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08/10/2008

n° 10 -Journal des Guerres de l'Otan du 25-09 au 07-10.- Suite1- : Géorgie : Les Roses dans les Choux ?

n° 10 -Journal des  Guerres de l'Otan du 25-09  au 07-10.- Suite1- : Géorgie : Les Roses dans les Choux ?


 Journal des Guerres de l'Otan.  .- Fin-

n° 10 07/10                        

Par M.Lemaire                                                                               



5-2 Comment les médias forment et déforment notre réalité. « 

À défaut d’avoir recours à la force pour contrôler les populations, on peut parfaitement la contrôler par l’opinion » - Harold Laswell, spécialiste des médias.
Chaque jour, nous nous formons des opinions, sur notre nouveau voisin, sur de nouveaux produits, sur les candidats aux élections, sur des découvertes scientifiques, les religions et croyances et sur ce qui se passe ici et ailleurs. Bref, on peut facilement dire que l’être humain en est un d’opinion.
Lorsque vient le temps de construire notre réalité, nous sommes tous submergés d’informations diverses. D’une part nos informations proviennent de notre expérimentation directe, donc de nos cinq sens, et d’autre part, de l’expérimentation indirecte, c’est-à-dire d’une source d’information tierce : nos proches, nos voisins, nos collègues, et dans la majorité des cas, des médias.
Notre cerveau collige toutes ces informations, lesquelles nous sont ensuite très utiles lorsque nous portons un regard sur le monde. Et hop ! Tout ceci est analysé et devient ce que nous pensons être notre réalité.
Et voici que se pointe à l’horizon une question de taille : sommes-nous sûrs de ce qu’est notre réalité, de ce qui est vrai et juste, ainsi que de ce qui ne l’est pas ?
Sept. 11, 2001
De tous les sujets sur lesquels nous nous formons une opinion, quelle proportion provient de notre expérience directe par rapport à notre expérience indirecte, c’est-à-dire d’informations provenant de ce que disent les autres, et dans la majeure partie des cas, des médias ?
Nous avons tous une opinion sur la guerre en Irak, le réchauffement planétaire, les minorités religieuses, sur les dirigeants du pays, sur l’économie régionale, nationale et mondiale. Mais contrairement à l’opinion que nous nous sommes forgée à propos du restaurant du coin en expérimentant nous même sa cuisine, pour la majorité des cas, ce sont les sources d’informations intermédiaires qui forgent notre opinion.
Dans un monde aussi vaste, il est impératif de pouvoir se fier, en quelque sorte, sur ce que disent les autres, sur l’information qui est rapportée, donc, à cette source intermédiaire que sont les médias. En quelque sorte, à défaut de pouvoir expérimenter nous-même, nous transposons l’expérimentation des médias pour en faire la nôtre.
Et ce, pour le meilleur comme pour le pire, puisque nous avons rarement la chance de vérifier par nous même, sur le terrain, si ce qui a été rapporté est conforme à la réalité, s’il n’y a pas eu de déformation des faits, de manipulation d’information.
En résumé, notre perception de la réalité est beaucoup plus celle des autres, voir des médias, que la nôtre. Et c’est là que les dérives les plus graves peuvent survenir. Si les médias jouent un rôle des plus utiles dans notre société assoiffée d’information, n’oublions pas que sans les médias, il n’y aurait jamais eu l’Holocauste, il n’y aurait jamais eu de génocide au Rwanda, il n’y aurait jamais eu de guerre en Irak, lesquels ont nécessité une mobilisation incroyable de l’opinion publique.
Rappelons d’ailleurs que le rôle des médias a été largement reconnu par les tribunaux de Nuremberg et de La Haye. Les juges n’ont pas hésité à condamner plusieurs journalistes et directeurs de médias pour crime contre l’humanité, dans le cadre des génocides juifs et tutsis, alors qu’ils n’ont tué personne de leur propre main, mais tenus des propos qui ont généré des passions meurtrières.
Alors, si les médias sont capables de mobiliser l’opinion publique pour des opérations aussi incroyablement perfides, imaginez ce que le système médiatique est capable de faire pour les enjeux quotidiens ?
Les médias : des entreprises commerciales d’abord et avant tout
Mais avant d’aller plus loin, posons-nous cette question : que sont les médias au juste ? Nés avec la révolution industrielle du XIXe siècle et le développement de la démocratie (dont ils ont l’un des acteurs majeurs), les médias modernes sont des institutions, des entreprises qui se sont bâties une crédibilité en développant et en perfectionnant l’art de rapporter au plus grand nombre ce qui se fait, se vit, se raconte.
Mais à ce titre, les médias ne sont pas que des entreprises de diffusion d’informations, dont le souci idéologique serait uniquement d’informer son public. Ils existent avant tout pour être rentables, pour offrir un rendement à son ou ses propriétaires, lesquels engrangeront les profits.
Cela ne nous vient pas nécessairement à l’esprit, mais comme les médias nous offrent leur information de façon pratiquement gratuite, c’est nous qui sommes en réalité le « produit », lequel est vendu aux annonceurs en quête de visibilité, d’un auditoire, d’un lectorat.
Notons d’ailleurs à ce sujet, que 80% à 99% des revenus médiatiques proviennent de la publicité. Le reste provient, non seulement des abonnements, mais également de subventions régulières accordées par l’État.
Ce double objectif des médias, nous devons constamment le garder en mémoire lorsque nous ouvrons un journal, regardons la télévision, écoutons la radio, surfons sur Internet, car cette relation d’affaires constitue le premier de nombreux filtres par lesquels passent l’information avant d’être livrée au public.
Cinq grands filtres
À ce propos, les grands spécialistes des médias Edward Herman et Noam Chomsky ont mis à jour dans leur ouvrage Manufacturing consent cinq grands filtres qui régissent tant le choix des sujets abordés que l’ampleur et la qualité de leur couverture, avant même que leur traitement ne soit confié aux journalistes.

1. D’abord, l’information sélectionnée et diffusée le sera avant tout selon les orientations données par les propriétaires, lesquels sont généralement, rappelons-le, des gens très fortunés, avec un agenda corporatif et politique très développé. À ce sujet, n’oublions pas que la ligne éditoriale de tout grand quotidien se veut toujours le reflet de la pensée de ses propriétaires.

2. Vient ensuite la dépendance envers de grandes sources de revenus publicitaires, pour assurer leur survie, et envers de grandes sources d’informations, pour assurer leur contenu. Plus souvent qu’autrement, ces sources sont les mêmes. Si le gouvernement est le plus grand annonceur dans les médias (devant l’automobile, les grandes entreprises et le commerce au détail – et autrefois le tabac-) il est aussi leur principale source d’information.

3. Puis il y a les entreprises, dont les firmes de relations publiques, pas du tout objectives et chargées de fabriquer le consentement du peuple, lesquelles jouent ont un grand rôle dans la diffusion de l’information. (Les journalistes y puisent une bonne partie de leurs informations et il n’est pas rare de voir des communiqués de presse être publiés de façon quasi intégrale !). Et en bout de ligne, on compte les groupes de pression et les agences de presse.

« Tout cela créé finalement, par symbiose, si l’on peut dire, une sorte d’affinité tant bureaucratique, économique et qu’idéologique entre les médias et ceux qui les alimentent, affinité née de la coïncidence des intérêts des uns et des autres », signale Normand Baillargeon dans son livre Petit cours d’autodéfense intellectuelle.

4. À ces sources, il faut ajouter les critiques des têtes dirigeantes de ce monde (intellectuels, gens d’affaires, têtes d’affiches et autres) qui n’hésitent pas à vouloir mettre les médias à leur main en s’érigeant en sources fiables. Leurs propos sortent de l’ordre de l’opinion et sont présentés comme des faits.

5. Il faut ajouter aussi comme source l’hostilité des médias envers tout groupe, mouvement ou personnes souhaitant bousculer l’ordre établi, généralement les mouvements de gauche, lesquels s’attaquent au système politico-religio-militaro-économique en place. Les nouvelles provenant de ces groupes seront généralement diffusées en utilisant un angle des plus négatifs ou, tout simplement, seront reléguées aux oubliettes.

« Au fil des ans, de conclure Baillargeon, avec une constance aussi prévisible que remarquable, les grands médias corporatistes ont, sur mille et autres sujets cruciaux, tendu a exposer, défendre et propager le point de vue des élites, lesquels possèdent ces même médias, et des élites politiques, qui est bien souvent exactement le même. Tout cela ne peut que limiter sérieusement la portée du débat démocratique, voir de le dénaturer profondément. »
Chasse à l’audimat
À ces cinq grands filtres d’Herman et Chomsky, nous pouvons aussi ajouter la chasse à l’audimat et au tirage élevé. Plus ces derniers sont élevés, plus le média devient alléchant pour les annonceurs et plus le média sait garnir ses coffres. C’est ainsi que l’information diffusée en manchette ou en primeur n’est plus nécessairement triée selon son impact sur la société, mais aussi selon sa valeur marchande. 
Quand un média québécois fait la manchette avec Céline Dion, par exemple, il augmente du coup ses ventes ou ses cotes d’écoute cette journée-là. Idem pour un grand rendez-vous sportif, un scandale sexuel ou une catastrophe naturelle. Difficile de résister à la tentation de jouer ça gros en page une…
C’est l’apologie des quatre « S » : le show business, le sexe, le sport et le sang. Si le show business, le sexe, le sport sont trois éléments très « vendeurs », le sang, en y englobant tout ce que craint le lecteur, est probablement le plus lucratif de tous.
Les gens adorent discuter et se renseigner sur tout ce qui leur fait peur : les guerres, le terrorisme, la pédophilie, les catastrophes naturelles, les épidémies , les sectes, tout y passe, avec l’intérêt, non pas de rassurer le public, mais plutôt d’amplifier ce phénomène de peur, ce qui permet aux médias d’étirer la sauce et même d’être redondant.
Le contrôle et la manipulation de l’information
C’est ainsi que d’autres informations qui ont un plus grand impact au sein de la société sont reléguées au second rang et se retrouvent avec moins de visibilité. Il est donc facile pour tout média de manipuler ainsi l’information. Pas nécessairement en diffusant des informations biaisées, mais plutôt en reléguant des informations importantes au second rang, voir en omettant de les diffuser, sous le prétexte qu’il n’y avait plus assez d’espace rédactionnel ou de temps d’antenne.
Si aujourd’hui nous pouvons voir les grandes accusations et scandales défrayer les manchettes, demain nous ne pourrons voir, s’il y a lieu, les acquittements et rectifications des faits qu’en fin de journal ou de bulletin télévisé. Ce qui fait en sorte que les masses ne retiendront que les accusations, le scandale quoi, puisque la rectification des faits n’aura absolument pas eu la même attention de la part des médias, d’autant plus qu’un nouveau scandale du jour sera probablement venu occulter cette rectification.
Et si nous ajoutons à cela que l’importance de l’information sera calculée en fonction des idéologies politiques et les agendas cachés des propriétaires de journaux, nous nous retrouvons devant un contenu qui est souvent fort biaisé et loin d’être conforme à la réalité.
Si, en théorie, le rôle des médias est de contrebalancer le pouvoir des gouvernements, en pratique, il ne joue ce rôle que partiellement. Lorsque vient la question d’une soit disant sécurité nationale (la guerre au terrorisme, la guerre en Afghanistan et, surtout, les deux guerres en Irak, en sont de bons exemples), toute la machine médiatique se met en branle et appuie les démarches gouvernementales.
En ne reprenant que l’information officielle des gouvernements, sans contre vérification (qu’on ne lui permet pas de faire d’ailleurs, souvent pour des questions de « sécurité nationale »…), elle perd totalement son sens critique. Tout média et tout journaliste allant à contre sens de ces politiques est lourdement sanctionné (il pourra être accusé notamment d’un manque d’esprit patriotique et tout cela se soldera souvent par des congédiements).
Les journalistes « ont abdiqué, sans suffisamment guerroyer, leur rôle de chiens de garde chargés, comme les y enjoint la constitution (…), de protéger les citoyens contre les mensonges et les abus du pouvoir. Ils se sont laissés dépouiller de leur fonction essentielle, qui est de définir l’information, de discerner, dans le fatras des faits du jour, ce qui est important et ce qui est exact. Ils ont abandonné à d’autres, à ceux qu’ils devraient contrôler, le pouvoir de déterminer non seulement l’agenda et la hiérarchie de l’information, mais bien plus gravement encore, les événements qu’il importe de couvrir et de traiter », analysait Jean-Paul Marthoz dans son essai Le journalisme en quête de repères aux Etats-Unis.
À ce titre, Normand Baillargeon en fait la démonstration avec la petite Nayirah, 15 ans, qui était venu témoigner devant la Chambre des Congrès américaine des horreurs perpétrées par les Irakiens lorsqu’ils ont envahit le Koweït en 1990. Sa description de l’attaque d’un hôpital koweitien, où elle était bénévole, par les soldats Irakiens, tuant ainsi plus de 300 bébés, a fait les manchettes du monde entier. C’est ce jour-là que Saddam Hussein est devenu le « Boucher de Bagdad ». Il était devenu primordial et urgent pour les nations occidentales, États-Unis en tête, d’attaquer le président Irakien.
Toutefois, ce témoignage qui a été l’argument numéro un évoqué à maintes reprises par les dirigeants américains pour attaquer Saddam Hussein s’est avéré en réalité être un coup monté ! Le tout avait été concocté par une firme de relations publique américaine qui avait obtenu un lucratif contrat de 10 millions de dollars avec les Koweitiens afin de former la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington, Nayirah al Sabah, à raconter cette fausse histoire.
Quand cette nouvelle est sortie, il était trop tard. Et afin de préserver l’honneur des autorités politiques ayant amené plus de vingt nations en guerre, il n’en fût question que dans de courts textes, publiés discrètement dans la section internationale de certains quotidiens. Bref, rien pour ameuter le public comme lors du témoignage de la jeune fille, un an plus tôt…
La concentration de la presse
À tout cela s’ajoute la concentration de la presse où les médias se retrouvent entre les mains d’un nombre de plus en plus restreint de propriétaires. Ce qui facilite encore plus le contrôle de l’information, puisque le contenu est de plus en plus le même, d’un média à l’autre.
À titre d’exemple, en ce qui concerne la presse écrite au Québec, comme l’a démontré le Centre d’étude des médias de l’Université Laval, la très grande majorité des organes médiatiques est divisée entre seulement quatre grands propriétaires : Gesca, Québécor, Groupe Transcontinental et Rogers Communications. Si l’on ne considère que les impressions quotidiennes, 97% du tirage provient de Gesca (52% divisé entre La Presse , Le Soleil, Le Droit, La Tribune , La Voix de l’Est, Le Nouvelliste et Le Quotidien ) et de Québécor (45% avec le Journal de Montréal et le Journal de Québec), laissant un maigre 3% au Devoir, le seul quotidien indépendant au Québec.
Ailleurs dans le monde, le portrait est similaire dans la plupart des pays occidentaux. Aux Etats-Unis, seulement cinq grandes corporations se partagent, en 2006, le terrain de jeu médiatique alors que vingt ans plus tôt, en 1983, ils étaient plus de cinquante ! Ainsi Disney, Viacom, Time Warner, News Corp, et la General Electric se disputent près de 90% du marché médiatique américain.
En Belgique, trois groupes de presse se partagent un lectorat de 4 millions de francophones (près de 15 titres), soit Rossel, IPM et Mediabel. En Suisse, selon le portal observatoire des médias Acrimed.org, c’est dans le marché germanophone que le concentration se fait le plus sentir. Toutefois, le marché francophone suisse n’échappe pas à la tendance.
« La concentration des médias helvétiques s’accélère et prend une forme nettement hiérarchisée à deux niveaux - national et régional (cantonal ou supra-cantonal) -, les entreprises locales indépendantes perdant de plus en plus de signification. Au sommet, on trouve les groupes ayant une dimension nationale, avec, pour certains (Ringier et Edipresse), des extensions internationales », rapporte Jean-François Marquis dans son article Concentration et hiérarchisation dans la presse en Suisse.
Finalement en France, la plus grande partie des médias est sous l’influence de cinq groupes. Le marché français a ceci de particulier que cette forte concentration est aggravée par les alliances entre certains de ces groupes. « Ces connivences génèrent de multiples dérives, notamment l’abolition de la frontière entre information et divertissement ainsi que l’uniformisation des contenus à l’exclusion de nouveaux venus qui n’appartiendraient pas au sérail, des pressions sur les hommes politiques à l’autocensure sur les sujets tabous où l’autocensure est pratiquée sur les sujets tabous », décrie le Président de l’Observatoire français des médias, Armand Mattelart.
Le marché français de la télévision privée est entre les mains de trois groupes industriels multinationaux, soit Bouygues (possédant de larges part de TF1), Lagardère (possédant de nombreux canaux spécialisés) et Vivendi (propriétaire de Canal Plus) ainsi que du géant mondial allemand de la communication, Bertelsmann, propriétaire notamment de M6. Ces groupes occupent également une place de choix dans les autres médias : presse écrite, radio, cinéma, musique, etc.
« À l’affrontement, ces groupes préfèrent des stratégies d’alliance, les concurrents deviennent ainsi des partenaires, que l’on ménage et qui vous ménagent, même si chaque groupe cherche à accroître l’audience de ses chaînes ou à attirer plus de publicité. (…) Le grand nombre de titres de presse écrite, de chaînes de télévision, d’éditeurs de livres, masque l’ampleur de la concentration dans les médias et ses effets dévastateurs. La concentration au sein de chaque média (télévision, la presse...) n’est qu’un aspect, car les groupes les plus puissants sont multimédia. Ils ont des positions fortes à la fois dans la télévision, la presse, l’édition, ... et sont intégrés à des groupes industriels », expose Janine Brémond dans La concentration dans les médias en France.
Avec cette concentration de la presse, les démocraties libérales s’éloignent du plus en plus de leur principe fondateur tant vanté sur la scène internationale,. soit « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Cette notion centrale lors de la fondation de la plupart des démocraties occidentales garantissait notamment la liberté de presse et libre circulation de l’information, conditions fondamentales permettant au peuple d’être en mesure de déterminer lui-même ses besoins, de prendre lui-même ses décisions, parce que bien informé grâce à des sources variées.
En résumé, nous pouvons dire que nous ne possédons plus nos médias, nous les avons confiés, sans le vouloir, à de grosses corporations, lesquelles ont un agenda précis qui ne va pas nécessairement dans le même sens que le peuple. Pour ces chefs d’entreprises, leurs médias ne sont vus que comme des outils les aidant a atteindre leurs fins.
Les journalistes ne sont plus objectifs
Qu’en est-il maintenant du travail des journalistes, lesquels nous livrent l’information au jour le jour ? Comme pour les médias, définissons d’abord ce qu’est un journaliste : c’est un professionnel qui se bâtit une crédibilité en rapportant des rumeurs, des histoires, des opinions et des faits dont il tente d’en vérifier toute la validité avant de les rapporter au plus grand nombre.
En théorie, cette mission semble assez noble. Mais puisque un journaliste travaille pour une entreprise de presse, dont l’information est soumise aux filtres mentionnés plus haut, et auxquels s’ajoutent ses propres filtres, l’information qui sortira de sa plume ou de son micro sera des plus subjectives.
Et on ne parle même pas des biais possibles, conscients ou inconscients, chez les journalistes qui, avant de couvrir un événement, ont déjà leurs propres opinions, elles-mêmes forgées auparavant par le monde médiatique auquel ils appartiennent. Cette propre opinion personnelles viendra orienter toute la cueillette d’informations, où seulement l’information allant dans le même sens que leur opinion préfabriquée sera retenue.
« Aujourd’hui, la plupart des journalistes conviennent qu’il est impossible d’atteindre une parfaite objectivité. Quand le journaliste choisit l’orientation de son article et les éléments d’un événement, il prend déjà parti. », souligne le Réseau éducation-média sur son site Internet.
D’ailleurs, au sujet de la soi-disant « objectivité » journalistique, il est intéressant de noter que dans les années 1990, la Society of professionnal journalists américaine a éliminé le concept d’objectivité de son code d’éthique. Le mot objectivité ne représente plus ce que les journalistes sont en mesure d’accomplir, ni ce que le public doit s’attendre de leur travail.
L’objectivité désormais acceptée comme étant une illusion, ils préfèrent dorénavant se donner bonne conscience en soulignant que le mieux qu’ils peuvent faire, c’est de présenter des points de vue divergents. On quitte alors le domaine des faits, pour l’univers de la confrontation d’opinions, dont il est difficile, comme on l’a vu en début de texte, de déterminer à quel degré elles sont conformes à la réalité.
Et c’est sans compter que les journalistes aiment bien teinter subtilement leurs reportages de leurs propres opinions, comme s’il s’agissait de faits. Une tendance née dans les années 1960 qui est désormais fort répandue, comme le mentionne le Réseau éducation-média.
« Plusieurs journalistes ont déclaré (par le passé) que, puisqu’il était impossible d’atteindre une parfaite objectivité, c’était une erreur de présenter les nouvelles comme si elles avaient été enregistrées et présentées par un reporter robot, sans que ses sentiments et ses opinions n’interviennent dans le processus. Non seulement fallait-il reconnaître la présence du reporter, mais il fallait également que ses sentiments et ses opinions soient intégrés à la nouvelle », est-il rapporté.
Le « mensonge » journalistique
En éliminant le principe même d’objectivité, on peut craindre les pires dérives. Il se peut fort bien qu’en bout de ligne tout ce qui est rapporté, écrit et raconté, ne soit que partiellement vrai, soit biaisé, soit même, dans certains cas, largement ou même totalement faux. Il est arrivé à plusieurs reprises par le passé que les informations rapportées par des journalistes soient carrément fausses, parce que la source a menti ou parce que le journaliste a menti.
À ce sujet, aux Etats-Unis seulement, le média alternatif www.americanthinker.com a recensé plus d’une soixantaine de cas où des journalistes ont été sanctionnés, au cours des 25 dernières années, pour mensonges, falsification et accusations mensongères. Il est même arrivé qu’une journaliste du Washington Post, Janet Cook, gagne un prix Pulitzer (le plus grand prix de journalisme aux USA) pour un reportage issu à 100% de son imagination !
Tout cela est compréhensible dans le contexte actuel où ce n’est pas tant le fond qui compte, mais plutôt la primeur, le scoop, qui fera en sorte de donner une certaine gloire au média qui la sort et, surtout, au journaliste qui la produit.
Dans un univers où les journalistes peuvent aussi devenir des « stars », la grande visibilité qui leur est donnée grâce à ces primeurs devient pour eux une chasse quotidienne où tout sujet, toute affectation, peut devenir une opportunité de se démarquer des autres.
Il ne traitera plu l’information qu’il recueillera en vertu de l’importance du contexte, mais plutôt pour ses aspects sensationnalistes. Il pourra ainsi mieux vendre sa nouvelle à ses patrons dans le but, bien entendu, qu’elle soit mise le plus en évidence possible, où l’objectif ultime est la manchette ou le « prime time ».
Pour y arriver, certains journalistes seront prêts à tout, même à prendre des moyens assez malhonnêtes pour y arriver.
Le moyen le plus commun est de prendre un détail anodin qui, une fois grossi à la puissance dix, sera très dérangeant. C’est ainsi qu’une exception dans un domaine peut être présentée comme si c’était la norme. Souvent dans les médias, ce n’est plus l’exception qui confirme la règle, mais l’exception qui devient et explique la règle.
« L’anecdote se trouve au début de chaque sujet. Tout part du fait particulier, du fait divers du jour, et s’étend vers le problème plus vaste qu’il semble contenir en lui-même, ou que les journalistes font mine de croire qu’il contient. Comme si ce dernier détenait en lui toutes les causes et toutes les conséquences qui ont fondé la situation plus générale qu’il est censé démontrer », décrie Pierre Mellet dans son article Comment la structure rituelle du Journal télévisé formate nos esprits.
Vient ensuite le choix des personnes interviewées. Il est facile de biaiser un article en donnant une voix prépondérante à un individu ou groupe en ne présentant qu’un côté de la médaille, tout en laissant que peu ou pas de place pour l’autre côté. En ignorant certaines sources ou informations qui auraient pu équilibrer les points de vues, les journalistes occultent ainsi une partie de la réalité.
Et finalement, l’absence d’un droit de réplique. Il est fréquent de voir des accusations être émises lors de reportages et, surtout, lors d’enquêtes, sans pour autant permettre aux « accusés » de se défendre. Au nom de l’intérêt public, tout individu ou groupe vu par les journalistes (selon ses propres convictions) comme une « menace » pour la société sera vilipendé sur la place publique sans même pouvoir s’expliquer.
Le professeur Alain Bouchard en fait d’ailleurs la démonstration avec les minorités religieuses dans son essai Dis-moi ce que tu vois, je te dirai ce que tu es.
« En matière de nouvelles religions, écrit-il, les médias décrivent ces groupes à partir de leur monde, de leur contingence, de leur univers de sens. (…) La secte devient synonyme de danger, de menace pour la société. Comme les médias jouent un rôle important dans la construction de l’opinion public, cette image négative peut amener l’ensemble de la population à se méfier des minorités religieuses et à les juger à partir des préjugés transmis par les médias. Ce phénomène soulève un problème éthique, car si le journaliste donne une information qui ne respecte pas les faits et que cette information porte un préjudice à des individus, quelle responsabilité est en cause ? »
Malheureusement, les journalistes seront portés plus souvent qu’autrement à se laver les mains de cette responsabilité, car ils ont le sentiment de n’avoir fait que leur boulot, de n’avoir servi que l’intérêt public. Mais quand on gratte un peu, on se rend compte que l’intérêt premier qui a été servi est le leur, ainsi que celui de leur employeur.
Les journalistes : des employés d’usine
À tout cela s’ajoutent les contraintes imposées par l’employeur. Il est important de comprendre que les médias, surtout les médias de masse, tentent de nous faire croire que l’information diffusée par leurs journalistes est le résultat de longues enquêtes, de recherches, d’un travail de terrain. Si c’est vrai dans certains cas de journalisme d’enquête de la part de journalistes « vedettes », dans la majorité des cas, ce ne l’est pas.
Comprenons également que la direction des médias laisse peu de temps aux journalistes pour produire leurs papiers. Pour des questions de rentabilité, l’information est considérée comme un produit d’usine et le journaliste comme un ouvrier. Il doit donc noircir le plus de papier possible ou combler le plus de temps d’antenne possible et cela, dans les plus brefs délais, donc au moindre coût.
Cette dynamique créé un grand désarroi chez les « véritables » journalistes, lesquels souhaiteraient tout de même faire leur métier le mieux possible en approfondissant chaque sujet, en testant l’exactitude de l’information recueillie et en s’assurant de la crédibilité de leurs sources. Contraints par leurs limites temporelles, les journalistes ne font que des vérifications minimales et devront faire confiance à des sources qu’ils jugent sérieuses et utiles. Souvent même, ils ne vont que reproduire l’information des communiqués de presse reçus à la rédaction, sans aucune vérification.
Quand les journaliste deviennent des « experts »
De plus, les journalistes se donnent du crédit les uns les autres sans vérifier cette crédibilité. Ils ne contre vérifient pas les sources citées dans les articles précédents. Dans les médias électroniques, cela va encore plus loin, puisque sur les panels de discussion, les réseaux d’information font de moins en moins appel à des experts. Ils sont de plus en plus remplacés par des journalistes, beaucoup plus à l’aise avec la caméra et beaucoup plus disponibles, lesquels sont présentés en tant qu’ « analystes experts ».
Et c’est ici que le bât blesse et que l’on retrouve l’une des principales failles du système médiatique actuel. Faute de temps, les journalistes vont se fier à d’autres journalistes qui ont fait leur travail, eux aussi avec le même manque de ressources et de temps.
Ce phénomène de repiquage d’information ou de « vampirisme journalistique » est d’ailleurs dénoncé de plus en plus par les journalistes. « Il n’est pas normal que les mêmes nouvelles, avec les mêmes citations, se retrouvent dans tous les journaux. C’est toute la qualité de l’information qui s’en trouve amoindrie », se plaignaient des collègues journalistes lors du congrès de la de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) en 2001.
Il vient un temps où tout le monde se fie sur tout le monde. Il est alors facile qu’un fausse information se trouve à entrer dans l’engrenage et se répande comme une traînée de poudre, créant ainsi de grands ravages qu’il sera difficile de réparer.
Quand tout le monde fait confiance à tout le monde, faute de temps pour vérifier si le journaliste ou les sources citées sont dignes de confiance, la porte est ouverte à l’abus de confiance. Les propriétaires, tout comme les autorités, groupes et pouvoirs en place sont conscients de ces lacunes et s’en servent pour permettre ainsi l’abus de pouvoir, la manipulation des masses, bref de faire avancer leur cause par la duperie.
Pour éviter de se conformer
Pour le lecteur, l’auditeur, tout cela ne semble guère rassurant. Rien ne nous assure que nous ne pouvons être victime, de temps à autre, d’abus de confiance de la part des médias. Mais peut-être est-ce notre faute, en bout de ligne, si nous nous laissons prendre au piège ?
Car il est assez paradoxal que, dans un monde où les journalistes font partie des professions auxquelles nous faisons le moins confiance, ces mêmes journalistes occupent une place considérable dans l’établissement de nos opinions, donc de la formation de notre propre réalité !
Peut être devons-nous blâmer le manque d’options. Outre les médias, pour avoir une idée concrète, une opinion éclairée sur un sujet, que nous reste-t-il ? Il ne reste que notre expérience personnelle sur le terrain, ce qui est très limitatif.
Bien entendu, il existe encore des journalistes intègres qui, comprenant bien le mécanisme pervers dans lequel s’engouffrent de plus en plus les médias occidentaux, ne se laissent pas piéger et font leur métier avec le plus de rigueur possible. Mais malheureusement, avec les mécanismes décrits plus hauts, ils se font de plus en plus rares, car seuls les jeunes journalistes sachant se conformer à cette nouvelle dynamique sont embauchés ou promus.
L’espoir permis grâce Internet
Toutefois, avec l’arrivée d’Internet, il est maintenant possible de multiplier ses sources d’information et de rester vigilant. Et comme le souligne Jean-Paul Marthoz, Internet joue déjà un rôle fort intéressant dans la décentralisation de l’information.
« Les médias américains ont perdu le monopole qui fut un moment le leur. Lors de la première Guerre du Golfe, CNN servait de référence obligée à tous. (…) Lors de la guerre en Iraq de 2003, la polyphonie a été la règle (…) Malgré le conformisme de la majorité de leurs médias, les Américains qui voulaient en savoir plus ont pu, cette fois, sortir de leur insularité (en s’abreuvant de médias étrangers). Les sites des quotidiens britanniques, The Guardian et The Independent, qui offraient une couverture plus critique de la guerre, ont été pris d’assaut », expose-t-il.
La naissance de nombreux médias citoyens, c’est-à-dire des sites de nouvelles où l’internaute peut lui aussi rapporter la nouvelle, faire ses propres enquêtes et les publier, nous donne accès à de nouvelles sources d’information. Cependant, leur visibilité n’étant pas encore aussi forte que celle des médias traditionnels, lesquels ont su se bâtir une large fenêtre sur le web, nous devons encore attendre pour voir s’ils sauront se montrer comme une véritable alternative.
Il y a aussi ce phénomène nouveau, où chaque citoyen peut posséder son propre média, grâce, notamment, aux blogues. « Quand leur auteur a du talent, certains blogues peuvent acquérir une véritable influence. Aux États-Unis, ils forment de plus en plus de véritables groupes de pression électroniques capables, on l’a vu pour les blogues de droite, de faire tomber un journaliste vedette comme Dan Rather (pour avoir appuyé la diffusion d’un reportage mensonger) ou, pour les blogues de gauche, de forcer à la démission le sénateur républicain Trendt Lott, pris en flagrant délit de propos racistes », exposent Denis Pingaud et Bernard Poulet, dans leur article Du pouvoir des médias à l’éclatement de la scènePublique.
Cependant, cette cacophonie grandissante que l’on retrouve sur Internet laisse plusieurs auteurs et chercheurs perplexes. « Face à la saturation provoquée par la multiplication infinie, et infiniment répétitive, des sources d’information, augmente le risque d’une confusion croissante entre la vérité et la manipulation », font valoir Pingaud et Poulet.
Il est aussi utile de se questionner sur les limites que pourrait avoir Internet dans le futur. Lorsque l’on voit comment la Chine et d’autres pays autocratiques ont réussi à contrôler l’espace Internet sur leur territoire, en interdisant l’accès à de nombreux sites n’allant pas dans le même sens que le régime, rien ne nous garantit que nous serons ici protégés contre le même type d’abus de pouvoir gouvernementaux…
Sortir du conformisme social
Pour terminer, rappelons-nous que c’est en connaissant d’abord comment fonctionnent les médias et quelle est leur mécanique interne, en sachant comment se forge l’information quotidienne, en comprenant comment les journalistes recueillent l’information et comment ils la traitent, en comprenant que les reportages ne ressassent, la plupart du temps, que des opinions mises en perspective avec d’autres opinions, ce qui éloigne généralement le public des faits, que nous sommes en mesure de distinguer le vrai du faux.
C’est ainsi qu’il nous est possible de se prémunir contre les informations biaisées, l’abus de confiance, voir la manipulation médiatique.
Nous pouvons alors éviter d’avaler tout cru ce qui est rapporté et ainsi éviter se faire avoir par cette véritable conspiration que sont devenus le « politiquement correct » et le conformisme social où tout le monde va dans la même direction, une direction décidée, et soulignons le à gros traits pour le garder toujours en mémoire, par les élites de notre société.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44958
http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=2962


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07/10/2008

n°93- Les dossiers du Liban - 06-10 - Début- : "Israël, nous avons détruit ton rêve"

n°93- Les dossiers du  Liban - 06-10 - Début- :  "Israël, nous avons détruit ton rêve"


Les dossiers du  Liban - Début- N° 93                                                                              06-10          Par  M.Lemaire 


Le journal du Liban se retrouve sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html   NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :                                                                - Début-

3 Dossier 3-1 Point de vue de Morsi Attala : Les espions israéliens sont nombreux.

3-2 René Naba : Massaker » et «Valse avec Bachir »……une valse macabre à trois temps.

3-3 Point de vue de Info-Palestine : Désespoir, choc et mécontentement au sein de la population appauvrie de Nahr al-Bared.                 Suite 1

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

4-1 Nasrallah a regretté la position prise par les pays arabe face à la tragique situation à Palestine.

4-2  "Israël, nous avons détruit ton rêve"

5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Analyse de Maher Meqled : Le Hezbollah maître du jeu.

5-2 Philippe Abi Akl : Y a-t-il un lien entre les attentats de Damas et de Tripoli ?

6 Annexe  6-1 Sleimane : Obligez Israël à Respecter la 1701.

6-2 Conférence de presse du général Aoun à l'issue de la réunion hebdomadaire du BCR. - Fin- : 

6-3 Réconciliation interpartis

1 Le hezbollah ne cherche pas à contrôler le Liban ni à monopoliser le pouvoir. 2 Dialogue  entre les camps rivaux sous le signe des démarches de réconciliation.

3 Pour un dialogue national libanais.

6-4 Hezbollah-Futur, Au-delà de la Réconciliation.

6-5 Réconciliation inter maronite. 1 Rencontre entre Samir Geagea et Hadi Hobeich.

2 Sfeir : Les divergences n’empêchent pas le respect de l’autre.

6-6 Réactions a l’attentat l’armée libanaise à Tripoli.

1 Hariri déclare son soutien à l'armée libanaise et aux habitants de Tripoli et du Nord Liban.

2 Safadi : Les attentats contre l’armée veulent prouver que le Liban n’a pas de couvert sécuritaire.

3 "Ceux qui cherchent à nuire au Liban sont toujours actifs",

6-7 Marie-Josée R. : Des priorités de l'état pour un désarmement.



3 Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Point de vue de Morsi Attala : Les espions israéliens sont nombreux.
Malgré les progrès scientifiques et technologiques énormes et les satellites qui détectent n’importe quel mouvement sur terre, l’espion du genre humain reste l’élément essentiel de tous les services de renseignements. La méthode la plus dangereuse d’espionnage est aujourd’hui de prendre la recherche scientifique pour prétexte ou de se cacher derrière l’adhésion à des associations et organisations internationales. Et ce, pour prétendre avoir le droit d’étudier la psychologie des peuples et de s’assurer que les droits de l’homme sont respectés. Ainsi, une ligne très délicate sépare l’espionnage de l’action publique. Ici, la mission des espions ne se limite pas au transfert des informations. Mais leur rôle est aussi de répandre l’impression que dans le monde d’aujourd’hui, il n’y a plus de secrets et que les services de renseignements ont des yeux partout et à tous les niveaux. Nous nous rappelons ici ce qui s’est passé après la défaite de 1967 quand les services israéliens de renseignements avaient publié un certain nombre de livres en mobilisant quelques écrivains et en leur fournissant des histoires autour des activités des services israéliens de renseignements pour qu’elles soient formulées de façon à démontrer la suprématie militaire israélienne et l’hégémonie du Mossad. Ces livres avaient pour objectif d’influencer l’esprit du lecteur arabe et de lui faire croire que la suprématie des services israéliens était sans pareille. Nous nous rappelons également ce qui s’est passé à la veille de la guerre de juin 1967 quand Israël avait tenté de camoufler le scandale de l’arrestation de son célèbre espion Ellie Cohen en 1966. Cet espion, qui portait le nom de Kamel Amin Sabet, avait été jugé et exécuté et Israël avait alors fait de lui une légende et un symbole du succès israélien en publiant un certain nombre de livres, dont Notre homme à Damas. C’est ainsi que les Israéliens avaient réussi à réaliser leur objectif : les citoyens arabes avaient commencé à craindre la présence d’un espion pareil dans les lieux et les appareils critiques à l’intérieur des Etats arabes. C’est ainsi qu’avant le premier coup de feu lancé dans la guerre de 1967, les services israéliens avaient malignement fait passer la rumeur de la présence de troupes israéliennes sur le front syrien. Et en même temps, les services israéliens avaient la crainte de voir se propager leurs espions partout, en s’appuyant sur l’histoire d’Ellie Cohen. Donnant l’impression que les espions israéliens connaissent tout des secrets des pays arabes, plus que les citoyens arabes eux-mêmes. Il y a aussi l’histoire de l’espionne israélienne Pollande Hamer qui avait été employée en 1948 en Egypte pour enregistrer toutes les informations concernant les paradoxes politiques et sociaux de l’époque. Cette histoire peut se répéter facilement. Pollande n’était qu’une belle blonde qui a exploité sa beauté pour s’approcher d’un nombre de riches Egyptiens, de grands journalistes et des diplomates, leur faisant croire qu’elle était une journaliste française. Pollande Hamer est une des espionnes israéliennes les plus célèbres et qui a réussi à fournir aux services israéliens les informations importantes qu’elle a obtenues dans le lit de ses amants ! Les Arabes ne doivent-ils pas avoir l’esprit plus éveillé et prendre plus de Morsi Attala  Source : Al-Ahram hebdo 1er octobre 2008
http://hebdo.ahram.org.eg/... http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Al-Ahram.011...


3-2 René Naba : Massaker » et «Valse avec Bachir »……une valse macabre à trois temps. Sabra-Chatila: In Mémoriam Cet article est la suite de l'article La malédiction Sabra-Chatila, publié le 14 septembre 2008.
À Chatila, à Sabra, des non-juifs ont massacré des non-juifs, en quoi cela nous concerne-t-il ?" Intervention du premier ministre israélien Menahem Begin à
la Knesset lors du débat sur les responsabilités israéliennes dans le massacre des camps palestiniens du sud de Beyrouth, l’été 1982. «Toute cette équipée aurait dû porter en sous-titre " Songe d'une nuit d'été " malgré les coups de gueule des responsables de quarante ans. Tout cela était possible à cause de la jeunesse, du plaisir d'être sous les arbres, de jouer avec des armes, d'être éloigné des femmes, c'est-à-dire d'escamoter un problème difficile, d'être le point le plus lumineux parce que le plus aigu de la révolution, d'avoir l'accord de la population des camps, d'être photogénique quoi qu'on fasse, et peut-être de pressentir que cette féerie à contenu révolutionnaire serait d'ici peu saccagée: les Fedayine ne voulaient pas le pouvoir, ils avaient la liberté. Au retour de Beyrouth, à l'aéroport de Damas, j'ai rencontré de jeunes Fedayine, échappés de l'enfer israélien. Ils avaient seize ou dix-sept ans: ils riaient, ils étaient semblables à ceux d'Ajloun. Ils mourront comme eux. Le combat pour un pays peut remplir une vie très riche, mais courte. C'est le choix, on s'en souvient, d'Achille dans l'lliade…. » Jean Genêt «Quatre heures à Sabra-Chatila », in Revue d’Etudes Palestiniennes, N°6 Hiver 1983 Paris, 20 septembre 2008- «Massaker» et «Valse avec Bachir», deux films qui traitent du massacre des camps palestiniens de Sabra-Chatila, dans la banlieue sud-est de Beyrouth, en 1982, s’imposent, d’emblée et sans ambages, comme antidote à l’amnésie précoce de la classe politico-médiatique tant au Liban, qu’en Israël, que dans les pays arabes et les pays occidentaux, sur l’un des poins forts de la barbarie humaine de l’époque contemporaine. Près de trois mille palestiniens seront massacrés de sang froid pendant trois jours -les 15,16 et 17 septembre 1982-, dans une opération téléguidée par Israël et exécutée par ses alliés des milices chrétiennes pour venger l’assassinat de Bachir Gemayel, chef des Forces Libanaises, fraîchement élu à la présidence de la République Libanaise et assassiné à la veille de son entrée en fonction. Par la gratuité de sa violence aveugle, cet acte fut comparé en son temps par le Président François Mitterrand à Ouradour sur Glane, du nom d’une opération analogue commise par l‘armée allemande à l’encontre des habitants de la bourgade française en guise de représailles à l’assassinat de soldats allemands en France.

 I-Massaker Dans l’histoire de la cinématographie mondiale, Massaker aura eu un rôle pionnier. Hormis le bouleversant témoignage de Jean Genêt -«Quatre heures à Chatila»- consigné dans la Revue d’Etudes Palestiniennes, (N° 6 Hiver 1983), ce film est le premier document consacré à cet événement qui précipita la mise à l’écart du chef historique de la droite messianique israélienne, le premier ministre Menahem Begin, l’artisan de l’invasion israélienne du Liban qui déconsidéra durablement les milices chrétiennes libanaises et leurs chefs successifs. La lente confession patiente et méthodique des bourreaux, par moments comme désertés de toute humanité, la reconstitution de la violence aveugle dans toute sa brutalité et sa nudité, demeureront longtemps gravées dans la mémoire humaine comme un document témoin, par excellence, des dérives inhumaines et des pulsions morbides des belligérants en situation de conflit exacerbé. Sans nul doute, ce froid récit d’un massacre a soustrait de l’oubli ce moment aigu de la déraison humaine. Il prend désormais pleinement place dans le travail de reconstitution de la mémoire de la guerre du Liban (1975-1990). C’est son premier et immense mérite. Grâce soit donc rendue au Festival du Film de Douarnenez (Bretagne) d’avoir programmé sa projection lors de sa saison de 2008, alors que le Monde commémore dans une indifférence quasi-général le 26 me anniversaire de ce massacre. Grâce soit rendue aussi et surtout aux réalisateurs de ce film, Monika Borgmann et Lokman Slim, pour leur immense apport à l’épreuve de vérité que les Libanais se devront un jour ou l’autre, tôt ou tard, d’affronter pour accéder à une meilleure connaissance d’eux-mêmes, et, partant, de leur propre histoire. Le tandem germano-libanais est co-fondateur de «Umam documentation and research », association qui s’attache à conserver la mémoire politique et sociale du Liban par la création d’archives ouvertes. Ceci pourrait expliquer cela……… en toute cohérence.

II- «Valse avec Bachir» Ce film du réalisateur israélien Ari Folman confirme, du fait même de son existence, la réalité d’un massacre, longuement relégué dans la mémoire collective du pays et les oubliettes de l’histoire israélienne. Hormis le rapport Kahanna de la commission d’enquête israélienne sur les responsabilités de la tragédie, qui exonérait quasi-totalement Israël et égratignait le ministre de la défense de l’époque, le général Ariel Sharon, aucune œuvre de l’esprit ne mentionne ce fait peu glorieux de l’histoire militaire israélienne, Un fait qui a de surcroît considérablement terni le mot d’ordre de la «pureté des armes» de l’armée israélienne et démasqué la nature belliqueuse d’une armée abusivement désignée par des chroniqueurs complaisants de «Tsahal», selon la traduction littérale de son appellation hébraïque, «armée de défense», alors que depuis 1967, elle s’était mue en une armée d’occupation, offensive et offensante, avec son cortège d’exécutions sommaires, d’assassinats extrajudiciaires et d’expédition punitives et dont le Liban en sera le cimetière moral. Ce film, à n’en pas douter, est riche surtout de ses omissions. Film de fiction, il permet par ce procédé oblique d’évoquer certes un sujet traumatisant pour son auteur puisqu’il était un des éclaireurs de l’assaut, un des soldats chargé de tirer les fusées éclairantes sur les lieux du crime, tout en occultant toutefois la réalité historique passée et présente tant d’Israël que du Liban que de la Palestine. Cette fiction confirme a contrario, d’une manière symbolique, le ghetto dans lequel baigne l’univers mental des Israéliens dans leur environnement régional. Un ghetto mental qu’illustre parfaitement l’intervention du premier ministre israélien Menahem Begin devant la Knesset lors du débat sur les responsabilités israéliennes dans ce massacre: "A Chatila, à Sabra, des non-juifs ont massacré des non-juifs, en quoi cela nous concerne-t-il? " Le cinéaste est à la recherche des origines de son traumatisme, négligeant totalement le profond traumatisme des réfugiés palestiniens déjà expulsés de leur propre pays par les mêmes assaillants qui les pourchasseront de nouveau quarante ans plus tard dans leur nouveau refuge, les camps de Sabra-Chatila, terme ultime de leur naufrage et de leur sacrifice. Autre omission de taille qui aurait pu être pourtant mise à l’honneur de l’armée israélienne et qui tranche avec le comportement moutonnier de ses soldats: la démission depuis le champ de bataille de l’officier en charge de l’assaut de Beyrouth, le colonel Elie Gueva, en guise de protestation conte des ordres qu’il jugeait contraires aux lois de la guerre et de la morale. Elie Gueva a été depuis lors ostracisé par la société militaire israélienne, frappé de syndrome de Sabra-Chatila, rejeté vers les profondeurs de l’anonymat le plus complet, alors que la mise en relief d’un tel comportement aurait eu valeur pédagogique et thérapeutique, au moment où des ultra faucons se disputent la succession d’Ariel Sharon, notamment Benyamin Natanyahou et Shaul Mofaz, visiblement nullement instruit des conséquences désastreuses pour leur pays des équipées bellicistes de leur aîné. Avait-il au moins connaissance, Ari Folman, du geste du Colonel Elie Gueva ?? La censure militaire israélienne l’a-t-elle à ce point occulté du récit de la guerre que le cinéaste n’en retrouve pas trace ??? Ou alors en ayant eu connaissance, n’en a-t-il pas mesuré toute la portée morale ?? Il en est de même des Libanais et des Palestiniens que le film ne mentionne que d’une manière incidente et ne leur donne jamais la parole, n’évoquant nullement leur souffrance, ne cherchant même pas à s’imaginer les terribles ultimes pensées de ces êtres désarmés, doublement persécutés tant par la soldatesque israélienne que par leurs alliés miliciens chrétiens libanais. Ainsi se nourrit les révoltes futures des peuples persécutés. Au delà de ces critiques, toutefois, le film existe et son existence est salutaire. La scène de la conversation téléphonique entre le premier ministre Menahem Begin et, Ariel Sharon, son ministre de la défense au lendemain des massacres de Sabra-Chatila demeurera dans l’histoire comme un morceau d’anthologie. Tenant d’une main son combiné, opinant régulièrement du chef en direction de son supérieur hiérarchique, l’homme à l’embonpoint légendaire, avait les yeux rivés sur dix œufs plats qu’il s’était commandé pour son petit déjeuner, …….comme indifférent aux malheurs des autres, se préoccupant surtout durant cette conversation de satisfaire, au propre comme au figuré, son féroce appétit de pouvoir et sa boulimie alimentaire. L’appétit de pouvoir, il la satisfera en devenant premier ministre 18 ans après Sabra Chatila, sa boulimie alimentaire, elle, le terrassera ainsi que sa carrière politique, en le plongeant dans un coma cinq ans plus tard. Au-delà de critiques, un fait demeure toutefois: les fossoyeurs des Palestiniens, le Libanais Bachir Gemayel et l’Israélien Ariel Sharon, par une cruelle ironie de l’histoire, seront, au-delà de la mort, associés à ce point noir de l’histoire contemporaine, tandem infernal d’une conjuration maléfique. A chaque commémoration annuelle de l’assassinat de Bachir Gemayel répondra en écho la commémoration des massacres des camps palestiniens de Sabra-Chatila et la fin caricaturalement tragique d’Ariel Sharon. Trois faits désormais à jamais indissociablement liés dans l’horreur…..dans un sorte de danse de la mort, une valse à trois temps macabre entre Bachir, Sharon et Sabra-Chatila. Comme une sorte de rappel à l’ordre permanent.

 III- « Il était une fois Beyrouth» de Jocelyne Saab Une ode nostalgique à la beauté majestueuse de Beyrouth, une ville frondeuse et indomptable, un hommage à l’un des rares titres de gloire militaire de l’histoire arabe contemporaine. En complément à ce panorama se projette le film «Il était une fois Beyrouth» de Jocelyne Saab, une ode nostalgique à la beauté majestueuse de Beyrouth. Dans cette rétrospective, Jocelyne Saab restitue l’âme d’une ville qui fut la respiration du monde arabe et sa conscience critique, pendant un demi siècle, une ville qui assume de surcroît une fonction traumatique dans la conscience collective israélienne puisqu’elle revendique le privilège unique au Monde d’avoir symbolisé, à deux reprises dans l’histoire contemporaine, la résistance arabe à l’hégémonie israélo-américaine: -La première fois, en 1982, lors du siège de la capitale libanaise par le général Ariel Sharon, du temps où le sunnisme s’identifiait au combat nationaliste, depuis le fief du sunnisme libanais à Beyrouth-Ouest,
-La deuxième fois, en 2006, depuis Beyrouth-sud, cette fois, (ad dahyah), littéralement la banlieue sud de la capitale, le fief chiite de la capitale, du temps du coma du général Ariel Sharon, où le chiisme libanais suppléant la vassalisation du sunnisme arabe à l’axe israélo-américain, prenait sa relève en vue de pérenniser le combat nationaliste arabe.
Près de 300 films ont été visionnés, dont les extraits jalonnent le portrait d’une ville attachante, et au-delà de clichés et des représentations parodiques, une ville frondeuse et indomptable. Sur le terrain depuis le début des hostilités du Liban en tant que reporter de guerre, profession rarissime dans le Monde arabe à l’époque, la libanaise Jocelyne Saab est un témoin visuel de premier plan de ce drame interminable, un de ces documentalistes particulièrement pertinents qui rend ainsi hommage à une ville symbole de la résistance à l’hégémonie israélo-américaine, qui s’inscrit comme l’un des rares titres de gloire militaire de l’histoire arabe contemporaine. René Naba : Le 17 septembre 2008 René Naba : : Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information, est l’auteur notamment des ouvrages suivants :  —« Liban: chroniques d’un pays en sursis » (Éditions du Cygne);  « Aux origines de la tragédie arabe"- Editions Bachari 2006.;  "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002. « Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000); « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).


3-3 Point de vue de Info-Palestine : Désespoir, choc et mécontentement au sein de la population appauvrie de Nahr al-Bared. On dirait des containers de cargo : de longues rangées d’éléments préfabriqués en ferraille, entassés sur 2 étages, posés sur les bords du camp de réfugiés ruiné de Nahr al-Bared dans le nord du Liban.  A l’intérieur de chaque élément sans air de 18 m2 se trouve une toilette, un réchaud à gaz et des matelas défraichis à même le plancher en bois. Ceci représente la chambre à coucher, la salle de bains et la cuisine pour les familles palestiniennes comme celle de Hyat Jundi dont la maison à Nahr al-Bared a été détruite l’été dernier lors des combats entre l’armée et les militants islamistes. « Je passe la journée à me battre avec les voisins au-dessus de nous au sujet de l’eau qui se répand dans notre pièce » dit Jundi (55 ans) tandis que ses 4 jeunes enfants s’activent dans la chambre. « Je suis énervée car le fait de dormir sur le sol me fait mal au dos ». Le mari de Jundi, un éboueur pour l’organisation de l’UNRWA, est marié à deux autres femmes avec enfants. Il n’est donc capable de lui donner que 150$ par mois dit-elle. La nourriture provient de distributions de l’UNRWA et de dons du « Lebanese Future Movement » du dirigeant parlementaire Saad Hariri. Le long du couloir sombre et humide et en haut de quelques marches, Marzouka Mohammed Khadr (19 ans), une jeune libanaise mariée à un Palestinien de Nahr al-Bared, nous montre la pièce où elle élève sa jeune famille. « Nous avions auparavant une salle de bains et une cuisine séparée mais maintenant tout se retrouve dans la même pièce » raconte-t-elle en montrant les cafards qui courent dans les fentes du plancher sous l’évier de fortune. Des mouches bourdonnent dans la pièce tandis que la brise attrape l’odeur des effluents des eaux d’égouts qui filtrent à travers le plancher.

 Assistance alimentaire et subventions locatives menacées Et pourtant la vie de ces 300 familles palestiniennes et de leur millier d’autres parents déplacés pour la troisième fois du camp de Nahr al-Bared risque très bientôt d’empirer en grande partie à cause de l’abandon par les états arabes de la région. L’UNRWA prévient que si son appel urgent pour 43 millions de dollars pour l’assistance humanitaire n’est pas rapidement satisfait, l’agence sera obligée d’ici la fin octobre d’arrêter de distribuer l’assistance alimentaire aux 3.100 familles et de mettre fin aux soutiens à la location pour 27.000 Palestiniens déplacés de Nahr al-Bared. Jusqu’à présent seul les Etats-Unis ont répondu par des fonds d’urgence, en donnant 4.3$ millions pour le gite, la santé et l’éducation, ce qui fait partie d’un engagement total cette année de 23.5$ millions pour la reconstruction par l’UNRWA de Nahr al-Bared. L’UNRWA a déclaré en juin qu’il avait besoin de 445$ millions afin de reconstruire le camp de réfugiés, à la fois le surnommé ‘Nouveau Camp’ qui a été très endommagé et le camp d’origine, le Vieux Camp, plus petit, qui a été totalement détruit.

Peu de soutien financier arabe pour l’UNRWA L’UNRWA dit que jusqu’à présent il a reçu juste 70$ millions, (88% de donateurs occidentaux) ce qui correspond à 90% de fonds promis pour une assistance à court-terme. A ce jour aucun gouvernement arabe ne s’est engagé pour la reconstruction du camp sur le long terme, le plus important projet de l’histoire de l’UNRWA. « Malheureusement cela fait partie d’une tendance permanente » dit Leila Shahid la représentante palestinienne de l’Union Européenne, dans un article récent. « Le Luxembourg donne plus au budget courant de l’UNRWA que n’importe quel gouvernement arabe alors que la Norvège donne plus annuellement à ce même budget que tous les gouvernements arabes réunis ». Dans un effort pour mettre en exergue le sort des Palestiniens déplacés de Nahr al-Bared, l’UNRWA a organisé la semaine dernière une tournée exceptionnelle dans les zones du nouveau camp. La dernière visite du camp par IRIN a eu lieu en décembre.

Désespoir et traumatisme Malgré le fait que beaucoup d’aspects de la vie normale tels que les marchands de légumes, les cafés internet et le réseau électrique, soient revenus dans certaines zones du nouveau camp (le vieux camp reste hors limite), les cicatrices émotionnelles de la population semblent aussi profondes que les cicatrices physiques du camp. « La dépression est en augmentation parmi les patients » dit Mahmoud Nasser, l’officier médical en chef du camp et dirigeant de l’une des deux cliniques ouvertes par l’UNRWA depuis novembre. « Ils sont plus agressifs et certains d’entre sont réduits au désespoir. Nous avons eu des patients diabétiques qui ont arrêté de prendre leurs médicaments parce qu’ils ne voient plus à quoi ça sert de rester en bonne santé ». Nasser dit que sa clinique traitait quelques 180 malades par jour, beaucoup souffraient de maladies de peau dues aux immenses nuages de poussière qui proviennent des décombres du camp. L’UNRWA fournit maintenant 100% des traitements médicaux pour les maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète au lieu des 50% habituels. Salina al-Aynen, la coordinatrice du Centre pour les enfants et les jeunes (Children and Youth Centre CYC), d’un jardin d’enfants financé par une ONG italienne et de Save the Children, dit que beaucoup de jeunes enfants de 5 à 8 ans montrent des signes de traumatisme. « Après le cauchemar de Nahr al-Bared, nous avons vu des gosses qui marchaient pieds nus à travers les rues. Quand ils sont arrivés ici, ils avaient peur et certains d’entre eux préféraient rester seuls. Mais nous les aidons à surmonter leurs peurs par des jeux communautaires et en célébrant les bonnes choses de la vie ».

Mécontentement Abed Najjar du Comité Populaire Palestinien de Nahr al-Bared dit que le mécontentement augmente parmi les Palestiniens qui reviennent vivre dans le nouveau camp. « L’armée ne se soucie plus de personne. Les gens sont chaque jour harcelés aux check-points » raconte-t-il. « La reconstruction va très lentement. Cela fait cinq fois qu’ils promettent d’enlever les décombres dans le vieux camp ». L’UNRWA dit que l’enlèvement des décombres dans le vieux camp doit commencer à la fin de la première semaine d’octobre.  IRIN - 5 octobre  http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5163


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n°93- Les dossiers du Liban - 06-10 – Suite 1- : "Israël, nous avons détruit ton rêve"

n°93- Les dossiers du  Liban - 06-10 – Suite 1- :  "Israël, nous avons détruit ton rêve"

 



Les dossiers du  Liban – Suite 1- N° 93                                                                              06-10

Par  M.Lemaire 



Sommaire :                                                       – Suite 1-

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

 4-1 Nasrallah a regretté la position prise par les pays arabe face à la tragique situation à Palestine.

4-2  "Israël, nous avons détruit ton rêve"

5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Analyse de Maher Meqled : Le Hezbollah maître du jeu.

5-2 Philippe Abi Akl : Y a-t-il un lien entre les attentats de Damas et de Tripoli ?

6 Annexe  6-1 Sleimane : Obligez Israël à Respecter la 1701.

6-2 Conférence de presse du général Aoun à l'issue de la réunion hebdomadaire du BCR.


