Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

14/11/2008

n° 401 - journal de l'Afghanistan - 06-11 au13-11 - Début -: Obama devrait réaffirmer son engagement à traquer Ben Laden,

n° 401 - journal de l'Afghanistan - 06-11 au13-11 - Début -: Obama devrait réaffirmer son engagement à traquer Ben Laden,


journal de l'Afghanistan

n° 401 - du 06-11 au13-11

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.

Tiré à part :

Manfred orwell : L'équipe d'Obama déjà en action en juin ?

Paroles & action du bientôt président...

Obama devrait réaffirmer son engagement à traquer Ben Laden, selon le "Washington Post"

1 l'agresseur

Analyse & déclaration

2-1 Sur le terrain

2 Occupation de l'Afghanistan

3 Politique

4 Lutte pour la libération du territoire

Suite

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Ian Hamel : L'énigme Oussama Ben Laden.

7 Brèves

7-1 L'administration Bush devrait préconiser le renforcement de l'armée afghane, selon des.informations.

7-2 Afghanistan : la famine est une menace plus grave que l’occupation.

8 Dossiers

8-1 Obama envisagerait de juger aux Etats-Unis des détenus de Guantanamo.

8-2 Obama est-il prisonnier de “Gitmo”?
8-3 Six détenus de Guantanamo contestent leur détention pour la première fois.

9 Déclaration, courrier des lecteurs

9-1 SarkoGuerre : Pourquoi Les Soldats Français Sont-Ils Equipés De Missiles Anti Tanks Milan En Afghanistan ?

9-2 Gaston Pellet : 13 questions à Monsieur Obama.

-Fin -

10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

10-1 René Naba : Le péril militaire: la présence militaire US, un paratonnerre ou un détonateur ?

11 Annexe

11-1 Obama

1 Résistants irakiens et afghans s'adressent à Barack Obama.

2 Qu’est-ce qui va changer avec Barack Obama ?

3 Tariq Ramadan : Barack Obama : Espoir sans Naïveté.

4 Christian Bouchet: Shalom, Barack!

5 Premiers frémissements significatifs


L'Afghanistan en chiffre du 09 -07 au 13/11/08  

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 5

 4

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 5

 30

 

 

 

Peuple Afghan

 3

 x

 


 

Tiré à part :

Manfred orwell : L'équipe d'Obama déjà en action en juin ?
Purge dans l'US Air Force - Bush-Cheney n'en aurait plus le contrôle
Résumé de l¹article de Webster G. Tarpley ci-dessous :
Le ministre américain de la défense Robert Gates a annoncé l’éviction du  secrétaire d¹Etat à l¹USAF ainsi que le chef d¹état-major de l¹USAF pour manquement aux règles de sécurité des forces stratégiques nucléaires.

Le 30 août 2007, un B-52 intercontinental avec 6 missiles de croisière nucléaires survola le territoire américain du North Dakota vers la Lousiane, hors du  programme et du système de contrôle du commandement de l¹USAF.

De même 4 pièces importantes pour la tête de fusées Minuteman avaient envoyées à Taiwan à la place de batteries d¹hélicoptères.
Cette purge a eu lieu 48 heures avant qu¹Obama se fût lui-même déclaré candidat gagnant du parti démocrate.  
Le vol du B52 aurait été stoppé à l¹initiative d’échelons subalternes de l’USAF animés par un esprit patriotique. Il paraîtrait que le B52 était sous le contrôle de la faction du vice-président Cheney et devait s¹envoler vers le Proche-Orient pour participer aux opérations israéliennes du 6 septembre contre la Syrie et l¹Iran. 

Le scandale éclata le 5 septembre.
Selon l’auteur, l¹opération aurait été publiée??! le 26 août, 72 heures avant que le B52 ne fût chargé.
Gates serait un membre de la Commission des principaux ‹ the Principals¹ Committee ‹ qui aurait pris le pouvoir à Washington début mai, après l¹annonce des résultats des votes aux élections primaires dans l¹Indiana et le North Dakota, quand des mass media contrôlés annoncèrent qu¹Obama serait le candidat gagnant du parti démocrate.

Cette commission serait sous les ordres de la fameuse commission trilatérale dont l’une des têtes seraient Zbigniew Brzezinski et la famille Rockefeller.

Un groupe qui serait encore plus dangereux que le groupe ³néocon² Bush-Cheney, un groupe dont le candidat serait Obama.

La Trilatérale voudrait transformer l¹Iran en un instrument contre la Russie et la Chine.
Commentaire : l¹équipe Bush-Cheney, usée, est mise à la poubelle déjà avant la fin de leur mandat et la nouvelle équipe est déjà en train de prendre le pouvoir.

Des événements au sujet desquelles on ne trouve strictement rien dans les mass media français qui vont donc sombrer au second rang des  sources d¹information.
Message du 07/11/08 23:34  



Paroles & action du bientôt président...

Obama devrait réaffirmer son engagement à traquer Ben Laden, selon le "Washington Post"

Barack Obama compte opérer un changement majeur de la stratégie américaine en Afghanistan et réaffirmer son engagement à traquer Oussama ben Laden, faisant de la lutte contre al-Qaïda une priorité, a rapporté mardi le "Washington Post

Selon le quotidien, le président-élu, qui prendra officiellement ses fonctions le 20 janvier, envisage une stratégie plus régionale sur le dossier afghan, y compris de possibles négociations avec l'Iran. Al-Qaïda "est notre ennemi", déclare un haut conseiller d'Obama cité par le journal. Et Ben Laden "devrait être notre principale cible", ajoute-t-il.

Selon des conseillers à la sécurité nationale d'Obama dont l'identité n'a pas été précisée, le président-élu pense que l'administration Bush a relégué au second plan la traque du chef d'al-Qaïda après avoir échoué pendant des années à le capturer.

Le "Washington Post" cite également des responsables du renseignement américain affirmant que les efforts pour retrouver Ben Laden restent intenses mais que la menace al-Qaïda resterait grande même si le chef de l'organisation terroriste était neutralisé.

L'équipe de transition d'Obama "doit encore examiner les ressources militaires et de renseignement disponibles et comment elles sont actuellement utilisées", selon le quotidien. Et elle doit également définir une approche diplomatique avec le Pakistan, où selon des experts se cacherait Ben Laden, ajoute-t-il.

Obama s'était déclaré ouvert à des discussions sans conditions avec l'Iran avant de préciser par la suite que ce serait impossible sans un travail préparatoire approprié. Selon le journal, qui cite un responsable militaire américain, un intermédiaire pourrait être utilisé à l'avenir pour préparer un tel dialogue.

Le président américain sortant George W. Bush refuse d'avoir des discussions avec l'Iran tant qu'il ne suspendra pas son programme d'enrichissement d'uranium, qui selon Washington vise à fabriquer des armes nucléaires, ce que conteste Téhéran.

Selon le "Washington Post", Obama compte envoyer des milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan, mais pourrait aussi chercher un terrain d'entente avec l'Iran, un acteur influent dans cette région.

Selon un responsable cité par le journal, l'Iran à majorité chiite n'a pas plus envie que les Américains de voir des extrémistes sunnites prendre le pouvoir en Afghanistan. Le journal cite également des conseillers selon lesquels Barack Obama pourrait soutenir des discussions entre le gouvernement afghan et des talibans ayant renoncé à la violence et accepté de respecter la Constitution afghane. AP

11 11



1 L'agresseur - Analyse & déclaration

 

Espagne

10 11

La ministre espagnole de la Défense Carmen Chacon a réaffirmé que Madrid ne prévoyait pas d'augmenter sa présence dans ce pays. "L'Espagne peut collaborer sur d'autres points avec les Etats-Unis que le fait d'envoyer des soldats, a-t-il ajouté, en allusion au projet du président Barack Obam

 Reuters



2 Les forces en présence

Otan-Isaf

09 11

L'Isaf, la force de l'Otan compte actuellement près de 800 soldats venus d'Espagne.

euronews

La présence totale de 70.000 soldats (Isaf et Operation Enduring Freedom sous commandement américain).

 

UK 

Afghanistan: Gordon Brown n'écarte pas l'envoi de troupes supplémentaires

Le Royaume-Uni est "prêt" à étudier l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan à la demande des Etats-Unis mais à condition de "partager le fardeau" avec d'autres pays, a indiqué mardi le Premier ministre britannique Gordon Brown.

Interrogé sur la possibilité d'augmenter la présence britannique en Afghanistan dans le cadre de la nouvelle stratégie prônée par le président élu américain Barack Obama, Gordon Brown a déclaré : "Bien sûr, nous sommes prêts à examiner ce qui est nécessaire, mais cela doit faire partie d'une mission de partage du fardeau".

"Partager le fardeau signifie que les autres pays doivent jouer leur rôle... La coalition est composée de 41 pays, et il devrait y avoir un juste partage du fardeau au sein de la coalition... à la fois en termes d'équipement et en termes d'effectifs en Afghanistan", a relevé le Premier ministre lors d'une conférence de presse à Downing street.

Il a rappelé qu'avec environ 8.000 soldats sur place, le Royaume-Uni était le deuxième contributeur de la Force internationale de sécurité et d'assistance (Isaf) de l'Otan, emmenée par l'armée américaine.

122 soldats britanniques ont été tués en Afghanistan depuis l'intervention en 2001.

Le ministre de la Défense John Hutton a de son côté averti que 2009 serait une année difficile pour les troupes en Afghanistan.

"2008 a été une année difficile pour les troupes britanniques et celles de la coalition", a-t-il déclaré lors d'un discours devant l'Institut international pour les études stratégiques (IISS), un centre de réflexion londonien.

"Et avec les élections nationales (en Afghanistan ndlr) en 2009, les douze prochains mois seront également difficiles. Cela va mettre à l'épreuve la détermination de la communauté internationale", a-t-il souligné.

Le ministre de la Défense, qui s'exprimait le jour anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918, a comparé le conflit en Afghanistan aux première et deuxième guerres mondiales.

"Au cours des deux guerres du vingtième siècle, la Grande-Bretagne a combattu parce qu'elle devait défendre ses intérêts nationaux vitaux. C'est la même chose aujourd'hui", a-t-il relevé.

"En Afghanistan, le déploiement de nos forces armées répond à une attaque contre nos intérêts nationaux qui est toute aussi claire que la menace présentée par les invasions de la Belgique en 1914 et de la Pologne en 1939", a observé M. Hutton.

Le président élu américain Barack Obama veut retirer l'essentiel des 145.000 soldats américains stationnés en Irak d'ici l'été 2010 afin de libérer troupes et argent pour la guerre en Afghanistan, où sont déployés 32.000 Américains.

Gordon Brown a annoncé cet été un "changement fondamental" début 2009 dans la mission des troupes britanniques en Irak --4.100 soldats actuellement-- mais le chef d'état-major britannique, Sir Jock Stirrup, a averti la semaine dernière que cela n'entraînerait pas forcément un transfert vers l'Afghanistan.

Le président afghan Hamid Karzaï doit rencontrer Gordon Brown jeudi à Londres, achevant une tournée qui comprend aussi des escales en Pologne et aux Etats-Unis.

11 11 



Pakistan

Pakistan : Un Gouvernement D'Occupation A Islamabad

Ils ont envahi l'Irak pour établir un gouvernement d'occupation à Bagdad. Mais à Islamabad, ils l'ont fait sans qu'une seule balle ne soit tirée. A lire, cet aperçu fascinant sur ce qui apparaît comme une administration d'occupation de proximité à visage pakistanais imposée par l'Amérique. ...

28/10/2008

07 11

Des missiles tirés par un drone qui appartiendrait à l'armée américaine ont tué 14 personnes dont cinq étrangers, vendredi au Pakistan, près de la frontière avec l'Afghanistan, rapportent les autorités.

Les missiles ont détruit une base dans la région de Kamsham, au Nord-Waziristan, a dit un haut responsable de la région.

Un membre des services de renseignements a précisé qu'il s'agissait d'une zone isolée. "Les informations nous parviennent lentement mais nous confirmons que quatre missiles ont tué huit taliban pakistanais et cinq autres personnes", a-t-il dit.

Une vingtaine d'attaques menées par des drones américains ont été recensées depuis le début du mois de septembre.

AFP

Barack Obama & le Pakistan

L'attaque de vendredi est la première depuis la victoire de Barack Obama à l'élection présidentielle.

Les autorités pakistanaises ont protesté à plusieurs reprises contre ces opérations transfrontalières, affirmant qu'elles violaient la souveraineté du pays et avaient des effets contre-productifs dans la lutte contre les islamistes.

Le Pakistan espère que la nouvelle administration américaine se montrera plus attentive à ses doléances.

Reuters rapporte :

"It doesn't make any difference if Obama or anybody else has won because they have same anti-Muslim, anti-Islam policies. We shouldn't be happy just because there's a change of face," said Hafiz Mohammad Ashraf, 26, an electrician in the city of Multan.

"Cela ne fait pas de différence si Obama ou n'importe qui d'autre ait gagné, car ils ont la même politique anti-musulman et anti-islam. Nous ne devrions pas être heureux seulement parce qu'il y a un changement de visage", dit Hafiz Mohammad Ashraf, 26 ans, un électricien de la ville de Multan.

"I'll be happy if he ends Bush's wars in Iraq and Afghanistan and stops killing Muslims."

"Je serai heureux s'il met un terme aux guerres de Bush en Iraq et Afghanistan, et il arrête de tuer des Musulmans".

REUTERS

09 11

Des résistants opérant dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan ont exécuté ce samedi deux Afghans accusés d'espionner pour le compte des forces américaines, a indiqué un responsable local.
La veille, 14 présumés résistants avaient été tués par un tir de missiles présumé américain dans le Waziristan du Nord.
Source: Al Manar

10 11

63 personnes, ont été tués lundi dans un bombardement de l'armée US dans un village du sud de l'Afghanistan, selon un rapport d'enquête des autorités locales rendu public vendredi.

.Selon des témoins, le bombardement a eu lieu après qu'un groupe de résistants a pris à partie un détachement de soldats afghans et US patrouillant à proximité du village de Wacha Bakhta, dans le district de Shah Wali Kot.

Ces derniers demandé un soutien aérien qui est arrivé et a bombardé la zone, où de nombreux civils célébraient un mariage.

Le président Hamid Karzaï a affirmé mercredi soir que quelque 40 civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, avaient péri et 28 avaient été blessés lors des bombardements qui ont atteint les participants à un mariage dans le village de Wacha Bakhta, à 80 km au nord de Kandahar.

Les forces étrangères en Afghanistan tuent régulièrement des civils dans leurs combats ou bombardements contre les insurgés, provoquant la colère de la population et des autorités afghanes.

10 11

AFP

14 11

Un missile américain a tué au moins neuf personnes dans un village situé près de la frontière afghane, ont annoncé des responsables des renseignements pakistanais

Selon ces deux responsables le missile a frappé une maison dans la province du Nord-Waziristan avant l'aube vendredi. On ignore encore l'identité des victimes.

AP

Tirs de missiles US: le Pakistan met en garde Washington

Le Pakistan a averti lundi que les tirs de missiles américains dans le nord-ouest de son territoire risquaient de provoquer une vague de violences, dans une nouvelle protestation adressée au chef du commandement central américain, le général David Petraeus.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a qualifié de "contre-productives" ces frappes, en recevant le général Petraeus, nouveau chef des opérations américaines en Afghanistan et en Irak.

Lors d'un entretien au ministère de la Défense, le Pakistan a également souligné que "les fréquentes attaques menées par des drones pourraient générer des sentiments anti-américains et provoquer une vague d'indignation et de violence parmi la population", selon un communiqué du ministère.

"Les attaques menées par des drones, qui se poursuivent sur notre territoire et provoquent la perte de vies et de biens, sont contre-productives et difficiles à expliquer de la part d'un gouvernement démocratiquement élu", a déclaré de son côté le président Zardari, selon un communiqué publié après la rencontre.

"Elle créent un défaut de crédibilité", a-t-il ajouté.

Le 29 octobre, l'ambassadeur américain à Islamabad, Anne Patterson, avait été convoquée au ministère des Affaires étrangères, où une protestation lui avait déjà été adressée.

Depuis le 13 août, 18 frappes menées par des drones et attribuées aux forces américaines déployées en Afghanistan ont visé des repaires supposés des talibans et combattants liés au réseau Al-Qaïda dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan.

Ces régions, selon Washington et Kaboul, servent de bases arrière aux insurgés pour lancer des attaques sur le sol afghan contre les forces internationales.

Le Pakistan a protesté en vain, à de nombreuses reprises, contre ces frappes, dont les dernières ont tué 32 insurgés, selon des responsables pakistanais, le 31 octobre.

Le général Petraeus, ancien chef des forces de la coalition en Irak, a pris ses nouvelles fonctions vendredi et a réservé au Pakistan sa première visite en tant que chef du Commandement central américain.

Lors des entretiens avec le ministre de la Défense, Chaudhry Ahmad Mukhtar, les deux côtés "ont souligné la nécessité d'une coopération accrue afin d'éliminer les racines du terrorisme", selon le ministère.

La situation à la frontière pakistano-afghane a notamment été abordée, ainsi que la lutte contre les groupes insurgés installés dans cette région.

Le Pakistan a souhaité, comme moyen de lutter contre l'extrémisme, "l'assistance de la communauté internationale" pour l'aide au développement des zones tribales, passant par la création d'emplois et la lutte contre la pauvreté, selon le communiqué.

(©AFP / 03 novembre 2008 14h23


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

09 11

Deux soldats espagnols ont été tués ce dimanche dans l'ouest du pays Quatre autres ont été blessés, dont un gravement. Ils appartenaient à la brigade légère aéroporté basé en Galice. Leur véhicule faisait partie d'un convoi.

Un porte-parole a revendiqué l'attentat qui a fait également, 15 blessés parmi les soldats espagnols et afghans présents dans ce convoi militaire.

La ministre espagnole de la Défense a précisé qu'une "camionnette chargée d'une importante quantité d'explosifs et conduite par un kamikaze avait percuté le véhicule blindé espagnol qui fermait la marche du convoi militaire qui revenait d'un exercice, au sud de la province d'Herat, dans l'ouest de l'Afghanistan."

Euronews & AFP

12 11

"Deux Royal marines sont morts à la suite d'une explosion mercredi après-midi dans le district de Garmsir dans le sud de la province d'Helmand" en Afghanistan (sud), a indiqué le MoD, précisant qu'ils patrouillaient avec des soldats des forces de sécurité afghanes lorsque leur véhicule a été frappé par un engin explosif.

AP

 

13 11

"Une voiture s'est approchée d'un convoi américain sur la route entre Jalalabad et Torkham (à la frontière avec le Pakistan) et a explosé. Un soldat américain a été tué, a déclaré à l'AFP le gouverneur du district de Batikot, où s'est déroulé l'attentat, Khaibar Mohmand.

AFP


Province de Kandahar (sud) 

12 11

Deux personnes ont été tuées et une trentaine d'autres collaborateurs blessées dans une attaque kamikaze visant les locaux du conseil régional, abritant les services locaux de renseignements et le bâtiment du conseil provincial, dont le président est Ahmed Wali Karzaï., rapporte la police.

L'explosion s'est produite sur une route entre l'immeuble abritant les services locaux de renseignements et le bâtiment du conseil provincial, dont le président est Ahmed Wali Karzaï.

Reuters

12  11

La puissance de l'explosion a balayé un poste de garde des services de renseignements situé derrière le bâtiment.

L'explosion s'est produite dà proximité du siège régional du Département national de la sécurité (NDS), les services de renseignements afghans, et de la chambre de commerce et du siège du gouvernement de la province.

Au moins six personnes ont été tuées (trois membres des services de renseignements et trois passants, dont une femme.

AFP


Enlèvement

07 11

Une journaliste néerlandaise enlevée le 1er novembre près de Kaboul a été libérée vendredi matin, , a-t-on appris auprès de son employeur, qui n'a pas précisé si une rançon avait été payée pour sa libération.

AFP



4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 : "Force combinée 82 "

82  "


Civils tués                                                           :   12.546 (Voir Dufour-n°196)

Civils blessés                                                     : ? +  2.469 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  7.113

Résistant blessés                                               :?  +  1.647  (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                           : 23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.416

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 13.523

Suicides                                                           : ?  plus de 1500 tentatives   150.000 souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure

 

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 4.802

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 4.246 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :   1..334

Collabo   blessés                                               :?  + 850 (chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ?  +   3 


 


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.

n° 401 - journal de l'Afghanistan - 06-11 au13-11 - suite1 -: Obama devrait réaffirmer son engagement à traquer Ben Laden,


n° 401 - journal de l'Afghanistan - 06-11 au13-11 - suite1 -: Obama devrait réaffirmer son engagement à traquer Ben Laden,


journal de l'Afghanistan

n° 401 - du 06-11 au13-11

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Ian Hamel : L'énigme Oussama Ben Laden.

7 Brèves

7-1 L'administration Bush devrait préconiser le renforcement de l'armée afghane, selon des.informations.

7-2 Afghanistan : la famine est une menace plus grave que l’occupation.

8 Dossiers

8-1 Obama envisagerait de juger aux Etats-Unis des détenus de Guantanamo.

8-2 Obama est-il prisonnier de “Gitmo”?
8-3 Six détenus de Guantanamo contestent leur détention pour la première fois.



6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Ian Hamel  :L'énigme Oussama Ben Laden

 «Depuis 2001, on est en 2008, pourquoi on n'a pas pu arrêter Oussama Ben Laden que l'on dit toujours au Pakistan, dans les zones tribales qui ne sont pas immenses ?»

Des Résistants irakiens et afghans se disent aujourd'hui disposés à de nouvelles relations avec les Etats-Unis si le président élu Barack Obama retire rapidement ses troupes déployées dans les deux pays. L'occasion de s'interroger sur l'avenir de la nébuleuse islamiste. Sept ans après les attentats du 11-Septembre, la guerre se poursuit en Irak et en Afghanistan mais Oussama Ben Laden a disparu. Ian Hamel vient de publier un livre sur le leader d'al-Qaïda. Ouvrage dans lequel il explique comment s'est formé le mythe de l'ennemi public n°1, un mythe instrumentalisé au Moyen-Orient mais aussi en Occident. L'énigme Oussama Ben Laden est publié aux éditions Payot et Rivages.

[08/11/2008

écouter 03 min

http://www.rfi.fr/actufr/articles/107/article_74518.asp



7 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 L'administration Bush devrait préconiser le renforcement de l'armée afghane, selon des informations.

L'administration Bush sur le départ recommandera probablement bientôt à la future administration Obama de renforcer l'armée afghane afin de permettre à terme un retrait américain, selon une étude en cours sur la stratégie de guerre des Etats-Unis en Afghanistan, dont l'Associated Press a eu connaissance.

Bush ne dispose plus du temps nécessaire pour un éventuel changement de direction dans sa politique en Afghanistan, mais la Maison Blanche veut élaborer une sorte de feuille de route pour Barack Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier 2009. Le document porterait non seulement sur le déploiement militaire mais aussi sur des aspects tels que la coordination de l'aide civile et militaire, américaine et internationale.

L'analyse stratégique a été lancée en septembre alors que l'Afghanistan connaissait une nouvelle vague d'attaques et que les pertes augmentaient dans les rangs américains et alliés.

Coordonnée par la Maison Blanche, elle devrait être présentée d'ici décembre. Les responsables de la défense interrogés à ce sujet ont requis l'anonymat étant donné que l'étude n'est pas encore bouclée.

L'administration Bush autorisera probablement le déploiement d'environ 20.000 militaires américains en Afghanistan en 2009, comme le demande le commandant de la force de l'OTAN (ISAF) sur place, le général britannique David McKiernan.

Toutefois le rapport souhaite que l'accent soit mis sur une prise en charge croissante des opérations par les forces afghanes.guerre Gates estime que l'accélération de la formation et de l'équipement ainsi que l'élargissement de l'armée afghane sont cruciales pour l'avenir de l'Afghanistan à long terme.

AP

08 11


7-2 Afghanistan : la famine est une menace plus grave que l’occupation.

Extraits

Selon le Royal United Services Institute (RUSI) de Londres, l’accumulation de plusieurs facteurs comme la hausse des prix des produits alimentaires de base et la sécheresse estivale, a créé les conditions d’une famine "désastreuse" en Afghanistan cet hiver, qui pourrait affecter environ 8,4 millions de personnes.

Cette "insécurité alimentaire" s’est développée alors que "les regards du monde se concentraient sur la violence qui de plus en plus prend une apparence terroriste", a relevé Paul Smyth, analyste du RUSI, dans un rapport.

"Quels que soient les effets de l’insurrection violente sur la mission mandatée par l’Onu en Afghanistan, c’est la famine et la malnutrition à grande échelle qui vont dresser l’obstacle le plus important aux progrès" de la communauté internationale, a-t-il ajouté.

"Pour maintenir sa crédibilité et son autorité morale à agir en Afghanistan, la communauté internationale doit engager une action opportune, concertée et efficace", a poursuivi M. Smyth.

L’organisation humanitaire Oxfam avait estimé fin août que près de 4,5 millions d’Afghans, déjà confrontés à des problèmes pour se procurer de la nourriture de base en raison de l’augmentation des prix, risquaient de souffrir de famine cet hiver.

Mais "le gouvernement afghan et la mission Onu/Isaf subiront un revers plus important si la communauté internationale n’empêche pas un désastre humanitaire prévisible", a relevé M. Smyth.

Les Echos

vendredi 31 octobre 2008

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=3068



8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Obama envisagerait de juger aux Etats-Unis des détenus de Guantanamo.

Les conseillers de Barack Obama travaillent sur une proposition visant à juger aux Etats-Unis des dizaines ou des centaines de détenus soupçonnés de terrorisme. Une mesure qui permettrait au président-élu de tenir sa promesse de fermer la prison de Guantanamo, mais pourrait aussi engendrer des "innovations" judiciaires controversées.
Durant sa campagne, le candidat démocrate avait qualifié Guantanamo de "triste chapitre de l’histoire américaine" et estimé que le système judiciaire américain était apte à prendre en charge les personnes détenues sur la base militaire de Cuba. Mais il a fourni peu de détails sur ce qui se passerait une fois fermée cette prison, emblématique de la "guerre contre le terrorisme" de la présidence Bush.
Selon le projet envisagé par l’équipe d’Obama, certains détenus de Guantanamo seraient libérés, et nombre d’autres poursuivis devant des juridictions pénales américaines. Une troisième catégorie, ceux dont les cas sont liés à des informations hautement confidentielles, pourraient être déférés devant un nouveau type de tribunal créé spécialement pour gérer les affaires sensibles touchant à la sécurité nationale, selon des sources proches du dossier.
Obama veut une rupture d’avec la politique de l’administration Bush, qui créa des tribunaux militaires pour juger les détenus de Guantanamo et s’opposa à leur transfert aux Etats-Unis.
Le projet de l’équipe d’Obama a reçu le soutien de spécialistes du droit des deux grands partis. Mais il est presque certain de rencontrer l’hostilité des républicains opposés au transfert de suspects de terrorisme vers les Etats-Unis, et des démocrates qui refusent la création d’un nouveau type de tribunal où les détenus auraient moins de droits.
A peine le projet en préparation a-t-il été révélé lundi, qu’il a suscité les critiques d’avocats de détenus de Guantanamo. "Créer un nouveau système alternatif de tribunal en réponse à l’échec abject de Guantanamo serait une erreur profonde", a ainsi estimé Jonathan Hafetz, avocat de l’Union des libertés civiles américaines (ACLU), qui représente des détenus. "Nous n’avons pas besoin d’un nouveau système de tribunal."
Laurence Tribe, professeur de droit de Harvard et conseiller juridique d’Obama, affirme que les suspects "peuvent être gardés de manière aussi sûre sur le territoire américain que n’importe où ailleurs". "On ne peut pas laisser éternellement des gens dans une cellule sans déterminer s’ils méritent ou non de s’y trouver", ajoute-t-il.
La principale difficulté devrait être d’apaiser les craintes des démocrates, qui répugnent à l’idée de ne pas accorder aux détenus les pleins droits constitutionnels normalement garantis à toute personne sur le territoire américain. "La création d’un système complètement nouveau susciterait des inquiétudes", souligne le député démocrate de Californie Adam Schiff, membre de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.
Les conseillers d’Obama envisageraient un système de juridictions hybrides, impliquant les commissions militaires. Une telle mesure pourrait être impopulaire, mais il y a peu de solutions alternatives, selon certaines sources proches du dossier.
Poursuivre l’ensemble des détenus de Guantanamo devant des tribunaux fédéraux soulève une foule de problèmes. Les éléments de preuve obtenus lors d’interrogatoires militaires ou par des agents du renseignement pourraient être rejetés. Et les accusés auraient le droit d’être confrontés durant leur procès à des témoins, comme des agents secrets de la CIA et des terroristes repentis, ce qui pourrait mettre en danger la couverture de ces derniers et révéler des informations sensibles.
En théorie, Barack Obama pourrait tenter de transplanter le système des commissions militaires de l’administration Bush sur le sol des Etats-Unis. Mais M. Tribe et d’autres conseillers estiment qu’une telle initiative serait "vouée à l’échec". Avec leurs règles peu strictes en matière de preuves et le secret qui les entoure, ces commissions militaires ont été critiquées par les organisations de défense des droits de l’homme, les avocats de la défense et même des procureurs militaires.
"Je ne pense pas que nous ayons besoin de réinventer complètement la roue, mais nous avons besoin d’un meilleur système de tribunal, plus transparent", estime M. Schiff. Selon trois de ses conseillers, Obama devrait proposer un nouveau système de tribunal et nommer une commission chargée de déterminer leur fonctionnement.
Selon M. Tribe, le futur président devrait en tous cas décider vite : "Dans la réalité et sur le plan symbolique, l’idée que nous ayons des gens dans des ’trous noirs’ juridiques est extrêmement mauvais" pour les Etats-Unis. "Il faut y remédier

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=5122

 


8-2 Obama est-il prisonnier de “Gitmo”?

Les circonstances, les supputations et diverses déclarations ont conduit à faire du sort du centre de détention de Guantanamo un test de la présidence Obama. (Guantanamo, dit “Gitmo” dans le langage acronymique du Pentagone, fameux pour son illégalité, pour le traitement des prisonniers, la pratique de diverses formes de torture,) De plus en plus, l’initiative, promise par le candidat Obama, de fermer le centre de Guantanamo apparaît comme le premier défi du président Obama. “Défi” est bien le mot, tant la chose apparaît bien moins facile qu’elle semblerait paraître aux esprits simples. Pourtant l’impatience chez les partisans d’Obama est grande, voire exigeante (communiqué de Anthony Romero, président de la puissante ACLU [American Civil Liberties Union]: «There is no room for patience or delay in these areas. We have to hold president-elect Obama's feet to the fire»).

Un article de ce jour, dans le Guardian, éclaire cette affaire sous un jour inédit. Il s’agit des obstacles qui attendent l'administration Obama pour parvenir à la fermeture du centre de Guantanamo. Ces obstacles sont présentés d’abord d’un point de vue idéologique, comme une résistance ultime de l’administration GW Bush pour préserver son “legs”.

«The White House yesterday warned president-elect Barack Obama about his campaign promise to close Guantanámo Bay saying “it's not so easy” to shut down the notorious detention centre.

»Hopes that Obama would move swiftly to dismantle the detention facility rose after the Associated Press reported yesterday that his legal advisers were drafting plans to ship scores of inmates from the offshore prison to the mainland to stand trial in US courts. […]

«But White House press secretary Dana Perino said yesterday: “When you pick up people off the battlefield that have a terrorist background, it's not just so easy to let them go. It's not so easy just to say that you're going to close Guantanámo Bay.” […]

»Obama has repeatedly promised to shut down Guantanámo, calling the camp “a sad chapter in American history”. But legal sources said yesterday that it was unclear whether Obama's advisers had had a chance since the election to consult on the plans or talk to Pentagon lawyers to seek advice on the military tribunals process, and added that they do not see how Guantanámo can be closed with the first months of his administration.

»Scott Silliman, an expert on military law at Duke University in Durham, North Carolina, said Congress would have to empower a new court system to try the detainees, which would take time. It might also be politically unpopular to keep large numbers of terror suspects in the US, with critics suggesting that could provoke retaliation from al-Qaida. The Pentagon concedes it has no evidence to charge the majority of the 250 detainees with terrorism.

»Obama would return those prisoners to a third country, and in some cases the US would demand assurances that they would remain under surveillance. The process is further complicated by the fact that 50 or 60 of those detainees are men without a country. They are unable to return to their own country, and no other country will take them, according to human rights lawyer Clive Stafford Smith.»

Ces divers détails permettent d’avoir une idée plus précise de l’imbroglio extraordinaire que menace de devenir la question de Guantanamo. Ce centre de détention où existent des situations illégales et où se font des pratiques illégales, a été “légalisé” à force, par divers artifices complexes, pour faire correspondre cette réalité illégale à la construction de légalité formelle sur laquelle est bâti le système de l’américanisme. Il s’ensuit l’existence d’un extraordinaire imbroglio juridique, où il sera bien difficile de se retrouver comme c'est de coutume dans tout imbroglio.

Mais il y a plus. La résistance idéologique de l’administration Bush n’est rien. Ce qui apparaît, c’est une résistance bureaucratique à partir du Pentagone, que ce soit tant du point de vue juridique que du point de vue des nécessités de sécurité nationale, et d'une façon générale du point de vue de la puissance acquise de ce même Pentagone. Cette résistance bureaucratique est aussi bien d’inspiration idéologique (en faible partie, mais existante tout de même) que de pure essence corporatiste, pour conserver les “avantages” acquis en greffant sur cette démarche de la propagande patriotique et de sécurité nationale. La menace terrible de “terroristes” qui ne seraient plus à Guantanamo ou, qui sait, ombre affreuse, celle d’une riposte d’Al Qaïda par rapport au traitement des prisonniers sortis de Guantanamo, constitue le menu habituel et sempiternel de cette sorte d’affaire. En attendant, l’enjeu ne cesse de grossir pour Obama, dans la mesure où la fermeture de “Gitmo” devient un symbole des promesses de “changement” dont il a fait la colonne vertébrale de sa présidence. Il est difficile de penser qu’il ne considère pas cette affaire comme complètement fondamentale pour les débuts de sa présidence.

…D’où ceci que nous considérerons cette affaire de Guantanamo comme un avant-goût des obstacles qui attendent Obama s’il veut réellement mener une action réformatrice, notamment dans le domaine de la sécurité nationale. Contre lui, il y a Moby Dick, The House of war comme le décrit James Carroll, le Pentagone, avec sa bureaucratie si justement (et ironiquement à la lumière des forces en présence) dénoncée par Rumsfeld le 10 septembre 2001 . Mais que peut faire Obama sinon effectivement affronter le monstre, d’abord sur cette affaire de “Gitmo”, pressé comme il est par ceux qui ont applaudi son élection comme un symbole de sa gloire et de tant de promesses de changement, et qui exigent qu’il tienne ses engagements, au moins sur le premier d’entre tous les symboles?

DeDefensa

11/11/2008 - Bloc-Notes

Mis en ligne le 11 novembre


8-3 Six détenus de Guantanamo contestent leur détention pour la première fois.
Un juge fédéral a ouvert jeudi à Washington la première audience devant un tribunal civil au cours de laquelle six détenus de Guantanamo vont pouvoir, pour la première fois depuis l'ouverture de la prison
américaine début 2002, contester leur détention.
Cette procédure intervient au surlendemain de l'élection du démocrate Barack Obama à la Maison Blanche. Or celui-ci devrait prendre très rapidement, en janvier, des décisions sur le sort des quelque 230 prisonniers de Guantanamo qui n'ont pas été inculpés par l'administration Bush.
Jeudi, les six détenus, des Algériens qui résidaient en Bosnie au moment de leur arrestation début octobre 2001, étaient en liaison téléphonique avec la salle d'audience depuis le centre de détention situé sur la base navale américaine à Cuba. La totalité des propos tenus jeudi matin à Washington leur ont été traduits.
Le juge fédéral Richard Leon est le premier à mener à terme une procédure de contestation de la détention (Habeas Corpus) autorisée le 12 juin par la Cour suprême.
En ouverture de l'audience, il a longuement exposé aux détenus les conditions dans lesquelles allait se dérouler la procédure, qui doit en principe durer une semaine.
Il a notamment expliqué que la plupart des débats se tiendraient à huis clos entre lui et les avocats, sans public ni détenus, parce que la plupart des pièces à charge présentées par le gouvernement étaient classées secret défense.
Les détenus seront invités à s'exprimer s'ils le souhaitent lorsqu'on le leur demandera, mais en l'absence également du public et de la presse, "évidemment", a ajouté le juge, nommé par George W. Bush et connu pour être proche du parti républicain.
"Les détenus ont obtenu le droit de recevoir un jugement en bonne et due forme sans précédent" dans les affaires d'Habeas Corpus, a-t-il assuré, insistant à plusieurs reprises sur le fait qu'il s'agissait d'une
première dans le droit américain et ceci "en temps de guerre".
Il s'est néanmoins dit soucieux de garantir "un bon équilibre" entre les intérêts de sécurité nationale et le respect des droits des détenus.
Les parties ont ensuite brièvement présenté les arguments qu'elles étaient autorisées à développer en public.
Rappelant le "terrible matin du 11 septembre" 2001, Jeffrey Oldham, avocat du gouvernement, a estimé que "les Etats-Unis ont le pouvoir de détenir ceux qui soutiennent Al-Qaïda". "Ces hommes programmaient de se rendre sur le champ de bataille (dans un camp d'entraînement en Afghanistan, ndlr), l'un d'entre eux est un animateur d'Al-Qaïda", a-t-il affirmé.
"On nous reproche de les avoir arrêtés trop tôt (mais) les Etats-Unis n'auront pas d'autre occasion de les empêcher de se rendre sur le champs de bataille", a argumenté l'avocat.
A l'inverse, Me Stephen Oleskey, conseil des six détenus enfermés à Guantanamo depuis près de sept ans, a répété que "ces hommes sont les victimes d'une terrible erreur que le gouvernement refuse encore aujourd'hui de corriger". Il a rappelé que ceux-ci avaient été "arrêtés et non capturés", alors qu'ils vivaient paisiblement en bons père de famille en Bosnie.
Le conseil a dénoncé à plusieurs reprises "l'absence de preuves présentées par le gouvernement", rappelant que celui-ci avait abandonnéil y a quelques semaines la seule charge qu'il retenait jusqu'ici contre eux: un soupçon de complot d'attentat à la bombe contre l'ambassade
américaine de Sarajevo.Disant "bonjour" à ses clients, qui pouvaient l'entendre depuis Guantanamo, il a solennellement cité leur nom un par un, puis a dressé un bref portrait de chacun d'eux, citant leurs 18 enfants et rappelant que selon la décision du juge Leon, ils pourraient rester "emprisonnés
toute leur vie".
Le juge devrait rendre son jugement dans une dizaine de jours.

http://www.edicom.ch/fr/news/international/six-detenus-de-guantanamo-contestent-leur-detention-pour-la-premiere-fois_1188-5825613



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

9-1 SarkoGuerre : Pourquoi Les Soldats Français Sont-Ils Equipés De Missiles Anti Tanks Milan En Afghanistan ?

Les résistants mènent de opérations classiques de guerillas contre les forces d'occupation US/OTAN. Pourquoi des missiles anti tanks Milan? Attention, crime de guerre !

300 soldats français se sont retrouvés encerclés par la résistance afghane le weekend dernier dans la province de Kapisa en Afghanistan. Ils ont du battre en retraite et abandonner deux missiles anti tanks Milan et le lanceur. Les assaillants ont donc tous été tués, mais les 300 soldats français engagés dans l'accrochage ont battu en retraite en laissant ce type d'armement sur place.
Le ministre français de la défense, Hervé Morin est tout de suite intervenu pour minimiser l'information et "couvrir" l'évènement : " l'essentiel c'est que tout le monde soit vivant, ce sera diffficile pour quiconque de se servir des missiles récupérés sans entraînement adéquat".
Les missiles anti tanks Milan ne sont absolument pas capables de détruire frontalement les tanks équipés d'un blindage réactif de troisième génération que l'on trouve maintenant couramment sur les champs de bataille, mais ils peuvent détruire des véhicles blindés fréquemment utilisés et dont le blindage n'est pas si perfectionné. Les infanteries françaises et alliées sont confrontés depuis plusieurs années déjà à ce même genre de problème. La mise en service d'un nouveau système d'arme opérationnel de remplacement s'imposait donc, elle a été repoussée de 8 ans au début des années 2000. Les missiles anti tanks Milan semblent donc avoir été recyclés à d'autres fins en Afghanistan.
Ce qui n'est pas trés clair dans ces articles relatant toute cette opération, c'est comment 14 Talibans ont pu encercler 300 soldats français, et pourquoi ces soldats d'unités de forces spéciales françaises ont du battre en retraite après avoir tués tous leurs assaillants ?

Ce qui n'est pas non plus trés clair c'est pourquoi ils étaient équipés de missiles anti tanks Milan inefficaces contre des tanks "fantômes" puisque les Talibans n'en utilisent plus. Les Talibans avaient des tanks mais ils ont tous été détruits en 2001 lors de l'invasion US/OTAN de l'Afghanistan. Et depuis, personne n'a fait état d'attaques menées par la résistance afghane à l'aide de tanks.
Les soldats français sont équipés de missiles anti tanks Milan non pas pour tirer contre des tanks inexistants mais bien pour tirer contre des maisons, les missiles anti tanks Milan étant particulièrement efficaces pour détruire le genre de constructions qu'on trouve en Afghanistan, provoquer leur effondrement et tuer toutes les personnes qui se trouvent à l'intérieur.
Depuis le début des opérations militaires en Afghanistan, les attaques contre des maisons abritant soit disant des "terroristes" Talibans, sont majoritairement effectuées par bombardement de l'aviation US/britannique avec notamment l'aide d'avions de repérage français. Ces bombardements ont fait beaucoup de victimes civiles afghanes dont de nombreuses femmes et enfants.
Tirer avec des missiles anti tanks Milan de façon indiscriminée contre des habitations où peuvent se trouver des civils afghans constitue un crime de guerre. De plus, le fait que les troupes françaises d'infanterie soient équipées de ce genre de système d'armement prouve que ces morts de civils sont intentionnelles puisque l'armée française sait pertinemment qu'en utilisant le système Milan contre des maisons des innocents afghans seront tués.
Les soldats français qui participent à ces missions en utilisant ce type de système d'armement doivent savoir qu'ils peuvent être poursuivi pour crimes de guerre. Ils ont toujours la possibilité de refuser un ordre manifestement illégal comme le prévoit le nouveau statut des armées.
Sarkozy, en tant que chef des armées, est responsable de ces crimes de guerre pouvant être perpétrés par l'utilisation de ce système de missiles anti tanks Milan. Et comme il le dit lui même, chacun doit assumer ses responsabilités.
Un jour viendra donc ou il devra les assumer....devant un tribunal, pour que justice soit faite au peuple afghan.
http://www.planetenonviolence.org/SarkoGuerre-Pourquoi-Les-Soldats-Francais-Sont-Ils-
Equipes-De-Missiles-Anti-Tanks-Milan-En-Afghanistan-_a1707.html

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=3055


9-2 Gaston Pellet : 13 questions à Monsieur Obama.

Monsieur OBAMA,
Vous venez d'être élu Président des Etats-Unis. C'est sans conteste un événement historique pour notre monde raciste ébahi qui s'est enthousiasmé, à quelques exceptions près, au-delà du raisonnable. Une nouvelle ère s'ouvrirait pour les peuples, les Etats-Unis sauraient à nouveau (sic) se faire aimer...

Lors des "accords" d'Oslo, souvenez-vous, les mêmes s'étaient déjà enflammés sans retenue tant la paix en Palestine était soi-disant à portée de main. On sait ce qu'il en advint.
En France, nous disons : "Chat échaudé craint l'eau froide".
Mais, après tout, nous aussi faisons un rêve. Oui, un simple rêve.

Voici donc 13 questions qui pourraient faire que ce rêve - fou - devienne réalité :
1 - Vous engagez-vous, M. Obama, à renoncer à l'hégémonie de votre pays, y compris sur le plan culturel par le biais du "tout-anglais" ("tout-étasunien"), sur le reste de la planète, autrement dit à l'impérialisme US ?
Dans cette optique,
2 - M. Obama, favoriserez-vous l'instauration de la République démocratique de Palestine, ouverte à tous ses habitants, sur l'ensemble de la Palestine historique ?
3 - M. Obama, lèverez-vous sans délai et sans conditions le blocus meurtrier de Cuba ainsi que tous les autres embargos, laissant à chaque peuple la liberté de choisir son destin, en Amérique latine comprise ?
4 - M. Obama, ferez-vous en sorte que les cinq Cubains anti-terroristes détenus injustement dans vos prisons aient droit à un procès équitable qui établirait leur innocence ?
5 - M. Obama, en ferez-vous autant pour Mumia Abu Jamal, votre frère de couleur ?
6 - M. Obama, abolirez-vous la dette des pays du Tiers-monde ?
7 - M. Obama, la version officielle du 11 septembre étant mise en doute par 52% de vos concitoyens, autoriserez-vous l'ouverture de l'ernquête internationale indispensable à l'établissement de la vérité pour laquelle une pétition a déjà réuni des dizaines de milliers de signatures ?
8 - M. Obama, s'il est avéré comme tout semble l'indiquer que M. George W Bush et ses acolytes sont impliqués dans ces événements, demanderez-vous qu'ils soient déférés devant un tribunal international pour crime contre le peuple étasunien et contre l'Humanité ?
9 - M. Obama, si vous retirez vos troupes et l'ensemble de vos personnels d'Irak, prendrez-vous en charge intégralement sa reconstruction et ferez-vous repentance au nom de votre pays pour les centaines de milliers de morts dus aux deux guerres ainsi qu'aux bombardements et à l'embargo entre celles-ci qui tua 500 000 enfants ?
10 - M. Obama, question similaire pour l'Afghanistan sachant que M. Ben Laden, s'il est toujours en vie, ne manque pas de moyens pour trouver un refuge plus sûr que les grottes des zones tribales ?
11 - M. Obama, présenterez-vous des excuses et ferez-vous également repentance pour l'attitude des USA pendant la Deuxième guerre mondiale concernant :
- son refus du second front jusqu'en 1944 qui ne fut pas sans conséquences sur le chiffre des 20 millions de morts soviétiques ni sur celui des camps de concentration et d'extermination
- les hostilités étant quasiment terminées, les bombes monstrueuses d'Hiroshima et Nagasaki, votre pays ayant été le seul à avoir jamais utilisé l'arme nucléaire ?
12 - M. Obama, reconnaîtrez-vous la gabegie exterministe planétaire que fut la guerre froide et sa "victoire" sur la première expérience continentale de libération des peuples ? 3 - M. Obama, plus généralement, dénoncerez-vous la liste interminable des méfaits et crimes de l'Empire étasunien tout au long d'un 20ème siècle voué au capitalisme destructeur ?

Etes-vous prêt, M.Obama, à apporter des réponses positives à chacune de ces questions ?
Le pouvez-vous M. le Président ?
YES YOU CAN
Gaston PELLET le 6 novembre 2008
et tous ceux qui voudront bien se joindre à lui

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-11-11%2009:19:29&log=invites


Résistance,taliban,karzai,Otan,Fias,Etats-Unis,Karzai,Bush,Obama,Afghanistan, Pakistan 

n° 401 - journal de l'Afghanistan - 06-11 au13-11 -Fin -: Obama devrait réaffirmer son engagement à traquer Ben Laden,

n° 401 - journal de l'Afghanistan - 06-11 au13-11 -Fin -: Obama devrait réaffirmer son engagement à traquer Ben Laden,


journal de l'Afghanistan

n° 401 - du 06-11 au13-11

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                         -Fin -:

10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

10-1 René Naba : Le péril militaire: la présence militaire US, un paratonnerre ou un détonateur ?

11 Annexe

11-1 Obama

1 Résistants irakiens et afghans s'adressent à Barack Obama.

2 Qu’est-ce qui va changer avec Barack Obama ?

3 Tariq Ramadan : Barack Obama : Espoir sans Naïveté.

4 Christian Bouchet: Shalom, Barack!

5 Premiers frémissements significatifs



10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1 Seumas Milne: Guerre De Barbarie De l'OTAN En Afghanistan : Des Civils Massacrés Pour Epargner Les Militaires.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme informatioN.

Le massacre d'Afghans innocents par les bombes US est le résultat d'un calcul et non pas simplement d'erreurs. Et cela ne fait que renforcer la résistance.

Alors que tous les regards dans le monde occidental sont braqués sur la crise mondiale financière, on est entrain de perdre le contrôle de la campagne militaire à l'origine de la guerre contre le terrorisme. 7 ans après que les US et la Grande Bretagne aient lancé leur attaque en Afghanistan pour chasser les Talibans et capturer Osama Ben Laden, les Talibans encerclent la capitale, Al Qaeda s'épanouit au Pakistan et ceux qui soutiennent la guerre ont publiquement avoué que la guerre était déjà perdue.
Comme l'a concédé l'amiral Mike Mullen, à la tête des chefs d'état major conjoints de l'armée US, le pays est pris dans une "spirale plongeante" de corruption, de chaos, et d'insurrection. L'ambassadeur de Grande Bretagne à Kaboul, Sir Sherard Cowper Coles, est cité, dans un compte rendu rendu public involontairement, disant " la stratégie américaine est destinée à échouer". Le même diplomate, qui nous a dit que les troupes britanniques seraient en Afghanistan pendant des décennies croit maintenant que les troupes étrangères font "partie du problème et pas de la solution".

 

Le commandant britannique, le brigadier Mark Carleton-Smith, a été encore plus brutal la semaine dernière " nous n'allons pas gagner cette guerre", a-t-il dit, ajoutant que si les Talibans étaient prêts "à discuter d'un accord politique" c'était "précisément le genre de progrés qui met un terme à ce genre d'insurrection". Les propos du duo ont été fermement condamnés par le secrétaire à la défense US, Robert Gates, comme du défaitisme. Mais même Gates accepte publiquement maintenant des discussions avec les Talibans, ce qui effectivement a lieu avec le soutien de l'Arabie Saoudite. C'est le conflit pour lequel les politiciens occidentaux et les medias continuent de faire pression sur leurs populations réticentes pour qu 'elles le soutiennent comme étant une guerre de civilisation. En réalité, c'est une guerre de barbarie, car le mépris pour la vie afghane a renforcé cette résistance que les armées occidentales et les dirigeants politiques sont incapables de contrôler.

Pour cette seule année, pour chaque soldat d'occupation tué, au moins 3 civils afghans sont morts aux mains des forces d'occupation. Cela inclu les 95 personnes dont 60 enfants, tués par un assaut aérien US à Azizabad en août, les 47 invités d'un mariage décimé par un bombardement US à Nangarhar en juillet - les forces armées US ont une habitude particulière consistant à attaquer des mariages- et les 4 femmes et enfants tués par des barrages de roquettes britanniques il y a six semaines à Sangin.

C'est Marc Herold, un professeur US à l'Université de Hamsphire, qui a mené l'étude la plus documentée sur les pertes afghanes ces 7 dernières années. Dans son dernier rapport, Herold estime que le nombre des civils tués directement par les US et d'autres forces de l'OTAN s'élève à
3273 depuis 2006, et est déjà plus élevé que les pertes subies lors des bombardements dévastateurs pour chasser les Talibans en 2001. Et depuis l'année dernière les forces de l'OTAN sont responsables du triplement du nombre de civils tués malgré le changement des règles d'engagement.

Mais ce qui est le plus probant c'est le calcul politique et militaire sur lequel repose ce bain de sang afghan. " Soutien aérien rapproché" avec des bombardements aériens réclamés par les troupes au sol - qui sont passées de 176 en 2005 à 2926 en 2007 et qui sont actuellement le choix statégique des US - qui sont entre 4 et 10 fois plus mortels pour les civils afghans que les attaques au sol , selon ce que montre les statistiques, et les attaques aériennes des forces d'occupation sont maintenant responsables à 80 % des pertes en vies humaines.

Mais tandis que 242 soldats 
??? de l'OTAN et des US sont morts au cours de la guerre contre les Talibans cette année, pas un seul pilote n'a été tué en action. Le calcul est on ne peu plus évident. Alors qu'ils manquent de troupes au sol et que les US sont enfoncés jusqu'au coup en Irak, les US et l'OTAN s'appuient sur les attaques aériennes pour réduire leurs propres pertes faisant en sorte qu'un plus grand nombre de civils afghans soient tués.

C'est cette équation qui rendent insensées les affirmations des US et de l'OTAN comme quoi les victimes civiles sont des "dommages collatéraux" tandis que l'utilisation par les Talibans d'explosifs placés en bordure de route, d'attaques suicides et d'opérations classiques de guerillas à partir de zones civiles seraient signe de leur turpitude morale. Dans la vie réelle, la montée en flêche du nombre de morts civils n'est pas du à des erreurs, mais le résultat d'une décision claire prise pour faire passer avant les vies des civils, celles des soldats d'occupation, les vies d'Occidentaux avant celles d'Afghans.

La dépendance sur la puissance aérienne est également le reflet d'une surexploitation des forces armées impériales US, et de la réticence des états membres de l'OTAN à envoyer plus de troupes au sol. Et malgré les jérémiades du Président afghan Hamid Karzai contre le traitement brutal du sang afghan par les forces de l'OTAN, néanmoins cette guerre aérienne indiscriminée continue. Pas étonnant, étant donné que le gouvernement US dépense 10 fois plus pour chaque loutre de mer touchée par la marée noire de l'Exxon Valdez, qu'il n'en dépense en "paiements de condoléances " (réparations) pour les Afghans dont un membre de la famille a été tué.

Mais la cruauté de l'occupation joue le rôle de sergent recruteur pour les Talibans. Comme Aga Lalai qui a perdu ces deux grands parents, sa femme, son père, trois frères et quatre soeurs l'été dernier lors d'un bombardement US dans le Helmand le dit : " tant qu'il n'y aura qu'un nourrisson de 40 jours de survivant, les Afghans combattront ceux qui nous ont fait cela".

Cela ne vaut pas seulement pour l'Afghanistan. Gordon Brown a dit récemment aux troupes britanniques présentes dans le Helmand " ce que vous faites ici empêche le terrorisme de venir dans les rues de Grande Bretagne". C'est le contraire qui est vrai. les occupations d'Afghanistan et d'Irak - et les atrocités menées contre les peuples de ces pays- son une motivation essentielle pour ceux qui projettent des attaques terroristes en Grandes Bretagne, comme l'ont montré chaque cas. Maintenant, les US lancent des attaques à l'intérieur du Pakistan, les risques de déstabilisation future et d'attaques terroristes ne peuvent qu'augmenter.

De hauts responsabes pakistanais sont convaincus que l'OTAN se prépare à jeter l'éponge en Afghanistan. Bush et les deux candidats à la présidentielle se sont engagés à un renforcement des troupes tel que celui effectué en Irak bien que le nombre de soldats envoyés en renfort ne changera rien au conflit- et dans le cas de Barak Obama ce serait pour lui fournir une couverture politique pour ses plans pour l'Irak. (Obama s'est engagé à retirer les troupes US d'Irak sur une période de 18 mois ndlt). Mais l'importance stratégique de l'Afghanistan fait qu'on ne peut envisager un retrait US mais plutôt une tentative pour se rallier une partie des Talibans dans le cadre d'une tentative chaotique pour réorganiser l'occupation.
Cela échouera. Les US et leurs alliés ne peuvent pas pacifier l'Afghanistan de même qu'ils ne peuvent pas fermer hermétiquement la frontière avec le sanctuaire taliban au Pakistan. Il y aura probablement une sorte de retrait négocié dans le cadre d'un accord régional et interne plus vaste. Mais des milliers d'Afghans - de même que des soldats des armées d'occupation - seront certainement sacrifiés en attendant cet accord.
Seumas Milne,

The Guardian 16/10/08 - www.guardian.co.uk
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
http://www.planetenonviolence.org/Guerre-De-Barbarie-De-l-OTAN-En-Afghanistan-Des-
Civils-Massacres-Pour-Epargner-Les-Militaires_a1702.html?PHPSESSID=
8f4b233a9eea3a1a82650a7d202a32ed

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=3035


10-1 René Naba : Le péril militaire: la présence militaire US, un paratonnerre ou un détonateur ?

La constellation des pétromonarchies, un des principaux ravitailleurs du système énergétique mondial, sert en même temps de gigantesque base militaire flottante de l’armée américaine, qui s’y ravitaille à profusion, à domicile, à des prix défiants toute concurrence. Tous, à des degrés divers, y paient leur tribut, accordant sans états d’âme, des facilités à leur protecteur.

La zone abrite en effet à Doha (Qatar), le poste de commandement opérationnel du CentCom (le commandement central américain) dont la compétence s’étend sur l’axe de crise qui va de l’Afghanistan au Maroc, et, à Manama (Bahreïn), le quartier général d’ancrage de la Vme flotte américaine dont la zone opérationnelle couvre le Golfe arabo-persique et l’Océan indien. En complément, l’Arabie saoudite abrite, elle, une escadrille d’AWACS (Airborne warning and control system), un système de détection et de commandement aéroporté, dans la région de Ryad. Le Royaume est en effet le seul pays au Monde à abriter des radars volants américains en dehors des Etats-Unis, indice qui témoigne de l’importance accordée par les Etats-Unis à la survie de la dynastie Wahhabite. Le Koweït, très dévoué à son libérateur, fait office de zone de pré positionnement et de ravitaillement à la gigantesque infrastructure militaire américaine en Irak, le nouveau champ d’expérimentation de la guerre moderne américaine dans le Tiers-monde. S’y ajoute, dernier et non le moindre des éléments du dispositif,  Israël, le partenaire stratégique des Etats-Unis dans la zone, ainsi que la base-relais de Diégo Garcia (Océan indien), la base aérienne britannique de Massirah (Sultanat d’Oman) ainsi que depuis janvier 2008 la plate forme navale française à Abou Dhabi. Près de quarante ans après l’indépendance de la côte des pirates et le redéploiement britannique à l’Est de Suez, en 1970, les principautés du Golfe vivent de nouveau sous protectorat de fait de leurs anciens tuteurs, en une sorte de «servitude volontaire».

