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22/02/2009

n°11- Journal de PAKISTAN.- 03-02 au 21-02.- Fin - : Le Pakistan et les contradictions d'Obama….


n°11-  Journal de PAKISTAN.-  03-02 au 21-02.- Fin - : Le Pakistan et les contradictions d'Obama….



        Journal de PAKISTAN.  

                                          n°11 - 03-02 au 21-02

C.De Broeder & M.Lemaire


·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

7  Dossiers

7-1 Le Pakistan et les contradictions d'Obama….

7-2 William Blum : Le rapport qui accable l’Empire.

7-3 Pakistan : «Al-Qaida est en train de réussir au-delà de ses espérances..»

7-4 Syed Saleem Shahzad : Afghanistan, Pakistan, l’irruption des « néotalibans »

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Un nouveau type de combattant, bien entraîné et ultraradical dans les zones tribales.

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7  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Le Pakistan et les contradictions d'Obama….

L'expression de “changement dans la continuité” est une spécialité bien politique (et bien française, d’ailleurs: Giscard l’avait employée en 1974, Sarkozy au début 2007).

Elle indique qu’on voudrait ou devrait changer complètement une politique sans trop le paraitre; ou bien qu’on devrait montrer à la fois le visage du changement et le visage de la continuité et qu’on ne le peut pas complètement pour aucun des deux; qu’on espère changer tout de même et que cela se voit; qu’on espère également être perçu comme maintenant une politique et ainsi de suite…

Comme on s’en doute, cette situation contradictoire et potentiellement très déstabilisante de politique générale concerne aujourd’hui le cas Obama.

Ces derniers jours, c’est-à-dire encore les premiers jours de l’administration, plusieurs actes et décisions, diverses rumeurs ont montré qu’Obama a placé l’Afghanistan comme une priorité importante de son gouvernement. Il s’agit bien entendu de l’intensification de la guerre.

• Une attaque de drone US contre un objectif au Pakistan a eu l’approbation explicite du président. Le Times annonce la chose, le 23 janvier 2009, avec une plume satisfaite: «Missiles fired from suspected US drones killed at least 15 people inside Pakistan today, the first such strikes since Barack Obama became president and a clear sign that the controversial military policy begun by George W Bush has not changed.»

• Le même jour (voir le 23 janvier dans le Times) est annoncée la nomination de Richard Holbrooke comme “envoyé spécial” du président pour l’Afghanistan et le Pakistan. Holbrooke devient l’homme fort des USA pour le conflit, une sorte de “pro-consul” comme les USA en affectionne. Sa nomination va marginaliser les autres directions, notamment internationales, et essentiellement le rôle de l’OTAN dans la part qu’elle exerce dans le contrôle du conflit. Holbrooke est connu depuis les années comme un adepte de la manière forte dans la “diplomatie” (selon la définition du Times: «Mr Holbrooke, America's former UN ambassador and the architect of the 1995 Dayton peace accords in Bosnia, is a hard-charging, big beast in US diplomacy.»). L’arrivée de Holbrook éclaire d’une étrange lumière la conception que l’équipe Obama peut avoir d’un “retour à la diplomatie” (avec moins d’utilisation des moyens militaires), en mettant en piste un diplomate particulièrement adepte des pressions les plus diverses, éventuellement militaires, pour faire céder les autres. Sa nomination implique des affrontements sévères avec la direction afghane, jusqu’à un départ éventuel de Karzaï, et avec le Pakistan. Fidèle à lui-même et encouragé par les commentaires musclés qui ont salué son arrivée, Holbrooke devrait suivre sa méthode habituelle, faite de brutalité et de pression. L’on aura avec lui, pour l'état d'esprit, une sorte de nouvelle “époque Rumsfeld” en Afghanistan. Le précédent et ses résultats ne sont pas encourageants.

• Hier 25 janvier, The Independent publie une analyse de Kim Sengupta et de Raymond Whitaker, qui observent que les USA pourraient se retrouver isolés, dans la mesure où leurs alliés semblent bien peu intéressés par une implication plus grande dans le conflit. Les deux journalistes nous donnent une appréciation de la situation dans ce conflit, du côté des puissances alliés.

«Having received a briefing on his first day in office from General David Petraeus, the top US commander in the region, Mr Obama is preparing to meet his military chiefs to decide on the size and shape of the Afghanistan reinforcements he promised during his election campaign. The chairman of the joint chiefs of staff, Admiral Michael Mullen, said just before Christmas that up to 30,000 more troops could be sent by summer, nearly doubling the size of the US force in the country. Britain, the next largest contributor in the 41-nation international force, has fewer than 9,000 troops in Afghanistan, which means American dominance of the campaign against the Taliban is set to increase.

»“There are fears that this could become a US war rather than a Nato one,” said Christopher Langton, senior fellow for conflict at the International Institute of Strategic Studies (IISS) in London. “With other Nato members already planning to scale back, the US could find itself isolated. Rather than being an international operation, it would become another 'coalition of the willing', as in Iraq – though with the crucial difference that the Afghan mission has had a United Nations mandate throughout.”

»Paul Smyth, head of the operational studies programme at London's Royal United Services Institute (Rusi), pointed out that several Nato countries, including Canada, Germany and France, had significantly increased their troop commitments in percentage terms during 2008. But in the past week the French Defence Minister, Hervé Morin, said considering further reinforcements was “out of the question for now”. And Jan Peter Balkenende, Prime Minister of the Netherlands, another important contributor of troops, indicated that it would reduce its force by the end of next year.»

Aujourd’hui, le Guardian nous confirme cet engagement US, en rapportant les déclarations du vice-président Biden à ce propos. L’article est assorti du rapport des craintes grandissantes des “alliés” locaux des USA, notamment les Pakistanais, qui jugent qu’ils vont devoir subir dans cette occurrence encore plus d’attaques et d’incursions US, avec les “dégâts collatéraux” qu’on imagine.

«The Obama administration warned the US public yesterday to brace itself for an increase in American casualties as it prepares to step up the fight against al-Qaida and the Taliban in Afghanistan and the border regions of Pakistan.

»Against a background of widespread protests in Pakistan and Afghanistan over US operations since Obama became president, the vice-president, Joe Biden, said yesterday that US forces would be engaged in many more operations as it takes the fight to its enemies in the region. The Obama administration is to double the number of US troops in Afghanistan to 60,000 and when asked in a television interview if the US public should expect more American casualties, Biden said: “I hate to say it, but yes, I think there will be. There will be an uptick.”»

C’est un étrange périple. Selon tout ce qu’on sait et tout ce qu’on peut envisager à la lumière de l’expérience, l’Afghanistan est le piège idéal pour Obama. Il semble que la méthode adoptée, qui est sans originalité l’accentuation de la guerre selon les méthodes US et sous un contrôle US de plus en plus exclusif, avec des renforts dans ce sens, devrait accroître les incidents, les tensions et les querelles avec les alliés locaux, sans garantie aucune de résultats décisifs et avec la possibilité sérieuse d’une aggravation. L’analogie avec l’Irak de Bush et, surtout, le Vietnam, vient évidemment sous la plume («Obama’s Vietnam, – Hey hey, BHO, how many years until we go?», titre de l’article de Justion Raimondo aujourd’hui.) Tout cela n’est pas très original et renvoie aux automatismes du systèmes, dans tous les domaines. («Why do people continue doing stupid things?», interroge sur un ton désenchanté le site Defense & the National Interest à propos de la réforme du Pentagone; même question pour l’Afghanistan. Le problème méthodologique et l’attitude psychologique sont similaires.)

Le véritable problème concret, avec des effets importants possibles, concerne la politique générale de l’administration Obama. Par rapport aux autres lignes politiques mises en place (exploration d’un processus de paix au Moyen-Orient, tentative de retrait d’Irak, tentative d’établissement d’un dialogue avec l’Iran), la voie choisie pour l’Afghanistan constitue une contradiction flagrante qui va peser sur la perception qu’on a de l’administration Obama et considérablement interférer sur l’équilibre des affaires traitées par cette administration. Plus encore, cette ligne se place en contradiction même avec la politique intérieure de lutte contre la crise d'Obama. Pour résumer, elle constitue une continuation et une accentuation de la politique suivie depuis 9/11 alors que tout le reste qui a été énuméré tente de prendre une orientation inverse; elle renvoie à la référence idéologique de la “guerre contre la terreur” tandis que les autres orientations se réfèrent plutôt à l'épisode ouvert par la crise systémique du 15 septembre 2008 (y compris les questions de politique extérieure: chercher à dialoguer avec l'Iran revient à chercher à pacifier le théâtre extérieur pour mieux affronter les troubles systémiques intérieurs). L’Afghanistan présente un cas extrême qui rejoint l’analyse plus générale des nécessités auxquelles est confronté Obama, et un cas qui a le potentiel d’aggraver fortement le déséquilibre entre politique intérieure et politique extérieure, et à l’intérieur de la politique extérieure générale. L’orientation prise par Obama dans l’affaire afghane ne va pas lui faciliter la tâche en général, et elle recèle des risques graves de tension interne dans la politique générale du nouveau président.

26/01

http://www.dedefensa.org/article-l_afghanistan_et_les_contradictions_d_obama__26_01_2009.html

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21/02/2009

n°242- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de l'Afghanistan - 19-02 -Début - : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.


n°242- Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  l'Afghanistan - 19-02 -Début - : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.



 Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  dossiers   'Géopolitique et stratégie' de l'Afghanistan

               n°418                                                                 19/02/09

                                 C.De Broeder    &   M.Lemaire  



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré a part  

Afghanistan: 19 à 20 pays promettent d'accroître leur présence.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Début 2006, l’Afghanistan était vantée comme le « succès » militaire.

1-2 Hans Christof von Sponeck : L’ONU et l’OTAN  : Quelle sécurité et pour qui ?

Suite

1-3 Tom Burghardt : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.

2 Annexe

2-1 Antonio Artuso : Les faits rapportés par Jeff Halper sur le "système de pacification globale" sont terrifiants. 

Fin

2-2 Spécial Russie

1 La Russie et l’Iran forcent la main à Washington.

2 Le zwischenzug de la Russie.

3 Nyet à un engagement sélectif.

4 La "nouvelle OTAN" russe et l’Afghanistan.

5 La Russie étendra son aide à l'OTAN si les relations se normalisent.

6 Le renouveau de l’influence russe en Asie centrale contraste avec l’enlisement occidental. 

2-3 Le secret américain de Nicolas Sarkozy.



Avant propos

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...


1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Début 2006, l’Afghanistan était vantée comme le « succès » militaire.

… par rapport à un Iraq en flammes.

Les rôles sont aujourd’hui inversés : 2008 a été l’année la plus sanglante pour les Américains en Afghanistan, depuis leur arrivée en 2001, et la moins meurtrière en Iraq depuis l’invasion de 2003. Washington ayant amélioré la situation en Iraq en envoyant des renforts, en intensifiant les combats et en ralliant des résistants, regroupés en milices.

L’Administration a semblé aller dans le même sens, en annonçant fin décembre l’envoi de 20 000 à 30 000 soldats supplémentaires en 2009, ce qui doublerait quasiment le nombre de GI’s sur place.

Quel que soit le plan de Barack Obama, il devra prendre en compte les très compliquées réalités afghanes. « On ne peut pas juste prendre les tactiques (...) qui ont marché en Iraq et les employer comme telles en Afghanistan », a prévenu le général Petraeus.

Les différences sont notables, à commencer par des niveaux de culture et de développement afghan bien inférieurs à ceux de l’Iraq. Le manque de routes a ainsi contribué à faire de l’Afghanistan le « cimetière des empires », des Britanniques du XIXe siècle aux Soviétiques (plus de 100 000 soldats) des années 1980.

Au-delà des combats, le principal défi semble de tenir la situation assez longtemps pour que le pays puisse compter sur ses propres forces de sécurité.

En Iraq, l’armée américaine a déjà transféré le pouvoir aux autorités locales dans 13 des 18 provinces, avec 560 000 policiers et 260 000 soldats pour 437 000 km2, surtout de villes et désert, et 28 millions d’habitants. L’Afghanistan, avec ses 30 millions d’habitants pour 652 000 km2 largement montagneux, en est loin, ses 80 000 soldats et 70 000 policiers n’étant pas assez pour être à même de contrer l’avancée des Talibans dans les villages. Pour y remédier, les Américains évoquent la création de milices locales comme en Iraq. Mais « l’Afghanistan n’est pas l’Iraq. Ici, le peuple est bien plus divisé, et toutes ces milices vont finir par s’affronter », estime Hamidullah Tarzi, ancien ministre des années 1990. « Il vaut mieux renforcer la police et l’armée », estime Nader Nadery, de la commission afghane indépendante des droits de l’homme.

Jacques Follorou


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n°242- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de l'Afghanistan - 19-02 -Suite - : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.

n°242- Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  l'Afghanistan - 19-02 -Suite - : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.


Les  dossiers   'Géopolitique et stratégie' de l'Afghanistan

                                  n°418                                                                 19/02/09

                                                      C.De Broeder    &   M.Lemaire  



Sommaire :  

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-3    Tom Burghardt : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.

2 Annexe

2-1 Antonio Artuso : Les faits rapportés par Jeff Halper sur le "système de pacification globale" sont terrifiants. 



1-3 Tom Burghardt : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage tout l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information.

Alors que la situation se détériore rapidement sur le terrain, l’aventure sud-asiatique de l’impérialisme américain déraille.
Le New York Times révélait le 4 février que l’acheminement du ravitaillement « destiné aux forces de l’OTAN en Afghanistan a été suspendu mardi après que des résistants ont fait exploser un pont dans la passe de Khyber, une zone tribale anarchique du nord-ouest, à cheval sur la frontière pakistano-afghane. »

Le pont en fer d’une longueur de 30 verges est situé au Pakistan, à environ 24 kilomètres au nord-ouest de Peshawar, capitale de la Province frontière du Nord-Ouest (NWFP), une métropole florissante de plusieurs millions d’habitants. Environ 80 % du ravitaillement de l’OTAN en Afghanistan transitait par cette importante route.
Selon le Los Angeles Times, les attaques de mardi se sont poursuivies mercredi lorsque des résistants ont mis le feu à 10 camions d’approvisionnement revenant d’Afghanistan.

Les entrepreneurs locaux qui transportent par camion le ravitaillement destiné aux forces de l’OTAN – principalement de la nourriture et du pétrole – sont désormais nombreux à refuser de conduire sur la route difficile de la passe de Khyber en raison des conditions dangereuses.
Comme le rapportait le Asia Times le 29 janvier 2009, Peshawar est la capitale commerciale, économique, politique et culturelle des Pachtounes au Pakistan. Elle se métamorphose de plus en plus en un important centre de pouvoir pour les djihadistes, des deux côtés de la frontière.

À l’heure actuelle, pour les talibans et d’autres militants, Peshawar et ses environs ne sont pas seulement l’épicentre du combat qu’ils mènent en Afghanistan et au Pakistan. C’est aussi là qu’ils tentent d’établir la base à partir de laquelle ils feraient la « guerre de la fin des temps » qui s’étendrait jusqu’au cœur de Damas et de la Palestine. (Syed Saleem Shahzad, « On the Militant Trail, Part 1: A battle before a battle, » Asia Times Online, 29 janvier 2009)

Les enlèvements – perpétrés par des militants ou des gangs criminels – et les décapitations sont de plus en plus fréquents et la population de Peshawar vit dans la peur. Les résidents croient qu’une « confrontation majeure » entre l’État et les djihadistes « est imminente ».
On pouvait lire dans le Daily Times du 4 février que la « talibanisation » de la zone tribale d'Orakzai, près de Peshawar, s’est accélérée à un point tel que les locaux ont fuit la région afin d’« échapper à une gouvernance de style taliban ». Le quotidien révélait que 

Orakzai, qui a une frontière commune avec le district de Kurram à l’ouest et celui de Hangu à l’est, fournit un moyen au Tehreek-e-Taliban Pakistan (Mouvement des talibans du Pakistan), qui a été banni, d’étendre son influence à Peshawar par la zone tribale de Khyber. L’organisation a déjà fait savoir qu’elle était dans la région en attaquant un terminus de convois pour le ravitaillement des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan. En dépit des tentatives du gouvernement pour stopper leur infiltration, les talibans ont célébré récemment leur « contrôle total » de la région en y invitant un groupe de journalistes à une démonstration de pouvoir. (Abdul Saboor Kahn, « Orakzai becomes a new have for Taliban », Daily Times, 4 février 2009)

Des officiels pakistanais ont avoué au New York Times qu’« ils ne savaient pas pour l’instant quand les camions pourraient à nouveau emprunter la passe de Khyber pour acheminer de l’approvisionnement crucial aux forces de l’OTAN en Afghanistan ».

Entre-temps, les États-Unis ont subi un autre revers concernant leurs plans dans la région. Un article du Guardian révélait le 3 février que le Kirghizstan, ancienne république soviétique d’Asie centrale, menaçait de fermer sa base aérienne américaine de Mana, « un relais clé pour les forces de la coalition qui se battent près de là, en Afghanistan ».

Les commandants des États-Unis et de l’OTAN ont tous deux exprimé leur désarroi face à la fermeture potentielle de la base.

Elle survient au moment où l’OTAN tente désespérément de développer son réseau routier d’approvisionnement en passant par les pays du nord de l’Asie centrale à la suite d’une série d’attaques dévastatrices de convois de camions provenant du Pakistan. (Luke Harding, « Closure of US base in Kyrgyzstan could alter Afghanistan strategy », The Guardian, 3 février 2009)

Imitant le Grand Jeu du 19e siècle de la Russie tsariste et la Grande-Bretagne impérialiste pour le contrôle de l’Asie centrale, la Russie fait pression sur le régime autoritaire de Kurmanbek Bakiyev pour qu’il expulse les Américains, perçus comme un pouvoir déstabilisateur dans la région.
Pour les États-Unis, l’expulsion de leurs forces de la base aérienne de Mana porterait un coup à leur effort en vue de contrôler des routes essentielles pour leurs cargaisons licites et illicites – incluant le trafic prospère d’héroïne – et succéderait à leur éviction similaire de l’Ouzbékistan en 2006, à la suite d’un marché conclu entre Moscou et la cleptocratie ouzbèke dirigée par le président Islam Karimov.

Le Parlement kirghiz doit se prononcer la semaine prochaine sur une mesure d’expulsion des Étasuniens de Mana. La « perte de la base poserait un problème significatif au gouvernement Obama », signalait le New York Times le 5 février. Le quotidien rapportait que « près de 15 000 employés et 500 tonnes de cargaisons passent par Mana chaque mois. La base abrite également de gros avions-citernes utilisé pour le ravitaillement en vol des avions de combat en mission au dessus de l’Afghanistan ».
Mais outre le bluff d’argent et des prêts offerts à la nation centrasiatique appauvrie, le gouvernement russe s’attend à un quiproquo de la part du gouvernement Obama si les États-Unis sont autorisés à continuer à utiliser Mana comme aire de lancement vers l’Afghanistan. En tentant de mettre de la pression sur les États-Unis, les Russes jouent dur et cherchent à obtenir des concessions du gouvernement Obama afin qu’il renonce aux infrastructures de « defense antimissile » prévues en Pologne et en République Tchèque, et qu’ils considèrent comme une arme de première frappe.

 

Depuis la chute de l’Union Soviétique, les États-Unis impérialistes et leurs partenaires de l‘OTAN ont encerclé la Russie grâce à une chaîne de bases militaires en Europe, en Asie centrale et dans le Caucase, parallèlement à l’expansion de l’OTAN à l’Est. De plus, la CIA, le MI6 britannique et l’ISI pakistanais ont alimenté l’insurrection « islamiste » intermittente en Tchétchénie, une manœuvre destinée à accélérer la désintégration de la Fédération de Russie en petits États dociles alignés sur les États-Unis -- un scénario familier ayant servi à démanteler l’ex-Yougoslavie.
Alors que le gouvernement Obama compte sur un dénouement favorable en Afghanistan et qu’il intensifie les opérations militaires, en doublant les troupes américaines à 60 000 dans les douze prochains mois, le réapprovisionnement de ces troupes s’annonce sinistre sans la coopération russe.
Le 4 février, le Washington Post révélait que « des officiels en poste depuis peu décrivent une situation sur le terrain bien plus précaire qu’ils ne l’avaient anticipée ». Lundi, le Independent déclarait que la situation dans la province de Helmand, au sud de l’Afghanistan, était particulièrement déroutante pour des opérations de l’OTAN.
Durant l’opération Kapcha Salaam ou « Salut du Cobra », une offensive armée britannique et afghane impliquant de l’artillerie lourde et des avions de guerre, les soldats étaient continuellement attaqués par les roquettes, les mortiers lourds et les bombes artisanales sophistiquées des insurgés. D’après le Independent, les rangs de ces derniers étaient remplis de militants pakistanais et tchétchènes. Aussi, la lutte fait payer un lourd tribut aux citoyens afghans.

Si les choses vont comme le désire le gouvernement américain, la paix n’est pas pour bientôt. Le secrétaire à la Defense, Robert Gates, un rescapé de M. Bush, disait au Congrès la semaine dernière que la guerre serait un « long travail » au dénouement incertain. Mais si l’histoire est gage d’avenir, la fin n’augure pas bien pour l’impérialisme – ou les populations d’Asie du Sud.
Alors que des officiels de haut rang du gouvernement Obama et des bureaucrates du Pentagone s’en remettent au gouvernement du président Asif Ali Zadari pour stabiliser la situation du côté de la frontière pakistanaise, les reportages indiquent que l’ISI continue de financer et de conseiller des armées par procuration.
Le Los Angeles Times révélait le 3 février que des officiels afghans de la sécurité avaient démantelé une cellule de kamikaze dans la capitale, Kaboul, et que les 17 hommes arrêtés étaient prétendument « affiliés à un groupe de militants situé au Pakistan connu sous le nom de réseau Haqqani et que le chef de cette cellule était de nationalité pakistanaise ».
Même si, selon le L.A. Times, les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan se sont « considérablement améliorées » depuis que M. Zadari a pris les rênes du régime méprisé de M. Musharraf, la politique de l’ISI contre son rival géopolitique, l’Inde, n’a pas changé malgré les milliards de dollars d’assistance en « contre-terrorisme » et de soutien armé des Étatsuniens : l’ISI cherche une « profondeur stratégique » en contrôlant un État client afghan conciliant.

