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23/09/2008

n°386 - Journal de Palestine - 10-09 au 22-09 –Suite - Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

n°386 - Journal  de Palestine - 10-09 au 22-09 –Suite -  Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

Journal de Palestine      –Suite -                      

N°386                10-09 au 21-09                          

Par M.Lemaire



Sommaire

3 Politique Internationale des térritoires occupés (fin)

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Médias : La France est probablement plus fidèle à Israël qu’à ses propres intérêts.

5-2 La décision Us de qualifier Al-Aqsa de terroriste est une aberration.

6 Les brèves

6-1 Des discussions israélo-Usa pour soutenir les services de la sécurité d'Abbas...

6-2 Abbas : Le processus de paix doit rester une priorité.

6-3 Ahmed Chouidah : le peuple palestinien refuse tout accord qui néglige le droit au retour.

6-4 En Cisjordanie, une grave crise d’eau étouffe plus de 200 groupes résidentiels.



1-14 Actualité dans les territoires palestiniens occupés depuis 1948 3500 enfants détenus depuis le début de l’intifada al-Aqsa Sur les 3500 enfants arrêtés et détenus depuis le début de l’intifada al-Aqsa, 340 enfants sont toujours détenus dans des conditions misérables dans les prisons de l’occupant. 104 enfants sont détenus dans la prison de Telmond, dont 4 filles, 80 sont détenus dans la prison de Ofer, 38 dans la prison du Naqab, 54 à Meggiddo, et les autres sont réparties entre les centres d’interrogatoires et d’arrestations israéliens. 213 enfants sont condamnés et 107 attendent un jugement alors que 10 enfants sont des détenus administratifs, aucune charge ne pèse sur eux. 83 enfants sont de la ville de Nablus, 52 de Bethlehem et 50 de Ramallah. 82 enfants ont entre 15 et 13 ans. Dans la prison de Hasharon (Telmond), dans la section des enfants, les geôliers ont introduit trois chiens qu’ils ont lancé contre les deux enfants, Musa Ahmad Musa et Wael Khatib, pour les obliger à porter l’immonde vêtement orange des prisonniers de Guantanamo. Les deux enfants ont même été enchaînés pour faire pression sur eux. Na’il Barghouty : une vie de combat Originaire du village de Kubar, dans la province de Ramallah, il a été arrêté le 4 avril 1978, à l’âge de 20 ans. Il a actuellement 51 ans. Il y a quatre mois, il a entamé sa 31ème année de prison. Sa sour Hanane raconte : Dix jours après l’arrestation de Na’il, mon frère Umar et mon père ont été arrêtés, et ont passé 120 jours en prison, pour interrogatoire. C’était mon père qui le visitait alors que ma mère a été privée de visite pendant une très longue période. Après le décès de mon père, nous avons réussi à lui obtenir un droit de visite. Elle a pu lui rendre une seule et dernière visite, en avril 2006, alors que son état de santé s’aggravait. Nous avons dû la mettre dans une ambulance, avec un lit mobile. Elle décéda six mois plus tard. Na’il n’a pu assister aux obsèques ni de son père ni de sa mère. Mais son moral est resté élevé. Hajja Farha, Um Umar, la mère de Na’il, était connue comme étant la poétesse de Kubar et une des plus grandes militantes, ayant mené des grèves et des marches de solidarité avec les prisonniers et détenus dans les prisons de l’occupation. Libération de Noura Hashlamon Noura Muhammad Jabir, de la ville d’al-Khalil, 37 ans, mariée à Sami Hashlamon, prisonnier administratif depuis 26 mois, et sour du combattant prisonnier Nour Jabir, qui a exécuté l’opération de Wadi Nasara, tuant 14 soldats israéliens, où sont tombés trois martyrs, et pour laquelle il a été condamné à 17 perpétuités. Noura Jabir Hashlamon a été détenue administrative. Elle a été arrêtée le 17/9/2006, et a mené deux grèves de la faim pour réclamer sa libération immédiate, la première fois en 2007 pendant 27 jours et la seconde fois en mars 2008, pendant 26 jours. C’est au cours de cette seconde grève de la faim que le tribunal militaire israélien propose de l’exiler vers la Jordanie si elle accepte d’être libérée. Noura refuse catégoriquement ce marchandage, déclarant au tribunal : « un jour, vous me libèrerez, vous me remettrez ma carte d’identité et me direz : sors ! Je suis de ce pays, vous êtes les occupants et vous avez pris ma terre et mon pays ». La « sécurité préventive » du président Abbas arrête Fouad al-Khafsh, directeur du centre al-Ahrar pour la défense des prisonniers Fouad al-Khafsh (33 ans) a été arrêté le 11/8/2008, pour la quatrième fois, depuis 2007, par l’appareil de la sécurité préventive de l’Autorité. Chercheur spécialiste dans la question des prisonniers détenus par l’occupation, il est directeur du centre Al-Ahrar et a mené récemment une campagne internationale pour la libération des députés enlevés par l’occupation. Arrestation de Dr. Majida Fudda Le centre al-Ahrar a protesté contre l’enlèvement de dr. Majida Fudda (42 ans), membre du conseil municipal de la ville de Nablus, à son domicile, après que son domicile ait été investi et son ordinateur personnel confisqué. Dr. Majida Fudda avait été arrêtée administrative pendant six mois en 2005. Elle est la septième membre du conseil municipal de Nablus à être arrêtée, au cours des deux dernières années. De son côté, la député Muna Mansour a été libérée le 4 août dernier, après avoir été enlevée le 21 juillet à Nablus avec trente autres personnes. Après sa libération, elle a réclamé une campagne sérieuse pour exiger la libération de tous les prisonniers et prisonnières, et notamment des députés enlevés.   La prisonnière Amal Jumaa atteinte de cancer : exigeons sa libération immédiate Amal Jumaa, du camp d’Askar, à l’est de Nablus, risque de décéder en prison, si aucun effort n’est fait pour sa libération immédiate. Arrêtée il y a plus de quatre ans (mai 2004) et condamnée à 11 ans de prison, Amal a été sauvagement torturée et enfermée dans des conditions insoutenables. Dès l’apparition de son mal, elle n’a pas été soignée, mais transférée d’une prison à l’autre et interdite de visite familiale, prétextant des raisons sécuritaires. Sa famille accuse l’occupation et l’administration carcérale d’être responsables de sa maladie. Son frère, Jamil, explique que Amal a été malade dès son arrestation, et depuis huit mois, le mal s’est envenimé, il accuse l’administration de la prison qui lui a fourni un médicament causant une hémorragie interne, d’avoir fait pratiqué des opérations chirurgicales clandestines, d’avoir falsifié son dossier médical de crainte qu’il ne tombe entre les mains d’une association humanitaire internationale. Campagne pour la libération des 98 prisonnières palestiniennes Le site ahrar-pal.info lance une campagne de sensibilisation, mobilisation et information, pour exiger la libération des prisonnières palestiniennes. Arrestation de Hussam Khalil et Anis Saffouri de Shefa Amr La Shabak , appareil sécuritaire sioniste, a arrêté au cours de la première semaine d’août les deux jeunes étudiants, Anis Saffouri et Hussam Khalil, tous les deux de la ville de Shefa Amr, en Palestine occupée en 48. Ces arrestations font partie de la tentative institutionnelle de briser la résistance des Palestiniens de 48. Septembre 2008 – cirepal2005@yahoo.fr

2  Politique Israélienne 17-09 Le ministre de la sécurité de l'occupation, Evy Dikhter, a appelé à l'extermination de toutes les factions de la résistance palestinienne dans la bande de Gaza. "Le bombardement des forces de la résistance et leurs armements à Gaza est une nécessité pour l'état d'Israël", a déclaré Dikhter dans la ville occupée d'Ashkelon, suite à la fin de sa compagne électorale pour élire un nouveau chef du parti de Kadima. "Il faut exterminer toutes les forces de résistance dans la bande de Gaza, dès que l'armée soit prête pour exécuter cette mission", a-t-il ajouté, en soulignant que l'entité sioniste n'accepte jamais l'existence d'une entité ennemi à Gaza. CPI 17/09/
Olmert 13-09 Olmert a affirmé, lors d'une réunion hebdomadaire du gouvernement, la fin de la théorie "la grande Israël" qui est devenue une illusion et que le temps ne sert pas l'état de l'occupation. CPI 19-09 Le Premier ministre israélien Ehud Olmert va annoncer sa démission dimanche lors du conseil des ministres après l’élection de Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, à la tête du parti au pouvoir Kadima, a indiqué samedi un porte-parole.
Une fois cette démission présentée, M. Peres devra entamer sept jours de consultations avec les différents partis avant de désigner Tzipi Livni pour qu’elle mobilise une majorité parlementaire et forme un gouvernement.
Livni disposera de 42 jours pour constituer un gouvernement, faute de quoi des élections anticipées devraient avoir lieu dans les 90 jours.
La législature actuelle n’est censée s’achever qu’à la fin 2010.
En attendant que Tzipi Livni soit en mesure de présenter son gouvernement, M. Olmert restera à la tête d’un gouvernement de transition.

2-5 Gouvernement cherche coalition désespérément...    18-09 Tzipi Livni a été élue de justesse mercredi lors de primaires face à son principal rival Shaul Mofaz, le ministre des Transports.
Dès son élection, elle a réuni la direction du Kadima afin de tenter de resserrer les rangs de cette formation centriste tout en entamant ses consultations avec les différents partis.
Elle s’est prononcée pour le maintien de la coalition sous sa forme actuelle qui comprend outre le Kadima, le parti travailliste, les ultra-orthodoxes du Shass et le parti des retraités.
Le sort de la future coalition que Tzipi Livni entend former dépendra en grande partie de la position du Shass avec ses 12 députés sur 120. Le chef de cette formation Eli Yishaï a posé des conditions à la participation de son parti à un gouvernement Livni, et notamment que celui-ci "écarte toute négociation sur l’avenir de Jérusalem".
Le statut futur de la partie orientale de la ville, annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, constitue une des principales pierres d’achoppement dans les pourparlers avec les Palestiniens.
Il a aussi exigé une hausse des allocations familiales, ce qu’a exclu jusqu’à présent Tzipi Livni et le ministre des Finances Roni Bar On, qui l’a soutenue dans sa campagne.
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4988

2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies) 15-09 Des colons juifs de Yitzhar ont mis le feu à plusieurs centaines d’oliviers du village d’Awarta dans les Territoires Palestiniens Occupés, causant des dégâts considérables aux villageois. Hassan Awad, le chef du conseil du village, a affirmé que les Forces d’Occupation israélienne (FOI) n’ont pas empêché les colons de mettre le feu aux champs d’oliviers ; de plus, les colons ont brûlé des champs entiers où les villageois sont interdits d’accès par les Israéliens pour des «raisons de sécurité », ce qui les a empêchés d’aller éteindre les flammes. D’après Awad, les dégâts causés par les incendies affectent économiquement des dizaines de familles, et 5 à 7 hectares de champs d’oliviers ont été détruits. WAFA 17-09 Des dizaines de colons ont jeté des pierres sur les maisons et les voitures des villageois sous les yeux des soldats israéliens. Selon un témoin, les colons ont attaqué les champs du village et y ont mis le feu causant des dégâts importants. Les environs de la ville de Naplouse ont été à plusieurs fois, la cible des engins explosifs lancés par des colons pour semer la panique parmi les Palestiniens. Dimanche dernier, le Premier ministre israélien Ehuod Olmert a comparé un pogrom les attaques effectuées par des colons dans le village d'Assira Al Kibliya, ajoutant qu'il ne tolèrerait pas ce genre d'agressions. WAFA 18-09 Des dizaines de colons juifs ont commis des actes de violence contre des palestiniens, près de la colonie de ‘Yetshar’ à Naplouse en Cisjordanie. Les témoins ont rapporté que les colons, qui portaient des ‘Kippas’, ont essayé de bloquer la rue et d’interdire des véhicules palestiniennes de passer. Plusieurs autres villages dans le département de  Naplouse témoignent des telles attaques quotidiennes, commises par les colons juifs, qui ont blessé, cette semaine, environs dix palestiniens, dont huit dans le village de Assira el-Kiblieh, près de colonie ‘Yetshar’ WAFA 20-09 Des colons juifs armés de Yitzhar s'en sont pris à des Palestiniens et ont endommagé des habitations dans un village des environs, à la suite de l'agression d'un garçon de neuf ans dans une colonie sauvage. L'enfant avait été blessé par un Palestinien. Reuters


3 Politique Internationale des térritoires occupés

Les institutions et leurs satellites

Banque Mondiale: Les barrages militaires israéliens sont un obstacle au développement de l'économie palestinienne La Banque Mondiale a, fortement, critiqué, mercredi, les restrictions imposées, par Israël, à la liberté de mouvements des personnes et des biens en Cisjordanie. Dans un rapport, la Banque Mondiale a considéré les barrages militaires israéliens qui séparent entre les villes et les villages de la Cisjordanie comme un obstacle au développement de l'économie palestinienne qui est déjà trop faible. Selon le rapport, les taux de chômage et de pauvreté se sont élevés rembarquement dans les territoires palestiniens occupés.  Les Palestiniens sont plus que jamais dépendants de l'aide internationale. Le rapport, dont on parle, va être présenté en marge de la 63e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Les donateurs se sont engagés à contribuer à un fonds de 7,7 milliards de dollars pour raviver l'économie palestinienne. Israël ignore toujours  les appels lancés par l'Autorité Nationale Palestinienne et l'ensemble de la communauté internationale en ce qui concerne la suppression des obstacles qui empêchent tout développement de l'économie dans les territoires palestiniens occupés.  WAFA - 17/9


3- Organisations Mondiales & régionales

6 Ue 17-09 La présidence du Conseil de l’Union Européenne (UE) condamne fermement les violences perpétrées par les colons israéliens de Cisjordanie à l’encontre de la population palestinienne, notamment les incendies, actes de vandalisme et agressions survenus samedi dernier à proximité de Naplouse. Selon un communiqué publié mardi, par le Conseil 'Ces violences indiscriminées ne sauraient être tolérées. La présidence du Conseil de l’UE appelle le gouvernement israélien, qui a lui-même condamné ces actes, à ne ménager aucun effort pour que soient protégées les populations civiles palestiniennes, conformément à ses obligations au titre du droit international.' 'La présidence du Conseil de l’UE réitère par ailleurs sa condamnation de toutes les violences' conclut le communiqué. WAFA 



5 Médias/Vidéos 

5-1 Médias : La France est probablement plus fidèle à Israël qu’à ses propres intérêts. Pour l’Uléma Sayyed Mohammed Hussein Fadlallah, depuis l’arrivée au pouvoir du Président Nicolas Sarkozy, le gouvernement français semble probablement « plus fidèle à Israël qu’à ses propres causes et intérêts »… Fadlallah a également critiqué « le fait de poursuivre et de traquer les journalistes français qui critiquent Israël d’une façon ou d’une autre ». « Il est remarquable que la France sarkozyste invente de nouveaux procédés dans sa répression de la presse, en punissant ces plumes libres pour des raisons disciplinaires ou administratives qui ne sont en fait que des prétextes. Ce fut le cas dernièrement avec le rédacteur en chef de RFI, Richard Labeviere. Elle veut ainsi prouver à Israël qu’elle a surpassé ses prédécesseurs lorsqu’il s’agit de mettre à pied les symboles de la presse libre dans le pays, d’une façon qui n’a sa pareille que dans les régimes dictatoriaux et répressifs », a-t-il ajouté. « Dès le début, nous avions le pressentiment qu’un Chef d’Etat qui se dit fier d’être l’ami fidèle d’Israël, et qui y voit même le miracle du XXème siècle, aura inévitablement une conduite s’inscrivant dans le cadre de l’appui politique à cette entité, qui représente véritablement un miracle démoniaque, criminel et terroriste, à en juger par ses crimes et exactions à l’encontre des Palestiniens, des Libanais, des Egyptiens et d’autres encore. Mais nous pensions que la France saura sauvegarder un minimum de décence et de tact dans son approche des questions liées, avant toute chose, aux principes de sa révolution, en tête desquels la liberté d’expression. [Nous pensions que] la France ne prendra pas de risques à ce point-là en oeuvrant à réprimer sa propre personnalité nationale au profit d’une entité qui incarne l’apogée de l’injustice car elle viole les droits de l’Homme, pousse tout un peuple à l’exode, et tue, de sang froid, des milliers et des milliers de ses femmes, enfants et personnes âgées », a-t-il lancé par la suite. Et d’ajouter : « Nous remarquons que la France , à travers son gouvernement actuel, commence à mettre en péril sa réputation médiatique et politique, ainsi que l’histoire de plusieurs de ses symboles en matière de respect des droits de l’Homme et (de défense) de la liberté, de l’égalité et de la justice, au profit de la réputation d’Israël. Elle ne poursuit plus uniquement les gens accusés d’antisémitisme : elle est passée aux premières loges en faisant appel à des procédés politiques qui assiègent directement la liberté d’expression, pour confirmer sa loyauté aveugle envers Israël. Et elle fait fi de tout mouvement arabe ou islamique qui s’y oppose, probablement parce qu’elle voit le monde arabo-musulman sous un angle très restreint, ou parce qu’elle considère qu’il est en proie au déséquilibre et à l’asthénie. Les causes qu’il défend n’ont donc pas leur place dans la mémoire politique française, et aucun respect n’est dû aux quelque 7 millions d’Arabes et de Musulmans qui portent la nationalité française »… (VN) Source : AN NAHAR (Liban)  2 septembre http://indigenes-republique.org/spip.php?article1578


5-2 La décision Us de qualifier Al-Aqsa de terroriste est une aberration. Le premier ministre du gouvernement d'unité nationale Ismaïl Haniyeh a affirmé son refus du projet de décision du congrès américain qui considère que plusieurs chaînes arabes dont Al-Aqsa comme étant des organisations terroristes. Il a considéré que cette décision exprime la vanité de la direction américaine et ses tentatives de renforcer le blocus contre le peuple palestinien.
Lors de sa visite de solidarité au siège de la chaîne d'Al-Aqsa dans la ville de Gaza, Haniyeh a dit que cette décision américaine n'est pas importante, mais qu'elle représente une confirmation de l'échec du blocus, parce qu'elle essaye d'encercler la parole après avoir échoué son blocus contre la position.
Il a affirmé son refus de cette décision injuste conte la chaîne d'Al-Aqsa et d'autres chaînes arabes respectées, et il a salué le rôle de la chaîne dans son soutien donné au peuple palestinien et pour sa défense de ses droits légaux.
Haniyeh a précisé, au sujet de la décision américaine : "J'ai vu et entendu que cette décision ne peut pas casser la volonté des fonctionnaires de cette chaîne".
Mercredi 16 Juillet 2008 http://www.alterinfo.net/Haniyeh-visite-la-chaine-d-Al-Aqsa-et-affirme-que-la-decision-americaine-est-une-vanite_a21850.html

6 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Des discussions israélo-Usa pour soutenir les services de la sécurité d'Abbas... Des sources de la presse hébreu ont dévoilé, hier mardi 16/9, que les américains et les israéliens ainsi que l'autorité palestinienne dirigé par le président, Mahmoud Abbas, discutent pour élargir "le plan de Jénine" qui donne de grandes attributions aux forces de la sécurité d'Abbas dans d'autres régions de la Cisjordanie. Le côté israélien et les Etats-Unis ont refusé la proposition du premier ministre au gouvernement illégal à Ramallah, Salam Fayyad, pour effecteur ce plan dans la région d'Al Khalil, mais ils étudient la possibilité de l'élargir à Toulkarem, selon ces sources. De grands responsables politiques et militaires à l'état de l'occupation dont le ministre sioniste de la guerre, Ehud Barak, ont salué dernièrement les forces de la sécurité d'Abbas à Jénine, alors que le directeur du Shabak, Yuval Duskin, a présenté ses remerciements aux efforts sécuritaires de l'autorité palestinienne à Jénine. Les rapports soulignent que l'autorité palestinienne veut effectuer le plan de Jénine dans la ville d'Al Khalil qui représente l'un des importants centres économiques en. Cisjordanie, mais les côtés américains et israéliens craignent de l'échec de l'autorité dans la région d'Al Khalil à cause des affrontements probables entre les forces de la sécurité palestinienne et les colons sionistes dans cette région http://www.palestine-info.cc/fr/


6-2 Abbas : Le processus de paix doit rester une priorité.
Financées par un milliardaire américain proche du camp israélien de la paix, des discussions se sont déroulées en Europe, en Turquie ainsi qu’à Jérusalem-Est. Ami personnel du premier ministre Ehoud Olmert et ancien dirigeant de plusieurs radiotélévisions publiques israéliennes, Yitzhak Livni a confirmé qu’il a, « à titre personnel », participé à une série de réunions avec des responsables du Hamas. Parmi ceux-ci, Nasser Hadin a-Shaer (l’ex-adjoint du Premier Ministre de Gaza, Ismaïl Haniyeh) ainsi que l’ex-ministre palestinien de la Justice , Ali al-Sartawi, deux cadres de l’organisation résidant en Cisjordanie. Quant à Ahmad Youssouf, un haut responsable islamiste qui fut longtemps le principal conseiller politique d’Ismaïl Haniyeh, il avait accepté de participer à l’une de ces réunions, mais il a finalement changé d’avis sans motiver sa décision. « Pas au courant »  Yitzhak Livni, le professeur Shy Feldman (un enseignant de l’Université de Tel-Aviv détaché à Boston) a participé aux discussions, accompagné de Yaïr Hirshfeld, un universitaire qui avait déjà participé au début des années 1990 aux contacts secrets avec l’OLP qui allaient déboucher sur les pourparlers d’Oslo (1993). Selon Yitzhak Livni, les discussions visaient principalement à sonder le Hamas quant à une éventuelle reconnaissance du droit à l’existence de l’Etat hébreu assortie d’une renonciation au terrorisme. Elles n’ont donné aucun résultat concret, semble-t-il. « Nous avons compris que, pour le moment, l’organisation islamiste n’est pas prête à accepter plus qu’une houdna (trêve) à long terme », affirme Yitzhak Livni. Et d’ajouter : « Je n’exclus cependant pas que les discussions se soient poursuivies après mon retrait et avec d’autres intervenants. » A en croire les participants israéliens au forum, Ehoud Olmert « n’était pas au courant » de son existence. Mais les commentateurs de la presse israélienne ont du mal à prendre cette déclaration au sérieux. Ils rappellent que les responsables de l’Etat hébreu avaient déjà feint l’ignorance lorsque Yaïr Hirshfeld entretenait des contacts secrets avec l’OLP et préparait le terrain au processus d’Oslo. « Les diplomates professionnels appellent ces contacts informels des back channels et il en existe beaucoup dans notre région, explique le spécialiste Raviv Drucker. Si les dirigeants israéliens ne savaient pas, les services de renseignements étaient eux parfaitement au courant. »  Selon des responsables palestiniens, Abbas va rencontrer Bush le 26 septembre à Washington afin d’examiner l’état des discussions relancées l’année dernière à Annapolis (Maryland) et que la Maison blanche espérait conclure d’ici la fin de l’année. "Nous dirons au président Bush où nous en sommes dans nos négociations avec les Israéliens et détailleront les points d’accord et de désaccord", a expliqué Abbas. "Nous ne cherchons pas un accord provisoire qui ne couvrirait pas certaines questions clés", telles que le statut de Jérusalem, celui des réfugiés, les contours d’un futur Etat palestinien, la sécurité ou les colonies, a-t-il rappelé. "Soit nous trouvons un accord global soit rien du tout. Nous travaillons sur cette base. Pouvons-nous y parvenir d’ici la fin de l’année ? Cela demande d’importants efforts et nous poursuivrons notre effort, mais nous ne pouvons pas le dire avec certitude", a-t-il ajouté. Les négociateurs palestiniens ont fait savoir que les discussions se poursuivraient d’ici la fin du mandat de George Bush, qui passera la main à son successeur le 20 janvier, et d’ici la désignation d’un nouveau Premier ministre israélien. 16 septembre
Serge Dumont ; Wafa Amr
http://www.france-palestine.org/article9747.html

 6-3 Ahmed Chouidah : le peuple palestinien refuse tout accord qui néglige le droit au retour. Le ministre palestinien de la justice au gouvernement d'entente, Ahmed Chouidah, a affirmé que le peuple palestinien refuse totalement tout accord qui ignore le droit au retour des réfugiés palestiniens à leurs terres et maisons confisqués par l'occupation. "Le droit au retour est sacré et légitime dont personne ne pourrait y renoncer en présentant des concessions à l'entité sioniste", a-t-il souligné lors d'une conférence qui avait pour thème la protection légale des droits des réfugiés palestiniens, organisée par le Hamas, le samedi 9/13.
"La grande Bretagne et la communauté internationale sont responsables des souffrances des palestiniens causées par l'occupation durant les 60 ans passées jusqu'à maintenant, et on doit appeler au dédommagement des palestiniens et les aider à rejoindre leur pays d'origine ( la Palestine historique)", a-t-il ajouté.
"Toutes les institutions et les organisations juridiques et internationales doivent déployer leurs efforts nécessaires pour condamner les crimes de guerre perpétrés par l'occupation devant les tribunaux internationaux, et la communauté internationale doit briser immédiatement le blocus injuste et arbitraire imposé sévèrement contre un million et demi d'habitants dans la bande de Gaza", a-t-il protesté. 14/09 CPI http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7WDDXlsrNJzcVuK8wSb49OnGVCfQhHc6g6A2RWyJ2%2buduZa4EtVJV%2bbDF1HCa4s33QUT9fSO2HCo0jQeRBwx26ZKH4knegeDuGMto0K%2bDZOk%3d

6-4 En Cisjordanie, une grave crise d’eau étouffe plus de 200 groupes résidentiels. Les jours passent et la crise d’eau ne cesse de s’endurcir, dans beaucoup d’endroits de la Cisjordanie. En effet les occupants israéliens volent l’eau des Palestiniens pour le leur vendre à prix exorbitants. Grande inquiétude Plusieurs établissements de la Cisjordanie expriment leur inquiétude devant ce manque d’eau qui ne cesse de s’aggraver. Ils besognent pour trouver des solutions, même provisoires, afin d’alléger les souffrances de la population. Ils appellent cependant les autorités de l’occupation israélienne et la communauté internationale à intervenir pour trouver des solutions rapides à cette crise. Le fermier palestinien Saber Abdallah, du village d’Aqraba, ne s’étonne pas de voir la population palestinienne souffrir d’une telle crise, alors que la Cisjordanie nage sur de plus grandes réserves d’eau souterraine. En fait, l’occupant israélien interdit aux Palestiniens d’en profiter, de creuser des puits. Tout est bon pour qu’ils se voient obligés d’en acheter à l’occupant même, à plusieurs fois son prix ordinaire, pour irriguer leurs terres. Manque d’eau L’institution espagnole EWASH explique que cette année, le manque d’eau de pluie a atteint les 45% du niveau habituel. Cela a laissé des effets négatifs sur environ 200 groupes résidentiels qui ne sont pas desservis par un réseau d’eau. Beaucoup de groupes ne trouvent d’autre moyen que d’acheter l’eau fournie par des citernes. Les familles dépensent plus de 30% de leur budget pour avoir de l’eau, l’essentiel seulement. 400 mille Palestiniens sont privés de l’eau fournie par des réseaux publics. Ils ramassent l’eau de pluie, se fournissent de l’eau de sources, sinon, ils l’achètent par des camions. Les autorités palestiniennes des eaux disent que plus de 50% de l’eau consommée en Cisjordanie sont achetées de l’occupant israélien. Cet occupant exploite 83% de l’eau souterraine de la Cisjordanie. L ’accord d’Oslo, en fait, a laissé l’eau de la Cisjordanie sous sa main ! 10 litres L’établissement espagnol ajoute que les barrages militaires israéliens empêchent l’arrivée de l’eau à beaucoup de familles. 10% des familles de la Cisjordanie n’obtiennent que 10 litres d’eau par jour. Notons que l’organisation mondiale de la santé délimite le besoin ordinaire en eau pour une famille de 50 à 100 litres. Il y a aussi ces bergers qui souffrent énormément de ce manque d’eau. L’établissement EWASH a exhorté la communauté internationale à fournir de l’eau à ces groupes qui en souffrent tant. Il appelle aussi à une solution juste pour ce problème d’eau devenu chronique dans les territoires palestiniens. CPI 15/09 http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7GUqI75v5Fi63LS5JnlEr3rRRznMtrfXiWwvDShPDUsjEyn%2bGopVAVhXsphE6lxliXds7GcWUOSoxfwVkMWoSjr2NrLNSaGArRqRC53fgc%2fI%3d


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n°386 - Journal de Palestine - 10-09 au 22-09 –Fin - Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

n°386 - Journal  de Palestine - 10-09 au 22-09 –Fin -  Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

Journal de Palestine      –Fin -                      

N°386                10-09 au 21-09                          

Par M.Lemaire



Sommaire                 –Fin 7 Dossier

7-1 Point de vue de Jeff Halper : Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 8-1 Lettre ouverte au Président Abbas.



7 Dossier Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

7-1 Point de vue de Jeff Halper : Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop". Quel que soit l’angle de vue, qu’il soit historique, culturel, politique ou économique, les Palestiniens ont été définis comme "une humanité en trop", et il n’y a rien de plus à faire avec eux à part les stocker, ce que la communauté internationale semble permettre à Israël de faire. La rapidité avec laquelle intervient un changement systématique au sein de cette entité indivisible connue sous le nom d’Israël/Palestine est telle qu’elle met au défi nos capacités à y faire face. La campagne délibérée et systématique ayant eu pour objectif de jeter les Palestiniens hors du pays en 1948 a été rapidement oubliée, et le sort subi par plus de 700.000 Palestiniens est devenu une question invisible qui ne se pose même pas. Au lieu de cela, un Israël plein de cran, européen et "socialiste" a surgi comme le chéri de tous y compris de la gauche radicale, éclipsant complètement la campagne de nettoyage ethnique qui a permis sa naissance. De même, et jusqu’au déclenchement de la première Intifada à la fin de l’année 1987, l’occupation par Israël en 1967 de la Cisjordanie , de Jérusalem-Est et de Gaza est restée une question virtuelle ne se posant même pas. Le seul aspect du conflit qui est apparu sur les radars de la population a été celui de l’équation entre Palestiniens et terrorisme. Jusqu’au début des négociations d’Oslo en 1993, même la mention du mot "occupation", sans parler du mot "Palestiniens", vous aurait conduit à être traité d’antisémite, ces mots étant encore de nos jours rarement utilisés en Israël. Même lorsque le conflit sinon l’occupation en soi sont devenus une question internationale, Israël a régulé le domaine fondamental des relations publiques. L’argument le plus parlant utilisé à l’encontre de la lutte des Palestiniens repose sur la notion largement répandue selon laquelle Arafat a refusé "l’offre généreuse" de Ehoud Barak à Camp David. La réalité des faits sur cette question, qui a disparu en cours de route, est qu’il n’y a jamais eu "d’offre généreuse" et que même si Barak avait offert 95 % des Territoires occupés (à l’instar d’Olmert qui en a récemment "offert" 93 %), un Etat palestinien n’aurait représenté guère plus qu’un bantoustan sud-africain tronqué et non viable sur moins de 20 % de la Palestine historique. La seule chose qui en reste, c’est un Arafat à nouveau démonisé. Ensuite, l’emprisonnement par Sharon du président palestinien dans une sombre salle de son quartier général en ruines l’a politiquement éliminé — et je le crois aussi physiquement —, emprisonnement qui n’a donné lieu à aucune opposition ou même critique au sein de la communauté internationale. De fait, les efforts déterminés de groupes appartenant à la société civile partout dans le monde (associations politiques et pour les droits humains, gens d’église et militants juifs radicaux, syndicats, intellectuels et même quelques politiques connus, et ce tant en Israël qu’à l’étranger) ont permis au cours de plus ou moins la dernière décennie à élever l’occupation au statut de question globale. Néanmoins, dès que le concept de l’occupation a commencé à prendre, il a été rapidement supplanté par la politique effrénée d’Israël en matière d’expansion des "faits acquis sur le terrain". Car une occupation est définie au titre du droit international comme "une situation militaire temporaire". La création de plus de 200 colonies et avant-postes dans les Territoires occupés, regroupés en sept grands "blocs" de colonies dans lesquels sont ancrés plus de 20 importants centres urbains qui sont inextricablement rattachés à Israël proprement dit grâce à un large réseau routier réservé au seul usage des Israéliens, et aussi depuis peu la Barrière de sécurité, tout cela a donné à l’occupation un caractère permanent. Un système israélien, indivisible, et qui n’est plus ni temporaire ni fondé sur la sécurité, s’est étendu entre la Méditerranée et le Jourdain. Tous ceux qui ont voulu voir les choses en face ont décrypté la vérité : qu’ils soient ou pas en faveur d’une solution à deux états, l’occupation a accouché d’un système d’apartheid à titre permanent. C’est à ce jour une réalité de facto. Si le "processus d’Annapolis" se déroule pour Israël conformément à ses plans, cela deviendra un système d’apartheid de jure, intelligemment vendu comme la "solution à deux états" et avec l’approbation d’un dirigeant collaborationniste palestinien. De toute façon, Annapolis n’a pas réellement d’importance. Israël sait que pas plus les Palestiniens que la société civile internationale n’acceptera l’apartheid. Son rôle n’a d’autre but que celui des divers "processus politiques" au cours des quatre dernières décennies : rejeter toute solution qui contraindrait Israël à faire des concessions importantes tout en lui donnant la couverture politique et le temps nécessaire pour créer des faits irréversibles sur le terrain. "L’occupation" israélienne s’est déplacée au-delà de l’apartheid, dont le terme même est devenu démodé alors qu’il avait commencé à gagner en acceptation au sein d’un large mouvement de protestation et de tollés. Ce qui s’est passé devant nous tous, ce que nous aurions dû voir mais pour lequel nous n’avions pas de référentiel, c’est un système de mise en stockage, une situation statique vidée de tout contenu politique. "Ce qu’Israël a construit", dit Naomi Klein dans son nouveau livre au contenu puissant "The Shock Doctrine", c’est "un système, ... un réseau d’enclos pour contenir des millions de gens qui ont été rangés dans la catégorie des surplus de l’humanité... Les Palestiniens ne forment pas l’unique peuple au monde qui a ainsi été catégorisé... La mise à l’écart de 25 à 60 % de la population porte l’empreinte de la croisade menée par l’École de Chicago [d’Économie]... En Afrique du Sud, en Russie et à la Nouvelle-Orléans , les riches ont construit des murs les entourant. Israël a conduit ce processus de rejet encore plus loin : il a bâti un mur autour des pauvres jugés dangereux" (p.442) Les faits acquis sur le terrain enregistrés par Israël forment l’expression physique d’une politique qui a pour objectif de dépolitiser, et donc de normaliser le contrôle qu’il exerce. Le conflit israélo-palestinien n’est pas présenté comme un conflit ayant des "parties" en cause et une dynamique politique. Au lieu de cela, on le range dans la "guerre contre le terrorisme", une bataille ayant pour donnée l’élimination de toute référence à l’occupation — ou qui est présentée comme irrecevable — et qu’Israël nie imposer. Et comme le "terrorisme" et le "choc des civilisations" qui sous-tend cette donnée sont présentés comme allant de soi et comme donnée permanente, elle prend la forme d’une question qui ne se pose même pas, un statu- quo (terme officiel israélien pour définir sa politique à l’égard des Palestiniens) qui ne peut faire l’objet ni de solution ni de processus de négociation. Si les terroristes et autres personnages du même genre — les prisonniers, les immigrants illégaux, les habitants des bidonvilles et les pauvres, les victimes aigries d’opérations anti-insurgés, les adeptes des religions du "mal", les idéologies ou les cultures, pour n’en citer que quelques uns — deviennent des accessoires permanents qu’il faut gérer plutôt que des personnes dont les griefs, les besoins et les droits nécessitent d’être pris en charge, c’est alors que les prisons, y compris les prisons/assignations à résidence aussi vastes que Gaza, les Territoires palestiniens occupés au grand complet et des populations et régions entières, deviennent pour eux l’avant-dernière solution. Alors, la mise en stockage devient le meilleur terme, sinon le plus terrible, pour définir ce qu’Israël met en place pour les Palestiniens des Territoires occupés. C’est bien pire, sur de nombreux plans, que les bantoustans de l’ère de l’apartheid sud-africain. Les dix "réserves" non-viables créées par l’Afrique du Sud pour la majorité noire africaine sur seulement 11 % du pays étaient sans conteste une forme de mise en stockage. Ceux-ci avaient pour objectif de fournir à l’Afrique du Sud une main-d’œuvre peu chère tout en lui permettant de se débarrasser de sa population noire, et rendant alors possible une "démocratie" dominée par des Européens. C’est précisément ce qu’Israël veut faire — via un bantoustan palestinien clos sur environ 15 % de la Palestine historique — mais avec une sérieuse limite : les travailleurs palestiniens ne seront pas autorisés à entrer en Israël. Ayant découvert une main d’œuvre peu chère formée de quelque 300.000 travailleurs étrangers importés de Chine, des Philippines, de Thaïlande, de Roumanie et d’Afrique de l’Ouest et complétée par ses propres citoyens arabes, mizrahi, éthiopiens, russes et est-européens, Israël peut se permettre de garder les Palestiniens enfermés tout en les empêchant d’avoir une économie viable et qui leur soit propre grâce à un libre accès aux pays arabes voisins. Quel que soit l’angle de vue, qu’il soit historique, culturel, politique ou économique, les Palestiniens ont été définis comme "une humanité en trop", et il n’y a rien de plus à faire avec eux à part les stocker, ce que la communauté internationale semble permettre à Israël de faire. Comme la mise en stockage est un phénomène global et qu’Israël devient précurseur quant à sa modélisation, ce qui arrive aux Palestiniens devrait préoccuper tout un chacun. Cela peut constituer un tout nouveau crime contre l’humanité, et dès lors devrait relever de la juridiction universelle des tribunaux mondiaux, au même titre que les autres horribles violations des droits humains. Dans ce sens, "l’occupation" israélienne a des implications qui vont bien plus loin qu’un conflit localisé entre deux peuples. Si Israël peut mettre en forme et exporter sa Matrice de contrôle en forme de mille-feuille, un système de répression permanente combiné à une administration kafkaïenne, à la loi et à une planification ayant des formes ouvertement coercitives de contrôle sur une population particulière qui est cernée par des ensembles communautaires infranchissables (les colonies en l’espèce), des murs et différents obstacles empêchant tout mouvement, alors, comme l’écrit crûment Naomi Klein, n’importe quel pays pourra ressembler à Israël/Palestine : "Une partie ressemble à Israël, l’autre ressemble à Gaza". En d’autres termes, une Palestine Globale. Expliquer pourquoi Israël se sent peu concerné par la mise en place d’un véritable processus de paix et la résolution du conflit avec les Palestiniens est un dur et long chemin. Car en les stockant ainsi, Israël obtient le meilleur des deux mondes : une liberté totale pour étendre ses colonies, et exercer le contrôle sans jamais avoir à faire de compromis comme toute solution politique l’exigerait. Pareillement, cela explique pourquoi la communauté internationale laisse Israël "se débarrasser" d’eux. Au lieu de présenter à la communauté internationale des problèmes épineux à résoudre — violations des droits humains, droit international et résolutions successives des Nations unies, sans parler des implications de ce conflit sur la politique internationale et l’économie — Israël est au contraire vu comme fournissant un service à valeur ajoutée : celui de développer un système grâce auquel les "populations en trop" pourront partout être contrôlées, gérées, et maîtrisées. Israël se met alors en synchronisation complète avec tant la logique économique que militaire du capitalisme global, et en est largement récompensé. Notre erreur, confortée par des termes tels que "conflit", "occupation" et "apartheid", est de voir le contrôle des Palestiniens par Israël comme une question politique qui doit être résolue. Au lieu de cela, la "résolution" interviendra lorsque les Palestiniens auront "disparu", à l’instar des peuples "disparus" en Amérique du Sud sous régime militaire. Dov Weisglass, l’architecte du "désengagement" de Gaza sous le gouvernement Sharon, n’a rien dit d’autre dans une interview révélatrice [1] : "Le plan de désengagement, c’est le milieu de conservation de la séquence principale. C’est la bouteille de formol dans laquelle vous mettez la formule du président [2] afin de pouvoir la conserver pendant très très longtemps. Le désengagement, en réalité, c’est ça : c’est du formol. Il fournit la quantité de formol nécessaire pour s’assurer qu’il n’y ait pas de processus politique d’engagé avec les Palestiniens." Haaretz : Ce que vous dites-là signifie-t-il que vous avez changé de stratégie, passant d’une stratégie d’accord intérimaire à long terme à une stratégie de situation intérimaire à long terme ? "L’expression américaine, pour cela, c’est : « trouver une bonne place pour garer sa voiture ». Le plan de désengagement permet à Israël de bien se garer, dans une situation intérimaire qui nous éloigne autant que faire se peut de toute pression politique. Il légitime notre affirmation qu’il n’y a aucune possibilité de négocier avec les Palestiniens. Il s’agit bien là, en la matière, de la décision d’en faire le moins possible, afin de maintenir notre position politique en l’état. La décision est auto- réalisatrice. Elle permet aux Américains d’aller voir une communauté internationale furibarde et prête à exploser, et de lui dire : « C’est ce que vous voulez ». Il replace l’initiative entre nos mains. Il impose au monde de s’accommoder de notre idée, du scénario que nous avons écrit nous-mêmes..." . La mise en stockage constitue le concept politique le plus absolu, parce qu’il représente une dépolitisation de la répression, la transformation d’une question politique de base en question qui ne se pose même pas, une situation regrettable mais inévitable qui doit être bien mieux traitée grâce à des secours, de la charité et des programmes humanitaires. C’est une impasse, un "accommodement", pour lequel il n’y a pas de remède. Ceci, bien sûr, n’est pas le cas, et nous ne pouvons laisser les choses être présentées ainsi. La mise en stockage constitue une politique dérivée des intérêts particuliers des super-puissances. L’usage que nous faisons du terme "stockage" doit alors être effectué pour "nommer la chose" en vue de nous en donner à tous une idée, et à tout le mieux pour la combattre et la mettre en échec. A nouveau, Israël fournit un exemple instructif (et poignant). Malgré le pouvoir illimité et incontrôlé que détient Israël sur tous les éléments de la vie des Palestiniens, incluant l’aide active des USA, de l’Europe et de la majorité de la communauté internationale y compris quelques-uns des pays arabes et musulmans, Israël a échoué à imposer tant l’apartheid que la mise en stockage. La résistance palestinienne continue, soutenue par les peuples arabes et musulmans, par des franges significatives de la société civile internationale et par le camp des pacifistes radicaux israéliens. L’effet déstabilisant du conflit sur le système international prend de l’ampleur, de telle façon que cela finisse par forcer la communauté internationale à intervenir en fin de compte. Pas plus les Israéliens que les Américains (avec la complicité de l’Europe) ne peuvent, malgré leur pouvoir illimité, forcer les Palestiniens au sort auquel ils les destinent. Dès lors, le terme "stockage", même s’il s’applique à un phénomène réel, doit aussi être compris comme un avertissement. Nous devons continuer nos efforts pour mettre fin à l’occupation israélienne, et ce même si cela doit conduire en fin de compte à la création d’un authentique Palestine/Israël ou d’une confédération régionale plus large, plutôt qu’à une solution d’apartheid-à-deux-états ou au stockage. Voir la Palestine comme le microcosme d’une réalité globale plus vaste de mise en stockage nous permet à tous de bien mieux identifier ces éléments apparaissant ailleurs, et à prendre la mesure de ce qu’Israël développe, le tout pour mieux s’y opposer. Quand même, si notre langage et l’analyse qui en découle doit non seulement être honnête et implacable, il faut avancer au même rythme que les intentions politiques et les "faits acquis sur le terrain" qui avancent à grands pas. Jeff Halper 15 septembre [1] "La grande congélation", Ha’aretz Magazine, 8 oct. 2004 — traduction effectuée à l’époque par Marcel Charbonnier. NdT [2] Bush — selon laquelle Israël peut garder les blocs de colonies, y compris le Grand Jérusalem 11 septembre (Jeff Halper dirige le Comité israélien contre les démolitions de maisons (ICAHD). http://www.icahd.org/eng/articles.asp ?menu=6&submenu=2&article=507 http://www.france-palestine.org/article9745.html



Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  8-1 Lettre ouverte au Président Abbas. Abdel Fattah Abusrour Où est-ce que vous nous amener M. le Président ? A quel désert vous nous guidez ?  A quelle catastrophe ? Comment osez-vous décider combien de réfugiés puissent ou ne puissent pas retourner chez eux ? Qui vous a donné la permission de parler en mon nom, et au nom de mes enfants ? Qui vous a demandé de déclarer les soldes sur nos droits ? Quel est le prix de telles soldes sur les droits de gens et leurs sacrifices pendant 60 ans ? Cher M. le Président de l’Autorité Palestinienne Je m’appelle Abdelfattah Abdelkarim Hasan Ibrahim Mohamad Ahmad Mostafa Ibrahim Srour Abusrour. Je suis né au camp de réfugié d’Aida, sur un terrain loué pour 99 ans par l’UNRWA des propriétaires Palestiniens de la ville de Bethléem. Mes deux frères ainés, mon père ainsi que son père et tous ceux qui sont nés avant eux, sont nés dans le village de Beit Nateef, un des villages détruits le 21 Octobre 1948 par les bandits sionistes. Ma mère est née dans le village de Zakareyya, aussi détruit en 1948. Ce sont deux villages parmi les 534 villages détruits par les bandits Sionistes. J’ai grandi dans le camp de réfugié d’Aida. Lorsque j’avais 4 ans, je me souviens que la plupart des habitants de camp se cachaient dans le cave derrière notre maison. Je me souviens des vieux parlant de la guerre. Je me rappelle que le ciel était incrusté d’avions, et que nous les enfants, nous étions couverts par des couvertures noires, dans les soins de nos mères. Je me souviens le premier couvre-feu après l’occupation Israélienne dans le camp Aida en 1968. Je me souviens de premier soldat israélien, qui était un vieux Juif Irakien d’environ 60 ans, qui était positionné juste devant la porte de notre maison. Je me souviens de jour où mon deuxième frère était invité pour un entrevu chez l’administration de l’occupation militaire en 1972. Il n’est jamais revenu à la maison. Je me souviens de son exile après six mois en prison, sans confession et sans jugement. Je me rappelle les premiers points collectifs de distribution d’eau dans le camp. Il y avait quatre points avec quatre robinets chacun pour toute la population de camp. Je me souviens aussi de premiers WC collectifs. Il y avait aussi quatre points, chaque point est composé d’un WC male et un femelle. Je me souviens de terrains autour de camp, où nous avions l’habitude de jouer, de présenter nos petits spectacles de théâtre dans la nature. Je me souviens des grands trous dans la terre ; lorsqu’ils se replissaient d’eau, ils devenaient nos piscines. Je me souviens de la première colonie Israélienne autour de camp, la colonie Gilo... Les grues y travaillent toujours depuis les débuts des années 70. Je me souviens des religieux Juifs venant à la Mosquée de Bilal Ibn Rabah, qui était transformé en Synagogue après l’occupation de 1967, et rebaptisé le Tombeau de Rachel pour faire leurs prières. Nous nous étions plus permit de laver nos morts et faire une dernière prière sur eux avant de les enterrer, dans la cimetière juste à côté. Je me souviens de premiers points de contrôle militaire israéliens entre Bethléem et Alquds-Jérusalem. Je me souviens des premiers permis exigés par les Israéliens, et toutes les routes alternatives et les chemins pour contourner les points militaires pour ceux qui n’avaient pas de permis. Je me souviens de l’évolution de mur de séparation de l’état où il n’était qu’un amas de terre et d’énormes trous dans les routes et les rues, et puis en barbelé, et ensuite en block de ciment de 2 mètres, et 4 mètres et 8 à 12 mètres d’hauteur. Je me souviens de tous les temps où j’ai été capturé par les soldats Israéliens sur le chemin vers ma famille à Jérusalem- mon épouse est de Jérusalem Est. Je me souviens de 6 ans sans permis om j’ai pris tous les chemins connus ou inconnus de Bethléem à Alquds, que ce soit par l’Est ou par l’Ouest, par les routes principales, ou par les vallées ou les collines. Je me souviens de cet espace qui s’est rétrécit dans le camp, et que cette population croissante d’environs 5000 habitants originaires de 41 villages détruits par les bandits sionistes, où 66 pour cent on moins de 18 ans, où la rue est le seul espace de jeu. Des murs ont été construits encerclant le camp de l’Est, du Nord et de l’Ouest. Je me souviens de cet accord de Jéricho, où le check point à la sortie de Jéricho ne devrait être que symbolique, et où on passe des heures pour sortir de Jéricho parce que c’est la volonté de n’importe quel petit soldat d’une armée d’occupation Et nous négocions maintenant un passage vers la vielle ville de Jérusalem, sous contrôle de cette même armée d’occupation Israélienne. Je me souviens qui nous étions nourri l’amour de ce pays occupé, parce qu’il est le nôtre. Je me souviens des clés rouillées des nos maisons dans notre village de Beit Nateef, des clés pour des portes qui n’existent plus, des clés qui ont leurs portes dans nos cœurs et dans notre imagination.... Des clés pour des portes qui étaient réelles et qui ont existées, pour des maisons réelles et qui avaient existées, où des vrais gens ont vécus et ont élevés leurs enfants. Ces clés rouillées sont encore avec moi. Je me souviens qui nous étions élevés avec cette croyance éternelle que le droit est le droit, et que rien ne justifie de l’ignorer. Je me souviens que notre droit au retour dans nos maisons et nos villages d’origine est un droit eternel, et rien ne puis le changer, ni ce qu’on appelle « les réalités sur le terrain », ni les accords politiques, parce que ce n’est pas seulement un droit collectif mais un droit individuel.... C’est de mon droit M. le Président, et le droit de mes enfants et mes grands enfants et tous ceux qui suivrons peu importe où ils seront nés. Cher M. le Président Je me rappelle le décès de ma mère, le 9 Septembre 2003. Elle avait 75 ans. Je me rappelle la mort de mon père le 26 Décembre 2006. Il avait 96 ans. Ma mère et mon père espéraient être enterrés dans leur village de Beit Nateef, là où ils se sont mariés, là où ils ont élevés quelques uns des leurs enfants, là où ils ont irrigués leur terre de sueur, de sangs et de larmes, là où ils ont rempli la terre de joie, de bonheur, de rires et de chuchotements. Mes parents sont enterrés dans le cimetière du camp Aida. Le tombeau de ma mère est juste sous le tour de sniper militaire, entourés de barbelés. Le tombeau de ma mère ne m’est pas accessible. Je ne peux même pas la rendre visite un jour de fête ou un autre jour pour lui réciter une surate de Coran. Cher M. le Président J’ai été rempli d’espoir qu’après 60 ans d’occupation, qu’après 60 ans de résistance armée et non-armée, que nous pourrions réaliser quelque chose autre que les promesses futiles. J’ai été plein d’espoir que nous ne rendrons jamais nos droits, que nos droits sont reconnus par le monde entier, même si le monde entier reste complice avec l’injustice. J’ai été rempli d’espoir que rien ne justifie que nous renonçons à nos droits, malgré toutes « les réalités sur le terrain » comme ils le disent. Autrement, quel héritage nous laissons à nos enfants et les générations à venir. Faut-ils leur dire : Allez et laissez-vous emporter par le vent... Ne résistez jamais l’oppression, et ne levez vous pas devant l’injustice. L’importance de rester vivant, même si cette vie n’est qu’une vie d’humiliation et non reconnaissance d’appartenance à la race humaine. Où est-ce que vous nous amener M. le Président ? A quel désert vous nous guidez ? A quelle catastrophe ? Comment osez-vous décider combien de réfugiés puissent ou ne puissent pas retourner chez eux ? Qui vous a donné la permission de parler en mon nom, et au nom de mes enfants ? Qui vous a demandé de déclarer les soldes sur nos droits ? Quel est le prix de telles soldes sur les droits de gens et leurs sacrifices pendant 60 ans ? Là où les résolutions des Nations-Unies parlent de DROIT AU RETOUR ET DROIT à la Compensation pour toutes les souffrances dans l’exile et dans les camps de refuge, pour toutes ces exploitations de nos terres et nos propriétés, pour toutes ces années d’humiliation et de torture qui s’empirent chaque jour, vous osez dire que pas tout le monde veut retourner dans leur village d’origine ? Même si c’était le cas, cela ne leur enlève aucunement leurs droits dans leurs maisons et leurs terres d’origines, qu’ils veulent retourner ou pas. S’ils veulent vendre aux autres, c’est leur choix, mais il n’est aucunement le droit de quiconque d’autre de décider qui veut et qui ne veut pas retourner. Ce n’est pas votre droit, et le droit de quiconque d’autre de dire « ceux qui ne veulent pas retourner, il faudrait les compenser ». Chaque refugié et fils de refugiés et grand fils ou fille de refugié a droit à la compensation pour ces 60 ans de Nakba, ceux qui ont quitté ou qui ont été forcé de quitter... ceux qui étaient propriétaires des terres, qui avaient leur champs d’orangeries et des arbres fruitiers. Oui, les oranges de Jaffa existaient avant Israël, et conduirons à exister après Israël, si Israël ne fini pas par les détruire aussi comme les oliviers millénaires qu’il a détruit. Vous n’avez pas été élu M. le Président pour renoncer à nos droits ... ou pour abandonner nos espoirs et nos rêves et les droits de notre people qui est encore dans les camps de refuge, vivant sur des terrains loués, des réfugiés dans notre propre pays ou ailleurs, et qui attendent toujours ce retour dans les maisons d’origine pour 60 déjà. Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois et année après année nous vivons dans le mensonge, et des promesses brisées d’un changement.... Mais le changement arrive mais pour le pire et non pas pour le mieux. Rien ne s’améliore avec toutes ces négociations M. le Président ? Faut-il que nous nous déshabillons et montrer notre nudité pour qu’Israël et ses leaders et ses forces d’occupation soient satisfaits que n’avons plus rien à cacher ? Hier, des Israéliens ont distribué des papiers à Jérusalem Est utilisant le Coran Sacré et leur Torah disant qu’ils ne font qu’accomplir la promesse de Dieu pour peupler Israël et chasser tous ceux qui ne sont pas Juifs. Et il faudrait que nous comprenions ce qu’ils demandent et leurs aider, en quittant notre pays parce qu’il y a tellement d’autres pays arabes pour nous accueillir ? Après cela nous pouvons vivre en paix, et nos enfants peuvent être heureux avec leurs enfants, et tout sera merveilleux. Est-ce la prochaine étape M. le Président ? Est-ce parce que les colonies sur le terrain s’étendent tellement, et que nous ne pouvons pas forcer notre présence en Israël, alors il faut que nous soyons gentils pour que le monde entier nous soit sympathique, et faire ce qu’Israël veut que nous fassions ? Et ensuite, nous allons parlé des compromis terribles et des solutions difficiles, et donc c’est à nous d’être les plus gentils et offrir le plus de compromis, et pardonner, et oublier, et abandonner nos droits, et quitter le pays ou mourir, et comme cela tout sera résolu ? M. le Président, Je ne suis pas prêt pour quitter mon pays. Je ne le quitterai jamais de plein gré, même si c’était le seul moyen pour gagner ma vie. Je ne renoncerais jamais à mon droit de retour dans mon village d’origine, même si j’ai un forteresse au Royaume Unit, et un château en France, et un chalet à la mer rouge, et une propriété au Bahamas. Mon droit est le mien, et donc ni vous ni aucune autre personne n’a le droit d’effacer mon droit, de l’échanger ou de jouer avec. Nous avions l’habitude d’entendre parler des lignes rouges qu’aucun négociateur ne franchira. Que reste-t-il de ces lignes rouges M. le Président ? Nous entendions parler de la ligne verte... qui est devenue la ligne grise du mur de séparation. Les lignes rouges sont devenues des lignes roses et sont tellement diluées dans le blanc qu’elles sont devenues invisibles. Est-ce ce qui nous reste de notre résistance historique, et de tout le sang des martyrs et des années d’emprisonnement ? J’espère sincèrement que vous quittez de votre tour d’ignorance des besoins de votre peuple et que vous descendez un peu sur le terrain et regardez les yeux de ceux qui ont encore la passion pour ce pays malgré ces désastres dans lesquelles nous sommes plongées au milieu de ces négociations futiles et non productives, pendant que le sang Palestinien est versé tous les jours par ceux avec qui vous négociez. N’avons-nous plus de honte pour arrêter ce cirque de continuer ? J’aurais beaucoup aimé M. le Président qu’une telle énergie de négocier avec les israéliens soit investie pour unir les Palestiniens qui sont encore en dispute, et à cause d’un tel entêtement de nos leaders politiques, ce n’est point vous les leaders qui souffrez, mais votre peuple. Sommes-nous tellement sans valeur que nous ne méritions point votre temps et votre énergie pour arrêter cette mascarade et unir votre peuple au lieu de chercher toujours ce qui divise ces âmes torturés ? Ne suffit-il pas que nous sommes considérés comme un cas humanitaire tout simplement, qui ne vaut pas plus qu’un sac de farine ou une bouteille d’huile ou un médicament périmé ? Ne suffit-il pas que toute une population soit transformé en mendiants et soit mise dans la pauvreté, dépendant de la charité au lie de l’aider à produire en gardant leur dignité intacte ? Ne suffit-il pas l’humiliation de l’occupation que nous soyons forcés à subir toutes ces humiliations à venir ? Je suis entièrement croyant dans la paix et le non-violence. Je suis entièrement croyant dans l’espoir, le droit et la justice. Je suis entièrement croyant dans les valeurs qui font de l’humanité ce qu’elle est. Je n’ai jamais appris à haïr. Je n’ai jamais haï personne. Mes parents étaient une source d’amour et de paix. Ils ne m’ont jamais appris à moi et à mes frères quelque chose d’autre que le respect des autres et un amour infini à donner et à aider les autres. Ils nous ont appris que lorsqu’on pratique la violence, on perd un parti de son humanité. Mais en même temps, ils nous ont appris à défendre le droit et ce qui est juste et de s’élever contre tout ce qui injuste, faux et mal. Alors M. le Président, j’ose vous dire que vous n’avez aucun droit, même en étant le Président d’une autorité qui n’a aucune autorité sur quoi que ce soit- à l’exception probablement de nous- mais qui ne peut nous protéger ou même se protéger contre n’importe quel petit soldat ou soldate israélien, pour renoncer à nos droits, les droits de deux tiers de votre peuple pour retourner avec dignité dans leurs villages et terres et propriétés détruits, et qu’ils soient compensés pour toutes leurs souffrances et leur exile, et l’exploitation par les sionistes de leurs champs et terres, et le vol de leurs propriétés et comptes dans les banques anglaises ou autres. M. le Président. Je ne sais pas si vous allez lire ces mots ou pas. Je ne sais pas si je vais rester en vie lorsque vous les lisez ou pas... Mais en tous les cas, j’espère que ces mots qui viennent de cœur vont dans votre cœur M. le Président, et que vous puissiez trouver l’espoir et la force que notre peuple garde encore en lui. Nous ne renonçons pas à nos droits.  La paix peut être construite seulement avec la Justice. La paix réelle peut être bâtie avec une justice réelle.... Toute autre chose n’est qu’une plaisanterie dans la face de l’histoire. Je m’appelle Abdelfattah Abdelkarim Hasan Ibrahim Mohamad Ahmad Mostafa Ibrahim Srour Abusrour. Je suis encore refugié dans mon propre pays avec deux clés rouillé à la maison.
Abdel Fattah Abusrour, PhD 20 septembre alrowwad
Le centre, situé dans le camp d’Aïda, est une institution indépendante, non gouvernementale et n’est affilié à aucun parti politique et à aucune organisation confessionnelle. Il est animé par une équipe de bénévoles que dirige avec passion le Dr AbdelFattah Abu-Srour, qui a fait ses études en France et qui maîtrise parfaitement le français. Né dans le camp il y a 38 ans, il est revenu auprès de son peuple après l’obtention de son diplôme de docteur en génie biologique et médical. Le centre propose aux enfants des deux sexes, de 10 à 15 ans, des activités de théâtre et d’arts plastiques mais aussi une formation sur ordinateur et une petite librairie. Avec le Comité populaire, il participe aussi à différents projets de création d’emplois et de développement local. Il a reçu à ce titre des subventions de l’UNRWA et de l’UNDB (autre organisation des Nations Unies) pour l’entretien du camp, mais son fonctionnement (eau, électricité, frais des bénévoles) n’est subventionné que par des particuliers. L’objectif principal est de créer pour les enfants un environnement sain pour les aider à surmonter le stress engendré par la violence des agressions israéliennes et trouver un lieu où ils puissent vivre une " vie normalement humaine ". http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5091

 



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22/09/2008

n°392 - Les Dossiers d'Irak - 20-09 -1- : Petraeus laisse derrière lui l'Irak.

n°392 - Les Dossiers d'Irak - 20-09 -1- : Petraeus laisse derrière lui l'Irak.


Les Dossiers d'Irak

N° 392             20/09/08 

Par M.Lemaire               



Sommaire :

Avant propos - En Irak la mortalité des soldats us, bien qu'en baisse, reste d'environ 0.75 morts par jour.

- Qu'elle est donc cette arme meurtrière secrète utilisée en Iraq? T

iré à part :

- La liberté d’expression en question.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1   3 Vidéos

2 Brèves 2-1 9000 mercenaires ougandais en Irak.

2-2 Seize soldats US se suicident en Irak.

2-3 Huit membres d’une même famille tués dans un nouveau raid US.

2-4 Un soldat a été condamné, jeudi, par une cour martiale US à sept mois de prison. (Un juge avait requis 40 ans de réclusion)

2-5 Al Maliki, : « sérieux et dangereux obstacles » empêchent toujours la signature d’un accord.

– Suite 1-

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de  Dean Yates : Petraeus laisse derrière lui l’Irak.

3-2 Point de vue de Jean-Louis Turlin : Le compromis de Bush entre Bagdad et Kaboul.

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Désespérée de ne pas réussir à enrôler suffisamment de volontaires pour la guerre en Irak, la US Army a donné l'ordre aux recruteurs de ne plus tenir compte des réglementations nationales qui  interdisent à une personne porteuse d’un casier judiciaire de s’enrôler dans l’armée nationale.

4-2 Maître Jacques Vergès : Ils veulent réduire Tarek Aziz au silence.

 – Suite 1-

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 5-1 Analyse de L’Orient-Le Jour : En Irak, le réseau d’Oussama Ben Laden est affaibli, pas défait.

5-2 Analyse de Raymond Richa :Les manœuvres sarkoziennes dans notre région est loin d’être innocentes.

– Suite 2 -

6 Annexe

6-1 Communiqué de ReOpen911.info : 11 Septembre 2008, 7 ans après... L'âge de raison ?