Faiblement peuplées, entourées de puissants voisins tels l’Iran et l’Irak, de création récente et inexpérimentées en la matière, les pétromonarchies ont longtemps confié leur protection à des pays amis aguerris, ou, à défaut, à des compagnies militaires privées, les mercenaires des temps modernes, et, les fabuleux contrats d’armement qui excédaient les capacités d’absorption des servants locaux, étaient généralement perçus comme des polices d’assurance déguisées en raison des fabuleux rétro commissions qu’ils généraient. La protection de l’espace aérien saoudien a été longtemps confié aux aviateurs pakistanais, le territoire national du Sultanat d’Oman aux bédouins de la légion arabe jordanienne, les mercenaires occidentaux se chargeant du reste, avec une répartition des rôles entre les Anglais, surtout présents dans leur ancienne zone d'influence, notamment les émirats pétroliers du Golfe, et les Américains ayant la haute main sur l'Arabie Saoudite et le reste du Moyen-Orient. La protection du Cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nahyane, Emir d'Abou Dhabi et président de la Fédération des Émirats du Golfe, ainsi que l'encadrement des troupes omanaises dans la répression de la guérilla marxiste du Dhofar, dans les années 1965-1970, ont relevé de la responsabilité de «Watchguard», une des deux compagnies de mercenaires britanniques, dont le siège est à Guernesey. Fondée en 1967 par David Sterling, un ancien des commandos de l'air britanniques (Special Air Services), elle passe pour être un instrument d’influence de la diplomatie britannique. Outre Blackwater, qui s’est fâcheusement illustrée en Irak, les États-Unis comptent, eux, deux grandes sociétés privées militaires:Vinnell Corp, dont le siège est à Fairfax, en Virginie, et BDM international. Toutes deux filiales de la multinationale Carlyle, elles apparaissent comme les bras armés privilégiés de la politique américaine en Arabie et dans le Golfe. Vinnel corp, dont la mission saoudienne a fait l'objet d'un attentat à Khobbar en 1995, a la haute main sur la formation de la Garde nationale saoudienne, tandis que BDM gère la formation du personnel de l'armée de l'air, de la marine et des forces terrestres saoudiennes.

René Naba 

 08/11/2008 

http://renenaba.blog.fr/2008/11/08/golfe-arabo-persique-les-petromonarchies-arabes-face-agrave-un-triple-peril-part3-5001629#more5001629



11 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

11-1 Obama

1 Résistants irakiens et afghans s'adressent à Barack Obama.

Résistants irakiens et afghans ont prévenu le futur président américain Barack Obama que la résistance en Irak et en Afghanistan se renforcerait s'il ne retirait pas rapidement les troupes déployées dans ces deux pays, rapportent des organisations américaines de veille internationale.

Dans des messages diffusés à l'attention du futur président, les insurgés se disent ouverts à de nouvelles relations avec les Etats-Unis d'Obama, qui a promis de rompre avec la politique de George Bush, mais demandent des concessions en échange, dont le départ des soldats américains.

"Les groupes afghans ne sont ni contents ni tristes de l'élection de Barack Obama à la présidence américaine", déclare Qari Mohammad Yousuf, porte-parole des taliban afghans, dans un message consulté par l'Institut de recherche sur les médias au Moyen-Orient (MEMRI).

Les Etats-Unis et leurs alliés "ont commencé la bataille et ils doivent y mettre fin en retirant leurs troupes. Si ce n'est pas fait, les Afghans feront preuve d'une forte résistance à toute occupation étrangère", ajoute-t-il.

Yousuf y affirme en outre que les islamistes sont prêts à dialoguer avec la future administration Obama, mais à la condition préalable que les forces armées occidentales quittent l'Afghanistan.

Des messages similaires ont été publiés par un porte-parole des taliban au Pakistan et d'autres groupes dans la région.

De son côté, le Conseil politique pour la résistance irakienne, a publié une lettre ouverte à Obama dans laquelle il rappelle: "Vos promesses électorales reposaient sur le changement.

Nous disons avec vous que c'est le moment."

Dans ce message repéré par le Groupe de renseignement SITE, l'organisation se dit "flexible" quant au plan de retrait mais prévient qu'il ne doit pas être accompagné d'un accord de sécurité avec un "gouvernement artificiel".

Les insurgés réclament en outre des compensations pour les dégâts matériels et humains et la libération des détenus irakiens.

Durant sa campagne, Obama s'est engagé à retirer en 16 mois l'ensemble des troupes de combat stationnées en Irak et à renforcer la présence américaine en Afghanistan

Il a également dit vouloir envoyer des soldats au Pakistan s'il fallait y éliminer une cible appartenant à la nébuleuse islamiste.

REUTERS

07 11

http://www.aloufok.net:80/article.php3?id_article=5112


2 Qu’est-ce qui va changer avec Barack Obama ?

"Dans son discours de la victoire, il (B. Obama) affirme que « la véritable  force de notre nation provient non pas de la force des armes mais de nos idéaux ». Cependant, il avertit ensuite : « Nous vaincrons  ceux qui veulent mettre le monde en pièces ». Il annonce donc que les USA poursuivront la « guerre globale à la terreur ». Et quand il  rappelle « les courageux américains (étasuniens, NdT)  qui risquent leur vie pour nous dans les déserts de l’Irak et dans les montagnes  de l’Afghanistan », il indique qu’il n’entend pas renoncer à l’instrument de la guerre pour contrôler des zones d’intérêt stratégique  pour les Etats-Unis. Quand il affirme qu’ « une nouvelle aube du leadership américain est à portée de main  » il réaffirme le concept d’un ordre mondial  centré  sur le leadership étasunien, à l’intérieur duquel chaque pays doit avoir un rôle conforme aux intérêts des USA.  D’où la justification de l’emploi des forces armées étasuniennes partout dans le monde où surgiraient des facteurs d’instabilité qui pourraient mettre en danger la stabilité fonctionnelle des intérêts et du leadership des Etats-Unis d’Amérique"...

Et caetera.

Ci joint un article de Manlio Dinucci, paru dans une version un peu raccourcie dans la rubrique Lettere e commenti de il manifesto, (et non, comme d'habitude, dans les pages Internazionale) mardi 11 novembre.

Les curieux (et italophones) pourrront voir quelles parties ont été modifiées (ou enlevées) en allant sur :http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/11-Novembre-2008/art49.html , publié sous le titre :

L'agenda d'Obama quels priorités et changements ?

Bonne soirée

m-a


3 Tariq Ramadan : Barack Obama : Espoir sans Naïveté.

Les huit années qui viennent de passer sous la présidence de George W. Bush et de son administration nous ont habitués a tellement d’erreurs, de mensonges, d’instrumentalisations et de manipulations politiciennes que l’on ne peut que se réjouir qu’une page se tourne enfin dans l’histoire des Etats-Unis. A partir de septembre 2001, l’essentiel du propos politique de l’administration Bush s’est concentré sur la guerre « contre le terrorisme », « contre les Talibans », « contre Saddam Hussein » et plus largement « contre l’axe du Mal ». Les citoyens américains ont peu à peu pris conscience du vide de cette rhétorique guerrière, et arrogante, dont le candidat John McCain ne s’est finalement pas vraiment distancer. Barack Obama est désormais le président des Etats-Unis et on peut saluer cet événement pour de nombreuses raisons sans tomber dans l’évaluation naïve des perspectives d’avenir.

Les racines, le passé et les multiples identités culturelles de Barack Obama contrastent furieusement avec le profil de George Bush ou de John McCain. Il a forcément une compréhension et un rapport différents avec les autres pays du monde, et notamment ceux du Sud, et avec la société américaine elle-même. C’est à partir de ce capital d’être et d’expérience que l’on est en droit d’espérer de nouvelles politiques intérieures et internationales. Sur le plan fondamental, Colin Powell avait justement posé les termes de la question : Barack Obama n’est pas musulman, il est Noir et chrétien mais, au fond, qu’y aurait-il de mal à ce qu’il soit musulman ? Y a-t-il un problème à être « African-American » et/ou musulman dans l’Amérique d’aujourd’hui ? Alors que l’Amérique semble s’accommoder majoritairement de l’élection d’un Noir, tout semble montrer qu’un nouveau racisme antimusulman s’est installé après septembre 2001. Face à ces peurs et à ces positionnements ethniques et religieux, l’origine et le passé de Barack Obama devraient lui permettre de devenir le président de tous en refusant paradoxalement les faux clivages, l’ethnicisation, la culturalisation ou la « religionisation » de la question sociale aux Etats-Unis. Barack Obama ne deviendra le symbole d’une nouvelle Amérique que s’il utilise son statut de président afin de promouvoir des politiques intérieures qui défendent l’égalité des citoyens, la justice, la lutte contre les discriminations à l’emploi ou à l’habitat, de nouvelles politiques urbaines. Une politique intérieure qui répartissent mieux les opportunités et les pouvoirs entre les citoyennes et les citoyens de quelque origine qu’elles/ils soient. La force du premier président noir sera de faire oublier sa couleur pour se préoccuper exclusivement de promouvoir des politiques sociales égalitaires et sans couleurs. Le pari n’est pas gagné.

Sur le plan international, Barack Obama devrait enfin mettre un terme à la surdité de l’administration précédente qui s’efforçait de persuader les Américains que ceux-ci étaient « victimes » d’agresseurs qui « détestaient » leur civilisation et leurs valeurs. Au-delà de la condamnation des attentats terroristes – qui est quasi unanime et qui ne doit souffrir aucune condition - , il faut entendre les critiques et les griefs qui proviennent des populations du monde entier. La politique de Bush a engendré un rejet internationalement partagé des Etats-Unis. Il faudra commencer par des actes symboliques mais qui montrent clairement que pour le nouveau président la vie d’un Afghan, d’un Irakien ou d’un musulman a autant de valeur que la vie d’un Américain. Que l’on cesse ce langage arrogant et guerrier et que l’on ferme les prisons de la honte à Guantanamo mais également en Afrique et à travers le monde. Barack Obama ne peut plus justifier, au nom de la sécurité des Etats-Unis, la mort des innocents, la torture légalisée et les traitements indignes dans les extraditions et jusqu’à la gestion discriminatoire des visas américains. Si les origines multiples de Obama sont porteuses d’espoir c’est dans l’exacte mesure où elles devraient lui permettre de rester ouverts et non pas justement pour qu’il s’y enferme aveuglément en les utilisant comme un prétexte ou un alibi.

La campagne nous a montré qu’il ne fallait pourtant pas se faire trop d’illusions. Les changements pourront être conséquents dans certains domaines mais ils resteront très relatifs dans d’autres. Le conflit israélo-palestinien est central pour la paix du monde et on a pu voir Barack Obama tenir des propos tellement en faveur d’Israël (devant le lobby pro-israélien américain AIPAC) qu’il y a fort à parier que rien ne changera substantiellement sur cette question. Comme d’ailleurs sur la politique destinée à faire face à la crise économique globale. On semble, dans ces deux domaines (soutien à Israël et défense l’économie libérale), toucher à des espaces sacrés, à des dogmes, que personne ne semble avoir le courage de questionner aux Etats-Unis. L’avenir du monde dépend pourtant de ce conflit local-global et de l’ordre économique international.

Il faut donc entretenir un espoir mesuré. Il est certain que des choses changeront, positivement, avec l’avènement de Barack Obama. Il faut les saluer sans perdre sa capacité critique quant aux sacro-saints dogmes de l’establishment qui peine à reconnaître la dignité du peuple palestinien et les dégâts d’un ordre économique qui, au bout de sa logique et des endettements, tuent des millions d’innocents à travers le monde et jettent aujourd’hui des familles entières d’Américains à la rue. Au sortir d’une campagne électorale qui n’a jamais été aussi couteuse, il est bon de se souvenir que les victimes de la crise économique globale seront désormais autant américaines qu’africaines ou asiatiques. C’est à l’aune de ces défis que Barack Obama prouvera ou non qu’il est le président de tous et du vrai renouveau.

Les musulmans aux Etats-Unis et à travers le monde sont majoritairement satisfaits : ils espèrent voir la fin de ces politiques de la peur, de la méfiance et de la polarisation répandues par l’administration Bush. Les musulmans ont néanmoins leur part de responsabilité : se libérer de la mentalité de victime, être plus cohérents avec leurs propres valeurs, se libérer de leur ghetto intellectuel et enfin être positivement, et de façon critique, proactifs afin de se sentir appartenir à ce « Nous » (ce « We »), engagés dans les réformes au moment où ils répètent « Yes, WE can ».

© Tariq Ramadan 2008

Source : Tariq Ramadan

Mardi 11 novembre 2008
http://www.tariqramadan.com/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Tariq_Ramadan.111108.htm


4 Christian Bouchet: Shalom, Barack!

L’obamania, cette sidération médiatique dans laquelle communient depuis plusieurs mois les opinions publiques des pays occidentaux a été décuplée par l’élection, mercredi, du candidat métis (et non pas noir, la différence est de taille !) à la présidence des USA.Drauche et goite la partagent et tous s’imaginent – ou veulent simplement nous faire croire – qu’un changement d’image peut être un changement politique, comme si pour changer le contenu d’une boîte de conserve il suffisait de modifier son étiquette…
Dominique de Villepin a été un des rares hommes politiques français à rester lucide et à nous mettre en garde en déclarant au Journal du Dimanche « Obama est séduisant, mais n'allons pas réinventer l'atlantisme ! Obama, comme McCain l’aurait fait, défendra les intérêts de son pays, qui ne sont pas exactement les nôtres. Il développe des thèmes sociaux qui renvoient à Roosevelt. Mais il est aussi choisi par des lobbies financiers: la moitié du financement d'Obama vient des grands groupes, de dollars venus de Goldman Sachs... ».
En ces quelques mots, l’ex-Premier ministre qui avait osé tenir tête à l’Empire du mal - et qui fut éliminé de la course à l’Élysée pour cela - a résumé la véritable situation : les USA se sont donné le président choisi par les lobbies. Tout le reste n’est que poudre aux yeux et manipulation médiatique.
Comment peut-on imaginer un seul instant que la présidence de Barack Obama va changer quelque chose au niveau de la politique sociale et économique des USA quand on sait qui le soutient ?
Les lobbies de la finance, de l’assurance et de l’immobilier (dont Warren Buffet, l’homme le plus riche du monde, ami de Bill Gates, et pressenti pour être le secrétaire au trésor, l’équivalent de notre ministre des finances) ont fait des dons si généreux pour sa campagne électorale qu’il a refusé, pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, la subvention de l'Etat fédéral…
Comment peut-on imaginer un seul instant que la présidence de Barack Obama va changer quelque chose au niveau la politique internationale des USA quand on sait qui le soutient ?
Si 77 % des électeurs de la communauté juive américaine (dont on connaît l’orientation ultra-sioniste) ont choisi Obama, ce n’est pas par hasard mais bien parce qu’il avait donné des gages… Et le choix, dans les 48 h qui ont suivi son élection, de Rahm Emanuel comme directeur de cabinet de la Maison-Blanche – un des postes les plus élevés dans la hiérarchie du système politique américain, considéré par beaucoup comme plus important que celui du Vice-Président élu – est plus que signifiant. Le véritable numéro 2 de l’exécutif américain, exerçant une large influence sur la politique présidentielle, est ainsi un homme familialement issu du sionisme le plus extrémiste qui a choisi volontairement de servir comme auxiliaire dans Tsahal et que le quotidien Haaretz considère comme « israélien ».
Si quelque chose doit changer, ce sera, comme le souligne le quotidien Le Temps dans son édition de jeudi passé, un peu moins de soldats en Irak et beaucoup plus en Afghanistan, avec un appel tout particulier aux alliés pour qu’ils renforcent leur contingent.
Soyons clair, les partisans de l’Occident ont un nouveau maître… et c’est tout. Un maître qui incarne le rêve de Samuel Huntington, c’est-à-dire : « L’image idéale d’une Amérique cosmopolite, celle d’une société aux frontières ouvertes, encourageant les identités ethniques, raciales, et culturelles infranationales…et dirigée par des élites s’identifiant de plus en plus avec des normes et des règles mondiales plutôt que nationales. Cette Amérique sera multiethnique, multiraciale et multiculturelle »
Pour nous, il reste que l’Amérique, comme Carthage, doit être détruite…

Christian Bouchet

Amérique sera multiethnique, multiraciale et multiculturelle »( in Qui sommes-nous, p. 354 ; éd. Odile Jacob, 2004).

07/11/08


5 Premiers frémissements significatifs.

On a quelques premières impressions sur l’action du nouveau président des Etats-Unis; Barack Hussein Obama (pourquoi pas BHO, pour faire plaisir à BHL?) pas encore en fonction mais envoyant déjà des indications, y compris par des prises de position qui ont, par la force des choses si l’on veut, un caractère officiel et presque gouvernemental. On sait que nous serions inclinés à penser que l’enjeu n’est pas vraiment de savoir si l’arrivée d’Obama marque l’aube radieuse et gracieuse de la société multiculturelle sur le monde mais si elle suscite des signes avant-coureurs, ou s'il y a absence complète de signes c’est selon, concernant deux hypothèses absolument fondamentales:

• Obama sera-t-il un président réformiste, voire réformiste radical, non pas de l’Amérique mais du système de l’américanisme? Le deviendra-t-il dans une tentative qui deviendrait inévitable de réforme de certains aspects du système, laquelle réforme, avec l’inévitable réaction défensive du système qu’elle induirait, le conduirait à renchérir dans cette voie dans un processus de montée aux extrêmes? On sait que cette hypothèse, qui est celle d’un “American Gorbatchev”, porte in fine la conséquence d’une attaque qui pourrait être déstructurante contre le système.

• Obama prendra-t-il conscience (s’il ne l’a fait, ce qui est une énigme) de ce que le monde est menacé d’un crise systémique, sinon qu’il est effectivement entré dans cette crise systémique générale que nous jugeons eschatologique, qui implique évidemment des menaces ontologiques, non seulement contre la civilisation mais contre l’espèce? Ou bien ignorera-t-il la chose? Observons que cette deuxième hypothèse est liée en un sens à la première: la réforme pouvant devenir “réforme destructrice” du système implique la mise à jour, ou la prise en compte, pour celui qui la conduit, d’une dimension supérieure de menace déstructurante, qui est la crise systémique eschatologique dont nous parlons.

Observons prudemment que les premiers signes d’activité d’Obama ne découragent pas l’hypothèse évoquée ici. Il y en a plusieurs, certains largement connus, d’autres beaucoup moins, mais, peut-être, pas moins significatifs.

Nous les énumérons et les rappelons ici…

• L’économie, avec l’annonce d’un “plan de relance” (ce sera la première initiative du président à son entrée en fonction) qui implique une certaine prise en compte de l’aspect social de la situation US, en liant cette prise en compte à l’interventionnisme de la puissance publique. C’est une mesure que les républicains qualifient de “socialiste”, qui est par contre puissamment soutenue par le sénateur Kennedy et le clan Kennedy qui comptent parmi les “parrains” d’Obama. Les plus critiques d’Obama, comme WSWS.org, n’ont trouvé à reprocher au nouveau président, tout en le condamnant vivement comme à l’habitude (le titre : «Obama reassures big business on economic Policy»), que le choix des personnalités qui l’entouraient lors de sa conférence de presse annonçant la chose. (WSWS.org le 8 novembre 2008: «Obama declared, “We need a rescue plan for the middle class,” but the composition of his Transitional Economic Advisory Board belies his claim to be focusing on the economic difficulties of ordinary people. The panel consists entirely of representatives of the corporate and financial elite and the Democratic wing of the political establishment.») La réalité est que cette orientation prise par Obama rencontre en bonne part les attentes de ceux qui souhaitent une présidence axée sur le réformisme et l’interventionnisme, “à-la-FDR”. Le départ est dans tous les cas dans ce sens.

• L’épisode du BMDE et du président polonais qui veut faire dire à Obama ce qu’il n’a pas dit semble-t-il, détaillée ce 10 novembre dans notre Bloc Notes. Il est suivi d’un autre épisode, plus élargi et plus significatif sur le même sujet, montrant une grande satisfaction des Russes, une amorce de coopération entre Obama et la Russie, et ainsi de suite. En perspective, on trouve la possibilité de meilleures relations entre les USA et la Russie, le possible règlement des tensions accumulées autour de l’activisme bushiste en Europe de l’Est contre la Russie et ainsi de suite. Là aussi, il y a des indications selon lesquelles les préoccupations internes et autres d’Obama le poussent à tenter d’aller vers la liquidation du BMDE et à de meilleures relations avec la Russie, avec le but général de tenter de verrouiller le “front européen” dans l’apaisement général.

• L’affaire assez inattendue, également détaillée ce 10 novembre dans notre Bloc Notes, de ce que nous nommons l’hypothèse du “gorbatchévisme électronique”. Ce point paraîtra à première vue très exotique, voire anecdotique. Il n’est pas que cela, loin de là. Il implique une réflexion politique qui n’est pas sans poids ni conséquence. Il implique qu’Obama est un homme qui sent le besoin de disposer d’un outil pour tourner le système et solliciter un soutien populaire; cette sorte de pensée naît lorsque l’on a à l’esprit des projets dont on juge qu’ils peuvent juger comme déstabilisants par le système. Il y a là un enchaînement potentiel, à la fois psychologique et d’action.

• On mentionnera également les mésaventures des vendeurs du JSF en Israël. Il est difficile et il serait angélique de n’y pas voir comme motif principal une extrême alerte du CMI devant la possibilité de réductions budgétaires importantes au Pentagone, dont le JSF aurait à pâtir. Il est évident que l’attitude d’Obama vis-à-vis du budget du Pentagone, c’est-à-dire vis-à-vis du cœur du complexe militaro-industriel, sera une indication absolument impérative de ses intentions par rapport au système. On trouve partout des signes que cette question est, in fine, au centre de toutes les préoccupations, de toutes les hypothèses.

Obama est donc en piste. Le moins qu’on puisse observer est que les choses vont vite. Le moins qu’on doive rapporter est qu’il sourd autour de l’événement une tension réelle. L’euphorie de l’élection est dissipée et les clameurs d’auto-satisfaction du monde occidental sur l’Amérique multiculturelle renvoyées au rayon des accessoires. On entre dans le domaine des choses sérieuses et il est incontestable que l’atmosphère est électrique, avec l’addition de plusieurs faits expliquant ou exprimant cette atmosphère électrique, avec l’hypothèse générale que le mandat Obama s’ouvre potentiellement sur un enjeu fondamental qui concerne le système de l’américanisme lui-même. Rien ne permet encore d’affirmer que nous y sommes mais rien, absolument rien, et c’est cela l’important, ne permet de penser que cette voie est barrée. Cela nous pousse à cette analyse à partir de ces indications encore fort éparses.

La pression de l’Histoire

Les points que nous relevons plus haut ne donnent qu’une indication parcellaire limitée à très limitée, dans les domaines qu’ils concernent, – rien de structuré sans nul doute. En eux-mêmes, ils n’ont aucune valeur indicative décisive. A ces faits disons “positifs” (selon le point de vue d’où nous nous plaçons) s’opposent d’autres, qu’on jugerait “négatifs” et qui partagent les mêmes caractéristiques, – mais qui sont notablement moins nombreux et significatifs que le domaine contraire. Le principal d’entre eux est la nomination de Rahn Emanuel comme chef de cabinet d’Obama à la Maison-Blanche; Emanuel, ancien citoyen israélien, ancien combattant des forces israéliennes, mais aussi politicien brutal de la vie washingtonienne, – largement documenté partout dans la presse alternative, notamment sur CounterPunch, par Alexander Cockburn le 7 novembre.

«Emanuel, as Ralph Nader points out in my interview with him below, represents the worst of the Clinton years. His profile as regards Israel is explored well on this site by lawyer John Whitbeck. He’s a former Israeli citizen, who volunteered to serve in Israel in 1991 and who made brisk millions in Wall Street. He is a super-Likudnik hawk, whose father was in the fascist Irgun in the late Forties, responsible for cold-blooded massacres of Palestinians. Dad’s unreconstructed ethnic outlook has been memorably embodied in his recent remark to the Ma’ariv newspaper that “Obviously he [Rahm] will influence the president to be pro-Israel… Why wouldn't he be [influential]? What is he, an Arab? He's not going to clean the floors of the White House.”

»Working in the Clinton White House, Emanuel helped push through NAFTA, the crime bill, the balanced budget and welfare reform. He favored the war in Iraq, and when he was chairing the Democratic Congressional Campaign Committee in 2006 he made great efforts to knock out antiwar Democratic candidates. On this site in October and November, 2006, John Walsh documented both the efforts and Emanuel’s role in losing the Democrats seats they would otherwise have won.»

Pourtant, ce contre-exemple n’est décisif en rien, à l’encontre de l’hypothèse que nous évoquons. L’attitude d’Israël, dont Emanuel est à l’extrême présenté comme “son homme” à la Maison-Blanche, est aujourd’hui très équivoque (voir le cas du JSF) dans une affaire essentielle pour le CMI.

Comment envisager de tirer argument de si peu de cas? D’autre part, le “si peu de cas”, dans l’espace de quatre jours et en période de transition, ce n’est pas si mal du tout… Mais il nous importe moins de “tirer argument” que de considérer l’interprétation qu’on peut offrir de ces premiers événements. Cela nous conduit plutôt à observer d’une part la rapidité de la mise en route de l’administration Obama sur des sollicitations très diverses, d’autre part, comme complément de ce qui précède, que cette administration est d’ores et déjà sollicitée par la pression des événements. Bien sûr, elle le sera de plus en plus, d’autant que les événements, – encore ne parle-t-on que de ceux qui sont programmés, – ne montrent aucune pause pour la transition. Par exemple, il y a la réunion de Washington sur la crise financière, le 15 novembre, la réunion des ministres des affaires étrangères de l’OTAN du début décembre, avec posée la question de l’entrée dans l’OTAN de la Géorgie.

Cette pression des événements extérieurs devrait soumettre la nouvelle administration en cours de constitution à des engagements précipités. Ainsi est-elle beaucoup plus sensible au climat général qu’elle ne pourrait paraître, – et le climat général, ce n’est pas l’euphorie de l’élection, qui n’est ni un fait politique, ni un phénomène durable. Plutôt que dire que l’élection d’Obama a “changé l’Histoire”, nous nous demandons si ce n’est pas l’Histoire qui va “changer l’administration Obama” ou la façonner au contraire de ce que l’on en envisageait en général, selon les canons du système; notamment et particulièrement en l'impliquant plus vite qu'on ne pouvait attendre dans les affaires, en l’obligeant à se situer plus rapidement par rapport aux événements en cours, selon ces événements. La seule remarque plus personnelle que nous pourrions avancer, c’est que, tout de même, Obama nous paraît être très réceptif au façonnage que lui imposeraient les pressions de l’Histoire, comme s’il pouvait être tenté d’y trouver son destin. Il y a d’autre part le facteur qui n’est pas mince des pressions de l’élection, c’est-à-dire la pression qu’a impliqué le vote des électeurs, l’intensité de ces votes, etc.

D’une façon générale, comment pourrait-on définir ces événements? Comment pourrait-on préciser dans quel sens ils vont? Il s’agit d’une évaluation générale de forme spéculative, qui implique en hypothèse radicale extrême un processus de déstabilisation du système (“gorbatchévisme”) éventuellement assumé par Obama (“American Gorbatchev”). Pour l’instant, nous proposons deux hypothèses immédiates que nous ne sommes pas loin de considérer comme des constats de faits d’ores et déjà en cours de s’imposer.

Un premier constat, concernant l’atmosphère, le climat, qui entourent et accompagnent l’élection, et qui se manifestent à l’occasion de cette élection mais n’en dépendent nullement: l’extraordinaire réduction de l’importance qu’on attribue à la “guerre contre la Terreur” qui ébranla le monde le 11 novembre 2001, et occupa toute la politique washingtonienne pendant des années. La GWOT et toute la salade qui l’accompagne sont en train de complètement sombrer, en matière de perception, de crédibilité, donc d’importance, exactement à l’image de la disparition de l’existence politique même de GW Bush. Le montage virtualiste s’effiloche à très grande vitesse, simplement parce qu’il devient de plus en plus “irrelevant”, parce qu’il est vraiment trop étranger à la réalité nouvelle qui s’installe. C’est une chose qui se perçoit plus qu’elle ne se mesure.

Le second constat est parallèle et relatif; c’est la montée de l’importance universelle de la crise structurelle qui affecte le système. C’est sous ces auspices que commence le parcours du nouveau président. Cette situation que nous décrivons, dont nous ne cachons nullement qu’elle est perçue par nous de manière intuitive, ne va cesser de se développer et de peser sur les démarches d’Obama, et aussi sur celles de ses pairs, particulièrement Medvedev et Sarkozy qui se trouvent également emportés par cette perception de l’urgence de la crise de nous-mêmes… (Le discours de Medvedev du 5 novembre contribue à actualiser ces diverses idées.) Obama trouvera plus de dirigeants étrangers prompts à l’embrigader dans des démarches collectives concernant des crises générales pressantes qu’à attendre de le voir “restaurer” un hypothétique leadership US, notamment parce que les matières où ces démarches collectives s’exercent sont très générales et échappent à quelque leadership que ce soit.

Il ne fait aucun doute qu'il existe une possibilité sérieuse que l’après-élection soit encore plus “historique” que l’élection elle-même.


Résistance,taliban,karzai,Otan,Fias,Etats-Unis,Karzai,Bush,Obama,Afghanistan, Pakistan 

 


13/11/2008

n°95 - Journal du Liban -18-10 au 12-11 - Début-Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.

n°95 - Journal du Liban  -18-10 au 12-11 - Début-Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.


                            Journal du Liban   

                                  N° 95 18-10 au 12-11

                                                                            Par  M.Lemaire


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

On pensait que...
Bernard Langlois : Voici, en exclusivité, les règles que tout le monde doit avoir à l’esprit lorsqu’il regarde le JT le soir, ou quand il lit son journal le matin.

1 Lutte pour la libération du territoire

2 Politique Libanaise  

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

suite1

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Reconstruction du camp des réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared.

7 Brèves

7-1 Hommage à Arafat et démonstration de force du Fatah à Aïn Héloué.

7-2 Chawki Freïha : Le Hezbollah dément toute tentative d’empoisonnement de son secrétaire général Hassan Nasrallah.

7-3 Yara Bayoumy : Sayyed Hassan Nasrallah et Hariri se sont rencontrés.

7-4 David Welsh invite à la « libanisation » de l’armée

8 Dossiers

8-1 Découverte d’un Reseau D'Espionnage du Mossad.

8-2 Scarlett HADDAD : Éclairage : La cellule du Mossad surveillait le passage des convois à Masnaa...

8-3 Qui veut désarmer le Hezbollah ?

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.

 

10 Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Thierry Meyssan : L’heure des bilans.

10-2 Les Saoudiens, alliés des US, s'agitent en coulisse

11 Annexe

11-1 L'UE ignore le non respect par Israël de ses obligations dans le cadre des Accords UE Israël.

11-2 UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE


Tiré à part :

On pensait que...
A chaque nouveau président US, on se dit : « Il ne peut être pire que le précédent ! »
On pensait que Kennedy serait un président moderne et sympa. Il a lancé la guerre du Vietnam.
On pensait que le pasteur Carter serait un président plus honnête que les autres. Il a financé Ben Laden en Afghanistan.
On pensait que George Bush père serait moins agressif que le cow-boy Reagan. Il a bombardé l'Irak.
On pense qu'Obama sera...

Michel Collon
27 octobre 2008


Bernard Langlois : Voici, en exclusivité, les règles que tout le monde doit avoir à l’esprit lorsqu’il regarde le JT le soir, ou quand il lit son journal le matin.

Tout deviendra simple.
• Règle numéro 1 : Au Proche-Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers, et c’est toujours Israël qui se défend. Cela s’appelle des représailles.

• Règle numéro 2 : Les Arabes, Palestiniens ou Libanais n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp.

Cela s’appelle du terrorisme.
• Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes.

Cela s’appelle de la légitime défense.
• Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l’appellent à la retenue.

Cela s’appelle la réaction de la communauté internationale.

• Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les Libanais n’ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats.
• Règle numéro 6 : Les Israéliens ont le droit d’enlever autant de Palestiniens qu’ils le souhaitent (environ 10 000 prisonniers à ce jour, dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et ils n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique 'terroriste'.

• Règle numéro 7 : Quand vous dites 'Hezbollah', il faut toujours rajouter l’expression 'soutenu par la Syrie et l’Iran'.
• Règle numéro 8 : Quand vous dites 'Israël', il ne faut surtout pas rajouter après : 'soutenu par les États-Unis, la France et l’Europe', car on pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.
• Règle numéro 9 : Ne jamais parler de 'Territoires occupés', ni de résolutions de l’ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et l’auditeur de France Info.

• Règle numéro 10 : Les Israéliens parlent mieux le français que les Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la neutralité journalistique...

A Méditer..


Au jour le jour

08 11

Un membre de la Commission de sécurité du camp de réfugiés palestiniens de Beddawi, dans le nord du Liban, a été tué vendredi lors d'un accrochage, a annoncé un responsable militaire libanais.

L'armée libanaise, qui n'a pas le droit d'entrer dans les camps de réfugiés, avait demandé à la Commission de sécurité d'interpeller des activistes recherchés.

Lorsque les membres de la Commission de sécurité sont intervenus, les activistes ont ouvert le feu, tuant l'un d'entre eux, Tarek Ziyad Meyari.

AP



1 Lutte pour la libération du territoire

Les relents de la guerre

b) Israël

Douze avions militaires israéliens ont survolé le Liban.

Douze avions militaires israéliens ont violé l’espace aérien libanais lors de missions de reconnaissance au nord et au sud du pays, a annoncé vendredi l’armée libanaise dans un communiqué.
Six avions israéliens ont survolé le village d’Alma al-Shaab et d’autres villes plus au sud pendant environ 30 minutes vendredi, précise le communiqué cité par l’agence de presse officielle du pays.
Six autres avions israéliens ont longé la côte méditerranéenne entre la ville de Batroun et d’autres villes situées plus au nord pendant environ une heure, ajoute le communiqué.
L’armée israélienne, qui ne commente généralement pas les survols du Liban, n’a pas fait de déclaration dans l’immédiat.

31 11

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=5093

 

01 11

Selon le quotidien As-Safir citant des sources judiciaires et sécuritaires, l’armée libanaise a découvert dans la vallée de la Bekaa à l’Est du Liban, une cellule liée au Mossad israélien et a arrêté deux hommes, le dirigeant de ce réseau d’espionnage ainsi qu’un de ses proches, qui auraient avoué appartenir au Mossad.

L’armée, après avoir surveillé les déplacements suspects de ces hommes entre le Liban et la Syrie, a réussi à les saisir et à obtenir leurs aveux. Des citoyens de la Bekaa ont également indiqué au quotidien précité avoir vu des hommes de la sécurité pénétré dans le domicile de l’homme qui a été arrêté et lui confisqué sa voiture de type Mitsubishi Pajero munie d’une caméra capable de prendre des photos de visages et de plaques d’immatriculation. Ils ont également affirmé que l’homme n’avait pas de métier particulier, et il avait souvent l’habitude de garer sa voiture sur la route internationale entre Chtaura et le passage de Masnaa.

D’autres sources proches des enquêteurs ont indiqué que le suspect a été recruté par le Mossad dans les années 1980, et il avait à son tour recruté d’autres personnes. Les documents et le matériel saisi de son domicile prouve qu’il utilisait des équipements high-tech afin de rester en contact avec les Israéliens. Le proche de l’homme arrêté a avoué avoir surveillé des déplacements de personnalités, convois, et certains sites particuliers au centre de la Beqaa.

Toujours selon As-Safir, ce réseau d’espionnage œuvre depuis vingt ans et surveille plusieurs points de sécurité, ainsi que des postes de l’armée libanaise, syrienne et des bases palestiniennes dans la Beqaa, et aurait concentré son activité au cours des dernières années à observer des postes et des membres du Hezbollah. L’enquête a également révélé que cette cellule observait également des points sécuritaires sensibles à Damas, notamment la région de Kfar Sousa là où le commandant de l’aile armée du Hezbollah Imad Moughnié a été assassiné en février 2008.

Source : Libnanews
http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1827:larmee-arrete-une-cellule-despionnage-liee-au-mossad-israelien-a-lest-du-liban&catid=46:a-la-une&Itemid=80

 



Politique

1 Liban :

Le 18 octobre

Dans une interview au quotidien koweitien al-Anbaa, Le député du Bloc du Changement et de la réforme Salim Selhab affirme que la popularité de Michel Aoun a diminué.
Selhab a déclaré que nul ne peut ignorer la dernière manifestation des Forces Libanaises en septembre dernier au stade Fouad Chehab, et note que la popularité de ce parti a surprit tout le monde, sans exception.
Toutefois Selhab explique que la dernière réunion entre les Forces Libanaises et le député Michel el-Murr a eu lieu uniquement à des fins électorales. Murr aurait tenu a montrer qu’il se trouve a égale distance de toutes les parties au Metn, et peut s’allier avec qui que ce soit pour renforcer sa popularité dans la région. Selhab estime que l’alliance Geagea-Murr ne sera possible que lorsque le plus important parti au Metn : celui des Kataeb, aura dit son dernier mot.
Selhab ajoute que la réconciliation chrétienne était à portée de main, mais ne créera pas de nouvelles alliances électorales. Il appelle à donner au Président Michel Sleiman le rôle de parrainer la réconciliation chrétienne. Il insiste que Bkerké ne devrait pas parrainer la réconciliation, car l’Eglise Maronite n'a pas réussi à résoudre les crises politiques dans le passé.

iloubnan.info –

http://www.iloubnan.info/politique/actualite/id/29059/liban/Le-député-du-Bloc-du-Changement-et-de-la-réforme-Selhab-affirme-que-la-popularité-de-Aoun-a-diminué


Au jour le jour

Tous ceux qui participent au dialogue sont-ils libres de leur décision
? » s’interroge Sfeir

Le patriarche Nasrallah Sfeir, s’est déclaré convaincu hier que certains des hommes politiques engagés dans le dialogue national ne sont pas maîtres de leur décision. Il a tenu des propos en ce sens dans le cadre d’un échange avec une délégation conduite par le président de l’ordre des journalistes, Melhem Karam,

Le chef de l’Église maronite, qui a dit espérer que les prochaines élections législatives auront lieu « à la date qui leur a été fixée et pas après, comme cela s’est passé pour l’élection présidentielle », a ajouté, concernant le dialogue national : « Pouvons-nous dire que tous ceux qui sont à la table de dialogue sont libres de leur décision ?
Sachant par ailleurs qu’ils sont partie liée avec des forces bien précises au Liban même et, probablement aussi, en dehors du Liban. Et s’ils sont influencés par les parties en question, peut-on dire que le dialogue est libre comme il devrait l’être ? »

L’Orient-Le Jour

7 novembre 2008


2-3 Sur le terrain

14-10
l’uléma Fadlallah : “Nous relevons que le Liban est encore la scène où l’étranger continue à intervenir dans ses affaires sous divers titres et prétextes.

Dans les Etats qui se respectent, un ambassadeur ne peut se mêler aux problèmes internes, ce qui est inadmissible. Nous devons comprendre que l’extérieur ne s’ingère pas dans nos affaires dans notre intérêt, mais dans son intérêt. Quant aux Etats-Unis, ils n’ont d’amitié permanente qu’à l’égard d’Israël”.

Siniora demande le soutien de l'ONU pour mettre fin aux violations israeliennes

Le Premier ministre Fouad Siniora a adressé 2 lettres au Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.
Dans le premier message, Siniora dénonce les violations continues par Israel de la souveraineté du Liban par voie aérienne et terrestre. Siniora dénonce également les menaces répétées contre le Liban publiées par des responsables israéliens.
La deuxième lettre a pour objet les bombes à sous-munitions dispersées par Israël au cours de la guerre de Juillet 2006. Le Premier ministre demande à l’ONU d’exhorter la communauté internationale à fournir une aide financière qui permettra de poursuivre les opérations de déminage au Liban.
Siniora demande également de maintenir la pression pour qu’Israel remettent au gouvernement libanais les cartes et les coordonnées concernant les emplacements de ces bombes.

iloubnan.info - Le 18 octobre

http://www.iloubnan.info/politique/actualite/id/29056/liban/Siniora-demande-le-soutien-de-l'ONU-pour-mettre-fin-aux-violations-israeliennes


2-5 Les grandes manoeuvres

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a rencontré son principal opposant, le chef de la majorité, Saad al-Hariri, pour la première fois depuis la guerre avec Israel de 2006. Cette rare rencontre, qui a eu lieu dimanche dernier dans la soirée, marque une avancée dans les relations majorité opposition au Liban et aura trés certainement des répercussions favorables sur les élections parlementaires à venir qui se tiendront en 2009. Le communiqué émis conjointement note que "il y a une volonté d'unité nationale et de paix civile et le besoin de prendre toutes les mesures pour éviter les tensions...et de renforcer le dialogue et d'éviter les conflits quelque soit les différences politiques".
La TV du Hezbollah Al Manar (www.almar.com.lb) a diffusé la rencontre à laquelle ont également participé des aides des deux côtés. Le communiqué final précise aussi que Nasrallah et Hariri continueraient "d'être en contact." Le communiqué fait état d'une rencontre " honnête et ouverte" et précise que les deux dirigeants encourageront le dialogue "en prenant des mesures pour calmer la situation dans les médias et dans la rue". Cette rencontre est perçue comme la plus significative, d'autres efforts de réconciliation ayant été faits auparavant avec d'autres dirigeants politiques.
Le communiqué précise également que Nasrallah et Hariri s'étaient engagés à mettre en application l'accord de Doha négocié grâce à la médiation du Qatar, qui a appelé à des discussions pour établir un "dialogue national". Les premières discussions ont eu lieu le mois dernier et les prochaines sont prévues pour le 5 novembre.
Le point d'achoppement le plus sérieux actuellement ce sont les armes du Hezbollah. Hariri insiste pour que soit discuté un éventuel désarmement alors que le Hezbollah maintient que comme groupe de résistance protégeant le Liban, et aussi longtemps qu'une partie du Liban restera occupé par Israël pas question de désarmer. Le Hezbollah qui dirige au sein du gouvernement une alliance ayant pouvoir de veto n'est pas prêt à faire de concession sur ce point. Cependant, le Hezbollah a exprimé sa volonté de discuter d'une stratégie de défense qui définirait le rôle de la résistance notamment en lien avec l'armée libanaise avec laquelle il entretient des liens discrets mais efficaces.

27/10/2008


2-6 Politique extérieure

7 11

En ce qui concerne les relations avec la Syrie, le patriarche Nasrallah Sfeir s’est montré particulièrement avenant. Il a affirmé : « Ne nous perdons pas en analyses. Le Liban et la Syrie sont des pays voisins, et le proverbe dit que des voisins doivent se soutenir, en dépit de leurs écarts. Avec la Syrie, nous souhaitons entretenir de bonnes relations, cordiales et fraternelles, et que les deux pays soient des appuis l’un pour l’autre. »
L’Orient-Le Jour

Le Hamas appelle à un dialogue libano-palestinien
Le chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal, a appelé hier de Beyrouth à un dialogue libano-palestinien pour régler la situation volatile dans les camps de réfugiés au Liban, s’engageant à ne pas y transférer les luttes entre factions palestiniennes.
M. Mechaal s’exprimait à l’issue de rencontres séparées avec le président libanais Michel Sleiman et le Premier ministre Fouad Siniora. Il s’est, par la suite, entretenu avec le président du Parlement Nabih Berry, en présence du vice-président d’Amal, Haïtham Jomaa.« Nous avons appelé à lancer un dialogue libano-palestinien pour discuter de tous les problèmes des camps palestiniens, Aïn Heloué ou autres », a déclaré M. Mechaal aux journalistes. « Le traitement (de ces problèmes) doit se faire à travers le dialogue et sous l’ombrelle de la souveraineté de la loi et de l’État libanais », a-t-il ajouté. M.
Mechaal a aussi insisté sur « le droit au retour des Palestiniens du Liban et sur le refus de l’implantation ». Il a insisté sur la nécessité pour l’État libanais « d’assurer une vie digne aux réfugiés palestiniens qui sont des hôtes sur son territoire, de leur assurer notamment le droit au travail, le droit à la propriété, le droit à l’enseignement et à la santé ». « Nous ne transférerons pas nos divergences hors de Palestine, ni au Liban – à qui suffit ses propres (divergences) –, ni à un autre pays, surtout pas après un retour vers une situation raisonnable au Liban », a-t-il affirmé, évoquant le dialogue
interpalestinien.

M. Mechaal a par ailleurs observé, concernant la reconstruction du camp de Nahr el-Bared, qu’il est important « d’accélérer la reconstruction pour ne pas punir le peuple palestinien qui n’est pas responsable de ce qui s’est passé ».
À la faveur de conditions de vie misérables, des groupes extrémistes accusés de liens avec el-Qaëda ou avec les services de renseignements syriens se sont installés ces dernières années dans des camps de réfugiés palestiniens du Liban, en particulier à Aïn el-Heloué.
Ces camps font toujours craindre de violents affrontements interpalestiniens ou une répétition du scénario de Nahr el-Bared.
Khaled Mechaal doit également rencontrer Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, et Saad Hariri, dirigeant du Courant du futur.

14 octobre 2008

L’Orient-Le Jour

http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=384928



2  Politique Israélienne

AMIR MIZROCH ET BRENDA GAZZAR : Israël remet les compteurs à zéro
Dans un éventuel conflit avec le Hezbollah, Israël se fondera très certainement sur l'influence croissante du mouvement au sein du gouvernement libanais pour cibler la totalité de ses infrastructures, selon des sources gouvernementales.
Au cours de la seconde guerre du Liban, l'aviation israélienne avait détruit quelques infrastructures libanaises mais les pressions internationales - notamment celle des Etats-Unis - l'avaient forcée à
arrêter.
Plusieurs rapports en Israël tendent à indiquer que l'influence du Hezbollah sur la politique libanaise a des chances de croître. Le mouvement pourrait même gagner deux portefeuilles supplémentaires, lors
des élections prévues au printemps prochain. Il s'agirait vraisemblablement du ministère de l'Intérieur et éventuellement la Défense.
Le Hezbollah dispose par ailleurs d'un droit de veto sur les décisions ministérielles. Aucune initiative importante en matière de sécurité ou diplomatique n'est prise sans son consentement. Le groupe est
officiellement devenu le "libérateur des fermes de Sheba (Mont Dov) et des (sept) villages chiites de Galilée".

Enfin, le Hezbollah s'est doté d'un arsenal de plus de 40 000 roquettes - il n'en avait que 14 000 en
2006 -, ce qui place l'ensemble du territoire israélien en ligne de mire.
Jérusalem estime désormais que si le prochain ministre libanais de la Défense est un membre - ou ne serait-ce que proche - de la miliceTsahal ne fera aucune différence entre l'armée libanaise et le
Hezbollah.
Plusieurs groupes politiques se sont rencontrés cette semaine à Beyrouth afin d'envisager une stratégie de défense nationale, incluant les conséquences de l'armement au Sud Liban. Les discussions devraient prendre fin le 22 décembre prochain. "Ce sont les élections législatives
de mai et juin prochains qui détermineront la véritable stratégie libanaise de défense et non pas des discussions interminables autour d'une table", a déclaré un journaliste envoyé sur place.
"Si le Hezbollah remporte les élections, il aura beaucoup moins de difficultés à imposer ses exigences."
Les prévisions indiquent déjà peu d'écarts entre le Hezbollah et la coalition du 14 mars". "Ca va être très serré", précise le correspondant.
AP a contribué à cet article

The Jerusalem Post
AMIR MIZROCH ET BRENDA GAZZAR

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1225910060205&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

07 11



 3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

Iran

L’Iran fournit des armes aux « armées de la liberté » au Proche-Orient.

La République islamique d’Iran fournit des armes à des « armées de la liberté » au Proche-Orient, a déclaré hier un commandant du corps des gardiens de la révolution, cité sur leur site Internet. « Aujourd’hui, nos forces armées sont non seulement autosuffisantes, mais les « armées de la liberté » de la région obtiennent de nous une partie de leur armement », a dit le vice-commandant de la milice du Bassidj, affiliée aux gardiens de la révolution, Hossein Hamedani. M. Hamedani, dont le rang n’a pas été fourni sur le site, n’a pas précisé l’identité de ces « armées de la liberté ». L’Iran a utilisé par le passé ce qualificatif pour désigner aussi bien les mouvements palestiniens Hamas et Jihad islamique que le Hezbollah.
Téhéran a toujours nié apporter un soutien militaire à ces groupes, comme l’en ont fréquemment accusé les États-Unis.
La République islamique a assuré ne leur fournir qu’un « soutien moral » mais aussi financier dans le cas du gouvernement dirigé par le Hamas.
Les États-Unis ont aussi accusé l’Iran d’armer des groupes irakiens luttant contre les forces américaines, ce que Téhéran a toujours démenti.

27 10



 b) Usa (le parrain)

Les grandes manœuvres 

Caren Bohan : Lourd agenda diplomatique pour le prochain président

Extraits

De la gestion des guerres en Irak et en Afghanistan à la crise financière, en passant par la nécessité de redorer le blason américain sur la scène internationale, le prochain président des Etats-Unis sera confronté à de nombreux défis en matière de diplomatie.

Le futur occupant de la Maison blanche, quel qu'il soit, ne pourra pas occulter l'imposant agenda diplomatique que lui lèguera George Bush à son départ de Washington le 20 janvier.

"Le nouveau président aura un agenda chargé en politique étrangère et devra prendre des décisions qui auront des conséquences énormes pour la sécurité américaine", assure David Lindsay, ancien conseiller du président Bill Clinton.

Caren Bohan

Reuters

Mercredi 29 octobre, 16h25



c) Europe

UE

Dans les coulisses de la diplomatie de Khalil Fleyhane : Stratégie de l’UE pour relancer Annapolis...
Les responsables libanais ont pris connaissance d’un rapport diplomatique secret qui regroupe les idées britanniques pour une approche stratégique européenne. Cette approche est consacrée au rôle de l’Europe dans le processus de paix au Moyen-Orient et dans la reprise
des négociations libano-israéliennes, suspendues depuis 1990. Elle devrait être soumise au président américain nouvellement élu, Barack Obama.
Cette approche stratégique a été discutée par les ministres européens des Affaires étrangères au cours d’un dîner tenu récemment et au cours d’une autre rencontre informelle tenue en Allemagne. Elle vise essentiellement à appuyer le processus de paix dans la région au cours des prochains mois et elle permet de définir le rôle prévu de la nouvelle administration américaine dans ce processus.
Le rapport précise que le volet libanais des négociations avec Israël doit attendre encore un peu. Il faut pour l’instant se baser sur l’accord de Doha et ne pas oublier l’importance de l’application de la
résolution 1701.
Le document est essentiellement axé sur trois points : la poursuite du processus d’Annapolis et notamment l’appui à l’Autorité palestinienne, le renforcement de la participation arabe à ce qu’on appelle « l’initiative de paix arabe » et la réalisation d’une percée sur tous les volets, afin de parvenir à une vision globale.
Le rapport prévoit donc la multiplication des efforts internationaux, européens et américains en particulier, en vue de dynamiser le processus d’Annapolis, tout en donnant un rôle plus grand à l’Arabie saoudite, à l’Égypte et à la Ligue arabe dans le processus de paix dans la région.
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=385184

 



d) Les institutions

ONU

04-11

Ban Ki-moon presse le Liban et la Syrie de procéder au tracé de la frontière
14-11

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a déclaré hier que la question de la contrebande des armes et de la drogue est « importante quand il s’agit du Liban ». « Maintenant que les gouvernements syrien et libanais se sont mis d’accord pour améliorer leurs relations diplomatiques, il est temps de procéder à une complète délimitation de leur frontière commune », a-t-il ajouté.
« J’espère sincèrement qu’il y aura des progrès accélérés dans ce sens, » a-t-il dit.
« Cette opération permettra le renforcement de la sécurité des frontières pour prévenir le transfert d’armes illégales et aussi la drogue, a estimé M. Ban. Pour moi, cette question a toujours été
prioritaire si l’on veut renforcer la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’unité et l’indépendance politique du Liban. »
Sylviane ZEHIL
14 10

http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=384930

L'armement du Hezbollah reste un défi à la souveraineté du Liban, selon un rapport de l’ONU.

Au cours des six derniers mois, le Liban s'est approché très près de la guerre civile, avant de s'en éloigner, estime le Secrétaire général dans son dernier rapport sur le Liban dans lequel il qualifie de centrale la question de l'armement du Hezbollah, défi à la souveraineté du gouvernement.

Les violences du mois de mai 2008 ont représenté « l'une des attaques les plus graves de ces dernières années contre les fondements mêmes de l'État libanais », et ont rappelé « à tous les Libanais la menace que constitue l'existence de groupes armés échappant au contrôle de l'État » affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité, sur les problèmes qui continuent de faire obstacle au renforcement de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique du Liban.

Le Secrétaire général a salué les efforts en ce sens menés par le président Sleimane, ainsi que la première session du Dialogue national, qui s'est tenue le 16 septembre – réunion justement consacrée à la stratégie de défense nationale et à la question du statut des milices armées. Une autre réunion est prévue le 5 novembre.

Toujours sur la question de la sécurité, le Secrétaire général reste « préoccupé par les assassinats politiques et les attentats à l'explosif qui continuent de secouer le Liban », en particulier en ce qu'ils visent de façon « apparemment systématique » l'Armée libanaise, « symbole éminent de l'autorité de l'État ».

« Ces attentats mettent en évidence la prolifération des armes et la multiplication de groupes armés dont l'existence constitue une violation permanente des résolutions 1559 (2004) et 1701 (2006) du Conseil de sécurité », indique le Secrétaire général.

Ce dernier mentionne notamment « la question des armes du Hezbollah ». « Le fait que le Hezbollah conserve une infrastructure et des moyens militaires propres constitue un défi fondamental lancé à un gouvernement qui s'efforce de consolider la souveraineté et l'autorité de l'État libanais, et il fait obstacle à un dialogue constructif sur les questions politiques et de sécurité », affirme le rapport de Ban Ki-moon.

« Je réaffirme ma conviction que la dissolution et le désarmement des milices libanaises et non libanaises doivent passer par un dialogue politique ouvert à tous qui prenne en compte les intérêts politiques de l'ensemble des Libanais et dont l'aboutissement devra confirmer les prérogatives politiques et militaires exclusives du gouvernement libanais », affirme le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a par ailleurs salué comme « encourageants » l'évolution des relations entre le Liban et la République arabe syrienne et le lancement d'un processus de normalisation entre ces « deux voisins unis par des liens historiques », à savoir notamment la perspective de voir s'ouvrir d'ici la fin de l'année les ambassades des deux pays à Beyrouth et à Damas.

« Il importe maintenant qu'ils prennent les dispositions pour mettre en œuvre tous les autres points de l'accord conclu à Damas, qui consistent à : mettre en activité la commission mixte de délimitation de la frontière commune; mener des actions en commun pour mieux sécuriser la frontière; accélérer les travaux du comité mixte sur les personnes disparues dans les deux pays concernés; revoir objectivement les relations bilatérales, avec le souci de promouvoir les intérêts de l'un et de l'autre pays; et relancer la coopération économique et commerciale », ajoute le Secrétaire général.

Source : ONU

ONU - 24 octobre 2008 –

Libnanews

 

http://rplfrance.org/index.php?content=presse/081025onu-ec

.php


Point de presse quotidien du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l'ONU

Dans son dernier rapport sur l’application de la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité, rendu public aujourd’hui, le Secrétaire général indique qu’au cours des six derniers mois, le Liban a certes subi les effets dévastateurs de la violence des factions, mais qu’il a aussi connu des raisons d’espérer et de se montrer optimiste. Le Liban s’est approché très près de la guerre civile, avant de s’en éloigner, mais l’élection du Président Michel Slimane a permis de relancer le processus constitutionnel auquel toutes les parties au Liban se sont, depuis, déclarées prêtes à adhérer.
Le Secrétaire général reste préoccupé par les assassinats politiques et les attentats à l’explosif qui continuent de secouer le Liban. Il condamne énergiquement ces actes de terrorisme qui visent la souveraineté, la stabilité politique et l’unité du pays. Ban Ki-moon note également la question persistante des armes du Hezbollah et réaffirme sa conviction que la dissolution et le désarmement des milices libanaises et non libanaises doivent passer par un dialogue politique ouvert à tous qui prenne en compte les intérêts politiques de l’ensemble des Libanais.
Le Secrétaire général se dit enfin encouragé par l’évolution favorable des relations entre le Liban et la République arabe syrienne et le lancement d’un processus de normalisation entre ces deux pays voisins.

http://rplfrance.org/index.php?content=presse/081025onu-ec.php

 

«Ces familles de réfugiés palestiniens n'attendent qu'une chose, retourner chez elles. Sauf que le vieux camp de Nahr el-Bared n'est plus qu'un amas de ruines.»

C'est aujourd'hui l'inauguration du chantier de reconstruction du camp de Nahr el-Bared. Le vieux camp a été complètement détruit pendant les 15 semaines d'affrontement entre l'armée libanaise et les extrémistes islamistes de Fatah al-Islam il y a plus d'un an. Dans ce camp vivaient 4 000 familles palestiniennes. Pour ces familles, le début des travaux de déblaiement sont une étape hautement symbolique et très émouvante.

Diane Galliot

[30/10/2008


Liban,Israël,Olmert,colonialisme,Bush,Hezbollah,Finul,Etats-Unis,France,Nasrallah


 

n°95 - Journal du Liban -18-10 au 12-11 - suite1-Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais

n°95 - Journal du Liban  -18-10 au 12-11 - suite1-Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.


                            Journal du Liban   

                                  N° 95 18-10 au 12-11

                                                                            Par  M.Lemaire



Sommaire             suite1

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Reconstruction du camp des réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared.

7 Brèves

7-1 Hommage à Arafat et démonstration de force du Fatah à Aïn Héloué.

7-2 Chawki Freïha : Le Hezbollah dément toute tentative d’empoisonnement de son secrétaire général Hassan Nasrallah.

7-3 Yara Bayoumy : Sayyed Hassan Nasrallah et Hariri se sont rencontrés.

7-4 David Welsh invite à la « libanisation » de l’armée

8 Dossiers

8-1 Découverte d’un Reseau d'Espionnage du Mossad.

8-2 Scarlett HADDAD : Éclairage : La cellule du Mossad surveillait le passage des convois à Masnaa...

8-3 Qui veut désarmer le Hezbollah ?


6  Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Reconstruction du camp des réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared.

Écouter 03 min

http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_74142.asp

 


7 Les brèves

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 

7-1 Hommage à Arafat et démonstration de force du Fatah à Aïn Héloué.

