, Israël, qui héberge tant de survivants de l’Holocauste, est devenu le foyer de dirigeants extrémistes, prêts à déclencher le prochain holocauste - un holocauste nucléaire.

Mais les répercussions d’une attaque israélienne contre l’Iran iront bien au-delà de notre région. Il est plus que probable qu’elles auront des effets dévastateurs dans le reste du monde, y compris aux Etats-Unis auxquels ils causeront un tort massif.

Les agences de renseignement à travers le monde se concurrencent pour spéculer sur les capacités nucléaires de l’Iran. Leurs estimations varient et s’opposent parfois diamétralement. La vérité, c’est que personne ne sait ce que l’Iran cache dans ses installations, mais il peut être utile de faire un rapprochement avec le cas d’Israël.

Aujourd’hui nous savons qu’Israël a développé ses armes nucléaires en trompant le gouvernement des Etats-Unis. Vous connaissez certainement l’histoire de votre prédécesseur, le président John F. Kennedy, qui a essayé d’empêcher Israël d’acquérir des armes nucléaires. Il savait quels dangers ce programme entraînerait pour la stabilité régionale et mondiale. Mais le gouvernement d’Israël a réussi à tromper les inspecteurs américains envoyés à Dimona, et la suite -comme on dit- est devenue de l’histoire. Les Iraniens ne sont pas moins habiles qu’Israël.

La situation dans laquelle Israël conserve son monopole nucléaire ne pourra pas durer éternellement, étant donné qu’un Etat israélien nucléaire est pour les autres une incitation permanente à s’équiper eux-mêmes d’armes similaires. L’unique moyen efficace et pacifique d’en finir avec cette course elle-même destructrice aux armes de destruction massive, c’est le désarmement nucléaire de la région. Et c’est ici que vous pouvez, en tant que président des Etats-Unis, assumer un rôle de leadership historique.

Les Etats-Unis et Israël sont des alliés - selon la formule consacrée que répète chaque homme politique américain. En réalité, cette alliance est d’une nature assez spéciale : l’un des pays finance et l’autre est financé. La puissance d’Israël repose en grande partie sur l’aide militaire et économique des Etats-Unis. Sans les milliards de dollars que les Etats-Unis lui transfèrent, Israël serait incapable de financer l’Occupation, les colonies, l’armée, et, bien entendu, son arsenal nucléaire.

M. le président, vous avez été élu pour être le champion d’une ère de rapprochement entre les nations hostiles, de lutte contre la pollution mondiale , et d’élimination des armes nucléaires. Pour atteindre ces buts, il est nécessaire de serrer la bride à Israël, de le contraindre à accepter un régime de désarmement nucléaire dans notre région, et de l’obliger à ouvrir toutes ses installations nucléaires et ses sites de missiles aux inspections internationales. Idem pour l’Iran et pour les autres Etats du Moyen-Orient.

Dans une région aussi volatile que la nôtre, où Juifs et Musulmans revendiquent un lien direct avec le Tout-Puissant et prétendent même parler en Son nom, l’existence d’armes nucléaires représente une grave menace pour la paix du monde. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne Israël et l’Iran, où bien des gens croient à Armageddon, l’Apocalypse, comme à un prélude à la rédemption, et où certains de ces extrémistes occupent des positions clefs dans le gouvernement. Il est grand temps que les dirigeants américains exigent de tous les acteurs de la région une politique de désarmement mutuel, afin de prévenir les conséquences désastreuses d’une conflagration nucléaire.

Je vous implore d’agir dans l’esprit de cette lettre avant qu’il ne soit trop tard.

(*) Cf. Yossi Melman, I Would Advise Netanyahu to Attack Iran (Je conseillerais à Netanyahu d’attaquer l’Iran), Haaretz (http://www.haaretz.com/hasen/spages/1078897.html)

Respectueusement,

Gideon Spiro

Membre fondateur du Comité Israélien pour un Moyen-Orient sans Armes Atomiques, Biologiques et Chimiques.
Gideon Spiro

Journaliste israélien et militant des droits de l’homme

Traduction de Jean-Marie Matagne autorisée par l’auteur © ACDN, 8 mai 2008.

Source : ACDN
http://www.acdn.net/

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Gideon_Spiro...


3-2 Bravo, mon Général !

Une fois n'est pas coutume: cette semaine je tiens à transmettre des félicitations les plus chaleureuses et mes remerciements les plus sincères à l'homme que vous voyez ci-contre, le Général de brigade Avichai Mandelblit, procureur général de l'armée israélienne.
Ce brave général-procureur vient une fois de plus donner raison à la sentence de Georges Clémenceau: "la justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la msique."

Il vient en effet de classer sans suite l'ébauche d'enquête engagée sur les témoignages de soldats israéliens parus en Israël, sur des crimes de guerre commis à Gaza en janvier. Ces témoignages se fondaient, selon Mandelblit, sur des "ouï-dire", donc: circulez, il n'y a rien à juger.
La justice militaire israélienne n'en est pas à son premier déni de réalité et de justice. Ainsi, le résultat des 30 plaintes déposées pour des meurtres de civils palestiniens pendant la 2ème Intifada (4747 victimes, dont 942 femmes et enfants) a été squelettique : 5 condamnations, dont une seule à une peine de prison quelque peu consistante.
Vous vous demandez donc pourquoi je tiens à féliciter le Général Mandelblit ? Eh bien, c'est très simple : sa décision de classer sans suite les crimes de guerre commis à Gaza ouvre une avenue royale à la Cour pénale internationale pour juger ces crimes. En effet, si la justice civile ou militaire israélienne décidait d'ovrir une enquête sur ces crimes, cela paralyserait toute action de la CPI. Il ne reste plus qu'à prier pour que la justice civile israélienne n'ait pas la mauvaise idée d'ouvrir une enquête sur ces mêmes crimes.
Je pèche peut-être par excès d'optimisme, mais je crois que les autorités pénitentiaires de la prison Haaglanden à Scheveningen peuvent commencer à préparer les suites destinées à accueillir les Ehud Barak, Tzipi Livni, Ehud Olmert et autres criminels de guerre. Et M. Pidakos, le directeur de la prison, peut commencer à prendre des dispositions pour pouvoir fournir des plateaux-repas kasher à ses futurs hôtes.

http://kayman-coupsdedent.blogspot.com/


3-3 Bil'in : Un village qui ne se rendra jamais.

Il y a quatre ans, les travaux de construction du Mur de Séparation ont commencé en plein milieu de Bil'in, un village situé non loin de Ramallah. Celui-ci a perdu presque 60% de ses terres agricoles qui constituent la principale source de revenus de ses habitants.

Les habitants de Bil'in ont présenté plusieurs fois leur cas devant la Cour Suprême israélienne.

En septembre 2007, celle-ci a finalement jugé que le tracé du Mur de Séparation était préjudiciable pour Bil'in et qu'il devait être modifié. L’application de ce jugement aurait du permettre à Bil’in de récupérer presque 50% des terres qui lui avaient été volées en 2004.

Malgré tous ces jugements et la législation internationale qui considère que le Mur est illégal, les travaux continuent et les terres de Bil'in continuent à être volées.

Pour protester contre le vol de leurs terres, les habitants du village ont organisé des manifestations hebdomadaires non violentes au pied du Mur. Chaque vendredi, les villageois, des militants internationaux et la presse se réunissent près de la mosquée et après la prière ils défilent ensemble jusqu'au Mur. C’est avec des gaz lacrymogènes qu’Israël répond à ces manifestations, ainsi qu’avec des balles en caoutchouc, des balles d'acier enrobées de caoutchouc, des grenades assourdissantes et des tirs à balles réelles.

Pour la première fois, il y a trois semaines, les soldats israéliens ont assassiné à Bil'in un manifestant pacifique. Son nom était Bassem Abu Rahmah. Is lui ont tiré en pleine poitrine à environ 30 mètres de distance à tir tendu avec une nouvelle grenade lacrymogène à grande vitesse qui a la forme d’une balle. Il est mort sur la route l'hôpital de Ramallah.

Malgré les dangers, les manifestations n'ont pas cessé.

Mondher Abou Rahmah, un villageois de Bil'in, se rend aux manifestations depuis leur début il y a quatre ans. Sa famille a perdu 15 dunums* de sa terre à cause du Mur. Il a été blessé deux fois au cours des manifestations, une fois ils lui ont tiré dans la main et une autre fois dans l'épaule. Selon Mondher, « au début, les manifestations étaient complètement différentes, ce n'était pas tellement dangereux d'y aller. Maintenant, chaque vendredi, ça le devient de plus en plus».

Selon Mondher chaque manifestation devient imprévisible : « ils utilisent chaque fois un gaz lacrymogène différent, quelquefois ils sont derrière le Mur, d'autres fois ils restent simplement assis et ils surveillent, et d'autres fois ils tirent avec des balles. ». Mais chaque mouvement exécuté par les soldats est décidé à l'avance sans tenir compte du nombre de manifestants ou de combien de pierres sont lancées, « ils ont leurs ordres avant, ils ont décidé s'ils vont tirer des gaz lacrymogènes ou des balles. »

Les soldats israéliens attaquent régulièrement Bil'in, parfois après les manifestations ou, plus fréquemment, la nuit. Quand les soldats arrivent au village, selon Mondher, « nous essayons de nous rassembler afin que les soldats ne puissent arrêter ou kidnapper personne. Lorsque nous sommes ensemble, nous sommes plus forts. Si quelqu'un est atteint par un tir, et qu’il se trouve seul il peut mourir vidé de son sang. Mais si nous sommes tous ensemble, et que quelqu'un est blessé nous pouvons l'aider rapidement et nous assurer qu’il ne lui arrive rien. »

Mondher est l’un des habitants de Bil'in qui a suivi les cours de soins de première urgence dispensés par les Services d'Aide Médicale Palestinienne (PMRS), une ONG palestinienne de base. Le PMRS a débuté ses formations à la première urgence en 1996 en raison de l'accroissement de la violence en Cisjordanie et parce qu’elle frappait souvent dans des secteurs isolés où les gens n'ont pas accès aux services médicaux. Dans des situations où il y a des blessés, s'il n'y a personne aux environs qui est formé aux premiers secours, des gens qui tentent d’apporter des secours peuvent souvent aggraver l’état des blessés.

Ainsi, le PMRS conçoit pour des volontaires, des cours paramédicaux dans lesquels on enseigne les premiers secours d'urgence. Ces programmes sont particulièrement importants dans des villages comme Bil'in où l'hôpital le plus proche se situe à une demi-heure de trajet.

Mondher est aujourd’hui un volontaire paramédical et il sera capable d'aider les gens s’ils sont blessés lors des manifestations hebdomadaires à Bil'in et dans le village voisin de Ni'lin, ainsi que durant les attaques israéliennes contre le village.

Quand on lui demande s'il pense que les manifestations auront quelque effet sur le Mur, en tenant compte du fait que ni les jugements de tribunal ni la loi internationale n’en ont eu, Mondher répond : « le Mur est le Mur, rien n’a changé. Les manifestations et les jets de pierres font partie de notre histoire et notre culture. C’est une histoire triste, l'histoire de notre peuple. Nous sommes un peuple sans terre. Nous avons essayé de récupérer notre terre pacifiquement, mais à la paix Israël répond avec la guerre. C'est pourquoi nous allons être toujours en guerre pour notre terre, et jamais en paix. Eux, vont essayer de réduire notre terre jusqu'à ce que nous tenions dans un petit cercle, alors ils en finiront avec nous. »

À la question de savoir ce qui à son avis pourrait empêcher les Israéliens de continuer à voler la terre, Mondher répond, « Notre dieu, ni moi ni toi, ni personne. Seul Dieu peut les arrêter. Nous allons aux manifestations pour leur démontrer que nous ne nous rendrons pas, c’est notre terre et nous survivrons jusqu'à la fin. »

AUTEUR:   PALESTINE MONITOR

Traduit par  Esteban G.

Édité par Fausto Giudice

Source : Bil'in: A Village That Will Never Surrender
Article original publié le 10/5/2009

Sur l’auteur :

Esteban G. est rédacteur du blog http://letacle.canalblog.com/,

Fausto Giudice : rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste.

Tous deux sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7626&lg=fr


Lire la suite

04/06/2009

n°461 - Dossier de Palestine. - 01-06 – Début - Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.

n°461 - Dossier de Palestine. - 01-06 – Début - Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

                                         N°461                                                  01-06

                                  C.De Broeder       &          M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Les brèves

1-1 On exige qu'elles se déshabillent comme du temps du Nazisme….et on rafle comme du temps du Pétainisme.

1-2 Simulation de guerre (1)
1-3 Simulation de guerre (2)

1-4 Yuval Diskin à la Knesset: le Mur ne sert pas à «prévenir les attaques».

1-5 Cisjordanie: appel d'offres pour des logements dans une colonie.

1-6 Israël: projet d'extension d'une des grandes colonies de Cisjordanie.

1-7 Nétanyahou : "Israël continuera à construire dans les colonies existantes".

1-8 Obama-Nétanyahou : vague de froid.

Suite

2 Dossier

2-1 Al-oufok : Netanyahu refuse à Obama le gel de la colonisation.

2-2 Ali Abunimah  : Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.

Mireille Delamarre : Quelques extraits de la conférence de presse conjointe Obama - Netanyahou après leur rencontre.

2-3 Abed Charef : Obama n’est pas palestinien.

2-4 Jonathan Cook : Combien Israël a-t-il de prisons secrètes ?

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Réponse à Pierre Stambul : 

a) Robert Bibeau :

b) Jean-Marie Gläntzlen :

3-2 Maisa Abou Ghazala : Aucun plan n’est acceptable sans le droit au retour ou un Etat souverain.

3 Pièce jointe :

3-1 Pierre Stambul : Qu’il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.(Extrait).



Tiré a part

Israël se cabre face aux pressions US.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur, mais doit être vu comme information 

Analyse : Proche-Orient . Obama exige le gel total des colonisations.

La question de la colonisation dans les territoires palestiniens est en train de virer à la crise ouverte entre le gouvernement israélien de droite de Benyamin Nétanyahou et les Etats-Unis. L’intransigeance du président américain, Barack Obama, sur le sujet, qui appelle au gel total de la colonisation, provoque de vives réactions dans l’entourage du Premier ministre israélien. «Je veux dire de façon très claire que le gouvernement israélien actuel n’acceptera en aucune façon que la colonisation légale soit gelée en Judée-Samarie (Cisjordanie)», a déclaré hier le ministre israélien des Transports, Israël Katz, un proche de Nétanyahou.

«Légales». Suite à sa rencontre avec le président américain, le 18 mai, Nétanyahou s’était engagé à évacuer une vingtaine de colonies sauvages établies par des colons extrémistes. II espérait toutefois bénéficier de l’indulgence manifestée par le prédécesseur d’Obama, George W. Bush, à l’égard des colonies considérées comme «légales» par Israël.

L’Etat hébreu veut notamment poursuivre les constructions, pour - dit-il - faire face à leur «croissance naturelle», dans les gros blocs d’implantations qu’il entend conserver dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens. Mais, comme l’envoyé spécial américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, et la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, l’ont signifié, de façon très claire, l’administration Obama exige le gel pur et simple de toute forme de colonisation.

Cette détermination et la perspective du discours du président américain, ce jeudi au Caire, présenté comme le discours de «réconciliation» des Etats-Unis avec le monde arabo-musulman, ont provoqué une vague d’inquiétude en Israël.

Voire davantage. «Plus se rapproche le discours du Caire, plus la panique monte parmi les proches du Premier ministre», assure Ben Caspit, dans le quotidien Maariv.

Et d’ajouter : «Nétanyahou est le seul responsable de cette situation : l’amateurisme et l’arrogance dont il a fait preuve avec la nouvelle administration américaine, le mépris avec lequel il a accueilli le vent nouveau qui soufflait de Washington. Tout cela lui explose maintenant à la figure.»

Formule.

Reste que la marge de manœuvre de Nétanyahou, dont la coalition repose sur des partis religieux et de droite favorables à la colonisation, est étroite. S’il veut se maintenir au pouvoir, le chef du Likoud devra trouver dans les prochaines semaines une formule qui satisfasse les exigences d’Obama sans provoquer une énième crise gouvernementale en Israël.

Monde 01/06/2009 à 06h51

DELPHINE MATTHIEUSSENT

http://www.liberation.fr/monde/0101570569-israel-se-cabre-face-aux-pressions-americaines?xtor=EPR-450206



1 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 On exige qu'elles se déshabillent comme du temps du Nazisme….et on rafle comme du temps du Pétainisme.

L’organisme officiel pour l’aide médicale palestinienne condamne les pratiques agressives des forces armées de l’Occupation sur le barrage de Barta'a ; ces forces avaient paralysé le travail des équipes médicales.

Les soldats avaient exigé que l’une des fonctionnaires travaillant dans cet organisme se déshabille pour la fouiller.

Par ailleurs, deux palestiniens furent kidnappés à leur lieu de travail et violemment battus par les services de renseignements de Mahmoud ABBAS.

Etroite coordination entre l’Occupation et la Collaboration pour étouffer la Mémoire et pour la chasse aux étudiants de type Guy Moquet

http://libanresistance.blogspot.com/


1-2 Simulation de guerre.(1)
Depuis quatre jours, les escadrilles de l'armée de l'air israélienne participent à un exercice de simulation de guerre sur tous les fronts.
Avions de chasse, appareils de fret et systèmes de defense antimissiles : tous les niveaux de defense aérienne étaient inclus dans l'exercice.
Contrairement aux entraînements précédents, l'aviation n'a pas exercé ses capacités de sortie longue-portée, telles que celles qui se produiraient, par exemple, dans le cadre d'une offensive sur les infrastructures nucléaires iraniennes. Cette semaine, l'exercice concernait exclusivement la defense du pays.
Les scénarios prévus par l'exercice comprenaient l'éventualité d'une nouvelle guerre contre le Hamas, sur le front sud, et des affrontements avec le Hezbollah et la Syrie, au nord.
Par ailleurs, le plus gros exercice de defense civile jamais pratiqué en Israël sera mis en œuvre au début du mois de juin par les responsables de la Defense passive. Tous les Israéliens devront alors s'entraîner à trouver des espaces sécurisés et des sirènes retentiront à travers tout le pays.
Après avoir été informé des résultats des simulations de cette semaine, le ministre de la Defense, Ehoud Barak, s'est dit particulièrement impressionné. "Nous sommes dotés d'une force aérienne très puissante et cela nous permet vraiment de nous sentir en sécurité", a-t-il déclaré.
Concernant le dernier essai iranien de lancement d'un missile balistique longue-portée, mercredi, Barak estime qu'il s'agit simplement d'une "preuve supplémentaire que nous devons développer tous les moyens nécessaires à une confrontation" avec Téhéran. JPOST.FR
22.05.09
http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1242212442807&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull


1-3 Simulation de guerre.(2)

Organisation en Israël du plus grand exercice de défense civile de l'histoire du pays

Des sirènes destinées à avertir la population du déclenchement de raids aériens ont retenti dans tout Israël mardi, entraînant la fmise a l'abri de plusieurs millions de personnes vers des abris.

Ces opérations s'inscrivaient dans le cadre d'un exercice de cinq jours comprenant notamment des simulations d'attaques à la roquette et au missile sur des villes israéliennes.

Cet exercice qui a commencé dimanche intervient à l'heure où la préoccupation grandit en Israël au sujet des ambitions nucléaires de l'Iran et de son développement de missiles à longue portée.

Des représentants des autorités israéliennes ont cependant déclaré que cet exercice n'était pas une réponse directe à ces inquiétudes, mais qu'il découlait de la guerre de 2006 contre le Liban.

Au cours de ce conflit, la résistance a tiré près de 4.000 roquettes sur Israël, où la défense civile a montré des insuffisances.

Dans le cadre des opérations, les services d'ambulances et de lutte contre les incendies, les hôpitaux, des unités militaires de secours et les autorités locales sont confrontés à divers scénarios d'attaques, dont des attaques au missile à ogive non conventionnelle.

http://www.aloufok.net/spip.php?article568

( Mardi, 02 Juin 2009 - Avec les agences de presse )


1-4 Yuval Diskin à la Knesset: le Mur ne sert pas à «prévenir les attaques».

Le Chef des services de renseignement israélien Shin Bet, Yuval Diskin, a déclaré qu'il n'y a aucune raison de sécurité pour construire le mur entre la Cisjordanie et Israël.

Tout en s'adressant à un sous-comité du parlement israélien, Diskin a déclaré mardi 19 mai que les Israéliens ont «des capacités en matière de sécurité et de renseignements militaires {leur} permettant d’empêcher toute attaque provenant des territoires palestiniens».

Le mur, «barrière de sécurité» d’après les Israéliens, est illégal en vertu du droit international; l'Organisation des Nations Unies et même les États-Unis et l'Union européenne et des institutions de droits de l'homme dans le monde entier l’ont condamné.

La résistance non-violente palestinienne a lutté contre le Mur de l’Apartheid depuis le début de sa construction, en juillet 2002, et elle se poursuit aujourd’hui dans les villages de Bi’lin, Na’lin, Jayyous et Al-Masara.

La Cour internationale de justice en 2004 a demandé la démolition du mur, qui a confisqué de terres, a empêché aux résidents de se rendre d'une ville palestinienne à l’autre ou dans leurs terres agricoles, à l’école, aux installations médicales, à la famille élargie.

Le 90% du mur israélien est construit à l'intérieur de la Cisjordanie sur des terres confisquées aux Palestiniens. Une fois terminé, il sera long environ 790 kilomètres.

Leyla Jad  

(PNN)

 20 May

http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=4019


1-5 Cisjordanie: appel d'offres pour des logements dans une colonie.

Un appel d'offres gouvernemental a été lancé pour la construction de vingt logements dans une colonie du nord de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, a indiqué lundi la radio militaire israélienne.

Cette annonce, qui porte sur l'extension de la colonie de Maskiot, intervient peu avant une rencontre à Washington entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Barack Obama, sur fond de désaccord sur la colonisation en Cisjordanie occupée.

L'appel d'offre gouvernemental a été lancé il y a quelques jours à la suite d'un feu vert du ministère de la Defense, et un groupe d'entrepreneurs s'est rendu dimanche dans l'implantation de Maskiot pour préparer des travaux, selon cette source.

L'annonce en juillet 2008 de ce projet de construction à Maskiot avait provoqué à l'époque des protestations internationales.

L'Autorité palestinienne a condamné ce nouveau projet de colonisation, affirmant que M. Netanyahu envoyait ainsi un message de défi à l'administration américaine.

"Lancer un projet de nouvelle colonie dans la vallée du Jourdain au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'apprête à rencontrer le président américain Barack Obama traduit la détermination du gouvernement israélien à poursuivre la colonisation", a affirmé dans un communiqué le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina.

"Cette décision constitue un défi flagrant à l'administration américaine et son président car elle trahit le refus d'Israël d'arrêter la colonisation", a-t-il ajouté.

L'administration Obama voudrait en effet voir M. Netanyahu stopper la construction dans les implantations, conformément à la Feuille de route, le dernier plan international exigeant notamment un gel de la colonisation.

M. Netanyahu entend poursuivre la politique d'agrandissement des implantations existantes, particulièrement à Jérusalem-est annexée après sa conquête en 1967, et des grands blocs de colonies en Cisjordanie, au motif d'assurer leur "croissance naturelle" répondant aux besoins démographiques.

La construction de Maskiot, à l'emplacement d'une ancienne base de l'armée israélienne, avait été autorisée fin 2006 par le gouvernement pour reloger des Israéliens expulsés des colonies de Goush Katif lors du retrait de la bande de Gaza, à l'été 2005.

Près de 300.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et près de 200.000 autres se sont installés dans une douzaine de quartiers construits à Jérusalem-est.

(AFP

18 mai)


1-6 Israël: projet d'extension d'une des grandes colonies de Cisjordanie.

Une commission du ministère israélien de l'Intérieur a recommandé l'annexion de 1.200 hectares supplémentaires à Maale Adoumim, la deuxième colonie la plus peuplée de Cisjordanie, malgré l'opposition des Etats-Unis, a indiqué dimanche la radio militaire.

Cette commission a recommandé dans un rapport que la petite colonie de Kedar située à 3 km à l'est de Maale Adoumim soit intégrée à Maalé Adoumim ainsi que les terrains séparant les deux implantations.

Cette mesure, qui doit encore obtenir le feu vert du ministre de l'Intérieur Eli Yishaï --chef du parti ultra-orthodoxe Shass-- pour être appliquée, permettrait de porter à 34.500 le nombre d'habitants de Maale Adoumim, située près de Jérusalem, a ajouté la radio.

Les Etats-Unis ont dans le passé fait part à plusieurs reprises de leur opposition à l'agrandissement de Maale Adoumim car une telle extension couperait en deux la Cisjordanie et rendrait beaucoup plus difficile la circulation des Palestiniens entre le nord et le sud de cette région.

Mais, selon le rapport de la commission, les "répercutions politiques" notamment à l'étranger seraient "seulement marginales", a poursuivi la radio.

Interrogé par la radio, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui est également dirigeant d'Israël Beiteinou, un parti ultra-nationaliste, a affirmé: "il n'est pas difficile de deviner la position de mon parti sur ce sujet".

"Mais nous sommes membres d'une coalition et il ne faut prendre une décision sur ce dossier qu'après mûres réflexions", a ajouté M. Lieberman.

Le secrétaire général de la Paix Maintenant Yariv Oppenheimer a pour sa part dénoncé ce projet.

"Le gouvernement tente d'utiliser la notion de blocs de colonies pour rattacher des colonies isolées telle que Kedar au territoire israélien et par la même occasion modifier le tracé de la clôture de séparation", a affirmé M. Oppenheimer.

Il faisait allusion à la position du gouvernement précédent d'Ehud Olmert qui avait annoncé son intention d'annexer trois blocs de colonies dont Maalé Adoumim dans le cadre d'un accord de paix avec les Palestiniens qui aurait inclut un retrait de plus de 95% de la Cisjordanie ainsi qu'un échange de territoires.

Par ailleurs, Israël a érigé une "clôture antiterroriste". Cette barrière, qui doit s'étendre à terme sur plus de 650 km, est qualifiée de "mur de l'apartheid" par les Palestiniens. Elle empiète sur la Cisjordanie et rend extrêmement problématique la création d'un Etat palestinien viable.

AFP / 26 avril


1-7 Nétanyahou : "Israël continuera à construire dans les colonies existantes".

Israël continuera à construire dans les colonies existantes de Cisjordanie, mais exclut d'en créer de nouvelles, a annoncé dimanche le Premier ministre Benyamin Nétanyahou lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement.

Cette annonce sonne comme un défi à Washington, l'administration Obama l'ayant exhorté, lors de sa récente visite, à geler la croissance des implantations.

"Nous ne construirons pas de nouvelles implantations", a-t-il déclaré, selon un compte-rendu diffusé par ses services. "Mais il n'est pas juste de ne pas apporter de solution à la croissance naturelle", terme habituellement utilisé par les autorités israéliennes pour évoquer l'augmentation de la population des colonies.

Ces dernières comptent actuellement quelque 280.000 personnes, et sont un important point de friction entre Américains et Israéliens.

Quant au président palestinien Mahmoud Abbas, attendu à son tour à la Maison Blanche cette semaine, il a déjà estimé que rencontrer Nétanyahou n'avait aucun sens pour lui tant que l'Etat hébreu n'acceptait pas de geler l'expansion des implantations et accepte de négocier sur l'indépendance palestinienne.

Le chef de gouvernement s'exprimait à l'issue d'un débat houleux pendant le Conseil des ministres sur la question des avant-postes, ces colonies sauvages non-autorisées que des colons établissent pour consolider la mainmise israélienne sur la Cisjordanie.

Le ministre de la Defense, Barak, qui a autorité en matière de démantèlement, a expliqué que 22 colonies sauvages allaient démantelées, en essayant d'abord le dialogue mais sans exclure l'usage de la force si les colons refusent de les quitter.

Mais des membres "faucons" du gouvernement ont pris le contre-pied, s'opposant à toute action immédiate contre ces avant-postes, jugeant qu'il n'y a pas urgence. "Les avant-postes n'ont pas à être démantelés maintenant", a déclaré le ministre de l'Intérieur Eli Yishai, notant que les Palestiniens et Arabes israéliens aussi pratiquaient la construction sauvage, et qu'il fallait donc être "juste et équitable".

Israël s'était engagé à démanteler ces 22 avant-postes dans le cadre de la "feuille de route" pour la paix au Proche-Orient de 2003.

Jeudi, au lendemain du retour de Nétanyahou de Washington, les forces israéliennes avaient démantelé un petit avant-poste en Cisjordanie, qui a déjà été démantelé à plusieurs reprises.

Depuis des années, Israël promet aux Etats-Unis de démanteler les avant-postes. L'administration Obama fait actuellement pression sur le gouvernement Nétanyahou pour que l'Etat hébreu suspende l'activité des implantations.

24 mai

Al-oufok avec les agences de presse )

http://www.aloufok.net/spip.php?article540


1-8 Obama-Nétanyahou : vague de froid.

Même s'il voulait complaire à Obama, Netanyahu devra, pour se maintenir au pouvoir, tenir compte de l'hostilité de ses partenaires de coalition à toute cessation des activités de colonisation, estiment les commentateurs israéliens.

"Nous allons continuer à nous quereller (...) sur la question des colonies", prédit ainsi l'éditorialiste en vue Nahum Barnea dans les colonnes du quotidien à grand tirage Yedioth Ahronoth.

"Toutes les administrations américaines ont été mécontentes d'Israël sur cette question, mais l'administration Obama diffère de celles qui l'ont précédée en ce qu'elle considère cela comme le vrai problème", relève Barnea.

Pour lui, la seule manière pour le chef du Likoud de s'épargner les pressions américaines sera de faire valoir que s'il y cédait son gouvernement tomberait.

Le gouvernement israélien "n'a d'autre choix que de tenir compte des desiderata des Américains car ce sont nos amis", a estimé Pinhas Wallerstein, un autre représentant des colons, en jugeant qu'un conflit avec les Etats-Unis serait "trop grave".

"Mais ils doivent aussi tenir compte des souhaits israéliens (...) Il ne faut pas que nous les provoquions, mais nous devons continuer à vivre au quotidien", a-t-il ajouté.

Mais une dirigeante plus radicale des colons, Nadia Mattar, a déclaré que ceux-ci n'accepteraient jamais un "gel". "Personne ne peut 'geler' un peuple vivant dans sa propre patrie. Personne ne nous dira de ne pas vivre ici. Et personne ne nous signifiera de ne pas nous y épanouir."

http://www.aloufok.net/spip.php?article523


n°461 - Dossier de Palestine. - 01-06 – suite - Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.

n°461 - Dossier de Palestine. - 01-06 – suite - Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

                                         N°461                                                  01-06

                                  C.De Broeder       &          M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

2 Dossier

2-1 Al-oufok : Netanyahu refuse à Obama le gel de la colonisation.

2-2 Ali Abunimah  : Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.

Mireille Delamarre : Quelques extraits de la conférence de presse conjointe Obama - Netanyahou après leur rencontre.

2-3 Abed Charef : Obama n’est pas palestinien.

2-4 Jonathan Cook : Combien Israël a-t-il de prisons secrètes ?

 



2 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Al-oufok : Netanyahu refuse à Obama le gel de la colonisation.

Benjamin Netanyahu a bravé dimanche Barack Obama en refusant le gel total des activités de colonisation, réclamé par le président américain au Premier ministre israélien lors de leur première rencontre lundi dernier à Washington.

En présence de son interlocuteur, le chef de la Maison blanche avait rappelé que la "feuille de route" internationale pour la paix de 2003 faisait obligation à l'Etat juif, qui l'a acceptée, de stopper toutes les activités de colonisation dans les territoires palestiniens.

"Nous n'avons pas l'intention de construire de nouvelles implantations, mais il ne serait pas équitable d'interdire les constructions répondant aux besoins d'expansion naturelle (de celles qui existent) et de bannir purement et simplement toute construction", a dit Netanyahu.

Le chef du Likoud a tenu ces propos, véritable camouflet pour Obama, lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement de coalition, mis sur pied en mars grâce au concours des petits partis d'extrême droite ou ultra-orthodoxes.

Obama, qui doit recevoir à son tour la semaine prochaine à Washington le président palestinien Mahmoud Abbas, prévoit de prononcer le 4 juin au Caire un grand discours fondateur sur sa vision d'un règlement du conflit du Proche-Orient.

Le chef de la Maison blanche a promis avant son élection, et confirmé depuis, qu'il entendait s'attaquer au dossier "vigoureusement" - contrairement à son prédécesseur George Bush - et il prône avec insistance une solution "à deux Etats", que Netanyahu refuse de reprendre à son compte.

Abbas considère que la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est constitue un obstacle au processus de paix, qu'il refuse de reprendre si le nouveau gouvernement israélien ne s'engage pas en faveur du principe d'un Etat palestinien indépendant et souverain.

"Ce qui nous intéresse, c'est de voir Israël se conformer à ses obligations en vertu de la feuille de route, ce qui implique la cessation des activités de colonisation et de leur expansion sous toutes les formes", a déclaré le ministre palestinien des Travaux publics et du bâtiment Mohammed Shatayyeh, en réaction aux propos de Netanyahu.

Il a invité le gouvernement israélien à manifester sa volonté de paix en interrompant les livraisons et le financement des colonies.

Un demi-million de colons juifs vivent au beau milieu de trois millions de Palestiniens dans une centaine d'implantations jugées illégales par la Cour internationale de justice mais dont Israël considère l'expansion démographique "naturelle".

On ignore le degré de pression qu'Obama, qui a surpris le gouvernement Netanyahu par son activisme nouveau sur cette question, est prêt à exercer sur le gouvernement israélien pour obtenir un gel total et immédiat de la colonisation, y compris des constructions dans les colonies existantes.

Mark Regev, porte-parole de Netanyahu, a reporté toute discussion sur le sort des colonies à de future négociations avec les Palestiniens. "Durant la période intérimaire, nous devons permettre qu'une vie normale se poursuive dans ces communautés".

Netanyahu exclut pour le moment de discuter, comme son prédécesseur Ehud Olmert, des questions territoriales avec les Palestiniens. Il s'est réservé dimanche le droit de continuer à construire dans le secteur de Jérusalem-Est.

Quatre jours plus tôt il avait affirmé qu'Israël ne restituerait jamais la partie orientale et arabe de Jérusalem conquise en 1967, site de lieux saints sacrés aux yeux de trois religions du Livre, et que les Palestiniens revendiquent comme la capitale de leur futur Etat indépendant.

Le gouvernement Netanyahu entendrait, pour atténuer aux pressions américaines, éradiquer les colonies "sauvages", au nombre de plus d'une vingtaine, construites sans l'autorisation des autorités et jusqu'à présent largement tolérées.

La police israélienne a ainsi détruit jeudi à la pelleteuse un de ces "avant-postes", composé de cabines métalliques abritant une trentaine de personnes, au sommet de la colline baptisée Maoz Esther, à environ 300 mètres de la colonie de Kokhav Hashahar, au nord-est de Ramallah.

Pour Yariv Oppenheimer, porte-parole du mouvement pacifiste israélien La Paix maintenant, cette évacuation n'a été qu'un "exercice de relations publiques".

"Agir contre ces avant-postes est relativement facile par rapport au gel des grandes colonies" réclamé par Obama mais qu'Israël entend conserver aux termes d'un futur accord de paix, conformément à un engagement qu'Olmert aurait obtenu par écrit de George Bush, fait-on valoir de source autorisée.

Depuis jeudi, des colons sont revenus sur le site de Maoz Esther mais, avant la réunion du gouvernement, le ministre de la Defense Ehud Barak a assuré que le gouvernement était décidé à chasser les occupants de toutes ces colonies sauvages de gré ou de force. Il n'a toutefois pas dit dans quel délai.

(25 Mai 2009 –

Al-oufok avec les agences de presse )

25 mai 2009, par La Rédaction

http://www.aloufok.net/spip.php?article543


2-2 Ali Abunimah  : Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.

Pas D'Espoir Ni Changement Attendu De La Rencontre Obama - Netanyahou

Il n'y a jamais eu autant de battage médiatique concernant une rencontre entre un dirigeant américain et israélien que pour celle qui s'est tenue cette semaine entre le président US Barak Obama et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Comme on pouvait s'y attendre, Obama a rappelé son engagement à entreprendre une démarche diplomatique envers l'Iran de même que de faire un effort considérable pour parvenir à une solution à deux états. Netanyahou continue à inciter à la confrontation avec l'Iran et a refusé de s'engager pour la création d'un état palestinien.
En surface, il semblerait qu'il y ai de véritables différences et qu'on doive s'attendre à une bataille épique entre les forces impliquées de chaque côté - inclus le Lobby israélien- qui déterminera le sort réservé aux relations US-Israël.
Mais, Obama n'a offert que peu de nouvelles informations, réitérant les positions US bien connues qui considèrent les Palestiniens, particulièrement le Hamas, comme les agresseurs, et Israël comme l'innocente victime. Tout en appelant Israël à stopper la construction des colonies ( comme l'ont fait pendant des décennies les présidents US), Obama n'a fourni aucun signe qu'il allait transformer ses paroles en actes. Bien au contraire, le président a dit qu'il ferait pression sur les dirigeants arabes pour qu'ils normalisent leurs relations avec Israël, récompensant à l'avance ce dernier pour toute relance des négociations de paix.
Imaginons, pour argumenter, qu' Obama face, fait sans précédent, pression pour forcer Israël à accepter un accord avec les Palestiniens. Quel serait un tel accord ? Les grandes lignes de celui-ci ont été tracées dans un rapport récent envoyé à Obama par un groupe d'anciens hauts responsables politiques US ayant à sa tête l'ancien conseiller à la sécurité intérieure, Brent Scowcroft. Le document, prévient qu'il n'y a qu'une possibilité "de 6 à 12 mois" avant que ne s'évapore toute chance de paix, et appelle les US à soutenir avec force la création d'un état palestinien. Mais, ce doit être un état démilitarisé tronqué " basé sur " les frontières de 1967. Israël annexera les grandes colonies de la Cisjordanie et il n'y aura pas de droit de retour pour les réfugiés palestiniens. Cet " état " sera occupé indéfiniment par une "force multinationale" dirigée par l'OTAN, pouvant, selon la suggestion du groupe de Scowcrift, comprendre également des soldats israéliens

Voir " "A last chance for a two-state Israel-Palestine agreement, 2009
Bien sûr, la proposition de Scowcroft ne représente pas nécessairement la ligne de l' Administration Obama. Mais elle exprime le consensus existant dans l'industrie envahissante du processus de paix qui considère une telle proposition comme " raisonnable" "pragmatique" et inévitable, et elle fait écho aux propres déclarations d' Obama s'opposant au droit au retour et soutenant la demande d'Israël d'être reconnu comme un "état juif".
En d'autres termes, ce que la vaste majorité des Palestiniens considèrent comme un horrible plan pour légitimer leur dépossession, accorde à Israël une licence perpétuelle pour être raciste, et pour transformer un régime d'apartheid issu des Accords d'Oslo en prison permanente. Cela est actuellement considéré comme une réflexion audacieuse et profonde menaçant de rompre les liens américano israéliens.
Netanyahou a peu à perdre à s'embarquer dans une "processus de paix" après s'être embarqué à résister à la pression américaine ( ou extorquer plus de concessions américaines et d'argent). Il sait que les chances d'action sont nulles. Obama n'entreprendra pas de pression significative, et même s'il le faisait ce n'est pas clair sur qui, puisque côté palestinien il n'y a pas de dirigeant prêt, voulant, ou capable de réitérer une fraude type Accords d'Oslo contre leur peuple.
On dit qu'Obama croit que la paix en Palestine est la clé pour transformer les relations entre les US et le "Monde Musulman". S'il est vraiment sérieux là dessus, les US devraient rompre avec toutes les politiques passées et soutenir la paix sur des principes universels démocratiques et des droits de l'homme et d'égalité - - ce qui est incompatible avec l'engagement envers Israël comme étant un "état juif" pratiquant la discrimination légalisée. Tous les signes montrent néanmoins que l' Administration Obama fera pression pour forcer les Palestiniens et les Arabes à accepter la normalisation avec Israël tel qu'il est et que les US continueront de soutenir la faillite morale et politique du projet colonial sioniste par une aide permanente américain militaire, économique, et diplomatique.
Le véritable problème pour les relations US israéliennes, ne doit pas être si Netanyahou murmurera ou non les mots magiques de la "solution à deux états". C'est plutôt qu' après Gaza c'est impossible de continuer à agiter la fiction qu'Israël est une brave démocratie libérale ne dépendant que d'elle -même et qui mérite un soutien inconditionnel. Quelque soit ce que fait cette administration, cela finira par des pressions sur Israël - - tel que le soutien croissant du public américain pour le mouvement mondial de boycott, désinvestissement , et sanctions.
Ali Abunimah –

21/05/09
Ali Abunimah est co fondateur du site internet Electronic Intifada, et l'auteur de : "One Country: A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse" (Metropolitan Books, 2006). Cet article a d'abord été publié sur bitterlemons international.


Mireille Delamarre : Quelques extraits de la conférence de presse conjointe Obama - Netanyahou après leur rencontre.

Obama :
"... D'abord je veux remercier le premier ministre Benjamin Netanyahou de sa visite je pense que nous avons eu une série de conversations extraordinairement productives non seulement entre nous deux, mais aussi au niveau du personnel et des agences. Cela reflète évidemment la relation extraordinaire, la relation spéciale entre les Etats Unis et Israël. C'est un allié inconditionnel des US. Nous avons des liens historiques, des liens émotionnels. Comme seule véritable démocratie au Moyen Orient, c'est une source d'admiration et d'inspiration pour le peuple américain. J'ai dit dés le début que lorsqu'il s'agit de ma politique envers Israël et le Moyen Orient, la sécurité d'Israël est d'une importance capitale, et j'ai répété cela au premier ministre Netanyahou. C'est dans l'intérêt de la sécurité nationale des US d'assurer que la sécurité d'Israël en tant qu' état juif indépendant est maintenu...."


Sur la "création d'un état palestinien "

Obama adopte un langage proche de celui de Netanyahou qui ne parle pas d'état mais accorde aux Palestiniens le droit de se gouverner eux mêmes et surtout met l'accent sur le développement économique principalement de la Cisjordanie, objectif premier de ce dernier.
Obama :
"..
Et je pense que nous pouvons - il n'y a aucune raison que nous ne puissions pas saisir cet opportunité et ce moment pour tous les parties concernées de prendre au sérieux ces obligations et d'aller de l'avant de sorte qu'on assure la sécurité d'Israël, qu'on mette fin aux attaques "terroristes" source de souffrance et de détresse, et qu'on puisse stopper les attaques à la roquette sur Israël, mais aussi permettre aux Palestiniens de se gouverner comme un état indépendant qui permet un développement économique, qui leur permet de faire de sérieux progrés pour répondre aux aspirations de leur peuple...."


Dans son intervention, Netanyahou a principalement insisté sur la menace que représente soit disant le programme nucléaire iranien, consacrant peu de temps au règlement du conflit avec les Palestiniens. Evitant de parler d'état palestinien, il a conditionné toute reprise des négociations à la reconnaissance par les Palestiniens d'Israël comme état juif ce qui bien sûr signifie en clair qu'il n'y aura pas de reprise des négociations car personne côté palestinien n'osera le faire c'est la ligne rouge à ne pas franchir.
Netanyahou :
"... Si nous reprenons les négociations, comme nous le prévoyons, alors je pense que les Palestiniens - devront reconnaitre Israël comme un état juif; ils devront aussi permettre à Israël d'avoir les moyens de se défendre. Si ces conditions sont remplies - - si les conditions pour la sécurité d'Israël sont remplies, et qu'il y a reconnaissance de la légitimité d'Israël - - sa légitimité permanente, alors je pense que nous pouvons envisager un arrangement où les Palestiniens et les Israéliens vivront côte à côte dans la dignité, la sécurité et la paix..."


Lors des questions Obama s'est prononcé - même si c'est dit de façon alambiquée - pour faire pression sur les Palestiniens pour qu'ils assurent la sécurité d'Israël via leurs milices de supplétifs entraînés par les US pour pourchasser la résistance en Cisjordanie, et pour faire pression sur les pays arabes pour qu'ils normalisent leurs relations avec le régime sioniste sans attendre la création d'un état palestinien qui de toute façon ne verra jamais le jour sous Netanyahou. En effet, Obama, à aucun moment, n'a évoqué une quelconque pression sur Israël de sa part, répétant tout au long de cette conférence de presse le mantra entendu avec les autres administrations sur la nécessité "d'assurer la sécurité d'Israël."
Obama :
"...Au cour des discussions, et je pense que le premier ministre ne verra aucun inconvénient à ce que je lui dise - - ou que je dise publiquement ce que j'ai - - dit en privé, qu'on reconnaît que les Palestiniens doivent faire un meilleur boulot pour fournir les types d'assurance sécuritaire nécessaires dont les Israéliens ont besoin pour arriver à une solution à deux états, c'est, vous savez, que la direction des Palestiniens devra obtenir - - obtenir plus de légitimité et crédibilité auprès de son propre peuple et fournir ces services. Et c'est ce que les US et Israël peuvent aider à faire accomplir. Les autres pays arabes doivent apporter plus de soutien et être plus audacieux dans la recherche d'une normalisation potentielle avec Israël..."