–Fin-

6-2 Analyse de Khaled Bensmaïn : Les Etats-Unis : un Etat voyou Suite & Fin-



Avant propos. 20-09 En Irak la mortalité des soldats us, bien qu'en baisse, reste d'environ 0.75 morts par jour. terouga http://guerreenirak.canalblog.com/

Qu'elle est donc cette arme meurtrière secrète utilisée en Iraq? Le journaliste Bob Woodward compare ce programme clandestin au projet Manhattan. L'arme secrète pourrait-elle être un effroyable canon à radiation? Le journaliste Bob Woodward, qui s'est déjà mérité le prix Pulitzer, a révélé hier soir [le 8 septembre] à l'émission Larry King Live présentée sur CNN, que les États-Unis ont lancé un « programme meurtrier secret » en Iraq qui a considérablement réduit les attaques contre les troupes de la coalition en anéantissant les résistants. Mais de quelle arme secrète pourrait-il s'agir?
Un reportage de CNN donne le détail des révélations faites par Woodward.
Le programme – que Bob Woodward compare au projet Manhattan qui a permis de développer la bombe atomique au cours de la Deuxième Guerre mondiale - doit pour l'instant demeurer secret sinon, les « personnes seront tuées, » déclarait-il à l'émission Larry King Live sur CNN.
Les opérations top secrètes vont « un jour… être dévoilées au plus grand étonnement du public, » a déclaré Woodward.
Bien qu'on n'en dévoilera pas tous les détails, Woodward a précisé que les résistants qui en ont été la cible en connaissent dorénavant toute la puissance.
« L'ennemi connaît ce danger parce qu'ils en ont été la cible et plusieurs d'entre eux ont été tués. Ce n'est rien de nouveau pour eux, » a-t-il dit.
Pour que cette arme soit comparée à la bombe atomique, on pourrait croire qu'il puisse s'agir d'une sorte de nouvelle technologie possiblement liée à la recherche sur la bombe à neutrons et sur les armes électromagnétiques.
Dès 2002, un reportage des services de nouvelles de la société Cox intitulé « Des armes micro-ondes top secrètes sont peut-être utilisées en Irak, » prétendait que l'armée se préparait à utiliser des armes micro-ondes de grande puissance capables de diriger des rafales d'énergie électromagnétique qui désactivent complètement les appareils électroniques de l'ennemi.
Cependant, les propos de Bob Woodward concernant la capacité de cette arme secrète à anéantir en grand nombre des résistants présumés laisse croire qu'il pourrait s'agir d'un engin beaucoup plus barbare que le dispositif d'arme EMP, un dispositif qui serait utilisé principalement contre des formations de troupes armées plutôt qu'à l'encontre d'insurgés dispersés.
Il est possible que cette arme soit quelque chose de similaire à la description donnée par le fantassin Majid al-Ghazali au réalisateur de films Patrick Dillon - un effroyable appareil géant lanceur de flammes qui, plutôt que de lancer des flammes, lance des sorte « d'éclairs concentrés » ou des décharges de radiation qui provoquent presque littéralement la liquéfaction des véhicules et des gens.
Le 12 avril 2003, au cours d'une bataille dans les rues de Bagdad, Majid Al-Ghazali témoigne avoir vu des troupes américaines découvrir un curieux tank qui, « tout à coup, s'est mis à lancer un flot aveuglant de ce qui semblait être à la fois du feu et de la foudre en faisant brusquement disparaître un autobus et trois voitures. »
« En quelques secondes le bus était à moitié fondu et il avait l'air «d'un chiffon humide » a-t-il dit. Il a aussi déclaré que le bus s'est rapidement atrophié et qu'il s'est rétréci à la dimension d'une coccinelle de Volkswagen. Comme si cela n'était pas suffisamment bizarre, Maqjid al-Ghazali a décrit avoir vu de nombreux corps humain se ratatiner à la taille de nouveau-nés. Avant que le combat ne soit terminé, il estime qu'entre 500 et 600 soldats et civils avaient été « cuits » vivants par ce mystérieux dispositif monté sur un tank. »
Maqjid Al-Ghazali ajoute qu'après la bataille, les troupes américaines ont scrupuleusement caché les preuves laissées par l'arme meurtrière, mais que des signes tangibles ont survécus et il les a montrées au journaliste Patrick Dillon.
Patrick Dillon, un membre du personnel médical sur les champs de bataille du Vietnam, de la Somalie et du Kosovo, déclare: « J'ai vu tout un éventail de destruction dans ma vie, les lance-flammes, le napalm, le phosphore blanc, la thermite, etc. Je connais rien de comparable à la bombe H pour liquéfier instantanément un bus ou qui puisse instantanément griller un corps humain et le réduire à la taille d'un nourrisson. » Que Dieu ait pitié de l'humanité si cette chose est un aperçu de ce qui nous attend au 21e siècle.
Des travailleurs humanitaires de même que plusieurs autres personnes appuient les reportages concernant les nouveaux systèmes d'armement terrifiant actuellement utilisés et qui provoquent des blessures horribles et une mort douloureuse. Enfin, précisons que les victimes étiquetées comme étant de simples « terroristes » par le journaliste Bob Woodward dissimule le fait qu'un grand nombre des victimes de ces armes brutales sont sans doute d'innocentes victimes prises au beau milieu des combats.
Traduction de Dany Quirion pour Alter Info
Article original anglais :
http://www.prisonplanet.com/what-is-the-secret-killing-weapon-in-iraq.html
NDT :
Des vidéos, de langue anglaise, peuvent être visionnées à la fin de l'article original anglais. 14 Septembre danyquirion@videotron.ca

Tiré à part :

La liberté d’expression en question.

Tout système de pensée comporte, en lui-même, sa radicalité. Si la liberté d’expression a pour finalité de s’opposer à la censure, ne courre-t-on pas également le danger de voir la liberté d’expression parfois, et même souvent, sanctifier la liberté d’agression, celle-ci devenant une nouvelle oppression aussi répréhensible que la censure. Il se pose alors la question de la calomnie, du mensonge et, donc, même de la violence dans l’expression libérée.
Qu’est-ce que l’expression ? Une forme, un fond et, au-delà de ces deux points qui sont perceptibles à chacun, la motivation de l’expression qui, elle, dépend de la conscience et/ou d’une stratégie cachée de celui qui s’exprime.
Si la liberté d’expression, s’instituant comme un droit fondamental de la personne humaine, devient effectivement une forme d’agression de l’autre, respecte-t-elle ce droit fondamental ou consacre-t-elle à nouveau le rapport de force dans la relation du plus fort au plus faible ? L’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) déclare :
"Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit".
Certes, mais c’est oublier que cet article, comme tous les autres, est soumis à la condition qu’exprime le premier article : Article premier : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité". L’expression "doivent agir" a bien le sens d’une obligation et cette obligation conditionne donc les autres articles. La liberté d’expression (ou d’opinion) consacre le principe de réciprocité. Si elle doit être un outil permettant l’agression, alors la censure, également, retrouve sa pleine justification, car il faut bien comprendre que le rapport de force ne s’arrête pas à l’expression orale ou écrite, mais peut également envisager n’importe quel autre moyen d’expression de la violence. La liberté des uns s’arrête à la liberté des autres, conformément au principe de réciprocité. Reste l’expression elle-même et ce qu’elle a à exprimer. Toute expression doit être libre, mais chacun comprendra que, si elle ne présente pas l’ambition d’au moins la validité, l’expression même est vidée de son sens et ne représente plus au mieux qu’un cri dans le vide. Alors chacun s’interrogera sur ce qu’il a à dire et si cela vaut la peine de le dire. Le contenu d’un message dans un forum devrait suffire à lui-même. Il ne devrait même pas être signé d’un nom ou d’un pseudo, car un message est une production intellectuelle qui a sa vie propre. C’est l’effet d’une cause (l’auteur) dont l’objet n’est pas la cause. Tout au plus peut-on penser qu’il s’agit d’une tentative de communication, mais alors c’est la relation qui devient l’objet du message et non plus le contenu du message lui-même. Mon propos n’est pas de censurer l’expression, mais de la libérer de ce qui la parasite : la motivation qui s’exprime au-delà de la forme, mais surtout du fond.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  Marc

1-1  3 Vidéos de Denis Gordeau.

1 http://fr.youtube.com/watch?v=V-S4uy6Bjd8

2 http://fr.youtube.com/watch?v=d6O8j3qIzRc

3 http://fr.youtube.com/watch?v=BbAPuzqXU9Y&feature=related

2 Les Brèves Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information Marc

2-1  9000 mercenaires ougandais en Irak. L'Ouganda devrait envoyer plus de 1 000 "gardes de sécurité" (mercenaires) supplémentaires en Irak, portant à 9 000 le nombre total d'ougandais dans le pays, ont  rapporté mercredi les médias locaux.  Ces "gardes" ont été recrutés par Dreshak Security Solutions, l'une des quatre entreprises accréditées pour engager des  Ougandais comme gardes en Irak. Aux dires d'un responsable de Dreshak, Zain-Ul-Arfin Ahmed, avec ce renfort, le nombre de leurs "gardes" en Irak passera de 4 000 à  environ 5 500 Depuis le début de leurs opérations en 2005, les "gardes" ont  apporté 30 millions de dollars au pays. Une partie des gardes en  ont profité pour effectuer des placements dans la propriété  foncière ou investir dans les petites et moyennes entreprises  (PME), a fait savoir M. Ahmed. Pourtant, les salaires des gardes ont considérablement baissé, passant de 1 200 dollars par mois à 600 dollars, en raison d'une concurrence accrue sur ce "marché". Pour plus de détails sur le business de la guerre en Irak lire "la stratégie du choc" de N. Klein Source : Agence de presse Chine Nouvelle http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-09/11/content_716999.htm


2-2 Seize soldats US se suicident en Irak. Seize soldats américains de la 57e Unité de l’US Airborne se sont suicidés le week-end dernier dans une base militaire en Irak, à indiqué l’agence Fars News cet après-midi.  « Les corps des soldats ont tellement été transormé par le poison qu’ils ressemblaient à des momies vieille de 5000 ans » Les sources de sécurité irakienne ont indiqué que 21 soldats avaient tentés de mettre fin à leur jour, que seize d’entre-eux étaient décédés, et cinq autres dans un état critique. Ces mêmes sources ont précisés qu’ils avaient utilisé un poison très puissant, sans toutefois préciser les motifs de leur acte. Toujours selon la sécurité irakienne, les 21 soldats ont été immédiatement traités dans un hôpital mais seulement cinq d’entre-euxs auraient survécu et seraient ecnore aujourd’hui dans un état critique. Selon Ali al-Baghdadi, un Irakien responsable de la sécurité, la 57e Unité de l’US Airborne est tristement connue pour avoir commis des massacres sur des civils irakiens dans le nord du pays, principalement des femmes et des enfants. Ces soldats auraient d’ailleurs du être entendu prochainement dans le cadre d’une enquête sur leur exaction, ce qui laisserait à penser, selon plusieurs observateurs, qu’ils aient en réalité été liquidés. Les suicides des soldats ont eu lieu dans le dortoir après, le dîner. « Les corps des soldats ont tellement été transormé par le poison qu’ils ressemblaient à des momies vieille de 5000 ans »», a déclaré un témoin. Selon les estimations de responsables iraquiens, quelque 600 soldats américains, y compris des officiers supérieurs, se sont suicidé en Irak depuis l’invasion du pays en 2003. La moitié des tentatives de suicide ont été couronnés de succès. Mecanopolis Publié 12 septembre 2008 Complément d’informations sur Al-Jazeera Magazine et Al-Mourabitoune    sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation
2-3 Huit membres d’une même famille tués dans un nouveau raid US.
"Vers 02H00 vendredi (23H00 GMT jeudi), la maison a été encerclée par les forces américains puis, peu de temps après, bombardée par des hélicoptères américains", a déclaré à l’AFP un témoin, Abdel Karim Khalil Ibrahim, cousin de la famille visée par le raid, qui habite à 50 mètres de là.
"Huit personnes de la même famille, cinq hommes et trois femmes, ont été tuées par un bombardement aérien américain visant leur maison" avant l’aube dans le village d’Al-Dour près de Tikrit, à 180 km au nord de Bagdad, a déclaré le lieutenant Firas al-Douri. Un enfant a également été blessé.Selon les proches de la famille sur place, les huit civils tués étaient cinq hommes de moins de 40 ans, dont un policier, et trois femmes, âgées respectivement de 58, 35 et 20 ans
Sur place, de nombreux témoins et policiers ont raconté les mêmes faits. A l’hôpital de Tikrit, le docteur Imad Al-Joubouri a confirmé à l’AFP avoir reçu huit corps dont les blessures sont "comparables à celles que l’on observe habituellement chez les victimes de bombardements aériens".
Al-Dour est le village où s’était réfugié l’ancien président irakien Saddam Hussein et où il a été capturé le 13 décembre 2003 par l’armée américaine. La région de Tikrit, est l’un des foyers de l’insurrection anti-américaine..
La maison bombardée, située près du Tigre, était habitée par Hassan Ali Hassan, un Irakien arrivé il y a trois ans de Bagdad pour fuir les violences interconfessionnelles, ont-ils précisé.
Selon des témoins, les Américains ne s’étaient pas rendus sur place pour visiter la maison ou interroger ses occupants, avant le raid.
Vendredi matin, la maison de 250 mètres carrés était entièrement détruite, tout comme trois véhicules qui étaient garés à côté, et ses débris éparpillés tout autour, a constaté sur place un correspondant de l’AFP.
La violence en Irak, y compris celle imputable à la Force multinationale dirigée par les Etats-Unis et aux groupes paramilitaires, a provoqué la mort d’environ 95.000 civils depuis l’invasion américaine, selon le site internet indépendant "Iraqi Body Count".
En janvier dernier, le gouvernement irakien et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont publié des estimations de
tué lors de bombardements aériens de la coalition, allant de 104.000 à 223.000 morts depuis mars 2003.
Le commandement américain fait état de l’ouverture d’enquêtes après des opérations ou incidents entraînant la mort de civils irakiens, mais les résultats de ces enquêtes sont très rarement rendus publics. Le communiqué des occupants raconte dans les détails l'encerclement d'une maison habitée par un présumé terroriste. C'est le soutien aérien à cette opération terrestre qui a coûté la vie à 8 civils : des femmes et des enfants d'une même famille non lié au suspect, par ailleurs été abattu. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre ces victimes innocentes.                       Source : AFP   20-09 terouga http://guerreenirak.canalblog.com/

2-4 Un soldat a été condamné, jeudi, par une cour martiale US à sept mois de prison. (Un juge avait requis 40 ans de réclusion) Signalons qu’un soldat américain de 23 ans a été condamné, jeudi, par une cour martiale américaine en Allemagne à sept mois de prison pour son rôle dans l’assassinat de quatre détenus en Irak l’an dernier. Un juge avait requis 40 ans de réclusion. Le New York Times, s’appuyant sur la déposition de deux des trois accusés, précisait fin août que les victimes avaient été tuées par balles, alors qu’elles étaient menottées et portaient un bandeau sur les yeux. Par ailleurs, la Maison-Blanche a indiqué, jeudi, que les négociations avec le gouvernement irakien sur les termes de la présence à long terme de l’armée américaine se poursuivaient, mais s’est abstenue de tout autre commentaire.

2-5 Al Maliki, : « sérieux et dangereux obstacles » empêchent toujours la signature d’un accord. Le Premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, a déclaré, mercredi soir, que de « sérieux et dangereux obstacles » empêchaient toujours la signature d’un accord et a exhorté les Américains de répondre rapidement aux demandes irakiennes. « Nous allons continuer à discuter avec les Irakiens », a dit un porte-parole de la Maison-Blanche , Gordon Johndroe. Mais il s’est gardé d’en dire plus, refusant de « mener les négociations par voie de presse ». Baghdad et Washington ont jusqu’au 31 décembre pour s’entendre sur les conditions de la présence américaine. C’est à cette date qu’expire le mandat des Nations unies sous lequel opère la force multinationale et le gouvernement irakien a demandé qu’il ne soit pas renouvelé.


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n°392 - Les Dossiers d'Irak - 20-09 –Suite 1- : Petraeus laisse derrière lui l'Irak.

n°392 - Les Dossiers d'Irak - 20-09 –Suite 1- : Petraeus laisse derrière lui l'Irak.


Les Dossiers d'Irak                –Suite 1-

N° 392             20/09/08 

Par M.Lemaire               



Sommaire :                                             –Suite 1-

3 Dossier & Point de vue  

3-1 Point de vue de  Dean Yates : Petraeus laisse derrière lui l’Irak.  

3-2 Point de vue de Jean-Louis Turlin : Le compromis de Bush entre Bagdad et Kaboul.

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Désespérée de ne pas réussir à enrôler suffisamment de volontaires pour la guerre en Irak, la US Army a donné l'ordre aux recruteurs de ne plus tenir compte des réglementations nationales qui  interdisent à une personne porteuse d’un casier judiciaire de s’enrôler dans l’armée nationale.

4-2 Maître Jacques Vergès : Ils veulent réduire Tarek Aziz au silence.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Analyse de L’Orient-Le Jour : En Irak, le réseau d’Oussama Ben Laden est affaibli, pas défait.

5-2 Analyse de Raymond Richa :Les manœuvres sarkoziennes dans notre région est loin d’être innocentes.


3 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  3-1 Point de vue de  Dean Yates : Petraeus laisse derrière lui l’Irak. Le général David Petraeus quittera ce mardi le commandement des troupes américaines en Irak en laissant derrière lui une situation bien différente de celle qu'il a trouvée à son arrivée, en février 2007. Appuyé par l'envoi de 30.000 soldats en renfort, Petraeus a mis en oeuvre une nouvelle stratégie. Le général restera très impliqué dans l'évolution de l'Irak puisqu'il prendra le mois prochain les fonctions de chef du Commandement central (Centcom) qui supervise l'ensemble des opérations militaires américaines au Moyen-Orient, jusqu'à l'Afghanistan et au Pakistan. Agé de 55 ans, Petraeus a commandé la 101e division aéroportée lors de l'invasion de l'Irak lancée par les USA en mars 2003 et a travaillé ensuite étroitement avec les dirigeants de Mossoul. Aucun militaire américain n'a passé plus de temps que lui en Irak. DISCOURS PRUDENT Même si certains s'interrogent sur la pérennité des progrès en matière de sécurité, et sur l'absence de progrès politiques concomitants, cette amélioration de la situation est en partie due au changement stratégique impulsé par Petraeus. En prenant le commandement des troupes américaines, l'officier a décidé de les sortir de leurs grandes bases fortifiées pour les intégrer aux quartiers de Bagdad. Des avant-postes regroupant forces irakiennes et américaines ont été installés dans la capitale et des vastes opérations ont été menées parallèlement contre les insurgés. Dans sa première phase, cette stratégie a provoqué de lourdes pertes. Le trimestre d'avril à juin 2007, avec plus de 330 soldats tués en Irak, est le plus meurtrier de la guerre pour l'armée américaine. Mais les pertes ont rapidement diminué avec l'achèvement du déploiement des renforts, la constitution de milices supplétives et la trêve déclarée par Moktada al Sadr. A Washington, devant le Congrès il a toujours tenu un discours très prudent sur l'évolution du conflit. Encore aujourd'hui, il répète qu'il n'y aura pas de "danse de la victoire" en Irak. A l'aise face aux médias, docteur en relations internationales à l'Université de Princeton, ce général jouit d'une notoriété et d'une popularité forte, constate Richard Kohn, historien militaire à l'Université de Caroline du Nord. Il avertit cependant que cela pourrait changer si la situation en Irak se délitait ou s'il ne réussissait pas dans sa prochaine mission. Petraeus sera confronté à des défis encore plus importants, comme la guerre en Afghanistan ou l'insurrection au Pakistan, quand il prendra les fonctions de chef du Central Command, qui couvre aussi l'Afrique de l'Est et l'Asie centrale. "Il aura une situation bien plus complexe entre les mains", souligne Kohn. Reuters Version française Jean-Stéphane Brosse


3-2 Point de vue de Jean-Louis Turlin : Le compromis de Bush entre Bagdad et Kaboul.

Le président américain a annoncé mardi le retrait de 8 000 soldats d'Irak au profit de renforts en Afghanistan.

Entre la désescalade des effectifs en Irak et le maintien des 146 000 soldats actuellement sur le terrain pour consolider la stabilisation du pays, George W. Bush a choisi la voie moyenne. En annonçant sa décision mardi devant l'Université de la défense nationale, le président américain a consacré une bonne partie de son discours à un autre pays en grand mal de stabilisation, l'Afghanistan, où son commandement militaire a demandé le renfort de trois brigades de combat, soit entre 10 500 et 12 000 hommes de plus. Mais il n'est pas question de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Le général David Petraeus, qui va laisser ce mois-ci le commandement des opérations en Irak à son successeur, le général Raymond Odierno, avait souhaité garder les troupes à leur niveau actuel jusqu'à l'été prochain. En limitant le retrait par paliers à 8 000 hommes d'ici à février 2009, la Maison-Blanche peut symboliquement faire valoir les récents succès en Irak (23 pertes de vies américaines seulement en août, soit l'un des bilans les plus bas depuis l'invasion) sans les compromettre, tout en facilitant de nouveaux déploiements en Afghanistan. Dans le détail, un bataillon de marines (1 000 hommes) quittera la province d'Anbar en novembre sans être remplacé et une brigade de l'armée de terre (entre 3 500 et 4 000 membres) l'imitera en février prochain. En complément du retrait de ces unités de combat, 3 400 personnels affectés à l'appui logistique seront rapatriés au cours des prochains mois. Enfin, le président a confirmé mardi que les périodes de détachement en Irak seront ramenées de quinze à douze mois.

Rassurer Hamid Karzaï

Le bataillon de marines, qui devait prendre la relève de l'unité rapatriée, ira à Kaboul au lieu d'Anbar. Il en sera de même pour la brigade de l'armée de terre qui sera déployée en janvier en Afghanistan. En tout, les renforts dans ce pays n'atteindront que la moitié des effectifs demandés par les militaires mais politiquement, ils contribueront à rassurer le président Karzaï, secoué par la montée de la violence et la bavure américaine du 22 août dernier, où 90 civils auraient été tués lors de bombardements. Fidèle à ses promesses de ne rien lâcher en Irak, George W. Bush laissera en janvier prochain à son successeur un niveau d'effectifs supérieur à ce qu'il était avant les 30 000 hommes appelés en renfort en janvier 2007. Sa décision de mardi ne changera pas le débat électoral : Barack Obama s'est engagé à un retrait total des troupes en Irak sur seize mois, et John McCain se fiera aux recommandations de ses chefs militaires. Jean-Louis Turlin, correspondant à New York 09/09/2008 http://www.lefigaro.fr/international/2008/09/10/01003-20080910ARTFIG00045-le-compromis-de-bush-entre-bagdad-et-kaboul-.php


4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

  4-1 Désespérée de ne pas réussir à enrôler suffisamment de volontaires pour la guerre en Irak, la US Army a donné l'ordre aux recruteurs de ne plus tenir compte des réglementations nationales qui  interdisent à une personne porteuse d’un casier judiciaire de s’enröler dans l’armée nationale. Des gangs urbains dans l'armée us en Irak Désespérée de ne pas réussir à enrôler suffisamment de volontaires pour la guerre en Irak, la US Army a secrètement donné l'ordre aux recruteurs de ne plus tenir compte des réglementations nationales qui  interdisent à une personne porteuse d’un casier judiciaire de s’enroler dans l’armée nationale. Aujourd’hui, parmi les troupes US en Irak, en Afghanistan et en Afrique, il n’est pas rare de croiser des membres tatoués des célèbres gangs criminels des Crips, Bloods, Latin Kings, ainsi que des groupes néo-nazis blancs, tous portant fièrement leurs insignes de bande. Pour les sous-officiers, les nouveaux soldats de cette “armée issue de l’ombre” représentent un défi énorme. La plupart des analystes du Pentagone y voit  “une fausse bonne idée qui ouvre la porte à une catastrophe en termes d’image de marque et de stratégie militaire”. Un des conseillers militaires de la Maison Blanche va même jusqu’à parler “d’un potentiel de centaines de My Lai”, du nom du hameau vietnamien où des soldats US massacrèrent froidement 300 femmes, enfants et vieillards en mars 1968. “C’est de la folie pure, ces gars sont ultra-violents, ils viennent d’un milieu sans discipline, sans règles autres que celles de leur gang, ne vivent que de traffics et de meurtres… et là on va les lacher parmi une population sans défense, leur filer des armes de guerre et leur dire ‘Allez-y, fouillez, interrogez, traquez les terroristes’. C’est comme si tu lachais des pittbull dans un magasin de saucisses ! Combien de meurtres ou viols barbares faudra-t’il attendre pour que le Pentagone réalise qu’il a fait une erreur ?” Les gangs sont actifs au sein même de l’armée, tenant des réunions et des rites d’adhésion des nouveaux membres dans les casernes et bases militaires. En juillet 2005, sur la base militaire de Kaiserslautern, le Sergeant Juwan Johnson, 25 ans, marié, vétéran décoré de l’invasion irakienne, a ainsi subi le brutal rite d’initiation du gang des Gangster Disciples. Butalement tabassé “pour éprouver son courage”, il est mort dans son lit de plusieurs hémoragies internes. famille de Juwan Johnson Son copain, le Lieutenant Bobby Morrissette, a expliqué aux juges que Johnson voulait devenir membres des Gangster Disciples, un gang brutal issu de la région de Chicago, fort de plus de 100 000 membres et impliqué dans des milliers d’affaires de meurtre, racket, fraude et drogue, car “les Disciples sont le gang le plus fort dans l’Armée, ils vous protègent et vous permettent de profiter d’avantages dans les casernes. Les officiers savent que nous en faisons partie et nous respectent… c’est comme quand on est en prison. Si on ne fait pas partie d’un gang, on est pire que de la merde.” Posté par terouga à Source : http://libertesinternets.wordpress.com/2007/06/11/gangs-of-iraq-faute-de-volontaires-la-us-army-enrole-des-miliers-de-membres-de-gangs-urbains/

4-2 Maître Jacques Vergès : Ils veulent réduire Tarek Aziz au silence. Si les juges le condamnaient à mort, ils auraient à en répondre un jour ou l’autre, et là, en l’absence de loi intermédiaire, ils encourront la peine de mort… Depuis le 29 Avril, Tarek Aziz est censé être jugé. Personne n’a eu de nouvelles de lui. Il est sans avocat. Son avocat irakien Maître Badie a été expulsé de son propre pays. Les demandes que j’ai faites auprès de l’ambassade d’Irak pour avoir un visa et auprès de l’ambassade américaine pour être autorisé à voir mon client sont restées sans réponse. C’est un huis clos complet. Il ne faut pas que la voix de Tarek Aziz en effet soit entendue. Ministre des affaires étrangères du
Président Saddam Hussein, il a rencontré tous les chefs d’Etat d’Occident qui ont armé l’Irak au temps où ils pensaient trouver en lui un allié docile.
Tarek Aziz connaît trop de secrets compromettants. Il faut le faire taire définitivement mais, avant de le pendre et le faire taire à jamais, le Tribunal est là pour le condamner déjà au silence. Il faut que sa voix, tant qu’il est encore vivant, soit étouffée. Pour le pendre, les occupants et leurs valets ne peuvent invoquer son activité de ministre qui les met en cause. Alors ils le rendent, lui ministre des affaires étrangères, responsable de la condamnation à mort de trafiquants de marché noir par des tribunaux dont il ne faisait pas partie. Tout cela se fait dans la plus grande illégalité. Nos défenseurs brevetés des droits de l’Homme se taisent et pourtant, comme me l’écrivait M. Gourdault-Montagne au nom de M. Chirac que j’avais saisi en son temps des conditions de détention de M. Tarek Aziz : « S’agissant des garanties judiciaires auxquelles peut prétendre M. Tarek Aziz, je relève que l’Irak est partie au Pacte des Nations Unies de 1966 sur les droits civils et politiques qui reconnaît à toute personne le bénéfice de garanties judiciaires procédurales. Les autorités irakiennes ont, certes, le droit d’adopter des mesures qui dérogeraient aux obligations qu’impose cet instrument mais seulement en cas de danger public exceptionnel menaçant l’existence de la Nation et sous réserve de l’accomplissement de certaines formalités d’information des autres parties au Pacte, par l’intermédiaire du Secrétaire Général des Nations Unies. Or, à ce jour, les autorités iraquiennes n’ont pas signalé aux autres Etats parties l’adoption de mesures dérogatoires. M. Tarek Aziz bénéficie donc, dans ses relations avec les autorités iraquiennes, de la protection que lui offre le Pacte des Nations Unies de 1966 précité. » Ce procès sans avocat se déroule donc en violation du Pacte des Nations Unies sur les droits civils et politiques. Le tribunal qui « juge » Tarek Aziz est le même qui a condamné à mort Saddam Hussein, sans qu’aucune voix ne s’élève contre l’illégalité de cette décision. En effet, si la peine de mort existait dans le code irakien au moment de la commission des faits reprochés à Saddam Hussein comme à Tarek Aziz, elle a été suspendue par le décret n°1 du 9 Juin 2003 par l’Autorité provisoire de la Coalition. « La peine de mort est suspendue. Chaque fois que la peine de mort est la seule peine applicable à l’infraction, le tribunal peut y substituer la peine plus douce de la prison à vie, ou toute autre peine plus douce prévue par le Code Pénal. » Le gouvernement Irakien a rétabli la peine de mort le 8 Août 2004. Or l’article 2 du Code pénal irakien pose le principe commun à tous les Etats de droit de l’application de la loi pénale plus douce (lex mitior), ce qui signifie que si la loi a changé plusieurs fois depuis la commission d’une infraction, on doit appliquer la loi la plus favorable et pas seulement la dernière en date. La loi intermédiaire interdisait au tribunal de condamner Saddam Hussein à la peine de mort. Ils peuvent invoquer pour excuser leur ignorance du droit que l’argument n’a pas été soulevé par les avocats irakiens, français et américains de Saddam Hussein. Ils ne pourront invoquer ces circonstances atténuantes en ce qui concerne Tarek Aziz car ils savent désormais que si nonobstant cette mise en garde, ils le condamnaient à mort, ils auraient à en répondre un jour ou l’autre, et là, en l’absence de loi intermédiaire, ils encourront la peine de mort. Samedi, 13 septembre 2008 Maître Jacques Vergès   http://www.geostrategie.com/1044/ils-veulent-reduire-tarek-aziz-au-silence http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BDBG&langue=1&id=25945

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 5-1 Analyse de L’Orient-Le Jour : En Irak, le réseau d’Oussama Ben Laden est affaibli, pas défait.
La stratégie de contre-insurrection de l’armée américaine et de ses alliés des forces irakiennes a considérablement affaibli la capacité d’action de la branche locale d’el-Qaëda, sans pour autant anéantir le réseau.
Avant mars 2003, l’Irak n’était pas un pré carré des émules d’Oussama Ben Laden.
Mais l’invasion américaine, menée au nom de la guerre contre le « terrorisme » après les attentats du 11-Septembre, a changé la donne. Pointée du doigt pour sa responsabilité dans l’éruption des violences entre sunnites et chiites, el-Qaëda conserve aujourd’hui une capacité d’action, notamment par les attentats-suicide. « El-Qaëda a toujours la capacité de perpétrer des attaques de grande envergure contre la population », estimait récemment le général Lloyd Austin, numéro 2 des forces américaines en Irak. « Les ceintures d’explosifs (pour les kamikazes), une marque de fabrique d’el-Qaëda, représentent 3
% du nombre total des attaques, mais elles représentent 65 % des victimes », précisait-il.
L’organisation islamiste, fondée à Peshawar il y a plus de 20 ans, semble toutefois mal en point aujourd’hui en Irak après une série d’offensives américano-irakiennes dans les provinces sunnites et les villes où les insurgés ont longtemps régné en maîtres.
Ces opérations « ont retiré une grande partie de la liberté de manœuvre (des membres d’el-Qaëda), les ont sortis de leur refuge, ont coupé leurs circuits de financement », juge le général David Perkins, un porte-parole de l’armée américaine en Irak.
La stratégie américano-irakienne, axée notamment sur le ralliement des milices sunnites autrefois rebelles, a permis de nettoyer en grande partie les provinces d’al-Anbar (Ouest) et de Diyala (au nord-est de Bagdad), deux bastions de l’insurrection.
Pour le chef de la police de la province de Diyala, le général Abdel Karim Khalaf, ces offensives ont ainsi permis de débarrasser l’Irak des combattants étrangers œuvrant dans les groupes d’insurgés, telle el-Qaëda. Des revers qui, selon l’armée américaine, auraient conduit le réseau à délaisser quelque peu l’Irak pour envoyer des recrues d’Irak en Afghanistan, où elles ont contribué aux récents « succès » de la rébellion. Selon des sources au sein de l’armée américaine, des combattants continueraient cependant d’entrer en Irak par la frontière syrienne.
Après l’invasion de 2003, el-Qaëda avait pourtant été bien accueillie par les Irakiens sunnites opposés aux Américains et à la majorité chiite.
L’afflux de combattants étrangers, venus de Syrie, d’Arabie saoudite, de Jordanie et d’Égypte, avait permis de financer et structurer l’insurrection dans la province d’al-Anbar, notamment à Falloujah, à un niveau quasi militaire.
Dans les années qui ont suivi, el-Qaëda et les résistants pro-Saddam y ont fait régner leur loi, opposant une lutte farouche aux marines américains : un tiers des plus de 4 000 soldats américains tués en Irak sont morts dans cette province désertique de l’ouest irakien.
Mais à al-Anbar, les Sahwas, ex-résistants sunnites, se sont ralliés, moyennant finance, à leur ancien ennemi US. Ce retournement ainsi que l’envoi de 30 000 soldats américains supplémentaires en Irak début 2007
ont largement fait baisser le niveau des violences, au point que la semaine dernière, les Américains ont passé le relais à l’armée irakienne pour le contrôle d’al-Anbar. « Aujourd’hui, al-Anbar n’est plus livrée à el-Qaëda, c’est el-Qaëda qui a perdu al-Anbar », s’est réjoui le président américain George W. Bush, qui devait faire connaître mardi sa décision sur l’évolution des effectifs US en Irak.
Le réseau conserve toutefois quelques bastions, notamment dans le Nord, ainsi que dans la province de Ninive et sa capitale Mossoul, où des combattants d’el-Qaëda, comme d’autres insurgés, se sont regroupés.
11 septembre 2008. L’Orient-Le Jour Le quotidien libanais d'expression française

SARKOZY DANGER...

5-2 Analyse de Raymond Richa :Les manœuvres sarkoziennes dans notre région est loin d’être innocentes.
Les manœuvres sarkoziennes dans notre région est loin d’être innocentes et s’inscrivent pleinement dans la stratégie américano-sioniste qui consiste in fine à briser définitivement l’esprit résistant de nos peuples respectifs.
Pendant que les dirigeants américains attisent et approfondissent les divisions et querelles sans fin entre les différentes factions palestiniennes, querelles et conflits permettant ainsi à l’entité sioniste non seulement de perdurer son occupation mais aussi de l’accentuer en poursuivant son programme de colonisation, l’autre manœuvre qui lui est complémentaire, mais cette fois-ci purement sarkozienne, tente de mettre en place un axe syro-libanais dont la principale mission est de briser définitivement la solidarité du Peuple Iranien avec nos résistances respectives.
Ce nouvel axe aurait également une deuxième mission qui consiste à isoler définitivement l’Iran, cet isolement étant le prélude à une attaque, voire même à une invasion et une main mise de l’Occident sur ses richesses énergétiques.
La logique sarkozienne s’inscrit pleinement dans cette grande stratégie américano-sioniste qui consiste finalement à concrétiser un axe plus large : une ligne qui démarre en Egypte et qui aboutit en Syrie en englobant sur son passage l’Iraq, l’Iran et la Jordanie.
Cett
e ligne là sera ainsi la frontière de ce
Nouveau Moyen Orient tant souhaité par les faucons américano-sionistes, en quelque sorte un N.M.O. dont toutes les richesses, toutes sans exception, seront pillées et mises à disposition de l’entité sioniste et de l’Occident, sans évidemment oublier cette formidable réserve de mains d’œuvre gratuite pour eux.
Cependant, pour en arriver là, des préalables leur sont indispensables :
1- Attiser les conflits entre les factions palestiniennes pour finalement les affaiblir en vue d’une liquidation définitive de la Résistance Palestinienne et de l’abandon de toute idée d’une Palestine Libre et Démocratique pour tous
2- Soutenir les forces intérieures libanaises qui leur sont alliées, en attisant les conflits de toutes les sauces, par tous les moyens, notamment par cette formidable logique qu’est le Confessionnalisme Politique, logique mise en place par le mandat français et qui, malheureusement prévaut encore, empêche l’émergence de l’Identité Libanaise et la Citoyenneté Libanaise et provoque les conflits cycliques tels que les guerres civiles ; par ces manœuvres, ils pourront ainsi affaiblir les forces alliées à la Résistance , briser définitivement l’unité du Peuple autour de sa Résistance et liquider définitivement cette dernière, de préférence en utilisant l’Armée

3- Sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, ils devront également liquider la Résistance Iraquienne déjà affaiblie par les séries d’attentats perpétrés par la terreur contre son unique ressource humaine : le Peuple

4- Enfin, appuyés par leurs expériences acquises dans leur lutte contre les mouvements de libération en Amérique Latine et ailleurs, ils devront provoquer les conflits internes en Iran, en vue de briser l’unité de son peuple, préalablement à l’assaut final

Si Sarkozy et son Kouchner qui s’acharne en ce moment pour un rapprochement syro-libanais sont étrangers et non concernés par cette stratégie globale, dites-moi alors en quoi consiste concrètement leur politique moyen orientale ?
Comment explique-vous les derniers propos agressifs de Sarkozy contre l’Iran pendant que son ministre est en tournée dans notre région, en quête d’un axe syro-libanais ?
Comment expliquez-vous les atteintes à la liberté d’expression en France, perpétrées par la machine sarkozienne, contre toute expression courageuse face au Sionisme et allant jusqu’à licencier un citoyen pour avoir interviewé le Président Syrien ?
Comment expliquez-vous le soutien sans réserve et réitéré de Sarkozy au mouvement sioniste et à l’entité sioniste en Palestine Occupé ?
Comment expliquez-vous la bouche cousue de Sarkozy pendant que l'entité sioniste accentue en ce moment ses manoeuvres d'agression contre le Liban, défiant ainsi la communauté internationale et sa chère résolution dite "1701" ? 29 Août 2008
Raymond RICHA
 



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n°392 - Les Dossiers d'Irak - 20-09 –Suite 2- : Petraeus laisse derrière lui l'Irak.

n°392 - Les Dossiers d'Irak - 20-09 –Suite 2- : Petraeus laisse derrière lui l'Irak.


Les Dossiers d'Irak                –Suite 2-

N° 392             20/09/08 

Par M.Lemaire               



Sommaire :                                             –Suite 2-

6 Annexe

6-1 Communiqué de ReOpen911.info : 11 Septembre 2008, 7 ans après... L'âge de raison ?

6-2 Analyse de Khaled Bensmaïn : Les Etats-Unis : un Etat voyou.( Début)



Annexe 6-1 Communiqué de ReOpen911.info : 11 Septembre 2008, 7 ans après... L'âge de raison ? 5 septembre 2008 La tragédie du 11 septembre 2001 est encore très présente dans nos mémoires façonnées par des images-choc surmédiatisées qui n’ont fait l’objet d’aucune analyse objective ni contre-enquête sérieuse et indépendante. L’énorme émotion suscitée par cette catastrophe a été canalisée pour appuyer, depuis 7 ans déjà, la manichéenne rhétorique de la "guerre contre le terrorisme", sur fond de "guerre des civilisations". Cette tragédie a ainsi été utilisée pour justifier la plupart des décisions de politique étrangère des nations occidentales : - Déclenchement des guerres en Afghanistan et en Irak : relance de l’utilisation de l’OTAN en Afghanistan où la France est toujours tragiquement présente, et mise en place d’une coalition dite internationale en Irak menée par les USA où l’on ignore tout jusqu’au nombre de victimes civiles.
- Augmentation drastique des budgets militaires aux Etats-Unis, et modelage de nos armées et de nos services de renseignement sur le modèle américain, entrainant en France un rapprochement dangereux entre renseignement civil et armée.
- Remise en cause des libertés individuelles aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays, avec par exemple les PATRIOT Acts, les accords entre l’Union Européenne et les Etats-Unis pour le transfert des données confidentielles des passagers aériens, les vols secrets et les prisons secrètes de la CIA en Europe, ou encore les fichiers Edvige et CRISTINA en France.
La tragédie du 11 septembre 2001 constitue l’événement fondateur et la pierre angulaire de cette dérive ultra sécuritaire, celle qui conditionne les relations internationales de ce début de siècle: à travers ce choc planétaire, nous sommes entrés dans une nouvelle ère de tensions et de chaos dont nous dénonçons les prémices et donc les effets. C’est pourquoi au sein de l’association ReOpen911, nous considérons qu’il est nécessaire de revenir sur cet événement fondateur, dans une démarche citoyenne fondamentalement pacifiste et démocratique. En cela, nous nous inscrivons pleinement dans le cadre du « mouvement international pour la vérité sur le 11 Septembre » (voir le film 9/11 Press For Truth) initié par des familles américaines de victimes qui, après tant d’années, poursuivent toujours leur quête de justice au delà des conclusions des enquêtes officielles en recueillant notamment des témoignages remettant en cause la version officielle. La fable de ben Laden et d’al Qaïda racontée par l’administration Bush est, en quelque sorte, du "storytelling" à rebondissements sans fin, reprise sans aucune critique par les médias de masse, et de plus en plus remise en cause, comme l’est aussi l’histoire jalonnée de disparitions opportunes des attaques à l’anthrax.
En effet, depuis plusieurs années, aux côtés de ces familles de victimes, des milliers de citoyens à travers le monde, principalement aux Etats-Unis et en Europe, ont en effet consacré un temps et une énergie considérables à faire ce travail que le quatrième pouvoir, un des fondements de nos sociétés démocratiques, n’a pas su, pu ou voulu faire.
Des dizaines de films documentaires et de livres, des centaines d’articles spécialisés traduits en différentes langues sur nombre de sites Internet ont ainsi été produits dans une logique citoyenne d’information, de réflexion et de débat. Cette année, le débat s’est ouvert dans le monde politique au sein des parlements japonais, européens et canadiens, dans le monde scientifique avec deux publications du physicien PhD Steven Jones et aussi dans les milieux professionnels des architectes et des ingénieurs, qui s’exprimeront prochainement sur les contradictions, oublis et approximations du volumineux rapport sur le WTC7 enfin publié cet été par le NIST. Reste que ce sont les citoyens qui mènent et animent ce mouvement comme l’illustre bien le résultat du travail effectué bénévolement par des dizaines de personnes sur notre site : de très nombreux films sous-titrés, des réalisations de vidéos, des recherches, des traductions, des synthèses et rédactions de documents, mais encore des débats et des réflexions communes. Nous avons aussi organisé des dizaines de projections-débats et conférences à travers la France, la Suisse et la Belgique. Les médias de masse (à de trop rares exceptions) continuent à ignorer nos questions légitimes, bien que désormais très documentées, toujours sans réponses satisfaisantes des autorités compétentes, et soulevées par des experts de tous milieux professionnels aussi reconnus que ceux choisis par l’administration américaine. C’est pourquoi, en France, le pays des droits de l’homme, de l’indépendance de la pensée et de la liberté de parole, nous continuerons plus que jamais à contribuer à la réouverture de ce dossier et au dialogue avec nos médias, nos parlementaires, nos élus et les citoyens français. Dans cette logique, nous organisons une série d’événements commémorant le septième anniversaire de cette tragédie comme par exemple :
- La deuxième manifestation pour la vérité sur le 11-Septembre qui aura lieu à Bruxelles ce 7 septembre.
- La projection en avant-première du film événement du député européen Giulietto Chiesa "Zéro -  Enquête sur le 11-Septembre" à Paris le samedi 13 septembre à 20h00 au Grand Action Ecole.
- Des rassemblements pacifistes et des projections-débats un peu partout en France (Agenda de notre rentrée).
Enfin, pour en savoir plus sur les événements du 11 Septembre afin de vous faire votre propre avis, voici une sélection de documentaires que nous vous invitons à visionner :
- 9/11 Press For Truth
- Oil, Smoke and Mirrors
- 9/11 Mysteries
                          

Et à lire ce livre essentiel : Le Nouveau Pearl Harbor de David Ray Griffin 7 ans après cette tragédie, alors que les forces de la "coalition" s’embourbent en Irak et en Afghanistan et que les tensions entre les Etats-Unis et la Russie menacent la paix mondiale, il est grand temps de réouvrir enfin ce dossier Association ReOpen911
www.ReOpen911.info
Source : ReOpen911.info
http://www.reopen911.info/... http://www.palestine-solidarite.org/communique.ReOpen911.050908.htm [Traduction automatique par le système de traduction Google http://translate.google.com/translate_t# et révisée par A. A.] http://www.aporrea.org/imprime/n120143.html


6-2 Analyse de omme information Khaled Bensmaïn : Les Etats-Unis : un Etat voyou.
S’il y a bien un sujet qui mérite d’être débattu aujourd’hui, c’est, assurément, celui qui s’adresse à la conscience de tout un chacun, particulièrement quand l’humanité nous semble t-il, traverse des moments qui vont décider de son existence. Existence menacée tant sur le plan politique, économique et social que sur celui de l’environnement où la prétention du « blanc » à asservir la nature et à s’en servir sans retenue conduit petit à petit le monde à la destruction.
Il se dégage, depuis quelques années, une impression de déjà vu ou lu. L’époque «heureuse» du capitalisme triomphant, où l’humanité meurtrie était assujettie au capital, enchaînée à ses lois d’airain.
Le profit se nourrissant du sang et de la sueur des hommes, de l’esclavage des femmes et des enfants, de la paupérisation et de la misère, de l’extermination des peuples et des cultures. C’est dans les durs combats que menèrent durant des décennies ouvriers et paysans pour plus de dignité et plus de droits ainsi que dans la lutte des peuples colonisés pour leur émancipation que se laissait percevoir une humanité qui s’accomplissait en creusant dans la douleur son sillon.
Les victoires chèrement conquises par les damnés de la terre nous laissaient croire à l’irréversibilité des acquis arrachés de haute lutte.
Même après le naufrage de l’utopie communiste, il était encore permis d’espérer que le capitalisme borné par les luttes sociales et l’évolution de la pensée philosophique serait plus humain. D’ailleurs ce concept devenu désuet semblait ne plus rendre compte des réalités auxquels est parvenue l’humanité et il lui est substitué le terme «néo-libéralisme» plus propre selon ses encenseurs, à exprimer cette fin de l’histoire qui trouve son principe final dans le marché - libéré des entraves du dirigisme étatique et anobli par la transposition qu’il opère sur le plan économique, de l’idéal de liberté - la démocratie et les droits de l’homme, étapes ultimes du mouvement de l’histoire.
Il est vrai que pour un certain nombre «d’idéalistes» ou de «réalistes», c’est selon, les Etats-Unis, après la défaite du régime soviétique, apparaissaient comme la seule puissance capable d’entraîner le monde vers un mieux être.
Le triomphe de la démocratie «libérale» sur le socialisme «totalitaire», allait annoncer la «fin de l’histoire» ou celle d’une certaine histoire marquée par les conflits de leadership et le début d’une nouvelle ère où l’humanité enfin apaisée, allait profiter du savoir et de la technologie de la seule puissance digne d’être évoquée et qui, détournée un moment de sa «mission civilisatrice» par les luttes idéologiques, allait s’acquitter de son dû envers un monde qu’elle malmena souvent en s’attelant aux formidables enjeux qui se posaient à l’homme.
L’environnement, la raréfaction de l’eau, la déforestation, la famine, les maladies endémiques, l’analphabétisme, la désertification …enfin, libérer les hommes de la misère et du sous-développement, favoriser leur épanouissement et jeter les bases d’une véritable fraternité humaine. A l’évidence un monde nouveau était en gestation et il était permis d’espérer… ou de rêver.
Mais très tôt, avant que l’acte de décès de l’Union soviétique ne fût établi, l’Amérique porta la guerre aux pays les plus faibles de la planète. L’Irak et la Somalie , l’Afghanistan et encore l’Irak.
C’est d’abord l’Irak qui va avoir le triste privilège d’apprécier le haut degré de civilisation d’une nation qui prétendait servir de modèle à l’humanité : 40 jours et 40 nuits de bombardements incessants, plus de 80.000 tonnes de bombes larguées sans discrimination sur tout un peuple. Beaucoup plus que sur l’Allemagne durant toute la guerre.
Des milliers de soldats enterrés vivants. Même ceux qui s’étaient retirés du Koweït en arborant le drapeau blanc de la reddition ne furent pas épargnés. Ils furent lâchement bombardés et mitraillés. Des armes interdites par les conventions internationales telles que l’uranium appauvri ou les bombes à fragmentation furent utilisées. Puis le pays détruit, les Américains se retirèrent en imposant un embargo des plus inhumains à une population déjà exsangue.
Plus de 1.800.000 enfants de moins de cinq ans moururent durant cette décennie du fait de la malnutrition et de l’absence de médicaments. Cancers et mutations génétiques firent leurs apparitions, conséquences de l’utilisation de l’uranium.
Les carences alimentaires et les maladies très souvent mal soignées ont condamné toute une génération d’enfants à traîner dans leurs têtes et dans leurs corps les stigmates d’une décennie de crimes contre l’humanité, perpétrés par une Amérique prédatrice et raciste, oppressive et arrogante et couverte par le silence et l’indifférence -aussi coupables que criminels- de la communauté internationale. Voilà qu’à un rapprochement des peuples par la culture et la communauté de destins, nous eûmes droit à la négation de l’Autre et à plus de destructions et à plus d’injustices et à plus de mépris.
L’Irak, depuis la fin de la deuxième guerre du Golfe, allait vivre une décennie d’horreurs faite de privations et de morts conjugués au quotidien. Son sort dépendait du bon vouloir de quelques pays de la «coalition» qui, régulièrement se réunissaient pour reconduire un embargo qui était, en lui même, un génocide.
Le prétexte de la reconduction des sanctions était que ces pays là n’avaient pas la certitude que l’Irak s’était plié aux décisions du conseil de sécurité en matière de désarmement et ils maintiendraient l’étau sur l’Irak tant qu’ils n’en auraient pas la conviction.
Le cynisme les conduisant à exiger que se soit lui qui en apporta les preuves. Or ces dernières étaient difficiles à établir et la seule manière d’y parvenir était de montrer sa disponibilité à ouvrir tous ses sites aux inspecteurs dépêchés par l’O.N.U. Ceci va, cependant s’avérer insuffisant, car malgré l’absence de toute arme de destruction massive, les Etats-Unis se sont toujours appliqués à envoyer comme responsables de ces inspections des hommes qui, à l’instar de l’Australien Butler, émargeaient à la C.I .A et qui avaient pour instruction d’établir des rapports qui maintiendraient l’embargo.
Il a fallu que l’intérêt des sociétés pétrolières américaines (Halliburton va obtenir une dérogation spéciale pour poursuivre ses activités en Irak malgré le régime des sanctions internationales) commanda la levée partielle des sanctions, pour que la formule «pétrole contre nourriture» fut votée par la commission responsable de l’embargo.
Encore que les premiers bénéficiaires de cette mesure, furent les dirigeants américains eux-mêmes et à leur tête le vice-président Dick Cheney qui, tout en faisant la guerre à l’Irak, négociait sur ce pays de fabuleux contrats. Il est évident que la réunion des bonnes consciences européennes autour des Etats-Unis servait à les déculpabiliser et à diluer leur implication dans une responsabilité collective qui devait rendre leur déni de justice moins odieux.
Tout un peuple était donc pris en otage par une poignée de dirigeants européens dominés par une administration américaine néo-conservatrice convaincue que le monde ne pouvait tourner qu’autour des Etats-Unis et de leurs intérêts. Les attentats du 11 septembre allaient servir de prétexte pour une intervention des Etats-Unis dans la région. Encore que celle-ci, en ce qui concerne l’Irak, était dans l’agenda du président Bush dès son arrivée à la Maison Blanche (1).
Il avait engagé son ministre de la défense et son commandant des opérations le général Tommy Franks de préparer un plan d’attaque contre ce pays bien avant le 11 septembre 2001.
Ce sont les attaques contre les symboles de la puissance américaine qui vont être à l’origine du changement des priorités. Ce n’est que quelques mois avant le 11 septembre que les Etats-Unis commencent à pendre leurs distances du régime de Kaboul (en janvier 2000, la Maison Blanche débloque 114 millions de dollars pour l’Afghanistan (2).
L’aventure afghane:
Les Etats-Unis qui ont soutenu durant plusieurs années le régime des Talibans décident de leur déclarer la guerre sous le prétexte qu’ils hébergent Oussama Ben Laden, désigné avant toute enquête, comme le responsable des attaques contre le Pentagone et les deux tours de Manhattan et qu’ils refusent de le livrer à la «juste vindicte» américaine. Le Président américain, dans un regain de religiosité, manipulant le prêche et l’anathème, la Bible sur le cœur et les yeux fixés sur les puits de pétrole du Moyen et de l’Extrême-Orient appellera à «une croisade du bien contre le mal». Succédant à son père qui avait déjà parlé « d’empire du mal », lors de la deuxième guerre du Golfe, il n’eut aucune difficulté à mobiliser une Amérique bigote conditionnée par un sentiment permanent d’insécurité savamment entretenu par les médias.
Encore sous le choc des images diffusées, à dessein, en continu, le monde va emprunter avec obséquiosité le pas aux Américains. Malgré les preuves qui commencent à affluer et à dévoiler que la guerre contre l’Afghanistan et l’Irak avait été programmée par l’administration Bush bien avant le 11 septembre, aucune retenue et encore moins aucune attitude, sinon critique, du moins prudente, à l’égard de ce qui paraît déjà comme une monstrueuse manipulation, n’est ébauchée.
Les déclarations de soutien pour ne pas dire d’allégeance, à l’Amérique sont régulièrement répertoriées et les gouvernements, qui sont sommés de prendre clairement position avec le nouveau « maître du monde », se hâtent de rejoindre le « bon camp ». En effet, le menaçant «qui n’est pas avec nous, est contre nous» de Georges Bush est assez dissuasif pour laisser une quelconque place à la sagesse ou à la raison. D’autant plus que la guerre qui s’annonce sordide, dégage une forte odeur de pétrole qui risque, au moment de la curée, de pénaliser tous ceux qui ont refusé de se joindre à la meute.
L’Afghanistan, où les Américains étaient partis ramener «mort ou vif» Ben Laden, chasser les Talibans du pouvoir et installer un gouvernement acquis à la «démocratie», selon les canons américains, est l’un des pays les plus pauvres du monde, mais sa position géopolitique, le prédispose aux convoitises américaines.
Situé aux marches des pays qui se présentent en rivaux potentiels des Etats-Unis (Russie, Inde et Chine) et au cœur d’une région qui «dénombre environ 75% de la population mondiale, la plus grande partie des richesses physiques, 60% du P.N.B. mondial, les six économies les plus prospères et les six plus gros budgets de la défense" (3) et à un cas près tous possèdent l’arme nucléaire. «Leur puissance cumulée dépasse de loin celle de l’Amérique. Heureusement pour cette dernière, le continent est trop vaste pour réaliser son unité politique» (4). Surtout si les Etats-Unis veille à ce que cette unité ne se fasse pas en empêchant la réunification des deux Corée, la récupération de l’île de Taiwan par la Chine , en contrôlant les immenses richesses du bassin de la Caspienne , et en assurant une présence militaire qui constituerait une menace potentielle pour les Etats qui tenteraient de remettre en question «l’équilibre» qu’ils ont décidé.
Aux nécessités géostratégiques s’additionne la cupidité des dirigeants américains tous très liés aux milieux pétroliers. Le contrôle des ressources énergétiques de la région contribue à contrôler l’expansion économique de la Chine et à affaiblir la Russie qui reste malgré la crise qui l’a mise à genoux, une puissance potentielle, mais que les problèmes économiques ont réduit à un pays fragile et peu solvable, (de nombreuses livraisons de pétrole d’Asie centrale à la C.E .I. ne sont toujours pas payées). Pour cette raison, il importait aux Etats-Unis de s’emparer de cette manne, de contourner ce pays en transportant le pétrole et le gaz turkmène par oléoducs vers les terminaux de l’Inde et du Pakistan à travers le territoire afghan. Il est évident que ce projet exigeait pour sa mise en œuvre, l’accord des Talibans. En même temps, l’occasion était trop belle pour la caste de ploutocrates qui dirige l’Amérique et qui n’hésite pas à confondre ses intérêts avec ceux de son pays, de s’enrichir sur le cadavre de dizaines de milliers de personnes innocentes, en faisant main basse sur les champs pétrolifères.
C’est finalement la réticence des Talibans à servir les intérêts américains qui va être à l’origine de la mobilisation des forces de l’O.T.A.N par les Etats-Unis contre l’Afghanistan. Il ne fut pas difficile aux Américains de mobiliser l’opposition afghane contre les Talibans et de mettre à sa disposition la logistique et les hommes nécessaires à l’entreprise de renversement du régime en place et de précipiter le pays dans le chaos. En effet, le régime renversé, les Talibans chassés de Kaboul vont reprendre le chemin des montagnes.
Malgré les intenses bombardements de ce qu’on croyait être les refuges des militants du Mollah Omar, ni celui-ci ni Oussama Ben Laden ne seront inquiétés par les troupes américaines. Comble de cynisme et de mépris envers des êtres qu’on a voulu réduire à des ventres affamés et pour qui la liberté et la dignité n’auraient aucun sens, ces bombardements étaient accompagnés de parachutages de colis de nourriture. Un gouvernement hétéroclite supposé rassembler l’ensemble des sensibilités afghanes est installé à Kaboul avec à sa tête Hamid Karzaï, un consultant de la société pétrolière américaine Unoca. D’origine Afghane installé aux Etats-Unis, il est chargé d’étendre à son pays la pax américana, et de veiller aux intérêts de ses commanditaires. Depuis l’invasion de l’Afghanistan qui était supposé n’être qu’une promenade, et malgré la présence des troupes de l’O.T.A.N., l’emploi d’énormes moyens et des élections qui n’ont été ni propres ni transparentes, le pays est loin d’être « normalisé ».
Le guêpier irakien :
Cependant, dopés par les « rapides succès » de leur campagne afghane et par les expressions de soutien exprimés par l’ensemble de la communauté internationale, les Etats-Unis vont immédiatement se lancer dans la préparation de l’opinion internationale à une guerre contre l’Irak. Ils vont tenter, sous couverts du désarmement de ce pays, de profiter de ce sentiment de solidarité, pour entraîner dans cette aventure le plus grand nombre de pays de l’O.N.U. Mais cette fois-ci, ils ne parviendront pas à faire l’unanimité autour de leur option guerrière, malgré la manipulation des preuves censées arracher l’adhésion de l’ensemble de leurs alliés.
Cet échec ne les empêchera pas d’aller seuls à la guerre, enfin presque, puisque parmi les grandes puissances ils ne seront suivis que par la Grande-Bretagne , l’Italie et l’Espagne attirés par les profits substantiels qu’ils espèrent tirer de la détresse des Irakiens. Dans leur entreprise ils seront soutenus, et d’une manière explicite, par des dirigeants politiques arabes de premier plan (5) ou d’une manière implicite par l’ensemble des gouvernements de la région, dont l’attitude servile et timorée était plus qu’un encouragement à l’agression américaine.
Des dirigeants impopulaires qui ne doivent leur survie politique qu’au soutien tout à fait intéressé des puissances qui les emploient et qu’ils se gardent de déplaire. Compromis dans des politiques contraires aux intérêts de leurs peuples, n’ayant aucune prise sur des décisions qui se prennent en leur absence et qui, néanmoins engagent l’avenir de leurs pays, ils nous renvoient l’image d’un monde arabe, désarticulé, à la dérive, inapte à faire face aux menaces et aux enjeux de l’heure.
Certes s’il est légitime de les incriminer et de les rendre responsables de la plupart de nos maux, il faudrait souligner leur absence de marge de manœuvre face à un système mondial dominé par les Etats-Unis et devant lequel ils se trouvent tout à fait désarmés. Le peu de cas qu’ils font de la volonté de leurs peuples et leur refus de les laisser assumer leurs responsabilités historiques, les réduit à être -d’une manière consciente ou inconsciente- les supplétifs de cet ordre mondial. Eux qui n’hésitaient pas au nom de la «légalité internationale» à accabler Saddam Hussein en exigeant de lui de se conformer aux décisions du Conseil de sécurité verrouillé, comme tout le monde le sait, par les Etats-Unis, observent un mutisme scandaleux sur ce qui se passe en Irak et particulièrement dans la ville martyre de Felloudja.
Les bombardements incessants, les massacres d’enfants et de femmes qui tombaient tous les jours sous les « effets collatéraux » des attaques américaines, l’usage d’armes sophistiquées contre une population qui n’a d’autre choix que celui de faire front aux attaques des troupes d’occupation décidées à détruire leur ville aux motifs, par ailleurs, assez contradictoires. D’une part, la population de Felloudja serait prise en otage par des terroristes et qu’il devenait urgent de l’en libérer, et d’autre part, cette même population était accusée de protéger Abou Mossaab Ez-Zarkaoui et qu’elle s’exposait à la destruction de sa ville si jamais elle ne le leur livrait pas. Cette exigence, qui voulait nier tout caractère endogène à la résistance irakienne, visait à sa sous-estimation et à faire tenir à Ez-Zerkaoui le rôle qu’ont joué les armes de destruction massive dans la préparation de l’opinion internationale à la guerre contre l’Irak : justifier de nouveaux carnages. 20000 soldats américains, accompagnés de centaines d’irakiens, vont, au bout d’une dizaine de jours d’un combat inégal où seront employés les gros moyens : chars, artillerie lourde, aviation qui régulièrement vont pilonner la ville, pénétrer dans une Felloudja héroïque qui est allée jusqu’au bout de son engagement à défendre sa liberté et sa dignité.
A l’arrivée des Américains il ne restait que des ruines et des morts que les Américains comptabilisaient comme autant de «terroristes». Evidemment, le mythique Az-Zerkaoui avait réussi à s’échapper.
Les hommes censés apporter la civilisation aux Irakiens et aux arabes d’une manière générale se révélèrent des hommes de sac et de corde. Pillant ce qu’il y avait à piller, tuant ou plutôt assassinant, jusque dans les lieux de culte, achevant, sous l’œil des caméras, les blessés dans les mosquées. Il est vrai que ces crimes tout comme la torture sont présentés comme des bavures commises par des individus isolés et qu’ils seront sanctionnés. Cela n’est pas sans nous rappeler l’épisode tragique de ce petit village vietnamien My Lai complètement détruit en mars 1968, par une compagnie de soldats américains.
Leurs officiers avaient parlé d’une victoire totale sur l’ennemi en dénombrant 128 tués parmi les Vietnamiens alors que la réalité dénombrait plus de 500 morts essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards. Malgré les tentatives de l’armée de camoufler les faits, le scandale éventé par la presse, conduisit l’officier qui commandait la compagnie devant la justice qui le condamna en 1970 à la prison à vie. Mais quatre années plus tard, l’officier en question retrouva la liberté.
Aujourd’hui, les Américains ont décidé que leurs soldats ne sauraient être passibles d’aucunes poursuites judiciaires pour les crimes qu’ils ont commis ou qu’ils pourraient commettre. Ainsi, les marines, couverts par leur gouvernement et assurés de l’impunité grâce à des «conventions», qui les prémunissent contre toute poursuite pénale internationale, sont autorisés à commettre des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité que personne n’irait leur reprocher.
Ce qui se passe aujourd’hui dans la région n’est pas uniquement le fait d’une conjoncture marquée par la guerre, ou celui d’une administration dominée par ceux que l’on appelle les faucons, mais un fonctionnement qui, pour être naturel chez les décideurs américains, procède de cet état d’esprit où l’impérialisme se conjugue avec la prédication et l’amour du profit. L’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan est pour l’Amérique bigote, un acte de foi qui s’inscrit dans la croyance en la parousie ou le retour glorieux du Christ et en même temps une bonne affaire dans le sens trivial du terme, pour les Etats-Unis et le clan des pétroliers qui composent l’essentiel de l’équipe qui gère les affaires américaines et qui entend arracher l’essentiel des marchés pour la «reconstruction» de l’une des plus vieille civilisation du monde, que leur président avait juré de ramener à «l’âge préhistorique .
La guerre qui est faite à l’Irak, à l’Afghanistan et les menaces qui pèsent sur les pays de la région, tout comme le soutien total et inconditionnel des Etats-Unis à l’Etat hébreu dans son entreprise d’extermination des Palestiniens a permit de clarifier un champ politique opacifié par des concepts vidés de leurs sens, pour ne pas dire polysémiques (tout dépend de quel côté de la frontière on se trouve) où la liberté, la démocratie, le progrès, les droits de l’homme ne signifient pas nécessairement un mieux être mais renvoient à l’occupation, au pillage, à la torture, aux privations et à la mort violente. Elle a induit, pour le moins, chez les Arabes et les musulmans, une plus grande conscience des enjeux et une meilleure appréciation de l’usage qui est fait des notions universelles, régulièrement violées par ceux là même qui s’en prévalent.
Mais cette fois-ci les Etats-Unis n’ont plus le monopole de l’information et leurs «exploits» sur les terrains d’opérations des pays les plus faibles du monde ont fait le tour de la terre. Et c’est non sans surprise et également avec horreur qu’ils nous replongent dans leur passé. Celui que lui connurent les Amérindiens exterminés par les émigrants européens, et les millions de noirs d’Afrique, déportés en esclavage dans le nouveau monde ainsi que les milliers de morts et d’handicapés d’Hiroshima et de Nagasaki victimes de la bombe atomique et enfin le Vietnam qui ne se libéra du colonialisme américain qu’après avoir subi dans sa chair toute la panoplie des crimes de guerres et des crimes contre l’humanité.
Les Etats-Unis n’ont jamais divorcés de l’univers de violence qui a été à leur origine. Nous avions tendance à occulter cet élément constitutif d’une histoire qui a fait l’Occident et qui a façonné le monde tel qu’il est et dont l’administration américaine dépourvue de toute conscience morale ne fait que perpétuer la sanglante tradition. Non pas que les Etats-Unis soient absents de l’histoire du Tiers-monde, car leurs crimes envers l’humanité ne peuvent s’extraire aisément des mémoires et des consciences, mais ils existaient surtout auprès des élites qui connaissaient peu ou prou l’histoire de ce pays. Mais avec la guerre d’Afghanistan et plus particulièrement l‘agression contre l’Irak, les Etats-Unis sont entrés brutalement et par effraction dans le quotidien des peuples arabes et musulmans.
Aux drames classiques qui accompagnent toute guerre, il faut ajouter, en ce qui concerne l’Irak, les atrocités de l’occupation. Les Irakiens ne mirent pas longtemps pour comprendre que les Etats-Unis n’étaient pas venus en Irak pour les libérer de Saddam Hussein, mais pour occuper le pays et mettre la main sur son pétrole. Presque immédiatement l’opposition à cette occupation va s’organiser et rapidement les Américains vont se trouver confrontés à une résistance à laquelle ils ne s’attendaient pas et à laquelle ils n’étaient pas préparés, persuadés qu’ils étaient que personne n’oserait les défier et s’opposer à leur puissance.
Pour faire face à une situation sécuritaire qu’ils ne pouvaient pas maîtriser et qui progressivement leur faisait de plus en plus mal, ils vont recourir aux pratiques classiques de tout colonisateur. La manipulation, la provocation, les exécutions extrajudiciaires et la torture. Toute pratique consubstantielle à une colonisation- mais que les Américains se gardent bien de reconnaître- et dont ils attribuent la paternité, dans une mauvaise foi évidente, à des auteurs isolés.
Lorsque le général Mark Kimmitt, face à la résistance irakienne, promet de «tout détruire» en Irak, il faut lui faire confiance, il sait de quoi il parle. Il ne déroge à aucune règle appliquée à la lettre par tous les colonisateurs et il n’innove en rien en matière de destruction des personnes et des biens. La torture est pour lui un élément stratégique dans sa guerre contre la résistance irakienne et celle-ci fait bien partie des traditions américaines.
Suite & Fin dans le 4eme cahier Bonne lecture.