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme 4-1 Nasrallah a regretté la position prise par les pays arabe face à la tragique situation à Palestine. Sayed Hassan Nasrallah s’est exprimé sur la situation de Palestine Nasrallah a regretté la position prise par les pays arabe face à la tragique situation à Palestine, surtout que des milliers de palestiniens meurent de faim à Gaza. Dans ce contexte, il a appelé tout les pays arabes à soutenir leurs frères dans la terre Sainte, « il faut que les libanais apportent tout le soutien pour les refugiés dans les camps, et non pas prononcer uniquement qu’ils sont contre l’implantation», a-t-il ajouté.
« Nous soutenons un amendement dans la constitution qui oblige le vote du parlement par unanimité sur tous projets qui visent à implanter les palestiniens », a-t-il affirmé. Nasrallah a tenu à rappeler que l’état Hébreux est l’ennemi des palestiniens, des libanais, des arabes et de tout les musulmans. Il a enfin rappelé que Jérusalem est une terre Sainte pour tous les musulmans.
 28 septembre Tayyar.org


4-2  "Israël, nous avons détruit ton rêve"  17 septembre
Quelques jours après que le Premier ministre Ehoud Olmert a déclaré que l’objectif du Grand Israël n’est devenu qu’illusion, le Secrétaire Générale du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, s’est réjoui de la « destruction de ce rêve ».
Dans un discours retransmis par la chaîne al-Manar, Nasrallah a affirmé que « la Résistance au Liban a planté le dernier clou dans le cercueil du Grand Israël après l’avoir vaincu en l’an 2000 ». « La victoire de 2000 et la victoire de juillet (2006) ont mis fin au rêve du Grand Israël et de la superpuissance d’Israël, a-t-il souligné. Aujourd’hui, Israël est devenu comme les Arabes dans le temps. Les Israéliens parlent et menacent jour et nuit, mais en définitive, cela n’aboutit à rien. » Aujourd’hui nous faisons face à un « Israël médiocre. » Devant l’auditoire, Sayed Nasrallah a fait part de ses perceptions géopolitique, en avançant qu’il y avait  trois modèles différents de l’entité sioniste. « La première est un Israël vaste s’étendant du Nil et l’Euphrate. La deuxième est un Israël forte Israël, qui ne comprend pas le Liban et la Jordanie mais qui occupe la Palestine historique. Et il y a la Palestine dont les frontières sont inconnues ». Hassan Nasrallah a ensuite abordé le sujet de l’assassinat du responsable des opérations du Hezbollah, Chahid Imad Mougniyeh. “Ceux qui voulaient tuer Imad Mougniyeh - devraient s’inquiéter partout dans le monde», a t-il réitéré, ajoutant que  « la résistance au Liban a dépassé le stade de dépendre d’une politique ou d’un chef militaire, et il a la capacité de créer des dirigeants à tous les niveaux.” Sur le plan régional, Sayed Nasrallah  a critiqué l’absence des pays arabes sur la scène internationale. Il a affirmé que « jour après jour, les Arabes sont les grands absents des développements régionaux et internationaux ». « Où sont les pays arabes ? s’est-il interrogé. A l’exception de la Syrie qui tente d’être au cœur de l’événement, la plupart des pays arabes sont malheureusement absents. Nous trouvons aujourd’hui (sur la scène) la Turquie , l’Iran, la France , l’Europe et évidemment l’Amérique, mais où sont les pays arabes ? Il n’existe pas de réalité arabe officielle qui suscite la crainte d’Olmert. Le principal développement qui s’est produit dans la région depuis l’an 2000 est le renforcement et les succès des mouvements de résistance dans la région. Après avoir indiqué qu’« un seul pays arabe possède des dépôts de 3 000 milliards de dollars dans les banques américaines (…) alors que des dizaines de millions meurent de faim ». Source : Al-Manar



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 5-1 Analyse de Maher Meqled : Le Hezbollah maître du jeu. Les principaux dirigeants politiques ont entamé à Beyrouth un dialogue national dans un climat marqué surtout par l’incertitude. La question des armes de la milice chiite paraissant insoluble.  Les libanais ne se sont pas arrêtés longtemps à la première séance du dialogue national, tenue la semaine dernière au palais Baabda sous la direction du général Michel Sleimane, président de la République , et à laquelle ont assisté les quatorze dirigeants, à l’exception  du chef du Hezbollah,  Hassan Nasrallah, absent pour des raisons de sécurité. Quelques jours avant la réunion, les cadres membres de la majorité parlementaire avaient mis en relief la nécessité de la présence de Nasrallah qui détient, lui, la clé de toute décision. Mais le parti chiite ne s’est guère soucié de ces exigences et ne s’est donné même pas la peine d’y répondre. Il a juste publié un communiqué avant la séance annonçant que le Hezbollah serait représenté par le député Mohamad Raad. Il est d’ailleurs certain que Nasrallah ne participera pas à des réunions publiques dans un proche avenir. Il est soumis à un système de sécurité très sévère, tout le monde sait qu’il constitue la cible principale que poursuit le Mossad. Ses mouvements font l’objet de surveillance et de pourchasse. Depuis la fin de cette guerre qu’a menée Israël contre le Liban il y a deux ans, les déplacements de cette figure emblématique de la résistance sont quasiment nuls. Lorsqu’il s’adresse à la population, c’est à travers un écran. Tout le monde prend en compte ces exigences sécuritaires. Selon les observateurs, la présence ou l’absence de Nasrallah ne changera rien à la chose. La décision du Hezbollah ne sera pas prise suite aux discussions qui auront lieu lors de cette table ronde. Elle est prise d’avance par les cercles dirigeants du Hezbollah et ne saurait aucunement faire objet de négociation ou débat, surtout lorsqu’il s’agit des armes du Hezbollah et cette volonté inouïe de la majorité de débattre la stratégie de défense. Or, cette stratégie est le mot d’ordre, le seul thème à débattre, mais sans toucher de près ou de loin les armes du Hezbollah. La preuve en est que le général Michel Aoun, chef du courant national libre, a dit après la séance d’ouverture que le président de la République l’a chargé de préparer un plan stratégique de défense. C’est dire que le président ne veut, en aucun cas, entrer en confrontation avec le Hezbollah. Il tient à jouer un rôle conciliateur sur la scène libanaise si troublée, tout en évitant de paraître à l’image de l’ex-président Emile Lahoud qui était juge et partie dans le différend politique. Ainsi, a-t-il perdu sa crédibilité de référence présidentielle qui lui permet de réunir les forces et les partis autour d’une seule table, sans qu’il y ait accrochage et participation du président en tant que partie. Ce rôle conciliateur, le Liban en a effectivement besoin. L’impression dominante avant et après la réunion c’est qu’elle n’a été qu’une simple tentative d’apaisement de réunir les dirigeants en discorde avant qu’il ne se rende aux Etats-Unis pour assister aux réunions de l’Assemblée générale de l’Onu. Le président Sleimane est conscient du fait que le plus grand obstacle au dialogue est l’armement du Hezbollah et la stratégie défensive. Il craint tout à fait que cette question d’armes ne provoque davantage de différends. L’attitude du Hezbollah sur la question des armes est bien connue et ne peut faire l’objet de spéculation. Mais les dirigeants de la majorité, notamment les chrétiens, ont annoncé à plus d’une reprise qu’ils n’admettraient pas que le Hezbollah conserve ses armes, tout en reconnaissant qu’ils ne savaient comment le faire. La conception générale est que ceci ait lieu dans l’avenir pas dans la phase actuelle. Pour les observateurs, la chose la plus importante à laquelle sont parvenus les participants est de fixer au 5 novembre la date de la tenue de la deuxième séance. C’est un rendez-vous loin, mais les conditions l’ont imposé. La réunion d’ouverture a représenté un dégel. Le fait que le président de la République ait affirmé qu’Israël reste la principale source de danger et qu’il ait demandé d’établir une stratégie où s’intègrent tous les éléments assurant la puissance de l’Etat et le fait que sous ce concept particulier de l’Etat, s’insère le droit de défense des territoires dans le cadre de la politique générale, sont un message direct au Hezbollah. Mais il veut dire aussi qu’il n’irait pas très loin dans ses propos à l’égard des armes du parti chiite, ce qui a été bien accueilli par Hassan Nasrallah qui a fait l’éloge du discours du président le soir même. Le discours du président a reflété le désir d’une conciliation sur ce point. « Je suis tout à fait sûr que nous sommes capables d’établir une stratégie qui protège le Liban, basée sur nos forces armées et tirant profit des moyens et des capacités de la résistance ». Autre aspect qui n’a pas manqué d’attirer l’attention, le fait de reconduire les décisions du dialogue national tenu en 2006 veut dire que le président mènerait un processus pour résoudre le problème des fermes de Chebaa occupées par Israël et ensuite de désarmer les Palestiniens hors des camps, dénote de la vision globale du président. Le discours du président a reflété le désir d’une conciliation sur ce point. « Je suis tout à fait sûr que nous sommes capables d’établir une stratégie qui protège le Liban, basée sur nos forces armées et tirant profit des moyens et des capacités de la résistance ». Autre aspect qui n’a pas manqué d’attirer l’attention, le fait de reconduire les décisions du dialogue national tenu en 2006 veut dire que le président mènerait un processus pour résoudre le problème des fermes de Chebaa, occupées par Israël, et ensuite de désarmer les Palestiniens hors des camps, dénote de la vision globale du président. A cet égard, la présence de Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, a eu pour but de souligner l’arabité du Liban et aussi le soutien et même un parrainage par la Ligue pour ce dialogue. L’allocution de Amr Moussa a eu le mérite de mettre en garde contre les dangers d’un échec du dialogue dans le contexte régional et international actuel. « Nous souhaitons comme le souhaite tout Arabe que le Liban sorte de la crise et que ses conditions s’améliorent », a dit le secrétaire général de la Ligue. Mais faut-il parler de déception du fait que la réunion n’a duré qu’un jour et que la reprise du dialogue a été fixée à une date relativement lointaine ? Tout compte fait, estiment les observateurs, cela était attendu. Et à la suite de la discussion, tout le monde a convenu de publier une déclaration soulignant que la mise au point d’une stratégie de défense est une priorité. Il s’agira alors de parvenir à une conception commune de cette stratégie qui prend pour base et le dialogue et les décisions de Doha. A cet égard, agir rapidement pour surmonter les tensions sécuritaires et mettre au point un mécanisme pour une instauration en bonne et due forme d’un mécanisme le permettant deviennent une priorité. Cela conduirait à renforcer le règlement dans un certain nombre de zones et à généraliser ces accords entre les adversaires sur les autres parties du territoire libanais. Pour ce faire, il faudrait s’accorder sur une charte d’honneur permettant de respecter les engagements et d’abandonner toute forme de provocation politique. Entre autres, il faudrait apaiser le discours et la ligne politiques et médiatiques. Tous les participants doivent annoncer qu’ils sont engagés par cet apaisement. Le rôle du président de la République est fondamental à cet égard. Il devra s’atteler à des négociations bilatérales pour consacrer les différentes réconciliations. Il devrait encourager des rencontres pour renforcer les chances de succès du dialogue sur le fond et sur la forme. Un bilan qui paraît édulcoré si l’on croit la presse libanaise avec ceci d’important à relever : au Liban, les divergences de vues reflètent souvent des divergences d’intérêts. Le quotidien An Nahar, proche de la majorité, relève qu’à cette séance d’ouverture, il manquait Hassan Nasrallah. Et d’ajouter que les participants sont restés 5 heures à débattre avant de consacrer 90 minutes à la rédaction du communiqué final. Tout Libanais souhaite que le dialogue aboutisse, mais la vraie solution ne verra le jour que lorsque le Hezbollah mettra fin au rôle régional de ses armes et à ses ambitions d’imposer son hégémonie par la force sur la scène intérieure, ajoute le quotidien. Même les quotidiens pro-syriens soulignaient la difficulté de la tâche. « Les différents milieux politiques estiment que les discussions sur la stratégie nationale de défense se perdront dans un débat stérile et que les résultats ne verront pas le jour avant bien longtemps », écrivait As Safir. Selon le quotidien indépendant Al-Anouar, « la table de dialogue est installée dans un champ de mines appelé Liban ». « Même si les participants se mettent d’accord, on ne peut pas construire une stratégie nationale de défense dans un champ de mines sans avoir procédé auparavant à un déminage », ajoute le quotidien. On est dans le cadre d’une sorte d’espérance, alors que le contexte lui-même rend difficile une telle vision. Le président du Parlement, Nabih Berry, estime que le dialogue est positif. Chaque partie a présenté son point de vue dans le cadre de la compréhension et de l’esprit national. « C’est ce à quoi j’invitais dès le début. Une fois terminé le débat sur la stratégie de défense et qu’un accord intervienne à ce sujet, rien n’empêche de débattre d’autre questions ». A cet égard, il s’est félicité aussi des réconciliations intervenues à Tripoli. Les événements intervenus dans cette ville ayant représenté un grave danger. Le président syrien Bachar Al-Assad, début septembre, exprimant son « inquiétude » face aux récentes violences interconfessionnelles à Tripoli. Il avait aussi affirmé avoir demandé à son homologue libanais, Michel Sleimane, d’envoyer d’urgence davantage de troupes au nord. Le Liban a déclaré lundi que la Syrie avait dépêché des renforts militaires sur leur frontière commune au nord du Liban pour des raisons, selon Damas, de sécurité interne. « Près de 10 000 soldats des forces spéciales syriennes ont été déployés dans la région d’Abboudiya sur la frontière avec la Syrie au nord du Liban. Beyrouth a demandé des clarifications à Damas sur ces renforts et sur le motif de leur déploiement. Damas a affirmé qu’il s’agissait de mesures de sécurité internes qui ne dépassent pas le territoire syrien et qui ne sont nullement dirigées contre le Liban. Tous les risques persistent donc. Maher Meqled


5-2 Philippe Abi Akl : Y a-t-il un lien entre les attentats de Damas et de Tripoli ?
L'éclairage de Philippe Abi Akl
Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information À Bohsass, Tripoli, une machine infernale lancée contre un convoi de l’armée a fauché cinq victimes, dont quatre militaires, blessé des dizaines de personnes, détruit des voitures et endommagé des immeubles.
Cela après, et peut-être dans le prolongement, de l’attentat terroriste au lourd bilan commis à Damas par des organisations fondamentalistes, selon un communiqué des autorités syriennes. Et également après l’annonce d’un déploiement de 10 000 hommes des forces spéciales syriennes à la frontière avec le Liban-Nord.
Pour lutter contre la contrebande, selon les dirigeants syriens. Mais, manifestement, dans la logique des avertissements lancés par le président Bachar el-Assad tant au gouvernement libanais que devant le sommet quadripartite de Damas, au sujet de la situation au Liban-Nord, des affrontements entre sunnites et alaouites adossés à la Syrie. C ’est d’ailleurs pour court-circuiter, en partie, la menace d’intervention syrienne au Nord que Saad Hariri a procédé à la réconciliation de Tripoli.
Cependant, aujourd’hui, il y a, tout aussi manifestement, un fait nouveau. À savoir que Damas est attaqué chez lui, ce qui n’est pas fréquent. Qu’il s’alarme de la menace terroriste et de la montée en
puissance, clandestine mais certaine, d’un mouvement fondamentaliste islamiste sur son sol. Avec probable repli sur des antres et des bases situées au Liban-Nord. Et d’où partiraient des coups dirigés contre la stabilité des deux pays.
Des sources informées rapportent ainsi que le commandement de l’armée a reçu dernièrement des menaces occultes de la part d’éléments déclarant appartenir à Fateh el-Islam. Qui jurent de venger Nahr el-Bared. Bataille remportée par l’armée, malgré son déficit d’équipement face à un ennemi doté d’un armement sophistiqué, et au prix de plus de 170 martyrs. Cette victoire, unique dans son genre dans le monde arabe, a permis d’éradiquer le virus terroriste planté dans le camp, et servi, sans doute, à dissuader assez fortement les cellules terroristes dormantes. L’armée a été soutenue dans son combat par la population ibanaise unanime, tandis que les activistes radicaux de Fateh el-Islam
se trouvaient désavoués aussi bien par les pôles sunnites locaux que par les dirigeants palestiniens.
Il devient cependant assez clair que Fateh el-Islam cherche à se venger, car ce n’est pas la première fois que l’armée est visée par un attentat au Nord. Ce groupuscule, selon un responsable sécuritaire qui fait état de rapports en provenance de l’étranger, pourrait être soutenu, ou manipulé par la Qaëda. Avec , peut-être, des consignes aux cellules dormantes cantonnées au Sud, où l’on note de l’agitation ces derniers temps. Selon cette source, il y aurait à craindre un choc d’importance visant l’armée, les Casques bleus, afin de mettre le Hezbollah dans l’embarras, ou des lieux de culte. Pour provoquer la discorde confessionnelle. Mais il est également évident qu’en prenant l’armée pour cible, les exécutants et leurs commanditaires, sur lesquels on s’interroge, poursuivent un complot de déstabilisation du Liban. Un plan d’ordre politique utilisant le terrain comme instrument, pour miner
l’État de droit en s’attaquant à son bouclier sécuritaire principal, l’armée. Le but étant, entre autres, de torpiller le processus de réconciliations engagé sous la houlette du président Sleiman. On sait à ce propos qu’après les sunnites et les druzes, c’est maintenant le tour des chrétiens, maronites en tête. Il est prévu qu’ils se rencontrent deux par deux, d’abord, puis à quatre, et enfin en assemblée générale,
sous l’égide du chef de l’État à Baabda. Pour se rendre ensuite ensemble à Bkerké.
L’Orient-Le Jour Le quotidien libanais d'expression française 30 septembre 2008
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382643



6 Annexe Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

6-1 Sleimane : Obligez Israël à Respecter la 1701. C'est un vrai baptême du feu, pour Michel Sleimane, qui a prononcé hier le mot du Liban lors de la 63e Assemblée générale de l'ONU. Une occasion pour lui de réaffirmer quelques credo incontournables.
Comme prévu, Michel Sleimane a prononcé hier soir le mot du Liban devant l'Assemblée générale de l'ONU. Il a commencé par rappeler que le Liban fait face actuellement à une série de dangers et de défis qui nécessitent de la part de la communauté internationale qu'elle multiplie ses pressions sur Israël pour qu'il applique stricto sensu la résolution 1701 et qu'il mette un terme à ses menaces de nouvelle guerre contre le Liban.
Le chef de l'Etat a également demandé qu'Israël se retire ou restitue des portions de territoire qu'il continue d'occuper, en n'oubliant pas de rappeler le droit du Liban a jouir de ses ressources hydrauliques, à l'abri des ambitions israéliennes.
Michel Sleimane a également demandé à ce que l'entité sioniste soit sommée de mettre fin à ses violations aériennes, dont le « caractère provocateur et intensif » a été démontré par le département des opérations de maintien de la paix. « Il faut également obtenir toutes les cartes des mines terrestres et des sites de bombes à fragmentation laissées par Israël sur le sol libanais », a-t-il ajouté.
Puis le chef de l'Etat a émis deux souhaits supplémentaires. Un : que soit combattu le terrorisme sous toutes ses formes pour que soit maintenue la paix intérieure.
Deux : que soit établie une stratégie nationale globale afin de protéger et de défendre le Liban.
Et Michel Sleimane de réitérer l'attachement du Liban au tribunal spécial chargé de juger les auteurs de l'assassinat de Rafic Hariri et de ses compagnons. « Le Liban coopère avec les organes des Nations unies en vue d'aboutir à la vérité et de poursuivre le processus de justice loin de toute politisation », a-t-il affirmé.
Appelant la communauté internationale à assumer pleinement ses responsabilités concernant l'Unrwa, l'agence chargée des réfugiés palestiniens, Michel Sleiman en a tout naturellement profité pour rappeler le refus inconditionnel du Liban de l'implantation de ces réfugiés, insistant sur l'urgence de leur droit au retour…
Ensuite, le chef de l'Etat a annoncé la candidature du Liban pour occuper un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour l'année 2010-2011, espérant le soutien de tous les pays amis. « La dernière fois que le Liban a occupé ce poste de haut niveau, c'était pour la période 1953-1954 », a-t-il rappelé.
Michel Sleimane a également évoqué sa visite le 13 août dernier en Syrie, dans le cadre du renforcement de la solidarité panarabe. « Au cours de cette visite, des principes et des mécanismes ont été adoptés, comprenant l'accord sur l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays, le suivi du dossier des disparus, la délimitation et le contrôle des frontières » – des sujets, a-t-il précisé, qui intéressent les Nations unies.
Et de conclure, après avoir cité Jean-Paul II : « Le Liban est plus qu'un pays, c'est un message » : « Avec ses 18 communautés qui coexistent sur son sol, ayant réussi à préserver son système démocratique et ses libertés fondamentales, le Liban aspire aujourd'hui à devenir un centre international pour la gestion du dialogue des civilisations et des cultures. »
http://www.alterinfo.net/Sleimane-a-l-ONU,-Obligez-Israel-a-Respecter-la-1701_a24191.html Sources Alter Info
Posté par Adriana Evangelizt http://palestine.over-blog.net/article-23141650.html


6-2 Conférence de presse du général Aoun à l'issue de la réunion hebdomadaire du BCR. - 24 septembre 2008 Comme toutes les semaines, et à l’issue de la réunion hebdomadaire du Bloc du Changement et de la Réforme , le Général Michel Aoun a donné une conférence de presse.
Lors de la dernière réunion du BCR, trois sujets ont été abordés :
- La réconciliation entre le Hezbollah et le PSP (Joumblatt),
- L’affaire « Lassa »,
- Et enfin, la désinformation faite par certains organes de presse.
Le Général a appuyé la réconciliation qui s’établit entre le Hezbollah et le PSP, sous la médiation du ministre Talal Arslan. Il a souhaité que tous les partis libanais recourent à de telles ententes afin de consolider les principes démocratiques fondés sur les échanges politiques libres et les moyens médiatiques objectifs et honnêtes et non sur des rapports de violence et de force. le général Aoun s’est demandé si l’insécurité qui touche le pays n’est pas provoquée par ceux-là même qui se sentent menacés par toute entente interlibanaise. Il a expliqué qu’il y a un contentieux en cours entre le CPL et le PSP qui empêche pour l’instant toute forme d’entente politique. Ce contentieux concerne l’affaire des déplacés que le CPL défend.
Concernant le conflit de Lassa autour du terrain sur lequel une église a été construite et qui est considéré comme un lieu de prière par les chiites, cette affaire date depuis près d’un siècle et est évoquée chaque fois qu’il y a une intention d’entente entre les différents partis libanais : On l’a soulevée lors de la signature de la feuille d’entente entre le CPL et le Hezbollah, après la guerre de juillet 2006 et maintenant alors qu’une conciliation se profilait à l’horizon entre le Hezbollah et le PSP. Le Général considère qu’il revient à l’Eglise de résoudre cette affaire, et donc de déterminer à qui appartient l’église Lassa afin que ce sujet ne soit plus assujetti à des exploitations subjectives et tout azimut. Le CPL s’est emparé de cette affaire en tant que représentant de tout Libanais confronté à un problème, et non en tant que représentant de l’Eglise. Hajj Ghaleb Abou Zeinab a remis les clefs de cette chapelle au Général qui, à son tour, les a transmises à l’évêché maronite. Le Général s’est adressé aux villageois de la région de Jbeil, chrétiens et musulmans leur demandant de ne pas se laisser emporter par de telles affaires continuellement
exploitées par des personnes mal intentionnées.
Enfin, le Général a renouvelé ses critiques envers certains organes de presse qui excellent dans la désinformation. Il a été surpris par une réunion organisée à l’initiative du journal « l’Orient Le Jour », de l’association « Droits de l’Homme » et de l’association de Samir Kassir à son encontre l’accusant d’exercer du « terrorisme intellectuel» et d’empêcher la liberté de pensée !! Le Général s’est défendu fermement « Personne ne peut me menacer. Je n’ai peur de personne car je ne suis impliqué dans aucune mauvaise affaire. L’homme honnête n’a peur de personne y compris Dieu qui est Justice. Personne ne peut m’influencer, ni me harceler quelle que soit son importance. Lorsque je critique un journal, je ne critique pas l’opinion de tel ou tel journaliste, mais je critique la façon de relater l’événement. Ce n’est pas moi qui exerce le terrorisme intellectuel mais certains organes de presse qui propagent jour et nuit des mensonges. Nous n’avons pas peur d’affronter quiconque car la vérité, qui est de notre côté, apparaîtra ». Le Général a rappelé qu’il ne faut pas confondre l’événement avec le jugement et l’opinion personnels, c’est-à-dire qu’il faut relater les événements tels qu’ils se sont déroulés réellement sans ajouter des analyses et des commentaires personnels et subjectifs. A titre d’exemple, il a cité « l’Orient Le Jour » qui en reportant la mort du capitaine Samir Hanna avec des termes tels que « le capitaine Samir a été tué sur le territoire libanais avec sang-froid », a lancé des préjugés mal fondés et risque d’influencer l’opinion publique et d’engendrer des réactions émotives !!

Le Général a rappelé avec insistance qu’il est le premier à défendre la liberté de pensée, et la liberté d’expression à condition que la presse fasse de même et qu’elle diffuse sans exception toutes les informations qui concernent une affaire quelconque sans sélection de faits et sans mensonge car cela peut nuire aux acteurs concernés. Il s’est enfin demandé si les juges et les avocats peuvent accepter que l’opinion publique soit orientée dans le mauvais sens.

Pour finir, le Général considère que la réussite des concertations dépend de la bonne foi et des intentions de tous les participants. Il a rappelé qu’au cours de la dernière séance de dialogue avant la guerre de juillet 2006, plusieurs théories sur la stratégie de défense militaire avaient été discutées et développées. « Ce qu’il faut désormais, ce n’est plus avancer des théories, mais répondre à la question suivante : « La Résistance est-elle oui ou non une nécessité ? ». Si non, nous demandons au Hezbollah de remettre ses armes. Si oui, une stratégie de défense est à définir par l’armée et les résistants, à condition que les hommes politiques ne s’en mêlent pas, pour ne pas compliquer les choses ».
Rplfrance.org Publié le 27 septembre 2008
http://www.rplfrance.org/... http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Liban.rpl_fra...


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n°93- Les dossiers du Liban - 06-10 - Fin- : "Israël, nous avons détruit ton rêve"

n°93- Les dossiers du  Liban - 06-10 - Fin- :  "Israël, nous avons détruit ton rêve"

Les dossiers du  Liban    - Fin- :  N° 93                                                                              06-10

Par  M.Lemaire 



Sommaire :                                                  - Fin- : 

6 Annexe                                           - Fin- : 

6-3 Réconciliation interpartis

1 Le hezbollah ne cherche pas à contrôler le Liban ni à monopoliser le pouvoir. 2 Dialogue  entre les camps rivaux sous le signe des démarches de réconciliation.

3 Pour un dialogue national libanais.

6-4 Hezbollah-Futur, Au-delà de la Réconciliation.

6-5 Réconciliation inter maronite.

1 Rencontre entre Samir Geagea et Hadi Hobeich.

2 Sfeir : Les divergences n’empêchent pas le respect de l’autre.

6-6 Réactions a l’attentat l’armée libanaise à Tripoli.

1 Hariri déclare son soutien à l'armée libanaise et aux habitants de Tripoli et du Nord Liban.

2 Safadi : Les attentats contre l’armée veulent prouver que le Liban n’a pas de couvert sécuritaire.

3 "Ceux qui cherchent à nuire au Liban sont toujours actifs", 6-7 Marie-Josée R. : Des priorités de l'état pour un désarmement.


6-3 Réconciliation interpartis 1 Le hezbollah ne cherche pas à contrôler le Liban ni à monopoliser le pouvoir. Nasrallah a réassuré à tout les libanais que son parti ne cherche pas à contrôler le Liban ni à monopoliser le pouvoir. « Le Liban est un pays de caractéristique spéciale, il ne peut pas être gouverné par la logique des majorités et des minorités même si nous sommes la majorité », a-t-il fortement réaffirmé. Le Sayed a évoqué que l’intérêt des libanais est de travailler, bâtir et faire face aux défis ensemble.
Abordant le sujet des réconciliations, il a noté que son parti est sérieux pour faire réussir ces réconciliations, « on cherche à calmer les esprits, surtout dans notre chère capitale Beyrouth », a-t-il indiqué.
Le Sayed a confirmé que ces réconciliations ne changeront pas les positions politiques des deux camps, « nous resterons fideles à nos alliés », a-t-il attesté. Il a affirmé que ces réconciliations sont le fruit d’une décision bilatérale faite par les deux camps.
Le Sayed a conseillé certains écrivains d’arrêter leurs analyses qui cherchent à identifier des problèmes au sein du Hezbullah au sujet des réconciliations, car la réconciliation fait partie de la culture du Hezbullah.
Il a exprimé que le but de la réconciliation est de trouver un climat positif de nature à mettre un terme aux accidents qui se passent dans les différentes régions. Le chef du Hezbullah a assuré que les prochaines élections législatives sont le seul moyen pour trancher entre les différentes forces sur le terrain.
Nasrallah a annoncé que si l’opposition remportera la majorité dans les prochaines élections, son parti appellera à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale remarquant que le Liban ne peut être gouverné que par une union nationale.
http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080928tayyar-ec.php

2 Dialogue  entre les camps rivaux sous le signe des démarches de réconciliation.
Le rapprochement entre les camps rivaux sous le signe de la gestion de crise
Les milieux politiques, toutes tendances confondues, applaudissent aux différentes démarches de réconciliation entreprises au plan local tout en reconnaissant les limites de ce processus.
Le chef du Législatif Nabih Berry a mis en garde contre les tentatives de déstabilisation sur la scène locale, soulignant qu’il existe une course contre la montre « entre la réconciliation et la tension » dans
le pays. « Nous nous trouvons face à des parties locales qui sont lésées par la solution et qui ont des ramifications étrangères », a déclaré M. Berry qui s’est toutefois montré confiant quant à l’évolution de la situation « conformément à l’accord de Doha » qu’il a refusé de qualifier de « simple trêve ». Le président de
la Chambre a, d’autre part, menacé de convoquer le Parlement à un débat de politique générale « si le gouvernement persiste dans son comportement actuel ».
M. Misbah el-Ahdab, député de Tripoli, a souligné, au cours d’un iftar à Tripoli, que « la phase actuelle est celle des réconciliations que nous soutenons totalement et qui, à notre avis, auraient dû se produire depuis longtemps afin d’éviter le climat de confrontation dans le pays ». « Il existe des divergences d’opinion dans le pays, mais la solution ne réside pas dans la confrontation militaire mais plutôt dans le dialogue dans le cadre des institutions constitutionnelles », a déclaré le député de Tripoli.
Après avoir souligné la nécessité de limiter la possession d’armes au seul État libanais, M. Ahdab a souligné que « la réconciliation a ses règles ». « Il faut d’abord partir du principe que l’erreur est une
erreur, a déclaré M. Ahdab. Nous avons entendu certaines personnalités présenter des excuses (aux Libanais). Il s’agit là d’une mesure importante et fondamentale. Elle est essentielle pour permettre à
l’individu de passer d’une dynamique à une autre. Les excuses sont importantes pour le passé lointain, mais aussi pour le passé proche. D’aucuns ont affirmé il y a peu de temps que ce qui s’est passé à Beyrouth était un grand acquis. À mon avis, ce qui s’est passé à Beyrouth était plutôt une journée noire du fait que les armes qui étaient dirigées contre Israël se sont retournées vers le front interne.
»
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382317
3 Pour un dialogue national libanais. Le dialogue national libanais auquel a appelé le président Michel Soleimane a enfin commencé. Y participent 14 protagonistes libanais ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe. Ce dialogue est effectué selon l’accord de Doha qui a mis fin à la crise du vide présidentiel et qui lance, de ce fait, la conciliation entre les forces libanaises. Bien que les assassinats politiques non-revendiqués soient réapparus sur la scène comme l’assassinat du membre du Parti démocratique Saleh Al-Aridi, 5 jours avant le commencement du dialogue, prouvant ainsi que la stabilité du Liban est visée, tous les Libanais pensent que le dialogue national constitue l’unique moyen de régler les problèmes suspendus. Seul le dialogue est capable de faire sortir le pays de l’état léthargique qui règne depuis plus de 2 ans. Si les Libanais sont aussi enthousiastes face à ce dialogue, cela signifie qu’ils ont très bien assimilé les leçons du 7 mai dernier. Le Hezbollah et certains de ses alliés, comme le Parti national syrien et le mouvement Amal, avaient eu recours aux armes pour affronter leurs adversaires politiques appartenant au courant de l’avenir et à la rencontre démocratique dirigée par Joumblat. Et ce, pour trancher la question du réseau des communications du Hezbollah et pour garder à son poste le directeur de la sécurité de l’aéroport. Ces événements ont prouvé que le Liban ne pouvait supporter le recours aux armes et qu’il fallait à tout prix éviter le piège de la guerre civile. Cette même leçon se répète aujourd’hui dans ce qui est appelé les conciliations de Tripoli, la capitale du nord habitée par une majorité sunnite. Ces conciliations sont intervenues après des affrontements qui ont eu lieu entre les Allaouis dans la région de Gabal Mohsen et les sunnites de Bab Al-Tébanah, quelques semaines après les événements de Beyrouth. Là, tout le monde a compris que la guerre civile pouvait se déclencher au sud, si des pas sérieux n’étaient pas entrepris. Le mérite des conciliations actuellement en cours revient au député Saad Al-Hariri, leader du courant de l’avenir. Celui-ci a suivi une méthode d’ouverture avec ses adversaires parmi les leaders sunnites de Tripoli. De plus, on parle de la préparation d’une rencontre directe entre Saad Al-Hariri et Hassan Nasrallah, à condition de garantir un lieu sûr pour la rencontre. Cette rencontre peut donner un élan optimiste à la politique libanaise. De plus, Walid Joumblat, leader de la rencontre démocratique et plus grand allié du courant de l’avenir, effectue des pas dans la direction de ces adversaires traditionnels comme Nabih Beri, leader du mouvement Amal. Ceci s’ajoute à la rencontre avec le Hezbollah visant à fonder des positions d’entente pour dépasser les maux causés par les événements qui se sont déroulés il y a 3 ans. Donc, les 2 conciliations de Doha et de Tripoli, ainsi que les mouvements des leaders politiques constituent une bonne base pour s’engager avec profondeur dans le dialogue national. Le climat politique qui règne est caractérisé par la coalition, le calme échangé et la volonté de tourner la page du 7 mai pour préparer la voie aux prochaines élections parlementaires prévues pour le début de l’année prochaine. Or, tout ceci ne signifie pas que le dialogue ne rencontrera pas d’obstacles, tout dépend de la vision de chacun des protagonistes. D’un côté, certains réclament la souveraineté de l’Etat sur tous les mouvements de la politique, de la sécurité, de la défense et de l’économie sans aucune intervention intérieure ou extérieure. D’un autre côté, d’autres estiment que parler de la souveraineté de l’Etat signifie qu’il y aura sûrement un affrontement entre l’Etat et la résistance. Ceci signifierait également l’existence d’une relation paradoxale entre le Liban et le plus important de ces voisins. Il n’est pas ici question d’un slogan face à un autre, mais de politiques et d’engagements que l’Etat libanais et les principales forces politiques devront mettre en application. Par exemple, le courant de l’avenir estime que l’unique espoir pour le Liban est de mettre toutes les armes sous l’autorité légitime de l’Etat. Or, selon la vision du bloc des forces libanaises, le Liban passe actuellement par une phase de conflit entre 2 lignes, une appelant à la souveraineté et à la liberté et l’autre à la gouvernance religieuse. Et pour ce qui est du bloc de la libération et la liberté, il estime que le plus important est de régler le déficit économique et de réaliser un développent équilibré. Or, l’organisation populaire nassérienne voit que le dialogue doit s’élargir pour regrouper d’autres forces politiques et économiques, outre les pôles protagonistes invités par le président Soleimane et que le dialogue doit comprendre en plus des stratégies de défense, les relations syro-libanaises, l’identité du Liban, son rôle dans le conflit arabo-israélien et la réforme politique. Il est clair que la question de la stratégie de défense et qui signifie la détermination de la relation entre l’Etat et les armes du Hezbollah est la question qui sera la plus débattue au cours de la nouvelle session du dialogue national. Qassem Amine, secrétaire général adjoint du Hezbollah, a dernièrement déclaré que la réussite du dialogue national dépendait de 3 conditions, dont la plus importante est de se mettre d’accord sur le fait que l’ennemi est unique : Israël. La seconde condition du Hezbollah est qu’une conviction doit régner selon laquelle l’instauration d’un Etat fort, juste et équilibré est l’unique moyen de mettre fin à la corruption et à la déviation. Troisièmement, il faut garantir tous les facteurs nécessaires à la libération des territoires libanais et garantir la défense du Liban par l’intermédiaire d’une stratégie de défense. D’autres disent que si le Liban tient à la trêve avec Israël comme il était le cas en 1968, les armes qui sont hors du cadre de l’Etat n’auront aucune utilité. De plus, la question de la libération de la terre à laquelle le Hezbollah appelle signifie la poursuite des affrontements, alors que si la Syrie reconnaît l’identité libanaise des champs de Chebaa, la question peut se terminer sans affrontements militaires. Or, cette reconnaissance ne répond ni aux ambitions du Hezbollah ni de la Syrie elle-même. La solution est donc d’instaurer un Etat fort bâti par tous les Libanais sur un pied d’égalité. Al-Ahram Hebdo 
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2008/9/24/opin4.htm

6-4 Hezbollah-Futur, Au-delà de la Réconciliation.
Pour
une nouvelle, c'est une nouvelle !!!
Le dirigeant du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah rencontrera prochainement son principal opposant Saad Hariri, un des chefs de la majorité parlementaire au Liban et ce pour la première fois depuis plus de deux ans, a déclaré mercredi un des députés du mouvement de résistance libanaise, Hajj Mohammad Raad.
Ainsi, le chef du Courant du futur, Saad Hariri, a accueilli la délégation du Hezbollah, une visite « de franchise » et non de réconciliation, « car nous nous sommes déjà réconciliés », comme l'a souligné le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad.
Il s'exprimait devant la presse à l'issue d'une rencontre entre Hariri, le chef du Courant du Futur, principal bloc de
la Majorité , et une délégation du Hezbollah, dans le cadre des efforts de réconciliation politique lancés ces dernières semaines.
Cette réunion a également été l'occasion de « réaffirmer notre engagement envers l'accord de Doha » et de « consolider notre unité nationale, surtout que cette maison a toujours eu pour tradition d'allier les projets de reconstruction avec les obligations de
la Résistance ».
« Nous nous sommes parlés en toute franchise, et la franchise suppose qu'on échange les points de vue tels quels », a ajouté Hajj Raad, avant de souhaiter que « tout le monde célèbre » la fête du Fitr ensemble et dans un climat de « tranquillité, loin de l'inquiétude qui prévaut aujourd'hui ».
« Nous ne sommes pas des voisins en désaccord, mais des frères au sein d'une même maison. Il est possible que nous entrions en désaccord et que nous voyions les choses différemment. Mais la fraternité et l'amabilité, c'est ce qui reste au final et nous veillons à encourager ce climat par souci de préserver notre pays et de le renforcer contre les dangers qui menacent son existence et sa formule. Ces dangers proviennent de l'ennemi sioniste qui poursuit ses menaces de manière quasi quotidienne», a-t-il également relevé. « Grâce à notre unité, notre compréhension de l'autre et notre franchise réciproque, nous pourrons consolider notre pays face à ces dangers », a-t-il poursuivi.
« Le Liban est le pays de la coexistence, il faut y préserver la logique du dialogue ».
Mais Hajj Raad, n'a toutefois pas donné de date précise pour cette rencontre qui serait le premier face-à-face entre les deux hommes depuis 2006.
De son côté, au cours d'un iftar donné à Koraytem, le député Saad Hariri a affirmé que les efforts en cours ont pour but de « chasser le cauchemar du chaos et des armes qui s'était abattu sur Beyrouth », mais que « le dialogue est amorcé alors que nous demeurons attachés aux principes du 14 Mars ».
Commentant la visite de la délégation du Hezbollah, l'ancien Premier ministre Nagib Mikati a affirmé que cette rencontre est « une étape fondamentale pour la réconciliation musulmane et libanaise »

Jeudi 25 Septembre 2008
www.alterinfo.net

www.almanar.com.lb

6-5 Réconciliation inter maronite. 1 Rencontre entre Samir Geagea et Hadi Hobeich. Après une entrevue de trois quarts d’heure entre le leader des Forces libanaises Samir Geagea et le député Hadi Hobeich à Maarab, Hobeich a déclaré dans un communiqué qu’il avait discuté avec Geagea de la réconciliation entre maronites ainsi que de la rencontre qui aurait lieu le lendemain entre les députés maronites dans les locaux du Conseil maronite.
Hobeich a déclaré que tous deux étaient tombés d’accord sur le fait que « la réconciliation devait nécessairement avoir lieu sous les auspices de Bkerké et du président libanais ». Il a aussi indiqué qu’ils avaient discuté de la situation dans le nord et avaient convenu que « l’armée devait accomplir son devoir tout en préservant la sécurité du pays ».
Alors qu’il était interrogé sur le lourd déploiement de l’armée syrienne le long de la frontière nord libano-syrienne, Hobeich a estimé qu’ « apparemment il y a une coordination avec le commandement syrien. Si cela est vrai, il n’y a pas de problème car nous avions demandé la protection de la frontière syro-libanaise et pour le déploiement de force armée ».
« Pour le cas où la Syrie chercherait à déployer son armée pour protéger la frontière, alors nous accueillons positivement cette initiative. Cependant, si cette action implique d’autres intentions, elle nécessitera un autre type de considération. Si la Syrie a l’intention de se lancer dans n’importe quelle opération au Liban, cela lui sera totalement impossible, et nous savons tous que l’armée syrienne et entrée puis est sortie du Liban sous résolution internationale. Si la Syrie veut entrer à nouveau sur le territoire libanais, ils ont besoin d’une résolution internationale… et c’est totalement impossible ».
http://www.iloubnan.info/politique/actualite/id/28762/liban/Rencontre-entre-Samir-Geagea-et-Hadi-Hobeich-sur-la-r%C3%A9conciliation-maronite 03-10

2 Sfeir : Les divergences n’empêchent pas le respect de l’autre. Tout en reconnaissant qu’il est impossible que les Libanais s’entendent sur un même avis, le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a mis l’accent sur les efforts déployés en vue d’une réconciliation intermaronite.
Dans sa déclaration à la presse, le patriarche s’est dit consterné ensuite par l’attentat de Tripoli et rappelé celui qui s’était produit quelques jours auparavant à Damas, avant d’exprimer l’espoir d’un retour au calme et d’une réconciliation générale au Liban. « Il existe effectivement une divergence de vues et des différences dans les positions, mais cela n’empêche pas l’entente et le respect dans les déclarations et les positions de l’autre », a-t-il dit.
Prié de commenter les propos du président syrien, Bachar el-Assad, selon lesquels le Liban-Nord constitue un danger et un foyer de terrorisme, Mgr Sfeir a répondu : « Là où s’instaure le chaos, le terrorisme et les attentats s’installent, ils constituent effectivement un danger. »
Après avoir exprimé l’espoir d’une réconciliation entre les maronites, le patriarche a reconnu qu’il est impossible que les Libanais s’entendent sur un même avis. « L’important, a-t-il dit, est qu’ils ne se lancent pas des attaques, comme c’est le cas aujourd’hui. » Mgr Sfeir a en outre mis l’accent sur le rapprochement effectué au sein d’autres communautés libanaises, jugeant nécessaire que les maronites en fassent autant.
Sans vouloir donner de précisions sur la teneur de sa conversation avec le président au sujet des démarches envisagées en vue d’une réconciliation interchrétienne, Mgr Sfeir a rappelé que Bkerké avait engagé une action en ce sens. « Mais lorsque nous sommes arrivés aux points essentiels, chacune des parties concernées s’est dérobée sous différents prétextes », a-t-il précisé, soulignant que le patriarcat entend reprendre cette action « au moment opportun ». Il a en outre rejeté les accusations relatives à un parti pris de Bkerké. En réponse à une question, il a affirmé « bénir » toute réconciliation, où qu’elle ait lieu, soulignant que « Bkerké ne peut exercer des pressions sur personne, si quelqu’un veut le tenir à l’écart ». Prié de dire si cela signifie que la réconciliation intermaronite aura lieu au palais présidentiel, sous l’égide du patriarcat, il a répondu : « Nous n’en sommes pas encore là. Nous nous efforçons en premier lieu de parvenir à la réconciliation. Nous verrons plus tard où et comment elle aura lieu. »
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382713

6-6 Réactions a l’attentat l’armée libanaise à Tripoli. 1 Hariri déclare son soutien à l'armée libanaise et aux habitants de Tripoli et du Nord Liban . Le dirigeant du Courant du Futur et chef du bloc de la Majorité parlementaire Saad Hariri a vivement condamné l’attentat terroriste contre l’armée libanaise à Tripoli le qualifiant d’attaque directe contre la stabilité sécuritaire du pays et de message adressé aux Tripolitains et aux habitants du Nord Liban qui doivent toujours démontrer leur volonté de réconciliation au niveau nationale afin de faire face aux défis et au terrorisme qui guette leur région et montrer leur attachement à l’état et à l’armée libanaise pour mettre un terme aux tentatives de déstabilisation au Nord Liban. Estimant que ce nouvel acte terroriste qui a pris pour cible l’armée libanaise prouve que le Liban est toujours en proie aux dangers manigancés par des forces qui ne désirent aucunement que le pays des cèdres puisse jouir de sa souveraineté et d’une paix civile, Hariri a indiqué que toutes les attaques s’effectuent actuellement contre l’armée libanaise qui paye très fort le prix en sacrifices et en sang, afin de déstabiliser l’état libanais. Le député Hariri a enfin fait part de son soutien total au commandement de l’armée libanaise, aux forces de sécurité interne ainsi qu’aux habitants de Tripoli et du Nord Liban, présentant ses sincères condoléances aux martyrs qui sont tombés aujourd’hui pour le Liban, souhaitant un prompt rétablissement aux blessés, avant d’appeler les autorités politiques au Liban à s’unir autour de l’Etat et à soutenir l’armée et les FSI pour faire face au projet terroriste qui guette le Liban. Libnanews 29 Septembre

2 Safadi : Les attentats contre l’armée veulent prouver que le Liban n’a pas de couvert sécuritaire. En réaction à l’attentat qui a secoué la ville de Tripoli ce matin, le ministre Mohamed al-Safadi a indiqué que le terrorisme a pris pour cible l’armée libanaise pour la deuxième fois consécutive en moins de deux mois au sein de la ville de Tripoli qui vient à peine de sortir d’une période difficile au cours de laquelle la cité était en proie aux incidents sécuritaires. Estimant que ces attaques contre la stabilité et la sécurité du Nord Liban sont des tentatives pour montrer que le Liban est un état sans couvert sécuritaire, Safadi a souligné que ces actes de terrorisme viennent porter atteinte à l’image d’une armée unifiée qui a réussi à sauvegarder la sécurité et à préserver la stabilité et la paix civile. Condamnant fermement cet attentat contre l’armée, Safadi s’est demandé si les auteurs de ces crimes insistent à ce que la capitale du Nord Liban soit toujours une arène où se jouent les pires affrontements contre les forces législatives et les institutions étatiques. Libnanews

3 "Ceux qui cherchent à nuire au Liban sont toujours actifs",  « Ceux qui cherchent à nuire au Liban sont toujours actifs », a constaté mercredi l’Assemblée des évêques maronites, à l’issue de sa réunion mensuelle, après avoir passé en revue la situation politique locale, marquée notamment par l’attentat de Tripoli, qui a fait quatre morts dans les rangs de l’armée. Et de recommander aux Libanais « une grande vigilance et un profond sens national », face « au mal et aux méchants ».
L’assemblée relève aussi « le manque de solidarité décourageant » des Libanais, et leur demande de consolider « l’esprit de réconciliation et de coopération » que trahit l’incident de Bsarma (Koura), qui a fait deux morts et cinq blessés dans les rangs des Forces libanaises et des Marada.
Enfin, les évêques demandent aux fidèles de faire preuve de solidarité avec les plus pauvres, à la veille de la rentrée des classes.
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382714
6-7 Marie-Josée R. : Des priorités de l'état pour un désarmement. Nouveau bain de sang, et pas n’importe lequel, celui des hommes qui ont voulu sciemment défendre le pays par leur propre sang en s’enrôlant dans la grande muette. Quel drame pour leur parent, la veille du Eid, c’est ainsi que les auteurs de ce crime ont voulu leur transmettre leurs « meilleurs » vœux, dans une cité qui a été depuis 2007, le théâtre d’évènements affreux, avertissant les fils du pays des cèdres, qu’il y a une tumeur qui affecte le corps du peuple libanais, une présence qui ne devait pas être, une présence de trop. Depuis des années, le Liban est en proie à un cycle de violence, et tout le monde s’évertue à trouver le comment du pourquoi, contournant la raison essentielle du problème : le problème palestinien. Oui, un problème, et colossale en plus, voire même originel. Parce que depuis 1948, date de la création de l’état d’Israël, que le Liban a ouvert ses « portes » aux Palestiniens chassés de chez eux. Si certains pensent que les Juifs jouissent du droit de reprendre leur terre et de fonder un état, il y eu une grave erreur en 1948 commise par les « Pays alliés », notamment la Grande Bretagne , qui ont passé l’éponge sur ce problème qui allait croissant. Le Liban n’était pas et n’est toujours pas apte de supporter presque à lui seul le lourd poids des réfugiés palestiniens, alors qu’il est le plus petit des pays arabes. Depuis l’entrée de ce peuple en errance, le pays des cèdres n’a pu supporter un surplus de poids démographique, économique, politique et militaire, et ces 400.000 personnes en croissance continue venues s’ajouter aux deux millions et demi de Libanais à l’époque, a fini par former un Etat dans l’Etat. Comment ? Commençons d’abord par répondre à la question suivante : Qu’est-ce qu’un camp de réfugié ? Ce terme désigne normalement un espace humanitaire artificiel et temporaire, construit par des gouvernements ou des ONG, et fondé sur un système urbain pour une durée limitée suite à une catastrophe naturelle ou à une crise politique, pouvant abriter plusieurs milliers de personnes. Font exception les camps de réfugiés palestiniens au Liban qui ne sont pas un camp. Parce qu’au lieu d’être un secteur fait de tentes plantées sur un terrain vague, c’est une ville en dur, avec des rues, des immeubles élevés, abritant des Palestiniens qui ont transformé ces « campements » en forteresses d’armement notamment suite aux fameux accords du Caire de 1969 leur octroyant une autonomie totale, permettant aux réfugiés de lutter contre Israël à partir du territoire libanais, sans que l’Etat libanais ou l’institution militaire puissent intervenir ! Mais ce que beaucoup ne savent pas, ou omette de savoir, c’est que les accords du Caire ont été abrogés en 1987, ce qui donnerait le feu vert à l’armée de mettre de l’ordre dans ces foyers de désordre et de terrorisme. Avec les premiers accrochages en mai 73 entre l’armée et les Palestiniens fortement armés qui ont attaqué les civils libanais autours des camps sur tout le territoire libanais. A l’époque, le chef d’état Sleimane Frangié avait ordonné à l’armée libanaise d’en finir une fois pour toute avec les milices palestiniennes. Mais il a fallu que les pays arabes interviennent, et en tête de liste l’Arabie Saoudite et la Jordanie. Suite à une série de réactions et d’évènements, Frangié a demandé à l’armée de se retirer, ce qui a entraîné, deux ans plus tard une guerre civile dont on subit les conséquences jusqu’à nos jours. Et ce morcellement du Liban à cause des Palestiniens n’a pas seulement été fait sur le plan politique et militaire, mais a commencé depuis leur établissement au Liban, en extrémisant les mœurs des Musulmans libanais et logiquement les Chrétiens par la suite, qui vivaient paisiblement ensemble sans problèmes majeures, mais ce qui a fini par construire des remparts entre les deux confessions et finir par là où nous en sommes aujourd’hui. Avec une armée éclatée, des Sunnites mobilisés à soutenir la cause des Palestiniens et à fouler aux pieds leur coexistence pacifique avec les Chrétiens qui de leurs côtés n’ont pas tardé à « réagir » avec les Phalanges chrétiennes, et les Forces Libanaises de Bachir Gemayel qui se sont alliées aux Israéliens, l’entrée des Syriens pour « mettre de l’ordre », l’entrée de l’armée israélienne au Liban, et j’en passe, le Liban a basculé dans un tourbillon infernal des pires horreurs que l’on puisse imaginer. Une fois la guerre soi-disant terminée, des séries d’attentats ont jalonné les cycles de 365 jours qui ont suivi : René Mouawad, Elie Hobeika, Rafic Hariri, Bassel Fleyhane, Georges Hawi, Samir Kassir, Gebran Tueni, et la liste est longue, elle ne peut même pas être achevé parce qu’à l’heure où j’écris cet article, un nouvel attentat risque de se perpétrer. Toutes les milices au sortir de la guerre ont été désarmées, excepté le Hezbollah et les Palestiniens. Et depuis 1990, le problème de 2007 avec Fatah al-Islam au sein du camp de Nahr el-Bared, où de valeureux soldats ont payé très fort le prix de cette présence qui infecte le corps libanais, et qui continuent à créer de grosses failles sécuritaires afin de déstabiliser l’état et ses institutions. Les Palestiniens ont le droit de reste le même : les armes détenus par des factions au sein du Liban, et une armée inapte à réagir. Il est vrai que le Hezbollah doit être désarmé, mais avant de penser à désarmer des Libanais, il urge de désarmer ceux qui sont à l’origine de tous nos maux. Commencer par ceux qui ne sont pas censés être à la base sur notre territoire, qui sont à l’origine des évènements de 1973 auxquels ont fait écho ceux vivre une vie décente, ont le droit de reprendre leur terre, la Palestine. C ’est là que leur cause bénéficie du commun support des Libanais. Tous les Libanais sont pour la cause palestinienne en Palestine, mais pas au Liban. Il faut que l'état hébreu mette un terme à toutes les monstruosités qu'ils infligent au peuple palestinien. Il faut que ce peuple en errance retourne vers sa terre, il faut bien que les Palestiniens aient le droit de vivre comme tout le monde, plutôt que de vivre aux dépends d’une société où ils risquent de se s’implanter par la force aux dépends de leurs propres intérêts, et où marginalisés, leurs camps deviennent des foyers d’où s’exporte la violence, risquant de déstabiliser le Liban en entier. Marie-Josée R.
Libnanews
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06/10/2008

n°92- Journal du Liban - 23-09 au 05-10 - 1- : Après ces discours de haine. Bush veut la Paix...

n°92- Journal du Liban - 23-09 au 05-10 -  1- : Après ces discours de haine. Bush veut la Paix.. .



Journal du Liban                                              N° 92              23-09 au 05-10                                              Par  M.Lemaire


Le journal du Liban se retrouve

Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.                                                                    Tiré à part                                                                                                                                              La guerre et ses conséquences.                                                                                                   
1 Lutte pour la libération du territoire                                                                                                                                                                      2  Politique Libanaise   -  Suite 1-

3 Politique internationale                                                                                                                   4 Institutions internationales                                                                                                              6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos                                                                     6-1 Comment les médias forment et déforment notre réalité                                    Fin                                                                                                                                                               7 Brèves                                                                                                                                                   7-1 Après le retrait syrien, le ‘démocrate’ Joe Biden aurait voulu envoyer l'OTAN au Liban.                                                                                                                                                  7-2 Le premier ministre chinois Wen Jiabao rencontre le président Michel Sleimane.                                                                                                                                                7-3 Israël s'équipe de bombes à sous-munitions à mécanisme auto-destructeur. 7-4 Élie MASBOUNGI : La France relance Israël sur l'emplacement des mines au Liban-Sud.                                                                                                                                         8 Dossiers                                                                                                                                               8-1 Point de vue de AlterInfo : Après ces discours de haine… Bush veut la Paix .                                                                                                                                                         8-2 Point de vue de James Petras : Géographie des défaites et de la Berezina de l’Empire.



Tiré à part : La guerre et ses conséquences                                                                            2500 soldats malades après leur engagement au Kosovo, au Liban, en Irak, en Somalie et en Afghanistan. L’Italie compte plus de 2500 soldats tombés malades après leur engagement au Kosovo, au Liban, en Irak, en Somalie et en Afghanistan. La plupart des maladies dont ils souffrent sont des cancers dont certains sont très agressifs. L’origine en est l’utilisation d’armes à l’uranium radioactif par l’alliance de guerre, mais officiellement, le lien est nié catégoriquement.
Plus de 170 jeunes soldats sont déjà morts.
Le 7 juillet 2008, Tonio Currao est, lui aussi, mort à l’hôpital militaire Celio de Rome. Il souffrait d’une tumeur osseuse agressive. Il avait appartenu à une unité de parachutistes qui était au Liban en 2007. Les médecins qui l’avaient en charge étaient très surpris de l’agressivité de sa tumeur. Ils n’avaient encore jamais rien vu de semblable.
Peu de temps avant sa mort, Tonio voulait voir le ciel encore une fois. Son père l’a accompagné dehors. Tonio a regardé le ciel et un sourire a éclairé son visage. Rentré à l’hôpital, il a fermé les yeux et est mort.
Source: vittimeuranio.com du 29 juillet 2008
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1146


Résistance

 Analyse « La résistance n’est pas un compétiteur mais un pilier de l’État » Dans un discours prononcé devant des élèves du secondaire, le numéro II du Hezbollah, Naïm Kassem, a estimé « que la Résistance islamique et la vision de l’indépendance et de la liberté. Nous n’envisageons pas que la Résistance concurrence l’État, car sa fonction est de libérer les territoires et de défendre le Liban et non de gagner intérieurement au détriment d’un autre groupe ou d’interférer par des pressions dans les circonscriptions électorales ou sur l’armée. » Cheikh Naïm Kassem  a déclaré que la Résistance , qui obtenu la libération du Sud Liban en 2000 et qui a remporté le conflit de juillet 2006 contre Israël, a une base solide mais désire un État fort pour rendre le Liban apte a relever les défis à venir, avant de s’en prendre à des factions politiques libanaises, sans toutefois les nommer, d’avoir misé sur une victoire de l’État hébreu ou sur l’action des forces multinationales stationnées au sud du pays. Abordant la question de la réconciliation avec la majorité parlementaire, il indique que les différents sont d’ordre politique mais doivent être résolu par le dialogue ou par les urnes. Déplorant les conditions socio-économiques et notamment l’existence d’une dette de 50 milliards de dollars, Naïm Kassem a appelé également au dialogue et à la réconciliation pour l’amélioration des conditions économiques tributaires de la stabilité politique. Libnanews  

 Nasrallah appelle le gouvernement à renforcer l’armée même à travers les marchés noirs. Sayed Hassan Nasrallah s’est montré stupéfié de la position prise par les Etats-Unis vis-à-vis du renforcement de l’armée libanais.
Le secrétaire général du Hezbullah a affirmé la nécessité de renforcer l’armée libanaise ; « c’est illogique et injuste de demander la permission américaine et israélienne pour armer l’institution militaire », a-t-il réitéré.
Nasrallah a affirmé que le pays a besoin d’une équipe ministérielle capable de chercher des armes même au marché noir, comme a fait la Résistance. « Si l’on doit attendre l’autorisation de Condoleezza Rice nous n’obtiendrons que des rios», a-t-il assuré.
Évoquant le sujet de la résistance, Nasrallah a déclaré que les combattants de la résistance ont tué le rêve israélien, l’état hébreux n’est plus ce grand empire qu’on ne peut pas battre.
Le chef du Hezbullah a annoncé que la résistance a su mettre fin aux dangers qui menaçaient son existence. « La Résistance n’a peur de personne lorsqu’elle remplit son devoir », a-t-il ajouté. Il a de même signalé que la force et la capacité nationales sont fondées sur le peuple et sa force.
http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080928tayyar-ec.php



1 Lutte pour la libération du territoire Les relents de la guerre a) Liban 29-09 L’explosion de Tripoli, qui a visé un autobus militaireà Tripoli, la grande ville du nord du Liban, ce matin, a fait sept morts et une quinzaine de blessés. Mais contrairement à ce qui a été annoncé, toutes les victimes ne sont pas des militaires. En effet, cité par « Al Arabiya », deux soldats sont morts et un troisième est gravement atteint. A ces victimes s’ajoutent quatre civils tués, et une quinzaine de blessés. Selon la même source, 24 personnes se trouvaient à bord de ce bus. MediArabe.inf



Politique 1 Liban : 2-1 La crise gouvernementale. Une crise qui dure
2005
14 février : L’ancien premier ministre Rafic Hariri est tué dans un attentat à Beyrouth ainsi que 22 personnes, dont le député Bassel Fleyhane. L’opposition accuse les pouvoirs libanais et syrien et exige le retrait des troupes syriennes.
17 février : Début d’un sit-in quotidien de milliers de personnes scandant des slogans anti-syriens.
28 février : Démission du gouvernement de Omar Karamé.
8 mars : A l’appel des partis Hezbollah et Amal, plus de 400 000 personnes manifestent en faveur de la Syrie.
2 juin : Assassinat du journaliste anti-syrien Samir Kassir.
21 juin : Assassinat de Georges Haoui, ancien secrétaire général du Parti communiste libanais.
26 avril : Les derniers soldats syriens quittent le Liban.
29 mai/19 juin : Législatives : l’opposition anti-syrienne remporte la majorité.
19 juillet : Fouad Siniora forme un gouvernement incluant des ministres du Hezbollah pour la première fois de son histoire.
20 octobre : La commission d’enquête de l’Onu sur l’assassinat de Hariri met en cause la Syrie et le Liban.
11 novembre : Echec des consultations sur la formation d’un gouvernement d’union nationale, démission des cinq ministres.
12 décembre : Assassinat du député anti-syrien Gebrane Tuéni. Le cabinet Siniora réclame un tribunal international pour juger les assassins de Hariri.
2006
12 juillet/14 août : Guerre israélienne contre le Liban.
1er octobre : Israël retire ses troupes du Sud-Liban, excepté Ghajar.
21 novembre : Le ministre de l’Industrie, Pierre Gemayel, est tué.
1er décembre : Début d’un rassemblement de l’opposition à Beyrouth.
2007
23-25 janvier : Heurts entre pro et anti-gouvernementaux qui ont fait sept morts.
20 mai : L’armée lance son attaque contre Fatah Al-Islam dans le camp de
Nahr Al-Bared.
10 juin : Création du tribunal international.
13 juin : 10 morts dans un attentat, dont le député anti-syrien Walid Eido.
19 septembre : Le député anti-syrien Antoine Ghanem tué dans un attentat.
23 novembre : Expiration à minuit du mandat du président Emile Lahoud. Majorité et opposition échouent à élire son successeur.
2008
12 février : Emad Moughneyah, homme-clé du Hezbollah est tué à Damas dans l’explosion d’une voiture piégée. Israël est pointé du doigt.
4 février : Marée humaine dans le centre de Beyrouth à l’occasion des trois ans de la mort de Hariri.
22 avril : 18e report de la séance parlementaire supposée élire un président.
7 mai : des heurts opposent des partisans de la majorité à ceux de l’opposition dans plusieurs quartiers de Beyrouth, à l’occasion d’une grève générale sur des revendications salariales.
8 mai : Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qualifie les récentes décisions du gouvernement de mettre hors la loi le réseau de télécommunications du mouvement et de limoger le responsable de la
sécurité de l’aéroport international de Beyrouth de « déclaration de guerre ». De violents heurts éclatent à Beyrouth faisant au moins sept morts.
14 mai : Le gouvernement de Fouad Siniora abroge les deux mesures prises à l’encontre du Hezbollah, à la demande du chef de l’armée le général Michel Sleimane.
21 mai : Un accord est signé à Doha entre majorité et opposition. Le général Michel Sleimane sera élu président « dans les 24h ». Le Hezbollah obtient un droit de veto au sein du gouvernement d’union
nationale. L’opposition commence à lever son campement de protestation
dans le centre de Beyrouth.
25 mai : Le Parlement vote l’élection de Sleimane à la tête du pays après 6 mois de vacance présidentielle.
11 juillet : Formation d’un gouvernement d’union nationale.
16 juillet : Par l’intermédiaire d’un médiateur allemand désigné par l’Onu, échanges de prisonniers et de dépouilles mortelles entre Israël et le Hezbollah.
Juillet-août : Nouveaux affrontements meurtriers intercommunautaires à
Tripoli (nord).
12 août : Le Parlement adopte la déclaration de politique générale du gouvernement
13-14 août : Etablissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie. Les deux pays décident notamment d’ouvrir, pour la première fois depuis leur indépendance dans les années 1940, des ambassades dans leurs capitales respectives, de réévaluer les accords bilatéraux conclus
pendant les 29 ans de présence militaire syrienne au Liban jusqu’en 2005 et de lutter contre les activités illégales et la contrebande à leurs frontières.
11 septembre : Le leader druze de l’opposition, Saleh Aridi, membre du Parti démocratique, est tué dans l’explosion d’une voiture piégée dans la région d’Aley au Sud-est de Beyrouth.
16 septembre : Les principaux dirigeants politiques ont entamé à Beyrouth un dialogue national pour débattre de la question de l’armement du Hezbollah, dans un climat de crainte de violences après un nouvel attentat.


2-3 Sur le terrain. Aoun : Le premier ministre a volé le trésor 28-09 Le général Michel Aoun, chef du CPL, a fortement critiqué le Premier Ministre Fouad Siniora. Aoun a noté que Siniora a volé le trésor de l’état pour des années consécutives, et qu’il se montre indifférent quand on lui signale une corruption. « On ne peut gouverner avec un premier ministre voleur », a-t-il noté.
Aoun a exprimé que les responsables politiques, religieux et sociaux ne sont plus un prototype pour la société parce qu’ils brisent les lois et les principes moraux.
Le général s’est montré stupéfié de voir les gens applaudir et soutenir les criminels, les voleurs et les menteurs, et il a exprimé qu’une telle société se dirige vers la destruction, surtout que l’opinion publique ne se révolte plus devant la corruption.
Aoun a appelé les citoyens a assumé leurs responsabilité dans les prochaines élections législatives, « il faut punir ceux qui ont endetté le trésor de plus de 50 milliards de dollars », a-t-il ajouté.
Assurant qu’il a la conscience tranquille car il respecte toujours la loi et il ne doit rien à aucun pays étranger, le chef du CPL a réitéré qu’il fait face à un complot politique mais rien ne lui fait peur.
Aoun a déclaré que la réforme doit commencer au niveau de la première autorité, le parlement. « Faites attention, un grand nombre de députés ne doit pas revenir au pouvoir, parce qu’ils ont collaboré et collaborent toujours avec Abdel Halim Khaddam responsable du dossier libanais au cours des années ».
Aoun a rappelé que Khaddam était le représentant de l’autorité syrienne au Liban, quand Bachir Gemayel, René Mouawad et le Mufti Hassan Khaled ont été assassinés.
« Nous n’avons pas de problèmes d’entamer des relations avec
la Syrie , avec l’Iran, et même les Etats –Unis, mais nous nous opposerons à tout pays, même aux USA si elle cherche à menacer le Liban », a-t-il conclu. http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080928tayyar1-ec.php   Michel Aoun critique l'attitude sectaire du Premier ministre
Le dirigeant chrétien libanais, Michel Aoun, a critiqué vendredi l'attitude sectaire du Premier ministre Fouad Seinora, a rapporté  samedi le As-Safir.   "Seniora est un homme sectaire, il est en train de ruiner le  pays", a dit M. Aoun, cité par le journal. 
Selon lui, le Premier ministre utilise l'argent du Haut Conseil de secours, chargé d'indemniser les citoyens ayant subi des  dommages lors de la guerre de 2006, pour financer les candidats  pro-gouvermentaux aux législatives.  04-10 
Sources Xinhuanet
http://palestine.over-blog.net/article-23402541.html


2-4 Des Canons ... pas du beurre

30-09

Le thème de la sécurité a été au cœur des entretiens du président Sleiman avec le président Bush et avec les responsables américains, qui ont de nouveau promis de livrer des armes et des équipements  sophistiqués à l’armée libanaise. Des hélicoptères Cobra, armés de missiles, des chars, des missiles, des transports de troupes, un armement offensif, vont être remis à Beyrouth au début de l’an prochain. L’Orient-Le Jour Le quotidien libanais d'expression française
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382643
04-10 M. Aoua a défendu le maintien de troupe syriennes  à la frontière avec le Liban, affirmant que la Syrie a le droit de prendre des mesures sur sa frontière et le Liban a le droit de  faire de même.  La Syrie a déployé quelque 10.000 soldats à sa frontière le  mois dernier pour lutter contre la contrebande, une action  considérée par le Premier ministre libanais et le leader de la  majorité Saad Hariri comme une ingérence dans les affaires  libanaises.  M. Aoun, ancien Premier ministre du gouvernement de transition, a été renversé par une opération militaire syrienne le 13 octobre  1990. Il a passé 15 ans à Paris avant de rentrer au Liban en 2005.
Sources Xinhuanet
http://palestine.over-blog.net/article-23402541.html
                                                                            Vers une prochaine offensive contre le camp de Beddawi ?                                          Selon le site électronique du Naharnet, une source sécuritaire libanaise aurait indiqué à l’agence de presse allemande DPA que des forces de l’armée libanaises prépareraient une importante offensive contre le camp de réfugiés palestiniens de Beddawi au Nord Liban, similaire à celle lancée l’année dernière contre Nahr el-Bared, au cas où les investigations démontreraient que les auteurs du dernier attentat en date contre l’armée libanaises se sont retranchés dans le camp précité sous la protection de groupuscules salafistes apparentés au Fatah al-Islam. Toujours selon la même source qui a fait ces déclarations sous couvert d’anonymat, a signalé que l’armée syrienne n’a pas l’intention de retourner au Liban, indiquant que le dernier déploiement des forces syriennes au niveau de la frontière syro-libanaise a été effectué afin de fournir un appui logistique à l’armée libanaise si cette dernière déciderait de mettre un terme à la présence salafiste au Nord Liban. Des rapports à moitié confirmés faits conjointement par les sécurités libanaises et syriennes indiquent qu’un nombre de commandos d’Al-Qaida tentent de se déplacer de l’Irak vers le Nord Liban en passant par d’autres pays arabes. Selon cette même source libanaise, les circonstances régionales actuelles ne permettant pas une intervention syrienne directe au Liban sont bénéfiques pour le pays des cèdres qui arrive à progresser et à prendre de telles actions et les concrétiser. Libnanews 03 Octobre


2-5 Les grandes manoeuvres                                                                                        Loi électorale A l'issue de trois jours de sessions parlementaires au cours desquelles les députés ont débattu des différents articles de la loi électorale, le Parlement a adopté la nouvelle loi électorale qui sera appliquée lors des prochaines législatives en mai 2009, et ceci, conformément aux accords de Doha signés en mai 2008 qui ont permis l'organisation d'un scrutin présidentiel, l'élection du président Michel Sleimane à la tête de l'état ainsi que la formation d'un gouvernement d'union nationale. Conformément à l’accord de Doha parrainé par le Qatar et aux accords de Taëf signés en 1989, les découpages électoraux adoptés sont ceux de la loi de 1960 à l’exception de la circonscription de Beyrouth, divisée en 3 circonscriptions distinctes. Parmi les autres mesures, la limitation du budget de campagne pour chaque candidat à la députation à 150 millions de livres libanaises, l’adoption d’un délai de 6 mois aux chefs des municipalités pour démission afin de pouvoir se porter candidat à la législature, l’interdition aux militaires de voter aux élections législatives. 29 Septembre http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1720:liban--la-nouvelle-loi-electorale-adoptee&catid=46:a-la-une&Itemid=80

Nouvelle loi électorale au Liban.                                                                                Une nouvelle loi électorale vient d'être votée au Liban, elle a été adoptée dans la nuit de lundi à mardi et doit être appliquée lors des législatives de l'année prochaine. «Cette nouvelle loi va permettre une meilleure représentation de l'électorat chrétien au Liban, mais rien ne dit que cela bouscule l'équilibre des forces politiques.»

