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14/03/2009

n°423 - Les Dossiers d’Irak - 12-03 – Suite - : Plan D'Obama pour L'Irak : Se Retirer Sans Se Retirer - Mentir Comme Bush, Yes I Can !


n°423 - Les Dossiers d’Irak - 12-03 – Suite - : Plan D'Obama pour L'Irak : Se Retirer Sans Se Retirer - Mentir Comme Bush, Yes I Can !



Les Dossiers d'Irak

N° 423                                                         12/03/09

C.De Broeder & M.Lemaire


Sommaire :

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Intox ? : L'Iran a proposé à Londres un marché sur le nucléaire contre la fin des attaques en Irak.

3-2 La Grande-Bretagne admet des transferts clandestins de prisonniers en Irak.

3-3 Les Irakiens ont résisté au stress de la guerre.

3-4 Un Irakien sur six souffre de dépression grave.

3-5 Les femmes, victimes silencieuses. 

3-6 « Mon père (Tarek Aziz ) doit enfin être reconnu comme prisonnier de guerre »

3-7 Qui est M. Mohammed Al-Dainy, enlevé par les forces gouvernementales.



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Intox ? : L'Iran a proposé à Londres un marché sur le nucléaire contre la fin des attaques en Irak.

L'Iran a proposé lors de négociations secrètes un arrêt des attaques contre les troupes britanniques en Irak contre un abandon des objections occidentales à la poursuite de son programme nucléaire, selon un diplomate britannique cité par la BBC.

"Les hauts dirigeants iraniens ont souligné à plusieurs reprises que l'Iran n'était pas impliqué dans les attaques contre les forces américaines et britanniques" dans ces deux pays, a-t-il ajouté.

M. Sawers a indiqué que "plusieurs Iraniens sont venus à Londres et ont proposé que l'on prenne le thé dans un hôtel ou un autre. Ils ont fait la même chose à Paris ou à Berlin, et ensuite nous avons tous trois comparés nos notes".

"Les Iraniens voulaient que l'on fasse un marché selon lequel ils arrêteraient de tuer nos soldats en Irak et qu'en échange ils puissent poursuivre leur programme nucléaire: +Nous arrêtons de vous tuer en Irak, nous arrêtons de saper le processus politique là-bas, et vous nous permettez de poursuivre notre programme nucléaire sans y mettre d'obstacle+", a poursuivi le diplomate.

Cette offre a été refusée par le gouvernement britannique et l'Iran a repris peu après son programme d'enrichissement de l'uranium.

Les révélations de l'actuel ambassadeur britannique aux Nations unies John Sawers, qui apparaissent dans un documentaire de la BBC devant être diffusé samedi soir, ne précisent pas quand ont eu lieu ces offres.

Selon le documentaire "L'Iran et l'Ouest: la confrontation nucléaire", des négociations secrètes entre l'Iran et les Occidentaux seraient intervenues dès 2001.

Les Iraniens auraient notamment aidé les Américains à identifier les objectifs à frapper dans leur campagne contre les talibans en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001, selon un responsable américain qui apparaît dans le documentaire.

L'Iran nie officiellement être lié aux milices en Irak ou aux attaques contre la coalition.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Ghashghavi, a démenti toute implication de l'Iran dans les attaques contre les forces internationales aussi bien en Irak qu'en Afghanistan.

"La République islamique d'Iran a insisté dès le début de la guerre en Afghanistan et en Irak sur la nécessité du retour de la paix, de la stabilité et du calme dans ces pays et a eu des discussions et une coopération régulières avec les forces internationales", a déclaré M. Ghashghavi cité par l'agence Mehr.
AFP

21.02.


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n°423 - Les Dossiers d’Irak - 12-03 – Fin - : Plan D'Obama pour L'Irak : Se Retirer Sans Se Retirer - Mentir Comme Bush, Yes I Can !


n°423 - Les Dossiers d’Irak - 12-03 – Fin - : Plan D'Obama pour L'Irak : Se Retirer Sans Se Retirer - Mentir Comme Bush, Yes I Can !



Les Dossiers d'Irak

N° 423                                                         12/03/09

C.De Broeder & M.Lemaire


Sommaire :

4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Chris Floyd : Plan D'Obama pour L'Irak : Se Retirer Sans Se Retirer - Mentir Comme Bush, Yes I Can !

4-2 Le monstre jette le masque  - Quel Rubicon Obama a-t-il franchi ?

4-3 Christophe Ayad : Al-Qaeda, question kurde, Iran : des menaces pèsent sur l’Irak.

5 Annexe

5-1 Les élections régionales dans le nord de l’Irak



4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Chris Floyd : Plan D'Obama pour L'Irak : Se Retirer Sans Se Retirer - Mentir Comme Bush, Yes I Can !
"...L'un des plus remarquables aspects du plan " war lite " d' Obama c'est son mépris éhonté, total pour l'accord signé entre les Etats Unis et le gouvernement irakien supposé souverain garantissant le retrait complet de toutes les troupes américaines pour fin 2011..." Et quand Obama affirme, comme dans son discours sur l'Etat de l'Union, qu'il mettra fin à la guerre, c'est simple, il ment et il le fait délibérément. Mentir comme Bush, Yes I can !
Orwell à Babylone : se retirer sans se retirer. Est-ce superflu de faire remarquer qu'un plan pour "mettre fin" à une guerre qui inclut le maintien d'une garnison de 50 000 soldats en terre hostile est, en réalité, une façon de continuer la guerre, et non pas d'y mettre fin. Pour produire un tel plan et affirmer qu'il "met fin" à la guerre c'est l'équivalent précis de vider sa vessie chez son voisin et lui dire que le liquide est en fait une pluie bienfaisante.
Mais c'est exactement ce que l' Administration Obama propose pour l'Irak. Des "hauts fonctionnaires de l' Administration" ont fait passer le message du retrait, utilisant des "journaux respectables" (qui n'ont même pas critiqué la propagande du gouvernement) comme quoi le Président Obama et ses généraux (ou plutôt, les généraux et les larbins du Pentagone dont il a hérités de Georges W Bush, et qu'il s'est empressé de maintenir en poste) se sont mis d'accord sur un compromis concernant le plan de retrait d'un certain nombre de soldats américains du pays que les Etats Unis ont détruit dans une guerre d'agression sans provocation. Obama voulait un agenda de retrait partiel de 16 mois, son rival potentiel pour la campagne présidentielle de 2012, le Général David Petraeus, voulait 23 mois. Donc, animé par la sagesse de Salomon, ils ont coupé la poire en deux et retireront, au lieu des 16 ou 23 mois, une partie des soldats américains en 19 mois.
Mais le plan envisage clairement une présence militaire américaine substantielle et surtout permanente en Irak, qui dominera les orientations politiques de cette importante et riche nation pétrolière, ce qui était bien sûr dés le départ l'un des principaux objectifs des agresseurs militaires de l' Administration Bush. En mettant en application son plan pour continuer la guerre, Obama complète l'oeuvre de Bush et de sa clique de militaristes. Du New York Times :
"Même avec cet ordre de retrait, Mr Obama projette de laisser derrière une "force résiduelle" de dizaines de milliers de soldats ( 50 000 selon les derniers chiffres cités ndlt) pour continuer à entraîner les forces de sécurité irakiennes, chasser les groupes de "terroristes" étrangers et protéger les institutions américaines..."
Et un "officier de haut rang " envoyé pour semer la propagande au Los Angeles Times a ajouté un autre rôle potentiel pour ces soldats américains restants : combattre pour l'Irak toute guerre contre l'Irak. Il a également fait preuve d'une franchise rafraîchissante sur les intentions finales du plan :
"L'officier de haut rang a dit que les soldats pourraient aussi aider à protéger l'Irak d'une attaque extérieure, quelque chose que les irakiens ne peuvent pas encore faire."
"Quand le Président Obama a dit que nous allions nous retirer en 16 mois, certaines personnes ont entendu " retirer" et que tout le monde partait. Mais ce n'est pas ce qui va se passer a dit l'officier."
Non, effectivement, "ce n'est pas ce qui va se passer."

L'un des plus remarquables aspects du plan " war lite" d'Obama c'est son mépris éhonté, total pour l'accord signé entre les Etats Unis et le gouvernement irakien supposé souverain garantissant le retrait complet de toutes les troupes américaines pour fin de 2011. Bien sûr, cet "accord" a toujours été considéré par tout le monde comme une farce - à l'exception des médias de masse US qui ont continué de rapporter les "dures négociations" comme si le pacte aurait une quelconque signification dans le monde réel.. L'accord contient des clauses échappatoires permettant au gouvernement irakien de " requérir" une présence militaire américaine continuelle après la date butoir de 2011 - et, considérant que tout gouvernement irakien en place en 2011 sera désespérément dépendant des armes et de l'argent américain pour se maintenir au pouvoir, une telle "requête" a toujours été une certitude absolue. Donc, je suppose que nous devons admirer la candeur de l'Administration Obama qui abandonne toute prétention comme quoi les forces US vont quitter l'Irak à un moment donné du futur proche.
Mais l'hypocrisie - littéralement une hypocrisie meurtrière - d'affirmer que ce plan " laisse l'Irak à son peuple et met fin à la guerre de manière responsable" , comme l'a affirmé Obama dans son discours de l'Etat de L'Union, est écoeurante. Il ne fait pas une telle chose et il le sait.
Au lieu de cela, ce plan plonge de plus en plus profondément les Etats Unis dans une guerre de "contre insurrection" pour le compte de toute clique ou faction de partis sectaires en Irak, moyen le plus efficace d'adhérer à l'agenda dominateur de l'Amérique dans la région. Il envoie un flot apparemment sans fin de soldats américains mourir - - et ce en plus grand nombre - - et tuer, dans le cadre d'une action criminelle qui a aidé à provoquer la faillite de notre propre pays tout en envoyant des ondes de violente instabilité et d'extrémisme partout dans le monde. Il développera encore plus l'étendue de la corruption et des profits de guerre qui ont déjà atteint des proportions mondiales historiques vertigineuses..
C'est tout ce que le plan d'Obama-Petraeus fera.

Mais ce qu'il ne fera pas c'est de "mettre fin à la guerre" - - "de manière responsable" ou autre.. Quand Obama dit qu'il le fera - - comme il l'a dit la nuit dernière devant une audience en extase - - c'est simple, il ment et il le fait délibérément.
Chris Floyd

Information complémentaire
Lors d'une déclaration faite aux médias, John McHugh, le représentant républicain au sein de la commission sénatoriale sur les forces armées US , a dit que " Il ( Obama) m'a assuré qu'il reverrait son plan si la situation sur le terrain se détériore et si la violence s'accroît". Il a également affirmé qu'Obama l'avait assuré qu'il existait un Plan B parce que l'Irak est confronté à des défis importants.
Obama a affirmé que l'armée US n'a pas non plus l'intention de rester en Afghanistan pendant longtemps alors même qu'il vient d'envoyer 17000 soldats supplémentaires, ce qui veut dire accroître l'effort de guerre. Ramener le nombre de soldats en Irak à peu prés au même nombre que celui en Afghanistan, 50 000, est vendu à l'opinion publique par les médias propagandistes comme la fin de la guerre, "Mission Accomplished" comme l'avait affirmé son prédécesseur à la Maison Blanche.
Ces soldats américains qui vont rester stationnés en Irak ne serviront pas seulement à l'entraînement des troupes irakiennes mais seront également engagés dans des opérations de combat. Le secrétaire à la défense US, Robert Gates, qu'Obama a confirmé dans son poste qu'il occupait pendant l'Administration Bush, a déjà dit qu'il pense que c'est une bonne idée de conserver une " présence modeste US " en Irak après 2012. Cette "modeste présence" fait probablement partie du Plan B d'Obama.

25/02/09
Chris Floyd est un écrivain américain et contribue régulièrement au site de Counterpunch. . Son blog, Empire Burlesque: High Crimes and Low Comedy in the American Imperium : www.chris-floyd.com.
28 Février 2009

Traducton et synthèse Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org/
source : alterinfo

www.counterpunch.org


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13/03/2009

n°422- Journal d'Irak -28-02 au 12/03 - 1 - : Obama et la torture, compromis ou compromission ?


n°422-  Journal d'Irak -28-02 au 12/03 - 1 - : Obama et la torture, compromis ou compromission ?


Journal d'Irak

n°422                 du 28/02                   au 12/03/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :  

- Officiellement l’Irak compte plus de 3 millions de veuves “isolées” càd entièrement seules.

- Mountazer al-Zaïdi, le journaliste rendu célèbre dans le monde entier est condamné à trois ans de prison.

Obama et la torture, compromis ou compromission ?

Paroles & action du président...

Obama confirme le retrait total d'Irak d'ici fin 2011.

 Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

Suite

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

Fin

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Michel Collon  répond : " Le véritable rôle du "French Doctor" dans ces conflits : Gaza, Irak, Yougoslavie, Kosovo, Birmanie, Somalie,Darfour...

5-2 L’affaire « Pétrole contre nourriture »

5-3 La Résistance irakienne et le Mossad.

6 Les brèves

6-1 Reconstruction et … corruption en Irak.

6-2 Gates compare Bush et Obama.

                                                                             NB : Demain paraitra les "Dossiers d'Irak"   


Tiré à part :

Officiellement l’Irak compte plus de 3 millions de veuves “isolées” càd entièrement seules.
Donc 3 millions d'hommes morts "en surplus", au minimum, depuis 1991. ...

A quoi s'ajoutent les enfants et les femmes mortes "en surplus".

The Lancet, le journal médical britannique donnait entre 1 et 1,5 millions de morts des suites de l'embargo (1991-2003), puis 1 million de mort avec l'invasion de 2003 puis l'occupation.

Ces chiffres semblent dépassés.
Voilà le bilan de la première guerre du Golfe, du blocus, de la seconde guerre du Golfe et de l'occupation US : entre 3 et 5 millions de morts.
Une véritable extermination ! ...démocratique-libérale !!!

droitdelhommiste !

humanitairement interventionniste !
BD


Mountazer al-Zaïdi, le journaliste rendu célèbre dans le monde entier est condamné à trois ans de prison.

Mountazer al-Zaïdi, est le journaliste rendu célèbre dans le monde entier pour avoir lancé ses chaussures à la tête de Bush. Le journaliste, travaille pour Al-Baghdadiya, une chaîne irakienne basée au Caire.

Le juge Abdel Amir al-Roubaie a condamné à trois ans de prison Mountazer al-Zaïdi, accusé "d'agression contre un chef d'Etat étranger lors d'une visite officielle" et détenu depuis la mi-décembre dans une prison de la "zone verte".

Le verdict a été lu en présence de l'accusé et de ses 25 avocats, la famille et les journalistes étant interdits d'accès à la salle d'audience.

Puis, la famille et les journalistes ont entendu, dans un chaos total, les avocats annoncer "3 ans de prison" à leur sortie de la salle, provoquant des cris de "c'est un tribunal américain, fils de chiens!" parmi la foule.

Le journaliste de 30 ans avait plaidé non coupable à la reprise de son procès dans la matinée. "Oui, ma réaction était naturelle, comme celle de n'importe quel Irakien", a-t-il répondu au juge qui lui demandait s'il était innocent.

Son avocat a annoncé qu'il ferait appel de cette condamnation.

Ouvert le 19 février, le procès de Mountazer al-Zaïdi, inconnu jusqu'à son lancer de chaussures, le 14 décembre, en pleine conférence de presse de l'ancien président américain et du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, avait été ajourné en raison d'un débat sur la nature de la visite de M. Bush en Irak.

La défense du journaliste voulait prouver que Bush effectuait une visite surprise et non "une visite officielle" et ainsi invalider les chefs de poursuite.