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n°392 - Les Dossiers d'Irak - 20-09 –Fin- : Petraeus laisse derrière lui l'Irak.

n°392 - Les Dossiers d'Irak - 20-09 –Fin- : Petraeus laisse derrière lui l'Irak.


Les Dossiers d'Irak                –Fin-

N° 392             20/09/08 

Par M.Lemaire               



Sommaire :                                             –Fin-

6 Annexe

6-2 Analyse de Khaled Bensmaïn : Les Etats-Unis : un Etat voyou.   –Fin-



6-2 Analyse de omme information Khaled Bensmaïn : Les Etats-Unis : un Etat voyou. (fin)
L’ombre de la C.I .A.
Sans remonter à l’époque des « pères fondateurs » où des primes étaient octroyées à tout assassin d’indiens qui présentait comme pièces comptables le scalp de ses victimes et où le « nègre » fouetté et marqué au fer rouge avait le jarret coupé en cas de tentative de fuite, l’histoire plus récente de ce pays raconte les «exploits » de l’armée américaine au Vietnam et dans pratiquement tous les pays d’Amérique centrale et d’Amérique du sud. Aucun des gouvernements qui voulut mettre les richesses de son pays au service des classes les plus défavorisées ne trouva grâce aux yeux des Etats-Unis, aucun dirigeant qui voulut faire bénéficier son peuple d’un peu plus de justice, de liberté et d’une réelle démocratie ne resta assez longtemps au pouvoir pour concrétiser ces aspirations sans que les Etats-Unis n’y interviennent de la manière la plus violente qui soit.
Chaque fois que les maigres revenus d’une nation étaient mobilisés pour créer et développer les services sociaux, les Etats-Unis fomentent coups d’états et assassinats afin, disent-ils, de combattre le «communisme».
En fait, les ennemis des Etats-Unis ce sont plutôt ces mouvements d’essence populaire qu’ils soient nationalistes ou socialistes issus des milieux défavorisés et qui avaient pour objectif une plus grande justice sociale et qui avaient inscrit, pour la plus part d’entre eux dans leur programme, la distribution des terres aux paysans, l’école gratuite et obligatoire, la nationalisation des banques et des entreprises étrangères. Que ce soit le Guatemala, le Honduras, le Salvador, le Chili, le Nicaragua ou l’Uruguay, tous les pays du continent Sud-américain savourèrent les bienfaits généreusement dispensés par des dictatures particulièrement sanglantes imposées par les Américains.
Des milliers de personnes assassinées, emprisonnées dans des conditions inhumaines, torturées de la manière la plus atroce grâce au savoir-faire de la C.I .A. Ce savoir-faire, l’Agence américaine va l’enseigner, dans le cadre de la coopération militaire avec ces pays, à des agents qu’elle forme à la lutte «contre-révolutionnaire».
Le renseignement et la torture constituaient l’essentiel de l’enseignement qui était dispensé à ces «faiseurs de coups d’Etat». Fort Benning en Géorgie, va abriter la School of the Americas (S.O.A.), qui dépend du Ministère américain de la défense. Cette école forme les militaires des pays latino-américains à la lutte contre-insurrectionnelle, aux opérations de commando et à la haine de tout ce qui peut s’apparenter au «communisme» c’est-à-dire de tout ce qui ne défend pas les intérêts des Américains et de l’oligarchie qui les sert.
Si l’armée avait sa propre école de torture, la police n’était pas en reste et au milieu des années 70, le Bureau de la Sécurité Publique (O.P.S.) branche de l’agence de développement, l’A.I.D., forma plus d’un million de policiers des pays du Tiers Monde (6), destinés à réprimer la contestation populaire et à enrayer toute tentative de changement social en faveur des couches démunies.
L’enseignement assuré aux policiers était à l’image de celui dispensé aux militaires par la S.O .A, à la différence que la «compétence de ces derniers s’étendait également à la campagne. Soutirer les renseignements, n’était pas une activité dirigée par le hasard ou liée au seul savoir faire de ceux qui étaient chargés de mener les interrogatoires. Ces derniers étaient menés par des spécialistes, médecins, psychanalystes, qui avaient une connaissance de l’anatomie humaine et qui devaient par la douleur ou le stress, briser la résistance des corps et des esprits. Par souci d’efficacité, les cours étaient uniformisés et des manuels étaient rédigés et distribués aux « élèves ». En septembre 1996, sous la pression des médias, le Pentagone publia sept manuels utilisés à la S.O .A. et dans lesquels figuraient en bonne place, «la torture, l’exécution, le chantage, l’arrestation des proches de ceux qui sont interrogés»(7). Il était recommandé à ces «défenseurs du monde libre» d’amener le suspect «dans la pièce, les yeux bandés, les mains liées et il doit rester ainsi durant tout le processus…Le sujet est entièrement déshabillé…». L’humiliation ayant pour objectif d’affecter la personnalité du prisonnier et de lui saper le moral. Il est bien précisé dans le manuel d’instruction, qu’il faut que «ses vêtements lui soient enlevés, car les vêtements familiers renforcent l’identité et donc la capacité de résistance». Le sujet étant mis en condition, l’électricité sur tout le corps, l’eau savonneuse ingurgitée en quantité et rendue par l’action des soldats qui se laissaient tomber sur le ventre déformé du suspect, l’asphyxie par application de chiffons humides sur le visage et bien d’autres délicatesses, prenaient le relais de la torture morale.
Lorsque le Congrès américain, devant le scandale soulevé par ces méthodes, décida de mettre un terme à cette partie du programme dispensé par l’O.P.S., la D.E .A., brigade des stupéfiants pris la suite en septembre 1996, avec l’aide du F.B.I et du département de la Défense (8)
Les témoignages des victimes de la torture, que confirment les aveux des tortionnaires d’Abou Gherib, corroborent précisément ceux des prisonniers des autres centres de détention situés en Irak ainsi que de ceux qui sont passés entre les mains des Américains en Afghanistan. La similitude des méthodes employées dénote d’un apprentissage généralisé par un enseignement pris en charge par les services du Pentagone et dispensé aux spécialistes du renseignement.

S’il demeure quelques doutes sur l’hypocrisie de l’administration américaine qui fait mine de s’offusquer et d’être scandalisée par les agissements de sa soldatesque, il suffirait de se référer à ce que subissent comme tortures quotidiennes et atteintes aux droits humains, les détenus de Guantanamo, une base américaine à Cuba, considérée comme un territoire de non droit soustrait à toutes les lois Américaines et internationales, pour se faire une idée exacte du sens moral et des sentiments humanitaires qui animent les responsables américains.
D’ailleurs, un rapport publié en juillet 2004, met en cause le général Geoffroy Miller accusé d’avoir utilisé en Irak, les techniques de tortures expérimentées à Guantanamo. Il est rapporté que « les militaires chargés d’interroger les détenus en Irak ont employé improprement les méthodes sévères approuvées pour être seulement appliquées aux détenus de Guantanamo Bay (9).
Ce qui s’est passé dans les prisons irakiennes et en Afghanistan ne doit susciter l’étonnement et la stupeur que chez les personnes non averties des méfaits de l’impérialisme américain et d’une manière générale des pratiques des armées d’occupation. Pourtant les guerres coloniales sont riches de ces exemples où ces dernières confrontées à une résistance populaire qu’elles qualifient de terrorisme ne vont pas hésiter à s’enfoncer dans l’horreur pour « pacifier » un peuple rétif à la « liberté », au « progrès », à la « démocratie », en un mot à la « civilisation » que le colonisateur veut lui imposer par le sabre et le goupillon. Cependant ce qui aggrave les faits en Irak, c’est que les militaires, tout comme une partie de la population américaine, se croient investis d’une mission quasi divine. Croyance que conforte un président qui n’hésite pas, dans ses discours, à recourir à la Bible et à placer la guerre contre l’Afghanistan et l’Irak sous le signe d’une croisade contre le « Mal » incarné évidemment dans les Irakiens, et qui pousse ces soldats élevés dans la haine de l’«Autre » qui n’est pas soi-même et le racisme le plus abject, à emprunter, dans l’excès, le pas à leur président et à commettre les pires horreurs au nom d’une légitimité quasi religieuse qui les absous de tout crime.
Il est évident que ce n’est pas parce que ces crimes contre l’humanité sont dénoncés par l’administration et l’opinion américaines que la torture va cesser en Irak. On en avait déjà parlé pendant et après la guerre du Vietnam et également dans les dictatures d’Amérique du Sud lorsque la C.I .A. officiait aux basses œuvres de ces régimes. Mais la défaite du camp communiste allait consacrer l’omnipotence des américains sur le reste du monde. Cette nouvelle situation allait les amener à afficher sans aucune retenue leur mépris de l’opinion mondiale et de la légalité internationale.

«Le complexe militaro-industriel»
Mais c’est avec l’arrivée des néo-conservateurs au pouvoir que le caractère impérialiste des Etats-Unis apparaît plus clairement (malgré la fin de la guerre froide, le budget militaire des Etats-Unis ne cesse d’augmenter) et ne sacrifiera pas aux usages de la rhétorique. Que l’intérêt et la «sécurité» des Américains, qu’ils définissent unilatéralement, puissent dépendre de quelques lois ou conventions internationales ou qu’ils soient aliénés par des considérations humanitaires, philosophiques ou morales est inacceptable pour l’establishment américain. Il est tout à fait naturel, aux yeux des Américains, que la première puissance économique et militaire soit au dessus des lois et qu’elle soit la seule à apprécier la menace qui viserait ses intérêts et que naturellement pour y faire face, elle puisse unilatéralement déclarer la guerre et envahir n’importe quel pays si elle estime cela nécessaire. Pour se faire il lui aura suffi de détourner, à son profit, le sens de l’article 51 de la charte des Nations unies.
En effet et en opposition avec les lois et conventions internationales, les Etats-Unis vont tailler à leur mesure, une définition à l’article 51 de la charte des Nations unis, qui rappelle dans quel cas un Etat peut évoquer la légitime défense et s’en réclamer afin de se défendre contre «une attaque armée…jusqu’à ce que le conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales». La légitime défense implique une réponse de l’agressé contre une attaque directe sur son territoire. L’extension de cette notion par les Américains va englober la prévention et leur permettre, sous le couvert de la légitime défense, de mener ce qu’ils appellent des « guerres préventives ». On imagine aisément l’arbitraire qui présiderait aux destinées du monde si chaque pays se réclamant de ce droit décidait de sa «guerre préventive» contre un autre Etat sous le prétexte de défendre ses intérêts.
Il n’est pas difficile de comprendre que ce «souci » de la sécurité cache mal la volonté des Etats-Unis de se libérer de toute contrainte légale et de s’autoriser, s’ils décident qu’ils sont menacés, de porter la guerre dans n’importe quel pays du monde. Mme Albright n’a laissé aucun doute planer sur ce sujet, «il se peut qu’il revienne avec quelque chose qui nous déplaise, auquel cas nous nous en tiendrons à l’intérêt national» (10) parlant ainsi du Secrétaire général des Nations Unis qui venait d’annoncer qu’un accord avait été conclu avec l’Irak.
Lui emboîtant le pas le consultant juridique du département d’Etat, Abraham Sofaer, précisera l’idée. «Puisque la majorité du monde ne partage pas notre point de vue, nous devons nous réserver le pouvoir de décider comment nous agirons et quels problèmes relèvent essentiellement de la juridiction des Etats-Unis, comme le décident les Etats-Unis" (11). Le monde constituant l’arrière cour des Etats-Unis.
Il apparaît de plus en plus évident aujourd’hui, avec l’équipe Bush au pouvoir, que la finance et intimement associée à la politique et le danger pour la paix et la stabilité dans le monde s’accroît d’autant plus que la frontière, entre les intérêts des hommes d’affaires américains qui ont leurs entrées à la Maison Blanche , se confond avec ceux des Etats-Unis. «Plusieurs des principaux membres de l’administration (dont le président lui même, le vice-président Richard Cheney et la conseillère de politique étrangère Condoleezza Rice), convoitaient les ressources d’un pays potentiellement riche» (11). Ce qui est bon pour eux doit l’être forcément pour les Etats-Unis et les guerres qu’ils font mener à leur pays sont leurs propres guerres. Sans aucun scrupule et sous des prétextes fallacieux, ils n’hésiteront pas à porter la mort et la désolation là où leurs intérêts le leur commande.
On sait qu’avec l’arrivée de G. Bush à la présidence des Etats-Unis entre 1988 et 1992 c’est le clan des pétroliers qui fit son entrée à la Maison Blanche. Le président lui même siégeait au conseil d’administration de Caterair, une des filiales de Carlyle, «dont certains actionnaires étaient liés à l’industrie aéronautique et à l’industrie de défense» (12). Le fils dirigeait de 1986 à 1993 la société Harken Energy Corporation, société pétrolière texane créée par Bush père. Dans l’entourage immédiat du Président américain, une immense toile d’araignée s’est constituée et dans laquelle s’entrecroisent hommes d’affaires plus ou moins véreux, personnalités politiques aussi intéressés par le pouvoir que par l’argent, responsables militaires qui rêvent de refaire le Vietnam à moindre risque.
Au centre de cette toile et tout près du président, se trouve le chef du Pentagone, Donald Rumsfeld. L’homme multimillionnaire a su intelligemment mettre ses fonctions politiques et ses entrées à la Maison Blanche au service de ses affaires privées et de celles de ses amis. Donald Rumsfeld s’est distingué en 1977, un an après avoir quitté son poste de Secrétaire d’Etat à la défense sous le gouvernement de Gerald Ford, lorsqu’il rejoignit le groupe Searle, qui avait rencontré des problèmes, auprès de l’administration chargée du contrôle du médicament et de l’alimentation quant à «l’agrément d’une molécule, l’aspartame, que Searle espère vendre comme un substitut au sucre» (13). Malgré les soupçons de toxicité révélée par les analyses qui avaient été refaites, car celle de Searle présentaient de nombreuses erreurs, la mise sur le marché de l’aspartame est autorisée contre l’avis du comité scientifique mandaté par l’administration, et cela grâce aux nombreux amis que Rumsfeld avait su placer à des postes sensibles. Il reste à souligner que le procureur chargé de l’enquête pénale, va démissionner pour rejoindre le cabinet d’avocats de Searle. La «mission» accomplie, Rumsfeld quitte Searle en empochant au passage 5 millions de dollars (14).
En 1990 il est appelé à la rescousse d’une entreprise, la General Instrument , (G.I.) qui a de sérieux problèmes financiers. La société en question qui vient d’investir beaucoup d’argent dans la technologie de la télévision digitale s’est trouvé disqualifiée par l’autorité de régulation des télécoms qui n’a retenu pour la compétition que les projets de quatre sociétés, trois américaines et une japonaise qui répondaient au cahier de charge qui définissait les conditions d’obtention du marché. Le choix de l’autorité de régulation s’était fixé sur la technologie analogique. Rumsfeld prend la tête de G.I. et dans le même temps il se fait nommer, malgré l’irrégularité de la procédure, membre de la commission de sélection de l’autorité de régulation.
La présence de Rumsfeld dans les deux instances va lui permettre d’influer sur le choix de la commission qui revient sur sa décision quant au choix de l’analogique. La société japonaise est éliminée, les Américaines se reconvertissent au digital, G.I. prend l’essentiel du marché et Donald Rumsfeld, en quittant G.I. encaisse, pour service rendu, un pactole de 7 millions de dollars. En mars 2000, un dirigeant de G.I. révèle que sa société était la seule «à proposer du digital, mais nous avions avec nous Don Rumsfeld, qui avait ses entrées à Washington, dans l’administration». Dix ans plus tard le choix du digital est un fiasco (15).
Enfin, sa présence au Pentagone va lui permettre d’allier à ses convictions ultra-libérales son sens des bonnes affaires. Fidèle à une conception du libéralisme où la liberté dans le domaine économique ne doit souffrir d’aucune entrave, Rumsfeld va ouvrir les services du ministère de la défense aux capitaux privés.
Le maître du Pentagone qui est le «chef de file d’un réseau qui navigue entre les conseils d’administration de la corporate América et les officines gouvernementales» (16) va confier à des firmes privées, dont il n’est pas étranger, la sous-traitance des services qui ne ressortent pas du «cœur de la guerre». Du nettoyage des treillis au ravitaillement de l’armée américaine en carburant, de la location de gardes corps à la formation de policiers irakiens, depuis l’alimentation des G.I. jusqu’à la collecte des renseignements. Tout est pris en charge par des entreprises privées qui n’hésitent pas à surfacturer leurs prestations et se faire ainsi de substantiels profits sur le compte de l’armée américaine.
Lors de sa prise de fonction en 2000, il fait une déclaration de patrimoine, dans laquelle figure, bien entendu, tous les biens qu’il possède. Il lui faudra 50 pages pour y caser sa liste.
Le vice-Président, Dick Cheney, ex- directeur de la société Halliburton et principal bénéficiaire des contrats de livraison de pétrole irakien, est avec Richard Perle et Wolfowitz, la cheville ouvrière de la guerre contre l’Afghanistan et l’Irak. Alors qu’il poussait à la guerre contre l’Irak, et que la population irakienne subissait les affres de la faim et la maladie, Dick Cheney et ses comparses tiraient des plans pour mettre le pays à sac. Il bénéficiera pour sa société de contrats très juteux qu frisent le scandale financier au point où une commission d’enquête a été dépêchée par la C.I .A., pour enquêter sur les surfacturations des services d’Alliburton.
Condoleeza Rice directrice du Conseil National de Sécurité (N.S.A.) ex-responsable du groupe pétrolier Chevron (ex-standard-oil) est membre de la Rand Corporation , club de réflexion financé par le Pentagone.
James Baker « grand pétrolier texan, pluri millionnaire » a été à la tête de Carlyle Group.
Donald Evans Secrétaire d’Etat au commerce, responsable à Brown-&-Root société d’ingénierie pétrolière,
Spencer Abraham, secrétaire d’Etat à l’énergie, également responsable à Brown-&-Root,
Cathleen Cooper sous-Secrétaire au commerce et ex-responsable chez Exxon.
George Shulz, ex-Secrétaire d’Etat est membre du comité de conseil du Pentagone (Defense Policy Board ) et administrateur de Bechtel, l’un des principaux bénéficiaires des aides à la reconstruction de l’Irak ( sans passer par la procédure des appels d’offre, cette société a obtenu pour 1,8 milliards de dollars de contrats)(17).
Paul Wolfowitz ministre adjoint à la défense est consultant chez Gruman Group.
Jay Garner, premier gouverneur de l’Irak après la chute du régime de Saddam Hussein est chargé de « rétablir » la sécurité et de superviser la « reconstruction » du pays. Le général Garner est l’ami personnel du ministre de la défense Donald Rumsfeld, il est également le patron d’une société d’armement spécialisée dans l’électronique militaire la « Sy coleman ». Sa société équipe les missiles « Patriot » et grâce à ses relations au Pentagone, il a pu bénéficié, sans aucune soumission d’offre, d’un contrat de 100 millions de dollars. Par ailleurs, le général Garner a des liens très étroits avec une importante multinationale qui forme des policiers, entraîne des soldats pour le compte des Etats et loue des mercenaires. C’est dire si la guerre menée par son pays en Irak l’intéresse à tous les niveaux
La liste des personnalités qui ont d’importantes fonctions politiques dans l’administration américaine et qui siégent dans les conseils d’administration des entreprises privées est loin d’être exhaustive. Ces personnages gravitent dans l’entourage immédiat du Président américain et participe d’une manière active à la politique étrangère américaine.
Ce sont ces hommes et ces femmes qui régentent le monde, le mettant en coupe réglée n’hésitant pas à envahir et à détruire des pays, des vies et des cultures afin de satisfaire leur goût pour la puissance et le lucre. Malgré la légalité internationale dont ils se parent, ils ne sont pas loin de ressembler à un syndicat du crime ou en comparaison, les maffias traditionnelles apparaissent comme des sociétés caritatives. Ils font le malheur du monde et sur ce malheur ils font des affaires.

«El proconsul» Négroponte"
Le général Jay Garner ne restera pas longtemps en Irak. Il est rappelé au bout de trois semaines, pour être remplacé par un diplomate de carrière, Paul Bremer. A son retour aux Etats-Unis, il avouera que le but des Américains n’était « pas de libérer l’Irak, ni de le désarmer, simplement y installer des bases militaires permanentes et s’emparer des réserves pétrolières »(18).
L’absence de volonté des Américains, malgré leurs promesses, à remettre en marche les infrastructures de bases, les services de santé, d’approvisionner la population en eau et en électricité, de rétablir la sécurité des personnes et des biens corrobore parfaitement la déclaration du général Garner, et met à nu leurs véritables intentions.
Paul Bremer, ami personnel de Wolfowitz, succède à Jay Garner et avait pour objectif, le dépeçage «légal» de l’Irak. Il devait « contractuellement » livrer aux squales américains de la finance, l’économie irakienne. Il va réussir à privatiser plus de 200 entreprises publiques, banques, usines, mines…et surtout mettre l’agriculture irakienne entre les mains des multinationales de l’agro-alimentaire, avec la complicité du gouvernement irakien désigné par les Etats-Unis. Les contrats que va signer celui-ci avec les géants du commerce de grains, stipulent que le paysan irakien ne doit utiliser que des semences sélectionnées sur lesquelles, ces sociétés ont le monopole. Il est inutile de préciser que ces semences ont la particularité d’être hybrides, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être utilisées qu’une seule fois et ainsi en plus des substantiels profits que vont faire ces multinationales, c’est tout le pays qui est pris en otage.(19)
Pendant ce temps la résistance irakienne ira crescendo et fera subir aux troupes américaines de lourdes pertes. Après avoir réussi à dépecer le pays et à enchaîner son économie aux multinationales américaines, Bremer est rappelé pour céder la place à l’homme que les Honduriens ont surnommé «El Proconsul» Negroponte, pour les pouvoirs dont il disposait au Honduras et le rôle qu’il joua avec « succès »dans la lutte contre la « subversion ». En ce qui concerne l’Irak, il aura pour mission de « pacifier » le pays.
L’homme a été formé comme agent de renseignements dans les guerres du Vietnam et du Cambodge. Son expérience l’amènera à diriger personnellement les escadrons de la mort en Amérique centrale. Il est nommé ambassadeur au Honduras pour remplacer Jack Binns qui était encore en poste mais qui n’avait cessé, en toute naïveté, d’agacer Washington sur les méthodes -tortures et assassinats d’opposants politiques- et « l’état pathologique » de Gustavo Alvarez Martinez, général que la C.I .A. avait recruté et placé comme chef de la Sûreté nationale et commandant en chef des forces armées du Honduras. Un an à peine après sa prise de fonction, Binns qui semblait n’avoir pas compris les « nécessités » de la guerre contre la «subversion», est remplacé par Negroponte. Ce dernier avait cette particularité de ne pas être trop regardant quand aux procédés employés par l’agence américaine ou par leurs protégés au Honduras, dans leur lutte contre le « communisme » car « la dernière chose que souhaitait l’administration Reagan, c’était un ambassadeur soucieux du respect des droits de l’homme »(20).
En cela elle avait trouvé en la personne de Negroponte l’homme qui répondait à ce profil et qui devait également coordonner, à partir du Honduras, l’action contre-révolutionnaire des Contras qui visait à renverser le gouvernement sandiniste de Managua. Afin de financer cette opposition armée, il va trouver l’argent nécessaire à son action dans le trafic de la cocaïne qu’il va organiser vers les Etats-Unis. La mission de l’ambassadeur américain au Honduras fut couronnée de succès et sa nomination à ce poste «fut essentielle à la réussite américaine dans cette région du monde(21). En effet les résultats parlent d’eux-mêmes. Le Nicaragua va être obligé de détourner les rares ressources qu’il possède, et qu’il avait mise au service de son peuple, vers la défense du pays.
Confronté aux attaques extérieures des Contras et des Américains (les Etats-Unis vont miner les ports du Nicaragua), au sabotage et à l’agitation d’une droite réactionnaire soutenue par les Etats-Unis, le régime sandiniste s’écroule et aujourd’hui, le Nicaragua est le 2° pays le plus pauvre de l’Amérique latine, et 60% des enfants de moins de deux ans sont anémiques du fait de la malnutrition (22). On peut dire que ce point de vue la mission de Negroponte a été une réussite totale. Ensuite, ambassadeur au Mexique, jusqu’en 1993, il va chapeauter les services de renseignements américains qui collaboraient avec le gouvernement mexicain dans la guerre contre les « rebelles » zapatistes du Chiapas. Versé dans la vie « civile », mais toujours agent des services américains, il revient aux affaires politiques avec l’élection du président Bush. Ami de longue date de cette famille il intégra facilement le staff du président américain qui lui, avait besoin d’un homme fidèle et dont la mission serait d’entraîner l’O.N.U. dans la guerre contre l’Irak. En plus de cette mission il devait s’opposer à la moindre résolution condamnant les exactions d’Israël en Palestine.
A l’O.N.U., afin de manipuler le secrétaire général des Nations unis et le Conseil de sécurité, il n’hésita pas à se lancer dans des opérations d’espionnage des membres du conseil de sécurité et à intercepter les communications des diplomates. Par ailleurs, il parvint à « convaincre » les dirigeants mexicains et chiliens, de rappeler leurs représentants à l’O.N.U. qui ne le suivaient pas dans ses positions belliqueuses à l’endroit de l’Irak. Et c’est ce même homme qui est envoyé comme « ambassadeur » dans ce pays pour apporter la démocratie, les droits de l’homme et le progrès au peuple irakien.
Dès son arrivée à Baghdad, le nouvel ambassadeur a décidé de reconsidérer les priorités de son programme de dépense et de transférer au chapitre de la sécurité, l’argent destiné aux infrastructures de base et particulièrement à l’eau et à l’électricité.
Spécialiste des guerres de basse intensité, c’est-à-dire des guerres menées essentiellement contre les civils, Negroponte est certainement l’homme de la situation, son expérience en Amérique centrale plaide pour lui. C’est à lui que va incomber la tâche d’appliquer la décision de la Maison Blanche de tenir, malgré les conditions déplorables et un climat de violence sans précédent, les élections législatives en janvier 2005. Quelle que puisse être la situation sécuritaire, les Américains sont décidés à accélérer le processus électoral qui autorisera le nouveau gouvernement issu des « élections » à recourir à leur aide pour établir la paix et la stabilité en Irak. Ainsi les Américains ne seront plus une force d’occupation mais une armée qui n’aura fait que répondre à une demande d’assistance faite par un pays menacé par le terrorisme.
De même qu’ils ont empêché, au nom de la guerre contre le communisme et la « subversion », toute tentative des pays d’Amérique centrale et du sud, de se libérer de la misère et du sous-développement par la mobilisation, au service de leurs peuples, des ressources de leurs pays, les Etats-Unis tentent aujourd’hui, au nom de la lutte contre le « terrorisme », de mettre la main sur les richesses du monde arabe et musulman en contrecarrant toute velléité de souveraineté. Il est inacceptable pour la première puissance mondiale de tolérer la moindre résistance à sa volonté de réduire au même dénominateur, celui de sa domination, tous les espaces géographiques et aux mêmes perceptions idéologiques, tous les univers mentaux. Aujourd’hui, l’Islam est au centre de la guerre qui est portée par les Etats-Unis dans le monde. Et nous pensons que le terme « croisade » employé par G. Bush est révélateur d’un état d’esprit qui s’ancre dans la croyance que le destin de l’Amérique est de diriger le monde. Que Dieu a élu ce peuple afin de régénérer la vraie foi : le christianisme, dans sa version évangéliste. Pour les néo-conservateurs « calvinistes », le lien avec l’histoire juive est par trop évident. Persécutés en Europe du fait de leurs convictions religieuses, Dieu aurait dirigé leurs pas vers la nouvelle « terre promise » : les Amériques. Le pays où ils sont arrivés, son immensité, ses richesses, ses peuples vivant à l’état de nature était bien le signe de leur « élection » et cela les confortait dans la mission pour laquelle ils se sentaient prédestinés : la construction de la « cité de Dieu » en terre américaine, l’extermination des Indiens dans lesquels « s’était incarné le diable » et l’enrichissement sans limite.

La trahison des clercs :
Cette animalité, il n’y a pas d’autres termes pour qualifier cette régression de l’humain dans l’homme, trouve encore des plumitifs qui, sous les oripeaux d’un intellectualisme de mauvais aloi, justifient cette barbarie au nom d’un universalisme aussi douteux qu’abstrait. Comme il s’est toujours trouvé des intellectuels pour inscrire les aventures coloniales dans une «logique historique» - et aujourd’hui celle-ci se présente sous les clinquants de la modernité, de la démocratie et des droits de l’homme – la guerre contre l’Irak et l’Afghanistan a trouvé ses chantres et a réussi à convertir au même credo les « ennemis » séculaires. Ceux qu’on situait dans le camp colonialiste et qui traditionnellement s’identifiaient à la droite, et ceux qui prétendaient défendre les valeurs humaines et qui étaient parvenus, nous semblait-il, à rompre avec leur passé colonial.
Cependant, le naturel ne va pas tarder à revenir au galop sous la forme d’un raisonnement très spécieux qui cache mal la duplicité de ces intellectuels. Pour ces clercs, qui se situent le plus souvent à gauche, qui paraissaient s’être libérés de leurs a priori ethnocentristes, la démocratie et la «modernité» ne pouvait être que le dénominateur commun à l’humanité.
Le sens de l’histoire ainsi défini, il n’était plus permis de patienter qu’elles émergent à la conscience par un processus de maturation interne à la société. Il fallait l’imposer y compris par la violence des armes aux peuples « rétifs » à ces « valeurs ». Ce nouveau discours, développé dans les pays occidentaux et pris en charge par les élites du Tiers-Monde, s’avère n’être qu’un avatar d’une pensée qui, quoique généreuse dans ses objectifs, conduisit dans sa pratique au goulag et aux déceptions qu’ont provoquées, chez ces intellectuels, les mouvements d’indépendance qui auraient dû répondre à leur rêve de faire « triompher »dans leurs pays nouvellement libérés, la révolution qu’ils ne purent accomplir chez eux.
Ces concepts ou plutôt leur retraduction, marqués au coin du «réalisme» et de l’ostracisme, venus enrichir un discours qui prétendait traduire l’état du monde et les progrès enregistrés par l’humanité, s’inscrivent pour l’essentiel dans un système mondial, dominé par les Etats-Unis, qui vise à légitimer les interventions militaires, les coups d’état contre des régimes indociles, les invasions et les occupations de pays qu’on veut déposséder de leurs richesses.

Les «ingérences» chères à B. Kouchner - dont la mauvaise foi est débusquée le 24-04-2003 sur Paris Match lorsqu’il répliqua péremptoirement à ceux qui parlaient de l’armée américaine comme d’une force d’occupation «Vous parlez de forces d’occupation. Quelles forces d’occupation ? Il faut ignorer les réalités de l’Irak pour prêter attention aux quelques extrémistes qui expriment ce genre de point de vue.» - trouvent leur principe légitimant dans cette modernité qui n’est interrogée ni dans ses principes ni dans ses finalités.
Il est évident que cette référence itérative à la modernité, au progrès et à la démocratie sert plutôt à dissimuler une réalité beaucoup plus prosaïque et encore plus sordide qu’il n’y paraît. Celle qui autorise des puissances comme les Etats-Unis à dicter leurs lois aux pays les plus faibles en recourant soit à la corruption soit à la répression, n’hésitant à aucun moment à utiliser contre eux, leurs capacités militaires et technologiques, détruisant en quelques jours plusieurs décennies de sacrifices, tuant et massacrant dans l’impunité des dizaines de milliers d’innocents, commettant contre cette humanité les crimes pour lesquels elles érigèrent des tribunaux internationaux auprès desquels ils ne s’estiment pas être passibles d’y comparaître.
C’est un peu ce qu’exprime, non sans cynisme, un Arno Klarsfeld dans les colonnes du journal le Monde du 11 février 2003 quand il dit : « je suis pour la guerre contre l’Irak, parce qu’il est de l’intérêt vital des démocraties d’imposer la démocratisation du monde arabe par la force…».
Parce que l’intérêt d’Israël le commande et qu’il est important de «normaliser», de domestiquer les espaces réfractaires à cet ordre mondial qui se destine à sauver, malgré elle et contre elle une « humanité imperméable » à la modernité et à sa rationalité capitaliste et justifie, par la même, la domination, la violence et le racisme le plus primaire.
C’est avec ce sentiment nullement contenu que Jean François Revel explique les raisons de son soutien aux Etats-Unis dans leur guerre contre l’Irak : (les Occidentaux) se trouvent «devant un peuple (le peuple irakien) incapable de se gouverner lui même et qui en même temps, ne veut pas qu’on s’occupe de lui… Cette contradiction est typiquement arabo-musulmane, c’est un fait de civilisation» (23).
Malgré nos réticences à souscrire à la thèse d’un conflit de « civilisations », force est de constater que les guerres les plus meurtrières dans lesquelles se sont engagés totalement les Etats-Unis, depuis la seconde guerre mondiale et en dehors du Vietnam, sont l’Irak et l’Afghanistan- qui ne cessent de faire, tous les jours, l’expérience de l’occupation et de goûter aux douceurs de la démocratie et aux bienfaits des droits de l’homme, version américaine- et menacent la Syrie , la Libye , l’Iran et le Soudan.
Est-ce un hasard que les seuls pays visés par l’animosité des Etats-Unis soient musulmans ? Est-ce qu’il ne faudrait pas chercher ici, les raisons de ce mutisme des intellectuels européens devant ce qui ne peut être désigné que comme un génocide ?
Est-ce que la convoitise des richesses de leur sous-sol peut à elle seule expliquer la haine qui autorisa le massacre de millions de femmes et d’enfants irakiens, condamnés à subir durant plus d’une décennie un embargo des plus meurtriers,
Il n’y eut dans la tradition américaine, que les Amérindiens, «habités par le diable», qui subirent avec une telle constance cette politique d’extermination et n’échappèrent que de peu au sort qui fut celui des Tasmaniens dont le dernier représentant est exposé depuis bientôt un siècle et demi dans un musée.
Notes :
(1) Bob Woodward : Plan d’attaque, Editions Denoël, Paris, 2004.
(2) Michel Bugnon Mordant : Etats-Unis, la manipulation planétaire, Editions Favre, Lausanne, 2003, p.194.
(3) Zbigniew Brzezinski : Le grand échiquier, l’Amérique et le reste du monde Bayard édition, Paris 1997, p.59.
(4) Idem.
(5) Bob Woodward : op.cit. p. 248.
(6) WilliamBlum: L’Etat voyou l’Aventurine, Paris2002, p.103.
(7) New York Times: 28septembre 1996, page 22, in W. Blum, op. cit. p.99.
(8) Idem : 23 janvier 1975, in W. Blum, op. cit. p.103.
(9) François Cardona : in El Watan, Alger, 5 août 2004.
(10) Noam Chomsky : Les Etats voyous, Le serpent à plumes, p.29.
(11) Noam Chomsky : il manifesto, 15 septembre 2004.
(12) Ibrahim Wade : Le Monde diplomatique, mai 2004.
(13) Michel Bugnon Mordant : op. cit. p.154.
(14) Le nouvel observateur, 27 mai-2 juin 2004, p.14.
(15) Idem, p.18.
(16) Idem, p.13juste
(17) Idem, p.18.
(18) Interview à la B.B .C. de Jay Garner, 19 mars 2004.
(19) http://www.altermonde.levillage.org
(20) Peter Scowen : Le Livre noir des Etats-Unis, Mango document, Paris 2002.
(21) Idem.
(22) Noam Chomsky, op.cit.
(23) Le Figaro, 8 septembre 2003.


Khaled Bensmaïn Source : http://www.lequotidien-oran.com/ 20 janvier 2005 Adriana Evangelizt
http://palestine.over-blog.net/article-22965688.html
http://palestine.over-blog.net/article-22963989.html

Sources :
ISM



Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda,

21/09/2008

n°391 - Journal d'Irak -09-09 au 19-09- Début - L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines.

°391 - Journal d'Irak -09-09 au 19-09- Début - L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines.

Journal d'Irak   - Début -  

N°391du 09/09 au 19/09/08

M.Lemaire


Sommaire                                 - Début -

Tiré à part :

Un retrait en 2011 ?

Odierno prend la tête de la Force multinationale.

Dommages Collateraux... Irak: choléra.

Occupation de l'Irak

Analyse & déclaration

De nombreux alliés des USA se retireront d'Irak d'ici trois mois.

3 Politique 1) collaborateurs Irakiens 2) occupants 

Suite

4 Libération du territoire Détails.

L'Irak en chiffre.  Tués selon Casualties
5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
5-1 Mort de reporters en Irak: la chaîne Charqia accuse la TV publique.
5-2  3 Journalistes locaux arrêtes aux USA. Que fait RSF ?!?
5-4 Vidéos de D. Gorteau sur la guerre en IRAK.
Fin 6 Brèves
6-1 L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines.
6-2 200 prisonniers irakiens transférés à l'étranger pour "interrogatoires".
6-3 Prisonniers : L'armée US transfère des combattants étrangers vers leur pays d'origine.
6-4 Un documentaire choc sur les dessous des tortures réalisées à Guantanmo et qui ont provoqué un vrai scandale en 2003.
6-5 Les peshmergas sont la cible d’attentats en Irak.
7 Dossiers
7-1 Point de vue de Ousmane Sow : Tortures dans le monde : Raison d’Etat et morale.
8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
8-1 Retrait complet du Japon qui va cesser sa mission de soutien logistique.
9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
9-1 Les armes de guerre sont destinées à remporter la guerre mais les bombes à sous-munitions vont bien au-delà

L'Irak en chiffre: du 09-09 au 19/09/08


Tués

Blessés

Peuple irakien

60 + x

127 + x

Usboys/Autres boys + miliciens

23

5

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

58

70


Tiré à part :

Un retrait en 2011 ?

En négociation depuis des semaines sur le futur statut des forces américaines en Irak, le "gouvernement" de Bagdad et les Américians sont arrivés à un calendrier de retrait des troupes américaines. Ce texte est présenté comme un "projet".  C. Rice, ministre des affaires étrangères des USA en tournée en Irak pour finaliser l'accord Le vice-ministre irakien des Affaires étrangères, Mohammed al- Haj Hamoud, le principal négociateur irakien, a  déclaré à la chaîne de télévision que les troupes américaines se  retireraient complètement du pays d'ici la fin de l'année 2011. Il a également indiqué que les troupes américaines se retireraient des villes d'ici juin 2009.  Ce projet d'accord doit être accepté par les deux parties. Pour l'équipe Bush finissante c'est une façon de montrer que la guerre n'est pas un total échec et que des forces us vont rester entre 2009 et 2011 pour surveiller la production de pétrole avant peut-être d'obtenir des bases permanentes comme en Corée du Sud. Pour le "gouvernement" irakien c'est une façon de montrer sa relative indépendance et de se concilier les nationalistes de toutes tendances qui s'opposent toujours à l'occupation. Rappelons que les partis chiites au pouvoir en Irak sont proches de Téhéran. Reste à signaler que cet accord garantit l'impunité totale des soldats américains en Irak depuis 2003. Posté par terouga
Source : "gouvernement" irakien et médias internationaux
16 août 2008

Odierno prend la tête de la Force multinationale. 06-09 David Petraeus, qui termine un commandement de 19 mois, deviendra chef du commandement central pour toutes les opérations militaires au Moyen-Orient et en Asie centrale.
Il aura ainsi la responsabilité de superviser les deux guerres que les Etats-Unis mènent de front en Irak et en Afghanistan.
Petraeus a déclaré récemment que les violences en Irak approchaient un niveau "normal". Dans un entretien vendredi à l'AFP, il a estimé que l'Irak n'était pas à l'abri d'une "résurgence" d'Al-Qaïda.
AFP
15-09 Le général US Raymond Odierno prend mardi la tête de la Force multinationale en Irak en succédant au général David Petraeus, appelé à gérer désormais de front l'Irak et l'Afghanistan. Ce dernier, artisan d'une nouvelle stratégie qui porte ses fruits, achève mardi un commandement de 19 mois et va être à la tête du commandement central pour toutes les opérations militaires au Moyen-Orient et en Asie centrale. (15-09 AFP)

Dommages Collateraux... Irak: choléra. Une source hospitalière anonyme a ainsi dénombré 30 morts et plus de 130 malades à travers la province. Début septembre, Mohammed al-Massoudi, chef du conseil provincial de Babylone, avait réclamé l'aide des Nations unies et des organisations humanitaires pour faire face à l'épidémie, en critiquant l'inaction du gouvernement irakien sur la question. Selon lui, l'apparition de l'épidémie est due à la pollution de l'eau et au manque d'efficacité des services gouvernementaux chargés de la contrôler. Saad Abdel-Amir, un ingénieur du département de l'eau de la province, a indiqué jeudi à l'AFP que "seuls 40% des zones habitées à Babylone sont desservies par de l'eau propre". (AFP- 17-09 )

Le gouvernement revoit à la baisse le nombre de victimes du choléra.

Le gouvernement irakien a abaissé jeudi le nombre de victimes de l'épidémie de choléra qui sévit dans le sud du pays, qu'il estime à 5 morts(…)  et 125 personnes atteintes, alors que des sources Dans la province de Babylone, l'une des plus touchées par l'épidémie, plusieurs sources interrogées par l'AFP étaient cependant beaucoup plus alarmistes jeudi. (AFP- 18-09 ) Tikrit, 19-09 "Vers 02H00 vendredi (23H00 GMT jeudi), la maison a été encerclée par les forces américains puis, peu de temps après, bombardée par des hélicoptères américains", a déclaré à l’AFP un témoin, Abdel Karim Khalil Ibrahim, cousin de la famille visée par le raid, qui habite à 50 mètres de là.
"Huit personnes de la même famille, cinq hommes et trois femmes, ont été tuées par un bombardement aérien américain visant leur maison" avant l’aube dans le village d’Al-Dour près de Tikrit, à 180 km au nord de Bagdad, a déclaré le lieutenant Firas al-Douri. Un enfant a également été blessé.
AFP


Occupation de l'Irak Analyse & déclaration

De nombreux alliés des USA se retireront d'Irak d'ici trois mois. Le nombre d'alliés des Etats-Unis impliqués dans la guerre en Irak sera réduit à "une poignée" d'ici trois mois, a annoncé mardi un haut responsable de l'administration Bush. "La même logique du retour après un succès s'appliquera dans les mois qui viennent aux forces de la coalition", a expliqué ce responsable devant la presse. "Tout comme nous sommes en train de remodeler la structure du contingent américain, nous allons redessiner les contours de la coalition. "De 29 pays aujourd'hui, nous descendrons à une poignée (de pays) dans les 90 prochains jours", a-t-il dit, sans donner de chiffre ou de noms de pays précis. Reuters 09-09


USA & Coalition Le Pentagone annonce une baisse des attaques contre elle.

Les occupants en Irak, annonce une baisse continue des violences en Irak. Cela semble correspondre à une certaine réalité car une partie de la résistance sunnite a accepté de pactiser avec les Américains pour :

1. défaire al-Qaïda qui s'en prend surtout aux civils,

2. recevoir de quoi nourrir la population via des chefs de tribus,

3. être armé contre le "gouvernement" dominé par les Chiites qui a laissé des milices mener le "nettoyage religieux" de certaines zones mixtes.

Côté chiite M. al-Sadr, principal opposant à l'occupation a déclaré à plusieurs reprises souhaiter prolonger le cessez-le-feu avec le "gouvernement" et les occupants. Il est donc en partie exact de constater que la violence entre Irakiens et entre Irakiens armés et Américains baisse, mais cette baisse est lente. Le mois de juillet 2008, le plus "calme" depuis l'occupation a tout de même coûté la vie  a 13 soldats de Bush et août 2008 en a tué autant pour les deux seules premières semaines. Chaque jour des attentats, des accrochages et des violences montrent que la situation est loin d'être stabilisée. http://guerreenirak.canalblog.com/ Ps : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs


3) Politique a) des collaborateurs Irakiens    Proposition de retrait pour 2010

09-09 Le "gouvernement" irakien a proposé le 8 août 2008 un calendrier de retrait des forces d'occupation pour octobre 2010. Aussitôt M. al-Sadr, autre figure du chiisme politique, a annoncé qu'il dissoudrait sa milice si le retrait avait lieu. Du côté des Américains, qui négocient actuellement le futur statut des troupes us en Irak, c'est le silence : aucune réaction n'a eu lieu. En effet la résolution de l'ONU qui a légalisé l'occupation de l'Irak expire fin 2008. Cette proposition laisserait la porte ouverte au maintien de certaines unités de soutien au "gouvernement". Source : media internationaux et "gouvernement" irakie



b) Des occupants 

3-1 Usa Occupation de l'Irak

09-09 Le secrétaire américain à la guerre Gates, doit assister à la prise de fonction du général Odierno. Récemment nommé chef d'état-major adjoint de l'armée de Terre américaine, ce militaire de 54 ans est réputé fin stratège. Gates :"Il est entendu que nous resterons aussi engagés que nous le sommes actuellement, mais les domaines dans lesquels nous sommes sérieusement engagés continueront, je pense, de se réduire",
"Et le défi pour le général Odierno porte sur la manière de travailler avec les Irakiens pour préserver ce qui a déjà été acquis (dans le domaine sécuritaire), et l'étendre même alors que le nombre de troupes américaines diminue".
Odierno, commandant des forces américaines de décembre 2006 à mars 2008 et alors bras droit du général Petraeus, a mis en musique sur le terrain l'arrivée des renforts.
AFP
http://www.edicom.ch/fr/news/international/robert-gates-a-bagdad-32-morts-dans-des-attentats-en-irak_1188-5728663

15-09 "Le défi pour le général Odierno porte sur la manière de travailler avec les Irakiens pour préserver ce qui a déjà été acquis (dans le domaine sécuritaire), et l'étendre même alors que le nombre de troupes américaines diminue", a estimé Gates,  (15-09 AFP)

Prisons, exactions & torture

Des soldats Us accusé du meurtre d’Ali Mansour. L'audition du sergent américain Hal Warner, accusé d'avoir tué en mai un Irakien, s'est achevée dimanche par un très sévère réquisitoire de l'accusation qui a estimé le militaire coupable et réclamé son renvoi en cour martiale. Il revient maintenant au commandement de l'armée américaine de décider ces prochaines semaines, au vu des résultats de cette audition, si le sergent-chef de 34 ans doit être traduit ou non en cour martiale pour être jugé et éventuellement condamné. L'audition s'est déroulée pendant deux jours sur la base américaine de Camp Speicher, près de Tikrit (180 km au nord de Bagdad). Et les témoins ont accablé, les uns après les autres, le sergent-chef Warner, co-accusé dans cette affaire. Dans la matinée, un interprète irakien de la section du sergent Warner a ainsi décrit en détail l'exécution de la victime par l'accusé et son supérieur, le lieutenant Michael Behenna, qui sera entendu le 20 septembre. "Il existe des bases raisonnables pour penser que le prévenu a commis les crimes dont il est accusé", a conclu le procureur militaire, le capitaine Meghan Poirier, dans son réquisitoire, confirmant le souhait de l'accusation de le voir passer en cour martiale. "Au vu des témoignages recueillis, le sergent Warner peut être poursuivi devant une cour martiale", avait déclaré dès samedi l'adjoint du capitaine Poirier, le capitaine Jason Elbert. Tous deux originaire de l'Etat d'Oklahoma, le sergent-chef Warner et le lieutenant Michael Behenna sont accusés de "meurtre avec préméditation" et "agression" sur la personne d'Ali Mansour, un Irakien de 24 ans, ainsi que de "faux témoignage et obstruction à la justice". Les témoignages entendus samedi et dimanche, notamment ceux des soldats du bataillon commandé par le lieutenant Behenna, concordent tous sur le scénario du crime. Ils ont d'abord raconté la journée du 16 mai, au cours de laquelle Ali Mansour, un prisonnier arrêté le 5 mai car soupçonné de mener des opérations anti-américaines, devait être libéré, faute de preuves. Mais au lieu de le déposer dans son village comme prévu, le convoi, sur ordre du lieutenant Behenna, a continué sa route jusqu'au coucher du soleil, avant de s'arrêter au pied d'un pont de chemin de fer, aux portes du désert. Le lieutenant Behenna a alors sorti discrètement Ali Mansour, qu'il avait placé dans un véhicule en queue de convoi, et l'a emmené dans le tunnel creusé sous le pont, accompagné du sergent Warner et de leur interprète irakien. Ce dernier a détaillé comment Behenna, 25 ans, et Warner avaient déshabillé Ali Mansour. Le premier l'aurait alors abattu de deux balles de pistolet, avant que le second n'actionne une grenade incendiaire sous sa tête. Le lieutenant Behenna voulait ainsi défigurer Ali Mansour pour empêcher qu'ils ne soit identifié, ont affirmé plusieurs de ses soldats. Les deux militaires ont ensuite demandé à leurs hommes de faire une fausse déclaration indiquant qu'Ami Mansour avait été libéré comme prévu. Selon plusieurs de ses hommes, le commandant Behenna était persuadé qu'Ali Mansour avait organisé une attaque à la bombe qui avait frappé un convoi de la section et tué deux de ses hommes le 21 avril. Dans son réquisitoire, le capitaine Poirier a estimé que le sergent Warner avait été partie prenante de la réalisation de cet assassinat, mais aussi dans sa préparation, ce dont doutaient certains soldats de la section. "Nous ne contestons pas le fait que le sergent Behenna ait tué Ali Mansour", a ajouté capitaine Poirier, "mais nous accusons le sergent Warner d'être un acteur principal de ce meurtre au vu du rôle qu'il y a joué", a-t-elle ajouté. Emmanuel DUCQ AFP 14-09 CAMP SPEICHER


Un sergent américain entendu pour avoir tué puis brûlé le corps d’un Irakien. Une cour militaire américaine en Irak a commencé samedi à étudier les chefs d’inculpation contre le sergent-chef Hal Warner, un soldat américain soupçonné d’avoir abattu en mai un Irakien avant de brûler son corps avec une grenade.
Le sergent-chef Warner, originaire de l’état de l’Oklahoma, est poursuivi, avec le lieutenant Michael Behenna pour avoir tué Ali Mansour Mohammed, un Irakien détenu en mai par les deux soldats.
L’audition de Hal Warner doit durer deux jours. Elle précède celle du lieutenant Michael Behenna qui doit débuter le 20 septembre.
Les deux hommes sont entendus par une cour militaire sur la base Speicher, située près de Tikrit, à 180 km au nord de la capitale irakienne. Cette cour décidera ensuite d’un renvoi ou pas de l’affaire devant une cour martiale.
Ajournée à deux reprises, l’audience a finalement pu débuter samedi.
Le sergent-chef Warner est accusé de "meurtre avec préméditation, agression, faux témoignage et obstruction à la justice".
Les deux soldats, dont la compagnie était basée près de la ville de Baïji, à 200 km au nord de Bagdad, sont poursuivis depuis l’enquête criminelle sur la mort de Mohammed, "un détenu dont on pensait initialement qu’il avait été relâché par les forces de la coalition le 16 mai 2008", selon l’armée américaine.
Les faits remontent au 5 mai avec l’arrestation de Mohammed à son domicile de Tikrit. Lors de cette arrestation, l’Irakien est battu par le sergent-chef, selon le dossier de l’enquête.
L’homme est ensuite détenu jusqu’au 16 mai alors qu’il aurait dû être libéré et conduit à un barrage tenu par les milices luttant contre Al-Qaïda.
Selon le dossier d’inculpation, le sergent-chef et le lieutenant Behenna abattent Mohammed avant de mettre le feu à son corps à l’arrière d’un véhicule militaire au moyen d’une grenade à thermite, une arme qui n’explose pas mais produit une chaleur intense.
La grenade est placée sous la tête du détenu.
L’accusé est apparu tendu lors de la première journée d’audience alors que les chefs d’inculpation lui étaient signifiés.
Le premier témoin, un officier de la police irakienne, a raconté avoir trouvé le corps le 17 mai sous un pont.
Le corps était nu, partiellement brûlé au visage, étendu dans une mare de sang, selon l’officier de police indiquant que le corps n’était pas encore rigide.
L’armée américaine est impliquée dans une série de scandales où des soldats sont soupçonnés d’avoir tué ou maltraité des civils irakiens de sang froid.
L’affaire de la tuerie d’Haditha, le pire crime de guerre reproché aux Américains en Irak, est toujours jugée.
Un groupe de Marines est accusé d’avoir tué 24 civils irakiens en novembre 2005 dans la localité d’Haditha après la mort d’un soldat tué par une bombe artisanale sur le bord de la route.
Huit Marines avaient été initialement poursuivis en 2006 mais la plupart d’entre eux ont été acquittés ou les chefs d’inculpation abandonnés avant le procès final.
En juin, un colonel des Marines traduit en cour martiale pour son rôle présumé dans la tuerie de Haditha a bénéficié d’un non-lieu devenant le septième soldat blanchi.
La procédure, instruite à Camp Pendleton, la plus grande base de Marines au monde, à 130 km au sud de Los Angeles, avait été ouverte après la mise au jour de l’affaire par l’hebdomadaire Time au printemps 2006.
(Al-Oufok avec les agences de presse) 13-09

Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda,

n°391 - Journal d'Irak -09-09 au 19-09- Suite 1- L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines.

n°391 - Journal d'Irak -09-09 au 19-09- Suite 1- L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines.

Journal d'Irak   - Suite 1  

N°391du 09/09 au 19/09/08

M.Lemaire


Sommaire                                 - Suite 1

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 
Tués selon Casualties
5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
5-1 Mort de reporters en Irak: la chaîne Charqia accuse la TV publique.
5-2   3 Journalistes locaux arrêtes aux USA. Que fait RSF ?!?
5-3 Vidéos de D. Gorteau sur la guerre en IRAK.


4 Lutte pour la libération du territoire Pertes déclarée des occupants. Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

12-09

Seize soldats américains de la 57e Unité de l’US Airborne se sont suicidés le week-end dernier dans une base militaire en Irak, à indiqué l’agence Fars News cet après-midi. Les sources de sécurité irakienne ont indiqué que 21 soldats avaient tentés de mettre fin à leur jour, que seize d’entre-eux étaient décédés, et cinq autres dans un état critique. Ces mêmes sources ont précisés qu’ils avaient utilisé un poison très puissant, sans toutefois préciser les motifs de leur acte. Toujours selon la sécurité irakienne, les 21 soldats ont été immédiatement traités dans un hôpital mais seulement cinq d’entre-euxs auraient survécu et seraient ecnore aujourd’hui dans un état critique. Mecanopolis      Publié 12 septembre 2008

18-09

Un Chinook CH-47 s'est écrasé à environ 100 km à l'ouest de Bassorah, la principale ville du sud irakien, alors qu'il effectuait, avec trois autres appareils, une liaison entre le Koweït et la ville irakienne de Balad (nord), précise le communiqué américain. Sept soldats américains ont été tués jeudi, a annoncé l'armée américaine. communiqué. Cet accident est le plus grave depuis celui d'un hélicoptère de transport Blackhawk en août 2007 dans le nord de l'Irak, qui avait fait 14 morts parmi les militaires. L'accident d'hélicoptère le plus meurtrier depuis le début de l'invasion américaine en Irak a eu lieu le 15 novembre 2003, lorsque deux Blackhawks sont entrés en collision près de Mossoul (nord), tuant 17 militaires. En janvier et février 2007, plusieurs appareils militaires s'étaient écrasés, visés par les résistants qui avaient déployé des cellules anti-aériennes au nord de Bagdad. (AFP)


Pertes militaires irakienne - Ville non précisée

Les combats par provinces Détails autorisés par la censure.