Les liens de longue date entre l’agence d’espionnage et le réseau Haqqani, mené par le commandant vétéran taliban Jalaluddin Haqqani et son fils Sirajuddin, ont fait la une l’an dernier lorsque le renseignement américain a confirmé l’affirmation des autorités afghanes voulant que l’ISI ait aidé le groupe à bombarder l’ambassade indienne à Kaboul en juillet. Cette attaque a tué près de 60 personnes. (M. Karim Faiez and Laura King, « Suicide Bombing Ring Is Brought Down in Afghanistan, Officials Say », Los Angeles Times, 3 février 2009)


En raison du délai de deux mois lié au sommet de l’OTAN le 3 avril, le Pentagone s’active pour trouver une stratégie approfondie. Les États-Unis auront de la difficulté à convaincre leurs partenaires de l’OTAN, outrés des ordres du commandant de l’OTAN, le général étatsunien John Craddock, de tuer les vendeurs d’opium.
La protection du trafic de drogue et l’hypocrisie étasunienne.
L’Associated Press rapportait que les États-Unis tentent d’importer la « stratégie d’invasion » irakienne en Afghanistan et arment une milice sur le terrain.
Le ministre afghan de l’intérieur a annoncé que le programme avait débuté et que les États-Unis « payaient pour tout », incluant « l’achat de kalachnikovs pour les membres de
la Force de protection civile afghane », calquée sur les Conseils de l’éveil en Irak.

Un officiel afghan sceptique a confié à l’Associated Press que « seul des criminels s’engageraient dans cette force puisque la plupart des citoyens ne voudraient pas faire face aux talibans dans un combat ».
Mais c’est peut-être précisément le but du programme, d’arracher le contrôle du trafic lucratif d’héroïne des mains d’éléments peu fiables redevables aux talibans et à Al-Qaeda, qui détourneraient supposément 100 millions de dollars par année du trafic de drogue mondial. La meilleure façon de perturber l’insurrection « islamiste » est d’accorder aux criminels et aux seigneurs de guerre alliés aux Étasuniens une partie du combat.
Dans ce contexte, les ordres du général Craddock sont tout ce qu’il y a de plus ironique lorsque l’on considère que les forces qui se battent actuellement contre l’OTAN en Afghanistan se sont enrichies dans les années 1980 quand Washington a fermé les yeux sur les réseaux de trafiquants de drogue qu’ils avaient eux-mêmes encouragés dans le but de faire du tort à leur adversaire de la guerre froide, l’Union Soviétique.
Selon le spécialiste Alfred W. McCoy, « durant les années 1980, les opérations clandestines de
la CIA en Afghanistan ont transformé l’Asie du Sud, une zone d’opium en vase clos, en un fournisseur important d’héroïne pour le marché mondial ». Comme moyen impérialiste, l’ISI a distribué des fonds, des armes et de l’expertise à des militants d’extrême droite, tel que Gulbuddin Hekmatyar. Voyou devenu dominant en attaquant des étudiants communistes et tristement célèbre pour avoir lancé de l’acide au visage de femmes non voilées à l’Université de Kaboul pendant les années 1970, Hekmatyar était un grand narcotrafiquant, favori de la CIA et de ses complices dans le crime de l’ISI. McCoy écrit ceci :


Au moment où les moudjahidin clients de l’ISI utilisaient leurs nouvelles munitions de la CIA afin de capturer des zones agricoles primordiales en Afghanistan pendant les années 1980, les guérilleros ont pressé leurs sympathisants chez les paysans de cultiver du pavot, doublant ainsi les récoltes d’opium du pays à 575 tonnes entre 1982 et 1983. Une fois que ces moudjahidin avaient amené l’opium de l’autre côté de la frontière, ils le vendaient à des raffineurs d’héroïne pakistanais qui opéraient sous la protection du général Fazle Huq, gouverneur de la NWFP. En 1988, on estimait de 100 à 200 le nombre de raffineries d’héroïne, uniquement dans le district de Khyber. Des camions de la National Logistics Cell de l’armée pakistanaise arrivant avec des armes de la CIA en provenance de Karachi retournaient souvent remplis d’héroïne et protégés contre les fouilles policières par des documents de l’ISI. (The Politics of Heroin, CIA Complicity in the Global Drug Trade, Chicago : Lawrence Hill Books, 1991, p. 453-454)


Le magazine d’actualités allemand Der Spiegel révélait le 28 janvier que « le commandant en chef de l’OTAN, John Craddock, souhaite que l’alliance tue les revendeurs d’opium, sans preuves de leur lien avec l’insurrection. Les commandants de l’OTAN refusent cependant de suivre les ordres ».

Dans un document dont Der Spiegel a obtenu copie, on mentionne que Craddock a donné des « directives » conférant aux troupes de l’OTAN l’autorité d’« attaquer directement les producteurs de drogue et leurs installations à travers l’Afghanistan ». En d’autres mots, les États-Unis veulent élargir la zone de tir libre existante, laquelle est directement responsable de milliers de victimes civiles. Der Spiegel rapporte que :

Selon le document, une force mortelle doit être utilisée même dans les cas où aucune preuve n’existe que les suspects sont engagés activement dans la résistance armée contre le gouvernement afghan ou les troupes occidentales. Il n’est « plus nécessaire de récolter des renseignements ou tout autre preuve que chaque trafiquant de drogue ou chaque unité de production de stupéfiants en Afghanistan remplit les critères qui en font une cible militaire », écrit le général Craddock. (Susanne Koelbl, « NATO High Commander Issues Illegitimate Order to Kill », Spiegel Online, 28 janvier 2009)


Un général allemand de l’OTAN, Egon Ramms, et d’autres commandants européens refusent de « déroger à leurs règles d’engagement actuelles en ce qui concerne les attaques », un geste qui a outré le général Craddock. Considéré comme un fidèle bushiste qui « craint que le nouveau président des États-Unis ne le remplace », Craddock menace de destituer tout commandant qui n’observe pas à la lettre la nouvelle ligne de parti et « ne suit pas ses instructions de pourchasser la mafia de la drogue ».
Mais ici comme ailleurs, les choses ne sont pas toujours comme elles semblent. Il serait peut-être plus juste de dire que le général Craddock, sous la pression de la nouvelle politique anti-Karzaï de l’administration Obama, ciblera quelques narcotrafiquants – ceux dans l’orbite de M. Karzaï – tout en refilant la concession lucrative d’opium à ses nouveaux « meilleurs amis à jamais », les seigneurs de guerre afghans et les « hommes d’affaires » pakistanais. Cela est particulièrement le cas depuis que Washington cherche de nouveaux « alliés provinciaux » davantage conciliants dans
la Force de protection civile afghane.
Tel que l’a documenté Peter Dale Scott dans Drugs, Oil and War, « des décisions ont été prises consciemment, à plusieurs reprises, précisément pour allier les États-Unis aux trafiquants de drogue locaux ». En Asie centrale et du Sud, ces «  trafiquants de drogue » et les institutions financières au service de puissants intérêts politiques, militaires et de renseignements, comme
la Bank of Credit, la Commerce International (BCCI) et son nébuleux « Réseau noir », ont aidé à transformer les moudjahidin afghans en Al-Qaeda.
Même s’ils tiennent un discours ouvertement islamiste, Al-Qaeda et ses membres affiliés ont continué à servir les agences de renseignement occidentales en tant qu’atouts jetables utilisés dans de diverses opérations de déstabilisation en Europe, au Moyen-Orient et en Asie dans les années 1990 et aujourd’hui. Tandis que « les voies ont changé selon la politique de l’époque, écrit M. Scott, le dénominateur de
la CIA est demeuré constant ».
C’est absurde ?

 Considérez ce qui suit. Lorsque la Special Forces Operational Detachment-Delta de l’Armée américaine (Force opérationnelle spéciale de détachement Delta, connue sous le nom de Delta Force) a « brisé » le cartel Medellín de Pablo Escobar dans les années 1990, elle se fiait à d’autres cartels de narcotrafiquants pour effectuer le travail, notamment le cartel de Cali – dirigé par les frères Orejuela, Gilberto Rodríguez et Miguel Rodríguez – plus grand et plus profitable que celui de Medellín.
Grâce à la déclassification de documents de
la CIA et de l’ambassade américaine par la National Security Archive, nous savons maintenant que c’était effectivement le cas. Plus important encore, les documents confirmaient que « les efforts anti-narcotiques » ne ciblaient pas le trafic de drogue en soi, mais uniquement les bandes criminelles qui se heurtaient aux intérêts géostratégiques étendus des États-Unis en Colombie, un pays riche en ressources.
En d’autres termes, la politique étasunienne dans la région revenait à protéger le trafic de drogue des alliés engagés dans des opérations de contre-insurrection anti-gauche. Tout en ciblant le cartel Medellín d’Escobar, le Special Operations Command (Commandement des opérations spéciales) des États-Unis et
la CIA collaboraient directement avec un escadron de la mort qui s’est ensuite métamorphosé en groupe paramilitaire allié à l’Armée colombienne, le Autodefensas Unidas de Colombia (AUC). Fondé par un grand narcotrafiquant international, Carlos Castaño, le AUC était un allié politique des frères Orejuela et de l’homme qui deviendrait plus tard président de la Colombie, Alvaro Uribe.
Les parallèles entre les deux régions riches en ressources ne pourraient frapper davantage. Le journaliste d’enquête pakistanais Ahmed Rashid décrivait un mode d’opération similaire lorsque l’occupation américaine de l’Afghanistan a débuté en 2001.

Le Pentagone détenait une liste de 25 laboratoires et entrepôts de drogue ou plus en Afghanistan, mais refusait de les bombarder car certains d’entres eux appartenaient au nouvel allié de la CIA, l’Alliance du Nord (AN). Les États-Unis ont déclaré à leurs alliés britanniques que la guerre au terrorisme n’avait rien à voir avec la lutte antidrogue. Les seigneurs de guerre ont plutôt été fêtés par la CIA qui leur demandait s’ils n’avaient pas des renseignements sur Oussama ben Laden. Ainsi, les États-Unis leur envoyaient un premier message des plus clairs : ils ne constituaient pas des cibles. (Descent into Chaos: The United States and the Failure of Nation Building in Pakistan, Afghanistan, and Central Asia, New York : Viking, 2008, pp. 320-321)


Avec la stratégie américaine régionale de contre-terrorisme toujours si tolérante, l’Afghanistan a produit une étonnante quantité d’opium, 8 700 tonnes métriques, et représente maintenant 92 % de la production mondiale d’opium, selon le Rapport mondial sur les drogues 2008 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Pendant ce temps, alors que l’administration Obama et le Pentagone préparent une escalade militaire d’envergure dans la région et que les talibans gagnent du terrain, « il y a peu de progrès perceptibles en ce qui concerne les efforts visant à enrayer la culture du pavot et le commerce de la drogue, qui remplissent les poches des talibans et du gouvernement », révèle le Washington Post.
Au contraire, autant chez les alliés de l’OTAN que chez leurs adversaires islamistes, de tels « efforts » sont le présage d’une bataille stratégique pour le contrôle du marché de l’héroïne valant plusieurs milliards de dollars. Peu importe qui sera « gagnant », les populations de l’Asie du Sud en subiront certainement les conséquences.

Tom Burghardt

Article original en anglais : America's New Asian Quagmire, Graveyard of Empires,

le 7 février 2009.
Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Antifascist-Calling.blogspot, Le 17 fevrier 2009

www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=BUR20090217&articleId=12335 - 


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n°242- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de l'Afghanistan - 19-02 -Fin - : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.

 


n°242- Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  l'Afghanistan - 19-02 -Fin - : Le nouveau bourbier asiatique des Etats-Unis : Le cimetière des empires.


Les  dossiers   'Géopolitique et stratégie' de l'Afghanistan

               n°418                                                                 19/02/09

                                 C.De Broeder    &   M.Lemaire  



Sommaire :  

2 Annexe

2-2 Spécial Russie

1 La Russie et l’Iran forcent la main à Washington.

2 Le zwischenzug de la Russie.

3 Nyet à un engagement sélectif.

4 La "nouvelle OTAN" russe et l’Afghanistan.

5 La Russie étendra son aide à l'OTAN si les relations se normalisent.

6 Le renouveau de l’influence russe en Asie centrale contraste avec l’enlisement occidental. 

2-3 Le secret américain de Nicolas Sarkozy.



2-2 Spécial Russie

1 La Russie et l’Iran forcent la main à Washington.

On peut penser qu'il n'y a rien de commun entre faire sauter un pont dans le Khyber, (Afghanistan ndlt) l'usage d'une base aérienne nichée au pied des collines du Pamirs (Kyrgyzstan ndlt) et le lancement d'un satellite de 37.2 kg en nocturne qui tournera autour de la terre 14 fois par jour.

Mais, assemblés, ces éléments déclenchent l'équivalent politique et diplomatique de ce qui est connu sous le nom de zwischenzug ce qui veut dire en terme de jeu d'échecs, un déplacement intermédiaire qui améliore la position du joueur.

Les Perses, qui ont inventé le jeu d'échecs dominent en ce qui concerne le zwischenzug.

Le porte parole du ministère des affaires étrangères, Hassan Qashqavi, a dit à Téhéran mercredi, " l'Iran n'a pas de plan pour arrêter son activité nucléaire. Lors de la rencontre à venir le comité des "Six sur l'Iran" devrait adopter une approche logique et accepter le fait que l'Iran est un état nucléaire".

Les résistants ne jouent pas aux échecs

Il est peu probable que les Talibans aient envisagé le zwischenzug imminent de l'Iran quand ils ont fait sauter lundi le pont métallique de 30 m dans le défilé de Khyber à 24 km à l' Ouest de Peshawar dans le Nord Ouest du Pakistan, stoppant l'approvisionnement des troupes de l'OTAN en Afghanistan. Mais la perturbation du trafic montre une nouvelle fois la vulnérabilité de la principale route d'approvisionnement de l'OTAN et concentre l'attention sur l'Iran.

Cela oblige l'OTAN à un important changement de politique. Le commandant en chef des forces de l'OTAN en Afghanistan, le général John Craddock, a admis que l'Alliance ne s'opposerait pas à ce qu'individuellement des états membres s'arrangent avec l'Iran pour approvisionner leurs troupes en Afghanistan. Pour citer Craddock, un général américain 4 étoiles qui est aussi le commandant suprême des forces alliées de l'OTAN, "ce seront des décisions nationales Les nations doivent agir en tenant compte de leurs intérêts nationaux et leur capacité à réapprovisionner leurs troupes. Je pense que la décision est entièrement la leur."

Craddock s'est fait l'écho de ce que le secrétaire général de l'Alliance, Jaap de Hoop Scheffer, avait dit il y a seulement une semaine que les pays membres de l'OTAN, inclus les US, devraient engager la discussion avec l'Iran pour qu'ils combattent les Talibans en Afghanistan.

Scheffer n'aurait pas parlé sans l'aval de Washington. Craddock n'a fait que le confirmer. L'OTAN souhaite utiliser la nouvelle autoroute construite par le gouvernement indien qui relie le centre de l'Afghanistan à la frontière iranienne à Zaranj, ce qui permettrait d'avoir accès au port en eau profonde de Chabahar dans le Golfe Persique. L'autoroute est peu utilisée. Les Indiens ont achevé sa construction il y a à peine quinze jours.

L'OTAN est pressée. Elle doit réduire d'une certaine façon sa dépendance aux voies d'approvisionnement via le Pakistan, utilisées pour acheminer en gros 80% du ravitaillement. Les observateurs ne peuvent que constater l'ironie de la situation. L'OTAN cherche une voie via l'Iran alors que Téhéran demande un retrait des troupes US d'Afghanistan.

Jeudi dernier, le ministre des affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaks, a fait remarquer que l'Iran avait prêté attention aux plans de l'administration du Président Barak Obama de retirer des troupes US d'Irak et "nous pensons que cela devrait de même s'étendre à l'Afghanistan".

L'ironie s'est accentuée lorsqu'il il a une quinzaine de jours le secrétaire à la défense US, Robert Gate, lors de son premier témoignage devant le Congrès en tant que membre de la nouvelle Administration, a mentionné une augmentation de "l'interférence" de l'Iran en Afghanistan et un double langage, et sous entendu que l'Iran exacerbait l'insurrection….

M.K. Bhadrakumar 06/02/09- www.atimes.com
Traduction Mireille Delamarre pour Planete Non-Violence
http://www.planetenonviolence.org/Afghanistan-Moscou-Et-Teheran-Forcent-La-Main-a-Washington_a1814.html


2 Le zwischenzug de la Russie.

Au coeur du problème c'est que dans leurs efforts pour ouvrir des voies d'approvisionnement au Nord à travers l'Amu Darya, les US se retrouvent mêlé au grand jeu en Asie Centrale. Les porte-paroles américains ont affirmé avec insouciance que la Russie et des états d'Asie Centrale mettaient à disposition des voies d'approvisionnement. Mais la géopolitique ne le confirme pas.

Le Président du Kyrgyzstan, Kurmanbek Bakiyev, a lancé une bombe mardi en demandant la fermeture de la base militaire US à Manas, utilisée pour convoyer du ravitaillement en Afghanistan. Il a dit cela après des discussions avec le Président russe, Dmitry Medvedev, au cours desquelles Moscou s'est engagé à annuler la dette de 180 millions de $ de Bishkek, et à prêter également 2 milliards de $, avançant dans l'immédiat 150 millions de $.

L'envoyé de l'OTAN en Asie Centrale, Robert Simmons, s'est précipité à Bishek dans un dernier effort pour essayer d'empêcher la décision Kyrgyz, mais en vain, et a admis que cela aurait un impact négatif sur les opérations de l'OTAN en Afghanistan. Washington espère encore sauver la situation, mais cela implique faire appel à l'aide de Moscou.

Moscou est partant comme toujours - à condition que les US ( et l'OTAN) soient prêts à ranger au placard leur agenda géopolitique mal venu d'étendre et d'approfondir leur présence stratégique en Asie Centrale sous prétexte de développer de nouvelles voies d'approvisionnement pour l'Afghanistan. Simplement dit, Moscou est irrité par la diplomatie abrasive de Washington ces dernières semaines en Asie Centrale.

Les US ont signé un accord avec le Kazakhstan, un allié clé de la Russie, offrant de fournir "une part significative " de leurs approvisionnements pour l'Afghanistan à ce pays qui en retour devrait fournir des troupes pour l'Afghanistan. C'est compréhensible que Moscou (et Beijing) voient avec inquiétude le rapprochement des US avec leur allié clé du SCO (Shangai Security Coopération Organisation) et du CSTO (Collective Security Traity Organisation) devenir un satellite stratégique de l'Occident. De même, le zwischenzug de Moscou pour évincer l'armée US du Kyrgyzstan bénéficierait, c'est sûr, de l'encouragement des Chinois.

M.K. Bhadrakumar 06/02/09- www.atimes.com
Traduction Mireille Delamarre pour Planete Non-Violence
http://www.planetenonviolence.org/Afghanistan-Moscou-Et-Teheran-Forcent-La-Main-a-Washington_a1814.html


3 Nyet à un engagement sélectif.

Washington préfère un "engagement sélectif" sans considérer les facteurs sousjascents qui ont causé un froid dans les relations.

Le Kremlin reste prudemment optimiste quant à la possibilité qu' Obama aborde les relations US Russie dans une nouvelle perspective. Cela se reflète dans un commentaire piquant fait par Gorbatchev que "jusqu'à présent il y a des raisons d'être optimiste"

Mais un sentiment sousjascent d'exaspération est visible. Comme l'a dit un commentateur de Moscou, l'époque de G.W. Bush est peut être terminée, mais les "conséquences sont encore présentes". Obama a peut être de nouvelles idées, mais les "vieux qui tirent les ficelles" sont toujours là au sein de l'Administration dans des postes clés, et par conséquent, Obama aura peut être besoin d'années plutôt que de mois pour façonner une nouvelle politique étrangère.

Donc Moscou a eu recours au zwischenzug. Samedi dernier, le journal influent de Moscou, Nezavisimaya Gazeta, a rapporté que la Russie a proposé de réouvrir la base aérienne clé de l'aire soviétique à Bombora sur la côte d'Abkhasie dans la Mer Noire. Mardi, la Russie a signé un accord avec la Biélorussie pour la mise en place d'un système de défense aérien intégré. Mercredi, Medvedev a utilisé le forum de CSTO pour rappeler qu'il était ouvert à une coopération avec les US dans la lutte contre le terrorisme en Afghanistan.

De même, lors de commentaires en lien avec cela, faits mercredi par le vice ministre des affaires étrangères russes, Frigory Karasin, celui-ci a dit : "nous espérons que nous aurons avec les US des discussions spéciales et professionnelles sur ce sujet (des voies de transit pour l'Afghanistan) dans le futur proche. Nous verrons comment nous pouvons coopérer efficacement... Les US, l'Asie Centrale, La Chine - nous avons tous intérêt à ce que l'opération anti -terroriste en Afghanistan réussisse." Karasin a assuré que l'éviction de Manas des US ne "s'avérerait pas être une obstruction".

En somme, la balle est dans le camp d'Obama. La grande question c'est de savoir s'il peut écraser les partisans de la ligne dure et se défaire du lourd bagage géopolitique que sa guerre afghane en perte de vitesse porte inutilement.

Pendant ce temps, l'ombre des relations US-Russie tombe sur l'Hindou - Kush. Les médias russes ont rapporté qu'une délégation militaire de haut niveau est attendue à Moscou dans le "futur proche". Alors qu'il y a une forte possibilité qu'Obama retire son soutien au Président afghan, Hamid Karzai, Moscou va peser ses options.

Les US sont perchés au dessus d'une pente glissante en Afghanistan. La résurgence des Talibans continue et la situation sécuritaire se détériore, mais l'OTAN est incapable d'augmenter le niveau de ses troupes ou d'évoluer vers une stratégie efficace. Les voies d'approvisionnement de l'OTAN ont été menacées, mais des routes alternatives doivent encore être négociées. Le fossé entre les US et Karzai s'élargit, mais catapulter un remplaçant à Kaboul n'est jamais chose facile. De nouveau, Washington devrait faire pression sur Islamabad, mais la situation au Pakistan est bien trop fragile pour supporter plus de pression.

M.K. Bhadrakumar 06/02/09- www.atimes.com
Traduction Mireille Delamarre pour Planete Non-Violence
http://www.planetenonviolence.org/Afghanistan-Moscou-Et-Teheran-Forcent-La-Main-a-Washington_a1814.html

Mais un mot allemand est bien plus approprié - zugzwang. Littéralement, cela veut dire "obligé de bouger". C'est à dire quand une situation se développe sur l'échiquier, que le joueur n'a d'autre possibilité que de bouger bien que cela affaiblisse sa position, mais qu'il doit néanmoins le faire.

C'est peut être trop s'avancer que de dire que Moscou et Téhéran ont coordonné leur zwischenzug respectifs, mais c'est sûr que les deux attendent ardemment le zugzwang de Washington.

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20/02/2009

n°241- dossiers de l'Afghanistan -19-02 - Début - : Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.


n°241- dossiers de l'Afghanistan -19-02 - Début - : Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.



           dossiers de l'Afghanistan n°241 du 19-02

                 C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Tiré à part :

A nouveau des civils tués dans une frappe aérienne des forces internationales.

1-1 L'Otan renforce ses «psyops».

1-2 Reportage instructif au JT de la RTBF sur la formation des policiers afghans par les occidentaux.