23 Mai

Titre, Traduction et Synthèse Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org/Obama-Netanyahou-Je-T-Aime-Moi-Non-Plus-Faux-Dilemne,-Vraie-Complicite_a1916.html


2-3 Abed Charef : Obama n’est pas palestinien.
Le discours américain envers Israël est «ferme».

Une fermeté qui devrait inquiéter les Palestiniens en premier lieu, car elle rappelle la promesse faite par George Bush de doter les Palestiniens d’un Etat, promesse lancée à la veille de l’invasion de l’Irak.

Le pape n’a pas été à la hauteur, lors de sa visite en terre sainte. C’est, du moins, ce qu’ont martelé les Israéliens dès le début du périple du chef de l’Eglise catholique au Proche-Orient.

Benoît XVI avait beau se plier aux vœux les plus secrets de ses hôtes, il n’arrivait pas à s’attirer les faveurs des dirigeants et de la presse israélienne. Il n’y a aucun mystère à cette attitude. Les Israéliens avaient décidé de mettre la pression, par tous les moyens, sur le pape. Aucun répit ne devait lui être laissé. L’idée a même été tentée de saborder la visite, en accusant le pape d’avoir eu un passé nazi. Tout ceci pour l’empêcher de parler de la douleur des Palestiniens, de leurs droits, l’empêcher aussi d’évoquer Ghaza et de critiquer le mur de séparation érigé en Palestine.

Benoît XVI a tout de même parlé du droit des Palestiniens à un Etat. Il a qualifié le mur de séparation de tragédie.

Mais la portée de ses propos a été largement atténuée par le climat de tension et de suspicion créé autour de sa visite. Contraint de faire publier un communiqué pour s’expliquer sur son passé, le pape s’est retrouvé dans la position d’accusé, alors qu’il était supposé constituer une force morale. Ghaza a été oubliée. Le blocus aussi. Et, au bout du compte, les Israéliens ne s’en sont pas trop mal tirés. Ils venaient, une nouvelle fois, d’utiliser avec succès des recettes classiques en matière de propagande et de diversion. Des recettes facilement relayées, il est vrai, par une presse docile, complaisante et souvent complice.

Ce scénario, qui a donné des résultats probants avec le pape, est en train de se mettre en place, avec quelques variantes, pour encercler M. Barack Obama et tuer dans l’œuf les innovations qu’on prête au nouveau président. A la veille de la visite de Benyamin Netanyahou à Washington, les Israéliens ont lancé leur offensive. Ils ont laissé entendre que si Obama et Netanyahou n’en arrivent pas aux poings lors de leur rencontre de lundi 18 mai, ce sera un succès pour les Israéliens. Une manière de dire qu’un fossé sépare les deux parties, que le nouveau président américain aurait des positions pro-palestiniennes et qu’il veut obliger Israël à des sacrifices impossibles ! Autant d’absurdités, destinées à l’opinion occidentale, la seule qui compte vraiment.

La pression sur Barack Obama va s’amplifier dans les jours qui viennent. Jusqu’au 4 juin, date à laquelle le chef de la Maison Blanche prononcera son discours à l’adresse du monde arabe, pour définir la politique américaine envers cette partie du monde. D’ici là, les grandes manœuvres sont lancées pour faire fléchir la position américaine. Mais force est de constater que le jeu est faussé, car les interlocuteurs de M. Obama n’ont pas les mêmes atouts. Barack Obama reçoit à Washington trois dirigeants de la région. Israël sera représenté par Benyamin Netanyahou, qui est plus américain qu’israélien. Vivant aux Etats-Unis, il a une parfaite connaissance du système américain, où il dispose du plus formidable lobby qui puisse exister dans le monde, avec l’appui d’un redoutable appareil de propagande. Il bénéficie aussi d’une légitimité que personne, chez lui, ne remet en cause. A l’inverse, Mahmoud Abbas, qui sera reçu à Washington, part avec une série de handicaps. Il ne connaît guère les Etats-Unis. Il est fortement contesté dans son propre camp et il dispose de peu d’arguments, depuis qu’il a renoncé à la lutte armée. Quant au président égyptien Hosni Moubarak, il se voit attribué un rôle très ambigu. Certes, il est remis en selle dans le jeu régional, mais la date choisie pour le discours de M. Obama, le 4 juin, anniversaire de la débâcle de 1967, remet M. Moubarak à sa véritable place, celle de président d’un pays qui est non seulement défait, mais qui accepte sa défaite. Le scénario, comme on le voit, est très défavorable aux Palestiniens. De plus, il faut faire confiance aux Israéliens pour aggraver ce climat. Comment ? En rappelant, par exemple, que le Hamas est un mouvement «terroriste» qui risque de prendre le contrôle de l’Etat palestinien envisagé par M. Obama, que l’Iran n’attend que l’occasion favorable pour épauler le Hamas, comme il l’a fait avec le Hezbollah au Liban, et que, du reste, la menace iranienne devient la nouvelle priorité de la région.

Et si cela ne marche pas, les Israéliens trouveront d’autres arguments, en rappelant par exemple que le second prénom de Barack Obama est Hussein !

Encore une fois, les Israéliens sont les mieux préparés pour cette nouvelle échéance. Pourtant, ils ont sonné le branle-bas de combat, ce qui laisse supposer que le président Obama serait sur le point de leur imposer de grandes concessions. Est-ce vraiment le cas ? Si on s’en tient au discours, on serait tenté de dire qu’avec l’avènement de Barack Obama, les Etats-Unis seraient sur le point d’imposer un virage significatif à leur politique au Proche-Orient. En effet, M. Obama s’est clairement prononcé en faveur d’un Etat palestinien, comme il a demandé aux Israéliens de mettre fin aux colonies. Le nouveau président américain tranche aussi par son approche de la situation dans cette région du monde. Il donne l’impression d’être le premier président américain à comprendre que la Palestine n’est pas un élément du problème, mais qu’elle constitue le noeud du problème, autour duquel s’articulent les autres questions. Il s’est rendu compte qu’il est impossible pour les Etats-Unis de construire une relation apaisée avec cette partie du monde tant que les Palestiniens n’auront pas été rétablis dans un minimum de droits et de dignité. Enfin, M. Obama refuse d’être obnubilé par l’Iran. Il refuse de suivre les dirigeants israéliens quand ceux-ci affirment que la question palestinienne devient secondaire par rapport au «danger» nucléaire iranien.

Ce sont, en théorie, des avancées significatives de la part d’un président américain. Il faut toutefois les remettre dans leur véritable perspective. En premier lieu, M. Obama peut faire des promesses, ce qui ne signifie pas qu’il les concrétisera. George Bush a, lui aussi, promis un Etat palestinien. Il avait même fixé une échéance : avant la fin 2005 ! Mais c’était juste pour faire avaler la pilule de l’invasion de l’Irak. M. Obama peut promettre un Etat palestinien pour mobiliser les dirigeants arabes contre l’Iran et atténuer les effets d’une éventuelle attaque contre les installations nucléaires iraniennes. Mais rien ne dit qu’il ira jusqu’au bout de ses promesses en faveur des Palestiniens. Ne vient-il pas de revenir sur l’une des promesses les spectaculaires de sa campagne, celle relative à la gestion législation antiterroriste promulguée par George Bush? En réalité, le discours de M. Obama doit être remis dans sa propre logique. Celle d’un président américain certes novateur, moderne, soucieux de projeter son pays dans le nouveau siècle, mais un président soucieux d’abord de servir le système qui l’a produit. En ce sens, l’intérêt des Etats-Unis est de rétablir leur image dans une partie du monde qui possède encore les hydrocarbures, et qui reste capable de nuisance, à défaut de construire quelque chose de durable : c’est ainsi qu’est perçu le monde arabo-musulman à partir de Washington, et c’est à cette image que veut répondre la nouvelle politique de M. Obama.

Même si les Palestiniens, enfermés dans leurs drames, ont envie de croire que M. Obama constitue pour eux une lueur d’espoir, il faudra tout de même rappeler certaines évidences. Les Etats-Unis ont parrainé les accords d’Oslo, et les ont laissés mourir. Ils ont inventé la fameuse «feuille de route», qui a emmené les Palestiniens à la guerre civile et à l’impasse. Les Etats-Unis ont aussi demandé à Israël de mettre fin aux colonies, sous William Clinton comme sous George Bush, mais les colonies n’ont jamais autant prospéré depuis. M. George Bush a promis un Etat aux Palestiniens et la démocratie au monde arabe : il a laissé Ghaza sous les bombes et le chaos en Irak. En tout état de cause, les Etats-Unis n’ont jamais rempli une promesse positive pour les Arabes. Dans le même temps, ils ont toujours fidèlement appliqué leurs menaces envers les pays arabes. A l’inverse, ils n’ont jamais appliqué la moindre menace contre Israël. Mais ils ont été toujours fidèles dans l’accomplissement de leurs promesses envers Israël. Y a-t-il une raison pour que cela change ?
Abed Charef 

24 mai 2009

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article86274


2-4 Jonathan Cook : Combien Israël a-t-il de prisons secrètes ?
Le Comité de Surveillance contre la torture des Nations Unis a critiqué Israël pour avoir refusé d’autoriser que soit inspectée une prison secrète, qualifiée de « Guantanamo d’Israël » et a demandé à savoir si d’autres tels camps de détention clandestins existaient.

Dans un rapport publié le 15 mai, le Comité contre la torture a demandé qu’Israël indique la localisation du camp auquel il est fait officiellement référence comme « Etablissement 1391 », et y donne accès au Comité international de la Croix-Rouge.
Des conclusions d’un groupe israélien pour les droits de l’homme montrent que la prison a servi par le passé à détenir des prisonniers arabes et musulmans, dont des Palestiniens, et que la torture et les abus physiques ont été pratiqués par les interrogateurs.
Un panel de 10 experts indépendants du Comité de l’Onu a également jugé crédibles les affirmations de groupes israéliens que les détenus palestiniens y sont systématiquement torturés, en dépit de l’interdiction de telles pratiques par la Cour suprême israélienne en 1999.
L’existence de l’Etablissement 1391 a été révélée en 2002, lorsque des Palestiniens y ont été détenus pour la première fois, pendant la ré-invasion de la Cisjordanie par Israël.
Dans un renvoi au Comité de l’Onu, Israël a nié que des prisonniers étaient actuellement tenus sur le site, bien qu'il admette que plusieurs Libanais y aient été détenus pendant l'attaque du Liban en 2006.
Le Comité a exprimé ses inquiétudes vis-à-vis d’une décision de la Cour suprême israélienne de 2005 qui jugeait "raisonnable" que l'Etat n’enquête pas sur les soupçons de torture dans la prison. Le Comité craindrait que, sans inspections, la prison puisse être toujours en fonction, ou pourrait être réutilisée très rapidement.
La Cour israélienne, écrit le Comité, « doit s’assurer que toutes les allégations de torture et de mauvais traitements sur les détenus de l’Etablissement 1391 fassent l’objet d’enquêtes impartiales et que les résultats soient rendus publics. »
Hamoked, une association israélienne pour les droits de l’homme, a d’abord identifié la prison après que deux cousins palestiniens, arrêtés à Naplouse en 2002, n’aient pu être retrouvés par leurs familles. Les responsables israéliens ont finalement admis qu’ils étaient détenus dans un endroit secret.
Israël refuse toujours d’indiquer la localisation précise de la prison, qui est à l’intérieur d’Israël et à environ 100 km au nord de Jérusalem. Quelques bâtiments sont visibles, mais l’essentiel de la prison est souterrain.
« Nous n’avons appris quelque chose sur la prison que parce que l’armée a fait l’erreur d’y mettre les Palestiniens lorsqu’il n’y avait plus de place dans les principales prisons en Israël, » dit Dalia Kerstein, directrice d’Hamoked.
« L’objectif réel du camp est d’interroger des prisonniers du monde arabe et musulman, dont il sera

difficile de retrouver la trace parce qu’il est peu vraisemblable que leurs familles prennent contact avec des organisations israéliennes pour leur demander de l’aide. » Mme Kerstein a dit que la prison était une violation encore plus grave du droit international que Guantanamo parce qu’elle n’a jamais été inspectée, et que personne ne sait ce qui s’y passe.
Selon les témoignages des cousins palestiniens, Mohammed et Bashar Jadallah, ils ont été détenus dans des cellules d’isolement mesurant 2m², aux murs noirs, sans fenêtres et une ampoule électrique faible allumée 24h par jour. Dans les rares occasions où ils ont été autorisés à sortir, ils devaient porter des lunettes noircies.
Quand Bashar Jadallah, 50 ans, demandait où il était, on lui répondait qu’il était « sur la lune ».
Selon le témoignage de Mohammed Jadallah, 23 ans, il a été battu à maintes reprises, ses fers ont été resserrés, il a été attaché à une chaise dans des positions douloureuses, on ne lui a pas permis d’aller aux toilettes et on l’a empêché de dormir en l’aspergeant d’eau dès qu’il s’endormait. Ses interrogateurs lui ont également montré des photos des membres de sa famille et ont menacé de leur faire du mal.
Alors que les Palestiniens passant par cette prison sont interrogés par les services de la sécurité générale, le Shin Bet, les nationaux étrangers de la prison relèvent d’une branche spéciale du renseignement militaire connue sous le nom d’Unité 504, dont on pense que les méthodes d’interrogation sont encore plus dures.
Peu de temps après que la prison ait été révélée, un ancien détenu – Mustafa Dirani, chef du groupe shiite libanais Amal – a intenté un procès à Israël affirmant qu’il avait été violé par un gardien.
M. Dirani, arrêté au Liban en 1994, a été détenu dans l’Etablissement 1391 pendant huit ans, avec le chef du Hizbollah Sheikh Abdel Karim Obeid. Israël espérait leur soutirer des informations sur le sort d’un aviateur, Ron Arad, dont l’avion s’était écrasé au Liban en 1986.
M. Dirani a affirmé lors de son procès qu’il avait été physiquement agressé par un interrogateur de l’armée haut placé, connu sous le nom de « Major George », et qu’il avait été sodomisé avec un bâton.
La plainte a été abandonnée début 2004 lorsque M. Dirani a été libéré lors d’un échange de prisonniers.
Mme Kerstein a dit qu’il n’y avait pas de preuves que d’autres prisons comme l’Etablissement 1391 existent en Israël, mais certains des témoignages recueillis d’autres détenus suggèrent qu’ils ont été incarcérés dans différents lieux secrets.
Elle a dit qu’il était à craindre qu’Israël ait été un des pays qui ont reçu des « extraordinary renditions » (littéralement « redditions extraordinaires », NdT) dans lesquelles des prisonniers capturés par les Etats Unies sont transportés clandestinement dans d’autres pays pour y être torturés.
« Si une démocratie autorise une de ces prisons, qui peut dire qu’il n’y en a pas d’autres ? » dit-elle.
Le Comité a examiné d’autres suspicions de torture impliquant Israël. Il s’est dit particulièrement préoccupé par le manquement d’Israël à enquêter sur plus de 600 plaintes portées par des détenus contre le Shin Bet depuis les dernières auditions des experts, en 2001.
Il a également souligné les pressions sur les Gazaouis qui ont besoin d’entrer en Israël pour traitement médical pour qu’ils deviennent des informateurs.
Ishai Menuchin, directeur exécutif du Comité public contre la torture d’Israël, a dit que son groupe avait envoyé plusieurs rapports au Comité montrant que la torture était systématiquement utilisée contre les détenus.
« Après la décision de la Cour en 1999, les interrogateurs ont simplement appris à être plus créatifs dans leurs techniques, » dit-il.
Il a ajouté que depuis qu’Israël avait redéfini Gaza comme « Etat ennemi », certains Palestiniens arrêtés à Gaza étaient détenus comme « combattants illégaux » plutôt que comme « détenus de sécurité ».
« Auquel cas ils peuvent ressortir d’une incarcération dans des prisons secrètes comme l’Etablissement 1391. »

Jonathan Cook

22 Mai

Jonathan Cook est écrivain et journaliste, installé à Nazareth, Israël.

Ses derniers ouvrages sont : “Israel and the Clash of Civilisations: Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East” (Pluto Press) et “Disappearing Palestine: Israel's Experiments in Human Despair” (Zed Books).

Sur le même sujet, du même auteur, lire « Dans la prison secrète d’Israël », dossier du Monde Diplomatique, novembre 2003.

Son site web : http://www.jkcook.net/

Cet article a été publié initialement dans The National (Abu Dhabi) le 16 mai 2009.

Source : Redress

Traduction : MR pour ISM

http://www.alterinfo.net/Combien-Israel-a-t-il-de-prisons-secretes_a32656.html 

n°461 - Dossier de Palestine. - 01-06 – Fin - Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.

n°461 - Dossier de Palestine. - 01-06 – Fin - Obama - Netanyahou : Je t'Aime Moi Non Plus : Faux Dilemme, Vraie Complicité.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

                                         N°461                                                  01-06

                                  C.De Broeder       &          M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Réponse à Pierre Stambul : 

a) Robert Bibeau :

b) Jean-Marie Gläntzlen :

3-2 Maisa Abou Ghazala : Aucun plan n’est acceptable sans le droit au retour ou un Etat souverain.

3 Pièce jointe :

3-1 Pierre Stambul : Qu’il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.(Extrait).



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Réponse à Pierre Stambul :

Article intitulé : Qu’il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.

 

a) Robert Bibeau :

La bataille pour la « paix » et la résistance du peuple Palestinien

L’unité d’abord

1) L’unité de tous les antisionistes est requise et il faut tenter d'aplanir nos divergences dans le but de maintenir un Front Uni Antisioniste aussi large que possible.

 2) Donner l'heure juste et ne jamais laisser le loup sioniste s'infiltrer sous des airs de «solidarité» est aussi un pré-requis à l’unité. 

Aucune concession avec la vérité n’est permise dans notre camp, la vérité est la condition de l’unité.

La critique ensuite

Voici le titre de l'article de Pierre Stambul  paru récemment.

« Qu’il y ait un ou deux États, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un État défini comme juif est un obstacle à la paix. » 

http://www.aloufok.net/spip.php?article550 

M. Stambul a raison, le projet sioniste de créer un État juif est raciste, haïssable et condamnable, mais l’argument de l'obstacle à la « paix » est trompeur.  Il peut paraître raisonnable de demander la paix pour les peuples du Proche-Orient. Demander la paix en pleine guerre d’agression sioniste, qui dure depuis soixante et un ans, c'est trahir son camp et dans tous les pays cela entraîne la condamnation pour soutien à l'ennemi.  

1) Ce n'est pas que le projet sioniste de créer un état raciste qui est l'obstacle à la paix.  C'est l'occupation - la colonisation - l'agression sioniste et l'apartheid imposé au peuple palestinien qui RÉSISTE, au prix de sa paix, qui éloigne la « paix ».  Voilà tous les obstacles à la paix, la RÉSISTANCE fait partie des obstacles à la paix, à la subordination, à la capitulation et à la soumission. Doit-on cesser la résistance pour obtenir la paix ? Le Front Uni Antisioniste répond NON. 

2) La revendication de la « paix », que ces gens ont toujours en bouche, est une trahison. C'est une trahison du peuple Palestinien.  Le Front Uni Antisioniste ne devrait jamais reprendre ou promouvoir cette revendication. En effet, demander la paix pour le peuple Palestinien ça revient à lui demander de capituler. Car croyez-le ou non, il y a deux chemins  vers la paix... Mahmoud Abbas, le collabo, a  choisi l’un deux,  le chemin de tout  céder à l'occupant – Palestiniens laisser votre terre et quitter la Palestine et la paix sera rétablit avec les sionistes –  ou encore,  accepter de vivre dans des bantoustans comme OBAMA vous le proposera sous peu et il y aura pour vous la paix dans le déshonneur, l'injustice, la misère et l'esclavage.  

3) Face à l'occupation, la colonisation, l'oppression et l'apartheid il n'y a qu'une réponse possible  LA RÉSISTANCE par tous les moyens y compris les moyens armés c'est-à-dire la guerre de partisan.

Ce n'est pas la paix que cherche le peuple Palestinien c'est sa terre, sa dignité, sa liberté, son travail, son développement sur sa terre et dans ses villes libérées alors seulement il  pourra penser à la  paix.  Pour avoir la Paix le peuple Palestinien doit mener la guerre aux sionistes et il n'a que faire des quémandeurs de « PAIX » et les antisionistes  ne sont  pas des quémandeurs de « PAIX » au nom du peuple Palestinien qui ne veut pas que nous capitulions en son nom.

Voici deux questions que le texte de Pierre Stambul propose

1° La direction palestinienne a-t-elle commis une erreur avec cette reconnaissance de l'état sioniste lors de la conférence d'Alger ?
  Pourquoi ce processus et les accords d’Oslo ont-ils (définitivement) échoué ?

Critiquons la réponse de  Stambul qui fait semblant d'ignorer la vérité.  

1) La direction palestinienne a capitulée consciemment,  ce n'était pas de la naïveté de sa part comme le suggère frauduleusement STAMBUL. 

Pourquoi la direction Palestinienne a-t-elle capitulée à Alger et à  Oslo ? 

Parce qu'elle avait décidé que l'objectif de la lutte n'était plus la libération de toute  la terre nationale palestinienne mais la création d'un état croupion palestinien (ce que propose aujourd'hui Obama).  État croupion qu'elle pourrait gérer pour ensuite  jouer au chef d'État et se répartir les subsides (UE et USAID) et autres aides internationales entre petits amis du clan, se promener en Mercedes  entre les checks-points (bientôt les bantoustans emmurés)  sans être importunés pendant que le bon peuple Palestinien  lui  croupirait aux portes des checks-points...les femmes enceintes y perdant leur bébé faute de soin.

La gauche palestinienne a capitulée  par lâcheté et les islamistes ont été les seuls à maintenir, à soutenir, à mener la lutte de libération nationale armée et la résistance et les palestiniens ont rejoint le HAMAS et le Jihad Islamique dans leur résistance. Nous devons faire de même et soutenir inconditionnellement la résistance. Leur attitude sur le foulard, et sur les femmes est une contradiction au sein du peuple que nous règlerons en temps et lieux. Ce n'est ni le temps ni le lieu sauf pour les scissionnistes du Front Uni  Antisioniste.

2) Le processus d'Oslo n'a pas échoué. Le processus d'Oslo était une trahison d’une partie des élites palestiniennes et il a livré les fruits escomptés. Il a discrédité le leadership palestinien aux yeux des masses Palestiniennes (Arafat est mort à temps pour ne pas connaitre la dénonciation et le discrédit).  Oslo a entrainé la scission au sein du leadership palestinien entre collabos et résistants. Oslo a permis à Israël de gagner quinze années de colonisation sous la protection des services policiers palestiniens qui protégeaient les colonies contre la colère  populaire palestinienne.  Oslo était une capitulation du leadership palestinien  et une victoire  sioniste. OSLO fut un succès pour l'ennemi et un échec pour notre camp depuis le début et jusqu'a la fin. Oslo, prétendait donner un État au Palestinien. La revendication des Palestiniens n'est pas d'avoir un État, c'est la revendication de Abbas et du Fatah traître, ainsi que depuis quelques temps de OBAMA,  pas la revendication du peuple Palestinien qui veut récupérer sa terre libérée plutôt qu'obtenir un  État fantoche.

Stambul  occulte totalement cette vérité. Voilà pourquoi le texte de Stambul contribue à la défense des collabos palestiniens ennemis du peuple Palestinien. C'est un  texte post-sioniste gauchiste (la maladie infantile de l'antisionisme).

LA RÉSISTANCE EST LA SEULE PROTECTION DU PEUPLE - LA SEULE VOIE VERS LA PAIX. 

Je me suis permis de paraphraser le grand Hassan Nasrallah.

Robert Bibeau

31 mai 2009

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


b) Jean-Marie Gläntzlen :

Le très demandé conférencier Pierre Stambul fait des analyses écrites qui comportent parfois d’étranges omissions ou contradictions.

On peut éventuellement faire modestement les quelques remarques ci-dessus à propos  de son tout dernier texte d’hier

Qu’il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.

 Ce titre annonce la couleur : il laisse de fait très ouvert la possibilité de la perdurance de l’entité désionisée ou post-sioniste qui  est éthiquement inadmissible vu son illégitimité congénitale,  puisque la résolution 181, outre son contenu irréaliste rédigé sous influence, avec l’aide paradoxale de Truman et Staline et de la France (grâce à l’action décisive  généralement ignorée d’un très influent socialiste d'ascendance juive de gauche, l’  « agent sioniste » de Weizmann qui lui avait donné, entre autres,  comme nom de code Lebel  Tsvet ), n’était qu’une  recommandation  votée dans  l’irrespect de la Charte de l’ONU et dans des conditions « truquées » (Haïti, Philippines, Libéria, entre autres) . 

mercredi 27 mai 2009, par Pierre Stambul   Etat juif ou société de tous ses citoyens ?  Etat juif et démocratique ou Etat raciste ?

En 1988 à Alger, l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) a fait une concession énorme : reconnaître l’Etat d’Israël sur ses frontières internationalement reconnues (celles de l’armistice de 1949)

C'est déjà bien de ne pas aprler des "frontières de 1967". Mais internationalement reconnues où ? Quand ? Comment ?  Par quels états libres de leur vote ? Dans quel texte clair voté honnêtement ? 

Les choses n’étaient déjà pas clair à l’époque, et certains pays attendaient à la porte d’être admis à l’ONU,  mais on oublie qu’actuellement quand un état (ou plusieurs)  veut faire voter un texte et qu’il lui manque des voix, il donne une aumône à un ou plusieurs tout  petits pays perdus du Pacifique pour qu’ils  votent bien . C’est peut-être pour çà, au fond, que l’entité sioniste n’a jamais respecté aucune des décisions du « machin » onusien. Lui dont une majorité des membres de l’époque  a été assez lâche pour voter la résolution 273  avec son « Israël  est un  état pacifique »  à condition évidemment non respectée dans les actes que la dite entité sioniste signe le lendemain les accords dit de Lausanne (rappelant la 181 et la 194) que Ben Gourion avait donné l’ordre de ne pas respecter avant même la signature.

et limiter le futur Etat à 22% de la Palestine historique, c’est-à-dire à La Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem Est.

 Le « pas très clair »    Arafat  dans cette déclaration en évoquant la résolution 181 a « oublié », lui aussi,  de parler du statut international de Jérusalem qui ne lui convenait pas  plus qu’ aux expan-sionistes.   .

 Cette reconnaissance qui suivait le déclenchement de la première Intifada allait aboutir à la signature des accords d’Oslo.
Il n’est sans doute pas inutile aujourd’hui de se poser deux questions :
1) La direction palestinienne a-t-elle commis une erreur avec cette reconnaissance ?
2) Pourquoi ce processus et les accords d’Oslo ont-ils (définitivement) échoué ?

Une concession énorme

C’est Arafat qui a poussé au compromis d’Alger et qui l’a obtenu malgré de nombreuses oppositions. Quelle était l’idée de la direction Palestinienne ?

 Sa majorité était-elle légitime ?

Après 40 ans d’exil et alors qu’on en était à trois générations de réfugiés, le peuple palestinien était en danger de disparition.

.Etrange affirmation   .

 Il fallait rebondir et proposer une initiative politique.
Sur le fond, il n’y a pas de différence entre le nettoyage ethnique de 1948 (800000 Palestiniens expulsés de leur pays au moment de la Naqba, la catastrophe) et la conquête suivie de la colonisation de 1967. Dans les deux cas, il y a eu violation flagrante de tous les droits fondamentaux accompagnée de crimes de guerre. La présence des Israéliens à Jaffa n’est pas plus « légitime » que leur présence à Hébron.

 D’autant plus que le résolution pseudolégitimante « laissait »  Jaffa – quoiqu’isolée territorialement -   au futur état arabe pour son commerce international. Ce que beaucoup de cartes omettent de mentionner « « « peut-être » »  parce que ce n’est pas techniquement facile, si ce n’est pas par pure ignorance  coupable et révélatrice .

La très grande différence (dont la direction palestinienne a tenu compte) repose sur la façon dont l’ONU interprète le droit international. L’ONU a reconnu Israël, toutes grandes puissances confondues.

 Où ? Quand ? Comment ?  Par quels états ? Dans quel texte clair voté honnêtement ?  .Ni la 181 et la 273 de l’AG de l’ONU, ni la 242 du Conseil de Sécurité ne brille par leur logique et leur crédibilité. Mais les avez-vous bien lues ?

Elle a amnistié les 700 villages rasés et détruits pendant la guerre de 1948, le plan Dalet (plan prémédité qui organisait l’exode palestinien), la confiscation des terres dès 1949, l’interdiction de tout retour faite aux réfugiés ou à leurs descendants. L’ONU a accepté qu’Israël se proclame Etat juif. Par contre l’ONU n’a jamais reconnu les annexions de 1967 et a même voté plusieurs résolutions demandant un retrait israélien.
Les dirigeants israéliens avaient une occasion fantastique de s’insérer de façon définitive et pacifique au Proche-Orient et « légaliser » la violence et la négation de « l’autre » sur lesquelles leur Etat s’était constitué.

 Etrange conception de l’éthique élémentaire : blanchir le voleur meurtrier. Est-ce dans le patrimoine génétique des tous les Juifs ou se croyant de vieille ascendance multimillénaire telle, cette conception de l’éthique et de la reconnaissance de la loi du plus sûr de lui et du plus dominateur ?

Ils y ont songé au moment, avec les accords d’Oslo.
Le sionisme est une idéologie multiforme. Depuis 1967, c’est sa nature coloniale qui est devenue prépondérante. Laïques ou religieux, les colons ont obtenu un consensus dans la société israélienne : « finir la guerre de 48 », marginaliser ou expulser les Palestiniens, réaliser le « grand Israël » dans un pays qui n’a jamais fixé ses frontières.
Les négociateurs palestiniens ont été naïfs à Oslo. Ils ont reconnu Israël, mais n’ont obtenu qu’une reconnaissance de l’OLP. Israël n’a reconnu ni la Palestine, ni ses droits (notamment à avoir un Etat). Les Palestiniens ont cru dans « la paix des braves » chère à Arafat, dans l’idée que la confiance était possible et que les Israéliens saisiraient le sens de ce qu’ils leur offraient.
Ils n’ont pas pu ou su exiger quelque chose de précis sur la fin de la colonisation ou le retour aux frontières de 1967. Ils ont fait preuve d’une assez grande méconnaissance sur ce qu’est le sionisme, sur les vrais buts des Israéliens, sur leurs odieux sentiments de supériorité coloniaux, sur le complexe de Massada et son instrumentalisation.
Les accords d’Oslo ont échoué tout simplement parce qu’il n’a jamais été question en Israël, y compris dans les rangs de la prétendue « gauche » sioniste, …

.A-t-il existé, existe-t-il en 2009 dans l’entité sioniste une « Gauche »  respectable dans l’absolu ? Pour l’UJFP (Non pas Union des Juifs Français pour la Palestine, mais pour la Paix. Ce qui suppose effectivement d’être deux,  donc que le voleur violeur tueur  discute avec le volé,  violé, survivant (éventuellement fils de tués)  qui doit lui faire des concessions ! « Vous m’avez volé, mais je vous en laisse une partie »  ?  Où est la logique élémentaire ? Je vais aller voler le matériel informatique de chacun des membres du conseil  d’administration de l’UJFP et après nous allons négocier quelle partie de mes vols je  vais garder ?

… de parvenir à une paix fondée sur l’égalité des droits et la justice.
Il s’agissait juste de légaliser le fait accompli. Jamais la colonisation ne s’est arrêtée, au contraire. Il y a même eu 60000 nouveaux colons installés entre les accords d’Oslo et l’assassinat de Rabin. C’est cette tartufferie que les électeurs palestiniens ont sanctionnée.

Le retour au crime fondateur

 Ce serait donc un crime ? Prescrit ? Mais il faut l’absoudre, sans réparer totalement, même si on ne saurait demander aux criminels d’occupation (et pas de guerre !) depuis 1948 de ressusciter les morts, y compris les nouveau-nés et les morts nés parce qu’on a refusé à leur mère l’accès à une maternité.

En 15 ans, les dirigeants israéliens ont patiemment détruit la faisabilité de l’idée de « deux peuples, deux états ». L’installation de nouveaux colons (500000 israéliens vivent désormais dans les territoires conquis en 1967 dont la moitié dans le grand Jérusalem), la confiscation de 34% des terres en Cisjordanie, le mur de l’Apartheid, les check points, les routes de contournement ont transformé la Palestine en Bantoustan. À Gaza, c’est pire. Le blocus et la guerre ont détruit toute forme d’économie ou de vie sociale.
Qu’ils vivent dans les frontières d’Israël d’avant 1967, à Jérusalem, à Gaza, en Cisjordanie ou qu’ils soient exilés ou réfugiés au Proche-Orient, voire plus loin, la majorité des Palestiniens n’espère plus rien du processus politique d’Oslo. Du coup, ils en reviennent à la question de la Naqba, à l’illégitimité de la création d’Israël. La revendication qui était celle de l’OLP avant 1988 …

 Etait-elle  vraiment représentatif de l’ensemble des forces vives et actives palestiniennes ? L’est-elle aujourd’hui ? Non, pour aujourd’hui au moins, d’après l’aile gauche, voire le centre du Fatah lui-même qui n’approuve pas le gouvernement Fayad II.  .

  (un seul Etat, laïque et démocratique en Palestine) reprend de la vigueur. Elle est toujours celle des partis de la gauche palestinienne.

 C'est-à-dire ?  .     .

La grande nouveauté, c’est la fracture béante qui s’est ouverte chez les « Palestiniens de 1948 », ceux qui ont la nationalité israélienne. Pour eux, vivre comme sous citoyens dans un Etat qui se définit comme juif est un cauchemar quotidien. Plus de 50% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Les discriminations qu’ils subissent en termes de travail, de possession de la terre, de logement, de droits sociaux, s’aggravent. Alors que jusque-là une partie d’entre eux votaient .  pour des partis sionistes, …

 Qui ? Combien ? Pourquoi ?     Même en France entre 1940 et 1944, il y a eu des collabos égocentriques.

  cette fois-ci, 50% se sont abstenus et l’écrasante majorité des autres a réparti ses voix entre le Hadash (Parti communiste) et deux partis nationalistes antisionistes. Des mouvements comme Adalah se développent pour obtenir l’égalité juridique à l’intérieur d’Israël.
La propagande israélienne est d’une redoutable efficacité et elle sait à merveille transformer l’agresseur en victime. Elle agite désormais en permanence la menace de la disparition, des « Juifs à la mer », de la destruction d’Israël. Elle exige des Palestiniens et des autres Etats de la région la reconnaissance préalable du caractère juif de l’Etat. Elle exige (avec Lieberman) que les Palestiniens d’Israël reconnaissent la légitimité du sionisme, faute de quoi ils seront déchus de leur nationalité et expulsés.
Elle essaie de détourner l’attention vers l’Iran dont le dirigeant s’est publiquement prononcé pour la destruction de « l’entité sioniste » et elle essaie d’obtenir un consensus international pour une attaque préventive contre l’Iran comme il y a eu une attaque préventive (basé sur un mensonge d’une incroyable grossièreté) contre l’Irak.

La clarté qui manque

 A qui le dites-vous ?    .

Dans les rangs de celles et ceux qui défendent les droits du peuple palestinien, on ne rencontre pas toujours la clarté.
1) Il n’y a qu’une seule façon de régler cette guerre, c’est d’en revenir au droit. L’occupation, le nettoyage ethnique, l’interdiction faite aux réfugiés de revenir chez eux, les discriminations, les assassinats, les emprisonnements massifs sont des crimes. Au départ, il y a un crime fondateur, celui de 1948 et toute paix juste commencera par la reconnaissance de la Naqba. Toute négociation devra porter sur les moyens de « réparer » ce crime.

. C’est concrètement impossible si l’entité sioniste ne disparaît pas avec des cartes d’identité palestinienne avec pleins droits pour des ex-Israéliens à cœur humain depuis toujours ou réanimé.    .
2) Aujourd’hui 5 millions et demi de Juifs Israéliens vivent dans la région. Comme dit l’historien Shlomo Sand, un enfant né d’un viol a aussi le droit à l’existence.

 Cette formulation d’un post-sioniste   est totalement absurde. La comparaison est illogique. Qui est le violeur , Qui est la mère ? Que pense-t-elle de son enfant ?

Donc, il faut le dire sans détour. Les Israéliens resteront.

 Affirmation gratuite et amorale. Quelle est la marque de la boule de cristal ?    .

 Ils ne « retourneront » pas dans les pays de leurs ancêtres ou n’émigreront que marginalement. De toute façon, les pays arabes dont certains sont originaires n’en veulent pas spécialement et le yiddishland a disparu. Mais les Israéliens resteront dans une situation de totale égalité (politique, économique, égalité de droits) avec les Palestiniens.

  Dans un ou deux états ?   .

 Sinon, la paix est impossible. Le démantèlement de toutes les colonies et de tous les check points, la destruction du mur, le droit au retour des réfugiés

  Il est incompatible avec la perdurance de l’entité sioniste   .

Il est incompatible et la libération de tous les prisonniers sont des préalables à cette égalité.
3) Si les Juifs israéliens resteront, « l’Etat juif » doit disparaître. Le droit international ne reconnaît que les Etats de tous leurs citoyens. Définir un Etat sur une base « raciale », ethnique, nationale ou religieuse est discriminatoire et les Israéliens ont fait la démonstration sanglante du caractère discriminatoire de l’Etat juif vis-à-vis des Palestiniens. Il existe parmi les anticolonialistes israéliens des partisans de deux Etats (Shlomo Sand, Uri Avnéry) …

 Le mot colonisation pour la droite de la ligne verte est impropre, tout comme pour la gauche. Il s’agit d’une occupation progressive par des pseudo-héritiers génétiques évidemment incapables de le prouver depuis la Méditerranée jusqu’au delà du Jourdain dans certains esprits ultra-religieux ou non, encore en 2009 .

  mais ils expliquent bien qu’en aucun cas Israël ne pourra se définir comme Etat juif. Pour Sand, Etat juif et démocratique, c’est un oxymore. Pour les partisans d’un seul Etat, les choses sont plus simples : l’égalité des droits, la fin du colonialisme, la citoyenneté, la laïcité sont évidentes. Rappelons qu’en Afrique du Sud, les Blancs ont pu rester en conservant leur statut de « peuple fondateur » et leurs énormes avantages économiques, mais qu’il y a eu pour en arriver là deux obligations : en finir avec l’Apartheid reconnu comme crime et garantir l’unité du pays. Donc, qu’il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.
4) Il faut contrer en permanence la propagande israélienne qui assimile la critique radicale de l’Etat juif à de l’antisémitisme. Être antiraciste, ce n’est pas instaurer un nouveau ghetto, une séparation, une théorisation de l’impossibilité du « vivre ensemble ». Faire croire que la « sécurité » des Juifs est liée à l’existence d’un Etat qui serait le leur à l’exclusion de tous les autres relève du même type de pensée qu’un Le Pen dont le slogan « Les Français d’abord » théorise l’inégalité des droits et la séparation. Au contraire ce sont le sionisme, l’existence d’un Etat qui se dit juif et la politique israélienne qui mettent en danger gravement les Juifs …

 de la planète entière ?    .

… en les sommant d’être complices des crimes perpétrés, faute de quoi ils seront considérés comme traîtres.

Israël est-il un Etat raciste ?

Ce qui vient de se passer à Genève dans le cadre du processus improprement appelé « Durban II » était annoncé depuis des années. Bien sûr, à Genève, beaucoup de délégués du Tiers-Monde n’ont pas été abusés par le « show » des partisans d’Israël. Mais on doit tristement constater que les propagandistes israéliens ont obtenu le soutien inconditionnel de l’Europe et des Etats-Unis en passant une fois de plus pour des victimes, ce qui, quelques mois après le carnage de Gaza, est quand même un peu fort. Et le texte qui est sorti sur le racisme passe totalement sous silence celui qui sévit contre les Palestiniens.

Oui, Israël est un pays raciste.

Il l’est déjà à l’égard des seuls qui jouissent de la citoyenneté : les Juifs. Faut-il rappeler le sort des Falachas venus d’Ethiopie ou celui des Juifs Indiens considérés comme hérétiques et qui vivent quasiment tous sous le seuil de pauvreté ? Entre 1950 et 1962, plus d’un million de Juifs du monde arabe ont émigré en Israël. Avant le sionisme, ils n’avaient jamais été persécutés. Coupés de leur histoire, de leurs racines, de leur culture, de leur langue, ils se sont retrouvés sans passé, sans présent et sans avenir.
Israël s’est fabriqué grâce à eux un prolétariat. Aux révoltes des années 50, ont succédé une grande colère et une frustration qui expliquent leur basculement partiel vers la droite raciste ou le courant national-religieux.

 Comment se présentent  en 2009 les situations des Séfarades israéliens ?   Sont-ils majoritairement satisfaits des agissements ashkénazes à leur égard ? Regrettent-il d’être aliyot ? La majorité des Juifs restait dans des pays arabes est-elle malheureuses d’avoir résisté aux sirènes de l’Aliya ?  .

Vis-à-vis des Palestiniens d’Israël, les discriminations sont écrites dans la loi. Dans le Monde Diplomatique de mai 2009, Dominique Vidal et Joseph Algazy montrent, chiffres à l’appui, l’incroyable écart de revenus entre Juifs et Palestiniens d’Israël. Ceux-ci subissent un nombre important d’interdits professionnels. Ils ne possèdent que 3% de la terre alors qu’ils forment 20% de la population.
Le pire scandale, c’est celui des Bédouins du Néguev. 60 ans après la création de l’Etat d’Israël, les 3/4 d’entre eux vivent dans des villages non reconnus, bidonvilles en plein désert sans eau, sans électricité, sans route. Dès qu’ils construisent en dur, l’armée vient détruire leur maison. Joseph Algazy rappelle l’assassinat de l’un des leurs qui avait commis le crime de venir se baigner à la plage d’Ashkelon. Les assassins n’ont pas été plus punis que les auteurs des pogroms antipalestiniens de Nazareth de Saint-Jean d’Acre. Dans un Etat juif, tuer un Arabe n’est pas forcément un crime.
Vis-à-vis des Palestiniens des territoires occupés, le terme d’Apartheid décrit complètement la réalité. Pour un colon qu’il soit « banlieusard » ou colon « idéologique », la vie est simple. Le Mur et les routes de contournement permettent d’aller en quelques minutes à Jérusalem ou Tel-Aviv. Les ressources écologiques sont pillées. Tout est fait pour oublier qu’on est là en ayant chassé les autochtones. Pour les Palestiniens, le Mur et les check points sont un casse-tête permanent. L’économie réelle a été en grande partie détruite. La majorité de la population survit avec des revenus très aléatoires, parfois venus de la diaspora palestinienne. À Gaza, la propagande raciste israélienne a contribué à « déshumaniser » la population. Elle a abouti au permis de tuer et à l’ampleur du dernier massacre. Il ne s’agissait pas d’une guerre puisqu’il n’y avait pas d’armée en face, mais d’un massacre délibéré, d’une punition collective.
Dans un très beau texte qui date du 22 avril, Brahim Senouci a recensé des dizaines de déclarations d’un racisme ignoble faites par des dirigeants israéliens depuis un siècle. Citons-en quelques-unes : Ben Gourion en 1937 : « nous devons expulser les Arabes et prendre leur place ». Barak en 2000 : « les Palestiniens sont comme des crocodiles. Plus vous leur donnez de la viande, plus ils en veulent ». Nétanyahou, il y a 20 ans : « Israël aurait dû exploiter la répression des manifestations en Chine … pour mettre à exécution des expulsions massives parmi les Arabes du territoire ».
Imaginons qu’un dirigeant palestinien ait dit le centième de ces horreurs. La propagande israélienne sur le thème : « vous voyez, ils veulent nous détruire » aurait été immédiate.