Le 19 février, Mountazer Zaïdi avait justifié son acte par l'extrême émotion qu'il avait ressentie face "au responsable des crimes commis en Irak".

"Il est le plus grand responsable des meurtres commis contre mon peuple et j'ai donc modestement voulu faire quelque chose pour les victimes", avait-il dit. "Il parlait des victoires et des réussites (américaines) en Irak mais moi ce que je vois en matière de réussite, c'est un million de martyrs, le sang versé, les mosquées perquisitionnées, les Irakiennes violées, les Irakiens humiliés", avait-il dit. Il s'était levé et avait crié au président américain qui effectuait une dernière visite en Irak: "c'est le baiser de l'adieu, espèce de chien", avant de lui lancer ses chaussures. Celles-ci n'avaient pas atteint leur cible.

Ensuite, le journaliste a assuré avoir été "battu et torturé à l'électricité après l'incident par un général".

12-03

AFP


Obama et la torture, compromis ou compromission ! ! !

Tout le monde pavoise ? Obama interdit la torture … aux USA … mais refile les prisonniers aux dictatures alliées des USA ! ! !

États-Unis. Sur son plan de relance comme sur les questions de sécurité, le nouveau président tente d’avancer tout en faisant déjà d’importantes concessions.

(…) la volonté du nouveau président de rechercher à tout prix un consensus national sur chaque question pourrait bien se révéler être un véritable piège.

Ainsi une mesure symbolique, destinée à calmer les faucons de la CIA après la suppression de la torture, a-t-elle été adoptée. La Centrale a été autorisée à poursuivre la délocalisation des prisonniers vers des pays amis où la torture est une pratique habituelle. La polémique soulevée immédiatement par cette mesure a amené toutefois la présidence à créer une commission qui examinera les conditions de ces transferts.

Pis, le Patriot Act de Bush, une loi permettant d’espionner toutes les activités « suspectes » vient d’être défendue par Eric Holder, le nouveau ministre de la Justice, soulevant l’inquiétude des défenseurs des droits de l’homme.

Par contre, les dirigeants des centrales syndicales ont été satisfaits de leur rencontre à la Maison-Blanche. Ils ont obtenu la fin de mesures qui permettaient, par exemple, aux patrons de se faire rembourser par l’État fédéral les sommes dépensées pour empêcher les salariés de former un syndicat. C’est donc un pas vers la liberté de créer des syndicats. « Nous avons besoin d’un champ d’intervention pour les travailleurs et les syndicats », a déclaré Obama.

Le président a également cherché un compromis avec les généraux et le Pentagone, où sévit toujours Robert Gates, l’ex-ministre de la défense de Bush, en maintenant des bases et en confirmant l’envoi de renforts en Afghanistan. (…)

Extrait de : « Obama ou l’art du compromis »

http://www.humanite.fr/2009-02-04_International_Obama-ou-...


Paroles & action du président...

Obama confirme le retrait total d'Irak d'ici fin 2011.

Barack Obama a annoncé vendredi le retrait d'Irak du gros des troupes d'ici fin août 2010 pour laisser une force de dizaines de milliers d'hommes, avant un désengagement total qu'il entend achever avant fin 2011.

"Notre mission de combat en Irak sera finie d'ici au 31 août 2010", a -t-il déclaré devant des milliers de Marines de la base de Camp Lejeune, en Caroline du Nord (sud-est).

Une force de 35 à 50.000 hommes resterait alors dans une nouvelle mission d'entraînement et d'équipement des forces irakiennes, de protection des personnels américains et de lutte contre le terrorisme.

A terme, "j'ai l'intention de retirer tous les soldats américains d'Irak d'ici à fin 2011" conformément à un accord conclu fin 2008 entre l'administration Bush et le gouvernement irakien, a-t-il dit.

L'idée est aussi de faire pression sur les dirigeants irakiens: "Le retrait de notre armée doit envoyer un signal clair indiquant à l'Irak que son avenir est à présent entre ses mains".

Sa décision de laisser jusqu'à 50.000 hommes après août 2010 cause cependant des remous parmi les plus hauts dirigeants de son propre parti.

En revanche, M. Obama a reçu l'appui de John McCain: Ce plan "n'est pas sans risque", a déclaré le sénateur John McCain, mais "je crois (que c'est) un plan raisonnable".

28-02

(Source AFP)

12/3

Obama a officiellement nommé mercredi deux nouveaux ambassadeurs, en Afghanistan et en Irak.

dont Christopher Hill à Bagdad.

Christopher Hill est, un ancien négociateur dans le dossier nucléaire nord-coréen.

AP


 

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n°422- Journal d'Irak -28-02 au 12/03 – Suite - : Obama et la torture, compromis ou compromission ?


n°422-  Journal d'Irak -28-02 au 12/03 – Suite  - : Obama et la torture, compromis ou compromission ?


Journal d'Irak

n°422                 du 28/02                   au 12/03/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

                                                                             NB : Demain paraitra les "Dossiers d'Irak"   



2-1 Occupation de l'Irak

Les collaborateurs

08-03

Soucieux (…)  d'assumer la responsabilité de la sécurité et de préparer le départ des troupes US, le gouvernement irakien a renforcé les rangs de la police et de l'armée, recrutant des centaines de milliers d'hommes en quelques années.

Les forces irakiennes reconnaissent cependant que l'armée et la police nationale manquent pour l'heure cruellement d'équipement et d'entraînement pour assurer seules la sécurité du pays.

Reuters


Les occupants

a) Etats-Unis

01-03

Les effectifs s'élèvent actuellement à 142.000 hommes.

Reuters

08-03

L’armée américaine a annoncé dimanche le retrait de 12 000 de ses soldats d'ici septembre,

Bagdad assure être prête à assurer l'ordre après le retrait des soldats américains, mais des inquiétudes persistent en raison des lacunes des forces de sécurité irakiennes.

Agence France-Presse


c) Grande Bretagne

10-03

Le départ des 4.000 militaires britanniques encore en poste en Irak débutera fin mars et sera terminé fin juillet, déclare un porte-parole militaire.
Il ne restera alors plus en Irak que quelques centaines de personnels chargés de la formation de la police irakienne, a-t-il précisé.
L
a Grande-Bretagne avait engagé 46.000 soldats en Irak au moment de l’intervention militaire de 2003.

Les forces britanniques ont été longtemps responsables du contrôle du sud du pays autour de Bassorah, avant de céder leurs responsabilités à l’armée irakienne en 2007.
"Le retrait progressif commencera le 31 mars. Nous cesserons nos opérations vers le 31 mai.

Fin juillet, toutes les troupes de combat, soit environ 4.000 hommes, devront avoir quitté l’Irak", a déclaré le colonel Dickie Winchester.

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article289



3) Politique

a) Des collaborateurs Irakiens

Maliki

07-03

Le Premier al-Maliki a appelé à des réformes constitutionnelles, s’élevant contre le communautarisme, et notamment l’attribution de postes gouvernementaux en fonction de critères ethniques et religieux.
"Il y a une différence entre la répartition communautariste des postes au gouvernement et le principe du partenariat", a-t-il déclaré au cours d’une rencontre entre chefs de tribu irakiens.

Cette manière de procéder ouvre selon lui la porte à la "faiblesse et à la mauvaise gestion".
Al-Maliki, a également jugé qu’il pourrait être "sage" de réviser la constitution pour en corriger les failles, liées selon lui à une trop grande précipitation dans sa rédaction et son adoption, en 2005.
En Irak, en vertu d’accords datant d’avant l’invasion américaine de l’Irak, les postes de haut niveau sont attribués en fonction des appartenances ethnico-religieuses. Certains postes sont donc de fait réservés aux sunnites, aux chiites ou aux Kurdes.
Les partisans de ce système estiment qu’il permet de donner voix au chapitre à toutes les composantes religieuses et ethniques irakiennes, tandis que ses détracteurs considèrent qu’il est notamment à l’origine de l’infiltration des services de sécurité par des extrémistes lorsque le conflit entre chiites et sunnites a atteint son paroxysme il y a deux ans.

AL-Oufok avec les agences de presse

12/3

Le Premier ministre el-Maliki a estimé que les récents attaques à Bagdad sont un "accident", et que les résistants ne sont plus en capacité de perturber le retour à la sécurité (…) dans le pays

Deux attaques kamikaze cette semaine ont causé la mort d'au moins 63 personnes,

" Selon le Premier ministre irakien, la situation s'améliore quotidiennement.

"Quant au retrait des troupes américaines, je pense que les Irakiens seront capables de prendre la situation en main", a-t-il ajouté.

AP


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n°422- Journal d'Irak -28-02 au 12/03 – Fin - : Obama et la torture, compromis ou compromission ?


n°422-  Journal d'Irak -28-02 au 12/03 – Fin - : Obama et la torture, compromis ou compromission ?


Journal d'Irak

n°422                 du 28/02                   au 12/03/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Michel Collon  répond : " Le véritable rôle du "French Doctor" dans ces conflits : Gaza, Irak, Yougoslavie, Kosovo, Birmanie, Somalie,Darfour...

5-2 L’affaire « Pétrole contre nourriture »

5-3 La Résistance irakienne et le Mossad.

6 Les brèves

6-1 Reconstruction et … corruption en Irak.

6-2 Gates compare Bush et Obama.

                                                                             NB : Demain paraitra les "Dossiers d'Irak"   



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

01-03

Un kamikaze s'est fait exploser mercredi au milieu des membres d'une unité du renseignement de la police irakienne, faisant trois morts. Des sources médicales et hospitalières ont confirmé le nombre de tués, mais ont précisé que 11 personnes ont été blessées, dont trois civils.

AP

08-03

Une attaque kamikaze a fait au moins 28 morts et 58 blessés dimanche devant une école de police du centre de Bagdad, selon un nouveau bilan annoncé par la police.

Le kamikaze a déclenché ses explosifs devant l'entrée située à l'arrière de la principale école de police de la capitale irakienne, où s'étaient rassemblées de nombreuses recrues, a précisé la police.

De nombreux corps ont été déchiquetés par l'explosion, très violente, et les policiers peinaient à déterminer l'identité des victimes, parmi lesquelles figurent beaucoup de recrues et de policiers.

Les forces irakiennes police et armée, ainsi que les collaborateurs qui ont participé à la lutte contre Al-Qaïda, sont la cible privilégiée de la résistance Irakienne.

Reuters

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/

10-03

Une attaque Kamikaze visant des chefs militaires et politiques réunis à Abou Ghraib (l’ouest de Bagdad) à l’occasion d’une conférence de réconciliation tue au moins 33 personnes, dont un responsable de l’armée, et 46 blessées. Le bilan des victimes est provisoire.

Différentes sources, dont l’agence Reuters, évoquent la présence parmi les victimes de 2 journalistes, (Haïdar Hachem et Soheib Adnane travaillaient pour Al-Baghdadiya, une chaîne privée irakienne basée au Caire et qui a acquis une notoriété en raison du geste de son journaliste Mountazer Al-Zaïdi.

Ce dernier avait lancé ses chaussures sur l'ancien président américain George W. Bush, en visite d'adieu à Bagdad en décembre), de soldats et de policiers.

Ces attaques sont les plus meurtrières depuis un mois.

AFP  & Le Temps avec les agences

10-03

Les forces irakiennes ont empêché mardi une manifestation dans le centre de Bagdad organisée par les proches et les partisans de Mountazar al-Zeidi, ( journaliste irakien de 30 ans arrêté le 14 décembre dernier pour avoir lancé, sans l’atteindre, sa paire de chaussures au visage de Bush.)

AFP


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul

01-03

Une voiture a explosé à un barrage de la police tuant au moins deux policiers et blessant 15 autres personnes, dont huit policiers.

L'attaque s'est déroulée alors que les forces irakiennes poursuivent une offensive lancée fin février dans la région de Mossoul

AP

Hamdaniyah, ( 25 km au nord-est de Mossoul),

10-03

Un médecin et le fils d'un responsable local ont été tués dans une explosion.

Agence France-Presse


Province de Salah ad-Din,

Samarra

01-03

Des résistants ont tué un cheikh, son épouse et leurs deux fils près de Samarra à 100 kilomètres au nord de Bagdad. Le cheikh et l'un de ses fils étaient des leaders du Conseil de l'éveil, un mouvement anti-insurgé, a précisé un responsable de la police.

AP


Province de Ta'mim

Kirkouk,(Capitale de la province )

01-03

Le corps du fils du rédacteur en chef d'un journal irakien a été découvert à Kirkouk, à 300 km au nord de Bagdad, a annoncé la police irakienne.

Son père est le rédacteur en chef du quotidien "al-Fayçal", aujourd'hui fermé, qui avait commencé à paraître après l'invasion américaine de 2003 avec l'aide des autorités américaines, a indiqué Sarhat Gadir, un responsable de la police.

AP

10-03

Un policier irakien a été tué  dans l'explosion d'une bombe qui visait le directeur de la police d'Al-Riyad, à l'ouest de Kirkouk, à 255 km au nord de Bagdad, a affirmé la police.

Agence France-Presse



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003) 


Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)

679.599

Civils blessés (depuis l'occupation) 

70.799 ( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.940   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.006 (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.885   (chiffre minimum)

En prison

40.268. (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.612

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

52.778 (chiffre très minimal)

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.595 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

12.389

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.571 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur  & mercenaires & autres)

5.575

Autres blessés (collaborateur & mercenaires & autres)

9.538

 

 

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++

 


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET

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12/03/2009

n°248- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan-10-03- Début- : La guerre en Afghanistan est finie!__

n°248- Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan-10-03- Début- : La guerre en Afghanistan est finie!



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion & stratégie' de l'Afghanistan

   n°248                                                                                                                                      10/03/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pierre Baudet : La guerre sans fin, défis et opportunités.

1-2 Richard Cléroux : La guerre en Afghanistan est finie!

1-3 Mer caspienne : Le grand Jeu.

Suite

1-4 Nairin Allan : Barack Obama et la torture : un "interdit" qui n’interdit pas.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Monsieur Shinwari nous demande qu'on l'aide.

2-2 Le Sénat des États-Unis tente d’établir une commission d’enquête contre la terreur menée par Bush.

2-3 Simon Denyer : Hedayat Amin Arsala déplore les erreurs de Hamid Karzaï.

Fin

2-4 Comment la population perçoit-elle la guerre ?

2-5 Des milliers de personnes fuient les combats et la faim en Afghanistan.

2-6 Les civils, martyrs invisibles de l’Afghanistan.

2-7 Les Forces canadiennes affine leurs connaissances en matière de 'contre-insurrection'.

3 Annexe

3-1 Traité de l’Atlantique Nord.

3-2 L'Otan ?



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Pierre Baudet : La guerre sans fin, défis et opportunités.

Le 12 septembre 2001, George W. Bush en déclarant la « guerre sans fin » a été pris le monde par surprise.

Aujourd’hui rétroactivement, on peut dire que cette guerre n’a pas commencé en cette date fatidique. Depuis plusieurs années en effet, les Etats-Unis avaient entrepris un vaste programme de réorganisation militaire, explicité dans la fameuse révision du plan stratégique du Pentagone de 1994, élaborée sous l’administration Clinton.

Déjà au cours des années 80, au moment où il devenait clair que l’Union Soviétique allait s’autodétruire, était apparue l’idée que les Etats-Unis entraient dans une nouvelle phase où ils pourraient se mettre au centre de la scène en s’établissant comme la seule et unique superpuissance dans le monde. Sous la présidence de Ronald Reagan, un groupe de personnes qualifiées plus tard de néoconservateurs, proposaient un nouveau « siècle américain » sous la domination sans partage des Etats-Unis.