2 Brèves

2-1 Obama ne voit pas de solution exclusivement militaire a sa guerre contre l’Afghanistan.

2-2 Afghanistan, Pakistan, l’irruption des « néotalibans ».

3  Dossiers

3-1 Les États-Unis et l'état de droit.

Suite

3-2 William Blum : Le rapport qui accable l’Empire.

3-3 Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.

3-4 Amel Blidi : Prisons secrètes de la CIA = La CIA dans la spirale des scandales.

3-5 Afghanistan: des milliers d'armes américaines dans la nature.

T.Hocine : La guerre en Afghanistan.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Des groupes de médecins demandent qu'on élimine les échappatoires sur la pratique de la torture.

4-2 Obama met (presque) fin à la torture.

4-3  60 ans de l’OTAN, c’est assez.

6 Annexe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6-1 L’Alliance atlantique à la recherche de nouvelles missions.


6-1 L’Alliance atlantique à la recherche de nouvelles missions.

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n°241- dossiers de l'Afghanistan -19-02 - Suite - : Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.


n°241- dossiers de l'Afghanistan -19-02 - Suite - : Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.



           dossiers de l'Afghanistan n°241 du 19-02

                 C.De Broeder & M.Lemaire

 



Sommaire :  

3-2 William Blum : Le rapport qui accable l’Empire.

3-3 Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.

3-4 Amel Blidi : Prisons secrètes de la CIA = La CIA dans la spirale des scandales.

3-5 Afghanistan: des milliers d'armes américaines dans la nature.

T.Hocine : La guerre en Afghanistan.



3-2 William Blum : Le rapport qui accable l’Empire.

Nous ne pouvons croire en un changement de discours. Je le dis depuis longtemps : quels que soient les changements dans le bons sens qui pourraient se produire dans les questions de politique intérieure, et ceux qui se sont déjà produits sur le plan de l’environnement ou de l’avortement, l’administration Obama n’apportera rien d'un tant soit peu significatif dans la politique étrangère américaine. Et très peu de mesures, dans ce domaine, seront prises pour alléger le niveau de la misère que l’Empire américain apporte régulièrement à l’humanité. Et si Barack Obama désire exprimer clairement ce en quoi il croit sans que cela soit matière à controverse, il est une seule chose en laquelle il croit et c’est l’Empire.

3 février 2009

La bulle de l’obamania devrait déjà avoir commencé à perdre un peu d’air avec les multiples bombardements américains sur le Pakistan au cours des tout premiers jours qui ont suivi l’investiture. Le Pentagone a mis la Maison-Blanche au courant de ses plans et la Maison-Blanche n’a émis aucune objection. Ainsi donc, ce largage de bombes a-t-il été le premier crime de guerre d’Obama. Les douzaines de victimes étaient bien sûr tous des gens mauvais, y compris les femmes et les enfants. Puis, dans ces bombardements, vous ne connaîtrez jamais les noms de toutes les victimes – on peut douter que le Pakistan même les connaisse jamais – ni ne saurez jamais quels crimes elles avaient commis pour mériter la peine de mort. L’un ou l’autre Pakistanais pauvre a sans doute gagné un joli pourboire pour avoir dit aux autorités que tel ou tel type dangereux vivait dans cette maison là-bas plus loin ; trop mauvais pour tous les autres qui vivaient avec ce sale type, ce qui donnait à présumer, naturellement, que le sale type lui-même vivait dans cette maison, là-bas.
Le nouveau secrétaire de presse de
la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a refusé de répondre aux questions à propos des premières frappes aériennes, en disant : « Je ne vais pas aborder ce sujet (1). » Où avons-nous déjà entendu cela plus tôt ?
Après nombre de ces bombardements au cours des dernières années, un porte-parole des États-Unis ou de l’Otan a solennellement déclaré : « Nous regrettons les pertes en vies humaines. » Ce sont exactement les mots qu’a prononcés l’Armée républicaine irlandaise (IRA) dans bon nombre d’occasions, mais les actions de cette dernière ont été typiquement qualifiées de « terroristes ».
Je souhaiterais pouvoir être un obamaniaque. J’envie leur enthousiasme. Voici, sous la forme d’une lettre ouverte adressée au président Obama, quelques-uns des « changements auxquels nous pourrions croire » en politique étrangère et qui pourraient avoir lieu pour rallier à Obama les non-croyants dans mon genre.
L’Afghanistan
Peut-être le peuple le plus misérable de la planète, sans espoir en vue aussi longtemps que les puissances du monde continueront à bombarder, envahir, bouleverser, occuper et massacrer son pays. L’armée américaine prévoit de jeter 30.000 jeunes Américains de plus sur les champs de bataille et elle est occupée à construire huit nouvelles bases importantes dans le sud du pays. N’est-ce pas absurde ? Si cela vous paraît sensé, je vous suggère de vous lancer dans la pratique présidentielle consistant à accompagner les militaires quand ils informent des parents américains que leur enfant a perdu la vie dans un endroit qui s’appelle l’Afghanistan.
Si vous vous retirez de ce cauchemar, vous pouvez aussi arrêter de bombarder le Pakistan. Laissez tomber, même s’il en résulte le retour au pouvoir de ces affreux Taliban. Au moins eux offrent la sécurité aux sinistrés du pays et il y a des signes montrant que les actiels Taliban ne sont pas tous des intégristes.
Mais, d’abord, fermez la prison de Bagram et les autres camps de détention, qui sont pires encore que Guantanamo.
Et cessez de prétendre que les États-Unis se préoccupent du sort du peuple afghan et non pas des oléoducs et gazoducs qui peuvent contourner
la Russie et l’Iran. Les États-Unis ont tenté de combler le vide du pouvoir provoqué en Asie centrale par la dissolution de l’Union soviétique, et ce, afin d’affimer la domination de Wahsington sur une région qui possède les secondes réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel du monde. L’Afghanistan va-t-il devenir votre Irak ?


L’Otan
Alors qu’au départ, elle était censée protéger l’Europe d’une [imaginaire] invasion soviétique, elle est devenue une armée d’occupation en Afghanistan. Mettez un terme à cet anachronisme historique que le dirigeant russe Poutine a surnommé « le cadavre puant de la guerre froide » (9). Vous pouvez réaliser cela en quittant cette organisation. Sans les États-Unis, leurs interminables actions militaires et leurs ennemis officiellement désignés, l’organisation n’aurait même pas le prétexte d’un but, et c’est en fait tout ce qu’elle a laissé. Ses membres doivent être brimés, menacés et soudoyés pour envoyer des forces militaires en Afghanistan.

La torture
Vos ordres exécutifs concernant ce problème d’une extrême importance ont l’air noble à première vue, mais ils laissent toujours à désirer. Ils disent que les nouveaux standards mettant manifestement un terme à la torture s’appliquent à tout « conflit armé ». Mais que dire si votre administration choisit de considérer le futur contre-terrorisme et d’autres opérations comme ne faisant pas partie des « conflits armés » ? Et il n’est aucunement fait mention d’« interprétation » - kidnapper un homme dans la rue, le jeter dans une voiture, lui jeter un chapeau sur la tête, lui ôter tous ses vêtements, l’exhiber dans des langes, l’enchaîner sous tous les angles et l’envoyer par avion dans un centre de torture à l’étranger. Pourquoi ne pouvez-vous pas dire tout simplement que tout cela ainsi que tout recours par les États-Unis à des tortionnaires par procuration est banni et pour toujours ?
Il ne suffit pas de dire que vous êtes opposé à la torture ou que les États-Unis « ne pratiquent pas la torture » ou « ne tortureront pas ». George W. Bush a affirmé régulièrement la même chose. Pour montrer que vous n’êtes pas George W. Bush, il vous faut enquêter sur les responsables du recours à la torture, même si cela signifie qu’il va vous falloir poursuivre une petite armée de criminels de guerre faisant partie de l’administration Bush.
Vous n’avez pas pris un bon départ en désignant l’ancien fonctionnaire de
la CIA John O. Brennan comme votre principal conseiller sur le plan du contre-terrorisme. Brennan a dit de l’« interprétation » qu’il s’agissait d’un « outil primordial » et il a encensé les techniques d’interrogatoire de la CIA parce qu’elles fournissaient des renseignements « qui nous sauvaient la vie » (10). Alors, qu’est-ce que vous en pensez, Barack ? Abdelbaset Ali Mohmed al Megrahi
Libérez ce Libyen de sa prison écossaise, où il purge une peine à vie après avoir été accusé à tort par les États-Unis d’avoir fait sauter le vol 103 de
la PanAm, en décembre 1988, attentat qui avait tué 270 personnes [au-dessus de Lockerbie], en Ecosse. En fait, c’était l’Iran qui était derrière cet attentat – par représailles, parce que les États-Unis avaient abattu un avion iranien transportant des passagers en juillet, tuant ainsi 290 personnes – et non la Libye, que les États-Unis avaient accusé pour des raisons politiques (11). Aucune nation ne peut se comporter de façon plus cynique que cela. Aujourd’hui, Megrahi est en train de mourir d’un cancer en prison, mais ni les États-Unis ni la Grande-Bretagne ne veulent le libérer. Ce serait trop embarrassant d’avouer 20 années de mensonges éhontés.

Monsieur le Président, il y a encore bien d’autres choses à nettoyer, dans notre politique étrangère, si vous voulez être pris au sérieux en tant que chef moral, comme Martin Luther King, Jr. : bannir l’utilisation de l’uranium appauvri, celle des bombes à fragmentation ou à sous-munitions et autres armes horribles, rallier le Tribunal pénal international, au lieu de tenter de le saboter, présenter un tas d’excuses, dont certaines nécessaires depuis très longtemps, en sus des excuses susmentionnées dues au Vietnam, et bien plus encore. Voilà de la besogne prémâchée pour vous si vous désirez vraiment apporter un peu de bonheur à ce triste vieux monde, rendre l’Amérique crédible et la faire aimer à nouveau, cesser de créer des armées de terroristes antiaméricains et convaincre des gens comme moi.
Autre chose. Est-ce que vous comprenez que vous pouvez éliminer tous les déficits des États et les déficits fédéraux, assurer des soins de santé gratuits et un enseignement universitaire gratuit pour chaque Américain, payer une interminable flopée de programmes sociaux et culturels valables, uniquement en mettant un terme à vos guerres en Irak et en Afghanistan, en n’en entamant pas de nouvelles et en fermant pour de bon les 700 et quelques bases militaires du Pentagone ? Pensez-y puisqu’il s’agit du dividende de paix qu’on avait promis aux Américains lorsque la guerre froide se terminerait un jour ou l’autre, mais qu’ils n’ont jamais reçu. Que diriez-vous de le donner enfin, Monsieur le Président ? Il n’est pas trop tard.

Mais vous êtes voué à l’Empire. Et l’Empire est voué à la guerre. Ca sent vraiment trop mauvais, tout ça !
Notes
1. Washington Post, 24.1.09, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-1
2. Interview, al Arabiya TV, 27.1.09, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-2>
3.
Gorbachev prenant la parole en Floride, South Florida Sun-Sentinel, 17.4.08, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-3
4. http://www.killinghope.org/bblum6/polpris.htm http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-4
5.
Washington Post, 5.5.07, p.1, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-5
6. New York Times, 11.1.09, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-6
7. Washington Post, 19.1.09, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-7
8. Newsweek, 27.5.02, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-8
9. Press Trust of India (agenc d’information), 21.12.07,
http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-9
10.
Washington Post, 26.11.08, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-10
11. http://www.killinghope.org/bblum6/panam.htm http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-11
Source : www.killinghope.org
Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12335

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2009-02-14%2018:58:29&log=invites

www.Mondialisation.ca


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n°241- dossiers de l'Afghanistan -19-02 - Fin - : Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.


n°241- dossiers de l'Afghanistan -19-02 - Fin - : Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.



           dossiers de l'Afghanistan n°241 du 19-02

                 C.De Broeder & M.Lemaire

 



Sommaire :  

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Des groupes de médecins demandent qu'on élimine les échappatoires sur la pratique de la torture.

4-2 Obama met (presque) fin à la torture.

4-3  60 ans de l’OTAN, c’est assez.

6 Annexe

6-1 L’Alliance atlantique à la recherche de nouvelles missions



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Des groupes de médecins demandent qu'on élimine les échappatoires sur la pratique de la torture.

Tout en applaudissant les récents décrets du président Obama interdisant la torture et certaines autres pratiques d'interrogation, des groupes de médecins aux États-Unis attirent l'attention sur une section peu connue du Field Manual on Interrogation (manuel de service sur l'interrogation) de l'armée qui, disent-ils, continue de permettre l'utilisation de tactiques pouvant être interprétées comme de la torture ou un traitement cruel, inhumain et dégradant par le droit américain et le droit international.

Il s'agit de l'« Annexe M » du manuel, qui autorise la privation du sommeil, la privation sensorielle et l'isolement, appelé « séparation ». Selon les décrets du président Obama, toutes les agences de l'État, y compris la CIA, doivent suivre ce qui est écrit dans le manuel pour ce qui est des techniques d'interrogation.

Mais le groupe Physicians for Human Rights (PHR), organisation à but non lucratif et prix Nobel, demande que le groupe de travail nommé par le président pour revoir les politiques d'interrogation et de transfert d'abolir l'annexe et de consulter les organisations de défense des droits humains.

John Bradshaw, directeur du groupe à Washington, a dit à l'agence IPS : « La technique de séparation permise par l'Annexe M semble innocente mais en réalité elle autorise la privation du sommeil, la privation sensorielle et l'isolement. »

« Ces techniques constituent de la torture psychologique, dit-il, surtout lorsqu'elles sont utilisées en même temps. » L'administration Obama doit éliminer cet échappatoire qui laisse la porte ouverte à la torture.

Le groupe de médecins demande également au président Obama et au Congrès d'« autoriser immédiatement une commission non partisane à enquêter sur l'autorisation, la justification légale et l'application de la torture psychologique et physique sous le régime de l'administration Bush ».

Tout mécanisme de contrôle doit comprendre la participation d'un groupe chargé d'enquêter la participation de professionnels de la santé dans le mauvais traitement de détenus, dit-il.

Le PHR demande à Obama de mettre fin à l'utilisation de conseillers en sciences du comportement dans les interrogations. L'utilisation de ces conseillers constitue une violation de l'éthique médicale et est en rupture de tradition pour les professionnels de la santé, dit Frank Donaghue, directeur du PHR.

L'utilisation de professionnels de la santé pour infliger un mauvais traitement aux détenus constitue en soi un crime de guerre, dit-il. Il ajoute : « En dépit de tout ce qui a été révélé jusqu'à présent au sujets des mauvais traitements infligés par des professionnels de la santé, beaucoup de questions restent sans réponse, et en premier lieu la question à savoir si les personnes responsables d'infractions à l'éthique médicale et à la loi seront appelées à rendre des comptes. »

Le désir de tourner la page sur sept années de mauvais traitement et de torture de détenus par les forces armées américaines est compréhensible, poursuit M. Donaghue.

Mais « le président Obama, le Congrès et les professions de la santé ne se seront pas acquittés de leurs obligations envers la constitution et l'éthique médicale si nous nous contentons de réforme sans imputabilité. »

D'autres professionnels de la santé prennent une position semblable. Le psychologue Jeffrey Kaye fait remarquer entre autres qu'après le scandale d'Abu Ghraib, le gouvernement américain voulait cacher ou interdire tout traitement risquant de faire scandale dans la presse, comme les révélations au sujet du waterboarding (simulation de noyade). Pour ce faire, il a déformé les Conventions de Genève pour faire croire que le programme d'interrogatoire par la force était utilisable en citant l'annexe M du manuel.

Il ajoute : « Ce programme compte sur la production d'une régression psychologique en utilisant en même temps l'isolement cellulaire, la fatigue, la privation du sommeil, la privation sensorielle et le sentiment de crainte pour créer un état de dépendance par rapport à l'interrogateur. Ces techniques qu'autorise le manuel, et appliquées avec l'aide de médecins et de spécialistes du comportement, comme les psychologues, sont tout à fait à l'antithèse de la loi actuelle et constituent de la torture et/ou un traitement cruel, inhumain des prisonniers. »

En fait, explique-t-il, l'isolement est l'essence du mauvais traitement fait aux détenus de l'armée américaine, ajoutant que l'isolement peut provoquer une détérioration grave de l'état mental de la personne.

« Cette détérioration peut se produire en quelques jours, bien avant la période de 30 jours autorisée par l'annexe M du manuel. Et d'ailleurs, la période de 30 jours peut être prolongée plusieurs fois, moyennant une autorisation. »

Durant l'administration Bush, plusieurs organisations médicales bien en vue ont demandé au président de mettre un terme à la participation de professionnels de la santé à l'interrogation des détenus. L'American Medical Association a adopté une résolution à cet effet qui condamne « la participation de médecins à la torture ou au traitement inhumain d'individus en rapport avec la détention et l'emprisonnement ».

Il n'en demeure pas moins qu'il y a amplement de preuve démontrant que des membres du personnel médical de l'armée ont participé à la torture et au mauvais traitement de prisonniers. Les rapports indiquent, par exemple, que les Behavioral Science Consultation Teams (équipes de conseillers en science du comportement) comprenaient des professionnels qui étaient au courant des abus et qui ne les ont pas rapportés. Certains ont participé directement à la mise au point de plans d'interrogation abusive et des médecins et psychiatres auraient facilité les mauvais traitements en donnant aux interrogateurs des informations concernant la santé mentale et les vulnérabilités des détenus.

(Source : Inter Press Services)

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39031.htm


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19/02/2009

n°240 - Journal de l'Afghanistan- 10-02 au 18-02 - Début : Une "commission vérité" sur les années Bush ?


n°240 - Journal de l'Afghanistan-  10-02 au 18-02 - Début : Une "commission vérité" sur les années Bush ?



               journal de l'Afghanistan n° 240 - du 10 au 18-02

            C.De Broeder & M.Lemaire                                                                            

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: Taliban- 'Al Qaïda'  &  Ben Laden = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance . idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

La résistance contrôle les trois quarts de l'Afghanistan.

Une "commission vérité" sur les années Bush ?

Une alliance militaire qui intervient dans le monde entier, qui possède des armes nucléaires et est prête à les utiliser en premier, représente un danger pour la paix mondiale.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Pertes civiles attribuées aux forces pro-gouvernementales en 2008"

Paroles & action du président...

Obama ne laissera pas Al-Qaïda "agir impunément"…

Privilégier la diplomatie...

L'Afghanistan au cœur des débats.

dégradation généralisée du respect au droit international

1 La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

1 La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

Suite

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

Fin

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

7 Les Brèves

7-1 Obama ne laissera pas Al-Qaïda "agir impunément"

7-2 Des leçons pour les USA : l'expérience soviétique serait utile aux USA.

7-3 Washington a perdu sa base militaire au Kirghizstan à cause d'une dispute sur le loyer.

7-4 Des milliers d'armes US dans la nature.

7-5 La France va se retrouver "rétrécie diplomatiquement" en rentrant dans le commandement intégré de l'OTAN.

7-6 Les soldats tchèques resteront en Afghanistan.

7-7 Du matériel US pour l'Afghanistan va transiter par la Russie



L'Afghanistan en chiffre du 10-02 au 18/02/09 

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 5

 x

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 52

 61

 

 

 

Peuple Afghan

 20

 4 + x

 



Tiré à part :

La résistance contrôle les trois quarts de l'Afghanistan.

C'est ce qu'avance le Conseil international pour la Sécurité et le Développement, un centre de réflexion européen qui publie un document intitulé «Lutte pour Kaboul : l'avancée des talibans». Principale conclusion de ce rapport : les talibans sont présents non plus de manière sporadique mais en permanence sur 72% du territoire afghan, cette année, contre 54% en 2007.

Dans un nombre croissant de petites villes et villages du Sud, ils seraient même considérés par les habitants comme l'autorité de fait.

Quant à Kaboul, la sécurité de trois des quatre axes qui y conduisent serait très compromise par les activités des talibans qui resserrent leur étau autour de la capitale, où se multiplient les attaques et les enlèvements. Une stratégie d'encerclement qui fait redouter aux auteurs du rapport un coup de force sur Kaboul. Toujours selon le rapport, les talibans ont désormais le dessus en Afghanistan, sur le plan militaire et politique.

Sara Daniel
Le Nouvel Observateur

http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&task=view&id=376&Itemid=41

 

Une "commission vérité" sur les années Bush ?

 Le président de la commission judiciaire du Sénat américain Patrick Leahy s'est prononcé lundi pour une "commission vérité" sur le modèle de l'Afrique du Sud de l'après-apartheid, afin d'enquêter sur les abus présumés sous l'administration du président George W. Bush.
Le sénateur démocrate a indiqué qu'une telle commission pourrait notamment examiner la question des techniques d'interrogatoires apparentées à de la torture, ainsi que celle des écoutes téléphoniques extrajudiciaires.
Eviter les erreurs
"Je fais cela non pas pour humilier les gens mais pour faire sortir la vérité de façon à ce que nous ne fassions pas d'autres erreurs", a-t-il dit en comparant son projet à la "Commission vérité et réconciliation" mise en place en Afrique du Sud après l'apartheid.
M. Leahy, qui a dévoilé sa proposition au cours d'un discours à l'Université de Georgetown à Washington, a dit que son idée était de faire une proposition à mi-chemin entre ceux qui veulent des procès pour les responsables de l'administration Bush et ceux qui veulent passer l'éponge.
La vérité
"L'une des façons d'atteindre ce but serait un processus de réconciliation et de vérité", a-t-il dit. "Les gens seraient invités à se présenter et partager leurs expériences et leurs connaissances, non pas pour instruire des procès, mais pour rassembler des faits", a indiqué M. Leahy.
"Nous avons besoin d'une vision impartiale de ce qui s'est passé. Parfois, la meilleure façon de progresser est d'aller vers la vérité, découvrir ce qui s'est passé pour que cela n'arrive plus", a-t-il dit.

(belga)

10/02/09 06h14

 

Une alliance militaire qui intervient dans le monde entier, qui possède des armes nucléaires et est prête à les utiliser en premier, représente un danger pour la paix mondiale.
L’OTAN, peu de gens ont une réelle idée de ce que fait cette organisation internationale. Pourtant, notre politique de sécurité nationale est déterminée en grande partie par l’adhésion de
la Belgique à l’OTAN : la Belgique mène la guerre en Afghanistan, la Belgique héberge des armes nucléaires de l’OTAN à Kleine Brogel, la machine de guerre américaine pour l’Irak est rendue possible par le transport de matériel militaire via nos voies ferrées, nos ports et aéroports. L’OTAN considère ses interventions militaires, qu’elle mène dans le monde entier, comme une priorité principale. En Afghanistan, l’OTAN nous montre clairement sa manière de procéder : apporter la paix et la démocratie par les bombardements de ses avions de combat.
Le 4 avril
2009, l'OTAN fêtera son soixantième anniversaire. Les chefs d’Etat et des gouvernements se réuniront à Strasbourg pour le sommet de l’OTAN.