Dans la même rubrique

Le Fatah a organisé dimanche une parade militaire aux allures de démonstration de force dans le camp d’Aïn Héloué, dans le sud du Liban, pour marquer le quatrième anniversaire de la mort du leader palestinien Yasser Arafat, selon un correspondant de l’AFP.
Près de 400 membres du parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont défilé devant des centaines de personnes dans l’une des principales artères d’Aïn Héloué, le plus grand des 12 camps de réfugiés palestiniens au Liban, avec 45.000 habitants.
Les militants, tous en treillis, portaient des armes automatiques ainsi que des lance-roquettes.
Ils étaient suivis de deux véhicules militaires portant chacun deux canons antiaériens qui, depuis la fin de la guerre civile au Liban (1975-1990), n’avaient pas fait leur apparition dans une parade à l’intérieur des camps palestiniens.
Mounir Makdah, le chef du Commandement de la lutte armée palestinienne au Liban (Clap), qui joue le rôle de police dans les camps, a affirmé à l’AFP qu’il s’agissait "du plus important défilé militaire dans un camp palestinien depuis 1991".
A cette époque, la plupart des milices ont été démantelées et leur arsenal remis aux autorités libanaises en vertu des accords de Taëf (Arabie saoudite), qui avaient mis fin à la guerre civile.
Cette démonstration de force intervient dans un climat de tension dans le camp après la multiplication ces derniers mois des assassinats et des règlements de compte entre le Fatah et le groupe extrémiste Jound al-Cham.
Jound al-Cham est constitué de Libanais et de Palestiniens, sans hiérarchie claire et considéré hors-la-loi. Il a été impliqué dans des accrochages avec l’armée libanaise notamment en 2005 et tous ses membres sont recherchés par la justice libanaise.
"Que tout le monde sache qu’il est inacceptable de transformer le camp d’Aïn Héloué en un deuxième Nahr al-Bared", a ajouté M. Makdah, en référence au camp palestinien dans le nord du Liban qui avait été le théâtre en 2007 d’affrontements entre l’armée libanaise et le groupe radical du Fatah al-Islam.
Dans la soirée, M. Makdah a indiqué à l’AFP qu’un militant de Jound al-Cham, Mohammad al-Doukhi (alias Abou al-Jarrah), a été arrêté dimanche dans le camp de Aïn Héloué et remis à l’armée libanaise.
Des groupes islamistes sont depuis des années installés à Aïn Héloué, qui se situe dans la banlieue de Saïda, la grande ville du sud.
Les camps palestiniens au Liban sont considérés comme des poudrières. Des groupes extrémistes s’y sont implantés à la faveur de la misère qui y règne.
En septembre 2007, aux termes de combats qui avaient duré plus de trois mois, l’armée avait pris le contrôle de Nahr al-Bared. Les affrontements avaient fait plus de 400 morts, dont 168 soldats libanais.

(Dimanche 09 novembre 2008 - Avec les agences de presse)

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=5117


7-2 Chawki Freïha : Le Hezbollah dément toute tentative d’empoisonnement de son secrétaire général Hassan Nasrallah.

Deux jours après les informations publiées par le site irakien "Al-Malaf", le Hezbollah a démenti toute tentative d’assassinat de Nasrallah, estimant qu’il s’agit de rumeurs qui servent l’ennemi israélien.

Le quotidien « Al Seyassah » cite Ghaleb Abou Zeinab, membre du bureau politique du Hezbollah, lequel dément catégoriquement les informations relatives à l’empoisonnement du secrétaire général. Abou Zeinab qualifie ces informations « de mensongères, qui n’existent que dans l’imagination de leurs auteurs, et qui sont diffusées au service de l’ennemi israélien ». Le Hezbollah s’apprête en outre à publier un communiqué officiel dans ce sens.

De son côté, « Al-Malaf » a affirmé, hier, que « le Hezbollah enquête pour connaitre l’origine de cette information, et pour identifier et localiser sa correspondante au Liban ». Les soupçons semblent peser sur le député Hussein Hajj Hassan, qui appartient à l’aile syrienne au sein du parti. Il aurait été interrogé par les services du Hezbollah autour d’un éventuel entretien accordé à des journalistes. A cet égard, la direction du parti a formé une commission d’enquête composée de Mohammed Afif, Hussein Rahhal et Nawaf Al-Moussaoui.

En tout état de cause, que Hassan Nasrallah ait été la cible d’un empoisonnement ou non, que les informations à ce sujet soient véridiques ou mensongères, il n’en demeure pas moins que le Hezbollah vit dans une suspiscipon permanente entre ses différents courants. L’aile iranienne du parti craint les complots que le courant fidèle à la Syrie puisse fomenter pour sauver le régime de Damas. Bachar Al-Assad est en effet prêt à sacrifier le Hezbollah pour sauver sa propre tête et son régime. Il l’a déjà fait savoir à plusieurs reprises. Depuis l’assassinat du chef des opérations extérieures du Hezbollah, Imad Maghnieh à Damas, en février 2008 (avec la complicité passive ou active des services syriens), Assad a informé Israël, à travers les Européens, des enlèvements de ressortissants israéliens que les cellules du Hezbollah s’apprêtaient à commettre dans plusieurs pays africains et américains. L’évolution au sein du parti doit, désormais, être observée sous ce prisme là, et de ce point de vue, et en attendant la prochaine sortie de Nasrallah, rien ne peut consolider les démentis du parti.

Chawki Freïha

vendredi 24 octobre

http://mediarabe.info/spip.php?article1554

© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source « MediArabe.info »

Lire l'article original : Al Seyassah - Koweït


7-3 Yara Bayoumy : Sayyed Hassan Nasrallah et Hariri se sont rencontrés.

Le chef du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah, a rencontré dimanche son principal adversaire politique, le dirigeant de la majorité Hariri, pour la première fois depuis la guerre de l'été 2006 avec Israël, indique un communiqué publié lundi.

Les deux dirigeants se sont opposés au cours d'une crise politique de dix-huit mois qui a failli dégénérer en guerre civile en mai dernier, avant qu'une médiation du Qatar n'aboutisse à un accord sur l'élection d'un nouveau président et la formation d'un gouvernement d'union nationale.

La rencontre, qui a eu lieu dimanche soir, marque un tournant dans les relations entre ces deux rivaux et pourrait apaiser les tensions avant les élections législatives de 2009.

Selon le communiqué des deux parties, la rencontre a donné à lieu à "une affirmation de l'unité nationale, de la paix civile et de la nécessité de prendre toutes mesures afin de prévenir les tensions  de renforcer le dialogue et d'éviter les conflits quelles que soient les divergences politiques".

La chaîne de télévision du Hezbollah, Al Manar, a diffusé des images de l'entrevue, à laquelle ont pris part des collaborateurs des deux dirigeants. Le communiqué précise que Nasrallah et Hariri resteront en contact l'un avec l'autre.

La crise politique avait atteint son point de rupture en mai, le Hezbollah et ses alliés ayant brièvement pris le contrôle de la moitié de Beyrouth à majorité musulmane. Des accrochages avaient alors opposé le mouvement islamiste aux partisans d'autres dirigeants, entre autres ceux d'Hariri.

LES ARMES AU COEUR DU DIALOGUE NATIONAL

D'après le communiqué, l'entretien Nasrallah-Hariri a été "franc et ouvert" et les deux dirigeants comptent encourager le dialogue "en prenant des initiatives pour apaiser le climat dans les médias et dans la rue".

Certains adversaires avaient déjà esquissé des gestes de réconciliation, mais l'entrevue de Nasrallah et d'Hariri est considérée comme la plus importante de celles qui ont eu lieu.

Les deux hommes sont également résolus à mettre en oeuvre un accord conclu par l'entremise du Qatar en faveur de pourparlers sur le thème du "dialogue national", dont une première série est intervenue le mois dernier. La prochaine séance de discussions est fixée au 5 novembre.

La question des armes du Hezbollah est au centre de ce dialogue.

Le désarmement des résistants du Hezbollah soutenus par la Syrie et l'Iran n'a cessé d'être réclamée au fil des remous politiques qui se sont succédé au Liban depuis février 2005.

Saad Hariri, successeur politique de son père, insiste pour que le problème des armes du Hezbollah soit traité dans les négociations.

Le Hezbollah soutient en avoir besoin pour défendre le Liban contre Israël, fort de sa résistance contre Tsahal en 2006.

Le Hezbollah, la faction la plus puissante du Liban, dirige une alliance disposant d'un droit de veto au sein du gouvernement. On ne s'attend guère à le voir céder à ses adversaires qui cherchent à faire placer ses armes sous le contrôle de l'Etat.

Il s'est toutefois montré prêt à étudier une stratégie de défense dans le cadre de laquelle serait défini le rôle de ses combattants, dont l'armement supplante celui de l'armée libanaise et qui détiennent des milliers de missiles pouvant atteindre le territoire israélien.

Yara Bayoumy

Reuters

27 octobre

Version française Grégory Blachier


7-4 David Welsh invite à la « libanisation » de l’armée.

Pourquoi  notre armée est américaine ? Quelle est l’identité de l’armée pour qu’elle soit libanisée ? Est-ce qu’elle est formée de mercenaires ? Ce propos n’est pas admis de fait. De plus, nous ne devons à aucun moment espérer que les USA pourvoient l’armée libanaise en armements. Tout ce qu’ils vont donner c’est un armement pour maintenir la sécurité mais jamais la technologie pour faire la guerre contre une autre armée de la région. Qu’on ne nous prenne pas pour des ignorants, sachant

 que depuis 1948  les Etats-Unis couvraient Israël, même pas une condamnation aux nations unies parce qu’Israël mettait son veto. 

artivle complert :  http://www.rplfrance.org/index.php?content=presse/081022rplfrance.php



8  Dossier

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1Découverte d’un Reseau D'Espionnage du Mossad.

 Selon des informations parues dans le quotidien libanais As-Safir du 1/11/08, reprises par Al Manar (www.almar.com.lb) et la presse israélienne, l'armée libanaise a découvert un reseau d'espionnage travaillant pour le compte des services secrets israéliens du Mossad depuis les années 80. C'est le deuxième réseau de ce type mis à jour au Liban en deux ans, le premier réseau avait été identifié en 2006. Le commandement de l'armée libanaise a lui-même confirmé dans un communiqué que la direction des renseignements dans la région de la Bekaa avait arrêté deux individus membres d'une bande d'espionnage et de terrorisme recrutés par le Mossad israélien.

Les services de renseignements militaires libanais ont commencé à collecter après la Seconde Guerre du Liban en 2006 des informations sur le suspect, identifié comme A.J, inscrit sur une liste de possibles collaborateurs dans le but d'exposer les agents ayant collaboré avec les services secrets d'Israël, notamment pendant cette guerre. A.J était connu pour ses relations politiques, opérait d'ailleurs sous la couverture d'un parti politique libanais, ce qui lui permettait de se déplacer librement à travers le Liban et en Syrie,et entretenait également des liens avec différentes organisations palestiniennes

As-Safir, faisant référence à des sources judicaires et sécuritaires, affirme que le dirigeant du réseau d'espionnage, A.J, et un membre de sa famille ont été arrêtés et ont avoué collaborer avec le Mossad. L'arrestation a eu lieu dans un village dans l'Ouest de la vallée de la Bekaa. L'armée libanaise avait entrepris de surveiller depuis un certain temps déjà, les faits et gestes de ce suspect, à la fois à l'intérieur du Liban mais aussi en Syrie où il s'était rendu à plusieurs reprises. Certains habitants du village où l'arrestation a eu lieu ont confié à As-Safir que des forces de sécurité ont mené un raid dans la maison du suspect et confisqué son véhicule qui était équipé d'une caméra high tech ultra sophistiquée capable de prendre des photos en rapproché des plaques d'immatriculation et des visages. Selon ces témoins, l'homme n'avait pas d'emploi particulier et stationnait parfois son véhicule sur l'autoroute menant de la ville de Chtaura dans la Bekaa au point de passage frontalier libano syrien de Masnaa et y photographiait des sites sensibles.

Des sources proches de l'enquête ont révélé à As-Safir que le suspect N° 1 a été recruté par le Mossad dans les années 80, et que des documents secrets saisis chez lui ainsi que du matériel apportait la preuve tangible de ses contacts avec le Mossad de même qu'ils prouvaient qu'il avait recruté plusieurs agents, des Palestiniens, pour monter ce réseau d'espionnage. D'autre part le proche du suspect N° 1 a avoué surveiller les mouvements de certaines personnalités politiques, de convois et d'avoir observé des sites particulièrment sensibles dans la vallée de la Bekaa.

Toujours selon As-Safir, le réseau a été chargé depuis les années 80 de surveiller plusieurs lieux sécuritaires, dont des avant postes militaires libanais et syriens et des bases palestiniennes dans la Bekaa et d'établir des cartes détaillées de ces endroits. Ces dernières années, le réseau s'est concentré sur la surveillance de positions du Hezbollah, de certains de ses membres, et de ses convois. Mais le réseau avait aussi pour mission de surveiller certaines zones sensibles à Damas en Syrie, notamment dans la zone de Kfar et d'en établir aussi des cartes détaillées.Les enquêteurs étudient actuellement la possiblité d'un lien entre ce réseau et l'assassinat du chef militaire du Hezbollah, Imad Moughniyeh, en Févier 2008 justement à Kfar près de Damas, ainsi que l'assassinat d'autres personnalités au Liban et en Syrie et sont chargés de définir exactement comment le principal suspect transferrait ses informations à l'opérateur du Mossad.

Vendredi, le jour même où l'armée libanaise démantelait ce réseau, douze avions militaires israéliens ont survolé, violant pour la nième fois l'espace aérien libanais, le Nord et le Sud du pays. Six d'entre eux ont survolé la zone où se trouve le village du suspect, ainsi que d'autres villes plus au Sud. Les six autres avions ont survolé la côte méditerranéenne en remontant vers le Nord.

Actualisation 03/11/08
Selon le quotidien libanais Al -Akhbar de ce lundi 03/11/08, l'homme qui a avoué espionner pour le compte du Mossad s'appelle Ali Jarrah. Ces dernières années il était chargé de surveiller de près les responsables du Hezbollah. il a été arrêté en juillet par le Hezbollah, et a été détenu tout l'été dans un quartier Sud de Beyrouth, Dahia. Le quotidien précise que Jarrah a été arrêté après des mois de surveillance par le Hezbollah qui le soupçonnait d'espionnage. Il était membre de Fatah Intifada, une faction du Fatah soutenue par la Syrie. Les autorités libanaises ayant publié un avis de recherche dans les journaux avec sa photo, le Hezbollah l'a remis aux mains des autorités. Il a avoué avoir été recruté par le Mossad d'abord pour surveiller les organisations palestiniennes actives au Liban, et plus tard pour surveiller les principaux dirigeants du Hezbollah. Le proche impliqué dans cette affaire d'espionnage est son frère Yusef qui a également été arrêté.

D'autre part, selon le quotidien libanais Daily Star du 03/11/08, les deux suspects sont des proches du Libanais Ziad Jarrah l'un des pirates de l'air qui a aidé à détourner le vol 93 de United Airlines qui s'est écrasé en Pennsylvanie le 11 Septembre 2001 aux US. la famille de Jarrah est de la ville d'Al-Majej dans la vallée de la Bekaa.

 

01/11/2008

Information sur le Mossad

Ha-Mossad le-Modiin ule-Tafkidim Meyuhadim (Hebrew: Institute for Intelligence and Special Tasks - Institut Hebreu du Renseignement et d'Opérations spéciales ), crée en avril 1951, est responsable de la collecte de renseignements, d'actions clandestines et de contre terrorisme. Bien que ses activités visent essentiellement les pays arabes, il a des agents partout dans le monde et viole allègrement la souveraineté territoriale des états lors de ses missions d'assassinats. Ses quartiers généraux se trouvent à Tel Aviv et hébergent plusieurs départements :
Departement chargé de la collecte d'informations le plus vaste et qui est chargé des opérations d'espionnage
Departement d'action politique et de liaison, qui mène des activités politiques et entretient des liens avec des services de renseignements étrangers de pays alliés (dont les services français)
Division spéciale des Opérations ( Metsada) qui organisent les assassinats, les sabotages, et est chargée des projets para militaires.
Departement LAP ( Lohamah Psichlogit) responsable de la guerre psychologique, de la propagande et des opérations de tromperie type opérations sous faux pavillons.
Departement de Recherche responsable des synthèses à partir des renseignements collectés
Departement Technologie responsable du dévelopement des technologies utilisées dans les opérations du Mossad ( come par exemple les poisons, les bombes déclanchées à distance et autres "rafinements"...)

Liste des chefs du Mossad

1951-1952 Reuven Shiloah
1952-1963 Issar Har'el
1963-1968 Me'ir Amit
1968-1974 Zvi Zamir
1974-1982 Yitzhak Hofi
1982-1990 Nahum Admoni
1990-1996 Shabtai Shavit
1996-1998 Danny Yatom
1998-2003 Efraim Halevy

2003- Me'ir Dagan. Il a été récemment reconduit dans ses fonctions et est probablement responsable des derniers assassinats notamment celui du chef militaire du Hezbollah en Syrie en fevrier 2008, Imad Moughniyeh.


Attentats du 11 Septembre aux US : la filière Mossad

Dans les coulisses du Mossad à Paris

 

Samedi 01 Novembre 2008

Mireille Delamarre


8-2 Scarlett HADDAD : Éclairage : La cellule du Mossad surveillait le passage des convois à Masnaa...
La nouvelle fait l’effet d’une bombe : la découverte d’une cellule travaillant pour le Mossad alors que les yeux sont tournés vers les islamistes avait de quoi étonner. Aujourd’hui, les enquêteurs vont de
surprise en surprise...
Même si tous les regards sont actuellement tournés vers les prochaines législatives et même si les deux camps se préparent à une bataille féroce et sans merci, la sécurité continue à constituer un souci important pour les Libanais. L’annonce, samedi dernier, par l’armée de l’arrestation de deux personnes dans la Békaa, impliquées dans une cellule travaillant pour le compte du Mossad israélien, a pris ainsi tout le monde de court. La nouvelle a d’abord été prise avec circonspection, surtout après le ridicule et dangereux dérapage médiatique à la suite des révélations sur la prétendue cellule
terroriste de Kfarchouba et les fameuses éprouvettes censées contenir du matériel radioactif et qui finalement ne contenaient que du phosphore pour attirer les poissons dans la mer. Mais, cette fois, l’information est des plus sérieuses et elle est assez étonnante. Depuis l’arrestation
de Mahmoud Rafeh, originaire de Hasbaya, en juin 2006, les services libanais n’avaient plus arrêté un si gros noyau travaillant pour Israël.
Selon une source sécuritaire bien informée, les services de renseignements de l’armée surveillaient depuis plusieurs mois des personnes suspectées d’activités louches. Des informations sur le sujet leur seraient parvenues de diverses sources, notamment des services de sécurité du Hezbollah, hautement concernés par toutes les questions qui touchent à la sécurité.

C’est dans le village de Marj, dans la Békaa-Ouest – dont est originaire Ziad Jarrah qui, selon les services américains, était l’un des onze auteurs des terribles attaques du 11 septembre 2001 –, qu’a donc eu lieu la première arrestation. Toujours selon la source de sécurité, l’homme serait le frère de l’un des gardes du corps d’un député de la région et il a longtemps bénéficié d’une couverture politique, éloignant ainsi de lui d’éventuels soupçons. Il avait pourtant été repéré par le service de
sécurité du Hezbollah depuis quelque temps déjà et celui-ci avait transmis ses doutes à l’armée, dans le cadre de la coopération permanente entre eux dans le domaine sécuritaire.
Au cours de l’arrestation menée de main de maître en pleine nuit, les renseignements de l’armée s’emparent de la voiture du suspect, et, après examen, ils y découvrent une caméra ultrasophistiquée, reliée aux satellites américains et israéliens qui se partagent la surveillance de
l’espace aérien de la région.
Selon la même source sécuritaire, le suspect serait rapidement passé aux aveux et les services de sécurité ont ainsi pu arrêter son compagnon. Le premier suspect aurait aussi révélé qu’il avait été recruté dans les années 80 et était surtout chargé d’opérations de surveillance de personnalités diverses. Il postait ainsi sa voiture, munie de la fameuse caméra, tout près de la frontière avec la Syrie, dans le secteur de Masnaa, où les voitures se garent un peu dans tous les sens, dans un désordre qui permet à celui qui le désire de passer inaperçu entre les changeurs, les chauffeurs de taxi et les différents services de sécurité.
À partir de ce point stratégique, l’homme surveillait les va-et-vient entre le Liban et la Syrie, et il était notamment chargé de guetter le passage des convois des personnalités, et notamment celles du Hezbollah, qui se rendent en Syrie en utilisant ce chemin. Selon toute vraisemblance, l’objectif principal était de déceler le passage du secrétaire général du Hezbollah, pour pouvoir le repérer et
éventuellement l’assassiner.
L’enquête se poursuivant, les services de renseignements espèrent d’autres aveux qui pourraient éclairer d’un jour nouveau certains assassinats qui se sont produits dans le pays au cours des dernières années.
L’enquête se penche aussi sur la possibilité de trouver des liens entre cette cellule travaillant pour le Mossad et celle qui a été trouvée à Tripoli et qui est suspectée d’avoir placé à deux reprises les explosifs dans la ville, causant la mort d’une vingtaine de soldats. Si le chef de cette cellule, le dénommé Abdel Ghani Jawhar, est toujours recherché par les services de sécurité, les autres membres du groupe, qui ont été arrêtés, ont fait des aveux qualifiés d’importants. Le groupe aurait
ainsi planifié d’assassiner le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, et ce avant même qu’il ne soit désigné pour commander la troupe. Il serait aussi impliqué dans d’autres assassinats politiques, mais les sources de sécurité préfèrent ne pas donner de détails pour
l’instant, avant notamment d’arrêter le chef de la bande et d’obtenir des aveux complets.
Toutefois, si le lien présumé entre la cellule fondamentaliste, agissant dans la mouvance de Fateh el-Islam, et celle travaillant pour le compte du Mossad est prouvé, cela permettra aux enquêtes en cours d’enregistrer des progrès importants. Ce qui est sûr, c’est que les Libanais, toutes tendances confondues, souhaitent réellement connaître un jour l’identité de ceux qui ont ensanglanté leur pays en y semant la mort et en projetant de le faire encore...
Scarlett HADDAD
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=385015

7 novembre 2008
.


8-3 Qui veut désarmer le Hezbollah ?

Entrevue avec Georges Corm

Alors que la majorité libanaise antisyrienne et l’opposition sont arrivés à un accord à Doha, George Corm, ancien ministre des Finances libanais, revient sur le rôle du Hezbollah dans le pays.

Les parties prenantes de la conférence de Doha ont décidé de ne pas aborder la question du désarmement du Hezbollah. Pensez-vous que c’est une question centrale au Liban, et qu’il faudrait régler cela au plus vite ?

George Corm : En fait, la coalition hostile au Hezbollah et soutenue par les Etats-Unis, la France et les autres gouvernements européens entendait bien que cette question soit débattue à Qatar. Pour eux, elle a toujours été une question centrale. Personnellement, je fais partie de ceux qui pensent que le Liban a été martyrisé par Israël durant 40 ans et que sans des garanties très solides qu’Israël ne s’en prendra pas encore au Liban, désarmer le Hezbollah aurait été une erreur majeure.

Rappelons que la première attaque d’envergure de l’armée israélienne contre le Liban a eu lieu en 1968. Dix ans après, elle a occupé une large partie du sud du Liban de façon permanente. En 1982, son armée a occupé une bonne moitié du Liban, dont la capitale Beyrouth (environ 20 000 victimes au cours de la période de juin à septembre 1982). C’est à la vigueur de la résistance du Hezbollah que le Liban doit d’avoir obtenu l’évacuation de la plus grande partie de son territoire en 2000.

Faut-il pour autant laisser carte blanche au Hezbollah ?

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas un système de défense coordonné entre l’armée et la résistance populaire qu’est le Hezbollah, ainsi que l’a préconisé le Document d’entente nationale signé solennellement, en février 2006, entre le Général Michel Aoun, l’ancien général en chef de l’armée libanaise, et Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah. Toutefois, cette approche intelligente et réaliste a été rejetée par la coalition qui soutient les héritiers de Hariri et qui est appuyée par l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et la France.

Il est fort dommage que ce document n’ait pas servi de plateforme de discussion, car penser qu’une armée régulière, aussi petite et sous équipée que l’armée libanaise, puisse être un instrument de dissuasion de la puissante armée israélienne est une illusion plus que dangereuse. Même les armées régulières de grands pays arabes bien équipées par l’URSS n’ont jamais pu tenir tête à l’armée israélienne.

Donc seul le Hezbollah peut assurer la sécurité du pays ?

Seule une résistance mobile, issue et fondue dans la population peut être dissuasive. En réalité, et compte tenu aussi de notre passé houleux, et souvent douloureux avec la Syrie, l’organisation de gardes-frontières mobilisant les habitants des régions frontalières avec Israël comme avec la Syrie, est la solution d’avenir. Mais cela suppose que le gouvernement libanais ne soit pas sous la haute influence des américains et de leurs alliés dans les gouvernements arabes, comme c’est le cas actuellement, mais qu’il soit vraiment affranchi de toutes tutelles.

Evidemment, une partie des Libanais, tout comme les décideurs occidentaux et certains décideurs arabes, considèrent que l’Iran et la Syrie continuent d’être les manipulateurs du Liban à travers leur influence sur le Hezbollah ou à travers la série d’assassinats politiques qu’a connu le pays depuis 2005 et qui sont attribués de façon péremptoire au régime syrien. Les réalités du Liban sont évidemment beaucoup plus nuancées et complexes, et il est difficile de penser qu’une personnalité comme le Général Aoun, ou d’autres personnalités sunnites, druzes ou chrétiennes qui ne sont pas hostiles au Hezbollah, sont des pions aux mains de l’Iran et de la Syrie.

Quelle légitimité le Hezbollah possède au Liban ? Ne l’a-t-il pas perdu en s’attaquant à des libanais ?

Cela dépend des Libanais. Ceux qui se sentent proches des thèses occidentales et des gouvernements arabes modérés, pensent que le Hezbollah devrait rendre ses armes et cesser d’irriter Israël ou lui donner des prétextes de s’attaquer au Liban, comme durant l’été 2006.

Pour ceux qui, en revanche, considèrent que le plus grand danger est la politique américaine au Moyen-Orient et le soutien aveugle donné à Israël, le Hezbollah est un instrument de défense particulièrement efficace et tout à fait légitime.

La communauté chiite, dans son immense majorité, soutient ce point de vue, car ce sont les régions du sud du Liban, son berceau d’origine, là où est concentrée une grande partie de la communauté chiite qui a le plus souffert de la politique israélienne depuis 1968. Mais, beaucoup de sunnites et de nombreuses personnalités chrétiennes et, bien sûr, le mouvement populaire chrétien autour du Courant patriotique du général Michel Aoun partagent ce sentiment.

Le gouvernement de M. Siniora essaye depuis longtemps de pousser le Hezbollah à la « faute », c’est-à-dire à l’emploi de ses armes dans le conflit interne pour enlever au Hezbollah son auréole de résistant et sa légitimité.

Jusqu’ici, en dépit de provocations répétées depuis 2006 dont les principales victimes étaient surtout chiites, le Hezbollah avait refusé d’employer les armes et prié ses partisans de ne pas répondre aux provocations. Les décisions du Conseil des ministres du 7 mai requérant le démantèlement du système de communication du Hezbollah ne pouvait qu’appeler une réaction vive de ce mouvement.

Certains considèrent que les affrontements initiés par le Hezbollah étaient une tentative de coup d’Etat. Qu’en pensez-vous ?

La remise immédiate et spontanée des positions conquises par les armes, le plus souvent d’ailleurs par des partis alliés au Hezbollah, et non pas par les combattants de la résistance, prouvent bien qu’il n’était pas dans l’intention de la coalition alliée au Hezbollah de faire un coup d’Etat. En revanche, dans la caricature qui est souvent faite du conflit au Liban entre des « bons démocrates pro-occidentaux » et des « vilains pro-syriens et pro-iraniens » qui veulent torpiller les efforts américains de paix, toute la dimension interne de la crise a été en général passée sous silence.

Dans les médias occidentaux, on a complètement oublié, qu’un coup d’Etat permanent a déjà eu lieu au Liban, par le refus de M. Siniora de présenter la démission de son gouvernement, en novembre 2006, lorsque les ministres représentant la communauté chiite ont quitté le gouvernement sans qu’ils soient remplacés. Or la Constitution libanaise et le Pacte national exigent que toutes les communautés soient équitablement représentées au sein du Conseil des ministres.

Le maintien d’un gouvernement tronqué depuis 18 mois constitue donc en lui-même un acte grave mettant en danger la paix civile au Liban.

Pour ce qui est du Hezbollah, il ne faut pas perdre de vue, quels que soient les liens idéologiques ou de financement et d’armement avec l’Iran, qu’il s’agit d’un mouvement de citoyens libanais, qui ont défendu leur terre contre l’armée israélienne depuis 1982 et l’ont payé cher, en vies humaines, égalementi. Ce n’est pas un corps étranger à la société libanaise, comme ont pu l’être les mouvements armés palestiniens dans la période 1969-1982, ou des membres de l’internationale islamiste ben ladeniste à laquelle se rattache des groupes sunnites de toutes les nationalités arabes, Propos recueillis par Maxime Guillon

samedi 8 novembre 2008

http://alternatives-international.net/article2697.html

 

 


Liban,Israël,Olmert,colonialisme,Bush,Hezbollah,Finul,Etats-Unis,France,Nasrallah


n°95 - Journal du Liban -18-10 au 12-11 - Début-Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.

n°95 - Journal du Liban  -18-10 au 12-11 – FIN -Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.

 


                            Journal du Liban   

                                  N° 95 18-10 au 12-11

                                                                            Par  M.Lemaire



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

9-1 Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais

10 Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Thierry Meyssan : L’heure des bilans.

10-2 Les Saoudiens, alliés des US, s'agitent en coulisse

10-3 Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.

11 Annexe

11-1 L'UE ignore le non respect par Israël de ses obligations dans le cadre des Accords UE Israël.

11-2 UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.

Monsieur le Secrétaire général des Nation-Unies Messieurs les Chefs d’États membres du Conseil de sécurité,

Je condamne le terrorisme, y compris sa forme d’État. Non au terrorisme de l’État d’Israël contre le peuple palestinien

Le terrorisme doit être condamné et combattu sous toutes ses formes, particulièrement sa forme d’État, qui est la plus conséquente vus les moyens mis en oeuvre. Aucun terrorisme n’est justifié. Tous les conflits doivent pouvoir être résolus dans le respect des droits de chaque individu, groupe d’individus ou peuple. A ce titre, il revient exclusivement aux Nations-Unies de mener la politique d’éradication du terrorisme dont les principales causes sont les injustices sociales, économiques et politiques.

Nul ne doit pouvoir s’ériger en gendarme du monde et prétendre faire justice à lui tout seul. Il y va de la sécurité de tous les peuples et de leur droit fondamental à vivre en Paix.

Aussi, je suis profondément inquiet de la situation en Palestine où, sous prétexte de sécurité et de lutte contre le terrorisme, l’État d’Israël met en oeuvre des moyens d’État au service d’une politique terroriste d’occupation des plus meurtrières contre le peuple palestinien, de ses biens, de ses moyens d’existence et de développement, visant à l’anéantissement de la mémoire et des structures de la société palestinienne elle-même.

Aussi, je réclame qu’au même titre que les individus ou groupes d’individus, l’État d’Israël soit mis sur la liste noire du terrorisme. Qu’à ce titre, Israël soit privé de tout soutien ou aide financière et économique tant qu’il ne mettra pas fin à sa politique terroriste contre le peuple palestinien et tant qu’il ne respectera pas les résolutions prises par les Nations-Unies et son Conseil de sécurité.

Bien respectueusement.

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=32



10  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1 Thierry Meyssan : L’heure des bilans.

Condoleezza Rice, toujours « deux fois meilleure que les autres »
Le moment est venu de dresser le bilan de l’Administration Bush qui arrive au terme de son second et dernier mandat. Nous revenons aujourd’hui sur la dérive de Condoleezza Rice. Première femme noire à la tête du Conseil national de sécurité, puis du département d’État, elle suscitait les espoirs des féministes et des militants des droits civiques. Elle sera devenue en définitive, l’égérie du bellicisme WASP et du recours à la torture. Lorsque, en janvier 2001, Condoleezza Rice fut nommée conseillère nationale de sécurité des États-Unis, la presse redécouvrit son visage et se passionna pour son histoire. Elle avait déjà connu la célébrité médiatique dans les années 89-90. À cette époque, elle travaillait précisément au conseil national de sécurité en tant que responsable des relations avec l’URSS et l’Europe orientale. Elle commentait sur les chaînes de télévision les rencontres entre George H. Bush (le père) et Mikhail Gorbatchev.

Dix ans plus tard, la presse avait oublié son passé de soviétologue pour ne retenir qu’une chose : elle était la première femme noire à présider le Conseil national de sécurité. Les conseillers en communication de la Maison-Blanche lui imaginèrent une biographie sur mesure qui en fit un symbole du « rêve américain ». Née dans une famille modeste à Birmingham, une ville d’Alabama qui symbolise la violence raciste dans l’histoire US, elle a gravit tous les échelons jusqu’à atteindre le sommet. Mieux encore, elle n’a jamais cherché à bénéficier de la politique des quotas (à laquelle s’oppose le Parti républicain), et ne doit sa réussite sociale qu’à son propre travail.

L’histoire est si belle qu’elle a été développée à longueur d’articles sans que l’on cherche à la vérifier. Fille unique d’un pasteur presbytérien et d’un professeur de musique, Condoleezza doit son prénom à cette dernière. « Con dolcezza » est une expression italienne indiquant qu’un morceau de musique doit être joué « avec douceur ». De sa mère, elle tient aussi son goût pour le piano qui l’a conduite, un temps, à espérer devenir soliste classique.

Le clou de sa biographie, c’est évidemment qu’elle a vécu enfant un épisode célèbre de l’histoire du pays. En avril 1963, le pasteur Martin Luther King organise une manifestation antiségrégationniste à Birmingham où les violences racistes se multiplient à l’initiative de policiers proches ou membres du Klu Klux Klan. Le pasteur Rice ne se joint pas à la manifestation, mais il l’observe passer en portant sa fille sur les épaules. Lorsqu’elle se remémore l’événement, elle déclare : « je regardais l’histoire en train de s’écrire ». King est arrêté et jeté en prison. De sa cellule, il écrit une lettre ouverte à d’autres leaders religieux dans laquelle il souligne que la voie juridique est impuissante à mettre fin à la ségrégation si elle n’est pas appuyée par l’action de rue. Le président John Fritzgerald Kennedy parvient à faire libérer le pasteur King ; la Cour suprême déclare la réglementation ségrégationniste de Birmingham anticonstitutionnelle ; puis Kennedy fait adopter une loi interdisant la ségrégation dans tous les lieux publics ; en août King organise la marche sur Washington et prononce son célèbre discours, « I have a dream » (j’ai un rêve).

Mais le Klu Klux Klan ne s’avoue pas vaincu. Le 15 septembre 1963, toujours à Birmingham, l’église baptiste noire de la 16ème rue est dévastée par un attentat à la bombe. Quatre petites filles noires périssent, dont sa camarade de classe, Denise McNair. Condi, qui n’a que 11 ans, vient de faire l’expérience cruelle du racisme états-unien. Ce crime suscite une émotion nationale. Le pasteur King vient célébrer les funérailles des fillettes. Le mouvement des droits civiques manifeste à nouveau, mais le pasteur Rice (le père de Condi) ne l’entend pas ainsi. Pour lui, il n’y a rien à revendiquer dans la rue. Les noirs doivent se faire leur place en étant « deux fois meilleurs que les blancs ». Une philosophie qui résume la psychologie de Condi, la petite fille modèle qui a toujours voulu échapper à la violence des blancs en étant parfaite selon leurs critères. Non seulement les suprématistes blancs ne l’écraseraient jamais, mais un jour, elle les dominerait Adoptée par le père de Madeleine

Adolescente, Condi rejoint l’université de Denver pour parfaire son éducation musicale. Las ! Elle se rend vite compte que si elle est une excellente interprète, elle n’a pas le talent d’une grande artiste. « J’ai compris que si je continuais avec la musique, je ne me destinais pas à une carrière à Carnegie Hall, mais dans un piano bar, ou peut-être à enseigner à des gosses de treize ans à massacrer Beethoven », dira t-elle à CNN. Comme elle ne peut s’imaginer que « deux fois meilleure que les autres », elle change d’orientation.

À l’université, elle se forme à la science politique et aux relations internationales. Elle devient la meilleure élève du professeur Josef Korbel (que dis-je ? deux fois meilleure que les autres), un des universitaires les plus en vue dans ce domaine.
Korbel, un juif social-démocrate, a fuit la Tchécoslovaquie en 1939, lors de l’arrivée des nazis. Refugié à Londres, il s’est converti au catholicisme et a servi de conseiller au président tchèque en exil, Edouard Benes. À la fin de la grande guerre patriotique, il rentre à Prague où il reçoit en remerciement des services rendus l’appartement de l’industriel autrichien Karl Nebrich, confisqué en vertu de l’Accord de Postdam. Au passage, il vole les meubles précieux et les œuvres d’art de l’industriel vaincu. Benes nomme Korbel ambassadeur de Tchécoslovaquie en Yougoslavie. Mais début 1948, les ministres sociaux-démocrates démissionnent laissant le champ libre aux communistes qui s’emparent de tous les rouages du pouvoir. Ce retournement est connu sous le nom de « Coup de Prague » pour les uns ou de « Février victorieux » pour les autres. Violemment anti-communiste, Josef Korbel s’enfuit aux États-Unis avec « ses » œuvres d’art.
Korbel enseigne les théories « réalistes » d’Hans Morgenthau, autre intellectuel juif émigré aux États-Unis. Rompant avec la doctrine dominante, il affirme que les États ne sont pas mus par des idéaux, mais par leurs seuls intérêts. Sur cette base, Korbel s’oppose à l’anti-communiste forcené des idéologues de la Guerre froide et préconise la détente avec Moscou, simultanément il soutient la guerre du Vietnam et la politique d’isolement de l’URSS (« containment »).

Condoleezza Rice devient la meilleure propagandiste de l’école réaliste de Morgenthau et Korbel. Elle apprend le russe et se met même au tchèque. Elle consacre sa thèse aux relations de l’Armée tchécoslovaque avec les communistes et l’URSS. Son professeur est si fier d’elle qu’il l’a fait entrer dans sa famille, comme une sorte de fille adoptive. Elle y fait la connaissance de la fille de Korbel, Madeleine Albright, de 17 ans son aînée. Madeleine est assistante parlementaire d’un sénateur démocrate et Condi, qui se doit d’être « deux fois meilleure », s’engage pour le président Jimmy Carter. Elle fait même un stage au Bureau des Affaires culturelles du département d’État.

Marchand sur les pas de Josef Korbel, Condoleezza devient elle-même professeur de sciences politiques à Stanford (Californie) ; une très rapide nomination qui s’explique par la volonté de l’université de faire entrer des enseignants de couleur et des femmes dans son corps professoral. Et en la matière, Condi compte double dans les statistiques.

Prise en main par l’adjoint d’Henry Kissinger

Bien qu’elle prétende aujourd’hui avoir été déçue par la faiblesse du président Carter lors de l’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge et être alors entrée au Parti républicain, elle est en réalité restée au Parti démocrate jusqu’en 1985. Elle fut même conseillère de politique étrangère dans l’équipe de campagne présidentielle de Gary Hart lors des primaires démocrates, en 1984. Son revirement ne s’explique pas par une réaction à des événements politiques, mais par un changement de mentor. Elle fut en effet remarquée, lors d’une conférence, par l’éternel adjoint d’Henry Kissinger, le général Brent Scowcroft. La petite fille modèle se devait dès lors de devenir « deux fois meilleure » que les républicains.

Condoleezza Rice termine l’écriture d’un livre sur le système soviétique. Elle y observe que la tutelle de Moscou sur l’Europe orientale coûte plus cher qu’elle ne rapporte et que, si les États se comportaient comme des entreprises, l’URSS devrait abandonner ses vassaux. Sur ce, Condi, recommandée par le général Scowcroft, est nommée pour un an consultante sur les questions nucléaires soviétiques auprès du chef d’état-major interarmes, l’amiral William J. Crowe. En 1989, lorsque George H. Bush (le père) devient président des États-Unis, il nomme Brent Scowcroft conseillé national de sécurité, lequel s’adjoint Condi pour les affaires d’Europe centrale et Robert Gates pour les questions soviétiques.

L’administration Bush père est divisée sur l’attitude à adopter face à l’URSS de Mikhaïl Gorbatchev. Le secrétaire à la Défense, Dick Cheney, assisté de Paul Wolfowitz, est partisan dans la lignée de Reagan d’accélérer la course aux armements jusqu’à l’essoufflement économique complet de l’Union soviétique. Il pronostique l’effondrement du système et y voit une occasion inespérée pour étendre la domination des États-Unis sur l’ensemble du monde. À l’inverse, Brent Scowcroft, soutenu par le secrétaire d’État James Baker, craint que l’essoufflement économique de l’URSS n’ouvre une période d’instabilité générale qui soit en définitive préjudiciable aussi aux intérêts états-uniens. Il préconise donc de ne pas brusquer les Soviétiques, mais d’accompagner leur chute en douceur.

Comme sa psychologie le laissait prévoir, Condi se range à l’avis de son patron, Brent Scowcroft. Mais elle fait plus encore : elle s’attache à convaincre le président Bush père que Scowcroft a raison. Elle se découvre alors un talent pédagogique surprenant. Au point que lors du sommet de Malte, Bush père la présentera à Mikhaïl Gorbatchev en déclarant : « Voici la femme qui m’a dit tout ce que je sais sur l’Union soviétique ». Et le président Gorbatchev de répondre du tac-au tac en se tournant vers Condi : « J’espère que vous en savez beaucoup ».

Condoleezza Rice évite donc d’être mêlée aux coups fourrés de Dick Cheney. Celui-ci dispense un appui logistique secret à Boris Eltsine, dont le staff reçoit une formation à Moscou et aux USA sous la direction de Richard Perle et John Bolton. Il s’agit de constituer une équipe russe que la CIA aidera à prendre le pouvoir et qui, en échange, fermera les yeux sur le dépeçage de l’Union soviétique. Lors d’un épisode célèbre, Eltsine se présente à la Maison-Blanche et exige de rencontrer le président Bush père, mais Condoleezza lui fait barrage, soulignant que le président des États-Unis ne peut être personnellement impliqué dans un complot visant à renverser son homologue soviétique.

Dans cette période, l’activité principale de Condi tourne autour de la question allemande. L’objectif principal du chancelier Helmut Köhl est de parvenir à la réunification politique, quel qu’en soit le coût économique. Le président François Mitterrand accepte de ne pas y faire obstacle à la condition que cela ne créé pas un déséquilibre préjudiciable à la France en Europe. Il exige donc une fusion simultanée des monnaies allemande et française, qui donne naissance à l’euro. Condi, quant à elle, a vu là l’occasion de faire entrer sans le dire la République démocratique allemande dans l’OTAN et d’entamer un jeu de domino qui va permettre de faire basculer toute l’Europe de l’Est jusqu’à ce que les frontières de l’OTAN touchent celles de l’URSS, comme un nœud coulant que l’on serre lentement pour étouffer une proie.

C’est elle qui dupe Mikhaïl Gorbatchev auquel Bush père avait promis oralement de dissoudre l’OTAN en même temps que le Pacte de Varsovie. Car si Condi ne comprend pas grand chose à l’âme russe et se trompe souvent lorsqu’il s’agit d’analyser les évolutions en cours à Moscou, elle a une vraie connaissance des mentalités d’Europe centrale et de la manière d’exploiter leurs vulnérabilités. L’entrée de la RDA dans l’OTAN, via sa fusion avec la RFA, est pour elle l’exploit de sa vie. Elle en tire pour la première fois une ivresse de la toute-puissance à laquelle elle ne va pas tarder à devenir accroc.

Les meilleures choses ont une fin. En 1991, Bush père ne parvient pas à se faire réélire et doit céder la Maison-Blanche à Bill Clinton. Par un étrange concours de circonstances, Madeleine Albright, la fille de Josef Korbel et sœur de cœur de Condi est nommée ambassadrice à l’ONU, puis secrétaire d’État.

Repêchée par George Schultz

Condoleezza Rice doit se reconvertir dnas le privé. Elle se trouve alors un nouveau mentor qui va lui faire découvrir les délices du pouvoir au sein des multinationales : George Shultz. Dans ce monde-là aussi, elle va s’efforcer d’être « deux fois meilleure que les autres ». Ancien secrétaire au Trésor et secrétaire d’État, Shultz est un des principaux tireurs de ficelles à Washington. Plus que tout autre, il incarne le capitalisme états-unien et les liens incestueux du business et de la politique. Il fait entrer Condi aux conseils d’administration de Charles Schwab (1ère société de courtage mondiale), Chevron (5ème société d’énergie mondiale), Hewlett Packard (1er vendeur mondial d’ordinateurs personnels), et Transamerica (holding d’assurances).

Chez Chevron, elle prend en charge le dossier du gisement pétrolier géant découvert au Kazakhstan. Elle négocie directement la construction d’une pipe line reliant le champ kazakh de Tengiz au port russe de Novorossiyisk. Cette opération sera extrêmement profitable pour Chevron qui, en remerciement, nomme un de ses supertankers, le « Condoleezza Rice ».

George Schultz fait également entrer Condi dans des think tanks : la Fondation Carnegie pour la paix internationale, l’Institut Aspen, la Hoover Institution et la Rand Corporation. Il l’aide à être nommée prévôt de l’université Stanford où elle a enseigné. À seulement 38 ans, elle gère plus de 10 000 employés avec un budget de plus d’1,5 milliard de dollars. Elle satisfait ses commanditaires en faisant en tant que femme noire tout ce qu’un homme blanc ne pourrait pas se permettre dans ce haut lieu de la contestation californienne : elle casse toutes les organisations militantes au sein de l’université, féministes et minorités raciales, et licencie leurs leaders. Simultanément, elle engage des professeurs à l’étranger, à la fois pour leur compétence et pour les inscrire dans le cercle relationnel de ses amis républicains. C’est par exemple le cas de l’ex-ministre français de l’Économie, Dominique Strauss-Khan, dont elle fera plus tard un directeur du Fonds monétaire international.

Choisie par George W. Bush

Dès août 1998, Condoleezza Rice rejoint l’équipe de précampagne présidentielle de George W. Bush (le fils). Elle se montre aussi bonne pédagogue avec lui qu’avec son père, mais avec ce nouvel élève, il faut prendre l’étude des relations internationales à zéro. Sous l’impulsion d’Henry Kissinger, de Brent Scowcroft et de George Schultz, Condi se voit chargée de la formation accélérée du candidat-président qui n’a jamais voyagé hors des USA et brille par son ignorance crasse du reste du monde. Elle constitue un groupe de spécialistes qui prodigue des cours à « W. ». Ils se nomment « Les Vulcains », par analogie avec le dieu antique qui forgeait les armes des autres dieux, et en souvenir de la statue de Vulcain qui ornait une place de Birmingham face à sa maison natale. Ils constitueront le noyau dur de la prochaine administration Bush.

Fin 2000, balayant la contestation du trucage des élections, la Cour suprême (dont la majorité des juges a été nommée par Bush père) nomme Bush fils 43e président des États-Unis. Condoleezza est nommée conseillère nationale de sécurité. C’est l’aboutissement d’une longue ambition, mais qu’est devenue la vie privée de Condi durant cette longue ascension ? Personne ne le sait. Tout s’est passé comme si la petite fille modèle occupée à être « deux fois meilleure que les autres » avait oublié d’être une femme, de vivre et d’aimer. On ne lui connaît aucune aventure. Les langues se délient. Elle serait « vieille fille » et partagerait depuis 25 ans sa maison avec une autre femme aigrie, la documentariste Randy Bean. Toutefois une rumeur lui accorde une liaison avec « W. ». La rumeur ne cessera d’enfler d’autant que le président l’appelle en public « ma cocotte » et que, lors d’un cocktail officiel à Washington », elle commet un lapsus. Annonçant que George W. Bush a été retardé par les affaires de l’État mais sera bientôt là, elle déclare « Mon mari ne va plus tarder ». Les choses ne font plus guère de doutes lorsqu’on observe la manière dont Laura Bush et elle s’évitent mutuellement.

Condi joue du piano pour George. Elle explique que Brahms est son compositeur favori « parce qu’il est passionné sans être sentimental ».

Quoi qu’il en soit, le travail se poursuit. Mlle Rice est un conseiller de sécurité nationale « deux fois meilleur que les autres ». Quand son amant de président lance la « Guerre globale au terrorisme », elle réunit un groupe de travail pour préciser les tortures qui seront pratiquées par la CIA et les militaires. Il y a là le vice-président Dick Cheney (qui fit rédiger les manuels de tortures de l’armée US dans les années 80), le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, le secrétaire d’État Colin Powell, le secrétaire à la Justice John Ashcroft, et le directeur de la CIA George Tenet. C’est ce dernier qui révélera ultérieurement l’existence de ces réunions à la chaîne de télévision CBS. Mlle Rice fait procéder à des simulations. Des tortures sont pratiquées, dans une salle de réunion de la Maison-Blanche, devant cet aréopage en costume cravate. Elles sont inspirées par les techniques utilisées par les forces communistes durant la guerre de Corée contre les prisonniers US. Bien qu’elles soient utilisées dans le cadre d’interrogatoires, leur but n’est pas d’obtenir des aveux, mais de « laver le cerveau » des victimes qui doivent à la fin s’accuser de crimes imaginaires en étant persuadés de les avoir commis. Les décisions prises lors de ces réunions ont été appliquées à Guantanamo et dans les prisons secrètes de la CIA sur plus de 80 000 personnes. Elles ont permis de fabriquer des témoins de l’existence d’Al Aïda et d’exonérer ainsi la CIA des actions secrètes qu’elle a commanditées auprès de mercenaires musulmans. Sur le moment, les participants à ces séances se sont émerveillés du zèle de Mlle Rice. Seul John Ashcroft, un suprématiste blanc, se sentit déstabilisé par cette jeune femme noire qui semblait n’éprouver aucune émotion. Il émit des réserves, faisant valoir que les pires tyrans ont toujours évité de se salir eux-mêmes les mains, il craignait que cette activité ne finisse par s’ébruiter et ne soit pas jugée très favorablement par l’Histoire.

Condi excelle tellement en toutes choses que George W. Bush a fini par la nommer secrétaire d’État. La petite fille noire fait aussi bien que sa sœur de cœur Madeleine Albright. Non, elle se doit de faire « deux fois mieux ».

Au contact de W., Condoleezza s’est écartée du « réalisme » politique de sa jeunesse. Elle partage désormais les crises de mysticisme du président. Si George W. Bush revendique devant ses interlocuteurs ébahis prendre ses décisions sous inspiration divine directe, Condi quant à elle est persuadée d’accomplir les prophéties bibliques. Elle participe aux conventions baptistes et dans des discours enflammés résume sa nouvelle politique « Le message de l’Amérique ne peut être plus clair : les gouvernements n’ont aucun droit de s’interposer entre les individus et le Tout-Puissant ». Lorsqu’à l’été 2006, les avions israéliens déversent un tapis de bombes états-uniennes pour raser le sud du Liban, Condoleezza récuse toute interruption diplomatique des opérations et déclare extatique : « Je ne vois pas l’intérêt de la diplomatie si c’est pour revenir au statuquo entre Israël et le Liban. Je pense que ce serait une erreur. Ce que nous voyons ici, d’une certaine manière, c’est le commencement, les contractions de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient et quoique nous fassions, nous devons être certains que nous poussons vers le nouveau Moyen-Orient et que nous ne retournons pas à l’ancien ». Les mots sont choisis, ils font référence à L’Évangile selon Saint Mathieu (chapitre 24) : la destruction du Liban serait un signe annonciateur du retour glorieux du Christ.

L’enfoncement de Washington dans l’irrationnel suscite des réactions aux États-Unis. Le magazine National Enquirer révèle que Condi et Randy ne sont pas deux « vieilles filles » partageant leur maison par souci d’économie, mais ont une liaison depuis 25 ans. À la Knesset, un député irrité évoque publiquement une relation entre la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, et son homologue états-unienne. Le lesbianisme de la secrétaire d’État fait un peu désordre dans le milieu puritain, mais il est trop tard pour protéger un jardin resté si longtemps secret.

Le mandat de George W. Bush touche à sa fin. Le moment est venu pour Condi de se trouver un nouveau mentor, un nouveau domaine où elle puisse « être deux fois meilleure que les autres ». La presse US évoque son possible rôle de candidate à la vice-présidence dans un ticket avec John MC Caïn. Elle dément : « Je n’ai pas le temps, j’ai trop de choses en main ». Pourtant, elle commande des Thierry Meyssan*

http://www.voltairenet.org/article158318.html


10-2 Les Saoudiens, alliés des US, s'agitent en coulisse …

contre la Syrie, Le Liban, et les mouvements de résistance arabe à l'occupant américano sioniste.

Les autorités syriennes ont interdit la distribution d'al -Hayat, le quotidien arabe à grand tirage, signe de la détérioration des relations arabes syro saoudienne.
Cette décision survient presque deux ans après qu'Al-Sharq al Awsat, un autre quotidien saoudien, ait été interdit en Syrie pour avoir publier des articles considérés comme critique du gouvernement syrien lors de la guerre israélienne contre le Liban en 2006.
A l'époque, la Syrie a fait l'éloge du Hezbollah au Liban comme organisation de résistance tandis que les Saoudiens l'ont critiqué à cause de ses liens avec l'Iran affirmant que le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah était un "aventurier".
Le Président Bashar al-Assad a répliqué lors d'un discours que ceux qui avaient conspiré dans le monde arabe contre le Hezbollah ( faisant clairement référence à l'Arabie Saoudite) étaient des "demi- hommes".
La guerre froide entre Damas et Riyadh a continué entre 2006-2008, sur tout une série de problèmes liés à l'nfluence au Liban, en Irak, et dans une moindre mesure en Palestine. Les Syriens ont défié les Saoudiens en cimentant leur relation avec l'Iran, mettant en avant le fait qu'alors que les iraniens soutenaient les positions de la Syrie dans sa confrontation avec les Etats Unis, les Saoudiens ne faisaient qu'ajouter de l'huile sur le feu en faisant pression sur Washington pour qu'ils continuent à presser Damas et en fomentant des sales coups par les services secrets pour déstabiliser la Syrie.
La Syrie a défié les Saoudiens à Beyrouth - et gagné la confrontation militaire entre le Hezbollah et le bloc Hariri en Mai dernier. Pendant ce temps, les Saoudiens ont commencé à jouer à un jeu dangereux en fermant les yeux sur des jihadistes qui voulaient partir en guerre contre la Syrie. Tandis que la politique officielle de l'Arabie Saoudite reste critique à l'égard de la Syrie, une certaine branche de la famille royale saoudienne continue d'avoir l'ambition de renverser le gouvernement syrien et de le remplacer par une personalité de l'opposition pro saoudienne telle que l'ancien vice président Abdul Halim Kaddam;
Le tension s'est accrue quand le terrorisme a frappé au coeur de Damas le 27 Septembre. Un kamikaze transportant 200 kg d'explosifs a tué 17 Syriens et blessés entre 15 et 40 civils. L'Arabie Saoudite a été le seul pays dans le monde arabe à refuser de condamner l'attaque, alors même qu'elle a été durement critiquée par la France, la Russie et même les Etats Unis.
La presse saoudienne continue de publier des articles négatifs sur la Syrie ce qui explique pourquoi la Syrie a interdit la distribution d'al Hayat le seul quotidien saoudien à avoir survécu dans les kiosques à journaux syriens. Coincidant avec la décision syrienne, il y a eu la démission du chef de bureau du journal, le plus ancien correspondant en Syrie, Ibrahim Hamidi.
Hamidi qui a travaillé comme correspondant d'al Hayat à Damas depuis le début des années 90 a été cité disant : "je n'en pouvais plus, j'ai arrété mon travail avec al Hayat parce que je ne veux pas faire partie d'un journal qui est engagé dans une campagne systématique contre la Syrie".