De Bagdad à Sarajevo

Le coup d’envoi de ce nouveau plan a été tiré par George Bush père avec la guerre de 1991 contre l’Irak. Les historiens nous diront de quelle manière les Etats-Unis ont manipulé Saddam pour qu’il tombe dans le guet-apens. Le but était évidemment la consolidation des positions des Etats-Unis au Moyen-Orient avec l’aval tacite d’une Russie fragmentée et encore sous le choc de l’effondrement de l’Union Soviétique et avec le plein soutien d’alliés réactionnaires locaux comme l’Arabie Saoudite. L’opération a été conclue avec un certain succès.

La deuxième « occasion » a été la guerre en Bosnie, dans le sillage de la destruction programmée de la Yougoslavie. Européens et Russes étaient à nouveau divisés, contradictoires et au mieux incompétents.

Clinton, qui avait succédé à Bush, y a vu une excellente opportunité pour implanter un dispositif militaire étasunien en plein cœur de l’Europe, sur le flanc méridional de la Russie et proche du Moyen-Orient. Pendant le deuxième mandat de Clinton, les dépenses militaires ont à nouveau augmenté, avec davantage d’interventions, notamment en Asie et en Afrique. Si Clinton est resté ambigu par rapport aux néoconservateurs (il ne partageait pas leur vision dimension religieuse/idéologique), il a par contre pleinement participé à la grande stratégie du « Nouveau siècle américain ». Pour l’élite états-unienne en effet, il est rationnel de prévoir comment bloquer ou au moins entraver la montée de la compétition asiatique et européenne. Si ce « travail » n’est pas fait, la domination de l’empire pourrait être menacée à plus ou moins long terme. Or c’est là qu’entre en jeu le principal « avantage comparatif » des Etats-Unis, qui est d’ordre militaire et non économique.

Une bifurcation par Kaboul

Bush fils l’a dit clairement le 12 septembre 2001, « cette tragédie est une opportunité ».

Avec l’énorme réarmement de la dernière décennie, la nouvelle guerre en Afghanistan arrivait pile. Il y avait toutefois des désaccords tactiques. Bush, Cheney et Rumsfeld plaidaient pour une opération ‘légère’ en Afghanistan. Pour eux, la priorité était de préparer la ‘vraie’ guerre en Irak (et même en Iran). Par contre, les généraux du Pentagone et Colin Powell craignaient un déploiement excessif des forces et voulaient se concentrer sur l’Afghanistan. Si les néoconservateurs l’ont temporairement emporté, c’est que le contexte semblait se prêter à cette grande avancée des Etats-Unis dans la région. La Russie et l’UE étaient à la fois faibles et divisés. La Chine restait encore bien timorée et occupée à gérer son processus de globalisation. Quant au tiers-monde, il était fragmenté et incapable d’initiatives. Et sur le « front intérieur » dans le monde occidental, il y avait une opposition de masse, mais sans impact réel en raison des hésitations et des craintes de la social-démocratie européenne. Il était à nouveau « logique » pour Bush et Cheney de croire que la guerre était gagnable, alors qu’aujourd’hui nous savons qu’elle ne l’était pas. Après tout, les généraux et Colin Powell avaient raison.

L’impasse

Depuis 2006, il est apparu clairement que l’occupation militaire n’était pas en mesure de vaincre les forces de la résistance en Irak. En Afghanistan pendant ce temps, les résistants et les Talibans ont pu refaire leurs forces et même déstabiliser le Pakistan.

Devant cela, les lignes de fracture au sein de la classe dirigeante étasunienne se sont rouvertes. Bush et Cheney ont tenté de pousser le jeu à un autre niveau en proposant une attaque contre l’Iran, y compris en utilisant des armes nucléaires. Mais ils ont du battre en retraite. D’abord les généraux ont refusé de bombarder l’Iran, pas par amour du régime iranien, mais par crainte de sombrer dans un chaos encore plus grand. Ensuite, les opérations militaires se sont enlisées en Irak. Enfin, l’éternel relai israélien a subi une dure défaite au Liban (août 2006).

Entre-temps, les responsables européens, russes et chinois ont commencé à réagir en refusant d’augmenter leurs effectifs en Afghanistan et aussi à s’opposer à une attaque contre l’Iran. Plusieurs manœuvres de Washington pour (re)exporter le conflit vers d’autres parties du monde (aux Philippines, au Pakistan et même en Colombie) n’ont pas réussi.

Plus tard, les menaces de Cheney à l’encontre de la Russie ont abouti à une débâcle en Géorgie. Tout cela a conduit au rejet massif aux Etats-Unis de la stratégie de Bush et Cheney et finalement à la victoire d’Obama aux élections.

Les options actuelles

Le pari hautement risqué de Bush a échoué et les Etats-Unis se retrouvent dans la tourmente. Il s’agit évidemment de différentes crises interdépendantes. La mauvaise gestion de l’économie n’a pas été « accidentelle« , mais une composante essentielle du projet grandiose de renforcer l’hégémonie étasunienne par des moyens militaires dans un contexte où l’empire est contesté de toutes parts. Quelles sont donc les options actuelles pour le nouveau Président ? Il est certain qu’Obama va proposer un changement important au niveau des moyens, sans nécessairement essayer de modifier les objectifs. Depuis son intronisation et même avant, ses déclarations sur la guerre et les conflits ont porté sur la continuité plutôt que sur la rupture. La « clintonisation » de son administration semble indiquer la même direction.

Le fait est que la classe dirigeante étasunienne ne peut pas se permettre de « perdre » le Moyen Orient et l’Asie Centrale. Il s’agit évidemment des ressources énergétiques, mais pas de manière aussi simpliste que beaucoup le prétendent.

Les Etats-Unis n’ont pas besoin du pétrole et du gaz de cette région. Ce dont ils ont besoin, c’est de contrôler les flux et d’intercepter les connexions entre l’Occident (UE et Russie) et l’Orient (Chine, Inde et pays de l’Asie-Pacifique). Ils ont besoin d’être bien implantés au milieu de ce carrefour, physiquement et symboliquement, comme la seule puissance qui compte. Ce recentrage a en réalité déjà été amorcé au Pentagone par le « réaliste » Robert Gates, le secrétaire d’Etat qui assure la continuité entre Bush et Obama. Pour l’essentiel, l’occupation de l’Irak sera ‘redéployée’. Les soldats américains seront beaucoup moins exposés. La guerre sans fin deviendra plus abstraite, plus lointaine, peut-être même moins chère. C’est le sens du nouvel « accord » entre le gouvernement irakien et Washington. Les Etats-Unis sont en train de compléter un réseau de forces militaires énormes placées aux marges des villes et ont déjà constitué une grande armée de supplétifs avec les seigneurs de guerre kurdes. Entre-temps, l’armée américaine paie une grande partie de ce qui reste de l’armée de Saddam pour qu’ils chassent les rebelles et empêchent le gouvernement national dominé par les Shiites de construire un véritable Etat. L’espoir de Washington est que cela reste ainsi pour des décennies à venir.

Le défi

Pour les mouvements de résistance et altermondialistes, les défis sont énormes. Premièrement, il est difficile d’attirer l’attention sur une stratégie aussi indirecte et sophistiquée. Deuxièmement, il est aussi compliqué de nous démarquer de l’opposition russe ou chinoise, qui tentent de miner l’hégémonie américaine par l’intermédiaire d’alliés démagogiques et parfois réactionnaires comme le régime iranien. Troisièmement et plus fondamentalement, les mouvements sociaux en Amérique du Sud et en Europe méridionale restent fragiles. Ils ont bien mené la « bataille des idées » contre l’hégémonie impériale, mais ils ont été incapables, à quelques exceptions près, de changer les règles des jeux au niveau politique. La dérive de la social-démocratie vers le « social-libéralisme » continue sans interruptions, même en Amérique du Sud. Cela constitue un obstacle majeur pour l’opposition contre la guerre sans fin. Les sociaux-libéraux sont gênants pour les Etats-Unis, mais ils ne constituent pas une véritable opposition et même dans le pire des cas, ils participent pleinement à la défense de l’empire.

Le ‘laboratoire’ palestinien

La récente aggravation de la crise dans les territoires occupés démontre l’ampleur de ce qui nous attend. Les Israéliens et les élites étasuniennes ont réussi, du moins en partie, à transformer la résistance à l’occupation en une guerre civile. Ils ont fragmenté les territoires occupés et même physiquement emmuré toute une population qui se retrouve dans une vaste prison à ciel ouvert. L’occupation a été politiquement et techniquement redéployée, la capacité de lutte a été affaiblie (mais pas éliminée). Et le monde entier assiste passivement au carnage dans une complaisance criminelle. Mais la résistance continue contre le Pétain palestinien, Mahmoud Abbas, et même d’une certaine manière contre la gouvernance inerte et chaotique du Hamas à Gaza. Et en Israël il y a une crise politique interminable, ce qui démontre la force et la faiblesse d’un État incapable de briser les Palestiniens. Devant tout cela, les mouvements de solidarité restent actifs, moins que de par le passé, mais assez pour maintenir la flamme en vie. De cette confusion naissent de nouvelles opportunités, de nouveaux défis et de nouveaux risques.

Pierre BEAUDET

1er mars 

* Article publié par la revue CRISES produite par Alternatives-International à l’occasion du Forum social de Bélem.

http://alternatives-international.net/article3030.html

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n°248- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan-10-03- Suite - : La guerre en Afghanistan est finie


n°248- Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan-10-03- Suite - : La guerre en Afghanistan est finie



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion & stratégie' de l'Afghanistan

   n°248                                                                                                                                      10/03/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Sommaire : Suite

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-4 Nairin Allan : Barack Obama et la torture : un "interdit" qui n’interdit pas.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Monsieur Shinwari nous demande qu'on l'aide.

2-2 Le Sénat des États-Unis tente d’établir une commission d’enquête contre la terreur menée par Bush.

2-3 Simon Denyer : Hedayat Amin Arsala déplore les erreurs de Hamid Karzaï.



1-4 Nairin Allan : Barack Obama et la torture : un "interdit" qui n’interdit pas.

Si vous êtes allongé sur une dalle à moitié mort, avec votre tortionnaire au-dessus de la tête, vous vous fichez bien de savoir s’il est américain ou s’il s’agit de quelqu’un qui a reçu une formation payée par les Etats-Unis.

Quand le président Obama a déclaré catégoriquement cette semaine que les "Etats-Unis ne vont plus torturer", beaucoup ont pensé à tort qu’il comptait mettre fin à ces pratiques, alors qu’en fait, il n’avait fait que déplacer le problème.

Le décret présidentiel interdit à certains (pas tous) hauts responsables américains de torturer mais il n’interdit à personne (y compris lui-même) de faire torturer à l’étranger. L’astuce réside dans le fait qu’après le Vietnam, où les forces armées US torturaient souvent elles-mêmes, les Etats-Unis ont fait exécuter le travail de façon indirecte, en rémunérant, en équipant, en formant et en servant de conseillers aux étrangers, mais en général en tenant soigneusement la population des Etats-Unis à distance.

Ou plutôt, c’est ce que les Etats-Unis faisaient jusqu’à ce que Bush et Cheney changent ce protocole et où de nombreux citoyens US ont mis la main à la pâte, allant jusqu’à prendre des photos numériques de leurs exploits.

Cela a été, en fin de compte, un échec retentissant au niveau des relations publiques, ce qui a exaspéré l’establishment, car la révélation de ces pratiques avait affaibli l’ascendant des Etats-Unis dans le monde.

Mais malgré le scandale, le fait est que ces tortures pratiquées par les Américains ne représentaient qu’un infime pourcentage de toutes les tortures infligées par les sous-traitants des Etats-Unis.

Pour chaque torture directement infligée par les Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, à Guantanamo et dans les prisons secrètes, il y en avait maintes fois plus qui étaient pratiquées par des forces étrangères subventionnées par les US.

Ces forces fonctionnaient et fonctionnent toujours grâce à l’aide militaire, logistique, financière et autre des Etats-Unis en Egypte, en Israël, en Arabie Saoudite, en Ethiopie, au Pakistan, en Jordanie,en Indonésie, en Thaïlande, en Ouzbékistan, en Colombie, au Nigeria, et aux Philippines, pour ne citer que quelques pays, sans compter les tortures pratiquées sans la participation active des Etats-Unis par les Irakiens et les Afghans soutenus par les Etats-Unis.

Ce que le décret d’Obama supprime, en fait, c’est ce faible pourcentage de tortures infligées actuellement par les forces US, tout en conservant l’énorme organisation où la torture est pratiquée à l’étranger sous le parrainage des Etats-Unis.

Obama aurait pu décider de mettre un terme au financement de forces étrangères qui pratiquent la torture mais il a choisi de n’en rien faire.

Son décret ne concerne que le traitement infligé à un individu sous la garde ou sous le contrôle effectif d’un officier, d’un employé ou de tout autre agent du gouvernement des Etats-Unis, ou qui serait détenu dans des locaux appartenant à un ministère ou une agence des US, ou sous leur contrôle, dans tout conflit armé …", ce qui implique qu’il n’interdit même pas la torture infligée directement par des Américains s’il ne s’agit pas de "conflit armé", ce qui concerne la majorité des cas dans la mesure où de nombreux régimes répressifs ne sont pas engagés dans un conflit armé.

Et même si, comme le dit Obama, "les Etats-Unis ne vont plus torturer", ils pourront toujours financer, former, équiper et conseiller les tortionnaires étrangers, et veiller à ce que ni eux, ni leurs sous-traitants ne soient inquiétés par la justice internationale ou locale.

Il s’agit donc d’un retour au statu quo, c’est-à-dire, au système de torture qui a commencé avec Ford, puis s’est poursuivi sous Clinton, et qui a produit année après année, plus de souffrances que durant les années Bush/Cheney.

Avec l’ancien (redevenu nouveau) régime de torture par procuration, les responsables US enseignaient les méthodes d’interrogatoires / torture, puis restaient dans la pièce d’à coté pendant que les victimes hurlaient, soufflant les questions à leurs élèves. C’est ainsi qu’ont procédé les Etats-Unis au Salvador, depuis la présidence de JFK jusqu’à celle de Bush Sr.

Au Guatemala, sous les présidences de Bush Sr. et de Clinton (les maîtres d’Obama en matière de politique étrangère), les Etats-Unis ont soutenu les *escadrons de la mort G2 de l’armée, qui établissaient des dossiers complets sur les dissidents, soumettaient ceux-ci à des électrochocs, puis leur sectionnaient les mains (…)

Les Américains sur le terrain au Guatemala, dont certains que j’ai rencontrés et cités nommément [dans mes articles, NDT], contribuaient effectivement à diriger le G2, mais eux-mêmes ne faisaient que rôder sur la pointe des pieds autour des chambres de torture du G2.

Il y avait eu une affaire similaire à Haïti à l’époque de Bush Sr. et de Clinton (une opération dirigée par les gens dont s’est actuellement entouré Obama) où la DIA (Defense Intelligence Agency) avait participé à la mise en place du groupe terroriste FRAPH ; c’est la CIA qui rémunérait son dirigeant, et c’est le FRAPH qui maniait la machette sur les civils haïtiens, les torturant et les tuant pour le compte des Etats-Unis. (…)

En Thaïlande aujourd’hui (un pays auquel on ne pense généralement pas en terme de torture) la police spéciale et les militaires reçoivent des US équipements et formation pour des opérations du genre "sélection de cibles" puis s’en vont torturer les musulmans dans le sud rebelle de la Thaïlande, et à l’occasion, les réfugiés birmans (bouddhistes pour la plupart) et les travailleurs exploités des côtes septentrionales et occidentales.

Il y a peu, j’ai rencontré un interrogateur thaï important qui m’a parlé ouvertement des tortures infligées par l’armée, la police et les services secrets et qui, à la fin de l’entretien, m’a fait visiter la pièce du fond, me disant : venez voir ça.