À Genève, Israël aurait donc dû être nommément condamné comme Etat raciste. Mais dans le cadre d’une conférence internationale, qui avait la légitimité pour le faire ? Sûrement pas Ahmadinedjad. Il est à la tête d’un Etat théocratique qui ignore le droit, en tout cas celui des femmes, des homosexuel-le-s, des Bahaïs, des non croyants …

 Certes mais il semble bien qu’il a été démocratiquement élu, donc sa légitimité est égale à celle de Sarkozy qui soutient Israël   ..., comme Kouchner, et Lévitte  par fidélité à ses racines juives et sans l’accord, sauf erreur, de la majorité des Français, sinon de la majorité qui l’a élu.  Si le peu ragoûtant  Ahmadinedjad, soutenu par le pouvoir religieux iranien,  est ré-élu dans des conditions correctes sa parole, aussi peu agréable soit-elle,  sera, hélas,  légitime.  .

 et pratique la pendaison à grande échelle.

 C’est peut-être moins douloureux que de mourir, le psychisme détruit, à petit feu (de phosphore ?)     dans la « prison » gazaouie.

Et puis, face aux négationnistes  ….

Néga-sionistes   . est plus didactique

… israéliens qui nient la Naqba et les droits des Palestiniens, il s’est fait le complice d’autres négationnistes comme Faurisson invité à un curieux colloque à Téhéran.
À Genève, les occidentaux, ceux-là mêmes qui enferment les immigrés dans des centres de rétention ou essaient de les repousser à leurs frontières, ceux-là mêmes qui déroulent le tapis rouge devant le fasciste Lieberman ont donc pu jouer au démocrate outragé : « Israël, Etat raciste ? Vous n’y pensez pas, ce sont des démocrates comme nous, pas des barbares ! »

Il y a encore un sacré travail idéologique à mener.

 Totalement d’accord. Y compris  chez les pro-israélo-palestiniens   .

Jean-Marie GLÄNTZLEN

Jeudi 28 Mai 2009

Lire la suite

03/06/2009

n°460- Journal de Palestine - 15-05 au 01-06 – Début - : La commission d’enquête de l’Onu est la bienvenue à Gaza

n°460- Journal de Palestine - 15-05 au  01-06 – Début - : La commission d’enquête de l’Onu est la bienvenue à Gaza



 Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

     Sa diffusion est un acte de résistance.

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine 

n°460                      15-05 au  01-06

C.De Broeder      &  M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré a part

Sondage : la majorité des palestiniens qui habitent dans les territoires occupés en 1948 refusent le caractère juif de l'état de l'occupation.

Younes Salameh : De l’uranium appauvri présent dans les sols de la bande de Gaza après les attaques israéliennes.

Début de l’enquête de l’ONU sur des crimes de guerre dans la Bande de Gaza

La Cisjordanie devient la terre des déchets.

Lieberman veut créer un serment de fidélité à Israël !

L’exercice militaire israélien simulera une guerre régionale globale.

Paroles & actions des bientôt président cette semaine ...

Obama a été plus distant que ses prédécesseurs.

1 Résistance

Détails par région:

2 Décompte des pertes humaines

Suite

3 Politique

Politique Palestinienne

Politique Israélienne

Fin

4 Politique internationale des territoires occupés 

5 Médias/Vidéos 

5-1 Vidéo : Une vidéo deux minutes, sans parole et se passe de tout commentaire.

5-2  Vidéo : Alex Moïse s'envoie lui même des messages antisémites

5-3 Vidéo : Sionisme et invention du peuple juif

5-4 Vidéo  : Dîner du Crif: Sarkozy décapite la République!

5-5 Vidéo : M. Bricmont chez Taddei

5-6 Vidéo : Ceux qui soutiennent Israël sont bien des élus de la République française.

5-7 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les conflits.

5-8 Brahim Senouci : Palestine, symbole universel

6 Pièce jointe

6-1 Jean Baumgarten : En finir avec le sionisme.

 



15-05 au 01-06: Peuple Palestinien : 7 tués   -  10 blessés

                        Occupants               : 0 tué   -    0 blessé



Tiré a part

Sondage : la majorité des palestiniens qui habitent dans les territoires occupés en 1948 refusent le caractère juif de l'état de l'occupation.

27-05

L'université de Haïfa a publié un sondage qui montre que la majorité des palestiniens qui habitent dans les territoires occupés en 1948 refusent le caractère juif de l'état de l'occupation.

Les résultats du sondage ont montré que les événements passés dans cette région depuis l'Intifada d'Al Aqsa en 2000 et jusqu'à la guerre contre le Liban et la Bande de Gaza, ont eu des résultats négatifs contre les palestiniens des territoires occupés en 1948, en dévoilant que 14% seulement sont prêts à reconnaître le l'état d'"Israël" à caractère juif, après qu'ils étaient 65% en 2003.

Le sondage a montré également que 41% des 700 participants  ont dit qu'ils ont participé dans des activités nationales durant l'année dernière, en échange de 28.7% seulement en 2003.

Le sondage publié par l'université de Haïfa sous le titre "les signes de la position des palestiniens dans les territoires occupés en 1948 envers les juifs", sous le patronage du professeur des  sciences sociales, Dr. Sami Sammouha, a montré que 40.5% des participants ne reconnaissent pas l'Holocauste.

CPI

 

Younes Salameh : De l’uranium appauvri présent dans les sols de la bande de Gaza après les attaques israéliennes.

’L’action citoyenne pour le démantèlement complet des armes nucléaires’ publie un rapport de 33 pages qui souligne la présence de dizaine de tonnes d’uranium appauvri dans la bande de Gaza.

La dernière attaque israélienne de décembre est pointée du doigt par l’organisation.

"La quantité d’uranium appauvri s’élève à pas moins de 75 tonnes dans le sol et le sous-sol de la bande de Gaza", précise le rapport. Pour l’Organisation mondiale de la Santé, "l’uranium appauvri est à la fois potentiellement chimiotoxique et radiotoxique, les deux organes les plus attaqués étant les reins et les poumons."

Comme beaucoup d’autres rapports l’avaient suggéré, les militaires israéliens (aurait) ont ainsi utilisé de l’uranium appauvri lors de l’offensive aérienne et terrestre sur la bande de Gaza entre le 27 Décembre 2008 et le 18 Janvier 2009.

Le rapport indique que le Docteur Norvégien Mads Gilbert, dès les premiers jours de son travail humanitaire à l’hôpital Al Shifa de Gaza, et alors que l’offensive n’en était qu’à son début avait condamné la présence de matières radioactives qu’ils assimilaient déjà à de l’uranium appauvri dans les corps des victimes.

Les accusations du rapport ont cependant davantage de poids aujourd’hui.

L’organisation enquête en effet depuis plusieurs mois en collaboration avec des associations et un expert du développement et de l’utilisation d’armes prohibées, Jean-Francois Feacheno.

La commission d’enquête était composée de 4 membres, dont Jean-Francois Feacheno, un conseiller à la réduction de la pollution, et deux experts accrédités auprès des programmes des Nations Unies pour l’environnement (UNEP). Tous se sont rendus dans la bande de Gaza au mois d’avril dernier sous les auspices du Comité arabe pour les droits de l’homme.

Des analyses du sol et d’échantillons de poussière dans la bande de Gaza ont ainsi révélé la présence d’uranium appauvri, cette matière radioactive provoquant des cancers et des malformations.

Les analyses ont également montré la présence de particules de césium, une poussière radioactive et cancérigène, qui comprend de l’amiante, un cancérogène, et des composés organiques volatils particulièrement dangereux pour la santé, en particulier celle des enfants, des personnes âgées et des asthmatiques..

26 mai

Younes Salameh

 (PNN)

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6670

Lire la suite

n°460- Journal de Palestine - 15-05 au 01-06 – Suite - : La commission d’enquête de l’Onu est la bienvenue à Gaza


n°460- Journal de Palestine - 15-05 au  01-06 – Suite - : La commission d’enquête de l’Onu est la bienvenue à Gaza



Journal de Palestine 

n°460                      15-05 au  01-06

C.De Broeder      &  M.Lemaire



Sommaire

3 Politique

Politique Palestinienne

Politique Israélienne 


3 Politique

a) Politique Palestinienne

1-2 Les analyses (du processus de paix).

Abbas n'est pas fidèle aux intérêts du peuple palestinien.

Le Hamas a considéré que la rencontre du président sortant de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avec le président américain, Barak Obama, n'a rien apporté au peuple palestinien, au contraire elle a frappé ses espoirs.

Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum a dit, le vendredi 29/5, dans une déclaration de presse  que la rencontre d'Abou Mazen avec Obama n'a apporté aucun avancement, mais elle a frappé les espoirs des palestiniens, notamment après l'annonce d'Abbas qu'il est prêt pour l'exécution totale de la feuille de route, en affirmant l'engagement de l'autorité d'Abou Mazen aux coordinations sécuritaires dangereuses avec l'entité sioniste pour frapper la résistance et le mouvement du Hamas, ainsi que l'approfondissement des désaccords palestiniens internes.

Barhoum a considéré que les souhaits d'Obama sont insuffisants, notamment sous l'ombre des escalades sionistes continuelles contre le peuple palestinien, en affirmant que les palestiniens n'attendent aucun résultat de ces rencontres.

Le porte-parole du Hamas a déclaré que tous les engagements sécuritaires d'Abou Mazen avec l'occupation dont la feuille de route montrent la création d'une autorité policière qui protège la sécurité de l'occupation.

Enfin, Barhoum a dit que les pratiques d'Abou Mazen et son autorité dont les arrestations politiques, les obstacles contre la réalisation du consensus national, et surtout la formation d'un nouveau gouvernement illégal en Cisjordanie, affirment qu'Abbas ne veut rien présenter pour faire réussir le dialogue et qu'il n'est pas fidèle aux intérêts du peuple palestinien à cause de sa soumission aux pressions et exigences américaines et sionistes.

30/05/2009

CPI


1-4 Les grandes manœuvres.

17-05

Le Fatah et le Hamas ont conclu un accord de principe sur la formation d'une force de sécurité commune à Gaza, a annoncé un haut responsable du Fatah. Cette force de sécurité sera à l'œuvre jusqu'aux prochaines élections en janvier 2010.

 (ats)


1-5 Négociations.

Les colonies juives seront au centre de la réunion Abbas-Obama

"Israël doit mettre fin à ses activités de colonisation, conformément aux engagements pris dans la 'feuille de route' de 2003, afin d'ouvrir la voie à des négociations sérieuses conduisant à des résultats significatifs", a souligné mardi Nabil Abou Rdainah, porte-parole d'Abbas.

"Cette question dominera l'ordre du jour de la rencontre avec le président Obama", a-t-il ajouté. "L'autre question, c'est qu'Israël accepte enfin la solution à deux Etats, afin que nous puissions reprendre les négociations."

Lors de sa visite aux Etats-Unis, Benjamin Netanyahu n'a pas accepté ces deux exigences, pourtant défendues par le président américain.

"Le président Abbas va dire (à Obama) que nous ne pouvons pas nous contenter de belles paroles et d'encouragements. Il nous faut du concret, des mesures sur le terrain et un plan d'action pour sauver la région de l'instabilité et de la violence", a souligné Abou Rdainah.

Mahmoud Abbas exclut une reprise des discussions de paix avec l'Etat juif tant que les autorités israéliennes ne se rallient pas à l'idée d'un Etat palestinien et ne mettent pas fin à la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

"Je suis vraiment convaincu que nous avons une bonne occasion de faire avancer les choses et de parvenir à la paix. On ne nous demande quand même pas de réinventer la roue", a dit Mahmoud Abbas lundi à Ottawa, après un entretien avec le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.

Un demi-million de Juifs vivent dans les colonies implantées dans les territoires arabes occupés depuis la guerre des Six-Jours en juin 1967. La communauté internationale juge ces implantations illégales.

"Nous espérons vraiment que les Etats-Unis vont faire évoluer leur politique. Ils nous parlent de ce qui est possible, nous leur parlons de ce qui est indispensable", a déclaré récemment le négociateur palestinien Saëb Erekat. "Ce qui est indispensable, c'est que l'idée de deux Etats se traduise par une démarche politique réaliste."

"Sans la pression américaine sur Israël, il ne peut pas y avoir de progrès vers la paix", a renchéri le député palestinien Moustafa Barghouthi.

La conférence d'Annapolis, en novembre 2007 dans le Maryland, avait confirmé la validité de la "feuille de route" mais lancé des négociations directes visant à la création d'un Etat palestinien indépendant et viable.

Olmert et Abbas avaient alors promis à George Bush de tout faire pour atteindre cet objectif avant la fin de son mandat, en janvier 2009.

Dimanche, Benjamin Netanyahu a clairement dit son refus d'un gel total de la colonisation. "Nous n'avons pas l'intention de construire de nouvelles implantations mais il ne serait pas équitable d'interdire les constructions répondant aux besoins d'expansion naturelle (de celles qui existent) et de bannir purement et simplement toute construction", a-t-il déclaré.

Barack Obama prévoit de prononcer le 4 juin au Caire un grand discours fondateur sur sa vision d'un règlement du conflit du Proche-Orient.

Le chef de la Maison blanche a promis avant son élection, et confirmé depuis, qu'il entendait s'attaquer au dossier "vigoureusement" - contrairement à son prédécesseur George Bush - et il prône avec insistance une solution "à deux Etats" que Benjamin Netanyahu refuse de reprendre à son compte.


1-6 Gouvernement cherche coalition désespérément...

Fayyad reconduit à la tête du gouvernement ...

Le pro-occidental Salam Fayyad a été reconduit à la tête du gouvernement de l'Autorité autonome palestinienne, remanié mardi et dans lequel des membres du Fatah du président Mahmoud Abbas font leur entrée.

Fayyad, conserve en outre le contrôle effectif de la sécurité et des finances au sein de la nouvelle équipe.

La moitié de ces vingt ministres sont issus des rangs du Fatah, exclu du gouvernement après la nomination de Fayyad en juin 2007.

L'arrivée de responsables du Fatah, en remplacement de personnalités indépendantes, satisfait une demande du Fatah.

Pour Basem Zoubeïdi, politologue à l'université de Bir-Zeit,"C'est un gouvernement de transition"…

19 mai

Un nouveau gouvernement.
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a prêté serment mardi à un nouveau gouvernement dirigé par l'actuel Premier ministre Salaam Fayad.
Le Hamas et le Fatah - le propre parti d'Abbas - ont tous deux décidé de le boycotter, chacun pour ses propres raisons.
Le Front populaire de libération de la Palestine et le Parti du peuple palestinien (communiste) ont également refusé d'en faire parti.
D'un côté, pour les responsables du Hamas, l'initiative d'Abbas revient à une "condamnation à mort" des pourparlers menés par l'intermédiaire de l'Egypte pour arriver à un accord sur la formation d'un gouvernement d'unité palestinienne.
Salah Bardaweel (Hamas) estime que le gouvernement Fayad ne représente pas les Palestiniens : "Tout gouvernement doit être approuvé par une majorité des membres du Conseil législatif palestinien, et c'est précisément ce qui manque au gouvernement Fayad."
De son côté, le Fatah a décidé de boycotter la nouvelle formation parce que ses représentants n'ont pas été consultés avant sa création.
Le Fatah s'oppose vivement à ce gouvernement parce que nous n'avons pas été consultés sur sa composition. C'est un gouvernement illégitime et le Fatah ne votera pas en sa faveur au Parlement", prévient l'un des dirigeants du parti, Ashraf Juma'ah.
Deux responsables Fatah ont ainsi refusé le poste de ministre qu'Abbas leur proposait, contrairement à dix autres membres de la faction qui ont accepté des portefeuilles ministériels.
Voici quelques représentants du Fatah qui ont rejoint le gouvernement Fayad :

Hatem Abdel Kader (Affaires de Jérusalem),

Khaled Qawasmeh (Administration locale),

Muhammad Shtayeh (Logement et Travaux publics),

Sa'di al-Krunz (Transports) and

Said Abu Ali (Intérieur).
Le nouveau gouvernement compte 24 ministres, le Premier ministre inclus.

Sept d'entre eux étaient déjà dans le précédent gouvernement Fayad, à l'instar du ministère des Affaires étrangères Riad Malki.
En plus d'être Premier ministre, Fayad restera au poste de ministre des Finances.
20.05.09
http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1242212422228&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 

Une majorité de Palestiniens serait pour un gouvernement d'union

Une majorité de Palestiniens soutiennent les efforts en vue de la formation d'un gouvernement d'union afin de surmonter les divisions internes.

Selon cette enquête réalisée par l'université de Birzeit, en Cisjordanie, 58% des personnes interrogées estiment qu'une coalition réunissant le Fatah, soutenu par les Occidentaux, et le Hamas constituerait le meilleur moyen de résoudre la crise.

Un gouvernement d'union contribuerait à surmonter les conséquences dévastatrices d'un boycottage économique du Hamas par les Occidentaux en raison de son refus de reconnaître Israël. Les Occidentaux soutiennent le président palestinien Mahmoud Abbas, favorable à un dialogue avec l'Etat juif.

Le sondage, qui porte sur 6.398 personnes interrogées début avril, donne la répartition des réponses selon que ces personnes vivent en Cisjordanie occupée ou dans la bande de Gaza.

Au total, le Fatah obtiendrait 31% des suffrages et le Hamas 17%.

Le sondage montre aussi qu'Abbas pourrait battre le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à l'élection présidentielle qui doit se tenir l'an prochain.

Toujours selon le sondage de Birzeit, deux habitants sur trois de la bande de Gaza sont optimistes quant à leur avenir en dépit de l'offensive israélienne de janvier qui a tué 1.400 Palestiniens et détruit quelque 5.000 maisons dans leur territoire.

"En dépit de la situation tragique à Gaza, en dépit de la dernière guerre, les gens regardent la mer et ont de l'espoir. Sans espoir, il est difficile de continuer", explique le chercheur Ayman Abdulmadjid.

 27 mai

Al-Oufok

http://www.aloufok.net/spip.php?article549


1-13 Prisons & tortures - Déclaration et situation dans les geôles d'Abbas

23-05

Le site officiel du Hamas en Cisjordanie, "'Oumama", a souligné le samedi 23/5, que les soldats d'Abbas ont enlevé 4 partisans du Hamas, à Naplouse, Jenine, Al Khalil et  Toukarem.

"Malgré les circonstances du dialogue inter-palestinien et les appels à l'arrêt total des campagnes d'arrestations politiques, mais les services sécuritaires d'Abbas négligent tous ces appels et continuent leurs campagnes hostiles contre les sympathisants du Hamas", a protesté cette source contre les violations de l'autorité palestinienne.

CPI

30-05

Les services sécuritaires alliés au président sortant, Mahmoud Abbas, continuent leurs campagnes hostiles contre les partisans du Hamas, en arrêtant des dizaines de personnes dans différentes régions de la Cisjordanie, malgré les prétentions de l'autorité palestinienne à Ramallah de préparer les bonnes atmosphères du dialogue inter-Palestinien.

Le site officiel du Hamas en Cisjordanie "Oumama" a souligné  que les forces de l'autorité palestinienne, dirigées par Mahmoud Abbas ont enlevé 22 partisans du Hamas, dont le directeur de la chaïne d'Al Aqsa, ainsi qu'un étudiant, trois frères et des personnalités célèbres, notamment à Qalquilia, Al Khalil, Toulkarem et Naplouse.

CPI



b) Politique Israélienne

Netanyahu & Lieberman

Netanyahu

21-05

Nétanyahou a affirmé j que Jérusalem restera toujours entièrement sous souveraineté israélienne. : Nétanyahou "Jérusalem unie est la capitale d'Israël. Jérusalem a toujours été à nous et sera toujours à nous. Elle ne sera plus jamais divisée",

Il n'a pas mentionné les demandes des Palestiniens de faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat qu'ils veulent fonder.

Benyamin Nétanyahou n'a pas mentionné les demandes des Palestiniens de faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat qu'ils veulent fonder.

Al-Oufok avec les agences de presse.

http://www.aloufok.net/spip.php?article532

27-09

M. Nétanyahou a affirmé qu'Israël était prêt à faire des pas "concrets" vers la paix, mais que les Palestiniens et les pays arabes devaient faire de même "maintenant, et pas plus tard".

http://www.aloufok.net/


2-3 Sur le terrain.

 24-05

Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a écarté dimanche le retour d'Israël sur ses frontières d'avant la guerre israélo-arabe de juin 1967.

AFP / 24 mai  


2-4 Les grandes manœuvres

La Knesset veut pénaliser la négation d'Israël comme Etat juif.

Un projet de loi punissant d'un maximum d'un an de prison la négation du droit d'Israël à exister en tant qu'Etat juif a franchi une première étape à la Knesset.

Ce texte interdisant la publication de tout "appel à nier l'existence d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique, lorsque le contenu d'une telle publication pourrait avoir comme conséquence de provoquer un acte de haine, de mépris ou de déloyauté" envers Israël doit encore être soumis à d'autres votes du Parlement et être revu par une commission avant d'être adopté définitivement.

Des militants des droits civiques estiment qu'il risque de réduire les droits des citoyens arabes.

La plupart des Arabes israéliens, qui constituent le cinquième environ de la population israélienne, sont des descendants de Palestiniens restés dans le pays au moment où des centaines de milliers d'autres fuyaient ou étaient chassés lors de la fondation de l'Etat d'Israël, en 1948.

Naomi Chazan, président du Fonds du Nouvel Israël, a dénoncé un projet de loi approuvé dimanche par le cabinet israélien qui interdirait toute manifestation publique de deuil lors de la commémoration de la naissance d'Israël, appelée "naqba" - catastrophe - par les Palestiniens.

Chazan a affirmé que ce texte constituait une "tentative de fouler aux pieds les sentiments de peine des Arabes israéliens", ce qui risquerait de porter atteinte aux efforts en vue d'améliorer la coexistence entre Juifs et Palestiniens.

Un autre projet de loi soumis cette semaine par le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, chef du parti ultranationaliste Yisrael Beitenu, imposerait aux Israéliens de prêter serment de fidélité à l'Etat juif pour recevoir une carte nationale d'identité.

Le cabinet israélien devrait discuter la semaine prochaine de ce serment de fidélité.


2-6 Pays corrompu cherche …

27-05

Avigdor Lieberman a été entendu à nouveau par la police israélienne dans une enquête sur des accusations de corruption. C'est la cinquième fois depuis son entrée au gouvernement en mars dernier.

Cet interrogatoire s'inscrit dans le cadre d'une enquête menée depuis dix ans sur des transactions d'affaires menées d'Avigdor Lieberman. L'enquête porte sur des soupçons de pots de vin, abus de confiance et corruption, a précisé Micky Rosenfeld. Le ministre dément avoir enfreint la loi.

http://www.aloufok.net/


2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies)

Un demi-million de Juifs regroupés dans une centaine de colonies vivent au beau milieu des trois millions d'Arabes qui peuplent la Cisjordanie et la partie orientale de Jérusalem conquises par Tsahal durant la guerre de 1967.

La communauté internationale ne reconnaît ni l'annexion de Jérusalem-Est ni l'occupation de la Cisjordanie par Israël

http://www.aloufok.net/spip.php?article523

 

Israël annonce la poursuite de la construction de logements dans les colonies juives existantes de Cisjordanie.

Jeudi, sans attendre l'issue de l'entretien entre Barack Obama et Mahmoud Abbas, Israël a rejeté l'injonction américaine, annonçant la poursuite de la construction de logements dans les colonies juives existantes de Cisjordanie.

"La poursuite d'une vie normale doit être autorisée dans ces communautés", a déclaré le porte-parole du gouvernement israélien, Mark Regev, interrogé par l'Associated Press. A la question de savoir s'il entendait par "vie normale" la poursuite de certaines constructions dans les colonies existantes, M. Regev a répondu par l'affirmative.

Le porte-parole israélien a toutefois rappelé la position de son gouvernement: pas de nouvelles implantations juives en Cisjordanie, démantèlement des avant-postes sauvages (non autorisés) et sort des colonies existantes renvoyé à un futur accord de paix israélo-palestinien.

Mahmoud Abbas, de son côté, a assuré que les Palestiniens respecteraient leurs engagements. Le président de l'Autorité palestinienne travaille à une nouvelle mouture du plan de paix saoudien de 2002 qui prévoit la restitution des territoires occupés par Israël depuis 1967 en échange d'une normalisation des relations avec les pays arabes. M. Abbas a expliqué à l'Associated Press avoir remis un document en ce sens au président Obama, pour "l'aider à trouver un mécanisme de mise en oeuvre de l'initiative arabe". Il a ajouté qu'aucune rencontre avec Benyamin Nétanyahou ne se profilait pour l'heure.

AP

Les dirigeants des colonies juives de Cisjordanie rejettent l'appel au gel d'Obama

Les dirigeants des colonies juives de Cisjordanie ont rejeté mardi le rappel du président américain Barack Obama aux obligations d'Israël de stopper toute activité de colonisation dans les territoires occupés.

Barack Obama avait souligné que la "feuille de route" pour la paix de 2003 imposait un tel gel.

Dani Dayan, président du Conseil Yesha, qui fédère les organisations de colons de Cisjordanie, a réagi en déclarant mardi à Reuters que les Palestiniens devaient préalablement mettre fin au "terrorisme".(…)Il s'est déclaré assuré que la grande majorité de l'opinion israélienne, qui a porté en février la droite israélienne au pouvoir, soutiendrait le droit des colons à continuer à vivre en "Judée et Samarie" (Cisjordanie).

"L'électorat israélien a fixé une ligne à ce gouvernement : nous jouissons d'un fort soutien à la Knesset et ce que nous entendons dans la classe politique nous donne à penser qu'elle nous soutiendrait" (au cas où Netanyahu céderait à Obama), a-t-il dit.

"Les propos d'Obama sont inexacts quant aux faits. Il s'appuie sur la feuille de route, mais elle n'impose pas à Israël de cesser de construire en Judée et Samarie, car les Palestiniens n'ont pas honoré leur obligation, préalable, de mettre fin au terrorisme."

http://www.aloufok.net/spip.php?article523

Lire la suite

n°460- Journal de Palestine - 15-05 au 01-06 – Fin - : La commission d’enquête de l’Onu est la bienvenue à Gaza

n°460- Journal de Palestine - 15-05 au  01-06 – Fin - : La commission d’enquête de l’Onu est la bienvenue à Gaza



Journal de Palestine 

n°460                      15-05 au  01-06

C.De Broeder      &  M.Lemaire



Sommaire

4 Politique internationale des territoires occupés 

5 Médias/Vidéos 

5-1 Vidéo : Une vidéo deux minutes, sans parole et se passe de tout commentaire.

5-2  Vidéo : Alex Moïse s'envoie lui même des messages antisémites

5-3 Vidéo : Sionisme et invention du peuple juif

5-4 Vidéo  : Dîner du Crif: Sarkozy décapite la République!

5-5 Vidéo : M. Bricmont chez Taddei

5-6 Vidéo : Ceux qui soutiennent Israël sont bien des élus de la République française.

5-7 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les conflits.

5-8 Brahim Senouci : Palestine, symbole universel

6 Pièce jointe

6-1 Jean Baumgarten : En finir avec le sionisme.

 

 




4 Politique Internationale

Organisations Mondiales & régionales

Otan - 3 Onu - Banque Mondiale- Mouvement des non-aligné (MNA)

Onu

Jérusalem-est : l'ONU appelle Israël à geler la démolition de maisons arabes.

L'ONU a appelé vendredi Israël à geler les ordres de destruction de maisons arabes à Jérusalem-est, affirmant que quelque 60.000 Palestiniens étaient menacés de perdre leur logement si toutes les constructions non autorisées devaient être rasées.

L'Office de l'ONU pour la coordination des activités humanitaires (OCHA) a affirmé dans un rapport qu'"au moins 28% des maisons palestiniennes à Jérusalem-est ont été construites sans les permis nécessaires", la municipalité israélienne de la ville n'accordant ces permis qu'au compte-gouttes aux résidents arabes dans la partie occupée et annexée de Jérusalem.

"En conséquence, au moins 60.000 Palestiniens sur les 225.000 qui habitent à Jérusalem-est risquent de voir leur habitation détruite par les autorités israélienne", a ajouté l'OCHA.

Selon le rapport, 1.500 ordres de démolition ont à ce jour été émis à Jérusalem-est. "S'ils devaient être appliqués, cela déplacera près de 9.000 personnes, dont environ un moitié d'enfants".

L'OCHA affirme que seulement 13% de la superficie de Jérusalem-est, occupée par Israël en 1967 avant d'être annexée, étaient réservés par les autorités israéliennes à la construction palestinienne, "alors qu'un tiers de Jérusalem-est annexée a été confisqué au profit de projets de colonisation où habitent plus de 195.000 colons israéliens".

Quelque 2.000 constructions palestiniennes ont été détruites à Jérusalem-est depuis 1967, dont plus de 670 entre 2000 et 2008, selon le bureau des Nations unies.

La politique israélienne en matière de construction dans la ville "engendre un déficit de 1.100 logements par an dans les communautés palestiniennes de Jérusalem-est", a affirmé l'OCHA.

"Les évènements récents montrent que la municipalité de Jérusalem va maintenir et peut-être accélérer sa politique de démolition de maisons à Jérusalem-est", a ajouté le rapport.

Dans ce contexte, l'OCHA "recommande aux autorités israéliennes de geler les ordres de destruction en attente d'application" et de mettre en oeuvre "une planification urbaine adéquate pour remédier à la crise du logement à Jérusalem-est dans le cadre de leurs obligations en tant que puissance occupante".

Rien que ces dernières semaines, la municipalité israélienne de Jérusalem, dirigé depuis décembre par Nir Barkat, un homme politique de droite, a émis des dizaines d'ordres de démolition de maisons construites sans permis dans des quartiers arabes de la ville, suscitant une levée de boucliers de la population palestinienne et des critiques de la communauté internationale.

(AFP / 01 mai )

http://www.romandie.com/ats/news/090501075050.hti40van.asp

 

Ouverture dès la semaine prochaine de l’enquête de l’ONU sur des crimes de guerre à Gaza.

Les Nations unies ont annoncé vendredi qu'une équipe d'experts indépendants mandatés pour enquêter sur des crimes de guerre présumés en Israël et dans la Bande de Gaza lors de l'opération "Plomb durci" se rendra au Proche-Orient ce week-end.

Le porte-parole de l'ONU Rolando Gomez a précisé que cette mission conduite par l'ancien procureur international Richard Goldstone devrait commencer son travail dès la semaine prochaine. Gomez a déclare aux journalistes que Goldstone a demandé à plusieurs reprises au gouvernement israélien de coopérer à cette enquête. Gomez n'a pas été en mesure de dire si Goldstone a reçu une réponse.

L'Etat hébreu a toujours qualifié cette enquête d'"intrinsèquement faussée" dans la mesure où elle a été ordonnée par le Conseil des Droits de l'homme. Israël accuse cette instance forte de 47 membres d'impartialité.

Le 20 mai dernier, Richard Goldstone avait annoncé qu'il allait poursuivre son enquête l'enquête sur d'éventuels crimes de guerre dans la Bande de Gaza diligentée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, et ce sans avoir eu l'accord d'Israël.

Le juge sud-africain qui a déjà été procureur du TPIY (Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie) et du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) avait expliqué que son équipe et lui sont déçus de ne pas avoir eu l'accord du gouvernement israélien. Il a ajouté qu'il souhaitait entamer son enquête en Israël pour appréhender le point de vue israélien d'abord.

Dès le 15 avril dernier, un haut responsable de l'Etat hébreu avait fait savoir qu'Israël ne coopérerait "très probablement pas" à cette enquête.

Le même jour, le Hamas assurait qu'il collaborerait avec le juge Goldstone dans le cadre de l'instruction sur des crimes de guerre qui auraient pu être commis dans la Bande de Gaza par l'armée israélienne ou par le Mouvement de la résistance islamique.

Des organisations de defense des droits de l'Homme soupçonnent les deux parties d'avoir violé les lois de la guerre durant l'opération "Plomb durci".

L'offensive dite "Plomb durci", lancée par l'Etat hébreu le 27 décembre contre le Hamas pour faire cesser les tirs de roquettes en provenance de la Bande de Gaza a duré trois semaines. Elle a fait quelque 1.400 morts palestiniens, la plupart des civils, selon les responsables sanitaires de Gaza et les ONG.

La Rédaction

29 Mai –

Al-oufok avec les agences de presse )

http://www.aloufok.net/spip.php?article555

 

La commission d’enquête de l’Onu est la bienvenue à Gaza

La commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’Onu a entamé lundi ses travaux dans la bande de Gaza pour établir si des crimes de guerre ont été commis durant l’agression israélienne "Plomb durci" de décembre et janvier derniers.
"Nous sommes venus ici pour voir, apprendre, discuter avec des personnes de tous les milieux ; des gens ordinaires, des responsables politiques, des membres de l’administration", a déclaré aux journalistes le juriste sud-africain Richard Goldstone, qui dirige l’équipe de quatre enquêteurs. Les enquêteurs sont passés par l’Egypte pour entrer dans la bande de Gaza où ils prévoient de rester une semaine.
Goldstone, ancien procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), envisage de remettre son rapport début août.
Israël a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne coopérerait pas avec les enquêteurs.
Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor, a expliqué que le gouvernement estimait que la commission avait pour consigne de "déclarer Israël coupable avant même le début des investigations".
Dans un communiqué, un porte-parole du Hamas, Faouzi Barhoum, s’est réjoui de l’arrivée des enquêteurs et a dit espérer "voir les dirigeants de l’ennemi sioniste traduits aussi vite que possible" devant la justice internationale pour crimes de guerre.
Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme avaient réclamé l’ouverture d’une enquête crédible et indépendante sur le comportement de l’armée israélienne dans la bande de Gaza et avaient notamment évoqué l’utilisation possible de phosphore blanc lors des combats et le bombardement de zones résidentielles.
L’agression de 22 jours lancée le 27 décembre par Israël a fait 1.417 morts, dont 926 civils, selon les Palestiniens.

l1er juin 2009, par La Rédaction –d’Al-Oufok avec les agences de presse)

http://www.aloufok.net/spip.php?article566

Lire la suite

02/06/2009

n° 440 - Dossiers du LIBAN - 31-05 - Début- : La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.


n° 440 - Dossiers du LIBAN - 31-05 - Début- : La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du liban n°440 du 31-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire :  

 

Tiré à part :

L’armée libanaise en état d’alerte

Dommages Collatéraux...

Espionnage : vers des arrestations qui provoqueraient un séisme sur la scène locale

1 Dossier

1-1 Thierry Meyssan : Affaire Hariri : nouvel épisode du feuilleton : après la Syrie, le Hezbollah et l’Iran mis en accusation.

1-2 Le Hezbollah dénonce les affabulations du 'Der Spiegel'.

1-3 Leila Mazboudi : Assassinat d’Hariri : Nasrallah accuse la commission internationale d’être politisée.

Suite

1-4 La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.

1-5 Rannie Amiri : Comprendre les Elections de Juin au Liban : Le Temps est-Il venu du Changement ?

1-6 Jeanine Jalkh : Parmi les espions, d’anciens membres récidivistes de l’ALS.

1-7 Liban, sur un air de guerre froide.

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Appel de "Liban Résistance"

2-2 Nasrallah : La cause de la Résistance est juste, noble et légale.

2-3 Les élections au  Liban & en Iran  vu par la 'droite' Israélienne.

2-4 Libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah.

2-5 Jason Koutsoukis : Une vie en suspens : à l'intérieur des camps de réfugiés du Liban

Fin

3 Annexe

3-1 Rappel : Les suites de l'agression de "l'armée la plus morale du monde"

3 Analyse

3-1 Sam Razavi : Le Hezbollah : L'incontournable acteur libanais.

3-2 Liban : Ingérence flagrante des Britanniques et de leurs alliés aux Etats-Unis

4 Annexe

4-1 Rappel : Les suites de l'agression de "l'armée la plus morale du monde"



Tiré à part :

L’armée libanaise en état d’alerte
Selon la chaîne d’information télévisée iranienne Al-Alam, l’armée libanaise serait dans son état d’alerte maximum au sud Liban en vue du grand exercice de défense passive qui vient d’être lancé en Israël.
Selon le rapport qui a été fait, près de 25 000 soldats et officiers des forces libanaises prendraient part à ces préparatifs dans les régions situées au Sud du fleuve Litani.

31 mai 2009 –Arouts7 (Israël)
http://www.actu.co.il/2009/05/larmee-libanaise-en-etat-dalerte/

31-05

Selon une dépêche de l’ANI, l’Armée Libanaise et la FINUL déployée au Sud Liban se sont déployés le long de la ligne bleu, ligne de démarcation entre le Liban et Israël en raison des manœuvres militaires que Tsahal entamera le 31 mai prochain et qui se prolongeront jusqu’au 4 juin.
Ces manœuvres ont été dénoncées au Liban, notamment par le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, qui a mis en garde contre une possible attaque du Pays des Cèdres.
Selon la même dépêche, des engins de chantiers israéliens
auraient fortifié les positions militaires à plusieurs endroits et ont érigé de nouvelles barrières au niveau de la localité occupée de Chébaa au Sud Liban. De nouveaux postes ont également été installés à proximité des villages libanais de Tallat al Ramta, Al Soummaqa, Raoussat El Alam.

http://libanresistance.blogspot.com/2009/05/jaccuse-leurope.html



Dommages Collatéraux...

Espionnage : vers des arrestations qui provoqueraient un séisme sur la scène locale
La série noire des espions œuvrant pour le compte d'Israël se poursuit avec quatre nouvelles arrestations pour la seule journée d'hier, avec, en toile de fond, cette information qui pourrait s'avérer cruciale et qui a été rapportée hier par l'agence al-Markaziya : « Les enquêtes avec les personnes arrêtées progressent de jour en jour, de telle sorte que nous allons pouvoir arriver au haut de la pyramide et mettre en cause des personnes prétendument au-dessus de tout soupçon. Cela va provoquer un séisme sur la scène locale et cela va se répercuter à plus d'un niveau », a ainsi indiqué une source sécuritaire.
Entre-temps, à Marjeyoun, une patrouille de la Sûreté générale a arrêté hier matin quatre citoyens soupçonnés de collaboration avec Israël, M. Jomaa et son frère, A. Jomaa, originaire de Kfarkila, A. Rahim et sa femme Nisrine, de la région de Khiam. Les suspects ont été conduits à l'un des bureaux de la Sûreté générale pour les besoins de l'enquête.
Selon les premières informations, les deux frères Jomaa travaillent dans le secteur du marbre, alors que Rahim était un ancien membre de l'Armée du Liban-Sud. Selon l'ANI, des éléments de la Sûreté ont ensuite procédé à des perquisitions au sein de l'hôpital gouvernemental de Marjeyoun, où ils espéraient retrouver des équipements de communication qu'aurait dissimulés une personne en détention, W. Moussa, qui travaillait pour le compte de l'hôpital. Ce dernier avait été arrêté il y a plusieurs jours pour les mêmes motifs.
Par ailleurs, le procureur de la Cour militaire a inculpé hier quatre nouvelles personnes pour espionnage au profit d'Israël, portant à 25 le nombre de personnes inculpées dans ce dossier depuis avril, a-t-on appris de source judiciaire.
Nasser Nader, sa compagne Nawal Maalouf et Moustafa Saïd, tous trois en détention, « sont accusés de collaboration avec l'ennemi, et de lui avoir fourni des informations sur des positions militaires et des personnalités politiques afin d'assassiner ces dernières », a-t-on précisé de même source à l'AFP. Parmi ces personnalités figurent, selon la même source, Ghaleb Awali, un responsable du Hezbollah, qui avait été assassiné dans l'explosion de sa voiture à Beyrouth en 2004, un attentat attribué par le Hezb à Israël.
Un quatrième suspect, Samer Abou Arraj, en fuite, est accusé « d'avoir recruté des collaborateurs pour l'ennemi ».
Au total, 25 personnes, dont 16 (15 Libanais et un Palestinien) sont actuellement détenues, ont été inculpées pour espionnage depuis avril, parmi lesquelles un ex-général de la Sûreté générale, sa femme et son neveu, qui ont reconnu avoir travaillé pour le compte d'Israël pendant plus de 15 ans.
Dans les milieux politiques, les dénonciations se poursuivent au rythme des arrestations.
Dans une déclaration, le député Ismaïl Sukkariyé a estimé que « l'État sioniste est celui qui s'immisce le plus ( dans les affaires libanaises) en usant de la méthode la plus dangereuse, la plus impertinente et la plus agressive », a-t-il dit dans une allusion claire aux réseaux d'espionnage, mais aussi à l'article « infondé » de l'hebdomadaire allemand Der Speigel et à l'ingérence de l'État hébreu dans les affaires électorales libanaises lorsque ce dernier brandit des menaces devant l'éventualité de la victoire de l'opposition.
L'ancien député Émile Lahoud s'en est pris quant à lui à la communauté internationale qui, a-t-il dit, n'a pas réagi aux multiples violations israéliennes, « une attitude à laquelle nous sommes déjà habitués ».
Le chef du Front de l'action islamique, Fathi Yakan, qui a évoqué les affaires de « traîtrise » et les scandales relatifs aux réseaux d'espionnage, a indiqué pour sa part qu'il « comprenait désormais pourquoi certains au sein du 14 Mars insistent à éliminer le rôle du Hezbollah ainsi que ses armes. Maintenant qu'Israël a réussi à percer le
cordon de protection de notre nation, notre foi en la Résistance est devenue beaucoup plus solide », a-t-il dit.
 L’Orient-Le Jour

28 mai 2009
http://www.lorientlejour.com/article/619763/Espionnage%3A_vers_des_arrestations_qui_provoqueraient_un_sisme_sur_la_scne_locale%3F.html



1  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 Thierry Meyssan : Affaire Hariri : nouvel épisode du feuilleton : après la Syrie, le Hezbollah et l’Iran mis en accusation.
Quatre ans après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, l’enquête internationale n’a toujours pas abouti et donne lieu à de nouvelles manipulations politiques.

Loin de la rigueur qui sied à une procédure judiciaire, un article du Spiegel ouvre un nouvel épisode du feuilleton : puisqu’il a fallu renoncer à accuser la Syrie, faute de preuves, les enquêteurs proches des États-Unis et d’Israël désignent maintenant l’Iran.

Ce rebondissement intervient comme un contre-feu, après qu’un journaliste états-unien s’exprimant sur Russia Today, ait accusé Dick Cheney d’avoir commandité le crime.
Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, les investigations du Tribunal spécial pour la Liban se dirigent désormais vers une mise en cause du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. La nouvelle a immédiatement été reprise par les agences de presse occidentales tandis que le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a demandé le lancement d’un mandat d’arrêt international ou l’interpellation par la force du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
Cette agitation intervient alors que, sur la chaîne de télévision publique Russia Today, le journaliste états-unien Wayne Madsen avait affirmé, deux semaines plutôt, que l’assassinat de Rafic Hariri avait été commandité par le vice-président des États-Unis de l’époque, Dick Cheney ; une nouvelle qui avait été ignorée par les agences de presse occidentales et le gouvernement israélien, mais qui avait semé le trouble au Proche-Orient dans son ensemble et au Liban en particulier1.
Ces deux accusations ne sont pas seulement contradictoires entre elles, elles contredisent aussi les données de l’enquête officielle selon lesquelles treize terroristes islamistes sunnites, actuellement incarcérés au Liban, ont avoué leur participation à l’attentat.
Survenant en pleine campagne électorale, ces imputations n’auront pas le temps d’être sereinement débattues avant le scrutin du 7 juin.
Le positionnement du Spiegel
L’article qui a mis le feu aux poudres en Occident sera publié dans la prochaine livraison du Spiegel. Cependant, il est déjà disponible sur le site internet du magazine, mais en version anglaise 2. Ce choix éditorial montre que, bien que publié à Hambourg, l’article est moins destiné aux lecteurs allemands qu’à l’opinion publique internationale, voire aux Libanais.
L’auteur de l’article, Erich Follath, est un journaliste réputé qui écrit depuis trente ans sur les sujets de politique internationale les plus divers. Il s’est fait connaître, en 1985, en publiant un livre documenté de l’intérieur sur les services secrets israéliens, L’Œil de David 3. Il est aujourd’hui membre de l’Atlantische Initiative, un groupe de pression en faveur de l’OTAN.

Il ne cache pas son antipathie pour le Hezbollah, qu’il ne considère pas comme un mouvement de résistance, mais comme un « État dans l’État » et qu’il rend responsable des attentats survenus en 2002 et 2004 en Amérique latine 4.
Les révélations du Spiegel
Ceci étant posé, que nous apprend l’article d’Erich Follah ?