Ben que cela soit devenu évident pour tous - la France étant la première sur la liste- que les Saoudiens n'avaient pas le dessus en politique à Beyrouth, le Liban est resté un allié proche de Riyadh du fait des liens personnels financiers entre Saad Hariri, le dirigeant de la majorité parlementaire, et la Maison des Saoud.
L'un des premiers à avoir réalisé que les Syriens ont plus d'influence que les Saoudiens au Liban c'est le chef druze Walid Jumblatt, un homme clé de la coalition du 14 Mars. il a réalisé que l'isolement de la Syrie imposé par les US était entrain de s'effondrer après la visite de Bashar al Hassad à Paris en Juillet 2008. Les Turcs et les Qataris se tiennent fermement derrière la Syrie dans ses pourpalers indirects avec Israël, contrebalançant fortement les Saoudiens, ce qui pourrait aboutir à un traité de paix dés mi 2009. Si cela se fait, le Tribunal Hariri ( sur lequel les Saoudiens avaient placé beaucoup d'espoir) sera relégué dans les annales de l'histoire.
L'administration US, plongée dans une situation trés controversée en Irak, n'est vraiment pas intéréssée par un changemnt de régime en Syrie, comme cela était le cas il y a plusieurs années. Leur allié, Abdul Halim Khaddam, c'est complètement ruiné en misant sur le mauvais cheval en 2005.Pire encore, les forces du 14 Mars, financées et entraînées par les Saoudiens ont été vaincues dans les rues de Beyrouth en Mai, quand elles ont essayé d'affronter le Hezbollah.
En l'espace de quelques heures, le Hezbollah a raflé tous les miliciens payés par l'Arabie Saoudite et obligé le cabinet du Premier Ministre Fouad al Siniora à annuler une loi prise plus tôt contre le Hezballah. C'était clair, les US et l'Arabie Saoudite avaient perdu la guerre pour Beyrouth, et la Syrie et l'Iran avaient gagné.
Quand les combats se sont déplacés vers les villages druzes, sur le Mont Liban, les combattants du Hezbollah ont encerclé la maison de Walid Jumblatt - malgré tout le soutien des Saoudiens - mais ne l'ont pas envahie. Il a tépéhoné au porte parole du parlement Nabih Berri( qui est pro syrien et un allié sûr de l'Iran) et a dit : " dites à Sayed Hassan Nasrallah que j'ai perdu la bataille, qu'il a gagné. Donc asseyons nous et discutons d'un compromis".
Le mois dernier, Jumblatt est allé plus loin, acusant Hariri dans le quotidien de Beyrouth, al -Akhbar, d'établir une milice et de s'allier avec les djihadistes ayant une ligne dure. S'exprimant sur les armes de l'équipe Hariri, Jumblatt a dit : " pour former une milice aujourd'hui ? Pour se confronter à qui ? Au Hezbollah ? C'est de la folie."
Plus récemment, ce qui a inquiété à la fois les Saoudiens et Jumblatt, c'est le semi rapprochement qui s'est produit entre les US et la Syrie. Le mois dernier, le ministre syrien des affaires étrangères, Walid Mouallem, a rencontré la secrétaire d'état US, Condolezza Rice, à la demande de cette dernière, et a discuté de problèmes variés liés au Moyen Orient.
C'était la deuxième rencontre entre les deux ministres depuis Mai 2007. Selon le ministre syrien, Rice a soutenu le processus de paix entre la Syrie et Israël; un tournant radical dans la position américaine, qui jusqu'à présent n'était pas intéréssé par ces discussions indirectes ayant lieu en Turquie.
Cette semaine, l'agence d'information d'al Jazeera, basé à Doha, citant des "sources" américaines, a dit que les US reconsidéraient leur politique à l'égard de la Syrie pendant le temps restant à l'Administration de G.W. Bush. Un "haut responsable" US a été cité répétant exactement cela sur la radio israélienne, ajoutant que cela mènerait à une levée de l'embargo imposé à la Syrie par l'Administration Bush depuis 2003.
Les Syriens croient, bien qu 'ils ne l'aient pas dit brutalement, que les Saoudiens sont furieux des succés diplomatiques syriens répétés. Cherchant à se venger ils financent maintenant le fondamentalisme au Liban pour frapper à la fois le Hezbollah et la Syrie, et n'ont pas encore digéré les conséquences de Mai 2008.
Assad a dit que la violence sectaire qui agite le Nord du Liban était dangereuse pour la Syrie. Beaucoup croient que le kamikaze qui a fait explosé la bombe à Damas était issu d'un groupe de fanatiques entraîné et crée au Liban. Ceci pourrait expliquer pourquoi la Syrie a concentré des milliers de soldats sur sa frontière avec le Liban, pour empêcher l'afflut de combattants jihadistes en Syrie.
Si l'Arabie Saoudite n'était pas responsable de l'attaque du 27 Septembre, elle semble et a agi certainement comme si elle était coupable en se taisant.
Pendant ce temps, les Saoudiens, désespérés de sauver leur position au Liban, ont déjà commencé à pomper de l'argent pour créer un mouvement sunnité armé pour se confronter au Hezbollah si la situation se détériorait à nouveau. Avant Mai 2007, le journaliste expérimenté US, Seymour Hersh, a affirmé qu'ils avaient co crée le Fatah al Islam, un groupe fondamentaliste pour combattre les Shi'ites au Liban.
Il est devenu incontrolable, tout comme al Qaeda (qui a été crée dans le but de combattre les Soviétiques) et a retourné ses armes contre l'état libanais, provoquant de violents combats dans le camp de réfugiés de Naher al-Bared dans le Nord du Liban.

En début d'année, l'enquêteur de l'ONU en charge de l'affaire Hariri, Serge Brammertz, a noté que le kamikaze qui a tué Rafik Hariri en Février 2005 n'était ni Libanais ni Syrien. Il venait plutôt d'une " zone chaude", beaucoup pensant qu'il faisait référence à l'un des pays du Golfe, éventuellement l'Arabie Saoudite.
Selon Brammetz, le kamikaze avait seulement passé 4 mois de sa vie au Liban et 10 ans dans une "zone rurale", probablement dans les montagnes d'Afghanistan. Après tout, des centaines de Saoudiens ont vécu là bas à la solde des Etats Unis pour combattre l'invasion soviétique dans les années 80. Cela renvoie une fois de plus aux jihadistes saoudiens au Liban.
Les Syriens réalisent combien il est dangereux pour les Saoudiens de flirter avec les fondamentalistes islamiques, parce que cela peut enflammer toute la région. Après tout, il a déjà été révélé (par une source US dans le Los Angeles Times) que 45% de tous les combattants en Irak venaient d'Arabie Saoudite, 50% arrivant à Bagdad " prêts à exploser".
Sami Askari, un haut conseiller auprès du Premier Ministre irakien, Nuri al-Maliki, a confirmé ces acusations disant : " le fait est que l'Arabie Saoudite a d'importantes ressources en matière de services secrets, et il est difficile de croire qu'ils ne savent pas ce qui se passe en Irak."
Le journaliste saoudien Faris bin Khuzam, qui écrit dans le quotidien saoudien al -Riyadh, pense qu'il y avait 300 jihadistes opérant dans le camp de Naher al-Bared au Liban. il affirme qu'ils ont été " trompés" envoyés sur un champ de bataille "autre que celui qu'ils voulaent" disant qu'ils avaient prévu de combattre les Américains en Irak, et qu'ils s'étaient retrouvés à Tripoli.
Il a expliqué que la raison pour cela c'est la sécurité renforcée à la frontière syrienne (en plus de celle à la frontière saoudienne) les empêchant de se rendre en Irak ravagé par la guerre. Au lieu de cela, ils se sont frayés un chemin au Liban et sont restés provisoirement en transit. Mais, écrit Khuzam, " au fur et à mesure les choses ont changé" on leur a dit que "la route de Jerusalem passait par ici ( Naher al Bared)". Il a conclu qu'"ils ont choisi le rêve saoudien qu'Osama Ben Laden n'a pu accomplir".
Quand la bataille de Naher al Bared s'est terminée en 2007, on a appris que 43 jihadistes saoudiens du Fatah al Islam avaient été arrêtés dans Tripoli, et qu'on en a trouvé d'autres dans le camp d'Ain al-Hilweh prés de Sidon. Selon Hersh, (journaliste d'investigation américain ndlt) " l'idée c'est que les Saoudiens ont promis qu'ils pouvaient contrôler les jihadistes, de sorte que nous ( US) avons dépensé beaucoup d'argent et de temps... utilisant et soutenant les jihadistes pour nous aider à vaincre les Russes en Afghanistan. Et, ils se sont retournés contre nous. Et on a la même situation, comme si aucune leçon n'avait été tirée.La même situation, utilisant de nouveau les Saoudiens pour soutenir les jihadistes."
Les Saoudiens disaient aux Américains, " ce n'est pas que nous ne voulons pas que les Salafistes lancent des bombes, mais c'est sur qui ils les lancent - le Hezbollah, Muqtada al Sadr ( responsable religieux irakien) et les Syriens, s'ils continuent de coopérer avec le Hezbollah et l'Iran". Lors d'une célébre interview sur CNN, Hersh a ajouté : " l'ennemi de notre ennemi est notre ami, tout comme les groupes jihadistes au Liban étaitent là aussi pour pourchasser Nasrallah (le dirigeant du Hezbollah). Nous sommes engagés à fomenter à certains endroits, le Liban en particulier, de la violence sectaire".
Sami Moubayed (analyste politique syrien) - 08/10/08 - www.atimes.com

Titre Introduction Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org



11 Annexe

11-1 L'UE ignore le non respect par Israël de ses obligations dans le cadre des Accords UE Israël.

Comment l'UE ignore le non respect par Israël de ses obligations dans le cadre des Accords UE Israël. Un document détaillé établi par David Morrison pour Ireland Palestine Solidarity Campaign (IPSC) , véritable réquisitoire mettant en lumière la complicité de l'UE à l'égard d'Israël volontairement...

Présentation de l'IPSC

L'IPSC a été crée en 2001 par des militants des droits de l'homme et des communautés, des universitaires, des journalistes, profondemment inquièts de la situation qui se développait dans les territoires occupés palestiniens. En partenariat avec des Palestiniens qui vivent en Irlande, l'IPSC donne la parole à la Palestine en Irlande et en Europe.
L'IPSC est une organisation politique indépendante de tout parti politique, gérée par des bénévoles qui soutiennent une paix juste et durable au Moyen Orient.
IPSC organise des campagnes pour que justice soit faite au peuple Palestinien en faisant prendre conscience au public des violations par Israël des droits de l'homme dans les territoires occupés, des violations du Droit International, et en informant sur les causes historiques des injustices commises à l'encontre des Palestiniens et qui sont au coeur du conflit israélo palestinien.

Extraits du document en pièce jointe dans sa version intégrale anglaise
Synthèse

Le 1er septembre 2008, l'UE a décidé que les réunions avec la Russie portant sur un nouvel accord de partenariat serait retardé "jusqu'à ce les troupes russes se retirent sur les positions tenues avant le 7 aôut", c'est à dire, jusqu'à ce que l' occupation par l'armée russe de la Georgie (au moins en dehors de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie) soit terminée.
Le 28 novembre 1995, l'UE a accepté qu'Israël devienne partenaire dans le cadre des Accords de Partenariat Euro Méditierranée avec les états riverains de la Méditerranée. A l'époque, les troupes israéliennes occupaient une partie du Liban et de la Syrie et les territoires occupés palestiniens ( la Cisjordanie et Gaza) qui l'étaient depuis de nombreuses années - le Liban depuis 1978 et le reste depuis 1967.
En fait, l'UE a appliqué des normes trés différentes dans ses relations avec Israël et la Russie. Si les conditions imposées à la Russie en Septembre 2008 l'avaient été à Israël en Novembre 1995, l'UE aurait refusé de démarrer des négociations avec Israël sur un partenariat jusqu'à ce que les troupes israéliennes aient quitté le Liban, la Syrie et les territoires occupés palestiniens.
IL Y A UN AUTRE aspect extraordinaire dans les relations UE Israël - l'UE s'est réjoui de signer des accords avec Israël bien qu'au moment même de la signature de ces accords Israël violaient les obligations contenues dans ses accords.
Par exemple, la Déclaration de Barcelone, qui a établi le partenariat Euro Méditerranée, oblige les signataires à "respecter l'intégrité et l'unité territoriale de chacun des autres partenaires" et toute une série d'autres règles de droit international.
Le Liban, la Syrie, et Israël ont signé la Déclaration de Barcelone et sont devenus des partenaires de l'UE en Novembre 1995. A ce moment là une partie du Liban, et de la Syrie étaient sous occupation militaire israélienne et les hauteurs du Golan avaient été annexées par Israël. En fait, Israël ne "respectait pas l'intégité et l'unité territoriale" de ses partenaires libanais et syrien en 1995, quand il a signé la Déclaration de Barcelone contenant cette obligation. Mais l'UE a fermé les yeux sur la violation par Israël de l'accord de partenariat lorsqu'il a signé cet accord - et l'a accepté comme partenaire.
Et l'UE a continué à fermer les yeux depuis en acceptant qu'Israël continue d'être un partenaire de l'UE, alors même qu'aujourd'hui une partie du territoire libanais et syrien continuent d'être sous occupation militaire israélienne et que l'aviation militaire israélienne viole fréquemment l'espace aérien libanais.
L'UE A SIGNE un certain nombre d'accords avec Israël, à commencer par le partenariat Euro Méditerranéen signé en novembre 1995. Ces accords font obligation aux parties, dont Israël, de respecter des principes généraux reconnus du droit international.
Nous affirmons qu'Israël a et continue d'être coupable de non respect de principes reconnus du droit international de différentes façons, contrairement à ses obligations dans le cadre des accords passés avec l'UE. Nous documentons certaines de ces violations dans ce rapport.Mais l'UE a continuellement fermé les yeux sur celles ci et malgré ces violations a continué a renforcé ses relations avec Israël le plus récemment étant le 16 Juin 2008.
Comme nous l'avons dit, Israël se doit dans le cadre du partenariat Euro Méditerranéen de "respecter l'intégrité et l'unité territoriale" de ses partenaires, ce qu'Israël n'a jamais fait pendant tout le partenariat en ce qui concerne le Liban et la Syrie - puisqu'il a occupé militairement une partie de leur territoire. Israel doit également dans le cadre du partenariat Euro Méditerranéen " agir en conformité avec la Charte des Nations Unies" ce qu' Israël n'a jamais fait tout au long du partenariat - puisqu'il continue de ne pas respecter plus de résolutions du CSONU qu'aucun autre état dans le monde. L'UE a fermé les yeux sur ce non respect par Israël et apprécie de continuer à accepter Israël comme partenaire.
L'ACCORD D'Association avec Israël dans le cadre du Partenariat Euro Méditerranéen, communément connu comme l'Accord Euro Med, offre à Israël un accés privilégié au marché de l'UE. Selon l'Article 2 de l'Accord, " le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques" est un "élément essentiel" - et non pas un élément optionnel, ni un élément souhaitable, mais un élément essentiel.
Pas le moindre doute qu'Israël n'a jamais respecté ses obligations, l'exemple le plus récent étant l'asphyxie économique des personnes à Gaza en 2007/08, que l'UE elle-même a décrit comme une "punition collective", contraire au droit international humanitaire. Mais de nouveau l'UE a fermé les yeux sur les violations du droit international humanitaire par Israël et a refusé d'envisager de suspendre l'Accord jusqu'à ce qu'Israël respecte ses obligations.
Depuis 1995, ISRAEL a été un partenaire de l'UE dans le cadre de la Politique de Voisinage (ENP). Là encore, Israël est supposé prendre des dispositions pour promouvoir et protéger les droits de la minorité arabe en Israël, et d'agir pour trouver un règlement raisonnable au conflit au Moyen Orient. Ci dessous les conclusions d'un rapport d'avril 2008 de la Commission Européenne portant sur les progrés d'Israël à ce sujet :
" Les problèmes soulevés dans le cadre du dialogue politique sont inclus inter alia : le processus de paix, la situation au Moyen Orient, la situation de la minortié arabe en Israël, les restrictions de mouvement en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, la construction du mur de séparation, les détentions administratives, le démantelement d'avant postes, l'expansion envisagée de certaines colonies israéliennes à Jérusalem Est, l'augmentation des checkspoints. En fait, il y a peu de progrès concret réalisés concernant de tels problèmes."
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Site d' IPSC

 



10-2 UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE

1ère partie

http://libanresistance.blogspot.com/2008/10/un-autre-monde-est-possible-httpwww.html

 

2ème partie

http://libanresistance.blogspot.com/2008/10/un-autre-monde-est-possible-2me-partie.html

3ème partie

http://libanresistance.blogspot.com/2008/10/un-autre-monde-est-possible-3me-partie.html

 

4ème partie

http://libanresistance.blogspot.com/2008/10/un-autre-monde-est-possible-4me-partie.html

5ème partie

http://libanresistance.blogspot.com/2008/10/un-autre-monde-est-possible-5me-partie.html

6ème partie

http://libanresistance.blogspot.com/2008/10/un-autre-monde-possible-6me-partie.html

7ème partie

http://libanresistance.blogspot.com/2008/10/un-autre-monde-est-possible-7me-partie.html




Liban,Israël,Olmert,colonialisme,Bush,Hezbollah,Finul,Etats-Unis,France,Nasrallah

 


.

 

12/11/2008

n° 14 - Journal des Guerres de l'Otan (18-10 au 11-11) - Début- : Europe – OTAN : Leçons de la guerre.


n° 14 - Journal des  Guerres de l'Otan (18-10 au 11-11)  - Début- : Europe – OTAN : Leçons de la guerre.


 

Journal des Guerres de l'Otan 

                        n° 14                                                    18-10 au 11-11

                                                       M.Lemaire      

 




Sommaire.                                     - Début-

Tiré à part

Obama va innover avec internet comme Roosevelt avec la radio.

1 Au jour le jour

2 Positions

a) Ossétie 

b) des voisins.

3 Politique 

a) Russe

b) Géorgie

- Suite--

7 Dossier & Point de vue

7-1 Point de vue de Herbert Bix : Europe – OTAN : Leçons De La guerre En Géorgie.

7-2 L’agression géorgienne du 7 août 2008 et la restauration du leadership US.

7-3 Point de vue de George Friedman : Le conflit en Géorgie.

- Fin--

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Claude Beaulieu : Barack Obama ou l’arrivée d’une "nouvelle aurore du leadership américain".

10 Annexe

10-1 Mathieu Verboud: Le complexe militaro-industriel américain veille.

10-2 Qu'est ce qui Risque de se passer le 21et 22 Janvier 2009



Tiré à part :

Obama va innover avec internet comme Roosevelt avec la radio.

L'usage extensif d'internet, manié avec brio par Barack Obama pendant sa campagne, promet de révolutionner la communication entre le président et les Américains, comme Franklin Roosevelt l'avait fait avec la radio, estime Simon Rosenberg, président du centre de réflexion New Democrat Network et ancien de la campagne de Bill Clinton en 1992.

Q: En quoi l'utilisation extensive des nouvelles technologies par l'équipe de campagne de Barack Obama a-t-elle révolutionné la communication politique?

R: Le sénateur Obama vient de mener la première véritable campagne politique du 21e siècle, en utilisant les outils fournis par internet pour mobiliser ses partisans. C'est le nouveau champ de bataille de la politique moderne.

Toutes les prochaines campagnes politiques aux Etats-Unis seront basées sur ce modèle qui s'appuie sur internet pour toucher les gens, et leur permet de participer plus activement au processus démocratique. Ces outils ont abaissé la barrière d'entrée à la vie politique, comme en témoigne l'augmentation massive de la participation civique cette année, en termes de donations et de votes.

Q: Comment va se concrétiser cette nouvelle manière de communiquer à la Maison Blanche? Le recours aux nouvelles technologies va-t-il changer les rapports entre le président américain et ses citoyens?

R: Avec l'usage de ces outils modernes, nous allons assister à une formidable réinvention de la présidence: Elle sera plus ouverte, plus transparente.

En outre, il est clair qu'Obama accède à la présidence avec plus d'outils qu'aucun autre président américain pour mobiliser ses partisans autour de son programme.

Le président Franklin Delano Roosevelt (le premier à s'adresser régulièrement à la radio aux citoyens américains) a utilisé très efficacement la radio pour établir son pouvoir.

Aujourd'hui, le président américain s'adresse aux citoyens tous les samedis à la radio. Mais je pense que ce discours sera désormais diffusé sur YouTube, et qu'il sera traduit dans toutes les principales langues du monde, espagnol, français, arabe, farsi....

Le président ne s'adressera plus seulement à ses concitoyens mais à des centaines de millions de citoyens dans le monde. Cela va changer non seulement les rapports entre le président et ses administrés, mais aussi la relation des Etats-Unis avec le monde. Certains gouvernements risquent de ne pas être très enthousiastes...

Q: Ce modèle est-il appelé à faire école dans les autres démocraties à travers le monde?

R: Nous allons assister à une vaste période d'expérimentation, pas seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier. Tous les dirigeants élus vont vouloir essayer ces outils à leur avantage.

En Grande-Bretagne, David Cameron (chef du parti conservateur) est déjà l'auteur d'extraordinaires vidéos sur YouTube. Et il faut s'attendre à ce que le président français Nicolas Sarkozy expérimente les techniques d'Obama.

Propos recueillis par Daphné BENOIT

10 10

http://fr.news.yahoo.com/2/20081110/ttc-obama-va-innover-avec-internet-comme-0de2eff.html



1) Au jour le jour

"Selon les données préliminaires, l'engin explosif a été actionné par une femme kamikaze à un arrêt d'autobus au centre de Vladikavkaz (capitale de l'Ossétie du Nord)  a fait au moins 11 morts et une quarantaine ont été blessées jeudi à Vladikavkaz, capitale de l'Ossétie du Nord, ont annoncé les autorités locales.", a déclaré le gouvernement nord-ossète dans un communiqué, s'appuyant sur les premiers rapports des forces de l'ordre.

La journaliste de l'AFP a appris de sources hospitalières qu'au moins cinq blessés étaient dans un état grave et qu'une jeune fille était dans un état critique
l'AFP

L'Ossétie du Nord est voisine de la Tchétchénie et de l'Ingouchie, deux autres républiques du Caucase russe

AFP

07 11

http://www.edicom.ch/fr/news/international/



2) Politique

a) Georgie

Saakachvili limoge le chef d'état-major de l'armée.

Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a limogé mardi le chef d'état-major de l'armée géorgienne, une semaine après s'être séparé de son Premier ministre, a indiqué la télévision publique géorgienne.

M. Saakachvili a déclaré que le nouveau commandant des forces armées géorgiennes devrait faire face à un nombre de problèmes identifiés au cours de la guerre d'août entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud et l'Abkhazie en août.

"Vladimir Tchatchibaïa sera désigné comme le nouveau chef d'état-major. " a déclaré aakachvili

"Je remercie (l'ancien chef d'état-major) Zaza Gogava pour son travail, mais nous avons maintenant à résoudre des problèmes identifiés au cours des événements du mois d'août", a ajouté M. Saakachvili,

Fin octobre, le président géorgien avait limogé le Premier ministre, Lado Gourguénidzé, dont le gouvernement a été critiqué pour sa gestion de la crise russo-géorgienne.

Les forces russes ont riposte à la tentative de Tbilissi de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, région séparatiste dès le 8 août.

E Les forces russes ont achevé le 8 octobre leur retrait des zones-tampons adjacentes à l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, se conformant à l'accord conclu le 8 septembre par les présidents russe et français, Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy.

AFP

04 10

Plusieurs milliers de manifestants à Tbilissi contre le président géorgien Mikhaïl Saakachvili
Plusieurs milliers de Géorgiens se sont rassemblés vendredi dans la capitale Tbilissi à l'appel de l'opposition, première manifestation d'ampleur contre le président Mikhaïl Saakachvili depuis la guerre contre la russie en août.
Ce rassemblement à l'appel de la coalition Opposition unie intervient un an après une manifestation anti-Saakachvili violemment réprimée par les autorités géorgiennes. Le Parti républicain et les Chrétiens démocrates ne se sont pas associés à la manifestation de vendredi, soulignant la nécessité de l'unité nationale contre la Russie.
Les manifestants ont réclamé la démission du président et la tenue d'élections présidentielle et législatives anticipées. L'opposition reproche également à Mikhaïl Saakachvili sa mauvaise gestion du conflit, déclenché par une offensive de Tbilissi pour tenter de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, région rebelle pro-russe. Les forces russes sont intervenues rapidement et massivement en Géorgie, mettant l'armée géorgienne en déroute. "L'aventure sanglante de Saakachvili s'est soldée par un échec complet", a déclaré Nestan Kirtadze, un des dirigeants de l'opposition.
(AP_7 novembre, 19h49)
http://fr.news.yahoo.com/3/20081107/twl-georgie-oppositio...

 

Géorgie: plus de 10.000 manifestants anti-Saakachvili à Tbilissi

Plus de 10.000 personnes ont manifesté vendredi à Tbilissi à l'appel de l'opposition géorgienne contre le président Mikheïl Saakachvili, confronté à son premier test politique depuis la guerre avec la Russie en août.

Cet événement marquait le premier anniversaire d'une manifestation antigouvernementale violemment réprimée par les autorités, qui avait alors réuni des dizaines de milliers de personnes dans la capitale de cette ex-république soviétique.

Vendredi, de nombreux manifestants ont accusé M. Saakachvili d'avoir mal géré le conflit en août, lorsque les troupes russes sont entrées massivement en territoire géorgien après une tentative de Tbilissi de reprendre par la force le contrôle de sa région rebelle pro-russe d'Ossétie du Sud.

Les forces russes se sont ensuite repliées en Ossétie du Sud et en Abkhazie, autre région géorgienne séparatiste. Moscou a reconnu fin août l'indépendance de ces républiques. Mais de nombreux Géorgiens ont du mal à accepter le renforcement du contrôle russe sur ces deux territoires sécessionnistes.

"En août, les autorités nous ont fait retourner au Moyen Age. Saakachvili a ouvert les portes de la Géorgie aux barbares", a lancé devant la foule l'un des dirigeants de l'opposition, Guiorgui Khaïndrava.

Nombre de participants agitaient des drapeaux aux couleurs de l'opposition.

08 11

AFP

 

Des tracts annonçant une série de manifestations en vue de faire pression sur le gouvernement pour l'organisation d'élections anticipées.

A la veille de la manifestation, une coalition de partis de l'opposition avait distribué des tracts annonçant une série de manifestations et autres événements en vue de faire pression sur le gouvernement pour l'organisation d'élections anticipées au printemps prochain.

Si le pouvoir en place n'a pas annoncé la tenue d'élections anticipées d'ici au 9 avril 2009, date anniversaire de la répression sanglante en 1989 d'une manifestation par le régime soviétique qui avait fait 20 morts, l'opposition commencera une manifestation "permanente, 24 heures sur 24", a-t-elle averti dans sur ces tracts.

En novembre 2007, des dizaines de milliers de Géorgiens étaient descendus dans la rue, poussant M. Saakachvili à convoquer une élection présidentielle anticipée après la dispersion violente d'une manifestation d'opposants par la police anti-émeutes et la proclamation de l'état d'urgence, maintenu pendant neuf jours.

M. Saakachvili avait remporté en janvier la présidentielle anticipée au premier tour et son parti, le Mouvement national unifié, avait largement gagné les législatives quelques mois plus tard.

 

08 11

AFP

Des rapports d'observateurs mettant en doute la version de Tbilissi.

Le New York Times a publié vendredi des rapports d'observateurs mettant en doute la version de Tbilissi selon laquelle le conflit en Ossétie du Sud a éclaté lorsque la Géorgie a dû répliquer à des attaques de forces ossètes et de troupes russes, rapporte vendredi le New York Times.

Ces observateurs militaires étaient présents dans le cadre d'un mandat de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Dans leurs rapports, il apparaît au contraire que les forces armées géorgiennes ont déclenché délibérément dans la nuit du 7 au 8 août, sans offensive russe préalable, des tirs indiscriminés d'artillerie lourde et de missiles lourds sur Tsinkhvali, la capitale de l'Ossétie du Sud.

"Nous lançons une nouvelle vague de protestations" en vue d'obtenir l'organisation d'élections législatives et présidentielle au printemps prochain, a déclaré à des journalistes un autre dirigeant de l'opposition, Levan Gatchetchiladzé.

La gestion du conflit russo-géorgien était très critiquée aussi parmi la foule. "Ce qui s'est passé en août est de la faute du gouvernement", a affirmé un manifestant, David Kirvalidzé, estimant que le régime de M. Saakachvili, en agissant de manière irréfléchie, avait "aidé la Russie. Il faut changer ce gouvernement", a-t-il dit.

Un autre manifestant a également insisté sur la nécessité d'élections anticipées: "Je suis venu manifester parce qu'il n'y a pas de justice en Géorgie. Les droits de l'homme ne sont pas respectés. Il faut des élections anticipées", a déclaré à l'AFP Valeri Koutsia, un policier à la retraite.

08 11

AFP

 

Tbilissi regrette que Sarkozy veuille déjà relancer les liens Russie-UE.

"Je crois profondément que ce n'est peut-être pas le moment pour le faire (car) pour l'heure, la Russie viole de manière flagrante l'accord de cessez-le-feu" signé en août entre Moscou et Tbilissi sous l'égide de l'UE, a déclaré Eka Tkechelachvili, en déplacement à Paris, à des journalistes.

"Pour être franche, je ne comprends pas vraiment certaines des déclarations faites hier (vendredi, ndlr) à Bruxelles par le président Sarkozy, qui a dit que l'accord de cessez-le-feu était respecté par la Russie, et qu'il n'y avait donc aucun problème pour reprendre les négociations" sur le partenariat renforcé avec l'UE, a-t-elle ajouté.

"Nous pouvons dire franchement que (l'accord) n'est pas respecté" par Moscou, a insisté Mme Tkechelachvili.

Vendredi lors d'un sommet européen à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a plaidé pour la reprise des négociations européennes sur un partenariat renforcé avec Moscou, suspendues en septembre pour contraindre l'armée russe au retrait. Il a estimé, malgré les objections de pays comme la Lituanie et la Pologne, que la Russie remplissait globalement ses engagements en Géorgie.

"La décision du Conseil européen du 1er septembre (sur la suspension des négociations de partenariat renforcé, ndlr) dit clairement que les négociations ne seront pas relancées tant que la Russie ne se sera pas retirée aux lignes antérieures au 7 août (début du conflit, ndlr) en termes de présence militaire", a rappelé Mme Tkechelachvili.

Or, "la Russie ne s'est retirée d'aucun des lieux d'où elle devait se retirer", a-t-elle souligné, citant la vallée de Kodori, aux portes de l'Abkhazie, et la localité d'Akhalgori, au sud-est de l'Ossétie du Sud.

Egalement en question, "la quantité de forces que la Russie a" dans les territoires séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

"Ce sont des milliers d'hommes, bien plus que ce qu'ils n'ont jamais eu dans ces régions", où la Russie participait avant le conflit à des forces de maintien de la paix, a-t-elle souligné.

"Si cela (le retrait) ne se produit pas et si nous avons toujours des milliers de soldats russes dans notre pays - et Akhalgori est à environ 40 kilomètres de la capitale géorgienne -, comment peut-on parler de paix et de stabilité ?", s'est-elle interrogée.

"Toute cette politique et cette attitude agressive, en particulier l'attaque contre les Etats-Unis au lendemain de l'élection américaine, est une manifestation claire que rien n'a changé dans les esprits en Russie", a-t-elle estimé.

Le président russe Dmitri Medvedev a lancé mecredi dans un discours à la nation une attaque en règle contre les Etats-Unis, les accusant d'avoir provoqué le conflit en Géorgie et menaçant d'installer de nouveaux missiles à Kaliningrad, aux portes de l'Europe.

La ministre géorgienne s'est pour sa part dite "confiante" dans la poursuite du soutien américain à son pays de la part du président élu Barack Obama.

"Je n'attend aucun changement" dans ce domaine, a-t-elle dit, soulignant que Tbilissi était "déjà en contact" avec l'équipe du nouveau président démocrate.

AFP

Samedi 8 novembre,


b) Russie 

La Russie refuse l'envoi des observateurs de l'UE en Abkhazie et en Ossétie.

La Russie continue à s'opposer à l'envoi des observateurs européens dans les régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, estimant que les forces russes y assurent la sécurité, a déclaré mardi le chef de la diplomatie russe.

"En ce qui concerne les observateurs de l'Union européenne (UE), nous estimons qu'il est nécessaire de respecter le plan Medvedev-Sarkozy, dans lequel il est écrit qu'ils sont déployés dans les zones adjacentes à l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, ce qui est le cas actuellement", a souligné Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse.

"En ce qui concerne la sécurité en Ossétie du Sud et en Abkhazie, après leur reconnaissance par la Russie, elle est assurée par la présence sur ces territoires des contingents militaires russes, à la demande des dirigeants de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie", a-t-il ajouté.

M. Lavrov a fait ces déclarations à l'issue d'entretiens avec le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, dont le pays préside actuellement l'UE, et le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie).

Les forces russes sont entrées en Géorgie le 8 août pour repousser une tentative de Tbilissi de reprendre par la force le contrôle de l'Ossétie du Sud.

Aux termes d'un cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'UE, les soldats russes se sont retirés à l'intérieur des deux régions séparatistes, dont Moscou a reconnu fin août l'indépendance.

Une mission de l'UE patrouille aux abords de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie pour surveiller le respect du cessez-le-feu, mais n'a pas obtenu des autorités séparatistes et de Moscou de pouvoir entrer dans ces deux régions.

Le président de la province séparatiste d'Abkhazie, Sergueï Bagapch, a accusé mardi les observateurs de l'Union européenne d'être "incapables" d'assurer la sécurité dans la région, où la situation reste tendue, après le retrait des forces russes.

M. Kouchner a déploré ces critiques, estimant que ces observateurs "non armés" assument "au mieux leurs fonctions dans un environnement difficile sinon hostile".

AFP

28 octobre,



OTAN,militaire,Russie,Etats-Unis,Europe,Georgie,Ossetie,bush,Obama,sarkozi, Union européenne,guerre, replis,bombardements, Al-Qaïda, 

 

n° 14 - Journal des Guerres de l'Otan (18-10 au 11-11) - Suite 1- : Europe – OTAN : Leçons de la guerre.


n° 14 - Journal des  Guerres de l'Otan (18-10 au 11-11)  - Suite 1- : Europe – OTAN : Leçons de la guerre.


 

Journal des Guerres de l'Otan 

                        n° 14                                                    18-10 au 11-11

 



Sommaire.                    - Suite 1 -

7 Dossier & Point de vue

7-1 Point de vue de Herbert Bix : Europe – OTAN : Leçons De La guerre En Géorgie.

7-2 L’agression géorgienne du 7 août 2008 et la restauration du leadership US.

7-3 Point de vue de George Friedman : Le conflit en Géorgie.



7  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Point de vue de  Herbert Bix : Europe – OTAN : Leçons de la guerre en Georgie.

La guerre russo georgienne de cinq jours dans le Caucase a mis en lumière de nombreux conflits enracinés dans l'histoire de la région et les politiques agressives des US/OTAN depuis l'effondrement de l'Union Soviétique. Parmi celles ci, l'évidente politique d'encerclement de la Russie et les tentatives de contrôler les ressources énergétiques dans des régions au préalable dominées par l'Union Soviétique.

L'effet net de ce conflit a été d'ouvrir une nouvelle ère dangereuse de rivalité entre les deux états nucléaires les plus puissants, une ère qui sera également modelée par l'actuelle récession économique mondiale et les changements que cela va apporter dans les pratiques économiques de tous les états.

L'utilisation par l'ancien président US, Bill Clinton de la force au Kosovo en 1999 a joué un rôle crucial pour accélerer la dégradation de la situation. A l'époque, les US ont rejeté le droit international et la primauté du Conseil de Sécurité, Clinton justifiant la guerre comme un moyen d'établir un ordre international plus humain. Chaque mort de civil qui en a résulté est devenue un "dommage collatéral non intentionel", moralement justifiable parce que l'objectif était noble.

En substituant un droit quasi légal moral d'intervention humanitaire à des principes établis depuis longtemps de souveraineté nationale et de respect de l'intégrité du territoire, l'agression des US/OTAN contre la Serbie a préparé le terrain pour des interventions unilatérales du Président US, G.W. Bush.

Actuellement, embourbé dans des guerres illégales en Afghanistan et en Irak, le gouvernement US semble soudain avoir redécouvert l'utilité des normes du droit international qu'il avait défié au Kosovo. Mais il a invoqué de manière selective le principe de souveraienté nationale, attaquant la Russie pour son intervention en Georgie tandis qu'il envoyait ses propres forcers armées et son aviation mener des opérations transfrontalières au Pakistan.

En quête d'une domination totale
La recherche de causes dans le conflit en Georgie a projeté sur le devant de la scène la quête américaine d'une dominance mondiale militaire ne pouvant être remise en cause et qui exige du Pentagone qu'il installe des bases militaires à des endroits stratégiques partout dans le monde, et que le Congrès vote des budgets militaires de plus en plus énormes.

En 2002, Bush a adopté la stratégie du Pentagone, qui a d'abord été formulée par Dick Cheney et Paul Wolfowitz une décennie plus tôt. Elle projetait de faire des US la seule et unique superpuissance, dissuadant ses ennemis de même que ses alliés, d'aspirer seulement à une domination régionale. Quand, poursuivant leur but ultime, les US ont poussé l'OTAN encore plus vers l'Est vers les frontières de la Russie tout en deversant argent et armes en Georgie et en formant l'armée Georgienne, ils ont tracé la voie de la guerre du mois d'Août dernier.

Ou, plus précisément, la guerre russo georgienne est apparue comme une guerre de proxy faisant partie d' un affrontement US/OTAN contre le nationalisme russe. Les forces russes ont déjoué les provocations armées de la Georgie et ont défié les politiques de l'Amérique et de l'OTAN sur les territoires frontaliers.

Une autre tendance dérangeante mise en avant par la guerre c'est l'accroissement de la compétition acharnée entre les entreprises US et russes pour contrôler les ressources en pétrole et en gaz en Mer Caspienne et en Asie Centrale. Les peuples gerogiens, ossétes, azerbaidjis, et kasakhs et d'autres peuples à l'Est de la Mer Caspienne sont des proies sans défense dans cette bataille continuelle, qui affecte leurs conflits territoriaux et ethniques d'une manière qu'ils ne peuvent pas contrôler.

La lutte pour le pétrole et le gaz a conduit le Commandement Central US, originellement établi pour s'occuper de l'Iran, à étendre ses opérations du Moyen Orient jusqu'aux Etats riches en pétrole et en gaz d'Asie Centrale et de la Mer Caspienne, tels que le Turkmenistan, le Kazakhstan, le Tajikistan et l'Uzbekistan, soulignant les motifs géopolitiques derrière les guerres d'Afghanistan et d'Irak, et maintenant celle russo georgienne.

Quand le premier ministre russe, Vladimir Poutine, et le Président Dmitri Medvedev ont donné l'ordre aux forces russes de pénétrer en Ossétie du Sud et de franchir la frontière pour entrer en Georgie, ils ont violé la Charte de l'ONU. Leur justification initiale - la defense du droit à l'auto determination des Ossétes - était tout aussi arbitraire que celle des US et de l'OTAN pour attaquer le Kosovo et la Serbie, où, contrairement au cas de la Russie, leur droit à l'auto défense n'a jamais été impliqué. (La justification initiale des Russes cela a été le massacre des Ossètes par Saakashvili dont un grand nombre sont également russes, de même que celui des gardiens de la paix russes stationnés en Ossétie du Sud ndlt).

Donc, en répondant unilatéralement à une menace réelle qui s'etait effectivement matérialisée, la Russie a-t-elle commis un acte d'agression ? Ni le Conseil de Sécurité de l'ONU ni l'Assemblée Générale n'ont pu le déterminer légalement. Même s'ils l'avaient fait, la Russie n'aurait pas pris au sérieux l'accusation d'agression des US/OTAN qui aurait simplement servi à montrer le deux poids deux mesures flagrant de ses accusateurs.

Pendant la guerre, les troupes terrestres georgiennes, leurs tanks et certaines milices de l'Ossétie du Sud ont délibéremment ciblé des civils , commis des actes de nettoyage ethnique et détruit sans discernement des biens civils à Taskhinvali la capitale d'Ossétie du Sud et dans des villages sur la frontière entre l'Ossétie du Sud et le territoire même de la Georgie.

Le spécialiste en droit, Richard Falk, a affirmé que la Russie a également ciblé "plusieurs villages peuplés de Georgiens dans la région". Si tel est le cas, il y a peu de preuve que la Russie soit responsable d'une opération de nettoyage ethnique. Si les Russes ont commis des crimes de guerre, ils sont bien pales comparativement à ceux commis chaque jour par les US et leurs alliés contre les civils irakiens et afghans. Mais, comme le dit Falk, on devrait enquêter sur toutes ces accusations quelque soit l'ampleur des crimes supposés commis.

La crise dans le Caucase met en évidence l'état d'esprit étroit nationaliste des décideurs politiques occidentaux, et de leurs opinions publiques. Des mouvements séparatistes existent dans de nombreux états satellites multiethniques de l'ancienne Union Soviétique, où les Russes sont en minorité. Les dirigeants politiques US et de l'OTAN et les néo conservateurs se sont empressés de les exploiter.

Mais une fois que les tanks russes et les forces terrestres sont entrées en Georgie, mettant fin rapidement à l'encerclement par l'OTAN et exposant les limites de la puissance militaire américaine, les médias occidentaux de masse ont immédiatement déversé leur venin sur la "brutalité de la Russie" tout en ignorant premièrement le rôle joué par la Georgie dans le déclenchement du conflit, et deuxièmement le soutien militaire des US et d'Israël à la Georgie.

Le Président Saakashvili leur a facilité la tâche pour couvrir la guerre en faisant appel à une société de relations publiques européenne, Aspect Consulting, qui a envoyé un haut responsable disséminer des mensonges quotidiennement, voire d'heure en heure, sur les Russes mettant tout à sac et attaquant les civils georgiens.

Les journalistes américains (cela vaut aussi pour les journalistes français que ce soit ceux du Monde, du Figaro, de Libération, pour ne citer qu'eux ndlt) ont entretenu le sentiment russophobe en répandant des informations biaisées, diabolisant la Russie en la présentant comme agresseur diabolique tout en présentant la Georgie comme "démocratique et amoureuse de la paix". Le Magazine d'affaires américain Fortune a critiqué la "brutalité" de l'ours russe et la menace qu'il représentait pour un monde interdépendant; Forbes a qualifié la Russie "d' état gangster" dirigé par une "kleptocratie".

Les présentateurs de TV ont comparé la Fédération Russe à l'Allemagne nazie au moment de la crise de Munich. La secrétaire d'état Condoleezza Rice a même affirmé que l'Amérique avait un droit moral à sermoner la Russie pour lui espliquer comment un "pays civilisé" doit se conduire au XXIème siècle. Ce qui a poussé l'ancien président russe, Poutine a faire ce commentaire sarcastique : " j'ai été surpris de la puissance de la machine de propagande occidentale... Je félicite tous ceux qui ont été impliqués.C'était un boulot magnifique. Mais le résultat est mauvais, et sera toujours mauvais car c'était un travail malhonnête et immoral."

La guerre
Tout ce qui concerne la guerre russo georgienne est pratiquement contesté, spécialement la question de qui l'a déclanchée. Mais de nombreuses preuves publiées contredisent la propagande georgienne et indiquent que Saakashvili a provoqué la guerre avec les encouragements et le soutien matériel de l'Administration Bush.

Un an plus tôt, le régime de Saakashvili avaient établi des plans d'invasion de l'Ossétie du Sud, qui depuis 1920 a cherché en permanence à obtenir son indépendance. Il a été encouragé à concrétiser ces plans - pendant les jeux olympiques d'état de Beijiing - parce qu'il s'attendait à recevoir de l'aide américaine et des allliés de l'OTAN, dont il a soutenu les guerres en Afghanistan et en Irak en envoyant 2000 soldats georgiens.

Les observateurs de l'OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement en Europe) stationnés en Ossétie du Sud ont rapporté que les forces georgiennes ont effectué les premiers tirs "peu avant minuit le 7 août". Avant cela des avions russes avaient occasionnellement pénétré l'espace aérien georgien. il y avait eu des accrochages mineurs entre les Ossétes du Sud et les Georgiens, et des drones espions georgiens avaient survolés l'Abkazie qui a d'importants ports sur la Baltique.

Ces actions n'ont pas déclanché la guerre. Ce qui l'a déclanché ce sont les bombardements tard dans la nuit et l'offensive terrestre ordonnés par Saakshvili, au cours desquels l'armée georgienne entraînée par les US et ( dans une moindre mesure) les israéliens ont utilisé des roquettes, l'artillerie lourde et des bombes à fragmentation fournies par Israël, pour attaquer Tskhinvali (et sa population civile ossète désarmée ndlt) et tuer des soldats russes.

Difficile d'évaluer le chiffre des morts et les destructions physiques engendrées par les bombardements georgiens et les assauts terrestres, qui visaient non seulement les Russes et les Ossètes mais aussi les congénéres Georgiens vivant en Ossétie du Sud. Les responsables russes ont initialement affirmé que l'attaque georgienne avaient tué environ 2000 Ossètes du Sud qui étaient citoyens russes.Plus tard dans le Financial Times de Londres les chiffres ont été revus à la baisse suggérant que l'assaut avait fait au moins 133 morts civils ossètes et 59 morts parmi les forces de maintien de la paix russe. dans le même article on estimait à 146 le nombre de soldats georgiens tués et 69 le nombre de civils georgiens morts lors de l'invasion et du bombardement russe qui a suivi. ( Les medias occidentaux ont repris à leur compte les chiffres avancés par Saakashvili, mais pour l'heure on ne sait toujours pas combien d'Ossètes du Sud sont morts car la plupart ont été enterrés par leurs proches dans les jardins et cours. Cet article ne cite pas non plus le nombre de soldats russes tués au combat en plus des gardiens de la paix et qui se chiffre par dizaines ndlt). On doit aussi comptabiliser comme victimes de la guerre les quelque 30 00 Ossètes qui ont fui vers l'Ossétie du Nord, plus les Georgiens vivant en Abkazie et en Ossétie du Sud qui ont été obligés de quitter leurs maisons.

Le 9 octobre lors de la conference de politique mondiale à Evian, en France, Medvedev a annoncé que la Russie avait evacué les zones tampons en Georgie un jour avant la date limite prévue telle que c'était spécifié dans les accords de cessez le feu. Pour cela il a été félicité par le Président français Nicolas Sarkozy qui, pour la première fois, a publiquement réprimendé la Georgie pour son " agression".

Mais les tensions entre la Russie et l' Europe vont certainement continuer tant que les Etats Unis persistent à soutenir la Georgie et l'Ukraine dans leurs revendications nationales, tandis que les tensions subsistent entre les forces georgiennes, les soldats ossètes et les soldats de maintien de la paix russes.

Cependant, un nouveau chapitre dans le conflit entre l'OTAN et la Russie s'est définitivement ouvert, dont le discours de Medvedev aux dirigeants européens fait état. il a réaffirmé que la Russie n'était "absolument pas intéréssée par une confrontation" et les a appelé à créer "un nouveau réseau de sécurité mondial pour defier la détermination des US a vouloir asseoir leur domination mondiale".

Pendant ce temps, le peuple russe a perdu ce qui lui restait d'illusion concernant l'Occident, et les dirigeants russes doivent maintenant se préoccuper de zones de conflits ethniques pouvant s'étendre du Nord du Caucase via la Mer Noire jusqu'à l'Asie Centrale et au delà, remettant en lumière d'autres points chauds éventuels tels que celui du Nagomo Karabakh en Afghanistan et celui du Yakutia en Extrème Orient.

Derrière la guerre
Les conflits de la Russie avec les peuples non russes du Caucase remontent à des siècles, mais les développements qui ont conduit directement à la guere russo georgienne démarrent avec l'effondrement de l'Union Soviétique. Celui ci a crée une euphorie parmi les élites américaines et européennes. Beaucoup parmi elles ont pensé que maintenant ils pourraient refaçonner l'Europe sans avoir à prendre en compte les préférences du géant russe sur son pas de porte. Tout en admettant la Russie comme membre à part entière du FMI et de la Banque Mondiale, et lui octroyant des prêts d'argent, ils ont rapidement élaboré une nouvelle mission offensive pour l'OTAN.

La Russie a plongé dans un déclin à multiple volets et adopté une attitude de prostration. Elle a abandonné sa position dominante sur les côtes de la Mer Baltique et de la Mer Noire. L'Azerbaidjian, l'Arménie, et les 5 ex républiques du Kazakhstan, du Kyrgyzstan, du Tajikistan, du Turkmenistan et de l'Uzbekistan ont émergé comme états indépendants, avides d'attirer les investrissements occidentaux, et certains même prêts à accepter sur leur territoire des bases américaines. La Crimée, où est stationnée la flotte russe de la Mer Noire, fait partie de l'Ukraine qui a proclamé son indépendance en 1991, et qui, peu de temps après, a exprimé son désir de faire partie de l'OTAN. La Pologne a rejoint l'OTAN et l'Union Européenne en 1996.

Une fois que l'Europe de l'Est s'est ouverte entièrement à l'interventionisme économique occidental , la Russie ne pouvait pas faire grand chose pour éviter que les élites régionales cherchent à s'intégrer à l'Empire US.

Economiquement, la Russie était en proie à de sérieuses difficultés. Sous la présidence de Boris Yeltsine, elle avait choisi de passer rapidement d'une dépendance complète à une gestion centralisée à une économie de marché capitaliste. Son immense économie s'est alors contractée. Ses forces armées et sa flotte sont devenues vetustes. Des difficultés sociales de toutes natures se sont amplifiées. De nombreux russes ont fait l'expérience de sévères difficultés économiques tandis qu'une poignée ont saisi l'occasion pour acheter des entreprises d'état en s'enrichissant ultra rapidement devenant ainsi la nouvelle élite de la Russie.

L'époque de la redistribution rapide des richesses économiques, de l'humiliation nationale et de la désintégration sociale a duré environ 8 ans. Dés 1999, grâce à une croissance économique rapide, de nouvelles attentes ont vu le jour. La Russie a rapidement payé ses dettes. Mais elle n'a pas pu cependant se remettre de son énorme déclin démographique.N'étant plus une superpuissance militaire, ses dirigeants l'ont perçu comme un état nation ayant des problèmes spéciaux de sécurité car elle s'étendait de l'Euraésie à la Mer Baltique et à la Côte Pacifique, partageant des frontières avec 14 autres états, et avait une capacité nucléaire. Les années qui ont suivi, la Russie a repris confiance en elle- même, et son économie de marché florissant lui a permis de réapparaître sur la scène internationale comme un important pays exportateur d'energie vers l'Europe.

En Georgie, des manifestations populaires ont fait tomber le gouvernement en 2004. Dénommée "Révolution Rose". Ce changement politique a été financé pour partie par la National Endownment Democraty ( une organisation US semi gouvernementale, une relique de la Guerre Froide de l'épqoue Reagan), et l'investisseur milliardaire et activiste politique George Soros. La propagande américaine a rapidement transformé cet état autocrate en une Georgie devenue la "crème de la Liberté", une "Démocratie" avec une "économie de marché" lui permettant d'être soutenue pour intégrer l'OTAN malgré ses conflits ethniques en cours en Abkasie et en Ossétie du Sud.

Les Américains, par le biais de leurs organisations faisant la "promotion de la démocratie", ont joué un rôle similaire en finançant la "Révolution Orange" en Ukraine. D'abord ils ont aidé l'ascension de Viktor Yushchentko , un anti russe, à la présidence d'un pays politiquement divisé, dont moins de la moitié de la population penche pour l'Occident, puis ils ont soutenu le droit de l'Ukraine à postuler pour devenir membre de l'OTAN.

Pendant plus d'une decennie, les dirigeants russes ont fait des objections répétées contre les efforts des US de transformer leurs états voisins en états clients. Mais reconnaissant leur propre faiblesse nationale et l'interdépendance croissante des nations, les dirigeants russes savaient que leurs options étaient limitées. Cependant, comme les dirigeants américains poursuivaient leur quête de domination militaire mondiale, et comme avec les dirigeants européens ils poussaient l'OTAN de plus en plus près des frontières russes, la direction de Moscou a compris qu'elle avait fait trop de concessions sur des intérêts de sécurité vitaux pour garder les faveurs de Washington. Jusqu'à quel point les qualités de la direction nationale et le droit international pouvaient -ils garantir les frontières de la Russie ? Ou fallait-il empêcher la Georgie de devenir "l'Israël du Caucase" ?

Conséquences
Les retombées de la guerre se sont faites sentir d'abord dans les régions de la Mer Caspienne et de la Mer Noire. L'Azerbaijian qui depuis 1994 avait autorisé des entreprises occidentales à développer ses ressources en gaz et pétrole, a décidé de baisser sa dépendance au pipeline trans Caucase allant de son port de Bakou à la Georgie, et a augmenté de manière permanente quoique faible ses livraisons de pétrole via la Russie et l'Iran. " Nous ne voulons insulter personne, mais ce n'est pas bon d'avoir tous ses oeufs dans le même panier, spécialement quand le panier est très fragile" a dit le vice président de la compagnie pétrolière d'état de l' Azerbaijian. La réaction du Kazakhstan a été de démarrer des discussions avec Moscou sur de "nouveaux pipelines d'exportation vers la Russie" maintenant que l'acheminement par la Georgie était devenu moins sûr.

La Georgie, qui a de la valeur pour les Etats Unis principalement à cause du contrôle des pipelines de gaz et pétrole de l'Azerbaijian et de l'Asie Centrale, et qu'Israël a soutenu comme un marché pour ses ventes d'armes et dans l'espoir d'obtenir l'utilisation de bases aériennes à partir desquelles ils pouvaient attaquer l'Iran, a perdu ses petites enclaves autonomes. Bien que son homme fort impétueux, Saakashvili, ait redoublé ses efforts pour obtenir le statut d'état membre de l'OTAN et une assistance économique et militaire de l'Occident, ni l'UE ni l'OTAN ne sont disposés à accepter la Georgie dans le future proche, encore moins autoriser Saakshvili à les manipuler. La défaite retentissante de la Georgie a diminué l'importance de ses pipelines.

La Russie a montré au monde qu'elle répandrait le sang pour empêcher que de futures menaces à sa sécurité ne se développent sur ses propres frontières, bien qu'elle ne ménerait pas des guerres de niveau génocidaire pour contrôler le pétrole étranger, comme l'ont fait les Etats Unis en Irak. La Russie a démontré qu'elle pouvait à tout moment mettre fin au statut de corridor d'energie sécurisé de la Georgie par le biais duquel le pétrole est transporté en Occident via la Turquie. En même temps, Poutine s'est efforcé de réitérer des vérités que lui-même et d 'autres dirigeants soviétiques ont répété à Washington depuis des années : principalement qu'il n'y avait pas besoin d'une confrontation et certainement " aucune base pour une guerre froide" ou " pour une animosité mutuelle". Poutine a insisté sur le fait que la "Russie n'avait aucune ambition impérialiste".

Effectivement, les objectifs de la Russie étaient trés limités. Pendant pratiquement deux décennies, elle a essayé sans succès de faire en sorte que les Etats Unis et l'UE reconnaissent ses besoins en matière de sécurité nationale et construisent un véritable partenariat. L'Ossétie du Sud qui a longtemps été pro Moscou, ne voulait pas être intégrée à la Russie, alors que l'Abkazie le voulait. Mais la Russie n'avait pas l'intention d'annexer ces régions et de s'exposer à l'accusation d'expansionisme territorial.

Le réponse de la Russie au précédent crée par le Kosovo, était de reconnaître formellement, de facto, l'indépendance et de signer des traités d'amitié avec le dirigeant d'Ossétie du Sud, Edouard Kokoity, et celui d'Abkazie, Sergei Bagapsh. Les traités inclus un engagement à les défendre en stationnant des troupes dans chaque région et en y construisant des bases militaires. Lors de la signature, Medvedev a réaffirmé que "nous ne pouvons pas voir les démarches visant à intensifier les relations entre l'OTAN et la Georgie autrement que comme un encouragement à de nouvelles aventures".

Mais la campagne militaire georgienne a-t-elle accru la sécurité de la Russie contre la menace d'une attaque nucléaire ? A-t-elle rompu l'encerclement construit par les US et l'OTAN ? L'agresseur georgien a été facilement " mis KO par un coup de poing dans la figure" ( selon les propres termes de Poutine)

Pourtant, quand ils analysent la politique des l'US/OTAN, les dirigeants de la Russie voient qu'ils n'ont pas stoppé l'expansion de l'OTAN vers l'Est et l'installation de systèmes anti missiles balistiques US en Pologne. La menace de développement d'une course aux armements par les US à travers le Caucase et en Europe en général, reste d'actualité.

Les ministes de la défense de l'OTAN, considérant la situation sous l'angle confrontationnel, ont étudié des plans de création d'une force militaire "d'intervention rapide". L'annonce par Medvedev le 26 Septembre que la Russie allait construire un "système sûr de dissuasion nucléaire"- dont la mise en place se ferait en 2020 - devrait être interprétée comme une réponse à la guerre de Georgie et l'encerclement occidental, quoique la planification ait précédé la crise. Alors même que les dirigeants russes ont besoin d'investir pour moderniser les infrastructures et améliorer les conditions de vie du peuple russe, ils sont obligés d'affronter les efforts déterminés des dirigeants US et de l'UE pour les entourer de bases militaires et de missiles nucléaires.

La Russie ne peut ignorer les menaces d'isolation économique et diplomatique à l'encontre des Ossètes du Sud et des Abkazes. Leur incapacité à obtenir une reconnaissance internationale sera un frein à leur prospérité, tandis que la Georgie bénéficie déjà d'un prêt du FMI, et de nouvelles promesses d'aide de la part de l'UE et des US. Voir la Georgie montrée comme un état exemplaire tandis que l'Ossétie et l'Abkazie vont se morfondre, cela ne peut que détériorer l'image de la Russie en Occident.

La Russie, en défendant ses frontières d'une véritable menace sécuritaire a souffert, partiellement à cause de ses propres actions, d'un revers auprés de l'opinion publique internationale. Seul le petit état du Nicaragua l'a soutenue en reconnaissant formellement les deux républiques séparatistes. Les grandes puissances occidentales ont refusé d'accepter la validité des changements frontaliers découlant de la guerre. L'Ossétie du Sud et l'Abkazie possédent de fait les critères pour avoir le statut d'état, mais ils n'ont pas les critères politiques de reconnaisance imposés par les US et l'UE.

Le consensus des dirigeants des US et de l'OTAN s'était qu'ils manquent d'indépendance réelle vis à vis du contrôle de la Russie et qu'ils ne respectaient pas les droits de leurs minorités, comme si les Kosovars Albanais dans la nouvelle colonie de l'Europe respectaient les droits des minorités serbes et roms. On ne peut que constater l'hypocrisie flagrante de l'attitude des US/OTAN en ce qui concerne les états crées suite au démantelement de l'ancienne Yougoslavie.

D'un autre côté, la position de la Russie, qui affirme que la Georgie a perdu ses droits sur ces territoires en commettant des abus contre les Ossètes et les Abkazes, est également hypocrite compte tenu de la repression brutale par Poutine contre le mouvement séparatiste tchéchène. Cela peut aussi apparaître aux yeux des Serbes comme à double tranchant puisque la reconnaissance des deux nouveaux états dans le Caucase semble violer le principe d'intégrité territoriale, sapant ainsi l'opposition morale de la Russie au précédent du Kosovo.

Réponse confrontationnelle
Ce qui pourrait être l'un des plus grands dangers de la guerre russo georgienne c'est la façon dictatoriale confrontationnelle avec laquelle l'Administration Bush et les politiciens américains ont répondu. alors que les US sont enfermés dans une "guerre contre le terrorisme" d'auto défaite, qu'il sont militairement limite et affaiblis par une crise économique mondiale qui s'amplifie., ils persistent à vouloir étendre leur sphère dinfluence jusque dans la région de la Mer Noire.

L'Administration Bush veut s'accrocher à la Georgie comme "route de transport de l'energie" et une base à partir de laquelle ils peuvent assurer leurs interêts dans la région eurasienne. Ils refusent de voir que la Georgie a une dispute territoriale enracinée historiquement et ils continuent à encourager la Georgie et l'Ukraine dans leur tentative pour devenir membre de l'OTAN.

