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17/04/2009

n°27 - Les dossiers des Guerres de l'Otan- 16-04 -Fin- :L'OTAN : Une arme de destruction massive


n°27 - Les dossiers des Guerres de l'Otan- 16-04 -Fin- :L'OTAN : Une arme de destruction massive


Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 27- 16-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Pepe Escobar : Guerre liquide : Bienvenue au Pipelineistan.

3-2 Sergueï Karaganov : Moscou-Washington : aller au-delà d’un « redémarrage »

3-4 Michael Averko : Au carrefour des corridors de pipelines stratégiques : le conflit du Haut-Karabagh.

 



 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Pepe Escobar : Guerre liquide : Bienvenue au Pipelineistan.

Ce qui se passe sur l’immense champ de bataille pour le contrôle de l’Eurasie permettra de comprendre l’intrigue qui se déroule dans la ruée tumultueuse vers un nouvel ordre mondial polycentrique, connue également sous le nom de « Nouvelle Partie Formidable » [New Great Game]

Comme toujours à la remorque de l’impérialisme américain, la France envoie ses soldats en Afghanistan servir de supplétifs et de chair à canon pour les beaux yeux de l’oncle Sam ...

Notre bonne vieille amie, l’absurde « guerre mondiale contre la terreur » que le Pentagone a malicieusement rebaptisée « la Longue Guerre », porte en elle une jumelle beaucoup plus importante, même si cette dernière est à moitié cachée - la guerre mondiale pour l’énergie. J’aime la désigner sous le nom de Guerre Liquide, parce que son circuit sanguin est constitué des pipelines qui s’entrecroisent sur les champs de bataille impériaux potentiels de la planète. Pour le dire autrement, si sa lisière essentielle, assaillie ces temps-ci, est le Bassin de la Caspienne, l’ensemble de l’Eurasie est son échiquier. Au plan géographique, pensez-y comme du Pipelineistan.

Tous les junkies géopolitiques ont besoin de leur dose. Moi, depuis la seconde moitié des années 90, c’est aux pipelines que je suis devenu accro. J’ai traversé la Caspienne dans un bateau-cargo azéri juste pour suivre le pipeline Bakou/Tbilissi/Ceyhan à 4 milliards de dollars, mieux connu dans cette partie d’échec sous son acronyme « BTC », qui traverse le Caucase. (Au fait, soit dit en passant, la carte du Pipelineistan est gribouillée de sigles, alors mieux vaut vous y habituer !)

J’ai également sillonné diverses Routes de la Soie modernes qui se chevauchent - ou, peut-être, des Pipelines de la Soie -, de possibles futurs flux d’énergie depuis Shanghai jusqu’à Istanbul, annotant mes propres itinéraires bricolés pour le GNL (gaz naturel liquéfié). J’avais l’habitude de suivre avec ferveur les aventures de ce Roi-Soleil d’Asie Centrale, ce président à vie sans avenir, le Turkmenbachi aujourd’hui décédé, « le dirigeant des Turkmènes », Saparmourat Niazov, à la tête de la République du Turkménistan, immensément riche en gaz, comme s’il avait été un héros à la Conrad.

A Almaty, l’ancienne capitale du Kazakhstan (avant que celle-ci ne soit déplacée à Astana, au milieu de nulle part), les habitants étaient perplexes lorsque j’exprimais l’envie irrésistible de me rendre en voiture dans cette ville pétrolière en plein essor, Aktau. (« Pourquoi ? Il n’y a rien là-bas ».) Entrer dans la salle de commandement, façon Odyssée de l’Espace, du siège moscovite du géant russe de l’énergie Gazprom - qui détaille par affichage numérique le moindre pipeline d’Eurasie - ou au siège de la Compagnie Nationale du Pétrole Iranien à Téhéran, avec ses rangs bien alignés d’expertes en tchador des pieds à la tête, équivalait pour moi à entrer dans la caverne d’Ali Baba. Et ne jamais lire les mots « Afghanistan » et « pétrole » dans la même phrase est toujours pour moi une source d’amusement.

L’année dernière, le pétrole valait l’équivalent d’une rançon de roi. Cette année, il est relativement bon marché. Mais ne vous méprenez pas ! Le prix n’est pas la question ici. Que vous le vouliez ou non, l’énergie est toujours ce sur quoi tout le monde veut mettre la main. Alors, considérez ce reportage comme étant juste le premier épisode d’une très longue histoire de quelques-uns des coups qui ont été portés - ou seront portés - dans cette Nouvelle Partie Formidable d’une complexité exaspérante, qui a cours de façon incessante, peu importe quoi d’autre s’immisce cette semaine dans les gros titres.

Oubliez l’obsession des médias du courant dominant avec al-Qaïda, Oussama ben Laden « mort ou vif », les Taliban - néo, modérés ou classiques - ou cette « guerre contre la terreur », quel que soit le nom qu’on lui donne. Ce sont des diversions comparées aux enjeux élevés de cette partie pure et dure de géopolitique qui se déroule le long des pipelines de la planète.

Qui a dit que le Pipelineistan ne pouvait pas être amusant ?

Dr Zbig entre en scène

Dans son œuvre maîtresse de 1997 The Grand Chessboard [Le Grand Echiquier], Zbigniew Brzezinski - extraordinaire praticien de la real-politique et ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter, le président qui a lancé les Etats-Unis dans ces guerres modernes pour l’énergie - a exposé avec quelques détails juste la façon de s’accrocher à la « suprématie mondiale » américaine. Plus tard, son plan d’ensemble allait dûment être copié par cette bande redoutable de Docteurs No, rassemblés au Project for a New American Century de Bill Kristoll. (Le PNAC, au cas où vous auriez oublié ce sigle depuis que son site internet a fermé et que ses partisans sont tombés)[1].

Pour Dr Zbig, qui, comme moi, se shoote à l’Eurasie - c’est-à-dire, en pensant grand - tout se réduit à encourager l’émergence du bon groupe de « partenaires stratégiquement compatibles » pour Washington, dans les endroits où les flux énergétiques sont les plus forts. Cela, comme il l’a si délicatement formulé à l’époque, devrait être accompli pour façonner « un système de sécurité trans-eurasien plus coopératif ».

A présent, Dr Zbig - dont parmi les fans se trouve évidemment le Président Barack Obama - a dû remarquer que le train eurasien qui devait livrer les biens énergétiques a légèrement déraillé. La partie asiatique de l’Eurasie semble voir les choses différemment.

Crise financière ou non, le pétrole et le gaz naturel sont les clés à long terme du transfert inexorable du pouvoir économique de l’Ouest vers l’Asie. Ceux qui contrôlent le Pipelineistan - et malgré tous les rêves et les projets qui sont faits là-bas, il est improbable que ce sera Washington - auront le dessus sur tout ce qui arrivera et il n’y a pas un terroriste au monde ou même une « longue guerre » qui puisse changer cela.

L’expert en énergie Michael Klare a contribué à identifier les vecteurs clés de la course sauvage qui se déroule actuellement pour prendre le pouvoir sur le Pipelineistan. Ceux-ci vont de la pénurie croissante des ressources énergétiques primaires (et de la difficulté d’y accéder) aux « développements douloureusement lents d’alternatives énergétiques ». Bien qu’on ne l’ait peut-être pas remarqué, les premières escarmouches dans la Guerre Liquide du Pipelineistan ont déjà commencé et, même dans la pire période économique, le risque monte constamment, étant donné la concurrence acharnée que se livrent l’Ouest et l’Asie, tant au Moyen-Orient que sur le théâtre de la Caspienne ou dans les Etats pétroliers d’Afrique, comme l’Angola, le Nigeria et le Soudan.

Dans ces premières escarmouches du 21ème siècle, la Chine a vraiment réagi très rapidement. Avant même les attaques du 11 septembre 2001, les dirigeants chinois ont élaboré une riposte à ce qu’ils voyaient comme une intrusion reptilienne de l’Occident sur les terres pétrolières et gazières d’Asie Centrale, en particulier dans la région de la Mer Caspienne. Pour être précis, en juin 2001, les Chinois se sont joints aux Russes pour former l’Organisation de la Coopération de Shanghai. Son sigle, OCS, doit être mémorisé. On n’a pas fini d’en parler.

A l’époque, fait révélateur, les membres juniors de l’OCS étaient les « Stans », ces anciennes républiques de l’URSS riches en pétrole - le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan - que l’administration Clinton et, après elle, l’administration de George W. Bush, dirigée par d’anciens barons de l’industrie pétrolière, zyeutaient avec convoitise. L’OCS devait être une association de coopération économique et militaire régionale à plusieurs niveaux, laquelle, ainsi que les Chinois et les Russes la voyait, fonctionnerait comme une sorte de couverture de sécurité autour de la bordure septentrionale de l’Afghanistan.

L’Iran est évidemment un nœud énergétique crucial de l’Asie Occidentale et les dirigeants de ce pays, eux non plus, n’allaient pas rester à la traîne dans cette Nouvelle Partie Formidable. L’Iran a besoin d’au moins 200 milliards de dollars d’investissements étrangers pour moderniser véritablement ses fabuleuses réserves pétrolières et gazières - et il vend donc beaucoup plus [de pétrole] à l’Occident que ne le permettent actuellement les sanctions imposées par les Etats-Unis.

Il ne faut pas s’étonner que l’Iran soit rapidement devenu la cible de Washington. Il n’est pas étonnant non plus que tous les likoudniks, de même que l’ancien vice-président Dick Cheney (« le pêcheur ») et ses chambellans et compagnons d’armes néoconservateurs, se masturbent à l’idée d’une attaque aérienne contre ce pays. Comme le voient les élites, de Téhéran à Delhi et de Pékin à Moscou, une telle attaque de la part des Etats-Unis, à présent improbable au moins jusqu’en 2012, serait une guerre non seulement contre la Russie et la Chine, mais contre l’ensemble du projet d’intégration asiatique que l’OCS entend représenter.

Le BRIC-à-brac mondial

Pendant ce temps, alors que l’administration Obama essaye de réparer sa politique iranienne, afghane et centre-asiatique, Pékin continue de rêver d’une version énergétique sûre et coulant à flot depuis l’ancienne Route de la Soie, qui s’étend du Bassin de la Caspienne (les Stans riches en hydrocarbures, plus l’Iran et la Russie) jusqu’à la province du Xinjiang, à l’extrême ouest de la Chine.

Depuis 2001, l’OCS a élargi ses objectifs et ses compétences. Aujourd’hui, l’Iran, l’Inde et le Pakistan bénéficient du « statut d’observateurs » dans une organisation dont l’objectif consiste de plus en plus à contrôler et à protéger non seulement les approvisionnements énergétiques régionaux, mais le Pipelineistan dans toutes les directions. C’est évidemment le rôle que les élites de Washington aimeraient que l’OTAN joue dans toute l’Eurasie. Etant donné que la Russie et la Chine espèrent de leur côté que l’OCS jouera un rôle similaire à travers l’Asie, diverses sortes de confrontations sont inévitables.

Demandez à n’importe quel expert en rapport avec le sujet de l’Académie Chinoise de Sciences Sociales à Pékin et il vous dira que l’OCS devrait être comprise comme une alliance historiquement unique de cinq civilisations non occidentales - russe, chinoise, musulmane, hindou et bouddhiste - et, à cause de cela, capable d’évoluer en un cadre pour un système collectif de sécurité en Eurasie. Il est certain que cette façon de voir mettra mal à l’aise les stratèges globaux classiques de l’establishment à Washington, comme le Dr Zbig et le conseiller à la sécurité nationale du Président George H W Bush, Brent Scowcroft.

Selon le point de vue de Pékin, l’ordre mondial du 21ème siècle en train de s’installer sera significativement déterminé par un quadrilatère de pays, le BRIC - pour ceux d’entre vous qui collectionnez à présent les sigles de la Nouvelle Partie Formidable, cela veut dire : Brésil, Russie, Inde et Chine -, plus le futur triangle islamique constitué de l’Iran, de l’Arabie Saoudite et de la Turquie. Ajoutez-y une Amérique du Sud unifiée, qui n’est plus sous l’emprise de Washington, et vous aurez une OCS-plus mondiale. En théorie, du moins, c’est un rêve à indice d’octane élevé.

La clé pour que cela se produise est la poursuite de l’entente cordiale sino-russe.

Déjà en 1999, observant l’OTAN et les Etats-Unis qui s’étendaient agressivement dans les lointains Balkans, Pékin a identifié cette nouvelle partie pour ce qu’elle était : une guerre en développement pour l’énergie. Et, en jeu, étaient les réserves de pétrole et de gaz naturel de ce que les Américains allaient bientôt appeler « l’arc d’instabilité », une vaste bande de terre s’étendant de l’Afrique du Nord jusqu’à la frontière chinoise.

Non moins importants allaient être les itinéraires que les pipelines emprunteraient pour acheminer vers l’Ouest l’énergie enfouie dans ces terres. Là où ces pipelines seraient construits et les pays qu’ils traverseraient détermineraient une grande partie du monde à venir. Et c’est là où les bases militaires de l’empire américain (comme le Camp Bondsteel au Kosovo) rencontraient le Pipelineistan (représenté, loin en arrière, en 1999, par le pipeline AMBO).

AMBO, raccourci pour Albanian Macedonian Bulgarian Oil Corporation, une entité enregistrée aux Etats-Unis, construit un pipeline à 1,1 milliard de dollars, alias « le trans-Balkan », qui pourrait être achevé en 2011. Il fera venir le pétrole de la Caspienne vers l’Ouest, sans le faire passer ni par la Russie ni par l’Iran. En tant que pipeline, AMBO s’insère bien dans une stratégie géopolitique consistant à créer un quadrillage de sécurité énergétique contrôlée par les Etats-Unis. Ce quadrillage a d’abord été développé par le secrétaire à l’énergie de Bill Clinton, Bill Richardson, et plus tard par Dick Cheney.

Derrière l’idée de ce « quadrillage » repose le va-tout de la militarisation d’un couloir énergétique qui s’étirerait de la Mer Caspienne en Asie Centrale jusqu’à la Turquie, en passant par une série d’anciennes républiques soviétiques désormais indépendantes, et, de là, rejoindrait les Balkans (puis l’Europe). Ce quadrillage était destinée à saboter les plans énergétiques plus vastes, à la fois de la Russie et de l’Iran. AMBO lui-même acheminerait le pétrole depuis le bassin de la Caspienne vers un terminal situé dans l’ancienne république soviétique de Georgie dans le Caucase, le transportant ensuite par bateau citerne à travers la Mer Noire jusqu’au port bulgare de Burgas, où un autre pipeline assurerait la connexion jusqu’en Macédoine et ensuite jusqu’au port albanais de Vlora.

Quant au Camp Bondsteel, c’est la base militaire « durable » que Washington a gagnée des guerres pour les restes de la Yougoslavie. Ce serait la plus grande base à l’étranger que les Etats-Unis auraient construite depuis la guerre du Vietnam. La filiale d’Halliburton Kellogg Brown & Root l’aurait montée avec le Corps des Ingénieurs de l’Armée sur 400 hectares de terres agricoles près de la frontière macédonienne au sud du Kosovo.

Pensez-y comme d’une version conviviale cinq étoiles de Guantanamo avec des avantages pour ceux qui y sont stationnés, incluant massage thaïlandais et des tonnes de nourriture industrielle. Bondsteel est l’équivalent dans les Balkans d’un porte-avions géant immobile, capable d’exercer une surveillance non seulement sur les Balkans, mais également sur la Turquie et la région de la Mer Noire (considérée en langage néocon des années Bush comme « la nouvelle interface » entre la « communauté euro-atlantique » et le « grand Moyen-Orient »).

Comment la Russie, la Chine et l’Iran ne pouvaient-ils pas interpréter la guerre au Kosovo, puis l’invasion de l’Afghanistan (où Washington avait auparavant essayé de faire équipe avec les Taliban et encouragé la construction d’un autre de ces pipelines qui évitent l’Iran et la Russie), suivie par l’invasion de l’Irak (ce pays aux vastes réserves pétrolières) et, finalement, le conflit récent en Georgie (cette jonction cruciale pour le transport de l’énergie) comme des guerres directes pour le Pipelineistan ?

Bien que nos médias du courant dominant l’aient rarement imaginé de cette manière, les dirigeants russes et chinois y ont vu une « continuité » saisissante de la politique de l’impérialisme de Bill Clinton s’étendant à la « guerre mondiale contre la terreur » de Bush. Un retour de bâton, comme a prevenu publiquement le président russe d’alors Vladimir Poutine, était inévitable - mais c’est une autre histoire de tapis volant, une autre caverne dans laquelle nous entrerons une autre fois.

Nuit pluvieuse en Georgie

Si l’on veut comprendre la version washingtonienne du Pipelineistan, on doit commencer avec la Georgie, où règne la mafia. Bien que son armée ait été ratatinée dans sa récente guerre avec la Russie, la Georgie reste cruciale pour la politique énergétique de Washington, dans ce qui est désormais devenu un véritable arc d’instabilité - à cause de l’obsession continuelle [des Américains] de couper l’Iran des flux énergétiques.

C’est autour du pipeline BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan), ainsi que je le faisais remarquer en 2007 dans mon livre Globalistan, que la politique américaine s’est figée. Zbig Brzezinski en personne s’est envolé pour Bakou en 1995, en tant que « conseiller à l’énergie », moins de quatre ans après l’indépendance de l’Azerbaïdjan, pour vendre cette idée aux élites azéries. Le BTC devait partir du terminal de Dangachal, à une demi-heure de Bakou, et traverser la Georgie voisine jusqu’au terminal naval situé dans le port turc de Ceyhan, sur la Méditerranée.

A présent opérationnel, ce serpent de métal de 1.767 kilomètres de long et de 44 mètres de large passe à proximité de pas moins de six zones de guerre, en cours ou potentielles : Nagorno-Karabakh (une enclave arménienne en Azerbaïdjan), la Tchétchènie et le Daguestan (deux régions russes assiégées), l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie (où s’est déroulée en 2008 la guerre entre la Russie et la Georgie) et le Kurdistan turc.

D’un point de vue purement économique, le BTC n’avait aucun sens. Un pipeline « BTK », partant de Bakou et passant par Téhéran pour rejoindre l’Ile de Kharg en Iran, aurait pu être construit pour, toutes proportions gardées, presque rien - et il aurait eu l’avantage de contourner à la fois la Georgie corrompue par la mafia et l’Anatolie orientale instable peuplée de Kurdes. Cela aurait été le moyen réellement bon marché d’acheminer vers l’Europe le pétrole et le gaz de la Caspienne.

Cette Nouvelle Partie Formidable a fait en sorte que ce ne soit pas le cas et beaucoup de choses ont fait suite à cette décision. Même si Moscou n’a jamais prévu d’occuper la Georgie à long terme dans sa guerre de 2008 ou de prendre le contrôle du pipeline BTC qui traverse désormais son territoire, l’analyste pétrolier d’Alfa Bank, Konstantin Batounine, a fait remarquer l’évidence : en coupant brièvement le flux pétrolier du BTC, les soldats russes ont fait comprendre très clairement aux investisseurs mondiaux que la Georgie n’était pas un pays fiable pour le transit énergétique. Autrement dit, les Russes ont tourné en dérision le monde selon Zbig.

Pour sa part, l’Azerbaïdjan représentait jusqu’à récemment la véritable réussite dans la version étasunienne du Pipelineistan. Conseillé par Zbig, Bill Clinton a littéralement « volé » Bakou du « voisinage proche » de la Russie, en encourageant le BTC et les richesses qui en couleraient. Cependant, à présent, avec le message de la guerre russo-Georgienne qui s’est immiscé, Bakou s’autorise à nouveau à se laisser séduire par la Russie. Pour compléter le tableau, le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, ne peut pas piffer le président bravache de la Georgie, Mikhaïl Saakachvili. Ce n’est guère surprenant. Après tout, les manœuvres militaires irréfléchies de Saakachvili ont causé à l’Azerbaïdjan la perte d’au moins 500 millions de dollars lorsque le BTC a été fermé durant la guerre.

Le blitzkrieg de séduction russe pour l’énergie est également concentré comme un laser sur l’Asie Centrale. (Nous en parlerons plus en détail dans le prochain épisode du Pipelineistan.) Cette séduction tourne autour de l’offre d’acheter le gaz kazakh, ouzbek et turkmène aux prix européens, au lieu des prix précédents russes beaucoup plus bas. Les Russes, en fait, ont fait la même proposition aux Azéris : donc, à présent, Bakou négocie un accord impliquant plus de capacité pour le pipeline Bakou-Novorossisk, qui se dirige vers les frontières russes de la Mer Noire, tout en envisageant de pomper moins de pétrole pour le BTC.

Obama a besoin de comprendre les graves implications de tout ceci. Moins de pétrole azéri pour le BTC - sa pleine capacité est d’un million de barils par jour, essentiellement acheminés vers l’Europe - signifie que ce pipeline pourrait faire faillite, ce qui est exactement ce que veut la Russie.

En Asie Centrale, quelques-uns des plus gros enjeux tournent autour du champ pétrolier monstre de Kashagan situé dans le « léopard des neiges » d’Asie Centrale, le Kazakhstan, le joyaux absolu de la couronne de la Caspienne, avec des réserves atteignant 9 milliards de barils. Comme d’habitude au Pipelineistan, tout se résume à savoir quels itinéraires livreront le pétrole de Kashagan au monde après le démarrage de la production en 2013. Cela est bien sûr annonciateur de la Guerre Liquide. Le Président Kazakh Nursultan Nazarbayev, rusé comme un renard, aimerait utiliser le Consortium du Pipeline de la Caspienne (CPC) contrôlé par les Russes pour déverser le brut de Kashagan vers la Mer Noire.

Dans ce cas, les Kazakhs détiendraient tous les atouts. La façon dont le pétrole s’écoulera depuis Kashagan décidera de la vie ou de la mort du BTC - autrefois vanté par Washington comme l’échappatoire occidentale ultime de la dépendance sur le pétrole du Golfe Persique.

Alors, bienvenue au Pipelineistan ! Que nous l’aimions ou pas, en période faste comme en période difficile, nous pouvons raisonnablement parier que nous allons tous devenir des touristes de Pipeline. Donc, suivez le flux ! Apprenez les acronymes cruciaux, gardez un œil sur ce qui va arriver à toutes ces bases étasuniennes dans tous les fiefs pétroliers de la planète, observez là où les pipelines seront construits et faîtes de votre mieux pour garder l’œil sur la prochaine série d’accords énergétiques monstres chinois et des coups fabuleux du Russe Gazprom.

Et, pendant que vous y êtes, considérez ceci comme juste la première carte postale envoyée de notre tournée au Pipelineistan. Nous reviendrons (comme disait Terminator). Pensez à cela comme à une porte s’ouvrant sur un futur dans lequel où et vers qui ce qui s’écoulera pourrait s’avérer être la question la plus importante sur la planète.

* Pepe Escobar est le correspondant itinerant de l’Asia Times Online et analyste pour Real News. Cet article est tiré de son nouveau livre, Obama does Globalistan.
Il est également l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War [Globalistan : Comment le Monde Globalisé se Dissout dans
la Guerre Liquide] (Nimble Books, 2007) et de Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge [Le Blues de la Zone Rouge : un instantané de Bagdad durant le Surge - la montée en puissance de l’armée américaine].

Notes :

[1] Voir PNAC, le programme pour un nouveau siècle américain (fichier PDF)

Pepe Escobar

6 avril 2009 -

Asia Times Online

Traduction : J.F Goulon - Questions Critiques

Vous pouvez consulter cet article à : http://www.atimes.com/atimes/Centra...
Traduction : J.F Goulon - Questions Critiques

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6405


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16/04/2009

n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 - Début - : L’OTAN, pourquoi faire !


n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 - Début - : L’OTAN, pourquoi faire !



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  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 26- 28-03 au 15-04

                        C.De Broeder & M.Lemaire                                                                      



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Au jour le jour

2 Positions

a) Ossétie 

b) des voisins.

3 Politique 

a) Russe

Suite

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

6 Brèves

6-1 Obama et Medvedev veulent progresser sur le désarmement.

6-2 Saakachvili croit dans le rétablissement de l'intégrité du pays.

Fin

7 Dossier & Point de vue

7-1 Jacques Le Dauphin : L’OTAN, pourquoi faire ? 

7-2 18 ans après la fin du «péril rouge», Pourquoi encore l'Otan ?

7-3 La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN



1 Au jour le jour

a) Ossétie du Sud:

La Georgie prépare des provocations.
De jeunes gens résidant dans les enclaves Georgiennes sur le territoire de l'Ossétie du Sud suivent des stages de renseignement et de subversion en Georgie, a déclaré mardi à RIA Novosti le président du Comité de sécurité d'Etat (KGB) sud-ossète Boris Atoïev.
Boris Atoïev. : "Je peux dire que des provocations seront organisées par les services spéciaux Georgiens, notamment dans la zone frontalière. Nous avons toutes les raisons d'émettre de telles suppositions.

Nous disposons de suffisamment d'informations indiquant que de jeunes gens résidant dans des enclaves sont dirigés vers des camps d'entraînement pour être formés au renseignement et à la subversion. Il se peut que les autorités Georgiennes essaient de les enrôler dans des actes terroristes et des provocations, y compris lors de rassemblements près de la frontière", a indiqué le président du KGB sud-ossète.
Quoi qu'il en soit, M.Atoïev ne pense pas que
la Georgie essaie de lancer une nouvelle opération d'envergure contre l'Ossétie du Sud.
Atoïev : "Je n'ignore pas que de telles rumeurs courent, et que le peuple s'en inquiète. Je tiens à rassurer tout le monde. Je ne pense pas que de nouvelles opérations d'envergure soient à craindre ", a-t-il poursuivi."La situation politique en Georgie est telle à présent que ses services spéciaux font circuler toute sorte de bruits. Cela se fait sans doute pour détourner l'attention de la population des problèmes intérieurs du pays. En outre, cela vise à déstabiliser la situation dans notre république", a ajouté le président du KGB.

Mardi 7 avril 2009

RIA Novosti Agence russe
http://fr.rian.ru/world/20090407/120961175.html


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n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 -Suite - : L’OTAN, pourquoi faire !


n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 -Suite - : L’OTAN, pourquoi faire !



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Sommaire.

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

6 Brèves

6-1 Obama et Medvedev veulent progresser sur le désarmement.

6-2 Saakachvili croit dans le rétablissement de l'intégrité du pays.



Dans les coulisses 

Un «super atlantiste» en chef : Rasmussen devient secrétaire général de l’Otan.

Sa gestion de la crise des caricatures de Mahomet a bien failli lui coûter le poste. Mais le Premier ministre danois a fini par l’emporter et deviendra secrétaire général de l’Otan. Après huit ans à la tête du gouvernement danois, c’est une consécration pour ce libéral proeuropéen de 56 ans, qui n’a pas hésité à engager son pays aux côtés des Etats-Unis en Afghanistan et, surtout, en Irak. Cette décision restera d’ailleurs sans aucun doute la plus controversée de ses trois mandats. Elle a «brisé le consensus qui prévalait au Danemark depuis l’après-guerre», estime le rédacteur en chef du quotidien Politiken, Toger Seidenfaden.

«Fogh», comme on a pris l’habitude de l’appeler pour le distinguer de tous les autres Rasmussen, a toujours été un allié fidèle des Etats-Unis. Il s’en expliquait dans une tribune, publiée dans le journal Berlingske Tidende, en mars 2003, où il affirmait que son pays avait «une dette à l’égard des Etats-Unis» depuis la Seconde Guerre mondiale. Il était temps de la régler et de rompre avec la ligne consistant «à laisser les autres se battre pour la liberté et la paix». Le Danemark a toujours été atlantiste, mais «il est devenu super atlantiste avec Fogh», affirme Hans Mouritzen, professeur à l’Institut danois des études internationales. Une position renforcée par son amitié nouée avec l’ancien président George Bush. «C’était pour lui comme un frère spirituel, avec lequel il partage des valeurs et une façon de considérer le bien et le mal», évoque Henrik Qvortrup, son ancien conseiller.