C’était un musée qui rassemblait des plaques, des photos et des récompenses offertes par les services secrets US et occidentaux, parmi lesquelles des félicitations de la part d’agences de contre-terrorisme (dirigées à l’époque par des personnes qui font partie aujourd’hui de l’équipe d’Obama), des photos où il était en tête à tête avec des personnages importants des Etats-Unis, dont George W Bush, une médaille décernée par Bush, divers certificats de formation délivrés par l’armée et les services secrets américains ainsi que le FBI, une photo de lui posant avec un collègue israélien près d’un tank dans les Territoires occupés, des instruments de torture et des souvenirs du Mossad, du Shin Bet (Services Généraux de Sécurité israéliens), de Singapour et d’autres.

En sortant, l’agent spécial thaï m’a dit qu’il fallait qu’il retourne bientôt à Langley (siège de la CIA ) bientôt.

Son rôle est typique. Il y en a des milliers comme lui dans le monde entier. La torture que font pratiquer les Etats-Unis en sous-traitance éclipse celle de Guantanamo.

Ils sont très nombreux aux Etats-Unis à détester la torture, comme l’ont montré les réactions aux frasques de Bush/Cheney. Mais pour faire cesser ces pratiques, il faut expliquer à la population ce qui se passe réellement afin qu’elle se rende compte que l’interdiction d’Obama n’y met pas un terme. Et pourrait même, de fait, coïncider avec une augmentation des crimes de torture financés par les Etats-Unis.

Au lieu d’agir contre ce système, cette mesure va inévitablement le pérenniser. Il y aura toujours plus d’électrochocs, plus d’asphyxies, plus de brûlures profondes. Et des milliers de gens aux cerveaux complexes qui n’auront à l’esprit qu’une seule pensée : "Laissez moi mourir".

NAIRN Allan

31 janvier 2009

Traduction et notes : "Des bassines et du zèle" http://blog.emceebeulogue.fr/
pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

Source :
Dissident Voice
http://www.dissidentvoice.org/2009/01/the-torture-ban-that-doesnt-ban-torture Janvier 27, 2009 Allan Nairn est l’auteur du blog "News and Comment" www.newsc.blogspot.com.


Infos complémentaires

Autre article sur le sujet : Obama laisse intact le système de torture et de détention illimitée
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=ELE20090126&articleId=12034

Escadrons de la mort US (en Irak et ailleurs, dont le Guatemala)
http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BD&langue=1&id=24887

Le FRAPH (Front for the Advancement and Progress of Haïti) est un escadron de la mort qui opérait durant la dictature militaire (1991-1994).

Le FRAPH et les anciennes forces armées d’Haïti sont accusés d’implication dans l’assassinat de plus de 3000 partisans du président Aristide lors du coup d’état contre ce dernier entre septembre 1991 et octobre 1994.


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n°248- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan-10-03- Fin - : La guerre en Afghanistan est finie


n°248- Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan-10-03- Fin - : La guerre en Afghanistan est finie



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion & stratégie' de l'Afghanistan

   n°248                                                                                                                                      10/03/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Sommaire : Suite

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Fin

2-4 Comment la population perçoit-elle la guerre ?

2-5 Des milliers de personnes fuient les combats et la faim en Afghanistan.

2-6 Les civils, martyrs invisibles de l’Afghanistan.

2-7 Les Forces canadiennes affine leurs connaissances en matière de 'contre-insurrection'.

3 Annexe

3-1 Traité de l’Atlantique Nord.

3-2 L'Otan ?



2-4 Comment la population perçoit-elle la guerre ?

Comme promis, voici un petit condensé d’environ 5 heures de briefings, dont un déjeuner, avec des responsables de l’Otan, ce jeudi. Nous avons d’abord abordé l’aspect militaire de l’action de l’Alliance transatlantique en Afghanistan, à Shape (Mons), puis son aspect plus politique, au QG de l’Otan (Bruxelles).

Comme la plupart des entrevues étaient seulement on background (interdit de citer les noms), je me permets d’en extraire la substantifique moelle, estampillée de "sources proches du dossier afghan à l’Otan".

Verbatim.

Vue d’ensemble…

Une nouvelle stratégie?

"Non, pas de nouvelle stratégie. Celle qui est employée, l’approche globale qui mêle intervention armée, reconstruction, aide au développement et installation d’une nouvelle gouvernance, est jugée bonne. C’est sa mise en œuvre complexe qui pose problème.

La solution n’est pas purement militaire. Mais pour pouvoir installer de nouvelles infrastructures, faire grandir de jeunes institutions et, donc, faire gagner le gouvernement afghan en légitimité en fournissant des services indispensables (éducation, santé, transports, justice…), il faut créer une bulle de sécurité."

 

"2008 a été une année difficile en Afghanistan, en termes d’attaques ou de pertes civiles.

La situation est critique mais pas désespérée. Elle ne devrait pas s’améliorer beaucoup en 2009, année électorale en Afghanistan...

Elle devrait même devenir plus difficile avant que la tendance ne s’inverse.

Car il y a un cap à franchir. Jusqu’à présent, l’Isaf fait des progrès mais ne parvient pas à les maintenir. C’est comme si on grimpait un flanc de montagne avant de glisser puis de remonter et de glisser à nouveau: il faut passer le sommet pour que les progrès soient irréversibles. Et que l’insurrection ne profite plus de ces moments où les forces de l’Isaf et l’armée afghane reculent, par manque de moyens."

"Les taliban ne sont pas populaires.

Les gens ont peur d’eux, alors qu’ils prennent des civils pour boucliers humains régulièrement.

D’ailleurs, lorsque nous faisons des victimes civiles lors de bombardements aériens, c’est parce que nous ignorions qu’il y avait des civils, nous visions des insurgés.

[Extrait de l'analyse des photos de la propagande : «Les enfants constituent un élément essentiel de la propagande de guerre, soit comme victimes, soit pour montrer l'action pacifique des troupes.

Comme en Algérie, les soldats les laissent jouer autour d'eux avec confiance et permettent la diffusion de ces images.» Les 'insurgés' qui viseraient les soldats, ignorent aussi sûrement]

Ce sont des erreurs malheureuses qui sapent le soutien que nous porte la population [d'où les manifs de soutien] , pour qui l’Isaf est un mal nécessaire… mais il n’y a pas de guerre propre et celle-ci est particulièrement laide."

(...

Comment créer cette bulle de sécurité?

"En envoyant plus de troupes. Et les Etats-Unis ne peuvent pas le faire seuls. C’est l’un des enjeux du prochain sommet de l’Otan, à Strasbourg, début avril, et sans doute d’une réunion portant sur l’Isaf qui devrait le précéder (sans précision de lieu ni de date pour le moment).

(...)

Combien de temps la guerre durera-t-elle?

"Aussi longtemps que nécessaire. Et aussi longtemps que les Afghans le souhaiteront. Mais sans doute pas au même niveau d’engagement. Il se peut qu’il reste des hommes sur place dans 20 ans, même si le chiffre fait peur, mais ce seront peut-être simplement 5000 conseillers politiques… Il est important de ne pas fixer de date de départ tant que l’insurrection n’est pas défaite. Car elle redémarrerait et s’en prendrait à la population dès que nous aurions quitté les lieux."

Comment gagner la guerre?

"On ne la perdra qu'en se retirant trop tôt. Si le job n'est pas terminé et si nous laissons un vide que les taliban rempliront."

Marie Simon

http://blogs.lexpress.fr/afghanistan/2009/02/en-afghanistan-2009-risque-det.php


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11/03/2009

n°247 - dossier de l'afghanistan- 09-03- Début- : Ne croyez pas ce que VOS médias et politiciens vous racontent sur l’Afghanistan.


n°247 - dossier de l'afghanistan- 09-03- Début- :  Ne croyez pas ce que VOS médias et politiciens vous racontent sur l’Afghanistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



           dossiers de l'Afghanistan n°247 du 09-03

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



 Sommaire : 

Tiré à part

Barack Obama présente  son premier budget au Congrès.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo au coeur des talibans

1-2 Ne croyez pas ce que VOS médias et politiciens vous racontent sur l’Afghanistan.

2 Les Brèves

2-1 Robert Gates compare Bush et Obama

2-2 La méthode Holbrooke, du Kosovo au Pakistan

2-3 Un dirigeant US souhaite que la Chine ouvre une voie vers l'Afghanistan

2-4 En Afghanistan, les soldats français devraient passer sous autorité US.

Fin

3 Dossiers

3-1 Allain Jules : L’homme le plus puissant du monde est-il simplement « candide ou l’optimisme » ?

3-2 Marie Simon : "En Afghanistan, 2009 risque d'être aussi difficile que 2008"

3-3 Fred Kaplan : Le bourbier afghan sera-t-il le Vietnam d'Obama ?

3-4 Obama : en train d'imprimer fermement sa marque ?

3-5 Michèle Quimet : Mourez pour rien, chers soldats.

3-6 Ramzy Baroud : Afghanistan : Un champ de bataille entre un occupant illégitime et une légitime force de résistance.

Fin

3-7 Ramzy Baroud : un nouveau cauchemar commence.

3-8 Guantanamo : Les dossiers

1 20 détenus de Guantanamo innocentés toujours emprisonnés et maltraités

2 Tom Eley : Obama laisse intact le système de torture et de détention illimitée.

3 Tom Eley : Les « restitutions extraordinaires » et les prisons secrètes de la CIA maintenues par Obama.



Tiré à part

Barack Obama présente  son premier budget au Congrès.

Il transpose dans les chiffres et les projets son engagement à mener de grandes réformes comme celle de la couverture santé tout en réduisant les dépenses de l'Etat. Celles-ci seront de 3.606 milliards de dollars pour l'exercice 2010, contre 3.724 en 2009.

De son côté, le déficit sera de 1.171 milliards de dollars en 2010, contre 1.750 en 2009. 
Parmi les demandes du président américain, outre 250 milliards supplémentairs pour les banques, devrait figurer, selon
CNN, une enveloppe de 200 milliards de dollars sur les 18 mois à venir pour financer l'effort de guerre américain.

Le locataire de la Maison-Blanche propose notamment 75,5 milliards de dollars pour envoyer des renforts américains en Afghanistan.

Ces dépenses de guerre, principalement l'Irak et l'Afghanistan, faisaient l'objet de lois de finances distinctes sous la présidence de George W. Bush. Elles sont désormais intégrées à l'année fiscale, qui commence en octobre aux Etats-Unis. Elles viennent s'ajouter au budget de 534 milliards pour le Pentagone.

http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameriques/0,,4275401,00-obama-veut-200-milliards-de-dollars-pour-les-guerres-.html


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n°247 - dossier de l'afghanistan- 09-03 : Suite - Ne croyez pas ce que VOS médias et politiciens vous racontent sur l’Afghanistan.


n°247 - dossier de l'afghanistan- 09-03 : Suite - Ne croyez pas ce que VOS médias et politiciens vous racontent sur l’Afghanistan.



           dossiers de l'Afghanistan n°247 du 09-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire : 

3 Dossiers

3-1 Allain Jules : L’homme le plus puissant du monde est-il simplement « candide ou l’optimisme » ?

3-2 Marie Simon : "En Afghanistan, 2009 risque d'être aussi difficile que 2008"

3-3 Fred Kaplan : Le bourbier afghan sera-t-il le Vietnam d'Obama ?

3-4 Obama : en train d'imprimer fermement sa marque ?

3-5 Michèle Quimet : Mourez pour rien, chers soldats.

3-6 Ramzy Baroud : Afghanistan : Un champ de bataille entre un occupant illégitime et une légitime force de résistance.



3 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Allain Jules : L’homme le plus puissant du monde est-il simplement « candide ou l’optimisme » ?

 … s’interrogent aujourd’hui des voix de part le monde ?

 Barack Hussein Obama, le président américain, est entrain de faire traverser aux bellicistes de tous bords et autres va-t-en guerre spécialistes de l’esbroufe et du choc des civilisations, de très mauvais moments. Il se murmure notamment que l’Etat hébreu, attaquera coûte que coûte l’Iran, pour faire changer d’avis à la nouvelle diplomatie américaine, qui ne parle plus que de dialogue. Syrie, Iran, et maintenant avec les Talibans… modérés. Rêve éveillé, hypocrisie, naïveté ou réalisme ?

 Le gaucher le plus célèbre du monde, derrière le coach argentin de football, Diego Armando Maradona, à propos de l’Afghanistan, dit espérer que les troupes américaines sur place, peuvent identifier les éléments modérés des Talibans et éventuellement les amener à la table des négociations. Hamid Karzaï, le président afghan dont le fauteuil vacille depuis l’arrivée du nouveau président à la Maison Blanche, qui lui-même avait entamé une démarche similaire, salue l’initiative de la diplomatie américaine. Une réconciliation hypothétique semble poindre à l’horizon…

Tout en saluant le travail extraordinaire des troupes américaines dans une situation très difficile (sic), le président américain, semble jouer sur le tableau du réalisme. L’Afghanistan ne peut se construire sans une partie de ses enfants, soient-ils extrémistes ou nom. En revanche, ces défenseurs de Ben Laden, pourront-ils vivre dans une société qui, peu à peu, réintègre les femmes, admet des fillettes dans des écoles ? Les enseignements issus des madrasas pakistanaises, pourront-ils devenir des faire-valoir ? Là, résident, les nombreuses questions que se posent de nombreux observateurs, spécialistes des questions afghanes. Ces derniers s’appuient à juste titre d’ailleurs, sur les conditions qui se sont détériorées sur le terrain, au cours des deux dernières années. Les talibans sont devenus plus audacieux qu'auparavant. Les attaques sont devenues plus professionnelles, notamment dans le sud du pays.

Dans une interview récente, au New York Times, le président Obama a reconnu que la méthode employée par les américains n’était pas la bonne, et que le Gouvernement Karzaï n’avait toujours pas gagné la confiance du peuple afghan. Ainsi, il lui apparaît essentiel que la prochaine consultation électorale qui aura lieu le 20 août prochain, malgré un décret du président qui l’avance en avril car son mandat s’achève en mai. Cette deuxième élection présidentielle du pays, dans un suffrage universel direct, suscite beaucoup d’espoir et d’inquiétude. Sur les 5 millions de personnes inscrites sur les listes électorales, il y a plus de 30% de femmes. L’afghan à la mobylette, l’anguille, le mollah Omar, a d’ores et déjà demandé aux afghans de boycotter cette élection.

S’appuyant sur les conseils du général David Petraeus, Barack Obama pense pouvoir atteindre les mêmes objectifs qu’en Irak, à savoir, la pacification de certains groupes terroristes sunnites, qui ont changé de fusil d’épaule. Il reconnaît néanmoins que, en Afghanistan, la situation est beaucoup plus complexe. Mais, il a bon espoir que tout se passera comme il pense. C’est ainsi que certains le traite de doux rêveur, qui s’aliénera toujours à termes, les talibans, des personnes qui, selon eux, n’accepterons jamais de partager le pouvoir avec un régime laïc.

Répondant à la question sur le renforcement des troupes en Afghanistan (17 000 hommes supplémentaires), le président Obama, tout en justifiant cette action, a reconnu que les conditions qui se sont sensiblement détériorées sur place, appellent à plus de vigilance et, certainement, une intensification des combats sur place, s’amorce indubitablement cette année. Il a néanmoins reconnu que ce ne sont pas les actions militaires, qui résoudront les problèmes de fond. A cet effet d’ailleurs, des voix, dont celle du président afghan en exercice, Hamid Karzaï, s’élèvent pour demander une amnistie aux membres de l’ancien régime taliban, dont la sécurité serait garantie, s’ils acceptaient d’entamer des négociations. Le borgne afghan le plus célèbre, Mohammad Omar aka Mollah Omar, semble ne pas être de cet avis.

