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18/07/2008

n°371 - Dossier de Palestine - 17-07 --fin -- L'article 8 de la cour pénale internationale reconnaît que les crimes de guerre incluent le fait « d'affamer la population »

Dossier de Palestine      -fin -  

 N°371                                 17-07   

Par M.Lemaire    


5-2 Chroniques de la Palestine occupée: Le territoire, les rats et les hommes (fin)

5 - Qu'est-ce que la force en politique?

La politique ne connaît qu'un certain type de force, celui que les physiciens appellent la " force résistante ". L'expansion impériale ne s'arrête que lorsqu'elle rencontre un mur - c'est-à- dire une résistance - ou qu'elle déraille - c'est-à-dire qu'elle s'auto-détruit. La première et la plus classique de ces forces est la résistance des peuples envahis ou conquis, mais ce n'est pas la seule. Ainsi, grâce à ses petites roquettes artisanales qui ne font pas de gros dégâts, mais créent la panique dans les localités frontalières, Gaza la vaillante et la résistante tient tête à un occupant monstrueusement armé . Malgré les tentatives de l'occupant de l'affamer , de l'empoisonner ou de la terroriser, elle vient de réussir à lui imposer un cesser-le-feu , ce qui, dans ce type de rapport de force constitue une quasi victoire . Les colons européens ont bafoué tous les traités qu'ils ont signés avec les Indiens d'Amérique du Nord et du Sud et ont fini par exterminer le plus grand nombre des autochtones amérindiens , puis à parquer les survivants dans des enclos appelés "réserves". Sur le même modèle, Israël détruit tout ce qu'il peut détruire en Palestine occupée, déverse ses bombes sur la population civile, assassine les civils, dynamite les maisons, déracine les arbres, stérilise les champs en les défonçant au bulldozer, affame un million et demi de Gazaouis et , à l'image des réserves indiennes des USA, parque les Palestiniens de Cisjordanie dans des enclaves fermées . Un membre espagnol du Parlement Européen en tournée au Moyen Orient, David Hammerstein, a pu écrire que "la situation à Hébron est barbare et [que] la ville vit en-dessous des formes les plus affreuses de l'occupation «. [9] L'Etat hébreu commet ces atrocités tout simplement parce qu'il le peut, c'est-à-dire parce qu'il ne rencontre aucun obstacle sérieux qui l'empêcherait de le faire, compte tenu de la psychologie qui est la sienne. Certes, ce petit Etat de cinq millions d'habitants est la quatrième puissance militaire mondiale et dépasse donc l'arsenal de la France. Son gigantesque équipement ultra moderne, tant nucléaire que classique, financé et alimenté en permanence par les Etats-Unis ne l'empêche nullement de faire retentir la terre et les cieux de ses gémissements et de ses lamentations sur les "menaces" dont il est l'objet de la part d'ennemis qui ne possèdent qu'une microscopique proportion de cette puissance militaire. En même temps, il brandit très haut le bouclier les grands malheurs dont il a été la victime en Europe durant la seconde guerre mondiale afin de réactiver constamment un sentiment de culpabilité destiné à éteindre toute veilléité de critique. Car la "Shoah" est devenue la véritable religion des Israéliens . Les commémorations et les pèlerinages sont devenus rituels dans toutes les écoles . [10] L'insulte ignominieuse d'antisémite qui stigmatise immédiatement les audacieux commentateurs qui oseraient formuler la moindre critique de cette politique en décourage plus d'un, notamment aux Etats-Unis - mais pas seulement - où l'omerta la plus complète est de rigueur sur les campus universitaires et dans tous les médias dominés par de puissants lobbies de cet Etat. C'est pourquoi la véritable force d'Israël est politique. Elle réside dans la complaisance à ses exactions de ce qu'il est convenu d'appeler la "communauté internationale" et dans le soutien indéfectible des Etats-Unis, qui lui assurent une impunité totale sur la scène internationale . Pendant que cet Etat gémit et crie au loup sur le devant de la scène, il jouit béatement de sa puissance dans les coulisses. Dans un ouvrage récent, un ancien Premier Ministre de 1954 à 1956 , Moshé Sharett, avoue qu'Israël se crée lui-même volontairement de nouveaux ennemis afin de mener à bien ses projets de conquêtes : "Israël n'a pas d'obligations internationales, et pas de problèmes économiques. La question de la paix n'existe pas. Le glaive doit être l'instrument principal, sinon unique, d'Israël pour maintenir son moral élevé et garder sa tension morale. Dans ce but, Israël doit inventer des dangers en adoptant la méthode "provocation-et-revanche". Et, par-dessus tout, souhaitons une nouvelle guerre avec les pays arabes, de manière à ce que nous nous débarrassions de nos problèmes et acquérons notre espace. Comme l'a dit Ben Gourion, cela vaudrait le coup de payer un million de livres à un Arabe juste pour lancer une guerre." (26 mai 1955, 1021) [11]

Cette heureuse stratégie lui a permis, en quinze ans, depuis les fameux accords d'Oslo de 1993, de doubler le nombre des colons en territoire palestinien , de construire d'innombrables routes de contournement et d'enfermer hermétiquement la population palestinienne dans des banthoustans ironiquement qualifiés de "Secteurs d'autonomie palestinienne"; et depuis la conférence d'Annapolis de novembre 2007, qui était censée permettre de lever un grand nombre des obstacles , contrôles et autres checkpoints qui pourrissent la vie des autochtones et les empêchent de subvenir à leurs besoins, l'occupant a construit 51 nouveaux points de blocage et de checkpoints . On en compte actuellement 607.

Les meilleurs amis du monde: Mahmoud Abbas, G.W.Bush, Ehud Olmert Le manque de réactivité des responsables officiels de l'Archipel du Goulag palestinien dont on ne sait si leur collaboration avec l'occupant est le fruit de leur candeur politique , de leur faiblesse mentale ou de leur trahison - ou des trois à la fois - n'est évidemment pas de nature à freiner l'avancée inexorable du rouleau de l'impérialisme israélien. Malgré les assassinats et les tourments quotidiens des Palestiniens, ne voit-on pas son responsable officiel promener une mine rigolarde aux côtés des bourreaux de son peuple dans les multiples réunions internationales auxquelles il participe avec une gourmandise évidente. Comme il n'y a pas eu de réaction internationale sérieuse après les nettoyages ethniques de masse de 1948 ou de 1967, cette politique se poursuit inexorablement depuis soixante ans et progresse d'année en année en intensité et en monstruosité . Avec la construction du mur , les destructions, les massacres quotidiens et le génocide larvé du million et demi d'habitants de Gaza, elle a atteint un point irréversible . L'ONU s'est bien fendu d'innombrables condamnations , toutes demeurées sans le moindre effet sur le terrain . Il faut avoir entendu l'ambassadeur d'Israël à Paris de l'époque - Elie Barnavi - balayer d'un revers de la main et sur un ton méprisant l'une des dernières condamnations en la qualifiant de "rituelle" pour mesurer leur effet sur les politiciens de cet Etat . Telle la locomotive décrite par Zola dans La Bête humaine , le train du sionisme lancé sur les rails de son rêve fou a d'ores dépassé toutes les gares qui auraient pu l'arrêter sans dommages pour ses passagers et a rendu impossible toute paix fondée sur la loi internationale , parce que tel était en réalité son objectif véritable. Car l'Etat hébreu conduit par les machinistes du sionisme poursuit inlassablement un seul et unique but : conquérir mètre carré par mètre carré toute la terre de sa géographie mythique. Or, c'est là qu'on retrouve la folie de ce rêve, fou comme tous les rêves: son objectif ne peut être atteint sans qu'intervienne on ne sait pas quel procédé miraculeux ou satanique, la disparition ou l' évaporation de quatre millions de Palestiniens. C'est pourquoi , face à l'objectif du rêve sioniste, toutes les solutions politiques dites "rationnelles" ont à peu près autant de chances d'être suivies d'effet que le projet d' aligner des noix sur un bâton. - Sur la mythique solution de "deux Etats vivant côte à côte" dans la paix des braves Qui peut imaginer sérieusement , après la comédie burlesque à laquelle a donné lieu l'évacution des huit mille squatters de Gaza, que cet Etat évacuerait paisiblement, parce qu'un "ON", représentant une informe et impuissante "communauté internationale" le lui demanderait, cinq cent mille colons fanatiques illégalement installés en Cisjordanie et lourdement armés? Qu'il détruirait sa Grande Muraille condamnée par toutes les instances morales et légales de la planète sans que cela fasse bouger un cil des responsables de cette entreprise et qu'il sacrifierait les gigantesques constructions et investissements divers qu'il a réalisés afin de bétonner et de cadenasser sa purification ethnique; puis, qu'il reviendrait paisiblement aux fameuses "frontières de 1967" qu'il n'a jamais reconnues? Et enfin, cerise sur le gâteau, qu'il accepterait de partager "sa" capitale, alors qu'il s'efforce frénétiquement, par toutes sortes de mesures vicieuses sur le mariage, les logements, le droit de résidence, etc. , d'y mener une féroce et drastique purification ethnique? [12] - Sur la non moins mythique solution d'un Etat binational, dans lequel "Israéliens et les Palestiniens jouiraient de droits égaux" Qui peut imaginer sérieusement que le "peuple élu" qui a fait de l'appartenance juive LE pilier de sa politique depuis sa création, accepterait de se commettre à égalité avec une race qu'il juge inférieure et mettrait fin d'un claquement de doigt au rêve sionisme qui l'anime de voir un jour un "Etat juif" ethniquement pur s'étendre sur "Eretz Israël" , alors que chacune de ses actions et de ses décisions porte l'empreinte de ce projet ? Après avoir expulsé par la force des centaines de milliers de Palestiniens en 1948 et en 1967et continué de le faire en tapinois en utilisant toutes les perfidies bureaucratiques imaginables, comment seulement imaginer qu'il accepterait d'être "englouti" , comme il dit, par le tsunami d'un "retour des réfugiés" et d'en assumer les conséquences financières à court et à long terme? Il faut renvoyer les rêveurs à la lecture de Konrad Lorenz sur les relations qu'entretiennent les tribus de rats. Comme l'écrit lucidement le poète israélien Aaron Shabtai : "Le problème n’est pas l’Etat, mais la terre. Ici les journaux en parlent ouvertement, chaque jour, et beaucoup plus qu’en Italie et en Europe : les colonies, la confiscation du territoire, le contrôle de l’eau par les autorités israéliennes, tout cela augmente de jour en jour. Voilà les faits, très différents de la propagande employée par le gouvernement : les Palestiniens n’ont plus de territoire." [13]

Aaron Shabtai est tout de même exagérément pessimiste ... pour un court laps de temps encore. En effet, les Palestiniens peuvent actuellement s'ébattre dans trois zoos ne commnuniquant pas entre eux, grillagés et quadrillés de check points. Mais comme les vols de terre se poursuivent inexorablement et que les colonies fleurissent comme champignons après la pluie, viendra un jour où la densité de ces réserves égalera, puis dépassera celle de Gaza. Et alors ...? On voit que le mur ou le déraillement qui sont au rendez-vous du train fou du rêve sioniste se rapprochent dangereusement. L'histoire enseigne que seul l'échec bloque l'expansion impérialiste naturelle des peuples. Louis XIV a fini par perdre les provinces conquises en Helvétie et en Wallonie, Napoléon a terminé sa vie sur l'ilôt de Sainte-Hélène, la révolte de son armée a mis fin à l'extraordinaire épopée d'Alexandre en Asie, il ne reste rien de l'empire de Charles Quint et après l'échec de la guerre du Vietnam, l'Amérique est en passe de devoir admettre qu'elle subit le même type de déroute en Irak et en Afghanistan et que son rêve de "remodeler le grand Moyen Orient" est à ranger dans le magasin des rêves morts-nés, au rayon des "embryons desséchés" qu'évoque Eric Satie . C'est pourquoi l'apparente phase ascendante de l'expansion impériale d'Israël est trompeus . Comme la locomotive de la Bête humaine, le train du grand rêve sioniste est lancé dans une fuite en avant désespérée, mais le comportement de l'officier israélien piétineur et tortionnaire d'un petit enfant palestinien cité ci-dessus , est révélateur du mélange de fureur, de folie et d'impuissance face à l'impasse dans laquelle il sent confusément que conduit cette politique . Son issue ne peut être qu'une guerre permanente ou l'auto-anéantissement. C'est donc bien autour de la notion d'occupation d'un territoire que s'organise l'histoire et la politique des hommes en général et celle d'Israël plus que toute autre. La conquête ou la défense d'un territoire est une histoire de guerre et de mort, une histoire symbolique. Or, Israel n'est pas un Etat ordinaire, Israël est une mythologie qui a cru pouvoir se réincarner dans l'histoire. 6 - Qu'est-ce qu'un territoire mythique ? Un territoire n'est pas une simple addition de kilomètres carrés ; un territoire est un mélange complexe de terre et de songe confondus. Tous les peuples possèdent une géographie mythique qui donne son identité et son ciment à la tribu. Elle est la puissance magique qui permet la fusion entre le " surnaturel " et le quotidien. Face à cette réalité mythique, les arguments de plate politique rationnelle sont de peu de poids . Plus que toute autre terre au monde, le Moyen- Orient est le berceau des grands songes de l'humanité. L'actuel conquérant et prédateur de la Palestine historique est une illustration exemplaire de la puissance de l'imaginaire dans la politique. C'est pourquoi il est capital de connaître, de décrypter et d'analyser l'imaginaire théologique des peuples et de leurs dirigeants afin d'en prévoir l'évolution et les conséquences. Le cerveau humain fonctionnant simultanément sur deux étages - le niveau terre-à-terre du réalisme politique quotidien et celui de l'imaginaire mythologique - il est impossible de comprendre le premier sans décrypter le second et sans analyser leurs interactions réciproques. En Israël, la Bible et surtout ses commentaires - les écrit talmudiques - unissent le groupe qui s'en réclame et créent des liens impossibles à démêler entre l'enracinement psychologique , symbolique, culturel, imaginaire et physique qui se sont concrétisés dans le rêve sioniste de regrouper sur la terre de Palestine des juifs dispersés dans tous les pays du monde et notamment depuis la destruction du Temple par les garnisons de Titus. La dichotomie politique est plus spectaculairement vraie pour l'Etat hébreu que pour tout autre Etat de la planète, car la Bible et surtout ses commentaires sont la véritable patrie d'Israël. Ils sont le territoire mental et la "demeure psychique " dans lesquels il a vécu pendant les années dites de la "dispersion" . Depuis que ce peuple a retrouvé par la puissance des armes une forme d'incarnation nationale dans la géographie réelle - incarnation qui s'est accélérée après les persécutions dont il a été la victime durant la seconde guerre mondiale, mais qui leur est largement antérieure - il projette sur le monde qui l'entoure la géographie mentale qu'il porte dans sa cervelle depuis deux mille ans . Ayant vécu dans les vapeurs d'un rêve messianique durant des siècles, cet Etat plaque aujourd'hui cette réalité imaginaire sur le monde politique dans lequel il s'est propulsé et il prétend non seulement substituer sa réalité mythologique au monde dans lequel il a débarqué armé jusqu'aux dents et fort du soutien militaire et financier des banquiers anglo-saxons, mais imposer ses phantasmes théologiques à la planète entière. C'est ainsi qu'aujourd'hui même, dans les pseudo " négociations " auxquelles se prête rituellement le gouvernement israélien afin de gagner du temps, il affirme tranquillement que " le droit international n'a rien à voir " avec la guerre qu'il mène contre le peuple palestinien, parce qu’il possède " un titre de propriété sur Eretz Israël " (la terre d'Israël). Il ne s'agit donc pas pour lui de " rendre des territoires " , mais de consentir généreusement à " en donner " . Cette mythologie fumeuse vient d'être confortée par le discours du Président de la République française qui, lors de son discours devant le parlement israélien a parlé de "Terre Promise" par "l'Eternel" à "Moïse". M. Nicolas Sarkozy a même cité un verset de la Bible afin de donner plus de force à son propos: "Et l'Eternel dit à Moïse: Monte sur cette montagne et regarde le pays que je donne aux enfants d'Israël. " Le Président français et les dirigeants actuels de l'Etat d'Israël ne nous disent pas si Moïse avait une bonne vue et jusqu'où s'étendait son regard! Lorsqu'un responsable politique de premier plan d'un Etat laïc en arrive à considérer qu'un texte théologique vieux de deux millénaires et demi fournit l'acte de propriété d'une terre , toute personne raisonnable est en droit d'éprouver une légitime inquiétude et même une véritable panique à la fois sur le degré d'information du locuteur, sur le fonctionnement de son cerveau et sur les conséquences politiques de ce genre d'argument. Or les instances politiques israéliennes auraient pu apprendre au Président de la République française que Moïse avait un œil d'aigle et que son regard perçant portait quasiment jusqu'aux confins de l'univers connu à cette époque en Palestine. Par la grâce des autorités rabbiniques qui voyagent , comme dans les allées de leur jardinet, dans les circonvolutions de la cervelle de l'homme qui , il y a deux millénaires et demi, était censé parler à Jahvé face à face, nous découvrons que la "Terre d'Israël" qui "appartient" aux Juifs depuis qu'elle leur a été "donnée" par "l'Eternel" comprend : au sud, tout le Sinaï et une partie de la basse Égypte jusqu'aux environs du Caire ; à l'est, toute la Jordanie , un gros morceau de l'Arabie Saoudite, le Koweït, et, en Irak, le sud-ouest de l'Euphrate ; au nord, toute la Syrie (Liban compris) et une vaste portion de la Turquie (jusqu'au lac de Van) . On comprend que les coups de boutoir répétés de l'armée israélienne contre le Liban et son activisme aux côtés des USA en Irak s'inscrivent dans la logique de ce plan . Je ne sais s'il est consolant pour les Palestiniens de voir que l'impérialisme israélien ne fait que s'aiguiser les dents sur la Cisjordanie et que le projet grandiose du "Grand Israël" annoncerait une guerre de mille ans... pour le moins!  

7 - Conclusion  Voir dans des récits inventés, imprécis et parfois contradictoires des documents historiques ou des titres de propriété représente à peu près le même genre de performance intellectuelle que de considérer que l'Iliade et l'Odyssée contiennent les mémoires réels et la biographie objective d'Athéna, de Zeus et de Poséidon et fournissent à Ulysse , à Télémaque et à leurs descendants un titre de propriété définitif sur l'île d'Ithaque..., même si on peut glaner dans ces oeuvres des informations indirectes sur l'histoire de la Grèce. Il en résulte que les Palestiniens sont aujourd'hui les victimes collatérales de la rédaction d'un vieux code de théologie et de morale rédigé il y a plus vingt-cinq siècles par les prêtres héréditaires d'une petite tribu de nomades du sud de l'actuelle Palestine . Ce code établissait un monothéiste tribal avec à sa tête le Dieu "le plus puissant" parmi tous les dieux (Exode, 15,11), et dans lequel des chapitres entiers et notamment Les Nombres et le Lévitique contiennent des injonctions féroces à l'égard des non-juifs. Avant que les lévites le transforment en un monothéisme local avec à sa tête un dieu pour les seuls juifs , le Livre des morts de l'ancienne Egypte retrouvé dans les tombes royales datant de 2600 avant J.-C., soit deux millénaires avant les premières rédactions de la Bible , présentait pourtant une expression parfaite d'un monothéisme universel qui fut celui des tribus nomades hébraïques primitives et qui aurait pu donner naissance à une morale universelle: " Tu es l'unique, le Dieu des premiers commencements du temps, l'héritier de l'immortalité ; par toi seul engendré, tu t'es toi-même donné naissance; tu as créé la terre et tu as fait l'homme. " http://www.alterinfo.net/Chroniques-de-la-Palestine-occupee-Le-territoire,-les-rats-et-les-hommes_a21542.html

1 - Pour reprendre le titre d'un ouvrage de Manuel de Diéguez . Voir son site
http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024...

2 - Les soldats israéliens ne tirent pas sur les enfants, par Aya Kaniuk
- http://www.ism-france.org/news/article.php?id=8831&type=analyse&lesujet=Enfants

3 - Abir Aramin, 10 ans, tuée à la sortie de son école, à Anata
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=621

4 - Des enfants de l'âge de Taïr lundi 12 février 2007 - Gideon Lévy - Ha'aretz
http://www.info-palestine.net/impression.php3?id_article=808 www.info-palestine.net

5 - Killing children is no longer a big deal by Gideon Levy Haaretz (Israeli newspaper) Oct. 17, 2004
"The plain fact, which must be stated clearly, is that the blood of hundreds of Palestinian children is on our hands."
http://www.revisionisthistory.org/palestine59.html

6 - Voir Le Conseil talmudique d'Israël a statué : "En temps de guerre, il n'y a pas de civils innocents " par Khaled Amayreh umkahlil.blogspot.com , 4 août 2006
-Source: http://www.thepeoplesvoice.org/cgi-bin/blogs/voices.php/2006/08/04/talmudic_council_in_war_time_even_enemy
Traduction de Petrus Lombard, in Questions critiques
, http://questionscritiques.free.fr/religion/edits_talmudiq...

 7- A quoi sert la littérature sans résistance, Aharon Shabtai
http://www.europalestine.com/spip.php?article2692

8 - Des soldats israéliens racontent ce qu'ils ont vécu " On tire comme des dingues ", Dalia Karpel, 21 septembre 2007, Haaretz
http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BRBI&...

9 - Selon un parlementaire européen, la situation à Hébron est "barbare". Par Maan News
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=9113&type=communique&lesujet=Colonies
10- " La Shoah comme religion ", Libération, 11 septembre 2000
http://www.estherbenbassa.net/EBdocsPDF/Libe11092000.pdf

11- Un Premier Ministre israélien confirme qu'Israël crée volontairement des ennemis. Par Wake Up From Your Slumber
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=9206&ty...
 

12- Voir L'occupation par la bureaucratie Par Saree Makdisi
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=9306&type=analyse&lesujet=Nettoyage%20ethnique
13- Aaron Shabtai : " C'est de la propagande : c'est pour ça que je ne serai pas au Salon du livre de Paris"
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8013 Rogsim 8juillet http://www.alterinfo.net/Chroniques-de-la-Palestine-occup...

17/07/2008

n°370 - Journal de la Palestine - 09-07 au 16-07 – Début - La 'fragile' trêve entre Israël et le Hamas se résume à des vivres supplémentaires pour une journée de calme

Journal de la Palestine      – Début            

N°370      09-07 au 16-07

M.Lemaire



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Sommaire

Tiré à part Résistance

Détails par région:

Décompte des pertes humaines

1 Politique Palestinienne (en Palestine toujours occupée)

2 Politique Israélienne

3 Politique internationale des territoires occupés 

Seconde partie

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Les médias occidentaux complices de la propagande israélienne.

5-2 "Le problème posé par ces armes (nucléaire israélien) n’a pas la place qu’il mérite dans le débat public alors qu’il est urgent de faire quelque chose à ce sujet au Moyen-Orient."

5-3 Le bloc du journaliste condamne les actions des services de sécurité d'Abbas contre les journalistes.

6 Les brèves

6-1 Le Hamas avertit l'Union de la méditerranée' : Abbas n'est pas capable de diriger le peuple palestinien.

6-2 Le village de Bil’in entame une action en justice contre deux entreprises de construction canadiennes.

6-3 Plus de 1800 logements et 25 entreprises israéliennes en perspective...

6-4 Manifestation de protestation contre le mur d'apartheid à Beit Hanina.

6-5 Mur de séparation israélien: violents affrontements en Cisjordanie.

6-6 Israël classe sans suite 90% des dossiers d'agressions de Palestiniens.

7 Dossier

7-1 Le sionisme est un racisme (Aimé Césaire)

7-2 Point de vue de Philip Rizq : A Gaza l’occupation reste le cadre qui détermine tout.

7-3 Point de vue de Amos Harel:  Le commandement central de l'armée israélienne projette de fermer un nombre important d'associations caritatives - Objectif : détruire le réseau civil du Hamas en Cisjordanie.

7-4 Point de vue de Ami Ayalon : Les Israéliens auront la sécurité lorsque les Palestiniens auront l’espoir.

7-5 Point de vue de Andrew Winkler : La plupart des Européens voit le régime d'apartheid comme la plus grande menace pour la paix dans le monde.

7-6 Point de vue de Mohamed Ilias : Notre choix de la lutte populaire non violente est le bon.

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 La fragile trêve entre Israël et le Hamas se résume à des vivres supplémentaires pour une journée de calme



Tiré à part : 10-07 L’armée israélienne rompt la trêve dans la Bande de Gaza Les Forces d’Occupation Israélienne (FOI) ont tué un jeune homme près du poste militaire du point de passage de Kissofim à l’est de la ville de Khanyounis, dans le sud de la Bande de Gaza. Rappel : l'instauration de la trêve entre Israël et le Hamas date du 19 juin WAFA

12-07 Les forces du régime sioniste ont empêché récemment l'entrée d'une délégation des droits de l'Homme de l'Afrique du sud à al-Khalil, en Cisjordanie, a rapporté l'agence Qods citant la TV palestinienne. Les militaires israéliens avaient déjà empêché, le mois dernier, l'entrée des membres d'une commission d'enquête onusienne dans les régions palestiniennes. http://french.irib.ir/index.php?option=com_content&task=view&id=11262&Itemid=0



09-07 au 16-07: Peuple Palestinien : 2 tués   -    2 blessés                                     Internationaux                           12 blessés                                  Occupants              :  0 tué   -     2 blessés


La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

Résistance Au jour le jour 11-07 Les autorités de la bande de Gaza ont arrêté jeudi trois résistants qui avaient tiré des roquettes contre Israël violant ainsi la trêve entre Israël et le mouvement Hamas, a annoncé jeudi à RIA Novosti un représentant des brigades des Martyrs d’al-Aqsa, auxquelles appartiennent les interpellés.
 L'interlocuteur de l'agence a de nouveau revendiqué la responsabilité des tirs de deux roquettes contre la colonie israélienne de Sderot (sud d'Israël) et de deux mines contre le point de passage de Kissoufim. L'Etat hébreu n'a pas subi de pertes.
  "Malgré tout, nous continuerons à résister. Ni le Hamas (au pouvoir dans la bande de Gaza), ni personne d'autres ne pourra nous arrêter", a souligné le représentant des brigades. Selon les combattants, leurs actions sont une riposte aux opérations de l'armée israélienne. Récemment, cette dernière avait tué un jeune Palestinien, première victime depuis l'instauration de la trêve, le 19 juin dernier, dans la région. RIA Novosti  

Al Qassam multiplie leurs préparatifs pour faire face à une agression probable.
Extrait : Les brigades d'Al Qassam, la branche militaire du mouvement Hamas, ont affirmé qu'elles ont augmenté leurs préparations militaires, durant la période de l'accalmie, pour faire face à une agression sioniste probable.
Un document sioniste avait dévoilé que l'armée de l'occupation sioniste va effectuer des opérations d'incursion et des attaques militaires contre la bande de Gaza, en cas de lancement des missiles individuelles sur les colonies sionistes et que le Hamas a considéré cette annonce comme une fuite aux engagements de l'accalmie.
Abou Abdel Rahman, l'un des chefs des brigades d'Al Qassam dans la ville centrale a dit dans une déclaration spéciale au centre palestinien d'information que les brigades d'Al Qassam se préparent, durant la période de la trêve, pour faire face à une agression sioniste probable.
Le dirigeant d'AlQassam a salué l'engagement des moudjahiddins aux préparations et exercices effectués par les brigades d'Al Qassam dans le cadre des préparations pour une nouvelle étape de la résistance contre l'occupation.
Article écrit par Sari Samour
Traduit et résumé par le CPI Lundi 14 Juillet 2008 http://www.alterinfo.net/En-disant-qu-Abbas-n-est-pas-capable-de-diriger-le-peuple-palestinien,-le-bloc-parlementaire-du-Hamas-avertit-contre-l_a21783.html


La lutte pour la libération dans les  territoires occupé

Bande de Gaza - Au jour le jour

10-07 Un Palestinien a été tué jeudi par l'armée israélienne dans le sud de la bande de Gaza, près du point de passage de Kissoufim entre Israël et le territoire palestinien, a-t-on appris de sources militaires israéliennes et médicales palestiniennes. Selon un porte-parole militaire israélien, le Palestinien qui n'était pas armé, tentait de passer en territoire israélien lorsqu'il a été tué par l'armée. Rappel : l'instauration de la trêve entre Israël et le Hamas date du 19 juin AFP  

Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 :  Au jour le jour 

09-07 Un membre du Hamas a été tué par un commando israélien. Selon les autorités palestiniennes, l'opération s'est déroulée à Kafer Dane, village des abords de Jénine. Blessé alors qu'il circulait en voiture, le résistant visé a succombé dans un hôpital israélien, précisent-elles. Israël et le Hamas ont conclu une trêve entrée en vigueur le 19 juin, qui ne s'applique qu'à la bande de Gaza. Des opérations israéliennes menées en Cisjordanie ont toutefois donné lieu à des réactions de la part de la résistance palestinienne. ats / 09 juillet

09-07 Les forces armées de l’occupation israélienne ont poursuivi, aujourd’hui mercredi 9/7, leurs escalades agressives contre la ville de Naplouse en Cisjordanie, avec des dizaines de blindés militaires qui ont bloqué tous les axes de la ville, et ont envahi plusieurs organisations et sociétés prétextant que leurs dirigeants soutiennent le mouvement du Hamas. De son côté, le député du Hamas au conseil législatif palestinien Yahia Moussa a affirmé que les sionistes ont utilisé tous les moyens agressifs pour affaiblir le mouvement du Hamas. CPI

11-07 Un tireur était embusqué dans un cimetière musulman, et a tiré sur un groupe de policiers Israéliens. Deux d'entre eux ont été grièvement blessés, a-t-on appris auprès de la police. L'un des deux policiers, blessé à la tête, se trouve dans un état grave
La police israélienne pense que le tireur était Palestinien, ont rapporté samedi les médias de l'Etat hébreu.
(AP- Reuters)
12-07 Environ 400 palestiniens, internationaux, militants israéliens et média internationaux ont marché contre la construction du mur illégal d'apartheid qui annexe beaucoup de terre du village de Ni'lin.
Les manifestants non violents, qui étaient en train de marcher pacifiquement vers le mur, ont été empêchés de continuer par l'armée israélienne qui a tiré sur le groupe avec des gaz lacrymogènes, bombes soniques, balles acier-caoutchouc et balles réelles à distance.
Un américain de 70 ans qui travaille avec l'équipe des Christian Peacemaker a reçu une balle acier caoutchouc dans le bas du dos.
Six militants israéliens ont été sévèrement bastonnés,
un militant a reçu des coups de fusil dans la tête, un autre souffre de blessures qui le rendent invalide pendant une semaine, causées par un garde-frontière israélien brandissant un bâton, deux autres ont les mains brisées et un autre a été touché à la tête par une cartouche de gaz lacrymogène.
12-07 Source : Palsolidarity


"Les boucliers humains internationaux qui risquent leur vie en manifestant avec ceux des Palestiniens de plus en plus déshumanisés (à côté des collabos et des profiteurs),   c'est particulièrement courageux et admirable et ça permet des témoignages "édifiants".  Mais tant que la majorité des vecteurs d'opinions internationaux, refusant ou non la contre-information, penseront que les Israéliens juifs sont les  agressés "reconnus par  la communauté internationale" qui ne font que se défendre depuis soixante ans , le drame palestinien n'évoluera pas fondamentalement. C'est donc bien l'illégitimité congénitale de l'état ethnique raciste sioniste qu'il faut faire qui aux susdits vecteurs en présentant et commentant les résolutions  181, 194  et 273, plus la déclaration d'indépendance" Jean-Marie GLÄNTZLEN, 65 ans
02410 SAINT-GOBAIN
http://israeltextescles.site.voila.fr/  (A DEFAUT DE MIEUX)
http://filastiniya.site.voila.fr/

4-2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)
Civils & résistants tués                                                                            :  5.544  Palestiniens blessés                                                                               :  52.765 Internationaux blessés                                                                             : 199 (chiffre tout a fait minimal) (balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens) Arrêtés     :                                                                                            :  47.733 En prison :                                                                                             : 11.800 Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108 Autres actes            Journalistes tués                                                                                      : 9 Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32 Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275   2-2 Occupants: Israéliens  tués                                                                                        : 1.151                                                                                                                 ( 369 militaires/policiers) Israéliens blessés                                                                                     : 6.490                                                                                                                 ( 473 militaires/policiers)

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  

1  Politique Palestinienne

1-3 Sur le terrain. 09-07 Les organisations nationales et islamiques dans la ville de Naplouse ont exprimé leur condamnation des pratiques sionistes contre les associations et sociétés de bienfaisance dans cette ville, pour le troisième jour consécutif, et elles ont appelé, aujourd'hui, mercredi 9/7,à une grève générale pour condamner les actions sionistes. Enfin, elles ont appelé l'autorité palestinienne à jouer son rôle et à contacter la communauté internationale et les organisations des droits de l'homme pour mettre la pression sur l'entité sioniste afin qu'elle cesse ses violations quotidiennes. CPI

10-07 Des dizaines de citoyens palestiniens ont organisé mardi 8/7 un sit-in devant l’entrée du passage de Rafah et ont protesté contre l’emprisonnement des Palestiniens dans les territoires égyptiens, tout en appelant l’Égypte à les libérer. Dans le même contexte, le porte-parole du ministère de l'intérieur Ehab Al-Ghoseïn a insisté sur le fait que les manifestants organisent leur sit-in de manière pacifique en protestation contre l'emprisonnement des citoyens  palestinens par les autorités égyptiennes. CPI


1-8 Violations colonialiste et action contre le Mur de la Honte 08-07 Des dizaines de citoyens palestiniens ont organisé un sit-in devant l'entrée du passage de Rafah et ont protesté contre l'emprisonnement des Palestiniens dans les territoires égyptiens, tout en appelant l'Égypte à les libérer. Dans le même contexte, le porte-parole du ministère de l'intérieur Ehab Al-Ghoseïn a nié toute propagande des médias prétendant que les manifestants avaient tenté de franchir le passage de Rafah, et il a insisté sur le fait que les manifestants organisent leur sit-in de manière pacifique en protestation contre l'emprisonnement des citoyens  palestinens par les autorités égyptiennes. 09/07 http://www.palestine-info.cc/fr/  

10-07 Le ministère de l’agriculture du gouvernement Haniyeh à Gaza a appelé à activer les marches et activités populaires aux niveaux palestinien, arabe et international, avec la quatrième commémoration de la publication de la décision du tribunal international de La Haye qui a annoncé que le mur d’apartheid et la colonisation sioniste sont illégaux. Il a critiqué l'attaque sauvage des forces occupantes contre les habitants du village de Na'lin, situé à l'ouest de Ramallah, le blocus et le couvre-feu imposé contre le village depuis plus d'une semaine. Le ministère a également condamné les mesures des forces occupantes qui rasent les terres agricoles des citoyens palestiniens dans le village de Beit Hanina, au nord-ouest de la ville occupée d'Al-Qods, rien que pour construire leur mur d'apartheid. On note que le mur d'apartheid isole de grandes surfaces de terres agricoles des citoyens palestiniens en Cisjordanie et plus de 108 mille citoyens palestiniens. CPI 

11-07Le porte-parole de la présidence, M. Nabil Abu Redeina, a déclaré que 'l'agrandissement des colonies, par Israël, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est en particulier, est un grand obstacle à la paix.' Il a fortement condamné le projet israélien de construire 920 logements à Jérusalem-Est. 'Une telle politique provocatrice menace l’avancée du processus des négociations israélo-palestiniennes.' Il a appelé l'ensemble de la communauté internationale à agir d'urgence et à se porter garant du respect des rencontres d’Annapolis et de l'application de la feuille de route. G.R. - WAFA 13-07 Les Forces d'Occupation Israéliennes (FOI) ont réprimé dimanche soir, une manifestation contre le mur de séparation, dans le village cisjordanien de Nalin, faisant sept blessés dont cinq pacifistes. Selon un correspondant sur place,  la manifestation a démarré au centre du village, situé près de Ramallah, puis s'est dirigée vers le mur en construction sur les terres du village. Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : 'Démantelez le mur', 'Mettez fin à la saisie de nos terres'. D'après des témoins, les FOI ont envoyé des gaz lacrymogènes et des grenades éblouissantes sur les manifestants La semaine dernière, l'armée israélienne avait imposé un couvre-feu de quatre jours dans ce village, afin d'empêcher les manifestations.  G.R http://french.wafa.ps/?action=detail&id=4367


1-13 Déclaration et situation dans les geôles israéliennes -

Prisons & tortures 10-07 Le député du Hamas Mouchir Al-Masri a affirmé mercredi 9/7 que le député captif et dirigeant très célèbre du mouvement du Fatah Marwan Al-Bargouthi fait partie de la liste du Hamas des captifs dont il exige la libération. Cela fait partie des grands efforts déployés afin de la réaliser un échange avec le soldat Chalit.
Il est à souligner que le Hamas soutient fermement les intérêts et droits de tous les Palestiniens, dont les détenus qui souffrent énormément dans les prisons sionistes.
CPI



2  Politique Israélienne

Olmert 11-07 Olmert, est "accusé d’avoir cherché auprès de plusieurs sources (...) y compris l’Etat, un financement pour des vols à l’étranger dans ses fonctions officielles" de "maire de Jérusalem et ministre de l’Industrie et du Commerce". Chacune des sources a été sollicitée pour le même voyage, qui a donc été payé plusieurs fois, selon un communiqué publié conjointement par la police et le ministère de la Justice. Selon des responsables de la police qui ont requis l’anonymat, Ehoud Olmert s’est fait payer illicitement par ses différents contributeurs ses frais d’hôtel et plusieurs dizaines de voyages à l’étranger, représentant au total quelque 100.000 dollars (63.000 euros). Les enquêteurs pensent en effet, poursuit le communiqué, que des "sommes considérables" ont pu être "transférés sur un compte spécial (d’Olmert) que gérait pour lui son agence de voyage". Ces sommes étaient "utilisées pour financer des voyages privés à l’étranger par Olmert et sa famille", ajoute ce texte. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4816 11-07 Ehoud Olmert est également soupçonné d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent notamment d’un donateur américain, Morris Talansky, destinées au financement de ses campagnes électorales. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4816

Le Premier ministre reconnaît que la minorité arabe est victime de «discrimination»
Lors d’un colloque organisé jeudi par l’institut israélien de la démocratie, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a
reconnu publiquement que la minorité arabe d’Israël était victime « de discrimination ». « Les Arabes israéliens ne sont pas une menace stratégique, je ne les perçois pas de cette manière. La discrimination contre les Arabes existe. Une partie est intentionnelle, une autre non, mais cela à des effets, et le public israélien devrait être éduqué » pour qu’ils soient partie intégrante de la société, a déclaré M. Olmert, dont les propos ont été publiés hier par la presse israélienne. « Je ne nie pas et ne couvre pas le fait que pendant des années, il y a eu une discrimination », a-t-il ajouté. Il a affirmé cependant que son gouvernement s’employait à corriger cet état de fait, relevant une baisse du chômage et une augmentation des diplômés d’université chez les Arabes israéliens. « Vous êtes partie intégrante de l’État. Vous l’avez toujours été et le serez toujours », a assuré M. Olmert à leur intention. Dans ce contexte, il a appelé les leaders de la communauté arabe à renoncer à leur opposition à un « service civil national » au lieu du service militaire dont elle est dispensée.
10-07
Sources Lorient le Jour


2-4 Les grandes manœuvres 10-07 Elections anticipées au parti Kadima en mi-septembre au parti.Le candidat qui prendra la présidence formera une nouvelle coalition gouvernementale. Des sources proches de Kadima ont dit qu’Olmert ne participera pas à ces élections de la présidence du parti. CPI

2-9 Mur illégal de la Honte. B’Tselem dénonce le non-respect de l’avis consultatif de la Haye par Israël
L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme, B’Tselem, dénonce le non-respect de l’avis consultatif de la Haye par Israël. _ Il y a quatre ans, la cour internationale de justice jugeait illégal le mur de béton construit par Israël en Cisjordanie.
Dans un communiqué publié hier à l'occasion de son quatrième anniversaire, B'Tselemm rappelle qu'en mai dernier, 409 kilomètres de mur ont été construits, soit 57% du tracé final, et que 66 km (6%) sont actuellement en construction. Au final, le mur devra s'étendre sur 723 kilomètres et empiéter sur 11,9% de la Cisjordanie. ''En septembre 2005, juin 2006, et septembre 2007, ' la cour suprême israélienne a demandé l'annulation de trois tronçons du mur,  du fait des nuisances causées aux Palestiniens, jugées disproportionnées, et a ordonné à l'Etat de les déplacer. Celui-ci n'a toujours pas déplacé la barrière dans aucun de ces secteurs', dénonce B'Tselem.
Le communiqué conclut sur « le droit et le devoir d'Israël de protéger ses citoyens et résidents des attaques terroristes», mais que 'la construction d'une barrière de sécurité doit se faire 'le long de la ligne verte (d'armistice de 1967) ou sur son territoire.' 'Le tracé actuel n'est pas fait pour des raisons de sécurité, mais sert à maintenir et à étendre les colonies ', accuse B'Tselem. WAFA 11/7

2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies) Israël permet à 200 hommes d’affaires palestiniens de quitter Gaza
Après le début de la trêve, il y a trois semaines, 198 hommes d'affaires importants de Gaza ont obtenu des permis pour quitter Gaza (52 personnes se sont vu opposer un refus sans aucune explication.) accomplissant ainsi un nouveau pas vers la levée des sanctions économiques frappant l’enclave, a fait savoir jeudi l’Union locale des industriels et des entrepreneurs.
''Nous demandons aux autorités israéliennes d'allonger la liste des personnes et de proroger la durée des laissez-passer jusqu'à deux ans, comme c'était le cas à l'époque'', a déclaré à la presse le vice-président de l'Union des industriels et des entrepreneurs Ali al Khaek.


3 Politique Internationale des térritoires occupés

1 Pays Arabes & voisins 'Que le Conseil de sécurité condamne l'implantation des colonies' Les pays arabes ont demandé au Conseil de sécurité des Nations-unies de dénoncer l'implantation des colonies par le régime sioniste dans les territoires palestiniens, a indiqué la DPA. Le projet de résolution préparé par les pays arabes a été remis, mercredi, aux membres du Conseil de sécurité et au Président du groupe arabe de l'ONU. Le texte exige la cessation immédiate de la construction des colonies de peuplement. Toujours, selon ce rapport, soucieux de soutenir le régime sioniste, les Etats-Unis ont refusé la demande des pays arabes 10-07 http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=986116


6 Ue L’euro-silence serait au moins équivalent à une position concertée d’abstention au lieu d’être un zéro complice des Etats Unis. L’Union est en effet devenue suiviste à l’égard de tous les Mauvais diables et diablotins dénoncés dans le listing américain du Mal : l’Iran, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, les Chiites iraquiens, les Sunnites iraquiens les Taliban. Mais on ne peut croire que ce soit pour toujours. Pour l’empire des Baptistes américains de droite, le seul rapport possible avec le Mauvais c’est la conversion : ramener au Bien certains suppôts du mal. On créé des catégories de bons baathistes, de mauvais chiites et de bons chiites ; de bon sunnites (en dehors des Kurdes) : certaines tribus bédouines ou citadines sunnites arabes, qu’on recrute dans les polices et les milices alliées se rallient moyennant finance. www.cirpes.net/article228.html


Asie & Amérique du sud Japon 09-07 Dans une déclaration faite en sa qualité de président de la réunion de Toyako, le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda à au terme d'un sommet de trois jours a dit que le Groupe des Huit pays les plus industrialisés (G8) avait réaffirmé son soutien total aux négociations israélo-palestiniennes visant à parvenir à un accord cette année, et exhorté les parties à éviter toute initiative préjudiciable à ces pourparlers. Reuters

n°370 - Journal de la Palestine - 09-07 au 16-07 - suite -- La 'fragile' trêve entre Israël et le Hamas se résume à des vivres supplémentaires pour une journée de calme

Journal de la Palestine     - suite -            

N°370      09-07 au 16-07

M.Lemaire



Sommaire     - suite -

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Les médias occidentaux complices de la propagande israélienne.

5-2 "Le problème posé par ces armes (nucléaire israélien) n’a pas la place qu’il mérite dans le débat public alors qu’il est urgent de faire quelque chose à ce sujet au Moyen-Orient."

5-3 Le bloc du journaliste condamne les actions des services de sécurité d'Abbas contre les journalistes.

6 Les brèves

6-1 Le Hamas avertit l'Union de la méditerranée' : Abbas n'est pas capable de diriger le peuple palestinien.

6-2 Le village de Bil’in entame une action en justice contre deux entreprises de construction canadiennes.

6-3 Plus de 1800 logements et 25 entreprises israéliennes en perspective...

 6-4 Manifestation de protestation contre le mur d'apartheid à Beit Hanina.

6-5 Mur de séparation israélien: violents affrontements en Cisjordanie.

6-6 Israël classe sans suite 90% des dossiers d'agressions de Palestiniens.

7 Dossier

7-1 Le sionisme est un racisme (Aimé Césaire)

7-2 Point de vue de Philip Rizq : A Gaza l’occupation reste le cadre qui détermine tout.



5 Médias/Vidéos 

Les médias occidentaux complices de la propagande israélienne. Le 25 juin 2008, l’AFP titrait : ” Gaza : la trêve violée par le Jihad, Israël reporte l’ouverture de terminaux ” permettant d’approvisionner le réduit palestinien. Le Jihad islamique, organisation armée palestinienne, ayant attaqué Israël, comprenait-on, la trêve acceptée il y a une semaine par le Hamas et l’Etat juif était “violée”. Le rédacteur de la dépêche faisait référence au tir de trois roquettes, perpétré la veille à partir du territoire de Gaza, et revendiqué par le Jihad islamique. Certes, à la fin de l’article, le journaliste évoquait une opération militaire israélienne, lancée quelques heures avant l’attaque palestinienne. On lisait : ” Plus tôt dans la journée, un responsable du Jihad islamique, Tarek Abou Ghali, 24 ans, et un étudiant de l’université Al-Najah, Iyad Khanfar, 21 ans, ont été tués à Naplouse en Cisjordanie par des membres d’une unité spéciale israélienne déguisés en Palestiniens (…) Après leur mort, le Jihad islamique avait menacé de riposter au coeur « de l’entité sioniste ». Plus objectif, la veille, Reuters avait diffusé une dépêche sous le titre : ” La trêve de Gaza ébranlée par un tir de roquettes, tueries en Cisjordanie ” (en anglais : ” Gaza truce shaken by rocket fire, killings in WBank “). Dès la huitième ligne du bulletin, on apprenait ce tir de roquettes une réponse du Jihad islamique à l’opération meurtrière menée par les Israéliens le même jour. A la lecture de ce texte et de son titre, on percevait la responsabilité du viol de la trêve moins du fait des Palestiniens, que de celui des Israéliens. L’inverse en somme de l’effet produit par la dépêche de l’AFP citée plus haut. Certes, argumentant sur la base des termes de l’accord de la trêve, les Israéliens estiment la Cisjordanie hors du champ d’application de celle-ci. Mais il y a là une hypocrisie de taille. Ils savent parfaitement qu’attaqués dans cette deuxième partie de leur territoire, les groupes palestiniens armés ne manqueront pas de répliquer. Parmi les médias occidentaux, ceux qui minimisent cette évidence et attribuent la responsabilité du viol de la trêve aux seuls Palestiniens, défigurent la vérité. Plus grave, consciemment ou inconsciemment, ils servent la propagande de guerre d’Israël. Alain Chevalérias 9 juillet 2008                                                                 http://mecanopolis.wordpress.com/


5-2 "Le problème posé par ces armes (nucléaire israélien) n’a pas la place qu’il mérite dans le débat public alors qu’il est urgent de faire quelque chose à ce sujet au Moyen-Orient." "Le site Armageddon soutient qu’il donne en ligne [en hébreu] de nombreuses informations sur le programme nucléaire israélien, ses sites de production et de stockage", rapporte Yediot Aharonot. A l’origine de ce site se trouve un groupe d’intellectuels, de journalistes et de philosophes israéliens affilié à un groupe militant pour "un Moyen-Orient sans armes nucléaires, chimiques et biologiques", précise le quotidien israélien. "Selon ce groupe, soutenu par de nombreuses organisations opposées à la prolifération des armes de destruction massive, le problème posé par ces armes n’a pas la place qu’il mérite dans le débat public alors qu’il est urgent de faire quelque chose à ce sujet au Moyen-Orient." "Le projet est sponsorisé par le groupe britannique CND (Campaign for Nuclear Disarmament) et le site, dont le nom de domaine est enregistré en Israël, est hébergé par un fournisseur d’accès australien lui-même assisté par Enzyme, un groupe néo-zélandais qui soutient divers groupes progressistes", détaille Yediot Aharonot. Selon Gideon Spiro, un journaliste qui collabore à ce site, "aucune des informations publiées sur le site n’est confidentielle ; il n’y a donc aucune entrave à la loi. Seulement, quand il s’agit du programme nucléaire, le public est soumis à un lavage de cerveau par le gouvernement et ne possède de ce fait aucune information crédible." Ainsi, Armageddon n’est pas le seul site d’information sur les capacités nucléaires d’Israël. "Les sites abordant ce sujet sur la Toile seraient même assez nombreux. Mais la majorité des informations n’est pas disponible en hébreu." 11 juillet 2008 http://www.courrierinternational.com/article.asp ?obj_id=87661
5-3 Le bloc du journaliste condamne les actions des services de sécurité d'Abbas contre les journalistes. Le bloc du journaliste palestinien a exprimé son grand regret pour la continuation des campagnes d'arrestations des services de sécurité qui appartiennent au président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, contre les journalistes palestiniens en Cisjordanie. Il a affirmé, dans un communiqué de presse dont le Centre Palestinien d'Information a reçu, hier lundi 7/7, une copie, qu'il remarque que l'arrestation du journaliste Mohamed Al-Kalika, directeur du bureau d'Al-Rassed pour la presse dans la ville d'Al-Khalil, par les services de sécurité préventive, est une mesure très dangereuse. Le bloc a appelé toutes les factions à ne pas rester silencieux et à intervenir immédiatement et sérieusement pour cesser les pratiques des services de sécurité qui violent tous les droits de l'homme et la liberté du travail médiatique. Il a exprimé son soutien aux journalistes qui s'exposent aux mesures des services de sécurité d'Abbas, et il a affirmé qu'il ne reste pas silencieux devant ces pratiques inhumaines Gaza – CPI 09/07 .http://www.palestineinfo.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7gtA2MVpCMGIIncp%2f5OJI4D30w89QKmunMSRqTt%2bXZ%2foFuldxQGPNHhcbfMrK1WfJrJhBV2diDBY5CPI5Gw6UDpFX7O0qShBALpqz0WVTbpU


6 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Le Hamas avertit l'Union de la méditerranée' : Abbas n'est pas capable de diriger le peuple palestinien. Le président du bloc parlementaire du Hamas, Dr. Yahia Moussa, a averti le sommet de Paris pour "l'Union de la méditerranée", soulignant qu'il représente un nouveau projet pour que l'occupation soit acceptée dans la région arabe, ainsi qu'une nouvelle normalisation avec tous les pays arabes. Moussa a dit que l'entité sioniste occupe des territoires arabes, agresse le peuple palestinien et encercle la bande de Gaza, alors que les arabes rencontrent ses responsables à Paris.
Il a souligné que la réunion entre le président Abbas, et le premier Olmert, vient dans le cadre des rencontres inutiles exploitées par l'occupation lors de sa campagne pour arriver à des relations générales et totales avec les pays arabes et présenter l'ennemi de l'occupation comme un partenaire et qu'il existe un accord entre les palestiniens et les sionistes.
Le député Yahia Moussa a condamné les rencontres répétées d'Abbas avec Olmert, en disant qu'elles endommagent la question palestinienne et augmentent la souffrance du peuple palestinien.
Il a déclaré qu'Abbas n'est pas capable de diriger le peuple palestinien par ces moyens inutiles en négligeant ses responsabilités envers le peuple palestinien et ses hauts intérêts.
Le Djihad : L'Union Pour la Méditerranée vise à ouvrir des relations de normalisation avec l'ennemi Le mouvement du Djihad islamique en Palestine a considéré que le président français, Nicolas Sarkozy, tente, à travers la création de "l'Union Pour a Méditerranée", d'ouvrir des réseaux de normalisation entre les pays arabes et l'entité sioniste.
Le porte-parole du mouvement Walid Hallas a dit que la rencontre du président Abbas avec Olmert, avec la participation du président français, sert à organiser des rencontres qui rassembleraient le président de l'entité sioniste avec les dirigeants et responsables arabes.
Il a ajouté : "Nous comprenons que les dirigeants arabes ne puissent pas refuser ces appels et que ces rencontres soient liées à des pressions politiques".
Au sujet de la proposition de la France de jouer un rôle pour faire réussir les négociations et cesser la colonisation, Hallas a dit que cette proposition n'est qu'une illusion, car les Etats-Unis ne permettront jamais qu'un pays européen dirige ces négociations. http://www.alterinfo.net/En-disant-qu-Abbas-n-est-pas-capable-de-diriger-le-peuple-palestinien,-le-bloc-parlementaire-du-Hamas-avertit-contre-l_a21783.html

6-2 Le village de Bil’in entame une action en justice contre deux entreprises de construction canadiennes. Le village de Bil’in, situé en Cisjordanie, dans les territoires occupés palestiniens, a annoncé aujourd’hui qu’il a entamé une action en justice contre deux entreprises canadiennes pour crimes de guerre. L’action a été introduite devant la Cour supérieure du Québec, qui siège à Montréal (Canada). Vous trouverez ci-joint copie intégrale de la plainte. Les représentants de Bil’in allèguent que Green Park International Inc. et Green Mount International Inc., deux sociétés immatriculées dans la province du Québec agissant à titre d’agents pour l’État d’Israël, ont entrepris la construction illégale de résidences et autres bâtiments sur des terres sous juridiction municipale du village et procèdent à la mise en marché et à la vente de logements en copropriété à la population civile israélienne. En outre, les représentants de Bil’in prétendent dans leur plainte que ses terres ainsi que les intimés sont soumis aux règlements et obligations du droit international étant donné que la Cisjordanie est un territoire qui a été occupé à la suite d’un acte de guerre datant de 1967. Les représentants de Bil’in allèguent que Green Park International Inc. et Green Mount International Inc. ont violé le droit international et le droit national canadien. Bil’in sollicite une protection en vertu de la Quatrième Convention de Genève et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Ces deux textes de loi interdisent à une puissance occupante de transférer sa population civile dans un territoire qu’elle occupe à l’issue d’une guerre. Bil’in invoque également deux lois canadiennes, la Loi sur les Conventions de Genève et la Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, qui comportent les mêmes interdictions. Ces lois s’appliquent à tout Canadien, quel que soit l’endroit dans le monde où l’infraction a été commise. Bil’in demande à la justice canadienne de rendre sur-le-champ une ordonnance visant à stopper les constructions illégales et les dommages punitifs, et de prendre d’autres mesures réparatoires spécifiées dans la plainte. Après obtention d’une telle ordonnance au Canada, Bil’in a l’intention de déposer une requête auprès de la Cour israélienne afin de faire appliquer cette ordonnance en Israël et en Cisjordanie. Une recherche dans le registre des entreprises du Québec a révélé que les sociétés Green Park ont nommé un directeur unique, qui réside dans la Région de Montréal. Il semblerait que ce dernier soit simplement directeur à titre nominal et ne participe pas directement aux activités de Green Park, et à l’heure actuelle, les représentants de Bil’in n’ont aucune preuve directe que ce directeur soit personnellement lié ou impliqué à l’égard des délits civils mentionnés dans la plainte. Les réclamations fondées en droit de Bil’in ne sont reliées d’aucune façon aux affaires ou aux entreprises de Greenpark International Inc., « le plus important constructeur de logements du Canada », établi au 8700, Dufferin Street, à Vaughan, en Ontario, où à celles de ses filiales. Le village de Bil’in tiendra une conférence de presse à Ramallah jeudi 10 juillet 2008 à 13 heures (heure locale), et dans les bureaux de son conseiller juridique canadien à Toronto, Canada, à 10 heures (heure de l’Est). Tous les médias sont invités à y assister. Pour obtenir de l’information générale sur le village de Bil’in, visiter : http://www.bilin-village.org/francais            De : oim
 10 juillet  http://bellaciao.org/fr/spip.php?article68862


6-3 Israël poursuit la colonisation à Jérusalem-Est. Plus de 200 000 Israéliens se sont installés dans une douzaine de quartiers de colonisation construits à Jérusalem-Est depuis 1967. Ces annexions n’ont jamais été reconnues par la communauté internationale. La commission de planification urbaine israélienne, qui relève du ministère de l’intérieur, a approuvé, mercredi 9 juillet, la construction de 920 logements à Har Homa, un quartier de Jérusalem-Est annexé à l’Etat israélien. Ces nouvelles habitations font partie d’un projet de construction de 40 000 logements au cours des dix prochaines années à Jérusalem, pour certains dans des quartiers de colonisation de Jérusalem-Est. Ce projet avait été approuvé en juin par le ministère de l’intérieur, après l’avoir été par la municipalité. La mise en chantier du quartier de Har Homa, en mars 1997, avait suscité la colère des Palestiniens et conduit à un blocage durable du processus de paix. Plus de 10 000 colons y habitent d’ores et déjà. L’Autorité palestinienne a dénoncé ce projet d’extension qui menace la poursuite du processus de paix israélo-palestinien. "Cette politique met en doute la crédibilité d’Israël dans les négociations et celle de l’administration américaine qui n’a pas exercé suffisamment de pression pour mettre fin à cette politique destructrice", a déclaré le porte-parole de la présidence de l’Autorité palestinienne. Mark Regev, le porte-parole du premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a indiqué que le gouvernement n’était "pas au courant de nouveaux appels d’offres" pour ces constructions. 200 000 Israéliens à Jérusalem est Les limites municipales de Jérusalem ont été considérablement étendues vers l’est après la guerre de juin 1967, pour englober la partie arabe de la Ville sainte et des secteurs avoisinants, tous situés en Cisjordanie. Plus de 200 000 Israéliens se sont installés dans une douzaine de quartiers de colonisation construits à Jérusalem-Est depuis 1967. Ces annexions n’ont jamais été reconnues par la communauté internationale. La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, en visite dans la région en juin, avait critiqué la poursuite de la colonisation. Pour les Palestiniens, qui veulent faire du secteur oriental de Jérusalem la capitale de leur futur Etat, la colonisation est le principal obstacle à la paix. Son gel fait d’ailleurs partie de l’une des trois étapes de la "feuille de route", le plan international de paix lancé en 2003 et à nouveau accepté par Israël et les Palestiniens lors de la réunion internationale du 27 novembre à Annapolis sur le Proche-Orient. jeudi 10 juillet 2008
Le Monde et AFP http://www.france-palestine.org/article9407.html
6-3 Plus de 1800 logements et 25 entreprises israéliennes en perspective... Cet article vient du site  Israel Valley... regardez comment ils racontent les choses et comment ils se foutent de la gueule du monde ! Ils continuent de coloniser tant à Jérusalem qu'en Cisjordanie, comme si de rien n'était et en se fichant pas mal de ce que peut penser tant que Rice que le reste du monde. Bandes de voleurs, de criminels, vous allez bientôt rendre jusqu'au dernier shekel ou dollar tout ce que vous avez pris. La Terre vous réserve une jolie surprise !
VILLE d'ARIEL : 25 nouvelles entreprises israéliennes devraient s'installer dans la zone industrielle
La commission régionale de construction et de planification de Jérusalem a approuvé hier le dépôt d’un projet de construction de neuf cent vingt nouveaux logements dans le quartier de Har Homa, au sud-est de la ville. Il s’agit, écrit le Yediot Aharonot, de la troisième phase d’élargissement de ce quartier situé sur des terrains annexés par Israël en 1967. Ce projet s’ajoute à l’appel d’offres, lancé il y a deux mois, pour la construction de huit cent quatre vingt-quatre logements à Pisgat Zeev, un quartier du nord-est de la ville. Par ailleurs, le ministre de la Défense a autorisé, cette semaine, l’élargissement de la zone industrielle située près de la ville d’Ariel, dans le nord de la Cisjordanie. Près de vingt-cinq nouvelles entreprises israéliennes devraient s’installer dans la zone industrielle dont la superficie doublera au cours des dix-huit prochains mois. Le Maariv note qu’au terme du sommet du G8, les chefs d’Etat et de gouvernement réunis au Japon ont évoqué, dans leur déclaration commune, le conflit israélo-palestinien, appelant les deux camps à respecter leurs engagements dans le cadre de la Feuille de route et à ne pas faire de démarches qui pourraient compromettre les négociations. Par ailleurs, ajoute le journal, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a l’intention d’inviter à Washington les équipes de négociation israélienne et palestinienne, au cours de la deuxième quinzaine de juillet. Mme Rice souhaite en effet que soit établi un document décrivant « ce qui a été obtenu » jusqu’ici dans le cadre des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne et fixant un cadre pour la poursuite des négociations en 2009, après le changement de pouvoir aux Etats-Unis.—
Sources Israel Valley
Posté par Adriana Evangelizt

6-4 Manifestation de protestation contre le mur d'apartheid à Beit Hanina.
Les 9 et 11 juillet, les gens de Beit Hanina ont marché vers la route pour les colons, où Israël va construire le mur. Environ 100 Palestiniens et militants internationaux de la solidarité ont participé à la manifestation.
Les soldats israéliens et la police des frontières sont arrivés pour disperser la manifestation. Ils ont hurlé sur les manifestants jusqu'à ce que ceux-ci finissent par quitter les lieux.
De l'autre côté de la route, une autre manifestation, avec des gens de l'autre partie séparée de Beit Hanina, a eu lieu. Les deux manifestations n'ont pu se rejoindre
à cause de la route pour colons, qui est entourée par une grille et surveillée par les soldats.
Manifestation à Beit Hanina, le 9 juillet
Près de 300 personnes de Beit Hanina et des villages voisins se sont réunis pour manifester contre le mur le 9 juillet. Les gens ont marché le long du mur, près de la route pour colons qui coupe Beit Hanina en deux. Ils ont défilé pendant environ une heure jusqu'à ce qu'ils arrives aux portes de la grille. Elle bloque un tunnel qui, s'il n'y avait pas de mur, pourrait relier les deux parties de Beit Hanina sous l'autoroute.
300 personnes du "nouveau" Beit Hanina (le côté Jérusalem du village) devaient rejoindre la manifestation venant de l'autre côté de la grille, mais ils ont été stoppé par des monticules de terre dressés par l'armée avant qu'ils n'atteignent la grille.
Lorsque les gens de "l'ancien" Beit Hanina ont atteint la grille après une marche complètement pacifique, les soldats l'ont ouverte et ont hurlé aux manifestations de repartir, de rester calmes et de se disperser. Les manifestants n'ayant pas reculé, l'armée a commencé à tirer des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes sur la manifestation.
Beit Hanina était le village le plus grand de Cisjordanie en terme de surface totale. Mais ce n'est plus le cas, à cause de l'occupation. Israël a commencé à confisquer la terre pour construire 7 colonies. En 2003, la terre a été volée pour construire l'autoroute des colons, qui va des colonies au centre de Jérusalem. L'autoroute coupe le village en deux, le nouveau Beit Hanina, du côté Jérusalem, et le vieux Beit Hanina, du côté de la Cisjordanie.
Avan t l'autoroute, il fallait deux minutes pour aller d'un côté de Beit Hanina à l'autre. La grille sous l'autoroute n'ouvre à aucune condition, sauf pour l'armée israélienne, ce qui signifie qu'il faut maintenant près d'une heure et demi pour aller d'un côté à l'autre du village. Beaucoup de villageois ont de la famille ou des amis des deux côtés de l'autoroute.
Aujourd'hui, l'occupation vole 55.500 autres dunums de terre pour construire le mur, ce qui fait que le "vieux" Beit Hanina est encerclé par le mur, sauf une petite route qui va à Ramallah. Le mur est prévu former une sorte de crochet autour du village.
Le chantier du mur a commencé le 16 juin et depuis ce jour, les bulldozers détruisent tout. Des oliviers deux fois millénaires ont été arrachés pour préparer le terrain. Les revenus de presque totalité du village dépendent des oliviers.
Lorsque le mur sera terminé, les villageois auront perdu tout accès à plus de 2.000 de leurs arbres.
Source : Palsolidarity Par ISM Palestine - 13-07 Traduction : MR pour ISM http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=9426&type=temoignage&lesujet=Le%20Mur

6-5 Mur de séparation israélien: violents affrontements en Cisjordanie. Il y a quatre ans, la Cour internationale de justice jugeait illégale la barrière bétonnée construite par Israël en Cisjordanie. L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem dénonce le non-respect de cet avis par l’Etat hébreu. Des heurts ont opposé ce mercredi des soldats israéliens à quelque 200 personnes qui manifestaient en Cisjordanie contre le mur de séparation israélien, à l’occasion du 4ème "anniversaire" de l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) le jugeant illégal et exigeant son démantèlement. Des dizaines de manifestants ont lancé des pierres et sont montés sur des bulldozers israéliens participant à la construction d’un tronçon de la barrière à Nilin, un village à l’est de Ramallah et symbole de la contestation contre le mur. "A bas l’occupation!" ont crié les manifestants, dont certains brandissaient des drapeaux palestiniens. Les soldats israéliens ont d’abord utilisé des gaz lacrymogènes pour les disperser, puis ont tiré des balles caoutchoutées, blessant au moins sept personnes, dont des activistes étrangers, a affirmé à l’AFP Salah al-Khawaja, un des organisateurs de la protestation. Près de Bethléem (sud de la Cisjordanie ), environ 150 personnes ont manifesté, selon un journaliste de l’AFP. Des échauffourées ont également éclaté avec des soldats israéliens sans faire de victimes. D’autres manifestations se sont déroulées près de Tulkarem et Qalqiliya (nord). "Emeutes violentes" De son côté, un porte-parole de l’armée israélienne a fait état d’"émeutes violentes". Un soldat et un ouvrier employé sur le chantier de la barrière ont été blessés par des tirs de pierre, selon ce porte-parole. «Notre objectif est de stopper les bulldozers. Aujourd’hui, il y aura des manifestations partout en Cisjordanie pour marquer l’anniversaire de la décision de la Cour de la Haye , a affirmé Salah al-Khawaja. Qu’espèrent les Israéliens des agriculteurs quand ceux-ci voient leurs arbres déracinés? Ils veulent juste pouvoir vivre.» Pour Hassan Moussa, 33 ans, un enseignant venu manifester avec son fils de 7 ans, Israël «veut transférer les Palestiniens et les expulser de leurs terres» en construisant la barrière. «Le mur affecte tout le monde ici», dit l’enseignant, soulignant qu’il avait été blessé lors d’une précédente manifestation. Dans un même temps, B’Tselem dénonce dans un communiqué le fait que l’Etat hébreu n’a pas procédé aux modifications du tracé de la barrière de séparation en Cisjordanie ordonnées ces dernières années par la Cour suprême israélienne. B’Tselem est la principale organisation israélienne de défense des droit de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. En septembre 2005, juin 2006, et septembre 2007, « la Cour Suprême israélienne a annulé trois tronçons du mur, sur la base des nuisances causées aux Palestiniens étaient disproportionnées et a ordonné à l’Etat de les déplacer. L’Etat n’a toujours déplacé la barrière dans aucun de ces secteurs», dénonce B’Tselem. 723 kilomètres de long une fois achevé Par ailleurs, l’ONG rappelle qu’en mai dernier 409 kilomètres de mur ont été construits, soit 57% du tracé final, alors que 66 km (6%) sont actuellement en construction. Au final, le mur doit s’étendre sur 723 kilomètres et empiéter sur 11,9% de la Cisjordanie. Le communiqué conclut sur «le droit et le devoir d’Israël à protéger ses citoyens et résidents des attaques terroristes». Mais B’Tselem considère que la construction d’une barrière de sécurité, qui, selon les gouvernements successifs, a permis de fortement réduire le nombre d’attentats palestiniens, doit se faire «le long de la ligne verte (d’armistice de 1967) ou sur son territoire». «Le tracé actuel n’est pas fondé sur des considérations de sécurité, mais sert à maintenir et à étendre les colonies», accuse l’ONG israélienne. Source : Libération 09/07/2008 http://www.bilin-village.org/francais/articles/presse-et-medias-independants/Mur-de-separation-israelien-violents-affrontements-en-Cisjordanie 

6-6 Israël classe sans suite 90% des dossiers d'agressions de Palestiniens. Le racisme anti-palestinien est courant en Israël, et particulièrement chez les colons et religieux orthodoxes. Ceux-ci s'en prennent régulièrement auc Palestiniens vivant près de leurs colonies (souvent illégales), apparemment en toute impunité. Pour écarter ces plaintes, la police a invoqué pêle-mêle le manque de preuves, l'identité inconnue des malfaiteurs, l'absence de délit ou encore le manque d'intérêt public. Dans neuf cas sur dix, la police israélienne ne donne pas suite aux plaintes de Palestiniens de Cisjordanie déposées pour diverses agressions contre eux par des Israéliens, affirme un rapport de l'organisation israélienne de défense des droits de l'homme Yesh Din publié mercredi.
Ce rapport indique que sur 205 dossiers ouverts ces dernières années et suivis par Yesh Din, 163 ont effectivement été examinés par la police, et seuls 13 ont abouti à des inculpations (8% du total). Le rapport précise que 149 dossiers ont été clos d'emblée (91% du total), tandis qu'un autre, jamais examiné, a été perdu.
Sur l'ensemble de ces dossiers, 81 concernaient des attaques sur la personne de Palestiniens effectuées presque toutes par des colons israéliens, et 62 ont été examinés, suivis d'inculpations dans 9 cas seulement. Les autres plaintes des Palestiniens portaient notamment sur des vols de terres, des incendies criminels, des arbres déracinés, diverses atteintes à la propriété ou à des récoltes etc.
Pour écarter ces plaintes, la police a invoqué pêle-mêle le manque de preuves, l'identité inconnue des malfaiteurs, l'absence de délit ou encore le manque d'intérêt public. "En épargnant aux civils israéliens en Cisjordanie l'application de la loi dans toute sa rigueur, l'Etat d'Israël viole ses engagements moraux et internationaux envers les populations sous son contrôle", a affirmé Michael Sfard, conseiller juridique de Yesh Din. (belga/7sur7)
09/07/08 08h59 http://www.7sur7.be/7s7/fr/1735/Israel-Palestine/article/detail/341231/2008/07/09/Israel-classe-sans-suite-90-des-dossiers-d-agressions-de-Palestiniens.dhtml


7 Dossier Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  7-1 Le sionisme est un racisme (Aimé Césaire) « Des récits en sont faits, et de loin vous imaginez une situation catastrophique. Quoique vous vous soyez représenté, cela n ‘égale pas l’horreur de ce que vous observerez par vous-même en Palestine occupée. Le niveau du racisme et de la brutalité excède largement ce que nous avons vécu à la pire des périodes de l’apartheid en Afrique du Sud. »  « Dans le régime de l’apartheid, le Noir est considéré comme un inférieur. Je ne pense pas que les Israéliens voient les Palestiniens comme des êtres humains. Comment un cerveau humain peut-il concevoir une séparation si totale, des routes séparées, de tels check points ? Ce que nous avons trouvé est terrible, terrible, terrible et rien ne peut lui être comparé.
Nous savions qu’il y aurait un terme à notre situation un jour, ici il n’y a pas de fin à l’horizon. La fin du tunnel est plus noire que noire. »
« Sous l’apartheid, Blancs et Noirs partageaient certains espaces.
Palestiniens et Israéliens ne se rencontrent jamais.
La séparation est totale. Il m’a semblé que les Israéliens souhaitent la DISPARITION des Palestiniens.
J’ai vu faire des colons à Silwan (au Nord-Est de Jérusalem), ce sont des gens qui veulent en chasser d’autres de leur chez eux. »
Voici donc des extraits d’une narration faite par le journaliste Mondi Makhanya dans le Sunday Times of South Africa au décours d’une visite d’une délégation de 21 membres de l‘ANC de Nelson Mandela en Palestine cette semaine passée. Parmi eux des écrivains, avocats, des journalistes, deux juges de la Cour Suprême d’Afrique du Sud, des députés, des Noirs des Blancs dont des juifs sud-africains et ils ont passé le plus clair de leur séjour en Cisjordanie.
Joindre Naplouse depuis AL Qods par l’autoroute 60 réservée au peuple élu, observer les colonies juives en Cisjordanie qui juchent chaque colline puis tomber sur le check point de Hawara avant de déambuler dans les ruelles du camp surpeuplé de Balata remplit tout humain qui en fait l’expérience d’une colère douloureuse qu’il saura contenir ou non.
Ainsi, l’Apartheid est un euphémisme inconvenant pour  désigner le traitement infligé par les sionistes aux Palestiniens.
« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer ….qu’au bout de tous ces traités violés, ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et ‘interrogés’, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, .. il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe.. »(1)
D’après une enquête menée par le ‘Center Against Racism in Israel’ et publiée sur le site Ynet, les résultats du sondage sont en parfaite adéquation avec les propos d’Aimé Césaire.