Selon le journaliste, le Tribunal spécial pour le Liban dispose depuis un mois d’informations nouvelles mais se retient de les divulguer pour ne pas politiser l’affaire en interférant dans la campagne électorale législative libanaise. Toutefois, un ou des membres de ce tribunal lui ont donné accès à des documents internes couverts par le secret de l’instruction. Et le journaliste d’ajouter que, a contrario, la publication de son article sera dommageable pour le Hezbollah et lui fera peut-être perdre les élections.
Si le Spiegel a légitiment choisi son camp, il est déplorable que cela lui fasse rendre compte de l’enquête du Tribunal spécial sans le moindre esprit critique. La fuite organisée de l’intérieur du Tribunal pose, quant à elle, une grave question sur l’impartialité de cette juridiction.
On se souvient que, au moyen de logiciels sophistiqués, les enquêteurs libanais, assistés par la Commission d’enquête de l’ONU, avaient passé au peigne fin les 94 millions de communications téléphoniques ayant eu lieu dans la période de l’attentat à Beyrouth. Ils avaient constaté que plusieurs numéros prépayés avaient été activés ce jour-là, qu’ils avaient émis des appels les uns vers les autres sur le parcours du convoi du président Hariri, puis n’avaient plus été utilisés, sauf pour quelques appels « sortants »7. Juste après avoir commis leur crime, les conspirateurs avaient tenté de joindre directement ou indirectement quatre généraux libanais, qualifiés en langage médiatique occidental de « pro-Syriens ». Sur la base de cette présomption, le chef de la Commission de l’ONU, Detlev Mehlis, avait fait arrêter les quatre généraux le 30 août 2005 et mis en cause la Syrie. Mais ces appels sortants ne prouvant rien du tout, sinon que les conspirateurs souhaitaient désigner aux enquêteurs ces quatre généraux, les suspects ont été libérés par le Tribunal après trois ans et demi de détention préventive8. La Commission des Droits de l’homme de l’ONU avait qualifié cette incarcération demandée par les enquêteurs de l’ONU « d’arbitraire »9.
Le Tribunal aurait découvert qu’un autre appel sortant a été donné depuis un des téléphones mobiles des conspirateurs. Il conduit vers une jeune femme qui s’avère être la compagne d’Abd al-Majid Ghamlush, un résistant du réseau du Hezbollah, ayant reçu une formation militaire en Iran. Au sein de la Résistance, cet individu serait placé sous les ordres d’Hajj Salim, lequel dirigerait une cellule obéissant aux seuls ordres d’Hassan Nasrallah. Salim serait donc le cerveau du complot et le secrétaire général du Hezbollah en serait le commanditaire.
Le problème est que, si cette méthode d’investigation a été jugée erronée dans le cas des quatre généraux, on ne voit pas pourquoi elle serait soudain devenue correcte pour mettre en cause le Hezbollah. Peu importe : puisque la piste syrienne est morte, voici venir la piste iranienne. Erich Follath précise en effet que si le Hezbollah n’avait pas de mobile clair pour tuer le président Hariri, ses soutiens en Iran pouvaient en avoir. Bref, veuillez cocher la case suivante dans la liste « Axe du Mal ».
Un Tribunal tout aussi spécial que la Commission
La
Commission d’enquête de l’ONU avait sombré dans le ridicule avec la Justice-spectacle de son premier président, l’Allemand Detlev Mehlis, dont même le Spiegel pense le plus grand mal
10. Elle s’était fourvoyée en recourant à de faux témoins bientôt démasqués. Elle avait progressivement retrouvé en crédibilité avec le Belge Serge Brammertz, puis avec le Canadien Daniel Bellemare. Ce dernier ayant été nommé président du Tribunal spécial, l’on pouvait espérer que cette juridiction ferait preuve du sérieux qui avait manqué à la Commission à ses débuts.
Seulement voilà, le Tribunal dispose de ses propres enquêteurs et ceux-ci ont été choisis sur recommandation de Detlev Mehlis. M. Mehlis est un ancien procureur qui a fait sa carrière en Allemagne de l’Ouest à l’ombre de la CIA avant de travailler à Washington pour le WINEP, un think tank satellite de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC)11. M. Mehlis, de nationalité allemande, mais éligible à la nationalité israélienne, s’entoura à Beyrouth d’une équipe majoritairement composée d’Allemands et d’Israéliens. Le nouveau chef des enquêteurs est l’Australien Nick Khaldas. En réalité un Égyptien naturalisé australien, également éligible à la nationalité israélienne12. Ainsi, le même groupe de pression reste aux manettes, il emploie les mêmes méthodes, et poursuit les mêmes objectifs bien éloignés de la recherche de la vérité : mettre en accusation ceux qui s’opposent aux États-Unis et à Israël au Proche-Orient.
Au demeurant, le problème ne se limite pas aux élucubrations de M. Mehlis et de ses amis, il concerne le Tribunal spécial, ses fuites organisées dans la presse et son absence de volonté de poursuivre les pistes dont il dispose.
Durant les trois années où Detlev Mehlis et ses relais dans la presse atlantiste ont crié haro sur la Syrie et ont dénigré les juges Brammertz et Bellemare, ils ont produit un témoin miracle venu corroborer les soupçons, Mohammed Al-Siddiq. Ce personnage trouble s’est finalement rétracté après que l’on ait mis en évidence des invraisemblances dans ses propos. Il a trouvé refuge en France et devait être entendu par le Tribunal afin de comprendre qui avait voulu manipuler la Justice. Or, ce témoin avait disparu au nez et à la barbe des policiers français 13. Ayant imprudemment noué contact avec sa famille, les services secrets syriens retrouvèrent sa trace aux Émirats arabes unis, où il fut arrêté en possession d’un faux passeport tchèque. Interrogé aux Émirats par l’équipe de Daniel Bellemare, il décrivit sur procès-verbal comment il avait été recruté, payé et protégé par quatre personnalités dont le ministre pro-US Marwan Hamade et l’oncle pro-US du président syrien, Rifaat el-Assad.
Affolé de cette découverte, le Tribunal a décidé de renoncer à citer à comparaître l’ex-témoin-clé. Son audition conduirait automatiquement à la mise en examen de ses commanditaires et tournerait les regards vers… Washington et Tel-Aviv.
Quoi qu’il en soit, les enquêteurs de l’ONU et le Tribunal spécial se grandiraient en examinant la piste Cheney avec l’acharnement dont ils ont fait preuve pour la piste syrienne et qu’ils retrouvent pour la piste iranienne.

Notes
1 « Dick Cheney aurait commandité l’assassinat de Rafic Hariri », Réseau Voltaire, 7 mai 2009.
2 « New Evidence Points to Hezbollah in Hariri Murder », par Erich Follath, Spiegel Online, 23 mai 2009.
3 Das Auge Davids. Die geheimen Kommandounternehmen der Israelis, par Erich Follath, Goldmann Wilhelm éd, 1985. Ouvragé réédité, en 1989, par le groupe Bertelsmann.
4 Sur cette intox, lire « Washington veut réécrire les attentats de Buenos-Aires », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 juillet 2006.
5 « La Fondation Bertelsmann au service d’un marché transatlantique et d’une gouvernance mondiale », par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 20 mai 2009. Pour approfondir : La Fondation Bertelsmann et la « gouvernance » mondiale, par Pierre Hillard, François-Xavier Guibert éd., 2009, 160 pp.
6 Reconnaissons au Spiegel l’honnêteté d’avoir au moins essayé de contre-enquêter, ce qu’aucun autre grand médias n’a tenté de faire. Observons au passage que certains auteurs m’ont reproché de ne pas avoir fait ce qu’ils n’ont pas fait et que le Spiegel a constaté qu’il était impossible de faire : investiguer sur les lieux des attentats dont l’accès est interdit aux médias au nom du Secret-Défense.
7 « Utilisation de cartes téléphoniques prépayées » (§148 à 152 et §199 à 203) in Premier rapport de la Commission Detlev Mehlis sur l’assassinat de Rafic Hariri.
8 « Affaire Hariri : l’ONU clôt la piste syrienne et libère les quatre généraux libanais », Réseau Voltaire, 29 avril 2009.
9 « Rapport du Groupe de travail de la Commission des droits de l’homme de l’ONU sur les détentions arbitraires », 29 janvier 2008.
10 « La commission Mehlis discréditée », par Talaat Ramih ; «  Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ? », entretien de Jürgen Cain Kulbel avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 9 décembre 2005 et 15 septembre 2006.
11 L’AIPAC se définit comme le lobby ro-israélien aux USA. Voir Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, La Découverte éd. (2009), 500 pp.
12 « Un étrange enquêteur nommé au Tribunal spécial de l’ONU pour le Liban », Réseau Voltaire, 22 décembre 2008.
13 « Kouchner a "perdu" le témoin-clé de l’enquête Hariri », par Jürgen Cain Külbel, Réseau Voltaire,

Thierry Meyssan, Réseau Voltaire

21 avril 2008

 

ps selon l'hebdomadaire, « rien n'indique que le président syrien Bachar el-Assad (dont le régime a d'abord été accusé de ce crime), était au courant du complot ».
L'article est disponible sur les pages anglophones du site du Spiegel (
www.spiegelonline.de/international), et il ne sera mis en ligne en allemand que lundi à la sortie de l'édition papier, a-t-on appris auprès de l'hebdomadaire.
http://www.lorientlejour.com/article/619327/Le_Hezbollah_dnonce_les_affabulations_du_Der_Spiegel_et_la_classe_politique_met_en_garde_contre_les_semeurs_de_discorde.html


Lire la suite

n° 440 - Dossiers du LIBAN - 31-05 – Suite - : La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.


n° 440 - Dossiers du LIBAN - 31-05 – Suite - : La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.




dossiers du liban n°440 du 31-05

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire (suite) :  

1 Dossier

1-4 La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.

1-5 Rannie Amiri : Comprendre les Elections de Juin au Liban : Le Temps est-Il venu du Changement ?

1-6 Jeanine Jalkh : Parmi les espions, d’anciens membres récidivistes de l’ALS.

1-7 Liban, sur un air de guerre froide.



1-4 La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.
Le vice-président américain Joe Biden s’est rendu au Liban où il a délivré à son peuple ce que notre confrère K. Selim a justement qualifié de «sommation à bien voter» lors des élections législatives qui vont avoir lieu dans leur pays le 7 juin prochain.

Et le «bien-voter» version Joe Biden consiste à barrer la route aux «parties hostiles à la paix», selon les critères de l’Amérique.

Les Libanais auxquels il a ainsi montré le «bon chemin» apprécieront la portée du conseil de l’émissaire américain en ayant présent à l’esprit qu’il s’est gardé de faire la même intervention en direction du peuple israélien, qui a lui aussi eu des élections législatives remportées par des ennemis de la paix.

L’intrusion du vice-président américain dans le débat politique libanais est éclairante de la conception à géométrie variable que l’establishment politique américain a de la démocratie. Pour celui-ci, l’expression démocratique a ses limites dans le monde arabe. Celle de ne pas légitimer les adversaires des intérêts géostratégiques des Etats-Unis dans l’un des pays arabes ou dans la région.

La sommation faite aux Libanais par Joe Biden préfigure que leur pays sera soumis aux mêmes avanies internationales qu’ont eu à subir les Palestiniens après leur vote qui a donné la majorité parlementaire au Hamas, classé par Washington à la même enseigne que les «parties libanaises» dont il leur a «recommandé» de s’éloigner.

Joe Biden traîne la casserole d’être un gaffeur impénitent, mais en la circonstance, son intervention au Liban ne doit rien à son esprit gaffeur. Il a tout simplement transmis le message injonction d’une administration américaine qui ne veut pas et n’accepte pas qu’un scrutin démocratique en pays arabe donne des résultats qui ne conforteront pas les desseins et les projets des Etats-Unis.

La menace que Joe Biden a fait sous-entendre aux Libanais est que si le Hezbollah et ses alliés remportent les élections législatives, le Liban sera mis à l’index par les Etats-Unis et leurs alliés, avec la conséquence quasi certaine que cette situation incitera leurs relais et protégés intérieurs à refuser d’admettre le résultat électoral. Ce qui ouvrirait alors la voie à tous les dérapages dans ce pays qui n’a pas encore fini avec les tentations suicidaires des confrontations communautaro-religieuses.

La sommation américaine au peuple libanais conforte et absout par avance les faucons ultra droitiers qui sont arrivés au pouvoir en Israël et auxquels l’Occident a déroulé le tapis rouge, sans songer un instant qu’il fallait «punir collectivement» le peuple israélite pour avoir fait le vote qui leur a permis d’accéder à ce pouvoir.

Pour l’Amérique en somme, celle de Bush mais celle aussi des Obama et Joe Biden, les Arabes démocrates et de paix sont exclusivement ceux qui votent dans le sens qu’elle veut et pour les supplétifs qu’elle adoube.

24 mai 2009

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article86281


1-5 Rannie Amiri : Comprendre les Elections de Juin au Liban : Le Temps est-Il venu du Changement ?

"...Au Moyen Orient il y a "élections" et élections. La majorité des élections, quand il y en a effectivement, tombe invariablement dans la première catégorie. Il y en a quelques unes néanmoins, qui se classent dans la seconde - des élections transparentes, légitimes, ayant du sens, qui ont à la fois des implications internes et régionales..."

" C'est dans l'intérêt du Liban et de sa stabilité qu'il y ait un accord et un partenariat entre les Libanais pour gérer les affaires de leur pays". Sayyid Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah à propos des prochaines élections parlementaires
"Nous ne voulons pas faire partie du gouvernement si l' Alliance du 8 Mars (menée par le Hezbollah) gagne les élections". Saad Hariri, dirigeant de l'actuelle majorité parlementaire.
Au Moyen Orient il y a " élections" et élections.

La majorité des élections, quand il y en a effectivement, tombe invariablement dans la première catégorie. Il y en a quelques unes néanmoins, qui se classent dans la seconde - des élections transparentes, légitimes, ayant du sens, qui ont à la fois des implications internes et régionales.
L'une de ces élections les plus connues est celle qui s'est tenue en Janvier 2006 quand le Hamas a remporté les élections parlementaires palestiniennes, obtenant la majorité au Conseil National de Palestine et la capacité de former un gouvernement. Surveillée par le Centre Carter, l'ancien Président US, Jimmy Carter a dit d'elles qu'elles avaient été des élections "ouvertes, honnêtes, et justes". Inutile de disserter sur la réaction qu'elles ont provoquée aux US, Israël et en Egypte - et en conséquence la punition subie par l'électorat .
En Juin prochain, deux pays du Moyen Orient vont tenir des élections qui auront des conséquences régionales, à quelque 5 jours d'intervalle; le Liban le 7 Juin et l'Iran le 12 Juin.
On a récemment discuté (http://www.counterpunch.org/amiri04102009.html) de l'affrontement entre le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad et les candidats réformistes Mir -Hossein Mousavi et Madhi Karroubi.
Compte tenu du cadre politique libanais complexe basé sur le sectarisme c'est plus compliqué de comprendre les mécanismes et dynamismes derrière le vote parlementaire à venir.
8 Mars 8 versus 14 Mars
Actuellement au Liban il y a deux principales coalitions politiques, dénommées 8 Mars et 14 Mars.
L'Alliance du 8 Mars est ainsi dénommée suite à la manifestation de masse de 2005 à Beyrouth organisée par le Hezbollah pour exprimer son opposition à son désarmement, en soutien à la Syrie et à la résistance à Israël. La coalition comprend principalement le Hezbollah, le parti Amal de Nabih Berri et le Mouvement Free Patriotic (FPM) séculier du général Michel Aoun. Alors que Nasrallah et Berri sont des Musulmans Shi'ites, Aoun est un Chrétien Maronite et par conséquent bénéficie du soutien des Maronites et d'autres groupes chrétiens.
L' Alliance du 14 Mars, a été nommée après l'énorme manifestation du 14 Mars 2005 à Beyrouth, mais elle carrément anti syrienne. Elle a eu lieu exactement un mois après l'assassinat du Premier Ministre Rafiq Hariri et a marqué le début de la " Révolution des Cèdres". Cela a finalement mené au retrait de toutes les troupes syriennes du Liban après 29 ans de présence. le 14 Mars est l'actuelle coalition au pouvoir soutenue par les pays occidentaux et comprend principalement les partis sunnite druze et chrétien. Elle est conduite par Saad Hariri, milliardaire et fils de Rafiq, et son parti, le Future Movement, en constitue le principal bloc.
La tension et les récriminations mutuelles entre les coalitions du 8 Mars et du 14 Mars se ont augmenté dramatiquement après l'attaque israélienne de Juillet 2006 contre le Liban. Cela a mené à une impasse politique de 18 mois au cours de laquelle le pays est resté sans président et les craintes d'un retour de la guerre civile se sont de nouveau répandues.
Cette longue impasse s'est finalement terminée après que des représentants des deux camps se soient rencontrés au Qatar en Mai 2008 et que l' Accord de Doha ait été accepté. Dans l' Accord, l'Alliance du 8 Mars a obtenu un droit de véto sur les décisions du cabinet. Une fois que cet obstacle et d'autres ont été surmontés, le candidat de consensus Michel Suleiman a rapidement été élu Président.
Arithmétique parlementaire
Ensuite, il est important de comprendre comment le parlement libanais est structuré.
La Chambre des Députés, ou Assemblée Nationale, comprend 128 sièges répartis à égalité entre Chrétiens et Musulmans. Ces sièges sont en plus sous divisés entre les 18 groupes religieux reconnus du pays ( les Chrétiens Maronites Disposent de 34 sièges, les Orthodoxes 14, les Sunnites 27 et les Shi'ites 27 etc...) On doit faire remarquer que cette répartition n'est basée sur aucune information démographique récente; le dernier recensement au Liban a eu lieu en 1932 et aucun n'a été réalisé depuis.
A l'Assemblée Nationale, l' Alliance du 14 Mars détient 70 sièges et celle du 8 Mars, 58.
En tenant compte que la plupart des candidats sunnites et shi'ites appartiennent respectivement au 8 Mars et au 14 Mars, les sièges détenus par ces deux communautés ont peu de chance de changer de mains et de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre.
En fait, le facteur décisif dans les élections législatives dépendra en grande partie de la répartition des votes chrétiens; pour le FPM d'Aoun ou pour les autres partis chrétiens affiliés au 14 Mars. Cela vaut aussi pour le vote druze qui a aussi, mais dans une moindre mesure, des partis dans les deux coalitions.
Des analystes croient qu'il y aura seulement 30 sièges en jeu, et le 8 Mars n'a besoin que de remporter 7 sièges supplémentaires pour obtenir une majorité parlementaire.
Libération des généraux.
Cette semaine, un évènement s'est passé qui pourrait les aider à atteindre leur but. 4 généraux détenus sans preuve pendant presque 4 ans après l'assassinat d' Hariri ont été relâché inconditionnellement sur ordre du Tribunal Spécial pour le Liban sous l'égide de l'ONU. Le juge du Tribunal a conclu qu'i n'y avait pas de preuve pour justifier la prolongation de leur détention qui était basée sur le seul témoignage d'un témoin qui s'est depuis rétracté, et a dit que les généraux n'étaient plus considérés comme suspects.
"Notre détention était motivée politiquement et a été exploitée pendant 4 ans par la majorité. Nous avons été emprisonnés à cause d'une décision politique mais avons été libérés par une décision de justice" a dit l'un d'eux lors de sa libération.
Les responsables judiciaires libanais qui ont d'abord ordonné leur détention, sont de proches alliés d' Hariri, et ce dernier pourrait effectivement en pâtir politiquement car les demandes appelant à leur démission commencent à se développer.
Le temps est-il venu du changement ?
Compte tenu de l'étroite marge attendue pour la victoire , aucune communauté religieuse, groupe, parti, ou alliance ne peut seul efficacement gouverner le Liban. La nécessité évidente d'une allliance parmi les partis politiques et les courants religieux fait du Liban un cas unique parmi les pays arabes et c'est exactement ce qu' Hassan Nasrallah, dans la citation en introduction, a indiqué. Malheureusement, il semble qu' Hariri ne pense pas comme cela si le 14 Mars ne gagne pas.
La possibilité de remplacer un gouvernement pro US au Liban, enfant adoptif identique au nexus pro américain Egypte Jordanie Arabie Saoudite, a obligé la secrétaire d'état Hillary Clinton a faire une visite imprévue à Beyrouth le weekend dernier. Interférant dans une élection pour laquelle elle a appelé à ne pas interférer, elle a également menacé implicitement d'une réduction de l'aide si le 8 Mars gagnait. Israël prévoit également des exercices militaires de grande ampleur sur la frontière libanaise une semaine avant le vote.
Mis à part l'intimidation et les menaces, les élections du printemps au Liban serve encore d'exemple de l'influence déclinante des dirigeants qui se sont alignés inconditionnellement sur les US et leur politique au Moyen Orient; que ce soit en adoptant une position réflexe anti iranienne, ou en soutenant le siège d'Israël et l'attaque contre Gaza, ou avec comme objectif d'étouffer la capacité de leur propres citoyens à s'exprimer librement dans les médias et dans les urnes.
Dans ce dernier cas de figure, le Liban est certainement l'exception. Et le 7 Juin, il a la capacité de divorcer de l'axe US Israël Egypte Jordanie Arabie Saoudite et d'envoyer un puissant message au reste du Monde Arabe : si le petit Liban peut le faire, vous aussi.
Rannie Amiri – (R. Amiri est un commentateur indépendant sur le Moyen Orient. )

01-03

Edition du Weekend www.counterpunch.org.

Traduction Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org/Comprendre-Les-Elections-De-Juin-Au-Liban-Le-Temps-Est-Il-Venu-Du-Changement_a1897.html 


1-6 Jeanine Jalkh : Parmi les espions, d’anciens membres récidivistes de l’ALS.
Nous le savons désormais : Ziad Homsi, l'espion qui opérait pour le compte d'Israël, a entamé sa mission à l'aube de l'année 2006. Nasser Nader, un autre agent arrêté le même jour, avait commencé ses activités bien plus tôt.

Ces aveux sont on ne peut plus choquants pour celui qui se souvient de la tragique guerre de juin 2006 visant les lieux stratégiques et une partie de l'infrastructure du Hezbollah, mais aussi une large partie de la population libanaise.
Les premiers éléments de l'enquête, recueillis respectivement par les services de renseignements de l'armée et les Forces de sécurité intérieure, montrent clairement l'implication de ces deux espions dans des missions et des objectifs stratégiques différents : à Ziad Hosmi, avait été confiée la tâche de rassembler des informations sur les trois soldats israéliens disparus au cours de la bataille de Sultan Yacoub en 1982, ainsi que celle, assurément plus stratégique, de parvenir à décrocher un rendez-vous avec le secrétaire général du Hezbollah. En usant de son passé idéologique de résistant arabe, l'espion de Saadnayel devait indiquer à ses recruteurs, en cas de succès, le chemin menant au numéro un du parti chiite, un objectif longtemps et maintes fois visé par l'État hébreu.
Nasser Nader, « probablement l'un des plus gros poissons » comme l'affirme le directeur des FSI, le général Achraf Rifi, avait pour sa part la charge de guider l'armée de l'air israélienne à travers les
dédales de la banlieue sud, renseignements à l'appui, pour lui permettre d'atteindre les objectifs militaires recherchés. Le premier est sunnite, le second est chiite. Quelques chrétiens figurent également dans les rangs des espions arrêtés récemment.
Mais l'espionnage n'a pas de religion, tant que le bateau que tentent de saboter ces agents risque de couler avec l'ensemble des Libanais, toutes communautés confondues, dira un haut responsable du Hezbollah. Quand bien même certaines voix dissonantes parmi les responsables politiques, des députés en l'occurrence, ont tenté dernièrement de relever le fait que la majorité des « collaborateurs » ont été recrutés au sein de la communauté chiite - à l'exception de Ziad Hosmsi et avant lui de Ali
Jarrah, tous deux sunnites - il reste que la couleur communautaire des collaborateurs est significative du contexte géographique, social et psychologique dont ils sont issus, comme le relève une source
sécuritaire autorisée.
Cette dernière, qui rappelle que plusieurs agents recrutés sont des anciens membres de l'ALS (Armée de libération du Sud), affirme qu'Israël traite généralement avec des personnes qui ont « perdu leur immunité nationale ».
Selon cette source, la « récidive » des agents qui étaient membres de l'ALS pourrait notamment s'expliquer par le fait que les sanctions émises à l'époque contre ces derniers « avaient été minimes ». Ce qui les aurait probablement encouragés dans la reprise de leurs fonctions.
La source sécuritaire précise en outre qu'au moment du recrutement, l'État hébreu avait jeté son dévolu sur des agents sélectionnés dans les milieux « favorables » en termes de contexte géopolitique. « Il est indéniable que la question des armes du Hezbollah et de l'opposition à la Syrie au cours du conflit sunnito-chiite a été un facteur favorable au recrutement d'une nouvelle génération d'agents », indique la source.
Passé maître en matière de renseignements et de variation de ses tactiques de recrutement, Israël ne s'est toutefois pas contenté de recruter dans les milieux chiites et certains milieux chrétiens,
originaires du Sud. Il a réussi aussi à profiter d'un nouveau contexte politique et idéologique induit par l'assassinat de Rafic Hariri et le conflit sunnito-chiite qui s'ensuivit et la diabolisation de l'Iran et
la Syrie par l'État hébreu et ses alliés.

C'est ce qui pourrait expliquer notamment « le retournement idéologique » spectaculaire d'un Ziad Homsi, un résistant sunnite invétéré, conquis durant la majeure partie de sa vie par la cause arabe et palestinienne, avance la source qui écarte l'argument de la « précarité financière »
qui aurait été à l'origine de sa reconversion.
Selon cette source, ce dernier a tout simplement changé de conviction avec l'avènement d'un nouveau contexte politique, dans lequel les armes du Hezbollah étaient devenues la nouvelle cible, et le chiisme politique, le nouvel ennemi.
Une chose est sûre : l'avalanche d'agents qui tombent l'un après l'autre aux mains des services de sécurité - lesquels nous en promettent d'autres dans les jours qui viennent - n'a fait qu'exacerber la crainte du Hezbollah, d'autant plus sur ses gardes que la découverte de ces réseaux a coïncidé avec l'annonce des manœuvres israéliennes, prévues
pour la fin de ce mois.
Cela suppose d'abord et avant tout que le démantèlement de ces réseaux puisse convaincre en définitive l'ensemble des Libanais de la force de nuisance israélienne et contribuer à les aider à mieux définir le véritable ennemi, affirme la source. Par conséquent, la mobilisation des énergies à laquelle on assiste actuellement au niveau des trois principaux services de sécurité en présence, à savoir les services de renseignements des FSI, ceux de l'armée et ceux du Hezbollah, illustre certes une émulation positive qui, pour une fois, ne peut que servir l'intérêt général du pays, relèvent les sources sécuritaires presque à l'unisson.
Il reste que cette compétition positive risque également d'être exploitée à mauvais escient et de se répercuter négativement si elle n'est pas orientée vers un seul et unique but : la sauvegarde et la
protection du pays.

Aveux d'agents: trouver le lieu de résidence secret de Sayed Nasrallah

Contribuer à l'assassinat du commandant de la résistance libanaise Sayed Hassan Nasrallah a été l'une des missions de l'agent Ziad Homsi, ex-maire de la localité du nord du Liban, Saadnayel,  et directeur du bureau électorale du courant du Futur .   
Selon le quotidien libanais arabophone, as-Safir, Homsi qui a été arrêté la semaine dernière a reconnu avoir reçu indirectement l'ordre de trouver le lieu de résidence tenu au grand secret du secrétaire général du Hezbollah après la guerre de juillet 2008, de la part du Mossad israélien qui lui a demandé en premier lieu de renouer ses liens avec les dirigeants de l'opposition libanaise, et notamment le Hezbollah, sous prétexte qu'il fallait prendre en considération le nouveau climat survenu.
C'est ainsi qu'il a contacté ses anciens amis au sein du courant nationaliste nassérien, demandant à l'un d'entre eux de transmettre une lettre écrite à Sayed Nasrallah, dans laquelle il le couvre de louanges, déclarant son dévouement à la cause de la résistance et son entière disposition à tomber en martyre.
Toujours selon les aveux de Homsi, après la transmission de cette lettre, le Mossad l'a sommé de demander une rencontre avec le secrétaire général du Hezbollah en personne, lui ordonnant de leur préciser la date et le lieu de la rencontre, pour le surveiller dès sa sortie de sa demeure, à Saadnayel,  et jusqu'à son arrivée dans la Banlieue-sud.
Or cette rencontre n'a jamais eu lieu. Selon Homsi, la personne qui devait l'arranger n'a jamais répondu à sa requête. Selon le quotidien as-Safir, il se peut fort qu'il ait été soupçonné depuis cette date de collaboration avec Israël, puis mis sous surveillance par la résistance libanaise.

Un autre agent, Nasser Nader arrêté dans le village sudiste Ghandouriyé semble de son côté être "un gros poisson" selon les révélations du chef des Forces de sécurités libanaises (FSI), le général Ashraf Rifi, selon lequel ce collaborateur pourrait bien être l'un des plus importants agents capturés. étant resté dans la banlieue-sud durant la guerre de juillet 2008,Il est soupçonné d'avoir été l'agent assistant qui donnait aux bombardiers israéliens les signaux qui précisent les régions qu'il faut bombarder.  
Dès lors, les associations des victimes et proches des victimes de cette guerre compte porter plainte contre tous les agents dont les informations ont servi à leur porter atteinte, exigeant de suspendre leur échafaud sur les lieux mêmes des bombardements israéliens pas encore reconstruits, à l'instar du bloc de bâtiments d'al-Hassan, détruits quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu conclu par le biais des Nations Unies.
(As-Safir)

Jeanine JALKH

L’Orient-Le Jour Le quotidien libanais d'expression française

21/05/2009
http://www.lorientlejour.com/article/618898/Parmi_les_espions%2C_danciens_membres_rcidivistes_de_lALS.html
http://www.alterinfo.net/Aveux-d-agents-trouver-le-lieu-de-residence-secret-de-Sayed-Nasrallah_a32602.html


1-7 Liban, sur un air de guerre froide.

Des agents qui tombent les uns après les autres sur fond de campagne électorale: l’affaire des «espions du Mossad» agite Beyrouth.

L’histoire rappelle ces épisodes classiques des guerres de l’ombre quand l’arrestation d’un espion ennemi provoquait un effet domino et entraînait la chute de tout un réseau. Cette fois, c’est le Mossad qui, jour après jour, perd ses agents au Liban. Hier, cinq d’entre eux ont encore été inculpés sous l’accusation «d’avoir collaboré avec Israël, d’être entrés sur son territoire et d’avoir fourni des informations sur des personnalités et des positions militaires libanaises». Au total, 18 personnes sont accusées actuellement d’espionnage par la Cour militaire libanaise, dont douze ont été placées en détention.

Paraplégique… Sur le point d’être arrêté, un professeur de mathématiques paraplégique, du nom d’Elie Maroun Hayek, est parvenu curieusement à passer en Israël en s’infiltrant à travers les barbelés à partir de la localité frontalière de Yaroun (sud du Liban). L’armée israélienne l’attendait de l’autre côté de la «ligne bleue», qui fait office de frontière entre les deux pays.

La femme et les trois fils du fugitif, originaire de la localité de Qolayaa (sud), sont également introuvables. Un autre accusé a pu également s’enfuir à travers les barbelés.

L’une des plus grosses prises semble être Abid al-Alam, un ex-général de la puissante Sûreté générale. Lui, sa femme et son neveu ont reconnu avoir travaillé pour le compte de l’Etat hébreu pendant plus de quinze ans. L’ancien maire de la localité de Saadnayel dans la vallée de la Bekaa, Ziad al-Homsy, a également été arrêté. Il pourrait avoir été en contact avec l’Etat hébreu dès 1982 lorsque l’armée israélienne avait envahi le Liban. Selon des sources sécuritaires, c’est dans des pays aussi éloignés que l’Australie ou la Thaïlande que le présumé espion rencontrait ses officiers traitants. Les personnes arrêtées appartiennent à toutes les communautés.

Selon le site israélien Metullah, la raison de cette «hécatombe» procède d’une «monumentale bévue» de l’un des principaux espions de l’Etat hébreu qui n’avait pas mis en sécurité une liste de soixante lignes internationales de téléphonie mobile en sa possession qu’il devait distribuer à d’autres agents du Mossad.

Le Liban étant encore techniquement en guerre avec Israël, les agents démasqués encourent la prison à vie assortie de travaux forcés. Si le juge estime que cette collaboration a causé la mort, il peut demander la peine capitale.

Silence. Reste que le moment choisi pour ces arrestations fait débat à Beyrouth. Elles interviennent en effet une quinzaine de jours d’élections législatives qui promettent d’être serrées. Dès lors, l’affaire des «espions du Mossad», aggrave encore la tension entre le camp pro-occidental et le Hezbollah allié au parti chrétien du général Michel Aoun. D’où la relative discrétion du gouvernement et des forces de sécurité sur cette affaire. De son côté, Israël observe le silence le plus complet.

Fugitifs. Pour le Hezbollah, ces arrestations d’espions sont au contraire une aubaine. Le parti chiite a donc aussitôt exploité l’affaire, tantôt en soulignant que l’ex-maire de Saadnayel était un cadre du Courant du futur (le mouvement de Saad Hariri, fils du Premier ministre assassiné en 2005), tantôt en accusant la Finul (la force des Nations Unies pour le Liban) de n’avoir pas voulu capturer les fugitifs lorsque ceux-ci traversaient la frontière. Par ailleurs, le démantèlement du réseau du Mossad lui permet de justifier sa paranoïa sécuritaire et de montrer qu’il n’y a pas que la Syrie à s’ingérer au Liban.

L’affaire est loin d’avoir livré tous ses secrets. «Il y avait à l’évidence un véritable réseau du Mossad. Cependant, on peut se demander pourquoi, lorsqu’il s’agit d’un réseau israélien, les enquêteurs arrivent à démanteler ses cellules mais que lorsqu’il s’agit de la quinzaine d’assassinats d’intellectuels, de journalistes et d’hommes politiques libanais, ils sont impuissants à arrêter le moindre suspect», assène le chercheur libanais Ziad Majed.

http://www.liberation.fr/monde/0101568238-liban-sur-un-air-de-guerre-froide

 


n° 440 - Dossiers du LIBAN - 31-05 – Fin : La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.

n° 440 - Dossiers du LIBAN - 31-05 – Fin : La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.




dossiers du liban n°440 du 31-05

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire (Fin) :  

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Appel de "Liban Résistance"

2-2 Nasrallah : La cause de la Résistance est juste, noble et légale.

2-3 Les élections au  Liban & en Iran  vu par la 'droite' Israélienne.

2-4 Libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah.

2-5 Jason Koutsoukis : Une vie en suspens : à l'intérieur des camps de réfugiés du Liban

3 Analyse

3-1 Sam Razavi : Le Hezbollah : L'incontournable acteur libanais.

3-2 Liban : Ingérence flagrante des Britanniques et de leurs alliés aux Etats-Unis

4 Annexe

3-1 Rappel : Les suites de l'agression de "l'armée la plus morale du monde"

 



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Appel de "Liban Résistance"

Comme prévu, Les médias occidentaux, à la solde de leurs dirigeants impérialistes et sionistes, se déchaînent contre notre Résistance l’accusant d’avoir assassiné Rafik HARIRI.
Ce n’est pas par hasard que ces médias aient choisi le 24 mai comme point de départ de leurs nouvelles inventions s’inscrivant dans leur logique permanente de désinformation.
En effet, leur acharnement intervient suite au démantèlement des réseaux d’espionnage et de terrorisme à la solde de l’entité sioniste et à deux semaines qui nous séparent de la date de 7 juin 2009.
Le démantèlement des réseaux d’espionnage et de terrorisme est un processus que l’impérialisme n’a pu digérer et il ne lui reste plus comme manœuvre que le mensonge véhiculé par ses médias en vue de discréditer notre Résistance et de contrer la forte poussée des candidats des forces et partis politiques aux élections législatives du 7 juin ayant opté pour l’acte résistant.
Tous les libanais, toutes tendances confondues, se voient ainsi face à la plus dangereuse des ingérences occidentales et sionistes qui joue sa dernière carte pour venir à bout de la souveraineté du Liban.

Nous sommes toutes et tous, sans aucune exception, concernés et, à cette nouvelle agression, nous répondons clairement :
1- Notre vigilance et notre unité autour de notre Armée s’élargiront et se renforceront en vue de la poursuite du démantèlement des réseaux d’espionnage et de la terreur ;
2- Notre attachement à notre Résistance, cette résistance que nos mères ont enfantée, se traduira le 7 juin dans les urnes.

3- Nous dénonçons le silence inouï de l’Occident face aux préparatifs d’agression sioniste contre notre Liban, programmés en Mai-Juin 2009.
VIVE LE LIBAN LIBRE


2-2 Nasrallah : La cause de la Résistance est juste, noble et légale.

Congrès sous le thème « La Résistance dans le combat pour l'éveil et la mémoire »,

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, prononçant un discours télévisé, qui a été diffusé par la chaîne al-Manar. a insisté, dans son allocution, sur le fait que la mémoire fait partie du combat de la Résistance ; mais, selon lui, « plus importante que l'éveil est l'existence de la Résistance, sa persévérance et son côté réformateur et révolutionnaire qui lui permettent d'accomplir de grandes réalisations ».

Il a précisé que l'éveil et la prise de conscience populaire de l'importance de la Résistance restent toutefois « des conditions essentielles à la survie de la Résistance, car leur disparition peut entraîner à un moment ou à un autre une déviation dans son action ». « Plus l'éveil et la prise de conscience sont importants au sein de la population et plus vite la Résistance peut atteindre ses objectifs, car son action sera plus profonde », a-t-il dit.
Hassan Nasrallah a insisté sur le fait que toutes les résistances contre Israël ont misé sur l'éveil et la prise de conscience, car, selon lui, « il est impossible de mobiliser les combattants pour une cause comme celle-ci sans miser sur la connaissance ». Il a ajouté que l'éveil de la population est aussi indispensable car c'est ce dernier qui permet d'entourer la Résistance et de lui donner de la profondeur. « Nous avons besoin d'un éveil au niveau de toute la oumma, car la résistance contre Israël ne peut pas être le simple fait d'un pays ou d'un groupe. Elle ne peut remporter la victoire que si toute la oumma arabe est solidaire et unie autour du choix de la résistance. »
Le secrétaire général du Hezbollah a encore affirmé que, depuis le début, la résistance contre Israël a misé sur l'éveil au sein de la population et elle est même passée au cours des dernières années à la phase offensive en essayant de susciter un éveil similaire chez l'ennemi. Il a précisé que, pendant de longues années, c'était Israël qui fixait les règles de la bataille et menait la guerre médiatique et psychologique. « Or, depuis quelque temps, l'équation s'est inversée et les efforts continus de la Résistance lui ont permis de mener la lutte à ses propres conditions et de se lancer dans une véritable guerre psychologique contre l'ennemi. » La Résistance, a précisé Nasrallah, a créé une dynamique qui a commencé avec la défaite israélienne de mai 2000 et s'est poursuivie avec l'intifada palestinienne d'al-Aqsa, ainsi qu'en 2006 et à Gaza. Cette dynamique a touché, selon lui, Israël en plein cœur.
Le secrétaire général du Hezbollah a estimé que même si les médias arabes cherchent à réduire l'importance de ces victoires et de la nouvelle dynamique, ils ne parviendront pas à convaincre les dirigeants israéliens de la justesse de leur point de vue. « Ce que disent ces médias ne compte pas. Ce qui est important, c'est ce qui se passe chez l'ennemi. Preuve en est que mes discours étaient retransmis en direct par les médias israéliens avec une traduction simultanée.

Voyant ensuite que cette démarche avait un impact négatif sur leur population et donnait de la crédibilité à la Résistance, ils ont renoncé à cette méthode et ont commencé à ne diffuser que des extraits de mes discours, ceux qu'ils croient négatifs pour la Résistance... » Il a rappelé que la victoire de 2000 a été rendue possible grâce à la Résistance qui a commencé en 1982 « avec la première opération du moujahed Ahmad Kassir qui a tué cent soldats israéliens installés au QG de Tyr ».
Hassan Nasrallah a encore déclaré que le point fort de la Résistance est le fait qu'elle défend une cause juste, noble, légitime, légale et claire. « C'est ce qui fait que la Résistance palestinienne a duré pendant toutes ces années et c'est aussi ce qui a permis à la Résistance libanaise d'enregistrer toutes ses victories. » Il a souligné le fait que le second point fort réside dans « la crédibilité de la Résistance et sa capacité à tenir ses engagements et ses promesses ».
Il a affirmé que la Résistance n'a aucun problème à convaincre les populations arabes de la justesse de sa cause, même celles dont les États ont signé des accords de paix avec Israël. « Mais ce qui est plus difficile, c'est de passer à l'étape suivante et de leur faire endosser le choix de la résistance », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du Hezbollah a enfin rendu un vibrant hommage au président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, « qui a eu le courage d'aller jusqu'à l'ONU pour dénoncer Israël », estimant que l'Iran est aujourd'hui « le fer de lance de la Résistance ».

21/05/2009

http://www.lorientlejour.com/article/618899/Nasrallah%3A_La_cause_de_la_Rsistance__est_juste%2C_noble_et_lgale.html


2-3 Les élections au  Liban & en Iran  vu par la 'droite' Israélienne.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Sébastien Diet : Liban, Iran : tournant électoral en juin ?

En l’espace d’une semaine, le mois de juin va voir deux élections cruciales se tenir au Moyen-Orient. Le Liban le 7 juin, puis l’Iran le 12, pourraient bien donner le ton de ce qui attend la région pour les années à venir. Les liens entre le Hezbollah libanais et la République islamique d’Iran pimentent d’autant plus ces scrutins, que les Etats-Unis et Israël ne manquent pas d’observer de près.

Au Liban, où le Hezbollah pourrait renforcer son assise parlementaire, et en Iran, où la réélection du président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad est hautement probable, l’axe anti-israélien pourrait se renforcer dans la région.

Au Liban, les sondages donnent une légère avance à l’alliance du Hezbollah  et du Courant Patriotique Libre à l’électorat chrétien pour le scrutin législatif du 7 juin.

Le Liban sort d’une affaire d’Etat majeure avec l’arrestation de plusieurs espions d’Israël visant le Hezbollah. Une affaire qui a d’autant plus rappelé aux Libanais la posture anti-israélienne du Hezbollah que celui-ci a marqué des points politiquement en indemnisant les victimes des bombardements israéliens lors de la seconde guerre israélienne au Liban, en 2006. 

La révélation du journal allemand « Der Spiegel » samedi dernier selon laquelle l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri s’orienterait vers une responsabilité du Hezbollah a encore contribué à « victimiser » le « parti de Dieu ».

En cas de victoire de l’opposition dominée par le Hezbollah, le chef de file de la majorité actuelle, Saad Hariri, a averti qu’en cas de défaite, il ne se joindrait pas à un gouvernement d’union nationale, préférant siéger dans l’opposition.

Dès lors, les chances de voir le gouvernement tout entier être dominé par le Hezbollah suscitent l’inquiétude de Washington, qui classe le mouvement chiite parmi la liste des organisations terroristes.

Le vice-président américain Joe Biden a averti vendredi dernier que les Etats-Unis « [évalueront] la teneur de [leur] programme d’assistance sur la composition du nouveau gouvernement [libanais] et sur les politiques qu’il mène », en un geste de défiance à peine voilé vis-à-vis du Hezbollah.

D’ores et déjà, « même sans occuper les postes les plus visibles, le Hezbollah dirige progressivement le Liban, en détenant des prérogatives de souveraineté au détriment de l’État. Son armement et son influence politique, qu’il a renforcé depuis son coup de force du '7 mai', lui ont permis de devenir le premier acteur militaire, politique et social du Liban », selon le politologue Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes.

La consécration électorale que le Hezbollah escompte dimanche 7 juin remettra-t-elle en cause le boycott des Américains et des Européens à l’égard du Hezbollah ? 

Le Royaume-Uni a indiqué le mois dernier avoir tissé des contacts « à niveau subalterne » avec le Hezbollah, qui espère bien étendre ce genre d’initiatives aux Etats-Unis à l’occasion de ces élections.

« Les pays occidentaux se bousculent pour nous parler et le feront davantage dans l'avenir. L'un des ambassadeurs européens nous a informés que les Américains traiteraient avec n'importe quel gouvernement, même s'ils souhaitent la victoire » de la majorité anti syrienne, s’était ainsi réjoui à la mi-avril le cheikh Naïm Kassem, bras droit de Hassan Nasrallah.

L’ascendant que s’apprête à prendre le Hezbollah, soutenu ouvertement par Téhéran, ne manquera pas d’être interprété comme une extension de l’influence iranienne, alors que la République Islamique d’Iran s’apprête à tenir des élections présidentielles cinq jours seulement après le scrutin libanais.

Le président ultra conservateur Mahmoud Ahmadinejad fait figure de favori. Non seulement parce que de par le passé tout président en poste a été réélu, mais aussi parce que le camp présenté comme réformiste aborde ces élections dans la confusion.