Même les Saoud, famille royale d'Arabie saoudite, ont voulu également tenté de parrainer ces éventuels pourparlers, entre les insurgés et le gouvernement afghan. Mais, jusqu’à présent, peu de progrès ont été réalisés. Le véritable problème qui se pose avec acuité en Afghanistan c’est que l'insurrection est composée de groupes disparates. Entre des talibans qui opèrent sur place, et d’autre depuis le Pakistan voir sur les frontières avec l’Iran, on ne sait finalement à quels saints se vouer. Il faut ajouter à cela, la présence de combattants étrangers, notamment, des anciens commandants du djihad, aliénés à des chefs tribaux, les barons de la drogue et les bandits de grand chemin, ce qui rend hypothétique, une vraie réconciliation au pays du pavot-roi.

Source: Allain Jules

 10 mars 

http://allainjulesblog.blogspot.com/

leflingueur.lejdd.fr/2009/03/10/100-afghanistan-obama-se-trompe-t-il


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n°247 - dossier de l'afghanistan- 09-03 : Fin - Ne croyez pas ce que VOS médias et politiciens vous racontent sur l’Afghanistan.


n°247 - dossier de l'afghanistan- 09-03 : Fin - Ne croyez pas ce que VOS médias et politiciens vous racontent sur l’Afghanistan.



           dossiers de l'Afghanistan n°247 du 09-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire : 

3 Dossiers (fin)

3-7 Ramzy Baroud : un nouveau cauchemar commence.

3-8 Guantanamo : Les dossiers

1 20 détenus de Guantanamo innocentés toujours emprisonnés et maltraités

2 Tom Eley : Obama laisse intact le système de torture et de détention illimitée.

3 Tom Eley : Les « restitutions extraordinaires » et les prisons secrètes de la CIA maintenues par Obama.



3-7 Ramzy Baroud  : un nouveau cauchemar commence.

La majeure partie de l’Afghanistan est devenue un champ de bataille entre un occupant illégitime et des milices afghanes considérées par un nombre de plus en plus important d’Afghans comme une légitime force de résistance, écrit Ramzy Baroud.

- Comme toutes les armées d’invasion dans le passé, les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN seront tôt ou tard chassés d’Afghanistan. Mais après combien de souffrances pour le peuple afghan ?

Lorsque l’envoyé des Etats-Unis en Afghanistan, Richard Holbrooke, a rencontré le 14 février Hamid Karzai, le président afghan « démocratiquement » mis en place, il a peut-être pris connaissance de l’importance historique du jour qui suivait. En effet le 15 février est le jour de commémoration de la fin de la sanglante campagne russe contre l’Afghanistan (d’août 1978 à février 1989).

Mais il est peu probable qu’Holbrooke assimile l’importance de cette leçon historique. Lui-même et le nouveau président américain Barack Obama sont convaincus que ce qui fait défaut pour gagner la guerre en Afghanistan est un plus grand engagement — comme le doublement des troupes — des dépenses militaires croissantes, et gagner les coeurs et les esprits en investissant plus dans le développement du pays. Cette combinaison, comme en est persuadé le gouvernement des États-Unis, dissuaderait par la suite les Afghans de soutenir les Talibans, les milices tribales, les nationalistes pachtounes et d’autres groupes.

Ces derniers mènent une lutte de guérilla dans diverses parties du pays, le plus souvent dans le sud, pour chasser le gouvernement Karzai et les forces d’occupation étrangères. Alors que Kaboul était considérée comme une « oasis de calme » — selon les récits de Jonathan Steele [journaliste au Guardian] — pendant l’époque soviétique, elle est tout sauf proche de cette description sous la conduite des Etats-unis et de leurs alliés de l’OTAN qui ont pourtant eu largement le temps, huit longues années, pour affermir leur contrôle, mais qui ont échoué.

En fait, juste comme Holbrooke s’asseyait dans le palais présidentiel fortement gardé de Karzai, des bombes en bord de routes explosaient à travers le pays, à Khost, à Kandahar et ailleurs. Plusieurs policiers ont été tués, s’ajoutant aux centaines de soldats et d’officiers qui meurent tous les ans alors qu’ils défendent désespérément les quelques symboles de l’autorité du gouvernement central. Hormis son fragile contrôle de Kaboul et de quelques capitales de province, le gouvernement central lutte pour garder le peu de crédibilité dont il dispose encore.

Ceci transforme la majeure partie du pays en un champ de bataille entre les milices afghanes considérées par un nombre de plus en plus important d’Afghans comme une légitime force de résistance contre une occupation illégitime : les forces de l’OTAN et des Etats-Unis.

À la différence de la guerre impopulaire contre l’Irak, la guerre en Afghanistan a été largement considérée aux Etats-Unis comme une guerre morale, basée sur la logique suivant laquelle al-Qaeda étant responsable des attaques terroristes du 11 septembre et cette organisation étant hébergée par un gouvernement taliban tout aussi militant, les deux groupes doivent payer. Jusqu’à aujourd’hui, le peuple d’Afghanistan a payé plusieurs fois le prix escompté. Des milliers d’Afghans ont été tués et une génération entière a été marquée par une nouvelle guerre civile, et maintenant par une nouvelle occupation militaire étrangère.

Tandis que la majorité des consommateurs de nouvelles sont inondés de communiqués officiels et de rapports épisodiques sur les défis attendant les USA en Afghanistan pour imposer la démocratie, la liberté et « les intérêts nationaux », les médias continuent à réduire la bataille pour l’Afghanistan au combat contre la corruption locale, pour les droits de l’homme et l’égalité entre les sexes.

Peu de choses sont dites sur les vraies raisons à l’origine de cette guerre, si ce n’est cette rhétorique apparemment pénible — plus appropriée aux discussions académiques et nullement intéressante — à propos de grandes manoeuvres pour contrôler les zones continentales eurasiennes et qui remontent à la rivalité au cours du 19ème siècle entre les empires britanniques et russes.

Mais il est peut-être approprié de relever que les tentatives désespérées pour contrôler l’Afghanistan ont lamentablement échoué dans le passé. Si Holbrooke souhaite étudier l’Histoire avec plus de profondeur, il devrait savoir que l’Empire Britannique qui alors dominait l’Inde, a été également défait en Afghanistan en 1842 puis à nouveau en 1878. Quant aux dirigeants soviétiques, ils ont cherché une victoire rapide alors qu’ils occupaient Kaboul en décembre 1979, mais uniquement pour se retrouver entraînés dans une guerre plus sanglante qui leur a coûté 15 000 tués (il va de soi que les centaines de milliers de morts afghans sont souvent non mentionnés) et une défaite indiscutable.

Mais d’un autre côté, Holbrooke devrait connaître les détails de la dernière période parce que après tout, c’était son pays qui a armé et financièrement soutenu les forces moujahidines en Afghanistan dans la crainte que l’objectif final des Soviétiques durant la guerre froide ne soit de contester la domination des Etats-Unis dans la région, et par la suite au Moyen-Orient. Après le renversement du Shah d’Iran, stratégiquement désastreux pour les Etats-Unis, la principale superpuissance dans le monde ne pouvait prendre aucun risque.

Mais depuis lors, l’Afghanistan a grandi en importance du point de vue stratégique et politique à cause de sa proximité avec des foyers de tension et certaines puissances régionales, dans une zone stratégique du point de vue énergétique, dont le contrôle est impératif pour l’exploitation des hydrocarbures de cette région de l’Asie centrale.

« Je n’ai pas le souvenir d’un moment où nous avons vu aussi soudainement émerger une région pour devenir si importante stratégiquement que la région de la Caspienne, » avait dit l’ancien vice-président Dick Cheney dans un discours devant des nababs du pétrole en 1998.

La même année, John Maresca, vice-président des relations internationales d’Unocal Corporation avait fait une communication devant un comité de la Chambre [des Représentants] en février 2008 sur les façons de transférer le pétrole de cette région (estimé entre 110 à 243 milliards de barils de brut, représentant une valeur allant jusqu’à 4 trillions de dollars) : « (Une) option est d’établir un sud un pipeline de l’Asie centrale à l’Océan Indien. Une route vers le sud croiserait de façon évidente l’Iran, mais ceci est interdit aux compagnies américaines en raison de la loi sur les sanctions [contre l’Iran]. Le seul autre itinéraire possible est à travers l’Afghanistan. »

Le succès militaire en Afghanistan n’est tout simplement pas possible, pour de nombreuses raisons logistiques, historiques et pratiques. Mais l’échec aura aussi un prix, au moins pour ceux qui tireraient directement bénéfice d’une soumission de la nation rebelle.

L’ex-président Bush et ses alliés n’ont pas transformé l’Afghanistan en une démocratie sur le mode américain, facilement exploitable pour un usage stratégique et économique. En poussant à une solution militaire en Afghanistan, Obama non seulement prépare une nouvelle expérience impériale en faillite pour les Etats-Unis — comme en Irak — mais s’obstine à ajouter le nom de son pays à ceux de la Grande-Bretagne et de la Russie, lesquelles disposaient de meilleures chances de succès mais ont été carrément défaites.

« C’est comme combattre le sable. Aucune force dans le monde ne peut prendre le dessus sur les Afghans, » expliquait à l’agence Reuters Oleg Kubanov, un ancien officier russe en Afghanistan. « C’est leur Terre Sainte ; il leur importe peu que vous soyez russe ou américain. Pour eux nous sommes tous des soldats. »

Il serait opportun qu’Holbrooke prenne quelques heures de son programme chargé dans la région pour tourner ses regards vers l’histoire de l’Afghanistan, parce qu’il en a vraiment besoin.

Ramzy Baroud

16 février 2009 -
Traduction de l’anglais : Claude Zurbach

25 février 2009

* Ramzy Baroud est écrivain et rédacteur en chef de « PalestineChronicle.com ».

Ses écrits ont été publiés dans de nombreux journaux, magazines et anthologies dans le monde entier.


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10/03/2009

n° 246 - journal de l'Afghanistan - 02-03 au 09-03 - Début - : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.


n° 246 - journal de l'Afghanistan -  02-03 au 09-03 - Début - : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémonique de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité accepte les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Les militaires et médias usent d’un terme générique- 'Al Qaida & Taliban' - pour désigner l'ensemble des résistants Afghans ...



   journal de l'Afghanistan n° 246 - du 02-03 au 09-03

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Sommaire.

Tiré à part :

Les coulisses de la guerre contre la “terreur”

Dommages Collateraux... le Pentagone prolonge

Manifestation contre l'OTAN

De vieilles bombes expliqueraient la mort d'enfants

Manifestation contre les USA.

Paroles & action du président...

Obama estime que les USA ne gagnent pas la guerre

Barack Obama envisage de négocier avec certains ... talibans.

L'Afghanistan au cœur des débats.

L'appel d'Obama aux ‘taliban’ modérés accueilli avec scepticisme.

1 Analyse & déclaration :

Résistance

Occupants:

Suite 1

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

3 Politique

1) collaborateurs afghans

Suite 2

2) occupants 

Fin

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéo : Voyage au centre de formation des Marines envoyés en Afghanistan.

6-2 Pepe Escobar : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.



L'Afghanistan en chiffre du 02 -03 au 08/03/09  

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 5

 22

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 81

 63

 

 

 

Peuple Afghan

 70

 8 + x

 


 

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n° 246 - journal de l'Afghanistan - 02-03 au 09-03 – Suite 1 - : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.


n° 246 - journal de l'Afghanistan -  02-03 au 09-03 – Suite 1 - : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.



   journal de l'Afghanistan n° 246 - du 02-03 au 09-03

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Sommaire.

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

3 Politique

1) collaborateurs afghans



2 Les forces en présence

Troupes d'occupation

09-03

Le nombre de troupes étrangères en Afghanistan a augmenté régulièrement depuis fin 2001.

USA

03-03

Les Etats-Unis comptent 38.000 hommes en Afghanistan, intégrés dans la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) ou participant à l'opération "Liberté immuable".

AP 


Troupes Afghane

300 policiers terminent leur formation dans le sud.

"Les officiers ont terminé un programme de formation de huit  semaines, Focused District Development (FDO), un projet national  en partenariat avec le ministère afghan de l'Intérieur et le  département d'Etat des Etats-Unis",

Ces  officiers de la police  nationale afghane (ANP) ont été déployés sur place (Province de Helmand) pour stabiliser la sécurité, a indiqué mercredi dans un communiqué la Force  internationale (ISAF) dirigée par  l'OTAN. 

Selon la même source, il s'agit de la sixième formation  entreprise pour la police et plus de 150 officiers supplémentaires des districts de Sangin et Garmsir devraient  entamer le prochain programme dans les semaines à venir, a signalé le communiqué. 

4 mars

 (Xinhua)

http://www.french.xinhuanet.com/french/2009-03/04/content_829708.htm


France

La France participe activement à la guerre d’occupation.

Les soldats français, dont certains appartiennent aux forces spéciales (quelques 200 sont stationnés près de la frontière avec le Pakistan, d’autres font partie des troupes au sol de l’OTAN (environ 600 soldats français) à Kabul sous commandement français, et d’autres enfin appartiennent aux forces aériennes.

Jusqu’en mai 2006, du porte avion nucléaire Charles De Gaulle stationné alors au large du Pakistan, des missions de reconnaissance aériennes des Super Etendard, Rafale et Hawkeye étaient effectuées en soutien aux interventions au sol.

Depuis elles se font à partir du Tadjikistan où sont stationnés des avions français. Les photos prises lors de ces vols de reconnaissance sont envoyées ensuite aux forces de la coalition (OTAN, Us).

La France, avec 2.800 militaires (3.300 pour l'ensemble de la région), est le quatrième pays contributeur derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne.

03-03

Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet


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n° 246 - journal de l'Afghanistan - 02-03 au 09-03 – Suite 2- : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.


n° 246 - journal de l'Afghanistan -  02-03 au 09-03 – Suite 2- : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.



   journal de l'Afghanistan n° 246 - du 02-03 au 09-03

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Sommaire.

3 Politique

2) occupants 



2) Otan-Isaf

Occupation de l'Afghanistan

Fuite d’un rapport de l'OTAN décrivant le sombre tableau en Afghanistan

La situation en Afghanistan est de plus en plus périlleuse pour les forces d'occupation qui ont échoué dans quasiment tous leurs objectifs dans le pays depuis l'invasion en 2001 et l'occupation qui a suivi. Selon le Président étasunien, Barack Obama lui-même, le dernier projet de mobilisation de 30.000 soldats de plus pour stabiliser l'occupation impérialiste est destinée à fixer la situation qui se dégrade rapidement.

Un nouveau rapport confidentiel de l'OTAN, divulgué récemment à la presse par les services de Wikileaks, et signalé à l’origine à The Independent par Kim Sengupta, révèle la dévastation et la dégénérescence sociale en Afghanistan, avec les forces d'occupation impérialiste luttant désespérément pour garder leur emprise sur la situation.

Ce rapport a été préparé par le Pentagone pour l'International Security Assistance Force. Il a été rédigé le 14 janvier 2009 puis distribué et vérifiées par les services de Wikileaks.

Le rapport cite l’importance de la hausse des attaques directes, au niveau incroyable de 119%, contre le faible et instable gouvernement Karzai fantoche en Afghanistan.

Le nombre de morts dans les forces d'occupation occidentales, notamment étasuniennes et britanniques, a augmenté de 35%, tandis que la mortalité des civils est en hausse de 50%.

Et les attaques à l’aide d’engins explosifs improvisés, la ligne de défense la plus fructueuse contre l’occupant impérialiste, ont augmenté de 27%.