Les candidats à la présidentielle, le Sénateur Républician John McCain, et le Sénateur Démocrate, Barak Obama, ont publiquement endossé la confrontation de Bush avec la Russie, et aucun des deux n'offre une critique de principe de la politique étrangère US. En fait, ils semblent vouloir comme Bush agir pour maintenir la "Russie enlisée dans le Caucase pour saper la capacité de la Russie à jouer un rôle prépondérant sur la scène internationale".

Les principaux gouvernements européens, d'un autre côté, ont une approche un peut plus saine seulement parce qu'ils dépendent de l'approvisionnement en ressources énergétiques de la Russie et sont moins unis dans leurs politiques étrangères et domestiques. Mais ils sont profondemment divisés sur la façon de traiter Moscou, seule l'Allemagne semble disposée à continuer d'approfondir les relations amicales avec la Russie.

Ironiquement, la Russie reste pour le moment un "partenaire stratégique" pour les US. Les US ont besoin de sa coopération permanente pour ce qui concerne l'Afghanistan, et pour l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord. Poutine et Medvedev ne refusent pas que les approvisionnements non militaires de l'armée US pour leurs troupes en Afghanistan et celles de l'OTAN transitent par le territoire russe, bien que cette option soit à leur disposition. Mais ils ont affaibli les sanctions US à l'ONU contre l'Iran, contre lequel l'Administration Bush méne une guerre économique et clandestine.

La Russie veut également vendre des armes à l'Iran et y achève la construction du réacteur de la centrale nucléaire de Bushehr. En juillet, la Russie a renforcé ses liens pétroliers avec l'Iran par un accord de coopération, le géant pétrolier d'état russe Gazprom signant un contrat pour développer des champs pétroliers et gaziers en Iran. Il a également récemment conclu la même chose avec le Kazakhstan et l'Uzbekistan.

En bref, quand il s'agit de faire face à des actions hostiles des US/OTAN en Iran, Irak, Afghanistan et spécialement dans sa " zone étrangère de proximité", la Russie a de son côté la géographie de même que de nombreuses options diplomatiques.

Les futurs dirigeants américains ont besoin d'une nouvelle approche vis à vis de la Russie et du reste du monde. Alors qu'ils étudient la manière de reconstruire sur la scène intérieure et cherchent à regagner la confiance à l'étranger, ils devraient agir avec Moscou sur tous les aspects de leur relation. Le prochain président devrait s'efforcer de construire un nouveau système de sécurité mondial et d'agir dans le sens d'un désarmement nucléaire.Cela va demander néanmoins de répudier toutes les stratégies US de sécurité nationale passées, basées sur l'idée que l'Amérique a un devoir divin de jouer le gendarme du monde et de s'ingérer

Herbert Bix

22/10/08

www.atimes.com
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Herbert Bix contribue régulièrment à Foreign Policy in Focus. Il est l'auteur de Hirohito and the Making of Modern Japan (HarperCollins), qui lui a valu de recevoir le prixPulitzer . Il enseigne à l'Université de Binghamton, New York, et écrit sur les sujets de guerre et empire.

http://www.planetenonviolence.org/Lecons-De-La-guerre-En-...&


7-2 L’agression géorgienne du 7 août 2008 et la restauration du leadership US.

Le site WSWS.org, commentant un article du New Yoek Times du 7 novembre, expose le 8 novembre des développements intéressants concernant la crise géorgienne d’août dernier. Ces développements peuvent également concerner les relations des USA avec la Russie, avec l'arrivée de l'administration Obama.

Au départ, il y a un rapport de l’OSCE, objet de l’article du NYT, qui conclut à la responsabilité complète de la Géorgie dans le conflit du 7 août dernier. Ironie sympathique, un qualificatif employé par la catéchisme américaniste, et d'ailleurs repris par les obligeants Européens, pour caractériser la “riposte” russe dans cette crise (“disproportionné”, ou “disproportionate”), est employé dans ce cas pour caractériser l’agression de là Géorgie. Le NYT épouse complètement les conclusions du rapport de l’OSCE, dans cet article placé pour qu’il soit vu et lu, en première page du quotidien.

WSWS.org présente cette affaire.

«The New York Times on Friday carried a front-page article headlined “Accounts Undercut Claims by Georgia on Russia War.” The article cited a report by the Organization for Security and Cooperation in Europe (OSCE), a multinational association of 56 member states whose monitors were in Georgia when the fighting broke out, which demolishes the official US account of the August 2008 Russian-Georgian war, according to which the war was an act of Russian aggression.

»The OSCE concluded that the conflict began on August 7 when US-trained Georgian troops shelled Russian peacekeepers and civilians in the capital of Georgia's breakaway province of South Ossetia, Tskhinvali.

»According to Friday’s New York Times, “the accounts suggest that Georgia's inexperienced military attacked the isolated separatist capital of Tskhinvali on August 7 with indiscriminate artillery and rocket fire, exposing civilians, Russian peacekeepers and unarmed monitors to harm.” The newspaper added, “Georgian artillery rounds and rockets were falling throughout the city at intervals of 15 to 20 seconds between explosions, and within the first hour of the bombardment at least 48 rounds landed in a civilian area.”

After an initial bombardment around 6 PM on August 7, Georgian troops declared a unilateral ceasefire, during which they apparently moved rockets and artillery into better positions. At 11 PM, Georgia announced that Russian troops were shelling Georgian villages in South Ossetia and declared an operation to “restore constitutional order” there.

»OSCE monitors refuted Georgian claims that Georgian forces were responding to a Russian attack. The Times wrote, “monitors have also said they were unable to verify that ethnic Georgian villages were under heavy bombardment that evening, calling to question one of [Georgian President] Mr. Saakashvili's main justifications for the attacks.”

»The newspaper quoted ex-British army officer Ryan Grist, who was the senior OSCE representative in Georgia when the war broke out, as saying, “It was clear to me that the [Georgian] attack was completely indiscriminate and disproportionate to any, if indeed there had been any, provocation.”»

WSWS.org rappelle ensuite divers aspects de la crise, du point de vue de la responsabilité de l’attaque, et notamment ce fait que la responsabilité géorgienne était une chose avérée pour la simple honnêteté du jugement, avec toute la documentation disponible pour qui voulait s’en aviser, alors que le NYT soutint la thèse contraire à l’époque et semble aujourd’hui découvrir la réalité. Mais l’explication est simple et renvoie, par exemple, à l’interprétation que John MacArthur donne de la presse US et du NYT; le NYT fonctionne comme la Pravda du temps de l’URSS, ou les Izvestia, et reflète fidèlement la ligne du gouvernement US en place. C’est donc que la ligne aurait changé…

C’est l’analyse que fait WSWS.org, qui observe notamment, en offrant l’explication de ce changement:

«The prominence the New York Times gave to its account of the OSCE report—the article was the front-page lead and continued to a full-page article in the inside pages—suggests a deliberate operation to prepare public opinion for a shift in US policy in the region. With President-elect Obama committed to increasing the US military presence in Afghanistan and the US facing a major economic recession, an attempt seems to be underway to repair relations with Russia, possibly at Saakashvili's expense.»

Un peu plus loin, pour appuyer cette thèse d’une amélioration des relations avec la Russie, WSWS.org signale le projet US de lancer des négociations avec la Russie sur diverses matières stratégiques, dont le réseau anti-missiles en Europe (BMDE). «The US also announced plans yesterday to open negotiations with Russia over nuclear weapons and the controversial US nuclear missile defense shield aimed at Russia. The talks would aim to revise the Strategic Arms Reduction Treaty (START) and assuage “Moscow's growing opposition to a US missile-defense system for Europe,” according to the Wall Street Journal. A State Department official told the Journal such negotiations would not conclude under the Bush administration, but would rather “help get the ball rolling” for President-elect Obama.»

Plusieurs points peuvent être observés à la suite de tous ces développements.

• Si l'on accepte la thèse de WSWS.org, ce que l'attitude du NYT semble effectivement pousser à faire, on observerait que la nouvelle équipe Obama semble déjà prendre la mesure des capacités US dans les circonstances présentes, avec le constat que les USA ne peuvent rien faire en Europe s’ils veulent maintenir leur position, voire augmenter celles-ci en Afghanistan. C’est la reconnaissance des limites désormais bien marquées de la puissance US, à la suite des guerres en Irak et en Afghanistan, et des diverses autres activités du genre, du désordre budgétaire du Pentagone et de la crise financière et économique.

• Il apparaît assez probable que cette réévaluation était déjà en cours avant l’élection d’Obama, et qu’elle était faite en coordination avec l’actuelle administration, pour faciliter la transition et le changement de politique. Il y a manifestement un marché qui apparaît entre l’équipe Obama et l’administration Bush, la seconde préparant certaines dispositions politiques et stratégiques pour faciliter certaines mesures de restrictions dans la politique d’engagement US. En échange, il semblerait qu’Obama s’engage à ne pas faire trop d’ombre aux dernières semaines de représentation de GW Bush, par exemple en acceptant de ne pas être présent au sommet du G-20 sur la crise financière du 15 novembre 2008 à Washington. Bush pourra au moins conserver l’illusion d’avoir servi à quelque chose jusqu’au bout. C’est bon pour le moral.

• La démonstration semble faite qu’une attitude ferme et se démarquant clairement des réactions extatiques du reste du monde au moment de l’élection d’Obama est payante. Les Russes ont accueilli cette élection avec froideur et l’annonce de mesures militaires peu engageantes selon le point de vue US (annonce du déploiement de missiles Iksander à Kaliningrad). Résultat: les USA semblent conduits à lâcher du lest sur la Géorgie et sur les relations avec la Russie, y compris éventuellement le système BMDE. La démonstration serait ainsi complète.

• … Ce qui conduit à une dernière remarque sur l’une des promesses d’Obama, répercutée également avec extase par tant de commentateurs non-US, notamment européens, notamment français, sur la “restauration du leadership US”. Cet ensemble de nouvelles sur la Géorgie et sur la Russie présente une perspective assez originale de cette “restauration”. Il est possible que nous ne soyons pas au bout de nos surprises avec l’administration Obama.

• Remarque en forme de Post Scriptum: on ne peut que confirmer l'intérêt qu'il faut attendre de la réunion au sommet (ministre des AE) de l'OTAN en décembre prochain, où la question de l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN sera à l'ordre du jour. On attend avec intérêt l'exposé de la position US, – ou bien les USA vont-ils arguer de la transition pour éviter de prendre une position?

08/11/2008 -


7-3 Point de vue de George Friedman : Le conflit en Géorgie.

Extrait :

Le 7 août, l’armée géorgienne attaquait ‘sa’ région séparatiste d’Ossétie du Sud. Le 8, les troupes russes répliquaient, en envahissant la Géorgie [Russian troops responded by invading Georgia ]. La réponse occidentale, quant à elle, fut essentiellement d’ordre rhétorique. Durant le week-end du 11 octobre, les pays du G-7 se réunirent, à Washington, afin de planifier une réponse conjointe à la crise financière mondiale [joint response to the global financial crisis ]. Plutôt que la définition d’un plan conjoint, la décision – par défaut – consista en ce que chaque pays agirait de manière à sauver son propre système financier, au moyen d’une série de lignes directrices décidées, en gros (mais pas dans le détail), d’un commun accord.

Les événements du 7 août et du 11 octobre ne sont liés entre eux que par leurs seules conséquences. Les uns et les autres ont démontré la faiblesse des institutions internationales, et ils ont confirmé la primauté de l’Etat-nation, ou, plus précisément, de la nation et de l’Etat (une nation étant un groupe de personnes ayant en partage une ethnicité et un Etat étant une entité gouvernant un territoire donné. Une nation-Etat – notion au fondement de l’ordre international contemporain – est ce qui résulte de la superposition d’une nation et d’un Etat). Ensemble, les deux événements ont représenté des défis qui dépassaient de très loin la prégnance des guerres en Irak et en Afghanistan.

Le conflit en Géorgie

En (et par) elle-même, l’attaque de la Russie contre la Géorgie [Russia’s attack on Georgia] ne revêtait aucune signification d’ampleur mondiale. La Géorgie est, en effet, un petit pays du Caucase, et son sort, en fin de compte, ne saurait affecter la marche du monde. Mais la Géorgie était alignée sur les Etats-Unis et sur l’Europe, et elle était considérée par certains comme un pays candidat à l’intégration dans l’Otan. Aussi, ce qu’il y avait d’important, dans l’offensive russe, c’est le simple fait qu’elle se soit produite, et que l’Occident n’ait pas répliqué, sinon en rhétorique verbale…

Une partie du problème, c’était que les pays qui auraient pu intervenir afin de soutenir la Géorgie étaient dépourvus de la capacité de le faire. Les Américains étaient empêtrés dans le monde musulman, et les Européens avaient laissé s’atrophier leurs forces armées. Mais même si la puissance militaire avait été disponible, il est clair que l’Otan, en tant qu’expression militaire de l’alliance occidentale, était incapable d’une quelconque action unifiée [incapable of any unified action]. Il n’existait pas la moindre compréhension unique de ce qu’étaient les obligations de l’Otan, et, plus grave, aucune compréhension collective de ce qu’aurait bien pu être une stratégie unifiée…

Il n’y avait pas une tension seulement entre les Etats-Unis et l’Europe, mais aussi entre les pays européens eux-mêmes. Cela apparut particulièrement prononcé dans la vision de la situation qu’avait l’Allemagne, par rapport à celle des Etats-Unis et de nombre d’autres pays. Très peu de temps après la fin de la guerre russo-géorgienne, les Allemands firent savoir clairement qu’ils étaient opposés à toute extension de l’Otan à la Géorgie et à l’Ukraine. Une raison majeure de cette opposition étant la très forte dépendance de l’Allemagne par rapport au gaz naturel russe, ce qui signifie que Berlin ne peut pas s’offrir le luxe de s’aliéner Moscou. Mais il y avait aussi une raison, plus profonde encore : l’Allemagne avait été sur le front, lors de la première Guerre froide, et elle n’avait aucune envie de ne serait-ce que participer à une seconde guerre froide…

L’éventail des réponses européennes à la Russie a été fascinant. Les Britanniques étaient livides. Les Français étaient livides, eux aussi, mais ils tenaient à jouer un rôle de médiation. Les Allemands étaient cauteleux, et la chancelière Angela Merkel s’est rendue à Saint-Pétersbourg [Chancellor Angela Merkel traveled to St. Petersburg], afin d’y tenir une conférence de presse conjointe avec le président russe Dmitri Medvedef, alignant l’Allemagne sur la Russie – à toutes fins utiles – dans les questions géorgienne et ukrainienne…

L’unique et principal effet de l’attaque russe contre la Géorgie fut qu’elle montra clairement à quel point l’Otan est divisé – et aussi, à quel point elle est faible -, de manière générale, et les Européens, en particulier. Eussent-ils été unis qu’ils n’eussent guère été en mesure de faire mieux… Mais ils auraient, à tout le moins, évité ce défi qu’a représenté leur extrême fragmentation. L’Otan ne peut fonctionner que dès lors qu’il existe un consensus, or cette guerre a révélé à quel point l’Otan était éloigné de tout consensus… On ne peut pas dire que l’Otan se serait effondrée, à la suite de la Géorgie. Non : l’Otan est toujours là, et les responsables officiels de l’Otan tiennent des réunions et des conférences de presse. Mais l’alliance est exempte à la fois de projet commun et de ressources, excepté dans quelques domaines très spécifiques et extrêmement limités. Certains Européens agissent, via l’Otan, en Afghanistan, par exemple, mais il ne s’agit pas de la majorité, et ces pays n’agissent pas d’une manière décisive…

La guerre russo-géorgienne a soulevé de profondes questions quant à l’avenir de l’alliance militaire multilatérale (qu’est l’Otan). Chaque pays membre a consulté ses propres intérêts nationaux, et a conduit sa propre politique étrangère. Dès lors, la coupure entre les Européens et les Américains est garantie sur facture, mais la division entre Européens est tout aussi profonde. Si l’on ne pouvait pas dire que l’Otan fonctionnait effectivement, on ne savait pas non plus très bien, après le 8 août, en quel sens les Européens existaient effectivement, sinon en tant qu’Etat-nations individuels.

George Friedman 

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Titre original : George Friedman : 2008 : Le retour de l’Etat-nation

On Stratfor.com (Geopolitical Intelligence Report), 27 octobre 2008

samedi 1er novembre 2008, par Comité Valmy

[Cette analyse peut être forwardée ou republiée sur votre site ouèbe, pour peu que vous la créditiez à www.stratfor.com].

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article103 




OTAN,militaire,Russie,Etats-Unis,Europe,Georgie,Ossetie,bush,Obama,sarkozi, Union européenne,guerre, replis,bombardements, Al-Qaïda, 

n° 14 - Journal des Guerres de l'Otan (18-10 au 11-11) - Fin -- : Europe – OTAN : Leçons de la guerre.


n° 14 - Journal des  Guerres de l'Otan (18-10 au 11-11)  - Fin -- : Europe – OTAN : Leçons de la guerre.


 

Journal des Guerres de l'Otan 

                        n° 14                                                    18-10 au 11-11

 



Sommaire.                    - Fin -

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Claude Beaulieu : Barack Obama ou l’arrivée d’une "nouvelle aurore du leadership américain".

10 Annexe

10-1 Mathieu Verboud: Le complexe militaro-industriel américain veille.

10-2 Qu'est ce qui Risque de se passer le 21et 22 Janvier 2009




9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Claude Beaulieu : Barack Obama ou l’arrivée d’une "nouvelle aurore du leadership américain".

Avant même d’être confirmé par le vote des grands électeurs, Barack Obama a annoncé qu’il inscrivait sa présidence dans la continuité dominatrice de l’impérialisme messianique qui conduit la politique américaine par rapport au reste du monde.

Actuellement 349 élus démocrates sur 512 lui sont acquis. À partir du 15 décembre et jusqu’au 6 janvier ils devront voter pour confirmer formellement son élection, l’investiture devant avoir lieu le 20 janvier.

À Chicago, le futur Président a annoncé l’arrivée d’une "nouvelle aurore du leadership américain". Sur un ton déjà guerrier il a ajouté : "A ceux qui voudraient détruire le monde, nous disons, nous vous battrons"... Attendons un peu pour savoir qui seront éventuellement, pour Obama, l’axe du mal, les États voyous et les dirigeants à diaboliser. Mais peut-être changera-t-il de formulation afin d’inscrire le "changement" du style dans la "continuité" politique. Car, pas plus qu’en France, le Président des États-Unis ne dispose véritablement de l’essentiel du pouvoir de décision, lequel est accaparé par une oligarchie souterraine, mise en place dès les années cinquante par la finance américaine hégémonique.

Rappelons en effet cette déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 : "De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d’une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle." David Rockefeller reprenait à son compte en juin 1991 cette volonté annoncée qu’il complétait en affirmant : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial." Cette vision mondialiste et supranationale est aujourd’hui une réalité qui orchestre la domination des peuples par les dirigeants étatsuniens, à travers la globalisation, dont l’Union européenne fédéraliste, par exemple, n’est qu’une expression et un outil.

Nous pouvons établir un parallèle entre l’élection en France de Nicolas Sarkozy et celle de Barack Obama aux États-unis. Je suis de ceux qui estiment que l’un et l’autre ont été pré-sélectionnés pour correspondre aux intérêts de l’oligarchie américaine et à ses ramifications supranationales et euro-atlantistes. Dans les deux cas, leurs concurrents à l’élection ne représentaient pas réellement une alternative crédible, mais avaient pour fonction de servir de faire-valoir au candidat réel de l’oligarchie. La présence de Ségolène Royal en naïve social-démocrate, innocente et opportuniste, accrochée au postulat de l’Europe fédérale des régions mais sans vision politique cohérente réelle, a contribué à estomper le caractère de démagogie généralisée de la campagne de Nicolas Sarkozy. John McCain, dynamique malgré son âge et affublé d’une Sarah Palin caricaturale ne soutenait aucune comparaison face au charisme de Barack Obama.

Dans les deux cas, ces deux élections ont donné lieu à des conditionnements, des manipulations massives et généralisées de l’opinion publique. Dans le cas des États-Unis cette mise en condition des peuples a pris un caractère mondial. Condoleezza Rice, Secrétaire d’Etat de G.W.Bush ainsi que son prédécesseur Colin Powell, ont démonté que la couleur de la peau n’est pas un critère déterminant qui empêcherait de servir avec cruauté l’impérialisme américain et sa volonté d’agression et de guerre.

Ce conditionnement des peuples explique partiellement mais pas totalement, l’enthousiasme populaire chez les afro-américains et parmi les peuples d’Afrique et du monde entier, devant cette élection.

Militant anti-raciste depuis des décennies, j’ai toujours été solidaire des Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Martin Luther King, Angela Davis et de bien d’autres militants noirs, j’aurais souhaité que Barack Obama se situe dans leur lignée progressiste. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Il est cependant naturel que cette élection, au delà de la manipulation mondiale politico-médiatique, ait soulevé une intense espérance populaire aux USA, en Afrique et dans le monde. Mais la désillusion risque d’être à la mesure de cette espérance. Et même si Barak Obama prenait conscience de ce que ces masses populaires attendent de lui et voulait y répondre positivement, il est peu probable que les Big Brothers, au pouvoir dans l’ombre, le laisseraient faire.

L’impérialisme américain après cette élection reste l’ennemi commun des peuples du monde.

Le 6 novembre 2008

Claude Beaulieu

samedi 8 novembre 2008, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article105


10 Annexe

10-1 Mathieu Verboud: Le complexe militaro-industriel américain veille.

Les RDV de l'Agora reçoivent Mathieu Verboud, auteur et réalisateur du documentaire "La Cabale", diffusé ce soir, mardi 28 octobre, sur France 5 à 21 h 40.

Dans son film La Cabale, diffusé ce soir sur France 5, le documentariste Mathieu Verboud revient sur la genèse de la guerre d'Irak et sur la philosophie politique des Etats-Unis, toujours prompts à guerroyer du moment que le business militaro-industriel a à y gagner. Rappelons-nous ce chiffre : durant le XXe siècle, les Etats-Unis ont dépêché des troupes dans près de trente Etats (sans compter les deux guerres mondiales).

C'est avec une image du mémorial du corps des Marines des Etats-Unis, à Washington, que commence ce documentaire. Sur le socle de ce célèbre monument représentant le prise d'Iwo Jiwa, sont inscrits les noms des grandes batailles américaines. Dernier nom gravé : l'Irak. Mais il y a encore de l'espace sur le socle. Beaucoup d'espace. Et les dirigeants de Lockheed, Halliburton, Blackwater peuvent se frotter les mains. Tant que l'on fera vibrer la corde patriotique, nationaliste et revancharde, tant que l'on dira au peuple américain qu'il doit combattre pour la liberté, ils accumuleront les dividendes. Pour comprendre la guerre d'Irak, il faut se rappeler les avertissements que lança en 1961 un certain Eisenhower et, bien avant lui, le général Smedley Butler. Le complexe militaro-industriel veille, les lobbies veillent pendant que tout le monde dort. Mais il y a lobby et lobby et Mathieu Verboud ne tombe pas dans les travers des complotistes.

Sur la guerre d'Irak, on croyait tout savoir. Mathieu Verboud ne nous apprendra rien de nouveau. Son intention est claire : "apprécier les symptômes liés à la guerre d'Irak, à la genèse de cette guerre, puis réfléchir plus largement à l'addiction américaine à la guerre depuis un demi-siècle." Mais il apporte un éclairage nécessaire. Il clarifie. Il dépouille volontairement son film. Choisissant de ne faire intervenir que deux protagonistes - Karen Kwiatkowski, ex-militaire de carrière, et Joe Trento, écrivain -, et utilisant à bon escient les images d'archives, il nous explique comment et pourquoi la guerre d'Irak a lieu. Pourquoi, quel que soit le nom du prochain locataire de la Maison-Blanche, elle a toutes les chances de continuer, et pourquoi elle peut s'étendre à l'Iran. Désespérant, mais salutaire.

Pour les RDV de l'Agora, Mathieu Verboud répond aux questions d'Olivier Bailly

Agoravox : Avez-vous rencontré des difficultés pour tourner ce documentaire ?

Mathieu Verboud : Si l'on entend par difficultés des blocages institutionnels divers et variés, aucune difficulté. La parole sur ces questions-là est assez libre en Amérique. C'est le paradoxe. Des choses extrêmement importantes sont dites. Aujourd'hui, il est admis par tout le monde, y compris par les gens qui étaient partisans de la guerre d'Irak, qu'il y a eu mensonge sur la genèse de cette guerre, mais rien n'embraye derrière. C'est un phénomène qu'on observe partout : des gens disent des choses, on sait que c'est là, mais on regardera plus tard car ce n'est pas encore prêt dans les esprits.

A : Avez-vous rencontré des difficultés pour le diffuser en France ?

MV : On l'avait proposé à une chaîne qui venait d'acheter un autre documentaire américain qui focalisait uniquement sur le Bureau des plans spéciaux et qui, ayant acheté ce film-là, ne pouvait plus acheter le mien. Il a fallu apparemment qu'on insiste auprès de France 5 pour qu'ils le prennent. Evidemment pour eux tout ça est extrêmement mélangé. Entre la guerre d'Irak qui a échoué, l'autoritarisme de Rumsfeld, la folie guerrière, la genèse de la guerre d'Irak... Quand vous arrivez avec une information qui pointe l'aspect très caractéristique et très inédit de la genèse de cette guerre - le film le dit : c'est la première guerre de toute l'histoire des Etats-Unis qui n'apporte rien de positif au pays. Du point de vue négatif au contraire, il n'y a que des recettes -, lorsque vous arrivez avec une information comme celle-là la chaîne dit « très bien on le prend » et comme ils vous sentent en position de force ils vous préviennent : « Attention, ne faites pas un film conspirationniste parce qu'avec ce que vous allez dire-là n'importe quel clampin peut s'autoriser tous les commentaires débiles... » On leur a donc dit qu'on faisait un film sur le complexe militaro-industriel.

A : Vous ne révélez rien, mais vous apportez un éclairage plus large sur la genèse de la guerre d'Irak. N'est-ce pas ce qui a manqué dans les analyses de ce conflit ? On s'est focalisé sur le 11-Septembre, y voyant une cause.

MV : Dès qu'on parle du 11-Septembre, on est forcément toujours amené à répondre à des questions sur les seuls qui sont connus pour travailler en permanence sur le 11-Septembre, c'est-à-dire « les théoriciens du complot ». Malheureusement, on n'entend personne d'autre réfléchir à la question, on ne sait pas ce que font les historiens, par exemple. Je ne me situe pas par rapport à ces gens-là ni par rapport à d'autres, ils posent des questions, comme tout le monde. Je ne révèle rien parce qu'on sait que la genèse de la guerre d'Irak, que l'analyse globale de ce conflit, sous-pondère l'aspect genèse.

Même s'il y avait eu un but de guerre « entendable », la guerre d'Irak aurait probablement été un fiasco, Abou Ghraïb aurait été là et ça aurait suffi à ce que cette guerre ait été une « guerre dégueulasse ». Il se trouve qu'en plus il y a une complication en amont qui explique beaucoup de choses et qui selon moi est très caractéristique, c'est Abou Ghraïb. Ils ont été jusque-là. Abou Ghraïb c'est un drame, un scandale, mais c'est la conclusion d'un état d'esprit et de pratique politique.

Et c'est autrement plus compromettant de créer une guerre à partir de rien que de faire une bavure dans une prison. C'est comme décrire la famille en occultant systématiquement le rôle de la grand-mère. Effectivement, dans ce film, je dis « la grand-mère existe », on me répondra « on le savait ». Eh bien alors pourquoi vous ne le dites pas ! Je ne vais pas reprocher aux autres de ne pas dire ce qu'ils ne disent pas, mais avec ce film j'ai observé deux symptômes : d'abord je pense que la genèse de la guerre d'Irak, à elle toute seule, est un symptôme infiniment plus grave parce que c'est un chaudron dans laquelle on fabrique les guerres.

On ne fabrique pas une nouvelle guerre avec Abou Ghraïb, tandis qu'avec les méthodes qui ont été employées dans toutes les guerres d'Irak on fabrique la matrice de toutes les guerres à venir. Je  parle de la guerre qu'on crée sur un coin de table, la guerre sans but, sans intérêt pour le pays, et la guerre éternelle sans aucune définition claire de la victoire. Donc on crée la matrice de la guerre parfaite. Evidemment, on va prendre un moustachu pas sympathique qui s'appelle Saddam Hussein et, pour peu qu'il y ait eu un attentat quelques jours avant, ça fait l'affaire.

La deuxième chose, c'est qu'il faut toujours dézoomer. On me parle de la guerre d'Irak, moi je préfère parler de la genèse de la guerre que de son déroulement. Ensuite, on me parle de l'appétit des Américains. Là pareil, avant de prononcer un quelconque mot, je dézoome et je me rends compte qu'avant moi il y a une poignée de gens, des conspirationnistes, mais aussi le président Eisenhower qui l'a dit - mais le problème c'est qu'à l'époque d'Eisenhower il n'y avait pas de marketing, pas de Cheney qui était un gamin, c'étaient les années 60. Eisenhower vous dit que c'était déjà là. Puis vous allez voir le personnage principal de votre film qui vous dit que quelqu'un - Smedley Butler en l'occurrence - l'a dit encore vingt ans avant Eisenhower...

Aujourd'hui, des gens vous expliquent à la télévision que l'amiante est dangereux. Ceux qui travaillent sur l'amiante savent que les effets nocifs de l'amiante ont été documentés par la médecine dans les années 10. A la seconde où vous savez ça, cela change tout. Cela signifie que la médecine du travail était complice des entreprises, et maintenant c'est quelque chose qui est reconnu par tout le monde depuis soixante-dix ans.

Les responsabilités sont décuplées à l'instant où vous apprenez que la médecine du travail le savait. Après, il y a un autre problème. Si vous dites « prendre de l'héroïne ce n'est pas bon pour la santé », on va vous répondre « on le sait depuis longtemps, vous n'apportez rien de nouveau ». Effectivement, comme tout le monde le sait et que tout le monde sait qu'on le sait depuis très longtemps, il n'y a rien à dire à tout le monde.

Là, je remarque qu'il y a une chose que l'on sait lorsqu'on va chercher le bouquin sur l'étagère, à savoir que tout a commencé il y a déjà un siècle, mais que chaque jour où l'on en parle on fait semblant de croire que c'est arrivé hier. Non ! Les choses ont une histoire, voilà, et on peut voir dans tel ou tel aspect de la guerre d'Irak des choses nouvelles, comme par exemple la privatisation à outrance des services, ce qui n'existait pas à l'époque d'Eisenhower. En revanche, sortir le bâton dès qu'il y a un problème et taper, ça, ça ne date pas de Dick Cheney.

A : Les néo-conservateurs pêchent-ils par idéologie ou par affairisme ?

MV : Ils sont connus pour prêcher dans les deux domaines. Ils sont connus comme tels par les services secrets américains. C'est le sujet d'un autre film que je prépare. Plusieurs des personnes impliquées dans la guerre d'Irak sont là depuis trente ans et depuis trente ans trafiquent, donnent des coups de tampon illégaux sur les exportations d'armes, jouent de leur influence, la monnaye et parfois sont directement impliqués comme intermédiaires. Ils sont connus y compris pour transmettre des secrets d'Etat à des pays étrangers comme Israël, par exemple.

A : Quel que soit le nom de celui qui s'installera à la Maison-Blanche en novembre prochain, cela ne changera pas grand-chose par rapport au complexe militaro-industriel. Qu'est-ce qui pourrait faire changer la donne ?

MV : Entre le foudre de guerre Reagan et le foudre de guerre Georges W. Bush (je passe sur le père), on a eu Clinton pendant huit ans. Mais, si vous prenez Clinton et Georges Bush père, vous avez ce qu'on appelle des « modérés », des gens plus prudents, plus centristes, plus atlantistes, moins unilatéraux. Le business a prospéré quand même. Ajoutez à cela que les marchands de canons font des affaires y compris en temps de paix...

L'Amérique vend ses armes et, actuellement, ça marche du feu de Dieu, ils vendent de plus en plus. L'armement est également un outil d'entrisme économique. Le complexe militaro-industriel est vraiment au cœur de l'économie américaine. On sait d'ailleurs que globalement l'industrie de l'armement fait beaucoup tourner l'économie, c'est un lieu d'innovation, etc. Il se trouve que les Américains, pour donner un bonus aux accords de paix israélo-arabes des années 70, versent depuis cette époque-là, c'est tout à fait connu, plusieurs milliards de dollars par an en aide militaire gratuite qu'empochent les Israéliens et les Egyptiens.

Comme le disent beaucoup d'intervenants aux Etats-Unis, on peut se demander si cet argent que l'Amérique verse entre autres pays à Israël, en quoi cela a pu modérer Israël, la rassurer et est-ce que ça a pu générer une volonté, tant en Israël qu'aux Etats-Unis, d'aller vers des accords de paix avec les Palestiniens ? Apparemment non.

Il y a un gros aggiornamento qui a actuellement cours aux Etats-Unis à propos du lobby pro-israélien. Le seul problème, c'est que s'en distancier est extrêmement compliqué. La distanciation par rapport à ce lobby est aussi compliquée que de se distancier de la guerre d'Irak ou se distancier du pétrole.

A : Vous évoquez l'Aipac, un lobby  pro-israélien très puissant auquel tous les politiques, démocrates comme républicains, font allégeance.

MV : Un jour un congressiste a dit : « imaginez la puissance du lobby du bois lorsque vous êtes à Seattle, dans l'Etat de Washington. Vous êtes dans un Etat où si vous êtes contre le lobby du bois vous êtes mort politiquement. L'Aipac, c'est l'équivalent du lobby du bois, mais à l'échelon du pays. Les ministres reculent devant l'Aipac. L'Aipac fait atteindre aux motions qui défendent Israël au Congrès des scores brejnéviens. L'Aipac est légendairement connu à Washington.

Son patron politique vient de se faire arrêter pour espionnage au profit d'Israël, c'est l'affaire Franklin, un ancien collaborateur de Doug Feith, qui a donné des documents sur le programme nucléaire iranien à l'Aipac qui les a immédiatement transmis au Mossad à Washington. Tous les protagonistes ont été arrêtés et le directeur exécutif de l'Aipac, connu comme le loup blanc à Washington, Steve Rosen est actuellement au trou pour avoir transmis des informations à Israël, le collaborateur de Douglas Feith est au trou également pour les mêmes raisons. Le procès qui devait commencer il y a un an, que je devais filmer il y a six mois en est à son neuvième ajournement. C'est le procès impossible. La défense veut faire citer à la barre Cheney, Condee Rice, etc.

Il se trouve que l'adjoint de Douglas Feith, Franklin, l'homme qui a fourni à l'Aipac les documents sur le programme nucléaire iranien qu'il avait dans son coffre au Pentagone, est parti pour douze ans en tôle. Certains m'ont dit qu'il était sorti alors que d'autres m'ont affirmé que non, il est bien en tôle ! Vous allez sur internet et vous ne savez pas si cet espion est en tôle ou pas ! Ce procès a terriblement gêné les grands médias parce qu'il exposait au grand jour la réalité de l'Aipac et c'est là où l'on voit ressortir un magnifique article de Seymour Hersch qui, un an avant son arrestation, avait rencontré le patron de l'Aipac et lui avait demandé comment fonctionnait l'Aipac, qu'est-ce qu'on y faisait, etc. Et le patron de l'Aipac lui avait répondu : « l'Aipac est comme une fleur vénéneuse : elle vit la nuit et se couche au petit matin ».

Des bouquins décrivent les membres de l'Aipac qui au moment d'une résolution se pointent juste dans les couloirs, ouvrent une porte où des gens sont en train de voter, passent leur tête à la porte. Dix, vingt personnes dans la salle savent ce qui se passe : le lobby est passé, il est temps de bien voter. Ils disent tous : si on se met contre ce lobby on se suicide politiquement.

L'Aipac est considéré par les congressistes américains comme le deuxième lobby le plus puissant des Etats-Unis après le lobby des personnes âgées. Et le troisième est le lobby des armes.

A : Eh bien justement, terminons sur une personne âgée, le sénateur  Robert Byrd, seule voix discordante au Congrès à propos de la guerre d'Irak. A-t-il dit tout haut ce que tout le monde aux Etats-Unis pense tout bas ?

MV : Je vais vous raconter une anecdote tirée du film The Israël lobby de la réalisatrice néerlandaise Marije Meerman : dans ce film, un historien anglais, Juif, critique vis-à-vis d'Israël, témoigne. Un jour cet historien, Tony Judt est à Paris. Il est avec un congressiste américain qui tient des propos sur le conflit israélo-palestinien qui lui semblent assez sensés. Il lui dit « je suis d'accord avec ce que vous racontez, vous avez une position équilibrée, il me semble que c'est quelque chose que vous ne racontez nulle part en Amérique publiquement ». Le congressiste opine. Et Tony Judt qui n'est pas dupe lui demande « Est-ce que vous faites ça parce que vous avez peur de perdre votre vote juif ? »

Le type sourit et lui répond : « Je viens d'une circonscription du Middle-West, je n'ai quasiment aucun Juif dans ma circonscription et de toute façon ils votent tous pour moi, donc je n'ai aucun risque de perdre des électeurs Juifs en disant publiquement ce que je pense du conflit israélo-palestinien. En revanche, si je le dis, la rétorsion viendra plus tard, elle ne sera pas forcément orchestrée dans le lobby, mais mes collègues en ont tellement peur que tout autre projet, toute autre requête ou résolution que je mettrais aux voix au Congrès à l'avenir seront systématiquement bloqués. Ça serait un suicide politique ».

Robert Byrd est trop vieux. Au pire, il fait encore un mandat, mais il est hors d'atteinte. C'est par ailleurs un personnage paradoxal puisque c'est un ancien membre du Ku Klux Klan...

Robert Byrd dit-il tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Quand vous avez une terreur collective, il y a une peur collective des uns des autres, du côté maccarthyste de l'administration Bush. S'opposer à la guerre c'est passer pour un anti-patriote, s'opposer à la guerre après le 11-Septembre c'est passer en plus pour un con, et derrière si vous rajoutez que le lobby vous guette en disant manque de pot, sur cette équation-là il y a l'ingrédient Israël, si vous votez contre c'est que vous êtes des traîtres... Pourquoi Obama à l'époque dit qu'il est contre la guerre ? Parce qu'il est encore trop petit, il peut encore se permettre de le dire. Dès que vous passez l'échelon au-dessus jamais vous n'allez prendre la position du maverick comme dirait McCain, du franc-tireur.

A : Quels sont les rapports entre l'Aipac et Israël ? Car, après tout, l'Aipac n'est pas Israël...

MV : Ce n'est pas une courroie de transmission organique, c'est-à-dire qu'il n'est pas mandaté par l'Etat israélien. Imaginons que vous êtes un chanteur et que vous avez un club de fans. C'est pareil. Il n'est pas mandaté par vous, il peut même vous irriter. On sait qu'il y a des chanteurs qui ont douze clubs de fans et qui sont irrités par tel ou tel club de fans qui fait des trucs qui ne leur plaisent pas. Bon, voilà, c'est un club de fans auto-constitué qui rend malgré tout énormément de services au gouvernement israélien.

Sharon a sorti un jour une boutade : "Américains si vous voulez aider Israël, aidez l'Aipac !" Il se trouve que l'Aipac a fait une OPA. Il y a une chose très particulière en Amérique : il y a des milliers d'associations juives ou pro-israéliennes et l'Aipac n'est que l'une d'entre elles. Mais elle a pris un virage à droite et a mobilisé le débat sur un aspect très particulier qui est la politique étrangère américaine. Grosso modo vous pouvez être dans une association juive non politisée, qui n'affiche pas de position politique ni démocrate ni républicaine aux Etats-Unis, ni Likoud ni travailliste en  Israël, mais à un moment donné, si par exemple il y a un pépin dans le monde avec Israël, vous allez vous en remettre à la ligne politique décidée par l'Aipac parce qu'il n'y a plus qu'elle qui se voit en Amérique...

Les deux questions qui suivent (ainsi que les réponses, bien sûr) ont été rédigées par Matthieu Verboud lui-même. Il les destinait au site web de France 5 qui a omis de les y faire figurer.  Nous remercions Matthieu Verboud de nous autoriser à les reproduire.

Pourquoi ce film ?

Parce que l'heure est, une fois encore, à la guerre. Irak, Afghanistan, Georgie, demain peut-être l'Iran... Parce que les experts de ces questions évoquent aujourd'hui, non sans réelles inquiétudes, des perspectives tout simplement terrifiantes : Troisième Guerre mondiale, risque d'embrasement nucléaire, tout ça sur fond de reprise possible de la guerre froide. A chaque fois, les Etats-Unis sont au centre de l'équation. On ne le dit jamais parce qu'on l'ignore, mais ce pays représente aujourd'hui 75 % des dépenses militaires de la planète ! Ça fait beaucoup pour un seul pays, un pays qui ne représente que 5 % de la population mondiale. Bien sûr, l'Histoire témoigne que de tous les grands empires de l'Histoire, l'empire américain est sans conteste le plus démocratique, le moins barbare. Et pourtant, en un peu plus d'un siècle (guerres mondiales mises à part), les États-Unis ont fait peser le poids de leurs interventions militaires aux quatre coins du globe. Depuis cinquante ans, date de l'émergence du complexe militaro-industriel, le nombre d'interventions américaines dans le monde a tout simplement doublé par rapport au demi-siècle précédent ! Bien sûr, il ne s'agit-là que d'un chiffre grossier dans la mesure où le complexe militaro-industriel fait des affaires même en temps de paix, mais il témoigne néanmoins des perspectives colossales que les États-Unis offrent historiquement à leurs marchands de canons. Pour mémoire, le coût des opérations militaires américaines depuis le 11-Septembre avoisine désormais celui de la guerre de Corée.

En quoi la guerre d'Irak constitue un cas d'école ?

Parce que comme le disent nos personnages, elle incarne la guerre de l'avenir : la guerre sans fin, sans vainqueur, sans claire définition de la victoire, la guerre éternelle. Et aussi parce qu’en  attaquant une seconde fois l’Irak en 2003, les Etats-Unis attaquaient un pays dont ils savaient eux-mêmes au-delà de tout doute possible qu’il ne constituait plus, et depuis longtemps, une quelconque menace militaire. L’un de nos deux personnages, le lieutenant colonel Karen Kwiatkowski, le raconte : dans les douze ans qui séparent les deux guerres d’Irak, les Américains et les Anglais ont lancé plus de bombes sur ce pays que sur le Vietnam ! Au fil des ans, la US Air Force en était à vider ses munitions sur des rochers. Il ne restait plus que ça à viser. Quelles que soient les raisons de se réjouir que l’on pouvait avoir à l’époque en voyant une démocratie chasser un dictateur sanguinaire du pouvoir, partir en guerre sur de telles prémices était un mensonge fait au monde, mais aussi un crime majeur contre la Constitution des Etats-Unis.

AgoraVox : Olivier Bailly

Mardi 28 octobre


10-2 Qu'est ce qui Risque de se passer le 21et 22 Janvier 2009 ?

Un Jour Aprés l'Investiture Du Nouveau Président US

Lors d'une interview sur MSNBC le 19/10/08 où Colin Powell annonçait son soutien au candidat Démocrate à la présidentielle US, Barak Obama, il a fait une remarque anticipatrice pour le moins surprenante.?

Le 19 Octobre 2008, Colin Powell, ancien secrétaire d'état sous la première Administration de G.W.Bush, et général à la retraite, était l'hôte de la célèbre émission sur la chaîne de TV américaine MSNBC , "Meet the Press" pour publiquement annoncer et expliquer son soutien au candidat Démocrate à la Présidentielle, Barak Obama.

Lors de cette interview , Colin Powell a annoncé qu'il y aurait une crise le 21 et 22 janvier 2009, sans fournir plus de détails. Le journaliste de MSNBC qui l'interrogeait n'a pas non plus juger bon de lui demander des précisions sur ce qu'il entendait par une "crise". Celle-ci aurait donc lieu, selon les dires de Colin Powell, le lendemain et le surlendemain de l'entrée en fonction du nouveau Président des Etats Unis, en l'occurence Barak Obama le candidat qu'il soutient. Cette prédiction intervient au bout de 2 minutes 40 et on entend Powell dire : " il va y avoir une crise qui adviendra le 21 et 22 janvier dont nous n'avons même pas connaissance en ce moment même". Le futur Président des Etats Unis sera élu le 4 novembre et entrera effectivement en fonction le 20 janvier 2008

Ce n'est pas la première fois qu'est évoqué cette période de prise de fonction de Barak Obama si c'est lui qui remporte les élections présidentielles, ce qui semble acquis selon les derniers sondages annonçant qu'il devance largement John McCain le candidat Républicain. Hillary Clinton, adversaire malheureuse de Barak Obama à la course à l'investiture Démocrate, avait fait à l'époque des déclarations affolantes faisant froncer les sourcils de certains à Washington.

Clinton avait évoqué la possibilité d'une attaque terroriste juste après l'entrée à la Maison Blanche de Barak Obama, affirmant qu'elle serait mieux à même d'affronter la situation que lui. Elle avait fait remarquer que le lendemain de la prise de fonction du premier ministre britannique, Gordon Brown, il y avait eu une tentative avortée de double attaques à la bombe à Londres et à Glasgow.. Elle avait dit à l'époque :
" Je ne pense pas que ce soit par accident qu'Al Qaeada ait décidé de tester le premier ministre.. Ils suivent nos élections de manière aussi assidue que nous le faisons, peut être même plus assiduement que certains de nos concitoyens le font... N'oublions pas que vous allez élire un Président pas simplement pour faire ce qu'un candidat dit pendant la campagne électorale, mais vous voulez aussi que le Président soit là dans les moments difficiles".

Elle avait aussi évoqué lors de sa campagne, provoquant un tollé général, la possibilité que Barak Obama soit assassiné comme l'ont été John Kennedy et Martin Luther King.

Autres paroles qui vont dans le sens d'une possible "crise" immédiatement après l'entrée en fonction de Bara Obama comme Président, celles prononcées par le co listier d'Obama, Joe Biden, réputé pour faire des gaffes lors de ses interventions publiques. Biden a parlé des premiers 90 jours de la présidence d'Obama comme de
"90 jours de crise"

Bref de quoi s'interroger par anticipation sur cette "crise" triplement annoncée.
Qu'elle sorte de crise ?
Provoquée par quoi ?
Par qui ?
Dans quel but ?

Une opération type faux pavillon comme semblent avoir été les attaques du 11 Septembre 2001, selon les informations de plus en plus nombreuses qui font surface et abondent dans ce sens ?
Obama, quant à lui, a commencé à parler prudemment - pour ne pas laisser croire que tout est déjà joué dans cette présidentielle - de son activité post élection entre le 4 Novembre et le 20 Janvier, période de transition qu'il aurait prévu d'organiser pour faire en sorte qu'elle se passe le plus calmement possible (le "calme avant la tempête" ?). Il a révélé avoir mis en place des équipes de travail pour s'occuper de la politique financière et étrangère, et a annoncé son soutien à la conférence sur la crise financière mondiale qui doit avoir lieu aux Etats Unis le 15 Novembre et à laquelle doivent participer les chefs de gouvernements des pays du G8 plus certains dirigeants de pays émergents. Il a déclaré que
"l'Amérique doit diriger et d'autres nations doivent faire partie du processus" reaffirmant la position toujours adoptée par les dirigeants américains, Démocrates et Républicains, de domination mondiale américaine, même si elle est parfois teintée de coopération multilatérale quand la situation l'exige, ce qui est la cas en ce moment les US traversant une crise sans précedent.

Source: http://www.planetenonviolence.org/

http://www.alterinfo.net/Qu-est-Ce-Qui-Risque-De-Se-Passer-Le-21-Et-22-Janvier-2009,-Un-Jour-Apres-l-Investiture-Du-Nouveau-President-US-_a25248.html

 


Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda, 

11/11/2008

n° 400 - Les Dossiers d'Irak- 11/11- 1 : L'Irak & Obama


n° 400 - Les Dossiers d'Irak- 11/11- 1 : L'Irak & Obama


                          Les Dossiers d'Irak

                                       N° 391                             11/11/08 

                                                  Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part 

Barack Hussein Obama

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Une crise et deux guerres: le lourd héritage.

 2-1 Ian Hamel : L'énigme Oussama Ben Laden.

2 Brèves

2-1 L'Irak capable de garantir sa sécurité en cas de départ des troupes US.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Robert Fisk : C'est Obama qui devra payer pour les huit années de délire de Bush.

3-2 Point de vue de Claude Beaulieu : Barack Obama ou l’arrivée d’une "nouvelle aurore du leadership américain".

3-3 Point de vue de Monique Mas : Obama : le dialogue plutôt que la guerre.

Suite1

3-4 Point de vue de Djamaldine Benchenouf : Obama, un rêve américain ?

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Obama, premier président noir des USA.

4-2 Silvia Cattori : L'horreur des prisons secrètes irakiennes

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Déjà les lobbys de toutes les sortes sont à l’œuvre.

5-2 Jean-Pierre Martin : Election d’Obama : la France choquée.

5-3 Ce que révèle le discours d'Obama à Berlin.

Fin

5-4 Mathieu Verboud: Le complexe militaro-industriel américain veille.

 


Avant propos

·                    Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part :

Barack Hussein Obama

Barack Hussein Obama II[1], né le 4 août 1961 à Honolulu, Hawaii, est un homme politique américain, sénateur démocrate de l'Illinois au Sénat des États-Unis depuis 2005. Le 4 novembre 2008, il s'est assuré la victoire pour l'élection au poste de président des États-Unis en remportant une large majorité de grands électeurs. Une fois élu par ces derniers le 15 décembre 2008, il doit entrer en fonction le 20 janvier 2009, devenant alors le 44e président des États-Unis et le premier afro-américain[2] à accéder à la Maison Blanche.

Carrière nationale (2004-2008)

Barack Obama, Sénateur de l'Illinois

À l’automne 2002, il engage le consultant politique David Axelrod et annonce officiellement sa candidature au Sénat des États-Unis en janvier 2003[21].

En juillet 2004, il prononce un discours de la Convention démocrate de Boston désignant John Kerry comme candidat du parti à l'élection présidentielle. Il y fait l'apologie du rêve américain, de l'Amérique généreuse en les reliant à ses origines familiales. Il en appelle à l'unité de tous les Américains et dénonce les « errements » et l'« extrémisme » diviseur de l'administration de George W. Bush. Ce discours « The Audacity of Hope »[22] repris dans la presse écrite et à la télévision fait connaître Barack Obama aux militants démocrates mais également à de nombreux Américains[23].

Le 2 novembre 2004, après avoir balayé quelques mois plus tôt ses adversaires démocrates lors des primaires, Barack Obama est élu au Sénat des États-Unis avec 70 % des voix contre 27 % à son adversaire républicain, l'ancien ambassadeur et chroniqueur politique conservateur afro-américain Alan Keyes. Le score ne fut pas une surprise car pendant plusieurs mois, Barack Obama avait fait une grande partie de sa campagne électorale sans aucun opposant désigné contre lui à la suite du retrait en dernière minute de Jack Ryan, le candidat républicain qui avait lui-même succédé à Blair Hull, le vainqueur des primaires, tous deux étant englués dans des affaires scabreuses avec leurs épouses respectives. Ce n'est que deux mois avant l'élection, que Alan Keyes fut désigné comme candidat républicain en dépit du fait qu'il résidait au Maryland, n'avait aucun lien avec l'Illinois et qu'en 2000, il avait dénoncé le parachutage d'Hillary Clinton à New York.

Barack Obama succède alors au sénateur républicain sortant Peter Fitzgerald, qui n'avait pas reçu le soutien de son parti pour se représenter suite à des prises de position trop personnelles[réf. nécessaire].

En décembre 2004, Barack Obama passe un contrat de 1,9 million de dollars avec une grande maison d'édition pour écrire trois livres dont l'un concernera ses convictions politiques et le second, co-écrit avec son épouse, serait destiné aux enfants.

Barack Obama a prêté serment comme sénateur le 5 janvier 2005 devenant le seul homme de couleur à siéger au Sénat, et le cinquième de l'histoire[24].

Source : Wikepedia


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Une crise et deux guerres: le lourd héritage ...

Une crise et deux guerres: le lourd héritage ...

http://fr.news.yahoo.com/2/20081110/video/vwl-une-crise-et-deux-guerres-le-lourd-h-acb3f14.html


1-2 Ian Hamel : L'énigme Oussama Ben Laden.

écouter 03 min

http://www.rfi.fr/actufr/articles/107/article_74518.asp

«Depuis 2001, on est en 2008, pourquoi on n'a pas pu arrêter Oussama Ben Laden que l'on dit toujours au Pakistan, dans les zones tribales qui ne sont pas immenses ?»

Des résistants irakiens et afghans se disent aujourd'hui disposés à de nouvelles relations avec les Etats-Unis si le président élu Barack Obama retire rapidement ses troupes déployées dans les deux pays.

L'occasion de s'interroger sur l'avenir de la nébuleuse islamiste. Sept ans après les attentats du 11-Septembre, la guerre se poursuit en Irak et en Afghanistan mais Oussama Ben Laden a disparu. Ian Hamel vient de publier un livre sur le leader d'al-Qaïda.

Ouvrage dans lequel il explique comment s'est formé le mythe de l'ennemi public n°1, un mythe instrumentalisé au Moyen-Orient mais aussi en Occident. L'énigme Oussama Ben Laden est publié aux éditions Payot et Rivages.

Frédérique Misslin

[08/11/2008



2 Les Brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1L'Irak capable de garantir sa sécurité en cas de départ des troupes US.
le ministre irakien de la Défense Abdel Qader Mohammed Jassem al-Obeidi, a déclaré samedi à Bagdad "Notre armée est prête à garantir la sécurité du pays si les troupes américaines quittent l'Irak", a indiqué le ministre à RIA Novosti."Les effectifs de l'armée irakiennes sont assez grands pour accomplir les missions qui leur sont confiées", a souligné le ministre. En témoigne le fait que "les Américains ont déjà remis le contrôle de la plupart des provinces irakiennes aux forces de sécurité irakiennes", selon lui.
Bagdad et Washington entendent signer un accord de partenariat stratégique précisant la date de départ des troupes américaines. Les États-Unis ont récemment accepté la proposition irakienne de retirer leurs soldats avant la fin de 2011, a annoncé vendredi le conseiller du gouvernement irakien pour la sécurité nationale Muwaffak al-Rubai.
Washington a même reconnu que la présence militaire américaine ne pouvait pas être prolongée au-delà de cette date, selon lui.

L'accord appelé à définir le statut des troupes américaines en Irak après l'expiration du mandat de l'ONU pour la force multinationale en Irak le 31 décembre prochain, aurait dû être signé en juillet 2008.
Toutefois la plupart des partis politiques irakiens refusent de signer l'accord malgré de nombreuses concessions américaines. Ils estiment que ce document porte atteinte aux intérêts nationaux irakiens et à sa souveraineté.

RIA Novosti Agence russe

8 novembre
http://fr.rian.ru/world/20081108/118203087.html



3 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 3-1 Point de vue de Robert Fisk : C'est Obama qui devra payer pour les huit années de délire de Bush.
Il devra sortir d’Irak et dire ses quatre vérités à Israël
Les avocats américains qui défendaient cette semaine six Algériens à une audition d’habeas corpus à Washington ont appris d’étranges choses sur les services secrets étasuniens après le 11/9. Des millions de rapports "bruts" des espions américains et de leurs "actifs" un peu partout dans le monde, est sortie une alerte de la CIA au Moyen-Orient sur une possible attaque aérienne de type kamikaze contre une base navale des Etats-Unis à un emplacement insulaire du Pacifique Sud. Seul problème : aucune base navale américaine de ce type n’existe et aucun navire de guerre de la Septième Flotte des Etats-Unis n’a jamais croisé là-bas.

Une enquête de l’armée américaine avait rapporté auparavant avec le plus grand sérieux qu’Oussama ben Laden avait été reconnu en train de faire des achats dans un bureau de poste sur une base militaire américaine d’Asie orientale.

Que cette absurdité ait été disséminée dans le monde entier par ceux qui avaient la tâche de défendre les Etats-Unis dans la "guerre contre la terreur" montre l’environnement imaginaire qui était celui du régime Bush pendant huit ans ! Si l’on peut croire que ben Laden se rend dans un centre commercial sur une base militaire américaine, alors on peut croire que quiconque est arrêté est un "terroriste", que les Arabes sont des "terroristes", qu’ils peuvent être exécutés, que les "terroristes" vivant doivent être torturés, que tout ce que dit un homme sous la torture peut être cru, qu’il est légitime d’envahir des Etats souverains et de mettre la main sur tous les enregistrements téléphoniques en Amérique. Ainsi que Bob Herbert l’a dit dans le New York Times, il y a environ deux ans, l’administration Bush voulait ces enregistrements "qui contiennent une documentation cruciale d’appels à un restaurant chinois à emporter à Terre Haute, dans l’Indiana, et d’appels pour souhaiter un bon anniversaire à grand-mère à Talladega, en Alabama, pour aider dans la recherche de ben Laden ". Rien n’a arrêté Bush lorsqu’il s’est agi de fouler la constitution des Etats-Unis. La nouveauté était qu’il appliquait désormais le même irrespect pour la liberté en Amérique que celui qu’il avait montré dans le reste du monde.

Mais comment Barack Obama va-t-il réparer les dégâts titanesques que son prédécesseur vicieux et menteur a perpétrés partout dans le monde et même aux Etats-Unis ? John F. Kennedy a dit une fois que "les Etats-Unis, tout le monde le sait, ne commenceront jamais une guerre". Après la peur semée par Bush et après "le choc et la terreur" [shock and awe] de Rumsfeld, Abou Ghraib et Bagram, Gantanamo et les enlèvements secrets, comment Obama va faire pédaler son pays pour refaire tout le chemin vers Camelot [l’administration de JFK] ? Même le propre enthousiasme de notre cher Gordon Brown à aspirer les courriels des Britanniques est un autre exemple de la relation malade entre Lord Blair et Bush qui infecte toujours notre propre corps politique. Quelques jours seulement avant que ce président démoniaque nous quitte enfin, une nouvelle loi étasunienne assurera que les citoyens de son allié britannique flagorneur ne puissent plus se rendre aux Etats-Unis sans une habilitation sécuritaire. Bush a-t-il d’autres surprises pour nous avant le 20 janvier ? Peut-on encore vraiment être surpris ?