Nicolas Falez-01/10/2008

2-6 Sur le terrain  Dialogue national libanais : Ils ont dit
« Accepter d’entamer un dialogue montre que tout est susceptible d’être discuté, que tous les sujets peuvent être abordés ».
Michel Sleimane, président libanais.   « Nous sommes satisfaits par la conférence de dialogue national libanais tenue hier. Nous avons toujours appelé à la réconciliation et à l’unité nationales au Liban, car il y va de l’indépendance de ce pays ». Walid Mouallem, chef de la diplomatie syrienne.   « J’espère qu’une solution sera trouvée et que le Hezbollah deviendra un parti politique, car ce n’est pas possible d’avoir deux armées dans un Etat ». Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères.   « Il est du devoir de l’Etat de protéger toutes les parties. Mais l’Etat est-il en mesure de défendre réellement le Liban ? Il est évident que la réponse est négative ». Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah.   « La reprise du dialogue est une mesure positive ». Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe.   « Les milices sur le territoire libanais devraient rejoindre la résistance, dans les limites de la stratégie nationale de défense que nous allons établir, tant qu’elles préservent les frontières du Liban». Michel Aoun, chef du Courant patriotique libre.   « La période à venir serait difficile à cause du dialogue critique qui se tient, et les discussions menées par les partis devraient donner naissance à une stratégie intelligente pour confronter l’ennemi israélien et mettre la puissance militaire du Hezbollah sous la supervision des institutions ». Walid Joumblatt, leader du PSP.   « Il n’y aura pas d’espoir tant que les armes du Hezbollah ne seront pas remises à l’Etat ». Le député Moustapha Allouche, issu du Courant du futur, le parti de Saad Hariri.   « La résistance a d’ores et déjà donné un exemple de stratégie de défense efficace, capable de protéger le Liban et de lui garantir la victoire ». Mohamad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah.   « La stratégie nationale de défense est une question qui concerne le long terme. Ce serait une erreur de se concentrer exclusivement sur cela ».                                                  http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2008/9/24/doss4.htm

Lahoud craint des incidents pires que ceux de Bsarma en l’absence d’une réconciliation                                                                                                                                            Au cours d’une interview diffusée sur les ondes de la radio locale VDL, le ministre Nassib Lahoud a estimé que la tenue d’une réunion entre des rivaux historiques comme les Forces Libanaises et le courant Marada contribuerait à changer l’ambiance tendue sur la scène politique chrétienne et paverait la voie à d’avantage de réconciliations entre d’autres rivaux, ce qui permettrait de tourner la page noire des différents entre les personnalités et les factions chrétiennes. Indiquant qu’il existe deux dossiers prioritaires à régler, à savoir les dissensions provoquées par la guerre civile libanaise ainsi que le droit à la différence en politique dans le cadre de discussions pacifique et objectives, Lahoud a déploré la volonté de certains politiciens à ouvrir d’anciennes blessures colmatées avec le temps et à faire renaître de vieux conflits ce qui n’engendre que des divisions entre les Libanais, reprochant les critiques faites par le chef du CPL Michel Aoun contre le Premier ministre libanais Fouad Siniora et le patriarche maronite Mar Nasrallah Boutros Sfeir, qualifiant de telles critiques de honteuses et de grave erreur, et saluant Siniora et Sfeir pour l’importance du rôle joué par chacun sur le plan national, régional et international pour le bien du pays. Craignant des incidents pires que ceux de Bsarma au cas où une réconciliation entre les FL et les Marada n’aura pas lieu, Lahoud a espéré qu’une réconciliation se réalise pour fournir une ambiance calme et pacifique pour les élections de mai 2009. Indiquant que le Liban n’est pas une terre sans défense, Lahoud n’a pas craint un éventuel retour des forces syriennes, affirmant que ceux qui rêvent d’un tel retour se trompent, ajoutant que le phénomène extrémiste au Liban doit être éradiqué par l’armée libanaise avec les moyens qu’elle dispose, et ceci par une décision et une volonté du peuple libanais et de l’état libanais. Libnanews 04 Octobre                                                                                                                                                       

Accord entre Majorité et Opposition pour enlever les bannières politiques                      A l’issue d’une réunion avec le président de la Chambre des députés à Ein el-Tineh, le dirigeant du Courant du Futur, le député Saad Hariri, a indiqué avoir accepté de retirer la totalité des bannières politiques à Beyrouth en un maximum de 3 jours en coopération avec le ministère de l’Intérieur et la municipalité de la capitale libanaise. Cette décision intervient au lendemain d’une réunion avec une délégation de parlementaires du Hezbollah qui lui ont remis une invitation du secrétaire général du Mouvement Chiite, Sayyed Hassan Nasrallah à le rencontrer. Au cours de cette même réunion, il a été décidé de relancer les travaux des comités civils et de quartiers afin d’encourager la discussion et la coopération entre partisans de la Majorité et sympathisants de l’Opposition. Le député Saad Hariri a réfuté l’existence de toute condition à la réunion avec le secrétaire

n°92- Journal du Liban - 23-09 au 05-10 - Suite 1- : Après ces discours de haine. Bush veut la Paix...

n°92- Journal du Liban - 23-09 au 05-10 -  Suite 1- : Après ces discours de haine. Bush veut la Paix.. .


Journal du Liban    -  Suite 1-                                                                           N° 92              23-09 au 05-10                                                   Par  M.Lemaire


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.                                                      2  Politique Libanaise                                                                                                 -  Suite 1-                                                                                                                                                 3 Politique internationale 4 Institutions internationales                                                        6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos                                                                          6-1 Comment les médias forment et déforment notre réalité


2-6 Rafic Hariri: tribunal international de l'ONU 01 Octobre Rapport Bellemare : « Un séisme politique » à venir au Liban                                                                                       Extrait le président de la commission internationale d'enquête le juge Daniel Bellemare dévoilera le nom de 120 suspects impliqués dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri dans son rapport final qui sera publié le 2 décembre prochain, révélation qui déclenchera « un séisme politique » au Liban en raison de l'importance des rôles qu'ont joués ces suspects avant l'attentat qui a coûté la vie à l'ex-Premier ministre. Ces suspects sont classés selon les catégories suivantes : planificateurs, exécuteurs et détenteur d'informations. Toujours selon Al-Anwar citant des sources locales, le rapport indique que l'assassinat contre Hariri a pris huit mois de planification, c'est-à-dire que les préparations étaient en cours avant même la tentative d'assassinat contre Marwan Hamadé. Le rapport révèle également le fait que les exécutants de l’attentat auraient tentés à 3 reprises d’assassiner l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. .Par ailleurs, un journal syrien avait accusé la semaine dernière l’Arabie Saoudite d’être impliquée dans cet attentat ayant coûté la vie à l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Ces accusations ont été relayées au Liban par l’ancien ministre de l’environnement Wi’am Wahab, proche de l’opposition. Les sources syriennes ont accusé un dignitaire saoudien d’avoir demandé à Rafic Hariri de faire assassiner le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, ce qu’il a refusé. Source : Libnanews


2  Politique Israélienne                                                                                                                        2-2 Des Canons ... pas du beurre.                                                                  "Destructions énormes" au Liban en cas de tirs du Hezbollah                              L'armée israélienne réagira à d'éventuels tirs du Hezbollah en provoquant des "destructions énormes" au Liban, a averti un général israélien dans une interview publiée vendredi par le quotidien Yediot Aharonot.
"Ce qui s'est passé à Beyrouth en 2006 se produira dans chaque village d'où l'on tire contre Israël", a affirmé le général Gadi Eisenkott, commandant en chef de la région militaire nord d'Israël, en allusion au conflit entre Israël et le Hezbollah du 12 juillet au 14 août 2006. "Des tirs à partir des villages du Liban y provoqueront une catastrophe, et Nasrallah a intérêt à réfléchir trente fois avant de les ordonner", a-t-il ajouté en parlant du chef du mouvement chiite du Hezbollah, Hassan Nasrallah. "Nous mettrons en œuvre une puissance disproportionnée contre ces villages et y provoquerons des destructions énormes, car de notre point de vue il s'agit non pas de villages mais de bases militaires (du Hezbollah)", selon lui.
Au journaliste qui lui demandait s'il s'agissait d'un projet de sa part qu'il entendait recommander à l'état-major et à l'échelon politique, il a répondu: "c'est un plan qui a déjà été approuvé (...) Nous riposterons par des tirs très agressifs". "Ce qui est valable pour le Hezbollah l'est encore davantage pour la Syrie ", a encore dit le général Eisenkott.
La guerre en 2006 a fait plus de 1.200 tués côté libanais, civils pour la plupart, ainsi que d'énormes destructions au Liban provoquées par les bombardements intensifs de l'aviation et de l'artillerie israéliennes.
Quelque 4.000 roquettes tirées par le Hezbollah ont paralysé la région nord du pays.
http://www.iloubnan.info/politique/actualite/id/28769/liban/%22Destructions-énormes%22-au-Liban-en-cas-de-tirs-du-Hezbollah-(général-israélien) 03-10


3 Politique internationale                                                                                                                                                  US                                                                                                                 Discussions Rice-Moallem sur le Liban
La secrétaire d’État Rice a eu un entretien vendredi dernier à New York avec son homologue syrien Walid Moallem en marge de la réunion du quartette international pour le Proche-Orient qui a eu lieu au siège de l’ONU.
Les discussions ont porté principalement sur le Liban et la paix au Proche-Orient, a-t-on appris de sources syrienne et américaine. Selon Walid Moallem, Rice « s’est dit optimiste quant à la situation dans la région, particulièrement au Liban après l’accord de Doha et la visite du président (Michel) Sleiman à Damas », La secrétaire d’État, a toutefois réaffirmé que les États-unis privilégiaient le volet israélo-palestinien du processus de paix.
Rice : « Les États-Unis ont toujours dit que s’ils pouvaient être utiles, ils seraient bien sûr prêts à jouer un rôle, a-t-elle dit. Nous reconnaissons qu’une paix globale doit progresser sur tous les volets, mais nous nous concentrons sur le volet israélo-palestinien. Nous pensons que c’est le plus mûr. »
Mme Rice a « exprimé la satisfaction des États-Unis à l’égard des événements positifs intervenus dans la région et leur disposition à contribuer à l’instauration d’une paix globale » au Proche-Orient, a ajouté SANA.
.http://www.lorient-lejour.com.lb/

3 Des Canons ... pas du beurre                                                                                                       25-09 Les Etats-Unis ont livré la semaine dernière à Israël un radar antimissile sophistiqué, a-t-on appris auprès de responsables israéliens. Arrivé avec environ 120 techniciens américains, ce radar a été installé sur la base aérienne de Nevatim, dans le désert du Néguev, ont précisé ces responsables ayant requis l'anonymat. Le radar peut détecter un missile balistique très vite après son lancement, ce qui va raccourcir le temps de réaction du système Arrow, conçu pour intercepter.


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos                                                                      6-1 Comment les médias forment et déforment notre réalité.                                     « À défaut d’avoir recours à la force pour contrôler les populations, on peut parfaitement la contrôler par l’opinion » - Harold Laswell, spécialiste des médias.
Chaque jour, nous nous formons des opinions, sur notre nouveau voisin, sur de nouveaux produits, sur les candidats aux élections, sur des découvertes scientifiques, les religions et croyances et sur ce qui se passe ici et ailleurs. Bref, on peut facilement dire que l’être humain en est un d’opinion.
Lorsque vient le temps de construire notre réalité, nous sommes tous submergés d’informations diverses. D’une part nos informations proviennent de notre expérimentation directe, donc de nos cinq sens, et d’autre part, de l’expérimentation indirecte, c’est-à-dire d’une source d’information tierce : nos proches, nos voisins, nos collègues, et dans la majorité des cas, des médias.
Notre cerveau collige toutes ces informations, lesquelles nous sont ensuite très utiles lorsque nous portons un regard sur le monde. Et hop ! Tout ceci est analysé et devient ce que nous pensons être notre réalité.
Et voici que se pointe à l’horizon une question de taille : sommes-nous sûrs de ce qu’est notre réalité, de ce qui est vrai et juste, ainsi que de ce qui ne l’est pas ?
Sept. 11, 2001
De tous les sujets sur lesquels nous nous formons une opinion, quelle proportion provient de notre expérience directe par rapport à notre expérience indirecte, c’est-à-dire d’informations provenant de ce que disent les autres, et dans la majeure partie des cas, des médias ?
Nous avons tous une opinion sur la guerre en Irak, le réchauffement planétaire, les minorités religieuses, sur les dirigeants du pays, sur l’économie régionale, nationale et mondiale. Mais contrairement à l’opinion que nous nous sommes forgée à propos du restaurant du coin en expérimentant nous même sa cuisine, pour la majorité des cas, ce sont les sources d’informations intermédiaires qui forgent notre opinion.
Dans un monde aussi vaste, il est impératif de pouvoir se fier, en quelque sorte, sur ce que disent les autres, sur l’information qui est rapportée, donc, à cette source intermédiaire que sont les médias. En quelque sorte, à défaut de pouvoir expérimenter nous-même, nous transposons l’expérimentation des médias pour en faire la nôtre.
Et ce, pour le meilleur comme pour le pire, puisque nous avons rarement la chance de vérifier par nous même, sur le terrain, si ce qui a été rapporté est conforme à la réalité, s’il n’y a pas eu de déformation des faits, de manipulation d’information.
En résumé, notre perception de la réalité est beaucoup plus celle des autres, voir des médias, que la nôtre. Et c’est là que les dérives les plus graves peuvent survenir. Si les médias jouent un rôle des plus utiles dans notre société assoiffée d’information, n’oublions pas que sans les médias, il n’y aurait jamais eu l’Holocauste, il n’y aurait jamais eu de génocide au Rwanda, il n’y aurait jamais eu de guerre en Irak, lesquels ont nécessité une mobilisation incroyable de l’opinion publique.
Rappelons d’ailleurs que le rôle des médias a été largement reconnu par les tribunaux de Nuremberg et de La Haye. Les juges n’ont pas hésité à condamner plusieurs journalistes et directeurs de médias pour crime contre l’humanité, dans le cadre des génocides juifs et tutsis, alors qu’ils n’ont tué personne de leur propre main, mais tenus des propos qui ont généré des passions meurtrières.
Alors, si les médias sont capables de mobiliser l’opinion publique pour des opérations aussi incroyablement perfides, imaginez ce que le système médiatique est capable de faire pour les enjeux quotidiens ?
Les médias : des entreprises commerciales d’abord et avant tout
Mais avant d’aller plus loin, posons-nous cette question : que sont les médias au juste ? Nés avec la révolution industrielle du XIXe siècle et le développement de la démocratie (dont ils ont l’un des acteurs majeurs), les médias modernes sont des institutions, des entreprises qui se sont bâties une crédibilité en développant et en perfectionnant l’art de rapporter au plus grand nombre ce qui se fait, se vit, se raconte.
Mais à ce titre, les médias ne sont pas que des entreprises de diffusion d’informations, dont le souci idéologique serait uniquement d’informer son public. Ils existent avant tout pour être rentables, pour offrir un rendement à son ou ses propriétaires, lesquels engrangeront les profits.
Cela ne nous vient pas nécessairement à l’esprit, mais comme les médias nous offrent leur information de façon pratiquement gratuite, c’est nous qui sommes en réalité le « produit », lequel est vendu aux annonceurs en quête de visibilité, d’un auditoire, d’un lectorat.
Notons d’ailleurs à ce sujet, que 80% à 99% des revenus médiatiques proviennent de la publicité. Le reste provient, non seulement des abonnements, mais également de subventions régulières accordées par l’État.
Ce double objectif des médias, nous devons constamment le garder en mémoire lorsque nous ouvrons un journal, regardons la télévision, écoutons la radio, surfons sur Internet, car cette relation d’affaires constitue le premier de nombreux filtres par lesquels passent l’information avant d’être livrée au public.
Cinq grands filtres
À ce propos, les grands spécialistes des médias Edward Herman et Noam Chomsky ont mis à jour dans leur ouvrage Manufacturing consent cinq grands filtres qui régissent tant le choix des sujets abordés que l’ampleur et la qualité de leur couverture, avant même que leur traitement ne soit confié aux journalistes.

1. D’abord, l’information sélectionnée et diffusée le sera avant tout selon les orientations données par les propriétaires, lesquels sont généralement, rappelons-le, des gens très fortunés, avec un agenda corporatif et politique très développé. À ce sujet, n’oublions pas que la ligne éditoriale de tout grand quotidien se veut toujours le reflet de la pensée de ses propriétaires.

2. Vient ensuite la dépendance envers de grandes sources de revenus publicitaires, pour assurer leur survie, et envers de grandes sources d’informations, pour assurer leur contenu. Plus souvent qu’autrement, ces sources sont les mêmes. Si le gouvernement est le plus grand annonceur dans les médias (devant l’automobile, les grandes entreprises et le commerce au détail – et autrefois le tabac-) il est aussi leur principale source d’information.

3. Puis il y a les entreprises, dont les firmes de relations publiques, pas du tout objectives et chargées de fabriquer le consentement du peuple, lesquelles jouent ont un grand rôle dans la diffusion de l’information. (Les journalistes y puisent une bonne partie de leurs informations et il n’est pas rare de voir des communiqués de presse être publiés de façon quasi intégrale !). Et en bout de ligne, on compte les groupes de pression et les agences de presse.

« Tout cela créé finalement, par symbiose, si l’on peut dire, une sorte d’affinité tant bureaucratique, économique et qu’idéologique entre les médias et ceux qui les alimentent, affinité née de la coïncidence des intérêts des uns et des autres », signale Normand Baillargeon dans son livre Petit cours d’autodéfense intellectuelle.

4. À ces sources, il faut ajouter les critiques des têtes dirigeantes de ce monde (intellectuels, gens d’affaires, têtes d’affiches et autres) qui n’hésitent pas à vouloir mettre les médias à leur main en s’érigeant en sources fiables. Leurs propos sortent de l’ordre de l’opinion et sont présentés comme des faits.

5. Il faut ajouter aussi comme source l’hostilité des médias envers tout groupe, mouvement ou personnes souhaitant bousculer l’ordre établi, généralement les mouvements de gauche, lesquels s’attaquent au système politico-religio-militaro-économique en place. Les nouvelles provenant de ces groupes seront généralement diffusées en utilisant un angle des plus négatifs ou, tout simplement, seront reléguées aux oubliettes.

« Au fil des ans, de conclure Baillargeon, avec une constance aussi prévisible que remarquable, les grands médias corporatistes ont, sur mille et autres sujets cruciaux, tendu a exposer, défendre et propager le point de vue des élites, lesquels possèdent ces même médias, et des élites politiques, qui est bien souvent exactement le même. Tout cela ne peut que limiter sérieusement la portée du débat démocratique, voir de le dénaturer profondément. »
Chasse à l’audimat
À ces cinq grands filtres d’Herman et Chomsky, nous pouvons aussi ajouter la chasse à l’audimat et au tirage élevé. Plus ces derniers sont élevés, plus le média devient alléchant pour les annonceurs et plus le média sait garnir ses coffres. C’est ainsi que l’information diffusée en manchette ou en primeur n’est plus nécessairement triée selon son impact sur la société, mais aussi selon sa valeur marchande. 
Quand un média québécois fait la manchette avec Céline Dion, par exemple, il augmente du coup ses ventes ou ses cotes d’écoute cette journée-là. Idem pour un grand rendez-vous sportif, un scandale sexuel ou une catastrophe naturelle. Difficile de résister à la tentation de jouer ça gros en page une…
C’est l’apologie des quatre « S » : le show business, le sexe, le sport et le sang. Si le show business, le sexe, le sport sont trois éléments très « vendeurs », le sang, en y englobant tout ce que craint le lecteur, est probablement le plus lucratif de tous.
Les gens adorent discuter et se renseigner sur tout ce qui leur fait peur : les guerres, le terrorisme, la pédophilie, les catastrophes naturelles, les épidémies , les sectes, tout y passe, avec l’intérêt, non pas de rassurer le public, mais plutôt d’amplifier ce phénomène de peur, ce qui permet aux médias d’étirer la sauce et même d’être redondant.
Le contrôle et la manipulation de l’information
C’est ainsi que d’autres informations qui ont un plus grand impact au sein de la société sont reléguées au second rang et se retrouvent avec moins de visibilité. Il est donc facile pour tout média de manipuler ainsi l’information. Pas nécessairement en diffusant des informations biaisées, mais plutôt en reléguant des informations importantes au second rang, voir en omettant de les diffuser, sous le prétexte qu’il n’y avait plus assez d’espace rédactionnel ou de temps d’antenne.
Si aujourd’hui nous pouvons voir les grandes accusations et scandales défrayer les manchettes, demain nous ne pourrons voir, s’il y a lieu, les acquittements et rectifications des faits qu’en fin de journal ou de bulletin télévisé. Ce qui fait en sorte que les masses ne retiendront que les accusations, le scandale quoi, puisque la rectification des faits n’aura absolument pas eu la même attention de la part des médias, d’autant plus qu’un nouveau scandale du jour sera probablement venu occulter cette rectification.
Et si nous ajoutons à cela que l’importance de l’information sera calculée en fonction des idéologies politiques et les agendas cachés des propriétaires de journaux, nous nous retrouvons devant un contenu qui est souvent fort biaisé et loin d’être conforme à la réalité.
Si, en théorie, le rôle des médias est de contrebalancer le pouvoir des gouvernements, en pratique, il ne joue ce rôle que partiellement. Lorsque vient la question d’une soit disant sécurité nationale (la guerre au terrorisme, la guerre en Afghanistan et, surtout, les deux guerres en Irak, en sont de bons exemples), toute la machine médiatique se met en branle et appuie les démarches gouvernementales.
En ne reprenant que l’information officielle des gouvernements, sans contre vérification (qu’on ne lui permet pas de faire d’ailleurs, souvent pour des questions de « sécurité nationale »…), elle perd totalement son sens critique. Tout média et tout journaliste allant à contre sens de ces politiques est lourdement sanctionné (il pourra être accusé notamment d’un manque d’esprit patriotique et tout cela se soldera souvent par des congédiements).
Les journalistes « ont abdiqué, sans suffisamment guerroyer, leur rôle de chiens de garde chargés, comme les y enjoint la constitution (…), de protéger les citoyens contre les mensonges et les abus du pouvoir. Ils se sont laissés dépouiller de leur fonction essentielle, qui est de définir l’information, de discerner, dans le fatras des faits du jour, ce qui est important et ce qui est exact. Ils ont abandonné à d’autres, à ceux qu’ils devraient contrôler, le pouvoir de déterminer non seulement l’agenda et la hiérarchie de l’information, mais bien plus gravement encore, les événements qu’il importe de couvrir et de traiter », analysait Jean-Paul Marthoz dans son essai Le journalisme en quête de repères aux Etats-Unis.
À ce titre, Normand Baillargeon en fait la démonstration avec la petite Nayirah, 15 ans, qui était venu témoigner devant la Chambre des Congrès américaine des horreurs perpétrées par les Irakiens lorsqu’ils ont envahit le Koweït en 1990. Sa description de l’attaque d’un hôpital koweitien, où elle était bénévole, par les soldats Irakiens, tuant ainsi plus de 300 bébés, a fait les manchettes du monde entier. C’est ce jour-là que Saddam Hussein est devenu le « Boucher de Bagdad ». Il était devenu primordial et urgent pour les nations occidentales, États-Unis en tête, d’attaquer le président Irakien.
Toutefois, ce témoignage qui a été l’argument numéro un évoqué à maintes reprises par les dirigeants américains pour attaquer Saddam Hussein s’est avéré en réalité être un coup monté ! Le tout avait été concocté par une firme de relations publique américaine qui avait obtenu un lucratif contrat de 10 millions de dollars avec les Koweitiens afin de former la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington, Nayirah al Sabah, à raconter cette fausse histoire.
Quand cette nouvelle est sortie, il était trop tard. Et afin de préserver l’honneur des autorités politiques ayant amené plus de vingt nations en guerre, il n’en fût question que dans de courts textes, publiés discrètement dans la section internationale de certains quotidiens. Bref, rien pour ameuter le public comme lors du témoignage de la jeune fille, un an plus tôt…
Les journalistes ne sont plus objectifs
Qu’en est-il maintenant du travail des journalistes, lesquels nous livrent l’information au jour le jour ? Comme pour les médias, définissons d’abord ce qu’est un journaliste : c’est un professionnel qui se bâtit une crédibilité en rapportant des rumeurs, des histoires, des opinions et des faits dont il tente d’en vérifier toute la validité avant de les rapporter au plus grand nombre.
En théorie, cette mission semble assez noble. Mais puisque un journaliste travaille pour une entreprise de presse, dont l’information est soumise aux filtres mentionnés plus haut, et auxquels s’ajoutent ses propres filtres, l’information qui sortira de sa plume ou de son micro sera des plus subjectives.
Et on ne parle même pas des biais possibles, conscients ou inconscients, chez les journalistes qui, avant de couvrir un événement, ont déjà leurs propres opinions, elles-mêmes forgées auparavant par le monde médiatique auquel ils appartiennent. Cette propre opinion personnelles viendra orienter toute la cueillette d’informations, où seulement l’information allant dans le même sens que leur opinion préfabriquée sera retenue.
« Aujourd’hui, la plupart des journalistes conviennent qu’il est impossible d’atteindre une parfaite objectivité. Quand le journaliste choisit l’orientation de son article et les éléments d’un événement, il prend déjà parti. », souligne le Réseau éducation-média sur son site Internet.
D’ailleurs, au sujet de la soi-disant « objectivité » journalistique, il est intéressant de noter que dans les années 1990, la Society of professionnal journalists américaine a éliminé le concept d’objectivité de son code d’éthique. Le mot objectivité ne représente plus ce que les journalistes sont en mesure d’accomplir, ni ce que le public doit s’attendre de leur travail.
L’objectivité désormais acceptée comme étant une illusion, ils préfèrent dorénavant se donner bonne conscience en soulignant que le mieux qu’ils peuvent faire, c’est de présenter des points de vue divergents. On quitte alors le domaine des faits, pour l’univers de la confrontation d’opinions, dont il est difficile, comme on l’a vu en début de texte, de déterminer à quel degré elles sont conformes à la réalité.
Et c’est sans compter que les journalistes aiment bien teinter subtilement leurs reportages de leurs propres opinions, comme s’il s’agissait de faits. Une tendance née dans les années 1960 qui est désormais fort répandue, comme le mentionne le Réseau éducation-média.
« Plusieurs journalistes ont déclaré (par le passé) que, puisqu’il était impossible d’atteindre une parfaite objectivité, c’était une erreur de présenter les nouvelles comme si elles avaient été enregistrées et présentées par un reporter robot, sans que ses sentiments et ses opinions n’interviennent dans le processus. Non seulement fallait-il reconnaître la présence du reporter, mais il fallait également que ses sentiments et ses opinions soient intégrés à la nouvelle », est-il rapporté.
Le « mensonge » journalistique
En éliminant le principe même d’objectivité, on peut craindre les pires dérives. Il se peut fort bien qu’en bout de ligne tout ce qui est rapporté, écrit et raconté, ne soit que partiellement vrai, soit biaisé, soit même, dans certains cas, largement ou même totalement faux. Il est arrivé à plusieurs reprises par le passé que les informations rapportées par des journalistes soient carrément fausses, parce que la source a menti ou parce que le journaliste a menti.
À ce sujet, aux Etats-Unis seulement, le média alternatif www.americanthinker.com a recensé plus d’une soixantaine de cas où des journalistes ont été sanctionnés, au cours des 25 dernières années, pour mensonges, falsification et accusations mensongères. Il est même arrivé qu’une journaliste du Washington Post, Janet Cook, gagne un prix Pulitzer (le plus grand prix de journalisme aux USA) pour un reportage issu à 100% de son imagination !
Tout cela est compréhensible dans le contexte actuel où ce n’est pas tant le fond qui compte, mais plutôt la primeur, le scoop, qui fera en sorte de donner une certaine gloire au média qui la sort et, surtout, au journaliste qui la produit.
Dans un univers où les journalistes peuvent aussi devenir des « stars », la grande visibilité qui leur est donnée grâce à ces primeurs devient pour eux une chasse quotidienne où tout sujet, toute affectation, peut devenir une opportunité de se démarquer des autres.
Il ne traitera plu l’information qu’il recueillera en vertu de l’importance du contexte, mais plutôt pour ses aspects sensationnalistes. Il pourra ainsi mieux vendre sa nouvelle à ses patrons dans le but, bien entendu, qu’elle soit mise le plus en évidence possible, où l’objectif ultime est la manchette ou le « prime time ».
Pour y arriver, certains journalistes seront prêts à tout, même à prendre des moyens assez malhonnêtes pour y arriver.
Le moyen le plus commun est de prendre un détail anodin qui, une fois grossi à la puissance dix, sera très dérangeant. C’est ainsi qu’une exception dans un domaine peut être présentée comme si c’était la norme. Souvent dans les médias, ce n’est plus l’exception qui confirme la règle, mais l’exception qui devient et explique la règle.
« L’anecdote se trouve au début de chaque sujet. Tout part du fait particulier, du fait divers du jour, et s’étend vers le problème plus vaste qu’il semble contenir en lui-même, ou que les journalistes font mine de croire qu’il contient. Comme si ce dernier détenait en lui toutes les causes et toutes les conséquences qui ont fondé la situation plus générale qu’il est censé démontrer », décrie Pierre Mellet dans son article Comment la structure rituelle du Journal télévisé formate nos esprits.
Vient ensuite le choix des personnes interviewées. Il est facile de biaiser un article en donnant une voix prépondérante à un individu ou groupe en ne présentant qu’un côté de la médaille, tout en laissant que peu ou pas de place pour l’autre côté. En ignorant certaines sources ou informations qui auraient pu équilibrer les points de vues, les journalistes occultent ainsi une partie de la réalité.
Et finalement, l’absence d’un droit de réplique. Il est fréquent de voir des accusations être émises lors de reportages et, surtout, lors d’enquêtes, sans pour autant permettre aux « accusés » de se défendre. Au nom de l’intérêt public, tout individu ou groupe vu par les journalistes (selon ses propres convictions) comme une « menace » pour la société sera vilipendé sur la place publique sans même pouvoir s’expliquer.
Le professeur Alain Bouchard en fait d’ailleurs la démonstration avec les minorités religieuses dans son essai Dis-moi ce que tu vois, je te dirai ce que tu es.
« En matière de nouvelles religions, écrit-il, les médias décrivent ces groupes à partir de leur monde, de leur contingence, de leur univers de sens. (…) La secte devient synonyme de danger, de menace pour la société. Comme les médias jouent un rôle important dans la construction de l’opinion public, cette image négative peut amener l’ensemble de la population à se méfier des minorités religieuses et à les juger à partir des préjugés transmis par les médias. Ce phénomène soulève un problème éthique, car si le journaliste donne une information qui ne respecte pas les faits et que cette information porte un préjudice à des individus, quelle responsabilité est en cause ? »
Malheureusement, les journalistes seront portés plus souvent qu’autrement à se laver les mains de cette responsabilité, car ils ont le sentiment de n’avoir fait que leur boulot, de n’avoir servi que l’intérêt public. Mais quand on gratte un peu, on se rend compte que l’intérêt premier qui a été servi est le leur, ainsi que celui de leur employeur.
L’espoir permis grâce Internet
Toutefois, avec l’arrivée d’Internet, il est maintenant possible de multiplier ses sources d’information et de rester vigilant. Et comme le souligne Jean-Paul Marthoz, Internet joue déjà un rôle fort intéressant dans la décentralisation de l’information.
« Les médias américains ont perdu le monopole qui fut un moment le leur. Lors de la première Guerre du Golfe, CNN servait de référence obligée à tous. (…) Lors de la guerre en Iraq de 2003, la polyphonie a été la règle (…) Malgré le conformisme de la majorité de leurs médias, les Américains qui voulaient en savoir plus ont pu, cette fois, sortir de leur insularité (en s’abreuvant de médias étrangers). Les sites des quotidiens britanniques, The Guardian et The Independent, qui offraient une couverture plus critique de la guerre, ont été pris d’assaut », expose-t-il.
La naissance de nombreux médias citoyens, c’est-à-dire des sites de nouvelles où l’internaute peut lui aussi rapporter la nouvelle, faire ses propres enquêtes et les publier, nous donne accès à de nouvelles sources d’information. Cependant, leur visibilité n’étant pas encore aussi forte que celle des médias traditionnels, lesquels ont su se bâtir une large fenêtre sur le web, nous devons encore attendre pour voir s’ils sauront se montrer comme une véritable alternative.
Il y a aussi ce phénomène nouveau, où chaque citoyen peut posséder son propre média, grâce, notamment, aux blogues. « Quand leur auteur a du talent, certains blogues peuvent acquérir une véritable influence. Aux États-Unis, ils forment de plus en plus de véritables groupes de pression électroniques capables, on l’a vu pour les blogues de droite, de faire tomber un journaliste vedette comme Dan Rather (pour avoir appuyé la diffusion d’un reportage mensonger) ou, pour les blogues de gauche, de forcer à la démission le sénateur républicain Trendt Lott, pris en flagrant délit de propos racistes », exposent Denis Pingaud et Bernard Poulet, dans leur article Du pouvoir des médias à l’éclatement de la scènePublique.
Cependant, cette cacophonie grandissante que l’on retrouve sur Internet laisse plusieurs auteurs et chercheurs perplexes. « Face à la saturation provoquée par la multiplication infinie, et infiniment répétitive, des sources d’information, augmente le risque d’une confusion croissante entre la vérité et la manipulation », font valoir Pingaud et Poulet.
Il est aussi utile de se questionner sur les limites que pourrait avoir Internet dans le futur. Lorsque l’on voit comment la Chine et d’autres pays autocratiques ont réussi à contrôler l’espace Internet sur leur territoire, en interdisant l’accès à de nombreux sites n’allant pas dans le même sens que le régime, rien ne nous garantit que nous serons ici protégés contre le même type d’abus de pouvoir gouvernementaux…
Sortir du conformisme social
Pour terminer, rappelons-nous que c’est en connaissant d’abord comment fonctionnent les médias et quelle est leur mécanique interne, en sachant comment se forge l’information quotidienne, en comprenant comment les journalistes recueillent l’information et comment ils la traitent, en comprenant que les reportages ne ressassent, la plupart du temps, que des opinions mises en perspective avec d’autres opinions, ce qui éloigne généralement le public des faits, que nous sommes en mesure de distinguer le vrai du faux.
C’est ainsi qu’il nous est possible de se prémunir contre les informations biaisées, l’abus de confiance, voir la manipulation médiatique.
Nous pouvons alors éviter d’avaler tout cru ce qui est rapporté et ainsi éviter se faire avoir par cette véritable conspiration que sont devenus le « politiquement correct » et le conformisme social où tout le monde va dans la même direction, une direction décidée, et soulignons le à gros traits pour le garder toujours en mémoire, par les élites de notre société.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44958
http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=2962



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n°92- Journal du Liban - 23-09 au 05-10 - Fin- : Après ces discours de haine. Bush veut la Paix...

n°92- Journal du Liban - 23-09 au 05-10 -  Fin- : Après ces discours de haine. Bush veut la Paix.. .


Journal du Liban    -  Fin-                                                                            N° 92              23-09 au 05-10                                               Par  M.Lemaire


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire. (fin)                                                 7 Brèves                                                                                                                                                      7-1 Après le retrait syrien, le ‘démocrate’ Joe Biden aurait voulu envoyer l'OTAN au Liban.                                                                                                                                                    7-2 Le premier ministre chinois Wen Jiabao rencontre le président Michel Sleimane.                                                                                                                                                     7-3 Israël s'équipe de bombes à sous-munitions à mécanisme auto-destructeur. 7-4 Élie MASBOUNGI : La France relance Israël sur l'emplacement des mines au Liban-Sud.                                                                                                                                            8 Dossiers                                                                                                                                              8-1 Point de vue de AlterInfo : Après ces discours de haine… Bush veut la Paix .                                                                                                                                                              8-2 Point de vue de James Petras : Géographie des défaites et de la Berezina de l’Empire.


7 Les brèves Ndlr :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information                                                    7-1 Après le retrait syrien, le ‘démocrate’ Joe Biden aurait voulu envoyer l'OTAN au Liban. Lors du débat entre les deux candidats à la vice présidence des Etats-Unis Joe Biden et Sarah Palin hier (retranscrit notamment sur le site internet de la chaîne télévisée américaine CNN), le candidat démocrate, Joe Biden, a dans un lapsus confondu le Hezbollah avec la Syrie.  Il a par ailleurs déclaré que Barack Obama et lui avaient souhaité à l'époque du retrait syrien envoyer les forces de l'OTAN au Liban.
Alors qu’il s’exprimait sur la politique américaine au Moyen Orient, Joe Biden a ainsi déclaré : « Quand nous avons, avec la France , poussé le Hezbollah hors du Liban, j’ai dit et Barack a dit ‘Envoyez les forces de l’OTAN là-bas, remplissez le vide car sinon c’est le Hezbollah qui va prendre le contrôle’. Et qu’est-ce qui s’est passé ? Hezbollah fait légitimement partie du gouvernement du Liban, pays frontalier au Nord d’Israël ».
03-10
http://www.iloubnan.info/politique/actualite/id/28765/liban/Après-le-retrait-syrien,-le-démocrate-Joe-Biden-aurait-voulu-envoyer-l'OTAN-au-Liban

7-2 Le premier ministre chinois Wen Jiabao rencontre le président Michel Sleimane. M. Wen a déclaré que la  Chine soutient les efforts du Liban pour défendre la souveraineté  de l'Etat et l'intégrité territoriale, promouvant la paix avec son pays et développant l'amitié de bon voisinage. Il a annoncé que la Chine va continuer à fournir une assistance économique à son  partenaire.  Le gouvernement chinois veut renforcer les visites de haut  niveau, commencer un échange et une coopération sous différentes  formes et améliorer la compréhension mutuelle et l'amitié entre  les peuples des deux pays, a-t-il indiqué.  La Chine , avec la communauté internationale, souhaite continuer à faire des efforts afin d'amener la justice, la légitimité et la  paix au Moyen-Orient, a-t-il ajouté.  M. Sleimane a apprécié les efforts chinois dans les actions de  maintien de la paix et de nettoyage des mines dans le sud du Liban et le soutien dans la reconstruction de l'intérêt législatif des  pays arabes.  Le Liban souhaite renforcer l'amitié avec la Chine et espère  développer une nouvelle coopération dans le domaine du commerce et du tourisme, a-t-il indiqué.   http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080925xinhua.php 25-09

7-3 Israël s'équipe de bombes à sous-munitions à mécanisme auto-destructeur.
L'armée israélienne s'équipe de bombes à sous-munitions (BASM) à mécanisme autodestructeur, vu le nombre élevé de victimes civiles provoqué par ce type d'engin utilisé lors de la guerre de 2006 au Liban, a indiqué mardi la radio militaire.
L'armée a réduit ses achats de bombes à sous-munitions de fabrication américaine pour acquérir des bombes à sous-munition de type M-85 fabriquées en Israël, qui disposent quant à elles d'un mécanisme autodestructeur si elles n'explosent pas immédiatement au moment de l'impact.
L'ONU estime qu'environ un million de bombes à sous-munitions ont été déversées par Israël entre le 12 juillet et le 14 août 2006 sur le Liban lors du conflit avec le Hezbollah chiite. Quelque 40% d'entre elles n'ont pas explosé en touchant terre et se sont dispersées à travers les villages et les vergers du sud du territoire libanais.
Selon un rapport de l'ONU datant de juin, au moins 38 personnes ont été tuées et 217 blessées et mutilées par des BASM depuis la fin du conflit.
La commission d'enquête gouvernementale israélienne Winograd sur les ratés de la guerre du Liban avait recommandé en 2007 à l'armée de limiter à l'avenir l'emploi de bombes à sous-munitions pour réduire les pertes civiles.
"L'armée doit réexaminer les conditions d'emploi des bombes à sous-munitions vu la nécessité de réduire les pertes dans la population civile après l'arrêt complet des combats", avait-elle écrit.
Les bombes à sous-munition disséminent sur des kilomètres des centaines de bombes plus petites, dont une partie seulement explose au moment de l'impact, les autres polluant le sol pendant parfois des années après la fin des conflits.
La Norvège a initié en février 2007 un processus d'interdiction des BASM qui pourrait aboutir cette année à la signature d'un traité international en ce sens.
ms/tp
AFP

30-09-2008

7-4 Élie MASBOUNGI : La France relance Israël sur l'emplacement des mines au Liban-Sud. Ils peuvent toujours attendre les cartes. Les cartes sont comme la feuille de route ou les résolutions de l'ONU, elles servent de PQ aux sionistes. Il n'y a rien à attendre de cette sinistre cohorte.
La France a demandé encore une fois à Israël de fournir aux équipes de déminage au Liban-Sud les cartes précisant l’emplacement des mines et des bombes à sous-munitions afin de faciliter le travail de la Finul.
A u cours de son point de presse de vendredi, le porte-parole du Quai d’Orsay, M. Éric Chevalier, a déclaré à ce sujet et dans le cadre de l’annonce de la remise par le HCR de la médaille Nansen à un groupe de démineurs internationaux et libanais travaillant au Liban-Sud : « Nous tenons à rendre hommage aux équipes chargées du déminage pour l’important travail effectué depuis 2006 qui a permis de nettoyer une surface importante de la zone contaminée (environ 36 millions de mètres carrés sur une estimation de 40 millions de mètres carrés). »
Ces équipes ont payé, selon le porte-parole, un lourd tribut puisque plusieurs incidents ont déjà été déplorés, faisant 14 morts et 38 blessés à ce jour.
Et M. Chevalier de poursuivre : « Comme vous le savez, les opérations de déminage au Sud-Liban relèvent du centre de coordination de la lutte antimines des Nations Unies pour le Sud-Liban et associent les forces armées libanaises, la Finul et plusieurs organisations de déminage intervenant à la demande de l’ONU. »
Au sujet des cartes révélant l’emplacement des mines, le porte-parole a dit : « Nous souhaitons qu’Israël communique, conformément à la résolution 1701 et aux demandes réitérées du secrétaire général des Nations unies, les cartes précisant l’emplacement des mines et des bombes à sous-munitions afin de faciliter le travail de la Finul. Nous soutenons le travail de la Finul , et rappelons notre soutien ferme et constant à l’application dans son intégralité de son mandat. »
Mercredi 1 octobre 2008
Sources
Posté par Adriana Evangelizt
http://palestine.over-blog.net/article-23308654.html

8  Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information                                                      8-1 Point de vue de AlterInfo : Après ces discours de haine... Bush veut la Paix .
Après les discours de division, les discours qui appel à la haine et les discours de soutien à ceux qui travaillaient à déchirer le pays, voilà un George Bush bien mielleux qui se dit heureux de voir un Liban en paix
Voilà quelques extraits de sa déclaration lors d'une rencontre avec le président du Liban, Michel Sleimane.
« Votre discours d'investiture m'a impressionné. Notre mission est la vôtre : un Liban fort où les gens peuvent vivre en paix », déclare le président Bush à son homologue libanais, à la Maison-Blanche , jeudi.
« C'est un honneur pour moi de recevoir, ici, dans le bureau Ovale, le président de la République libanaise. Et les Américains d'origine libanaise (œ) veulent que le Liban soit libre, souverain et indépendant. Vous le voulez et moi aussi. »
«Les Etats-Unis sont fiers de se tenir à vos côtés.»
C'est par ces mots que le président George W. Bush a accueilli le président Michel Sleimane à son arrivée à la Maison-Blanche. Avant d'amorcer leur entretien (qui a eu lieu à 9 h 45, heure américaine), les deux chefs d'Etat se sont exprimés devant la presse.
Prenant la parole en premier, Bush a affirmé que cela faisait longtemps qu'un président libanais n'avait été au bureau Ovale. En effet, les dernières en date de ces visites remontaient aux présidents Amine Gemayel (1984) et Elias Hraoui (1996).
De son côté, le président Michel Sleimane l'a « remercié pour tous les efforts » que les USA ont entrepris pour « appuyer » le Liban, particulièrement son armée.
« Nous sommes ici pour affirmer notre droit à un Liban démocratique et prospère, un pays diversifié par sa nature et son peuple. Et cela est une richesse en soi, une richesse qui fait la puissance du peuple libanais. C'est un plus pour le Moyen-Orient, le monde arabe et le monde entier. »
Comme dans son discours aux Nations unies, le président Sleiman a réaffirmé la nécessité de libérer tout le territoire libanais et il a dit clairement que « le futur des Palestiniens était dans leur pays et non au Liban. Ce qui est aussi dans leur intérêt ».
Tous les points évoqués par le président Sleimane devant la presse ont été repris durant son entretien privé avec le président Bush, qui a affirmé qu'il n'y aura pas d'implantation des Palestiniens au Liban et que la création d'un Etat palestinien est « en très bonne voie ». De même qu'il a réitéré son soutien à l'armée libanaise.
Auparavant, très tôt dans la matinée, le président libanais avait reçu le secrétaire d'Etat à la Défense , Robert Gates, avec lequel il a revu le programme d'aide à l'armée libanaise qui avait été lancé en collaboration avec le ministre libanais de la Défense , Elias Murr, et qui va être intensifié.
Ce programme doit porter sur un matériel de grande efficacité : tanks, missiles et hélicoptères Cobra équipés qui seront livrés au début de l'année prochaine.
http://www.alterinfo.net
http://www.almanar.com.lb

8-2 Point de vue de James Petras : Géographie des défaites et de la Berezina de l’Empire. Extrait Moyen-Orient / monde arabe Au Moyen-Orient, le soutien inconditionnel des Etats-Unis à l’agression militaire israélienne au Liban, en Palestine et en Syrie, ainsi que le soutien américain apporté à des vassaux arabes faibles et ineptes, ont entraîné un déclin vertical de l’influence américaine. Au Liban, depuis la défaite de l’invasion israélienne de 2006, le Hezbollah gouverne littéralement la moitié Sud du pays – et il détient un véto sur le gouvernement libanais, ce qui revient à dire qu’il est en mesure de renverser le gouvernement libanais actuel, vassal des Américains. A Gaza, les tentatives américaines et israéliennes de s’emparer du pouvoir et d’évincer le Hamas, via leur féal Abbas et leur marionnette Dahlan, ont été déjouées et elles ont fait long-feu, tandis que le mouvement indépendantiste nationaliste palestinien, sous la direction du Hamas, a renforcé son pouvoir. La velléité de Washington de recouvrer son influence et d’améliorer son image de marque auprès des gouvernants conservateurs et modérés en assurant la « médiation » d’un accord de paix entre Israël et la ‘Palestine’, à Annapolis, en novembre 2007, a été totalement foutue en l’air par la répudiation effrontée et totale par Tel Aviv de toutes les conditions fondamentales mises en avant par l’administration Bush. Washington n’a strictement aucune influence sur l’expansion coloniale sioniste. Au contraire, la politique moyen-orientale des Etats-Unis est totalement soumise à l’Etat israélien, à travers la Configuration du Pouvoir Sioniste et son contrôle sur le Congrès, sur le choix des candidats à la présidence, sur les mass médias et sur les principaux ‘think tanks’ de la propagande. Les sionistes ont apporté la démonstration du pouvoir qui est le leur en édictant qui pouvait, et qui ne pouvait pas, ne serait-ce que prendre la parole à la Convention Nationale Démocrate, qui a connu – cerise sur le gâteau – une censure sans aucun précédent à l’encontre du président James Carter en raison de ses critiques humanitaires contre la politique israélienne à l’encontre des Palestiniens. L’usurpation siono-israélienne de la politique moyen-orientale des Etats-Unis a entraîné la perte d’investissements, de marchés, de profits potentiels et de partenariats stratégiques pour l’ensemble de l’industrie multinationale du pétrole et du gaz. La fusion politique entre militaristes impérialistes confrontés à la Russie , au prix de relations économiques stratégiques et la poursuite par les militaristes sionistes de l’hégémonie régionale israélienne ont conduit à de multiples aventures militaires pitoyables et, ce, au prix de pertes économiques mondiales terrifiantes. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid... Traduction et notes: Marcel Charbonnier.   [1] Financial Times, 28 août 2008. [2] 28 août.2008.


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05/10/2008

n°389 - Dossier de Palestine -03-10- Début - « Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus »

n°389 - Dossier de Palestine -03-10- Début -   « Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus »
Dossier de Palestine     - Début -                                                             N°389                               03-10                                                                                                  Par M.Lemaire    


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire                                                                                                                                                1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos                                                                     1-1 David et Goliath                                                                                                                             3 Dossier 3-1 Point de vue de Javier Espinosa : Deux présidents et toujours pas d’Etat.                                                                                                                          3-2 TPO : la violence raciste des colons échappe au contrôle du gouvernement israélien.                                                                                                                                                  3-3 Point de vue de Muki Dagan : Le danger du terrorisme juif.                                  3-4 Point de vue de José Saramago : « Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus »                                                                                                                                  - Suite -                                                                                                                                                             4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage                                                4-1 Omar : Lettre imaginaire au Quartet pour le Moyen-Orient.                                    4-2 Des villages palestiniens attaqués.                                                                                    4-3 Pogrom à Naplouse.                                                                                                 5 Analyse - Géopolitique et stratégie                                                                        Suite & Fin                                                                                                                                                   5-4 Analyse de Daniel Bendayan : Israël : Avenir politique incertain.                            5-3 Analyse de CAPJPO-EuroPalestine : Enlèvement et assassinat d’un palestinien par des colons israéliens.                                                                                  6 Annexe                                                                                                                                                 6-1 Une histoire oubliée dans la bande de Gaza: Le massacre du 1er mars 2008.                                                                                                                                                        6-2 Myriam Abraham : Armement Sécurité Stratégies Militaires.                                   6-3 Maxime Vivas : Quand la Doha montre la thune, Ménard file au Qata


1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos 1-1 David et Goliath                              Depuis deux ans, l’Etat d’Israël a transformé la Bande de Gaza en un immense ghetto fermé de tous côtés, sous prétexte que sa population a voté majoritairement pour une organisation terroriste (1). Le 23 août, deux bateaux de pêche ont réussi à forcer le blocus. Les organisateurs de l’expédition ont prévu de recommencer, probablement fin octobre.
Un navire de plus gros tonnage aurait dû quitter Chypre le 25 septembre avec à son bord Mme Mairead Maguire, prix Nobel de la paix 1976, mais le projet a été retardé. Greta Berlin, porte-parole du mouvement, a déclaré : « Nos deux premiers bateaux ne convenaient pas à ce voyage. Nous avons donc décidé d’acheter ou de louer un bateau plus robuste. Malheureusement, chaque fois que nous avons conclu un accord avec un propriétaire de bateau, il a fini par abandonner. Nous pensons que c’est en raison de pressions extérieures. »
Le blocus de Gaza empêche l’ONU et les organisations humanitaires d’apporter de l’aide à la population. Israël laisse entrer au compte-gouttes les denrées alimentaires, l’eau potable et le carburant. La voirie ne fonctionne plus. Les hôpitaux ne fonctionnent plus. C’est un véritable désastre sanitaire. Des équipes clandestines vont chercher du ravitaillement, au péril de leur vie, à travers des tunnels creusés sous le mur qui sépare Gaza de l’Egypte. La pêche, activité traditionnelle, pourrait apporter à l’alimentation un supplément de protéines, car la mer est riche en sardines à partir de 10 miles nautiques de la côte, mais les navires de guerre israéliens ne permettent pas aux bateaux de pêche d’aller plus loin que 6 miles nautiques. Les accords d’Oslo avaient pourtant fixé la limite à 20 miles, dans les eaux territoriales.
C’est le 23 août au soir que les premiers navires en provenance de Chypre, le SS Free Gaza et le SS Liberty étaient arrivés à Gaza avec 44 personnes à bord. Ils ont repris la mer le 28 août en laissant sur place 8 personnes, dont 6 avaient pour mission d’accompagner les pêcheurs palestiniens dans les eaux territoriales. Dès le1er septembre, ceux-ci ont lancé un appel transmis par des agences de presse au ministère des Affaires étrangères d’Israël. Des navires de guerre israéliens tiraient à l’arme lourde et à balles réelles en direction des bateaux sur lesquels ils se trouvaient tandis que les pêcheurs faisaient leur travail. Personne n’a été blessé, mais les pêcheurs leur ont dit que 14 de leurs camarades ont été tués dans les mêmes conditions depuis le début du blocus. Plusieurs bateaux ont été gravement endommagés et il est impossible de les réparer en raison du manque de pièces de rechange.
Le but de ces observateurs, deux Américains, un Danois, un Ecossais et un Grec, était d’enregistrer des preuves formelles, notamment par enregistrement vidéo, des attaques de la marine israélienne dont les pêcheurs sont constamment victimes. Ils ont déclaré qu’ils pourraient être présents chaque jour sur n’importe quel bateau de pêche sans manifester leur présence. Cette action a permis aux pêcheurs de faire leur travail un peu plus librement, bien que la marine de guerre israélienne continue de les harceler.
Les témoignages sont accablants.
Par exemple, le 17 septembre, un bateau de pêche atteint la limite des 6 miles. Une vedette rapide israélienne s’approche et fait des cercles menaçants autour du bateau. Les marins lui donnent l’ordre, en hébreu et en arabe, de faire demi-tour. Quand ils ont compris qu’une observatrice américaine est à bord, parce qu’elle leur a dit en anglais que le bateau a le droit d’aller jusqu’à 12 miles, ils rient, font des gestes obscènes et hurlent des insultes. Le même jour, un observateur italien a été blessé. Un croiseur israélien a tiré sur le bateau de pêche avec un puissant canon à eau, brisant les vitres de la cabine de pilotage. Il a été blessé au dos par des éclats de verre ; il a fallu lui faire plusieurs points de suture. Il semble que depuis ce jour la marine israélienne a cessé d’utiliser des canons à eau, mais elle continue à tirer des coups de semonce à l’arme lourde.
Des membres de la nouvelle expédition prendront la relève des observateurs qui travaillent à Gaza depuis le 28 août, tandis que ceux-ci rentreront à Chypre. En effet, quand on arrive à Gaza par la mer, on est obligé de repartir par la mer, les frontières terrestres étant hermétiquement fermées, côté égyptien comme côté israélien. Il faut donc s’attendre à ce que s’établisse un trafic maritime régulier entre Chypre et Gaza, à moins que le gouvernement israélien ne trouve le moyen de s’y opposer, en violation du droit international. Il faut espérer cependant qu’il se comportera de manière responsable en permettant une libre circulation des personnes et des biens par voie maritime entre Gaza et les autres ports méditerranéens. Ce serait le signe d’une détente dont toute la région peut profiter.La Bible dit que David a terrassé Goliath, un géant arrogant et fortement armé, en lui jetant une pierre avec une fronde. Je ne peux pas m’empêcher de penser que, dans cette histoire, l’Etat d’Israël ressemble à Goliath alors que le Mouvement Free Gaza ressemble à David, mais avec une grande différence : c’est un mouvement non-violent. De plus, il ne faut pas confondre l’Etat d’Israël avec le peuple israélien. Les Israéliens qui luttent pour les droits des Palestiniens sont de plus en plus nombreux, notamment ceux qui refusent de faire leur service militaire dans les territoires occupés.
(1) Si le Hamas est une organisation terroriste, que dire d’un Etat qui envoie des chars, des avions, des hélicoptères et des navires tirer sur des civils sans défense ?
vendredi 3 octobre 2008  " 2 VIDEOS : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=45046  Auteur : Leila

3 Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information                                                        3-1 Point de vue de Javier Espinosa : Deux présidents et toujours pas d’Etat.                                                                                                                                                      La fin du mandat d’Abou Mazen pourrait exacerber la division entre les factions. La crise s’est aggravée suite à la grève des enseignants et des médecins opposés au Hamas. Assis dans son bureau du parlement de Gaza, Khalil Al Jaya énumère les « pertes » subies par sa famille au cours des derniers mois de confrontation avec Israël comme s’il parlait de statistiques. "Un fils, le 28 février. Deux frères et quatre neveux, le 20 mai. Et un autre neveu, Iyad, qui est mort dans l’explosion de juillet, rappelle t-il, en se référant à l’attentat mystérieux qui a tué cinq membres du Hamas. Jaya n’est pas un nom connu de l’opinion publique internationale. Ni même pour les Israéliens. Toutefois, selon le quotidien « Yediot Aharonot », il figure parmi les 10 principaux dirigeants du Hamas élus l’été dernier. Des personnalités comme Ahmed Jaabari, Ahmed Randour, Marwan ou Issa Nizar Rian (tous les chefs de guerre notoires), ont rejoint les « politiques » traditionnels comme Ismail Haniya ou Mahmoud Zahar. Un évènement que la presse israélienne a interprété comme une radicalisation du mouvement palestinien. Jaya lui-même est considéré par « Yediot Aharonot » comme étant « très proche de l’aile militaire et disposant d’une grande influence. » Lui aussi député palestinien, il fait partie des éléments du Hamas qui mettent en garde sans équivoque que toute tentative du président de l’Autorité nationale palestinienne (ANP), Abou Mazen, de prolonger son mandat le 9 janvier prochain, sera « illégitime ». « S’il veut rester au pouvoir sans élections, le Hamas le considèrera comme usurpateur et violeur de la législation », ajoute le porte-parole du groupe, Sami Abu Zuhri. L’éventuelle reconduite de la charge d’Abou Mazen en janvier pourrait amener la division palestinienne à son point culminant, étant donné que le Hamas est prêt à le remplacer par le chef du Parlement, Ahmed Bahar, dans un geste qui laisserait l’ANP avec deux présidents : un en Cisjordanie et un autre à Gaza. « Mais comment allons-nous avoir deux président, alors que nous ne disposons pas d’un État ? » ironise Jaya, bien qu’il réaffirme son point de vue. Durcissement du discours Abou Mazen a déclaré récemment dans le journal israélien « Haaretz » que les prochaines élections présidentielles n’auraient pas lieu en 2009, mais l’année suivante, en supposant qu’il reste au pouvoir. Comme le Hamas, les acolytes du président ont durci leur logique au cours des dernières semaines et le chef de l’armée en Cisjordanie, le général Dhiab al-Ali a dit que « si Gaza continue à se rebeller, nous n’aurons pas d’autre choix que le recours à l’usage de la force pour réunifier notre terre ». L’augmentation de la tension entre les deux factions a été relancé en août après l’agression du Hamas contre les membres du Fatah dans la bande de Gaza et la vague d’arrestations d’islamistes en Cisjordanie. La capture le 17, à Hébron, de deux militants des brigades d’Izzadin Qassam, la branche armée du Hamas, a amené cette formation à ordonner à ses membres « de se défendre par tous les moyens possibles » si la police d’Al Fatah, « qui fonctionne maintenant comme une unité de l’armée sioniste » essaie de les arrêter. Selon Jaya, près de 300 membres du Hamas ont été arrêtés en Cisjordanie au cours de l’année dernière et près de la moitié est toujours en prison. Grève des médecins et des enseignants La confrontation a continué « crescendo », lorsque les autorités de Ramallah ont organisé une grève de durée indéterminée de leurs médecins et leurs enseignants sympathisants dans la bande palestinienne. Le Centre palestinien pour les droits de l’homme lui-même a décrit la protestation comme une action « qui est politiquement motivée et donc illégitime », et a mis en garde contre les « effets désastreux » de ces mobilisations. Les enseignants ont commencé leur protestation le 24 août. La réaction du Hamas a été très rapide. En quelques jours, plus de 2000 enseignants sur environ 9000 qui exercent dans la bande de Gaza ont été remplacés par des partisans du groupe palestinien. « Ils ont renvoyé 170 directeurs d’écoles et 23 sont encore détenus. Ils les ont torturés. Ils ont placé des personnes sans formation. Par exemple, des étudiants de l’Université islamique. Juste parce qu’ils sont du Hamas », a déclaré Ramzi Ocashan, l’un des organisateurs de la grève. Mahmoud Zahar a admis que pour les médecins ils ont été incapables de réagir de la même manière. « Où allons-nous trouver des médecins pour remplacer les grévistes ? » se demande t-il. Néanmoins, dans plusieurs cas les hommes en uniformes du Hamas ont obligé par la force les médecins à retourner à l’hôpital. « S’il y a une urgence nous les forçons à revenir, bien sûr. Nous n’allons pas laisser le patient mourir ! », dit Haya. Selon l’ONU, près de 48% des employés dans le secteur de la santé se sont joints à la protestation et près de 50% des enseignants. L’ONU a averti que ces actions ont déjà obligé trois hôpitaux, dont l’hôpital Shifa, le principal de Gaza, a se déclarer en état d’urgence devant le manque de personnel et la fermeture de douzaines de centres d’aide, de planning familial et de médecine préventive. Haya n’est pas optimiste quant à la table ronde pour des négociations que l’Egypte envisage de parrainer en octobre pour mettre fin à la division palestinienne et tous les experts estiment que cela pourrait bien être la dernière chance avant une escalade très grave. « Nous ne pourrons parvenir à un accord que si les Etats-Unis et Israël le permettent à Abou Mazen et je ne pense pas qu’ils le feront », dit-il. Javier Espinosa - El Mundo  30 septembre Traduction de l’espagnol : Charlotte http://www.elmundo.es/elmundo/2008/...

3-2 TPO : la violence raciste des colons échappe au contrôle du gouvernement israélien. Pour la troisième fois depuis août, le personnel politique israélien semble s’inquiéter de la montée de la violence des colons israéliens à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie occupée. Colons israéliens dans Hébron, répandant leur violence raciste et xénophobe... Alors que cela se produit en même temps qu’augmente la pression des pays étrangers pour qu’Israël stoppe l’extension de ses implantations coloniales et envisage même l’évacuation de colonies de la Cisjordanie , des appels se sont fait entendre pour que des mesures légales ou militaires soient prises pour reprendre le contrôle des colons « qui commettent des saccages ». Les attaques les plus récentes ont encore plus dérangé certains hommes politiques israéliens que les précédents incidents. Ehud Barak, le ministre israélien de la défense israélien a suggéré d’adopter « une position plus dure » à l’égard de la violence des colons en réponse à ceux qui font leur propre loi. Barak est en particulier préoccupé par la violence accrue des colons même envers les soldats israéliens chargés de leur protection. [Il ne faut pas s’illusionner sur la volonté et simplement la capacité de Barak, lui-même criminel de guerre passible des tribunaux internationaux, à s’attaquer aux colons qui empoisonnent littéralement les territoires palestiniens. Dans un contexte de forts marchandages pour la mise en place d’un nième gouvernement qui appliquera encore et toujours la même politique de faits accomplis favorisant l’expansion coloniale, personne ne prendra en Israël le risque de contrarier les partis politiques représentant les colons, ces partis étant devenus les véritables arbitres de toute combinaison gouvernementale - N.d.T] Selon les médias israéliens, Barak a indiqué que bien que ceux qui commettent des violences soient fichés, ces gens « ont été rarement amenés devant un tribunal ou jugés pour leurs actions, [et] que ceux qui sont amenés devant des instances judiciaires s’en tirent avec des peines légères. » Le député Haim Ramon [parti Kadima] a appelé dimanche à une réunion d’urgence pour discuter cette montée de la violence. Une autre source médiatique israélienne l’a cité comme ayant déclaré : « Plusieurs centaines de colons juifs hors de tout contrôle et fous furieux frappent les soldats [israéliens] et s’attaquent aux gens comme le professeur Ze’ev Sternhell [un militant israélien pour la paix]... Le gouvernement est désarmé face à eux et tous les organismes chargés de faire appliquer la loi ne font que dire qu’il n’y a rien à faire. » Cette inquiétude renouvelée s’est exprimée le jour même où la radio de l’armée israélienne annonçait l’existence d’une carte traçant les frontières d’un état palestinien dans le cadre d’un « accord final ». Tandis que la carte elle-même n’a pas été divulguée, l’émission de radio a indiqué qu’elle incluait l’évacuation de colonies israéliennes de certaines parties de la vallée du Jourdain et du secteur d’Hébron aussi bien que de la bande de Gaza. En échange, Israël conserverait les trois importantes colonies de Ma’ale Adumim près de Jérusalem, de Gosh Azion au sud de Bethlehem, et d’Ariel dans Naplouse. L’accord assurerait la souveraineté palestinienne sur la vallée de la Jordanie — une terre déjà reconnue comme palestinienne — et insiste sur le fait sur les trois plus grands blocs de colonies (dont deux ont donné naissance aux mouvements violents de colons) demeureraient des îlots israéliens en terre palestinienne. Alors que l’offre est tout à fait insatisfaisante et ne mentionne aucune attribution de terres en échange de celles occupées par les grandes colonies, plus grave encore est le fait que rien n’est dit sur la façon dont Israël exercerait une souveraineté limitée à certains secteurs de la Cisjordanie. Il est clair le gouvernement israélien n’a aucun contrôle sur les citoyens qu’il envoie dans des secteurs palestiniens, ou qu’il n’a aucun désir de contrôler leurs actions violentes. Dans les deux cas cela ne présage rien de bon pour des négociations. Assassinat d’un berger palestinien La vague la plus récente de violence de la part des colons a conduit à l’assassinat d’un berger palestinien, Yahya Atta Rayahin Bani Minnah, âgé de 18 ans, qui a été abattu d’au moins une vingtaine de coups de feu au cou, à la poitrine et aux jambes. Le corps de Minnah a été retrouvé samedi dans un secteur sous strict contrôle des forces israéliennes, et les témoins signalent avoir vu une voiture blanche transportant des colons s’arrêter et prendre en chasse le garçon peu de temps avant que son corps ait été trouvé. Le même jour des colons ont attaqué le village palestinien de Kafr Addik, où ils ont blessé 4 Palestiniens. Deux semaines plus tôt une centaine de colons venant de la colonie de Yitzhar près de la ville de Naplouse en Cisjordanie occupée avaient saccagé le village voisin d’Asira Al-Qibliya, brûlant des voitures, détruisant des propriétés des Palestiniens, tirant des coups de feu en l’air et couvrant les murs de graffitis dans tout le secteur. Dans les deux cas les soldats israéliens n’ont rien fait pour arrêter les colons, et ont tiré des coups de feu en l’air lorsque les Palestiniens ont essayé de quitter leurs maisons pour défendre leurs biens. Dans les deux cas un couvre-feu militaire était imposé par les soldats israéliens au moment où les colons ont saccagé les villages. Bien que certaines des attaques aient été nominales ou des répliques directes à un acte de violence venant d’un palestinien, elles sont toujours hors de la proportion et — plus s’inquiétant pour le gouvernement israélien — hors de tout contrôle. Après des attaques et une autonomie grandissante des colons au cours du mois août, avec par exemple une aggression contre une femme palestinienne enceinte et sa fille qu’il a fallu ensuite hospitaliser, les membres de la Knesset israélienne ont réclamé une augmentation de la présence militaire autour des blocs de colonies au sud et au nord. Cette augmentation de la présence militaire était censée aider à encadrer les colons. Après la deuxième série d’attaques de mi-septembre, des députés ont qualifié les colons en Cisjordanie « d’anarchistes » et « de voyous » et ont émis l’idée que les colons propageant la violence contre leurs voisins en Cisjordanie soient jugés et poursuivis pour leurs crimes. Au même moment le député Haim Ramon avait proposé son plan controversé d’une « évacuation-compensation » pour attirer des colons en-dehors de la Cisjordanie avec de grandes compensations. Mais il ne s’agit pour l’instant que d’un emballement ridicule et rhétorique contre la montée de la violence de la part des colons, et les voix des colons sont bien plus puissantes pour revendiquer le droit de se substituer à l’état quand l’état lui-même n’agit pas. Ma’an News Agencyhttp://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5136                                                            29 septembre traduction : Info-Palestine.net]
http://www.maannews.net/en/index.ph...