Plus de 50% des personnes interrogées répondent que  le mariage d’une femme juive avec un Arabe est un acte de trahison de la nation. Plus de 75% refusent d’habiter le même immeuble que les Arabes.
Plus de 60% refuseraient de faire visiter leur maison par un Arabe.
Plus de 40% dénient le droit de vote aux Arabes.
Plus de 50% souhaitent que l’État doive encourager les Arabes à émigrer, à quitter leur patrie.
Plus de 50% ne voudraient pas travailler sous les ordres d’un Arabe.
Plus de 55% sont favorables à ce que les lieux de divertissement pour Arabes et Juifs soient séparés.
31% ressentent de la haine à entendre parler un Arabe.
50% disent ressentir de la peur quand un Arabe s’exprime.
37% estiment la culture des Arabes inférieure (à la leur ? sans doute l’européenne)
Plus de 56% croient que les Arabes constituent une menace sécuritaire et démographique.
Pas de colonialisme sans racisme donc, et la qualification à Durban du sionisme comme un racisme est plus que méritée.
(1)    Discours sur  le colonialisme, Présence Africaine, mai 2008, page 12 d’Aimé Césaire
Convergence des Causes
14 juillet 2008
http://www.convergencedescauses.com/content/view/1321/60/


7-2 Point de vue de Philip Rizq : A Gaza l’occupation reste le cadre qui détermine tout. Chaque occupation a ses gagnants et ses perdants, les quelques-uns qui en profitent et ceux qui y perdent presque tout. Le peuple de Gaza survit avec les moyens du bord, beaucoup d’ingéniosité et une grande volonté. Au passage de la frontière pour entrer dans Gaza une femme d’un âge moyen s’est assise à côté de moi, paraissant plutôt pâle. Elle était accompagnée de quelqu’un qui semblait être sa mère, et encore plus frêle qu’elle. Entre ses mains la femme malade tenait un paquet de six verres de thé. Cela semblait un peu étrange que ce genre d’article doive être importé dans Gaza alors qu’il y a si peu d’autorisations pour faire cette excursion tout à fait exceptionnelle au delà des frontières. Plus tard le même jour, après un important déjeuner d’accueil et après avoir bu le thé dans des tasses en plastique j’ai découvert que les verres de thé comme tant d’autres articles étaient épuisés dans Gaza. Un seul verre aurait presque atteint le prix de toute une série et pour ma famille d’accueil ce n’était tout simplement pas abordable. J’ai passé une bonne partie de mon deuxième jour à la plage. L’unique sortie possible pour une majorité de la population de Gaza est d’autant plus une réalité les jours d’été comme celui-ci, les centaines de personnes se réunissant à la plage pour échapper à la routine quotidienne. Chaque occupation a ses gagnants et ses perdants, les quelques-uns qui en profitent et ceux qui y perdent presque tout. Récemment j’avais lu Marx qui considérait que la construction et l’écriture de « l’histoire » étaient basés sur la division des sociétés en classes. Selon Marx, le monde n’était pas tant explicable par des actes divins accueillis avec passivité par l’humanité, que sous la direction et par les actes des peuples. Pour Marx, ces actes de l’histoire étaient déterminés — et se comprenaient — par la division en classes. Dans la soirée j’ai été invité à une réunion dans la haute société de Gaza. Pour certains, la ré-ouverture récente des frontières était une pied de nez à leurs monopoles sur le marché. Le prix d’une tonne de ciment était maintenant redescendu à 520 shekels, alors qu’il y a une semaine un sac de 10kg coûtait 270 shekels. Dès que le ciment a pu entrer à nouveau dans Gaza, le gouvernement du Hamas — qui montre des couleurs plutôt socialistes — a fixé les prix de façon à miner ce genre de monopoles et à rendre les prix accessibles pour la population. Cette même nuit nous avons mangé du canard, du poulet et des ailes de poulet, de grands plats de divers desserts et de la pastèque. A compter de ce jour Marx a commencé à me paraître beaucoup plus sensé. Entre la plage et cette soirée « BBQ [Barbecue ?] » j’ai eu un avant-goût des rues de Gaza sous le régime des coupures d’énergie. En raison de la limitation par Israël des quantités de combustible qui entrent dans Gaza seulement un tiers des approvisionnements nécessaires sont fournis. Cette quantité limitée n’est pas mise sur le marché régulier, qui la ferait grimper jusqu’à des prix extrêmement élevés et créerait un autre monopole.  Au contraire, le Hamas répartie cette quantité plutôt raisonnablement. Naturellement une majorité de membres du Hamas et tous les bureaux du gouvernement sont approvisionnés. De plus, le Hamas fournit des quantités hebdomadaires de combustible aux prix du marché régulier à tous les conducteurs qui enregistrent leurs voitures. Une partie de cet approvisionnement et probablement un pourcentage de la part attribuée au Hamas s’écoulent sur le marché noir à des prix extravagants inaccessibles pour beaucoup ; un litre d’essence coûte jusqu’à 15 dollars. Beaucoup de conducteurs ne peuvent pas se permettre de s’enregistrer, comme ils ne le faisaient d’ailleurs pas depuis longtemps sous le gouvernement précédent du Fatah car le coût cumulé en est simplement trop élevé. Au lieu de cela beaucoup ont commencé à employer de l’huile de cuisine pour remplir leurs réservoirs. Les rues sentent en conséquence. La puanteur d’huile de « falafil » qui remplit l’air rend la marche à pied sur les routes principales à peine supportable. Du côté palestinien du passage frontalier vers Gaza, portant mes bagages pour un petit bout de chemin, Ridwan m’a indiqué combien il était si fatigué de tout. Chaque nuit, tirant dans les deux sens, en va-et-vient, le cessez-le-feu — si précaire et bien que violé par les deux côtés jusqu’à maintenant — lui a donné un certain répit. Plus tard dans la soirée, tout en fumant et jouant aux cartes, la bonne société de Gaza a parlé de ses craintes quant aux effets du cessez-le-feu. Quelques jours plus tôt une fusée artisanale a été tirée dans le désert israélien, à l’initiative d’un groupe d’hommes d’affaires qui ont trop à perdre avec la fin des combats et l’ouverture des frontières. Les rues vers le centre de Gaza sont remplies de camions chargés de fruit israéliens, et il est rare que ces produits fassent défaut, les fermiers israéliens ayant un marché captif dans Gaza où les fermiers cultivent en grande partie des légumes et comptent sur Israël pour les fruits de catégorie B. Sans vouloir trop dramatiser, sur ces deux jours j’ai vu « l’histoire » écrite par la division en classes au delà même des frontières de l’occupation. Mais l’occupation demeure la couleur dominante où les couleurs de la division se fondent. A Gaza l’occupation reste le cadre qui détermine tout. Philip Rizk – Miftah 9     9 juillet

Philip Rizq est égyptien et allemand. Il a séjourné dans Gaza à de nombreuses occasions. Il a écrit cet article pour Palestine  Chronicle.com Miftah - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.miftah.org/Display.cfm?D...
Traduction de l’anglais : Alverny
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4705

n°370 - Journal de la Palestine - 09-07 au 16-07 - Fin -- La 'fragile' trêve entre Israël et le Hamas se résume à des vivres supplémentaires pour une journée de calme

Journal de la Palestine     - Fin -            

N°370      09-07 au 16-07

M.Lemaire



Sommaire     - Fin - 7 Dossier                   - suite -

7-3 Point de vue de Amos Harel:  Le commandement central de l'armée israélienne projette de fermer un nombre important d'associations caritatives - Objectif : détruire le réseau civil du Hamas en Cisjordanie.

7-4 Point de vue de Ami Ayalon : Les Israéliens auront la sécurité lorsque les Palestiniens auront l’espoir.

7-5 Point de vue de Andrew Winkler : La plupart des Européens voit le régime d'apartheid comme la plus grande menace pour la paix dans le monde.

7-6 Point de vue de Mohamed Ilias : Notre choix de la lutte populaire non violente est le bon.

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 La fragile trêve entre Israël et le Hamas se résume à des vivres supplémentaires pour une journée de calme



7-3 Point de vue de Amos Harel: Le commandement central de l'armée israélienne projette de fermer un nombre important d'associations caritatives - Objectif : détruire le réseau civil du Hamas en Cisjordanie.  L'armée israélienne renforce la lutte contre les « associations caritatives » Un officier supérieur : « Il y a ici un défi qu'Israël n'a pas relevé. Ce devrait être une offensive de l'Etat. » La Défense renforcera prochainement l'offensive contre les réseaux civils du Hamas en Cisjordanie. Le commandement central de l'armée israélienne projette de fermer un nombre important d'associations caritatives identifiées à l'organisation, de confisquer leurs biens et de saisir, pour investigation, ordinateurs et documents rendant compte de leur activité. Depuis le début de l'année, des opérations semblables ont été réalisées dans la région d'Hébron, Kalkiliya et Ramallah, mais la campagne sera prochainement très nettement étendue, y compris dans d'autres régions de Cisjordanie. L'armée israélienne a récemment obtenu le feu vert juridique pour alourdir les sanctions prises à l'encontre d'organes civils liés au Hamas (le dispositif de la « Dawa »). Se voit ainsi autorisée aujourd'hui, entre autres, la confiscation de biens procurant des revenus aux associations liées au Hamas même si elles n'ont pas de lien clair avec une activité terroriste. C'est ainsi que l'armée israélienne a fermé un centre commercial à Hébron, du fait de liens avec des associations islamiques identifiées au Hamas, qu'elle a fermé des ateliers de couture et confisqué des autobus de la société de transport appartenant à l'association islamique. De même, des bureaux ont été fermés, des entrepôts et divers avoirs financiers. A Hébron, l'armée a interdit l'ouverture d'une nouvelle école dont la construction est déjà achevée, et ceci en raison d'un lien avec le Hamas. Au sein de l'armée, on affirme que la fermeture de ces institutions prive le Hamas d'une source essentielle de revenus destinés au terrorisme. En même temps, l'effort déployé vise à faire obstacle à l'accroissement de l'influence du Hamas en Cisjordanie, en partant du constat que l'organisation gagne en popularité et qu'elle est susceptible de prendre le contrôle de la Cisjordanie des mains de l'Autorité Palestinienne. Porter atteinte à la « Dawa » serait, dit-on, essentiel pour désorganiser l'activité du Hamas et la réalisation de ses objectifs. Les principes du plan ont été présentés au Premier ministre, au Ministre de la Défense , au chef d'état-major et au chef de la Sûreté générale [Shabak] qui les ont approuvés. De hauts responsables de l'armée ont déclaré à « Haaretz » que le Hamas avait construit en Cisjordanie, au cours des dernières années, « une structure organisationnelle pouvant, en cas de besoin, constituer la base d'un État. C'est simplement 'un État d'associations'. Ils accumulent un fort soutien populaire et s'appuient sur d'importants flux d'argent venant de l'étranger, pour un montant annuel de centaines de millions de dollars, en provenance d'organismes d'Arabie Saoudite, des pays du Golfe et des communauté musulmanes d'Europe, des États-Unis et d'Amérique du Sud ». Un des officiers a dit estimer que l'armée israélienne restait le principal obstacle à une prise de contrôle de la Cisjordanie par le Hamas, parce que l'activité de l'armée limite la capacité militaire du Hamas et l'empêche de défier d'une manière plus directe l'Autorité Palestinienne. « Ils ont des connaissances, de l'argent et des gens qualifiés, beaucoup plus que le Fatah. Ils ont gagné les élections dans une grande partie des municipalités et des conseils locaux et ils conquièrent graduellement le pouvoir dans d'autres institutions d'enseignement, de santé, d'assistance sociale et institutions religieuses ». « Malheureusement », a ajouté l'officier, « nous menons ici un combat d'arrière-garde. Nous parlons de renforcer les éléments modérés, autrement dit l'Autorité Palestinienne, mais en réalité, sur le terrain, le pouvoir de celle-ci est réduit. Le Hamas a pris le contrôle de toutes les institutions. Pas seulement d'institutions typiquement islamiques, mais aussi des institutions qui étaient, auparavant, sous le contrôle de l'Autorité Palestinienne. La population palestinienne préfère le Hamas parce qu'ils sont moins corrompus et plus efficaces. Il y a ici un défi que l'État d'Israël n'a pas relevé. Jusqu'à ce jour, nous n'avons pas déclaré la guerre au Hamas. Cela devrait être une offensive de l'État, pas un travail local de l'armée israélienne et de la Sûreté générale. » Fin 2007, à l'initiative du commandant Gadi Shamni, une équipe spéciale a été créée au sein du commandement central, avec pour objectif la lutte contre le réseau civil du Hamas. Des représentants de la Sûreté générale, de l'Administration civile et de la police y prennent part également. Dans le cadre de cette étroite collaboration, des équipes ont été constituées à partir de diverses unités et se sont vues adjoindre plusieurs juristes spécialisés dans la lutte contre le transfert d'argent du terrorisme. Parmi les institutions de Cisjordanie dans lesquelles les forces de sécurité ont alors fait des descentes, il y avait des institutions d'enseignement, de santé, des œuvres caritatives et même des soupes populaires et des orphelinats. Des dizaines d'institutions ont été fermées et leur matériel confisqué. Dans les institutions qui ont été fermées, de nombreux documents ont été saisis. Contrairement à la situation passée, où des documents se retrouvaient entreposés des années durant parce qu'il n'y avait pas assez de personnel spécialisé pour les trier et les traduire, cette fois-ci une équipe de traducteurs a été mise sur pied avec pour mission de traiter les documents saisis. Après consultation juridique, une partie des documents servent au dépôt d'actes d'accusation contre des membres actifs au sein des institutions. A ce jour, plusieurs dizaines d'actes d'accusation ont été introduits et dans quelques cas, des militants ont été condamnés, parfois même à des peines de prison. De même, la police a ouvert plusieurs enquêtes, sur le soupçon de blanchiment d'argent et de transfert de fonds du terrorisme. De hauts responsables ont ajouté que « cette offensive était actuellement la chose la plus dérangeante pour le Hamas en Cisjordanie. Mais ce n'est que le début de l'effort entrepris, et il y faut davantage d'activité et davantage de ressources. On ne peut encore comparer l'efficacité des forces de sécurité dans ce domaine avec le niveau d'efficacité développé au sein de l'armée et de la Sûreté générale au cours des dernières années, pour tout ce qui concerne la lutte contre le terrorisme des terroristes-suicides venant de Cisjordanie. » Amos Harel Haaretz, 7 juillet 2008 Traduction de l'hébreu : Michel Ghys www.haaretz.co.il/hasite/spages/999691.html Version anglaise : IDF to crack down on Hamas in West Bank www.haaretz.com/hasen/spages/999578.html

7-4 Point de vue de Ami Ayalon : Les Israéliens auront la sécurité lorsque les Palestiniens auront l’espoir.

Ndlr :La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le  point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information Le 25 juin 2003, l’Israélien Ami Ayalon et le Palestinien Sari Nusseibeh lançaient ensemble la campagne civile pour la paix intitulée la Voix des Peuples. Cette initiative s’articule autour d’une déclaration de principe en six points dont le fondement est la formule 2 peuples, 2 Etats. Depuis lors, elle a recueilli presque 500.000 signatures et Ami Ayalon a fait son entrée sur la scène politique. En 2006, il devient député travailliste à la Knesset et depuis septembre 2007, il siège au gouvernement comme ministre sans portefeuille. Cet ancien commandant en chef des forces navales israéliennes et ancien directeur des services de renseignement intérieur, le Shin Beth (1996-2000) participait au Parlement européen à une conférence sur le développement régional au Proche-Orient. A cette occasion, il a accordé un entretien à l’équipe de Kol Shalom. NdT Interview exclusif de Ami Ayalon pour Kol Shalom - 3 juillet 2008 Pourquoi considérez-vous que l’armée a tendance à privilégier l’usage de la force et a du mal à comprendre que les Israéliens n’auront la sécurité que lorsque les Palestiniens auront l’espoir ? Quand j’étais militaire, j’avais le même problème. Les militaires ont tendance à voir le monde à travers la lunette de leur fusil. Quelle que soit l’arme dans laquelle ils servent, les militaires croient que la force est la réponse au problème. Cela peut paraître simpliste mais c’est ce qu’on attend de l’armée : qu’elle fasse usage de la force. En démocratie, c’est aux dirigeants politiques d’ordonner aux militaires de recourir ou non à la force armée. En ce qui me concerne, j’ai pris conscience des limites de la force lorsque je suis devenu directeur du Shin Beth. L’approche et l’organisation sont différentes de l’armée. Cela ne signifie pas pour autant que nous devons abandonner définitivement l’usage de la force. Que cela plaise ou non, nous serons encore amener à le faire. En revanche, il faut savoir que cela ne résout pas le conflit. Pour ce faire, il faut tenir compte des attentes, des frustrations et des espoirs des Palestiniens. Des barrages en Cisjordanie suscitent la haine et frustration des Palestiniens en raison des difficultés que cela engendre dans leur vie quotidienne. Tant que ces dispositifs seront en place, nous serons incapables de créer une vie meilleure pour les Palestiniens. C’est pourquoi, il est nécessaire de rechercher l’équilibre entre les exigences de sécurité et les préjudices causés aux Palestiniens. Sur cette question cruciale, le débat existe en Israël, même au sein de l’armée. De nombreux officiers pensent qu’on peut réduire le nombre de barrages car cela diminuera les frustrations des Palestiniens qui pourront alors vivre normalement. D’autres, en revanche, demeurent convaincus que chaque fois que nous prenons une mesure de ce type, nous ne récoltons que plus de violence et de terreur. Pensez-vous encore que les traumatismes juifs du passé soient à l’origine de cette survalorisation de la force ? Oui. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons changer en un seul coup. Il faudra encore attendre une autre génération. Ce n’est pas un ennemi militaire qui effraye les Israéliens. Nous possédons des capacités militaires importantes pour nous défendre contre lui. C’est beaucoup plus profond : nous ne faisons confiance en personne. La cause de cette méfiance énorme se retrouve dans notre histoire et surtout dans la manière dont l’interprétons encore aujourd’hui. Quand le peuple juif avait besoin d’aide et d’assistance, personne ne s’est manifesté et les Juifs étaient seuls face à un ennemi qui l’exterminait. Nous projetons ce traumatisme sur la situation actuelle. Cette lecture de l’histoire est à l’origine de nombreuses mesures politiques et militaires que nous prenons. Pour ne pas arranger les choses, nous ne sommes pas non plus les seuls au Proche-Orient à croire que le langage de la force est le meilleur. C’est un échec terrible pour la région. Le processus d’Oslo fut justement une tentative d’abandon du langage de la force pour utiliser enfin celui de la négociation et de la diplomatie. Cela n’a pas fonctionné et rétrospectivement, on s’aperçoit que les perceptions réciproques des deux sociétés n’ont pas changé. Le Président français, Nicolas Sarkozy, a rendu une visite officielle en Israël. A cette occasion il a prononcé un discours à la tribune de la Knesset qui a été vivement salué en Israël et dans les capitales arabes et européennes. Est-ce la première fois qu’un dirigeant européen trouve les mots pour faire passer des messages clairs aux Israéliens ? Non. Une nouvelle génération de dirigeants européens, à laquelle Nicolas Sarkozy appartient, tient ce discours depuis quelques années. C’est le cas d’Angela Merkel et de Tony Blair. En ce qui concerne la France , il est vrai que c’est la première fois qu’un Président de la République s’adresse à nous de cette manière. Il a dit très clairement des choses importantes et encore inacceptables pour certains Israéliens. Mais le ton qu’il a adopté pour le dire rendait ses paroles audibles. Pendant longtemps nous étions convaincus que les Français ne se préoccupaient pas du tout de l’existence d’Israël et de sa sécurité. Il est intéressant d’observer que les Israéliens ont aussi changé. Nous avons acquis une plus grande capacité d’écoute. Depuis la deuxième guerre du Liban, les Israéliens ont compris qu’ils ne sont pas seuls dans le monde et qu’ils appartiennent à une coalition de nations du Moyen-Orient confrontées à des défis communs. Depuis que vous entrez dans l’arène politique, quelle place accordez-vous à l’initiative la Voix des Peuples dont vous êtes à l’origine avec Sari Nusseibeh ? Je reste évidemment attaché à cette initiative de paix. Toutefois, je suis conscient que je ne peux exiger des signataires israéliens et de tous ceux qui m’ont soutenu de mes suivre politiquement et de voter pour moi. La Voix des Peuples est avant tout portée par la société civile et demeure ainsi. Je peux en revanche essayer de faire en politique ce que j’ai pu faire avec la Voix des Peuples. A l’instar de cette initiative, l’accord définitif entre Israéliens et Palestiniens doit s’appuyer sur les mêmes principes clairs pour les deux parties. Aucune ambiguïté ne doit être maintenue. Tout ce qui figure dans la Voix des Peuples constitue la base de la solution du conflit israélo-palestinien. L’homme politique que vous êtes tient-il compte des vents comme l’amiral que vous étiez par le passé ? En politique comme en mer, il n’est pas nécessaire de savoir d’où vient le vent ni dans quelle direction il souffle. Il est en revanche indispensable pour un marin de savoir où il veut emmener son navire. Quand on sait vers où on doit naviguer, on peut alors utiliser les vents correctement. Un marin qui ne sait pas où il va, aucun vent au monde ne pourra l’y emmener à sa place. C’est pareil en politique. Propos recueillis par l’équipe de Kol Shalom Publié le 11 juillet 2008
http://www.shalomarchav.be/...

7-5 Point de vue de Andrew Winkler : La plupart des Européens voit le régime d'apartheid comme la plus grande menace pour la paix dans le monde. Ndlr :La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage totalement le  point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information   Quelque chose s'est passé au cours des dernières années, un changement fondamental, un changement radical de climat politique. Je parle de l'énorme changement d'attitude à l'égard de la  petite entité du Moyen-Orient que je refuse d'appeler Etat. Elle me rappelle plus une île de pirates sans foi ni loi, un peu comme Singapour au 18e siècle, envahie par les chefs pirates et leurs voyous meurtriers.
Pourquoi est-ce que cette illusion de démocratie de criminels et de voleurs de terre s'en sort en ignorant le droit international et des droits de l'homme comme aucun autre pays? Bien sûr, vous pouvez faire valoir que les Etats-Unis, avec leur guerre néo-colonialiste de terreur surpassent encore les escadrons de la mort, le nettoyage ethnique et le génocide israéliens. Mais nous ne devons pas oublier que l'establishment US est systématiquement infiltré par le citoyen à double loyauté US-Israël. Le reste de l'establishment n'est guère mieux. Leur peur des gens comme l'AIPAC, l'American Jewish Committee et B'nai B'rith est tellement grand qu'ils se mettent constamment en quatre pour obtenir des bons points de leurs maîtres juifs. Je crois que si les États-Unis ont affamé, effacé, conquis et occupé l'Iraq, tuant plus d'un million d'Irakiens et empoisonnant les autres à l'uranium appauvri, il est plus que probable qu'ils l'ont fait sur commande de ce qu'on appelle par un euphémisme le "lobby Israël". Cinquième colonne juive ou force d'occupation sont, et de loin, des termes plus appropriés.
Beaucoup de gens ont tendance à penser que l'Etat pour Juifs seulement, cet anachronisme de style colonialiste du 19ème siècle et le judéo-nazisme s'en tirent avec un mépris scandaleux pour les droits de l'homme et le droit international parce que la plupart des médias occidentaux sont contrôlés par des Juifs pro-sionistes. Ce n'est juste que superficiellement. Ce n'est pas une coïncidence si l'entité sioniste a précisément été créée à une époque où nos dirigeants auto-choisis étaient sur le point de libérer toutes les colonies européennes pour une indépendance symbolique, dans un effort cosmétique de faciliter le boulot de leurs collaborateurs locaux.
L'Etat pour Juifs seulement, d'un autre côté, est avant tout une police d'assurance, garantissant le contrôle de la mafia Windsor-Rothschild sur les réserves de pétrole du Moyen Orient.
La plupart de ces sionistes à la grande gueule qui ont infesté les cercles du pouvoir US se fichent complètement de l'Etat pour Juifs seulement. Tout ce qui les intéresse, c'est de réussir, financièrement ou autrement, et la manière la plus facile de le faire est de servir les intérêts des mafias au pouvoir. Plus un homme politique US se présente pro-Israël, et plus il obtiendra le soutien des médias et les dons nécessaires à son élection.
Plus les judéo-facistes rampants comme Rupert Murdoch mentent, plus ils gagnent de dollars de publicité. Plus des milliardaires sionistes affichés comme Howard Schultz subventionnent les organisations sionistes, plus ils obtiennent de battage médiatique gratuit et un accès préférentiel au capital-investissement.
Compte tenu de ce climat politique, il est d'autant plus remarquable qu'au cours des dernières années, il y ait eu quelque chose comme un sursaut anti-israélien.
Ce phénomène a commencé bien avant l'étude de Walt et Mearsheimer étude sur le lobby juif ou le livre de Jimmy Carter sur l'apartheid israélien. Pendant des années, il y a eu une recrudescence, dans les articles des journaux les plus importants, de critiques du traitement israélien des Palestiniens et des reportages détaillés aux informations télé, aux heures de grande écoute, sur les atrocités israéliennes, telles le meurtre de milliers de civils lors de l'attaque de juillet 2006 contre le Liban. Comme il fallait s'y attendre, la plupart des Européens voit le régime d'apartheid comme la plus grande menace pour la paix dans le monde. Cette évolution se reflète dans la multiplication de sites Web anti-sionistes et pro-palestiniens.
Il serait plutôt naïf de croire que les principales publications telles que les libéraux britanniques Guardian et Independent, ou la BBC , pourraient s'engager dans une telle critique, si cela ne faisait pas partie d'une campagne concertée pour faire pression sur l'entité sioniste.
La question qui s'impose est donc de se demander pourquoi les familles criminelles au pouvoir essaient de discipliner leur enfant gâté d'amour. Même en France, le Président maladivement sioniste Sarkozy a enragé ses hôtes israéliens au cours d'une visite d'Etat lorsqu'il a suggéré qu'ils devaient parvenir à un règlement pacifique avec les Palestiniens.
Il y a du changement dans l'air. Israël n'est plus nécessaire pour protéger les intérêts pétroliers de nos familles criminelles régnantes. L' "ambassade" des Etats-Unis à Bagdad est presque terminée et sa nature montre très clairement que les Américains vont y rester.
En conséquence, l'entité sioniste est sur le point de perdre la plupart de ses privilèges. Il est révolu le temps où elle pouvait refuser de jouer selon les mêmes règles que tout le monde. Plus de dissimulation derrière des tentatives bidon de travail vers une solution à deux Etats. Plus de refus du droit au retour des Palestiniens. Et, plus important encore, plus de refus de l'égalité des droits pour les Palestiniens. Andrew Winkler  13-07 Source : Ziopedia Traduction : MR pour ISM http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=9423&type=analyse&lesujet=Sionisme

7-6 Point de vue de Mohamed Ilias : Notre choix de la lutte populaire non violente est le bon.
Mohamed Ilias, comité d’organisation de la conférence de Bil’In Zaouia, Badwou, Beit Ajza, Beit Daqwou et Bodros...La force du village de Bil’In est qu’il a construit son expérience en ce basant sur ce grand capital militant. Il s’est enrichi de ces expériences et a participé à leur développement Monsieur le représentant du Président de l’Autorité Nationale palestinienne, Monsieur le Premier ministre, Salam Fayad, Mesdames, Messieurs, bienvenue à vous tous en Palestine, à Bil’In et à cette Conférence. Je me rappelle qu’au sein du comité d’organisation, et de peur d’être pris par les détails des préparatifs, nous nous étions mis d’accord pour fixer les points principaux de ce mot avant sa rédaction. Ce matin, j’ai découvert, je ne sais si c’est par chance ou par malchance,, que nous avons oublié d’en rediscuter. Peu importe, je vais parler de quatre axes en essayant d’être le plus précis et le plus court possible.  Axe 1 : Pourquoi Bil’In ? Permettez-moi tout d’abord de mettre la photo dans son vrai cadre. Il est certain que si nous nous restreignons aux seuls résultats concrets obtenus pour juger cette expérience, celle-ci risque d’être déclassée. Dans le village de Zaouia, district de Salfit, le tracé du mur a été modifié et les habitants ont pu récupérer des milliers de dounams après plusieurs manifestations contre le mur et des centaines de blessés. Dans le district de Qalquiliya, près de la poche de colonies connue sous le nom d’« Alfi Minché », le tracé du mur a également été modifié après une lutte populaire et un travail juridique acharnés. Trois mille dounams ont été récupérés.Au village de Bodros, après des dizaines de manifestations, le mur a été repoussé aux frontières du 4 Juin et même au-delà dans certaines parties. En se référant à l’immensité des sacrifices, on doit citer des endroits comme Badwou, Beit Ajza, Beit Daqwou et Bodros. Des villes qui ont payé un lourd tribut lors de leur résistance non violente contre le mur : des morts et des blessés graves avec des séquelles irréversibles. Quant à la présence des Internationaux solidaires dans ces luttes, qui ont d’ailleurs joué un rôle essentiel dans la diffusion de la réalité palestinienne et je cite en particulier ISM, IWPS et les mouvements de solidarité israéliens, leur participation est ancienne. Ils ont participé aux luttes contre le mur dans plusieurs villages comme Kharbat Jbara, Azbat Attabib, Masha, Bartâa, Arram, Jayous, Bodros et autres. Ils ont partagé les gaz lacrymogène et les balles en caoutchouc avec les habitants du village avant même de connaître le village de Bil’In puisque le tracé du mur dans ce village est venu plus tardivement. La force du village de Bil’In est qu’il a construit son expérience en ce basant sur ce grand capital militant. Il s’est enrichi de ces expériences et a participé à leur développement qu’on peut résumer en trois points : * La continuité de la lutte et ce malgré les différents obstacles, * La compréhension de l’importance des médias et son utilisation pour faire connaître cette expérience. * L’invention de nouveaux moyens de lutte comme par exemple ces conférences internationales. De là est venue notre volonté de consolider cette expérience, de lui donner la place qu’elle mérite et ce sans diminuer l’importance des expériences précédentes ou celles à venir.  Axe 2 : Pourquoi cette conférence ? Nous nous sommes posé cette question au sein du comité d’organisation et nous avons abouti, après réflexion, à deux réponses simples. * La première, nous voulons raconter la situation palestinienne telle qu’elle est réellement. Un peuple victime de l’occupation, de la colonisation et des pratiques racistes mais qui a confiance en son humanisme et qui résiste sans perdre de vue l’essentiel, à savoir que son aube viendra certainement un jour. * La deuxième, la conférence n’est pas seulement un lieu pour recruter les Internationaux libres et solidaires de notre lutte légitime mais elle doit être l’endroit où ces militants soient nos partenaires pour créer et imaginer les outils pour aboutir à notre but.  Axe 3 : C’est un message que nous adressons à nos partenaires de la précédente conférence. Nous vous avons promis d’oeuvrer pour que l’expérience de Bil’In soit généralisée dans d’autres endroits. Nous sommes en mesure de vous informer que des villages de Bethléem (Oum Salamona, Maâsara, El Khader) mènent une lutte acharnée avec des manifestations hebdomadaires et ce depuis avril 2007, date de la deuxième conférence. Ces villages constituent un exemple singulier de résistance populaire. Il y a également la lutte des villages victimes de la route raciste connue sous le nom de route 433 qui continue de se développer. Actuellement, aux côtés des luttes centrales telles que les commémorations de la Journée de la Terre , la Nakba et les conclusions de la CIJ de La Haye ainsi que diverses autres luttes, il y a deux nouveaux foyers sur lesquels nous portons un grand espoir. Il s’agit de Nil’In, village proche d’ici et dont les manifestations se développent de plus en plus. Ainsi que le village de Koffin, district de Tulkarem, dont le processus commencera à partir de demain. Avant la deuxième conférence, Bil’In avait accueilli la conférence populaire palestinienne qui a donné naissance au Comité National de Résistance Populaire. Ce comité est composé des coordinateurs des comités populaires locaux ainsi que de militants venant de différents endroits de la nation. Actuellement, nous travaillons pour développer cet outil (peu importe le nom qu’il portera) pour qu’il devienne le parapluie de tous les militants, quelque soit leur appartenances politiques ou syndicales.  Axe 4 : C’est un message à notre direction politique. Avant tout, nous nous considérons dans les comités populaires comme des soldats de notre nation et de tout ce qui peu être utile à la réalisation de notre projet national. Nous ne constituons d’alternative à personne et nous ne voulons exclure personne. Nous considérons par contre que cette résistance populaire restera inachevée tant qu’elle ne figure pas au sommet des programmes des différentes forces politiques et tant qu’elle ne reçoit pas l’engagement de la partie officielle : soutien politique et aide à la création des conditions de l’action. Nous soulignons et apprécions le soutien de l’autorité officielle à la résistance populaire, mais nous demandons d’avantage d’efforts dans l’expression de ce soutien. Il est clair que les autorités israéliennes, toutes couleurs confondues, ne veulent pas traiter avec les Palestiniens comme partie ayant des droits légitimes reconnus d’ailleurs par la légitimité internationale. Il est évident que Oslo et ce qui lui a succédé est considéré par eux comme un simple mécanisme pour gérer le conflit selon des logiques sionistes et racistes. Et ce qui complique encore plus la situation, c’est le renforcement de l’extrême droite avec ce que cela suppose comme course à plus d’expropriation de terres et plus de sacrifice de sang palestinien. Cette situation nous rend encore plus convaincus que notre choix de lutte est le bon choix pour assurer une complémentarité avec les différents autres efforts. Dernière remarque, le soutien financier, accordé par l’Union européenne et les USA à l’Autorité palestinienne, et utilisé par celle-ci pour atténuer la souffrance de notre peuple et l’aider à résister sur ses terres, ne doit pas nous faire oublier une réalité amère, celle des cadeaux faits aux Israéliens. Les investissements étrangers en Israël étaient de un demi-milliard de dollars en 2002 (date du début de la construction du mur), puis de un milliard en 2003 et cinq milliards en 2005. Et malgré la décision de la CIJ concernant l’illégalité du mur et le traitement méprisant de ses recommandations par Israël, ces investissements ont grimpé à 13 milliards en 2005 puis à 24 en 2006 et à 38 en 2007. Cette situation nous impose de nous attaquer aux sujets du boycott, du retrait des investissements et des sanctions économiques. Reste un dernier mot, un mot de remerciement. A tous ces soldats inconnus qui ont participé à la réussite de cette conférence. A tous les membres des délégations étrangères venues pour témoigner de leur solidarité et épauler la cause de notre peuple. Aux représentants des mouvements de paix israéliens qui remportent une victoire grâce à leur humanisme et à leur présence à nos côtés face à l’occupation. A l’institution espagnole NOVA. A tous les journalistes qui ont diffusé la vérité sur notre lutte. A la présence palestinienne de tout bord, officielle ou populaire. Et enfin aux habitants de Bil’In. Comité d’organisation, Bil’In, 4 Juin 2008, Intervention lue par Mohamed Ilias au nom du comité d’organisation de la conférence de Bil’In 11 juillet www.france-palestine.org/article3250.html - 59k


Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  8-1 La 'fragile' trêve entre Israël et le Hamas se résume à des vivres supplémentaires pour une journée de calme Sur le terrain, la trêve conclue il y a trois semaines entre Israël et le Hamas se résume à une équation très simple : en échange d’une journée de calme, l’Etat hébreu consent à rajouter cinq cargaisons de vaches et 200 tonnes de ciment aux maigres livraisons quotidiennes des produits de base. Mais en cas de tir de roquette, l’armée boucle à nouveau la Bande de Gaza. Les marchandises supplémentaires font cependant peu de différence pour les 1,4 million de Gazaouis, qui sont quasiment coupés du monde depuis que le Hamas a pris le contrôle du territoire il y a un peu plus d’un an. La population doit se contenter d’une ration de 20 litres de carburant par chauffeur, subit de fréquentes coupures de courant et est frappée par une flambée des prix des denrées alimentaires. Le cessez-le-feu lui-même est fragile et les deux parties ne parviennent pas à débloquer la situation. Malgré tout, les Gazaouis s’accrochent à l’espoir que cette trêve tiendra, quand tant d’autres ont été rompues. "Nous avons besoin de respirer", explique Chaouki Abou Chanab. Ce chauffeur de camion de 40 ans se voit contraint de couper son diesel avec de l’huile moteur et alimentaire et n’a aucune chance de se procurer des pièces de rechange pour remplacer ses pneus usés ou ses lumières cassées. L’accord négocié avec la médiation de l’Egypte impose au Hamas de faire cesser les tirs de roquette de militants vers le territoire israélien et à l’Etat hébreu d’augmenter la taille des livraisons, qui n’incluaient que les médicaments et les denrées de base depuis la prise du pouvoir par la force du mouvement islamiste en juin 2007. Une fois la situation stabilisée, les deux parties doivent négocier la libération du caporal israélien Gilad Shalit, enlevé il y a deux ans par des militants proches du Hamas, contre celle de prisonniers palestiniens. Mais mardi encore, le gouvernement israélien et les dirigeants du Hamas se sont accusés mutuellement d’empêcher toute évolution. Israël note que le Hamas n’a pas arrêté tous les militants responsables des attaques et l’armée a compté 15 tirs de roquettes et de mortier depuis le début de la trêve le 19 juin dernier. Selon le porte-parole de l’armée israélienne Peter Lerner, cette incapacité du Mouvement de la résistance islamique à faire régner l’ordre empêche d’ouvrir davantage les points de passage sur la frontière de Gaza. De son côté, le Hamas accuse Israël d’avoir fermé les passages sept jours sur 17. "Le calme n’est pas fragile. C’est l’engagement israélien pour le calme qui est fragile", estime Saïd Siyam, un haut responsable du Hamas qui s’est rendu cette semaine en Egypte pour poursuivre les discussions. De fait, on relève peu de changement sur le terrain. Cette semaine, une explosion dans un camp d’entraînement militaire à Gaza, estampillée "accident de travail" par le Hamas, fait craindre à Israël que le Mouvement de la résistance islamique ne tente de profiter de la trêve pour se réorganiser militairement. Jeudi, un jeune Palestinien pris pour un militant a été tué à la lisière entre la Bande de Gaza et Israël par des soldats, alors que l’armée poursuivait une large opération visant le Hamas en Cisjordanie. En attendant, les nouvelles livraisons sont considérées comme une goutte dans l’océan. Selon Faysal Chaoua, qui dirige l’Association des entrepreneurs de Gaza, 4.000 entreprises ont déjà dû mettre la clé sous la porte en raison du bouclage du territoire par Israël depuis un an, ce qui a éliminé environ 100.000 emplois. Au passage de Soufa, la livraison de lundi s’était déroulée sans encombre : fruits, produits laitiers, viande congelée, ainsi que les 200 tonnes de ciment et les 100 vaches accordées par Israël dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu. Mais mardi, des tirs de roquette ont poussé Israël à fermer le passage, qui a cependant été rouvert mercredi. Selon Chaouki Abou Chanab, le camionneur qui gagne 30 dollars (19 euros) par jour à Soufa, les militants doivent commencer à penser aux Gazaouis ordinaires. "Nous leur demandons de prendre en considération que nous vivons dans une très mauvaise situation", déclare ce père de huit enfants. "Si ils tirent une roquette, cela veut dire qu’on recule". http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4821

16/07/2008

n° 378- Les Dossiers d'Irak -15-07 -1- Etats-unis : La théorie de la force.

n° 378- Les Dossiers d'Irak -15-07 -1-  Etats-unis : La théorie de la force.

Les Dossiers d'Irak  

N° 378                          14/07/08 

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire :

Tiré à part : Une journée à Bakouba (15-07)

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1  G8 : Vers une police globale de l’Internet ?

1-2 Mathilde Fonvillars : Des médias complices d’une sous démocratie. 2 Brèves

2-1  La sécurité avant le retrait, affirme McCain.

2-2 Les militaires américaines se réfugient au Canada. ‎

Seconde partie de journal

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Dedefensa : La psychologie des “marionnettes”. 4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Les vétérans témoignent de leur sale guerre.

4-2 Jean-Marie Muller : On les appelle simplement des « hommes ».

Dernière partie de journal

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Analyse de Morice ;  Irak - What next ? Et après …le chaos pur et simple … 5-2  Morsi Attalla : Etats-unis : La théorie de la force.

5-3 Allard Jean-Guy : Qui est  McCain ?

5-4 Recherche de AgoraVox : Quand les Etats-Unis voulaient tester l’effet du gaz sarin sur des soldats australiens...



Avant propos Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...

Tiré à part :

Une journée à Bakouba (15-07) Irak : attentat suicide près de Bakouba, au moins 5 morts et 54 blessés AP - 08h40
Attentat-suicide contre des recrues de l’armée irakienne à Bakouba : au moins 20 morts
AFP - 09h18
Irak : 20 morts dans un double attentat suicide près de Bakouba
AFP - 10h46
Au moins 28 morts dans un double attentat suicide en Irak
AFP - 11h04
Au moins 28 morts dans un double attentat suicide en Irak
Reuters - 12h23
Un attentat suicide fait 23 morts à Bakouba, en Irak
AP - 13h15
Attentat-suicide contre des recrues de l’armée irakienne à Bakouba : 28 morts
Reuters - 14h00
Un double attentat suicide fait 27 morts à Bakouba
AP - 15h17
Au moins 40 morts dans des attentats en Irak
AFP - 16h00
Irak : au moins 37 morts dans des attentats suicide sur les terres d’Al-Qaïda
Reuters - 17h10
Série d’attentats dans le nord de l’Irak, au moins 40 morts
On remarquera que Reuters et AP sont à égalité, avec 40 morts.
L’AFP suit de très près avec 37 morts.
Il est vrai que le décompte de cette dernière s’arrête à 16h00, soit une heure et dix minutes avant celui de Reuters.
On remarquera qu’entre 08h23, heure à laquelle l’AFP annonce son premier chiffre de 5 morts, et 8h40, heure à laquelle l’AP annonce 20 morts, il s’est écoulé seulement dix-sept minutes. Il est vrai qu’à 08h23, l’AFP annonçait aussi 54 blessés. C’est sans doute ces derniers qui font grimper l’écart constaté.
C’est seulement à 09h18 que l’AFP rectifie le tir et rattrape l’AP avec l’annonce de 20 morts, soient cinquante-cinq minutes plus tard. Le temps d’une pause pour le correspondant de l’agence française.
De 09h18 jusqu’à 11h04, l’AFP va ajouter 8 morts à son palmarès. Le même chiffre annoncé par l’AP deux heures et onze minutes plus tard, soit à 13h15.
Reuters est nettement à la traîne, puisqu’à 14h00, il n’annonce que 27 morts... il est vrai qu’il va réaliser le saut le plus spectaculaire de la journée trois heures et dix minutes plus tard en annonçant le chiffre maximum de 40 morts, confirmé néanmoins à l’avance par l’AP à 15h17, soit une heure et cinquante-trois minutes plus tôt !
(...)
"Ouf... quelle journée pour nos correspondants qui vont pouvoir enfin savourer une bonne nuit de repos bien méritée !"
"Seulement voilà, c’était sans compter avec le correspondant de l’AFP à Washington dépêchant une déclaration du candidat démocrate qui déclare, je cite : La base Al-Qaïda est en train de s’étendre au Pakistan, probablement pas plus loin de son ancien sanctuaire afghan qu’un trajet de train entre Washington et Philadelphie, s’il y un nouvel attentat contre notre patrie, cela viendra probablement de la même région où le 11-Septembre avait été préparé. Et pourtant aujourd’hui nous avons cinq fois plus de militaires en Irak qu’en Afghanistan. En clair, il nous annonce que des journées comme celle que nous venons de connaître aujourd’hui à Bakouba sont à prévoir prochainement dans les villes du Pakistan, auquel cas, il suggère une meilleure répartition des troupes"
"et que propose son rival républicain ?"
"il critique l’idée de répartir les troupes et exige l’envoi de plus de soldats"
"dans les deux cas, ça signifie que la guerre va s’étendre au Pakistan !"
"c’est cela même... voir plus loin"
"au-delà du Pakistan ?"
"bien-sûr... et cette fois c’est le sortant qui prépare le terrain"
"tu veux dire George W.Bush ?"
"oui... puisqu’il vient de rencontrer le grand ami à Cohn Bendit"
"tu veux dire le dalaï lama ?"
"lui-même... pour l’assurer du soutien total des Etats-unis contre la montée du terrorisme au Tibet"
"dis donc, c’est bien pratique ce truc-là"
"lequel ?"
"le terrorisme"
"... !?"
Al Faraby
Mercredi, 16 juillet 2008
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4826



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  Marc

1-1  G8 : Vers une police globale de l’Internet ? Le G8, c’est l’occasion pour les grand de ce monde d’aborder des discussions consensuelles : l’explosion du prix des denrées alimentaires, la maitrise du réchauffement planétaire, autant de beaux sujets qui feront les délices de la presse quotidienne.
Mais il y des sujets en discussion au G8 qui devraient se faire nettement plus discret : l’Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA) en est un dont on ne risque pas d’entendre parler. Il s’agit ni plus ni moins que d’une mise en coupe réglée de l’internet et du droit sur la propriété intellectuelle.

 ACTA, qu’est-ce que c’est  ?
L’
ACTA est un accord global visant à instaurer un véritable état policier au niveau mondial concernant la propriété intellectuelle. Il a été établi à la demande de la RIAA et MPAA, deux associations américaines bien connues pour leur défense des intérêts de l’industrie du disque et du cinéma par un lobbyisme intensif.
L’accord OMC-TRIPS vieillissant, les Etats-Unis, la commission européenne, le Japon, la Suisse , puis rejoints par le Canada, l’Australie, la Corée , le Mexique et la Nouvelle-Zélande , ont discuté d’un nouveau droit sur la propriété intellectuelle. Dans un parfait langage marketing, ils ont appelé ça ACTA - Anti-Counterfeiting Trade Agreement.
Un
document secret de travail a été établi, très court mais passionnant.
Il contient la proposition d’un accord commercial multilatéral renforçant strictement les droits de propriétés relatifs à l’activité d’Internet.
On y déniche page 3, paragraphe 1 une clause "tueuse de
pirate bay", qui criminalise toute aide d’un site à vocation non commerciale à l’échange d’information non autorisée sur Internet.
Une définition tellement vague que l’on pourrait y inclure des sites tels que Agoravox.
Un peu plus loin, il est question d’une interdiction pure et simple de mesures de contournement quelle qu’elle soit, qui rendrait illicite par exemple les lecteurs DVD dézonnés ou le retrait de MTP (DRM).
Il y a aussi l’imposition d’une forte coopération de la part des Fournisseurs d’accès à Internet, qui devront révéler les informations personnelles de leurs abonnés sur demande.
Le contrôle à la frontière n’est pas oublié non plus. Il y est question d’une "autorité compétente" qui serait à même de saisir tout ordinateur/ipod/téléphone sans avoir été mandaté par les ayant droit.
Bref, un catalogue de mesures techniques, de répression et de flicage divers. Par contre, rien n’est prévu pour la délinquance financière internationale.
La discussion sur ce texte a été menée dans le plus grand secret. Ni l’OMC, ni l’OMPI n’ont été invités à la table des négociations. On ne connaitra le texte que lorsqu’il sera prêt à être signé, et il ne sera pas possible d’en modifier les termes.
Et il semblerait que ce soit pour bientôt. Vu les dernières déclarations faites au G8, l’accord serait sur le point d’aboutir  :
"Nous encourageons l’accélération des négociations pour établir un nouveau cadre légal international, ACTA, et nous pensons terminer la négociation à la fin de cette année".

Un accord international pour une législation délirante
C’est un moyen très pratique d’imposer une législation très impopulaire par un accord international qui s’appliquera sans qu’un parlement puisse en minimiser les termes ou la portée. Bien entendu, on prétend que l’adhésion à cet accord sera sur la base du volontariat ; en pratique, il y a peu de pays qui pourront refuser cette "invitation".
Et pourtant, il ne s’agit de rien d’autre que de la généralisation au niveau mondial de ce qui se fait de pire en matière d’intrusion et de contrôle de la vie privée et de sanctions démesurées. Que peut-il sortir d’autre d’un accord dont on ne sait rien, sauf qu’il se négocie sous la dictées des entreprises multimilliardaires d’Hollywood ?
Que peut-on faire pour empêcher cela  ? L’administration Bush souhaite sa finalisation pour avant la fin de son mandat, c’est une course de vitesse. Heureusement, cet accord pose de nombreux problèmes qui seront complexes et long à résoudre.
Par exemple, le parlement européen n’est pas d’accord sur les conditions de suspension / résiliation de l’abonnement internet pour les utilisateurs de P2P. Il est possible qu’un désaccord persiste longtemps sur ces questions entre l’Europe et les Etats-Unis.
Également, la commission européenne n’a pas de mandat pour imposer des sanctions en matière de copyright. Ce volet sanction devra passer par tous les parlements des pays européens, avec les conséquences électorales qui pourraient en découler. Ça prend du temps et laisse des traces longues à faire oublier.
Et pour finir, le secret qui entoure cet accord est aussi une de ses faiblesses. La Commission aurait dû obtenir un mandat pour mener des négociations, et si c’est le cas, personne n’est au courant. De plus, la Commission n’a pas de légitimité pour négocier le volet des sanctions légales, un accord clé en main prêt à signer aura du mal à en contenir.
Mais hélas, nous n’en sommes pas à la première couleuvre avalée dans ce domaine. C’est pourquoi il est important de demander, auprès de son député, du gouvernement ou de la présidence de l’Europe, la publication du contenu de cet accord, et la définition précise du mandat dont dispose la commission concernant les termes de l’ACTA.
Plus que jamais, il est important d’agir contre cette ACTA, une DADVSI 3 en édition internationale, pour que de tels accord ne puissent plus être négociés et passés en secret.
Sources  :
*
wikileaks.org  : Le site ayant publié le premier document de travail sur l’ACTA
*
torrentfreaks  : ils en ont parlé
* The Pirate Bay  : Une cible identifiée de l’ACTA
*
ACTA sur la wikipédia (en Anglais)


1-2 Mathilde Fonvillars : Des médias complices d’une sous démocratie. Comme les enseignes de grands magasins, les groupes médiatiques tendent à se concentrer. Un tiers des propriétaires de presse contrôlent quatre titres sur cinq. Pour MacArthur, « le journalisme américain est donc l’objet d’une uniformisation abrutissante qui porte préjudice à l’exercice de la citoyenneté » (p.184), et l’auteur de rappeler le formidable effort des médias : du New York Times, du Washington Post, ou encore de Fox News T.V, pour relayer les mensonges de la maison Bush sur la menace nucléaire irakienne, en mars 2003. Ou encore l’affaire du programme d’écoutes téléphoniques après les événements du 11 septembre, où Bush, jouant les Big Brother, demanda de façon tout à fait illégale aux trois plus grandes compagnies téléphoniques américaines de fournir à la NSA (National Security Agency) les informations concernant les appels téléphoniques internationaux réalisés par chacun de leurs 200 millions de clients. Établi sans mandat de la Cour Suprême et sans supervision du Congrès, ce programme violait donc le code fédéral et surtout les garanties de libertés civiles de la Constitution. Bizarrerie , pendant plus d’un an, le New York Times refusa de publier les révélations du journaliste James Risen sur ce programme. Ainsi, selon John R. MacArthur, à chaque nouvelle action politique, la grande majorité des médias américains soutient la Maison blanche avec un entêtement et un aveuglement extraordinaires. Caractère quasi-systématique qui relève, à n’en pas douter, bien plus d’une attitude de renard avisé que d’une nature hybride de mule et mouton. Sur cette attitude, les propos du directeur du Chicago Tribune, James Warren en disent long : « Je ne suis pas le rédacteur en chef d’un journal ; je suis le patron d’une entreprise de contenu » [1]. Tout est dit. Le reste de l’ouvrage conforte cette analyse ; débordant de preuves et de chiffres inquiétants, il révèle l’envers d’une démocratie mythifiée, les artères bouchées d’un pays qui a trop abusé de l’hydromel capitaliste. Mathilde Fonvillars : jeudi 3 juillet http://www.bakchich.info/article4324.html sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation

2 Les Brèves  

PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1  La sécurité avant le retrait, affirme McCain. Le candidat républicain à la Maison Blanche , John McCain, a averti que le retrait des soldats américains d'Irak devait être dicté par les conditions de sécurité sur place, alors que le gouvernement irakien demande désormais un calendrier de retrait à Washington. «Les Irakiens ont signifié très clairement, notamment lors de mes rencontres avec le président et le ministre des Affaires étrangères, que ceci dépendait des conditions sur le terrain», a-t-il affirmé lors d'un entretien à la chaîne de télévision américaine MSNBC.
«J'ai toujours dit que nous reviendrions à la maison armés de l'honneur et de la victoire, et non pas en fonction d'un calendrier», a ajouté le sénateur de l'Arizona.
«Nous nous retirerons, mais (...) la victoire que nous avons remportée jusqu'ici est fragile et le retrait doit être dicté par les événements sur le terrain», a-t-il fait valoir, reprenant des arguments avancés par le Pentagone.
Ses propos interviennent alors que le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a demandé lundi pour la première fois à Washington de fournir un calendrier de retrait de leurs troupes, une idée constamment rejetée par le président Bush.
L'équipe de campagne de Barack Obama a réagi aux déclarations de M. McCain en exhumant des propos qu'il avait tenus en 2004, lorsqu'il avait dit que si un gouvernement irakien souverain demandait aux forces américaines de quitter l'Irak «il est évident que nous devrions partir».
«Les Américains ont besoin d'une stratégie pour réussir en Irak, pas juste une stratégie pour rester», a clamé Susan Rice, conseillère en politique étrangère de Barack Obama.
«Le refus obstiné de John McCain de s'adapter aux évènements sur le terrain montre simplement qu'il n'a aucun plan pour finir cette guerre», a-t-elle ajouté.
L'Irak est un des principaux thèmes d'opposition entre le candidat démocrate Barack Obama et M. McCain. Le premier s'était prononcé contre la guerre avant l'invasion de l'Irak et compte retirer les troupes de combat en 16 mois, le second est un fervent partisan de l'envoi de renforts et ne fixe aucune limite de temps à l'engagement américain.
«Je pense qu'il est encourageant (...) que le Premier ministre (irakien) lui-même reconnaisse, qu'en coopération avec l'Irak, il est temps pour les forces armées américaines de commencer à évoquer un calendrier de retrait», a commenté lundi M. Obama.
Le mardi 08 juillet 2008 http://www.cyberpresse.ca/article/20080708/CPMONDE/80708253/1014/CPMONDE


2-2 Les militaires américaines se réfugient au Canada. ‎ Par crainte d'être envoyé en Afghanistan et en Irak, et ‎d'être tués, les militaires américains se réfugient au Canada. ‎Selon les lois américaines, les détracteurs de la guerre en ‎Afghanistan et en Irak seront traduits en justice. Dans ce ‎contexte, les militaires sont d'avis que l'unique moyen serait de ‎fuir au Canada. Selon l'IRNA depuis New York, les bilans ‎officiels font état de la fuite de 200 militaires américains vers ‎le Canada, un chiffre qui s'augmente de jour en jour. Sous ‎pressions des Etats-Unis, le gouvernement d'Ottawa s'emploie à ‎les rapatrier, pourtant plus de 64% des Canadiens ainsi que le ‎Parlement sont contre une telle démarche.‎ Ecrit par L'IRIB    Mardi - 08 Juillet 2008 - 09:52 http://french.irib.ir/index.php?option=com_content&ta...

n° 378- Les Dossiers d'Irak -15-07 -‎(Suite)- Etats-unis : La théorie de la force.


Les Dossiers d'Irak    ‎(Suite)  

N° 378                          14/07/08 

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire : ‎(Suite)

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Dedefensa : La psychologie des “marionnettes”. 4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Les vétérans témoignent de leur sale guerre.

4-2 Jean-Marie Muller : On les appelle simplement des « hommes ».