L’ancien président réformateur Mohamed Khatami a du renoncer brusquement à sa candidature, pour se ranger derrière l’ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, présenté comme un conservateur pragmatique, qui promet de protéger la liberté de la presse et d’améliorer les relations avec l’Occident, tout en étant attaché aux « principes de la révolution de 1979 », dont il a été l’un des artisans. Il s’agit du principal concurrent du président Ahmadinejad.

Mais le camp réformateur est également représenté par un candidat plus atypique, en la personne de Mehdi Karoubi. Ce religieux populiste et franc-tireur avait dénoncé des fraudes lors des dernières élections, et a signé une pétition conjointement avec le prix Nobel Chirin Ebadi, afin de demander la fin des exécutions des délinquants mineurs au moment des faits. Un autre candidat conservateur, Mohsen Rezaie, parle également de « détente » avec l’Occident.

Point commun aux différents concurrents d’Ahmadinejad : tous lui reprochent d’avoir isolé le pays sur la scène internationale, d’avoir dilapidé les recettes du pétrole dans le programme nucléaire et d’être responsable des sanctions du conseil de sécurité de l’ONU qui entravent l’activité économique iranienne. Le ralentissement de la croissance est le principal handicap du président Ahmadinejad, en particulier dans les villes. Les campagnes sont en revanche un vivier électoral puissant pour le président sortant.

Mais si des candidats « d’opposition » parviennent à ravir la présidence à Mahmoud Ahmadinejad, l’ampleur de cette détente attendue avec l’Occident reste incertaine.

Les urnes libanaises donneront les premières le ton, que les électeurs iraniens confirmeront, ou pas, cinq jours plus tard. Avec les chancelleries du monde comme premiers scrutateurs.

Sébastien Diet pour Guysen International News

Mercredi 27 mai 2009

http://www.guysen.com/articles.php?sid=9991


2-4 Libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah.

APPEL A LA LIBERATION IMMEDIATE DE GEORGES ABDALLAH.
Nous demandons à toutes les forces progressistes de manifester devant les ambassades de France dans le monde pour exiger des autoritiés françaises la libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah.
Notre mouvement de soutien à la résistance du peuple palestinien organisera le jeudi 28 mai à partir de 18h30 un rassemblement devant le Ministère français de la justice, 13 place Vendôme, 75001 Paris (métro Opéra).
Georges est un militant libanais communiste révolutionnaire, il est détenu en France depuis 1984 parce qu'il revendique son droit à la résistance contre les puissances impérialistes et l'entité sioniste. Il a été membre des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL) qui ont mené des actions de résistance contre l'Etat colonial Israël qui envahit et bombarde régulièrement le territoire libanais depuis son implantation dans la région.
Face à ces agressions, les FARL ont revendiqué l'exécution en Europe de Charles Ray, attaché militaire à l'ambassade des USA en France (18 janvier 1982), puis Yakov Barsimantov (3 avril 1982), secrétaire en second à l'ambassade israélienne en France et responsable du Mossad.
En juin 1982, Israël lance l'opération "Paix pour la Galilée " qui a fait plus de 30.000 morts dont 12000 enfants, 45.000 blessés. Beyrouth était dévastée par des semaines de siège et de bombardements, et près de 3000 civils palestiniens et libanais ont été assassinés à Sabra et Chatila par des milices libanaises et des soldats de l'entité sioniste, et des centaines de militants arabes furent capturés et "disparus" dans les camps d'Ansar et de Khiam.
Georges Ibrahim Abdallah, membre des FARL, emprisonné en France depuis 25 ans à la prison à perpétuité avec une peine de sureté de 15 ans aurait dû selon le droit français être libéré en 1999. Une juridiction régionale autorisa sa libération en 2003. Mais l'Etat français a ordonné son maintien en prison.
Aujourd'hui, Georges Abdallah, continue de subir la vengeance des puissances impérialistes française et étatsunienne et de l'entité sioniste.
Le 5 mai 2009, la cour d'appel de Paris a rejeté sa demande de libération, le qualifiant « d'activiste résolu et implacable » risquant de reprendre son combat révolutionnaire en cas d'expulsion vers le Liban. « considérant que lors de ses différentes auditions (...) le condamné a clairement revendiqué le caractère politique de son action et ses convictions anti-impérialistes »,…
Aujourd'hui, la puissance impérialiste française qui intervient militairement en Afrique, en Afghanistan et au Liban qu'elle considère comme sa chose, maintient Georges en prison en contradiction avec le droit à l'autodétermination des peuples et surtout leur droit à la résistance contre l'occupation.
La France conditionne clairement sa libération à son engagement de s'abstenir de toute résistance, même si son pays, le Liban, était envahi à nouveau. En clair, on lui demande de renoncer à son droit à la résistance.
La punition que subit Georges est un message envoyé au camp de la résistance au Liban et ailleurs.
La libération de Georges Ibrahim Abdallah est de la responsabilité de tous ceux et celles qui se revendiquent du camp de la Résistance et de la lutte anti-impérialiste, anticolonialiste, antisioniste. Chacun peut réclamer sa libération auprès des autorités françaises, ministère ou ambassade.
Mouvement de soutien à la Résistance du Peuple Palestinien (MSRPP) - c/o MJP 43 bd Auguste Blanqui 75013 Paris - mail :
msrpp_buro@yahoo.fr
http://www.enfantsdepalestine.org/br,356
http://fischer02003.over-blog.com/article-31677301.html 


Lire la suite

01/06/2009

n°439- Journal du Liban- 12-05 au 31-05 - Début-: Liban: Inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation.

n°439- Journal du Liban- 12-05 au 31-05 - Début-: Liban: Inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Liban

                  n° 439                                              12-05 au 31-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Editorial

Inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation.

Tiré à part :

Joe Biden : L'aide US liée aux résultats du vote du 7 juin.

Hersh : c’est Cheney qui a fait assassiner Hariri et Bhutto.

Paroles & action du président Obama

Barack Obama définit les limites…

1 Lutte pour la libération du territoire

Suite

2  Politique Libanaise  

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

Fin

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Manipulation - Der Spiegel : Assassinat de Rafic Hariri.

6-2 Qui est le Spiegel.

6-3 L'affaire Hariri ébranle... les journalistes occidentaux.

7 Les brèves.

7-1 Gaby Nasr : Les Libanais mettent un bémol aux révélations du « Spiegel»

7-2 Dick Cheney et l’assassinat de Rafic Hariri.

7-3 Le contre-espionnage libanais marque des points.

8- Pièce jointe :

8-1 Sayyid Hassan Nasrullah : La conscience est la condition de l´existence.

 



Editorial

Inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation.

A quelques jours des élections législatives qui vont avoir lieu au Liban, une inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation du climat politique dans ce pays est à l’œuvre.

Il y a eu d’abord cette flagrante ingérence du vice-président américain, Joe Biden, dans la campagne électorale en cours au pays du cèdre, qui a consisté à sommer les Libanais à « ne pas se ranger au côté des parties hostiles à la paix ». Les forces libanaises ainsi désignées par Biden sont bien évidemment le Hezbollah et les autres formations de l’opposition qui sont en compétition dans ces élections législatives contre la majorité pro-occidentale actuellement au pouvoir.

L’effet de choc de l’intrusion du second personnage de l’Amérique ne s’est pas encore dissipé que voilà qu’un hebdomadaire allemand, Der Spiegel, s’essaie à envenimer le climat politique et électoral au Liban en publiant un article dans lequel ses auteurs affirment que le Tribunal spécial international en charge de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri détiendrait la preuve que le Hezbollah serait l’instigateur de l’attentat qui lui a coûté la vie.

L’article de l’hebdomadaire allemand pue la tentative de manipulation grossière. Et ce n’est pas un hasard si c’est un média allemand qui en est à l’origine. Il faut se rappeler qu’une opération du même tonneau ayant pour source le premier responsable du Tribunal spécial international, un magistrat allemand, avait été tentée pour créditer la responsabilité du régime syrien et de ses services dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais. Que ce soit encore la même source qui ait « affranchi » l’hebdomadaire n’est pas pour étonner.

Le choix d’un média allemand pour balancer ce « scoop » a été a notre sens retenu parce que l’Allemagne, étant en apparence moins impliquée dans la crise libanaise que les Etats-Unis, la France et bien entendu Israël, l’information ainsi « révélée » aurait plus valeur de vérité.

Au-delà, il y a évidence que l’on cherche au plan international à s’immiscer dans les élections législatives libanaises, quitte à faire renouer le pays du cèdre avec la guerre civile, dont on sait ce qu’elle lui a coûté. La sommation faite par Joe Biden et l’article publié par Der Spiegel vont dans le même sens : celui de vouloir provoquer le Hezbollah et ses alliés à la faute qui leur aliénerait les sympathies électorales dont ils bénéficient et rallumerait la volonté de leurs adversaires d’en découdre avec eux autrement que par la voie des urnes.

Israël n’est pas en reste dans cette opération de manipulation de l’opinion publique libanaise. Son ministre des Affaires étrangères a aussitôt pris prétexte de l’article de l’hebdomadaire allemand pour demander au Tribunal spécial international de lancer un mandat d’amener contre Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah.

Ce tribunal, qui a eu l’honnêteté d’admettre qu’il n’a eu aucune preuve incriminant l’Etat syrien dans l’attentat contre Rafic Hariri, ne peut laisser se poursuivre cette grave manipulation qui risque d’avoir de tragiques conséquences pour le Liban, d’autant que c’est lui qui est présenté comme étant la « source » de la révélation publiée par Der Spiegel. Il serai dramatique qu’il laisse faire l’intox, dont l’objectif clairement affiché est d’empêcher la réconciliation nationale à laquelle les Libanais sont parvenus malgré les pressions internationales qui ont été à l’oeuvre pour l’empêcher.

25 mai 2009

Kharroubi Habib

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6666

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article86337



Tiré à part :

Joe Biden : L'aide US liée aux résultats du vote du 7 juin.

Le vice-président Biden a prévenu vendredi à Beyrouth que le programme d'aide de son pays au Liban dépendrait de l'issue des élections législatives cruciales du 7 juin, que pourrait remporter le Hezbollah (bête noire de Washington).

Les Etats-Unis fournissent au Liban une aide civile et militaire, dont le montant cumulé n'est pas précisé.

Depuis 2006, ils ont fourni une aide de 410 millions de dollars à l'armée libanaise, qui comprend des avions, des chars, des armes légères, des véhicules et de l'entraînement

 «Les Etats-Unis détermineront leur programme d'aide en fonction de la composition et des politiques du (prochain) gouvernement», a-t-il affirmé,

M. Biden a prévenu les Libanais de ne pas soutenir les parties qui entravent, selon lui, les efforts de «paix», en allusion aux Hezbollah et ses alliés.

«J'appelle ceux qui pensent se ranger du côté des parties hostiles à la paix à ne pas rater cette occasion (les législatives) et à s'éloigner de ces gens-là», a déclaré le vice-président américain, appelant à des élections «équitables, libres et transparentes».

Il a néanmoins affirmé «n'être venu soutenir aucune partie ou institution» politique au Liban.

Agence France-Presse

22-05

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200905/22/01-858826-joe-biden-au-liban-laide-americaine-liee-aux-resultats-du-vote-du-7-juin.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention

 

Hersh : c’est Cheney qui a fait assassiner Hariri et Bhutto.

Dans un entretien à Al-Jazeera, le journaliste états-unien Seymour Hersh a révélé de nouvelles informations sur les activités secrètes du Joint Special Operation Command.

Cette unité, créée dans les années 80, a servi durant les deux mandats de George W. Bush à perpétrer plusieurs centaines d’assassinats politiques dans le monde sous l’autorité directe du vice-président Dick Cheney [voir la ReOpeNews à ce sujet].

Selon Hersh, elle aurait notamment exécuté deux alliés indociles des États-Unis : l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (14 février 2005) —information déjà divulguée par notre confrère Wayne Madsen à Russia Today [et qui a fait l’objet d’une précédente ReOpenNews]—, et l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto (27 décembre 2007).

M. Hariri avait refusé de défendre les intérêts US dans son pays et Mme Bhutto avait révélé à la BBC [1] l’assassinat en 2001 d’Oussama Ben Laden par Omar Saeed Sheikh [2].

Par la suite, Dick Cheney a poursuivi sa politique en s’appuyant sur le propre fils de Rafic Hariri, Saad, et sur l’époux de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, promu président du Pakistan.

Selon Hersh, ces assassinats ont été supervisés par le général Stanley A. McChrystal [3], que le président Barack Obama vient de nommer commandant en chef des troupes US et de l’OTAN (ISAF) en Afghanistan.

 [1] Entretien accordé à David Frost, le 2 novembre 2007.
[2] Umar Saeed Sheikh est un agent double du MI6 britanniique et de l’ISI pakistanaise. Il est considéré comme l’assassin du journaliste Daniel Pearl.

[3] Officiellement, le général McChrystal était jusqu’ici chargé de la traque d’Oussama Ben Laden.

Seymour Hersh

Seymour Hersh est un journaliste réputé. Récipiendaire du Prix Pulitzer, il écrit régulièrement dans le New Yorker.

Son nom reste attaché aux révélations sur le massacre de My Lai (Vietnam, 1969), sur l’affaire Vanunu et la bombe atomique israélienne.

(MIS A JOUR : Démenti de Hersh)

http://www.reopen911.info/News/2009/05/20/hersh-c%e2%80%99est-cheney-qui-a-fait-assassiner-hariri-et-bhutto/



Paroles & action du président Obama

Barack Obama définit les limites…
Après 100 jours d’ouverture, Barack Obama définit les limites.

Répondant à l’appel de la Syrie à négocier, « directement ou indirectement » avec le Hamas et le Hezbollah, le Département d’Etat américain a fait savoir que cette proposition n’était pas acceptable. Une prise de position très certainement appréciée à Jérusalem, surtout à l’approche du déplacement de Benyamin Netanyahou à Washington.
Selon des sources en Israël, la Syrie continue de transférer de l’armement avancé au Hezbollah, dont certains missiles capables de frapper des bases militaires en Israël.
Cette aide syrienne au Hezbollah,  aurait pour but, selon les analystes, de s’assurer que le Hezbollah est suffisamment armé, à un niveau bien supérieur à celui qui prévalait avant la guerre du Liban en 2006, en cas de confrontation avec Israël.

Julien Bahloul Guysen International News



Résistance

Analyse

13-05

Naim Qassem, a déclaré: "Nous avons toujours dit que nous soutenions la résistance en Palestine mais n'avons jamais mentionné comment ou  donné les détails de ce genre de soutien.

Qassem: "C'est l'un des secrets de la résistance que nous n'évoquons pas en détail, mais il suffit de dire que nous leur donnons tout le type de soutien qui peut aider la résistance palestinienne. Tout genre de soutien possible."
Qassem a par ailleurs vivement critiqué la politique américaine au Moyen-Orient qu'il a jugée hypocrite. : "Nous parlons d'un soutien spécifique et limité à Gaza alors que personne n'interroge les Etats-Unis sur leur soutien total et indéfectible à Israël", a-t-il dit. "On nous met toujours en cause mais personne ne le fait avec les Etats-Unis."

Financial Times

21-05

Le secrétaire général du Hezbollah a rendu un vibrant hommage au président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, « qui a eu le courage d'aller jusqu'à l'ONU pour dénoncer Israël », estimant que l'Iran est aujourd'hui « le fer de lance de la Résistance ».

21/05/2009

http://www.lorientlejour.com/

 

Inquiétude du Liban face aux manœuvres israéliennes

Le secrétaire général du Hezbollah a mis en garde contre les manœuvres militaires israéliennes du 31 mai prochain, estimant que celles-ci pourraient être le prétexte d’attaques contre le Liban.
Selon lui, la première possibilité à ces manœuvres – les plus importantes depuis le début de l’existence de l’état hébreu -  aurait une dimension psychologique visant à restaurer la confiance de la population israélienne envers son armée.

La deuxième possibilité aurait une dimension défensive,

tandis que la 3ème – la plus probable selon Sayyed Hassan Nasrallah – pourrait viser à intimider la région.
Nasrallah a cependant mis en garde contre la 4ème possibilité, celle d’une guerre surprise, et indiquer que même si le Hezbollah ne croit pas à cette dernière, il faut cependant rester sur ses gardes. Hassan Nasrallah a également indiqué que ses craintes sont partagées par les autorités militaires et sécuritaires libanaises.

20-05

Libnanews
http://palestine.over-blog.net/article-31648467.html

 

Kahwagi appelle l’armée à plus de vigilance face aux réseaux d’espionnage

Le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, a invité hier la troupe à plus de « vigilance pour faire avorter les plans fomentés par l'ennemi israélien, poursuivre le démantèlement des réseaux d'espionnage et œuvrer à arracher les ronces qui ont été enracinées dans son corps national ».
« N'oubliez pas, a-t-il prévenu, que les collaborateurs ne représentent qu'eux-mêmes au sein de la nation, de la société et de leur famille directe. Leur unique allégeance est à la traîtrise, et leur religion, l'argent facile. »
Le général Kahwagi a prononcé ces propos à l'occasion de la neuvième commémoration de la libération du Liban-Sud, au cours de laquelle il a rendu hommage aux martyrs de l'armée, de la Résistance et de la population civile qui, a-t-il dit, « par leurs sacrifices, ont marqué les batailles les plus héroïques face à l'ennemi ». Autant d'efforts qui « ont abouti à la libération du territoire et à la récupération de la souveraineté libanaise, une manière d'affirmer la puissance du Liban et son droit définitif sur son propre territoire et sur ses eaux ». 

23/05/2009

http://www.lorientlejour.com/article/619177/Kahwagi_appelle_larme__plus_de__vigilance_face_aux_rseaux_despionnage_.html



1 Lutte pour la libération du territoire

Les relents de la guerre

Manœuvres israéliennes : Mise en alerte de l'Armée libanaise et de la FINUL
Selon une dépêche de l’ANI, l’Armée Libanaise et la FINUL déployée au Sud Liban se sont déployés le long de la ligne bleu, ligne de démarcation entre le Liban et Israël en raison des manœuvres militaires que Tsahal entamera le 31 mai prochain et qui se prolongeront jusqu’au 4 juin.

Ces manœuvres ont été dénoncées au Liban, notamment par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a mis en garde contre une possible attaque du Pays des Cèdres.

Selon la même dépêche, des engins de chantiers israéliens auraient fortifié les positions militaires à plusieurs endroits et ont érigé de nouvelles barrières au niveau de la localité de Chébaa au Sud Liban. De nouveaux postes ont également été installés à proximité des villages libanais de Tallat al Ramta,
Al Soummaqa, Raoussat el Alam.
Sources Libannews

27 mai –

http://palestine.over-blog.net/article-31953116.html


a) Liban

20-05

L’armée libanaise a demandé à la FINUL stationnée au Sud Liban, des clarifications écrites de l'objectif des manœuvres menées.
Libnanews

21 mai 2009
L'armée libanaise a arrêté samedi matin Ziad Homsi, ancien président du conseil municipal de Saadnayel dans la Békaa, actuellement adjoint au maire et cadre du Courant du futur, pour espionnage au profit d'Israël.
Selon une source militaire, cette arrestation s'inscrit dans le cadre de l'enquête menée sur les activités d'espionnage au profit de l'État hébreu.

Elle précise par ailleurs que 35 réseaux ont été démantelés à ce jour, « la majorité d'entre eux n'ayant pas été annoncés pour des raisons sécuritaires ».
Suite à l'arrestation, le Courant du futur a publié un communiqué précisant que Ziad Homsi « ne fait pas partie de la hiérarchie » du mouvement ni de sa machine électorale.

De son côté, l'avocat du suspect, Khaled Chaymeh, a tenu une conférence de presse, critiquant le procédé de l'arrestation qu'il a qualifié de « barbare ». Il a rejeté toutes les accusations qui sont « fausses », a-t-il estimé, donnant à l'armée un délai de deux heures pour libérer Ziad Homsi.
Ziad Homsi publie un magazine de société aux positions anti-israéliennes, soulignent les habitants de la localité.
Treize personnes ont été inculpées à ce jour pour espionnage au profit de l'État hébreu, parmi lesquelles un ex-général de la Sûreté générale, sa femme et son neveu, qui ont reconnu avoir travaillé pour le compte d'Israël pendant plus de 15 ans.

Sources : Lorient le Jour

http://palestine.over-blog.net/article-31716829.html


b) Israël

13-05

Le déminage au Liban a déjà coûté la vie à une trentaine de personnes. 

Israël a remis à la Force des Nations unies au Liban (Finul) les cartes de localisation des bombes à sous-munitions larguées lors de la guerre de 2006 avec le Hezbollah, a indiqué le bureau du Premier ministre libanais Fouad Siniora.

7/7 - Belga,  


n°439- Journal du Liban- 12-05 au 31-05 – Suite -: Liban: Inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation.


n°439- Journal du Liban- 12-05 au 31-05 – Suite -: Liban: Inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation.


 


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Liban

                  n° 439                                              12-05 au 31-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

2  Politique Libanaise  

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

 



2  Politique

a) Libanaise  

2-2 Election législative

20-05

Hassan Nasrallah a réitéré son soutien aux élections législatives du 7 juin prochain, indiquant que l’opposition désire « plus que tout » ce suffrage.

Libnanews

 

Hassan Fadlallah, a qualifié la visite de Biden d'ingérence dans les législatives.

Juste avant l'arrivée de M. Biden, le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a qualifié sa visite d'ingérence dans les législatives.

«Il semble que la visite s'inscrive dans le cadre de la supervision américaine de la campagne électorale d'une partie libanaise qui se sent menacée politiquement au vu des changements régionaux et des résultats prévus des législatives», a-t-il déclaré en référence à la majorité.

«Nous demandons à tous les Libanais, toutes tendances confondues, d'empêcher une telle ingérence qui représente une violation flagrante de la souveraineté libanaise», selon M. Fadlallah.

Dans une interview à l'AFP le mois dernier, Naïm Kassem, a affirmé que Hezbollah ne craignait pas d'être boycotté par la communauté internationale en cas de victoire aux législatives, comme ce fut le cas avec le Hamas palestinien en 2006.

Agence France-Presse

22-05

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200905/22/01-858826-joe-biden-au-liban-laide-americaine-liee-aux-resultats-du-vote-du-7-juin.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention 

 

22-05

Hezbollah :  la visite de Biden, relève d'une ingérence dans les affaires libanaises et a dénoncé le soutien des Etats-Unis à Israël.

"Le grand intérêt porté par les Américains au Liban suscite de forts soupçons quant aux véritables motifs de cet intérêt, en particulier parce que c'est devenu une intervention évidente et précise dans les affaires libanaises", dit un communiqué du Hezbollah.

AP 

23-05

L’ancien député Ammar Moussawi a critiqué la promesse du soutien des États-Unis que Vice President Joe Biden et a déclaré: «Le président Sleiman n'a pas besoin du soutien des États-Unis. Le plus grand soutien vient de l'intérieur, et il le sait. "
Il a ajouté que les commentaires de Biden au sujet des élections montrent que "l'opposition a plus de chance de gagner les prochaines élections législatives."

iloubnan.info –

 

Législatives: important plan de sécurité.

Le Liban a mis au point un important plan de sécurité sur le plan national impliquant 50.000 soldats et policiers en prévision des législatives du 7 juin, a affirmé le ministre de l'Intérieur Ziad Baroud dans une interview dimanche à l'AFP.

"Nous allons déployer 30.000 soldats et policiers autour des bureaux de vote et des régions avoisinantes et 20.000 ailleurs à travers tout le pays", a indiqué le ministre, un indépendant au sein du gouvernement d'union nationale.

Le plan établi par les autorités "tient compte des éléments de risque dans chacune des (26) circonscriptions", a-t-il poursuivi.

"Il y a des risques banals, d'autres plus graves et d'autres encore alarmants et c'est en fonction du degré de risque que se fera le déploiement des troupes", a-t-il affirmé, en référence à d'éventuels heurts entre partisans de la majorité antisyrienne et ceux de la minorité menée par le Hezbollah.

Il a indiqué que le risque était minime dans "la plupart des régions du sud", où l'électorat est acquis à la cause du Hezbollah et de ses alliés, contrairement à des régions où la bataille électorale sera serrée, comme Saïda, la plus grande ville du sud, Zahlé, la plus grande ville de la Békaa (est) ou la région du Metn (nord-est de Beyrouth)

M. Baroud a toutefois insisté que "le contexte politique (était) plutôt rassurant qu'alarmant" et que seuls "des incidents mineurs ont eu lieu jusqu'à présent".

"Bien sûr, j'ai une certaine angoisse et il faut être vigilant", a-t-il ajouté. "Cela dépend des forces politiques et de Monsieur et de Madame tout le monde de refuser tout recours à la violence", a indiqué le ministre.

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs indiqué que "le paysage électoral cette année sera totalement différent des précédentes échéances" au niveau de l'organisation du scrutin.

"Nous avons pris des mesures de lutte contre les fraudes électorales conformément aux normes internationales, les urnes transparentes seront utilisées pour la première fois, ainsi que l'encre (indélébile) pour éviter qu'une personne vote deux fois", a-t-il précisé.

Plus de 200 observateurs étrangers, notamment ceux de l'Union européenne, de la Ligue arabe et du centre de l'ancien président américain Jimmy Carter, seront sur place pour surveiller le vote.

L'Union européenne a alloué 4,5 millions d'euros pour cette mission d'observation.

(AFP / 31 mai


Lire la suite

n°439- Journal du Liban- 12-05 au 31-05 – Fin -: Liban: Inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation.

n°439- Journal du Liban- 12-05 au 31-05 – Fin -: Liban: Inquiétante manœuvre internationale de déstabilisation.


 


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Liban

                  n° 439                                              12-05 au 31-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Manipulation - Der Spiegel : Assassinat de Rafic Hariri.

6-2 Qui est le Spiegel.

6-3 L'affaire Hariri ébranle... les journalistes occidentaux.

7 Les brèves.

7-1 Gaby Nasr : Les Libanais mettent un bémol aux révélations du « Spiegel»

7-2 Dick Cheney et l’assassinat de Rafic Hariri.

7-3 Le contre-espionnage libanais marque des points.

8- Pièce jointe :

8-1 Sayyid Hassan Nasrullah : La conscience est la condition de l´existence.

 

 


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

 

6-1 Manipulation - Der Spiegel : Assassinat de Rafic Hariri.

Feu sur notre Résistance, à deux semaines des élections législatives du 7 juin 2009

L’enquête désignerait les forces spéciales de l'organisation chiite libanaise Hezbollah qui ont planifié et exécuté l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri le 14 février 2005".

La commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri s'orienterait désormais vers une piste menant au mouvement chiite Hezbollah, indique l'hebdomadaire Der Spiegel.

Citant des informations obtenues de "sources proches du tribunal (spécial pour le Liban, TSL) et vérifiées par la consultation de documents internes", Der Spiegel écrit que "des investigations intensives menées au Liban pointent toutes vers une nouvelle conclusion : ce ne sont pas les Syriens, mais les forces spéciales de l'organisation chiite libanaise Hezbollah qui ont planifié et exécuté l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri le 14 février 2005".

Les documents consultés par le Spiegel, basés essentiellement sur des surveillances électroniques, ont permis aux enquêteurs d'identifier huit téléphones mobiles, tous achetés le même jour à Tripoli, dans le nord du Liban.

Ces appareils ont été activés six semaines avant l'attentat, et n'ont plus jamais été utilisés après, ce qui laisse à penser que leurs propriétaires étaient les membres du commando ayant commis l'attentat à la camionnette piégée à Beyrouth, dans lequel ont péri également 22 autres personnes.

Ces portables ont très souvent été localisés à proximité et en contact téléphonique avec 20 autres téléphones, appartenant, selon les enquêteurs libanais, au "bras opérationnel" du Hezbollah.

Les enquêteurs ont pu identifier le détenteur de l'un des huit premiers téléphones, grâce à un appel qu'il a passé à sa petite amie. Il s'agit de Abd al-Majid Ghamlush, membre du Hezbollah qui a séjourné dans un camp d'entraînement en Iran.

Ghamlush a été identifié comme l'acheteur des téléphones, et les enquêteurs ne savent pas où il se trouve, ni même s'il est en vie, ajoute l'hebdomadaire.

L'imprudence de Ghamlush a mené les enquêteurs vers celui qui est pour eux le cerveau de l'attentat, Hajj Salim, qui vit dans un quartier au sud de Beyrouth, d'où il commande une "unité des opérations spéciales" qui rend des comptes directement à Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, poursuit-il.

Le Spiegel affirme encore que le procureur chargé de l'enquête, le Canadien Daniel Bellemare, et les autres juges du TSL essayent apparemment de "retenir" l'information, qui leur aurait été transmise il y a un mois environ.

L'article est disponible sur les pages anglophones du site du Spiegel (www.spiegelonline.de/international), et il ne sera mis en ligne en allemand que lundi à la sortie de l'édition papier, a-t-on appris auprès de l'hebdomadaire.

25-05

(AFP)

 

6-2 Qui est le Spiegel.

Le Spiegel est un hebdomadaire créé en 1947, après la chute du IIIe Reich, par l’autorité d’occupation anglaise. Celle-ci en confia la direction au journaliste Rudolf Augstein. À la mort de celui-ci, en 2002, le capital a été réorganisé. Le journal appartient désormais pour un quart à la famille Augstein, pour moitié aux rédacteurs, et pour le quart restant au groupe Bertelsmann. Ce dernier est étroitement lié à l’OTAN pour le compte de laquelle il organise à Munich la conférence annuelle sur la sécurité 5.
Tout au long de son histoire, le Spiegel s’est distingué par une série de scoops qui ont profondément influé sur la vie politique allemande en détruisant bien des carrières. Généralement très bien informés, ses articles servaient toujours les intérêts anglo-américains. À droite, Franz Josef Strauß l’appelait « la Gestapo d’aujourd’hui », tandis qu’à gauche, le chancelier Willy Brandt le qualifia de « feuille de merde ».
En 2002, c’est le Spiegel qui avait été chargé de démontrer la fausseté de mon enquête sur le 11-Septembre. L’hebdomadaire avait envoyé pendant six mois une équipe contre-enquêter aux États-Unis. Elle était rentrée bredouille, les autorités US persistant à interdire aux journalistes l’accès aux sites des attentats et tout contact avec les fonctionnaires concernés. Le magazine n’en avait pas moins publié un dossier spécial pour exprimer son opposition idéologique à mes conclusions, faute de pouvoir leur opposer des contre-arguments6.
Plus récemment, en 2008, la direction du journal a censuré un reportage de l’un de ses plus célèbres photographes, Pavel Kassim. Il avait eu le tort de prendre des clichés des crimes et des destructions commises par l’armée géorgienne, encadrée par des officiers israéliens, en Ossétie du Sud. Le Spiegel entendait expliquer à ses lecteurs la vulgate atlantiste selon laquelle les Géorgiens étaient d’innocentes victimes de l’Ours russe
.

Thierry Meyssan, Réseau Voltaire

21 avril 2008.


6-3 L'affaire Hariri ébranle... les journalistes occidentaux.
Le 14 février 2005, le convoi de Rafic Hariri est attaqué à Beyrouth.
A ce jour, les enquêteurs ne sont pas en mesure d’expliquer les dégâts
commis qu’une explosion classique ne saurait provoquer

Après une période d'attention extraordinaire, au lendemain du meurtre de Rafik Hariri, avec quotidiennement de nouvelles analyses sur l'implication syrienne, l'affaire a plus ou moins sombré dans l'oubli.

Depuis quelques semaines, une série d'événements relayés par les dépêches d'agences ont atterri dans les rédactions. Le lecteur occidental n'aura cependant pu suivre ces nouveaux rebondissements que par de courts articles, sans qu'il soit réellement possible de les suivre avec une certaine continuité.

Mais, malgré une succession de rebondissements qui font tourner le machin au bazar le plus complet, depuis quelques jours, c'est un unique article du Spiegel que nos médias ont décidé de relayer.

1er mars 2009, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) entame ses travaux.

Marwan Hamadé commente:

Ce tribunal est un tournant majeur pour le Liban et un exemple pour toute la région parce qu’il va démontrer que l’impunité a pris fin.

Mais, quatre jours auparavant, une information ne passionne pas les géo-stratèges de nos médias:

La justice libanaise a décidé de relâcher sous caution les frères Mahmoud et Ahmad Abdel Aal et le Syrien Ibrahim Jarjoura, soupçonnés d’avoir passé sous silence des informations et induit les enquêteurs en erreur après l’attentat qui avait coûté la vie à l’ancien premier ministre.

C'est suffisamment énorme pour que nos médias s'en contrefichent. Pourquoi relâcher, juste avant le lancement du tribunal, ceux qui sont accusés d'avoir orienté l'enquête sur la voie syrienne par des faux témoignages, faux témoignages dont beaucoup affirment qu'ils ont été achetés par la «majorité» libanaise?

Malgré le sujet (libération d'hommes accusés d'avoir porté les faux témoignages impliquant les 4 généraux libanais et les autorités syriennes, peut-être soudoyés par des proches de Saad Hariri), l'article de Libé ne développe que les accusations contre les généraux libanais («les quatre généraux ont été mis en examen pour “meurtre par préméditation”, “tentative de meurtre par préméditation”, et “perpétration d’actes terroristes”), et répètent les accusations contre la Syrie («Les deux premiers rapports de la Commission d’enquête de l’ONU, créée deux mois après l’assassinat du richissime homme d’affaires, avaient conclu à des «preuves convergentes» sur l’implication des renseignements syriens et libanais et cité les noms de proches du président syrien Bachar al-Assad.»). Accusations dont, à ce moment, les seuls «preuves» connues sont les faux témoignages des trois hommes qui viennent d'être spectaculairement relâchés juste avant l'établissement du TSL.

Le 2 mars, plein d'assurance, Laurent Joffrin est certain de ses preuves:

Tous ceux qui ont approché un tant soit peu le dossier Rafic Hariri savent que les services secrets syriens sont impliqués, de très près ou d’un peu plus loin, dans l’assassinat du leader libanais. C’est la conviction, en tout cas, des enquêteurs qui se sont succédé pour élucider le crime. C’est la raison d’être du tribunal international qui vient de se mettre en place aux Pays-Bas. Dans cette affaire, comme dans tant d’autres événements criminels au Liban, tous les chemins mènent à Damas.

Suivant ce que Joffrin définit explicitement comme une parfaite «enquête à charge», Jean-Pierre Perrin, lui, nous pond un dossier d'accusation complet dans le même numéro: «Un attentat à la syrienne».

De manière très spectaculaire, non seulement Laurent Joffrin sait après le meurtre que les Syriens en sont les auteurs sans avoir besoin d'un tribunal international, mais Jean-Pierre Perrin explique carrément que tout le monde savait qu'ils étaient les meurtriers avant même que l'attentat ne soit commis.

Et là, patatra, le 29 avril, «Le Tribunal spécial pour le Liban ordonne la libération de quatre généraux».

Les quatre personnes concernées sont les généraux Jamil Mohamad Amin El Sayed, Ali Salah El Dine El Hajj, Raymond Fouad Azar et Mostafa Fehmi Hamdan, a précisé le tribunal dans un communiqué.

Là encore, c'est énorme, et nos médias ont du mal à synthétiser la situation. Il n'y a plus de «piste syrienne» (en tout cas publiquement connue), puisque les quatre uniques inculpés du meurtre viennent d'être relachés. Quant à ceux qui avaient porté les faux témoignages à leur encontre, ils ont été libérés par la justice libanise fin février (on ne s'interrogera donc pas plus avant sur les commanditaires et le motif de ces faux témoignages).

Les médias occidentaux ont du mal à l'écrire: il n'y a plus aucun accusé, inculpé, ou emprisonné, dans l'affaire Hariri. Peut-on imaginer pire situation? Laurent Joffrin et Jean-Pierre Perrin se portent candidats au suicide par le ridicule (malheureusement, c'est une forme de suicide particulièrement longue et pénible, qui peut durer toute une carrière).

Au Liban, Hamadé et Saad Hariri prétendent faire confiance à la justice internationale, et ce genre de sornettes. Mais Robert Fisk explicite, le 30 avril, la nouvelle propagande de la «majorité antisyrienne» dans The Independent.

Once more the UN donkey, clip-clopping on to the world stage after the murder of Mr Hariri, has been proved a mule. [...] Barack Obama's new friendship with President Bashar al-Assad of Syria must be going great guns. [...] So who killed Rafiq Hariri? Until yesterday, the Lebanese, whose protests after the massacre forced the Syrian army out of Lebanon, thought they knew. And who was it who wanted, as President of the United States, to open a new door to the Syrians? President Obama. And who was it who stood next to Rafiq Hariri's son, Saad, in Beirut, three days ago, to assure him of US support? Why, Mr Obama's Secretary of State, Hillary Clinton, of course.

On se frotte les yeux. Selon la propagande haririenne, désormais: la Tribunal international est instrumentalisé politiquement par les États-Unis, et les États-Unis ont décidé de vendre le Liban à leurs nouveaux amis syriens. Évidemment, si vous aviez prétendu, quelques semaines plus tôt, que l'enquête internationale était instrumentalisée politiquement par les Américains, vous étiez un affreux propagandiste de l'axe irano-syrien.

Depuis, naturellement, toutes les théories «alternatives» ressurgissent.

La plus spectaculaire, ce sont les déclarations de Wayne Madsen sur Russia Today. Il prétend que c'est un «escadron de la mort» aux ordres de Dick Cheney qui a commis le crime. Il s'appuierait sur des révélations à venir de Seymour Hersh. Ce dernier a démenti, il y a quelques jours, avoir fait les déclarations qui lui sont imputées (ce qui semblait pourtant assez évident: Hersh n'est pas né de la dernière pluie, du genre à raconter ses scoops en «off» avant d'avoir terminé d'écrire un livre ou un article). Mais la vidéo et ces «révélations» ont déjà fait le tour des internautes libanais, par exemple sur ce site belge du mouvement aouniste.

Ignorant encore la décision du tribunal de libérer les généraux libanais, Georges Malbrunot se lance sur la piste d'«exécutants islamistes» venus d'Arabie saoudite et d'Irak (29 avril). Des exécutants qui seraient donc des islamistes sunnites, liés aux groupes déjà connus au Liban. Malgré les références à l'Arabie saoudite, à l'Irak et aux salafistes sunnites, Malbrunot se pose tout de même la question suivante:

Quels peuvent être les commanditaires du crime? La Syrie? L'Iran? Les deux, aidés par le Hezbollah?

Le 15 mai, Syria Comment profite de cette «piste islamiste» pour enfoncer le clou et expliquer que «la théorie la plus simple», c'est que ces groupes islamistes avaient leurs propres motifs pour assassiner Hariri et qu'ils peuvent très bien avoir agi de leur propre chef.

Et pendant ce temps-là, au Liban, on n'arrête plus d'arrêter des espions au service du Mossad. Et «la piste du Mossad» dans l'affaire Hariri est, évidemment, incontournable au Liban (et non, comme se l'imagine Libération, pour cause de paranoïa maladive du Hezbollah).

Richard Labévière est de retour et publie La Tuerie d'Ehden ou la malédiction des Arabes chrétiens, dans lequel il accuse le Mossad d'avoir organisé le massacre du clan Frangié perpétré par Samir Geagea en 1978. Rien à voir avec l'affaire Hariri, mais puisque Geagea est toujours là, que le Mossad aussi...

Bref, c'est la curée: la thèse jusque là soutenue par les occidentaux et leurs alliés au Liban s'est (au moins apparemment) effondrée, et les théories plus ou moins opposées, plus ou moins crédibles, poussent comme des champignons. Avec les élections législatives au mois de juin.

Toutes ces théories «alternatives» ont été soigneusement éloignées des pauvres oreilles des citoyens européens (pourquoi pas à raison). On s'est déjà fait balader une fois, on va peut-être faire attention désormais.

Sauf que. Le Spiegel publie un article en allemand annonçant de nouvelles «preuves», une nouvelle «piste»: l'enquête internationale détiendrait la preuve de la culpabilité directe du Hezbollah, et refuserait de rendre ces preuves publiques pour des raisons inconnues. Le Hezbollah dément, l'AFP en fait une dépêche.

L'article est republié le 23 mai en anglais, et les médias français s'emparent de ces «révélations» (le Journal du monde, ce soir sur LCI, offrait comme chaque jour un spectacle proprement sidérant).

Libération:

La commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri s'orienterait désormais vers une piste menant au mouvement chiite Hezbollah, révèle l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Quand au Figaro, il ne met aucun conditionnel dans son titre: «Assassinat d'Hariri : l'enquête accuse le Hezbollah»

Le principal souci avec cet article du Spiegel, c'est tout de même de présenter comme des preuves nouvelles, un tournant dans l'enquête, le contenu exact d'un article déjà publié par George Malbrunot dans le Figaro... le 19 août 2006, et intitulé «L'ombre du Hezbollah sur l'assassinat de Hariri».

Non seulement la piste est la même (le Hezbollah), mais la façon de résoudre l'affaire et de débusquer les responsables sont exactement identiques. On a un cercle d'utilisateurs de téléphones portables, utilisés pour traquer les déplacements de Rafik Hariri, puis ces téléphones ne sont plus utilisés à partir du jour de l'attentat. Mais l'erreur d'un de ses membres consiste, justement, à passer un unique coup de fil, qui permet aux enquêteurs de remonter tout le réseau.

Ce scénario est strictement identique dans la version de Malbrunot dans le Figaro du 19 août 2006 (qu'il tiendrait notamment d'«un proche de Saad Hariri») et dans la version du Spiegel du 23 mai 2009.

Trois ans d'écart, le même scénario, il suffit d'ajouter les termes «New Evidence», «new and explosive results» et «Intensive investigations in Lebanon are all pointing to a new conclusion»... pour que tous les médias français reprennent, y compris le Figaro, ce que le Figaro avait déjà publié comme des révélations «de source sûre».

Et George Malbrunot, qui continue pourtant d'écrire dans le Figaro, ignorait que sa «piste du Hezbollah» allait être réchauffée par les Allemands quand il évoquait, récemment, la piste des «exécutants islamistes» (sunnites).

Je ne suis pas totalement fâché que les médias d'ici n'évoquent pas toutes les théories «alternatives» quant au meurtre de Rafik Hariri. Un peu de recul et d'enquête avant de publier n'importe quoi ne fait pas de mal. Malheureusement, l'enthousiasme soudain pour les nouvelles «révélations» du Spiegel prouvent que ça n'était pas un souci de recul et d'enquête qui retenait nos journalistes.

Nidal

25 mai 2009

Source : Loubnan ya Loubnan


Lire la suite

31/05/2009

n°438 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 -Début- : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

n°438 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 -Début- : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

 

                 n°438                            28/05/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pedro Rojo: L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

Suite

1-2 Robert Parry : Condoleeza Rice, les crimes de guerre et la presse.

1-3 La base turque d'Incirlik, enjeu stratégique US.

Fin

2 Annexe

2-1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis – comme le montre le cas du Brésil. 

2-2 Tortures américaines d’inspiration française.

2-3 Ron Paul : La politique étrangère US continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs…

2-4 Introduction au commerce des armes.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

1-1 Pedro Rojo: L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

De retour d'Irak : ce que pensent les Irakiens de la fragile situation intérieure.

 « Selon plusieurs personnes avec lesquelles nous nous sommes entretenus en Irak, les divergences dans le Parlement irakien se répercutent de façon mortelle dans la rue. Autant les six voitures piégées qui ont secoué Bagdad le 6 avril dernier, que les attentats de ces 10 derniers jours posent de nombreuses questions.

 Dans le premier cas, et vu le nombre de contrôles qu’il y a dans la ville de Bagdad, cela semble très difficile, sinon impossible, de perpétrer autant d'attentats le même jour dans une ville sans liberté de mouvement étant donné les nombreux contrôles militaires, des mouvements qui sont autorisés aux seuls membres des milices chiites pro-iraniennes et aux louches Landcruisers Toyota blancs aux vitres fumées qui ne sont pas arrêtées aux barrages contrôles et dont personne ne sait qui les occupe. »

« Cela semble très difficile, sinon impossible, de perpétrer autant d'attentats le même jour dans une ville sans liberté de mouvement étant donné les nombreux contrôles militaires. »

Attentat à Medina As Sadr ("Sadr-City") le 29 avril dernier. 

L’irréelle « amélioration de la sécurité » en Irak, sur laquelle les occupants en ont fait leur propagande durant ces derniers mois, se révèle inconsistante, car basée sur des facteurs conjoncturels et exposée aux différents politiques entre les groupes implantés par l'occupation pour conduire le pays.