      La révélation des corruptions a tellement affaibli le régime fantoche afghan qu’il est proche de la débâcle, et les États-Unis, qui ont amené les forces d'occupation et mis Karzaï au pouvoir, sont naturellement considérés comme les coupables ayant favorisé la débauche du gouvernement.

      Jusqu'à présent, les vaines tentatives des forces d'occupation pour reconstruire et remettre le pays à neuf ont été lamentables. Selon ce qui est rapporté, juste une famille sur deux en dehors de la capitale Kaboul ont encore accès aux nécessités les plus basiques. 50% des enfants à peine ont facilement accès à l'école, et l'industrie des semences de pavot, presque totalement éradiquée dans le pays autrefois sous les Taliban, est en plein essor, car c’est l’un des rares gagne-pain pour la population la plus pauvre.

Newsvine,

23 février 2009

Communiqué de presse de Wikileaks :

Traduction libre de Pétrus Lombard 
wikileaks.org/wiki/Wikileaks_slams_arrest_and_releases_Afghan_death_data_for_2008

Pour lire le rapport :
wikileaks.org/wiki/ISAF:_Afghanistan_civilian_deaths_rises_and_other_statistics%2C_14_Jan_2009

Original : freemediaproductions.newsvine.com/_news/2009/02/23/2468155-leaked-nato-report-paints-grim-pictures-in-afghanistan
http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=3835



Les alliés

1 Onu

Une élection sera possible en Afghanistan cet été, estime l'ONU

3/3

Le responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy, considère qu'il sera presque impossible d'organiser des élections équitables en Afghanistan avant le mois de juillet.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU a jugé lundi que la date du 20 août proposée par la commission électorale afghane en janvier pour organiser la présidentielle lui paraissait à la fois crédible et raisonnable.

AP


3 UE

Confusion UE-OTAN au Parlement Européen

Relations UE-OTAN : appel à une coopération renforcée

L'UE et l'OTAN peuvent se renforcer mutuellement, estiment les députés dans un rapport d'initiative adopté ce jeudi, en évitant la concurrence et en développant une plus grande coopération dans les opérations de gestion de crise. Le rapport soutient notamment la création d'un Etat-major opérationnel permanent de l'UE. C'est le premier rapport du Parlement européen sur l'OTAN, qui arrive quelques mois avant le 60ème anniversaire de l'Alliance qui se tiendra à Strasbourg et Kehl, en avril 2009.

D'après le rapport d'Ari Vatanen (PPE-DE, FR), adopté à une courte majorité par 293 voix pour, 283 contre et 60 abstentions, 94% des personnes qui vivent dans l'Union sont des citoyens de pays membres de l'OTAN, que 21 des 27 États membres de l'Union sont des alliés de l'OTAN, que 21 des 26 pays de l'OTAN sont membres de l'Union et que la Turquie, un allié de longue date de l'OTAN, est candidate à l'adhésion à l'UE, ce qui prouve à suffisance l'imbrication des deux organismes. 

Reconnaissant le rôle important joué par l'OTAN dans l'architecture de sécurité de l'Europe, tant hier qu'aujourd'hui, le rapport indique que la défense collective future de l'UE doit être assurée autant que possible en coopération avec l'OTAN.

Au lendemain de l'élection du nouveau Président des États-Unis, il y a, des deux côtés de l'Atlantique, un consensus croissant sur l'utilité de moins en moins grande des armes nucléaires face aux menaces actuelles et un nouveau sentiment d'urgence quant à la nécessité de diminuer la taille des arsenaux nucléaires.

Les risques pour la sécurité du monde contemporain évoluant constamment dans des domaines tels que le terrorisme international, la prolifération des armes de destruction massives, les États défaillants, les conflits gelés, la criminalité organisée, les cyber-menaces, la dégradation de l'environnement et les risques qui en découlent en termes de sécurité, les catastrophes naturelles et autres, ils exigent un partenariat encore plus étroit et une attention plus grande en ce qui concerne le renforcement des capacités essentielles de l'Union européenne et de l'OTAN, ainsi qu'une meilleure coordination dans les domaines de la planification, des technologies, de l'équipement et de la formation.

Le rapport fait observer qu'il convient d'améliorer les accords "Berlin plus", grâce auxquels l'UE peut utiliser les moyens et les capacités de l'OTAN, afin de permettre aux deux organisations d'intervenir et d'apporter une aide efficace en cas de crise commandant une réponse civilo-militaire à plusieurs niveaux.

Les députés estiment également que l'UE et l'OTAN devraient "mettre fin aux querelles institutionnelles" et pourraient se renforcer mutuellement en développant une plus grande coopération dans des opérations de gestion des crises. Ainsi, ils pensent que l'UE et l'OTAN doivent mettre au point une approche globale de gestion des crises et demandent donc à l'UE de continuer à déployer des missions tout en assurant une plus grande pérennité à la PESD de manière à prévenir les conflits et favoriser la stabilité.

Il fait aussi observer qu'il est essentiel, outre la nécessité d'utiliser beaucoup plus efficacement les ressources militaires, que les États membres assurent une coordination plus poussée et plus efficace des investissements dans leur défense, et ainsi une plus grande synergie, dans l'intérêt de la sécurité européenne.

Le Parlement soutient la création d'un état-major opérationnel permanent de l'UE, placé sous l'autorité du vice-président de la Commission/Haut représentant, dont la mission serait notamment de planifier et de conduire les opérations militaires de la PESD.

 

Evolutions récentes pendant la présidence française

Le Parlement se félicite vivement de l'initiative française visant à réintégrer officiellement les structures militaires de l'OTAN et salue les efforts déployés par la présidence française au sein du Conseil pour rapprocher l'UE et l'OTAN en réponse aux nouveaux enjeux sécuritaires.

Il appuie la proposition du gouvernement français visant à établir des contacts systématiques entre les Secrétaires généraux de l'OTAN et du Conseil de l'UE, afin notamment d'éviter la confusion quand l'UE et l'OTAN travaillent côte à côte dans le cadre de différentes missions poursuivant le même objectif commun sur le même théâtre d'opérations, comme au Kosovo ou en Afghanistan.

 

Compatibilité entre l'appartenance à l'OTAN et à l'UE

Sur 27 Etats membres de l'UE, 6 ne sont pas membres de l'OTAN (Autriche, Chypre, Finlande, Irlande, Malte et Suède). Les députés insistent sur le fait que l'ensemble des États membres de l'UE doit assister aux réunions communes UE-OTAN, sans discrimination. Le rapport propose aussi que les alliés au sein de l'OTAN, également candidats à l'adhésion à l'Union européenne, participent davantage au travail de la PESD et de l'Agence européenne de défense.

Le Parlement déplore notamment que le litige chyprio-turc continue d'avoir une influence négative sur l'évolution de la coopération entre l'Union européenne et l'OTAN - sachant20que, d'une part, la Turquie refuse que Chypre participe à des missions de la PESD mettant en jeu le renseignement et les ressources de l'OTAN, et que, d'autre part, en réaction, Chypre refuse de permettre à la Turquie de s'engager dans le développement d'ensemble de la PESD dans une mesure qui corresponde au poids militaire et à l'importance stratégique qui sont les siens pour l'Europe et pour l'alliance transatlantique.

Le rapport encourage en conséquence Chypre, en sa qualité d'État membre de l'Union européenne, à réexaminer sa position politique quant à son adhésion au Partenariat pour la paix et demande aux États membres de l'OTAN de ne pas faire usage de leur droit de veto pour empêcher un État membre de l'Union européenne d'adhérer à l'OTAN.

 

Relations avec la Russie

Le Parlement estime que l'UE et l'OTAN doivent entretenir un dialogue "réaliste et franc" avec la Russie, y compris sur la sécurité régionale, l'énergie, la défense antimissiles, la non-prolifération des armes de destruction massive, la limitation des forces armées et la politique spatiale, les droits de l'homme et l'état de droit. Il estime enfin que lorsque la Russie deviendra une véritable démocratie abandonnant la menace militaire comme moyen de pression politique sur ses voisins - si cela se produit -, la coopération entre ce pays et l'UE pourrait s'approfondir pour atteindre des niveaux inégalés, y compris avec la perspective d'une participation de la Russie à toutes les structures euro-atlantiques.

émis par : Parlement Européen

20-02-2009
http://www.tv5.org/TV5Site/info/communiques-de-presse-article.php?NPID=FR212577


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n° 246 - journal de l'Afghanistan - 02-03 au 09-03 – Fin- : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.


n° 246 - journal de l'Afghanistan -  02-03 au 09-03 – Fin- : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.



   journal de l'Afghanistan n° 246 - du 02-03 au 09-03

   C.De Broeder & M.Lemaire                                                                            



Sommaire.

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéo : Voyage au centre de formation des Marines envoyés en Afghanistan.

6-2 Pepe Escobar : L’Afghanistan n’est pas seulement le cimetière des empires, il est également le cimetière des idées fausses.


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

03-03

Trois militaires canadiens ont été tués mardi en soirée dans l'explosion d'un engin explosif au passage de leur véhicule dans le district d'Arghandab, au nord-ouest de Kandahar. Au moment de l'explosion, les militaires patrouillaient dans une zone que l'on dit habituellement calme. Depuis quelques semaines, rapporte la Presse canadienne, les soldats patrouillent davantage le long des routes afin de neutraliser les activités des poseurs de bombes.

Deux autres soldats ont été blessés.

 Presse canadienne

AP

08-03

Mort dimanche du soldat Marc Diab lors de l'explosion d'une bombe, est survenu dans le district de Shah Wali Kot (le long d'une route au nord de Kandahar), région montagneuse connue pour être un point de passage des combattants qui a aussi fait quatre blessés.

Cette explosion est la deuxième du genre en une semaine. 

La Presse Canadienne


Détails

Base aérienne de Bagram,

04/03

Une double attaque a frappé  la base de Bagram, la plus importante base américaine en Afghanistan, a indiqué un porte-parole de l'armée américaine. "Aucun soldat américain ne se trouvait à proximité de l'explosion, mais trois preposé à l'entrée ont été  blessés", a-t-il ajouté.
Bagram, à une soixantaine de km au nord de Kaboul, héberge le principal camp militaire américain en Afghanistan.

La sécurité extérieure est confiée à une société de sécurité afghane.

Située à 60 km au nord de Kaboul, Bagram est la principale installation militaire américaine dans le pays.

Reuters

.http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/03/04/01011-20090304FILWWW00390-afghanistan-attentats-pres-d-une-base-us.php


Province de Ghanzi (centre de l’Afghanistan) 

27-03

Six manifestants ont été blessés vendredi par la police afghane qui a ouvert le feu sur une foule dénonçant un raid mené la veille par des soldats américains dans une mosquée du village de Deh Khodaidad, dans la province de Ghazni, au sud-ouest de Kaboul.

JDD


Province de Kandahar (sud)

07-03

Plusieurs attaques à la bombe ont coûté la vie à sept gardes afghans de la société de sécurité américaine USPI, ont annoncé des responsables locaux.

AFP


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09/03/2009

n°13 - Journal de PAKISTAN.- 21-02 au 08-03.- Début- «La résistance est en train de réussir au-delà de ses espérances..»


n°13 - Journal de PAKISTAN.-  21-02 au 08-03.- Début- «La résistance est en train de réussir au-delà de ses espérances..»



        Journal de PAKISTAN.  

                                      n° 13 -   21-02 au 08-03

C.De Broeder & M.Lemaire



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Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour 'terroriste' employé par les Usa & ces acolytes


Sommaire.

Tiré à part :

Des réunions régulières entre les États-Unis, l'Afghanistan et le Pakistan.

Le Pakistan au cœur des débats.

1 Au jour le jour

2 Positions

3 Politiquea) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

7  Dossiers

7-1La méthode Holbrooke, du Kosovo au Pakistan.

7-2 Sara Daniel : «La résistance est en train de réussir au-delà de ses espérances..»

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 L'Amérique doute de son allié pakistanais

9-2 L'instabilité du Pakistan rend impossible une victoire en Afghanistan.

10 Annexe

10-1 Foster : L’Afghanistan, le Pakistan et la Nouvelle « GUERRE » de l’énergie.

.                                                                      

   demain paraitra : "Le Journal" de l'Afghanistan



Tiré à part :

Des réunions régulières entre les États-Unis, l'Afghanistan et le Pakistan.

 27 février

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi qu'ils allaient désormais organiser régulièrement des discussions à trois avec le Pakistan et l'Afghanistan afin de mettre sur pied une nouvelle stratégie face aux résistants
Cette série de réunions, a expliqué Mme Clinton, s'inscrivait dans le cadre de la remise à plat de la politique de la nouvelle administration américaine envers le Pakistan et l'Afghanistan. "Ce but a été largement atteint", a-t-elle dit.
"Nous allons poursuivre avec ce nouveau format de discussions trilatérales de manière régulière. Notre prochaine réunion est prévue pour fin avril ou début mai", a-t-elle dit.
Parmi les diplomates américains de haut rang ayant pris part aux discussions figurent Richard Holbrooke, l'envoyé spécial de l'administration Obama au Pakistan et en Afghanistan, et le général David Petraeus, qui dirige les forces américaines déployées en Irak et en Afghanistan.
www.france24.com/fr/

 

Le Pakistan au cœur des débats.

01-03

Les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan sont considérées par les américains comme des refuges pour les résistants et comme leur base arrière, d'où ils mènent des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.

Le Pakistan est un allié clé de Washington dans la "guerre contre le terrorisme" lancée par la précédente administration Bush.

Mais les frappes répétées de missiles ont renforcé les sentiments anti-américains.

AP



Résistance

Les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan sont considérées comme des bases arrières pour les résistants, d'où ils mènent des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.

Un drone américain abattu par la résistance.

07-03

Un avion sans pilote américain a été abattu par des talibans samedi dans une zone tribale du nord-ouest du Pakistan, bordant l'Afghanistan, ont annoncé des responsables locaux.

Des habitants de la région ainsi qu'un responsable de la police locale ont affirmé que deux drones volaient à basse altitude au-dessus du village de Angoor Adda, dans le district tribal du Waziristan du sud, lorsque l'un d'eux a été touché par un tir.

"Nous avons entendu le tir venant des talibans puis le drone est tombé", a déclaré à l'AFP un officier de la police tribale, Israr Khan.

Selon un autre responsable de la sécurité, l'avion sans pilote s'est écrasé dans une forêt. "Nous sommes à la recherche de l'épave", a-t-il dit à l'AFP.

Des drones de l'armée américaine basée en Afghanistan effectuent fréquemment des tirs de missiles contre les talibans dans les zones tribales pakistanaises.

Ces régions frontalières servent de refuges à des groupes de talibans afghans alliés à des combattants du réseau Al-Qaïda, soutenus par des talibans pakistanais. Ces derniers, selon Washington et Kaboul, mènent depuis les zones tribales des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.

AFP


1 Au jour le jour

28-02

L'armée pakistanaise a annoncé samedi avoir remporté une victoire stratégique contre les résistants et Al-Qaïda à Bajaur (nord-ouest), l'une des sept zones tribales frontalières de l'Afghanistan, qu'elle estime "sécurisée" au terme de six mois de combats.

Des hélicoptères appuyés par l'artillerie lourde ont pilonné la zone et tué des centaines de résistants présumés, forçant les autres à fuir leurs bases, a précisé le commandant en chef des forces pakistanaises dans la région, le général Tariq Khan.

Selon l'armée pakistanaise, Bajaur est la zone tribale où ses troupes se sont heurtées à la plus farouche résistance depuis 2001

L'opération de Bajaur, qui a coûté à l'armée pakistanaise et aux corps paramilitaires de gardes-frontières 97 morts et 404 blessés, a été engagée en août dernier, en grande partie sous la pression de la coalition conduite par les Etats-Unis en Afghanistan, qui considère qu'une partie des attaques contre ses troupes sont menées depuis les zones tribales pakistanaises.