En 2005, l’épisode des caricatures a été pour lui l’occasion de se présenter en chantre de la liberté d’expression et des valeurs démocratiques. Mais au Danemark, certains lui reprochent toujours d’avoir laissé la crise se radicaliser, en refusant de rencontrer les ambassadeurs des pays musulmans. Toger Seidenfaden y voit la preuve d’une «rigidité idéologique» qui l’a conduit par ailleurs à mener «une politique des valeurs, contribuant à l’atmosphère de xénophobie et de confrontation qui règne au Danemark», avec le soutien de l’extrême droite au parlement.

Intelligent et toujours très bien préparé, ceux qui le connaissent dressent de lui le portrait d’un stratège exceptionnel. Y compris ses adversaires. Le gel des augmentations d’impôts et une politique de l’immigration ultra-restrictive ont contribué à sa popularité au Danemark. Admirateur de Tony Blair, il a longtemps défendu des positions très libérales, avant d’adopter les principes de la troisième voie. Le commentateur politique Thomas Larsen observait : «Il a réalisé que s’il voulait prendre le pouvoir, il ne pouvait pas le faire en attaquant l’Etat providence Fogh est un pragmatique.

ANNE-FRANCOISE HIVERT

http://www.liberation.fr/monde/0101560385-un-super-atlantiste-en-chef


Rasmussen, un atlantiste fervent à la tête de l'Alliance

Fidèle allié des États-Unis, le premier ministre danois sortant passe pour «un tacticien émérite».

Aucun fait d'armes particulier dans sa brillante carrière. Mais une solide expérience politique acquise notamment en dirigeant pendant plus de sept ans une coalition de centre droit, soutenue par le Parti du peuple danois, une formation d'extrême droite. «Anders Fogh Rasmussen est un bon organisateur, un tacticien émérite, qui a une grande maîtrise de lui-même», affirme Hans Engell, ancien ministre de la Defense. Son pragmatisme et son art du compromis lui seront bien utiles à la tête de l'Otan.

Concernant l'élargissement de l'Alliance, Rasmussen semble privilégier une approche plus restreinte, qui ne heurterait pas trop les susceptibilités russes. Fidèle allié des États-Unis, le Danois est en même temps partisan d'une meilleure coopération entre l'Otan et l'Union européenne, souhaitée notamment par la France.

Au Danemark, il fut un temps où sa politique étrangère était sévèrement critiquée par l'opposition. Celle-ci ne lui a jamais pardonné d'avoir engagé son pays dans le bourbier irakien. Ni de s'être présenté pendant des années en «ami personnel» de George W. Bush. N'avait-il pas d'ailleurs lui aussi proclamé, avant d'envoyer les troupes danoises en Irak : «Nous savons que Saddam Hussein possède des armes de destruction massives» ?… Ce qui lui valut, à l'instar de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair, d'être taxé de «caniche» des Américains. Avec sa décision, en mars 2003, d'envoyer des soldats aux côtés des Américains en Irak, il gagne la confiance de Washington et de Londres. Parmi les premiers à s'engager en Afghanistan, le Danemark a également envoyé 700 hommes dans la province du Helmand.

[...] Sa gestion de la crise des caricatures de Mahomet, début 2006, lui vaudra le respect de ses homologues européens.

Stéphane Kovacs
Le Figaro 06/04/2009

www.lefigaro.fr/international/2009/04/06/01003-20090406ARTFIG00342-rasmussen-un-atlantiste-fervent-a-la-tete-de-l-alliance-.php


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n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 - Fin - : L’OTAN, pourquoi faire !

n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 - Fin - : L’OTAN, pourquoi faire !



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 26- 28-03 au 15-04

                        C.De Broeder & M.Lemaire                                                                      



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Sommaire.

7 Dossier & Point de vue

7-1 Jacques Le Dauphin : L’OTAN, pourquoi faire ? 

7-2 18 ans après la fin du «péril rouge», Pourquoi encore l'Otan ?

7-3 La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN


7  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

7-1 Jacques Le Dauphin : L’OTAN, pourquoi faire ? 

Dans quelques jours à Strasbourg-Kehl-Baden-Baden se tiendra le sommet du soixantième anniversaire de l’OTAN.
Une telle commémoration représente en elle-même un véritable défi.
En effet qu’une organisation militaire typique de la guerre froide perdure encore, alors que les motivations qui ont présidé à son avènement ont disparu depuis vingt ans, pose question sur son identité réelle.

Alors que les interrogations se multiplient sur cette identité, le président français Nicolas Sarkozy, bien que personne ne lui demandât, décide d’engager la France dans la totalité des structures militaires intégrées de l’OTAN et même d’y exercer en leurs seins des postes de commandement. Une décision qui met fin à l’exception française décrétée par le Général De Gaulle en 1966 et suscite comme on a pu le mesurer ces derniers jours, réserves et réactions hostiles dans de larges couches de l’opinion française et questionnements dans les autres pays européens. C’est un défi qui s’ajoute au premier.

Alors pourquoi ces défis lancés ? Pourquoi le maintien et le développement amorcé de l’OTAN ? Qu’est ce qui pousse le gouvernement français à prendre une telle décision aliénant l’indépendance nationale, à laquelle il se dit pourtant attaché, et que l’on sait l’OTAN placée sous leadership américain ?

Une nouvelle OTAN ?

Parmi les arguments avancés, on trouve l’idée que l’OTAN n’est plus la même que par le passé et que sa nouvelle raison d’être se situe dans le contexte international actuel.

Si dit-on la menace soviétique a disparu, de nouvelles menaces sont apparues comme le chaos, le terrorisme, l’insécurité mondiale due au « non droit » et à la haine.
Ainsi l’OTAN se maintiendrait et exercerait plus de responsabilités face à ces menaces diffuses.
Elle se transformerait en une « Alliance contre X », contre tout ce qu’on ne peut nommer précisément. Ce qui constitue à l’évidence un vaste champ d’ennemis potentiels.
Dans cet esprit, dès le lendemain de
la Guerre froide, sous l’impulsion des Etats-Unis, l’OTAN s’est évertuée à rechercher des adaptations pour tenter de justifier sa pérennité.
Une mutation a été entreprise, l’Organisation a intégré de nouveaux membres, issus de l’ex-URSS, de l’ex-Traité de Varsovie, des Balkans.
Un nouveau concept stratégique a été adopté en 1999, tendant à l’élargissement des prérogatives et de la sphère d’influence, bien au-delà du cadre initial, l’OTAN partout et pour tout.
Ce cap défini a été maintenu, tendant à transformer l’OTAN en bras armé de la mondialisation libérale, porteur de valeurs occidentales, dites universelles.
Il s’agit d’une volonté de moins en moins camouflée de substituer l’OTAN à l’Organisation des Nations Unies (ONU).
L’OTAN deviendrait ainsi le lieu où se décide la sécurité du monde et imposerait sa loi par sa puissance militaire (70 % des capacités militaires mondiales). _ Il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit c’est le sens du « Global Nato » pour la promotion duquel milite son secrétaire général actuel, Jaap De Hoop Scheffer. Déjà les troupes de l’Otan interviennent déjà hors de leur zone en Afghanistan en attendant demain d’autres aventures sur d’autres continents ? À ce sujet l’OTAN se propose d’inviter à participer à ses structures des pays comme le Japon, l’Australie,
la Nouvelle-Zélande....

La crise du relationnel transatlantique

Si la ligne semble tracée, elle rencontre cependant de vives résistances au sein même de l’Organisation. Elles sont à rattacher à la crise du relationnel transatlantique ouverte à la fin de la guerre froide. Ce qui rend parfois ces contradictions difficiles à cerner, c’est qu’au fil des événements, compte tenu de la variété des pays européens, la relation transatlantique est marquée par des tendances centrifuges et centripètes, d’autant que les Etats-Unis ne restent pas les deux pieds dans le même sabot. Ils tentent de rassurer leurs alliés tout en maintenant la pression.

Cependant les contradictions demeurent. La crise irakienne fut un point d’orgue, mais également les divergences apparues lors du sommet de Bucarest concernant l’entrée de l’Ukraine et de la Georgie dans l’Organisation, ou encore les réticences de plusieurs pays à envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan. La crainte de plusieurs pays de se voir entraînés de facto dans des opérations militaires américaines, aventuristes et dangereuses est vive.

Qu’en sera-t-il à Strasbourg , où Barak Obama sera présent ? La nouvelle administration américaine infléchira-t-elle quelque peu la tendance hégémonique des Etats-Unis ? De récentes déclarations semblent marquer certains infléchissements sur l’Iran, le bouclier anti-missile, dans le relationnel avec la Russie, la Chine … Les déclarations de Joé Briden, lors de la récente conférence de Munich sur la sécurité s’écartent, il est vrai, de la tonalité des discours de George Bush. _ Mais la tonalité ne suffit pas à changer la réalité. Et il semble assez illusoire de penser que les Etats-Unis seraient susceptibles de remettre en cause spontanément leur leadership qui est une permanence de la politique américaine.
Lors de son discours d’investiture Barack Obama a été clair à ce sujet. _ Tout porte à croire que les Américains entendent redynamiser l’Alliance Atlantique et redéfinir avec leurs alliés ses missions stratégiques. Le nouveau concept stratégique projeté semble bien s’inscrire dans ce sens. _ Il apparaît donc peu probable comme le décrit Nicolas Sarkozy, au nom d’une ligne dite « bruxelliste », que les Etats-Unis envisagent aussi simplement de partager véritablement une direction sur l’Organisation qu’ils assument depuis l’origine. D’autant que c’est loin d’être une revendication majoritaire des pays européens, lesquels ne souhaitent pas non plus une defense européenne autonome.
Qu’attendre du Sommet de Strasbourg dont Nicolas Sarkozy et Angela Merkel participent à la présidence ? Nous le saurons dans quelques jours.

L’OTAN à la croisée des chemins

Ce qui est certain c’est que l’OTAN se trouve placée à la croisée des chemins  : le statu quo n’est pas envisageable, pas plus que le retour à la case départ, souhaité pourtant par plusieurs pays, mais qui remettrait en cause l’existence même de l’Organisation.
Reste la fuite en avant déjà entreprise. Cependant aucun de ces chemins ne conduit à crédibiliser l’identité de l’Otan et sa légitimité actuelle. _

Alors que penser d’une organisation dont les membres ne s’accordent qu’à minima sur son rôle actuel et futur ? A-t-elle toujours raison d’être ? Ne peut-on pas émettre l’idée de sa dissolution ? On peut la penser possible, mais elle ne résultera pas par des incantations.
En effet pour le présent, en dépit des divergences évoquées, aucun des gouvernements des pays membres ne désire remettre en cause l’existence de l’OTAN, ni même s’en retirer, d’autant que d’autres pays frappent à la porte pour y entrer.
En cela pèse le lien privilégié avec les Etats-Unis et surtout l’absence d’une alternative claire et crédible. Rien ne sera donc spontané du côté des Etats.
Mais un courant monte dans les opinions pour remettre en cause l’existence de l’OTAN.
Le contre sommet qui aura lieu à Strasbourg-Kehl, à l’initiative d’organisations représentatives, en parallèle avec le sommet officiel en témoigne. Se retrouveront, Français, Allemands, Belges, Britanniques, Grecs, Américains, Autrichiens… Outre les débats projetés ce contre sommet aboutira à une grande manifestation.
On aurait le plus grand tort de penser qu’il s’agit là d’une vaine démonstration. L’inquiétude des autorités témoigne du contraire. C’est pourquoi la pression de l’opinion devra continuer à s’exercer.

Une nouvelle architecture européenne de sécurité
Face à ce qui peut sembler une impasse ne peut-on envisager d’établir une nouvelle architecture de sécurité pour le continent dans un profil paneuropéen, un projet qui tendrait à se dégager d’une conception purement militaire de la sécurité ?
Une telle ambition pourrait être portée par les Etats européens avec, comme ce fut le cas lors de
la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe à Helsinki, en 1975, la participation de la Russie et des Etats-Unis. Dans un autre contexte une sorte « d’Helsinki II ».
Il apparaît évident qu’un tel projet ne pourrait être porté par des organisations marquées par
la Guerre froide, comme l’OTAN, structure militaire, ni même l’OSCE visiblement dépassée par l’Histoire.
Dans cet esprit, si l’on évite de faire un point de fixation sur de possibles arrières pensées russes, la proposition formulée par le président russe, Dmitri Medvedev, d’un concept paneuropéen de sécurité mérite sans aucun doute l’attention.
Dans une nouvelle architecture de sécurité européenne on peut trouver le moyen de dépasser graduellement l’OTAN, en offrant aux pays européens de réelles perspectives. La construction européenne y trouverait une dynamique d’autonomisation lui permettant d’apporter une riche contribution dans les rapports internationaux.

Jacques Le Dauphin

Directeur de l’Institut de documentation et de recherche sur la paix (IDRP), collaborateur de la revue Recherches Internationales.

4 avril 

http://www.gabrielperi.fr/L-OTAN-pourquoi-faire

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15/04/2009

n°15 - Journal de PAKISTAN- 01-04 au 14-04 -Début- : La guerre états-unienne : de l'Irak vers l'Afghanistan et le Pakistan.


n°15 - Journal de PAKISTAN- 01-04 au 14-04 -Début- : La guerre états-unienne : de l'Irak vers l'Afghanistan et le Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

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        Journal de PAKISTAN.  

           n° 15 - 01-04 au 14-04

              C.De Broeder & M.Lemaire          



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Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Paroles & action du président...

l'Afghanistan au cœur des débats.

1 Au jour le jour

2 Positions

3 Politique

a) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 James Petras : Faites entrer les victimes ! Condamnez les combattants !

Suite

5-2 Révélations sur le soutien du Pakistan aux talibans.

5-3 Interview de l’écrivain Webster G. Tarpley : Les hommes derrière Obama.

6 Brèves

6-1 Le Pakistan et l'Afghanistan s'entendent des objectifs communs.

6 Dossier

7-1 Alain Gresh : Obama et l'Afghanistan-Pakistan.

7-2 La guerre états-unienne : de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan.

7-3 Vanité des logiques impériales.

7-4 Pepe Escobar : Les coulisses de la guerre contre la “terreur”

7-5 T. Hocine : Le Pakistan dans la tourmente.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Le Pakistan doit être aidé...

8-2 Le Congrès résiste aux coupes budgétaires du Pentagone.

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

9-2 La stratégie US bute sur la rivalité indo-pakistanaise.

10 Annexe

10-1 Les hommes derrière Obama



Tiré à part :

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

05-04

Les ‘taliban’ pakistanais, qui ont pour responsable Baitullah Mehsud signalent l'intensification des raids d'avions sans pilote dans le nord-ouest du Pakistan.

La résistance afghane s'intensifiant, les Etats-Unis ont commencé l'an dernier à lancer de plus en plus d'attaques au moyen de drones du côté pakistanais de la frontière.

Depuis, quelque 35 frappes aériennes américaines ont fait plus de 360 personnes dans le nord-ouest, selon des informations données par les responsables pakistanais, des habitants et des activistes..

Une frappe sur six menées sur l'année écoulée ont causé la mort de civils sans tuer aucun résistants selon des chiffres fournis par des responsables, ce qui nourrit le sentiment anti-américain.

Reuters

08-04

Depuis août 2008, près de 40 missiles ou salves de missiles tirés par des drones américains ont tué plus de 360 personnes dans le nord-ouest.

(AFP)

08-04

Un missile a été tiré sur les zones du nord-ouest du Pakistan, ont annoncé des responsables de la sécurité pakistanaise.

" Le missile tiré par un drone a tué trois personnes", a assuré  un haut responsable des forces de sécurité, sous couvert de l'anonymat.

Il a précisé que l'engin avait explosé à Gangi Khel, près de Wana, le chef-lieu du district du Waziristan du Sud.

"Des drones ont d'abord survolé les montagnes surplombant Gangi Khel ", a expliqué un des responsables de la sécurité. "Il y a eu des tirs visant un des drones ", a-t-il poursuivi. "Ils sont revenus plus tard et ont visé un véhicule stationné près de quelques boutiques", a conclu cette source, précisant que quatre personnes avaient été également blessées, "des habitants ou des commerçants", selon lui.

(AFP)

 

Paroles & action du président...

05-04

Barack Obama a répété qu'il souhaitait apporter toute l'aide possible au gouvernement pakistanais, mais que ce dernier devait aussi faire la preuve de sa capacité à endiguer les résistants :

"J'ai informé nos alliés qu'en dépit de conditions difficiles nous allions débloquer plus d'argent pour le Pakistan, à condition que les initiatives antiterroristes soient à la hauteur de la menace", "Nous voulons déployer tous nos moyens, à la fois diplomatiques et dans l'aide au développement, afin de renforcer le Pakistan, notamment parce qu'il doit pouvoir disposer des moyens de combattre Al Qaïda à l'intérieur de ses frontières",

Reuters



1) Au jour le jour

Les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan sont considérées comme des bases arrière pour les résistants, d'où ils mènent des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.

Résistance

03-04

Des résistants ont attaqué un terminal d'alimentation, installé à l'extérieur de Peshawar, des troupes américains et de l'OTAN en Afghanistan, détruisant cinq conteneurs dans le nord-ouest du Pakistan.

Les troupes internationales en Afghanistan transportent jusqu'à 75% de leurs réserves par les routes pakistanaises, mais les attaques fréquentes ont poussé l'armée américaine à trouver des chemins alternatifs.

AP

05/04

Au moins huit soldats ont été tués  dans une action kamikaze qui a visé dans un camp de soldats chargés de la sécurité des zones sensibles le centre d'Islamabad.
Les huit soldats tués appartenaient tous au corps des gardes-frontières (FC), a indiqué à des journalistes le chef des opérations de la police, Binia Amin. "Il y a aussi quatre blessés", a-t-il ajouté.

AFP

12-04

Onze camions transportant du ravitaillement pour l'Otan en Afghanistan ont été détruits lors d'une attaque dans le nord-ouest du Pakistan, ont annoncé dimanche des responsables policiers.

Les résistants ont attaqué à coups de bombes incendiaires deux terminaux routiers près de Peshawar, la capitale de la Province de la Frontière du Nord-ouest (NWFP).

(AFP)


Assaillants US & collaborateurs. 

04-04

Le Pakistan a connu  une nouvelle journée guerre  marquée par la mort de 13 personnes dans le tir d'un drone US.

Elle s'est produite dans la région du Nord-Waziristan, place-forte de la résistance à la frontière afghane.

Reuters

12-04

Au Sud Waziristan, dans le nord-ouest du Pakistan, un missile a frappé une voiture et tué deux résistants présumés ainsi qu'un civil mercredi, selon des responsables du renseignement pakistanais ayant requis l'anonymat.

(AFP)



2 Positions

Résistance 

01-04

Le Pakistan connais, depuis plus d'un an et demi, à une vague sans précédent d'attaques exécutés par des résistants pakistanais contre les Etats-Unis et leur alliés locaux.

AFP

02-04

De nombreux résistants ont quitté l'Afghanistan pour les régions du Nord-Ouest pakistanais frontalières avec l'Afghanistan, telles que le Nord-Waziristan.

A partir de ces régions d'ethnies pachtounes dites tribales, qui n'ont jamais pu être soumises à l'autorité d'aucun gouvernement, les résistants alimente la guerre contre l’occupants.

Reuters

05-04

Les résistants, ont promis de venger, jusque dans la capitale, les personnes tuées dans les tirs de missiles Us dans les zones tribales du nord-ouest, frontalières avec l'Afghanistan, et considérées par les USA comme le nouveau bastion d'Al-Qaïda et de ses alliés afghans.

Le président Barack Obama, a défini la zone frontalière entre Pakistan et Afghanistan comme le "front central" de la guerre contre Al-Qaïda et les talibans.



3 Politique

a) Locale

Asif Ali Zardari

27-03

Le président a salué vendredi le plan Obama visant à "renforcer la démocratie", selon l'agence officielle APP.

Un porte-parole de la présidence afghane, Homayun Hamidzada, s'est également félicité de cette nouvelle stratégie qui prend en compte "la dimension régionale du problème".

Les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Prague se sont dits prêts à accroître leur action civile en Afghanistan.

Aux Etats-Unis, le plan a en revanche reçu un soutien prudent de la part de parlementaires, certains critiquant une "escalade militaire", d'autres demandant plus de troupes dans la région.

 AFP


Sur le terrain

08-04

."Il y a une divergence de vues" sur ces attaques états-unienne, avait expliqué à la presse mardi le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi, qui venait de s'entretenir avec MM. Holbrooke et Mullen.

"Mon point de vue, c'est que ces frappes jouent en faveur des résistants et nous sommes en désaccord sur ce point", a-t-il plaidé.

Les civilsont payé un lourd tribut au ralliement d'Islamabad à la "guerre contre le terrorisme"

L'antiaméricanisme a fortement progressé ces dernières années au Pakistan, une large partie de la population accusant les Etats-Unis d'avoir "exporté" dans leurs pays la guerre.

(AFP)



b) Usa

12-04

La nouvelle administration US ne semble donc pas près de renoncer à la tactique Bush qui selon Washington a permis de tuer plusieurs résistants, même si ses relations avec Islamabad en pâtissent.

Associated Press


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n°15 - Journal de PAKISTAN- 01-04 au 14-04- Suite - : La guerre états-unienne : de l'Irak vers l'Afghanistan et le Pakistan.


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           n° 15 - 01-04 au 14-04

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5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos !  (suite)

5-2 Révélations sur le soutien du Pakistan aux talibans.

5-3 Interview de l’écrivain Webster G. Tarpley : Les hommes derrière Obama.

6 Brèves

6-1 Le Pakistan et l'Afghanistan s'entendent des objectifs communs.

6 Dossier

7-1 Alain Gresh : Obama et l'Afghanistan-Pakistan.

7-2 La guerre états-unienne : de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan.

7-3 Vanité des logiques impériales.

7-4 Pepe Escobar : Les coulisses de la guerre contre la “terreur”

7-5 T. Hocine : Le Pakistan dans la tourmente.


5-2 Révélations sur le soutien du Pakistan aux talibans.

Révélations qui tombent juste à temps pour les vas-t'en guerre occidentaux...

Alors que la Maison Blanche s'apprête à présenter en détail sa nouvelle stratégie en Afghanistan (plus de troupes, plus d'aide à la reconstruction, plus de diplomatie régionale...), le New York Times montre à quel point le Pakistan mène un double jeu dans cette affaire.

Selon le quotidien américain, qui fonde son enquête sur des entretiens avec de hauts responsables américains et pakistanais, l'ISI, le service secret d'Islamabad, continue d'entretenir des liens particulièrement étroits avec certains groupes qui, en Afghanistan, attaquent quotidiennement les troupes de la coalition.

L'ISI leur fournirait directement du matériel militaire, de l'argent et des conseils en planification.

Mieux, ou pire: une branche de l'ISI, appelée "aile S" informerait directement ces insurgés (y compris le mollah Omar) des opérations à venir de l'Otan, en particulier les déplacements de troupes.

On savait que de tels liens existaient, on ignorait leur ampleur.

Les Pakistanais interrogés par le New York Times expliquent leur collusion avec certains groupes (les Haqqani, en particulier), qu'ils ont d'ailleurs créés, par la nécessité pour Islamabad de maintenir son influence en Afghanistan quand les troupes américaines et européennes seront parties. Et cela afin d'éviter que l'Inde, l'ennemi héréditaire, ne s'engouffre dans le vide laissé par ce départ et ne prive donc le Pakistan d'"une profondeur stratégique".

C'est pourquoi il est si important que l'envoyé spécial d'Obama pour la région, Richard Holbrooke, et l'ensemble des acteurs régionaux (la Chine et la Russie, surtout) parviennent à réduire les tensions entre Pakistanais et Indiens, notamment à propos du Cachemire.

Ce ne sera pas chose aisée.

En outre, on se demande comment l'administration Obama va tenter de convaincre l'ISI de stopper (ou de réduire fortement) son soutien aux ‘talibans’. 

L'argent sera-t-il suffisant?

http://globe.blogs.nouvelobs.com/afghanistan/


5-3 Interview de l’écrivain Webster G. Tarpley : Les hommes derrière Obama.

Cette interview a été réalisée au début de l’automne 2008, c’est-à-dire avant l’élection de Barack Obama à la présidence de la République états-unienne le 4 novembre dernier.

Elle nous semble importante, car elle apporte un éclairage sur l’actualité politique internationale à laquelle il est impossible d’accéder dans les médias grand public et même trop rarement sur l’Internet.

M. Tarpley est l’auteur de plusieurs livres ; seul La Terreur fabriquée, made in USA (http://www.editionsdemilune.com/la-terreur-fabriquee-made-in-usa-p-6.html) est disponible en français.

Les hommes derrière Obama : 1re partie de l’entretien avec l’historien Webster G. Tarpley

www.reopen911.info/News/2009/01/18/interview-de-lecrivain-webster-w-tarpley-les-hommes-derriere-obama



6 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 Le Pakistan et l'Afghanistan s'entendent des objectifs communs.

Le Canada a aidé le Pakistan et l'Afghanistan à sceller une entente pour rétablir l'ordre à leur frontière, a soutenu le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.

Le ministre a fait cette annonce lors du sommet international de La Haye, au Pays-Bas, où 72 pays sont réunis pour discuter de l'avenir de l'Afghanistan. M. Cannon a indiqué que les deux pays s'étaient entendus au sujet d'un calendrier ainsi que d'objectifs communs.

Le ministre canadien s'est également dit encouragé par l'approche endossée par l'administration américaine, notamment l'idée de considérer l'Afghanistan et le Pakistan comme un seul élément de la solution.

La frontière est depuis plusieurs générations une source de tensions entre les deux pays. Récemment, ce sont les allées et venues des résistants qui ont posé problème.

Selon M. Cannon, le plan cible plusieurs priorités, comme la mise sur pied de douanes, la circulation des personnes à la frontière, des actions visant à contrôler le trafic de drogues et le renforcement des lois. Les pays créeront des groupes de travail pour s'attaquer aux problèmes de ces régions.

 31 mars

La Presse Canadienne 



7  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Alain Gresh : Obama et l'Afghanistan-Pakistan

Extrait

Les consultations autour de la situation en Afghanistan et le Pakistan s’intensifient.

Le 27 mars, le président Barack Obama a présenté sa nouvelle politique concernant l’Afghanistan-Pakistan, « A New Strategy for Afghanistan and Pakistan ». L’intervention du président était fondée sur un étude coordonnée par Bruce Reidel, un ancien de la CIA, White Paper of the Interagency Policy Group’s Report on U.S. Policy toward Afghanistan and Pakistan (PDF).

« Je veux que le peuple américain comprenne que nous avons un but clair et précis : déranger, démanteler et défaire Al-Qaida au Pakistan et en Afghanistan et les empêcher durablement de revenir dans les deux pays. C’est le but que nous devons atteindre. Il n’y a pas de cause qui pourrait être plus juste. »

 « Dans cette période de crise économique, a poursuivi Obama, il est tentant de croire que nous pouvons diminuer cet effort civil. Mais ne vous trompez pas : nos efforts en Afghanistan et au Pakistan échoueront si nous n’investissons pas dans le futur. »

La presse américaine souligne la continuité entre cette politique et celle de son prédécesseur Bush.