3-3 Point de vue de Muki Dagan : Le danger du terrorisme juif.
L¹action de représailles violente (mise à sac du village, maisons brûlées,etc., ndt) organisée par plusieurs dizaines de colons d¹Yitzhar contre levillage palestinien voisin d¹Assira al-Kabaliya (après que l¹un des leurs a été poignardé par un Palestinien venu de ce village, ndt) n¹est que la partie émergée de l¹iceberg. L¹iceberg du terrorisme juif dont, à l¹occasion, sont témoins les Israéliens.
Pendant la semaine qui a précédé cette attaque, nous avons pu noter au moins deux cas qui attestent cette réalité. Des officiels de l¹Administration civile, qui voulaient confisquer du matériel de construction sur les lieux de la colonie illégale de Yaïr, se sont fait attaquer parce, que selon les colons, ils étaient arrivés "en ayant prévenu trop tard". Plus tard, le même jour, des dizaines de colons ont attaqué une base de Tsahal, se sont heurtés aux soldats qui se trouvaient là pour les protéger, et ont lâché un chien sur le commandant de la compagnie. L¹un des officiers a eu un doigt cassé.
Pourtant, malgré les événements à Assira al-Kabaliya, alors que la police et l¹armée se rejettent l¹une sur l¹autre la responsabilité du maintien de l¹ordre, le premier ministre et le ministre de la défense se contentent de déclarations telles que "Nous ne permettrons pas que des pogroms aient lieu en Israël." La violence des colons, pendant un shabbat, a été condamnée par beaucoup, y compris par le Conseil représentatif des colons (Yesha). Mais il y a ceux qui peuvent se contenter de déclarations et ceux dont le rôle est de faire quelque chose. Le premier ministre et le ministre de la défense sont responsables du maintien de l¹ordre en Cisjordanie. Pour l¹instant, ils ont condamné, mais n¹ont rien fait.
Cela fait un moment que les colons d¹Yitzhar ignorent l¹armée et la police. Les dizaines d¹incidents violents et de menaces sont devenues des phénomènes réguliers pour les villageois palestiniens des environs qui connaissent également les violences commises par les agents du terrorisme juif. Et le terrorisme est un moyen de saper l¹autorité d¹un gouvernement élu.
Les descriptions des émeutes de samedi dernier ont montré que les colons se sont rendus au village depuis Yitzhar après la prière du matin du shabbat, après avoir mis sur pied un plan d¹action. Il n¹est pas difficile de supposer que le rabbin d¹Yitzhar a donné son approbation à ce plan, destiné à venger le jeune homme poignardé ce matin-là (voir l¹article ci-après, qui tendrait à confirmer cette hypothèse).
Le camp séparatiste des colons qui est en train d¹émerger en Cisjordanie constitue une menace stratégique pour la démocratie israélienne. Violations de la loi, adoption d¹une stratégie de terreur avec l¹approbation d¹autorités religieuses et, finalement, rébellion contre le gouvernement : tout cela caractérise des mouvements messianiques bien connus dans l¹histoire juive. Ceux qui ont provoqué la destruction du Second Temple émergent aujourd¹hui sous des atours modernes (2).
Or, au-delà de condamnations dans les médias, les dirigeants ne font rien. La police et l¹armée n¹ont pas d¹intérêt particulier à contrer ce camp séparatiste, les Palestiniens souffrent et l¹opinion israélienne un dégoût qui sera vite oublié. La société israélienne doit être consciente du danger que représente un terrorisme juif en train d¹émerger en Cisjordanie.
(1) Muki Dagan est membre de Yesh Din, Volontaires pour les Droits de
l¹Homme.
(2) Voir sur ce point d¹histoire : "Les dangers du paradigme de Massada"
Mercredi 1 octobre 2008 Muki Dagan
Traduction : Gérard
Sources La Paix maintenant
http://www.lapaixmaintenant.org/article944

3-4 Point de vue de José Saramago : « Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus »                                                                                                         Le Prix Nobel de Littérature José Saramago a participé hier [26 mai 2008] à une réunion de solidarité avec le peuple palestinien pour marquer les 60 années de la « Nakba », la catastrophe subie par les Palestiniens lors de la guerre lancée par Israël pour imposer la fondation de son état en Palestine, provoquant ainsi l’expulsion de leurs terres de 700 000 Palestiniens. Environ 200 personnes ont participé à la réunion publique au théâtre A Barraca à Lisbonne, avec des interventions de Miguel Portas, Alan Stoleroff, Bruno Dias et Mohammad Barakeh. Isabel Allegro et Mário Ruivo se sont exprimés au nom du Mouvement pour les Droits du Peuple Palestinien et pour la Paix au Moyen-Orient (MPPM), organisateur de la réunion. Saramago a commencé par trouver étrange l’absence de solidarité avec la cause palestinienne de la part des gouvernements des pays arabes : « Imaginez que demain l’on apprenne que les pays arabe aient signé une déclaration d’aide inconditionnelle au peuple palestinien. On dira que j’ai la fièvre », a dit l’auteur. « L’absence, pour le moins publique, de solidarité des pays arabe avec le peuple palestinien m’attriste ». « Certains d’entre eux », a poursuivi l’écrivain, « en sont déjà arrivés à passer un accord avec Israël, dans lequel ils reconnaissent la nécessité de deux États. Affirmation rhétorique, parce que tout cela est sans aucune conséquence. » Pour Saramago, les gouvernements successifs en Israël n’ont jamais eu qu’une idée, c’est d’en finir avec le peuple palestinien, un fantasme qu’ils n’ont pas pu mettre en œuvre mais qui est toujours présent dans leurs rêves de pouvoir. « Je pense que tant qu’il y aura un palestinien vivant, l’holocauste continuera. » Concernant la politique des États-Unis sur la question palestinienne, Saramago estime que c’est le lobby pro-israélien qui définit réellement la politique des Etats-Unis. L’auteur de « L’aveuglement » a conclu avec un appel à la mobilisation pour la solidarité, en mettant en avant le rôle du MPPM dans l’organisation de la réunion de solidarité et en lançant un appel pour l’invention de formes nouvelles d’actions de solidarité « pour que demain nous soyons plus nombreux et soyons dans de meilleures conditions pour intervenir ». « Il n’existe pas de solution en excluant le Hamas » La première intervention de la soirée a été celle de Miguel Portas, eurodéputé du Bloc de Gauche, qui a commencé en disant que « la Nakba , que nous commémorons aujourd’hui, est au cœur de ce double fait historique. Ce n’est pas par hasard que la ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Livni, a expliqué à Annapolis qu’une des conditions pour la paix — dans sa version israélienne — était que les Arabes ‘effacent le mot Nabka de leur dictionnaire’. Et qu’ils reconnaissent Israël comme ‘état judaïque’. » Pour l’eurodéputé, par contre, « une des conditions sine qua non pour la résolution du conflit israélo-palestinien est au contraire la reconnaissance par Tel-Aviv de la tragédie fondatrice qui est responsable de la souffrance des Palestiniens. » Après un résumé des événements de 1948 et de leurs conséquences, Miguel Portas a critiqué le rôle actuel de l’Union européenne, qui « se résume en une phrase : nous payons les factures des politiques de Tel-Aviv et de l’administration nord-américaine. Littéralement, Israël détruit pour la sixième fois un pont à Gaza ? Nous payons alors une septième reconstruction après avoir financé les six précédentes. » Pour Miguel Portas, « il n’y a pas de solution au conflit israélo-palestinien si on exclue le Hamas. « Et je le dis en présence de la déléguée de l’Autorité Palestinienne, parce que ma conscience m’y oblige. Le Fatah, le Hamas et la gauche laïque sont condamnés à s’entendre. » Et il a conclu : « Je fais partie de ceux qui partagent le rêve de voir, un jour, la Palestine pour Juifs et Arabes, binational, laïque et démocratique. Ce n’est pas pour le moment l’avis des deux peuples. Il se peut qu’avant que cela se produise, il soit nécessaire qu’il y ait deux terres pour deux peuples. Ou il se peut que la fiction d’Annapolis ait tué, pour beaucoup de temps, un tel objectif. Mais je ne sais qu’une seule chose, c’est que la lutte continue et aussi notre devoir de solidarité. » Jumelage entre Lisbonne et Gaza L’enseignant-chercheur Alan Stoleroff, juif américain installé au Portugal, a souligné que « dans un certain sens, les Palestiniens sont devenus les juifs d’aujourd’hui » et que « sans fin de l’occupation, il ne peut pas y avoir de réconciliation. » Il a parlé ensuite de l’actuelle situation dans Gaza : « quand je regarde dans cette direction, je vois un ghetto, avec tout ce que signifie un ghetto pour un juif. » Stoleroff a terminé en lançant un appel pour que tous s’impliquent dans la diffusion de la pétition qui propose le jumelage de Lisbonne avec Gaza, « un acte symbolique de grande importance ». Pour Bruno Dias, député du PCP (Parti Communiste Portugais), ce qui a prévalu depuis les accords d’Oslo dans la recherche de la paix « a été l’hypocrisie et une attitude intolérante de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne : d’une part, ils exigent tous les sacrifices aux Palestiniens, mais en offrant d’un autre côté une couverture à la politique sioniste. » Mohammad Barakeh, député du Parti Communiste israélien à la Knesset (le Parlement d’Israël), a rappelé que ce sont les mêmes qui disent ne pas vouloir oublier l’Holocauste qui veulent maintenant forcer les Palestiniens à oublier la Nakba , en citant la ministre israélienne des affaires étrangères disant aux Palestiniens : « Ils n’auront jamais l’indépendance s’ils n’oublient pas la Nakba  ». Barakeh a dit plus loin que le récent discours de George W. Bush devant la Knesset « a été une déclaration de guerre aux Palestiniens » et que même la promesse de réduire les check points dans les territoires occupés ne sera pas remplie, puisqu’une étude des Nations Unies démontre que les postes de contrôle sont en train d’augmenter, et n’ont pas de diminuer. La réunion s’est conclue par l’approbation par les participants d’une motion présentée par Mário Ruivo, au nom du MPPM.  José Saramago – Esquerda 29 septembre Tiré de http://www.bibliomonde.com/auteur/j...
En mars 2002 à Ramallah, en tant que membres de la délégation du Parlement des écrivains, José Saramago, a commenté la situation des territoires occupés en déclarant notamment : « Ce qu’il faut faire, c’est sonner le tocsin, partout dans le monde, pour dire que ce qui arrive en Palestine est un crime que nous pouvons stopper. Nous pouvons le comparer à ce qui est arrivé à Auschwitz. » Un peu plus tard, il précisait à l’agence portugaise Lusa : « La répression israélienne est la forme la plus perverse de l’apartheid », après une longue description de l’état de désolation des zones qu’il venait de visiter : « Personne n’a idée de ce qui se passe ici, aussi bien informé que l’on soit. Tout est rasé par les bulldozers. Les villages palestiniens ont été détruits et on n’y cultive plus rien. »
http://www.esquerda.net/index.php?o...


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n°389 - Dossier de Palestine -03-10- Suite- « Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus »

n°389 - Dossier de Palestine -03-10- Suite-   « Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus »
Dossier de Palestine                                                                                                 N°389                               03-10                                                                                                     Par M.Lemaire    

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage                                               4-1 Omar : Lettre imaginaire au Quartet pour le Moyen-Orient.                                    4-2 Des villages palestiniens attaqués.                                                                                    4-3 Pogrom à Naplouse.                                                                                                 5 Analyse - Géopolitique et stratégie                                                                                         5-1Analyse de Rabah Mehanna,Il y a toujours une partie qui met les bâtons dans les roues"                                                                                                                                                  5-2 Analyse de Mohammed As-Saroudjy : La résistance et l’échec de "la grande Israël.                                                                                                                                                      5-3 Analyse de Daniel Bendayan : Israël : Avenir politique incertain.                            5-4 Analyse de CAPJPO-EuroPalestine : Enlèvement et assassinat d’un palestinien par des colons israéliens.                                                                                6 Annexe                                                                                                                                                  6-1 Une histoire oubliée dans la bande de Gaza: Le massacre du 1er mars 2008.                                                                                                                                                              6-2 Myriam Abraham : Armement Sécurité Stratégies Militaires.                                  6-3 Maxime Vivas : Quand la Doha montre la thune, Ménard file au Qatar


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage                                               4-1 Omar : Lettre imaginaire au Quartet pour le Moyen-Orient. Demain [vendredi 26 septembre 2008], certains parmi les dirigeants les plus puissants au monde se réuniront à New York. L’UE, les USA, la Russie et l’ONU (également connu sous le nom de Quartet) ont pour but déclaré de mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Tony Blair, envoyé spécial du Quartet, avait préféré annuler un déplacement dans la bande de gaza où 80% de la population dépend de l’aide alimentaire des Nations-Unies - Si j’étais avec vous à New York... Alors que je pense à cet évènement, je commence à faire un rêve éveillé. Dans ce rêve, j’ai quitté la bande de Gaza, où je suis un travailleur humanitaire et également un Palestinien qui souffre des effets du blocus appliqué ici. Je ferme fort mes yeux et je suis maintenant sur un vol avec destination New York. A l’arrivée, je suis soudainement libre de mes mouvements, debout face à ces dirigeants, prêt à tenir le discours le plus important de ma vie. Mes mains tremblent légèrement. Je rajuste ma cravate, prends une gorgée d’eau et racle ma gorge. Je monte sur le piédestal faiblement allumé et commence mon discours. Adresse au quartet « Mesdames et messieurs, honorables membres du Quartet, je viens vers vous aujourd’hui, venant d’un minuscule bout de terre appelé la bande de Gaza. « Je viens vers vous afin que nous ayons un entretien franc et honnête. Je viens vers vous habillé de mes vêtements de travail, les vêtements d’un travailleur humanitaire palestinien, un ingénieur en hydraulique, dont la vie est tournée autour de la fourniture d’une aide aux gens de Gaza qui continuent à souffrir. « Je viens vers vous comme témoin. J’ai vu comment des personnes sont mortes parce qu’elles se sont vues refuser l’accès à un traitement médical en Israël. J’ai été témoin de familles devant faire leurs besoins naturels dans leurs maisons détrempées par les eaux des égouts parce que l’équipement minimum requis pour nos systèmes d’évacuation et de traitement des eaux usées, ne peut pas nous parvenir pour cause de blocus. J’ai été témoin de familles buvant de l’eau contaminée pour les mêmes raisons. J’ai été témoin de trop de choses. Annapolis : des promesses non tenues « Quand vous vous êtes réunis il y a presque une année à Annapolis, je vous ai entendus de loin disant au monde que les Palestiniens et les Israéliens réaliseraient la paix grâce à votre aide. Vous avez dit que vous aideriez à réformer l’autorité palestinienne, que vous appelleriez Israël à cesser d’étendre les colonies, à cesser les restrictions et sa politique répressive sur les territoires palestiniens occupés, et vous avez fait bien plus de promesses ... « ... Mais nous attendons toujours que ces promesses deviennent réalité. Les Palestiniens sont dépendants de l’aide alimentaire « Certains prétendent que notre situation n’est pas si mauvaise parce que nous ne sommes pas morts de la faim ou parce que nous n’allons pas vêtus de chiffons. Mais je suis certain que vous savez combien il est difficile pour les travailleurs et leurs familles de faire face à cette situation en ce moment. Vos propres statistiques révèlent qu’environ 80% des Palestiniens dans la bande de Gaza sont partiellement ou totalement dépendants de l’aide alimentaire. « Mais même les agences humanitaires à Gaza se battent. Elles constatent qu’elles doivent négocier et implorer pour l’entrée dans Gaza de matériaux dont elles ont besoin pour mener à bien leurs travaux si nécessaires. Tant de projets humanitaires ont été bloqués pour cette raison, y compris des projets concernant l’eau et l’hygiène sur lesquels j’interviens. Où sont donc les améliorations que vous aviez promises il y a presque une année ? Nous avions tenté de gérer les effets du blocus mais nous ne pouvons pas en voir la fin. Pourquoi en est-il ainsi ? Une simple demande « Faites respecter nos droits et notre liberté. Nous ne pouvons pas mettre de pain sur nos tables avec de simples promesses. « Je me demande si vous accepteriez de voir l’économie, les systèmes de santé et d’éducation allant à vau-l’eau, si cela arrivait aux habitants de Washington, Genève, Moscou ou Bruxelles ? « Normalement, si vous avez un problème à l’intérieur d’une communauté, quelqu’un se présente et agit en tant que médiateur. Vous, dirigeants, êtes les médiateurs. Vous vous êtes réunis pour conclure un accord de paix avant la fin de cette année. La balle est dans votre camp « Vous, dirigeants, avez toujours la balle de votre côté - il est temps que vous nous la renvoyiez. « Venez maintenant vous assoir près de moi et ne me tournez pas le dos. » Omar - association Oxfam 26 septembre * Omar est travailleur humanitaire et collabore avec Oxfam  http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5129

4-2 Des villages palestiniens attaqués.  Le Premier ministre sortant Ehoud Olmert a déclaré que le rêve d’un « Grand Israël » ne serait pas réalisé, au lendemain d’un raid mené, en guise de représailles, par des colons dans le village palestinien d’Assira Qabaliya, dans le nord de la Cisjordanie , qui a fait de graves dégâts et plusieurs blessés. « Il n’y aura pas de pogroms contre des habitants non-juifs », avait déclaré le Premier ministre sortant aux membres de son cabinet, le 14 septembre.
La police a déclaré avoir ouvert une enquête, mais n’avoir procédé à aucune arrestation. Le comité des affaires internes de la Knesset (l’Assemblée) a convoqué une réunion d’urgence pour débattre de l’incident, provoqué par un Palestinien, qui avait poignardé un jeune garçon et incendié une maison, dans une nouvelle implantation de colons israéliens.
Des images vidéos montrent des colons attaquant le village palestinien en présence de soldats israéliens. « Que l’armée soit là ou non, les colons attaquent », a déclaré un habitant palestinien à IRIN.
Pourtant, selon un communiqué publié par l’armée israélienne, « conformément à la consigne et aux ordres des commandants, un soldat ne doit pas rester sans rien faire, mais agir pour prévenir les troubles violents ».
Selon une source des forces de sécurité, deux armes à feu ont été confisquées aux colons qui ont attaqué le village. Peu après le discours de M. Olmert, les colons se sont rendus à Awarta, une autre ville, et ont incendié plus de 400 oliviers palestiniens, selon les habitants.
« Les arbres ont brûlé pendant des heures », a raconté Asad Loolah, expliquant à IRIN qu’il avait perdu une cinquantaine d’arbres.
Il a fallu près d’une heure pour que le camion des sapeurs-pompiers puisse se rendre sur les lieux, en raison des restrictions imposées par Israël à la circulation des Palestiniens en Cisjordanie. En outre, les habitants ont rapporté que les ambulances palestiniennes, dépêchées pour évacuer les blessés, la veille, à Assira, avaient été retardées.
De plus en plus d’attaques
En août, « 37 personnes ont été blessées au cours d’attaques menées par des colons israéliens, le bilan le plus lourd depuis janvier 2005 », a indiqué le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans les Territoires palestiniens occupés.
« Les mesures de maintien de l’ordre lacunaires des autorités israéliennes semblent être un des principaux facteurs à l’origine de la persistance de ce phénomène de violence observé chez les colons, au fil des années », écrivait récemment l’agence dans un numéro de son bulletin The Humanitarian Monitor, publié le 12 septembre.
« Là, c’est Yitzhar, là, c’est Brakha et là, c’est Itamar », a expliqué Hani Darawshe, un habitant, indiquant du doigt les collines avoisinantes, qui comptent chacune une colonie israélienne, établie sur des terres qui appartenaient aux Palestiniens, affirment ces derniers.
À proximité de chaque colonie, se trouvent plusieurs « nouvelles implantations », satellites d’une colonie principale, qui couvrent de plus en plus de terres palestiniennes.
« Nous vivons ici depuis des centaines d’années », a expliqué M. Darawshe, ajoutant que les constructions du village dataient de l’empire romain. La terre qu’ils ont quittée leur est désormais quasi interdite d’accès.
« J’ai besoin de me mettre d’accord avec l’armée [israélienne] pour me rendre sur mes terres », a déploré M. Loolah. « Ils ne m’autorisent à m’y rendre que deux ou trois jours par an. Je n’ai pas l’occasion de tailler ni d’arroser les arbres, et je n’ai pas assez de temps pour cueillir mes olives ».
« Vous voyez, c’est tout desséché et tout fouillis », dit-il, en montrant du doigt cette terre inaccessible où lui-même et 15 autres familles ont perdu de nombreux arbres, ajoute-t-il.
À l’approche de la récolte des olives, qui doit commencer après l’Aïd el Fitr, à la fin du Ramadan (début octobre), M. Loolah s’inquiète de sa production prévue, une source de revenus importante.
 (IRIN)   22 septembre 
4-3 Pogrom à Naplouse. 22/09

Avec l'accord ostensiblement tacite de l'armée israélienne d'occupation, des gangs de terroristes juifs, autrement connus comme colons, ont assailli des civils palestiniens sans protection et leurs biens dans plusieurs endroits de Cisjordanie.

 L'incident le plus sérieux a eu lieu dans le village d'Asira Al-Qibiliya au sud de Naplouse cette semaine, quand des dizaines de colons lourdement armés se sont déchaînés sur une paisible communauté arabe, tirant au hasard sur des Palestiniens terrifiés et vandalisant leurs maisons et leurs voitures. Craignant pour leurs vies, les villageois ont dû soit fuir le village soit se barricader dans leurs maisons alors que les soldats israéliens refusaient de faire de véritables efforts pour stopper les colons déchaînés. Une séquence de l'incident, obtenue auprès de l'association israélienne pour les droits de l'Homme, B'Tselem, montrait les soldats israéliens présents sur la scène du saccage, mais ne faisant virtuellement rien pour stopper la violence. A la fin de la tentative de pogrom, huit locaux ont été blessés, dont deux qui ont reçu de sérieuses blessures par balles. Hassan Sharaf est le chef du conseil local à Asira Al-Qibiliya. Il a accusé l'armée israélienne de « connivence, collusion et coordination avec les colons. Il était absolument clair que les soldats ne s'occupaient pas sérieusement des terroristes. Les colons se comportaient et agissaient comme s'ils avaient reçu le feu vert de l'armée ». Les colons ont dit qu'ils ripostaient à un incident précédent dans lequel un jeune colon a été attaqué par un assaillant palestinien non identifié. Le garçon a été seulement légèrement blessé, jetant un doute sur la crédibilité du rapport israélien de l'incident. Certains spécialistes israéliens et palestiniens rejettent la justification des colons comme un mensonge flagrant. « Ils veulent simplement tuer des palestiniens et créer une atmosphère de terreur pour nous faire fuir et laisser la terre à ces brutes », a dit Ahmed Asayra, un professeur local. L'opinion du professeur est confirmée par les paroles du rabbin local d'Ytzhar : « Nous devons adopter une politique de punition collective contre les Arabes, même au niveau des représailles. Beaucoup d'opportunités s'offriront [à nous], à la fois en incitant les Arabes à partir et en les déportant par la force. Mais nous devons commencer les incitations maintenant », a dit le rabbin David Dudkevitch. Les rabbins sionistes tels que Dudkevitch enseignent que les non-juifs vivant sous l'autorité juive doivent être réduits en esclavage comme « des coupeurs de bois et des porteurs d'eau » et doivent être expulsés ou exterminés. Il soutient aussi qu'en temps de guerre, les Juifs peuvent tuer des civils non juifs sans tenir compte du fait que ces gens soient innocents ou non. D'autres rabbins extrémistes comme le rabbin David Bastri enseignent ouvertement que les non-juifs sont réellement des animaux dans leur nature foncière et que Dieu les a créés sous une forme humaine seulement par égard pour les Juifs puisqu'il ne convient pas que les juifs soient servis par des animaux. La morale de cette théologie sectaire est que les vies des non-juifs n'ont pas de caractère sacré. En vérité, ces interprétations du Talmud violentes et terrifiantes ne sont plus circonscrites à quelques rabbins fanatiques. Elles représentent le courant principal de pensée du sionisme religieux, qui montre réellement jusqu'à quel point les colons juifs veulent aller pour réaliser leurs desseins génocidaires contre les Palestiniens. Une association israélienne pacifiste, La paix Maintenant, dénonce la nonchalance de l'armée envers les colons et presse l'armée d'abroger les permis de port d'armes des colons. « Il est manifeste que les colons ne manquent aucune opportunité de causer du tort aux Palestiniens et de mettre en danger les vies humaines », a dit le secrétaire général de La Paix Maintenant , Yariv Openheimer. Il est vraisemblable que l'appel d'Openheimer tombe dans les oreilles sourdes du gouvernement, de l'armée, de la Knesset et en particulier du système judiciaire, fortement infiltré par des juges racistes qui donnent systématiquement des peines de prison extrêmement légères pour les colons reconnus coupables d'agression sur des Palestiniens innocents, même quand ils leur ont causé des blessures corporelles graves. Le premier ministre israélien sortant Ehud Olmert a dénoncé le saccage d'Asira Al-Qibiliya, disant qu'Israël ne permettrait pas aux colons d'effectuer des pogroms contre les non-juifs. « Le phénomène de colons prenant la loi dans leurs mains et s'en prenant avec violence et brutalité est inexcusable et sera traité par les autorités d'application de la loi », a dit Olmert qui parlait pendant le conseil des ministres hebdomadaire. Il a ajouté qu'il espérait que « les autorités prennent des mesures pour mettre fin à ce grave phénomène ». Le ministre de la Défense Ehud Barak a fait des remarques similaires, mais a répondu que l'armée israélienne d'occupation ne pouvait pas faire observer « les règles de la loi » sans la coopération de la police et du système judiciaire. La référence de Barak au manque de coopération du « système judiciaire » israélien dans les territoires occupés est une tardive mais importante reconnaissance que les tribunaux et les juges avalisent pratiquement les actions des colons qui ont de puissants soutiens dans le gouvernement et l'armée. Ce point de vue est validé par le fait que l'armée israélienne s'est abstenue d'arrêter les auteurs de la tentative de pogrom à Asira Al-Qibiliya en dépit des dénonciations hypocrites d'Olmert et Barak. En analyse finale, ce qui compte réellement, soutiennent les militants pour les droits de l'Homme, c'est ce que l'armée israélienne d'occupation fait sur le terrain, et non ce que les politiciens disent dans les médias. Il y a deux bonnes raisons de ne pas prendre les dénonciations d'Olmert et Barak au sérieux. Premièrement, l'armée israélienne est elle-même fortement infiltrée par les éléments sionistes, spécialement les disciples de leur mentor Abraham Kook. Certaines sources israéliennes ont estimé que plus de 50% des officiers sont soit des colons eux-mêmes soit des adhérents du sionisme religieux. Beaucoup de soldats israéliens servant en Cisjordanie sont eux-mêmes des colons, ce qui explique la répugnance de l'armée à s'occuper plus énergiquement de la violence des colons contre les palestiniens. En second lieu, Israël entre dans une saison pré-électorale et les politiciens y regardent à deux fois avant de fâcher et de s'aliéner le puissant camp sioniste religieux. Alors que les juifs israéliens tendent vers le chauvinisme de droite, cette campagne de nettoyage ethnique va continuer à moins qu'une pression extérieure lui soit imposée.       Source : Al-Ahram       
Traduction : MM pour ISM
http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7t9u1sqoV1liB4ksOww0z6LNaPjkKZnLaq82G9bnalivrZACTYo4CAol5uh1uSc5KvrQW4RKwokenJ2yh4RnPGCwUQOEejTJyccuYpefZqiI%3d


5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion. Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information                                                                                                                                         5-1Analyse de Rabah Mehanna,Il y a toujours une partie qui met les bâtons dans les roues"                                                                                                                                          Rabah Mehanna, membre du bureau politique du FPLP, s’exprime sur la situation politique interne et les chances du dialogue inter palestinien. Al-Ahram Hebdo : Malgré les efforts égyptiens et arabes, le dialogue interpalestinien n’a toujours pas abouti. Peut-on parler de blocage et y a-t-il un délai fixé pour parvenir à un résultat ? Rabah Mehanna : Même si les résultats se font toujours attendre, nous avons noté un véritable sérieux au cours de nos rencontres avec les responsables égyptiens qui déploient d’énormes efforts pour la réussite du dialogue et qui ont mobilisé une position arabe importante en gagnant le soutien de l’Arabie saoudite, du Yémen et de la Syrie. Les responsables égyptiens qui parrainent ce dialogue ont déterminé un délai allant d’un mois et demi à deux mois pour formuler une vision qui prépare la voie à un dialogue inter palestinien qui devra durer plusieurs jours. - Quels sont les points sur lesquels il y a accord et ceux sur lesquels il y a désaccord ? Nous avons discuté avec les responsables égyptiens de différentes questions. Nous nous sommes mis d’accord sur le fait que le dialogue doit se baser sur le document d’entente nationale et l’accord du Caire de 2005. Il a été également conclu que l’objectif du dialogue est de mettre fin aux dissensions internes et de former un gouvernement d’entente nationale qui sera chargé de 2 missions. Premièrement, unir les institutions palestiniennes et deuxièmement préparer des élections présidentielles et parlementaires. Concernant ces élections, il s’agira d’un scrutin par liste. Nous nous sommes également mis d’accord sur la nécessité de restructurer les services de sécurité. Cependant, les avis ont divergé autour de la question de l’envoi de forces arabes à Gaza, car une telle solution peut engendrer de nombreux risques. Nous avons donc proposé la formation d’un conseil palestinien de sécurité nationale chargé de réformer les appareils de sécurité palestiniens en collaboration avec des experts arabes. - Quel rôle pourrait assumer le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) dans le dialogue inter palestinien dans le contexte du différend entre le Hamas et le Fatah ?   Tous les points proposés dans le dialogue national sont des initiatives du FPLP puisque nous agissons non en tant que médiateur, mais en tant que partie concernée qui propose un point de vue national loin de tout compte personnel. La seule chose qui compte est l’intérêt national. - Il a été dit que l’Egypte et la Ligue arabe tendent à contraindre le Fatah et le Hamas à accepter des propositions déterminées afin de régler la crise. Qu’en est-il ?   Dans nos rencontres avec les négociateurs égyptiens et de la Ligue arabe, nous avons en effet noté une tendance arabe allant dans cette direction. Une série de propositions sera exposée et les parties concernées devront les accepter toutes ou les refuser toutes. Je pense que le Conseil des ministres arabes des Affaires étrangères donnera à l’Egypte la prérogative de soumettre ces propositions. L’Egypte et la Ligue arabe exercent de fortes pressions sur toutes les parties pour la réussite du dialogue. - Pensez-vous que le Hamas est prêt à faire des concessions ?   Nos confrères du Hamas commettent parfois certaines erreurs. Cela dit, il existe au sein du mouvement des personnes qui sont conscientes de l’intérêt national. Et notre rôle, ainsi que celui des Arabes, est d’encourager ces personnes pour revenir à la table des négociations. - Mais la crise risque de s’accentuer notamment après les récentes déclarations des deux parties au sujet de l’échéance de janvier prochain. Est-il possible que Mahmoud Abbas soit prêt à trancher toutes les questions suspendues avec le Hamas avant la fin de son mandat ?   Suite à nos rencontres avec les différentes parties, nous avons ressenti beaucoup de sérieux chez Abbass. Mais le problème c’est qu’il y a toujours parmi les négociateurs une partie qui met les bâtons dans les roues et on se retrouve ainsi toujours à la case départ. - Vous avez récemment fait des déclarations hostiles envers le Hamas. Y a-t-il une crise entre le Hamas et le FPLP ?   Mes déclarations ne sont pas hostiles. J’ai tout simplement critiqué les propositions faites par le dirigeant du Hamas Mahmoud Al-Zahar lors d’une conférence populaire à Rafah. Il avait alors déclaré que c’était à partir de Gaza que devait se lancer le projet islamique et c’est une erreur grave. - Certains estiment que la restructuration de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) devrait passer avant la réconciliation entre le Fatah et le Hamas. Quel est votre avis ?   Il s’agit en effet d’une question importante qui a été largement discutée lors des rencontres avec les responsables égyptiens. Je pense que le président Mahmoud Abbass a entravé l’application de l’accord du Caire de 2005 qui abordait principalement la question de la restructuration de l’OLP. C’est là l’une des causes de la tension qui règne sur la scène politique palestinienne. En effet, la restructuration de l’OLP et le renforcement de son rôle en tant que représentant légitime et unique du peuple palestinien sont une nécessité pressante. Propos recueillis par Achraf Aboul-Hol 17-09 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5080

5-2 Analyse de Mohammed As-Saroudjy : La résistance et l’échec de "la grande Israël. Depuis plus d’un siècle, en 1897 précisément, Herzl a pris la parole dans la première conférence sioniste tenue en Suisse, pour annoncer l’objectif principal du mouvement sioniste. Il l’a clairement défini : « Rétablir le royaume d’"Israël", avec ses frontières historiques, de la mer jusqu’à la rivière ». Les ans passent pour que le dix-septième premier ministre de l’Etat d’"Israël" contredise le premier chef sioniste Herzl. En effet, Olmert déclare, le dimanche 15 septembre 2008, devant ses ministres, que le rêve s’est transformé en cauchemar : « "Une Israël de la mer à la rivière" n’est plus qu’une grande illusion. Les anciens chefs d’Israël étaient dans l’erreur. Nous devons partager la terre avec ceux qui y vivent déjà ». Qui a poussé Olmert à ce qu’il reconnaisse la crue réalité ? Et quelles sont les indications de l’évaporation dudit rêve ? La résistance s’est-elle montrée plus consciente de la nature du conflit de ces régimes arabes qui traitent l’Entité sioniste comme une fatalité ? Les indications montrant que ce rêve-là n’est plus qu’une illusion sont nombreuses, dont les suivantes : - Le sentiment national est bien faible chez les Juifs, selon les centres d’études sionistes. - "Israël" n’est plus considéré comme la patrie nationale des Juifs. Et comme elle n’est plus qu’un pays comme un autre, les Juifs ne trouvent plus d’intérêt d’aller y vivre. En 2007, n’ont émigré vers "Israël" que 18500 personnes. C’est le nombre le plus maigre depuis 1988. - Les données du bureau du premier ministre spécialisé à renforcer les liens avec les Juifs du monde confirment que 70% des Juifs des Etats-Unis n’ont jamais été un jour en "Israël" et n’ont pas l’intention de la visiter. 50% des jeunes Juifs des Etats-Unis ne s’intéressent même pas à l’existence d’"Israël". - La vraie Entité sioniste se trouve à Tel-Aviv. Elle ne peut aller plus loin, malgré les milliards de dollars dépensés. - Les Ashkenaz, les Juifs venant de l’Europe, gardent toujours les adresses de leurs parents. Beaucoup d’entre eux posent une demande pour avoir des passeports européens. - "Israël" a connu plusieurs défaites. La guerre de 1973. La première Intifada de 1987. La retraite israélienne du Sud du Liban. La deuxième Intifada. Et surtout la sixième guerre perdue devant le Hezbollah, guerre qui a démontré que l’armée israélienne n’est plus invincible. - Les opérations de qualité exécutées par les factions de la résistance palestinienne ont perturbé l’Entité sioniste au niveau militaire comme au niveau des renseignements. - L’état-major israélien a reconnu que son établissement militaire est usé. - Les données démographiques sont au profit des Arabes. C’étaient ces données qui avaient poussé l’Entité sioniste à lancer la déclaration de l’Etat juif, une déclaration approuvée par le Congres américain, des mesures destinées à déporter la population arabe et à fermer la possibilité aux déportés de retourner aux territoires palestiniens occupés en 1948. Finalement, on remarque que la résistance s’est démontrée bien consciente de la nature du conflit et bien croyante en son droit national et légitime. Elle n’a pas cédé au mensonge lancé par ces systèmes politiques arabes qui disent que l’Entité sioniste reste un sort inévitable. La résistance pourra être fière d’avoir pu démontrer que cette région du monde reste imprenable. Mohammed As-Saroudjy Article traduit et résumé par le CPI 29/09

5-3 Analyse de CAPJPO-EuroPalestine : Enlèvement et assassinat d’un palestinien par des colons israéliens.                                                                                    Chères amies, Chers amis, Pendant que le monde craque de toutes parts sous les coups de boutoir des magouilles financières des uns et des guerres engagés par les mêmes, Israël serre chaque jour d’un cran supplémentaire la vis destinée à étrangler les Palestiniens. Ce samedi 27 septembre après-midi un jeune berger palestinien de 18 ans, Yahia Ateya Fahmi Bani Maneya, du village d’Aqraba au sud-est de Naplouse a été enlevé et assassiné de 20 balles dans le corps par des colons. Soyez certains que l’impunité leur est garantie. Personne ne viendra remettre en cause cette "civilisation" ou ces barbares made in Israël. Barbares qui ne font qu’imiter ce que pratiquent leur gouvernement et leur armée en toute légalité. Un pays, rappelons-le, qui tire sur des individus avec des missiles : ces fameux "assassinats ciblés" qui laissent des enfants et des femmes amputés des bras et des jambes, dans la Bande de Gaza, mais que l’on ne se risque pas à nous montrer dans les reportages télévisés. Autre trouvaille : le gouvernement israélien veut désormais imposer les uniformes orange de Guantanamo aux prisonniers palestiniens ! Un comité de prisonniers appelle à l’aide contre cette nouvelle décision destinée à stigmatiser les 11.000 otages palestiniens, qui non seulement ne bénéficient pas du statut de prisonniers politiques, qui sont soumis à la torture, et que l’on voudrait assimiler à des terroristes. Nous vous appelons à réagir contre ce nouvel acte de barbarie. Nous vous proposons d’organiser des défilés de détenus là où vous résidez et appelons à une mobilisation sur ce thème le week-end du 11 et 12 octobre prochains. Merci à tous ceux qui sont d’accord pour y participer de nous envoyer leurs coordonnées par retour de mail. Toutes vos suggestions d’actions sont également les bienvenues. Des comités de soutien à Salah Hamouri, jeune prisonnier franco-palestinien condamné à 7 ans de prison pour avoir eu des "mauvaises pensées" (sic) en passant à Jérusalem devant le domicile d’une personnalité israélienne d’extrême-droite, se créent actuellement dans toute la France. Denise Hamouri, la mère de Salah, de passage à Paris, a donné le coup d’envoi le 18 septembre dernier, à la première réunion de ce comité national, qui réunit de nombreuses personnalités et toutes les associations qui luttent pour la libération des 11 000 résistants palestiniens emprisonnés en Israël. Nous saluons cette initiative commune, nous vous appelons à rejoindre ces comités partout où ils existent, et à en créer là où il n’y en a pas encore. Salah Hamouri, ni aucun autre des prisonniers et prisonnières palestiniens ne doit être contraint de porter ces uniformes orange ! Nouvelle provocation : la construction d’une synagogue à 40 m de la mosquée Al-Aqsa ! Toujours à la recherche de nouvelles provocations, Israël a entamé le mois dernier la construction d’une rampe le long du côté ouest de la Mosquée Al Aqsa dans la Vieille Ville de Jérusalem-Est, au risque d’endommager l’un des murs du sanctuaire. Le projet de synagogue doit servir de passage pour se rendre au mur des Lamentations et formera une nouvelle zone touristique complétée par 70 logements pour une colonie surplombant la mosquée Al Aqsa et le Dôme du Rocher. Israël cherche de toute évidence à mettre le feu aux poudres, afin de "finir le travail" comme diraient les partisans du nettoyage ethnique. Affamés, emprisonnés, assassinés, les Palestiniens résistent toujours, et apprécient chaque bouffée d’oxygène que nous sommes en mesure d’insuffler. (Merci, à ce propos à ceux qui ont envoyé un don pour les enfants de prisonniers et de martyrs de Naplouse, à l’occasion de la fête de l’Aïd Al-Fitr. Nous leur ferons parvenir demain a somme de 1500 euros). Combien de temps encore les dirigeants israéliens pensent-ils pouvoir tenir par le seul usage de la force ? On peut effectivement faire taire beaucoup de gens en les terrorisant. Le régime des camps, à l’Ouest comme à l’Est, celui des massacres perpétrés dans de nombreux pays, des dictatures mises en place ici et là, des divisions instaurées un peu partout au profit de quelques uns, est certes d’une efficacité redoutable. Créer un environnement hostile, permet de justifier la multiplication et la sophistication des armes, des méthodes "sécuritaires", des murs, des barbelés, des barrages, des "incursions" et des kidnapping, tout en prétendant mener la "guerre contre le terrorisme". Mais pendant combien de temps ? Amicalement, CAPJPO-EuroPalestine 29 septembre

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n°389 - Dossier de Palestine -03-10- Fin - « Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus »

n°389 - Dossier de Palestine -03-10- Fin  -   « Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus »

Dossier de Palestine     Fin    

N°389                               03-10                                                     Par M.Lemaire    


5 Analyse - Géopolitique et stratégie          Suite-  

5-4 Analyse de Daniel Bendayan : Israël : Avenir politique incertain.                           5-3 Analyse de CAPJPO-EuroPalestine : Enlèvement et assassinat d’un palestinien par des colons israéliens.                                                                       6 Annexe                                                                                                                                                 6-1 Une histoire oubliée dans la bande de Gaza: Le massacre du 1er mars 2008.                                                                                                                                                             6-2 Myriam Abraham : Armement Sécurité Stratégies Militaires.                                  6-3 Maxime Vivas : Quand la Doha montre la thune, Ménard file au Qatar


5-4 Analyse de Daniel Bendayan : Israël : Avenir politique incertain.
Le Quartet diplomatique pour le Moyen-Orient (USA, UE, ONU, Russie) a pressé Israël et les Palestiniens de mettre tout en œuvre pour arriver à un accord de paix avant la fin de l’année. Cette demande a été faite après une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, à la demande la Ligue
Arabe
, sur l’expansion des localités juives en Judée-Samarie.
Le communiqué d’après Conseil a montré des efforts concertés pour aboutir à une position pondérée. Il a d’abord été souligné les progrès réalisés dans la prise de contact entre les parties en présence, mais il a aussi été enjoint à chacun de s’abstenir de toute action qui pourrait saper ou compromettre les résultats des négociations.
Pendant la session, le Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, a montré aux membres du Conseil une carte qui selon lui représenterait l’expansion des « colonies », ajoutant, à l’instar de l’Arabie Saoudite et de
la Ligue Arabe , que l’on devait mettre un terme à la « diplomatie des colonies » et à la « colonisation israélienne dans les territoires palestiniens ».
Le Secrétaire général de
la Ligue Arabe , Amr Moussa, a fait part de son scepticisme. Il a rappelé qu’il ne restait plus que 3 mois avant la fin de l’année 2008 et qu’il n’y avait pas le moindre signe d’émergence d’un Etat palestinien.
Condoleeza Rice,
la Secrétaire d’Etat américaine, a rappelé pour sa part, qu’il y a moins d’un an, aucun processus de paix n’était engagé.
L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Gabriela Shalev, a indiqué : « Nous privilégions une solution à deux Etats. Nous continuons de négocier avec le Président palestinien. Israël est préparé, si les conditions arrivent, à faire des concessions douloureuses en ce qui concerne le problème des « colonies » ».
Et alors que du côté palestinien, on craint que le changement de gouvernement au sein de l’Etat juif ne vienne compromettre encore davantage les minces espoirs de voir aboutir les objectifs formulés à la conférence d’Annapolis, le Premier ministre désigné, Tsipi Livni multiplie les efforts pour former une coalition viable.
Si de nouvelles élections devaient avoir lieu, cela remettrait en cause les acquis négociés par elle-même et Ehoud Olmert dans le processus de paix avec les palestiniens. Le temps lui est donc compté, d’autant plus que les palestiniens l’ont mis en garde en cas d’échec du processus
avant fin 2008.
Dans ce contexte, la politique extérieure joue un rôle primordial dans la formation de son gouvernement.
À ce titre, le ministre de
la Défense et leader du parti Travailliste Ehoud Barak devrait demander à Tzipi Livni, de conduire les négociations avec la Syrie et, selon des sources proches de son parti, d’être entièrement impliqué dans tous les aspects des pourparlers avec les Palestiniens.
Livni avait promis à Barak un partenariat entier, sincère et de longue durée dans la « direction des affaires de l’Etat ». Elle s’était aussi engagée à tenir compte de la position du parti Travailliste en tant que partenaire clef dans le gouvernement.Cependant, une source proche de Barak a déclaré que « les négociations de la coalition ne seront pas simples ».
Les négociations se poursuivent également au sein de Kadima. Vendredi dernier, Tzipi Livni a rencontré le ministre des transports Shaoul Mofaz. C’est la première fois qu’ils ont une conversation depuis les primaires. On s’attend à ce qu’ils se rencontrent de nouveau dans une semaine.
Selon des associés du leader de Kadima, Mme Livni souhaiterait le retour de M. Mofaz aux affaires et à un poste clef au sein du gouvernement. Dans le cas où Tzipi Livni arriverait à former un gouvernement, il n’est pas exclu que Mofaz se voit confier le portefeuille des Affaires étrangères et le poste de Vice Premier Ministre.
« Nous considérons que Mofaz est un partenaire important pour le leadership de Kadima et pour le prochain gouvernement » a déclaré un de ses associés. À la suite de sa défaite aux primaires, Mofaz avait surpris tout le monde en annonçant son retrait de la vie politique.
Rien ne semble plus incertain.
Selon des sources de Kadima, les projets de Mofaz sont inconnus : « de fortes pressions sont exercées sur lui, aussi bien d’activistes sur le terrain que de la direction de Kadima, pour un retour à des activités politiques, cependant rien n’est sûr pour le moment ».
Dans l’hypothèse où Mofaz accepterait de rentrer dans un nouveau gouvernement, jouera-t-il les « Monsieur Sécurité » ou suivra-t-il la ligne de Livni ? L’issue des futures négociations avec les Palestiniens pourrait en dépendre, surtout si Mofaz devenait ministres des Affaires étrangères.
Il devient clair que Tzipi Livni ne manque pas de détermination pour former un gouvernement le plus rapidement possible.
Des membres de l’équipe de Livni doivent également avoir des discussions avec des membres du parti orthodoxe Shas.La question des allocations familiales devrait être à nouveau mise sur la table. Quant à M. Netanyahou, il a rejeté mardi dernier l’appel de Tzipi Livni à former un gouvernement d’Union nationale.
Consciente du fait que sa victoire n’a tenu qu’à un fil lors des primaires de Kadima, T. Livni sait qu’elle ne sera pas en position de force si des élections anticipées devaient avoir lieu. Elle préfère donc tirer profit de l’opportunité qui lui est donnée en devenant Premier Ministre
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Par Daniel Bendayan pour Guysen International News
Dimanche 28 septembre 2008 à 18:51

http://www.guysen.com/articles.php?sid=8157


6 Annexe 6-1 Une histoire oubliée dans la bande de Gaza: Le massacre du 1er mars 2008.
 23/09 L’horrible politique israélienne de punition collective a eu un grand impact sur la vie des civils dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Ces gens qui sont punis sans raisons, font partie de la région où ils vivent. Dans la bande de Gaza, le siège imposé depuis plus d'an, frappe toujours. La Cisjordanie est encore sous contrôle total de l'armée israélienne et les colonies avalent de plus en plus de terres palestiniennes.
Dans la bande de Gaza où j'habite, il y a de nombreuses histoires cachées de ceux qui sont punis!
J’ai appris dernièrement l’histoire de gens qui ont été gravement blessés par l'armée israélienne. J'ai fait tous les efforts pour recueillir les données, j’ai pris mon appareil photo et je suis allé leur rendre visite! Dans la maison, j'ai été choqué par ce que j'ai vu, des personnes innocentes, sans jambes, mais le cœur terrifié et triste ! «C’était un matin nuageux, confus et effrayant. Mon cœur battait très vite et mon fœtus de 7 mois n'arrêtait pas de bouger. Plus les minutes avançaient, plus mon cœur palpitait jusqu'à ce que le moment décisif soit arrivé. J'ai vu des jambes amputées et j'ai eu le visage couvert de sang." raconte Maha C’est arrivé le 1er mars 2008, le jour où Israël a annoncé officiellement qu’un holocauste était en cours à Gaza et où au moins 140 personnes innocentes ont été massacrées. La plupart d'entre elles étaient des enfants et des civils qui ont payé le prix pour les tirs de roquettes Qassam des militants sur Israël! Maha, Jaber et Fatima se trouvaient dans leur appartement au 5ème étage. Maha, enceinte, habillait sa fille de trois ans, Fatima, lorsque l’arme de destruction a frappé leur balcon. L'obus est tombé directement et a ensuite traversé cinq murs de l'appartement avant de s’arrêter. L'arme de destruction a allumé un incendie dans la cuisine quand les bombonnes de gaz ont explosé. Il semble que Maha, la mère, sa fille Fatima et leur neveu Jaber étaient directement visés par l’arme de destruction israélienne.
Maha m'a raconté qu’elle a été touchée sur la quasi-totalité de son corps par des éclats d'obus et à ce moment-là, elle a vu voler une jambe, du sang et des os. «J'ai entendu ma fille pleurer et gémir. Son corps était couvert de décombres et son sang coulait de son petit corps. J'ai essayé de l'aider mais je ne pouvais pas en raison de mes blessures extrêmes."
Maha a perdu son pied gauche et le mollet de sa jambe droite. Maha a maintenant un pied en plastique grâce à des médecins turcs mais elle est loin d'avoir récupéré. Jaber, 15 ans, était assis sur une chaise en plastique dans la salle de séjour. Il était triste, déprimé et frustré à son sujet! Il m'a dit : "Un obus m’a détruit. Je suis maintenant détruit. Je suis maintenant inutile. Je ne peux rien faire par moi-même, je n'ai pas de jambes." Jaber n'était pas en mesure de continuer à parler. Il a fondu en larmes en raison de l’amputation de ses deux jambes qui l’ont rendu totalement dépendant de sa famille. Sa détresse m’a bouleversé et j’ai pleuré moi aussi! La petite Fatima fait des cauchemars tous les jours, elle est nerveuse et est devenue renfermée, déprimée et introvertie. Les médecins ont prescrit une réadaptation psychologique à cette innocente qui a eu son enfance massacrée par le cycle de la violence! La famille a été d'abord soignée à l'hôpital local d'Al Shifa. Maha a été soignée sans aucune anesthésie car elle était enceinte. Après elle a été envoyée en Turquie où elle a accouchée son bébé, qui a reçu une identité turque avant leur retour à Gaza il y a 20 jours. Maintenant, Jaber a peut-être une chance d’aller se faire soigner en Israël, pour avoir des prothèses numériques pour ses jambes ! Maha a encore l'espoir de repartir se faire soigner à l’étranger pour avoir une prothèse numérique pour son pied ! Fatima fait toujours des cauchemars et est introvertie! Jaber est accablé par la tristesse Par Sameh A. Habeeb Voir l’ensemble des photos : Source http://www.gazatoday.blogspot.com/    http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7liCpqkOEympvBkXguYH4NiFhYS%2flKHwAwwHIMGpYNHmWXNJfsmv3IS2zs5uHndsRMwpeXHShWE4RgVkUMtruNR%2bfyLQkLgAdX6KVBy6d%2fCo%3d
6-2 Myriam Abraham : Armement Sécurité Stratégies Militaires. D'anciens officiers militaires et du Renseignement Israélien mènent des activités de Coopération Sécuritaire dans des Pays Arabes Selon un article du quotidien israélien Haaretz du jeudi 18/09/08, des douzaines d'anciens officiers militaires israéliens et un grand nombre d'agents du Mossad et du Shin Ben (Shabak – sécurité intérieure) sont actifs dans plusieurs pays arabes du Golfe en partenariat avec certaines institutions de ces pays. Les pays en question entretiennent des relations privilégiées avec les Etats Unis et les services de sécurité israéliens y sont actifs par le biais d'agences de sécurité étrangères spécialisées qui y ont développé leurs activités.
Selon l'article du Haaretz, les officiers de sécurité ont développé un large éventail d'activités dans les pays du Golfe dont le montant atteint des dizaines de millions de dollars. Parmi celles- ci : l'entraînement du personnel de sécurité arabe au maniement d'armement sophistiqué, d'équipement d'espionnage, de techniques de protection aux frontières, de techniques pour contrer des kidnappings, pour déjouer des coups d'état, et des tentatives pour occuper des installations stratégiques telles que les raffineries de pétrole.
L'article mentionne également plusieurs noms d'ex officiers israéliens de sécurité haut gradés qui participent à ces programmes d'entrainement dont Giora Island, ancien Directeur du Conseil de Sécurité National Israélien, et le général Doron Almong. De plus, plusieurs sociétés dont certaines liées à l'IAI ( Israéli Air force Industries ) sont également actives dans le Golfe Arabe sous supervision directe de
la Sécurité Intérieure Israélienne.
Ainsi, la société suédoise internationale AGT qui a été créée par l'homme d'affaires israélo américain, Mani Kochavi, a remporté dans l'un des Emirats Arabes du Golfe un contrat de plusieurs centaines de millions de dollars US pour mettre en place un projet conçu par
la Sécurité Intérieure Israélienne. Le quotidien Haaretz précise que le journal Al Zawiya, basé dans le Golfe Arabe avait déjà mentionné ce contrat en mars 2008.
Kochav dirige également le STG ( Sentry Technology Group) l'une des sociétés qui a réussi à se développer rapidement dans le domaine de la sécurité aux Etats Unis.
La STG est également partenaire de l'IAI (Israéli Air Force Industries – Industries de l'Armée de l'Air Israélienne, entreprise étatique) qui vend des équipements et technologies de pointe allant de pair spécialisés dans la sécurité des aéroports aux Etats Unis et dans d'autres pays, dont des pays du Moyen Orient.
Récemment
la STG a acheté des équipements pour plusieurs dizaines de millions de dollars US à des sociétés israéliennes qui sont spécialisées dans le développement de programmes de surveillance et de contrôle.
Kochavi embauche des douzaines d'officiers, dont certains hauts gradés qui ont travaillé auparavant dans l'armée israélienne, ainsi que des officiers venant de l'IAI, et des officiers qui ont travaillé pour le Mossad et le Shabak. Un porte parole de Kochavi a dit que toutes les activités de la société étaient menées sous la supervision de l'Agence de Sécurité Israélienne et toutes ses branches affiliées.
Kochavi est un israélien qui s'est installé aux Etats Unis et a fait fortune dans l'immobilier. Ces dernières années, et surtout après les attaques du 11 Septembre, il a été impliqué dans
la Sécurité Nationale aux US et a développé des relations avec des agences de sécurité israéliennes. Puis il a commencé à embaucher d'anciens officiers hauts gradés de la sécurité israélienne pour faire fructifier ses affaires.
Les agences de sécurité israéliennes sont très actives dans le développement du complexe sécuritaire industriel dont les activités ont explosé ces dernières années, non seulement en Israël mais aussi partout dans le monde se nourrissant de l'obsession sécuritaire instillée dans le champ du politique et du social, et pour lequel les militaires israéliens et leur direction politique - qui en fait ne font qu'un - ont mené une campagne de propagande intensive, notamment en propageant le mantra qu'ils ont fabriqués et qui a été repris après le 11 septembre par l'Administration Bush de « guerre contre le terrorisme ».
Ces agences de sécurité encouragent aussi le développement des industries de l'armement en Israël et l'exportation de leurs produits, notamment vers plusieurs pays arabes, spécialement ceux qui ont de bonnes relations avec les US.
Cependant, en remettant entre les mains des israéliens leur sécurité, ces pays arabes irresponsables se livrent d'eux-mêmes à leur pire ennemi et aident à la prospérité économique d'un régime qui depuis 60 ans procède au génocide du peuple palestinien, y collaborant ainsi indirectement.
Myriam Abraham 28 Septembre
http://www.planetenonviolence.org/D-anciens-Officiers-Militaires-et-Du-Renseignement-Israelien-Menent-Des-Activites-De-Cooperation-Securitaire-Dans-Des_a1685.html?PHPSESSID=a8a9d0cfef8fa782c923fbe6c6be5d0f

6-3 Maxime Vivas : Quand la Doha montre la thune, Ménard file au Qatar.
Coup de théâtre dans le Landernau médiatique, vendredi 26 septembre 2008 : Robert Ménard, parti pour être big chief à vie de l’association RSF la quitte précipitamment avant mardi. On dirait un licenciement de cadre ou de présentateur de la télé : "T’es viré, rend l’ordinateur et le badge de parking, tu vides ton bureau lundi et mardi t’es plus là".

Les explications zigzagantes de cette chute démontrent leur improvisation.

On a d’abord parlé de problèmes de santé, puis de lassitude avant que l’intéressé ne démente. Donc, alors qu’il est en pleine forme, qu’il se félicite publiquement de voir l’association bourrée d’euros et de dollars et très médiatisée dans le monde entier, Ménard saute par la fenêtre sans préavis. Et sans parachute (doré ? Voir plus loin). « Cela fait deux ans que j’y pensais » affirme-t-il. On sait ce que vaut une affirmation ménardienne. Les innombrables journalistes qui l’interviewaient sans désemparer, à qui il racontait sa vie, son œuvre, sa famille, ses espoirs tombent des nues. Démissionnaire, il perd des indemnités, lui, qui aime l’argent. Payé plus de 5000 Euros par mois sans compter les avantages annexes, il se retrouve sans job, le week-end passé. Deux ans qu’il y songeait mais à la question posée vendredi : « Vous partez pour quoi faire ? » il bafouille de première. Il est « plein d’envies et plein de souhaits », il va voir si sa femme l’embauche dans sa revue Média (trimestrielle et confidentielle), il va monter une maison d’édition (il eût dû commencer à la mettre en route, depuis deux ans), il va peut-être faire de la politique, lancer un nouveau journal. Bref, décryptons : vendredi 26 septembre, il ne sait pas, il est psychologiquement à la rue. Mais le plus beau bobard de Ménard, je veux dire le plus comique, celui par lequel il prouve qu’il a toujours pris les journalistes et les lecteurs pour des abrutis est le suivant : Il fallait à RSF quelqu’un qui connaisse mieux Internet que moi. Ô discrédit des journalistes dont aucun recevant cette galéjade n’a bondi pour s’écrier : « Mais la plupart des grands patrons, des ministres ne touchent jamais un clavier. Chirac ne savait même pas ce qu’était une souris ! Qu’est-ce que vous nous chantez-la ? » Ils nous auraient, impassibles et polis, pareillement transmis la réponse de Ménard si elle avait été : « Je pars parce que j’arrive pas à régler le fauteuil de mon bureau » ou « J’ai deux téléphones dans le bureau, je sais jamais lequel sonne » ou « Depuis qu’on m’a volé l’ordinateur portable, j’en ai un nouveau, mais je n’arrive pas à ouvrir la fermeture éclair de la sacoche ». Robert Ménard qui a grandi avec RSF dans la dissimulation et le mensonge , quitte RSF en lançant des rafales d’ultimes impostures que ses successeurs doivent assumer sur leurs fonds baptismaux. Cela commence mal pour son successeur Jean-François Julliard.En l’absence de vérité, la duperie étant établie par la multiplication de réponses à géométrie variable et à haut niveau de bêtise, il reste des hypothèses. En voici cinq dont je tiens pour probable qu’une, au moins (voire plusieurs), tape dans le mille. 1 – Viré par l’Elysée. La classe politique, exaspérée, renvoie à la niche le toutou tout fou qui mord la main de l’Etat français qui le nourrit depuis des années et qui lèche celle de Bush. Vu sur le site de RSF : « Le 9 octobre prochain, Robert Ménard publie un ouvrage intitulé « Des libertés et autres chinoiseries » aux Editions Robert Laffont, dans lequel il revient sur la campagne pour le boycott de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Récit inédit sur les coulisses et les négociations secrètes menées autour des Jeux, ce livre est aussi un essai mordant sur la presse, les droits de l’homme et les lâchetés de la classe politique. » Il est vraisemblable que « la classe politique » a déjà lu ce livre avant sa mise en librairie et qu’elle n’a pas aimé ça. Ménard injurie Sarkozy qu’il a traité de « lâche » pour avoir été brièvement à Beijing où le fidèle sponsor de RSF, Bush, a séjourné plusieurs jours sans être injurié par notre ONG, par l’opinion publique états-unienne ou la nôtre. Est-ce que le Pouvoir a jeté le citron pressé Ménard afin de sauver RSF si utile pour effacer les syndicats de journalistes, escamoter les problèmes de la presse en France et ceux du droit à l’information ? Les médias ont commencé à évoquer ce que des sites Internet démontrent depuis des années : les liens de RSF avec les USA. Un journaliste du Figaro, Eric Zemmour, va jusqu’à affirmer à le télévision que RSF est manipulée par le CIA. Première hypothèse donc : L’Elysée en a usé avec Robert Ménard comme pour des journalistes de la presse écrite et de la télé : « Viens ici, t’es viré, et surtout, tais-toi ». Comment ? Avec quels moyens de pression ? La menace de laisser les médias populariser vraiment le livre « La face cachée de Reporters sans Frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » récemment réédité (éditions Aden) a-t-elle suffi ? Il serait présomptueux de le dire. Mais il est juste de prétendre (pub) qu’on saisit mal les ingrédients de la puissance de RSF et en même temps de sa fragilité sans avoir lu cette enquête. Après 5 mois d’omerta, la presse française, comme sur un coup de baguette magique, a découvert ce livre en groupe serré, dans la semaine (le lendemain pour les plus rapides sortant d’un coma hibernal) qui a suivi les incidents de la flamme olympique à Paris. L’Elysée dispose-t-il d’un dossier complémentaire pour obtenir si vite, si brutalement, le départ et le silence de Ménard sur les vraies raisons de son départ. L’avenir (ou le Canard Enchaîné ?) nous le dira. 2 - Ménard a été viré en cadeau de la France aux Chinois en colère. L’affront fait à la Chine le 9 avril à Paris n’est pas pardonné et la plaie ouverte sera longue à se refermer. Faute d’informations dans les médias français sur RSF, les Chinois sont venus les chercher auprès de moi. Plusieurs exemplaires de mon livre ont été achetés par leur ambassade en mai pour envoi en Chine et traduction à destination de leurs médias et des autorités politiques. Après la soudaine et brève ruée des médias français, j’ai donc vu déferler vers moi les médias chinois, avec la même force, sauf qu’ils ne se retirent pas. Sur le moteur de recherche chinois (baidu.com), les articles qui font référence à mon livre sont nombreux. La presse écrite chinoise en parle beaucoup. Radio Chine International arrose la planète depuis le mois de juin, en diffusant en 45 langues (dont l’Esperanto !) une interview que je lui ai accordée en mai. Ces jours-ci encore, je suis averti de la parution d’articles inspirés de mon livre dans deux journaux chinois à gros tirage (500 000 et 3 millions d’exemplaires). Et ça n’arrête pas depuis le passage de la flamme olympique à Paris et les exploits de Ménard. Nos diplomates en poste en Chine, nos entreprises ont vu cette contre-attaque médiatique continue. Qu’elle se poursuive sans faiblir presque six mois après le camouflet français indique que les dégâts sont profonds. On se souvient que Paris a envoyé au mois de juin à Beijing des émissaires de haut niveau : Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et Christian Poncelet, président du Sénat qui ont demandé à être reçus par le président chinois, Hu Jintao. Plus récemment, preuve que rien n’est aplani, Nicolas Sarkozy a reçu à l’Elysée la jeune Jin Jing, athlète chinoise handicapée, bousculée par les fanatiques chauffés à blanc par RSF lors du passage de la flamme olympique qu’elle défendit avec courage. Cette jeune fille est devenue une héroïne nationale en Chine, symbole vivant d’un « racisme français anti-chinois ». Le film de sa résistance a été passé en boucle à la télévision chinoise. Un journaliste chinois en poste depuis 15 ans en France, amoureux de notre pays, me confiait récemment : « J’étais en Chine il y a quelques semaines, j’ai constaté, avec une profonde douleur, la montée d’un sentiment anti-français dans la jeunesse chinoise ». Le rétablissement de relations amicales (établies par le général De Gaulle) culturelles et commerciales normales entre la France et le pays le plus peuplé du monde passait-il par l’élimination du responsable du désastre ? C’est une hypothèse à retenir. 3 - Ménard est lâché par les USA. Les liens de RSF avec des vitrines écrans de la CIA commencent à être des secrets de Polichinelle. Des milliers d’articles y sont consacrés sur la Toile dans de nombreuses langues. Des livres de librairie traitent cette question. Les médias officiels commencent à briser la loi de l’omerta. Il faut dire que, s’agissant de griller RSF, Collin Powel y est allé de sa gaffe. Dans son rapport Commission for Assistance to a free Cuba (458 pages) qu’il a remis en mai 2004 à Georges Bush, il en appelle fiévreusement aux ONG (NGOs, Non-Governmental Organizations) à presque toutes les pages (et jusqu’à dix fois à la page 77) pour aider son pays. Mais (page 20) une seule est citée en exemple : Reporters Sans Frontières (Reporters Without Borders). Des documents se déclassifient aux USA. Des journalistes d’investigation comme Diana Barahona, des avocats de droits de l’Homme, comme Eva Golinger, s’appuyant sur des lois états-uniennes, demandent des comptes aux organismes distributeurs des subventions votées par le congrès. Et le transfert de fonds d’officines écrans de la CIA , que les comptes publics publiés par RF sur Internet occultaient naguère, est désormais prouvé, au dollar près. RSF commence à être nue. Dans ses innombrables apparitions dans les médias, Ménard se défend mal : arrogant, agressif, il injurie ses contradicteurs et ment avec une impudence qui scandalise. Il n’est plus the right man in the right place. 4 - Ménard a trouvé une autre gamelle dans une dictature arabe. Une dépêche d’Associated Press tombée dimanche 28 septembre à 16 heures 40 nous annonce un spectaculaire rebond de Ménard pendant le W.E. en direction de Doha, au Qatar, pays d’Al Jazeera, chaîne arabe honnie par les USA, lesquels ont fait subir à des journalistes des enlèvements, assassinats, séquestration sous l’œil placide de RSF. Une information livrée le 28 septembre sur la Toile par l’Express est plus explicite : sous le titre « ROBERT MENARD QUITTE RSF POUR ALLER AU QATAR » l’hebdomadaire explique : « Il dirigera Centre for Media Freedom à Doha » avec « des privilèges d’un sultan de la presse mondiale ». Le Qatar est un pays peuplé de moins d’un million d’habitants, gorgé de pétrole et dirigé par un cheikh, mot arabe qui veut dire dictateur. RSF est cofondatrice (décembre 2007) avec l’émirat du « Centre pour la liberté de l’information ». Robert Ménard en est le directeur général. Dans son Centre, une maison d’accueil de journalistes femmes a été ouverte, il va s’en ouvrir une pour les hommes. Tout est bien, personne ne se mélange. D’après Associated Press, Ménard se félicite du soutien de cheikha Moza bint Nasser al-Missned, considérée comme la plus influente des épouses de l’émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Ménard concède que l’émirat, 79e du classement 2007 de la liberté de la presse de RSF, peut encore « faire des progrès en la matière ». Et pas qu’en cette matière, d’ailleurs. En effet, le Qatar connaît-il des déficits de démocratie uniquement avec la presse ? Non. La palette est large si l’on en croit l’organisation Amnesty International. Les tribunaux continuent de prononcer des condamnations à mort et des peines de flagellation, « Les autorités n’ont pris aucune mesure appropriée pour mettre fin à la discrimination et aux violences contre les femmes ». Les travailleurs migrants sont durement exploités, certains ne sont pas payés, ceux qui protestent sont interpellés, maltraités, puis ont été renvoyés dans leur pays. Après une visite au Qatar la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants, a exprimé sa préoccupation à propos des travailleurs immigrés victimes de traite d’êtres humains. On compte 22 prisonniers au moins sous le coup d’une sentence capitale. Aucune enquête n’a été menée par les autorités du Qatar sur les actes de torture et les mauvais traitements qui auraient été infligés à au moins 31 prisonniers condamnés pour leur participation présumée à une tentative de coup d’Etat. Le droit du Qatar ne comporte pas une définition de la torture conforme aux normes internationales, les procédures d’arrestation et de détention sont susceptibles de favoriser le recours à la torture contre les suspects. Abdullah Hussein Ali Ahmed al Malki a été privé de sa nationalité pour avoir critiqué e les autorités lors d’une émission de la chaîne de télévision Al Jazeera, en mai 2005. Bref, Ménard frétille à l’idée de travailler pour une dictature monarchique polygame ou la violence contre les femmes n’est pas illégale, où la presse est malmenée, les travailleurs traités comme des esclaves, tandis que perdurent la flagellation, la torture et la peine de mort. 5 - Le départ de Ménard précède un aggiornamento de RSF. Les USA, les pouvoirs publics, le MEDEF ont besoin d’ONG vierges. Est-il possible de re-toiletter la façade de RSF ? Si oui, l’illusion sera de courte durée. Chat échaudé… A l’encontre, observons que les départs des caudillos s’accompagnent souvent de ruptures avec les méthodes et les orientations antérieurs. Espérons que le successeur de Ménard, Jean-François Julliard, avec qui j’ai échangé des mails courtois (malgré nos désaccords et la menace publique de procès exprimée par RSF à mon encontre) pendant l’écriture de mon livre saura recadrer RSF vers un travail d’ONG au service de la presse, des lecteurs, des journalistes. Inutile donc de démarrer un procès d’intention, inutile même de brûler d’impatience, de guetter dès aujourd’hui des signes de changements. Laissons à RSF sans Ménard le droit à un délai, accordons-lui un Etat de grâce, octroyons-lui le temps nécessaire à amorcer un virage. N’ergotons pas sur son élémentaire liberté de faire son travail sans forcément chercher à plaire à tous, pourvu que l’éthique s’installe dans un bureau laissé vacant. 30 septembre 2008 © LE GRAND SOIR - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources Source : Le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info/... http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Maxime_Vivas...