La campagne NATO GAME OVER de Vredesactie proclame à nouveau ses convictions : Une alliance militaire qui intervient dans le monde entier, qui possède des armes nucléaires et est prête à les utiliser en premier, représente un danger pour la paix mondiale.
Plus d’infos: www.vredesactie.be    0484 05 20 28  benoit@vredesactie.be


Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

12-02

Quatre civils et un résistant ont été tués dans un raid aérien des forces internationales dans  la province du Logar, a déclaré un responsable provincial.

Reuters

13-03

Cinq enfants ont été tués dans des échanges de tirs entre soldats australiens et résistants dans la province d'Uruzgan au sud de l'Afghanistan, a annoncé vendredi l'armée australienne.

Plusieurs civils ont été blessés.

Les soldats australiens patrouillaient jeudi quand ils ont été attaqués et ont répliqué, a indiqué le ministère de la Défense australien.

"Selon les premières informations, un présumé résistant se trouve parmi les personnes tuées ainsi que des habitants, dont cinq enfants", selon le communiqué qui précise que "deux adultes et deux enfants ont été blessés".

(ats / 13 février)

 

Pertes civiles attribuées aux forces pro-gouvernementales en 2008"

2.118 civils tués selon un rapport publié mardi par les Nations Unies. (soit une hausse de 40% par rapport à 2007-)

Les frappes aériennes ont été largement responsables  des pertes civiles attribuées aux forces pro-gouvernementales en 2008( 64%)", a expliqué l'Unama.

Les bavures lors des bombardements des forces internationales en Afghanistan provoquent la colère de la population et des autorités afghanes, en particulier du président Hamid Karzaï.

"Les victimes civiles ne sont pas tolérables (...). Mais nous devons nous rappeler que les ennemis de l'Afghanistan sont les principaux responsables des pertes civiles", a commenté le porte-parole de la présidence, Homayun Hamidzada.

Pour sa part, la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan a livré un bilan différent, a déclaré à l'AFP le commandant Martin O'Donnell, un porte-parole de l'Isaf.

Ce dernier évoque des "différences de méthodologie" pour expliquer l'écart considérable avec les chiffres de l'ONU.

Ps :  130 civils tués n'a pas pu être attribuée à l'une ou l'autre partie", a précisé l'Unama dans son rapport.

17-02

Afp

www.actu.ma/afghanistan-forte

www.la-croix.com/afp.static/


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n°240 - Journal de l'Afghanistan- 10-02 au 18-02 – Suite 1 : Une "commission vérité" sur les années Bush ?


n°240 - Journal de l'Afghanistan-  10-02 au 18-02 – Suite 1 : Une "commission vérité" sur les années Bush ?



               journal de l'Afghanistan n° 240 - du 10 au 18-02

            C.De Broeder & M.Lemaire                                                                            



Sommaire.

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

7 Les Brèves

7-1 Obama ne laissera pas Al-Qaïda "agir impunément"

7-2 Des leçons pour les USA : l'expérience soviétique serait utile aux USA.

7-3 Washington a perdu sa base militaire au Kirghizstan à cause d'une dispute sur le loyer.

7-4 Des milliers d'armes US dans la nature.

7-5 La France va se retrouver "rétrécie diplomatiquement" en rentrant dans le commandement intégré de l'OTAN.

7-6 Les soldats tchèques resteront en Afghanistan.

7-7 Du matériel US pour l'Afghanistan va transiter par la Russie



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Karzai

Karzaï s'en prend à Obama

A peine installé à la Maison blanche, Barack Obama doit faire face à ses premières critiques internationales.

Elles émanent d'Hamid Karzaï. Invité de CNN, le président afghan a condamné les propos de son homologue américain, qui avait jugé le gouvernement de Kaboul comme "très détaché" de la population afghane. "Peut-être est-ce parce que cette administration ne s'est pas encore organisée", a-t-il lancé.

"J'espère qu'ils s'ajusteront et qu'à mesure qu'ils en apprendront davantage, nous observerons un meilleur jugement (de leur part)", a-t-il ajouté.

http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/international/200907/afghanistan-karzai-s-en-prend-a-obama_187900.html

Karzaï hausse le ton

Considéré comme un allié des États-Unis, Hamid Karzaï est aujourd'hui l'objet de leurs critiques croissantes...

Il a réagit, déclarant qu'il espérait un "meilleur jugement" de la part de l'équipe d'Obama.

Invité de CNN, il a estimé qu'en décrivant la semaine dernière le gouvernement de Kaboul comme "très détaché" du peuple afghan, Obama avait témoigné de l'immaturité de son administration.

"Peut-être est-ce parce que cette administration ne s'est pas encore organisée", a-t-il dit. "J'espère qu'ils s'ajusteront et qu'à mesure qu'ils en apprendront davantage, nous observerons un meilleur jugement (de leur part)."

"Chaque fois qu'il y a un désaccord (entre Kaboul et Washington), ce genre de choses se répètent. J'en conclus que cela fait malheureusement partie d'une stratégie de pression politique", a ajouté Karzaï.

Reuters

16-02


Les grandes manoeuvres

Hamid Shalizi : Karzaï se joindra au réexamen de la politique US en Afghanistan.

Barack Obama a accepté une requête du gouvernement Afghan de prendre part au réexamen global de la politique américaine en Afghanistan, annonce l'émissaire des Etats-Unis dans la région Richard Holbrooke.

L'émissaire spécial de Barack Obama pour l'Afghanistan et le Pakistan a confirmé que le gouvernement américain avait accepté la requête des Afghans, comme il avait accepté une demande similaire des Pakistanais.

L'envoyé spécial US Holbrooke avait passé samedi la journée en pourparlers avec le président afghan Hamid Karzaï afin de négocier les détails de la participation afghane à la révision de la stratégie américaine.

Cette réévaluation, annoncée mardi dernier par la Maison blanche, doit balayer les aspects militaires et non militaires de la politique des Etats-Unis en Afghanistan et au Pakistan et devra être achevée avant le sommet de l'Otan début avril.

Karzaï s'est déclaré "très reconnaissant que le président Obama ait accepté la proposition de l'Afghanistan de se joindre à l'examen stratégique de la guerre".

L'Afghanistan va envoyer une délégation à Washington, conduite par le ministre des Affaires étrangères Rangeen Dadfar Spanta pour participer aux discussions sur cette révision de la stratégie, a-t-il précisé aux journalistes.

Les relations sont toutefois tendues entre le président Karzaï et la nouvelle administration américaine. Les Etats-Unis et leurs alliés insistent sur la nécessité d'une bonne gouvernance à Kaboul et déplorent l'absence de progrès dans la lutte contre la corruption.

La semaine dernière, Barack Obama avait jugé Hamid Karzaï "très détaché" de son peuple.

Le président afghan dénonce quant à lui régulièrement les civils tués dans les frappes de la coalition internationale, environ 450 l'an dernier selon les Nations unies.

Karzaï et Holbrooke se sont tous deux félicités d'un accord entre le ministère afghan de la Défense et les forces internationales pour améliorer la coordination avant des opérations contre les résistants, afin de réduire les pertes civiles.

Richard Holbrooke a également appuyé la décision de la commission électorale afghane d'organiser la prochaine élection présidentielle le 20 août, en espérant que d'ici cette date, les Etats-Unis auront déployé assez de renforts pour assurer la sécurité du scrutin.(…)

Les partis d'opposition afghans s'interrogent sur la légitimité de cette date, la constitution stipulant que l'élection ait lieu avant le 21 mai.

La loi électorale souligne cependant que le mandat présidentiel dure cinq ans. Or Karzaï a été élu en octobre 2004 et a pris ses fonctions en décembre de la même année.

"Nous prendrons en compte toutes ces questions et nous seront en particulier très attentifs aux questions touchant à la légitimité et à la stabilité du pays", a assuré Hamid Karzaï.

15/2

Hamid Shalizi

Reuters

 


Sur le terrain

14-02

Karzaï se plaint régulièrement des pertes civiles causées par les raids alliés. "Il y a des tensions entre nous et le gouvernement américain sur la question des pertes civiles, des arrestations d'Afghans, des raids nocturnes contre des maisons et des victimes qu'ils font", a-t-il dit à Al Djazira.

Plus de 2.100 civils sont morts l'an dernier en Afghanistan.

Reuters & L'Express


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n°240 - Journal de l'Afghanistan- 10-02 au 18-02 – Fin : Une "commission vérité" sur les années Bush ?


n°240 - Journal de l'Afghanistan-  10-02 au 18-02 – Fin : Une "commission vérité" sur les années Bush ?



               journal de l'Afghanistan n° 240 - du 10 au 18-02

            C.De Broeder & M.Lemaire                                                                            



Sommaire.

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

7 Les Brèves

7-1 Obama ne laissera pas Al-Qaïda "agir impunément"

7-2 Des leçons pour les USA : l'expérience soviétique serait utile aux USA.

7-3 Washington a perdu sa base militaire au Kirghizstan à cause d'une dispute sur le loyer.

7-4 Des milliers d'armes US dans la nature.

7-5 La France va se retrouver "rétrécie diplomatiquement" en rentrant dans le commandement intégré de l'OTAN.

7-6 Les soldats tchèques resteront en Afghanistan.

7-7 Du matériel US pour l'Afghanistan va transiter par la Russie



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

11-02

Un officier français du 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes a été tué mercredi en Afghanistan dans un accrochage avec des résistants qui a suivi l'explosion d'une mine, a annoncé le ministère de la Défense.
"Un
brigadier chef appartenant à la même unité a été gravement blessé et un interprète afghan a également trouvé la mort dans cet incident", a précisé le ministère dans un communiqué.
Tous trois participaient à une "patrouille motorisée avec une section de l'armée nationale afghane" dont ils assuraient la formation dans la province du Logar, au sud-est de Kaboul.

Selon le ministère de la défense, les résistants ont d'abord fait exploser l'un des véhicules du convoi pour le bloquer puis ont attaqué à l'arme légère.

 Après la perte de dix hommes, le 18 août 2008, dans l'embuscade de la vallée d'Uzbin, la France avait envoyé de nouveaux matériels, dont des hélicoptères et des drones, et revu les méthodes d'engagement des militaires sur le terrain...

Jacques Follorou
http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&task=view&id=383&Itemid=41

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-Internationale/

14-02

Un soldat de l'Otan est mort samedi dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé dimanche l'Otan qui n'a pas précisé sa nationalité.

Le soldat a été tué dans des "incidents hostiles" dans le sud de l'Afghanistan,

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/

14-02

Un soldat britannique a été tué dans le sud du pays.
Ce dernier, un fusiller marin, qui appartenait au commando
45, a été pris sous le feu dans une zone au sud-ouest de Sangin, dans la province du nord Helmand, alors qu'il accompagnait une équipe de démineurs, a annoncé le ministère britannique de la Défense.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/

 15.02.

Un deuxième soldat de l'Otan est mort samedi dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé dimanche l'Otan qui n'a pas précisé sa nationalité.

Le soldat a été tué dans des "incidents hostiles" dans le sud de l'Afghanistan, le même jour où un soldat britannique a également péri dans le sud du pays.
Afp.

16-06

Un soldat de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan est mort lundi, des suites de ses blessures provoquées par l'explosion d'un obus de mortier ou d'une roquette, dans l'est de l'Afghanistan, a annoncé la Force dans un communiqué, sans préciser la nationalité de la victime.

La plupart des soldats déployés dans l'est du pays sont américains.

(AFP)



 Détails

Kaboul

11-02

Trois attaques simultanées ont été lancées, par des kamikazes, faisant au moins 26 morts et 57 blessés, et créant une profonde inquiétude parmi les personnels étrangers travaillant dans la ville.

- Un kamikaze a tenté de pénétrer au sein du ministère de l'éducation avant d'être tués.

- Cinq hommes sont parvenus à entrer dans le ministère de la justice et ont tué douze personnes avant d'être tués à leur tour.

- au nord de la capitale, deux kamikazes sont entrés dans un bâtiment de l'administration pénitentiaire, où l'un d'eux a déclenché les explosifs qu'il portait sur lui.

Des porte-parole de la résistance ont revendiqué ces actions.

Le Pentagone a considéré, mercredi, que "cette série d'attaques était inquiétante".

Jacques Follorou

Complément d'information

11/2

Les Résistants ont lancé trois attaques simultanées contre des édifices gouvernementaux à Kaboul, faisant 26 morts et 57 blessés, et montrant à quel point le pouvoir afghan et ses alliés occidentaux sont loin d'avoir ramené la sécurité dans le pays.

L'objectif dans la capitale afghane semblait être de tuer autant de personnes possible avant d'actionner leurs explosifs - un style d'attaques qui présente des similitudes avec les attaques coordonnées menées fin novembre à Bombay, la capitale financière de l'Inde.

Aux alentours de 10h00 locales (05h30 GMT), un résistant a tenté de pénétrer à l'intérieur du ministère de l'Education mais a été tué, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Hanif Atmar, lors d'une conférence de presse.

Quelques minutes plus tard, cinq autres ont pénétré au ministère de la Justice après avoir tué deux gardes. Un policier a abattu l'un d'eux, mais les quatre autres se sont introduits dans les locaux en tirant à l'aveuglette. Dix personnes ont été tuées avant que les policiers ne prennent le contrôle du bâtiment et ne tue les résistants restants.

Au même moment, dans le nord de la capitale, deux kamikazes réussissaient à s'introduire dans un bâtiment de l'administration pénitentiaire.

Un garde a abattu l'un d'eux avant d'être tué par le second. Ce dernier a pénétré dans le bâtiment, déclenchant ses explosifs et tuant sept policiers.

"Au total, 26 personnes ont été tuées et 57 autres blessées", a dit Hanif Atmar.

Ces attaques ont été revendiquées par téléphone par un porte-parole , Zabihullah Mujahid, lequel a assuré que 16 kamikazes, au total, étaient entrés en ville et que les survivants attendaient les ordres pour viser de nouveaux bâtiments publics. "Nous avons visé l'administration pénitentiaire et le ministère de la Justice pour nous venger des mauvais traitements subis par les résistants prisonniers", a-t-il conclu.
afp/cer

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=...


Province de Badghis (dans le sud-ouest de l'Afghanistan,

15-02

Dastagir, un responsable de la résistance a été tué dimanche soir lors d'un raid de l'aviation américain a-t-on appris lundi de sources officielles afghane et américaine.

Dastagir est considéré comme le commandant de nombreuses attaques dans cette province.

http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/international/


Province de Kandahar (sud) 

14-02

Quatre policiers sont morts lorsqu'a explosé une bombe qui visait leur véhicule.

AP


Province de Kunar (est de l'Afghanistan)

16-02

Trois ouvriers d'une entreprise de construction (Ndlr : travaillant pour ?) ont été tués et trois blessés lundi matin dans l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule, dans le district de Sarkano de la province de Kunar, près de la frontière avec le Pakistan, a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

AFP


Province de Khost (sud-est)

14/2

Trois attaques à la bombe ont fait huit morts - sept policiers et un responsable gouvernemental, a-t-on appris samedi de sources officielles.

Un haut responsable du district de Nadir Shah Kot, dans la province de Khost, est mort samedi dans l'explosion d'une bombe qui a aussi blessé trois autres personnes.

Ailleurs dans cette même province, une autre bombe a tué trois membres de la police aux frontières vendredi.

AP


Province de Logar (sud de Kaboul)

12-02

Quatre soldats afghans ont été tués par une mine dans la province de Logar, au sud de Kaboul, et un officier français et son interprète afghan ont trouvé la mort dans les mêmes circonstances dans une autre partie de la province, ont déclaré les responsables locaux et la présidence française.

Reuters


Province d'Oruzgan (sud de l'Afghanistan)

16-06

"Une bombe a explosé au passage d'un véhicule transportant des employés de l'entreprise de téléphonie mobile AWCC et cinq d'entre eux ont été tués. Un sixième a été blessé", a déclaré à l'AFP le chef adjoint de la province d'Oruzgan, Mohammad Gulab.

(AFP)


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18/02/2009

n° 100- Dossiers 'Géopolitique et stratégie' du Liban -17-02- Début - La prochaine guerre d’Israël : après la bande de Gaza, le Liban?


n° 100- Dossiers 'Géopolitique et stratégie'  du  Liban -17-02- Début - La prochaine guerre d’Israël : après la bande de Gaza, le Liban?


Dossiers   'Géopolitique et stratégie'  du  Liban 

 N° 100                                                                                              17-02

                                                                                                                                       C.De broeder & M.Lemaire



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Sommaire : 

 

Tiré à part

Le Hezbollah défend son droit de posséder des missiles sol-air.

La défense antiaérienne.

1 Analyse - Géopolitique et stratégie- Réflexion

1-1 Le hezbollah analyse l’offensive israélienne contre Gaza.

1-02 Nouvelles tendances internationales et régionales.

1-3 Mahdi Darius Nazemroaya : La prochaine guerre d’Israël : après la bande de Gaza, le Liban?

Fin

1-4 Leila Mazboudi : L'étau se referme de plus en plus...

1-5 Nabil Kaouk : Après Gaza, le modèle de la résistance doit être généralisé à tous les Libanais.

2  Annexe

2-1 Nature du Hezbollah

2-2 Une autre façon de penser les problèmes du Liban.

2-3 Supervision de la situation des droits de l’homme dans le monde arabe.

2-4 Le Mig-29.



Tiré à part

Le Hezbollah défend son droit de posséder des missiles sol-air

Le responsable du Hezbollah Hassan Nasrallah signale : "Nous avons le droit d'acheter n'importe quelle arme, y compris des armes de défense antiaérienne, et nous avons le droit d'y avoir  recours".

Sans confirmer ni infirmer les publications israéliennes selon lesquelles le Hezbollah détiendrait des missiles sol-air, M. Nasrallah s'est borné à constater que son mouvement avait "suffisamment de courage pour utiliser cette arme défensive".
L'intervention de Hassan Nasrallah, qui prône la nécessité de priver Israël de sa suprématie aérienne, a été diffusée sur un écran géant installé sur une place du sud de Beyrouth. (Hassan Nasrallah avait plus tôt affirmé que son mouvement avait rétabli son arsenal de missiles et d'armements après la guerre israélo-libanaise)
Des avions militaires israéliens survolent presque quotidiennement le territoire libanais, Tsahal invoquant la nécessité de contrôler les livraisons d'armes i pour le compte du Hezbollah.

17 février

RIA Novosti Agence russe
http://fr.rian.ru/world/20090217/120172350.html

 

La défense antiaérienne.
Évoquant le conflit arabo-israélien, Hassan Nasrallah a réitéré son analyse selon laquelle « il n'existe que trois positions hypothétiques possibles face à Israël : la collaboration, le compromis humiliant et la résistance ». « Le premier choix est inenvisageable et le second a échoué, a-t-il estimé.

Pourquoi veulent-ils sacrifier la résistance gratuitement ?

Quelle sera la réponse libanaise aux résultats des élections israéliennes ?

La droite israélienne révèle le vrai visage de l'ennemi. Ce sont tous des assassins d'enfants. Tous les actuels dirigeants israéliens ont été vaincus au Liban. Il reste Lieberman qui ne pourra rien faire. »
« Depuis la guerre de juillet 2006, la marine de l'ennemi a été placée hors de l'équation du conflit, a-t-il aussi estimé. Depuis l'attaque contre Gaza, son infanterie a connu le même sort. Si Israël envoyait des unités au Liban, elles seraient détruites par les disciples de Imad Moghniyé, Ragheb Harb et Abbas Moussaoui. »
« Les Israéliens n'ont plus que leur aviation de guerre, a-t-il ajouté. Ils ont peur pour leur flotte aérienne et font circuler des informations selon lesquelles la Résistance posséderait des armes antiaériennes. Je n'infirme pas et je ne confirme pas ces informations. Nous agissons par surprise. La Résistance a le courage et la volonté suffisants pour utiliser ces armes. (...) Nous avons le droit d'acquérir et d'utiliser tout type d'arme, y compris les (missiles) antiaériens. »
« Certains affirment que la résistance à Gaza ou au Liban n'a pas pu protéger les femmes et les enfants, a-t-il en outre affirmé. La guerre n'est pas une manifestation. Dans tout conflit, il y a des victimes. L'essentiel est d'empêcher le retour de l'occupation. »
Et le chef du Hezbollah de souligner que « Imad Moghniyé continuera à hanter Israël pendant longtemps », avant de saluer « toute forme de rapprochement interarabe, notamment entre l'Arabie saoudite et la Syrie ».

17 février 2009

L’Orient-Le Jour

 


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 Le hezbollah analyse l’offensive israélienne contre Gaza.

Analyse à presque vingt jours du début de l’offensive israélienne à Gaza, le sujet domine encore la scène libanaise et toute activité interne semble suspendue en attendant l’évolution de la situation à la frontière sud du pays. Le Hezbollah est sans doute la partie la plus concernée par cette nouvelle guerre et la plupart de ses cadres ont l’œil braqué en permanence sur les chaînes de télévision, pour suivre les derniers développements militaires et diplomatiques minute par minute.

Selon certains d’entre eux, le contact est régulier avec le Hamas et ils sont ainsi informés des détails de l’évolution de la situation sur le terrain.

Les sources proches du Hezbollah confient ainsi que les dirigeants de ce parti ne sont pas inquiets pour l’organisation palestinienne.

Pour eux, Hamas a montré sa capacité de résistance et lorsqu’on a tenu 20 jours face à des bombardements aussi féroces, c’est qu’on peut bien le faire encore longtemps.

Les mêmes sources révèlent que des cadres du Hezbollah ont contribué à la préparation des combattants du Hamas à une éventuelle confrontation avec Israël, et ce depuis plusieurs mois.

Il est certain que les Palestiniens sont un peuple aguerri et que leurs combattants n’ont pas vraiment besoin de conseils

La guerre de juillet 2006 a permis des échanges d’expériences entre les deux parties, pour tirer les leçons qui s’imposent.

Apparemment, les combattants du Hamas ont ainsi mis à profit la guerre de juillet et les méthodes utilisées par le Hezbollah pour creuser à leur tour plus de 1 200 tunnels souterrains dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza. C’est ce qui aurait permis aux cadres de l’organisation de résister aux bombardements israéliens systématiques et de limiter les pertes au niveau du commandement. De même, les cadres du Hamas ont utilisé la même tactique que le Hezbollah dans l’escalade progressive et dans le maintien du suspense sur la nature de leurs armements.

Les sources proches du Hezbollah précisent ainsi que les combattants du Hamas ont refusé de se laisser entraîner par les Israéliens dans des affrontements en terrain découvert, laissant les soldats israéliens avancer puis se retirer sans parvenir à connaître avec précision les installations et le niveau de préparation des Palestiniens. De plus, ils augmentent l’importance de leur armement au fur et à mesure que les combats se rapprochent des grandes agglomérations, sans que les Israéliens ne sachent réellement s’ils disposent de missiles sophistiqués à relativement longue portée.