Karen DeYoung écrit un article dans le Washington Post (28 mars), « Obama Outlines Afghan Strategy. He Pushes Stability and Regional Partnerships » :

« Le président Obama a présenté sa nouvelle stratégie pour l’Afghanistan et le Pakistan avec l’évocation de menaces qui rappellent celle formulée par l’administration Bush. “Les terroristes qui ont planifié et organisé les attaques du 11-Septembre”, a-t-il dit, continuent à comploter pour “tuer autant de nos concitoyens que possible”. » (...)

« Mais Obama tente de séparer cette approche du problème de celle des années précédentes, marquées par l’absence de continuité et des échecs politiques alors que le président George W. Bush orientait son attention et les ressources américaines vers l’Irak. Obama s’est engagé à se mobiliser sur le Pakistan et à construire un meilleur “partenariat” avec son gouvernement et ses militaires. » (...)

« Obama a affirmé que ce qui se passait au Pakistan était “indissociablement lié” au succès en Afghanistan. Le Pakistan, a-t-il dit, “a besoin de notre aide pour poursuivre Al-Qaida”, dont la direction, avec d’autres groupes insurgés, est installée dans les montagnes accidentées à la frontière de l’Afghanistan. “La capacité du gouvernement pakistanais de détruire ces bases sûres est liée à sa propre force et sécurité”, a poursuivi Obama. Il s’est engagé pour une aide de 7,5 milliards de dollars, pour de nouveaux équipements militaires et une constance dans cette politique et ces efforts. »

« “Mais, a-t-il poursuivi, après des années de résultats incertains, nous n’accorderons pas un chèque en blanc. Le Pakistan doit faire la preuve de sa détermination à éradiquer Al-Qaida et les extrémistes violents qui sont le long de sa frontière. Et nous insisterons pour que des actions soient prises, d’une manière ou d’une autre, quand nous aurons des informations concernant des objectifs terroristes de haut niveau.” »

« Bien que l’administration ait intensifié les attaques de missiles d’avions sans pilote Predator contre des objectifs de l’autre côté de la frontière, il ne semble pas qu’elle ait repris les attaques terrestres par les Forces spéciales et la CIA que l’administration Bush avait autorisées l’été dernier. »

Au même moment, la presse américaine relayait des informations comme quoi des responsables des services secrets pakistanais aidaient les talibans dans leurs opérations contre l’Afghanistan (« Afghan intel chief : Pakistan spies support Taliban », International Herald Tribune, 26 mars.)

Cet effort américain supplémentaire se traduira sur le terrain : à l’issue des nouveaux déploiements, les troupes américaines représenteront deux tiers des effectifs étrangers déployés (contre seulement un tiers pour l’OTAN). Il semble que Barack Obama ait renoncé à obtenir plus de troupes européennes, demandant plutôt à ses alliés d’accélérer leur aide à la formation de la police et au développement du pays.

Il est peu probable pourtant que cette nouvelle ligne permette la réussite de cette « mission impénétrable » (voir « Afghanistan-Pakistan, “mission impénétrable” ») que dénonçait William Pfaff.

Nancy A. Youssef et Margaret Talev, du Miami Herald (28 mars), trouvent que le dossier pakistanais a été mal traité par le président (« Obama’s Afghan Plan Does Little To Fix Pakistan ») :

« Obama a formulé un plan bien moins ambitieux pour le Pakistan, bien que ses principaux conseillers militaires et du renseignement pensent que ce pays est au centre du problème. Dans son discours, le président a qualifié la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan de “région la plus dangereuse du monde” pour la sécurité des Etats-Unis. »

(...)

« Des responsables américains officiels affirment que des officiers des services de renseignement maintiennent des liens étroits avec les talibans afghans et pakistanais. Il semble que l’un des éléments de la stratégie d’Obama en direction de l’Afghanistan est de convaincre son armée que les Etats-Unis ne partiront pas de la région comme ils l’ont fait dans les années 1990, mais resteront jusqu’à ce que l’Afghanistan devienne un pays sûr.

Un des éléments essentiels dans la recherche par Obama de la stabilité est, selon ce qu’a affirmé un officier du renseignement américain vendredi, “de convaincre les Pakistanais qu’il n’y a aucune bonne raison pour laquelle ils devraient investir dans (s’allier avec) les talibans”. »

L’éditorial du quotidien Le Monde, (28 mars) est consacré à « Obama l’Afghan ».

« Si rupture il y a dans l’approche américaine, c’est surtout dans une évaluation plus réaliste des réalités régionales : les racines du conflit afghan se situent largement au Pakistan, où les chefs d’Al-Qaida et de la mouvance talibane ont établi des sanctuaires. Or l’impunité dont ils jouissent n’existerait pas sans la complicité des services secrets d’Islamabad. La bonne solution est-elle de tripler l’aide au Pakistan, comme l’a annoncé M. Obama, et une telle approche est-elle conciliable avec un accroissement des frappes militaires contre des cibles situées au Pakistan ? »

« Le président américain a récemment reconnu que la situation sécuritaire connaissait une dérive en Afghanistan, tout en soulignant qu’il fallait songer à une stratégie de sortie. “Obama l’Afghan” est en train de mesurer à son tour que la tâche consistant à ‘pacifier’ un pays ne sera pas aisée. »

29 mars 2009

Source : Les blogs du diplo
http://blog.mondediplo.net/

Monde 04/04/2009 à 07h30


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n°15 - Journal de PAKISTAN- 01-04 au 14-04- Fin- : La guerre états-unienne : de l'Irak vers l'Afghanistan et le Pakistan.

n°15 - Journal de PAKISTAN- 01-04 au 14-04- Fin- : La guerre états-unienne : de l'Irak vers l'Afghanistan et le Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN.  

           n° 15 - 01-04 au 14-04

              C.De Broeder & M.Lemaire          



Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Le Pakistan doit être aidé...

8-2 Le Congrès résiste aux coupes budgétaires du Pentagone.

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

9-2 La stratégie US bute sur la rivalité indo-pakistanaise.

10 Annexe

10-1 Les hommes derrière Obama



8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

8-1 Le Pakistan doit être aidé...

Le Pakistan, pièce centrale de la politique américaine, devra recevoir 50 milliards de dollars sur les cinq prochaines années.

Les Etats-unis doivent aussi agir pour renforcer le gouvernement pakistanais et persuader mettre le nomdu président de cesser d'utiliser des groupes d'’activistes’ comme instruments de sa politique étrangère, conseille le rapport publié par l'Asia Society, un groupe de réflexion proche de l'administration Obama.

Ce rapport a été rendu public jeudi mais Obama en avait pris connaissance avant de dévoiler sa stratégie sur l'Afghanistan la semaine dernière.

L'Asia Society avait pour président Richard Holbrooke jusqu'à sa nomination en janvier comme envoyé spécial sur l'Afghanistan et le Pakistan.

Pour les auteurs du rapport intitulé "Une stratégie pour stabiliser l'Afghanistan et le Pakistan", la crise économique mondiale risque d'affaiblir encore un peu plus le gouvernement pakistanais qui ne contrôle que faiblement les zones tribales qui sont devenues des sanctuaires pour Al Qaïda.

"La priorité la plus urgente est peut-être d'éviter un effondrement économique qui pourrait miner l'autorité de l'Etat même dans les grandes zones urbaines au cours des prochains mois", lit-on dans le rapport.

Selon les estimations citées, il faudrait un plan d'un montant de 40 à 50 milliards de dollars sur cinq ans pour mettre un coup d'arrêt au déclin économique au Pakistan.

Le Fonds monétaire international a pour l'instant consacré 7,6 milliards de dollars au Pakistan.

Au cours des six derniers mois, un million de personnes sont venues grossir les rangs des chômeurs dans les zones urbaines, un fait potentiellement explosif dans un pays où 40% de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour.

Le rapport demande à Washington de travailler avec le groupe des "Amis du Pakistan" aux Nations unies pour mobiliser les donateurs de façon à constituer un plan d'urgence qui pourrait faire intervenir un fonds géré par la Banque mondiale.

Selon Barnett Rubin, le vice-président du sous-groupe de travail qui a rédigé le rapport, les Etats-Unis et leurs alliés se sont trop longtemps focalisés sur l'Afghanistan, alors que la situation empirait au Pakistan.

"Le centre régional de gravité du problème n'est pas l'Afghanistan", estime Barnett Rubin. Selon le rapport, il n'y a pas de bases d'Al Qaïda en Afghanistan mais plusieurs au Pakistan, qui abrite aussi d'autres groupes activistes, couverts par l'appareil militaire et les services secrets.

"Parce qu'il fait face à l'Inde, qu'il considère comme un ennemi (...), le Pakistan a adopté officiellement l'utilisation de groupe djihadistes comme instruments de sa politique étrangère", a déclaré Barnett Rubin lors d'une discussion qui était organisée à New York pour la sortie du rapport.

"L'un des buts de notre politique dans la région devrait être d'utiliser toutes les ressources que nous pouvons pour encourager, forcer, persuader le Pakistan à renoncer à sa politique d'utilisation de ces djihadistes", a-t-il ajouté.

Pour cela, il sera crucial de répondre aux préoccupations légitimes du Pakistan sur sa sécurité, indique le rapport.

3/4

Reuters


8-2 Le Congrès résiste aux coupes budgétaires du Pentagone.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

L'annonce d'une réduction des programmes d'armement américains aura des répercussions sur l'emploi.

Robert Gates a bien fait de proposer l'abandon de plusieurs programmes coûteux d'armement alors que le Congrès partait en vacances. Le secrétaire à la Dé­fense est conscient de l'opposition qui ne tardera pas à se manifester après Pâques en réaction à son projet de budget du Penta­gone pour l'année 2010. Plusieurs sénateurs des deux partis ont déjà envoyé une lettre au président Obama pour protester contre la réduction de 1,4 milliard du programme de défense antimissile. Ce n'est qu'un début.

Pas d'austérité

L'arrêt envisagé du programme du chasseur furtif F-22, construit par Lockheed Martin, va provoquer une levée de boucliers. Bob Gates juge que les forces américaines n'ont pas besoin de plus de 187 unités de cet avion qui coûte 150 millions de dollars pièce. Ce n'est que quatre appareils de plus que prévu. Lockheed fait valoir que 95 000 emplois sont menacés. Le sénateur républicain de Géorgie, Saxby Chambliss, estime que 60 avions de plus sont nécessaires. L'emploi dans l'État de Géorgie serait effectivement touché si le programme du F-22 était arrêté. Le secrétaire à la Défense accélère en revanche les tests du F-35, le futur avion furtif de Lockheed, qui serait toujours commandé en 2 443 exemplaires.

Souvent, le Congrès révise les programmes d'armement du Pentagone en fonction de considérations politiques locales. Obama veut montrer l'exemple en proposant l'abandon du programme du nouvel hélicoptère présidentiel, qui a déjà coûté 3 milliards de dollars et pris six années de retard.

On ne saurait parler d'austé­rité dans le projet de budget de 534 milliards de dollars que défend Robert Gates.

Son idée est de couper les crédits de programmes d'armement conçus dans la perspective de guerres classiques. En revanche, il propose de dépenser davantage pour des systèmes adaptés aux conflits non conventionnels. Il demande notamment des crédits supplémentaires pour des drones (avions sans pilote) comme le Predator et le Reaper, utilisés dans des missions de surveillance et d'attaque en Afghanistan, en Irak et au Pakistan. 

Pierre-Yves Dugua

08/04/

http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/09/01003-20090409ARTFIG00007-le-congres-resiste-aux-coupes-budgetaires-du-pentagone-.php


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14/04/2009

n° 102 - Journal du Liban - 22-03 au 13-04 - Début- : Justice internationale: posture ou imposture ??


n° 102 - Journal du Liban - 22-03 au 13-04 - Début- : Justice internationale: posture ou imposture ??



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Liban

   n°102                                               22-03 au 13-04

C.De broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

De quel droit Moubarak accuse et critique une des factions de notre Résistance ?

La colonne vertébrale de la Résistance Libanaise.

Justice internationale: posture ou imposture ??

1 Lutte pour la libération du territoire

2  Politique Libanaise  

Suite1

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Ahmad Baydoun : La Dégénérescence du Liban ou la Réforme orpheline.

6-2 Nidal Hamade : Comment le Mossad a assassiné Tony Frangieh.

7 Brèves

7-1 Barack Obama sincère sur l'islam, selon l'ayatollah Fadlallah.

7-2 Le Pentagone s'inspire des 'échecs' d'Israël.

7-3 Katz: "Nasrallah, le chef du Hezbollah mérite la mort".

8 Dossiers

8-1 Yvan Eisenbach  : Quel avenir pour le Liban ?

8-2 Khaled Asmar : Les surprises que le Hezbollah réservera aux Israéliens dépassent toute imagination.

8-3 Reconstruction du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el Bared.

Fin

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Raad : ‘Le pays est fondé sur des options correctes et sincères, et non pas sur la mendicité’

9-2 Projet politique du Parti Communiste Libanais.

10 Analyse - Géopolitique et stratégie- Réflexion

10-1 Thierry Meyssan: " Elections législatives : la question est de savoir si l’on s’oriente vers une victoire de la Résistance à 55 ou à 70 %. ".

10-2 L’ONU et la Syrie planchent sur le tracé de la frontière à Chebaa.

 



Tiré à part :

De quel droit Moubarak accuse et critique une des factions de notre Résistance ?
De plus, il se permet d’arrêter un de nos citoyens pour avoir organiser l’acheminement des armes destinées à la Résistance Palestinienne !!!
Ce grand Moubarak, aussi grand que sa haine contre toute expression démocratique du peuple frère égyptien, et pas plus qu’hier, non seulement gardait silence alors que les missiles tombaient à flot sur la banlieue sud de Beyrouth ainsi que sur nos enfants à Qana.
Cet efficace Moubarak, aussi efficace quand il s’agit de servir les intérêts de l’entité sioniste et de ses alliés, pas plus qu’hier se lamentait lorsqu’il découvrit la débâcle de l’armée sioniste sur le sol de mon pays.
Cet ultra Moubarak, aussi ultra lorsqu’il s’agit de soutenir logistiquement le Tsahal dans sa dernière tentative de reconquête de la bande de Gaza, participe encore efficacement au blocus imposé.
Ce Pinochet égyptien accuse aujourd’hui notre Résistance de vouloir déstabiliser son régime, alors qu’il a été champion dans l’écrasement des révoltes qui ne revendiquaient que le pain et la vie dans la dignité.
Que ce grand monsieur se rassure car notre Résistance a beaucoup et aura beaucoup à faire dans notre pays que de s'occuper du sien.
Quant à la marche vers la liberté et la dignité humaine du peuple égyptien, elle est et restera l’œuvre du peuple ; les décisions et les actes lui reviendront et il n’a nullement besoin d’une quelconque résistance venue de l’extérieur, si ce n’est et ça le sera, la solidarité des peuples en lutte à travers le monde.
Il peut alors se regarder et se flatter à travers un miroir, car pas plus qu’hier, ses ingérences au Pays des Cèdres, en vue de liquider notre Résistance furent remarquées et remarquables !!!
Enfin, ce message s’adresse également à tous les régimes arabes. L’acte de résistance et le souffle de liberté ne peuvent se limiter à de quelconques frontières ; la dynamique révolutionnaire est en marche et nul ne peut l’arrêter.
Comme par hasard, alors que le Premier égyptien ose accuser notre Résistance, son homologue tunisien vient d’interdire le XXVème congrès de l’Union Générale des Etudiants de Tunisie…
Messieurs les rois et chefs d’états arabes, sachez que la Terre est ronde et son heure est désormais à la résistance des peuples

http://libanresistance.blogspot.com:80/2009/04/sachez-que-la-terre-est-ronde-de-quel.html

 

La colonne vertébrale de la Résistance Libanaise.
- 28,6% des libanais vivent sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 4 dollars par jour.
- 51,9% des familles libanaises ont un revenu mensuel insuffisant pour satisfaire leurs besoins fondamentaux de consommation.
- 30,9% des résidents au Liban sont confrontés à des privations de toute sorte, notamment ceux vivant hors des villes.
- 51% de la population ne bénéficient d'aucune couverture santé permanente.
- 75% des travailleurs ne bénéficient d'aucun régime de retraite et d'aucune protection sociale.
- 40% des salariés ne sont pas déclarés et ne sont pas protégés par les lois sur le travail, les salaires et la sécurité.
- 45% des acteurs économiques n'occupent aucune fonction au Liban.
- 35% des libanais en âge de travailler quittent le pays à la recherche d'un emploi à l'étranger.
Ce sont tous ces gens là qui ont résisté et qui sont prêts à résister encore au Pays des Cèdres ; ce sont elles et eux qui façonnent l’Histoire de mon pays et qui tissent, chaque jour qui passe, la bannière de la Résistance sous toutes ses formes et toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
Peu importe pour elles et pour eux les étiquettes qu’on leur flanque sur le front du visage : tantôt celle du Hezbollah ou Amal, tantôt celle du Parti Communiste…
Les hommes qui hier avaient tenu plus de trente jours face à la plus grande armée de la région ne sont pas parmi les 0,05% de la population possédant 34 milliards de dollars, soit 45% des dépôts bancaires.
Ces hommes appartiennent à la maman qui peine pour acquérir le litre de lait à ses enfants ; ils appartiennent à ce papa qui, de nuit comme de jour, court et court encore derrière son très maigre salaire pour subvenir aux besoins de sa famille ; ils appartiennent à cette écolière qui s’acharne à lire et à calculer malgré les murs ébranlés par les obus de l’ennemi et l’humidité qui s’infiltre au sein de l’école ; ils appartiennent à ce pêcheur qui, à la lueur du jour pointant, prend la mer malgré les vedettes de l’ennemi qui le guettent ; ils appartiennent à ce paysan dur comme le roc qui retourne la terre défiant ainsi les restes des grappes de la mort, à savoir les bombes à fragmentations larguées hier par l’ennemi
Pour ces hommes là je voterai prochainement.
Je voterai pour l’effacement de la dette de mon pays qui s’élève à ce jour à 60 milliards de dollars, puisque la communauté internationale ne reconnaît pas son droit ni au dédommagement suite aux agressions répétées, ni de vivre dignement.
Je voterai pour que les 90% des impôts et des taxes ne servent plus à financer les intérêts au bénéfice d’une poignée des plus riches familles féodales, toutes confessions religieuses confondues, mais plutôt à financer l’agriculture et l’économie nationale souffrantes, l’emploi pour nos jeunes, l’éducation, la santé et la protection sociale, gratuites pour tous.
Je voterai pour libérer mon peuple du terrible diktat parisien qui décide de fixer la TVA à 15%, avec blocage des salaires, démantèlement de la sécurité sociale, privatisation des compagnies du téléphone et de l'électricité.
Je voterai pour que la citoyenneté libanaise dans mon pays soit enfin libérée du diktat imposé il y a plus d’un quart de siècle par le mandat français, à savoir le confessionnalisme…
C’est ce vote là que j’offrirai à ces hommes formant cette formidable colonne vertébrale de la Résistance…
C’est ce vote là que j’offrirai en ce juin 2009 à ma petite Salma, mon petit enfant et mon grand amour tombé après avoir été repéré par l’aviation sioniste…
Toutes les données ci-dessus sont officielles et figurent dans différents rapports gouvernementaux. Elles ne traduisent qu'une partie de la réalité économique, financière et sociale du Liban après 16 ans d'hégémonie "Haririenne" sur les décisions politiques et économiques.

Raymond RICHA
Le 2 avril 2009

Traduit par Al Faraby

 http://www.aloufok.net/spip.php?article391

 

Justice internationale: posture ou imposture ??

Le tri sélectif opéré en Mars 2009 par la justice pénale internationale dans le choix de ses justiciables -le Liban (1er mars) et le Soudan (4 mars)-apparaît comme un cas flagrant d’instrumentalisation politique de cette juridiction au service des desseins du monde occidental. Sauf infléchissement ultérieur, cette sélectivité pourrait dénaturer la posture morale dont elle ambitionnait de se draper en une imposture, la négation même de la notion de justice.

Mais le véritable test de la crédibilité de la justice pénale internationale résidera dans son traitement du dossier israélien. En cas de classement sans suite, elle apparaîtra comme une justice politique «aux ordres», un outil de répression des récalcitrants à l’ordre occidental, un habillage juridique de l’appareil répressif du militarisme atlantiste.

renenaba.blog.fr revient sur le choix de ses deux affaires dans la perspective des enjeux géopolitiques pour le contrôle des réserves énergétiques du monde arabo-africain, mettant en relief le rôle de contre feu médiatique joué par l’affaire du Darfour par rapport à Gaza Palestine, ainsi que la suspicion légitime qui frappe la France dans la propulsion de ces deux dossiers devant la justice internationale.

Pour aller plus loin: Africom, Eufor, sous couvert de signes abscons, le quadrillage en douceur de l’Afrique.

http://renenaba.blog.fr/2008/03/02/
René Naba : Actualité et Flashback ( http://renenaba.blog.fr )

Agenda Diplomatique | Avril 2009
http://renenaba.blog.fr/2009/03/28/agenda-diplomatique-avril-5846148/


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n° 102 - Journal du Liban - 22-03 au 13-04 - Suite- : Justice internationale: posture ou imposture ??


n° 102 - Journal du Liban - 22-03 au 13-04 - Suite- : Justice internationale: posture ou imposture ??



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   n°102                                               22-03 au 13-04

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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Ahmad Baydoun : La Dégénérescence du Liban ou la Réforme orpheline.

6-2 Nidal Hamade : Comment le Mossad a assassiné Tony Frangieh.

7 Brèves

7-1 Barack Obama sincère sur l'islam, selon l'ayatollah Fadlallah.

7-2 Le Pentagone s'inspire des 'échecs' d'Israël.

7-3 Katz: "Nasrallah, le chef du Hezbollah mérite la mort".

8 Dossiers

8-1 Yvan Eisenbach  : Quel avenir pour le Liban ?

8-2 Khaled Asmar : Les surprises que le Hezbollah réservera aux Israéliens dépassent toute imagination.

8-3 Reconstruction du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el Bared.

 



 3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

Ligue arabe

Egypte

10-04

Mercredi, le procureur général égyptien, Abdel Meguid Mahmoud, avait annoncé l'arrestation de 49 personnes liées au Hezbollah, soupçonnées de planifier des attaques en Egypte

Les 49 suspects détenus pour 15 jours supplémentaires.

La date à laquelle le groupe a été arrêté n'a pas été précisée. La détention provisoire en Égypte peut être renouvelée de 15 jours en 15 jours pendant six mois, jusqu'à ce que le parquet décide d'inculper les suspects ou de les relâcher.
Montasser al-Zayyat, un avocat représentant quelques-uns des suspects, a affirmé que les familles l'avaient désigné, mais qu'il n'avait pas été autorisé à voir ses clients ou à assister aux interrogatoires. « Mon impression est que cette affaire a été montée de toutes pièces par les services de sécurité égyptiens dans un contexte de mauvaises relations entre le Hezbollah et l'Égypte. C'est un moyen de pression », a-t-il affirmé, ajoutant que des Palestiniens et des Libanais figuraient parmi les suspects.
L’Orient-Le Jour



B) Usa (le parrain)

Les grandes manœuvres

USA : Succès de la campagne contre les bombes à fragmentation.

Un million trois cent vingt-cinq mille dollars...

Telle est la somme octroyée par le département d'État américain via l'organisation non gouvernementale MAG, pour compléter le déminage de certaines régions du Liban comportant encore des composantes de bombes lâchées par l'aviation israélienne durant la guerre de 2006.
Cette annonce a été faite au cours du gala annuel donné par l'ATFL qui a pris à cœur cette opération de déminage à laquelle il a travaillé d'arrache-pied depuis trois ans.

De plus, a ajouté son directeur exécutif Georges Cody, brandissant devant le public deux de ces bombes létales, le département d'État a promis de doubler la somme que pourra collecter, à partir d'aujourd'hui l'ATFL pour continuer dans cette voie.
L'ATFL est composée de personnalités américaines d'origine libanaise ayant pour objectif d'aider à rétablir la stabilité, l'indépendance et la souveraineté du Liban par le biais d'un lobbying auprès de l'Administration et du Congrès, et en stimulant les relations entre les deux pays.
L'allocution d'Antoine Chédid
L'ambassadeur du Liban, Antoine Chédid, présent à cette soirée, a d'abord remercié l'ATFL pour sa campagne en faveur de la Croix-Rouge libanaise et celle contre les bombes à fragmentation, ainsi que pour son lobbying en faveur d'une plus grande aide à l'armée libanaise. Puis il a rappelé qu'avec l'élection du président Michel Sleiman, dont la visiteaux USA en septembre dernier a été un grand succès, l'espoir était revenu au Liban. Rendant ensuite hommage aux émigrés libanais qui se
sont de suite intégrés à leur nouveau tissu social au lieu de créer un « Little Lebanon »

Les deux nations sont des républiques profondément engagées dans l'économie libre(…) , favorisent les associations sociales, la liberté d'expression (…)  et possèdent une presse libre et dynamique. Aujourd'hui, le peuple libanais a, une fois de plus, démontré son inébranlable attachement à son indépendance et à sa souveraineté. »
Irène MOSALLI

 26 mars 2009 

L’Orient-Le Jour Le quotidien libanais d'expression
française
http://www.lorientlejour.com/article/612784/Franc_succs_aux_USA_de_la_campagne_contre_les_bombes__fragmentation_et__clbration_de_stars_dorigine_libanaise.html



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

6-1 Ahmad Baydoun : La Dégénérescence du Liban ou la Réforme orpheline.

 Invitation à lire
Fondé sur quatre "conférences" données en mai 2008 au Collège de France, cet essai se propose de tirer les conclusions qui s'imposent de la crise politique profonde dans laquelle se débat le Liban.
A partir d'une lecture sans concession de l'histoire contemporaine du pays, dans son environnement régional et international, Ahmad Baydoun analyse d'abord les conditions de la constitution et de l'exercice du pouvoir d'Etat. Il montre ensuite pourquoi le communautarisme, en tant que principe structurant de la société politique, n'est plus en mesure de fonctionner plus ou moins normalement, comme c'était le cas auparavant, et cela en raison même de son omnipotence, autrement dit d'une polarisation quasi totale et sans précédent des communautés.
Or, constate l'auteur, les Libanais, dans leur grande majorité, ne semblent nullement conscients de la gravité de cette situation qui pourrait, à travers confrontations violentes et trêves précaires, menacer l'existence même de leur pays.
La réforme qu'il appelle de ses vœux et dont il donne les grandes lignes vise la déconfessionnalisation du système politique. Selon lui, il ne s'agit pas d'une option parmi d'autres mais, littéralement, d'une question de vie ou de mort.

Biographie de l'auteur
Ahmad Baydoun est né à Bint Jbeil, au Sud-Liban, en 1943. Historien et sociologue, professeur à l'université libanaise de Beyrouth, il est l'un des intellectuels les plus respectés de son pays.
Il a publié une dizaine d'ouvrages en langue arabe, tous remarquables par leur rigueur de pensée autant que par l'élégance de leur style.
Il a en outre fait paraître trois ouvrages en français : Identité confessionnelle et temps social chez les historiens libanais contemporains ( Université libanaise, 1984 ),
Le Liban aujourd'hui ( en collaboration, CNRS, 1994 )
et Itinéraires d'une guerre incivile ( Karthala, 2000 ).
Ahmad Baydoun, 

La Dégénérescence du Liban ou la Réforme orpheline Ed. Acte Sud

http://www.aloufok.net/spip.php?article372


6-2 Nidal Hamade : Comment le Mossad a assassiné Tony Frangieh.

Un ouvrage à paraître en France livre de nouveaux éléments sur l’assassinat du leader chrétien libanais Tony Frangieh et le massacre de ses proches, en 1978.

L’opération, conduite par le chef fasciste Samir Geagea, aurait en réalité été entièrement pilotée par le Mossad israélien.

L’auteur de cette enquête, Richard Labévière, est un journaliste proche des milieux français de la Défense.