Palestine,Israël,Olmert,colonialisme, Gaza ,Bush, Hamas,Fatah

04/10/2008

n° 388 - Journal de Palestine - 22-09 au 02-10 -Début- Olmert : le faucon se pose en colombe.

n° 388 - Journal  de Palestine -  22-09  au  02-10  -Début- Olmert : le faucon se pose en colombe.

Journal de Palestine                                  

N°388                      22-09   au   02-10                   Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire

1 Résistance Détails par région:

2 Décompte des pertes humaines

3 Politique Palestinienne Politique Israélienne

-Suite –

4 Politique internationale des territoires occupés 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Checkpoint de Qalandia, Septembre 2008.                                                                       5-2 Un gang de dizaines de colons attaque,                                                                          5-3 Attaque israélienne du premier mai 2008.                                                                          5-4 Depuis Annapolis, plusieurs violations de la feuille de route.                                   5-5 Les Etats Unis déploient le radar X-Band dans le Néguev, en Israël.                   5-6 Le Forum des journalistes appelle l'autorité de Ramallah à libérer les journalistes captifs.                                                                                                                            5-7 Comment fut inventé le peuple juif ».

6 Les brèves

6-1 La fabrique d’armes nucléaires d’Israël cachée sous le désert du Néguev.  6-2 Le Pentagone veut vendre les avions de chasse’ F-35’ à Israël.                         6-3  Un radar anti-missile US en Israël.                                                                                    6-4 Israël craint le déclenchement d’une 3e intifada.                                                           6-5 Maariv dévoile un document de mesures sécuritaires israéliennes.                    6-6 La logique trompeuse de « la paix par l’économie ».                                                6-7 Israël : Olmert favorable à des retraits.                                                                            6-8 L’occupation israélienne reconnaît être la cause de la pollution de l’eau potable de la Cisjordanie.                                                                       -Suite & fin 6-9 Le dirigeant palestinien Ahmed Youssef  appelle le Quartet à modifier sa politique.                                                                                                                                                  6-10 Lavrov et Moussa appellent à la "stabilisation"25 septembre.                           6-11 Le passage de Sofa est fermé depuis plus de 10 jours.                                     6-12 Les FOI agressent la délégation de la commission européenne dans Nillin. 6-13 Les services d'Abbas envahissent le bureau des députés Al-Halaïka et Al-Zarer à Al-Khalil.

7 Dossier 7-1 Quel avenir pour Abbas ?

7-2 Point de vue de Sternhell: « Les partisans de l'occupation sont anti-sionistes 7-3 Point de vue de Christian Brunel : Olmert : le faucon se pose en colombe.  7-4 Point de vue de Saleh Al-Naami : De si utiles mercenaires...



22-09 au 02-10: Peuple Palestinien : 7 tués   -  x blessés                             Occupants              : 0 tué     - 19 blessés


1 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés                                           Résistance Maher : Notre peuple s'attache à la résistance et ne parie pas sur des solutions politiques injustes Le chef du front populaire pour la libération de la Palestine Maher Taher a affirmé que le peuple palestinien ne parie jamais sur des solutions politiques injustes, et qu'il va continuer à s'attacher avec force à sa résistance nationale. Il a confirmé que les Palestiniens refusent totalement tout renoncement à leurs droits légaux en faveur de l'occupation sioniste. Il a souligné que les négociations du groupe de Ramallah avec l'occupation sont arrivées dans une impasse. Maher Taher : "Malgré tous les complots contre la question palestinienne légitime, les Palestiniens vont continuer leur lutte légale face aux crimes de l'occupation et ne renonceront jamais à leurs droits, dont la ville sainte d'Al-Qods et le droit au retour des réfugiés palestiniens", "Les négociations avec l'occupation ont atteint l'impasse, et les Palestiniens n'ont de solution que de renforcer leur résistance nationale et de réaliser leur entente contre l'occupation", a-t-il souligné dans une déclaration exclusive au Centre Palestinien d'Information. Maher Taher a fortement condamné le silence ferme de la nation arabe et musulmane, considérant qu'elle néglige les principaux droits palestiniens dont la libération de la ville sainte occupée d'Al-Qods. 28/09

CPI

Le Hamas et le Djihad affirment leur attachement à Al-Qods et à la résistance
"Nous nous attachons fortement au serment d’Al-Qods et à la résistance nationale palestinienne, et il faut déployer tous les efforts et tous les moyens possibles pour la récupérer et faire échouer tout projet israélo-américain visant à sa judaïsation", ont affirmé deux hauts dirigeants du Hamas et du Djihad.
"La libération d'Al Qods est le devoir de tout Arabe et de tout Musulman", ont-ils affirmé.
Ces déclarations sont venues à l'occasion de la journée mondiale d'Al-Qods occupée, lors d'un repas du mois Ramadan organisé par le comité de soutien à la résistance, en présence du dirigeant du Hamas Dr. Mahmoud Al-Zahhar, ainsi que du dirigeant du Djihad islamique Nafez Azzam, de journalistes et d'intellectuels. Al-Zahhar a appelé la nation arabe et musulmane, ainsi que les peuples et les dirigeants, à prendre leurs responsabilités pour faire face aux violations continuelles de l'entité sioniste et de ses alliés, notamment des Etats-Unis. Il a averti de leur projet qui menace toute toute la région. Il a rappelé les crimes des Américains et des Sionistes dans plusieurs pays comme l'Iraq, l'Afghanistan, ainsi que leurs  tentatives qui menacent le Liban, la Syrie, l'Iran, la Somalie et le Soudan. "Malgré la dégradation de la politique internationale et de la justice, le projet de la grande Israël s'est complètement écroulé", a souligné Al-Zahhar, faisant référence aux déclarations de leaders de l'entité sioniste, notamment d'Ehud Olmert, qui avait reconnu cette réalité la semaine dernière. Pour sa part, Cheikh Nafez Azzam a montré le rôle historique des habitants des territoires palestiniens occupés en 1948, et il les a encouragés à reprendre leur grand devoir pour libérer Al-Qods.
Il a appelé les médias à démasquer les violations sionistes perpétuelles contre la mosquée sainte d'Al-Aqsa, qui visent sa destruction.

Gaza - CPI 25/9


La lutte pour la libération des territoires occupés                                                                    Au jour le jour Bande de Gaza                                                                                                          24-09 Cinq Palestiniens ont trouvé la mort dans l'explosion d'un tunnel creusé sous la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, a-t-on appris de source hospitalière. Le tunnel a été creusé à la hauteur de la ville de Rafah, qui se trouve à cheval sur la frontière, et la cause de l'explosion n'a pas été déterminée. AFP


Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967                                                                              23-09 Une voiture, conduite par un chauffeur palestinien originaire de Jérusalem-est, a percuté ce lundi soir un groupe d'Israéliens à Kikar Tsahal avant de finir sa course contre un mur, tué par les forces de l'ordre.  Il y a 19 blessés. La plupart des blessés sont des soldats. Deux d'entre eux se trouvent dans un état grave. Le ministre de la Défense a aussitôt demandé "la destruction de la maison de l'auteur de l'attaque à titre de dissuasion contre d'autres terroristes potentiels". euronews 28-09 Un berger palestinien de 19 ans a été retrouvé mort, tué par balles, en Cisjordanie, rapportent les autorités palestinienne et israélienne.
Deux adolescents ont vu une voiture appartenant à des colons juifs poursuivre Yihya Atta Bani Minya, du village d’Aqrabeh, et ont ensuite entendu des coups de feu, rapporte Ghassan Daglas, un responsable local palestinien.
AP

2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)

Civils & résistants tués                                                                            :  5.585

Palestiniens blessés                                                                               :  52.912 Internationaux blessés                                                                             : 201 (chiffre tout a fait minimal) (balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens) Arrêtés     :                                                                                            :  47.733

En prison :                                                                                             : 11.800 Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108                                                                                     Autres actes                                                                               Journalistes tués                                                                                      : 9 Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32                                        Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275                              2-2 Occupants:                                                                Israéliens  tués                                                                                        : 1.151                                                                                                                 ( 369 militaires/policiers) Israéliens blessés                                                                                     : 6.509                                                                                                                 ( 492 militaires/policiers)


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  

3 Politique a) Palestinienne                                                                                                                1-1 Processus de paix. Abbas : ' Nous demanderons aux Etats Unis de directement appuyer le processus de paix après les élections américaines' Recevant le Ministre espagnol des Affaires Etrangères Miguel Angel Moratinos au QG de Ramallah samedi soir, le président Abbas s'est adressé aux journalistes en disant : 'nous allons tout faire pour parvenir à un accord de paix avant la fin de 2008. Nous sommes contre tout accord intérimaire qui ne prend pas en compte toutes les questions sensibles.' Il a ajouté que 'fin septembre je me rendrai aux Etats-Unis pour discuter de l'avancée du processus de paix avec l'administration américaine. Nous demanderons aux Etats-Unis de directement appuyer le processus de paix après les élections américaines'. Le président a expliqué au Ministre espagnol les obstacles qui entravent le processus de négociations, notamment les activités liées aux colonies. Pour sa part, M.  Moratinos a réaffirmé le soutien de son pays à l'Autorité Nationale Palestinienne. Il a fortement critiqué la poursuite de colonisation par Israël, tout en appelant tous les partis concernés à travailler ensemble pour la paix  WAFA-  14/9
1-6 Gouvernement cherche coalition désespérément...                                             23-09 Le ministre palestinien de l'intérieur du gouvernement d'entente nationale, Saïd Siam, a fortement critiqué le président de l'autorité palestinienne, Abbas, et l'a considéré comme étant responsable de la continuation des désaccords palestiniens. "L'achèvement du mandat d'Abbas est un problème pour lui, et les désaccords palestiniens se sont produits sous sa présidence, il est donc le seul responsable de la situation désastreuse du peuple palestinien et des désaccords continuels", a ajouté Siam.
"Abbas a violé de manière flagrante la loi fondamentale palestinienne, notamment après le contrôle du Hamas à Gaza, alors que le monde poursuit son silence envers ses violations", a-t-il proclamé.
"Tout président doit avoir la confiance de son peuple, et tout prolongement du mandat d'Abbas après son achèvement sera illégal", a dit Siam.
Il a poursuivi : "En réalité, Abbas n'est plus le président du peuple palestinien, alors que les désaccords persistent, et il n'y a aucune autorité centrale", a-t-il souligné.
"Malgré les tentatives de certains rebelles pour provoquer l'anarchie et le chaos dans la bande de Gaza, la bande vit, actuellement, une  situation sécuritaire stable grâce aux efforts déployés par le gouvernement d'union nationale", a confirmé le ministre de l'intérieur. Gaza – CPI 23/09 29-09 Les factions palestiniennes  notamment le Fateh et le Hamas, participeront le 4 novembre au Caire à une réunion commune visant à la formation d’un gouvernement d’union nationale, a affirmé hier un haut responsable du Fateh. « Nous nous attendons à ce que le dialogue national palestinien se déroule le 4 novembre, sur un jour, dans l’optique de mettre un terme aux divisions entre Palestiniens », a déclaré à l’AFP Nabil Chaath, haut conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas. L’Égypte joue le rôle de médiateur dans les pourparlers visant à relancer le dialogue entre Palestiniens, divisés depuis que le Hamas a pris le contrôle de Gaza en juin 2007 M. Chaath a précisé que 13 factions palestiniennes participeraient à ce dialogue du 4 novembre, qui sera « suivi, une semaine plus tard, d’une réunion des ministres des Affaires étrangères arabes pour adopter tout accord ».                             29 septembre 2008.       L’Orient-Le Jour          http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&a...
1-9 Action & déclaration palestinienne contre la politique colonialiste en général          La question des réfugiés est en danger.
Les députés qui représentent la ville de Ramallah au conseil législatif palestinien ont affirmé que la question des réfugiés est en danger après les tentatives de certaines parties palestiniennes visant à échanger le droit au retour des réfugiés palestiniens en contrepartie d’un soutien financier européen et canadien et d’un appui politique américain.
La député Dr. Mariam Saleh a considéré, hier mercredi 24/9 : "Je crois que le peuple palestinien croit vraiment que le droit au retour des réfugiés palestiniens est un droit sacré et qu'Abou Mazen ou d'autres ne possèdent pas le droit de renoncer au retour des réfugiés palestiniens, car cela représente un droit individuel et collectif, et chaque réfugié a le droit de retourner vers sa maison et sa terre".
De son côté, le député Aymen Draghma a souligné qu'il existe des tentatives internationales et régionales pour violer la loi internationale et les décisions de l'ONU concernant la question des réfugiés. Il a précisé que la question des réfugiés est une ligne rouge qui touche plus de 5 millions de réfugiés palestiniens se trouvant partout dans le monde.  CPI   25/9
1-10 Politique extérieure & économique.                                                                                 Communiqué du Quartet, qui a exprimé ses craintes envers l'extension des colonies et les agressions et a qualifié la résistance nationale du peuple palestinien de "terrorisme".  "Le communiqué du Quartet qui s'est organisé à New York dévoile sa complicité totale avec l'occupation après que ses décisions ont été clairement dominées par les Etats-Unis, qui visent à créer une opinion publique contre le peuple palestinien et à déformer sa réputation", a déclaré le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum. Barhoum : "Le Quartet doit prendre ses responsabilités et s'opposer avec force à la colonisation, aux crimes sionistes, et adopter des décisions efficaces, et non pas publier des communiqués complices avec l'occupation soutenue par les Etats-Unis, qui essayent de complètement liquider la question légitime du peuple palestinien", a-t-il proclamé 28/09/
CPI

1-11 Situation économique. L’asphyxie de la vie économique palestinienne (http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/18961, en anglais), est dramatique. Elle doit tout à la politique israélienne qui, comme toujours, cherche à rendre insupportable le maintien des Palestiniens dans leur pays. Chaque jour montre la recrudescence de la violence des colons juifs extrémistes sûrs de leur impunité : L’Etat israélien est le garant de la colonisation par les colons sionistes comme les Etats occidentaux sont garants de la bonne tenue du marché.

1-13 Déclaration et situation dans les geôles Palestinienne -                                            Le Hamas libère 35 prisonniers, dont cinq membres du Fateh
Le Hamas a annoncé avoir libéré hier 35 prisonniers, dont cinq responsables du Fateh, dans l’espoir que l’Autorité palestinienne libère des détenus du mouvement islamiste en Cisjordanie. « Nous libérons ces hommes car nous espérons que les responsables de Cisjordanie feront de même pour les prisonniers du Hamas », a précisé à l’AFP le porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. Ces détenus ont été relâchés en perspective de la fin du ramadan, en début de semaine. Début août, le Hamas avait relâché 150 prisonniers membres du Fateh, dont un important dirigeant, qui avaient été arrêtés dans la bande de Gaza après un attentat à la bombe meurtrier perpétré au mois de juillet. 29 septembre 2008. L’Orient-Le Jour
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&a...                                                                   Israël relâche 24 prisonniers palestiniens du Fatah                                                                  Le président palestinien Mahmoud Abbas et le président israélien Shimon Peres ont échangé une poignée de main hier à l'ONU. Israël a relâché samedi 24 prisonniers palestiniens liés au parti Fatah du président Mahmoud Abbas, a-t-on appris auprès des services palestiniens de sécurité. Ces prisonniers étaient tous membres des Brigades des martyrs d'al-Aqsa, une nébuleuse de groupes armés relevant du Fatah et jouissant d'une relative autonomie d'action.
Israël a octroyé son pardon total à deux de ces prisonniers habilités à circuler librement en Cisjordanie, 14 autres pouvant circuler uniquement dans les secteurs contrôlés par l'Autorité palestinienne, et les huit derniers sont autorisés à quitter leur prison de 07h00 à 21H00 locales, a-t-on précisé.
Le 25 août, dans un geste envers M. Abbas, Israël avait relâché 198 prisonniers palestiniens, pour la plupart membres du Fatah, dont deux parmi les plus anciens condamnés à la prison à vie qui avaient été reconnus coupables d'implication dans de meurtrières attaques anti-israéliennes. Quelque 11.000 Palestiniens sont encore détenus par Israël. (belga/7sur7)
27/09 http://www.7sur7.be/7s7/fr/1735/Israel-Palestine/article/...

b) Politique Israélienne                                                                                                               Olmert 01-10 Ehud Olmert vient de déclarer qu’Israël devra abandonner presque toute la terre qu’il a capture en 1967 s’il veut la paix avec les Palestiniens (http://french.wafa.ps/?action=detail&id=4543). Mais il sait aussi que sa déclaration de démissionnaire n’engage à rien et que son remplaçant fera ce que ses prédécesseurs et lui-même ont fait : poursuivre l’écrasement des Palestiniens. L’ONU signale que le nombre de routes palestiniennes bloquées ne cesse d’augmenter (http://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/LU128013.htm).

2-1 Processus de paix. 24-09 La ministre des Affaires étrangères Livni s'est entretenue mardi avec le chef des négociateurs palestiniens Ahmed Qoreï. C'est sa première rencontre avec lui depuis qu'elle a été chargée par le président Shimon Pérès de former le nouveau gouvernement israélien. En tant que chef de la diplomatie, Livni dirige les négociations de paix depuis que les discussions ont repris avec les Palestiniens en novembre dernier. Ahmed Qoreï rapporte que Tzipi Livni lui a assuré que les pourparlers allaient se poursuivre, y compris pendant qu'elle tente de former son gouvernement. La recherche d'une coalition de gouvernement peut prendre jusqu'à six semaines. AP

2-4 Les grandes manœuvres  29/9 Le Premier ministre israélien démissionnaire Ehud Olmert se prononce pour le retrait d'Israël de la quasi totalité des territoires occupés depuis 1967 et des hauteurs du Golan. "(Je dis) ce qu'aucun dirigeant israélien n'avait dit auparavant: nous devrions nous retirer de presque tous les territoires, y compris Jérusalem-Est et les hauteurs du Golan", déclare-t-il dans un entretien avant le Nouvel An juif présenté comme une "interview testament" par le quotidien Yedioth Ahronoth. Ehud Olmert gère les affaires courantes Reuters


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n° 388 - Journal de Palestine - 22-09 au 02-10 -Suite - Olmert : le faucon se pose en colombe.

n° 388 - Journal  de Palestine -  22-09  au  02-10  -Suite - Olmert : le faucon se pose en colombe.

Journal de Palestine     -Suite                              

N°388                      22-09   au   02-10                                   Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire

1 Résistance

3 Politique  

  -Suite   4 Politique internationale des territoires occupés 

 5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

 5-1 Checkpoint de Qalandia, Septembre 2008.

5-2 Un gang de dizaines de colons attaque,

5-3 Attaque israélienne du premier mai 2008.

5-4 Depuis Annapolis, plusieurs violations de la feuille de route.

5-5 Les Etats Unis déploient le radar X-Band dans le Néguev, en Israël.

5-6 Le Forum des journalistes appelle l'autorité de Ramallah à libérer les journalistes captifs.

5-7 Comment fut inventé le peuple juif ».

6 Les brèves

6-1 La fabrique d’armes nucléaires d’Israël cachée sous le désert du Néguev.

6-2 Le Pentagone veut vendre les avions de chasse’ F-35’ à Israël.

6-3  Un radar anti-missile US en Israël.

6-4 Israël craint le déclenchement d’une 3e intifada.

6-5 Maariv dévoile un document de mesures sécuritaires israéliennes.

6-6 La logique trompeuse de « la paix par l’économie ».

6-7 Israël : Olmert favorable à des retraits.

6-8 L’occupation israélienne reconnaît être la cause de la pollution de l’eau potable de la Cisjordanie.


3 Politique Internationale des térritoires occupés

a) Pays Arabes & voisins Iran

Ahmadineyad a abordé des questions importantes comme la question palestinienne. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a été reçu par le secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, Ban Ki Moon, à New York où il s'est déplacé pour prendre part à sa LXIIIème assemblée générale. « Si l'ONU ne remplit pas son rôle comme il le devrait, il est normal que les gens se défendent » a affirmé le président iranien lors de sa rencontre avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon en évoquant le conflit en Palestine.
Pendant cette rencontre, Mahmoud Ahmadineyad a abordé des questions importantes comme la question palestinienne, c’est pourquoi il a insisté à nouveau sur sa proposition de convoquer un referendum libre. « Rapidement je vous transmettrai ce plan qui a été élaboré pour parvenir à déterminer la destinée du peuple palestinien », a précisé le président iranien à Ban Ki Moon.
« Le peuple palestinien subit un constant blocus et manque d'aliments et de médicaments; si ceci n'est pas un crime, qu'est-ce que c'est et l'ONU ne devrait-il pas agir? Il est temps d’en finir avec les agressions et le régime sioniste. »
Pour sa part, Ban Ki Moon a déclaré que « l'ONU est le seul organisme international qui envoie de l’aide humanitaire à Gaza et dans ce cas nous n’hésitons pas nous exprimer clairement et fermement
Le président iranien a rappelé que « la racine des problèmes d'aujourd'hui dans le monde est à chercher dans le comportement des Etats-Unis ; nous espérons que vous puissiez réussir à instaurer la paix mondiale. » Irna. 23 Septembre http://www1.irna.ir/fr/news/view/menu-306/0809242596022209.htm


Ahmadineyad : Israël ne survivra jamais EXTRAIT Le président Ahmadinejad a déclaré que le régime ne pourrait pas survivre, rappelant au respect des droits du peuple palestinien. Mahmoud Ahmadinejad qui est aux Etats-Unis a indiqué qu’un certain nombre de journalistes des médias américains ont soutenu que les palestiniens doivent eux-mêmes déterminer leurs destins.
Ailleurs dans ses remarques, il a dit que le rôle des médias en monde d'aujourd'hui devrait être revu.
« Si les médias s’avancent sur le droit chemin, ils peuvent jouer un rôle crucial dans l'établissement de la paix et sécurité, » a-t-il souligné.
Soulignant que le monde est au bord de grands changements, Mahmoud Ahmadinejad a indiqué que la responsabilité des médias ne se limite pas au transfert d'informations; les médias peuvent aider à transmettre la culture et les pensées.
Irna
25 Septembre 

Liban 17 septembre
Quelques jours après que le Premier ministre Ehoud Olmert a déclaré que l’objectif du Grand Israël n’est devenu qu’illusion, le Secrétaire Générale du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, s’est réjoui de la « destruction de ce rêve ».
Devant l’auditoire, Sayed Nasrallah a fait part de ses perceptions géopolitique, en avançant qu’il y avait  trois modèles différents de l’entité israélienne. « La première est un Israël vaste s’étendant du Nil et l’Euphrate. La deuxième est un Israël forte Israël, qui ne comprend pas le Liban et la Jordanie mais qui occupe la Palestine historique. Et il y a la Palestine dont les frontières sont inconnues ». Source : Al-Manar 17-09 Sayed Nasrallah  a critiqué l’absence des pays arabes sur la scène internationale. Nous trouvons aujourd’hui (sur la scène) la Turquie , l’Iran, la France , l’Europe et évidemment l’Amérique, mais où sont les pays arabes ?  Il a affirmé que « jour après jour, les Arabes sont les grands absents des développements régionaux et internationaux ». « Où sont les pays arabes ? s’est-il interrogé. A l’exception de la Syrie qui tente d’être au cœur de l’événement, la plupart des pays arabes sont malheureusement absents.  Il n’existe pas de réalité arabe officielle qui suscite la crainte d’Olmert.

Le principal développement qui s’est produit dans la région depuis l’an 2000 est le renforcement et les succès des mouvements de résistance dans la région.

Après avoir indiqué qu’« un seul pays arabe possède des dépôts de 3 000 milliards de dollars dans les banques américaines (…) alors que des dizaines de millions meurent de faim ».                       Source : Al-Manar


b) Le Monde                                                                                                                                  6 Ue L'UE débloque 20 millions d’euros pour aider l'ANP

 L'Union européenne (UE) a débloqué 20 millions d’euros à l'Autorité Nationale Palestinienne (ANP) pour l'aider à payer les salaires et les allocations des retraités au mois de septembre. Cette aide financière a été versée à travers le mécanisme PEGASE qui a été mis en place le 1er février 2008 pour permettre à l'ANP de remplir ses engagements vis-à-vis de la population palestinienne dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie. La Suède a contribué avec 5 millions d’euros à cette aide lors que les 15 millions autres ont été payés par la Commission européenne. Le don de l’UE atteint plus de 78.000 personnes. 'PEGASE a déjà débloqué plus de 200 millions d’euros pour payer les salaires des fonctionnaires palestiniens depuis qu'il a été mis en place en 2008,' a dit M. John Kjaer, le représentant de la Commission européenne à Jérusalem. 25/9 WAFA



4 Politique Internationale                          Organisations Mondiales & régionales 3 Onu

Ban Ki Moon critique Israël ‎ Le Secrétaire général de l'ONU a critiqué Israël ‎pour avoir imposé, de façon unilatérale, ses décisions ‎concernant la ville de Beitolmoghadas. M. Ban a appelé ‎le régime sioniste à éviter toute démarche qui puisse ‎porter préjudice à l'identité islamique de ‎Beitolmoghadas. Le Secrétaire général a, également, ‎demandé à Tel-Aviv d'adhérer à l'UNESCO, ‎Organisation éducative, scientifique et culturelle de ‎l'ONU. L'appel du Secrétaire général fait suite à une ‎lettre qui lui avait été envoyée par le ministre jordanien ‎des A.E où ce dernier met en garde contre les travaux ‎d'excavations menées dans l'enceinte de la mosquée d'Al ‎Aqsa 24 Septembre  IRIB

La paix au Proche-Orient, objectif primordial pour l'ONU
Il se pourrait bien aussi qu'un siège de l'ONU saute... les mercenaires zionistes veulent faire plier le monde entier sous leurs lois iniques et criminelles... Le temps est compté pour trouver un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens. A l’ONU, c’est l’effervescence diplomatique pour tenter de franchir les obstacles. Les négociations, relancées en novembre 2007 à Annapolis, près de Washington, étaient censées aboutir avant la fin de cette année. Le Quartette a avant tout exprimé sa préoccupation devant les activités accrues de la colonisation israélienne. Le Conseil de sécurité de l’ONU a aussi débattu de l’extension des colonies. Le président palestinien Abbas a expliqué, cartes à l’appui, que ces colonies empêcheront la création d’un Etat palestinien.
“Le renforcement de la politique de colonisation, a déclaré pour sa part le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a atteint un point susceptible de tuer tout espoir d’un Etat palestinien viable”. Le Quartette appelle donc Israël à stopper toutes les nouvelles avancées de la colonisation en Cisjordanie. D’autant que ce n’est pas le seul dossier crucial à règler. La paix passe aussi par la résolution des problèmes de frontières et de réfugiés palestiniens.
Sources Euronews
Posté par Adriana Evangelizt
http://usa-menace.over-blog.com/article-23249269.html

Les Nations Unies considèrent le bombardement de Beit Hanoun par les Israéliens de crime de guerre.
Dr. Ahmed Shwidih, ministre de la justice, a salué la décision de l’organisation des Nations Unies quant au bombardement de Beit Hanoun par les Israéliens en 2006. La décision a considéré le bombardement comme un crime de guerre. Shwidh a également salué la commission d’enquête qui a travaillé sur ce dossier.
Dr. Shwidih a aussi accueilli avec satisfaction la décision d’un tribunal espagnol ordonnant l’interpellation des individus israéliens qui avaient bombardé le quartier d’Al-Daradj. Les efforts doivent être réunis pour présenter devant la justice tous les chefs de l’armée de l’occupation israélienne pour leurs crimes perpétrés à l’encontre du peuple palestinien.
Il a appelé les pays arabes, islamiques, européens et l’organisation des Nations Unies à intervenir pour que l’occupation israélienne stoppe ses agressions. Il a aussi appelé tous les médias et établissements des droits de l’homme à tout mettre en œuvre pour mettre sous la lumière les crimes israéliens commis contre le peuple palestinien. CPI 25/9



5 Médias/Vidéos   Vidéos 5-1 Checkpoint de Qalandia, Septembre 2008. Israël a annoncé qu’il autorisait les Palestiniens de plus de 50 ans à entrer dans Jérusalem pour prier. En présence des caméras et d’observateurs de l’ONU, la « police des frontières » israélienne échoue à filtrer la foule http://www.mahsanmilim.com/ramadan_karim.htm, 7 minutes ss titres hébreu et anglais

5-2 Un gang de dizaines de colons attaque, Le 14 septembre, un gang de dizaines de colons attaque, sous la protection de l’armée, les villages d’Asira et de Madama au sud du gouvernorat de Naplouse. Les colons ont attaqué d’autres maisons, voitures et brûlé des récoltes dans la même région. Images captées par des Palestiniens à Asira (3 minutes) : http://www.youtube.com/watch?v=rLfeCBiF9wE

5-3 Attaque israélienne du premier mai 2008. Une famille palestinienne d’agriculteurs de Rafah décrit l’attaque israélienne du premier mai 2008 qui a détruit toutes ses ressources (ss titrage en anglais, 3 min). http://www.palsolidarity.org/main/2008/09/29/ism-rafah-li...

5-4 Depuis Annapolis, plusieurs violations de la feuille de route. écouter 04 min «Les autorités israéliennes ont reconnu avoir investit 8 à 900 millions de dollars pour mettre en place des routes parallèles et améliorer le système de séparation entre les deux populations.» Mahmoud Abbas doit être reçu ce soir à la Maison Blanche par George Bush. Le président palestinien doit faire le bilan des négociations israélo-palestiniennes avec son homologue américain qui avait promis un accord de paix avant la fin de l'année.

Un bilan assombri par les multiples violations de la feuille de route constatées sur le terrain. http://www.rfi.fr/actufr/articles/105/article_72799.asp

5-5 Les Etats Unis déploient le radar X-Band dans le Néguev, en Israël.
Les Etats-Unis et Israël ont convenu de déployer un système puissant de radars dans le désert du Neguev dans le sud d’Israël.
Ces radars, connus sous le nom de X-Band, seront liés à un réseau d’alerte américain par satellite et pourraient doubler voire tripler le rayon d’identification des missiles, ce qui serait particulièrement utile si l’Iran lançait une attaque(…)  contre Israël.                                            Infolive.tv  VIDEO
http://www.infolive.tv/fr/infolive.tv-28227-israelnews-face-la-menace-iranienne-les-etats-unis-deploient-le-radar-x-band-da


5-6 Le Forum des journalistes appelle l'autorité de Ramallah à libérer les journalistes captifs. Le Forum des journalistes palestiniens a appelé, à l'occasion de la journée mondiale de solidarité avec le journaliste palestinien, à approfondir le dialogue, la culture de réconciliation nationale, la réforme du syndicat des journalistes et la libération des journalistes détenus qui se trouvent dans les prisons des services de sécurité de l'autorité.
Le Forum a protesté contre la situation détériorée dans le service médiatique, et il a appelé les journalistes palestiniens à profiter de leur mission noble et patriotique, notamment de la journée mondiale de solidarité avec le journaliste palestinien, pour réformer leur syndicat, approfondir les valeurs patriotiques et renoncer aux intérêts partiaux.
Le Forum des journalistes a exhorté le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à intervenir immédiatement pour libérer les journalistes qui souffrent dans les prisons de l'autorité, en Cisjordanie. Le Forum a renouvelé ses promesses pour démasquer les mensonges de l'occupation concernant son crime conte le journaliste Fadel Chanayeh, en promettant à sa famille de déployer tous les efforts nécessaires à ce propos.
Il a insisté également sur l'importance de la participation des journalistes à la prime lancée pour commémorer les efforts et les sacrifices du journaliste Chanayeh pour sa patrie.
28/09 Gaza - CPI

5-7 Comment fut inventé le peuple juif ». Les défenseurs de la cause palestinienne ont toujours pensé que rien le justifiait lacolonisation et l’expulsion de la population de la Palestine , et surtout pas un grotesque « droit de retour » après une « absence » de 2000 ans. Mais le catéchisme sioniste sur le-droit-des-juifs-à-mettre-fin-à-l’exil-imposé-par-Titus est imposé dès la maternelle en Israël, et a même fini par troubler les personnes les moins informées hors d’Israël. Le livre de Shlomo Sand, professeur à Tel Aviv, « Comment fut inventé le peuple juif »,montre comment, au 19 et 20 eme siècle, la connaissance de la diversité des originesdes adeptes de la religion juive a été progressivement mise sous le tapis, et comment dans le même temps certains mythes bibliques ont été exploités au profit de l’invention d’un « peuple » que les leaders sionistes souhaitait capturer et robotiser au profit de leur projet colonial. Puis Sand entreprend de montrer à quel point, pendant plus de 1000 ans, le prosélytisme et les conversions ont façonné la diversité des adeptes du judaïsme dans tout le pourtour de la Méditerranée et de la Mer Noire , tandis que le judaïsme palestinien se maintenait puis périclitait au cours du premier millénaire. Il y a d’autres facettes à ce livre, comme une interrogation sur l’avenir d’Israël soumis à l’influence des courants de pensée les plus rétrogrades. Un livre non seulement à lire pour la connaissance personnelle, mais à débattre partout et publiquement. En particulier auprès de certains de nos politiciens et intellectuels qui se prosternent devant la politique colonialiste de l'état d'Israël… Shlomo Sand : « Comment fut inventé le peuple juif » Fayard, 23 euros Lire la présentation du livre par Shlomo Sand dans le Monde Diplomatique :


6 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 La fabrique d’armes nucléaires d’Israël cachée sous le désert du Néguev. Une équipe d’expert du Sunday Time a révélé qu’une usine israélienne, sous le désert du Neguev*, était une usine d’armes thermonucléaires pour bombes atomiques. DEPUIS 20 ANS au moins. Le reportage dit qu’il y aurait là de quoi détruire des villes entières. Ceci est en accord avec le témoignage et les photos de Mordechaï VANUNU, confirmant qu’Israël est parmi les six premier pays possédant la plus grande quantité d’armes nucléaires, y compris des centaines d’armes nucléaires. L’installation est équipée d’une technologie d’extraction du plutonium FRANCAISE. qui transforme le Centre de Recherche Nucléaire Israélien de Dimona en usine de production de bombes. 100 à 200 armes nucléaires au pouvoir destructeur variable y ont été fabriquées - 10 fois la force estimée auparavant de l’arsenal nucléaire israélien. Theodore Taylor , qui a été formé par Robert Oppenheimer, fait partie du groupe de scientifiques. Il a étudié les photos de VANUNU à Dimona et affirme : "Il ne doit y avoir aucun doute qu’Israël est un état rempli d’armes nucléaires, et cela depuis au minimum 10 ans. Le programme nucléaire israélien est considérablement plus avancé que ne l’indiquent aucun rapport ou supposition antérieurs, à ma connaissance" http://www.aporrea.org/internaciona... * "Faire fleurir le désert", a du être mal compris... Problème de traduction de l’hébreu, non corrigé depuis 60 ans, peut-être... http://bellaciao.org/fr/spip.php?article71592


6-2 Le Pentagone veut vendre les avions de chasse’ F-35’ à Israël.

Le département américain de la Défense souhaite vendre 75 avions de chasse à Israël, un contrat de 15,2 milliards de dollars (10,76 milliards d'euros), comprenant des pièces de rechange et la maintenance des appareils, a indiqué le Pentagone mardi. L'appareil, le F-35 de Lookheed Martin, conçu pour succéder au F-16, devrait constituer le pilier des forces aériennes dans plusieurs pays pendant des décennies, estime le département de la Défense. Le Congrès a été avisé vendredi dernier de la demande de l'Etat hébreu portant sur 25 appareils, avec une option pour 50 autres. Ce serait la première vente du Lookheed Martin F-35, aussi connu sous le nom de Joint Strike Fighter, en dehors des Etats-Unis et des huit pays associés à sa fabrication. L'avion de chasse n'est pas encore en service, mais les Etats-Unis en ont commandé 2.458 exemplaires pour leur marine, leur armée de l'air et de terre, pour un prix global de 300 milliards de dollars (212,53 milliards d'euros). L'Espagne, le Japon et Singapour ont aussi envisagé de s'en doter,  et l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Australie sont partenaires de son développement. AP -  1 octobre


6-3  Un radar anti-missile US en Israël. Les Etats-Unis ont livré la semaine dernière à Israël un radar antimissile sophistiqué qui permettra de détecter précocement une éventuelle attaque iranienne, a-t-on appris auprès de responsables israéliens.
Arrivé avec environ 120 techniciens américains, ce radar a été installé sur la base aérienne de Nevatim, dans le désert du Néguev, ont précisé ces responsables ayant requis l’anonymat.
Le radar peut détecter un missile balistique très vite après son lancement, ce qui va raccourcir le temps de réaction du système Arrow, conçu pour intercepter les missiles.
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=5011


6-4 Israël craint le déclenchement d’une 3e intifada.
Après des années de suspicion concernant l’Autorité palestinienne, les Israéliens sont maintenant convaincus que cette dernière est résolue à coopérer avec le Hamas. Huit ans après la seconde intifada, l’État hébreu craint une flambée des violences en Cisjordanie et le déclenchement d’une 3e intifada si le Fateh s’allie au Hamas, affirme le quotidien israélien Hareetz. Alors que le Hamas a convenu d’un accord de cessez-le-feu temporaire, les activistes du Fateh soulignent la lenteur du processus de paix et dénoncent la poursuite de la construction de colonies. Les récents incidents entre les colons et les Palestiniens pourraient servir de déclencheur. La semaine dernière, un responsable palestinien, Kadoura Farès, a d’ailleurs demandé à Mahmoud Abbas d’arrêter les discussions avec Israël tant que les colonies se poursuivaient. De nombreux membres du Fateh ont également fait part de leur mécontentement. Mais les services de renseignements israéliens ne croient pas que la Cisjordanie est prête pour une troisième intifada. L’Orient-Le Jour 30 septembre 2008. http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382621


6-5 Maariv dévoile un document de mesures sécuritaires israéliennes. Le journal hébreu "Maariv" a dévoilé, samedi dernier, le 21/9, que le gouvernement de l'occupation a préparé un document qui comporte des mesures sécuritaires importantes, avant d'arriver à une solution politique concernant le conflit avec les Palestiniens. Les mesures sécuritaires obligent les Palestiniens à accepter le droit de l'occupation et à plusieurs mesures sécuritaires, dont le désarmement de l'Etat palestinien et l'interdiction de toute participation à des coalitions militaires, en Cisjordanie. Le document a insisté sur l'importance de la présence de l'armée occupante sur les plages du fleuve de la Jordanie et dans les passages entre l'Etat palestinien et les autres pays frontaliers, ainsi que de la continuation du contrôle israélien sur les régions de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Le journal a souligné que le gouvernement sioniste a appelé Washington a adopter ce document et à pratiquer des pressions sur l'autorité palestinienne pour qu'elle l'accepte. "Maariv" a affirmé qu’Olmert a expliqué ce document aux candidats des élections présidentielles américaines, John McCain et Barack Obama. Il les a appelés à adopter ce document après l'arrivée de l'un d'entre eux à la tête des Etats-Unis. CPI 23/09


6-6 La logique trompeuse de « la paix par l’économie ». Palestine occupée : les ravages de la « Peaceconomics » « Je suis souvent frappé par ce terrible contraste entre les sommes infinies de conseils et de recommandations prodiguées par les acteurs et les « experts » internationaux omniprésents dans l’aide fournie aux Palestiniens pour améliorer leur situation, et l’absence d’actes, de réactions ou de prises de mesures de la part de ces mêmes acteurs face à l’incroyable brutalité, étalée au grand jour, de la politique coloniale d’Israël » C’est par cette phrase que commence l’article « La logique trompeuse de « la paix par l’économie » de Sami Aburoza, cofondateur de l’ISL (Institute for Strategy and Leadership) et conseiller de l’OLP. Sami Aburoza dénonce le parasitage par les « économistes de paix » des directions palestiniennes jusqu’au point où « L’élite palestinienne des « preneurs de décision » représentée par l’AP et ses partisans, semble avoir accepté l’idée d’un échec de la lutte pour l’autodétermination et ne conçoit pas d’autre option que de céder à la réalité de l’emprisonnement. Par conséquent, l’AP a fonctionné davantage comme une autorité de pacification (ce qui était pour beaucoup le but initial tel que défini dans les Accords d’Oslo rédigés par Israël) imposant à son propre peuple de « se comporter correctement » en dépit des politiques israéliennes qui ont pour effet d’éloigner toute possibilité d’émancipation pour les Palestiniens. » La totalité de l’article sur : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article6520
6-7 Israël : Olmert favorable à des retraits.

Le Premier ministre du gouvernement de transition Ehud Olmert est favorable à des retraits territoriaux en Cisjordanie et à Jérusalem-est, selon un entretien publié aujourd'hui par le Yediot Aharonot.
"Nous devons arriver à un accord avec les Palestiniens, ce qui signifie qu'il faudra se retirer de presque tous les territoires (occupés), si ce n'est de tous les territoires", a-t-il affirmé au quotidien, le plus fort tirage d'Israël.
"Nous conserverons un pourcentage de ces territoires, mais nous devrons concéder aux Palestiniens un pourcentage similaire, car sans cela, il n'y aura pas la paix", a-t-il ajouté.
A la question "y compris à Jérusalem?", Olmert a répondu: "y compris à Jérusalem".
"Celui qui veut la sécurité à Jérusalem et notamment qui ne veut pas que des tracteurs ou des bulldozers lui broient les jambes, comme cela est arrivé à l'un des mes meilleurs amis (...), doit renoncer à des parties de Jérusalem", a ajouté le Premier ministre en référence à deux récentes attaques dans la ville.
Les 2 et 22 juillet, deux Palestiniens de Jérusalem-est avaient lancé des engins de travaux publics dans la foule, faisant plusieurs morts et blessés.
Le Premier ministre a précisé qu'il fallait trouver "des solutions particulières (...) pour le Mont du Temple (ou esplanade des Mosquées), les lieux saints et historiques", qui se trouvent notamment à l'intérieur de la Vieille ville de Jérusalem.                                    
Source : AFP   29/09/2008


6-8 L’occupation israélienne reconnaît être la cause de la pollution de l’eau potable de la Cisjordanie.
Un
rapport publié par le gouvernement israélien confirme qu’une importante partie de la source naturelle d’eau de
la Cisjordanie est en danger de pollution par les eaux usées, si elle n’a pas été déjà polluée.
En effet, le rapport du ministère israélien de l’environnement précise que les déchets humains de plus de deux millions de personnes, dont des colons sionistes, ne sont pas traités convenablement en raison du conflit et de la crise économique.
Amri Ghali, porte-parole de l’autorité de l’environnement de l’Entité sioniste, informe l’agence de presse Irin, hier jeudi 25 septembre, que les eaux usées ont infiltré la terre et commencent à polluer les eaux souterraines et les sources naturelles. Le rapport attire l’attention sur le fait que les eaux souterraines des montagnes de la Cisjordanie risquent également d’être polluées. 94% des eaux usées de la Cisjordanie ne sont pas traitées, ou dans les meilleurs des cas ne le sont que très partiellement, conclut le rapport. CPI
 29/9 Palestine,Israël,Olmert,colonialisme, Gaza ,Bush, Hamas,Fatah

n° 388 - Journal de Palestine - 22-09 au 02-10 -Fin - Olmert : le faucon se pose en colombe.

n° 388 - Journal  de Palestine -  22-09  au  02-10  -Fin - Olmert : le faucon se pose en colombe.

Journal de Palestine     -FIN-                              

N°388                      22-09   au   02-10           

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire

6 Les brèves    -Suite

6-9 Le dirigeant palestinien Ahmed Youssef  appelle le Quartet à modifier sa politique.

6-10 Lavrov et Moussa appellent à la "stabilisation"25 septembre.

6-11 Le passage de Sofa est fermé depuis plus de 10 jours.

6-12 Les FOI agressent la délégation de la commission européenne dans Nillin. 6-13 Les services d'Abbas envahissent le bureau des députés Al-Halaïka et Al-Zarer à Al-Khalil.

7 Dossier

7-1 Quel avenir pour Abbas ?

7-2 Point de vue de Sternhell: « Les partisans de l'occupation sont anti-sionistes 7-3 Point de vue de Christian Brunel : Olmert : le faucon se pose en colombe. 7-4 Point de vue de Saleh Al-Naami : De si utiles mercenaires...



6-9 Le dirigeant palestinien Ahmed Youssef  appelle le Quartet à modifier sa politique.
Le conseiller politique du ministre palestinien des affaires étrangères Dr. Ahmed Youssef a appelé le Quartet international à modifier ses positions envers le conflit israélo-palestinien, l’appelant à reconnaître le gouvernement légal d’entente nationale dirigé par le premier ministre Ismaïl Haniyeh.
Il a adressé, mercredi 24/9, aux membres du Quartet, une lettre ouverte les exhortant à réviser leurs positions envers les Palestiniens, et les appelant à mettre la pression sur l'occupation pour qu'elle respecte la loi internationale et que soient rendus les droits légaux aux vrais propriétaires, afin que la paix règne dans la région.
Il est à noter que la lettre du conseiller palestinien a été adressée au Quartet qui va se réunir aujourd'hui, à New York, en marge de la soixante-troisième conférence de l'assemblée générale de l'ONU, alors que la situation dans la région s'est encore dégradée, dans le but de discuter des moyens nécessaires pour réaliser la justice et la paix pour les Palestiniens.
Le conseiller au gouvernement d'entente nationale a fortement critiqué les positions injustes du Quartet envers le choix libre et démocratique du peuple palestinien.
Il a fortement protesté contre les membres du Quartet en leur disant : "Vous comprenez bien la nécessité de mettre fin au conflit israélo-palestinien, en promettant de soutenir les efforts pour le retrait de l'occupation jusqu'aux frontières de 1967, d'œuvrer pour la création d'un Etat palestinien souverain indépendant, et vous avez promis de réaliser une paix juste, globale et permanente sur la base des conventions n° 242 et 338 de l'ONU". "Malheureusement, vous renforcez le blocus sévère imposé arbitrairement contre un million et demi d'habitants de Gaza, vous soutenez les désaccords entre les Palestiniens en soutenant l'autorité palestinienne contre la volonté et le choix libre du peuple palestinien qui avait élu son gouvernement", a-t-il protesté contre la politique injuste du Quartet.
"Le pire, c'est que vous exerciez un silence ferme envers les violations et les crimes de l'occupation israélienne qui a enlevé les représentants du peuple palestinien, suite aux élections législatives libres, démocratiques et transparentes (44 députés et ministres du gouvernement d'entente palestinienne)", a-t-il ajouté.
"Le Quartet n'a pas réussi à convaincre les Etats-Unis pour arrêter leurs renforts et financements à l'autorité palestinienne contre la majorité du peuple palestinien", a-t-il dit.
Finalement, le leader Dr. Ahmed Youssef a appelé le Quartet à modifier ses positions et ses engagements et à reconnaître le gouvernement d'entente palestinienne afin de suivre la loi internationale et de respecter la volonté libre et démocratique des peuples, et à déployer des efforts nécessaires pour la paix et la justice. Gaza - CPI  29/9

6-10 Lavrov et Moussa appellent à la "stabilisation"25 septembre. La Russie et la Ligue arabe intensifient la coopération afin de stabiliser la situation au Proche-Orient, lit-on dans un communiqué émis à l'issue d'une rencontre à New York entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa. "L'échange de vues, consacré à plusieurs questions de l'ordre du jour international et régional, a notamment porté sur le processus de paix au Proche-Orient", lit-on dans le texte publié au terme de la rencontre qui se tenait en marge de la 63e Assemblée générale de l'ONU. " La Russie et la Ligue arabe ont promis de poursuivre la coopération afin d'assurer la stabilité de la situation et de chercher à résoudre les principaux problèmes de la région, conformément aux normes internationales", indique la diplomatie russe. Auparavant, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Iakovenko avait confirmé la tenue d'une conférence internationale à Moscou pour le règlement au Proche-Orient sans avancer de date précise. RIA Novosti.

6-11 Le passage de Sofa est fermé depuis plus de 10 jours. Le président de la commission populaire pour la lutte contre le blocus a affirmé que les autorités de l'occupation ferment le passage de Sofa, au sud de la bande de Gaza, depuis plus de 10 jours, et il a considéré cette fermeture comme une violation sioniste des engagements de l'accord d'accalmie qui appellent à l'ouverture de tous les passages de la bande de Gaza. Dans une déclaration de presse dont le Centre Palestinien d'Information a reçu une copie, Al-Khoudri a précisé que le passage de Karm Abou Salem est paralysé et ne laisse entrer que 12% seulement des besoins des habitants de la bande de Gaza. Il a déclaré que l'occupation israélienne a suspendu l'entrée des matières industrielles, alors que les matières premières sont complètement interdites. Il a appelé à une intervention arabe et internationale pour mettre la pression sur l'occupation et briser le blocus avec l'approche de la fête de l'Aïd Al-Fitr CPI 23/09

6-12 Les FOI agressent la délégation de la commission européenne dans Nillin. Les Forces d'Occupation Israéliennes (FOI) ont agressé un membre de la délégation de la commission européenne dans les territoires palestiniens occupés. Selon un correspondant de WAFA, des soldats israéliens ont jeté une bombe de gaz lacrymogène en direction de  M.Jérome Béllan Jordan, directeur chargé des affaires politiques auprès de la commission européenne lorsqu' il effectuait une tournée dans les terres palestiniennes menacées d'être saisies en faveur du Mur de l'Apartheid, dans le village de Nillin, près de Ramallah en Cisjordanie. Iyad Khawaja membre du comité de la lutte contre le Mur à Nillin qui a accompagné M. Jordan et d'autres responsables européens dans cette visite, a été, également, touché par une deuxième bombe. Il a été transporté à l'hôpital. Les FOI ont crié des slogans racistes contre les visiteurs et les ont terrorisés, selon des témoins.  23 septembre  WAFA

6-13 Les services d'Abbas envahissent le bureau des députés Al-Halaïka et Al-Zarer à Al-Khalil. La député Samira Al-Halaïka a dit dans une déclaration de presse que plusieurs éléments des services de renseignements d'Abbas ont envahi, hier après-midi, lundi 22/9, son bureau dans la ville d'Al-Khalil, et ont confisqué son contenu. La député Samira Al-Halaïka a considéré que cette incursion vient dans le cadre des coordinations sécuritaires avec les forces occupantes dans une tentative visant à frapper la légitimité palestinienne. Elle a condamné ces pratiques sauvages qui affirment que les services de sécurité du président Abbas ne respectent pas la loi palestinienne concernant les droits des députés palestiniens élus démocratiquement. De son côté, le président du conseil législatif palestinien par intérim, Dr. Ahmed Bahr, a fortement condamné l'incursion du bureau des députés Bassem Al-Zaarir et Samira Al-Halaïka par les forces de sécurité d'Abbas. Il a précisé que ces attaques viennent dans le cadre d'une série de coordinations avec l'occupation contre les députés palestiniens. Il a exprimé son étonnement face au silence du président Abbas envers les pratiques de ses forces sécuritaires contre les députés et leurs familles, et il a dit qu'il porte la responsabilité totale de ces attaques. Dr. Bahr a appelé toutes les forces nationales, islamiques et populaires en Cisjordanie à faire face à ces attaques contre les représentants du peuple palestinien. CPI 22-09


7 Dossier Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  7-1 Quel avenir pour Abbas ?
Le Hamas doit désigner un de ses cadres dirigeants pour assurer l'intérim de la présidence de l'Autorité palestinienne.
Des représentants du Hamas ont annoncé dimanche dans la bande de Gaza leur intention de désigner celui qui succédera à Mahmoud Abbas à la tête de l'Autorité palestinienne en janvier 2009. Une façon de faire comprendre à ce dernier que le groupe ne souffrira aucune extension de
son mandat de président.
Ces officiels ont en effet déclaré au Jerusalem Post que le Hamas ne reconnaîtrait pas le statut de président de l'AP à Mahmoud Abbas passé janvier 2009. "Nous ôterons son portrait de tous les bâtiments publics", ont-ils précisé.
Abbas, élu pour 4 ans en janvier 2005, tente de prolonger son mandat.
Pour cela, il invoque une loi - votée par le Conseil législatif palestinien en 2005 - qui demande que les élections présidentielles et législatives soient organisées de concert. L'actuel parlement a été élu
en janvier 2006.
Le ministère de la Justice de Ramallah, contrôlé par l'AP, a d'ailleurs décidé cette année que le mandat d'Abbas ne prendrait fin qu'en janvier 2010, en même temps que celui du parlement.
Ce que le Hamas a dénoncé en expliquant que cette "décision viole de façon évidente les Lois fondamentales palestiniennes". En effet, ces dernières stipulent que le mandat du président de l'AP ne peut excéder la durée de 4 ans.
Le successeur d'Abbas désigné par le Hamas devrait, conformément à la loi palestinienne, être Ahmed Bahr, actuellement président du Conseil législatif palestinien.
Bahr, l'un des principaux leaders du Hamas dans la bande de Gaza, a déclaré dimanche être prêt à assumer la présidence de l'AP dès janvier
2009.
The Jerusalem Post
Par JPOST.COM
09.29.08

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1222017421597&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

7-2 Point de vue de Sternhell: « Les partisans de l'occupation sont anti-sionistes » Sternhell, depuis son lit d'hôpital, n'épargne ni le gouvernement, ni la "gauche" israélienne. De plus, il reprend son thème favori : les partisans de la colonisation sont des anti-sionistes. NdT La maison du professeur Zeev Sternhell, rue Agnon à Jérusalem, est aisément reconnaissable à son portail de fer à la vitre cassée. Sternhell affirme que l’attentat aurait pu lui valoir l’amputation des deux jambes. Heureusement, jeudi soir dernier, lui et son épouse Ziva rentraient de l’étranger. Leurs valises, laissées dans l’étroit chemin qui mène à la maison, l’avaient séparé de l’engin piégé attaché à sa porte. Le salon est rempli de fleurs et le téléphone n’arrête pas de sonner. Les journaux citent les déclarations des ministres. Sternhell, toujours hospitalisé, lie directement le renoncement de l’Etat face aux exactions de l’extrême droite dans les territoires au terroriste ou à l’organisation qui a attenté à sa vie. "De quoi ces ministres parlent-ils ?", demande-t-il quand le vice-premier ministre Haïm Ramon, à la télévision, condamne le gouvernement qui craint «  ces voyous », comme les appelle Ramon. "Qui est chargé des colonies illégales ? Vous ? Moi ? Qui est responsable de cet Etat semi-autonome dans les territoires ? Des groupes de colons y font ce qui leur chante. Des policiers et des soldats réservistes rentrent chez eux avec un bras cassé. Comment ont-ils pu laisser les choses se détériorer jusqu’à ne plus rien contrôler en Cisjordanie ? J’ai dit à mes étudiants que ne pas intervenir en faveur d’un enfant faible qui a besoin d’aide revenait à aider l’enfant fort, à intervenir pour lui. Quiconque ne fait pas respecter la loi et ne protège pas les Palestiniens des colons qui les attaquent coopère avec les voyous et les délinquants." Les colons répliquent que ce sont eux, l’enfant faible, en particulier depuis l’évacuation de la bande de Gaza. "Je sais très bien ce que c’est que d’être un réfugié, et je regrette que les colons de Goush Katif n’aient pas pu se construire une nouvelle vie à l’intérieur de la ligne Verte. Mais chaque fois que l’Etat fait un pas dans la bonne direction, comme le retrait de Gaza, il se dépêche de consoler les colons et de leur promettre que cela n’ira pas plus loin. Je suggère une alternative à la propriété exclusive sur la terre qui justifie l’occupation. Elle se fonderait sur une perception rationnelle des droits universels, en particulier du droit à la liberté et à la dignité, y compris pour les Palestiniens. C’est cette approche social-démocrate qui a donné forme à l’Europe du XXe siècle. Cela renforcerait le sionisme, au contraire de la prétention à l’exclusivité sur toute la Terre d’Israël, qui refuse les droits de l’autre, menace l’idéal sioniste et constitue une recette éprouvée pour aller au désastre."   L’extrême droite et les colons sont-ils antisionistes ? "Evidemment. La droite qui défend le Grand Israël est la vraie entité post-sioniste. Quiconque soutient l’occupation, c’est-à-dire l’Etat binational, n’est pas sioniste. Cela peut aussi être dit des politiciens qui traînent les pieds dans les négociations dont l’objectif est une solution à deux Etats. Ils remettent cette solution aux Calendes grecques, et mettent ainsi en danger l’avenir de l’Etat juif."   Allez-vous utiliser cet attentat pour accroître votre influence ? "Mon rôle est de critiquer. Je n’ai aucunement l’intention de revenir en politique. Je suis heureux que ma blessure ait choqué le gouvernement et la Knesset. Mais que reste-t-il de l’assassinat de Rabin, qui avait causé un choc beaucoup plus grand ? Un jour de commémoration par an. Les politiques doivent déclarer la guerre à l’extrême droite et à l’occupation (là où ces moustiques se nourrissent). Autrement, ils ne mériteront pas une note en bas de page de l’histoire."   En tant que membre de la gauche sioniste et historien spécialisé dans le fascisme du XXe siècle, êtes-vous satisfait du rôle de la gauche israélienne dans son affrontement avec la droite ? "La gauche israélienne n’a rien fait. Il y a des gens bien, comme [le député travailliste] Ophir Pines et [la ministre travailliste de l’éducation] Youli Tamir, mais ils n’ont aucune influence sur leur parti. Personne ne tente d’imaginer un avenir de paix ou de progrès social. Au lieu de cela, les forts deviennent plus forts, les faibles plus faibles, au moment même où le mythe du marché roi s’écroule autour de nous et supplie les Etats d’intervenir pour le sauver. C’est maintenant que la gauche doit s’élever, proclamer sa différence et nous rappeler que l’idéologie de droite est un échec complet qui n’offre pour perspective que le désastre politique, social et économique. Un parti de gauche digne de ce nom devrait être en train de crier sur les toits."   Dans une interview à Ha’aretz il y a 6 mois [1], vous disiez que l’avenir de vos enfants et de vos petits-enfants ne paraissait pas assuré.   "Je crains qu’à moins d’un changement immédiat, dans 50 ans, mes petites-filles n’aient plus aucune raison de vivre en Israël. Si nous sommes condamnés à être une minorité dans un Etat multinational, pourquoi vivre à Tel Aviv plutôt qu’en Californie ? Ce serait pour cela que nous aurions consenti tant de sacrifices ? Nos petits-enfants ne comprendront pas la justification de la situation coloniale que nous aurions ici. C’est cela, le plus grand danger pour notre société.
En dépit des difficultés que ma génération a connues, nous étions toujours accompagnés pas l’espoir en un avenir meilleur. Mes étudiants n’ont pas le sentiment que l’année à venir sera meilleure, ils pensent que demain est incertain. Nous croyions en la justesse de notre chemin. Aujourd’hui, les jeunes ont la conviction que tout s’écroule. L’occupation pourrit notre société. Les violences terribles dans les territoires se déversent à l’intérieur de la ligne Verte. Cela est inévitable : il ne peut pas y avoir des critères différents, des lois différentes sans que cela n’affecte toute notre société. Je ne recherche pas la justice absolue, seulement la fin d’un apartheid de facto. Je veux seulement que soit créée une société dont les générations futures n’auront pas honte."
[1] http://www.lapaixmaintenant.org/art... Akiva Eldar Ha'aretz, 29 septembre 2008
http://www.haaretz.com/hasen/spages...
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant Source : Liste de diffusion La Paix Maintenant
http://www.lapaixmaintenant.org/... http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Akiva_Eldar.290908.htm

7-3 Point de vue de Christian Brunel : Olmert : le faucon se pose en colombe. Le Premier ministre démissionnaire adopte une liberté de ton peu commune : il se prononce pour un retrait de « presque tous les territoires palestiniens, y compris à Jérusalem ». L’opposition de droite dénonce avec virulence les propos d’Ehud Olmert rapportés ce matin par le quotidien Yediot Aharonot. Est-ce parce qu’il va quitter le pouvoir ? Toujours est-il que le Premier ministre démissionnaire adopte une liberté de ton peu commune : il se prononce pour un retrait de « presque tous les territoires palestiniens, y compris à Jérusalem ». Du côté de l’Autorité palestinienne, on prend ces déclarations avec des pincettes. En fin de parcours, Ehud Olmert devient de plus en plus « colombe ». Dans une interview, qui se présente comme une sorte de testament politique, Ehud Olmert fait des propositions de paix qu’aucun Premier ministre israélien n’avait osé présenter. Cet ancien « faucon » admet qu’« il ne peut y avoir d’accord avec les Palestiniens sans qu’Israël ne se retire de presque tous les territoires, si ce n’est de tous les territoires », en faisant allusion ainsi à la Cisjordanie. Sur Jérusalem-Est aussi, Ehud Olmert reconnaît qu’il s’est trompé et qu’« Israël ne peut continuer à contrôler toute la ville, à moins d’enfermer les 270 000 Palestiniens qui y habitent, derrière une clôture ». Pour compléter le tableau, le Premier ministre démissionnaire affirme qu’« Israël devra céder le Golan, pour parvenir à la paix avec la Syrie  ». Sur le dossier iranien également, Ehud Olmert prêche la modestie, en estimant que « ceux qui prônent une attaque d’Israël contre les installations nucléaires iraniennes, relèvent de la mégalomanie et d’une absence du sens des proportions ».
Christian Brunel
30 septembre http://www.rfi.fr/actufr/articles/105/article_72918.asp