Dans le meilleur des cas, il s'agit d'une amélioration relative de la situation, relative si on la compare avec la période où les milices des partis du gouvernement, principalement les Brigades Badr du Conseil Suprême Islamique d'Irak et l'Armée du Mahdi, liées au courant Sadr, qui agissaient à leur guise dans plusieurs vastes zones de la ville pour accomplir leurs objectif d'expulser les sunnites des zones mixtes et exterminer toutes les composantes civiles du camp anti-occupation [1].

La sécurité est relative si on choisit l'enfer de ces dernières années comme paramètre de comparaison, mais les médias occidentaux ne la comparent pas avec la situation antérieure à l'occupation, comme le font quotidiennement les Irakiens.

 

Ce qui n'a pas été relevé, pas même au cours des deux pires années de massacres sectaires (2005-2007), c’est l’affrontement au sein de la population elle-même.

Dans l'immense majorité des cas il s'agit d'attaques dirigées par des groupes armés, qui ne sortaient pas des zones qu'ils contrôlaient, c'était le simple citoyen irakien qui courait le danger d'être kidnappé s’il circulait à pied dans un autre quartier d’une autre confession, et son cadavre réapparaissait le jour suivant jeté dans un caniveau.

L'objectif de diviser physiquement sunnites et chiites dans la capitale irakienne a été atteint dans de nombreux quartiers, bien qu'ils ne soient pas parvenus à diviser la société irakienne, ce qui est évident car dans les entrevues que nous avons réalisé la semaine passée à Bagdad [fin avril], aucune personne interrogée n’a assumé le discours sectaire des responsables politiques collaborateurs.

La sensation que l’on a en circulant dans Bagdad est celle d'être dans une ville en guerre.

Les contrôles de police, établis tous les 500 mètres, laissent passer les véhicules sans même regarder à l’intérieur, et rarement ils font ouvrir le coffre.

Les soldats se justifient par l'utilisation d'un appareil, en forme d'antenne radio, identique à celui des sourciers lorsqu’ils recherchent l'eau, et qu'ils passent sur le côté de la voiture pour détecter des produits chimiques explosifs.

Non seulement ils sont la risée des Bagdadiens - qui assurent que la seule chose qu'ils détectent sont les parfums des passagers - mais un officier de la Garde Nationale

[armée irakienne] a reconnu devant nous qu'ils savent qu'ils ne fonctionnent pas et que, de fait, bien que se soient les américains qui les leur aient fournis, eux-mêmes ne les utilisent pas.

L'armée et la police se répartissent les postes de contrôle.

Depuis un peu plus d'un an, les Bagdadiens peuvent aller et venir dans les différents quartiers sans crainte que ces mêmes postes de police ne soient leur tombe, comme cela se produisait entre 2005 et 2007.

Les milices se sont retirées de la vie publique. Certaines comme les Brigades Badr, car elles contrôlent la police et agissent sous sa couverture lorsqu’elles en ont besoin ; d'autres, comme l'Armée du Mahdi, parce qu’elle a été « gelée » par son leader, Muqtada as-Sadr, suite aux durs affrontements, en avril 2008, à Bassorah et à Sadr-Ville contre les forces d’occupation et l'armée irakienne, au cours desquels elle a perdu le contrôle de toutes ses zones d'hégémonie - y compris ce quartier de Bagdad- et une bonne partie de son influence politique.

Al Qaïda et la résistance

Le contrôle des zones sunnites à Bagdad et de la province occidentale d’al-Anbar par les Conseils Al Sahoua (Majlis Al Sahoua, Conseils de l’Éveil), crées avec l’argent et l’armement fourni par les USA en septembre 2006, a fait disparaître les cellules d'Al Qaïda des quartiers qu'elles dominaient, mais il a aussi freiné les actions de la résistance depuis ses secteurs par accord tacite de non- agression entre les deux. Les différents interlocuteurs de la résistance politique (baathistes, islamistes modérés, nationalistes, etc.) avec lesquels la CEOSI s’est entretenue ces derniers mois, sont d'accord pour faire remarquer que les forces de la résistance irakienne ont décidé de ne pas tomber dans le piège de la lutte sectaire, tendu aussi bien par les occupants que par l'Iran.

C'est pourquoi, lorsqu’en Irak on parlait quotidiennement du risque de guerre civile, les groupes de la résistance se sont tenus à l’écart des batailles qui ne visaient pas strictement l'occupant, leurs objectifs restant toujours les seules troupes d'occupation.

Leurs affrontements avec l'armée irakienne, la police ou les Conseils Al Sahoua sont limités seulement à la légitime defense dans les opérations que ces corps entreprennent à leur encontre.

Ils assurent qu’en aucun cas ils n’ont commis d’assassinats sectaires ni de civils.

Les différentes factions de la résistance convergent dans leur analyse: combattre contre les Irakiens eux-mêmes signifierait une rupture définitive de la société irakienne. C

ette vision d'État, cette stratégie claire à long terme, rend une dignité au projet de la résistance irakienne et contribue à amplifier sa base populaire, qu'elle a perdue en partie, suite à la campagne médiatique massive qui tentait d’inventer des liens entre la résistance et les actions terroristes et la lutte sectaire.

Les groupes liés à Al Qaïda n'ont pas adopté cette même position, ou bien est-ce comme le disent beaucoup d'Irakiens, parce qu’ils sont infiltrés par l'Iran et les USA, ou cela vient-il de leur propre myopie idéologique ou alors parce que dans leur stratégie particulière l'objectif n'est pas la libération de l’Irak mais un combat plus diffus et incohérent contre ‘le Mal’.

C’est ainsi que ces groupes se sont transformés en la parfaite contrepartie dont les milices chiites avaient tant besoin pour poursuivre leur sanglant nettoyage interne, soutenant de cette manière le projet de division sectaire du pays enclenché depuis le premier jour de l'occupation.

Cependant, la campagne de purification de l'Irak menée par Al Qaïda ne s’est pas limitée à l'anathématisation des chiites, puisqu'ensuite ils ont aussi considéré comme hérétique (kafir) tout sunnite qui ne se fondrait pas dans leur État Islamique d'Irak.

Cette stratégie de combattre exclusivement contre les troupes d’occupation a peut-être amené la résistance à tolérer une présence excessive d'Al Qaïda dans certaines zones et à ne pas la combattre directement même aux moments les plus difficiles, y compris lorsqu’ils en sont venus à assassiner des membres de la résistance. Mais à cette époque, de même qu’aujourd’hui, la résistance accusait l'occupant de provoquer un affrontement inter-irakien pour détourner la pression que la résistance exerçait contre son projet.

Cette permissivité avec les extrémistes a favorisé la création des Conseils Al Sahoua, formés en partie par des membres et des dirigeants des tribus et par des ex-résistants de l'Armée Islamique en Irak ou des Brigades de la Révolution de 1920 (ce qui a provoqué des scissions en leur sein dans plusieurs provinces), qui ont considéré plus urgent de combattre Al Qaïda et sécuriser les zones où ils vivaient que de combattre les occupants.

Une fois que les zones où se trouvaient les cellules d'Al Qaïda furent dégagées, les membres des Conseils Al Sahoua ont empêché les forces de la résistance d'agir depuis leurs secteurs, ce qui de fait, a signifié la perte de vastes zones en Irak contrôlées auparavant par la résistance. Le projet des Conseils Al Sahoua a échoué seulement dans la province de Diyala et dans la région de Mossoul, qui sont devenus aujourd’hui les fiefs les plus sûrs de la résistance.

Un pays de factions

Le nouveau projet d'Al Maliki, qui tourne autour de son idée particulière de réconciliation nationale, est soutenu maintenant avec force par les USA, alors qu’il y a un peu plus d'un an ils jouaient avec la possibilité de le remplacer.

Le changement du discours sectaire d'Al Maliki par celui d'intégration nationale a permis, qu'au moins, les apparences soient sauvées dans la police, qui continue d’être contrôlée par les milices chiites du Conseil Suprême Islamique d'Irak (CSII), partenaires dans le gouvernement Al Maliki mais rivaux politiques par la faveur de l'Iran et de Washington, ainsi que par la lutte pour le pouvoir issu du processus politique protégé par les occupants. La réalité est que le Premier ministre irakien ne contrôle ni le pays ni même les structures de l'État collaborateur, scindé en factions de pouvoir.

Il y a des événements qui dépeignent de manière claire le manque de capacité d'action du Premier ministre irakien :

- La prétendue purification des forces de sécurité irakiennes par la suppression d'éléments corrompus et sectaires, loin d'être tout simplement appliquée, s’est traduite en une activité sectaire plus réduite des dits corps.

Toutefois, sur des bâtiments militaires à Bagdad on peut toujours voir de grandes banderoles avec les chefs chiites y compris des fresques murales à l’effigie de Mohamed Baqir al Hakim ou du grand ayatollah Ali Sistani. Selon une information du 7 avril dernier du quotidien Al-Quds Al-Arabi [2],

les 62.000 policiers accusés de corruption dont l’éviction avait été annoncée par le ministre de l'Intérieur sont toujours à leurs postes. (L’Irak est le troisième pays le plus corrompu dans le monde.)

- Les crimes de la police et de l'armée irakienne contre leurs propres concitoyens sont constants : viols, tortures, détentions illégales ou extorsions sont à l'ordre du jour [3].

- Le 29 avril dernier, les forces de sécurité du ministère du Commerce ont repoussé avec des tirs un détachement de l'armée irakienne qui venait arrêter un haut responsable dudit ministère, comme l’a informé le lendemain l'agence Asuat al Iraq [4].

Actuellement, tous les hauts responsables du ministère sont à l'étranger.

- Un autre exemple du règne des factions, est ce qui s’est passé à l'Université Al Mustansiriya à Bagdad, qui porte le nom de celle qui est considérée comme l'université la plus ancienne du monde. En mars 2009 le gouvernement irakien a ordonné l’arrestation d'Ahmed Al Kanduri, recteur de cette université, accusé d’une telle corruption que la clameur populaire a obligé le ministre d'Éducation Supérieure à le destituer de ses fonctions. Mais cette université fait partie de la quote-part sectaire du courant d’As Sadr, qui s’est refusé à accepter cette destitution, c’est pourquoi le recteur est toujours à son poste à ce jour.

- Ce n'est pas seulement la population irakienne qui n’a pas confiance dans les nouvelles forces de sécurité. Les délégations diplomatiques étrangères ne disposent pas de protection officielle c’est la raison pour laquelle elles sont accompagnées en Irak par leur propre personnel et ont engagé des mercenaires pour leur sécurité.

Elles ne communiquent même pas leurs mouvements, lors de leurs rares déplacements en ville, aux forces de sécurité irakiennes, elles ont avec elles leurs propres escortes.

C’est dans ce cadre précaire qu’il faut situer ce qui est nommé l’amélioration de la sécurité. Une amélioration assise sur des fondations vaseuses. On ne peut parler en aucun cas d'une force de sécurité basée sur des principes nationaux et professionnels, respectée et efficace aux yeux du peuple irakien. Au lieu de cela, l'actuelle amélioration dépend des mêmes acteurs responsables de l'enfer irakien de 2006, 2007 et une partie de 2008, qui continuent d’exercer impunément dans leurs fonctions, et des exécutants des crimes qui occupent encore les mêmes lieux qui ont fonctionné pendant ces années comme des centres de séquestrations et de tortures.

La guerre d'Al Maliki contre les Conseils Al Sahoua

Une fois les objectifs à court terme atteints par les Conseils Al Sahoua, le gouvernement Al Maliki les considère essentiellement comme des adversaires politiques qui peuvent lui ôter le pouvoir, spécialement après les succès de certains leaders des tribus qui composent ces Conseils aux élections régionales du 31 janvier 2009.

L'amélioration de la sécurité et, par conséquent, sa proposition publicitaire de « réconciliation nationale » ont été les atouts principaux qui ont crédité le Premier ministre Al Maliki de résultats électoraux acceptables.

Pour les deux stratégies il a eu besoin de la collaboration des Conseils Al Sahoua, qui dépendent du gouvernement irakien depuis qu'ils ont été transférés en octobre 2009 par les Usaméricains.

Mais une fois les élections passées, la politique du gouvernement a changé envers ces groupes, en essayant de réduire leur présence armée : 20.000 seulement des 100.000 membres des Conseils Al Sahoua seront maintenus dans leur activité armée pour le contrôle de la sécurité. Alors qu’ils étaient supposé le faire dans les rangs de la police, cette incorporation promise ne s'est pas réalisée.

Il y a deux explications possibles pour ce changement : l’officielle, exprimée par Kamal Al Saadi, membre de l'Alliance chiite au Parlement, le 5 avril dernier sur la chaîne de télévision Al Jazeera :

« Il n'y a pas un rejet de cette incorporation, c’est un problème technique, pas une position politique ou une décision préméditée. C'est une affaire qui demande beaucoup de temps parce que nous avons cent mille dossiers. C’est aussi lié à une question budgétaire. »

Ces déclarations sont contradictoires avec la course contre la montre que le ministère de l'Intérieur est en train de disputer pour recruter un plus grand nombre de policiers afin de faire face à la nouvelle échéance du retrait annoncé par Barack Obama. L'intention politique du gouvernement de se défaire d'une grande partie des Conseils Al Sahoua est claire puisque « dans les budgets de l'État, il n'y a pas de chapitre qui couvre tous les frais dérivés du plan pour les Sahoua. Cela a été proposé devant le Parlement mais jusqu'à aujourd'hui, seulement 50% des salaires des membres du Sahoua ont été payés », a assuré Abu Azzam Al Tamimi, conseiller général des Conseils, sur la chaîne Al Arabiya le 4 avril dernier.

Une partie des dirigeants des Conseils Al Sahoua approuvent cette version. Cependant, Mustafa Kamal Al Shabib, leader des Conseils Al Sahoua dans le quartier de Dora dans la capitale, nous a assuré à Bagdad que « ces problèmes sont en train d’être résolus. La collaboration avec le gouvernement est bonne ». Il y en a qui vont plus loin encore et s’aventurent à envisager une alliance politique entre Al Maliki et les Conseils Al Sahoua en vue des prochaines élections générales de décembre prochain. Abou Risha, considéré comme le dirigeant des Conseils Al Sahoua en Irak, a assuré : « Nous sommes disposés à nous allier avec Al Maliki avant les prochaines élections parlementaires […] nous avons des idées et des points de vue très proches des propositions du Premier ministre » [5], Ce à quoi les quatre autres chefs d'Al Sahoua ont répondu dans un communiqué qu’ils n’étaient pas d’accord avec cette position [6]. C’est précisément là où semble être la faillite du projet des Conseils Al Sahoua, entre ceux qui défendent leur indépendance et leur rôle stabilisateur dans les zones qu'ils contrôlent et ceux qui veulent continuer à gravir l’échelle dans la carrière politique.

L’arrestation d'Adel Mashhadani, dirigeant du Conseil d'Al Sahoua du quartier Al Fadel à Bagdad, le 28 mars dernier, après une bataille de rue contre des forces de la sécurité irakienne soutenues par des hélicoptères et des effectifs US, répond à sa volonté de se rendre indépendant du gouvernement irakien, qui a cessé de payer leurs salaires depuis des mois, ce pourquoi ses membres s’étaient mis à exiger de l’argent aux commerçants de la zone en échange d’une offre de protection.

Accusé officiellement d’avoir extorqué plus de 160.000 dollars aux citoyens du quartier et d'avoir eu des liens à une époque avec Al Quaïda et avec les baathistes, différentes personnes à Bagdad nous ont montré sur leurs portable la vidéo du discours anti-occupation et d’opposition à l'ingérence iranienne que Mashhadani avait prononcé quelques jours avant son arrestation en pleine rue [7].

Bien que les Usaméricains comme le gouvernement irakien assurent qu'il s'agit d'un incident isolé, la liste des incidents est beaucoup plus longue et la sensation de persécution est claire pour ceux qui ne sont pas politiquement utilisables: Mohamed Al Kartani, le plus haut représentant des Conseils Al Sahoua de Bagdad a dénoncé le fait qu'ils ont été trahis par le gouvernement et les forces d'occupation [8].

« Nous sommes persécutés par le gouvernement », a déclaré Ihab Zubai, porte-parole d'Al Sahoua du quartier d'Amiriya [9].

Le 31 mars le leader du Sahoua de Hur au sud de Bagdad, Maher Sarhan, a été arrêté ; le 4 avril, Hasam Al Azaoui, alias Abou Irak, connu comme le dirigeant des forces des Conseils Al Sahoua dans la province de Diyala, a été arrêté. Juste avant, Hasam Aluan, chef d'Al Sahoua à Al Mahdadiya, avait été arrêté. Un ordre d’arrestation pèse également contre Saad Aribi, alias Abou Al Abd, leader d'Al Sahoua d'Amriya.

Le dernier épisode d'arrestations de leaders d'Al Sahoua a été celui réalisé par la police irakienne de Tikrit le 2 mai dernier par l’arrestation de Mula Nadem Al Yaburi, plus haut représentant d'Al Sahoua à Duluguiya (ville située à 70 kilomètres au nord de Bagdad), accusé de terrorisme. Ceci s’est produit après qu'un kamikaze – marque distinctive des actions d'Al Qaïda- avait tenté de l’assassiner dans une mosquée de Duluguiya le 12 avril dernier. Comme le prisonnier l’a confirmé, il s'agit d'un règlement de comptes qui remonte à plus de deux ans en arrière quand un hélicoptère usaméricain est tombé à Duluguiya. Comme l’avait déclaré Al Yaburi deux jours après son arrestation, avant de quitter les rangs de la résistance pour adhérer aux Conseils Al Sahoua : « Nous avons signé un accord de cessez-le-feu avec les forces usaméricaines. Nous avons également signé un accord grâce auquel on nous assurait que nous n'allions pas souffrir de persécution judiciaire pour avoir combattu l'armée usaméricaine » [10].

Au moment où le dossier des Conseils Al Sahoua a été remis au gouvernement irakien, différents groupes de la résistance, autant politiques qu’armés, ont lancé des appels pour que l’on « revienne sur le chemin de la raison » [11].

Bien que, comme l’avait assuré en avril 2009, Harez Cheikh Al Dari, secrétaire général de l'Association des Oulémas Musulmans d'Irak lors d’une interview avec la CEOSI [12], ces appels aient eu un faible retentissement, ils ont entraîné une plus grande facilité de mouvement pour les groupes de la résistance dans les zones contrôlées par ces forces. Pour des analystes comme Adel Al Bayati [13], ces groupes « pourraient commencer à se convertir en organisations armées affrontant tant le gouvernement que les forces américaines ».

Actuellement, des informations commencent à parvenir au sujet de cette conversion ainsi que celles sur l’arrestation de trois membres des Conseils Al Sahoua, à la fin avril 2009 au nord de Babylone, alors qu’ils posaient un engin explosif de fabrication artisanale [14], de même que les déclarations d'Abou Omar, leader d'Al Sahoua au nord de Bagdad au quotidien Times le 3 mai dernier dans lesquelles il assure que plus de 50 de leurs 175 combattants ont abandonné leur milice. Selon des sources de la résistance citées par ce même quotidien, « il y a des Sahoua qui ont perdu jusqu'à la moitié de leurs combattants parce qu’ils ont rejoint la résistance » [15].

Un membre des forces d'Al Sahoua à Addamiya nous a parlé ouvertement de la situation : « Plus de la moitié de nos camarades n'ont pas reçu leur salaire, donc ils doivent trouver de quoi vivre, chercher un autre travail. Évidemment, ils n'ont pas rendu leurs armes ».

La situation actuelle des membres des Conseils Al Sahoua est résumée, dans le même article du Times, par Jalaf Ibrahim, qui a récemment démissionné de la tête du Conseil d'Al Sahoua à Huwaiya, près de Kirkouk : « Nos membres se sont convertis en même temps en objectifs d'Al Qaïda et des forces de sécurité du gouvernement ».

Selon des données officielles US, 125 membres d'Al Sahoua visés par des attaques sont morts ces six derniers mois [16], en plus des 200 morts durant les 18 premiers mois d'activité [17].

Al Maliki et sa réconciliation avec les baathistes.

Dans un louable exercice d’acrobatie politique, Al Maliki est parvenu à sortir renforcé de la rhétorique du retour des baathstes en Irak, un fait inacceptable pour les Iraniens et, par conséquent, pour leurs acteurs sur la scène irakienne, parmi lesquels Al Maliki lui-même tient rôle important. Aux moments les plus difficiles, il y a un peu plus d'un an, il avait reçu de fortes pressions de la part des USA pour incorporer d'anciens membres du régime baathistes dans les forces de sécurité et dans la vie politique en vue de donner de la crédibilité au nouveau discours sur la réconciliation nationale que Washington essayait de vendre et dont le principal artisan devait être Al Maliki lui-même.

Le 13 janvier 2008, le Parlement irakien a approuvé la loi qui annulait partiellement ladite loi de débaathification imposée par le proconsul Paul Bremer et selon laquelle l'État ne pouvait pas engager d’adhérent du Parti Baath. Dans la pratique, cette mesure a signifié de laisser cinq millions de personnes sans emploi, car dans un Irak détruit, aux frontières ouvertes et sans tarifs douaniers pour les importations, il n'y a pas de possibilité de travail autre que dans l'administration et, plus concrètement, dans les forces de sécurité. Presqu'un an et demi plus tard, dans la plus optimiste des analyses, l'application réelle de la loi est très faible. En réalité elle est restée circonscrite à la galerie des actes symboliques qui n'ont pas d’application dans la pratique.


Lire la suite

n°438 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 –Suite - : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

n°438 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 –Suite - : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

 

                 n°438                            28/05/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion    Suite

1-2 Robert Parry : Condoleeza Rice, les crimes de guerre et la presse.

1-3 La base turque d'Incirlik, enjeu stratégique US.

 1-2 Robert Parry : Condoleeza Rice, les crimes de guerre et la presse.

Durant les trois années de carnage en Irak, la secrétaire d'État Condoleezza Rice a abandonné sa notion maintenant discréditée à propos d'un « champignon nucléaire » et donne maintenant à l'invasion une justification stratégique qui la place carrément en opposition au principe de Nuremberg qui interdit la guerre d'agression.

Le 31 mars, s'adressant à un groupe d'experts en politique étrangère à Blackburn, Angleterre, Rice a dit que l'invasion de l'Irak était justifiée parce que le président Saddam Hussein « allait nulle part » et « nous n'allions pas avoir un nouveau Moyen-Orient avec Saddam Hussein au centre ». (Washington Post, 1er avril 2006)

Elle avait tenu des propos semblables dans une entrevue à l'émission « Meet the Press » du réseau NBC le 26 mars, lorsqu’elle a dit que l'invasion de l'Irak était nécessaire pour éradiquer « le vieux Moyen-Orient » dont la prétendue culture de la haine aurait indirectement contribué aux attentats terroristes du 11 septembre 2001.

« Si vous croyez vraiment que la seule chose qui s'est produite le 11 septembre est que des personnes ont foncé sur des immeubles avec des avions, je crois que vous avez une vue très étriquée de ce que nous avons affronté ce jour-là », a dit Condoleezza Rice. « Nous avons affronté le produit d'une idéologie de la haine partout au Moyen-Orient et il nous fallait y remédier. Saddam Hussein faisait partie de ce vieux Moyen-Orient. La nouvelle Irak fera partie du nouveau Moyen-Orient, et nous serons tous plus en sécurité. »

Mais cette doctrine (selon laquelle l'administration Bush a le droit d'envahir d'autres pays pour des raisons aussi vagues que l'ingénierie sociale) constitue un rejet du principe de Nuremberg et de la clause de la charte de l'ONU interdisant la guerre d'agression, deux principes formulés dans une grande mesure par les leaders américains d'il y a 60 ans.

La proscription de la guerre d'agression était un élément central du procès de Nuremberg, après la Deuxième Guerre mondiale, une conflagration qui avait commencé avec la fabrication d'un prétexte par l'Allemagne d'Adolf Hitler pour attaquer la Pologne, en 1939.

Avant la fin de cette guerre, six ans plus tard, plus de 60 millions de personnes allaient mourrir.

Robert Jackson, le juge de la Cour suprême qui représentait les États-Unis à Nuremberg, a clairement énoncé que le déclenchement de la guerre d'agression contre la Pologne était une raison suffisante pour justifier l'exécution des hitlériens et que le principe s'appliquerait à tous les pays à l'avenir.

« Notre position est que, quels que soient les griefs d'une nation, aussi répréhensible que puisse être le statu quo à ses yeux, la guerre d'agression est un moyen illégal de régler ces différends ou de changer ces conditions », a dit le juge Jackson.

« Qu'il soit clair que si ce principe est d'abord appliqué aux agresseurs allemands, il s'applique aussi à toute autre nation et doit condamner, s'il doit servir à des fins utiles, toute agression, y compris par les pays qui se prononcent aujourd'hui en jugement. »

Ce principe de Nuremberg qui interdit l'agression militaire sauf en cas de légitime défense ou si elle est autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU, fut incorporé à la Charte de l'ONU avec le plein appui des États-Unis.

Blair nerveux

Ce principe fondamental de la conduite internationale explique pourquoi le premier ministre britannique Tony Blair voulait si ardemment le vote du Conseil de sécurité autorisant l'invasion de l'Irak, ou du moins une preuve incontestable que l'Irak demeurait une grave menace militaire pour les autres pays. Blair savait, en raison d'avis juridiques internes, que l'invasion serait illégale.

C'est pour cette raison que l'administration Bush a fait tant de tapage au sujet des prétendues armes de destruction massive (ADM) de l'Irak, tapage qui comprend la célèbre déclaration de Condoleezza Rice à l'effet qu'elle ne voulait pas que la fumée du canon (la preuve de l'existence d'ADM) devienne un « champignon nucléaire ».

Bush avait même songé à créer de toute pièce une casus belli en amenant l'Irak à ouvrir le feu sur un avion de reconnaissance U-2 portant le sigle de l'ONU pour obtenir le soutien de l'ONU, selon le procès verbal d'une réunion de 31 janvier 2003 au bureau du président où se trouvaient Bush, Blair et des conseillers supérieurs, dont la conseillère à la Sécurité nationale Condoleezza Rice.

Malgré la promesse de Bush à cette réunion de « tordre le bras et même de menacer » d'autres nations, les États-Unis n'ont pas réussi à gagner l'appui à l'invasion de suffisamment de pays membres du Conseil dé sécurité, surtout que l'Irak avait donné libre accès aux inspecteurs de l'ONU pour fouiller les sites où étaient censées se trouver des ADM et qu'aucune n'a été trouvée.

Le 19 mars 2003, Bush a décidé d'envahir l'Irak de toute façon. Il renversait le gouvernement de Saddam Hussein trois semaines plus tard mais s'est heurté à une insurrection meurtrière qui a amené le pays au bord de la guerre civile.

Des dizaines de milliers d'Irakiens, peut-être même plus de 100 000 ont été tués.

Les inspecteurs américains n'ont pas trouvé d'ADM eux non plus. Les allégations au sujet de la collaboration de Saddam Hussein avec al-Qaïda se sont également avérées sans fondement.

Petit à petit, Rice et les autres conseillers supérieurs de Bush sont passés de l'argument au sujet d'ADM à une justification stratégique, soit la transformation politique du Moyen-Orient.

Cette nouvelle justification, qui se résume à l'affirmation d'un droit spécial des États-Unis d'envahir et d'occuper tout pays qu'ils perçoivent comme un obstacle à leurs visées dans le monde, est dérivée du projet néo-conservateur des années 1990 « pour le nouveau siècle américain ».

« Aux yeux des néo-conservateurs, la guerre en Irak avait à voir non pas avec le terrorisme, mais avec le rapport critique entre Saddam Hussein et l'affirmation du pouvoir américain », écrivent Stefan Halper et Jonathan Clarke dans leur livre America Alone. « Saddam Hussein offrait en pratique l'occasion de préciser les objectifs et obligations morales des États-Unis dans le monde. »

Les architectes du Projet pour le Nouveau Siècle américain voyaient Saddam Hussein comme une atteinte à la domination mondiale de l'Amérique parce qu'il avait survécu à plusieurs affrontements avec la première administration Bush et l'administration Clinton. Son élimination monterait au monde qu'il y a de graves conséquences à résister au statut permanent de l'Amérique en tant que puissance mondiale unipolaire.

Une nation indécise

Mais le public américain était moins disposé à soutenir, financièrement ou par le sang versé, une déclaration aussi ouverte de desseins impériaux.

L'invasion de l'Irak fut donc présentée comme une action défensive, pour protéger le peuple américain contre une attaque qui pourrait être encore plus dévastatrice que les attentats du 11 septembre.

Vers la fin de 2002 et le début de 2003, l'administration Bush et ses alliés dans les médias firent également une démonstration de leur domination des affaires politiques intérieures en créant l'hystérie nationale en faveur des visées guerrières de Bush en Irak.

Les rares voix dissidentes, comme l'ancien vice-président Al Gore, furent noyées dans le ridicule ou sous des accusations de trahison. Lorsqu'une chanteuse du groupe Dixie Chicks osa critiquer Bush, une collection de ses disques fut écrasée dans une démonstration de colère par des camions de 15 tonnes.

Des appels à la prudence d'alliés de longue date, comme la France et l'Allemagne, se heurtèrent aussi à la fureur. Les « French fries » furent rebaptisées « freedom fries » et les fervents partisans de Bush versèrent des bouteilles de vin français sur le bord des routes.

La presse nationale succomba aussi à la vague de chauvinisme. Le New York Times et le Washington Post publièrent en première page des articles en appui aux déclarations de Bush et enterrèrent ou supprimèrent les articles qui remettaient en question le bien-fondé de la guerre. Phil Donahue du réseau MSNBC fut congédié pour avoir donné la voix à trop d'adversaires de la guerre à son émission.

Même lorsque les prétentions au sujet des ADM furent démenties, les médias américains minimisèrent l'importance des révélations qui présentaient Bush sous un mauvais jour.

En 2005, les principaux médias boycottèrent les révélations de la « Note de service de Downing Street », qui rapportait les propos du chef du renseignement britannique qui affirmait en juillet 2002 que les renseignements favorables à la guerre étaient « truqués ».

Condoleezza Rice la vedette

Aujourd'hui, les médias américains ferment l'oeil sur la nouvelle justification de guerre de Rice. Il n'y a eu pratiquement aucun commentaire dans la grande presse sur l'affirmation extraordinaire, par un secrétaire d'État, que les États-Unis ont le droit d'envahir d'autres pays comme moyen d'éliminer quelque chose d'aussi vague qu'une « idéologie de la haine ».

La presse s'intéresse beaucoup plus à sa garde-robe et à ses perspectives d'emploi, qu'il s'agisse de son désir confessé de devenir commissaire de la National Football League ou des ouï-dires à l'effet qu'elle devienne colistière du prochain candidat à la présidence du Parti républicain.

Les grands médias américains, en ne s'objectant pas à la doctrine nébuleuse de Rice, semblent dire qu'il n'y a rien de mal, sur le plan moral ou sur le plan légal, à envahir un pays qui ne menace pas les États-Unis.

Par exemple, le rédacteur en chef du Washington Post, Fred Hiatt, qui a souvent battu les tambours de la guerre en Irak, reproche aux congressistes démocrates de ne pas épouser la vision d'attaque préventive de Bush dans le cadre d'une « lutte prolongée » contre « une nouvelle idéologie totalitaire » dans le monde islamique.

« Les démocrates rejettent implicitement presque tout ce que dit l'administration Bush sur la façon dont les attentats du 11 septembre ont changé le monde », écrit-il dans un article intitulé « Vision étroite des démocrates ». (Washington Post, 3 avril 2006)

Le silence des médias américains au sujet de la nouvelle justification de guerre de Rice laisse entendre qu'il n'y a rien de répréhensible ou d'alarmant à ce que l'administration Bush tourne le dos aux principes du comportement civilisé proclamés par les représentants des États-Unis au procès de Nuremberg il y a 60 ans.

Robert Parry

Consortium News,

3 avril 2006

* Robert Parry est l'auteur de plusieurs révélations au sujet de l'affaire Iran-Contra dans les années 1990 pour le compte de l'Associated Press et de la revue Newsweek.

On peut commander son plus récent ouvrage, Secrecy & Privilege : Rise of the Bush Dynasty from Watergate to Iraq, à secrecyandprivilege.com.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)


1-3 La base turque d'Incirlik, enjeu stratégique US.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Pas un avion de combat, plus un seul transfert de troupes depuis des mois. Incirlik, la gigantesque base militaire turque utilisée en partie depuis plus d'un demi-siècle par l'armée de l'air américaine, apparaît bien calme, accolée à Adana, populeuse métropole du sud du pays.

A peine une demi-douzaine d'avions cargos de l'US Air Force attendent, la gueule ouverte, leur chargement.

Même la piscine, le terrain de golf et l'aire de base-ball semblent abandonnés au soleil triomphant. A l'abri des hauts grillages, parmi les allées pavillonnaires bien entretenues, seuls un café Starbucks fraîchement installé et le bâtiment central de commandement renvoient l'image d'une certaine activité.

Un demi-siècle d'existence

1951
Construction de la base Incirlik. La Turquie entre dans l'OTAN.

1969
Accord de coopération et de defense signé entre Ankara et Washington.

1970
Les Américains passent de 35 000 à 16 000 hommes.

1980
Nouvel accord de coopération économique et de defense.

2007
Plus de 70 % des avions-cargos américains à destination de l'Irak passent par Incirlik.

2009
La base compte 4 500 Américains dont 1 500 soldats.

 

"Cela fait quelque temps que mon téléphone ne sonne plus", reconnaît Philip McDaniel, la cinquantaine robuste et décontractée. Colonel en charge des opérations américaines de la base, il s'empresse d'ajouter dans un sourire qui en dit long : "Mais je sais que l'on parle d'Incirlik en plus haut lieu." Une façon d'évoquer à sa manière l'hypothèse d'un retour au premier plan de ce site hautement stratégique pour les Etats-Unis et utilisé, à maintes reprises, comme formidable moyen de pression diplomatique par les hommes forts d'Ankara.

La visite, début mars, de la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, dans la capitale turque, et la récente tournée de deux jours du président Barack Obama, qualifiée de succès par tous les commentateurs, ont mis en lumière le rôle central qu'Ankara peut jouer dans la nouvelle politique régionale américaine. Missions de bons offices avec l'Iran, Israël et la Syrie, la Géorgie ; rencontres tripartites avec les chefs d'Etat afghan et pakistanais : les Turcs, après les années de tensions liées à l'administration Bush, avancent sur la scène internationale munis d'un feu vert des Américains.

Surtout, l'allié de l'OTAN pourrait être appelé à jouer une plus grande partition en Irak et en Afghanistan. "Des enjeux pour lesquels nous partageons des objectifs communs", assure-t-on à l'ambassade américaine à Ankara.

Le retrait programmé des troupes d'Irak a été unanimement salué par les dirigeants turcs. Et le renforcement des unités américaines en Afghanistan pourrait s'accompagner prochainement d'une augmentation du nombre d'experts et de militaires turcs dans la région. Deux théâtres d'opération où "Incirlik continuera de jouer un rôle important", ajoute, d'une formule elliptique, la source américaine, avant de lâcher : "Rien que pour l'Irak, cette base reste vitale pour nos opérations."

Construite par les Etats-Unis aux premières heures de la guerre froide en raison de son emplacement idéal pour ses bombardiers - une météo dégagée toute l'année, un rayon d'action couvrant tout le Moyen-Orient et plaçant Moscou à seulement 1 600 km -, Incirlik n'a cessé d'élargir son périmètre d'intervention. C'est d'ici qu'est venu le soutien aérien pour le déploiement militaire américain au Liban lors de la crise de l'été 1958. Ici que les fameux avions espions U-2 ont longtemps été camouflés. Ici encore que l'armée américaine stocke, selon différentes organisations non gouvernementales (ONG), des ogives nucléaires - 90 bombes B 61, d'après les dernières estimations. "Sujet sur lequel je ne me prononcerai pas", coupe court, avec son sourire immuable, le colonel McDaniel.

Mais c'est à partir de la première guerre du Golfe (1990-1991) que la base gagne sa notoriété dans la région. Transformée en quartier général de l'armée américaine, Incirlik s'impose comme la rampe de lancement des principales offensives militaires et missions de bombardement. Capable de gérer deux opérations simultanément, le site sert aussi de point de rotation pour l'acheminement d'aide humanitaire aux Kurdes irakiens.

Après l'interdiction de survol du nord de l'Irak imposé en 1991 au régime de Bagdad, plus de 50 % des missions américaines dans le monde gravitent, selon la revue Air Force Times, par la Turquie. Un rôle-clé qui poussera Oussama Ben Laden à placer la base parmi les cibles de son organisation, Al-Qaida.

L'invasion irakienne, lancée par l'administration Bush, ternira durablement les relations entre Washington et Ankara. En mars 2003, les députés turcs refusent aux soldats américains de fouler le sol du pays. Six mois d'âpres négociations sont nécessaires pour que le gouvernement contourne le vote du Parlement et autorise les Etats-Unis "en tant qu'alliés" à utiliser Incirlik pour faciliter l'approvisionnement des troupes.

Il n'empêche, la base devient, selon l'expression de Frank Hyland, ancien agent de la CIA et aujourd'hui expert à la Jamestown Foundation, l'"otage" d'Ankara.

Tracasseries administratives, autorisations de survol du territoire accordées au compte-gouttes... En 2007, les Turcs menacent de retirer leur soutien logistique si le Congrès américain adopte un texte qualifiant de génocide les massacres d'Arméniens perpétrés sous l'Empire ottoman, au début du XXe siècle. Robert Gates, l'actuel secrétaire d'Etat à la defense, qui occupait ce poste durant cette période, s'oppose alors à la résolution, invoquant "les implications considérables" pour les opérations militaires américaines en cas de représailles.

Le vote est repoussé. La même année, suite à de nouvelles pressions, le président George Bush accepte de fournir des informations en temps réel sur la localisation des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) obtenue grâce aux vols de surveillance dans le nord de l'Irak.

"Ce jeu-là est désormais terminé", assurent les experts militaires américains rencontrés à Incirlik et Ankara. "La lune de miel entre les Etats-Unis et la Turquie pourrait faire d'Incirlik un des symboles de ce renouveau, poursuit dans la même veine Lale Sariibrahimoglu, spécialiste des questions de defense au quotidien Taraf. Même si le transport d'armes et de soldats américains passe toujours aussi mal aux yeux de l'opinion publique turque, qui verra le chargement des avions en dehors des militaires turcs ?"

Pour Selin Bölme, doctorante sur Incirlik à l'université d'Ankara, l'importance de la base devrait également se vérifier dès le retrait du gros des troupes américaines d'Irak, en août 2010. "En cas d'une dégradation de la situation ou d'un imprévu dans la région, elle offre la réponse la plus rapide et la moins coûteuse, affirme-t-elle. Les bases allemandes sont éloignées et chères. Les sites américains alternatifs comme ceux d'Irak ou du Caucase ne possèdent, eux, ni son potentiel ni sa fiabilité."

Pour l'heure, 50 % des avions cargos militaires destinés à l'Irak passent par Incirlik. Chaque jour, six à huit imposants C-17 décollent des longues pistes de la base. Deux d'entre eux partent pour l'Afghanistan, selon les chiffres avancés par le colonel McDaniel. "C'est un peu moins pour l'Irak qu'il y a quelque temps, glisse-t-il, et un peu plus pour le terrain afghan." Comme en écho d'une tendance qui s'annonce.

LE MONDE |

04.05.

Nicolas Bourcierhttp://www.lemonde.fr/europe/article/2009/05/04/la-base-turque-d-incirlik-enjeu-strategique-americain_1188554_3214.html

 


n°438 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 –Fin - : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

n°438 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 –Fin - : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

 

                 n°438                            28/05/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Annexe

2-1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis – comme le montre le cas du Brésil. 

2-2 Tortures américaines d’inspiration française.

2-3 Ron Paul : La politique étrangère US continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs…

2-4 Introduction au commerce des armes.




2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis – comme le montre le cas du Brésil. 

Le débat médiatique autour des méthodes de torture pratiquées par des agents des services secrets U.S. pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un dérapage incontrôlé et que la torture est étrangère aux pratiques policières de ce pays.

 C’est en tout cas ce que répètent les commentateurs de presse et les journalistes sur toutes les chaînes U.S…. quelle ironie !

Les Etats-unis non seulement pratiquent la torture depuis deux siècles, mais l’ont perfectionnée “scientifiquement” et ont fondé non moins de 5 académies où elle est activement théorisée et enseignée.

Et la nomination du chef des “Opérations Spéciales” comme commandant en chef en Afghanistan prouve que l’Administration Obama reste convaincue de l’efficacité de ces méthodes pour écraser un mouvement de résistance.

A. J. Langluth connait bien le sujet, il a étudié en détail les stratégies “anti-insurrectionnelles” mises en oeuvre par les Etats-unis dans les années 1960-1970 pour soutenir les différentes dictatures militaires dans la région.

Pour lui, “la seule différence entre la participation américaine aux atrocités commises en Amérique du Sud dans les années 1960 et les “techniques poussées d’interrogation” employées aujourd’hui est que, de nos jours, les officiels semblent être fiers de ce qu’ils font, alors qu’à l’époque on s’efforçait de nier ce secret honteux.

A.J. Langguth est l’auteur du livre “Hidden Terrors: The Truth About U.S. Police Operations in Latin America.”

A l’heure où le President Obama se débat avec les accusations de torture portées contre des agents des services secrets U.S., je lui conseille d’aller en parler avec l’ancien chef du groupe majoritaire au Sénat U.S., Tom Daschle.

J’ai rencontré Daschle pour la première fois en 1975, quand il était l’assistant du Sen. James Abourezk du South Dakota, qui menait une campagne assez solitaire contre les abus de le CIA.

 A l’époque, je menais une enquête dans le but d’écrire un livre sur le rôle joué par les Etats-unis dans l’extension des dictatures militaires en Amérique latine. Dashle m’avait autorisé à consulter les dossiers du Sénateur et j’ai passé une soirée à compulser des rapports relatant la complicité des U.S. dans des actes de torture et d’atrocités contre des civils. Les rapports venaient d’Iran, de Taiwan, de Grèce ainsi que, depuis 1960, du Brésil et de quasiment tous les pays du continent sud-américain.

Malgré le fait que j’avais vu pas mal de choses peu ragoutantes au Sud-Vietnam, j’étais encore suffisamment naïf à l’époque pour être surpris, puis scandalisé par le degré d’implication de mon pays dans le renversement de gouvernements démocratiquement élus en Amérique latine.

Nos interférences dans la vie politique de ces pays n’étaient pas dépendantes du parti qui occupait la Maison Blanche. Ainsi, notre intervention au Brésil a commencé tout au début des années 1960, sous un président Démocrate. 

A l’époque, l’obsession de Washington vis à vis de Cuba était l’équivalent de la panique qui a saisi l’administration U.S. après les attentats du 11 septembre 2001. L’équipe autour de Kennedy à la Maison Blanche était décidée à empêcher à tout prix l’émergence d’un autre régime socialisant dans cette partie du monde. Robert Kennedy, qui était ministre de la justice, s’intéressait beaucoup aux méthodes de lutte anti-communiste, y compris le fameux Office of Public Safety (OPS). 

L’OPS avait été crée sous le President Eisenhower, avec une mission directement inspirée de l’après guerre en Europe et dans le Pacifique, notamment l’administration américaine de territoires sinistrés par la guerre — il s’agissait d’aider les pays à professionnaliser leurs forces de police, en Asie, en Afrique mais aussi – tout particulièrement – en Amérique latine. L’intention était louable, mais Byron Engle, le génial directeur de l’OPS avait fait toute sa carrière dans la CIA et son programme faisait partie d’une opération plus large pour identifier des recrues potentielles dans les populations locales afin d’établir un réseau d’agents.

Malgré le fait que Engle se donnait beaucoup de mal pour ne pas apparaître comme une antenne de la CIA, l’opinion publique ne s’y trompa jamais. Ainsi, quand Dan Mitrione, un employé de l’OPS envoyé en Uruguay pour former la police locale, fut assassiné par la guerilla gauchiste des Tupamaros à cause de son implication dans la torture d’opposants politiques, toute la presse souligna son appartenance… à la CIA.

Au Brésil, après l’élection du Président Joao Goulart, la participation de quelques “socialistes” au cabinet présidentiel et deux ou trois allusions à une possible réforme agraire mirent les Etats-unis en alerte.  Robert Kennedy fit le voyage au Brésil pour intimer l’ordre à Goulart de se débarasser de deux membres de son équipe, considérés comme trop “rouges”. Pendant ce temps là, le bureau de Lincoln Gordon, ambassadeur au Brésil nommé par J.F. Kennedy, devint la plateforme centrale de tous les efforts orchestrés par la CIA pour déstabiliser le gouvernement Goudard.