Obama doit fermer Guantanamo. Il doit trouver un moyen de faire ses excuses au monde pour les crimes de son prédécesseur, ce ne sera pas une tâche facile pour un homme qui doit faire preuve de fierté en son pays ; mais dire qu’il est désolé est ce qu’il devra faire – sur le plan international – si le "changement" dont il s’est fait le champion chez lui doit avoir le moindre sens hors des frontières de l’Amérique. Il devra repenser – et déconstruire – toute la "guerre contre la terreur". Il devra sortir d’Irak. Il devra appeler à l’arrêt de la construction de bases aériennes massives en Irak et de son ambassade à 600 millions de dollars. Il devra mettre fin aux frappes aériennes sanglantes que nous perpétrons dans le Sud de l’Afghanistan – pourquoi, oui, pourquoi continuons-nous de perpétrés des massacres contre les banquets de mariage ? – et il devra dire ses quatre vérités à Israël : que l’Amérique ne peut plus rester muette face à la brutalité de l’armée israélienne et à la colonisation pour les Juifs – et les Juifs seulement – sur la terre arabe. Obama devra au moins se dresser contre le lobby d’Israël (qui est en fait le lobby israélien du Likoud) et retirer l’acceptation que Bush a faite en 2004 à propos de sa revendication sur une partie importante de la Cisjordanie. Les officiels étasuniens devront parler aux officiels iraniens – et aux officiels du Hamas, d’ailleurs. Obama devra mettre fin aux frappes aériennes à l’intérieur du Pakistan – et de la Syrie.

Les alliés de l’Amérique au Moyen-Orient sont vraiment de plus en plus préoccupé par la nécessité que l’armée américaine doit être ramenée sous contrôle – le fait est que la véritable raison au départ de la nomination de Petraeus en Irak était moins d’organiser le "surge" [la montée en force] que de ramener la discipline aux 150.000 soldats et marines dont la mission – et la moralité – était devenue complètement pervertie par la politique de Bush. Il y a des preuves, par exemple, que la frappe des quatre hélicoptères en Syrie le mois dernier, qui a tué huit personnes, était – sinon une opération véreuse – certainement pas autorisée par Washington, ni par les commandants étasuniens à Bagdad.

Mais Obama ne pourra pas voler de ses propres ailes. Il veut réduire sa présence en Irak afin de concentrer plus de puissance de feu en Afghanistan. Il ne s’opposera pas au lobby à Washington, ne stoppera la colonisation juive rampante des territoires occupés et ne parlera pas aux ennemis d’Israël. En prenant Rahm Emanuel, le fervent supporter de l’< a title="la principale institution du lobby d’Israël à Washington"> AIPAC, comme nouveau secrétaire général – "notre homme à la Maison Blanche", ainsi que le quotidien israélien Maariv l’a appelé cette semaine – Obama marchera droit. Et il y a, bien sûr, cette terrible pensée que ben Laden – lorsqu’il ne fait pas ses courses dans les bureaux de poste de l’armée américaine – pourrait projeter une autre atrocité pour accueillir la présidence d’Obama.

Pourtant, il y a juste un petit problème : les prisonniers "manquants". Pas les victimes qui ont été torturées (qui le sont encore ?) à Guantanamo, mais les milliers qui ont tout simplement disparu en détention américaine à l’étranger ou – avec l’aide des Américains – dans les prisons des alliés des Etats-Unis. Certains reportages parlent de 20.000 hommes qui auraient disparu, la plupart Arabes, tous Musulmans. Où sont-ils ? Peuvent-ils être libérés maintenant ? Ou sont-ils morts ? Si Obama découvre qu’il hérite de charniers légués par George W. Bush, il y aura beaucoup d’excuses à faire.

Robert Fisk

The Independent, publié le 9 novembre 2008

Article original : "Robert Fisk: Obama has to pay for eight years of Bush's delusions"

Traduit de l'anglais par [JFG/QuestionsCritiques]


3-2 Point de vue de Claude Beaulieu : Barack Obama ou l’arrivée d’une "nouvelle aurore du leadership américain".

USA : Espoir ou impérialisme à prétendu visage humain

Avant même d’être confirmé par le vote des grands électeurs, Barack Obama a annoncé qu’il inscrivait sa présidence dans la continuité dominatrice de l’impérialisme messianique qui conduit la politique américaine par rapport au reste du monde. Actuellement 349 élus démocrates sur 512 lui sont acquis. À partir du 15 décembre et jusqu’au 6 janvier ils devront voter pour confirmer formellement son élection, l’investiture devant avoir lieu le 20 janvier.

À Chicago, le futur Président a annoncé l’arrivée d’une "nouvelle aurore du leadership américain". Sur un ton déjà guerrier il a ajouté : "A ceux qui voudraient détruire le monde, nous disons, nous vous battrons"... Attendons un peu pour savoir qui seront éventuellement, pour Obama, l’axe du mal, les États voyous et les dirigeants à diaboliser. Mais peut-être changera-t-il de formulation afin d’inscrire le "changement" du style dans la "continuité" politique. Car, pas plus qu’en France, le Président des États-Unis ne dispose véritablement de l’essentiel du pouvoir de décision, lequel est accaparé par une oligarchie souterraine, mise en place dès les années cinquante par la finance américaine hégémonique.

Rappelons en effet cette déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 : "De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d’une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle." David Rockefeller reprenait à son compte en juin 1991 cette volonté annoncée qu’il complétait en affirmant : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial." Cette vision mondialiste et supranationale est aujourd’hui une réalité qui orchestre la domination des peuples par les dirigeants étatsuniens, à travers la globalisation, dont l’Union européenne fédéraliste, par exemple, n’est qu’une expression et un outil.

Nous pouvons établir un parallèle entre l’élection en France de Nicolas Sarkozy et celle de Barack Obama aux États-unis. Je suis de ceux qui estiment que l’un et l’autre ont été pré-sélectionnés pour correspondre aux intérêts de l’oligarchie américaine et à ses ramifications supranationales et euro-atlantistes. Dans les deux cas, leurs concurrents à l’élection ne représentaient pas réellement une alternative crédible, mais avaient pour fonction de servir de faire-valoir au candidat réel de l’oligarchie. La présence de Ségolène Royal en naïve social-démocrate, innocente et opportuniste, accrochée au postulat de l’Europe fédérale des régions mais sans vision politique cohérente réelle, a contribué à estomper le caractère de démagogie généralisée de la campagne de Nicolas Sarkozy. John McCain, dynamique malgré son âge et affublé d’une Sarah Palin caricaturale ne soutenait aucune comparaison face au charisme de Barack Obama.

Dans les deux cas, ces deux élections ont donné lieu à des conditionnements, des manipulations massives et généralisées de l’opinion publique. Dans le cas des États-Unis cette mise en condition des peuples a pris un caractère mondial. Condoleezza Rice, Secrétaire d’Etat de G.W.Bush ainsi que son prédécesseur Colin Powell, ont démonté que la couleur de la peau n’est pas un critère déterminant qui empêcherait de servir avec cruauté l’impérialisme américain et sa volonté d’agression et de guerre.

Ce conditionnement des peuples explique partiellement mais pas totalement, l’enthousiasme populaire chez les afro-américains et parmi les peuples d’Afrique et du monde entier, devant cette élection. Militant anti-raciste depuis des décennies, j’ai toujours été solidaire des Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Martin Luther King, Angela Davis et de bien d’autres militants noirs, j’aurais souhaité que Barack Obama se situe dans leur lignée progressiste. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Il est cependant naturel que cette élection, au delà de la manipulation mondiale politico-médiatique, ait soulevé une intense espérance populaire aux USA, en Afrique et dans le monde. Mais la désillusion risque d’être à la mesure de cette espérance. Et même si Barak Obama prenait conscience de ce que ces masses populaires attendent de lui et voulait y répondre positivement, il est peu probable que les Big Brothers, au pouvoir dans l’ombre, le laisseraient faire.

L’impérialisme américain est toujours l’ennemi commun des peuples du monde !

samedi 8 novembre 2008, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article105


3-3 Point de vue de Monique Mas : Obama : le dialogue plutôt que la guerre.

Article publié le 05/11/2008 Dernière mise à jour le 06/11/2008 à 05:25 TU

Même si la crise économique est passée au premier plan des préoccupations américaines, Barack Obama va devoir se prononcer assez rapidement sur l’engagement militaire américain en Irak et en Afghanistan, sur les contours de son implication dans le conflit israélo-palestinien, mais aussi sur ses choix stratégiques à l’endroit de pays comme l’Iran ou la Syrie. Après avoir marqué sa préférence pour les options diplomatiques plutôt que militaires pendant sa campagne électorale, le président démocrate va désormais se mesurer à la réalité. Son avènement à la Maison Blanche marque déjà en soi un changement sur le terrain du « Grand Moyen-Orient » souhaité par l’administration Bush.


Le 20 janvier 2009, l’artisan de la deuxième guerre en Irak, le républicain George Bush cèdera le fauteuil présidentiel à Barack Obama, le démocrate qui s'est distingué par son opposition à l'intervention militaire américaine. Un legs empoisonné car malgré la détermination de l’administration Bush, il n’est pas sûr que Washington parvienne à négocier avec Bagdad un nouveau statut pour ses troupes en Irak avant le 31 décembre prochain et l'expiration du mandat onusien qui légitime au plan international la présence des quelque 152 000 soldats américains chargés de stabiliser l’Irak. Et cela plus de cinq ans après une entreprise militaire américaine qui a fini par faire débat au plan national, après avoir fait polémique au plan international, avec la France notamment.

Quitter l'Irak pour l'Afghanistan

Barack Obama n’a jamais été partisan de la guerre voulue en 2003 par George Bush. Une décision qui avait par ailleurs jeté un froid entre Washington et Paris. Si cela a apporté des sympathies françaises à Obama, marquer sa différence sur ce terrain l'a aussi aidé à emporter la course à l’investiture démocrate contre Hillary Clinton qui s'était au contraire prononcé en faveur de cette guerre au Sénat. Cela a pesé à un moment où le coût humain et matériel de la guerre en Irak constituait une préoccupation majeure aux Etats-Unis,  jusqu’à ce que la crise économique et financière qui va être désormais sa priorité obligée ne vienne éclipser le sujet dans la campagne électorale. Barack Obama s’est même taillé un franc succès en promettant de retirer les troupes américaines d’Irak dans un délai de 16 mois et d'en redéployer une partie en Afghanistan, là où d’après lui se joue véritablement le combat contre le terrorisme et l’idéologie qui a commis le 11-Septembre (2001) sur le sol américain.

Comme le rappellent les spécialistes de la chose militaire, les 16 mois évoqués par Obama représentent en fait le délai minimum nécessaire au rapatriement des troupes américaines. Une opération qu’il s’agit bien sûr de conduire de « façon responsable », selon les termes du nouveau président américain. Et ce n’est pas seulement une question technique de délai nécessaire sinon suffisant. De Bush à Obama, cela reste une question stratégique conditionnée par le degré de stabilité recouvré par l’Irak comme ne manquera pas de le faire observer au nouveau locataire de la Maison Blanche le commandant en chef des troupes américaines en Irak et en Afghanistan, le général David Petraeus, qui servira de relais militaire d'une administration l'autre.

Tandis qu’à Bagdad, le Premier ministre Nouri al-Maliki s’empressait de jouer la promesse de retrait d’Obama pour lever les réticences de l’administration Bush à fixer un calendrier de retrait, c’est finalement la perspective de 2011 que Washington a consenti comme « ligne d’horizon » pour un possible départ. Les seize mois seront vite là, Bagdad faisant monter les enchères sur divers points, parmi lesquels celui de sa souveraineté juridique sur les troupes américaines. La question de leur statut moribond va finalement incomber à Barack Obama. Pour sa part, le concurrent de Nouri al-Maliki, le chiite Moqtada Sadr, a jugé utile de commenter l'élection de Barack Obama, indiquant qu'il lui fait davantage confiance qu’à son prédécesseur, honni il est vrai, pour mettre un point final a cette « occupation » américaine combattue par son Armée du Mahdi.

Bagdad et Damas temporisent

Nul doute que Bagdad ait choisi de faire traîner en longueur ses négociations avec Washington, en attendant l’installation d’une administration Obama. A peine Barack Obama était-il élu que le gouvernement irakien clamait en tout cas son « sincère désir de coopérer avec [lui] pour faire aboutir les intérêts communs des deux pays », sans pour autant se bercer de l’illusion d’un « désengagement américain » rapide, soulignait-il en même temps. Parrallèlement, les autorités irakiennes se sont entendues avec la Syrie pour « apaiser la tension » provoquée par le raid américain du 26 octobre, une opération transfrontalière censée frapper des insurgés irakiens opérant en territoire syrien. Plus prosaïquement, il s’agit en fait pour Damas de passer l’éponge, en attendant d’en savoir plus sur la manière Obama de gérer les relations des Etats-Unis avec la Syrie, jusqu'ici accusée de tous les maux par l'administration Bush, en dépit de ses bonnes dipositions affichées à l'égard du Liban et des négociations ouvertes avec Israël par Turquie interposée.  

Pendant la campagne électorale, Barack Obama avait fait polémique avec son adversaire John McCain en déclarant que dans tous les cas il préférait le dialogue à la guerre et cela y compris avec l’Iran, suspecté de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Finalement, Barack Obama avait dû un peu en rabattre sur sa main tendue à la République islamique, menace existentielle du point de vue d’Israël, qui bénéficie aux Etats-Unis de l’appui d’un lobby auquel tout candidat à la Maison Blanche se doit d’offrir un minimum de garantie. Au lendemain de son investiture à la candidature démocrate, Barack Obama avait pour sa part réaffirmé devant le lobby pro-israélien que la sécurité d’Israël est à ses yeux d'Américain une priorité incompressible. Il avait aussi évoqué une « Jérusalem indivisible » quelque peu incompatible avec les espoirs de changements palestiniens, une maladresse sans doute au vu de ses efforts ultérieurs pour tenter de rééquilibrer ses propos.

Des négociations israélo-palestiniennes en panne

Toujours à son poste en attendant les législatives de février, le Premier ministre israélien Ehud Olmert s’est empressé mercredi de saluer en même temps que les résultats de la présidentielle américaine la perpétuation de relations « spéciales et fondées sur des valeurs et des intérêts communs qui s’expriment par une coopération étroite ». « Israël et les Etats-Unis veulent resserrer leurs relations et faire progresser le processus de paix », a poursuivi Olmert. En attendant, la parenthèse politique israélienne et la présidentielle américaine se sont conjuguées pour paralyser les négociations relancées en novembre 2007 à Annapolis par George Bush. Le président sortant promettait alors un accord de paix avant la fin de son mandat. Il n’en a rien été. Ce n’est pas une surprise. A Barack Obama de jouer là aussi.

Côté palestinien, à Gaza, le Hamas islamique souhaite que Barack Obama « tire la leçon des erreurs des précédentes administrations, notamment celle de Bush qui a détruit l'Afghanistan, l'Irak, le Liban et la Palestine ». Pour sa part, la porte-parole en Europe de l’Autorité palestinienne, Leïla Shahid, voit dans l’élection d’Obama, la manifestation d’une Amérique qui a changé, tournant la page de George Bush et de son « axe du mal ». Reste à connaître la méthode Obama, après ses discours de campagne.

Leïla Shahid

Porte-parole de l'Autorité palestinienne en Europe

« Obama pourrait revenir à une politique multilatérale, renoncer aux interventions militaires dans le monde. »

http://www.rfi.fr/actufr/articles/107/article_74408.asp 



Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda, 

n° 400 - Les Dossiers d'Irak- 11/11- Suite1 : L'Irak & Obama


n° 400 - Les Dossiers d'Irak- 11/11- Suite1 : L'Irak & Obama


                          Les Dossiers d'Irak     Suite1

                                       N° 391                             11/11/08 

                                                  Par M.Lemaire



Sommaire :

3 Dossier & Point de vue    Suite1 

3-4 Point de vue de Djamaldine Benchenouf : Obama, un rêve américain ?

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Obama, premier président noir des USA.

4-2 Silvia Cattori : L'horreur des prisons secrètes irakiennes

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Déjà les lobbys de toutes les sortes sont à l’œuvre.

5-2 Jean-Pierre Martin : Election d’Obama : la France choquée.

5-3 Ce que révèle le discours d'Obama à Berlin.


3-4 Point de vue de Djamaldine Benchenouf : Obama, un rêve américain ?

L’élection de Obama a suscité, à travers toute la planète, un enthousiasme tout à fait puéril, mais compréhensible à bien des égards. Parce que tous les êtres humains, de façon plus ou moins consciente, ont identifié les USA comme étant la principale source des malheurs qui meurtrissent l’humanité entière. Et ils ont cru, ou ont voulu croire, obstinément, que cette élection était une révolution, au sein même de l’empire qui mène leur monde au chaos.

Je crains qu’ils ne déchantent bientôt.

Je crois aussi que Obama est un mirage, un rêve, un de plus, qui a été créé de toute pièce pour parer à une situation, et en installer une autre, encore plus profitable, et plus confortable, pour ceux qui l’ont initiée, et dont les coûts se limiteront à un changement de décor, sans même qu’il soit besoin de changer de style.

Le meilleur révélateur de cette orchestration, menée de main de maître, se trouve dans le financement de la campagne de Monsieur Obama. Plus de 600 millions de dollars, dont probablement plus de 400 viennent de lobbies et de groupes financiers. L’un de ces généreux donateurs est Goldman Sachs,la plus grande banque d’investissement au monde. Goldman Sachs est l’archétype même des groupes de pression qui installe dans toute les institutions américaines et dans le monde enier, des "agents" chargés de servir ses stratégies. Le Secrétaire d’Eta au trésor américain, Henry Paulson, était Pdg de Goldman Sachs. L’ex Premier ministre italien, Romano Prodi était un conseiller payé de Goldman Sachs.De nombreux politiciens européens, hauts responsables dans les institutions financières mondiales et autres ministres importants dans les pays productuers d’hydrocarbures émargent chez Goldmlan Sachs. Cette banque d’investissement est plus qu’un Etat dans l’Etat. C’est l’Etat qui fait et qui défait les Etats. Et si ce groupe a décidé de financer une partie très importante de la campagne de Obama, ce n’est pas pour redonner un "immense espoir au monde" ni de "rendre justice aux opprimés de la terre" C’est juste pour le faire croire, pour permettre à ses stratégies de pouvoir se redéployer dans un autre régistre. Parce que l’actuel est arrivé à son point de rupture.

L’autre indice qui nous renseigne clairement sur la marge de manoeuvre qui a été laissée à Obama, se trouve être dans le choix de ses collaborateurs. L’un d’eux, par exemple, est Dennis Ross. C’est lui qui a été chargé du dossier Iran. Avant même l’élection de Obama. Cet homme, fortement imprégné du néo con Paul Wolfowitz, dont il a été uncollaborateur, fait partie du petit groupe d’extrémistes américains qui ont fondé, avec l’aide de l’AIPAC, le "Washington Institute for Near East Policy", un Think-tank qui distille une propagande israélienne jusqu’auboutiste. A côté de Dennis Ross et de ses discours belliqueux sur l’Iran, Condoleeza Rice fait figure de pacifiste béate.

Deniss Ross est résolument, et publiquement partisan d’une attaque"préventive" contre l’Iran, avec la collaboration d’Israël, et l’assistance des "pays amis du golfe" et du Caucase.

Dans un document récent élaboré par un groupe d’experts qu’il a présidé, Deniss Ross préconise de : " mettre en place dans la région des forces militaires américaines et alliées plus importantes, déployer des groupes de porte-avions et des navires démineurs, implanter dans la région des stocks de matériel de guerre (y compris des missiles), augmenter localement le nombre de bases militaires, conclure des partenariats stratégiques avec des pays comme l’Azerbaïdjan et la Géorgie pour pouvoir être opérationnel contre l’Iran de plusieurs endroits ». Comme par hasard, dans ce groupe de reflexion se trouvent des"experts" éprouvés, qui ont fabriqué les fausses preuves d’armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein.

Mais Deniss Ross ne sera pas le seul faucon à encadrer Obama. Presque tous les futurs collaborateurs de Obama, et les collaborateurs de ceux-ci, sont étiquetés néocons. Rahm Emanuel, surnommé "Rahm-bo" pour ses dispositions guerrières, un inconditionnel d’Israël s’est toujours opposé énergiquement à toute forme de pression contre celui-ci. Fils d’un extrémiste juif, il hait les Palestiniens et ne s’en cache pas. Il sera probablement le secrétaire général de la Maison Blanche. C’est dire. Il semblerait que c’est lui qui a suggéré à Obama de déclarer devant un parterre de juifs américains, au siège de l’AIPAC, que Jérusalem doit être la capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël. Un pas que même G.W.Bush n’a pas franchi.

Et dans ces nouveaux schémas, pour ne pas être en reste, et ne pas paraître jouer le rôle du simple paravent où les vrais maîtres du monde l’ont fait élire, Monsieur Obama y va de ses propres professions de foi, en annoncant qu’il va renforcer l’armée américaine de 100 000 hommes, d’"éliminer", c’est le terme qu’il a utilisé, la menace que fait peser l’Iran sur Israël, qu’il ne transigera jamais quand la sécurité d’Israël sera en jeu. Et, cerise, il a promis d’offrir à Israël tous les moyens pour se défendre « de toutes les menaces qu’elles viennent de Gaza ou de Téhéran ».

Imaginez un peu le cocasse, ou le tragique, de la situation. Promettre à une puissance nucléaire de la doter de tous les moyens contre un peuple emprisonné entre des murs, et qui ne dispose que d’un armement de simple police. Il dira aussi, avec un zèle qui frise la flagornerie, qu’il aidera Israël à créer un État palestinien. Ce qui est un comble. Mais cela renseigne déjà sur le futur scénario destiné à la Palestine. Et pour clore le sujet sur une note symapathique, il rassurera la communauté juive américaine en s’engageant à ne jamais permettre aux “terroristes du Hamas” de s’asseoir à la table des négociations.

La marge de manœuvre de Barack Obama est donc toute tracée. Elle est très étroite et il ne pourra pas prendre des initiatives qui pourraient contrarier les stratégies de ceux qui l’ont fait Ubu roi. Il aura la latitude de réformer quelques secteurs qui menacent de générer des troubles intérieurs, comme la sécurité sociale et autres problèmes domestiques. Cela aura le mérite de lefaire passer pour un grand réformateur et d’empêcher la machine sociale de s’emballer. En plus de faire illusion sur la capacité de l’Amérique à remettre en cause ses fondements les plus symboliques, pour le Bien souverain. Mais hors d’une certaine latitude qui lui sera allouée, Obama ne sera l’homme le plus puissant de la planète que pour la galerie. Et lui même l’a très bien compris, puisqu’il n’en rate pas une pour rassurer sur toutes ses intentions. Et sur ses ancages. Jusqu’au point où il a gommé son propre prénom, Hussein, qui détonnait dans la partition.

Du temps de l’esclavagisme, les américains blancs distinguaient leurs esclaves en deux catégories : Les “Field Negroes et les House negroes” Les esclaves des champs et les esclaves domestiques.

Les premiers, utilisés dans les champs de coton, étaient considérés comme des bêtes de trait ou de somme. Vêtus de haillons, nourris de bouillie de maïs, il trimaient de l’aube au crépuscule, sans autre salaire que les châtiments corporels et les mauvais traitements. Et, pour la messe dominicale, une place au fon de l’église. Les House negroes avaient droit à un autre traitement. Ils s’occupaient à tenir l’intérieur de la maison, à faire la lessive, la cuisine, à servir leurs maîtres, à conduire la calèche, à prendre soin des enfants, et parfois même, à jouer de la musique, pour le plaisir de ceux dont ils sont la propriété. Ceux là étaient bien nourris, puisqu’ils mangeaient les restes, les femmes pouvaient, éventuellement, servir à l’initiation sexuelle des jeunes maîtres, et ils étaient bien vêtus, de livrées toutes neuves, parce qu’il y allait de la réputation de l’exploitation et du maître. Parce que des House negroes dépenaillés signifiaient que leurs maîtres étaient pauvres.

Cette proximité faisait même naître un certain attachement des maîtres pour leurs esclaves domestiques. Et réciproquement. Certains furent même affranchis par leurs maîtres affectueux, mais ils refusaient de les quitter et restaient à leur service. Par contre, pour bien ressentir toute l’importance de leur statut privilégié, ces êtres humains qui avaient été décérébrés et ravalés au rang de serviteurs par naissance, affichaient ostensiblement leur profond mépris pour leurs propres frères, esclaves des champs, qu’ils se gardaient bien de fréquenter et avec lesquels ils ne s’alliaient jamais. Malcolm X, Mohamed Ali et d’autres noirs contestataires avaient bien compris toute l’horreur de cette situation. Et c’est bien pour cela qu’ils refusaient de se comporter en house negroes dociles.

Aujourd’hui les choses ont changé. Mais, si tant est que nous pouvons caricaturer le contexte, il existe toujours des field negroes, sauf qu’ils habitent les villes, dans des ghettos, au bas de l’échelle sociale, et au plus bas de la considération sociale. Ce sont eux qui forment le plus gros des 40 millions d’ américains qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Et il y a des House Negroes, parfois aux plus hauts niveaux de l’échelle sociale. Ce sont des vedettes de cinéma, des chanteurs, des sportifsde haut niveau, des noirs fortunés. Mais comme leurs prédécesseurs, ils ne se mêlent pas aux noirs d’en bas. On les trouve dans tous les dessus de panier, et de la même manière que leurs ancêtres étaient vêtus de livrées neuves pour faire honneur à la réputation de leurs maîtres, la société américaine les a élevés à des rangs où ne manquent ni les paillettes, ni la fanfare, ni les honneurs, ni les Sitcom qui entretiennent l’illusion. Parce qu’ils doivent donner l’image d’une Amérique où les plus humble ont leur chance et où ils sont la preuve vivante du rêve américain. Et à chaque circonstance, l’Amérique a su dépasser ses propres limites de l’hypocrisie et du fardage. Après Colin Powel, ce fut Condoleeza Rice ainsi que de nombreux autres qui ont été engloutis par l’anonymat, après avoir servi..

Cette fois-ci, ceux qui façonnent l’image de l’amérique, pour l’usage des foules, ont confectionné une livrée que personne n’aurait imaginé. Ils ont fait d’un noir, qui n’est même pas issu de leurs anciens esclaves, le président des Etats Unis. Barack Obama. Il aura un rôle à jouer. Bien plus important que celui de Rice ou de Powel. Et il ne faut pas douter qu’il le jouera très bien.

Djamaldine BEN CHENOUF

 



4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Obama, premier président noir des USA.

Obamania quand tu nous tiens ...

- C'est une bonne chose pour l'image multiculturelle et plurielle des USA,

- C'est une bonne chose pour les Afro-américains qui, après tant d'années de lutte contre la discrimination, peuvent enfin se reconnaître dans leur président

- C'est une bonne chose pour laver le déshonneur de l'esclavage, de l'intolérance, de la discrimination de cette société

- C'est une bonne chose pour  la réconciliation avec le reste du monde et spécialement avec l'Afrique dont ils ont pillé les habitants et les ressources

-  C'est une bonne chose pour donner une image d'une Amérique jeune, moderne et d'avant-garde

- C'est une bonne chose pour sortir les USA du marasme dans lequel les a plongé ce guerrier de GW Busch

- C'est une bonne chose afin de continuer à donner des leçons de bonne conduite au reste du monde

Mais,

- N'oublions pas qu'Obama est avant tout Américain et imprégné de cette culture dominante et dominatrice

- N'oublions pas qu'Obama, s'il en est arrivé là, c'est qu'il a dû faire des compromis avec les lobbys qui dirigent le pays

- N'oublions pas qu'Obama est l'otage des pouvoirs financiers et des banques mondiales

- N'oublions pas qu'Obama ne pourra arrêter les guerres à lui tout seul, encore faudrait-il qu'il en ait envie

- N'oublions pas qu'Obama n'a pas condamné les massacres US en Afghaistan et n Irak, ni ceux des Israéliens en Palestin

- N'oublions pas qu'Obama  n'a condamné ni l'occupation de la Palestine, ni le sionisme

- N'oublions pas qu'Obama s'est déclaré ami d'Israël et proclamé Jérusalem capitale éternelle d'Israël

- N'oublions pas qu'il n'est que le symbole, voir une image de la société US  et que, ni les trusts financiers qui la composent, ni les lobbys drigeants  ne sont  prêt pour le changement

 Malgré tout cela, je suis très contente de sa victoire et je lui souhaite longue vie

Ginette Hess Skandrani


4-2 Silvia Cattori : L'horreur des prisons secrètes irakiennes. 

Un parlementaire irakien s'exprime

C’est le règne de la peur et de la terreur en Irak. Depuis 2003, au moins 380’000 femmes, hommes, enfants, ont été brutalement arrachés à leurs foyers pour être enfermés dans des centres de détentions et de tortures. Selon l’ONU, 50’000 personnes seraient actuellement encore détenues par les forces d’occupation et leurs alliés en Irak. Mais ce chiffre pourrait être infiniment plus important, dans un contexte de haine ethnique croissante où les prisons secrètes sont devenues légion, et les humiliations et les tortures une institution.

Mohammed Al-Dainy un parlementaire de Bagdad, est de père sunnite et de mère chiite ; il refuse toutefois de se définir autrement que par son appartenance à l’Irak. Il est venu le 30 octobre à Genève, avec le journaliste Ali Wajeeh de la chaîne TV Al-Sharquiyya [1], pour dire qu’il est urgent que l’on envoie des gens enquêter dans les nombreuses prisons secrètes irakiennes.

M. Al-Dainy a pu établir l’existence de 426 lieux de détention secrets et rassembler quantité de documents, dont certains filmés. Depuis 2006, il a visité treize prisons secrètes. Et il en existe beaucoup d’autres : les 27 prisons reconnues par le gouvernement irakien, et les prisons secrètes administrées par les forces du Pentagone.

Il a apporté des procès verbaux d’actes de tortures et de viols, prouvant les exécutions extrajudiciaires, ainsi que des certificats de décès de prisonniers morts sous les tortures.

« Ceux qui demandent à visiter des prisons secrètes dont ils auraient connaissance ne peuvent le faire sans l’autorisation du gouvernement », explique Al-Dainy. « Cela donne ainsi le temps aux autorités de déplacer les détenus avant la visite. Nous sommes constamment confrontés à ce dilemme. Raison pour laquelle nous faisons appel à une autorité internationale qui impose ses propres conditions ».

A la question de savoir comment M. Al-Dainy est parvenu à collecter des documents « ultra-confidentiels » et à filmer à l’intérieur des prisons, il a répondu qu’il a bénéficié de son « statut de parlementaire » et qu’il était de son devoir de se rendre sur ces lieux lorsque qu’il en a eu connaissance ! Il a pu parfois profiter de la désorganisation qui règne pour entrer dans des prisons et filmer.

« Dans certaines cellules, nous avons compté 200 personnes ; dans d’autres jusqu’à 700. Femmes, vieillards, enfants et hommes sont mélangés », a-t-il raconté. « Parmi les treize lieux que j’ai visités, trois étaient sous administration mixte américaine et irakienne. Il s’agit de Al Dial, Al Karmiya et Sahat Al Usur ».

Le journaliste Ali Wajeeh, directeur de l’information d’Al-Sharquiyya, a évoqué lui l’assassinat de quatre confrères, il y a deux semaines. Ils ont été enlevés, torturés et exécutés alors qu’ils préparaient une série d’émissions à partir des documents et des vidéos fournis par M. Al-Dayni. Depuis 2003, 461 journalistes ont été tués en Irak. Plus de mille autres ont quitté le pays.

Qui sont les tueurs ? Il y a actuellement en Irak 160’000 mercenaires qui se servent de leurs armes contre les civils. « Ils sont venus en Irak en disant qu’ils allaient protéger les droits de l’Homme. Or le remède s’avère pire que le mal. Et de cela, l’ONU ne dit rien. »

M. Al-Dainy a confié nombre de documents à l’ONG arabe Al-Karama. « Parmi tous ces documents il faudra faire un tri », commente le responsable Rachid Al-Mesli. « Et, ensuite, il faudrait aller sur place pour recouper toutes les informations, vérifier la véracité de chaque document. Nous ne sommes pas structurés pour remplir cette mission. C’est pourquoi il faut absolument instaurer un tribunal international, comme le demande M. Al-Dainy, et nommer une commission pour faire ce travail. »

Les deux témoins irakiens ont appelé les Nations Unies à ouvrir une enquête internationale pour l’assassinat de deux députés, la nomination d’un rapporteur spécial pour l’Irak, et la mise en place d’un Tribunal international pour juger urgemment les crimes les plus graves.

Nous avons écouté leur poignant témoignage avec un sentiment d’effroi.

Sivia Cattori

9 novembre 2008

Source : Silvia Cattori 
http://www.silviacattori.net/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Silvia_Cattori.091108.htm



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Déjà les lobbys de toutes les sortes sont à l’œuvre.

Il ne gouvernera pas son pays selon les grandes idées de justice du Martin Luther King car déjà les lobbys de toutes les sortes sont à l’œuvre.
Le capitalisme international, la corporation de la grande spéculation, les toutes puissantes multinationales de l’industrie du pillage des richesses et de la guerre, ainsi que le tout puissant du dernier des apartheids : le lobby sioniste, tous tissent en ce moment leur toile autour de lui.
Pour commencer, il ne constituera pas une commission d’enquête pour incriminer les banquiers de Wall Street ; en tout cas, cette commission d’enquête, si elle est constituée, n’ira pas jusqu’à incriminer les puissants du néolibéralisme.
Ils lui dicteront mot par mot ce qu’il devra faire pour résorber la crise qui frappe de plein fouet le capitalisme international et il y parviendra en faisant supporter cette crise non seulement par son peuple, mais aussi par tous les peuples, particulièrement les peuples de l’hémisphère sud.
Ils le manipuleront par le mensonge et l’hypocrisie, médias interposés, afin qu’il poursuive cette politique de soutien à l’entité sioniste dans son œuvre criminelle d’apartheid et d’occupation sur la terre de Palestine.
Sur ce point particulier, il ne mettra pas en exergue les vraies causes de toutes ces souffrances qui perdurent depuis plus de soixante ans dans cette région du monde.
Ils l’acculeront à admettre le fait accompli en Afghanistan et en Iraq.

Ils tenteront de l’opposer à l’Iran car :
1- les richesses naturelles, toutes les richesses, devront enfin tomber entre leurs mains
2- la main d’œuvre sans aucune contre partie salariale les intéressent ; qu’appelle-t-on déjà cela ? Esclavage !
3- leur logique géo militaire oblige à l’encerclement d’un pays pour qui la méfiance est toujours de mise, à savoir la Russie
4- le soutien iranien aux résistances des peuples palestiniens et libanais compromet gravement leur visée, à savoir un grand bassin méditerranéen sous la domination militaire et économique de l’entité sioniste ; quelle aubaine pour eux ce grand potentiel en main d’œuvre quasi gratuite et ces richesses, notamment l’or bleu que représente ce bassin

Espérance brutalement transformée en une série de mirages, avec la même brutalité des effets de la Bourse, voilà ce qui nous attend dans les années à venir.

Quant à nous, peuples des deux Amériques, d'Europe, d’Afrique et d’Asie, nous devons cesser de parier et le mot « naïveté » devra être dorénavant supprimé de notre dictionnaire.
Notre seul salut ne pourra venir que par notre détermination à résister, à la lumière de Gandhi, de Martin Luther King, des grands Hô Chi Minh et Che Guevara, mais aussi et surtout par la solidarité mutuelle de nos résistances et par notre conscience collective de l’avènement inéluctable d’un nouveau monde de Justice Sociale et de Paix.
Par cette détermination à résister, cette solidarité entre les peuples, cette conscience collective et notre amour de nos futures générations, nous imposerons ce nouveau monde.
8 novembre 2008
Raymond RICHA

Liban Résistance

http://libanresistance.blogspot.com/2008/11/il-ne-gouvernera-pas-son-pays-selon-les.html


5-2 Jean-Pierre Martin : Election d’Obama : la France choquée.
La France a réservé un accueil glacial à l’élection de Barack Obama.

Outre les remerciements d’usage, le président de la République Nicolas Sarkozy s’est inquiété de la régression historique survenue aux Etats-Unis : "Barack Obama n’est pas assez entré dans l’histoire. L’homme noir, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.(...) Jamais Obama ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin."

Selon le chef de l’Etat, le nouveau président américain n’a pas la stature de son prédecesseur. Et en privé, il s’interroge sur les mécanismes populistes qui ont pu aboutir à l’élection de ce "géant noir qui fait peur à tout le monde".

L’ancien président Jacques Chirac a tenu lui aussi à fournir son analyse de la situation. Tout en regrettant la défaite de McCain, l’ancien président s’est interrogé sur les conditions de travail des collaborateurs d’Obama. "Son installation à la maison blanche avec toute sa famille risque de dégrader l’ambiance. Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, les collaborateurs, ils deviennent fous !"

Les réactions politiques se sont succédées tout au long de la journée. C’est tout d’abord l’UMP Sylvie Noachovitch qui déclarait que son "mari pouvait dormir tranquille. L’idée de coucher avec Obama me répugne". De son côté, le sénateur UMP Hugues Portelli (qui n’est pas raciste car son beau-frère est antillais) s’inquiète de la confusion qui risque de s’installer, rappelant que lors de la visite du candidat Obama en France, le croisant à la cafétéria du sénat, il avait asséné à l’Afro-américain : "Vous pouvez nettoyer, parce que c’est sale ! On ne peut pas se servir, ici, c’est vraiment dégoûtant. Vous comprenez ce que je veux dire ou pas ? (...) Nettoyer, vous comprenez, ou pas ?".

Du côté des intellectuels français, c’est l’indignation qui prime. Alain Finkielkraut se dit malade devant cette présidence "black-black-black, qui est la risée du monde" et s’indigne d’une élection qui s’apparente pour lui à un "pogrom anti-républicain" avec des relents "antisémites".

Hélène Carrère d’Encausse pour sa part, s’est déclarée outrée par la polygamie du nouveau président américain : "Ils viennent directement de leurs villages africains.(...) Baucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! "

Alors une telle catastrophe est-elle possible en France ? Notre pays connaît fort heureusement une histoire et une identité plus fortes que celles de la jeune Amérique. Mais il convient d’être vigilant. Et de ce point de vue, Nicolas Sarkozy est le digne héritier du Général de Gaulle qui s’exclamait dans les années 60 : "On ne voit plus qu’eux, il y a des nègres à l’Elysée tous les jours, je suis entouré de nègres ici, foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Ce n’est pas seulement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Elysée."

Source : http://onsefechier-anatic6.blogspot.com/2008/11/election-dobama-la-france-choque.html

Jean-Pierre Martin
http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=209


5-3 Ce que révèle le discours d'Obama à Berlin.

Quelle différence entre le "nouveau Moyen-Orient" de Georges Bush et l'"aube nouvelle" de Barack Obama?

 Le Monde du 26 juillet 2008 a publié une traduction intégrale du discours de Barack Obama, prononcé le 24 juillet à Berlin, devant près de 200 000 Allemands, apparemment enthousiastes et gagnés par l'"Obamania", phénomène entretenu par les médias occidentaux.

 

     Tous les sujets de politique internationale y étaient abordés, donnant à ce discours, un avant goût du programme qui sera appliqué en cas de victoire (attendue) du candidat démocrate à la Maison Blanche.

 

     Que révèle le discours de Barack Obama sur la puissance américaine, l'OTAN, les murs de division (les mots "mur" ou "murs" ont été prononcés à 14 reprises) et le Moyen-Orient?

 

     L'analyse qui suit concerne uniquement le discours de Barack Obama à Berlin et ne préjuge en rien des changements éventuels qui interviendraient, sous la pression des forces progressistes, si l'actuel candidat démocrate devenait président.

 

     Un rappel historique est utile: à son arrivée au pouvoir, Georges Bush avait deux atouts majeurs: la disparition soudaine de l'Empire soviétique et la puissance de l'économie américaine, loin des problèmes qu'elle connaît actuellement (crise des crédits hypothécaires, baisse du dollar, pillage des richesses du pays par le complexe politico-militaro-industriel, vol organisé et systématique des crédits alloués à l'Irak et à l'Afghanistan, appauvrissement des ménages américains, etc.).

 

     A l'époque, l'arrogance et l'unilatéralisme constituaient les deux piliers de la politique étrangère de l'administration Bush. Le Maccartisme lui servait de base idéologique: ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous!

 

     La France et l'Allemagne, opposées à la guerre d'Irak, étaient taxées de "vieille Europe", ridiculisées par les médias américains, gagnés à la cause néoconservatrice. La répression, théorisée dans le "Patriot act", a même gagné les Etats-Unis. L'union à la carte avait remplacé l'unité occidentale qui prédominait avant la disparition de l'Union soviétique. La Pologne, l'Ukraine, la Géorgie, la Roumanie, la Corée du sud comme certains pays d'Amérique Latine, pays sans importance stratégique, furent recrutés pour participer à la nouvelle croisade colonialiste des Etats-Unis au Moyen-Orient. La prédominance des intérêts américains remplaça les lois internationales, et l'ONU fut transformée en exécutant des désidératas de l'Oncle Sam.

 

     L'Irak fut envahi illégitimement et le vassal israélien des Etats-Unis continua de bafouer les lois internationales, en construisant une société d'apartheid en Israël et dans les territoires occupés.

 

     Quelques années plus tard, les guerres d'Irak et d'Afghanistan sont devenues des fardeaux financiers et humains, difficiles à supporter par une seule puissance, aussi grande soit-elle. Les élections à mi-mandat de novembre 2006 et l'échec des républicains, ont montré que les Etats-Unis sont gagnés par le doute. Les impasses de la guerre et les mauvaises nouvelles de l'économie américaine ont fini par achever le rêve néoconservateur de dominer le monde pour mille ans.

 

     C'est dans une telle situation que la France et l'Allemagne ont fini par se joindre aux Etats-Unis, en s'engageant davantage en Afghanistan et en s'associant totalement à sa politique guerrière au Moyen-Orient. Une manière d'avouer, entre autres, que l'échec des Etats-Unis pourrait préfigurer celui de tout l'Occident, suivi du recul de l'influence occidentale dans le monde.

 

     Conscient de l'échec de l'unilatéralisme, des limites de la puissance américaine et sans jamais mettre en cause sa suprématie, Barack Obama insiste aussi sur les limites de la puissance militaire et diplomatique des Etats-Unis et prône l'amitié euro-américaine: "Nous ne pouvons pas nous permettre d'être divisés. Aucune nation, aussi grande et puissante soit-elle, ne saurait relever seule de tels défis". De ce point de vue, il y a continuité de la politique de l'actuelle administration qui, depuis le 7 novembre 2006, a peu à peu enterré, à son tour, l'unilatéralisme.

 

     La reconnaissance des limites de la puissance (militaire et financière) des Etats-Unis se révèle lorsque B. Obama parle de l'Afghanistan: "Les Etats-Unis ne peuvent agir tout seuls. Les Afghans ont besoin de nos soldats et des vôtres". Finie donc, l'époque où les néoconservateurs projetaient de s'impliquer simultanément sur trois fronts à la fois et dénigraient ou minimisaient: "l'importance de l'Europe pour notre défense et notre avenir".

 

     Concernant l'OTAN, B. Obama entretient la confusion, mélangeant sciemment les époques. En parlant du "miracle allemand", il évoque l'OTAN, "la plus belle alliance jamais conçue pour la défense de notre sécurité commune". En effet, ladite alliance a été conçue pour contrer le "Pacte de Varsovie", présent au cœur de l'Europe et qui menaçait la "sécurité" de l'Europe occidentale. Depuis l'arrivée au pouvoir de l'administration Bush, l'alliance atlantique a complètement changé de mission, se transformant en un outil de domination colonialiste américain, agissant en Afghanistan. B. Obama ne met nullement en cause la nouvelle mission de l'OTAN. Il souhaite même qu'en Afghanistan: "la première mission de l'OTAN hors d'Europe réussisse". B. Obama va jusqu'à utiliser les termes employés par Georges Bush: "Pour les Afghans, et pour notre sécurité à tous, le travail doit être fait". Car :"trop d'intérêts [il s'agit des intérêts colonialistes- NDLR] sont en jeu pour que nous puissions faire marche arrière maintenant".

 

     B. Obama est, on ne peut plus, clair: il est sur la même longueur d'onde que les néoconservateurs et sera le défenseur zélé de la politique colonialiste de la bourgeoisie américaine dont la "sécurité" s'étend jusqu'à Hindou Koch!

 

     Sous B. Obama, y aura-t-il un changement de politique palestinienne? Evoquant la chute du  "mur de Berlin", B. Obama dit: "les murs ne sont pas tombés qu'à Berlin, ils sont aussi tombés à Belfast (...) dans les Balkans (...) en Afrique du Sud (...) les murs peuvent être abattus, l'Histoire nous le rappelle sans cesse". Même s'il insiste, à juste titre, qu'"aucun mur ne doit plus séparer les races et les ethnies, les citoyens de souche et les immigrés, les chrétiens, les juifs et les musulmans. Voilà les murs qu'il faut aujourd'hui abattra", un lecteur averti ne trouve rien, dans le discours de B. Obama, ni sur le "mur de séparation" qu'érige Israël en Cisjordanie, ni sur la clôture de séparation qu'érige les Etats-Unis à leur frontière avec le Mexique.

 

     Comme ses prédécesseurs, B. Obama soutient la destruction des murs qui empêchent la suprématie des Etats-Unis, aussi bien à Berlin que dans les Balkans. Le "mur de séparation" en Cisjordanie, conforme aux intérêts des Américano-israéliens, ne mérite même pas de figurer sur la liste des murs à abattre. Là encore, la continuité de la politique du trio Bush-Sharon-Olmert semble évidente.

 

     Quant au Moyen-Orient, B. Obama suggère que "le temps est venu d'une aube nouvelle". Tout porte à croire qu'il s'agisse d'une nouvelle variante du "nouveau Moyen-Orient", prédit, avec le succès qu'on lui connaît, par Georges Bush et Condoleezza Rice, pendant la guerre d'agression israélienne, d'été 2006, contre le Liban.

 

     Que se cache derrière la politique d'"aube nouvelle" de B. Obama? En s'adressant à la chancelière allemande, B. Obama dit: "mon pays doit s'unir au vôtre et à l'Europe tout entière pour adresser un message clair à l'Iran, qui doit renoncer à ses ambitions nucléaires. Nous devons soutenir les Libanais [le clan Hariri- NDLR] (...) ainsi que les Israéliens et les Palestiniens [Olmert et consorts et Mahmoud Abbas-NDLR] qui cherchent une paix solide et durable". Rien sur la colonisation de la Cisjordanie par Israël, ni sur le développement des colonies. Alors que personne ne croit plus aux pourparlers de paix, qualifiés de "trompe l'œil" par Hani Al-Masri, éditorialiste au quotidien panarabe Al-Hayat, qui affirme:" il n'y a jamais eu de processus de paix. Tous ce que nous avons vu depuis six mois, c'est davantage de colonie, de mur et de raids militaires. Les négociations n'ont servi qu'à masquer les faits accomplis israéliens" (LM du 02/08/08). Là encore, la continuité de la politique de l'administration Bush, sur l'Iran, le Liban et la Palestine est manifeste: étendre la suprématie américaine sur le reste du Moyen-Orient en visant l'Iran qui mène une politique anticolonialiste radicale.

 

     Hormis le désengagement progressif des forces combattantes américaines du bourbier irakien, le programme de politique étrangère de B. Obama, révélé lors de son discours à Berlin,  ressemble, à s'y méprendre, à celui de l'administration sortante.

 

     Il y aura, peut-être, un changement de méthode, souligné par Hubert Védrine, ancien ministre français des affaires étrangères, et théorisé par Fareed Zakari, journaliste centriste américain d'origine indienne (Le Monde Diplomatique- août 2008).

 

     Selon H.Védrine: "Bien sûr, il s'agit toujours, pour Zakaria, de préserver les intérêts vitaux des Etats-Unis, leur leadership, mais intelligemment, de façon bismarko-rooseveltienne si l'on peut dire, en maniant le smart power du professeur Joseph Nye, de Harvard". Dans la note concernant Joseph Nye, H.Védrine écrit: "Nye fut l'inventeur du concept de soft power ("puissance douce"). Il utilise désormais celui de smart power ("puissance intelligente"), qui renvoie à un équilibre entre puissance militaire et puissance d'attraction".

 

     Pour l'instant, tout porte à croire que, pour corriger les énormes dégâts causés par la brutale administration Bush, B. Obama, souhaiterait incarner le smart power. L'avenir nous dira si le colonialisme "soft" ou "smart" réussira mieux que l'ancienne version, plus brutale, incarnée par l'administration Bush.

http://r-sistons.over-blog.com/article-24592196-6.html



Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda, 

n° 400 - Les Dossiers d'Irak- 11/11- Fin : L'Irak & Obama


n° 400 - Les Dossiers d'Irak- 11/11- Fin : L'Irak & Obama


                          Les Dossiers d'Irak     Fin

                                       N° 391                             11/11/08 

                                                  Par M.Lemaire



5-4 Mathieu Verboud: Le complexe militaro-industriel américain veille.

Les RDV de l'Agora reçoivent Mathieu Verboud, auteur et réalisateur du documentaire "La Cabale", diffusé ce soir, mardi 28 octobre, sur France 5 à 21 h 40.

Dans son film La Cabale, diffusé ce soir sur France 5, le documentariste Mathieu Verboud revient sur la genèse de la guerre d'Irak et sur la philosophie politique des Etats-Unis, toujours prompts à guerroyer du moment que le business militaro-industriel a à y gagner. Rappelons-nous ce chiffre : durant le XXe siècle, les Etats-Unis ont dépêché des troupes dans près de trente Etats (sans compter les deux guerres mondiales).

C'est avec une image du mémorial du corps des Marines des Etats-Unis, à Washington, que commence ce documentaire. Sur le socle de ce célèbre monument représentant le prise d'Iwo Jiwa, sont inscrits les noms des grandes batailles américaines. Dernier nom gravé : l'Irak. Mais il y a encore de l'espace sur le socle. Beaucoup d'espace. Et les dirigeants de Lockheed, Halliburton, Blackwater peuvent se frotter les mains. Tant que l'on fera vibrer la corde patriotique, nationaliste et revancharde, tant que l'on dira au peuple américain qu'il doit combattre pour la liberté, ils accumuleront les dividendes. Pour comprendre la guerre d'Irak, il faut se rappeler les avertissements que lança en 1961 un certain Eisenhower et, bien avant lui, le général Smedley Butler. Le complexe militaro-industriel veille, les lobbies veillent pendant que tout le monde dort. Mais il y a lobby et lobby et Mathieu Verboud ne tombe pas dans les travers des complotistes.

Sur la guerre d'Irak, on croyait tout savoir. Mathieu Verboud ne nous apprendra rien de nouveau. Son intention est claire : "apprécier les symptômes liés à la guerre d'Irak, à la genèse de cette guerre, puis réfléchir plus largement à l'addiction américaine à la guerre depuis un demi-siècle." Mais il apporte un éclairage nécessaire. Il clarifie. Il dépouille volontairement son film. Choisissant de ne faire intervenir que deux protagonistes - Karen Kwiatkowski, ex-militaire de carrière, et Joe Trento, écrivain -, et utilisant à bon escient les images d'archives, il nous explique comment et pourquoi la guerre d'Irak a lieu. Pourquoi, quel que soit le nom du prochain locataire de la Maison-Blanche, elle a toutes les chances de continuer, et pourquoi elle peut s'étendre à l'Iran. Désespérant, mais salutaire.

Pour les RDV de l'Agora, Mathieu Verboud répond aux questions d'Olivier Bailly

Agoravox : Avez-vous rencontré des difficultés pour tourner ce documentaire ?

Mathieu Verboud : Si l'on entend par difficultés des blocages institutionnels divers et variés, aucune difficulté. La parole sur ces questions-là est assez libre en Amérique. C'est le paradoxe. Des choses extrêmement importantes sont dites. Aujourd'hui, il est admis par tout le monde, y compris par les gens qui étaient partisans de la guerre d'Irak, qu'il y a eu mensonge sur la genèse de cette guerre, mais rien n'embraye derrière. C'est un phénomène qu'on observe partout : des gens disent des choses, on sait que c'est là, mais on regardera plus tard car ce n'est pas encore prêt dans les esprits.

A : Avez-vous rencontré des difficultés pour le diffuser en France ?

MV : On l'avait proposé à une chaîne qui venait d'acheter un autre documentaire américain qui focalisait uniquement sur le Bureau des plans spéciaux et qui, ayant acheté ce film-là, ne pouvait plus acheter le mien. Il a fallu apparemment qu'on insiste auprès de France 5 pour qu'ils le prennent. Evidemment pour eux tout ça est extrêmement mélangé. Entre la guerre d'Irak qui a échoué, l'autoritarisme de Rumsfeld, la folie guerrière, la genèse de la guerre d'Irak... Quand vous arrivez avec une information qui pointe l'aspect très caractéristique et très inédit de la genèse de cette guerre - le film le dit : c'est la première guerre de toute l'histoire des Etats-Unis qui n'apporte rien de positif au pays. Du point de vue négatif au contraire, il n'y a que des recettes -, lorsque vous arrivez avec une information comme celle-là la chaîne dit « très bien on le prend » et comme ils vous sentent en position de force ils vous préviennent : « Attention, ne faites pas un film conspirationniste parce qu'avec ce que vous allez dire-là n'importe quel clampin peut s'autoriser tous les commentaires débiles... » On leur a donc dit qu'on faisait un film sur le complexe militaro-industriel.

A : Vous ne révélez rien, mais vous apportez un éclairage plus large sur la genèse de la guerre d'Irak. N'est-ce pas ce qui a manqué dans les analyses de ce conflit ? On s'est focalisé sur le 11-Septembre, y voyant une cause.

MV : Dès qu'on parle du 11-Septembre, on est forcément toujours amené à répondre à des questions sur les seuls qui sont connus pour travailler en permanence sur le 11-Septembre, c'est-à-dire « les théoriciens du complot ». Malheureusement, on n'entend personne d'autre réfléchir à la question, on ne sait pas ce que font les historiens, par exemple. Je ne me situe pas par rapport à ces gens-là ni par rapport à d'autres, ils posent des questions, comme tout le monde. Je ne révèle rien parce qu'on sait que la genèse de la guerre d'Irak, que l'analyse globale de ce conflit, sous-pondère l'aspect genèse.

Même s'il y avait eu un but de guerre « entendable », la guerre d'Irak aurait probablement été un fiasco, Abou Ghraïb aurait été là et ça aurait suffi à ce que cette guerre ait été une « guerre dégueulasse ». Il se trouve qu'en plus il y a une complication en amont qui explique beaucoup de choses et qui selon moi est très caractéristique, c'est Abou Ghraïb. Ils ont été jusque-là. Abou Ghraïb c'est un drame, un scandale, mais c'est la conclusion d'un état d'esprit et de pratique politique.

Et c'est autrement plus compromettant de créer une guerre à partir de rien que de faire une bavure dans une prison. C'est comme décrire la famille en occultant systématiquement le rôle de la grand-mère. Effectivement, dans ce film, je dis « la grand-mère existe », on me répondra « on le savait ». Eh bien alors pourquoi vous ne le dites pas ! Je ne vais pas reprocher aux autres de ne pas dire ce qu'ils ne disent pas, mais avec ce film j'ai observé deux symptômes : d'abord je pense que la genèse de la guerre d'Irak, à elle toute seule, est un symptôme infiniment plus grave parce que c'est un chaudron dans laquelle on fabrique les guerres.

On ne fabrique pas une nouvelle guerre avec Abou Ghraïb, tandis qu'avec les méthodes qui ont été employées dans toutes les guerres d'Irak on fabrique la matrice de toutes les guerres à venir. Je  parle de la guerre qu'on crée sur un coin de table, la guerre sans but, sans intérêt pour le pays, et la guerre éternelle sans aucune définition claire de la victoire. Donc on crée la matrice de la guerre parfaite. Evidemment, on va prendre un moustachu pas sympathique qui s'appelle Saddam Hussein et, pour peu qu'il y ait eu un attentat quelques jours avant, ça fait l'affaire.

La deuxième chose, c'est qu'il faut toujours dézoomer. On me parle de la guerre d'Irak, moi je préfère parler de la genèse de la guerre que de son déroulement. Ensuite, on me parle de l'appétit des Américains. Là pareil, avant de prononcer un quelconque mot, je dézoome et je me rends compte qu'avant moi il y a une poignée de gens, des conspirationnistes, mais aussi le président Eisenhower qui l'a dit - mais le problème c'est qu'à l'époque d'Eisenhower il n'y avait pas de marketing, pas de Cheney qui était un gamin, c'étaient les années 60. Eisenhower vous dit que c'était déjà là. Puis vous allez voir le personnage principal de votre film qui vous dit que quelqu'un - Smedley Butler en l'occurrence - l'a dit encore vingt ans avant Eisenhower...

Aujourd'hui, des gens vous expliquent à la télévision que l'amiante est dangereux. Ceux qui travaillent sur l'amiante savent que les effets nocifs de l'amiante ont été documentés par la médecine dans les années 10. A la seconde où vous savez ça, cela change tout. Cela signifie que la médecine du travail était complice des entreprises, et maintenant c'est quelque chose qui est reconnu par tout le monde depuis soixante-dix ans.

Les responsabilités sont décuplées à l'instant où vous apprenez que la médecine du travail le savait. Après, il y a un autre problème. Si vous dites « prendre de l'héroïne ce n'est pas bon pour la santé », on va vous répondre « on le sait depuis longtemps, vous n'apportez rien de nouveau ». Effectivement, comme tout le monde le sait et que tout le monde sait qu'on le sait depuis très longtemps, il n'y a rien à dire à tout le monde.

Là, je remarque qu'il y a une chose que l'on sait lorsqu'on va chercher le bouquin sur l'étagère, à savoir que tout a commencé il y a déjà un siècle, mais que chaque jour où l'on en parle on fait semblant de croire que c'est arrivé hier. Non ! Les choses ont une histoire, voilà, et on peut voir dans tel ou tel aspect de la guerre d'Irak des choses nouvelles, comme par exemple la privatisation à outrance des services, ce qui n'existait pas à l'époque d'Eisenhower. En revanche, sortir le bâton dès qu'il y a un problème et taper, ça, ça ne date pas de Dick Cheney.

A : Les néo-conservateurs pêchent-ils par idéologie ou par affairisme ?