3 Dossier & Point de vue Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Point de vue de Dedefensa : La psychologie des “marionnettes”. Les négociations pour un “traité” entre Washington et le gouvernement irakien mis en place sous les auspices tutélaires de Washington se poursuivent, – de plus en plus mal, merci. Il s’agit au départ, selon les conceptions US, d’un “traité” type-brejnévien, d’amitié et d’assistance dans le plus pur style soviétique, garantissant par une légalité douteuse et d’apparence une présence militaire US massive en Irak. C’était dans tous les cas l’intention de départ de Washington, avec des prétentions rocambolesques (plus de 50 bases US, latitude complète des forces US de faire ce qui leur plaît en Irak, immunité légale pour les forces US et leurs mercenaires appointés, pourvu qu’ils soient de nationalité US); il s’agissait d’un texte classique issu du mécanisme bureaucratique d’un pouvoir fractionné, où chaque pouvoir introduit ses propres exigences sans qu’aucune autorité centrale n’apprécie la validité de l’ensemble. Au bout du compte, on y retrouvait les mêmes caractères d’égoïsme, de brutalité, d’aveuglement autiste de la machine américaniste. Très vite, les négociations ont pris mauvaise allure. Le dernier épisode est une sensation. Le Premier ministre irakien Maliki a annoncé qu’il demandait un calendrier de retrait des forces US d’Irak, – ce qui revient, on le comprend, à demander un retrait US. La déclaration de Maliki: «The current trend is to reach an agreement on a memorandum of understanding either for the departure of the forces or a memorandum of understanding to put a timetable on their withdrawal.» Constat: il n’est plus question de “traité” ou de tout autre texte à caractère pseudo-fondamental, mais bien d’un MoU, ou Memorendum of Understanding, texte impliquant des engagements contractuels temporaires, avant des textes plus fondamentaux. A cette lumière, la perspective d’un “traité” semble de plus en plus s’éloigner. Voyez cette déclaration d’un dirigeant chiite parlant du SOFA (acronyme désignant le “traité”: Status Of Force Agreement), rapportée le 6 juillet par la radio (US) NPR: «“SOFA is far away, very far away,” says Sheik Jalal al-Din al-Saghir, a senior Iraqi lawmaker with the Supreme Iraqi Islamic Council. “It will take a very long time to negotiate, probably one or two or three years or even more.”» Il n’empêche que dans le cadre d’un texte aussi transitionnel qu’un MoU, Maliki demande une mesure définitive, – un calendrier du retrait des forces US. Robert Dreyfuss, de The Nation, développe, le 7 juillet, une explication complexe de la position des Irakiens. Il y implique la prise en compte de toutes les forces qui jouent un rôle en Irak, – sauf les USA, bien sûr: l’Iran, l’Arabie, les Emirats, les sunnites et les chiites, etc. «Don't think for a minute that Maliki, or his Shiite allies, want the US forces to leave. But they are under a lot of pressure. First of all, they are under pressure from Iran, whose regime remains the chief ally of the ruling alliance of Shiites, including Maliki's Dawa party and the powerful Islamic Supreme Council of Iraq (ISCI), led by Abdel Aziz al-Hakim. Iran's goal is to neutralize Iraq as a possible threat to Iran, and Iran's leaders are pressuring Maliki and Hakim to loosen their reliance on the United States . Interestingly, Maliki reportedly told President Bush personally, in a video teleconference on Friday, that the United States cannot use Iraqi territory to attack Iran, and he added that “fomenting tension in the region and pushing for military action against Tehran could wreak havoc on the entire region, including Iraq .” »Maliki is also under pressure from a broad coalition of Iraqi nationalists, from angry, disenfranchised Sunnis to Muqtada al-Sadr's movement. »But Maliki's statement is a big deal. At a minimum, it presents an enormous problem for Bush and John McCain, who are arguing for an indefinite US stay in Iraq til “victory,” and who oppose a timetable. True, Maliki seems to be linking his timetable to Iraqi military success, which is not too different from the Bush-McCain formula. But inside Iraq, the pressure is building day by day for a US withdrawal, and Maliki is by no means in control of the process. The fact that both Iran and Sunni nationalists, who are on a collision course, agree that US forces need to leave Iraq, only means that pro- and anti-Iranian factions will settle their differences (either by peaceful diplomacy or by violence) once the United States is gone. »Another factor is that Maliki, who is visiting the United Arab Emirates, is working hard to gain the support of the Sunni-led Arab regimes for his shaky coalition. The UAE and Jordan have both announced that they will be sending ambassadors to Baghdad, and King Abdullah of Jordan will himself make a visit to Baghdad soon, the first by an Arab head of state since the US invasion. »Despite US bungling, it seems increasingly likely that Iran and Saudi Arabia are working behind the scenes to negotiate a Shiite-Sunni accord in Iraq, but both Tehran and Riyadh will want it conditioned on a US withdrawal.» Quoi qu’il en soit de cette analyse générale, on observera que Maliki, dans cette description qui correspond à la réalité des rapports des forces en Irak, prend en compte toutes les forces politiques, directes ou indirectes, s’exerçant en Irak, sauf celle des USA. Au contraire, le facteur US est perçu comme antagoniste et déstructurant, c’est à lui qu’il faut imposer certaines restrictions (et non le contraire, qui aurait du découler du processus initial: Maliki installé comme “marionnette” des USA, agissant pour imposer les exigences US aux forces politiques actives en Irak). Le paradoxe, lorsqu’on songe que ce sont les USA qui sont en principe les machinistes de la situation actuelle, est que la description va jusqu’à décrire Maliki et les chiites irakiens comme forcés de contenir leur propre éventuel penchant favorable au maintien des forces US en Irak. Cela nous conduit à une interrogation plus générale, dont l’actuelle attitude de Maliki n’est qu’un exemple. L’attitude de Karzaï, pour l’Afghanistan, est un autre exemple du même phénomène, qui conduit les “marionnettes” que les USA installent à la tête des pays conquis à prendre, à mesure de l’exercice de leur gouvernement, des positions de plus en plus nationalistes, de plus en plus antagonistes des USA, jusqu’à devenir un obstacle majeur pour les USA dans le pays conquis. Nous parlons principalement de l’Irak et de l’Afghanistan, par la force des choses, mais d’autres cas existent.  Du caractère incontrôlable des “marionnettes” Les conquêtes soi disant “impériales” des espaces extérieurs par les USA sont paradoxales. Elles sont faites avec la plus extrême violence, avec le cynisme le plus affiché, mais un cynisme qui s’exprime le plus souvent par l’indifférence, c’est-à-dire l’ignorance des réactions engendrées par cette violence, et plus généralement l'ignorance de l'autre par indifférence et, d'ailleurs, impuissance d'en connaître là-dessus. (Il s’agit du même processus de déshumanisation qu’on relève par ailleurs pour les adversaires, à l’œuvre ici pour tout le monde dans l’espace occupé.) Les “marionnettes” (dirigeants du pays conquis, initialement à la solde des USA) sont choisies selon un processus affiché de complet mépris pour la souveraineté des espaces conquis, avec un interventionnisme grossier, des exigences sans le moindre aménagement de forme, sinon un vague discours du type bouillie pour chat, psalmodié selon les thèmes sempiternels de la démocratie et des droits de l’homme, et semblant ainsi étrangement détaché des réalités de l’occupation, et sans aucun effort de la part du discoureur pour réduire ce travers. Puis les “marionnettes” se transforment jusqu’à devenir incontrôlables. Il ne s’agit pas du cas habituel des conquérants dans cette sorte de situation. Il y a, chez les Américains, quelque chose de spécial, qui transforme par l’action engendrée les “marionnettes” en des partisans sérieux des intérêts nationaux des pays dont la souveraineté est foulée aux pieds par eux-mêmes (les Américains). L’explication n’est certainement pas individuelle, dans une soudaine vertu qui se révélerait chez les “marionnettes”. Le processus est trop systématique pour cela, il révèle une tare fondamentale chez l’occupant; une sorte d’impuissance à “occuper” de façon efficace. Les précédents allemand et japonais de 1945, si souvent cités par les idéologues US, sont des faux exemples, dans la mesure où ils dépendent d’un écrasement absolu de l’adversaire, impliquant d’anéantir complètement le sentiment de souveraineté chez lui; il s’agit effectivement d’une situation de tabula rasa qui permet aux USA d’installer une situation de facto américaniste où le fonctionnement de la machine américaniste devient efficace (comme elle l’est à Washington même). Ce ne fut pas le cas, ni en Irak, ni en Afghanistan ni dans d’autres conflits du genre, ni dans les conflits en général, parce que les conditions apocalyptiques de la fin de la Deuxième Guerre mondiale (avec la vertu US et le caractère maléfique des adversaires à leur zénith) ne sont pas réunies et restent des exceptions tout à fait spécifiques, des exceptions jouant leur rôle habituel de confirmation de la règle. (Bons princes, on ajoutera que la machine américaniste fonctionnait beaucoup mieux en 1945 qu’elle ne le fait aujourd’hui.) Face aux nécessités de transiger malgré la brutalité de son action, la machinerie américaniste devient un processus qui accumule les erreurs. Ses travers s’y révèlent en pleine lumière, notamment son incapacité à appréhender une situation d’une manière synthétique; chaque centre de pouvoir y intervient selon ses intérêts immédiats, sans souci de l’ensemble. • L’action US est effectivement très brutale, mais de cette façon fractionnée qu’on suggère. Chaque pouvoir (le Pentagone, les services de renseignement, le département d’Etat, etc.) affirme avec brutalité ses positions pour ses intérêts et est indifférent aux restes. Ainsi, l’action brutale, souvent cruelle et humiliante, n’empêche pas l’installation et le développement de vastes domaines de laxisme extrême où les communautés occupées et leurs dirigeants retrouvent une complète liberté d’action. • A côté des actes de répression féroce, il y a donc, en Irak et en Afghanistan, des actes tels que des accords locaux déléguant le pouvoir, la “location” du soutien de certains groupes, etc., qui redonnent un plein pouvoir à des structures locales et nationales. Le résultat général est qu’on suscite le ressentiment tout en permettant à ceux qui l’éprouvent de disposer d’instruments structurels qui transforment ce ressentiment en exigences politiques structurées, difficiles sinon impossibles à contenir. • Ainsi, au lieu de “pacifier” le pays à l’avantage du conquérant, on le “pacifie” contre le conquérant. Le résultat est la situation actuelle en Irak, où le volume des violences et des troubles a effectivement baissé d’une façon manifeste mais qui est extraordinaire par le contraste qu’elle présente. D’un côté, un arbitraire complet des forces US, évoluant comme elles le veulent, comme en “pays conquis” par le fer et le feu, avec le cortège de maladresses et d’erreurs qu’on connaît, et l’entretien du ressentiment et de l’hostilité qu’on imagine. De l’autre, des pouvoirs locaux et nationaux presque autonomes, entretenant leur propre diplomatie nettement autonome, voire hostile à la diplomatie US; avec des forces de sécurité de plus en plus autonomes, et cultivant le soupçon vis-à-vis des forces US. Comme on le comprend, les deux phénomènes s’opposent et s’exacerbent l’un l’autre, si bien qu’effectivement la “pacification” dont les USA ont besoin ne peut se faire que contre les USA. • Le résultat est la transformation des “marionnettes” en dirigeants coincés dans une obligation de résistance, voire de surenchère face au “parrain” devenu encombrant, et sacrifiant d’ailleurs à ce rôle avec une joyeuse alacrité. Nous avions déjà vu ce phénomène sous une autre lumière (voir “l’impasse des marionnettes”). On en voit la marque dans la position de Maliki dans ces négociations comme dans la position de Karzaï en Afghanistan, illustrée par ses déclarations récentes que peu de dirigeants “libres” se permettraient par rapport aux USA. On retrouve d’une façon générale l’impuissance US à accepter l’existence de quelque chose hors de la sphère et de la spécificité américanistes, cette impuissance à concevoir que quelque chose de différent existe hors des normes américanistes; avec la psychologie américaniste bloquée et enfermée elle-même, sans la moindre capacité de concevoir l’existence d’une autre psychologie qu’elle-même. Cette impuissance générale s’ajoute à la vision fractionniste du système, incapable d’embrasser une situation dans sa richesse synthétique, s’exprimant dans les différents processus bureaucratiques sans liens de cohésion et de coordination entre eux qui caractérisent la dynamique de la machine. Le résultat est que l’action US, hors des normes apocalyptiques qu’on a signalées plus haut (Allemagne et Japon en 1945), ne peut que fabriquer dans le pays occupé des normes anti-US fondamentales. L’action US sécrète nécessairement l’anti-américanisme comme fondement psychologique de l’attitude des espaces conquis vis-à-vis des USA, y compris chez les “marionnettes”, conduisant rapidement à une politique de plus en plus anti-américaniste. D’une façon générale, cette action US doit être définie comme absolument anti-civilisatrice, au sens civilisateur où l’on pouvait entendre, a contrario, certains actes de conquête réussis. Cette action, par sa brutalité, son aveuglement jusqu’à la sottise, sa déshumanisation systématique, définit ce qui doit être considéré comme le modèle presque achevé et proche de la perfection d’une barbarie postmoderniste, de la post-modernité comme phénomène de plus en plus défini comme “d’après la civilisation”, – ou, si l’on veut, la modernité portée à la conséquence extrême de sa logique qui est de rejeter tout ce qui n’est pas soi, avec de plus en plus de violence à mesure que “tout ce qui n'est pas soi” persiste à exister. 9/7 http://dedefensa.org/article.php?art_id=5256



4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Les vétérans témoignent de leur sale guerre. Cinq ans après le déclenchement du conflit, les vétérans états-uniens demandent la fin de l'"occupation" et des réparations.

Vendredi, à mon arrivée au campus de Silver Spring, près de Washington, il y avait des manifestants portant des pancartes dont une proclamait: "Winter soldier, mon cul!" A l'intérieur se tenait la conférence "Winter Soldier" des "Vétérans d'Irak contre la guerre" (IVAW)  ["Winter soldier" est une référence à une enquête publique (qui avait révélé les crimes de guerre, violations des droits de l'homme et gâchis militaire qui se déroulaient alors au Vietnam) menée par des vétérans de la guerre du Vietnam en 1971, après le massacre de My Lai]. Pourquoi cette hostilité? Cinquante-cinq anciens combattants américains s'apprêtaient à témoigner sur les guerres menées en Irak et en Afghanistan, que les membres d'IVAW qualifient d'occupation, au cours d’une modelée sur celle du Vietnam en 1971. L'IVAW a trois objectifs: le retrait immédiat de toutes les troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan, des compensations au peuple irakien, et des soins médicaux fiables pour tous les anciens combattants de ces guerres. Pendant quatre jours, la conférence s'est intéressée aux violations constantes des règles d'engagement militaire, au coût à long terme de ces conflits pour les familles et les personnalités brisées, à la privatisation croissante de la guerre en Irak, au racisme et au sexisme dans l'armée, et à l'avenir de la résistance des GIs. Des vétérans bien habillés et très organisés Avec cette conférence "Winter Soldier", l'IVAW espérait attirer plus d'intérêt médiatique en faveur du mouvement antiguerre. Dans le hall où se déroulaient les témoignages, la sécurité était assurée par des membres de l'IVAW. Mais la plupart des soldats qui témoignaient étaient nés après 1982. Pour eux, le Vietnam, ce sont les images de films comme "Full Metal Jacket" ou "Apocalypse now". Les participants du "Winter Soldier" de 1971 étaient en tenue militaire de camouflage, et l'événement était bricolé avec rien du tout. Celui de 2008, à l'opposé, avait plutôt l'allure d'un séminaire d'entreprise. Les femmes que j'ai vues témoigner étaient bien habillées, et si certains hommes avaient gardé leurs uniformes du désert, beaucoup étaient en costume ou en tenue de sport. Ce sont les nouveaux vétérans anti-guerre, qui savent utiliser l'image et la technologie à leur profit. Jose Vasquez, membre de la direction de l'IVAW, m'a confié qu'il souhaitait "professionnaliser l'organisation". Vasquez a servi quatorze ans dans l'armée, y compris comme réserviste. Né dans le Bronx, il s'est engagé à l'age de 17 ans. Il fait aujourd'hui des études d'anthopologie. Il avait prévu de passer trente ans dans l'armée, et, après le 11 Septembre, il serait allé en Afghanistan sans hésitation. Mais au moment de son rappel pour aller en Irak en 2005, il avait conçu de sérieux doutes, non seulement sur l'efficacité de la guerre, mais surtout sur la validité morale de son engagement. En tant que membre du personnel médical, il rafistolait les soldats blessés pour leur permettre de retourner au combat et de se remettre à tuer. Après une longue crise morale, il a demandé à bénéficier du statut d'objecteur de conscience, et un an plus tard il quittait l'armée. Lorsqu'il raconte le moment où il a expliqué aux autres soldats qu'il n'irait plus en Irak avec eux, il semblait plein de remords et de tristesse. L'armée lui manque. "Je crois que je viens de faire tuer la moitié de la population des quartiers nord" Il y a évidemment des détracteurs pour contester la véracité de témoignages de soldats sur des conduites immorales. Pour cette raison, l'IVAW a instauré un processus de vérification, et Vasquez porte le titre de "chef de l'équipe de vérification". Avec sa formation d'anthropologue, il a formé une équipe de 14 personnes, presque toutes d'anciens membres d'unités de combat: "Nous étions prêts à accepter des témoignages de toutes parts, pas seulement de membres de l'IVAW. Si vous aviez servi, et que vous pouviez le prouver, vous pouviez témoigner." Cent quarante personnes se sont présentées pour témoigner. Clifton Hicks a servi comme conducteur de tank et serveur d'une mitrailleuse entre 2003 et 2004. Le fait d'avoir raconté son histoire, en décrivant notamment un immeuble de logements civils de cinq étages criblé de balles tirées à partir d'un avion, l'a profondément troublé. Lorsque je me suis entretenu avec lui samedi, il était très affecté par la première journée de témoignages. Il m'a dit que pour la première fois depuis qu'il avait rejoint le mouvement anti-guerre, il avait envie de tout arrêter. Revivre les destructions de la guerre, penser aux amis qu'il a perdus là-bas, lui donnaient le sentiment de ne plus avoir envie de vivre. Hicks a assisté à une session, vendredi, sur le non-respect des règles d'engagement. Les témoins parlaient de la torture de prisonniers, de tirs inconsidérés sur des zones habitées par des civils, l'effondrement rapide des règles d'engagement militaire dès qu'un membre d'une unité était tué. "C'était direct, personnel, du genre 'j'ai assassiné un paquet de gens', et non 'j'ai vu mourir des tas de gens de loin et j'ai pensé que c'était étrange'..." Jon Turner, un ancien marine, a fourni l'un des témoignages les plus dramatiques. Il a rappelé qu'on disait autrefois: "Marine un jour, marine toujours." Mais il a arraché les insignes sur sa chemise, les a jetés à terre, et a lancé: "Je ne travaille plus pour vous." Il a accompli deux séjours en Irak, basé à Ramadi et à Fallujah. Il a projeté des vidéos qu'il a lui-même tournées en Irak: on y voit son supérieur direct dire après avoir ordonné un bombardement: "Je crois que je viens de faire tuer la moitié de la population des quartiers nord de Ramadi. Au diable les règles." "Ma première rafale ne l'a pas tué et il m'a regardé dans les yeux" Lorsqu'une image de corps est alors apparue sur l'écran, Turner a commenté: "Le 18 avril 2006, j'ai eu mon premier mort confirmé. Cet homme était innocent. Je ne connais même pas son nom. Je l'appelle 'le Gros'. Il rentrait chez lui, et je l'ai tué devant son père et ses amis. Ma première rafale ne l'a pas tué et il m'a regardé dans les yeux. Alors j'ai tiré de nouveau et je l'ai achevé. "Mon officier m'a personnellement félicité, tout comme mes camarades. C'est le même homme qui a promis quatre jours de permission au soldat qui tuerait le premier à l'arme blanche." Samedi, nous étions assis sur un banc avec Turner. Il portait un tatouage en arabe sur son poignet droit, signifiant, selon lui, "Fuck you!" J'ai vu en lui le fantôme du jeune homme qui avait rejoint l'armée parce qu'il aimait son pays et voulait le protéger. Mais il est devenu un homme endurci et torturé, qui passe son temps à chasser les démons dans sa tête. Des démons qu'il pensait avoir laissé derrière lui en Irak, comme "le Gros", ou un autre homme en vélo, qui avait eu le malheur de passer par son barrage un jour où il avait eu un désir de mort. Les journalistes "embedded" étaient alors dans une autre unité, alors il a tiré. Jon souffre du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Il a cessé de boire et de fûmer, et il a interrompu sa thérapie par lassitude, mais discute beaucoup avec ses amis de l'IVAW. Il est devenu artiste, reproduisant des uniformes de camouflage en papier dont il fait des livres. Il écrit de la poésie. Il tente de faire quelque chose de positif à partir du gâchis de ce que fut l'Irak. http://www.rue89.com/2008/03/18/irak-les-veterans-temoign...

4-2 Jean-Marie Muller : On les appelle simplement des « hommes ». On les appelle simplement des « hommes ». Il y a bien quelques femmes parmi eux, mais elles-mêmes font partie des « hommes ». On les compte généralement par centaines et par milliers. Ces « hommes » sont des «hommes de troupe ». Des soldats. Des militaires. Ils se sont naguère engagés dans l'armée. Alors même qu'ils n'avaient pas encore fini de vivre leur jeunesse. On dit que ce sont tous des « volontaires »,qu'ils ont tous « librement » choisi le métier des armes.  Mais, en réalité, la plupart n'avaient guère le choix. C'est l'armée qui les a choisis. Volontairement. Ils ont été recrutés. Ces recrues ont reçu ununiforme, afin qu'ils soient tous uniformisés. Puis ils ont été formés à la dure. Très durement. Afin qu'ils deviennent durs. Aguerris. Afin précisément qu'ils deviennent des « hommes ». Ils ont pris l'habitude de marcher au pas. Au pas cadencé. On leur a appris à ne pas avoir de sentiments. Ils ne doivent pas raisonner, mais exécuter. Ils sont sous tutelle et doivent obéir à leurs chefs.
Un jour, ils seront envoyés au loin. Très loin de leur pays. Alors, Ils devront délaisser toutes leurs amours humaines. Ils débarqueront casqués, harnachés, armés de pied en cap. Ils deviendront du matériel militaire. Désormais, ils seront seuls, entre « hommes ». Privés de tendresse. Privés de sexualité. Privés de toute vie privée.
C'est ainsi que depuis quelques années des milliers d'« hommes » sont envoyés en Irak.
C'est une décision du Président des Etats-Unis. Lui, c'est un civil qui ne connaît rien à la guerre qu'il n'a jamais faite. Et qu'il ne fera jamais. Mais il est le chef des armées.
Constitutionnellement.
Le Président leur a donné la plus belle mission qui soit : défendre la Civilisation contre la barbarie, la Démocratie contre la tyrannie, les Droits de l'Homme contre le terrorisme. Ils devaient faire reculer les forces du mal. Dite comme cela, la fin apparaît juste. On peut douter cependant qu'elle corresponde
véritablement à l'intention des donneurs d'ordre. Mais il est certain qu'il y a erreur sur les moyens. La faute est de penser que la violence est humaine. Et qu'elle est capable d'éradiquer le mal. La rhétorique officielle honore ces mercenaires du Bien comme des héros.
Sur le terrain, quotidiennement, les « hommes » sont confrontés aux horribles tourments de la guerre. La guerre qu'on leur a apprise était un jeu. Un grand jeu. Ils comprennent alors qu'elle est une tragédie.
On leur a dit qu'ils seraient accueillis comme des libérateurs, ils sont maintenant considérés comme des oppresseurs. Jour et nuit, ils vivent morts de peur. De la peur de la mort. Á tout moment, ils
ressentent dans leur chair la brûlante morsure de la camarde. Ils sont censés lutter contre le terrorisme, mais ils sont terrorisés. Et ils terrorisent. Ils devaient apporter la paix, mais ils ont provoqué la guerre. Et le chaos. Chaque jour, ils risquent d'être tués. Ou de tuer. Et le meurtre est encore plus terrifiant que la mort. Car l'homme n'est pas fait pour tuer. Les poètes diraient qu'il est fait pour aimer. Mais que viendraient faire les poètes dans cette histoire ?
Certains « hommes » sont remplis de haine. D'autres, de honte. Tous sont saisis d'angoisse. Au fond de leur détresse, ils redeviennent humains. La plupart ignorent la lâcheté. Ils tentent de faire face au
jour le jour. Souvent avec courage. En définitive, ils ne sont pas coupables, mais victimes. Victimes de leur propre violence. Blessés, profondément. Troublés, extrêmement. Malades, gravement. Fous,
littéralement. On parle à leur sujet de « névrose traumatique de guerre ». Des savants se sont penchés sur leur cas. Un cas intéressant. Un bon thème pour de futurs colloques universitaires.
Dans son essai Vers la paix perpétuelle, Emmanuel Kant affirme : « Être stipendié pour tuer ou être tué semble impliquer l'utilisation des hommes comme de simples machines et instruments aux mains d'autrui (de l'État), ce qui ne se laisse pas bien accorder avec le droit de l'humanité dans notre propre personne. » Kant était un philosophe, un sage. Mais qui écoute encore les sages ? Au fait, les sages
parlent-ils encore ?
Cyniquement, la mort met régulièrement à jour le compteur des tués. Á la radio et à la télévision, l'information est laconique : « Aujourd'hui deux, trois, quatre, cinq,… soldats américains ont été
tués en Irak. ». Elle est devenue banale. Sans transition, le journaliste donne alors les résultats des derniers matches du championnat de foot : « 2-0, 3-1, 4-2, 5-1…, magnifique victoire…,
lourde défaite… ». Les chiffres et les concepts s'embrouillent. Bientôt, le compteur de la mort affichera le chiffre de 4000. Quatre mille « hommes » tués ! Pour quoi ? Pourquoi ? Il semble que ce soit le prix à payer pour perdre la guerre. (On ignore le nombre de tués irakiens. Leur mort est un dommage collatéral.)
Un jour, les survivants rentrent chez eux. On dit qu'ils sont « libérés ». Mais beaucoup, peut-être tous, ne retrouvent pas le goût de la vie. La violence les a dégoûtés. Des autres et surtout d'eux-mêmes.
Ils n'ont pas d'exploits à raconter. Ils sont emmurés dans un silence sépulcral. Douloureusement. La guerre ne les laisse pas en paix. Elle continuera de les hanter. Perpétuellement. Parfois, ils se surprennent à pleurer. Même les « hommes » pleurent. Certains préfèrent se jeter dans la mort afin qu'elle cesse de les narguer.
Ces « hommes » méritent notre respect et notre compassion. Pitié !
Oui, pitié pour les « hommes » ! Jean-Marie Muller
Jean-Marie Muller : Utilisez votre discernement par rapport aux infos que je vous transmets…
Vous avez un Libre Arbitre, alors utilisez le!
Même si ...
« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux », Saint Exupéry dans Le Petit Prince.
21 août 2007

n° 378- Les Dossiers d'Irak -15-07 -‎(Fin)- Etats-unis : La théorie de la force.

n° 378- Les Dossiers d'Irak -15-07 -‎(Fin)-  Etats-unis : La théorie de la force.

Les Dossiers d'Irak    ‎(Fin)  

N° 378                          14/07/08 

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire : ‎(Fin)

 5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Analyse de Morice ;  Irak - What next ? Et après …le chaos pur et simple … 5-2  Morsi Attalla : Etats-unis : La théorie de la force.

5-3 Allard Jean-Guy : Qui est  McCain ?

5-4 Recherche de AgoraVox : Quand les Etats-Unis voulaient tester l’effet du gaz sarin sur des soldats australiens...




Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Analyse de Morice ;  Irak - What next ? Et après …le chaos pur et simple … A voir, plus de cinq ans après, le pays ne pas pouvoir se relever, et être aujourd’hui dans une situation économique et sociale lamentable, on s’était dit que cette invasion n’avait pas tourné rond dès le début. Les premières décisions sentent l’amateurisme le plus total. Les effets de l’occupation désorganisée se font sentir tout de suite : on pille sous les yeux des caméras du monde entier le prestigieux musée de Bagdad, les stocks de munitions conventionnelles accumulées par le tyran ne sont même pas gardées et disparaissent, volatilisées en quelques jours, bref ce n’est pas une armée qui vient de débarquer, mais bien une équipe de footballeurs américains ou de base-ball en goguette, qui, le soir venu, tire sur tout ce qui bouge. Ou conduit en ville comme dans un jeu vidéo, à tamponner toutes les voitures irakiennes sur le passage, comme on a pu le voir dans une effarante vidéo. Même chose pour la nourriture ou les rires obscènes des soldats. Les Américains se comportent en maîtres, et s’aperçoivent quelques semaines après qu’on les déteste. Leur mépris est immense. Leur attitude stupéfiante et abjecte. 

Leur irresponsabilité totale.
On avait beau avoir tout prévu lors de leur arrivée avec des agences de com’ gouvernementales ayant distribué des petits drapeaux pour jouer aux libérateurs, organisé en grandes pompes la chute de la statue de Saddam dans des circonstances affligeantes de mise en scène théâtrale, avec public sélectionné et même déguisé, rien n’y a fait : en deux mois pas plus nos fameux libérateurs, par leur comportement odieux, ont réussi la prouesse de passer de statut de libérateur en celui d’occupant détesté.
Des gamins jusqu’ici non-partisans sont devenus des résistants à cette occupation qui a multiplié les erreurs et les provocations : des familles entières assassinées en représailles d’un soldat tué, des mercenaires qui tirent dans la foule pour le plaisir, et toutes les petites humiliations comme cette autre scène affligeante où un soldat juché à l’arrière d’une Humvee jette des bouteilles d’eau en faisant courir, courir et courir des pauvres gamins qui crèvent de dysenterie à boire l’eau polluée d’un réseau de distribution qui n’est toujours pas réparé, cinq années après. Les sommes qui lui étaient destinées ont été englouties ailleurs. Où, on ne sait pas, mais on a bien quelques pistes, dont celle d’un gouvernement de mafieux qui vit grassement sur le malheur de son peuple.
On s’en doutait, donc, de cette impréparation totale, mais aujourd’hui, on en a la preuve, en provenance d’une enquête réalisée par les sénateurs américains et des historiens. Elle est effarante. L’amateurisme à ce point est digne de l’armée d’Idi Amin Dada. Et le pire, c’est qu’on a tout fait à la tête de l’armée pour tenter d’étouffer les remontées de la base, qui constatait jour après jour que rien n’était comme prévu. Jusqu’à aller couper des têtes au sommet même de l’establishment militaire. Souvenez-vous, en 2003, Saddam juste capturé, on récompense ses auteurs en les mutant ailleurs : Tommy Franks, général trois étoiles, vire toute la direction de commandants de Bagdad dans les semaines qui suivent, décapitant l’organisation qui tentait péniblement de se mettre en place. Le constat des militaires eux-mêmes, aujourd’hui, est sévère “The move was sudden and caught most of the senior commanders in Iraq unaware,” dit le NYT. En citant cette enquête de 700 pages qui taille des croupières au régime de W. Bush, obnubilé par sa seule gloriole et non par la gestion d’un pays conquis, cadet de ses soucis.
L’armée américaine sur place avait bien de quoi finir par capturer le dictateur, mais sans plus : rien ne lui permettait de tenir le pays sous sa coupe.
On sait qu’aujourd’hui Paul Bremer III, viré depuis lui aussi, est devenu un des plus farouches opposants de l’administration Bush dont il a pourtant été l’ambassadeur irakien. Il évaluait à 500 000 hommes environ les besoins sur place. Il en aura le tiers, à tout casser. Sans oublier l’incroyable bévue consistant à se séparer des cadres du parti de Saddam, piliers du régime, certes, mais aussi et surtout responsables à tous les niveaux de son administration. Les évincer, c’est ruiner tout espoir d’organisation du pays : plus d’électricité, de distribution d’eau, de banque centrale, jusqu’aux bureaux de poste et la police locale, démantelée elle aussi. Un régime totalitaire s’infiltre partout, et vouloir s’en débarrasser d’un revers de main une erreur monumentale. En France, en 1945, de Gaulle l’avait bien compris, à devoir composer avec des gens comme Papon, dont on ignorait alors le degré d’implication. Papon et d’autres, dont on vous a déjà parlé et qui sont passés au travers des mailles du filet, à se la couler douce le restant de leur vie, voire à s’acheter des hôtels prestigieux. Et amnistiés très tôt. C’est pourtant ce que vont faire les Américains, sans se soucier du contenu d’un rapport de huit pages écrit par un fin connaisseur de la région qui s’appelle Ryan Crocker, l’un des rares de haut rang à parler la langue du pays. Enrôlé depuis sous la casquette de nouvel ambassadeur, tentant misérablement lors de la dernière commission sénatoriale de justifier les actions de son collègue le général Petraeus, récemment nommé au poste de commandant en chef des armées en Irak.

Aujourd’hui, confronté à ce qui est devenu une situation ingérable, les langues se délient au sein de l’armée américaine.
Le colonel Thomas G. Torrance, commandant de la 3e division d’artillerie dénonce sans ambiguïté le gâchis : "I can remember asking the question during our war gaming and the development of our plan, ‘OK, we are in Baghdad , what next ?’ No real good answers came forth". Pas une seule réponse de l’état-major à la question : que fait-on après, maintenant qu’on a conquis le pays ? L’impréparation est totale, et à tous les niveaux : pendant que l’on s’efforce de souder des bouts de tôle sur des Humvees devenues des passoires à Kalachnikovs, les troupes au sol doivent se débrouiller avec leur peu de savoir du terrain. On les a entraînées à se battre derrière des chars en plein désert, elles sont à pied en ville sans aucune formation à la guérilla urbaine et se font tirer comme des lapins, dénonce le lieutenant-colonel Troy Perry, responsable écœuré du 68th Armor Regiment. Franks, aux ordres de l’équipe de Bush, n’écoutera aucun conseiller : le colonel Kevin Benson lui indique pourtant, en qualité de membre de la planification aux armées, qu’il lui faudra tabler sur au moins 300 000 hommes pour contrôler l’ensemble du pays. Et ce avec le soutien de l’infrastructure baassiste existante. Rien n’y fera : cet imbécile de Franks, qui tient une victoire militaire facile dans ses mains, pense qu’il en sera de même pour le civil : "In line with the prewar planning and general euphoria at the rapid crumbling of the Saddam regime, Franks continued to plan for a very limited role for U.S. ground forces in Iraq.” Selon lui, le pays, une fois conquis, va marcher tout seul. C’est oublier les fondements même de la réalité du moment : le pétrole n’est plus pompé, les ports ne s’approvisionnent plus, l’électricité n’est plus produite pour la simple raison qu’il n’y a plus de fonctionnaires en place pour décider quoi faire et quand. Un pays repose sur ses fonctionnaires. Même dans les pays où le privé fait sa loi, il faut bien y passer. Et là, plus aucun gestionnaire de présent : le pays se retrouve du jour au lendemain paralysé.
Franks vire également dans la foulée le général McKiernan, à la surprise générale.
C’est le chef des troupes alliées. Un commandant général est nommé, le lieutenant-général Ricardo S. Sanchez, qui manque d’expérience. Un général observant son arrivée en est catastrophé : “It took us months, six or seven or eight months, to get some semblance of a headquarters together so Sanchez could at least begin to function effectively.” La direction de l’armée vient de se prendre six mois minimum d’imprécisions supplémentaires, ce qui laisse largement le temps aux insurgés de s’organiser. Les dépôts d’armes ne seront pratiquement pas surveillés avant : on y vole toujours les obus qui vont être disséminés sur toutes les routes où passent les Humvees ou les chars Abrams. Leur déclenchement par téléphone portable devient la norme, les IEDs sont inventées et provoquent un vrai massacre chez les soldats. L’armée met plus de deux ans à s’en rendre compte, organisant des palliatifs comme l’épisode grotesque du montage d’éléments blindés au-dessus des jeeps. Alors qu’elle sautent par le dessous, avec leur fond plat qui est transpercé comme rien. Depuis, après quatre années d’imprécisions et de tergiversations, les Américains ont réagi en commandant plus de 7 000 véhicules MRAP à fond en V censés éviter les déflagrations. Les engins sont ruineux, lourds et fort peu manœuvrants. Et surtout enferment les soldats derrière des vitres blindées, ne permettant plus aucun contact avec les populations. Les soldats sont protégés, mais toujours plus détestés : qui ont ces extraterrestres qui s’enferment dans leur bulle d’acier et de verre ? Déjà qu’aucun d’entre eux ne savait la langue du pays... le contact avec la population, à bord de ces MRAP hermétiques est désormais inexistant. Les Américains sont clairement passés sous le statut d’occupant méprisant les populations locales. A Bagdad, le découpage des quartiers par des murs de béton de plusieurs mètres de haut et les barrages filtrants ont certes fait baisser le taux d’attentats, mais ruine l’économie : faire circuler n’importe quel produit qui doit être soupesé et passé aux rayons X devient une galère innommable. Les Irakiens découvrent les joies des barrages israéliens de la bande de Gaza, lieux de toutes les humiliations.
L’impréparation a été à tous les niveaux.
L’occupation américaine est un patch constant. Jusqu’aux supplétifs, recrutés à la hâte, ces harkis de la guerre irakienne. Tant qu’ils fonctionnent sur leurs deux jambes, ça va. Mais ne comptez pas sur l’administration irakienne inexistante ou sur l’armée américaine pour les aider en cas... d’accident. Un nombre incroyable de blessés de la police irakienne se retrouve ainsi démuni de tout : aucune aide, aucun argent (ils étaient payés à la journée !), aucun soin... et l’obligation de se cacher pour la plupart, de crainte des représailles des opposants à l’invasion américaine, pour qui ils sont des traîtres. Dans un article poignant, le New York Times revient sur ces "abandonnés" dignes qui auront tout perdu dans l’histoire, y compris l’honneur de leur famille. Selon l’article, beaucoup d’estropiés ne reçoivent aucune pension, alors que les soldats américains eux sont pris en charge par leur administration. Deux poids deux mesures encore, qui ne sont pas faits pour inciter à s’engager dans le camp du pouvoir en place. Tout est fait pour les dissuader : les armes sont de mauvaise qualité, on refile les vieilles Humvees repeintes à la hâte, bref on les envoie au casse-pipe avec un sous-équipement chronique déplorable. L’article évoque le chiffre pour 2006 de 8 000 blessés et 4 000 morts parmi les supplétifs qui ont déjà payé le prix fort, en ayant autant de pertes que de soldats américains... sans avoir eu les honneurs des médias. Et ce, que pour les policiers, sans compter l’armée irakienne nouvellement reconstituée. Un chiffre effarant de 60 000 blessés est avancé... par Donald Rumsfeld lui-même, dans une conférence de 2006 : "roughly twice the rate of all coalition forces.” Les Irakiens paient un lourd tribut à leur engagement derrière les troupes américaines. Pour les soins aux blessés, c’est le temps de la galère : 25 % des médecins ont fui le pays. Un estropié résume clairement les disparités : “I lost a leg and can barely walk. I see on TV in the U.S. they lose two legs and they are running races. Why don’t they do the same for us in Iraq  ?”. Deux poids deux mesures, et un mépris évident pour ceux qui les aident, voilà ce qui résume la situation actuelle des Américains en Irak. Le départ des soldats, s’il a lieu, va raviver les haines communautaires, les Irakiens vont se déchirer et on ne donne pas l’ombre d’une chance au gouvernement fantoche existant face à la puissance de l’emprise de Sadr. Et après ? What next ? Le chaos pur et simple ? Voilà ce qui attend... Obama ou McCain. 9/7 morice Informaticien, ancien rédacteur en chef de revue informatique nationale, préoccupé aujourd’hui par la montée des extrêmismes en tout genre. Professeur d’histoire en collège pendant 15 ans. Maîtrise de Géographie, mémoire sur "l’industrie photographique au Japon". Résistant officiel depuis le 6 mai. Accessoirement chasseur de Trolls (une autre forme d’extrêmisme), espèce fort répandue sur le Net. Athée, au cas où certains pourraient en douter. http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=41993


5-2  Morsi Attalla : Etats-unis : La théorie de la force. Ce n’est pas par hasard que l’Administration de Bush dominée par les conservateurs a formulé sa conception de la guerre contre le terrorisme sans expliciter le contenu et les détails de cette conception. De nombreuses circonstances entravent les efforts visant à améliorer les relations américano-arabes. L’obstacle le plus grave est celui du climat empoisonné causé par les tendances des néo-conservateurs. Ceux-ci adoptent la théorie de la force et pensent que la force américaine absolue et la liberté d’y recourir sans aucune restriction est l’unique garantie permettant la stabilité dans le monde entier et la protection des intérêts américains. Ces nouvelles tendances dans la stratégie américaine tentent de résumer la sécurité mondiale dans le cercle de la sécurité américaine dont l’étendue atteint aussi la sécurité d’Israël et ses objectifs expansionnistes. Le danger de cette théorie qui règne sur l’agenda de la politique américaine est que les néo-conservateurs veulent rompre le lien traditionnel entre la souveraineté et la sécurité nationales dans n’importe quel pays. En effet, ce qui importe aux Etats-Unis est d’être l’unique superpuissance militaire et économique dans le monde, et par conséquent d’avoir la liberté d’effectuer des frappes préventives contre les ennemis probables dans l’objectif de les désarmer puis de les soumettre. Les partisans de la nouvelle politique américaine tentent depuis des années de convaincre la société américaine que le retrait des forces américaines des foyers de conflit, que ce soit en Europe ou au Proche-Orient, causera un chaos mondial. Par conséquent, il faut que les Etats-Unis tentent de donner à leur présence militaire, en dehors des territoires américains, une certaine légitimité. Cette légitimité se base sur des accords conclus avec les leaders que les Etats-Unis réussissent à introniser dans les régions de tension comme les accords de sécurité prévus en Iraq. Les partisans de cette politique estiment aussi que si les prétextes de la menace directe causée par les armes de destruction massive ou par le terrorisme contre les Etats-Unis deviennent insensés, les Etats-Unis peuvent brandir l’arme de la démocratie pour justifier l’ingérence dans les affaires des autres pays. Là, le prétexte sera que l’une des plus importantes garanties de la sécurité américaine ne réside pas seulement dans la démocratie américaine, mais aussi dans la propagation de la démocratie de par le monde. Car si la démocratie est menacée à l’extérieur des Etats-Unis, elle le sera également à l’intérieur ! Tout ceci signifie que ce n’est pas par hasard que l’Administration de Bush dominée par les conservateurs a formulé sa conception de la guerre contre le terrorisme sans expliciter le contenu et les détails de cette conception. Il est clair que l’objectif est de pouvoir appeler la lutte contre l’occupation « terrorisme », et par conséquent justifier toute ingérence au nom de l’éradication des terroristes dans tel ou tel pays. Et quand l’Administration américaine ne trouve pas ce prétexte dans un certain Etat, elle peut alors parler de l’absence de la démocratie sous prétexte que cette lacune permet la naissance et la croissance des groupes terroristes dans l’avenir. Mais aux Etats-Unis, il n’y a pas seulement les néo-conservateurs qui dominent le pouvoir depuis l’année 2000. Il y a d’autres courants qui ont un certain poids et qui commencent à avoir une forte voix pour mettre en garde contre le danger de la continuité de cette politique sur l’avenir du pays. C’est pour cela que ces nouveaux courants parient sur la possibilité que les démocrates dirigés par Barack Obama puissent revenir à la Maison-Blanche après une absence de 8 ans. Le professeur Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de l’ex-président américain Jimmy Carter, a écrit dans son livre The Choice que le point de départ dans l’amélioration des relations arabo-américaines réside dans des tentatives sérieuses visant à parvenir à une solution pour la cause palestinienne. Ce qui permettra d’améliorer l’image des Etats-Unis chez les peuples arabes et musulmans qui sont en colère à cause de l’alignement américain sur Israël. Mais il est clair que les Etats-Unis ne sont pas encore, jusqu’à nouvel ordre, près de prendre ce pas. Morsi Attalla Al-Ahram/hebdo 06-07 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4690

5-3 Allard Jean-Guy : Qui est  McCain ?

Extrait Lorsqu’il a été vu une première fois comme présentateur à un évènement convoqué par le candidat présidentiel, plusieurs ont crû qu’il s’agissait d’un impair des conseillers de l’aspirant au poste de George W. Bush. Toutefois lorsqu’on l’a entendu prêchant dans un spot radiophonique conçu par la campagne du même candidat, le doute s’est envolé : en acceptant de s’exhiber aux côtés du cabecilla Roberto “Macho” Martín Pérez, un des plus répugnants vestiges de la dictature de Fulgencio Batista, John McCain a fait cause commune (peut-être même sans qu’on l’en informe) avec le noyau dur des hystériques qui, un demi siècle après l’effondrement de ce régime de gangsters, s’obstine à dominer la ville de Miami par la terreur. Au cours du show monté par les stratèges républicains titubants qui montrent ainsi leur pauvre compréhension de la communauté hispanique, Roberto Martín Pérez est présenté comme un prisonnier politique inoffensif, injustement incarcéré durant des années par le « régime de Castro » tandis qu’il tentait de libérer l’île. La réalité est bien différente. Roberto Martín Pérez Rodríguez est né le 11 août 1934. Il est le fils d’un officier supérieur de la police de Batista dont le nom rappelle, pour la majorité des Cubains y compris ceux de Miami, des scènes de la plus sauvage répression de la Cuba des années cinquante : le lieutenant colonel Lutgardo Martín Pérez, chef de la Brigade motorisée, dont la réputation atteint le niveau des assassins et tortionnaires les plus craints de l’époque, tels que les Pilar García, Esteban Ventura, Orlando Piedra, Mariano Faget, Manuel Ugalde Carrillo, Francisco Tabernilla et Rolando Masferrer, son mentor. On disait du père du promoteur de la candidature de McCain, dans une édition de janvier 1959 de la revue Bohemia, dans une section intitulée Galerie d’assassins, au pied d’une photo du policier que : « Lutgardo Martín Pérez a physiquement le genre tueur à gages. Et il l’a aussi au niveau des sentiments. Il a commencé sa carrière aux côtés d’un autre criminel de guerre, Rolando Masferrer. C’est ainsi qu’il s’est gagné les promotions, de sergent qu’il était jusqu’à exhiber les étoiles de lieutenant colonel qui, comme celles de Ventura, sont tachées du sang des innocents. Sans préparation ni culture, il ne connaissait d’autre langage que celui de la force ». On dit que jusqu’aux derniers jours de sa vie, Esteban Ventura, monstre parmi les monstres, également exilé à Miami, a entretenu une étroite relation avec Lutgardo Martín Pérez, une des rares personnes en qui il avait encore confiance. Toute une référence pour ce personnage qui aujourd’hui se prétend défenseur des droits de l’homme aux côtés de McCain : on raconte qu’adolescent il allait aider son papa dans les caves d’un bunker de la police où il battait les prisonniers qui n’avaient pas succombé à leurs interrogatoires. De fait, très jeune, "Macho" Martín s’est joint à la police de Batista et, à force de mauvais traitements infligés aux prisonniers dans les derniers mois du régime sanguinaire, il a obtenu le rang de sergent. ..... PARRAIN DE BOSCH ET POSADA En novembre 1995, le lien entre la FNCA et le terroriste Orlando Bosch Ávila, s’est réanimé publiquement lorsque "Macho" a parrainé à Miami une exposition de croutes de Bosch et Posada, les deux auteurs intellectuels du sabotage contre l’avion civil cubain survenu en 1976, dans lequel sont mortes 73 personnes. En 1998, le grand défenseur du ‘prisonnier politique’ a réalisé un de ses plus sales exploits : avec d’autres cabecillas de la mafia de Miami, tels que Alberto Hernández (alors de la FNCA ), Ileana Ros-Lehtinen, Domingo Otero (un autre "dur" de la FNCA ), il a amené le nouveau chef du FBI, le très corruptible Hector Pesquera, à effectuer l’arrestation de cinq Cubains infiltrés dans les rangs des organisations terroristes. Associé à plusieurs organisations conspiratrices liées au mécanisme terroriste entretenu à Miami par la CIA , telles que Comandos F-4 de Rodolfo Frómeta, et Hermanos al Rescate de José Basulto, il est un personnage qui inspire la terreur. On connait bien son amitié indéfectible pour Guillermo Novo Sampoll, asassin du dirigeant chilien Orlando Letelier. Qui se ressemble, s’assemble. Le nouvel ami de McCain s’est marié il y a des années avec Ninoska Lucrecia Pérez Castellón, la furibonde héritière de Francisco Pérez González, un autre lieutenant colonel de la police batistienne. En 2001, à quelques jours des attentats du 11 septembre, "Macho" a quitté la FNCA pour se joindre au Cuban Liberty Council de Luis Zúñiga, qui rassemble aujourd’hui les Alberto Hernández, Horacio García et autres mafieux miamiens ayant une trajectoire bien documentée d’appui au terrorisme et, spécifiquement, à Posada et Bosch. Plusieurs impairs de "Macho" poursuivront désormais McCain. Le candidato républicain ignore peut-être que son protégé de 73 ans a été le premier à affirmer que le jour de la victoire dont il rêve contre la Révolution cubaine, il passera un bulldozer depuis le Cap San Antonio jusqu’à la Pointe de Maisí, pour éliminer la population actuelle de l’Île, coupable d’être liée d’une façon ou d’une autre au ‘régime’. Rien de surprenant : à une autre occasion, interrogé sur le danger de tuer des innocents dans un attentat contre des dirigeants cubains, il a déclaré qu’il lui importait peu « que meure le pape ». Tels sont les appuis que possède à Miami l’ultraconservateur McCain. Article complet : http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6812 11 juillet 2008


5-4 Recherche de AgoraVox : Quand les Etats-Unis voulaient tester l’effet du gaz sarin sur des soldats australiens... Chaque année qui passe voit son lot de nouveaux documents déclassés, et son lot de nouveaux scandales qu’on a déjà oublié, avant même de les connaître. Et dans cinquante ans, on dira quoi ?
En Australie, un document secret défense vient d’être déclassé. Entre 1963 et 1966, les Etats-Unis ont demandé au gouvernement australien, en pleine guerre du Vietnam, de tester les effets de gaz neurotoxiques, y compris le gaz sarin, sur... des soldats australiens. Washington demandait également de ne pas révéler la nature des tests, pour éviter une réaction de la population. Délicate attention !
Attention, cœurs sensibles et utopistes s’abstenir. "The Australian" publiait le 7 juillet un article à faire pâlir les plus fervents adeptes de la théorie du complot. La dé classification de documents conservés jusqu’ici sous le sceau du secret défense fait des vagues sur l’île-continent. Alerte au tsunami !

De l’efficacité du sarin sur les soldats australiens

Les Etats-Unis, dans les années 1960, avaient besoin de tester l’efficacité de ses gaz neurotoxiques, notamment le gaz sarin, qu’ils comptaient déployer au Vietnam. Peut-être par manque de main d’oeuvre locale, le secrétaire américain de la défense Robert McNamara demande donc en juillet 1963 au gouvernement australien de lancer un programme d’évaluation. Le document précise que 200 soldats devraient être utilisés dans les essais, et "seulement quatre à six auraient vraiment besoin de connaître tous les détails de l’opération". L’objectif de ces essais, totalement illégaux au regard du droit international, était d’évaluer l’efficacité d’agents neurotoxiques en situation de guerre, et notamment dans la jungle du Vietnam, où les combats redoublaient alors. En outre, le document conseille au gouvernement australien de cacher la véritable nature de ces essais, et d’évoquer, auprès du public, des tests d’équipements militaires. Histoire de ne pas effrayer inutilement les populations... Le gaz sarin est un de ces poisons foudroyant qui peut causer la mort quasi instantanément par simple contact avec la peau. On ignore aujourd’hui si les australiens ont accédé aux demandes américaines. Ce que l’on sait, par contre, c’est que le gouvernement américain a, trois ans plus tard, fait une nouvelle demande pour des essais de gaz lacrymogènes. L’actuel ministre de la Défense australien, Joel Fitzgibbon, dans sa grande bonté, assure qu’une enquête va être ouverte et promet qu’"aucun essai de la sorte n’aura lieu à l’avenir". Les Australiens doivent se sentir rassurés. Robert McNamara, s’il était encore vivant, regretterait certainement L’ancien Premier ministre australien Malcolm Fraser, qui a été ministre des armées de 1966 à 1968, nie avoir eu connaissance de telles demandes des États-Unis. Il ajoute, connaissant bien Robert McNamara, que celui-ci regretterait certainement aujourd’hui cette demande. Peter Bailey, un conseiller de Mr Holt, premier ministre de l’époque, a déclaré que la demande des États-Unis a été prise au sérieux par le gouvernement australien et il croit se rappeler que le cabinet chargé d’y réfléchir était divisé sur la question. Il faut savoir qu’environ 1000 soldats australiens avaient déjà participé à des essais de gaz moutarde dans le Queensland en 1942, à l’insu de leur plein gré. Et que des essais nucléaires britanniques, entre 1955 et 1963, à Maralinga en Australie du Sud, ont engendré de graves problèmes de santé pour les troupes présentes dans la région. Ce n’est pas la première fois que des documents déclassés mettent à jour des pratiques scandaleuses. En Angleterre, une loi a contraint le ministère de la Défense d’exhumer de ses archives des documents qui révèlent que Londres avait organisé et installé un programme de torture secret dans l’Allemagne occupée par les Alliés à l’été 1945. Aux Etats-Unis, des documents déclassés ont permis de faire le jour sur les pratiques de Monsanto, qui connaissant les méfaits du PCB sur la santé humaine vingt ans avant tout le monde, mais qui n’en a pipé mot. Ou encore que Prescott Bush, grand père de son petit fils, a fait sa fortune en commerçant avec le régime d’Hitler pendant la deuxième guerre mondiale. Etc. Et à chaque fois, on se dit "c’était il y a 50 ans, c’est loin, ça a changé". Mais chaque année qui passe voit son lot de nouveaux documents déclassés, et son lot de nouveaux scandales qu’on a déjà oublié, avant même de les connaître. Et dans cinquante ans, on dira quoi ?
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=41983

15/07/2008

n°377- Journal d'Irak - 08/07 au 14/04/08 - Suite - L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné.

n°377- Journal d'Irak - 08/07 au 14/04/08 -Début - L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné.


Journal d'Irak   

 N°377             du 08/07 au 14/04/08

M.Lemaire



: Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire :

Tiré à part :

USA: un million de noms sur la liste de surveillance du Centre de surveillance du terrorisme, une organisation du FBI

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Paroles & actions des bientôt président...

McCain : La sécurité avant le retrait, affirme McCain

Obama :  Barack Obama a réagi

Obama pour un retrait du gros des troupes US d'Irak à l'été 2010

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens Lettre virulente du Premier ministre à l'adresse de Bush. 

Irak et Turquie envisagent une coopération stratégique

3) Les voisins Turquie

Erdogan promet de soutenir davantage l'Irak.

4 Libération du territoire Détails.
L'Irak en chiffre.
Seconde Partie
5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
5-1 G8 : Vers une police globale de l’internet ?
5-2 Reuters relance l’armée US sur la mort de 2 journalistes irakiens de l’agence à Bagdad.
6 Brèves
6-1 Conclusion dans le dossier des Irakiens torturés par des soldats britanniques.
6-2 Près d'un soldat britannique sur deux pense à quitter l'armée.
6-3 L'Angleterre ne peut pas prolonger sa mission en Irak et ‎en Afghanistan.
6-4 Première promotion d'une force de sécurité féminine en Irak.
7 Dossiers
7-1 Point de vue de 'Aloufok' : L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné.
7-2 Point de vue de Noam Chomsky : Le pétrole, évidemment...
 Derniere Partie
7-3 Point de vue de William O. Beeman. : L’anthropologie, arme des militaires. 7-4 Point de vue de Feurat Alani. : La 'Zone verte', C'est l'Arche de Noé, sauf que ses occupants ne sont pas encore sauvés... »
7-5 Recherche de AgoraVox : Quand les Etats-Unis voulaient tester l’effet du gaz sarin sur des soldats australiens...
7-6 Point de vue de 'Aloufok' : Du cash pour les Irakiens.
7-7 Point de vue de Willy Beauvallet : L'exemple par le Moyen-Orient.

L'Irak en chiffre: du 08-07 au 14/07/08


Tués

Blessés

Peuple irakien

1 + x

4 + x

Usboys/Autres boys + miliciens

2

x

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

19

34



Tiré à part : USA: un million de noms sur la liste de surveillance du Centre de surveillance du terrorisme, une organisation du FBI La liste de surveillance ‘antiterroriste’, contenant les noms de terroristes ou de personnes soupçonnées de liens avec le terrorisme, a fortement augmenté: elle atteint un million d'entrées, a indiqué lundi l'Association américaine des libertés civiles (ACLU). "L'inspecteur général du département de la Justice a indiqué que le Centre de surveillance du terrorisme, une organisation du FBI qui alimente la liste de surveillance, avait plus de 700 000 noms dans sa base de données en avril 2007, et que celle-ci augmentait en moyenne de plus de 20 000 entrées par mois", a précisé l'ACLU. Selon ces chiffres, la liste comporte maintenant plus d'un million de noms", a indiqué l'association. Parmi les noms figurant sur cette liste figurent ceux de personnes décédées, comme Saddam Hussein, ou bien ceux de personnes telles que le sénateur démocrate américain "Ted" Kennedy. Le nom de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, prix Nobel de la paix, se trouvait sur cette liste jusqu'à ce que le Sénat adopte fin juin une loi visant à le retirer, seule façon d'effacer un nom de la liste. (ats / 15 juillet 2008 01:40)


Occupation de l'Irak Analyse & déclaration Paroles & actions des bientôt président... McCain : La sécurité avant le retrait, affirme McCain McCain, a averti que le retrait des soldats américains d'Irak devait être dicté par les conditions de sécurité sur place, alors que le gouvernement irakien demande désormais un calendrier de retrait à Washington. «Les Irakiens ont signifié très clairement, notamment lors de mes rencontres avec le président et le ministre des Affaires étrangères, que ceci dépendait des conditions sur le terrain», a-t-il affirmé lors d'un entretien à la chaîne de télévision américaine MSNBC.
«J'ai toujours dit que nous reviendrions à la maison armés de l'honneur et de la victoire, et non pas en fonction d'un calendrier», a ajouté le sénateur de l'Arizona.
«Nous nous retirerons, mais (...) la victoire que nous avons remportée jusqu'ici est fragile et le retrait doit être dicté par les événements sur le terrain», a-t-il fait valoir, reprenant des arguments avancés par le Pentagone.
Ses propos interviennent alors que le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a demandé lundi pour la première fois à Washington de fournir un calendrier de retrait de leurs troupes, une idée constamment rejetée par le président Bush.
http://www.cyberpresse.ca/article/20080708/CPMONDE/807082...

Obama :  Barack Obama a réagi
L'équipe de campagne de Barack Obama a réagi aux déclarations de M. McCain en exhumant des propos qu'il avait tenus en 2004, lorsqu'il avait dit que si un gouvernement irakien souverain demandait aux forces américaines de quitter l'Irak «il est évident que nous devrions partir».
«Les Américains ont besoin d'une stratégie pour réussir en Irak, pas juste une stratégie pour rester», a clamé Susan Rice, conseillère en politique étrangère de Barack Obama.
«Le refus obstiné de John McCain de s'adapter aux évènements sur le terrain montre simplement qu'il n'a aucun plan pour finir cette guerre», a-t-elle ajouté.
L'Irak est un des principaux thèmes d'opposition entre le candidat démocrate Barack Obama et M. McCain. Le premier s'était prononcé contre la guerre avant l'invasion de l'Irak et compte retirer les troupes de combat en 16 mois, le second est un fervent partisan de l'envoi de renforts et ne fixe aucune limite de temps à l'engagement américain.
«Je pense qu'il est encourageant (...) que le Premier ministre (irakien) lui-même reconnaisse, qu'en coopération avec l'Irak, il est temps pour les forces armées américaines de commencer à évoquer un calendrier de retrait», a commenté lundi M. Obama.
http://www.cyberpresse.ca/article/20080708/CPMONDE/80708253/1014/CPMONDE

Obama pour un retrait du gros des troupes US d'Irak à l'été 2010Barack Obama s'est prononcé lundi pour le retrait du plus gros des troupes américaines d'Irak à l'été 2010, tout en indiquant vouloir le maintien pour une période indéterminée d'"une force résiduelle" pour combattre Al-Qaïda dans ce pays. Il a également promis qu'il ne chercherait pas à maintenir des bases militaires permanentes en Irak s'il était élu président en novembre. Obama : "Après ce redéploiement, une forces résiduelle en Irak aurait des missions limitées: poursuivre les restes d'Al-Qaïda en Mésopotamie, protéger les services américains et, tant que les Irakiens feront des progrès politiques, entraîner les forces de sécurité irakiennes". Obama a également indiqué qu'il poursuivrait une offensive diplomatique avec chaque Etat de la région au bénéfice de la stabilité irakienne et que deux milliards de dollars seraient consacrés à un nouvel effort international de soutien aux réfugiés d'Irak. AFP / 14 juillet http://www.wikio.fr/international/ 14-07 Mis sous pression par les républicains qui l'accusent de vouloir abandonner la partie en Irak, alors que des centaines de milliards de dollars y ont été investis, Barack Obama a récemment voulu contrer leurs attaques. Début juillet, il avait déjà déclaré à la presse : "Quand j'irai en Irak et que j'aurai la possibilité de parler avec des commandants sur le terrain (...) je continuerai à affiner ma politique". Le sénateur de l'Illinois (nord) avait ajouté : "J'ai toujours dit que le rythme du retrait serait dicté par la sécurité de nos troupes et le besoin de maintenir la stabilité". cette remarque avait suscité de vives critiques de McCain, et l'avait obligé à rapidement convoquer une deuxième conférence de presse où il avait semblé faire machine arrière. "Je n'ai pas vu d'informations qui contrediraient l'idée de ramener nos troupes en toute sécurité au rythme de une ou deux brigades par mois", avait alors déclaré M. Obama. AFP / 14 juillet Autre article sur Obama 14/07/08 http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/3468...