7-4 Point de vue de Saleh Al-Naami : De si utiles mercenaires... Quels sont les vrais motifs de la mise en place de ces organisations salafistes dans Gaza ? Servent-elles les objectifs de forces palestiniennes hostiles au Hamas ? L’Armée de l’Islam En dépit de l’épuisement évident sur son visage, le jeune officier a tenu à serrer la main à ses hommes et à les remercier de leurs efforts. Cela avait été une longue nuit de combats, et dans des conditions incroyablement dures. Pendant plus de 11 heures dans la nuit de mardi dernier, cet officier et ses hommes si rapides à réagir avaient poursuivi des membres du clan Daghmash qui vit dans Al-Sabra, un quartier au sud-ouest de la ville de Gaza. Le gouvernement de Haniyeh et ses forces de sécurité ont annoncé que les cibles de cette intervention armée avaient été accusées de plusieurs meurtres et de vols, mais avaient refusé de se rendre aux forces de sécurité. La confrontation armée a eu pour conséquence la mort de 11 personnes, dont un policier, et des dizaines de blessés. Quarante-huit heures après cette épreuve de force, l’organisation de l’Armée de l’Islam — qui a adopté le programme d’Al-Qaeda — a publié un communiqué où il est dit que sept des tués venaient de ses rangs. L’organisation a également accusé le gouvernement de Haniyeh d’avoir pris pour cible l’organisation elle-même. Au prime abord il peut sembler difficile de réconcilier les deux versions. La police palestinienne affirme qu’elle visait des membres de la famille Daghmash accusés de crimes alors que l’organisation de l’Armée de l’Islam dit de son côté que le gouvernement de Haniyeh et le Hamas l’ont visée à cause de son affiliation avec Al-Qaeda. Pourtant un regard plus attentif à la véritable origine du différend entre le Hamas et l’Armée de l’Islam donne un aperçu sur ces petites organisations palestiniennes qui prétendent s’inspirer d’Al-Qaeda. Suivre le développement de ces organisations permet de répondre à plusieurs questions. L’environnement en Palestine favoriserait-il le développement d’organisations adoptant les vues d’Al-Qaeda ? Quels sont les vrais motifs de la mise en place de ces organisations ? Servent-elles les objectifs de forces palestiniennes hostiles au Hamas ? Quel est leur avenir ? Quiconque vit à Gaza sait que dans beaucoup de cas la ligne séparant des organisations affiliées à Al-Qaeda et celles impliquées dans le crime organisé est mince. Certains des chefs et des membres de ces organisations islamistes appartiennent aux familles connus pour leur appât du gain, leur dévoiement, et même leur pratique du vol. Ces familles ont tiré bénéfice de leurs relations étroites avec les agences de sécurité du Président Mahmoud Abbas avant que Hamas ait pris le contrôle de Gaza, et ont appliqué leurs tactiques habituelles après avoir transféré leurs activités aux organismes islamistes. Ihab Al-Ghasin, porte-parole du ministère de l’intérieur pour le gouvernement de Haniyeh, explique que beaucoup de ceux qui étaient visés étaient « une simple officine du gouvernement de Ramallah et de ses cercles s’occupant de sécurité, aussi bien que des responsables des agences de sécurité qui ont déjà tenté de renverser le gouvernement légitime de Haniyeh. » Il a déclaré à Al-Ahram Weekly : « Ils ont utilisé leur pouvoir dans ces organismes pour créer un climat d’insécurité, en particulier par le kidnapping d’étrangers pour mettre dans l’embarras [le gouvernement palestinien du Hamas] en connivence avec le gouvernement de Ramallah. » Pour illustrer combien étroitement ces organisations sont en étroite coordination avec le gouvernement de Ramallah, Al-Ghasin rappellent qu’elles prennent pour cible des églises, des cafés ’Internet et des cérémonies de mariage pour faire confirmer les déclarations d’Abbas selon lesquelles Gaza, sous la direction du Hamas, était transformée en « Emirat islamique oppressif ». Il a également confirmé qu’avaient été trouvés des documents avérant ces relations et coordinations. Yehia Moussa, responsable adjoint du bloc du Hamas au Conseil Législatif Palestinien (CLP), indique que ces organisations ont essayé de cacher leurs vraies motivations et les rôles qu’ils assument au nom d’autres organisations palestiniennes. Il assure qu’au contraire de l’impression que quelques médias internationaux veulent imposer, les Palestiniens dans la bande de Gaza font clairement la différence entre ces organisations et les idées qu’elles prétendent servir. Les Palestiniens savent que certaines de ces organisations ont en fait des relations avec des dirigeants palestiniens qui ont essayé en 2004 de renverser le gouvernement démocratiquement élu du Hamas. Moussa ajoute que bien que ces groupes ne soient pas nombreux, ils accusent ceux qui sont en désaccord avec eux d’être des infidèles. Il s’inquiète de la possibilité, bien que réduite, que leur présence ait par la suite comme conséquence une tendance de chacun des côtés à dénoncer l’autre comme apostat. Moussa condamne également le fait que ces groupes n’aient pas participé aux combats contre Israël avant la trêve. « Tous les chefs et membres de ces organisations étaient endormis dans leurs lits tandis que Hamas et les autres factions combattaient les forces d’occupation lorsqu’elles envahissaient les villes et les camps de réfugiés dans la bande de Gaza, » dit-il au Weekly. « Nous sommes certains que ces groupes disparaîtront complètement lorsque la trêve avec Israël n’existera plus. » Il met au défi ces organisations de participer à la confrontation avec les forces d’occupation, car ils ne sont pas supposés avoir été créés dans l’intérêt d’Israël. Moussa fait appel également au gouvernement de Haniyeh et à ses forces de sécurité pour frapper ces groupes avec un poing de fer pour leur appliquer la loi. Nihad Al-Sheikh Khalil, un chercheur spécialisé dans les mouvements islamistes, estime qu’il est peu probable que les groupes adoptant la pensée d’Al-Qaeda pourraient trouver une base dans la bande de Gaza, étant donné qu’ils ne peuvent rien offrir de nouveau aux factions palestiniennes. Les factions demeurent actives dans la résistance, et même pendant durant les périodes de trêve où elles mobilisent leurs forces selon l’idée qu’une nouvelle vague d’affrontements avec Israël va éclater un jour ou l’autre. « Ces groupes n’ont pas d’idéologie salafiste solide, comme c’est la cas en Afghanistan, au Pakistan et en Irak. En revanche, ce sont des groupes qui se sont développés en marge des factions de la résistance et qui ont tiré bénéfice du conflit entre le Fatah et le Hamas, » dit-il au Weekly. Selon Al-Sheikh Khalil, ces groupes ont tiré bénéfice de la « dissolution de la sécurité » qui s’est produite dans la bande de Gaza avant la confrontation directe entre le Fatah et le Hamas et la prise de contrôle du Hamas sur Gaza. Il pense que certains des membres de ces groupes ont suivi les ordres de responsables des agences de sécurité de l’Autorité palestinienne avant le changement violent. Dans beaucoup de cas ils ont réalisé des opérations criminelles visant à saboter la sécurité dans Gaza dans le but de mettre le gouvernement du Hamas en situation difficile et de faire passer son gouvernement comme incapable d’imposer l’ordre. Le plus grand révélateur d’une absence de sécurité était le kidnapping d’étrangers par ces groupes, dont l’enlèvement d’Alan Johnston, le correspondant de la BBC dans Gaza. Cet enlèvement, comme les autres, a été commandé par les dirigeants palestiniens cherchant à nuire au Hamas. Al-Sheikh Khalil souligne que ces groupes ne s’appuie pas sur une base idéologique solide, mais cherchent plutôt la protection dans leurs clans, lesquels sont en relation avec les responsables des agences de sécurité expulsées de Gaza. Khalil indique aussi que le Hamas et son gouvernement étaient au début hésitant à s’affronter à ces groupes et se sont retenus d’employer la force contre eux pour deux raisons. Tout d’abord certains de ces groupes prétendent brandir le drapeau de la résistance contre l’occupation et par conséquent le Hamas n’a pas voulu apparaître comme ceux qui écrasaient la résistance. En second lieu, le Hamas est extrêmement sensible sur la question de s’affronter avec des groupes dont il diffère sur le plan idéologique, particulièrement s’ils brandissent des drapeaux islamiques. Khalil explique que le gouvernement du Hamas a essayé dans un premier temps de traiter la menace représentée par ces groupes par le dialogue sur les questions idéologiques. Par exemple, le Hamas a sollicité l’aide des cheiks d’orientation salafiste fondamentaliste pour essayer de convaincre ces groupes de libérer Johnston sur la base de la loi islamique interdisant le kidnapping. Al-Sheik Khalil ajoute que le tournant dans les relations entre le Hamas et son gouvernement et ces groupes s’est produit au moment où ces groupes ont essayé d’imposer un ordre social artificiel à la société palestinienne. Un autre facteur de cette tension était l’impression croissante qu’ils obéissaient à des projets sans relation avec des mouvements salafistes. Plusieurs de leurs membres agissaient en tant que tueurs mercenaires dans le but de répandre le chaos. Pour Khalil, le gouvernement du Hamas a fait une erreur en ne menant pas simultanément le dialogue idéologique avec la confrontation dans ses négociations avec ces groupes, ce qui lui aurait permis de limiter la menace qu’ils représentaient. Il insiste pourtant sur le fait que la bande de Gaza n’a jamais représenté une terre fertiles pour la prolifération d’organisations extrémistes, argumentant avec le fait que ces groupes se sont seulement installés dans deux petits secteurs de Gaza, dans un contexte clanique et avec l’appui d’autres forces. Il n’y a aucune véritable présence d’organisations adeptes de la pensée d’Al-Qaeda à Gaza, car il n’y a aucun espace pour qu’elles le remplissent. La résistance à l’occupation israélienne reste le principal défi en Palestine, et demeure ainsi la justification la plus importante pour que des organisations se mettent en place. Les organisations qui ont adopté la pensée d’Al-Qaeda n’ont rien à offrir que les autres factions ne font pas déjà, et leur absence de contribution à la résistance montre que ce n’est pas là leur raison d’être. Etant donné le caractère problématique et le rejet qu’elles subissent, on peut prédire sans risque que ces organisations n’ont aucun véritable avenir dans la bande de Gaza.Saleh Al-Naami – Al Ahram Weekly 28 septembre http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5132

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03/10/2008

n°394 - Les Dossiers d'Irak : -01-10-09 –Début - Comment les médias forment et déforment notre réalité.

n°394 - Les Dossiers d'Irak : -01-10-09 –Début - Comment les médias forment et déforment notre réalité.

Les Dossiers d'Irak  

N° 394                    01/10/08 

Par M.Lemaire                  


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 L'Erreur  

2 Brèves

2-1 Les zones civiles bombardées.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Pierre HIillard : Le Pentagone redessine le monde.

Suite 1

4 Déclaration, courrier des lecteurs & trouvé sur le net.

4-1 Une solution à la guerre en Irak.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Comment les médias forment et déforment notre réalité.

Fin

6 Annexe

6-1 Michel Collon: Quelle sera demain la politique internationale des USA ?


Avant propos Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  1-1 L'Erreur  

Bilan de la guerre en Irak, cinq ans plus tard.

L'Erreur  : Voici le titre, tranchant, d’une des dernières publications de la Raoul-Dandurand de l’UQAM. Le trio Karine Prémont, Charles-Philippe David et Julien Tourreille ont cherché à faire une synthèse de l’échec de la guerre en Irak cinq ans plus tard. Pour savoir ce qu’on retrouve dans leur livre, l’équipe de l’émission de radio Les Publications universitaires diffusée à CIBL 101.5 FM s’est entretenue avec Julien Tourreille, doctorant en science politique à l’UQAM et chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand .

PU : L’argument automatique qu’on entend pour expliquer la guerre en Irak est celui des intérêts américains pour les gigantesques réserves de pétrole qu’on retrouve en Irak. Cette explication tient-elle la route ? Julien Tourreille – Dans sa partie de notre livre, Charless-Philippe David démontre assez clairement la vacuité de cette thèse. C’est explication est assez simpliste. Pour avoir accès au pétrole irakien, il aurait été beaucoup plus simple de retirer les sanctions imposées par l’ONU qui interdisaient à l’Irak d’exporter son pétrole contre autre chose que de la nourriture. Il aurait été tout à fait possible de faire affaire avec le régime Saddam Hussein. Les États-Unis ont souvent entretenus ce genre de relation avec des dictatures ou des régimes autoritaires ; leur lien avec l’Arabie saoudite constitue un bon exemple de cette réalité. Le pétrole n’explique pas l’invasion. Profondément, les plus grandes motivations qui expliquent l’invasion de l’Irak relèvent de l’idéologie.

 P.U. – Donc, du point de vue de l’administration, quels étaient les arguments en faveur de l’invasion ? J.T. – Initialement, il faudrait le rappeler, George W. Bush s’opposait à l’idée d’entrer en guerre avec l’Irak ; et ceci, malgré les incitations de sa garde rapprochée. Ce qui a achevé de le convaincre est l’argument du vice-président Dick Cheney qui craignait de voir le régime de Saddam Hussein fournir des armes de destructions massives à des groupes terroristes comme Al-Qaïda. C’est la crainte de les voir dotés de telles armes qui a fait basculer l’avis du président en faveur de l’invasion. L’idée était donc d’envahir pour neutraliser un tel scénario. L’autre volet idéologique qui explique l’invasion est la présence des éléments néoconservateurs au sein de l’administration américaine. Ils expliquaient, entre autres, que l’origine des attentats du 11 septembre découlait de la présence de régimes autoritaires dans le Moyen-Orient ; où les formes d’oppositions politiques ne pouvaient s’exprimer autrement que par le terrorisme. L’idée était donc d’installer des régimes démocratiques dans la région pour briser cette fécondité structurelle entre régime autoritaire et groupes terroristes. L’Irak était donc la première étape de ce processus de démocratisation.

 P.U. – Comment se définit l’idéologie néoconservatiste ? J.T. – Le néoconservatisme est une des chapelles du conservatisme américain. Cela peut paraître étonnant, mais on compte parmi ses activistes beaucoup de gens qui, initialement, étaient de gauche. Ces gens ont été déçus du tournant qu’a pris par le parti démocrate au courant des années 1960-70. Il reprochait au Parti démocrate, notamment à Jimmy Carter, d’être trop humble – voire passif – sur la scène internationale. Ils ont donc commencé à se structurer pour favoriser un interventionnisme américain sur la scène internationale dans le but d’universaliser les valeurs qu’ils croyaient universelles. Grosso modo, l’idéologie néoconservatrice juge qu’il est légitime d’intervenir en dehors du territoire des États-Unis pour instaurer les valeurs démocratiques.

P.U. – Dans le cas de la guerre en Irak, est-ce que les civils de la Maison Blanche ont respecté les besoins logistiques minimaux pour que les militaires puissent atteindre leurs objectifs ?

J.T. – Au sein de l’administration Bush, il y a eu un grand débat entre militaires et civils à propos des effectifs à déployer en Irak. Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense , voulait montrer à la face du monde la puissance des États-Unis en envoyant très peux d’hommes. Au départ, il estimait que 50 000 hommes étaient suffisants. De l’autre côté, des militaires estimaient qu’il fallait jusqu’à 500 000 soldats, dix fois plus, pour renverser le régime de Saddam Hussein et pour ensuite occuper efficacement le territoire. Finalement, ce sont 130 000 soldats qui ont été mobilisés au début de la guerre en 2003. Cette ingérence des civils de la Maison Blanche dans le champ de compétence des militaires n’a pas été sans effets sur le déroulement des opérations lors de l’occupation.

 P.U. – À combien s’élève maintenant l’estimation des coûts de la guerre en Irak ? J.T. – Selon l’économiste Joseph E. Stiglitz les coûts globaux s’élèvent à 3000 milliards de dollars. C’est en fait le titre de son dernier livre (The Three Trillion Dollar War). Cette estimation inclut tout : de la reconstruction de l’Irak aux soins médicaux à vie qui devront être prodigués à tous ceux qui ont été touchés par la guerre. Mais en termes pratiques, les coûts de la guerre en Irak s’élèvent à 500 milliards pour le gouvernement américain ; donc environ 100 milliards par année depuis 2003. Cette somme est énorme, mais relativement au PIB des États-Unis, c’est peu ; et en proportion, ça ne se compare pas du tout aux coûts qu’a eu la guerre du Viêt Nam.

P.U. – La plupart des données convergent : la violence a diminué en Irak depuis 2007. Qu’est-ce qui est à l’origine de cette amélioration ? J.T. – Trois éléments. Le premier, c’est la stratégie adoptée par l’administration Bush annoncée en décembre 2006 et appliquée depuis 2007 : la stratégie du Sursaut (The Surge). Contre l’avis du rapport Hamilton-Baker qui préconisait des retraits, le Sursaut favorisait l’ajout de troupes supplémentaires en Irak. Ce sont donc 30 000 soldats de plus qui ont été mobilisés en Irak depuis 2007. Ces effectifs supplémentaires élèvent à 160 000 le total des effectifs. En plus de cet ajout, la stratégie du Sursaut s’articulait comme ceci : nettoyer, tenir et construire. Antérieurement à cette stratégie, les opérations américaines attaquaient des éléments hostiles pour ensuite se retirer. Les éléments hostiles reprenaient donc place assez rapidement. La deuxième cause de l’amélioration de la situation s’explique par le retournement d’une partie des tribus sunnites qui, au début, soutenaient des éléments d’Al-Qaïda. Les chefs de l’armée américaine ont réussi à obtenir l’appui des chefs de tribus en leur donnant de l’argent. Mais l’argent n’est pas la seule explication de ce revirement. La réalité est aussi que les tribus ont fini par rejeter le mode d’action d’Al-Qaïda qui, selon eux, est allé trop loin dans ses violences à l’endroit des populations civiles, dont les chiites. Le dernier élément qui a contribué à diminuer la violence en Irak est la trêve respectée par la milice chiite de Moqtada Sadr. L’armée du Mahdi n’attaque donc plus l’armée américaine ; ce qui se traduit en une baisse notable des pertes américaines. Ce sont ces trois éléments qui expliquent la diminution de la violence, mais il est important de préciser que cette amélioration reste très fragile.

P.U. – On ne peut s’empêcher de se demander pourquoi l’armée la plus puissante du monde n’a pas réussi à vaincre ses ennemis en Irak ; eux qui étaient pourtant nettement moins redoutables... J.T. – La raison essentielle est que l’armée américaine n’avait pas planifié la phase d’occupation. Des gens de l’administration comme Donald Rumsfeld ou Paul Wolfowitz étaient convaincus que le pays allait se réorganiser une fois Saddam Hussein évacué du pouvoir. Comme par magie, ils croyaient que l’Irak allait se reconstruire et devenir une démocratie modèle en quelques semaines. Bref, l’administration américaine avait planifié l’offensive ; mais n’avait pas préparé le reste ! Il aura fallu passer à travers des années terribles comme 2004 et 2005, où énormément de soldats ont été tués, pour que les États-Unis repensent le mode d’action sur le terrain. Ce qui clochait dans leur mode d’action initial était l’absence de prise en considération de la dynamique des guerres non conventionnelles.

P.U. – Qu’est-ce qui différencie une guerre régulière d’une guerre non conventionnelle ? J.T. – Vous aimez les questions à développement ! Pour faire simple, une guerre régulière se fait entre deux armées étatiques qui respectent les règles du « jeu » telles que définies dans les traités internationaux. Leurs soldats sont en uniformes. Ils sont donc identifiables, on ne les confond pas avec les civils. Les guerres napoléoniennes et les deux guerres mondiales ont été des guerres régulières, conventionnelles. Une guerre non conventionnelle, comme celle dans laquelle les États-Unis sont engagés en Irak, oppose une armée étatique à des corps armés difficiles à identifier. Ces groupes sont souvent des insurgées ou des terroristes qui se fondent dans la population et emploient des tactiques de guérilla ou d’embuscade. Ces modes de combats sont souvent très meurtriers contre des forces régulières. Le but fondamental de ces tactiques est d’influencer le vote de la population dans le pays de l’armée occupante ; ce qui donne du souffle aux voies qui prônent des retraits de troupes – ou qui visent la fin de la guerre. P.U. – George Bush père avait refusé d’envahir l’Irak dix ans auparavant. Une fois devenu président, George W. Bush (le fils) n’avait-il pas un bon conseiller dans la famille pour lui faire comprendre les risques d’une invasion en sol irakien ? J.T. – George Bush père avait effectivement refusé d’envahir l’Irak comme le voulait certains néoconservateurs à l’époque. Ceux-ci auraient aimé qu’une invasion de l’Irak suive la libération du Koweït qui venait d’être réalisée. Les deux raisons qui l’ont empêché d’agir dans ce sens étaient, d’un, que le mandat de l’ONU ne le permettait pas ; et, de deux, que cela exigerait trop d’efforts, trop de troupes et qu’il n’était pas question pour les États-Unis de faire du « nation building ». P.U. – Mondialement, dès le début de la guerre, on a pu observer un contraste très net dans le discours médiatique par rapport à la légitimité de la guerre. Tous les médias occidentaux, sauf ceux des États-Unis, étaient extrêmement critiques – voire totalement opposés – à l’idée de faire la guerre. Pourquoi les médias américains ont-ils tant tardé à devenir critique envers les arguments de l’administration Bush ? J.T. – L’effroi engendré par le 11 septembre 2001 a unifié la population américaine autour de leurs dirigeants. Les journalistes n’ont pas été épargnés par l’effet. Ils ont considéré comme argent comptant tout ce qu’avançait la Maison Blanche. Cet hébétement prolongé a neutralisé les fonctions critiques des médias américains par rapport au discours l’administration américaine. Un autre élément de réponse qui explique cette paralysie contestataire est l’effet fulgurant du patriotisme américain. Au lendemain du 11 septembre, quiconque osait contredire les moyens employés pour défendre les États-Unis était automatiquement stigmatisé comme étant antipatriote. Ce symbole est particulièrement difficile à porter, surtout en période de guerre. P.U. – En matière de politique étrangère, les États-Unis ont fonctionné selon plusieurs doctrines. Entre autres, il y a eu la doctrine Washington, la doctrine Monroe, la doctrine Powell, etc. Depuis quelques années, on a également entendu parler de la doctrine Bush... J.T. – C’est lors du discours sur l’état de l’Union de janvier 2002 qu’on a vu apparaître les assises de la doctrine Bush. Cette doctrine dit que, dans un monde dangereux tel que caractérisé par le 11 septembre, les États-Unis ne peuvent tolérer que leur marge de manœuvre soit limitée par les organisations internationales. Cette doctrine considère légitime de renverser et d’intervenir unilatéralement partout dans le monde, là où ils jugent qu’une menace existe. Mais, l’ère Bush est terminée et nous verrons si sa doctrine sera consacrée par son successeur… le 1er octobre 2008 |  http://www.centpapiers.com/Bilan-de-la-guerre-en-Irak-cinq,4321



2 Les Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 2-1 Les zones civiles bombardées. Selon des estimations il y aurait entre 104 000 à 223 000 morts (civils et militaires) depuis mars 2003. Un grand nombre a été tué lors de bombardements aériens de la coalition. Huit membres d’une même famille, dont trois femmes, ont été tués, hier, par un bombardement aérien américain sur leur maison près de Tikrit, au nord de Baghdad, selon la police et des témoins. Le commandement de l’armée américaine à Baghdad a indiqué être en train de vérifier ces informations. « Huit personnes de la même famille, cinq hommes et trois femmes, ont été tuées par un bombardement aérien américain visant leur maison » avant l’aube dans le village d’Al Dour près de Tikrit, à 180 km au nord de Baghdad, a déclaré le lieutenant Firas Al Douri. Un enfant a également été blessé. « Vers 2h vendredi (23h GMT jeudi), la maison a été encerclée par les forces américaines puis, peu de temps après, bombardée par des hélicoptères américains », a déclaré un témoin, Abdel Karim Khalil Ibrahim, cousin de la famille visée par le raid, qui habite à 50 m de là. Sur place, de nombreux témoins et policiers ont raconté les mêmes faits. Al Dour est le village où s’était réfugié l’ancien président irakien Saddam Hussein et où il a été capturé le 13 décembre 2003 par l’armée américaine, qui le traquait depuis le début de l’invasion de l’Irak en mars de la même année. La maison bombardée, située près du Tigre, était habitée par Hassan Ali Hassan, un Irakien arrivé il y a trois ans de Baghdad pour fuir les violences interconfessionnelles. La violence en Irak, y compris celle imputable à la Force multinationale dirigée par les Etats-Unis et aux groupes paramilitaires, a provoqué la mort d’environ 95 000 civils depuis l’invasion américaine, selon le site internet indépendant Iraqi Body Count. En janvier dernier, le gouvernement irakien et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont publié des estimations allant de 104 000 à 223 000 morts (civils et militaires) depuis mars 2003. Un grand nombre a été tué lors de bombardements aériens de la coalition. Le commandement américain fait régulièrement état de l’ouverture d’enquêtes après des opérations ou incidents entraînant la mort de civils irakiens, mais les résultats de ces enquêtes sont très rarement rendus publics. Signalons qu’un soldat américain de 23 ans a été condamné, jeudi, par une cour martiale américaine en Allemagne à sept mois de prison pour son rôle dans l’assassinat de quatre détenus en Irak l’an dernier. Un juge avait requis 40 ans de réclusion. Le New York Times, s’appuyant sur la déposition de deux des trois accusés, précisait fin août que les victimes avaient été tuées par balles, alors qu’elles étaient menottées et portaient un bandeau sur les yeux. Par ailleurs, la Maison-Blanche a indiqué, jeudi, que les négociations avec le gouvernement irakien sur les termes de la présence à long terme de l’armée américaine se poursuivaient, mais s’est abstenue de tout autre commentaire. Le Premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, a déclaré, mercredi soir, que de « sérieux et dangereux obstacles » empêchaient toujours la signature d’un accord et a exhorté les Américains de répondre rapidement aux demandes irakiennes. « Nous allons continuer à discuter avec les Irakiens », a dit un porte-parole de la Maison-Blanche , Gordon Johndroe. Mais il s’est gardé d’en dire plus, refusant de « mener les négociations par voie de presse ». Baghdad et Washington ont jusqu’au 31 décembre pour s’entendre sur les conditions de la présence américaine. C’est à cette date qu’expire le mandat des Nations unies sous lequel opère la force multinationale et le gouvernement irakien a demandé qu’il ne soit pas renouvelé. 20-09 http://www.elwatan.com/Guerre-en-Irak,104374


3 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 3-1 Point de vue de Pierre HIillard : Le Pentagone redessine le monde. Les tensions et les violences qui secouent le Moyen-Orient depuis l’intervention israélienne au Liban, le 12 juillet 2006, ne sont que la partie visible d’un immense enjeu politique, économique, religieux et philosophique opposant l’Occident aux Etats islamiques de la région.

L’occupation américaine de l’Irak en mars 2003 a permis le lancement d’un projet révolutionnaire en vue de remodeler une vaste zone géographique allant du Maroc au Pakistan : le Grand Moyen-Orient. Derrière cette appellation, c’est une recomposition profonde qui attend ces pays musulmans. Beaucoup de théories et de supputations courent sur les ambitions des Etats-Unis et d’Israël au sujet de la politique poursuivie par leurs dirigeants. Cependant, des signes avant-coureurs apparaissent et permettent d’apercevoir concrètement les plans en cours. C’est tout l’enjeu des cartes ci-jointes appelant à recomposer le Moyen-Orient.

Ces cartes (« Before » : situation en 2006 et « After » : situation après recomposition) sont parues dans une revue militaire américaine, AFJ (Armed Forces Journal), en juin 2006 [1] sous la plume d’un lieutenant-colonel américain à la retraite, Ralph Peters. Ce dernier s’est illustré dans une division d’infanterie mécanisée à partir de 1976 pour, ensuite, poursuivre ses activités dans le renseignement militaire en 1980. Auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales, Ralph Peters s’est retiré officiellement de l’armée en 1999. Cependant, ses contacts restent étroits avec ce milieu puisqu’il fait partie de l’équipe dirigeante d’AFJ. Cette revue n’est qu’une partie d’un véritable empire de la presse militaire américaine. Fondé en 1863, ce mensuel s’adresse aux officiers des Etats-Unis traitant de sujets aussi variés comme : la technologie militaire, la logistique, la stratégie, la doctrine ou encore la tactique. En fait, AFJ est coiffé par une maison mère, Army Times Publishing Company, dont les publications s’articulent autour de trois axes : 1) The Military Times Media Group qui publie : Army Times, Navy Times, Air Force Times et Marine Corps Times. 2) The Defense News Media Group, groupe mondial des revues de défense et qui publie : Defense News, Armed Forces Journal (AFJ), Training & Simulation Journal et C4ISR Journal (renseignement, surveillance et reconnaissance). 3) The Federal Times, hebdomadaire d’informations traitant des nouvelles technologies et des sujets financiers. Depuis le 1er août 1997, Army Times Publishing Company est une filiale d’un groupe encore plus puissant, la société Gannett. Fondé en 1906 par Frank Gannett, cet empire de presse et des médias publie aux Etats-Unis près de 90 quotidiens dont les plus connus sont USA Today et USA Weekend et contrôle 22 stations de télévision. Ses activités débordent aussi au Royaume-Uni puisque 17 quotidiens sont sous son influence. L’ensemble génère des revenus financiers colossaux estimés à 7,6 milliards de dollars pour 2005. Cette présentation permet de mieux saisir dans quel milieu la revue AFJ évolue et la signification des travaux de Ralph Peters. En effet, les propositions de ce dernier et les appels lancés à un changement radical des frontières du Moyen-Orient ne sont évidemment pas le résultat des réflexions d’un seul homme soucieux d’occuper son temps. De nombreuses études ont été lancées au sein des instances militaires américaines comme dans de nombreux think tanks appelant à revoir les limites frontalières de ces Etats. Comme le montre la carte (« After »), les modifications apportées aux frontières sont le fruit d’une lente mais sûre réflexion intellectuelle dont la publication dans une revue militaire américaine de haut rang n’est pas l’effet du hasard. Le but recherché est aussi de tester les réactions en particulier celles des musulmans de la région. Cela dit, il ne faut pas voir ce document comme définitif. En fait, c’est un prototype susceptible de connaître des changements que certains appelleraient des variables d’ajustement. En réalité, l’intérêt majeur de ces travaux est de révéler que les instances militaires et politiques des Etats-Unis se sont résolument engagées dans un domaine en n’hésitant plus à l’officialiser. En même temps, cette entreprise doit se faire en adéquation avec Israël concerné au premier chef par ces bouleversements. A l’égard de ce pays, Ralph Peters se définit comme un ami « de longue date » (New York Post, 22 juillet 2006). L’article de ce militaire américain, intitulé « Frontières ethniques, que faire pour améliorer le Moyen-Orient », part du principe qu’il faut lever le tabou de la sacro-sainte frontière inamovible. Pour l’auteur, les nouvelles frontières doivent se modeler en fonction du critère ethnique et confessionnel. Même s’il n’est pas possible de tracer des frontières respectant la totalité des particularismes en tout genre nombreux et numériquement très variables, il faut pour Ralph Peters se rapprocher au maximum de ce concept. Comme il le souligne : « Nous parlons de difformités énormes faites par les hommes qui n’arrêteront pas de générer la haine et la violence tant qu’elles n’auront pas été corrigées. » Dans son esprit, il s’agit de remettre radicalement en cause les frontières nées des Accords Sykes-Picot de 1916 préparant le démantèlement de l’Empire ottoman. En observant l’ensemble de cette zone en partant de la péninsule Arabique, on constate immédiatement le démantèlement du royaume d’Arabie saoudite. Les propos de l’auteur sont très clairs à l’égard d’un pays qui a bénéficié de la protection américaine suite aux discussions entre le président Roosevelt et le roi Ibn Saoud, le 14 février 1945, à bord du croiseur USS Quincy. Désormais, le royaume d’Arabie saoudite passe à la trappe. Deux grandes entités territoriales échappent à l’autorité de Riyad. Sur la côte Ouest, il s’agit de créer un « Etat sacré islamique ». Comme le précise Ralph Peters dans des propos lourds de conséquences : « La cause principale de la large stagnation du monde musulman réside dans le traitement réservé à la Mecque et à Médine considérés comme leur fief par la famille royale saoudienne. Les lieux saints de l’Islam soumis au contrôle de la police d’Etat de la part d’un des plus bigots et oppressifs régimes au monde ont permis aux Saoud (ndlr : la famille régnante d’Arabie saoudite) de projeter leur croyance wahhabite à la fois intolérante et disciplinée au-delà de leurs frontières. [...] Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un Etat sacré islamique — une sorte de super Vatican musulman — où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé. » Ce point est capital puisqu’il révèle la volonté de réformer l’Islam afin de l’adapter aux principes occidentaux. Une sorte « d’Islam des Lumières » élaboré au cœur de cet Etat sacré islamique permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste. Il est vrai que contrôler les esprits a toujours permis de contrôler les hommes. C’est d’ailleurs dans le même ordre d’idée que l’on retrouve ces mesures préconisées par la fondation Bertelsmann, think tank allemand qui, dans ses travaux débattus dans le cadre des « discussions de Kronberg » en 2002 et 2003 (Europe, the mediterranean and the Middle East, strengthening responsibility for stability and development et Die Zukunft der europäischen Politik im Nahen Osten nach dem Irak Krieg), relève l’inadéquation de l’Islam à l’évolution du monde moderne et prône une refonte des mentalités et la remise en cause des frontières. Ces recommandations allemandes soulignent aussi la convergence des buts à atteindre de part et d’autre de l’Atlantique pour refondre entièrement le Moyen-Orient. Il est vrai aussi que les concepts ethno-confessionnels développés par Ralph Peters cadrent parfaitement avec la vision ethniciste germanique. Sur la côte du golfe Persique, c’est la province de Hassa dont la population est majoritairement chiite qui est détachée de l’Arabie saoudite et intégrée à un « Etat chiite arabe », vestige d’un Irak littéralement explosé. L’application de cette mesure entraînerait la mort économique du royaume car c’est à cet endroit que se concentre l’essentiel de l’extraction des hydrocarbures autour de la triade Dammam-Dharhan-Al-Khobar. L’Etat chiite arabe verrait ses réserves pétrolières et gazières monter en flèche et deviendrait incontournable car, outre les vastes ressources de Hassa et de la production off-shore, il faudrait ajouter celles de la région de Bassora (ex-Irak) et des provinces arabes iraniennes, détachées de Téhéran, riches en hydrocarbures jouxtant le Chatt el-Arab (Arabes chiites du Khouzistan et Arabes sunnites du Bouchir). De plus, Riyad perdrait ses provinces du Sud (Jizrane, Najran et l’Assir) au profit du Yémen, territoires acquis en 1934 lors du Traité de Taëf, et qui ont conservé leur identité yéménite. Enfin, la curée sera complète avec l’octroi d’une façade maritime à la Jordanie , Etat pro-occidental, en arrachant à l’Arabie saoudite les provinces de Tabouk et une partie du Jouf. La destruction du royaume des Al Saoud affichée par la carte (« After ») de Ralph Peters n’est que la confirmation de projets élaborés au sein de certaines instances américaines. David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient, dans son ouvrage Géopolitique de l’Arabie saoudite (Editions Armand Colin) le souligne clairement : « Il y eut notamment la publication le 6 août 2002, par le Washington Post, d’un briefing qui a eu lieu le 10 juillet 2002 au Defense Policy Board [DPB, ndlr : organisme de planification stratégique créé en 1985 par Donald Rumsfeld], alors dirigé par le très influent Richard Perle, surnommé le Prince des ténèbres lorsqu’il officiait au Pentagone entre 1981 et 1987 sous l’administration Reagan. Au cours de ce briefing, l’Arabie Saoudite avait été qualifiée par Laurent Murawiec, un analyste du prestigieux centre de recherches stratégiques de la Rand Corporation , de pays ennemi. [...] Pire encore, Murawiec avait évoqué la légitimité de sanctions, dont le gel des avoirs saoudiens, voire... la scission de la province orientale du royaume renfermant ces gisements et ces réserves pétrolières qui font de l’Arabie le maître du quart des réserves d’or noir. [...] Quelques temps seulement après l’affaire Murawiec, c’était au tour d’un think tank proche des néo-conservateurs, le Hudson Institute — dont Perle est membre, et où officie désormais Murawiec — de reprendre et de développer les idées avancées par le DPB. Etait alors ouvertement évoqué un plan de démantèlement de l’Arabie Saoudite qui, en réalité, existe depuis la fin des années 70, à l’initiative d’Henry Kissinger, alors Secrétaire d’Etat de l’Administration Nixon. [...] C’est également dans le même ordre d’idées que semble s’inscrire un rapport remontant à la fin de l’année 2002, circulant au plus haut niveau dans les milieux officiels de Washington. Il envisagerait rien moins que le démembrement pur et simple de l’Arabie Saoudite selon le scénario suivant : les Lieux saints de la Mecque et de Médine se verraient confiés aux Hachémites qui, en tant que descendants du Prophète, bénéficient d’une légitimité qui fait largement défaut à la dynastie des Al Saoud et la province du Hassa serait poussée à faire sécession dans le but de se constituer en Emirat pétrolier. » Les révélations de ce spécialiste français continuent sur la même lancée puisqu’il affirme la volonté des Etats-Unis de favoriser une « recomposition politique radicale du Moyen-Orient qui passerait notamment en Irak même par une dévolution du pouvoir à la majorité chiite par les grâces d’une démocratie arithmétique ». C’est justement ce que révèle la carte (« After ») de Ralph Peters où l’Etat irakien a disparu au profit d’un Etat chiite arabe et d’un résidu appelé « Irak sunnite » que le militaire américain propose même d’unifier à la Syrie qui, entre-temps, a perdu sa façade maritime au profit d’un Grand Liban. Il est même évoqué sous sa plume la renaissance de l’antique Phénicie (Phoenecia reborn) tandis que l’Etat d’Israël est conservé dans ses frontières d’avant 1967. Il est étonnant de constater, en raison du véritable chambardement des frontières au Moyen-Orient, que Ralph Peters conserve le territoire de la Cisjordanie (west bank) au rang de statut indéterminé. Peut-être que le statut définitif de Jérusalem, siège de trois grandes religions, nécessite de ne pas révéler tout de suite l’avenir d’une zone éminemment convoitée. En tout cas, la partition de l’Irak sur la carte (« After ») commence à prendre forme sur le terrain. L’ambassadeur britannique à Bagdad, William Patey, et le général américain John Abizaid ont clairement affiché leurs craintes d’une guerre civile suivie d’une division du pays comme l’a révélé un document confidentiel publié par la BBC (Spiegelonline, 3 août 2006). Leurs affirmations ne font que confirmer les propos du journal d’Istanbul, Vatan, qui évoquait les propos tenus à des représentants turques par des responsables américains, début 2006, au sein des think tanks de Washington : « Arrêtez de vous soucier de l’intégrité territoriale de l’Irak. En réalité, ce pays est déjà divisé ! Vous [les Turcs] feriez mieux de vous préoccuper maintenant de votre Sud-Est [région à majorité kurde]. Essayez d’imaginer quelles seront les répercussions de l’autonomie du Kurdistan irakien dans votre pays » (Courrier international, n°805). C’est d’ailleurs le même son de cloche de la part des dirigeants européistes de Bruxelles qui susurrent à Ankara que « Si la Turquie se séparait de son Sud-Est, elle entrerait plus facilement dans l’Union européenne » (Courrier international, n°805). L’ethno-régionalisme prôné par les instances bruxelloises ne ferait qu’accélérer le phénomène de décomposition de l’Etat turc. Finalement, les propos de Ralph Peters ne font que confirmer ces prises de position puisqu’il ajoute qu’un cinquième de la partie Est de la Turquie est un « territoire occupé » et qu’un « Kurdistan libre, s’étendant de Diyarbakir jusqu’à Tabriz deviendrait l’Etat le plus occidental entre la Bulgarie et le Japon ». La création d’un Etat kurde (Free Kurdistan) construit à partir des territoires Sud-Est de la Turquie , du Nord de la Syrie et de l’Irak, et de l’Ouest de l’Iran aboutirait à l’émergence d’un bloc estimé à environ 30 millions d’habitants. Fort des installations pétrolières de Kirkouk, cet Etat kurde pro-américain serait avec l’Etat chiite arabe les deux grands pôles de la production d’hydrocarbures et de gaz du Moyen-Orient. L’importance de cet Etat kurde serait d’autant plus grande que l’oléoduc BTC évacue le pétrole de la mer Caspienne à partir de Bakou (Azerbaïdjan), passe par Tbilissi (Géorgie) pour, ensuite, traverser tout le Sud-Est de la Turquie et aboutir à Ceyhan en Méditerranée. Les Kurdes seraient donc les grands maîtres de ce corridor énergétique voulu par les Américains en 1994. En plus du pétrole, il faut ajouter l’autre grande richesse, l’eau. Le « Grand projet anatolien » (GAP) poursuit l’objectif, grâce à 22 barrages, de dompter le Tigre et l’Euphrate qui prennent leurs sources dans les montagnes kurdes. L’achèvement de ce projet qui doit avoir lieu vers 2013, permettant l’irrigation de 1,7 million d’hectares et la production d’électricité, sera une arme redoutable aux mains de l’Etat kurde et pèsera lourdement sur la vie des habitants de tout le Moyen-Orient. A l’Est des Etats kurdes et chiites, l’Iran est remodelé en fonction des critères ethniques. Après avoir cédé sa partie kurde, la zone turcophone du Nord est octroyée à l’Azerbaïdjan. En revanche, la province iranienne du Khorasân s’agrandit vers l’Est en acquérant le territoire Ouest de l’Afghanistan, la région de Hérat, en conformité avec la volonté de Ralph Peters de reconfigurer la région selon les critères ethno-linguistiques. Comme le confirme Bernard Hourcade, directeur au CNRS (équipe de recherche : monde iranien), dans son ouvrage Iran, nouvelles identités d’une République (Editions Belin) : « L’immense province de Khorasân, [...] les limites anciennes incluaient les régions de Hérat dans l’actuel Afghanistan et celles de Samarcande et Boukhara en Ouzbékistan. » Enfin, un « Baloutchistan libre » (Free Baluchistan) est créé à partir des deux entités iraniennes et pakistanaises tandis que l’Afghanistan se voit agrandi au dépens du Pakistan jusqu’au fleuve Indus afin d’y rattacher les populations pachtounes. L’Etat pakistanais réduit de près de la moitié de sa superficie verrait sa puissance économique fortement amoindrie au point d’être incapable de servir d’allié de revers au profit de la Chine face à l’Inde. Sur ce point, les Etats-Unis seraient gagnants. Seuls des Etats comme Oman, le Qatar, les Emirats arabes unis et le Koweït échappent à ces modifications. Cependant, cette carte (« After ») étant un prototype, rien n’interdit à leurs concepteurs de se rattraper. En tout cas, la finalité américaine est de contrôler tout ce Moyen-Orient par la parcellisation ethnique et religieuse selon le bon vieux principe « diviser pour régner ». Les Etats-Unis, cherchant à s’assurer la production d’hydrocarbures à leur profit, seraient en mesure de priver la Chine , puissance montante et rivale, de l’arme énergétique si nécessaire à son accession à la cour des grands. L’impression générale qui se dégage du remodelage annoncé par cet auteur comme de la part de nombreux think tanks américains et allemands est celle d’un bouleversement mettant à feu et à sang ces pays du Moyen-Orient. En effet, on ne voit pas ces Etats se laisser charcuter, voire disparaître, sans se laisser faire. Comment réagira, par exemple, le Pakistan qui possède l’arme nucléaire ? En réalité, l’objectif est d’intégrer ces immenses territoires à la sphère d’influence occidentale. Le discours de Joschka Fischer à la 40e conférence de Munich sur la politique de sécurité dans le cadre de l’OTAN, le 7 février 2004, annonçait la volonté du monde occidental de mettre ces pays du Moyen-Orient aux normes euro-atlantistes. Ces mesures furent confirmées par « l’alliance germano-américaine pour le XXIe siècle » signée, le 27 février 2004, entre le président Bush et le chancelier Schröder à Washington, annonçant la couleur : « Nous devons construire un véritable partenariat qui relie l’Europe et l’Amérique aux Etats du Proche et Moyen-Orient [...]. » Cette immense construction politique et métaphysique doit obligatoirement obéir à des règles communes qui sont politiques, économiques et civilisationnelles. Une logique, mais une logique folle, anime les concepteurs de ce projet. C’est le think tank German Marshall Fund (GMF) qui, indirectement, a révélé l’engagement profond des instances atlantistes. En effet, il s’est engagé sous l’égide du très influent Bruce Jackson à développer une nouvelle politique en mer Noire intitulée « A new euro-atlantic strategy for the Black Sea region ». Il s’agit en liaison avec l’Union européenne de créer une eurorégion de la mer Noire qui doit voir le jour pour 2007 selon les affirmations de Giovanni di Stasi, président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux d’Europe (CPLRE). Or une « petite » phrase résume tout. Paru en 2004, le rapport du GMF dans sa préface précise que « La mer Noire est la nouvelle interface entre la communauté euro-atlantique et le Grand Moyen-Orient ». Une « interface » géographique obéit aux lois de la physique. Pour fonctionner et jouer pleinement sa mission de charnière, cette interface doit s’articuler entre deux mondes, le bloc euro-atlantiste d’une part, et le bloc moyen-oriental d’autre part, régis par les mêmes lois et les mêmes concepts édictés par la philosophie mondialiste. Cela suppose nécessairement une refonte généralisée de cet espace arabo-perse musulman pour qu’il y ait adéquation. Pour réussir cette entreprise, les moyens mis en œuvre risquent d’aboutir à un chaos inimaginable dans cette région et, par ricochet, à l’échelle planétaire. Tout compte fait, les adeptes de cette politique ne font qu’appliquer les fameux vers du poème de Goethe, « l’apprenti sorcier », qui rappelaient : « Les esprits que j’ai réveillés ne veulent plus m’écouter. » Pierre HILLARD jeudi 31 août 2006 http://www.revue-republicaine.fr/spip.php?article1194 sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation [1] http://www.armedforcesjournal.com/2.... Publication originale : Balkans Infos, n°113, septembre 2006.



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n°394 - Les Dossiers d'Irak : -01-10-09 –Début - Comment les médias forment et déforment notre réalité.

n°394 - Les Dossiers d'Irak : -01-10-09 –Début - Comment les médias forment et déforment notre réalité.

Les Dossiers d'Irak  N° 394                    01/10/08  Par M.Lemaire                  

Sommaire :
4 Déclaration, courrier des lecteurs & trouvé sur le net.
4-1 Une solution à la guerre en Irak.
5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
5-1 Comment les médias forment et déforment notre réalité.

 4 Déclaration, courrier des lecteurs & trouvé sur le net.

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Une solution à la guerre en Irak. Parmi les divers objets mis aux enchères sur le site internet eBay, le lot 150141399174 pourrait attirer l'attention du Pentagone. Il s'agit d'une solution à la guerre en Irak" proposée par un officier américain se présentant comme un spécialiste du renseignement ."Je propose au meilleur offrant la solution à la guerre en Irak", écrit le vendeur sous le pseudonyme "cptnabil"."Ce n'est pas une plaisanterie... Si vous êtes le meilleur offrant, je vous enverrai une solution viable à ce conflit dans lequel nous sommes actuellement engagés", ajoute-t-il.
 Le quotidien New York Post a identifié lundi le vendeur comme le capitaine de l'armée de terre Thad Krasnesky, qui se décrit lui-même comme un officier de renseignement ayant une bonne connaissance du Proche-Orient. 
 "Je ne suis pas d'accord avec la façon dont cette guerre est menée", a déclaré Krasnesky au New York Post.
"Je parle la langue et je comprends la culture, l'histoire et la religion, suffisamment pour élaborer un plan juste, honorable et menant au succès", a-t-il ajouté. Krasnesky affirme qu'il a servi dans le renseignement militaire pendant la guerre du Golfe et la guerre en Irak et a été impliqué dans la planification de plus de 400 opérations de combat. 
Selon lui, les enchérisseurs potentiels pourraient être des parlementaires ou des candidats à l'élection présidentielle.
La "solution" est proposée pour 5 millions de dollars et si elle n'est pas vendue elle ira au meilleur offrant à la fin des enchères dimanche. Lundi vers midi, la meilleure offre était de 20,50 dollars. Mais mardi, l'enchère était retirée du  site. Néanmoins, le militaire a fait deux adeptes puisque deux nouvelles enchères sont en ligne, l'une à 50 000 dollars,  l'autre à 99 dollars... D'après agence 19-09

http://tf1.lci.fr/infos/high-tech/0,,3494281,00-solution-...



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 5-1 Comment les médias forment et déforment notre réalité. « À défaut d’avoir recours à la force pour contrôler les populations, on peut parfaitement la contrôler par l’opinion » - Harold Laswell, spécialiste des médias.
Chaque jour, nous nous formons des opinions, sur notre nouveau voisin, sur de nouveaux produits, sur les candidats aux élections, sur des découvertes scientifiques, les religions et croyances et sur ce qui se passe ici et ailleurs. Bref, on peut facilement dire que l’être humain en est un d’opinion.
Lorsque vient le temps de construire notre réalité, nous sommes tous submergés d’informations diverses. D’une part nos informations proviennent de notre expérimentation directe, donc de nos cinq sens, et d’autre part, de l’expérimentation indirecte, c’est-à-dire d’une source d’information tierce : nos proches, nos voisins, nos collègues, et dans la majorité des cas, des médias.
Notre cerveau collige toutes ces informations, lesquelles nous sont ensuite très utiles lorsque nous portons un regard sur le monde. Et hop ! Tout ceci est analysé et devient ce que nous pensons être notre réalité.
Et voici que se pointe à l’horizon une question de taille : sommes-nous sûrs de ce qu’est notre réalité, de ce qui est vrai et juste, ainsi que de ce qui ne l’est pas ?
Sept. 11, 2001
De tous les sujets sur lesquels nous nous formons une opinion, quelle proportion provient de notre expérience directe par rapport à notre expérience indirecte, c’est-à-dire d’informations provenant de ce que disent les autres, et dans la majeure partie des cas, des médias ?
Nous avons tous une opinion sur la guerre en Irak, le réchauffement planétaire, les minorités religieuses, sur les dirigeants du pays, sur l’économie régionale, nationale et mondiale. Mais contrairement à l’opinion que nous nous sommes forgée à propos du restaurant du coin en expérimentant nous même sa cuisine, pour la majorité des cas, ce sont les sources d’informations intermédiaires qui forgent notre opinion.
Dans un monde aussi vaste, il est impératif de pouvoir se fier, en quelque sorte, sur ce que disent les autres, sur l’information qui est rapportée, donc, à cette source intermédiaire que sont les médias. En quelque sorte, à défaut de pouvoir expérimenter nous-même, nous transposons l’expérimentation des médias pour en faire la nôtre.
Et ce, pour le meilleur comme pour le pire, puisque nous avons rarement la chance de vérifier par nous même, sur le terrain, si ce qui a été rapporté est conforme à la réalité, s’il n’y a pas eu de déformation des faits, de manipulation d’information.
En résumé, notre perception de la réalité est beaucoup plus celle des autres, voir des médias, que la nôtre. Et c’est là que les dérives les plus graves peuvent survenir. Si les médias jouent un rôle des plus utiles dans notre société assoiffée d’information, n’oublions pas que sans les médias, il n’y aurait jamais eu l’Holocauste, il n’y aurait jamais eu de génocide au Rwanda, il n’y aurait jamais eu de guerre en Irak, lesquels ont nécessité une mobilisation incroyable de l’opinion publique.
Rappelons d’ailleurs que le rôle des médias a été largement reconnu par les tribunaux de Nuremberg et de La Haye. Les juges n’ont pas hésité à condamner plusieurs journalistes et directeurs de médias pour crime contre l’humanité, dans le cadre des génocides juifs et tutsis, alors qu’ils n’ont tué personne de leur propre main, mais tenus des propos qui ont généré des passions meurtrières.
Alors, si les médias sont capables de mobiliser l’opinion publique pour des opérations aussi incroyablement perfides, imaginez ce que le système médiatique est capable de faire pour les enjeux quotidiens ?
Les médias : des entreprises commerciales d’abord et avant tout
Mais avant d’aller plus loin, posons-nous cette question : que sont les médias au juste ? Nés avec la révolution industrielle du XIXe siècle et le développement de la démocratie (dont ils ont l’un des acteurs majeurs), les médias modernes sont des institutions, des entreprises qui se sont bâties une crédibilité en développant et en perfectionnant l’art de rapporter au plus grand nombre ce qui se fait, se vit, se raconte.
Mais à ce titre, les médias ne sont pas que des entreprises de diffusion d’informations, dont le souci idéologique serait uniquement d’informer son public. Ils existent avant tout pour être rentables, pour offrir un rendement à son ou ses propriétaires, lesquels engrangeront les profits.
Cela ne nous vient pas nécessairement à l’esprit, mais comme les médias nous offrent leur information de façon pratiquement gratuite, c’est nous qui sommes en réalité le « produit », lequel est vendu aux annonceurs en quête de visibilité, d’un auditoire, d’un lectorat.
Notons d’ailleurs à ce sujet, que 80% à 99% des revenus médiatiques proviennent de la publicité. Le reste provient, non seulement des abonnements, mais également de subventions régulières accordées par l’État.
Ce double objectif des médias, nous devons constamment le garder en mémoire lorsque nous ouvrons un journal, regardons la télévision, écoutons la radio, surfons sur Internet, car cette relation d’affaires constitue le premier de nombreux filtres par lesquels passent l’information avant d’être livrée au public.
Cinq grands filtres
À ce propos, les grands spécialistes des médias Edward Herman et Noam Chomsky ont mis à jour dans leur ouvrage Manufacturing consent cinq grands filtres qui régissent tant le choix des sujets abordés que l’ampleur et la qualité de leur couverture, avant même que leur traitement ne soit confié aux journalistes.

1. D’abord, l’information sélectionnée et diffusée le sera avant tout selon les orientations données par les propriétaires, lesquels sont généralement, rappelons-le, des gens très fortunés, avec un agenda corporatif et politique très développé. À ce sujet, n’oublions pas que la ligne éditoriale de tout grand quotidien se veut toujours le reflet de la pensée de ses propriétaires.

2. Vient ensuite la dépendance envers de grandes sources de revenus publicitaires, pour assurer leur survie, et envers de grandes sources d’informations, pour assurer leur contenu. Plus souvent qu’autrement, ces sources sont les mêmes. Si le gouvernement est le plus grand annonceur dans les médias (devant l’automobile, les grandes entreprises et le commerce au détail – et autrefois le tabac-) il est aussi leur principale source d’information.

3. Puis il y a les entreprises, dont les firmes de relations publiques, pas du tout objectives et chargées de fabriquer le consentement du peuple, lesquelles jouent ont un grand rôle dans la diffusion de l’information. (Les journalistes y puisent une bonne partie de leurs informations et il n’est pas rare de voir des communiqués de presse être publiés de façon quasi intégrale !). Et en bout de ligne, on compte les groupes de pression et les agences de presse.

« Tout cela créé finalement, par symbiose, si l’on peut dire, une sorte d’affinité tant bureaucratique, économique et qu’idéologique entre les médias et ceux qui les alimentent, affinité née de la coïncidence des intérêts des uns et des autres », signale Normand Baillargeon dans son livre Petit cours d’autodéfense intellectuelle.

4. À ces sources, il faut ajouter les critiques des têtes dirigeantes de ce monde (intellectuels, gens d’affaires, têtes d’affiches et autres) qui n’hésitent pas à vouloir mettre les médias à leur main en s’érigeant en sources fiables. Leurs propos sortent de l’ordre de l’opinion et sont présentés comme des faits.

5. Il faut ajouter aussi comme source l’hostilité des médias envers tout groupe, mouvement ou personnes souhaitant bousculer l’ordre établi, généralement les mouvements de gauche, lesquels s’attaquent au système politico-religio-militaro-économique en place. Les nouvelles provenant de ces groupes seront généralement diffusées en utilisant un angle des plus négatifs ou, tout simplement, seront reléguées aux oubliettes.