1-1 Bagdad 13-09 Samedi soir, une bombe a tué le chef d’un mouvement soutenu par les Etats-Unis dans un quartier de l’ouest de Bagdad.
La charge avait été dissimulée dans le véhicule de Fouad Ali Hussein, qui a été tué par la déflagration, tout comme son bras droit et deux gardes du corps, selon la police.
Huit personnes ont été blessées. (Al-Oufok avec les agences de presse) http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4972  & AP 1

15-09 Au moins douze personnes sont mortes et 32 ont été blessées lundi dans  2 explosion dans le centre de Bagdad, selon un nouveau bilan fourni à l'AFP par des sources au sein des ministères de l'Intérieur et de la Défense. La double attaque s'est produite à Karrada. Les bombes ont explosé à cinq minutes d'écart, vers 11H45 (08H45 GMT), à proximité d'un tribunal, selon un responsable de la sécurité s'exprimant sous couvert d'anonymat. Ces attaques surviennent alors que le secrétaire américain à la Défense Robert Gates effectue une visite surprise à Bagdad. (AFP)


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar ) Dans la province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu quelque 18.000 policiers sont sur le pied de guerre mais seuls environ 3.000 d'entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d'habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri. La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie.   L’armée américaine d’occupation considère Mossoul, comme le premier bastion urbain d’Al Qaïda en Irak,)

Mossoul 14-09
Le responsable du bureau de Mossoul de la chaînede télévision irakienne, Al-Sharkiya , Moussab Mahmoud al-Azaoui, deux cameramen et un chauffeur ont été tués.
Ils ont été enlevés et tués samedi dans la ville de Mossoul (nord) pendant un tournage. Avant l’attaque de samedi, le Comité de protection des journalistes, basé à New York, avait rapporté que 132 journalistes et 50 autres personnes employées par des médias avaient été tués depuis le début de la guerre en Irak en mars 2003. al-Maliki a créé une commission d’enquête sur l’assassinat de quatre employés d’une chaîne de télévision irakienne, Al-Sharkiya. (Al-Oufok avec les agences de presse) http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4972


1-7 Province de Diyala (Baaqouba (chef-lieu- 60 km au nord de Bagdad) Abou Saïda.-Bahriz, Baladrouz,   Balad Rouz,Jaloula, Khalès, Khan Bani Saad, Moqdadiyah, Mouradiya, Yathreb  (La région de Baaqouba, capitale de la province de Diyala, à 60 km au nord de Bagdad, est le théâtre d'attaques visant quasi quotidiennement contre  les forces colonialistes et ses acolytes sur le terrain Jalawla, 14-09 Trois engins explosifs déposés le long d’une route à Jalawla, à 95km au nord de la capitale, ont visé un convoi de la police, a rapporté Ibrahim Bajilan, responsable du conseil provincial de Diyala

Cinq policiers irakiens ont été tués et huit autres blessés dimanche dans l’explosion des plusieurs bombes, selon une source officielle.
(Al-Oufok avec les agences de presse)

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4972
Khanakine, 13-09 Au moins six peshmergas, dont un commandant, ont été tués dans unattentat contre les combattants kurdes toujours déployés dans la province de Diyala malgré un ordre de retrait du gouvernement. Cette attaque s’est produite à l’ouest de Khanaqine, une ville de la province de Diyala, frontalière de l’Iran et l’une des plus dangereuses d’Irak. (Al-Oufok avec les agences de presse)

1-11  Province de Salahedinne : Baïji et Samarra sont situées dans la province de Salaheddine, qui a pour capitale Tikrit, Cette région est l'un des bastions de la résistance.

Doudjaïl, (située à 50 km au nord de Bagdad) 12-09 Explosion d'une voiture devant le commissariat de police, a fait vendredi 32 morts et 43  blessés a  annoncé la police irakienne. Mais c'est une clinique voisine qui a subi les plus gros dégâts, précise la police. D'après elle, des policiers ainsi que des civils figurent parmi les victimes. (Reuters & AP)


1-13 Les autres villes de l'Irak occupée

Balad Ruz, 15-09 Une kamikaze s'est fait exploser lundi soir à Balad Ruz, une ville située à 70km au nord-est de la capitale.dans la maison de Al-Timini, un ancien responsable policier qui venait d'être libéré d'une prison tenue par les forces américaines, faisant 22 morts, dont un grand nombre de policiers, (Al-Timini, ses parents et deux enfants ont été tués )et 33 blessés selon les autorités irakiennes. Parmi les morts décédées figurent cinq hauts responsables policiers, deux capitaines et trois lieutenants-colonels, selon un policier ayant requis l'anonymat. Cet ancien responsable policier, Adnan Choukr al-Timini, avait été libéré dans la matinée après avoir été détenu pendant un an à Camp Bucca, une prison tenue par les forces américaines dans le sud de l'Irak, sous l'accusation de collaboration avec l'Armée du Mahdi. AP



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en2003)

 

 
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation)

679.502

Civils blessés (depuis l'occupation)  70.723 ( chiffre très très minimum)
Civils violés (par les troupes d'occupations) 2.507     (voir Ibrahim Allousch
Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...) 8.938    (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) tués 3.994  (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) blessés 3.885   (chiffre minimum)
En prison 40.268. (chiffre minimum)
Embargo 750.000 enfants (chiffre minimal)
Embargo 750.000 adultes (chiffre moyen)
Militaires irakiens tués pendant l'invasion 45.595 (chiffre minimal)
Civils tués pendant l'invasion 120.190 (chiffre minimal)

Coalition

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.539

Soldats rapatriés (blessés ou malades) 52.715 (chiffre très minimal)
(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)
Disparus (dans la nature) 1.014
Désertions 5.501
Mutinerie 2 corps + 25
Aide psychologique 66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

595 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés, 27 103
Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

12.091

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.170 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature) 13.854

Autres tués (collaborateur  & mercenaires & autres)

5.306

Autres blessés ( collaborateur & mercenaires & autres)

9.087

Oléoducs,les infrastructures pétrolières & d'electricité 464 attaques (grand minimum)
Infrastructures du rail 195 attaques (idem)
Hélicopteres 99 ++              (idem)
Avions (& drone) 28 ++

 

 Ces totaux sont obtenu par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET 

The War in Iraq Costs $553,769,741,672

See the cost of war counter for your community: Le 13/9  14H55

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  12-09  Le Comité de protection des journalistes, basé à New York, avait rapporté que 132 journalistes et 50 autres personnes employées par des médias avaient été tués depuis le début de la guerre en Irak en mars 2003. AP

5-1 Mort de reporters en Irak: la chaîne Charqia accuse la TV publique.

Quatre membres d'une équipe de Charqia ont été enlevés puis exécutés samedi par des inconnus alors qu'ils enregistraient une émission populaire pendant le ramadan à Mossoul (nord), bastion d'Al-Qaïda. Les quatre ont été enlevées dans le quartier al-Zenjili, dans le centre de Mossoul (370 km au nord de Bagdad.Les corps, de Moussab al-Azzaoui, le chef du bureau de la chaîne à Mossoul, ses deux caméramans Ahmed Salem et Ihab Maad, et leur chauffeur Qaïdar Souleimane, ont été retrouvés dans un quartier voisin, ont-ils ajouté. L'équipe de télévision devait enregistrer une émission populaire pendant le ramadan où la chaîne apporte nourriture et cadeaux à une famille pauvre pour l'iftar, le repas de rupture du jeûne. Ils ont été "tués par les forces obscures qui essaient de ruiner la sécurité en Irak et museler la liberté d'expression", a déclaré la chaîne, dont le propriétaire, Saad al-Bazzaz, est basé à Londres. La télévision publique irakienne "porte la responsabilité morale" du meurtre samedi de quatre membres d'une équipe de la chaîne privée irakienne Charqia en raison d'une "campagne de calomnie" contre la chaîne, a déclaré à l'AFP un responsable de Charqia. "La chaîne gouvernementale et ceux qui sont derrière elle portent la responsabilité éthique et morale de ce crime", a déclaré à l'AFP le rédacteur en chef de Charqia, Ali Wajih, à Dubai, d'où émet la chaîne qui dispose de bureaux à Londres également. Il a accusé la chaîne publique Al-Iraqiya d'avoir mené une "campagne de calomnie contre les journalistes travaillant pour Charqia", après que ces derniers eurent diffusé il y a six jours un reportage sur "la torture dans les prisons irakiennes". M. Wajih a estimé que ce genre de campagne avait pour objectif de "faire pression sur les journalistes travaillant pour les médias indépendants". Al-Iraqiya avait accusé Charqia de "blesser les Irakiens" après la diffusion du reportage sur la torture, a dit M. Wajih. "Il est regrettable que les chaînes publiques soient utilisées pour attaquer les chaînes indépendantes", a-t-il ajouté. Au moins 237 employés de presse, dont 22 étrangers, ont été tués en Irak depuis l'invasion américaine en mars 2003, selon l'Observatoire irakien de la liberté de la presse (JFO), la principale association de défense de la liberté de presse en Irak. Le 22 juillet, un journaliste de 23 ans avait été abattu par des inconnus dans un quartier kurde de Kirkouk (nord). Le 17 juin, un autre avait été assassiné par des hommes armés alors qu'il sortait de chez lui à Mossoul. 13-09 (Al-Oufok avec les agences de presse et AFP )

5-2   3 Journalistes locaux arrêtes aux USA. Que fait RSF ?!?
La Convention du Parti Républicain qui se tient à St Paul (Minnesota) a été le théâtre d’une importante manifestation d’opposants à la politique de l’'administration Bush. Quelque 10.000 manifestants ont ainsi conspué le Président Bush et sa politique étrangère.
Des échauffourées se sont produites, conduisant à plusieurs centaines d’'arrestations.
Parmi les personnes arrêtées figure notamment la journaliste américaine Amy Goodman, célèbre à travers tout le pays par son programme radiophonique Democracy Now !, diffusé sur les radios locales et le Net. Alors qu'’elle protestait contre l'arrestation de deux journalistes de son équipe - qui faisaient leur métier en interrogeant des manifestants dans la rue -, Amy Goodman l'a été à son tour par les forces de l'ordre. Les trois journalistes n'ont pour l’'heure toujours pas été relâchés.
COMMENTAIRE
L'’émission Democracy Now ! détonne aux Etats-Unis par sa critique très vive de la politique étrangère américaine et sa dénonciation des inégalités sociales. L’'arrestation de trois journalistes, qui couvraient pour cette émission les manifestations contre la politique du Président George W. Bush, en dit long sur le climat policier de plus en plus fascisant qui règne outre-Atlantique dès lors que les véritables questions politiques sont mises sur la table.
Ces arrestations nous permettent aussi de prendre toute la mesure du fameux Robert Ménard et de l’'association Reporters sans frontières, que certains observateurs bien informés soupçonnent d’'être "très proches des intérêts américains".
De fait, toujours prompt à dénoncer la situation des journalistes dans les pays qui déplaisent à Washington, vociférant continuellement contre les autorités françaises parce qu'’elles n’'ont pas boycotté les JO de Pékin (mais n’'adressant pas ce même reproche aux Américains…), M. Ménard et son association n'’ont toujours pas réagi à l’'arrestation de Mme Goodman et de ses deux confrères. Ce silence assourdissant ne sonne-t-il pas comme un aveu ?
03-09 Annexe IFEX : DES REPORTERS ARRÊTÉS TANDIS QU'ILS COUVRAIENT DES CONVENTIONS POLITIQUES
Trois journalistes d'une populaire émission de la radiotélévision publique américaine « Democracy Now! » et un photographe d'Associated Press (AP) ont été traités sans ménagement et cinq autres arrêtés tandis qu'ils couvraient des manifestants qui dénonçaient la guerre le 1er septembre, lors de la Convention nationale du parti républicain à Saint Paul, au Minnesota, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et des groupes locaux de défense des médias. L'animatrice de l'émission « Democracy Now! » à la radio, Amy Goodman, et les producteurs Sharif Abdel Kouddous et Nicole Salazar ont tous été relâchés, mais sont toujours susceptibles d'être inculpés - Goodman est accusée d'obstruction, tandis que des accusations de participation à une émeute sont pendantes contre Kouddous et Salazar. Le photographe Matt Rourke de l'agence Associated Press a aussi été arrêté pendant les manifestations. « La couverture des nouvelles est une activité protégée par la constitution, et la couverture d'une émeute fait partie de cette protection », déclare David Ake, chef adjoint du bureau d'AP à Washington. D'après « Democracy Now! », Kouddous a été projeté contre un mur et immobilisé au sol, il a subi des blessures aux bras, à la poitrine et au dos. Pour sa part, Salazar a été projetée au sol tandis qu'elle criait « Je suis de la presse! », ce qui lui a valu un nez ensanglanté. Goodman a été arrêtée de manière agressive tandis qu'elle tentait de libérer ses collègues. Son arrestation a été filmée ( http://www.youtube.com/watch?v=oYjyvkR0bGQ ). Goodman est une journaliste indépendante respectée aux États-Unis. Il y a un mois à peine, elle a été proclamée lauréate du prix de la Communication pour la Paix , décernée par l'Association mondiale pour la Communication chrétienne (AMCC). « Nous nous inquiétons de ce que la police de Saint Paul a empêché des journalistes de couvrir une nouvelle de dernière heure », dit le CPJ. « Il est évident que les quatre journalistes étaient là pour faire leur travail. Nous prions instamment les autorités d'abandonner les accusations à venir et de permettre aux journalistes de poursuivre leur travail. »
La police a arrêté plus de 250 personnes lors de l'événement de lundi, rapporte l'AP. La marche non violente contre la guerre a rassemblé jusqu'à 10 000 personnes, mais de petits groupes ont fracassé des vitrines, lacéré des pneus et harcelé des délégués. Les policiers auraient fait usage de poivre de Cayenne, de balles de caoutchouc, de grenades traumatisantes et d'une force excessive pour disperser les manifestants. Plus tôt durant le week end, la police avait « devancé » les manifestations en effectuant une descente dans une réunion du groupe de vidéojournalistes « I-Witness » - à la pointe des armes - pour arrêter des représentants de médias indépendants, des blogueurs et des vidéastes. Le groupe « Free Press », qui prône une réforme des médias américains, fait circuler une lettre publique adressée au maire de Saint Paul, au comité organisateur de la convention nationale du parti républicain et aux procureurs locaux pour exiger l'abandon des charges et pour que cesse immédiatement l'intimidation de la presse. En moins de 24 heures, la lettre a déjà recueilli plus de 35 000 signatures. Ajoutez-y votre nom ici : http://tinyurl.com/55jlsg Par ailleurs, à la Convention nationale du parti démocrate la semaine dernière, le CPJ rapportait que la police avait arrêté Asa Eslocker, producteur à ABC News, tandis que lui et son équipe tentaient de filmer des officiels et de donateurs du parti démocrate qui sortaient d'une réunion privée à l'Hôtel Brown Palace de Denver, au Colorado. Eslocker enquêtait sur le rôle des lobbyistes et des gros donateurs à la Convention nationale du parti démocrate. La police a déclaré à ABC News que Eslocker est inculpé de violation du droit de propriété, d'ingérence et d'avoir omis de se conformer à un ordre signifié par un représentant des forces de l'ordre. Une bande vidéo de la scène survenue le 27 août montre un officier du Bureau du Sheriff du comté de Boulder ordonner à Eslocker de dégager le trottoir « de l'hôtel ». Puis l'officier pousse Eslocker pour lui faire quitter le trottoir et l'envoyer vers des voitures qui approchent. Lorsque Eslocker est revenu sur le trottoir deux heures plus tard, un sergent de la police de Denver, accompagné d'une équipe de cinq autres policiers, lui a passé les menottes de manière agressive. Le producteur et son équipe étaient seulement « sur le trottoir et non dans l'hôtel », a déclaré au CPJ le réseau ABC News. « Nous ne faisons que notre travail, c'est-à-dire essayer de documenter la convergence de l'argent et de la politique... Notre producteur agissait de manière appropriée et ne faisait que son travail. » Eslocker a été relâché le 28 août après avoir déposé une caution de 500 $. Consulter les sites suivants :
- CPJ : http://tinyurl.com/5bf7xo
- CPJ, à propos du producteur de ABC News pendant la Convention démocrate (avec vidéo de l'arrestation) : http://tinyurl.com/5e8uqb
- Reporters sans frontières (RSF) : http://tinyurl.com/5hufcf
- « Democracy Now! » : http://tinyurl.com/5arvg5
- Vidéo de l'arrestation de Goodman : http://tinyurl.com/59ndue
- AP, à propos de l'arrestation des journalistes d'AP : http://tinyurl.com/63887u
- Autres journalistes arrêtés (sur « The UpTake ») : http://theuptake.org/
- Vidéo de la descente de la police contre les journalistes de « I-Witness » : http://tinyurl.com/5af7fa
- Goodman parle de sa détention sur le réseau « The Real News » : http://tinyurl.com/6n3dvz
- AMCC : http://tinyurl.com/5hgzeo
- Pétition de FreePress.net : http://tinyurl.com/55jlsg
http://www.ifex.org/fr/content/view/full/96762/

5-3 Vidéos de D. Gorteau sur la guerre en IRAK. Première partie :
- les causes de l'invasion
- le déroulement de l'invasion
- qui sont les résistants ?

http://fr.youtube.com/watch?v=d6O8j3qIzRc

Deuxième partie :
- Comment se passe l'invasion ?
- y a-t-il une guerre civile en Irak ?
- combien la guerre a-t-elle fait de victime ?

http://fr.youtube.com/watch?v=V-S4uy6Bjd8

Troisième partie :
- la situation se calme-t-elle en Irak ?
- les Américains vont-ils se retirer ?

http://fr.youtube.com/watch?v=BbAPuzqXU9Y

11 septembre 2008

n°391 - Journal d'Irak -09-09 au 19-09- Fin- L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines.

n°391 - Journal d'Irak -09-09 au 19-09- Fin- L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines.

Journal d'Irak   - Fin-  

N°391du 09/09 au 19/09/08

M.Lemaire


6 Brèves

6-1 L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines.

6-2 200 prisonniers irakiens transférés à l'étranger pour "interrogatoires".

6-3 Prisonniers  : L'armée US transfère des combattants étrangers vers leur pays d'origine.

6-4 Un documentaire choc sur les dessous des tortures réalisées à Guantanmo et qui ont provoqué un vrai scandale en 2003.

6-5 Les peshmergas sont la cible d’attentats en Irak.

7 Dossiers

7-1 Point de vue de Ousmane Sow : Tortures dans le monde : Raison d’Etat et morale.

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 Retrait complet du Japon qui va cesser sa mission de soutien logistique.

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Les armes de guerre sont destinées à remporter la guerre mais les bombes à sous-munitions vont bien au-delà



6 Les brèves Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

6-1 L'Irak toujours occupé par des soldats occidentaux et des mercenaires de toutes origines. L'Ouganda devrait envoyer plus de 1 000 "gardes de sécurité" (mercenaires) supplémentaires en Irak, portant à 9 000 le nombre total d'ougandais dans le pays, ont  rapporté mercredi les médias locaux.  Ces "gardes" ont été recrutés par Dreshak Security Solutions, l'une des quatre entreprises accréditées pour engager des  Ougandais comme gardes en Irak. Aux dires d'un responsable de Dreshak, Zain-Ul-Arfin Ahmed, avec ce renfort, le nombre de leurs "gardes" en Irak passera de 4 000 à  environ 5 500 Depuis le début de leurs opérations en 2005, les "gardes" ont  apporté 30 millions de dollars au pays. Une partie des gardes en  ont profité pour effectuer des placements dans la propriété  foncière ou investir dans les petites et moyennes entreprises  (PME), a fait savoir M. Ahmed. Pourtant, les salaires des gardes ont considérablement baissé, passant de 1 200 dollars par mois à 600 dollars, en raison d'une concurrence accrue sur ce "marché". Pour plus de détails sur le business de la guerre en Irak lire "la stratégie du choc" de N. Klein


6-2 200 prisonniers irakiens transférés à l'étranger pour "interrogatoires".L'armée américaine a secrètement transféré plus de 200 prisonniers étrangers, capturés en Irak dans les rangs de la guérilla, vers l'Arabie saoudite, l'Egypte et d'autres pays, pour leur confier la détention et les interrogatoires des prisonniers (source : le New York Times dans son édition du jeudi 28 août 2008). Au total, quelque 214 détenus en Irak et au moins deux en Afghanistan ont été envoyés vers leur pays d'origine en quatre ans, selon le quotidien, qui cite des responsables militaires américains s'exprimant sous couvert d'anonymat. Les prisonniers n'auraient été rapatriés vers leur pays d'origine qu'après leur passage dans un centre de détention géré par les Américains, ce qui signifie que leur nom a été répertorié par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ils auraient été livrés aux services de renseignement des différents pays. La connaissance de la langue maternelle des prisonniers et de leur culture rendrait, selon les officiels, les Saoudiens ou les Egyptiens plus aptes à mener les interrogatoires et à agir sur les réseaux islamistes actifs dans leur propre pays. Ces transferts ont aussi pour but de permettre la torture des prisonniers car les autorités us savent que, tôt ou tard, les tribunaux américains vont condamner la torture. La Cour suprême, pourtant dominée par des juges conservateurs, a plusieurs fois dénoncé les patiques du gouvernemnt Bush en matière d'interrogtoire, y compris à Guatanamo. Ces pratiques de délocalisations des supplices permettent d'éviter des poursuites directes aux USA. En Arabie Saoudite comme en Egypte les pires tortures sont courantes dans les divers services de "sécurité". L'armée américaine détiendrait encore quelque 170 prisonniers étrangers sur le sol irakien, dont plus d'une trentaine d'Egyptiens et une vingtaine de Syriens et de Jordaniens. Ils étaient 465 au total en décembre 2005 Source : Le Monde et presse us 30 août 20
6-3 Prisonniers : L'armée US transfère des combattants étrangers vers leur pays d'origine.L'armée américaine a secrètement transféré plus de 200 combattants étrangers capturés en Irak vers l'Arabie Saoudite, l'Egypte et d'autres pays, pour leur confier la détention et les interrogatoires de ces prisonniers, affirme le New York Times. Au total, quelque 214 détenus en Irak et au moins deux en Afghanistan ont été transférés vers leur pays d'origine au cours des quatre dernières années, selon le quotidien qui cite des responsables militaires américains s'exprimant sous couvert d'anonymat. Un porte-parole du Pentagone a confirmé l'existence de transfèrements de prisonniers, tout en refusant de confirmer les détails des opérations décrites dans le New York Times. Ces informations sont "en ligne avec les efforts engagés par le gouvernement américain pour encourager d'autres pays à partager le fardeau d'empêcher ces dangereux individus d'agir", a commenté Bryan Whitman, en précisant que le Pentagone collaborait à cet égard avec "un certain nombre de pays partenaires dans la guerre contre le terrorisme". "Les Etats-Unis disent depuis longtemps ne pas vouloir être le gardien de prison du monde entier", a-t-il souligné, en rappelant que le Pentagone annonçait régulièrement des transfèrements de détenus de la prison américaine de Guantanamo vers leur pays d'origine. La prison américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, et les prisons secrètes de la CIA à l'étranger font l'objet de vives critiques de la part d'organisations de défense des droits de l'Homme. Contrairement aux détenus capturés en Afghanistan par les forces américaines au cours des cinq années suivant les attentats du 11 septembre 2001, majoritairement envoyés à Guantanamo, les suspects faits prisonniers en Irak n'ont jamais été transférés dans des prisons hors du pays, et les Etats-Unis n'avaient jamais jusqu'ici fait état de leur rapatriement. Selon les sources citées par le journal, les prisonniers ne sont rapatriés vers leur pays d'origine qu'après leur passage dans un centre de détention géré par les Américains, ce qui signifie que leur nom est répertorié par la Croix-Rouge . D'après le quotidien, la connaissance de la langue maternelle des prisonniers et de leur culture rend les Saoudiens ou les Egyptiens plus aptes à mener les interrogatoires et à agir sur les réseaux de militants actifs dans leur propre pays. AFP / 28 août


6-4 Un documentaire choc sur les dessous des tortures réalisées à Guantanmo et qui ont provoqué un vrai scandale en 2003.

Extrait : « C’était un vrai foutoir. Tu dois te considérer mort. Si tu en reviens, t’es un putain de veinard. » Nous sommes en octobre 2003. Les Américains occupent un Bagdad en plein chaos. La générale Karpinski est en charge de la prison d’Abou Grahib, une des plus sinistres geôles de Saddam Hussein, quelque chose comme l’enfer sur terre. Fin 2003, l’obsession des Américains est de retrouver Saddam et l’on enferme dans la prison tous les Irakiens susceptibles de fournir des informations. La prison est très vite surpeuplée, attaquée au mortier tous les jours et des matons irakiens fournissent parfois des armes aux prisonniers. Les G.I. et les gardiens américains sont sur les dents. Avec l’arrivée du général Miller et d’officiers du renseignement (« les Tigres de Guantanamo »), tout change. « Il faut guantanamiser les opérations. » Des gardes sont donc chargés d’humilier les prisonniers, de les mettre « en condition de stress » avant les interrogatoires, comme il est précisé clairement dans mémorandum du Pentagone du 27 novembre 2002, contresigné par Donald Rumsfeld. C’est ainsi qu’une bande d’hommes et de femmes vont se prendre en photos en train de tenir des prisonniers en laisse, des Irakiens morts de peur, implorants, attaqués par des chiens, obligés de se masturber, menottés nus, avec une culotte de femme sur la tête, empilés nus les uns sur les autres… A ces « techniques de contre-résistance », autorisées par le Pentagone, donc, on ajoute de petits bonus, notamment de la musique à fond, 24 heures sur 24, dans la prison. Les Irakiens supportaient le rap, Metallica, « mais quand je leur passais de la country, ils imploraient : Par Allah, arrêtez ! » Qui a dit que les bourreaux n’avaient pas d’humour ? 18 septembre 2008Source : http://www.bakchich.info/article4937.html

6-5 Les peshmergas sont la cible d’attentats en Irak.
Ces combattants sont en majorité déployés dans les trois provinces de la région semi-autonome du Kurdistan (nord), mais ils sont aussi stationnés également plus au sud, dans les provinces de Ninive, de Kirkouk et de Diyala, une présence qui suscite parfois des crispations.
Une crise a éclaté en août à Khanaqine entre l’armée irakienne et les peshmergas sur la présence de ces derniers dans la région de Diyala.
Le 15 août, les dirigeants kurdes avaient finalement accepté de retirer, à la demande du gouvernement irakien leurs troupes de Diyala, où quelque 4.000 combattants kurdes étaient déployés depuis près de deux ans.
Mais depuis, les peshmergas ne sont toujours pas partis de la province.
L’armée irakienne avait aussi dit son intention de chasser les partis politiques kurdes des bâtiments publics qu’ils occupaient depuis 2003, ce qui avait déclenché la colère des Kurdes.
Située près de la province du Kurdistan, la zone septentrionale de Diyala est habitée en majorité par des Kurdes chiites, et les dirigeants kurdes affirment qu’elle faisait partie du Kurdistan.
Près de 175.000 personnes vivent dans la municipalité de Khanaqine.
Durant la politique d’arabisation de l’ancien président Saddam Hussein, dans les années 1980, un grande nombre de Kurdes avaient été déplacés et ils ne sont revenus qu’en 2003.
En juin 2006, le conseil municipal de Khanaqine avait demandé que la région, qui compte des champs pétroliers, soit intégrée au Kurdistan.
Le Kurdistan, dans le nord de l’Irak, est une région autonome de facto depuis 1991. Les unités des peshmergas assurent sa défense et la région est régie par une présidence provinciale dirigée par le chef kurde Massoud Barzani, un gouvernement et un parlement.
(Al-Oufok avec les agences de presse)



7 Dossier & Point de vue Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Point de vue de Ousmane Sow : Tortures dans le monde : Raison d’Etat et morale.
En ces temps troubles que connaît le monde, quelles sont les conséquences des actes commis au nom de la raison d’Etat ? Sommes-nous conscients des répercussions des décisions prises en notre nom ?
Extrait Il y a quelques jours, une chaîne de télévision des USA a diffusé, en reprise, un documentaire extraordinaire sur la torture dans le monde et sur les raisons qui poussent des Etats, c’est-à-dire, ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, à autoriser cette pratique qui rappelle que si l’homme descend du singe, il n’est pas encore loin de brouter l’herbe...
Evidemment, le film est un clin d’œil sur l’histoire récente de Washington qui, sous George Bush, a implicitement donné le feu vert aux agents des services secrets afin qu’ils sévissent contre les « combattants ennemis illégaux » capturés en Irak ou en Afghanistan.
Une définition nouvelle du prisonnier de guerre qu’aucune juridiction au monde ne connaît.
Mais peu importe… Ce n’est pas le sujet du jour.
Je reviens donc au documentaire en question. Une séquence est particulièrement intéressante. Dans un sous-sol humide et mal éclairé de Colombo au Sri Lanka, un agent secret du gouvernement local, ravi de lui-même et se définissant comme un « expert » en interrogatoire de prisonniers de la rébellion tamoule raconte cette histoire.
Un jour, des policiers en civil interceptent deux individus suspects. Après les avoir tabassés, ils rapportent qu’ils sont des artificiers liés aux Tigres de libération de l’Elaam Tamoul et qu’ils viennent de déposer une bombe extrêmement puissante dans un lieu public et qu’elle est programmée pour sauter trois heures plus tard. Elle pourrait tuer au minimum 20 personnes.
Puis, ils se taisent. Refusent catégoriquement de parler. Notre « héros » du jour est appelé en renfort. Il se présente dans la salle où les deux hommes nus et enchaînés sont assis. Il pose la question : « Où est la bombe ? ». Une fois. Deux fois. A la troisième fois, il dégaine son pistolet et abat froidement le premier. Le deuxième lui indique immédiatement l’emplacement de la bombe qui est désamorcée avant son explosion.
« Puis, j’ai abattu le second », raconte-t-il en riant.
 Le gouvernement lui a décerné une médaille pour avoir sauvé la vie d’au moins 20 personnes. « Bravo ! » crieront les purs et durs de la répression. Le tortionnaire a bien fait d’abattre ces terroristes et de sauver la vie de dizaines de personnes.
Sauf que, l’histoire ne se termine pas là. En poursuivant ses investigations, le documentariste découvre que les deux frères des terroristes abattus, galvanisés par la mort de leur aîné, ont rejoint la guérilla avec plus de deux cents jeunes du village, outrés par le meurtre froid de leurs parents.
Un des deux jeunes a fabriqué une bombe de quarante kilos qui a tué près de 60 personnes dans un marché de Colombo.
Il a ensuite envoyé une carte postale au tortionnaire qui a tué son frère avec ce mot : « C’est juste un début ». Par la suite, il aurait formé au moins une cinquantaine de jeunes à la fabrication de bombes artisanales, aux techniques de transport et de dissimulation.
Le documentariste pose alors une question à ses auditeurs : Comment concilier la lutte contre le terrorisme et le respect de la vie humaine ? Comment, dans une démocratie, peut-on respecter les droits de l’Homme et lutter contre le terrorisme ? Peut-on concilier droits humains et « guerre au terrorisme » ? Peut-on blâmer des gens qui commettent des crimes contre des terroristes afin de sauver d’autres ? Il ne fait que poser des questions et ne donne aucune réponse. C’est d’ailleurs mieux ainsi. Car, il pousse chacun de nous à réfléchir sur la difficile conciliation entre morale et raison d’Etat.
Cycle infernal
De mon propre point de vue, je pense qu’aucune raison au monde ne saurait justifier la torture qui est le summum de la sauvagerie chez l’être humain. Les régimes qui ont recours à ces méthodes barbares (Dieu sait qu’ils sont nombreux sur Terre) sont disqualifiés à jamais. Parce que, tout simplement, voir le problème sous l’angle de la lutte entre le Bien et le Mal est une optique viciée. Toutes les formes de contestation d’un pouvoir, qu’il s’agisse de rébellion, d’émeutes ou d’opposition violente ont une origine commune : le déficit démocratique, l’injustice.
Cette injustice peut-être politique, économique ou sociale.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal) Les Echos, 10/09/200Les Echos, 10/09/200 http://www.maliweb.net/category.php?NID=35426&intr



8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 Retrait complet du Japon qui va cesser sa mission de soutien logistique. Le Japon va arrêter une mission aérienne d'appui logistique à la coalition sous égide des USA en Irak, ce qui mettra fin à l'implication militaire de l'archipel dans ce pays, débutée en 2004. "Le gouvernement japonais a décidé de s'atteler à mettre fin à la mission des Forces aériennes d'auto-défense en Irak d'ici la fin de l'année", a déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères, Masahiko Komura, lors d'une conférence de presse. Depuis 2004, des avions militaires japonais C-130 basés au Koweït acheminent du personnel et du fret en Irak pour le compte de la coalition menée par les Etats-Unis et pour les Nations unies. Une loi spéciale votée par le parlement japonais pour autoriser cette mission expire en juillet 2009. "Après des consultations suivies avec l'Irak, nous en sommes venus à penser que la situation sur place s'était peu à peu améliorée et que nous parvenions peu à peu à remplir les objectifs de la loi spéciale sur l'Irak" votée au Japon, a expliqué M. Komura. Le ministre a ajouté que les autorités irakiennes montraient "de la compréhension" vis-à-vis de la position japonaise. La fin de cette mission marquera le retrait total du théâtre irakien pour les Forces d'auto-défense japonaises, le nom de l'armée de l'archipel. Un petit contingent terrestre japonais avait été envoyé en Irak en 2004, à l'initiative du Premier ministre d'alors, Junichiro Koizumi, proche allié du président américain George W. Bush. C'était la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale que le Japon, officiellement pacifiste, déployait ses soldats sur un théâtre de guerre. Le contingent, chargé de tâches de "reconstruction", avait été retiré en 2006 mais la petite mission aérienne de soutien logistique avait été maintenue. L'opposition japonaise de centre-gauche, qui espère conquérir le pouvoir lors des prochaines élections législatives prévues au plus tard en septembre 2009, s'est toujours déclarée défavorable à la participation militaire du Japon en Irak. Taro Aso, le favori dans la course à la succession du Premier ministre démissionnaire Yasuo Fukuda, avait laissé entendre mercredi qu'il mettrait fin à cette mission s'il était devenait chef du gouvernement. Le Parti libéral démocrate (PLD, droite, au pouvoir) va élire le 22 septembre son nouveau président, qui sera ensuite désigné Premier ministre par la Chambre des députés où le parti est majoritaire. Plusieurs responsables du PLD ont déclaré que le nouveau chef de gouvernement devrait rapidement convoquer des élections législatives anticipées. L'implication militaire du Japon dans des conflits armés suscite d'habitude la désapprobation d'une majorité de l'opinion, traumatisée par la Seconde guerre mondiale AFP –  11 -09



9  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Les armes de guerre sont destinées à remporter la guerre mais les bombes à sous-munitions vont bien au-delà  Elles ne touchent pas que les soldats, mais aussi les enfants qui jouent au football. Elles n’empêchent pas l’ennemi d’avancer, mais le fermier d’aller récolter les fruits de sa terre. Elles ne servent pas seulement à mettre l’ennemi hors de combat mais surtout à alimenter la rancœur et la haine de la population civile.
Une bombe à sous-munitions est une bombe contenant plusieurs dizaines, voire centaines d’autres bombes (jusqu’à 644), toutes capables de tuer1. Au moment où la bombe principale est larguée, elle s’ouvre en libérant aux quatre vents la kyrielle de sous-munitions qu’elle abrite en son ventre, autant de bombes qui explosent directement… ou non. L’utilisation de ce type d’armes constitue une violation flagrante des principes les plus fondamentaux du droit international humanitaire, et voici pourquoi.
Les bombes à sous-munitions causent des maux superflus, comme les mines antipersonnel, parce qu’elles mutilent les personnes et ne visent pas uniquement à les mettre hors de combat. Première violation du droit international.
Les bombes à sous-munitions explosent sur des cibles éparses à des moments aléatoires. Par nature, elles ne font donc pas la distinction entre civils et combattants. Seconde violation du droit international.
En touchant non seulement l’ennemi, mais ses voisins et les enfants des générations à naître, ceux qui utilisent les bombes à sous-munitions ne peuvent prétendre qu’ils agissent d’une manière proportionnelle à l’avantage stratégique militaire qu’ils recherchent. Troisième violation du droit international.
Ces principes sont non seulement consacrés dans de nombreuses conventions mais constituent surtout des standards d’humanité et de bon sens acceptés par tous les États depuis au moins un siècle, et par de plus avisés depuis toujours.
Israël est juridiquement responsable d’avoir largué 1,2 million de bombes à sous-munitions au Liban, sur un territoire de 37 millions de kilomètres carrés. Faites le compte : 1 bombe tous les 30 mètres carrés. Mais Israël n’est pas le seul État impliqué dans la problématique des bombes à sous-munitions : les Etats-Unis, la Serbie , la Roumanie , la Russie , la Pologne mais aussi la France , l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Suède et la Belgique ont notamment produit ou fourni ce type d’armes.
Certains d’entre eux, dans un réveil soudain d’humanité se sont pourtant depuis peu engagés dans la voie du désarmement. Pionnière en la matière, la Belgique a spécifiquement interdit les sous-munitions depuis le 16 février 2006, devenant ainsi le premier pays à adopter une loi interdisant ce type d’armes.
Depuis lors, la communauté internationale s’est elle aussi émue de cette situation et une convention interdisant les bombes à sous-munitions a été adoptée en mai 2008.
Cependant, certains États, comme la Chine , l’Inde, Israël et la Russie refusent catégoriquement de s’associer au texte.
Quant aux Etats-Unis, ils considèrent que « ces armes ont leur place dans les stocks d’armement à la condition que la technologie soit adéquate et que les règles d’utilisations soient codifiées ». Au risque de nous répéter, il ne sert à rien de « codifier l’utilisation » de cette arme. Les armes à sous-munitions sont illégales par nature. Il n’existe pas de moyen légal de les employer. Ceux qui s’y obstinent doivent endosser la responsabilité de leurs actes.
1 Le Liban n’est pas le seul pays touché pas ce fléau. L’utilisation des armes à sous-munitions a commencé dès la Seconde Guerre mondiale. Selon le CICR, les zones les plus ravagées par les bombes à sous-munitions se situent au Laos, au Vietnam, au Kosovo, en Afghanistan et en Irak.
http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BRBG&langue=1&id=25944



Irak,Moqtada Sadr,Bush, résistance,Occupants,Bassorah,bombardements, Al-Qaïda,

20/09/2008

n°207- dossiers de l'Afghanistan -16/09 -Début- USA ou Les origines de la guerre d'Afghanistan.

n°207- dossiers de l'Afghanistan -16/09 -Début- USA ou  Les origines de la guerre d'Afghanistan.

dossiers de l'Afghanistan        -Début-                                  

n°207 au 16-09                          

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire :                          -Début-
Avant-Propos. Les origines de la guerre d’Afghanistan
Tiré à part : Sept ans après, la guerre fait rage et Al Qaida (...) défie toujours l'occident.
Dommages Collateraux...
Paroles & action des bientôt présidents...
2 Brèves
2-1 Les talibans avertissent les États-Unis.
2-2 L’utilisation des armes à sous-munitions a commencé dès la Seconde Guerre mondiale.
2-3 Des tirs de la résistance ont causé la mort d'un soldat canadien en Afghanistan.  
3 Dossier & Point de vue
3-1 Point de vue de François Duburg : Discours hypocrites et réalité sociale. Suite1
3-2 Point de vue de Ataulfo Riera : Pas un sou, pas un homme pour la sale guerre de Washington!
 Fin 4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
4-1 Ils regrettent les 'taliban'.
4-2 Un groupe de mentors des Forces armées canadiennes est arrivé en Afghanistan.
5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
5-1 Analyse de DeDéfensa : Les massacres “as usual” deviennent un problème politique. 5-2 Analyse de Luc Delval : Dieu n'est pas sympathique et Sarkozy raconte des salades...


Avant-Propos. Les origines de la guerre d’Afghanistan.
-Le lendemain du 11/9, John Aschcroft présente le « Patriot ACT » (adopté le 25 oct 2001) qui restreint les droit civiques américains et autorise la « détention militaire » de terroriste présumés. Ouverture du camp d’internement et de torture de Guantanamo. John Aschroft, comme Paul Wolfowitz, à étudié à l’université de Chicago sous les bon auspices de Allan Boom et Léo Strauss, juriste nazi exfiltré aux US après la seconde guerre mondiale, lui même collaborateur et disciple de Carl Shmitt, « Juriste principal du Troisième Reich » légalisant le 28 février 1933, la restriction des droits individuels, l’invasion de la Pologne et l’ouverture des premiers camps de concentration pour les terroristes communistes…le lendemain de l’incendie du Reishtag!
-Wolfowitz, n’a jamais caché son néoconservatisme extrémiste. En 1992, il a rédigé le document définissant la vision stratégique d’une superpuissance états-unienne visant à maintenir sa supériorité militaire sur ses rivaux, et capable de mener plusieurs guerres simultanément. Quelques jours avant l’élection présidentielle, en septembre 2000, la droite néoconservatrice publiait un rapport de 80 pages Rebuilding Americas Defenses : « Strategies, forces and Resources For a New Century, » une variante plus raffinée du rapport de Wolfowitz, et qui disait clairement ce qui viendrait après la prise du pouvoir : développement des forces armées états-uniennes, développement de nouvelles armes atomiques, établissement de bases militaires en Asie, guerres contre l’Iraq, l’Iran et la Corée du Nord. Le document précisait en outre : « le processus de transformation durera probablement longtemps à moins que ne survienne un événement effroyable qui servira de catalyseur - comme un nouveau Pearl Harbor » - ou un 11 septembre 2001 !
-Wolfowitz désigna les coupables, trois jours après les attentats : Oussama Ben Laden, Al Qaïda, Saddam Hussein. Vouant une haine invétérée à Saddam, il avait déjà insisté, en 1991 et en 1998, pour l’éliminer du pouvoir. L’adversaire numéro un, Ben Laden et Al-Qaida, a été créé chez les Talibans. La guerre d’Afghanistan, prélude à la « guerre mondiale contre le terrorisme », est un maillon dans la chaîne des plans du groupe pétrolier Unocal, qui voulait construire un gazoduc et un pipeline du Turkménistan vers le Pakistan, à travers l’Afghanistan. Hamid Karzai, le président afghan, installé par les Etats-Unis et ancien consultant de l’Unocal, signe le contrat pour la construction du tracé en mai 2002.
-Sous le contrôle du frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi, parrain et premier ministre du nouveau narco-état du Kosovo promu par…l’actuel ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner, qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux Etats-Unis. Bernard Kouchner vous ment, ment à la nation et aux familles des soldats morts à la guerre d’Afghanistan.
Les crimes de la guerre en Afghanistan
-Bombardement de cibles civiles (30 000 morts en 7 ans)
-Tortures des prisonniers dénoncés par Human Right Watch
-Dissémination de l’uranium de guerre
-Aujourd’hui, un enfant sur cinq n’atteint pas l’âge de cinq ans, soit 20% de chaque nouvelle génération.
-Augmentation de 200% de la culture du pavot, transformation de l’héroïne et empoisonnement de la jeunesse européenne…(Y sont vraiment fort ces talibans…)
-L’article de propagande de Paris Match, destiné à créé l’acceptation populaire avant votre vote, raconte également la « sacrée raclée » dont parle le général Benoît Puga. Tout le monde s’est offusqué de l’interview des combattants afghans, personne du bilan de la raclée : « Les bombardements ont duré trois jours. Ils ont fait 40 morts civils et des dizaines de blessés. Plus de 150 maisons ont été détruites. Les trois villages ont été évacués, le bétail est mort. Plus de 2000 personnes sont désormais regroupés dans un camp… »
Crime de guerre, dit l’ignorant, qu’on vous demande d’avaliser et de proroger le 22 septembre. Honte à ceux qui se laisseront faire. Criminels en cols blancs !
Vincent Després Levard
fraternitesdesignorants@laposte.net
       http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=2885

Tiré à part : Sept ans après, la guerre fait rage et Al Qaida (...) défie toujours l'occident. Des militaires américains qui se recueillent à Kaboul Car ce sont précisément les attaques du 11 septembre 2001 qui sont à l'origine de leur présence en Afghanistan depuis bientôt sept ans, lorsque George Bush avait déclaré la guerre à Al Qaida et aux Talibans. Sept ans après l'invasion de 2001, Al Qaida défie encore les USA et demeure la plus grande menace pour le pays, selon le Renseignement américain. Une guerre qui fait rage malgré les 30 000 soldats américains sur place, épaulés par quelque 40 000 des forces de l'OTAN. Depuis l'invasion, 517 soldats américains y ont perdu la vie dans des attaques menées par les résistants. L'offensive lancée en 2007 par les résistants a tué 525 soldats de l'ISAF, la force internationale de l'OTAN. Les attaques se multiplient et elles sont de plus en plus spectaculaires, comme l'embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français le 18 août. Les experts attribuent le retour des talibans au soutien d'Al Qaida. Le réseau a reconstitué un sanctuaire dans des zones reculées à la frontière pakistano-afghane, en approfondissant ses alliances avec les militants pakistanais. Du coup, c'est aussi un échec de l'alliance avec le Pakistan promu "allié privilégié" de Washington dans sa guerre contre le terrorisme. euronews 11 septembre

Dommages Collateraux...

06-09  l’ONG Oxfam estime que la famine menace plus de 4 millions d’Afghans. Mecanopolishttp://mecanopolis.wordpress.com/


Paroles & action des bientôt présidents...

Obama juge insuffisant le plan de Bush pour l'Afghanistan. Le candidat démocrate à la Maison blanche a estimé mardi que l'augmentation du contingent américain en Afghanistan annoncée par le président George Bush était insuffisante. Bush a déclaré mardi que la diminution spectaculaire des violences en Irak permettait à l'armée américaine de concentrer davantage de moyens sur l'Afghanistan, où la coalition internationale faitface à d'"immenses défis". Il a annoncé le retrait d'Irak d'ici février 2009 de 8.000 militaires et l'envoi d'ici janvier d'un bataillon de "marines" et d'une brigade de combat supplémentaires en Afghanistan. "Comme nous l'avons appris en Irak, le meilleur moyen de restaurer la confiance de la population est de ramener la sécurité et cela requiert davantage de soldats", a-t-il dit. Sa décision laisse cependant à la discrétion de son successeur le choix de la stratégie à adopter et d'un éventuel nouveau déploiement de troupes. Selon Obama, qui s'est engagé à retirer d'Irak toutes les brigades de combat dans les 16 mois suivant sa prise de fonction s'il est élu le 4 novembre, le plan avancé par Bush est insuffisant. "Son plan est trop faible - il n'y a pas assez de troupes, pas assez de ressources et pas assez vite", a dit Obama depuis l'Ohio, un des Etats les plus disputés avant l'élection présidentielle. "J'adopterai une stratégie globale pour achever le travail en Afghanistan, avec plus de soldats, plus d'entraînement pour les forces de sécurité afghanes (...) et une plus grande attention sur l'élimination des bastions des taliban et d'Al Qaïda le long de la frontière pakistanaise", a-t-il ajouté. D'autres démocrates, dont la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi ou l'adversaire malheureux de Bush en 2004 John Kerry, se sont joints à ces critiques. L'envoi d'une brigade est "cruellement insuffisant étant donné la détérioration de la situation et bien loin des trois brigades supplémentaires que nos commandants en Afghanistan ont demandées d'urgence", a souligné Kerry. Reuters – 9 septembre


McCain. Je veux gagner en Irak et en Afghanistan"  John McCain a soutenu le déploiement de soldats en Afghanistan. "Il est clair que nous avons besoin de forces supplémentaires en Afghanistan et je soutiens les nouveaux déploiements", a dit le sénateur de l'Arizona dans un communiqué. Partisan de la guerre en Irak depuis son origine, McCain est opposé, comme Bush, à la définition d'un calendrier contraignant de retrait des troupes. Il a en outre critiqué à plusieurs reprises Obama en raison de son opposition à l'envoi, début 2007, de 30.000 militaires supplémentaires. Cette stratégie est aujourd'hui considérée par l'état-major américain comme le facteur principal du recul des violences. "Le sénateur Obama croit que nous devons perdre en Irak pour gagner en Afghanistan. Je veux gagner en Irak et en Afghanistan", a dit McCain. Sa position rejoint les discours de Bush et du commandement militaire, ainsi que de plusieurs analystes. Les mouvements de troupes annoncés mardi par Bush résultent des recommandations formulées par les principaux responsables de la défense américaine, dont le secrétaire à la Défense Robert Gates, le chef d'état-major interarmes, l'amiral Mike Mullen, et le commandant en chef des forces en Irak, le général David Petraeus. Selon Bush, Petraeus n'a pas exclu de nouveaux retraits de troupes durant le premier semestre 2009 mais a reconnu que les progrès en matière de sécurité étaient "fragiles et réversibles". Les analystes estiment de leur côté que la guerre en Afghanistan ne doit pas occulter celle en cours en Irak. "Aussi important que soit l'Afghanistan, l'Irak est d'une importance bien plus grande sur le plan stratégique pour les Etats-Unis", juge Kenneth Pollack, de la Brookings Institution , l'un des plus prestigieux cercles de réflexion de Washington. Reuters – 9 septembre

2 Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 2-1 Les talibans avertissent les États-Unis. 11 sep, Les talibans ne sont pas passés à côté du septième anniversaire du World Trade Center, à New York, et contre le Pentagone, à Arlington. Les talibans envoient un communiqué à la presse pour avertir les États-Unis qu'ils sont au bord d'une « défaite historique ». « Réfléchissez à ce que Bush et ceux qui le suivent sur la mauvaise voie ont réalisé sur les fronts militaire, social et politique dans le monde. L'Amérique est au bord du gouffre », peut-on lire dans le communiqué. Les talibans exhortent aussi les forces internationales à quitter l'Afghanistan, en précisant bien que « les Afghans ne se sont jamais rendus face aux pressions de l'étranger, et ont toujours fait face en commun aux invasions des infidèles qu'ils ont battus ». Affirmant que le président américain ne pourra venir à bout des musulmans, le communiqué ajoute que George W. Bush « et ses alliés ont oublié que les gardiens de l'Islam sont innombrables et qu'ils protégeront la religion et les valeurs divines et couperont la tête de tout occupant de territoires musulmans ». www.radio-canada.ca/nouvelles/International/

2-2 L’utilisation des armes à sous-munitions a commencé dès la Seconde Guerre mondiale.

Selon le CICR, les zones les plus ravagées par les bombes à sous-munitions se situent au Laos, au Vietnam, au Kosovo, en Afghanistan et en Irak.

Une bombe à sous-munitions est une bombe contenant plusieurs dizaines, voire centaines d’autres bombes (jusqu’à 644), toutes capables de tuer1. Au moment où la bombe principale est larguée, elle s’ouvre en libérant aux quatre vents la kyrielle de sous-munitions qu’elle abrite en son ventre, autant de bombes qui explosent directement… ou non. L’utilisation de ce type d’armes constitue une violation flagrante des principes les plus fondamentaux du droit international humanitaire, et voici pourquoi.
Les bombes à sous-munitions causent des maux superflus, comme les mines antipersonnel, parce qu’elles mutilent les personnes et ne visent pas uniquement à les mettre hors de combat. Première violation du droit international.
Les bombes à sous-munitions explosent sur des cibles éparses à des moments aléatoires. Par nature, elles ne font donc pas la distinction entre civils et combattants. Seconde violation du droit international.
En touchant non seulement l’ennemi, mais ses voisins et les enfants des générations à naître, ceux qui utilisent les bombes à sous-munitions ne peuvent prétendre qu’ils agissent d’une manière proportionnelle à l’avantage stratégique militaire qu’ils recherchent. Troisième violation du droit international.
Ces principes sont non seulement consacrés dans de nombreuses conventions mais constituent surtout des standards d’humanité et de bon sens acceptés par tous les États depuis au moins un siècle, et par de plus avisés depuis toujours.
Vincent Chapaux, Pauline Helinck, Joanna Spanoudis, Edith Weemaels de l’Université international droit Centre au Chercheurs 8 septembre 2008
Le Soir Carte blanche
http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BRBG&langue=1&id=25944

2-3 Des tirs de la résistance ont causé la mort d'un soldat canadien en Afghanistan. Un soldat canadien qui a perdu la vie lors d'un combat armé désordonné dans le district de Zhari le mois dernier a été abattu par des tirs de résistants, et non par une balle perdue provenant du convoi d'une firme de gardiens de sécurité, ont indiqué les autorités militaires du Canada, samedi. Une enquête lancée après la mort du caporal-chef Josh Roberts, le 9 août, a permis de découvrir que des agents à l'emploi de Compass Integrated Security Solutions étaient présents dans le secteur au moment de l'incident, mais que ses employés afghans n'étaient pas responsables de sa mort. "Etant donné les preuves matérielles recueillies, les témoins interrogés et l'analyse des enquêteurs de la Police militaire, l'enquête conclut que la mort du militaire a été provoquée par les insurgés", est-il écrit dans un communiqué. Selon une porte-parole du chef de la prévôté des Forces armées canadiennes, l'enquête a permis de déterminer que la firme privée était impliquée dans ses propres combats. "Elle était sur place, mais ses membres bataillaient un différent groupe d'insurgés que les Forces canadiennes", a précisé la capitaine Paule Poulin. Les agents de sécurité utilisaient vraisemblablement leurs armes, a ajouté la capitaine Poulin. "S'ils étaient engagés dans un combat, je suppose que c'est ce qu'ils ont fait." Le Service national des enquêtes des Forces canadiennes avait institué une enquête après l'annonce qu'un entrepreneur en sécurité afghan avait fait feu et causé la mort du caporal-chef Roberts, un membre 2e bataillon du régiment Princess Patricia's Canadian Light Infantry basé à Shilo, au Manitoba. Les troupes canadiennes en étaient venues aux prises avec une quinzaine de résistants  sur une route accidentée entourée de champs, dans un secteur reconnu pour être un refuge de talibans. Les troupes avaient pris position tôt le matin afin de profiter des températures plus fraîches, mais ce n'est que vers 9 h que les premiers coups de feu ont été tirés. Les forces afghanes et leurs mentors canadiens s'étaient déplacés à pied vers deux oueds pour former des blocs de chaque côté pendant que des membres du bataillon se dirigeaient vers le sud dans un véhicule après avoir quitté un avant-poste situé le long de l'autoroute principale. Des cultivateurs de raisins qui se trouvaient dans leurs champs ainsi que des femmes et des enfants ont quitté le secteur tout juste avant que de violents combats ne commencent. Les troupes canadiennes ont répliqué aux tirs, de leurs véhicules blindés, et appelé des tirs de l'artillerie alors que les équipes de mentors canadiens, dont certains se trouvaient dans l'eau jusqu'à la taille, cherchaient à se mettre à l'abri. Les troupes ont rapidement réalisé qu'ils étaient également attaqués par le nord. Pendant un certain temps, on a craint que le bataillon avait perdu trace de la position des forces alliées et tirait non loin de celles-ci. On a fait état que la compagnie de sécurité privée, qui escortait un convoi civil, roulait en direction ouest le long de l'autoroute principale lorsqu'elle a constaté que des combats armés faisaient rage et fait feu, croyant possiblement qu'elle se sentait menacée et sans savoir que les troupes canadiennes avaient déjà amorcé le combat avec les résistants.  13 sep Par Tobi Cohen, La Presse Canadienne


3  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Point de vue de François Duburg : Discours hypocrites et réalité sociale. Après le retrait des troupes soviétiques, en 1988-1989, ils ont étendu leur emprise progressivement sur le sud du pays, jusqu’à leur entrée à Kaboul en septembre 1996. Les États-Unis et leurs alliés sont d’autant plus restés passifs à ce moment-là qu’ils avaient largement aidé durant les années précédentes toutes les forces islamistes qui avaient combattu la présence soviétique en Afghanistan. Mais au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, Bush avait besoin de faire une démonstration de force aux yeux de l’opinion américaine. Dans les jours qui suivirent, les États-Unis et leur alliée la Grande-Bretagne (alors dirigée par le socialiste Tony Blair) commencèrent leurs préparatifs militaires contre l’Afghanistan présenté comme le repaire d’Al-Qaida, sous le prétexte de s’emparer de Ben Laden. Le 7 octobre l’aviation américaine procédait à son premier bombardement sur le pays. Les États-Unis intervinrent militairement en Afghanistan. Ben Laden s’y trouvait peut-être, mais sept ans après, il court toujours. Ndlr : dans un article du journal … je transmet un article qui montre qu’il faut minimum 3 ans pour arriver a envahir un pays… Ce n’est que dans un deuxième temps que l’ONU, qui avait été mise devant le fait accompli, avalisa l’opération, en se réjouissant que « les changements radicaux provoqués par les attentats terroristes du 11 septembre ont fait que les objectifs des Nations unies sont devenus plus faciles à atteindre ». L’opération « Justice sans limites » se transforma en « Liberté immuable », avec la formation de la la coalition censée rétablir la démocratie dans le pays, à laquelle la France , parmi bien d’autres pays, s’associa. À l’époque, Chirac, président de la République , et Jospin, son Premier ministre socialiste, étaient sur la même longueur d’onde. Ce dernier déclarait que la lutte contre le terrorisme « serait conduite collectivement avec une détermination absolue et dans la durée ». Aujourd’hui, à en croire Sarkozy, ce serait pour défendre la démocratie qu’incarnerait le régime d’Hamid Karzaï que la France maintiendrait sa présence militaire, et Rachida Dati ne manque pas une occasion d’évoquer le sort des femmes afghanes si les talibans revenaient à Kaboul. Mais si l’on en croit un rapport de l’ONU (qui, rappelons-le, patronne officiellement l’intervention de la coalition), rapport publié en novembre 2007, le régime de Karzaï est bien loin de l’image idyllique que Sarkozy et Kouchner veulent en donner. Qu’on en juge. En ce qui concerne la création d’une police afghane, « les autorités du ministère de l’Intérieur ont été accusées à de nombreuses reprises de ne pas avoir eu le courage de congédier des hauts gradés manifestement corrompus ». « La corruption et le clientélisme semblent toucher la police de manière particulièrement grave. » Le système judiciaire souffrirait « de la corruption institutionnalisée ». « Les journalistes risquent l’emprisonnement s’ils critiquent l’application du droit islamique. » Quant au sort des femmes si fréquemment invoqué pour justifier l’intervention militaire de la coalition : « L’ONU estimait au début 2007 que 30 % des femmes détenues le sont pour des infractions qui ne sont pas de nature pénale, mais plutôt essentiellement des violations d’ordre moral, et qu’une autre tranche de 30 % sont détenues pour adultère. » Admirons au passage cette subtile distinction entre adultère et « violation d’ordre moral ». Il n’en reste pas moins que dans le territoire contrôlé par le gouvernement Karzaï le sort des femmes n’est pas particulièrement enviable. La conclusion de ce rapport de l’ONU ne brille pas par un excès d’optimisme, en reconnaissant que « l’aspiration à une paix durable... commence à ressembler à un idéal dont la réalisation semble de plus en plus précaire ». Il est vrai que le ministre de la Défense , Hervé Morin, « conteste totalement le mot guerre » pour parler de ce qui se passe en Afghanistan. On avait connu cela avec l’Algérie, où pendant des années les responsables politiques et militaires de la France ne parlaient que « d’opérations de maintien de l’ordre ». Il a fallu attendre 1999, 37 ans après la fin du conflit, pour que la loi reconnaisse qu’il y avait bien eu une guerre en Algérie. Un ministre de la Défense qui a peur des mots, cela ne fait pas glorieux. François Duburg 2 septembre  Lutte Ouvrière -   http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5007

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n°207- dossiers de l'Afghanistan -16/09-Suite 1- USA ou Les origines de la guerre d'Afghanistan.

n°207- dossiers de l'Afghanistan -16/09-Suite 1- USA ou  Les origines de la guerre d'Afghanistan.