2-1 Sur le terrain 2-2 Les forces en présence

Résistance  08-07 L’Armée du Mehdi de Moktada Sadr a été mise militairement hors d’état de nuire dans le sud de l’Irak à la suite l’offensive gouvernementale du printemps, estime le gouverneur de la province de Bassorah, Mohamed al Waëli. Selon Waëli, l’offensive lancée fin mars par le gouvernement Maliki a porté ses fruits. Les miliciens sadristes ont opposé un farouche résistance aux forces irakiennes, contraignant l’US Army, initialement tenue à l’écart, à leur fournir un soutien terrestre et aérien, mais ils ont mis fin à leur présence armée dans les rues de la province une semaine plus tard à l’appel de Sadr. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4809

USA 13-07 Avant la question du maintien de la présence américaine à long terme, l'administration Bush envisagerait un retrait supplémentaire de une à trois brigades américaines sur quinze en Irak à compter de septembre, selon le New York Times dimanche. Le nombre de soldats américains déployés baisserait ainsi jusqu'à 120.000 ou 130.000 hommes, contre quelque 145.000 aujourd'hui. Les Etats-Unis ont déjà réduit leur contingent au cours des derniers mois, en rapatriant 5 brigades de combat envoyées en renfort début 2007 pour enrayer un pic de violences. Le Pentagone a seulement rappelé dimanche qu'il espérait pouvoir réduire de nouveau le contingent d'ici fin 2008, mais qu'aucune décision n'avait encore été prise. Daphné BENOIT AFP



3) Politique a) des collaborateurs Irakiens

Lettre virulente du Premier ministre à l'adresse de Bush.   Nouri al-Maliki  a réitéré que l'Irak ne peut jamais servir de passage pour des attaques menées par les Etats-Unis contre ses voisins. al-Maliki a rappelé à Bush que l'Irak ne peut pas signer un accord permettant aux Etats-Unis de s'en prendre à la souveraineté des autres pays notamment les voisins de l'Irak. Maliki s'était, aussi, déclaré inquiet, la semaine dernière, de la poursuite des prétextes et menaces proférées par l'Amérique contre les programmes nucléaires civiles iraniens et dit que tout aventurisme dans cette affaire serait catastrophique pour toute la région moyen-orientale. Les principaux chefs des partis irakiens ont remercié, par l'intermédiaire des sources d'informations de ce pays, l'opposition du Premier ministre Nouri al-Maliki contre les clauses proposées par Washington pour l'avant texte de l'accord sécuritaire avec l'Irak dont la création d'une base militaire permanente en Irak et l'octroi de l'immunité judiciaire (la capitulation) aux militaires américains IRIB http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=987327


Les grandes manoeuvres 13-07 Un haut responsable irakien a assuré sur CNN dimanche que Bagdad espérait toujours conclure un accord avec Washington d'ici fin juillet sur la présence des soldats américains en Irak, et qu'ils négociaient "un horizon temporel" de retrait des troupes, non une date précise. Daphné BENOIT AFP

Pays corrompu cherche … Irak et Turquie envisagent une coopération stratégique Le chef du gouvernement turc s'est rendu en Irak pour une première visite qualifiée d'"historique" par son homologue. Tayyip Erdogan a été accueilli à son arrivée par al-Maliki. Il a ensuite gagné le complexe gouvernemental solidement fortifié de la Zone verte … L'un des sujets au programme de sa visite devait être la lutte engagée par Ankara contre les résistants kurdes qui disposent de bases dans le nord de l'Irak. Bagdad et Ankara souhaitent créer une "zone de sécurité qui permette d'éliminer les menaces terroristes entre les deux pays", a dit Erdogan, premier dirigeant turc à se rendre en Irak depuis l'intervention militaire anglo-américaine de 2003. "En ce qui concerne le terrorisme du PKK, nous avons reçu le soutien du gouvernement irakien (...) et du gouvernement régional du Kurdistan dans le nord de l'Irak", a déclaré Erdogan lors d'une conférence de presse. Les deux dirigeants ont signé un accord prévoyant la création d'un conseil chargé de la "coopération stratégique". On ignore toutefois pour le moment si les deux parties prévoient des initiatives conjointes précises pour contrer le PKK. En septembre dernier, des responsables turcs et irakiens ont signé un accord de lutte ‘antiterroriste’ pour contrer le PKK. Les deux parties n'avaient pas pris de décision en matière de coopération pour la sécurité frontalière. M. Al-Maliki a pour sa part fait état des succès enregistrés par l'Irak dans la lutte des occupants contre la résistance locale. "L'Irak d'aujourd'hui est un Irak constitutionnel (…) " en quête de "coopération avec des pays dans la région", a-t-il souligné. La Turquie est déjà l'un des principaux partenaires commerciaux de l'Irak. Les entreprises et les produits turcs dominent l'économie du Nord irakien et la compagnie énergétique nationale turque TPAO a engagé des négociations pour des contrats de prospection pétrolière. Les exportations de pétrole des gisements irakiens de Kirkouk (nord) sont acheminées par oléoduc au port turc de Ceyhan, sur la Méditerranée. Un projet de gazoduc est à l'étude. Selon le ministre turc du Commerce, il est prévu que les échanges bilatéraux atteignent un montant de 20 milliards de dollars en deux ans, contre 3,5 milliards en 2007 et 900 millions en 2003. Il a salué l'engagement de M. Erdogan à accroître les relations commerciales bilatérales dans les prochaines années…. AP & Reuters 10-07

Politique intérieure & extérieure Pétrole contre nourriture: l'Irak réclame des dédommagements L'Irak a déposé une plainte à New York contre 50 entreprises impliquées dans le scandale lié au programme d'aide de l'ONU "Pétrole contre nourriture" et leur demande 10 milliards de dollars de dédommagements. Parmi les entreprises visées figurent huit sociétés enregistrées en Suisse. Les groupes ABB, Bühler, Cilag, Liebherr, Serono, Roche, Sulzer et Vitol sont concernés par la plainte déposée devant un tribunal de district de New York. La filiale suisse de la banque française BNP est également citée. Toutes ces firmes sont accusées d'avoir versé des pots-de-vin pour recevoir des contrats en Irak.. Les sociétés visées par la plainte avaient déjà fait l'objet de l'enquête d'une commission indépendante mise en place en 2004 par l'ONU. La plupart ont été reconnues coupables de corruption. La plainte irakienne se base sur les conclusions du rapport de la commission onusienne. Elle a été déposée fin juin par l'avocat américain Stephen Albright sur mandat du gouvernement de Bagdad. La juge Loretta Preska s'est vue attribuer ce dossier. ats / 09 juillet


Dans le monde USA Problèmes en l’Irak. M. Bush s'est contenté d'évoquer vaguement la question, en invoquant les progrès de la sécurité en Irak et en répétant qu'en conséquence de ces progrès, "certains de nos soldats commencent à rentrer à la maison". Mais il ne s'est pas prononcé sur ce qui se produira après l'été et dans les derniers mois de sa présidence. Le contingent américain doit diminuer jusqu'en juillet pour s'établir à environ 140.000 hommes. Mais une période d'évaluation doit suivre pour décider de la possibilité de poursuivre ou non la réduction des effectifs. AFP / 30 juin 2008

Turquie La guerre dans la guerre Erdogan promet de soutenir davantage l'Irak Le Premier ministre turc Erdogan a promis, que la Turquie allait "davantage soutenir l'Irak" dans sa stabilisation et sa reconstruction, et s'est réjoui que Bagdad lui ait dit vouloir lutter à ses côtés contre les séparatistes kurdes.
"Cette année est l'année de la reconstruction", a  déclaré M. Maliki, disant vouloir "augmenter la production de pétrole et aider les autres industries à développer le pays", et appelant les entreprises turques à investir en Irak.
Les deux pays visent les 25 milliards de dollars d'échanges commerciaux annuels, selon M. Erdogan.
"Le futur de l'Irak est aussi le futur de notre région. Je crois que la démocratie aura bientôt raison des problèmes en Irak", a estimé le chef du gouvernement turc.
Par ailleurs, le gouvernement irakien et le Kurdistan irakien l'ont assuré de leur "volonté commune" de "défaire" les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui sont une menace "pour toute la région", a-t-il dit..
"Nous avons discuté de tous les sujets, y compris de Kirkouk", province du nord-est de l'Irak dont la moitié des habitants sont kurdes, a précisé le dirigeant turc.
Les Kurdes irakiens demandent à pouvoir annexer cette province. Ankara s'y oppose, craignant de voir se renforcer le Kurdistan irakien.
Maliki a annoncé la formation d'un "Haut conseil de coopération stratégique", qui comptera notamment les Premiers ministres des deux pays et se réunira deux fois par an pour aborder des sujets communs: économie, approvisionnement en eau et lutte contre le terrorisme.(…)
Source : Vendredi 11 juillet 2008


4 Lutte pour la libération du territoire 19-08

L’armée d’occupation a lancé la semaine passée une vaste offensive à l’échelle du pays afin de contrer l’influence des résistants.

(AFP) Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

11-07 Les familles de deux soldats américains enlevés en Irak il y a plus d'un an ont annoncé que les corps des jeunes hommes avaient été retrouvés. Le troisième corps avait déjà été retrouvé dans l'Euphrate. Le Pentagone n'a pas encore confirmé la nouvelle… AP

Les combats par provinces Détails autorisés par la censure.
1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie ), Sindjar & Zaidan d'al Anbar

10/7 L'armée américaine devait passer le relais le 28 juin à l'armée irakienne pour le contrôle de la sécurité dans la province. La cérémonie a été officiellement repoussée à la dernière minute pour des questions de "météo"…. http://fr.news.yahoo.com/afp/

Falloujah 09-07 4 policiers et un civil ont été tués mercredi dans l'explosion d'une bombe à Falloujah, a annoncé la police irakienne, a indiqué une source au sein des services de sécurité, selon qui la seconde explosion s'est produite lorsqu'une patrouille de police est venue secourir les victimes de la première attaque. Un responsable de la police a précisé que 17 policiers ont été blessées et un caméraman de la télévision irakienne. a indiqué une source au sein des services de sécurité, selon qui la seconde explosion s'est produite lorsqu'une patrouille de police est venue secourir les victimes de la première attaque. http://fr.news.yahoo.com/ap/ & ats / 09 juillet 13-07 Dimanche, une bombe a explosé en bordure de route près de la maison d'un capitaine de police, tuant quatre policiers et blessant huit autres personnes dont quatre membres des forces de l'ordre, selon la police. AP


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar ) Dans la province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu quelque 18.000 policiers sont sur le pied de guerre mais seuls environ 3.000 d'entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d'habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri. La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie.   L’armée américaine d’occupation considère Mossoul, comme le premier bastion urbain d’Al Qaïda en Irak,)

Mossoul Mossoul est considérée par les militaires US comme l'épicentre de la résistance. 09-07 Dans l'après-midi, un kamikaze a lancer sa voiture bourrée d'explosifs sur le convoi du général Riyad Jalal Taoufik, le commandant des opérations de 'sécurité' de la province de Ninive. Sept personnes -- militaires et civils--, ont été tuées et 19 blessées, dont sept de ses gardes.on compte aussi quatre soldats, selon l'armée d’occupation… http://fr.news.yahoo.com/afp. Ats / AFP 09-07 Abdelrazzak Mijbil al-Ouaga, un important chef de tribu de la province, a été blessé, ainsi que sa femme et son frère, quand un kamikaze a foncé, à bord d'un camion, sur son domicile, dans le village d'Al-Houd, au sud de Mossoul. Le kamikaze cherchait à toucher les comités du "Sahwa" ("Réveils"), ces groupes de combattants passés a la collaboration.. http://fr.news.yahoo.com/afp.


1-7 Province de Diyala (Baaqouba (chef-lieu- 60 km au nord de Bagdad) Abou Saïda.-Bahriz, Baladrouz,   Balad Rouz,Jaloula, Khalès, Khan Bani Saad, Moqdadiyah, Mouradiya, Yathreb  (La région de Baaqouba, capitale de la province de Diyala, à 60 km au nord de Bagdad, est le théâtre d'attaques visant quasi quotidiennement contre  les forces colonialistes et ses acolytes sur le terrain

Baaqouba (60 km au nord de Bagdad) 13-07 Explosion d'un engin posé au bord d'une route a touché un camion près de Baqouba, à environ 60km au nord-est de Bagdad, a précisé la police. Le chauffeur et son adjoint ont succombé à leurs blessures après avoir été hospitalisés. AP

Doulouyiah, 13-07 Des hommes ont ouvert le feu dimanche lors d'un match de football au nord de Bagdad, tuant un policier et un collaborateur. L'attaque près de Doulouyiah, à environ 75km au nord de la capitale irakienne, a également fait trois blessés, dont un enfant âgé de neuf ans et un membre d'un conseil local soutenu par les Etats-Unis. AP 



n°377- Journal d'Irak - 08/07 au 14/04/08 - - Suite - L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné.

n°377- Journal d'Irak - 08/07 au 14/04/08 - - Suite - L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné. 

Journal d'Irak   

N°377   du 08/07 au 14/04/08

 M.Lemaire



: Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire :      - Suite

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 G8 : Vers une police globale de l’internet ?

 5-2 Reuters relance l’armée US sur la mort de 2 journalistes irakiens de l’agence à Bagdad.

6 Brèves

6-1 Conclusion dans le dossier des Irakiens torturés par des soldats britanniques.

6-2 Près d'un soldat britannique sur deux pense à quitter l'armée.

6-3 L'Angleterre ne peut pas prolonger sa mission en Irak et ‎en Afghanistan.

6-4 Première promotion d'une force de sécurité féminine en Irak.

7 Dossiers -1er partie

7-1 Point de vue de 'Aloufok' : L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné.

7-2 Point de vue de Noam Chomsky : Le pétrole, évidemment...



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 G8 : Vers une police globale de l’internet ? Le G8, c’est l’occasion pour les grand de ce monde d’aborder des discussions consensuelles : l’explosion du prix des denrées alimentaires, la maîtrise du réchauffement planétaire, autant de beaux sujets qui feront les délices de la presse quotidienne.
Mais il y des sujets en discussion au G8 qui devraient se faire nettement plus discret : l’Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA) en est un dont on ne risque pas d’entendre parler. Il s’agit ni plus ni moins que d’une mise en coupe réglée de l’internet et du droit sur la propriété intellectuelle.

 ACTA, qu’est-ce que c’est  ?
L’ACTA est un accord global visant à instaurer un véritable état policier au niveau mondial concernant la propriété intellectuelle. Il a été établi à la demande de
la RIAA et MPAA, deux associations américaines bien connues pour leur défense des intérêts de l’industrie du disque et du cinéma par un lobbyisme intensif.
L’accord OMC-TRIPS vieillissant, les Etats-Unis, la commission européenne, le Japon,
la Suisse , puis rejoints par le Canada, l’Australie, la Corée , le Mexique et la Nouvelle-Zélande , ont discuté d’un nouveau droit sur la propriété intellectuelle.
Dans un parfait langage marketing, ils ont appelé ça ACTA - Anti-Counterfeiting Trade Agreement.
Un document secret de travail a été établi, très court mais passionnant.
Il contient la proposition d’un accord commercial multilatéral renforçant strictement les droits de propriétés relatifs à l’activité d’Internet.
On y déniche page 3, paragraphe 1 une clause "tueuse de pirate bay", qui criminalise toute aide d’un site à vocation non commerciale à l’échange d’information non autorisée sur Internet.
Une définition tellement vague que l’on pourrait y inclure des sites tels que Agoravox.
Un peu plus loin, il est question d’une interdiction pure et simple de mesures de contournement quelle qu’elle soit, qui rendrait illicite par exemple les lecteurs DVD dézonnés ou le retrait de MTP (DRM).
Il y a aussi l’imposition d’une forte coopération de la part des Fournisseurs d’accès à Internet, qui devront révéler les informations personnelles de leurs abonnés sur demande.
Le contrôle à la frontière n’est pas oublié non plus. Il y est question d’une "autorité compétente" qui serait à même de saisir tout ordinateur/ipod/téléphone sans avoir été mandaté par les ayant droit.
Bref, un catalogue de mesures techniques, de répression et de flicage divers. Par contre, rien n’est prévu pour la délinquance financière internationale.
La discussion sur ce texte a été menée dans le plus grand secret. Ni l’OMC, ni l’OMPI n’ont été invités à la table des négociations. On ne connaitra le texte que lorsqu’il sera prêt à être signé, et il ne sera pas possible d’en modifier les termes.
Et il semblerait que ce soit pour bientôt. Vu les dernières déclarations faites au G8, l’accord serait sur le point d’aboutir  :
"Nous encourageons l’accélération des négociations pour établir un nouveau cadre légal international, ACTA, et nous pensons terminer la négociation à la fin de cette année".
Un accord international pour une législation délirante

C’est un moyen très pratique d’imposer une législation très impopulaire par un accord international qui s’appliquera sans qu’un parlement puisse en minimiser les termes ou la portée. Bien entendu, on prétend que l’adhésion à cet accord sera sur la base du volontariat ; en pratique, il y a peu de pays qui pourront refuser cette "invitation".
Et pourtant, il ne s’agit de rien d’autre que de la généralisation au niveau mondial de ce qui se fait de pire en matière d’intrusion et de contrôle de la vie privée et de sanctions démesurées. Que peut-il sortir d’autre d’un accord dont on ne sait rien, sauf qu’il se négocie sous la dictées des entreprises multimilliardaires d’Hollywood ?
Que peut-on faire pour empêcher cela  ? L’administration Bush souhaite sa finalisation pour avant la fin de son mandat, c’est une course de vitesse. Heureusement, cet accord pose de nombreux problèmes qui seront complexes et long à résoudre.
Par exemple, le parlement européen n’est pas d’accord sur les conditions de suspension / résiliation de l’abonnement internet pour les utilisateurs de P2P. Il est possible qu’un désaccord persiste longtemps sur ces questions entre l’Europe et les Etats-Unis.
Également, la commission européenne n’a pas de mandat pour imposer des sanctions en matière de copyright. Ce volet sanction devra passer par tous les parlements des pays européens, avec les conséquences électorales qui pourraient en découler. Ça prend du temps et laisse des traces longues à faire oublier.
Et pour finir, le secret qui entoure cet accord est aussi une de ses faiblesses.
La Commission aurait dû obtenir un mandat pour mener des négociations, et si c’est le cas, personne n’est au courant. De plus, la Commission n’a pas de légitimité pour négocier le volet des sanctions légales, un accord clé en main prêt à signer aura du mal à en contenir.
Mais hélas, nous n’en sommes pas à la première couleuvre avalée dans ce domaine. C’est pourquoi il est important de demander, auprès de son député, du gouvernement ou de la présidence de l’Europe, la publication du contenu de cet accord, et la définition précise du mandat dont dispose la commission concernant les termes de l’ACTA.
Plus que jamais, il est important d’agir contre cette ACTA, une DADVSI 3 en édition internationale, pour que de tels accord ne puissent plus être négociés et passés en secret.
Sources  :
* wikileaks.org  : Le site ayant publié le premier document de travail sur l’ACTA
* torrentfreaks  : ils en ont parlé
* The Pirate Bay  : Une cible identifiée de l’ACTA
* ACTA sur la wikipédia (en Anglais)
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42180


5-2 Reuters relance l’armée US sur la mort de 2 journalistes irakiens de l’agence à Bagdad. Reuters a réitéré sa demande auprès de l’armée américaine pour qu’elle remette divers documents relatifs à la mort, il y a un an, de deux journalistes irakiens de l’agence à Bagdad. Le photographe Namir Nour el Dine, 22 ans, et le chauffeur Saïd Chmagh, 40 ans, ont été tués le 12 juillet 2007 dans l’est de Bagdad par les tirs d’un hélicoptère d’assaut Apache américain. Les deux hommes s’étaient rendus sur place après avoir été informés d’un assaut de l’armée contre un immeuble du quartier. Lors de l’attaque, ils se trouvaient en compagnie d’un groupe d’hommes. Selon des témoins, aucun d’entre eux n’avait toutefois adopté d’attitude menaçante. L’attaque a fait au total onze morts. D’après l’armée américaine, les frappes aériennes constituaient une riposte à des tirs essuyés par des forces de sécurité. La rédaction en chef du bureau de Reuters à Bagdad avait pu consulter le 25 juillet 2007 des extraits des films tournés par les hélicoptères américains ainsi que des photos prises sur le site. Les officiers américains qui présentaient ces documents avaient alors indiqué que pour en obtenir copie, il était nécessaire d’en faire la demande en vertu de la loi sur la liberté d’information, ce que Reuters a fait le jour même. Thomas Kim, principal avocat de Reuters, a écrit jeudi au Commandement central américain pour souligner l’absence de réponse formelle à cette demande au bout d’un an. Dans un courriel adressé vendredi, cet organe de l’armée américaine chargé de superviser l’ensemble des opérations au Moyen-Orient a répondu que la demande de Reuters était en cours d’examen et qu’il ne lui était pas possible de dire quand une réponse pourrait être envoyée. Reuters souhaite obtenir l’ensemble de ces documents afin de déterminer précisément ce qui s’est passé et si besoin d’améliorer en conséquence ses mesures de sécurité en Irak. Selon Kim, une récente enquête du Pentagone a montré une "grave contradiction" entre les mesures de sécurité des médias en Irak et ce à quoi s’attendent les militaires américains. Au total, six employés de Reuters ont été tués en Irak par l’armée américaine depuis l’invasion de 2003. Un Irakien employé par l’agence comme traducteur a de plus été tué par des hommes armés non identifiés à Bagdad le 11 juillet 2007. Au moins 179 journalistes et employés de presse ont été tués en Irak depuis l’invasion, selon le Comité de protection des journalistes. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4816


6 Les brèves Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  Marc

6-1 Conclusion dans le dossier des Irakiens torturés par des soldats britanniques Les avocats de dix Irakiens torturés par des soldats britanniques ont annoncé la conclusion d'un règlement avec l'armée à hauteur d'environ trois millions de livres (3,7 millions d'euros). Le cabinet d'avocats Leigh Day & Co. a précisé que ce règlement concernait la famille de Baha Moussa, assassinés en septembre 2003, et de neuf autres Irakiens blessés alors qu'ils étaient détenus par les forces britanniques dans le sud de l'Irak. Dans un communiqué, le ministère britannique de la Défense a précisé qu'un accord "à l'amiable" avait été trouvé, mais il a refusé de révéler le montant déboursé. Selon des responsables, l'accord était "accompagné d'excuses du ministère de la Défense ". Le ministère reconnaît aussi avoir une responsabilité dans cette affaire, comme l'avait fait plus tôt cette année le secrétaire à la Défense Des Browne. Il avait admis qu'il y avait eu des "brèches importantes" dans plusieurs articles de la Convention européenne des droits de l'homme. Les faits se sont produits il y a cinq ans, dans la ville de Bassorah, dans le sud du pays, une zone placée sous le contrôle des troupes britanniques. Neuf civils irakiens avaient été arrêtés et detenus durant près de deux jours. Pendant cette détention, ils avaient été frappés et torturés. L'un d'eux avaient donc succombé à ses blessures. Baha Moussa, réceptionniste d'hôtel âgé de 26 ans, est mort après avoir été détenu à Bassorah en compagnie d'un groupe d'Irakiens, soupçonnés comme lui d'appartenir à la résistance. Une autopsie a permis de découvrir que Moussa comptait 93 blessures, notamment des fractures au nez et aux côtes. Selon les conclusions, le ressortissant irakien est mort d'asphyxie, conséquence d'une position que des militaires l'obligeaient à garder. Les autorités britanniques ont admis en mars dernier que leurs troupes avaient enfreint les droits de l'homme en Irak. Près de vingt soldats ont été poursuivis devant des tribunaux militaires, mais à ce jour, un seul a été reconnu coupable de mauvais traitements. http://fr.news.yahoo.com/euronews/ & AP - 10 & 11 juillet


6-2 Près d'un soldat britannique sur deux pense à quitter l'armée. Près de la moitié des militaires britanniques envisage régulièrement de quitter l'armée Une étude du ministère de la Défense souligne la difficulté de Londres à maintenir sa présence à la fois en Irak et en Afghanistan. L'étude sur le moral des troupes, menée auprès de 9.000 militaires, révèle également une inquiétude sur la qualité des équipements, des plaintes sur le montant des soldes et une anxiété sur la fréquence des tours de service à l'étranger. Le ministère indique avoir découvert des "motifs d'inquiétude" mais assure que la situation s'améliore. Selon l'étude, 47% des soldats et des marins pensent régulièrement à quitter le service. "Je pense que le rythme des opérations a créé un tel niveau de tension pour les familles qu'il n'est pas étonnant de voir autant de soldats penser à partir", a déclaré le député conservateur Patrick Mercer à la BBC. Au sein de la Royal Air Force, 72% des militaires ont estimé que le moral était bas ou très bas, et 57% des "Royal Marines" se sont dit mécontents ou très mécontents de la qualité de leur équipement. CAPACITÉS INSUFFISANTES Le mois dernier, le Premier ministre Gordon Brown a déclaré que le gouvernement ferait "tout ce qu'il peut" afin d'aider les membres des forces armées, après que le chef d'état-major interarmes Richard Dannatt eut remarqué que les soldats étaient moins bien payés que les agents de la circulation. "Depuis que l'étude a été menée, nous avons déjà appliqué plusieurs changements importants", a déclaré le ministre de la Défense , Derek Twigg, évoquant de récentes revalorisations des soldes et une hausse des dépenses d'équipement. L'armée britannique dispose au total de 186.440 soldats. Son contingent en Afghanistan augmente régulièrement, et atteindra 8.000 hommes d'ici la fin de l'année. A l'inverse, Londres a presque réduit ses effectifs de moitié en Irak, où 4.000 militaires forment aujourd'hui son contingent. Les prochaines réductions d'effectif envisagées ont été repoussées. L'armée britannique a perdu 110 soldats en Afghanistan, et 176 en Irak. Les responsables militaires craignent que le niveau d'engagement de Londres sur ces deux fronts ne puisse être maintenu. "Nous ne disposons pas des capacités pour mener durablement ces deux opérations à cette échelle, pourtant c'est ce que nous faisons depuis des années", a noté le mois dernier le chef d'Etat major auprès du gouvernement, Jock Stirrup. "Tant que l'une des deux n'aura pas été ramenée à une petite échelle, nous nous trouverons au-delà de nos capacités opérationnelles." Paul Majendie Reuters –  10 juillet

6-3 L'Angleterre ne peut pas prolonger sa mission en Irak et ‎en Afghanistan. " Les soldats britanniques ne peuvent plus continuer ‎leur présence militaire en Afghanistan et en Irak", a ‎annoncé le commandant des forces interarmées ‎britanniques. ‎
‎" Les potentiels, les moyens et les équipements de l'armée ‎britannique pour prolonger sa mission militaire en Irak et ‎en Afghanistan sont insuffisantes." a déclaré Sir Jack ‎Stearop. ‎
Il a confirmé la nouvelle concernant la réduction en 2009 ‎du nombre des forces britanniques à Bassora, en ajoutant ‎que
la Grande-Bretagne n'a pas été à la hauteur des ‎objectifs auxquels elle visait en Afghanistan et en Irak. Le ‎gouvernement britannique est sous pression pour la longue ‎présence des forces britanniques en Irak et en Afghanistan, ‎n'ayant eu d'autre résultat que des pertes parmi les soldats ‎britanniques. IRIB 14/07/2008 http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=989019

6-4 Première promotion d'une force de sécurité féminine en Irak. Quelque 70 femmes voilées de noir de la tête aux pieds se sont rassemblées dans un poste de police de l'est de l'Irak dimanche pour recevoir leur diplôme de "Filles d'Irak". Cette nouvelle ‘force’ de ‘sécurité’ est chargée de faire cesser les attaques kamikaze exécutées par des femmes dans la province de Diyala. Un total de 130 volontaires ont suivi une formation de cinq jours avant de rejoindre les rangs des quelque 80.000 "Fils d'Irak" volontaires pour assurer la sécurité dans le pays aux cotés des troupes américaines. Contrairement à leurs collègues, elles ne portent cependant pas d'armes. Le capitaine américain Charles Knoll, commandant de l'unité responsable de la sécurité dans plusieurs villes de la vallée de la Diyala , a expliqué que le programme avait été conçu en réponse au nombre croissant de femmes kamikazes dans la province. Plus de neuf les attaques kamikaze ont ainsi été commis par des femmes cette année, et une vingtaine à l'échelle du pays. Or des hommes peuvent difficilement fouiller des femmes. Les trois quarts de ces "Filles d'Irak" sont des veuves de policiers irakiens tués par Al-Qaïda, selon le lieutenant-colonel Sattar Jabbar, qui dirige le poste de police d'Al-Abara, et espère que ces agentes sauront aussi recueillir de précieux renseignements dans la population. Par Maya Alleruzzo AP - 13 juillet

7 Dossier & Point de vue Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Point de vue de 'Aloufok' : L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné. Les nouvelles prétentions irakiennes à un calendrier de retrait des soldats américains pourraient paraître sonner l’heure du repli, mais. Bush ne semble pas vouloir presser le mouvement. Pourtant, disait Bush le 24 mai 2007, "nous sommes là-bas à l’invitation du gouvernement irakien. C’est un pays souverain (...) S’ils disaient : partez, nous partirions"…. C’est plus ou moins ce que le gouvernement irakien a dit ces derniers jours. Alors que Bagdad et Washington négocient les termes du maintien de la présence US au-delà du 31 décembre, (ndlr : donc après l’expiration d’un mandat de l’ONU), les dirigeants irakiens ont pour la première fois soulevé l’idée d’un calendrier de retrait. L’un d’eux, Mouaffak al-Roubaïe, a prévenu qu’il n’y aurait pas d’accord sans date précise de désengagement. Bush a toujours refusé une telle date, malgré les coûts humain et financier et l’impopularité de la deuxième guerre la plus longue de l’histoire moderne des Etats-Unis après celle du Vietnam. En théorie, l’administration "n’a pas le choix" puisque "l’Irak est un pays souverain et que les Etats-Unis n’ont pas cessé de le répéter", dit l’expert Anthony Cordesman. Mais "il faut être très prudent et ne pas chercher à voir trop de choses dans des informations de presse ou dans un accord que personne n’a vu", met-il en garde. Personne ne sait très bien ce que les Irakiens entendent par date précise et retrait, argumente-t-il. Un retrait pourrait laisser sur place de nombreux conseillers militaires, d’importantes forces de soutien, ou des troupes dédiées au combat contre Al-Qaïda, disent les experts.  C’est sur ce flou que joue l’administration américaine. Publiquement, elle se dit ouverte à une perspective de départ "à laquelle aspirer". Et répète que ce sont les conditions sur le terrain qui doivent emporter la décision. Moins publiquement, des responsables font valoir que les dirigeants irakiens ont intérêt à revendiquer la souveraineté de leur pays qui sera l’un des thèmes majeurs des élections provinciales d’octobre. Le départ des Américains est une exigence primordiale de maints Irakiens, comme les partisans de Moqtada Sadr selon lesquels un accord avec les Américains voue à un "esclavage éternel". Ces mêmes responsables américains disent cependant que, dans le secret de la négociation, les Irakiens reconnaissent qu’un retrait doit dépendre de ce que les Américains laisseraient derrière eux. Et ce n’est pas le seul différend à résoudre. Il y a les épineuses questions de l’immunité des soldats américains ou du statut de leurs bases. Si le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a déclaré que l’accord était "quasiment finalisé", la porte-parole de la Maison Blanche , Dana Perino, a reconnu que les négociateurs pourraient ne pas s’accorder d’ici à fin juillet, comme l’aurait voulu M. Bush. Encore faut-il savoir de quel accord on parle, note l’expert Lawrence Korb. M. Zebari a évoqué la possibilité de s’entendre sur le court terme - loin d’un accord de présence militaire de longue durée comme en ont les Etats-Unis avec des dizaines de pays - voire de demander un nouveau mandat de l’ONU. Selon le Post, le document en discussion avec Bagdad inclurait des objectifs précis de retrait des troupes américaines de Bagdad et d'autres villes, ainsi que de lieux comme l'ancien palais de Saddam Hussein, qui abrite l'ambassade américaine. M. Bush a dit maintes fois qu’il envisageait une présence militaire américaine prolongée, citant volontiers l’exemple sud-coréen. Il a certes assuré que les Américains partiraient si Bagdad le demandait, "mais il ne le pensait pas, il ne croyait pas que les Irakiens le demanderaient", dit M. Korb. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4821


7-2 Point de vue de Noam Chomsky : Le pétrole, évidemment... (Traduction)
11 juillet 2008« Des négociations sont en cours avec Exxon Mobil, Shell, Total et BP - qui étaient il y a des décennies de cela les participants initiaux dans l’Iraq Petroleum Company, maintenant rejoints par Chevron et d’autres petites compagnies pétrolières - pour renouveler la concession pétrolière qu’ils avaient perdu lors de la nationalisation intervenue à l’époque où les pays producteurs de pétrole avaient repris le contrôle de leurs ressources. Ces contrats sans appel d’offre, apparemment rédigés par les sociétés pétrolières avec l’aide de responsables américains, l’ont emporté sur les propositions de plus de 40 autres entreprises, y compris Chinoises, Indiennes et Russes. » L’accord qui se profile entre le Ministère irakien du pétrole et quatre compagnies pétrolières occidentales soulève de délicates questions quant aux motifs de l’invasion et de l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis. Ces questions devraient être posées par les candidats aux élections présidentielles et discutées sérieusement aux Etats-Unis, comme bien sûr en Irak occupé, où il semble que la population ne joue qu’un rôle mineur - si tant est qu’elle en joue un - dans la définition de l’avenir. Les négociations relatives au renouvellement des concessions pétrolières, perdues lors des nationalisations qui ont permis aux pays producteurs de récupérer le contrôle de leurs propres ressources, vont bon train pour Exxon Mobil, Shell, Total et BP. Ces partenaires originels au sein de la Compagnie Pétrolifère Irakienne sont désormais rejoints par Chevron et d’autres compagnies pétrolières de plus petite taille. Ces contrats négociés sans mise en concurrence, apparemment rédigés par les compagnies pétrolières avec l’aide des officiels américains, ont été préférés aux offres formulées par plus de 40 autres sociétés, notamment chinoises, indiennes et russes. « Le monde arabe et certaines parties de la population américaine soupçonnaient que les Etats-Unis étaient entrés en guerre précisément pour sécuriser la manne pétrolière que ces contrats cherchent à extraire » a écrit Andrew E. Kramer dans le New York Times. La référence de Kramer à un soupçon est un euphémisme. Il est par ailleurs des plus vraisemblables que l’occupation militaire a elle-même impulsé la restauration d’une Compagnie Pétrolifère Iraquienne haïe, installée à l’époque de la domination britannique afin de « se repaître de la richesse de l’Irak dans le cadre d’un accord notoirement déséquilibré », comme l’écrit Seamus Milne dans le London Guardian. Les derniers rapports évoquent des retards dans la soumission des offres. L’essentiel se déroule sous le sceau du secret, et il ne serait pas surprenant de voir de nouveaux scandales apparaître. La demande pourrait difficilement être plus pressante. L’Irak recèle peut-être la seconde réserve mondiale de pétrole, qui se caractérise de surcroît par de faibles coûts d’extraction : pas de permafrost ni de sables bitumineux à franchir, pas de forage en eaux profondes à entreprendre. Pour les planificateurs américains, il est impératif que l’Irak demeure, dans la mesure du possible, sous le contrôle des Etats-Unis, comme un Etat client docile à même d’accueillir des bases militaires en plein cœur de la première réserve énergétique mondiale. Qu’il s’agisse là des objectifs premiers de l’invasion a toujours été clair, malgré le rideau de fumée des prétextes successifs : Armes de destruction massive, liens de Saddam avec Al-Qaeda, promotion de la démocratie et guerre contre le terrorisme - lequel, comme c’était prévisible, s’est radicalement développé du fait même de l’invasion. En novembre dernier, ces préoccupations sont devenues explicites lorsque le Président Bush et le Premier ministre iraquien, Nouri Al Maliki, signèrent une « Déclaration de principe », en totale méconnaissance des prérogatives du Congrès américain et du Parlement irakien aussi bien que de l’opinion des populations concernées de part et d’autre. Cette Déclaration permet une présence militaire américaine indéfinie en Irak, en cohérence avec l’édification en cours de gigantesques bases aériennes dans tout le pays, et de « l’ambassade » à Bagdad, une ville dans la ville, sans aucun équivalent dans le monde. Tout ceci n’est pas construit pour être ensuite abandonné. La déclaration recèle également une affirmation éhontée quant à l’exploitation des ressources de l’Irak. Elle affirme que l’économie irakienne, c’est-à-dire ses ressources pétrolières, doit être ouverte aux investissements étrangers, « spécialement américains ». Nous ne sommes en fait pas loin d’annoncer que nous devons vous envahir pour contrôler votre pays et disposer d’un accès privilégié à vos ressources. Le sérieux de ces intentions a été souligné par le « signing statement » [1] du Président Bush déclarant qu’il rejetterait tout texte du Congrès susceptible de restreindre le financement propre à permettre « l’établissement de toute installation ou base militaire nécessaire à l’approvisionnement des Forces Américaines stationnant de manière permanente en Irak » ou le « contrôle des ressources pétrolières irakiennes par les Etats-Unis ». Le recours extensif aux « signing statements » permettant au pouvoir exécutif d’étendre son pouvoir constitue une autre des innovations pratiques de l’administration Bush, condamnée par l’American Bar Association [2] comme « contraire à l’Etat de droit et à la séparation constitutionnelle des pouvoirs. » Sans surprise, la déclaration a provoqué des protestations immédiates en Irak, entre autre des syndicats irakiens, qui survivent malgré les rudes lois anti-syndicales, instituées par Saddam et maintenues par l’occupant. Selon la propagande de Washington, c’est l’Iran qui menace la domination américaine en Irak. Les problèmes américains en Irak sont tous imputés à l’Iran. Le Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice suggère une solution simple : « les forces étrangères » et les « armes étrangères » devraient être retirées d’Irak - celles de l’Iran, pas les nôtres. La confrontation quant au programme nucléaire iranien renforce encore les tensions. La politique de « changement de régime » conduite par l’administration Bush au sujet de l’Iran s’accompagne de la menace du recours à la force (sur ce point Bush n’est contredit par aucun des deux candidats à sa succession). Cette politique légitime également le terrorisme en territoire iranien. La majorité des américains préfèrent la voie diplomatique et s’opposent à l’usage de la force, mais l’opinion publique est peu susceptible d’être prise en compte dans la définition des politiques appliquées, et pas seulement dans ce cas. L’ironie veut que l’Irak se transforme peu à peu en un condominium américano-iranien. Le gouvernement Maliki est la composante de la société irakienne soutenue la plus activement par l’Iran. La soi-disant armée irakienne - juste une milice parmi d’autres - est largement constituée de la brigade Badr, entraînée en Iran et qui s’est illustrée du côté iranien lors de la guerre Iran-Irak. Nir Rosen, un des correspondants les plus astucieux présents sur place et fin connaisseur de la région, relève que la cible principale des opérations militaires menées conjointement par les Etats-Unis et Maliki, Moktada Al Sadr, ne recueille pas davantage les faveurs de l’Iran : indépendante et bénéficiant du soutien populaire, cette faction est dangereuse pour ce dernier. L’Iran, selon Rosen, a « clairement soutenu le Premier ministre Maliki et le gouvernement irakien, lors du récent conflit à Bassora, contre ce qu’ils décrivent comme ‘les groupes armés illégaux’ (de l’armée de Moktada Mahdi) », « ce qui n’est pas surprenant dès lors que leur principal faux-nez en Irak, le Conseil Islamique Irakien Suprême, soutien essentiel du gouvernement Maliki, domine l’Etat irakien. » « Il n’y a pas de guerre par procuration en Irak », conclut Rosen, « car Etats-Unis et Iran partagent le même faux-nez ». Nous pouvons présumer que Téhéran apprécie de voir les Etats-Unis installer et soutenir un gouvernement irakien réceptif à son influence. Pour le peuple irakien cependant, ce gouvernement constitue toujours un désastre, et est probablement appelé à leur nuire davantage. En termes de relations étrangères, Steven Simon relève que la stratégie contre insurrectionnelle actuelle des Etats-Unis « alimente les trois menaces pesant traditionnellement sur la stabilité des Etats du Moyen-Orient : le tribalisme, les chefs de guerre et le sectarisme. » Ceci pourrait déboucher sur l’apparition d’un « Etat fort et centralisé, dirigé par une junte militaire qui pourrait ressembler » au régime de Saddam. Si Washington parvient à ses fins, alors ses actions sont justifiées. Les actes de Vladimir Putin, lorsqu’il parvient à pacifier la Tchétchénie d’une manière bien plus convaincante que le Général David Petraeus en Irak, suscitent pourtant des commentaires d’un tout autre acabit. Mais ce sont EUX, nous sommes les Etats-Unis. Les critères sont donc nécessairement totalement différents. Aux Etats-Unis, les Démocrates sont réduits au silence par le prétendu succès de l’offensive militaire américaine en Irak. Mais leur silence trahit leur absence d’opposition de principe à la guerre. Selon leur manière de voir le monde, le fait de parvenir à ses fins justifie la guerre et l’occupation. Les doux contrats pétrolifères sont obtenus en même temps que le territoire. En fait, l’invasion dans son ensemble constitue un crime de guerre -crime international suprême, qui diffère des autres crimes de guerre en ce qu’il génère, selon les termes mêmes du jugement de Nuremberg, tout le mal causé ensuite. Ceci compte au nombre des sujets impossibles à aborder que ce soit à l’occasion de la campagne présidentielle ou dans un autre cadre. Pourquoi sommes-nous en Irak ? Quelle est notre dette envers les irakiens pour avoir détruit leur pays ? La majorité du peuple américain souhaite le retrait des troupes américaines d’Irak. Sa voix a-t-elle une importance ? [1] [ Acte par lequel le Président des Etats-Unis modifie la signification d’un texte de loi.

[2] Association des avocats américains.

Noam Chomsky,


Publication originale Khaleej Times via Information Clearing House, traduction Louis Stella pour Contre Info Khaleej Times, 8 juillet 2008 http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2125 http://groups.google.fr/group/mediasmensongesdesinformation/browse_thread/thread/92dc93e0f528e57a

n°377- Journal d'Irak - 08/07 au 14/04/08 - - Suite - L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné.

n°377- Journal d'Irak - 08/07 au 14/04/08 - Suite - L’heure du départ des Etats-uniens n’a pas encore sonné.

Journal d'Irak   

N°377   du 08/07 au 14/04/08

M.Lemaire



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Sommaire :      - Fin

7 Dossiers  -Fin -

7-3 Point de vue de William O. Beeman. : L’anthropologie, arme des militaires. 7-4 Point de vue de Feurat Alani. : La 'Zone verte', C'est l'Arche de Noé, sauf que ses occupants ne sont pas encore sauvés... »

7-5 Recherche de AgoraVox : Quand les Etats-Unis voulaient tester l’effet du gaz sarin sur des soldats australiens...

7-6 Point de vue de 'Aloufok' : Du cash pour les Irakiens.

7-7 Point de vue de Willy Beauvallet : L'exemple par le Moyen-Orient.



7-3 Point de vue de William O. Beeman. : L’anthropologie, arme des militaires. Opérationnel depuis plusieurs années, le programme Human Terrain Systems (HTS) a été considérablement renforcé par l’armée américaine en septembre 2007 (1). Des anthropologues ont été recrutés et directement intégrés (embedded) dans des unités de combat au niveau des brigades et des divisions en Irak et en Afghanistan. Ils sont chargés de conseiller les commandants sur les actions culturelles à mener sur le terrain. Géré par la société privée BAE Systems (2), le programme HTS s’attache à fournir aux militaires confrontés à des situations potentiellement violentes des informations les empêchant de mal interpréter les actes de la population locale, et leur permettant d’analyser les situations dans lesquelles ils se trouvent. Dans un article du 5 octobre 2005, le New York Times a vanté les mérites du contingent d’anthropologues engagé dans une importante opération destinée à réduire les attaques contre les soldats américains et afghans. Après avoir identifié un nombre important de veuves dans la zone ciblée, ces spécialistes ont présumé que les jeunes gens ayant des liens de parenté avec ces veuves pouvaient se sentir obligés de les soutenir matériellement et donc de rejoindre, par nécessité économique, les insurgés qui paient les combattants. Un programme de formation professionnelle pour ces veuves aurait ainsi permis de réduire le nombre d’attaques. Le programme HTS a suscité des inquiétudes chez de nombreux anthropologues, d’autant qu’il rappelait de tristes précédents. Lancé en 1965, le projet Camelot, de courte durée, en avait recruté pour évaluer les causes culturelles des violences. C’est le Chili qui fut utilisé comme terrain d’expérimentation au moment où la Central Intelligence Agency (CIA) tentait d’empêcher le socialiste Salvador Allende d’accéder au pouvoir. Le deuxième projet, sous le nom de Civil Operations and Revolutionary Development Support (Cords), avait pour mission de coordonner les programmes civils et militaires de « pacification » américains au Vietnam. Il visait à établir une « cartographie humaine » du terrain permettant d’identifier – et donc de désigner comme cibles potentielles – les personnes et les groupes suspectés de soutenir les communistes vietnamiens. On sait avec certitude que la recherche anthropologique a été utilisée au cours de cette opération. A l’instar du serment d’Hippocrate auquel souscrivent les médecins, les anthropologues possèdent un code de déontologie qui stipule que leur activité ne doit en aucun cas nuire aux populations étudiées, et que ces dernières doivent « consentir en connaissance de cause » à leur participation aux activités de recherche. Cette condition est bien évidemment impossible dans des conditions de combat. Déjà, bien des personnes à travers le monde considèrent ces spécialistes comme des espions, même lorsqu’ils effectuent des recherches dans un cadre normal, ce qui perturbe sérieusement leur mission scientifique. Toutes ces raisons expliquent que l’opération HTS se soit immédiatement retrouvée sous les projecteurs de la profession. En septembre 2007, un groupe d’universitaires a constitué un réseau, le Network of Concerned Anthropologists (3), inspiré par des physiciens qui s’étaient opposés à la « guerre des étoiles », programme américain de défense antimissile lancé en 1983 par le président Ronald Reagan. Il a rédigé un projet d’« engagement de non-participation à la contre-insurrection ». Un de ses fondateurs, David Price, de la St Martin ’s University de Lacey (Washington), s’explique : « Nous ne sommes pas tous nécessairement contre le fait de travailler avec l’armée, mais nous nous opposons à tout ce qui relève de la contre-insurrection, ou tout ce qui constitue une violation des normes déontologiques de la recherche. Nous demandons à nos collègues de proclamer qu’ils ne veulent pas utiliser l’anthropologie dans ce but (4). » En octobre 2007, le conseil exécutif de l’Association américaine d’anthropologie a publié une vigoureuse déclaration qui n’interdisait pas explicitement la participation au projet HTS, mais avertissait tous ses membres contre la possible violation du code de déontologie de la profession ainsi engendrée. Lors de la réunion annuelle de l’association à Washington en novembre 2007, ces activités ont été au cœur d’une controverse qui continue à faire rage. Au cours d’une session intitulée « The Empire speaks back : US military and intelligence organization’s perspectives on engagement with anthropology » (« L’Empire répond : perspectives des militaires et des services de renseignement américains sur leurs relations avec l’anthropologie »), les défenseurs et les adversaires du programme se sont affrontés devant une très large assemblée. Les intervenants ayant collaboré avec l’armée ont tenté de convaincre leurs collègues de l’effet salutaire de leur travail, qui aurait aidé à transformer les attitudes des militaires et à les rendre plus sensibles aux différences culturelles. Les sceptiques ont estimé que ceux qui coopèrent avec l’armée font preuve de naïveté quant à l’utilisation de leurs recherches. Cette vive controverse a abouti à une résolution qui, si elle était ratifiée par tous, pourrait renforcer le code de déontologie et interdire toute activité de recherche secrète pour des services de renseignement. L’un des principaux défenseurs de la coopération avec l’armée est le Dr Montgomery McFate, anthropologue à l’université Yale, et membre de l’US Institute for Peace. Lors d’un séminaire tenu le 10 mai 2007, McFate a présenté un plan qui a contribué à la mise en place du projet HTS. Selon elle, l’armée dépense peu pour la recherche en sciences sociales, laquelle pourrait s’avérer cruciale pour le succès des opérations militaires. Afin de combler le fossé des connaissances, elle a recommandé la création d’un vaste programme de recherche en sciences sociales, impliquant la construction d’une base de données socioculturelles, grâce au recrutement de jeunes analystes culturels dans les services gouvernementaux, et à la fondation d’un bureau central du savoir culturel. Pour la profession, aucun des efforts de recherche défendu par McFate ne soulève de difficulté. Cependant, lorsque l’expertise est utilisée comme une arme dans les combats sur le terrain, la situation devient plus problématique. C’est précisément cette mince frontière entre un bon et un mauvais usage de l’anthropologie qui continue à susciter des questions. William O. Beeman. http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/BEEMAN/15713

7-4 Point de vue de Feurat Alani. : La 'Zone verte', C'est l'Arche de Noé, sauf que ses occupants ne sont pas encore sauvés... »
L'Irak, pour les Américains, c'est la « Zone rouge ». Attentats, embuscades, bombes : le danger à tous les coins de rue. Mais le centre névralgique du pays, à Bagdad, c'est la « Zone verte » : un petit coin d'Amérique, hypersécurisé. Visite avec notre correspondant en Irak.  « La Zone verte ? C'est l'Arche de Noé, sauf que ses occupants ne sont pas encore sauvés... » Ce civil américain qui souhaite garder l'anonymat, manie l'ironie pour décrire l'endroit où il vit et travaille. Avant d'avouer n'avoir jamais mis les pieds à l'extérieur de ces 10 km2 situés en plein centre de Bagdad. Une vraie ville dans la ville, où, entre les immeubles et les jardins, ont poussé les chicanes de béton, les entrelacs de barbelés et les bunkers. Tout cela entre les monuments officiels à la gloire d'un Irak oublié. La Zone verte ? On l'appelle aussi la Zone internationale ou « l'Amirak ». Cette enclave entourée de hauts murs, a été créée dès avril 2003, quelques semaines après l'entrée des troupes américaines en Irak. C'est dans une boucle du fleuve Tigre qu'habitaient les dignitaires irakiens proches du pouvoir. Le palais républicain de Saddam Hussein en est le vestige. La Zone verte est désormais le siège des autorités civiles et militaires irakiennes et américaines, mais aussi celui des ambassades étrangères et des Nations unies. Et, pour les Irakiens, le symbole de l'occupation américaine de leur pays. Tout s'y passe : sessions des parlementaires irakiens, procès de Saddam Hussein et des anciens dignitaires, visite de diplomates étrangers... Bienvenue dans l'un des endroits les moins accessibles du monde. Sauf pour les Américains. Pour les autres, il faudra se faire escorter en traversant la « zone rouge », - autrement dit le reste de l'Irak -, par hélicoptère ou en bus blindé, depuis l'aéroport de Bagdad. Aux entrées : chars et armes lourdes en guise de chiens de garde. Les innombrables check-points sont contrôlés par des soldats privés, les contractors, salariés de sociétés de sécurité employées par l'armée américaine. « On trouve des mercenaires de toutes les origines : des Péruviens, des Népalais, des Anglais, des Pakistanais, des Sud-Africains », poursuit l'employé. Point commun à tous les habitants de la « Zone internationale » : le badge biométrique, imposé par les Américains, indispensable pour y entrer et en sortir. Pour obtenir ce sésame, il faut donner ses empreintes digitales mais aussi oculaires et des photos prises sous six angles différents après avoir rempli toutes sortes de documents. Formalités longues et compliquées. Après, seulement, les portes de la Zone verte peuvent s'ouvrir aux visiteurs et à quelques Irakiens. S'il n'y avait pas ces quelques échoppes irakiennes et ces murs criblés de balles, on se croirait bel et bien aux États-Unis. Des gros bras en uniforme y mâchent du chewing-gum à longueur de journée, des femmes en short court font leur jogging le long du Tigre, des 4 x 4 sillonnent les grandes avenues. Dans des supermarchés bien achalandés, les soldats en mal du pays peuvent trouver les produits made in US  payables en dollars. Le Pizza Inn et le Subway attirent une clientèle du Midwest ou du Texas, casquette aux couleurs du drapeau de l'oncle Sam sur la tête. Tout cela à quelques centaines de mètres du reste de la ville, où les femmes sont presque toutes voilées et les enseignes américaines inexistantes. « C'est comme si on avait transporté un morceau du territoire américain à Bagdad », ironise un Américain, chargé de vendre du ciment pour la construction de murs en Irak. Lui non plus n'est jamais sorti de la Zone verte et n'a aucune idée de ce qui se passe dans le reste du pays. Dans les rares échoppes irakiennes de l'« Amirak », on vend les derniers films hollywoodiens aux soldats qui peuvent aussi obtenir des DVD pornos, vendus sous le manteau. Les résidents de la Zone verte, exceptés les Irakiens y habitant, peuvent jouer au badminton, chanter au karaoké et flâner dans les quelques bars surveillés par la CIA. Dans le Green Zone Cafe, des mercenaires sirotent des verres d'alcool, leurs pistolets 9 mm posés sur la table. L'American Way of Life à deux pas des milles et une nuits... Parfois, la guerre fait son irruption dans cet univers. Depuis le début du conflit, des obus de mortiers tombent presque tous les jours et, malgré les contrôles, les check points, les barbelés, des kamikazes ont déjà réussi à s'infiltrer. Lors de la visite de Bernard Kouchner, début juin, une voiture piégée avait explosé à l'entrée, causant la mort de deux personnes. Le gouvernement irakien commence à s'impatienter. Soumis à des « humiliations », des hommes politiques irakiens demandent le départ des Américains de la Zone verte. À l'instar de Mahmoud Mashhadani, président du Parlement irakien, qui se plaint souvent d'être « reniflé par les chiens avant de pouvoir entrer au Parlement ». « La question de la souveraineté mais aussi de la sécurité, de la dignité nationale et de la prospérité économique se trouve dans la Zone verte », expliquait Adel Abdel Mehdi, vice-président irakien. Les Américains l'ont bien compris. Ils viennent d'y lancer un énorme chantier : celui de la nouvelle ambassade américaine. Elle sera la plus grande du monde et abritera 3 000 personnes. Feurat ALANI.
Sources Ouest France
Posté par Adriana Evangelizt
http://usa-menace.over-blog.com/article-21138720.html

7-6 Point de vue de 'Aloufok' : Du cash pour les Irakiens. C’est le rêve de tout homme politique : pouvoir donner de l’argent liquide à ceux qui lui réclament de l’aide. Et c’est précisément ce que le Premier ministre irakien a fait ces dernières semaines, distribuant des dinars pendant que derrière lui un assistant tenait discrètement les comptes. Les distributions de Nouri al-Maliki et une poignée de hauts responsables irakiens sont légales tant que les dons ne dépassent pas les 8.000 dollars environ (environ 5.000 euros) et ne sont pas accordés deux fois à la même personne. La plupart des sommes allouées par le Premier ministre, comprises entre 200 et 400 dollars (entre 125 et 251 euros environ), sont destinées à couvrir des soins médicaux ou aider des veuves et des chômeurs, dans l’idée que de meilleures conditions de vie permettront d’améliorer la sécurité du pays. De fait, ces distributions ostentatoires ne représentent qu’une petite partie de l’important investissement réalisé cet été par le gouvernement irakien pour reconstruire les services essentiels et relancer l’économie chancelante en distribuant rapidement le surplus des revenus pétroliers. Et c’est là, précisément, ce que souhaitent Washington et l’opinion américaine lassée d’un conflit qui n’en finit pas : que l’Irak dépense son propre argent, et non celui des Etats-Unis, pour reconstruire le pays à un moment d’accalmie relative.(…) Le général américain David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, a désigné à plusieurs reprises l’argent comme étant l’arme déterminante pour stabiliser l’Irak. L’amiral Mike Mullen, chef-d’état major interarmes américain, a pour sa part demandé à Bagdad d’accélérer les distributions cette semaine pendant un voyage dans la ville dévastée de Mossoul, dans le nord du pays. Les risques ne sont pas absents pour autant : outre le manque d’organisation du gouvernement, le clientélisme est à craindre, tout comme la corruption. "L’argent n’est pas un problème", a récemment déclaré Nouri Al-Maliki lors d’une réunion avec des chefs tribaux à Bassorah, dans le sud du pays. "Mais nous devons le remettre à des mains qui le dépenseront honnêtement". Malgré ces problèmes, de nombreux responsables estiment que les revenus pétroliers irakiens, évalués à 70 milliards de dollars cette année, constituent encore le meilleur moyen d’inscrire dans la durée le calme fragile qui règne actuellement. Les Etats-Unis eux-mêmes ont mis la main à la poche, notamment pour les collaborateurs ayant accepté de changer de camp et de combattre Al-Qaïda. L’armée américaine a également fourni des fonds et du matériel à des projets comme la réparation de routes (ndlr : qu’ils empruntent) dans Sadr City à Bagdad. Toutefois, les investissements les plus importants de ces derniers mois sont irakiens : 100 millions de dollars pour Sadr City, 100 autres pour Bassorah dévastée par des affrontements, 100 encore pour Amarah, dans le Sud, et pour finir, 83 millions de dollars pour aider des réfugiés à rentrer chez eux…. Nombre des provinces auxquelles le chiite Al-Maliki a récemment promis de l’argent sont majoritairement chiites. La vitesse à laquelle le projet sera mené reste néanmoins difficile à déterminer. Des études américaines ont en effet montré que les dirigeants irakiens ne dépensaient en réalité que de petites quantités de l’argent qui leur est alloué, en raison, souvent, de la mauvaise organisation des services gouvernementaux et d’un manque de savoir-faire technique. Source : http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4821

7-7 Point de vue de Willy Beauvallet : L'exemple par le Moyen-Orient. La tentation néo-impériale des Etats-Unis d'Amérique (1/2) Jeudi 10 juillet 2008 Au moment où le livre blanc de la sécurité nationale présenté par Nicolas Sarkozy et l’ambition d’une prochaine réintégration de la France dans l’OTAN semblent confirmer l’alignement progressif de ce pays sur la diplomatie américaine et notamment sur ses perspectives guerrières, il n’est pas inutile de revenir sur les mutations récentes de la puissance américaine et ses conséquences sur le Moyen-Orient. La fin de la guerre froide a profondément bouleversé le monde contemporain. La bipolarité structurante des relations internationales, organisée autour d’un double leadership concurrent soviétique et états-unien, a laissé place à un ordre incertain, dans lequel les Etats-Unis (USA) occupent la position de l’unique superpuissance. Le 11 septembre 2001 constitue l’évènement qui va révéler le tournant de la posture américaine dans les relations internationales. Après avoir privilégiées un multilatéralisme au sein duquel elles exerçaient leadership régulé de l’extérieur, les autorités de ce pays ont progressivement glissé en effet, à partir de 1994, vers une posture unilatérale. Les attentats du 11 septembre ont accéléré ce glissement, comme en témoigne l’adoption de la nouvelle doctrine de sécurité nationale, axée sur la justification des « guerres préventives ». Au regard des procédés mis en œuvre par les autorités américaines à la suite des attaques menées sur New-York et leur capitale, on peut même se demander à quel point ce glissement ne s’apparente pas à une « tentation impériale », c’est-à-dire à la volonté de construire un ordre mondial fondé sur l’exercice autorégulé de la puissance dominante. Les actions menées au Moyen-Orient (entendu ici comme la région s’étendant de l’Egypte au Pakistan) depuis septembre 2001 constituent l’exemple type de cette « tentation impériale » dont on souhaiterait ici préciser quelques unes des conséquences.

Le tournant impérial de la politique étrangère des Etats-Unis d’Amérique

L’hypothèse d’un tournant impérial de la politique étrangère états-unienne au Moyen-Orient se fonde sur un certain nombre de constats que l’on peut résumer de la façon suivante : une volonté caractérisée de s’émanciper des contraintes juridiques internationales que les USA ont pourtant contribué à construire (A) ; la perception de contraintes économiques fortes en provenance du Moyen-Orient, justifiant une tentative de mise sous tutelle de la région (B) ; la réactivation d’un discours justificateur à prétention universaliste (C). Une volonté claire de s’émanciper des contraintes juridiques internationales

Les Etats-Unis sont à l’origine de la création d’un nouveau système de régulation des relations internationales, conçu au sortir de la seconde guerre mondiale. L’Organisation des Nations unies (ONU) était sensée y occuper une position centrale. En partie paralysé durant la guerre froide, ce système s’est cependant développé à sa marge, via l’adoption de traités limitant les armements et assurant le maintien de l’équilibre des puissances américaines et soviétiques. C’est l’objet des traités SALT I et II (Strategic Arms Limitation Talks) de 1972 et 1979, du traité de non prolifération de 1968 (dit TNP) ou encore du traité ABM (Anti Balistic Missiles) signé en 1972. Ce système de sécurité a été réactivé à partir de 1988, au sortir de la guerre froide.

Le développement des actions de l’ONU, la multiplication des traités multilatéraux et le renforcement des organisations internationales en sont les principales manifestations : renforcement de l’Union européenne et de divers dispositifs régionaux en Amérique du Sud ou en Asie, création de l’organisation mondiale du commerce (OMC) en 1994, signature du protocole de Kyoto en 1997, adoption du traité relatif à la création d’une Cour pénale internationale (CPI) la même année, adoption de nouveaux traités de limitation des armements entre 1988 et 1999, etc. A partir du milieu des années 1990, les USA semblent vouloir s’émanciper de ces contraintes. Dans la seconde moitié des années 1990, les autorités américaines refusent de signer le protocole de Kyoto relatif à la réduction des gaz à effets de serre, le traité relatif à la CPI visant la répression des crimes contre l’humanité ou encore le traité visant à l’interdiction des mines antipersonnelles. En 2002, le président George W. Bush retire les USA du traité ABM en relançant le projet un temps baptisé « guerre des étoiles », qui vise à protéger le territoire américain des missiles intercontinentaux. Vis-à-vis de l’ONU, les procédures utilisées se font, là aussi, de plus en plus problématiques. Les bombardements de la Serbie parl’OTAN, de l’Afghanistan ou de l’Irak se font sans autorisation préalable du Conseil de sécurité. La nouvelle doctrine de sécurité nationale, dite de « guerre préventive », autorisant une agression armée contre un Etat tiers sur le seul soupçon d’activités potentiellement hostiles de la part de cet Etat - et ce en dehors de l’autorisation expresse des Nations unies - constitue une remise en cause importante de la charte des Nations unies[1]. Les nouvelles doctrines militaires, fondées sur l’usage intensif des bombardements aériens sur des cibles tant militaires que civiles[2], sont contraires aux conventions de Genève, de même que les nouvelles pratiques mises en œuvre à l’égard des prisonniers de guerre (prison extraterritoriale de Guantanamo ; externalisation de la torture, etc.). Enfin, alors qu’ils exigent un respect pointilleux des dispositifs internationaux par leurs opposants (l’Iran ou la Corée du Nord), le peu d’empressement des Etats-Unis à faire respecter les résolutions de l’ONU, ou différents dispositifs du droit international (comme le traité de non prolifération), par leurs alliés, est patent. Le cas d’Israël étant, en ce qui concerne le Moyen-Orient, l’un des cas les plus évidents (non application des nombreuses résolutions onusiennes enjoignant l’Etat israélien de se conformer à ses obligations internationales ; violation graves des conventions de Genève relatives au droit humanitaire et à la protection des personnes sous occupation ou encore des pactes internationaux de 1966, etc.)[3]. De la part de la principale puissance de la planète, ces pratiques traduisent une volonté d’émancipation des consensus internationaux et de mécanismes régulateurs qui n’ont pourtant de crédibilité que dans la mesure où ils s’appliquent aux grandes puissances. C’est à la condition de leur propre soumission à ces dispositifs que ces dernières peuvent en exiger, voire en garantir, le respect par les autres Etats. La notion « d’Etats voyous », utilisés par les USA pour dénoncer et isoler les Etats hostiles à l’ordre international, n’a plus guère de crédibilité dès lors que celui qu’on présentait en 1990 comme le « gendarme du monde » ne respecte pas les dispositions de ce même droit international. Il n’est d’ailleurs pas anodin que, en ce qui concerne le refus de signer les traités relatifs à l’interdiction des mines antipersonnelles ou à l’instauration d’une Cour pénale internationale, les USA se soient retrouvés aux côtés de ces mêmes Etats qu’ils dénoncent comme « voyous »[4]. La perception de contraintes économiques fortes justifiant la tentative d’un contrôle direct du Moyen-Orient

Les évolutions de la politique étrangère américaine ne sont pas dissociables de deux éléments complémentaires qui structurent les nouvelles perceptions américaines de sécurité. Tout d’abord, elles sont consécutives de la disparition, même momentanée, de la seule puissance capable de rivaliser avec la leur et par conséquent de la contenir. Dès lors, l’un des enjeux pour l’appareil d’Etat américain reste bien de faire en sorte d’empêcher la résurgence d’une puissance rivale et de conserver ainsi son avantage stratégique. Aux USA, la perception des enjeux de sécurité est ensuite dominée par la conscience d’une dépendance très forte de l’économie américaine vis-à-vis des approvisionnements énergétiques en provenance du Moyen-Orient et d’Asie centrale (Golfe Persique et Mer Caspienne), c’est-à-dire des pays qui détiennent ces matières premières.

Parallèlement à l’épuisement des ressources nationales, le taux de dépendance énergétique du pays s’accroît en effet de façon continuelle depuis 1970 (52% en 2001 contre 64% en 2020)[5]. Dans le même temps, la raréfaction des gisements pétroliers accroît la dépendance vis-à-vis des pays du Golfe et de la Mer Caspienne ces deux régions étant évaluées comme détenant les principales ressources de gaz et de pétrole. A cela, s’ajoute la montée de rivaux énergétiques, telle la Chine , connue pour ses besoins croissants en matières fossiles. La Chine est elle-même engagée dans une démarche d’élargissement et de sécurisation de ses approvisionnements énergétiques. Deux éléments se conjuguent donc depuis 1991 : la conscience d’une dépendance très forte des USA vis-à-vis du Moyen-Orient, lequel occupe une place centrale dans la perception des intérêts fondamentaux américains ; l’absence de rival stratégique dans cette région du monde, autorisant la mise en œuvre d’entreprises militaires et politiques de grande envergure. Ainsi s’opère dès 1991 avec la première guerre d’Irak, et plus encore depuis 2001, une véritable révolution géopolitique : jouant sur la désagrégation de l’URSS en Asie centrale, l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, l’alliance avec Israël et les monarchies du Golfe, les Etats-Unis opèrent un repositionnement spectaculaire de leurs troupes autour du Golfe et de la Caspienne. En Asie centrale, la « guerre contre le terrorisme » a permis de mettre en place un dispositif d’encerclement de la Mer Caspienne et de ses ressources gazifières mais aussi de la Russie , de la Chine et de l’Iran (présence de troupes au Pakistan, en Afghanistan, au Tadjikistan, au Kirghizstan, en Ouzbékistan, en Azerbaïdjan). La position centrale de l’Irak dans l’échiquier géopolitique proche-oriental, l’importance de ses ressources pétrolières et la proie facile qu’il constituait en 2003 (après une guerre et un embargo dévastateurs) en faisaient, par ailleurs, une cible de premier choix. Le contrôle de ce pays par les USA permet en effet d’isoler l’Iran et la Syrie (deux régimes perçus comme hostiles, en particulier envers Israël), de contrôler d’importantes ressources pétrolières, de faire contrepoids au puissant allié saoudien et de contrôler l’OPEP de l’intérieur. Ce repositionnement militaire s’accompagne par ailleurs d’une volonté affichée de « remodeler le Moyen-Orient », c’est-à-dire de modifier en profondeur ses équilibres politiques, voire les frontières des Etats qui le constituent. C’est ce projet que Georges Bush désigne sous le terme de « Grand Moyen-Orient »[6]. Tout un courant intellectuel, très influent chez les néoconservateurs, prônait effectivement la création de nouveaux Etats, issus de l’éclatement des Etats actuels - en particulier de l’Irak, de la Syrie et du Liban, sur des bases ethnico-religieuses (sunnites, chiites, chrétiens, etc.)[7]. Ces projets répondent en cela à des grilles de lecture communautaires ou religieuses de la réalité moyen-orientale : on surdimensionne l’importance des clivages intercommunautaires au détriment, par exemple, des sentiments nationaux ou des clivages sociaux. Dans ce cadre, l’Irak ou le Liban ne sont plus appréhendés que comme une juxtaposition de groupes ethnico-religieux voués à une séparation qu’il convient alors d’accélérer en entretenant l’agitation confessionnelle ou séparatiste. C’est le sens de la notion « d’instabilité constructive » en vogue chez les néoconservateurs[8]. Les pratiques américaines contemporaines à l’égard du Moyen-Orient rejoignent en grande partie, en ce sens, celles des empires coloniaux britanniques et français à la veille de la première guerre mondiale[9]. Les repositionnements effectués dès 1991 et plus encore après les attentats du 11 septembre s’inscrivent donc dans une offensive géopolitique de grande envergure qui se fait néanmoins au mépris de principes essentiels du droit international : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, l’intangibilité des frontières existantes, la prohibition des opérations militaires unilatérales, etc. Ils ne peuvent donc s’effectuer sans la mobilisation d’un discours visant à les justifier et à leur conférer un caractère vertueux. Les différents registres de justification mobilisés

Le troisième élément permettant d’accréditer la thèse d’une « tentation impériale » réside dans la nature et le contenu des registres discursifs utilisés pour légitimer, ou normaliser, les processus décrits plus haut. Ces registres sont de deux ordres principalement : la thématique de la « lutte contre le terrorisme » ; la promotion de la « démocratie » et des idéaux américains, eux-mêmes appréhendés comme universels.