MV : Ils sont connus pour prêcher dans les deux domaines. Ils sont connus comme tels par les services secrets américains. C'est le sujet d'un autre film que je prépare. Plusieurs des personnes impliquées dans la guerre d'Irak sont là depuis trente ans et depuis trente ans trafiquent, donnent des coups de tampon illégaux sur les exportations d'armes, jouent de leur influence, la monnaye et parfois sont directement impliqués comme intermédiaires. Ils sont connus y compris pour transmettre des secrets d'Etat à des pays étrangers comme Israël, par exemple.

A : Quel que soit le nom de celui qui s'installera à la Maison-Blanche en novembre prochain, cela ne changera pas grand-chose par rapport au complexe militaro-industriel. Qu'est-ce qui pourrait faire changer la donne ?

MV : Entre le foudre de guerre Reagan et le foudre de guerre Georges W. Bush (je passe sur le père), on a eu Clinton pendant huit ans. Mais, si vous prenez Clinton et Georges Bush père, vous avez ce qu'on appelle des « modérés », des gens plus prudents, plus centristes, plus atlantistes, moins unilatéraux. Le business a prospéré quand même. Ajoutez à cela que les marchands de canons font des affaires y compris en temps de paix...

L'Amérique vend ses armes et, actuellement, ça marche du feu de Dieu, ils vendent de plus en plus. L'armement est également un outil d'entrisme économique. Le complexe militaro-industriel est vraiment au cœur de l'économie américaine. On sait d'ailleurs que globalement l'industrie de l'armement fait beaucoup tourner l'économie, c'est un lieu d'innovation, etc. Il se trouve que les Américains, pour donner un bonus aux accords de paix israélo-arabes des années 70, versent depuis cette époque-là, c'est tout à fait connu, plusieurs milliards de dollars par an en aide militaire gratuite qu'empochent les Israéliens et les Egyptiens.

Comme le disent beaucoup d'intervenants aux Etats-Unis, on peut se demander si cet argent que l'Amérique verse entre autres pays à Israël, en quoi cela a pu modérer Israël, la rassurer et est-ce que ça a pu générer une volonté, tant en Israël qu'aux Etats-Unis, d'aller vers des accords de paix avec les Palestiniens ? Apparemment non.

Il y a un gros aggiornamento qui a actuellement cours aux Etats-Unis à propos du lobby pro-israélien. Le seul problème, c'est que s'en distancier est extrêmement compliqué. La distanciation par rapport à ce lobby est aussi compliquée que de se distancier de la guerre d'Irak ou se distancier du pétrole.

A : Vous évoquez l'Aipac, un lobby  pro-israélien très puissant auquel tous les politiques, démocrates comme républicains, font allégeance.

MV : Un jour un congressiste a dit : « imaginez la puissance du lobby du bois lorsque vous êtes à Seattle, dans l'Etat de Washington. Vous êtes dans un Etat où si vous êtes contre le lobby du bois vous êtes mort politiquement. L'Aipac, c'est l'équivalent du lobby du bois, mais à l'échelon du pays. Les ministres reculent devant l'Aipac. L'Aipac fait atteindre aux motions qui défendent Israël au Congrès des scores brejnéviens. L'Aipac est légendairement connu à Washington.

Son patron politique vient de se faire arrêter pour espionnage au profit d'Israël, c'est l'affaire Franklin, un ancien collaborateur de Doug Feith, qui a donné des documents sur le programme nucléaire iranien à l'Aipac qui les a immédiatement transmis au Mossad à Washington. Tous les protagonistes ont été arrêtés et le directeur exécutif de l'Aipac, connu comme le loup blanc à Washington, Steve Rosen est actuellement au trou pour avoir transmis des informations à Israël, le collaborateur de Douglas Feith est au trou également pour les mêmes raisons. Le procès qui devait commencer il y a un an, que je devais filmer il y a six mois en est à son neuvième ajournement. C'est le procès impossible. La défense veut faire citer à la barre Cheney, Condee Rice, etc.

Il se trouve que l'adjoint de Douglas Feith, Franklin, l'homme qui a fourni à l'Aipac les documents sur le programme nucléaire iranien qu'il avait dans son coffre au Pentagone, est parti pour douze ans en tôle. Certains m'ont dit qu'il était sorti alors que d'autres m'ont affirmé que non, il est bien en tôle ! Vous allez sur internet et vous ne savez pas si cet espion est en tôle ou pas ! Ce procès a terriblement gêné les grands médias parce qu'il exposait au grand jour la réalité de l'Aipac et c'est là où l'on voit ressortir un magnifique article de Seymour Hersch qui, un an avant son arrestation, avait rencontré le patron de l'Aipac et lui avait demandé comment fonctionnait l'Aipac, qu'est-ce qu'on y faisait, etc. Et le patron de l'Aipac lui avait répondu : « l'Aipac est comme une fleur vénéneuse : elle vit la nuit et se couche au petit matin ».

Des bouquins décrivent les membres de l'Aipac qui au moment d'une résolution se pointent juste dans les couloirs, ouvrent une porte où des gens sont en train de voter, passent leur tête à la porte. Dix, vingt personnes dans la salle savent ce qui se passe : le lobby est passé, il est temps de bien voter. Ils disent tous : si on se met contre ce lobby on se suicide politiquement.

L'Aipac est considéré par les congressistes américains comme le deuxième lobby le plus puissant des Etats-Unis après le lobby des personnes âgées. Et le troisième est le lobby des armes.

A : Eh bien justement, terminons sur une personne âgée, le sénateur  Robert Byrd, seule voix discordante au Congrès à propos de la guerre d'Irak. A-t-il dit tout haut ce que tout le monde aux Etats-Unis pense tout bas ?

MV : Je vais vous raconter une anecdote tirée du film The Israël lobby de la réalisatrice néerlandaise Marije Meerman : dans ce film, un historien anglais, Juif, critique vis-à-vis d'Israël, témoigne. Un jour cet historien, Tony Judt est à Paris. Il est avec un congressiste américain qui tient des propos sur le conflit israélo-palestinien qui lui semblent assez sensés. Il lui dit « je suis d'accord avec ce que vous racontez, vous avez une position équilibrée, il me semble que c'est quelque chose que vous ne racontez nulle part en Amérique publiquement ». Le congressiste opine. Et Tony Judt qui n'est pas dupe lui demande « Est-ce que vous faites ça parce que vous avez peur de perdre votre vote juif ? »

Le type sourit et lui répond : « Je viens d'une circonscription du Middle-West, je n'ai quasiment aucun Juif dans ma circonscription et de toute façon ils votent tous pour moi, donc je n'ai aucun risque de perdre des électeurs Juifs en disant publiquement ce que je pense du conflit israélo-palestinien. En revanche, si je le dis, la rétorsion viendra plus tard, elle ne sera pas forcément orchestrée dans le lobby, mais mes collègues en ont tellement peur que tout autre projet, toute autre requête ou résolution que je mettrais aux voix au Congrès à l'avenir seront systématiquement bloqués. Ça serait un suicide politique ».

Robert Byrd est trop vieux. Au pire, il fait encore un mandat, mais il est hors d'atteinte. C'est par ailleurs un personnage paradoxal puisque c'est un ancien membre du Ku Klux Klan...

Robert Byrd dit-il tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Quand vous avez une terreur collective, il y a une peur collective des uns des autres, du côté maccarthyste de l'administration Bush. S'opposer à la guerre c'est passer pour un anti-patriote, s'opposer à la guerre après le 11-Septembre c'est passer en plus pour un con, et derrière si vous rajoutez que le lobby vous guette en disant manque de pot, sur cette équation-là il y a l'ingrédient Israël, si vous votez contre c'est que vous êtes des traîtres... Pourquoi Obama à l'époque dit qu'il est contre la guerre ? Parce qu'il est encore trop petit, il peut encore se permettre de le dire. Dès que vous passez l'échelon au-dessus jamais vous n'allez prendre la position du maverick comme dirait McCain, du franc-tireur.

A : Quels sont les rapports entre l'Aipac et Israël ? Car, après tout, l'Aipac n'est pas Israël...

MV : Ce n'est pas une courroie de transmission organique, c'est-à-dire qu'il n'est pas mandaté par l'Etat israélien. Imaginons que vous êtes un chanteur et que vous avez un club de fans. C'est pareil. Il n'est pas mandaté par vous, il peut même vous irriter. On sait qu'il y a des chanteurs qui ont douze clubs de fans et qui sont irrités par tel ou tel club de fans qui fait des trucs qui ne leur plaisent pas. Bon, voilà, c'est un club de fans auto-constitué qui rend malgré tout énormément de services au gouvernement israélien.

Sharon a sorti un jour une boutade : "Américains si vous voulez aider Israël, aidez l'Aipac !" Il se trouve que l'Aipac a fait une OPA. Il y a une chose très particulière en Amérique : il y a des milliers d'associations juives ou pro-israéliennes et l'Aipac n'est que l'une d'entre elles. Mais elle a pris un virage à droite et a mobilisé le débat sur un aspect très particulier qui est la politique étrangère américaine. Grosso modo vous pouvez être dans une association juive non politisée, qui n'affiche pas de position politique ni démocrate ni républicaine aux Etats-Unis, ni Likoud ni travailliste en  Israël, mais à un moment donné, si par exemple il y a un pépin dans le monde avec Israël, vous allez vous en remettre à la ligne politique décidée par l'Aipac parce qu'il n'y a plus qu'elle qui se voit en Amérique...

Les deux questions qui suivent (ainsi que les réponses, bien sûr) ont été rédigées par Matthieu Verboud lui-même. Il les destinait au site web de France 5 qui a omis de les y faire figurer.  Nous remercions Matthieu Verboud de nous autoriser à les reproduire.

Pourquoi ce film ?

Parce que l'heure est, une fois encore, à la guerre. Irak, Afghanistan, Georgie, demain peut-être l'Iran... Parce que les experts de ces questions évoquent aujourd'hui, non sans réelles inquiétudes, des perspectives tout simplement terrifiantes : Troisième Guerre mondiale, risque d'embrasement nucléaire, tout ça sur fond de reprise possible de la guerre froide. A chaque fois, les Etats-Unis sont au centre de l'équation. On ne le dit jamais parce qu'on l'ignore, mais ce pays représente aujourd'hui 75 % des dépenses militaires de la planète ! Ça fait beaucoup pour un seul pays, un pays qui ne représente que 5 % de la population mondiale. Bien sûr, l'Histoire témoigne que de tous les grands empires de l'Histoire, l'empire américain est sans conteste le plus démocratique, le moins barbare. Et pourtant, en un peu plus d'un siècle (guerres mondiales mises à part), les États-Unis ont fait peser le poids de leurs interventions militaires aux quatre coins du globe. Depuis cinquante ans, date de l'émergence du complexe militaro-industriel, le nombre d'interventions américaines dans le monde a tout simplement doublé par rapport au demi-siècle précédent ! Bien sûr, il ne s'agit-là que d'un chiffre grossier dans la mesure où le complexe militaro-industriel fait des affaires même en temps de paix, mais il témoigne néanmoins des perspectives colossales que les États-Unis offrent historiquement à leurs marchands de canons. Pour mémoire, le coût des opérations militaires américaines depuis le 11-Septembre avoisine désormais celui de la guerre de Corée.

En quoi la guerre d'Irak constitue un cas d'école ?

Parce que comme le disent nos personnages, elle incarne la guerre de l'avenir : la guerre sans fin, sans vainqueur, sans claire définition de la victoire, la guerre éternelle. Et aussi parce qu’en  attaquant une seconde fois l’Irak en 2003, les Etats-Unis attaquaient un pays dont ils savaient eux-mêmes au-delà de tout doute possible qu’il ne constituait plus, et depuis longtemps, une quelconque menace militaire. L’un de nos deux personnages, le lieutenant colonel Karen Kwiatkowski, le raconte : dans les douze ans qui séparent les deux guerres d’Irak, les Américains et les Anglais ont lancé plus de bombes sur ce pays que sur le Vietnam ! Au fil des ans, la US Air Force en était à vider ses munitions sur des rochers. Il ne restait plus que ça à viser. Quelles que soient les raisons de se réjouir que l’on pouvait avoir à l’époque en voyant une démocratie chasser un dictateur sanguinaire du pouvoir, partir en guerre sur de telles prémices était un mensonge fait au monde, mais aussi un crime majeur contre la Constitution des Etats-Unis.

AgoraVox : Olivier Bailly

Mardi 28 octobre


5-4 Lalla Fatma M'semer  - Obama président. Pas un rêve, un mirage... 
« Je ne peux m’empêcher de penser combien mon père serait fier, fier de Barak Obama, fier du parti qui l’a nommé et fier de l’Amérique qui va l’élire ». Ces paroles ont été prononcées par le fils de Martin Luther King lors du 45ème anniversaire du discours « I have a dream ».

En effet, à cette époque, le célèbre pasteur n’aurait jamais osé imaginer qu’un jour, un Noir briguerait la plus haute instance de la nation la plus puissante du monde.

Le pasteur Martin Luther King aurait eu raison d’être fier, car s’il n’avait pas existé, si Malcolm n’avait pas existé, si les luttes pour les droits civiques n’avaient pas existé, Obama n’existerait pas. Comme Luther King, nous, indigènes de France ou du monde, ne pouvons nous empêcher d’être fiers. Qu’Obama soit là où il est, est indéniablement un évènement à l’échelle américaine, mais aussi à l’échelle mondiale.

Pourtant, nous savons qui est Obama. Un homme de l’establishment américain.

 Même s’il nous tarde de voir Bush et consort dégager, nous savons qu’Obama poursuivra la politique impérialiste de son pays. Il serait en effet naïf de croire que le système américain et ses institutions permettent à quiconque l’accès à un tel niveau de pouvoir s’il ne leur est pas acquis. Comme le dit ce frère africain sur le blog de L’Express (13/06/08) : « Pour moi, Obama est américain avant d’être noir et en tant que tel il anéantira les Africain, les Irakiens, les Palestiniens, etc., s’il le faut pour le bien être des Occidentaux ». Les Irakiens et les Afghans savent intimement qui sont les Colin Powel et Condoleeza Rice.

Nous ne pouvons ignorer ce que Obama sera.

Alors pourquoi, nous indigènes, sommes-nous si fiers ? Pourquoi, nous indigènes, avons-nous, quand même, le sentiment qu’Obama nous représente ?

Pourquoi, alors que nous savons qu’Obama prendra soin de défendre le système américain, construit sur la destruction des Indiens, l’esclavage des Noirs, le pillage incessant de l’Afrique, avons-nous pourtant le sentiment qu’il représente cette même Afrique dévastée par les impérialismes ? Qu’est-ce qui nous brûle la bouche au point de détourner pudiquement nos regards de ce champ de bataille que ne cesse d’être l’Afrique où s’affrontent les puissances américaines, européennes et chinoises ? Comment notre cerveau peut-il faire abstraction de ces fleuves de sang qui vont continuer de couler chez nous en Amérique latine, chez nous dans le monde arabo-musulman, chez nous dans notre terre ancestrale, de l’autre côté de la Méditerranée ?

La réponse est douloureuse : nous sommes fascinés par cette puissance même qui nous a soumis et nous réclamons notre part de cette puissance. Nous sommes fascinés par le G8, nous sommes fascinés par le Conseil de sécurité, par leur modernité et donc par celui qui va l’incarner pour nous. Obama président des States, c’est moi, c’est toi qui dirige le monde. Désormais, on fait partie de la race des seigneurs. Cet état de fait est au cœur de notre impuissance à nous libérer de la suprématie occidentale. Elle est constitutive de ce que nous sommes, nous la protégeons. Nous sommes ses sentinelles.

Obama, c’est notre triste revanche sur l’histoire. J’ai pitié de nous. Voyez comment Ils, les Blancs, nous regardent d’un œil satisfait et sarcastique !

Une à qui on ne la fait pas, c’est Angela Davis : « Quand l’intégration de personnes noires dans l’appareil d’oppression a pour but de rendre cette oppression plus efficace, cela ne représente en aucune façon un progrès. Nous avons plus de Noirs dans des postes de pouvoirs prestigieux. Mais du même coup nous avons plus de Noirs qui se sont retrouvés poussés tout en bas de l’échelle. Quand la population demande que la justice et l’égalité passent par la diversité ethnique, c’est bien. Mais il y a une façon d’envisager la diversité qui rappelle l’adage selon lequel « pour que rien ne change, il faut accepter que tout change ». »

Lalla Fatma M’msemer

Cet article est paru dans le numéro treize (octobre 2008) de "L’Indigène de la république".
http://www.indigenes-republique.fr/une.php3?id_article=202



Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda, 

10/11/2008

n° 399 -Journal d'Irak - 23/10 au 09/11/08 - Début - Lourd agenda pour le nouveau président


Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda, 


n° 399 -Journal d'Irak -  23/10 au 09/11/08 - Début - Lourd agenda pour le nouveau président



Journal d'Irak   

n°399   du 23/10 au 09/11/08

M.Lemaire


Sommaire :

Tiré à part :

L'Irak, dossier brûlant pour Obama

Lourd agenda pour le nouveau président

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Suite –

5-1 VIDEO : ARMEMENT US.

6 Brèves

6-1Obama ou McCain, pour une majorité d'Irakiens, c'est du pareil au même.

6-2 Les Irakiens expriment de plus en plus leur espoir de voir les quelque 150.000 soldats américains d'Irak se retirer prochainement.

6-3 Les soldats (?) en Irak espèrent un retrait "responsable".

6-4 Six sièges de conseillers provinciaux pour les  petites minorités …

7 Dossiers

7-1 Falloujah en Irak.

7-2 Présence militaire US en Irak ? Un accord à tout prix…

7-3 Les Etats-Unis très réticents pour renégocier l'accord …

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 USA: 15% des soldats revenant d'Irak et Afghanistan ont subi des traumatismes sexuels

Fin-

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Youssef Nada : « Pour nous, le mal est déjà fait »

9-2 Assil Kami : En Irak, l'environnement a été dévasté par la guerre.

10 Analyse

10-1 Le chef d'état major de la Défense estime que les Hercules sont sûrs



L'Irak en chiffre: du 23-10 au 09/11/08



 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

7 + x

X + 28

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

1

X

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

26

59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Tiré à part :

Le courrier électronique est-il discret ou non ?

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés", mercredi 03 mai 2006
Jacques Henno : Non. Tout courrier électronique qui circule sur Internet peut être intercepté par des tiers qui le veulent.

On estime par exemple que la majorité du courrier électronique échangé dans le monde transite par les Etats-Unis.

On est à peu près sûr que la NSA (National Security Agency), l'agence de surveillance électronique américaine, intercepte les courriers électroniques qui transitent par les Etats-Unis.
LEMONDE.FR | 25.04.06 |


Paroles & action du bientôt président...

L'Irak, dossier brûlant pour Obama

Barack Obama s'était opposé en 2003 à l'intervention des Etats-Unis en Irak

Pendant la campagne électorale, il avait annoncé sa volonté de retirer les troupes d'Irak dans les 16 mois après son entrée en fonction. Voici ce qu'il déclarait encore lundi, à la veille de son élection.

"En tant que président, je mettrai fin à cette guerre.

Je demanderai au gouvernement irakien d'accélérer la transition, et nous remporterons notre lutte contre Ben Laden et les terroristes d'Al-Qaïda,( …)  qui ont tué 3 000 Américains le 11 septembre.

Je n'hésiterai jamais à défendre notre nation, mais j'utiliserai notre force militaire avec sagesse."

06 11

euronews

 

Lourd agenda pour le nouveau président

De la gestion des guerres en Irak et en Afghanistan à la crise financière, en passant par la nécessité de redorer le blason américain sur la scène internationale, le président des Etats-Unis sera confronté à de nombreux défis.

."Le nouveau président aura un agenda chargé en politique étrangère et devra prendre des décisions qui auront des conséquences énormes pour la sécurité américaine", assure David Lindsay, ancien conseiller du président Bill Clinton.

Le 15 novembre, Bush accueillera à Washington le sommet du G20 sur la crise financière internationale.

Mais il reviendra à son successeur, dont la participation à ce sommet demeure incertaine, de poursuivre les négociations sur la réforme du système financier avec ses homologues étrangers.

Le futur président héritera en outre des guerres en Irak et en Afghanistan.

De même que la poursuite des pourparlers de paix israélo-palestiniens, que Bush n'aura pas réussi à faire aboutir malgré leur relance en novembre 2007 à Annapolis (Maryland).

RESTER OU QUITTER L'IRAK

Mark Lippert, conseiller sur la politique étrangère d'Obama, explique que la lutte contre le terrorisme, constitueront les priorités du président.

Obama, qui s'était opposé à la guerre en Irak dès son origine, a promis d'y mettre un terme en retirant progressivement toutes les troupes de combat.

En contrepartie, il s'est engagé à renforcer la présence américaine en Afghanistan, où le retour de la sécurité dépendra, selon Lippert, "de la capacité à faire progresser la réconciliation nationale en Irak et à nous concentrer sur (l'Afghanistan)".

RENOUER AVEC L'EUROPE

Obama a la volonté de renouer des liens étroits avec leurs alliés traditionnels, au premier rang desquels figurent plusieurs pays européens.

A ce titre, beaucoup d'analystes estiment que la popularité d'Obama à l'étranger serait un atout, au moins dans les premiers temps - avant que ne s'engage de difficiles discussions pour obtenir des renforts en Afghanistan.

Source Reuters

Retravaillé le 09-11



La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

Résistants irakiens et afghans s'adressent à Barack Obama.

Les Résistants ont prévenu le futur Obama que la résistance en Irak et en Afghanistan se renforcerait s'il ne retirait pas rapidement les troupes déployées dans ces deux pays, rapportent des organisations américaines de veille internationale.

Dans des messages diffusés à l'attention du futur président, ils se disent ouverts à de nouvelles relations avec les Etats-Unis d'Obama, qui a promis de rompre avec la politique Bush, mais demandent des concessions en échange, dont le départ des soldats états-uniens.

"Les groupes de résistance ne sont ni contents ni tristes de l'élection de Barack Obama à la présidence", déclare Qari Mohammad Yousuf, porte-parole des afghans, dans un message consulté par l'Institut de recherche sur les médias au Moyen-Orient (MEMRI).

Les Etats-Unis et leurs alliés "ont commencé la bataille et ils doivent y mettre fin en retirant leurs troupes. Si ce n'est pas fait, les Afghans feront preuve d'une forte résistance à toute occupation étrangère", ajoute-t-il.

Yousuf y affirme en outre que les groupes de résistance sont prêts à dialoguer avec la future administration Obama, mais à la condition préalable que les forces armées occidentales quittent l'Afghanistan.

Des messages similaires ont été publiés par un porte-parole des taliban au Pakistan et d'autres groupes dans la région.

De son côté, le Conseil politique pour la résistance irakienne, a publié une lettre ouverte à Obama dans laquelle il rappelle: "Vos promesses électorales reposaient sur le changement. Nous disons avec vous que c'est le moment."

Dans ce message repéré par le Groupe de renseignement SITE, l'organisation se dit "flexible" quant au plan de retrait mais prévient qu'il ne doit pas être accompagné d'un accord de sécurité avec un "gouvernement artificiel".

Les insurgés réclament en outre des compensations pour les dégâts matériels et humains et la libération des détenus irakiens.

Durant sa campagne, Obama s'est engagé à retirer en 16 mois l'ensemble des troupes de combat stationnées en Irak et à renforcer la présence américaine en Afghanistan.

Il a également dit vouloir envoyer des soldats au Pakistan s'il fallait y éliminer une cible appartenant à une nébuleuse islamiste.

(Reuters)

07 11



Occupation de l'Irak

Analyse & déclaration

USA & Coalition

06 11

On estime que deux soldats sur trois basés en Irak ont voté McCain.

Mais devant une caméra, pas question de préciser son choix. "D'abord, je voudrais adresser mes félicitations au nouveau président, commente ce lieutenant. Nous avons de nombreux soldats ici et en Afghanistan aussi et également aux Etats-Unis. Et nous espérons qu'il maintiendra la force de notre armée. Et puis, pour nos familles au pays, nous espérons qu'il remettra l'économie américaine à flots."

euronews



2-1 Sur le terrain

 

2-2 Les forces en présence

Bulgarie 

06 11

155 militaires bulgares déployés seront rapatriés à la fin de l'année, fait savoir le ministère de la Défense;

Le contingent bulgare est affecté à la surveillance de détenus qui suivent un programme de

(Reuters)



 

3) Politique

a) des collaborateurs Irakiens

1° Les grandes manoeuvres(Soda)

06 11

Le ministre des Affaires étrangères irakien a déclaré mercredi ne pas craindre "un brusque changement politique" ni "un désengagement rapide" des Etats-Unis. En tout cas, jusqu'au 20 janvier, c'est toujours l'administration Bush qui est aux commandes. C'est donc elle qui continue à négocier les conditions de la présence américaine à partir de l'année prochaine, lorsque le mandat de l'ONU

euronews


2°Confection d'un gouvernement fantoche

Six sièges de provinces irakiennes réservés à des minorités.

3-11

Le parlement irakien a décidé de réserver six sièges de conseillers provinciaux aux petites minorités ethniques et religieuses sur un total de 440 qui seront en jeu aux élections au début de l’an prochain.
La mesure, qui concerne des groupes comme les chrétiens chaldéens ou les yézidis, a été adoptée par 106 voix sur 150 députés présents, mais a suscité par sa modestie l’ire de plusieurs responsables politiques.

Les Nations unies avaient demandé en effet au parlement irakien de réserver à ces minorités noyées dans la masse des 28 millions de musulmans irakiens le double de sièges aux conseils régionaux.
"C’est une mesure dégradante pour les minorités précieuses de notre pays. Cela ne sert pas l’intérêt public et nous la considérons comme une insulte à toutes les minorités d’Irak", a déclaré lundi le député Younadim Kanna, un des rares parlementaires chrétiens.
Selon lui, les chrétiens, dont la communauté est estimée à 750.000 âmes, auraient dû recevoir plus de sièges que d’autres minorités qui ne comptent parfois plus que quelques milliers de membres.
Le Premier ministre chiite Nouri al Maliki avait reproché au parlement de n’avoir même pas prévu de sièges réservés aux minorités religieuses lorsqu’il a adopté la nouvelle loi sur les élections provinciales, en septembre.

http://www.ambafrance-il.org

3-11


3°Sur le terrain

13.000 chrétiens ont fui Mossoul

Plus de 2.200 familles chrétiennes, soit environ 13.000 personnes, ont fui la ville nord-irakienne de Mossoul après avoir reçu des menaces ces deux dernières semaines, annonce le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Quatre cents d’entre elles sont venues grossir les 1,2 million d’Irakiens déjà réfugiés en Syrie. Les autres ont fui vers l’est et le nord ou encore jusqu’à Erbil et Kirkouk, a déclaré Ron Redmon, porte-parole du HCR, tout en faisant état d’un ralentissement du flux.
Nombre de chrétiens ont fui Mossoul après avoir reçu des coups de téléphone, des lettres ou des messages de menaces de mort. "Il n’est pas encore établi avec certitude l’origine de ces intimidations qui les ont poussés à fuir", a déclaré Redmond.
Un tract apposé sur la porte d’une maison chrétienne à Mossoul intimait à ses occupants de "quitter les lieux et la région dans les 24 heures sous peine d’être justement châtiés et tués comme la religion islamique commande de traiter ceux qui vénèrent la croix".
Ce tract, dont Reuters a eu connaissance cette semaine par voie diplomatique, était accompagné d’un verset du Coran et signé par un certain "Conseil consultatif des combattants d’Irak".

Les chrétiens d’Irak, qui sont plusieurs centaines de milliers, ont cherché à rester à l’écart depuis l’invasion américaine de 2003.(…)

24 10

 La Presse Canadienne



b) Les voisins

1°Iran

Mahmoud Ahmadinejad lance un appel « à l'unité et à la cohésion » à l'Irak

Après avoir assuré que les Etats-Unis « ne sont pas satisfaits de l'actuelle situation de l'Irak » et c'est pourquoi « ils produisent du chaos et des dissensions », le président iranienn, Mahmoud Ahmadinejad, a lancé un appel aux groupes politiques irakiens pour qu' « ils maintiennent une unité et une cohésion. »
Mahmoud Ahmadinejad a lancé cet appel lors de sa rencontre avec Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien, qui se trouvait en visite à Téhéran: « les Etats-Unis ont démontré qu'ils ne cherchaient aucun accord et qu'ils sacrifiaient jusqu'à leurs amis si les circonstances ainsi l'exigaient. Leur unique objectif c'est d'éviter l'avènement d'un Irak puissant et souverain pour pouvoir ainsi poursuivre leur exploitation. »
« Les groupes politiques irakiens peuvent garantir la sécurité de leur pays s'ils restent unis et solidaires ainsi qu'empêcher l'influence de forces étrangères ; en ce sens la Constitution apparaît comme un axe d'unité et renforcer le nouvel Irak sur la base de de cette dernière », a-t-il souligné.
Le président iranien a souligné que les dignitaires chiites, sunnites et kurdes disposent du potentiel nécessaire afin de mettre un terme à l'ingérence étrangère et a souligné que « si les groupes politiques irakiens sont unis, même les plus grands chambardements ne pourront causer des dommages, mais par contre si ils se dispersent la destinée du peuple irakien pourrait en pâtir. »
Mahmoud Ahmadinejad a de même insisté sur la nécessité pour l'Irak de ne plus être régi par le chapitre VII de la Grande charte de l'ONU et a souligné que Téhéran « accorde une importance très particulière à la sécurité de l'Irak, pays avec qui il partage de nombreux points communs, et dont l'Iran défend âprement les droits dans tous les forums internationaux. »
Pour sa part, Massoud Barzani a fait part à Mahmoud Ahmadinejad d'un rapport sur la situation de son pays et, après s'être félicité du soutien « du peuple iranien, il a approuvé la vision de Mahmoud Ahmadinejad sur l'Irak pendant ces jours difficiles ».
Il a déclaré que les relations entre Téhéran et Bagdad vont bien au-delà de relations ordinaires et a souhaité l'approfondissement des coopération et des relations fraternelles. »
Irna.

24 Octobre



d) Les alliés (des Usa)dans le monde

1°France

Prison ferme à Paris pour des membres d'une "filière irakienne"

Trois Marocains et un Franco-Algérien ont été condamnés à Paris à des peines de deux à six ans de prison ferme pour avoir participé à la création d'une filière d'acheminement de résistants vers l'Irak.

Le Franco-Algérien Abd el Magid Liassine, 35 ans, est condamné à deux ans de prison ferme.

Hamid Bach, a nié à l'audience.

(Reuters)



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

06 11

Un soldat US est mort dans des circonstances non liées au combat, selon l'armée d’occupation.

AP



Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

 

1-1 Bagdad +l'Opération paix+",

29-10

Cinq personnes ont été tuées et 17 autres blessées par l'explosion d'une bombe rue de la Palestine.

Trois policiers figurent parmi les blessés,.

(Reuters)

03-11

Deux bombes ont explosé lundi sur une place du centre de Bagdad faisant au moins 21 blessés, a annoncé la police irakienne.
Selon un responsable de la sécurité, dix policiers sont au nombre des blessés de ces deux déflagrations ainsi que deux femmes.

(Al Oufok)
03-11

Les explosions ont provoqué d’importants dégâts dans les boutiques de la place Tahariyat, dans la partie est de la capitale irakienne.
Une bombe a visé Abdul-Sahib Salman Qutub, l’un des des trois secrétaires d’Etat au Pétrole. Salman Qutub a ét blessé dans la déflagration alors qu’il quittait son domicile. Son chauffeur a, lui, été grièvement blessé.

(Al Oufok)
03-11

Une bombe a explosé près d’une patrouille de police dans l’ouest de Bagdad, blessant un policier selon la police.

(Al Oufok)

04 11

Série d'explosions à Bagdad, dont une visait Ahmed al Barak qui avait siégé au sein du Conseil intérimaire de gouvernement, une instance consultative créée par les Américains au lendemain de leur invasion en 2003.

Ahmed al Barak, qui préside actuellement une commission officielle sur les litiges liés aux biens, est sorti indemne de l'explosion qui a fait un mort et quatre blessés.

(Reuters)

04 11

Des inconnus ont abattu un policier et blessés trois autres dans la partie orientale de la capitale.

A Sadr-City, l'immense faubourg c du nord-est de Bagdad,

(Reuters)

04 11

Une fusillade entre l'armée irakienne et des hommes postés sur des toits a tué un passant et en a blessé trois autres.

(Reuters)

05 11

Quatre personnes, dont deux policiers, ont été tués mercredi dans l'explosion d'un barrage situé sur la route conduisant à l'aéroport international de Bagdad, rapporte la police.

On dénombre également neuf collaborateurs blessés, dont trois policiers.

L'attentat a eu lieu au pied d'une statue, non loin d'un important barrage installé devant l'entrée, ultrafortifiée, de l'aéroport.

(Reuters)

07 11

Quatre collaborateurs ont été tuées et trois policiers blessés dans l'explosion de deux bombes dans l'ouest de Bagdad, a annoncé vendredi la police irakienne. de la sécurité.

La deuxième bombe a explosé après l'arrivée de la police sur place. Cette explosion a blessé trois policiers.

AP


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

Ramadi

 

08 11

Une double attaque kamikaze a fait huit morts et 14 blessés devant le siège de la police à Ramadi, dans l'ouest de l'Irak, rapportent des policiers.

Reuters


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Dans la province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu quelque 18.000 policiers sont sur le pied de guerre mais seuls environ 3.000 d'entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d'habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri.

La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie. 

L’armée américaine d’occupation considère Mossoul, comme le premier bastion urbain d’Al Qaïda en Irak,)

Mossoul

Mossoul est considérée par les militaires US comme l'épicentre de la résistance.

28/10

Quatre policiers irakiens ont été tués dans la matinée par des inconnus qui les ont attaqués à Mossoul, le "dernier bastion urbain d'Al-Qaïda", selon l'armée américaine.

D'après un responsable de la police de Mossoul (370 km au nord de Bagdad), des hommes armés ont ouvert le feu sur les véhicules des policiers, en blessant également quatre dans un quartier de l'ouest de la ville.


1-7 Province de Diyala (Baaqouba (chef-lieu- 60 km au nord de Bagdad) Abou Saïda.-Bahriz, Baladrouz,   Balad Rouz,Jaloula, Khalès, Khan Bani Saad, Moqdadiyah, Mouradiya, Yathreb 

(La région de Baaqouba, capitale de la province de Diyala, à 60 km au nord de Bagdad, est le théâtre d'attaques visant quasi quotidiennement contre  les forces colonialistes et ses acolytes sur le terrain

Baaqouba (60 km au nord de Bagdad)

03-11

Une explosios dans un parking, tuent deux policiers et une fillette de dix ans, selon les autorités. Neuf autres personnes, dont trois policiers, ont été blessées.

(Al Oufok)



1-9 Province de Wasit

31 10

L'Irak a pris le contrôle mercredi de la province.

Wassit, province frontalière de l'Iran et située à 175 km au sud de Bagdad, est la 13e des 18 provinces à revenir aux mains des autorités irakiennes. Son transfert intervient quelques jours après celui de Babylone, plus au nord.

Désormais dans la province de Wassit, les forces américaines seront cantonnées dans leurs bases et n'interviendront dans des opérations de sécurité qu'à la demande du gouverneur de la province.

Mouaffak al-Roubaïe a également annoncé le retour "dans les prochaines semaines" dans le giron du pouvoir irakien du gouvernorat de Kirkouk, une région pétrolifère âprement disputée par les Kurdes, les Arabes et les Turcomans, et de celui de Salahedinne qui fut longtemps un bastion de l'insurrection sunnite.

Il ne restera alors que trois provinces sous contrôle américain: Bagdad, et les deux régions où les violences sont les plus fortes actuellement: Ninive avec sa capitale Mossoul, et Diyala et son chef-lieu Baqouba.

A Washington, le Pentagone a indiqué espérer que "les Irakiens puissent assumer la responsabilité des cinq dernières provinces au cours des prochains mois", tout en reconnaissant que "les provinces restantes" demeurent "problématiques".

Lors de la cérémonie de signature du transfert d'autorité, le général Lloyd Austin, numéro 2 des forces américaines en Irak, a rappelé "Il y a encore sept mois, il y avait entre 16 et 18 attaques par semaine. Maintenant, il n'y a souvent plus une seule attaque par semaine".

Cette province partage 200 km de frontière avec l'Iran et l'armée américaine a fréquemment accusé les "groupes spéciaux", des résistants qui seraient entraînés et financés par des groupes iraniens, de se livrer au trafic d'armes, notamment des explosifs à charge creuse capables de percer des véhicules blindés.

 Téhéran a régulièrement démenti ces accusations.



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)

 


 

 

Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)

679.554

Civils blessés (depuis l'occupation) 

70.764 ( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.940   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.001 (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.885   (chiffre minimum)

En prison

40.268. (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.595 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.190 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.550

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

52.720 (chiffre très minimal)

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.595 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

12.231

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.289 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.854

 

 

Autres tués (collaborateur  & mercenaires & autres)

5.332

Autres blessés (collaborateur & mercenaires & autres)

9.1347

 

 

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

102  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++

 


Ces  totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET 


The War in Iraq Costs

le 25/10 à 8H54

$565,466,565,869

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home

 

, 



 


Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda, 

n° 399 -Journal d'Irak - 23/10 au 09/11/08 - Suite - Lourd agenda pour le nouveau président


Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda, 


n° 399 -Journal d'Irak -  23/10 au 09/11/08 - Suite - Lourd agenda pour le nouveau président



Journal d'Irak   Suite -

n°399   du 23/10 au 09/11/08

M.Lemaire


Sommaire :                               Suite -

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 VIDEO : ARMEMENT US.

6 Brèves

6-1Obama ou McCain, pour une majorité d'Irakiens, c'est du pareil au même.

6-2 Les Irakiens expriment de plus en plus leur espoir de voir les quelque 150.000 soldats américains d'Irak se retirer prochainement.

6-3 Les soldats (?) en Irak espèrent un retrait "responsable".

6-4 Six sièges de conseillers provinciaux pour les  petites minorités …

7 Dossiers

7-1 Falloujah en Irak.

7-2 Présence militaire US en Irak ? Un accord à tout prix…

7-3 Les Etats-Unis très réticents pour renégocier l'accord …

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 USA: 15% des soldats revenant d'Irak et Afghanistan ont subi des traumatismes sexuels



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

5-1 VIDEO : ARMEMENT US

http://www.dailymotion.com/video/x2w857_arme-microonde



6 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

6-1Obama ou McCain, pour une majorité d'Irakiens, c'est du pareil au même.

Comme des centaines de femmes l'ont exprimé ce week-end à Najaf, ce que souhaite avant tout la population, c'est que les soldats US quittent l'Irak le plus vite possible.

Dans certaines villes ravagées par les combats, la haine est palpable. Les Américains restent avant tout des occupants.

Pour beaucoup d'Irakiens, la politique étrangère américaine reste toujours la même. "On n'y prête pas attention, réagit un homme. Cela concerne le peuple américain.

Euronews

02 11


6-2 Les Irakiens expriment de plus en plus leur espoir de voir les quelque 150.000 soldats américains d'Irak se retirer prochainement.

"En tant qu'Irakien, je demande à Obama de tenir ses promesses sur le rapatriement des forces de sécurité", déclare Baki Nakid, journaliste à Bagdad. "Nous n'avons pas besoin de cette occupation."

Dans le même temps, certains Irakiens craignent un retrait trop rapide. Pour le ministre des Affaires étrangères Hochiyar Zebari, il faudra sans doute qu'Obama ajuste ses promesses de campagne aux conditions sur le terrain.

"Je pense que l'on entend beaucoup de choses, des objectifs, des slogans, pendant les campagnes électorales. Lorsqu'on les confrontera à la réalité, le président américain, quel qu'il soit, devra se pencher de très près sur la situation qui prévaut sur le terrain", a dit Zebari à la chaîne d'information panarabe Al Djazira.

"Je crois qu'Obama et ses collaborateurs en tiendront compte. La situation est complexe, elle est difficile. Les progrès que nous avons enregistrés par un combat acharné et par de gros sacrifices doivent être consolidés."

Une Irakienne de 58 ans, qui vit à Bagdad, affiche sa préférence pour les républicains, parce qu'ils ont appuyé le renforcement du contingent américain (…). Les troupes américaines, selon elle, "sont venues pour une mission. Elles doivent l'achever. Pour qu'elles repartent, il faut que la sécurité soit totale."

(Reuters)

04 11


6-3 Les soldats en Irak espèrent un retrait "responsable".

à la base "Prosperity" tous les yeux étaient tournés vers les écrans de télévision du mess.

Certains ont crié de joie lorsque la chaîne NBC a annoncé le nom du vainqueur, mais pour la plupart, les soldats sont restés silencieux, assis, à regarder et écouter Barack Obama, qui, en tant que nouveau président, sera leur nouveau commandant en chef.

Dans leur ensemble, les soldats ne cachaient pas leur espoir de voir le président élu tenir sa promesse de les rapatrier rapidement tout en tenant compte de la situation sur le terrain.

"Quel soldat va dire qu'il ne veut pas rentrer au pays? J'ai une femme et quatre enfants. Je veux revenir à la maison. Mais tous, nous tenons à ce que les potes que nous avons perdus ici ne soient pas morts pour rien", déclare le capitaine Ryan Morrison, originaire de Colorado Springs.

"Nous devons nous retirer dans un esprit de responsabilité. J'ai l'impression qu'il (Obama) veut le faire de façon responsable", ajoute-t-il.

Le président élu s'est engagé pendant la campagne électorale à rapatrier d'Irak l'ensemble des troupes américaines de combat dans un délai de 16 mois après son entrée en fonctions, le 20 janvier 2009. Cette promesse a paru audacieuse lorsque Obama l'a annoncée pour la première fois, l'année dernière, mais elle coïncide peu ou prou, désormais, avec le calendrier que privilégie le gouvernement irakien.

"Je suis emballé. Il va devenir président et il va nous tirer d'ici", déclare pour sa part le sergent Norman Brown. "Si McCain l'avait emporté, nous serions ici pour des années, et je dis bien des années et des années. Je pense que même les gens d'ici ne veulent pas de nous ici."

L'ascension d'Obama inspire certains militaires qui appartiennent à la communauté noire: "Cela me donne de l'espoir de voir que l'on peut atteindre son objectif quelle que soit sa race, sa couleur de peau, ou sa foi", dit un sergent originaire de Los Angeles, Andre Frazier, qui espère que le nouveau président améliorera l'image des Etats-Unis dans le monde.

Un soldat du Colorado estime quant à lui, en demandant à garder l'anonymat, que John McCain était un meilleur candidat, "parce qu'il est plus proche des valeurs de la Constitution en lesquelles je crois, et parce qu'il soutient l'armée de façon claire et nette". "Mais au bout du compte, cela importe peu. Nous servirons celui qui est commandant en chef, quel qu'il soit."

(Reuters)

04 11


6-4 Six sièges de conseillers provinciaux pour les  petites minorités …

Le parlement irakien a décidé de réserver six sièges de conseillers provinciaux aux petites minorités ethniques et religieuses sur un total de 440 qui seront en jeu aux élections au début de l'an prochain.

La mesure, qui concerne des groupes comme les chrétiens chaldéens ou les yézidis, a été adoptée par 106 voix sur 150 députés présents, mais a suscité par sa modestie l'ire de plusieurs responsables politiques.

Les Nations unies avaient demandé en effet au parlement irakien de réserver à ces minorités noyées dans la masse des 28 millions de musulmans irakiens le double de sièges aux conseils régionaux.

"C'est une mesure dégradante pour les minorités précieuses de notre pays. Cela ne sert pas l'intérêt public et nous la considérons comme une insulte à toutes les minorités d'Irak", a déclaré lundi le député Younadim Kanna, un des rares parlementaires chrétiens.

Selon lui, les chrétiens, dont la communauté est estimée à 750.000 âmes, auraient dû recevoir plus de sièges que d'autres minorités qui ne comptent parfois plus que quelques milliers de membres.

"Il y eu deux propositions (de loi), celle du représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Irak, Staffan de Mistura, qui n'a obtenu que 51 voix sur 150, et la seconde proposition, adoptée par 106 voix sur 150", affirme un communiqué du Parlement.

"Ce quota est applicable pour ces élections provinciales et un nouveau (quota) sera établi après un recensement général de la population", ajoute le communiqué, qui ne précise pas quand ce dénombrement aura lieu.

La proposition de loi adoptée accorde trois sièges aux chrétiens: un à Bagdad, un dans la province septentrionale de Ninive et un dans celle méridionale de Bassorah.

Pour les autres minorités, les Sabéens ont obtenu un siège à Bagdad, les Yazedis et les Shabak chacun un siège dans la province de Ninive.

Au total, 440 sièges sont à pourvoir aux élections provinciales prévues d'ici au 31 janvier prochain.

La résolution adoptée, qui vient compléter la loi électorale, avait été présentée par l'Alliance unifiée irakienne (chiite), deux formations sunnites --le Front de la concorde nationale et le Front du dialogue national-- et la liste nationale irakienne (laïque).

La proposition faite le 27 octobre par M. de Mistura accordait elle sept sièges aux chrétiens: trois à Bagdad, trois dans la province de Ninive et un dans celle de Bassorah.

Les Sabéens devaient avoir un siège à Bagdad, les Yazidis trois sièges et les Shabaks un siège à Ninive.

Le Conseil provincial de Bagdad compte 57 représentants, ceux de Ninive et Bassorah 37 chacun.

Le vote du Parlement lundi a provoqué la colère du député chrétien Yonadam Kanna.

"C'est une insulte à notre communauté et nous le rejetons. J'espère que (cette loi) ne sera pas appliquée. Nous pouvions (de toutes façons) obtenir un ou deux sièges sans la faveur qui nous a été faite", a-t-il dit à l'AFP, faisant référence au quota de trois sièges accordés par la résolution.

Selon des dirigeants chrétiens, il reste 600.000 chrétiens sur les 800.000 qui vivaient en Irak avant l'invasion de 2003.

Les Sabéens ou Mandéens sont environ 60.000 en Irak, où ils pratiquent le baptême comme les chrétiens et le jeûne comme les musulmans. Fidèles de Saint Jean-Baptiste, ils sont installés principalement dans le sud et à Bagdad. L'origine de cette religion date du Ier ou IIe siècles.

La communauté yazidie, estimée à quelque 300.000 personnes, est une minorité kurdophone installée dans le nord de l'Irak, qui considère le diable comme le chef des anges et le représente par un paon. Elle compte trois députés sur les 275 sièges du Parlement.

Les Chabaks sont un minorité de la province de Ninive. Ils ont leur propre langue, le hourami, qui mélange le turc, le perse et l'arabe. Ils sont environ 60.000, à l'est de Mossoul. Leur religion contient des éléments de l'islam, du christianisme et d'autres religions.

La loi électorale avait été adoptée une première fois le 24 septembre par les députés. Mais le conseil présidentiel avait demandé au Parlement de la compléter par un article assurant la représentation des minorités aux Conseils provinciaux.

Un tel article figurait au départ dans le projet de loi électorale rédigé par le cabinet du Premier ministre Nouri al-Maliki mais avait été retiré.

Sa suppression avait suscité de vives protestations au sein des minorités.

Les élections provinciales doivent se dérouler dans 14 des 18 provinces d'Irak. Elles seront organisées plus tard dans les provinces de la région kurde (Dohouk, Erbil et Souleimaniyeh) et dans la très contestée province de Kirkouk (nord).

(AFP Reuters)



7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

7-1 Falloujah en Irak.

A Falloujah, quasiment rasée en 2004 par deux assauts de l'armée américaine contre la résistance et la population la haine reste entière à l'égard des Etats-Unis et, pour ses habitants, le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama c'est blanc bonnet et bonnet blanc.

Près de cinq ans après, cette ville, située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, semble reprendre une activité normale

Mais le sentiment, lui, n'a pas changé: les forces américaines sont détestées et. "Les forces américaines doivent quitter rapidement l'Irak sinon elles en seront chassées", assure Sami al-Awad, un médecin qui possède un cabinet en centre-ville.

Pour les 800.000 habitants de Falloujah, les années sombres qui ont suivi la chute de la ville restent gravées dans leur mémoire et la défiance est totale envers les candidats républicain et démocrate.

"Qu'est-ce que ça change que ce soit Obama ou McCain? Les forces américaines ont tué ma mère en pleine nuit et nous avons dû fuir leur assaut en 2004", lance Diyauddin Abdallah, qui vend du matériel électronique. "La politique américaine est (déjà) arrêtée. Obama ne pourra rien y changer", ajoute le commerçant.

Son magasin, situé rue Abbas, l'artère principale de la ville, garde les séquelles des combats entre rebelles et forces américaines de 2004. Le magasin est criblé de balles et l'étage au-dessus a été soufflé. Quasiment tous les immeubles offrent le même aspect. Les murs sont grêlés d'impacts, les toits sont effondrés, certains immeubles sont totalement rasés avec les gravas qui jonchent encore le sol. Chaque coin de rue est un cloaque.

Cependant, le conseil municipal tente de lui redonner un aspect présentable: la rue Abbas a été à moitié goudronnée et un nouvel hôpital a vu le jour à l'entrée de la ville, près d'un nouveau jardin public.

Mais cela est encore loin de satisfaire les habitants. "Nous avons besoin d'électricité, d'eau, d'hôpitaux, de travail pour nos jeunes et, franchement, je ne pense pas que le gouvernement irakien qui suit les ordres de l'Iran, d'Obama ou de McCain puisse nous donner satisfaction", assure Abou Moustapha, 59 ans, qui fait la queue pour présenter une demande pour rétablir sa ligne téléphonique.

Dans la carcasse d'un immeuble, des jeunes chômeurs et des journaliers attendent un hypothétique entrepreneur pour les embaucher.

Le sentiment anti-américain est aussi vif chez les édiles de Falloujah. "Je veux qu'ils partent le plus tôt possible", assure le maire Saad Awad Rachid, un homme respecté qui tente d'atténuer les problèmes quotidiens des résidents. "Les habitants haïssent les Américains, surtout quand ils viennent arrêter une personne recherchée, y compris une femme. Je veux les voir dehors et peu m'importe qui sera le vainqueur des élections. Cela ne nous intéresse pas", dit-il.

Les sunnites de Falloujah, qui doivent être munis d'une carte d'identité magnétique pour entrer ou sortir de la ville, sont hostiles au projet d'accord de sécurité (Sofa) actuellement négocié entre le Premier ministre Nouri al-Maliki et Washington et qui prévoit un retrait définitif des Américains fin 2011. "Nous n'avons pas besoin de garder ici encore trois ans les Américains. Nous n'avons que faire du Sofa. Les forces irakiennes sont prêtes à assurer la sécurité", assure Diyauddin Abdallah.

Le Dr Awad partage cet avis. "Je ne fais confiance ni à Obama, ni à McCain.

Même si Obama a promis un retrait, ce ne sont que des promesses. Les Américains ne causent que des destructions et le mieux pour nous, c'est de nous en débarrasser".

Source : AFP

02 11


7-2 Présence militaire US en Irak ? Un accord à tout prix…
Aussi bien les Américains que les Irakiens ont tenu à marquer, jeudi, le transfert de l’autorité et, partant, le contrôle de la sécurité dans la province de Babylone que l’on se plaît à situer dans le « triangle de la mort », autrement dit, ce fameux périmètre d’où est partie la résistance irakienne à l’occupation américaine.
Est-ce à dire que tout va pour le mieux et que les Irakiens peuvent enfin exercer leur autorité ?

Rien n’est moins sûr et les Américains eux-mêmes mettent en garde contre tout excès d’optimisme, à l’inverse bien entendu des Irakiens. Et dans ce chapitre, on ne sait qui dit vrai, car chaque partie a ses raisons. Et c’est tout l’enjeu des négociations actuelles entre les deux parties en vue du retrait (vers des bases en Irak ?) du contingent américain et dans son sillage de l’ensemble de la force internationale. Et sur cette question, il n’y pas consensus ycompris au sein de la majorité irakienne. C’est aussi l’occasion d’échanges et même d’attaques entre Irakiens, mais aussi entre ces derniers et les chefs américains.

Sur ce chapitre, le gouvernement irakien a très vertement critiqué le chef d’état major interarmées américain, l’amiral Michael Mullen, estimant qu’il avait eu des propos «inappropriés » et qu’il ne pouvait pas « forcer » l’Irak à signer l’accord de sécurité négocié depuis des mois. « Le gouvernement irakien est profondément inquiet par les déclarations de l’amiral Michael Mullen
où il met en garde les Irakiens contre les conséquences d’un refus de signer l’accord de sécurité avec Washington », a déclaré le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Al Dabbagh. « Il n’est pas correct (de la part de l’amiral Mullen, ndlr) de forcer la main aux Irakiens et il est inapproprié de parler aux Irakiens de la sorte », a ajouté le porte-parole. Le chef d’etat major interarmées américain avait averti Baghdad, mardi, qu’il s’exposait à des pertes « significatives », s’il ne signait pas avec Washington l’accord sur la présence des forces américaines dans le pays. « Nous manquons cruellement de temps », avait estimé l’amiral en évoquant l’accord bilatéral, baptisé Sofa (Status of
forces agreement), qui vise à donner un cadre légal à la présence militaire américaine en Irak après le 31 décembre 2008, quand le mandat de l’ONU aura expiré. A l’issue de ce mandat, les forces de sécurité irakiennes « ne seront pas prêtes à assurer la sécurité », selon M.Mullen. « Et à cet égard, le risque est important de pertes significatives », avait-il estimé. Le général irakien, Qassim Atta,
porte-parole du commandement pour les opérations de sécurité à Baghdad, a assuré pour sa part que les forces irakiennes étaient « capables de prendre la responsabilité de la sécurité dans tout le pays. Les forces de sécurité sont déjà prêtes, notamment après avoir augmenté en nombre et en qualité. Nous contrôlons déjà 11 des 18 provinces irakiennes et
bientôt nous contrôlerons le reste des provinces », a estimé le général Atta.

Le gouvernement du Premier ministre, Nouri Al Maliki, a décidé, mardi, à l’unanimité d’apporter des changements au projet d’accord qui prévoit la fin de la présence américaine en Irak d’ici fin 2011.

En réaction, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a averti que l’absence d’un accord rapide avec Baghdad sur la présence militaire américaine aurait des « conséquences dramatiques ». Le projet d’accord prévoit la fin de la présence militaire américaine avec le retrait total des troupes d’ici fin 2011 et permet à la justice irakienne de juger des soldats américains accusés de crimes graves commis hors de leurs bases et hors mission. Il prévoit aussi que les Irakiens peuvent demander le
maintien de troupes américaines pour l’entraînement de l’armée irakienne au-delà de cette date.

« L’absence d’un Sofa ou encore d’un renouvellement du mandat de l’ONU aurait des conséquences dramatiques », a-t-il dit, en affirmant que les troupes américaines seraient contraintes d’ « arrêter de faire quoi que ce soit. Il y a seulement deux options : le Sofa ou un nouveau mandat de l’ONU, mais aujourd’hui nous n’avons pas l’assurance d’obtenir ce que nous voulons en retournant à l’ONU », a-t-il ajouté. « Il faut vraiment que nous obtenions cet accord » visant à donner un cadre légal à la présence militaire américaine en Irak, à l’expiration le 31 décembre 2008 du mandat de’ONU, a-t-il conclu. « C’est un bon accord pour nous et pour eux »,
a-t-il insisté, en jugeant qu’ « il protège la souveraineté de l’Irak ».« Il existe une grande réticence à travailler davantage sur le projet d’accord » côté américain, a-t-il prévenu. « S’ils venaient à souligner
quelque chose à laquelle nous n’avions pas pensé ou s’ils identifiaient
des problèmes que nous n’aurions pas vu, nous devrions les prendre au
sérieux », a-t-il nuancé. Toutefois, « nous n’avons pas claqué la porte, mais je dirais qu’elle est près d’être fermée », a-t-il estimé. «
L’heure tourne » et « il faut continuer à avancer pour ne pas être pris de court », a conclu M. Gates. Le projet d’accord prévoit la fin de la présence militaire américaine avec le retrait total des troupes d’ici
fin 2011.

Les Kurdes, qui disposent de 53 voix, ont déjà fait savoir qu’ils soutiendraient le projet. Les groupes parlementaires sunnites ont émis des réserves. Les partis chiites ont fait état de leurs divergences, les partisans du leader radical Moqtada Sadr étant opposés à l’accord, alors que les groupes plus proches du pouvoir le soutiennent, parfois timidement. C’est tout l’embarras du gouvernement
de M. Nouri Al Maliki, qui fait aussi face à une insurrection qui continue à prendre pour cible les symboles de son pouvoir.

El Watan (Algérie)

25 octobre 2008.
http://www.elwatan.com/Un-accord-a-tout-prix


7-3 Les Etats-Unis très réticents pour renégocier l'accord …

L'administration Bush a dit mardi avoir fait sa "meilleure offre" au gouvernement irakien sur la présence de ses troupes en Irak et s'est montrée très réticente à l'idée de renégocier un accord.

Alors que le temps commence à presser, la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, a mis en garde contre les conséquences qu'un échec des pourparlers aurait sur la sécurité en Irak.

Cependant, il serait "irresponsable" d'exclure de nouvelles discussions, a-t-elle dit après que le gouvernement irakien eut annoncé qu'il allait soumettre à l'administration américaine une nouvelle version de l'accord.

"Nous avons l'impression que nous leur avons présenté notre meilleure réflexion, notre meilleure offre. Et cela fait quelques semaines que nous disons que la barre est placée très haut en ce qui nous concerne pour un quelconque changement. Nous pensons que la porte des négociations est pour ainsi dire fermée", a dit Mme Perino à la presse.

"Cela dit, nous n'avons pas encore vu les amendements qu'ils veulent voir, nous allons attendre de les voir et nos négociateurs, dirigés par l'ambassadeur (des Etats-Unis à Bagdad Ryan) Crocker les examineront", a-t-elle dit.

Plus de cinq ans et demi après le début de la guerre, il ne reste plus que deux mois à Washington et Bagdad pour s'entendre sur un accord qui régirait la présence militaire américaine en Irak après le 31 décembre.

C'est à cette date qu'expire le mandat de l'ONU sous lequel agit la force dirigée par les Américains.

L'administration Bush a engagé les discussions début 2008 avec l'objectif de les boucler avant fin juillet.

Mais les tractations ont donné lieu à d'importantes divergences, exacerbées, selon les Américains, par les calculs politiques des groupes irakiens. Les Etats-Unis accusent aussi l'Iran voisin, qui est leur bête noire dans la région et qui jouit d'une forte influence sur certains groupes irakiens, d'essayer de torpiller l'accord.