Enfin, toujours selon les mêmes sources, le Hamas n’a pas encore engagé dans la bataille ses commandos d’élite tout comme il n’a pas encore demandé à ses équipes suicidaires de lancer des attaques meurtrières contre les soldats israéliens. C’est dire qu’au vingtième jour des affrontements, il n’a pas encore joué toutes ses cartes, alors que l’offensive israélienne est en panne de nouvelles tactiques, se contentant désormais de bombarder massivement les habitations, sans avoir pris la décision d’entrer directement dans les villes pour affronter les combattants.

Face à ce tableau, les cadres du Hezbollah sont convaincus que les Israéliens ne parviendront pas à éliminer le Hamas comme ils l’avaient déclaré au début de l’offensive. Pour eux, le résultat des affrontements est d’une grande importance, car ils estiment que si le Hamas devait être éliminé, la prochaine offensive israélienne serait dirigée contre le Liban. Le plus important à leurs yeux est donc que les Israéliens ne parviennent pas à briser cet esprit de résistance qui a connu un nouvel élan à la suite de la guerre de juillet 2006. Même si les Israéliens peuvent faire de nombreuses victimes et détruire pratiquement toute la bande de Gaza, ils ne parviendront pas à imposer leurs conditions.

Enfin, même si l’offensive se poursuit encore quelques jours, voire plus, avec des pics de violence inimaginables, le Hamas fera partie de toutes les formules de solutions. Déjà, les responsables au sein de l’Autorité palestinienne parlent d’un « partage » du pouvoir ou encore d’une « participation », mots auxquels ils ne pensaient même pas il y a quelques semaines encore. Dans certains milieux diplomatiques libanais, on évoque même un plan en gestation qui consisterait en une prorogation d’un an du mandat de Mahmoud Abbas et la formation d’un gouvernement d’union nationale, qui, cette fois, ne serait pas combattu par la communauté internationale… Les sources du Hezbollah estiment donc que le plus dur est passé pour le Hamas et pour tout le courant de la résistance. Elles laissent entendre que ce n’est plus qu’une question de jours, mais que ceux-ci auront des conséquences cruciales pour l’avenir de la région.

Posté le 16 janvier 2009

Source: L’Orient-Le Jour Le quotidien libanais d’expression française
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=389173 


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n° 100- Dossiers 'Géopolitique et stratégie' du Liban -17-02- Fin- La prochaine guerre d’Israël : après la bande de Gaza, le Liban?


n° 100- Dossiers 'Géopolitique et stratégie'  du  Liban -17-02- Fin- La prochaine guerre d’Israël : après la bande de Gaza, le Liban?


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 N° 100                                                                                              17-02

 C.De broeder & M.Lemaire



Sommaire : 

Tiré à part

Le Hezbollah défend son droit de posséder des missiles sol-air.

1 Analyse - Géopolitique et stratégie- Réflexion

Suite

1-4 Leila Mazboudi : L'étau se referme de plus en plus...

1-5 Nabil Kaouk : Après Gaza, le modèle de la résistance doit être généralisé à tous les Libanais.

2 Annexe

2-1 Nature du Hezbollah

2-2 Une autre façon de penser les problèmes du Liban.

11-3 Supervision de la situation des droits de l’homme dans le monde arabe.

2-4 Le Mig-29.



1-4 Leila Mazboudi : L'étau se referme de plus en plus...

Les services de renseignements israéliens sont plus que certains: Le moment des représailles ne fait qu'approcher.
"Les jours prochains seront des jours où l'état d'urgence sera à son maximum, les paroles de Nasrallah montrent bien qu'il a l'intention de se venger pour l'assassinat de Moughniyeh en voulant kidnapper des Israéliens " a déclaré Alone Ben David, l'analyste militaire dans la dixième chaîne de la télévision israélienne. 
Sayed Nasrallah avait lors de sa conférence de presse souligné "la présence de 350 dépouilles libanaises en Israël", ce qui sous-entend, pour les Israéliens, que ce dossier n'est pas encore clos, et qu'Israël a toujours des comptes à rendre au Hezbollah.
Le chef des services de renseignements militaires, Amos Yadlene, a lu dans ce discours une volonté du Hezbollah d'exécuter une opération qui vengerait la mort de Moughniyeh, sans pour autant dégénérer en guerre (Ndlr ….)
Du coup, tous les israéliens doivent veiller à être prudents: (…)
"Nous vous conseillons d'observer certaines mesures de précaution, de rester particulièrement vaillant et de faire attention à tout ce qui n'est pas normal, de refuser tous les cadeaux gratuits, ou les rencontres avec des personnes inconnues, dans des contrées lointaines, durant la nuit, de s'abstenir d'accueillir des gens que vous ne connaissez pas ou de monter dans une voiture qui s'arrête de son plein gré", a dit le vice président du " bureau de lutte contre le terrorisme", Alecna Harnoune,
Dans les territoires de 1948, tous les responsables politiques et militaires se doivent d'observer des mesures de sécurité draconiennes.

En particulier quatre d'entre eux: l'ex-ministre de la guerre, Amir Peretz, l'ex-ministre des questions stratégiques, Avigdor Libermann, l'ancien responsable des services de renseignements Itzhak Ben Ysraéli et le chef de la commission parlementaire des affaires étrangères et de la sécurité, Tsahi Hanegbi.
En plus des menaces de représailles du Hezbollah, les responsables israéliens vivent depuis la guerre contre Gaza dans la hantise de poursuite par certains tribunaux européens et internationaux, sur fond d'accusation de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité. Ils ont été sommés de ne pas quitter le pays.
Il faut croire que l'étau se ferme de plus en plus sur Israël.

Leila Mazboudi

Mardi 03 Février 2009
www.almanar.com.lb

 http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=3600


1-5 Nabil Kaouk : Après Gaza, le modèle de la résistance doit être généralisé à tous les Libanais.
Dans plusieurs déclarations faites ce week-end, des responsables du Hezbollah ont invoqué l’issue du conflit à Gaza pour réaffirmer le bien-fondé du choix de la résistance, à la veille de la quatrième séance de dialogue qui devrait se tenir aujourd’hui à Baabda, pour discuter, notamment, de la stratégie de defese nationale.
Des propos sans équivoque ont ainsi été tenus par Nabil Kaouk, responsable du Sud au sein du parti, qui a affirmé qu’« avec la nouvelle équation qui ressort des événements de Gaza, il n’y aura plus, dans le cadre du dialogue, de débat sur le retrait des armes, mais plutôt sur la généralisation du modèle de la résistance à tous les Libanais et à tous les pays environnants ».
Nabil Kaouk a estimé que « la résistance a prouvé une fois de plus qu’elle est apte à protéger la terre contre toute agression israélienne à Gaza, obligeant les régimes arabes à modifier leur discours et leursprises de position, et à reconnaître de nouveau que le seul ennemi est Israël ».

Pour lui, « de nouvelles équations décident désormais de l’avenir de la région, particulièrement en Palestine et au Liban, et aucune grande puissance ne pourra désormais ignorer la force de la résistance ». Il a ajouté que « les prochaines élections législatives seront une étape de plus pour protéger la position, le rôle et l’identité du Liban résistant, des tentatives de l’inclure dans l’axe des Arabes (proches) des États-Unis ».
Dans une autre déclaration, à Khiam, cheikh Kaouk a vanté « la fierté du Liban qui est d’exporter sa résistance, alors que certains continuent de douter de son bien-fondé, sachant que le débat doit porter sur la résistance comme choix unique garantissant la souveraineté et la dignité ».
À l’issue d’un entretien avec un représentant du Parti communiste cubain, Oscar Martinez, Nawwaf Moussaoui, responsable des relations internationales du Hezbollah, a estimé quant à lui que « l’échec de l’agression israélienne à mettre un terme à la résistance et à anéantir la cause palestinienne représente un recul de l’invasion américaine de la région ». « Nous sommes aujourd’hui, plus que jamais, attachés à la préservation des armes, a-t-il dit. Plus encore, nous travaillons à rallier progressivement toutes les forces politiques à la résistance. »
Pour lui, « toute tentative de priver un peuple de son droit à s’armer, et d’anéantir sa résistance, est une collaboration totale avec l’agression menée contre lui et les massacres qui le touchent ».
Pour sa part, le député Hassan Fadlallah a affirmé que « toute stratégie de defese du Liban doit avoir pour point d’ancrage une résistance forte, ayant les moyens d’infliger à l’armée israélienne une défaite à tous les niveaux, et de dissuader l’ennemi de penser à lancer une offensive contre nous ». Il a insisté sur le fait que « la Résistance, après l’offensive contre Gaza, est encore plus convaincue du seul choix offert aux Libanais, et qui est de renforcer leur résistance et d’y participer tous ensemble ».  Sur l’entente arabe, le député Fadlallah a estimé qu’elle « devrait avoir une incidence positive sur le Liban, mais qu’elle doit reposer sur des constantes, sachant que l’option du
compromis est définitivement tombée ».
Enfin, le député Nawwar el-Sahili a assuré que « tout le monde doit êtreconvaincu que la résistance est notre seule option ». Interrogé sur les listes centristes aux futures législatives qui ont fait l’objet de
critiques de la part des alliés du Hezbollah, M. Sahili a souligné que « le centrisme en soi ne doit pas être dénoncé, mais les noms en gestation s’avèrent n’avoir rien à voir avec le centrisme, mais faire plutôt partie du camp du 14 Mars ». Il a par ailleurs accusé le chef du Bloc du futur, le député Saad Hariri, de tenir un discours confessionnel et d’«aller à l’encontre de l’accord de Doha ».

http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=389971



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17/02/2009

n°99 - Journal du Liban- 22-01 au 19-02 - Début- : Le Hezbollah prêt "à toute éventualité"


n°99 -  Journal du Liban- 22-01 au 19-02 - Début- : Le Hezbollah prêt "à toute éventualité"



                           Journal du Liban   

                                           N° 99  22-01 au 16-02

C.De broeder & M.Lemaire



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Des Canons ... pas du beurre

1 Lutte pour la libération du territoire

2  Politique Libanaise  

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Fin

7 Brèves

7 Les brèves

7-1 Le Hezbollah prêt "à toute éventualité"

7-2 Mohammed Raad, a invité ceux qui misent encore sur une "paix qui normalise et légitimise l’occupation en Palestine" à revoir leur choix.

7-3 George ACHI : Dans la Békaa, de nouvelles écoles ouvrent leurs portes aux enfants palestiniens.

7-4 L'Iran fournit de l'aide aux habitants de Gaza en passant par le Liban. 

7-5 70% des 291 Mig-29 de la force aérienne russe ne seraient plus en état de vol !

8 Dossiers

8-1 Le Hezbollah n'a pas intérêt à enflammer le front libanais.

8-2 Le gaz un enjeu territorial et économique pour le Liban.

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Nasrallah accuse les Forces Libanaises d’être derrière la disparition des 4 diplomates iraniens.


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n°99 - Journal du Liban- 22-01 au 19-02 - Fin- : Le Hezbollah prêt "à toute éventualité"


n°99 -  Journal du Liban- 22-01 au 19-02 - Fin- : Le Hezbollah prêt "à toute éventualité"



                           Journal du Liban   

                                           N° 99  22-01 au 16-02

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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

7 Brèves

7 Les brèves

7-1 Le Hezbollah prêt "à toute éventualité"

7-2 Mohammed Raad, a invité ceux qui misent encore sur une "paix qui normalise et légitimise l’occupation en Palestine" à revoir leur choix.

7-3 George ACHI : Dans la Békaa, de nouvelles écoles ouvrent leurs portes aux enfants palestiniens.

7-4 L'Iran fournit de l'aide aux habitants de Gaza en passant par le Liban. 

7-5 70% des 291 Mig-29 de la force aérienne russe ne seraient plus en état de vol !

8 Dossiers

8-1 Le Hezbollah n'a pas intérêt à enflammer le front libanais.

8-2 Le gaz un enjeu territorial et économique pour le Liban.

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Nasrallah accuse les Forces Libanaises d’être derrière la disparition des 4 diplomates iraniens.


 

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16/02/2009

n°344- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-02 - Début- « Chronique d'un suicide annoncé : le cas d'Israël »


n°344- Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie'   de  Palestine  - 15-02  - Début- « Chronique d'un suicide annoncé : le cas d'Israël »



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

        n°344 du 15-02                                         C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Marek Halter, le bonimenteur

2 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

2-1 Manuel de Diéguez : M. Barack Obama et la géopolitique d'Israël.

Suite 1

2-2 Wallerstein, « Chronique d’un suicide annoncé : le cas d’Israël »

2-3 Chérif Boudelal : Le sionisme sous terrain et le sionisme apparent.

2-4 Une analyse de l’intervention de Noam Shalit : La Grande Illusion.

Suite 2

4 Dossier

4-1 Mohamed Hassan : Expliquer le succès du Hamas.

4-2 Elections Israéliennes : Le vrai visage du sionisme dévoilé.

4-3 La majorité des sionistes soutiennent le programme raciste et fasciste de Lieberman.

Fin

4-4 Frédéric Koller : Une société à la dérive.

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

5-1 La Paix Maintenant : Vivre ensemble ICI ET MAINTENANT !

5-2 Aux origines de la pensée de M.Nétanyahou.

6 Annexe

6-1 Abdelbari Atwan : République Palestinienne de Dayton.



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Marek Halter, le bonimenteur.

Mettant à profit l’émotion soulevée par la libération d’Ingrid Betancourt, le 3 juillet 2008, Marek Halter s’est lancé, sans vergogne, dans une opération de mystification de l’opinion publique française en réclamant, depuis la tribune officielle aménagée place du Trocadéro à Paris pour l’accueil de l’ancienne otage franco-colombienne, le lancement de «la phase II de libération du dernier otage au monde, Gilad Shalit».

Gilad Shalit est un cas exemplaire de la confusion mentale, politique et juridique dans laquelle baigne une frange des bi nationaux franco-israéliens et leurs nombreux et bruyants partisans.

Servant dans une armée d’occupation, il est présenté, contre toute vraisemblance, comme un «otage».

Pis, sa famille invoque la nationalité française de ce militaire israélien pour solliciter la protection diplomatique de la France, laquelle, toute honte bue, réclame sa libération, non à l’Egypte, pays avec lequel elle co-préside pourtant «l’Union pour la Méditerranée», l’Egypte, l’intercesseur naturel entre Israéliens et Palestiniens, de surcroît mandaté officiellement par la Ligue arabe pour négocier la réconciliation inter palestinienne, non à l’Egypte, mais à la Syrie, omettant de réclamer à Israël, d’une manière concomitante, la remise en liberté du bi national franco palestinien Salah Hammouri, un civil résidant en France, lui, incarcéré arbitrairement par les Israéliens, omettant de brider la colonisation rampante de la Palestine, le principal foyer du brasier.

La protection diplomatique de la France s’accorde en principe uniformément à tous les citoyens français indépendamment de leurs croyances religieuses ou de leurs origines ethniques. Une telle disparité de comportement augure-t-elle d’une novation du principe républicain de l’égalité citoyenne, ou, au contraire, suggère-t-elle la mise en œuvre d’une hiérarchie au sein de la nationalité française en fonction des croyances religieuses du ressortissant ou de la puissance du lobby de son pays d’origine? Le cas Shalit renvoie, en tout cas, à un précédent matérialisé par la nomination d’un réserviste de l’armée israélienne, Arno Klarsfeld, au poste de conseiller du ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, en pleine campagne présidentielle française, en pleine guerre d’Israël contre le Liban, en juillet 2006. Au point que se pose la question de savoir si le recours à des réservistes de l’armée israélienne sanctionne-t-il la carence des compétences françaises ou si le service militaire dans l'armée israélienne constitue-t-il désormais un passage obligé à des promotions politico administratives en France, sans que cette nomination, à relent démagogiquement électoraliste, n’ait suscité la moindre interpellation ni au sein de la classe politique ni au sein de la corporation journalistique.

Israël chercherait désormais à compenser sa déroute morale en faisant droit implicitement aux exigences du Hamas, au motif que le mouvement palestinien, désormais affaibli, ne saurait profiter d’une libération de prisonniers palestiniens qu’il réclame en échange de Gilad Shalit. Il subordonnerait toutefois la levée du blocus de Gaza à la remise en liberté du prisonnier israélien, mais le Hamas ne l’entend pas de cette oreille, qui considère que Gilad Shalit, prisonnier de guerre, devrait être échanger contre plusieurs centaines de prisonniers palestiniens détenus arbitrairement. Le Hamas maintient sa revendication intacte. Le vœu secret du mouvement islamique est qu’il obtienne, dans cette transaction, la libération de ses députés membres au parlement palestinien, capturés en toute illégalité par Israël, voire même des responsables politiques tels Marwane Barghouti (Fatah) et Ahmad Saadate (FPLP), les plus emblématiques prisonniers palestiniens, eux aussi arbitrairement emprisonnés par les Israéliens. Israël pourrait être conduit à satisfaire certaines de ses revendications pour atténuer quelque peu l’horrible image de sa prestation de Gaza. Un tel scénario, s’il venait à se produire, constituerait l’apothéose du Hamas et le cauchemar d’Israël à l’effet de pulvériser l’autorité du président palestinien Mahmoud Abbas tant sur la Cisjordanie que sur le Fatah, l’organisation mère de la résistance palestinienne.

L’histoire récente le montre: illustration d’une politique erratique ou volonté de discréditer la seule autorité légale palestinienne internationalement reconnue, en vue de vider de sa substance la représentativité palestinienne, Israël n’a jamais fait le moindre geste à Mahmoud Abbas, malgré les nombreuses accolades du président de l’autorité palestinienne au premier ministre intérimaire, Ehud Olmert, réservant les substantiels échanges de prisonniers à ses adversaires les plus résolus, le Hezbollah libanais, libérateur du druze libanais Samir Qantar, le doyen des prisonniers arabes et le Hamas palestinien. Ce fait semble avoir échappé à la perspicacité de la cohorte cultureuse du parisianisme calfeutré, toute obnubilée par sa célébration quotidienne du génie politique et de l’audace militaire de l’establishment israélien, sans prendre conscience de l’érosion de l’image d’Israël.

René Naba |

 12/02/2009

http://renenaba.blog.fr/2009/02/12/gaza-l-effet-boomerang-5560830/



2 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Manuel de Diéguez : M. Barack Obama et la géopolitique d'Israël.

1 - Un poste avancé de la civilisation ?

Le génocide de Gaza et la concomitance de ce désastre diplomatique irréparable avec l'entrée en fonctions du nouveau Président des Etats-Unis a déclenché une accélération foudroyante de l'histoire du monde; mais comme Clio modifie rarement son rythme pour se précipiter tout subitement dans la bonne direction, son changement de pas la conduira à courir vers le pire. Il se produira donc une aggravation à toute allure de l'abcès ; et ce sera la hâte même de la gangrène à s'étendre qui conduira à l'aporie salvatrice, c'est-à-dire à un pourrissement suffisamment rapide pour faire tourner les talons aux porteurs des brûle-parfums fatigués de la démocratie.

Alors l'heure sonnera de faire le point des contradictions internes qui paralysent la politique des goupillons de la liberté et dans lesquelles le président Barack Obama aura commencé par s'empêtrer avant qu'il ne découvre, non sans effarement, que la planète a suivi en catimini un tout autre chemin de la Providence que celui de l'Amérique d'Abraham Lincoln. Mais comment démontrer aux myopes qu'ils ont fait fausse route, comment les rattraper in extremis par leurs basques ? L'heure est-elle trop tardive de les arrêter au bord du gouffre dans lequel ils sont appelés à tomber?

La géopolitique d'Israël est bien connue: il s'agit, pour cet Etat marchand et guerrier, de faire croire à tout l'univers que la civilisation occidentale aurait grand besoin d'installer un avant-poste de son industrie et de son génie du commerce au Moyen-Orient, afin de s'implanter dans l'Islam par la force conjuguée des idéaux de la démocratie et d'une pratique fructueuse des affaires. Mais cette stratégie se réduit à un stratagème. Qu'étaient-ce que l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, l'Indochine, sinon des têtes de pont de la civilisation occidentale sous l'oriflamme de la France de 1789 ? Qu'étaient-ce que l'Afrique du Sud, la Rhodésie, l'Egypte, l'Inde, sinon des garnisons avancées de la civilisation des sciences et de la technique sous la bannière de l'Angleterre impériale?

2 - Un croisé de la liberté et de la justice ?

Il se trouve que, depuis soixante-dix ans, la planète a offert le spectacle d'un immense Waterloo de l'homme blanc, qui a été battu à plate couture sur le champ de bataille de la décolonisation du monde. Pourquoi Israël jouirait-il du rang d'un avant-poste de la reconquête coloniale? Il s'agit donc d'un titanesque attrape-nigaud; mais comme chacun sait que les subterfuges, simulacres et faux-semblants de la politique internationale sont les déguisements semi religieux de l'esprit de conquête des Etats, il convient d'observer de plus près les faces dont les masques voudraient cacher les traits.

Les parures du théâtre antique étaient taillées afin de dissimuler les visages et les corps. Israël rit-il, ricane-t-il ou affiche-t-il un large sourire sous les vêtements qui le cachent de la tête aux pieds ? Cet acteur connaît-il la fureur, le dépit, le découragement, la honte, la fierté et l'orgueil dans les coulisses où s'affairent ses maquilleurs et ses couturiers?"Vous vous sentez sans doute coupable pour crier si fort", dit M. Erdogan à Davos face à un Shimon Perez indigné sous l'outrage que le monde entier est censé lui infliger. Mais l'anthropologie critique se demande ce que la triple chlamyde d'Israël voudrait légitimer en secret: la sainteté du colon réhabilité sur une planète décolonisée, le martyre d'un peuple retourné sur ses terres après un long exil ou l'apostolat du croisé de la démocratie mondiale? Car sous ces masques superposés se cache un tout autre enjeu : il s'agit d'élever la terre retrouvée de Jahvé et de Moïse au rang de foyer et de forge de la planète de la liberté et de la justice.

Pour cela, il est astucieux de scinder ce peuple en deux personnages en apparence opposés mais, complémentaires, celui de la victime éternelle et celui que Jahvé a armé de la foudre de sa justice. Le premier de ces rôles est relativement facile à tenir : il suffit de se proclamer menacé jour et nuit d'égorgement par des voisins redoutables et prêts à bondir sur vous à chaque instant. Le second semble non moins aisé à illustrer, puisqu'Israël dispose d'une apocalypse mécanique aussi facile à déclencher que le Déluge. Mais toute la difficulté de cette stratégie bicéphale est de concilier les deux effigies. Comment crier au loup si vos crocs sont plus longs et plus aigus que ceux des loups, comment montrer des dents de brebis menacée d'un carnage si votre mâchoire n'est pas celle d'un herbivore mâchonneur?