07-04

L’écrivain et journaliste français Richard Labévière, qui avait déjà consacré un livre très documenté aux secrets des délibérations du Conseil de sécurité de l’ONU relatives au Liban [1], s’apprête à publier un nouvel ouvrage traitant d’un autre épisode tragique de l’histoire du pays du Cèdre : l’assassinat de l’ancien député et ministre chrétien Antoine Frangieh, dit « Tony », le 13 septembre 1978. L’ouvrage révèle le rôle décisif du Mossad, le service secret du ministère israélien des Affaires étrangères, dans ce meurtre.

L’auteur, qui est par ailleurs rédacteur en chef de la revue de l’Institut des hautes études de la Défense nationale [2], a recoupé des sources israéliennes de haut niveau, qu’il a rencontré en Suisse, et des sources françaises liées aux services secrets extérieurs.

Selon les informations du Réseau Voltaire, Richard Labévière est arrivé à la conclusion qu’en préparant cette opération, Israël s’était fixé quatre objectifs stratégiques :
 L’élimination d’un de ses adversaires chrétiens les plus déterminés ;
 Se déployer militairement dans le Nord du Liban, qu’il contrôlait déjà indirectement au plan sécuritaire ;
 Semer la zizanie dans le camp chrétien afin d’y trouver plus facilement des alliés ;
 Affaiblir les chrétiens alliés à la Syrie.

Le Mossad aurait confié l’opération au parti fasciste libanais, les « phalanges » de Bachir Gemayel. Des psychologues israéliens auraient fait passer des tests de personnalité à divers hommes de main et auraient choisi parmi eux le profil idéal pour remplir cette mission : Samir Geagea.

Le chapitre 11 de l’ouvrage serait consacré à la manière dont le Mossad a planifié l’opération. Celle-ci visait officiellement à enlever dans le palais des Frangieh à Ehden un de leurs hommes impliqué dans la mort d’un cadre phalangiste. Elle aurait donc dû se dérouler en l’absence de Tony Frangieh et de ses gardes du corps.

Mais les choses furent organisées de telle sorte que le leader politique fut retenu chez lui par une panne de voiture. Sachant qu’il refuserait de livrer un des siens et que Samir Geagea est un psychopathe, l’issue fatale de l’affrontement ne faisait aucun doute.

Dés le début des combats, Geagea fut blessé à la main et au bras. C’est donc probablement son adjoint qui commanda le massacre de tous les habitants de la résidence, incluant Tony Frangieh, son épouse et leur bébé de trois ans, ainsi que 35 autres personnes.

La secrétaire d’État US Condoleezza Rice rencontre Samir Geagea au domicile beyrouthin de Saad Hariri (16 juin 2008). Elle salue « un grand défenseur de la démocratie » (sic).

Il y a quelques mois, un membre du clan Frangieh, Joseph, a témoigné sur Orange TV (la chaîne de télévision du Courant patriotique libre de Michel Aoun) qu’à l’époque il avait participé à la défense de la résidence et qu’il avait lui-même blessé Samir Geagea.

Dès la diffusion de cette révélation, le vieil homme était assassiné à son tour.

Dans un souci d’objectivité, l’auteur a sollicité une rencontre avec Samir Geagea pour recueillir sa version des faits. Il en dresserait un compte rendu dans le chapitre 14. M. Geagea y reconnaîtrait les exactions de ses miliciens durant ces années sombres, et soulignerait qu’il n’a pas dirigé le massacre d’Ehden et ne pouvait pas l’avoir fait, puisqu’il était blessé.

Le plus grand secret entoure la parution de ce livre, annoncé en librairie en France fin avril, et au Liban courant mai.

Il semble que l’auteur y dévoile l’identité des différents protagonistes, des chefs du Mossad qui organisèrent l’opération jusqu’aux trois complices de Samir Geagea qui seraient aujourd’hui réfugiés en Australie.

Le caractère extrêmement sensible de ces informations, qui plus est à la veille des élections législatives libanaises, suscite beaucoup d’inquiétudes à Tel-Aviv et à Beyrouth.

Des pressions se multiplient pour censurer une partie du manuscrit ou en bloquer la diffusion.

Si nul n’ignore les nombreux crimes de Samir Geagea, incluant le meurtre du Premier ministre Rachid Karamé, le 1er juin 1987, son recrutement par le Mossad n’avait jamais été mis en lumière. En outre, l’amnistie dont le clan Hariri a fait bénéficier M. Geagea pourrait ne pas couvrir de nouveaux éléments révélés par M. Labévière.

http://www.voltairenet.org/article159614.html


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n° 102 - Journal du Liban - 22-03 au 13-04 – Fin - : Justice internationale: posture ou imposture ??


n° 102 - Journal du Liban - 22-03 au 13-04 – Fin - : Justice internationale: posture ou imposture ??



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Liban

   n°102                                               22-03 au 13-04

C.De broeder & M.Lemaire



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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Raad : ‘Le pays est fondé sur des options correctes et sincères, et non pas sur la mendicité’

9-2 Projet politique du Parti Communiste Libanais.

10 Analyse - Géopolitique et stratégie- Réflexion

10-1 Thierry Meyssan: " Elections législatives : la question est de savoir si l’on s’oriente vers une victoire de la Résistance à 55 ou à 70 %. ".

10-2 L’ONU et la Syrie planchent sur le tracé de la frontière à Chebaa.

 


 


9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

9-1 Raad : ‘Le pays est fondé sur des options correctes et sincères, et non pas sur la mendicité’

Mohammad Raad (responsable du bloc parlementaire du Hezbollah) : « Le pays est fondé sur des options correctes et sincères, et non pas sur la mendicité et les paris fallacieux sur des amitiés internationales, sachant que, dans ce monde, les amitiés n'existent pas et que seuls les intérêts comptent », affirmant que le Hezbollah « demeure attaché à des principes qu'il défend ». « Voilà pourquoi, a-t-il ajouté, nous ne faisons pas de concessions concernant nos principes et nos intérêts. Toutefois, en cas de besoin, nous pouvons manœuvrer au sujet de certains intérêts partiels afin d'obtenir certains gains stratégiques.

Les élections parlementaires doivent ainsi concrétiser le choix de notre peuple en faveur de la Résistance et de l'édification d'un Liban fort au sein duquel l'État peut établir un projet jetant les bases d'une égalité et d'une justice entre les citoyens ainsi que d'un développement équilibré des régions. »
Selon M. Raad, « si la bataille électorale est engagée entre l'opposition et la majorité, c'est parce qu'un choix se présente entre ceux qui veulent un Liban fort capable de faire face à l'ennemi sioniste
qui menace toujours notre existence, et ceux qui misent sur des compromis et qui souhaitent affaiblir la Résistance afin de faire preuve de bonne volonté à l'égard de l'ennemi israélien, dans l'espoir que ce dernier deviendra leur ami ».

Il a mis l'accent sur « l'importance des conséquences de chacun des deux choix ». « Certains, a souligné M. Raad, avancent le slogan de la souveraineté, de la liberté et de l'indépendance, mais sur le terrain, ils pratiquent l'allégeance et se soumettent aux tutelles étrangères. Ils n'ont rien d'indépendant.

C'est nous qui voulons une souveraineté véritable et une indépendance réelle. Nous voulons libérer les terrains occupés du joug de l'occupation israélienne et nous refusons de nous soumettre aux conditions de l'ennemi. Nous devons concrétiser cet engagement au cours de l'échéance électorale », a-t-il insisté,
21 Mars

L’Orient-Le Jour


9-2 Projet politique du Parti Communiste Libanais.

PERSPECTIVES DU XIEME CONGRES

Le X° Congrès du Parti Communiste Libanais, qui s’est tenu à Beyrouth entre le 25 et le 28 février 2009, a approfondi le contenu du projet politique qui lui était présenté dans le sens suivant :
1- La mise en avant de la ligne indépendante choisie par le Parti, tant sur le plan patriotique que sur le plan social, et, ce, à travers la lutte pour un régime politique démocratique, laïque et résistant, ayant pour mission de réaliser les réformes politiques nécessaires à la libération des territoires libanais encore occupés par Israël, tout en œuvrant au regroupement des forces de gauche et des forces démocratiques arabes dans le but de faire face au projet étasunien visant à mettre sous sa coupe notre région et toutes les richesses qu’elle recèle, et à perpétrer des massacres contre les peuples arabes, en particulier le peuple palestinien qui subit à nouveau, aujourd’hui, une guerre d’extermination.
2- La priorité à la lutte de classe sous toutes ses formes afin de faire face aux répercussions de la crise capitaliste mondiale sur notre peuple qui se traduisent par la paupérisation, l’élargissement du chômage et l’écroulement du niveau de vie de la majorité des Libanais, en particulier les jeunes.
3- Le maintien des principes et des objectifs socialistes qui forment la seule solution possible aux problèmes et aux contradictions internes vécus par la société libanaise et dérivant des régimes d’exploitation capitalistes.
Le X° Congrès a insisté également sur l’importance des moyens d’information, ainsi que sur le rôle qui doit être imparti aux jeunes. Il a entériné les projets visant à effectuer une politique d’alternance au sein des instances dirigeantes du Parti.

 8 avril  


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13/04/2009

n°429 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 11-04 – Début - Six années que les Irakiens subissent la tragédie de l’invasion.


n°429 -  Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion -  11-04 – Début - Six années que les Irakiens subissent la tragédie de l’invasion.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



 Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

429                                                                     11/04/09

             C.De Broeder      &       M.Lemaire



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Sommaire :

Tiré à part :

Troisième bombe nucléaire ?

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 L’eau noire qui attend Obama en Irak.

1-2 Six années que les Irakiens subissent la tragédie de l’invasion.

Fin

2  Dossier & Point de vue

2-1 Guerre exportée de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan.

2-2 Mohammed A. Salih : Les Kurdes d'Irak ne sont pas satisfaits du retrait US.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage 

3-1 Gilles Munier : Arnaques et pièges en tous genres à Bagdad.

3-2 Ambassade britannique à Bagdad, l'ombre d'un nouveau scandale.

4 Annexe

4-1 Non, pas 100 mégatonnes!

4-2 Toujours d'actualité dans la "vraie vie", la guerre en Irak sera le thème du prochain jeu d'action de Konami.




 


 

Avant propos

Avant propos

 

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...


Tiré à part :

Troisième bombe nucléaire ?

Philippe Laine ancien militaire français témoigne.

Philippe Laine, adhérent de l’association AVIGOLFE et ancien militaire ayant participé à la guerre du Golfe en 1991, confirme les propos tenus par Jim Brown, dans RAI News 24. 

Cet ancien militaire américain accuse le Ministère de la Défense d’avoir utilisé une petite bombe nucléaire à pénétration de 5 Kilotonnes, en 1991, dans la zone de Bassorah.

Philippe Laine a participé à la guerre du Golfe en 1991 au sein de La Force Aérienne Stratégique comme personnel navigant, Escadron ERV01/93.

Durant cette guerre, Philippe Laine a accompli plus de 100 heures de vol dans la région.

C’est en effectuant une de ces missions, qu’il a vu une explosion formant un champignon s’élevant selon lui à un niveau 300, c’est à dire aux environs de 9 milles mètres.

Cette explosion est la plus importante qu’il lui a été donné de voir tout au long de sa carrière militaire. D’après lui, son avion se trouvait à une heure de vol de l’explosion qui provenait de la région de Bassorah.

Philippe LAINE est aujourd’hui âgé de 51 ans est atteint, de troubles cognitifs, de fibromyalgie ainsi que du Syndrome de Fatigue Chronique.

Il a déposé une demande de pension militaire d’invalidité en 2002, qui a été rejetée, décision dont il a fait appel devant la  Cour Régionale des Pensions Militaires d’Aix en Provence.

Il souhaite aujourd’hui témoigner  sur l’événement auquel il a assisté et précise qu’il n’a jamais pensé qu’il pouvait s’agir d’une explosion nucléaire.

C’est pour cette raison qu’il a gardé le silence sur cet événement.

Mais, le récent  témoignage de Jim Brown, les mensonges répétés du Ministère de la Défense ainsi que l’absence de reconnaissance du Ministère vis-à-vis de ceux qui ont servi leur pays, l’ont convaincus de témoigner.

Posté le 29 novembre 2008 à 04:56:18 EST par SOULEIMAN

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=arti...



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 L’eau noire qui attend Obama en Irak.

Je vous ai raconté à moult reprises le comportement inavouable des troupes américaines en Irak, et plus exactement, dans cette guerre de certains groupes d’hommes armés. 

Un conflit devenu une guerre privée, tant le nombre de contractants chargés de la sécurité est important (on en compte aujourd’hui plus de 163 000 sur place, soit davantage que de soldats officiels !), une guerre devenue celle des milices armées ayant pour nom Blackwater, Triple Canopy, Olive, Unity Resources ou RTI international, Dyncorp et bien d’autres encore (voir la liste des vingt plus importantes parmi les 122 présentes à la fin du deuxième épisode de cet article).

Au point que l’on peut véritablement parler "d’outsourcing" du Pentagone pour la guerre irakienne. Des contractants ou plutôt des mercenaires, présents dans d’autres pays, notamment la Colombie, où Dyncorp est sur-représenté et a été très acoquiné avec les paramilitaires auteurs de massacres de paysans réfractaires à leur emprise. 

A propos du premier, je vous avais conté rapidement leur attitude au carrefour de Nissor (ou Nisour) Square, à Bagdad, où 6 mercenaires avaient fait un carton pour le plaisir sur des civils. 

La scène s’était produite le dimanche 16 septembre 2007 vers 11h 50, les mercenaires partant alors en expédition sous le nom de code Raven 23, pour sécuriser des diplomates après un attentat à la bombe qui venait juste de se produire un peu plus loin dans la ville. Ils avaient alors tué froidement 17 personnes (et provoqué 20 blessés) à ce rond point, dans un déchaînement incroyable de violence : en tirant sans raison à la mitrailleuse et au SR-25 (au départ un fusil de « Designated Marksman », à savoir celui des snipers) ou au BW-15, l’arme « maison », mais aussi en lançant ce jour-là des grenades incendiaires pour parachever leur « travail ».

Très vite, les compte-rendus des faits avaient montré que le déclenchement des tirs s’était fait sans raison valable qu’il s’agissait bien d’une énième bavure. Et que tout avait commencé par un des mercenaires, juché en haut du toit d’une Humvee, qui avait tiré sans être menacé vers le conducteur d’une Kia Sedan qui arrivait pourtant lentement au carrefour, avec au volant un étudiant en médecine. Le tireur ayant ensuite abattu la mère du conducteur, sortie précipitamment du véhicule. Une grenade incendiaire avait été ensuite promptement lancée sur la voiture par les gens de Blackwater, un procédé paraît-il commun qui permet de limiter les investigations ultérieures des inspecteurs de l’armée US. Incendier, ça laisse moins de traces. L’extrême violence des faits et les images terribles de la scène du crime rappellent le massacre d’Haditha, qui avait fait 24 morts, le 19 novembre 2005, qui n’a été suivi au final d’aucune condamnation des militaires US responsables. Un second MyLaï que cet Haditha, en fait. Tout le monde s’attend avec ce second massacre connu à ce que cela soit pareil cette fois encore, à savoir que les autorités américaines allaient une nouvelle fois fermer les yeux sur ces exécutions sommaires en pleine rue. Il en reste quelques images de véhicules criblés de balles, et comme seul document vidéo de l’évènement, une longue séquence de 10 minutes, fournie par le régime irakien en place et non l’armée US. La scène se passe à la fin de l’incident (on entend encore deux coups de feu épars), elle est filmée au loin, on y voit des pompiers qui s’activent et fort peu d’ambulances, une scène filmée dans ce qui semble être un pigeonnier local, chose fort répandue on le sait là-bas, pendant que les petits hélicoptères noirs bien connus de Blackwater survolent la scène. Pour ce qui est du nombre d’ambulances, on sait depuis toujours que les victimes déposées à l’hopital de Bagdad le sont le plus souvent par des voitures particulières, plus promptes à réagir qu’un service médical encore assez désorganisé .

Le principal responsable du massacre de Nissor, qui s’appelle Paul Slough, rentrera tranquillement chez lui en vacances au Texas pendant la durée de l’enquête, et en profitera pour « fêter » un mois après l’événement, en total irresponsable protégé par son immunité négociée par contrat par l’armée américaine. « Less than a month after the shooting, friends said, they saw Paul Slough and his wife at a tailgate party outside a Texas Tech football game in Lubbock. The group included Mr. Thompson, the former Texas National Guard member. He said Mr. Slough looked like the stereotype of a Blackwater guard : Oakley sunglasses, cargo pants, cropped hair and a chiseled physique » L’homme, engagé dans l’armée de terre US en 1999, revenait de 100 missions en Bosnie, où il avait atteint le rang de sergent, et avait rejoint en 2002 les Texas National Guard, qu’il avait quittés pour s’inscrire chez... Blackwater, qui lui offrait bien davantage financièrement pour jouer les gardes du corps des autorités ou des diplomates locaux. Sous les coups de feu répétés de ce seul tireur à la gâchette facile, les collègues de notre homme s’étaient sentis eux aussi menacés, et avaient tiré avec frénésie à leur tour sur les passants. Le carrefour sera jonché de cartouches. Paul Slough s’acharnera sur plusieurs de ses victimes, au point qu’un des membres des responsables de Blackwater, arrivé sur place, sera obligé de le mettre lui-même en joue pour lui intimer l’ordre de cesser le feu ! Ce dimanche là , c’était bien le « Bagdad Bloody Sunday » comme le titreront des journaux. Un de plus. Un de trop.

A l’hôpital de Bagdad, les blessés irakiens confirment les faits : il n’ y avait pas un seul assaillant de présent, aucun geste hostile, et parmi les morts figurent bel et bien des femmes, des vieillards et des enfants. On y apprend aussi qu’un homme levant les mains en l’air a été froidement abattu, ce que confirme assez rapidement un des assaillants lui-même .« Ridgeway also admitted one victim was shot in his chest ’while standing in the street with his hands up. » 

On est en présence d’assassinats, et non d’actes de guerre. Trois Kurdes, installés sur une terrasse, témoigneront aussi au New-York Times n’avoir vu des tirs que dans un seul sens, celui émanant des véhicules de Blackwater. Plus simple encore comme constatation : par terre, le sol est jonché de douilles a-t-on dit. Mais pas une seule n’est celle d’une AK-47 : « the Times reports that GIs found many 7.62x51 and 5.56x45 shell casings scattered around the square, the type of ammunition used by US armed forces and mercenaries employed in Iraq. They found no examples of 7.62x39 casings, the type of ammunition used by the AK-47, the weapon commonly used by the Iraq resistance ».
Un journaliste ayant reçu le prix Pulitzer, Steve Fainaru, correspondant du Washington Post et auteur d’un livre indispensable sur la question, comprend vite que « l’incident » de Nissor Square, qu’il vient d’apprendre, décrit comme « anodin » dans un premier temps par les autorités US, est bien plus grave que ce que peuvent bien en dire l’armée ou le représentant sur place de Blackwater .. car l’homme vient juste d’écrire un livre, justement, sur ces fameux mercenaires de Blackwater : « Fainaru writes, play by »Big Boy Rules« -which often means no rules at all as they barrel down highways in the wrong direction, firing on any vehicle in their path. » Il sait donc bien ce dont ils sont capables, et se doute que s’ils l’ont fait, c’est parce qu’ils espéraient bien bénéficier de la clémence des autorités. Pour la première fois, ils se trompaient.

L’article du NYTimes du 2 octobre 2007 est le premier à semer le doute sur les circonstances de cette bavure parmi le grand public. Ce ne sera pas le seul, et l’idée fera son chemin progressivement dans les esprits surtout au ministère de l’intérieur irakien : l’incident de Nissor est révélateur de méthodes inavouables et de pratiques particulières finalement assez habituelles : en Irak, on tue tous les jours des civils avant tout, sous des prétextes fallacieux ou carrément au jugé. 

Un an après, pourtant, le 14 novembre 2008, le journal the Nation parle d’inculpation officielle des six responsables de Blackwater... Le même jour, le département d’état US indique aussi avoir perdu la trace de 900 armes automatiques destinées au départ à Blackwater et évaporées dans la nature. La firme de mercenaires est désormais en cause. Accusée de provoquer une insécurité chronique et même de vol d’armement pour alimenter les trafics qui font rage.

Car la réputation de Blackwater est déjà faite depuis longtemps, même vis à vis des autres sociétés privées. Un mémorendum accablant daté du 1 er octobre 2007 le prouve amplement : c’est simple, les mercenaires d’Eric Prince sont ceux qui tirent toujours en premier : « When Blackwater’s performance is compared to that of the other two State Department contractors, DynCorp and Triple Canopy, the reports reveal that Blackwater participated in more shooting incidents than the other two companies combined. For the time period from January 1, 2005, through April 30, 2007, Blackwater fired weapons in 168 incidents, as compared to 102 incidents for DynCorp and 36 shooting incidents for Triple Canopy. Blackwater also fired first at a higher rate than its counterparts on the State Department contract, although the incidence of firing first was high for all three contactors. During this time period, Blackwater fired first in 143 escalation of forces incidents (85% of incidents), compared to 63 incidents for DynCorp (62% of incidents) and 30 incidents for Triple Canopy (83% of incidents).

Blackwater also inflicted property damage more often than the other two companies combined. » Blackwater a donc bien la gâchette trop facile, cela tourne chez elle à la culture morbide d’entreprise ! Une telle attitude de défiance vis à vis des autorités en place et d’une police locale qui tarde à se mettre en ordre s’explique difficilement. Sauf s’ils se sentent protégés en haut lieu. Ce qui est le cas.

L’opinion comme quoi ils ne risquent rien, ces mercenaires, est en effet relayée très vite par le gouvernement irakien qui est alors en train de négocier les termes du départ des américains. Or la pierre d’achoppement des débats est alors le statut exact des mercenaires, qui bénéficient selon les seules autorités US d’une parfaite et totale immunité depuis le début du conflit, et qui ne se sont donc pas privés de l’utiliser .« The hanging issue is the issue of immunity, but there has been progress on that, » affirme le même mois le ministre des affaires étrangères irakien Hoshyar Zebari. L’affaire de Nissor arrive juste à propos pour éviter de nouvelles dérives de ce genre : si l’Irak veut redevenir un état souverain, il faut revoir à tout prix le statut à part des mercenaires privés, héritage malsain de l’ère W. Bush. Un livre clé signé Jeremy Scahill, de Democracy Now et auteur de reportage saisissants pour le journal The Nation sur « l’armée fantôme de Bush », sorti au même moment, tombe à point nommé : selon lui, les troupes de Blackwater se permettent en fait tout, et tuaient sans vergogne et sans remords des civils, et ce, depuis longtemps déjà dans le pays. Suscitant une haine sans nom à leur égard, de la part des irakiens. La réconciliation de l’Irak passe donc désormais pour le gouvernement qui va rester sur place, par le refus pur et simple des exactions commises par des mercenaires protégés. Si l’on veut éviter la haine, c’est simple, il faut aussi exclure Blackwater du pays : ses troupes incontrôlées en ont déjà trop fait. Et son patron également, qui a passé ces dernières années à frauder ouvertement le fisc US, en ne payant même pas les charges sociales de ses employés. « The arrangement has... wrongly allowed Blackwater to avoid paying social security and Medicare taxes, as well as federal income and unemployment tax - or $32m (£16m) in taxes from May 2006 to March 2007. » 

Une découverte du très actif membre du Congrès Henry Waxman, un démocrate, le monsieur propre devenu président du House Committee, un personnnage véritablement, chargé d’examiner l’usage des crédits militaires octroyés par la chambre des représentants.

Une haine farouche, voilà ce que provoque l’attitude provocatrice des mercenaires, au point d’être la cible de terribles représailles. Tout le monde a les images atroces en tête des corps carbonisés suspendus aux poutrelles du pont de Fallujah. Les quatre employés de Blackwater (Scott Helvenston, Jerry Zovko, deux anciens des forces spéciales, Mike Teague, un vétéran de la guerre Afghane contre les russes, et Wes Batalona, un ancien Ranger revenu de Somalie) tués, brûlés et pendus carbonisés au pont de Fallujah en 2004 avaient tout simplement payé pour les exactions de leurs collègues précédents. Des exactions dont la presse n’avait jamais parlé, qui dataient de 2003 déjà, avec la prise par la force de Fallujah par l’armée US, alors que le quartier était redevenu calme, nous dit Scahill : « And eventually the US came in and took Fallujah by force. They, in fact, took over a primary school called the Leader’s School in April of 2003, and Iraqis began protesting, and that resulted in what Fallujans remember as a massacre. About a dozen people were killed, seventy people were injured one night as Fallujans protested. And that really sparked a series of conflicts between the people of Fallujah and the US military, in which scores of US soldiers were killed and many Fallujans were killed ». L’écrasement de Fallujah à deux reprises s’est fait dans un bain de sang, on vous l’a déjà dit ici et on vous le répète une nouvelle fois, cela restera un des crimes contre l’humanité commis par les troupes US en Irak et cela devra aussi être l’objet un jour d’un procès du même nom. Notamment pour l’usage d’armes chimiques. Ce que le Pentagone avait bien dû admettre en novembre 2005. A quoi s’ajoute à Fallujah l’huile sur le feu versée par les israëliens : « and then another event happened before the Fallujah ambush of the Blackwater contractors. On March 22, the Israeli military killed Sheikh Ahmed Yassin, who was a cleric bound in a wheelchair, as he was coming out of morning prayers, killed him and about a half a dozen people in his entourage. And in Fallujah, there was a massive protest against that. And already people believed that the Israelis and the US were working hand-in-hand during the occupation of Iraq. So that was the context leading up to the Fallujah ambush, and it’s almost never talked about ». On ne l’avait jamais dit, préférant recréer chez le téléspectateur US le même choc que les martyrs de Mogadiscio. 
Lors du meurtre des 4 occupants du 4X4 par les habitants révoltés de Fallujah, et non par des « terroristes », des slogans hostiles aux USA mais aussi à Israël avaient été proférés, des accents relayés par toutes les télévisions US... et d’Israël.
Jeremy Scahill avait pourtant tracé un portrait à l’acide de la compagnie Blackwater, le 10 mai 2007, en témoignant devant les sénateurs US du « House Appropriations Subcommittee on Defense », et en expliquant dans le détail le rôle important de la firme, ses contrats mirobolants, ses salaires énormes (« en un jour ils gagnent ce qu’un soldat gagne en un mois » avait dit Scahill) et ses dérives mortifères notoires. Il relevait alors les dires du brigadier américain Karl R. Horst, venu lui aussi témoigner, le responsable de la sécurité US à Bagdad, selon qui douze tirs contre des civils avaient eu lieu en moins de deux mois seulement, avec des morts et des blessés.... sans que Blackwater ne soit en rien inquiété, immunité assurée oblige. On connaît la déposition de Colin Powell à l’ONU, on devrait regarder celle de Scahill, qui prophétisait, cinq mois avant le massacre du rond-point de Nissor, les accidents à venir. En face, si le Sénat et le Congrès commençaient à s’en inquiéter, ce n’était pas le cas de l’administration de la Maison Blanche. Un Bush visiblement émêché, invité à une réunion, éludera totalement la question embarrassante sur les mercenaires privés et leurs récentes exactions en la renvoyant sur Donald Rumsfeld de manière odieuse. En se payant ouvertement au passage la tête de la jeune journaliste qui lui avait posé la question sur le massacre de Nissor. On savait qu’il pouvait être mufle, mais pas à ce point. Pour lui, Nissor n’est qu’un épisode de plus, sans conséquences. Il se trompe gravement. L’attitude de quelques mercenaires déjantés va plomber pendant des mois l’atmosphère des négociations entre son administration et le gouvernement irakien qui souhaite faire un exemple avec ce cas précis, car il va de l’avenir des autres sociétés de sécurité sur le territoire irakien.