La « lutte contre le terrorisme » a pour objet de justifier les interventions militaires sur un plan sécuritaire et moral (lutter contre le terrorisme, c’est lutter contre le mal mais aussi œuvrer pour la protection des populations civiles) tout en permettant de s’extraire des obligations internationales relatives au droit de la guerre et au traitement des combattants faits prisonniers[10]. Ce registre n’est pas nouveau. Récemment, il a été mobilisé par la Russie à l’encontre des mouvements tchétchènes ou encore par Ariel Sharon à l’encontre des mouvements palestiniens. La notion de guerre au terrorisme se fonde sur des faits réels (les actes de terreur à l’encontre de population civile des pays en question) mais fonctionne en fait de manière extensive et totalisante. Elle aboutit d’une part à disqualifier l’ensemble des mouvements opposés au pays qui mobilise ce registre (c’est-à-dire tous les mouvements palestiniens ou Tchétchènes) et d’autre part à faire abstraction des conditions concrètes de production de la violence politique dans un contexte donné (l’occupation de la Cisjordanie ou de Gaza ; l’oppression soviétique puis russe sur la Tchétchénie ). Elle aboutit ainsi à disqualifier, non pas seulement les formes ou moyens d’une opposition à un projet politique ou militaire donné, mais le principe même de cette opposition[11]. C’est en ce sens qu’elle fonctionne comme registre idéologique. Telle qu’elle est utilisée, la notion de « terrorisme » est un donc un concept « fourre-tout » pour reprendre les termes d’A. Joxe, sans profondeur analytique. Les documents officiels américains font par exemple abstraction des profondes différences de nature et de pratiques existant entre, d’une part les manifestations de résistances territoriales et nationales bénéficiant d’important soutiens sociaux et maîtrisables par la négociation internationale (la résistance à l’occupation israélienne des territoires occupés par le Hamas ; la résistance aux prétentions israéliennes sur le Liban par le Hezbollah), et d’autre part l’expression d’une lutte radicale, sectaire et déterritorialisée contre les offensives occidentales sur le Moyen-Orient depuis 1991, non maîtrisable par le biais classique de la négociation interétatiques (le cas Alqaida ou Fatah-Al-Islam au Liban)[12]. La « promotion de la démocratie » renvoie à une rhétorique en apparence plus positive. Ce registre fonctionne cependant à l’image des entreprises coloniales du XIXème siècle, en justifiant une entreprise politique ou militaire par le recours à des idéaux à prétention universaliste : les guerres contemporaines se font au nom de la « démocratie » et de la « liberté » comme les guerres coloniales se faisaient au nom de la « civilisation » il y a quelques dizaines d’années. Le registre est en réalité profondément ethnocentrique, opérant un double réductionnisme : les entités dominantes sont parées de toutes les vertus tandis que les entités dominées ne sont perçues qu’en négatif. Renvoyé dans de nombreux discours à une réalité à la fois artificielle et caricaturale, la perception de l’Islam apparaît de ce point de vue comme un exemple typique de ces processus. Aux Etats-Unis et dans d’autres Etats occidentaux, la résurgence des discours à la fois impériaux et messianiques (le droit et le devoir de dominer des entités pour leur bien et au nom de la supériorité morale de l’entité dominante) depuis les années 1980 est en ce sens caractéristique[13]. Ils rappellent, sur des bases différentes, les mécanismes de l’impérialisme européen, lui-même justifié au nom du « fardeau de l’homme blanc ». Ce sont ces proximités entre l’impérialisme européen des XIXème et XXème siècle et les perspectives actuelles de la politique américaine au Moyen-Orient qui justifient à son égard le terme de « néo-impérialisme ». Si ce tournant néo-impérial de la politique étrangère des Etats-Unis apparaît donc comme une réalité palpable, particulièrement au Moyen-Orient, elle n’est cependant pas sans soulever un certain nombre de problèmes et de conséquences sur lesquelles nous allons maintenant nous attarder. Notes: [1] On se reportera par exemple au texte de J. Torreiro et D. Nanopoulos, « La doctrine américaine de guerre préventive : une approche juridique et sociologique », in Hauger Sébastien (dir.), Nature, Société, Technologie : Le décryptage du réel par les nouveaux chercheurs, Paris, Vuibert, 2005, p. 23-46. [2] Ces doctrines ont été mises en ouvre lors du bombardement de l’Irak ou encore du Liban par Israël au cours de l’été 2006. [

[3] Voir par exemple, sur les pactes internationaux de 1966, M. Mendès-France, « Droits des peuples, droits humains face au nouvel ordre mondial », http://www.france-palestine.org/imprimersans.php3 ?id_article=832. Du même auteur, on lira avec intérêt, depuis le site de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), la plainte déposée par l’UJFP et le Centre d’information alternative (AIC) de Jérusalem auprès du procureur de la Cour pénale internationale contre les crimes de guerre commis par l’armée israélienne au Liban en 2006. http://www.ujfp.org/modules/news/article.php ?storyid=226 [4] Voir à ce propos les développements de N. Guyatt, Encore un siècle américain ?, Enjeux Planète, 2002 [5] “Our projected growing dependence on oil imports is a serious long-term challenge. U.S. economic security and that of our trading partners will remain closely tied to global oil market developments. Without a change in current policy, the share of U.S. oil demand met by net imports is projected to increase from 52 percent in 2000 to 64 percent in 2020”, National Energy Policy, Report on the National Energy Policy Group, http://www.whitehouse.gov/energy/National-Energy-Policy.pdf, May 2001, p.27. [6] Cf. le discours de G. Bush le 9 mai 2003, http://www.whitehouse.gov/news/releases/2003/05/20030509-11.html En juillet 2006, au cours de la guerre entre Israël et le Hezbollah, C. Rice affirmait qu’il s’agissait là de « l’accouchement douloureux » de ce nouveau Moyen-Orient. Cf. G. Corm, Le proche orient éclaté, Paris, Folio, 2007. [7] Des auteurs tels Nathan Sharansky et Bernard Lewis. [8] Voir par exemple W. Charara, « Instabilité constructive », Le Monde Diplomatique, juillet 2005. [9] Pour mieux la contrôler, ces dernières avaient en effet organisé un bouleversement politique de la région à partir de deux objectifs : organiser le dépeçage de l’Empire ottoman qui la contrôlait jusqu’alors ; empêcher la constitution d’un grand royaume arabe en favorisant l’éclatement de la zone en multiples Etats plus ou moins fortement opposés les uns aux autres et structurellement dépendants des puissances tutélaires. [10] En effet, les prisonniers étant considérés comme « terroristes », ils ne bénéficient pas des protections et régimes très particuliers réservés aux prisonniers de guerre. C’est l’origine de la prison de Guantanamo. [11]

Willy Beauvallet, Docteur en science politique. Publié le 10 juillet 2008 Source : Oum

14/07/2008

n°192 - dossiers de l'Afghanistan -13-07 - Début- Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité.

n°192 - dossiers de l'Afghanistan -13-07 - Début- Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité.

dossiers de l'Afghanistan    - Début-

n°192 au 13-07

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Sommaire :      - Début-
Tiré à part

Pétrole et terrorisme : une terreur peut en cacher une autre.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
1-1   Amnesty International : Vidéo : Do It Yourself.
1-2 vidéos : Un nouveau 11-Septembre pour faire gagner McCain ?
1-3 Les USA auront sous peu une nouvelle loi sur les écoutes dites 'antiterroristes'.
1-4 Réflexion sur la ' Loi sur les écoutes 'antiterroristes'.
2 Brèves
2-1 Afghanistan: une commission parlementaire accuse l'OTAN de massacrer des civils.
2-2 Les autorités afghanes accusent l'OTAN de la mort de 64 civils en trois jours.
2-3 ‘Le Monde’ : La guerre en Afghanistan, plus meurtrière que celle d'Irak, pour les troupes de la coalition.
2-4 ‘Le Monde’ : La résistance accroît la pression sur les autorités afghanes et les troupes de la coalition.
Seconde partie
3 Dossier & Point de vue
3-1 Point de vue de James Cogan : La crise des Etats-Unis et de l'OTAN en Afghanistan augmente la pression sur le Pakistan.
3-2 Point de vue de Morsi Attalla : La politique US et les Arabes.
5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
5-1 Riposte ou Agression ? Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité
5-2 Analyse de Guy Roy : Afghanistan, guerre et éthique coloniale.
Dernière partie
4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
4-1 Interview de Silvia Cattori : Six ans et demi à Guantanamo - Témoignage de  Sami El Haj (journaliste d’Al-Jazira)


Tiré à part

Pétrole et terrorisme : une terreur peut en cacher une autre. Dans une tribune du 8 juillet 2008 sur Khaleej Times, Noam Chomsky se livre : « L’accord qui se profile entre le Ministère irakien du pétrole et quatre compagnies pétrolières occidentales soulève de délicates questions quant aux motifs de l’invasion et de l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis […] Pour les planificateurs américains, il est impératif que l’Irak demeure, dans la mesure du possible, sous le contrôle des Etats-Unis, comme un Etat client docile à même d’accueillir des bases militaires en plein cœur de la première réserve énergétique mondiale. Qu’il s’agisse là des objectifs premiers de l’invasion a toujours été clair, malgré le rideau de fumée des prétextes successifs : Armes de destruction massive, liens de Saddam avec Al-Qaeda, promotion de la démocratie et guerre contre le terrorisme - lequel, comme c’était prévisible, s’est radicalement développé du fait même de l’invasion ». Source : http://cacaou3.blogspot.com/2008/07/ptrole-et-terrorisme-une-terreur-peut.html



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 1-1 Amnesty International : Vidéo : Do It Yourself.
"Amnesty a eu la chance de rencontrer Eric Ledune, réalisateur de Do-it-yourself. Ce film d’animation illustre parfaitement la manipulation et la torture, remises au goût du jour à l'heure de la guerre contre le terrorisme et d'un Jack Bauer, ce nouveau héros prêt à torturer pour notre sécurité... Inspiré d'un ancien manuel de la CIA , ce film montre, à travers un style "recette de cuisine", ce qui arrive lorsque que l'on traite l'être humain comme un objet ou comme un ingrédient à "cuisiner". Impressionnant, surprenant, choquant même, sans jamais pourtant montrer aucune scène réelle de torture, ce film est un coup de gueule d’Eric Ledune pour qui « … il semble évident que nous vivons une période où nos démocraties tendent à perdre la tête ….et cela est justifié le plus naturellement du monde par une peur de l’Autre savamment entretenue… ». Lorsque la torture est justifiée au nom de la sécurité ou de la supériorité des intérêts de la Nation , c'est tout notre système de valeurs des droits humains qui est remis en cause!"# 05-07 http://www.dailymotion.com/video/x5vuhx_do-it-yourself_we... envoyé par AmnestyBE DO IT YOURSELF" (Police Academy 2008) Plus d'informations sur le site : http://www.do-it-yourself.be/ Pour en savoir plus sur les films d'Eric Ledune, cliquez ici http://www.ploumploum.net/ http://lebibliomane.blogspot.com/2008/07/do-it-yourself-p...

1-2 Vidéo : Un nouveau 11-Septembre pour faire gagner McCain ? :

vidéos et article  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=41524


1-3 Les USA auront sous peu une nouvelle loi sur les écoutes dites 'antiterroristes'
Les Etats-Unis auront sous peu une nouvelle loi codifiant les écoutes antiterroristes, après une adoption définitive par le Congrès qui a mis fin mercredi à une féroce bataille politique et idéologique sur les moyens de la lutte contre le terrorisme et le respect des libertés. Le revirement du candidat démocrate Barack Obama sur la question et son vote en faveur du texte ont retenu l'attention, en même temps que la question très controversée d'une immunité finalement accordée aux compagnies de télécommunications ayant participé aux écoutes.Ces écoutes sont au coeur d'un vif débat depuis la révélation, en décembre 2005, que M. Bush, après les attentats du 11-Septembre, a secrètement autorisé les renseignements à espionner sans mandat d'un juge des conversations téléphoniques et électroniques entre les Etats-Unis et l'étranger.Un tel programme, dénoncé par ses détracteurs comme violant la constitution, touche à la question extrêmement sensible des écoutes pratiquées sur des Américains. Ses partisans le disent essentiel pour la protection des Etats-Unis.L'administration Bush a replacé ce programme en 2007 sous l'autorité d'une loi de 1978 (FISA) sur la surveillance et la collecte de renseignement, mais seulement à titre provisoire, et le Congrès, où les adversaires démocrates de M. Bush sont majoritaires depuis janvier 2006, a laissé cette législation expirer début 2008.

La polémique a repris de plus belle quand il s'est agi de la renouveler.La question de l'immunité rétroactive des compagnies ayant participé aux écoutes sans mandat a suscité de profondes divisions transgressant les appartenances politiques.Après une adoption par la Chambre des représentants le 20 juin, le Sénat a fini par approuver mercredi un texte similaire par 69 voix contre 28. Il a rejeté plusieurs tentatives pour limiter ou dénier l'immunité aux compagnies de télécommunications, visées par des dizaines de plaintes déposées au nom de la protection des libertés individuelles.Cette loi est un compromis entre le Congrès et la Maison Blanche.Sans l'immunité, l'administration Bush menaçait la loi de veto présidentiel.M. Bush a relevé que le texte du Sénat satisfaisait aux conditions de la Maison Blanche.Ce texte "vital permettra à nos professionnels de la sécurité nationale de surveiller de manière rapide et efficace les projets des terroristes se trouvant en dehors des Etats-Unis, tout en respectant les libertés des Américains", a-t-il dit.C'est pourquoi je vais rapidement promulguer cette loi", a-t-il dit.La nouvelle loi permet d'obtenir un mandat d'un an pour des écoutes de groupes et d'individus étrangers.

Dans les faits, un Américain peut toujours être écouté si la communication est entre l'étranger et les Etats-Unis.

Les autorités ont désormais une semaine après le début d'une surveillance, et non plus 72 heures, pour obtenir un mandat.

Elles doivent aussi obtenir l'aval du tribunal spécial instauré par la loi FISA pour écouter un Américain à l'étranger, alors qu'auparavant l'approbation du ministre de la Justice suffisait.

 Sources AFP

publié dans : Un pouvoir fasciste par JC

Posté par Adriana Evangeli


1-4 Réflexion sur la ' Loi sur les écoutes 'antiterroristes'.

La première chose qu'il importe de savoir, c'est que la guerre contre le terrorisme est une guerre lancée contre chaque citoyen du monde libre.  C'est maintenant une certitude au vu des évènements qui se profilent à l'horizon. Les faits le prouvent. Tout a vraiment commencé à partir du 11 septembre 2001.

Or, les gens éclairés savent que ce crime a été perpétré par des gens du gouvernement avec diverses accointances. Comme disent les Américains, c'est un "inside job". Nous adhérons complètement à cette thèse vu les zones d'ombre planant sur l'attaque du WTC dont les trois tours appartenaient au même homme, un "illuminati" notoire. Le mot "Sioniste" ne peut plus s'employer à tort et à travers car il est l'arbre qui cache la forêt. Beaucoup de sionistes sont manipulés et ne savent pas ce qui se trame derrière les coulisses.
Derrière les coulisses, il y a des hommes puissants poursuivant un but.
L'établissement du Nouvel Ordre Mondial. Et ils anticipent longtemps à l'avance pour amener les évènements à aller dans leur sens. Donc, réfléchissons, le 11 septembre est un "inside job", Ben Laden n'a jamais perpétré cette abomination mais ceux qui l'ont fait ont répété le coup du Golfe du Tonkin ou imité l'incendie du Reischtag pour imposer de facto des lois sécuritaires. Et pour imposer ces lois, il fallait un prétexte. Un gros prétexte. Le 11 septembre fut. Cette date fatidique n'a pas été choisie au hasard d'ailleurs. Les "Maîtres du monde", les Vrais, pas Bush la marionnette, savent ce qu'ils font. Ils voient surtout où en est l'Humanité aujourd'hui.
Ils voient que la colère couvre et gronde dans tous les pays. On nous impose des guerres que l'on n'a pas voulu. On nous oblige à travailler toujours davantage et à nous appauvrir malgré tout alors qu'une poignée de satrapes s'enrichissent sur le dos des milliards d'exploités. Les injustices n'ont jamais été aussi criantes. La conscience de l'Humanité n'est plus ce qu'elle était il y a dix mille ans ou même deux mille. Si vous prenez l'Humanité dans son ensemble, elle est comme une personne. Elle a eu sa période d'enfance où elle subissait sans rechigner. Il n'y a qu'à voir les immenses temples construits dans les montagnes, dans les déserts en Egypte ou ailleurs, pour imaginer à quoi servaient les humains. Ils n'étaient qu'esclaves. C'est sans compter que dans les rituels, on les tuait pour les sacrifices. Il n'y a que dans cette ère, notamment au début du 20e siècle, que les hommes se sont battus pour faire voter des lois sociales, surtout dans les pays occidentaux, il faut le remarquer.
La Sécurité Sociale , les allocations chômages, la retraite, l'école obligatoire, le respect de la vie et des personnes, etc... font que les peuples du monde entier envient les occidentaux. Ceci dit, tout ce que l'on nous a donné, on est en train de nous le reprendre. Alors même en Occident, la colère gronde et aux Etats-Unis plus qu'ailleurs sans doute.
Il ne faut pas croire que la jeunesse américaine soit plus stupide que les autres. Loin s'en faut. Ce sont, au contraire, pour la plupart de sacrés militants parce qu'ils voient qui les dirige et ce qui est commis en leur nom. Imaginez 3000 milliards de dollars pour la guerre en Irak. Juste pour l'Irak. Combien pour l'Afghanistan ? Combien pour Israël ? Ce sont les questions qu'ils se posent. Et pendant ce temps, la misère grandit chaque jour aux States. Il y a de plus en plus de gens à la rue ou en prison. Tous les programmes éducatifs, sociaux, médicaux, de retraite ont été sucrés pour la guerre et aller dans le sens des bellicistes. Imaginez ce qu'il pourrait être fait pour les enfants, les personnes âgées, les pauvres de l'Amérique avec 3000 milliards de dollars. Imaginez. Quand on voit comment vivent ceux qui ont été élus et ont juré sur
la Bible de veiller sur le Peuple. La révolte est imminente.
Le 11 septembre fut donc perpétré pour diverses raisons car ceux qui sont "derrière les coulisses" ont besoin de ceux qui sont en dessous d'eux. A eux aussi il faut donner un prétexte. Au lobby de l'armement, au lobby pétrolier qui sont les maîtres du pays, de toute façon. "Si vous faites la guerre, vous aurez tout à y gagner. On bosse dans votre intérêt." Le véritable but étant de juguler les prochaines émeutes à venir dans le monde entier. Tous ceux qui se révolteront seront taxés de terroristes. Ce n'est pas plus difficile que cela. Or si l'Iran est bombardé, ce sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase. C'est pour cette raison que des centaines de camps d'enfermement ou de concentration sont prêts à accueillir tous les réfractaires. Les lois se durcissent en ce qui concernent la surveillance que ce soit téléphoniquement ou nettiquement. Le Net sera coupé de toute façon dès que la guerre en Iran sera enclenchée car elle va dégénérer en guerre mondiale. Poutine et Medvedev ne vont pas rester sans broncher, c'est une certitude. Ils ont déjà prévenu que si le bouclier antimissile était installé en territoire tchèque, ils agiraient militairement. Les Russes ont signé avec l'Iran un pacte d'entraide en cas d'agression. Poutine ne s'est certainement pas engagé dans ce sens pour faire joli. L'homme est un visionnaire. Il voit loin dans le futur et il sait exactement où veulent aller les Etats-Unis. Il n'y a que les Européens qui dorment. Comme au temps d'Hitler. Il était mignon Hitler, ces imbéciles pensaient qu'il ne ferait pas la guerre. Nous en sommes actuellement au même stade. Les bases de l'OTAN ont proliféré dans le monde entier, y compris en Europe. Si une guerre éclate, comment pourrons-nous nous défendre avec les bases de l'ennemi sur notre sol ? Sur le sol européen ? Il y a ceux qui dorment et ceux qui calculent. Ces derniers tracent l'horizon à la mesure de l'objectif à atteindre. Si vous voulez faire un grand casse, il faut s'y préparer longtemps à l'avance, là c'est pareil. Les esprits pervers qui tiennent les rênes du monde ont bien tissé leur toile. Ils savent même qu'une catastrophe planétaire se prépare, qu'elle est imminente, et à cause de cela ils mettent les bouchées double. Ceci dit, même s'il y a des dommages, pour eux, c'est pas gagné.
La Terre n'a pas dit son dernier mot. Elle en est juste à des balbutiements de colère...
Source : http://nom666.over-blog.com/article-21132591.html
 
10 juillet 2008


2 Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Afghanistan: une commission parlementaire accuse l'OTAN de massacrer des civils. «...La coalition internationale avait rejeté ces accusations, affirmant que "plusieurs insurgés" avaient été tués dans cette frappe aérienne.», ça ferait baisser les statistiques
La commission parlementaire instituée sur l'instruction du président Hamid Karzaï pour enquêter sur les récents bombardements aériens de l'OTAN dans l'est du pays a accusé les militaires étrangers de massacrer les civils.
Selon le chef de la commission, Bohranullah Shinvari, le 6 juillet dernier l'aviation de l'OTAN a bombardé des noces afghanes dans la province de Nangarhar, tuant 47 civils, dans leur majorité des femmes et des enfants.
Au début du mois, l'aviation de l'OTAN a porté un coup contre une localité située dans la province de Nuristan, tuant, selon le gouverneur de la province, 17 civils et en blessant neuf autres. La frappe a eu lieu au moment où les habitants d'un quartier quittaient à la hâte leurs maisons, cherchant à se sauver des bombes.
Dans tous les cas le commandement de l'OTAN a déclaré que l'objectif de ces frappes était des concentrations de Talibans et que les civils n'en avaient pas souffert.
La mission du Comité international de
la Croix Rouge à Kaboul a déjà appelé toutes les parties en présence en Afghanistan à s'abstenir de tuer des civils. Selon la déclaration du CICR diffusée le 9 juillet dans la capitale afghane, plus de 250 civils ont été tués dans le pays du 4 au 10 juillet, pour ne s'en tenir qu'à cette période-là.
12 juillet - RIA Novosti.


2-2 Les autorités afghanes accusent l'OTAN de la mort de 64 civils en trois jours.
Les autorités afghanes ont affirmé, vendredi 11 juillet, que soixante-quatre civils "n'ayant aucun lien avec les talibans ou Al-Qaida", ont été tués au cours de deux bombardements réalisés, les 4 et 6 juillet, par les forces de l'OTAN dans une région sous contrôle américain, dans l'est du pays, proche du Pakistan.
Selon une première commission d'enquête dirigée le général Mohammad Amin, une première frappe aérienne a touché, le 4 juillet, le district de Waygal, dans la province du Nouristan, faisant dix-sept morts et neuf blessés. Les responsables de la coalition opérant dans ce secteur avaient rejeté ces accusations, affirmant, dans un premier temps, que "plusieurs insurgés" avaient été tués lors de cette opération.
Puis le 6 juillet, quarante-sept personnes, selon les résultats d'une autre enquête, conduite, celle-ci, par le vice-président du Sénat, Burhanullah Shinwari, ont ensuite péri dans un bombardement dans la province de Nangarhar, frontalière du Pakistan. La plupart des victimes sont, selon M. Shinwari, "des femmes et des enfants qui participaient à un mariage" dans une zone montagneuse et se déplaçaient en convoi au moment de l'attaque.
LES VÊTEMENTS DES VICTIMES
Les familles endeuillées ont exposé aux membres de la commission d'enquête envoyés sur place les vêtements des victimes maculés de sang, dont ceux de la future mariée. Peu de temps après le drame, l'armée américaine avait diffusé un communiqué affirmant qu'aucun civil n'avait été touché lors de l'opération qui visait, selon elle, un groupe d'activistes.
"Chaque fois que des civils sont tués, c'est une tragédie. Nous ne visons jamais des non-combattants. Nous faisons d'importants efforts pour éviter les victimes civiles", s'est défendu, vendredi, le lieutenant-colonel Rumi Nielson-Green, qui a précisé que "l'incident" du 6 juillet faisait l'objet d'une enquête de la coalition qui était toujours en cours.
Le président afghan, Hamid Karzaï, dénonce régulièrement ce type de bavure qui nourrit grandement le ressentiment de la population à l'égard des troupes internationales présentes dans son pays. Une colère qui rejaillit ensuite sur son gouvernement.

Jacques Follorou, Le Monde, 12 juillet 2008
2-3 ‘Le Monde’ : La guerre en Afghanistan, plus meurtrière que celle d'Irak, pour les troupes de la coalition. Extrait : Bush s'est dit confiant, mercredi 3 juillet, dans la réussite de la stratégie en Afghanistan, bien que les soldats américains et des forces internationales viennent d'y connaître leur mois le plus meurtrier depuis le renversement du régime taliban en 2001. "Le mois a été dur en Afghanistan. Mais le mois a été dur aussi pour les talibans", a-t-il déclaré. Interrogé sur la nécessité d'envoyer de nouveaux renforts américains en Afghanistan avant 2009 comme prévu, M. Bush a répondu que les Etats-Unis réexaminaient "constamment les besoins en hommes". Quarante-neuf soldats de la Force internationale d'assistance pour la sécurité (ISAF) de l'OTAN et de la coalition, sous commandement américain, sont morts en Afghanistan en juin, au combat. Le seul mois de juin représente plus de 40 % des pertes enregistrées depuis le début de l'année, qui se montent à 122 soldats étrangers, selon le site Internet iCasualties. PRINTEMPS ET ÉTÉ, SAISONS DE LA GUERRE Le printemps et l'été, saisons traditionnelles de la guerre en Afghanistan, marquent le début des grandes opérations, aussi bien pour les forces de sécurité afghanes et les troupes internationales que pour les insurgés. Au total, près de 70 000 soldats étrangers sont déployés en Afghanistan, dont 53 000 au sein de l'ISAF, qui comprend des soldats de quarante nations, le reste des troupes faisant partie d'une coalition sous commandement américain, Operation Enduring Freedom. L'Afghanistan rattrape progressivement et dépasse même l'Irak comme champ de bataille le plus dangereux de la "guerre globale contre le terrorisme". 49 soldats, sont morts en Afghanistan en juin, et cela alors que les soldats étrangers déployés en Afghanistan représentent moins de la moitié du contingent international en Irak. Il y a près de 150 000 soldats américains en Irak et seulement 33 000 en Afghanistan. LEMONDE.FR 03.04.08 http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/07/03/la-gue...

2-4 ‘Le Monde’ : La résistance accroît la pression sur les autorités afghanes et les troupes de la coalition. Les combats imputés aux talibans se sont multipliés au cours du week-end, dans tout l'Afghanistan. Dimanche, au moins vingt-quatre personnes ont été tuées et 35 autres blessées, dans une attaque à la voiture piégée dans le sud du pays. L'attentat visait un véhicule de police, dans un bazar du district de Deh Rawood, dans la province d'Orouzgan, selon le chef de la police de la province, Juma Gul Hemat. Parallèlement, neuf soldats de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ont été tués et quinze autres blessés lors de combats dans la province de Kunar, dans l'est de l'Afghanistan. Avec la mort d'un soldat de la coalition internationale dans un attentat dans le sud du pays, la journée de dimanche se révèle être la plus meurtrière pour les forces internationales depuis le début de l'année 2008. Au Nouristan, autre province de l'Est, les assauts contre les autorités se multiplient."De violents combats durent depuis trois jours dans le district de Bargi Matal", affirme le gouverneur adjoint de la province, Abdul Aleem. "Soixante-dix policiers ont été envoyés en renfort, mais il leur a fallu quelque 12 heures de marche pour arriver sur place. Le district tout entier risque de tomber entre leurs mains si d'autres renforts ne sont pas rapidement déployés", a-t-il ajouté. L'OTAN est également la cible d'attaques dans cette région. Dans le centre de l'Afghanistan, deux femmes ont par ailleurs été assassinées dans la nuit de samedi à dimanche par les talibans, qui les ont accusées de travailler pour la police. REDÉPLOIEMENT AMÉRICAIN La situation n'est guère meilleure dans le sud du pays, "Des insurgés ont attaqué samedi une patrouille dans le district de Sangin, avec des tirs d'armes légères et de roquettes depuis de nombreuses positions fortifiées. Les forces afghanes et de la coalition ont riposté et demandé un soutien aérien. Au moins 40 insurgés sont morts au cours de ces deux derniers jours et plus de 30 de leurs bateaux ont été détruits sur l'Helmand", ont-ils ajouté. La province d'Helmand est un bastion des talibans . Signe que la situation est prise au sérieux par l'administration américaine, le New York Times rapporte, dimanche, que Washington étudie un possible retrait supplémentaire de troupes américaines opérationnelles en Irak à compter de septembre, pour permettre un redéploiement en Afghanistan.  Le New York Times affirme que le souhait de beaucoup de responsables au Pentagone est de soulager la pression sur les militaires, mais aussi de libérer plus de troupes pour l'Afghanistan et pour d'autres missions potentielles. Un scénario envisagerait une réduction faisant passer le déploiement en Irak à 120 000 ou 130 000 hommes par rapport aux 170 000 qui y étaient déployés à la fin 2007. Source : LEMONDE.FR avec AFP et AP | 13.07.08

n°192 - dossiers de l'Afghanistan -13-07 – Suite - Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité.

n°192 - dossiers de l'Afghanistan -13-07 – Suite - Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité.

dossiers de l'Afghanistan     – Suite - n°192 au 13-07 M.Lemaire                                                                                 

Sommaire :                    – Suite -
3 Dossier & Point de vue
3-1 Point de vue de James Cogan : La crise des Etats-Unis et de l'OTAN en Afghanistan augmente la pression sur le Pakistan.
3-2 Point de vue de Morsi Attalla : La politique US et les Arabes.
5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
5-1 Riposte ou Agression ? Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité5-2 Analyse de Guy Roy : Afghanistan, guerre et éthique coloniale. 


3  Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Point de vue de James Cogan : La crise des Etats-Unis et de l'OTAN en Afghanistan augmente la pression sur le Pakistan.
Les forces de l’OTAN et le régime du président Hamid Karzaï, gouvernement fantoche des Etats-Unis, furent contraints de déclencher une importante opération la semaine dernière pour déloger des centaines de combattants anti-occupation qui avaient pris contrôle de villages dans la vallée d’Arghandab, à 16 kilomètres seulement au nord-ouest de la ville de Kandahar. Une partie des 1000 prisonniers et plus qui avaient été libérés lors d’une attaque contre la prison de Sarposa à Kandahar le 13 juin pourraient bien être impliqués. Ils auraient rejoint des insurgés qui ont récemment traversé en Afghanistan, provenant de zones de refuge à l’intérieur du Pakistan. Un bataillon de 700 hommes de l’armée afghane fut dépêché de Kaboul à Arghandab pour renforcer les unités locales et lancer l’offensive pour reprendre dix villages. Un avion de l’OTAN a largué des prospectus avisant la population de demeurer dans leurs maisons. Cependant, après des années de bombardements aériens et d’artillerie ayant causé la mort ou blessé des civils, des milliers de personnes ont choisi de fuir. Un agent de police surveillant un poste de contrôle du côté est, occupé, de la rivière Arghandab a affirmé à Reuters qu’environ 4000 villageois avaient quitté la région pour Kandahar. Mercredi dernier, les forces du gouvernement afghan ont traversé la rivière et avancé jusque dans la vallée, soutenues par des troupes canadiennes et américaines, des avions de guerre, des drones Predator et des hélicoptères d’assaut. Les rapports divergent quant au nombre de victimes. Le gouverneur de Kandahar Asadullah Khalid dirigea des journalistes vers un village, Manara, où gisaient les corps mutilés de 19 personnes autour d’un cratère formé par une bombe de 225 kilos larguée par un avion américain. Khalid a soutenu qu’au moins 105 guérilleros avaient été tués au cours de l’opération. Les officiers américains et canadiens n’ont pas appuyé les affirmations de Khalid, déclarant plutôt que les insurgés n’avaient pas tenté d’attaquer les forces d’occupation, plus nombreuses et mieux armées, et avaient fui la région. Deux soldats afghans furent tués dans les premières heures de l’opération, mais aucune autre perte ne fut rapportée par la suite. Le week-end arrivé, les officiers de l’OTAN ont affirmé que la vallée d’Arghandab était sous leur contrôle. Néanmoins, la capacité des insurgés d’attaquer effrontément une importante prison et par la suite de s’emparer d’une zone rurale si près d’un des plus grandes villes de l’Afghanistan souligne la fragilité de l’occupation dirigée par les Etats-Unis. Le général américain Dan McNeill, le commandant sortant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) dirigée par l’OTAN, affirma en début juin à des journalistes qu’au moins 400 000 soldats seraient nécessaires pour contrôler un pays aussi grand et populeux que l’Afghanistan. Cependant, l’ISAF n’est constituée que de 53 000 soldats, desquels 20 000 sont déployés dans les provinces pachtounes du sud où prend place le gros de l’insurrection. Une force américaine de quelque 14 000 soldats opère indépendamment de l’ISAF dans les provinces de l’est, supposément à la recherche d’Oussama ben Laden et de survivants d’Al-Qaïda en Afghanistan. Les troupes étrangères sont appuyées par l’armée afghane, mais elle n’est formée que de 70 000 hommes, à des niveaux d’entraînement et de fiabilité variables.  A l’extérieur des grandes villes, les insurgés peuvent presque se déplacer en toute impunité. Les liens tribaux existant entre les Pachtounes des deux côtés de la frontière pakistano-afghane compliquent la tâche des forces d’occupation. Les combattants pachtounes se déplacent librement entre les deux pays, profitant des provinces tribales autonomes du Pakistan pour se reposer, se réarmer, s’entraîner et faire du recrutement. Pressé par Washington, le gouvernement pakistanais a déployé des dizaines de milliers de soldats dans les provinces frontalières depuis 2002. Toutefois, après plusieurs années d’affrontements avec les Pachtounes, les forces pakistanaises ont été incapables ou, dans de nombreuses situations, ne veulent plus empêcher les déplacements à la frontière. Le major-général américain Jeffrey Schloesser, le commandant des forces américaines dans l’est de l’Afghanistan, a dit mardi à des journalistes que les attaques contre ses troupes avaient augmenté de 40 pour cent cette année. Il a déclaré que 12 pour cent de toutes les attaques des insurgés se produisaient le long de la frontière pakistanaise. « L’ennemi trouve refuge et profite d’une certaine liberté de mouvement dans la région frontalière », a-t-il maintenu. Schloesser a aussi décrit la sophistication tactique de plus en plus grande des guérilleros afghans dans l’utilisation des engins explosifs. Le général a rapporté qu’au cours des récents mois, les insurgés avaient commencé à permettre aux convois de dépasser une première bombe, avant de les frapper par une seconde plus loin sur la route. Après l’explosion, les convois doivent essuyer d’intenses tirs de mitraillettes et d’armes à feu de chaque côté de la route. Les Forces de réaction rapide venant appuyer le convoi pris d’assaut sont ensuite frappées par la première bombe. La masse des explosifs a aussi augmenté, les insurgés tentant de détruire les véhicules les plus blindés de l’armée américaine. Le blindage des véhicules et des soldats est la principale raison du nombre relativement restreint de décès et de blessures parmi les troupes d’occupations en Afghanistan.  Cependant, le nombre de victimes est monté en flèche ce mois-ci. Au moins 35 soldats américains et de l’OTAN ont été tués en juin jusqu’à présent, comparativement à 23 en mai, 14 en avril et 19 en mars. Lors du dernier incident, des guérilleros en motocyclette ont attaqué mardi un convoi de camions de ravitaillement des troupes de l’OTAN à Kaboul alors qu’il approchait la ville de Sayadabad, à quelque 60 kilomètres au sud de la capitale. Les insurgés ont tué une personne du convoi et incendié au moins quarante camions. Dans la province d’Helmand, un soldat britannique a été abattu le même jour durant un échange de coups de feu dans la vallée de Sangin, alors qu’un soldat américain était tué et trois autres blessés lorsque leur camion-patrouille a frappé une mine dans la province de l’est de Nangahar. Le jour précédent, une attaque aérienne américaine a apparemment tué un jeune homme et un enfant à Nangahar, provoquant une manifestation et des appels à la vengeance parmi les membres des tribus locales. Des confrontations ont également eu lieu du vendredi au dimanche dans la province orientale de Paktikam entre les troupes américaines et un large contingent d’insurgés qui avait traversé du côté du Pakistan. Les sources militaires américaines affirment que 55 militants auraient été tués, principalement suite aux attaques aériennes. Pression sur le Pakistan Alors que l’insurrection prend de l’ampleur, les pays de l’OTAN continuent de résister aux appels des Etats-Unis, du Canada et de la Grande-Bretagne pour qu’ils envoient plus de troupes en Afghanistan. L’Allemagne a annoncé cette semaine qu’elle allait déployer 1000 soldats additionnels en Afghanistan, mais seulement après octobre et uniquement dans le secteur relativement calme du nord du pays. La crise qui fait rage à l’OTAN quant à l’envoi des forces de combat additionnelles réclamées par les chefs militaires mène également à des demandes de plus en plus pressantes sur le nouveau gouvernement pakistanais d’en faire plus pour stopper les insurgés qui utilisent son territoire comme refuge. Il se développe en conséquence une situation volatile au Pakistan. Les insurgés afghans sont presque toujours qualifiés de « talibans » – ou loyalistes du régime fondamentaliste renversé en 2001. Une telle étiquette ne fait que masquer l’étendue de l’opposition militaire et politique à l’invasion menée par les Etats-Unis. L’insurrection contre l’occupation américaine est motivée par différents facteurs, le sentiment anti-colonial jouant un rôle majeur. Durant plus d’un siècle, les tribus pachtounes des deux cotés de la frontière séparant l’Afghanistan du Pakistan se sont longtemps livrées à une guérilla contre toute tentative de subjuguer leur territoire. La résistance aux forces américaines et de l’OTAN et aux troupes du gouvernement pakistanais déployées dans les régions tribales est simplement le dernier chapitre d’une longue lutte pour maintenir leur indépendance. Le régime de Karzaï à Kaboul n’est pas haï seulement parce qu’il est pro-américain. Des facteurs ethniques, tribaux et religieux, jouent également un rôle. Bien que Karzaï soit pachtoune, de vastes sections de l’élite tribale pachtoune voient en son gouvernement un laquais des chefs de guerre tadjiks et ouzbèques qu’ils combattirent dans les années 1990. Les talibans firent leur apparition en tant que mouvement pachtoune soutenu par le Pakistan visant à mettre fin au régime très instable des seigneurs de guerre qui suivit l’effondrement du régime pro-soviétique en 1992. L’extrémisme islamique et le nationalisme pachtoune furent exploités pour recruter les jeunes des sordides camps de réfugiés afghans au Pakistan, ainsi que les membres des tribus, afin de former une force militaire. Les talibans furent financés et équipés par les militaires pakistanais, particulièrement les services de renseignement (ISI). Lorsque les talibans ont pénétré dans le sud de l’Afghanistan en 1994, plusieurs des tribus pachtounes s’y sont ralliées. En 1996, Kaboul tombait. L’insurrection en cours a clairement des parallèles avec la guerre civile de 1994-1996. Les seigneurs de guerre défaits par les talibans se sont reconstitués pour former l’Alliance du Nord. En 2001, l’administration Bush les a remis au pouvoir. Maintenant, les talibans et leurs milices alliées combattent pour ramener l’hégémonie pachtoune. L’appui du Pakistan aux talibans dans les années 1990 n’était pas motivé par des considérations religieuses, tribales ou ethniques, mais par les intérêts géopolitiques de l’élite dirigeante pakistanaise. Leur principale préoccupation était que les seigneurs de guerre tadjiks et ouzbèques étaient en train de tomber sous l’influence de l’Inde, leur principal rival régional, en plus de l’Iran et de la Russie. Malgré une vaste opposition populaire au militarisme américain à l’intérieur du Pakistan, la dictature de Pervez Musharraf a donné son accord à la destruction de son état-satellite taliban dans le but de maintenir son alliance avec Washington. Elle s’est aussi pliée aux demandes américaines qu’elle fasse cesser les activités talibanes au sein du Pakistan en envoyant plus de 90 000 soldats dans les provinces tribales autonomes. Près de sept ans plus tard, cependant, il y a possibilité de rupture entre les Etats-Unis et le Pakistan à cause de l’influence accrue de l’Inde en Afghanistan et des demandes américaines incessantes que des mesures militaires plus draconiennes soient prises dans les zones frontalières pakistanaises. Seth Jones, un analyste pour l’entreprise américaine Rand Corporation, a noté dans Voice of America, le 13 juin : « Ce qu’on a maintenant, c’est un gouvernement basé à Kaboul qui est fortement lié à l’Inde, pas au Pakistan. Alors, je crois que c’est vraiment inquiétant. On voit un bon nombre de projets de développements indiens installés en Afghanistan. On voit des routes en chantier. On voit dépenser beaucoup d’argent indien. Je pense que cela a causé une profonde inquiétude parmi les hauts responsables du gouvernement pakistanais, et certainement à des échelons plus bas. » Jones a affirmé que les insurgés afghans recevaient de l’aide provenant de l’intérieur du Pakistan. « Des renseignements de source sûre recueillis par l’OTAN et plusieurs autres organisations dont les Nations unies montrent que des éléments au sein du gouvernement pakistanais et surtout des services de renseignement (ISI) et du Frontier Corps fournissent non seulement un soutien passif en refusant d’intervenir sur le sol pakistanais, mais également du soutien logistique, de l’aide à l’entraînement et l’octroi de renseignements. » Il y a une vague de fond d’accusations américaines contre l’armée pakistanaise. L’Observer britannique a rapporté dimanche que l’armée américaine avait des « boîtes pleines » de preuves que les membres du Frontier Corps pakistanais – la force paramilitaire responsable de la sécurité dans les régions tribales – prenaient part aux attaques transfrontalières. Une source anonyme a dit à l’Observer : « Le fait est qu’il y a des unités tellement opposées à ce que la coalition fait et tellement liées à l’autre côté que lorsque l’occasion se présente ils vont tirer sur les troupes afghanes et de la coalition. Et ce n’est pas un hasard. Ça peut être très bien coordonné. » Le 11 juin, des frappes aériennes furent menées contre des positions du Frontier Corps dans la région tribale pakistanaise de Mohmand, tuant 11 soldats. L’armée américaine continue d’insister qu’elle a bombardé des insurgés talibans qui avaient attaqué les troupes afghanes et s’étaient ensuite retirés de l’autre côté de la frontière. Le New York Times a publié des informations le 24 juin selon lesquelles l’armée pakistanaise était « en train de marchander des cessez-le-feu et des échanges de prisonniers » avec les talibans et « permettait aux militants de consolider leurs refuges tout en étendant leurs tentacules le long de la zone frontalière. » Le 15 juin, le président afghan Hamid Karzaï a déclaré que ses forces militaires avaient le droit de traverser la frontière à la poursuite des insurgés talibans. Les accusations de complicité pakistanaise directe dans l’insurrection afghane vont contribuer à augmenter les tensions. Au bout du compte, ça pourrait déclencher une guerre frontalière afghano-pakistanaise qui amènerait d’autres puissances à entrer en conflit direct avec le Pakistan, y compris les Etats-Unis et l’Inde.
http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BY&langue=1&id=25861
Sources WSWS
Posté par Adriana Evangelizt


3-2 Point de vue de Morsi Attalla : La politique US et les Arabes. Ce n’est pas par hasard que l’Administration de Bush dominée par les conservateurs a formulé sa conception de la guerre contre le terrorisme sans expliciter le contenu et les détails de cette conception. De nombreuses circonstances entravent les efforts visant à améliorer les relations américano-arabes. L’obstacle le plus grave est celui du climat empoisonné causé par les tendances des néo-conservateurs. Ceux-ci adoptent la théorie de la force et pensent que la force américaine absolue et la liberté d’y recourir sans aucune restriction est l’unique garantie permettant la stabilité dans le monde entier et la protection des intérêts américains. Ces nouvelles tendances dans la stratégie américaine tentent de résumer la sécurité mondiale dans le cercle de la sécurité américaine dont l’étendue atteint aussi la sécurité d’Israël et ses objectifs expansionnistes. Le danger de cette théorie qui règne sur l’agenda de la politique américaine est que les néo-conservateurs veulent rompre le lien traditionnel entre la souveraineté et la sécurité nationales dans n’importe quel pays. En effet, ce qui importe aux Etats-Unis est d’être l’unique superpuissance militaire et économique dans le monde, et par conséquent d’avoir la liberté d’effectuer des frappes préventives contre les ennemis probables dans l’objectif de les désarmer puis de les soumettre. Les partisans de la nouvelle politique américaine tentent depuis des années de convaincre la société américaine que le retrait des forces américaines des foyers de conflit, que ce soit en Europe ou au Proche-Orient, causera un chaos mondial. Par conséquent, il faut que les Etats-Unis tentent de donner à leur présence militaire, en dehors des territoires américains, une certaine légitimité. Cette légitimité se base sur des accords conclus avec les leaders que les Etats-Unis réussissent à introniser dans les régions de tension comme les accords de sécurité prévus en Iraq. Les partisans de cette politique estiment aussi que si les prétextes de la menace directe causée par les armes de destruction massive ou par le terrorisme contre les Etats-Unis deviennent insensés, les Etats-Unis peuvent brandir l’arme de la démocratie pour justifier l’ingérence dans les affaires des autres pays. Là, le prétexte sera que l’une des plus importantes garanties de la sécurité américaine ne réside pas seulement dans la démocratie américaine, mais aussi dans la propagation de la démocratie de par le monde. Car si la démocratie est menacée à l’extérieur des Etats-Unis, elle le sera également à l’intérieur ! Tout ceci signifie que ce n’est pas par hasard que l’Administration de Bush dominée par les conservateurs a formulé sa conception de la guerre contre le terrorisme sans expliciter le contenu et les détails de cette conception. Il est clair que l’objectif est de pouvoir appeler la lutte contre l’occupation « terrorisme », et par conséquent justifier toute ingérence au nom de l’éradication des terroristes dans tel ou tel pays. Et quand l’Administration américaine ne trouve pas ce prétexte dans un certain Etat, elle peut alors parler de l’absence de la démocratie sous prétexte que cette lacune permet la naissance et la croissance des groupes terroristes dans l’avenir. Mais aux Etats-Unis, il n’y a pas seulement les néo-conservateurs qui dominent le pouvoir depuis l’année 2000. Il y a d’autres courants qui ont un certain poids et qui commencent à avoir une forte voix pour mettre en garde contre le danger de la continuité de cette politique sur l’avenir du pays. C’est pour cela que ces nouveaux courants parient sur la possibilité que les démocrates dirigés par Barack Obama puissent revenir à la Maison-Blanche après une absence de 8 ans. Le professeur Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de l’ex-président américain Jimmy Carter, a écrit dans son livre The Choice que le point de départ dans l’amélioration des relations arabo-américaines réside dans des tentatives sérieuses visant à parvenir à une solution pour la cause palestinienne. Ce qui permettra d’améliorer l’image des Etats-Unis chez les peuples arabes et musulmans qui sont en colère à cause de l’alignement américain sur Israël. Mais il est clair que les Etats-Unis ne sont pas encore, jusqu’à nouvel ordre, près de prendre ce pas. Morsi Attalla Al-Ahram/hebdo dimanche 6 juillet 2008 Du même auteur :   Jérusalem dans l’impasse
  Le rêve brisé d’un Etat palestinien avant 2008
  De quelle démocratie parlez-vous ?
  Une idéologie sioniste à reconsidérer
Al-Ahram/hebdo - Semaine du 2 au 8 juillet 2008, numéro 721 (Opinion)

06-07 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4690



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Riposte ou Agression ? Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité. NDLR : Article ancien mais restant d’actualité brûlante Qu'est-ce qu'une riposte ?   C'est le fait de répondre de manière rapide et vigoureuse à un coup porté par l'adversaire, nous dit M. Larousse. Dans une "riposte", il y a donc deux protagonistes: celui qui a porté le (premier) coup et celui qui y répond. Peut-il y en avoir un troisième, selon le schéma: A frappe B, donc B riposte en frappant C ?   Pour George W. Bush, c'est effectivement possible, car C = A. Eclatante logique: si ce n'est toi, c'est donc ton frère...  

GUERRE ET INFORMATION:
Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité.
C'est peut-être oublier trop vite les véritables victimes (voir plus haut). Toujours est-il que ceux qui ont déclenché contre l'Afghanistan cette guerre prévue de longue date, en prenant pour prétexte les atrocités terroristes de New York, ont également mis en marche un gigantesque appareil de propagande auquel il est pratiquement impossible de se soustraire. La quasi-totalité des médias, quelle que soit leur forme, diffuse sans interruption le point de vue de la Maison Blanche. Rares sont ceux qui s'opposent à cette mise en condition. Dans cette atmosphère de pogrom, on n'ose plus s'exprimer librement par peur de représailles. On risque, pour un mot de trop, d'être accusé de faire l'apologie du terrorisme.
Ulrich Wickert, un journaliste connu de la télévision allemande, qui avait décelé chez George W. Bush et Oussama Ben Laden des structures de pensée similaires, a dû se rétracter publiquement à la suite du tollé général ayant suivi sa constatation.
Et pourtant, quelques mois auparavant personne ne se serait aventuré à parler de "structures de pensée" à propos de George W. Bush. Comme quoi le dernier des crétins peut se hisser au rang de Superman avec l'aide des médias alignés.
Médias dont le rôle essentiel, ces derniers temps, a été de préparer l'opinion à l'idée de la guerre - une guerre inévitable que nous n'avons pas voulue et qui nous a été imposée par l'ennemi public numéro un. Pas de guerre possible, en effet, sans que s'effectue au préalable un énergique lavage de cerveaux. Car l'être humain, a priori, trouve la guerre abjecte et repoussante. Il faut donc lui vendre ce produit dont il n'a nul besoin et qui finira tôt ou tard par le détruire ou le pervertir.
Il est très difficile, dans ces conditions, de trouver des informations et des images reflétant la réalité. Contrairement à la guerre de Yougoslavie, où "l'adversaire" s'exprimait et communiquait son point de vue (via Internet), l'Afghanistan officiel ne dispose d'aucun moyen technique.
Les fanatiques religieux de Kaboul, ennemis de la radio et de la télévision, utilisent encore moins le World Wide Web. Et s'ils l'ont fait çà et là de manière officieuse, leurs sites, à la merci d'hébergeurs occidentaux, sont bloqués depuis longtemps.
Parmi les rares sources d'information de première main échappant, en octobre 2001, au contrôle de l'Empire américain, on ne compte guère, exception faite des talibans eux-mêmes et de leur ambassadeur au Pakistan, que la chaîne de télévision Al-Jazeera du Qatar.
Mais les pressions exercées sur celle-ci s'accentuent de jour en jour et menacent son indépendance. Les représentants de la Croix-Rouge et des Nations-Unies contribuent également à percer quelque peu le mur de silence et de mensonge qui entoure la situation réelle de la population afghane soumise aux bombardements.  

BILAN:
"How many civilians die isn't the issue.
One civilian dead is one too many"
(lu dans un des rares forums de discussion américains encore épargnés par l'hystérie collective)
Le bilan des victimes civiles est difficile, sinon impossible, à établir.
Les médias occidentaux, obéissant aux exigences officielles ou pratiquant l'auto-censure, nient tout d'abord qu'il y ait de telles victimes; puis, lorsque l'évidence éclate, ils parlent de "bavures regrettables". Ils minimisent alors à l'extrême ces "dommages collatéraux", prétendant que des objectifs stratégiques se trouvaient à proximité, que l'ennemi pousse la perversion jusqu'à se cacher parmi les civils pour les utiliser comme bouclier humain, ou que des croix rouges sont peintes sur le toit des casernes et camps d'entraînement. Ce scénario suivi par les médias a prévalu lors des guerres contre l'Irak (1991) et contre la Yougoslavie (1999). Pas de raison d'en changer.
Les chiffres cités par l'ambassadeur afghan sont contestés.
Propagande, affirment les propagandistes acharnés de la cause américaine. Invérifiable, s'indignent les pressetitués de service, pourtant toujours prêts à recopier sans la moindre vérification les mensonges du Pentagone et de la Maison Blanche.
Alors, qui croire ?...   Le 22 octobre 2001, après quinze jours de bombardements, il y avait déjà un millier de morts civils et davantage encore de blessés.
Le chiffre exact est peut-être inférieur, mais qu'importe ?   Aucune de ces victimes n'était impliquée en quoi ce soit dans les attentats du 11 septembre. Elles sont mortes, ou resteront mutilées pour le restant de leurs jours, parce que le terroriste Bush a décidé que c'était là la meilleure façon de se venger du terroriste Bin Laden.  Et la terreur contre les populations civiles d'Afghanistan ne fait que commencer... http://membres.lycos.fr/wotraceafg/guerre.htm


5-2 Analyse de Guy Roy : Afghanistan, guerre et éthique coloniale D’abord pour les premiers impliqués, nos soldats. Après avoir été éduqués toute leur enfance à régler les conflits pacifiquement avec leurs amis, avec leurs voisins, avec leurs patrons, avec leurs gouvernements ... Après leur avoir enseigné à l’école, en histoire ou en philosophie, que la paix crée des conditions plus favorables à l’évolution de la société que la guerre qui, elle, exacerbe et envenime les conflits. Après les avoir formés à être des agents de paix dans le monde, ce qui leur donnait sans doute une fierté bien singulière pour avoir été les premiers à le faire par la décision du seul prix Nobel de la Paix canadien, si je ne me trompe, en la personne de Pearson. Après leur avoir inculqué tout ce que les Canadiens s’honorent de défendre comme valeurs, on leur demande de tuer. Et pour des intérêts qui ne sont pas canadiens. Ou, en tout cas, pas ceux et celles de la majorité bien sentie des Canadiens. L’agression militaire exige d’eux qu’ils se transforment en tueurs d’Afghans, indépendamment de la religion, du sexe ou de l’âge de ces Afghans, si on considère les membres de ce peuple comme des égaux selon les préceptes de la démocratie libérale. C’est bien là l’une des contradictions de ce qu’est devenu, au fil des virages à droite, l’impérialisme canadien auquel même certains des plus virulents indépendantistes ont fini par adhérer. Duceppe a déclaré devant une quelconque Chambre de commerce que le pays du Québec serait en Afghanistan. C’est un sérieux problème qui ne peut se résoudre que par un changement politique radical qui demanderait aux élites du pays de se plier davantage aux volontés populaires qu’à celles de nos grands brasseurs d’affaires ou de marchands d’armes comme SNC Lavalin. Mais en sont-ils capables ? On pourrait penser qu’en prenant une telle position, on se rangerait du côté des ennemis du Canada, du côté des terroristes. Ou encore qu’on manquerait au devoir national de soutenir nos troupes. La guerre rend plausibles de telles simplifications. Mais demandez-vous bien qui dans cette guerre a décidé d’engagements qui font maintenant du Canada un agresseur en l’associant à une communauté internationale devenue violente contre un de ses membres les plus pauvres et que les déceptions successives ont conduit aux extrémités que l’on connaît. Qui donc nous range - et tout ça en outrepassant les souhaits de la population que la propagande de guerre n’a pas encore gagnée au soutien majoritaire des troupes - du côté d’une vieille et persistante attitude colonialiste dont le monde occidental a peine à se débarrasser malgré toutes les morts provoquées par ce comportement de prédateur bestial ?  Et pour qui devrions-nous tant tenir à la vengeance ? Plusieurs proches des trois mille victimes du Word Trade Center ont appelé à la pondération et voulu éviter une déclaration de ce qui ressemblera à la déclaration d’une troisième guerre mondiale si le carnage ne s’arrête pas. On a pardonné beaucoup au Québec dernièrement. Le pape lui-même appelle à la paix. Mais on est tout de même resté sur la pente des guerres injustes initiées par les pays dominants au nom de la pacification armée, des droits des femmes, de l’éducation et du soin des enfants et de tout ce discours paternaliste sur les progrès démocratiques chez autrui sans égard pour nos propres déficits sur ce terrain. Devant un tel acharnement et un tel entêtement, comment ne pas s’interroger dès maintenant sur le type de monde qui émergera de cette guerre ? Car elle aura bien une conclusion, ne serait-ce que par manque de ressources y étant consacrées. Y aura-t-il plus de justice et surtout moins de pauvreté ? En tout cas, toutes les justifications que l’on a données pour cette guerre marqueront la planète du souvenir, que l’on retiendra chez bien des peuples, des promesses faites par les agresseurs de considérer un pays pauvre, n’importe lequel, y compris celui qui voudrait annuler sa dette, comme étant légitimement en droit de réclamer la levée des obstacles à son émancipation et à son développement. L’engagement militaire s’est fait au nom de ces objectifs. Et il sera difficile de les contredire désormais. Elles feront encore davantage partie de l’agenda mondial. Mais on ne pourra indéfiniment en appeler à la guerre contre les pauvres tout en reniant les promesses, tout en réduisant l’aide internationale, tout en laissant libre cours au déchaînement de la force, ... La Guerre d’Algérie est citée en exemple de ce à quoi la démocratie française s’est exposée comme risque d’une politique de régression, résolument réactionnaire, en voulant préserver sa colonie au nom des mêmes arguments douteux et de méthodes violentes carrément odieuses. Mais ce que nous y avons appris, c’est que les armes ont tranchés en faveur des damné-e-s de la terre ! À mesure que s’aiguisent les contradictions de cette guerre, une confiance ébranlée dans les pays industrialisés se manifeste et un retour aux fiertés nationales des anciennes colonies, le Tiers-Monde actuel, s’affirme. Et l’on se rappellera tout autant de ceux qui ont préféré, et la vengeance purificatrice de la guerre, et la sécurité nationale des États-Unis, comme s’étant lourdement trompés de stratégie en y incluant la force armée préférée à la diplomatie dont serait supposément capable une démocratie mature comme on a toujours présenté celle du Canada. Et cela restera bien dommage pour les prétentions que nous entretenons de sauver le monde malgré lui et par des moyens tout à fait illégitimes même s’ils sont en tout point conformes au droit international. Si nous sommes capables de déployer toute cette activité militaire en appliquant le droit, il y a quelque chose dans ce droit qui retarde, comme du temps de Pearson, par rapport aux méthodes de matamore utilisées par notre propre camp impérialiste. Guy Roy Guy Roy, délégué syndical FTQ, AFPC-Québec, et membre de Québec solidaire Mis en ligne sur Sisyphe, le 10 janvier 2008 http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2861

n°192 - dossiers de l'Afghanistan -13-07 – Fin- Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité.

n°192 - dossiers de l'Afghanistan -13-07 – Fin- Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité.