« Au fil des ans, de conclure Baillargeon, avec une constance aussi prévisible que remarquable, les grands médias corporatistes ont, sur mille et autres sujets cruciaux, tendu a exposer, défendre et propager le point de vue des élites, lesquels possèdent ces même médias, et des élites politiques, qui est bien souvent exactement le même. Tout cela ne peut que limiter sérieusement la portée du débat démocratique, voir de le dénaturer profondément. »
Chasse à l’audimat
À ces cinq grands filtres d’Herman et Chomsky, nous pouvons aussi ajouter la chasse à l’audimat et au tirage élevé. Plus ces derniers sont élevés, plus le média devient alléchant pour les annonceurs et plus le média sait garnir ses coffres. C’est ainsi que l’information diffusée en manchette ou en primeur n’est plus nécessairement triée selon son impact sur la société, mais aussi selon sa valeur marchande. 
Quand un média québécois fait la manchette avec Céline Dion, par exemple, il augmente du coup ses ventes ou ses cotes d’écoute cette journée-là. Idem pour un grand rendez-vous sportif, un scandale sexuel ou une catastrophe naturelle. Difficile de résister à la tentation de jouer ça gros en page une…
C’est l’apologie des quatre « S » : le show business, le sexe, le sport et le sang. Si le show business, le sexe, le sport sont trois éléments très « vendeurs », le sang, en y englobant tout ce que craint le lecteur, est probablement le plus lucratif de tous.
Les gens adorent discuter et se renseigner sur tout ce qui leur fait peur : les guerres, le terrorisme, la pédophilie, les catastrophes naturelles, les épidémies , les sectes, tout y passe, avec l’intérêt, non pas de rassurer le public, mais plutôt d’amplifier ce phénomène de peur, ce qui permet aux médias d’étirer la sauce et même d’être redondant.
Le contrôle et la manipulation de l’information
C’est ainsi que d’autres informations qui ont un plus grand impact au sein de la société sont reléguées au second rang et se retrouvent avec moins de visibilité. Il est donc facile pour tout média de manipuler ainsi l’information. Pas nécessairement en diffusant des informations biaisées, mais plutôt en reléguant des informations importantes au second rang, voir en omettant de les diffuser, sous le prétexte qu’il n’y avait plus assez d’espace rédactionnel ou de temps d’antenne.
Si aujourd’hui nous pouvons voir les grandes accusations et scandales défrayer les manchettes, demain nous ne pourrons voir, s’il y a lieu, les acquittements et rectifications des faits qu’en fin de journal ou de bulletin télévisé. Ce qui fait en sorte que les masses ne retiendront que les accusations, le scandale quoi, puisque la rectification des faits n’aura absolument pas eu la même attention de la part des médias, d’autant plus qu’un nouveau scandale du jour sera probablement venu occulter cette rectification.
Et si nous ajoutons à cela que l’importance de l’information sera calculée en fonction des idéologies politiques et les agendas cachés des propriétaires de journaux, nous nous retrouvons devant un contenu qui est souvent fort biaisé et loin d’être conforme à la réalité.
Si, en théorie, le rôle des médias est de contrebalancer le pouvoir des gouvernements, en pratique, il ne joue ce rôle que partiellement. Lorsque vient la question d’une soit disant sécurité nationale (la guerre au terrorisme, la guerre en Afghanistan et, surtout, les deux guerres en Irak, en sont de bons exemples), toute la machine médiatique se met en branle et appuie les démarches gouvernementales.
En ne reprenant que l’information officielle des gouvernements, sans contre vérification (qu’on ne lui permet pas de faire d’ailleurs, souvent pour des questions de « sécurité nationale »…), elle perd totalement son sens critique. Tout média et tout journaliste allant à contre sens de ces politiques est lourdement sanctionné (il pourra être accusé notamment d’un manque d’esprit patriotique et tout cela se soldera souvent par des congédiements).
Les journalistes « ont abdiqué, sans suffisamment guerroyer, leur rôle de chiens de garde chargés, comme les y enjoint la constitution (…), de protéger les citoyens contre les mensonges et les abus du pouvoir. Ils se sont laissés dépouiller de leur fonction essentielle, qui est de définir l’information, de discerner, dans le fatras des faits du jour, ce qui est important et ce qui est exact. Ils ont abandonné à d’autres, à ceux qu’ils devraient contrôler, le pouvoir de déterminer non seulement l’agenda et la hiérarchie de l’information, mais bien plus gravement encore, les événements qu’il importe de couvrir et de traiter », analysait Jean-Paul Marthoz dans son essai Le journalisme en quête de repères aux Etats-Unis.
À ce titre, Normand Baillargeon en fait la démonstration avec la petite Nayirah, 15 ans, qui était venu témoigner devant la Chambre des Congrès américaine des horreurs perpétrées par les Irakiens lorsqu’ils ont envahit le Koweït en 1990. Sa description de l’attaque d’un hôpital koweitien, où elle était bénévole, par les soldats Irakiens, tuant ainsi plus de 300 bébés, a fait les manchettes du monde entier. C’est ce jour-là que Saddam Hussein est devenu le « Boucher de Bagdad ». Il était devenu primordial et urgent pour les nations occidentales, États-Unis en tête, d’attaquer le président Irakien.
Toutefois, ce témoignage qui a été l’argument numéro un évoqué à maintes reprises par les dirigeants américains pour attaquer Saddam Hussein s’est avéré en réalité être un coup monté ! Le tout avait été concocté par une firme de relations publique américaine qui avait obtenu un lucratif contrat de 10 millions de dollars avec les Koweitiens afin de former la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington, Nayirah al Sabah, à raconter cette fausse histoire.
Quand cette nouvelle est sortie, il était trop tard. Et afin de préserver l’honneur des autorités politiques ayant amené plus de vingt nations en guerre, il n’en fût question que dans de courts textes, publiés discrètement dans la section internationale de certains quotidiens. Bref, rien pour ameuter le public comme lors du témoignage de la jeune fille, un an plus tôt…

La concentration de la presse
À tout cela s’ajoute la concentration de la presse où les médias se retrouvent entre les mains d’un nombre de plus en plus restreint de propriétaires. Ce qui facilite encore plus le contrôle de l’information, puisque le contenu est de plus en plus le même, d’un média à l’autre.
À titre d’exemple, en ce qui concerne la presse écrite au Québec, comme l’a démontré le Centre d’étude des médias de l’Université Laval, la très grande majorité des organes médiatiques est divisée entre seulement quatre grands propriétaires : Gesca, Québécor, Groupe Transcontinental et Rogers Communications. Si l’on ne considère que les impressions quotidiennes, 97% du tirage provient de Gesca (52% divisé entre La Presse , Le Soleil, Le Droit, La Tribune , La Voix de l’Est, Le Nouvelliste et Le Quotidien ) et de Québécor (45% avec le Journal de Montréal et le Journal de Québec), laissant un maigre 3% au Devoir, le seul quotidien indépendant au Québec.
Ailleurs dans le monde, le portrait est similaire dans la plupart des pays occidentaux. Aux Etats-Unis, seulement cinq grandes corporations se partagent, en 2006, le terrain de jeu médiatique alors que vingt ans plus tôt, en 1983, ils étaient plus de cinquante ! Ainsi Disney, Viacom, Time Warner, News Corp, et la General Electric se disputent près de 90% du marché médiatique américain.
En Belgique, trois groupes de presse se partagent un lectorat de 4 millions de francophones (près de 15 titres), soit Rossel, IPM et Mediabel. En Suisse, selon le portal observatoire des médias Acrimed.org, c’est dans le marché germanophone que le concentration se fait le plus sentir. Toutefois, le marché francophone suisse n’échappe pas à la tendance.
« La concentration des médias helvétiques s’accélère et prend une forme nettement hiérarchisée à deux niveaux - national et régional (cantonal ou supra-cantonal) -, les entreprises locales indépendantes perdant de plus en plus de signification. Au sommet, on trouve les groupes ayant une dimension nationale, avec, pour certains (Ringier et Edipresse), des extensions internationales », rapporte Jean-François Marquis dans son article Concentration et hiérarchisation dans la presse en Suisse.
Finalement en France, la plus grande partie des médias est sous l’influence de cinq groupes. Le marché français a ceci de particulier que cette forte concentration est aggravée par les alliances entre certains de ces groupes. « Ces connivences génèrent de multiples dérives, notamment l’abolition de la frontière entre information et divertissement ainsi que l’uniformisation des contenus à l’exclusion de nouveaux venus qui n’appartiendraient pas au sérail, des pressions sur les hommes politiques à l’autocensure sur les sujets tabous où l’autocensure est pratiquée sur les sujets tabous », décrie le Président de l’Observatoire français des médias, Armand Mattelart.
Le marché français de la télévision privée est entre les mains de trois groupes industriels multinationaux, soit Bouygues (possédant de larges part de TF1), Lagardère (possédant de nombreux canaux spécialisés) et Vivendi (propriétaire de Canal Plus) ainsi que du géant mondial allemand de la communication, Bertelsmann, propriétaire notamment de M6. Ces groupes occupent également une place de choix dans les autres médias : presse écrite, radio, cinéma, musique, etc.
« À l’affrontement, ces groupes préfèrent des stratégies d’alliance, les concurrents deviennent ainsi des partenaires, que l’on ménage et qui vous ménagent, même si chaque groupe cherche à accroître l’audience de ses chaînes ou à attirer plus de publicité. (…) Le grand nombre de titres de presse écrite, de chaînes de télévision, d’éditeurs de livres, masque l’ampleur de la concentration dans les médias et ses effets dévastateurs. La concentration au sein de chaque média (télévision, la presse...) n’est qu’un aspect, car les groupes les plus puissants sont multimédia. Ils ont des positions fortes à la fois dans la télévision, la presse, l’édition, ... et sont intégrés à des groupes industriels », expose Janine Brémond dans La concentration dans les médias en France.
Avec cette concentration de la presse, les démocraties libérales s’éloignent du plus en plus de leur principe fondateur tant vanté sur la scène internationale,. soit « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Cette notion centrale lors de la fondation de la plupart des démocraties occidentales garantissait notamment la liberté de presse et libre circulation de l’information, conditions fondamentales permettant au peuple d’être en mesure de déterminer lui-même ses besoins, de prendre lui-même ses décisions, parce que bien informé grâce à des sources variées.
En résumé, nous pouvons dire que nous ne possédons plus nos médias, nous les avons confiés, sans le vouloir, à de grosses corporations, lesquelles ont un agenda précis qui ne va pas nécessairement dans le même sens que le peuple. Pour ces chefs d’entreprises, leurs médias ne sont vus que comme des outils les aidant a atteindre leurs fins.
Les journalistes ne sont plus objectifs
Qu’en est-il maintenant du travail des journalistes, lesquels nous livrent l’information au jour le jour ? Comme pour les médias, définissons d’abord ce qu’est un journaliste : c’est un professionnel qui se bâtit une crédibilité en rapportant des rumeurs, des histoires, des opinions et des faits dont il tente d’en vérifier toute la validité avant de les rapporter au plus grand nombre.
En théorie, cette mission semble assez noble. Mais puisque un journaliste travaille pour une entreprise de presse, dont l’information est soumise aux filtres mentionnés plus haut, et auxquels s’ajoutent ses propres filtres, l’information qui sortira de sa plume ou de son micro sera des plus subjectives.
Et on ne parle même pas des biais possibles, conscients ou inconscients, chez les journalistes qui, avant de couvrir un événement, ont déjà leurs propres opinions, elles-mêmes forgées auparavant par le monde médiatique auquel ils appartiennent. Cette propre opinion personnelles viendra orienter toute la cueillette d’informations, où seulement l’information allant dans le même sens que leur opinion préfabriquée sera retenue.
« Aujourd’hui, la plupart des journalistes conviennent qu’il est impossible d’atteindre une parfaite objectivité. Quand le journaliste choisit l’orientation de son article et les éléments d’un événement, il prend déjà parti. », souligne le Réseau éducation-média sur son site Internet.
D’ailleurs, au sujet de la soi-disant « objectivité » journalistique, il est intéressant de noter que dans les années 1990, la Society of professionnal journalists américaine a éliminé le concept d’objectivité de son code d’éthique. Le mot objectivité ne représente plus ce que les journalistes sont en mesure d’accomplir, ni ce que le public doit s’attendre de leur travail.
L’objectivité désormais acceptée comme étant une illusion, ils préfèrent dorénavant se donner bonne conscience en soulignant que le mieux qu’ils peuvent faire, c’est de présenter des points de vue divergents. On quitte alors le domaine des faits, pour l’univers de la confrontation d’opinions, dont il est difficile, comme on l’a vu en début de texte, de déterminer à quel degré elles sont conformes à la réalité.
Et c’est sans compter que les journalistes aiment bien teinter subtilement leurs reportages de leurs propres opinions, comme s’il s’agissait de faits. Une tendance née dans les années 1960 qui est désormais fort répandue, comme le mentionne le Réseau éducation-média.
« Plusieurs journalistes ont déclaré (par le passé) que, puisqu’il était impossible d’atteindre une parfaite objectivité, c’était une erreur de présenter les nouvelles comme si elles avaient été enregistrées et présentées par un reporter robot, sans que ses sentiments et ses opinions n’interviennent dans le processus. Non seulement fallait-il reconnaître la présence du reporter, mais il fallait également que ses sentiments et ses opinions soient intégrés à la nouvelle », est-il rapporté.
Le « mensonge » journalistique
En éliminant le principe même d’objectivité, on peut craindre les pires dérives. Il se peut fort bien qu’en bout de ligne tout ce qui est rapporté, écrit et raconté, ne soit que partiellement vrai, soit biaisé, soit même, dans certains cas, largement ou même totalement faux. Il est arrivé à plusieurs reprises par le passé que les informations rapportées par des journalistes soient carrément fausses, parce que la source a menti ou parce que le journaliste a menti.
À ce sujet, aux Etats-Unis seulement, le média alternatif www.americanthinker.com a recensé plus d’une soixantaine de cas où des journalistes ont été sanctionnés, au cours des 25 dernières années, pour mensonges, falsification et accusations mensongères. Il est même arrivé qu’une journaliste du Washington Post, Janet Cook, gagne un prix Pulitzer (le plus grand prix de journalisme aux USA) pour un reportage issu à 100% de son imagination !
Tout cela est compréhensible dans le contexte actuel où ce n’est pas tant le fond qui compte, mais plutôt la primeur, le scoop, qui fera en sorte de donner une certaine gloire au média qui la sort et, surtout, au journaliste qui la produit.
Dans un univers où les journalistes peuvent aussi devenir des « stars », la grande visibilité qui leur est donnée grâce à ces primeurs devient pour eux une chasse quotidienne où tout sujet, toute affectation, peut devenir une opportunité de se démarquer des autres.
Il ne traitera plu l’information qu’il recueillera en vertu de l’importance du contexte, mais plutôt pour ses aspects sensationnalistes. Il pourra ainsi mieux vendre sa nouvelle à ses patrons dans le but, bien entendu, qu’elle soit mise le plus en évidence possible, où l’objectif ultime est la manchette ou le « prime time ».
Pour y arriver, certains journalistes seront prêts à tout, même à prendre des moyens assez malhonnêtes pour y arriver.
Le moyen le plus commun est de prendre un détail anodin qui, une fois grossi à la puissance dix, sera très dérangeant. C’est ainsi qu’une exception dans un domaine peut être présentée comme si c’était la norme. Souvent dans les médias, ce n’est plus l’exception qui confirme la règle, mais l’exception qui devient et explique la règle.
« L’anecdote se trouve au début de chaque sujet. Tout part du fait particulier, du fait divers du jour, et s’étend vers le problème plus vaste qu’il semble contenir en lui-même, ou que les journalistes font mine de croire qu’il contient. Comme si ce dernier détenait en lui toutes les causes et toutes les conséquences qui ont fondé la situation plus générale qu’il est censé démontrer », décrie Pierre Mellet dans son article Comment la structure rituelle du Journal télévisé formate nos esprits.
Vient ensuite le choix des personnes interviewées. Il est facile de biaiser un article en donnant une voix prépondérante à un individu ou groupe en ne présentant qu’un côté de la médaille, tout en laissant que peu ou pas de place pour l’autre côté. En ignorant certaines sources ou informations qui auraient pu équilibrer les points de vues, les journalistes occultent ainsi une partie de la réalité.
Et finalement, l’absence d’un droit de réplique. Il est fréquent de voir des accusations être émises lors de reportages et, surtout, lors d’enquêtes, sans pour autant permettre aux « accusés » de se défendre. Au nom de l’intérêt public, tout individu ou groupe vu par les journalistes (selon ses propres convictions) comme une « menace » pour la société sera vilipendé sur la place publique sans même pouvoir s’expliquer.
Le professeur Alain Bouchard en fait d’ailleurs la démonstration avec les minorités religieuses dans son essai Dis-moi ce que tu vois, je te dirai ce que tu es.
« En matière de nouvelles religions, écrit-il, les médias décrivent ces groupes à partir de leur monde, de leur contingence, de leur univers de sens. (…) La secte devient synonyme de danger, de menace pour la société. Comme les médias jouent un rôle important dans la construction de l’opinion public, cette image négative peut amener l’ensemble de la population à se méfier des minorités religieuses et à les juger à partir des préjugés transmis par les médias. Ce phénomène soulève un problème éthique, car si le journaliste donne une information qui ne respecte pas les faits et que cette information porte un préjudice à des individus, quelle responsabilité est en cause ? »
Malheureusement, les journalistes seront portés plus souvent qu’autrement à se laver les mains de cette responsabilité, car ils ont le sentiment de n’avoir fait que leur boulot, de n’avoir servi que l’intérêt public. Mais quand on gratte un peu, on se rend compte que l’intérêt premier qui a été servi est le leur, ainsi que celui de leur employeur.
Les journalistes : des employés d’usine
À tout cela s’ajoutent les contraintes imposées par l’employeur. Il est important de comprendre que les médias, surtout les médias de masse, tentent de nous faire croire que l’information diffusée par leurs journalistes est le résultat de longues enquêtes, de recherches, d’un travail de terrain. Si c’est vrai dans certains cas de journalisme d’enquête de la part de journalistes « vedettes », dans la majorité des cas, ce ne l’est pas.
Comprenons également que la direction des médias laisse peu de temps aux journalistes pour produire leurs papiers. Pour des questions de rentabilité, l’information est considérée comme un produit d’usine et le journaliste comme un ouvrier. Il doit donc noircir le plus de papier possible ou combler le plus de temps d’antenne possible et cela, dans les plus brefs délais, donc au moindre coût.
Cette dynamique créé un grand désarroi chez les « véritables » journalistes, lesquels souhaiteraient tout de même faire leur métier le mieux possible en approfondissant chaque sujet, en testant l’exactitude de l’information recueillie et en s’assurant de la crédibilité de leurs sources. Contraints par leurs limites temporelles, les journalistes ne font que des vérifications minimales et devront faire confiance à des sources qu’ils jugent sérieuses et utiles. Souvent même, ils ne vont que reproduire l’information des communiqués de presse reçus à la rédaction, sans aucune vérification.
Quand les journaliste deviennent des « experts »
De plus, les journalistes se donnent du crédit les uns les autres sans vérifier cette crédibilité. Ils ne contre vérifient pas les sources citées dans les articles précédents. Dans les médias électroniques, cela va encore plus loin, puisque sur les panels de discussion, les réseaux d’information font de moins en moins appel à des experts. Ils sont de plus en plus remplacés par des journalistes, beaucoup plus à l’aise avec la caméra et beaucoup plus disponibles, lesquels sont présentés en tant qu’ « analystes experts ».
Et c’est ici que le bât blesse et que l’on retrouve l’une des principales failles du système médiatique actuel. Faute de temps, les journalistes vont se fier à d’autres journalistes qui ont fait leur travail, eux aussi avec le même manque de ressources et de temps.
Ce phénomène de repiquage d’information ou de « vampirisme journalistique » est d’ailleurs dénoncé de plus en plus par les journalistes. « Il n’est pas normal que les mêmes nouvelles, avec les mêmes citations, se retrouvent dans tous les journaux. C’est toute la qualité de l’information qui s’en trouve amoindrie », se plaignaient des collègues journalistes lors du congrès de la de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) en 2001.
Il vient un temps où tout le monde se fie sur tout le monde. Il est alors facile qu’un fausse information se trouve à entrer dans l’engrenage et se répande comme une traînée de poudre, créant ainsi de grands ravages qu’il sera difficile de réparer.
Quand tout le monde fait confiance à tout le monde, faute de temps pour vérifier si le journaliste ou les sources citées sont dignes de confiance, la porte est ouverte à l’abus de confiance. Les propriétaires, tout comme les autorités, groupes et pouvoirs en place sont conscients de ces lacunes et s’en servent pour permettre ainsi l’abus de pouvoir, la manipulation des masses, bref de faire avancer leur cause par la duperie.
Pour éviter de se conformer
Pour le lecteur, l’auditeur, tout cela ne semble guère rassurant. Rien ne nous assure que nous ne pouvons être victime, de temps à autre, d’abus de confiance de la part des médias. Mais peut-être est-ce notre faute, en bout de ligne, si nous nous laissons prendre au piège ?
Car il est assez paradoxal que, dans un monde où les journalistes font partie des professions auxquelles nous faisons le moins confiance, ces mêmes journalistes occupent une place considérable dans l’établissement de nos opinions, donc de la formation de notre propre réalité !
Peut être devons-nous blâmer le manque d’options. Outre les médias, pour avoir une idée concrète, une opinion éclairée sur un sujet, que nous reste-t-il ? Il ne reste que notre expérience personnelle sur le terrain, ce qui est très limitatif.
Bien entendu, il existe encore des journalistes intègres qui, comprenant bien le mécanisme pervers dans lequel s’engouffrent de plus en plus les médias occidentaux, ne se laissent pas piéger et font leur métier avec le plus de rigueur possible. Mais malheureusement, avec les mécanismes décrits plus hauts, ils se font de plus en plus rares, car seuls les jeunes journalistes sachant se conformer à cette nouvelle dynamique sont embauchés ou promus.
L’espoir permis grâce Internet
Toutefois, avec l’arrivée d’Internet, il est maintenant possible de multiplier ses sources d’information et de rester vigilant. Et comme le souligne Jean-Paul Marthoz, Internet joue déjà un rôle fort intéressant dans la décentralisation de l’information.
« Les médias américains ont perdu le monopole qui fut un moment le leur. Lors de la première Guerre du Golfe, CNN servait de référence obligée à tous. (…) Lors de la guerre en Iraq de 2003, la polyphonie a été la règle (…) Malgré le conformisme de la majorité de leurs médias, les Américains qui voulaient en savoir plus ont pu, cette fois, sortir de leur insularité (en s’abreuvant de médias étrangers). Les sites des quotidiens britanniques, The Guardian et The Independent, qui offraient une couverture plus critique de la guerre, ont été pris d’assaut », expose-t-il.
La naissance de nombreux médias citoyens, c’est-à-dire des sites de nouvelles où l’internaute peut lui aussi rapporter la nouvelle, faire ses propres enquêtes et les publier, nous donne accès à de nouvelles sources d’information. Cependant, leur visibilité n’étant pas encore aussi forte que celle des médias traditionnels, lesquels ont su se bâtir une large fenêtre sur le web, nous devons encore attendre pour voir s’ils sauront se montrer comme une véritable alternative.
Il y a aussi ce phénomène nouveau, où chaque citoyen peut posséder son propre média, grâce, notamment, aux blogues. « Quand leur auteur a du talent, certains blogues peuvent acquérir une véritable influence. Aux États-Unis, ils forment de plus en plus de véritables groupes de pression électroniques capables, on l’a vu pour les blogues de droite, de faire tomber un journaliste vedette comme Dan Rather (pour avoir appuyé la diffusion d’un reportage mensonger) ou, pour les blogues de gauche, de forcer à la démission le sénateur républicain Trendt Lott, pris en flagrant délit de propos racistes », exposent Denis Pingaud et Bernard Poulet, dans leur article Du pouvoir des médias à l’éclatement de la scènePublique.
Cependant, cette cacophonie grandissante que l’on retrouve sur Internet laisse plusieurs auteurs et chercheurs perplexes. « Face à la saturation provoquée par la multiplication infinie, et infiniment répétitive, des sources d’information, augmente le risque d’une confusion croissante entre la vérité et la manipulation », font valoir Pingaud et Poulet.
Il est aussi utile de se questionner sur les limites que pourrait avoir Internet dans le futur. Lorsque l’on voit comment la Chine et d’autres pays autocratiques ont réussi à contrôler l’espace Internet sur leur territoire, en interdisant l’accès à de nombreux sites n’allant pas dans le même sens que le régime, rien ne nous garantit que nous serons ici protégés contre le même type d’abus de pouvoir gouvernementaux…
Sortir du conformisme social
Pour terminer, rappelons-nous que c’est en connaissant d’abord comment fonctionnent les médias et quelle est leur mécanique interne, en sachant comment se forge l’information quotidienne, en comprenant comment les journalistes recueillent l’information et comment ils la traitent, en comprenant que les reportages ne ressassent, la plupart du temps, que des opinions mises en perspective avec d’autres opinions, ce qui éloigne généralement le public des faits, que nous sommes en mesure de distinguer le vrai du faux.
C’est ainsi qu’il nous est possible de se prémunir contre les informations biaisées, l’abus de confiance, voir la manipulation médiatique.
Nous pouvons alors éviter d’avaler tout cru ce qui est rapporté et ainsi éviter se faire avoir par cette véritable conspiration que sont devenus le « politiquement correct » et le conformisme social où tout le monde va dans la même direction, une direction décidée, et soulignons le à gros traits pour le garder toujours en mémoire, par les élites de notre société.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44958
http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=2962




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n°394 - Les Dossiers d'Irak : -01-10-09 –Fin- Comment les médias forment et déforment notre réalité.

n°394 - Les Dossiers d'Irak : -01-10-09 –Fin- Comment les médias forment et déforment notre réalité.

Les Dossiers d'Irak

 N° 394                    01/10/08 

Par M.Lemaire                  


Sommaire :
6 Annexe 6-1 Michel Collon: Quelle sera demain la politique internationale des USA ?
Après Bush, chacun espère un changement ou craint le pire. McCain ou Obama ? Qu'est-ce que cela changera pour l'Irak, l'Afghanistan, la Palestine , l'Afrique, le Caucase, Cuba ou le Venezuela ? Et dans les relations avec les grandes puissances : Europe, Japon, Russie, Chine ?
Nous ne pensons pas que la politique internationale des Etats-Unis se décide à la Maison-Blanche. En fait, l'élite US est actuellement hésitante sur la stratégie à suivre dans les prochaines années. Ce texte analyse les deux options qui s'offrent à elle. La crise économique rend la question encore plus brûlante: comment les Etats-Unis s'y prendront-ils pour rester la superpuissance qui domine le monde ?
Ce texte est extrait de notre livre Les 7 péchés d'Hugo Chavez (chapitre 11 : Les Etats-Unis, l'or noir et les guerres de demain) à paraître prochainement. Dans les pages qui précèdent, ont été expliquées les raisons de l'ascension, puis du déclin des Etats-Unis. Investig'Action a jugé urgent de publier déjà cet extrait pour éclairer les débats en cours sur les élections aux USA...
L'échec de Bush
Quel bilan peut-on tirer de cette guerre globale menée par l'administration Bush à partir du 11 septembre ? Négatif. Pratiquement partout...
En Afghanistan et en Irak, les Etats-Unis ont déclenché deux guerres qu'ils ont été incapables de gagner et qu'ils ne gagneront jamais. Bush aurait bien voulu en déclencher une troisième contre l'Iran, mais trop affaibli, il a dû y renoncer. Le but de cette guerre était d'assurer à Washington le contrôle du pétrole. En cinq ans, il a grimpé de 25 dollars à plus de 100 dollars, avec des conséquences très négatives pour l'économie US et mondiale.
En Amérique du Sud, les Etats-Unis ont perdu, entièrement ou partiellement, le contrôle de presque toutes leurs colonies : Venezuela, Bolivie, Equateur, Uruguay, Paraguay, Argentine et Brésil. Ne leur restent, à l'heure où nous écrivons ces lignes, que le Pérou, le Chili et la Colombie.
En Afrique aussi, la résistance a marqué des points. Le Congo de Kabila a refusé de se mettre à genoux. Et quand Washington a cherché un endroit pour installer le centre de son nouveau commandement militaire Africom, tous les pays ont poliment refusé. Il a finalement fallu se rabattre sur le Maroc, au prix de certaines concessions financières.
De même, en Asie du Sud, un groupe de stratèges US s'inquiétait récemment de la montée des résistances dans toute la région et proposait de renforcer la 'capacité de projection' des Etats-Unis en Asie du Sud. Dans leur jargon, ça veut dire les moyens d'organiser des débarquements militaires, des bombardements ou des coups d'Etat soutenus. Mais il s'empressait de signaler qu'en raison de l'impopularité des Etats-Unis dans cette région, il serait impossible de trouver un pays pouvant accueillir le siège de cette force US. (1)
Même chez les alliés européens, la politique de Bush a provoqué des résistances. Ainsi, au sommet de l'Otan à Bucarest, en avril, George Bush a réclamé une nouvelle expansion pour intégrer cette fois l'Ukraine et la Géorgie , deux pistolets braqués sur la Russie. Mais il a essuyé un refus, ferme et public, de l'Allemagne, de la France , de l'Espagne, de l'Italie, de la Belgique , de la Hollande et du Luxembourg, peu désireux de se fâcher avec Moscou qui fournit leur gaz. Steve Erlanger et Steven Lee Myers, deux analystes proches du Pentagone, y ont vu « un échec notable de la politique des Etats-Unis dans une alliance normalement dominée par Washington » (2).
En Russie justement, le ton monte. Moscou refuse l'installation sur le continent européen des armes que les Etats-Unis appellent un bouclier antimissile : « Si une partie du potentiel nucléaire des Etats-Unis est en Europe (...), nous devrons avoir des cibles en Europe » (3). D'ailleurs, en mai 2008, la Russie a testé un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, « en réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires », a déclaré Poutine. Washington certifie pourtant que le bouclier antimissile n'est pas dirigé contre la Russie , mais seulement contre des Etats comme l'Iran. Mais Poutine rétorque : « Aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes. » (4).
Tout comme la Russie , la Chine n'a pas reculé non plus devant les multiples campagnes et pressions organisées par Washington.
L'élite US se divise
Il y a dix ans, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter et stratège le plus important des Etats-Unis, publiait Le Grand Echiquier, sorte de mode d'emploi du « Comment rester la seule superpuissance dominant le monde » (5) . Il y expliquait, avec la brutalité de quelqu'un qui n'est plus aux affaires, que Washington devait absolument affaiblir ses rivaux : Russie, Chine, mais aussi Europe et Japon, et les empêcher de s'allier entre eux. Diviser pour régner.
Aujourd'hui, quel est le bulletin de George Bush, sur base des critères définis par Brzezinski ? A-t-il réussi à affaiblir les grandes puissances rivales ? Disons : mention assez bien en ce qui concerne le Japon, assez bien (pour l'instant) en ce qui concerne l'U.E., mais mauvais en ce qui concerne la Russie , et très mauvais en ce qui concerne la Chine.
Globalemen t, Bush a provoqué tant de résistances que la domination des Etats-Unis s'est affaiblie. Les secteurs qui l'avaient porté au pouvoir - armement, pétrole, automobile, défense, compagnies pharmaceutiques - constatent que les guerres de Bush n'ont apporté ni de grands profits, ni de nouvelles zones d'exploitation. En fait, elles ont coûté davantage qu'elles n'ont rapporté. Et l'administration Bush s'est révélée être un petit cercle restreint, pensant beaucoup à s'en mettre personnellement plein les poches, mais incapables de finesse tactique et de réelle vision à long terme.
Une fois l'échec devenu évident, les divisions se sont exacerbées au sein de l'élite US, et même de l'administration Bush. A partir de 2006, les néocons ont dû céder du terrain. Ils ont dû accepter le remplacement du ministre de la Guerre , Donald Rumsfeld, par Robert Gates, un homme de la Trilatérale et de la tendance Brzezinski. Le nouveau ministre a en quelque sorte admis la faiblesse du militarisme US dans un discours prononcé devant les élèves de l'Académie militaire de West Point : « Ne combattez pas à moins d'y être obligés. Ne combattez jamais seuls. Et ne combattez jamais longtemps. » (6). Puis, la commission bipartisane Baker - Hamilton a condamné la tentative de Bush de remodeler le 'Grand Moyen-Orient' comme étant irréaliste et elle a prôné au contraire une approche plus tactique envers la Syrie et l'Iran.
Même au sein des services secrets et de l'Armée, plusieurs frondes se sont déclenchées. En décembre 2007, lorsque Bush a voulu préparer une attaque contre l'Iran sous le classique prétexte des armes de destruction massive, seize services de renseignement US ont surpris tout le monde en publiant un rapport qui constatait que l'Iran avait suspendu son programme nucléaire militaire depuis au moins 2003.
« Le déclin des Etats-Unis est inévitable »
(Zbigniew Brzezinski)
Dans son livre, Brzezinski proposait une stratégie agressive et machiavélique pour sauver l'Empire US. Mais lui-même, croit-il que ça marchera ? Aussi surprenant que ça paraisse, la réponse est : Non.
« A long terme, la politique globale est vouée à devenir de moins en moins propice à la concentration d'un pouvoir hégémonique dans les mains d'un seul Etat. L'Amérique n'est donc pas seulement la première superpuissance globale, ce sera très probablement la dernière. » (p. 267)
La raison tient dans l'évolution de l'économie : « Le pouvoir économique risque aussi de se disperser. Dans les prochaines années, aucun pays ne sera susceptible d'atteindre 30% environ du PIB mondial, chiffre que les Etats-Unis ont maintenu pendant la plus grande partie du 20ème siècle, sans parler de la barre des 50% qu'ils ont atteinte en 1945. Selon certaines estimations, l'Amérique pourrait encore détenir 20% du PIB mondial à la fin de cette décennie pour retomber à 10-15% d'ici l'an 2020, tandis que les chiffres d'autres puissances - l'Europe, la Chine , le Japon - augmenteraient pour égaler approximativement le niveau des Etats-Unis. (...) Une fois que le déclin du leadership américain sera amorcé, la suprématie dont jouit aujourd'hui l'Amérique ne pourra être assurée par aucun Etat isolé. » (p. 267-8)
« Une fois que le déclin du leadership américain sera amorcé ». Brzezinski ne parle donc pas d'une possibilité, mais d'une certitude. Il écrit cela en 1997. Aujourd'hui, il est devenu clair que le déclin est bel et bien amorcé. Le monde devient multipolaire.
Mais peut-être Brzezinski est-il un pessimiste isolé ? Peut-être que les néocons qui ont inspiré Bush sont plus 'optimistes', si l'on ose employer ce mot ? Eh bien, en fait, pas beaucoup plus. Dans le texte fondateur de toute la politique de l'administration, le Project for a New American Century (PNAC), rédigé en 1992 par Paul Wolfowitz et ses amis, on trouve évidemment toute l'idéologie de la nouvelle croisade militariste, mais aussi une remarque qui attire l'attention : « Actuellement, les Etats-Unis ne rencontrent aucun rival mondial. La grande stratégie de l'Amérique doit viser à préserver et étendre cette position avantageuse aussi longtemps que possible (...) Préserver cette situation stratégique désirable dans laquelle les Etats-Unis se trouvent maintenant exige des capacités militaires prédominantes au niveau mondial. » (7).
« Aussi longtemps que possible ». Ici aussi, donc, on ne croit pas qu'il sera possible pour les Etats-Unis de rester éternellement les maîtres du monde. Voilà bien un grand paradoxe. Le moment entier craint les Etats-Unis. Mais les dirigeants US, eux, savent qu'ils sont aux commandes du Titanic. Et pour sauver l'Empire autant que possible, ils sont partagés entre deux options...
Deux options pour sauver l'Empire
Quelle sera la politique internationale des Etats-Unis dans les années qui viennent ? Le choix de tel ou tel président est certes une indication. Mais pas décisive.
Rappelons que, durant la campagne présidentielle de 2000, George Bush avait promis une politique internationale beaucoup plus humble et moins interventionniste que son prédécesseur ! Tandis que l'autre candidat, Al Gore, avait proposé un budget militaire plus élevé que celui de Bush. Nous pensons que les grandes orientations de politique internationale ne sont pas décidées par les présidents, mais par les multinationales. En fonction de leurs besoins du moment et de leur évaluation du rapport de forces mondial.
Et justement, après le bilan d'échec des années Bush que nous venons de décrire, l'élite US apparaît assez divisée sur la marche à suivre. Comment se sortir de cette situation délicate ?
La première option possible, c'est l'option militariste. Les néocons de Bush l'ont incarné ces dernières années avec la stratégie Wolfowitz. L'agression et l'intimidation comme stratégie générale. Multiplier les guerres, gonfler au maximum les commandes au complexe militaro-industriel pour tirer la croissance et la domination des multinationales US, pour intimider aussi les alliés et les rivaux.
L'autre option, c'est celle défendue par Brzezinski et qu'il aime à appeler 'soft power' (le pouvoir en douceur). D'autres parlent d'un 'impérialisme intelligent'. En fait, il s'agit de réaliser les mêmes objectifs des Etats-Unis, mais par des formes de violence moins directes, moins visibles. En comptant moins sur les interventions militaires US, très coûteuses, et davantage sur les services secrets, les manoeuvres de déstabilisation, les guerres par pays interposés, et sur la corruption aussi...
Cinq généraux de l'Otan préparent un gouvernement mondial...
La première option consiste à militariser encore davantage la vie politique et à multiplier les guerres. Bush au carré.
En janvier 2008, cinq ex-généraux de l'Otan ont présenté un document préparatoire à une rencontre au sommet de l'OTAN à Bucarest (8). Leurs propositions révèlent une tendance absolument effrayante. Et ce qui donne beaucoup de poids à leur document, c'est que tous exerçaient, jusqu'il y a peu, des fonctions au plus haut niveau. Le général John Shalikashvili était chef de l'état-major US et commandant en chef de l'Otan en Europe, le général Klaus Naumann dirigeait l'armée allemande et présidait le comité militaire de l'Otan en Europe, le général Henk van den Breemen était chef de l'état-major hollandais, les mêmes fonctions étant occupées en France par l'amiral Jacques Lanxade tandis que Lord Inge dirigeait l'état-major et le service de la Défense en Grande-Bretagne. Rien que des grosses pointures. Et très agressives, comme nous allons le voir...
Page 6 : « [Les auteurs] proposent des pistes sur la façon de surmonter une rivalité possible avec l'UE et de permettre à l'OTAN d'accéder à des instruments non militaires. » Deux remarques. 1. En fait, cette rivalité n'est pas seulement possible, elle est tout à fait réelle. Dans quel sens voudront-ils la surmonter ? 2. Que signifie pour l'Otan « accéder à des instruments non militaires » ? S'agit-il d'obtenir une emprise plus forte sur la vie civile des sociétés occidentales ?
Page 7 : « Afin d'initier le processus, ils proposent d'établir un directorat réunissant les Etats Unis, l'UE et l'OTAN. Il aurait pour mission de coordonner toutes les opérations dans la sphère atlantique. » Un super - gouvernement mondial, donc. Pour réaliser quels objectifs ?
Les Cinq nous l'expliquent page 42 : « Ce qui attend les alliés occidentaux, c'est la défense proactive, soutenue sur le long terme de leurs sociétés et de leur mode de vie. » 'Défendre notre mode de vie' fut déjà un argument employé par le père Bush pour déclencher la première guerre contre l'Irak. En fait, 'mode de vie' est une façon hypocrite de désigner la domination des multinationales sur la vie économique. Domination qui a pour effet de maintenir la moitié de l'humanité dans la pauvreté. Le but des Cinq, est bien d'employer les moyens militaires pour maintenir le fossé riches - pauvres. Pour qui en douterait, on précise page 92 : « Les objectifs de notre stratégie sont de préserver la paix, nos valeurs, le libéralisme économique et la stabilité. »
Préserver la stabilité des multinationales, donc. Et contre quel ennemi ? Les auteurs fournissent quelques exemples de ce qu'il ne faut pas tolérer dans le tiers monde. Page 52 : « Nous avons des exemples moins importants d'aide non souhaitable : du Venezuela au régime cubain ». Le gendarme mondial s'arroge le droit d'intervenir partout contre tout pays posant des actes qui déplaisent aux multinationales.
Mais parmi tous les indésirables, quel est l'ennemi principal ? La réponse vient page 44 : « La Chine est en mesure de faire grand tort aux économies US et mondiale en s'appuyant sur ses énormes réserves en dollars. » Et page 52 : « La Chine est en mesure d'utiliser l'arme de la finance pour s'imposer en Afrique et acquiert la capacité de l'utiliser à beaucoup plus grande échelle - si tel est son choix. »
Voici donc les bons et les méchants bien définis. Le libéralisme a besoin de l'Otan pour s'imposer au monde entier. Et pour mener cette guerre économique, de quels moyens l'Otan devrait-elle disposer ?
Le droit international et l'ONU jetés par-dessus bord
En fait, les cinq généraux se sentent frustrés. Page 76 : « L'un des principaux problèmes dans la conception stratégique actuelle de l'alliance atlantique est que ses actions restent essentiellement réactives plutôt que préventives, et sont limitées à des moyens militaires. » Page 91 : « Or une stratégie ambitieuse doit comprendre l'utilisation bien intégrée de tous les leviers disponibles, qu'ils soient politiques, économiques, militaires, culturels, sociaux, moraux, spirituels ou psychologiques. »
Nous y voilà ! La Bande des Cinq entend déborder de ses tâches militaires et exercer une emprise sur le fonctionnement de la société civile. Au moins, le droit sera-t-il respecté par ce nouveau gouvernement mondial ? On en doute fortement... Pages 94-95 : « Un autre principe à respecter est la légalité. Toute action doit être légitime, autorisée et respecter le droit international. Voilà qui peut représenter un handicap considérable lorsque l'adversaire n'a aucun respect pour quelque loi que ce soit, mais agir différemment signifierait en fin de compte appliquer la loi de la jungle et miner notre propre crédibilité. Pourtant ce principe n'empêche pas qu'il faille adapter le droit international existant à un contexte international en constante évolution... »
Dans cette citation, les premières phrases servent de pommade, le véritable contenu vient à la fin : 'adapter' le droit signifie en réalité le violer, nier les principes proclamés jusqu'à présent. Après Abou Ghraib, Guantanamo, la torture, les assassinats de chefs d'Etat, les vols clandestins et les prisons secrètes de la CIA , nous propose-t-on de combattre ces violations du droit ? Non, on propose de les légaliser en 'adaptant' le droit.
Il faut rappeler que déjà les deux guerres contre l'Irak et celle contre la Yougoslavie ont violé le droit international, la charte de l'ONU et même la propre Charte de l'Otan. Mais, précisément, c'est de la légalité internationale que les Cinq veulent se débarrasser. Page 104-105 : « L'approbation des Nations - Unies peut ne pas être nécessaire selon l'article 51 de la Charte des Nations - Unies (légitime défense) et il est peut-être possible d'y renoncer au terme de la Convention sur le génocide. »
« Vive la guerre préventive » ! Même nucléaire.
On sera d'autant plus inquiet en lisant page 96 : « Ce qu'il nous faut, c'est une forme de dissuasion par refus proactif, où la préemption est une forme de réaction en cas de menace imminente et la prévention une tentative pour reprendre l'initiative et mettre fin au conflit. »
'Défense proactive', dans le jargon des militaires, désigne la guerre préventive bien que celle-ci soit interdite par le droit international. Ce terme revient sans cesse dans le document des Cinq. George W. Bush avait déjà invoqué une 'guerre préventive' contre le terrorisme. Comme Hitler en son temps. Car les agresseurs se réfugient souvent derrière le prétexte de prévenir un danger. En réalité, le droit international a toujours interdit explicitement les guerres prétendument préventives. Mais les craintes ne s'arrêtent pas là...
Page 94 : « A première vue, l'arme nucléaire peut sembler disproportionnée; mais si l'on tient compte des dommages qu'elle prévient, il est possible qu'elle soit raisonnable. » Ici, éclate toute l'immoralité des cinq bandits. La guerre nucléaire est une atrocité et l'humanité n'a cessé de réclamer le démantèlement de ces armes de destruction massive. Voici qu'on prétend les justifier. Avec une hypocrisie qui ne peut tromper personne : 'prévenir des dommages'. Totalement flou et sans doute raciste : la vie des peuples adversaires ne vaut rien.
La vérité est que ces généraux criminels, constatant que les bombardements classiques ne suffisent pas à briser les résistances, et que les guerres terrestres sont coûteuses et périlleuses pour les envahisseurs, ces généraux criminels avancent l'arme nucléaire comme solution au problème d'hégémonie mondiale des multinationales.
« Préparer les esprits »
On le voit, la marchandise que la Bande des Cinq prétend nous vendre est totalement pourrie et avariée. C'est pourquoi, prévoyants, ils comptent travailler l'opinion par des campagnes de propagande à long terme. Page 104 : « Ces mesures doivent s'accompagner d'efforts proactifs et coordonnés de communication dans les médias (...) Par ailleurs, cette campagne médiatique pourrait préparer les esprits à une intervention armée. »
'Préparer les esprits' ! Bien sûr, ce n'est pas nouveau... Tirant le bilan de la guerre contre la Yougoslavie (en 1999), qui fut le festival le plus réussi de la désinformation organisée, un général de l'Otan avouait, après la guerre, que de fausses informations avaient été systématiquement balancées, tandis que les informations gênantes étaient écartées ou marginalisées pour « anesthésier les opinions ». Il résumait ainsi la philosophie de l'Otan : « L'opinion, ça se travaille, comme le reste. » (9). A chaque guerre, d'ailleurs, les généraux occidentaux engagent des spin doctors, c'est-à-dire des agents publicitaires pour vendre leur guerre et manipuler l'opinion. Mais cette fois, on va beaucoup plus loin, il s'agit de toute une campagne à long terme pour conditionner l'opinion...
Page 129 : « Il faut par conséquent que l'OTAN développe une stratégie d'information qui doit servir trois objectifs simultanément. Elle doit persuader le monde que l'OTAN est une force du bien. Elle doit se déployer avant que les adversaires commencent à répandre leurs informations, c'est-à-dire que l'OTAN doit imposer sa domination en matière de relations publiques. Elle doit gagner le coeur et l'esprit des habitants des pays de l'OTAN (à la justesse de l'attitude de l'alliance atlantique) mais aussi des populations dans les pays où se passe l'intervention armée. »
« Imposer sa domination en matière de relations publiques ». L'information est conçue comme une guerre qui se gagne en éliminant les forces de l'adversaire. Il ne s'agit pas ici d'accusations gratuites : l'armée US a bombardé et emprisonné des journalistes d'Al-Jazeera, l'Otan a bombardé la télévision de Belgrade (17 tués), le Pentagone a préparé des plans pour éliminer les informations gênantes sur Internet dont le caractère démocratique dérange considérablement.
Un plan de dictature mondiale
Au début de leur document, les cinq généraux annonçaient « des pistes pour surmonter une rivalité avec l'U.E. » Comment vont-ils s'y prendre ? En fait, ils utilisent le cadre de l'Otan pour organiser la soumission de l'U.E. aux volontés de Washington...
Page 137 : « Nous considérons que les forces multinationales sont la clé d'une modernisation rapide et peu onéreuse des forces de l'OTAN, mais nous soulignons que cette option n'est possible que si les Etats membres acceptent sans restriction que ces forces seront à la disposition de l'OTAN pour toute opération autorisée par le Conseil de l'OTAN. » Traduction : on obligera les armées européennes à obéir aux décisions de l'Otan (actuellement, l'unanimité est requise).
Le plan des Cinq procure trois avantages aux Etats-Unis : 1. Intégrer des forces européennes dans leurs guerres. 2. Reporter les coûts sur les alliés. 3. Partager aussi l'impopularité.
Le caractère antidémocratique des Cinq se manifeste clairement page 139 : « Nous choisissons de ne pas formuler nos propositions pour la réforme de l'UE de façon aussi détaillée que pour l'OTAN, et ceci pour deux raisons : tout d'abord un nouveau traité qui vient remplacer la 'constitution' désormais condamnée est actuellement adopté en douce, de façon à éviter de consulter les populations. »
Leur plan vise bien à rendre impossible toute opposition. Page 144 : « Afin d'éliminer toute source d'irritation, il pourrait être décidé que c'est toujours d'abord au sein de l'OTAN qu'un point sera traité et que les membres de l'OTAN qui sont aussi membres de l'UE s'engagent à ne pas s'écarter du vote posé à l'OTAN quand le point est abordé dans des instances européennes. » Donc, une fois que l'Otan aura décidé, un pays européen n'aura plus le droit de s'opposer.
En conclusion, ce plan de la Bande des Cinq, préparé par des gens qui ont été au sommet du pouvoir militaire mondial, indique une tendance significative dans cette élite. Leur plan de super - gouvernement mondial à trois (dominé en réalité par les Etats-Unis) jetterait à la poubelle tout vestige du droit international, légitimerait la guerre préventive et les armes nucléaires, organiserait la manipulation systématique des opinions. C'est un plan de nature fasciste.
Voilà une des deux options auxquelles l'élite des Etats-Unis pense actuellement pour résoudre ses problèmes. L'autre est incarnée notamment par Zbigniew Brzezinski dont nous avons parlé plus haut...
« L'impérialisme intelligent » ?
Les stratèges militaires US distinguent trois types de guerres qu'ils peuvent déclencher : 1. Les guerres de haute intensité. Il s'agit des affrontements entre grandes puissances du type des deux guerres mondiales. 2. Les guerres de moyenne intensité. Elles comportent aussi un engagement militaire US direct mais contre des puissances beaucoup plus faibles. Comme l'Irak ou la Yougoslavie. 3. Les guerres de basse intensité. Elles ne comportent pas d'engagement militaire direct des Etats-Unis. Ceux-ci s'arrangent pour faire se battre les autres. Ils provoquent des conflits entre pays voisins, ou à travers des mouvements paramilitaires ou terroristes.
Trompeur, le terme 'basse intensité' peut donner l'impression que les dégâts sont moindres. En réalité, ils ne sont moindres que pour les Etats-Unis. Ainsi, la guerre dite de 'basse intensité' que Washington a déclenchée contre le Congo (à travers les armées du Rwanda et de l'Ouganda voisins, et diverses milices) a fait cinq millions de morts et elle a paralysé le développement du Congo.
La stratégie Brzezinski, à la différence de Bush, privilégie ces guerres de basse intensité. Elle n'est donc nullement plus morale, mais se veut juste plus intelligente.
Mais Brzezinski propose aussi de recourir à d'autres formes d'intervention. Souvent, on ne pense qu'à la forme la le plus visible de l'agression : l'intervention militaire des Etats-Unis. En réalité, ils disposent de toute une panoplie. Si on veut établir une typologie complète, dans l'ordre d'intensité, on doit compter les formes suivantes : 1. Corruptions des dirigeants locaux. 2. Chantages sur ces dirigeants locaux. 3. Campagnes médiatiques de diabolisation. 4. Déstabilisations diverses. 5. Embargos et blocus commerciaux. 6. Coups d'Etat. 7. Provocations de séparatismes. 8. Guerres par intermédiaires. 9. Bombardements. 10. Occupations terrestres. Toute une gamme de méthodes, on le voit, et qui peuvent évidemment se combiner, mais qui constituent toutes des agressions.
Bien sûr, tous les gouvernements US recourent à l'ensemble de ces méthodes, et pas seulement à certaines. Mais le dosage et les financements diffèrent.
Après les crimes commis par Bush, on pourrait être tenté de se réjouir de voir un changement de méthodes. En réalité, si Washington décide de changer ses tactiques, il ne s'agira pas de pacifisme, mais seulement de rendre la brutalité moins visible. Il faut rappeler que Brzezinski, c'est l'homme qui a financé ben Laden en Afghanistan pour piéger l'Union soviétique dans une guerre de longue durée, coûteuse et briser son alliance avec le monde musulman. Brzezinski est très fier de son succès et ne manque pas une occasion de le rappeler.
Si les Etats-Unis décident d'appliquer la stratégie Brzezinski, il y aura sans doute moins de guerres directes. Et elles se feront le plus possible en concertation avec les alliés. Ce qui permettra également de mieux soigner l'image médiatique et la manipulation de l'opinion.
Et surtout, en faisant travailler davantage la CIA , on s'efforcera de remplacer les guerres menées directement par les Etats-Unis par des guerres 'indirectes'. Faire se battre des pays voisins en soutenant 'le bon' sous toutes sortes de bons prétextes. Ce fut la méthode employée avec succès par Clinton contre la Yougoslavie.
La méthode Brzezinski présente deux avantages pour les Etats-Unis : 1. Elle leur redonne un aspect plus présentable, pour rétablir leur autorité morale. 2. En versant moins d'argent au complexe militaro-industriel, elle permet d'aider davantage l'économie US pour renforcer sa position concurrentielle face à l'Europe, la Chine , l'Inde, etc...
Pour économiser sur les guerres, la stratégie Brzezinski recourt davantage aux chantages et aussi à l'action clandestine. Les chantages peuvent passer, notamment, par l'utilisation des instruments du contrôle économique global comme la Banque Mondiale , le FMI et l'OMC. Institutions multilatérales mais dominées par les Etats-Unis et permettant de dicter leurs volontés au tiers monde d'une manière apparemment plus objective. Mais ce ne sera pas facile car la Banque Mondiale et le FMI ont accumulé tant de haines là où ils sont passés que les pays ont cherché des alternatives. L'idée d'une Banque du Sud, lancée par Chavez, fait son chemin...
L'action clandestine, c'est-à-dire la CIA , devrait aussi être utilisée davantage. Elle permet de se débarrasser des gouvernements gênants avec des investissements bien moindres.
Voilà pourquoi les tenants de la stratégie de Brzezinski se définissent comme partisans d'un 'soft power' ou 'impérialisme intelligent'. Le danger, avec ce soft power, serait que la gauche se réjouisse d'être débarrassé de Bush et diminue sa vigilance parce qu'il y aurait - pendant un certain temps - moins de guerres directes. De sorte que le mouvement anti-guerre international, qui connaît une crise évidente, riposterait encore moins face aux stratégies plus discrètes de l'Empire.
De toute façon, cet Empire ne deviendra pas pacifique. Tôt ou tard, il relancera des guerres à la Bush. Parce qu'en fait, l'élite US pratique un cycle d'alternance entre les deux options...
Les présidents passent,
les multinationales restent
Elles ne sont pas nouvelles, ces deux options, militariste ou 'intelligente'. Et il ne s'agit pas d'une opposition entre républicains et démocrates. Parce que ces deux partis ne représentent pas 'la guerre' et 'la paix', mais seulement des électorats différents, et des tactiques différentes, et toujours au services des multinationales. Ainsi, ce n'est pas un républicain, mais bien un démocrate, Harry Truman, qui a déclenché la guerre en 1950 contre la Corée et la Chine. Ce n'est pas un républicain, mais bien un démocrate, John Kennedy, qui a commencé la guerre contre le Vietnam en 1961.
Et ce n'est pas non plus un vote populaire contre un vote bourgeois. Les multinationales US financent toujours les deux candidats, plaçant leurs oeufs dans les deux paniers. Mais on peut juger leurs préférences aux montants versés. Au début des années 90, les multinationales investissent des deux côtés, mais privilégient Clinton et les démocrates à 58 %. A partir de 1996, au contraire, elles misent sur les républicains à 67 %. Aux présidentielles de 2000, c'est Bush qui est financé massivement. Et déclaré élu bien que le scrutin ait désigné son rival Gore. Par contre, à la présidentielle de 2008, les multinationales changent à nouveau de côté et financent davantage Obama que son rival McCain.
De toute façon, le même président peut changer de politique. Après la chute de l'URSS et la fin de la guerre froide, Bill Clinton a d'abord baissé les budgets militaires et les commandes au complexe militaro-industriel dans l'espoir de relancer la machine économique US en général. Mais, bien que la décision soit passée quasiment inaperçue, le même Clinton, en fin de mandat, a effectué un virage : « Le budget militaire des Etats-Unis doit augmenter de 70 % » (10) Ce qui confirme ce qui a été dit plus haut : les grandes décisions politiques ne dépendent pas du caractère de tel ou tel président, mais bien de stratégies décidées plus haut. Les présidents passent, les multinationales restent.
La politique US alterne les méthodes
Donc, on parlera plutôt d'une alternance dans la politique des Etats-Unis. Après chaque grand revers, on constate un retour, temporaire, au 'soft power'.
Après la défaite du Vietnam et la réprobation morale envers les dictatures installées par Washington en Amérique latine, les multinationales US ont porté à la présidence le gentil pasteur Jimmy Carter avec de merveilleux discours sur les droits de l'homme. Après la guerre froide et la première guerre contre l'Irak, le président Clinton s'est efforcé d'embarquer les Européens dans ses guerres et il a soigné la présentation médiatique.
En fait, pour essayer de résoudre ses problèmes, la bourgeoisie US a constamment hésité entre les deux options. Ou plutôt, elle les a alternées : un peu plus de bâton, un peu plus de carotte. Mais ses choix deviennent de plus en plus difficiles. Car aucune méthode ne résout vraiment les problèmes.
A présent, après le désastreux bilan de Bush, cette bourgeoisie US hésite entre les deux options. Ou bien la fuite en avant, c'est-à-dire la guerre tous azimuts. Ou bien un repli tactique, reculer pour mieux sauter et réorganiser les méthodes d'action. La question n'est pas tant de savoir quel président elle choisit, mais bien quelle stratégie.
De toute façon, on n'est pas certain que la stratégie Brzezinski soit, au final, moins brutale que celle de Bush. Il est vrai qu'en 2008, il a critiqué publiquement le président en disant qu'il était stupide de vouloir attaquer l'Iran, parce qu'il ne pouvait pas gagner et qu'une guerre serait nuisible à la situation d'Israël, au prix du pétrole, et donc à l'économie US. Mais certains analystes pensent que Brzezinski veut ménager l'Iran parce qu'il espère retourner ce pays et le faire participer un jour à un encerclement de la Russie. Voilà la puissance qui reste la bête noire, l'obsession de l'auteur du Grand Echiquier. Certains pensent que Brzezinski vise toujours à encercler et affaiblir complètement la Russie , quitte à en découdre avec elle. Sans oublier la Chine , devenue manifestement une cible majeure. Dans cette hypothèse, le soft power se transformerait en une apocalypse now.
Leurs solutions aggravent le problème
Que la bourgeoisie US soit divisée sur la ligne à suivre, découle du fait que les Etats-Unis ne sont finalement pas si puissants qu'on le croit. Ni sur le plan économique, ni sur le plan militaire. A chaque fois que les dirigeants des Etats-Unis ont cru avoir trouvé une solution, il s'est avéré après un certain temps que cette solution aggravait le mal.
Par exemple, dans les années 80, pour échapper à la récession, les multinationales US ont foncé sur l'Amérique latine et d'autres régions du tiers monde, faisant main basse sur leurs matières premières, leurs entreprises, leurs marchés. Mais comme cette offensive néolibérale a tellement appauvri ces pays, elle a provoqué des catastrophes économiques, donc des résistances de plus en plus fortes et l'Amérique latine a viré à gauche. A partir de 1989, Washington a déclenché une guerre globale pour s'assurer le contrôle absolu du pétrole. Mais le pétrole lui a échappé de plus en plus. A partir de 2001, Bush a déclenché sa guerre contre le prétendu Axe du Mal, mais il n'a réussi qu'à renforcer les résistances dans toutes les régions.
Les Etats-Unis paraissent très forts, mais le sont-ils vraiment ? Avec tous leurs dollars, toutes leurs technologies et tous leurs crimes, ils ont perdu la guerre de Corée (1950) et celle du Vietnam (1961-1975), ils ont dû se replier du Liban (1982) et de la Somalie (1993), ils n'auraient sans doute pas gagné en Yougoslavie (1999) si le président Milosevic avait accepté les combats terrestres, et ils ont d'ores et déjà perdu en Irak et en Afghanistan, même s'ils ne le reconnaissent pas encore. Ne sont-ils pas, effectivement, comme on dit, un 'tigre en papier' ? Sur le long terme, les peuples qui défendent leurs richesses et leur avenir, ne sont-ils pas plus forts que les dollars et les missiles ?
Les Etats-Unis ont beau dépenser à eux seuls plus que toutes les autres nations du monde ensemble pour les budgets militaires, cela ne réussit plus à leur assurer la suprématie mondiale. Ils sont eux-mêmes victimes, si l'on peut dire, de leur contradiction fondamentale : tout ce qu'ils font s'oppose aux intérêts de l'immense majorité des habitants de cette planète, ils créent donc eux-mêmes la force qui les abattra.
Une armée ne peut pas être plus forte que l'économie qui la finance. Et la faiblesse fondamentale qui empêchera les dirigeants US d'atteindre leur but, c'est que l'économie US scie la branche sur laquelle elle est assise. En sous-payant ses travailleurs, en délocalisant une partie de sa production, en ruinant les pays du tiers monde qui devraient être ses partenaires, elle ne cesse d'appauvrir ceux à qui elle est censée vendre.
Ce problème, aucune des deux options, ni la militariste, ni l' 'intelligente' ne pourra le résoudre. Les militaristes augmentent les dépenses et les résistances. Les 'intelligents', s'ils diminuent la terreur diffusée par la guerre directe, encouragent aussi la résistance.
Quelle que soit la tactique choisie, les Etats-Unis continueront à porter la guerre partout dans le monde. Pour imposer leur système économique et leurs intérêts. Il est urgent de recréer un puissant mouvement pour la paix et la souveraineté des peuples.
Michel Collon
1er septembre 2008
SOURCES :
(1) John E. Peters, etc, War and escalation in South Asia , www.rand.org/pubs/monographs/2006/RAND_MG367-1.sum.pdf
(2) New York Times, 3 avril 2008.
(3) Le Monde, AFP, Reuters, Le Figaro, 21 avril 2008
(4) Corriere della sera, 21 avril 2008.
(5) Michel Collon, Monopoly, EPO, Bruxelles, 2000. Epuisé, voir copie gratuite à :
Brzezinski
(6) Le Soir (Belgique), 23 avril 2008.
(7) Project for a New American Century (PNAC), Rebuilding America's Defenses, septembre 2000.
(8) Towards a grand strategy for an uncertain world, German Marshall Fund of the United States, www.gmfus.org/event/detail.cfm?parent_type=E&id=451
(9) Nouvel Observateur (France), 1er juillet 1999.
(10) Clinton Remarks on US Foreign Policy, 26 février 1999. De: Michel Collon michel.collon@skynet.be

 




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02/10/2008

n°393 - Journal d'Irak - du 19-09 au 30-09 - Début - : Bush se trouve face à cette triple alternative.

n°393 - Journal d'Irak - du 19-09 au 30-09 - Début - : Bush se trouve face à cette triple alternative.

Journal d'Irak   - Début -  

N°377du 19/09 au 30/09/08  

M.Lemaire



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Sommaire :

Tiré à part : Dommages Collateraux... Nouvelle "bavure" des occupants :

Lutte pour la libération du territoire

1 Analyse Des résistants

2 Occupation de l'Irak
3 Politique 1) collaborateurs Irakiens 2) occupants
4 Libération du territoire Détails.
- Suite – L'Irak en chiffre. 
5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
5-1 No End in Sight.
6 Brèves
6-1 Adoption de la loi sur les élections provinciales.
6-2 L'UE est prête à accueillir jusqu'à 10.000 réfugiés irakiens supplémentaires. 6-3 La corruption tue, avertit l'ONG Transparency international.
6-4 La hausse du prix du pétrole dope le budget et la reconstruction.
6-5 100.000 miliciens anti Al-Qaïda passent sous contrôle du gouvernement. 7 Dossiers
7-1 Point de vue de Melkem Karam : Bush se trouve face à cette triple alternative.
8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
8-1 Le CEMA et les intérêts stratégiques communs pour la France et la Grande Bretagne.
- Fin - 9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
9-1 Naomi Klein : La stratégie du choc.


L'Irak en chiffre: du 19-09 au 30/09/08


Tués

Blessés

Peuple irakien

25 + x

15 + x

Usboys/Autres boys + miliciens

9

x

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

92

107



Tiré à part : 29-09 Zaher al Khatib, un ancien ministre libanais juge illégitime la signature de l'accord sécuritaire entre l'Irak et les Etats-Unis car cette signature interviendra à fortiori sous l'occupation. "Après sa défaite à asseoir son hégémonie en Irak, l'Amérique cherche à y pérenniser sa présence par le biais de cet accord, a-t-il ajouté." C'est un accord nul et non avenu sur le plan national, éthique, stratégique car il ne vise qu'à concrétiser les politiques de la Maison Blanche , a-t-il poursuivi. Ce ministre a appelé les Irakiens à s'opposer au pacte sécuritaire avant de souligner la nécessité du retrait des occupants, de l'instauration de la concorde nationale, du renforcement de l'unité en Irak. IRIB

 Dommages Collateraux... Nouvelle "bavure" des occupants : 19-09
"Huit personnes de la même famille, cinq hommes et trois femmes, ont été tuées par un bombardement aérien américain visant leur maison" avant l’aube dans le village d’Al-Dour près de Tikrit, à 180 km au nord de Bagdad, a déclaré le lieutenant Firas al-Douri. Un enfant a également été blessé.
Afp L'armée us a reconnu une "bavure". Le communiqué des occupants raconte dans les détails l'encerclement d'une maison habitée par un présumé terroriste. C'est le soutien aérien à cette opération terrestre qui a coûté la vie à 8 civils : des femmes et des enfants d'une même famille non lié au suspect(...) , par ailleurs tué Plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre ces victimes innocentes. http://guerreenirak.canalblog.com/



La résistance contre l'agresseur

Résistance :Analyse & déclaration 21-09 Al-Qaïda signale qu’ils vont  effectués de nouvelles attaques majeures. "Nous informons les forces de la Croix et leurs agents apostats que la politique des moudjahidine va se traduire par plus d'attaques à grande échelle", selon une transcription d'une des deux organisations, Al-Qaïda dément tout revers en Irak, jurant de continuer à se battre contre les collaborateurs même après le départ des Américains. Cette vidéo de 90 minutes est intitulée "Les résultats de sept ans de croisades" SITE & AP



Occupation de l'Irak

2-1 Sur le terrain UK  Un retrait prochain ? La politique irakienne de la Grande-Bretagne est à un tournant, a déclaré le ministre de la Défense , Des Browne, laissant entendre qu'un retrait total des 4.000 éléments restants du contingent britannique pourrait intervenir rapidement. "Les forces armées irakiennes, soutenues par les forces britanniques et américaines, ont battu les milices à Bassorah", a-t-il indiqué devant les délégués du Parti travailliste réunis en congrès à Manchester. "Nous sommes parvenus à un tournant dans notre engagement", a ajouté Des Browne, se faisant ainsi l'écho du Premier ministre, Gordon Brown, qui avait évoqué en juillet "un changement fondamental" dans la mission britannique qui interviendrait au début 2009, une expression censée signifier un retrait des troupes. Des Browne a parlé d'une "transformation de la qualité de vie" des Irakiens vivant dans le sud du pays. Il a évoqué la réouverture des cafés et des restaurants, les femmes marchant non voilées dans les rues et les investisseurs prêts à s'engager dans les secteurs du pétrole, du gaz et de la sidérurgie. Reuters – 22 septembre



3) Politique a) des collaborateurs Irakiens Talabani & Maliki

Maliki Les conditions de la présence américaine. 24-09 Al Maliki, a déclaré, mercredi soir, que de « sérieux et dangereux obstacles » empêchaient toujours la signature d’un accord et a exhorté les Américains de répondre rapidement aux demandes irakiennes. « Nous allons continuer à discuter avec les Irakiens », a dit un porte-parole de la Maison-Blanche , Gordon Johndroe. Mais il s’est gardé d’en dire plus, refusant de « mener les négociations par voie de presse ». El Watan (Algérie)


Confection d'un gouvernement fantoche Loi électorale adoptée, provinciales d’ici fin janvier sauf à ... Kirkouk
Les députés irakiens ont enfin adopté mercredi une nouvelle loi électorale qui prévoit la tenue d’importantes élections provinciales au plus tard le 31 janvier 2009 mais laisse en suspens la question
controversée de la province de Kirkouk.
La majorité des 191 députés présents ont adopté à main levée la nouvelle législation, bloquée depuis des mois par les profondes divisions entre factions irakiennes.
La loi prévoit que les élections provinciales se dérouleront au plus tard le 31 janvier 2009 dans 14 des 18 provinces d’Irak.
Elles seront en revanche organisés plus tard dans les provinces formant la région kurde (Dohouk, Erbil et Souleimaniyeh) et dans la très contestée province de Kirkouk (nord).
Initialement prévu le 1er octobre 2008, le scrutin est considéré comme crucial pour la stabilité du pays,
L’adoption de la loi butait jusqu’ici sur la question de la répartition des pouvoirs entre les communautés au conseil provincial de Kirkouk (250 km au nord de Bagdad), une région riche en pétrole que se disputent Kurdes, Arabes et Turcomans.
S’estimant majoritaires, les Kurdes souhaitent que leur prépondérance y soit reconnue, ce que refusent Arabes et Turcomans.
Selon la nouvelle loi, les élections provinciales à Kirkouk n’auront pas lieu avant mars 2009.
Elle prévoit la mise en place d’un nouveau comité comptant deux représentants pour chacune des trois communautés (Arabes, Kurdes et Turcomans), ainsi qu’un membre de la communauté chrétienne.
Avant le 31 mars, le comité présentera au Parlement un rapport sur l’organisation des élections à Kirkouk, avec une liste électorale actualisée. Les députés décideront ensuite de la date exacte du scrutin.
"C’est un jour important", s’est félicité au cours d’une conférence de presse le représentant spécial de l’ONU pour l’Irak Staffan de Mistura, qui souhaitait l’organisation du scrutin au plus vite et au plus tard
début 2009.
"Le sujet est sensible" et a "nécessité beaucoup de négociations. (...) Nous comprenons tous l’importance de la question des minorités car celles-ci ont besoin de sentir qu’elles sont prises en compte", a-t-il ajouté.
"Cette loi traduit notre volonté d’aboutir à un accord, elle montre que nous sommes capables d’aplanir nos différends par des moyens démocratiques", a commenté le président du parlement Mahmoud al-Machhadani."Kirkouk était la source du problème, c’est aujourd’hui devenu le symbole de notre patriotisme et cela nous a réuni", a-t-il assuré.
Un député du mouvement Sadr (chiite), Baha al-Araji, a "remercié tous les partis pour avoir fait des concessions.Au Kurdistan autonome, région de facto indépendante qui dispose de son
propre gouvernement et parlement, aucune date n’a été fixée pour les élections provinciales.
L’organisation du scrutin au Kurdistan ne fait pas débat entre Bagdad et les autorités kurdes, mais elle nécessite au préalable l’adoption d’une loi électorale par le parlement régional kurde.
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4997 24-09 Par rapport à la législation en vigueur lors des élections de 2005, qui se déroulaient au scrutin de liste, ne laissant aux électeurs que le choix du parti, la loi autorise le panachage, qui leur permet de sélectionner les personnalités qu'ils veulent voir siéger aux conseil provinciaux. Le projet soumis au parlement interdisait par ailleurs aux partis dotés de milices armées de se présenter aux suffrages des électeurs, une disposition qui visait entre autres l'Armée du Mehdi mais on ignore encore si les députés ont maintenu cette disposition dans le texte adopté. (Reuters)

B) Politiques des occupants  3-1 Usa Bush

Loi électorale provinciales 24-09 Bush a salué mercredi l’adoption par le parlement de cette nouvelle loi électorale, qualifiant ce vote d’étape cruciale dans le processus de réconciliation du pays.
"Cet acte aujourd’hui montre la capacité des dirigeants irakiens à travailler ensemble pour le bien du peuple irakien et représente un nouveau progrès dans la réconciliation politique", a-t-il dit dans un
communiqué.
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4997 


Faits marquants Les conditions de la présence américaine. 24-09 Les USA & l'Irak ont jusqu’au 31 décembre pour s’entendre sur les conditions de la présence américaine. C’est à cette date qu’expire le mandat des Nations unies sous lequel opère la force multinationale et le gouvernement irakien a demandé qu’il ne soit pas renouvelé. El Watan (Algérie) 20-09 http://www.elwatan.com/Guerre-en-Irak,104374
Les grandes manoeuvres 25-09   La Maison-Blanche a indiqué, jeudi, que les négociations avec le gouvernement irakien sur les termes de la présence à long terme de l’armée américaine se poursuivaient, mais s’est abstenue de tout autre commentaire.
El Watan (Algérie)

Prisons, exactions & torture 25-09 Signalons qu’un soldat américain de 23 ans a été condamné, jeudi, par une cour martiale américaine en Allemagne à sept mois de prison pour son rôle dans l’assassinat de quatre détenus en Irak l’an dernier. Un juge avait requis 40 ans de réclusion. Le New York Times, s’appuyant sur la déposition de deux des trois accusés, précisait fin août que les victimes avaient été tuées par balles, alors qu’elles étaient menottées et portaient un bandeau sur les yeux. El Watan (Algérie)

Audition du lieutenant Michael Behenna accusé du meurtre de Ali Mansour L'audition du lieutenant Michael Behenna, un soldat américain accusé du meurtre d'un civil irakien, s'est ouverte dimanche matin près de Tikrit, au nord de Bagdad, a indiqué à l'AFP le commandant Margaret Kageleiry, une porte-parole de l'armée américaine. Elle a cependant été interrompue peu après son démarrage, les avocats de la défense ayant demandé le remplacement de l'officier enquêteur qui fait office de juge au sein de cette cour militaire, a ajouté la même source. La décision de remplacer ou non l'officier enquêteur devrait être prise dans l'après-midi, a-t-elle ajouté, en précisant qu'un tel changement pourrait reporter l'audition de plusieurs jours. Le lieutenant Behenna, 25 ans, est accusé d'avoir tué Ali Mansour, un détenu irakien, avec l'un de ses subordonnées, le sergent Hal Warner, 34 ans, auditionné pour les mêmes motifs pendant deux jours la semaine dernière. A l'issue de cette seconde audition, et au vu des témoignages qui vont y être présentés, le commandement militaire américain devra décider ces prochaines semaines si les deux officiers doivent être traduits ou non en cour martiale pour être jugés et éventuellement condamnés. L'audition de dimanche se déroule devant une cour militaire américaine sur la base de Camp Speicher, située à Tikrit, à 180 km au nord de Bagdad. Les deux soldats, dont la compagnie était basée près de la ville de Baïji, à 200 km au nord de Bagdad, sont accusés de "meurtre avec préméditation, agression, faux témoignage et obstruction de la justice". Soupçonné d'appartenir à un réseau d'insurgés, Ali Mansour avait été arrêté le 5 mai 2006 par le peloton du lieutenant Behenna, qui a ensuite été chargé de le libérer le 16 mai, faute de preuves pour le garder en détention. Le corps nu, criblé de deux balles et en partie brûlé du détenu irakien fut retrouvé le lendemain sous un pont isolé des environs de Baïji. AFP 21-09



Les alliés (des Usa) dans le monde

ONU,  Loi électorale provinciales 24-09 Staffan de Mistura, représentant spécial de l'Onu en Irak, s'est félicité de "cette journée importante" en soulignant que "le peuple irakien a maintenant l'occasion d'exprimer sa propre opinion et son propre vote au sujet de ses futurs dirigeants au niveau provincial". Lors d'une conférence de presse conjointe avec les chefs de groupes parlementaires, il a félicité ceux-ci d'avoir su aboutir à un compromis sur Kirkouk, que les Kurdes souhaitent rattacher à leur Kurdistan autonome mais que les Arabes veulent maintenir sous le contrôle du pouvoir central. (Reuters)



4 Lutte pour la libération du territoire Pertes déclarée des occupants. Les armées répugnent à donner des chiffres officiels 

En Irak la mortalité des soldats états-unien, bien qu'en baisse, reste d'environ 0.75 morts par jour. http://guerreenirak.canalblog.com/ 18-09 Un hélicoptère militaire américain, opérant pour l' US Army , de type Boeing Vertol CH47 Chinook, s'est écrasé  dans le secteur de Bassorah (Basra, Irak). L'appareil a été totalement détruit, entrainant la mort de ses 8 occupants. L'appareil avait décollé de Kuwait et se rendait à Balad
La zone du sud de l' Irak, lieu de l'accident, est considérée comme instable et la possibilité qu'il s'agisse d'un acte de guerre n'est pas à exclure
source allemande : http://www.zeit.de/index  & http://guerreenirak.canalblog.com/

24-09L’armée américaine a annoncé jeudi qu'un soldat américain avait été tué mercredi dans la province de Diyala. AP



Les combats par provinces Détails autorisés par la censure.