En fait, l’incurie des firmes privées ne s’arrête pas aux seuls civils. Elles sont aussi capable de tuer des militaires, et cette fois par pure incompétence et extrême légèreté dans leurs réalisations contractuelles. C’est le cas de la firme KBR, à laquelle était lié jusqu’en avril 2007 Dick Cheney via Halliburton, et sa gestion catastrophique des déchets ou de la répartition sur place de l’électricité. KBR se charge en effet aussi... des décharges des dépôts de l’armée US : en absence d’incinérateur, on y brûle le plus souvent les surplus à l’air libre, y compris des matériels neufs... ou non utilisés (la gabegie reine dans l’armée US !). La gestion catastrophique de ces décharges expose les soldats à des attaques aux poumons ou à la peau des attaques toxiques évidentes. Provoquant jusqu’à la mort par cancer des soldats US chargés de les entretenir ! CNN avait déjà noté par ailleurs les autres graves insuffisances des services de KBR, à partir d’un accident survenu à plusieurs reprises : l’électrocution de soldats prenant une douche, en raison de montages électriques défectueux. 18 soldats US avaient ainsi perdu la vie de cette façon avant que l’on ne s’en inquiète ! Ce que n’avait pas voulu reconnaître officiellement KBR. On avait pourtant relevé du 231 volts dans les cabines de douche des militaires. A voir les installations électriques extérieures, on n’est pas trop surpris... . A voir les prises sans masse avec les fils dénudés introduits directement dedans non plus... Civils ou militaires, les sociétés privées contractuelles, en Irak, s’en fichent royalement, ce qui compte, c’est combien cela rapporte... à leurs dirigeants tel Eric Prince, le « war profiteer » par excellence..

Le massacre de Nissor une fois passé, on se dit que ce n’est peut être qu’un « accident », comme d’aucuns le prétendent alors, qui n’ont pas encore vu les dégâts ni ne savent le nombre de victimes exact. Un « accident » à répétition, il semble. A peine un mois après, le 11 octobre exactement un membre de la société Unity Resources Group, tire à nouveau sans raison dans le moteur d’une vieille Oldsmobile blanche, puis arrose la carrosserie d’un tir nourri. Deux femmes placées à l’avant meurent sur le coup, sur la banquette arrière on en relève une troisiéme et un enfant, tous deux griévement blessés. Les mercenaires auteurs des coups de feu mortels sont australiens, leur entreprise enregistrée a ses quartiers généraux à Dubaï (comme désormais KBR) et son registre de commerce est à Singapour. Et la société est elle même contractante pour RTI. Bref, Blackwater n’est pas le seul à commettre ces meurtres gratuits, et toutes les firmes de ce type font dans la plus parfaite opacité sur leurs documents officiels, histoire surtout d’échapper à l’impôt. Les mercenaires sont payés le plus souvent à la semaine... et en liquide , Prince ne payant pas ainsi les taxes fédérales américaines et les impôts. Ce n’est malheureusement pas le seul subterfuge que la firme prête à tout a utilisé là-bas
Les morts du rond point de Bagdad auraient pu s’ajouter à la longue liste des meurtres qui resteront à jamais impunis, faute de preuves et de témoins encore vivants. Heureusement, ce ne sera pas le cas. Vous allez me dire, ce que vous racontez-là depuis le début, nous ne sommes pas censés le croire sur parole. L’Irak n’est quand même pas devenu en cinq ans un tir au pigeons de soldats en goguette le samedi soir !! Nous n’en sommes quand même plus aux temps du Ku-Klux-Klan et de ses expéditions punitives du week-end !! Obama vient d’être élu semble-t-il !

Et bien détrompez vous.

 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50101


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n°429 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 11-04 - Fin- Six années que les Irakiens subissent la tragédie de l’invasion.


n°429 -  Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion -  11-04 - Fin- Six années que les Irakiens subissent la tragédie de l’invasion.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



 Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

429                                                                     11/04/09

             C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

2  Dossier & Point de vue

2-1 Guerre exportée de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan.

2-2 Mohammed A. Salih : Les Kurdes d'Irak ne sont pas satisfaits du retrait US.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage 

3-1 Gilles Munier : Arnaques et pièges en tous genres à Bagdad.

3-2 Ambassade britannique à Bagdad, l'ombre d'un nouveau scandale.

4 Annexe

4-1 Non, pas 100 mégatonnes!

4-2 Toujours d'actualité dans la "vraie vie", la guerre en Irak sera le thème du prochain jeu d'action de Konami.


 


2  Dossier & Point de vue

2-1 Guerre exportée de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Note de ‘Lutte Ouvrière’ : Nous publions ci-dessous la traduction d’un article de la revue Class Struggle, n° 60 de novembre-décembre 2008, rédigé par l’organisation américaine The Spark.

Cet article fait le point sur la politique guerrière de l’impérialisme US au Moyen-Orient.

Le « sursaut » des troupes américaines en Irak, conçu par le général David Petraeus (Commandant en chef des troupes américaines en Irak et en Afghanistan, depuis peu à la tête des opérations militaires américaines dans une plus vaste région encore, englobant l’Iran, le Pakistan et l’ensemble du Golfe... (ndt)), a été présenté comme un grand succès.

Les médias et les politiciens républicains et démocrates lui ont attribué le mérite d’empêcher la guerre désastreuse de l’impérialisme américain de devenir un autre Vietnam, c’est-à-dire une défaite honteuse.

Pendant la campagne électorale, John McCain, un des premiers défenseurs du « sursaut », a essayé de profiter de son prétendu succès, autant qu’il l’a pu, proclamant que cela confirmait ses propres intuitions et connaissances militaires.

Obama, qui a essayé d’exploiter l’impopularité massive de la guerre en se présentant comme un opposant de la première heure (malgré le fait qu’il ait voté tous les crédits de guerre), a néanmoins changé de cap pour louer les résultats du sursaut, disant même à Bill O’Reilley de Fox News que «  le sursaut a réussi au-delà de nos rêves les plus fous ».

Maintenant, les militaires américains annoncent qu’ils prévoient un autre « sursaut » en Afghanistan. Et là aussi, ils sont applaudis avec enthousiasme par les médias, et naturellement par les Démocrates et les Républicains, dont beaucoup qualifient la guerre d’Afghanistan de« guerre juste ».

L’irak : un désastre déguisé en succès

Bien entendu, toutes les déclarations sur le succès du sursaut en Irak ne font que montrer le cynisme et la dépravation des politiciens américains et des médias.

Au début de l’année 2008, le renforcement des troupes américaines en Irak a augmenté leur nombre de 30 000. Ces troupes n’ont pas, contrairement à ce qu’on avait annoncé, amélioré la sécurité dans des zones ciblées de l’Irak.

Au contraire, les troupes américaines ont procédé à une énorme intensification de la guerre contre le peuple irakien, et elles ont soutenu massivement les nettoyages ethniques et religieux.

À Bagdad, les troupes américaines et leurs alliés irakiens ont bombardé et détruit des quartiers entiers, tuant des milliers de personnes et forçant des centaines de milliers à fuir. Les réfugiés de Bagdad ont rejoint un flot humain qui représente aujourd’hui un sixième de la population irakienne, soit près de cinq millions de personnes. Bagdad a été divisée et séparée par d’énormes hauts murs en enclaves sunnites et chiites, qui sont patrouillées par une police meurtrière, des bandes armées et des troupes féroces.

En d’autres termes, Bagdad a été saignée à blanc... puis transformée en une prison.

La guerre s’est intensifiée dans d’autres parties du pays, plus particulièrement au sud autour de Bassora. En mars dernier, les militaires américains ont soutenu la désastreuse offensive lancée par l’armée irakienne contre une milice chiite rivale, l’Armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr.

L’armée irakienne est dominée par la milice Badr, l’aile militaire du parti chiite ISCI (Conseil islamique suprême d’Irak, autrefois appelé SCIRI). La bataille entre les deux rivales a fait tant de ravages que les Américains ont dû faire appel à des médiateurs iraniens pour négocier un cessez-le-feu temporaire.

Les autorités américaines présentent souvent la province d’Anbar comme la preuve du prétendu succès du sursaut.

Anbar est au cœur de ce que les Américains appellent le triangle sunnite, c’est-à-dire de la résistance contre les Américains provenant de villes comme Ramadi et Faludja. Aujourd’hui, les Américains proclament que ces villes sont si tranquilles et si pacifiques que les militaires américains peuvent réduire en grande partie la présence de troupes. Ce que les autorités américaines ne disent pas, c’est que les Américains ont réduit ces villes à des décombres après des années et des années de guerre intensive. En d’autres termes, elles sont calmes... comme un cimetière.

Les Américains attribuent également au Mouvement du Réveil sunnite le mérite d’avoir contribué à la sécurité et de s’être opposé à l’insurrection.

En fait, le Mouvement du Réveil n’est rien de plus que des bandes armées, formées d’environ 90 000 anciens baasistes, anciens officiers de Saddam Hussein et insurgés de la résistance irakienne de 2003-2007. Les Américains paient chaque membre de la milice armée 300 dollars par mois pour patrouiller les province d’Anbar, de Salahuddin, de Dyala et la plupart des quartiers sunnites de l’ouest de Bagdad. Ils leur ont promis qu’après la fin des paiements américains en septembre, un cinquième des hommes servant dans le Mouvement du Réveil serait intégré dans l’appareil d’État irakien.

C’était censé faire partie des efforts faits pour que tous les protagonistes résolvent pacifiquement leurs conflits et pour rendre l’État et le gouvernement irakiens – qui aujourd’hui sont dominés par le parti chiite, l’ISCI et sa milice Badr – plus ouverts, en y faisant entrer des milices et des partis rivaux, y compris le parti d’al-Sadr et les partis sunnites.

Des élections provinciales devaient être organisées à une autre étape du processus de réconciliation pacifique. Ces élections étaient initialement prévues pour octobre, mais elles ont été reportées, une fois de plus, à janvier 2009 – c’est-à-dire, après les élections présidentielles américaines.

Les promesses de réconciliation se sont vite révélées complètement creuses. La police irakienne et les escadrons de la mort liés à l’ISCI et à la milice Badr ont intensifié leurs efforts pour consolider leur contrôle exclusif sur l’appareil d’État et sur le gouvernement en visant les chefs des factions et des partis rivaux. Pratiquement aucun membre du mouvement du Réveil sunnite n’a été recruté dans l’appareil d’État. Mais de nombreux chefs ont été assassinés et une liste a été dressée pour en arrêter six cents autres. En même temps, un éminent membre du Parlement irakien fidèle à Moqtada al-Sadr a été tué dans un attentat soigneusement planifié.

Pendant les derniers mois, il y a sans doute eu moins de spectaculaires attentats-suicides ou à la voiture piégée. Mais il y a eu plus de tués par des snipers et des bombes magnétiques faciles à fixer aux voitures des victimes et actionnées au moment choisi par l’assassin.

Les autorités américaines ont, de temps en temps, condamné publiquement cette nouvelle vague d’assassinats et d’arrestations. Mais dans la coulisse, elles continuent à travailler avec l’État irakien dominé par l’ISCI et la milice Badr, menaçant de violences encore pires si un des groupes visés essaie de riposter, et tenant ainsi ces groupes en respect.

Irak : une guerre sans fin

Le pays continue d’être agité par la violence et les conflits ethniques. À Mossoul, au nord de Bagdad, la milice kurde a mené une campagne de terreur contre la minorité chrétienne, assassinant une douzaine de chrétiens, mettant le feu à leurs maisons et provoquant l’exode de la ville de milliers de chrétiens. Au nord, dans la ville de Kirkouk, une importante région productrice de pétrole, la compétition est vive. À Kirkouk, il y a un mélange de différentes ethnies et confessions, comprenant des Kurdes, des sunnites et des Turkomans.

Sous Saddam Hussein, des sunnites avaient été envoyés remplacer les Kurdes pour servir de base de soutien à Saddam. Depuis 2003, les autorités kurdes ont encouragé les Kurdes à revenir à Kirkouk pour remplacer les sunnites. Il y a ainsi un conflit sans fin sur la question de qui vit où, accompagné d’assassinats et d’attentats à la bombe. Cette situation est si explosive que les politiciens irakiens sont d’accord pour reporter les élections provinciales à venir à Kirkouk, craignant qu’une bataille électorale ne dégénère en une guerre civile ouverte.

De plus, les militaires turcs ont régulièrement mené des incursions dans la partie nord de l’Irak.

Sous le prétexte de combattre la guérilla séparatiste kurde, le gouvernement turc essaie de se positionner pour mettre la main sur une partie des richesses pétrolières irakiennes.

L’Irak est toujours si dangereux que pratiquement aucun des cinq millions de réfugiés ne s’est senti suffisamment en sécurité pour revenir, malgré la dureté de la condition de réfugié. Les rares à être revenus ont été le plus souvent confrontés à la violente hostilité d’un gang ou d’un autre, qui leur laisse le choix habituel : partir ou mourir. Sans aucun doute, les quartiers et les villes mixtes, où des gens de différentes origines ethniques vivaient et se mariaient ensemble, font partie du passé.

La violence terrible de ces dernières années a permis aux compagnies pétrolières américaines d’avoir les mains libres pour exploiter les vastes richesses pétrolières du pays, quand l’opportunité se présentera enfin.

Pendant ce temps, les Irakiens ordinaires sont abandonnés à eux-mêmes dans les plus infernales conditions : peu ou pas d’électricité, eaux usées et détritus en putréfaction partout, peu ou pas d’accès à l’eau potable, plusieurs épidémies de choléra l’année dernière, pas de soins médicaux, pas de travail... rien.

En fait, la seule question vraiment débattue dans l’appareil d’État américain est combien de troupes laisser en Irak pour garder et assurer le contrôle américain.

Selon des fuites du dernier « National Intelligence analysis »américain, un document très attendu, produit par 16 agences de renseignement et qui n’est pas destiné à une publication officielle avant les élections – le niveau des troupes américaines, qui atteint actuellement 146 000, devrait rester comparable dans le futur proche, en raison de l’aspect explosif de la situation. En septembre, le président Bush a confirmé qu’il ne diminuerait pas le nombre des troupes américaines en Irak avant la fin de son mandat.

Néanmoins une autre guerre est en route, même si cela pèse sur l’armée.

Démocrates et Républicains parlent les uns comme les autres d’intensifier la guerre en Afghanistan. Obama et McCain se sont même servis de leur campagne présidentielle pour préparer la population américaine à une forte augmentation des troupes en Afghanistan.

Obama dit couramment qu’il considère l’Afghanistan comme sa priorité, ce qu’il appelle « le front principal de la guerre contre le terrorisme ». Et il ajoute : « Nous avons besoin de plus de troupes là-bas. Nous avons besoin de plus de ressources... C’est une guerre que nous devons gagner ». Selon McCain, «  le statu quo est inacceptable. La sécurité en Afghanistan s’est détériorée et nos ennemis ont pris l’offensive ».

En fait, dès août 2007, Obama avait franchi une sorte de Rubicon verbal en disant qu’il était également prêt à envoyer des troupes américaines au Pakistan, s’il obtenait ce qu’il a appelé des « informations justifiant une poursuite ». En d’autres termes, en qualifiant le « sursaut » américain en Irak de succès, les deux candidats disent qu’une fois président, ils feront une guerre plus importante en Afghanistan et même au Pakistan.

….

Cette extension de la guerre, de l’Irak à l’Afghanistan et à des parties du Pakistan, rappelle ce que les Américains ont fait, dans des circonstances historiques différentes, en Asie du Sud-est, il y a quarante ans. En poursuivant le Front de libération national vietnamien dans les pays voisins, le Laos et le Cambodge, l’impérialisme américain n’a fait que semer la guerre et la destruction.

Les États-unis ne sont pas au bout de leurs guerres au Moyen-Orient et en Asie centrale. Les guerres s’étendent. Tout comme la bourgeoisie américaine entraîne le monde dans la plus grande crise économique et financière depuis la Grande Dépression, elle alimente, au Moyen-Orient et en Asie centrale, une guerre régionale qui pourrait se généraliser.

Lutte de Classe N°116 - novembre 2008

http://www.lutte-ouvriere.org/spip.php?article428 


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12/04/2009

n°428 - Journal d'Irak - du 03-04 au 11-04 - Début - : 9-1 Il est loin le temps ou Obama était contre l’invasion de l’Irak.


n°428 - Journal d'Irak - du 03-04 au 11-04 - Début - : 9-1 Il est loin le temps ou Obama était contre l’invasion de l’Irak.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Les analyses des auteurs  doit être considérée comme un acte de résistance et une contribution à l'information face à la dictature des médias, et des gouvernants .

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants ….

M.Hassan  : Au début de l’occupation, les Américains prétendaient que la résistance était le fait, principalement, des « Sunnites ». Maintenant, les « Sunnites » sont devenus… les » terroristes-islamistes » d’Al Qaeda

Vivre sous occupation c'est l'humiliation à chaque instant de sa vie.

Résister à l'occupation c'est vivre libre ! :  Yasser Arafat

 



Journal d'Irak

n°428                 du 03/04                   au 11/04/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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A consulter

Uruknet : informations sur l’Irak occupé

http://www.uruknet.info/?p=-5&l=e

Basrah.net : actualité de la résistance irakienne

http://www.albasrah.net/moqawama/english/iraqi_resistance.htm

 

Sommaire :

Tiré à part :

Septième année d'occupation.

Des dizaines de milliers de manifestants à Bagdad.

Paroles & action du président...

Obama veut une rallonge budgétaire pour l'Irak et l'Afghanistan.

Les 18 prochains mois vont être une période critique ...

"Faire bouger le navire étatique prend du temps".

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

1 Analyse

2 Occupation de l'Irak

Suite

3 Politique

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

6 Les brèves

6-1 La guerre du pétrole.

6-2 Couvre-feu diurne à Falloudja.

Fin

7 Dossier & Point de vue

7 Obama au monde: «Faites ce que je dis, pas ce que je fais.»
Obama aux Américains: «Écoutez ce que je dis, oubliez ce que je fais.»

7-2 Denis Gorteau : La guerre de 2003 a aussi redistribué les cartes politiques.

7-3 L’armée américaine teste une nouvelle stratégie dans le désert irakien.

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 Gilles Munier : Affaires à haut risque à Bagdad.

9  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Il est loin le temps ou Obama était contre l’invasion de l’Irak.

 



Tiré à part :

Septième année d'occupation.

L’occupation de l’Irak par l’armée étasunienne et ses supplétifs vient d’entrer dans sa septième année.

A cette occasion le TRIBUNAL BRUSSELS, constitué à l’image du TRIBUNAL RUSSELL qui avait organisé un procès contre les Etats-Unis pour tous les crimes commis pendant la guerre du Vietnam, s’est fixé comme mission de recenser, de décrire et de faire connaître tous les crimes commis par l’armée

d’occupation en Irak.

Il a tenu à Bruxelles les 18 et 19 Mars une nouvelle session destinée à faire le point de la situation et à tracer des perspectives d’avenir.

Pour tenir cette réunion il a été accueilli successivement par le parlement européen à l’invitation de LUISA MORGANTINI, Vice-présidente et par le Parlement belge à l’invitation du Vice-président DIRK VAN DER MAELEN.

Ont porté témoignage sur la situation irakienne :

- M. ABDUL ILAN ALBAYATI, géopoliticien et spécialiste du mouvement national arabe

- L E DOCTEUR OMAR AL- KUBAISY cardiologue irakien renommé et excellent connaisseur de l’état de la santé publique en Irak occupé

- LE DOCTEUR FALAH AL- KHAYAT directeur général du Ministère irakien du Pétrole jusqu’à l’invasion étasunienne

- LE DOCTEUR HASSIN AYDINLI représentant des populations turkmènes auprès de l’Union européenne, expert sur la question des minorités ethniques en IRAK et sur leur répression par le gouvernement d’occupation

- M. SHANNON MEEHAN expert en matière de réfugiés

Un bilan rapide de ces deux jours de travaux en séance publique et en présence d’élus européens et belges a été établi par le TRIBUNAL BRUSSELS.

En voici la traduction française établie par COMAGUER

1. En raison de sa position géopolitique et de ses importantes ressources (pétrole et gaz) la stabilité de l’Irak n’est pas simplement l’intérêt du peuple irakien mais celui

de la région et du monde entier

2. Le projet US de division de l’Irak a échoué. En nombre, à la fois par intérêt et par culture, le peuple irakien rejette massivement l’occupation US. Par la terreur,

l’occupation a engendré la plus vaste crise de réfugiés du monde actuel en provoquant le déplacement d’un cinquième de la population .

3. Le processus politique de l’occupation a créé le chaos et un Etat en faillite caractérisé par l’effondrement complet des services publics et les violations systématiques detous les droits de l’homme, y compris le droit de vivre. Cet Etat ne peut être réformé.

4. La tragédie humanitaire concerne au premier chef les femmes et les enfants, exposés à toutes les formes de violence et d’exploitation.

5. L’occupation a visé consciemment à faire fuir la population formée et professionnellement qualifiée, rendant ainsi concrètement impossible le fonctionnement de l’Etat et favorisant la déstabilisation régionale.

6. Les irakiens déplacés ont le droit de retour mais les conditions concrètes de ce retour sont inexistantes tant que la stabilité et la sécurité ne sont pas rétablies.

7. L’occupation et son appareil perpétuent la violence. La sécurité ne peut être assurée que par le retrait inconditionnel d’Irak de toutes les forces d’occupation.

8. Seul un Etat garantissant l’égalité de tous ses citoyens après le départ des forces d’occupation peut garantir la paix, la stabilité et la démocratie pour l’Irak et son

peuple

9. Un Irak souverain non seulement refuserait d’aliéner ses richesses naturelles à des compagnies étrangères mais serait en droit d’exiger des réparations pour toutes les

pertes et destructions qu’il a subies .

10. La résistance irakienne, sous toutes ses formes est la seule force capable, à la fois par sa réalité et sa légitimité, d’ouvrir la voie vers la paix, la stabilité, le bien-être et la démocratie en Irak.

Pour le TRIBUNAL BRUSSELS le rejet de l’occupation US et de tous les maux qu’elle engendre doit devenir la position officielle des institutions à commencer par celles qui l’ont accueilli les 18 et 19 Mars : le Parlement européen et le Parlement belge.

La réussite de cette initiative est une étape importante dans la poursuite de cet objectif.

Plus généralement cette initiative est venue utilement rappeler

1. que l’occupation US continue dans une relative indifférence médiatique

2. que l’agression US commencée en 1991 (Guerre du Golfe) poursuivie par un embargo très sévère (1991-2003) et par l’invasion du pays (2003…..) a détruit en profondeur une société qui avait entrepris une marche résolue vers le développement économique et social

3. que le gouvernement mis en place par l’occupant n’a aucune légitimité et qu’il devra disparaitre

4. que ce gouvernement est incapable d’assurer le fonctionnement normal de l’Etat et des services publics

5. que des forces politiques et sociales organisées en Irak même et parmi les réfugiés et exilés irakiens continuent d’agir pour la libération de leur pays.

6. que si, 64 ans après la fin de la seconde guerre mondiale les troupes des Etats-Unis sont toujours massivement présentes sur le territoire des pays vaincus : Japon, Allemagne (mais pas sur la partie du territoire libérée par l’armée soviétique), Italie, à l’inverse l’Irak n’a jamais été en guerre contre les Etats-Unis.

Quelques chiffres pour conclure

- la destruction/ occupation de l’Irak dure depuis 72 mois

- cette activité brutale et meurtrière a coûté 607 milliards de dollars

- le gouvernement irakien fantoche a, sans être inquiété détourné 13 milliards de dollars, prix de sa soumission

- 2 millions d’irakiens ont été déplacés à l’intérieur du pays

- 3 millions d’irakiens ont fui le pays

- Au moins 1,3 millions d’irakiens sont morts du fait de l’occupation depuis 2003

- 2615 professeurs, scientifiques et médecins ont été tués de sang froid

- 338 journalistes sont morts

- L’électricité est fournie en moyenne 3 heures par jour

- 7 mafias opèrent dans le pays

- 10 000 cas de choléra sont déclarés chaque année

- Le coût de la reconstruction des principales infrastructures du pays (routes, distribution d’eau et d’électricité, bâtiments publics..) est estimé à 400 milliards de

dollars

Mais tout ceci est presque voué à l’oubli, puisque le Pentagone vient d’annoncer que la « guerre globale contre la terreur » était terminée !

Le Pentagone vient en effet, de mettre en circulation la nouvelle appellation de la guerre impériale. La formule « guerre globale contre la terreur » (global war on terror) utilisée à satiété par GW BUSH et son administration pour regrouper sous une seule expression l’ensemble de son activité guerrière impérialiste est remplacée par la formule « OPERATION EVENTUELLE OUTREMER» (OVERSEAS CONTINGENT OPERATION) des nécessités du moment , que l’armée US est « toujours prête » , on le savait !)

Comme on le voit, le changement sémantique est important. On passe de la version « hard » genre grand spectacle hollywoodien chère aux Républicains, à la version « soft » plus technicienne préférée des Démocrates, on passe du matraquage médiatique brutal au vocabulaire plein de bruitet de fureur à l’engourdissement cérébral de masse assisté, des rodomontades Bushiennes à la technocratie glacée.

La consigne écrite qui s’adresse à toute l’administration Obama va évidemment être suivie bien au-delà du cercle des porte-paroles et experts gouvernementaux puisque les poids lourds des médias et de la classe politique vont reprendre l’expression nouvelle et la mettre sans répit en

circulation au nom du « sémantiquement correct ».

Elle a en outre le très grand avantage de permettre de nouvelles interventions militaires, n’importe où et n’importe quand, sans avoir à utiliser le prétexte éculé du terrorisme.

(note du traducteur : le qualificatif anglais CONTINGENT que nous avons rendu par EVENTUELLE est difficile à traduire car il est ambigu, il laisse simplement entendre que tout est possible en fonction

Source : COMAGUER

09-04

Des dizaines de milliers de manifestants à Bagdad.

32.000 (selon la police) manifestants ont réclamé la fin de l'occupation.

 

Ils ont brûlé des effigies de Bush et réclamé le départ des Américains d'Irak.

Une image symbolique : Al-Sadr, dont l'Armée du Mahdi avait combattu les forces américaines jusqu'à un cessez-le-feu en mai dernier, a appelé la population à manifester sur la place Firdous, où la statue de Saddam Hussein fut abattue le 9 avril 2003 par les soldats Us.

Dans un communiqué lu par un porte-parole, Moqtada Sadr, a appelé Obama, à "soutenir le peuple irakien et travailler à un départ" des troupes d’occupation etats-unienne.

"Nous exigeons que le président Obama prenne le parti du peuple irakien et mette fin à l'occupation pour respecter les promesses qu'il a faites au monde", a lancé un des conseillers d'Al-Sadr, Assad al-Nassiri, à la foule.

AP & ats


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n°428 - Journal d'Irak - du 03-04 au 11-04 - Suite - : 9-1 Il est loin le temps ou Obama était contre l’invasion de l’Irak.


n°428 - Journal d'Irak - du 03-04 au 11-04 - Suite - : 9-1 Il est loin le temps ou Obama était contre l’invasion de l’Irak.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!.

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants ….

 



Journal d'Irak

n°428                 du 03/04                   au 11/04/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire : Suite

Tiré à part :

3 Politique

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

6 Les brèves

6-1 La guerre du pétrole.

6-2 Couvre-feu diurne à Falloudja.

 



3) Politique

a) des collaborateurs Irakiens

Prisons, exactions & torture

Peine réduite à un an de prison pour Muntadhar al-Zeidi.