dossiers de l'Afghanistan     – Fin - n°192 au 13-07 M.Lemaire                                                                                 

Sommaire :                    – Fin -
4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 
4-1 Interview de Silvia Cattori : Six ans et demi à Guantanamo - Témoignage de  Sami El Haj (journaliste d’Al-Jazira)
 Droit, grand, impressionnant, dégageant le sentiment d’une intense intériorité, Sami El Haj, s’avance en claudiquant, appuyé sur une canne. Ni rires ni sourires n’animent plus le fin visage de cet homme, usé avant l’âge. Une profonde tristesse l’habite. Il avait 32 ans quand, en décembre 2001, sa vie, comme celle de dizaines de milliers d’autres personnes de confession musulmane, a basculé dans l’horreur. Il a énormément souffert. Affaibli par une grève de la faim qui a duré 438 jours, libéré le 1er mai 2008, il vous accueille avec attention, avec douceur. Il vous parle, sans insister, d’un univers dont l’horreur vous dépasse, vous tétanise, vous suffoque. C’est le premier rescapé des camps, construits par l’administration Bush sur la base navale de Guantánamo Bay, à être autorisé à voyager. « Je suis venu à Genève, dans la ville de l’ONU et des libertés, [1] pour demander que l’on fasse respecter le droit, exiger la fermeture du camp de Guantanamo et des prisons secrètes, et en finir avec cette situation illégale » dit-il calmement. Le mot est lâché. Tout est « illégal » ; tout est faux, manipulé, absurde, kafkaïen, dans cette guerre, dirigée essentiellement contre des gens de religion musulmane. Nous savons, aujourd’hui, bien des choses ; notamment, que nombre d’attentats que l’on a attribués aux musulmans depuis 1996, ont été financés et manipulés par les agents secrets du MI 6, de la CIA , du Mossad. Ce sont des témoins courageux, comme l’ancien ministre allemand Andreas Von Bülow [2], qui ont notamment découvert et dénoncé ce genre d’activités criminelles, pratiquées par les grandes puissances. Hormis dans les nouveaux médias, quel journaliste nous a jamais parlé des révélations faites par ce grand monsieur qu’est Andreas Von Bülow ? À Guantanamo, soutenu par sa passion de la justice, par sa conviction que tout journaliste a pour mission de témoigner de ce qu’il voit, Sami El Haj a eu la force psychique de tenir, de résister aux pires abus, mettant ses propres souffrances de côté. Il a connu des sentiments de grande douleur mais il a su, aux pires moments, garder l’espoir qu’il sortirait de là vivant. Et, de se dire qu’il devait tout observer, qu’il pourrait demain témoigner, cela l’a aidé à supporter l’indicible. C’est, du reste, par le regard du journaliste observant avec recul cet univers effrayant, voulu par M. Bush, et qui aurait pu être sa tombe, que Sami El Haj a pu survivre et garder sa raison. D’autres, qui ont eu moins de chance que lui, sont morts ou sont devenus déments ; donc incapables de transmettre leur témoignage. Sans crayon ni papier, Sami El Haj s’est efforcé de tout mémoriser pour continuer, même en cage, son travail de « journaliste d’Al-Jazira en reportage », comme il dit. Il est, aujourd’hui, habité par l’idée d’attirer l’attention du monde sur ces dizaines de milliers de prisonniers qui continuent, dans les geôles de Guantanamo, Bagram, Kandahar, à subir un traitement inhumain. Il répond inlassablement, et avec gentillesse, à tous les journalistes qui l’interrogent, en espérant que sa parole pourra faire entendre la voix de ceux qui n’en ont plus. Son compte rendu est essentiel. A l’instar de tous les autres captifs, abusivement qualifiés, comme lui de « terroristes », Sami El Haj n’a jamais été jugé et il n’a jamais su de quoi on l’accusait. Ce qui démontre que, les « terroristes islamistes », M. Bush, et les journalistes qui ont appuyé sa thèse, ont dû les fabriquer. Des êtres comme Sami El Haj n’auraient jamais pu se faire arrêter, ni rester si longtemps otages de cette barbarie, parce que musulmans, sans la complicité des gouvernements européens et de ces propagandistes islamophobes asservis à Tel Aviv et Washington qui, depuis des décennies, désinforment l’opinion et influencent les élites, sur la base de mensonges.  
Silvia Cattori : Comment vous sentez-vous, quelques semaines à peine après votre libération ?
Sami El Haj : Je me sens bien, merci. Quand je vois que des gens s’engagent pour sauver des êtres humains et luttent pour la défense de leurs droits, cela me conforte. Bien sûr, à ma sortie de Guantanamo, il y a deux mois, je n’allais pas bien du tout. Mais, maintenant, je me sens mieux, en découvrant que les gens, au-dehors, luttent, et n’oublient pas l’objectif principal : obtenir la paix et la liberté pour tout le monde.
Silvia Cattori : Après ces années douloureuses, passées dans des camps, quels sont vos sentiments et vos vœux les plus chers ?
Sami El Haj : Bien évidemment, je me sens heureux d’avoir retrouvé ma liberté. J’ai retrouvé ma famille, mon épouse et mon fils. Durant six années et demie, il ne m’a pas vu, il a dû aller à l’école sans moi. Il m’a attendu et m’a dit : « Papa, tu m’as manqué si longtemps ! J’ai souffert, surtout quand je voyais mes camarades à l’école, accompagnés par leur père, qui me demandaient : Où est ton père ? Je n’avais pas de réponse à leur donner. C’est pourquoi j’ai demandé à maman de me conduire à l’école en voiture, parce que je ne voulais pas qu’ils me posent toujours cette question ». J’ai dit à mon fils : « Maintenant, je suis en mesure de t’amener à l’école, mais tu dois comprendre que j’ai un message à apporter, une cause juste à défendre. Je veux lutter pour la cause des droits de l’homme, pour les gens que l’on a privés de leur liberté. Je ne vais pas lutter seul. Il y a des milliers de gens qui s’engagent partout où l’on porte atteinte à la dignité des humains. N’oublie pas que nous luttons pour la paix, pour défendre les droits là où ils sont bafoués, pour un meilleur avenir pour toi. Peut-être que nous y arriverons un jour et, alors, je vais pouvoir rester à tes côtés et t’amener à l’école ». Je ne sais pas s’il a compris, parce qu’il est encore petit, mais il m’a souri. Mon épouse, elle non plus, ne souhaitait pas que je reparte. Mais, quand je lui ai rappelé dans quelle situation douloureuse se trouvent les gens enfermés à Guantanamo, qui ont eux aussi une famille, des fils, des filles, une épouse, qui leur manquent, et que, si je restais sans lutter, ces gens allaient rester enfermés plus longtemps, elle a compris que je devais continuer de voyager, d’ajouter ma voix à toutes les autres voix, pour que les détenus puissent rentrer chez eux le plus rapidement possible. Elle m’a accordé son plein soutien. En m’accompagnant à l’aéroport, elle m’a dit : Je vais prier pour toi.
Silvia Cattori : Ainsi, en allant en Afghanistan pour filmer les massacres de civils, victimes de la guerre de M. Bush, vous êtes devenu, vous-même, une de ses victimes ? N’avez-vous pas peur de ce qui peut encore vous arriver ?
Sami El Haj : Pour moi, il n’y a aucun doute, je vais continuer mon travail de journaliste. Je dois continuer de porter un message de paix, quoi qu’il en soit. En ce qui me concerne, j’ai passé six années et six mois en prison, loin de ma famille ; mais, pour d’autres, cela a été bien plus terrible. J’ai perdu un ami très cher, journaliste à Al-Jazira : il est mort à Bagdad, tué lors du bombardement de l’hôtel où il se trouvait. J’ai également perdu une collègue qui travaillait avec moi à Al-Jazira, que je considère comme une sœur : morte, elle aussi, à Bagdad. Beaucoup de gens ont perdu leur vie à cause de cette guerre. Vous devez savoir que l’administration Bush a voulu empêcher la couverture des médias libres, comme Al-Jazira, au Moyen-Orient. Les bureaux d’Al-Jazira, à Kaboul et Bagdad, ont été bombardés. En 2001, quand j’ai laissé mon fils et mon épouse pour aller filmer la guerre déclenchée par les Etats-Unis contre l’Afghanistan, je pouvais m’attendre à trouver la mort dans un bombardement. J’y allais, conscient des risques. Tout journaliste sait qu’il accomplit une mission et doit être prêt à se sacrifier pour témoigner de ce qu’il se passe, par ses films et ses écrits. Et pour aider les gens à comprendre que la guerre n’apporte rien d’autre que la mort d’innocents, destruction et souffrances. C’est sur la base de cette conviction que mes collègues et moi sommes allés dans des pays en guerre. Maintenant, après toutes ces années de captivité, je peux à nouveau faire quelque chose en faveur de la paix. Je vais m’engager dans ce sens, jusqu’à ce qu’on y arrive. Je suis sûr qu’un jour, même si ce n’est pas moi qui en récolterai les fruits, nous finirons par obtenir la paix et le respect des droits humains, ainsi que la protection des journalistes partout dans le monde. Je suis sûr que nous parviendrons à ce que les journalistes ne soient plus torturés ou blessés en faisant leur travail, en défendant les droits des gens à l’information et en montrant les abus contre les humains.
Silvia Cattori : Vous avez dit, d’entrée, que vous vous sentiez bien. Mais, après une si horrible expérience, et alors que vous avez été relâché sans la moindre excuse de la part de vos tortionnaires, comment pouvez-vous évoquer ce passé sans ressentiment ni rancune ?
Sami El Haj : Bien sûr, ce passé est extrêmement dur et ma situation personnelle est difficile. Mais quand je pense à ceux qui sont encore à Guantanamo, à qui leur famille, dont ils n’ont aucune nouvelle, manque, je me dis que ma situation, aussi difficile soit-elle, est meilleure que la leur. Je ne puis oublier que j’ai laissé à Guantanamo des frères qui sont détruits, qui sont devenus fous. Je pense en particulier à ce médecin yéménite qui vit aujourd’hui tout nu dans sa cellule car il a perdu la raison.
Silvia Cattori : Quel genre de tortures vous faisaient-ils subir ?
Sami El Haj : Toutes sortes de tortures physiques et psychiques. Comme les détenus étaient tous musulmans, l’administration du camp les soumettait à beaucoup de vexations et d’humiliations touchant la religion. J’ai vu de mes propres yeux des soldats déchirer le Coran et le jeter dans les toilettes. Je les ai vus, durant les interrogatoires, s’asseoir sur le Coran aussi longtemps que l’on ne répondait pas aux questions posées. Ils insultaient nos familles, notre religion. Ils faisaient semblant de téléphoner à notre Dieu pour lui demander, en se moquant de nous, de venir nous sauver. L’unique Imam du camp a été accusé de connivence avec les détenus et a été renvoyé, en 2005, pour avoir refusé de dire aux visiteurs que le camp respectait la liberté religieuse. Ils nous rouaient de coups. Ils nous couvraient d’insultes racistes. Ils nous enfermaient dans des pièces froides, au-dessous de zéro, avec un seul repas froid par jour. Ils nous suspendaient par les mains. Ils nous empêchaient de dormir et, quand on s’assoupissait, ils nous frappaient sur la tête. Ils nous montraient des films illustrant des séances de tortures atroces. Ils nous montraient la photo de torturés décédés, tuméfiés, sanguinolents. Ils nous maintenaient sous la menace de nous transférer ailleurs pour nous torturer encore plus. Ils nous arrosaient d’eau froide. Ils nous forçaient à faire le salut militaire en écoutant l’hymne des Etats-Unis. Ils nous forçaient à porter des vêtements de femmes. Ils nous forçaient à regarder des photos érotiques. Ils nous menaçaient de viol. Ils nous mettaient nus, nous faisaient marcher comme des ânes, en nous demandant d’aller ici et là. Ils nous demandaient de nous asseoir et de nous mettre debout 500 fois de suite. Ils humiliaient les détenus en les enveloppant du drapeau états-unien et israélien ; ce qui était une manière de dire que nous étions enfermés dans le cadre d’une guerre de religion. Quand, couvert de poux, sale, le détenu est tiré de sa cellule pour être soumis à de nouvelles séances de tortures, pour le conduire à collaborer, il finit par dire n’importe quoi et ne plus savoir qui il est. J’ai subi plus de 200 interrogatoires sous la torture. 95 % des questions concernaient Al-Jazira. Ils voulaient me faire accepter de travailler comme espion au sein d’Al-Jazira. En échange, ils m’offraient la nationalité états-unienne, pour moi et ma famille, et un salaire en fonction de mes résultats. J’ai refusé. Je leur répétais que mon métier est celui de journaliste, pas celui d’espion, et que j’avais le devoir de faire connaitre la vérité et d’œuvrer pour que les droits de l’homme soient respectés.
Silvia Cattori : Aujourd’hui, êtes-vous à même de pardonner à vos tortionnaires ?
Sami El Haj : Bien sûr que je vais leur pardonner s’ils ferment Guantanamo. Mais s’ils continuent à faire du mal, je vais m’adresser à un tribunal, engager une action contre eux. Bien que je sache que l’administration de Bush a fait tant de mal, je continue de penser qu’il n’est pas trop tard pour ces gens de corriger leurs erreurs. Il faut savoir faire la différence entre l’administration et le peuple. Les détenus de Guantanamo savent qu’ils ont des amis aux Etats-Unis, comme cet avocat qui est venu à Guantanamo et qui s’est battu pour mon cas.
Silvia Cattori : On a le sentiment qu’ils n’ont pas réussi à vous briser ?
Sami El Haj : Parce que je ne suis pas seul. Il y a des gens derrière moi ; ce sentiment me donne de la force. En prison, j’ai puisé ma force dans la conviction que tout homme libre ne peut accepter d’être mis dans cette situation d’infériorité et de déshumanisation. On éprouve des sentiments de douleur, de chagrin, mais on s’efforce de garder l’espoir qu’il y aura une sortie ; et l’idée que, même en prison, on peut continuer son travail de journaliste, cela limite la souffrance.
Silvia Cattori : Alors que vous étiez à Guantanamo, saviez-vous qu’il y avait, à l’extérieur, des gens qui se battaient pour vous faire libérer ?
Sami El Haj : En fait, je ne les connaissais pas, parce que, à l’intérieur de la prison, les nouvelles sont très difficiles à obtenir, même si vous avez un avocat parce qu’il lui est interdit de vous informer. Les gens qui travaillent pour les droits de l’homme, et ceux qui n’aiment pas l’administration Bush, aujourd’hui je les connais. Je crois que leur voix est chaque jour plus forte.
Silvia Cattori : Votre frère a dit, en vous revoyant, que vous aviez l’air d’un vieil homme. Est-ce votre sentiment ?
Sami El Haj : En ce qui me concerne, je vis par mon cœur, et non par mon visage ou par mon corps. Je sens mon cœur toujours aussi jeune, et plus fort qu’avant.
Silvia Cattori : Donc, c’était une expérience très douloureuse mais, en fait, vous en ressortez riche d’un potentiel insoupçonné ?
Sami El Haj : C’est exact. Du temps passé à Guantanamo, j’ai su tirer quelque bénéfice. Avant d’aller à Guantanamo, je n’avais qu’une petite famille ; maintenant, j’ai une grande famille, j’ai gagné des centaines d’amis dans le monde entier. Cela est très positif ; j’ai perdu six ans et six mois mais, maintenant, j’ai davantage d’amis.
Silvia Cattori : Etes-vous encore considéré comme un « ennemi combattant » [3] ?
Sami El Haj : Je ne sais pas mais, lorsqu’ils m’ont relâché, ils m’ont dit : Maintenant vous n’êtes plus dangereux pour les Etats-Unis. S
ilvia Cattori : Et votre nom ne figure plus sur la « liste terroriste » ?
Sami El Haj : Je ne sais pas. Je pense que, dans leur mentalité, tous ceux qu’ils ont qualifiés de « terroristes » vont rester des « terroristes ». Et que, maintenant, ils ont peur de nous parce qu’ils nous ont fait du mal sans aucune raison.
Silvia Cattori : Pensez-vous que les agents de la CIA vont continuer de vous faire espionner ?
Sami El Haj : Oui. En réalité, je n’ai rien contre ce pays et son peuple. Si l’administration Bush corrige ses fautes, je ne vais me plaindre de rien.
Silvia Cattori : Avez-vous été surpris quand, à votre sortie, un officier du Pentagone, vous voyant avec une canne, vous a accusé d’être un manipulateur ?
Sami El Haj : Les gens du Pentagone prétendent que les prisonniers de Guantanamo sont des malfaiteurs mais, en réalité, 500 d’entre eux sont maintenant rentrés chez eux. Comment aurait-on pu les laisser sortir s’ils étaient réellement des malfaiteurs ? Ils mentent toujours.
Silvia Cattori : Deux autres Soudanais ont été relâchées en même temps que vous, Amir Yacoub Mohamed al Amin et Walid Mohamed. Comment vont-ils maintenant ? Sami El Haj : Le Gouvernement et l’administration du Soudan les ont très bien traités. Ils nous ont accueillis tous les trois, directement à l’aéroport. Bien que les Etats-Unis m’aient pris mon passeport, ils m’ont donné un nouveau passeport dans les deux heures, et on n’a fait aucune objection à ce que je voyage hors du Soudan.
Silvia Cattori : À Guantanamo, les militaires vous appelaient-ils par votre nom ou par votre matricule de prisonnier : « numéro 345 » ?
Sami El Haj : Ils ne m’appelaient jamais par mon nom, mais « three, four, five », mon numéro matricule. Les derniers temps ils m’appelaient « Al-Jazira ». Seuls les délégués de la Croix-Rouge m’appelaient par mon nom.
Silvia Cattori : Ces délégués vous ont-ils rendu visite souvent ?
Sami El Haj : Lorsqu’ils étaient autorisés à venir nous visiter, tous les deux ou trois mois ; je leur parlais, ils m’apportaient des lettres de ma famille. Silvia Cattori : L’administration Bush et les officiers chargés de vous torturer savaient que vous étiez un honnête homme, un simple journaliste désireux de faire connaître les brutalités qu’ils commettaient contre le peuple afghan, pas un « terroriste ». Savez-vous pour quelle raison ils vous ont fait tant de mal ?
Sami El Haj : La majorité des soldats, là bas, suivaient les ordres de leurs officiers. Ils torturaient sans aucun état d’âme. Mais je dois à la vérité de dire que certains d’entre eux étaient bons. Certains soldats faisaient usage de leur cervelle.
Silvia Cattori : Les agents de la CIA ont rédigé un rapport sur les tortures à Guantanamo. Quand ils vous torturaient, aviez-vous l’impression qu’ils vous observaient, qu’ils faisaient des expériences sur vous ? Sami El Haj : Nous étions sous la surveillance constante de médecins psychiatres en uniforme militaire. Ils n’étaient pas là pour soigner, mais pour participer aux interrogatoires, pour observer les torturés de façon à ce qu’aucun détail dans le comportement du prisonnier ne leur échappe. C’est sous la responsabilité du colonel Morgan, médecin spécialisé en psychiatrie, que se faisaient les interrogatoires. Ce colonel a été placé, dès mars 2002, à Guantanamo. Il avait servi dans la prison afghane de Bagram dès novembre 2001. Il donnait des consignes aux officiers qui nous interrogeaient, étudiait nos réactions, notait chaque détail pour, ensuite, adapter les tortures à la personnalité de chaque détenu, ce qui a laissé des traces profondes sur leur psychisme. J’ai parlé avec eux. Je leur ai dit que la mission de médecin était noble, d’aider les gens, pas de les torturer. Ils m’ont répondu : « Nous sommes des militaires, nous devons suivre les règles ; lorsqu’un officier me donne un ordre, je suis censé l’exécuter, sinon, on me mettra en prison comme vous ; lorsque j’ai signé le contrat avec l’armée, à ce moment-là j’ai compris que je devais obéir à tout ».
Silvia Cattori : Parmi les tortures pratiquées à Guantanamo, je vois des similitudes avec des tortures pratiquées en Israël sur les prisonniers politiques palestiniens. La « torture » du sommeil par exemple, c’est leur spécialité.
Sami El Haj : Je crois que la majorité des Services de renseignements du monde entier sont venus à Guantanamo. J’ai vu des Britanniques, j’ai vu des Canadiens. Ils sont venus là pour s’intéresser aux interrogatoires, et aussi pour fournir aux officiers de la CIA et du FBI des conseils sur comment torturer, comment interroger, sur la base de leurs expériences.
Silvia Cattori : Arrivez-vous à dormir tranquillement ?
Sami El Haj : Ce n’est plus comme avant Guantanamo. Je ne dors plus que 3 à 4 heures. Aujourd’hui, quand j’ai rencontré des gens à de la Croix-Rouge , je leur ai demandé de m’aider à surmonter mes difficultés, de me conseiller un docteur qui puisse m’examiner. Sept ans, ce n’est pas une courte période.
Silvia Cattori : La grève de la faim, n’était-ce pas un peu comme une torture dirigée contre vous-mêmes ? Pourquoi l’avoir faite durant de si longues périodes, alors que vos geôliers s’en servaient pour vous infliger encore plus d’humiliations et de souffrances ?
Sami El Haj : Parce que nous pensions que nous ne pouvions pas rester silencieux, que nous devions faire quelque chose. Nous n’avions que ce moyen-là de nous faire entendre. La grève de la faim est un moyen d’action très pénible, bien sûr, très difficile à supporter. Mais quand vous êtes privé de liberté, vous devez lutter pour l’obtenir. C’était la seule chose qui nous restait pour dire à l’administration Bush qu’un détenu a sa dignité, qu’il ne vit pas que de pain, que la liberté est plus importante.
Silvia Cattori : Comment cela se passait-il quand ils vous alimentaient de force ?
Sami El Haj : Quand il y avait plus de quarante détenus qui faisaient la grève de la faim, l’administration du camp tentait de briser leur résistance en nous faisant subir davantage de tortures. On nous isolait dans des pièces froides, on nous dénudait, on nous empêchait de dormir pendant de longues périodes. Deux fois par jour, les soldats nous attachaient sur une chaise spéciale. Ils nous appliquaient un masque sur la bouche ; ils nous introduisaient un gros tuyau dans le nez, pas dans l’estomac. Alors que la ration d’aliment normale était de 2 canettes, ils nous punissaient en injectant 24 canettes et 6 bouteilles d’eau. L’estomac, rétréci par les longues grèves de la faim, ne pouvait pas contenir ces quantités. Ils ajoutaient des produits qui provoquaient la diarrhée. Le détenu, maintenu attaché sur cette chaise plus de 3 heures, vomissait, vomissait. Ils nous laissaient dans le vomi et les excréments. La séance terminée ils arrachaient le tuyau avec violence ; quand ils voyaient le sang couler ils riaient de nous. Comme ils font usage de tuyaux infectés, jamais nettoyés, les détenus souffrent de maladies laissées sans soins. Silvia Cattori : C’est grâce à cette longue grève de la faim que vous avez été libéré ? Sami El Haj : Pas seulement à cause d’elle, mais c’était une des raisons qui a poussé l’administration à me relâcher. Silvia Cattori : Que penser des aveux de Khaled Sheik Mohamed [4], qui s’accuse d’avoir organisé plus de 30 attentats dans 17 pays ?
Sami El Haj : Peut-être qu’ils l’ont torturé à un point où l’on n’est plus soi-même. Je ne l’ai jamais rencontré parce qu’ils l’ont mis dans un camp spécial. Un officier m’a dit qu’ils l’ont durement atteint ; vous pouvez vous en douter : ils l’ont terriblement torturé.
Silvia Cattori : Quand les Etats-Unis affirment qu’il est le « terroriste No 3 d’Al-Qaïda », cela a-t-il un quelconque rapport avec la réalité ?
Sami El Haj : Vraiment, je ne crois rien de ce qui vient de l’administration Bush. Parce que, moi aussi, ils m’ont accusé d’être un « terroriste ». Et je sais mieux que personne ce qu’il en est. Ces gens mentent trop. Je ne crois jamais rien de ce qu’affirme cette administration. Je connais un prisonnier qui a été tellement torturé, qu’à la fin il a dit : Je suis Oussama Ben Laden. Il disait ce qu’ils voulaient pour faire cesser les tortures.
Silvia Cattori : Alors, Al-Qaïda, est-elle une création des services de renseignements occidentaux ?
Sami El Haj : Pour ce que je sais, dans ma vie, je n’ai jamais rencontré personne qui m’ait dit : J’appartiens à Al-Qaïda. À Guantanamo, j’ai rencontré la majorité des détenus parce que la politique de nos gardiens était de ne pas laisser les prisonniers vivre longtemps ensemble dans la même cellule. Ils nous transféraient chaque semaine ; ainsi, on faisait la connaissance de nouvelles personnes. Les gens que j’ai rencontrés à Guantanamo sont tous des gens pacifiques. Depuis que je suis sorti, j’ai parlé avec plus de 100 d’entre eux. Ceux qui étaient mariés ont recommencé leur vie, les célibataires se sont mariés.
Silvia Cattori : Ceux qui puisent des forces dans la prière ont-ils plus de chance d’échapper à la folie ?
Sami El Haj : Bien sûr ! Si vous sentez que quelqu’un vous accompagne, surtout si c’est Dieu, vous allez être patient et, à tout moment, vous allez vous rappeler que Dieu a plus de pouvoir que les êtres humains. Je dois prier Dieu et le remercier. Je dois aussi remercier tous les gens qui m’ont soutenu. Je pense que, même si je passais ma vie à dire merci, je ne parviendrais pas à les remercier tous. Maintenant, par mon travail en faveur des droits de l’homme, peut-être que je pourrai contribuer à rendre plus heureusela vie d’autres personnes .
Silvia Cattori : Je crois que les médias et les ONG, chez nous, n’ont pas accordé l’importance qu’il eût fallu à la défense des droits de ces prisonniers musulmans [5]. Durant longtemps, dénoncer les abus commis contre eux, c’était vu comme un signe de sympathie avec les « terroristes ». Savez-vous que les responsables de « Reporters sans frontières », par exemple, dont la mission est de protéger les journalistes, ont été critiqués pour avoir attendu cinq ans, avant de parler de votre cas [6] ?
Sami El Haj : Les gens, malheureusement, ont cru ce que leur disait l’administration des Etats-Unis. Maintenant qu’ils ont compris que cela n’était pas vrai, ils corrigeront. Comme je vous l’ai dit, si quelqu’un fait une erreur, ce n’est pas un problème ; le problème, c’est de persévérer dans l’erreur. Si les journalistes ne se sentent pas concernés quand des journalistes sont emprisonnés dans le cadre de leur métier, un jour peut-être, ces mêmes journalistes vont se trouver en prison et ils ne trouveront personne pour les défendre. Nous devons travailler ensemble, nos devons nous occuper de chaque cas. Si l’on apprend qu’un journaliste est emprisonné, on est censé le soutenir, par delà sa couleur ou sa religion. Comme journaliste, je veux m’engager à soutenir les journalistes qui travaillent pour la défense des droits et des libertés. Il y a un immense travail devant nous. Nous devons nous engager pleinement pour faire libérer les gens qui sont enfermés à Guantanamo et dans ces nombreuses prisons secrètes où l’administration Bush prive de leurs droits des dizaines de milliers d’autres. Cette expérience à Guantanamo nous a profondément marqués. Ce que je veux retenir est la nécessité et l’importance de la défense des droits de l’homme. Après tout le mal qui a été fait, tout le monde se sent aujourd’hui davantage concerné, je crois. Il n’est pas acceptable d’abandonner des gens qui souffrent. Nous avons l’obligation impérieuse de nous solidariser avec eux. Al-Jazira compte s’associer avec les médias libres pour collecter les informations qui ont trait aux droits de l’homme et aux libertés. Je demande à tous les journalistes de coopérer avec nous en ce sens. Il y avait plus de 50 nationalités à Guantanamo ; c’est une affaire mondiale, et non pas la question de tel ou tel détenu. Il est honteux que, dans notre société, des innocents que l’on a vendus se trouvent enfermés dans des cages, et que cette violation des droits fondamentaux soit le fait d’un pays qui prétend être le garant des droits et des libertés. Je n’ai aucune haine. Nous respectons les citoyens des Etats-Unis. C’est leur gouvernement actuel qui doit assumer les conséquences de ces actes. Les droits de l’homme et la sécurité ne sont pas séparables, on ne peut pas avoir la sécurité sans le respect des droits fondamentaux. S
ilvia Cattori : Vous avez raison d’appeler les honnêtes gens et les journalistes à ne pas accepter que l’on viole les lois internationales et que l’on inflige des traitements cruels et dégradants à des êtres humains. Mais cette politique n’aurait pas pu durer si elle n’avait pas le soutien tacite des gouvernements des grandes puissances ; c’est avec leur assentiment que les gens désignés comme « ennemis combattants » ont été torturés [7]. Le « Patriot Act, » par exemple, promulgué après le 11 septembre aux Etats-Unis, tous les pays européens ont souscrit à son contenu. C’est dans le cadre de ces Accords secrets que les agents de la CIA et du FBI ont pu enlever et torturer, en Europe, des milliers d’innocents comme vous.
Sami El Haj : Je veux vous dire ceci : je ne crois pas en l’action des gouvernements. Parce que tout gouvernement, de n’importe quel pays, préfère gouverner sans se confronter aux problèmes réels des gens. Peut-être que, parfois, il intervient pour dire qu’il soutient telle cause mais, au fond, il ne la soutient pas. Ce n’est que pour des raisons politiques opportunistes qu’il se prononce. Et peut-être même qu’il affirme soutenir, par calcul politique, une chose en laquelle il ne croit pas. Oubliez les gouvernements, parce qu’ils mènent leur politique. Oui, nous devons continuer à travailler dur pour défendre les droits et les libertés de chacun. Silvia Cattori : Peut-on conclure en disant que les « terroristes » tels que présentés par l’administration Bush et nos médias n’existent pas ?
Sami El Haj : Je puis vous assurer que les détenus de Guantanamo que j’ai rencontrés ne sont pas des « terroristes ». J’ai eu l’occasion de parler avec eux, de les connaître : ce sont des gens pacifiques.
Silvia Cattori : Alors on vous a arrêtés, comme ça, parce qu’il fallait faire du chiffre pour faire croire aux autres pays européens qu’il y avait bel et bien des « terroristes » musulmans ?
Sami El Haj : Nous avons été arrêtés à la suite de l’attentat du 11 septembre, dont personne à ce jour ne peut dire qui en est l’auteur. Bush ne voulait pas dire : J’ai fait des erreurs, je n’ai pas assuré correctement la sécurité. Il a dit : Nous allons commencer une guerre contre ces « terroristes ». Résultat : il n’a pas apporté la sécurité à qui que ce soit. Il a fait bombarder l’Afghanistan, il a envoyé ses soldats faire la guerre à des peuples entiers, mais il n’a pas arrêté les personnes qu’il s’était fixé d’arrêter. Il a versé des sommes d’argent aux Pakistanais pour qu’en contrepartie ils commencent à arrêter des gens et les remettent à son administration. 89% des gens, à Guantanamo, ont été achetés, contre espèces sonnantes, aux autorités Pakistanaises. Où les ont-ils trouvés ? Ils les ont trouvés au Pakistan, pas en Afghanistan.
Silvia Cattori : Ces prisonniers ont ensuite été torturés avec la promesse de cesser, s’ils acceptaient de devenir espions au service de la CIA  !? C’est un système terrifiant ?!
Sami El Haj : Oui. Attendons que M. Bush ait quitté l’administration. Lorsqu’il aura quitté son fauteuil, je suis sûr que beaucoup de gens vont s’exprimer sur ses méfaits.
Silvia Cattori : Votre témoignage est très important. On a massacré votre jeunesse. Et vous avez la magnanimité de transformer ce désastre en quelque chose de constructif. Vous refusez de vous considérer comme victime. Vous êtes vraiment magnifique ! Tant de gens en prison doivent attendre l’aide de gens de votre qualité.
Sami El Haj : Nous devons travailler dur, afin que ceux qui continuent de soutenir l’administration Bush finissent pas se sentir honteux de leurs actes. A ce moment-là, personne ne va plus les aider. Et quand plus personne ne les aidera, ils arrêteront. Toute l’histoire de Guantanamo est une tache noire. L’administration Bush a voulu duper l’opinion en disant que nous étions des terroristes. Or ces hommes que l’on a enfermés en leur grande majorité, sont comme moi, innocents.
Silvia Cattori : Merci de nous avoir accordé cet entretien. * * * Chacun peut le constater : les prétendus « terroristes » que nos sociétés pourchassent sont en réalité des victimes. M. Sami El Haj frappe par sa sagesse, sa maturité, sa hauteur de vues. Il vous fait penser au Christ en Croix, car son calvaire n’est pas fini ; les blessures sont trop profondes. Sa finesse contraste avec la description des présumés « terroristes » que les autorités et les médias traditionnels nous ont donnée durant toutes ces années. Pas de revendications ni de plaintes ; son récit est sobre, sans emphase. Il devrait être à même de faire bouger les choses. Il met l’accent sur l’action à mener pour faire sortir, sans tarder, ceux qui demeurent captifs. Il dit et répète qu’il ne pourra trouver aucun repos aussi longtemps que tous les détenus de Guantanamo, ne seront pas libérés. Il y a désormais urgence, obligation morale à réagir, à expliquer honnêtement ce qui s’est réellement passé, à plaider pour que nos sociétés adoptent une politique où le monde arabe et musulman puisse s’attendre à autre chose qu’à des guerres et du racisme. Si, dans l’ensemble, les médias de l’arc lémanique ont relaté correctement le passage à Genève de M. Sami El Haj, il n’en reste pas moins que la télévision publique locale (TSR) a minimisé l’événement et n’a pas daigné l’inviter sur son plateau. A noter –ceci explique-t-il cela ? – que les rédacteurs de la TSR ont donné abondamment la parole, ces sept dernières années, aux « bons Arabes », comme Antoine Basbous ou Antoine Sfeir, qui vont répétant ce que nos rédacteurs disent ou veulent entendre, apportant ainsi un soutien aux thèses bellicistes qui ont, semble-t-il, leur faveur. Les kidnappings, les centres de tortures comme Guantanamo, Abou Ghraib, Bagram, Kandahar, ne sont pas, comme on le laisse encore trop souvent croire, un simple « dérapage » [8], ], mais bel et bien l’expression d’une politique criminelle qui sert les intérêts cachés de deux Etats principalement : les Etats-Unis et Israël. On peut d’ailleurs se demander si ce dernier n’est pas le seul gagnant de ces guerres, qui ont dévasté des peuples entiers, mais aussi ruiné les finances et l’image des Etats-Unis dans le monde. Cette « guerre contre le terrorisme », dont on nous rabâche les oreilles, est une guerre criminelle ; une guerre manipulée par les grandes puissances et leurs services de renseignements. Les gens sont de plus en plus nombreux à comprendre que les sanctions de l’ONU, les « listes terroristes » que l’Europe a également dressées, les campagnes de dénigrement à l’égard des musulmans, sont des instruments de manipulation de l’opinion, destinés à entretenir artificiellement un climat conflictuel. Les attentats du 11 septembre 2001, du reste, ont immédiatement servi de prétexte pour orienter la politique internationale de Tel Aviv et Washington dans le sens d’objectifs militaires programmés de longue date. Ils ont notamment servi à liquider toute forme de résistance à leur politique criminelle. A commencer par la résistance palestinienne et musulmane. Après le démantèlement de l’empire soviétique, le monde islamique a été désigné comme « nouvel « axe du mal ». Dès le début des années 90, les Etats-Unis et Israël ont manœuvré de façon à susciter la peur et l’intolérance à l’égard des musulmans et à inciter les services secrets de divers pays, à les infiltrer, à les manipuler, à les financer, à encourager des « paumés » à faire des attentats ; pour ensuite les montrer du doigt, justifier des mesures coercitives, les kidnappings, les tortures, les détentions arbitraires. Depuis 2001, alors que les principaux médias se faisaient complaisamment l’écho de campagnes contre des « antisémites » le plus souvent imaginaires, des dizaines de milliers de musulmans se faisaient kidnapper, encagouler, emprisonner, broyer, par des tortionnaires, dans le but de les contraindre, par la force, à accepter de travailler comme espions pour les services de renseignements étatiques. Tout cela calqué sur les méthodes des services secrets israéliens du Shin Beth [9], qui ont si bien fonctionné pour broyer quelques 700’000 Palestiniens emprisonnés arbitrairement, durant ces 40 dernières années. Est-ce de cette société là que nous voulons ? Ce qu’il y a de plus lamentable et de plus décourageant, dans cette triste histoire, est le fait que les gouvernements européens se sont servis de cette prétendue « menace islamiste », pour se débarrasser de nombre de garde-fous constitutionnels et ont mis, eux aussi, en application les mesures illégales dictées par M. Bush, et permis ainsi à la CIA de kidnapper, sur leur sol, des musulmans, tout en sachant qu’ils allaient être livrés à des centres de tortures, en-dehors de tout droit, et pour des durées illimitées. Ce qui pose également question est la place que les chefs de rédactions ont accordée, et continuent d’accorder, à ces prétendus « spécialistes en terrorisme » qui ont entretenu le fantasme du « péril islamiste ». Des « spécialistes » qui reprennent la propagande états-unienne, associent Islam et « terrorisme », alors qu’ils savent parfaitement que la stratégie de Washington et de Tel Aviv est d’associer, sans aucune preuve, des musulmans à des « terroristes » [10]. Chacun de nous se souvient de ces campagnes biaisées, destinées à vilipender et détruire la carrière de deux frères : Hani et Tariq Ramadan, en France et en Suisse notamment. Dans les autres pays on a connu des montages similaires. Si nous ne voulons pas d’une société pervertie, basée sur le mensonge, qui autorise les kidnappings, les centres de tortures, les assassinats ciblés, les stratégies d’infiltrations, destinées à transformer des gens en informateurs, il est temps de réagir. Voir M. Sami El Hadj, ce revenant de l’enfer, appeler, sans haine ni esprit de revanche, les journalistes à travailler pour faire triompher les droits humains, à effacer cette « tache noire de la mémoire », est une grande leçon. Notre « civilisation occidentale », nos « démocraties » tant vantées, au nom desquelles on a fait tant de guerres et commis tant de crimes, nos médias « libres », devront compter désormais avec tous ces revenants qui nous appellent à nous réveiller. Silvia Cattori  10 juillet [1] Sami El Haj été invité à Genève par la Fondation « Alkarama for Human Rights » . Voir : « Sami El Haj achève une intense visite à Genève », Alkarama for Human Rights, 2 juillet2008. [3] Selon M. Dick Marty, rapporteur de la Commission des Affaires juridiques et des Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe chargé d’enquêter sur l’existence de prisons secrètes de la CIA en Europe, un « accord secret, conclu en octobre 2001 entre les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN, a posé le cadre qui a permis à la CIA d’incarcérer des « détenus de grande importance » en Europe. C’est cet accord qui autorise les graves violations des droits, y compris la torture ».

[4] Khalid Cheikh Mohammed a été arrêté au Pakistan en 2003. Accusé d’être le numéro 3 d’Al-Qaïda, il a été interné dans diverses prisons secrètes avant d’être placé à l’isolement dès 2006 à Guanta

13/07/2008

n°191 - journal de l'Afghanistan -06-07 au 12-07 - 1 - Ben Laden est mort, et Al Qaida une création US

n°191 - journal de l'Afghanistan -06-07 au 12-07 - Afghanistan : Violation flagrante de la charte des Nations Unies. journal de l'Afghanistan 

n° 191 -             06-07 au 12-07 M.Lemaire                                                                                 



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Sommaire.

Tiré à part : Bombardement de civils- Dommage collatéraux.... le Pentagone prolonge.

Afghanistan : appel aux dons pour nourrir 4,5 millions d’Afghans vulnérables. Paroles & action des bientôt présidents...

l'Afghanistan au cœur des débats.

Obama dénonce …

2 Occupation de l'Afghanistan  Analyse & déclaration

40 % d'Attaques en plus dans l'Est où doivent se déployer les soldats français.

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

Le Pakistan rejette l'offre d'assistance militaire faite par Washington  

Seconde partie
4 Lutte pour la libération du territoire
Détails.
L'Afghanistan en chiffre. 
7 Brèves
7-1 Les résistants entrent facilement en Afghanistan, dénonce un militaire US.
7-2 Près d'un soldat britannique sur deux pense à quitter l'armée.
8 Dossiers
8-1  Point de vue de Convergence des Causes : La face hideuse de leur monde.
8-2 Point de vue de l'ONU : Violation flagrante de la charte des Nations Unies. Dernière partie
 9 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
9-1 La Russie se joint à la guerre en Afghanistan.
10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
10-1 Ben Laden est mort, et Al Qaida une création US.
10-2  Olivier Guillard : Talibans, seigneurs de guerre et fidèles d'Al-Qaida s'enhardissent» 10-3 L’Inde est un allié important de l’Afghanistan.

Tiré à part : Bombardement de civils- Dommage collatéraux.... le Pentagone prolonge.

11-07 69 civils ont été tués au cours de deux bombardements de la coalition sous commandement américain dans l'est de l'Afghanistan, les 4 et 6 juillet, selon les conclusions vendredi de commissions d'enquête formées par le chef de l'Etat Hamid Karzaï.  

 a) le 4 juillet une première frappe aérienne a touché le district de Waygal, dans la province du Nouristan (est), faisant 22 morts et 9 blessées dans le bombardement. Les victimes sont toutes des civils", a par ailleurs déclaré à l'AFP le général Mohammad Amin, qui dirige la commission d'enquête sur la mort de civils. "Je confirme que 22 personnes, dont 3 hommes et 19 femmes et enfants ont été tués", a indiqué Hamisha Gul, gouverneur du district de Deh Bala (est). Il a affirmé avoir reçu ces informations de la police et d'autres responsables envoyés sur place.

b) Quarante-sept personnes dont 39 femmes et enfants participant à un mariage ont ensuite péri dans un bombardement le 6 juillet dans la province de Nangarhar, à la frontière avec le Pakistan, ont indiqué les deux commissions. "Nous avons découvert que 47 civils, avaient été tués au cours d'une frappe aérienne et que neuf personnes avaient été blessées", dans le district de Deh Bala de la province de Nangarhar, a déclaré à l'AFP le responsable de la commission sur les événements du 6 juillet et vice-président du Sénat, Burhanullah Shinwari. "Les victimes étaient toutes des civils et elles n'avaient aucun lien avec les talibans ou al-Qaïda", a-t-il souligné, avant de préciser que les familles des victimes leur avaient montré leurs vêtements maculés de sang. "Si de tels événements se poursuivent, la population va prendre ses distances avec le gouvernement", a-t-il averti, appelant les forces internationales à la retenue (…) "Il n'y avait que trois hommes parmi les victimes. Toutes les autres étaient des femmes et des enfants", a assuré pour sa part Mohammad Asif Shinwari, membre de la commission, confirmant que le groupe accompagnait la future mariée lorsqu'il a été frappé par le bombardement, dans une zone montagneuse. (Source : AFP & Reuters) 11-07 La Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) a renforcé il y a un an ses procédures pour les frappes aériennes. http://fr.news.yahoo.com/


Afghanistan : appel aux dons pour nourrir 4,5 millions d’Afghans vulnérables. Mercredi, le gouvernement afghan et les Nations unies ont lancé un appel aux dons afin de réunir 404 millions de dollars, somme nécessaire pour venir en aide à 4,5 millions d’Afghans rendus vulnérables par la hausse mondiale des prix alimentaires. « Nous sommes confrontés cette année à une véritable crise alimentaire et sans l’aide internationale, nous ne pourrons éviter une tragédie humaine », a expliqué le vice-président afghan, Mohammad Karim Khalili. Avec AFP


Paroles & action des bientôt présidents...

l'Afghanistan au cœur des débats.

L'Afghanistan, où augmentent le nombre de soldats étrangers tués, s'est imposé comme sujet brûlant dans la course à la Maison Blanche.

a) Obama promet de redéployer un important nombre de soldats de l'Irak vers l'Afghanistan s'il est élu en novembre, en vue d'enrayer les victoires de la résistance, et de pourchasser Al-Qaïda.(…) Le sénateur de l'Illinois, juge que l’Irak mobilisant quelque 145.000 soldats américains prive de ressources nécessaires pour le combat en Afghanistan, où les Etats-Unis comptent 32.000 militaires. "J'ai toujours dit que l'une des raisons pour lesquelles il faut prudemment commencer à se retirer d'Irak est que nous n'avons pas assez de forces en Afghanistan", a-t-il affirmé. "En tant que président des Etats-Unis, je ferai tout pour stabiliser la situation en Afghanistan et lancer l'offensive contre Al-Qaïda" L'équipe de campagne d'Obama n'a pas manqué d'attirer l'attention sur les récents propos du chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Michael Mullen, qui s'est dit "profondément inquiet de la montée de la résistance" en Afghanistan, tout en estimant que l'Irak l'empêchait pour l'heure d'y envoyer plus de soldats.

b) McCain, estime lui que l'Irak continue d'être le front de la "guerre contre le terrorisme" et qu'un retrait des troupes américaines y ferait le jeu des ennemis des Etats-Unis.(…). a-t-il ajouté, alors que les services de renseignement américains sont persuadés qu'Oussama ben Laden et ses complices ont trouvé refuge à la frontière afghano-pakistanaise. John McCain, assure quant à lui qu'un retrait rapide – en Irak- mettrait en péril les gains enregistrés sur le front de la sécurité et dénonce les raisonnements simplistes de son rival. "Penser que c'est une situation "ou bien, ou bien", ou bien l'Afghanistan ou bien l'Irak, est une erreur fondamentale de jugement sur la situation au Moyen-Orient",. "Ce qui arrive en Irak compte en Afghanistan", a affirmé le vétéran… de la guerre du Vietnam. "Nous avons besoin de gagner en Irak et je suis sûr que nous pouvons gagner en Afghanistan mais ce n'est pas seulement une question de nombre de soldats". Source : Stephen COLLINSON AFP  8 juillet http://fr.news.yahoo.com/afp/20080708/twl-usa-afghanistan-conflit-presidentiel-3caf257.html


Obama dénonce …Le candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine, Barack Obama, explique : "Je pense que le gouvernement Karzaï n'est pas sorti de son bunker pour aider à organiser l'Afghanistan et le gouvernement, la justice, les forces de police, de manière à redonner confiance aux gens", "Donc il y a beaucoup de problèmes là-bas", a-t-il ajouté. "Une grosse partie du problème réside dans le fait que nous avons laissé les talibans et Al-Qaïda se regrouper alors que nous les avions dans nos filets. C'est une grosse erreur que je vais corriger quand je serai président", a-t-il ajouté, dans une pique à l'administration Bush. Le prétendant à la Maison Blanche a par ailleurs réaffirmé que Oussama ben Laden, devrait être exécuté si jamais il était capturé vivant. "Je ne suis pas un fervent partisan de la peine de mort", et "j'estime que cela doit seulement être réservé aux crimes les plus ignobles, mais je suis persuadé que préméditer et mettre sur pied la mort de 3.000 Américains justifie une telle approche", a-t-il souligné, en référence aux attentats du 11-Septembre. "Nous avons échoué à poursuivre sérieusement Al-Qaïda lors des cinq dernières années à cause de l'Irak, et je pense que nous observons maintenant les conséquences de tout cela en Afghanistan", a ajouté le sénateur. AFP / 12 juillet

L'Afghanistan en chiffre du 06-07 au 12/07/07  
tués blessés
Usboys / Autres boys  5

 23

Policiers, armée et collaborateurs

 6

 6

Peuple Afghan

 52

10 + x

1 La résistance contre l'agresseur Résistance :

Analyse & déclaration

40 % d'Attaques en plus dans l'Est où doivent se déployer les soldats français.

Selon le Général JeffreE .J Schloesser, qui est en charge de la partie est des forces de la coalition de l'OTAN et du groupe de contre terrorisme US, les attaques de la Résistance afghane ont augmenté de 40 % comparativement à celles de l'année dernière pour la période Janvier - Mai.
Depuis 2002, les combats entre les forces armées de l'OTAN/ US et les résistants ont augmenté. Mais cette année c'est à la fois au Sud et à l'Est du pays que cela se produit. Selon Schloesser, cette augmentation significative est due principalement à la multiplication des attaques des insurgés mais aussi du fait que les troupes de l'OTAN sont plus présentes sur le terrain, s'aventurant dans des zones où elles n'allaient pas auparavant.
Seuls 12 % des attaques ont lieu sur la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan. Le 10 juin des bombardements américains avaient fait 11 victimes parmi les soldats pakistanais chargés de la surveillance de la frontière, provoquant la colère du Pakistan. Actuellement, pour les six premiers mois de cette année, plus de 2000 afghans ont été tués, majoritairement des civils, au cours de bombardements aériens. L'armée britannique vient de confirmer qu'elle utilise des bombes thermobariques en Afghanistan. Ces bombes agissent par effet de souffle et provoquent la mort des personnes à l'intérieur des bâtiments en aspirant l'air de leurs poumons.
Rappelons que c'est dans cette région de l'Est Afghan que les 1000 soldats français qui doivent se déployer en renfort en Afghanistan seront stationnés, en remplacement des soldats américains.
Les envoyer se faire tuer pour rien, voilà ce que propose en matière de politique étrangère le président du parti de l'étranger.
Avec Sarkozy ce n'est plus « Mort pour
la Patrie » mais « Mort pour les Etats-Unis ».
Source de certaines informations AP News
Synthèse Mireille Delamarre
http://www.planetenonviolence.org/La-Russie-Se-Joint-a-la-Guerre-en-Afghanistan-Hausse-de-40-des-Attaques-dans-l-Est-ou-doivent-se-deployer-les-soldats_a1613.html Jeudi 26 Juin 2008


Occupation de l'Afghanistan 

Analyse & déclaration USA & Coalition

11-07 De plus en plus de combattants, se réfugient dans les régions tribales pakistanaises, rendant urgent un renforcement du contrôle de la zone par Islamabad, a estimé jeudi un haut responsable militaire US. Selon l'amiral Mike Mullen, le gouvernement et l'armée du Pakistan ne font pas suffisamment pression sur la région. "Il y a clairement un problème à la frontière", a dénoncé le chef-d'état major interarmes "La pression qui est faite n'est, clairement, pas suffisante, notamment du côté pakistanais de la frontière "."Ce que cela veut dire, c'est surtout qu'il s'agit d'un refuge qu'il faut supprimer, à tous les insurgés, pas seulement Al-Qaïda ". AP


Usa L’USS Abraham Lincoln en mer d’Arabie Sur décision du chef du commandement central américain, l’USS Abraham Lincoln a rejoint la mer d’Arabie pour venir en soutien des opérations militaires en Afghanistan, laissant le Golfe sans porte-avions. Robert Gates, le secrétaire à la Défense a démenti qu’il s’agisse d’un renforcement de l’effort militaire américain en Afghanistan, mais a reconnu que les violences y ont gagné en intensité. (Avec AFP -09-07)

Otan- Isaf  Des Awacs pour affronter les résistants ? Selon un responsable de l’Otan, la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) a demandé à l’Otan de lui fournir des Awacs, avions radar habituellement utilisés pour repérer tout avion potentiellement hostile et d’aider à leur interception. Sur le théâtre afghan, l’Awacs pourrait servir à la transmission rapide d’informations tactiques afin de permettre aux unités de la FIAS de mieux coordonner leurs opérations aéroterrestres face aux taliban, adversaire très mobile. Il pourrait également participer à la surveillance de la frontière avec le Pakistan. 12 juillet http://www.bassirat.net/+Afghanistan-des-Awacs-pour-affronter-les-taliban+.html

France. Cinq AMX-10 RC en route pour l'Afghanistan  Cinq blindés AMX-10 RC (1) viennent d'arriver, par voie maritime, aux Emirats arabes unis d'où ils repartiront par avion gros porteur à destination de l'Afghanistan. Ils doivent former l'élément blindé de la TF 700, les renforts français déployés en Kapissa. Ces blindés proviennent du 1er REC d'Orange. Le relève des légionnaires sera assurée par les Chasseurs du 4ème RC de Gap, qui se forment actuellement sur ce char qu'ils ne connaissent pas. L'envoi de cinq AMX-10 RC permettra d'en disposer en permanence de trois. A l'origine, trois pelotons (9 plus 2 véhicules) devaient être envoyés en Afghanistan, mais l'état-major a préferé un dispositif plus leger. http://secretdefense.blogs.liberation.fr/


2 Occupation de l'Afghanistan

2-1  Les forces en présence

30-06 Ont note la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain. AFP



3) Politique

Dans le monde

Le Pakistan rejette l'offre d'assistance militaire faite par Washington   Le ministre pakistanais des Affaires étrangères a réaffirmé : "Le Pakistan ne permettra pas que son territoire soit utilisé contre d'autres pays. Pour autant, aucune troupe étrangère ne sera autorisée à opérer à l'intérieur du Pakistan, a souligné Qureshi devant les 15 membres du Conseil. "Le nouveau gouvernement démocratique du Pakistan ne peut que se sentir concerné par les sentiments de son peuple" , rejetant ainsi l'offre d'assistance militaire faite par Washington et qui concerne directement l'Afghanistan. La déclaration de Shah Mahmood Qureshi  risque de porter un coup sévère aux américains… AP - 10 juillet


n°191 - journal de l'Afghanistan -06-07 au 12-07 - Suite - Ben Laden est mort, et Al Qaida une création US.

n°191 - journal de l'Afghanistan -06-07 au 12-07 - Suite - Ben Laden est mort, et Al Qaida une création US.

n°191 - journal de l'Afghanistan -06-07 au 12-07 - Afghanistan : Violation flagrante de la charte des Nations Unies. journal de l'Afghanistan -     Suite -

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Sommaire. 

4 Lutte pour la libération du territoire Détails.

L'Afghanistan en chiffre.
7 Brèves
7-1 Les résistants entrent facilement en Afghanistan, dénonce un militaire US.
7-2 Près d'un soldat britannique sur deux pense à quitter l'armée.
8 Dossiers
8-1  Point de vue de Convergence des Causes : La face hideuse de leur monde. 8-2 Point de vue de l'ONU : Violation flagrante de la charte des Nations Unies.


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants. US & Isaf

06-07 Dimanche, un volontaire de la mort a jeté le véhicule piégé qu’il conduisait contre un véhicule militaire allemand, blessant trois officiers de police allemands, leur interprète afghan. L’attaque s’est produite à quinze kilomètres de Koundouz, au nord-est du pays. http://www.bassirat.net/ 07-07 Un soldat canadien de la Force internationale dirigée par l’Otan a été tué par l’explosion d’une bombe au passage de sa patrouille dans le district de Panjwayi, au sud-ouest de Kandahâr, a annoncé l’armée canadienne. http://www.bassirat.net/+Afghanistan-sept-blesses-dans-un-attentat-suicide-a-Koundouz+.html

 08-07 Un soldat des forces spéciales australiennes a été tué mardi après-midi par l’explosion d’un engin explosif improvisé au passage de son véhicule. Trois soldats, deux Australiens et un troisième dont la nationalité n’a pas été rendue publique, ont également été blessés. http://www.bassirat.net/+Afghanistan-un-soldat-australien-tue-dans-la-province-d-Ourouzgan+.html 08-07 La Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’Otan a perdu l’un de ses soldats dans l’explosion d’une bombe au passage d’un véhicule militaire qui effectuait une patrouille. Quatre soldats ont également été blessés dans cette attaque dans la province orientale du Kounar. Avec AFP et AP

10-07 Deux soldats de la Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’Otan ont été tués jeudi par l’explosion d’un engin explosif improvisé au passage de leur véhicule sur une route de la province de Paktykâ, au sud-est de l’Afghanistan. Un soldat a également été blessé. http://www.bassirat.net/+Afghanistan-deux-soldats-de-l-Ot...

10-07 Jeudi, le ministère britannique de la Défense a annoncé que neuf soldats britanniques ont été blessés mercredi dans la province méridionale de Hemand par des tirs venant d’un hélicoptère de combat Apache. « Une enquête est en cours sur les circonstances de l’incident », a ajouté le ministère, se refusant à plus de commentaires. http://www.bassirat.net/+Afghanistan-neuf-soldats-britann...

11-07 Dans le nord du pays, attaque à la voiture piégée visant des formateurs allemands de la police afghane a rapporté le directeur-adjoint de la police de la province. Les trois Allemands et l'interprète afghan qui se trouvaient à l'intérieur du véhicule blindé sont blessés, a déclaré un porte-parole de la mission de police de l'Union européenne en Afghanistan. AP Version française Gregory Schwartz et Gwénaëlle Barzic 12-07 Samedi, l’explosion d’un engin explosif a été fatale à un soldat hongrois de la force internationale d’assistance à la sécurité de l’Otan, a annoncé le ministère hongrois de la Défense. L ’incident, qui a également fait un blessé parmi les forces de police afghanes, s’est produit dans la province de Baghlan, au nord-est de l’Afghanistan. Avec AP



Détails Kaboul

07-07 Un kamikaze a fait exploser sa voiture piégée contre la grille d'entrée de l'ambassade d'Inde, à Kaboul, et au moins 41 personnes ont été tuées et 141 blessées a indiqué le ministère afghan de la Santé.
N
i l'ambassadeur, ni aucun diplomate de haut rang n'ont été blessés, mais il y a des victimes parmi le personnel de la représentation diplomatique, dont des Indiens, a indiqué pour sa part un responsable de l'ambassade à Kaboul.
"Nous marchons sur des décombres", a-t-il précisé au téléphone, la police ayant bouclé le quartier. "L'ambassade a été sérieusement endommagée", a-t-il ajouté.
Un attaché militaire, un diplomate et deux gardes de sécurité, tous Indiens, figurent parmi les personnes tuées. La plupart des autres victimes sont des civils afghans qui venaient quérir un visa.  Les services de sécurité afghans, dans un rapport rendu public mardi, estiment que cet attentat n'a pu être perpétré sans "la collaboration complète de services de renseignements étrangers".. Selon le Ministère afghan de l'intérieur, l'attaque a été organisée en «liaison et avec les conseils de milieux du renseignement de la région». L'Inde est un allié fidèle du président Karzaï
L'analyse est d'Olivier Guillard, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), à Paris
Source :Caroline Stevan http://fr.news.yahoo.com/afp/20080708/tts-afghanistan-attentat-inde-prev-c1b2fc3.html
http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&article=235653 ats & http://info.rsr.ch/fr/monde/Afghanistan_attentat_contre_une_ambassade.html?siteSect=200401&sid=9303170&cKey=1215427834000

08-07 Le porte-parole Zabihôllah Moudjahed, a affirmé que l’attaque qui a visé l’ambassade n’est pas l’œuvre des résistats « Nous aurions aimé être les auteurs de cette attaque, parce que l’Inde a toujours notre  l’ennemi », a déclaré le porte-parole. «  Si nous l’avions fait, nous l’aurions revendiqué avec fierté car nous avions de bonnes raisons pour le faire », a-t-il poursuivi. « L’Amérique, la Chine , la Russie , l’Iran, le Pakistan et d’autres pays de la région sont des rivaux en Afghanistan et cette attaque est peut-être la conséquence de ces rivalités  », a-t-il conclu. Source : AFP


Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan).

09-07 Des combats, auxquels participent 2.200 militaires du corps des marines, se déroulent depuis le début du mois de mai dans le district de Garmsir, dans la province méridionale du Helmand. Les "marines" américains y ont été envoyés en renfort au printemps, les 8.000 soldats britanniques opérant dans la province de Helmand ne disposant pas des ressources suffisantes pour tenir leurs  positions. "Les taliban ont démontré qu'ils étaient prêts à se battre pour le Garmsir et nous avons engagé le combat contre eux", a dit le colonel Peter Petronzio, commandant des "marines" en Afghanistan, lors d'une conférence de presse. Les forces américaines, a-t-il ajouté, n'ont pas recensé le nombre exact de tués Le district de Garmsir est une plaque tournante pour les résistants opérant dans le sud de l'Afghanistan. Selon le colonel Petronzio, les combats directs sont terminés. "Je ne dirais pas que le Garmsir est sécurisé, mais il est stabilisé", a-t-il dit. Source : Reuters Jon Hemming, version française Henri-Pierre André http://fr.news.yahoo.com/

09-07 Selon l’agence Associated Press, deux résistants ont été tués par des villageois mercredi alors qu’ils tentaient d’enlever deux travailleurs humanitaires qui participaient au creusement d’un puits dans le district de Qayar. Les villageois ont fait usage d’une mitrailleuse lourde, de bâtons et de pierres pour repousser la douzaine de résistants  qui menaçait les humanitaires, a expliqué le gouverneur de la province, Khalil Andarabi. Le gouverneur a livré une version différente à l’agence Reuters. La mort d’Abdoul Hamid Akhundzada est intervenue à l’issue d’un raid des forces de sécurité, a-t-il déclaré à Reuters. Un autre résistant et un enfant ont également été tués durant l’opération, a-t-il ajouté. Avec AP et Reuters 11-07 Samedi, une attaque kamikaze a visé un convoi militaire dans le district de Marja, dans la province méridionale de Helmand. « Un piéton s’est fait exploser près d’un convoi de la police et de l’armée. Deux soldats et un garçon de six ans ont été tués », a annoncé le chef de la police provinciale, Mohammad Hussain Andiwal.  Quatre autres personnes, dont un officier de police, ont été blessées dans l’explosion. Avec AFP

Province du Wardak, (sud-ouest de Kaboul)

07-07

« Hier, un hélicoptère de la coalition a visé Mollah Nizamouddin dans une tente de nomades kouchi. Lui et de deux de ses adjoints ont été tués », a déclaré le général Muzafarouddin, chef de la police provinciale. « Nizamouddin était celui qui avait en juillet 2007 kidnappé les Allemands », a-t-il souligné. Cette information a été confirmée. http://www.bassirat.net/


Province de Zâbol

12-07 Samedi matin, deux bombes ont explosé simultanément sous deux ponts de l’autoroute A1 qui relie Kaboul à Kandahâr. L’attaque s’est produite dans la province méridionale de Zabôl au passage de deux véhicules de police. « Deux policiers sont morts dans le premier véhicule et deux autres dans le second. Trois autres policiers ont été blessés », a déclaré Jailani Khân, chef adjoint de la police de Zabôl. Avec AFP



4-1 L'Afghanistan en chiffre  Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "


 Civils tués                                                           : ? +  4591

Civils blessés                                                     : ? +  2.382 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  6.911

Résistant blessés                                               :?  +  1.630 (chiffres trop bas)

 Résistances arrêtés :                                           : 23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.386

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 13.400

Suicides                                                           : ?  plus de 1500 tentatives   150.000 souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 4.259

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 4.133 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :   1.225

Collabo   blessés                                               :?  +  778 (chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ? +   3 


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.