Le 31 mars 1964, avec l’aide directe de l’attaché militaire U.S. Vernon Walters qui lui fournit assistance financière et logistique, le général brésilien Humberto Castelo Branco organisa un coup d’état militaire contre Goulard. Craignant de déclencher une guerre civile, Goulart accepta de quitter ses fonctions et s’enfuit à Montevideo, Uruguay.

L’ambassadeur Gordon retourna à Washington sous les vivats de ses collègues de Langley. Il fut convoqué par Robert Kennedy, qui portait encore le deuil de son frère, assassiné en Novembre dernier et qui lui parla du président déchu Goulart en ces termes  : “Eh bien, il a eu ce qu’il méritait. Je suis allé personnellement le prévenir de ce qui l’attendait s’il ne suivait pas nos conseils. Ca lui apprendra.”

 

On ignore si le peuple brésilien méritait ce qu’il a eu, mais la décennie suivante fut sanglante et répressive au Brésil. Obsédés par la “subversion rouge”, les généraux écrasèrent les syndicats, la presse libre et les associations d’étudiants. La nouvelle police brésilienne, mettent en application les méthodes efficaces apprises dans les formations de l’OPS, se mit a pratiquer la torture de manière systématique contre les opposants politiques, faisant même fabriquer des appareils spécialement conçus pour l’opération. Au bout d’un an, l’Académie militaire ouvrit un “Centre technique d’interrogatoires” dans la banlieue de Rio de Janeiro, une école de formation aux techniques de torture et de contre-insurrection. Un des stagiaires se souvient notamment d’un cours où l’on apprenait aux sergents de police à infliger le maximum de douleur à un prisonnier en laissant le moins de traces possibles. Des anciens officiers français de la guerre d’Algérie participaient à ses “stages” de formation… ainsi que des invités argentins, chiliens et paraguayens qui n’allaient pas tarder à mettre en pratique ces enseignements.

L’une des victimes de ces “stages de torture” est Fernando Gabeira, un jeune journaliste du Jornal do Brasil qui avait soutenu la résistance à la dictature et fournit un soutien logistique dans l’enlèvement, en 1969, de l’ambassadeur des Etats-unis Charles Burke Elbrick – qui fut relâché après 4 jours de captivité. Quand je l’interviewais, Gabeira me raconta qu’il avait été plusieurs fois torturé avec des décharges électriques sur ses testicules. Un autre prisonnier avait eu ses testicules clouées sur une table. D’autres étaient battus à mort. La technique du “waterboarding” était déjà largement pratiquée… selon la légende, ce seraient les français qui l’auraient inventée, lors de la guerre d’Algérie et exportée à travers le monde. Les tortionnaires de Gabeira, quand ils se laissaient aller aux confidences, se vantaient d’avoir été formés aux méthodes “scientifiques” de torture aux Etats-unis.

Dans les sept années qui suivirent le coup d’état de Castelo Branco, l’OPS forma 100,000 officiers de police brésiliens, y compris 600 qui furent envoyés aux Etats-unis. Les cours qu’ils reçurent étaient de nature variée. Tous les instructeurs n’étaient pas des adeptes de la gégenne, certains dénonçaient même la torture comme étant inhumaine et inefficace. Mais d’autres diffusaient un autre message. Le Van An, un étudiant de la police Sud-vietnamienne, a décrit plus tard ce qu’on lui avait appris à l’académie : “Ils disaient que, malgré le fait que les méthodes d’interrogation brutales sont fortement critiquées par les moralistes, leur importance ne peut être niée si nous voulons garantir l’ordre et la sécurité dans nos vies de tous les jours.” 

Les prisonniers politiques n’ont jamais douté du fait que des Etats-uniens participaient aux actions de torture qui proliféraient dans leur pays. Ceux qui furent libérés ont raconté avoir souvent entendu des hommes parlant anglais dans leurs prisons. Au début, ces étrangers sortaient de la pièce quand la torture avait lieu, mais, avec le temps – comme le racontent d’autres prisonniers – ils ont fini par assister de temps en temps aux interrogatoires.

Une étudiante opposante à la dictature, Angela Camargo Seixas, m’a raconté comme elle était frappée, suspendue par les bras et comment on la torturait à l’électricité, avec des fils insérés dans son vagin. Lors de ses interrogatoires, elle a réalisé que le plus fort de sa haine était dirigé non pas contre ses compatriotes tortionnaires mais contre les Nord-américains qui supervisaient la torture. Elle s’est jurée de ne jamais pardonner aux Etats-unis son soutien à la dictature et son entrainement des forces de police répressives.

Flavio Tavares Freitas, un journaliste et militant d’une église chrétienne, partage cette colère. Lors d’une séance de torture, on lui avait inséré des fils électriques dans les oreilles, entre ses dents et dans son anus.. à un moment il a réalisé le petit générateur électrique gris qui produisait les décharges de courant affichait, sur l’une des ses faces, le logo bleu et blanc de l’agence d’aide au développement USAID. 

Un autre leader de la contestation étudiante, Jean Marc Von der Weid, raconte comment on avait branché son penis sur un téléphone militaire alimenté par une manivelle. Von der Weid, qui était un réserviste de la marine se souvient avoir reconnu le téléphone, c’était le même modèle que ceux fournis par les Etats-unis dans le cadre de leur programme d’assistance militaire.

Les victimes disent souvent qu’au début elles reprenaient espoir quand elles voyaient surgir la blouse blanche d’un médecin, lors des séances de torture. Sûrement le médecin allait demander l’arrêt des violences. Mais ils découvraient très vite que l’unique fonction du médecin était de s’assurer qu’ils étaient encore en suffisamment bon état pour survivre une nouvelle séance de chocs électriques.

Le directeur de la CIA, Richard Helms, a tenté une fois de rejetter des accusations contre son agence en déclarant que la nation américaine devait toujours partir du principe que la CIA est composée d’hommes “honorables“.
Cette affirmation s’est vite envolée quand, en 1975, le Sénateur Frank Church a dirigé une commission d’enquête du Sénat et dont les auditions publiques d’agents de la CIA ont démontré à quel point le comportement de la CIA était à des années lumières d’une quelconque “honorabilité“.

 

Mais revenons à Tom Dashle et le Sénateur Abourezk… avant même le retour à a démocratie au Brésil, en 1985, il avait réussi à faire fermer une base militaire au Texas réputée pour ses formations aux “techniques subversives” y compris la fabrication de bombes et la planification d’attentats. Dans la foulée, l’OPS se vit accuser d’être le chef d’orchestre de la répression policière et la CIA se rendit compte qu’elle ne pouvait plus maintenir la façade de cette antenne. Les fonds furent coupés et l’OPS disparut… pour être remplacé par des actions ponctuelles, menées par des “sous-traitants” privés ou bien des milices de pays amis, formées au titre de la coopération militaire. 

Si on regarde en arrière, qu’est-ce qui a changé depuis 1975 ? Au Brésil, une commission Vérité et Réconciliation a été mise en place et elle a identifié 339 cas d’assassinats politiques commandités par le gouvernement militaire. En 2002, un ancien leader syndical, ex-prisonnier politique sous la dictature, du nom de Luiz Inacio Lula da Silva à été élu président du Brésil. Il sert aujourd’hui son deuxième mandat.

Fernando Gabeira est rentré au Brésil et a écrit un livre où il raconte l’enlèvement de l’ambassadeur des Etats-unis, son arrestation et son séjour en prison. Le livre est devenu un best-seller au Brésil. Gabeira est devenu député et, en octobre dernier, a failli, à 1,4% près, devenir le maire de Rio de Janeiro.

Et aux Etats-unis, qu’est ce qui a changé ? En 1975, les officiels U.S. se voyaient encore obligés de cacher le fait qu’ils pratiquaient la torture. Ils niaient et avaient honte de ce qu’ils faisaient. Aujourd’hui, tant les théoriciens que les praticiens de la torture donnent l’impression de légitimer ce qu’ils font, voire même d’en être fiers.

[A.J. Langguth –

Los Angeles Times - revu par l'auteur pour PLN –

03/05/2009 –

Trad. Gregor Seither]
http://libertesinternets.wordpress.com/2009/05/16/la-torture-est-une-tres-ancienne-tradition-aux-etats-unis-comme-le-montre-le-cas-du-bresil/
Source originale :
http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-langguth3-2009may03,0,6987276.story


2-2 Tortures américaines d’inspiration française.

Le 15 avril l’administration Obama a publié le mémorandum de la torture, qui autorisait la CIA à torturer des présumés terroristes islamistes lors des interrogatoires entre 2002 et 2005.

Le mémo décrit quelques tortures mises en œuvre par les services secrets américains, à l’encontre de détenus convaincus de terrorisme islamiste. Le mémo détaille uniquement quelques unes des méthodes censées faciliter l’interrogatoire. Tel que ; la mise à nu du détenu, sa privation de sommeil, son enchainement ou le port de couches-culottes. Il est décrit l’altération des conditions de vie et de la nourriture des détenus. Il est aussi détaillé les parties du corps où il est possible de frapper le détenu. Enfin il est fait mention des symboliques waterboarding (simulacre de noyade) ou walling (jeté contre un mur), légalisés en février 2009 par l’administration Bush. Tout cela avait été en partie révélé par le scandale des tortures de la prison irakienne d’Abou Ghraib.

Assez opportune, la révélation de ce mémo par Barack Obama est censée apporter plus de transparence à l’administration américaine et lui donner une image neuve. De là à penser que cela servirait au calcul politique, pour amoindrir encore la côte de popularité des conservateurs ou même pour simplement détourner l’attention de la difficulté de la relance économique. On peut noter aussi que certaines parties du mémo sur la torture ont été censurés. On peut donc supputer, que certaines autres pratiques que celles révélées ont toujours le droit de cité dans les services secrets américains. Barack Obama a aussi promis une totale impunité à tous les agents des services qui ont participé aux opérations de torture. Bien que l’intention d’une opération main propre soit louable, elle doit aussi être regardée d’un oeil critique.

Il serait pourtant facile de crier :“horreur”, face à ces pratiques barbares, justifiées par l’administration américaine, par le seul prétexte de sous tirer quelques informations, pouvant servir à la sécurité nationale. Mais en tant que français, je me sens obligé de m’abstenir, de juger les méthodes américaines. Nous ne sommes pas des modèles.

Près de nous, il suffit de connaitre les méthodes policières utilisées lors des gardes à vue ou des arrestations, pour se convaincre que la France est proche des méthodes de torture : Rapport Amnesty internationnal. On peut se souvenir encore de la condamnation de la France par la CEDH (Selmouni contre France en 1999) pour torture, traitement inhumain ou dégradant.

Plus loin de nous, nous avons nous aussi organisé et institué la torture en France, lors d’évènements terroristes. Je pense à la guerre d’Algérie. La France a alors excellé dans la pratique des tortures et de la guerre subversive en vue de soutirer des informations au torturé ou parfois même simplement par vice.

Il était par exemple préconisé de frapper le supplicié au visage ou dans les organes génitaux, à coups de bâton, de tuyau ou aux poings. La spécialité c’est le fallaqa (le coup de bâton, de fil électrique sur la plante des pieds). Il y aussi la méthode du chiffon. On attache le torturé, puis on place un chiffon dans sa bouche, pour introduire de l’eau sale afin de remplir l’estomac du supplicié. Enfin on le frappe pour faire régurgiter l’eau. On suspend par les poignets ou les chevilles pour frapper le torturé. Nous avons littéralement inventer la torture électrique. On attache le supplicié sur une chaise, et on le raccorde à des fils électriques, de préférence à des parties sensibles (parties génitales ou mamelons). On invente même la matraque électrique pour torturer, ancêtre en quelque sorte du tazer. On brûle aussi, à la cigarette, on provoque des brûlures à l’essence, ou plus moderne on utilise le chalumeau ou le fer à souder. L’une des pratiques de l’armée française, c’est l’épreuve de l’échelle. On attache le supplicié à une échelle et on la laisse tomber face contre terre, ce qui provoque des fractures au visages ou plus souvent un écrasement de la face. On arrache aussi poils et peau à la tenaille ou plus simplement on utilise des armes blanches. On pratique aussi des tortures psychologiques, en simulant des exécutions, en provoquant des insomnies, en faisant croire au supplicié que l’on s’apprêtait à commettre des viols sur ses parents. On prive d’hygiène, de nourriture et on maintient les détenus dans des trous recouvertes de barbelés. Nous n’avons donc rien à envier à l’administration américaine en matière de torture. Et nous nous sommes jamais excusé pour ces pratiques. Au mieux nous avons accordé une indemnité forfaitaire, en 2005, aux victimes des dérapages de l’armée française dans le courant de la guerre d’Algérie.

Ce que l’on sait moins c’est que la France a théorisé ces méthodes de torture et de guerre subversive, au point de l’ériger en modèle. On enseignera dans certaines écoles militaires après la guerre d’Algérie des leçons de “guerre contre révolutionnaire”. ou plus prosaïquement, de torture Les méthodes françaises deviennent un modèle de pratique. Le colonel Trinquier a par exemple théorisé le savoir faire français dans deux ouvrages de référence ;“La Guerre moderne” et “Guerre, subversion, révolution“. Les bourreaux français vont même s’exporter et vendre leurs compétences à l’étranger.

On retrouvera beaucoup de mercenaires de la tortures françaises en Amérique du sud, en tant qu’instructeurs des tueurs de l’opération condor. Mais aussi ‘ils vont aussi participer à des plans de formation des militaires américains.

 Le premier mémorandum sur la pratique des interrogatoires de l’armée américaine, publié en 1963 ? est totalement d’inspiration française ; the Kurbark counter intelligence interrogation.

Je me retourne sur l’histoire de mon pays, pas si loin de moi. J’ai seulement honte d’être français et d’être occidental. Le 11 Septembre 2001, les journaux français titraient on est tous des américains.

Je partage donc avec eux cette honte, d’appartenir à des terres occidentales qui prônent les droits de l’Homme et pourtant pratiquent la torture.

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/tortures-americaines-d-inspiration-54983

Lire la suite

30/05/2009

n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Début - : Le Programme Guerrier D'Obama.

n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Début - : Le Programme Guerrier D'Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 437                                                           28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Dossier & Point de vue

1-1James Cogan : Le Programme Guerrier D'Obama.

1-2 Bill Van Auken : Panetta et la guerre sans fin de Washington.

Suite

1-3 Joe Kishore : Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis.

1-4 Torture Sexuelle utilisée par les Américains : Ce qui est Connu et Ce qui Reste Inconnu.

1-5 Sévices: Photos 'secret d'Etat'.

Fin.

1-6 Mike Malloy : Voilà L'Amérique Qu'Obama veut Cacher.

1-7 Tzvetan Todorov : De braves américains devenus tortionnaires.

1-8 Les réactions après que : Le département de la Justice des États-Unis a rendu publics quatre notes de service secrètes de l'administration Bush.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Rappel: Les faits et non le blabla!

2-2 Condoleezza Rice, criminelle de guerre, tu n'es pas la bienvenue au Canada!

2-3 Joelle Penochet : Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part

Ambition invariable de domination mondiale des États- Unis

Les États-Unis ont récemment rendu public leur budget militaire pour 2010. Selon les chiffres donnés, ils ont l'intention de dépenser 534 milliards $ à des fins militaires au cours de la prochaine année budgétaire.

Commentant l'annonce, un analyste de Rodong Sinmun notait le 22 mai :

Il s'agit d'une hausse de 4 % par rapport au budget de 2009 de l'administration Bush. Les dépenses militaires annoncées sont plus grandes que les budgets militaires combinés des 25 pays possédant les plus grands budgets militaires.

Au sujet de l'orientation politique de la nouvelle administration américaine, il note :

L'objectif stratégique et l'ambition hégémonique des États-Unis est de placer le monde et ses près de sept milliards d'habitants sous leur domination et contrôle.

Pour l'atteindre, ils se lancent dans une folle course aux armements et se livrent à l'agression et à la guerre.

La nouvelle administration est résolue à déplacer le théâtre de sa « guerre anti-terroriste » vers le Pakistan et d'intensifier l'agression menée sous cette enseigne par l'administration précédente.

Elle multiplie les menaces contre les pays anti-impérialistes et indépendants comme la RPDC.

Les États-Unis accusent à tort la RPDC d'avoir violé des ententes avec le lancement réussi du satellite Kwangmyongsong-2 dans le cadre de son programme spatial à des fins pacifiques. Ils ont fait pression sur le Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il émette une « déclaration présidentielle » déraisonnable.

Ils multiplient également les pressions sur l'Iran, trouvant des défauts à son projet de développement nucléaire à des fins pacifiques.

La nouvelle administration américaine accroît également les efforts du côté du programme de défense anti-missile, qui provoque une course mondiale aux armements, et cherche à réaliser ses ambition de domination mondiale par l'expansion et le renforcement de l'OTAN.

Cela prouve de façon éloquente que peu importe à quelle fréquence changent les régimes aux États-Unis, les ambitions impérialistes de domination mondiale basées sur « le droit du plus fort » et un scénario d'hégémonie restent inchangées.

- Agence télégraphique centrale coréenne,

22 mai 2009 -

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39103.htm#5

 


1 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1James Cogan : Le Programme Guerrier D'Obama.

A la rhétorique mensongère anti guerre d'Obama lors de sa campagne présidentielle succède une "real politik" brutale, d'autant plus brutale que l'homme est un habile manipulateur de mots et slogans, servant d'écran de fumée aux véllèités hégémoniques impérialistes mondiales US.

Obama a déjà du sang de civils afghans et pakistanais sur les mains, et cela ne fera qu'empirer dans les prochains mois.

Les soldats français n'ont pas à servir de chair à canon pour satisfaire le puissant lobby militaro- industriel US dont Obama est le larbin.
Qu'est ce qu'on fait en Irak ?

Envahissons le Pakistan !

Le Programme Guerrier D'Obama

Dés les premiers jours de son entrée en fonctionnement, l'Administration Obama a clairement affiché sa volonté d'escalader la guerre pour soumettre le peuple afghan, intensifier les frappes US sur des cibles à l'intérieur du Pakistan et continuer l'occupation de l'Irak indéfiniment.

Ce qui est entrain de se préparer c'est une escalade brutale de la violence militaire US en Afghanistan et un élargissement de la conflagration dans la région.
Obama a quitté une réunion de deux heures avec les chefs d'état major conjoints hier ( 28/01/09 ndlt) s'engageant à faire en sorte que l'armée reçoive les "ressources et le soutien" nécessaires pour combattre les guerres menées par les US. Il a dit aux journalistes qu'il allait bientôt annoncer "des décisions difficiles que nous allons devoir prendre concernant l'Irak et l'Afghanistan."
Le contenu de ces décisions est apparu mardi lors de la déposition du ministre de la défense Robert Gates devant le Sénat et les Comités sur les forces armées. La nomination de Gates est la preuve sans ambiguïté que le nouveau Président a renoncé à sa rhétorique de campagne qui faisait appel à un sentiment anti guerre largement répandu chez le peuple américain. Gates a été au service l'Administration Bush au même poste pendant ces deux dernières années, et a dirigé l"escalade de la guerre en Irak de début 2007 à début 2008.
Gates a dit aux Sénateurs : " il y a peu de doute que notre plus grand défi militaire actuellement c'est l'Afghanistan. Comme vous le savez, les US se sont concentrés plus sur l'Asie Centrale ces derniers mois. Le Président Obama a fait clairement comprendre que le théâtre d'opération en Afghanistan doit être notre priorité militaire à l'étranger."
Il a ajouté que la guerre en Afghanistan serait "longue et difficile". il a évalué la durée du conflit à court terme à "cinq ans" - au moins jusqu'en 2014. il a dit qu'une augmentation des pertes américaines était "probable" avec un accroissement des opérations contre l'insurrection anti occupation menée par les loyalistes de l'ancien régime des Talibans et d'autres mouvements islamistes afghans.
Gates a mis l'accent sur le fait qu'alors que la nouvelle Administration escalade l'action militaire en Asie Centrale, elle n'a pas l'intention de se retirer d'Irak. Mettant en garde sur le fait que la résistance pourrait surgir contre les forces US en Irak, il a dit qu' " il se pourrait qu'il y ait des jours difficiles à venir pour nos troupes". Même si des unités désignées comme "combattantes" sont retirées, en gros selon l'agenda de 16 mois prévu par Obama, Gates a insisté qu'une force d'une certaine taille resterait et " nous devons encore nous attendre à être impliqué en Irak à un certain niveau pendant un grand nombre d'années à venir."
Il a dit au Comité du Sénat qu'Obama enverrait 30 000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan dés que possible.

La première des quatre brigades de combat demandées l'année dernière par le Général David McKiernan, le commandant des forces US et de l'OTAN en Afghanistan, a déjà occupé des positions à l'Est de la capitale Afghane, Kaboul. Les 3500 soldats de la 10ème Division Mountain ont commencé leurs opérations dans les provinces de Wardak et du Logar.
Des analystes ont prédit qu' Obama donnera l'ordre à la Brigade du deuxième corps expéditionnaire de Marines de se déployer en Afghanistan à la mi printemps. Une autre brigade de Marines suivra à la mi été. La dernière brigade supplémentaire arrivera avant la fin de l'année.
L'intensification des combats ne se limitera pas à l'Afghanistan.

Les insurgés à dominantes ethnique Pashtoun Afghane ont des refuges sûrs et des soutiens indirects parmi la population Pashtoun dans les Zones Tribales sous Administration Fédérale au Pakistan ( FATA).

Par conséquent les US et l'OTAN ont été incapables d'empêcher la résistance afghane de lancer des attaques quotidiennes à travers des zones entières du Sud de l'Afghanistan et de se réapprovisionner à la fois en armes et en hommes.

Conséquence, la détermination d'Obama à placer l'Afghanistan sous contrôle US conduira à des opérations militaires de vaste envergure et en profondeur en territoire pakistanais.
"C'est impossible" a déclaré Gates, " de dissocier l'Afghanistan du Pakistan, compte tenu de la porosité des frontières entre eux". Il n'a laissé planer aucun doute sur le fait que l'armée US continuerait ses attaques aériennes à l'intérieur du Pakistan, sans tenir compte de l'opposition du gouvernement et du peuple pakistanais, sous prétexte que les cibles sont liées à Al Qaeda.
La principale raison de l'invasion de l'Afghanistan en 2001 ce n'était pas pour combattre le terrorisme, mais pour créer une base pour marquer l'influence US sur d'anciennes républiques soviétiques riches en ressources en Asie Centrale.

Lors de l'élection présidentielle de l'année dernière, Obama a servi de porte parole pour des factions de l'Establishment américain qui avaient conclu que de se préoccuper de l'Irak avait eu comme résultat que l'Asie Centrale était entrain de passer sous tutelle économique et politique de la Russie et de la Chine.
Le fait de se reconcentrer sur l'Afghanistan a pour but de renverser cette tendance.

Sous prétexte de sécuriser des voies d'approvisionnement pour les forces armées US qui augmentent, une diplomatie intense est organisée pour établir des droits d'accès et des bases militaires dans des états d'Asie Centrale tels que le Kazakhstan et l'Uzbekistan. Actuellement, la majorité des approvisionnements des forces US et de l'OTAN en Afghanistan se font à travers des défilés frontaliers dans le FATA et sont sujets à des attaques croissantes par les insurgés. Après le sommet de l'OTAN de lundi, le gouvernement russe a annoncé qu'il était prêt à autoriser l'utilisation de son territoire et de son espace aérien pour le transport d'approvisionnements US et OTAN pour l'Afghanistan.
La déposition de Gates indiquait aussi un changement dans les relations entre les US et le gouvernement fantoche qu'ils ont installé à Kaboul du Président Hamid Karzai. Parallèlement à son combat contre "le terrorisme" l'Administration Bush avait justifié l'occupation de l'Afghanistan en faisant constamment référence au fait d'apporter au peuple afghan "la démocratie", "le développement" et les"droits de l'homme".
Gates a réfuté de telles affirmations de la part d'Obama disant aux Sénateurs : " si nous nous fixons comme objectif d'établir une sorte de Valhalla en Asie Centrale , nous perdrons... car personne au monde ne dispose pour cela du temps nécessaire, de la patience et de l'argent, pour être honnête..."
C'est une politique réaliste brutale que suivra l'Administration Obama en Afghanistan. Le gouvernement Karzai est souvent critiqué dans les cercles de politique étrangère US pour sa corruption endémique et son manque de popularité parmi les Afghans. Une raison plus importante pour le refroidissement des relations US Karzai c'est les critiques fréquentes faites publiquement par ce dernier contre les frappes aériennes US qui ciblent et tuent des civils afghans. L'Administration Obama a bien l'intention d'escalader le bain de sang et ne supportera aucune interférence de son régime client.
Le New York Times a rapporté mercredi qu'Obama pourrait soutenir une campagne pour remplacer Karzai lors des prochaines élections qui auront lieu en fin d'année. L'alternative à la création d'un gouvernement central fort c'est le modèle irakien du "renforcement". Le commandant des forces armées US en Irak, le Général David Petraeus - qui actuellement dirige le Commandement Central des US- a autorisé des officiers dans certaines parties de l'Irak à corrompre des dirigeants de l'insurrection pour qu'ils changent de camp, en échange d'argent et de pouvoir local.
De la même manière, des sources proches de l'Administration Obama ont dit au Times que cela "marcherait avec des dirigeants provinciaux comme alternative à un gouvernement central, et que les alliés européens prendraient en charge le développement économique et la reconstruction nationale, de sorte que les forces américaines puissent se concentrer sur le combat contre les insurgés".
Le résultat de cette politique pourrait être des tensions plus grandes entre les US et les puissances européennes. Lors de sa déposition, Gates a demandé que les états membres de l'OTAN fournissent plus de troupes et de ressources pour la guerre en Afghanistan.
Même avec un supplément de 30 000 soldats les forces d'occupation seront encore sérieusement en sous nombre.

Cependant, en pleine occupation de l'Irak et d'une crise économique, Gates a dit au Sénat qu'il était "sceptique" quant à la possibilité pour l'armée US de fournir " des forces américaines supplémentaires au delà de ce qu'avait déjà demandé le Général McKiernan."
Sous Bush, les états membres de l'OTAN, en particulier l'Allemagne, la France, l'Italie, et la Turquie, ont constamment rejeté les demandes des US qu'ils augmentent significativement leur implication dans le conflit Afghan. Ils doivent maintenant décidé comment répondre à la Maison Blanche d'Obama.
Un correspondant de la BBC a fait ce commentaire mardi : "
si les alliés de l'OTAN hésitent maintenant, les implications à long terme d'une séparation des US de l'Europe pourraient être sérieuses.... Le problème qui émerge pourrait perturber le sommet de l'OTAN pour le 60ème anniversaire qui doit avoir lieu début Avril."
Des millions d' Américains ont été orientés vers un vote Obama et le Parti Démocrate en s'imaginant qu'il prendrait un tournant décisif pour s'éloigner des années de militarisme et d'interventions néo-coloniales qui ont marqué les années Bush.

Au lieu de cela, ils doivent affronter une Administration qui est tout aussi déterminée que celle de Bush à utiliser la force militaire brutale pour sécuriser les intérêts économiques et stratégiques de l' Impérialisme Américain.

Des milliers de vies Afghanes et Pakistanaises, et des centaines si ce n'est des milliers de soldats américains vont être sacrifiés au cours de ce processus.
La réalité met en évidence le caractère dégradé de la "Démocratie" aux US, la nécessité d'une rupture avec les deux partis de l’Impérialisme US, et une réorientation politique fondamentale de la classe ouvrière vers un programme socialiste et international.
James Cogan

WSWS

29/01/09
Article d'origine en anglais  

http://www.planetenonviolence.org/Le-Programme-Guerrier-D-Obama_a1820.html


1-2 Bill Van Auken : Panetta et la guerre sans fin de Washington.

Après une semaine de récriminations acerbes entre la Central Intelligence Agency et la speaker démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi au sujet de ce qu’elle savait sur la torture, le directeur de la CIA Leon Panetta a tenté de mettre un terme à cette discussion publique, employant un discours qui répétait la rhétorique de l’administration Bush.
Dans son premier discours public depuis sa nomination par Obama à la tête de la CIA, Panetta à affirmé que les Etats-Unis étaient « une nation en guerre » et insisté que les crimes de l’administration Bush ne devaient pas nuire aux opérations actuelles de l’armée américaine et des services du renseignement.
 « Je ne les prive pas de la chance de tirer les leçons de cette période », a déclaré Panetta devant le Pacific Council on International Policy à Los Angeles. « Mais… nous devons faire très attention à ne pas oublier notre responsabilité envers le présent et le futur. Nous sommes une nation en guerre. Nous devons faire face à cette réalité tous les jours. Et bien qu’il soit important de tirer les leçons du passé, nous ne devons pas le faire de sorte que cela puisse sacrifier notre capacité de demeurer concentrés sur… ceux qui menacent les Etats-Unis d’Amérique. »
 « Nous sommes une nation en guerre. » Cette phrase a été invoquée des centaines sinon des milliers de fois par Bush, Cheney, Rumsfeld, Rice, Gonzales et d’autres pour justifier les atrocités militaires en Irak et en Afghanistan, la torture, la restitution extraordinaire, l’espionnage illégal de ses citoyens ainsi que l’auto-attribution impériale par la présidence de pouvoirs sans précédent.
Plus tôt cette année, des conseillers de la Maison-Blanche avaient communiqué aux médias que l’administration Obama laissait tomber les références à la « guerre mondiale contre le terrorisme », la justification passe-partout de l’administration Bush pour ses guerres à l’étranger et son attaque contre les droits démocratiques au pays.
Il devient de plus en plus évident cependant que les méthodes amenées par Bush sont maintenues pratiquement intactes par la nouvelle administration démocrate et que la rhétorique malhonnête employée pour les justifier ressemble de plus en plus à celle de son prédécesseur.
Qu’est-ce que cela signifie que d’affirmer que les Etats-Unis sont « une nation en guerre » ?

Le Congrès américain n’a lancé aucune déclaration de guerre contre un pays.
Les Etats-Unis sont une nation en guerre seulement dans le sens où son armée est perpétuellement utilisée pour mener des invasions illégales, des occupations néocoloniales, des bombardements, des assassinats et d’autres actes de violence contre les peuples qui ont le malheur de se trouver dans le chemin du capitalisme américain et de son pillage des ressources et des marchés mondiaux.

L’identité de l’ennemi dans cette guerre sans fin est laissée délibérément imprécise car les cibles de l’agression militaire américaine changent constamment.

Ainsi, Panetta ne fait référence qu’à « ceux qui pourraient menacer les Etats-Unis ».

Dire que c’est un langage digne d’un roman d’Orwell n’est pas exagéré.

L’état de guerre perpétuel imposé aux citoyens opprimés de l’Océania dans « 1984 » aurait pu être écrit comme une allégorie pour la politique moderne de l’Etat américain tant sous Bush que Obama.

Panetta n’a rien laissé à l’imagination sur les implications de ce prétendu état de guerre.

Le directeur de la CIA a dit qu’il ne « lui enlèverait pas », parlant ici du Congrès américain, « l’occasion d’apprendre les leçons de cette période ». Toutefois, il a averti que toute enquête doit être entreprise d’une façon « très prudente ». Une enquête sur les crimes de guerre du passé ne doit pas interférer avec les crimes de guerre présents et futurs.

Cet avertissement de restreindre toute enquête sur la torture, et avant tout ne pas permettre qu’un haut responsable ne soit reconnu coupable d’un tel crime, vient après le déni par Panetta des déclarations qu’a faites Pelosi la semaine dernière. Elle avait dit que la CIA lui avait menti en 2002 en disant ne pas utiliser la simulation de noyade (waterboarding) dans ses interrogatoires.

Il ne s’agit pas de passer sous silence la complicité de Pelosi dans la politique de la torture. Mais il est un fait extraordinaire que Panetta, un individu nommé à son poste par le président, n’a eu aucune retenue à contredire publiquement la speaker élue de la Chambre des représentants qui est, selon la constitution, la deuxième sur les rangs de ceux qui remplacent le président, après le vice-président.

Lorsque Panetta avait été nommé directeur de la CIA, les républicains et quelques démocrates ont souligné qu’il n’avait aucune expérience dans le domaine du renseignement.

Au bout du compte, toutefois, il fut confirmé unanimement par le Sénat dans son poste.

Il est un individu en qui, très clairement, l’élite dirigeante américaine a pleine confiance qu’il protégera ses intérêts. Il a commencé sa carrière en tant qu’adjoint républicain dans l’administration Nixon pour ensuite devenir un démocrate élu au Congrès et finalement premier secrétaire du président Clinton. Après, il a profité de ses nombreuses relations dans les centres du pouvoir de la finance et du monde des affaires, tout en continuant à demeurer très impliqué dans la politique d’Etat. En 2006, il s’est joint au groupe d’étude de l’Irak qui s’était fixé comme objectif de faire adopter un changement de tactique quant à la politique de guerre des Etats-Unis.

En 2008, il a été payé plus de 830 000 $ en frais de consultations et en honoraires par des compagnies comme BP Corportation, Merrill Lynch et le Groupe Carlyle.

Panetta parle au nom de l’Etat dans l’Etat, de l’appareil permanent des agences du renseignement et de l’armée qui dominent le gouvernement américain peu importe quel parti est au pouvoir.

Ces couches rechignent après l’exposition très limitée des crimes de l’administration Bush par la publication des mémos sur la torture le mois passé. C’est ce qui a été indiqué dans un article qui a été publié mardi passé dans le Washington Post par Walter Pincus, un individu ayant des liens étroits avec la CIA. Il a parlé d’inquiétudes du « personnel de l’agence » qui pense ne plus pouvoir « mener des interrogatoires de façon efficace » étant donné les nouvelles règles sur la torture et les « autres opérations en Afghanistan et au Pakistan qui doivent être elles aussi revues ».

Les démocrates cèdent complètement lorsque soumis à ce type de pression. L’attaché de presse d’Obama a refusé de prononcer le moindre mot sur le différend entre Pelosi et Panetta alors que les démocrates au Congrès craignent le débat sur la torture, le décrivant de plus en plus souvent comme une distraction.

L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush tout en protégeant les personnes qui en sont responsables.

Les deux guerres lancées pour affirmer l’hégémonie américaine sur le golfe Persique et l’Asie centrale continuent de bénéficier du soutien des deux partis. Obama est lui-même responsable de crimes de guerre, y compris le bombardement qui a tué 150 civils ce mois-ci en Afghanistan.

L’espionnage au pays, la restitution extraordinaire et les commissions militaires ont été maintenus par l’administration. La torture recommencera inévitablement et est probablement même déjà recommencée.

Ultimement, tout ce processus révèle la futilité des élections sous le système biparti des Etats-Unis. Ceux qui prennent le pouvoir, Obama autant que Bush, ne sont pas responsables devant le peuple américain, mais bien devant une mince couche de la population constituée d’une oligarchie financière, du commandement militaire et des agences du renseignement : ceux qui contrôlent véritablement les Etats-Unis.

Bill Van Auken
22 mai 2009

http://www.wsws.org/

http://www.alterinfo.net/Panetta-et-la-guerre-sans-fin-de-Washington_a32795.html


n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Suite - : Le Programme Guerrier D'Obama.

n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Suite - : Le Programme Guerrier D'Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 437                                                           28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Dossier & Point de vue

1-3 Joe Kishore : Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis.

1-4 Torture Sexuelle utilisée par les Américains : Ce qui est Connu et Ce qui Reste Inconnu.

1-5 Sévices: Photos 'secret d'Etat'.

1-3 Joe Kishore : Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis.

Mardi 26 Mai 2009

L’incroyable confrontation publique entre le président Barack Obama et l’ancien vice-président Dick Cheney survenue jeudi matin a dévoilé la fragilité du gouvernement constitutionnel et la profonde crise de la démocratie américaine.

Lors de son discours public aux Archives nationales de Washington, Obama a accusé la précédente administration de violer la Constitution.

Ce discours d’Obama, consacré à la défense de sa décision de fermer le camp de prisonniers de Guantanamo, avait été planifié à la dernière minute.

L’objectif était clairement de contrecarrer l’attaque de Cheney, le président en ayant été averti. 
L’attaque est survenue seulement quelques minutes après la fin des remarques d’Obama.

Cheney, s’adressant à des membres d’un groupe de réflexion de droite du renseignement, a dénoncé le président de façon provocatrice et acerbe.

Tournant en dérision les critiques d’Obama sur la politique d’ « interrogatoire musclé » de l’administration Bush, autrement dit la torture, l’ancien vice-président a presque accusé le président de vouloir aider et encourager les ennemis des Etats-Unis.
Cheney se trouve au centre d’une campagne de plus en plus incisive visant à mobiliser l’opposition au Congrès et, encore plus inquiétant, parmi ses alliés politiques et sympathisants dans l’armée et la Central Intelligence Agency, contre l’administration Obama.

Le développement de l’influence de cette campagne a été reflété par le vote écrasant mercredi au Congrès qui s’est opposé au plan d’Obama de fermer la prison de Guantanamo.

Le Sénat, dont la plupart des démocrates, soutenu par le témoignage du directeur du FBI, Robert Mueller III, qui a soulevé la menace posée par le transfert potentiel de prisonniers vers les pénitenciers des Etats-Unis, a voté contre la proposition de fermeture de Guantanamo.
En tentant de défendre les politiques de son administration, Obama a présenté ses propres décisions comme un certain effort d’arrière-garde désespéré pour rétablir le gouvernement constitutionnel aux Etats-Unis après huit ans d’illégalité endémique de la part de l’administration précédente.
Il a souligné la gravité de la menace posée au pouvoir constitutionnel en faisant remarquer qu’il prononçait son discours dans un couloir qui affichait les documents fondateurs de la démocratie américaine : la Déclaration d’indépendance, la Constitution et la Déclaration des droits.

Obama rappela à son auditoire qu’il avait « juré de préserver, protéger et défendre la Constitution », et déclara que « nous ne devons jamais, par opportunisme, tourner le dos à ces principes durables ».
Obama a affirmé que sous la précédente administration, « notre gouvernement a pris des décisions basées sur la peur plutôt que la prévoyance; et bien trop souvent notre gouvernement a changé les faits et les preuves pour les adapter aux prédispositions idéologiques ».
Appelant au rétablissement de « la loi et du jugement en bonne et due forme », Obama a déclaré que « les décisions prises au cours des huit dernières années ont établi une approche légale improvisée pour combattre le terrorisme qui n’était pas efficace et qui ne pouvait être soutenue : un cadre qui n’était pas basé sur nos traditions légales et institutions de longue date et qui ne s’est pas laissé guider par nos valeurs ».

Les politiques de l’administration Bush, a-t-il dit, ont miné « la loi ».
Dans la section la plus significative de son discours, qui nous informe sur la nature des luttes politiques qui ont fait rage aux plus hauts échelons de l’Etat, Obama a déclaré que les opposants de sa politique « adopte une perspective qui peut être résumée ainsi : “Tout est permis”. Leurs arguments suggèrent que l’objectif de la lutte contre le terrorisme peut justifier tous les moyens et que le président devrait avoir toute l’autorité voulue pour faire ce qu’il désire, admettant qu’ils soient d’accord avec ce président. »
Ayant recours à des euphémismes contredisant le sérieux de ses déclarations, Obama a mis en garde contre la présence de puissantes forces qui étaient prêtes à rompre avec les normes constitutionnelles : « De temps en temps, a-t-il dit, certains pensent que la sécurité et le succès des Etats-Unis exigent que nous nous éloignions des principes sacrés enchâssés dans cet édifice.

Nous pouvons entendre de telles voix aujourd’hui. »
La voix principale à laquelle il faisait référence était celle de Cheney.

Le président ne se serait pas senti obligé de répliquer à l’ancien vice-président si Obama le percevait comme un excentrique de droite mécontent.

En fait, Obama sait que Cheney, celui qui prenait vraiment les décisions dans l’administration Bush et l’homme qui avait dirigé un gouvernement secret, détient une énorme influence au Pentagone, à la CIA et dans d’autres sections moins connues de la bureaucratie du renseignement et de l’armée qui exerce un vaste pouvoir et qui n’est responsable devant personne.
Dans ses remarques devant l’American Enterprise Institute, Cheney est passé à l’offensive contre Obama, traitant personnellement avec mépris l’administration et le président.
Les critiques d’Obama des méthodes d’interrogatoire « sont très injustes envers ceux qui travaillent dans les renseignements et les avocats qui méritent beaucoup mieux pour leurs services dévoués, » a déclaré Cheney. « Le danger ici est la perte de l’emphase sur la sécurité nationale et ce que ça requiert. »
Sur un ton menaçant, Cheney ajouta : « Je conseillerais à l’administration d’être très prudente à l’avenir. »
L’ancien vice-président a pratiquement accusé Obama d’aider les terroristes et de commettre une trahison.
« Divulguer les mémos des interrogatoires étaient absolument à l’opposé des intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, » a-t-il déclaré. « De l’information top secrète se retrouvent maintenant dans les mains des terroristes, qui viennent de recevoir un important ajout dans leur manuel d’entraînement. Partout dans le monde, les gouvernements qui nous ont aidés à capturer des terroristes vont craindre que des opérations conjointes sensibles soient compromises.

Et ceux qui travaillent à la CIA se demandent s’ils peuvent dépendre de la Maison-Blanche ou du Congrès pour obtenir un appui lorsque les choses vont se corser. »
Ces mots étaient particulièrement provocateurs et inquiétants, vu qu’ils évoquent délibérément des souvenirs des ressentiments de ceux qui travaillaient à la CIA contre l’administration Kennedy après l’invasion manquée de la baie des Cochons en 1961.
Cheney a joyeusement fait remarquer que la décision de divulguer les mémos a été opposée par des gens à la tête de l’administration Obama, incluant le directeur de la CIA, Leon Panetta, et le directeur du renseignement national, Dennis Blair.
Cheney s’est moqué de la « fausse indignation » de ceux qui ont critiqué les méthodes d’interrogation employées par l’administration Bush. « Au cours de ma longue expérience à Washington, peu de choses ont suscité autant d’indignation artificielle et de faux moralisme que les méthodes d’interrogation utilisées contre quelques terroristes capturés. »

Il ajouta que les critiques de ces méthodes « ne sont pas dans une position pour sermonner quiconque sur les “valeurs” ».
Sans ambiguïté, l’ancien vice-président a défendu les techniques d’interrogation de l’administration Bush, insistant que « complètement exclure les méthodes d’interrogations musclées dans le futur est imprudent à l’extrême ».
Il a continué en dénonçant la décision d’Obama de fermer Guantanamo, en lançant un avertissement : « Je pense que le président trouvera, après réflexion, que d’amener les pires terroristes aux États-Unis sera cause de grands dangers et regrets dans les années à venir. »
Ce n’est pas une exagération que d’affirmer que cette confrontation publique entre Obama et Cheney n’a pas de précédent dans l’histoire américaine moderne. Croire que cet échange amer entre le président et l’ancien vice-président ne soulève pas d’importantes questions sur la viabilité de la démocratie américaine est le comble de la complaisance.
Soyons clairs : Cheney parle pour les sections puissantes de la classe dirigeante, soutenue par des sections substantielles de l’appareil militaire et des services du renseignement, qui sont profondément hostiles à la démocratie.
Quant à Obama, sa propre position est minée par des contradictions politiques profondes et insolubles. Son plaidoyer pour que la constitution soit respectée est complètement infirmé par le fait que son administration a accepté sans question les prémisses essentielles sur lesquelles étaient basées la politique étrangère de l’administration Bush : les Etats-Unis mènent une lutte désespérée contre le « terrorisme ».
Tout en s’opposant à certains gestes de l’administration Bush, Obama évite prudemment de défier le mensonge politique fondamental à l’origine de tous ses crimes.
« Al-Qaïda planifie activement une autre attaque contre nous » a déclaré Obama dans le même discours mardi. « Nous savons que cette menace planera sur nous pour longtemps et que nous devons utiliser tous les  composantes de notre pouvoir pour la défaire. » 

Et en fait, a affirmé Obama, son administration mène cette lutte de façon plus cohérente en « luttant contre les extrémistes en Afghanistan et au Pakistan qui nous ont attaqué le 11-Septembre ».
Si Obama dit la vérité (que l’administration précédente a adopté une politique où « tout était permis »), alors les responsables doivent être poursuivis en tant que criminels politiques.

Au lieu de cela, Obama est venu à leur défense en les décrivant comme étant trop zélés dans la poursuite d’une noble cause. « Confronté à des menaces incertaines, a-t-il dit, notre gouvernement a pris une série de décisions rapides. Et je crois que ces décisions étaient motivées par le désir sincère de protéger la population américaine. »
En deux occasions, Obama a insisté que personne ne serait amené en justice pour les politiques de huit dernières années. Il s’est opposé à la création d’une commission indépendante et a insisté qu’il n’y aurait aucune tentative de « se concentrer sur le passé ».
En indiquant qu’il ne poursuivra les conspirateurs autour de Cheney, Obama ne continue en fait que sa politique de couardise et d’accommodation qui a caractérisé son administration depuis sa mise en place.