La plus haute instance de justice irakienne a décidé mardi de réduire de trois à un an la peine de prison du journaliste irakien qui avait lancé ses chaussures en direction de Bush.

Le porte-parole de la Cour d'appel fédérale, Abdul-Sattar Bayrkdar, a expliqué cette décision par le fait que Muntadhar al-Zeidi, condamné en mars à l'issue d'un procès rapide, n'avait pas d'antécédents judiciaires..

En mars, Muntadhar al-Zeidi avait plaidé non-coupable, qualifiant son action de "réponse naturelle à l'occupation"..

La nouvelle a surpris la famille du journaliste, qui l'a qualifiée de "victoire pour le peuple irakien". "Nous ne nous attendions pas à ce que mon frère puisse être libéré avant trois ans", a déclaré le frère de Muntadhar al-Zeidi, Dargham, à l'Associated Press.

07-04

http://www.aloufok.net/spip.php?article404



b) Les occupants 

1) Usa

Obama réclame une rallonge pour l'Irak et l'Afghanistan.

Obama a envoyé une requête au Congrès demandant 83,4 milliards de dollars supplémentaires

Barack Obama s’était opposé à recourir à des fonds supplémentaires pour financer les guerres en Afghanistan et en Irak. … Mais l’armée américaine a besoin d’argent dès maintenant.  C’est pourquoi le président a réclamé ce jeudi au Congrès 83,4 milliards de dollars.

Le porte-parole de la Maison Blanche le jure : «ce sera le dernier supplément pour l’Irak et l’Afghanistan».

Dans une lettre adressée à la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, Obama plaide pour une approbation rapide de cette mesure.

La raison?

«Une situation en Afghanistan et au Pakistan qui exige une attention urgente.

Les résistants se renforcent et Al-Qaeda menace l’Amérique depuis ses refuges le long de la frontière afghano-pakistanaise», d’après Obama. (…)  Il s’agit de financer les «opérations militaires, diplomatiques et de renseignement en cours».

La requête comprend par ailleurs des demandes qui ne sont pas liées aux conflits en Irak et Afghanistan, dont 350 millions de dollars pour la sécurité et la lutte antidrogue à la frontière mexicaine, et 89,5 millions de dollars pour sécuriser des matériaux nucléaires russes et poursuivre la dénucléarisation en Corée du Nord.

7,1 milliards seront consacrés à l’aide internationale, dont 400 millions pour aider (…) le Pakistan à combattre les extrémistes.

800 millions de dollars sont destinés au soutien à l’Autorité palestinienne et pour l’aide humanitaire à Gaza et 200 millions pour la Géorgie.

800 millions de dollars seront enfin alloués aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, pour financer une mission étendue en République démocratique du Congo et une nouvelle mission au Tchad et en République centrafricaine.

Mais, tient à rappeler Obama, «près de 95% de ces fonds seront utilisés pour apporter un soutien à nos hommes et femmes en uniforme qui aident (…) le peuple irakien à prendre la responsabilité de son propre avenir, et œuvrent à perturber, démanteler et vaincre Al-Qaeda au Pakistan et en Afghanistan».

(Source AFP)


Prisons, exactions & torture

Joseph P. Mayo - soldat us condamné pour 4 meurtres de civils

Dans les pires moments de l'occupation les soldats arrêtaient et fusillaient n'importe qui...

Son nom : Joseph P. Mayo, sergent-chef dans l'armée des Etats-Unis

Son crime : meurtre de quatre prisonniers irakiens à Bagdad en 2007.

Condamnation : 35 ans de prison par une cour martiale de l'armée américaine à Vilsek, dans l'ouest de l'Allemagne.

Agé de 27 ans, l'homme comparaissait pour meurtres avec préméditation. ll pourra bénéficier d'une remise de peine éventuelle au bout de dix ans.

A l'ouverture du procès, lundi matin, Joseph P. Mayo avait plaidé coupable de l'un de ces meurtres. "Je pensais que c'était dans le meilleur intérêt de mes hommes" de tuer ce prisonnier, a lancé l'officier.

Ce crime est l'un des rares crimes de guerre qui a mené à une condamnation. Son histoire est pourtant courante dans l'Irak occupé : les quatre prisonniers étaient menottés et aveuglés par un bandeau quand ils ont été tués d'une balle dans la tête. Leurs cadavres ont ensuite été jetés dans un canal de Bagdad.

Il s'agit, comme les autres crimes du même genre, d'une vengeance de soldats après la mort de deux Américains lors de l'attaque d'une patrouille.

Joseph P. Mayo a déclaré que ses soldats avaient retrouvé deux fusils de tireurs d'élite, des fusils d'assaut AK-47 et des munitions là où les quatre hommes avaient été arrêtés.
Sept autres militaires américains sont impliqués dans cette affaire de quadruple exécution, dont:
Le sergent Michael P. Leahy, un médecin, a déjà été condamné en février à la prison à perpétuité

Le sergent-chef John E. Hatley sera jugé à partir du 13 avril, pour ce dossier et un autre "incident" survenu en janvier 2007, selon l'armée américaine.

Un militaire doit être jugé en avril par un tribunal civil à Paducah, dans le Kentucky, où il encourt la peine capitale.

Deux autres soldats ont été condamnés à l'automne dernier à des peines de 7 et 8 mois de prison pour leur participation indirecte à ces meurtres. Ces peines mineures ont été obtenues échange de leur témoignage contre les suspects principaux.

Devant la cour martiale de Valseck, lundi, un capitaine a témoigné de l'atmosphère "de frustration et de peur" qui régnait parmi les soldats. Selon lui, les soldats ne sont "pas entraînés de manière adéquate" pour affronter les conditions de terrain en Irak, où les attaques, fréquentes, restent généralement impunies.

Selon le New York Times, des soldats ont mentionné des documents militaires, selon lesquels ils s'étaient vu ordonner par leurs supérieurs de relâcher les quatre suspects, faute de preuves.

03-04

25 mars 2009

http://guerreenirak.canalblog.com/


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n°428 - Journal d'Irak - du 03-04 au 11-04 - Fin - : 9-1 Il est loin le temps ou Obama était contre l’invasion de l’Irak.


n°428 - Journal d'Irak - du 03-04 au 11-04 - Fin - : 9-1 Il est loin le temps ou Obama était contre l’invasion de l’Irak.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°428                 du 03/04                   au 11/04/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire : Fin

7 Dossier & Point de vue

7 Obama au monde: «Faites ce que je dis, pas ce que je fais.»
Obama aux Américains: «Écoutez ce que je dis, oubliez ce que je fais.»

7-2 Denis Gorteau : La guerre de 2003 a aussi redistribué les cartes politiques.

7-3 L’armée américaine teste une nouvelle stratégie dans le désert irakien.

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 Gilles Munier : Affaires à haut risque à Bagdad.

9  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Il est loin le temps ou Obama était contre l’invasion de l’Irak.

 


 


7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

7 Obama au monde: «Faites ce que je dis, pas ce que je fais.»
Obama aux Américains: «Écoutez ce que je dis, oubliez ce que je fais.»

Pour Obama, les paroles servent à masquer les actes.

Pour le PCC(M-L), la parole est dans les actes.

Obama dit qu'il représente un changement dans lequel nous pouvons croire. Monsieur Obama, montrez-nous des actes dans lesquels nous pouvons croire !

Lorsque Ronald Reagan est devenu président en 1981, il a congédié les contrôleurs aériens pour avoir défendu leurs salaires et conditions de travail. Cet acte était un signal à la classe ouvrière organisée des États-Unis indiquant la fin du contrat social.

Lorsque Obama est arrivé au pouvoir, il a demandé aux travailleurs de l'automobile d'assumer la responsabilité de la crise économique et d'accepter de subir un fardeau sans précédent pendant qu'il remettait des milliards de dollars aux riches avec son plan de sauvetage. Obama dit que cet acte est une solution, mais en réalité il signale un durcissement de l'offensive antisociale contre la classe ouvrière, pour la forcer à porter le fardeau de la crise. Tout comme Ronald Reagan, Obama montre par ses actes que son slogan « Yes we can » veut dire : Oui, nous pouvons et nous attaquerons la classe ouvrière.

Obama dit qu'il est contre la guerre, mais son acte est d'escalader la guerre et de mener des opérations clandestines en Asie centrale et occidentale, dans le nord de l'Afrique et ailleurs dans le monde. Les États-Unis possèdent un millier de bases militaires à l'extérieur du territoire américain et leurs bateaux de guerre sillonnent toutes les mers et tous les océans. Ces bases et ces navires ne sont pas des terrains de jeu ou des endroits où sont rassemblés les enfants pour danser et chanter des chansons pour la paix, ce sont des armes de destruction massive qui menacent les peuples du monde. L'acte de fermer ces bases étrangères et de ramener les soldats au pays tout de suite voudrait plus que mille mots contre la guerre. Oui, Obama peut et doit fermer ces bases et ramener les soldats et les armes de destruction massive, mais ses actes vont dans le sens contraire.

En Turquie Obama a dit : « Je n'ai aucune sympathie pour ceux qui vont partout faire sauter des gens à des fins politiques. » Il dit être à bout de patience envers ceux qui commettent des actes terroristes, mais son acte est de « faire sauter des gens » à tous les jours « pour la sécurité nationale ». Il ne fait que remplacer les mots « à des fins politiques » par « sécurité nationale ». Un changement de mots pour cacher des actes impérialistes.

Obama dit qu'il est pour la dénucléarisation de la planète. Il menace de déclarer la guerre à la République démocratique populaire de Corée, à l'Iran et à d'autres pays quand cela lui convient. Et pourtant les États-Unis ont dépensé des centaines de milliards de dollars à moderniser leur arsenal nucléaire. Les États-Unis et l'OTAN se réservent le droit de la « première frappe nucléaire », que l'adversaire ait des armes nucléaires ou pas. Les États-Unis ont une politique de guerre préventive contre quiconque ils perçoivent comme un ennemi. Ils mènent des guerres préventives en Irak et en Afghanistan et dans le passé ils l'ont fait contre la Corée, le Viet Nam et bien d'autres pays. Que valent les discours sur la dénucléarisation quand les États-Unis sont armés d'armes nucléaires jusqu'aux dents et menacent le monde entier ? Il y a un acte dans lequel les peuples pourraient croire, qui réduirait les tensions et ferait avancer la cause de la dénucléarisation : Le retrait de tous les soldats, navires de guerre et armements américains de l'Asie centrale et occidentale, de la péninsule coréenne, du Japon, de toute l'Asie orientale, le retrait de l'aide militaire à Israël et l'arrêt de l'espionnage contre les peuples à partir de l'espace. Cela contribuerait beaucoup à réduire les tensions dans le monde et réduirait la pression sur le RPDC et l'Iran. Que valent les mots, monsieur Obama ? Montrez-nous des actes dans lesquels nous pouvons croire !

Obama dit que les peuples du monde sont libres d'explorer l'espace mais ils ne peuvent pas utiliser leurs propres fusées. Il dit que les Coréens ont le droit d'avoir un programme spatial mais pas le droit de posséder la technologie des fusées. Il dit que la prolifération de cette technologie est mauvaise, mais en même temps il veut placer des missiles américains partout en Europe de l'Est et ailleurs. Selon lui, seuls les pays annexés à l'empire américain devraient pouvoir posséder la technologie des fusées. L'élite dominante de l'empire américain est entièrement imprégnée de cette mentalité du droit du plus fort, selon laquelle aucun autre pays ne doit pouvoir posséder une capacité militaire comparable, de près ou de loin, à celle des États-Unis.

Obama dit que les États-Unis ne sont pas en guerre contre l'Islam, et pourtant les autorités américaines sont maîtres du profilage racial contre les musulmans, chez eux et dans le monde : des musulmans sont jetés en prison sans procès, torturés et tués parce que considérés comme des menaces pour la sécurité nationale. Les États-Unis refusent d'avoir des rapports diplomatiques ou respectueux envers le Hamas qui forme le gouvernement en Palestine, avec le Hezbollah au Liban et avec de nombreuses autres organisations qu'ils qualifient obstinément de terroristes et de musulmans extrémistes. Que valent les mots, monsieur Obama ? C'est beau de dire que vous n'êtes pas en guerre contre l'islam, mais les peuples du monde vont croire les actes en premier. Arrêtez votre guerre contre les populations musulmanes dans le monde et votre persécution de ceux qui sont musulmans, de tous ceux qui défendent les droits de tous ou qui ont un point de vue politique différent de celui de l'impérialisme américain. Ce serait un acte dans lequel les peuples pourraient croire.

Monsieur Obama, vous n'êtes plus dans la course à la présidence, vous êtes le président. Arrêtez le bavardage oiseux, montrez au monde des actes qui correspondent aux idéaux du changement, de paix et d'espoir. Vous êtes au pouvoir maintenant. Les peuples n'ont que faire des discours si les actes impérialistes et antiouvriers continuent.

Obama dit qu'il est différent de George W. Bush mais par ses actes il n'est pas différent. Les peuples du monde veulent des actes, comme le retrait des troupes et l'arrêt de l'ingérence dans les affaires intérieures des pays souverains. Aux États-Unis, le peuple veut que cesse la politique de payer les riches. Il veut un changement dans lequel il peut croire, comme la restriction du droit de monopole et l'augmentation des investissements dans les programmes sociaux.

Les peuples du monde n'en peuvent plus d'écouter les discours qui ne veulent rien dire. Ils veulent des actes contre l'avidité capitaliste, contre la guerre et les préparatifs de guerre. Face à la crise économique, ils veulent des actes centrés sur l'être humain. Ils veulent un gouvernement anti-guerre et non pas un président de guerre

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39071.htm#1


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11/04/2009

n°256 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 08-04 - Début - La vraie raison de la guerre : l'expansion de l'empire étasunien.


n°256 - Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 08-04 - Début - La vraie raison de la guerre : l'expansion de l'empire étasunien.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion & stratégie' de l'Afghanistan

   n°256                                                                                                                             08/04/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



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Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Obama et l’Empire.

1-2 La vraie raison de la guerre : l'expansion de l'empire étasunien.

1-3 Le pipeline Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde : Des manœuvres géopolitiques pour le contrôle de l’énergie.

1-4 La « guerre au terrorisme », comme concept géostratégique.

1-5 Tous les chemins mènent en Afghanistan.

Suite

1-6 Abolition des bases militaires pour mettre fin à l'intervention impérialiste.

1-7 La fin d'un monde : Afghanistan.

Fin

2 Annexe

2-1 Les bases militaires américaines à l'étranger.

2-2 Assassinat" par les armes et...la faim!

2-3 Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.

2-4Le World Trade Center 7, Danny Jowenko et l'hypothèse maudite.



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Obama et l’Empire.
Commençons par parler de la politique américaine qui pourrait se dégager pour le Moyen-Orient dans les prochains mois...

 Il existe deux grands scénarios possibles pour le développement de la politique américaine au Moyen-Orient dans l’année qui vient.

Se vendra-t-il dans sa propre défaite ?

A plusieurs reprises, des gens ont demandé récemment, « Quelles implications aura la crise économique mondiale sur la politique US au Moyen-Orient, et les pays du Moyen-Orient s’appuieront-ils plus, ou moins, sur les USA alors que ceux-ci souffrent de leur propre crise économique ? »

Ce ne sont pas des questions simples, mais voici, très brièvement, nos premières ébauches de réponses.

Commençons par parler de la politique américaine qui pourrait se dégager pour le Moyen-Orient dans les prochains mois. Un premier point qu’il faut régler c’est que la politique actuelle héritée de l’administration Bush est un désastre. Pratiquement toutes les nations vivant au Moyen-Orient - et ailleurs sur cette question - croient que la crise économique qui s’étend actuellement sur le monde a été largement provoquée par la version extrême du capitalisme aux Etats-Unis, avec son penchant massif vers les privatisations et la suppression des régulations qui auraient pu fournir quelque protections aux citoyens ordinaires. Au minimum, il existe un sentiment très répandu de Shadenfreude [se réjouir de la souffrance d’autrui... penser que justice est faite... - ndt] sur la douleur qui est celle des Etats-Unis aujourd’hui et, à un niveau politique, il existe une forte aversion à l’égard des Etats-Unis pour des politiques qui sont considérées à juste titre comme venant du colonialisme US et israélien, et de la construction de l’Empire, et blâmées pour les malheurs et les inégalités économiques qui frappent maintenant les nations du monde entier.

Il existe deux grands scénarios possibles pour le développement de la politique américaine au Moyen-Orient dans l’année qui vient.

Encore aujourd’hui, nul n’en sait assez sur le président Obama pour dire quel scénario ou quelle variante est le plus plausible. De plus en plus, cependant, il apparaît que s’agissant des Affaires étrangères, il ne changera pas beaucoup.

Nous espérons nous tromper. Mais au moins sur la question centrale de la Palestine/Israël, Obama a clairement dit au début de sa campagne, bien avant l’élection, qu’il soutiendrait les éléments de droite du lobby israélien conduits par l’AIPAC. La question qui reste posée est de savoir quelle force aura ce soutien.

Selon le premier scénario, Obama cherchera à continuer sur la lancée, essayant de s’en tirer en modifiant aussi peu que possible la politique de Bush, mais en s’écartant nettement des excès les plus violents de la politique de Bush sur la torture. Obama veut l’extension de la guerre en Afghanistan et va poursuivre la guerre en Iraq plus longtemps qu’il ne l’a annoncé. Dans ce scénario, il essaiera de maintenir les discussions aussi longtemps que possible sur l’Iran et d’éviter la guerre. Il essaiera aussi de garder son appui au gouvernement civil du Pakistan, mais il ne devrait pas s’opposer réellement à un retour de la dictature militaire dans ce pays si le Pakistan continue de soutenir sa politique pour l’Afghanistan et l’Iran.

C’était le premier scénario. Bien que par son appui à l’Empire et au colonialisme, ce scénario soit peu recommandable, au moins Obama essayerait d’éviter une guerre de grande ampleur.

Le second scénario, beaucoup plus militariste, est de loin le pire, impliquant peut-être de nouvelles guerres, mais il indique que la politique d’Obama au Moyen-Orient pourrait bien basculer dans les mois restant à courir en 2009.

A l’heure actuelle, Obama se trouve face à des menaces économiques intérieures plus graves qu’il ne l’avait cru durant la majeure partie de sa campagne, et qui pourraient bien se réaliser très rapidement.

Mais il est confronté aussi à un complexe militaro-industriel qui fait pression aujourd’hui pour toujours plus de dépenses militaires et pour une politique étrangère plus agressive, entre autres choses pour aider à résoudre les difficultés économiques des Etats-Unis. En plus de cela, Obama est face à la perspective d’un gouvernement israélien avec Benjamin Netanyahu encore plus à droite que l’actuel, et qui sera soutenu par cette partie du lobby pro israélien que constitue l’AIPAC. Cette fraction du lobby est probablement l’allié le plus puissant du complexe militaro-industriel pour plus de guerres et plus d’agressivité dans la politique US au Moyen-Orient. Obama a montré qu’il soutenait le lobby tout au long de sa campagne et, plus récemment, il n’a rien fait pour s’opposer au succès du lobby quand celui-ci a descendu en flammes Charles Freeman, excellent candidat pour un poste de haut niveau dans les Renseignements US mais que le lobby accusait d’être anti-Israël. Etant donné qu’il y a une majorité d’électeurs US qui soutiennent habituellement Israël, sans beaucoup y réfléchir, le mouvement pour la justice et la paix qui est désorganisé aux Etats-Unis n’est pas très efficace pour s’opposer que ce soit au complexe militaro-industriel ou au lobby pro israélien de droite.

Obama a d’ores et déjà clairement démontré qu’il ne voulait pas être le dirigeant américain qui perdra l’Empire américain. D’une façon générale, la plupart des gouvernements européens et des gouvernements arabes, comme le gouvernement japonais, ne s’opposeront pas à lui. Les opinions publiques de ces pays, à l’inverse de leurs gouvernements, seront un peu plus fortes dans l’opposition à la politique de l’Empire US, mais il est douteux qu’elles soient en mesure d’accomplir des prouesses.

Ce qu’il faut donc conclure, c’est que si ce second scénario se révèle être le vrai, alors nous nous trouverons face à une période extrêmement dangereuse de l’histoire du monde. Il existe en effet des forces tant aux Etats-Unis qu’en Israël qui veulent le choc des civilisations et qui ne sont absolument pas opposées à de nouvelles guerres, et ces forces sont puissantes. Evidemment, la première nation à être touchée par la réalisation de ce scénario serait l’Iran.

A ce stade, il est impossible de savoir si Obama veut, ou peut, empêcher ces forces de dominer la future politique états-unienne dans tout le Moyen-Orient.

Bill et Kathleen Christison

SOURCE : Info-Palestine.net

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=465


1-2 La vraie raison de la guerre : l'expansion de l'empire étasunien.

Quels sont les véritables motifs du déclenchement de cette guerre en Afghanistan et, plus généralement, de la « guerre contre le terrorisme » ?

La guerre en Afghanistan visait des objectifs immédiats et des objectifs stratégiques.

objectifs immédiats : renverser un gouvernement hostile aux É.-U. et mettre en place un gouvernement afghan favorable aux intérêts étasuniens dans la région.

Les Talibans refusaient notamment d’octroyer à des intérêts étasuniens – la compagnie UNOCAL, dont le président Hamid Karzai avait déjà été un consultant – la construction du pipeline trans-afghan devant transporter le gaz naturel du Turkménistan vers le Pakistan.  Selon Michael Meacher, ex-ministre britannique de l’environnement dans le gouvernement Blair de mai 1997 à juin 2003, les États-Unis envisageaient déjà une intervention militaire contre l’Afghanistan avant le 11 septembre 2001 :

La BBC rapportait (le 18 septembre 2001) que Niaz Niak, ancien secrétaire aux Affaires étrangères du Pakistan, s’était fait confier par des hauts responsables du gouvernement étasunien, lors d’une rencontre à Berlin à la mi-juillet 2001, qu’une "intervention militaire contre l’Afghanistan aurait lieu d’ici la mi-octobre ". Jusqu’en juillet 2001, le gouvernement des États-Unis considérait le régime des Talibans comme une source de stabilité en Asie centrale qui permettrait la construction de pipelines, traversant l’Afghanistan et le Pakistan, pour amener le pétrole et le gaz naturel du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan vers l’Océan indien. Mais, face au refus des Talibans d’accepter les conditions des États-Unis, les représentants étasuniens leur ont dit : ‘ou bien vous acceptez notre offre d’un tapis d’or, ou bien nous vous enterrons sous un tapis de bombes’ (Inter Press Service, 15 novembre, 2001). [32]

Le 27 décembre 2002, une entente est finalement signée entre Hamid Karzai et des représentants des gouvernements turkmène et pakistanais : un projet de 3,2 milliards de dollars...
objectifs stratégiques : installer non seulement en Afghanistan, mais dans plusieurs autres pays d’Asie centrale des bases militaires étasuniennes d’où les États-Unis pourront « projeter leur force » dans toute cette région, jadis la chasse gardée de l’URSS et située dans l’arrière-cour de la Chine...  En ce moment, par exemple, alors que le ton de l’administration Bush monte face à l’Iran, l’armée étasunienne peut compter sur des bases militaires de chaque côté de l’Iran...
En ce qui concerne la « guerre contre le terrorisme » plus généralement, nous en comprenons ainsi les grandes lignes [33]:

  • suite à la fin de la guerre froide, les ressources naturelles et les marchés des régions du globe qui étaient auparavant sous le contrôle ou l’influence de l’URSS deviennent maintenant ‘ouvertes’ à la convoitise des grandes forces économiques du monde : USA, Europe, Japon, Chine, avec la Russie qui cherche quand même à préserver ce qu’elle peut...
  • La compétition sur le strict plan économique est féroce et les États-Unis ne sont pas assurés de l’emporter sur ce terrain.  Par ailleurs, la supériorité étasunienne sur le plan militaire est absolument incontestable et sans rivale; la tentation est ainsi très forte d’aller chercher par la force des armes ce que la seule compétition économique ne leur permettrait pas toujours de gagner.  Le pétrole irakien étant l’exemple majeur de la dernière période.
  • Les idéologues néo-conservateurs du Project for a New American Century ont clairement pressenti le rôle clé de la suprématie militaire étasunienne pour la réalisation de leur ‘projet’.  Dans Rebuilding America’s Defenses[34], ils ont indiqué que les États-Unis devraient accroître de façon spectaculaire leurs dépenses militaires pour rendre leur avance insurmontable sur ce plan; se placer ainsi dans la position de mener parallèlement plusieurs fronts de guerre majeurs, etc.  Le seul problème :  à défaut d’un nouveau Pearl Harbour, la population étasunienne ne serait jamais prête à accepter un détournement aussi majeur de ressources vers le secteur militaire.  Surviennent alors les attentats du 11 septembre qui constitueront le prétexte idéal pour gonfler les dépenses militaires de façon incroyable pour être en mesure de mener la « guerre sans fin » contre les forces de l’Axe du Mal.
  • Cette guerre bien réelle, dans laquelle nos gouvernement engouffrent de plus en plus de ressources publiques, s’accompagne de tout un train de mesures et de lois, dites sécuritaires ou anti-terroristes, qui portent gravement atteinte aux libertés civiles et remettent en question des principes de justice fondamentale tels la présomption d’innocence, le droit à un procès juste et équitable, l’interdiction de la torture, etc.[35]
  • Elle se mène aussi sur le terrain du langage, créant de nouvelles expressions pour tenter de justifier ses violations flagrantes du droit international, des libertés civiles et des principes de justice fondamentale : ‘guerre préventive’, ‘combattant ennemi’, ‘islamo-fascisme’, etc.  Dans le but de faire oublier à notre population que cette guerre tue et blesse un grand nombre de civils qui ne sont pas partie prenante aux combats, les compte-rendu officiels des opérations militaires ne font état que de « terroristes », d’« insurgés » ou de « Talibans» tués.  En Afghanistan, d’emblée, tout mort est « un Taliban »...

Bref, la « guerre contre le terrorisme » est l’écran de fumée qui sert à camoufler la poussée ultime d’expansion de l’empire étasunien dans le monde, principalement par la force des armes.  La guerre en Afghanistan a été le coup d’envoi officiel de cette « guerre sans fin » et ne devrait certainement pas en être dissociée dans nos analyses.
http://www.aqoci.qc.ca/ceg/index.php?id=51


1-3 Le pipeline Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde : Des manœuvres géopolitiques pour le contrôle de l’énergie.

Le pipeline Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI) transportera environ 33 milliards de mètres cubes de gaz naturel par année sur 1 680 kilomètres, du champ gazier de Dauletabad, dans le sud-est du Turkménistan, jusqu’à Fazilka, en Inde, en passant par le sud de l’Afghanistan et le Pakistan. L’Inde et le Pakistan se partageront la production également et verseront un petit pourcentage à l’Afghanistan.

Un accord général concernant le pipeline gazier – signé par les représentants des quatre nations participantes le 25 avril 2008 – engage les partenaires à en entreprendre la construction en 2010 et à fournir du gaz d’ici 2015.

La Banque asiatique de développement (BAsD) finance le projet.

Ce projet de pipeline aurait été prometteur pour le développement économique et la coopération dans la région; malheureusement, le conflit en Afghanistan ne cesse d’en retarder la construction.

De plus, les coûts estimés ont doublé depuis 2002, passant à 7,6 milliards de dollars.

Les vues des États-Unis dans la région et les rivalités avec la Russie et la Chine entraînent des manœuvres géopolitiques pour le contrôle de l’énergie, manœuvres dans lesquelles le Canada se trouve impliqué.

Les répercussions du pipeline TAPI sur les Forces canadiennes doivent être évaluées, puisqu’il traversera les grandes zones de conflit de l’Afghanistan, dont la province de Kandahar, où les Forces canadiennes tentent d’assurer la sécurité et de lutter contre les résistants.