 7 Les Brèves Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Les résistants entrent facilement en Afghanistan, dénonce un militaire US. De plus en plus de combattants étrangers, parmi lesquels des militants d'Al-Qaïda, se réfugient dans les régions tribales pakistanaises, rendant urgent un renforcement du contrôle de la zone par Islamabad, a estimé jeudi un haut responsable militaire américain. Selon l'amiral Mike Mullen, les insurgés se sont introduits plus facilement en Afghanistan cette année par rapport à l'année passée, parce le gouvernement et l'armée du Pakistan ne font pas suffisamment pression sur la région. "Il y a clairement un problème à la frontière", a dénoncé le chef-d'état major interarmes américain. "La pression qui est faite n'est, clairement, pas suffisante, notamment du côté pakistanais de la frontière. Il y a plus de liberté à cet endroit". "Il y a clairement plus de combattants étrangers dans les Régions tribales fédéralement administrées du Pakistan qu'il n'y en avait par le passé", a-t-il ajouté. "Ce que cela veut dire, c'est surtout qu'il s'agit d'un refuge qu'il faut supprimer, à tous les insurgés, pas seulement Al-Qaïda, même si Al-Qaïda est certainement une priorité en raison de la menace que l'organisation représente". Les attaques dans l'est de l'Afghanistan, où l'armée américaine est stationnée le long de la frontière avec le Pakistan, a augmenté de 40% en un an, et juin a été le mois le plus meurtrier pour les troupes des Etats-Unis et de l'OTAN depuis l'entrée des troupes de la coalition en 2001. AP 11 juillet http://fr.news.yahoo.com/ap/20080711/twl-afghanistan-pakistan-usa-insurges-224d7fb.html


7-2 Près d'un soldat britannique sur deux pense à quitter l'armée. Près de la moitié des militaires britanniques envisage régulièrement de quitter l'armée Une étude du ministère de la Défense souligne la difficulté de Londres à maintenir sa présence à la fois en Irak et en Afghanistan. L'étude sur le moral des troupes, menée auprès de 9.000 militaires, révèle également une inquiétude sur la qualité des équipements, des plaintes sur le montant des soldes et une anxiété sur la fréquence des tours de service à l'étranger. Le ministère indique avoir découvert des "motifs d'inquiétude" mais assure que la situation s'améliore. Selon l'étude, 47% des soldats et des marins pensent régulièrement à quitter le service. "Je pense que le rythme des opérations a créé un tel niveau de tension pour les familles qu'il n'est pas étonnant de voir autant de soldats penser à partir", a déclaré le député conservateur Patrick Mercer à la BBC. Au sein de la Royal Air Force, 72% des militaires ont estimé que le moral était bas ou très bas, et 57% des "Royal Marines" se sont dit mécontents ou très mécontents de la qualité de leur équipement. CAPACITÉS INSUFFISANTES Le mois dernier, le Premier ministre Gordon Brown a déclaré que le gouvernement ferait "tout ce qu'il peut" afin d'aider les membres des forces armées, après que le chef d'état-major interarmes Richard Dannatt eut remarqué que les soldats étaient moins bien payés que les agents de la circulation. "Depuis que l'étude a été menée, nous avons déjà appliqué plusieurs changements importants", a déclaré le ministre de la Défense , Derek Twigg, évoquant de récentes revalorisations des soldes et une hausse des dépenses d'équipement. L'armée britannique dispose au total de 186.440 soldats. Son contingent en Afghanistan augmente régulièrement, et atteindra 8.000 hommes d'ici la fin de l'année. A l'inverse, Londres a presque réduit ses effectifs de moitié en Irak, où 4.000 militaires forment aujourd'hui son contingent. Les prochaines réductions d'effectif envisagées ont été repoussées. L'armée britannique a perdu 110 soldats en Afghanistan, et 176 en Irak. Les responsables militaires craignent que le niveau d'engagement de Londres sur ces deux fronts ne puisse être maintenu. "Nous ne disposons pas des capacités pour mener durablement ces deux opérations à cette échelle, pourtant c'est ce que nous faisons depuis des années", a noté le mois dernier le chef d'Etat major auprès du gouvernement, Jock Stirrup. "Tant que l'une des deux n'aura pas été ramenée à une petite échelle, nous nous trouverons au-delà de nos capacités opérationnelles." Paul Majendie Reuters –  10 juillet



8 Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information8-1  Point de vue de Convergence des Causes : La face hideuse de leur monde Cette semaine, la résistance afghane a abattu deux hélicoptères Blackhawk, le premier dans la province de Kunar au nord est, le deuxième au sud de Kaboul.
L’amiral Mike Mullen, plus haute autorité militaire en tant que président du Joint Chiefs of Staff, vient de le confirmer devant des journalistes à Washington ce jour, la Résistance afghane est devenue plus offensive ces dernières semaines et le nombre de leurs victimes est éloquent à cet égard.
28 soldats étasuniens sont tombés en juin en Afghanistan soit juste un de moins qu’en Irak, et il faut y ajouter 18 militaires de la ‘Coalition’ dont 13 sont des sujets de Sa Majesté.
La récente et spectaculaire évasion de près de 1000 détenus d’une prison à Kandahar ainsi que la tentative d’assassinat de Hamid Karzaï qui n’a échoué que de peu sont là pour souligner l’efficacité et la qualité organisationnelle de cette résistance à l’occupation.
Ce mercredi, le gouverneur de Nimroz a été visé par une attaque qui l’a manqué mais pas ses trois gardes du corps. Elle utilise de plus en plus la technique des engins explosifs improvisés (IED) employée par les Irakiens contre l’ennemi et de temps à autre les missiles résiduels de la guerre des Moujahidines offerts à l’époque par les US(a), le Pakistan, les Ibn Séoud afin de bouter dehors l’armée soviétique.
La quasi-totalité de la population est gagnée à la lutte contre les envahisseurs qui depuis qu’ils ont entrepris de détruire l’un des pays les plus pauvres de la planète sous prétexte de venger l’effondrement de deux tours à Manhattan en octobre 2001. La corruption du gouvernement fantoche mis en place par les US(a) est de plus en plus manifeste et aucune perspective de simple remplacement des infrastructures détruites sans aller à parler de développement n’est en vue.
Les frappes aériennes qui assassinent indistinctement les civils, seul haut fait d’armes que puisse revendiquer cette constellation d’armées, comme celle du 4 juillet qui a fait 22 morts parmi les Afghans qui commettaient comme seul crime de tenter de fuir une zone annoncée comme allant être de combat, ne peuvent que renforcer la détermination de la Résistance et lui verser de nouvelles recrues actives.
Selon la section de l’UNICEF en charge de l’enfance exposée aux conflits armés, ce sont les enfants afghans qui soufrent le plus au monde de violences dues à la guerre et d’une extrême pauvreté au point que quelques uns se suicident lors d’attaques contre l’occupant.   
Le financement existe grâce à la culture du pavot, l’arrière-pays constitué par les zones tribales du Pakistan aussi.
Les pays de la ‘Coalition’, pour les uns criminels, pour les autres criminels et pleutres aplatis de servilité devant les US(a), peinent à renforcer les effectifs et ce ne seront pas les 1000 Français ni les 1000 Allemands qui changeront la donne.
Pour « tenir le pays », il faudrait au minimum un déploiement de 500 000 versus les 50 000 actuels.
Six ans et demi après que les Occidentaux aient démontré au monde entier le peu de cas qu’ils faisaient des Droits de l’humanité quand elle n’est pas blanche et chrétienne en entamant ‘leur croisade punitive’, le peuple afghan leur inflige une nouvelle fois la leçon qu’aucun peuple ne consent à son effacement.
Le Nigeria a été l’un des pays où les manifestations contre l’intervention des US(a) en Afghanistan a été la plus violente et la plus meurtrière en 2001. Les attaques de pipe-line par des rebelles contre les compagnies pétrolières étrangères qui pillent leurs ressources et polluent leur littoral font grimper le baril de plusieurs dollars.
Où qu’ils aillent, les Occidentaux pillent et occupent.
Leur arrogance les a bien aveuglés, car la limite a bel et bien été atteinte. Leur intervention militaire dans l’Orient Arabe a fait vaciller leur hégémonie et a compromis leur économie, un baril à près de 150 dollars et très bientôt 200 voire 300 change la face (hideuse) du (de leur) monde.
5 juillet 2008
http://www.convergencedescauses.com/content/view/1312/47/


8-2 Point de vue de l'ONU : Violation flagrante de la charte des Nations Unies. Appel urgent au Conseil des droits de l’homme de l’ONU Le mercredi 4 juin, pendant la session du Conseil des droits de l’homme, une réunion informelle a eu lieu au Palais des Nations, à Genève, et a été consacrée à la «tragédie humanitaire en Afghanistan – violation des droits de l’homme et leurs effets sur la santé.» Les intervenants ont brossé une sombre image de la situation devant des auditeurs intéressés, parmi lesquels se trouvaient de nombreux étudiants, et ont invité la communauté internationale à agir. Les ONG Centre Europe–Tiers Monde (Cetim) et Inter­national Educational Development (ied) avaient organisé la réunion. thk. Sur le podium avaient pris place Mohammed Daud Miraki, professeur afghan de politologie et expert du Proche et du Moyen-Orient, le docteur suisse Daniel Güntert, pneumologue et spécialiste de médecine interne et Alfred de Zayas, ancien haut fonctionnaire de l’ONU et professeur à l’Institut Universitaire de Hautes Etudes internatio­nales de Genève. La discussion a été dirigée par la juriste Karen Parker, présidente de l’ONG International Educational Development et de l’Association Humanitarian Lawyers. Sept ans de guerre et de destruction Daud Miraki a décrit la situation effroyable de l’Afghanistan. Rentré depuis deux ­semaines du pays, il a brossé un tableau catastrophique: après sept ans de guerre (soit plus longtemps que la Deuxième Guerre mondiale), le pays est en un état désolant. Malgré toutes les assurances des militaires, aucune édification constructive du pays n’est en vue. Ni le taux des analphabètes ni le nombre d’élèves ayant terminé leur instruction ne se sont améliorés. Des organisations internationales plutôt que la population profitent de la soi-disant aide humanitaire. Le nombre d’affamés augmente constamment, l’agriculture est en jachère; en raison des combats et bombardements des occupants, les paysans ne se risquent plus à se rendre sur leurs champs. Seules les plantations de drogue prospèrent, surtout dans les secteurs soumis au contrôle des alliés. Ras-le-bol! Le gouvernement Karzai, que Miraki qualifie de régime de marionnettes dansant d’après la musique des Etats-Unis, n’est pas ancré dans la population et la plupart des gens le méprisent. Son influence n’excède pas les limites de Kaboul; il dépend de la puissance des Etats-Unis et de leurs Alliés, dont le pouvoir se réduit de plus en plus. Les Afghans méprisent de tout leur être et refusent les méthodes des occupants. La violence sans bornes par laquelle on s’attaque à la population lors de la «chasse aux terroristes» est indescriptible: elle constitue une violation flagrante des conventions de Genève et des droits de l’homme. C’est ainsi que des hommes sont arrêtés de nuit dans leur maison, traînés au dehors, souvent torturés et assassinés sans raison. Les gens en ont assez et veulent le retrait rapide des occupants. Images effroyables Monsieur Miraki a abordé un autre problème important, celui de la contamination de l’environnement par l’utilisation de nouvelles armes inconnues, notamment de bombes à UA (uranium appauvri). A la suite de bombardements, des régions entières sont devenues inhabitables, comme en Irak. Les gens de ces régions souffrent de maladies effroyables, telles que le cancer et les déformations génétiques. Le nombre de décès dus au cancer et celui de nouveaux-nés souffrant de malformations sont montés en flèche. Miraki a étayé ses allégations par de nombreuses images et statistiques. Dans ces circonstances, il fait preuve de compréhension envers la résistance offerte par la population contre les troupes américaines et celles de leurs Alliés, résistance sans rapport avec le terrorisme, mais constituant une lutte armée légitime contre une occupation illégale.
Lors d’une deuxième conférence, le docteur Daniel Güntert, pneumologue, a décrit les effets des armes à l’uranium sur l’organisme humain; il a montré comment les nanoparticules radioactives dues à l’utilisation d’armes à UA pénètrent dans le corps humain et y détruisent la structure des cellules – avec des effets effroyables sur l’organisme humain.
Données médicales relatives à la contamination par UA Les effets sur la santé humaine dépendent de l’ampleur ou de la dose, de la fréquence et de la durée de l’exposition à l’UA. Une forte dose affaiblit considérablement les voies respiratoires et aboutit à la mort en quelques jours. Des doses restreintes provoquent des symptômes atypiques (fatigue, chute de cheveux, nausées, etc.), un affaiblissement de la fonction immunitaire, diverses réactions inflammatoires (dysfonction des reins, infection chronique des voies respiratoires), un endommagement des chromosomes (ce qui entraîne des malformations chez les nouveau-nés) et diverses sortes de cancer (cancer des poumons, du foie, de la peau, leucémie, lymphome, etc.).
Nous savons, comme l’a souligné le docteur Güntert, qu’il y a une relation dose-effet linéaire des rayons ionisants et que les doses s’accumulent. Absorbées par le corps humain, les particules UA peuvent endommager les cellules mille fois plus que les rayons x ne le font. Après l’explosion de munition d’UA, une chaleur considérable se développe, qui oxyde l’UA (uranium oxyde UO2), matière insoluble. Ce métal en flammes tend à former des particules de taille submicronique ressemblant à de la poussière, avec des particules d’une taille de 1 à 10 μm, voire encore moindre. La voie principale d’absorption est l’inhalation, ce qui entraîne une contamination interne par l’uranium. Par les voies respiratoires, ces particules atteignent les alvéoles pulmonaires, les plus petites (d’une taille inférieure à 5 μm) traversant la membrane des alvéoles et parvenant dans les vaisseaux sanguins et dans l’appareil circulatoire respectivement. Les soldats ou d’autres personnes exposées respirent donc des parti­cules radioactives minuscules, qui sont absorbées aussi bien par le tissu pulmonaire que par d’autres organes, par l’intermédiaire de l’appareil circulatoire.
Taux du cancer en hausse Différentes études épidémiologiques ont porté sur les travailleurs des mines d’uranium et sur ceux de l’industrie atomique. Elles démontrent une corrélation entre l’exposition à l’uranium et le risque relatif nettement accru de souffrir du cancer ou de la fibrose pulmonaires. Parmi les travailleurs traitant l’uranium, on a constaté une augmentation des différentes sortes de cancer (système lymphatique, cerveau, reins, poitrine, prostate et poumons). D’après les enquêtes de Lauren Moret, les vétérans de la guerre du Golfe qui avaient été exposés à l’UA ont subi des tumeurs cervicales et différentes perturbations du cerveau.
L’évaluation du risque cancérogène impliqué par l’UA est compliquée par la double toxicité – radiologique et chimique – de ce métal. Des prises de sang effectuées sur des vétérans de la guerre du Golfe ont démontré que l’UA provoquait la transformation de diverses cellules humaines (cellules ostéoblastiques) en un phénotype cancérogène, et des anomalies chromosomiques ou des dommages génétiques. Les cellules cibles les plus importantes après l’inhalation d’UA sont les macrophages et les cellules atrophiantes. Les macrophages participent surtout à notre défense immunitaire. Ils sécrètent différentes matières qui jouent un rôle dans la régulation de réactions inflammatoires. La réponse d’inflammation est une composante clé de sa propre défense; des processus d’inflammation excessifs, durables ou pathologiques contribuent à la génération de maladies, notamment de cancer. Ainsi s’est exprimé le docteur Güntert.
Ces faits sont effroyables et montrent les effets dévastateurs de ces armes, dont l’emploi est interdit, comme Karen Parker l’a souligné plusieurs fois, parce qu’il viole de manière flagrante les conventions de Genève.
Une guerre génocide Le dernier conférencier était le professeur ­Alfred de Zayas. Son exposé était consacré aux aspects de droit international de la tragédie afghane. Il a rappelé que les Nations Unies ont été fondées pour fonder la paix et la maintenir, non pour mener la guerre. La fonction du Conseil de sécurité consiste à promouvoir la paix et non à l’imposer par des bombardements massifs. Cette situation aboutit à la paix des cimetières. En vertu de l’art. 2(3) de la charte des Nations Unies, les 192 Etats membres règlent leurs différents par des moyens pacifiques. Si l’on tente d’imposer aux Talibans une «capitulation sans conditions», le spectre du génocide se profile. Nous devons faire une pause et nous demander pourquoi les Nations Unies mènent une guerre depuis sept ans en Afghanistan. «Est-ce compatible avec la charte des Nations Unies? Est-ce au profit ou au détriment du peuple afghan?», s’est demandé monsieur de Zayas. Des dizaines de milliers de civils ont déjà été tués au nom des Nations Unies. Le pays a été empesté par l’emploi de produits chimiques et d’armes à l’UA. Cela enfreint la convention de Genève de 1949 et l’obligation de protéger l’environnement, héritage de tous les hommes. Il semble que la mission sacrée de l’organisation ait été utilisée, durant les deux dernières décennies, pour préserver l’hégémonie des grandes puissances. Alors que l’autodétermination est considérée comme droit international impératif, ce droit est refusé au peuple afghan. Il est temps de stopper les bombardements et les «dommages collatéraux» infligés à la population civile. Il est temps que les troupes étrangères, considérées par la majorité des Afghans non comme libératrices, mais comme occupantes, se retirent. En fait, la doctrine de la «responsabilité de protéger» exige des Nations Unies qu’elles protègent l’existence de la population et de l’environnement. La poursuite de cette guerre est dépourvue de sens et criminelle, comme l’étaient les bombardements du Vietnam du Nord, du Laos et du Cambodge par les Etats-Unis, dans les années soixante et septante. Une aide massive à la reconstruction sera nécessaire pour réparer les dommages infligés jusqu’à maintenant. C’est par la constatation que les droits de l’homme et la solidarité internationale nous obligent à assumer cette responsabilité envers le peuple afghan que monsieur de Zayas a conclu ses propos.
Lors de la discussion qui s’en est suivie, plusieurs participants ont exigé que l’examen de ces violations massives des droits de l’homme soit transféré au Conseil des droits de l’homme, invité à nommer d’urgence un rapporteur extraordinaire aussi bien pour l’Afghanistan que pour l’Irak (voir l’encadré). Jusqu’à maintenant, les Etats-Unis et leurs Alliés ont pu faire ou omettre de faire tout ce qu’ils voulaient sans que l’opinion publique en soit consciente. A plusieurs re­prises, il a été question de génocide, réalisé furtivement par l’emploi d’armes à l’uranium. L’ONU dispose de mécanisme qui permette un examen immédiat de ces processus. Ici, la communauté internationale doit réagir. Sous prétexte de libération de la femme, de démocratie et de lutte contre le terrorisme, le droit international ne saurait être foulé aux pieds et la communauté internationale ne saurait se taire. La réunion a émis un signal très net, qui ne peut pas rester sans effet.    •
Projet sur la recherche des droits de l’homme «International Educational Development» Bureau des Nations-Unies, San Francisco, Californie
Conseil des droits de l’homme de l’ONU, 8e séance:
Situations des droits de l’homme qui exigent l’attention du Conseil* L’ONG «International Educational Development» s’occupe de trois situations – en Afghanistan, en Irak et au Sri Lanka –, dans lesquelles ont lieu des conflits armés de longue durée, mais pour lesquelles il n’y a ni rapporteur spécial ni un expert indépendant de l’Item-10 (soutien technique et participation à la construction d’institutions pour les droits de l’homme). La situation dans ces trois pays illustre les conséquences tragiques qui se produisent, quand le Conseil, poussé dans une impasse par certains acteurs – et ceux-ci ne se limitent pas aux gouvernements de ces pays – se révèle alors être inefficace lorsqu’il s’agit de mettre fin au massacre, à la famine dont souffriront ou souffrent déjà réellement les victimes civiles d’un conflit armé, au génocide voulu et réellement commis, et à d’autres violations graves des droits de l’homme.
En Afghanistan, les forces militaires conduites par les USA ont l’obligation légale de garantir les besoins existentiels de la population civile. Pourtant, des centaines de milliers de citoyens afghans, avant tout des femmes et des enfants, n’ont en fait rien à manger. Cela ne vaut pas seulement pour les régions rurales mais aussi pour Kaboul qui est soi-disant sous le contrôle des forces militaires étrangères.

Lundi 07 Juillet 2008 http://www.horizons-et-debats.ch http://www.alterinfo.net/Guerre-en-Afghanistan-violation-flagrante-de-la-charte-des-Nations-Unies_a21523.html


n°191 - journal de l'Afghanistan -06-07 au 12-07 - Fin - Ben Laden est mort, et Al Qaida une création US.

n°191 - journal de l'Afghanistan -06-07 au 12-07 - Afghanistan : Violation flagrante de la charte des Nations Unies. journal de l'Afghanistan - Fin -

n° 191 -             06-07 au 12-07 M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.      - Fin -

9 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

9-1 La Russie se joint à la guerre en Afghanistan.

10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

10-1 Ben Laden est mort, et Al Qaida une création US.

10-2  Olivier Guillard : Talibans, seigneurs de guerre et fidèles d'Al-Qaida s'enhardissent»

10-3 L’Inde est un allié important de l’Afghanistan.



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 La Russie se joint à la guerre en Afghanistan.

Stratégie russe en Afghanistan où le nombre des attaques dans l'Est, prochaine destination des 1000 soldats français envoyés en renfort, a augmenté de 40 %.

Moscou met en scène son retour extraordinaire sur l'échiquier afghan, après une éclipse de deux décennies suite à l'aventure de neuf ans de l'ex Union Soviétique, et qui s'est terminée par le retrait des dernières troupes soviétiques d'Afghanistan en 1989. Dans un curieux revirement de l'histoire, ce n'est possible qu'avec l'autorisation des US. Moscou se sert de la détérioration de la guerre en Afghanistan, et les implications pour la sécurité régionale pourraient être très importantes.
Un communiqué commun émanant de Moscou ce week-end, suite à une rencontre du CTWG – United States – Russia Group on Counterterrorism (Groupe US-Russie sur le Contre terrorisme) révéle que les deux parties avaient conclu « un accord de principe sur la fourniture d'armes russes à l'Armée Nationale Afghane » pour sa lutte contre l'insurrection des Talibans.
La 16ème cession du CTWG qui s'est tenue à Moscou le 19-20 juin, était co -présidée par le vice ministre des affaires étrangères russe, Sergei Kislayak et le sous secrétaire d'état US pour les affaires politiques, William Burns.
S'entretenant avec les reporters lors de cette rencontre aux côtés de Burns, Kislayak a dit : « nous ( Russie) avons par le passé déjà fourni des équipements militaires à l'Afghanistan et nous pensons qu'il y a actuellement une demande de la population afghane pour que l'Afghanistan soit lui-même capable de prendre sa sécurité en charge. « Il a ajouté qu'il était « possible » que
la Russie puisse augmenter la livraison d'armes à l'Afghanistan, bien que « je ne m'empresserai pas de chiffrer cela ».
Washington à constamment repoussé les tentatives russes de devenir un protagoniste dans la guerre en Afghanistan – à l'exception du partage des renseignements.
Il y a peu, en Mars, des manifestations publiques ont spontanément éclaté en Afghanistan contre un supposé « déploiement de troupes russes », selon un journal polonais, montrant les signes d'une opération montée par les services de renseignements occidentaux. Le vice secrétaire à l'information de l'époque au Kremlin, Dmitry Peskov, a faire taire les rumeurs d'un envoi de troupes russes en Afghanistan, en déclarant que c'était « totalement faux ».
Des analystes russes ont pensé que l'article polonais visait délibérément à créer « une image de menace externe à la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Afghanistan, pour donner une explication plus plausible de la présence militaire de l'OTAN dans le pays. »
L'annonce du week-end à Moscou signale un clair changement d'attitude des US. La détérioration de la guerre est incontestablement un facteur y ayant contribué. (De même, semblable tournant, Washington a également sollicité
la Chine et l'Inde pour qu'elles envoient des troupes en Afghanistan). Le quotidien anglais The Télégraph a rapporté la semaine dernière qu'il y avait un « désespoir » grandissant à Washington concernant les échecs croissants de l'OTAN en Afghanistan.
Un conseiller majeur du Pentagone a dit au Télégraph qu' » il y a de la frustration, de l'irritation. L'humeur oscille entre l'acceptation et le désespoir que rien ne change. Nous réclamons plus de troupes et rien n'est fait pour augmenter leur nombre. L'erreur en premier lieu cela a été de s'en remettre à l'OTAN. Pour de nombreux pays être en Afghanistan c'est maintenir les apparences au lieu de combattre une guerre qu'il faut gagner. Est- que cela était nécessaire diplomatiquement ? Probablement. Et souhaitable militairement ? Je ne le pense pas, de même que ne le pensent pas d'autres qui sont impliqués en Afghanistan.»
Un général allemand faisant partie de l'OTAN a dit dimanche qu'il faut un supplément d'urgence de 6000 soldats en Afghanistan, (l'Allemagne vient de décider d'envoyer 1000 soldats de plus ndlt) pour compléter les 60 000 soldats qui sont déjà dans le pays, la plupart appartenant à l'ISAF ( International Security and Assistance Force) dirigée par l'OTAN.
Les Russes ont bien conscience des pièges d'une autre intervention en Afghanistan. Zamir Kabulov, un diplomate expérimenté de Moscou qui a été en poste à l'ambassade soviétique à Kabul pendant les années 80 quand les soviétiques occupaient le pays, est l'actuel ambassadeur russe en Afghanistan. Kabulov a récemment disséqué la tragédie de l'intervention soviétique lors d'une interview accordée à
la Radio Publique Nationale appartenant au gouvernement US. Il a dit : « nous avons sous estimé l'allergie de la nation afghane aux envahisseurs étrangers parce que nous ne nous considérions pas comme des envahisseurs à cette époque là… Nous avons négligé les traditions et la culture et la religion des Afghans. »
Avec une telle analyse approfondie, comment Moscou pourrait-il de nouveau s'engager en Afghanistan ? Il n'est pas du tout question que
la Russie envoie des troupes en Afghanistan. Mais ce qui a accéléré l'engagement de Moscou c'est l'opinion que « vous pouvez doubler voire tripler le nombre de vos troupes mais vous perdrez cette guerre parce que ce n'est pas le nombre qui compte mais la qualité de l'armée nationale et de la police afghane » pour citer Kabulov.
C'est-à-dire qu'il a toujours existé au sein de l'appareil de sécurité russe cette opinion que la tragédie d'Afghanistan aurait pu être évitée si seulement le président Michael Gorbachev n'avait pas coupé l'approvisionnement soviétique qui maintenait en vie le régime de Mohammad Najibullah. Ils pensent que Najibullah qui est devenu président en 1986 aurait pu tenir même après le retrait des troupes soviétiques si on lui avait fourni l'équipement nécessaire.
Des questions subsistent quant à l'initiative russe d'améliorer la qualité de l'armée afghane. Est ce que
la Russie se chargera de la responsabilité d'entraîner l'armée afghane en plus de lui fournir des armes ? En fait cela semblerait logique. Le mieux serait d'impliquer les ex cadres des forces armées de Najibullah qui ont été entraînés dans les académies militaires soviétiques, et les écoles de renseignements. Mais c'est peut être trop dur à avaler pour Washington.
Une chose est sûre, Moscou a agi avec prévoyance en faisant une proposition en début d'année pour que l'OTAN puisse utiliser le territoire russe pour faire passer ses approvisionnements en Afghanistan. L'accord qui a été formalisé lors du sommet de l'OTAN à Bucarest les 2-4 avril a servi l'objectif de Moscou de différentes façons. Moscou a signalé que malgré l'attitude hostile de Washington, il est prêt à aider à régler le problème de l'Afghanistan, ce qui montre surtout que la relation Moscou OTAN peut se baser sur des intérêts et préoccupations communes.
Comme on pouvait s'y attendre, les membres européens de l'OTAN se sont montrés réceptifs à cette proposition. Lors du conseil Russie OTAN qui s'est tenu parallèlement au sommet de Bucarest, pour la première fois peut être, la formule a marché comme cela avait été prévu comme quand l'Administration de Bill Clinton avait proposé à un Boris Yeltsin bouleversé alors inquiet des plans d'extension de l'OTAN au milieu des années 90 – que la formule ferait que les membres de l'alliance participeraient comme entités nationales plutôt que comme membres d'un bloc.
La Russie a un problème avec l'expansion de l'OTAN. Comme l'a dit récemment au cours d'une visite à Paris le premier ministre Vladimir Poutin lors d'une interview au journal Le Monde : « Il n'y a plus d'Union Soviétique. Il n'y a pas de menace. Mais l'organisation (OTAN ndlt) subsiste. La question c'est : contre qui êtes vous alliés ? Qu'elle est la raison de son existence ? Et étendre le bloc crée simplement de nouvelles frontières en Europe. Des nouveaux murs de Berlin. Cette fois invisibles, mais pas moins dangereux… Et on peut voir que l'infrastructure militaire se dirige vers nos frontières. Pour quoi faire ? Personne ne constitue une menace ? »

Donc, Moscou a mis l'OTAN sur la défensive en tendant une main pour aider en Afghanistan. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, a fait remarqué dans un discours le 28 mai à Moscou : «
La Russie ne revendique pas un droit de veto. Mais je pense que nous avons le droit d'attendre une réciprocité si nos partenaires attendent de nous de tenir compte de leurs intérêts. En fait, sans une telle réciprocité, difficile de voir comment le sommet de Bucarest aurait pu produire un accord sur le transit au sol vers l'Afghanistan. Cela aurait été facile pour nous de laisser l'OTAN mener sa mission internationale en Afghanistan seule. Mais nous n'avons pas fait cela… La Russie continue d'être impliquée tant que cela sert nos intérêts et sur la base d'un principe d'égale coopération. »
Les directions dans lesquelles la « réciprocité « occidentale se manifestera seront intéressantes à suivre dans le paysage politique eurasien. C'est sûr qu'il y a un adoucissement général envers
la Russie dans l'approche européenne. L'administration de George.W. Bush a échoué dans la mise en place de son plan d'installation de systèmes anti-missile balistique, en Pologne et dans la République Tchèque. Les négociations stratégiques à venir Russie –Union Européenne portant sur un nouvel accord de partenariat promet un nouveau départ. Ce sont là des nouvelles positives.
Mais en même temps, le plan d'expansion de l'OTAN en ce qui concerne l'Ukraine,
la Georgie , et l'Azerbaïdjan, reste néanmoins sur l'agenda. Les tensions Russie OTAN sont apparues à propos de la Georgie et du Kosovo. Par conséquent, la Russie ne prendra pas non plus de risque.
En parallèle à l'implication croissante en Afghanistan, Moscou renforce également sa présence militaire en Asie Centrale. La détérioration de la situation en Afghanistan a indiscutablement poussé Moscou à renforcer la sécurité dans la région d'Asie Centrale. Mais un trait distinctif à cela c'est que Moscou l'a fait aussi en réponse à des souhaits des états d'Asie Centrale. Le Président d'Uzbekistan, Islam Karimov, a proposé récemment que l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (CSTO) ayant à sa tête Moscou, et que
la Communauté Economique Eurasienne se rassemblent en une seule organisation pour créer une « union puissante capable de devenir un contre poids à l'OTAN et à l'UE. »
Vue sous l'angle de l'Asie Centrale, la capacité de
la Russie à jouer un rôle plus important pour la sécurité de la région semble plus crédible actuellement qu'auparavant pendant la période post soviétique. Un commentateur influent de Moscou, Vyacheslav Nikolov, président de la Fondation Politika , a écrit récemment dans le journal Izvestia : « le raffermissement des liens avec la Russie apparaît aujourd'hui bien plus logique et naturel qu'il ne l'était dans les années 90, quand, à l'opposé, les économies occidentales se développaient, tandis que la notre stagnait. La crise de l'énergie qui augmente travaille également dans le sens de l'intégration. »
La Russie , comme puissance s'en tenant au statut quo est aussi apparue comme attractive pour des gouvernements locaux en Asie Centrale. Plus important, il y a un mécontentement profond dans les capitales d'Asie Centrale concernant la crise afghane - La stratégie US en Afghanistan et la détermination de l'OTAN à gagner la guerre.
Jusqu'à l'année dernière,
la Russie et les états d'Asie Centrale comptaient sur l'Organisation de Coopération de Shanghai (SCO) pour jouer un rôle dans la stabilisation de la situation afghane. Mais ils ont commencé à ce moment là à voir que la Chine suivait une politique complexe au sein du SCO en l'utilisant pour développer ses relations bilatérales avec les pays d'Asie Centrale, et pour pénétrer en profondeur dans le secteur de l'énergie, tout en freinant les tentatives de la Russie d'accroître le profil du groupe comme organisation de sécurité. (Le SCO comprend la Chine , la Russie , le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l'Uzbekistan).
La Chine a pratiquement mis son veto à une proposition russe concernant des liens étroits entre le CSTO et le SCO. La Chine n'est pas favorable à des exercices militaires SCO-CSTO. En somme, Beijing semble préoccupé de ne pas créer d'inquiétudes à Washington. (Le CSTO comprend l'Arménie, la Biélorussie , le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie , le Tadjikistan, et l'Uzbekistan).
Ceci ne veut pas dire que
la Chine soit indifférente à la stabilité de l'Afghanistan. Loin de là. La préférence de la Chine c'est de conserver ses options ouvertes plutôt que d'être liée par le SCO, ou de s'identifier ouvertement aux intérêts russes. Après tout, les enjeux pour la Chine sont énormes en Afghanistan. Beijing voit des avantages à coopérer directement avec les US (et l'OTAN) plutôt que de le faire au sein du SCO. On peut aussi concevoir que Beijing ne soit pas rebuté à l'idée d'envoyer des troupes de maintien de la paix en Afghanistan, plus tard, à condition qu'une mission acceptable de l'ONU soit structurée.
Cela dit, une importante phase de l'évolution du SCO en tant qu'organisation de sécurité est en perspective quand
la Russie assumera la direction pour 2008-2009, suite à la rencontre au sommet du SCO qui se tiendra en août à Dushanbe au Tadjikistan. Apparemment, il y a eu une sérieuse reconsidération à Moscou de même durant les derniers mois sur le rôle potentiel du SCO pour influencer en Afghanistan, étant donné l'attitude manifestement plutôt fraîche de la Chine. La pensée russe semble également pencher pour l'abandon de la piste de travail au sein du CSTO ou du SCO, et à la place de se concentrer sur une voie bilatérale Russe – Afghane.
L'Afghanistan ne veut pas non plus coopérer ni avec le CSTO ni avec le SCO. Lors d'une visite à Moscou le 25-26 mai, le ministre des affaires étrangères afghan, Dadfar Spanta, a fait clairement savoir que l'Afghanistan ne chercherait pas à obtenir un statut d'observateur au SCO. Il a laissé clairement entendre que
la Russie était une priorité mineure dans la politique étrangère de Kaboul – comparé par exemple à la Chine. Par conséquent, tout compte fait, Moscou doit réaliser que ce qui l'attend c'est un long voyage en solitaire pour cultiver son influence à Kaboul.
Moscou constate le fait qu'actuellement le régime du président Hamid Karzai à Kaboul est totalement pro américain et participe de la stratégie régionale US considérée comme étant celle du «Grand Partenariat en Asie Centrale pour l'Afghanistan et les Pays Voisins », qui vise en fait à diminuer l'influence de
la Russie en Asie Centrale.
Donc, l'annonce faite ce week-end à Moscou est loin de signaler un effort conjoint américano russe pour stabiliser la région. En fait, il n'y a pas de trace d'agenda régional commun US-Russie. Comme l'a dit Nikitov : i[«nous (Russie) et les pays occidentaux avons des définitions diamétralement opposées du succès dans notre politique du CIS (Commonwealth of Independent States). Pour
la Russie , le succès se trouve dans le renforcement des liens d'intégration, de rapprochement avec ses voisins et un renforcement de la coopération. Au contraire, pour l'Occident, le succès cela veut dire éloigner ces pays de la Russie , une réorientation vers des centres de pouvoir externes visant à empêcher une renaissance de « l'Empire russe ». Quand les objectifs politiques sont aussi diamétralement opposés, il est difficile de parler d'agenda commun. ».
M.K Bhadrakumar
 24/06/08 – M.K Bhadrakumar a été en poste comme diplomate de carrière pour l'Inde pendant 29 ans. Il a notamment été en poste comme ambassadeur d'Uzbekistan (1995-1998) et en Turquie (1998 -2001). www.atimes.com/atimes/Central_Asia/JF25Ag01.html
Traduction Mireille Delamarre http://www.planetenonviolence.org/La-Russie-Se-Joint-a-la-Guerre-en-Afghanistan-Hausse-de-40-des-Attaques-dans-l-Est-ou-doivent-se-deployer-les-soldats_a1613.html Jeudi 26 Juin 2008


10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 10-1 Ben Laden est mort, et Al Qaida une création US. On les sent venir : ils veulent un attentat bien sanglant pour faire peur à tout le monde, et se poser en bon papa sauveur, genre "fais-moi-confiance-fiston-pose-pas-de-questions-et-rame"

Ca, pour ramer, on rame ! DONC, à titre préventif (si possible), voici : PREVENTION 1 : une notice nécrologique de Ben Laden, en arabe. Traduction de l’article funéraire du journal égyptien : Un éminent fonctionnaire du mouvement Taliban Afghan a annoncé hier la mort d’Oussama Ben Laden, le chef de l’organisation Al Qa’da, déclarant qu’il avait souffert de graves complications pulmonaires et est décédé tranquillement de mort naturelle. Le fonctionnaire, qui a demandé à garder l’anonymat, a déclaré à L’Observer du Pakistan qu’il avait lui-même assisté aux funérailles de Ben Laden et avait vu son visage avant l’inhumation à Tora Bora il y a 10 jours. Il a mentionné que 30 combattants d’Al Qa’da ont assisté à l’enterrement, ainsi que des membres de sa famille et certains amis Talibans. Dans la cérémonie d’adieu pour son dernier repos, les canons ont tiré en l’air. Le fonctionnaire a déclaré qu’il est difficile de repérer l’emplacement de la sépulture de Ben Laden, car selon la tradition wahhabite aucune marque n’est laissée sur la tombe. Il a souligné qu’il est peu probable que les forces US aient jamais découvert la trace de Ben Laden. http://www.alterinfo.net/Merd-alors...

PREVENTION 2 : un article donnant des arguments à la thèse selon laquelle Al Qaida est une création de la CIA. Robert Gates serait le fondateur d’AL-Qaeda Robert Gates, Directeur de la CIA (1991-1993) avec le ministre de la défense, HERVE MORIN.
Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, les Etats- Unis ont lancé leur guerre contre le terrorisme. L’objectif étant de démanteler Al Qaïda et d’arrêter son leader Oussama Ben Laden. Cette guerre n’a, à ce jour, pas encore obtenu les résultats annoncés au départ. Ben Laden court toujours et Al Qaïda sévit sans discontinuer. Webster Tarpley, historien, journaliste d’investigation sur les réseaux terroristes, a eu à mener par le passé l’enquête sur l’assassinat d’Aldo Moro, à la demande de parlementaires italiens. L’auteur écrit dans son livre « La terreur fabriquée made in USA » qu’Al Qaïda est un outil de déstabilisation.
Alors qu’on ne vienne pas nous ressortir ces vieilles recettes ! Ca prend plus ! Prière d’épargner des vies pour un attentat dont le monde entier saura, cette fois, qu’il est américain, tout américain, et rien qu’américain.
http://news.stcom.net/modules.php?n...

PREVENTION 3 : Les "media" tentent actuellement de nous faire croire que le fameux "Al Qaida" (c’est génial, c’est devenu une "mouvance", donc on peu accuser n’importe qui d’y être "lié" !!!) recruterait des "blond aux yeux bleus (toujours leur obsession maladive de la "race") afin de pouvoir, en plus, accuser des personnes qui n’auraient pas le "type méditerranéen", comme ils disent. Qu’on ne vienne donc pas nous ressortir des vieilles lunes de brocante : ça prendra plus. Qu’on épargne les vies humaines sacrifiées aux faux attentats. Y compris "suicides", d’ailleurs.

Mais ATTENTION ! PREVENTION 4 : HAARP est susceptible, en manipulant les champs magnétiques de générer des phénomènes qui pourraient - pourront? - être attribués à des EXTRA-TERRESTRES, afin - toujours plus fort ! - de faire peur au monde entier en lui faisant croire que la planète subit une attaque extra-terrestre...

Ne rigolez pas trop, je vous prie, car : La mise en scène peut maintenant être très bien faite. Exemple : beaucoup attribuent les "crop cercle" à des actions sur les champs magnétiques (ça a l’air très vraissemblable !)... mais beaucoup, aussi, aux extraterrestres ! Ces derniers seraient encouragés sur les forums que ça ne serait pas étonnant... http://www.ovnis.atfreeweb.com/5_ce... Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article68807

10-2  Olivier Guillard : Talibans, seigneurs de guerre et fidèles d'Al-Qaida s'enhardissent» L'analyse du pro Us & Otan :'Olivier Guillard, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), à Paris.
Extraits (
plus ou moins neutre) Le Temps: Quelles sont les relations qui unissent l'Inde et l'Afghanistan?
- Depuis plusieurs années, il y a une volonté d'alliance politique entre ces deux Etats pour faire échec à l'incessante ingérence pakistanaise, jugée néfaste des deux côtés. L'Inde a également des intérêts économiques: elle lorgne sur les ressources d'Asie centrale. En participant fortement à la reconstruction afghane, elle cherche en outre à se poser comme un acteur régional. L'aide indienne est conséquente et surtout intelligente, car elle est très ciblée.
- Kaboul, qui était épargnée au début des années 2000, est de plus en plus ciblée par les kamikazes. Comment l'expliquez-vous?
- En dépit des importants moyens humains déployés par la coalition - 70000 hommes - et l'armée afghane, la situation militaire ne cesse de se dégrader.
En face, les troupes talibanes, les seigneurs de guerre et les fidèles d'Al-Qaida s'enhardissent. Il y a, dès lors, une réelle disproportion entre les ressources de la coalition et celles de l'ennemi qui est prêt à sacrifier martyr après martyr. La communauté internationale a moins investi en Afghanistan qu'en Bosnie ou au Timor-Oriental. On compte là 100000 hommes de moins qu'en Irak. L'environnement régional, par ailleurs, n'est pas favorable. L'Iran joue un jeu trouble.
http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&article=235653


10-3 L’Inde est un allié important de l’Afghanistan.

Extraits de l’entretien avec Karim Pakzad, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris)
Pourquoi est-ce l’ambassade de l’Inde qui a été visée?
Le choix de l’ambassade de l’Inde a une signification politique importante. L’Inde est un allié important de l’Afghanistan depuis son indépendance. Elle a toujours été un allié fidèle quels que soient les régimes, sauf pendant les années où les talibans étaient au pouvoir. C’était, par exemple, l’un des seuls pays à soutenir les moudjahiddins contre les talibans, ce qui explique que l’Inde soit mal vue par les talibans.
Pourquoi maintenant?
Lors de la création du Pakistan, une partie de la région Pachtoun a été rattachée au Pakistan, ce qui explique les tensions historiques entre Afghanistan et Pakistan. C’est dans cette région frontalière que sont réfugiés les talibans. Les deux pays traversent actuellement une période d’extrêmes tensions. Hamid Karzaï (le président afghan) a récemment menacé d’intervenir lui-même en territoire pakistanais pour combattre les talibans, jugeant que le Pakistan n’en faisait pas assez. Le 27 avril dernier, Hamid Karzaï a échappé à un attentat le visant, et il y a quelques semaines, le gouvernement afghan a accusé les services secrets pakistanais d’être à l’origine de l’attentat. Les talibans ont calculé minutieusement l’impact politique de l’attentat, même s'ils nient en être les auteurs. C’est un calcul diabolique. Ceux qui bénéficieraient d’une dégradation des relations entre Afghans et Pakistanais sont les groupes vivant dans les régions tribales de la frontière, notamment les talibans.
Les auteurs de l’attentat veulent-ils faire passer un message?
Kaboul est l’une des villes les plus protégées du monde avec la présence des troupes occidentales. Or l’ambassade de l’Inde se trouve tout près du ministère de l’Intérieur, un emplacement encore plus sécurisé depuis l’attentat de l’année dernière. Ils prouvent qu’ils peuvent toucher Kaboul où ils veulent et que les soldats occidentaux n’arrivent pas à sécuriser la ville. Et ça c’est déjà une victoire pour les talibans.
Peut-il y avoir des négociations avec les talibans?
Ni l’Afghanistan ni les Etats-Unis ne sont opposés à une négociation politique avec les talibans. Les Etats-Unis sont d’accord pour que le gouvernement partage le pouvoir avec eux mais refusent catégoriquement que les talibans puissent diriger des régions, car ils craignent le développement d’Al-Qaïda. Mais ce sont les talibans qui refusent. Ils veulent comme condition préalable à toutes négociations avec le gouvernement Karzaï, un retrait total des troupes occidentales.
7 juillet  AFP

12/07/2008

n° 83 - Journal du Liban- 28-06 au 11-07 - Début - "Le Liban est un besoin arabe et universel

n° 83 - Journal du Liban- 28-06 au 11-07 - -  "Le Liban est un besoin arabe et universel

Journal du Liban    - Début - 

N° 83    28-06 au 11-07

M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be  Le signe # veut dire : important (à mes yeux)  


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Le Liban doté d’un gouvernement d’union national.

1 Lutte pour la libération du territoire

2  Politique Libanaise  

Les banques libanaises affirment lutter contre le financement du terrorisme

Des chrétiens libanais rassemblés contre la politique étrangère US Fouad Siniora, refuse une proposition de médiation italienne avec Israël.

3 Politique internationale

La Grande-Bretagne place la branche armée du Hezbollah sur sa liste terroriste!!!

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

Seconde partie.

 7 Brèves

7-1 Siniora demande à l'ONU de prendre le contrôle de Chebaa.

7-2 L'échange de prisonniers entre le Hezbollah et Israël effectif dans 1 à 2 semaines. 

7-3 Echange de prisonniers: encore une victoire de la résistance !

8 Dossiers

8-1 Point de vue de CIREPAL : Israël reçoit une gifle retentissante.

8-2 Point de vue de Romain Lalanne : Liban, Syrie, Israël, Gaza : vers une décrispation régionale ?

 8-3 Point de vue du CIRPES ; L’euro-silence serait au moins équivalent à une position concertée d’abstention au lieu d’être un zéro complice des Etats-Unis. 3eme et dernière partie.

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Toute ressemblance avec une autre situation est fortuite.

10 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Michel Sleimane: "Le Liban est un besoin arabe et universel"

10-2 Michel Sleiman prend le parti du Hezbollah.

10-3 Rencontre avec Bachar Al-Assad.

10-4 Nassar Ibrahim : Les Américains payent le prix d’une stratégie stupide.

10-5 Morsi Attala : La politique américaine et les Arabes.

10-6 Norman Finkelstein « Etats-Unis et Israël tolère une quelconque résistance dans le monde arabe - Israël doit pâtir d'une défaite »



Tiré à part :

Le Liban doté d’un gouvernement d’union national. Après avoir reçu le Premier ministre sortant Fouad Siniora, qu’il avait chargé de former ce gouvernement, l’ancien chef de l’armée a pris un décret présidentiel annonçant la composition de la nouvelle équipe "Ce gouvernement a deux principales tâches : recouvrer la confiance dans le système politique libanais  et assurer le déroulement d’élections législatives transparentes", a déclaré le Premier ministre en sortant du palais présidentiel de Baabda, dont Michel Souleïmane avait pris possession le 25 mai. Le cabinet d’unité comprend 16 ministres de la majorité, trois nommés par le président et 11 issus de l’opposition, une répartition qui assure à celle-ci le droit de blocage qu’elle revendiquait puisque les décisions clés du cabinet devront être prises à une majorité des deux tiers. L’opposition obtient le droit de veto qu’elle réclamait depuis son départ du gouvernement en novembre 2006. Source : http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4816

Le  gouvernement d'union national

Le nouveau cabinet compte 22 ministères et huit ministres d'Etat sans portefeuille.
Il compte 18 nouveaux ministres,
notamment parmi la communauté  maronite qui est représentée par six nouveaux ministres.

Ministres  la diplomatie sera conduite Faouzi Salloukh, du mouvement Amal de Berri, et l’Intérieur revient à Ziad Baroud, choisi par Souleïmane. Elias Murr (inchangé) et le ministre d'Etat Youssef Takla. Mohamed Chatah, proche collaborateur de Siniora, prend le ministère des Finances, Mohamed Fneich, membre du Hezbollah, se voit confier le portefeuille du Travail, Celui-ci avait déjà hérité d'un poste de ministre dans l'ancien gouvernement, formé en 2005. la diplomatie sera conduite Faouzi Salloukh, du mouvement Amal de Berri, Parmi les postes obtenus par l'opposition, cinq reviennent au Courant patriotique libre dirigé par le chrétien Michel Aoun, dont celui de vice-Premier ministre.
Outre un ministère, le Hezbollah a notamment obtenu deux autres postes pour ses alliés, le ministère de
la Jeunesse et des Sports qui revient au Druze Talal Arslan et un ministère d'Etat pour l'ex-président du Parti national social syrien, Ali Kanso.(Pour rappel, Ali Qanso, chef du PSNS prosyrien, a été ministre du Travail du Liban au sein du gouvernement de Rafic Hariri entre 2000 et 2003.)

Côté majorité, les portefeuilles ont été répartis de sorte à satisfaire les dirigeants chrétiens, membres de ce bloc. Quant à la formation du leader druze Walid Joumblatt, elle obtient deux ministères contre trois dans l'ancien gouvernement.
La députée Bahia Hariri, soeur de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri fait son entrée au gouvernement comme ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur.
Le conseiller de M. Siniora, Mohammad Chatah, obtient le ministère des Finances.
Source : 7/7 11/07 


 L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

Au jour le jour

29-06 La tension régnait dimanche à Tripoli, dans le nord du Liban, où un magasin a été incendié et des échanges de tirs ont eu lieu, au lendemain d'une explosion qui a fait un mort et 20 blessés, a déclaré un responsable des services de sécurité. AFP

03-07 a) une explosion qui a fait un mort et 20 blessés, a déclaré un responsable des services de sécurité. b) Hassan abou Dabbous, un membre de Jound al-Cham, a été blessé par balles alors qu'il traversait dans sa voiture l'une des principales rues du camp d'Aïn à Héloué, situé près de Saïda, la grande ville du sud du Liban, a-t-on appris de même source Cet incident a provoqué des échanges de tirs à l'arme automatique entre les deux parties dans le camp d'Aïn Héloué, situé près de Saïda, la grande ville du sud du Liban, a-t-on appris de même source Avec 45.000 habitants, Aïn Heloué est le plus grand des camps palestiniens du Liban. AFP

04-07 A Tripoli des affrontements opposent depuis une semaine des militants de l’opposition à des partisans de la majorité parlementaire faisant neuf morts et environ 45 blessés. Bab Al-Tebbaneh et Al-Qobbé, à majorité sunnite, sont des fiefs de la majorité soutenue par l’Occident, alors que les habitants de Jabal Mohsen font partie de la communauté alaouite et sont des partisans du mouvement chiite Hezbollah, chef de file de l’opposition proche de Damas et Téhéran. Chaque jour apporte son lot de violence comme ce fut le cas dimanche où un magasin a été incendié à Tripoli et des échanges de tirs ont eu lieu, au lendemain d’   Rania Adel - Al-Ahram/Hebdo http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4682

08-07 Selon le responsable de sécurité, des explosions ont été entendues vers 21h30 (18h30 GMT) ainsi que quelques tirs avant que les heurts ne redoublent d'intensité une heure plus tard. Ces affontements ont eu lieu dans la rue principale qui sépare les deux quartiers.
Bab al-Tebbaneh est un fief de la majorité alors que les habitants de Jabal Mohsen sont proche de l'opposition.
http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080708afp-ec.php

09-07 De violents affrontements ont fait au moins quatre morts et 53 blessés à Tripoli, dans le nord du Liban, selon des responsables de la sécurité. Cinq soldats libanais figurent parmi les blessés, d'après les sources citées plus haut, qui ont précisé que les combats avaient commencé dans la nuit . Hussein Dakroub AP 

09-07 Deux personnes ont été tuées et 32 blessées depuis mardi soir à Tripoli (nord du Liban), au cours des violents affrontements, selon un responsable des services de sécurité. Des dizaines d'habitants ont fui leurs foyers pour se réfugier dans des lieux plus sûrs. "Un soldat des Forces armées libanaises et cinq civils avaient été blessés mardi soir tandis que onze autres civils ont été transportés à l'hôpital", a de son côté indiqué un responsable de la sécurité. AFP /ats /

10-7Des soldats libanais se sont déployés jeudi dans plusieurs quartiers de Tripoli, deuxième ville du pays, où ils ont mis fin à 24 heures d'affrontements intercommunautaires qui ont fait quatre morts et 75 blessés.  L'armée a pris position après la signature sous l'égide des autorités municipales d'un accord de cessez-le-feu entre les partisans du gouvernement et les partisans proches de l'opposition menée par le Hezbollah Reuters.

10-07 Des soldats libanais se sont déployés jeudi dans plusieurs quartiers de Tripoli, deuxième ville du pays, où ils ont mis fin à 24 heures d’affrontements intercommunautaires qui ont fait quatre morts et 75 blessés. L’armée a pris position après la signature sous l’égide des autorités municipales d’un accord de cessez-le-feu entre les partisans du gouvernement et des activistes proches de l’opposition menée par le Hezbollah. Ces retards dans la formation du gouvernement d’union nationale font craindre l’augmentation des violences entre factions. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4814



Les relents de la guerre

Finul Dans une dépêche de l'ANI, on indique qu’une patrouille israélienne a pénétré dans la partie libanaise du village de Ghajar, appuyée par des hélicoptères. Une patrouille de la FINUL du contingent espagnol s'est rendue sur place pour constater cette violation. Libnanews  



Politique Libanaise

1 Liban occupé :

1-1 La crise gouvernementale

Au jour le jour 04-07 Le retard dans la formation du gouvernement n’augurent rien de bon pour le pays du Cèdre. La composition du cabinet achoppe notamment sur une revendication du général Michel Aoun, un dirigeant chrétien et chef du Courant Patriotique Libre (CPL, opposition), qui demande que le président Sleimane ne puisse désigner qu’un seul ministre et non deux à un des principaux portefeuilles dits « souverains » (Défense, Intérieur, Finances et Affaires étrangères). « La formation du gouvernement, telle que stipulée par l’accord de Doha, rend très difficile l’accomplissement de cette tâche à moins que l’une des parties renonce à ses conditions », a affirmé à l’AFP l’analyste politique Nicolas Nassif.  4 juillet Rania Adel - Al-Ahram/Hebdo http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4682 1

0-07 Course à la nomination
L'ambitieux projet de la majorité politique, dite "coalition du 14 mars", de demeurer soudée jusqu'à la reconstruction d'un "Etat fort, indépendant et souverain", s'est soudain réduit à la dimension d'une petite guerre des chefs : entre, pour ne prendre que quelques exemples, les Forces libanaises (FL, chrétiennes) de Samir Geagea, le Parti socialiste progressiste (druze) de Walid Joumblatt, et le député et ministre sortant des travaux publics, Mohammed Safadi (sunnite) pour décrocher ce dernier ministère dans la future équipe.
Les mêmes Forces libanaises et M. Joumblatt font aussi la course pour arracher la nomination d'un ministre chrétien, les premières au nom de leur représentativité communautaire et des quatre députés qui les représentent, le second au nom du bloc parlementaire dit de "la rencontre démocratique" (17 députés) qui comprend également les chrétiens de la partie sud du Mont-Liban dont il est l'une des principales figures politiques. Les députés indépendants chrétiens de l'ancien groupe dit de "Kornat chehouane" - du nom du lieu où ils se réunissaient - font eux aussi valoir leur représentativité pour réclamer des portefeuilles.
10 juillet 2008 Mouna Naïm - Le Monde http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080710lemonde-ec.php

10-07 Le Hezbollah et le mouvement Amal (opposition) ont achevé de transmettre officiellement, mardi soir, à M. Siniora, la liste des ministres qui les représenteront. Parmi eux, le Hezbollah a nommé Ali Qanso, président sortant du Parti nationaliste socialiste pan-syrien. Ce choix a poussé le premier ministre désigné à émettre des réserves, en raison de la participation active des miliciens de ce parti à l'attaque lancée par la milice chiite contre Beyrouth-Ouest au mois de mai. Le Hezbollah a cependant jugé irrecevables les réserves de M. Siniora. 10 juillet 2008 Mouna Naïm - Le Monde

10-07 La formation du prochain gouvernement d'union nationale se fait attendre alors que Majorité et Opposition semble vouloir s'engager dans une polémique au sujet de la présence respective du dirigeant des Forces Libanaises Samir Geagea et de l'ancien président PSNS Ali Kanso. Pour rappel, Samir Geagea a fait part de son désir de disposer de trois ministères au sein du prochain cabinet dont celui de la Justice. Du côté de l'Opposition, le dirigeant des Marada et ancien ministre de l'Intérieur, Sleiman Franjieh qui avait par le passé accusé Samir Geagea d’avoir assassiné son père, a déclaré que la nomination de Samir Geagea au ministère de la Justice serait similaire à la nomination du chef du groupuscule du Fatah al-Islam Il s'est également interrogé sur de possibles démissions des juges ayant condamné à mort le dirigeant des Forces Libanaises pour l'attentat perpétré en 1994 contre une église à Zouk. Commué en peine à la perpétuité par l'ancien président de la République Elias Hraoui, Samir Geagea a été détenu jusqu'en 2005 pour être ensuite amnistié.  

10 Juillet Source : http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1201:polemique-sur-la-presence-de-kanso-et-de-geagea-au-sein-du-prochain-gouvernement&catid=46:a-la-une&Itemid=80


1-3 Des Analyse

 02-07 Le gouvernement britannique a ajouté la branche armée du mouvement chiite libanais Hezbollah à sa liste des organisations terroristes interdites, a annoncé mercredi le le secrétaire d'Etat aux affaires intérieures Tony McNulty. Cette organisation "soutient également les groupes terroristes(…)  palestiniens dans les Territoires occupés, comme le Jihad islamique palestinien", 02/07/  

04-07 Seyyed Hassan Fadlallah, a critiqué la récente position du gouvernement ‎britannique sur le Hezbollah libanais. Le Cheikh Fadlallah a ajouté que ce genre de ‎comparaison résultat de l'attitude égoïste de l'Occident. Il a ‎indiqué que l'Occident cherchait à imposer par des méthodes ‎terroristes, sa politique inhumaine. Fadlallah précise que ‎l'occupation sioniste est l'acte terroriste par excellence, alors que ‎la résistance islamique, s'enracinant dans la civilisation et les ‎valeurs de justice, cherche à tenir tête à l'occupation. ‎
04 Juillet
http://french.irib.ir/index.php?option=com_content&task=view&id=10989&Itemid

Les banques libanaises affirment lutter contre le financement du terrorisme L'Association des banques du Liban a affirmé mercredi respecter les normes internationales les plus strictes contre le financement du terrorisme, à la suite de plaintes portées aux Etats-Unis contre cinq banques libanaises accusées de soutien au Hezbollah. Dans un communiqué, l'Association affirme que "les banques et les institutions financières et monétaires libanaises appliquent depuis des années les législations et règlements les plus sophistiqués pour lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme". An réclamant aux banques libanaises des dommages et intérêts, "sous prétexte d'avoir perdu des proches durant la guerre de juillet 2006, les plaignants recourent au chantage pour soutirer de l'argent aux banques libanaises", explique l'Association. Elle met également en garde contre "la campagne de diffamation utilisée par l'État hébreu qui cherche à s'en prendre aux banques libanaises et arabes dont la réputation ne saurait être entachée". http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080710AFP1....  

Des chrétiens libanais rassemblés contre la politique étrangère US Un rassemblement national de chrétiens libanais a été organisé pour exprimer une opposition à la politique étrangère de Washington, mais sans viser le "peuple américain", dans un appel du meneur de l’opposition chrétienne, Michel Aoun, a rapporté samedi le journal local, As-Safir. Environ 150 personnalités libano-chrétiennes du monde politique, économique et social se sont rassemblées pour déclarer la naissance d’un front chrétien, le Rassemblement chrétien national (NCC). "Le désaccord avec l’administration américaine ne signifie pas l’hostilité vis-à-vis du peuple américain", a déclaré M. Aoun, qui dirige le rassemblement. Il a baptisé les Chrétiens de "pionniers libanais" et appelé à la solidarité avec d’autres communautés religieuses. "Le Liban est un pays petit et fragile, il est l’otage de sa position de carrefour séparant l’Est et l’Ouest", a-t-il expliqué, ajoutant que les Chrétiens au Liban sont de l’Est et que leur rôle est important. Un document du NCC, publié lors du lancement du rassemblement, a indiqué que "le Liban ne peut survivre que par un partenariat entre des Chrétiens forts et des Musulmans forts". Les groupes chrétiens pro-gouvernement, les forces libanaises et le Parti Kataeb dirigé par l’ancien président, Amin Gemayel, n’ont pas participé à ce rassemblement. Les Etats-Unis soutiennent la coalition de la majorité ‘sunnite’ au pouvoir. Sources  Xinhuanet  6 juillet http://contreinfo.info/rubrique.php3?id_rubrique=2


1-5 Les grandes manoeuvres

Le Président Michel Sleimane prêt à normaliser les relations Beyrouth/ Damas  Le Président libanais, Michel Sleimane, a contacté son homologue syrien, Bachar Assad, mercredi, au téléphone, et il s'est dit prêt à normaliser les relations de son pays avec la Syrie. Les deux dirigeants ont décidé de se rencontrer le week-end prochain, à Paris, en marge du Sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM), et ils se sont accordés pour poursuivre l'examen des dossiers d'intérêts communs, une normalisation des relations bilatérales, entre autres, a rapporté l'AFP. M. Sleimane se rend, samedi, à Paris, accompagné par son ministre des A.E, Faouzi Salloukh. Il y rencontrera son homologue français, Nicolas Sarkozy. Il s'entretiendra, également, avec le Président égyptien, Hosni Moubarak. Dans un entretien, mardi, avec l'hebdomadaire français, "l'Express", M. Sleimane s'était dit "disposé à œuvrer à la normalisation des relations entre Beyrouth et Damas et à l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays." 10/07/2008 http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=986158

Fouad Siniora, refuse une proposition de médiation italienne avec Israël. Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a refusé une offre de médiation italienne entre le Liban et Israël, a déclaré à l'AFP une source gouvernementale mercredi. "L'ambassadeur d'Italie, Gabriele Checchia (bien: Checchia), a remis à M. Siniora une lettre du ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, où il indiquait que l'Italie était prête à jouer le rôle de médiateur entre le Liban et Israël en vue de pourparlers entre les deux pays", a-t-on affirmé de même source. "M. Siniora a informé l'ambassadeur de son refus de cette proposition", a assuré la source. M. Frattini a proposé au cours d'une visite en Israël mardi que Rome serve de médiateur entre l'Etat hébreu et le Liban dans la perspective de négociations de paix entre les deux pays. 10 juillet 2008 http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080710AFP.php


2  Politique Israélienne

2-4 Les grandes manœuvres

30-06 Le gouvernement israélien a approuvé dimanche à une écrasante majorité un accord d’échange avec le Hezbollah des corps de deux soldats israéliens contre des détenus libanais. L’accord, qui prévoit le retour en Israël des corps de deux soldats capturés en juillet 2006 a été approuvé par 22 des 25 membres du gouvernement, selon un communiqué officiel. Seuls les ministres des Finances, de l’Habitat et de la Justice ont voté contre l’accord. Les chefs du service de sécurité intérieure (Shin Beth) et des services secrets (Mossad) se sont vainement opposés, devant le Conseil des ministres, à un échange de prisonniers contre des corps, bien qu’il y ait eu des précédents. En échange des deux soldats, Israël va libérer cinq détenus libanais —dont le doyen de ces prisonniers Samir Kantar du Front de libération de Palestine (FLP), et condamné en 1980 à 542 ans de prison —, et remettre au Hezbollah les corps de huit de ses combattants inhumés en Israël, ainsi que d’autres corps de Libanais, selon une source officielle. En outre, Israël s’engage à libérer "un certain nombre" de détenus palestiniens de son choix. Le président du conseil exécutif du Hezbollah, Hachem Safieddine, certifie que cet accord est une victoire pour son mouvement. "Personne au monde n’aurait été capable d’atteindre l’objectif d’Israël : récupérer les soldats, sans que la résistance (le Hezbollah) dicte ses conditions : la libération des prisonniers". Selon des ministres israéliens, la mise en application de l’accord devrait prendre de dix jours à deux semaines. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4791

07-07 Le gouvernement israélien, a convenu de libérer le vétéran des prisonniers libanais, Samir Kuntar qui a tué, il y a presque 30 ans, plusieurs colons, au nord d'Israël, selon un marché négocié par les Allemands avec le Hezbollah.. http://www.alterinfo.net/Trainer-toujours-plus-des-pieds_a21503.html


2-11 Politique extérieure.

 10-07 Les avocats d'environ 60 Israéliens ont annoncé mardi avoir réclamé devant un tribunal de Manhattan (New-York) 100 millions de dollars d'indemnisation à cinq banques libanaises qu'ils accusent de contribuer à financer le Hezbollah, lui permettant d'acheter des armes. Les banques désignées dans cette action sont Fransabank, Banque Libanaise pour le Commerce, Bank of Beirut, Banque Libano-française et MEAB (Middle East and Africa Bank) http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080710AFP1....



3 Politique Internationale

Usa (le parrain)

Les grandes manœuvres Les Etats-Unis ont salué la formation d’un gouvernement tout en affirmant qu’ils ne traiteraient pas avec des ministres appartenant au Hezbollah. "Ce gouvernement comporte des membres du Hezbollah, tout comme le précédent. Nous ne traiterons pas avec ces membres du gouvernement. Mais nous nous réjouissons de travailler avec le Premier ministre ainsi qu’avec son nouveau ministre des Affaires étrangères", a déclaré Sean McCormack, porte-parole du département d’Etat. samedi 12 juillet 2008. http://www.aloufok.net/



Europe

4 Grande-Bretagne

La Grande-Bretagne place la branche armée du Hezbollah sur sa liste terroriste!!! Le gouvernement britannique a ajouté la branche armée du mouvement chiite libanais Hezbollah à sa liste des organisations terroristes interdites, a annoncé mercredi le ministère de l'Intérieur.
"La branche armée du Hezbollah apporte un soutien actif aux militants en Irak responsables d'attaques à la fois contre les forces de la coalition et contre des civils irakiens", a souligné le secrétaire d'Etat aux affaires intérieures Tony McNulty. Cette organisation "soutient également les groupes terroristes(…)  palestiniens dans les Territoires occupés, comme le Jihad islamique palestinien", a-t-il poursuivi.
Le ministère britannique souligne toutefois que cette interdiction "n'affecte pas le rôle légitime du (parti) Hezbollah dans les domaines politique, social et humanitaire". Mais "c'est un message clair pour dire que nous condamnons la violence du Hezbollah et son soutien au terrorisme", a expliqué M. McNulty.
02/07/ http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/334155/2008/07/02/Londres-place-la-branche-armee-du-Hezbollah-sur-sa-liste-terroriste.dhtml


Les institutions

Union Européenne

12-07 Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, a lui aussi salué la formation du nouveau gouvernement. "Des décisions importantes doivent être prises dans les prochaines semaines et il y a beaucoup de travail à faire", a-t-il dit en réitérant le soutien de l’UE à Siniora. samedi 12 juillet 2008. http://www.aloufok.net/

n° 83 - Journal du Liban- 28-06 au 11-07 - Suite - "Le Liban est un besoin arabe et universel


 n° 83 - Journal du Liban- 28-06 au 11-07 - -  "Le Liban est un besoin arabe et universel

Journal du Liban    - Suite - 

N° 83    28-06 au 11-07

M.Lemaire



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire. - Suite - 

7 Brèves

7-1 Siniora demande à l'ONU de prendre le contrôle de Chebaa.

7-2 L'échange de prisonniers entre le Hezbollah et Israël effectif dans 1 à 2 semaines. 

7-3 Echange de prisonniers: encore une victoire de la résistance !

8 Dossiers

8-1 Point de vue de CIREPAL : Israël reçoit une gifle retentissante.

8-2 Point de vue de Romain Lalanne : Liban, Syrie, Israël, Gaza : vers une décrispation régionale ?

8-3 Point de vue du CIRPES ; L’euro-silence serait au moins équivalent à une position concertée d’abstention au lieu d’être un zéro complice des Etats-Unis.