dossiers de l'Afghanistan Suite 1                                  

n°207 au 16-09                          

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire :   Suite 1 

3 Dossier & Point de vue 3-2 Point de vue de Ataulfo Riera : Pas un sou, pas un homme pour la sale guerre de Washington!



3 Dossier & Point de vue 3-2 Point de vue de Ataulfo Riera : Pas un sou, pas un homme pour la sale guerre de Washington! Le gouvernement Leterme, qui se montre incapable de résoudre la crise institutionnelle ou de répondre à l'aggravation de la situation sociale en Belgique, semble par contre d'une efficacité redoutable lorsqu'il s'agit de se mettre au garde à vous devant l'Oncle Sam en envoyant plus de troupes soutenir sa sale guerre en Afghanistan. Près de 400 militaires belges étaient déployés en Afghanistan jusqu'à l'été et ils viennent d'être notablement renforcés par une centaine d'autres ainsi que par 4 chasseurs-bombardiers F-16. Telle a été la volonté du Ministre va-t-en guerre Pieter De Crem (CD&V), une décision avalisée sans sourciller par le gouvernement Leterme et pratiquement sans réel contrôle ni débat parlementaire ou public digne de ce nom. Coût de l’opération: 30 millions d’euros, un chiffre certainement sous-estimé comme d’habitude et qui représente l’équivalent de la moitié du budget consacré à « l’aide humanitaire » belge en Afghanistan. L'ex-Ministre PS de la Défense André Flahaux a beau jeu de « s'offusquer » de cette décision, notamment parce qu’elle installe les F-16 dans la région de Kandahar, un fief de la résistance. C'est pourtant sous sa responsabilité que les premières troupes belges ont participé au bourbier afghan et c'est sous son mandat que des F-16 avaient déjà été envoyé là-bas en 2005. Outre ses crises d'amnésie, il doit souffrir de schizophrénie puisque son propre parti participe au gouvernement actuel et partage donc pleinement la responsabilité politique de cette décision. Quant à la critique du choix de la zone d’opération, elle est dérisoire puisque pratiquement aucune région du pays n’est épargnée par le conflit. Ecolo pour sa part mène une opposition pour le moins discrète à la présence militaire belge en Afghanistan. Sauf via la voix de ses parlementaires, Josy Dubié avant tout, on ne peut pas dire que l'ex-parti pacifiste se mobilise activement sur le sujet. A la différence de la défense du Tibet ou des Birmans, nettement plus consensuelles. Mais les Afghans? Qui s'en soucie? S'agit-il une fois de plus, comme lors de la guerre du Kosovo, de démontrer son caractère de parti « responsable » afin de gagner un ticket d'entrée au pouvoir? L'envoi de renforts belges dans le cadre des missions de l'ISAF (Force internationale d'assistance à la sécurité, déployée par l'OTAN) intervient pourtant au moment où l'on assiste à une recrudescence des actions militaires de la résistance afghane contre les troupes d'occupation, qu'elles soient sous contrôle de l'OTAN ou plus directement des Etats-Unis. (1) Le nombre d'attaques des « insurgés » a augmenté de 400% entre 2002 et 2006. (2) En 2007, selon un rapport du Secrétaire général des Nations Unies, quelques 566 « incidents » étaient enregistrés en moyenne chaque mois contre 425 en 2006. D'après les données de l'ONU, 1.115 civils seraient morts au cours des 7 premiers mois de l'année 2008, soit 24% de plus que les 902 victimes enregistrées au cours de la même période précédente. (3) D'après Tim Bogaert de l'ONG Pax Christi, en 2007 l'OTAN a largué 3.500 bombes en Afghanistan, soit plus qu'en Irak (4). De « front secondaire » dans la « lutte contre le terrorisme », l'Afghanistan est en passe de devenir le front principal. Englués en Irak, les Etats-Unis font flèche de tout bois afin d'y rameuter un maximum de renforts, notamment en « sollicitant » l'augmentation des moyens et des effectifs des pays « alliés ». Avec diligence et servilité, De Crem et le gouvernement Leterme ont donc claqué des talons, bombé le torse, relevé le menton et répondu «présents !». Une véritable « sale guerre » La mort de 10 soldats français le 19 août dernier illustre bien qu'il ne s'agit pas d'une simple opération de police contre quelques groupuscules de terroristes isolés. D'ailleurs, à quoi bon peuvent servir des F-16 pour « lutter contre le terrorisme »? Il s'agit donc bien pour eux de participer à une guerre contre-insurrectionnelle de haute intensité dont la cible n'est autre qu'une bonne partie de la population afghane. Cette dernière participe de manière massive et sous de multiples formes à la résistance à l'occupant: manifestations (fort peu médiatisées ici), actes de désobéissance civile, sabotages et enfin soutien direct ou indirect à la résistance armée qui est en partie composée par les Talibans et ses proches alliés (Al-Qaeda, le Hezb-I-Islami D'Hekmatyar), mais pas seulement. Les médias et les puissances impérialistes utilisent le terme « Talibans » pour recouvrir toutes les formes d'opposition et groupes de résistance, armée ou non, afin d'empêcher toute sympathie envers elles. (5) La résistance populaire afghane est largement alimentée par les crimes des occupants contre les civils, qui sont les victimes des soi-disant « dommages collatéraux » provoqués par les bombardements d'appareils tels que les F-16. L'ONU a officiellement reconnu le massacre de 96 civils, dont 15 femmes et 60 enfants au cours d'une seule opération de bombardement le 22 août dernier, alors que l'ISAF n'admettait officiellement que la mort de 5 civils.... Les chiffres des victimes sont ainsi systématiquement sous-estimés, ce qui, pour les Afghans, ajoute l'ignominie à l'horreur. Depuis le début de l'occupation étrangère, le bilan dépasse les milliers de morts, de blessés ou de mutilés, certaines sources évoquant le nombre de 20 à 25.000 morts depuis 2001. Au lieu de s'abriter dans les bases surprotégées de l'ISAF lorsqu'il voyage dans ce pays, De Crem ferait bien mieux d'expliquer directement aux Afghans comment les militaires occidentaux pourraient être là pour les aider et les protéger contre les terroristes alors que chaque jour qui passe ces mêmes militaires tuent leurs enfants. Les massacres de civils par les bombardements alliés sont tellement fréquents et massifs que le président-marionnette Hamed Karzaï, installé par Washington à Kaboul, s'est cru obligé de protester publiquement en demandant de « renégocier les termes de la présence des forces internationales » afin de « mettre fin aux frappes aériennes visant des cibles civiles, aux perquisitions et aux détentions illégales ». Il faut dire que la popularité du régime en place est pour le moins en berne et que des élections présidentielles auront lieu en 2009 et des législatives en 2010. Rien de tel donc pour un régime aux abois que de tenter de se distancier verbalement de ses encombrants protecteurs. Mais personne n'est dupe, la « présence » étrangère n'est pas remise en cause; « Nous voulons une meilleure coopération dans la lutte contre le terrorisme » (6). Les opérations militaires menées par les deux coalitions occidentales ressemblent comme deux gouttes d'eau à celles menées en Irak ou dans toutes les sales guerres entre occupants étrangers et résistance nationale qui ont émaillé l’histoire; patrouilles de ratissage, embuscades, attentats, bombardements aveugles, fouilles et destructions des maisons, arrestations arbitraires massives, torture... Sans parler de l'attitude quotidienne des troupes d'occupation. Les militaires US qui circulent à des vitesses folles dans leurs véhicules blindés ont par exemple l'ordre formel de ne pas s'arrêter pour porter secours à un enfant qu'ils ont renversé, même si celui-ci est en danger de mort. Techniquement et politiquement, la Belgique est donc complice et impliquée jusqu'au cou dans une véritable sale guerre. Déni démocratique et discours néocolonial Que vont faire des militaires belges dans une telle galère? Ce n'est certainement pas De Crem et Cie qui nous l'expliqueront en toute franchise. Lorsque le débat sur le déploiement belge en Afghanistan à été mis à l'agenda de la commission du sénat au mois de juin dernier, De Crem a tout bonnement préféré s'éclipser à Kaboul pour répondre à l'invitation d'un général US plutôt que de répondre à un exercice de contrôle démocratique. On ne saurait mieux symboliser où se trouvent ses véritables allégeances. Quand il n'applique pas la politique de la chaise vide, notre adjudant-ministre De Crem se limite à produire, en étroite complicité avec le Ministre VLD des affaires étrangères Karel De Gucht, une loghorée d'arguments justificatifs qui sentent la naphtaline de la bonne vieille propagande coloniale ou qui ressemble à s'y méprendre à celle de la défunte Union soviétique qui, elle aussi, a dû trouver de pauvres prétextes pour justifier son occupation de l'Afghanistan. Dans une carte blanche publiée en juillet dernier (7) le tandem De Crem/De Gucht a entre autres affirmé être guidé par de purs principes philanthropiques: « Il est de notre devoir de porter assistance aux citoyens du monde, quel que soit l'endroit où ils sont nés ». Se prennent-ils pour des Che Guevara? En tout les cas, il s'agit d'un « internationalisme » pour le moins à géométrie variable puisque, dans ce cas, à quand le déploiement de F-16 belges dans la Bande de Gaza afin de protéger le peuple palestinien contre le blocus, les bombardements israéliens et pour faire respecter les résolutions des Nations Unies? Cette dernière organisation est clairement instrumentalisée afin de donner un « verni » suffisamment légitime à l'envoi de troupes belges en Afghanistan; « Notre pays répond ainsi à la demande adressée par les Nations Unies à la communauté internationale de contribuer à la reconstruction » disent-ils. Tout le monde sait que des chasseurs-bombardiers sont un outil indispensable dans la construction... En réalité, l'ONU n'a jamais demandé explicitement à la Belgique d'envoyer 4 F-16. C'est l'SAF, et donc l'OTAN - et derrière elle les Etats-Unis - qui en ont fait la demande. Lors du départ des renforts belges, De Crem l'a d'ailleurs admis en déclarant que par cet acte la « Belgique veut être un partenaire fiable de l'OTAN ». Que cet organisme hors de tout contrôle démocratique et créé pendant la guerre froide soit l'instrument idéal pour agir en Afghanistan, cette question ne les effleure même pas. Pour ceux et celles qui se moquent comme de leur première chaussette de « porter assistance aux citoyens du monde », De Crem/De Gucht assènent un argument qui se veut massue; « Notre propre sécurité trouve sa source à l'étranger ». Le sous-entendu est clair; « On se bat en Afghanistan pour que nous soyons en paix ici ». C'est pourtant l'inverse qui est vrai; c'est en participant à des opérations militaires néocoloniales à l'étranger qu'on renforce partout le terrorisme. Les madrilènes et les londoniens en savent quelque chose. « Nous détruisons plus que nous construisons (...) En Afghanistan, on alimente le terrorisme » a ainsi affirmé avec raison le journaliste néerlandais Arnold Karsken lors de son audition par la commission parlementaire de la Défense le 16 juin dernier. (8) On peut d'ailleurs faire remarquer que, après avoir été chassé du pouvoir en 2001 par les troupes afghanes de l'Alliance du Nord et par l'intervention US, les Talibans étaient restés cantonnés dans quelques fiefs montagneux, isolés et détestés par la majorité des Afghans du fait de leur régime despotique, du caractère ultra-rigide de leur conceptions religieuses et surtout parce qu'ils sont uniquement issus du peuple Pachtoune et ont toujours opprimé les autres composantes nationales (Tadjiks, Hazaras, Ouzbèks, Balouchtes, etc.). Or, sept ans plus tard, les 70.000 soldats occidentaux - et autant de collaborateurs locaux de l'armée et de la police afghanes - ont réussi l'exploit de les faire revenir en force dans plus de la moitié du pays et d'occuper une position importante dans la résistance armée. On ne saurait mieux illustrer que c'est la « guerre contre le terrorisme » elle-même qui alimente et renforce le « terrorisme ». De manière assez grotesque, nos ministres minimisent la gravité de la situation afghane en affirmant sans rire qu'« En 2007, 70% des incidents de sécurité se limitaient aux districts n'abritant pas plus de 6% de la population ». Ce n'est pourtant pas ce que dit le propre site internet du ministère de De Gucht qui, dans ses « Conseils aux voyageurs » belges en Afghanistan, prévient que « 60% du pays est inaccessible pour les étrangers civils vu le danger extrême ». (9), ce qui est confirmé par des sources de l'ISAF qui admettent que près des deux tiers du territoire ne sont pas sous contrôle. Toujours dans l'objectif de minimiser leur complicité dans une guerre criminelle, De Crem/De Gucht annoncent que « Ce n'est que dans des situations tout à fait exceptionnelles, « in extremis », que nos F-16 pourraient venir en aide à des soldats alliés en danger de mort, à condition qu'aucun autre soutien ne soit possible ». Le problème c'est que les situations « exceptionnelles » ont tendance à se multiplier et à devenir monnaie courante en Afghanistan. Le porte-parole de l'ISAF a d'ailleurs sautillé de joie et tapé des deux mains à l'annonce de l'arrivée des F-16 belges en déclarant qu'ils étaient « plus que bienvenus » car « à chaque fois que nos troupes au sol n'arriveront pas à contrer une attaque des rebelles, les F-16 pourront leur venir en aide et tirer ». (10) Le cas de l'embuscade ayant causé la mort des 10 soldats français en est un exemple classique; des appareils de l'OTAN ont effectivement été envoyé pour les soutenir, ont manqué leur cible et tué 15 civils. Mourir pour un narco-régime fantoche, corrompu et intégriste? Ce n'est pas non plus pour défendre un « Etat de droit démocratique naissant » qu'on expédie au casse-pipe des militaires belges. Le président afghan Hamed Karzaï n'est qu'un chef d'Etat fantoche installé par la seule volonté de l'Oncle Sam et sous la protection de ses baïonnettes. Au propre comme au figuré puisque, doutant même de la loyauté de sa propre armée, ce sont des « marines » US qui assurent la sécurité de son bunker présidentiel au cœur de Kaboul. Lors de sa visite au parlement canadien en septembre 2006, un parti de gauche a pu révéler, preuves à l'appui, que le brouillon du discours de Karzaï avait été rédigé par des responsables militaires canadiens... (11) Le curriculum vitae de Karzaï est édifiant; exilé aux Etats-Unis dans les années '90, il y a été employé par la « RAND Corporation » (un think tank néoconservateur) et par la multinationale Unocal, liée à l'ancien Vice-Président Dick Cheney, qui l'avait mis en avant comme candidat présidentiel afin qu'il garantisse la construction d'un gazoduc d'exportation du gaz de Turkménistan vers le Pakistan en passant par l'ouest de l'Afghanistan. C'est d'ailleurs le refus des Taleban d'accorder les concessions nécessaires à ce projet pendant la période où ils dominaient le pays qui a précipité la fin de leur lune de miel avec Washington. Issu de l'ethnie Pachtoune comme les Talibans, Karzaï a en outre étroitement collaboré un moment avec eux – il a failli être leur représentant auprès de l'ONU - à l'époque de cette lune de miel. Contrairement aux déclarations mata moresques d'un Sarkozy, selon lequel « on ne négocie pas avec des gens qui coupent les mains des femmes parce qu'elles mettent du verni à ongle » (un bobard créé de toute pièce soit dit en passant), Karzaï quant à lui vient de lancer une campagne de « réconciliation nationale » et il se dit prêt à négocier avec les Talibans et à les faire participer au pouvoir, ce qui a suscité l'approbation immédiate de Washington. Il faut remarquer qu'il ne s'agit pas d'une « première » puisqu'en décembre 2001, une bonne partie des Talibans défaits se sont déjà ralliés à Karzaï et ont depuis pleinement intégré son appareil d'Etat, son armée et sa police. Seule la fraction talibane dirigée par le Mollah Omar poursuit actuellement le combat. Le grand démocrate Karzaï a été effectivement élu, mais sa campagne a notoirement bénéficié de l'argent de la drogue apporté par son frère Ahmed Wali Karzaï, connu par tous comme l'un des principaux narcotrafiquants du pays. Et les 55% de voix qu'il a obtenus aux élections d'octobre 2004 ne doivent pas faire illusion: outre une importante abstention, la plupart de ces voix ont été directement achetées aux chefs des tribus qui ont fait voter dans le sens voulu tous les membres de leurs clans par un système de « caciquisme » et de clientélisme classique. Servile envers ses protecteurs occidentaux, Karzaï exerce par contre un régime à poigne contre ses compatriotes et applique un islamisme politique et religieux pur et dur, qui condamne à mort un journaliste de 23 ans coupable d'avoir cité des sourates du Coran favorables aux femmes ou des citoyens qui se sont convertis à une autre religion. Le sinistre et très orwéllien Ministère du Vice et de la Vertu instauré par les Taleban a été rétabli sous le gouvernement Karzaï. De Crem et de De Gucht sont donc pour le moins des hypocrites lorsqu'ils feignent de déplorer « qu'en de nombreux endroits, le droit islamique (la sharia) est encore appliquée » ou lorsqu'ils déclarent qu'il ne faut pas laisser le pays tomber « aux mains des fondamentalistes ». Ils « oublient » de préciser que c'est ce même régime afghan qu'ils soutiennent pleinement qui a adopté une constitution établissant qu'aucune loi ne saurait être contraire à la sharia. Le parlement afghan quant à lui a été élu par le même type de pratiques que le président et constitue une parodie grotesque du parlementarisme bourgeois. D'après le propre site internet du ministère des affaires étrangères françaises, « La machine parlementaire donne des signes de grippage préoccupants (pauvreté de l’agenda législatif, absentéisme massif des parlementaires, bloquant l’adoption des projets) ». L'agenda législatif, aussi pauvre soit-il, se caractérise tout de même par sa qualité; en mai 2008, le parlement afghan s'est penché sur un projet de loi visant à interdire les t-shirts, la musique forte, les rassemblements publics mêlant hommes et femmes, le billard, les jeux vidéo, le maquillage pour les femmes, la danse en public... (12). Enfin, sa composition a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête puisqu'il s'agit d'un rassemblement hétéroclite de seigneurs de la guerre, de narcotrafiquants, d'anciens Taleban, de djihadistes ou de personnages corrompus issus de l'ancien régime pro-soviétique. Selon Human Right Watch, 70% des membres de ce parlement sont accusés de crimes de guerre… Parmi les institutions les plus corrompues et inefficaces du régime figurent également la police et la justice, qui ont pourtant bénéficié de bien des efforts de la « communauté internationale » à leur mise sur pied. Un rapport de l'ONU établi que « La corruption et le clientélisme semblent toucher la police de manière particulièrement grave ». Le jugement sur la Justice est encore moins nuancé puisqu'elle souffrirait « de corruption institutionnalisée ». Une résolution du Parlement européen estime que le système judiciaire « n'est toujours pas capable de garantir des procès équitables » et que la police n'est pas précisément caractérisée par son respect des droits de l'Homme. Il faut souligner que cette question sert de prétexte à l'Union européenne en tant que telle pour prendre pleinement pied dans l'occupation du pays et participer à la guerre puisque depuis le mois de juin 2008 une mission « EUPOL-Afghanistan » a été lancée; 190 policiers européens étant mis à pied d'oeuvre afin de « réformer » la police afghane. Emanciper les femmes afghanes, vraiment? Pour De Crem, « Les femmes afghanes subissaient le mépris (avant l'occupation occidentale) ». L'argument de la « défense du droit des femmes contre l'obscurantisme des Taleban » revenant régulièrement sur le tapis, il est important de savoir que le régime protégé par les forces occidentales enferme des femmes, souvent très jeunes, à près de 20 ans de prison pour « activités sexuelles interdites », c'est à dire pour adultère ou parce qu'elles ont été violées! Dans un reportage publié par le journal The Independant, un haut responsable régional du régime a pleinement assumé ces enfermements en affirmant qu'il s'agissait « d'une bonne chose » puisque « la relation sexuelle hors mariage est un crime, que cette relation soit forcée ou non ». (13) Un rapport de l'ONU publié en novembre 2007 (14) indique que 30% des femmes sont en prison « pour des infractions qui ne sont pas de nature pénale » et qu'une autre « tranche de 30% » sont détenues pour adultère. Autrement dit, 60% des femmes emprisonnées n'ont commis aucun crime. Ajoutons encore que, s'il ne les applique pas directement, le régime tolère sans réagir les lapidations, les coups de fouets, le fait que 60% des mariages sont forcés et que 57% des épouses ont moins de 16 ans. Le droit à la scolarisation des femmes a bel et bien été reconnu, on exige d'elles une tenue un peu moins stricte que la burqua et elles ont également le droit d'accéder à un travail et à des fonctions politiques. Mais tous ces droits restent largement virtuels pour l'immense majorité des femmes afghanes du fait de la misère, des inégalités sociales, de la violence exercée à leur égard et de l'absence de volonté manifeste des autorités d'appliquer réellement ces droits. Ainsi, les femmes peuvent effectivement travailler, mais seulement si quelqu'un leur offre un emploi et beaucoup de familles ne scolarisent pas leurs enfants par manque de moyens ou par peur de la violence. De Crem ose affirmer que « 5 millions d'enfants dont 38% de filles vont désormais à l'école ». Ce n'est pas l'avis d'Oxfam International qui estime que seulement 1 fille sur 5 fréquente l'école primaire et 1 sur 20 le secondaire (15). Rien n'est fait non plus pour l'alphabétisation des femmes plus âgées, ce qui fait qu'à peine 14% des femmes de plus 15 ans savent lire et écrire. Le régime de Karzaï ne fait rien non plus pour assurer la sécurité des femmes contre les nombreux meurtres et rapts, qui restent largement impunis, et dont le nombre est plus élevé que sous les Taleban. L'oppression et l'impunité sont telles que le nombre de suicides de femmes par immolation est en augmentation constante, tout comme celui des prostituées ou des toxicomanes. Bref, dans la pratique, pour les femmes afghanes, la différence avec le régime des Taleban est plutôt mince. Comme l’a dénoncé avec force et courage la députée féministe et socialiste afghane Malalai Joya ; « Le gouvernement américain a effectivement renversé le régime des Talibans, avec son esprit médiéval et ses maîtres d’Al Quaeda. Mais ils ont permis à l’Alliance du Nord d'accéder à nouveau au pouvoir. Ce groupe ressemble aux Talibans sur le plan des croyances, et est aussi brutal et anti-démocratique que les Talibans. Parfois encore pire. (...) Lorsque le pays tout entier vit à l’ombre des armes à feu et des seigneurs de la guerre, comment ses femmes peuvent-elles jouir des libertés les plus fondamentales ? Contrairement à la propagande diffusée par certains médias dans l’Ouest, les hommes et les femmes en Afghanistan n’ont pas été “libérés” du tout. (16) En réalité, l’émancipation des femmes afghanes est tout bonnement impossible sous l'occupation occidentale car cette dernière, pour asseoir sa domination et trouver des collaborateurs, s'est étroitement associée à des élites et des secteurs plus réactionnaires les uns que des l'autres. Les fruits amers de la « reconstruction » Après 7 années de « reconstruction », aucun des besoins élémentaires de la population tels que le logement, l'eau, la santé, les transports ou l'électricité n'ont été satisfaits. Une résolution du Parlement européen reconnaît que « les conditions de vie d'une partie considérable de la population afghane ne se sont pas améliorées ». (17) Contrairement aux affirmations de nos ministres, le système de santé est déplorable et fait que « Le pays affiche le deuxième taux de mortalité le plus élevé chez les nourrissons, après le Sierra Leone, avec 165 décès pour 1000 naissances vivantes selon un rapport de l'UNICEF de juin dernier. » (18). L'espérance de vie reste inférieure à 45 ans. De Crem claironne avec satisfaction que « 4 millions de réfugiés afghans sont rentrés dans leur pays » alors que le chiffre exact est de 3,69 millions. Mais surtout, il « oublie » de signaler qu'ils s'entassent dans des conditions déplorables dans les bidonvilles de Kaboul et d'ailleurs et que 3,5 millions d'exilés croupissent toujours dans des camps au Pakistan et en Iran. Malgré tous les beaux discours sur la soi-disant « reconstruction » du pays, cette « oeuvre humanitaire » s'est surtout limitée à la remise en état des routes, des bâtiments et des communications nécessaires aux déplacements et au logement des occupants et de leurs collaborateurs locaux ou à quelques parties de Kaboul. Nettement insuffisante - bien loin du « Plan Marshall » promis par Bush en 2001 – l'aide internationale est en outre souvent conçue uniquement dans l'intérêt des entreprises étrangères et non pour satisfaire les besoins sociaux. Les téléphones mobiles ne constituent pas exactement un bien de première nécessité; or on en trouve partout et c'est la compagnie privée de téléphonie mobile « Roshan », constituée par des capitaux de multinationales occidentales, qui est la principale entreprise « nationale », le principal employeur (800 travailleurs) et le premier investisseur du pays. (19) On peut également mesurer l'efficacité de la « reconstruction » du pays au regard de la situation sociale et économique. Plus de la moitié des Afghans vivent en dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage atteint 40%. La misère extrême est inouïe et devient aujourd'hui plus aiguë encore du fait de l'actuelle hausse des prix énergétiques et alimentaires. Le salaire moyen d'un travailleur est de 20 dollars alors que la location d'une maison peut s'élever à 100 dollars. La question du logement figure parmi les plus dramatiques, avec les milliers de maisons de détruites par les guerres successives et les millions de déplacés et réfugiés qui s'entassent dans les villes. Tandis que la nouvelle élite se construit des palaces luxueux avec les fonds et le matériel détournés de l'aide internationale - et sous la protection des troupes occidentales - plus de 1.000 personnes sans-abri sont mortes de froid au cours de l'hiver 2007-2008 . (19) Dans leur exercice de « State building », les occupants impérialistes appliquent ben entendu les recettes néolibérales les plus chimiquement pures, rejetant toute politique de subsides ou de création de services publics étendus et accessibles à tous. De ce fait, aucune aide publique massive pour l'industrie ou l'artisanat, aucun subside (sans même parler d'une réforme agraire avec redistribution des terres à la clé) en faveur de l'agriculture. Or, ce secteur, qui occupe 85% de la population, a également été ravagé par les guerres ou les sécheresses et est extrêmement inégalitaire dans sa répartition. Pour pouvoir survivre, 14,3% des Afghans se consacrent à la culture du pavot et à la production de l'opium. Le pays produit ainsi aujourd'hui 93% de la production mondiale d'opium, ce qui représente une manne équivalente à 70% du PIB afghan! Les déclarations de De Crem/De Gucht selon lesquelles il ne faudrait pas « abandonner » ce pays « aux producteurs de drogues » prennent ainsi une étrange résonnance puisque c'est précisément depuis l'occupation (la culture du pavot était interdite sous les Taleban) que la production d'opium a littéralement explosée, progressant sans cesse année après année: 6.100 tonnes en 2006, 8.200 tonnes en 2007, soit +35% en un an. (20). Tolérée par les occupants - surtout étatsuniens - encouragée par les élites fantoches, les seigneurs de la guerre locaux et de purs narcotrafiquants qui engrangent l'essentiel des profits, la production de drogue ne laisse aux paysans que les restes de cette manne. Et ils sont les seuls victimes des quelques velléités d'éradication de la part troupes occupantes puisque ces dernières pratiquent la fumigation chimiques des champs de pavot, mettant en danger la santé des populations et plongeant dans la ruine des paysans pauvres endettés jusqu'au cou. Le résultat final est que, pour le Programme des Nations Unies sur le Développement, l'Afghanistan figure toujours tout en bas du classement, à la 172e place sur 177. Avec un tel rythme de « reconstruction », il faudra attendre plusieurs siècles avant que l'Afghanistan ne sorte des rangs des pays les plus sous-développés du monde ! Face à un bilan aussi désastreux, on ne peut s'empêcher de penser que les choses auraient pu être sensiblement distinctes si les 173 milliards de dollars dépensés par les Etats-Unis en 7 ans de guerre dans le pays avaient été employé pour satisfaire réellement les besoins sociaux de la population - et sous le strict contrôle démocratique de celle-ci. Pour les Afghans, la misère, les inégalités sociales – surtout au regard de la corruption des élites et du train de vie des occupants occidentaux -; les besoins non satisfaits malgré les belles promesses, tout cela contribue à renforcer la résistance et à décridibiliser définitivement le gouvernement Karzaï et ses soutiens occidentaux. Troupes belges hors d’Afghanistan ! Les troupes belges en Afghanistan ne sont que de vulgaires forces supplétives de l'armée US en soutien à un régime fantoche, corrompu et non-démocratique. Leur présence ne contribue pas à la sécurité des peuples afghans, elle l'empire, tout comme elle renforce la montée des intégrismes et empêche toute réelle amélioration de la situation des Afghans par les Afghans eux-mêmes. Leur seule contribution est d'aider à la principale mission qui motive l'impérialisme US; le contrôle d'une région stratégique (le pays est un carrefour entre l'Iran, la Chine et l'Asie centrale et ses richesses en hydrocarbures); la défense des intérêts de quelques multinationales et les profits du complexe militaro-industriel qui se frotte les mains à chaque fois qu'une bombe ou un missile à 1 million de dollars la pièce y est employé. En échange de leur participation et du sang versé par leurs soldats dans le bourbier afghan, les gouvernements européens espèrent bien sûr recueillir de Washington quelques miettes du gâteau pour leurs propres capitalistes.

L'histoire nous apprend depuis toujours qu'on n'impose pas la « démocratie » à un peuple contre sa volonté et à la pointe des fusils. Encore moins en occupant son pays, en rasant ses maisons, ses cultures et en massacrant des familles innocentes entières afin d'assurer sa « sécurité ». L'indépendance et la liberté du peuple afghan sera conquise par le peuple afghan lui-même avec comme seule « intervention étrangère » la solidarité active du mouvement ouvrier, des mouvements populaires et sociaux du monde entier. La LCR exige donc le retrait immédiat des troupes belges et étrangères hors d'Afghanistan et appuie toutes les nécessaires mobilisations unitaires qui iront dans ce sens.

Ataulfo Riera 10 septembre

 Notes:

(1) A l'origine, l'ISAF n'était qu'une mission de maintien de paix limitée à Kaboul et déployée sous la seule responsabilité des Nations Unies, elle ne comptait que quelques milliers d'hommes. Sous la pression des Etats-Unis, en 2003, l'OTAN en a pris le contrôle et en 2005 son mandat a été considérablement élargi afin que l'ISAF collabore pleinement aux opérations militaires menées par les troupes US de « l'Opération Liberté Immuable ». Il s'agit là d'un précédent dangereux qui permet à l'OTAN de « légitimer » sa première opération de guerre hors de ses limites « naturelles ». (2) The State of the Afghan Insurgency » Seth G. Jones, Testimony presented before the Canadian Senate National Security and Defence Committee on December 10, 2007, RAND Corporation, http://www.rand.org/pubs/testimonies/2007/RAND_CT296.pdf (3) El Pais, 07 septembre 2008, http://www.elpais.com/articulo/internacional/

Afganistan/hunde/caos/elpepuint/20080907elpepiint_3/Tes (4) Le Soir du 17 juin 2008 http://www.lesoir.be/actualite/monde/ afghanistan-le-parlement-2008-06-17-607201.shtml (5) C'est un secret de polichinelle que leur résurrection est également due au soutien matériel et financier massif qu'ils bénéficient de la part des services secrets pakistanais. Leurs sanctuaires, leurs principales bases d'entraînement et arsenaux se trouvent essentiellement au Pakistan, allié de Washington mais puissance impérialiste et nucléaire régionale ayant ses propres intérêts. Islamabad utilise les Taleban afin de garder en main une carte à jouer dans le « Grand Jeu » géostratégique régional ainsi que pour déstabiliser le régime afghan qui s'est étroitement associé avec l'Inde rivale. S'ils le voulaient réellement, les Etats-Unis pourraient aisément liquider définitivement les Taleban en supprimant leurs bases arrières, et cela en exerçant la pression nécessaire sur le Pakistan. Même des collaborateurs afghans des Etats-Unis doutent désormais publiquement de la volonté de Washington d’éradiquer les Taleban puisque cela supprimerait le principal prétexte à leur présence dans le pays. (6) Dépêche AFP du mercredi 27 août 2008 (7) Le Soir 7 juillet 2008 http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/ carte-blanche-pourquoi-la-2008-07-02-612316.shtml (8) http://www.diplomatie.be/fr/travel/countrydetail.asp?COUNTRYID=76 (9) Le Vif/Belga, 28 août 2008 (10) Le Soir, mardi 17 juin 2008. (11) http://www.cyberpresse.ca/article/20070925/ CPACTUALITES/70925221/1019/CPACTUALITES (12) http://www.canoe.com/infos/chroniques/richardmartineau/ archives/2008/06/20080604-070701.html (13) http://www.independent.co.uk/news/world/asia/ the-afghan-women-jailed-for-being-victims-of-rape-900658.html (14) http://www.parl.gc.ca/information/library/PRBpubs/prb0726-f.htm (15) http://www.csotan.org/textes/texte2.php?theme=F&art_id=396 (16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Malalai_Joya (17) « Résolution du parlement européen du 8 juillet 2008 sur la stabilisation en Afghanistan » http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopress_pag e/030-33588-189-07-28-903-20080707IPR33587-07-07-2008-2008-true/default_fr.htm) (18) http://www.csotan.org/textes/texte2.php?theme=F&art_id=396 (19) http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/ afghanistan_529/presentation-afghanistan_919/economie_7025.html Ataulfo Riera http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_sectionnav&view=sections&layout=blog&Itemid=53


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n°207- dossiers de l'Afghanistan -16/09- Fin - USA ou Les origines de la guerre d'Afghanistan.

n°207- dossiers de l'Afghanistan -16/09- Fin - USA ou  Les origines de la guerre d'Afghanistan.

dossiers de l'Afghanistan Fin                                  

n°207 au 16-09                          

 Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire :   Fin 4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
4-1 Ils regrettent les 'taliban'.
4-2 Un groupe de mentors des Forces armées canadiennes est arrivé en Afghanistan.
5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
5-1 Analyse de DeDéfensa : Les massacres “as usual” deviennent un problème politique.
5-2 Analyse de Luc Delval : Dieu n'est pas sympathique et Sarkozy raconte des salades...


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ils regrettent les 'taliban'. Sept ans après l'invasion de l'Afghanistan, les Afghans jugent que leur situation ne s'est pas améliorée et a même parfois empiré. Une récente série de "bavures" de l'aviation américaine, responsable de la mort de nombreux civils, est venue attiser la colère de la population. " Les Américains et leurs alliés ont renversé le gouvernement des taliban, on nous avait promis la stabilité, le sécurité et du travail", déclare Haji Allah Dad, un commerçant de 60 ans installé à Spin Boldak, dans le sud du pays. "Mais rien n'est venu. Depuis sept ans, ils lancent des bombes sur la population civile et tuent des "Pour nous, rien n'a changé. Les étrangers sont les ennemis du peuple afghan", estime Mohammad Usman, 40 ans, qui tient une boutique dans la ville. Ali Jan, un homme d'une trentaine d'années, ne cache pas ses opinions - il regrette les taliban et souhaite leur retour. "Avec eux, c'était la sécurité. Aujourd'hui, les Américains tuent des civils et détruisent le pays. Nous sommes obligés d'aider les taliban contre les forces d'occupation parce que les taliban sont des musulmans et des Afghans. Ils combattent pour la liberté de l'Afghanistan", dit-il. La frustration et la colère de la population ne se retrouvent pas seulement dans le sud du pays où l'insurrection est très active. Elles se sont étendues à Kaboul, où les résistants ont intensifié leurs attaques. "Dans les premiers temps qui ont suivi l'invasion de 2001, la vie avait vraiment changé. Mais ensuite tout a dégénéré et les gens ont commencé à partir. Si ça continue, le peuple entier se retournera contre les Américains, comme autrefois il était contre les taliban", lance Azim, un changeur rencontré dans une rue de la capitale."Le peuple afghan doute depuis longtemps des belles déclarations des étrangers sur la lutte contre Al Qaïda et le terrorisme, notamment celles des Britanniques et des Américains, et leur confiance s'est évanouie", jugeait Anis. Luc Delval Reuters – Mercredi 10 septembre,     Version française Guy Kerivel


4-2 Un groupe de mentors des Forces armées canadiennes est arrivé en Afghanistan. Un groupe de mentors des Forces armées canadiennes est arrivé en Afghanistan samedi avec des troupes additionnelles et des plans pour commencer la formation des soldats afghans dans différentes spécialités de combats. Le colonel Joseph Shipley a officiellement pris le commandement de l'équipe canadienne de liaison et de mentorat opérationnel, alors que les membres de la cinquième rotation des troupes en Afghanistan se sont préparés à retourner chez eux. Il a indiqué que cette sixième rotation des troupes, composée de 250 membres en provenance de Petawawa, en Ontario, aurait, pour la première fois, un contrôle complet sur toutes les ressources de l'armée afghane, dont l'artillerie, l'ingénierie et les compagnies de reconnaissance. Jusqu'à présent, les forces afghanes ont largement dépendu des ressources de la coalition pour de tels secteurs d'activité. Au cours des prochains mois, l'objectif du colonel Shipley sera d'aider l'armée afghane à appuyer ses propres opérations, et ce, sans l'aide des troupes canadiennes ou de la coalition Le colonel désire "qu'ils (les soldats afghans) soient en mesure d'appuyer leurs propres opérations sur le terrain et soient capables d'utiliser les outils dont ils ont besoin et qui, en ce moment, sont celles de la coalition". Il s'agit, selon lui, d'une "étape significative" qui ne sera pas complétée avant les six prochains mois. Son travail sera de "semer les graines" pour le futur. L'établissement de l'armée et de la police en Afghanistan est un élément clé dans la stratégie de sortie prévue pour 2011. "Ils tentent de bâtir une armée alors qu'ils sont en guerre. C'est extrêmement difficile", a dit le colonel Shipley. "Je ne peux pas dire combien de temps cela prendra. Cela pourrait prendre plusieurs générations." Le commandant sortant de l'équipe de liaison et de mentorat opérationnel, le colonel Jean-François Riffou, a pour sa part dit que ses troupes avaient fait beaucoup de progrès depuis leur arrivée en février, malgré une recrudescence dans les activités des insurgés au cours du printemps et de l'été. "Oui, nous avons combattu de manière très sérieuse de juin à juillet (mais) la construction suivait son cours, parce que nous avons toujours eu un Kandak (terme afghan pour "bataillon") dans les phases de formation. Et nous donnions des cours et du développement professionnel à ces personnes." "Alors nous avons accompli notre mission", a-t-il conclu. 13 sep La Presse Canadienne



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 5-1 Analyse de DeDéfensa : Les massacres “as usual” deviennent un problème politique.

Extraits publiable… 9 septembre Le 28 août, la Russie proposait une résolution à l’ONU pour condamner l’attaque US en Afghanistan qui, “par erreur”, avait coûté le 22 août la vie à 90 civils dont 60 enfants dans un village afghan. Selon le Daily Times du Pakistan de ce même 28 août, la proposition était sèchement accueillie, comme une basse manœuvre de diversion, assez grossière et indigne, sans doute l’œuvre de semi-barbares: «“I think the Russians want to divert attention from Georgia and annoy the Americans,” said one diplomat.» Honte sur eux (dito sur les Russes, barbares & co); et puis, pour mémoire tout de même, mention doit être faite du bilan des pertes civiles géorgiennes dues à l’invasion russe, qui étaient établies par le ministère géorgien de la santé à 67 tués et 157 blessés au 19 août selon le Los Angeles Times. Actualisé au 25 août, ce bilan ne dépassait pas 80 personnes mais peut-être certains espèrent qu’il dépassera finalement les 90 morts de façon à justifier la remarque du diplomate. Si l’on s’en tient à cette comptabilité, on pourrait penser que c’est le bruit autour de la Géorgie qui est une diversion des massacres aériens, occidentaux et civilisés en Afghanistan («I think the Americans want to divert attention from Afghanistan and annoy the Russians», comme dirait notre diplomate par inadvertance). …Car, tout de même, les tueries US finissent par faire désordre. Elles ne sont pas loin de devenir un cas politique, peut-être un cas politique pouvant compromettre la campagne occidentale en Afghanistan. Ce serait dommage, lorsqu’on juge de son efficacité, de compromettre un tel chef d'oeuvre de l'art de la guerre. Finalement, après tant et tant d’incidents de cette sorte, après le refus de prendre en compte les diverses réactions, Washington, le Pentagone en l’occurrence, sont conduits à réagir en tentant d’offrir des mesures destinées à montrer une certaine préoccupation de ces considérables “dommages collatéraux”. La première “enquête” du Pentagone, relayée par l’OTAN, qui rejetait le bilan des 90 morts avalisé par le gouvernement afghan et l’ONU, pour le réduire à 5 à 7 civils tués par erreur, en plus d’une trentaine de talibans, a du être désavouée par ses auteurs devant de nouvelles preuves. Cela conduit le Pentagone à lancer une nouvelle enquête. D’autre part, le général US commandant l’ISAF (forces de l’OTAN engagées en Afghanistan) annonce des nouvelles “règles d’engagement”. The Independent du jour détaille les développements concernant l’attaque qui a fait 90 morts civils et à propos de laquelle le Pentagone est obligé d’en rabattre sur ses affirmations initiales. Le Guardian d’aujourd’hui également s’attache à la question des nouvelles règles d’engagement de l’OTAN D’une façon plus générale mais sans aucun doute dans le même contexte puisque l’interview se place à la lumière de la situation de ces “dégâts collatéraux”, il y a l’intervention de l’ancien représentant de l’UE en Afghanistan, à la BBC aujourd’hui (présenté par AFP, via Defense News le 8 septembre). Son attaque contre la “guerre des Américains” telle qu’elle est menée actuellement est extrêmement violente, on dirait même définitive. L’Afghanistan et “the  American Wayof War”

Pour s’arrêter au cas partout débattu et tenter de le définir en termes clairs, il s’agit d’une attaque US sur un village afghan qui fait 90 morts civils en quelques minutes, par volonté aveugle d’écraser un adversaire incertain et dont l’expérience montre la difficulté de l’identifier, cela aux dépens des habitants de ce pays usurpé par nous, par volonté aussi de s’éviter le moindre risque sans aucune considération des pertes civiles risquées, dans une guerre dont l’illégalité dans l’esprit de la chose est avérée, dont le but répond au nihilisme de nos conceptions… C’est une tâche ardue, quasi impossible, de secouer les robots que nous sommes devenus, pour leur faire comprendre qu’une telle attaque est un acte au moins aussi indigne que les morts civils géorgiens du fait de l’invasion russe, qui n’atteignent pas encore officiellement ce chiffre de 90. (Outre que l’USAF est coutumière de cette sorte d’exploits, ce qui nous fait un certain nombre d’invasions de la Géorgie par an, en Afghanistan.) Nous n’avons aucun goût pour cette comptabilité morbide d’évaluation morale, par volume quantitatif, des pertes civiles mais qui nous l’impose sinon les robots qui commentent l’histoire de notre monde selon les consignes du système, totalement autistes, écartant la plus petite tentation de réfléchir en toute liberté? A priori, cette situation pourrait paraître désespérante et sans issue. Portant, il nous semble, c’est dans tous les cas notre interprétation intuitive, qu’il faut faire un rapport de cause à effet entre la Géorgie et cette attaque du 22 août, rapport rétablissant une certaine justice. Notre conviction est en effet que le déchainement extraordinaire de condamnation de la Russie pour ses “massacres”, dont on sait l’ampleur étonnamment redite par rapport à d’autres cas évidents où nous avons toute notre responsabilité, a joué un rôle dans la montée de la gêne puis de l’indignation à propos des attaques US en Afghanistan. Il nous semble qu’un mécanisme inconscient a fini par imposer une sorte d’appréciation relative de l’un et l’autre cas, à l’image de la tentative russe à l’ONU que nous mentionnons en tête de l’article, et que l’évidence a fini par s’imposer qu’il était impossible de faire silence sur le cas US-afghan; cela, il faut le dire, aidé par l’extraordinaire autisme bureaucratique, plutôt qu’une impudence délibérée, qui conduit le Pentagone à affirmer tranquillement que l’empilement des cadavres constaté par le gouvernement afghan et l’ONU n’a aucun rapport avec l’attaque; puis le virage à 180 degrés opéré, en toute tranquillité bureaucratique, par le même Pentagone devant l’accumulation des preuves. C’est la conséquence dommageable pour ses initiateurs d’une politique médiatique et virtualiste basée sur l’imprécation unilatérale, d’une grossièreté considérable, qui se nourrit d’arguments émotionnels et systématiquement déformés, au nom d’une morale aussi nuancée qu’un marteau-pilon. A cette lumière crue et bruyante déchaînée à propos de la Géorgie , l’empilement de cadavres des villageois afghans a fini par retenir l’attention; c’est au point où il faut bien réagir. Nous y sommes. Qu’on ne s’y trompe pas. Il s’agit d’une étape de plus dans la mise en accusation implicite d’une façon de faire la guerre (“way of war”), avec la nécessité finalement pour les bien pensants du Pentagone de réagir. La chose aura son effet opérationnel. Envisager dans les nouvelles règles d’engagement que le repérage des lieux abritant soi disant des talibans sera conduit par les forces afghanes (un anathème pour les forces US qui considèrent que les seules forces capables de bien faire en toutes choses sont les forces US), et qu’on demandera la permission au propriétaire de la maison avant d’attaquer (et de pulvériser, évidemment) sa maison, tout cela relève du rocambolesque bureaucratique. Au niveau opérationnel, cela conduira à des entraves graves équivalant au chaos opérationnel et conduisant à une quasi paralysie, pour l’avantage accru des talibans, ou bien l’on fera fi de cette règle et les tueries continueront dans le cadre d’une opinion médiatique et d’un gouvernement afghan de plus en plus surchauffés. L’alternative n’est pas triste pour la bonne marche de la guerre afghane. Monsieur Vendrell a en partie raison lorsqu’il dit qu’il n’y aucune chance que les USA change de “stratégie” (nous dirions plutôt : de “way of war”): «For as long as the Bush administration is in office it is impossible to change the Bush administration's approach to Afghanistan. They don't want to see any changes because they still hope to present Afghanistan as a success story.» Il a complètement tort lorsqu’il avance la restriction qui sauve tout de l’honneur du système dont Bush ne serait plus que l’accident idiot: «… as long as the Bush administration is in office». Il a complètement tort parce que cette façon de faire la guerre n’a rien à voir spécifiquement avec l’administration en place, n’importe laquelle, et tout avec les conceptions de la bureaucratie du Pentagone et de son émanation opérationnelle, et tout enfin avec la psychologie américaniste d’une façon générale. Le phénomène est psychologique et nullement stratégique. La chose n’a aucune chance d’être changée par un Obama ou un McCain, absolument aucune, – s'il en venait l'idée à l'un ou l'autre, ce qui n'est évidemment pas dit. Cette psychologie est complètement étrangère au précepte de Clausewitz (la guerre comme “continuation de la politique par un autre moyen”) si on le conduisait selon une logique inattendue jusqu’à son double inversé: “la politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens”, – toutes ces formules impliquant qu’on doit ménager le cadre de la guerre pour les inévitables arrangements et réconciliations d’après-guerre. Pour cette psychologie américaniste de la bureaucratie du Pentagone, la guerre est une fin en soi, qui établit par essence un monde nouveau où triomphe l’américanisme; elle suppose l’anéantissement de l’ennemi (le penchant US irrépressible pour la capitulation sans condition exigée de l’ennemi), par conséquent elle tend évidemment à juger comme négligeable sinon inapproprié le cas des civils considérés comme formant le cadre d’évolution de cet ennemi. (Certains stratèges américanistes vont jusqu'à estimer que la chose doit être dite sans ambages. Le général LeMay estimaient que les civils, – les Japonais en l'occurrence, – étaient autant “coupables” que les soldats de la même nation et devaient être “punis”, c'est-à-dire détruits, de la même façon, comme l'explique James Caroll dans son livre The House of War.) L’ignorance de tout ce qui n’est pas américaniste, le refus de considérer des cultures autres que la culture universelle de l’américanisme, réduisent encore le peu de considération qui demeurerait pour le cadre où évoluent l’ennemi as a whole, civils compris. Pour clore le chapitre, on ajoutera que les moyens sont à mesure: l'outil favori est la stratégie de l’attrition par emploi de moyens de destruction radicaux, dont le bombardement aérien massif (même “de précision”, les bombardements restent massifs avec l’USAF). Cela est l’élément principal de la guerre en Afghanistan et le restera tant que les USA mèneront le bal. Les autres n’auront qu’à suivre, comme ils sont habitués à faire. http://www.dedefensa.org/article-les_massacres_as_usual_deviennent_un_probleme_politique_09_09_2008.html


5-2 Analyse de Luc Delval : Dieu n'est pas sympathique et Sarkozy raconte des salades... Un précédent billet avait pour objet - je le précise car il se peut que les intentions de l'auteur ne soient pas assez limpides pour d'aucuns - de mettre en évidence d'une part l'absurdité de la guerre aux relents de croisade menée sous de fallacieux prétextes par l'Occident coalisé en Afghanistan, et d'autre part l'exploitation éhontée de la mort de dix soldats français par l'über-président pétainiste qui occupe actuellement le Palais de l'Elysée.
Coupable négligence : l'usage que ce personnage fit d'un énorme mensonge, d'une intox crapuleuse, n'a pas été mis en évidence.
Or, je vous le rappelle : "il n'y a pas à réagir aux nouvelles du jour, mais à comprendre chaque information comme une opération dans un champ hostile de stratégies à déchiffrer, opération visant justement à susciter chez tel ou tel, tel ou tel type de réaction; et à tenir cette opération pour la véritable information contenue dans l'information apparente."
Il convient donc de réparer séance tenante cet oubli coupable.
Au cours de l'allocution prononcée par Nicolas Sarkozy à Kaboul, où il s'était précipité aussitôt connue la nouvelle que dix soldats français avaient été tués au combat (autant par l'incompétence de leurs chefs que par les Talibans, murmurent d'aucuns dans les rangs de l'armée1), le Président français a évidemment ressorti la fable selon laquelle quand les Occidentaux, Américains en tête, débarquent dans un pays lointain avec leur quincaillerie guerrière, c'est pour le bien des populations locales.
Pour donner à ce mensonge plus de consistance, plus de relief, et pour désarmer autant que possible tout esprit critique, Sarkozy a eu recours à la vieille ficelle de la diabolisation de l'ennemi : les Talibans c'est même pas des humains, ils sont barbares et même démoniaques. Et si on les laisse faire en Afghanistan un jour ou l'autre ils défileront sur les Champs-Elysées et vous infligeront le même sort qu'aux pauvres Afghans. Et surtout aux pauvres Afghanes.
TOUTE LA MISERE FEMININE DU MONDE
Car Sarkozy, c'est connu, aime les femmes, surtout quand elles sont victimes de violences. Quand il entend parler de cette horreur, son petit coeur se serre.
Pendant la campagne pour l'élection présidentielle, il avait déclaré : "A chaque femme martyrisée dans le monde, je veux que la France offre sa protection en lui donnant la possibilité de devenir française".
Evidemment, par la suite, il s'était rendu compte de l'énormité de la connerie qu'il avait dite (relisez bien la phrase, et imaginez une seconde les conséquences s'il s'avérait que ce soit autre chose que démagogie chimiquement pure !).
Il avait donc promptement précisé que les dossiers de celles qui voulaient non pas "devenir françaises" (elles n'en demandaient pas tant) mais simplement avoir un titre de séjour seraient examinés "au cas par cas" (expression qui est un euphémisme pour "classement vertical", expression qui elle-même est une abréviation de "qu'est-ce qu'elles ont à me faire chier toutes ces bonnes femmes ?" ou encore de "casse toi pauv' conne").
Donc, il les aiiiimeeeeeeeuuuu d'un amour sincère, surtout quand elles peuvent lui faire gagner des voix, mais faut pas quand même qu'elles se ramènent en France pour chercher asile et protection...
D'ailleurs, pour pouvoir demander des papiers en France encore fallait-il qu'elles parviennent à franchir la frontière, ce que les cerbères aux ordres de Sarkozy s'emploient à empêcher par tous les moyens. Remarquez, elles peuvent aussi aller faire une demande d'asile à l'Ambassade de France à Mogadiscio (son : Radio-France International), par exemple.
On peut donc poser comme un principe acquis que pour Sarkozy, le candidat d'hier comme le Président d'aujourd'hui, le sort des "femmes martyrisées dans le monde" n'est qu'un prétexte à sirupeuse propagande démagogique, un des très nombreux sujets sur lesquels il a menti, il ment et il mentira.
Qu'a-t-il dit de plus qui achèvera de vous en convaincre dans son hommage feint aux dix soldats français tués en Afghanistan ?
LE VERNIS CRAQUE
"On ne peut pas discuter avec des gens qui coupent la main d'une femme parce qu'elle a mis du vernis à ongles", dit-il.
Sarkozy avait déjà utilisé cette histoire dans un discours en mai dernier, pour justifier l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan.
Or, il s'agit d'un exemple typique de mensonge, orchestré à l'origine par le "spin doctor" en chef de Tony Blair, Alastair Campbell, l'homme qui avait, entre autres nombreuses manipulations grossières, inventé la fable des armes de destruction massive irakiennes qui pouvaient soi-disant être déployées pour frapper Londres en 45 minutes. Une histoire du même tonneau que celle, auparavant, des nourrissons arrachés aux couveuses et jetés au sol par les soudards de Saddam Hussein dans une maternité du Koweit. Bullshit, ou plutôt bushshit !
Les montages grossiers d'Alastair Campbell pour tromper la presse, les opinions et les parlementaires lui avaient dans un premier temps valu le surnom de "Ali le cynique", puis l'avaient contraint à la démission, contribuant à la chute d'un Blair largement discrédité.
Rien là, évidemment, qui puisse dissuader Sarkozy de se servir des vieux mensonges cuits et recuits concoctés par l'ancien "spin doctor" néo-travailliste.
L'histoire des femmes aux ongles vernis martyrisées par les Talibans prend semble-t-il naissance - a relevé Christian Salmon3 - dans un rapport d'Amnesty International de 1997. C'est une donnée de base, tout mensonge doit contenir une part, minime, de vérité.
Dans ce rapport d'Amnesty International, cité par Christian Salmon, était rapporté ceci :
Dans un cas au moins les châtiments infligés ont pris la forme d'une mutilation. En octobre 1996, des talibans auraient sectionné l'extrémité du pouce d'une femme dans le quartier de Khair Khana à Kaboul. Cette "punition" avait apparemment été infligée à cette femme car elle portait du vernis à ongles. Lisons attentivement la prose d'Amnesty, organisation connue pour son côté précautionneux. "Un cas au moins" : cela veut dire qu'Amnesty n'a eu connaissance que d'un cas. Dans le cas contraire ils écriraient évidemment "deux cas au moins" ou "douze cas au moins". Mais non : il n'y en a qu'un. C'est trop, si c'est vrai. Mais c'est quand même pas beaucoup en regard de l'utilisation qu'on en a fait ensuite. Rien ne démontre que ce cas isolé soit représentatif de l'ensemble d'une pratique politique. "des talibans auraient"  : cela veut dire que les auteurs n'en sont pas vraiment sûrs, et que donc vraisemblablement ils rapportent une rumeur. Sinon, il écriraient "des talibans ont...". Donc ils n'en ont pas été témoins directs, ils rapportent des témoignages. Directs ? Indirects ? On ne sait, mais en tous cas ils utilisent le conditionnel, ils n'écrivent pas par exemple "selon des témoignages concordants et dignes de foi", comme probablement ils l'auraient fait s'il avaient été un minimum sûrs de leur coup... "apparemment" : les raisons de la "punition", si l'histoire est vraie, on ne les connaît en réalité pas : l'usage du mot "apparemment" ne fait que confirmer le caractère vague des témoignages ou de la rumeur.
En un mot comme en cent, ce rapport d'Amnesty, le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'a pas l'air - du moins sur ce point précis - d'être en béton.
Selon le même procécé, mais sur des bases bien plus solides puisqu'il ne s'agit pas de rumeurs, je pourrais par exemple affirmer qu'en France les policiers éborgnent les jeunes en leur tirant intentionnellement au flashball dans le visage, et y voir la preuve du caractère moyenâgeux du régime liberticide au pouvoir dans ce pays, tombé aux mains de barbares à peine humains contre qui il s'impose de prendre les armes. Il est évident que "On ne peut pas discuter avec des gens qui crèvent les yeux de jeunes qui ont le malheur de manifester contre le gouvernement...". Ca sonne pas mal, hein ? Quand est-ce qu'on envoie des troupes pour protéger les jeunes Français qui veulent manifester pacifiquement ?
Cette histoire, au demeurant ancienne, de mutilation pour cause d'ongles vernis, a donc toutes les chances d'être un bobard, ou au pire un cas isolé et d'ailleurs incertain. Mais c'était parfait pour construire un récit de propagande pure en faisant appel à l'émotion et non à la raison (c'est une des bases du métier).
Et cela n'avait pas échappé à Alastair Campbell, qui à l'époque collaborait très étroitement avec Karl Rove, le conseiller de George W. Bush chargé des "coups tordus" à la Maison Blanche. "La même "story" fut diffusée à Washington et à Londres, en suivant des scénographies identiques, allant parfois jusqu'à utiliser les mêmes phrases". Par exemple, le 17 novembre 2001, Laura Bush4 déclare : "Seuls les terroristes et les talibans menacent d'arracher les doigts qui ont des ongles vernis", et de ce côté de l'Atlantique5 Cherie Blair déclare le lendemain, comme un écho à la voix de son maître, "En Afghanistan, si vous avez du vernis à ongles, vous pouvez avoir les ongles arrachés".
Ils se sont donc employés à faire circuler cette histoire par tous les moyens, notamment sur l'Internet, de sorte que depuis plus de 10 ans on en trouve diverses versions, comme l'illustre la différence des propos de Laura bush et de Cherie Blair. Tantôt la victime est une fillette de 10 ans et tantôt une femme, tantôt on lui aurait "seulement" arraché les ongles et tantôt ce sont tous les doigts qui ont été sectionnés, tantôt c'est carrément toute la main...
C'est donc - on ne se refait pas - cette version maximaliste de la fable que Sarkozy a faite sienne.
Les méthodes qu'utilise Sarkozy en 2008 pour tromper l'opinion et exploiter au profit de la seule chose qui l'intéresse vraiment - lui-même - l'émotion suscitée par la mort de dix soldats envoyés à une mort inutile et stupide, sont celles qu'avait inauguré Ronald Reagan avant même d'arriver à la Maison Blanche. Ce n'est donc pas hier.
Ce sont celles qui ont été utilisése pour "vendre" la guerre d'agression contre l'Irak aux parlements et aux peuples occidentaux. Ce sont ceux qui pareillement préparent le désastre que nous n'allons pas manquer de connaître en Afghanistan, où la politique américano-otanesque prépare activement les générations de terroristes du futur.
En Grande-Bretagne, ces procédés ont conduit les "post-travaillistes" du "New Labour" à subir un discrédit pratiquement généralisé dans la population, quel que soit le sujet abordé. Sarkozy a déjà commencé à subir le même sort, mais ne semble pas pour l'heure en tirer le moindre enseignement.
Il est vrai que la France connaît cette singularité, également soulignée par Christian Salmon dans son excellent petit livre "Le Verbicide - du bon usage des cerveaux humains disponibles"6, que ses plus grands groupes de presse sont détenus par des marchands d'armes parmi les plus puissants du complexe militaro-industriel, Lagardère et Dassault. Ils n'ont rien à refuser à Sarkozy, qui le leur rend bien.
Serge Dassault7 n'a jamais dissimulé sa volonté de se servir des média qu'il contrôle pour propager ce qu'il appelle "des idées saines". Comme on vient de le voir, Sarkozy lui donne un solide coup de main.
A SUIVRE... Luc Delval
22 août 2008

1 Les armées de nos jours, mon bon monsieur, c'est rien que des tafioles qui s'émeuvent dès qu'ils voient un peu de sang. Des fonctionnaires qui attendent l'âge de la retraite. Faut dire qu'on leur a raconté qu'on pouvait faire la guerre sans avoir de victimes dans notre camp... Ah, de mon temps, dans les tranchées de Verdun, c'était autre chose...
2 discours du 29 avril 2007 lors du meeting de Paris-Bercy (source : Le Monde)
3 Le Monde - 3 mai 2008
4 Elle-même épouse d'un extrémiste religieux, il ne faut jamais l'oublier
5 Si on peut dire, car en fait on ne sait en réalité par très bien sur quelle rive de l'Atlantique se situe la Grande-Bretagne
6 Editions Climats - 2005
7 dont le titre-phare, "Le Figaro" est maintenant appelé " La Pravda " dans le milieu journalistique parisien.

Luc Delval www.lesdoigtsdanslacrise.info/index.php?post/2008/08/22/Afghanistan-%3A-Dieu-nest-pas-sympathique-et-Sarkozy-raconte-des-salades
http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BY&langue=1&id=25943

 



Afghanistan, Al Qaida-Talibans,résistants,occupants,Usa,Attentats,11-Septembre,OTAN,militaire, Belgique, France,

19/09/2008

n°206 - journal de l'Afghanistan- 06-09 au 15-09 - Début - Etats-Unis - Afghanistan: sept ans après…

n°206 - journal de l'Afghanistan- 06-09 au 15-09 -  Début - Etats-Unis - Afghanistan: sept ans après…


journal de l'Afghanistan      -  Début

n° 209 - du 06-09

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.

Tiré à part : Etats-Unis Afghanistan: sept ans après… Les talibans avertissent les États-Unis.

Dommages Collateraux...

Paroles & action des bientôt présidents...

l'Afghanistan au cœur des débats.

1 La résistance contre l'agresseur

Résistance : Analyse & déclaration

Occupation de l'Afghanistan 

Analyse & déclaration

2-1 Sur le terrain

2 Occupation de l'Afghanistan 

3 Politique 1) collaborateurs afghans 2) occupants 

(-Suite 1) 4 Lutte pour la libération du territoire Détails.

L'Afghanistan en chiffre.
6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
6-1 Gérard Chaliand : Spécialiste des conflits armés.
6-2 Engagement militaire en Afghanistan, un retournement d’opinion est-il possible ?
(-Suite 2) 7 Brèves
7-1 Le nouvel ambassadeur du Canada en Afghanistan reconnaît que la force des insurgés est désormais plus redoutable.
7-2 Harper réitère que les troupes canadiennes seront hors d'Afghanistan en 2011.
7-3 La résistance veut peser sur la campagne électorale canadienne.
7-4 L’implication de la France en Afghanistan va augmenter.
8 Dossiers
8-2 Point de vue de Sanjeev Miglani  : Le général afghan Zaher Azimi,  dénonce les bavures des forces de la coalition.
8-3 Point de vue de Violette Daguerre : Guerre contre le « terrorisme » : Quelle justice pour les prisonniers musulmans ?
(-Fin) 9 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
9-1 Ousmane Sow : Tortures dans le monde : Raison d’Etat et morale.
10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
10-1 Analyse de Gilberto LÓPEZ Y RIVAS : Anthropologie, contre-insurrection et terrorisme global. 10 Annexe  11-1 Parallèle avec l'extension de la guerre au Pakistan.


L'Afghanistan en chiffre du 09-07 au 15/09/08  
tués blessés
Usboys / Autres boys  5  22
Policiers, armée et collaborateurs

 81

 63
Peuple Afghan  70  8 + x


                                                                                                           Tiré à part : Etats-Unis Afghanistan: sept ans après… 11-09 Des militaires américains qui se recueillent à Kaboul. Car ce sont précisément les attaques du 11 septembre 2001 qui sont à l’origine de leur présence en Afghanistan depuis bientôt sept ans, lorsque George Bush avait déclaré la guerre à Al Qaida et aux Talibans. .. Une guerre qui fait rage malgré les 30 000 soldats américains sur place, épaulés par quelque 40 000 des forces de l’OTAN. Depuis l’invasion, 517 soldats américains y ont (officiellement) perdu la vie et a tué 525 soldats de l’ISAF, la force internationale de l’OTAN. http://www.euronews.net/fr/article/11/09/2008/afghanistan-7-years-after-war-began/  

Les talibans avertissent les États-Unis.

11-09 Les talibans envoient un communiqué à la presse pour avertir les États-Unis qu'ils sont au bord d'une « défaite historique ». « Réfléchissez à ce que Bush et ceux qui le suivent sur la mauvaise voie ont réalisé sur les fronts militaire, social et politique dans le monde. L'Amérique est au bord du gouffre », peut-on lire dans le communiqué. Les talibans exhortent aussi les forces internationales à quitter l'Afghanistan, en précisant bien que « les Afghans ne se sont jamais rendus face aux pressions de l'étranger, et ont toujours fait face en commun aux invasions des infidèles qu'ils ont battus ». Affirmant que le président américain ne pourra venir à bout des musulmans, le communiqué ajoute que Bush « et ses alliés ont oublié que les gardiens de l'Islam sont innombrables et qu'ils couperont la tête de tout occupant de territoires musulmans ». euronews

Dommages Collateraux... 06-09 Un député afghan a accusé dimanche les troupes de l’OTAN d’avoir tué ou blessé plus de 500 civils dans un seul sous-district du sud de l’Afghanistan en l’espace d’une semaine. Mecanopolishttp://mecanopolis.wordpress.com/ 10-09 L'OTAN annonce que l'une de ses bombes a tué deux civils et en a blessé dix autres mardi dans la province de Khost (est). La bombe visait un site utilisé par des résistants pour tirer des roquettes. Mais elle a raté sa cible(…)  et est tombée sur une maison à 2,5km de là, explique l'Alliance dans un communiqué. AP 10-09 Olivier Laurent - WSWS Les opérations des jours suivants autour d’Uzbeen ont causé des dizaines de morts chez les civils selon l’agence de presse Pajhwok. Le porte-parole de la coalition, le colonel Rumi Nielson-Green, a froidement dénigré les inquiétudes quant aux civils afghans tués dans les combats : « Je ne suis pas certain qu’ils étaient directement impliqués dans l’attaque contre les Français. Ça n’a aucune importance, ils étaient certainement au moins complices. » http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5047

16-09 Au moins six enfants ont été tués par un engin explosif trouvé sur une route, selon les autorités. Une dizaine d'autres enfants ont été blessés, certains grièvement, selon Abdul Rahim Daisi Wal, responsable du district d'Andar, dans la province centrale de Ghazni. La Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) a affirmé avoir traité huit enfants blessés, dont un est mort en cours de transfert à l'hôpital. L'origine de l'explosion n'était pas connue, mais l'Isaf a estimé qu'il pouvait s'agir d'une munition abandonnée. http://www.20minutes.fr/article/252400/Monde-Afghanistan-trois-employes-de-l-ONU-et-six-enfants-tues-par-la-violence.php L’utilisation de ce type d’armes constitue une violation flagrante des principes les plus fondamentaux du droit international humanitaire, et voici pourquoi.
Les bombes à sous-munitions causent des maux superflus, comme les mines antipersonnel, parce qu’elles mutilent les personnes et ne visent pas uniquement à les mettre hors de combat. Première violation du droit international.
Les bombes à sous-munitions explosent sur des cibles éparses à des moments aléatoires. Par nature, elles ne font donc pas la distinction entre civils et combattants. Seconde violation du droit international.
En touchant non seulement l’ennemi, mais ses voisins et les enfants des générations à naître, ceux qui utilisent les bombes à sous-munitions ne peuvent prétendre qu’ils agissent d’une manière proportionnelle à l’avantage stratégique militaire qu’ils recherchent. Troisième violation du droit international.
Ces principes sont non seulement consacrés dans de nombreuses conventions mais constituent surtout des standards d’humanité et de bon sens acceptés par tous les États depuis au moins un siècle, et par de plus avisés depuis toujours.
Vincent Chapaux, Pauline Helinck, Joanna Spanoudis, Edith Weemaels de l’Université international droit Centre au Chercheurs


Paroles & action des bientôt présidents...