1-1 Bagdad 21-09 Des inconnus ont abattu le général de brigade Adel Abbas, un haut responsable du département d'enquête criminelle au ministère de l'Intérieur, alors qu'il se rendait en voiture à son travail, selon des sources de sécurité. Son chauffeur a également été tué dans l'attaque. AFP AP

21-09 Des Résistants ont tenté de tuer Ghasan Ridha, un cadre du ministère des Finances, en faisant exploser une bombe sous sa voiture, selon ces sources. M. Ridha a été blessé dans l'attaque. AFP

21-09 Sept personnes, dont trois soldats irakiens, ont été blessées par l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule dans le quartier de Waziriyah, non loin de l'ambassade de Turquie.

21-09 Dans le nord de la ville, une attaque similaire a blessé cinq policiers, ont ajouté les mêmes sources. AFP

28-09 Au moins 32 personnes ont été tuées (policiers ? miliciens) et des dizaines d'autres blessées dans une série de quatre attaques dans différents quartiers de Bagdad, annonce la police irakienne. Une voiture garée sur un parking, a explosé dans le quartier commerçant de Karrada, situé dans le centre de la capitale irakienne. Presque aussitôt après, un kamikaze a actionné sa charge au même endroit, selon le ministère de l'Intérieur. "Les résistants veulent démontrer qu'il n'y a pas de sécurité à Bagdad", a commenté le porte-parole pour les questions de sécurité du gouvernement irakien, Kassim Moussaoui, ajoutant que les autorités s'attendaient à une augmentation des attentats dans la capitale. (Reuters)


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar ) Dans la province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu quelque 18.000 policiers sont sur le pied de guerre mais seuls environ 3.000 d'entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d'habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri. La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie.   L’armée américaine d’occupation considère Mossoul, comme le premier bastion urbain d’Al Qaïda en Irak,)

Mossoul Mossoul est considérée par les militaires US comme l'épicentre de la résistance.

 21-09 Une attaque kamikaze a visé le siège de la police à Mossoul, tuant un policier et blessant 45 , dont la moitié était des membres des forces de l'ordre. Le bâtiment est situé dans un quartier résidentiel et de nombreuses maisons ont été endommagées, a-t-on appris de source officielle. AP


1-7 Province de Diyala (Baaqouba (chef-lieu- 60 km au nord de Bagdad) Abou Saïda.-Bahriz, Baladrouz,   Balad Rouz,Jaloula, Khalès, Khan Bani Saad, Moqdadiyah, Mouradiya, Yathreb 

Baaqouba (60 km au nord de Bagdad)

24-09 Trente-cinq policiers et membres des milices supplétives sunnites ont été tués mercredi dans une embuscade tendue aux forces irakiennes de sécurité près de Bakouba, au nord-est de Bagdad, a annoncé la police. Les Résistants s'en sont d'abord pris à un point de contrôle situé près de la ville de Bakouba, capitale de la province de Diyala, tuant un policier. Ils ont ensuite tendu une embuscade aux unités venues en renfort. Au moins trois officiers figurent parmi les tués. Le convoi a été anéanti et aucun de ses membres n'a survécu à l'attaque qui a eu lieu dans un verger, en pleine zone rurale, selon M. Abdallah. (Reuters)  

al-Mourjana 21-09 Trois collaborateurs civils ont été tués et six blessés par l'explosion d'une bombe artisanale au passage de leur minibus à al-Mourjana, un village situé à 100 km au nord-ouest de Baqouba, la capitale de la province. AFP  

al-Duleimat 24-09 22 personnes ont été  tuées mercredi, 14 policiers et huit membres des brigades Sahwas, ont été victimes d’une embuscade vers 15H30 (12H30 GMT) à al-Duleimat, un village situé dans la province de Diyala, dont Baqouba est la capitale.
Les Sahwas seraient d’anciens résistants ralliés à la lutte contre Al-Qaïda, qu’ils combattent désormais aux côtés des forces irakiennes et américaines. Les hommes de la résistance du bastion d’Othmaniyah avaient été informés de l’imminence de l’offensive et ont attendu que les forces irakiennes arrivent, précise-t-on de mêmes sources.
Selon une source proche des services de sécurité, les policiers et les Sahwas ont été attaqués alors qu’ils pénétraient dans le village, réputé contrôlé par la résistance.
Al-Oufok  Site du Mouvement Démocratique Arabe  

Jalawla, à 95km au nord de la capitale

19-09 Cinq policiers irakiens ont été tués et huit autres blessés dimanche dans l’explosion de plusieurs bombes placées sur leur route au nord de Bagdad, selon une source officielle.
Trois engins explosifs déposés le long d’une route à Jalawla, à 95km au nord de la capitale, ont visé un convoi de la police, a rapporté Ibrahim Bajilan, responsable du conseil provincial de Diyala.
Samedi soir, une bombe a tué le chef d’un mouvement  soutenu par les Etats-Unis dans un quartier de l’ouest de Bagdad.
La charge avait été dissimulée dans le véhicule de Fouad Ali Hussein, qui a été tué par la déflagration, tout comme son bras droit et deux gardes du corps, selon la police.
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4972



1-13 Les autres villes de l'Irak occupée Kirkouk,

21-09 Une attaque kamikaze s'est déroulée à Kirkouk, faisant trois morts, dont un policier. L'attaque a également blessé 23 personnes, dont 15 membres des forces de l'ordre, et 8 recrues a précisé le brigadier Sarhad Qadir, chef de la police de la ville. Le kamikaze s'est fait exploser à un barrage de police.où se trouvait un groupe de jeunes qui devaient être conduits à un centre de recrutement, a-t-il ajouté. AP



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n°393 - Journal d'Irak - du 19-09 au 30-09 - Suite - : Bush se trouve face à cette triple alternative.

n°393 - Journal d'Irak - du 19-09 au 30-09 - Suite - : Bush se trouve face à cette triple alternative.

Journal d'Irak   Suite  

N°377du 19/09 au 30/09/08  

M.Lemaire



Sommaire :                                

Suite 4 Libération du territoire

L'Irak en chiffre. 
5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
5-1 No End in Sight.
6 Brèves
6-1 Adoption de la loi sur les élections provinciales.
6-2 L'UE est prête à accueillir jusqu'à 10.000 réfugiés irakiens supplémentaires. 6-3 La corruption tue, avertit l'ONG Transparency international.
6-4 La hausse du prix du pétrole dope le budget et la reconstruction.
6-5 100.000 miliciens anti Al-Qaïda passent sous contrôle du gouvernement. 7 Dossiers
7-1 Point de vue de Melkem Karam : Bush se trouve face à cette triple alternative.
8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
8-1 Le CEMA et les intérêts stratégiques communs pour la France et la Grande Bretagne.
8-2 Canada: un tribunal sursoit à l'expulsion du déserteur Jeremy Hinzman(Etats-Unis).


L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars en 2003)

 

 
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation)

679.527

Civils blessés (depuis l'occupation)  70.723 ( chiffre très très minimum)
Civils violés (par les troupes d'occupations) 2.507     (voir Ibrahim Allousch
Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...) 8.938    (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) tués 3.994  (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) blessés 3.885   (chiffre minimum)
En prison 40.268. (chiffre minimum)
Embargo 750.000 enfants (chiffre minimal)
Embargo 750.000 adultes (chiffre moyen)
Militaires irakiens tués pendant l'invasion 45.595 (chiffre minimal)
Civils tués pendant l'invasion 120.190 (chiffre minimal)

Coalition

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.548

Soldats rapatriés (blessés ou malades) 52.715 (chiffre très minimal)
(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)
Disparus (dans la nature) 1.014
Désertions 5.501
Mutinerie 2 corps + 25
Aide psychologique 66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.595 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés, 27 103
Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

12.173

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.239 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature) 13.854

Autres tués (collaborateur  & mercenaires & autres)

5.316

Autres blessés ( collaborateur & mercenaires & autres)

9.125

Oléoducs,les infrastructures pétrolières & d'electricité 464 attaques (grand minimum)
Infrastructures du rail 195 attaques (idem)
Hélicopteres 100  ++              (idem)
Avions (& drone) 28 ++

 


Ces totaux sont obtenu par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET 

Tués selon Casualties :
Period   US UK Other Total DayCount Avg
Total 48 48 61
9-2008 25 0 0 25 30 0.85
8-2008 23 0 0 23 31 0.
  http://icasualties.org/oif/

National Priorities Project analyzes and clarifies federal data so that people can understand and influence how their tax dollars are spent The War in Iraq Costs 558,777,226.368 9h13minutes le mercredi 01/6 http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  5-1 No End in Sight Un film écrit, produit et réalisé par Charles Ferguson. Avec Col. Paul Hugues, Samantha Power, Gen. Jay Garner, Seth Moulthon et Walter Slocombe. Etats-Unis, 2007, 102 minutes. Écrit, produit et réalisé par Charles Ferguson, le documentaire No End in Sight dissèque, non pas la situation de la guerre en Iraq, mais bien les faux pas de l’administration du président Bush qui commencent aux premiers jours de celle-ci. En sélection officielle au Silverdocs, compétition dédiée entièrement au genre documentaire, et primé au festival de Sundance avec un Special Documentary Jury Prize, le film demeure pertinent 4 ans après l’invasion du pays de Saddam. Entre démontrer la faillite de la guerre en Iraq et défoncer une porte ouverte, il y a peu de différences. Ce qui démarque No End in Sight de Fahrenheit 9/11, réside dans la rigueur du réalisateur lors de l’exposition des points de vues des intervenants. La démarche de Charles Ferguson n’a rien à voir avec l’approche subjective de Michael Moore puisqu’il laisse toute la place aux personnes interviewées. Du haut directeur de la reconstruction de l’Iraq, au lieutenant qui a combattu à Fallujah et à Nadjaf, Ferguson dessine un portrait très minutieux des événements menant à l’insurrection de tout un peuple face à l’occupation. Point par point, il présente les décisions capitales et leurs effets négatifs sur le déroulement des opérations sur le terrain. Par exemple, vous apprendrez que Bagdad, comme les autres grandes villes de la province, était perdue dès la première semaine de l’occupation parce que l’armée, ayant reçu l’ordre de ne pas jouer le rôle de la police, a laissé la population piller tout le pays. Librairies, bibliothèques, archives, musées, rien n’a été épargné. Le réalisateur ne manque pas d’utiliser des images d’archives efficaces avec un narrateur (Campbell Scott) à la voix parfaite pour ce genre d’exercice. Malgré ses belles qualités, le film souffre de plusieurs faiblesses. En privilégiant les nombreuses entrevues et le respect des faits, le documentaire devient un reportage de 102 minutes, plus proche du journalisme que d’une oeuvre aux propriétés cinématographiques. La narration des événements tient presque de la pédagogie. En fait, le film aurait très bien pu être un livre tellement l’impact visuel est nul. Les images d’archives sont fortes, mais totalement anonymes. Les soldats ou victimes qu’elles montrent demeurent inconnus tant la rigueur du réalisateur accentue la formation d’une distance assez froide avec le sujet. Le choix de concentrer son attention sur les événements empêche tout affect de vous rejoindre. De plus, dès la fin du film vous oublierez les personnes interviewées tant leur impact sur le propos semble minime. Il s’agit simplement de têtes qui parlent. Enfin, je reproche aussi à Ferguson de ne pas développer le concept de son propre titre. Le portrait terminé, personne n’ose se prononcer sur le futur de l’Iraq, sauf pour exprimer un désir sincère de ne pas avoir fait tout ce travail pour rien. Malgré le fait que ce documentaire aborde froidement un sujet déjà redondant, son étude rigoureuse des ratées de l’invasion de l’Iraq rend son visionnement enrichissant. No End in Sight fournit à ceux qui veulent lancer des pierres aux politiciens de nos voisins du sud, de belles munitions. Dommage que l’aspect humain ait été complètement évacué du produit final. François Petitclerc samedi 15 septembre Pour le film cliquer sur : http://uk.youtube.com/watch?v=mZd5X6k3HhM Voir en ligne : À l’affiche au Cinéma du Parc


6 Les brèves Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  6-1 Adoption de la loi sur les élections provinciales. 24-09 Dans la foulée, les députés ont demandé au gouvernement Maliki d'organiser d'ici au 31 janvier 2009 ce scrutin politiquement crucial initialement prévu le 1er octobre mais différé en raison de désaccords persistants sur la question de Kirkouk. Considérée par les Kurdes comme leur capitale historique, la grande cité pétrolière du Nord est aussi peuplée d'Arabes et de Turkmènes. Malgré des concessions de toutes les parties, les députés n'ont pas réussi à s'entendre sur cette question, qui a été renvoyée à une loi séparée ultérieure. Par Khalid al Ansari et Ahmed Rachid Reuters - (Reuters) 24-09 Le texte sur les élections provinciales va maintenant être soumis au conseil présidentiel dirigé par le chef de l'Etat, le Kurde Djalal Talabani, qui avait opposé son veto à une loi antérieure prévoyant un partage égal des sièges à Kirkouk, où les Kurdes se jugent majoritaires. "Si la présidence approuve la loi, nous aurons besoin de 140 à 150 jours pour achever tous les préparatifs pour la tenue des élections", a précisé à Reuters le président de la commission électorale, Faradj al Haïdari. (Reuters)

6-2 L'UE est prête à accueillir jusqu'à 10.000 réfugiés irakiens supplémentaires. Réagissant à une requête des Nations unies, l'Union européenne a fait savoir jeudi qu'elle était prête à accueillir jusqu'à 10.000 réfugiés irakiens supplémentaires. Une mission va être envoyée au Moyen-Orient pour identifier les personnes les plus vulnérables. La délégation va se rendre en Syrie et en Jordanie pour évaluer la réponse que pourra apporter l'UE aux demandes de ces deux pays voisins de l'Irak, ainsi qu'à celle de l'ONU, a rapporté le ministre français de l'Immigration Brice Hortefeux. Les gouvernements européens décideront ensuite du nombre d'Irakiens qu'ils peuvent accueillir. "Entre cinq et dix-mille, c'est un chiffre probable", a-t-il souligné. Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a demandé aux pays riches, et notamment à l'Union européenne, d'accueillir environ 30.000 déplacés irakiens. Le ministre allemand de l'Intérieur Wolfgang Schaueble a fait savoir que l'UE prendrait d'ici la fin de l'année une décision définitive sur le nombre de personnes pouvant être accueillies. "Nous ne devons pas empêcher les efforts de l'Irak pour faire revenir ses réfugiés, mais il va subsister une petite proportion de réfugiés pour lesquels un retour est impossible. C'est particulièrement vrai pour les minorités", a-t-il observé. L'Allemagne fait pression auprès des autres pays européens pour que davantage de réfugiés irakiens chrétiens soient acceptés, estimant qu'ils sont particulièrement exposés aux violences et aux discriminations dans leur pays. D'autres pays s'inquiètent au contraire qu'il ne soit discriminatoire pour les autres communautés de donner la priorité aux chrétiens. Selon des chiffres de l'ONU, un nombre record de ressortissants irakiens ont demandé l'asile au sein de l'UE l'an dernier. Les demandes ont grimpé de 19.375 en 2006 à 38.286 en 2007. Selon le HCR, environ deux millions d'Irakiens se sont réfugiés dans des pays voisins, principalement la Syrie , la Jordanie , la Turquie, le Liban et l'Egypte. Ils sont 2,5 millions à avoir été déplacés à l'intérieur même de leur pays. AP Jeudi 25 septembre

6-3 La corruption tue, avertit l'ONG Transparency international. La corruption dans les pays pauvres est une véritable "catastrophe humanitaire" qui tue, avertit l'ONG Transparency International, dont le rapport 2008 publié mardi à Berlin montre du doigt l'Irak, la Somalie, la Birmanie ou encore Haïti. "Dans les pays les plus pauvres, la corruption peut être une question de vie ou de mort, par exemple quand de l'argent pour des hôpitaux ou de l'eau potable est en jeu", souligne la présidente de l'ONG basée à Berlin, Huguette Labelle, dans un communiqué. Depuis 1995, l'ONG publie chaque année un indice de perception de la corruption (CPD) classant 180 pays selon l'analyse d'un groupe international d'hommes d'affaires, d'experts et d'universitaires. "La persistance des hauts niveaux de corruption et de pauvreté touchant nombre des sociétés internationales est comparable à une catastrophe humanitaire permanente et ne saurait être tolérée", a relevé Mme Labelle. L'indice va de 10 pour un Etat perçu comme "propre" à zéro pour un Etat perçu comme "corrompu". Les meilleurs de la classe des pays "propres" sont le Danemark, la Suède et la Nouvelle-Zélande , avec chacun un indice de 9,3 points, suivis de Singapour, avec 9,2. Les plus nets reculs sont ceux de la Bulgarie , du Burundi, des Maldives, de la Norvège et du Royaume-Uni, tandis que des progrès significatifs ont été réalisés par l'Albanie, Chypre, la Géorgie, l'île Maurice, le Nigeria, Oman, le Qatar, la Corée du Sud, Tonga et la Turquie, selon l'ONG. TI attire l'attention sur le déclin de certains pays européens qui devraient, selon l'ONG, faire davantage pour éviter que leurs entreprises ne cherchent à corrompre les responsables de pays étrangers, ou ferment les yeux sur la provenance de fonds suspects déposés dans leurs établissements financiers. "L'existence de double standards est inacceptable et n'est pas légale (...) car elle mine la crédibilité des pays aisés lorsqu'ils appellent à lutter contre la corruption dans les pays pauvres", souligne Mme Labelle. Que les pays soient riches ou pauvres, la lutte contre la corruption nécessite un bon fonctionnement des institutions gouvernementales et de celles de la société civile, affirme Transparency. Les pays pauvres sont souvent touchés par une justice corrompue et un système parlementaire inefficace. Les pays aisés souffrent quant à eux d'une régulation insuffisante du secteur privé et d'un manque de contrôle des institutions et des transactions financières, selon TI. "Lutter contre la corruption nécessite un contrôle fort via des parlements, des forces d'exécution de la loi, des médias indépendants et une société civile dynamique", considère Mme Labelle. "Lorsque ces institutions sont faibles, la spirale de la corruption échappe à tout contrôle avec d'horribles conséquences pour le peuple, et plus généralement pour la justice et le respect des égalités", a-t-elle relevé. Dans les pays pauvres, la corruption menace la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) que se sont fixés les Nations unies d'ici 2015, car elle risque d'alourdir la facture de 35 milliards d'euros, selon des calculs de l'organisation. L'ONG espère que son constat encouragera les pays donateurs --qui se réunissent le 25 septembre à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU-- à doubler leur aide pour renforcer les institutions dans les pays pauvres. Les quinze premiers et les quinze derniers pays au classement international 2008 du degré de perception de corruption: pays "propres" 1.       Danemark 9,3. Suède 9,3. Nouvelle-Zélande 9,34. Singapour 9,25. Finlande 9,0. Suisse 9,07. Islande 8,9. Pays-Bas 8,99. Australie 8,7. Canada 8,711. Luxembourg 8,312. Autriche 8,1. Hong Kong 8,114. Allemagne 7,9. Norvège 7,9.166. pays "NON propres" 2.        Ouzbékistan 1,8. Turkménistan 1,8. Zimbabwe 1,8. Cambodge 1,8. Kirghizistan 1,8171. République démocratique du Congo 1,7. Guinée équatoriale 1,7173. Guinée 1,6. Tchad 1,6. Soudan 1,6176. Afghanistan 1,5177. Haïti 1,4178. Irak 1,3. Birmanie 1,3180. Somalie 1,0 Géraldine SCHWARZ AFP – 23 septembre,

6-4 La hausse du prix du pétrole dope le budget et la reconstruction. L'Irak(…)  consacrera en 2009 près de 79 milliards de dollars à la ‘reconstruction’, aux travaux publics et aux dépenses sociales, soit 58% de plus que l'an dernier, grâce à la hausse des prix du pétrole, a annoncé dimanche le gouvernement dans un communiqué. La hausse des prix du baril a en effet fait grimper de 65% les revenus pétroliers irakiens, qui représentent désormais 93,6% du budget de l'Etat pour 2009, a-t-il précisé. Le budget 2009 prévoit des dépenses d'investissements de 18,6 milliards de dollars, en hausse de 43%, pour des dépenses opérationnelles de 60 milliards de dollars, en augmentation de 63% par rapport à 2008. Le gouvernement ne fournit pas de détails sur ses projets de revenus pour 2009, ajoutant seulement que le déficit public s'élèvera à 16 milliards de dollars, sans donner de précisions sur la manière dont il le couvrira. Les Etats-Unis ont indiqué le mois dernier que l'Irak était en train d'amasser une énorme cagnotte budgétaire, nourrie à la fois par la hausse de des revenus pétroliers et par ses faibles dépenses pour la reconstruction. Début août, un rapport de la Cour des comptes américaine (GAO) a indiqué que l'Irak dépensait peu pour sa reconstruction (1% de son budget entre 2005 et 2007) malgré un important excédent budgétaire résultant de ses revenus pétroliers, laissant aux Etats-Unis le soin de financer "des projets dans le bâtiment, l'eau, l'électricité et les armes". AFP / 21 septembre

6-5 100.000 miliciens anti Al-Qaïda passent sous contrôle du gouvernement.  L'armée des Etats-unis a commencé mercredi à transférer au gouvernement irakien le contrôle des quelque 100.000 miliciens anti Al-Qaïda qui l'ont aidée à améliorer la sécurité dans le pays depuis un an, mais dont la reconversion incertaine suscite des inquiétudes.. Ce premier transfert sous pavillon irakien des brigades de miliciens, plus connus sous le nom de brigades de Sahwas ("réveil" en arabe), qui regroupent en majorité d'anciens insurgés sunnites ralliés à l'armée américaine, concerne les 54.000 membres déployés dans la province de Bagdad. Les Sahwas déployés dans la capitale "recevront leur premier salaire du gouvernement irakien le 31 octobre" a précisé M. Rubaï. Ces rémunérations étaient jusque là assurées par l'armée américaine, à raison de 300 dollars par homme, soit environ 15 millions de dollars par mois. Ceux répartis dans les autres régions sunnites du pays seront transférés progressivement au gouvernement au cours des prochains mois. Créés en septembre 2006 par des chefs de tribus sunnites de la province occidentale d'Al-Anbar, puis peu à peu généralisés aux autres zones sunnites, les groupes Sahwas ont depuis infligé de sévères revers à Al-Qaïda. Ces miliciens ont largement contribué à la diminution des actions de la résistance dans ces régions qui constituaient depuis 2003 les foyers de l'insurrection anti-américaine. Le gouvernement du Premier ministre Nouri Al-Maliki "est impatient d'assumer la responsabilité" des Sahwas, un "important succès pour la réconciliation nationale", a assuré le conseiller à la sécurité nationale. Le gouvernement reste toutefois, selon certains observateurs, méfiant vis-à-vis des Sahwas qui, avant leur ralliement, ont combattu les armes à la main les forces irakiennes et les collaborateurs. Le gouvernement s'est engagé à enrôler 20% des 100.000 Sahwas dans les rangs de ses forces de sécurité, et à garantir aux autres l'accès à des emplois civils, publics ou privés. Mais le sort de ces 80% restants suscite des inquiétudes, des responsables irakiens et US craignant qu'ils n'en reviennent à la lutte armée. "Le gouvernement est capable de gérer ce transfert et a mis au point un plan détaillé avec les forces de la coalition", a assuré M. Al-Rubaï, qui n'a cependant fourni aucune précision sur ce plan. "La sécurité reste notre priorité N.1 et nous continuerons d'employer autant de volontaires Sahwas que nécessaire, sous le contrôle des forces irakiennes", a-t-il souligné. "Tous ces volontaires seront traités équitablement" car le gouvernement "s'est engagé à assurer leur futur économique". Interrogés par l'AFP dans plusieurs quartiers de Bagdad, des combattants Sahwas --reconnaissables à leurs gilets à bandes fluorescentes sur des tenues civiles ou dépareillées-- ont déploré n'avoir aucune information sur ce transfert, ignorant même de qui précisément ils recevraient leur prochaine paie. Beaucoup ont indiqué qu'ils allaient rester déployés dans les rues de la capitale en attendant d'être fixés sur leur sort.  AFP


7 Dossier & Point de vue Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 7-1 Point de vue de Melkem Karam : Bush se trouve face à cette triple alternative.
Les hommes de l’Administration perplexe, jugent que Bush se trouve face à cette triple alternative: ou se retirer d’Irak et laisser le chaos s’étendre au Moyen-Orient, ou conclure une transaction avec Téhéran accroissant sa faiblesse ou, enfin, entreprendre une guerre dont il est clair que ses conséquences seront terrifiantes, parce qu’elle ne s’arrêtera pas aux limites traditionnelles.
En quoi consiste cette guerre?
Et comment peut-on avec elle limiter le cercle de feu? Naturellement, il n’y a pas en Irak ni Ho Chi Minh, ni le général Giap, ni le détroit du Mékong. Mais Al-Maliki, Moktada el-Sadr, Abdel-Aziz el-Hakim, Jalal Talbani et Massoud Barazani, en plus d’Abou-Hamza el-Mohajer, tous étant éloignés d’un rôle historique salvateur.
En fait, nous ne sommes pas devant une erreur d’appréciation, mais de calculs erronés, ayant poussé à déclencher la guerre, sans prévoir ses conséquences politiques. Ce qui est posé, à présent, c’est de limiter les répercussions de l’impasse sur le sort de l’Irak en tant qu’entité non sujette à la partition, ni à l’annihilation.
Les Américains ont gagné, militairement, en éliminant le parti Baas avec une facilité que personne n’avait imaginée, spécialement ceux qui se disent “experts militaires”. De cette manière, nous avons perdu la plupart de nos guerres avec l’ennemi israélien. Mais les Américains ont perdu politiquement. Ils ont réveillé le colosse confessionnel, racial et ethnique et perdu son contrôle. De même, George Bush père, qui a gagné la guerre de libération du Koweït en 1991, a été plus intelligent que son fils. Il a convoqué la conférence de Madrid pour exploiter la dynamique politique engendrée par la victoire militaire. Dans la capitale espagnole, les Arabes et les Israéliens se sont réunis pour débattre des problèmes du règlement. Mais après l’occupation de l’Irak, Bush fils s’est bouché les oreilles pour ne pas entendre ce qui se passait en Palestine, laissant aux tracteurs et aux chars sharoniens dominer la situation, fermant toutes les issues d’une solution. Il était naturel dans la dialectique du conflit, que la rancune s’amplifie et que s’étende le fondamentalisme négativiste dénoncé par le secrétaire général du Hezbollah.
Cette politique est à l’origine de l’embrasement de la fièvre terroriste qui menace la sécurité internationale et les réseaux sécuritaires. Ce qui est effrayant, est le fait pour l’Irak de devenir la scène de la confrontation appelée à se perpétuer durant des années. Ce qui place son avenir dans l’inconnu, suite à la perpétuation des incendies. Le Moyen-Orient n’est pas l’Indochine où sévissait le conflit soviéto-chinois et le feu a pu être intégré. De là, la peur de ce que les projets de solutions soient un colloque diplomatique.
  Melhem KARAM

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 Le CEMA et les intérêts stratégiques communs pour la France et la Grande Bretagne. Le 23 septembre 2008, le général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées, a reçu l’Air Chief Marshal Sir Jock Stirrup, son homologue britannique. Lors de cette rencontre, le général Georgelin s’est entretenu avec le général Stirrup sur différents sujets présentant des intérêts stratégiques communs pour la France et la Grande Bretagne , en particulier l’Afghanistan, l’Iraq et la Georgie. Ils ont également abordé la question de la réforme de l’OTAN et du comité militaire, de la coopération Union européenne / OTAN, et ont fait un point de situation sur la Présidence française de l’Union européenne. La réorganisation du ministère de la défense britannique a également été évoquée au regard de la mise en œuvre du Livre Blanc en France. Le CEMA britannique s’est ensuite rendu au CPCO (Centre de planification et de conduite des opérations) où un exposé sur les opérations en cours et le retour d’expérience associé lui a été présenté. Le 24 septembre 2008, le général Stirrup s’est rendu dans un grand hôpital militaire parisien, où lui a été présenté le service de santé des armées, avant de rejoindre Londres en fin de journée. Sources : EMA

n°393 - Journal d'Irak - du 19-09 au 30-09 - Fin - : Bush se trouve face à cette triple alternative.

n°393 - Journal d'Irak - du 19-09 au 30-09 - Fin - : Bush se trouve face à cette triple alternative.

Journal d'Irak     

N°377du 19/09 au 30/09/08  

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Sommaire :          - Fin

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Naomi Klein : La stratégie du choc.

10 Annexe

10-1 Complexe militaro-industriel: Il est bien plus tard que vous ne le pensez!



9  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Naomi Klein : La stratégie du choc . Le choc économique et militaire de 2003 En mars 2004 les Irakiens sont plus préoccupés par leur survie que par la privatisation de leur économie. Les actifs de l’Etat irakien sont vends par P. Bremer. « le meilleur moment pour investir c’est quand il y a encore du sang sur le sol » dit-on dans les milieux économiques américains… Avant 2003 l’Irak, comme pas mal de pays arabes, était très peu ouvert à la mondialisation capitaliste. Outre les raisons politiques et énergétique, l’invasion de 2003 visait aussi à imposer un modèle néolibéral à tout le Proche-Orient. Une semaine après avoir proclamé sa « victoire » en Irak Bush lance l’idée d’un « grand Moyen-Orient », une gigantesque zone de libre-échange où les USA dominerait les échanges. En 2003 l’Irak est une cible facile vu l’épuisement de l’armée après des années d’embargo, de plus les USA ont déjà attaqué le pays en 1991. L’équipe qui entoure Bush en 2003 est déjà présente en 1991 et aussi dans les années 1970 quand l’Amérique du Sud subit les coups d’Etat pro-américains. L’invasion de 2003 est plus brutale encore que l’attaque de 1991 : environ 380 missiles sont tirés sur Bagdad le premier jour de la guerre alors qu’en 1991 300 missiles avaient été tirés durant toute la guerre. C’est l’opération « choc et effroi » qui a pour but de terroriser la population. C’est comparable au 11 septembre finalement : frapper des civils pour acculer le gouvernement. Avant l’invasion une importante campagne d’intimidation avait été réalisée afin de faire peur à l’adversaire : les services us avaient fait la promotion de la M.O .A.B., une énorme bombe de plus de 10 000 kg. Dès les premières heures de la guerre les centrales téléphoniques sont touchées alors même que S. Hussein n’utilisait jamais le téléphone, un exemple de cibles choisies pour toucher les civils. Le désastre de l’occupation Une fois la capitale investie les soldats us et leurs chefs laissent les pillages se dérouler. Ils ignorent et/ou méprisent l’Irak ancien et réel, ils rêvent d’un pays neuf, entièrement à rebâtir selon leur idéologie. Les mises en garde d’archéologues occidentaux avant l’invasion sont restées sans réponse et certains soldats ont même participé aux pillages : les avions civils irakiens ont été vandalisés par des soldats avant d’être mis aux enchères rapidement. Mac Pherson, artisan des privatisations en Irak, s’est même publiquement réjoui des pillages qui accélèrent le démantèlement de l’Etat irakien. Or le bilan de S. Hussein a des aspects positifs : presque 90 % des irakiens savaient lire, soit plus que dans certains Etats américains… P. Bremer, qui débarque dans un pays en plein chaos, décide d’ouvrir complètement le pays : des camions remplis de toutes sortes de produits franchissent alors les frontières, des entreprises proches des envahisseurs font de colossaux bénéfices. Dès septembre 2003 des libéraux de tous les pays viennent à Bagdad pour conseiller P. Bremer (dont E. Gaïdar, ex premier ministre russe qui a ruiné le pays sous Eltsine) : ils recommandent de cesser toutes subventions et de vendre un maximum de sociétés d’Etat. Les Américains ont tous les pouvoirs pour changer la face de l’économie, les « réformes » vont encore plus vite que sous Eltsine en Russie.      P. Bremer applique toutes les recettes de l’école de Chicago : il privatise plus de 200 sociétés publiques qui assuraient pourtant l’essentiel de l’économie avant 2003. Les impôts baissent, les investisseurs étrangers peuvent acheter ce qu’ils veulent, etc. En attendant une éventuelle privatisation la société nationale du pétrole est gérée par les occupants. Une nouvelle monnaie est lancée alors même que ni l’eau ni l’électricité ne sont rétablis… La « reconstruction » de l’Irak se révèle vite être un anti plan Marshall : les majors américaines vendent aux occupants des usines clefs en main qui embauchent des immigrés étrangers et des cadres occidentaux. Un chômage de masse touche les Irakiens qui voient leurs sociétés fermer. Toutes les fonctions étatiques en Irak sont confiées à des sociétés privées proches du parti républicain. C’est le cas d’Halliburton qui gère le quotidien des bases us, y compris la « zone verte », comme une ville américaine. Les connections ne manquent pas avec les Républicains ou les sectes évangéliques. P. Bermer interdit à la banque centrale irakienne de financer les sociétés d’Etat qui périclitent et généralisent ainsi le mécontentement alors qu’en 1945 Washington avait, d’abord, fait travailler les entreprises des pays libérés. Sur le terrain la reconstruction n’avance pas, en trois années d’occupation on évalue à plus de 600 000 le nombre d’Irakiens tués à cause de la guerre et ses suites. Les violences débutent dès que P. Bremer licencie collectivement tous les militaires et des milliers de fonctionnaires, une bonne partie devient des résistants très efficaces. En zone sunnite, la bourgeoisie qui possède les entreprises est révulsée par la concurrence des sociétés liées aux envahisseurs. Elle finance les résistants. Dans la « zone verte » de plus en plus assiégée très peu de fonctionnaires travaillent : ils gèrent simplement les transferts de fonds publics us vers des multinationales en contrat avec des occupants. Très vite la « reconstruction » promise aux occupés est un désastre pur et simple : elle est vue comme une prolongation de l’invasion, les sociétés concernées multiplient les escroqueries : la société Betchel se retire d’Irak en 2006 en laissant des réalisations médiocres. Parsons a touché 186 millions de dollars pour bâtir 142 cliniques… seules 6 sont achevées ! En 2007 des inspecteurs américains inspectent 8 projets, 7 ne fonctionnent pas. Custer Battles qui gère l’aéroport est condamnée pour avoir facturer des travaux imaginaires, elle a été acquittée en arguant que les autorités d’occupation étaient distinctes du gouvernement us ! En Irak les sociétés malhonnêtes ne risquent donc rien, de même que les société de « sécurité » qui tuent des civils dans le cadre de leurs missions… Localement des leaders comme Sadr profitent du vide créé et organisent parfois des élections que refusent de valider P. Bremer. Alors que des baassites de base perdent leur emploi, des chefs de la police sont remis en scelle pour assurer l’ordre. L’incompréhension est totale dans la population. La résistance est aussi encouragée par les milliers d’arrestations arbitraires qui touchent plus de 60 000 irakiens durant les 42 premiers mois de l’occupation. Les tortures pratiquées dans la prison d’Abou Graïb rappellent celles pratiquées en Amérique Centrale pour traumatiser la population. Pas assez nombreux pour contrôler la situation les Américains se livrent à toutes les exactions possibles. Des milliers de mercenaires sont aussi embauchés pour assurer l’ordre, certains viennent d’Amérique Centrale et ont un passé de criminels. Dès août 2003 des officiers us sont encouragés à pratiquer la torture pour briser les réseaux de résistance qui parasitent l’occupation, le directeur de la prison d’Abou Graïb (ex directeur de Guatanamo) est là pour multiplier les mauvais traitements. Un gradé us dégoûté par la réalité dénonce même un centre d’interrogatoire secret dans l’aéroport pour les suspects importants. Au final, entre 70 et 90 % des prisonniers sont relâchés sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux. Mais dans les prisons irakiennes gérées par des alliés des occupants les tortures sont bien pires : des escadrons de la mort agissent aussi la nuit et copient leurs homologues d’Amérique Centrale. Des milliers de cadavres sont ramassés dans les rues de la capitale en 2006-2007. La presse dénonce les forces du « ministère » de l’intérieur qui vise les Sunnites. En 2006 le pays est ruiné : les 2/3 des enfants ne sont plus scolarisés, les experts et les diplômés fuient le pays comme 4 millions de leurs compatriotes (soit 1 irakien sur 7). En 2006 plus de 20 000 irakiens sont enlevés et mis à la rançon. Des « policiers » sont impliqués dans des enlèvements. A cette période certains chantiers sont enfin confiés à des irakiens qui travaillent assez efficacement, à la fin de l’année 2006 le rapport Baker Hamilton propose de généraliser les contrats pour les entreprises locales. Bush tente alors de faire passer une loi sur le pétrole qui serait la plus libérale du monde, ce projet émerge quand le conflit inter-musulman est le plus violent (1000 morts par jour). Peu de députés sont associés au projet, les élus ne pourront plus contrôler le sous-sol. Black Water et d’autres « compagnies de sécurité » emploient jusqu’à 48 000 hommes en Irak pour seconder les occupants.  Halliburton récolte des contrats énormes et a même le droit de recruter des soldats aux USA pour l’armée. De même les soins aux soldats blessés sont aussi dispensés par cette société qui est critiquée pour la médiocrité de ses prestations. Destruction et « reconstruction » remplissent les mêmes poches. Naomi Klein  (éditions Actes Sud) http://storage.canalblog.com/83/68/352221/30614964.doc



10 Annexe 10-1 Complexe militaro-industriel: Il est bien plus tard que vous ne le pensez! La plupart des Américains ont une idée approximative de ce que le terme «  complexe militaro-industriel » veut dire quand ils le trouvent dans un journal ou entendent par hasard un politicien le mentionner. Le Président Dwight D. Eisenhower a présenté l’idée au public dans son adresse d’adieu du 17 janvier 1961. « Notre organisation militaire a aujourd’hui peu de rapport avec ce qu’a connu n’importe lequel de mes prédécesseurs en temps de paix » dit-il, « ou, en effet, par les combattants de la deuxième guerre mondiale et de la Corée. Nous avons été obligés de créer une industrie de l’armement permanente de vastes proportions … Nous ne devons pas manquer de comprendre ses implications graves… Nous devons être vigilants contre l’acquisition d’influence sans garantie, recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel »Bien que la référence d’Eisenhower  au complexe militaro-industriel est, à ce jour, bien connue, son avertissement contre son « influence sans garantie » a été, je crois, en grande partie ignoré. Depuis 1961, il y a eu trop peu d’études sérieuses, ou discussions, sur les origines du complexe militaro-industriel, comment il a changé avec le temps, comment le secret gouvernemental l’a caché de l’inadvertance des membres du congrès ou des citoyens attentifs, et comment il dégrade notre structure constitutionnelle de séparation des pouvoirs.
De ses origines au début des années 40, quand le Président Franklin Delano Roosevelt (FDR) construisait son « arsenal de démocratie » jusqu’à l’instant présent, l’opinion publique a habituellement supposé qu’il comportait des relations plus ou moins équitables — souvent nommées « association » — entre le haut commandement et les « seigneurs » civils des entreprises  de manufacture et de services étatsuniennes militaires et privées. Malheureusement, la vérité en la matière est que, depuis le moment où elles ont émergé pour la première fois, ces relations n’ont jamais été équitables.
Pendant les années de formation du complexe militaro-industriel, le public se méfiait toujours profondément des sociétés industrielles privées en raison de la manière dont elles avaient contribué à la Grande Dépression. Ainsi, le rôle principal dans le nouveau rapport naissant a été joué par le secteur gouvernemental officiel. Un président profondément populaire et charismatique, FDR, a « sponsorisé »  ces rapports entre le secteur public et le secteur privé. Ils ont gagné ainsi d’avantage de légitimité car leur but était de réarmer le pays, ainsi que des nations alliées tout autour du monde, contre les forces du fascisme en formation. Le secteur privé était désireux de suivre cette voie en grande partie comme manière de regagner la confiance publique et de dissimuler son activité commerciale de temps de guerre.
Vers la fin des années 30 et du début des années 40, l’ utilisation par Roosevelt de « l’association » public-privé pour construire l’industrie des munitions, et surmonter de ce fait, finalement, la Grande Dépression , n’a pas été entièrement sans difficultés. Bien qu’il ait été lui-même un ennemi implacable du fascisme, quelques personnes ont pensé que le président commençait néanmoins à lentement copier certaines de es institutions principales. Le principal philosophe italien du fascisme, le néo-Hégélien Giovanni Gentile, a une foi argüé du fait que se serait plus appropié  d’appeler cela du « corporatisme » parce qu’il s’agissait d’une fusion entre l’état et le pouvoir corporatif. (Voir Eugene Jarecki’s “The American Way of War”, p. 69.)
Quelques critiques ont été alarmés dès l’abord par le rapport symbiotique croissant entre le gouvernement et les représentants des corporations parce que chacun a simultanément abrité et autorisé l’autre, tout en confondant considérablement la séparation des pouvoirs. Etant donné que les activités d’une société commerciale sont moins favorables à un examen public ou congressionnel minutieux que celles d’un établissement public, les rapports de collaboration public-privé offrent au secteur privé un moyen de sécurité supplémentaire contre un tel examen. Ces préoccupations ont été finalement balayés par l’enthousiasme pour l’effort de guerre et par l’ère de prospérité d’après-guerre que la guerre a produite.
Sous la surface, cependant, existait un mouvement moins bien identifié des gros millieux d’affaires, en vue de remplacer des institutions démocratiques par celles représentant les intérêts du capital. Ce mouvement est aujourd’hui ascendant. (Voir le nouveau livre de Thomas Frank   « The Wrecking Crew: How Conservatives Rule » pour une analyse superbe du slogan de Ronald Reagan  « le gouvernement n’est pas une solution à notre problème, le gouvernement est le problem ») Ses objectifs ont longtemps été de critiquer ce qui est appelé « grand gouvernement » tout en capturant pour des intérêts privés les sommes énormes investies par le secteur public dans la défense nationale. Cela peut être compris comme une réaction lente à ce que les conservateurs américains ont pensé être le socialisme du New Deal.
Sans doute le principal théoricien de la démocratie du pays, Sheldon S. Wolin, a écrit un nouveau livre « Democracy Incorporated », sur ce qu’il appelle  « Le totalitarisme inversé » — la montée aux États-Unis d’institutions de conformité et de réglementation totalitaires, inspirées des anciennes formes de la répression policière allemande, italienne et soviétique. Il met en garde contre « l’expansion de la puissance privée (c.-à-d., principalement corporative) et l’abdication sélective de la responsabilité gouvernementale pour le bien-être de l’ensemble des habitants. » Il décrie également le degré auquel la soi-disant privatisation des activités gouvernementales a insidieusement dégagé notre démocratie, nous laissant avec la croyance répandue que le gouvernement n’est plus nécessaire et que, en tous cas, il n’est pas capable de remplir les fonctions que nous lui avons confié.
Wolin écrit :
« La privatisation des services et des fonctions publics manifeste l’évolution régulière de la puissance des sociétés commerciales en une forme politique, en un associé intégral et même dominant de l’état. Elle marque la transformation de la politique américaine et de sa culture politique, d’un système dans lequel les  pratiques et valeurs démocratiques étaient, sinon définissantes, pour le moins des éléments contribuants majeurs, à un système où les éléments démocratiques restants de l’état et ses programmes populistes sont systématiquement démantelés. » (p. 284)
Mercenaires en action
Le complexe militaro-industriel a changé radicalement depuis la deuxième guerre mondiale ou même à hauteur de la Guerre Froide. Le secteur privé est maintenant entièrement ascendant. Les forces uniformes aériennes, terrestres et navales du pays aussi bien que ses agences d’intelligence, y compris la CIA (Central Intelligence Agency), la NSA (National Security Agency), la DIA (Defense Intelligence Agency = agence de renseignement militaire américaine), et même les réseaux clandestins chargés du travail dangereux de pénétration et d’espionnage des organisations  terroristes dépendent tous de hordes de « contractants privés ».  Dans le cadre des fonctions gouvernementales de sécurité nationale, un meilleur terme pour ces derniers pourrait être « mercenaires » travaillant en privé pour des compagnies commerciales.
Tim Shorrock, un journaliste d’investigation et la principale autorité à ce sujet, résume cette situation dévastatrice dans son nouveau livre « Spies for Hire: The Secret World of Intelligence Outsourcing ». Les citations suivantes sont un résumé de certains de ses résultats principaux :
« En 2006 le coût des activités d’espionnage et de surveillance US contractées par des entrepreneurs extérieurs ont atteint $42 milliards, ou environ 70 pour cent des $60 milliards estimés que le gouvernement dépense tous les ans pour le renseignement étranger et domestique! [Le] nombre d’employés contractés dépasse maintenant la main d’oeuvre à plein temps de [ la CIA ] de 17.500 unités ! Les entrepreneurs composent plus que la moitié de la main d’oeuvre du National Clandestine Service de la CIA (autrefois Directorate of Operations), qui conduit des opérations secrètes et recrute des espions à l’étranger !
« Pour alimenter la demande insatiable de technologie de données et d’information de la NSA , la base industrielle des contractants cherchant à faire des affaires avec l’agence s’est développée de 144 compagnies en 2001 à plus de 5.400 en 2006 ! Au National Reconnaissance Office (NRO = bureau national de reconnaissance), l’agence responsable de lancer et de maintenir les satellites de photo-reconnaissance et d’écoute clandestine de la nation, presque toute la main d’oeuvre se compose d’employés contractuels travaillant pour des compagnies [privées] ! Avec un budget $8 milliards annuel environ, le plus grand au sein de l’IC [communauté du renseignement], les contractants contrôlent environ $7 milliards de valeur d’affaires au NRO, donnant à l’industrie du satellite espion la distinction d’être la section la plus privatisée de la communauté du renseignement? »
« Si il y a une généralisation à faire au sujet des programmes IT sous-traîtés de la NSA , c’est ceci : ils n’ont pas fonctionné très bien, et certains ont été des échecs spectaculaires ! En 2006, la NSA ne pouvait pas analyser une grande partie des informations qu’elle collectait. En conséquence, plus de 90% de l’information qu’elle rassemblait était jetée sans être traduite dans un format logique et compréhensible; seulement 5% environ ont été traduits de sa forme numérique en texte et ensuite dirigés vers la bonne division pour l’analyse. »
« La phrase clé dans le nouveau lexique de l’anti-terrorisme est  ‘partenariat public-privé’. En réalité, ‘ partenariat ‘ est une couverture commode pour la perpétuation des intérets des sociétés commerciales. » (Pp. 6, 13-14, 16, 214-15, 365)
Plusieurs déductions peuvent être tirées de l’exposé choquant de Shorrock . La première est que si un service d’espionnage étranger voulait pénétrer les secrets militaires et gouvernementaux américains, sa voie la plus facile ne serait pas d’accéder à une quelconque agence officielle des États-Unis mais simplement de faire travailler ses agents dans n’importe laquelle des grandes entreprises privées orientées vers le renseignement dont le gouvernement est devenu remarquablement dépendant. Celles-ci incluent la Science Applications International Corporation (SAIC), avec ses sièges sociaux à San Diego, Californie, qui de façon caractéristique, paye à ses 42.000 employés des salaires plus élevés que s’ils travaillaient a des postes semblables dans le gouvernement; Booz Allen Hamilton, un des plus anciens contractant en renseignement et en opérations clandestines du pays, qui, jusqu’à janvier 2007, était l’employeur de Mike McConnell, directeur actuel du renseignement national et premier contractant privé à être appelé pour diriger l’entièreté de la communauté du renseignement; et CACI International, qui, dans le cadre de deux contrats de « services de la technologie de l’information »  fini par fournir deux douzaines d’interrogateurs à l’Armée pour la déjà infâme prison Irakienne d’Abu Ghraib en 2003. Selon le Général principal Anthony Taguba, qui a étudié le scandale de torture et d’abus à Abu Ghraib, quatre des interrogateurs de la CACI étaient soit directement, soit indirectement responsables de la torture des prisonniers. (Shorrock, P. 281)
Assez remarquablement, la SAIC a pratiquement remplacé la NSA comme le principal collecteur de renseignements de signaux pour le gouvernement. C’est le plus grand contractant de la NSA et cette agence est aujourd’hui le plus grand client unique de cette compagnie.
Il y a littéralement des milliers d’autres entreprises commerciales qui travaillent pour fournir le gouvernement en soi-disant besoins de renseignement, corrompant parfois même des membres du Congrès pour créer des projets que personne dans la section exécutive ne veut réellement. C’était le cas pour le membre du Congrès Randy de « Duke » Cunningham, républicain du cinquantième district de Californie, qui, en 2006, a été condamné à 8 ans et demi de prison fédérale pour avoir sollicité des paiements illicites à des contractants du secteur de la défense. Un des corrompeurs, Brent Wilkes, a obtenu un contrat de $9.7 millions pour sa compagnie, ADCS Inc. (”Automated Document Conversion Systems) pour informatiser les archives vielles d’un siècle du creusement du canal de Panama!
Un pays se noyant sous les euphémismes
Les Etats-Unis ont longtemps eu de douloureux  antécédants quand il s’agit de protéger son renseignement contre l’infiltration étrangère, mais la situation semble aujourd’hui particulièrement périlleuse. On peut se rappeler le cas décrit dans le livre de 1979 par de Robert Lindsey, The Falcon and the Snowman  (Le faucon et le bonhomme de neige ; transformé en film du même nom en 1985). Il raconte l’histoire vraie de deux jeunes Californiens méridionaux, l’un avec une autorisation de haute sécurité travaillant pour l’entreprise du secteur de la défense TRW (appelée RTX dans le film), et l’autre un toxicomane et contrebandier mineur. L’employé de la TRW est motivé pour agir par sa découverte d’un document détourné de la CIA et décrivant des plans pour renverser le premier ministre d’Australie, et l’autre par un besoin d’argent pour financer son addiction.
Ils décident de se venger du gouvernement en vendant des secrets à l’Union Soviétique et sont démasqués par leur propre maladresse. Tous les deux sont condamnés à la prison pour espionnage. Le message du livre (et du film) se situe dans la facilité avec laquelle ils ont trahi leur pays — et combien de temps ça a pris avant qu’ils ne soient démasqués et appréhendés. Aujourd’hui, grâce à la stupéfiante surprivatisation de la collecte et de l’analyse des renseignements venant de l’étranger, les occasions pour de telles infractions à la sécurité sont largement répandues.
J’applaudis Shorrock pour sa recherche extraordinaire dans un sujet presque impénétrable, employant seulement des sources ouvertement disponibles. Il y a cependant un aspect de son analyse pour lequel mon opinion diffère. C’est son affirmation que la prise en charge globale de la collecte et de l’analyse des renseignements officielles par les entreprises privées est une forme de « sous-traitance ». Ce terme est habituellement limité aux entreprise commerciales qui achète des biens et des services qu’elle ne veut pas fabriquer ou fournir en interne. Quand elle est appliquée à une administration nationale qui retourne beaucoup, sinon toutes, ses fonctions principales à une compagnie répugnante au risque et essayant de faire du retour sur investissement, « sous-traitance » devient simplement un euphémisme pour « activités mercenaires ».
Comme l’a observé David Bromwich, un critique politique et professeur de de littérature à Yale, dans le « New York Review of Books »:
« Les comptabilités et responsabilités séparées conçues pour Blackwater, DynCorp, Triple Canopy, et autres sociétés semblables faisaient partie d’un déplacement soigneux de l’inadvertance du congrès vers le vice-président et les administrateurs de ses politiques dans divers départements et agences. Avoir la plus grande partie du travail partagée par des entreprises privées externes auxquelles ne s’appliquent pas les règles de l’armée ou la justice militaire, signifiait, parmi d’autres avantages, que le coût de la guerre pourrait être caché au delà de toute détection. »
Les euphémismes sont des mots prévus pour tromper. Les Etats-Unis sont près de s’y noyer, en particulier dans les nouveaux mots et termes conçus pour justifier l’invasion américaine de l’Irak ou s’y appliquant — points culminants des inventions de Bromwich : “changement de régime”; “techniques améliorées d’interrogatoire”; “la guerre globale contre le terrorisme”; “les douleurs de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient “; une “légère montée dans la violence”; “ramener la torture dans la loi”; “noyade simulée” et, naturellement, “dégât collatéral”; signifiant abattage de civils sans armes par des troupes américaines suivies par des avions et — rarement — par des excuses superficielles. Il est important que l’intrusion de délégués de sociétés commerciales, non élus ayant des motifs de rentabilité cachés, dans ce qui sont des activités politiques en apparence publiques ne soit pas confondue avec des sociétés privées d’affaires achetant des trombones, de la bande autocollante, ou des enjoliveurs.
Le transfert en gros des fonctions militaires et de renseignement vers des opérateurs privés, souvent anonymes, a décollé sous la présidence de Ronald Reagan et s’est accéléré considérablement après le 9/11 sous George W. Bush et Dick Cheney. Souvent pas très bien compris, cependant, est ceci : La plus grande expansion privée dans le renseignement et dans d’autres secteurs gouvernementaux s’est produite sous la présidence de Bill Clinton. Il semble ne pas avoir eu les mêmes motifs anti-governmentaux et néo-conservateurs que les privatiseurs des ères de Reagan et de Bush II. Ses politiques ont typiquement impliqué une indifférence à — peut-être même une ignorance — ce qui était fait réellement à un gouvernement démocratique et responsable au nom de la réduction des coûts et  d’une plus grande efficacité alléguée. C’est une des forces de l’étude de Shorrock que d’entrer dans le détail sur les contributions de Clinton à la privatisation de notre gouvernement en général, et des agences de renseignement en particulier.
Reagan a lancé sa campagne pour diminuer la taille du gouvernement et pour offrir une grande part des dépenses publiques au secteur privé avec la création en 1982 du « Private Sector Survey on Cost Control » (Enquête du Secteur Privé sur le Controle des Coûts). Il nomma responsable de l’enquête, qui est devenue connue sous le nom de « Grace Commission », l’homme d’affaires conservateur, J. Peter Grace Jr., Président de la W.R. Grace Corporation, une des plus grandes compagnies chimiques du monde — connue par sa production d’amiante et par son implication dans de nombreux procès anti-pollution. La Grace Company a également eu une longue histoire d’investissement en Amérique latine, et Peter Grace s’est profondément investi pour vendre moins cher que ce qu’il voyait comme des coopératives de gauche, en particulier parce qu’elles favorisaient souvent le développement économique mené par l’état.
Les réalisations réelles obtenues par la Grace Commission étaient modestes. La plus grande fut assurément  la privatisation de la Conrail en 1987, le chemin de fer de fret pour les états du nord-est. Pas grand chose d’autre ne s’est produit sur ce front pendant la première administration Bush mais Bill Clinton revint à la privatisation par vengeance.
Selon Shorrock :
« Bill Clinton repris la trique là où le conservateur Ronald Reagan l’avait laissée et l’enfonca profondément dans des services autrefois considérés gouvernementaux en soi, y compris des opérations militaires à haut risque et des fonctions de renseignement autrefois réservées aux seules agences gouvernementales. Vers la fin du [premier mandat de Clinton], plus de 100.000 emplois du Pentagone avait été transférés aux compagnies du secteur privé — parmi eux, des milliers de postes dans le renseignement. Vers la fin [du second] mandat, en 2001, l’administration avait supprimé 360.000 emplois du livre de paie fédéral et le gouvernement dépensait 44% de plus en contractants qu’il ne le faisait en 1993. » (Pp. 73, 86)
Ces activités ont été considérablement encouragées par le fait que les républicains avaient gagné le contrôle de la chambre des représentants en 1994 pour la première fois en 43 ans. Un journaliste libéral a décrit « la sous-traitance comme une entreprise conjointe virtuelle entre [le Chef de la Majorité de la Chambre Newt ] Gingrich et Clinton. » La Heritage Foundation , de droite, a convenablement étiquetté  le Budget de Clinton de 1996 comme « l’agenda de privatisation le plus épais mis en avant par n’importe quel président à ce jour. »  (P. 87)
Après 2001, Bush et Cheney ont ajouté un raisonnement idéologique au processus déjà lancé si efficacement par Clinton. Ils étaient les défenseurs enthousiastes  « d’une conduite néo-conservatrice pour siphonner les dépenses des États-Unis pour la défense, la sécurité nationale, et les programmes sociaux au profit de grandes sociétés amicales à l’administration Bush. » (Pp. 72-3)
La privatisation — et perte — de la Mémoire Institutionnelle
Le résultat final est ce que nous voyons aujourd’hui : un gouvernement creux en ce qui concerne les fonctions militaires et de renseignements. La KBR Corporation , par exemple, fournit la nourriture, la blanchisserie, et d’autres services personnels à nos troupes en Irak sur base de contrats, sans appels d’offres, extrêmement lucratifs, alors que Blackwater Worlwide fournit des services de sécurité et d’analyses à la CIA et au département d’état à Bagdad. (Entre autres, ses mercennaires armés ont ouvert le feu, et tué, 17 civils sans armes dans la place de Nisour, à Bagdad, le 16 septembre 2007, sans aucune provocation, selon des rapports militaires des États-Unis.) Les coûts — financier et personnel — de la privatisation dans les forces armées et dans la communauté du renseignement dépasse de loin n’importe quelle présumée épargne, et certaines des conséquences pour la gouvernance démocratique pourraient s’averrer irréparables.
Ces conséquences incluent : le sacrifice du professionnalisme dans nos Services de Renseignements; la promptitude des contractants privés à s’engager dans des activités illégales sans scrupule et dans l’impunité; l’incapacité du Congrès ou des citoyens d’effectuer une surveillance efficace des activités de renseignements contrôlées par le privé en raison du mur de plomb qui les entoure; et, peut-être la plus sérieuse de toutes, la perte du bien le plus précieux que n’importe quelle organisation de renseignement possède — sa mémoire institutionnelle.
La plupart de ces conséquences sont évidentes, même si presque jamais commentées par nos politiciens ou cible de l’attention des médias traditionnels. Après tout, les standards d’un officier de carrière de la CIA sont très différents de ceux d’un cadre d’entreprise qui doit garder un oeil sur le contrat qu’il accomplit et sur les contrats à terme qui détermineront la viabilité de sa société. L’essence du professionnalisme pour un analyste de carrière du renseignement est son intégrité à présenter ce que le gouvernement des États-Unis devrait savoir d’une affaire de politique extérieure, indépendamment des intérêts politiques des principaux acteurs, ou des coûts qui leurs incombent.
La perte d’un tel professionnalisme dans la CIA a été rigidement indiquée dans l’Evaluation  du Renseignement National 2002 sur la détention par l’Irak d’armes de destruction massive. Il semble toujours étonnant qu’aucun haut fonctionnaire, en commençant par le secrétaire d’état Colin Powell, n’aie estimé devoir démissionner lorsque les dimensions réelles de l’échec de notre renseignement sont devenues claires, au minimum le directeur du Renseignement Central, George Tenet.
Une volonté de s’engager dans des activités s’étendant du douteux au criminel pure et simple semble bien plus répandue parmi nos entrepreneurs du renseignement que parmi les agences elles-mêmes, et d’une façon bien plus difficile à détecter pour quelqu’un de l’extérieur. Par exemple, à la suite du 9/11, le contre-amiral (grade de la marine) John Poindexter, travaillant alors pour la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) du Département de la Défense , a eu l’idée lumineuse que la DARPA devrait commencer à compiler des dossiers sur autant de citoyens américains que possible afin de voir si des procédures « d’exploitation de données » pourraient indiquer des modes de comportement liés aux activités terroristes.
Le 14 novembre 2002, le New York Times a édité une colonne de William Safire titrée  « You Are a Suspect » (Vous êtes un Suspect), dans laquelle il révèle qu’il avait été donné un budget $200 millions à la DARPA pour compiler des dossiers sur 300 millions d’Américains. Il écrivait : « Chaque achat que vous faites avec une carte de crédit, chaque abonnement à une revue que vous achetez et chaque prescription médicale que vous remplissez, chaque site Web que vous visitez et chaque email vous envoyez ou recevez, chaque dépôts en banque que vous faites, chaque voyage que vous réservez et chaque événement dont vous vous occupez — toutes ces transactions et communications entreront dans ce que le Département de la Défense décrit comme ‘une grande banque de données centralisée virtuelle. » Ceci a choqué beaucoup de membres du congrès car trop proche des pratiques de la Gestapo et de la Stasi sous le totalitarisme allemand, et ainsi, l’année suivante, ceux-ci ont voté la cessation du projet.
Cependant, l’action du Congres n’a pas arrêté le programme « conscience totale de l’information ». La NSA a secrètement décidé de le continuer via ses contractants privés. La NSA a facilement persuadé (les sociétés) SAIC et Booz Allen Hamilton à continuer avec ce que le congrès avait déclaré être une violation du droit à la vie privée du public américain — pour un (certain) prix. De ce que nous savons, le programme « conscience totale de l’information » de l’amiral Poindexter continue toujours fortement aujourd’hui.
La conséquence immédiate la plus grave de la privatisation des activités gouvernementales officielles est la perte de mémoire institutionnelle de nos organismes et agences gouvernementaux les plus sensibles. Shorrock conclut : « Tant d’anciens agents du renseignement ont rejoint le secteur privé [pendant les années 90] que, au tournant du siècle, la mémoire institutionnelle de la communauté du renseignement des Etats-Unis réside maintenant dans le secteur privé. C’est plus ou moins là que les choses en étaient au 11 septembre 2001. » (P. 112)
Ceci signifie que la CIA , la DIA , la NSA , et les 13 autres agences de la communauté du renseignement des États-Unis ne peuvent pas facilement être reformés parce que leurs personnels ont en grande partie oublié ce qu’ils sont censés faire, ou comment ils doivent y arriver. Ils n’ont pas été drillés et disciplinés par les techniques, les résultats inattendus, et le savoir-faire des projets précédents, réussi et manqués.
Comme de nombreuses études, à ce jour, ont clairement montré, l’échec lamentable de l’occupation américaine de l’Irak vint du fait, dans une mesure significative que le Département de la Défense a envoyé à Bagdad des militaires remarquablement privatisés, dont nombre d’amateurs incompétents, pour administrer le fonctionnement d’un pays défait. Le secrétaire de la défense Robert M. Gates (un ancien directeur de la CIA ) a à plusieurs reprises averti que les Etats-Unis remettent bien trop de fonctions aux militaires en raison du vidage du Département d’État et de l’Agence pour le Développement International (AID) depuis la fin de la guerre froide. Gates croit que nous sommes témoin d’une « militarisation rampante » de la politique extérieure et que , bien que cela reste généralement non-dit, les militaires et les Services de Renseignements ont remis un bien trop grand nombre de leurs tâches aux entreprises privées et aux mercennaires.
Quand même Robert Gates commence à sonner comme le Président Eisenhower, il est temps pour les citoyens ordinaires de prêter attention. Dans mon livre de 2006, Nemesis: Les derniers jours de la République américaine, dans la perspective de mettre la présidence impériale sous quelque modeste contrôle, j’ai préconisé que nous, Américains, supprimions la CIA entièrement, ainsi que d’autres agences dangereuses et superflues de notre soupe de seize agences de renseignement secrètes, et les remplacions par le personnel professionnel du Department d’état consacré à rassembler et à analyser les renseignements extérieurs. Je continue de tenir cette position.
Néanmoins, la situation actuelle représente le plus mauvais de tous les mondes possibles. Les administrations et les congrès successifs n’ont fait aucun effort pour changer le rôle de la CIA en tant qu’armée privée du president, même si nous avons augmenté son incompétence en remettant plusieurs de ses fonctions au secteur privé. Nous avons de ce fait intensifié les risques de guerre accidentelle, ou de caprice présidentiel, aussi bien que d’attaque surprise parce que notre gouvernement n’est plus capable d’évaluer exactement ce qui se passe dans le monde et parce que ses agences de renseignement sont ainsi sujettes à pression, pénétration, et manipulation de toutes sortes.
par: Chalmers Johnson, TomDispatch.com
[Note aux lecteurs : Cet essai se concentre sur le nouveau livre de Tim Shorrock, Spies for Hire: The Secret World of Intelligence Outsourcing, New York: Simon & Schuster, 2008.
Notes d'autres livres : Eugene Jarecki's The American Way of War: Guided Missiles, Misguided Men, and a Republic in Peril, New York: Free Press, 2008; Thomas Frank, The Wrecking Crew: How Conservatives Rule, New York: Metropolitan Books, 2008; Sheldon Wolin, Democracy Incorporated: Managed Democracy and the Specter of Inverted Totalitarianism, Princeton: Princeton University Press, 2008.]
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Chalmers Johnson est l’auteur de trois livres liés sur les crises de l’impérialisme et du militarisme américains. They are Blowback (2000), The Sorrows of Empire (2004), et Nemesis: The Last Days of the American Republic (2006). Tous sont disponibles en livre broché des livres métropolitains.
Traduction française : 16/09/2008 de Philippe Patrenotte pour http://socio13.wordpress.com/
http://socio13.wordpress.com/2008/09/17/complexe-militaro-industriel-il-e