3 - Le lion et le mouton

C'est pourquoi toute géopolitique de la crinière et de la toison se réduit à apparaître tour à tour sous les traits du lion et du mouton ; et c'est la difficulté de présenter au monde entier un visage de théâtre aussi divisé entre l'innocence et la fureur qui a été multipliée par le glaive qui s'est abattu sur la population de Gaza. Car la double accélération de l'histoire que j'évoquais plus haut est devenue inévitable, donc catastrophique : ou bien le peuple de Moïse allume à son profit les forges du victimat, donc de l'apitoiement planétaire à son égard - mais alors, Gaza est une arête qui lui reste en travers de la gorge - ou bien les élus du ciel de justice arborent fièrement leur crinière de fauve dans l'arène du monde et, dans ce cas, il faudra relire la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe pour retrouver la mémoire d'un Etat qui a défié en solitaire l'empire romain tout entier et qui s'est auto-massacré à Massada avec femmes et enfants plutôt que de se rendre aux légions de Titus.

M. Barack Obama se trouve à un carrefour de l'histoire du monde dont il est rarement arrivé à un chef d'Etat d'en connaître les coordonnées avec tant de clarté : s'il feint de prêter foi aux proclamations pacifiques d'Israël, selon lesquelles il se trouverait menacé dans sa survie par la future arme nucléaire dont l'Iran prétend se doter, rien ne serait plus humiliant, pour le nouvel hôte de la Maison Blanche, que de paraître égaler l'ignorance et la sottise gigantales d'un prédécesseur auquel Israël a réussi à faire croire pendant deux mille neuf cent vingt jours qu'une gesticulation atomico-fantasmagorique vieille de soixante ans serait utilisable sur un champ de bataille réel. M. Obama n'ignore pas - ou du moins lui suffira-t-il d'une heure pour l'apprendre - que, depuis quatre décennies, la mythologie nucléaire embarrasse ses huit propriétaires, tellement ils ne savent ni comment persévérer à se revêtir d'une apocalypse onirique devenue ridicule, ni comment renoncer à se pavaner pour l'éblouissement des ignorants et des sots. De plus, la différence entre le cubage cérébral des goys et celui du peuple juif n'est pas aussi abyssale qu'on se l'imagine : les Etats du monde entier ne croient plus un mot à la fable selon laquelle les membres d'une assemblée d'exterminateurs internationaux serait prêts à se pulvériser les uns les autres et à se précipiter d'un seul cœur dans un suicide peu glorieux, puisqu'il ne resterait pas un public suffisant pour chanter un exploit aussi retentissant dans le vide éternel de l'immensité: si la planète feint encore de prêter crédit à ce délire, c'est seulement parce qu'Israël dispose des instruments de la communication moderne, donc des moyens de manipuler le vocabulaire qui lui permettent d'écrire jour après jour "l'Eloge de la folie" des sauvages du XXIe siècle.

Depuis 1945, aucun Etat armé du feu nucléaire n'a osé en user contre un adversaire désarmé. Néanmoins, cette possibilité n'était pas mathématiquement exclue. En revanche, l'hypothèse selon laquelle deux Jahvé équipés de deux déluges et de deux enfers identiques se les lanceraient bêtement à la tête est une absurdité dont le caractère délirant ne fait que démontrer la pertinence des thèses de Paul Veyne : les hommes ne croient pas vraiment aux châtiments posthumes que leurs dieux leur réservent, sinon les chrétiens se rueraient tous dans les monastères. L'anthropologie critique enseigne que les croyances religieuses assurent seulement une cohabitation biseautée entre les deux lobes de l'encéphale schizoïde d'une espèce que ses terreurs ont chapeautée de diverses théologies protectrices à l'heure de son évasion de la nuit originelle.

4 - L'enjeu nucléaire

Si M. Obama décide de perpétuer une cécité politique inscrite dans le capital psychogénétique des effarés des ténèbres, tous les penseurs militaires sérieux l'aviseront du contenu des écrits qu'ils ont publiés depuis quarante ans dans leurs revues spécialisées, à savoir qu'il s'agit d'une gigantesque mascarade stratégique dont le mérite sera d'avoir réussi à tenir le monde en haleine depuis Hiroshima. Mais le massacre de Gaza va délier les langues des spécialistes de la mythologie militaire moderne, débâillonner le faux discours de la méthode fictionnelle des Machiavel de la foudre, dénouer les entraves de la théologie matamoresque inaugurée à la va-vite à la suite de la capitulation d'un empereur du Japon, désenchaîner une raison stratégique cadenassée par l'épouvante atomique, désensorceler un entendement simiohumain victime d'un retour aux frayeurs de l'enfer - celui que brandissait l'excommunication majeure des papes du Moyen-âge - et réhabiliter les syllogismes du bon sens cartésien. Comment s'entêter à défendre un obscurantisme nucléaire hérité des temps bibliques si la digue de la panique parareligieuse cède sous la poussée de la désacralisation de l'Etat d'Israël, comment combler cette brèche dans les murailles de la forteresse de l'effroi si une raison ressuscitée noie sous un raz-de-marée de la lucidité les prie-Dieu d'un animal tout abasourdi d'avoir percé les secrets de la matière? Comment persévérer à valider une mécanique mythifiée si tout le monde voit que seul le peuple hébreu en a besoin à seule fin de poursuivre sous ce heaume son extension territoriale à toute la Cisjordanie?

Mais supposons que M. Obama s'imagine trouver une Perse suffisamment stupide pour se livrer à un marchandage qui n'interdirait qu'à elle seule de disposer d'une arme psychologique et politique provisoirement dotée d'un prestige efficace, puisqu'elle demeure adaptée à la capacité crânienne fort réduite du simianthrope actuel. Supposons ensuite que l'équilibre religieux et politique entre les sunnites et les chiites en Irak et ailleurs fasse l'objet de tractations théologiques provisoirement rentables sur le marché de la foi musulmane, supposons enfin que la foire aux illusions des chancelleries du ciel sécrète des avantages diplomatiques momentanément emmagasinables. Dans ce cas, sur quelle balance de la politique de notre astéroïde M. Obama pèsera-t-il la contrepartie des bénéfices à court terme qu'il aura obtenus si les masses arabes se réveillent et privent Washington de tout poids politique sur un milliard de musulmans ? Certes, dans cette configuration, l'Europe se verrait entraînée dans la ruine de l'Occident post-chrétien; mais comment la Russie, la Chine, l'Inde, l'Afrique et l'Amérique du Sud ne se précipiteraient-elles pas dans la brèche pour bâtir l'édifice de la géopolitique de demain?

5 - Un encéphale mis sous haute tension

Mais ce n'est pas tout : on mesurera combien Gaza aura accéléré le cours de l'histoire à la simple évidence que M. Obama se trouve d'ores et déjà contraint par la Turquie et par l'Arabie Saoudite de refuser de donner le feu vert à la continuation de la conquête systématique de la Cisjordanie par l'Etat d'Israël. L'heure n'est plus aux tergiversations et aux atermoiements, parce que le blocus de Gaza ne pourra se poursuivre sous les yeux de l'humanité tout entière. Le monde ne sera changé ni par quelques-uns, comme le disait André Gide, ni par la prédication des évangiles, ni par le messianisme pseudo démocratique du Nouveau Monde, mais par la puissance du myriapode que l'image en mouvement est devenue en tous lieux.

Un seul exemple. Quelques jours après le cessez-le-feu à Gaza, l'aviation israélienne a bombardé les tunnels creusés par la population entre la Palestine et l'Egypte : on sait qu'ils permettent un ravitaillement souterrain des prisonniers, mais au compte-gouttes. La presse du monde entier a souligné qu'Israël luttait contre le délit de contrebande dont les assiégés se rendaient coupables. Quand Napoléon ordonna le blocus de l'Angleterre, il prit soin d'étendre la définition du délit de contrebande aux tentatives des pécheurs bretons de le forcer.

Deux siècles plus tard, les peuples ne sont pas encore suffisamment instruits pour qu'ils détectent spontanément les pièges du langage des Etats : si les vivres apportés à une population affamée se trouve rebaptisés par le code pénal de l'affameur et si le fléau de la balance de Thémis se métamorphose en une arme entre ses mains, inutile d' organiser des cours de droit à l'usage de la population, inutile de l'initier aux artifices des juristes vénaux que les Etats engagent à leur service pour falsifier les lois à l'école des armes. En revanche, l'image d'un mouton passant sous la terre d'Egypte à Gaza suffit à réfuter des monceaux d'arguties de légistes stipendiés. La conquête armée de la Cisjordanie par les colons juifs est à l'abri des caméras, mais les premiers pas de M. Obama à la Maison Blanche ne sont pas à l'abri du spectacle des brebis salvatrices. Elles préludent au débarquement du monde arabe dans la géopolitique. La véritable accélération du rythme de l'Histoire est celle de l'évolution de l'encéphale assiégé d'une humanité aux abois. Le transformateur de Gaza a mis sous haute tension cet organe paresseux.

6 - L'inconscient de l'histoire d'Israël

Quel spectacle que celui d'un homme d'Etat que l'Histoire pousse l'épée dans les reins ! Car le scénario ne se réduit pas à la ruse des fabulistes de Tel Aviv de promettre un Etat aux Palestiniens en échange de la perpétuation du siège de Gaza, le script ne se ramène pas seulement à l'astuce de proposer une apparence seulement de liberté aux prisonniers, comme si un peuple d'un million et demi d'âmes allait se décourager sous les yeux des caméras et quitter piteusement les lieux sous les rires et les quolibets de l'humanité ! Le pire, pour M. Obama, c'est le "retour du refoulé" qui remet Israël en face des armées de Titus et de Vespasien, mais avec des armes de notre siècle. Que dit maintenant ce peuple ? "Nous avons la capacité d'atteindre la plupart des capitales européennes avec nos armes nucléaires. Nous possédons plusieurs centaines d'ogives et de fusées qui nous permettent d'atteindre nos cibles en tous lieux du globe, et même Rome. (C'est moi qui souligne)

La plupart des capitales du Vieux Monde font partie des cibles potentielles de notre armée de l'air."

(Professeur Martin Van Creveld, Interview donnée à Jérusalem)

Quel est le resurgissement inconscient du passé de l'histoire qui fait écrire, en 2009, à un grand théoricien israélien de la guerre d'aujourd'hui que "Rome même" n'est plus hors d'atteinte des armes de David ?

Il y a seulement deux ans, 8% du peuple juif était d'avis que l'expulsion des Palestiniens était la meilleure solution. Il y a deux mois, ils étaient 33% et maintenant, ils sont 44% à le penser. Mais comme cette "solution" est irréalisable quand l'histoire du monde se déroule sur le modèle d'une bande dessinée, l'essentiel, aux yeux de l'anthropologie moderne, est d'étudier l'enracinement du peuple juif dans son passé mythologique. Le professeur Creveld, ancien professeur de l'université hébraïque de Jérusalem a publié vingt ouvrages traduits en dix-sept langues, ce qui suffit à démontrer qu'il n'est pas un fou isolé quand il écrit : "Nos forces armées ne sont pas au trentième rang mais aux deuxièmes ou troisièmes rangs mondial. Nous avons la capacité de détruire le monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu'Israël ne disparaisse".

Qui peut croire que le même délire politique dont Israël a témoigné en 70 de notre ère ne soit pas demeuré un acteur vivant de la pièce? Le professeur Creveld ne parle pas en son seul nom quand il rappelle cette parole de Moshé Dayan : "Israël doit être un chien enragé trop dangereux pour qu'on le bride." Mais quel est le fondement psychobiologique de la spécificité cérébrale d'Israël? Croit-on qu'un peuple qui refuse d'exposer l'effigie de César dans son temple, parce qu'il n'existe pas de dieu en chair et en os ; croit-on qu'un peuple qui, depuis deux mille ans, refuse une religion dont le demi dieu est un homme "consubstantiel" au Créateur, croit-on qu'un peuple qui est ensuite retombé dans le culte d'un dieu tribal, donc localisé et attaché à une seule terre, croit-on qu'un tel peuple n'incarnerait pas une énigme digne d'inspirer les sciences humaines du XXIème siècle et de les mettre à l'écoute des leçons de l'anthropologie politique en cette aube du IIIème millénaire?

Comment se fait-il qu'Israël ne soit pas revenu aux idoles de bois, de pierre et de fer qu'adorait même un Tacite, mais qu'il ait abandonné le Dieu universel, dont l'invention, attribuée au premier Moïse, était inspirée du Livre des Morts de l'Egypte antique? C'est cela, le débat théologique sous-jacent à la guerre entre Israël et les pays arabes. Mahomet a retrouvé le Jahvé universel du premier Moïse, mais non celui de Moshé Dayan. C'est pourquoi le sort de M. Obama est tragique: si Israël ne recule pas, le monde arabe va exploser avant six mois; et quant à faire reculer un peuple dont l'idole est un propriétaire féroce de sa terre et un guerrier invincible, il n'y a plus de Titus ou de Vespasien pour seulement s'y essayer. Les décors sont plantés: Incipit tragoedia.

M. Obama ne connaît rien de l'enjeu chromosomique qui sous-tend toute la politique du Moyen-Orient. Et maintenant, si cet Hamlet américain suit Israël dans la valse alternée du lion et du mouton évoquée plus haut, le premier métis qui aura dirigé l'Amérique l'aura ramenée à ses pacages et pâturages du début du XIX e siècle ; et l'Europe se trouvera minusculisée pour longtemps aux côtés du géant déchu sur la scène internationale. Mais s'il prend le parti de défier Israël à l'école d'une révolution de la pesée de l'Histoire mondiale - celle de la démythification du feu nucléaire qui sert de levier à la géopolitique d'Israël depuis six décennies - on cherche encore l'homme l'Etat qui aidera l'humanité à changer de cerveau!

Il aura fallu quatre siècles à la révolution renacentiste pour seulement commencer de séparer la raison politique de l'époque de la raison religieuse qui la compénétrait; et cette entreprise, qui aurait pu se révéler décisive, est demeurée tellement bancale qu'il faut la déclarer avortée. Car l'humanisme occidental actuel n'y a gagné aucune connaissance anthropologique des idoles simiohumaines, alors que l'Europe aurait un si grand besoin d'une telle science en cette aube d'un IIIème millénaire titubant. Qui desserrera le garrot d'une terreur nucléaire subrepticement sacralisée, donc secrètement idolâtre? Pour l'heure, Israël bâillonne la planète entière de l'intelligence politique. Cette nation peut dormir tranquille si M. Obama n'est pas d'une trempe à forger l'acier de l'Histoire . Mais faute d'un alliage nouveau de l'action et de la pensée, les événements se chargeront de prendre de l'avance sur le cerveau du simianthrope; et, comme toujours, la pensée naîtra sur les talons de l'action.

7 - Un discours imaginaire de M. Barack Obama

Le 1er mai 2002, dans un texte consacré sur ce site à "l'histoire racontée" et à "l'histoire comprise" (L'histoire racontée et l'histoire comprise : pour comprendre l'après 11 septembre, 14 avril 2002), j'avais tenté d'entrebâiller la science historique traditionnelle sur la réflexion anthropologique de demain. Pour cela, une scission méthodologique entre la mémoire narrative et le sondage psychanalytique de l'inconscient des nations ouvrait la porte à un recul intellectuel ambitieux d'interpréter la vie onirique de la politique dont le cerveau simiohumain demeure la proie. Du coup, le récit historique fictif, qui va d'Homère à Kafka, de Platon à Karl Marx et de la bible à Cervantès ou à Swift devenait un instrument de lecture de l'histoire réelle, parce que les grands écrivains portent un regard nouveau sur l'humanité. Pouvait-on déchiffrer l'Histoire à l'école d'un fantastique religieux qui, depuis le paléolithique, dichotomise notre cerveau entre le réel et le mythe?

Le rendez-vous actuel de l'Amérique et du monde entier avec l'Islam me semble rendre utile un regard dans mon rétroviseur du 1er mai 2002. Il s'agissait alors d'exposer les prémisses anthropologiques d'un regard sur la géopolitique qui aurait permis à un G.W.Bush supposé un homme d'Etat de tenir un discours prospectif. Il est amusant, me semble-t-il d'attribuer maintenant mot à mot à M. Barack Obama les dires de son prédécesseur il y a sept ans, parce que toute l'histoire d'une planète en proie à une panne cérébrale a interdit à l'Amérique de l'après 11 septembre 2001 de nouer des relations politiques rationnelles avec l'Islam, ce qui a permis à Israël de mettre la main sur le Département d'Etat et de conduire le monde à la boucherie de Gaza.

Voici donc de larges extraits du discours fictif de M.G.W.Bush du 1er mai 2002, assortis des sous-titres de l'époque.

Voir : La guerre procholine , 1er mai 2002

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n°344- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-02 - Suite- « Chronique d'un suicide annoncé : le cas d'Israël »


n°344- Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie'   de  Palestine  - 15-02  - Suite- « Chronique d'un suicide annoncé : le cas d'Israël »



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

        n°344 du 15-02                                         C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire

2-2 Wallerstein, « Chronique d’un suicide annoncé : le cas d’Israël »

2-3 Chérif Boudelal : Le sionisme sous terrain et le sionisme apparent.

2-4 Une analyse de l’intervention de Noam Shalit : La Grande Illusion.



2-2 Wallerstein, « Chronique d’un suicide annoncé : le cas d’Israël »

L’Etat d’Israël a proclamé son indépendance le 15 mai 1948 à minuit. Les Nations Unies avaient voté la création de deux Etats sur le territoire de ce qui avait été la Palestine sous  mandat britannique. La ville de Jérusalem était censée devenir une zone internationale sous juridiction onusienne. La résolution de l’ONU bénéficia d’un large soutien, particulièrement celui des Etats-Unis et de l’Union soviétique. Les Etats arabes votèrent tous contre.

Au cours de ses soixante ans d’existence, l’Etat d’Israël a fait dépendre sa survie et son expansion d’une stratégie d’ensemble qui a combiné trois éléments : le militarisme macho, des alliances géopolitiques et des relations publiques. Le militarisme macho (ce que le Premier ministre actuel, Ehoud Olmert, appelle la « poigne de fer ») a été rendu possible par la ferveur nationaliste des Israéliens juifs et, au final (bien que pas initialement), par le très fort soutien des communautés juives ailleurs dans le monde.

Sur le plan géopolitique, Israël a d’abord forgé une alliance (brève mais cruciale) avec l’Union soviétique, puis avec la France (qui dura plus longtemps et permit à Israël de devenir une puissance nucléaire) et, enfin (et surtout) avec les Etats-Unis. Ces alliés, qui ont aussi été des protecteurs, ont avant tout accordé leur soutien militaire en fournissant des armes. Mais ils ont également offert un appui politico-diplomatique et, dans le cas des Etats-Unis, une aide économique considérable.

Les relations publiques visaient à se gagner la sympathie et le soutien de grandes franges de l’opinion publique mondiale, en se fondant, dans les premières années, sur le portrait d’Israël en David pionnier affrontant un Goliath rétrograde, et dans les quarante dernières années sur la culpabilité et la compassion vis-à-vis de l’extermination massive des Juifs d’Europe par les Nazis durant la Seconde Guerre Mondiale.

Tous ces éléments de la stratégie israélienne ont bien fonctionné de 1948 aux années 1980. Ils devenaient, en fait, de plus en plus efficaces. Mais quelque part dans les années 1980, l’utilisation de chacune de ces trois tactiques a commencé à être contre-productive. Israël est maintenant entré dans une phase de déclin précipité de sa stratégie. Il est peut-être trop tard pour opter pour une autre stratégie, auquel cas ce pays aura commis un suicide géopolitique. Essayons de déterminer comment les trois éléments de la stratégie ont interagi, d’abord dans un mouvement ascendant, couronné de succès, puis pendant le lent déclin de la puissance israélienne.

Au cours des vingt-cinq premières années de son existence, Israël s’est engagé dans quatre guerres avec les Etats arabes. La première, ce fut celle de 1948-49 pour créer l’Etat juif. La déclaration israélienne d’un Etat indépendant ne donna pas lieu du côté palestinien à une déclaration correspondante de création d’un Etat. A la place de cela, un certain nombre de gouvernements déclarèrent la guerre à Israël qui se retrouva initialement en difficulté sur le plan militaire. Les militaires israéliens étaient cependant bien mieux entraînés que leurs collègues des pays arabes, exception faite de la Transjordanie. Et, élément crucial, ils reçurent des armes de Tchécoslovaquie, qui agissait en agent de l’Union soviétique.

Au moment de la trêve en 1949, la discipline des forces israéliennes combinée aux armes tchèques avait permis aux Israéliens de gagner un territoire considérable, y compris Jérusalem-Ouest, non inclus dans les propositions de partition des Nations Unies.

Les autres zones furent incorporées au territoire des Etats arabes voisins. Un grand nombre d’Arabes palestiniens partirent ou furent contraints de quitter les zones sous contrôle israélien. Ils sont devenus réfugiés dans les pays arabes avoisinants, où leurs descendants vivent toujours en grande partie aujourd’hui. La terre qui avait été la leur fut prise par les Israéliens juifs.

L’Union soviétique lâcha bientôt Israël. La raison principale était probablement que ses dirigeants ont rapidement craint l’impact de la création de cet Etat sur l’état d’esprit des Juifs soviétiques, qui semblaient excessivement enthousiastes et, de là, potentiellement subversifs du point de vue de Staline. A son tour, Israël abandonna toute sympathie pour le camp socialiste pendant la Guerre froide et fit clairement savoir son désir fervent d’être considéré comme un membre à part entière, politiquement et culturellement, du monde occidental.

Confrontée à cette époque aux mouvements de libération nationale dans ses trois colonies nord-africaines, la France vit en Israël un allié utile. Ce fut particulièrement vrai à partir du moment où les Algériens lancèrent leur guerre d’indépendance en 1954. La France commença à aider Israël à s’armer par ses propres moyens. En particulier, la France, qui développait ses propres armes nucléaires (contre la volonté des Américains), aida Israël à faire de même. En 1956, Israël fit cause commune avec la France et la Grande-Bretagne dans leur guerre contre l’Egypte. Malheureusement pour Israël, cette guerre fut menée en passant outre l’opposition américaine et les Etats-Unis forcèrent les trois puissances à y mettre fin.

Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, la relation avec Israël perdit de son intérêt pour la France car elle interférait désormais dans ses tentatives pour forger des relations plus étroites avec les trois Etats nord-africains nouvellement indépendants. C’est à ce moment que les Etats-Unis et Israël se tournèrent l’un vers l’autre pour nouer des liens étroits. En 1967, la guerre éclata de nouveau entre l’Egypte et Israël, et d’autres Etats arabes se rallièrent à l’Egypte. Dans cette guerre dite des « Six Jours », les Etats-Unis fournirent pour la première fois de l’armement militaire à Israël.