Obama Barack Obamaa estimé mardi que l'augmentation du contingent américain en Afghanistan annoncée par Bush était insuffisante. Selon Obama, qui s'est engagé à retirer d'Irak toutes les brigades de combat dans les 16 mois suivant sa prise de fonction s'il est élu le 4 novembre, le plan avancé par Bush est insuffisant. "Son plan est trop faible - il n'y a pas assez de troupes, pas assez de ressources et pas assez vite", a dit Obama depuis l'Ohio, un des Etats les plus disputés avant l'élection présidentielle. "J'adopterai une stratégie globale pour achever le travail en Afghanistan, avec plus de soldats, plus d'entraînement pour les forces de sécurité afghanes (...) et une plus grande attention sur l'élimination des bastions des taliban et d'Al Qaïda le long de la frontière pakistanaise", a-t-il ajouté. D'autres démocrates, dont la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi ou l'adversaire malheureux de Bush en 2004 John Kerry, se sont joints à ces critiques. L'envoi d'une brigade est "cruellement insuffisant étant donné la détérioration de la situation et bien loin des trois brigades supplémentaires que nos commandants en Afghanistan ont demandées d'urgence", a souligné Kerry. (Reuters 09-09)

McCain McCain a soutenu le déploiement de soldats en Afghanistan. "Il est clair que nous avons besoin de forces supplémentaires en Afghanistan et je soutiens les nouveaux déploiements", a dit le sénateur de l'Arizona dans un communiqué. Il a en outre critiqué à plusieurs reprises Obama. "Le sénateur Obama croit que nous devons perdre en Irak pour gagner en Afghanistan. Je veux gagner en Irak et en Afghanistan", a dit McCain. Les analystes estiment de leur côté que la guerre en Afghanistan ne doit pas occulter celle en cours en Irak. (Reuters 09-09)



1 La résistance contre l'agresseur - Analyse & déclaration Troupes d'occupation

USA & Coalition 11-09 les experts attribuent le retour des talibans au soutien d’Al Qaida. Le réseau islamiste a reconstitué un sanctuaire dans des zones reculées à la frontière pakistano-afghane, en approfondissant ses alliances avec les militants pakistanais.  http://www.euronews.net/fr/article/11/09/2008/afghanistan-7-years-after-war-began/



2 Les forces en présence

Troupes d'occupation

13-09 Le nombre de militaires étrangers a été porté à 71.000 hommes. Reuters

USA 28-08 Mercredi, le commandant du corps des "marines", le général James Conway, a jugé possible de réduire le nombre des troupes américaines déployées dans la province d'Anbar afin de renforcer les opérations militaires contre la résistance afghane. "Très honnêtement, les jeunes 'marines' rejoignent notre corps dans le but d'aller combattre pour leur pays", a-t-il dit. "Notre opinion est que si des combats plus durs se déroulent en un autre endroit (...), c'est là que nous devons être.". Conway a suggéré qu'une baisse des effectifs de "marines" en Irak pourrait permettre de remplacer les quelque 1.200 hommes du 2e bataillon du 7e régiment de "marines" qui sont en Afghanistan jusqu'au 30 novembre pour y former des soldats afghans. Mais il a jugé peu probable que les 2.200 "marines" engagés dans des opérations de combat dans le sud du pays soient relevés par de nouvelles troupes. Le général Conway a enfin jugé qu'un bataillon de "marines" en Afghanistan pesait davantage qu'un bataillon de "marines" en Irak. "Nous pouvons faire avec un nombre moindre de 'marines' en Afghanistan, j'en suis persuadé à ce stade, et avoir le même impact." Reuters

10-08

Bush annonce l'envoi de 4500 soldats en renfort en Afghanistan. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et BBC


3) Politique a) Les collaborateurs afghans Karzai

Afghanistan: Les forces étrangères ne sont plus les bienvenues…

Le président afghan, Hamid Karzaï, a réaffirmé, jeudi, que les forces militaires étrangères devaient songer à se retirer de son pays. "In fine, c'est à nous de protéger notre terre avec nos forces, nos initiatives et nos ressources", a-t-il déclaré à la presse à l'occasion du septième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 qui ont conduit les Etats-Unis et leurs alliés à envahir son pays. "Nous sommes un pays plusieurs fois millénaire et nous sommes fiers de notre histoire et de notre bravoure. Une nation courageuse ne doit pas se reposer longtemps sur les autres pour vivre", a-t-il ajouté. "Il est naturel que la communauté internationale ne puisse rester ici éternellement et il n'est pas bon pour nous qu'elle y reste." Le chef d'état-major interarmes américain, l'amiral Mike Mullen, avait admis la veille que la coalition occidentale n'était pas en train de gagner en Afghanistan et prôné un changement de stratégie La Presse Canadienne 11/09/2008


b) Les occupants 

1) Usa Occupation de l'Afghanistan 05-09 Une réduction des effectifs en Irak permettrait d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan où les responsables militaires demandent des renforts pour faire face à la hausse des attaques. Les Etats-Unis comptent 33.000 militaires en Afghanistan. "Le président envisage actuellement les différentes options", a déclaré  Dana Perino, porte-parole de la Maison blanche. Trois sources au Pentagone ont déclaré à Reuters que le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, avait accepté de passer de 15 brigades à 14.Selon une source, les recommandations adressées au président Bush porteraient également sur d'autres unités, plus petites, mais elle n'a pas précisé lesquelles. Bush a pris connaissance de ces recommandations mercredi lors d'une vidéoconférence avec le secrétaire à la Défense Robert Gates et l'amiral Mike Mullen, président de l'état major interarmes de l'armée américaine.


Bush  Bush annonce l'envoi d'environ 4.500 en Afghanistan Bush a annoncé mardi  l'envoi d'environ 4.500 hommes en Afghanistan d'ici à janvier, quand il quittera la Maison Blanche. La décision, attendue, de M. Bush lègue a priori à celui qui lui succèdera le 20 janvier 2009, que ce soit le républicain John McCain ou le démocrate Barack Obama, une présence militaire américaine en Afghanistan plus forte que deux ans plus tôt. "En novembre, un bataillon de Marines qui devait se déployer en Irak se déploiera en Afghanistan. Il sera suivi en janvier par une brigade de combat de l'armée de terre", a-t-il dit. Cela correspond à environ 4.500 hommes. .Il y a environ 31.000 soldats américains en Afghanistan et autant issus d'autres pays, selon M. Bush. M. Bush a ainsi suivi les recommandations sur lesquelles se sont entendus ses conseillers civils et militaires, du général David Petraeus au secrétaire à la Défense Robert Gates. Deux Américains sur trois sont pourtant opposés à la guerre, selon les sondages. L'envoi d'un bataillon de Marines et d'une brigade apporte un début de réponse à tous ceux qui réclament des renforts face à l'intensification de l'insurrection en Afghanistan. Les deux candidats à la présidentielle sont de ceux-là. Jeremy Pelofsky Reuters – 9 septembre,



Dans le monde

France : Lettre ouverte d'un ignorant aux députés qui s'apprêtent à voter pour la guerre d'Afghanistan.

Parce que votre vote engagera vos noms et ceux de vos familles devant l‘histoire.
-La « guerre contre le terrorisme » à été déclarée par George W.Bush le 14 septembre 2001 à partir de
la Cathédrale Nationale de Washington.  Le terme de « croisade » du bien contre le mal avait été employé. Le 7 octobre 2001 l’Afghanistan est bombardé. Si Monsieur Morin (origine étymologique Maure…) ministre de la défense réaffirme que ce n’est pas une guerre, il vous ment grossièrement. Il ment à la nation. Il ment aux familles des soldats morts à la guerre. C’est la même propagande que pour l’Algérie.
-Cette guerre contre les talibans, auteurs ou complices désignés des attentats du 11/9 dure depuis 7ans soit plus longtemps que la totalité de la seconde guerre mondiale. Les talibans, et al Quaeda ont été financés dés 1994 par l’administration américaine et pakistanaise.
-Si le président de la république française justifie cette guerre par la défense de la démocratie, il vous ment, il ment à la nation et aux familles des soldats morts à la guerre, car alors, si véritablement le sort de notre démocratie se jouait en Afghanistan ce n’est pas 3 000 « piu-piu » inexpérimentés, mais toute la Légion Étrangère qu’il faudrait d’urgence envoyer. Ce ne sont pas des patrouilles mais des bataillons d’hommes qu’il faudrait engager. Si c’est une vrai guerre pour la démocratie, c’est lui l’amateur ! C’est un menteur, un bonimenteur de foire ! 14-09
Le Parti socialiste (PS) a déjà réagi au mécontentement de l’opinion publique en réaffirmant son engagement en faveur du déploiement français en Afghanistan.
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a déclaré qu’il voulait éviter le dilemme entre « retrait total et immédiat ou envoi de renforts, synonyme d’enlisement ». L’expert en politique internationale du PS, et candidat à la direction du parti, Pierre Moscovici a déclaré le 24 août à la Fête de la Rose , une Fête traditionnelle du PS, « Nous voulons autant que la droite lutter contre le terrorisme. » Jean-Louis Bianco, lui aussi membre du PS, et proche de l’ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal, a déclaré le 20 août sur son blog personnel, qu’« En 2001, il s’agissait pour la France de combattre le régime des talibans et d’aider à la reconstruction du pays. » Cela semble suggérer une sorte de détournement de l’opération par les intérêts Américains, mais il n’en dit pas plus et se prononce simplement en faveur de quelques changements de stratégie. La dirigeante du Parti communiste français, Marie-Georges Buffet a déclaré sa sympathie pour les familles des victimes et sa solidarité avec l’armée. Remettant en question la stratégie de Sarkozy, mais pas l’implication de la France , elle a affirmé « Il faut mener la lutte contre les talibans » et demandé « un débat sur les objectifs de la présence française en Afghanistan ». Les critiques voilées de la part du PS sont complètement hypocrites étant donné que l’invasion de l’Afghanistan avait été décidée par le Premier ministre socialiste Jospin. Le seul membre d’envergure du PS à remettre en question l’implication en elle-même de la France en Afghanistan est Henri Emmanuelli. Il est allé jusqu’à déclarer au quotidien Le Monde : « Qui est M. Karzaï, une marionnette installée au pouvoir par ses puissants parrains ? » Il semble vouloir donner l’impression qu’il commence seulement à se rendre compte des faits, quand il dit de façon malhonnête, « Je crois que l’on nous cache beaucoup de choses sur la réalité en Afghanistan. » 10 septembre Olivier Laurent - WSWS http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5047
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n°206 - journal de l'Afghanistan- 06-09 au 15-09 -Suite 1 - Etats-Unis Afghanistan: sept ans après…

n°206 - journal de l'Afghanistan- 06-09 au 15-09 -Suite 1 - Etats-Unis Afghanistan: sept ans après…


journal de l'Afghanistan -Suite 1 -

n° 209 - du 06-09

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                                               -Suite 1 -

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 
6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
6-1 Gérard Chaliand : Spécialiste des conflits armés.
6-2 Engagement militaire en Afghanistan, un retournement d’opinion est-il possible ?

4 Lutte pour la libération du territoire Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf 03-09 Trois soldats canadiens ont été tués et cinq autres ont été blessés lors d'une attaque des insurgés survenue au cours d'une patrouille de sécurité dans le district de Zhari, près de Kandahar. L'attaque a tué sur le coup les caporaux Andrew Grenon,
23 ans, et Mike Seggie, 21 ans, de même que le soldat Chad Horn, 21 ans.
La Presse canadienne 

09-09 Trois soldats de la coalition  ont trouvé la mort lors de l'explosion d'une bombe dans l'est du pays, apprend-on de source militaire américaine. L'engin qui se trouvait au bord d'une route a également tué un Afghan travaillant pour la coalition. La nationalité des soldats n'a pas été précisée. (Reuters)  

09-0-9 Le soldat canadien tué en Afghanistan a été rapatrié en sol canadien mercredi, à la base de Trenton, en Ontario. Le véhicule du sergent Scott Shipway a été touché par l'explosion d'une bombe artisanale, dimanche. Scott Shipway était à quelques jours de son retour prévu au Canada. La Presse Canadienne

10-09 Un soldat britannique a été tué mercredi dans une explosion près de Musa Qala, dans la province d'Helmand, dans le sud de l'Afghanistan, annonce le ministère de la Défense. (Reuters)

11-09 Deux soldats américains ont été abattus dans des combats, en Afghanistan. www.radio-canada.ca/nouvelles/International/

13-09 Le ministère de la Défense a annoncé la mort samedi d'un soldat britannique --le troisième en une semaine-- http://www.20minutes.fr/article/252400/Monde-Afghanistan-trois-employes-de-l-ONU-et-six-enfants-tues-par-la-violence.php 16-09

Un soldat britannique est mort dans une explosion dans le sud, ont indiqué respectivement dimanche les autorités afghanes et le ministère britannique de la Défense.

http://www.20minutes.fr/article/252400/Monde-Afghanistan-trois-employes-de-l-ONU-et-six-enfants-tues-par-la-violence.php

Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

11-09 Dans la ville de Khash Rod, dans le sud-ouest du pays, un kamikaze s'est fait sauter devant une voiture de police. Un policier et un civil ont été tués. euronews & www.radio-canada.ca/nouvelles/International/ 16-09 7 policiers ont été tués et deux autres enlevés par des résistants dans le centre du pays. http://www.20minutes.fr/article/252400/Monde-Afghanistan-trois-employes-de-l-ONU-et-six-enfants-tues-par-la-violence.php


Pertes des armées privées 11-09 Attaque kamikaze au passage d'un véhicule conduit par les gardes du corps afghans d'une compagnie américaine de construction. (La société privée visée par la bombe est chargée d'assurer la sécurité des convois de ravitaillement destinés aux forces de la coalition. Cette explosion a  fait deux morts et six blessés à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, rapportent les autorités locales.  www.radio-canada.ca/nouvelles/International/ - Reuters)

12-09 Attaque contre des agents de sécurité US en Afghanistan, 8 morts Plusieurs véhicules d'une société de sécurité américaine sont tombés dans une embuscade qui a coûté la vie à quatre agents et autant de civils, dans le sud-ouest de l'Afghanistan, font savoir les autorités locales. La société en question avait déjà été attaquée la veille près de Kandahar. Deux agents avaient alors été tuées. Le convoi pris pour cible vendredi circulait dans le district de Bakwa, qui appartient à la province de Farah.  Reuters

14-09 Une attaque kamikaze a causé la mort de 3 personnes dans le convoi " . Les personnes tuées dans le convoi sont un chauffeur de l'UNAMA, et deux médecins employés pour l'OMS (Organisation mondiale pour la santé de l'ONU) et blessé 15 autres personnes dimanche dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé la police.) L'explosion à Spin Boldak a blessé un policier et cinq gardes du corps qui protégeaient le convoi de l'OMS, a précisé le chef de la police provinciale. Un témoin a en revanche fait état de 16 policiers blessés, et deux employés des douanes. Nous savions que c'était un véhicule de l'ONU. On les avait prévenus plusieurs fois par le passé qu'ils ne devaient pas mettre leurs véhicules au service des Américains mais ils ne nous ont pas écoutés", a affirmé Qari Yousuf Ahmadiet, un porte-parole des talibans. http://www.20minutes.fr/article/252400/Monde-Afghanistan-trois-employes-de-l-ONU-et-six-enfants-tues-par-la-violence.php


Pertes des Résistants        - Province non précisée

12-09 Les forces opérant sous commandement américain auraient tué plus de dix résistants lors de deux raids menés dans l'est du pays, annonce l'armée américaine.  Reuters 


Détails

Province de Ghanzi (centre de l’Afghanistan) 13-09 Samedi, lors d'un accrochage entre des résistants et des policiers dans le centre du pays, quatre policiers sont morts et deux ont été enlevés, selon Ismail Jahangir, porte-parole du gouverneur de la province de Ghazni.. Le bilan des policiers tués est passé à sept dimanche soir après le décès de trois blessés. "Nous avons attaqué le district et tué six policiers. Nous avons enlevé deux policiers", avait affirmé pour sa part Zabihullah Mujahid. http://www.20minutes.fr/article/252400/Monde-Afghanistan-trois-employes-de-l-ONU-et-six-enfants-tues-par-la-violence.php

13-09 Au moins sept policiers ont été tués samedi dans une embuscade tendue à leur patrouille par des talibans. Un autre policier est porté disparu, selon le responsable provincial de la police. La police afghane, qui ne dispose que d'armes légères, paye un lourd tribut: plus de 900 policiers ont été tués en 2007. AP


Province de Khost (sud-est) 14-09 Dimanche, dans la province orientale de Khost, un interprète afghan travaillant pour les forces américaines a été tué à son domicile, selon la police. http://www.20minutes.fr/article/252400/Monde-Afghanistan-trois-employes-de-l-ONU-et-six-enfants-tues-par-la-violence.php 14-09  L'armée américaine a annoncé avoir tué plusieurs résistants au cours d'une opération conjointe avec les forces afghanes samedi Le raid visait un groupe proche de Siraj Haqqani, fils du chef de guerre Jalalludin Haqqani. AP


Province de Logar,(sud de Kaboul.)

 13-09 Le gouverneur de la province , Abdullah Wardak, a été tué samedi par une explosion(kamikaze ?)  alors qu'il quittait son domicile à Paghman, une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Kaboul.  Un responsable de la police à Kaboul, Ali Shah Paktiawal, a précisé que le chauffeur et deux gardes du corps de Wardak avaient aussi été tués dans l’attaque. Wardak avait été le chef militaire d'une des factions armées qui ont aidé les troupes occidentales conduite par l'US Army à renverser le régime des talibans, fin 2001, et il avait été ministre du président Hamid Karzaï. C'est le second gouverneur de province tué. Reuters


Province d'Oruzgan (sud de l'Afghanistan)

Opérations d’aérolargage Les 27 et 29 août, deux opérations d’aérolargage ont été menées sur la base opérationnelle avancée de Deh Rawood, dans la province d’Oruzgan. Ce sont les premiers largages de ce type (largage très grande hauteur – ouverture basse) effectués dans un contexte opérationnel. Cette phase de validation opérationnelle a permis de livrer rapidement aux hommes de la 6ème brigade légère blindée déployés en Oruzgan des approvisionnements du service des essences des armées (lubrifiants, carburants). Cette technique permet aux avions de rester hors d’atteinte d’éventuels moyens sol-air, tout en garantissant une excellente précision au sol. Seules cinq nations sont aujourd’hui en mesure d’effectuer ces opérations délicates qui requièrent un haut niveau de technicité. La FOB (Forward Operating Base) de Deh Rawood est située à plusieurs centaines de kilomètres de sa base logistique de Kaboul. Les ravitaillements par la route sont incertains, et le matériel acheminé par ce moyen met plus de trois semaines pour parvenir à destination en raison des contraintes opérationnelles. En outre, les axes empruntés ne seront plus praticables à l’arrivée de l’hiver. La livraison par air est donc un moyen vital de ravitaillement pour l’OMLT française de la province d’Oruzgan. http://www.defense.gouv.fr/ema/enjeux_defense/operations_exterieures/afghanistan/breves/afghanistan_livraison_par_air_en_oruzgan



4-1 L'Afghanistan en chiffre  Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "


Civils tués                                                           :    12.379 (Voir Dufour-n° 196)

Civils blessés                                                     : ? +  2.435 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  7.043

Résistant blessés                                               :?  +  1.636 (chiffres trop bas)

 Résistances arrêtés :                                           : 23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.477

 Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 13.487

Suicides                                                           : ?  plus de 1500 tentatives   150.000 souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 4.739

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 4.224 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :   1..318

Collabo   blessés                                               :?  +  793 (chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ? +   3 



Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux.


6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Gérard Chaliand : Spécialiste des conflits armés

 «De façon à ménager les troupes, on préfère bombarder sans prendre de risques, dans la mesure où nos opinions publiques occidentales se refusent à des pertes.» Mardi, les Nations unies ont confirmé la mort de 90 civils afghans, en majorité des enfants, dans les raids aériens conduits la semaine dernière à l'ouest de Afghanistan par la coalition internationale. Comment expliquer une telle «bavure»? écouter 03 min

6-2 Engagement militaire en Afghanistan, un retournement d’opinion est-il possible ? Parfois, une société voit son opinion se retourner. Pour l’instant, la France entière, excepté quelques franges politiques, ne bronche pas face aux discours des officiels concernant l’Afghanistan. S’il n’y avait pas eu mort d’hommes, la presse aurait tu ces événements lointains et l’opinion ne saurait même pas que nous sommes… en guerre, ou en lutte, bref, peu importe la sémantique, nos soldats sont impliqués dans une opération militaire. Ce billet propose une évocation des retournements d’opinion sans pour autant entrer dans le débat qui pourrait avoir lieu. Jeudi soir chez Arlette Chabot, des responsables politiques, dont le Ministre Morin, ont exclu tout retrait de nos troupes en Afghanistan, ni même un éventuel calendrier de sortie, afin de ne pas envoyer des signes de faiblesse face à l’ennemi. On peut comprendre cela d’un point de vue tactique. Néanmoins, il ne faut pas que l’organisation du conflit masque le débat sur la nécessité de l’engagement de nos troupes (la finalité). Pour l’instant, une seule version officielle. La France est engagée au nom de la liberté, de la défense de nos valeurs, de la démocratie dans le monde, de la lutte contre le terrorisme. Voilà, circulez, il n’y a rien à dire de plus. Et comme l’opinion croit à la vérité de cette explication, elle croit aussi à la légitimité de cette intervention et se dit que la lutte contre le terrorisme est une bonne chose, en croyant sans aucun doute que la France et ses alliés combattent le terrorisme en Afghanistan. Cette version officielle tiendra-t-elle des mois, des années ? On notera que le questionnement est tout récent, frais, laissant planer une fragilité évidente. La mort de nos soldats est encore dans le présent. La réflexion de l’opinion sur l’engagement de nos troupes n’a fait que commencer et peut-être s’achèvera-t-elle parce que le terrain idéologique fait qu’elle doit s’achever. Un léger rhume cérébral a secoua nos politiques dans l’opposition lorsque le Président Sarkozy décida de renforcer nos troupes, occasionnant une visibilité médiatique rapidement enfouie sous les dépêches successives de l’été. Puis, ces dix morts, et là c’est plus délicat à oublier, d’autant plus que le Parlement va devoir se prononcer sur la prorogation de notre engagement militaire en Afghanistan. Cela laisse une fenêtre de tir bien trop réduite pour retourner l’opinion. Sauf si une agitation intellectuelle et citoyenne se met en place. De cela nous ne pouvons rien savoir ni prédire. Mais c’est l’occasion d’évoquer quelques retournements d’opinion qui, avant que le processus se mette en route, étaient improbables voir impensables. Qui aurait parié sur un rejet du TCE par les Français ? Le camp des partisans avait les meilleurs généraux, tribuns, l’appui de la presse et pourtant, petit à petit, les artificiers du Non se sont insérés dans le débat avec brio, les internautes se sont invités à la fête et le résultat, on le connaît. Les revirements d’opinion ne sont pas courants mais quand ils se produisent, ils traduisent la réalité d’un monde en marche sous la gouverne de l’opposition des camps et des énergies. Héraclite l’avait deviné. Hegel a appelé cela la dialectique. Restons humbles, le revirement lors du TCE n’avait rien d’un impossible défi et avec le recul, on ne peut être étonné. Car dès le départ, on savait pertinemment l’ancrage du sentiment anti-européen chez les Français. Les forces étaient équilibrées. Ce qui n’était pas le cas en 1940, avec neuf Français sur dix acquis à la cause de Pétain et reconnaissant la légitimité du gouvernement de Vichy. Les historiens et les témoins savent que petit à petit, l’équilibre de la balance s’est modifié et que la cause de la résistance gagnait des partisans. Ce qui a permis un appui certain dans la victoire finale obtenue grâce aux forces alliées contre le nazisme. Ensuite, l’opinion a nettement basculé mais ce fut après la bataille. Un autre cas d’espèce nous intéresse de près. Celui de l’affaire Dreyfus. Ce capitaine de l’armée française envoyé au bagne en 1895 suite à une erreur judiciaire ; suspecté d’avoir livré des secrets militaires aux Allemands. Un an plus tard, le vrai coupable des fuites fut découvert par un officier perspicace dont l’Etat-major se débarrassa en l’envoyant en Afrique du Nord. L’affaire ne faisait que commencer. Elle durera dix ans, avec l’intervention de Zola en 1898, des intellectuels, avec l’antisémitisme que l’on sait, la division les Français jusqu’au paroxysme, aux limites de l’intégrité de la Nation que certains ont vu menacée d’implosion. Cette affaire fut extrêmement complexe et semble inconcevable dans la France de 2008. Il faut dire que la France était en pleine mutation dans les années 1900, avec des mouvements politiques, des changements sociaux et institutionnels, des progrès scientifiques et techniques sans précédent. Bref, rien de comparable avec notre époque. L’affaire Dreyfus, on aurait tendance à l’oublier, fait partie des événements fondateurs de la nation française, au même titre que la Révolution de 1789. Ce temps est révolu. N’empêche qu’à l’occasion de l’affaire Dreyfus, un revirement d’opinion s’est produit, avec le travail du temps, des intellectuels, des consciences, des forces spirituelles d’avenir présentes dans les cercles, les associations, les confréries, les citoyens. L’explication la plus évidente d’un retournement d’opinion, ce sont les faits nouveaux. Ce fut le cas en 1896 lorsque le coupable fut identifié mais l’affaire n’avait pas commencé. Le principal ressort d’un retournement d’opinion, c’est la manière dont est appréciée une réalité. Sauf coup de théâtre. Ce retournement est engendré par les intellectuels et plus généralement, tous les débats et discours ayant comme effet d’infléchir la représentation d’une réalité par l’opinion. Les tribuns, les intellectuels, les écrivains, les journalistes, les beaux parleurs, conjuguent leurs forces de l’esprit et les médias servent de courroie de transmission. Un revirement peut prendre du temps. Des ans. N’oublions pas la contestation de la jeunesse occidentale dans les années 1960, face à la guerre du Viêt-Nam, plus par antimilitarisme que par conviction d’une raison non légitime à envoyer se faire massacrer les GI. En 2008, si jamais il devait y avoir un revirement de l’opinion, ce serait plus pour des raisons profondes portant sur le sens de notre engagement, sur la finalité réelle et véridique, opposée à la finalité présentée de manière officielle. Retourner l’opinion sur la question de l’Afghanistan est un jeu d’enfant pour ce qui est des arguments. Mais pour ce qui est du Système qu’il faut renverser, avec l’imprégnation des vérités, du 11-septembre, de l’inertie des masse, de la lâcheté des journalistes et intellectuels, de l’autorité du pouvoir, de la peur face au terrorisme, eh bien, on va dira ça, l’engagement ne sera pas mis en cause ni débattu sérieusement et l’opinion ne sera pas inversée, parce que cela participe à la tranquillité d’une nation. La France serait-elle devenue un pays de lâches qui n’ose pas affronter les vérités ? Et qui tourne le dos à 1789 et 1898 ? http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44404

6-3 Prançois Fillon en croisade contre « le monde musulman » (vidéo) 6 septembre Le Premier ministre François Fillon a évoqué lundi le prochain envoi de « moyens supplémentaires » en Afghanistan, se plaçant ouvertement dans le cadre d’un combat contre « le monde musulman ». Intervenant sur Europe 1, Fillon a déclaré : « le conflit va durer, parce que les causes de ce conflit sont très profondes. C’est l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète, c’est le conflit israélo-palestinien, c’est les déséquilibres économiques et sociaux qui règnent dans le monde ». De l’aveu même du chef du gouvernement, l’armée française est donc en croisade contre le monde musulman auxquels appartiennent aussi, faut-il le rappeler, plusieurs millions de citoyens français. Et pour que cette provocation soit complète, Fillon a choisi le premier jour du mois de ramadan pour se lâcher. Pendant ce temps, un député afghan a accusé dimanche les troupes de l’OTAN d’avoir tué ou blessé plus de 500 civils dans un seul sous-district du sud de l’Afghanistan en l’espace d’une semaine, tandis que l’ONG Oxfam estime que la famine menace plus de 4 millions d’Afghans, du fait du chaos total régnant dans le pays. Mecanopolishttp://mecanopolis.wordpress.com/

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n°206 - journal de l'Afghanistan- 06-09 au 15-09 -Suite 2 - Etats-Unis Afghanistan: sept ans après…

n°206 - journal de l'Afghanistan- 06-09 au 15-09 -Suite 2 - Etats-Unis Afghanistan: sept ans après…

 journal de l'Afghanistan -Suite 2 -

n° 209 - du 06-09

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                                               -Suite 2 -

7 Brèves

7-1 Le nouvel ambassadeur du Canada en Afghanistan reconnaît que la force des insurgés est désormais plus redoutable.

7-2 Harper réitère que les troupes canadiennes seront hors d'Afghanistan en 2011.

7-3 La résistance veut peser sur la campagne électorale canadienne.

7-4 L’implication de la France en Afghanistan va augmenter.

8 Dossiers

8-1 Point de vue de Eric Margolis : Les erreurs de la coalition occidentale et l’impéritie de l’administration Karzaï ont poussé les Pachtounes dans les bras des talibans.

8-2 Point de vue de Sanjeev Miglani  : Le général afghan Zaher Azimi,  dénonce les bavures des forces de la coalition.

8-3 Point de vue de Violette Daguerre : Guerre contre le « terrorisme » : Quelle justice pour les prisonniers musulmans ?


7 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Le nouvel ambassadeur du Canada en Afghanistan reconnaît que la force des insurgés est désormais plus redoutable.
L'ambassadeur Ron Hoffmann cite en exemple la toute récente attaque qui a coûté la vie à trois militaires canadiens. À son avis, les moyens de l'ennemi sont désormais plus sophistiqués.
Mercredi, trois soldats canadiens ont été tués et cinq autres ont été blessés lors d'une attaque des insurgés survenue au cours d'une patrouille de sécurité dans le district de Zhari, près de Kandahar. L'attaque a tué sur le coup les caporaux Andrew Grenon,
23 ans, et Mike Seggie, 21 ans, de même que le soldat Chad Horn, 21 ans.
Cinq autres soldats ont été blessés.
Par ailleurs, le nouvel ambassadeur partage l'avis de son prédécesseur qui a récemment affirmé que l'État afghan ne pourra vraisemblablement pas être stable avant 2011, soit l'année où la mission de combat des troupes canadiennes doit prendre fin, en principe.
La Presse canadienne 
06 et 07 septembre
   http://www.ledevoir.com/2008/09/06/204257.html

7-2 Harper réitère que les troupes canadiennes seront hors d'Afghanistan en 2011.

Stephen Harper a réitéré son engagement de sortir les troupes canadiennes d'Afghanistan comme prévu, en 2011, affirmant que si le Canada ne parvenait pas à faire cela, cela constituerait un échec pour le pays. Au cours d'un petit-déjeuner avec la presse mercredi matin, à Toronto, le chef conservateur a affirmé juger que les Canadiens, et mêmes les Forces canadiennes, n'auraient pas envie de continuer la guerre après cette date. Le Canada aura un rôle après 2011, a-t-il soutenu, mais un rôle humanitaire plutôt que militaire, jugeant que 10 ans de guerre dans ce pays était assez, et particulièrement six ans dans la dangereuse province de Kandahar. Il a convenu qu'il fallait être réaliste et que le but en Afghanistan n'est pas qu'il n'y ait plus du tout d'insurrection, mais bien que les Afghans soient en mesure de contrôler eux-mêmes ces violences au quotidien. mercredi 10 sep, 21 h 06 La Presse Canadienne

7-3 La résistance veut peser sur la campagne électorale canadienne.  Un porte-parole des résistants taliban a déclaré mardi qu'il suivait les élections en cours au Canada et qu'il appuie tout parti enclin à retirer les troupes canadiennes d'Afghanistan. Qari Yousef Ahmadi soutient que si les résistants ont récemment intensifié leurs attaques contre les Canadiens, c'est à cause de ces élections. Selon lui, l'explosion de la bombe dans le district de Panjawaii, qui a coûté la vie dimanche dernier au sergent Scott Shipway, s'inscrit dans cette intensification. Bien qu'il ignore quel parti est le plus favorable à un retrait des Forces canadiennes d'Afghanistan, ce porte-parole a indiqué qu'un tel projet sera "bon pour ce parti, pour la nation (canadienne) et pour le peuple canadien". Il a soutenu qu'il savait qui était le premier ministre Stephen Harper, mais qu'il n'était pas sûr de bien connaître les autres candidats ou les partis qui s'affrontent dans cette campagne électorale. Au sujet de la campagne aux Etats-Unis, également en cours, M. Ahmadi a déclaré qu'il ne s'intéressait pas beaucoup à la politique américaine et que le prochain président, quel qu'il soit, sera aussi mauvais que l'actuel. 9 sep, La Presse Canadienne

7-4 L’implication de la France en Afghanistan va augmenter.  Nicolas Sarkozy a déjà promis à ses alliés que l’implication de la France en Afghanistan va augmenter. Il l’a déclaré le 27 août lors de l’ouverture de la conférence des ambassadeurs (une réunion sur trois jours entre le gouvernement et les ambassadeurs de 180 pays, organisée chaque année depuis 1993). Sarkozy a dit que le monde entrait dans « une période radicalement différente, qui va durer plusieurs décennies et que je qualifierai d’"ère des puissances relatives" ». Dans cette ère « d’énergie rare et chère », a-t-il dit, « l’intérêt général passe loin derrière la défense vigoureuse des priorités nationales ». Concernant l’Afghanistan, Sarkozy a poursuivi, « la nouvelle stratégie des alliés définie à l’initiative de la France au sommet de Bucarest [Le sommet annuel de l’OTAN qui s’est tenu du 2 au 4 avril cette année] [...] reste valable : un engagement dans la durée ; une approche globale civile et militaire avec une coordination accrue de l’aide » à l’Etat afghan. Il a mis en garde : « Une retraite militaire serait suivie du retour des talibans et d’al-Qaïda et sans doute de la déstabilisation du Pakistan voisin. » De plus, il a rendu encore plus clair l’engagement militaire de la France en Afghanistan en déclarant : « J’ai voulu situer, franchement et nettement, la France au sein de sa famille occidentale, restaurer une relation confiante avec le peuple et les dirigeants américains et rénover notre relation avec l’Alliance Atlantique. » Le point de vue de l’establishment français avait été donné en des termes très clairs une semaine plus tôt dans le quotidien de droite Le Figaro. Luc de Barochez y avait écrit dans son éditorial du 20 août : « Il s’agit [pour la France ]... d’apporter un témoignage de solidarité transatlantique. Il ne faut pas y voir un geste hâtif en direction d’une Administration Bush finissante. Car il y a dans la crise afghane une convergence d’intérêts entre les deux rives de l’Atlantique. Si Barack Obama et John McCain sont unis sur un point, c’est bien celui-là : l’Afghanistan est le front central de la lutte contre le terrorisme ; il le restera dans les années à venir. » De Barochet poursuit en insistant sur le fait que « l’Europe de la défense, que la France a tant contribué à lancer, doit saisir l’occasion pour prouver sa capacité à projeter sa force militaire dans une région sensible. L’engagement français a longtemps été ambigu, en étant cantonné à la sécurité de la capitale, Kaboul. Le président Nicolas Sarkozy lui a redonné son sens en plaçant notre contingent aux côtés de nos alliés, en terrain ardu. » 10 septembre Olivier Laurent - WSWS

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5047



8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Point de vue de Eric Margolis : Les erreurs de la coalition occidentale et l’impéritie de l’administration Karzaï ont poussé les Pachtounes dans les bras des talibans. Les afghans sont des adversaires sérieux, qui n’opèrent plus seulement dans les lointaines provinces du Sud pachtoune, mais sont maintenant aux portes de Kaboul. Parwan et Kapissa au nord de la ville, le Laghman et le Loghar à l’est, le Wardak et le Nangarhar au sud ont toutes, petit à petit, basculé du côté de l’insurrection. Les routes sont devenues d’abord dangereuses, puis impraticables. Les résistanst organisant à présent des points de contrôle en plein jour. Les talibans ont ainsi réussi en quelques années à se remettre à flot politiquement, et se présentent comme des patriotes afghans luttant contre un envahisseur étranger, thème efficace dans ce pays jaloux de son indépendance. Les bavures de l’aviation de l’Otan, les erreurs et l’impéritie de l’administration de Hamid Karzaï ont fait le reste. Ils disputent à présent les provinces pachtounes du Sud et de l’Est au gouvernement. Sarobi est le parfait exemple de ce basculement idéologique de provinces entières. Cette région, en majorité pachtoune, est un fief du Hezb-Islami, le parti de Goulbouddine Hekmatyar, l’ancien rival du commandant Massoud. Les statistiques compilées par les états-majors de l’Otan annoncent la victoire prochaine de l’Otan contre les « terroristes ». La réalité sur le terrain pourrait un jour leur donner un démenti. Afghanistan, un témoignage En deux mois de présence en Afghanistan, tous les témoignages que j’ai pu recueillir concordent. Quelles que soient les origines et la catégorie sociale de dizaines d’afghans interrogés, l’attitude brutale des militaires américains est désormais l’obstacle numéro 1 à la pacification. Les militaires américains font détester chaque jour un peu plus les occidentaux. Leur brutalité et leur absence de discernement dans leurs opérations est permanente. Je sais combien mon propos peut paraître excessif et je ne croyais pas un jour pouvoir écrire de tels mots que je croyais réservés aux spécialistes de l’antiaméricanisme dont je me sens si éloigné. Mais je pèse ces mots. La réalité est là, chaque jour un peu plus gravée dans la mémoire des afghans. Chaque jour, des militaires sous commandement américain tuent des civils. Non pas en dommages collatéraux, comme chaque guerre en cause inévitablement. Mais par nonchalance, peur et bêtise dans les opérations militaires, et incompréhension des réalités politiques. Ainsi le 6 juillet dans la région de Kandahar. Une information parvient aux américains selon laquelle un insurgé se trouverait dans un village. Une maison est identifiée. Un bombardement décidé. Résultat : 43 femmes et enfants tués, dont la mariée. La maison abritait en effet un mariage. D’insurgé, point. La semaine dernière, deux enfants tués parce que leur père n’avait pas vu les signes que faisaient les soldats de l’OTAN. De tels témoignages sont multiples, quotidiens et connus de tous les acteurs sur le terrain. Qui sait cet ordre qui interdit absolument aux militaires américains de s’arrêter porter secours à un enfant qu’ils ont renversé le long d’une route ? Même si celui-ci est en danger de mort. Plus quotidiennement encore, il faut avoir vu la vitesse des convois américains en ville et l’agressivité continuelle de leurs soldats à l’égard de la population pour réaliser que ces idiots sont en train de nous faire perdre la bataille des cœurs. Philippe Juvin, UMP, Maire de La Garenne-Colombes , Vice-Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, et réputé proche de Nicolas Sarkozy. L’Etat Major dit-il la vérité ? Georgelin denied a statement from an Afghan security official that four French soldiers were kidnapped by insurgents and then killed. The Afghan official spoke on condition of anonymity because he was not supposed to release the information. Asia Times : offensive talibane sur deux fronts These incidents highlight the Taliban-led insurgency’s growing clout in Afghanistan and the militants’ strength inside Pakistan . The whole of NWFP, [ndlr : les zones tribales] except for the Peshawar Valley, is in the hands of militants and Asia Times Online contacts confirm that al-Qaeda headquarters in the Waziristan tribal areas have developed a plan to step up attacks in Pakistan and Afghanistan to stir up the masses and exploit the current difficulties in Islamabad following Musharraf’s departure. Asia Times Online’s contacts in Pakistan’s strategic quarters maintain the militants’ action is a response to a recent meeting of a tripartite commission in Kabul comprising representatives from the North Atlantic Treaty Organization (NATO), the Afghan army and the Pakistani army, at which a coordinated plan was drawn up to take on militants across the region. The militants want to step up attacks on Pakistan to force it to reduce its cooperation in this fight against the Taliban and al-Qaeda. Significantly, the latest surge in violence in Afghanistan, especially in Wardak, 30 kilometers east of Kabul , and in Sarobi, is not the result of Taliban guerrillas alone. Local tribal chiefs, clerics and warlords who previously submitted to the writ of the Kabul government have rallied under the generic name of the Taliban to drive out foreign occupation forces. Eric Margolis invité par Frédéric Taddei, avril 2008 
http://contreinfo.info/
8-2 Point de vue de Sanjeev Miglani  : Le général afghan Zaher Azimi,  dénonce les bavures des forces de la coalition. La colère gronde parmi la population afghane à la suite d'une série des bombardements par les forces de la coalition conduite par les Etats-Unis à l'encontre des civils, déclare un haut responsable militaire afghan. Selon le général Zaher Azimi, conseiller et porte-parole du ministère de la Défense , rien ne justifiait militairement le raid qui a coûté la vie le mois dernier à plus de 90 civils, des femmes et des enfants pour la plupart, dans la province occidentale de Herat. "Il est difficile pour le peuple afghan d'en tolérer davantage. On ne peut éviter des pertes civiles dans une guerre, mais, là, elles sont trop forte hausse", a déclaré à Reuters cet ancien chef moudjahidine. L'armée américaine a déclaré que le raid controversé du 22 août dans la province de Herat avait été lancé parce que les forces terrestres afghanes et les soldats de la coalition étaient tombés sous un feu intense des taliban, dont 30 à 35 auraient été tués lors de cette opération. Mais Azimi a affirmé à Reuters que celle-ci avait été viciée d'emblée parce qu'elle avait été fondée sur des renseignement non recoupés avec l'armée nationale afghane. "S'ils avaient consulté les militaires afghans, cela ne se serait pas terminé par une frappe aérienne. Comment pouvez-vous justifier de tuer 100 personnes simplement parce qu'on a tiré dix cartouches sur vous?" Selon Azimi, les forces afghanes et alliées auraient pu investir le village et en chasser les taliban s'ils étaient bien là. "Il n'y avait vraiment aucune nécessité immédiate de bombardement." "IL NOUS FAUT UNE ARMÉE DE L'AIR FORTE" Les résistants ont multiplié depuis trois ans leurs actions, contraignant les forces de l'Otan à s'en remettre plus fréquemment à l'aviation, qui a largué l'an dernier deux fois plus de bombes qu'en 2006, selon l'ONG Human Rights Watch. C'est ainsi que les victimes des raids aériens ont été plus nombreuses l'an dernier que celles des opérations terrestres. Le recours à l'aviation s'est encore accru cette année, qui a été la plus meurtrière depuis l'intervention occidentale de 2001. Azimi reconnaît que faire appel à la puissance aérienne est inévitable face à l'ampleur de l'insurrection et compte tenu de la nature du terrain. Mais les pertes civiles seraient minimales, assure-t-il, si les Afghans dirigeaient les opérations. "Nous connaissons les gens par leurs noms dans notre pays. Nous savons où ils habitent. Nous avons des pilotes qui connaissent les villages et peuvent identifier eux-mêmes les cibles de façon à toucher nos ennemis, pas des civils." L'armée de l'air afghane ne dispose en revanche que de cinq appareils de transport datant de l'occupation soviétique et de quelques hélicoptères mais d'aucun avion de combat. Elle a perdu son demi-millier d'avions lors de l'invasion soviétique et dans la guerre civile qui a suivi. Mais contrairement à celle de l'armée de terre, la reconstruction de l'armée de l'air afghane traîne en longueur. "Il nous faut une armée de l'air forte, particulièrement dans l'environnement dans lequel nous nous trouvons", souligne Azimi. Par Sanjeev Miglani  (Reuters) - Mercredi 10 septembre, 16h00 Version française Marc Delteil

8-3 Point de vue de Violette Daguerre : Guerre contre le « terrorisme » : Quelle justice pour les prisonniers musulmans ? Entretien avec Violette Daguerre Violette Daguerre, née au Liban en 1955, docteur en psychologie, préside la « Commission arabe des droits humains » qu’elle a contribué à fonder. Elle s’est particulièrement engagée depuis 2001 pour exiger la fermeture du camp de détention de Guantanamo Bay. Elle évoque dans cet entretien les difficultés à faire réagir les médias, les ONG, les politiciens, quand il s’agit de ces victimes arabes et musulmanes, déshumanisées par la propagande de guerre et désignées comme « terroristes ». Silvia Cattori : Quand avez-vous commencé à penser que, par votre lutte, vous alliez réussir à contraindre l’administration Bush à libérer des prisonniers de Guantanamo ? Violette Daguerre : Le combat de la « Commission arabe des droits humains » [1] pour dénoncer les conditions de détention à Guantanamo et exiger la fermeture de ce camp, a commencé aussitôt que nous avons appris sa mise en fonction, fin 2001. Nous avons tout de suite adressé une lettre à l’ambassade des Etats-Unis à Paris, en collaboration avec le Centre de l’indépendance de la Justice , basé au Caire, puis une lettre à l’ambassade des Etats-Unis au Caire, demandant la permission d’envoyer trois experts pour visiter les détenus de Guantanamo. Demande qui s’est heurtée à un refus. J’ai également adressé, le 18 mars 2002, une lettre à M. Louis Joinet, à l’époque Président-rapporteur du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, lui demandant de considérer la détention des détenus de Guantanamo comme arbitraire. Il a fallu attendre le 11 janvier 2003 pour qu’un collectif se constitue, à l’occasion d’un colloque que nous avions organisé à Paris. Nous étions alors également préoccupés de défendre les ONG caritatives et humanitaires, notamment arabes et musulmanes qui commençaient à être inquiétées par l’administration de Bush, sous couvert de « lutte contre le terrorisme ». Il nous a semblé urgent qu’un collectif se mette en place pour rassembler les efforts et constituer une pression plus soutenue. Dès lors, nous avons commencé, notre association et des ONG de plusieurs pays avec des militants européens et arabes des droits humains, à collaborer pour en finir avec les cages de Guantanamo Bay. Certaines ONG, comme « Global Policy Forum » [2] aux Etats-Unis, ont appuyé notre démarche. D’autres ont préféré travailler seules. Mais, avant d’en arriver là, il a fallu lutter contre vents et marées, dans un contexte très défavorable. Défendre des prisonniers musulmans, que les Etats et les médias, associaient au « terrorisme », comportait le risque d’être soupçonnés de sympathiser avec eux. Ainsi, Maître Wendell Beliw, un des premiers avocats états-uniens que nous avons contacté, a fini par payer le prix de son engagement lorsque, en mai 2008, il a été mis lui-même sur la « liste noire » des Etats-Unis. Cette crainte a dû sûrement dissuader beaucoup de militants des droits de l’Homme. Certains, parmi nous, ont fait l’objet d’enquêtes de la part des services de renseignements. Ce qui montre, encore une fois, que se constituer en contre-pouvoir en défense des droits humains, n’est pas chose facile. Mais est-ce qu’on a le droit de faiblir lorsqu’on veut agir efficacement sur ce terrain ? Aujourd’hui, notre association, se félicite de n’avoir pas cédé à la peur et aux intimidations ; et d’avoir été capable de continuer à lutter dans ce contexte hostile. Silvia Cattori : Les médias ont-ils, durant cette période, contribué à tenir l’opinion à distance des souffrances que cette guerre contre les arabes et les musulmans générait ? Violette Daguerre : Sûrement, au début surtout. Mais, par la suite, une distinction plus nette s’est faite entre ceux des politiques et journalistes qui présentaient ces lieux de détentions comme un mal nécessaire - et qui apportaient, d’une manière ou d’une autre, leur appui aux thèses de l’administration Bush - et ceux qui ont commencé à nous aider à soutenir publiquement le point de vue que nous défendions. Nous avons continué patiemment notre combat, d’abord solitaire, sans nous laisser décourager par ces campagnes anti-arabes et antimusulmanes. Nous avons engagé des frais importants pour faire du tapage médiatique et publier des encarts publicitaires, dans des organes de presse comme « The Nation », « Libération » et « Le Monde diplomatique », afin d’alerter l’opinion sur les conditions inhumaines des détenus et exiger la fermeture du « camp de la honte ». Silvia Cattori : Il a donc été très difficile, au départ, de vous faire entendre ? Violette Daguerre : Certainement, il y a eu énormément de difficultés pour modifier la perception de l’opinion sur ce sujet. La désinformation était à son comble à propos de ces « terroristes » qualifiés par l’administration Bush, d’« ennemis combattants », et contre lesquels on avait conçu un statut spécial pour les tenir à l’écart du monde. Il y a eu beaucoup d’obstacles, ou de réticences, même de la part de ceux qui étaient censés soutenir cette cause, comme le montre l’attitude adoptée au début par « Reporters sans frontières » (RSF) à l’égard du journaliste emprisonné Sami El Haj [3]. Quand nous avons été informés par le directeur d’Al-Jazira, M. Mohammad Jasem al Ali, que ce journaliste était détenu à Guantanamo, nous avons immédiatement contacté le secrétaire général de RSF, M. Robert Ménard. Nous nous attendions à ce que son association apporte tout de suite un appui à Sami El Haj et engage une campagne pour le faire libérer. M. Ménard nous a d’abord répondu qu’il allait vérifier la véracité de cette détention. Deux jours plus tard, il a exprimé son refus de soutenir ce journaliste parce que le Département d’Etat des Etats-Unis leur avait « confirmé » que Sami El Haj avait des liens avec l’organisation terroriste Al –Qaïda [4]. Cet exemple vous montre combien il était difficile de faire face à la mauvaise foi de tous ces acteurs qui donnaient crédit à l’administration Bush, malgré tout ce que les images montraient d’inquiétant au sujet des violations des droits humains. Il a fallu attendre 2005 pour que RSF finisse par modifier sa position. Silvia Cattori : A quel moment votre action a-t-elle commencé à apporter des résultats concrets aux prisonniers eux-mêmes ? Violette Daguerre : Pas avant octobre 2003, quand l’administration états-unienne s’est vue obligée d’améliorer leurs conditions de détention, à l’issue de la permission donnée à une délégation du CICR de visiter Guantanamo Bay. Même si cela a été dû principalement à la résistance des prisonniers eux-mêmes, qui ont entamé des grèves de la faim très dures et qui ont pu obtenir par la suite (vers juin 2004) le droit à une consultation médicale. Je crois que le fait que nous ayons maintenu une pression continue contre les violations de leurs droits par l’administration Bush, a contribué à soutenir moralement les détenus, dont 24 sont tout de même des mineurs. Par la suite, et après que des avocats militaires aient été nommés en 2003, des avocats civils de nationalité états-unienne ont été autorisé à entrer à Guantanamo pour la première fois en 2004. Dès lors, le transfert de détenus vers Guantanamo a été stoppé. Et des voix de plus en plus nombreuses se sont élevées pour remettre en question le statut légal du camp. N’oublions pas que, jusqu’à fin 2004, il y a eu 24 tentatives de suicide, appelées, « Self-Harm », par l’administration de la prison. Des cas de tuberculose ont été diagnostiqués, des agressions physiques par des chiens dressés et plus de 12 méthodes de torture qui ne laissent pas de traces ont été révélés. Silvia Cattori : Combien de prisonniers ont-ils pu sortir de Guantanamo, en partie grâce à vos interventions ? Violette Daguerre : Sans fausse modestie, je dois insister sur le fait que Guantanamo n’est plus restée, depuis sa quatrième année, la seule affaire des ONG. Car, suite aux efforts de la société civile mondiale, le Parlement européen, l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe, des sénateurs et des membres du Congrès états-unien, le CICR, ainsi que le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme, sont tous devenus partie intégrante de la campagne pour la fermeture de Guantanamo. Et, fait inhabituel, plusieurs ministres de pays alliés des Etats-Unis ont exprimé publiquement leurs protestations à l’égard de l’existence de ce camp. Dès lors, les actions visant à obtenir la fermeture de Guantanamo sont devenues l’affaire d’une majorité d’Etats démocratiques, des ONG et des organisations intergouvernementales, même si elles n’ont pas été conduites collectivement. Les partisans du maintien de Guantanamo se sont alors trouvés isolés. Grâce à cette mobilisation, 600 prisonniers ont pu en sortir. Il reste toujours 265 détenus aujourd’hui, dont le dernier libéré il y a quelques jours est un Qatari. Parmi eux, près de 200 n’ont pas de dossier d’accusation juridique cohérent. C’est pourquoi l’administration Bush cherche maintenant à se débarrasser d’eux, plutôt que d’avoir à les juger. Silvia Cattori : Pourquoi des prisonniers sont-ils sortis de Guantanamo et d’autres pas ? Violette Daguerre : La pression de certains Etats, la coordination entre services de sécurité des Etats concernés, et les programmes de réhabilitation mis en place à l’échelle locale, ont joué dans le choix de la majorité des détenus libérés. Il y a eu aussi des cas de détenus qui ont recouvré leur liberté suite à la mobilisation de gens qui travaillaient dans l’action humanitaire, l’enseignement, les médias. Mentionnons que, dès sa prise de fonction, le nouveau ministre de la défense, Robert Gates, a demandé au président Bush de mettre à l’écart certains faucons du Bureau de détention. M. Bush a partiellement accepté cette demande, et l’équipe actuelle tente de trouver une solution qui lui permette de sauver la face. Silvia Cattori : Quelle est la nationalité des détenus restants ? Violette Daguerre : Sur les 265 prisonniers encore à Guantanamo, il y aurait 98 Yéménites, 25 Algériens, 16 Chinois, 13 Saoudiens, 9 Syriens et quelques prisonniers originaires du Soudan, de la Mauritanie , d’Ouzbékistan, de Somalie, d’Indonésie, d’Egypte, du Koweït, de Libye, de Tunisie, sans oublier les Afghans et les Pakistanais. Silvia Cattori : Quelles sont les ONG « occidentales » qui se sont montrées neutres, hors de tout soupçon ? Violette Daguerre : Elles sont nombreuses, sauf celles sous influence, liées aux intérêts des Etats-Unis. Il est bien connu que ce pays finance massivement ce que nous appelons des « one man organisations ». C’est-à-dire des organisations qui se réduisent à une personne qui engage quelques fonctionnaires bien payés et qui opèrent dans le sens de la politique gouvernementale. Ce genre d’organisation s’illustre assez aisément à ses débuts, mais plus difficilement lorsque les choses commencent à apparaître plus claires aux yeux de l’opinion publique. Là, il ne leur est plus possible de justifier l’injustifiable, surtout pour des soi-disant ONG qui prétendent défendre les droits humains. Il faut aussi préciser que les dossiers défendus ne sont malheureusement pas toujours les mêmes, selon que l’on se trouve au Nord ou au Sud de la planète. Réalisme ne va pas de pair avec idéalisme. Il reste que les ONG qui se sont distinguées pour leur rôle dans la fermeture de Guantanamo sont : ACCR, l’ACLU, l’ACHR, AI, Reprieve, et Cage Prisoners [5].

Silvia Cattori : L’intervention de M. Bernard Kouchner pour la libération de certains prisonniers a été évoquée. Qu’en est-il en vérité ? Violette Daguerre : Je commence par démentir formellement l’intervention du ministre français dans la libération de détenus de Guantanamo, qui étaient des médecins ou de simples volontaires dans l’humanitaire. Les 6 prisonniers français libérés l’ont été sans son appui, et déjà avant qu’il ne devienne ministre. En outre, il a toujours affiché, par le passé, des positions agressives à l’égard des détenus musulmans accusés sans preuves de terrorisme. A ma connaissance M. Kouchner n’a jamais élevé de protestations en faveur des ONG humanitaires inscrites sur la « liste noire ». Ceci est malheureusement le cas de plusieurs personnalités françaises ; elles interviennent sélectivement dans les dossiers des droits de l’homme, en fonction de leur vision politique des réalités, et conformément à leurs intérêts. Il ne faut pas oublier que la perception est subjective et la mémoire est sélective. Que l’on est conditionné par la culture dans laquelle on baigne, l’éducation que nous avons eue, les positions idéologiques et bien d’autres paramètres qui font que l’affectif a son mot à dire, et non pas seulement la raison et les principes universels qui devraient nous guider. Silvia Cattori : A partir de quand les Parlementaires nationaux et européens ont-ils exigé la fermeture du camp de détention de Guantanamo ? Violette Daguerre : A partir, me semble-t-il, de la deuxième année à titre individuel, et de la troisième année en tant que groupes parlementaires. En 2006, le Parlement européen a voté la fermeture de Guantanamo. Ce qui n’empêche que les parlementaires restent très peu visibles, même lorsque l’on organise une action à l’échelle nationale. Silvia Cattori : Que faire pour les ex-détenus et les détenus qui attendent encore leur libération mais qui risquent d’être persécutés dans leurs pays alignés sur Washington, comme la Tunisie et le Maroc ? Connaissez-vous des cas où ces revenants ont été maltraités ? Violette Daguerre : On rencontre des situations diverses. Si certains ex-détenus ont été bien traités par leur gouvernement, comme au Soudan, d’autres ont été maltraités ou emprisonnés, en effet, comme en Tunisie et au Maroc. La Tunisie a condamné deux ex-détenus à, respectivement, 3 et 7 années de prison. Et, au Maroc, un ex-détenu, libéré en même temps que Sami El Haj, est toujours en prison. Des prisonniers tunisiens qui sont toujours emprisonnés à Guantanamo demandent à être extradés vers un autre pays que la Tunisie. Et la recherche d’un pays d’accueil est d’ailleurs l’une des raisons qui retarde la libération de certains détenus de Guantanamo. Il reste près de 60 prisonniers originaires de la Chine , d’Ouzbékistan, d’Algérie, de Syrie, de Libye, de Tunisie, d’Egypte, qui risquent d’être arrêtés et torturés à leur retour chez eux. Ce qui contraste avec le cas des ex-prisonniers ayant pu bénéficier d’un programme de réhabilitation et de rééducation, comme en Arabie saoudite ; ou ayant été pris en charge par les ONG et leur gouvernement, comme au Soudan. Silvia Cattori : Quels pays européens ont-ils accepté, ou vont-ils accepter, de recevoir ces revenants qui ne veulent plus retourner chez eux par peur d’être emprisonnés, ou que leurs pays refusent ? Violette Daguerre : Jusqu’à maintenant, il y a trois pays qui sont prêts à en accueillir : la Lituanie , la Grèce et l’Albanie. Nous espérons que l’Irlande, l’Angleterre, Djibouti et d’autres pays se joignent à eux. De toute manière, une fois sortis du camp, leur calvaire n’est pas terminé ; il faudra continuer à les aider à soigner leurs blessures physiques et psychiques et à se réinsérer dans leur société. Il va falloir s’atteler notamment à la mise en place d’un programme pour accueillir par exemple les nombreux détenus yéménites. Silvia Cattori : Pensez-vous que quelque chose de positif émergera de ce désastre ? Une volonté de s’unir - par delà les croyances politiques et religieuses - pour exiger justice et réparation pour le mal fait par cette guerre de l’ « Occident » qui a assimilé l’Islam au « terrorisme » ? Violette Daguerre : La soi-disant « guerre contre le terrorisme » a fait beaucoup de dégâts et de victimes. Il va de soi que des associations comme la nôtre vont tout faire pour que ceux qui ont commis des crimes et violé les droits humains, non seulement d’individus, mais de groupes humains et de peuples, soient punis.

Et pour que les victimes obtiennent réparation morale et matérielle du préjudice subi. C’est un combat de tous les jours et ce n’est pas gagné d’avance. Surtout lorsqu’on voit les manœuvres d’instrumentalisation de la justice internationale par les grands faiseurs de la politique.

On peut tout de même espérer que puisse émerger, par delà le mal engendré, une conscience politique plus aiguisée ; une volonté plus déterminée à combattre toutes les formes d’injustices qui rongent notre monde ; et une société civile à l’échelle mondiale plus étendue, plus solidaire, plus combative et plus forte des expériences passées et des échecs essuyés. Silvia Cattori Source : http://www.voltairenet.org/article157838.html 30 juillet 2008 |

[1] Voir : http://www.achr.eu
Mme Violette Daguerre accompagnait M. Sami El Haj à Genève, lors de
la Conférence publique qu’il a donnée le 27 juin 2008, à l’invitation de la Fondation « Alkarama for Human Rights ».

[2] Voir : http://www.globalpolicy.org

[3] Voir : http://www.samisolidarity.net

Voir également : « Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 25 juillet 2008. [4] Voir : « Reporters Sans Frontières se souvient (tardivement) de Sami Al Haj », Réseau Voltaire, 17 février 2006. [5] Voir les sites :
http://www.ccr-ny.org
http://www.aclu.org
http://www.reprieve.org.uk
http://www.cageprisoners.com

n°206 - journal de l'Afghanistan- 06-09 au 15-09 -Fin - Etats-Unis Afghanistan: sept ans après…

n°206 - journal de l'Afghanistan- 06-09 au 15-09 -Fin - Etats-Unis Afghanistan: sept ans après…


journal de l'Afghanistan -Fin -

n° 209 - du 06-09

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                                               -Fin -

9 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

9-1 Ousmane Sow : Tortures dans le monde : Raison d’Etat et morale.

10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

10-1 Analyse de Gilberto LÓPEZ Y RIVAS : Anthropologie, contre-insurrection et terrorisme global.

10 Annexe 

11-1 Parallèle avec l'extension de la guerre au Pakistan.