La construction du pipeline pourrait ouvrir d’importantes possibilités de développement économique dans la région; mais si l’on entreprend le projet sans parvenir à un accord de paix mettant fin à l’insurrection, le pipeline pourrait exacerber le conflit actuel et obliger les Forces canadiennes à revoir leurs priorités afin de protéger le pipeline.

John Foster

Centre canadien de politiques alternatives

http://www.policyalternatives.ca/documents/National_Office_Pubs/2008/Afghanistan_et_la_nouvelle_guerre_de_lenergie_resume.pdf


1-4 La « guerre au terrorisme », comme concept géostratégique.

Sans nul doute, au niveau du symbole et de la communication dont on sait l’importance dans l’élaboration de la politique aujourd’hui, l’intervention du secrétaire au Foreign Office britannique David Miliband a une réelle importance.

On ne manquera pas, dans son aspect révisionniste de la politique générale occidentale suivie depuis 2001-2002, de la mettre en parallèle avec l’évolution constatée par ailleurs, ce même jour, dans les relations de l’UE avec l’Europe de l’Est activiste et anti-russe.

Il s’agit d’une révision, ou plutôt d’une dynamique de répudiation générale des concepts qui ont guidé l’action de l’Occident depuis 2001.

    On cite ici un article de Miliband ce 15 janvier dans le Guardian, et un article de commentaire (Julian Borger) ce même jour dans le même Guardian.

Le quotidien britannique annonce un discours officiel de Miliband, aujourd’hui à Mumbai, dans un des hôtels visés par l’attaque terroriste, et ce discours sera sur le même thème: “la ‘guerre contre la terreur’ est (était) une erreur”. (Le “était” est peut-être nécessaire, dans la mesure où il suppose que cette “guerre contre la terreur”, ou GWOT pour Great War On the Terror selon l’acronyme US, est déjà fortement discréditée, sinon directement mis en question dans son principe conceptuel et sa philosophie.)

Extraits de l’article de commentaire du Guardian… (trad. J. Marlaud)

    « Le secrétaire aux affaires étrangères, David Miliband, affirme aujourd’hui que l’utilisation de la “guerre au terrorisme” comme un cri de ralliement depuis les attaques du 11 septembre fut une erreur qui a causé plus de mal que de bien. Dans un article du Guardian d’aujourd’hui (15/01/09), cinq jours avant le départ du gouvernement Bush de la Maison Blanche, Miliband livre une critique générale de la mission que ce dernier s’était donnée, estimant que la guerre à la terreur était mal inspirée et que l’Occident ne pouvait balayer sous le tapis les vraies menaces auxquelles il doit faire face.               

    Les responsables politiques britanniques ont peu à peu cessé d’utiliser la phrase “guerre au terrorisme”  depuis 2006, mais c’est la première fois qu’elle se voit totalement invalidée dans le cadre des remarques les plus franches à propos de la stratégie US de contre-terrorisme jamais entendues dans la bouche d’un ministre britannique. Des remarques qui seront répétées aujourd’hui à Mumbai, dans l’un des hôtels qui fut la proie d’une attaque terroriste en novembre dernier. Selon  le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, “ non seulement le concept de guerre au terrorisme est erroné, mais il nous induit en erreur ” .

    “Les historiens jugeront s’il a fait plus de mal que de bien” estime Miliband, en ajoutant qu’il pense personnellement que toute cette stratégie fut dangereusement contre-productive, incitant des groupes qui avaient des objectifs divergents à faire cause commune contre l’Occident. “ Plus nous amalgamons les groupements terroristes entre eux en traçant la ligne de front comme un simple conflit binaire entre modérés et extrémistes, plus nous faisons le jeu de ceux qui cherchent à unifier des groupes ayant très peu en commun ” argue Miliband en se référant clairement à la rhétorique en usage pendant la période Bush. “Il nous faut dénoncer la prétention de telles affirmations et narrations  au statut d’explication générale et absolue et les montrer comme les mensonges qu’elles sont. ”

    Le terrorisme, selon lui, est une tactique pour donner la mort, non une institution ni une idéologie.

    Il juge que “la guerre au terrorisme implique la croyance selon laquelle la bonne réplique à la menace terroriste est essentiellement militaire – pister et tuer un noyau dur d’extrémistes”. Mais il cite un chef de guerre étasunien, le général David Petraeus, estimant que la coalition occidentale “ne peut indéfiniment se voiler la face devant les problèmes d’insurrection et de guerre civile”. »

Les événements décident

    Qu’on ne s’y trompe pas une seconde… Ce n’est pas essentiellement le départ de Bush, avec une sorte de mouvement de libération qui ferait soudain dire ce qui fut contenu longtemps, qui s’exprime ici. (Et l’on pense à Millibrand autant que ce qui se passe à l’UE aujourd’hui. Les deux événements indiquent qu’il y a un mouvement diablement sérieux en cours.) Le départ de Bush est une opportunité, qui a l’avantage de se libérer de la tutelle d’une conception US, dans des milieux où la tutelle US est ce que l’on sait, – des fers pour le jugement courant et un abaissement constant du libre-arbitre politique. Le départ de Bush n’est pas plus qu’une opportunité. L’essentiel est la crise systémique qui secoue notre monde depuis le 15 septembre 2008, qui est une sorte de Grande Révolution que nous imposent les événements, qui nous conduit, qui nous force à un réalignement fondamental et très pressant de nos priorités.

    À cet égard, le pragmatisme britannique fonce à très grande vitesse. Les Britanniques ont épousé emphatiquement le concept de GWOT* de 2002 à 2006, dans une mesure presque grotesque et obscène (merci, Tony Blair), en même temps qu’ils s’alignaient sur Bush d’une façon également grotesque et obscène (quelle vista, Tony Blair). Aujourd’hui, sans la moindre gêne ni s’embarrasser du poids inutile d’un scrupule, ils mettent à l’index ce concept d’une façon radicale, presque méprisante, du type “mais comment des gens (dont nous-mêmes, mais bah…) ont-ils pu épouser ce grotesque concept?”. Mais bah (bis), les Britanniques sont les Britanniques et ce qui est objectivement une excellente chose doit être pris pour du comptant, sans faire la fine bouche.

    Sur le fond de la chose, que dire sinon agiter l’évidence… Comment cette civilisation si éclairée, si puissante, si sûre d’elle et de son intelligence, – la civilisation occidentale et anglo-saxonne en particulier, – a-t-elle pu danser pompeusement au son d’un argument si grotesque et obscène (les qualificatifs se répètent) d’une lutte politique et militaire concrète contre “une tactique”, contre un fait conceptuel objectif de la politique du monde? «Terrorism is a deadly tactic, not an institution or an ideology», dit Millibrand, dans un vaste mouvement de réinvention de la roue.

    Quoi qu’il en soit, la chose est enfin dite, et GWOT* ridiculisée pour ce qu’elle est. GWOT* est un slogan utopique et subversif de la pensée, un “concept” accouché par une pathologie de la psychologie, construit dans un univers virtualiste imposé par une communication utilisée sans vergogne pour subvertir toute une pensée politique de la civilisation occidentale, un avatar d’une conception utopique quand l’utopie devient effectivement une pathologie.

    …“La chose est enfin dite” et elle l’est par une autorité officielle d’un grand pays, qui plus est l’adepte longtemps le plus zélé de GWOT*, à la fois pour complaire aux USA et pour répondre à l’excès sentimental et exalté que la psychologie britannique peut parfois épouser quand l’ivresse envahit son esprit (d’accord, Tony Blair?). (Surtout, cela, quand l’illusion rencontre certains rêves d’un rétablissement d’un empire anglo-saxon où les Britanniques ont été jusqu’à voir la résurrection de leur Empire d’avant; où va se nicher l’exaltation fiévreux de leur psychologie, curieux revers antagoniste du pragmatisme britannique si souvent célébré?) …“La chose est enfin dite” et elle va entraîner des conséquences importantes, concourant à un réalignement des pays occidentaux, d’une époque dépassée (GWOT*) à l’époque nouvelle (la crise systémique). Cela vaut quelques remarques.

    • Bien sûr, la chronologie est respectée. Dans 5 jours, Bush s’en va, Obama arrive. Le message à Obama est clair: finie la folie 2001-2008, passons aux choses sérieuses (la crise systémique générale). Il est possible, sinon probable, qu’Obama entende loud and clear ce message, d’autant que l’hypothèse selon laquelle il serait secrètement assez proche de cette analyse (à mesure de son intérêt presque exclusif pour la lutte contre la crise) est assez acceptable.

    • L’Afghanistan dans tout cela? Cette guerre-là ne fait-elle pas partie du concept de GWOT* dans sa façon d’être menée? N’est-elle pas l’archétype de l’excès extravagant et destructeur de l’emploi de la force militaire dans le cas du terrorisme? N’est-il pas tant de chercher sérieusement une façon de s’en débarrasser? Toutes ces questions vont faire leur chemin, et l’on ne serait pas étonné qu’elles soient dans l’esprit du gouvernement britannique, – avec des réponses déjà formulées, car les Britanniques sont las de l’Afghanistan depuis un certain temps…

    • Certains pays devraient voir leur position renforcée. C’est le cas de la Russie, en corrélation avec le mouvement européen à son égard. La Russie est favorable à la lutte contre le terrorisme mais elle n’a jamais été adepte du concept de GWOT* et de l’emploi systématique de la force militaire. Pour elle, l’abandon de GWOT*, c’est surtout un début de répudiation des ambitions militaristes des Anglo-Saxons. La France est l’autre pays concerné. Elle n’a jamais été adepte du concept de GWOT* ni de la lutte contre le terrorisme par des moyens militaires. Pourtant, elle s’engage dans le conflit en Afghanistan, dont on a vu qu’il peut être classé sous la rubrique GWOT*. Il serait temps que les Français, Sarkozy en premier, se mettent à réfléchir un peu plus loin que le bout des slogans simplistes et sarkozystes en l’occurrence, qui sont pour ce cas en complète contradiction avec la mesure et la sagesse françaises habituelles. Sinon, la France perd une occasion de compléter sa position particulièrement novatrice et avantageuse dans la lutte contre la crise systémique générale qui est désormais l’ordre du jour.

    Quoi qu’il soit, voilà un acte important dans un tournant fondamental auquel les événements (la crise) nous forcent. Contrainte et forcée par les formidables événements depuis l’automne 2008, l’Occident poursuit son réarrangement qui fait des huit années précédentes, rétrospectivement, une période d’aveuglement et de gâchis sans guère de précédent. Il y a en ce moment un grand mouvement modifiant radicalement les grands axes de la politique mondiale. C’est beaucoup moins le produit de notre sagesse (!) que celui de notre faiblesse, une vertu dans ce cas, de notre incapacité bienheureuse à résister à la pression des événements qui nous secouent jusqu’au tréfonds depuis 5 mois. Le petit homme est convié à devenir sérieux et responsable. Il va s’exécuter parce qu’il n’a pas le choix.

Source : dedefensa.org  (15/01/09)

Titre original : “La crise nous révèle et nous contraint”

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n°256 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 08-04 - Suite- La vraie raison de la guerre : l'expansion de l'empire étasunien


n°256 - Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 08-04 - Suite- La vraie raison de la guerre : l'expansion de l'empire étasunien.


Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion & stratégie' de l'Afghanistan

   n°256                                                                                                                             08/04/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       




Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-6 Abolition des bases militaires pour mettre fin à l'intervention impérialiste.

1-7 La fin d'un monde : Afghanistan.



1-6 Abolition des bases militaires pour mettre fin à l'intervention impérialiste.

Le fait que les États-Unis aient des bases militaires partout dans le monde n'est pas nouveau, ni est-ce une nouvelle qu'ils s'en servent pour appuyer leurs stratégies géopolitiques.

Ce qui est nouveau, c'est que ce qui était jusqu'à présent considéré comme le « droit » inévitable d'une grande puissance commence à être remis en question par un mouvement grandissant en faveur de la paix et de la survie de nous tous qui habitons la terre.

Du 5 au 9 mars cette année, des activistes, professeurs, prix Nobel et représentants de mouvements sociaux et politiques se sont donnés rendez-vous à Quito, en Équateur, pour la Conférence internationale sur l'abolition des bases militaires étrangères, dont 95 % appartiennent aux États-Unis. Ils ont discuté d'actions communes pour repousser le grand objectif du gouvernement étasunien : de constituer un empire mondial et de détruire — comme Carthage dans l'empire romain — tous les peuples et nations qui refusent de se soumettre.

Ce n'est pas sans raison que Bush a dit qu'il allait envahir 60 « coins obscures » de la terre lorsqu'il a officiellement lancé sa croisade de la mort sous prétexte d'une guerre contre le terrorisme.

Pour ce faire, il comptait évidemment sur une impressionnante logistique génocidaire : 737 bases militaires installées sur les cinq continents, avec environ deux millions de soldats, selon l'étude d'Elsie Monge, présidente de la Commission des droits de l'Homme de l'Équateur, et de l'historien étasunien Charlmers Johnson, spécialiste de la question.

Les données, confirmées par le Pentagone, ne comprennent pas, selon le professeur, les 106 garnisons en Irak et en Afghanistan, ni celles en Israël, au Qatar, en Kirghizistan ou en Ouzbékistan, ni les vingt qu'il partage avec la Turquie.

Différentes sources ont confirmé qu'en raison de leur contrôle de ces installations, les États-Unis sont devenus le plus grand propriétaire foncier au monde, occupant une surface de 2 202 735 hectares.

Tout cet appareil s'accompagne des armements les plus avancés ainsi que d'accords et de traités avec des pays disposés à se soumettre à leur diktat, leur permettant de répandre leurs tentacules à plus de 1000 emplacements sur la planète.

Ces accords, pour en citer quelques-uns, comprennent les « emplacements avancés d'opération », ou « emplacements de sécurité coopérative », et le Partenariat pour la sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord, avec comme dénominateur commun la garantie de l'impunité et de l'intervention des troupes étasuniennes, surtout dans le Tiers Monde, puisque c'est là que se trouvent les plus grandes réserves d'hydrocarbures, d'eau douce et autres ressources naturelles dont a besoin la société de consommation effrénée des États-Unis.

En Amérique latine, notre région, considérée jusqu'à présent par notre puissant voisin du nord comme son arrière-cour, les États-Unis maintiennent bon nombre de bases militaires dont l'importance stratégique s'est accrue ces dernières années, avec l'apparition de gouvernements prêts à mettre fin à l'impunité et à l'intervention yankee et à ainsi secourir leur souveraineté amochée.

La base navale que Washington maintient à Guantánamo, un territoire cubain usurpé illégalement, est un exemple de l'utilisation diabolique que l'empire peut faire de ces installations. Depuis son invasion de l'Afghanistan et sa guerre génocidaire en Irak, la base de Guantánamo est devenu un centre de détention et de torture, avec la complicité des gouvernements européens qui n'ont pas osé soutenir la proposition de Cuba de condamner ces actions à la Commission des droits de l'Homme de l'ONU.

Depuis lors, et depuis les révélations faites par d'anciens prisonniers, le mouvement pour la fermeture de la base de Guantánamo s'est heurté à la pratique de deux poids deux mesures que la Maison Blanche tend à utiliser sur la question des droits humains.

Des mobilisations populaires à Puerto Rico ont obligé l'administration républicaine des États-Unis à fermer sa base militaire à Vieques, responsable de la destruction de l'environnement et de la santé des habitants de cette île.

C'est dans cet esprit de combat que le mouvement se déplace vers l'Équateur, où un accord de dix ans signé en 1999 par le gouvernement de ce pays a donné aux États-Unis le droit d'occuper et d'opérer la base militaire de Manta, dont ils se servent pour soutenir leur Plan Colombia et qui est devenu un tremplin d'actions contre notre pays.

Au Honduras, le Pentagone maintient la base de Soto Cano/Palmerolas ; au Salvador, celle de Compalapa ; au Pérou, celle d'Iquique ; à Aruba, celle de Queen Beatrice ; et à Curaçao, celle de Hato Rey. C'est sans compter la présence de forces militaires yankee au Paraguay sous prétexte de lutte contre le trafic de la drogue et le terrorisme, dans la région de la triple frontière qui joint ce pays au Brésil et à l'Argentine.

Dans les années 1980, le Pentagone a bâti, à El Chaco, au Paraguay, une base à 200 km de la Bolivie et de l'Argentine, et à 320 km du Brésil, ce qui constitue, dans le nouveau scénario latino-américain, un flanc d'agression parfait contre ces pays.

L'Équateur, le pays choisi pour tenir la Conférence internationale pour l'abolition des bases militaires étrangères, fait l'objet d'énormes pressions de la part des États-Unis, puisque dans ce pays, à 260 km au sud-est de Quito, la base aérienne de Manta possède une des plus grandes pistes d'atterrissage de la région, qui permet à l'armée étasunienne de patrouiller les côtes du Pacifique et les Caraïbes près de la Floride, censément pour combattre le trafic de la drogue.

Une déclaration du colonel Javier Delucca, administrateur de l'« emplacement avancé d'opération » des États-Unis à Manta, exprimait ses inquiétudes et celles de son gouvernement concernant le sentiment anti-étasunien parmi les Équatoriens et l'opposition du nouveau président Rafael Correa au prolongement du contrat de 1999, qui arrive à échéance en 2009.

Delucca s'inquiète parce que, selon les États-Unis, Manta est un emplacement important dans le contexte latino-américain et caraïbéen, « un emplacement magnifique pour mener notre mission ».

Cela se passe de commentaire.

Ceux qui se réunissent à Quito pour protester contre les bases militaires imposées par les États-Unis et d'autres puissances mondiales représentent assurément le contingent avancé du nombre grandissant de personnes qui, au-delà des différences politiques et idéologiques, sont convaincues que l'histoire a montré, avec la chute des anciens empires, que les nouveaux Césars sont prêts à tout pour protéger leurs intérêts et leurs illusions de grandeur.

Nadia Diaz,

Granma International,

8 mars 2009 -

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)


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n°256 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 08-04 - Fin - La vraie raison de la guerre : l'expansion de l'empire étasunien.


n°256 - Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 08-04 - Fin - La vraie raison de la guerre : l'expansion de l'empire étasunien.


Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion & stratégie' de l'Afghanistan

   n°256                                                                                                                             08/04/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       




Sommaire :

2 Annexe

2-1 Les bases militaires américaines à l'étranger.

2-2 Assassinat" par les armes et...la faim!

2-3 Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.

2-4Le World Trade Center 7, Danny Jowenko et l'hypothèse maudite.


2 Annexe

2-1 Les bases militaires américaines à l'étranger.

En 2003 et 2004, le président George W. Bush a annoncé son intention d'entreprendre une importante réorganisation de la structure des bases militaires américaines à l'étranger, que son administration a décrite comme étant démodée et coûteuse.

Le plan prévoyait la fermeture de plus du tiers des bases établies durant la Guerre froide en Europe, en Corée du Sud et au Japon.

Les troupes devaient être transférées à l'est et au sud, pour être plus près des zones de conflits actuels ou prévus, allant des Andes à l'Afrique du Nord, du Moyen-Orient au Sud-Est asiatique.

Le plan prévoyait le retour de 70 000 soldats aux États-Unis sur une période de six à huit ans.

Au lieu des grandes bases de l'époque de la Guerre froide, le Pentagone misait sur des « bases avancées d'opération » plus petites et plus flexibles et même sur des bases « nénuphar » le long de l'« arc de l'instabilité ». Les bases de Guam et de Diego Garcia devaient connaître d'importantes expansions, à partir des plans d'avant le 11 Septembre 2001. Mais au lieu de rétrécir le réseau de bases outre-mer a pris de l'ampleur.

En Allemagne, l'armée continue de maintenir 268 installations, y compris de très grandes bases à Ramstein et Spangdahlem ; le projet de retirer deux brigades est maintenant remis en question puisque le commandant des forces américaines en Europe a récemment demandé qu'elles restent en Allemagne. Au Japon, le projet de transférer 8000 marines d'Okinawa à Guam pourrait être reporté au-delà de 2014. En Corée du Sud, les troupes américaines ont quitté la zone démilitarisée et se sont retirées de Séoul vers des bases au sud de la capitale, lesquelles ont été élargies grâce à la violente saisie des terres de villageois de Daechuri. Encore plus de soldats sont déployés sur la péninsule coréenne dans le cadre des manoeuvres militaires de grande envergure qui ont lieu en ce moment. Les guerres en Irak et en Afghanistan et les efforts pour conquérir la dominance géopolitique au Moyen-Orient, en Asie centrale et à l'échelle internationale se sont traduits par une imposante expansion des bases américaines dans la région. Depuis l'invasion de l'Afghanistan en 2001 et de l'Irak en 2003, les États-Unis ont établi ou élargi des bases en Ouzbékistan, au Kirghizistan, au Tadjikistan, en Géorgie, au Qatar, à Bahrein, dans les Émirats arabes unis, en Oman et au Koweit. On estime qu'il y a 100 installations militaires en Irak, sans compter l'énorme ambassade, et les quelque 80 installations en Afghanistan vont bientôt connaître une expansion avec l'arrivée du nouveau déploiement annoncé par Obama.

En Europe de l'Est et en Europe centrale, des installations militaires ont été établies ou sont en train d'être établies en Bulgarie, en Pologne, en Roumanie et en République tchèque, et cela contribue à la montée des tensions avec la Russie. En Afrique, dans le cadre du déploiement du nouveau Commandement africain, le Pentagone prévoit créer des installations en Algérie, au Djibouti, au Gabon, au Ghana, au Kenya, au Mali, au Nigéria, à Sao Tomé, au Sénégal et en Ouganda. Dans l'hémisphère occidental, les États-Unis maintiennent un nombre considérable de bases en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, et le Pentagone explore la possibilité de créer de nouvelles bases en Colombie et au Pérou en prévision de son éviction imminente de Manta, en Équateur. Les États-Unis refusent toujours d'évacuer et de fermer leur base illégale à Guantanamo et de remettre le territoire à Cuba.

Au total, le Pentagone affirme avoir 865 bases à l'étranger, mais c'est sans compter les bases secrètes en Irak et en Afghanistan, entre autres. On croit qu'il s'agirait plutôt de 1000 bases.

(Voice of Revolution)


2-2 Assassinat" par les armes et...la faim!

Au-delà des conjectures, un brin absconses, sur la réintégration de la France dans le commandement de l’OTAN (l’exécutif hexagonal injecte déjà 170 millions d’euros par an dans le budget de l’Organisation et met à disposition 7% des troupes d’intervention), il me semble essentiel de mentionner quelques données rarement fixées en parallèle.

L’an dernier, les vingt-cinq membres qui entretiennent une armée et ses équipements (l’Islande fait exception) ont englouti pour la « défense » quelque 574,15 milliards d’euros.

En 2007, les dépenses militaires globales avaient atteint le niveau record de 857 milliards d’euros.

En revanche, à la même période, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (56 États membres), sise à Vienne (Autriche), ne disposait que de 168,2 millions d’euros.

Ainsi, les irresponsables qui président aux destinées de la planète investissent cinq mille quatre-vingt quatorze fois moins dans la prévention d’affrontements meurtriers que pour des opérations guerrières. Par ailleurs, comme l’a rappelé Jean Ziegler, dans son dernier essai, La haine de l’Occident (1), «toutes les cinq secondes, dans le monde, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou d’une maladie provoquée par la malnutrition». Quotidiennement dix-sept mille deux cent quatre-vingt, six millions trois cent sept mille deux cents par an !...

En 2007, trente-six millions de nos semblables ont péri d’un manque de nourriture, solide et liquide. Au regard de la production agricole globale, à même de satisfaire les besoins de douze milliards d’individus (la terre en compte 6,3 milliards), il s’agit sans conteste d’un «assassinat», perpétré avec la complicité active du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce.

Alors que quatre-vingt-deux milliards de dollars par an suffiraient pour concrétiser les huit objectifs du Millénium, fixés d’ici 2015 lors de la 55ème Assemblée générale des Nations Unies, les 6, 7 et 8 septembre 2000 (par exemple éradiquer l’extrême pauvreté ainsi que la famine, promouvoir l’égalité entre les sexes et l’autonomie de la femme, combattre les épidémies, garantir la protection de l’environnement…), le 12 octobre dernier, les principaux pays de la «zone euro» et la Grande-Bretagne ont décidé d’injecter 1 640 milliards d’euros (la France débloquera 360 milliards) rien que pour garantir les prêts entre les établissements bancaires et permettre leur éventuelle recapitalisation.

L’Alliance atlantique n'a cessé de contrevenir aux termes de son texte fondateur du 4 avril 1949.

À l'origine, elle s'engagea à agir en conformité avec la Charte des Nations Unies du 26 juin 1945, à ne pas préjudicier la paix, l'équité, à s'abstenir de brandir toute menace et d'user de la violence ; plus tard, elle introduisit même une clause afférente à l'évitement de déprédations massives dans l'environnement...

En réalité, elle accentue la militarisation de la diplomatie et favorise la relance de la course aux armements, deux causes capitales de l'aggravation des tensions à l’échelle du globe.

(1)     Éditions Albin Michel, Paris, Octobre 2008, 304 pages, 20 euros.

René HAMM Bischoffsheim


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10/04/2009

n°255 - dossiers de l'Afghanistan- 09-04 - Début- Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».


n°255 - dossiers de l'Afghanistan- 09-04 - Début- Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°255 du 09-04

C.De Broeder & M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be




Sommaire :  

Tiré à part :

S'opposer à L'Otan se paie cher: Une vidéo montre que l'homme retrouvé mort au G20 a été poussé par la police.

1 Dossiers

1-1 Ramzy Baroud : Un nouveau cauchemar afghan.

1-2 Michael Parenti : L'Afghanistan: une toute autre histoire.

1-3 Alain Gresh : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».

1-4 Hélène Nouaille : OTAN : le grand malentendu.

Suite

1-5 Abdullah Naibi  : Afghanistan  « Surmilitariser le conflit retarde la possibilité d’une solution réelle ».

1-6 Thierry Meyssan: l’évolution de la politique américaine vis a vis de l'Afghanistan.

1-7 Dedefensa : Contractions afghanes.

Fin.

1-8 Vincent Després Levard : Uranium de guerre : la fin d'un monde.

1-9 Pascal Riché : Des robots quadripèdes américains testés en Afghanistan.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Les experts sont formels : en Afghanistan, c’est la merde…

2-2 Arrêter la logique de guerre !

2-3 Strasbourg, une ville livrée à l'Otan.
1 La police a tout bien fait en sorte que cela dégénère dès le départ.

2 Le quartier a été "laissé aux casseurs."

3 "Le dispositif de protection a parfaitement fonctionné" (...)

4 Tout avait été planifié avec minutie. - Au centre de Strasbourg, les rues étaient quadrillées au plus serré.

5 Le cortège pris au piège.

6 Scènes de guerre, pseudos anarchistes et vrais CRS.

Tiré à part :

S'opposer à L'Otan se paie cher: Une vidéo montre que l'homme retrouvé mort au G20 a été poussé par la police.

ARTICLE + VIDÉO

Un homme qui a succombé à un malaise cardiaque en marge d’une manifestation anti-G20 la semaine dernière avait été peu auparavant jeté au sol par un policier anti-émeute.

Un homme qui a succombé à un malaise cardiaque en marge d’une manifestation anti-G20 la semaine dernière avait été peu auparavant jeté au sol par un policier anti-émeute, montre une vidéo diffusée mardi soir par les médias britanniques.

Les images, diffusées sur plusieurs chaînes de télévision et des sites de quotidiens, montrent Ian Tomlinson, 47 ans, rentrant à pied chez lui, dans la City, le quartier financier de Londres où se déroulait par ailleurs la manifestation.