7 Les brèves Ndlr :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

7-1 Siniora demande à l'ONU de prendre le contrôle de Chebaa. Dans son message à l'adresse du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon, et du président en exercice du Conseil de Sécurité des Nations Unies, Zalmey Khalilzad, Siniora a demandé à l'Onu de prendre le contrôle de la zone stratégique de Chebaa, frontalière avec la Syrie et la Palestine occupée, qui donne sur les hauteurs du Golan syrien, la région de Jaliliya, dans le nord de la Palestine occupée et le village de Jabal Amel, au sud du Liban, bien entendu après le retrait de l'armée sioniste de cette région. Les fermes de Chebaa qui s'étend sur 36 km carrés, dans le sud du Liban, ont été occupés, il y a 41 ans lors de la guerre des Six jours Arabes-Israël par l'armée du régime sioniste. Le Sud du Liban était occupé pendant 22 ans par les Sionistes, mais ces derniers après avoir essuyé un échec cinglant et humiliant, devant la résistance libanaise, et ils se sont obligés d'en fuir en 2000. Il s'agit d'une expérience amère que les Sionistes n'oublieront jamais. Voilà pourquoi ils ne sont pas prêts à évacuer la zone stratégique de Chebaa, L'intéressant c'est que les Sionistes déclaraient auparavant que le Golan appartenait à la Syrie et qu'ils se gardaient de s'en retirer, tandis qu'aujourd'hui ils font volte-face à ce propos. Le régime sioniste a fait état, pour l'heure, par la voix de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, de leur intention de vouloir se retirer des fermes de Chebaa. Ce qui est entre temps étonnant, c'est que le courant du 14 mars qui s'alignait auparavant sur la rhétorique Bush, s'est à l'improviste piqué d'honneur sur la question de Chebaa. Les détracteurs de Siniora croient que le tandem Amérique-Israël tente d'ourdir un autre complot contre le Hezbollah. Les Etats-Unis parlent maintenant du retrait des forces d'occupation sionistes de Chebaa pour persuader la communauté internationale de la nécessité de désarmer le Hezbollah Libanais. Ceci dit, le retrait éventuel de l'armée sioniste de cette région après 41 ans sera indubitablement un autre atout en faveur du Hezbollah libanais, une autre victoire qui sera enregistrée par le Mouvement de la résistance libanaise. Voilà pourquoi les Etats-Unis tentent d'évoquer par la voix de Siniora la remise du contrôle de Chebaa par l'Onu, pour justifier par la suite la question du désarmement de la résistance. Mais le Hezbollah libanais n'a qu'une réponse au monde: tant que le régime de Tel-Aviv continuera d'exister, la Résistance libanaise se poursuivra 29 Juin http://www.alterinfo.net/Siniora-demande-a-l-ONU-de-prendre-le-controle-de-Chebaa_a21243.html


7-2 L'échange de prisonniers entre le Hezbollah et Israël effectif dans 1 à 2 semaines.   Hassan Nasrallah a annoncé mercredi avoir "accepté" l'accord d'échange de prisonniers avec Israël et annoncé qu'il serait appliqué dans "une à deux semaines", quelques jours après l'approbation de cet accord par le gouvernement israélien. "J'annonce de manière officielle que l'accord a été accepté de notre part et est une affaire close et nous allons respecter les démarches à suivre", a affirmé Hassan Nasrallah lors d'une conférence de presse. "Je ne vais pas fixer de date précise pour son application, et le plus tôt sera le mieux. Je crois que dans une période d'une à deux semaines il sera appliqué", a-t-il poursuivi. "Nous nous sommes mis d'accord sur le mécanisme d'application" de l'échange des prisonniers et "il reste le calendrier", a-t-il précisé. "Grâce à cet accord, s'il est accompli, le Liban sera le premier pays arabe à clore le dossier de (ses) prisonniers (en Israël)", a annoncé Nasrallah. "Il ne restera plus aucun prisonnier libanais (...) dans les prisons israéliennes", a poursuivi le chef du Hezbollah. M. Nasrallah a confirmé qu'Israël allait libérer cinq détenus libanais, dont notamment le doyen de ces prisonniers Samir Kantar, indiquant que les Israéliens n'avaient accepté la libération de ce dernier que dernièrement, après un an et demi de négociations. Samir Kantar, du Front de libération de Palestine (FLP), a été condamné en 1980 à 542 ans de prison pour avoir tué un civil israélien et sa fille ainsi qu'un policier israélien en 1979 dans le nord d'Israël. L'accord, approuvé par le gouvernement israélien dimanche, prévoit le retour en Israël des corps de deux soldats capturés en juillet 2006 par le Hezbollah à la frontière, Eldad Regev et Ehud Goldwasser, et des informations concernant l'aviateur Ron Arad capturé par des militants chiites en 1986 au Liban. Concernant le sort de l'aviateur, M. Nasrallah a affirmé que le parti était parvenu à une conclusion "tranchante" sur son sort, s'abstenant toutefois de la révéler. "Nous avons informé le médiateur allemand (Gerhard Konrad) de notre rapport sur Ron Arad. Ce médiateur effectuera bientôt une visite au Liban où lui sera remis un rapport écrit sur le sort de l'aviateur", a affirmé le secrétaire général du Hezbollah. "Après le dernier échange en 2004 (avec Israël), nous avons travaillé sérieusement (sur cette affaire) en menant des enquêtes sur le terrain et avons recueilli des témoignages, et nous sommes parvenus à une conclusion tranchante et basée sur des preuves, mais nous ne pouvons la révéler maintenant", dit-il. Lundi, le quotidien israélien Haaretz a indiqué que le Hezbollah a fait savoir à Israël, par l'intermédiaire de l'Onu, que Ron Arad était mort. L'accord prévoit en outre la récupération des restes de combattants libanais et arabes tués au Liban depuis 1978, selon le chef du Hezbollah. "Nous allons récupérer les restes de près de 200 résistants libanais ou arabes qui sont tombés en martyr au Liban", affirmé M. Nasrallah. Il a qualifié d'"exploit" pour le Hezbollah et les Libanais cet accord, conclu au terme de négociations "longues et difficiles". Lamia RADI AFP 

Echange de prisonniers avec le Hezbollah : début du processus d’exhumation de corps demilitants. 02-07 Le processus d’exhumation d’environ 200 corps de militants palestiniens et libanais a débuté dans un cimetière du nord d’Israël, dans le cadre d’un accord conclu avec le Hezbollah pour un échange de prisonniers, ont déclaré dimanche des responsables militaires israéliens. Les cercueils doivent être exhumés lundi et l’identification des corps prendra plusieurs jours, ont-ils ajouté sous couvert de l’anonymat, en précisant que le cimetière a été déclaré zone militaire fermée.  7 juillet 2008.  http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4805


7-3 Echange de prisonniers: encore une victoire de la résistance !
Prisonniers palestiniens et arabes dans les prisons de l'occupation sioniste
Nous sommes un peuple qui n'abandonne pas ses prisonniers et détenus en prison. (Sayyid Hassan Nasrullah, secrétaire général du Hizbullah)
Echange de prisonniers entre le Hizbullah et l'Etat sioniste.
Dans quelques jours, l'échange de prisonniers entre le parti de la résistance islamique au Liban et le gouvernement israélien sera enfin réalisé, et la « promesse sincère » du Hizbullah envers les prisonniers, libanais, arabes et palestiniens, sera honorée. « Nous sommes un peuple qui n'abandonne pas ses prisonniers et détenus », « nulle force au monde ne pourra ramener les soldats israéliens à leurs familles », « seules des négociations indirectes et l'échange pourra les ramener » sont devenues des paroles que les partisans de la résistance islamique connaissent : déclarations et promesses, devant Dieu et les humains, que les efforts seront soutenus jusqu'à la libération des héros, vivants ou martyrs. Dans quelques jours, le Liban tout entier célèbrera la retour de Samir Qintar et de ses frères, à leur pays, leur famille et leur résistance. Dans quelques jours, les pures dépouilles des martyrs seront ensevelies par leurs familles et leurs frères, qu'elles soient palestiniennes, libanaises ou arabes. Dans quelques jours, nous aurons la certitude à propos du sort du prisonnier libanais, membre du Fateh, Yahya Skaf, disparu en 1978, lors de l'opération Kamal Adwan, avec sa sour palestinienne, du camp de Ayn el-Helwé, Dalal Moghrabi. Dans quelques jours, des prisonniers palestiniens seront également libérés, grâce à cet échange.
Nous ne pouvons que souhaiter, en guise de conclusion, que l'échange entre la résistance palestinienne et l'Etat sioniste, puisse se réaliser assez rapidement et que puissent être libérés 1000 prisonniers palestiniens aux lourdes condamnations, les anciens, les malades, les enfants et les femmes, tel que le revendiquent les résistants en Palestine, qui détiennent le soldat israélien Shalit.
De son côté, le député Issa Qaraqi', chargé du dossier des prisonniers et ancien président du club des prisonniers, a déclaré que 200 dépouilles de martyrs de Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, non inclus dans cet échange, sont encore détenues par les autorités de l'occupation de manière illégale et immorale, puisque des numéros placés sur leurs corps au lieu de leurs noms. Il a réclamé à la communauté internationale de susciter cette grave question pour faire la lumière sur tous les corps des martyrs détenus sous terre par l'occupant et exiger qu'ils soient rendus.
 La torture dans les prisons israéliennes dénoncée par un comité israélien
Se basant sur le témoignage de 90 prisonniers palestiniens de Cisjordanie, le comité israélien contre la torture déclare dans son dernier rapport qui étudie la période entre juin 2006 et octobre 2007 que la torture des prisonniers palestiniens s'est généralisée dans les prisons de l'occupation. Les prisonniers sont soumis aux mauvais traitements aux différentes étapes de leur arrestation. Ces mauvais traitements ont également touché les jeunes enfants arrêtés.
Depuis 2000, les chiens sont utilisés dans les arrestations en Cisjordanie, en vue d'apeurer et d'humilier les Palestiniens. Le témoignage de Abdallah Nabulsi, de Nablus, arrêté en mai 2007, rapporte qu'après avoir été arrêté, les soldats l'ont attaché, par les mains et les pieds, et lui ont bandé les yeux. Il a ensuite été mis au sol dans un camion, où un gros chien a été posé sur son dos. Alors qu'il criait de peur, les soldats riaient et se moquaient de lui.
SOLIDARITE
Bulletin d'informations n° 8 (07/08)
CIREPAL (Centre d'Information sur
la Résistance en Palestine) 


8  Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1 Point de vue de CIREPAL : Israël reçoit une gifle retentissante. « Promesse sincère », la promesse de libération, faite par Sayyid Hassan Nasrullah, secrétaire général du Hizbullah, en juillet 2006, au plus ancien prisonnier arabe dans les geôles sionistes, Samir Qintar, est sur le point d'être honorée. Deux ans après la prise de deux soldats sionistes qui s'étaient aventurés jusqu'aux frontières entre la Palestine occupée et le Liban, en vue de les échanger avec Samir Qintar et les nobles dépouilles des martyrs, Israël a finalement admis le bien-fondé de la revendication de la résistance islamique au Liban : seules des négociations indirectes et un échange pouvaient ramener les soldats capturés à leurs familles et leur Etat. CIREPAL (Centre d'Information sur la résistance en Palestine)
3 juillet 2008
Israël a tout essayé après cette capture : une guerre meurtrière de 33 jours contre le Liban et particulièrement le sud, des milliers de martyrs tombés et des blessés, des milliers de déplacés, la destruction des infrastructures libanaises, avec un appui occidental illimité et notamment américain, des pressions sur le gouvernement libanais illégitime par l'intermédiaire de ses alliés américains et européens, des menaces de guerre. Rien, rien n'a pu lui rendre ses deux soldats. Comme l'avait annoncé sayyid Hassan Nasrullah, seuls des négociations indirectes et l'échange peuvent les lui rendre.
Deux ans après, Israël reçoit une gifle retentissante, une fois encore, donnée par le parti de la résistance, le Hizbullah !
Il est vrai que cette guerre était préparée, mais la capture des soldats l'a précipitée,
Olmert voulant faire croire que son Etat est encore capable d'interdire quelque chose dans la région ! Ni lui, ni son Etat, ni même toutes les forces mondiales réunies ne peuvent obliger le Hizbullah à reculer quant à ce qu'il considère comme son droit le plus légitime : libérer les prisonniers et les dépouilles des martyrs, libérer les fermes de Shebaa et les hauteurs de Kfarshouba, assurer la souveraineté du sol libanais, résister à l'Etat colonial installé en Palestine.
Face à la fermeté du droit de la résistance, Israël a essayé de jouer !
Il a perdu, une fois encore. Ses dirigeants se sentent humiliés, sa presse est aux abois, sa population ballottée entre l'espoir d'en finir avec un cauchemar qui s'appelle résistance et l'arrogance raciste de ne pas admettre que des Arabes peuvent gagner des guerres, réussir des coups, lever la tête et imposer leur juste volonté.
La victoire de la résistance en 2006 se poursuit. C'est ce qu'a d'ailleurs annoncé le secrétaire général du Hizbullah, lors de la conférence de presse du 2 juillet, rappelant ce qu'il avait déjà annoncé : le temps des défaites arabes est passé, nous avons entamé la phase des victoires : victoire de la libération en 2000, victoire de la résistance en août 2006 avec le retour des déplacés et l'échec cuisant du plan américano-sioniste, victoire de la résistance dans la bande de Gaza, victoire actuelle avec le retour des prisonniers et des nobles dépouilles des martyrs tombés pour que vive
la Palestine , victoire du droit arabe contre la spoliation israélienne, victoire de la dignité arabe qui sait récupérer ses martyrs.
Au cours de cette conférence de presse, sayyid Hassan Nasrullah a fourni quelques détails importants, pas tous (les autres seront fournis lors de l'accueil des prisonniers et des dépouilles des martyrs), pour ne pas gêner les dernières mesures avant le jour J.
Samir Qintar, le plus ancien prisonnier arabe (29 ans passé dans les geôles sionistes) sera libéré avec les quatre autres prisonniers de « la promesse sincère », faits prisonniers lors de la guerre de juillet 2006. Samir Qintar, héros de la résistance palestinienne et arabe, a été un des points les plus ardus dans les négociations, car Israël avait déjà manqué à sa promesse pour sa libération en 2004, les sionistes considérant qu'il a « les mains tâchées de sang », c'est-à-dire un résistant de premier rang.
Les nobles dépouilles des martyrs, libanais, palestiniens et arabes, environ 200 dépouilles, seront remises à leurs familles et leur peuple, tous ces martyrs ayant été tués lors des opérations de la résistance contre l'Etat sioniste ou enlevés par les sionistes, à partir du Liban.
La noble dépouille de la résistante Dalal Moghrabi, partie en mars 78, avec ses camarades, dont le libanais Yahya Skaf, dans l'opération Kamal Adwan, sera enfin rendue à sa famille et son peuple. Concernant le héros Yahya Skaf, la lumière sera faite sur son sort : par l'analyse de l'ADN, sa famille sera en mesure de savoir si la dépouille que les sionistes vont rendre est effectivement celle de leur fils ou bien doit-il être considéré « disparu ».
Pour les diplomates iraniens, enlevés en 1982 par les Forces libanaises de Geagea et Bashir Gemayel, un rapport détaillé israélien fera la lumière sur leur sort : ont-ils été assassinés par les Forces libanaises ou livrés et ensuite assassinés par les sionistes ?
Concernant la libération de prisonniers palestiniens et arabes, les sionistes refusaient, pour des raisons diverses, de les inclure dans l'échange, mais il semble bien que plusieurs prisonniers palestiniens seront enfin libérés par cet échange. Les sionistes, d'après leur presse, craignent que le Hizbullah et notamment son scrétaire général, ne soient considérés dans le monde arabe et musulman, et surtout dans
la Palestine , comme les véritables dirigeants de la résistance dans le monde arabe et musulman. Les sionistes ont voulu, dans les négociations, séparer entre les prisonniers de la liberté, et prenaient prétexte qu'ils étaient engagés dans des négociations avec la résistance palestinienne pour l'échange du soldat Shalit, d'une part et avec l'autorité palestinienne d'autre part, au sujet de la libération des prisonniers. Mais le Hizbullah a maintenu cependant ses revendications et c'est Israël qui est fouetté par la gifle retentissante !
Au moment où le Liban se prépare à recevoir ses héros et les dépouilles de ses martyrs, morts en héros, dans la joie et l'allégresse, mis à part quelques corbeaux libanais (Geagea en premier), c'est la « douleur » de la défaite qui plane sur le public israélien. Et cette « douleur » sera d'autant plus profonde que l'allégresse transportera le public au Liban, libanais, palestiniens et arabes, pendant des semaines, au cours de cet été 2008 que l'américain David Welsh voulait transformer en « été chaud », en été de sang et de larmes pour les résistants au Liban. Sayyid Nasrullah a minimisé la portée de leur « douleur », disant que les israéliens avaient l'habitude de considérer qu'ils sont toujours victimes, tout comme il a minimisé la menace britannique d'inclure « la branche armée » du Hizbullah au rang des « organisations terroristes », parce qu'elle aiderait les résistants en Irak et en Palestine. A ce propos, sayyid Nasrullah a dit que la mesure britannique n'avait aucune importance, mais le moment choisi pour l'annoncer avait pour but de mettre des bâtons dans les roues des négociations en cours pour l'échange : « que
la Grande-Bretagne , pays de la déclaration Balfour, premier et principal Etat à avoir installé l'Etat sioniste » menace, quelle importance ? « Pour la résistance, c'est un honneur ! »
Quelle est la véritable signification de cet échange historique ?
- D'abord, que le Hizbullah n'a qu'une seule parole et que les Israéliens n'en ont aucune. Samir Qintar devait être libéré en 2004, avec les autres prisonniers libanais. Vouloir jouer avec son sort a valu à l'Etat sioniste des échecs répétés.
- Les pseudo-critères israéliens pour la libération des prisonniers se sont envolés : Samir Qintar sera libéré, en héros, malgré les critères posés par les sionistes, ce qui suscite déjà des divisions en leur sein, entre les « purs » et les « réalistes ». D'ailleurs, les sionistes étudient en ce moment le changement des critères : ce ne sont plus les « mains tâchées de sang » qui importeraient, mais « le potentiel des prisonniers à retourner à la lutte ».
- Pour la résistance palestinienne qui détient Shalit, cet échange va lui permettre d'être ferme dans ses revendications, ce que souligne la presse sioniste. D'ailleurs, c'est ce qu'a déclaré Abu Mujahid, porte-parole des comités populaires, affirmant que le prix de Shalit va augmenter, et que la voie est ouverte pour la capture des soldats sionistes en vue d'autres échanges, tant que des Palestiniens seront prisonniers.
- L'échange brise un verrou israélien qui s'est renforcé depuis 2001 : Israël considérait qu'il ne libèrerait jamais « un terroriste », terme qui a pris une signification plus générale depuis septembre 2001. Or, il est obligé de libérer les résistants palestiniens et arabes, parce qu'il ne peut plus rien faire d'autre, s'il veut apaiser sa population, qui vit les moments les plus critiques depuis le début de son histoire, en 1948.
- Pour la première fois, un Etat arabe (le Liban) parvient à clore le dossier de ses prisonniers et des nobles dépouilles de ses martyrs et de ses disparus, sans faire aucune concession à l'Etat sioniste, et sans être obligé de signer un quelconque traité.
- Les manifestations, les célébrations, la joie qui vont inonder le Liban,
la Palestine et des pays arabes et musulmans, lors de cette libération et le recueillement et la dignité qui vont s'installer, lors de la mise en sépulture des 200 martyrs, dans les camps palestiniens et les villages du Liban, seront un déclencheur mille fois répété pour affirmer, haut et fort, fermement et solennellement, notre appartenance à cette résistance que nulle force au monde ne pourra briser, maintenant qu'elle a pris e chemin de la victoire sur l'ennemi spoliateur, Israël et ses alliés.
03 Juillet cirepal2005 [cirepal2005@yahoo.fr] http://www.alterinfo.net/Echange-de-prisonniers-entre-l-Etat-sioniste-et-le-Hizbullah-Israel-recoit-une-gifle-retentissante_a21388.html?PHPSESSID=96d43b89e8cad2fad3781648ccb9dddf http://www.alterinfo.net/Echange-de-prisonniers-entre-l-E...


8-2 Point de vue de Romain Lalanne : Liban, Syrie, Israël, Gaza : vers une décrispation régionale ? Ndlr : La publication de l'articles ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information L’actualité proche-orientale est riche depuis quelques semaines. De l’accord inter-libanais de Doha conclu le 21 mai à la trêve dans la bande de Gaza depuis le jeudi 19 juin, en passant par l’annonce de négociations israélo-syriennes sous médiation turque le 21 juin, on assiste à une décrispation régionale. Sera-t-elle durable ? Rien n’est moins sûr.
 La première chose que l’on peut dire, c’est que ce mouvement de décrispation semble s’inscrire dans un processus en chaîne. Après l’apaisement au Liban, la Syrie , n’a pu rester hors-jeu et a répondu favorablement à la proposition turque de mener une médiation israélo-syrienne. Dans le même temps, le Hamas a senti le vent tourné et a accepté une trêve dans la bande de Gaza, tout comme Israël, qui a bien compris que sa stratégie d’étouffement du territoire était un échec complet.
Deuxième point à souligner, ce mouvement de décrispation est également intéressant en cela qu’il n’est pas animé par des puissances médiatrices traditionnelles (Etats-Unis, Nations unies, Union européenne), mais par deux pays de la région, le Qatar et
la Turquie , reconnus pour leurs capacités à dialoguer avec les deux camps.
Ce mouvement de décrispation régionale sera-t-il durable ? Il est encore difficile d’y répondre d’autant plus qu’il faut prendre en compte l’orientation que prendra l’Iran. Mais on peut déjà tirer quelques enseignements de l’accord inter-libanais de Doha, de la reprise des négociations israélo-syrienne et de la trêve dans la bande de Gaza.
L’accord inter-libanais de Doha : une solution de court terme
Après l’offensive paramilitaire du Hezbollah en mai 2008 sur fond de crise institutionnelle liée à la vacance de la fonction présidentielle, la majorité gouvernementale et l’opposition, principalement conduite par le Hezbollah, ont conclu le 18 mai dernier à Doha un accord après des mois d’impasse politique. Que prévoyait l’accord ? D’abord l’élection de Michel Sleimane comme président de
la République , décision entérinée quelques jours plus tard. L’opposition bloquait jusque-là le scrutin non pas en raison de son opposition au candidat, mais pour marquer son désaccord quant à la répartition des sièges au sein de l’exécutif. Le Liban, pays des communautés et de son corollaire institutionnel et politique, le consociativisme, ne peut fonctionner selon la règle du fait majoritaire. Trois options s’offrent alors en cas de désaccord : le statu quoi, la violence ou le consensus. Après des mois de statu quo suivis de quelques jours de violence marquée par l’épreuve de force intercommunautaire, le Liban a finalement choisi le consensus. Contrepartie à l’élection de Michel Sleimane, la majorité a dû consentir à ce que le Hezbollah dispose d’une minorité de blocage au sein du gouvernement. C’est le deuxième point de l’accord.
Quels bilans immédiats peut-on tirer de l’accord inter-libanais ?
Premier point, par sa structure multicommunautaire, le Liban reste un pays profondément instable et ce malgré l’accord de Doha. Malheureusement, le consensus est souvent précédé d’une épreuve de force durant laquelle chacun cherche à rétablir un rapport de force qui lui est favorable pour ensuite entamer des négociations. Si chaque camp s’est abstenu durant ces quelques jours d’affrontements de ne pas franchir certaines lignes rouges, le spectre de la guerre civile a quand même hanté les Libanais.
Deuxième point, le Hezbollah est le grand bénéficiaire de l’accord. Les quelques jours d’affrontements lui ont permis de se renforcer face à la majorité (Courant du futur du sunnite Saad Hariri et Parti socialiste progressiste du druze Walid Joumblatt). Conséquence, il a pu ensuite peser sur les négociations pour monnayer le déblocage institutionnel à l’obtention de ce qui ressemble bien à un droit de veto. Le Hezbollah a donc gagné politiquement, mais il a aussi conservé sa marge de manœuvre militaire puisque l’accord n’aborde pas la question de son désarmement. Signalons également que le contexte international a été défavorable au gouvernement puisque ni l’Egypte ni l’Arabie saoudite n’ont cherché à l’aider dans la crise qui l’opposait au Hezbollah.
Troisième point, l’accord n’écarte pas la perspective d’une nouvelle impasse politique potentiellement violente. Au jour où est publié ce post, des divisions sur l’attribution des portefeuilles ministériels empêchaient toujours la formation d’un gouvernement. A moyen terme, la minorité de blocage dont dispose le Hezbollah laisse prévoir des bras de fer au sein du gouvernement, d’autant plus que l’accord ne dépasse pas l’échéance des élections législatives du printemps 2009. Il est d’ailleurs assez prévisible que le parti chiite, sorti vainqueur de la crise de mai, voudra à l’avenir imposer sa vision plutôt que de chercher un consensus avec la majorité lorsque devra être pris des décisions gouvernementales.
L’accord de Doha s’avère donc relativement précaire aussi bien en raison de son contenu que du nouveau rapport de force favorable au Hezbollah. Si l’hypothèse d’une reprise des violences d’ici les élections législatives de 2009 est faible, beaucoup d’incertitudes demeurent à plus long terme. L’évolution des négociations israélo-syriennes aura sans doute une influence déterminante sur l’avenir de la vie politique libanaise.
Israël veut-il une solution négociée ?
Là aussi, les incertitudes sont fortes. D’un côté, les responsables politiques et militaires israéliens savent très bien qu’une décrispation globale est une nécessité pour renforcer la sécurité d’Israël dans l’optique d’un traité de paix. Mais de l’autre, l’intérêt stratégique, mais aussi et surtout politique (en Israël, l’opinion publique peut défaire un gouvernement) du plateau du Golan font que beaucoup d’Israéliens préfèrent se résigner à une situation de « ni paix ni guerre », pour reprendre une expression de Frédéric Encel et François Thual (Géopolitique d’Israël, 2004).
La seule chose que l’on peut souhaiter, c’est qu’Israël et l’Égypte aient le courage de Menahem Begin et Anouar el-Sadate, qui firent la paix en 1979 dans le cadre des Accords de Camp David (1978). Depuis, Israël et l’Egypte ne se sont plus fait la guerre. www.agoravox.fr/article.php3?id_article=41500 30-06

8-3 Point de vue du CIRPES ; L’euro-silence serait au moins équivalent à une position concertée d’abstention au lieu d’être un zéro complice des Etats Unis. L’Union est en effet devenue suiviste à l’égard de tous les Mauvais diables et diablotins dénoncés dans le listing américain du Mal : l’Iran, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, les Chiites iraquiens, les Sunnites iraquiens les Taliban. Mais on ne peut croire que ce soit pour toujours. Pour l’empire des Baptistes américains de droite, le seul rapport possible avec le Mauvais c’est la conversion : ramener au Bien certains suppôts du mal. On créé des catégories de bons baathistes, de mauvais chiites et de bons chiites ; de bon sunnites (en dehors des Kurdes) : certaines tribus bédouines ou citadines sunnites arabes, qu’on recrute dans les polices et les milices alliées se rallient moyennant finance. On a voulu trouver de bons Palestiniens, de bons Libanais. On les a trouvés, on les a lancés contre les mauvais. Les Européens appuient ce jeu. Ils se doutent pourtant que ces ralliements « à l’occident » et « à la démocratie » ne sont pas sincères. Qu’ils ne peuvent annuler la résistance à l’occupation et le recrutement des terrorismes de protestation. Que faire ? Attiser encore la guerre sans fin ? Cette apologie de la conversion sous torture qui tient lieu d’approche politique aux conflits politiques et sociaux du monde débouche sur des massacres féroces. Si le leadership américain ne se réforme pas du tout au tout et rapidement, comme il perd aussi le pouvoir de domination économique, il faudra bien que l’Europe impotente et silencieuse ressaisisse les rennes non du pouvoir mais de la médiation globale, en s’appuyant sur les autres centres de pouvoirs qui ne sont pas encore totalement contaminés par l’ivresse apocalyptique du néolibéralisme de guerre électronique ou de la spéculation « titrisée » sur des créances douteuses. C’est de cette menace du néolibéralisme pesant sur la sécurité mondiale que devrait traiter un livre blanc européen sur la défense. http://cirpes.net/breve10.html

n° 83 - Journal du Liban- 28-06 au 11-07 -- Fin - Fin- "Le Liban est un besoin arabe et universel

 n° 83 - Journal du Liban- 28-06 au 11-07 - -  "Le Liban est un besoin arabe et universel

Journal du Liban    - Fin - 

N° 83    28-06 au 11-07

M.Lemaire



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire. - Fin - 

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Toute ressemblance avec une autre situation est fortuite.

10 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Michel Sleimane: "Le Liban est un besoin arabe et universel"

10-2 Michel Sleiman prend le parti du Hezbollah.

10-3 Rencontre avec Bachar Al-Assad.

10-4 Nassar Ibrahim : Les Américains payent le prix d’une stratégie stupide.

10-5 Morsi Attala : La politique américaine et les Arabes.

10-6 Norman Finkelstein « Etats-Unis et Israël tolère une quelconque résistance dans le monde arabe - Israël doit pâtir d'une défaite »



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

9-1 Toute ressemblance avec une autre situation est fortuite.  Le Liban a célébré l’annonce de la libération prochaine de Samir Kintar en attendant d’accueillir le résistant-détenu, qui a été au coeur d’une mobilisation exceptionnelle dans tout le pays, du sommet de l’Etat jusqu’aux plus petits villages.
Sur la place de l’Hôtel de ville de Beyrouth, la capitale dont il avait été fait citoyen d’honneur, l’inscription "libre" a été apposée sur le portrait géant du résistant-détenu ornant le fronton.
Quelques milliers de personnes ont participé à un "rassemblement du bonheur", organisé par un des comités de soutien à Samir Kintar, avec un appel à continuer à "se battre" pour les autres détenus.
Samir Kintar, qui retrouvera sa famille au poste frontère de Nakoura, est attendu à Beyrouth.
Avec sa famille, il sera accueilli par Hassan Nasrallah, qu’il a dit vouloir "embrasser" pour ses efforts en faveur de sa libération.
Il sera ensuite reçu au Palais présidentiel, en compagnie des comités de soutien qui se sont mobilisés pour lui pendant ses trente ans de détention aux mains de l’ennemi.
Dans une déclaration faite juste après l’annonce de sa libération, Samir Kintar a remercié "sa douce patrie", et rendu hommage à tous ceux qui l’ont soutenu.
Il a redit combien il avait "hâte" d’être à Beyrouyh et voulait "remercier les Libanais".
L’annonce a fait
la Une de tous les journaux libanais, sans exception, tandis que radios et télévisions bouleversaient leurs programmes pour des émissions spéciales.
Les médias libanais ont surtout mis en avant un succès personnel de Hassan Nasrallah, qui ne semble pas avoir mis au courant les autorités libanaises d’une opération de libération menée dans le plus grand secret.
Le bras droit du président Michel Sleimane, a déclaré que le Liban n’avait "pas pris part" à l’opération de libération de Samir Kintar et de ses camarades.
"Il est vrai que nous ne l’attendions pas à ce moment-là", a-t-il reconnu. "Ce dénouement, nous l’avons appris un quart d’heure" avant que les médias ne l’annoncent, a-t-il dit.
A droite comme à gauche, la classe politique libanaise a été unanime à saluer l’heureuse libération, évoquant une cause qui dépasse les clivages.
Samir Kintar est devenu au Liban une icône, un symbole de la cause des résistants-détenus dans le monde. Il a suscité la mobilisation de nombreux artistes, associations, personnalités de tous bords et citoyens ordinaires.
Le portrait du résistant-détenu avait été affiché au fronton de très nombreuses mairies.
Un petit village du sud, a fait sonner ses cloches à toute volée en signe de liesse.
En début de semaine, le portrait de Samir Kintar avait été hissé au sommet de Kornet al Soauda, le plus haut du pays et de la région, culminant à
3088 mètres.
Al Faraby
04 juillet 2008
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4800



10  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

10-1 Michel Sleimane: "Le Liban est un besoin arabe et universel"
Elu président du Liban au terme d'un long suspense, le 25 mai dernier, Michel Sleiman est un des chefs d'Etat dont la tâche est aujourd'hui la plus difficile. A 59 ans, cet ancien général, homme d'ordre autant que de dialogue, s'est armé de courage pour redresser un pays affaibli par les divisions communautaires, l'invasion de 2006 par Israël, et une situation économique tendue. Dans son palais de Baabda, le président libanais garde espoir et déploie des talents de diplomate. L'occasion de confier à L'Express, pour la première fois depuis sa prise de fonction, ses attentes et ses lignes de force. Extraits.
Votre élection a été accueillie par la communauté internationale avec un grand soulagement. Quel est votre sentiment dominant après plus d'un mois d'exercice de vos fonctions?
L'accueil favorable de la part de la communauté internationale à l'égard de mon élection à la présidence de
la République libanaise, comme effet d'un consensus interlibanais, me fait porter de lourdes responsabilités. D'ailleurs, je dois avouer qu'après plus d'un mois à la magistrature suprême je ressens l'ampleur de ces responsabilités. Les assumer stimule ma conviction et renforce ma détermination à oeuvrer en vue de l'unité des Libanais, de leur entente et de leur solidarité. Vaste programme? Sans doute, mais je dirai que c'est une mission difficile, non pas impossible, puisque le peuple libanais souhaite que ses choix essentiels soient incarnés par un responsable se tenant à ses côtés. Personnellement, je serai fidèle aux aspirations de mon peuple, qui veut voir son pays maître de sa destinée, libre et indépendant. Déjà, tout au long de neuf années et demie à la tête de l'armée, j'ai rempli pareille mission en des périodes d'extrêmes difficultés. Et je pense que mes prises de position ont alors contribué à faire de moi, aux yeux de toutes les parties libanaises, un candidat consensuel.
Qu'attendez-vous du gouvernement, après sa formation?
Les Libanais aspirent à voir le nouveau gouvernement satisfaire leurs besoins et exaucer leurs revendications. Il est vrai qu'il existe des divergences entre les différentes parties politiques dont le gouvernement est constitué, mais il existe bel et bien des dénominateurs communs qui les rassemblent. Ces dénominateurs unitaires, que j'ai d'ailleurs mentionnés lors de mon discours d'investiture, figureront sans doute dans la déclaration du gouvernement.
A l'évidence, le gouvernement devrait traiter en urgence la question du niveau de vie, devenu précaire en raison des hausses exorbitantes des prix du pétrole et des produits alimentaires, surtout quand on sait que le Liban est un pays importateur. Les priorités du nouveau gouvernement porteront donc sans doute sur la relance de l'économie et sur celle de la production.
Le Hezbollah vient d'être placé par les Britanniques sur la liste des groupes terroristes. Qu'en pensez-vous?
On ne peut pas oublier que le Hezbollah est un parti politique libanais, dont
la Résistance nationale est une branche. Cette Résistance a libéré le Sud de l'occupation israélienne, après que le Liban n'eut pu arriver à recouvrer sa souveraineté dans cette région, conformément aux clauses de la résolution 425 du Conseil de sécurité. Et la libération a eu lieu alors que l'Etat libanais, déjà démantelé,avait été quasi absent du Sud pendant près de trois décennies. En aucun cas je ne puis accepter que celui qui défend sa terre et la libère de l'occupant, réussissant de la sorte à recouvrer l'entière souveraineté de son pays, soit traité de "terroriste". Somme toute, il importe de tirer profit de la force de la Résistance pour accroître nos capacités nationales, et ce en instaurant une stratégie de défense pour le Liban. La situation actuelle des hameaux de Chebaa, toujours sous occupation, et l'entêtement de l'ennemi à perpétrer des menaces et à violer notre souveraineté exigent de notre part, parallèlement à la promotion d'un dialogue, l'élaboration d'une telle stratégie de défense de la patrie.
N'est-il pas indispensable de briser le Hezbollah pour que l'Etat libanais puisse recouvrer sa souveraineté?
Il ne faut pas penser ainsi! Au contraire, nous devons, comme je viens de le dire, discuter, lors de
la Conférence du dialogue national, à laquelle je convoquerai prochainement au palais présidentiel les différentes parties libanaises, de l'élaboration de cette stratégie de défense qui garantirait le pouvoir de l'Etat libanais et renforcerait ses capacités à répondre à toute agression de la part d'Israël.
Que faudrait-il, de votre point de vue, pour effacer les dégâts de l'opération israélienne de l'été 2006 et normaliser vos relations avec Jérusalem?
Le Liban tient pour nécessaire la réalisation d'une paix juste, globale et permanente qui serait fondée sur le principe de la restitution des territoires occupés en contrepartie de la paix. Ce principe, adopté lors de la conférence de Madrid, en octobre 1991, repose sur les résolutions internationales stipulant, en particulier, le droit au retour du peuple palestinien sur ses territoires et le refus de son implantation dans les pays d'accueil.
Nous considérons, par ailleurs, que les agressions israéliennes permanentes, terrestres, maritimes et aériennes, contre la souveraineté libanaise doivent cesser. Israël devrait s'engager à respecter la résolution 1701 et passer à l'étape suivante, exigée par cette résolution, celle du cessez-le-feu, sans se contenter de l'arrêt des hostilités, à l'exemple de la situation prévalant actuellement au Sud. De toute évidence, les Libanais sont tous solidaires quant à leur droit de récupérer leurs territoires occupés. En même temps, ils appuient toute partie oeuvrant en vue de la réalisation d'une paix juste dont le Liban serait bénéficiaire, et non d'une paix qui ferait porter à notre pays davantage de charges et subir davantage de répercussions.
Face aux troubles qui subsistent dans le nord du pays, l'armée apparaît encore comme l'institution centrale de l'Etat libanais. Vous en êtes vous-même directement issu. Faut-il renforcer encore le poids de l'armée libanaise dans le pays?
Je suis directement concerné par le renforcement des différentes forces militaires libanaises, notamment l'armée, étant donné que le président de
la République est le haut commandant de ces forces et que j'étais moi-même commandant en chef de l'armée. Dès lors, je suis en bonne position pour savoir ce dont cette armée a besoin, tant au niveau des hommes qu'à celui des effectifs. En particulier à l'égard du rôle prépondérant que joue l'armée pour la sauvegarde et la défense de la paix civile et de la démocratie. Tous les Libanais appuient leur armée et leurs forces de sécurité, les considérant comme des piliers du pouvoir de l'Etat et de son équité.
Je reste convaincu que la stabilité politique va de pair avec l'exigence de sécurité. En retour, une atmosphère politique détendue aide à maîtriser la situation sécuritaire. Enfin, l'ordre et la sécurité publique accélèrent les opérations économiques et les développent, contribuant à assurer plus de prospérité au peuple libanais.
Vous avez accepté un rôle de président qui est sans doute le plus difficile qui soit au Liban. Qu'est-ce qui vous guide et vous permet de tenir?
Ce qui me guide dans la prise de mes responsabilités et me permet de « tenir » dans l'exécution de mon mandat est le sens du devoir, auquel s'ajoutent mon attachement passionnel à ma patrie et ma conviction que le Liban est un besoin arabe et universel.
C'est un pays qui doit assumer sa mission dans sa région et dans le monde, qui doit être un exemple d'ouverture, de respect des différences entre religions et civilisations, et aussi un creuset de vie commune entre tous ses fils.
08 juillet 2008 http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080708lexpress-ec.php


10-2 Michel Sleiman prend le parti du Hezbollah. Ferme et clair, le Président libanais, Michel Sleiman, a tenu à défendre, en personne, la Résistance. « Le Hezbollah est le fer de lance de la Résistance , face à ceux qui menacent la liberté et l'intégrité territoriale de son pays.», a-t-il renchéri, réagissant à la décision de Londres de mettre la branche militaire du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. « Le Liban n'admettra jamais qu'un parti qui défend son territoire, sa liberté et sa souveraineté, soit qualifié de terroriste. », s'est indigné le Président Sleiman, avant d'ajouter : « Et le Liban n'oubliera jamais que là où l'ONU a échoué, impuissante à forcer Israël à évacuer le sud du Liban, c'est la Résistance qui a réussi en libérant cette région. » Quoi de plus naturel que ce constat de la part d'un Chef d'Etat, conscient et lucide, lorsqu'il a vécu, lui-même, homme de terrain, la portée de l'invasion sioniste, sa barbarie sans merci et les impacts de l'occupation sur le pays du Cèdre. Mais quoi de plus naturelle, aussi, la triste réalité que les Britanniques emboîtent le pas à leurs cousins outre-atlantiques et décident d'épingler de terroriste, un mouvement qui ne défend que son pays ; cela n'est, en fait, que de lapalissade, vu les antécédents du vieux colonialisme, rien qu'au Moyen-Orient. Un constat que le secrétaire général du Hezbollah, Seyyed Hassan Nasrallah, fait sien, lorsqu'en réaction à une telle démarche, il rappelle, dixit : « Chaque fois qu'une telle décision vient des colonialistes, nous la considérons comme un honneur, une médaille et une attestation que nous nous tenons au bon endroit, auprès de notre peuple.» En réalité, comment ne pas soutenir un parti, qui, durant deux décennies, a lutté, corps et âme, contre l'occupation sioniste, qui a arrosé chaque parcelle libérée du territoire libanais du sang de ses vaillants combattants, qui, infaillible et solide, s'est dressé contre la machine de guerre infernale d'un régime, qui, fort du soutien généreux de ses sponsors transatlantiques, faisait fi des dizaines de résolutions et de déclarations des Nations-unies, le sommant de se retirer du sud du Liban. Et ce sont les principes mêmes de cette plus haute instance internationale, dont l'article 51 de la Charte des Nations-unies, qui donnent raison à tout peuple de défendre son territoire et son indépendance, s'il est agressé, si son pays est occupé. Les annales de l'Histoire sont claires sur les attaques systématiques du régime sioniste contre le territoire libanais, notamment, le Sud, qui a été et reste la cible favorite des galonnés israéliens. Personne n'oublie comment, ces vingt dernières années, l'artillerie lourde de l'armée du régime sioniste a pilonné sans répit les villages du sud-libanais. Et il va de soi que les habitants forment des cellules de résistance, pour défendre leurs foyers, leurs champs, leurs oliveraies... leur pays. La débandade de juin 2000 de l'armée israélienne du sud du Liban, ne serait-elle pas le résultat logique de la vaillante lutte des combattants libanais et de la résistance courageuse du peuple ? Depuis, les généraux du régime sioniste ne décoléraient plus; ils voulaient se venger du peuple libanais et de ses preux combattants. Six ans plus tard, en juillet 2006, l'armée israélienne attaque, avec, bien sûr, le feu vert de Washington, par air et terre, le Liban, pour réprimer la Résistance libanaise qu'incarne le Hezbollah. Or, la guerre estivale de 33 jours n'a été qu'une autre défaite aussi cuisante que celle de 2000. Le mythe de l'invincibilité de l'armée du régime sioniste vole en éclats et le monde prend, désormais, conscience d'une défense légitime, face à une entité factice, d'un régime belliciste et maximaliste. Il n'est donc pas surprenant que la Grande-Bretagne , le père du Sionisme, vole au secours du régime qu'elle a implanté au coeur du Moyen-Orient et qualifie le Hezbollah de terroriste, pour le seul crime qui est de défendre la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de son pays, le Liban. 10 Juillet
http://french.irib.ir/index.php?option=com_content&task=view&id=11192
 

10-3 Rencontre avec Bachar Al-Assad

11 juillet Extraits « On a mal compris la position de la Syrie , on a déformé nos points de vue. Mais l’accord sur le Liban a ramené les gens à la réalité. Il faut accepter que nous soyons une partie de la solution au Liban, mais aussi en Irak et en Palestine. On a besoin de nous pour combattre le terrorisme comme pour atteindre la paix. On ne peut nous isoler, ni résoudre les problèmes de la région en manipulant les mots comme le “bien” et le “mal,” le “noir” et le “blanc”. Il faut négocier, même si on n’est pas d’accord sur tout... » Alors que l’on annonce la constitution prochaine du nouveau gouvernement libanais, comment M. Assad voit-il l’avenir des relations avec Beyrouth ? « Nous sommes prêts à résoudre les problèmes en suspens. Dès 2005, nous avons échangé des lettres concernant la délimitation des frontières. J’ai aussi déclaré à l’époque au président libanais, M. Emile Lahoud, ainsi qu’au premier ministre, que nous étions disposés à ouvrir une ambassade à Beyrouth. Mais, pour cela, il fallait avoir de bonnes relations et ce n’était plus le cas depuis les élections de 2005. » Le président Assad craignait en effet que le Liban se transforme en base arrière de déstabilisation du régime syrien. Désormais, cette inquiétude s’est éloignée et la Syrie pourrait établir des relations diplomatiques avec son voisin. Une source proche de la présidence annonce que, dès la formation du gouvernement d’union nationale, M. Walid Mouallem, le ministre syrien des affaires étrangères, se rendra à Beyrouth pour discuter des questions en suspens, notamment avec le premier ministre Siniora. Alain Gresh http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4722



10-4 Nassar Ibrahim : Les Américains payent le prix d’une stratégie stupide. Le Moyen Orient ne sera pas une république bananière aux ordres des USA. Entretien avec Nassar Ibrahim, écrivain et journaliste palestinien, directeur du centre d´information alternative AIC à Beit Sahour, près de Bethléem, Palestine. Extraits Une résistance globale " Je pense que la stratégie américaine a atteint son sommet, ils ne peuvent pas aller plus haut. Ils ne peuvent que redescendre et la descente a déjà commencé." Nous devons voir la résistance comme une résistance globale. Ceux qui se battent en Irak, au Liban et en Palestine font face aux mêmes types de problèmes. Nous avons besoin de davantage de coordination au moins pour cristalliser les points communs importants. Peut être qu´après la victoire sur les forces impérialistes, il y aura des divergences sur les questions sociales, culturelles ou économiques. Mais dans la période actuelle, la question sociale est fortement liée à la situation politique : la colonisation de la région. Je suis assez optimiste maintenant. Si vous m´aviez posé la question en 90 ou 91, je ne savais pas comment les choses allaient évoluer, à l´époque j’aurais été pessimiste. Mais maintenant je vois que les Nord américains, malgré toute leur puissance, s´affrontent à une énorme résistance. Cela signifie qu´historiquement ils n´arriveront pas à réarranger le monde à leur convenance. Je pense que la discussion interne à la société américaine reflète la crise de la politique Nord américaine dans le monde. L´Etat iranien, malgré la question de l´arme nucléaire, parvient à résister. La Russie n´approuve pas la politique des USA en Europe de l´Est. Cela signifie la fin de la stratégie d´une super puissance unique qui dominerait le monde. Pas une République bananière Finalement c´est dans le monde arabe que l´on trouve les groupes arabes, islamistes, nationalistes ou d´extrême gauche qui sont les mouvements politiques les plus actifs face à la stratégie américaine. Le Moyen Orient ne sera pas une république bananière aux ordres des USA. C´est clair maintenant après ce qui s´est passé à Bagdad. Maintenant les USA pensent seulement à éviter la défaite. Ils ne cherchent plus à détruire la Syrie , le Liban, l´Iran et la Palestine , ils veulent seulement éviter la défaite. Cela me rend très optimiste, pas pour les prochaines années, mais je pense que la stratégie américaine a atteint son sommet, ils ne peuvent pas aller plus haut. Ils ne peuvent que redescendre et la descente a déjà commencé. Fukuyama avec sa "fin de l´histoire" est lui-même fini. Maintenant ils se retirent et ils démissionnent, comme Wolfowitz, Bolton, Rumsfeld. Qu´est ce que cela exprime ? Ils n´ont pas gagné. Leur stratégie a échoué. La stratégie américaine a été très dure, très agressive au Moyen Orient, jusqu´au point où ils ne laissaient pas vraiment d´espace pour le développement des forces démocratiques. Pendant que les attaques étaient très violentes, très sanglantes en Palestine, en Irak, au Liban et en Afghanistan, au Moyen Orient en général, les Américains n´ont laissé aucun espace aux forces démocratiques. Les peuples et leurs groupes politiques se sont trouvés devant deux choix : soutenir les groupes les plus pragmatiques comme le Fatah ou les régimes arabes qui disent : "Les Américains sont les dieux du monde, nous devons composer avec eux. Ce qu´ils veulent donner, nous l´acceptons." Ou bien s´impliquer dans des affrontements stratégiques sanglants et dire : "Nous devons leur faire face. C´est eux ou nous. Pas de compromis." La propagande américaine et européenne a créé une polarisation au Moyen Orient avec des slogans comme : "Qui n´est pas avec nous est contre nous", "les axes du mal", "l´islamophobie", "les musulmans contre les chrétiens", "le choc des civilisations", "la fin de l´histoire". Toute cette propagande a placé la société palestinienne et la société politique arabe en général devant ces deux choix. Les Américains payent le prix de cette stratégie stupide, car ils n´arriveront pas à démocratiser le monde arabe comme ils en rêvaient. Ils ont envahi l´Irak il y a 5 ans avec le slogan : ce sera l´effet domino. "Quand le régime de Saddam Hussein s´effondrera, tous les régimes arabes qui s´opposent à notre stratégie, comme la Syrie et l´Iran, ainsi que certains mouvements de résistance au Liban et en Palestine, tous plieront." Mais cette analyse était erronée. Quelle relation entre la gauche et le mouvement islamique au Moyen Orient ? Je pense que quand nous parlons du mouvement politique islamique, nous devons distinguer deux groupes. D´un côté le véritable mouvement politique et social islamiste, qui est très présent dans les sociétés arabes et dans la société palestinienne, comme le Hamas, les Frères musulmans en Egypte, en Jordanie, au Soudan, le Hezbollah au Liban et le mouvement islamiste en Irak. D´un autre côté il y a les groupes islamistes extrémistes comme Al Qaïda, les Talibans et d´autres groupes qui sont très fondamentalistes, très étroits d´esprit, qui voient les affrontements comme des conflits entre les religions. Les causes de ce conflit ne sont pas une question de Christianisme et d´Islam, d´Ouest et d´Est. Cela peut apparaître comme ça en surface, mais en fait il reflète des contradictions économiques, politiques et sociales, ainsi que des contractions de classe. Nous devons regarder le mouvement islamique comme le Hamas dans la société palestinienne et les autres mouvements dans les pays arabes que j´ai mentionnés, comme un mouvement social et politique original qui a émergé des sociétés arabes en réaction à la stratégie impérialiste américaine au Moyen Orient et aussi comme le résultat de l´échec historique du programme et du projet nationaliste et de gauche. Pour résister à la stratégie impérialiste au Moyen Orient, les gens ici utilisent ce qu´ils ont. Ils utilisent leur culture et la religion au Moyen Orient est un élément important de leur culture. C´est la raison de l´impact du mouvement islamique sur les sociétés arabes et palestinienne où il a un fort enracinement au niveau politique, social et culturel. Si nous parlons de résistance, nous devons inclure ces groupes qui sont une partie organique du mouvement social et politique dans nos sociétés. Nous ne pouvons pas leur tourner le dos. Il y a une base commune de travail avec le mouvement national islamique, c´est la résistance aux attaques de l´impérialisme. Mais nous sommes bien sûr opposés aux choix sociaux du mouvement islamique. Je pense qu´il y a un espace de travail en commun dans la période, pour faire face à la situation actuelle. Mais cela met une grosse pression à l´intérieur des groupes de gauche pour une réévaluation de leur stratégie. Pourquoi sommes-nous si faibles en dépit des énormes contradictions politiques, sociales et économiques sur le terrain ? Un des problèmes, c´est le développement de l´idéologie, parce que beaucoup d´entre eux voient le marxisme ou l´idéologie de gauche comme le Coran ou la Bible , immuable. Ils attendent de Marx, Engels ou Trotsky des réponses à des questions d´aujourd´hui, 150 ans plus tard. C´est stupide. Les groupes de gauche doivent garder leur approche historique du changement politique et en même temps ils devraient analyser les nouvelles contradictions de la période pour reconstruire le camp de la révolution et des forces révolutionnaires. Nous faisons partie d´un monde globalisé. Nous ne sommes pas seulement des marxistes à Ramallah ou des militants de gauche à Bethléem. Je me souviens du beau slogan "Prolétaires de tous les pays, unissez vous !" Interview : Mireille Court et Chris Den Hond http://www.france-palestine.org/article9316.html 2 juillet 2008

10-5 Morsi Attala : La politique américaine et les Arabes. De nombreuses circonstances entravent les efforts visant à améliorer les relations américano-arabes. L’obstacle le plus grave est celui du climat empoisonné causé par les tendances des néo-conservateurs. Ceux-ci adoptent la théorie de la force et pensent que la force américaine absolue et la liberté d’y recourir sans aucune restriction est l’unique garantie permettant la stabilité dans le monde entier et la protection des intérêts américains. Ces nouvelles tendances dans la stratégie américaine tentent de résumer la sécurité mondiale dans le cercle de la sécurité américaine dont l’étendue atteint aussi la sécurité d’Israël et ses objectifs expansionnistes. Le danger de cette théorie qui règne sur l’agenda de la politique américaine est que les néo-conservateurs veulent rompre le lien traditionnel entre la souveraineté et la sécurité nationales dans n’importe quel pays. En effet, ce qui importe aux Etats-Unis est d’être l’unique superpuissance militaire et économique dans le monde, et par conséquent d’avoir la liberté d’effectuer des frappes préventives contre les ennemis probables dans l’objectif de les désarmer puis de les soumettre. Les partisans de la nouvelle politique américaine tentent depuis des années de convaincre la société américaine que le retrait des forces américaines des foyers de conflit, que ce soit en Europe ou au Proche-Orient, causera un chaos mondial. Par conséquent, il faut que les Etats-Unis tentent de donner à leur présence militaire, en dehors des territoires américains, une certaine légitimité. Cette légitimité se base sur des accords conclus avec les leaders que les Etats-Unis réussissent à introniser dans les régions de tension comme les accords de sécurité prévus en Iraq. Les partisans de cette politique estiment aussi que si les prétextes de la menace directe causée par les armes de destruction massive ou par le terrorisme contre les Etats-Unis deviennent insensés, les Etats-Unis peuvent brandir l’arme de la démocratie pour justifier l’ingérence dans les affaires des autres pays. Là, le prétexte sera que l’une des plus importantes garanties de la sécurité américaine ne réside pas seulement dans la démocratie américaine, mais aussi dans la propagation de la démocratie de par le monde. Car si la démocratie est menacée à l’extérieur des Etats-Unis, elle le sera également à l’intérieur ! Tout ceci signifie que ce n’est pas par hasard que l’Administration de Bush dominée par les conservateurs a formulé sa conception de la guerre contre le terrorisme sans expliciter le contenu et les détails de cette conception. Il est clair que l’objectif est de pouvoir appeler la lutte contre l’occupation « terrorisme », et par conséquent justifier toute ingérence au nom de l’éradication des terroristes dans tel ou tel pays. Et quand l’Administration américaine ne trouve pas ce prétexte dans un certain Etat, elle peut alors parler de l’absence de la démocratie sous prétexte que cette lacune permet la naissance et la croissance des groupes terroristes dans l’avenir. Mais aux Etats-Unis, il n’y a pas seulement les néo-conservateurs qui dominent le pouvoir depuis l’année 2000. Il y a d’autres courants qui ont un certain poids et qui commencent à avoir une forte voix pour mettre en garde contre le danger de la continuité de cette politique sur l’avenir du pays. C’est pour cela que ces nouveaux courants parient sur la possibilité que les démocrates dirigés par Barack Obama puissent revenir à la Maison Blanche après une absence de 8 ans. Le professeur Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de l’ex-président américain Jimmy Carter, a écrit dans son livre The Choice que le point de départ dans l’amélioration des relations arabo-américaines réside dans des tentatives sérieuses visant à parvenir à une solution pour la cause palestinienne. Ce qui permettra d’améliorer l’image des Etats-Unis chez les peuples arabes et musulmans qui sont en colère à cause de l’alignement américain sur Israël. Mais il est clair que les Etats-Unis ne sont pas encore, jusqu’à nouvel ordre, près de prendre ce pas. Morsi Attala Mercredi 2 juillet 2008 Source : Al-Ahram hebdo
http://hebdo.ahram.org.eg/... http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Al-Ahram.020...

10-6 Norman Finkelstein « Etats-Unis et Israël tolère une quelconque résistance dans le monde arabe - Israël doit pâtir d'une défaite »

- Norman Finkelstein chercheur en science politique américain.

Extraits d'une interview de Norman Finkelstein, accordée à la TV libanaise, Future TV, le 20 janvier 2008.

Note éditoriale
Ci-dessus la traduction de certains extraits de cette interview publiée par Memri, l'Institut de recherche sur les Medias au Moyen Orient, (www.memri.org), basé à Washington, une officine spécialisée dans la surveillance des médias arabes dont elle publie des traductions, et les met à disposition des agences de presse. Les questions ont été posées en arabe et le DC Finkelstein a répondu en anglais. Suite à sa rencontre avec des membres du Hezbollah, Norman Finkelstein s'est vu interdire l'entrée en Israël pour « raison de sécurité » . De plus il a interdiction d'entrer en Israël pendant 5 ans. Il a passé plusieurs heures entre les mains des interrogateurs du Shin Bet, une institution sioniste de sécurité intérieure connue pour pratiquer la torture sur les prisonniers palestiniens.
Norman Finkelstein : j'ai été bien sûr très heureux de rencontrer des personnes du Hezbollah, parce que c'est un point de vue qui est rarement entendu aux Etats-Unis. Je n'ai aucun problème à dire que je veux exprimer ma solidarité à leur égard, et je ne serais pas un lâche hypocrite là-dessus. Je ne me soucie pas du Hezbollah en tant qu'organisation politique. Je ne sais pas grand-chose de leur programme politique, et qui plus est c'est hors sujet. Je ne vis pas au Liban. C'est un choix que les Libanais doivent faire : qui veulent –t-ils comme dirigeants, qui veulent-ils comme représentants. Mais il y a un principe fondamental. Les gens ont le droit de défendre leur pays des envahisseurs qui le détruisent. C'est pour moi un point très basique, élémentaire et non compliquée.
Mes parents ont vécu
la Seconde Guerre Mondiale. Les Communistes n'était pas… ne sentait pas la rose, mais on les respecte C'était un régime impitoyable et brutal, et de nombreuses personnes ont péri. Mais qui n'a pas soutenu l'Union Soviétique quand ils ont vaincu les Nazis ? Qui n'a pas soutenu l'Armée Rouge ? Dans tous les pays d'Europe qui ont été occupés – qui a eu tous les honneurs ? La résistance. La résistance communiste – elle a été brutale, impitoyable. On les respecte parce qu'ils ont résisté aux occupants étrangers de leur pays. Si j'honore les Communistes de la Seconde Guerre Mondiale, même si je ne m'en serais probablement pas bien sorti sous leur régime… Si je les honore, je vais honorer le Hezbollah. Ils font preuve de courage, et ils font preuve de discipline. Je respecte cela.
I
nterviewer : C'est une description précise de la situation avant 2000, mais après 2000, les Israéliens se sont retirés du Sud Liban. Il y a eu un désaccord à l'intérieur du Liban entre les différents acteurs politiques libanais, sur la question du futur des armes et celle de la résistance. Ce désaccord qui a eu lieu… Vous prenez maintenant parti. Après tout vous dites que vous ne faites que visiter le Liban, mais vous ne voyez pas les ramifications pour les gens de la guerre de juillet.
Norman Finkelstein  Ecoutez, si vous voulez fermer les yeux et croire que tout était fini en mai 2000, vous pouvez le faire. Vous pouvez jouez à ce jeu là. Mais la réalité était - et tout le monde l'a compris- que l'attitude israélienne c'était : nous allons mettre le Hezbollah KO. Ils ont commencé à planifier une nouvelle guerre juste après qu'ils aient été forcés de partir en 2000. Ils ont trouvé une excuse, un prétexte, en juin 2006, mais tout les gens rationnels savent qu'Israël ne laisserait pas passer la victoire du Hezbollah. Ils étaient déterminés à leur donner…
Interviewer  : On aurait pu éviter la guerre.
Norman Finkelstein  Elle n'aurait pas pu être évitée. Il n'y a aucune chance que les Etats-Unis et Israël tolère une quelconque résistance dans le monde arabe. Si vous voulez prétendre qu'elle aurait pu être évitée, vous pouvez jouer à ce jeu là. Mais les personnes sérieuses, à l'esprit clair, savaient qu'il y aurait tôt ou tard une guerre. (…)
Est-ce que vous pensez qu'il n'y aura pas une autre guerre ? Est-ce que vous pensez qu'Israël va rester sur cette défaite de juillet 2006 ? Est-ce que vous voulez prétendre que c'est le Hezbollah qui est la cause du problème ? Non, il y aura une autre guerre, et la destruction sera probablement dix fois pire – peut être même pire encore – que lors de celle de juillet 2006, parce qu'Israël est déterminé, avec les Etats-Unis, à mettre les Arabes à leur place et à les y maintenir. Maintenant comment pourrais je ne pas respecter ceux qui disent non à cela ?
Vous savez pendant la guerre civile en Espagne il y avait une femme célèbre – ils l'appelaient «
La Pasionaria » - Dolores Ibarruri, de la République espagnole. Elle a dit des mots célèbres « c'est mieux de mourir debout que de vivre à genoux. »
Interviewer : Mais cela dépend du peuple libanais dans son intégralité.
Norman Finkelstein  Je suis tout à fait d'accord. Je ne vous dis pas ce que vous devez faire de vos vies, et si vous devez plutôt vivre à genoux, je pourrai respecter cela. Je pourrai respecter cela. Les gens veulent vivre. Comment puis-je vous nier ce droit ? Mais alors, comment puis - je ne pas respecter ceux qui disent plutôt mourir debout ? Comment puis-je ne pas respecter cela ?  (….)
Israël et les Etats-Unis attaquent, parce qu'ils n'autoriseront pas de résistance militaire à leur contrôle de la région. C'est le problème. Si le Hezbollah déposait les armes et disait «nous ferons tout ce que les Américains diront, » vous n'auriez pas de guerre – c'est vrai, mais vous seriez les esclaves des Américains. Je dois respecter ceux qui refusent d'être des esclaves.
Interviewer  N'y a-t-il pas d'autre moyen que la résistance militaire ?
Norman Finkelstein  : Je ne le pense pas. J'aimerai qu'il y en ai un. Qui veut la guerre ? Qui veut la destruction ? Même Hitler ne voulait pas la guerre. Il aurait préféré atteindre ses objectifs pacifiquement, s'il l'avait pu. Donc je ne dis pas que je veux cela, mais honnêtement je ne vois pas d'autre moyen, sauf si vous choisissez d'être leurs esclaves – et de nombreuses personnes ici ont choisi de l'être. Je ne peux pas vraiment dire… Je peux le comprendre – vous voulez vivre. Je ne peux pas vraiment dire que je respecte cela. Vous savez, tant de morts, tant de destruction… Avant même que les corps soient enterrés, avant même que les immeubles soient reconstruits, la personne qui est responsable de tout cela – vous êtes impatients de l'accueillir. Vous êtes impatients de dérouler le tapis rouge pour lui. Je ne peux pas respecter cela.
Sur ce point je préfère bien plus les juifs. J'aime leur attitude. Est-ce que vous savez ce qu'est l'attitude juive ? Ne jamais pardonner, ne jamais oublier. Je suis d'accord avec cela. Qui déroule le tapis rouge moins de deux ans après que la totalité de votre pays ait été détruit par eux ?
La Secrétaire d'Etat a dit que c'était les douleurs de l'enfantement d'un nouveau Moyen Orient. C'est la déclaration d'un monstre. Un monstre humain compare la naissance d'un enfant avec la destruction d'un pays, et pourtant, il y a des gens ici qui ont hâte de l'accueillir. Ils essaient de savoir ce que les Américains pensent. Ils sont impatients de participer aux banquets. Comment peut-on respecter cela ? Je respecte les Juifs mille fois plus – ne jamais pardonner, ne jamais oublier. Toute la mort, toute la destruction – et vous êtes impatients de l'accueillir.
Interviewer  :Norman…
Norman Finkelstein C'est écœurant !  (…) Qui diable se soucie de la venue de Bush ?
Interviewer  Mais vous avez dit qu'il y aura une autre guerre.
Norman Finkelstein Vous auriez du le déclarer persona non grata. Il n'est pas le bienvenu ici. Il a détruit votre pays. Il était responsable de la guerre. Vous savez très bien que cette résolution aurait pu être votée 3 semaines auparavant. Il détruit votre pays, et vous êtes impatients de le saluer. Vous n'avez aucun respect pour vous-même. Comment espérez-vous que d'autres personnes respectent les Arabes, si vous ne vous respectez pas vous-mêmes ?  (…)
Si les libanais dans leur grande majorité votent pour laisser les Américains et les Israéliens faire ce qu'ils veulent, je suppose qu'on doit l'accepter. Je pourrai l'envisager. Je n'aurai pas le droit de dire qu'ils ne peuvent pas faire ce choix. Ecoutez, en Europe sous occupation Nazie, vous devez vous souvenir, la plupart des populations ont fait le choix de vivre sous le régime Nazi. Tout ce qu'on dit sur
la Résistance Française c'est juste une blague – cela ne s'est jamais produit. La Résistance Française... Environ 20% de la population française lisait le journal de la Résistance. Il y a eu peut être 10% de français qui ont résisté. Les autres ont dit « ne résistez pas « parce que les Nazis étaient impitoyables. Vous résistez – 400 sont tués pour chaque soldat tué. C'est comme cela que les Nazis opéraient. Donc la plupart des français ont dit comme vous « nous voulons vivre ». « Ne résistez pas ». Mais maintenant je dois vous demander, rétrospectivement : qui honorons nous ? Est- ce que nous honorons ceux qui ont dit « vivons », ou est ce que nous honorons ceux qui ont dit « résistons . (…)
Viennent ensuite les dirigeants. Il y aura un dirigeant qui arrivera au pouvoir en Israël, qui sera prêt à faire des concessions, une fois que les conditions auront été créées – à savoir Israël doit pâtir d'une défaite.
Traduction bénévole à caractère non commercial pour information Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Texte en anglais (copyright Memri) :http://www.normanfinkelstein.com/article.php?pg=11&ar=1489
Extraits de la Vidéo éditée et mise en ligne par Memri: http://www.memritv.org:80/clip/en/1676.htm
Site de Norman Finkelstein

Le Centre Zahra France et Yechouroun Judaïsme lance un appel pour une alliance stratégique et amicale entre le judaïsme et l'islam contre le sionisme.
Cet appel à l'unité est ouvert à tous ceux qui veulent contribuer à la liberté et à la justice. Il sera lancé du Centre Zahra France le Jeudi 17 juillet 2008. Le texte intégral de l'appel est en pièce jointe. http://www.planetenonviolence.org/En-Defense-du-Hezbollah-Israel-Doit-Patir-d-Une-Defaite-Norman-Finkelstein_a1625.html PHPSESSID=7649283a9c3b81d2a85226a2bfcb36ca

11/07/2008

n°369 - Dossier de Palestine - 10-07 -Début- L’ONU interdite d’accès, par Israël, des les territoires palestiniens occupés

n°369 - Dossier de Palestine - 10-07 -Début-  L’ONU interdite d’accès, par Israël, des les territoires palestiniens occupés Dossier de Palestine      -Début-   

N°369                                          10-07

M.Lemaire   



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire

Tiré à part

L’ONU interdite d’accès, par Israël, des les territoires palestiniens occupés.

Les secrets du nucléaire israélien divulgués sur Internet.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Hébron, l’intifada des caméras.

1-2 Un journaliste palestinien torturé par les services secrets israéliens, après avoir remporté un prix de journalisme à Londres.

1-3 La décision américaine qui vise la chaîne d’Al-Aqsa affirme la force des médias résistants.

2 Les brèves

2-1 Plus de 900 millions de dollars d’aide versés à l’Autorité palestinienne.

2-2 Gaza : le Hamas souhaite une augmentation des livraisons alimentaires.

2-3 L’émissaire de l’ONU exprime son ’inquiétude’ face à la situation à Gaza.

3 Dossier 3-1 Entretien avec Pierre Barbancey : « 60 ans sans État. Palestine : la paix par le droit ».

Seconde & dernière partie du journal.

3-2 L'étau autour des Palestiniens se resserre, et...

1 Haïm Ramon veut exclure les quartiers arabes de Jérusalem.

2 Les sionistes a l’œuvre…

3-3 Bilin, Ni’ilin : mur d’annexion ....mur d’expansion.

1 La construction du mur d’annexion en Cisjordanie se poursuit.

2 Manifestations de protestations des Palestiniens contre les actes ‎expansionnistes.

3 Témoignage de Iyad Burnat : Un Palestinien et 2 Français blessés à Bilin.

4 Heurts dans le village de Ni’ilin. 5 Israël lève le couvre-feu imposé à Nilin en Cisjordanie.

3-4 L’illégalité de la construction du mur d’expansion israélien.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1  Raja Shehadeh : Une petite promenade en Palestine – à moins que ce ne soit le « Grand Israël » ?

5 Analyse - Géopolitique et stratégie

5-1 Israël bientôt membre de l’Union Européenne.