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 9-1 Ousmane Sow : Tortures dans le monde : Raison d’Etat et morale. En ces temps troubles que connaît le monde, quelles sont les conséquences des actes commis au nom de la raison d’Etat ? Sommes-nous conscients des répercussions des décisions prises en notre nom ?
Extrait Il y a quelques jours, une chaîne de télévision des USA a diffusé, en reprise, un documentaire extraordinaire sur la torture dans le monde et sur les raisons qui poussent des Etats, c’est-à-dire, ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, à autoriser cette pratique qui rappelle que si l’homme descend du singe, il n’est pas encore loin de brouter l’herbe...
Evidemment, le film est un clin d’œil sur l’histoire récente de Washington qui, sous George Bush, a implicitement donné le feu vert aux agents des services secrets afin qu’ils sévissent contre les « combattants ennemis illégaux » capturés en Irak ou en Afghanistan.
Une définition nouvelle du prisonnier de guerre qu’aucune juridiction au monde ne connaît. Le documentariste pose alors une question à ses auditeurs : Comment concilier la lutte contre le terrorisme et le respect de la vie humaine ? Comment, dans une démocratie, peut-on respecter les droits de l’Homme et lutter contre le terrorisme ? Peut-on concilier droits humains et « guerre au terrorisme » ? Peut-on blâmer des gens qui commettent des crimes contre des terroristes afin de sauver d’autres ? Il ne fait que poser des questions et ne donne aucune réponse. C’est d’ailleurs mieux ainsi. Car, il pousse chacun de nous à réfléchir sur la difficile conciliation entre morale et raison d’Etat.
Cycle infernal
De mon propre point de vue, je pense qu’aucune raison au monde ne saurait justifier la torture qui est le summum de la sauvagerie chez l’être humain. Les régimes qui ont recours à ces méthodes barbares (Dieu sait qu’ils sont nombreux sur Terre) sont disqualifiés à jamais. Parce que, tout simplement, voir le problème sous l’angle de la lutte entre le Bien et le Mal est une optique viciée. Toutes les formes de contestation d’un pouvoir, qu’il s’agisse de rébellion, d’émeutes ou d’opposition violente ont une origine commune : le déficit démocratique, l’injustice.
Cette injustice peut-être politique, économique ou sociale. Il est clair que la torture n’aurait droit de cité dans un système qui fonctionne selon les normes acceptables. La torture est une réponse sauvage et utopique à un problème réel. Malheureusement, au-delà de son immoralité, la peine est de voir des gouvernements, des groupes armés ou de simples, mais puissants citoyens croire qu’elle peut être une solution. Elle ne l’a jamais été et ne sera jamais.
Car, chaque fois que l’on viole le droit d’un individu parce qu’on est plus fort, il passera le reste de sa vie à préparer sa vengeance. Et le cycle devient infernal. Un Etat qui autorise la torture contre ses citoyens ne fait que préparer sa propre tombe.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)  10/09/ http://www.maliweb.net/category.php?NID=35426&intr=

10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 10-1 Analyse de Gilberto LÓPEZ Y RIVAS : Anthropologie, contre-insurrection et terrorisme global Une science humaine « embarquée » Le 5 octobre 2007, le New York Times a publié un article de David Rohde (Army Enlists Anthropology in War Zones”, “L’Armée enrôle l’anthropologie dans les zones de guerre”), à propos de ce que les militaires us américains   considèrent comme la “nouvelle arme cruciale pour les opérations de contre-insurrection” : une équipe composée d’anthropologues et autres scientifiques sociaux au service permanent des unités de combat des troupes d’occupation des États-Unis en Afghanistan et en Irak. Le correspondant écrit que cette singulière implication des sciences sociales dans l’effort belliqueux des USA, constitue un programme expérimental du Pentagone, dont le succès et la forte recommandation des commandants sur le théâtre de la guerre lui a valu après son démarrage en février 2007, l’autorisation par le Secrétaire à la Défense ,  Robert M. Gates, d’une rallonge de 40 millions de dollars pour assigner des équipes similaires à chacune des 26 brigades de combat dans les deux pays mentionnés.         Dans ce même article, sont soulignées les réactions critiques venues d’un large secteur des universités us américaines, qui n’hésite pas dans son jugement à qualifier ces pratiques d’“anthropologie mercenaire” et de “prostitution de la discipline”, et compare ces faits avec les événements des années soixante, lorsque des anthropologues ont été utilisés pour des campagnes de contre-insurrection au Vietnam et en Amérique Latine (Plan Camelot). L’American Anthropological Association, lors de sa session annuelle en novembre 2006, en présence de plusieurs centaines de ses membres, a condamné à l’unanimité “l’usage de la science anthropologique comme élément de torture physique et psychologique”, face à la possibilité que les tortionnaires de la prison d’Abou Ghraib, en Irak, auraient pu être inspirés  par l’ouvrage d’un anthropologue, basé sur l’idée que “des hommes arabes sexuellement humiliés pourraient devenir de gentils informateurs”(Matthew B. Standard. Montgomery McFate Mission . Can one anthropologist possibly steer the course in Iraq ?” San Francisco Chronicle, April 29, 2007).   En juillet 2007, l’anthropologue Roberto J, González a écrit un excellent article (“Vers une anthropologie mercenaire? Le nouveau manuel de contre-insurrection de l’Armée US FM- 3-24 et le complexe militaro-anthropologique”. Anthropology Today, Vol. 23, No. 3, June 2007), dans lequel il détaille de manière critique les contributions d’anthropologues dans la réalisation de ce manuel. González démontre, également, que certaines de ces “contributions” ne sont pas novatrices du point de vue de la théorie anthropologique, mais qu’elles ressemblent plutôt à “une introduction à l’anthropologie simplifiée –bien qu’il y ait peu d’exemples et aucune illustration.” L’anthropologie mercenaire us américaine est caractérisée par sa belligérance et par le cynisme avec lequel elle justifie l’étroite collaboration entre anthropologues et militaires lors des guerres impérialistes, qui violent les plus élémentaires droits de l’homme, ainsi que les principes fondateurs de l’Organisation des Nations Unies. L’un de ses défenseurs et auteurs intellectuels les plus actifs, est l’anthropologue us américaine Montgomery Macfate, qui s’est imposée la tâche d’“éduquer” les militaires et dont la mission pendant les cinq dernières années a été de convaincre les stratèges de la contre-insurrection, que l’ “anthropologie peut être une arme plus efficace que l’artillerie”. Macfate ignore ses confrères universitaires qui l’exaspèrent avec leurs critiques, et qu’elle considère comme enfermés dans leur tour d’ivoire, “plus intéressés par l’élaboration de résolutions que par les solutions”. Aujourd’hui elle est “commissaire politique” des militaires, l’un des auteurs dudit manuel de contre-insurrection, auteure du programme Système Opératif de Recherche Humaine sur le Terrain, lancé par le Pentagone, et conseillère auprès du Secrétaire à la Défense. Un véritable succès de l’American way of life.         Dans la réalité, la participation d’anthropologues dans les missions coloniales et impérialistes est aussi ancienne que l’anthropologie elle-même, laquelle a été établie en tant que science, tout en conservant des liens étroits avec l’impérialisme et en imposant des rapports de domination et d’exploitation capitalistes dans le contexte mondial. Sur ce thème,  l’ouvrage de Gérard Leclercq, Anthropologie et colonialisme (Paris : Librairie Artheme Fayard, 1972), est un classique qui affirme dans son introduction : “La double naissance de l’impérialisme colonial contemporain et de l’anthropologie, également contemporaine, peut être située à la deuxième moitié du XIX siècle. Nous essaierons de mettre en exergue la relation de l’idéologie impérialiste, dont l’anthropologie n’est qu’un des éléments, avec l’idéologie coloniale, et les raisons pour lesquelles une recherche "sur le terrain" devenait nécessaire et possible pour une colonisation de type impérialiste". (p. 15) Il faut se rappeler le rôle important joué par les anthropologues au Mexique, dans l’élaboration des politiques indigénistes depuis que Manuel Gamio, - père fondateur de la discipline dans ce pays -, définit l’anthropologie comme “la science de la bonne gouvernance”, en créant un mariage entre anthropologues et État mexicain, en partie brisé lorsque le mouvement estudiantin et populaire de 1968 créa les conditions qui permirent l’émergence de courants critiques et la dénonciation de la complicité de l’anthropologie mexicaine de l’après-révolution dans l’ancrage du colonialisme interne que la révolution zapatiste avait rompu. Le grotesque maquillage culturel de l’anthropologie contre-insurrectionnelle ne change pas la nature brutale de l’occupation impérialiste, elle ne gagnera ni l’esprit ni le cœur de la résistance et des millions d’Us américains qui se manifestent de plus en plus contre la guerre. Le nouveau manuel US de la contre-insurrection Pour exprimer le niveau d’implication de la haute bureaucratie universitaire dans les efforts belliqueux de l’impérialisme US, l’université de Chicago a publié au mois de juillet de cette année, une édition de poche - pour une vareuse militaire, naturellement - du nouveau Manuel de campagne de contre-insurrection (No. 3-24) [Counterinsurgency Field Manual ]. Cette complicité ouverte des cercles universitaires avec la machinerie de guerre des USA, a provoqué une avalanche de critiques chez les intellectuels indépendants us américains , qui ont rigoureusement analysé le texte coordonné par le général David H. Petraeus et ont condamné le rôle honteux joué par les autorités universitaires qui donnèrent leur consentement  pour éditer un manuel destiné à la persécution, à la torture et au meurtre d’êtres humains et à l’occupation militaire des pays dans les “ coins sombres du monde” où les USA prétendent faire prévaloir leurs intérêts. Une de ces critiques est due à David Price, auteur d’un article démolisseur, traduit en espagnol et publié par Rebelión : “Prostitution de l’anthropologie au service des guerres de l’empire” [Pilfered Scholarship Devastates General Petraeus’s Counterinsurgency Manual], dans lequel il démontre le plagiat réalisé - notamment dans le chapitre 3 du Manuel - d’auteurs tels que Victor Turner, Anthony Giddens,  David Newman, Susan Silbey, Kenneth Brown,  Fred Plog, Daniel Bates, Max Weber, entre autres. Ce chapitre, considéré par Price comme central, sort de la plume de l’anthropologue Montgomery Mcfate, qui - rappelons-le - est une des plus ferventes partisanes de l’utilisation de la science anthropologique dans la contre-insurrection à partir d’équipes d’anthropologues “embarqués” dans les unités de combat en Afghanistan et Irak. Price souligne cette absence d’éthique intellectuelle du fait que des “prétentions d’intégrité académique constituent le fondement même de la stratégie promotionnelle du Manuel”, acclamé par les mercenaires intellectuels du Pentagone, les médias et la presse écrite, comme le New York Times, Newsweek, entre autres publications usaméricaines. Le Manuel a également entraîné une explosion de joie dans les milieux militaires sous d’autres latitudes. Le Général brésilien Álvaro de Souza Pinheiro, par exemple, le considère comme "le document le plus élaboré de la doctrine de contre-insurgeance, que le monde occidental ait connu jusqu’à ce jour" et il assure qu’"une grande partie des armées de l’OTAN, travaille déjà à la reformulation de ses documents similaires, en prenant pour modèle le nouveau manuel nord-américain". (Chile Press, 02/04/2007). [article en français ici ] Il est certain que el Secrétariat à la Défense nationale mexicaine, au travers du Plan México, est en train d’analyser cette nouveauté éditoriale, pour mettre à jour ses vieux manuels de guerre irrégulière et améliorer ses campagnes de contre-insurrection dans les Chiapas ou d’autres États de la république, avec l’assistance, cette fois d’anthropologues incrustés - à la mode Mcfate - qui aident les militaires à "comprendre" les cultures des "indigènes" en rébellion contre l’ordre établi. La lecture du Manuel est nécessaire pour comprendre la mentalité des intellectuels de la guerre "contre-terroriste". La préface, signée par le général Petraeus (actuellement en charge des forces expéditionnaires US en Irak) et par le général James F. Amos, du tristement célèbre Corps des Marines, montre que les militaires us américains sont devenus, sinon marxistes, du moins dialectiques, dans la mesure où ils découvrent que : "L’armée et le Corps des Marines, reconnaissent que chaque insurrection a son contexte et présente un ensemble de défis qui lui est propre " C’est pourquoi, une campagne de contre-insurrection requiert que "Soldats et Marines (avec des majuscules dans tout le texte) utilisent un mélange de tâches de combat, en faisant appel plus fréquemment à des agences non militaires…On espère que Soldats et Marines deviendront constructeurs de nations autant que guerriers. Ils devront être préparés pour aider à rétablir les institutions et les forces locales de sécurité et contribuer à la reconstruction des services de base. Ils seront capables de faciliter le rétablissement de la gouvernabilité locale et de la loi. La liste de ces tâches est longue ; elles réclament une coopération et une coordination avec de nombreuses agences intergouvernementales (des USA), de la nation hôtesse et du milieu international…Conduire avec succès une campagne de contre-insurrection, requiert une force flexible, adaptable, dirigée par des leaders habiles, biens informés et culturellement rusés". L’analyse de cette préface, à la lumière de l’occupation néo-colonialiste de l’Irak, démontre que ces "constructeurs de nations" ont été précisément, ceux qui sans justification aucune, menèrent à terme une guerre, enfreignant le cadre juridique international, contre un État indépendant et membre de l’Organisation des Nations Unies, laquelle guerre a été responsable de la mort de 650 000 Irakiens, de la destruction des infrastructures de base des services publics, de l’exode de millions d’habitants vers l’extérieur, du pillage et de la destruction de son patrimoine culturel, de l’assassinat prémédité des ses écrivains, professeurs, médecins et avocats. La puissance occupante a établi un gouvernement fantoche de collabos, euphémiquement appelé "gouvernement de la nation hôtesse", lequel est maintenu en place uniquement grâce à l’astuce culturelle mortifère de Soldats et Marines et à l’imposition de la loi US. Il est avéré que 2007 fut l’année la plus meurtrière pour les troupes d’occupation, avec 858 soldats us américains tués à la date du 6 novembre et 3855 depuis 2003 (61.996 morts et blessés pour des causes liées ou non aux hostilités). Le Manuel ne fonctionnerait-il pas? Soldats et Marines ne le liraient-ils pas? Les anthropologues embarqués feraient-ils mal leur travail? L’insurrection serait-elle plus dialectique que la contre-insurrection?  Manuel de terrorisme global Le présupposé de base du Manuel de Contre-insurrection 3-24, est que les USA ont le droit d’intervenir militairement au niveau mondial, ce qui est contradictoire avec les principes et les lois du cadre juridique international, qui sont à l’origine de l’Organisation des Nations Unies et en constituent les fondements. Ainsi le Manuel soutient que sa doctrine " est par définition, large en perspective et contient les principes, les tactiques et les procédures applicables dans tout le monde…Cette publication a pour objet d’aider à la préparation des chefs de l’Armée et du Corps de Marines à conduire des opérations de contre-insurrection dans n’importe quelle partie du monde." Afin de justifier cette extraterritorialité militaire —déjà mentionnée— les stratèges utilisent une supercherie juridique, dénommé "nation hôtesse", dont le gouvernement "invite" les USA à la contre-insurrection contre son propre peuple, même si la dite autorité a été imposée postérieurement au renversement du gouvernement légalement constitué et à l’occupation militaire du pays par les forces expéditionnaires US. Déjà, lors de l’annexion de l’archipel des Philippines en 1898, les USA livrèrent leur première guerre de contre-insurrection du XXème siècle contre la rébellion menée par Emilio Aguinaldo, sous le prétexte —selon le président William McKinley— d’éduquer, d’élever et de christianiser les Philippins". (Timothy K. Deady, Parameters. Spring, 2005). De même, dans la guerre de contre-insurrection des USA au Nicaragua, contre le général Augusto C. Sandino - lequel dérouta à maintes reprises les marines us américains - les Yankees employèrent la tactique de mettre face à face "natifs contre natifs", en créant une Garde Nationale dirigée par Anastasio Somoza García, qui finit par assassiner Sandino en 1934. Une autre des idées-forces du Manuel, est établie sur le constat que face à l’écrasante supériorité militaire conventionnelle des USA, leurs ennemis n’ont d’autres ressources que de lutter au moyen d’une guerre non conventionnelle "en mélangeant technologie moderne, anciennes techniques d’insurrection et terrorisme…". Dans la contre-insurrection, celui qui apprend et s’adapte plus rapidement - celui qui possède la meilleure organisation pour apprendre - est généralement le gagnant. Les contre-insurrections ont été appelées acquisition de compétences par apprentissage. C’est pourquoi cette publication indique que "apprendre et s’adapter" est un impératif de la contre-insurrection moderne pour les forces US". Á partir de cette prémisse, le Manuel conclue "Ironiquement, la nature de la contre-insurrection présente des défis aux systèmes traditionnels de leçons-apprentissage ; de nombreux aspects non militaires de la contre-insurrection ne portent pas en eux-mêmes un apprentissage tactique rapide…Effectuer les tâches non militaires de la contre-insurrection nécessite une connaissance dans des domaines divers et complexes. Celles-ci incluent la gouvernance, le développement économique, l’administration publique et la force de la loi. Les Commandants ayant une connaissance profonde de ces domaines, peuvent aider leur subordonnés à comprendre des climats hostiles et peu familiers et à s’adapter plus rapidement aux changements de situations". Sont proposées des définitions de l’insurrection et de la contre-insurrection : " l’insurrection est une lutte politico-militaire organisée et imaginée pour affaiblir le contrôle et la légitimité d’un gouvernement établi, d’une force occupante ou autre autorité politique, à mesure qu’augmente le contrôle insurgé". Une autre définition de l’insurrection affirme que celle-ci est "typiquement une forme de guerre interne, qui survient en premier lieu à l’intérieur d’un État et non entre États et dans lequel se retrouvent un minimum d’ingrédients de guerre civile. La contre-insurrection consiste dans des actions militaires, paramilitaires, politiques, économiques, psychologiques et civiles, menées à terme par un gouvernement, afin de mettre en échec l’insurrection ". Dans le cas de l’Irak, on observe que le "gouvernement établi" n’a pas de légitimité, ni de contrôle, dans la mesure où il s’agit d’une autorité subordonnée à la puissance occupante. De sorte que, devant son échec face à la résistance patriotique, les USA ont provoqué une guerre civile dans laquelle les sunnites s’affrontent aux chiites, au travers d’attentats terroristes perpétrés par leurs agences de renseignement, renforçant de facto l’indépendance des Kurdes et affaiblissant au maximum l’unité nationale.  La grande "découverte" du Manuel est son vernis anthropologique : "La connaissance culturelle est essentielle pour entreprendre avec succès une contre- insurrection. Les idées américaines (sic) de ce qui est "normal" ou ""rationnel", ne sont pas universelles. Au contraire, les membres des autres sociétés ont fréquemment des notions différentes de la rationalité, de la conduite appropriée, des niveaux de pratique religieuse et des règles concernant les genres (sexuels)". Le vrai processus d’acculturation des soldats us américains  va au-delà des manuels, selon la parole d’un vétéran de la guerre d’Irak : "J’ia été un assassin psychopathe parce qu’ils m’ont entraîné pour tuer : Je ne suis pas né avec cette mentalité. Ce fut le Corps d’Infanterie de Marine qui m’éduqua pour faire de moi un gangster des corps expéditionnaires us américains, un délinquant. Ils m’ont entraîné à exécuter aveuglément les ordres du Président des USA, pour lui rapporter à la maison ce qu’il demanderait, sans tenir compte d’aucune considération morale. J’étais un psychopathe parce qu’ils m’enseignèrent à tirer le premier et à poser des questions ensuite, comme le ferait un malade et non un soldat professionnel, qui doit affronter d’autres soldats. S’il fallait tuer des femmes et des enfants, nous le faisions. C’est en cela que nous n’étions pas des soldats, mais des mercenaires". (Jimmy Jimmy Massey  : « J’étais un assassin psychopathe » , par Rosa Miriam Elizalde, Cubadebate).   Le renseignement dans la contre-insurrection Si dans n’importe quel conflit belliqueux le travail des services de renseignement est indispensable, dans la contre—insurrection, il est particulièrement vital, soulignent les militaires us américains. Pour cela, le chapitre clé du Manuel de contre-insurrection 3-24 traite précisément des caractéristiques du renseignement dans cette guerre asymétrique. Également, étant donné que les conflagrations livrées par les USA ont lieu dans des espaces culturellement étrangers, la découverte militaire réside dans la collaboration de scientifiques sociaux dans les campagnes impérialistes, contre les mouvements révolutionnaires de résistance nationale. L’anthropologue contre-insurrectionnelle Montgomery Mcfate, l’explique de cette manière : "Dans un conflit entre adversaires symétriques, dans lequel les deux parties sont de force égale et utilisent une technologie similaire, comprendre la culture de l’adversaire ne représente que peu d’intérêt. La guerre froide, avec toute sa complexité, a mis face à face deux puissances d’origine européennes. Mais dans une opération de contre-insurrection contre un adversaire non occidental, la culture est importante.” (The US Army Professional Writiong Collection, March-April, 2005 Maintenant que les commandants et les stratèges militaires demandent à "approfondir les cultures, perceptions, valeurs, croyances et processus de prise de décisions des individus et des groupes," le Pentagone a intégré des équipes d’experts en économie, anthropologie, et science politique, lesquels jouent un rôle dans ce qui est techniquement appelé "Préparation de la Compréhension du Champ de Bataille" et qui consiste en un processus continu et systématique de l’analyse de la menace possible de l’ennemi et du milieu dans une région géographique spécifique. Les scientifiques sociaux ne sont qu’un instrument de la guerre, étant donné que seul le personnel militaire est habilité à prendre les décisions finales. Le Manuel décrit le type d’information que ces singuliers mercenaires universitaires obtiennent : "Par exemple, des groupes tribaux et familiers en Irak et en Afghanistan traversent les frontières nationales des pays voisins. Les relations frontalières permettent aux insurgés de disposer d’un refuge sûr en dehors de leur pays et les aident au trafic inter-frontalier. L’aire d’intérêts peut être importante pour l’AO (aire opérationnelle).Très fréquemment celle-ci peut être influencée par plusieurs facteurs, tels que : réseaux familiaux, tribaux, ethniques, religieux et autres, qui vont bien au-delà de la zone d’ opérations ; les relations de communication et économiques vers d’autres régions, l’influence des moyens de communication sur la population locale, le public us américain et les associés multinationaux ; les appuis logistiques, financiers et moraux de l’ennemi." Les anthropologues-militaires définissent - avec l’aide du plagiat déjà dénoncé - des concepts comme société, groupe ethnique, tribu, réseaux, institutions, rôles et statuts, structure et normes sociales, culture, identité, système de croyances, valeurs, attitudes et perceptions, langage, pouvoir et autorité, force coercitive, capital social, participation politique, entre autres. Tout cela, afin de connaître ce qui intéresse réellement les militaires : les insurgés, leurs objectifs et motivations, l’appui ou la tolérance de la population à leur égard, leurs forces et faiblesses, leurs formes d’organisation, leurs leaders et personnalités clés, leurs activités et relations politiques, leur liberté de mouvement, leurs soutiens logistiques et financiers, leur renseignement, les nouvelles recrues, l’armement et les capacités militaires, leur entraînement etc.. Avec une attention spéciale pour la structure organisationnelle des insurgés : s’il y a une hiérarchie ou non, si les membres sont spécialisés, si les leaders exercent un contrôle centralisé ou si des actions autonomes et des initiatives propres sont autorisées, si le mouvement opère indépendamment ou s’il a des relations avec d’autres réseaux et organisations, si les insurgés donnent plus de poids à une action politique ou à la violence. Chaque dirigeant fait également l’objet d’une étude détaillée : son rôle dans l’organisation, ses activités connues et associées, son histoire personnelle et sa trajectoire, ses croyances, motivations et idéologie, son éducation et sa formation, son tempérament ("par exemple, soigneux, impulsif, réfléchi ou violent"), son importance dans l’organisation, sa popularité hors de celle-ci. Dans les sessions de torture en Irak et en Afghanistan, à Guantánamo et autres "recoins obscurs de la planète", ce sont sans doute certaines des questions posées aux détenus par les forces d’occupation US ; elles font aussi partie des matières que les mentors yankees enseignèrent aux forces armées mexicaines dans leurs cours de "combat contre le terrorisme", dénoncés par La Jornada. De la même manière, stratégies et tactiques des rebelles méritent un soin particulier : actions de conspiration, militarisme, guérilla urbaine, guerre populaire, embuscades, incendies, bombes et explosifs, armes chimiques, biologiques, radiologiques ou armes nucléaires, manifestations, contre-espionnage des insurgés, exécutions de délateurs, séquestrations, prise d’otages, infiltration et subversion, propagande, attaques d’installations, sabotage, entre autres. Toutes les formes du renseignement sont analysées : humaine, opérations militaires, interrogatoires de détenus et de déserteurs, rapports d’affaires civiles, opérations psychologiques, officiers de l’armée et forces politiques du gouvernement fantoche, entrepreneurs, dénonciations téléphoniques anonymes, journalistes, universitaires etc.. On obtient aussi une information de renseignement de routine, par surveillance, au moyen de capteurs et de caméras, par reconnaissance spatiale, par analyse d’archives de titres de propriété ou financières, par le contenu des téléphones cellulaires et des ordinateurs. Il serait erroné de surestimer les capacités et la portée de ce travail de renseignement des impérialistes us américains, comme il serait faux de penser qu’ils sont invincibles. Cependant, il est important que la communauté des anthropologues latino-américains et mondiaux se manifeste contre l’utilisation mercenaire de sa discipline. Gilberto LÓPEZ Y RIVAS Source : Contexto Latinoamericano, Número 7, México DF, janvier-mars 2008 et    Article original remis pour publication en décembre 2007 Traduit par Regina Caillat-Grenier, révisé par Fausto Giudice Regina Caillat-Grenier et Fausto Giudice sont  membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.  http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=5572&lg=fr http://bellaciao.org/fr/spip.php?article70362
11 Annexe 11-1 Parallèle avec l'extension de la guerre au Pakistan. Dans le cas du Vietnam, le commandement militaire américain affirmait qu’il pourrait gagner la guerre en envahissant le Cambodge afin de couper la piste Ho Chi Minh, par laquelle étaient transportées les armes et les fournitures pour l’insurrection communiste Viet Cong. L’argument avancé était que la coupure de cette route priverait le Viet Cong de ses approvisionnements. Initialement, le malheureux Prince Sihanouk du Cambodge, qui tentait désespérément de maintenir son pays à l’écart de la guerre du Vietnam, avait été persuadé de fermer les yeux sur les bombardements américains de la piste. Ensuite, un coup d’Etat militaire en 1970 a installé au pouvoir un général qui était une marionnette américaine. Les B-52 ont poursuivi leurs bombardements massifs, sans obtenir le résultat recherché, mais en tuant un grand nombre de Cambodgiens. L’ « incursion » conjointe des forces américaines et Sud Vietnamiennes afin de couper la piste est survenue en avril 1970. Elle a eu pour seul résultat de déplacer les opérations d’approvisionnement plus profondément à l’intérieur du Cambodge. Richard Nixon avait alors déclaré qu’il avait agi ainsi pour prouver que les États-Unis n’était pas « une puissance de second rang ». « Si, lorsque les dés sont jetés, la nation la plus puissante au monde agit comme un piètre géant impuissant, les forces du totalitarisme et de l’anarchie menaceront les nations libres et les institutions libres dans le monde entier. » Les Khmers Rouges cambodgiens ont ensuite vaincu le régime militaire de Phnom Penh soutenu par les USA. Le génocide a suivi, avec ces « champs de la mort », dont les États-Unis se sont détournés. Puis ils ont condamné le gouvernement communiste vietnamien lorsqu’il a envahi le Cambodge pour mettre fin au massacre. Par William Pfaff 13 septembre William Pfaff est historien et éditorialiste à l’International Herald Tribune http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2160 Publication originale TruthDig, traduction Contre Info

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16/09/2008

n° 1 - journal de Pakistan - 16-09 – Début- USA - Une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière" ?

n° 1 - journal de Pakistan - 16-09 – Début-  USA - Une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière" ?

journal de Pakistan – Début- 

n° 1 - du16-09

Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire.                           – Début- 

Tiré à part :

"Les Usa ont ouvert un nouveau front pour leur guerre contre le terrorisme".(...)

1 Politique Pakistan USA

2 Lutte pour la libération du territoire Détails.

Suite & Fin 4 Brèves
4-1 Bush a signé des "ordres secrets" autorisant l'engagement de forces spéciales américaines au Pakistan.
4-2 L'armée US admet qu'il faut changer de stratégie.
4-3 Washington estime que l'armée pakistanaise ne fournit pas assez d'efforts…
4-4 L'armée pakistanaise hostile aux opérations militaires américaines sur son territoire.
4-5 Le Pentagone dément des tirs pakistanais contre ses hélicoptères.
5 Dossiers
 5-1 Point de vue de 'Radio Canada' : L'équation pakistanaise.
5-2 Point de vue de Rana Jawad : Une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière" ?
7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
7-1 Analyse de William Pfaff : Bourbier, Phase II : l’invasion du Pakistan.


Tiré à part : "Les Usa ont ouvert un nouveau front pour leur guerre contre le terrorisme".(...) Les Etats-Unis menaçe d'y intensifier leurs opérations depuis l'Afghanistan pour éradiquer les sanctuaires des talibans et d'Al-Qaïda, Islamabad jurant de s'y opposer "à n'importe quel prix". Avec des dizaines de milliers de ses soldats empêtrés dans une guerre qui s'intensifie en Afghanistan contre les talibans, le chef d'état-major de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, a annoncé mercredi avoir ordonné une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière". Au même moment, son homologue pakistanais, le général Ashfaq Kayani, jurait que son armée ne tolérerait plus les raids terrestres et les nombreux tirs de missiles américains qui n'épargnent pas les civils dans les zones tribales pakistanaises, frontalières de l'Afghanistan. Washington est convaincu que les talibans et Al-Qaïda ont reconstitué leurs forces dans ces régions, pour s'attaquer aux troupes étrangères en Afghanistan et préparer des attentats dans les pays occidentaux. Les spécialistes d'Al-Qaïda reconnaissent unanimement que le nord-ouest du Pakistan est devenu "le nouveau front de la guerre contre le terrorisme". Le New York Times assurait d'ailleurs jeudi que Bush avait autorisé secrètement en juillet les forces spéciales américaines à mener des raids terrestres dans le nord-ouest du Pakistan, sans l'approbation préalable d'Islamabad. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à l'aube du 3 septembre, quand des hélicoptères de combat américains et, probablement des soldats au sol, ont attaqué un village pakistanais, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants. Les plus hautes autorités pakistanaises avaient fermement protesté contre cette première opération militaire américaine au sol, connue du moins, puisque de hauts responsables pakistanais reconnaissent qu'il y a eu des précédents depuis 2002, sans qu'Islamabad n'en dise un mot. Pire, ces dernières semaines, les tirs de missiles par des drones américains s'abattent quasi-quotidiennement sur des maisons dans les zones tribales pakistanaises, tuant des combattants d'Al-Qaïda ou des talibans, mais aussi des civils. Washington estime qu'Islamabad ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme". Mais la République Islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut à cette lutte, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, plus de 1.200 morts dans une campagne sans précédent d'attentats suicide depuis plus d'un an. Oussama Ben Laden en personne -dont Washington pense qu'il se terre dans les zones montagneuses du nord-ouest- avait décrété il y a un an le jihad à Islamabad, le "chien de Bush" selon lui. "La souveraineté et l'intégrité territoriale du pays seront défendues à n'importe quel prix et aucune force étrangère ne sera autorisée à conduire des opérations à l'intérieur du Pakistan", a assuré mercredi le général Kayani. "Jusqu'à ce que nous collaborions de manière plus approfondie avec le gouvernement du Pakistan pour éliminer ces sanctuaires, l'ennemi continuera de venir" du Pakistan, a rétorqué l'amiral Mullen, en annonçant avoir demandé à ses troupes d'élaborer une "nouvelle stratégie militaire plus globale qui couvre les deux côtés de la frontière". Certains éditorialistes pakistanais suggéraient jeudi que les propos publics vindicatifs du général Kayani venaient une semaine après le raid américain et deux semaines après une énigmatique rencontre avec l'amiral Mullen sur un porte-avion américain. Pour eux, Islamabad tente de ménager la chèvre et le chou, entre la nécessité de satisfaire les exigences de son principal bailleur de fonds américain et l'agacement des 168 millions de Pakistanais, chez qui l'anti-américanisme progresse depuis un an de manière spectaculaire Rana JAWAD AFP http://www.lopinion.ma/spip.php?article19331

1 Politique

a) Pakistan Le président MUSHARRAF quitte son poste seul, encerclé et abandonné. Il ne laisse pas le pays entre des mains fortes. En réalité, les mains les plus corrompues, les plus dénuées de scrupules et les plus criminelles que ce pays ait jamais produit. L’opération de changement de régime que la CIA a entamée il y a un an environ a finalement abouti. Le retrait de MUSHARRAF est une étape dans le jeu plus large  de la CIA visant à la prise en mains des services de renseignement, l’ISI.  Maintenant, une autre bataille commence pour le contrôle des centres de pouvoir du pays.  Les juges (1) ne seront pas rétablis et la gouvernance ne s’améliorera pas. Attachez vos ceintures en vue d’une navigation  agitée dans les jours qui viennent. La direction actuelle n’est pas simplement incompétente, elle est éminemment dangereuse pour le pays. Elle va pouvoir maintenant accuser MUSHARRAF de ses propres échecs et des ses propres trahisons  et l’armée va la surveiller de prés. (1) les juges de la cour suprême qui avaient été destitués par MUSHARRAF et dont l’Occident « démocratique » faisait mine de défendre les intérêts. Comaguer                                      Au fil des jours... 18.08.08 N°25

Le nouveau président pakistanais, Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto, se trouve à Londres où il doit rencontrer le Premier ministre britannique, Gordon Brown, pour évoquer la situation à la frontière. Zardari a de son côté exprimé son soutien aux déclarations du général Kayani.  (Reuters) -

Aucune intervention étrangère ne sera tolérée sur le sol pakistanais
Le Pakistan ne tolérera plus des interventions militaires étrangères sur son sol a indiqué un communiqué de l’armée rendu public mercredi soir. « La souveraineté et l’intégrité territoriale du pays seront défendues à n’importe quel prix et aucune force étrangère ne sera autorisée à conduire des opérations à l’intérieur du Pakistan » » » », a affirmé le général Ashfaq Kayani, chef d’état-major de l’armée pakistanaise, cité par le communiqué.
Cette mise en garde intervient une semaine après un raid des soldats américains basés en Afghanistan, qui a tué 15 civils dans le nord-ouest du pays, selon Islamabad dont les plus hautes autorités de l’Etat avaient immédiatement, et pour la première fois depuis septembre 2001, vigoureusement protesté auprès de Washington. Les
Etats-Unis, comme la coalition internationale qu’ils dirigent en Afghanistan, n’ont, à ce jour, pas commenté cette information, mais n’ont jamais démenti cette attaque
Par ailleurs, les tirs de missiles américains, à partir de drones (avions sans pilote), se sont intensifiés ces derniers mois dans les zones tribale.

http://www.lopinion.ma/spip.php?article19331


b) Usa Bush s'est entretenu avec Brown par visioconférence la semaine dernière d'une nouvelle stratégie à adopter dans la région.   (Reuters) -

12-09 Mercredi, le chef de l'état-major de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, avait annoncé avoir ordonné une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière". Son homologue pakistanais, le général Ashfaq Kayani, rétorquait aussitôt que son armée ne tolérerait plus les attaques des forces étrangères en territoire pakistanais. Toutes les forces de sécurité nationales "protégeront l'intégrité territoriale du Pakistan avec le soutien total du peuple", a-t-il répété vendredi devant les plus hauts responsables militaires. Le New York Times assurait jeudi que le président George W. Bush avait autorisé secrètement en juillet des raids terrestres dans le nord-ouest du Pakistan, sans l'approbation préalable d'Islamabad. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à l'aube du 3 septembre, quand des commandos américains héliportés ont attaqué un village pakistanais, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants. 12 sep, (AFP) - 12-09 Washington estime que l'armée pakistanaise ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme". Mais la République Islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut à cette lutte, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, plus de 1.200 morts dans une campagne sans précédent d'attentats depuis plus d'un an. 12 sep, (AFP) –



2 Lutte pour la libération du territoire

Détails
03-09
Vingt personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées dans le nord-ouest du Pakistan dans un raid attribué à des commandos étrangers venus d'Afghanistan, a déclaré un gouverneur de province. "C'est scandaleux", a déclaré Owais Ahmed Ghani, gouverneur de la province de la Frontière du nord-ouest dans un communiqué. "C'est une agression directe contre la souveraineté du Pakistan et le peuple pakistanais attend que les forces armées (...) se soulèvent pour défendre la souveraineté du pays et donner une réponse appropriée", a-t-il ajouté. Le raid a eu lieu dans le village d'Angor Adda, dans la région du Sud-Waziristan, réputée pour être un sanctuaire d'Al Qaïda et des combattants taliban. Une porte-parole de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan a déclaré ne pas avoir d'information sur cette opération. Un porte-parole de l'armée américaine a refusé de se prononcer sur la question, renvoyant au Commandement central de l'US Army. Les versions des témoins de l'opération divergent, certains affirmant qu'il s'agissait d'un raid terrestre, d'autres évoquant un raid aérien. Des drones américains ont lancé plusieurs attaques dans les régions frontalières entre l'Afghanistan et le Pakistan depuis le début de l'année mais aucune opération terrestre de soldats américains au Pakistan n'a été révélée à ce jour. Le ministre pakistanais de la Défense , Ahmed Moukhtar, a déclaré que des appareils appartenant à des forces étrangères en Afghanistan avaient attaqué trois maisons à 04h30 (22h30 GMT mardi). Il a refusé de donner des précisions, ajoutant simplement que le ministère des Affaires étrangères avait ouvert une enquête sur cet incident qui risque de provoquer de vives protestations au Pakistan. Reuters, 3 septembre Hafiz Wazir et Alamgir Bitani, avec Augustine Anthony, version française Gwénaelle Barzic et Clément Dossin  

15 morts dans un raid des forces internationales d'Afghanistan

03-09 Au moins 15 personnes, dont des civils, ont été tuées mercredi dans le nord-ouest du Pakistan dans une attaque impliquant des hélicoptères des forces internationales basées en Afghanistan, ont indiqué à l'AFP des responsables des services de sécurité pakistanais. Un haut responsable du gouvernement pakistanais a qualifié d'agression contre la souveraineté de son pays une attaque impliquant des forces internationales basées en Afghanistan, qui a tué mercredi plusieurs personnes dont des civils dans un village du nord-ouest du Pakistan.  "Quatre hélicoptères de combat ont traversé la frontière et lancé l'attaque", a assuré une de ces sources, qui a requis l'anonymat. "Des hélicoptères venus d'Afghanistan étaient impliqués", a confirmé à l'AFP Mowaz Khan, un responsable de l'administration du district tribal du Waziristan du Sud où s'est déroulé le raid, dans le village frontalier de Jalal Khel.  Seules les troupes américaines et britanniques opérant dans le sud de l'Afghanistan pour les forces internationales disposent de ce type d'hélicoptères. Mowaz Khan a assuré que les hélicoptères "de l'Otan" avaient même déposé des soldats au sol, mais aucune autre source n'a confirmé cette information.  Selon ce responsable local, des femmes et des enfants figurent parmi les tués, dans ce raid conduit à l'aube au moment où les villageois achevaient leur dernier repas avant d'entamer la journée de jeûne en ce début de Ramadan. "Nous confirmons qu'il y a eu une attaque dans un village frontalier mais nous sommes encore en train de recueillir des informations", a commenté auprès de l'AFP le major Murad Khan, un des porte-paroles de l'armée pakistanaise. L'armée américaine ou la CIA ont récemment intensifié leurs tirs de missiles à partir d'avions sans pilote Drone dans les zones tribales pakistanaises frontalières avec l'Afghanistan, où Washington est convaincu que les talibans afghans et Al-Qaïda ont reconstitué leurs forces grâce au soutien de talibans pakistanais. Mais les raids au moyen d'hélicoptères d'attaque sont extrêmement rares. Plusieurs médias américains avaient rapporté récemment que les Etats-Unis envisageaient désormais des attaques directes, y compris par des troupes au sol, sur le territoire pakistanais, Washington accusant le Pakistan de ne pas faire assez d'effort pour éliminer la menace des talibans et d'Al-Qaïda dans les zones tribales.  03-09 12-09 Un nouveau missile apparemment tiré par un drone de l'armée américaine venu d'Afghanistan a tué vendredi au moins 12 personnes, selon des responsables locaux, dans le nord-ouest du Pakistan Le missile s'est abattu sur une maison de Tol Khel, dans la banlieue de Miranshah, principale ville du district tribal du Waziristan du Nord, réputé être un fief des talibans pakistanais qui abritent et soutiennent des combattants étrangers d'Al-Qaïda, a déclaré à l'AFP un haut responsable de l'administration locale, sous couvert de l'anonymat. "Cette attaque, juste avant l'aube, a détruit la maison et tué 12 personnes", a ajouté cette source, précisant que 10 autres ont été blessées. AFP et Reuters 14-09 Seize 'talibans présumés' ont été tués dimanche par les forces pakistanaises à Bajur, région tribale le long de la frontière avec l'Afghanistan, où opèrent Al-Qaïda et les talibans. Vingt-cinq autres ont été blessés dans ces combats. Le secteur est considéré comme un bastion de la résistance où pourraient se cacher les dirigeants d'Al-Qaïda Oussama ben Laden et Ayman al-Zawahri. Des positions insurgées ont été attaquées dimanche dans les secteurs de Loi Sam, Rashakai, Tang Khata et Gollokass, a-t-on appris auprès d'un responsable du gouvernement, Iqbal Khattak. Des hélicoptères et avions de combat, de l'artillerie lourde ont notamment été mobilisés dans cette opération, a-t-il ajouté. Un porte-parole de l'armée, le général Athar Abbas, a précisé que plusieurs facteurs avaient entraîné la reprise de l'offensive. "Cela prendra peut-être du temps, mais cette question doit être résolue une bonne fois pour toutes", a-t-il ajouté, soulignant que le gouvernement ne "pouvait pas abandonner cette zone aux talibans". Des centaines de militants auraient été tués à Bajur en août dans cette offensive, qui aurait également fait environ 300.000 déplacés. Il est difficile de confirmer ces chiffres de source indépendance en raison de la nature des zones concernées. AP


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n° 1 - journal de Pakistan –Fi, -16-09 - USA - Une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière" ?

n° 1 - journal de Pakistan –Fi, -16-09 - USA - Une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière" ?

journal de Pakistan –Fin -

n° 1 - du16-09

Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire.                      –Fin -
 4 Brèves
4-1 Bush a signé des "ordres secrets" autorisant l'engagement de forces spéciales américaines au Pakistan.
4-2 L'armée US admet qu'il faut changer de stratégie.
4-3 Washington estime que l'armée pakistanaise ne fournit pas assez d'efforts…
4-4 L'armée pakistanaise hostile aux opérations militaires américaines sur son territoire.
4-5 Le Pentagone dément des tirs pakistanais contre ses hélicoptères.
5 Dossiers
5-1 Point de vue de 'Radio Canada' : L'équation pakistanaise.
5-2 Point de vue de Rana Jawad : Une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière" ?
7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
7-1 Analyse de William Pfaff : Bourbier, Phase II : l’invasion du Pakistan.


4 Les Brèves Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 4-1 Bush a signé des "ordres secrets" autorisant l'engagement de forces spéciales américaines au Pakistan. 12-09 Un nouveau missile, tiré selon le Pakistan par un drone de l'armée américaine venu d'Afghanistan, a tué, vendredi 12 septembre, entre douze et quatorze personnes et fait plusieurs blessés, selon des responsable s locaux, à Tol Khel, dans le nord-ouest du Pakistan. Tol Khel est situé dans la banlieue de Miranshah, principale ville du district tribal du Waziristan du Nord, où Washington veut éradiquer les repaires d'Al-Qaida et des talibans. Cette information a été confirmée par l'armée pakistanaise, qui rechigne d'ordinaire à faire état des violations de souveraineté. "Nous confirmons des tirs de missiles vers 5 h 30 ce matin [1 h 30 à Paris]. (...) Nous avons informé le gouvernement", a déclaré un porte-parole militaire, sans avancer de bilan. La frappe de vendredi est le quatrième tir de missiles dans le nord-ouest du Pakistan en une semaine ; les tirs ont entraîné la mort d'au moins 38 personnes, dont des civils.  Les Etats-Unis ont menacé de multiplier les opérations militaires dans les zones tribales pakistanaises frontalières avec l'Afghanistan, considérées comme un bastion des activistes d'Al-Qaida.  C'est d'ailleurs ce qui s'est passé le 3 septembre à l'aube, quand des commandos américains héliportés ont attaqué un village pakistanais, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants. Les autorités pakistanaises avaient aussitôt condamné ce qui constituait la première incursion terrestre avérée des forces américaines sur leur sol. Mercredi, le Pakistan a juré de s'opposer à ce type d'opération : "La souveraineté et l'intégrité territoriale du pays seront défendues à tout prix", a affirmé le chef d'état-major de l'armée pakistanaise dans un communiqué.  Le regain d'activités des talibans, qui disposent de bases arrière au Pakistan, a conduit à une multiplication des raids aériens de l'armée américaine en territoire pakistanais. Une dizaine d'opérations de ce genre ont été menées depuis le début de l'année, faisant des dizaines de victimes parmi les activistes mais aussi au sein de la population. Washington estime que l'armée pakistanaise ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme". La République islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a cependant payé un très lourd tribut à cette lutte, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, plus de 1 200 morts dans une campagne sans précédent d'attentats-suicides depuis plus d'un an.

4-2 L'armée US admet qu'il faut changer de stratégie. Le chef d'état-major interarmes américain, l'amiral Mike Mullen, a concédé que la coalition occidentale n'était pas en train de gagner en Afghanistan et prôné un changement de stratégie afin de combattre l'insurrection jusqu'au Pakistan. "Je ne suis pas convaincu que nous soyons en train de gagner en Afghanistan. Je suis convaincu que nous le pouvons", a dit Mullen lors d'une audition devant la commission des Forces armées de la Chambre des représentants. Sept ans après le renversement du régime des taliban, Mullen a expliqué qu'il "réfléchissait à une nouvelle stratégie, plus globale, pour la région", visant notamment à étendre les opérations de part et d'autre de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan. "A mes yeux, ces deux pays sont inextricablement liées par une même insurrection qui franchit leur frontière commune", a-t-il dit. "Nous pouvons pourchasser et tuer des extrémistes lorsqu'ils franchissent la frontière depuis le Pakistan (...) mais tant que nous ne coopéreront pas plus étroitement avec le gouvernement pakistanais pour éliminer leurs bastions, l'ennemi continuera d'entrer (en Afghanistan)", a souligné Mullen. Son audition coïncide avec l'augmentation des attaques américaines contre des cibles insurgées au Pakistan, et l'annonce, mardi par le président George Bush, de l'envoi d'un bataillon de "marines" et d'une brigade de combat supplémentaires d'ici janvier. La multiplication des raids américains en territoire pakistanais a provoqué la colère des dirigeants locaux et fragilise le gouvernement pakistanais ainsi que le nouveau président Asif Ali Zardari. Selon les troupes américaines et de l'Otan, les taliban et les militants islamistes lancent de plus en plus d'attaques contre les forces occidentales depuis les zones tribales pakistanaises, a avancé Mullen. "Ajoutez à cela une économie afghane pauvre et chancelante, un marché des narcotiques florissant et l'incertitude politique au Pakistan, et vous obtenez les ingrédients d'une bataille complexe, difficile, qui nécessitera du temps", a-t-il ajouté. Il a par ailleurs jugé que l'aide à la reconstruction et à la mise en place de l'Etat de droit était cruciale en Afghanistan. David Morgan, version française Grégory Blachier  


4-3 Washington estime que l'armée pakistanaise ne fournit pas assez d'efforts…  La tension monte entre Washington et Islamabad, pourtant son allié dans sa "guerre contre le terrorisme": les Etats-Unis ont menacé de multiplier les opérations militaires dans les zones tribales pakistanaises frontalières avec l'Afghanistan, le Pakistan a juré mercredi de s'y opposer "à n'importe quel prix". Malgré les protestations répétées d'Islamabad, les forces américaines ont considérablement intensifié, ces derniers mois, les tirs de missiles visant des combattants talibans ou d'Al-Qaïda dans les zones tribales du Pakistan, n'épargnant pas les populations civiles. La frappe de vendredi est le quatrième tir de missiles dans le nord-ouest du Pakistan en une semaine, qui ont fait au moins 38 morts, dont des civils. Ainsi, lundi, 14 combattants islamistes, mais aussi sept civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués par plusieurs missiles américains dans ce district du Waziristan du Nord, selon les autorités pakistanaises. La maison visée vendredi était louée par une organisation fondamentaliste musulmane afghane, Al-Badar, soutenue par l'ancien Premier ministre afghan Gulbuddin Hekmatyar, et dont les partisans combattent depuis fin 2001 aux côtés des talibans, selon les responsables locaux. Mercredi, le chef de l'état-major de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, avait annoncé avoir ordonné une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière". Son homologue pakistanais, le général Ashfaq Kayani, rétorquait aussitôt que son armée ne tolérerait plus les attaques des forces étrangères en territoire pakistanais. Toutes les forces de sécurité nationales "protégeront l'intégrité territoriale du Pakistan avec le soutien total du peuple", a-t-il répété vendredi devant les plus hauts responsables militaires. Le New York Times assurait jeudi que le président George W. Bush avait autorisé secrètement en juillet des raids terrestres dans le nord-ouest du Pakistan, sans l'approbation préalable d'Islamabad. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à l'aube du 3 septembre, quand des commandos américains héliportés ont attaqué un village pakistanais, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants. Washington estime que l'armée pakistanaise ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme". Mais la République Islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut à cette lutte, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, plus de 1.200 morts. (AFP- 12-09


4-4 L'armée pakistanaise hostile aux opérations militaires américaines sur son territoire. Selon le New York Times, au mois de juillet dernier, le président Bush a secrètement autorisé les forces spéciales américaines à opérer au Pakistan, malgré l'opposition des militaires pakistanais. Le quotidien new-yorkais estime que l'accord donné par le président Bush à ces opérations spéciales sur le territoire d'un de ses alliés-clés dans la « guerre contre le terrorisme » marque un tournant. Après plusieurs mois de débats au sein de son administration, le président Bush a, selon le New York Times, fini par donner son feu vert à des raids de ses forces spéciales dans les zones tribales pakistanaises. Ces zones, frontalières de l'Afghanistan, servent de refuge aux combattants d'al-Qaida. L'état-major américain est convaincu qu'il ne règlera pas le problème afghan sans éliminer ces bases arrières. Jusqu'à présent, les Américains se limitaient à des raids aériens avec des Predators, des petits bombardiers téléguidés. Mais la décision du président Bush ouvre la voie à une extension des zones de combats. La question aurait été évoquée fin aout avec les généraux pakistanais lors d'une rencontre à bord du porte-avions américain Abraham-Lincoln. Mais à Islamabad, l'état-major est très hostile aux opérations américaines. Elles sont considérées, d'un point de vue de politique intérieure, comme très contre-productive. Pour la première fois, le Pakistan a protesté la semaine dernière contre un raid dans les zones tribales qui a fait 15 morts. Et le chef d'état-major pakistanais, le général Kayani, a déclaré qu'aucune force étrangère ne sera autorisée à mener des opérations à l'intérieur du pays. Nul doute que le débat se poursuivra avec le successeur de Georges Bush.
RFI Article publié le 11/09/2008

4-5 Le Pentagone dément des tirs pakistanais contre ses hélicoptères.
Le Pentagone a démenti lundi des informations des services de sécurité pakistanais selon lesquels des tirs des forces pakistanaises ont contraint des hélicoptères de l'armée américaine survolant le Pakistan à rebrousser chemin vers l'Afghanistan, lundi avant l'aube. Selon ces sources, l'incident s'est produit près d'Angor Adda, un village de la zone tribale du Sud-Waziristan, où des commandos américains avaient mené une opération héliportée le 3 septembre.
 "J'ai vérifié cela et j'ai découvert qu'il s'agissait d'une fausse information. Cela ne s'est pas produit. J'ai vérifié auprès de tous les endroits qui sauraient ce genre de choses et cela ne semble pas exact", a déclaré le porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman. "Les hélicoptères américains ont pénétré de 100 à 150 mètres en territoire pakistanais à Angor Adda. Nos troupes (...) ont tiré dessus et ils ont fait demi-tour", a déclaré un responsable de la sécurité. L'armée pakistanaise et l'armée américaine ont démenti ces informations, néanmoins confirmées par des habitants d'Angor Adda et des responsables civils. Un responsable civil local a déclaré par téléphone à Reuters que "les troupes stationnées au poste BP-27 ont tiré sur les hélicos, qui ont fait demi-tour". Le commandant Murad Khan, porte-parole de l'armée pakistanaise, a reconnu qu'il y avait eu des tirs mais il a assuré que les appareils n'avaient pas franchi la frontière ni violé l'espace aérien pakistanais. Il a ajouté que les tirs ne provenaient pas des rangs de l'armée pakistanaise.  Un porte-parole de l'armée américaine sur la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul, a déclaré qu'aucun incident n'avait été rapporté par l'unité responsable du secteur.  (Reuters) - Version française Jean-Stéphane Brosse



5 Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Point de vue de 'Radio Canada' : L'équation pakistanaise.

Sept ans après le 11 septembre, Oussama ben Laden court toujours et la «  guerre contre le terrorisme  » reste à finir. C'est dans ce contexte que le président du comité des chefs d'état-major interarmées, l'amiral Michael Mullen, préconise une nouvelle stratégie militaire. Cette stratégie veut intensifier les opérations américaines, depuis l'Afghanistan, pour éradiquer les sanctuaires des talibans et d'Al-Qaïda. Le Pakistan jure de s'y opposer «  à n'importe quel prix  ». L'amiral veut prendre en compte «  les deux côtés de la frontière  » entre l'Afghanistan et le Pakistan. Washington est convaincu que les talibans et Al-Qaïda ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales, du côté pakistanais. Ces arrière-bases leur serviraient à lancer leurs attaques en Afghanistan et à préparer des attentats dans les pays occidentaux. Du côté pakistanais, le général Ashfaq Kayani jurait que son armée ne tolérerait plus les raids terrestres et les nombreux tirs de missiles américains. Les morts de civils s'accumulent Ces échanges surviennent alors que les morts de civils s'accumulent dans les zones tribales du Pakistan. Une récente opération américaine impliquant des hélicoptères de combat et probablement des soldats au sol ont attaqué un village pakistanais. Quinze civils y ont perdu la vie, dont des femmes et des enfants. Sans compter les tirs de missiles par des drones américains qui s'abattent quasi quotidiennement sur des maisons, ces dernières semaines. Jeudi, le New York Times affirmait que le président George W. Bush avait autorisé secrètement, en juillet, les forces spéciales américaines à mener des raids terrestres dans le nord-ouest du Pakistan. Washington a fait fi de l'accord préalable d'Islamabad. De hauts responsables pakistanais reconnaissent qu'il y a eu des précédents depuis 2002, sans qu'Islamabad n'en dise un mot. Le contexte politique change Les forces politiques en présence sont aussi fort différentes. Le président américain vit ses derniers mois à la Maison-Blanche , tandis que le président pakistanais, Asif Ali Zardari, vient de prendre les rênes d'un pays sous haute tension. Washington estime qu'Islamabad ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa «  guerre contre le terrorisme  ». Le président George Bush annonçait d'ailleurs, mardi dernier, l'envoi de 4500 soldats en renfort en Afghanistan. Mais la République Islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut dans cette lutte. Le pays a perdu plus d'un millier de soldats depuis 2002. Et, surtout, les attentats-suicides ont fait plus de 1200 morts depuis plus d'un an. Pris entre une montée d'un sentiment anti-américain et la nécessité de ne pas froisser son principal bailleur de fonds, les États-Unis, Asif Ali Zardari devra jongler entre ouverture et fermeté. De son côté, Oussama Ben Laden avait décrété, il y a un an, le djihad à Islamabad, le «  chien de Bush  » selon lui. Mercredi, à la veille du septième anniversaire du 11 septembre, la porte-parole de la Maison-Blanche , Dana Perino, a déclaré que le président Bush aurait souhaité que les chefs d'Al-Qaida soient traduits en justice. Du même souffle, elle a reconnu que les autorités américaines n'avaient pas de «  superpouvoirs  ». Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et BBC Mise à jour le jeudi 11 septembre 2008 à 12 h 47

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/09/11/001-11-septembre-mullen.shtml


5-2 Point de vue de Rana Jawad : Une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière" ? Les Etats-Unis préviendront le Pakistan de la conduite d'opérations sur son territoire, mais ne demanderont pas son autorisation. Un porte-parole de la Maison Blanche , Gordon Johndroe, a refusé de s'exprimer sur ces informations. La Maison Blanche se garde de tout commentaire depuis plusieurs jours sur une opération terrestre que les Américains auraient menée la semaine passée de l'autre côté de la frontière afghane et qui serait la première connue du genre chez l'allié pakistanais. Avec des dizaines de milliers de ses soldats empêtrés dans une guerre qui s'intensifie en Afghanistan contre les talibans, le chef d'état-major de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, a annoncé mercredi avoir ordonné une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière". Au même moment, son homologue pakistanais, le général Ashfaq Kayani, jurait que son armée ne tolérerait plus les raids terrestres et les nombreux tirs de missiles américains qui n'épargnent pas les civils dans les zones tribales pakistanaises, frontalières de l'Afghanistan. Washington est convaincu que les talibans et Al-Qaïda ont reconstitué leurs forces dans ces régions, pour s'attaquer aux troupes étrangères en Afghanistan et préparer des attentats dans les pays occidentaux. Les spécialistes d'Al-Qaïda reconnaissent unanimement que le nord-ouest du Pakistan est devenu "le nouveau front de la guerre contre le terrorisme". Le New York Times assurait d'ailleurs jeudi que le président George W. Bush avait autorisé secrètement en juillet les forces spéciales américaines à mener des raids terrestres dans le nord-ouest du Pakistan, sans l'approbation préalable d'Islamabad. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à l'aube du 3 septembre, quand des hélicoptères de combat américains et, probablement des soldats au sol, ont attaqué un village pakistanais, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants. Les plus hautes autorités pakistanaises avaient fermement protesté contre cette première opération militaire américaine au sol, connue du moins, puisque de hauts responsables pakistanais reconnaissent qu'il y a eu des précédents depuis 2002, sans qu'Islamabad n'en dise un mot. Pire, ces dernières semaines, les tirs de missiles par des drones américains s'abattent quasi-quotidiennement sur des maisons dans les zones tribales pakistanaises, tuant des combattants d'Al-Qaïda ou des talibans, mais aussi des civils. Washington estime qu'Islamabad ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme". Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut à cette lutte, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, plus de 1.200 morts dans une campagne sans précédent d'attentats suicide depuis plus d'un an. Oussama Ben Laden en personne -dont Washington pense qu'il se terre dans les zones montagneuses du nord-ouest- avait décrété il y a un an le jihad à Islamabad, le "chien de Bush" selon lui. "La souveraineté et l'intégrité territoriale du pays seront défendues à n'importe quel prix et aucune force étrangère ne sera autorisée à conduire des opérations à l'intérieur du Pakistan", a assuré mercredi le général Kayani. "Jusqu'à ce que nous collaborions de manière plus approfondie avec le gouvernement du Pakistan pour éliminer ces sanctuaires, l'ennemi continuera de venir" du Pakistan, a rétorqué l'amiral Mullen, en annonçant avoir demandé à ses troupes d'élaborer une "nouvelle stratégie militaire plus globale qui couvre les deux côtés de la frontière". Certains éditorialistes pakistanais suggéraient jeudi que les propos publics vindicatifs du général Kayani venaient une semaine après le raid américain et deux semaines après une énigmatique rencontre avec l'amiral Mullen sur un porte-avion américain. Pour eux, Islamabad tente de ménager la chèvre et le chou, entre la nécessité de satisfaire les exigences de son principal bailleur de fonds américain et l'agacement des 168 millions de Pakistanais, chez qui l'anti-américanisme progresse depuis un an de manière spectaculaire. Par Rana JAWAD/ Le Point 11-09 http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&task=view&id=302&Itemid=41


7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 7-1 Analyse de William Pfaff : Bourbier, Phase II : l’invasion du Pakistan. Extrait La France , qui vient de découvrir le conflit Afghan, ignore encore que celui-ci a changé de nature. En portant la guerre sur le sol Pakistanais, les USA se sont engagés - et nous ont engagés - dans une escalade dangereuse et sans issue. L’éditorialiste de l’International Herald Tribune William Pfaff dresse un parallèle entre la situation actuelle et l’extension du conflit indochinois au Cambodge - elle aussi censée apporter la « victoire » - qui a mené aux conséquences que l’on sait. Les États-Unis viennent d’envahir le Cambodge. Cette fois ci, le Cambodge s’appelle Pakistan, mais à cette différence près, c’est la même histoire que celle de l’Indochine en 1970. L’armée américaine, profondément frustrée par son incapacité - malgré des années de lutte - à vaincre un mouvement d’insurgés anti-américains, a décidé que la clé de la victoire se trouvait dans un pays voisin. En 1970, le problème était celui de la « piste Ho Chi Minh » au Cambodge. Aujourd’hui, c’est celui des bases des Talibans et d’Al-Qaida au Pakistan, que les États-Unis attaquent avec leur aviation depuis un certain temps, entraînant des « dommages collatéraux » controversés. George W. Bush a désormais autorisé [1] des opérations terrestres menées unilatéralement contre les Taliban et Al-Qaida dans les territoires tribaux du Pakistan, sans consultation avec les autorités pakistanaises. Ces opérations ont déjà commencé. Cette décision intervient après une période de tension, durant laquelle se sont déroulés quelques affrontements armés, entre des unités militaires américaines et pakistanaises, ces dernières défendant la « souveraineté nationale du Pakistan. » L’opinion publique Pakistanaise semble largement opposée à ce que cette « guerre Américaine » soit menée sur le sol du Pakistan. La décision de Washington a été rendue publique juste avant le septième anniversaire des attentats du 11 septembre, qui avaient ouvert la première phase de la « guerre contre le terrorisme », après laquelle « rien ne pourrait jamais être comme avant. » Nous sommes sans aucun doute déjà entré dans la « phase deux » de cette guerre. L’intervention américaine au Cambodge en 1970 a eu pour résultat de provoquer le renversement par les communistes du gouvernement militaire parrainé par l’Amérique, suivi par le génocide. Les conséquences futures pour le Pakistan (doté de l’arme nucléaire) sont encore dans les limbes. Il y a tout lieu de penser qu’elles pourraient prendre la forme de manifestations et de troubles dans le pays, d’une crise politique, d’un renforcement important du mouvement fondamentaliste islamique pakistanais, et éventuellement, d’une petite guerre entre les États-Unis et l’armée pakistanaise, qui est l’institution majeure de ce pays, est douée d’une vie propre et ne constitue pas une force militaire négligeable. En Afghanistan, les Américains et les forces de l’OTAN se plaignent depuis de nombreux mois que la victoire contre les talibans est impossible tant qu’existent des bases taliban dans les zones tribales Pakistanaises qui sont hors d’atteinte. Pervez Musharraf, l’ancien président pakistanais, avait été averti par ses alliés américains qu’il devait chasser les Taliban de ces territoires, faute de quoi l’armée américaine et l’OTAN le feraient à sa place. Le candidat à la présidentielle américaine Barack Obama a proféré la même menace. John McCain y souscrit également. Pervez Musharraf avait tenté de trouver un accord négocié avec les tribus. Les services de renseignements de l’armée pakistanaise ont créé les Taliban lorsqu’ils collaboraient avec la CIA pour former les moudjahiddines qui ont chassé l’Union Soviétique de l’Afghanistan. Ils sont nombreux dans ces services à soutenir encore les Taliban, y voyant un instrument utile contre l’Inde, et permettant d’éviter que l’Afghanistan ne tombe aux mains d’ennemis encore plus dangereux. Pervez Musharraf a été contraint d’abandonner ses fonctions. Les États-Unis avaient ramené de l’exil l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto, qui devait être coopérative. Elle a été assassinée, probablement par des extrémistes islamiques. Son mari a été élu pour prendre sa place et se déclare lui-même un ennemi du terrorisme. Toutefois, les États-Unis ont déjà pris les choses en mains. Par William Pfaff 13 septembre William Pfaff est historien et éditorialiste à l’International Herald Tribune Publication originale TruthDig, traduction Contre Info http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2160

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15/09/2008

n° 7- Guerre de l'Otan.-15/09- Début- L’Europe piégée par la stratégie étasunienne.

n° 7- Guerre de l'Otan.-15/09- Début- L’Europe piégée par la stratégie étasunienne.