La victoire israélienne de 1967 changea fondamentalement la situation à bien des égards. Israël avait facilement gagné la guerre, occupant toutes les parties du mandat britannique sur la Palestine où elle se trouvait auparavant ainsi que la péninsule égyptienne du Sinaï et le plateau syrien du Golan. Juridiquement, il y avait désormais un Etat d’Israël auquel s’ajoutaient les territoires qu’il occupait. Israël commença une politique d’installation de colonies juives dans ces territoires occupés.

La victoire israélienne transforma l’état d’esprit de la communauté juive mondiale qui surmonta les réserves qu’elle avait pu avoir quant à la fondation de l’Etat d’Israël. Elle tira une grande fierté des réussites d’Israël et commença à mener de grandes campagnes politiques aux Etats-Unis et en Europe occidentale pour lui assurer des appuis politiques. L’image d’un pays pionnier mettant l’accent sur les vertus du kibboutz fut abandonnée au profit d’une insistance sur l’Holocauste comme justification fondamentale du soutien mondiale à Israël.

En 1973, les pays arabes cherchèrent à redresser la situation militaire par la guerre de Yom Kippour. Cette fois encore, Israël l’emporta, avec l’aide des armes américaines. La guerre de 1973 marqua la fin du rôle central des Etats arabes. Israël pouvait continuer de chercher à obtenir sa reconnaissance par les Etats arabes, ce à quoi il est finalement arrivé avec l’Egypte et la Jordanie, mais il était maintenant trop tard pour que ce soit une façon de garantir son existence.

C’est à partir de ce moment qu’émergea un mouvement politique palestinien sérieux, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui devenait désormais l’opposant clé, celui avec qui Israël devait s’entendre. Pendant longtemps, Israël refusa de traiter avec l’OLP et son chef Yasser Arafat, préférant la poigne de fer. Et au départ, sur le plan militaire, cela a fonctionné.

Les limites de la politique de la poigne de fer sont devenues évidentes avec la première intifada, soulèvement spontané de Palestiniens dans les territoires occupés qui débuta en 1987 et dura six ans. Fondamentalement, la réussite de l’intifada fut double. Elle força les Israéliens et les Etats-Unis à parler à l’OLP. Ce long processus a abouti aux Accords d’Oslo de 1993 stipulant la création de l’Autorité palestinienne dans une partie des territoires occupés.

Sur le long terme, les Accords d’Oslo ont été moins importants que l’impact de l’intifada sur l’opinion publique mondiale. Pour la première fois, l’image de David et Goliath commençait à s’inverser. Pour la première fois, un sérieux mouvement de soutien dans le monde occidental pour la solution des deux Etats commençait à apparaître. Pour la première fois, des critiques sérieuses de la poigne de fer et des pratiques d’Israël vis-à-vis des Palestiniens commençaient à s’exprimer. Si Israël avait pris au sérieux la solution des deux Etats, fondée sur la « ligne verte » (ligne de démarcation à la fin de la guerre de 1948-49), il aurait probablement pu trouver un accord.

Israël a pourtant toujours eu un temps de retard. Quand il pouvait négocier avec Nasser, il ne l’a pas fait. Quand il pouvait négocier avec Arafat, il ne l’a pas fait. Quand Arafat est décédé et qu’un Mahmoud Abbas incapable lui a succédé, le Hamas, plus combatif, a remporté les élections législatives palestiniennes en 2006. Israël a refusé de lui parler.

Aujourd’hui, Israël a envahi Gaza et cherche à détruire le Hamas. S’il y parvient, quelle organisation sera la suivante ? Si, comme c’est plus probable, Israël échoue à le détruire, une solution autour de deux Etats est-elle à présent possible ?

L’opinion publique en Palestine et dans le monde évolue vers la solution d’un seul Etat. Ce qui veut dire, naturellement, la fin du projet sioniste. 

La stratégie en trois éléments d’Israël est en voie de décomposition. La poigne de fer ne fonctionne plus, tout comme elle n’a pas marché pour George Bush en Irak. Le lien avec les Etats-Unis va-t-il rester solide ? J’en doute. Et l’opinion publique mondiale va-t-elle continuer de regarder avec sympathie Israël ? Il ne semble pas. Israël peut-il passer à une autre stratégie, celle de la négociation, avec les représentants militants des Palestiniens, et ce en tant que composante à part entière du Moyen-Orient et non comme avant-poste de l’Europe  ?

Il semble assez tard pour cela, et même peut-être trop tard. D’où cette chronique d’un suicide annoncé.

Immanuel  Wallerstein

[Copyright Immanuel Wallerstein, distribué par Agence Global. Pour tous droits et autorisations, y compris de traduction et mise en ligne sur des sites non commerciaux, contacter: rights@agenceglobal.com, 1.336.686.9002 or 1.336.286.6606. Le téléchargement ou l’envoi électronique ou par courriel à des tiers est autorisé, pourvu que le texte reste intact et que la note relative au copyright soit conservée. Pour contacter l’auteur, écrire à: immanuel.wallerstein@yale.edu.

Ces commentaires, édités deux fois le mois, sont censés être des réflexions sur le monde contemporain, à partir non des manchettes du jour mais de la longue durée.]

Fernand Braudel Center, Binghamton University

http://fbc.binghamton.edu/commentr.htm

Commentaire n° 249, 15 janvier 2009

http://socio13.wordpress.com/2009/02/07/%C2%AB-chronique-d%E2%80%99un-suicide-annonce-le-cas-d%E2%80%99israel-%C2%BBpar-immanuel-wallerstein/

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n°344- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-02 - Suite 2- « Chronique d'un suicide annoncé : le cas d'Israël »


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Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

        n°344 du 15-02                                         C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire

4 Dossier

4-1 Mohamed Hassan : Expliquer le succès du Hamas.

4-2 Elections Israéliennes : Le vrai visage du sionisme dévoilé.

4-3 La majorité des sionistes soutiennent le programme raciste et fasciste de Lieberman.



4 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1  Mohamed Hassan : Expliquer le succès du Hamas.
Interviewé par: Grégoire Lalieu et Michel Collon

Pour les grands médias, l’affaire semble entendue : le Hamas est terroriste, intégriste et fanatique. Pourtant, ce mouvement a gagné les dernières élections et sa popularité ne cesse de croître auprès des Palestiniens. Pourquoi ?

Nous l’avons demandé à Mohamed Hassan, auteur de "L’Irak face à l’occupation", et un des meilleurs spécialistes du Moyen-Orient...
Qu’est réellement le Hamas ?
Le Hamas est un mouvement politique issu d’un des plus vieux mouvements politiques d’Egypte, les Frères Musulmans. Le mot « Hamas » signifie l’éveil, il fait référence à quelque chose en éruption... C’est un mouvement nationaliste islamiste que l’on pourrait comparer au mouvement nationaliste irlandais. Face à l’occupation coloniale de l’Irlande par les Britanniques, se développa à partir de 1916 un mouvement de résistance, l’Irish Republican Army. Comme les Irlandais étaient catholiques et les colons britanniques protestants, l’occupant tenta d’en faire une guerre de religions. La religion peut être utilisée pour mobiliser un peuple pour une cause.
Quel contexte historique explique l’émergence du Hamas ?
Pour le comprendre, nous devons prendre en considération différents événements historiques. Le premier est la guerre des Six Jours qui discrédita le nassérisme en 1967. Nasser était un président égyptien qui encouragea une révolution arabe pour l’indépendance et le développement. Suite à la sévère défaite que lui infligea Israël, son idéologie perdit en influence. Après sa mort, l’Egypte et Israël entrèrent à nouveau en conflit lors de la guerre d’Octobre en 1973. L’Egypte et
la Syrie voulait récupérer des territoires sous occupation israélienne. Finalement, l’Egypte et Israël signèrent un accord, mais cet événement marqua une profonde division dans le monde arabe entre les pays qui étaient prêts à accepter les conditions israéliennes et ceux qui voulaient résister comme la Syrie, l’Algérie, l’Irak... Bien sûr, la question palestinienne restait un élément crucial dans ces conflits. La résistance à Israël avait d’ailleurs mené à la formation de l’OLP, l’Organisation pour la Libération de la Palestine. Cette organisation a été créée dans le but de rassembler les différents mouvements de résistance pour allier leurs efforts dans la résistance à Israël. Avant de négocier avec cette organisation lors des accords d’Oslo, Israël la considérait comme un groupe terroriste et lui infligea plusieurs défaites qui peuvent expliquer l’émergence du Hamas.
La première défaite survint avec le septembre noir de 1970. L’OLP avait son quartier général en Jordanie où le roi Hussein négocia un accord avec Israël pour réprimer brutalement l’insurrection palestinienne. L’OLP fut alors obligée de fuir vers Beyrouth. La seconde importante défaite survint en 1982. Israël attaqua le Liban et la plupart des combattants de l’OLP durent partir très loin de
la Palestine. Le QG de l’organisation fut établi à Tunis. C’est dans ce contexte particulier qu’arrive la première Intifada en 1987. L’Intifada était un soulèvement populaire en réaction à l’occupation israélienne qui a démarré à Gaza et a ensuite gagné la Palestine tout entière. Comme je l’ai dit, l’OLP se situait très loin à ce moment-là. Le Hamas au contraire se trouvait en Palestine et prit part à l’Intifada. Cet événement marque l’arrivée de ce mouvement qui débuta dans les prisons ! Les prisons étaient habituellement considérées comme un lieu de punition. Mais après que des résistants de l’Intifada furent emprisonnés, la donne changea ! C’est dans les prisons que le Hamas commença à recruter et à se développer en tant qu’organisation. Avec l’Intifada, le Hamas fut exposé à l’opinion palestinienne, l’opinion israélienne et l’opinion internationale.
Comment l’OLP réagit-elle à l’Intifada ?
Avec l’Intifada, l’OLP se divisa en deux ailes : la plus forte qui voulait continuer la résistance et qui était basée à Tunis et une autre moins importante qui voulait négocier un accord.

Ces membres-là se cachaient et n’eurent pas le courage de défendre leurs opinions jusqu’aux accords d’Oslo où ils se manifestèrent au grand jour et devinrent plus forts. Arafat était un tacticien et après la fin de la première Intifada, il utilisa les différents courants palestiniens dans le but de ramener l’OLP en Palestine.
Quels étaient ces courants ?
D’abord, vous avez ceux qui voulaient continuer le combat contre Israël sans concession.

Arafat devait les marginaliser pour obtenir quelque chose. D’un autre côté, vous avez ceux qui voulaient capituler, et ils dirigent le gouvernement palestinien aujourd’hui. Enfin, il y a la bourgeoisie qui souhaitait tirer profit d’une négociation. Arafat les utilisa pour obtenir ce qu’il voulait. Cela nous mène aux Accords d’Oslo en 1993. Ces accords ont permis à l’OLP de revenir en Palestine mais à part ça, ce fut une grande défaite. Les Palestiniens acceptèrent 22% de leurs terres. Il n’y a aucun accord dans l’Histoire qui confère à une partie seulement 22% de ce qu’elle demandait ! L’OLP n’était plus considérée comme une organisation terroriste et gagna la reconnaissance d’Israël, mais elle réussit pas à réellement améliorer la situation à Gaza et en Cisjordanie. Rien dans l’accord n’a été mentionné pour mettre fin à la colonisation israélienne. Cet élément a discrédité l’autorité palestinienne auprès de la population et a aussi contribué au succès du Hamas en tant que mouvement de résistance. Un autre élément important est le fait que l’autorité palestinienne, qui recevait des fonds de l’Occident, est devenue corrompue. Rien n’indique que le Hamas ait ce problème. D’une part, ses principales sources de revenus proviennent d’un système basé sur la charité dans le monde musulman. D’autre part, vu qu’ils critiquent l’autorité palestinienne sur le problème de la corruption, ils veillent sérieusement à ce que cela ne se produise pas dans leurs rangs.
Comment expliquer le succès du Hamas ?
Trois facteurs expliquent le succès du Hamas. Le premier est le maintien de la résistance et le refus de toute solution imposée, ce qui correspond à la volonté de la population. Le second facteur est que le Hamas exige le retour des réfugiés de 1948 et de 1967. En 1948, après la création de l’Etat d’Israël, beaucoup de Palestiniens furent expulsés du territoire. Avec la guerre des Six Jours en 1967, environ 300.000 réfugiés partirent en Jordanie. Aujourd’hui, c’est plus de six millions de réfugiés qui n’ont pas le droit de revenir dans leur pays ! En revanche, en tant qu’Etat juif, Israël accueille n’importe quel juif de n’importe où : Espagne, Russie, Ethiopie... Des personnes qui n’ont jamais été vues en Palestine auparavant! La question des réfugiés est un élément important des revendications palestiniennes dont le Hamas s’est fait le porte-parole.
Le dernier facteur qui a contribué au succès du Hamas est l’élimination au sein de la communauté palestinienne des personnes corrompues par Israël pour obtenir des informations. Quelques-uns ont été éliminés physiquement et la plupart - des délinquants, des alcooliques ou des dealers - ont été réintégrés via les programmes sociaux du Hamas. L’information ne circulait donc plus. C’est très important. Israël avait créé une société corrompue où tout le monde était contre tout le monde et a exploité cela pour construire un réseau d’informations et établir un certain contrôle sur la résistance palestinienne. C’est typique d’une mentalité coloniale. Les Britanniques ont appliqué cela en Irlande du Nord. Rien de nouveau. Mais le Hamas a réussi à détruire ce réseau, ce qui constitue une grande victoire sur Israël.
Certains disent qu’Israël a délibérément favorisé l’ascension du Hamas. Est-ce vrai ?
Pas du tout ! Il n’y en a aucune preuve.

Israël a toléré le Hamas en espérant que surviennent des conflits interpalestiniens. Ils voulaient affaiblir l’OLP et le Fatah. Mais ils ne s’attendaient pas à la qualité, la capacité et l’organisation dont a fait preuve le Hamas en se développant de telle manière. Toute puissance coloniale considère immanquablement ses sujets comme des enfants naïfs.
Comment un mouvement islamiste est-il devenu si populaire en Palestine?
Sous l’occupation à Gaza et dans les autres territoires, il n’était pas possible pour les Palestiniens de discuter ouvertement ou même d’imaginer leur futur excepté dans deux endroits : la mosquée et l’université.

Le Hamas était bien entendu déjà actif dans le premier. Mais il a ensuite commencé, comme n’importe quel autre parti politique, à se manifester dans les organisations étudiantes. Le marché est ouvert pour tous les partis ! Le Hamas a donc recruté de jeunes étudiants brillants, qui étaient bien perçus dans la société en raison de leur dévouement et de leur honnêteté. C’était facile pour le Hamas de les convaincre, car la volonté de résister les unissait. Il n’y a pas de mystère! Le Hamas exprime ouvertement ce que la population ressent dans son cœur. Avec les éléments les plus combatifs, les plus intelligents et les plus éduqués de la société, le Hamas est devenu une grande organisation.
Comment les autorités palestiniennes ont-elles réagi à l’évolution du Hamas ?
Elles ont été touchées par la corruption et les scandales.

Même des journalistes palestiniens les ont condamnées pour ça. Arafat était une espèce d’arbitre entre les différentes factions. Mais après sa mort, les contradictions entre le Hamas et le Fatah sont devenues antagoniques. Israël a exploité ces dissensions et a entrepris d’utiliser le Fatah pour entamer la popularité du Hamas. Ils pensaient que celui-ci n’accepterait pas de participer à des élections. C’est pourquoi ils mirent vite sur pied un scrutin. Tout le monde fut surpris que le Hamas accepte de participer, mais personne ne fut réellement inquiet. Ils pensaient en effet que le mouvement, en présentant une manière de penser dogmatique et très limitée, serait vaincu par le parti majoritaire. Contre toute attente, le Hamas créa une coalition et offrit une image flexible, très loin de ce qu’on aurait pu attendre d’une organisation fondamentaliste. En fait, le Hamas souhaite un Etat islamiste mais la réalité est différente.

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n°344- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-02 - Fin- « Chronique d'un suicide annoncé : le cas d'Israël »


n°344- Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie'   de  Palestine  - 15-02  - Fin- « Chronique d'un suicide annoncé : le cas d'Israël »



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

                                n°344 du 15-02                                         C.De Broeder & M.Lemaire


Sommaire

4 Dossier

4-4 Frédéric Koller : Une société à la dérive.

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

5-1 La Paix Maintenant : Vivre ensemble ICI ET MAINTENANT !

5-2 Aux origines de la pensée de M.Nétanyahou.

6 Annexe

6-1 Abdelbari Atwan : République Palestinienne de Dayton.


4-4 Frédéric Koller  : Une société à la dérive.

L’heure est aux discours musclés. Benyamin Netanyahou promet de débarrasser le pays du Hamas et de maintenir les colonies ; Tzipi Livni, parfois encore qualifiée de « Colombe », n’a pas hésité, lors des frappes sur Gaza, à appeler les soldats à y « aller sauvagement » ; Ehoud Barak, sur un mode poutinien, a promis de « traquer les terroristes jusque dans les toilettes ».

Le parapente tourbillonne avec élégance au-dessus de la plage de Tel-Aviv avant de croiser un hélicoptère Apache de l’armée israélienne. L’appareil vient de décoller et trace plein sud : direction Gaza, à une soixantaine de kilomètres du poumon économique d’Israël. L’apparente insouciance de Tel-Aviv, une ville qui semble vivre dans une bulle, est quelques secondes troublée par le bruit de la machine de guerre. En réalité, à la veille d’élections législatives qui devraient porter une seconde fois au pouvoir le faucon Benyamin Netanyahou, l’ensemble de la population n’a plus qu’une obsession : comment sécuriser Israël face aux roquettes du mouvement islamiste Hamas.

« Il faut répondre à la terreur par la terreur. » Dan a une trentaine d’années et a fait la deuxième guerre du Liban comme réserviste. Désormais, c’est œil pour œil, dent pour dent. Et pour réaliser ce programme, le commerçant votera Avigdor Lieberman. « D’ici cinq à dix ans, il sera premier ministre. Il faut une droite très dure au pouvoir. C’est le seul qui a un discours clair. Tous les autres sont des girouettes. »

Ex-videur moldave de boîte de nuit, Avigdor Lieberman soigne son look d’ours en cravate, passe plus de temps en Russie qu’en Israël et est menacé de poursuites pour ses affaires jugées opaques. C’est l’homme politique qui monte. Qualifié de « fasciste » par la gauche, son parti « Israël notre patrie » devrait s’imposer comme troisième force politique du pays derrière le Likoud et Kadima, mais devant les travaillistes. Il est considéré comme le nouveau faiseur de roi, et Benyamin Netanyahou lui a déjà promis un important ministère dans la perspective d’un gouvernement de coalition. Ni Tzipi Livni (Kadima) ni Ehoud Barak (Parti travailliste) n’ont exclu de gouverner avec lui.

L’heure est aux discours musclés. Benyamin Netanyahou promet de débarrasser le pays du Hamas et de maintenir les colonies ; Tzipi Livni, parfois encore qualifiée de « Colombe », n’a pas hésité, lors des frappes sur Gaza, à appeler les soldats à y « aller sauvagement » ; Ehoud Barak, sur un mode poutinien, a promis de « traquer les terroristes jusque dans les toilettes ». Dans ce contexte, Avigdor Lieberman n’a plus à forcer le trait et s’est contenté de mener une campagne anti-arabe dénonçant le « manque de loyauté » des Palestiniens qui vivent sur le territoire d’Israël (20% de la population). Le vote des immigrés d’Europe de l’Est et de Russie (20% de la population) lui est acquis. Mais il gagne désormais ses nouveaux électeurs dans la jeunesse et chez les pauvres.

« Les Arabes ne sont pas comme les Israéliens, dit encore Dan. Il n’y a pas une lutte gauche-droite. Ils sont tous contre nous. » On pourrait en dire autant des Israéliens. C’est du moins ce qu’écrit Gideon Levy, chroniqueur du journal de gauche Haaretz : « Il n’y a plus de différence idéologique entre Netanyahou, Livn­i et Barak. » Tous trois sont des va-t-en-guerre, des « extrémistes » et il n’y aurait plus de gauche. Difficile de le contredire au regard d’une campagne dans laquelle il n’a été fait mention d’aucun programme politique, économique ou social. Comment expliquer cette dérive ?

A Herzliya, petite ville au nord de Tel-Aviv, se tenait la semaine dernière une conférence annuelle qui réunit les élites intellectuelles et politiques du pays. Cette année, le thème était l’équilibre entre la sécurité nationale et la résilience. Dans ses couloirs, on y croise José Maria Aznar, John Bolton, l’un des idéologues du mouvement néo-conservateur américain, ou encore le président du Crongrès juif mondial, Ronald Lauder, un proche de Netanyahou. Beaucoup d’Américains et aucun Arabe. Peu de place pour le débat contradictoire et un message répété durant trois jours : Israël est l’avant-poste de la lutte contre le terrorisme international, et c’est ici que se joue le combat entre les démocraties et le danger islamiste. L’Iran, la Syrie, l’« axe chiite » sont de toutes les conversations. Dans ce monde en noir et blanc, il n’est pas très compliqué de choisir son camp.

« L’Europe vit en paix depuis 50 ans, explique le sociologue Ephraim Yaar. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela signifie de vivre sous la menace constante de roquettes. » Le professeur de l’Université de Tel-Aviv produit tous les mois depuis 10 ans un « index de la guerre et de la paix ». Le dernier en date, publié après une semaine d’offensive sur Gaza montrait que 92% des Israéliens soutenaient la guerre malgré les souffrances infligées aux populations civiles. « Au­jourd’hui, beaucoup de gens estiment que l’offensive a été stoppée trop tôt, sous la pression des Européens. » Ephraim Yaar dit qu’Israël a développé une « mentalité de nation assiégée ». « Sur un territoire deux fois plus petit que la Suisse, nous devons affronter les Palestiniens, le monde arabe et une troisième ceinture avec le monde musulman dont l’Iran et ses armes modernes. » L’homme affirme qu’il ne connaîtra pas la paix, ni ses enfants. Son scepticisme l’entraîne désormais vers l’étude de la « confrontation des civilisations ». Il se veut moins radical que Samuel Huntington, l’inventeur de cette thèse qui vient de décéder. Mais il ne dit, en définitive, pas autre chose : Islam et démocratie sont incompatibles.