Chacune des ces concessions a encouragé les sections les plus à droite de l’Etat et a facilité la conspiration contre les droits démocratiques.
La temporisation d’Obama,  ses reculs constants, sont déterminés par les intérêts de classe qu’il représente.

Peu importe les critiques qu’il fera de la politique de l’administration Bush, Obama a les mêmes objectifs essentiels. En termes de sa politique intérieure, il a continué à donner d’immenses sommes aux banques et aux investisseurs de Wall Street. En termes de  politique militaire, il continue l’occupation de l’Irak tout en élargissant la guerre en Afghanistan et au Pakistan. Sa défense de la légalité est contredite par le fait que son administration a remis sur pied les commissions militaires pour juger les prisonniers de Guantanamo, a refusé de publier les photos sur la torture et, en général, a maintenu les mesures antidémocratiques de son prédécesseur.
Malgré les avertissements que donne Obama sur l’érosion de la démocratie aux Etats-Unis, son administration, par ses actes mêmes, en facilite et en accélère l’effondrement. Il est impossible de combiner la guerre impérialiste avec la démocratie. La dernière ne peut survivre sans une opposition à  la première.
Obama est incapable d’exposer le véritable contenu social et politique de l’attaque de Cheney, parce que cela demanderait d’exposer les objectifs politiques et les intérêts de classe réactionnaires qui motivent la « guerre au terrorisme ». De plus, cela demanderait un appel à une large mobilisation du peuple américain en défense des droits démocratiques. Mais dans une époque où l’administration met en œuvre une politique intérieure qui défend les intérêts de l’élite financière, l’administration Obama n’a pas l’intention de soulever le mécontentement populaire.
La défense des droits démocratiques ne peut être entreprise  par aucune faction de la classe dirigeante.

Les institutions de la ‘démocratie’ américaine sont déjà dans un état avancé de désintégration.
La défense des droits démocratiques dépend de l’organisation politique indépendante de la classe ouvrière.

Joe Kishore
25 mai 2009

 http://www.wsws.org/

http://www.alterinfo.net/Le-debat-Obama-Cheney-et-la-menace-de-dictature-aux-Etats-Unis_a32794.html 


Obama Gang

1-4 Torture Sexuelle utilisée par les Américains : Ce qui est Connu et Ce qui Reste Inconnu.

Selon le rapport du Comité Des Forces Armées au Sénat récemment publié portant sur l'utilisation de "techniques d'interrogatoires cruelles" (euphémisme pour torture ndlr) la "mise à nu a été autorisée par le secrétaire à la défense (Rumsfeld) pour utilisation à GTMO (Guantanamo) le 2 Décembre 2002".

Il rapporte aussi que l'utilisation prolongée de la nudité a prouvé être si efficace qu'en Janvier 2003, elle a été approuvée pour utilisation en Afghanistan et fin 2003, a été adoptée pour utilisation en Irak.
"Enquête sur le traitement des détenus aux mains des US"
Le rapport du Sénat a été publié peu de temps après qu'un rapport du CICR (Comité International de la Croix Rouge) sur les techniques de torture utilisées par la CIA comme faisant partie de son programme de détention a été transmis sous le manteau par Mark Danner du " New York Review of Books".

L'attention médiatique s'est engouffrée sur ces rapports, se concentrant principalement sur l'utilisation du simulacre de noyade (ou ce que le CICR appelle plus précisément " suffocation par l'eau" ) et, en particulier, son utilisation 183 fois sur Khalid Sheikh Mohammed et 83 fois sur Abu Zubaydah.
Les médias ont porté moins d'attention sur d'autres éléments que le CICR appelle les "autres méthodes de mauvais traitements". Le rapport du Sénat identifie ainsi ces techniques : utilisation de chiens militaires, positions stressante et d'endurance physique, perturbation du sommeil/gestion du sommeil, privation sensorielle, et nudité. Le CICR les identifie comme suit : position debout prolongée stressante, tabassage en utilisant un collier, frapper et rouer de coups de pieds, confinement dans une boîte, privation de sommeil et utilisation de musique forte, exposition au froid/eau froide, utilisation prolongée de menottes et de chaînes, menaces, rasage forcé, privation/restriction d'approvisionnement en nourriture solide et nudité prolongée.
Ces rapports ensemble avec la publication récente des "mémos sur la torture" de l' Administration Bush ont aidé à focaliser l'attention nationale sur l'aspect honteux si ce n'est illégal de la guerre contre le terrorisme du roi Georges le fou. Cependant, ces rapports sont des documents "officiels" basés sur des révélations venant de sources très limitées. L'information rassemblée, bien que précieuse, est limitée par ces sources.
Les sources limitées restreignent l'accès du public à la connaissance de tout l'éventail de tortures utilisées par les agents des renseignements américains, les officiers militaires et les agents privés. Se concentrer sur la torture sexuelle qui inclut la nudité prolongée, révèle ce qui a été rendu public mais aussi la dimension de ce qui reste encore à porter à la connaissance du public.
Ne pas rendre compte publiquement de toute l'étendue de la torture sexuelle utilisée parallèlement à toutes les autres techniques d'interrogatoires "cruelles", crée une histoire "officielle" aseptisée. Les Américains ne sauront jamais quelles méthodes de torture ont été pratiquées en leur nom, ils ne pourront pas non plus demander des comptes à ceux qui ont ordonné et exécuté ces actions sauf s'ils vont chercher au delà des sources "officielles".
Le CICR a mené des interviews avec 14 " combattants ennemis" originaires de 8 pays. Les détenus ont été arrêtés sur une période d'un peu plus de trois ans, de Mars 2002 à Mai 2005. 11 de ces détenus ont été soumis à une nudité prolongée " pendant la détention et les interrogatoires, allant de plusieurs semaines en continu jusque plusieurs mois par intermittence".
Le CICR raconte ce qu'elle appelle les " présumées " expériences de 7 détenus ayant subi une nudité prolongée :
Khalid Sheikh Mohammed - laissé nu pendant un mois en Afghanistan.
Abu Zubaydah - laissé nu pendant deux semaines et demie en Afghanistan après s'être rétabli dans un hôpital pakistanais; il rapporte que par la suite on lui a fourni à plusieurs reprises des vêtements et puis on l'a laissé nu pendant plusieurs semaines de suite.

Walid Bin Attash - laissé nu pendant deux semaines en Afghanistan et de nouveau pendant un mois dans un deuxième centre de détention inconnu.
Encep Nuraman (aka Hambali) - laissé nu pendant 4 ou 5 jours en Thaïlande et une semaine en Afghanistan, puis par périodes intermittentes pendant lesquels il était laissé nu ou vêtu.
Majid Khan - laissé nu pendant trois ou quatre jours en Thaïlande puis en Afghanistan et 7 jours dans le troisième lieu de détention.
Mohammed Nazir Bin Lep - laissé nu pendant deux à trois mois en Afghanistan et puis a subi des périodes intermittentes où il était nu ou vêtu.
Détenu, nom non révélé - laissé nu pendant deux ou trois mois en Afghanistan et puis a subi des périodes intermittentes où il était nu ou vêtu.
Les sources de ces rapports proviennent d'interviews des détenus.
Le rapport du Sénat fournit une estimation tres différente de ce qu'il appelle " enlèvement de vêtement". Il fait clairement état que l'utilisation de la nudité bénéficiait d'un soutien fort de la CIA et de l'armée comme technique d'interrogatoire.

Il rapporte que la nudité a été importée en Irak, spécialement à la prison d'Abu Ghraib, d'Afghanistan et de GTMO.
Il déclare que cette technique a servi certain nombre d'objectifs d'interrogatoire, dont " humilier les détenus", " renouveler le choc de la capture des détenus" et comme récompense pour bonne conduite.

Elle était largement utilisée comme l'indique l'interview de deux officiers parmi un grand nombre interrogés. COL Jerry Philabaum, le commandant du 320ème MP, rapporte avoir vu " entre 12-15 détenus nus dans leurs propres cellules individuelles." CPT Donald Reese, commandant de la Cie du 372ème MP, a reconnu que la nudité prolongée était "connue de tous" et que c'était " une pratique habituelle d'arpenter les étages et voir des détenus transportant leurs vêtements et literie". D'autres officiers ont fait des déclarations identiques.
Comme le rapport du CICR, le rapport du Sénat se base principalement sur des interviews mais ce sont celles d'officiers de l'armée de la police militaire et des renseignements. En plus, le rapport du Sénat se base également sur des rapports militaires connus rendus public tel le rapport Fay bien connu, établi par le Major General George Fay. L'une de ses citations est particulièrement candide peut être plus révélatrice que ce qu'il voulait révéler à l'origine : " la détention créait un environnement qui exploitait la dépravation et la dégradation plutôt que le traitement humain des détenus." Le rapport mentionne aussi en passant une seule référence au rapport sur Abu Graib du Major Général Antonio Taguba.
Les premiers "combattants ennemis" sont arrivés à Guantanamo le 11 Janvier 2002, près d'un an avant que Rumsfeld autorise officiellement l'utilisation de la torture sexuelle. Selon une édition spéciale de CBS, un "avion de l'US Air Force en provenance d'Afghanistan a atterri à Guantanamo transportant 20 détenus, marquant le début de l'opération de détention" ( CBS News Gitmo Timeline, 24 Aout 2004). Dans le rapport du Sénat, SMU ( Special Mission Unit - Unité Mission Spéciale) le commandant de la Task Force/TF (dont le nom est noirci) déclare que quand il " a pris le commandement ( de Guantanamo) il a "découvert que certains détenus n'étaient pas autorisés à porter des vêtements" comme technique d'interrogatoire, ( noirci) a dit qu'il avait mis fin à cette pratique en Décembre 2003 ou Janvier 2004."
Ces révélations sur la nudité prolongée ont été peu discutées publiquement.

Comparée à des techniques bien pires employées, notamment celles de "suffocation par l'eau" frapper la tête, coups de pieds, positions stressantes, utilisation de chiens et privation de sommeil, la torture sexuelle semble plutôt bénigne. Pourtant, son objectif était, parallèlement à d'autres techniques, de saper la dignité humaine et créer un sentiment d'inutilité... ayant comme résultat, l'épuisement, la dépersonnalisation et la déshumanisation.
Cependant, s'appuyer sur d'autres sources permet de donner un autre aperçu, beaucoup moins aseptisé et bien plus sadique. Ce qu'on ne sait pas c'est si ces techniques supplémentaires ont été approuvées par l'armée US et les dirigeants civils ou étaient des actions improvisées d'officiers en ligne de front et de sous traitants? Quelques exemples illustrent ces techniques.
La meilleure source d'information sur l'utilisation de la torture sexuelle à Abu Ghraib reste le rapport Taguba.

Dans le sommaire du rapport, la liste d'actes "sadiques, d'abus criminels flagrants et gratuits" identifiés comme ayant été utilisés dans la prison :
- forcer les détenus à enlever leurs vêtements et les laisser nus pendant plusieurs jours de suite;
- enregistrer sur vidéo et photographier des détenus mâles et femelles;
- forcer des détenus mâles nus à porter des sous vêtements féminins;
 - forcer des groupes de détenus mâles nus à se masturber tandis qu'on les photographiait et on les enregistrait sur vidéo;
- empiler des détenus mâles nus les uns sur les autres et puis sauter dessus;
- positionner un détenu mâle nu sur une boite de MRE ( meals ready to eat - repas tout prêt) avec un sac de sable sur la tête, et attacher des fils électriques à ses doigts, doigts de pied, et pénis et simuler la torture électrique;
- placer une chaîne pour chien ou un collier autour du cou d'un détenu nu et faire poser une soldate à ses côtés pour la photo;
- sodomiser un détenu avec une lampe électrique et peut être un manche à balais.

Pourquoi cette partie du rapport Taguba n'est pas apparu dans le rapport du Sénat ?

Son absence est révélatrice de la façon don les rapports officiels sont aseptisés et comment on écrit l'histoire de l'intérieur ( voir "Terrorisme Sexuel : le côté sadique de la guerre contre le terrorisme de Bush" Counterpunch 13 Mai 2008).

La presse US et internationale ont révélé des épisodes troublants du terrorisme sexuel utilisé par les forces américaines.

Par exemple, l'AP a rapporté qu'un ancien détenu, Dhia al-Shweiri, a reçu l'ordre des soldats américains de se mettre nu, de se pencher et de placer ses mains sur un mur; bien que n'ayant pas été sodomisé, il dit qu'il a été humilié :" nous sommes des hommes. C'est OK s'ils me frappent" al Shweiri a dit. "Les coups ne me blessent pas; c'est juste un coup. Mais personne ne veut que sa mascuinité soit anéantie".


Le "Sunday Herald" d'Ecosse a rapporté qu'un ancien prisonnier irakien a affirmé qu'il y a une photo d'un traducteur civil violant un adolescent prisonnier mâle; il a déclaré : " ils ont couvert toutes les portes avec des draps. J'ai entendu les cris,...et la femme soldate prenait des photos."

Le quotidien Independent de Londres a rapporté l'expérience de Hayder Sabbar Abd, immortalisé comme l'homme tenu en laisse sur la photo abjecte de Lynndie England. Abd affirme qu'on lui a donné l'ordre de se masturber tandis que Ms England " mettait ses mains sur ses seins" ce qu'il n'a pas pu faire; et de simuler une fellation avec un autre prisonnier, ce qu'il semble avoir fait.

Le "Sydney Morning Herald" a noté : " des femmes menant des interrogatoires ont essayé de briser les détenus musulmans à Guantanamo Bay par des attouchements sexuels, en portant une mini jupe et un string, et dans un cas en barbouillant le visage d'un homme saoudien avec du faux sang menstruel, selon le compte rendu écrit de quelqu'un de l'intérieur".

La torture sexuelle servait deux objectifs contre ceux sujets à ces abus : faire mal physiquement et ravager émotionnellement. Cela avait pour but de briser les détenus mâles. Cela avait pour but d'infliger à la fois douleur et honte, faire souffrir la victime et qu'elle se culpabilise. La torture sexuelle a essayé de briser la victime à la fois physiquement et spirituellement, de laisser des cicatrices sur et dans le corps et dans la psyché.

Avec l'élection d'Obama, l'armée US a probablement cessé d'employé des " techniques d'interrogatoires cruelles " ( Sachant qu'Obama vient d'accepter la nomination au poste de commandant des forces US/OTAN en AfPAk de l'ancien commandant des forces spéciales de contre terrorisme, McChrystal, impliqué indirectement dans des actes de torture de prisonniers, on peut en douter ndlt).

Malheureusement, compte tenu du pragmatisme d'Obama de la complicité du Congrès, du zèle de la bureaucratie militaire, et de l'immoralité de la CIA ( et des agents privés) on peut se demander ce qui adviendrait s'il y avait un nouveau 11 Septembre.
L'ampleur réelle de l'utilisation de la torture sexuelle " techniques d'interrogatoire cruelles" (torture ndlt) pendant la guerre contre le terrorisme est inconnue.

De même on ne sait pas vraiment qui au sein de l'Administration Bush a approuvé l'utilisation de telles techniques, ni qui dans l'armée US et la communauté du renseignement ( de même que chez les agents privés) a utilisé de telles techniques.

Répondre à ces questions devrait être la première tâche d'une enquête " officielle" sur la guerre contre le terrorisme. Et ceux chargés de mener cette enquête devraient utiliser une plus grande diversité de sources que celles dites " officielles". Ainsi seulement le peuple américain comprendra ce qui a été fait en son nom, en espérant que cela ne se reproduise plus.
http://www.planetenonviolence.org/Torture-Sexuelle-Utilisee-Par-Les-Americains-Ce-Qui-Est-Connu-Et-Ce-Qui-Reste-Inconnu_a1912.html


1-5 Sévices: Photos 'secret d'Etat'.
Barack Obama est revenu mercredi sur sa décision d'autoriser la diffusion de clichés montrant les mauvais traitements [sic - il n'est pas poli de dire tortures pour les US] infligés sous l'administration Bush à des détenus soupçonnés de terrorisme.

Un refus motivé par le souci de ne pas attiser le sentiment anti-américain, notamment à l'encontre des troupes qui combattent en Irak et en Afghanistan, se justifie le président américain.

Barack Obama apprend la politique.

Alors qu'il avait initialement donné son accord à la publication des photos montrant les mauvais traitements infligés à des détenus soupçonnés de terrorisme, le président américain a changé d'avis. Les inquiétudes de ses commandants militaires et de plusieurs membres du Congrès sur l'impact potentiellement négatif de ces clichés l'ont finalement emporté sur sa volonté de rendre transparente les pratiques de son prédécesseur à la Maison blanche.

"La conséquence la plus directe de leur diffusion, j'en suis convaincu, serait d'enflammer encore davantage le sentiment anti-américain et de mettre en danger nos troupes", a-t-il précisé. Nul besoin de rajouter au sentiment anti-américain auquel sont déjà confrontés les soldats sur les théâtres de guerre irakien et afghan.

Cette publication, a déclaré Barack Obama aux journalistes, "n'apporterait aucun élément supplémentaire à notre compréhension de ce qui a été commis dans le passé par un petit nombre d'individus".

C.I. (avec Reuters)
leJDD.fr

Jeudi 14 Mai 2009


n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Fin - : Le Programme Guerrier D'Obama.

n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Fin - : Le Programme Guerrier D'Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 437                                                           28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1-6 Mike Malloy : Voilà L'Amérique Qu'Obama veut Cacher.

1-7 Tzvetan Todorov : De braves américains devenus tortionnaires.

1-8 Les réactions après que : Le département de la Justice des États-Unis a rendu publics quatre notes de service secrètes de l'administration Bush.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Rappel: Les faits et non le blabla!

2-2 Condoleezza Rice, criminelle de guerre, tu n'es pas la bienvenue au Canada!

2-3 Joelle Penochet : Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans.

Obama Gang

1-6 Mike Malloy : Voilà L'Amérique Qu'Obama veut Cacher.

Sadique...Violente... Inhumaine

Sadique, Violente, Inhumaine - Vidéos De Garçons Irakiens Violés, Sodomisés Qui Hurlent -

Elles doivent être horribles. Tellement violentes, en fait, tellement obscènes, allant à l'encontre de tout principe basique de décence humaine, au point que le Président Barack Obama a cherché aujourd'hui à bloquer la divulgation de centaines d'images montrant des prisonniers en Irak et en Afghanistan maltraités, violés, torturés. Il a changé sa décision - ll était en faveur de la décision de publier plus de preuves de ces crimes de guerre commis sur ordre de W. Bush et Dick Cheney - après que des commandants militaires l'aient mis en garde sur le fait que les images pourraient enflammer le sentiment anti américain et mettre en danger les troupes US.
Mais, c'est bien pire que cela.

La réalité la voilà : le sentiment anti américain ne peut pas être plus "enflammé" qu'il ne l'est déjà au Moyen Orient, en Afghanistan, et au Pakistan. Notre politique de bombardements sans distinction, après qu'une "cible" ait été repérée, a causé la mort de centaines d'hommes, femmes et enfants à la fois au Pakistan et en Afghanistan.

Notre politique de fournir des armes de terreur- tel les bombes au phosphore blanc , les avions de combat sophistiqués, les masses de tanks capables de détruire tout sur leur passage, les explosifs emballés dans de l'uranium appauvri- pour être utilisés par Israël contre une population palestinienne sans défense, est connue partout au Moyen Orient, partout dans le monde, à l'exception, bien sûr, d'ici aux Etats Unis.
Non. La publication des photos et vidéos dont il est question fera certainement plus que "d'enflammer le sentiment anti américain et mettre en danger les troupes US". Si on doit croire les articles qui ont commencé à circuler il y a 4 ans, des articles de journalistes d'investigation tels Seymour Hersh, la publication de ces images déclenchera une vague de haine anti américaine qui mettra en danger les vies non seulement des soldats US, mais également les vies de tous les Américains, civils, de même que le personnel militaire. Hersh, qui a aidé à révéler le scandale, a dit lors d'une intervention devant une convention de l'ACLU :  " Il y a certaines des pires choses qui se sont passées et dont vous n'avez pas connaissance, OK ?

Vidéos, où il y a des femmes dedans. Certains d'entre vous on peut être lu qu'elles faisaient passer des lettres, des messages à leurs hommes...

Les femmes envoyaient des messages disant : " s'il te plait vient me tuer, à cause de ce qui s'est passé".

En fait ce qui s'était passé c'est que ces femmes avaient été arrêtées avec leurs jeunes garçons/enfants dans des cas qui ont été enregistrés. Les garçons ont été sodomisés, la caméra tournant. Le pire dans toutes ces vidéos que votre gouvernement possède, c'est le son de ces garçons hurlant. Ils (les membres de la famille criminelle des Bush) sont complètement terrorisés par le fait que cela va être dévoilé."
Lors de la conférence de presse d'aujourd'hui à la Maison Blanche, le secrétaire de presse, Robert Gibbs, a dit aux reporters que le Président était inquiet que la publication des images puisse poser une menace à la sécurité nationale.

En d'autres termes, ces photos et vidéos non publiées montrent des actes de dégénérescence tellement vile qu'il n'y a aucune manière de les expliquer ou de les rationaliser.

Elles contiennent des images d'enfants - certains d'entre eux des enfants de détenus - violés et sodomisés comme moyens pour obtenir des confessions des détenus adultes afin qu'ils révèlent les liens entre Saddam Hussein et Al - Qaeda, point sur lequel ont insisté Dick Cheney et George. W. Bush pour justifier les ordres qu'ils ont donné d'envahir et d'occuper l'Irak. "Des enfants de détenus violés et sodomisés comme moyens d'obtenir des confessions".

Il y a cinq ans, témoignant devant le Congrès, Donald Rumsfeld, l'ancien secrétaire à la défense, tout aussi criminel, a dit que les photos et vidéos non montrées contiennent des actes " qu'on peut seulement décrire comme typiquement sadiques, cruels et inhumains".
Il y a deux mois, Hersh, parlant à l'Université du Minnesota, a dit ce qui suit en essayant de révéler encore plus à quel point Dick Cheney était incroyablement dépravé et hors la loi :
"Après le 11 Septembre, j'ai déjà écrit la dessus, mais la CIA a été trés impliquée dans des activités interieures contre des personnes qu'ils pensaient être des ennemis de l'état. Sans aucune autorité légale pour le faire. Ils n'ont pas encore eu à en répondre. Cela se passe encore aujourd'hui, là maintenant. Il y a eu une histoire publiée dans le New York Times qui, si vous l'a lisez attentivement mentionnait quelque chose de connu comme le Joint Special Operations Command - appelé le JSOC (Commandement des Opérations Conjointes Spéciales). C'est une branche spéciale de notre communauté menant des opérations spéciales qui fonctionne de manière indépendante. Ils ne rendent de comptes à personne, à l'exception à l'époque de Bush-Cheney, ils rendaient des comptes directement au bureau de Cheney. Ils ne rendaient pas de compte au chef d'état major des forces conjointes ou à Mr. (Robert) Gates, le secrétaire de la défense. Ils lui rendaient directement compte."
"... Le Congrès ne le supervise pas. Surtout, C'est un gang d'exécution d’assassinats, et cela se passe en continu. Juste aujourd'hui, dans le Times il y avait une histoire comme quoi son dirigeant, un amiral trois étoiles du nom de (William H.) McRaven, a donné l'ordre de mettre fin à cela car il y avait tellement de dommages collatéraux.

Sous l'autorité du président Bush, ils sont allés dans des pays, sans s'entretenir avec l'ambassadeur ou le chef local de la CIA, trouver des personnes inscrites sur une liste, il les exécutent puis s'en vont. Cela continue au nom de nous tous." (Caractères gras ajoutés par l'auteur).
Note
L'ancien chef du JSOC - le Lieutenant Général Stanley McChrystal a été nommé cette semaine en remplacement du général David McKiernan comme commandant US et commandant des forces de l 'OTAN en Afghanistan.
Torture de la CIA. Le viol et la sodomisation d'enfants. Envoyer des détenus dans des pays où les méthodes de torture sont médiévales à la fois dans les techniques utilisées et leur étendue. Des escadrons pour assassiner qui n'avaient de compte à rendre qu'à Dick Cheney. C'était votre pays. C'était votre pays aux mains d'un fou. C'est votre pays qui essaie désespérément de nier, de cacher, d'enterrer, les preuves de crimes de guerre d'une ampleur considérable.
Mike Malloy

13/05/09 –

 www.mikemalloy.com

http://www.planetenonviolence.org/Sadique,-Violente,-Inhumaine-Videos-De-Garcons-Irakiens-Violes,-Sodomises-Qui-Hurlent-Voila-L-Amerique-Qu-Obama-Veut_a1909.html?preaction=nl&id=8073564&idnl=50231&



Lire la suite

29/05/2009

n°436 - Journal d'Irak - 12-05 au 25-05 : - Début- : La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.

n°436 - Journal d'Irak - 12-05 au 25-05 : - Début- : La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.



              Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Les analyses des auteurs  doit être considérée comme un acte de résistance et une contribution à l'information face à la dictature des médias, et des gouvernants.

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants ….

M.Hassan  : Au début de l’occupation, les Américains prétendaient que la résistance était le fait, principalement, des « Sunnites ». Maintenant, les « Sunnites » sont devenus… les » terroristes-islamistes » d’Al Qaeda

Vivre sous occupation c'est l'humiliation à chaque instant de sa vie. Résister à l'occupation c'est vivre libre

: Yasser Arafat

 



Journal d'Irak

n°436                 du 12/05                   au 28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


A consulter

Uruknet : informations sur l’Irak occupé

http://www.uruknet.info/?p=-5&l=e

Basrah.net : actualité de la résistance irakienne

http://www.albasrah.net/moqawama/english/iraqi_resistance.htm



Sommaire :

Tiré à part :

Le juge Linares abandonne les poursuites contre le gouvernement.

Le criminel Cheney affirme qu'il reprendrait les mêmes décisions.

Paroles & action du président...

Obama s'oppose à la constitution d’une commission indépendante sur l'ère Bush

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

Suite

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Vidéo : Guerre en Irak par les troupes US.

5-2 Brzezinski : The Grand Chessboard.

5-3 Noam Chomsky : Comment gérer une ‘crise’…

5-4 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les guerres.

Fin

6 Les brèves

6-1 La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.

6-2 Gilles Munier : La révolte des mercenaires du Sahwa.

6-3 Des services secrets étrangers aux côtés des Etats-Unis.

6-4 L'Irak veut l'aide de ses voisins pour ne pas mourir de soif et de chaleur.



Tiré à part :

Le juge Linares abandonne les poursuites contre le gouvernement.

Deux mères de soldats américains servant en Irak ont été déboutées de leur plainte contre le gouvernement, mettant en cause la constitutionnalité de la guerre en Irak.

Les deux femmes et le groupe New Jersey Peace Action soutiennent que Bush a outrepassé ses pouvoirs en envahissant l'Irak en 2003 sans déclarer formellement la guerre au pays.

Le juge de district Jose Linares a rejeté leur requête mardi.

Le juge Linares s'est aligné sur le point de vue du gouvernement, selon lequel les tribunaux n'ont pas compétence à juger d'une question essentiellement politique.

Le juge écrit par ailleurs qu'interpréter les volontés du Congrès n'est pas de son ressort.

AP

Le criminel Cheney affirme qu'il reprendrait les mêmes décisions.

L'ancien vice-président Dick Cheney a affirmé jeudi qu'il soutenait la politique menée par l'administration Bush et qu'il reprendrait les mêmes décisions "sans hésitation".

"Aujourd'hui, je veux vous exposer la réflexion stratégique derrière notre politique," a-t-il déclaré devant un groupe de réflexion conservateur, American Enterprise Institute.

"Je le fais comme quelqu'un qui a été là chaque jour de l'administration Bush, qui a soutenu les décisions prises et qui les reprendrait sans hésitation dans les mêmes circonstances", a assuré l'ancien vice-président.

(AFP /

21 mai)  



Paroles & action du président...

Obama s'oppose à la constitution d’une commission indépendante sur l'ère Bush

Pas de commission indépendante sur les pratiques antiterroristes controversées de l'ère Bush.

Obama : "je me suis opposé à la création d'une telle commission parce que je crois que les institutions démocratiques existantes sont suffisamment fortes pour que la justice soit respectée", a dit M.Obama.

.Obama a noté que "certains Américains sont en colère quand ils pensent aux agissements des huit dernières années". Mais il a affirmé la nécessité de se "concentrer sur l'avenir".(…)

Le président a souligné que cela n'excluait pas des enquêtes de la part du Congrès ou du ministère de la Justice.(…)

(ats / 21 mai)



L'Irak en chiffre: du 12-05 au 28-05-09


 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

39 + x

82 + x

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

11 + x

9  +  x

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

24

32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La résistance contre l'agresseur

Analyse & déclaration

a) Résistance :

Le chef présumé d'Al-Qaïda en Irak dément son arrestation

L'arrestation de Bagdadi a été annoncée fin avril par un porte-parole militaire irakien et confirmée ensuite par le gouvernement de Nouri al-Maliki qui l'a présenté comme le "chef diabolique" d'Al-Qaïda en Irak, responsable de dizaines d'attentats suicide dans le pays.

Abou Omar al-Bagdadi (chef présumé d'Al-Qaïda en Irak) a nié avoir été arrêté par les autorités irakiennes, dans un enregistrement sonore diffusé mardi par le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE)…

"Mentir est une habitude des colaborateurs connus pour leur immoralité et leur méchanceté", affirme encore la voix attribuée à Bagdadi . "Il ne faut pas croire leurs promesses. Pour eux, vous êtes des ennemis et il est permis de saisir vos biens et de faire couler votre sang".

Selon l'Etat islamique d'Irak, l'homme dont l'image a été diffusée par les télévisions irakiennes et présenté comme Abou Omar al-Bagdad, lui est inconnu.

 "Ce qui a été montré n'est qu'une pièce de théâtre, dont l'un des actes a été écrit par les agents de la +Maison Noire+ (la Maison Blanche, ndlr) et joué en public par ses esclaves", ajoute le communiqué.

L'armée américaine a affirmé depuis qu'elle ne pouvait pas "confirmer la capture ou l'arrestation d'al-Bagdadi".

Ce personnage très mystérieux, qui n'avait jamais été vu, est présenté par Al-Qaïda comme le "commandeur des croyants" du califat autoproclamé par le réseau en octobre 2006, l'Etat islamique d'Irak.

L'armée américaine l'aurait présenté comme un leader "fictif" à la tête d'une simple "organisation virtuelle" n'ayant d'existence que sur internet et créée à des fins de propagande pour masquer la prééminence des jihadistes étrangers de la branche irakienne d'Al-Qaïda.

AFP

12 mai



b) Troupes d'occupation : Analyse & déclaration

Etats-Unis

 Les forces américaines pourraient rester en Irak au-delà de 2012, selon le général Casey

Les Etats-Unis pourraient maintenir des forces combattantes en Irak et en Afghanistan pendant une décennie, a déclaré le chef de l'armée de terre américaine, même si un accord signé exige le retrait de l'ensemble des forces américaines d'Irak d'ici 2012.

"La tendance au niveau mondiale pousse dans la mauvaise direction. Et ces changements vont radicalement changer le mode de fonctionnement de l'Armée", a dit Casey

Le général Casey n'a fourni aucun détail sur la répartition des forces américaines entre l'Irak et l'Afghanistan, précisant simplement que le général Ray Odierno présidait un groupe de travail pour déterminer comment réduire les troupes sur ces deux fronts tout en restant efficace.

Casey a souligné que ses commentaires sur le conflit irakien n'entendaient en rien entrer en conflit avec les positions de l'administration Obama..

Les Etats-Unis ont 139.000 soldats en Irak et 52.000 en Afghanistan.

27-05

http://www.aloufok.net/spip.php?article549



2-1 Occupation de l'Irak

Les forces en présence

Etats-Unis

139 000 soldats déployés


Collaborateurs

 92.000 membres des "Sahwa".


Mercenaires

Plus de 163 000..



Politique

a) des collaborateurs Irakiens

Confection d'un gouvernement fantoche

Législatives irakiennes : le 30 janvier 2010.

Les élections législatives irakiennes auront lieu le 30 janvier 2010, a annoncé à l'AFP lundi le vice-président du Parlement, Khaled al-Attiya.

"Sur requête du président du Parlement, la Cour suprême a fixé au 30 janvier 2010 la date des prochaines élections législatives", a déclaré M. Attiya.

Certains députés réclamaient une prolongation de la législature, qui est de quatre ans en Irak.

Pour trancher cette question le président du Parlement, Iyad al-Samarraï, a saisi la Cour suprême.

Les législatives en Irak sont présentées par les Etats-Unis comme une étape cruciale pour la reconstruction du pays.

(AFP / 18 mai


Sur le terrain

Irak: près de 25% de la population sous le seuil de pauvreté.

Près d'un Irakien sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, selon une étude publiée mercredi par l'Autorité centrale des statistiques (CSA), un organisme public irakien.

Selon l'étude, 23% des 27 millions d'habitants vivent dans la pauvreté et la plupart se trouvent en zones rurales, a précisé le porte-parole de la CSA, Abdul-Zahra Hendawi. Les trois provinces kurdes autonomes du nord du pays présentent les taux de pauvreté les plus bas.

L'étude attribue l'ampleur de la pauvreté en Irak aux mauvaises infrastructures, à la corruption et à un chômage élevé. M. Hendawi précise toutefois que le système de rations alimentaires en vigueur dans le pays a aidé à contenir la pauvreté.

"Nous nous attendions à un pourcentage plus élevé, mais le système de rations aide apparemment les pauvres à faire face à la situation", a-t-il déclaré à l'Associated Press. En vertu de ce dispositif, tous les Irakiens se voient remettre des cartes de rations alimentaires leur permettant d'acheter dix articles -sucre, farine, riz, lait en poudre, huile, thé, haricots, lait pour bébé, savon et détergent- pour un prix modique.

La province de Muthanna (sud) affiche le taux de pauvreté le plus élevé (49%). Le taux le plus bas (3%) a été enregistré dans la province de Sulaiminiyah (nord). Ont été considérés comme pauvres par l'étude les Irakiens vivant avec moins de 2,50 dollars (1,80 euro) par jour.

http://www.aloufok.net/spip.php?article529

 20 Mai 2009 - Avec les agences de presse )


Politique intérieure & extérieure

18-05

Le Parlement n'a ainsi toujours pas adopté la loi sur les hydrocarbures, qui doit notamment régir la répartition des revenus de l'exploitation des ressources du pétrole de l'Irak, les troisièmes au monde.

 (AFP)



b) Les occupants 

1) Usa

Déclaration du quatuor : Obama -Rice-Clinton-Cheney

Obama

Obama va annoncer une réforme des tribunaux.
Le président américain Barack Obama annoncera vendredi une réforme des tribunaux militaires chargés de juger les terroristes présumés, mis en place sous l'ère Bush, a annoncé jeudi soir un responsable.
Selon ce responsable qui a requis l'anonymat, M. Obama a décidé de rétablir les commissions militaires créées par son prédécesseur tout en améliorant les garanties légales des prévenus.
Peu après son investiture en janvier, le président Obama avait gelé jusque fin mai les tribunaux militaires d'exception à Guantanamo. Le nouveau président avait également signé un décret ordonnant la fermeture de la prison de Guantanamo d'ici le 22 janvier 2010.
Le nouveau cadre légal prévoit des restrictions sur l'usage des dépositions sur la foi d'autrui contre les prisonniers. Il doit aussi modérer les preuves que
la CIA a obtenues par des techniques d'interrogatoire controversées, telle la simulation de la noyade.
La réforme concernera, en autres, cinq détenus soupçonnés d'avoir joué un rôle clé dans les attentats du 11 septembre 2001, dont Khalid Sheikh Mohammed, cerveau auto-revendiqué de ces attaques.
Jeudi, le Wall Street Journal annonçait que l'administration américaine envisageait de transférer sur le sol des Etats-Unis des détenus de la base de Guantanamo.
Devenu le symbole controversé de la "guerre contre le terrorisme" de l'ex-président George W. Bush, Guantanamo est située sur une base navale que les Etats-Unis louent à Cuba depuis le début du XXe siècle.
En sept ans, près de 800 hommes et adolescents ont été détenus à Guantanamo, dont seulement une vingtaine ont été inculpés de crimes de guerre et trois jugés par les tribunaux d'exception. Il y reste 241 détenus, dont 60 déclarés libérables.

15-05

http://www.lematin.ch/flash-info/monde/obama-va-annoncer-reforme-tribunaux-juger-terroristes

 

Torture : Obama refuse la publication de photos

Dans un souci de transparence, un juge avait ordonné la divulgation des clichés…

Obama est revenu hier sur sa position de publier 44 nouvelles photos de prisonniers torturés par la CIA dans les prisons américaines d’Afghanistan et d’Irak sous le règne de l’administration Bush.

Pour justifier ce revirement, l’administration fait valoir la crainte d’une nouvelle explosion de sentiments antiaméricains à travers le monde. (…)

Le président «pense que la publication de ces photos […] ne ferait qu’enflammer les théâtres de guerre, mettrait les troupes américaines en danger et rendrait notre tâche plus difficile dans des endroits comme l’Irak et l’Afghanistan», écrit la Maison Blanche.

La publication des photos avait été ordonnée par un juge fédéral, après la requête de l’Union américaine pour les libertés civiles.

Cette publication devait intervenir avant le 28 mai. L’administration Obama n’avait alors rien objecté.

A peine annoncée, cette décision a jeté la consternation dans les milieux de défense des libertés civiles et auprès des partisans d’un président qui avait promis la transparence.

Depuis son arrivée au pouvoir, Barack Obama est pris entre le marteau et l’enclume sur cette question de la torture héritée de l’administration précédente.

A la surprise générale, il avait fait publier quatre notes internes de l’administration Bush détaillant par le menu les pratiques d’interrogatoire pour le moins musclées utilisées par les agents de la CIA, s’attirant les foudres du parti républicain.

L’ancien vice-président Dick Cheney s’est même lancé depuis dans une guerre ouverte contre Obama, faisant le siège des chaînes de télévision et l’accusant ni plus ni moins de mettre le pays en danger.

Faucons.

Cette reculade ne manquera pas d’être perçue comme une concession aux anciens faucons de la Maison Blanche.

D’autant que les sénateurs (…) Joe Lieberman et Lindsay Graham, deux partisans de la première heure de la guerre en Irak, avaient demandé à Obama qu’il renonce à la publication des clichés.

Maria Pia Mascaro 

http://www.liberation.fr/monde/0101567143-torture-obama-refuse-la-publication-de-photos?xtor=EPR-450206 


Rice

Implication directe de Rice dans l'autorisation de la torture.

Un comité sénatorial révèle l'implication directe de Condoleezza Rice dans l'autorisation de la torture

Le comité du Sénat américain sur le service de renseignement a affiché sur son site le 22 avril un compte rendu déclassifié d'avis juridiques du département de la Justice sur le programme de détention et d'interrogation de la CIA.

Selon ce document, en juillet 2002 la conseillère à la sécurité nationale des États-Unis, Condoleezza Rice, aurait directement approuvé une requête de la CIA de soumettre le présumé terroriste Abu Zubaydah à la simulation de noyade (« waterboarding »).

Le document en question constitue jusqu'à présent le compte rendu le plus détaillé de la chaîne d'événements qui ont mené à la préparation et à l'autorisation du programme de torture de la CIA par les plus hauts échelons de l'administration Bush. On y découvre également, selon la presse, que les avis juridiques dissidents d'intervenants préoccupés par « la sévérité des méthodes d'interrogation » ont été écartés à maintes reprises.

Selon le document :

- La CIA, s'appuyant sur la supposition que le présumé agent de al-Qaïda Abu Zabaydah avait en date d'avril 2002 des informations concernant un danger imminent, a utilisé contre lui différentes « techniques d'interrogation » trois mois avant d'en obtenir l'autorisation.

- Lors d'une rencontre avec le directeur de la CIA George Tenet en juillet 2002, Rice l'a avisé que la CIA pouvait donner suite à sa proposition d'interrogation moyennant l'approbation du département de la Justice.

- Le département de la Justice a approuvé l'utilisation de la simulation de noyade dans un mémo top-secret du 1er août 2002, soit quelques jours après que Rice eût donné son approbation à George Tenet. Zubaydah a subi la simulation de noyade au moins 83 fois en août 2002.

- Plusieurs membres du comité sénatorial sur le service de renseignement ont été mis au fait de la torture utilisée contre Zubaydah et Khalid Mohammed en 2002 et 2003.

- Au printemps 2003, Tenet a demandé une confirmation de la légalité de l'emploi de la torture. Le vice-président Dick Cheney, Rice, le secrétaire à la Justice John Ashcroft et le conseiller de la Maison blanche Alberto Gonzales sont parmi ceux qui étaient présents à une réunion où il fut décidé que la pratique pouvait continuer.

- Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et le secrétaire d'État Colin Powell n'étaient pas à la réunion du printemps 2003, mais la CIA les a mis au courant de l'emploi de la torture en septembre 2003.

- Un an plus tard, la CIA a mis au courant plusieurs hauts représentants de l'emploi de la simulation de noyade et d'autres méthodes de torture, dont madame Rice, monsieur Cheney et le secrétaire à la Justice John Ashcroft. Les hauts représentants ont « réaffirmé que le programme de la CIA était légal et reflétait la politique de l'administration », lit-on dans le rapport sénatorial.

Durant les années qui ont suivi, l'emploi de la torture par la CIA a fait l'objet de plusieurs examens juridiques internes durant lesquels, selon le compte rendu déclassifié, des avocats du gouvernement ont exprimé des réserves sur la légalité des « méthodes d'interrogation », en particulier la simulation de noyade, qui pourraient enfreindre les lois sur la torture et la constitution des États-Unis. Mais les avocats de l'administration Bush ont tout de même validé le programme de la CIA.

Le compte rendu contredit le témoignage de Rice au comité sénatorial sur les services militaires l'année dernière, lorsqu'elle a dit que son rôle était purement de nature bureaucratique, ayant assisté à des rencontres sur la demande de la CIA sans se souvenir de requêtes spécifiques. Voici un extrait du rapport du 18 décembre 2008 du comité sénatorial sur les services armés examinant l'utilisation de techniques appelées « Survival Resistance and Escape » (SERE) :

« La secrétaire d'État Condoleeza Rice, qui était alors conseillère à la Sécurité nationale, a dit qu'"au printemps 2002 elle a demandé au Conseil de la sécurité nationale l'autorisation de commencer un programme d'interrogation pour terroristes de al-Qaïda de haut niveau". La secrétaire Rice a dit qu'elle avait demandé au directeur de la CIA George Tenet de mettre au courant les principaux responsables du Conseil de sécurité nationale du programme et demandé au secrétaire à la Justice John Ashcroft de "revoir personnellement et de confirmer l'avis juridique préparé par le Office of legal Counsel". Elle a également dit que le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a participé à l'examen du programme de la CIA par le Conseil de sécurité nationale.

« Lorsqu'on lui a demandé si elle avait assisté à des réunions où la formation pour l'emploi des techniques SERE a été discutée, la secrétaire Rice a déclaré qu'elle se souvient qu'on lui a dit que des membres des effectifs de l'armée américaine ont subi une formation pour l'emploi de "certaines techniques physiques et psychologiques d'interrogation". »

Dans un communiqué accompagnant la publication du compte rendu, l'ex-président du comité sénatorial Jay Rockefeller a dit que la déclassification des « avis sur l'interrogation et la détention » « n'est pas complète » et a demandé qu'on accélère la déclassification d'autres avis de 2006 et 2007 qui montreront selon lui comment les représentants du département de la Justice de l'administration Bush ont interprété les lois sur la torture et les crimes de guerre. Rockefeller a noté que la déclassification du compte rendu a été approuvée par le département de la Justice, le directeur du National Intelligence et la CIA à la fin de 2008, mais le Conseil de sécurité nationale de l'administration Bush n'étaient pas d'accord et l'a interdite.

S'adressant aux journalistes en rapport avec la publication du compte rendu, le secrétaire à la Justice Eric Holder a déclaré qu'il suivra la preuve « partout où elle nous amènera », en référence à la possibilité de traduire en justice les représentants de l'administration Bush qui ont autorisé la torture. Or, le président Barack Obama a dit auparavant qu'aucun représentants du gouvernement ne serait traduit en justice et a déclaré son opposition à une quête sur le programme de torture, en disant qu'« on ne gagnera rien à passer notre temps à chercher qui blâmer pour le passé ».

(Sources : The Age (Australie), McClatchy Newspapers, BBC, Senate Armed Services Committee)


Lire la suite