Guerre de l'Otan.   n° 7- 14-09

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.      - Début-

Tiré à part : Un acte de guerre qu’aucun Etat du monde ne peut accepter.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1  Le photographe de Reuters David Mdzinarishvili bidonne ses reportages en Géorgie.

1-2 Georgie : Cette campagne infondée contrevient aux normes de l’information honnête et indépendante. 

1-3 La Russie vue par la presse

2 Brèves 2-1 L'OTAN prête à défendre les membres du bloc à tout moment (ambassadeur US).

2-2 Guerre du Caucase : 1000 conseillers militaires Israéliens ont participé de façon active aux préparatifs militaires de l’armée géorgienne.

2-3 Visite de députés israéliens à Tbilissi: la situation en Géorgie au menu.

2-4 La diplomatie poursuit sa basse besogne… au détriment des peuples.

Suite 1

 2-5 Sarkozy remet à Medvedev la lettre de Saakachvili sur le non-recours à la force.

2-6 Règlement au Caucase: la Russie et l'UE formulent des mesures supplémentaires.

2-7 Medvedev exclut de revenir sur la reconnaissance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

2-8 Une fin de non-recevoir envoyée à Sarkozy.

2-9 Sarkozy: La Russie retirera ses troupes de Géorgie dans un mois.

2-10 Abkhazie-Ossétie du Sud: la Force internationale dans les régions voisines d'ici le 1er octobre.

2-11 Ossétie du Sud-Abkhazie: discussions internationales à Genève en octobre.

2-12 EU-Otan: "Protéger les Etats baltes".

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Mireille Delamarre : Georgie : Violations : a) Des Droits De L'Homme,  : b) De La Constitution ,  : c) De La Liberté : d) De La Presse.

3-2 Point de vue de Pierre Le Vigan : L'Europe a besoin d'une Russie forte!

3-3 Point de vue de Thierry Meyssan : Je ne pense pas que l’on puisse comparer la volonté de puissance des États-Unis à celle de la Russie. 4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Fidel Castro : De la chair à canon pour le marché.

Fin 5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Analyse de Danielle Bleitrach : Le”soft pouvoir” étasunien débouche toujours sur la répression, la violence et la guerre.

6 Annexe : 6-1 Saakashvili  ou le fiasco d’Ossètie



Tiré à part : Un acte de guerre qu’aucun Etat du monde ne peut accepter.

En 1776, l’Ossétie choisit de se rattacher à l’Empire russe, avant tout pour mieux se protéger des attaques des Tartares. Ce n’est que dans les années 1940 que Staline divisa le pays, pour des raisons personnelles, en Ossétie du Nord et Ossétie du Sud et qu’il attribua cette dernière à la Géorgie. Après la dissolution de l’Union soviétique, on considéra les frontières des anciennes républiques soviétiques comme celles des nouveaux Etats et on laissa le Sud à la Géorgie , cela contre la volonté de la population qui avait proclamé l’autonomie de la province en 1991. Lors du référendum de novembre 2006, 99% de la population ossète ont voté en faveur de l’indépendance et du rattachement à la Russie.
Depuis 16 ans, il y a en Ossétie du Sud une troupe internationale de protection composée d’unités géorgiennes, russes et ossètes.
Sa mission consiste à empêcher les violences à l’égard de la population et à assurer une coexistence pacifique. Dans la nuit du 7 au 8 août, des troupes géorgiennes ont tué 15 soldats russes et en ont blessé plus de 100. Ainsi, la Géorgie a quasiment attaqué la Russie , ce qui équivaut à une déclaration de guerre. En même temps, la Géorgie a attaqué brutalement Tskhinvali, capitale d’Ossétie du Sud, tuant plus de 2000 civils et détruisant presque toutes les infrastructures civiles. Il s’agit là d’un acte de guerre qu’aucun Etat du monde n’accepterait. Jeudi 28 Août 2008 http://www.alterinfo.net/-Ecarter-tous-les-elements-qui-nous-divisent,-ameliorer-le-sort-de-nos-peuples-et-contribuer-a-la-paix-et-a-la-securite-_a23270.html



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 1-1 Le photographe de Reuters David Mdzinarishvili bidonne ses reportages en Géorgie.  Il n’y a pas que Bernard Henri Levy qui bidonne ses reportages en Géorgie, le photographe de Reuters David Mdzinarishvili sait de toute évidence également quelle est la nourriture médiatique qui fait saliver les agences de presse occidentales… [Tlaxcala - 26/08/2008] Quelques jours après que ces photos avaient été analysées par Byzantine blog comme des mises scène du photographe David Mdzinarishvili, certaines d’entre elles ont été tout simplement retirées du site web de Reuters. Voici la déconstruction faite par Byzantine blog

Visionner ces photos sur le site : http://www.alterinfo.net/MANIPULATION-D-IMAGES,-LES-PHOTOS-BIDONNeES-DE-LA-GUERRE-EN-GeORGIE_a23218.html


1-2 Georgie : Cette campagne infondée contrevient aux normes de l’information honnête et indépendante.  Alors que, sans aucun esprit critique, les médias occidentaux véhiculent une vision unilatérale du conflit géorgien, Horizons et débats a interrogé Valery Loshchinin  l’ambassadeur de Russie aux Nations Unies. Ses réponses font apparaître un point de vue cohérent et mesuré, aux antipodes de la prétendue « volonté de puissance retrouvée » que les médias occidentaux prêtent à la Russie.
Valery Loshchinin  : les Occidentaux dénient que la Géorgie a procédé à un génocide

Horizons et débats : La première question concerne le conflit de Géorgie. Nous aimerions savoir ce qui s’y passe, les médias de l’Ouest prétendant que la Russie est coupable. Ce que la Géorgie a fait ne prête pas à discussion. Nous désirons des informations pour nos lecteurs, nous voulons leur dire ce qui se passe réellement dans la région

S. Exc. Valery Loshchinin [1] : Merci de votre visite. Il est important que vous souhaitiez des informations honnêtes. C’est important, si l’on considère ce qui se passe dans les médias occidentaux. Cela suscite quantité de questions sur la liberté de la presse dans les médias occidentaux, car il s’agit d’une campagne de propagande contre la Russie. Cette campagne infondée contrevient aux normes de l’information honnête et indépendante ; elle sape les valeurs démocratiques. La réalité est différente. Vous avez mentionné le conflit entre la Russie et la Géorgie. Il s’agit d’un conflit entre la Géorgie d’une part, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie d’autre part. Il ne date pas d’hier, mais remonte à plusieurs ­siècles. Il n’a jamais cessé. Durant les seize dernières années, on a observé une paix fragile, caractérisée par la présence de bérets bleus, troupes russes incluses. Que s’est-il passé ? Il s’avère que l’agression militaire géorgienne contre l’Ossétie du Sud a été planifiée et appuyée par quelques pays que je m’en voudrais de nommer. Constatant que le temps passait et s’inspirant du précédent que constituait l’affaire du Kosovo, Saakashvili a décidé de faire une guerre éclair. Il entendait mener l’offensive et occuper la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali. Après quoi il espérait obtenir le soutien des États occidentaux et de l’OTAN, ce qui ne s’est pas réalisé. Il a commencé sa guerre éclair en recourant à des systèmes de fusées. L’artillerie n’a pas atteint des objectifs précis, mais a couvert de larges secteurs et y a tout détruit, y compris l’infrastructure civile. Elle a frappé son propre peuple, celui de Tskhinvali. L’agression a eu lieu de nuit, quand la ville dormait. Aux dernières nouvelles, qui doivent encore être confirmées, la mort a fauché plus de 2 100 personnes. Ce chiffre est considérable, si l’on songe que la population totale ne dépasse pas 70 000 personnes. L’agression d’une nuit et d’un jour, qui a tué des milliers de pauvres Ossètes, constitue un acte de génocide au sens de la convention de l’ONU sur le génocide de 1948. C’était vraiment un génocide. Un autre problème est qu’ils ont incité les gens à quitter leurs maisons. C’était un exode. Plus de 32 000 personnes ont quitté l’Ossétie du Sud. Elles sont devenues réfugiés ou personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. Il s’agit de près de la moitié de la population. On peut parler d’épuration ethnique. C’est absolument clair. Nous savons que nos partenaires ne sont pas charmés de nous entendre parler d’épuration ethnique, de génocide, etc. C’est bien naturel, car ils ont entretenu ce régime, l’ont formé, y ont investi beaucoup d’argent et l’ont présenté comme un modèle de démocratie. Or cette démo­cratie mène une politique d’épuration ethnique. Pour nos partenaires des pays occidentaux, il est absolument inacceptable de reconnaître ce fait. Si ces États considèrent comme normal de montrer du doigt d’autres pays en les accusant d’épurations ethniques, cette accusation ne saurait évidemment s’appliquer à la Géorgie « démocratique ». Ils savent qu’ils ont une part de responsabilité dans ce qui s’est passé. Cela les a incités à défendre sauvagement le régime de Saakashvili et tout ce qu’a fait ce régime criminel durant l’agression géorgienne, tentant d’inverser les rôles et d’attribuer l’agression à la Russie. Il faut saluer que, dans les pays occidentaux, de plus en plus de gens comprennent mieux ce qui s’est vraiment passé. Il y a quelques jours, Valery Gergiev, musicien de réputation mondiale et chef d’orchestre de l’opéra Marien de Saint-Petersbourg a donné un concert aux ressortissants de Tskhinvali détruite. Homme intègre, ouvert et indépendant, il jouit d’une grande réputation. Il a comparé la ville à Stalingrad. C’était terrible. Les Géorgiens ont nommé leur opération « Champ libre », ce qui signifie épuration ethnique, tuerie, destruction de tout. Comme ils ne veulent pas avoir d’Ossètes là, ils veulent en débarrasser le territoire. C’est ce qu’ils entendent par intégrité territoriale. Cette poli­tique est absolument inacceptable, elle est un danger pour chacun d’entre nous. Après quoi certains ont déclaré que les portes de l’OTAN étaient ouvertes à la Géorgie. L ’agressivité de Tiblissi rend la situation très dangereuse, car elle pourrait impliquer l’OTAN dans des provocations extrêmement dangereuses. À rappeler que lorsque, à maintes reprises, Saakashvili a requis l’aide de l’OTAN, il a tenté d’impliquer les pays occidentaux dans ces actions militaires. Pouvez-vous imaginer ce qui se serait passé s’ils y avaient donné suite. Ce ne serait pas quelques simples heurts entre la Russie , la Géorgie et l’Ossétie du Sud : la Russie serait en conflit avec des pays occidentaux. C’est terrible. Horizons et débats : Observant la vie politique ces derniers mois, nous avons constaté de constantes petites attaques verbales contre la Russie. Lors de l’élection de Medvedev, les journaux occidentaux se sont montrés particulièrement virulents contre la Russie. Finalement , ce conflit a éclaté. Pensez-vous qu’il y a un plan stratégique contre la Russie pour la garder hors d’Europe pour essayer de la contrôler ? Autre question : qu’en est-il des bases de missiles en Pologne ? Maintenant, ils ont signé le traité. Pensez-vous que le plan consistait à faire la guerre à l’Ossétie du Sud, puis à rapprocher les autres pays de l’OTAN et à faire en sorte qu’ils concluent le traité et soutiennent la politique des États-Unis ? S. Exc. Valery Loshchinin : Ce qu’il nous faut comprendre : la Géorgie s’apprête à se rapprocher de l’Europe, mais surtout des États-Unis. Pourquoi pas ? Mais le régime actuel de Tiblissi croit qu’il pourrait accélérer ce processus en ayant de mauvaises relations avec la Russie. Cette méthode est absolument fausse. Elle est fausse parce que toute solution des problèmes de la Géorgie passe par une solide base de relations amicales avec la Russie. Comme vous le savez, des troubles entre la Géorgie ainsi que l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ont eu lieu à l’époque de l’Union soviétique, mais les gens ont vécu néanmoins ensemble. Pourquoi ? Parce qu’ils vivaient dans ce grand pays et y étaient protégés. Mais quand l’Union soviétique s’est désintégrée, l’Abkhazie et l’Ossétie sont devenues une partie de la Géorgie , pour ainsi dire face à face avec Tiblissi. Ayant quelque expérience des relations avec les Géorgiens, elles ont décidé de se protéger en proclamant immédiatement leur indépendance de la Géorgie. La première étape vers une solution des pro­blèmes est d’avoir de bonnes relations avec la Russie. À la Géorgie de jouer. À propos de la Pologne  : Mon impression personnelle est que la Pologne et les États-Unis auraient signé ce traité, que cette agression ait lieu ou non. Peut-être pas maintenant, un peu plus tard. De manière générale, tout avait été préparé à cet égard. Cependant, vous avez tout à fait raison de dire que l’action n’est pas dirigée contre la Corée du Nord, ni contre l’Iran, mais contre la Russie. Et nous l’avons répété souvent à nos partenaires états-uniens, durant les négociations. Ils nous ont rétorqué qu’ils couvriraient certes notre territoire, mais que cela ne signifiait pas qu’ils feraient quelque chose de faux ou d’hostile à la Russie. Nous ne sommes pas naïfs : la réalité est absolument différente. Horizons et débats : Quel est le rôle de l’Allemagne dans ce conflit ?  S. Exc. Valery Loshchinin : On connaît certaines activités de l’Allemagne à propos de la Géorgie. Tout d’abord parce que l’Allemagne fait partie du « Groupe des amis de la Géorgie  ». C’est un groupe mis sur pied par le Secrétaire général des Nations Unies, qui comprend l’Allemagne, la France , la Russie , la Grande-Bretagne et les États-Unis. Nous nous rencontrons de temps en temps ici à Genève. Je dois dire que l’Allemagne a toujours aidé à promouvoir des initiatives, des idées. Il existe un « Plan Boden ». L’ambassadeur Boden était le représentant du Secrétaire général. C’est un Alle­mand très honnête, impartial, un sage diplomate. Son plan en vue du règlement du conflit entre la Géorgie et l’Abkhazie a été discuté longtemps. Mais après la récente agression, il n’existe plus en tant que base de négociations. Ce qui est très important maintenant, c’est de ne pas encourager d’autres pays à vouloir accueillir la Géorgie dans l’OTAN. Ce ne serait pas seulement un défi mais un acte hostile à l’égard de la Russie. En même temps, pour être franc, du point de vue de la sécurité de la Géorgie , c’est sans importance. Cela signifie simplement que l’OTAN voudrait se rapprocher de la frontière russe, ce qui peut être interprété comme le fait que l’Alliance considère la Russie comme un opposant potentiel, sinon comme un ennemi. Mais il est nécessaire d’établir de meilleures relations avec la Russie. Il est temps de s’asseoir ensemble à une table et de dresser l’inventaire des questions afin de mieux se comprendre et de prendre des mesures visant à rendre nos relations plus coopératives. La diplomatie russe a toujours considéré les relations internationales de façon ouverte et constructive et est prête à étudier à fond toute question d’intérêt mutuel avec ses partenaires occidentaux. Profitons de l’occasion pour nous réunir à nouveau afin d’écarter tous les éléments qui nous divisent, d’améliorer le sort de nos peuples et de contribuer à la paix et à la sécurité. Horizons et débats : Quel rôle jouent les États-Unis à cet égard ?

S. Exc. Valery Loshchinin : L’ambassadeur des États-Unis a donné hier une interview à Moscou au célèbre journal Kommersant. Il a déclaré que la Russie avait le droit de réagir aux opérations géorgiennes. Cette déclaration devrait être interprétée comme confirmant que les États-Unis savent qui est l’agresseur et qu’ils ne tiennent pas à entrer dans le conflit. Horizons et débats : Que peuvent faire l’Union européenne et les pays européens pour mettre un terme à ce conflit et se rapprocher de la Russie et d’autres pays ? Que doit être la politique européenne en faveur de la paix dans le monde ? S. Exc. Valery Loshchinin : Tout d’abord, nous devrions appliquer le document en six points approuvé par les présidents Medvedev et Sarkozy qui se trouve sur la table du Conseil de sécurité. Le principe essentiel de ce document est de stopper immédiatement toute action militaire. L’Union européenne approuve ce plan. Certains membres du Conseil de sécurité sont sceptiques, mais il est important de le faire adopter par le Conseil de sécurité afin de faciliter sa mise en œuvre. La Russie a commencé son retrait graduel, qui a été largement couvert par les médias. Cependant nous allons conserver des unités de maintien de la paix à l’intérieur de la zone de sécurité en Ossétie du Sud, car elles sont nécessaires pour garantir la sécurité des habitants. Si le plan est accepté et qu’en particulier le principe du non recours à la force est appliqué, tous les autres problèmes seront résolus beaucoup plus facilement. Horizons et débats : À votre avis, quel sera le statut final à la fin des débats ? S. Exc. Valery Loshchinin : Il est très difficile de le dire de manière absolue. Vous savez qu’hier, quelque 60 000 Abkhazes (plus du tiers de la population totale) se sont rassemblés au centre de Soukhoumi, capitale de l’Abkhazie, pour déclarer leur indépendance. Un événement similaire a eu lieu à Tskhinvali, capitale de l’Ossétie du Sud. Le peuple a demandé que soit reconnue l’indépendance de la province, non seulement par rapport à la Russie mais aux autres pays. Lundi prochain, des réunions auront lieu à la Douma , à Moscou, ainsi qu’au Conseil de la Fédération de Russie pour aborder cette question. Mon expérience me dit que notre Parlement réagira positivement à ces demandes. Cela ne signifie cependant pas que la reconnaissance par le gouvernement aura lieu immédiatement. Mais comme l’a dit avec raison notre ministre des Affaires étrangères, tout dépend de ce que fera la Géorgie. Or Saakachvili ne tient pas ses promesses et a parlé de reconstituer les forces militaires et même de les rendre plus puissantes qu’avant. Je ne sais pas quelles sont ses véritables intentions, s’il tient à la paix et à l’intégrité territoriale. Ses actions détermineront le sort de son pays et il en est responsable. Il s’agit là du second nettoyage ethnique en Ossétie du Sud et en Abkhazie au cours des 16 dernières années. Il ne fait qu’attiser les sentiments d’indépendance. Ainsi, si notre ministre des Affaires étrangères a affirmé que tout dépendait de la Géorgie , du gouvernement géorgien, il le pensait vraiment. Quant à moi, ce qui m’intéresse, sincèrement, c’est d’améliorer les relations avec tous nos voisins. Il faut que ce sentiment soit réciproque, mais au lieu de cela, la Géorgie a décidé de quitter la CEI et de rejoindre l’OTAN. Horizons et débats : Merci beaucoup pour cet entretien, Monsieur l’Ambassadeur.   1] Valéry V. Loshchinin est, depuis 2006, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire et Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Genève, ainsi que Représentant permanent à la Conférence sur le désarmement.
Il est né en 1940 dans la région de Gomel (Biélorussie). En 1964, il a terminé ses études à l’Université d’Etat de Biélorussie (Minsk) et en 1977, il a obtenu le diplôme de l’Académie diplomatique du ministère soviétique des Affaires étrangères (Moscou). Il commença sa carrière diplomatique en 1965 au ministère biélorusse des Affaires étrangères et depuis 1977, il a travaillé pour le ministère des Affaires étrangères d’URSS. De 2002 à 2005, il a été ministre adjoint des Affaires étrangères de la Fédération de Russie.
2 septembre http://www.voltairenet.org/article157947.html http://www.alterinfo.net/-Ecarter-tous-les-elements-qui-nous-divisent,-ameliorer-le-sort-de-nos-peuples-et-contribuer-a-la-paix-et-a-la-securite-_a23270.html


1-3 La Russie vue par la presse.Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
GEORGIE
"Aucun individu sensé dans le monde ne croit pleinement aujourd'hui à l'intention sincère du Kremlin d'être le garant et le rempart de la paix", surtout dans le contexte des bombardements dans l'ensemble de la Géorgie. [...] La raison est évidente: un empire veut dominer le monde. [...] L'erreur fondamentale et évidente du Kremlin est de se comparer aux Etats-Unis du point de vue géopolitique. [...] Hélas, si elle n'est pas un acteur de second plan, la Russie est encore loin d'être favorite dans cette lutte. [...] Elle ressemble plutôt à l'Iran ou au Venezuela". (Georgia Online, 13.08). "L'objectif de l'empire est de renverser le gouvernement légalement élu par le peuple de notre Etat... avant de rappeler ses troupes sur les "positions qu'elles occupaient initialement". (Georgia Online, 14.08).
Les commentateurs estiment qu'en faisant démonstration de sa puissance militaire, la Russie a commis une erreur irréparable: en fin de compte, elle a perdu la Géorgie et nui à son image internationale.
"Vladimir Poutine a commis une grosse erreur en montrant à la Géorgie la puissance de la botte russe.
La Russie était dangereuse tant que les Géorgiens ignoraient ce dont était capable un ours en colère. Nous avons saisi ce que représentaient un char russe, le "professionnalisme" de l'occupant russe, l'odeur de brûlé d'un avion russe abattu et toute la "puissance" russe. La Russie a vaincu l'armée géorgienne, en revanche, elle a perdu la guerre diplomatique, médiatique et morale non seulement dans la région, mais aussi sur l'ensemble des continents. La Russie a perdu la Géorgie pour toujours". (Ahali taoba, 13.08).
ARMENIE Certains médias accusent en priorité la Géorgie , dont le président est nécessaire à Washington pour lutter contre Moscou, d'avoir déclenché un conflit sanglant. "A la suite de cette guerre insensée, la Géorgie a perdu des villages en Ossétie du Sud et les gorges de Kodori en Abkhazie qui étaient jusqu'à ces derniers temps contrôlées par des unités géorgiennes. [...] Tout cela est arrivé, car le "projet américain", c'est-à-dire Mikhaïl Saakachvili, a décidé de jouer à Napoléon Buonachvili. Les provocations de Tbilissi n'ont jamais cessé dans cette zone". (Golos Armenii, 19.08).
Les journaux d'opposition mettent l'accent sur "la cruauté particulière et le cynisme" des actions russes en Transcaucasie. "Sa rhétorique "pacificatrice" peu convaincante [...] dissimulait une démonstration de "muscles" impérialistes. Aucun objectif "humaniste" ne peut justifier des actions militaires sur tout le territoire de la Géorgie , et encore moins des bombardements sur des localités situées loin de l'Ossétie. Tout cela s'accompagne d'un bourrage de crâne sans précédent et de la diffusion [...] d'informations totalement unilatérales". (Aravot, 13.08).
KIRGHIZSTAN
Analysant les événements en Ossétie du Sud, certains commentateurs puisent leur inspiration dans les sources intarissables de la sagesse populaire. "Les Ossètes et les Abkhazes recherchent le soutien de la Russie et la Géorgie , celui des Etats-Unis. Pourvu qu'il n'arrive pas ce contre quoi met en garde le proverbe: "Lorsque deux chameaux se battent, c'est toujours la mouche se trouvant entre les deux géants qui en est la victime". (Alibi, 06.08).



2 Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 L'OTAN prête à défendre les membres du bloc à tout moment (ambassadeur US) L'OTAN est prête si nécessaire à défendre les Etats d'Europe centrale et orientale devenus membres de l'Alliance, a annoncé lundi Kurt Volker, représentant permanent des Etats-Unis auprès de l'OTAN, dans un discours à l'Institut norvégien de politique étrangère.  "Nous avons un engagement vis-à-vis de ces Etats en vertu de l'article 5 du Traité de l'Atlantique nord (prévoyant l'aide militaire de tous les membres de l'Alliance, ndlr)", a déclaré M. Volker cité par son service de presse. Cependant, l'OTAN n'est pas habilitée à défendre la Géorgie contre "l'action militaire russe" qui, selon lui, ouvre "un nouveau chapitre de l'après-guerre Froide", a-t-il constaté.  Après avoir fait remarquer que l'Alliance ne souhaitait pas de confrontation avec Moscou, M. Volker a souligné que la coopération de l'OTAN avec Moscou ne pouvait exister qu'avec "une Russie respectueuse de ses voisins". M. Volker a condamné les agissements de la Russie en Ossétie du Sud et l'a exhortée à renoncer à sa reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. La Russie a reconnu le 26 août l'indépendance des républiques autoproclamées d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud au lendemain d'une offensive armée lancée par Tbilissi contre cette dernière le 8 août. L'armée géorgienne a pratiquement détruit Tskhinvali, la capitale sud-ossète, et a tué des centaines de civils. La Russie a déclenché une riposte militaire de grande envergure que de nombreux responsables occidentaux ont qualifiée d'usage disproportionné de la force. 8 septembre - RIA Novosti.


2-2 Guerre du Caucase : 1000 conseillers militaires Israeliens ont participé de façon active aux préparatifs militaires de l’armée géorgienne. Des députés Israeliens sont arrivés, aujourd'hui lundi, à Tbilissi, la capitale géorgienne, a annoncé une source officielle du président géorgien.
"La délégation des parlementaires israéliens va se rendre à Gori, ville géorgienne, pour évaluer les pertes et les aides nécessaires pour la reconstruction des infrastructures", a souligné la même source.
"Les députés vont entamer des entretiens avec le président géorgien, Mikhaïl Sakachvili, le premier ministre Vladimir Gourguenidze, la ministre des affaires étrangères Ekaterina Tkechelachvili, le ministre d'Etat de la réintégration Témour Lakobachvili, le ministre de la défense David Kezerachvili, le vice-président du parlement géorgien Mikhaïl Matchavariani, ainsi que le président du comité des affaires étrangères au parlement, Lacha Jvania", a-t-elle annoncé.
On note que plus de 1000 conseillers militaires Israeliensont renforcé la crise dans la mer noire, selon le journal israélien Debka File.
Ces conseillers ont participé et de façon active aux préparatifs militaires de l’armée géorgienne pour pouvoir prendre la ville Tskhinvali, la capitale sud-ossète, avant le déclenchement de la guerre entre la Géorgie et la Russie. Tbilissi - CPI 08/09
2-3 Visite de députés israéliens à Tbilissi: la situation en Géorgie au menu. Une délégation de la Knesset (parlement israélien) est arrivée lundi à Tbilissi (Géorgie) pour examiner la situation dans le pays, a annoncé le service de presse du président géorgien. A l'issue des rencontres officielles, les parlementaires israéliens se rendront dans la ville géorgienne de Gori pour évaluer le volume de l'aide nécessaire à la reconstruction des infrastructures.  Dans le cadre de leur visite, les représentants de la Knesset devraient rencontrer le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, le premier ministre Vladimir Gourguenidze, la ministre des Affaires étrangères Ekaterina Tkechelachvili, le ministre d'Etat de la Réintégration Témour Iakobachvili, le ministre de la Défense David Kezerachvili, ainsi que le vice-président du parlement géorgien Mikhaïl Matchavariani, et le président du comité aux affaires étrangères du parlement, Lacha Jvania. Les députés israéliens s'entretiendront également avec les représentants de la communauté juive géorgienne. La visite des parlementaires israéliens en Géorgie se tiendra du 8 au 11 septembre. 8 septembre - RIA Novosti.

2-4 La diplomatie poursuit sa basse besogne… au détriment des peuples. Contrairement à ce que l’on peut lire et entendre dans les médias ces jours-ci, aucune guerre n’est une « cause juste » comme se plaisent pourtant à le répéter les Bush, Sarkozy, Kouchner and C°… Ni celle menée en Afghanistan par l’OTAN, ni celle en Irak par les USA, pas plus que celle initiée par Tbilissi pour reprendre le contrôle de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, ni que celle qu’Israël perpétue en Palestine. Mais une différence significative existe cependant dans la manière dont l’on nous en informe ! En Afghanistan, l’on nous explique que d’obscurs « insurgés » taliban ont tendu une « embuscade » aux pacifiques forces de la coalition dont quelques soldats français ont fait les frais ; en Irak, depuis cinq ans tout le monde peut voir les bienfaits de la démocratie made in USA ; en Géorgie, l’Occident pousse des cris d’orfraie et n’a de cesse de presser Moscou au retrait de ses forces venues appuyer la résistance Ossète et Abkhaze contre l’irresponsable tentative d’annexion rêvée par le doux-dingue Saakachvili ; et en Palestine, l’Etat israélien qui se définit lui-même comme « la seule démocratie » de la région perpétue ses crimes et ses méfaits dans un silence général qui à la longue, est devenu complice d’une situation humanitaire désastreuse, particulièrement dans la Bande de Gaza… L’Occident s’est empressé de reconnaître le Kosovo comme Etat indépendant de la Serbie , mais dans le même temps, refuse cette même indépendance à l’Ossétie, à l’Abkhazie, au Kurdistan et à la Palestine. L ’occupation des uns est condamnée quand celle des autres est encouragée… Nos médias insistent lourdement sur la présence de quelques check-points russes en Géorgie, quand depuis des années il y en a plus de 500 en Palestine, dont plus personne ne parle, sauf quand un Palestinien au bout du rouleau, réagit avec violence ! Allez comprendre, sinon que l’on se trouve encore et toujours dans cette diplomatie ordurière qui poursuit sa basse besogne du deux poids deux mesures… et qu’à ce rythme-là, il n’est pas surprenant que les citoyens n’aient plus (à juste titre) aucun respect pour ceux-là mêmes qui sont censés les représenter. Ces élites, par une adroite manipulation des esprits et leur mensonge le plus abouti, nous ont persuadés que nous étions définitivement à l’abri de crises et de soubresauts majeurs, grâce à nos « missiles de défense » et nos « bombes propres » ! Que l’Europe prenne bien garde de ne pas devenir une nouvelle fois, le théâtre d’un mauvais dénouement de ces injustices multiples auxquelles elle participe, et qui tôt ou tard devront être réparées. Et que l’on envoie sans tarder en première ligne des combats, les fils de ces ténors politiques, afin de voir si leur détermination sera toujours aussi intacte qu’ils le proclament haut et fort, quand il s’agit des enfants des autres… Daniel Vanhove 22 août http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2008/08/22/10315136.html

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n° 7- Guerre de l'Otan.-15/09- Suite 1- L’Europe piégée par la stratégie étasunienne.

n° 7- Guerre de l'Otan.-15/09- Suite 1- L’Europe piégée par la stratégie étasunienne.

Guerre de l'Otan.  - Suite 1-

n° 7- 14-09                                                                                                                                             Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                                 Suite 1-

2 Brèves                                  Suite 1-

2-5 Sarkozy remet à Medvedev la lettre de Saakachvili sur le non-recours à la force.

2-6 Règlement au Caucase: la Russie et l'UE formulent des mesures supplémentaires.

2-7 Medvedev exclut de revenir sur la reconnaissance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

2-8 Une fin de non-recevoir envoyée à Sarkozy.

2-9 Sarkozy: La Russie retirera ses troupes de Géorgie dans un mois.

2-10 Abkhazie-Ossétie du Sud: la Force internationale dans les régions voisines d'ici le 1er octobre.

2-11 Ossétie du Sud-Abkhazie: discussions internationales à Genève en octobre.

2-12 EU-Otan: "Protéger les Etats baltes".

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Mireille Delamarre : Georgie : Violations : a) Des Droits De L'Homme,  : b) De La Constitution ,  : c) De La Liberté : d) De La Presse.

3-2 Point de vue de Pierre Le Vigan : L'Europe a besoin d'une Russie forte!

3-3 point de vue de Thierry Meyssan : Je ne pense pas que l’on puisse comparer la volonté de puissance des États-Unis à celle de la Russie. 4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Fidel Castro : De la chair à canon pour le marché.



2-5 Sarkozy remet à Medvedev la lettre de Saakachvili sur le non-recours à la force.
Le président français Nicolas Sarkozy a transmis au président russe Dmitri Medvedev la lettre de Mikhaïl Saakachvili concernant le non-recours à la force contre l'Ossétie du Sud
et l'Abkhazie".
"J'ai transmis au président Medvedev la lettre du président Saakachvili dans laquelle il s'engage à ne pas recourir à la force contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie conformément au plan de paix élaboré le 12 août (plan Medvedev-Sarkozy), a annoncé M. Sarkozy lors d'une conférence de presse à l'issue de négociations avec le président russe.

RIA Novosti.| 08/ 09/ 2008
http://fr.rian.ru/world/20080908/116624409.html
 

2-6 Règlement au Caucase: la Russie et l'UE formulent des mesures supplémentaires.
La Russie et l'Union européenne ont concerté des mesures supplémentaires visant à mettre en oeuvre le plan de règlement du conflit dans le Caucase, a annoncé le président russe Dmitri Medvedev."Nous considérons l'Union européenne comme l'un de nos partenaires clés.
C'est précisément pour cela que nous avons défini aujourd'hui des mesures supplémentaires permettant de réaliser le plan en six points élaboré le 12 août 2008", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à l'issue de négociations avec le président français Nicolas Sarkozy et des représentants de l'UE, consacrées au règlement de la situation autour de l'Ossétie du Sud.

RIA Novosti.
08 septembre 2008.

http://fr.rian.ru/world/20080908/116624073.html


2-7 Medvedev exclut de revenir sur la reconnaissance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.
Le président Dmitri Medvedev a réaffirmé lundi la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. "Nous avons fait un choix définitif et immuable", a indiqué le chef de l'Etat russe aux journalistes à l'issue d'entretiens avec son homologue français Nicolas Sarkozy, son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso et le Haut commissaire pour la politique étrangère européenne Javier Solana.
RIA Novosti Agence russe : 08/ 09/ 2008
http://fr.rian.ru/world/20080908/116624780.html

2-8 Une fin de non-recevoir envoyée à Sarkozy. Lundi soir, le président en exercice de l'UE avait déclaré que ces 200 observateurs pourraient entrer dans ces deux territoires, «dans le cadre des mandats de l'OSCE et de la Monug (la mission des Nations unies en Géorgie, ndlr)». Le ministre russe des Affaires étrangères oppose une fin de non-recevoir à Nicolas Sarkozy qui évoquait une possible entrée des 200 observateurs en Abkhazie et en Ossétie du Sud. Quelques heures après avoir annoncé un renforcement de sa présence militaire en Abkhazie et en Ossétie du Sud, la Russie a fait savoir qu'elle excluait en outre l'envoi d'observateurs de l'Union européenne dans ces deux républiques séparatistes. Ces observateurs «seront déployés juste autour de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, et non pas à l'intérieur de ces territoires où seront déployés ceux de l'ONU et de l'OSCE», a déclaré le ministre russe des Affaire étrangères, Sergueï Lavrov, mercredi.  «On envoie dans un premier temps, avant le 1er octobre, 200 observateurs. L'esprit du texte, c'est qu'ils ont vocation à entrer (en Abkhazie et en Ossétie du Sud) pour observer, pour raconter et pour éviter que les mêmes causes produisent les mêmes effets», avait déclaré le président français, à l'issue d'un entretien avec son homologue géorgien, Mikheïl Saakachvili. Cette mission n'a de toute façon pas «besoin du feu vert des Russes», a ajouté mardi le porte-parole du Quai d'Orsay, Eric Chevallier. Mercredi, Javier Solana, a de son côté fait savoir que la possibilité pour des observateurs de l'UE d'aller dans les deux républiques séparatistes n'avait pas été discutée lundi à Moscou. Et le diplomate en chef de l'UE d'ajouter que la mission partirait avec «l'esprit d'être déployée partout», y compris en Abkhazie et Ossétie du Sud. J.C. (lefigaro.fr) avec AFP 10/09/2008
http://www.lefigaro.fr/international/

2-9 Sarkozy: La Russie retirera ses troupes de Géorgie dans un mois.
La Russie lèvera ses postes de contrôle entre Senaki et Poti dans une semaine et retirera ses troupes
de Géorgie dans un mois, a annoncé lundi le président français Nicolas Sarkozy à l'issue d'entretiens avec le président russe Dmitri Medvedev dans sa résidence située dans la région de Moscou.
Les Forces armées russes quitteront les régions géorgiennes, en dehors de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud dans un mois, a indiqué M.Sarkozy devant les journalistes commentant les résultats de la rencontre consacrée à la situation au Caucase du Sud qui s'est déroulée en présence d'une délégation de l'Union européenne (UE).
RIA Novosti Agence russe
| 08/ 09/ 2008
http://fr.rian.ru/world/20080908/116623938.html

2-10 Abkhazie-Ossétie du Sud: la Force internationale dans les régions voisines d'ici le 1er octobre. La Force internationale doit être déployée dans les régions voisines de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud d'ici le 1er octobre, a annoncé lundi le président russe Dmitri Medvedev à l'issue d'entretiens avec son homologue français Nicolas Sarkozy dans la région de Moscou.
"Il faut accélérer l'envoi d'observateurs supplémentaires dont au moins 200 observateurs de l'UE, dans les zones adjacentes à l'Abkhazie et à l'Ossétie du Sud pour remplacer le contingent de paix russe d'ici le 1er octobre 2008", a indiqué M.Medvedev devant les journalistes.

RIA Novosti
08/ 09/ 2008

http://fr.rian.ru/world/20080908/116624255.html

2-11 Ossétie du Sud-Abkhazie: discussions internationales à Genève en octobre. Des discussions internationales sur l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud débuteront à Genève le 15 octobre
prochain, a annoncé lundi le président russe Dmitri Medvedev à l'issue d'entretiens avec son homologue Nicolas Sarkozy et une délégation de l'UE.
"Les discussions internationales prévues par le plan en six principes Medvedev-Sarkozy du 12 août 2008 débuteront le 15 octobre 2008 à Genève", a indiqué M.Medvedev devant les journalistes.
Le sixième principe de règlement des conflits en Géorgie adopté par les présidents Medvedev et Sarkozy prévoit le début d'une discussion internationale sur le futur statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie (républiques autoproclamées sur le territoire géorgien, reconnues par la Russie et le Nicaragua), et les moyens de garantir leur sécurité.

RIA Novosti Agence russe
08 septembre 2008.
http://fr.rian.ru/world/20080908/116623768.html

2-12 EU-Otan: "Protéger les Etats baltes".
L'ambassadeur américain à l'Otan, Kurt Volker, a déclaré mercredi que l'Alliance atlantique devait afficher sa détermination à défendre les Etats baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, contre toute intervention de la Russie. Cité par le Financial Times, il a précisé que les 26 Etats membres de l'Otan doivent montrer leur volonté en ayant recours à des "manoeuvres d'entraînement". "Ces pays sont membres de l'Otan. En conséquence, si une agression est commise contre ces pays, nous devrons répondre", explique Volker. Et d'ajouter: "Ils (les Etats baltes) éprouvent des inquiétudes à voir la Russie utiliser la force militaire pour envahir un petit Etat voisin. Nous devons envoyer un signal pour les rassurer". L'article 5 des statuts de l'Otan prévoit en effet une solidarité militaire entre les membres de l'Alliance. De plus, la Lettonie , l'Estonie et la Lituanie ont clairement affirmé leur soutien à la Géorgie dans le conflit qui l'oppose à la Russie. Le journal du dimanche en ligne – 3 sep 2008


3  Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information   3-1 Point de vue de Mireille Delamarre : Georgie : Violations : a) Des Droits De L'Homme, : b) De La Constitution ,  : c) De La Liberté : d) De La Presse.

La Georgie est devenue le «chouchou» des US et de l'UE qui lui ont apporté leur soutien inconditionnel dans son conflit avec la Russie , faisant fi des violations continuelles des droits de l'homme, de la remise en cause du système démocratique et de la liberté de la presse.

Faut-il donc récompenser la Georgie en lui octroyant une aide financière pour la reconstruction après une guerre que son irresponsable de Président a lui-même provoquée ?

Depuis que Mikheil Saakashvili a remplacé Eduard Shevarnadze fin 2003 lors de ce qu'on a été appelé la « Révolutions Rose», un coup orchestré par la CIA , les US et leurs alliés européens ont fait du nouveau président georgien leur «chouchou». Bien que Saakashvili ait fait de la lutte contre la corruption en Georgie – en 2004, Transparency International a déclaré que la Georgie était l'un des gouvernements les plus corrompus du monde – et le combat contre les discriminations religieuses et ethniques des priorités de son agenda politique, lui et son gouvernement ont aussi commis de sérieuses violations des droits de l'homme.
En Georgie on torture
Chaque année depuis 2004, Amnesty International et Human Rights Watch ont fait état dans leurs rapports de tortures du même type que celles infligées à Abu Graib en Irak, contre des prisonniers dans les cellules georgiennes. Des suspects suspendus entre deux piquets ont été battus avec des matraques ou brûlés avec des bougies jusqu'à ce que cela provoque des hémorragies sur différentes parties de leurs corps. On a menacé, s'ils ne confessaient pas les accusations portées contre eux, de battre leurs femmes et leurs enfants, selon Amnesty International.
En 2005 et 2006, Human Rights Watch a fourni des détails sur plusieurs cas de torture, et rapporté qu'au moins 7 prisonniers sont morts dans la prison n° 5 de Tbilisi. Le groupe a noté que le gouvernement de Saakashvili n'a jamais enquêté sérieusement sur ces décès, et donc que personne n'a été inculpé pour la mort de ces détenus et pour celles d'autres détenus survenues auparavant. En fait, la réponse du gouvernement de Georgie à ces accusations constitue en soi un abus supplémentaire. Selon Human Rights Watch, le gouvernement de Saakashvili a « utilisé un système de chantage pour couvrir les accusations de torture », mettant en garde les prisonniers : » si vous le dites à quiconque cela deviendra pire pour vous » et « promettant des peines plus légères aux accusés qui acceptaient la version officielle des évènements ».
Abus de pouvoir de Saakashvili
Les abus les mieux documentés sont ceux contre les dissidents et la liberté d'expression. Selon un rapport sur la Georgie de 2005 d'Amnesty International, pendant les quelques semaines séparant la démission de Shevarnadze et l a prise de fonction de Saakashvili, Saakashvili a exploité l'euphorie du succès de la « Révolution Rose » pour obliger le parlement à voter plusieurs réformes de la constitution qui accroissaient largement le pouvoir présidentiel, réduisaient le système obligeant le président à rendre des comptes, et diminuaient le système multipartis.
Peu après que Saakashvili ait pris ses fonctions, la presse plurielle et critique dont il avait hérité de l'époque Shevardnardze a commencé à être laminée. Amnesty international a rapportéà l'époque « qu'elle s'inquiétait de plus en plus … d'accusations portées contre les interférences du gouvernement sur la liberté des médias ». Certains intellectuels de renom georgiens – des personnes qui avaient soutenu la « Révolution Rose » avec enthousiasme et qui s'étaient opposées à Shevardnadze –ont écrit une lettre ouverte en octobre 2004, exprimant leurs inquiétudes sur la disparition de la presse libre et la menace de la domination d'un parti.
Des doutes sérieux sont apparus concernant les vraies ambitions politiques de Saakashvili. En décembre 2006, le parlement georgien, à la demande de Saakashvili, a amandé la constitution pour repousser l'élection présidentielle et les élections parlementaires de début 2008 à fin 2009, ce qui, selon les partis d'opposition, avantageait le parti au pouvoir. Cette démarche a déclenché la fureur de l'opposition et est devenu son cri de ralliement.
On peut se demander dans quelle mesure la décision de Saakashvili d'attaquer l'Ossétie du Sud, n'était pas en partie motivée par des considérations de politique intérieure d'autant qu'il a été élu sur la promesse de réintégrer au sein de la Georgie les deux provinces séparatistes d'Abkazie et d'Ossétie du Sud. Mais, la situation de chaos qui prévaut actuellement en Georgie peut lui être défavorable, à condition que ses adversaires politiques sachent mettre en relief son irresponsabilité politique, notamment Irakli Okruashvili, ancien ministre de la défense qui vit actuellement en exil en France.

En 2007, Saakashvili a fait arrêté Okruashvili, qui avait accusé Saakashvili de corruption et de supprimer l'opposition. Cette arrestation a encore plus mobilisé l'opposition. En Novembre 2007, il y a eu toute une série de manifestations pacifiques menées par l'opposition à Saakashvili, la plus importante avec 50 000 manifestants. La police a transformé l'une de ces démonstrations en une violente confrontation. Ils ont utilisé des canons à eau contre les premiers rangs et simultanément commencé à tirer avec des balles en caoutchouc et à lancer des gaz lacrymogènes sur la foule. Selon des témoins, des policiers masqués ont commencé à poursuivre les manifestants qui s'enfuyaient, les frappant à coups de matraques, de bâtons en bois et autres objets, leur donnant des coups de pieds et de poings. Au moins 500 personnes ont été blessées, certaines d'entre elles étaient dans un état critique.
Plus tard dans la soirée, des centaines d'hommes des forces spéciales lourdement armés ont fait irruption dans les studios de la TV privée IMEDI – qui critiquait durement Saakashvili – ont pointé leurs armes sur la tête des journalistes et ont obligé IMEDI a arrêté d'émettre chassant le personnel et détruisant la plupart des équipements de la station.
L'état d'urgence a été décrété pendant 8 jours.
En réponse à ces manifestations, Saakshvili a organisé une élection en janvier 2008. Ses opposants l'ont accusé d'avoir gagné en intimidant les électeurs et en manipulant les médias.
Dans le conflit qui oppose la Georgie à la Russie , l'Union Européenne, Sarkozy à sa tête, a pris fait et cause inconditionnellement pour la Georgie , lui promettant notamment une aide financière pour la reconstruction du pays après l'attaque irresponsable de Saakashvili contre l'Ossétie du Sud, le massacre des habitants de sa capitale, surpris pendant leurs sommeil dans la nuit du 7 au 8 août. Ce soutien au gouvernement de Saakashvili, accusé à juste titre de crimes de guerre, est une manière particulièrement choquante d'encourager un état et son président voyou à récidiver.
Les citoyens européens, dont les impôts servent à financer une telle aide, se doivent de protester contre le soutien inconditionnel à la Georgie par l'Union Européenne asservie aux intérêts géopolitiques économiques et stratégiques des Etats Unis qui ont soutenu et encouragé cette guerre déclenchée par Saakashvili.
  Lundi 08 Septembre 2008 Mireille Delamarr

3-2 Point de vue de Pierre Le Vigan : L'Europe a besoin d'une Russie forte! Depuis la chute du Mur de Berlin, l’Europe a retrouvé ses frères séparés du centre et de l’est : polonais, roumains, hongrois, etc. Non seulement les pays de l’ancien « Pacte de Varsovie » ont retrouvé leur indépendance mais d’anciens pays rattachés de force à l’URSS sont devenus indépendants : les trois Pays baltes, la Géorgie , l’Arménie, etc. Conséquence : la Russie s’est trouvée plus réduite géographiquement qu’à la fin du règne de Catherine II, au XVIIIe siècle. Jamais une grande puissance n’a accepté autant de reculs sans guerre, et ce pour le plus grand bien de l’humanité.
Mais il y a des limites à ne pas franchir. Quand les pays limitrophes de la Russie se rapprochent de l’Alliance « atlantique », de son organisation militaire l’OTAN, s’alignent sur la politique offensive et parfois belliciste des États-Unis d‘Amérique, la Russie a le sentiment que ces politiques anti-russes et pro-américaines de pays voisins constituent autant de menaces contre elle, autant de pistolets braqués sur elle, et autant de tentatives de l’encercler. C’est dans ce contexte qu’est survenue la crise géorgienne.
Que s’est-il passé ? La Géorgie , après avoir longtemps dans son histoire recherché la protection de la Russie , notamment contre les Perses, est dirigée par un président très clairement allié inconditionnel des États-Unis. C’est par ailleurs une plaque tournante pour l’acheminement du pétrole. Le 13 mars 2007, le parlement géorgien a adopté une Déclaration sur l’adhésion « complète et urgente » de la Géorgie à l’OTAN. Les conséquences en sont bien entendu légitimement inquiétantes pour la Russie , à ses portes. La Russie doit elle accepter ce que les États-Unis n’ont pas toléré lors de la crise des missiles à Cuba en 1962 ? La Russie n’a pourtant entrepris aucune action militaire. C’est la suite des événements qui l’a amené à intervenir. Pourquoi ? Explications. La Géorgie comporte trois régions peuplées de populations qui demandent leur autonomie et sont pro-russes (l’Ossétie du sud, l’Abkhazie, l’Adjarie). Les deux premières régions sont limitrophes de la Russie. Ayant dû se retirer pour l’essentiel de l’Ossétie du sud, la Géorgie a tenté de la reprendre par la force le 8 août 2008, n’hésitant pas à bombarder la population. La Russie est alors intervenue, elle aussi militairement, pour garantir la très majoritaire volonté d’indépendance de l’Ossétie du sud et ses aspirations de rapprochement avec l’Ossétie du nord, appartenant à la fédération de Russie. Dés lors, Ossétie du sud et Abkhazie ont proclamé leur indépendance que la Russie a reconnu. Quel exemple suivait la Russie ? Celui des puissances occidentales, qui ont reconnu il y a quelques mois l’indépendance unilatérale du Kosovo, en portant atteinte à l’intégrité territoriale de la Serbie. A la différence que la Serbie , si elle était de sympathie « pro-russe », ne constituait aucunement un pistolet braqué sur le cœur de l’Alliance atlantique et n’aspirait aucunement à intégrer une alliance militaire pro-russe et anti-occidentale.
On le voit : au-delà de la mosaïque des ethnies dans les affaires du Caucase et singulièrement de la Géorgie le problème de fond est de savoir si on veut une Russie forte ou faible. Une Russie faible, c’est l’intérêt des États-Unis. Ce n’est pas l’intérêt de l’Europe. La Russie est une part de l’Europe, donc l’Europe ne peut vouloir la faiblesse d’un de ses membres. La Russie est notre arrière pays, l’Europe n’est forte qu’étendue vers la Sibérie. De son côté, la Russie est européenne sans être toute européenne : elle est ainsi un pont vers les autres. La Russie est ce qui donne et donnera à l’Europe sa force, son espace, sa capacité d’agir pour le multilatéralisme. L’Europe a besoin d’une Russie forte et respectée, de même que l’Europe a besoin d’être forte et respectée ; Europe et Russie sont deux espaces de civilisations qui ont vocation à se rapprocher, à travailler ensemble pour leur défense et leur sécurité, à lutter contre l’hégémonisme sans frein de la seule hyper-puissance d’aujourd’hui, les États-Unis d’Amérique du nord.
Vouloir encercler la Russie , vouloir l’écarter du règlement des affaires du monde, la marginaliser, déformer la présentation de ses actes, intoxiquer les opinions sur sa politique prétendue impérialiste, c’est agir contre l’Europe ; Oui l’Europe a besoin d’une Russie forte, elle a besoin d’une Russie respectée, elle a besoin d’une Russie en sécurité sur ses frontières.
Non, ce n’est pas la Russie qui est menaçante, c’est l’expansionnisme de l’OTAN qui est facteur de risques de guerre. La Russie doit savoir que des Européens lui disent : nous avons besoin d’une Russie forte et ferme, autant que mesurée.
L’Europe ne doit pas être solidaire d’une politique de confinement dirigée contre la Russie.
Opinio n: Pierre Le Vigan
10/09/08 Pierre Le Vigan : Bien sûr que, comme le dit Thierry Meyssan, ci-dessous, la Russie   a, en intervenant énergiquement en Géorgie début août, sauvé la paix (durablement? ou y aura t-il d'autres tentatives de l'Empire et allii?) dans le monde Nos médias qui appartiennent aux multinationales françaises de l'armement veulent la guerre, diffusent de la propagande en faveur de la guerre Nous ,peuples du monde, nous voulons la paix Merci à la Russie Pierre Le Vigan : Ecrivain et journaliste, collaborateur de la revue L'Esprit Européen
Lien vers le texte :
http://www.esprit-europeen.fr/agora_enjeux_petition.html

3-3 point de vue de Thierry Meyssan : Je ne pense pas que l’on puisse comparer la volonté de puissance des États-Unis à celle de la Russie. Entretien avec Thierry Meyssan (Extrait de la -seconde partie de l’entretient)
Un humaniste dans la Résistance Politiquement incorrect depuis la publication de l'Effroyable Imposture, un livre dans lequel il remet en cause la version du gouvernement des Etats-Unis sur le déroulement des attentats du 11 Septembre, Thierry Meyssan n'en reste pas moins un journaliste et un homme politique français de premier plan qui a malheureusement décidé de quitter notre territoire pour des questions de sécurité.
J'assume donc un acte de "dédiabolisation" en publiant une interview de lui sur NetEco dans laquelle il revient sur son action, le réseau voltaire et le retour, y compris sur le web, de la censure...

Thierry Meyssan : « l'internet est déjà un champ de bataille au sens militaire du terme»
J'en profite pour glisser cette citation : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » attribuée à ... Voltaire, un écrivain qui s'est souvent exilé à l'étranger pour échapper à la censure Royale. L'histoire se répète. ReOpen911 : Parlons de la Russie. Pourquoi être allé « pactiser » avec la Russie de Poutine, où la liberté d’expression est très contrôlée (on pense par exemple à la mort de la journaliste Anna Politkovskaïa), la stratégie des opérations menées « sous faux pavillon » tout aussi connue (attaques « terroristes » tchétchènes de 1999, voire l’empoisonnement de M. Alexandre Litvinenko) et les intentions impérialistes tout aussi fortes que celles des États-Unis ? Quelles étaient alors vos intentions ? Quel est le niveau de connaissance des élites russes sur le sujet du terrorisme fabriqué ? Thierry Meyssan : Si vous examinez un jour les trois faits que vous me citez avec autant de précision que la version bushienne du 11-Septembre, vous découvrirez que vous vivez dans un monde de propagande et que la version que vous en avez est tout aussi fausse. Vous me dites que la liberté d’expression est très contrôlée en Russie. C’est vrai, mais c’est relatif. Elle l’est beaucoup moins qu’en France. Il est plus facile de critiquer Vladimir Poutine et Dmitry Medvedev dans les journaux russes que Nicolas Sarkozy dans la presse française. Précisément, je me suis rendu compte que la presse française n’est pas libre. Ses journalistes s’interdisent de penser hors du conformisme ambiant. J’ai constaté le fantastique écho de mes travaux dans le monde arabe et je me suis décidé à mobiliser l’opinion publique internationale. J’ai donc pris l’initiative de poursuivre par la Russie. J ’y conserve des contacts à haut niveau et j’écris régulièrement dans le principal hebdo politique et le mensuel féminin le plus diffusé. Contrairement à votre préjugé, je ne pense pas que l’on puisse comparer la volonté de puissance des États-Unis à celle de la Russie. Washington prétend contrôler le monde global, Moscou ambitionne de restaurer son influence dans sa sphère linguistique et historique traditionnelle. Vous ne trouverez pas en Russie de projet comparable à celui du PNAC que vous avez traduit. Il faut l’admettre : les États-Unis veulent nous dominer, tandis que la Russie veut être notre partenaire. Les Slaves ne sont pas nos ennemis, ce sont nos frères. Ils sont beaucoup plus proches culturellement de nous que les États-uniens. Voltaire a vécu à la cour de Catherine II de Russie où le français était la langue officielle. Il y a quelques jours, les États-Unis et Israël ont poussé la Géorgie à tuer les Russes d’Ossétie. Moscou a répliqué par une vaste opération militaire que la presse occidentale présente comme disproportionnée. En réalité, la Russie vient de sauver la paix mondiale, car si elle n’avait pas immédiatement stoppé l’agression, Washington et Tel-Aviv en auraient conclu qu’ils pouvaient se lancer dans la guerre qu’ils ambitionnent : la conquête de l’Iran, qu’ils ont préparée en occupant l’Afghanistan et l’Irak. Les élites russes sont parfaitement conscientes de la réalité du 11-Septembre. Je vous renvoie à la préface du général Leonid Ivashov de la réédition française de L’Effroyable Imposture et du Pentagate. Jusqu’à présent, les élites russes ne voulaient pas en faire un sujet de polémique. Cela change : ne manquez pas la soirée que la première chaîne de télévision russe y consacrera le 9 septembre. Entretien réalisé le 30 août 2008.
Première publication sur le site de Reopen911, le 1er septembre 2008. http://www.palestine-solidarite.org/interview.Thierry_Mey... http://www.voltairenet.org/article157952.html


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Fidel Castro :  De la chair à canon pour le marché. RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL
(Traduction ESTI)
Peut-être certains gouvernements ignorent-ils les données concrètes.
Voilà pourquoi le message de Raúl fixant la position de Cuba m’a paru très opportun. Je reviens sur des points qu’on ne peut aborder dans une déclaration officielle précise et brève.
Le gouvernement géorgien n’aurait jamais lancé ses forces armées contre la capitale de la République autonome d’Ossétie du Sud, au petit matin du 8 août, pour une opération qu’il a qualifiée de rétablissement de l’ordre constitutionnel, sans une concertation préalable avec Bush qui s’est engagé auprès du président Saakashvili, en avril dernier à Bucarest, à soutenir l’entrée de son pays à l’OTAN, ce qui revient à tenter de planter un couteau affilé dans le cœur de la Russie.
De nombreux Etats européens membres de cette organisation militaire s’inquiètent sérieusement de la manipulation irresponsable de la question des nationalités, grosse de conflits potentiels, qui peut donner lieu jusqu’à l’éclatement du Royaume-Uni. C’est par ce biais qu’on a désintégré l’ancienne Yougoslavie : après la mort de Tito, toutes les tentatives pour l’éviter se sont avérées vaines.
A quoi bon allumer la poudrière du Caucase ? Combien de fois la cruche devra-t-elle aller à l’eau avant de se casser ? La Russie reste une forte puissance nucléaire. Elle possède des milliers d’armes de ce genre. Je dois rappeler par ailleurs que l’économie occidentale en a ponctionné illégalement plus de 500 milliards de dollars. Si la Russie ne signifie plus le spectre du communisme, si plus de quatre cents plates-formes de lancement nucléaire ne visent plus directement les objectifs militaires et stratégiques de l’Europe de l’Ouest, puisqu’elles ont été démantelées à la disparition de l’URSS, pourquoi cet entêtement à l’encercler d’un bouclier atomique ? Le vieux continent a aussi besoin de paix.
Les troupes russes stationnées en Ossétie du Sud y étaient dans le cadre d’une mission de paix reconnue à l’échelle internationale. Elles ne tiraient contre personne.
Pourquoi la Géorgie a-t-elle choisi le 8 août, jour de l’inauguration des Jeux olympiques de Beijing, pour occuper Tskhinvali, la capitale de la République autonome ? Ce jour-là, quatre milliards de personne sur toute la planète assistaient à la télévision au merveilleux spectacle par lequel la Chine inaugurait ces jeux. Seule le peuple étasunien n’a pas pu profiter ce jour-là de la transmission en direct de la stimulante fête d’amitié entre tous les peuples du monde qui s’y est déroulée. Une chaîne de télévision avait acheté pour 900 millions de dollars les droits de retransmission exclusifs et souhaitait tirer le maximum de profit commercial de chaque minute de transmission : les chaînes concurrentes ont pris leur revanche en divulguant à cette même heure les images de la guerre du Caucase qui n’étaient de l’exclusivité de personne. Les risques d’un sérieux conflit menaçaient le monde.
Bush, en revanche, a pu profiter du spectacle à titre d’invité officiel. Le dimanche 10, deux jours et demi après, on le voyait encore agiter de petits drapeaux, feignant d’être un porte-parole de la paix et prêt à se réjouir des victoires des magnifiques athlètes étasuniens que ses yeux, habitués à tout souiller, voyaient comme des symboles du pouvoir et de la supériorité de son Empire. Quand il n’avait rien à faire, il maintenait de longues conversations avec les fonctionnaires subordonnées à Washington, menaçait la Russie et encourageait les interventions, humiliantes pour ce pays, de son représentant au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Certains des anciens pays qui constituaient le camp socialiste ou faisaient même partie de l’URSS agissent aujourd’hui comme des hommes liges de Washington. Leurs gouvernements, poussés par une haine irresponsable de la Russie , tels ceux de la Pologne et de la République tchèque, s’alignent totalement sur Bush, soutenant l’attaque surprise lancée contre l’Ossétie du Sud par Saakashvili, un aventurier au passé louche qui, né sous le socialisme à Tbilissi, capitale de son pays, est devenu avocat dans une université de Kiev, a fait des hautes études supérieures à Strasbourg, à New York et à Washington. Il exerçait cette profession à New York. Il se présente en Géorgien occidentalisé, ambitieux et opportuniste. Il est rentré dans son pays avec le soutien des Yankees et a pêché dans les eaux troubles de la désintégration de l’Union soviétique. Il a été élu président de la Géorgie en janvier 2004.
Ce pays est, après les USA et la Grande-Bretagne , celui qui a le plus de soldats à participer à l’équipée militaire d’Iraq, et il ne le fait pas précisément par esprit internationaliste. Quand, pendant presque vingt ans, Cuba a dépêché des centaines de milliers de combattants lutter pour l’indépendance et contre le colonialisme et l’apartheid en Afrique, elle n’a pas cherché de carburants, de matières premières ni de plus-value : ses soldats étaient volontaires. C’est ainsi que s’est trempé l’acier de nos principes. Que font les soldats géorgiens en Iraq, sinon appuyer une guerre qui a coûté au peuple de ce pays des centaines de milliers de vies et des millions de sinistrés ? Quels idéaux sont-ils allés y défendre ? Il est tout à fait logique que les Ossétiens du Sud ne souhaitent pas qu’on les envoie se battre comme soldats en Iraq ou d’autres points de la planète au service de l’impérialisme.
Saakashvili n’aurait jamais osé de sa propre initiative dépêcher l’armée géorgienne en Ossétie du Sud où elle se heurterait forcément aux troupes russes déployées là comme force de paix. On ne peut jouer à la guerre nucléaire ni primer la livraison de chair à canon pour le marché.
J’avais déjà écrit ces Réflexions quand Bush a parlé à 17 h 30 (heure de Cuba). Rien de ce qu’il a dit ne dément mes analyses, sauf que la guerre médiatique de l’administration étasunienne est encore plus intense aujourd’hui. C’est la même manœuvre préconçue qui ne dupe personne.
Les Russes ont déclaré en toute clarté que le retrait des envahisseurs à leur point de départ était la seule solution digne possible. Espérons que les Jeux olympiques puissent se poursuivre sans être interrompus par une crise gravissime.
La victoire de nos volleyeuses sur une bonne équipe des USA a été phénoménale, et le base-ball n’a pas encore commencé.
Fidel Castro Ruz 25-08 http://pccpcq.blogspot.com/


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