Les divergences ont concerné la durée du déploiement et l'immunité des soldats américains.

Un récent projet d'accord stipule que les troupes américaines se retirent d'ici à fin 2011 et que la justice irakienne puisse juger des soldats américains accusés de crimes graves s'ils ont été commis hors de leurs bases et hors missions.

Avec ces concessions importantes de la part d'une administration Bush qui a longtemps refusé toute échéance de retrait, le gouvernement américain pensait que l'accord était assez avancé pour informer les deux candidats à la présidentielle et le Congrès du contenu du projet.

Mais de fortes objections au sein d'une classe politique irakienne divisée et jalouse de souveraineté ont conduit le Premier ministre Nouri al-Maliki à demander des modifications.

Après s'être entendu sur les changements à apporter, le gouvernement a annoncé mardi avoir chargé M. Maliki de les soumettre aux Américains.

Selon des responsables irakiens, le texte devrait être plus précis sur la date exacte du retrait et sur l'immunité des soldats américains.

Faute d'accord d'ici au 31 décembre, les soldats américains devraient être confinés à leur base, voire se retirer, mettent en garde des responsables américains, à moins d'un nouveau mandat de l'ONU.

Cette dernière éventualité a été évoquée récemment, alors que le gouvernement irakien a lui-même demandé aux Nations unies de ne pas reconduire ce mandat.

"Ce n'est certainement pas à quoi va notre préférence", a dit Mme Perino.

"Il y aura des conséquences" si les négociations échouent, a-t-elle prévenu, estimant que les Irakiens ne sont pas encore capables d'assurer seuls leurs sécurité et le savent.

 (AFP)

28 oct,



8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

8-1 USA: 15% des soldats revenant d'Irak et Afghanistan ont subi des traumatismes sexuels.

Près de 15% des militaires, en grande majorité des femmes, récemment rentrés d'Irak ou d'Afghanistan, traités par les services de soins du Ministère américain des anciens combattants, font part d'expériences sexuelles traumatisantes durant leur déploiement, selon un étude dévoilée mardi.

Ces travaux présentés lors de la conférence annuelle de l'American Public Health Association qui se tient à San Diego (Californie), sont basés sur l'analyse de données portant sur plus de 100.000 membres du personnel militaire ayant été déployés en Irak ou en Afghanistan et soignés dans un des centres hospitaliers dépendant du Ministère des anciens combattants, précise Joanne Pavao, une des co-auteurs, selon un communiqué.

Ces données ont porté sur une période de six ans.

Outre une femme sur sept, 0,7% des hommes ont également indiqué avoir eu des expériences sexuelles traumatisantes durant leur déploiement en Irak ou en Afghanistan.

Les femmes et les hommes ayant fait part de ces expériences présentaient une plus grande probabilité d'être diagnostiqués comme souffrant d'une maladie mentale que ceux n'ayant pas vécu de tels traumatismes, ont constaté les chercheurs.

Ces expériences sexuelles traumatisantes, allant d'avances répétées malgré des rejets jusqu'au viol, peuvent provoquer des dépressions, de l'anxiété, des troubles post-traumatiques et le recours à des drogues.

"Les résultats de cette étude mettent en lumière l'importance d'une politique de dépistage universelle aussi bien qu'une intervention précoce parmi ces militaires de retour de déploiement ayant subi des expériences sexuelles traumatisante de manière à prévenir des séquelles durables", souligne Joanne Pavao.

La politique du Ministère américain des anciens combattants requiert que tous les anciens militaires soient soumis à des examens de dépistage pour détecter des expériences sexuelles traumatisantes, précise-t-elle.

Ces personnes sont soignées gratuitement pour les troubles qui en résultent dans tous les établissements couverts par le Ministère

AFP

mardi 28 oct,




Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda, 

n° 399 -Journal d'Irak - 23/10 au 09/11/08 - Fin- - Lourd agenda pour le nouveau président


n° 399 -Journal d'Irak -  23/10 au 09/11/08 - Fin- - Lourd agenda pour le nouveau président



Journal d'Irak    Fin-

n°399   du 23/10 au 09/11/08

M.Lemaire


Sommaire :                               Fin-

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Youssef Nada : « Pour nous, le mal est déjà fait »

9-2 Assil Kami : En Irak, l'environnement a été dévasté par la guerre.

10 Analyse

10-1 Le chef d'état major de la Défense estime que les Hercules sont sûrs



9  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Youssef Nada : « Pour nous, le mal est déjà fait »

Islamophobie et sanctions « antiterroristes »
Le pas est énergique. La silhouette légèrement voûtée. Le regard est vif. Mais la blessure est profonde. Son histoire est bouleversante. C’est l’histoire d’un ingénieur et banquier talentueux, qui aurait pu continuer de faire merveille dans le monde et dans les affaires si la « guerre » impitoyable, déclenchée par l’Occident contre les musulmans, ne l’en avait pas empêché ; et si, contre toute attente, la Suisse ne s’obstinait pas à le maintenir sous un régime de sanctions pourtant contraires au droit (*).

Ce sont les mensonges de journalistes qui ont été au commencement de sa descente aux enfers. Mais aujourd’hui la question de savoir si ces journalistes ont menti par légèreté ou intentionnellement, passe au second plan [1]. Une question bien plus brûlante le taraude. La raison qui a conduit le gouvernement suisse à céder à la volonté et à l’arbitraire des Etats-Unis, donc à accepter la loi de la jungle, a-t-elle un lien avec l’islamophobie ? S’il n’avait pas été musulman, les choses ne se seraient-elles pas passées différemment ?

M. Nada exprime ici sa grande désillusion à l’égard de Berne. Il est innocent ! Mais il n’arrive pas à obtenir la radiation de son nom de la « liste noire » de l’ONU. La Suisse qui aurait pu lui épargner bien des humiliations s’est pliée aux exigences de M. Bush, un Président aussi borné que dangereux qui n’aura laissé que cadavres, larmes et dévastations derrière lui.

Silvia Cattori : Alors que les enquêtes menées par le Ministère public de la Confédération suisse n’ont rien trouvé à vous reprocher, Berne continue à vous infliger des mesures contraires aux principes fondamentaux du droit [2]. Quand nous avons demandé aux autorités suisses pourquoi elles n’ont rien fait pour défendre votre cas auprès du Conseil de sécurité, elles ont répondu que, comme vous « n’êtes pas suisse et ne résidez pas en Suisse », c’est à l’Italie dont vous êtes ressortissant de demander la radiation de votre nom de la liste noire de l’ONU, mais qu’elle « n’a rien fait ».

Youssef Nada : Je ne suis pas suisse et je ne réside pas en Suisse, mais j’avais mes bureaux en Suisse ! Et la Suisse est le seul pays qui m’a mis sous enquête. Même l’Italie, ne m’a jamais interrogé jusqu’à ce jour. Le seul pays européen qui a jeté le doute sur moi et engagé des poursuites contre moi, est la Suisse. C’est donc à la Suisse, qui me maintient sous sanctions de l’ONU, donc assigné à résidence, que je me vois obligé de demander des permis de transit pour sortir de Campione [une commune italienne enclavée en territoire Suisse] et me rendre en Italie.

Quand les autorités suisses disent que l’Italie n’a rien fait, cela n’est pas vrai. L’Italie a présenté la demande de radiation de mon nom au Comité des sanctions du Conseil de sécurité en juillet 2008. Mais celui-ci, le 16 juillet, a répondu qu’il refusait.

Silvia Cattori : Nous avons interrogé Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à ce sujet. Il semble minimiser ses responsabilités en disant que le seul lien que vous avez avec la Suisse « concerne le blocage de vos avoirs bancaires » sur le territoire suisse.

Youssef Nada : Dire que le seul lien que la Suisse a avec moi, est le gel de mes biens, cela n’est pas exact. Il y a, un autre lien qui est bien pire encore : c’est l’interdiction de voyager et de transit. Avec ce système, je suis emprisonné à Campione. Et cela est plus cruel que le gel de mes biens. Si j’étais libre de mes mouvements et de reprendre mon activité, je pourrais me refaire.

Silvia Cattori : Les collaborateurs de Mme Calmy-Rey nous ont assuré qu’ils ont toujours été en contact avec votre avocat et vous ont offert « de l’aide en ce qui concerne la procédure de de-listing et l’interdiction d’entrée et de transit par la Suisse ». Cela n’est-il pas vrai ?

Youssef Nada : Non. Cela n’est pas vrai, personne n’a jamais soutenu mon avocat, M. Wernli. En réalité, c’est lui qui s’est trouvé dans l’obligation de prendre contact avec les autorités. Mais celles-ci répètent toujours la même chose : que je ne suis pas Suisse et qu’elles ne peuvent rien faire.

Silvia Cattori : Qu’en est-il des autorisations de déplacements ?

Youssef Nada : Les autorités suisses m’ont accordé un permis de transit seulement deux fois.

Une première fois pour une durée de 24 heures et une seule entrée ; il était mentionné que ce permis m’était remis en vertu de l’article instituant des mesures à l’encontre « de personnes et entités liées à Oussama ben Laden, au groupe « Al-Qaïda » ou aux Talibans ».

M’associer avec Ben Laden, c’est une manière de présenter les choses que je considère comme très humiliante. Je n’ai rien à voir avec Ben Laden. Les enquêtes menées par la Suisse ont abouti à un non-lieu. Mais ils ont répété cela partout, comme s’il s’agissait d’un fait acquis.

Mais surtout, cette permission de transit, qui devait me permettre de me rendre en Italie, à un rendez-vous avec le Procureur Spataro, n’était valide que pour 24 heures et une sortie. Ce qui veut dire que c’était très dangereux pour moi. Car, imaginez que, pour une raison où une autre, un accident ou des raisons de santé, je ne puisse pas revenir dans ce délai de vingt-quatre heures ! Je ne serais alors plus en mesure de rentrer chez moi à Campione, et je devrais rester à la rue.

Le deuxième permis de transit qui m’a été accordé devait me permettre de me rendre à Sion, le 16 septembre 2008, à la première audience du Juge qui enquête sur les fuites de documents du bureau du Procureur. Cette fois encore je n’ai pu m’en servir car il n’était valide que pour une entrée et une durée de deux jours. Ce qui signifie que, si je sortais de Campione via Domodossola pour rejoindre Sion, la permission expirait et je n’aurais plus pu rentrer chez moi.

Voilà ce qui s’est passé en réalité. J’ai reçu deux permis de la part de la Suisse, mais je n’ai pas pu m’en servir. Tout cela pour dire que ces autorités qui vous ont fourni des réponses n’examinent pas les questions dans le détail ; et ne vérifient pas si ce qu’on leur dit est vrai ou pas ; si telle mesure est effective ou pas.

Ces procédés me rendent très triste et me font très mal ! C’est vraiment affligeant et difficile à croire !

Silvia Cattori : Quand nous avons cherché à savoir si la Suisse avait examiné toutes les possibilités dont elle dispose pour lever votre interdiction de voyager, on nous a répondu que la « levée d’interdiction de voyage a besoin d’une décision du Comité [du Conseil de sécurité] » ; et qu’il vous incombait de demander cette exemption pour des raisons humanitaires. Quel est votre point de vue ?

Youssef Nada : Le problème est que c’est la Suisse qui m’a frappé et, qu’ensuite, ses autorités disent qu’elles n’ont pas le pouvoir de réparer le mal qu’elles ont fait.

Dire que c’est à moi de demander un « droit d’exemption pour des raisons humanitaires », cela revient à dire que je devrais mendier la charité « pour des raisons humanitaires ».

Mais, je ne demande pas la charité ! Je demande le respect de mes droits ! Cela est mon droit. Je ne mendie pas leur charité !

Silvia Cattori : Mme Calmy-Rey aurait bien sûr dû refuser d’appliquer ces mesures qui vous privent de liberté et que M. Dick Marty qualifie depuis longtemps de « flagrante injustice ». Tout ne se passe-t-il pas comme si, dans ce dossier, elle cherchait simplement à s’en laver les mains ?

Youssef Nada : Vous savez que je suis concerné par deux « listes noires ». Celle des Nations Unies, et celle de la Suisse. Je ne puis m’adresser qu’au pays qui me maintient dans cette situation d’emprisonnement. C’est à ce pays que je dois demander de me sortir de sa propre « liste noire ». Et ce pays est la Suisse. Raison pour laquelle c’est à la Suisse que je demande la radiation de mon nom de sa liste. Cette liste est distincte de la liste des Nations Unies. Certes, elle est copiée sur celle des Nations Unies mais elle relève de la loi suisse, c’est une auto-imposition.

Et la Suisse dit : « Nous sommes tenus, nous ne pouvons pas vous dé-lister de notre liste avant que le Conseil de Sécurité ne vous dé-liste de sa liste ». Très bien, ils sont tenus ; mais moi je n’ai guère d’autre choix que de m’adresser à la Suisse, pas aux Nations Unies. Si les autorités suisses se considèrent tenues par la liste des Nations Unies, c’est à elles qu’il revient de demander la permission de me sortir de la liste suisse. Mais cela, elles refusent de le faire.

Silvia Cattori : Le jugement du 3 septembre 2008 de la Cour de justice de l’Union européenne, à propos du cas Yassin Kadi [3], dit que les Etats ne peuvent pas appliquer les sanctions de l’ONU au mépris de leurs propres lois. Pour les victimes, comme vous, de cette situation scandaleuse c’est une très bonne nouvelle. Or Berne semble écarter ce jugement dont elle nous avait dit, il y a quelques mois, attendre le résultat. Elle dit maintenant que, « la Suisse n’étant pas membre de l’UE », elle n’est pas « soumise à la juridiction de la Cour de justice des Communautés européennes ». Comment expliquez-vous ce revirement ?

Youssef Nada : En effet. Je ne peux pas comprendre. Quand cela les arrange ils vous disent : « Nous ne sommes pas seuls, nous sommes tenus d’appliquer les sanctions de l’ONU : voyez donc le jugement du Tribunal de première instance des Communautés européennes ». Et quand cela ne les arrange pas, parce que la Cour européenne a ultérieurement renversé ce jugement, ils disent : «  Nous ne sommes pas concernés par ce jugement de la Cour de justice des Communautés européennes car nous ne faisons pas partie de l’Union Européenne » !

Silvia Cattori : Interrogée à ce sujet Mme Calmy-Rey nous a répondu qu’il fallait aussi attendre le résultat de la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CDH) où vous avez interjeté un recours contre la décision du Tribunal fédéral de Lausanne du 14 novembre 2007. Qu’est-ce que ce recours pourra bien vous apporter ?

Youssef Nada : J’ai introduit une action contre la décision du Tribunal fédéral de Lausanne car, en Suisse, on ne peut pas faire appel contre les décisions de ce Tribunal, qui sont définitives selon la loi suisse. Celui-ci avait estimé que l’on ne pouvait pas radier mon nom de la « liste noire » suisse avant que je ne sois radié de la « liste noire » du Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour justifier son jugement, le Tribunal fédéral a présenté, sur deux pages, des arguments basés sur le jugement du Tribunal de première instance des Communautés européennes au sujet du cas Al Kadi, jugement qui a été, depuis, annulé par la Cour de justice des Communautés européennes.

Dès lors qu’en Suisse, il n’est pas possible de faire appel contre une décision du Tribunal fédéral, je n’avais donc pas d’autres voies que de saisir la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.

Mais la Suisse n’est nullement tenue d’appliquer les décisions de la Cour de Strasbourg. Même si, demain, cette Cour prend une décision qui condamne la Suisse, celle-ci peut très bien l’ignorer.

Donc cela ne règlera pas mon cas. Ce sera seulement une victoire symbolique pour moi et ma famille, en ce sens que cela montrera que je suis une victime et que mes droits humains ont été violés tout au long de ces procédures. Mais ce sera aussi, symboliquement, une tache noire sur les « bonnes » performances de la Suisse en matière de droits de l’Homme.

Silvia Cattori : La Suisse, l’Allemagne, le Danemark, le Liechtenstein, les Pays-Bas et la Suède, ont proposé d’apporter des améliorations aux procédures d’établissement et de révision des « listes noires » de l’ONU. En quoi cela vous paraît-il concerner votre cas ?

Youssef Nada : Cette initiative proposant l’amélioration des mécanismes onusiens de « listing/ de-listing » est bien timide. Elle ne s’attaque pas au problème des personnes dont le nom s’est trouvé inscrit sur la « liste noire » de l’ONU et le demeurent, alors qu’ils étaient innocents et que les enquêtes l’ont prouvé. Comme vous le savez, même avec toutes les faiblesses que cette initiative comportait, elle a tout de suite été refusée par le Conseil de sécurité.

Il y a un grave problème dont personne ne parle. Que se passe-t-il pour ceux qui sont déjà sur des « listes noires » sans aucune raison ? Personne ne dit comment résoudre cette question. Cela indique que les Etats qui ont présenté ce document ne veulent pas s’attaquer directement à ces « listes ». Qu’ils veulent juste se limiter à quelques « améliorations » cosmétiques. De fait, ils admettent ce système soi-disant « préventif ».

Comme vous avez-vous-même pu le constater, en ce qui me concerne, la Suisse ne m’a pas soutenu auprès du Conseil de sécurité de l’ONU. Car elle estime que c’est à l’Italie de le faire. Et, en réalité, l’Italie l’a fait. Mais en accompagnant la demande de radiation de mon nom, du rapport rempli d’inexactitudes et d’accusations erronées que leur avait transmis le Substitut du Procureur de la Confédération, M. Nicati. J’avais répondu à ce rapport, et escompté qu’il soit rectifié, mais M. Nicati n’a pas tenu compte de mes arguments. Les Italiens ont copié ce rapport et l’ont remis aux Nations Unies comme si c’était le leur. Cela a sans doute pesé dans la décision du Conseil de sécurité des Nations Unies de me maintenir sur sa « liste noire ».

Silvia Cattori : Vous ne voyez donc aucun progrès !?

Youssef Nada : Je suis sans espoir. Ils considèrent ces listes comme « préventives » ! Mais pendant combien de temps peut-on continuer à prétendre qu’il s’agit d’une mesure « préventive » ? Comment est-ce possible qu’après que l’on vous ait investigué, interrogé, que l’on ait demandé une assistance légale dans le monde entier, et que rien n’a été trouvé contre vous, les Etats continuent de dire que l’on vous maintient sur la liste à titre « préventif » ?

Ils déclarent qu’il y a un monstre. Ils font peur à tout le monde en agitant le danger du monstre. Et ensuite, ils violent les droits d’un certain nombre de gens, comme moyen « préventif » de combattre le monstre !

Dans les faits le monstre n’est pas là, mais l’on continue de nier les droits de gens innocents durant sept ans ! Et personne ne sait combien d’années cela peut encore durer !

Le problème est que ceux qui ont créé ces procédures de « listing » ne veulent pas dire « Nous nous sommes trompés ». Ils ne veulent pas dire que George Bush s’est présenté à la télévision le 7 novembre 2001 [4], pour annoncer devant des millions de gens, que Youssef Nada, ses associés et sa banque, il allait les ruiner, les affamer !

Ils ne veulent pas rayer nos noms des « listes noires », car c’est le Président Bush lui-même qui a demandé de nous y inscrire. Comment pourraient-ils dire, soit que Georges Bush a été induit en erreur, soit qu’il a menti ?

Ils en avaient fait une telle affaire ! Après la déclaration de M. Bush, des enquêteurs ont été envoyés à travers le monde, pour chercher à collecter des éléments qui devaient prouver que les accusations proférées par M. Bush étaient fondées. Mais comme tout était mensonge, ils n’ont jamais rien trouvé.

Alors, jusqu’à ce jour, tous ces gens qui ont participé à ce système, et alors même qu’ils savent que tout est faux, ils ne peuvent pas dire que M. Bush est un menteur, que leur chef de gouvernement est un menteur. Ils ne peuvent pas dire non plus que ceux qui ont fait dire à M. Bush ces mensonges, sont tous des menteurs, car certains d’entre eux sont encore au pouvoir.

Silvia Cattori : Ces sanctions illégales ont fait perdre tout crédit à l’ONU. Pourtant Mme Calmy-Rey continue de considérer qu’il est très important pour la Suisse de les respecter. « Si les Etats membres de l’ONU devaient refuser d’appliquer les sanctions, le système perdrait toute crédibilité » dit-elle.

Youssef Nada : Tout cela est difficile à croire. Même le Substitut du Procureur du Ministère public de la Confédération, M. Nicati, a fait un rapport dans lequel quantité de choses sont incorrectes, déformées. Ce rapport qui affirmait faussement que « M. Nada finançait Al-Qaïda depuis 1981 », il l’a envoyé à dix pays [5]. Tout cela, ce n’est pas honnête, ce n’est pas professionnel. Le Procureur qui a fait cette assertion savait que cela n’avait aucun fondement. Al-Qaida n’existait pas en 1981. Comment pouvais-je financer un groupe qui n’existait pas ?

Cela démontre que la Suisse a nommé à un poste aussi important une personne qui n’était pas neutre ni compétente. Une personne qui, au lieu de garder la distance que ce métier exige, était en accord avec les positions idéologiques des Etats-Unis, suivait la propagande des services secrets et était prête à se soumettre à leurs pressions. C’était des mensonges. Et les dix pays qui ont reçu ces mensonges continuent de les prendre en considération. C’est inimaginable ! Vous vous dites que c’est une mauvaise plaisanterie. Une plaisanterie de justice.

Il y a maintenant une enquête ouverte contre le Ministère public de la Confédération car de nombreux documents me concernant sont sortis. Il y a eu violation du secret de l’instruction.

Ce système doit être corrigé. C’est une situation très dangereuse. Pas pour nous. Pour nous, le mal est déjà fait. Mais pour tous ceux qui vivent dans ce pays. Comment les gens peuvent-ils avoir confiance en la justice quand, à la lumière de mon cas par exemple, ils s’aperçoivent que des injustices et d’innombrables erreurs sont faites au nom de la justice ?

Silvia Cattori : L’exécutif suisse a manqué de courage dans cette affaire ! Mais, ne pensez-vous pas qu’il devra finir par reconnaître ses graves erreurs et vous rendre justice ?

Youssef Nada : J’ai payé le prix. Mon associé, M. Himmat, il ne faut pas l’oublier, vit le même calvaire que moi. Il est lui aussi enfermé ici à Campione. Cette fois, c’est nous qui l’avons payé. Mais, la prochaine fois, n’importe quel citoyen pourrait avoir à payer ce prix. Et il y a peut-être aussi d’autres victimes dont nous ne savons rien en ce moment.

Comme je vous l’ai dit, s’il n’y a pas d’honnêteté, si au lieu d’examiner les faits, les autorités se limitent à donner des réponses défensives, cela n’a rien à voir avec la justice. Cette fois, il s’agit de moi. La prochaine fois personne ne sait qui sera confronté à cette situation.

Je pense que les autorités qui sont conscientes de ces agissements peu honorables doivent enquêter et vérifier ce qui se passe et où il y a eu faute. La Suisse est un pays riche de nombreuses personnes de haute qualité, comme je ne l’ai vu nulle part ailleurs.

Le fait que des gens ont fait des erreurs, cela ne veut pas dire que tous les Suisses sont fautifs. Peut-être que, dans un autre pays, je ne pourrais même pas parler avec vous comme je le fais.

Il y a la liberté ici, oui. Il y a la démocratie ici, oui. Mais il y a quelques personnes qui ne sont pas honnêtes. Même si elles sont rares en Suisse, ces personnes sont dangereuses.

Silvia Cattori : Qui, plus particulièrement, a contribué à détruire votre banque, votre vie, votre famille ?

Youssef Nada : Les victimes ne peuvent pas parler. Ceux qui ont l’amour de la justice doivent enquêter et parler. Pas les victimes.

Mon problème le plus grand est ma liberté. Je suis assigné à résidence. Je suis prisonnier. Je n’ai pas les moyens d’être entendu. Je suis en état d’arrestation. Même quand j’ai besoin de documents, pour moi même, je ne puis aller les chercher. Même si je veux me documenter, c’est difficile pour moi maintenant. Pas seulement parce que je suis emprisonné. Mais parce que mes collaborateurs ou amis, commencent à disparaître les uns après les autres. Et je ne puis aller voir ceux qui sont encore en vie et effrayés.

A mon âge, tous mes collaborateurs, chefs d’entreprises et de banques, tous mes contacts sont des gens avancés en âge : chaque jour j’apprends que l’un d’eux est paralysé, suite à une attaque cardiaque, ou qu’il est décédé… [ La voix brisée, M. Nada marque ici un temps d’arrêt ].

Ce n’est pas un mois mais sept années ! Juste parce que M. Bush est venu dire à la télévision des mensonges sur M. Nada et ses associés et collaborateurs de la société Al Taqwa, les responsables politiques en place ne veulent pas le contredire et revenir en arrière pour réparer le mal fait.

La Suisse est un petit pays ; mais cependant, c’est un pays qui est fameux par ses lois et sa démocratie directe ; un pays qui a des moyens d’agir.

La seule valve de sécurité, pour tout être humain, c’est la justice. Le pilier de la démocratie, c’est la justice. Sans justice, il n’y a pas de démocratie ; sans justice, il n’y a pas d’humanité, il n’y a plus que la jungle.

Nous sommes tous d’accord que le terrorisme doit être combattu là où il existe. Mais pas sur le dos de gens innocents.

Silvia Cattori : Combien d’actions en justice avez-vous ouvertes ?

Youssef Nada : Ne m’en parlez pas. Je suis assis toute la journée à mon bureau pour répondre aux demandes de mes avocats. Il y a sept causes ouvertes, pas seulement en Suisse. C’est trop, trop ! Comme je vous l’ai déjà dit, je suis très inquiet pour les victimes qui ont, ou qui auront, à faire face à ce genre de situation. Pour moi, je résiste encore. Je suis prêt à supporter. Mais je pense à ces gens, nombreux, qui ont été atteints dans leur santé, qui ont eu des attaques cardiaques et sont paralysés.

Si je me bats, c’est pour défendre la justice. Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle.

Silvia Cattori : Je vous remercie pour votre émouvant témoignage.

Silvia Cattori

(*) Voir :
 « L’incroyable histoire de Youssef Nada », par Silvia Cattori, mondialisation.ca, 13 juin 2008.
 « Lettre ouverte à Mme Micheline Calmy-Rey », par Silvia Cattori, mondialisation.ca, 22 juin 2008.
 « Réponse de Mme Calmy-Rey à la lettre d’une simple citoyenne », silviacattori.net, 1er juillet 2008.
 « La diplomatie suisse en accusation », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 28 septembre 2008.

 


[1] M. Nada a ouvert une action en justice auprès du tribunal à Milan, contre Guido Olimpio, depuis 1997. Ce journaliste du Corriere della Sera avait diffusé une accusation émanant selon toute vraisemblance des appareils de propagande militaire israéliens. A ce sujet :
 voir l’article : « Hamas perde metà del tesoro », par Guido Olimpio, Corriere della Sera, 20 octobre 1997.
 voir également la notice concernant M. Olimpio, sur le Site officiel de Youssef Nada.

Associer M. Nada au mouvement de résistance palestinien Hamas servait l’objectif d’Israël qui dès les années 90 intensifiait les campagnes pour criminaliser la résistance musulmane aux yeux de l’Occident. L’accusation de M. Olimpio a servi au FBI et d’autres agences, à étoffer des fausses listes de « présumés terroristes » et à les sortir au moment fatidique, comme on a pu le voir en 2001. Malgré les démentis, M. Olimpio, n’a jamais retiré ses accusations. Il a continué à relayer des informations biaisées sur M. Nada (et d’autres musulmans). Reprises sans vérifications par d’autres journalistes aux ordres, ces fausses informations ont fait le tour du monde détruisant la réputation et la vie de nombreuses personnes.

D’autres journalistes ont mené des campagnes mensongères et ont été dénoncés par M. Nada. Dans les pays francophones, Richard Labévière grandement contribué à sa diabolisation. Voir la notice le concernant sur le Site officiel de Youssef Nada.

[2] M. Dick Marty a souligné que M. Nada avait été inscrit sur la « liste noire » du Conseil de Sécurité « sans avoir été informé, sans avoir été entendu et sans pouvoir faire usage d’un moyen de recours », relevant qu’ « il est franchement choquant de voir qu’une organisation internationale dont le but est d’affirmer les principes de paix, de tolérance et de justice, ait elle-même recours à des moyens qui ne respectent pas les principes fondamentaux qui sont à la base de toute restriction de la liberté individuelle dans n’importe quel pays civilisé : droit d’être entendu, droit de recourir à une autorité judiciaire indépendante, droit à un procès équitable, principe de la proportionnalité », et que « la pratique actuelle des « listes noires » de l’ONU ne bafoue pas seulement les droits fondamentaux, en causant de flagrantes injustices à de nombreuses personnes à l’encontre desquelles rien n’a pu être démontré, mais décrédibilise toute la lutte internationale contre le terrorisme. » Voir :
 « Listes noires du Conseil de sécurité des Nations Unies - Note introductive », par Dick Marty, rapporteur, Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 19 mars 2007.

[3] Voir ce jugement sous le lien : http://curia.europa.eu/jurisp/cgi-bin/form.pl ?lang=FR&Submit=Rechercher$docrequire=alldocs&numaff=C-415/05%20P&datefs=&datefe=&nomusuel=&domaine=&mots=&resmax=100

[4] George Bush lui-même, a désigné la société bancaire créée en 1988 par M. Nada, comme la principale pourvoyeuse de fonds d’Oussama ben Laden. La société a été contrainte de fermer ses portes le 31 décembre 2001.

[5] Le procureur du Ministère public de la Confédération, M. Roschacher et son substitut M. Nicati, n’ont pas affiché une attitude neutre. Mais auraient agi de façon à plaire aux Etats-Unis, relayant les accusations fantaisistes de M. Bush dès novembre 2001, notamment lors d’une conférence de presse. Le 2 avril 2002 une délégation du FBI et du Trésor a été reçue durant 10 jours à Berne par la Police fédérale. Elle a obtenu l’accès à toutes les pièces saisies dans les bureaux et au domicile de M. Nada. Une action pénale a été ouverte en Suisse contre M. Nada pour soupçon de financement des attentats du 11 septembre 2001 conduisant au gel de ses comptes bancaires et à la faillite de sa société, alors que rien ne permettait de l’accuser. Les Etats-Unis n’ont jamais fourni aux enquêteurs suisses les preuves de leurs accusations, car elles n’existaient pas.
Néanmoins, de 2001 à 2004, M. Nicati a maintenu que M. Nada avait apporté un " soutien financier et logistique à une organisation criminelle " alors que rien ne permettait de l’affirmer.

Il y a plusieurs raisons, certaines sont dictées par les changements internationaux et régionaux du moment, et quelques autres, et elles sont les plus importantes, concernent des ambitions stratégiques futures. Commençons par la première partie de ces raisons :

Premièrement : La direction israélienne est consciente qu’elle est à deux semaines des élections présidentielles et législatives à mi-parcours aux Etats-Unis. Un nouveau président sera élu, et il y a de forte chance que ce soit Barack Obama, ce qui signifie la fin de l’époque des néoconservateurs, dont la plupart sont des juifs pro-israéliens, et le départ de l’administration du président George Bush qui est considéré comme le président EU le plus proche de l’état hébreu et le plus docile pour servir ses intérêts.

Deuxièmement : La crise financière actuelle a affaibli le lobby pro-israélien qui utilise l’argent comme une arme politique pour dominer les gouvernements occidentaux. De plus, le capitalisme occidental dans sa forme actuelle a subi un coup fracassant, et cette crise a créé une faille qui s’élargit jour après jour entre les Etats-Unis, déjà soupçonnées sur les conditions de leur naissance, et les états occidentaux et européens.

Troisièmement : Il y a une certitude qui prédomine dans différents milieux EU et européens que la guerre sur le terrorisme lancée par Washington contre l’Irak et l’Afghanistan durant les sept années passées, et qui a coûté à la trésorerie EU une somme de 750 milliards de dollars jusqu’à maintenant, est l’une des plus importantes raisons qui ont conduit à l’écroulement économique du monde capitaliste, en faveur de nouvelles grandes puissances non occidentales qui émergent comme la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil.

Quatrièmement : Israël est conscient que les guerres EU en Afghanistan et en Irak sont complètement perdantes, et vont conduire à une grande défaite de l’Occident, à l’instar de la défaite de l’Union Soviétique il y a une vingtaine d’années. Cette défaite imminente entrainera un changement dans les équations stratégiques internationales, car elle apporte la preuve sur la force de la guerre de guérilla et des milices armées, et de leur capacité à faire la différence sur le terrain, et sur l’échec des armées classiques à atteindre ce même objectif en face de cette force.

Cinquièmement : La guerre de juillet 2006 au Liban a démontré la fausseté de la théorie de la supériorité militaire israélienne devant des forces de foi non classiques, et la fin du rôle de la suprématie aérienne pour gagner la guerre, devant l’évolution qualitative des capacités des missiles en face.

Sixièmement : Les Arabes, notamment ceux du Golfe, possèdent des cartes stratégiques majeures qui auront une influence internationale si elles sont utilisées intelligemment. Les plus importantes sont l’arme du pétrole qui regagne son efficacité précédente, et la possession des fortunes immenses des recettes pétrolières, actuellement estimées à un trillion de dollars par an, et ceci sans prendre en compte les autres revenus du gaz, des minéraux et des industries et produits agricoles.

***

Avec notre respect et considération de l’importance des toutes ces raisons et facteurs précédents, et de leur rôle à induire un changement dans la réflexion israélienne, nous ajoutons une raison qui semble bien plus importante, et qu’on peut résumer en l’existence d’une tendance arabe grandissante pour former une coalition arabe-sunnite en face de l’Iran chiite et d’autres membres dans son axe comme la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. L’objectif de cette coalition serait de neutraliser l’Iran sur le plan nucléaire, que ce soit en créant un front militaire uni pour détruire ses programmes ambitieux à ce sujet, ou bien en encourageant des mouvements de rébellion intérieurs par les minorités sunnites, arabes et non perses en général, et ceci en s’inspirant de l’expérience de l’encerclement de l’Irak avant que son régime arabe ne soit balayé.

Il y a plusieurs indicateurs qui soutiennent cette réflexion et qui commencent à émerger tout récemment. Nous pouvons les résumer en ces points :

Premièrement : L’appel du ministre des affaires étrangère du Bahreïn, le cheikh Khaled Âl Khalifah, à créer une coalition régionale incluant Israël, la Turquie, l’Iran et les Arabes, pour traiter les problèmes courants de la région, à l’instar de l’Union Européenne.

Deuxièmement : Pour la première fois une rencontre publique israélo-saoudien a eu lieu à Oxford en Angleterre à l’invitation du groupe d’Oxford. La partie israélienne a été représentée par le général Dan Rothschild, l’ex-coordinateur de la colonisation en Cisjordanie, et du côté saoudien a participé le prince Turki al-Fayçal, l’ex-directeur des services des renseignements saoudiens et l’ex-ambassadeur de son pays à Washington et à Londres.

Troisièmement : La multiplication des avis religieux exprimés par des honorables savants sunnites comme le cheik Youssof al-Qaradawi, Salman al-Odeh, et Mohsen al-Awwaji et bien d’autres, qui mettent en garde contre l’école chiite et l’accusent de prosélytisme envers les sunnites dans les pays arabes. Ceci en plus de centaines de millions de dollars investis pour financer des chaînes de télévisions, des journaux et des sites électroniques pour mobiliser les sunnites contre l’Iran et les chiites.

***

Ce que nous voulons dire c’est que l’administration EU a clairement dit à ses alliés arabes qu’ils ne feraient pas la guerre contre l’Iran pour les débarrasser de son régime et de ses programmes nucléaires, comme ils l’ont fait contre Saddam Hussein en Irak et contre le gouvernement des Talibans en Afghanistan, et qu’ils (les Arabes, Ndt) doivent compter sur Israël pour atteindre cet objectif, étant donné que l’Iran est l’ennemi des deux camps.

L’entrée dans une coalition avec Israël contre un état musulman a besoin d’une « feuille de figuier », exactement de la même manière que lorsque les Arabes sont entrés en coalition militaire avec les Etats-Unis contre l’Irak, l’état arabe musulman. Cette feuille de figuier est l’accomplissement de la paix entre les Arabes et les Israéliens. C’est ce qu’a fait George Bush père avant sa destruction de l’Irak en 1991 sous le titre de « libération du Koweït », et c’est ce qu’a refait son fils en promettant de créer un état palestinien avant 2005 afin de terminer ce qu’avait commencé son père, c.-à-d. l’occupation de l’Irak.

Nous sommes devant une nouvelle tromperie qui pourrait s’avérer bien plus dangereuse que toutes les précédentes tromperies. Car elle va fonder un nouveau pacte dont Israël sera le président, un pacte qui va diviser les Musulmans sur des critères sectaires, et qui va allumer une guerre entre les Arabes et le Iraniens. Une guerre qui pourrait finir par anéantir ou affaiblir les deux côtés, ce qui aboutirait au renforcement d’Israël et à sa domination complète sur la région, après qu’il ait compris que l’Occident commençait à se rendre compte quelle lourde charge cet état représentait pour lui, sur tous les plans sécuritaire, politique et économique.

23 octobre 2008 | T 


9-2 Assil Kami : En Irak, l'environnement a été dévasté par la guerre.

Des forêts entières rasées, des rivières saturées de sel, l'eau contaminée, le sol couvert de mines et de déchets chimiques... Bien après les combats, des Irakiens continuent à mourir, victimes d'un environnement dévasté par la guerre.

"Quand on en parle, les gens pensent qu'on exagère.

Mais la catastrophe dont nous avons hérité en Irak est encore pire qu'il n'y paraît", affirme Narmine Othmane, ministre irakienne de l'Environnement.

"La guerre détruit l'environnement, pas seulement les gens. La guerre et ses effets ont provoqué des bouleversements du tissu social, économique et environnemental. La restauration du milieu naturel irakien prendra des siècles", poursuit-elle, imputant à la pollution la plupart des maladies infectieuses et des cancers, dont le nombre est en augmentation. "Quand on parle environnement, on parle santé."

Avec l'aide des Nations unies, les autorités irakiennes ont identifié 25 sites à assainir en priorité, moyennant plusieurs milliards de dollars, selon la ministre. Il s'agit pour l'essentiel d'anciennes usines d'armement.

Deux de ces sites ont jusqu'ici été nettoyés. Il s'agit de l'usine chimique de Kadissia, dans le Sud, bombardée en 2003, et de la fabrique d'engrais d'Al Souwaïra, au sud de Bagdad.

"CRIME ODIEUX"

Dix-sept millions d'arbres ont par ailleurs été plantés cette année, soit dix millions de plus qu'en 2007, pour compenser les campagnes de déboisement menées pour priver la guérilla de zones de repli.

La guerre a, en revanche, permis la remise en eau d'une partie des marais du Sud, asséchés sous le règne de Saddam Hussein pour les besoins de l'agriculture et la défense de la zone frontalière de l'Iran. Un écosystème unique et une culture vieille de plusieurs siècles avaient ainsi été détruits.

"Le drainage des marais et l'un des crimes les plus odieux commis aux dépens de l'environnement", déplore Othmane.

Avec l'aide de l'Onu et du Japon, 55% de cette zone humide baignée par les eaux du Tigre et de l'Euphrate ont pu retrouver leur état originel. Aussi important soit-il, ce succès reste toutefois modeste face à l'ampleur de la tâche au niveau national.

Vingt-cinq millions de mines jonchent encore le territoire irakien, 105 sites sont contaminés par les armes chimiques et les munitions à l'uranium appauvri, l'état des égouts inquiète les pouvoirs public et 60% des réserves d'eau sont pollués, souligne la ministre.

"Je ne blâme pas le gouvernement d'avoir fait de la sécurité une priorité, parce que la sécurité est importante, mais l'environnement l'est également", ajoute-t-elle.

Reuters

24-10

Version française Jean-Philippe Lefief



10 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

10-1 Le chef d'état major de la Défense estime que les Hercules sont sûrs...

La tête dirigeante de l'armée canadienne a dit ne pas avoir d'inquiétudes quant à la sécurité des Hercules C-130, et ce, malgré une enquête de coroner au Royaume-Uni

qui a recommandé qu'un système d'agent suppresseur d'explosion soit installé dans tous les Hercules britanniques. Le chef d'etat major de la Défense le général

Walt Natynczyk, a dit vendredi qu'il n'avait pas encore pris connaissance du rapport britannique, mais qu'il allait en discuter avec la direction de la Force aérienne du Canada.

Lors d'une interview diffusée sur les ondes d'une chaîne de radio à Victoria, en Colombie-Britannique, le général Natynczyk a assuré que les Forces canadiennes n'employaient pas d'avions qui n'étaient pas sécuritaires.

 

En janvier 2005, alors qu'il survolait un territoire détenu par des insurgés près de Bagdad, en Irak, un C-130K de la Royal Air Force a été atteint par des tirs antiaériens. Une explosion est ensuite survenue, pulvérisant l'aile droite de l'avion et provoquant la mort de 10 soldats.

Une enquête de coroner britannique a par la suite permis d'établir que la présence d'une mousse d'étanchéité dans les réservoirs à essence, comme celles se trouvant dans les C-130 américains depuis les années 1960, aurait fort probablement aidé à éviter la tragédie.

Les C-130 du Canada, plus vieux que ceux du Royaume-Uni, qui volent au-dessus du territoire afghan, ne sont pas munis de ce système d'agent suppresseur d'explosion.

 

Mais le général Natynczyk s'est tout de même porté à la défense des Hercules canadiens, lesquels ont été acquis durant les années 1970 et 1980. Il a en outre vanté la qualité des techniciens canadiens ainsi que le bilan des Forces canadiennes en matière de sécurité aérienne.

En ce qui concerne les décisions qu'entend prendre l'armée pour régler les problèmes de vulnérabilité des appareils face aux tirs antiaériens terrestres, le général Natynczyk est resté muet;

Même silence du côté du gouvernement conservateur à Ottawa. Le ministre de le Défense, Peter MacKay, n'était pas disponible pour faire part de ses commentaires.

Mais la livraison des ces 17 nouveaux Hercules C-130Jseront munis des ces dispositifs de sécurité  dont le coût s'établit à 1,4 milliards $, n'est pas prévue pour avant 2011.

AP



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda

09/11/2008

N°395- Dossier de Palestine -08-11- -Début - Principes d’unité de la solidarité avec la Palestine____


N°395- Dossier de Palestine -08-11- -Début - Principes d’unité de la solidarité avec la Palestine


Dossier de Palestine

     N°395                                            08-11

                                     Par M.Lemaire    



Sommaire

Tiré à part

I have a dream ! »

3 Dossier

3-1 Adri Nieuwha: La pression monte sur Veolia.
4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Attribution de la Médaille Carl von Ossietzky 2008 aux Anarchistes contre le mur et au Comité Populaire de Bil'in.

4-2 Mohammed Omer : Israël vise les étudiants palestiniens.

4-3 Tentative de pogrom à St Jean d’Acre.

Suite

5 Analyse - Géopolitique et stratégie

5-1 Ziad Medoukh : Avec le blocus ,Gaza est paralysée.5

5-2 Principes d’unité de la solidarité avec la Palestine..

5-3 Denis Charbit : L'après W. Bush.

-Fin-

6 Annexe :

6-1 Hamas : Son histoire de l’intérieur.

6-2 Denis Charbit : L'après W. Bush.



Tiré a part

« I have a dream ! »

Un homme noir à la Maison Blanche !

Un rêve réalisé

Hommage à Rosa Parks et à Martin Luther King

- Si l’on doit rendre un hommage à ceux qui ont rendu possible la victoire de Barak OBAMA à l’élection présidentielle des États unis d’Amérique, on le doit d’abord à Rosa Parks et à Martin Luther King (ainsi qu’à leurs compagnons anonymes) dont le rêve a été enfin réalisé.

C’est grâce à leur combat contre le racisme des esclavagistes blancs et à la prise de conscience qu’ils ont transmise aux générations afro-américaines que la victoire de Barak OBAMA a été possible ce 4 novembre 2008. Le rêve de la liberté de Martin Luther King a été enfin réalisé.

- Ensuite, on doit féliciter le peuple américain pour s’être débarrassé du fardeau d’un racisme séculaire qui a souillé l’image de leur pays dont les adeptes, bien qu’ils soient minoritaires aujourd’hui, demeurent encore nombreux au sein des institutions américaines, y compris au sein du parti démocrate qui a investi Barak OBAMA.

- Enfin, on doit féliciter le nouveau Président des Etats-Unis d’Amérique, « Barack Hussein OBAMA » pour avoir arraché cette victoire historique au représentant de la nouvelle barbarie en la personne de McCain, qui incarne la continuité de la politique impérialiste de G. W. Bush.

Jusqu’au dernier moment, les nostalgique de l’esclavagisme ont utilisé la stratégie la plus cynique pour dénigrer le candidat issu des couches modestes américaines, sans fortune personnelle. Ni l’avion personnel de son concurrent, McCain et sa fortune dont il a eu le culot de vanter pour essayer de ridiculiser le candidat « fauché », ni les milliardaires qui l’entouraient n’ont suffit pour entamer la volonté des Américains qui ont décidé d’en finir avec l’image terne que Bush a donné à leur pays.

Nous avons vu la meute de médias au service de McCain pointer du doigt le candidat métis, en le nommant « Hussein OBAMA », le « musulman », donc l’« islamiste », voire le « frère jumeau » de Ben Laden. Par ces insinuations, ils espéraient pouvoir influencer les électeurs pour voter en faveur de McCain.

Le mépris envers le candidat OBAMA a atteint son paroxysme avec le « spot » méprisant de l’acteur américano-autrichien, Arnold Schwarzenegger, que nous avons vu aux côtés du candidat républicain, McCain. Devenu politicien et gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger s’est spécialisé dans le ridicule avec son humour qui relève du cynisme. Il s’est moqué de Barak OBAMA, le « frêle », à qui il recommande de « muscler ses jambes », car l’acteur a fait fortune grâce à ses muscles, en jouant les rôles des personnages qui incarnent la puissance musculaire, tels « Hercule » et « Batman », et rien d’autre. A quoi servent les muscles si on n’a rien dans le crâne sinon de faire fortune dans le monde de business ?

 Un homme noir à la Maison Blanche !

Oui, un homme noir devenu Président des Etats-Unis d’Amérique, locataire à la Maison Blanche, est un évènement sans précédent aux USA, qui peut donner l’espoir d’un grand changement non seulement pour les Américains mais aussi pour le monde entier. Et d’abord un évènement heureux pour le peuple américain qui a vu le mur de la honte raciale définitivement tombé à l’instar du mur de Berlin.

Cet exploit est réalisé 43 ans après l’assassinat de Martin Luther King, 40 ans après la fin de la loi qui obligeait un(e) noir(e) de se lever lorsqu’un(e) blanc(he) montait dans un moyen de transport public, et trois ans après la mort de Rosa Parks, la couturière noire Afro-américaine (morte le 24 octobre 2008) qui était la première à avoir refusé de céder sa place à un blanc dans un bus de Montgomery (Alabama - USA). Hommage à ces héros qui ont préparé le terrain aux leurs pour mettre fin à l’apartheid dans ce pays - dont l’Etat a été construit, rappelons-le, sur les terres et les corps du peuple d’origine de ce pays, qu’on appelle aujourd’hui les Indiens d’Amérique.

Aussi, cette victoire donne l’espoir à tous les peuples épris de liberté, puisque ce changement pourrait mettre fin à l’arrogance et au mépris qu’éprouvent envers les peuples du tiers-monde ceux qui ont gouverné les USA jusqu’à cette date historique du 4 novembre 2008, et dont le dernier de ces monstres est G.W. Bush.

Les questions que l’on peut se poser sont celles-ci : Barack OBAMA pourra-t-il réaliser le rêve suprême de Martin Luther King : celui de la paix et de la fraternité, non seulement entre les Américains mais aussi entre ces derniers et le reste des peuples du monde ?

Les Bush et leurs acolytes ont réussi à récolter la haine de la majorité des peuples du monde entier, Barack OBAMA réussira-t-il à gagner l’amitié de ces derniers pour son peuple ?

Enfin, Barack OBAMA pourra-t-il réaliser le rêve du peuple palestinien : celui de vivre en paix, libre et avec dignité, en obligeant l’Etat d’Israël d’appliquer les résolutions de l’ONU ? Espérons-le.

L’exemple américain pourra-t-il élire domicile en France ?

Pourrons-nous espérer que ce qui s’est passé aux USA puisse arriver en France ? Pourrons-nous voir, un jour, un citoyen français issu des ex esclaves ou des ex colonisés arriver à briguer un mandat présidentiel, voire occuper le palais de l’Elysée ? Bien que l’esprit colonial domine encore au sein des institutions politiques et administratives françaises, rien n’est impossible. Par ailleurs, les communautés concernées sont-elles capables de produire un « Luther King » pour briser la barrière de la discrimination raciale dont souffrent encore quelques cœurs des nostalgiques des « paradis perdus » en Afrique et en Asie ?

Oui, pour réaliser en France ce que les Américains ont pu réaliser ce 4 novembre 2008 en élisant un métis, fils d’un immigré Kényan, arrière petit-fils d’esclaves comme Président des USA, l’organisation de ces communautés et la production d’un « « Luther King » unificateur est une condition sine qua non. Dans le cas contraire, elles resteront éternellement en marge de la société, exposées à toutes les spéculations politiques. Elles doivent savoir que si elles ne font pas d’effort elles-mêmes pour arriver à gagner leur place dans la société, personne d’autre ne le fera ni ne voudra le faire à leur place.

Si le rêve de Martin Luther King a été réalisé par les siens aux USA, grâce à leurs efforts, il n’est pas impossible pour les exclus de France de le réaliser aussi. Pour ce faire, ils doivent impérativement s’organiser et multiplier d’efforts afin de le mériter.

Ceci dit, c'est aux citoyens issus des communautés citées de faire autant que les Afro-américains pour réaliser leur rêve en France.

Chérif BOUDELAL



Le courrier électronique est-il discret ou non ?

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés", mercredi 03 mai 2006
Jacques Henno : Non. Tout courrier électronique qui circule sur Internet peut être intercepté par des tiers qui le veulent.

On estime par exemple que la majorité du courrier électronique échangé dans le monde transite par les Etats-Unis.

On est à peu près sûr que la NSA (National Security Agency), l'agence de surveillance électronique américaine, intercepte les courriers électroniques qui transitent par les Etats-Unis.
LEMONDE.FR | 25.04.06 |


3 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Adri Nieuwha: La pression monte sur Veolia.

En refusant de prendre en compte les nombreux appels de militants pour leur retrait du projet de tramway de Jérusalem, Veolia et Alstom n’ont servi qu’à renforcer leur image comme des entreprises qui se moquent des droits humains et du droit international.

Dans la Jérusalem-Est occupée, le réseau du tramway israélien que construit actuellement, en violation du droit international et sur un territoire saisi aux Palestiniens, la société européenne Veolia va modifier fondamentalement le paysage. Veolia et Partner Alstom ont poursuivi leur implication dans ce projet contesté, attirant l’attention des institutions financières et des organisations civiles. Récemment, la Coalition civile pour la défense des Droits palestiniens dans Jérusalem, qui comprend 18 institutions, a mis sur liste noire Veolia en tant que société compromettant les droits humains palestiniens, car elle a délibérément ignoré les appels à se retirer du projet de tramway.

Matthijs Bierman, directeur de la banque néerlandaise en pleine expansion, Triodos, a noté cet été dans la publication Triodos Nieuws, que les clients « votaient avec leur pied ». Chaque fois qu’ils achètent un produit ou un service, ils votent en faveur de la société. Alors que les clients peuvent aussi exprimer un vote négatif en boycottant les produits comme ils l’ont fait pour ceux exportés par l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. Interrogée sur sa politique d’investissement dans Veolia et Alstom, la banque a répondu qu’elle n’avait pas investi et qu’elle n’investira pas dans ces entreprises. Triodos ne veut pas soutenir des régimes dictatoriaux à cause de leur caractère antidémocratique. En Palestine, en raison de l’occupation israélienne, la démocratie est impossible. C’est pourquoi Triodos exclut explicitement les sociétés qui aident à la poursuite d’une occupation, comme Veolia, Alstom, Motorola et Caterpillar.

Dans une interview publiée récemment par le site Business and Human Rights Recourse Center, des analystes d’un cabinet conseil suédois, Ethix, qui aide les investisseurs dans des investissements responsables, ont expliqué que les résolutions des Nations unies sur la colonisation israélienne étaient prises en compte dans la sélection des sociétés pour ses clients. Ethix vise les sociétés qui fournissent des engins mécanisés pour détruire les maisons palestiniennes ou qui fabriquent et livrent de façon répétée des armes utilisées contre les civils en violation du droit humanitaire. Ethix a appris la participation de Veolia et d’Alstom dans le projet de tramway de Jérusalem par des articles de presse et a établi que ce projet ne répondait pas aux normes internationales pour les investissements responsables.

Dans le procès contre Veolia et Alstom en France, ces sociétés ont soulevé une série d’objections pour éviter une discussion sur le fond à l’audience. Par exemple, elles ont d’abord affirmé qu’elles n’avaient jamais signé de contrat avec le gouvernement d’Israël. N’empêche que le tribunal de Nanterre a ordonné, en juin, à Veolia et Alstom de produire le contrat complet du tramway, signé le 22 septembre 2004, avec ses avenants et une traduction légalisée en français. Début septembre 2008, les sociétés ont déposé tous les documents requis au tribunal et la prochaine audience est prévue le 24 novembre 2008, où les avocats représentant l’OLP (Organisation pour la libération de la Palestine) et l’AFPS (Association France Palestine solidarité) présenteront leurs conclusions. Le tribunal décidera de la procédure à suivre après cette audience.

Des fonds de pension néerlandais ont exclu les entreprises impliquées dans la production d’armes suite à des pressions de clients. Inspirés par cette politique, des militants ont demandé à PGGM, l’un des principaux fonds de pensions néerlandais, de se dégager de Veolia, l’une des 4 500 sociétés de son portefeuille. Chaque année, l’institution indépendante Dutch Sustainability Research examine le cas de toutes les sociétés sur leur possible implication dans des violations des droits humains, pour le compte de PGGM. Bien que Veolia n’ait pas été signalée par Dutch Sustainability Research, PGGM a promis de s’informer sur les activités de cette société et de déterminer si une action s’imposait. Dans d’autres pays européens, des militants ont commencé à faire pression sur des fonds de pension et des conseils municipaux pour qu’ils excluent Veolia de leurs relations.

Au cours de ces dernières années, des militants du Danemark, de France, d’Irlande, des Pays-Bas, de Norvège, de Suède et de Suisse, ont fait passer un message clair aux institutions de leur pays pour qu’elles écartent les entreprises qui profitent de l’occupation israélienne. En refusant de prendre en compte les nombreux appels de militants pour leur retrait du projet de tramway de Jérusalem, Veolia et Alstom n’ont servi qu’à renforcer leur image d’entreprises qui se moquent des droits humains et du droit international.

samedi 25 octobre 2008 - 06h:29

Adri Nieuwhof
The Electronic Intifada

22 octobre 2008 –

Traduction : Info-Palestine.net



4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Attribution de la Médaille Carl von Ossietzky 2008 aux Anarchistes contre le mur et au Comité Populaire de Bil'in.

25/10/2008

Ligue internationale des droits de l’Homme

« In the spirit of Carl von Ossietzky »

Le Conseil exécutif, Berlin, 13 Octobre 2008

Communiqué de presse

Attribution de la Médaille Carl von Ossietzky 2008

Cette année, la cérémonie de remise de la Médaille Carl von Ossietzky aura lieu le 7 décembre 2008 de 11 heures à 13 heures dans la « Haus der Kulturen der Welt » (Maison des Cultures du Monde), à Berlin.

(La conférence de presse aura lieu le 6 Décembre 2008 à 10 heures à la Maison des Cultures du Monde.)

Le Conseil d’administration de la Ligue internationale pour les droits de l’homme honore deux groupes pour leur courageux dévouement aux droits de l’homme :

Invité d’honneur à la cérémonie de remise des prix, le journaliste israélien et militant pour la paix, Uri Avnery s’exprimera à cette occasion. Il interviendra également lors de la conférence de presse.

Soixante ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies (le 10 Décembre 1948), la médaille Carl von Ossietzky distinguant des actions exceptionnelles dans la lutte pour les droits de l’homme revêt une importance particulière.

Le 4 mai 2008 marque le 70ème anniversaire de la mort du prix Nobel de la paix et pacifiste Carl von Ossietzky, qui, en raison de sa résistance farouche au militarisme, à la guerre et au racisme, a été envoyé de force au camp de concentration de Sonnenburg (situé près de l’actuelle ville polonaise de Slonsk) où il a été cruellement torturé. Dans cet esprit, le Conseil d’administration de la Ligue internationale pour les droits de l’homme salue les deux groupes qui, avec le courage de leurs convictions, en accord avec les idées de Carl von Ossietzky, luttent ensemble pour une cause commune.

Les anarchistes contre le mur et le Comité populaire de Bil’in représentent la résistance non-violente au « mur de séparation » israélien construit sur les terres palestiniennes, ainsi que la constance et les multiples campagnes contre l’occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Ces groupes incarnent un regard prospectif sur une culture sans exclusion et sans destruction, démontrant ainsi la possibilité de vivre ensemble en paix et en toute liberté.

Ils représentent également leur cause sur la scène internationale. Par exemple, le village de Bil’in a entamé une poursuite judiciaire contre deux sociétés immobilières à la Cour supérieure du Québec en raison de leur participation à la construction, essentiellement sur les terres de Bil’in, de la colonie israélienne de Modiin Illit.

Les deux groupes ont été fondés par de jeunes militants quasiment à la même période :

Les anarchistes contre le mur ont été créés en 2003 pour protester contre la construction du mur par Israël.

Le Comité populaire de Bil’in a été fondé en Décembre 2004 en réaction à la planification - et dans l’intervalle la construction - par Israël de la « barrière » qui sépare le village de 60% de ses terres et de ses oliviers.

Les deux groupes doivent leur efficacité à leur politique indépendante, autodéterminée et transparente ainsi qu’à leur pratiques non-violentes. Les manifestations du vendredi à la barrière à Bil’in ont été organisées par le comité populaire du village chaque semaine depuis 2005, ont conduit à la formation d’un vaste réseau international de soutien et de protection. La police des frontières israélienne tire à bout portant sur les manifestants des gaz lacrymogènes, des balles d’acier recouvertes de caoutchouc, et, plus