Selon le chef du district de Bajaur, Shafir Ullah, l'opération a conduit plus de 300.000 habitants à abandonner leur foyers.

Le général Khan a précisé que 50% des résistants tués au début des opérations étaient afghans et qu'il y avait quelques Egyptiens et quelques Soudanais.

Les informations données par l'armée pakistanaise n'ont pu être vérifiées de source indépendante.

Afp

01-03

"Deux missiles tirées par un drone présumé américain ont frappé un groupe de maison à Sararogha, dans la zone tribale du Waziristan du Sud, ".

Au moins huit résistants présumés ont été tués dimanche par des tirs de missiles US dans le nord-ouest du Pakistan, région instable frontalière de l'Afghanistan, ont annoncé à l'AFP des responsables des services de sécurité pakistanais.

L'attaque de dimanche était la quatrième frappe américaine présumée depuis la prise de fonction du président Obama le 20 janvier. AFP

07-03

Dix personnes, sept membres des forces de sécurité et trois civils, ont été tuées samedi dans deux attaques aux environs de Peshawar, la grande ville du nord-ouest du Pakistan, selon la police et des responsables locaux.

Les habitants de la localité de Badaber avaient alerté la police sur la présence d'une voiture suspecte stationnée en bordure de route avec un corps à l'intérieur. Le véhicule a explosé alors que les policiers s'en approchaient, a indiqué à l'AFP le chef de la police locale, Gran Ullah.

Peshawar, la capitale de la Province de la Frontière du Nord-ouest (NWFP), est proche des zones tribales pakistanaises qui bordent l'Afghanistan et servent de replis à des groupes de résistants Afghans.

AFP

07-03.

A Darra Adam Khel, quatre soldats ont été blessés dans l'explosion d'une bombe sur le bord de la route..

AP

7/3

Un avion sans pilote US a été abattu  dans une zone du nord-ouest du Pakistan, bordant l'Afghanistan.

Des habitants de la région ainsi qu'un responsable de la police locale ont affirmé que deux drones volaient à basse altitude au-dessus du village de Angoor Adda, dans le district tribal du Waziristan du sud, lorsque l'un d'eux a été touché par un tir.

"Nous avons entendu le tir venant des talibans puis le drone est tombé", a déclaré à l'AFP un officier de la police tribale, Israr Khan.

Des drones de l'armée américaine basée en Afghanistan effectuent fréquemment des tirs de missiles dans les zones tribales pakistanaises.

Ces régions frontalières servent de refuges à des groupes de résistants afghans soutenus par des pakistanais.

Ces groupes de résistants, mènent depuis les zones tribales des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.


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n°13 - Journal de PAKISTAN.- 21-02 au 08-03.- Fin - «La résistance est en train de réussir au-delà de ses espérances..»


n°13 - Journal de PAKISTAN.-  21-02 au 08-03.- Fin - «La résistance est en train de réussir au-delà de ses espérances..»



        Journal de PAKISTAN.  

                                      n° 13 -   21-02 au 08-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

7  Dossiers

7-1La méthode Holbrooke, du Kosovo au Pakistan.

7-2 Sara Daniel : «La résistance est en train de réussir au-delà de ses espérances..»

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 L'Amérique doute de son allié pakistanais

9-2 L'instabilité du Pakistan rend impossible une victoire en Afghanistan.

10 Annexe

10-1 Foster : L’Afghanistan, le Pakistan et la Nouvelle « GUERRE » de l’énergie.

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   demain paraitra : "Le Journal" de l'Afghanistan




7  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1La méthode Holbrooke, du Kosovo au Pakistan.

3 mars

L’administration Obama a contraint ses principaux alliés engagés en Afghanistan à modifier leur organisation administrative et à désigner un interlocuteur unique à l’ambassadeur Richard Holbrooke pour créer un « groupe de contact sur l’Afghanistan et le Pakistan ». De cette manière, Washington espère dépasser les résistances nationales et mobiliser le maximum de moyens, militaires et civils, au service de l’OTAN. 

L’ambassadeur Richard Holbrooke, un diplomate notoirement lié à la CIA (services secrets), s’est rendu célèbre en créant la Fédération de Bosnie-Herzégovine, un État fantoche placé sous l’autorité d’un Haut-représentant de l’Union européenne. C’est également lui qui a organisé la conférence de Rambouillet visant à rejeter la responsabilité de la guerre du Kosovo sur la Serbie, alors même que l’intervention militaire était déjà décidée.
Au cours des guerres de Yougoslavie, Richard Holbrooke avait mis en place un « groupe de contact » qui avait permis d’impliquer les Européens dans les opérations militaires successives.

Le Royaume-Uni a étendu les pouvoirs de son ambassadeur à Kaboul et chef de poste du MI6 (services secrets), Sir Sherard Cowper-Coles, et la France a nommé le député Pierre Lellouche. Tous deux ont déjà eu l’occasion de travailler avec Richard Holbrooke durant les guerres de Yougoslavie : Sir Sherard Cowper-Coles était le conseiller spécial chargé du Kosovo auprès du ministre britannique des Affaires étrangères Robin Cook durant la guerre. Pierre Lellouche avait été le parlementaire le plus actif lors des bombardements de l’OTAN, en 1999. L’Allemagne, quand à elle, a désigné l’ambassadeur Bernd Mützelburg. Ce membre éminent du BND (services secrets) a joué un rôle central dans le déclenchement des guerres de Yougoslavie en organisant la reconnaissance de l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie, alors qu’il était le conseiller principal du ministre allemand des Affaires étrangères, Hans-Dietrich Genscher. Il avait travaillé à l’époque avec Richard Holbrooke sur la question des réfugiés. En 1998-99, Mützelburg (alors officiellement en poste en Estonie) avait été le conseiller de l’ombre du chancellier Gerhard Schröder pour le Kosovo. Il n’avait rejoint son cabinet qu’une fois le conflit achevé.

Tout se met en place pour extension de la guerre au Pakistan, tel qu’annoncé par le président Barack Obama durant sa campagne électorale.

http://www.voltairenet.org/article159196.html


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08/03/2009

n°350 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine -05-03 -Début - Message de l´enfer.


n°350 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine -05-03  -Début -  Message de l´enfer.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



   Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine 

    350 – 05 03      C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire
Tiré à part

Dossier Netanyahu

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Mustapha Cherif : Les leçons de Gaza.

1-2 Ann Wright : Gaza peut-elle se reconstruire sans les tunnels ?

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

2-1 Les dossiers Ostrovsky - Message de l´enfer.

2-2 Nous n’avons pas pu entrer dans la bande de Gaza …

2-3 Benito Perez : Le juteux business de la colonisation israélienne.

3  Annexe

3-1 Pour soutenir la Résistance Anti-Impérialiste des peuples et la construction des Alternatives à la Globalisation.



Tiré à part

Dossier Netanyahu

1 Salama A. Salama : L’étape de Netanyahu

L’ascension de la droite israélienne aux dernières élections a donné lieu à des changements positifs sur la scène arabe. Des changements auxquels personne ne s’attendait.

Il semble que la domination des partis israéliens de droite de diverses tendances a secoué les parties arabes qui étaient tombées dans le piège Olmert, Livni, Barak, soutenu par l’Administration de Bush et la droite américaine. Cette domination a également poussé les différentes parties arabes à réviser leurs positions, alors qu’elles étaient entrées dans des batailles et des accusations réciproques qui ont failli dégénérer en cassures inter-arabes.

Cependant, il faut avouer que l’amélioration relative du climat des relations inter-arabes ne revient pas seulement à la tombée des masques côté israélien. Voilà que Netanyahu est propulsé au devant de la scène, devenant plus proche de la formation d’un nouveau gouvernement en coalition avec Kadima ou avec les autres partis de droite. Cette amélioration revient aussi aux mouvements égyptiens rapides, qui ressemblaient à une opération de sauvetage pour empêcher les forces palestiniennes de commettre un suicide politique, suite aux différends entre le Fatah et le Hamas.

En d’autres termes, l’initiative égyptienne était la bouée de sauvetage à laquelle les factions palestiniennes se sont accrochées, bien que le Fatah et le Hamas aient évalué différemment son efficacité. Ces deux parties ont réalisé que l’ascension de Netanyahu signifie la fin de l’une des étapes des tentatives de parvenir à un règlement. Des tentatives qui ont réduit considérablement le crédit d’Abou-Mazen et du Fatah, à cause de leur insistance à poursuivre en vain les négociations avec Olmert et Livni. Ce qui s’est terminé par un conflit acharné pour le pouvoir.

Les résultats effectifs du dialogue national entre le Fatah et le Hamas peuvent ne pas paraître avant le début des réunions entre eux, bien que les contacts aient commencé à travers la médiation égyptienne lors des discussions d’accalmie. Cependant, l’organisation du dialogue et sa poursuite sont plus importantes que la réussite des efforts d’accalmie avec Israël. C’est vraisemblablement pour cette raison qu’Israël a essayé d’exercer un chantage sur le Hamas et sur les Palestiniens en général, en revenant sur son accord de ne pas lier l’accalmie à la libération de Shalit. Olmert ne place pas l’Egypte dans l’embarras autant qu’il essaye d’exploiter l’accord d’accalmie dans le jeu des manœuvres pour former le nouveau gouvernement et faire prévaloir Livni sur Netanyahu.

Le problème de la réconciliation nationale palestinienne n’est pas la seule source de faiblesse arabe face à Israël. La fissure arabe, qui expose les relations entre l’Egypte et la Syrie à davantage de tiédeur et de faiblesse, ajoute beaucoup de complications qui se reflètent sur la réconciliation palestinienne. La Turquie a tenté de jouer un rôle pour combler cette fissure. L’Arabie saoudite tente également de parvenir à une position arabe commune, permettant à l’Administration américaine d’adopter une politique équilibrée à la lumière de l’ascension de la droite israélienne. En effet, le pire des scénarios est de faire face à un gouvernement présidé par Netanyahu à la lumière des divisions palestiniennes et arabes et d’une abstention américaine d’adopter une position claire qui aurait pu changer les résultats des élections israéliennes.

Salama A. Salama
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/2/25/opin2.htm
publié le jeudi 26 février 2009

publié par al-Ahram hebdo en français

 

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n°350 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine -05-03 -Suite 1 - Message de l´enfer.


n°350 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine -05-03  -Suite 1 - Message de l´enfer.



   Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine 

    350 – 05 03      C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-2 Ann Wright : Gaza peut-elle se reconstruire sans les tunnels ?

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

2-1 Les dossiers Ostrovsky - Message de l´enfer.


1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-2 Ann Wright : Gaza peut-elle se reconstruire sans les tunnels ?

Comment reconstruire 5.000 maisons, commerces et bâtiments gouvernementaux quand les seules fournitures qui entrent dans la prison appelée Gaza passent par les tunnels ?

Au début du 21e siècle, les pays dits "civilisés" réduisent toute une population assiégée à dépendre de tunnels creusés plusieurs dizaines de mètres sous terre, pour pouvoir s’approvisonner en produits les plus élémentaires...

Les poutres en acier des toitures venant d’Egypte se plieront-elles à 90° afin de passer par les tunnels ? Les tonnes de ciment, de bois de charpente, de matériaux pour toitures, de clous, de plaques de plâtre et de peinture peuvent-ils être traînés à la main charge après charge, à 20 mètres sous terre par un tunnel de 150 à 200 mètres de long puis hâlés à travers un trou de 20 mètres pour être déposés dans un camion à Gaza ?

Les portes de Gaza se sont à nouveau refermées le jeudi le 5 février, le jour où notre groupe de trois personnes a quitté Gaza n’ayant eu le droit d’y séjourner que pendant 48 heures. Le gouvernement égyptien a fermé le passage frontalier de Gaza prolongeant le blocus et siège qui dure depuis 16 mois. Le passage avait été brièvement ouvert pour permettre les fournitures médicales et humanitaires d’entrer à Gaza à la suite des attaques dévastatrices de 22 jours par l’armée israélienne. Les attaques ont tué 1.330 Palestiniens et en ont blessé 5.500 autres. Le gouvernement israélien dit que le but des attaques était de punir le Hamas et les autres groupes pour avoir tiré des roquettes non ciblées sur Israël, roquettes qui depuis 2001 ont tué environ 13 Israéliens. La plupart des observateurs internationaux ont qualifié la réponse israélienne aux attaques de roquettes de disproportionnée et la punition collective comme constitutifs de crimes de guerre.

Aujourd’hui, 17 jours après que les portes se sont refermées sur Gaza, elles demeurent toujours hermétiquement closes. Les pourparlers de cessez-le-feu au Caire entre le gouvernement israélien et le Hamas sont au point mort. L’ouverture de la frontière avec l’Egypte est un point contentieux des négociations du cessez-le-feu.

La reconstruction des maisons, des commerces et des usines sont pour les habitants de Gaza en attente. Plus de 5.000 maisons et immeubles d’appartements ont été détruits et des centaines de bâtiments gouvernementaux dont le Parlement, ont été démolis. Deux usines de ciment au nord de la Bande de Gaza ont été totalement détruites par les bombes israéliennes. Le porte-parole du ministre Olmert, Mark Regev, dit que les matériaux de construction tels que l’acier et le ciment pourraient être utilisés par le Hamas pour construire d’autres bunkers et roquettes.

Les dissensions au sein des rangs palestiniens entre le Fatah et le Hamas continuent même après l’attaque israélienne brutale sur Gaza. Le premier ministre Salam Fayyad veut de l’aide (peut-être jusqu’à 2 millions de dollars) pour reconstruire Gaza et que cet argent soit directement envoyé à chaque propriétaire d’une maison à Gaza, ce qui permettrait aux donateurs de contourner le gouvernement élu du Hamas. Les USA, Israël et d’autres pays ont désigné le Hamas comme étant une organisation terroriste et ils ne veulent pas que l’aide internationale arrive dans un Gaza administré par le Hamas et ce, malgré le fait que ce sont les gens de Gaza qui ont élu le gouvernement du Hamas. Le 2 mars, une conférence de donateurs internationaux se tiendra en Egypte pour discuter du coût de la reconstruction de Gaza.

Qui profite de la guerre et de l’occupation ?

Les fournitures pour la reconstruction de Gaza devront être amenées de l’extérieur. Israël contrôle 90% des terres frontalières de Gaza (les frontières septentrionales et orientales) et 100% de l’océan du côté ouest de Gaza. L’Egypte contrôle la frontière sud avec Gaza.

Les Israéliens qui ont bombardé Gaza sont les principaux bénéficiaires financiers de la reconstruction de Gaza. Ils l’ont bombardé et maintenant ils vont vendre les matériaux de reconstruction pour reconstruire ce qu’ils ont détruits tout comme les Etats-Unis l’avaient fait en Irak. Les Egyptiens vont également bénéficier financièrement grâce au prix élevé des petits matériaux de construction qui passeront par les tunnels et qui sans doute y transitent déjà depuis 6 semaines. Des femmes israéliennes (Coalition of Women for Peace) ont crée un site web qui détaille les profits de l’occupation.

Un autre site web est sans doute en construction, site qui va traquer les compagnies israéliennes, égyptiennes et américaines qui vont bénéficier du bombardement de Gaza.

Echange de prisonniers comme élément du cessez-le-feu

Le premier ministre Ehud Olmert et son cabinet de sécurité ont déclaré cette semaine qu’aucun passage frontalier n’ouvrira tant que le soldat israélien Gilad Shalit ne sera pas rendu à Israël. Shalit a été capturé par le Hamas en 2006 lors d’un raid israélien qui a pénétré dans Gaza. Le Hamas demande en échange la libération de 1.400 prisonniers palestiniens.

Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum dit que le Hamas « ne s’opposerait pas » à la libération de Shalit si Israël libérait 1.400 des 11.000 prisonniers palestiniens détenus par Israël dont les parlementaires élus en 2006 à Gaza. Israël avait consenti dans le passé d’échanger un grand nombre de prisonniers palestiniens contre quelques soldats capturés (ou leurs cadavres). Mais les officiels israéliens et palestiniens ne sont pas tombés d’accord sur le lieu où seraient envoyés les prisonniers libérés après l’échange. Israël veut que tous les prisonniers soient expulsés du pays et le Hamas veut qu’ils retournent dans leurs foyers à Gaza ou en Cisjordanie.

« Ouvrez les frontières » dit la Délégation Internationale pour Gaza

Le 5 mars, pour la Journée Internationale de la Femme, je ferais partie d’une délégation internationale de 30 membres qui se rendra sur la frontière de Gaza avec l’Egypte en solidarité avec les femmes de Gaza. Des Israéliennes seront au point de passage frontalier israélien à l’entrée de Gaza. Des groupes dans le monde entier participeront pour faire pression sur les gouvernements israéliens, égyptiens et américains afin que les frontières s’ouvrent et que ses habitants puissent reconstruire leurs vies. Pour plus d’information au sujet de la délégation internationale, voir : http://www.codepinkalert.org/articl...

Ann Wright

 28 février

*Ann Wright (62 ans) est une vétérane de l’armée US de réserve, retraitée en tant que colonel et ancienne diplomate des USA et qui a démissionnée en mars 2003 en opposition à la guerre en Irak. Elle a servi au Nicaragua, Grenade, Somalie, Ouzbékistan, Kirghizie, Sierra Leone, Micronésie et Mongolie.

En décembre 2001, elle faisait partie d’une petite équipe qui a ré-ouvert l’ambassade des Etats-Unis à Kaboul, Afghanistan.

Elle est également la co-auteur du livre « Dissent : Voices of Conscience »

 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6210

Traduction : Ana Cléja

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n°350 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine -05-03 -Fin - Message de l´enfer.


n°350 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine -05-03  -Fin - Message de l´enfer.



   Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine 

    350 – 05 03      C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

2-2 Nous n’avons pas pu entrer dans la bande de Gaza …

2-3 Benito Perez : Le juteux business de la colonisation israélienne.

3  Annexe

3-1 Pour soutenir la Résistance Anti-Impérialiste des peuples et la construction des Alternatives à la Globalisation.


2-2 Nous n’avons pas pu entrer dans la bande de Gaza …

UN SURVOL DE LA 147EME MISSION CCIPPP (du 12 au 24 février 2009)

Ce n’est pas faute d’avoir essayé ! Nous savions que la décision de fermeture de la frontière avait été prise au plus haut niveau. Le contrôle de cette frontière est en effet un élément important dans les négociations en cours entre l’Egypte, Israël et la Bande de Gaza. Donc nous savions qu’à notre niveau nous ne pouvions agir sur cette décision. Cependant, du lundi 16 au dimanche 22, durant sept jours nous nous sommes présentés avec tous nos bagages (et nous étions chargés !) au poste frontière de Rafah et nous y sommes restés en moyenne 5h par jour pour bien montrer que nous voulions passer. Trois, quatre, cinq fois par jour nous avons interpellé les policiers en uniforme et en civil pour demander des explications et exiger d’être reçus pas le chef de poste. Chaque jour nous lui avons inlassablement répété le but de notre mission et exposé la nécessité de notre passage.

La réponse des gardes frontière …

Le premier jour ils nous ont dit que le ministère des affaires étrangères égyptien n’était pas informé de notre mission. Mais ils ont vu que nous n’étions pas dupes et à partir du second jour leur réponse a été : « nous n’avons pas de consigne de nos service secrets vous concernant ». A partir du jeudi 20 nous avons déposé nos bagages carrément devant la porte d’entrée et accentué notre pression. Samedi soir nous avons décidé de dormir sur place dehors, à 20m de la porte. Le chef de poste nous a reçus pour nous dire que c’était inutile puisque dimanche ce serait ouvert pour tout le monde, que cela donnerait une mauvaise image de l’Egypte ( !). Nous avons maintenu notre décision et vers les 19h30 (la nuit tombe à 18h) alors que nous préparions les sardines grillées sur le barbecue prêté par le gérant du petit bistrot du poste frontière, un haut responsable en civil a débarqué avec une douzaine de policiers en civil et en tenue pour nous signifier d’un ton sans réplique que c’était une zone militaire et qu’il était hors de question qu’on reste ici une minute de plus. Malgré quelques réactions hostiles du groupe, au ton et aux propos du policier, j’ai pris la décision d’obtempérer.

En effet, plusieurs informations convergentes confirmaient « l’ouverture de la frontière » dimanche et il aurait été dommage d’hypothéquer un éventuel passage par une arrestation et une nuit au poste…

Le dimanche 22 toutes les télés ont annoncé que la porte de Rafah était ouverte…

Depuis le 5 février, seuls les blessés et un tout petit nombre de palestiniens qui étaient sortis pendant les bombardements étaient autorisés à entrer dans la bande de Gaza. Le dimanche 22 effectivement la frontière a heureusement été ouverte à tous les palestiniens qui ont été autorisés à entrer ou sortir. Nous en avons vu entrer plus de 150, ceux qui attendaient depuis avant les bombardements et tous ceux et celles, des familles entières ou partielles qui ont la double nationalité et qui jusque-là étaient interdites d’entrer. Mais les non-palestiniens ont été interdits d’entrer et notre délégation, les canadiens, malaisiens, coréens et anglais avons été interdits d’entrée.

L’ouverture de la frontière a été, en effet, médiatisée comme une « ouverture totale » ; même Al jazeera l’a annoncé de cette manière. Peut-être était-ce, de la part du gouvernement égyptien, une réaction à l’encontre d’Israël. Le président Moubarak avait en effet annoncé un accord imminent et Israël a tout bloqué en faisant entrer dans la négociation la libération du soldat Shalit.

Mais ce traitement ambigu de l’ouverture est significatif car il tend à établir un état de fait selon lequel à cette frontière ne passent que les palestiniens (ou des délégations exceptionnelles comme celle de la Ligue Arabe qui est passée dimanche soir et celle des parlementaires européens qui est passée lundi). Si cette règle se confirmait cela signifierait, pour de simples citoyens internationaux, l’impossibilité de passer par Rafah et du coup Israël garderait le contrôle absolu de l’entrée des internationaux dans la bande de Gaza, ce qui est très lourd de conséquences.

Il ne fait aucun doute que l’Egypte n’a pas envie de voir débarquer sur son territoire des militants du mouvement de solidarité à la Palestine et encore moins que ces gens tissent des liens avec le mouvement égyptien de soutien à la Palestine !

De la même manière l’Egypte redoute sur son propre territoire l’influence des thèses du Hamas.

Ainsi un haut gradé que nous avons interpellé dimanche matin nous a répondu que pour passer à Gaza nous devions avoir une « coordination » avec l’Autorité Palestinienne ( !) alors que c’est le Hamas qui gouverne la bande de Gaza. Autrement dit, « tant que le Hamas gouvernera la bande de Gaza vous ne passerez pas ».

Après les massacres des bombardements il est évident qu’à travers le blocus de Rafah l’ensemble de la population palestinienne de Gaza continue d’être prise en otage, affamée, maltraitée en vue de destituer le Hamas de son pouvoir.

Le 12 février nous savions que la frontière était fermée depuis le 5, mais nous sommes partis quand même…

Même si l’Egypte avait annoncé l’ouverture de la frontière nous n’aurions eu aucune garantie. Nous savons par expérience que pour tout ce qui touche à la Palestine la politique israélienne n’obéit qu’à une seule règle : celle de bafouer tous les engagements pris afin d’empêcher toute prévision logique. Et comme la situation internationale est mouvante nous voulions être sur place pour profiter de la moindre opportunité qui pourrait se présenter. (D’ailleurs sans le blocage d’Israël nous aurions pu rentrer le dimanche 22 et les 11 membres de la mission qui étions à Rafah avions décidé de prolonger la mission et passer 5 jours à Gaza en assumant tous les frais d’un nouveau billet d’avion).

Mais la raison principale de notre mission est que nous voulions témoigner par notre présence physique à la frontière, la fermeté de notre solidarité aux palestiniens de la bande de Gaza. Nous sommes restés en contact téléphonique permanent, deux à trois fois par jour avec nos correspondants du PCHR et nos amis de Gaza, nous avons répondu à des interviewes téléphoniques pour une radio et une télévision de Gaza… Par notre présence permanente et déterminée nous avons prouvé aux palestiniens qu’ils n’étaient pas seuls et que la solidarité internationale ne les oubliait pas. Bien que modeste c’est un message fort qui a été envoyé, reçu et apprécié de nos amis palestiniens. C’était le sens de notre mission et sa justification, bien sûr il eut été préférable pour les deux parties qu’on rentre à Gaza, mais d’autres missions CCIPPP le feront bientôt j’espère et notre expérience les y aidera.

Nous voulions également montrer à Israël la détermination de notre solidarité avec le peuple palestinien et lui signifier que nous mettrons en œuvre toutes les possibilités pour briser le blocus. Plusieurs bateaux de solidarité savaient qu’ils allaient être interceptés par Israël et empêchés d’accoster à Gaza ; ils sont partis quand même… Nous devons tout tenter contre le blocus.

Nous voulions aussi faire comprendre au gouvernement égyptien notre opposition au blocus via Rafah. En effet la presse locale d’El Arich (dernière grande ville à proximité de la frontière) s’est fait l’écho de notre mission et de notre présence à la frontière. Notre enquête (cf. article sur l’aide humanitaire bloquée) et nos activités nous ont valu une surveillance rapprochée de la police égyptienne, dans tous nos déplacements et jusque dans notre hôtel. Lors de notre retour au Caire nous avons été escortés jusqu’à quelques kilomètres du Caire, nous avons dû donner le nom de l’hôtel etc. Là aussi le message à l’égard des autorités égyptiennes est passé !

Au fond qu’avons-nous appris de cette action à la frontière et de ce passage par l’Egypte ?

Les excellents témoignages des autres membres de la mission répondent mieux que je ne le ferais à la première partie de la question (Palestiniens bloqués dehors, blocage de l’aide humanitaire, le mouvement de solidarité en Egypte etc. voir http://www.protection-palestine.org/spip.php ?articl... ).

Quand nous pensons à Gaza nous pensons à juste titre à la population à l’intérieur de la bande de Gaza et là nous nous avons été frappés par l’angoisse et la détresse des « morceaux » de familles qui ne pouvaient pas rentrer. Notamment des femmes seules avec plusieurs enfants qui ne savaient où aller. Le blocus est vraiment une arme violente de destruction du peuple palestinien.

J’ajouterai que nous avons découvert la gravité de la situation de la population égyptienne qui vit tout le long de la frontière et notamment à Rafah. Eux aussi ont été victimes des bombardements israéliens et subissent encore le poids de cette politique meurtrière. Ils se considèrent comme des palestiniens et d’ailleurs sont sous haute surveillance des autorités égyptiennes à Rafah en particulier. Nous avons vérifié l’écart entre la politique du gouvernement égyptien et les positions de la plupart des égyptiens que nous avons rencontrés, y compris au sein de la police de la frontière et de celle chargée de nous surveiller ! Lors de nos interpellations à la frontière, nous indiquions que nous étions une mission médico-psychologique et de solidarité et quand nous disions aux gardes frontières (militaires et civils) : « Vous savez mieux que nous ce qu’ont fait les israéliens là-bas, vous savez bien que les gens de Gaza ont besoin d’aide etc. » alors ils changeaient de ton, baissaient la voix et nous disaient : « vous savez, nous avons des ordres… ».

Enfin et c’est sans doute la nouveauté la plus importante, nous avons rencontré le mouvement égyptien de solidarité avec la lutte du peuple palestinien. Les compte-rendus de nos rencontres vont être prochainement publiés sur notre site qui vous informeront concrètement de cette réalité. Nous avons découvert les conditions difficiles (répression féroce) de leur lutte.

Mais par-delà l’appui logistique sans lequel cette mission n‘aurait pu atteindre son but – et nous les remercions chaleureusement de leur accueil et de leur aide - je voudrais souligner l’importance politique stratégique de ces premiers liens et de leur indispensable développement pour le renforcement de la solidarité internationale avec le peuple palestinien. Ces camarades et amis apportent un éclairage et des analyses indispensables au mouvement de solidarité européen.

D’ores et déjà un cadre politique est posé avec des projets de contributions sur les sites respectifs, des échanges d’informations et d’analyses. Gageons que les coordinations qui sont en cours vont établir un flux d’échanges plus important entre le mouvement de solidarité européen et les mouvements des pays arabes de cette région, c’est vital pour les uns comme pour les autres.

La situation actuelle des palestiniens et perspectives …

Après les massacres des populations et les désastres médico-psychologiques, après les destructions matérielles et économiques Israël fait du blocus de la Bande de Gaza son arme principale contre TOUT le peuple palestinien.

Par le blocus, il espère faire plier la résistance dans la bande de Gaza et ainsi réussir là où il a échoué par les massacres et crimes de guerre ! Par le blocus, il espère accroître les divisions entre les courants politiques palestiniens en faisant miroiter le retour de la Bande de Gaza sous la direction de l’Autorité Palestinienne.

Par le blocus de la Bande de Gaza déclarée « entité hostile », il offre à l’Union Européenne le prétexte et l’alibi fallacieux pour continuer de refuser à reconnaître le Hamas comme interlocuteur et ainsi bloquer toute progression positive dans l’évolution de la situation.

C’est ce qui devrait faire de la lutte contre le blocus de la Bande de Gaza un des points forts de l’action du mouvement de solidarité au peuple palestinien. Or la question du blocus est directement liée au refus d’Israël, des Etats unis et de l’Union Européenne de reconnaître le Hamas comme interlocuteur.

En 2002 la solidarité s’est centrée contre « l’opération rempart », c’est-à-dire contre l’occupation des villes palestiniennes de Cisjordanie, les massacres (Naplouse, Jénine) et le siège d’Arafat à la Moqata. Depuis 2003 la lutte contre le Mur est devenu le centre de l’activité de solidarité avec le soutien à la résistance des villages de Cisjordanie en lutte contre le mur. Depuis 2006, date de l’élection démocratique du Hamas au gouvernement tout en maintenant une guerre de basse intensité en Cisjordanie (assassinats, arrestations, colonisation accélérée, annexion de Jérusalem) l’offensive israélienne s’est focalisée sur le Hamas et sur la Bande de Gaza où il est très représenté. Le blocus et les attaques meurtrières (230 tués en juillet 2006, 1345 lors de l’attaque de décembre 2008) sont l’arme choisie pour tenter de le détruire. Aujourd’hui le mouvement international de solidarité au peuple palestinien doit imposer la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, c’est à dire le droit de choisir ses représentants politiques.

La solution au blocus passe par la reconnaissance du Hamas comme une des composantes politiques du peuple palestinien, comme un des interlocuteurs représentatif d’un courant politique nationaliste palestinien.

C’est la raison pour laquelle à Montpellier par exemple la CCIPPP, avec d’autres, insistons sur la nécessité d’un jumelage avec la ville de Gaza par exemple. La reconnaissance du Hamas et la normalisation des relations avec la Bande de Gaza est aujourd’hui la seule voie par laquelle une issue à la guerre est possible. On ne peut pas condamner la violence sans s’attaquer aux causes de la violence, on ne peut pas parler de paix et faire la guerre à une partie du peuple palestinien.

José Luis Moraguès, coordinateur

http://www.protection-palestine.org:80/spip.php?article7054

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