Ian Tomlinson ne semble pas prendre part à la protestation ni provoquer aucun agent. Il avance d’une manière nonchalante, les mains dans les poches, suivi de près par un groupe de policiers qui semble lui lenjoindre d’accélérer le pas. L’un d’eux le pousse alors dans le dos. Ian Tomlinson s’écroule par terre. Encore conscient, il reste assis au sol, semblant invectiver les policiers.

Peu après, l’homme succombera d’un malaise cardiaque, des médecins policiers ne réussissant pas à le ranimer.

Le quotidien The Guardian précise sur son site qu’il remet la vidéo à l’Independent Police Complaints Commission (IPCC), la commission indépendante chargée d’examiner les plaintes à l’encontre de la police. L’IPCC entend des témoins qui affirment avoir vu des policiers repousser Ian Tomlinson.

Un porte-parole de la police a refusé de commenter la vidéo «tant que l’enquête est en cours», précisant seulement que l’IPCC «a été mise au courant des images».

Selon le Guardian, la vidéo a été réalisée par un gérant de fonds de New York qui dit avoir remis les images à la presse «car la famille (de Ian Tomlinson) n’obtient pas de réponse aux questions qu’elle se pose».

(Source AFP)

08/04/

http://www.liberation.fr/monde/0101560919-une-video-montre-que-l-homme-retrouve-mort-au-g20-a-ete-pousse-par-la-police?xtor



Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Ramzy Baroud : Un nouveau cauchemar afghan.

Extrait

Lors de sa rencontre le 14 février à Kaboul avec Hamid Karzaï, le président afghan placé « démocratiquement », Richard Holbrooke, l'envoyé étasunien en Afghanistan, a peut-être appris la signification historique du jour suivant.

Le 15 février, on commémore aux USA la fin de la présence russe au  l'Afghanistan (août 1978-février 1989).

Mais il est peu probable que M. Holbrooke assimile l'importance de cette leçon historique.

Obama et lui sont convaincus que l'élément manquant pour gagner la guerre en Afghanistan constitue un engagement accru, comme le doublement du nombre de troupes, l'augmentation de dépenses militaires, et, afin de gagner les coeurs et les esprits, une hausse des investissements dans le développement.

L'administration étasunienne croit que cette combinaison dissuadera tôt ou tard les Afghans de soutenir les talibans, les milices tribales, les nationalistes pachtounes et d'autres groupes. Ces derniers mènent une guérilla dans divers endroits du pays, principalement dans le sud, dans le but de déloger le gouvernement Karzaï et les forces d'occupation étrangères.

Alors que Kaboul était considéré comme un « oasis de calme » durant le règne soviétique, selon le compte-rendu de Jonathan Steele, c'est loin d'être le cas sous la domination des États-Unis et de ses alliés de l'OTAN, lesquels ont eu amplement le temps — 8 longues années — de prendre le contrôle, mais ont échoué.

En fait, au moment où Holbrooke s'est assis dans le palais présidentiel sous haute protection de M. Karzaï, des bombes artisanales explosaient à travers le pays, à Khost, à Kandahar et ailleurs. Plusieurs policiers ont été tués, s'ajoutant aux centaines de soldats et officiers qui meurent chaque année en défendant désespérément les rares symboles de l'autorité du gouvernement central. Hormis son contrôle chancelant de Kaboul et de certaines capitales provinciales, le gouvernement central lutte pour maintenir la faible crédibilité qu'il détient toujours.

Ainsi, une grande partie du pays est considérée comme un champ de bataille entre les milices afghanes, dans lesquelles de plus en plus d'habitants voient une force de résistance légitime contre une occupation illégitime, celle des États-Unis et de l'OTAN.

Contrairement à l'impopulaire guerre d'Irak, celle d'Afghanistan était largement perçue aux États-Unis comme une guerre morale, s'appuyant sur la logique suivante : Al Qaeda était responsable des attentats terroristes du 11 septembre et puisque le groupe était abrité par un gouvernement taliban également militant, les deux devaient en payer le prix. Jusqu'à maintenant, le peuple afghan a payé ce prix à maintes reprises. Des milliers d'Afghans ont été tués et une génération entière a été marquée par une nouvelle guerre civile, et maintenant par une nouvelle occupation militaire étrangère.

Tandis que les consommateurs de médias dominants sont inondés de commentaires officiels et de reportages occasionnels sur les défis qui attendent les États-Unis en Afghanistan — protégé la démocratie, la liberté et les « intérêts nationaux » -- dans les reportages, on persiste à réduire cette guerre à un combat contre la corruption, pour les droits humains et l'égalité entre les sexes.

On parle peu des véritables raisons d'être de la guerre, telle la rhétorique apparemment ennuyeuse des grands jeux pour contrôler l'Eurasie, datant de la rivalité entre les Empires russe et britannique au 19e siècle. Ce discours conviendrait davantage aux discussions académiques, lesquelles ne sont d'aucun intérêt médiatique.

Il convient peut-être de noter que ceux qui ont tenté de dominer l'Afghanistan autrefois ont échoué misérablement. Si M. Holbrooke souhaite creuser encore plus loin dans l'histoire, il apprendra que l'Empire britannique, qui contrôlait l'Inde à l'époque, a aussi été défait en Afghanistan en 1842 et de nouveau en 1878. Les leaders soviétiques, pour leur part, désiraient une victoire rapide en occupant Kaboul en décembre 1979, pour finalement se trouver engagés dans une guerre des plus sanglantes, ayant pour résultat 15 000 morts (cela va sans dire, les centaines de milliers de morts afghans ne sont souvent pas répertoriés) et une cuisante défaite.

En revanche, M. Holbrooke devait connaître les détails de cette dernière période, car après tout, c'est son pays qui a armé et soutenu financièrement les moudjahidin en Afghanistan, craignant que l'objectif ultime des Soviétiques pendant la guerre froide était de contester la domination étasunienne dans cette région et, en dernier lieu, dans le Moyen-Orient. Vu le renversement du Shah d'Iran, désastreux pour les États-Unis sur le plan stratégique, la superpuissance mondiale ne pouvait courir aucun risque.

Depuis cependant, l'Afghanistan a pris de l'importance. Autrefois politiquement stratégique, en raison de sa proximité des mers chaudes et des pouvoirs régionaux, le pays est devenu un territoire stratégique en matière d'énergie, indispensable à l'exploitation du pétrole de la mer Caspienne.

« Je ne me souviens pas d'avoir vu une région émerger si soudainement au point de devenir aussi importante stratégiquement que la Caspienne », affirmait l'ancien vice-président Dick Cheney dans un discours aux magnats du pétrole en 1998. En février de la même année, John Maresca, vice-président des relations internationales chez Unocal Corporation, expliquait comment transférer le pétrole du bassin de la Caspienne (estimé entre 110 et 243 milliards de barils de brut d'une valeur de 4 billions de dollars) : « (Une) des options serait de construire un pipeline du sud de l'Asie centrale à l'océan Indien. Une voie évidente vers le sud traverserait l'Iran, mais elle serait interdite aux compagnies américaines en raison des sanctions. La seule autre voie possible traverserait l'Afghanistan. »

Pour de nombreuses raisons logistiques, historiques et pratiques, le succès militaire en Afghanistan n'est tout simplement pas possible. Toutefois, l'échec aura également un prix, du moins pour ceux qui bénéficieront directement de l'assujettissement de la nation rebelle.

L'ancien président Bush et ses alliés n'ont pas réussi à transformer l'Afghanistan en démocratie à l'américaine, facilement exploitable à des fins stratégiques et économiques. En imposant une solution militaire en Afghanistan, M. Obama appelle non seulement de nouveau à l'échec d'une expérience impériale américaine, comme en Irak, mais il insiste aussi pour ajouter le nom de son pays à ceux de la Grande-Bretagne et de la Russie.

« C'est comme combattre du sable. Aucune force dans le monde ne peut triompher des Afghans », déclarait à Reuters l'ancien officier russe en Afghanistan, Oleg Kubanov. « C'est leur terre sainte, peu leur importe que vous soyez russes ou étasuniens. Nous sommes tous des soldats à leurs yeux. »

Il serait opportun que M. Holbrooke réserve quelques heures de l'horaire surchargé de sa visite dans la région pour réviser l'histoire de l'Afghanistan, car il en a certainement besoin.

Ramzy Baroud

* Ramzy Baroud (www.ramzybaroud.net) est auteur et éditeur de PalestineChronicle.com. Ses textes ont été publiés dans de nombreux journaux, revues et anthologies à travers le monde. "The Second Palestinian Intifada : A Chronicle of a People's Struggle" (Pluto Press, London ) est son plus récent livre.

(Traduit de l'anglais par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca)

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12472

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39066.htm#6


1-2 Michael Parenti : L'Afghanistan: une toute autre histoire.

01 Avril

Barack Obama a été cité comme étant un ardent défenseur de l’escalade de la militarisation en Afghanistan.

Il serait important de se pencher sur l’histoire récente de ce pays afin de comprendre le lien qui existe entre cette histoire et le rôle joué en coulisse par les USA. 

Moins d’un mois après les attaques du 11 sept 2001, les dirigeants du gouvernement Bush ont entrepris une série de bombardements aériens contre l’Afghanistan, ce pays qui abritait Osama Ben Laden et son organisation Al Qaeda.

Plus de vingt ans plus tôt, en 1980, les USA interviennent afin de stopper l’envahisseur russe, qui attaque l’Afghanistan, avec l’accord des plus virulents critiques en matière de politique étrangère américaine. Mais l’histoire n’est pas si simple. 

Le 04 décembre 2008

L’histoire réelle
Depuis très longtemps le système d’acquisition des terres en Afghanistan est resté le même.

Plus de 75% des terres appartenaient à de riches seigneurs – parmi lesquels on pouvait compter à peine 3% de propriétaires ruraux.

Durant les années  soixante une coalition révolutionnaire forme le parti démocratique du peuple (PDP).

En 1973, le roi fut renversé. Le gouvernement qui le renversa s’est avéré être autocratique, corrompu et impopulaire. Il dut abandonner le pouvoir grâce aux actions du peuple,  fortement  assisté par l’armée. 

Les militaires qui prirent le pouvoir invitèrent le PDP à former un nouveau gouvernement sous l’égide de Mohammed Taraki, un poète et écrivain. Il créera une coalition démocratique menée par un marxiste. Washington ne s’en inquiétera ni n’accusera l’URSS pour ce fait. 

Le gouvernement Taraki légalisera les syndicats, facilitera l’accès aux services de santé ainsi qu’à la propriété. Il amorcera une campagne d’émancipation de la femme en offrant l’éducation publique autant à celle-ci qu’aux enfants de différentes tribus.
Un rapport du San Francisco Chronicles (du 17 novembre 2001) mentionnait que le régime Taraki avait créé à Kaboul une cité cosmopolite où 50% des universitaires étaient des femmes.

Ces femmes se déplaçaient et conduisaient des voitures.

Les artistes foisonnaient.

Les gens étaient en paix. 

Le gouvernement Taraki entreprit l’éradication de la culture de l’opium.

Il abolira les dettes contractées par les agriculteurs et entreprit une réforme des terres. Les gens voyaient le futur de façon positive et avec espoir.

Mais plusieurs opposants se manifestèrent. Ces « seigneurs des terres » s’opposèrent à cette réforme agricole et les fondamentalistes religieux refusèrent d’appuyer ce mouvement d’égalité des sexes ainsi que l’éducation des femmes et des enfants.

Sa politique égalitaire d’économie collective déplut  à la sécurité nationale des USA et valut au gouvernement Taraki une intervention à grande échelle contre son pays, montée de toutes pièces par la CIA, des militaires pakistanais et Saoudiens ainsi que par les seigneurs du pays (mullah, trafiquants d’opium…) dépossédés de leurs anciens pouvoirs. 

Hafizulla Amin, soupçonné avoir été embrigadé par le CIA lors de ses études en terre américaine, était à ce moment-là un haut-placé du gouvernement Taraki. En septembre 1979, il se saisit du pouvoir grâce à un coup d’état armé. Il fit exécuter Taraki, élimina l’opposition et annula toutes réformes et instaura un état religieux fondamentaliste islamique. Il fut renversé  deux mois plus tard par le PDP secondé d’éléments sympathisants de l’armée.

De la bouche même de Zbigniew Brezinski l’administration Carter soudoyait, à l’aide d’énormes sommes d’argent, le gouvernement en place en finançant les extrémistes musulmans.

S’ensuivit de brutales attaques contre les écoles et les enseignants en milieu rural par des Moudjahidines corrompus. Ceci se déroula avant l’intervention russe en Afghanistan. En 1979, le gouvernement du PDP, en état de siège, demande à Moscou l’envoi de troupes militaires afin de contenir le Moudjahidine (des guerriers islamistes) ainsi que les mercenaires privés venant de l’étranger (engagés et financés par la CIA). L’URSS, étant déjà engagée en Afghanistan à plusieurs niveaux comme l’industrie minière, l’éducation, l’agriculture et la santé, l’envoi de troupes leur semble alors naturel mais représentait évidemment des dangers plus importants.

Il fallut plusieurs interventions de Kaboul avant que Moscou n’acquiesce à la demande.  

Jihad et Talibans à la sauce CIA
L’intervention de l’URSS s’avérera être une opportunité en or pour les USA de transformer la résistance des seigneurs terriens en mouvement de résistance : une guerre sainte afin d’expier les communistes athéistes en les expulsant hors du pays. Sur une période de plusieurs années les USA et l’Arabie Saoudite ont consacré 40$ milliards durant la guerre d’Afghanistan. La CIA et ses alliés ont recruté, équipé et entraîné près de 100 000 Moudjahidines provenant de 40 pays musulmans différents incluant le Pakistan, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Algérie et l’Afghanistan.

Parmi tous ceux qui ont répondu à l’appel il faut compter le millionnaire de droite Osama Ben Laden et sa bande.  Après l’échec d’une longue et pénible guerre, les Soviétiques évacuent le pays en 1989. On admet de façon générale que le gouvernement du PDP s’est effondré peu après le départ des Russes. Cependant, ce mouvement connaissait un niveau de popularité important et put alimenter une résistance durant au moins trois années – prolongeant ainsi la vie de l’Union Soviétique d’au moins  une année.  Après avoir pris possession du pays, les Moudjahidines entrent en guerre entre eux.  Ils ravagèrent les villes, terrorisèrent les citoyens, organisèrent des exécutions publiques massives, fermèrent les écoles, commirent des viols et réduirent Kaboul en ruine. En 2001, Amnistie Internationale rapportait que les Moudjahidines utilisaient le viol « afin de contrôler, intimider une population vaincue ainsi que pour récompenser les soldats. » Cette tribu de Moudjahidines criminalisés dut se trouver un moyen de se financer : ils forcèrent les paysans à planter à nouveau des plants d’opium. L’ISI du Pakistan – un petit frère de la CIA - mit en place des centaines de laboratoires de transformation d’héroïne partout dans le monde.  Créée et largement financée par la CIA la force armée milicienne des Moudjahidines avait maintenant une existence bien établie. Parmi ces Moudjahidines, plusieurs retournèrent dans leur pays (Algérie, Tchétchénie, Kosovo, Kashmire) commettant des attaques terroristes au nom d’Allah contre les diverses corruptions profanatiques.
En Afghanistan, dès 1995, une branche extrémiste des Sunis islamiques, les « Talibans » - fortement financés et conseillés par le ISI et la CIA, supportés par  le parti politique islamique du Pakistan- ces Talibans se sont frayés un chemin jusqu’au pouvoir, s’emparant de presque tout le pays en s’adjoignant les tribus rebelles grâce aux menaces et à la corruption. 

Les Talibans promettaient de mettre fin à la criminalité et à la rivalité qui était la caractéristique des actions menées par les Moudjahidines. Des meurtriers suspectés ainsi que des espions furent exécutés en public dans des stades à chaque mois.

Les voleurs se voyaient amputés d’une main. Les Talibans condamnaient toutes formes « d’immoralité » ce qui incluait le sexe avant le mariage, l’adultère et l’homosexualité. Toutes musiques étaient hors la loi, le théâtre, les librairies, la littérature, l’éducation et la recherche scientifique. Les Talibans ont instauré un règne de terreur religieuse en imposant une interprétation encore plus stricte que celle du clergé de Kaboul. Les hommes devaient porter la barbe et les femmes la burga ce qui les couvre de la tête aux pieds. Les gens qui ne se pliaient pas assez vite à ces règles étaient ramenés à l’ordre par le ministère de la Vertu. Une femme qui fuyait un mari violent ou qui se plaignait d’être battue était elle-même fouettée par les autorités théocratiques. Les femmes étaient tenues à l’écart de la vie publique, n’avaient pas accès à la majorité des soins de santé, ni à la scolarité, ni au travail en dehors du domicile. Les femmes jugées immorales étaient lapidées à mort ou brûlées vives. 

Rien de tout cela n’inquiétait Washington qui s’entendait (on le savait) à merveille avec les Talibans. Pas plus tard qu’en 1999, les USA avaient sur leur liste de paie tous les dirigeants Talibans jusqu’au jour où le président W. Bush eut à se rallier l’opinion publique en octobre 2001 afin de bombarder l’Afghanistan.

Et c’est à partir de ce moment, pas avant ni après, qu’il se mit à dénoncer l’oppression des femmes en Afghanistan. Mme Bush, Laura Bush, se présenta du jour au lendemain comme une ardente féministe en dénonçant devant le public les abus commis envers les femmes afghanes. 

Si on devait attribuer un point positif au sujet des Talibans il faudrait mentionner qu’ils ont fait stopper les vols, viols et massacres organisés par les Moudjahidines.

En 2000, les autorités talibanes ont mis un frein à la culture de l’opium dans les régions sous leur gouverne.

Un effort qui fut jugé positivement par l’ONU. En sortant les Talibans du pays et en instaurant un gouvernement Moudjahidine – choisi évidemment par les pays de l’ouest – à Kaboul en décembre 2001 la production d’opium s’est accru de façon drastique.

Les années de guerre qui ont suivi tuèrent des dizaines de milliers d’Afghans.

Il faut aussi compter les pertes civiles attribuées aux troupes américaines et ceux qui sont morts de la faim, du froid et du manque d’eau potable. 

La « guerre sainte »  pour le pétrole et le gaz
Alors qu’ils affirmaient lutter contre le terrorisme, les leaders américains ont trouvé d’autres raisons, fort alléchantes, afin de pouvoir plonger encore plus profondément en Afghanistan : cette région est riche en pétrole et en gaz.

Une dizaine d’année avant le 11 septembre 2001, le 18 mars 1991, le Time magazine rapportait que l’élite américaine voyait d’un bon œil l’idée d’installer de façon permanente une présence militaire en Asie Centrale.

La découverte d’une réserve importante de gaz et de pétrole au Kazakhstan et au Turkménistan servira de leurre alors que la chute de l’URSS permit une meilleure marge de manouvre afin de poursuivre une politique agressive dans cette partie du monde. Des compagnies américaines mirent la main sur 75% de ces réserves mais ils rencontrèrent un problème important : comment transporter ce butin hors de cette région isolée…? Les autorités américaines refusèrent d’utiliser le pipeline russe ni la route qui traverse l’Iran jusqu’au Golfe Persique. À la place ils explorèrent une suite de  possibilités visant à installer un pipeline. On a pensé à traverser l’Azerbaïdjan, la Turquie jusqu’à la méditerranée ou bien, jusqu’à la Chine vers le Pacifique.

Finalement, la route projetée par UNOCAL, une compagnie américaine, traversait l’Afghanistan et le Pakistan jusqu’à l’océan Indien. Les négociations intenses entreprises par cette compagnie auprès du régime Taliban ne porteront pas fruit. Mais en 1998, une compagnie argentine fit une offre compétitive pour la construction du pipeline. La guerre entreprise par W. Bush tomba à point pour la compagnie américaine qui voyait ses chances d’obtenir le contrat subitement, croître. 

Il est intéressant de constater que ni l’administration Clinton ni celle de W. Bush n’avaient placé l’Afghanistan sur sa liste de pays « producteur de terroristes » même s’ils savaient Ben Laden protégé par les Talibans d’Afghanistan car il aurait été impossible politiquement pour Washington de négocier avec Kaboul un traité au sujet d’un pipeline.
En somme, les USA avaient, avant le 11 septembre 2001, entrepris de s’en prendre aux Talibans rendant ainsi le gouvernement de Kaboul complaisant à son égard.

Ceci permettra une présence armée des USA en Asie Centrale.

 Les événements du 11 septembre 2001 auront donné des ailes au projet d’invasion militaire en précipitant l’opinion publique américaine directement vers l’acceptation de cette idée. Il est facile d’être d’accord avec John Ryan lorsqu’il affirme : « Si Washington avait laissé le gouvernement marxiste de Taraki tranquille, il n’y aurait pas eu d’armées de Moudjahidines, ni d’interventions de l’URSS, ni de guerre pour détruire l’Afghanistan ni d’Osama Ben Laden et encore moins de 11 septembre. »

Mais cela est trop demander à Washington : laisser en paix un gouvernement progressiste de gauche qui était en train d’organiser une économie autour des besoins collectifs d’une nation, plutôt que de bâtir des richesses privées.  L’intervention des USA en Afghanistan n’a prouvé rien de plus que bien d’autres interventions organisées par les USA : celles du Cambodge, de l’Angola, du Mozambique, de l’Éthiopie, du Nicaragua, du Panama et de bien d’autres pays encore.

Le but poursuivi est toujours le même : annihiler l’émancipation d’un pays qui vise l’égalité sociale et mettre en place une idéologie de réforme économique. Et par-dessus tout, ces interventions ont fait naître des éléments négatifs du passé et laissé l’économie et la vie des gens en ruine. 

La guerre contre l’Afghanistan, ce pays déjà brûlé par les guerres et à l’économie dévastée continue d’être « commercialisée » par les autorités américaines avec en prime cette lutte contre le terrorisme. Même s’il s’agissait du vrai but visé, il ne faut pas se laisser leurrer et oublier les détails suivants…

La destruction d’un gouvernement de gauche, s’accaparer d’un des derniers plus vastes réservoirs de pétrole au monde et, une fois de plus, occuper militairement et activement un pays étranger. 

À côté de tout ça le message de « changement » d’Obama semble bien vide de sens…

Source: www.mondialisation.ca
Traduction: Drummerboy

Illustration: Latuff


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n°255 - dossiers de l'Afghanistan- 09-04 – Suite - Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».


n°255 - dossiers de l'Afghanistan- 09-04 – Suite - Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».



dossiers de l'Afghanistan n°255 du 09-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire :  

1-5 Abdullah Naibi  : Afghanistan  « Surmilitariser le conflit retarde la possibilité d’une solution réelle ».

1-6 Thierry Meyssan: l’évolution de la politique américaine vis a vis de l'Afghanistan.

1-7 Dedefensa : Contractions afghanes.

1-5 Abdullah Naibi  : Afghanistan  « Surmilitariser le conflit retarde la possibilité d’une solution réelle ».

Abdullah Naibi préside le Mouvement pour l’avenir de l’Afghanistan.

Il appelle les Occidentaux à ne pas passer outre les forces laïques et démocratiques afghanes.

Entretien réalisé par Dominique Bari

-* Que pensez-vous de la nouvelle stratégie d’Obama ?

Abdullah Naibi. Elle présente des aspects contradictoires. Tout d’abord, elle repose sur un constat d’échec de la stratégie menée par l’OTAN depuis plus de sept ans - stratégie fondée sur une analyse erronée du problème de l’Afghanistan. Celui-ci a toujours été présenté, à tort, comme un conflit afghan, strictement lié aux talibans et à Al Qaeda. Les autorités américaines viennent seulement de reconnaître son caractère régional !

Les forces progressistes ont toujours mis l’accent sur le rôle déterminant de l’État pakistanais dans l’instabilité de son voisin afghan. Entretenir le sous-développement et l’instabilité en Afghanistan fait partie des fondements mêmes de cet État. Il est établi que les talibans forment une branche régionale de l’armée et des services secrets pakistanais et qu’Al Qaeda demeure sous la protection directe des autorités d’Islamabad.

-* Que vaut la proposition de dialogue avec les talibans « modérés » ?

Abdullah Naibi.. Elle a été évoquée comme une issue à la guerre. Or, personne ne sait ce que c’est qu’un « taliban modéré » ! Le mouvement taliban, dans ses composantes afghanes et pakistanaises, est une organisation paramilitaire, ayant comme fondement idéologique l’islam politique et comme bases de recrutement les 40 000 écoles coraniques fréquentées par plus de deux millions d’élèves sur le sol pakistanais. Quand on parle de talibans modérés, il s’agit surtout de la vitrine politique de ce mouvement. Le terme de « talibans modérés » est une pure invention politique, pour ouvrir la voie à leur retour au pouvoir.

Les 7,5 milliards de dollars d’aide supplémentaire promise à Islamabad suffiront-ils à faire changer l’attitude pakistanaise ? On est en droit d’en douter ! Et le fameux concept d’« afghanisation » du problème d’Afghanistan, évoqué par Bernard Kouchner, prendra un contenu significatif si l’on arrive à couper les liens entre les extrémistes islamistes afghans et l’État pakistanais ; c’est par là, effectivement, que passe la possibilité d’une solution à la tragédie du peuple afghan. Mais ce n’est pas tout !

-* Il y a aussi les paramètres internes à l’Afghanistan…

Abdullah Naibi.. Une fois la perspective de cette afghanisation ouverte, il faut changer les choses en Afghanistan même. Obama parle d’un gouvernement corrompu à Kaboul. Mais il oublie de dire qu’il s’agit d’un puissant réseau - formé de seigneurs de guerre, des chefs et anciens commandants des moudjahidin et des barons du trafic de drogue -, qui a la mainmise sur l’ensemble des pouvoirs dans le pays. Tout le système est fondé sur la corruption et l’illégalité. Comment peut-on espérer qu’un tel système se corrige de lui-même ? Les 21 000 soldats supplémentaires ne changeront pas la nature du régime en place !

-* Le président américain dit prévoir « une stratégie de sortie ». Y croyez-vous ?

Abdullah Naibi. L’envoi des troupes supplémentaires ne peut qu’étendre la dimension militaire du conflit. Or, le problème est avant tout un problème politique. Le bombardement des zones tribales au Pakistan n’est en aucune façon une réponse à lui apporter. La surmilitarisation du conflit retarde la possibilité d’une solution réelle.

L’octroi des aides directes aux gouvernements provinciaux en vue d’une meilleure efficacité militaire contre les insurgés, via la création des structures armées, est un autre aspect problématique de la ligne d’Obama. Cette politique de la régionalisation du pouvoir aura pour conséquence la création d’une sorte de « confédération afghane ».

Celle-ci se composera de « principautés » d’un type nouveau, qui accentuera les problèmes interethniques et tribaux, conduisant de facto à la partition de l’Afghanistan. Ce sera une nouvelle guerre civile désastreuse pour notre pays, avec de redoutables retombées sur l’avenir de la région.

-* Y a-t-il des contacts avec les forces laïques et démocratiques afghanes ?

Abdullah Naibi. Il est regrettable que la stratégie présentée par les autorités américaines ne fasse aucune allusion aux authentiques forces démocratiques afghanes, seules capables de former une vraie alternative à l’état des choses à Kaboul. Actuellement, plus de trente organisations laïques et progressistes afghanes sont actives dans le pays et à l’étranger, bien que la Constitution, fondée sur la charia, interdise les organisations laïques.

En somme, ignorant les forces démocratiques et progressistes afghanes, tout en s’appuyant sur les mêmes organisations et les mêmes personnalités moyenâgeuses dans le cadre des mêmes institutions non démocratiques, la stratégie d’Obama risque de décevoir et le peuple afghan et la communauté internationale.

 4 avril
Yol

http://nawaaye-afghanistan.net/spip.php?article8132



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