Denis Charbit est politologue à l’Open University de Tel-Aviv. Il a soutenu l’offensive, mais il estime « qu’on est resté une semaine de trop ». Il se dit « choqué par le manque d’esprit critique de la société israélienne », un fait nouveau. Mais il l’explique par la peur. Cette peur a poussé l’armée à se comporter, sous l’impulsion des politiques et de l’opinion publique, en « voyou » à Gaza pour effrayer à son tour l’adversaire. Il a encore cette explication : « Autrefois, la société était beaucoup plus solidaire. Depuis les années 1990, elle est devenue individualiste, consumériste. Et, du coup, on n’est plus prêt à mourir. Toute perte devient insupportable. Nous menons, comme les Américains, une guerre avec comme principe « zéro mort » dans notre camp. »

On pourrait ajouter, comme le fait un diplomate en poste à Jérusalem, qu’Israël tend à amplifier les menaces – biens réelles – pour entretenir un climat de lutte permettant de maintenir l’union d’une nation par ailleurs de plus en plus divisée, atomisée, entre juifs ashkénazes et séfarades, entre laïcs et ultra-orthodoxes, entre riches et pauvres. Ces dissensions pourraient éclater avec violence le jour où la paix avec les Arabes sera réalisée. Mentalité d’assiégé, exacerbation de la peur sécuritaire : cela ne mène-t-il pas à une forme de déni de la réalité ? C’est ce que suggère Moshe Maoz, spécialiste du Moyen-Orient à l’Université hébraïque de Jérusalem : « Je comprends la majorité des Israéliens qui ne tolère pas les roquettes. Mais, dans le même temps, il est frappant de voir à quel point elle ne connaît pas la situation dans les territoires occupés, à quel point ils ignorent les souffrances infligées aux Palestiniens. »

Tsahal, l’« armée de défense israélienne », est le pilier central de l’Etat. Elle forge l’identité nationale. Son comportement est le reflet de la société. Israël a souvent mis en avant la conduite éthique exemplaire de son armée. Or, au­jourd’hui, Tsahal n’hésite plus à reprendre à son compte l’arme du désespoir, la tactique de la terreur de l’ennemi, avec la caution morale d’un professeur distingué de philosophie.

Selon un nouveau code de conduite, élaboré il y a cinq ans par Asa Kasher, de l’Université de Tel-Aviv, les Conventions de Genève sont caduques dans le cadre de la guerre contre le terrorisme et il est ainsi permis de tirer sur une population civile où se cacheraient des « terroristes » si cela permet de sauver la vie des soldats. Ce glissement explique peut-être la perception différente entre Européens et Israéliens des morts civils palestiniens à Gaza. Il est révélateur d’une société qui, au nom de la sécurité, est prête à sacrifier des principes qui fondaient en partie sa légitimité. Pas étonnant dès lors que les Israéliens s’apprêtent à voter pour des « durs », des « très durs ».

Frédéric Koller

10 février 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e4f4ccd6-f6f2-11dd-b8a7-ca4d88a5b5ba

http://alternatives-international.net/article2949.html


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15/02/2009

n°343 - Dossier de Palestine 14-02 – Début - : La résistance, c'est d'abord le rejet de l'occupation et de l'injustice.


n°343 - Dossier de Palestine  14-02 – Début - : La résistance, c'est d'abord le rejet de l'occupation et de l'injustice.


                    Dossier de Palestine      

 N°343                                                                                                                  14-02

                                        C.De Broeder & M.Lemaire   



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Sommaire

Tiré à part

4-2 Drs Ghassan Abu Sittah et Swee Ang ; Les blessures de Gaza.

3 Dossier

3-1 Mahmoud Al-Zahar : La résistance, c’est d’abord le rejet de l’occupation et de l’injustice.

Suite

3-2 Uri Blau : Une base de données israélienne secrète révèle l’ampleur de la colonisation illégale.

3-3 Réponse de Leon Deouell  à : « Sans loyauté, pas de citoyenneté » d'Avigdor Lieberman.

Fin

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Jean Bricmont : Sur le retour du ni-ni, l´islamisme et l´antisémitisme dans les manifestations.

4-2 Drs Ghassan Abu Sittah et Swee Ang : Les blessures de Gaza.

4-3 Gaza : Les enfants restent dans une situation précaire.

4-4 Gaza : A la violence doit répondre la Justice.

4-5 Rapport : Les obus au phosphore blanc : les enfants de Gaza ne peuvent même pas pleurer.


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n°343 - Dossier de Palestine 14-02 - Suite- : La résistance, c'est d'abord le rejet de l'occupation et de l'injustice.


n°343 - Dossier de Palestine  14-02 - Suite- : La résistance, c'est d'abord le rejet de l'occupation et de l'injustice.


                    Dossier de Palestine      

 N°343                                                                                                                  14-02

                                        C.De Broeder & M.Lemaire   


Sommaire

3 Dossier

3-2 Uri Blau : Une base de données israélienne secrète révèle l’ampleur de la colonisation illégale.

3-3 Réponse de Leon Deouell  à : « Sans loyauté, pas de citoyenneté » d'Avigdor Lieberman.


3-2 Uri Blau : Une base de données israélienne secrète révèle l’ampleur de la colonisation illégale.

Il y a tout juste quatre ans, le ministère de la défense décidait d’entreprendre ce qui paraissait une tâche élémentaire : établir une base de données exhaustive sur les colonies. Le général (réserve) Baroukh Spiegel, collaborateur de Shaul Mofaz, alors ministre de la défense, fut chargé du projet. Pendant plus de deux ans, Spiegel et son équipe, qui avaient tous signé un accord de confidentialité, récoltèrent systématiquement les chiffres, essentiellement auprès de l’Administration civile.

L’un des principaux moteurs qui expliquaient cet effort était la nécessité de disposer d’informations crédibles et accessibles pour contrer les procédures juridiques entamées par des habitants palestiniens, des organisations pour les droits de l’homme et des mouvements de gauche qui contestaient la légalité de la construction dans les colonies et l’utilisation de terres privées sur lesquelles elles étaient bâties ou s’étendaient. Ces chiffres, réunis à grand peine, furent considérés comme de la dynamite politique.

L’establishment de la défense, avec à sa tête Ehoud Barak, ministre de la défense, refusa obstinément de publier les chiffres, arguant en premier lieu que leur publication pouvait nuire à la sécurité de l’Etat ou à sa politique étrangère. Celui qui sera probablement intéressé par ces chiffres est George Mitchell, émissaire spécial du président Barack Obama au Moyen-Orient, qui est venu cette semaine en Israël pour une première visite depuis sa nomination. C’est Mitchell qui est l’auteur du rapport de 2001 qui avait conduit à la formulation de la Feuille de route, laquelle établissait un parallèle entre l’arrêt du terrorisme et l’arrêt de la construction dans les colonies.

Récemment, Ha’aretz s’est procuré cette base de données officielle, la première du genre compilée en Israël sur les territoires occupés. Ici, pour la première fois, des informations que l’Etat cachait depuis des années sont révélées. Une première analyse des données montre que, pour l’immense majorité des colonies (environ 75%), la construction a été effectuée, parfois sur une grande échelle, sans les permis requis ou en contravention avec les permis obtenus. La base de données révèle également que, dans plus de 30 colonies, d’importantes constructions d’immeubles publics et infrastructures (routes, écoles, synagogues, écoles rabbiniques et même commissariats de police) ont été effectuées en Cisjordanie sur des terres qui appartenaient à des propriétaires palestiniens privés.

Il faut souligner que ces chiffres ne concernent pas seulement les « colonies sauvages », car ces informations apparaissaient déjà dans le rapport bien connu de la procureure Talia Sasson, publié en mars 2005 1, mais le cœur même de l’entreprise de colonisation. Parmi les colonies concernées apparaissent d’anciennes colonies idéologiques comme Alon Shvout (1970, actuellement 3 291 habitants, dont le rabbin Yoel Bin Nun), Ofra (1975, 2 708 habitants dont Yehoshua Mor Yosef, ancien porte-parole de « Yesha », le conseil représentatif des colons, et des personnalités médiatiques comme Uri Elitzur et Hagaï Segal), ainsi que Beit El (1977, population 5 308 dont Hagai Ben-Artzi, frère de Sara Netanyahou). Sont également concernées d’importantes colonies fondées principalement pour des raisons économiques, comme la ville de Modi’in Illit (1990, 36 282 hab.) ou Givat Ze’ev, proche de Jérusalem (1983, 11 139 hab.) et des colonies plus petites comme Nokdim, près de Herodion (1982, 861 habitants dont le député Avigdor Lieberman).

Les informations que contient la base de données ne sont pas conformes à la position officielle de l’Etat telle qu’elle est présentée, par exemple, sur le site web du ministère des affaires étrangères, selon lequel "les actions d’Israël relatives à l’usage ou à l’attribution de terres qu’il administre sont toutes prises en respectant totalement les règles et les normes du droit international - Israël ne réquisitionne pas de terres privées pour construire des colonies". Du fait que, dans de nombreuses colonies, c’est le gouvernement lui-même, et en premier lieu le ministère de la construction et du logement, qui a été responsable de la construction, et que les nombreuses infractions concernent des infrastructures, des routes, des bâtiments publics, etc., les données officielles démontrent également la responsabilité du gouvernement dans la planification sans aucune retenue et le non-respect de l’Etat de droit dans les territoires occupés. Par ailleurs, l’ampleur de ces infractions atteste le dysfonctionnement de l’Administration civile, organisme chargé de délivrer les permis de construire et de leur supervision dans les territoires occupés.

Selon les chiffres du Bureau central de statistiques de 2008, environ 290 000 Juifs habitent les 120 colonies « officielles » et les plusieurs dizaines de « colonies sauvages » érigées en Cisjordanie depuis 41 ans.

"Rien n’a été fait en cachette", dit Pinhas Wallerstein, directeur général du Conseil des colons (Yesha) et personnalité qui compte dans l’entreprise de colonisation. "Je ne connais pas un plan [de construction] qui n’ait été initié par le gouvernement." Selon lui, si les propriétaires des terres sur lesquelles ont été érigées les colonies se plaignent et que le tribunal reçoit leur plainte, les bâtiments de la colonie seront déplacés ailleurs : "Cela a toujours été la position de Yesha depuis des années."

On ne le dirait pas à faire un tour dans plusieurs des colonies où des constructions massives ont été effectuées sur des terres privées palestiniennes. Des quartiers entiers bâtis sans permis ou sur des terres privées font partie intégrante des colonies. Cette impression de dissonance ne fait que grandir quand on découvre que des bureaux municipaux, des commissariats de police et des casernes de pompiers sont également bâtis, et fonctionnent actuellement, sur des terres qui appartiennent à des Palestiniens.

Dans une rue de la colonie de Kokhav Ya’akov, une jeune mère conduit ses deux jeunes enfants à la maison. "J’habite ici depuis six ans", dit-elle, l’air surpris quand elle entend que le quartier tout entier est construit sur des terres privées palestinienne. "Je savais qu’il existait une petite zone controversée dans le village, mais je n’avais jamais entendu dire qu’il s’agissait de terre privée." Aurait-elle bâti sa maison ailleurs si elle l’avait su dès le début ? "Je n’aurais jamais jeté personne hors de chez lui."

Non loin de là, dans la même colonie, sur un site pour caravanes à la fois étendu et à l’abandon, situé lui aussi sur des terres privées, un couple de jeunes mariés se dirige vers l’arrêt de bus : Aharon, 21 ans, et sa femme Elisheva, 19 ans. Bien qu’ayant grandi aux Etats-Unis et établis depuis quelques mois seulement en Israël, après qu’Aharon eut accompli son service militaire dans une unité ultra-orthodoxe du Nahal, ils parlent un hébreu presque parfait. Il étudie l’informatique à Jérusalem. A la question de savoir pourquoi ils ont choisi d’habiter cet endroit plutôt qu’un autre, ils donnent trois raisons : c’est proche de Jérusalem, bon marché et dans les territoires. Dans cet ordre.

Le couple paie son loyer, 550 shekels mensuels, au secrétariat de la colonie. En tant que nouveaux immigrants, ils sont encore exemptés de la taxe municipale (« arnona »). Aharon ne paraît pas bouleversé à l’idée que sa caravane est située sur une terre privée, et ne semble pas particulièrement intéressé : "Je me fiche de ce que dit l’Etat, la Torah dit que toute la Terre d’Israël nous appartient." Et qu’arrivera-t-il si on leur demande de déménager sur une terre non privée ? "Nous déménagerons", dit-il sans hésiter.

Un « problème compliqué »

Aujourd’hui encore, plus de deux ans après en avoir terminé avec son rôle officiel, Baroukh Spiegel demeure loyal à l’establishment militaire. Au cours d’un entretien, il rappelle plusieurs fois qu’il a signé un accord de confidentialité, de sorte qu’il ne souhaite pas entrer dans les détails de son travail. Il a été chargé par Shaul Mofaz de traiter des questions sur lesquelles Israël s’était engagé auprès des Etats-Unis, dont l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens affectées par le mur de séparation, et de la supervision des soldats israéliens aux check points.

Il y a deux ans, le journaliste d’Ha’aretz Amos Harel avait révélé que la tâche essentielle confiée à Spiegel était d’établir et de maintenir à jour une base de données sur l’entreprise de colonisation. Cela s’était produit devant l’évidence que les Etats-Unis, ainsi que l’Observatoire de la colonisation de Shalom Arshav, étaient en possession d’informations beaucoup plus précises sur la construction dans les colonies que celles dont disposait l’establishment de la défense, qui jusqu’alors s’en était remis essentiellement aux informations transmises par les inspecteurs de l’Administration civile. L’ancienne base de données avait de nombreuses failles qui découlaient en grande partie du fait que l’establishment préférait ne pas savoir précisément ce qui se passait dans cette zone.

La base de donnée de Spiegel contient des informations écrites étayées par des photos aériennes et des données obtenues par GIS (Geographic Information Systems), qui concernent le statut des terres et les limites officielles de chacune des colonies. Spiegel : "Le travail a pris deux ans et demi. Il a été effectué afin de vérifier le statut des colonies et des avant-postes, et de parvenir à la plus grande exactitude possible : statut de la terre, statut juridique, limites, plan de construction, décisions gouvernementales, terres dont la propriété est douteuse. Il s’agit d’un travail professionnel à plein temps, qui a requis des juristes et des experts en planification et en GIS. J’espère que ce travail se poursuivra, parce que c’est absolument vital. Il faut savoir ce qui se passe là-bas pour prendre des décisions en conséquence."

Q. Qui garde la trace de tout cela aujourd’hui ?

« Je suppose que c’est l’Administration civile. »

Q. Pourquoi n’existait-il pas de base de données comparable avant votre nomination ?

« J’ignore s’il y a eu un grand intérêt autour de cela. »

Q. Pourquoi, à votre avis, l’Etat ne publie-t-il pas ces informations ?

« C’est un sujet sensible et complexe, et il y a toutes sortes de considérations politiques et liées à la sécurité. Il y a eu des questions sur le droit du public à savoir, la loi de la liberté de l’information. Il faudrait s’adresser aux officiels chargés du dossier. »

Q. Quels sont ces sujets sensibles ?

« Ce n’est pas un secret qu’il y a eu des infractions, qu’il y a eu de problèmes liés à la terre, c’est un problème compliqué. »

Q. Y a-t-il aussi un problème pour l’image du pays ?

« Je ne m’occupe pas d’image. J’ai entrepris un travail de Sisyphe pour, avant toute chose, garantir qu’on sache ce qui existe, ce qui est légal et illégal, et le degré d’illégalité, que cela concerne la confiscation de terres palestiniennes ou le processus d’obtention des permis de construire. Notre travail a consisté en un recensement méticuleux de ce qui se passait dans les colonies et les avant-postes qui existaient alors. Nous avons trouvé ce que nous avons trouvé, et nous l’avons transmis. »

Q. Pensez-vous que ces informations doivent être publiées ?

« Je pense qu’ils ont déjà décidé d’en publier la partie la plus simple, qui concerne les zones de juridiction. Il y a des choses plus sensibles. Ce n’est pas un secret qu’il y a des problèmes. On ne peut pas faire quelque chose d’illégal et dire que c’est légal. Je ne peux pas m’étendre, car je suis toujours tenu à la confidentialité. »

Dror Etkes, ancien coordinateur de l’Observatoire de la colonisation de Shalom Arshav, et qui dirige actuellement le projet pour la défense des terres au sein de l’organisation Yesh Din : "Le refus persistant du gouvernement de révéler ces données sous prétexte de raisons de sécurité constitue un exemple supplémentaire de la manière dont l’Etat abuse de son autorité pour réduire l’information dont disposent ses citoyens. Ils veulent formuler des positions intelligentes fondées sur des faits et non sur des mensonges et des semi-vérités."

A la suite de ces premières révélations, le Mouvement pour la liberté de l’information et Shalom Arshav ont exigé du ministère de la défense qu’il publie cette base de données, en conformité avec la loi pour la liberté de l’information. Le ministère a refusé. "Il s’agit d’une base de données informatisée qui contient des informations détaillées et croisées sur les colonies juives en Judée et Samarie (Cisjordanie)", a répondu le ministère. "Les données ont été réunies par le ministère pour ses besoins propres et contiennent des informations sensibles. Il a été demandé au ministère de permettre d’accéder à ces données, en conformité avec la loi pour la liberté de l’information. Après avoir étudié cette demande, il a décidé de ne pas remettre ces informations. L’affaire est en cours et fait l’objet d’une procédure auprès du tribunal civil de Tel Aviv."

Ofra, Elon Moreh, Beit El

La base de données passe en revue chaque colonie par ordre alphabétique. Chaque entrée précise l’origine du nom de la colonie, sa forme (urbaine, village, conseil local, mochav, kibboutz), son affiliation à une organisation (Herout, Amana, Takam, etc.), le nombre d’habitants, les décisions gouvernementales qui l’ont concernée, l’organisme officiel auqueli la terre a été remise, le statut juridique de la terre sur laquelle la colonie a été construite (terre d’Etat, terre privée palestinienne ou juive, etc., une revue des avant-postes illégaux situés à proximité, et dans quelle mesure les plans de construction validés ont été exécutés. Sous chaque entrée, soulignée en rouge, on trouve une information sur l’étendue de la construction effectuée sans autorisation et sa localisation exacte dans la colonie.

Parmi les révélations que contient cette base de données officielle, il est particulièrement fascinant de voir ce qui est écrit sur Ofra, une colonie de la première heure de Goush Emounim. D’après un récent rapport de B’Tselem, la plupart des zones développées des colonies sont situées sur des terres palestiniennes privées, et font ainsi partie de la catégorie des avant-postes illégaux destinés à être évacués. Le Conseil Yesha a réagi au rapport de B’Tselem en affirmant que les « faits » contenus dans le rapport étaient "totalement infondés et destinés à présenter une image biaisée. Les habitants d’Ofra font attention aux droits des propriétaires arabes, avec lesquels ils sont parvenus à un accord concernant la construction des quartiers ainsi qu’à un accord qui permet aux propriétaires privés de continuer à cultiver leurs terres."

Mais les informations sur Ofra contenues dans la base de données ne laissent planer aucun doute : "La colonie n’est pas conforme aux plans de construction validés. La plupart des bâtiments de la communauté se trouvent sur des terres privées enregistrées comme telles, sans aucune base juridique, et sans possibilité de les convertir en terres à usage non-privé." La base de données donne également une description détaillée des endroits où des constructions ont été effectuées sans permis : "La partie d’origine de la colonie comprend plus de 200 bâtiments résidentiels en dur, des bâtiments agricoles, publics, des lots, des routes et des serres, tous soumis à un plan maître mais non avancés pour cause de propriété douteuse." Après avoir mentionné la présence de 75 caravanes et d’abris provisoires situés dans cette colonie, la base de données mentionne le quartier de Ramat Tzvi, au sud de la colonie d’origine : "Il y a environ 200 bâtiments en dur ainsi que des lots en train d’être viabilisés en vue d’une future construction, le tout sur des terres privées." Danny Dayan, président de Yesha, réagit en disant : "Je ne suis pas au courant de ces informations."

Autre endroit où la base de données révèle des constructions illégales ; Elon Moreh, l’une des colonies les célèbres de Cisjordanie. En juin 1979, plusieurs habitants du village de Rujib, au sud-est de Naplouse, avaient saisi la Haute cour, lui demandant d’annuler le décret d’affectation de 5 000 dounam de terres qui leur appartenaient, destinés à bâtir dans la colonie. Devant la cour, le gouvernement argua du fait, comme il le faisait régulièrement à cette époque, que la construction de la colonie était nécessaire pour des raisons de sécurité. Mais dans une déclaration en faveur des requérants palestiniens, l’ancien chef d’état-major Haïm Bar-Lev affirma : "En tant que professionnel, mon analyse est qu’Elon Moreh ne contribue pas à la sécurité de l’Etat d’Israël."

La Haute cour, se fondant sur ce témoignage ainsi que sur ceux des premiers colons, qui affirmaient eux aussi qu’il ne s’agissait pas d’une colonie provisoire établie pour raisons de sécurité mais bien d’une colonie permanente, ordonna à l’armée d’évacuer la colonie et de rendre les terres à leurs propriétaires. La conséquence immédiate de cette décision fut de trouver un autre site pour la construction de la colonie, sur des terres préalablement définies comme « terres d’Etat ». A la suite de cette décision, Israël arrêta officiellement d’invoquer des raisons de sécurité pour établir de nouvelles colonies dans les territoires occupés.

Les terres qui avaient été confisquées pour y construire Elon Moreh furent rendues à leurs propriétaires palestiniens, mais selon la base de données, sur le nouveau site aussi, où la colonie fut construite, site nommé Har Kabir, "la plus grande partie de la construction a été effectuée sans permis ni plan détaillé, et certaines des constructions mordaient sur des terres privées. Quant aux terres d’Etat dans la colonie, un plan détaillé fut préparé et publié le 16 juillet 1999. Il n’est jamais entré en application."

Le conseil régional de Samarie, où se trouve Elon Moreh, a réagi en disant : "Tous les quartiers de la colonie ont été planifiés, et quelques-uns construits, par l’Etat d’Israël par l’intermédiaire du ministère du logement. Les habitants d’Elon Moreh n’ont commis aucune infraction, et toute allégation de ce type est totalement fausse. L’Etat d’Israël est responsable de la promotion et de l’approbation des plans de construction, dans la colonie comme partout ailleurs dans le pays. Quant aux plans qui n’auraient pas encore été validés, ce qui est le cas dans de nombreux villages partout en Israël où le processus peut durer des dizaines d’années, cela ne retarde pas l’exécution des plans, même s’ils ne sont pas finalisés."

Selon la base de données, Beit El, autre colonie ancienne, a été elle aussi établie sur des "terres privées saisies pour raisons militaires" (…) D’après des données officielles, la construction effectuée à Beit El en l’absence de plans comprend les bâtiments qui abritent les bureaux du conseil municipal et le "quartier nord (Beit El 2) qui a été bâti pour sa plus grande part sur des terres privées. Ce quartier comprend de très nombreux bâtiments publics et de nouvelles routes circulaires. Le quartier nord (entre Jabal Artis et l’ancienne partie de la colonie), comprend environ 20 immeubles résidentiels, des bâtiments publics (dont une école), 40 caravanes et une zone industrielle. La totalité de l’ensemble se situe sur des terres privées, et ne dispose d’aucun plan qui lui soit affecté."

Moshe Rosenbaum, qui préside le conseil local, réagit : "Malheureusement, vous coopérez avec les pires ennemis d’Israël et causez d’immenses dommages au pays tout entier."

« Un énorme bluff »

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